Lectures, 1 janvier 1952, janvier
Revue mensuelle de Bibliographie critique Organe du Service des Lectures du diocèse de Montréal et de PA.CJUT.&jjgaa™ SOMMAIRE Page IDÉAL ET PRINCIPES Littérature et contemplation.Jean-Paul Pinsonneault 209 ÉTUDES CRITIQUES Et la lumière fui de Charlotte Sa vary Rol.-M.Charland, c.s.c.214 Vie et morl deé Trappidet de Jean Gautier.F.P.216 Léo vendeurs du temple d'Yves Theriault Jean-Paul Pinsonneault 218 DOCUMENTS André Gide et les chrétiens (Suite).André Blanchet 221 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d’ouvrages.226 Ouvrages (Voir liste des auteurs, p.2 de la couverture) 227 Trois de plus.245 BIBLIOTHECA Souhaits du Président de l’A.C.B.F.Raymond îanghe 247 Le grand rôle des bibliothécaires.Leo-Paul Desrosiers 248 Carrefours 1952.250 Le scoutisme et la littérature des jeunes (Suite) Robert Hamel 251 JANVIER 1952 TOME VIII — No 5 LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lectures de l’Action catholique du diocèse de Montréal Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c., aumônier du Service des lectures Rédaction : Jean-Paul PINSONNEAULT, secrétaire du Service des Lectures Conseillers: Mme Marie-Paule Vinav, et M.Benoit Baril, respectiv ment présidente et trésorier du Service des Lectures.NOTES : 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de l’année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traites ainsi qu'une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l'année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d'après les règles de la catalo-graphie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : M Mauvais D Dangereux B?Appelle des réserves plus ou moins graves, c’est-à-dire à défendre d'une façon générale aux gens non formés (intellectuellement et moralement).B Pour adultes.Un ouvrage dont le titre n’est suivi d’aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous.Publication autorisé» par l’Ordlnalra CANADA : ÉTRANGER : le numéro.$0.35 Abonnement annuel.;.$3.75 abonnement annuel.$3.50 FRANCE: abonnement annuel.900 fr.C.C.P.PARIS 7262.50 FIDES — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — PLateau 8335 Société FIDES, 120, Boulevard Raspail — Paris (Vie) — Odéon 4922 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS ARNOULD (R.d’), 242.BALINSKA (I.), 241.BESLIER (G.G.), 238.BOISSEL (H.de).234.BONDALLAZ (J.), 242.BROSSES (J.des).241.BROWNE (R ).243.BRUYÈRE (A.), 235.CARPENTIER (R ), 233 CASTERET (N.), 237.COGAN (P.), 240-41.CORLAY(J ), 243, COURTOIS (G.), 229.DARDEL (G.), 236.DERMÈZE (Y.).240.DUVERNE (R.), 241-44.ESTEREZ (B.), 231.FLORY (J.), 227.FRANÇOIS (D.), 241.GARONNE (L.), 236.GAUTIER (J.), 216.GAUTIER (T.), 240.GRUNY (M.) et LE RICHE (M ), 241.GUARDINI (R.), 228.HOORNAERT (R ), 238.LANNOYE (J ), 233.LIPPERT (P.), 229.POULLEAU (A.), 239.PRADEL (H.).227.*** Regards neujs sur la lecture, 227.REMY (G.), 228.RICHOMME (A.), 244 ROUGEMONT (P-), 241.SA VARY (C.), 214.STINTZ1 (P.), 234.THÉRIAULT (Yves), 218.THÉRIAULT (Yvon), 230.VULPES (J.), 241.WILCZKOWSKI (C.).237.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, ttawa-0 IDÉAL ET PRINCIPES Littérature et contemplation ~T\ANS un dialogue imaginaire entre saint Dominique et Dante, jean-Pierre Altermann, poète converti du judaïsme au christianisme, prête au Fondateur de l’ordre des Frères prêcheurs ces paroles : « De quoi vivrait l’art sur la terre, sinon de cette aspiration ties cœurs inassouvis vers la lumière et vers la joie ?» La lecture de ce verset au souffle claudélien évoque en nous la figure sereine de cette élue de la joie qu est Dona Prouhèze et reveille l’écho du cri déchirant qu elle jette vers Rodrigue, dans une suprême tentative d’ouvrir cet être douloureux à l’invasion île la Joie.Je pense aussi à l’obscure et frêle paysanne de Com-bernon, Violaine, immolée par un dessein providentiel au triomphe tie la Joie dans la chrétienté médiévale déchirée et à la purification, par cette même Joie, de la chair lépreuse de Pierre de Craon et de l’âme homicide de Mara.Ce sont tous les personnages du drame claudélien, de fêle d’or au Soulier de oahn et de la Marthe de /'Echange à l’Ysé du Partage de midi, qu’il faudrait invoquer pour illustrer que la littérature, au même titre que l’art en général, vit de cet irrépressible élan des cœurs vers un idéal de beauté et de plénitude susceptible d’étancher en eux cette soif qui, en dépit de toutes les sources terrestres offertes à son tourment, continue de porter témoignage de l’irréfragable vocation de l’homme à la Béatitude parfaite.Hélas î en marge de cette pléiade de héros qu’une puissance mystérieuse tire hors d'eux-mêmes et rive à leur glorieux destin d’êtres rachetés, que de compères engraissés des rebuts du naturalisme et de la trivialité peuplent l’univers de certains écrivains tels que Zola, France, Gide et Sartre, pour ne citer que les séraphins tie ce paradis de la concupiscence empuanti de toutes les impuretés de la chair et de l’esprit ! Devant la prédilection de l’âge contemporain, rompu aux plus écœurantes complaisances, pour tout ce qui de près ou de loin sert l’universelle déprédation des énergies spirituelles et l'avilissement enthousiaste de toute mystique, l’esprit se heurte inévitablement à la tentation de croire à l’opportunité de l'apostasie sur le plan esthétique et intellectuel.Dictées par l’urgente nécessité de restituer à la littérature un respect dont la frustrent impunément des mercantis de piètre acabit, les réflexions qui suivent n’auront pas été vaines si elles contribuent à convaincre le lecteur de la sublime mission des Lettres qui est d’initier à la contemplation.JANVIER 1952 209 « L art, écrit Aristote, est la joie supérieure des hommes libres.)) Il exprime la quiétude transcendante où, dans la communion sereine de l’âme à un idéal de beauté et de vérité, l’homme trouve reluge et paix, et, par la délivrance de ses servitudes, croit réintégrer l’éueii perdu et toujours périssable de la béatitude originelle.L’art constitue cette halte enchantée où, penché sur les sources limpides de la forme pure et de l’extase créatrice, 1 artiste, avec une ferveur émerveillée, redécouvre en lui les traits de la ressemblance divine.Or toute joie, par définition, se présente comme le repos de l’être dans la possession de l’objet convoité.Elle est donc, dans une certaine mesure, appropriation, rapt.Des lors, comment nier à l’art son caractère de ravissement et fausser les perspectives de cette « joie )) en lui assignant une fin étrangère à la contemplation ?On a écrit bien à propos que l’art résulte d’un concours de nécessités matérielles et morales sur lesquelles vient se greffer l’attrait de l'homme pour un idéal de beauté en vue duquel il se sent créé.L’art naît donc, sous un certain angle, du besoin de concrétiser une forme de perfection en conformité absolue avec la vocation d « etre sauve en espérance ».Or, pour l’homme, cet idéal de beauté ne saurait atteindre sa plénitude ailleurs que dans la vision béatifique.D’aucuns auront beau, pour contester la vérité de cette assertion, ressasser tous les sophismes à la mode, échafauder les théories les plus abracadabrantes, je crains fort qu’ils ne parviennent jamais à étayer la réfutation de ces prémisses et à prouver que la mission de l'art se limite à l’émotion esthétique gratuite.Dès lors qu’il s’interpose entre l’âme et Dieu, intercepte notre vision de la Beauté essentielle et trompe en 1 homme cette soif d’absolu qui toujours l’affranchit et souvent le sauve, l'art trahit.Par la magie de sortilèges fallacieux, il tente vainement de consoler l’homme de la nostalgie d’une beauté supérieure que lui masque sa condition charnelle.Il égare le cœur humain dans un labyrinthe de sensations qui, tout en le divertissant de sa propre grandeur et de sa dignité, le ramènent insensiblement et toujours à l’abîme initial de son désir et de son besoin de contemplation.Nul mieux que Stéphane Mallarmé n’a traduit l’échec d’un art sans rédemption.« De l’éternel azur la sereine ironie « Accable, belle indolemment comme les fleurs, # Le poète impuissant qui maudit son génie « A travers un désert stérile de Douleurs.« Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde « Avec l’intensité d’un remords atterrant, « Mon âme vide.Où fuir?Et quelle nuit hagarde « Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant?» Et ce sanglot désespéré du poète sur l’inaccessible Beauté : « Mais, hélas ! Ici-bas est maître : sa hantise* « Y’ient m’écœurer parfois jusqu’en cet abri sûr, 210 LECTURES « Et le vomissement impur de la Bêtise « Me force à me bouclier le nez devant l'azur.« Est-il moyen, ô Moi qui connais l’amertume, « D’enfoncer le cristal par le monstre insulté « Et de m’enfuir, avec mes deux ailes sans plume « — Au risque de tomlier pendant l’éternité: » Le témoignage de ce spécialiste du poème hermétique, absolu et indépendant de l’univers que fut Mallarmé atteste que l’art n’atteint à la beauté véritable que dans une référence directe à la Plénitude qui transcende toute perfection créée.L’art n’est vraiment grand et digne de l’éclatant prestige dont il jouit auprès d’une élite que dans la mesure où, épousant toutes les ressources du génie humain, il initie l’âme aux mystères de la communion à la Beauté incréée.Tout oiseuses que puissent sembler ces considérations d’ordre purement théorique, elles éclairent néanmoins notre notion de la fin d'un art qui, avec la musique et l’éloquence, quoique à des titres divers, compose le groupe des arts phonétiques, la littérature.Cet art qui synthétise tous les autres en les dépassant comprend l'ensemble des principes de l’art d écrire et les œuvres qui en résultent.Parce que la raison d’être de la littérature est d’exprimer les idées, cet art s’avère—n’en déplaise à ses incorrigibles détracteurs, les manants du dogmatisme scientifique et les apôtres du credo matérialiste — le miroir fidèle des pensées et des sentiments, un des signes les plus éclatants de la prééminence de l’homme dans l’univers qu’il interprète, illumine et transfigure par l'inépuisable jeu de son esprit.Dans une conférence sur la Littérature et l’âme, M.Charles Du Bos la définit en ces termes : « La littérature est avant tout, quoiqu'elle puisse devenir par ailleurs, la vie prenant conscience d’elle-même lorsque dans l ame d'un homme de génie elle rejoint sa plénitude d'expression.)) Mais cette révélation de la vie à elle-même équivaudrait à un jeu futile et gratuit, prendrait un caractère de démonstration mathématique si elle n’était ordonnée à épurer dans l’âme, par la contemplation, un visage d’éternité.« C’est à la fois par la poésie, et a travers la poésie, disait Baudelaire, par et à travers la musique que l’âme entrevoit les splendeurs situées derrière le tombeau.)) Il faut en dire autant de la littérature tout court.Par le seul fait qu’elle a pour objet le beau, il est impossible que la littérature ne s'élève pas au-dessus des contingences et ne pénètre dans le domaine de l’absolu.« L’art est religieux, écrit Charles Blanc dans Principea, parce que le beau est un reflet de Dieu même.Toute vérité enveloppee par une forme sensible et belle nous montre et nous voile l’infini ; elle couvre et découvre tout ensemble l’éternelle beauté.)) J’entends se récrier tous les faussaires de l’art contemporain qu’une incurable impuissance confine au rôle avilissant d’anarchistes de salon.Ils ont si effrontément prétendu ravaler l’art à leur stature de pygmées JANVIER 1952 211 de l'intelligence qu’ils entrent en transes et jouent les pontifes insultés dès qu’on fait mine de suspecter l’authenticité de leur droit exclusif à 1 infaillibilité.Mais abandonnons aux affres d’un désespoir ridicule ces législateurs plus prodigues d’anathèmes que de logique : leurs édits ne sauraient changer quoi que ce soit à la mission des Lettres.Parce que la littérature révèle l’homme à lui-même et lui fail prendre une conscience plus aiguë de la dignité de sa vocation d’être ordonné à la louange, elle tend à le dépouiller de tout orgued et, par la, le prédispose à la contemplation.On ne découvre jamais en vain son indigence charnelle et les inépuisables ressources de la grâce enfouies en soi.Ernest Hello a exprimé cette vente dans une très belle pensée : « Si l’homme rentre au fond de lui, fait le vide, fait le silence dans le sanctuaire, écoute et obéit, il y trouvera 1 Infini armé de toutes ses splendeurs, qui l’attire pour le glorifier.» Oue de fois la littérature, par la voix de ses plus males hérauts, n a-t-elle pas réveillé dans une âme les harmonies d’un monde divin humilié, ressuscité une indestructible enfance, inspiré le psaume de la joie, lavé la flétrissure d’une chair abjecte, guidé jusqu’à l’eau vive un cœur assoiffé de pureté et démuni! L’éminent essayiste Du Bos reconnaissait de voir beaucoup à la vertu curative de la littérature.