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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1951-11, Collections de BAnQ.

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Revue mensuelle de Bibliographie critique Organe du Service des Lectures du diocèse de Montréal et de rA.C.B.F.* iy-, * SOMMAIRE IDÉAL ET PRINCIPES FagC Mazo de la Roche.Michelle Le Normand 113 ÉTUDES CRITIQUES f ’n mauvais rêve de Georges Bernanos Jean-Paul Pinsonneault 118 T,e voyage de Patrice Périol de Georges Duhamel Roi.-Marie Charland, c.s.c.124 DOCUMENTS Apostolat des lectures et adaptation Théophile Bertrand 126 FAITS ET COMMENTAIRES Le Théât re du Nouveau Monde ou le sens d'un accueil Jean-Paul Pinsonneault 130 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d'ouvrages.]32 Ouvrages (Voir liste des auteurs, p.2 de la couverture) 133 BIBLIOTHECA L'American Library Association et le nouveau Devvev Fernand Guilbault, c.s.v.153 Ce que représentent les Néo-Canadiens René Gauthier 158 NOVEMBRE 1951 TOME VIII — No 3 FIDES LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lectures de l'Action catholique du diocèse de Montréal Direction : Paul-A.MARTIN, c.s c., aumônier du Service des Lectures Rédaction : Jean-Paul PINSÜNNEAULT, secrétaire du Service des Lectures Conseillers : Aime Marie-Paule Vinay, M.Benoit Baril, respectivement présidente et trésorier du Service des Lectures.NOTES : L La revue est publiée mensuellement, de septembre à Juin.Les dix livraisons de l'année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l’année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d’après les règles de la cataio-grnphie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : M Mauvais D Dangereux B?Appelle des réserves plus ou moins graves, c'est-à-dire à défendre d'une façon généiale aux gens non formés (intellectuellement et moralement).B Pour adultes.Un ouvrage dont le titre n’est suivi d'aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous.PublIcatlon autorIses par l’Ordinaire CANADA : ÉTRANGER : le numéro.$0.35 Abonnement annuel.$3.75 abonnement annuel.$3.50 FRANCE : abonnement annuel.900 fr.C.C.P.PARIS 7262.50 FIDES — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — PLateau 8335 Société FIDES, 120, Boulevard Raspail — Paris (Vie) — Littré 7385 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS BERNANOS (G.), Ils.BESS1ERK8 (A.).133.BOURCOIS-MACE (A.), 146.BLET (P.).147.CAPPE (J.), m.CUAIGNE (L), 143.COU LET (P.).* 138.COURTOIS (G.), 135.CROIDYS (P), 141, 147.DELANGLEZ (J.), 151.Directoire pour la pasto-rale cles sacre ment», 137.DUHAMEL (G ), 1*4.FEDEUIC1 tE.), 15*.FONTAINE vA.), 145.GEORG (J-E.), 139.G O DO Y (A), 145.GOUDREAU (A.-F.), 141.HIQLET (A).147.LALLOUETTE (J.).146.LAPIERRE (D ), 1.50.LEBEGUE (R).144.LECLERCQ (Chan.J.), 135.LEVAUX (L).135.MA RI A U LE (A).146 MARION, 14x.MAUCLERE (J.), 148.MAURICE (P.), 149.MAZO DE LA RUCHE.113.MERLAUD (A.), 140.MESNARD (J), 144.NED (E).139 NERET (J.-A.), 150.NEUBERT (E ), 136.PE R Ru Y (M), 147.PH11.IPPON (O), 143.PROULX (G ), 1.50.RICHAUD (Mgr P).138 ROI DOT (P.).149.SCRI VEN (G.), 149 S Y (M.), 151.VERDUN v M.), 134.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Afinistère des Postes.Ottawa. IDÉAL ET PRINCIPES M.a'zo de la Roche nos compatriotes de langue anglaise ignorent, pour la plu-part, même le nom de nos écrivains connus, nous leur ren-dons généreusement la politesse.Les plus parfaits de nos bilingues lisent la littérature anglaise et américaine avant de lire la littérature canadienne-anglaise.Les seuls noms populaires chez nous, — ceux de Hugh MacLennan, de Guethalynn Graham, — le sont parce que leur étoile a d'abord brillé à New York.Pourtant, ceux des nôtres qui ne lisent pas l'anglais avec facilité ou plaisir, mais qui aimeraient passer de très agréables moments avec un auteur canadien-anglais, pourraient connaître à peu près toute l'œuvre de la plus célèbre des femmes écrivains chez nos voisins : Mazo de la Roche.Tous ses livres ont été traduits.Dès 1935, on publiait en France le roman qui venait de la mettre en vedette : Jalna.Le succès de ce premier volume a incité l'auteur à exploiter la même veine.Elle a ensuite complété l'histoire de la famille choisie.Et chose assez rare, contrairement à ce qui arrive ordinairement, ce n'est pas le premier Jalna paru, qui est le meilleur de la série.A mesure que Mazo de la Roche progressait dans l'histoire de cette famille, elle plongeait de plus en plus dans l'analyse du cœur humain, et devenait plus experte pour relater ces diverses vies et en montrer les savoureuses caractéristiques.De cette série de dix tomes, chacun peut être lu séparément et forme un tout.Cependant, l'un après l'autre, ils attisent plus la curiosité, ils attachent mieux le lecteur au destin des personnages.Le premier volume de la série devrait être en réalité Naià-tiance de Jalna, que l'auteur a cependant écrit beaucoup plus tard.Mazo de la Roche nous a raconté l’établissement au Canada d'Adeline Court et de Philipp Whiteoak.Le jeune ménage habitait les^ Indes.Adeline avait eu un premier enfant, — Auçusta, — et à cause du climat malsain, elle ne retrouvait pas sa santé.Philipp décida donc de quitter l'armée.Il ramena sa femme et son enfant NOVEMBRE 1951 113 en Angleterre, mais avec l'idée