Lectures, 1 avril 1953, avril
FIDES LECTURES REVUE MENSUELLE DF BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service Je Bibliographie et de Documentation de Fl DES organe du Service vies Lectures de i Action catholique du diocèse de Montréal.Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c.aumônier du Service îles Lectures.Rédaction: Jean-Paul PINSONNEAULT, secrétaire du Service vies Lectures.NOTES : 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de I année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique îles ouvrages rwensés pendant l'année.Z.Les références bibliographiques sont rédigées d’après les règles de la catalographie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : TB — Livre pour tous TB-S — Livre pour tous mais spécialisé TB-A Livre pour tous, vie nature à intéresser certains adolescents B —Livre pour adultes B?—Livre appelant des réserves plus ou moins graves, i.e.à défendre d'une hu,on générale aux gens non formés (intellectuellement ou moralement) A — Livre pour adolescents (15 à 1S ans) I —Livre pour jeunes ( 10 à 14 ans) E — Livre pour enfants (6 à 9 ans) __________________Publication ippiouuè par iOrJhuin__________________ CANADA le numéro $0.35 Abonnement annuel $3.50 Etranger S3.75 FIDES, 25 est.rue Saint-Jacques, Montréal-1 *PLateau 8335 FRANCE Abonnement annuel .900 francs *C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDES, 120, boulevard Raspail.Paris (Vie) ^Littré 7385 Amor/it com tnt tutoi postal Jt dcuxiènn classe, Ministère des Posits, Ottawa.-SOMMAIRE- IDEAL ET PRINCIPES Que lisent vos enfants Jean-Paul Pinsonneault 337 ETUDES CRITIQUES La tltrmèrt fèn de Jean de la Varcnde Jean-Paul Pinsonneault 311 D( JCUMENTS- Guerre aux publications obscènes ! Paul-Aimé Martin, c.s.c.346 FAITS ET COMMENTAIRES Douzième assemblée annuelle de la Société catholique de la Bible 348 Ne lisez pas.la collection U Lu ri dt pot in .I.ouis-Morm .350 Le Club du Livre vies Jeunes Jean Champagne 351 NOTIC FS BIBLIOGRAPHIQUES Littérature canadienne .352 Littérature étrangère .357 PANORAMA Dl LIVRE Choix d ouvrages .366 BIBLIOTHECA Contre le trafic dv la littérature ordurière Raymond Tanghc 376 Place à un rayon d'orientation dans nos bibliothèques scolaires Fr.Biaise Laurier, c.s.v.377 IDEAL ET PRINCIPES Que Usent vos enfants?Il est des parents, de nos jours plus nombreux que jamais, chez qui la naïveté le dispute à l’inconscience.S’ils cultivent encore l’illusion de filtrer le moucheron, c’est afin d’avaler le chameau en toute tranquilité de conscience.Et Dieu sait si l’occasion leur en est offerte depuis que les cadres de la famille ont éclaté sous la pression irrésistible d’éléments étrangers et nocifs.L’agitation, le désordre et la fièvre d’un monde chaque jour plus trépidant débordent maintenant les frontières de la vie sociale et impriment à la vie familiale elle-même un rythme susceptible non seulement de la secouer violemment, mais d’ébranler à la longue ses assises les plus profondes.L’enfant qui, naguère, grandissait dans la lumière épanouissante d’un milieu accordé aux exigences de l’évolution humaine harmonieuse de l’individu, se voit aujourd’hui transplanté de bonne heure dans une société brutale, dans une terre aride où il ne saurait puiser les sucs nourriciers, si nécessaires à l’achèvement en lui de l’homme intégral.Sollicité à droite et à gauche par des mirages la plupart du temps nés d’une imagination débridée, fasciné par les fastes chimériques et les rutilances fallacieuses d’un univers promis à son désir, hanté par l’appel obscur et lancinant de sa chair adolescente, l’enfant s’abandonne à une griserie semée de pièges et en vient à demander au monde un bonheur qu’il ne saurait donner.Hélas, si la vie se charge tôt d’apprendre à l’enfant qu’elle tient rarement ses promesses, et si la maturité a tôt fait de ruiner chez lui les derniers vestiges de ses bonheurs anciens, c’est souvent aux dépens de lui-même, au prix des plus cruelles déceptions.Et il n’est malheureusement pas rare que ce réveil marque pour l’adolescent désabusé le début d’une lente mais sûre défaite, d’une douloureuse abdication.11 incombe donc aux parents, ces artisans de bonheur qu’une Volonté éternelle a affectés à la noble tâche de façonner des âmes, d’épargner à leurs enfants la désillusion des bonheurs sans lendemain, d’écarter de leur route tous les créateurs de « paradis de sable », au nombre desquels nous rangeons les écrivains qui séduisent la jeunesse, la désarment au seuil des rudes combats et la livrent à la merci de ses plus farouches ennemis.De tous les vices qui rongent comme une lèpre la notion moderne de l’éducation, le plus dangereux est sans aucun doute le libéralisme intellectuel engendré