« Dans le domaine psychique tout comme dans le domaine corporel, bien poser le diagnostic est la première condition pour guérir le mal, quel qu il soit, et, en même temps qu’elle prépare ainsi notre guérison, la littérature, en nous taisant sentir que nous ne sommes pas qu’une exception monstrueuse, nous réintègre dans la communauté humaine dont nous nous imaginons retranchés, exclus, et, parce qu’elle nous montre par d irrécusables témoignages que de plus grands que nous ont souffert du même mal que nous, en ont souffert exactement tie la même manière que nous, se sont délivrés de leur mal d’abord en l’exprimant, puis en laissant 1 expression qu’ils en avaient donné agir par choc en retour sur leur nature et sur leur âme même pour la modifier en l’amendant, la littérature rabat chez chacun de nous la moindre velléité d’orgueil en nous ramenant dans le rang, mais elle rabat notre orgueil sans humilier nos possibilités, tout au contraire en les élevant et en nous entraînant à sa suite : notre température psychique monte, et dans la mesure même où elle monte, nous redevenons capables île nous chauffer au contact de l’inextinguible foyer.Mais la littérature ne peut être pour chacun de nous ce foyer que si nous allons à elle de toute notre âme de façon qu elle nous devienne consubstantielle, qu’elle pénètre notre être tout entier.Consubstantiel tout est là.La fin véritable pour chacun de nous, c’est que tout ce qu’il y a de meilleur ici-bas devienne consubstantiel à notre âme, l’aiife à croître, à mûrir, à s’accomplir, l’achemine vers sa perfection.» Afin de préciser la pensée de l’auteur d ’//p proxi mat ion GAUTIER (I ean), I te et mort des Trappistes.Un ardent foyer de vie cistercienne.l’abbaye Notre-Dame de Grâce de Bricquel>ec.Paris, La Colombe (cI951J.J98p.21cm.$2.75 (par la poste $2.85) 216 LECTURES raconte la fondation de l’abbaye, puis nous donne un aperçu de la spiritualité cistercienne avant de nous faire vivre une journée entière au milieu des moines.La seconde partie intitulée : I,e.\ honimcé brosse à grands traits la vie toute d’amour et de paix de plusieurs religieux.Le cadre, c’est cette abbaye perdue dans la verdure exubérante tie la forêt normande avec ses lieux réguliers : église et sacristie, cloître, chapitre, scriptorium, réfectoire, dortoir, hôtellerie, cimetière, dépendances.Mais tout cela ne s’est pas élevé en un jour.Ces bâtiments, d’aspect assez disparate, sont sortis tie terre grâce à la volonté tenace du fondateur, Dom Augustin Onfrov, et au labeur acharné de ses moines.Pendant des années, l’abbave a végété, telle une semence qui doit attendre son heure avant de devenir un grand arbre et de porter ses fruits.Mais les fruits sont venus, savoureux, mûris par le soleil de la grâce divine que la Providence ne refuse jamais aux âmes de honne volonté.Et la spiritualité cistercienne s’épanouit maintenant à Bricquebec avec toute sa fécondité sanctifiante.Cette spiritualité Jean Gautier la présente en un copieux chajiitre plein d intérêt qui ne rebutera pas les lecteurs les moins préparés aux expo;és de ce genre.On peut la réduire à quelques chefs principaux : obéissance, esprit de foi, amour passionné du Christ, humilité avec ses divers degrés, zèle, ponctualité, silence, dévotion à Marie.Tout cela conduisant à la contemplation cjui sera soutenue sur l’aile de la pénitence.Mais de quelle contemplation s’agit-il ici ?C’est ce que M.Gautier va nous dire en suivant pas à pas les écrits de ce grand mystique que fut Dom Vital Lehodev, le quatrième Abbé de Notre-Dame de Grâce.L’auteur, en ces pages alertes et pleines d’imprévu nous fait ensuite partager les trois occupations principales qui déterminent la vie cistercienne : la prière, la lecture pieuse, le travail manuel.Avec les moines nous chantons l'office de la nuit dans la pénombre de I’ église abbatiale, nous assistons au chapitre, à la messe conventuelle, aux divers exercices de règle, au travail des champs et nous battons même notre coulpe.Celle-ci est d’ailleurs légère car la pénitence à Citeaux n’a rien de celte âpreté tragique que lui a prêtée la légende.Aussi le lecteur ne sera-t-il pas surpris que M.Gautier ne consacre que peu de pages, cinq en tout, aux pratiques pénitentielies usitées dans l’Ordre.Oserons-nous suivre l’auteur quand il nous parle de l’adaptation des Trappistes au monde moderne ?Une adaptation totale semble bien difficile à un Ordre cjui a adopté, depuis des siècles, des habitudes absolument opposées à celles de la société quant au coucher, au lever, à la nourriture, au silence, sans parler de la pratique des vœux et de la stricte clôture.II ne peut donc s’agir ici, ainsi que le laisse d'ailleurs supposer M.Gautier, que JANVIER 1952 217 1-I d’une adaptation toute relative selon laquelle le religieux se tient au fait des grands courants apostoliques qui animent l'Eglise de notre temps, cherche à coopérer à ces mouvements par un zèle plus ardent dans la prière unie à celle du corps mystique, étend le champ de ses études et de ses lectures, ouvre sa porte aux retraitants, prêtres ou laïcs, dont il essaie de comprendre les difficultés et les besoins.L’Eglise ne demande pas d’autre adaptation que celle-là au moine cistercien.L’auteur nous montre d’ailleurs ce qu’a réalisé l’Ordre de Citeaux dans les divers domaines des actualités intellectuelles, spirituelles et esthétiques.Le volume s’achève sur une galerie de tableaux où l’on voit défiler deux convers aux tempéraments différents, deux choristes de grande vertu, enfin deux Abbés : Dom Bernard Bazin, plein de rondeur, de bonté et d’originalité ; puis Dom Vital Lehodev, sous ses divers aspects : adolescent, moine, Abbé, écrivain spirituel.On trouvera dans ces pages une délicieuse méditation sur l’enfance chrétienne où le vénérable supérieur de l’abbave de Bricquebec dévoile la candeur de son âme et la splendeur de ses dons mystiques.Nous souhaitons à fie el mort deé Trappialej cette large diffusion qu’ont connue les précédents ouvrages de Jean Gautier sur la mystique et sur les doctrines de notre grande école française du XVIle siècle.Son livre est bienfaisant car il fait mieux connaître et mieux aimer la Trappe.Il montre aussi avec sobriété le grand sérieux de la vie chrétienne en un temps où l’on est, hélas ! trop enclin à l’oublier.F.P.Les Vendeurs du Temple' Cl Al.Yves Thériault doit pousser encore bien avant I'expé-rience du laisser aller où déjà il s’affirme avec une autorité de maître, le Canada français possédera bientôt son chef-d'œuvre de vulgarité, car notre compatriote manifeste d’incontestables aptitudes à couler, dans une forme avariée, un humour d’une balourdise à vous désespérer tous les spécialistes du rire niais.Un effort quelque peu plus appliqué de notre Rabelais au petit pied nous vaudrait la chronique savoureuse et verte à souhait dont la truculence et la crudité jetteraient sur nos lettres un éclat sans pareil.Vienne le jour où l'auteur de ces innénarables Vendeur,.i du temple éprouvera enfin le besoin de s'accomplir dans une œuvre à sa taille et de donner la mesure de dons que lui re- 1 THÉRIAULT (Yves), Les vendeurs du temple.[Québec, Institut Littéraire du Québec] s.d.263p.19cm.Dangereux 218 LECTURES connaissent avec une fierté toute légitime les derniers des siens 1 II serait fâcheux cependant que Theriault n'accède à la maturité que le jour où il aura perdu l'audience d’un lecteur trop longtemps frustré dans son attente d’une œuvre majeure.Mais Ta fécondité du talent du romancier n’en est plus à un miracle près il en est de tout ordre — et peut encore légitimer certains espoirs, à la condition, bien entendu, qu’ils ne soient pas indûment optimistes.Si leVendeur.1 du temple, comme on l’a noté fort judicieusement, marquent un renouvellement bien propre à reposer le lecteur de ces paysanneries à l'épluchure que sont la Fille laide et, par surcroît, le Dompteur d’our.i, ce roman s’inscrit toutefois dans la plus pure tradition de négligence et d’incurie consacrée par les ouvrages précités.La phrase incorrecte, fautive et chevillée à la va-comme-je-te-pousse y révèle l’auteur nanti de la conviction que c'est en écrivant qu’on devient écrivain et qu’il suffit d’avoir quelque chose à dire pour le bien dire.Mais ce quelque chose, Thériault présume de sa valeur lorsqu’il croit y trouver excuse à l’étalage de quelque sous-produit littéraire, dénué de toute analogie avec cet élément de l'œuvre d'art communément appelé style.Et pourtant, un peu de sucre sur cette mauvaise pâte n'en aurait fait tout au plus qu’une insipide croquembouche.Tel qu’il se présente, le dernier roman de Thériault constitue une preuve irréfutable des droits de cité inaliénables de l’infantilisme, de la médiocrité et du ridicule dans notre littérature ambitieuse de jouer les soubrettes émancipées et encore toute empêtrée dans les chausses glorieuses de son aïeule, la littérature française.De tels esprits y ont cultivé la satire anticléricale que la charge de notre romancier, dénuée de la plus élémentaire finesse, ne laisse subsister aucun doute sur la qualité d’un humour dont le moins qu’on puisse dire est qu’il s’accommode fort allègrement de la gadoue des bas-fonds les plus orduriers et du triste prestige de la sottise invétérée.Une des premières lois du genre satirique est la mesure.Or M.Thériault grève ses personnages de ridicule avec une prodigalité de nature à convaincre le lecteur de la vérité de l’adage qui veut que la plus belle fille du monde ne puisse donner que ce qu’elle a.L'auteur des Vendeurs du temple, de toute évidence, entend se reprendre sur la manière de donner, car il le fait avec ce geste spectaculaire et satisfait, familier aux colporteurs de camelote.Qu’il dresse l’inventaire des motifs — surnaturels, il va sans dire (1) — qui ont incité Alphonse Bossé à opter pour le sacerdoce et en ont fait un amateur de bonne chère, un fervent du moindre effort, ou qu'il décrive les « salutaires et catholiques exercices de la calomnie )) qu’il esquisse le portrait de la « vierge active, consacrée à la propagation de la vertu » ou celui, moins édifiant, du prélat connaisseur de vins fins et goinfre sans scrupule ; qu’il transcrive les vertes litanies d'une engueulade à la (( canayenne » ou se divertisse de JANVIER 1952 219 la bigoterie d’une Camélienne Doré, Theriault ne le fait jamais clans les limites de la vérité et de la franche gaieté.Sous la verve éclatante d’une chronique aux personnages d'un pittoresque savoureux perce un sourire amer, emprunté au dernier des mauvais rieurs.L'auteur ne s’amuse peut-être pas aussi ferme qu’il veut le laisser croire.On le devinerait a 1 absence de bonhomie et au ton de fausse plaisanterie qui peu à peu rendent la farce artificielle et ennuyeuse.Theriault a beau mettre en œuvre ses piètres ressources de meneur de jeu, faire sourdre l'huile sur le terrain de la Fabrique de Saint-Léonide-le-Confesseur, jeter le curé en travers des plans de 1 évêque, rien n’y lait.Par quelle aberration notre chroniqueur a-t-il pu éprouver quelque scrupule à se borner?II aura sans cloute jugé opportun de fournir au lecteur la preuve irréfutable d’un courage à poursuivre, jusqu’à l’épuisement de toute ressource,la démonstration d'une inaptitude foncière à la finesse.Nous ne saurions lui nier le mérite d'y avoir réussi avec un rare bonheur.L effort ne trompe jamais.Puisse maintenant 1 heriault tenter celui de la perfection dans un roman de même veine ! Ou’il daigne cependant nous y faire grâce de l’humoriste à tuque de laine et à ceinture fléchée : sa virtuosité nous est connue et, partant, ne nous intéresse guère.Quant aux hennissements et aux piaffements de tous ces mâles et de toutes ces femelles en rut auxquels I hériault, dès les premières pages de son œuvre, tenta de nous faire l’oreille, qu’il sache que nous leur préférons les chants et les appels d’un monde en travail de rédemption.Jean-Paul PlNSONNEAULT L’Association canadienne des Bibliothécaires de Langue ' OFFRE la Ltate de* membre* de IW.C.II.F.brochure de 16p.contenant le nom et l’adresse de 459 bibliothèques et bibliothécaires .$0.35 le Texte de* eommunlenf ion* présentées au VIIe Congrès annuel — brochure de 76p.contenant le texte de 21 allocutions .$1.50 Pour toute commande s’adresser au tîrand .Séminaire, a/s M.I.SAUVÉ, p.s.s., 2065 ouest, rue Sherbrooke, Montréal 220 LECTURES 6240 DOCUMENTS André Gide et les chrétiens ( Suite ) hez un Péguy, « ressourcé » à la plus ancienne mystique de notre peuple, le Dieu de Bergson prenait des traits de vitrail : c’était le Dieu de saint Louis.Chez un Claudel nourri de liturgie et de thomisme, une exultation de premier chrétien rajeunissait un catholicisme par ailleurs solidement architecturé.Mais l’élan vital pouvait aussi camoufler la rentrée du dieu Pan ; et à l’abri de ce beau nom de joie, de joie-pour-aujour-d'hui, sous ce vocable franc et clair pouvaient tenter de se réhabiliter et de redorer leur blason les vieux faunes païens avec toutes leurs frénésies.Avec Gide.Mais n’anticipons pas.Qu’est-ce encore qui, chez Gide, avait séduit, et séduit encore la jeunesse ?C’est l’invitation faite à chacun de cultiver en soi ce qu'il a d'unique, d'« irremplaçable ».Ma joie, c'est ma création, disait Gide.Mon ciel ne ressemblera donc à celui de personne.Dieu n’appelle-t-il pas chacun par son nom ?Proposer à tous un idéal commun, c’est fabriquer en série des conformistes, aussi lugubrement semblables que les mannequins de cire aux devantures d’un magasin de confections.Bien plus, c’est consentir à un écart entre la vie vécue et la vie manifestée, entre l’être et le paraître, car professer un idéal moral, c’est presque immanquable- I.Cet article est paru dans les Etudes, numéro d'avril 1951.ment se dispenser de le vivre.Nos « beaux sentiments » nous rassurent sur nos sentiments réels.Chacun croit volontiers que sa vie se situe sur le même plan que son langage, et l’on a tôt fait de se confondre avec sa façade.Le professeur de morale se tient pour moral.Tel laisse volontiers ses yeux et ses propos s’envoler vers les sphères supérieures qui reste au vrai, fort en deçà.On attache beaucoup plus d’importance à l’édification des autres qu’à la construction de soi-même, à l’apparence de la vertu — surtout homologuée par la société — qu'à la vertu même.