d’émigrer ailleurs.Un héritage qu’il fait à Québec, d'un oncle qui occupait un poste à la Garnison, fixe son choix sur notre pays.Le séjour du jeune ménage en Angleterre et en Irlande, la traversée mouvementée sont brillamment colorés.Et aussi, ces années que Philipp et Adeline passent à Québec.Cette période est pour nous particulièrement intéressante.Adeline est Irlandaise et se lie volontiers avec l'élément religieux et français.Elle parle même de se convertir.Est-ce ce qui décidera Philipp à répondre enfin a l’invitation d'amis établis près du lac Ontario, et qui insistent pour qu’il les rejoigne ?Il vend ses propriétés de Québec et avec ses deux enfants et sa femme, il fonde le domaine qu’ils appelleront Jalna, en souvenir du séjour aux Indes.L'Adeline Court que l'on connaît dans la Naiéjance de Jalna, jolie, vive, originale, sympathique malgré ses sautes d'humeur et ses caprices, offre toutefois un pénible contraste avec l'Adeline des livres suivants, l'Adeline vieillie, presque centenaire, — qui ne s’est évidemment pas convertie 1 — et qui, avec les ans, a cultivé ses travers plus que ses vertus, et la malice plus que la bonté.Son intelligence encore intacte lui sert le plus souvent à des méchancetés.On peut admirer sa vitalité extraordinaire, mais cette vieille femme autoritaire, orgueilleuse, égoïste, nous semble monstrueuse.Elle n’a toujours eu qu'un culte : celui de sa race, dont elle adore les défauts plus que les qualités.Son clan peut continuer à aimer et à vénerer Adeline Court, mais nous la voyons, hélas, d’un œil moins complaisant 1 Telle qu'elle, — jeune, vieille, vivante et à la fin morte 1 elle domine tous les volumes, influe sur tous les personnages, pèse sur tous les destins.Son ombre, quand elle n'est plus, continue à planer sur Jalna.Il serait infiniment long d'analyser toute cette série.Mais cette innombrable famille, dont la vie nous est racontée sur une période couvrant presque cent ans, est typique au possible, et ses faits et gestes ne cessent pas un instant d intéresser.Il y a les vieux, les fils, la fille d'Aaeline, demeurés tous très Européens, très grands seigneurs.Et il y a toute la dernière génération.Et une quantité aussi innombrable de chevaux et de chiens 1 Renny, le fils demeuré en tête de la famille, et qui continue la tradition, a une telle passion pour les bêtes qu'il fait passer après eux les humains qu'il aime 1 Piers, l’agriculteur, pratique, rustre, mais sensé et travailleur.Finch, l'artiste, le musicien, si souvent neurasthénique, mais particulièrement sympathique.Eden, le poète et le mouton noir de la famille I Wakefield, le benjamin, enfant précoce, mal élevé au possible, que l’influence catholique transformera plus tard pour son bonheur et la tranquillité des siens 1 Je l'entends encore dire a son frère Finch, qui découragé et malade, vient lui faire visite au noviciat, — car, 114 LECTURES Wakefield se convertit, et entre même au monastère ! — Si tu n’étais pas marié, Finch, je ne te laisserais pas repartir.Je n’aurais pas une minute de repos avant de t’avoir converti.Tu serais si heureux dans la vie que je mène.Tu n'es pas fait pour les stupidités et les excitations futiles du monde.Tu ferais ici un usage merveilleux de ta musique.)) Mais c’est lorsque Wakefield est encore enfant, que sa conversation est une des réussites des livres de Jalna.Ses drôles de phrases, ses reparties, peignent l’enfant intelligent qui vit trop avec des adultes de toutes sortes, et s'assimile comme il peut un vocabulaire et des idées bien au-dessus de son âge.Il y a aussi, les femmes de la famille ; l’américaine Alayne, épouse de Renny, et la jeune Pheasant, devenue madame Piers Whiteoak après une désastreuse et brève aventure, qu’appelait son origine.Pheasant qui devient tout de même une bonne petite « mère-poule ».Il y a l’inénarrable Meg, sœur aînée, que nous ne trouvons pas brillante, mais que toute la famille déclare admirable ! Chez les Whiteoak, on s'apprécie beaucoup mutuellement.En somme, tous les caractères cjue nous présente Mazo de la Roche dans cette série sortent de 1 ordinaire et elle les conduit magistralement à travers les avenues de vies qui sont loin de manquer d'imprévu et de fantaisie.Elle nous peint aussi très bien, cette immense maison, si remplie, et la chambre de l'aïeule, et cette atmosphère plus que fiarticulière d'une demeure où sont traités avec considération tous es chiens, quel que soit leur nombre 1 où l'on mange à une table servie par un butler, et dans de la vaisselle et de l’argenterie de qualité, mais où l’on s'installe arrivant de l'écurie et dégageant des odeurs qui peuvent être saines, mais.On comprend Ls impresii3ns de cette pauvre Alayne, retournée dans son pays, le cœur brisé, dans des circonstances tragiques, mais qui soudain, se sent heureuse de pouvoir enfin respirer à pleins poumons.