(Et Gide écrit de l’un de scs personnages : « Sa décoration ne lui permet plus de douter de l'authenticité de ses vertus.») Hypocrisie ?Non, car si l’on fait des dupes, on est soi-même sa première dupe.On ment avec sincérité.Pharisaïsme plutôt.Il faut une crise, un choc, pour que le sépulcre surchargé d’ornements laisse apparaître le vide intérieur.II y a beaucoup à retenir dans ce procès des bien pensants (c’est-à-dire de ceux qui se croient bons du seul fait qu’ils pensent bien).Ici encore, Gide n'a pas été l’initiateur, puisque Péguy l’a précédé.Et la plupart des écrivains catholiques d’aujourd’hui expriment les mêmes exigences : Mauriac, qui lui doit quelque chose, mais aussi Bernanos, qui ne lui doit rien.Un JANVIER 1952 221 Homme de Dieu, de Gabriel Marcel, rappelle curieusement l’Ecole des Femmes, de Gide, et n’est pas moins âpre.Quand toute une génération réclame une vie « authentique », prenons-y garde, nous ne pouvons pas nous séparer d’elle en invoquant le christianisme : la condamnation du Pharisien n’est-elle pas le trait le plus violemment accusé de l’Evangile ?Seulement, Gide va plus loin, où nous ne le suivons plus.Non content de dénoncer l’écart entre la vie vécue et l’idéal professé, il condamne tout effort vers un idéal défini, toute soumission à une morale.Une morale, pour être belle, dit-il, n’en est pas moins mutilante.Engager sa vie sur une voie unique, c’est renoncer à tous les autres chemins.Tant d’expériences nous attendent ! Et les plus interdites sont les plus prometteuses.Nous sommes des êtres multiples, contradictoires : cette constatation, qui étonnait Pascal et l’engageait à surmonter la nature, enchante Gide et le décide à s’y enfermer.Pourquoi ne pas donner toutes leurs chances à toutes nos tendances ?Nos instincts les plus divers doivent « dialoguer », et c’est la tension entre ces pôles opposés qui fera flamber notre vie, lui donnera son intensité et tout son éclat.Voilà bien ce qu« chez Gide séduit la jeunesse : la promesse d’un humanisme intégral, d’une jeunesse sans fin.La grâce de la jeunesse ne lui vient-elle pas de ce qu’elle ne choisit pas parmi ses dons, ne préfère pas l’une de ses possibilités à toutes les autres ?elle les veut toutes.Entre les deux « postulations » ou exigences qui sont en nous et dont parle Baudelaire, l’une animale, l’une céleste, l’une vers Dieu et l’autre vers Sa- tan, Gide s’est flatté de ne pas choisir.A-t-il pu tenir cette gageure ?Mais bien avant que le développement complet de la vie de Gide ait pu administrer la preuve de sa réussite ou de son échec, certains de ses premiers disciples, nous l’avons dit, l’avaient dépassé, parfois même renié.C’est que dans sa ferveur biblique elle-même ils avaient flairé un énorme malentendu.Gide avait falsifié l’Evangile.Pas un mot qu’il n’ait adultéré : présence de Dieu dans sa création, détachement, joie, — oui, sans doute.Mais « Dieu, précisait Gide, n’est pas ailleurs que partout ».Mais le devoir du détachement consiste surtout à se libérer de tous les « devoirs ».Mais la joie, c’est la volupté.Cette subversion des valeurs évangéliques s’expliquait — Gide nous l’apprit bientôt lui-même — par le besoin de justifier à ses propres yeux sa défaite charnelle.Ne luttant plus, il voulait pouvoir contempler encore son cœur et son corps « sans dégoût ».C’est au sortir de certaines expériences, narrées avec une impudeur tranquille dans Si le Grain ne meurt, que Gide avait vu le remords céder à l’extase des sens.Lisant alors l’Evangile « d’un œil neuf, j’en vis, dit-il, s’illuminer soudain et l’esprit et la lettre ».Combattre ses instincts, ces magnifiques créatures de Dieu, n’est-ce pas s’opposer à Dieu lui-même ?L’offrande misérable que celle d’un .cœur dévasté ! Oui, la morale est invention humaine.Sous l’être « factice », œuvre des conventions, l’être « naturel » demande à « naître de nouveau ».Là est l’innocence vérita- 222 LECTURES ble, là la pureté ; là la sincérité, qui est accord avec nos tendances profondes; là I’« esprit d’enfance », ingénuité que rien ne trouble.C’est dans l’explosion sensuelle que Dieu se trouve et se goûte.« Oh ! mon Dieu, qu'éclate cette morale étroite, et que je vive, ah ! pleinement., sans croire toujours que je vais pécher.» Gide a-t-il dès lors trouvé la paix ?Comment le croire, quand son Journal, quand son œuvre entière est une entreprise de justification ?Il continue de se dire religieux, et même chrétien.Il festonne, il rehausse ses écrits de sentences évangéliques dont il altère subtilement le sens, et le Christ cautionne ainsi les propositions les plus osées.Il s’approprie avec une adresse stupéfiante la parabole de l'Enfant prodigue, se coule en elle, lui donne une conclusion inattendue.Ainsi s’obstine-t-il à vouloir marier le ciel et l’enfer.?Au moment de choisir, — car celui qui a prétendu éviter tout choix y sera enfin acculé par plus fort que lui : « Qui n’est pas avec moi est contre moi », — Gide hésite.La crise de Numcfuid et tu (Et toi aussi, serais-tu Galiléen?) est pour lui la croisée des chemins (1916).Il a toujours oscillé de Ménalque à Alissa : s’il tentait un effort du côté de la sainteté ?Lui qui se précipite vers toute voie possible, se laissera-t-il dépasser de ce côté par ses amis convertis ?Peut-être a-t-il mal lu l’Evangile ?Ah ! ne laissez pas le Malin dans mon cœur prendre votre place ! Ne vous laissez pas déposséder, Seigneur ! Si vous vous retirez complètement, il s'installe.Ah ! ne me confondez pas tout à fait avec lui ! Je ne l'aime pas tant que ça, je vous assure.L'Evangile est un petit livre tout simple, qu'il faut lire tout simplement.Seigneur, je viens à vous comme un enfant, comme l'enfant que vous voulez que je devienne.J'écoute et vous soumets mon cœur.Mon Dieu, je viens à vous avec toutes mes plaies qui sont devenues des blessures : avec tous mes péchés sous le poids desquels mon âme est écrasée.Il écoute, mais n'entend que la rumeur qui monte de ses livres.Entre ses yeux et ce qu’il lit s’interposent les truquages qu’il a déjà fait subir à la Parole.En vain recourt-il à la Vulgate, au texte grec, sa pente l’emporte.Un mot l’obsède, fréquent en effet dans l’Ecriture : K une.« C’est dès à présent qu’il faut vivre dans l’éternité.» Gide disait d’abord : la vie Juturement éternelle n’exclut pas la vie actuellement éternelle.Ce qui est fort juste.Le voici maintenant qui affirme : « La vie éternelle que propose le Christ.n'a rien de futur.» Cette fois, la rupture est consommée.C’est au moment où il fait face au Christ que, brusquement, Gide lui tourne le dos.?On le vit alors s’éloigner à grands pas.En vain Jammes, Claudel, Du Bos l’appelaient-ils : son Journal prouve qu’il ne les entendait plus.Disons-le, car les textes abondent, il fut injuste envers eux.Trouvant les mots qui consterneraient le plus sûrement des chrétiens, il les rendit responsables de son refus.On dira que Jammes, avec sa brusquerie un peu simpliste, n’était pas, pour ce subtil et ce compliqué, le convertisseur idéal, et pas davantage le massif Claudel.Mais le subtil et compli- J AN VIER 1952 223 que Charles Du Bos tenta, lui, de suivre Gide dans les mille et un détours de son labyrinthe, et ne réussit qu'à l’exaspérer.La vérité, c'est que ce soi-disant éternel disponible ne l’était plus.C’est alors qu’il se mit à crayonner dans les marges de son Journal des portraits-charges de ses amis convertis.Nul ne fut épargné.Leur conversion était une démission ; ils avaient roulé en ribote sous la table sainte ; leur croyance avait anesthésié en eux l'esprit critique ; leur assurance était orgueil, leur foi mauvaise foi.Certains pourtant lui gardèrent leur amitié, d’autres rompirent avec l’écrivain scandaleux qui, ayant tout perverti, et jusqu’à la parole inspirée, appelait maintenant naturel un vice contre-nature et s’en constituait l’apologiste.Entre Claudel et lui ce fut une lutte ouverte, Claudel y allant de sa massue et Gide de son stylet.En 1933, l'adhésion au communisme fut le dernier sursaut d'une âme désaffectée pour échapper à la prison du narcissisme, à la vacance, au néant.Cet homme, qui déjà ne savait plus où aller, cherchait un succédané du christianisme.« Il faut bien que je le dise, ce qui m’amène au communisme, ce n’est pas Marx, c’est l’Evangile.» Toujours l’Evangile terrestre ! Mais ici encore il craignait l'enlacement d’une doctrine et se déroba vite.Dès lors, Gide ne bougera plus.Instable, nerveusement infixable, oui, mais sa belle inquiétude semble morte.Son visage spirituel s’épaissit à la fois et se durcit.Parfois, au nom du Christ, il tressaille encore : « C’est vous que je retrouve partout, alors que je croyais vous fuir, ami divin de mon enfance.» Mais non, le voici décidément athée et anti-chrétien.Dieu est un mot « à peu près vide de substance ».« Je ne comprends même plus qu’à peine de quoi il s’agit.» Voici meme le sarcasme : tout mon mépris, dit-il, c’est contre lui d’abord que je le tourne.C’est ma façon de l’adorer ».Et ces banderoles pour meeting anticlérical : « L’athéisme seul peut pacifier le monde aujourd’hui.» « La religion et la famille sont les deux pires ennemis du progrès.» Tout à la fin, certains mots, assez vagues, donnent l’idée d’un délayage du pâle Renan : Dieu n’est pas, il devient.?André Gide suppliait qu'on ne le jugeât point.Nous n’en sommes pas tenté.Mais une œuvre du moins se juge elle-même qui, après avoir dévasté la fleur d'une génération, a fini par avoir raison de son auteur lui-même.Devant cette nature fastueusement douée et que nous avons vue couler comme le plomb au plus bas d’elle-même, devant ce vieillard qui baisait la boue avec une satisfaction totale (le tairions-nous quand il s’en est targué il y a peu?), devant ce disciple du Christ consolidé dans une paix rendant son son de mort, nous n’éprouvions plus depuis quelque temps qu’une pitié épouvantée.Quelle vie accomplie ! clame le chœur des journaux.Oui, à mon sens, car n’ayant jamais cherché que sa vérité, Gide l'a enfin trouvée.André Gide ne s’est pas situé en dehors du christianisme pour le combattre.Il l’a parasité, s’est insinué dans son essence, s’est accru de sa sève, l’a totalement perverti.Les valeurs qu’il nous propose nous sont moins étrangères que celles de Voltaire, peut-être même que 224 LECTURES celles d'un Molière.Seulement, passant par lui, elles ont subi une étrange mutation.Appel à une vie « étemelle », dépassement de soi-même, détachement, pureté, ferveur, extase, confession même (quelle frénésie de confessions, sur lesquelles il a fait descendre lui-même la plus abondante absolution!) : la contrefaçon est complète.Le surnaturel se voit tout entier ramené à l’humain, et l’humain au sensible.Au total, l’entreprise gidienne est une transmutation narcissique des valeurs évangéliques.Cet obsédé de l’Evangile, dont l’œuvre presque entière est frappée au monogramme du Christ, gardera à nos yeux la mine équivoque d’un faussaire.C’est un faux monnayeur.A-t-il agi consciemment ?Qui l'affirmera ?Il a opéré, si j’ose dire, sans aucune des précautions des illusionnistes, avec une désinvolture parée de candeur.Une candeur qui ne semble pas jouée.II a cent fois prétendu « prendre au pied de la lettre les paroles du Christ ».L’énormité de ses contresens a pu faire croire qu’il se moquait de nous.Je crois plutôt que, de formation protestante, l’interprétation libre de l’Ecriture lui a toujours paru la chose du monde la plus naturelle ; le poids de sa nature a fait le reste.Gide définissait Nietzsche : « Un lion dans une cage d’écureuil ».Mais lui-même, c’est plutôt un écureuil dans la jungle, une jungle qu'il a pieusement baptisée : Evangile.Il n’y rugit pas, il n’y brise rien, parce qu’il y trouve ses aises et tout ce qu’il veut.II s’y est finalement égaré.A Cuverville, devant le cercueil d’André Gide, un pasteur a lu quelques passages de Numquid et tu.Oubliant le mal qu’il nous a fait, plusieurs catholiques, je le sais, s’associent de loin à cette prière, à ces formules pathétiques qu’une instance de la grâce tira un jour de ce malheureux, et qui prenaient un sens encore plus pathétique d’être redites devant sa dépouille.Il ne s’agissait pas de le confronter à la période la plus généreuse de sa vie, pour le confondre, mais de lui prêter nos lèvres pour qu’il puisse encore dire à Dieu : s Tous les reflets de Vous que je sentais en moi se ternissent.Il est temps que Vous veniez.Quoi ! suis-je donc aujourd'hui comme si je ne L’avais jamais aimé ?Souillure affreuse, ô salissure du péché ! Cendre que laisse après soi cette flamme impure, scories.Peux-tu me nettoyer de tout cela, Seigneur ?que je chante ta louange à voix haute.André Blanchet - Le plus beau livre de Vannée - LA FAMILLE DES CHANTEURS TRAPP par Maria-August a TRAPP 314 pages : 41 photos : $2.50 (par la poste : $2.65) Janvier 1952 225 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d'ouvrages Des ouvrages critiquée dans le présent numéro, nous mentionnons sous celle rubrique, quelques-uns de ceux qui sont le plus susceptibles de distraire saine nu nt, d’instruire ou d'élever le à lecteurs auxquels ils conviennent.Le Jail de signaler ici ces livres ne veut pas dire qu'ils peuvent être conseillés à lous indistinctement, comme on peut le constater en se réjéranl à la critique et à la cole morale.GÉNÉRALITÉS Lectures PRADEL (Henri), Pourquoi lire?Comment lire?