« un air qui ne sent plus jamais ni le chien, ni le cheval.» Les chevaux jouent un grand rôle à Jalna.Les hypothèques aussi, malheureusement.Dans l'ensemble, cette série de Jalna est une œuvre de maître et gui mérite son succès.Il y a certains défauts de constructions, mais ils sont minces.Ils tiennent à ce que l’auteur n'a pas eu de plan préalable, mais s'est contentée de suivre son inspiration, en mettant ses personnages sur la scène à mesure qu'ils grandissaient et en les faisant à leur tour jouer devant nous.Cette indépendance voulue par l’auteur, pour chacun des volumes, obl’ge à certaines répétitions de faits qui peut fatiguer.Mais l’important, c'est que le tout nous intéresse, nous émeuve, et nous instruise aussi, souvent.NOVEMBRE 1951 115 Les qualités du style, de l'observation sont supérieures.La connaissance de la nature ajoute à l'intérêt.Fleurs, fruits, arbres, odeurs et couleurs propres aux différentes saisons, tout y occupe sa place exacte.On sent progresser l'auteur avec son œuvre.D’année en année, à mesure que sa propre existence, sans doute, s'enrichissait d'expériences, de sentiments.Et, c'est sans amertume qu'elle passe des illusions à un sens plus réel de la vie.Même si les opinions de cette protestante, nous paraissent souvent cavalières vis-à-vis sa propre religion, ces livres renferment beaucoup d'excellentes leçons.En dehors de cette série de Jalna, madame Mazo de la Roche est l'auteur de plusieurs volumes.Nous en avons lu trois pour vous.Le premier : Délice, édité à Paris avec une couverture aguichante comme on en donne aux mauvais livres, n'est pas vraiment un mauvais livre, au point de vue moral, mais il ne vaut rien au point de vue littéraire.On dirait une histoire composée pour le léger public d'une revue de modes.Invraisemblance, exagération, fantaisie, se mêlent, formant un acte plus près du burlesque que de la réalité.Le second, — Faux parentd, — est une courte histoire d'enfants mêlés dans la pouponnière d'un hôpital, et qui grandissent dans un foyer qui n’est pas le leur.Aucune valeur littéraire, non plus.Mais le troisième, — Croieeance 9‘un homme, — est de la meilleure veine.On y voit grandir et se former dans la misère, un orphelin toléré cnez son ^rand-père, pendant que sa mère doit gagner son pain en service.L'enfant a le goût de l'étude et il est attelé à des tâches au-dessus de ses forces, pour un enfant né de père tuberculeux.Avec une ténacité que l'on suit minutieusement, il vaincra sans aide, d'invinc’bles obstacles, il deviendra ingénieur-forestier, finira par obtenir une situation merveilleuse.Mais le surmenage donnera prise aux tendances dont il a héritées.Il devra tout auitter, pour faire du sana.Ici encore, une rigide volonté triomphera.Il guérira, et le point qui nous intéresse, c'est 3ue cette guérison s'accomplit, — après des essais malheureux ans des établissements américains, — dans un petit sanatorium québecquois, à l'atmosphère catholique, où une autre volonté est à l'œuvre, celle d'un médecin courageux.Nous avons cru reconnaître les débuts du Lac Edouard.Nous avions entendu dire que dans une pièce de Mazo de la Roche, les papidted avaient un mauvais rôle .Au contraire, dans tout ce que nous venons de lire d'elle, les catholiques sont présentés sous leur meilleur jour.Dans Jalna, Wakefield ne demeurera pas au monastère.Il reviendra au monde, mais parce qu'il n'a pas la vocation.Son retour donne lieu à un coup de théâtre qui achève avec pittoresque, l'histoire de la famille Whiteoak.116 LECTURES .9n Zébrait à Jalna ce soir-là, la fête de Finch.On avait invite Wakefield.Il était la, en soutane, et à la fin du dîner, au moment des toasts, il se leva, déboutonna lentement le long vêtement noir et apparut en habit de soirée.Wakefield annonçait ainsi qu'il n'était plus novice.f ¦Mais à son frere qui lui demande s'il est toujours catholique, il répond : « Plus que jamais ! Piers prétend que j'ai perdu une annee, mais je considérerai toujours celle que je viens de passer comme la plus belle de ma vie.» Dans l'ensemble, nous pouvons donc recommander l'œuvre de Mazo de la Roche, comme une œuvre humaine et saine.1 Mais bien entendu, il faut d'abord se dire que ces gens n'ont pas à suivre tous les commandements qui sont les nôtres.Le point de vue moral est respecté, mais les principes ne sont pas toujours les mêmes.Ainsi, par exemple, certaines sectes protestantes sont aussi sévères que nous en face du divorce.Chez les Whiteoak, au contraire, le divorce paraît tout régulariser, même si cette famille ne se permet pour aucune considération, de manquer l'office du dimanche matin ! Mais jamais Mazo de la Roche n'a de complaisance pour le mal, et elle le mentionne sans le décrire avec d'inutiles détails.Michelle Le Normand 1.Afin de guider le lecteur dans la lecture des romans de Mazo de la Roche, nous reproduisons ici la cote morale de chacun de ses principaux ouvrages.La naissance de Jalna, Appelle des réserves Mary Wake field, Pour adultes Jeunesse de Kenny, Appelle des réserves L'héritage des White oaks, Appelle des réserves Jalna, Appelle des réserves Les Whtteoaks de Jalna, Appelle des réserves Finch Whiteoak, Appelle des réserves Le maître de Jalna, Appelle des réserves La moisson de Jalna, Appelle des réserves Le destin de Wakefield, Appelle des réserves Retour à Jalna, Pour adultes Délice, Pour adultes Faux parents, Pour adultes Croissance d’un homme, Pour adultes Possession, Appelle des réserves Québec, Pour tous Trois petits diables, Pour tous NOVEMBRE 1951 117 ÉTUDES CRITIQUES / Un mauvais rêve1 DE cette violence dont il est dit que l'assaut emporte le Royaume de Dieu, la vie de Bernanos aura constitué un exemple pathétique.La résignation béate, le servilisme de thuriféraire à gages et l'écœurante complaisance de juge soudoyé n'auront jamais ravalé cette âme au rang de valet et lui auront toujours inspiré le plus souverain mépris.Armé d'une irréductible volonté de témoignage et cuirassé d’invincible patience, l'auteur de Souj le soleil de Satan s'inscrivit en marge de toutes les veuleries et de toutes les trahisons à une époque irrémédiablement agenouillée aux autels de la richesse, vouée au culte du plus sordide individualisme et travaillée du ferment des plus notoires lâchetés.A aucun moment de sa carrière littéraire, Georges Bernanos ne fut l’homme des demi-vérités, des euphémismes rassurants, des concessions serviles.D'ailleurs, cet esprit entier n eut pas su s'accommoder d'une vérité édulcorée, d'une foi frelatée, et cette exigence de pureté lui dicta un message empreint d’une vigueur et d’une audace dignes des âges héroïques de la chrétienté.D’aucuns croiront reconnaître \ ces traits quelque héritier spirituel et désempanaché de Blov.Précisons donc sans délai la marge qui sépare le génie d'un Bernanos de celui du créateur de Marie-Joseph-Caïn Marchenoir.Même si l'un et l'autre jugent la société moderne à la lumière de leur terrible intransigeance et la soumettent à la question avec une rigueur qui rappelle parfois le fanatisme de quelque Torquemada, le regard que jettent ces écrivains sur le monde déchristianisé est bien différent.En face de son impuissance à racheter l’homme une seconde fois, Léon Blov cède à un désespoir farouche et, par l'invective ordurière, se délivre d’une espérance trompée.Georges Bernanos, au contraire, profondément déçu lui aussi par le spectacle d'une chrétienté prostituée aux idoles hideuses du matérialisme, se réfugie dans la pitié.Chez lui, l’imprécation fulminatoire et l'apostrophe excrémentiel font place au cri de compassion.« Nul n'a décrit plus férocement la déchéance de l’homme, écrit Pierre Jouguelet, 1 BERNANOS (Georges), Un mauvais rêve.Roman.Paris, Librairie Plon [cl951].253p.19cm.Dangereux 118 LECTURES et nul ne s'est autant gardé de la tentation du mépris.Et même du vertige de la pitié, pour arriver enfin à l’humble amour de la nature nue.)) Bernanos croit de toute la vigueur d’une foi héroïque à la victoire ultime de l’Amour ; jamais les triomphes de la chair et l'asservissement temporel de l'Esprit ne le stupéfient au point de lui ravir l'espérance.Chaque page de l’œuvre bernanosienne porte la trace d'une quête patiente de cette espérance aux ténèbres des créatures du romancier.Penché sur ces âmes arides, il y cherche douloureusement la veine obscure et nourricière.Les personnages d'Un mauvais rêve n'échappent pas à cette recherche bien qu'y affleurent sous chaque phrase la lassitude et l'épuisement du prodigieux sourcier.D'une puissance et d'un talent inégaux, ce roman posthume esquisse à larges traits le drame d’une génération et collige les éléments d'un réquisitoire incisif contre la société contemporaine, ravagée par la peste d'un individualisme immonde.L'anarchie morale qui, de notre temps, compromet avec une singulière efficacité l'épanouissement de toute mystique supérieure au profit d'un humanisme découronné, n'échappe pas à l'analyse pénétrante de Bernanos et, sous le feu de vitupérations moins savamment apocalyptiques que celles d'un Bloy, s'irise de reflets sinistres.La critique serait mal venue cependant de prétendre déceler l'intention profonde du romancier dans la confusion véhémente d'un ouvrage où la fougue et la violence concourent puissamment à brouiller ses voies Ce dessein initial qui inspira la peinture des personnages d'Un mauvais rêve, une lettre de l'auteur à M.Maurice Bourdel nous le révèle sans équivoque : « Ce sont des êtres qui ont perdu leurs raisons de vivre, et qui s'agitent désespérément dans le vide de leurs pauvres âmes avant de crever.Dechets de vieilles générations, ou produits avortés de nouvelles — on ne rencontre que ça cpiand on sait voir.» Fort heureusement pour le prestige des générations inculpées, l'optique bernanosienne constitue un privilège relativement exclusif 1 Chez l'auteur de l'Imposture, l’inquisiteur mal endormi ne doit pas, de ses gestes orageux et de ses verdicts inexorables, masquer au regard du lecteur le chrétien sincère et l’extirpateur acharné de l'ivraie.On ne saurait lui reprocher de porter avec âpreté, en un siècle spécialiste du raffinement de la violence et expérimentateur horrifié de l'univers concentrationnaire, le témoignage d'une foi à laquelle, après tout, demeurent permises quelques audaces.Du reste, l'extravagante présomption des héros du roman à explorer chaque heure plus avant l'abîme de désespoir où les entraîne — et à travers eux une société en déliquescence — un mystérieux besoin d'avilissement justifierait a elle seule l'indignation et la révolte du romancier.Hélas ! sa charité a beau suivre ces âmes a la trace, investir leur solitude et couper de gouffres leur retraite, jamais elle ne parvient a les détourner de l'obsession de la boue.Il ne reste donc plus a Bernanos, ainsi que le note André Rousseaux, NOVEMBRE 1951 119 qu'à montrer « toutes les conséquences d'une destinée qui se joue sous le soleil de Satan ».L'écrivain Emmanuel Ganse, lié depuis dix ans par une (( espèce d'union contre nature » à Simone Alfieri qui, à une période difficile de la vie du littérateur, a été pour son imag-nation déjà surmenée un auxiliaire indispensable, s'émeut de l'affection naissante d'Olivier Mainville pour cette femme.Il tente de convaincre Simone que ce jeune amant névropathe ne sera jamais pour elle qu'un caprice.A la suite d'un assaut brutal du « vieux faune », Mme Alfieri quitte Ganse, et Philippe, neveu sentimental et cynique de l'écrivain, se suicide en présence d'Olivier.Bouleversé par cette mort, le jeune homme espère trouver le salut et l'oubli dans la fuite.