*** Regards neujs sur la lecture.RELIGION Doctrine GUARDINI (Romano), f ie de la joi.Spiritualité GAUTIER (Jean), Vie et mort des trappistes.SCIENCES SOCIALES Questions économiques ESTEREZ (Bernard), Rebâtir.SCIENCES REMY (Abbé G.)» De la création à /’ère atomique.LITTÉRATURE Ecrits divers WILCZKOWSKI (Cyrille), Ecrivains soviétiques.Romans BOISSEL (Henriette de), Ija route invisible.GARONNÈ (Louis), La Grande Diagonale.GÉOGRAPHIE CASTERET (Norbert), Projondeum.226 LECTURES Ouvrages GÉNÉRALITÉS Travail intellectuel FLORY (Jean).Simples conseils pour étudier.Paris, Spes, 1950.235p.18.5cm.SI.25 (par la poste $1.35) Voilà déjà plus dr quinze ans que ces Simples consuls pour étudier ont été lancés dans le public.En effet, la première édition, parue chez le même éditeur, date de 1935.Inutile de répéter que ce petit guide a reçu un accueil enthousiaste puisque, avec la présente édition, l'ouvrage atteint le 32,000° exemplaire.Ce succès durable, malgré la guerre, peut s’expliquer, car ces conseils très simples ont capté immédiatement l’intérêt des collégiens et même celui des diplômés parce qu’ils répondaient à un besoin d’une méthode que seule l’expérience pouvait donner.Il y a bien, cependant, dans cette dernière édition, quelques variantes : la question de la mnémotechnie, par exemple, a été condensée tandis que les paragraphes consacrés à la classification décimale ont été multipliés.Enfin, la bibliographie s’est enrichie de quelques volumes.Que cet quvrage précieux continue à inculquer l’amour de l’effort et de l’étule, c’est, je crois bien, le voeu de tous.M.-A.Guérin Lectures PRADEL (Henri).Pourquoi lire ?Comment lire ?Lire c’est s’enrichir pour distribuer.[Paris] Bonne Presse [1950].212 p.19cm.$1.00 (par la poste $1.10) « Lire c’est s’enrichir pour distribuer.» On ne comprend bien cette maxime placée en exergue du livre qu’après avoir médité la 4e partie de l’ouvrage qui traite des devoirs de tout catholique militant.En voici les principaux : se préoccuper des autres, servir les autres par le livre et aider les œuvres d’apostolat.Les trois parties précédentes : veiller, protéger, diriger, ne prennent tout leur sens que dans la dernière partie consacrée à l’aspect pratique des lectures : il faut se former en vue de l’action.Vrai manuel du lettré-apôtre, cet ouvrage n’a qu’un souci : réveiller les préoccupations et les devoirs des parents et des maîtres touchant la très grave question de l’imprimé.Puisse-t-il connaître une très large diffusion.M.-A.Guérin * * * Regards neufs sur la lecture.Paris, Ed.du Seuil [cl949] ; 190p.15.5cm.(Coll.Peuple et culture, no 2).$1.00 (par la poste $1.10) Ce petit guide contient plus que des remarques sur la lecture, car il traite de l’organisation d’une bibliothèque, du rôle du bibliothécaire, du choix des livres, de la lecture et de l’éducation populaire, des fiches de lectures et enfin de la lecture collective.L’importance que l’on attache à l’éducation des masses et à la lecture populaire devient de plus en janvier 1952 227 — plus évidente.L’O.N.U.pour sa part mène une campagne d’éducation de base.Les organismes tels que rU.N.E.S.C.O.luttent activement dans le même sens.C’est de la préoccupation de répondre à des besoins de ce genre que ce petit manuel est né.Deuxième de la série Regards ne//fs sur.a été écrit en collaboration.C’est un véritable compendium que tous les bibliothécaires trouveront profit à consulter.Une bibliographie commentée sur le Cinéma clôt le volume.Nous aurions aimé que les volumes se rapportant aux problèmes moraux et sociaux du cinéma eussent été plus nombreux.Petite exigence qui fait bien ressortir tout l’intérêt que nous avons porté à la lecture de ce vade-mecum.M.-A.Guérin RELIGION Doctrine GUARDINI (Romano).Vie de la foi.Paris, Ed.de la Revue des Jeunes [1951].124p.18.5cm.(Coll.Foi vivante).$1 00 (par la poste $1.10) Dans l’excellente collection Foi vivante, dirigée par les Pères Carré et Liégé, o.p., vient de paraître un ouvrage de Romano Guardini dont la traduction française était souhaitée depuis longtemps.Analysant la parole de l’Apôtre : « le juste vit par la foi », Romano Guardini envisage l’expérience que nous avons de la foi, nous, personnellement, et les autres.Certes, l’auteur insiste sur le mystère qui entoure l’origine divine des adhésions du croyant, mais l’objet de son étude n’est pas la foi dans son mystère : c’est la foi en tant que vie.Très soucieux des observations concrètes, il se pose les auestions suivantes : Comment la foi naît-elle dans une âme ?Quelles crises d’ordre psychologique doit - elle surmonter ?Y a-t-il plusieurs manières de croire ?Il envisage enfin le rôle de l’Eglise dans cette vie de la foi.Romano Guardini nous livre là des réflexions d’une exactitude et d’une acuité de jugement admirables.* * * REMY (Abbé G.).De la création à 1ère aton/icjue.Autour de la Bible.[Paris] Bonne Presse [1951].209p.18.5cm.M.l'abbé Remy, en plus d'être membre de la Société astronomique de France et de la Société française de Microscopie, possède à son crédit plusieurs autres plaquettes de caractère apologétique.Le livre qu'il nous offre aujourd’hui arrive à son heure, car il traite d’un problème passionnant.L’ouvrage porte en sous-titre : Autour de la Bible et possède en appendice quelques pages intitulées : Comment lire la Bible ?Pourquoi ce livre ?L’auteur répond lui-même à cette question en plaçant au tout début, deux lettres vraiment troublantes : l’une d’un père qui voit son grand garçon, devenu médecin, perdre la foi à la lecture de la Bible ; l’autre d’un étudiant inquiet et bouleversé par les discussions serrées entre compagnons sur cette question de nos origines d’après le récit de la Bible.Le livre de M.l’abbé G.Remy répond à toutes les questions qui peuvent surgir à l’esprit du lecteur des Saintes Ecritures.Et si.après la lecture de ces pages, des gens soucieux veulent pousser plus 228 LECTURES avant l'étude de la Bible, ils trouveront à la fin de cet ouvrage une bibliographie choisie des grands exégètes.Signalons le Précis d'His-toire biblique de H.Lusseau (Pous-sielgue, 1948) et XEncyclique sur les études bibliques de J.Levie, s.j.(Casterman, 1946) qui semblent bien avoir été les deux livres de chevet de l’auteur.Ce livre présenté dune façon aguichante et écrit dans une langue châtiée fera les délices de tous ceux que les commentaires bibliques passionnent.M-A.Guérin Spiritualité COURTOIS (Abbé Gaston).Mon livre de prière.Paris, Ed.Fleurus, s.d.318p.ill.13.5cm.(Coll.Prière et joie, no 3).Cet ouvrage, tiré initialement à *>0,000 exemplaires, s’est trouvé rapidement épuisé.Devant ce succès l’auteur a voulu, pour la deuxième édition, faire quelque chose de plus au point encore.C’est pourquoi il a remanié certains textes et ajouté plusieurs chapitres.Il ne s’agit pas d’un simple recueil de « prières ».On remarquera d’ailleurs qu’intcntionnellement ce mot, dans le titre, s’écrit au singulier.M.l’abbé Courtois se propose de donner à l’enfant le goût de la prière sous ses formes les plus diverses, depuis la prière liturgique et communautaire jusqu’à la prière silencieuse et tout intime.La simplicité du tutoiement donne à ces pages une allure toute naturelle, à laquelle s’ajoute le ton direct de la conversation, où il semblera à l’enfant entendre une voix déjà connue.Aussi cet ouvrage sera-t-il ac- cueilli avec faveur par tous ceux qui ont la charge de jeunes âmes et le souci de les initier à une vie vraiment chrétienne.Si bien mis à la portée de l’enfant, il lui révélera la joie de la prière, son pouvoir puissant sur le cœur de Dieu et lui apprendra à faire de toute sa vie une prière.Au long de ces chapitres, l'enfant découvrira qu'il peut, lui aussi : — mieux entendre la Sainte Messe (messe dialoguée avec le prêtre, messe en chœur parlé, dont une nouvelle suivant de très près le texte liturgique) ; — rrveux suivre la Messe des dimanches et grandes fêtes (Oraisons, Epitre, Evangile) ; — mieux recevoir Jésus dans la Sainte Gimmunion ; — mieux se confesser (et combien parents et éducateurs apprécieront un questionnaire qui éclaire si bien la conscience de l'enfant !) ; — mieux prier la Sainte Vierge dans la belle prière du Rosaire ; — mieux s'unir aux souffrances du Christ, par un Chemin de la Croix bien adapté à la psychologie de l'enfant.A cette prière personnelle s’ajoutent des prières communautaires, pour une Heure sainte, des chants, de nombreux cantiques, pour tout les temps de l’année.* * * LIPPERT (P.) Cœurs inquiets.2e édition.Traduit par M.Grüter, adapté par Th.Henusse.Bruges, Ed.Ch.Beyaert, 1951.210p.20cm.$2.25 (par la poste $2.35) Voici un des joyaux de la littérature spirituelle moderne, qu’il est impossible de confondre avec les productions souvent trop peu personnelles qui encombrent ce genre de littérature.Echo de confidences si souvent reçues, ce livre vient apporter à tous ceux dont le cœur est torturé JANVIER 1952 229 par tant de formes diverses de l’inquiétude morale et religieuse, la lumière et le réconfort si ardemment désirés.Dès les premières pages, on ressent une impression de zèle frémissant ; l’accent direct, la discrète familiarité engageant les confidences, ont tôt fait d’établir entre l’auteur et le lecteur ce contact d’âme à âme rendu si facile par la haute sérénité de vues et la largeur des solutions apportées aux difficultés de toutes sortes.Ces pages, d’un caractère vivant et personnel, adressées sous forme de lettres, tantôt à de jeunes personnes, tantôt à des adultes et voire à des vieillards se mouvant dans diverses circonstances et vivant dans divers milieux sociaux, sDnt de fidèles miroirs, où tout lecteur pourra se reconnaître.Chacun pourra y retrouver les luttes endurées, les doutes torturants, les angoisses déchirantes, les chutes pénibles et les heureuses victoires qui ont marqué la vie de son âme.Le trait, dont le mordant se corrige d’un sourire, souligne avec une bienveillante insistance les états d'âme que l’auteur entreprend d’analyser.Par ses leçons et scs conseils empreints de cordialité et de confiance, il a tôt fait de rétablir l’équilibre rompu, de rallumer la mèche qui fume encore et qui tantôt éclairera des horizons insoupçonnés de paix.Tous ceux qui ont le souci de leur vie religieuse tiendront à voir figurer ce livre dans leur bibliothèque.* * * Histoire de l'Eglise THERIAULT (Yvon).L’apostolat missionnaire de Mau-ricie.Préface de Mgr Albert Tes- sier.Trois-Rivières, Ed.du Bien Public, 1951.142p.ill.22.5cm.(Coll.l’Histoire régionale, no 7).$1.50 (par la poste $1.60) A la veille des fêtes qui mar-ucront le centenaire de fondation u diocèse des Trois-Rivières, les lecteurs pourront, grâce à ce livre d’Yvon Thériault, se familiariser avec la généreuse armée des missionnaires qui ont implanté la croix en Mauricie et consacré leur vie à l’évangélisation des Indiens de cette région.Dans cette troupe d’élite, figurent des personnalités attachantes : le récollct Pacifique Duplessis, qui fut le premier évangélisateur et le premier éducateur en terre triflu-vienne ; le Père Jacques Buteux, missionnaire martyr, de même que le Père Bressani ; les prêtres-missionnaires Sévère Dumoulin et Jacques Harper, et enfin la longue lignée des Oblats, et particulièrement l’épopée missionnaire du Père Joseph Guinard, qui a consacré cinquante années de sa vie à l’évangélisation des Indiens Têtes-de-Boule.L’auteur a consacré un chapitre captivant à raconter, d’après des relations encore inédites, les prouesses missionnaires du Père Guinard.Tous trouveront intérêt à lire cet ouvrage.Les historiens y puiseront nombre de renseignements inédits sur l’histoire d’une région de la province ; les membres du clergé et ies éducateurs y trouveront matière à puiser de riches exemples d’énergie et de sacrifices ; le public enfin lira comme un roman ces pages chargées d’aventures pittoresques et vécues.On saura gré à M.Yvon Thériault, journaliste à la plume alerte, d'avoir mis en relief l’édifiante 230 lectures épopée de ces bâtisseurs de la foi en terre mauricienne, au cours des trois derniers siècles.* * * SCIENCES SOCIALES Questions économiques ESTEREZ (Bernard).Rebâtir.Préface de Firmin Roz.Paris, Librairie Académique Perrin, s.d.236p.20.5cm.La Librairie Académique Perrin réputée par l’excellence et le sérieux des ouvrages qu’elle édite présente Rebâtir de Bernard Esterez.Ce jeune auteur vaut d’être lu.Son ouvrage porte en sous-titre : essai de politique expérimentale.M.Esterez tente un effort loyal de réconciliation des élites françaises devant les grandes tâches de reconstruction qui s’imposent à la France.La question qu’il pose est la suivante : pour ou contre les grands partis ?Après tant d’autres, il conclut que ce n’est pas tant le régime qu’il faut modifier que les esprits, encore qu’une réforme de structure soit devenue urgente.On prétend avoir aligné des partis pour le triomphe de la démocratie, mais ceux-ci visent bien plus au triomphe de leurs idées particulières, de leurs idéologies et souvent de leurs intérêts.Cet ouvrage se veut objectif et il l’est ; cependant l’auteur néglige les forces morales qui, tout amoindries et affaiblies qu’elles soient en certains milieux de France, n’en constituent pas moins un précieux élément de rénovation pour qui sait les utiliser à bon escient.Nulle part l’auteur ne tient compte de ces forces, nulle part non plus il ne les attaque, mais cette omission du facteur spirituel est regrettable.Nous comprenons que M.Esterez tente de rassembler des opinions divergentes, de les regrouper, mais pourquoi s’est-il permis de faire abstraction des éléments moraux qui gardent leur primauté ?Il cite Siegfried, Lyautey, Duhamel, voire Veuillot, et le tout confère à son exposé un indiscutable caractère d’objectivité, mais l’omission précitée aurait dû être évitée, car le sociologue n’a rien du sectaire.Après un avertissement suivi d’une introduction, Bernard Esterez formule des réflexions sur le monde actuel.Il définit très clairement l’élite et ce qu’implique l’appartenance à cette élite.