« Je t'attendrai, lui murmure Simone.Quoi 1 ne seras-tu pas riche un jour, bientôt peut-être?[.] Entre la richesse et toi, qu'y a-t-il?Rien.Ou presque rien.Une vieille femme déjà mort.', un petit cadavre, aussi léger qu'une poupée de chiffon.» Une nuit, Olivier s'enfuit.Poussée par la haine — (( la seule haine qu’elle eût vraiment connue, éprouvée, consommée jusqu'à la lie, c'était la haine de soi » — Simone se rend à Souville et assassine la tante d’Olivier.L'héroïne d’Un mauvais rêve, Mme Alfieri, n'a jamais aimé personne d'amour et la solitude qu'elle se voit condamnée à subir fui fait honte.Dans un aveu d'un cynisme déchirant, cette femme qui, par une diabolique contradiction, n'a jamais pu connaître et posséder le plaisir que dans la torture de son orgueil crucifié, confie à Mainville, son amant et le faible (( larbin d'une pie millionnaire », l'ambition qu’elle caresse avec une lucidité féroce.« Ecoute, dit-elle, nous sommes des malheureux, toi et moi.Nous sommes hors de ce monde.Je ne te demande pas de m’aimer.Mais ce qui me lie à toi est encore bien plus fort que l'amour.[.] Avant de te connaître, je ne me sentais plus vivre.Ne plus se sentir vivre, c'est la seule chose qui m'accable ! Et c'est sans remède, car je ne suis pas de celles tui se tuent ! Oh 1 je n'empêcherai pas les sots de dire que je t'aime 'amour, au sens qu'ils attachent à ce mot.Hé bien 1 sache-Ie : je n'ai jamais aimé personne d’amour.Ni mon cœur ni mes sens, nulle force au monde ne m'arrachera à moi-même, ne me fera la chose d’un autre, heureuse et comblée.Que de femmes me ressemblent, qui n'auront jamais cédé à personne ! Et certes, je ne demanderai nas ce secret à un homme, un de ces hommes dont tu parlais tout à l’heure, un de ces hommes puissants qui me font tout ensemble horreur et pitié.Oh ! ma solitude ne me fait pas peur, elle me fait honte.Elle me fait honte parce que je ne l'ai pas voulue, j’ai trop souvent l’impression de la subir.Subir ! Je déteste ce mot.Me prouver, me prouver une fois encore, une fois pour toutes, que le cœur peut se taire, les sens défaillir, je puis accomplir dans le silence même de l'âme, par ma seule volonté, ce que d’autres, qu'on appelle des femmes perdues, qui n'étaient que des créatures amoureuses, ont accompli dans l’exaltation et la folie 1 » (p.154-155).Simone aime le mensonge pour lui-même et en use avec une prudence et une clairvoyance profondes ; le rôle qu'elle s’est choisi dans la comédie humaine lui permet de mentir aux autres sans perdre tout à fait contact avec elle-même.D'un cœur résolu et 120 LECTURES calme, elle a naguère sacrifié la pitié qu'éveillait en elle le mépris à cette nuit mystérieuse sans issue vers le jour, à cette prodigieuse vie intérieure, toujours repliée sur elle-même et traversée de figures de cauchemar, à ce fleuve boueux destiné à rompre toutes les digues.Convaincue qu'elle est née hors la loi et prévoyant que son destin sera de se sacrifier à qui ne la vaut pas, l’ex-secrétaire de l’içnoble Emmanuel Ganse se confine dans cet univers secret (( où il n'est d'autre règle que le bon vouloir de Dieu, ses préférences mystérieuses, l’adorable iniquité d'une toute-puissance qui se fait miséricorde, pardon, pauvreté )).Deux fois déjà au cours de sa vie, elle a cru rencontrer l'homme qui la délivrerait, « le complice fraternel », mais deux fois elle n'a assuré sa prise que sur des aventuriers sans audace.Sa vie manquée lui inspire une sourde révolte ; l'humiliation, la pauvreté, le doute de soi ont mûri en elle la haine.« Elle ne s'était jamais pardonné, elle ne se pardonnerait jamais d'avoir échoué là où réussissaient beaucoup de femmes qui ne la valaient pas, mais qui avaient su agir, tandis qu’elle n’avait que rêvé, sans parvenir à dominer ses rêves.Ils avaient envahi sa vie, étouffé son âme, sa volonté.Depuis le premier éveil de l'adolescence, ils pompaient ses forces, épuisaient sa sève (p.243).» Lorsque le crime apparaît à Simone comme le dernier moyen à la mesure de sa révolte impuissante, le seul capable de la délivrer, de l'établir en rupture définitive avec la société, cette âme avide et méfiante se découvre « en état de grâce infernale ».Froidement, par orgueil, sous prétexte de pourvoir Olivier de rentes substantielles, elle assassine une vieille tante à héritage.Mais ce meurtre assumé sans remords dissipe le mensonge du triste amour de l'héroïne et, dans l'éclair d'une joie mêlée de satiété et de dégoût, lui révèle qu'elle n'a chéri en son jeune amant qu'une sorte de faiblesse complice.Mme Alfieri entrevoit alors qu'il n'est désormais d'autre issue à sa sobtude que par les chemins de l'espérance.Peut-être s'v engage-t-elle lorsqu'elle projette de s'avouer vamcue devant un prêtre miraculeusement surgi des ténèbres.A cette minute, le destin de cet être déchiré entre la résignation et la révolte, l'humilité et l’orgueil, s'éclaire tragiquement dans la lumière crue d une ultime vocation à la délivrance.Mais cette clarté fugitive d'aube accordée à l'abîme luciférien d'Un mauvais rêve ne saurait illuminer le désespoir qui, du rictus amer de la damnation, y flétrit chaque visage.Ganse, Main-ville et Philippe sont des âmes Lthargiques, fermées à toute hantise spirituelle et murées dans leur ignoble mesqui.ierie.\ am-eus par leur impuissance à forcer 1 entrée du paradis perdu d un bonheur de pacotille et à se réconcilier avec une société qu ils ont depuis longtemps prise à parti, ces fantoches cedent a 1 attrait de la médiocrité, en un temps qui, selon eux, ne leur fournit pas l'occasion de tenter avec la plus petite chance^ de succès 1 experience de l'héroïsme ou de la sainteté.Chacun d eux pourrait faire sienne la réflexion désenchantée du Caligula de Camus : « Perdre NOVEMBRE 1951 121 la vie est peu de chose et j'aurai ce courage quand il le faudra.Mais voir sc dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’exister, voilà ce qui est insupportable.On ne peut vivre sans raison.)) Le malheur est que ces êtres falots, imprégnés de suffisance jusqu'à la moelle et pourris de naturalisme s'en inventent une qui n'a rien de commun avec la quête du Royaume de Dieu.L'abominable Ganse, « jambonné par trente-cinq années de vie littéraire )) et englué dans sa littérature, ne vit que pour son œuvre.Aux prises avec le désespoir de son impuissance, il devient victime de sa sohtude intérieure.Nulle mystique ne saurait sauver ce rate qui, d'une naissance à peine avouai le, a gardé « le goût, le besoin de ces baisons orageuses, de ces faux ménages ouvriers qui mettent en commun l'ivresse et les coups, atteignent dans l'ignominie à une espèce de fraternité farouche, pareille aux mystérieux compagnonnages des bêtes (p.97-98).)) Et c'est avec une immense pbié que Rernanos découvre en cette âme fascinée par l'abjection le grouillement ténébreux des larves infernales.On a accoutumé de répéter, au risque d'en faire un détestable lieu commun, que l’héroïsme est l’apanage princier de la jeunesse.Le Philippe et l’Olivier t supprimée.Dans la classe 900 (Histoire) il 3’ a désaccord entre la 14e et la 15e édition, v.g.en biographie ; 972, 980 et 999 sont l'objet d'une expansion justifiée7.* * * Durant la discussion qui suivit ce rapport fort élaboré, Mlle Dorothy Cook déclare que la firme H.W.Wilson suivra la 15e édition, mais imprime provisoirement entre crochets carrés les cotes de la 14e édition.Mlle Pressev dit que dans une bibliothèque avant une longue existence, elle adopterait les expansions de l'éclition standard, mais pour le reste, demeurerait fidèle à l'édition déjà adoptée.(Dans certaines bibliothèques on se sert de la 13e et de la 12e ou même de la 10e 1) Evidemment, la Bibliothèque du Congrès peut imprimer une double classification, en mettant un astérisque pour désigner la notation standard.Monsieur Fremont Rider, qui depuis peu fait partie du comité de revision, déclare ce qui suit : « Après 75 ans le temps est venu de refondre entièrement la classification décimale ; il y a tant de choses nouvelles, tant de modifications dans les choses anciennes que la vieille classification devient inadéquate et crée toutes sortes de difficultés.)) Monsieur Godfrey Dewev résume la situation : l’abréviation d’une cote ne présente pas de difficulté, à condition que la notation fournie par le Congrès indique, par un espace ou une barre, la double notation ; s’il s'agit d'une modification réelle — environ 5% du total d'après lui, les deux chiffres devraient être indiqués et distingués par un artifice typographique.Répondant à M.Rider il dit : « Une revi ion de la classification décimale me semble inévitable ; un tel changement ne s'opère pas comme celui * 5J^ au lieu d'une.4 La Botanique a 11 ^ au lieu de 58.* 84p.dans la 14e édition, 9J^ dans la 15e.* Ainsi la photographie est réduite de 30p.à 3p.7 En revanche, la g .erre 1914-18 se voit r.duile à une page, au lieu de 35.156 LECTURES d'une auto avec un nouveau modèle chaque année, mais par une réforme qui se.poursuit au cours de plusieurs siècles.Quand on devra reviser intégralement la classification décimale, il faudra y intégrer les meilleurs éléments de la Classification du Congrès ou de tout autre système, pour en faire une classification acceptée de tous.* * * Quelles conclusions faut-il tirer de ces deux séances ?Il convient d'attendre les décisions de l'A.L.A., mais il semble que — pour un certain temps — l'on aura sur les fiches du Congrès, comme sur celles de Wilson, une double notation et ainsi tous les catalogueurs seront satisfaits.La notation standard est dans 1 ensemble plus logique et plus économique et c'est elle qu'une nouvelle bibliothèque devrait adopter.M.Andrew D.Osborn va plus loin dans son remarquable article du Library Journal de juillet.« C'est aller contre le vent, dit-il, que de se cramponner a la 14e edition — ou une autre plus ancienne — alors que l'édition standard est si remarquable.)) F.GUILBAULT, c.s.v.Noie complémentaire Dans le Library World de juillet (vol.53, no 613, p.3C0), M.W.R.Aitken donne des statistiques fort précises : Classe 000 100 200 300 400 500 600 700 800 900 TOTAL : qui n'est pas dans Aitken INDEX 14e édition 15e édilion 39p.16p.70p.17p.25p.28p.122p.101p.11p.17P.111p.63p.270p.103p.164p.51p.48p.22p.184p.29p.