« Car enfin, faire partie de l’élite ce n'est pas être un « bien pendant », ce n'est pas avoir une « place » dans la société ; ce n'est pas gagner de l'argent et avoir un train de vie comportant domestiques et automobile ; ce n’est pas essentiellement, quoiqu’on en pense, être particulièrement intelligent ou instruit ou même cultivé.Non ! Le critère de l'élite n'est ni la naissance ni la fortune ni même le degré d’instruction, mais le cœur et le caractère des hommes.L'élite n'est pas une classe sociale.Etre de l'élite c’est avant tout un état d'esprit ; on n'est pas de l’élite, une fois pour toutes ou à partir d'un certain moment ; on le devient par une conquête constante, par un effort sans cesse soutenu pour pénétrer toujours plus profondément le milieu social dans lequel on vit ».Comme cela est juste ! L’auteur censure avec vigueur ceux qui, sous prétexte que les conditions de l’action les « écœurent », se replient dans la critique afin d’éviter les risques.N’est-ce pas sous l’influence de ces esprits pessimistes que le civisme s’est effondré, que la démocratie est devenue, en maints quartiers, inopérante et que la direction de la nation a été aban- JANVIER 1952 231 donnée en France aux politiciens professionnels ?La fonction du gouvernement est d’animer, de coordonner, de diriger.Comment peut-il y avoir coordination quand les partis se multiplient, quand chaque groupe en tient à ses idées,' à son idéal.ou à ses intérêts ?Comment en de telles circonstances, selon le mot de Saint-Exupéry dans sa Lettre à un otage, marcher vers la même étoile ?La même étoile pour les Français à l’heure actuelle c’est, comme l’implique le titre du volume, rebâtir.Rebâtir sur le plan économique, social et politique, au service d’un humanisme scientifique.Tout cela est fort juste, mais un auteur chrétien n’eût pas manqué de fonder sur la religion la reconstruction de la France.L’ouvrage est d’une remarquable densité et les citations pertinentes pourraient être multipliées à l’infini.Au chapitre intitulé : l'édifice social, M.Esterez ne tente pas un exposé doctrinal ; il énumère les problèmes du travail.Il suggère avec raison qu’il y a lieu de rendre à l’homme sa primauté dans la société.« Si nous voulons construire, écrit-il, la justice seule doit être notre guide, une justice sans cesse plus exigeante, plus précise et plus sévère ».Il démontre que « la structure de l’entreprise n’est pas satisfaisante puisqu’elle soulève des revendications d’ordre social dont la profondeur et la généralité excluent l’idée d’une manifestation contingente et pousse à établir, sans autre information, une corrélation entre cette structure et le malaise social, le déséquilibre qu’elle permet ».Poursuivant son exposé, l’auteur établit qu’il y a opposition de deux forces antagonistes.Les bâtiments, les machines, les terrains ne sont pas l’entreprise.Pour que tout cela devienne richesse productive, il faut le concours de l’homme.Quant au salaire, il doit être basé sur le travail fourni et rejoindre les exigences de la famille.Bernard Esterez souligne que les allocations familiales doivent corriger l’insuffisance du salaire du chef de famille nombreuse.L’auteur se montre sans complaisance pour la civilisation actuelle et conclut que les hommes sont malheureux.Là encore, c’est dans la méconnaissance du rôle de la religion dans la société que se révèle la faiblesse de l’argumentation du sociologue ; il ne souligne pas le caractère de nécessité que revêt le culte dans l’édifice social idéalisé qu’il étaie.Les sociétés, affirme l’auteur, ont été capables de prodiges pour s’entre-tuer.Il faudrait que le même effort soit tenté à des fins de paix et pour le plus grand bonheur de l’humanité.Il revendique quatre libertés : droit à la vie, droit à l égalité, droit à la liberté, droit de propriété.Il préconise aussi un relèvement intense de la natalité en France.Une idée qui trouvera son application en Canada est ce que l’auteur appelle « l’absurdité d’un emploi anarchique des moyens de communication en particulier qui éclate dans les centres urbains».Le système des communications modernes doit être modifié.Les cités doivent être décongestionnées et le travailleur rapproché de son travail.L’auteur, sous le titre : la politicjue, élan créateur, a bien soin de marquer l’importance capitale de la politique qui est l’art de diriger les peuples vers le bonheur terrestre possible.La troisième partie du volume 232 LECTURES s'intitule : Au service d'un humanisme scientifique.Esterez énonce une monstruosité aux premières lignes de ce chapitre : « Le triomphe du rationalisme engendrera une foi nouvelle : croyance en la toute-puissance de la science, etc.» Bien qu’il ne se rallie pas à une telle erreur, l’auteur voudrait que la science soit mise au service d’un humanisme scientifique.Il estime que la politique ne doit plus être le terrain des ignorances et des passions.Il déclare avec raison que la foi véritable, la foi religieuse n'a rien à craindre du développement de la science.11 préconise une politique d’apaisement, désire un laïcisme opposé au cléricalisme et maintient que le « laïcisme doit consacrer la neutralité religieuse de l’Etat ».On sait le ravage exercé en France par cette lutte qui aboutit à la déchristianisation des masses.Far contre, Esterez souhaite la disparition de « cette cohorte de philanthropes en chambre rêvant de sociétés idéales et de droits philosophiques mais impuissants à réaliser l’essentiel : des maisons claires et saines capables d’abriter les familles » Idée iumineuse.Parler de droits, de liberté, d'égalité et ne par» prendre les moyens d’assurer un gîte aux familles et aux individus est d’une cinglante ironie et on sait ce qu’est à l’heure actuelle le problème de l'habitation dans le monde.En conclusion, l’auteur se proclame pour la révolution et cite M.Roger Martin du Gard : « Etre révolutionnaire qu’est-ce que c’est si ce n’est pas, avant tout, une attitude personnelle, intérieure ?Si ce n’est pas, avant tout, d’avoir fait la révolution soi-même, de s'être purgé l’esprit des habitudes qu’y a laissé l’ordre ancien.» Ce n’est là qu’une citation que l’auteur ne commente pas.Rebâtir est en définitive un ouvrage intéressant à lire, mais où Esterez méconnaît la foi, la morale et la religion.Il exalte l'esprit, la connaissance, la science et constitue, en dépit de certaines idéologies, de certaines omissions, un « vade mccum » destiné tout d’abord à la France métropolitaine.Il contient cependant des définitions, des principes, des formules et des suggestions dont les esprits éclairés de chez nous pourront tirer profit.Rodolphe Lapi.antf Questions politiques et nationales CARPENTIER (René) et LANNOYE (Jean).Suisse, nation européenne.Préf.de Gonzague de Reynold.Buxelles, les Editions Universitaires [1949].217p.carte, 18cm.$1.50 (par la poste $1.60) « La Suisse est la fille d’une terre et d’une histoire », écrit Gonzague de Reynold dans sa préface.Cette terre abrite un groupe hétérogène d’humains qui, à force de labeur et de persévérance, ont fini par conquérir leur indépendance et par devenir un Etat qui fait l’admiration d’un grand nombre.Quelques pages du volume présentent un aperçu de l'histoire de la Suisse.Jean Lannoye étudie ensuite sa constitution fédérale actuelle : la formation, les adaptations successives, les grandes lignes de la constitution fédérale, les autorités fédérales, les droits populaires de referendum et d’initiative, la revision de la constitution fédérale, les institutions cantonales.René Carpentier décrit, en douze pe- J AN VIER 1952 233 tits chapitres, la vie nationale des Suisses, les institutions politiques qu’ils se sont données.Il voit dans la sagesse démocratique de ces institutions l'explication de la paix suisse.Il y a là un bel exemple qui devrait servir à toute l’Europe.Ce petit volume procède d’un effort louable pour l’acquisition de la paix.Les auteurs méritent donc un accueil enthousiaste.G.-M.Saint-Germain, o.s.m.Coutumes STINTZI (Paul).Petite légende dorée de l’Alsace.Mulhouse, Ed.Salvator, 1951, 95 p.ill.20cm.Dans le présent ouvrage, Paul Stintzi, historien bien connu, offre à ses lecteurs un choix de récits hagiographiques ayant pour théâtre la terre d’Alsace.Successivement passent sous nos yeux les Saints d’Alsace, ou ayant eu des relations avec ce pays, les lieux de pèlerinage à la Vierge et à des reliques célèbres.Et c’est ainsi que plus de quatre-vingts récits et anecdotes nous font respirer l’atmosphère religieuse de la vieille Alsace.Chacun de ces récits, présenté dans un style vif et alerte, fait revivre un coin du passé, une coutume ou un pèlerinage.A côté des grands ouvrages consacrés à la vie religieuse de l’Alsace, ce petit volume prendra une place justifiée et désirée ; il complétera heureusement la lecture de la Bible de famille et réveillera dans les âmes, avec l’amour de la Bonne Vierge et des Saints, l’amour du pays dont les ancêtres se sont toujours montrés si dévots envers leurs grands modèles et leurs cé- lestes protecteurs.Grands et petits trouveront dans ce livre plaisir de l’esprit et réconfort de l’âme, avec une connaissance accrue des richesses religieuses de l’Alsace.LITTERATURE FRANÇAISE Romans BOISSEL (Henriette de).La route invisible.Roman.Paris, Ed.de l’Arc [cl951].183p.18.5 cm.Pour adultes Si vous lisez seulement trois pages de ce livre, vous ne le fermerez plus, tant il en émane de grâce et de charme.Les bonnes fées, sans doute, ont donné à Mme Boissel cette plume alerte d’une fluidité mystérieuse et comme transparente.Grâce à elle, son récit s’envole, entraînant le lecteur au-dessus plutôt qu’en dehors des grand-routes et des sentiers battus.Rien qui arrête ou fatigue dans ce style, aucun procédé, aucun sacrifice non plus à la recherche de l’effet.Si l’ouvrage laisse l’impression d’un art achevé, c’est que l’histoire elle-même possède les mêmes qualités que le style ; l’auteur sans hâte, mais sans complaisance aux détails inutiles ne nous livre que l’essentiel de ce drame.Deux, trois images discrètes et l’ambiance est créée ; les événements naissent les uns des autres avec cet illogisme apparent qui est la vie elle-même.Les caractères sont marqués de ce même sceau de vérité profonde et l’on se dit en fermant le livre 3u’il ne peut s’agir ici que d’un rame vécu — drame poignant où la voix de deux consciences délicates triomphe finalement d’un amour impossible après une lutte 234 LECTURES où l’espoir du bonheur, les chutes, les remords, le dépassement de soi-même étreignent véritablement le lecteur.On ferme pourtant ce beau roman sans rien garder de ce goût amer et désespéré qu’ont tant de ihefs-d’œuvre contemporains.Ce n'est pas le plus mince mérite de l'auteur que d’avoir aujourd’hui à faire œuvre d’art sur un thème qui élève l’âme et « finit bien ».* * * BRUYERE (André).O coupe pleine, débordante.[Paris] Bonne Presse [1951].200p.18.5cm.(Coll.Etoiles).M.Le Martellau, riche industriel, et sa femme, née Dorlom, propriétaires d’un magnifique château et d’une superbe villa au bord de la mer, n’ayant pas d’enfant, ont recueilli deux neveux orphelins : l’un du nom et du sang du mari, l’autre de la femme, et qui seront leurs héritiers.Le premier, actif et entreprenant, s’intéresse aux affaires de son oncle ; l’autre est un officier promis à un bel avenir.Tous deux, mariés, ont, le premier, un fils, Alain, dont la mère est morte ; le second, une fille, Dot, diminutif de Dorothée.Une excursion en mer finit tragiquement, la barque chavire et l'officier est noyé ; sa femme, folle de douleur, ne tarde pas à dépérir et à succomber.A la mort de ses oncle et tante, le neveu Le Martellau hérite de leur fortune, du château, de la villa et de l’usine qu’il fait admirablement prospérer.Il est de plus très bon, généreux et bienfaisant, et son fils Alain l’aime et l’admire profondément.Dot est reprise par une arrière-grand-mère qui vit modestement et à l’écart, dans une petite ville où les deux femmes jouissent de la sympathie de tous.De l’héritage, elles n’ont eu que des bijoux et quelques valeurs dont la vente leur permettra d’acheter, non loin de leur maison, quelques terres qui constitueront une dot à la jeune fille.Mais on chuchotte que les dames Dorlom ont été frustrées de leur part d’héritage, et l’aïeule rassure sa petite-fille à ce sujet.Dot, admirablement élevée par sa vieille grand’mère, est réservée, douce, sage, dévouée et pieuse.Elle ne se lie qu’avec une de ses compagnes de classe, Linette, fille du notaire, son tuteur et prudent conseiller.Linette, au contraire, est une enfant gâtée, égoïste, coauette et frivole.A la suite d’une déception d’amour — fiançailles rompues — elle tombe malade et sombre dans la neurasthénie.Son père l’envoie au repos chez un vieil oncle, rude marin, qui habite sur les bords de la mer, dans le voisinage de la villa des Le Martellau et non loin de l’endroit sauvage et dangereux où le père de Dot a trouvé la mort.Dot accompagne son amie et s’efforce de la soigner et de lui remonter le moral.Dans le même temps, sous la direction d’un jeune médecin, elle dirige un petit dispensaire où elle fait merveille.Un jour, elle fait la rencontre d’Alain Le Martellau, venu à la villa.C’est un ami du médecin qui en fait le plus grand éloge.Les daux jeunes gens se voient, se plaisent et s’avouent leur amour.Mais le père d’Alain s’oppose à leur mariage, et c’est alors que JANVIER 1952 .235 déborde cette coupe d’amertume qui donne son titre au roman, et que les amoureux, le cœur déchiré, acceptent héroïquement, comme le Christ au jardin des Oliviers, pour collaborer avec li ; à une rédemption.Ce roman, fertile en péripéties émouvantes, offre avec une lecture passionnante, un enseignement et des exemples d’une très haute élévation.B.P.DARDEL (Geneviève).Le fantôme de la brousse.