(1044) (467) 738 191 Tout cet article qui, en 6 pages, analyse minutieusement les changements, additions, suppressions et erreurs de l'édition standard, est à lire par toute personne intéressée à la classification.Dans le Jjibrary Journal Je juillet (vol.76, no 13, p.1118-22), M.Andrew D.Osborn fait, lui aussi, un fort bon exposé critique sur ce sujet.D'après sa compilation, les tables occupent 469p.et l'index 190, au lieu de 1047 et 800 dans la 14e édition.F.G., c.s.v.NOVEMBRE 1951 157 Ce que représentent les Néo-Canadiens1 Je me reprocherais de ne pas féliciter chaleureusement les directeurs de l'Association canadienne des bibliothécaires de langue française d’avoir inscrit le problème des Néo-Canadiens au programme de l'une de leurs séances d’étude.C est qu ils ont compris que les Néo-Canadiens forment une entite reelle et bien vivante dont il faut absolument tenir compte dans l'organisation de notre vie culturelle, nationale et religieuse.Jusqu a ces toutes dernières années, notre population s’est désintéressée a peu près totalement du sort de ces nouveaux venus, et ce, pour des raisons que nous ne pouvons développer en quelques minutes.L on a malheureusement préféré les laisser s'orienter au gre des sollicitations dont ils étaient l’objet, au lieu de les aider, de les soutenir dans leurs aspirations, en un mot, de gagner leur sympathie.En passant, mentionnons que le terme neo-canadien, poulies habitués, englobe non seulement les immigrants nouvellement arrivés, mais meme ceux qui nous sont venus depuis 50 ou 40 ans.Evidemment ces derniers sont depuis longtemps des su;ets canadiens et les autres le deviendront un jour ou 1 autre.Mais l'usage semble avoir consacré l’appellation « Neo-Canadiens » à tous les immigrants qui ne sont pas d’origine française ou anglaise.A défaut d'une expression plus juste nous désignons par le terme générique de (( Neo-Canadiens )> ces milliers de personnes, qu’elles soient d'origine italienne, polonaise, ukranieniie, lithuanienne etc.Les intéressés eux-mêmes ne semblent pas s en offusquer, et pour nous, le mot neo-canadien eveille dans es cœurs et les esprits, un sentiment d interet, de comprehension et d'amitié à établir.Au Canada, les Néo-Canadiens sont plus de 2,000,000 soit environ 27% de la population.Les provinces qui en comptent le plus grand nombre sont par ordre : Ontario, Saskatchewan, Manitoba, Alberta et Québec avec 125,000 personnes.Les nationalités, de presque tous les pays d'Europe et meme de 1 Asie, ont contribué à nous fournir ces immigrants.Au pays, il taut remonter jusqu'au XVIIIe siècle pour connaître l'arrivee des premiers im- i Cette causerie fut prononcée lors du sixième congrès annuel de 1 A.C.B.F.tenu en octobre 1950.158 LECTURES migrants en nombre un peu important.L'histoire nous indique que 300 colons allemands débarquèrent à Halifax en septembre 1750.Pour les contemporains, trois vagues d'immigration plus intense sont surtout connues.Celle de 1909, celle de 1920 à 1930 et celle qui dure encore, commencée en septembre 1945.^-es deux premiers contingents comprenaient des personnes, qui, a la demande du Gouvernement Fédéral, devaient travailler sur les fermes ou dans les mines.Ces immigrants venaient chez nous de plein gre, dans 1 espoir d une existence meilleure ou encore pour des raisons, personnelles.De ces groupes, plusieurs se sont taille une situation bien enviable au sein oe notre société.Ils constituent, il ne faut pas craindre de le proclamer, une portion distinguée de notre population.L immigration en cours déverse chez nous des infortunés, acceptes ici a.la.demande du Saint-Père et des autorités civiles mondiales qui désirent ardemment que les pays les moins affectés oar la guerre, se montrent secourables à l'endroit des populations d Europe privées de leurs biens, de leurs moyens de subsistance, de leurs, familles, de leur patrie.Par leur éducation et leur formation intellectuelle, la plupart appartenaient à l'élite de leur pays d origine.Un bon nombre d'entre eux ont refusé de rentrer dans leur pays par crainte des communistes.Les groupements de Néo-Canadiens qui nous intéressent davantage, puisqu ils vivent au milieu de nous, sont ceux de la province de Québec.Il va sans dire que le plus fort contingent se trouve à Montréal avec un effectif de plus de 1C0,CC0 personnes.Lr.e vingtaine de nationalités forment ce noyau.Par ordre d'importance numérique citons : les Italiens au nombre de 35,000, les Polonais 13,500, les Ukraniens 13,000, les Lithuaniens 8,000, les Slovaques 6,000, les Hongrois 5,0C0, les Allemands 5,000.Les groupements moins nombreux comprennent des Syriens, des Serbes-Croates, des Slovenes, des Hollandais, des Estoniens, des Lettons, des Roumains, des Japonais, des Chinois etc.Nous les rencontrions dispersés par toute la ville et meme dans la banlieue.Certains groupes semblent aveir des préférences pour tel ou tel district de notre ville, déterminé par la position de l'église catholique.Au nord et à Ville-Emard, les Italiens, à l’est, les Polonais, Di '-/kran*ens'1 