[Paris] Bonne Presse [1951].127p.18cm.(Coll.La Frégate).Dans le désert, un blédard, Christian, lutte contre des souvenirs devenus obsédants.Il a quitté sa Bretagne natale à la suite d’une déception amoureuse.Très jeune, il s’était épris d’une belle étrangère, qui avait semblé répondre à son amour, puis avait disparu, un matin de Noël.Christian ne peut oublier cette femme.Un message lui parvient dans sa solitude.C’est un blanc qui se meurt et demande du secours.Guidé par la jument de l’inconnu, Christian s’élance «à sa recherche.Tombé aux mains des pillards du désert, il sauve la vie d’une femme de la tribu, favorite du chef.Cela lui vaut d’être épargné et remis en liberté.Christian trouve enfin le blanc qui l’a alerté et réussit à le guérir.Lui aussi est Breton ; il fut amoureux de la même étrangère mystérieuse que Christian ne peut oublier.Tous deux se retrouveront enfin en Bretagne, où ils feront une découverte inattendue.Quant à l’étrangère, ils la rejoindront et l’arracheront à l’emprise magnétique d'une sorte de mage qui la tient sous sa domination.Ce roman, plein d’intérêt, sort de la banalité.La personnalité énigmatique de l’étrangère, le caractère attachant de Christian sont exposés avec art et originalité.Des descriptions de la brousse africaine donnent au récit un cadre mystérieux.Le style n’est pas seulement correct, il est élégant, clair et distingué.Un livre qui plaira à tous par son intrigue peu banale et l’atmosphère très particulière où se déroule l'action.B.P.GARONNE (Louis).La Grande Diagonale.[Paris] Bonne Presse [1951].127p.18cm.(Coll.La Frégate).Odile Mercier s’est crue appelée à la vocation religieuse, mais la Supérieure du couvent de Laruns où elle s’est présentée lui démontre son erreur et l’incite à demeurer dans le monde.Après cette déception, la •'nine fille éprouve le besoin d’une diversion immédiate.Elle a recours à ses amis, Catherine et Michel Plantin, habitant tout près de là, à Eaux-Bonnes, petite station balnéaire des Pyrénées.Ils décident de garder Odile quelques jours et de l’initier aux longues randonnées en haute montagne.Elle y prend goût, mais subit en même temps le charme un peu sauvage de Michel.A la fête de Laruns, un guide, Paul Moussât, ayant remarqué la jeune fille, lui laisse pressentir son penchant d’une façon à la fois naïve et inattendue.Michel serait-il jaloux de son compagnon d’escala- 236 LECTURES de ?Et Catherine prendra-t-elle ombrage de l'attitude ue son amie ?Tout le nœud de l'intrigue est là.Pour offrir à Odile un bouquet d'édelweis, Michel décide d'entreprendre l’ascension de la Grande Diagonale.C’est une arête dangereuse et difficile à atteindre.Mais pourtant il part seul et ne reviendra pas.C’est Moussât qui retrouvera le corps du jeune homme.Dans ce beau roman de la montagne, l’auteur noue une intrigue originale et passionnante.Les caractères sont étudiés avec profondeur, sans surcharge, et restent très nuancés.L’action ne se ralentit jamais, captivant jusqu’au dénouement l’intérêt du lecteur.Ce livre exaltant sera susceptible de faire aimer davantage la montagne et ses risques et passionnera les jeunes gens amoureux des cimes.B.P.LITTERATURE RUSSE Ecrits divers WILCZKOWSKI (Cyrille).Ecrivains soviétiques.Paris, Ed.de la Revue des Jeunes [1949].334p.16cm.(Coll.Initiations, no 17).On lit beaucoup aujourd'hui les auteurs soviétiques et ce n’est pas simple curiosité littéraire.Certes, depuis la Révolution, un grand nombre d’œuvres originales et émouvantes affirment la permanence du génie russe et les noms de Gorki, Alexis Tolstoï, Cholok-hof font honneur à une tradition artistique que le Stalinisme cherche en vain à dénaturer.Toutefois, ce sont surtout des témoignages humains et véridiques que l’on cherche dans les romans, les nouvelles ou les poésies : on voudrait pénétrer ce vaste monde de l’URSS dont l’évolution obscure ne cesse d’inquiéter.Mais il n’est pas facile pour le lecteur français de discerner les valeurs authentiques.Cette « initiation » était donc fort souhaitable et l’auteur a su répondre admirablement à notre attente.Son information précise et lucide sur l’évolution des idées et des institutions pendant ces trente dernières années en Russie se double d’une culture littéraire extrêmement riche.Loin d’être une fastidieuse énumération de noms et d’œuvres, son livre brosse un tableau très nuancé où chaque figure est une présence.* * * GEOGRAPHIE CASTERET (Norbert).Profondeurs.Paris, Librairie A-cadienne Perrin, 1951.276p.h.-t., cartes, 18.5cm.Profondeurs, comme les précédents ouvrages de Norbert Caste-ret, renferme divers récits d’explorations souterraines et divers chapitres de vulgarisation scientifique relatifs aux mondes souterrains.C’est ainsi qu’on pourra y lire l'historique anecdotique — véritable épopée — de la découverte et de l’exploration des abîmes les plus profonds de la terre ; la découverte, dans la grotte d’Aldène, de pistes humaines préhistoriques qui ont permis à l’auteur de reconstituer, avec une précision hallucinante, les faits et gestes, vieux de 20,000 ans, d’une famille de l’âge de pierre.Un chapitre intitulé « Dans l'antre du Sorcier» nous fait pénétrer dans une caverne de l’Ariège où janvier 1952 237 Norbert Casteret a découvert de mystérieux dessins et grimoires de sorcellerie.Enfin, on lira les impressionnants soliloques du spéléologue solitaire aux prises avec un redoutable siphon au fond de l’Oeil d’Enfer.Dans la deuxième partie du livre, l’érudition de l’auteur lui a permis d’écrire d’attachants et très instructifs chapitres ; un sur « L’ancienneté des cavernes » ; une étude sur les grottes à dessins et à peintures préhistoriques ; une curieuse évocation des cavernes dans la Bible.Enfin, le livre se termine par un chapitre très personnel, écrit à l’intention des innombrables jeunes qui se sentent attirés par la prospection souterraine.L’auteur y a livré le fond de son âme de spéléologue et indique dans quel esprit il convient de pénétrer et de se comporter sous terre.En définitive ce nouveau livre du célèbre spéléologue vient très heureusement enrichir et compléter ses précédents ouvrages : Dix ans sous terre, Au fond des gouffres, Mes cavernes, En rampant, Exploration.* * * BIOGRAPHIES BESLIER (Geneviève G.).Le Père Brottier.Epilogue de Georges Goyau.[14e édition] Paris, Librairie Académique Perrin, 1946.190p.h.-t.18.5cm.Chose peu ordinaire, ce fut le Père Brottier lui-même qui demanda à sa collaboratrice Madame G.G.Beslier d’écrire cette vie, car le grand initiateur savait bien qu’une histoire s’imposerait, dès son retour à Dieu, qui expliquerait au monde ses méthodes, ses succès, ses revers, son goût de l’aventure nanti des protections divines.Il voulut que cette histoire fut vraie et que sa couleur en fut sincère.Madame G.G.Beslier, connue pour ses consciencieuses études missionnaires et qui avait donné les preuves de ses rares qualités au cours de ses vingt années d’apostolat passées aux côtés du Père Brottier, était en effet toute désignée pour donner une telle œuvre écrite de toute son âme délicate et vibrante.Ici, en effet, c’est bien la recherche de la vérité qui commande et qui domine à chaque période de cette vie d’homme, tracée enfin d’une manière définitive.Le Père Brottier, missionnaire de la Société du Saint-Esprit, bâtisseur de la Cathédrale de Dakar et de la Chapelle Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus à Paris, restaurateur de l’Oeuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil dont les maisons rayonnent aujourd’hui sur toute la France, fut encore un modèle légendaire dans l’aumônerie militaire durant la guerre 1914-1918.Le public réclamait cette biographie si heureusement épiloguée par Georges Goyau, de l’Académie Française.* * * HOORNAERT (Chan.Rodolphe).Sainte Thérèse d’Avila.Sa vie et ce qu’il faut avoir lu de ses écrits.Bruges, Ed.Ch.Beyaert [1951].367p.h.-t.22.5cm.(Coll.Renaissance et tradition).$4.00 (par la poste $4.10) Ce que l’auteur a voulu en rédigeant cet ouvrage, c’est de don ner, des Oeuvres de sainte Thérèse d’Avila, une connaissance aussi complète et en même temps aussi synthétique que possible, au lecteur désireux de se faire une idée 238 LECTURES des écrits de la Grande Mystique.II a reproduit l'essentiel des ouvrages en laissant de côté J es textes qui peuvent s’omettre sans que la comparaison des Oeuvres n’en souffre mais sans nuire cependant à la pensée de sainte Thérèse.Comme on ne peut tout reproduire, il a remplacé les passages omis par de courts résumés qui donnent la transition et enchaînent la narration ou l’exposé de doctrine.Dans cet ouvrage toutes les Oeuvres de sainte Thérèse sont présentées sous trois rubriques qui forment trois parties : 1* Partie : Les Oeuvres autobiographiques et historiques.2° Partie : Les Oeuvres de doctrine.Y Partie : les Oeuvres Mineures.Sous la première rubrique on trouve l’essentiel de l’autobiographie et des passages typiques du récit des Fondations.Sous la seconde rubrique, sont relatés non seulement les grands ouvrages tels que le Chemin de Perfection et le Château intérieur, mais encore certains traités que la Sainte a intercalés dans son autobiographie ou dans ses autres écrits.Quant aux Oeuvres Mineures, certaines sont reproduites en entier et l’auteur donne de l’Epistolaire des Lettres importantes et caractéristiques.Il ne s’agit donc pas d’une anthologie à proprement parler ; encore beaucoup moins de ce qu’on appelle « Pages Choisies », mais d’un véritable compendium systématique de textes, qui dispensera les âmes avides de spiritualité de lire de bout en bout tous les volumes de l’Edition complète pour se mettre au courant des écrits de la Grande Mystique espagnole.* * * POULLEAU (Alice).L'enfant des cèdres.Charbel Makhlouf, le moine miraculeux du Liban.Paris, Librairie P.Téqui [1951].119p.18.5cm.C’est le livre d’une Française qui, ayant vécu longtemps en O-rient, connaît intimement les divers peuples habitant l’Egypte, le Liban, la Syrie, et qui a des amis parmi les diverses confessions ou religions de ces pays.Par suite, elle a voulu expliquer aux Occidentaux ce qu’est un moine d’Orient comme le Père Char-bel Makhlouf : Sa préparation à la vie monastique et érémitique par son hérédité paysanne.Sa formation religieuse dérivant directement de celle de la Thébaïde, les caractères mêmes de la sainteté que le Liban lui attribue, identiques à ceux des grands moines syriens des premiers âges du christianisme.Elle a essayé de rendre compréhensive et attirante cette figure d'anachorète antique si loin des conceptions religieuses des Occidentaux.En même temps, elle a esquissé rapidement les conditions politiques et sociales de l’époque où vécut le saint moine.Sérieusement construit et pensé, appuyé sur une bibliographie consciencieuse et des connaissances personnelles assez rares, ce livre sera apprécié des esprits exigeants qui, dans le fait miraculeux, cherchent autre chose que la satisfaction d’un besoin de merveilleux et dans l’étude d’une âme sainte une raison de plus de croire et d’agir.* * * JANVIER 1952 239 LIVRES POUR LES JEUNES COGAN (Paul).Ouistiti et valises jaunes.Illustrations de Cyril.Paris, Ed.Fleu-ruc et Gautier-Languereau, 1951.123p.ill.18cm.(Coll.Jean-François).L’ingénieur Mizagrin est durement frappé par le sort : on lui vole à Lyon des documents scientifiques de grande valeur, et au même moment, on étrangle son ouistiti dans sa cabine du paquebot « Florana ».Y a-t-il un lien entre ces deux affaires ?Presque tout le monde répond affirmativement.Le journaliste Rambert poursuit de ses soupçons un jeune passager clandestin.Celui-ci, aidé de deux amis, et conseillé par un vieil original, tueur de lions et coureur de brousse, rencontré sur le « Florana, se défend farouchement.Or, la meilleure façon de prouver qu’on est innocent, c’est de démasquer le coupable.Avec enthousiasme, les trois garçons s’attellent à cette tâche, et poursuivent à travers toute la côte d’Azur les voisins de croisière de Mizagrin.Cela les entraîne des hôtels de luxe aux villas isolées, par des moyens de transport allant du wagon du 3° à l’HotchkisSi en passant par le coffre arrière des voitures suspectes.Qui est le coupable ?Est-ce le propriétaire de la valise jaune ?Et pourquoi a-t-il agi ainsi ?Telle est l’énigme que le lecteur résoudra en suivant les trois garçons dans leur difficile enquête.* * * DERMEZE (Yves).Les diamants du Tanganyika.Illustrations de Cyril.Paris, Ed.Flcurus et Gautier - Languereau, 1951.127p.ill.18cm.(Coll.Jean-François).Sur le quai de la gare Saint-Charles, à Marseille, quatre jeunes gens : Jean Jeannin, Kurt Olafscn, Augustin Scarfigue et Serge Vassi-lef démasquent un inquiétant personnage : Ditrius, qui tente de se faire passer pour Michel Laurier auprès de Jacques Dalvigny.Celui-ci, presque un enfant encore, pauvre et seul, comptait sur l’aide de Michel Laurie» pour retrouver son père, l’illustre explorateur, perdu au cœur de l’Afrique.Mais Laurier a été assassiné, et le désespoir s’empare de Jacques.Les quatre garçons rencontrés — par hasard ?