ks Lithuaniens, au centre et au sud-ouest, les Polonais, les Ukraniens, les Lithuaniens.Les Hongrois, les Allemands et les Slovaques sont surtout groupés autour de la rue Sherbrooke.Comme au moins 65% des immigrants sont catholiques, la plupart des nationalités ont une église paroissiale.Les italiens en ont trois, les Polonais, les Ukraniens en ont deux.Des prêtres de la même origine raciale que leurs paroissiens desservent ces eghses.L'immigrant en général est très attaché à sa foi, et les associations pieuses, les groupements de jeunesse, tels les Scouts et les Guides, comptent des membres nombreux et actifs.Les im- NOVEMBRE 1951 159 migrants des autres croyances religieuses possèdent aussi leurs temples et leurs organisations.Au point de vue social, les Néo-Canadiens présentent une liste importante de sociétés diverses qui se dévouent à l’entraide, à l'éducation, au divertissement de leurs compatriotes.Par exemple, les Italiens comptent huit sociétés ou associations (il serait trop long de les énumérer ici), les Ukraniens en ont 8, les Polonais 11, les Hongrois 4, les Russes en possèdent 5.Chacune de ces sociétés met un local à la disposition de ses membres, où l'on se réunit pour discuter des intérêts du groupe, pour se récréer, pour s'instruire, pour y fêter les événements heureux ou encore pour commémorer un fait d’histoire propre au pays d'origine.C'est ainsi que tous ont l'occasion de fraterniser et de vivre quelques moments agréables selon les coutumes et dans l'atmosphère de leur patrie éloignée.Il faut voir avec quel enthousiasme, avec quelle satisfaction défilent costumes multicolores et avec quel entrain l'on exécute chants et danses de folklore caractéristiques de chaque nation.A noter que tous les groupes reçoivent un ou plusieurs journaux rédigés dans leur propre langue.Les Italiens impriment quatre journaux à Montreal ; les Ukraniens en ont six imprimés à Toronto et dans l’Ouest, les Polonais, cinq, imprimés à Toronto et à Winnipeg.Même les Lettons, groupe peu nombreux, possèdent deux journaux, l'un publié à Montréal, l'autre à Toronto.Dans le domaine économique, le Néo-Canadien se rencontre dans toutes les sphères de l'activité humaine, depuis le simple manœuvre jusqu'au professeur d'université.Douze médecins sont italiens, soixante ingénieurs sont polonais.Mais passons.Mesdames, messieurs, profitant de l'opportunité que vous m'offrez, je voudrais vous faire connaître d'un mot le travail accompli par la Commission des Ecoles catholiaue de Montréal pour 1 éducation et l'instruction des Néo-Canadiens.En 1947, à la demande de Me Eugène Simard, alors président de la C.E C.M., se formait un comité avec mission d'étudier a fond la situation scolaire des enfants néo-canadiens.Devant l'importance du problème, en 1948, le Service des Néo-Canadiens, aont nous faisons partie, était constitué.Et aujourd'hui, grâce à la clairvoyance et au grand sens social de M.Eugène Doucet, président actuel de la C.E.C.M., grâce aussi a l'impulsion et aux directives efficaces des membres du Comité des Néo-Canadiens, soit M.le chanoine Raoul Drouin, pretre {irofondément apôtre, de Me John Sullivan, grand catholique dont 'expérience nous est si précieuse, de Me Paul Massé, polyglotte bien connu et très versé dans toutes les questions ayant trait aux immigrants, la Commission des Ecoles catholiques de Montreal ajoute à son crédit des réalisations uniques au Canada.(A suivre) René Gauthier 160 LECTURES Choiâiââez de à maintenant voà cadeaux pour leâ 3êtes .Pomr papa Introduction à la doctrine sociale catholique, par M.Clément, 188 p.: $1.25 Les rouages de l'exportation, par Ch.-lid.Thivierge, 216 pages : $2.00 l'erre d’attente, par Carmel Laçasse, pire, 22f pages :.$1.75 La famille des chanteurs Trapp, par M.-A.Trapp, 312 p., 6l photos: $2.50 La Sainte Bible, traduction Pirot-Clamer .$2.40 Pour maman La famille des chanteurs Trapp, par M.-A.Trapp, 312 p., 61 photos: $2.50 Dans mou jardin, par Jeanne L'Archeveque-Duguay, 254 pages : $1.50 Racines, par Françoise Gaudet-Smet, 176 pages : .$1.50 Méditations sur l'Lia.igile, par Bossuet, 2 vol.de 488 et 565 pages reliés et titrés or .•;.$3.50 Les grandes heures du foyer, par le chanoine Cordonnier, 176 pages : $1.00 Pour un étudiant, une* étudiantr Les origines religieuses du l auaaa, par G.Goyau, 302 pages :.$1.25 Introduction à la doctrine sociale catholique, par Al.Clement, 188 p.: $1.25 Théâtre de village, par Félix Leclerc, 102 pages :.$1.50 Pieds nus dans l'aube, par I élix Leclerc, 242 pages : .$1.25 La plus belle chose du monde, par Mme Léo-Paul Desrosiers, 197 p.: $1.50 jeune fille la Vierge te dit, par J.LArchevêque-Duguay, 105 pages : $0.75 j'ai tant aimé !, par Cécile Assclin, 192 pages : .$1.50 Votre mission d'amour, par le K.P.F.Iisée, o.f.m.c., 48 pages :.$0.15 Pour un religieux* une religieutte Méditations sur l’Lvangile, par Bossuet, 2 vol.de 488 et 565 p., reliés et titrés or .Terre d’attente, par Carmel Laçasse, pire, 244 pages :.La Sainte Bible, traduction Pirot-Clamer - • • • ¦¦¦¦¦¦• • ¦ ^.40 la Sainte Vierge et les possédés du demon, par ch.Th.Geiger, 64 p.: $0.75 Mère léonie, par le R.P.F.Nadeau, 295 pages, 12 illustrations: $1.25 Pour le» plu» Jeune» faltectcd* *£
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