— à Marseille sont pour lui une planche de salut, et, mystérieusement au courant de « l’affaire Dalvigny », partent avec Jacques pour l’Afrique et dirigent ses recherches sur le continent noir.Quel trésor fabuleux l’explorateur Dalvigny a-t-il découvert pour que Ditrius le poursuive de sa haine, et avec lui les cinq parçons qui suivent ses traces ?Quelle force secrète soutient le quatuor international dans ses entreprises, et aux ordres de qui obéit-il ?C’est ce que le lecteur saura en suivant pas à pas, sur J’Ogooué.le lac Tanganyika et à travers la forêt vierge, la jeune troupe pleine de courage.GAUTIER (Théophile).Le capitaine Trac.sse.Adaptation de Mme Pier; Dupuy.Illustrations d’Yvonne R Montréal.Ed.Variétés, 1951.155p.ill.19 cm.240 LKCTURKS Le capitaine Fracasse est un jeune seigneur que la pauvreté et l'amour obligent à faire partie d’une troupe de comédiens.Il se sert souvent de son épée pour défendre son honneur ou pour protéger celle qu’il aime.Mme Du-puy a su amputer le livre de Théophile Gautier de tous les passages dangereux de telle sorte qu’il peut être lu par tous sans danger.L.-M.Baron, c.s.c.GRUNY (Marguerite) et LERICHE (Mathilde).Beaux livres, belles histoires.Choix de 2000 titres de livres pour enfants, 2*' édition augmentée, établie sur des bases nouvelles.Préf.de E.Coyecque.Paris, Editions Bourrelier [1947].78p.18cm.(Carnets de Pédagogie pratique).$1.00 (par la poste SI.10) Voici une liste de livres très précieuse, déjà publiée en 1937, mais que les auteurs ont voulu remettre à date.Marguerite Gruny et Mathilde Leriche ont « lu et analysé la presque totalité des livres pour la jeunesse publiée depuis plus de vingt ans, nouveautés comme rééditions d’œuvres anciennes ».Le classement adopté en 1937 n’a pas varié : a) livres d’images (non documentaires) ; b) contes et récits merveilieux, légendes ; c) romans et nouvelles ; d) livres documentaires, classés selon la classification décimale.A l’intérieur de chaque groupe, les auteurs ont établi un classement par âge.De plus, on a désigné par un G les livres qui s’adressent avant tout aux garçons et par un F ceux qui jouissent d’une faveur spéciale auprès des filles.Enfin, le point (.) indique les œuvres qui, pour des raisons diverses, ne plaisent qu’à la mino- rité.Cette dernière section comprend des livres assez équivoques.Les auteurs signalent au début de leur ouvrage la tendance de divers éditeurs catholiques, protestants, socialistes et communistes, mais ne disent pas un mot de maisons telles que Larousse, Nathan, Hachette, Bourrelier.Cette plaquette est de consultation rapide : les titres en caractères gras désignent des ouvrages de valeur incontestable.Employé avec discernement, ce répertoire bibliographique peut rendre de précieux services.M.-A.Guérin Collection JEAN - FRANÇOIS.Paris, Ed.Fleurus, 1930.18cm.$0.75 chacun (par la poste $0.85 ch.) BALINSKA (Irène), Le camp secret.126p.ill.BROSSES (Jean des), Vigilex.124 p.ill.COG AN (Paul), Les Zoulacks gardent l’incognito.126p.ill.DU VERNE (René), Le lac sans fond.126p.ill.DU VERNE (René), La percée des Mammouth’s Mountains.123p.ill.FRANÇOIS (Denis), L’appel de Vardeccf.2 vol.ill.ROUGEMONT (Pierre), Le signe sur le sable.125p.ill.VULPES (Jim), Le perroquet en or.124p.ill.Ces neuf titres font partie d’une nouvelle collection spécialement destinée aux garçons.Chaque volume est magnifiquement illustré.La couverture laquée en quatre couleurs est des plus attrayantes.Cette collection aura vraisemblablement un immense succès.Elle est destinée surtout aux garçonnets JANVIER 19Ô2 241 de huit à douze ans, mais les fillettes du même âge prendront un égal plaisir à lire ces récits vivants, pittoresques.Il faudrait peut-être faire une mention spéciale pour Vigil ex et pour le Perroquet en or qui sont particulièrement intéressants.La collection Jean-François plaira à tous les jeunes par sa splendide présentation, ses récits vivants à souhait._ _ R.L.ARNOULD (René d’) et BROSSES (Jean des).Hurruguec le naufrageur.Illustrations de Pierre Decomble.Paris, Ed.Fleurus, Ed.Gautier-Langue-reau, 1951.123p.ill.18cm.(Coll.Jean-François J.Nous sommes dans la Bretagne du XII0 siècle, au pays de Léon, dont les habitants mènent une vie rude et périlleuse.Des guerres intérieures désolent la contrée ; le danger venu de la mer, sillonnée par les barques des pirates, tient en haleine les riverains.Et des bandes de loups affamés parcourent les campagnes.Hurruguec, le « naufrageur », exerce son « droit de bris » avec une farouche intrépidité.L’influence plus douce de ses jeunes neveux, Alan et Joël, l’amènera à la foi chrétienne, après le dramatique exode de tout un pays vers l’île de Sein, récif sauvage qu’entourent les brumes et les légendes.Ce roman d’aventures historiques, très mouvementé et vivant, ne peut manquer de passionner les jeunes lecteurs qui aiment les récits hauts en couleurs, les scènes de bataille, l’élan chevaleresque des cœurs.G.-L.BONDALLAZ (Jacques), c.s.sp.Histoire Sainte.Tome I : les origines du peuple de Dieu.Illustrations de Bernard Baray.Paris, Ed.Fleurus (1951).43p.ill.27 cm.(Coll.Belles histoires et belles vies, no 7).La collection Belles histoires et belles vies s’enrichit d'un nouvel ouvrage, maintes fois réclamé et impatiemment attendu : l’Histoire Sainte, dont le premier volume vient de sortir de presse.Encore un Ancien Testament destiné aux enfants, après tant d’autres ?Eh bien ! oui ; nous n’avons pas craint de faire double emploi avec ce qui existe déjà parce que nous nous sommes fixé un triple objectif original : 1.Une présentation particulièrement apte à retenir l’intérêt de l’enfant : comme tous les autres volumes de la collection Belles histoires et belles vies, Y Histoire Sainte est entièrement illustrée.Les 172 dessins du premier volume sont dus au talent de Bernard Baray, qui les a traités comme de véritables petits tableaux, aussi soignés de facture que riches de précision documentaire.2.Un texte qui suit de très près la Bible pour la mettre à la portée des garçons et des filles de 1951.Il débute par l’histoire d’Abraham, rapporte le récit de la création au temps de l’Exode et va jusqu’aux derniers jours.C’est de l’histoire, mais de l’histoire divine.Cette double perspective est constamment mise en lumière.3.Un public qui est à la fois le peuple des enfants chrétiens et 242 LECTURES meme non-chrétiens et aussi leurs Educateurs : Prêtres, Catéchistes, Maîtres, Parents.Ce volume voudrait aider ceux qui ont mission d’enseigner le christianisme à remplir plus facilement leur tâche.C’est pourquoi il a voulu être très adapté pédagogiquement et très au point doctrinalement.Ceux qui ont utilisé avec tant de succès La plus belle histoire voudront compléter le travail de formation des enfants qui leur sont confiés en faisant appel à VHistoire Sainte.Ils ne seront pas déçus.* * * BROWNE (Reginald).La croisière de l’Asterion.Traduit de l’anglais par Yvonne Girault.Illustrations de Janloup.Paris, Ed.Flcurus, Ed.Gautier-Lan-guereau, 1951.126p.ill.18cm.(Coll.Jean-François).Roman d'anticipation dont la formule audacieuse doit enthousiasmer un nombreux public de jeunes.Un groupe d’écoliers se trouve inopinément emporté, à bord d’un prodigieux aéronef Y Astêrion — dont la conception rappelle les anticipations les plus hardies de Jules Verne — dans une vertigineuse croisière interplanétaire, à destination de la planète Vénus.D’extraordinaires aventures les attendent sur cette terre inconnue, peuplée de monstres comparables aux animaux antédiluviens, et aussi de « singes volants » susceptibles d’être apprivoisés.La plus grande surprise de nos explorateurs est sans doute de trouver sur Vénus.un Américain, qui quelques années plus tôt a abordé la planète à bord d’une fusée primitivement destinée à aller dans la lune.De la première à la dernière ligne, ce roman d’aventures rebondit de péripéties contées avec une verve qui n’exclut pas une rare puissance de crédibilité.* * * CORLAY (Janig).Le paradis breton.Préface de Rmc Père Dom Louis-Félix Col-liot.Illustrations de R.Micheau-Vernez.[Paris] Bonne Presse [19-51].50p.ill.29.5cm.Cet album admirablement illustré par Micheau-Verncz est une précieuse contribution au folklore des provinces françaises.Janig Cor-lay a écrit d’une plume délicate ces récits pleins de fraîcheur et de charme.Quant aux dessins, ils sont aussi gracieux que riches en couleurs.Tous les saints de Bretagne sont évoqués par la plume et par l’image.Que de belles histoires ! Et quels beaux noms portent ces saints ! Les enfants nantais : Donatien et Rogatien ; Ncnnok à travers son beau voyage ; les loups de Brieuc ; le merveilleux poisson de Corcntin ; Ronan et sa terrible femme, la Kében ; Gwénolé le bâtisseur ; Melaine qui gifla Satan ; Gildas et le diable jaloux ; Tug-dual le missionnaire ; Hervé, l’aveugle musicien ; Samson, vainqueur du poison ; Azenor la captive du tonneau ; Pol de Léon et le dragon de Batz ; Haude, la princesse lavandière, et Tanguy, Paterne, Malo, Judicaël le lépreux de Bro.èliande ; Yves, l’avocat des pauvres ; Anne, patronne des Bretons ; Magloire, Iltud, Gwénaëi et tous, et toutes.Certes, les petits Bretons admireront les images et prendront plaisir à lire ou écouter l’histoire de ceux que l’on appelle chez eux JANVIER 1952 243 « Tadou hor Bro », les Pères de notre pays.Mais leurs frères des autres provinces de France ne les admireront et ne les goûteront pas moins.La joie pénètre les enfants surtout par les yeux et par le coeur.D’où qu’ils soient, ils écarquille-ront leurs regards devant les beaux dessins, ouvriront leurs petites âmes aux histoires merveilleuses de ces saints qui sont à tous.Tous ceux, et ils sont nombreux, qui aiment la riche tradition folklorique de la France voudront posséder ce précieux volume.* * * DUVERNE (René).Dix hiles dans une île.Illustrations de Alain d’Orange.Paris, Ed.Fleurus.s.d.127p.ill.18cm.(Coll.Arnes vaillantes, no 10).Quelles filles ?L’équipe la plus méritante d’une maison d’enfants dont la directrice est merveilleusement bonne et compréhensive.Quelle île ?La Corse, avec ses paysages splendides, ses mœurs pittoresques, la mer, la montagne, les forêts, le soleil, tout ce qu’elle contient d’inconnu et de rayonnant pour ces jeunes esprits avides.Le voyage, l’installation, la découverte d’une nature éclatante et d’un monde nouveau enthousiasment naturellement les dix fillettes.Mais les voici mêlées, sans s’y attendre, à une aventure devant laquelle chacune réagit avec son tempérament, les unes hardies, les autres craintives, toutes saisies de pitié pour la petite innocente qui serait, sans elles, la principale victime du drame.Le courage et la décision de Lise arriveront à bout de bien des difficultés et diminueront les conséquences de l’affaire.Quand les dix filles repartiront pour le conti- nent, une nouvelle camarade se sera jointe à elles et trouvera en leur compagnie le bonheur et l’éducation qui lui avaient manqué.Nos fillettes, après avoir lu ce roman, comprendront mieux les bienfaits de la camaraderie entre compagnes et le sens de l’amitié active.E.F.RICHOMME (Agnès).Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésns.Illustrations de Robert Rigot.Paris Ed.Fleurus [1951].s.p.ill.27cm.(Coll.Belles histoires et belles vies, no 8).Dans la collection Belles histoires et belles vies, voici un nouveau titre qui ne manquera pas d’attirer petits et grands.Qu’elle est passionnante, en effet, la vie de celle que le Pape Pie XI a appelée « la plus grande sainte des temps modernes » ! La plus grande sainte.et sT proche de nous, si simple cependant que nous la nommons familièrement « la petite Thérèse ».Rien d’extraordinaire dans cette vie si courte, si ce n’est, au cœur de Thérèse, cet immense désir d’aimer ardemment Jésus, et cette inébranlable confiance qui la fit monter si rapidement, par la « petite voie » qu’elle nous a enseignée, à la plus authentique sainteté.Il est difficile de présenter à des enfants l’exemple d’une telle sainte.C’est pourtant ce qu’a réussi l’auteur, avec son talent habituel et ce style direct qui plaît à tous.Les dessins de Robert Rigot illustrent agréablement cet album qui aura certainement le même succès que les précédents.E.F.244 LECTURKS Revues TROIS DE PLUS.Le Bureau de Censure vient de condamner les revues suivantes : Dr Faust — Art Models — Modern Man.Voici la liste complète des publications interdites jusqu’à date : AMATEUR AND SCREEN PHOTOGRAPHY AMERICAN PHOTO ART MODELS ART PHOTOGRAPHY BEAUTIES BEAUTIFUL GIRLS BETWEEN US CARNIVAL OF BEAUTY COVER GIRLS MODELS DR FAUST EVE EYE EYEFUL FAMOUS MODELS FINAL FLIRT FOCUS FOLLIES FOTO PARADE FUN PARADE GALA GLAMOROUS MODELS GLANCE HELLO BUDDIES HIT LAFF MALE MAN TO MAN MODERN MAN MR.NIGHT AND DAY PAGE PACK O’FUN PEEP SHOW PICTURE PICTURE SHOW PIN UP CARTOONS POPULAR TEEN AGERS SALON PHOTOGRAPHY SCREENBALL SEE SIR SUNBATHING FOR HEALTH MAGAZINE SWAGGER TABOO U.S.CAMERA VUE Accuses de réception Les publications mentionnées sous cette rubrique sont irréprochables an point de vue moral.AUBENAS (Roger) et RICARD (Robert).Histoire de l’Eglise depuis les origines jusqu’à nos jours publiée sous la direction de Augustin Fliche et Victor Martin.Tome 15.L’Eglise et la Renaissance (1449-1517).[Paris] Bloud et Gay, 1951.395p.25cm.[1951].46p.21cm.JANVIER 1952 245 BOYER (Chanoine).La Sainte Messe.Méthode d’explication et d'initiation.Paris, Ed.de l’Ecole DUCASSE (Abbé).Le combat pour la vie.Edition pour les jeunes filles.Enseignement religieux du secondaire.Classe de troisième.Paris, Ed.de l’Ecole [1951].258p.ill.17.5cm.DUCASSE (Abbé).L'Eglise, mère des vivants.3*' édition augmentée.Enseignement religieux du secondaire.Classe de seconde.Paris, Ed.de l’Ecole [1951].227p.ill.17.5cm.FA VIER (Joseph).Equilibre minéral et santé.Paris, Librairie Le François, 1951.403p.ill.24cm.GRENTE (Mgr).Le bienheureux Pie X.Panégyrique du Bienheureux Pie X prononcé le 16 octobre 1951 à Notre-Dame de Paris.[Paris] Bonne Presse [1951].30p.19cm.*** Jésus-Christ, vie du chrétien.Cours d’instruction religieuse des écoles Chcvreul publié sous la direction de Ch.Baumgartner, s.j.Classe de Première.Paris, P.Lethielleux [1951].373p.h.-t.18.5cm.JOUFFREY D’ABBANS (I.de).Petits élevages lucratifs.[Paris] Bonne Presse [1951].219p.ill.18cm.LAFONTAINE (Paul - Henri), o.m.i.L'évêque d'ordination des religieux des débuts du monachisme à la mort de Louis le Pieux (840).Etude historico-juridique.Ottawa, Ed.de l’Université d’Ottawa, 1951.263p.24.5cm.LAMARCHE (Gustave), c.s.v.Le collège sur la colline.Petit his- torique du collège Bourget de Rigaud, orné de six dessins de maisons et de trois lettrines en couleurs par le R.P.Jean-René Goulet, c.s.v.Rigaud.Ed.de h.-t.22.5cm.$2.50 (par la poste $2.60) *** Nos fillettes de six à sept ans.Paris, Ed.Fleurus [1951].189p.ill.15cm.(Coll.Oriens, no 5).PIE XII.Questions morales de vie conjugales.Directives du Saint-Père aux participants du Congrès de l’Union catholique italienne des sages-femmes (29-30 octobre 1951).Documents annexes : Hiérarchie des fins du mariage ; devoirs des médecins catholiques ; initiation sexuelle.[Paris] Bonne Presse [1951].26p.22cm.$0.15 (par la poste $0.17) ROLIN (Chanoine).Histoire de l’Eglise.Nouvelle édition conforme au programme national d’enseignement religieux.Paris, Ed.de l’Ecole [1951].236p.ill.21.5cm.TEXIER (Chanoine).Jésus-Christ, centre de la vie du chrétien.2e édition.Enseignement religieux du secondaire.Classe de Première.Paris, Ed.de l’Ecole [1951].350p.ill.17.5cm.VERDIER (Abbé Jean).L’Eglise catholique et ses bienfaits.Vingt causeries d’instruction religieuse pour nos grands de 12 à 14 ans.Illustrations de M.Alamassé.Paris, Ed.de l’Ecole [1951].186p.ill.22.5cm.VIGNON (Jean).Vingtième relais.Illustré par Alain d'Orange.Paris, Ed.Fleurus [1951].235 p.ill.22cm.246 LECTURES BIBLIOTHECA Souhaits du président de l’A.C.B.F.pHERS amis de l'A.C.B.F., V-' La saison des fêtes qui nous rapproche tous les uns des autres dans une commune pensée de joie et de souhaits me fournit l’occasion de vous offrir au nom du Conseil nos meilleurs vœux d’heureuse année, de santé et de succès dans chacune de vos entreprises.A ces vœux que je formule pour chacun et chacune d’entre vous, vous me permettrez d’ajouter des souhaits à l’endroit de notre Association.Elle a grandi vite et bien, n’ayons aucune fausse modestie à le reconnaître.A son crédit s’inscrivent des initiatives telles que les carrefours, les fiches bibliographiques et les congrès annuels.En 1952, se tiendront neuf carrefours ayant pour thèmes les rapports de la bibliothèque avec l’éducation chez les enfants ou chez les adultes et vous pourrez lire plus loin les détails des projets élaborés par le Comité des Carrefours.En 1952, l'édition des fiches étant désormais lancée, se poursuivra au rythme prévu de 48 fiches par mois.Enfin, l’an prochain nous aurons encore un congrès que nous chercherons à rendre aussi vivant et aussi profitable que ceux de Québec et de Montréal qui font époque dans les Annales de notre Association.Vous avez d’ailleurs reçu récemment les comptes-rendus des séances du congrès de Montréal et avez pu juger ou vous souvenir de la qualité de ces communications.Le succès de ces congrès et de ces carrefours dépend en partie de ceux qui l’organisent mais il dépend surtout de ceux qui y prennent part et c'est pourquoi je vous invite tous a ces réunions, en dépit peut-être de ce que vos occupations vous laissent peu de loisirs parce qu’il est bon dans une profession comme la nôtre de se retrouver fréquemment, de s'épauler mutuellement dans la voie que vous avez choisie et de raviver dans ces circonstances la flamme de l’idéal qui doit nous guider.Je ne voudrais pas clore ce message sans adresser mes vifs remerciements à mes collègues du Conseil et à tous les membres des Comités d'organisation des Carrefours, du Congrès et des Fiches qui ont si généreusement donné leur temps et leur peine pour la réalisation de ces projets.A chacun, encore une fois, Bonne et Heureuse Annee I Raymond TANGHE Président.JANVIER 1952 247 Le grand rôle des bibliothécaires AU ocution prononcée par M.Léo-Paul Desrosiers, conservateur Be la Bibliothèque municipale cl Directeur Be C Ecole, lors Be ta Coltahon Be s grades Be l’Ecole Be Bibliothécaires tenue te 18 décembre 1951.Monsieur le recteur, Mesdames, Messieurs.A U nom de l'Ecole cle Bibliothécaires, je remercie tous ceux qui ont voulu s'associer à nous aujourd’hui pour honorer une nouvelle génération de bibliothécaires ; et, en particulier, 1 ami des jours heureux et des jours malheureux, le recteur de 1 Université, Mgr Olivier Maurault.Que de remerciements ne lui devons-nous pas ?Dans sa lutte pour conquérir sa place au soleil ou pour surnager, l’Ecole a toujours trouvé en lui un allié fidèle.C est qu’il sait bien, lui, le bien qu’elle a fait.Ses élèves remplissent les bibliothèques de Montréal, nous les trouvons aujour-d hui partout, ils sont les techniciens indispensables.Ils sont à l'œuvre aux Trois-Rivières, à Québec, à Ottawa.Demain, par les cours d’été qui ont été donnes, ils envahiront la vaste région de Sherbrooke ; et, dans un an ou deux, celle du lac Saint-Jean.Ces centaines de diplômés organisent ou réorganisent partout les b'bliothèques publiques ou d institution, ils suscitent 1 intérêt pour les livres, ils dispensent la bonne lecture.Plusieurs d'entre eux possèdent maintenant le titre de bachelier et ils deviendront, s'ils sont zélés, les grands spécialistes dont nous avons besoin dans ce domaine.Peu de corps enseignants, Mgr le recteur, peuvent se flatter d’avoir rempli une tâche plus pratique, plus efficace, plus nécessaire que l’Ecole de Bibliothécaires, et dans des circonstances aussi difficiles, et parmi l’inattention, l’indifférence, et sans ressources et sans budget.A ceux et celles qui demain seront des ouvriers nouveaux dans la maison des livres, comment ne pas adresser nos félicitations?Ils savent aujourd’hui tout le soin, la minutie et le zèle que l'on apporte dans l’exécution du travail technique.Autrement, le chîios régnerait bientôt parmi les livres, ils ne se retrouveraient point, la classification serait à refaire un jour ou l’autre au prix d argent perdu et de temps gaspillé.Vérité patente, mais qu'ont ignorée et qu'ignorent malheureusement encore trop des nôtres.A deux ou trois reprises, vos aînés vous ont prêché d’ajouter une culture intellectuelle approfondie à vos connaissances professionnelles.Comment classifier, bien dispenser et bien conseiller le livre sans le connaître intimement, sans le goûter soi-même, sans 248 LECTURES l'avoir aimé?Et qui ne le goûte, ne le connaît et ne l'aime, n'est ni un bibliothécaire complet ni un bon bibliothécaire.Aucune illusion n est possible là-dessus, la tâche ne peut être bien accomplie qu’à cette condition.Et à qui l'acquisition d'une culture peut-elle etre plus facile qu'à vous qui travaillerez parmi les meilleurs ouvrages, qui aurez un accès facile à ce mystère, pour qui la porte sera toujours grande ouverte.Les livres seront toujours là, perpétuelle invite ; vous aurez à la portée de la main ce que d'autres n'atteignent qu'au prix île démarches, d’efforts et de difficultés.L'un de vos grands devoirs sera de prêter les livres.Faut-il s'v préparer avec indifférence?S'agit-il là d'une besogne purement mécanique ?De nombreux lecteurs demanderont vos conseils.A chaque heure du jour, dans les grandes bibliothèques et surtout dans les petites, ils supposeront que vous avez des connaissances particulières, vastes et précises.C'est à vous qu’ils feront appel ; c’est à vous qu’ils exposeront leurs difficultés, présenteront leurs besoins.L’Ecole ne peut donner les cours de littérature et d’histoire qui prépareraient à cette fonction ; elle ferait double emploi avec les institutions existantes.Klle ne peut que vous conseiller de bons programmes de lectures qui vous mettront à même de répondre à ces appels.Le bibliothécaire répond toujours à des appels ; ils viennent des intelligences et des âmes, ils ne peuvent en aucun cas nous laisser indifférents.Ne pas les entendre, c'est trahir notre profession jusqu’en son essence ; ne pouvoir y répondre c’est en être indignes, quand ils sont importants et sérieux.Voilà une manière de pratiquer la charité.Et qui ne sera pas sans mérites si elle est exécutée comme il se doit.Comment entrer dans cette existence sans la détermination morale indispensable, celle de faire du bien.Quel bien?Du bien tout simplement.Il ne sera difficile pour personne de le trouver, de le localiser quand l'occasion s’en présentera.Vos consciences parleront clair.Elles parleront plus clair encore quand vous ferez le mal.Et dans ce domaine, il v a des répercussions si graves qu'elles font hésiter tout esprit.Qui ne ferait avec cette ferme résolution la différence entre un zèle intempestif, mal placé et le tact dicté par des idées fermes et précises.Depuis quelques mois, des spécialistes parlent de bibliolhérapie.Une tnèse sur ce sujet s'est préparée non loin d’ici.Oui, le livre peut guérir, donner plus de vigueur, assainir, illuminer, guider des âmes, des intelligences ; dans un sens large cette science n'est ni vaine ni frivole.Beaucoup ont trouvé leur illumination dans leurs lectures tandis que d’autres y ont trouvé leur perdition.Et ces considérations indiquent que le bibliothécaire rencontrera des devoirs à remplir ; ils seront parfois difficiles.Une préparation continuelle est de mise, de même qu’un labeur incessant.Léo-Paul DESROSIERS JANVIER 1952 249 Carrefours iç;2 LE mouvement d’éducation des adultes commencé au siècle dernier mais plus répandu et plus connu de nos jours s’esl toujours préoccupé de l’utilisation des bibliothèques en vue d'atteindre leurs buts.Les bibliothécaires, cependant, n'ont commencé à s’intéresser à l’éducation des adultes que dans le second quart du vingtième siècle.Ce n’est d’ailleurs que ces toutes dernières années que les écoles de bibliothécaires ont introduit des cours sur le sujet.En 1949, la Conférence Internationale de l’Education des Adultes adoptait la résolution suivante : « La Conférence reconnaît l’importance essentielle du rôle des musees et des bibliothèques pour l’éducation populaire.Compte tenu des conditions particulières à chaque Etat membre, la Conférence approuve les conclusions du document de l’Unesco intitulé : « La bibliothèque publique, force vive au service de 1 éducation populaire » et recommande qu elles soient prises en consideration et, autant que possible adoptées par les Etats membres comme base de leur politique dans ce domaine.)) Ce document fut publié par l’Unesco en 1949.6 lectures (Récenteà éditionà LA PLUS BELLE CHOSE DU MONDE Michelle Le Normand « Au point de vue psychologique ce roman est une réussite.Ce sont là des pages délicieuses et charmantes.» M.Charles Bruneau, Professeur à la Sorbonne.200 pages : $1.50 (par la poste :$1.65) POUR UN SYSTÈME COHÉRENT DE BIBLIOTHÈQUES Raymond Tanghe Ce travail est d'autant plus intéressant et utile qu'il ne s'en tient pas aux généralités.La grande expérience que M.Tanghe a acquise depuis 1942 en tant que conservateur de la Bibliothèque de l’Université de Montréal lui permet de faire des suggestions précises au point de vue technique et administratif.40 pages : $0.50 (par la poste : $0.55) GUIDE DES LECTURES (supplément 19SS) Vous trouverez dans cette brochure • Un catalogue méthodique de 2,400 titres d'ouvrages et de brochures actuellement en vente à notre librairie.• Une cote morale pour les livres des sections : Mariage, Education sexuelle, Littérature.64 pages : $0.50 (par la poste : $0.55) FIDES ___________________________25 est, rue Saint-Jacques - MONTREAL - Vouà trouverez à la - LIBRERIÂ ITALIANA (LIBRAIRIE ITALIENNE) • 4407, RUE BORDEAUX MONTRÉAL - FR.8834 • Un choix ires considérable de livres en langue italienne Romans — culture générale — grammaires — vocabulaires Propriétaire : Signor Costantino Bagordo, autrefois de FIDES _ J^ouveautéà- De la collection LA GRANDE AVENTURE AU PAYS DU RANCH par Mgr Clovis Mollier Cet ouvrage nous reporte aux jours un peu lointains (1910) de la colonisation des plaines de l’Ouest canadien.Ce fut une époque héroïque où, comme toujours en pareilles circonstances, le comique se mêle au tragique.128 pages, format 6)4 x 914 : $1.00 (par la poste : $1.10) LES BROUSSARDS DE L’OUEST par Mgr Clovis Mollier Ce volume fait suite au précédent intitulé « Au pays du ranch ».Mgr Mollier y continue, sous formes d’anecdotes et d’aventures, l’histoire de la mise en valeur des plaines de l’Ouest.Un volume très amusant, spirituel, qui plaira à tous.114 pages: $1.00 (par la poste: $1.10) CONTES POPULAIRES GASPÉSIENS par Carmen Roy Ce recueil, débordant de féerie, se double d’un intérêt scientifique destiné à nous éclairer sur le conte populaire, tel que transmis, de bouche en bouche, par nos ancêtres.160 pages: $1.00 (par la poste: $1.10) Dans la même collection La vie gracieuse de Catherine T ekakwitha, par J.Lavergne, 155 p., $1.00 Franceline, par M.-A.Grégoire-Coupal, 124 p., $1.00 La sorcière de l’ilot noir, par M.-A.Grégoire-Coupal, 112 p., 5 ill., $1.00 Au pays des géants et des Fées, par Marie-Rose Turcot, 106 p., 14 ill., S1.00 Prisonniers des cavernes, par Guy Boulizon, 143 p., 20 ill., $1.00 Cœurs d'enfants, par Roland Goyette, 133 p., 35 ill., $1.00 Le cheval d’or, par Odette Oligny, 135 p., 13 ill., $1.00 La Fiancée du Charpentier, par M.-A.Grégoire-Coupal, 144 p., 8 ill., $1.00 PROSPECTUS MArquette 8161 FICHES EN-TÊTES de LETTRES ENVELOPPES IMPRIMERIE RICHELIEU FACTURES REÇUS LIMITÉE PUBLICITÉ • TRAVAIL PARFAIT PRIX RAISONNABLE w SERVICE RAPIDE 1292, Ste-Elisabeth Montréal F I D K S • 25 psi, rue Salnt-Jacqaen • MONTREAL- I
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