par une fausse notion de la liberté.L’homme contemporain semble moins soucieux de conquérir, par le jeu de ses facultés supérieures, une liberté qui soit autre chose qu’une contrefaçon, que de s’administrer la preuve de son entière disponibilité en face des sollicitations terrestres, qu’elles soient d’ordre religieux, moral ou intellectuel.Peu lui importe de savoir s’il erre du avril 1953 337 moment qu’il se sait capable d’orienter ses pas vers le but de son choix.Les bornes qui naguère jalonnaient sa voie ont été levées comme autant d’obstacles à sa marche.Au risque de faire fausse route et de rouler au fond du premier abîme, l’homme a voulu goûter une volupté jusque là interdite, se laisser pénétrer jusqu’à l’âme par le sentiment étrange et grisant à la fois d’être enfin devenu le maître suprême de son éternel destin.La prudence et l’obéissance ont pris à ses yeux dessillés figure de mythes ; la soumission à une Volonté souveraine lui est apparue comme un reliquat de cette frayeur servile qui rivait les populations primitives au piédestal de l’idole sourde et impuissante.Les « nourritures terrestres » lui sont devenues les seules désirables.Il a promulgué sur les toits l’affranchissement de l’humanité, clamé à une soi-disant élite universelle les bienfaits de la liberté retrouvée, semé à tout vent l’ivraie de la révolte.S’il s’est trouvé I’Lglise pour se dresser en travers de la route victorieuse de l’hérésiarque, et si, Dieu merci, notre peuple n’a pas encore été entraîné dans ce remous de l’hérésie moderne, on ne saurait conclure de là que les esprits n’ont pas été touchés.Il suffirait pour se convaincre du contraire de prêter l'oreille à la rumeur révélatrice qui déjà monte de certaines couches de notre société canadienne.Une gêne manifeste perce sous ces rodomontades de polémistes en chambre que publient certaines revues qu’on a peut-être grand tort de ne pas prendre au sérieux, et une exaspération mal déguisée, sous les protestations chroniques qui s’élèvent contre les soi-disant ingérences de la morale dans la littérature.Loin de moi l’intention de prétendre découvrir dans ce phénomène d’émancipation la cause de l’insouciance dont font preuve beaucoup de parents dans l’orientation des lectures de leurs enfants, même si le bien-fondé d’une telle hypothèse, dans plusieurs cas, reste incontestable.Mais ce n’est pas parce qu’une pareille incurie résulte en majeure partie de l’ignorance ou de l’indifférence qu’il faut lui reconnaître droit de cité ef refuser de constater qu’elle est en passe de minimiser dans la conscience publique la gravité du péril des mauvaises lectures.A force de lire n’importe quoi, on finit par se convaincre de son froit d’agir de la sorte.Si l’on posait aux parents d’aujourd’hui la question : que lisent vos enfants ?, on serait fort étonné du peu de cas qu’ils font d’un problème selon eux très secondaire et du peu de souci qu’ils prennent de la santé intellectuelle et morale des êtres dont la plus bénigne fièvre les alarme pourtant si fort.Alors qu’ils n’épargnent rien pour piocurer à leurs enfants les soins médicaux les plus coûteux et qu’ils surveillent avec une vigilance parfois un tantinet ridicule le développement corporel d’un fils malingre, ces parents poussent l’illogisme jusqu’à sacrifier l’avenir et le bonheur de leur enfant à une apathie et à une incurie qui n’ont d’égales que la tiédeur religieuse et l’inconséquence flagrante qui les engendrent.Et n’allez pas blâmer ouvertement la conduite de ces gens qui, la plupart du temps, immolent leur enfant non à quelque vague préjugé libéraliste, mais à leur désir d’une vie facile, à leur lâcheté en face des devoirs les plus 338 LECTURES impérieux de leur état.Ils vous rétorqueront que les exigences de leur condition sociale ne leur permettent pas d’exercer une vigilance assidue sur les lectures de leurs enfants, que c’est là la mission des éducateurs religieux chargés de la formation morale des âmes qu’on leur confie, que rien ne sert de vouloir prémunir l’adolescent contre une expérience prématurée à laquelle la vie l’invitera tôt ou tard, que certaines lectures constituent une préparation sûre aux luttes de demain, enfin que des soins plus urgents réclament les « gens sérieux » qu’ils sont.Le malheur est que d’aussi futiles arguments parviennent infailliblement à leur donner bonne conscience et à les renvoyer, le cœur allégé et absout, aux mille riens qui les sollicitent.Pendant que très souvent, dans leur univers familial, se joue le drame déchirant d'une âme en proie à son angoisse et peut-être même au désespoir, ces parents édifient le plus consciensieusement du monde la fortune sur laquelle ils fondent le bonheur de leurs enfants, oubliant que la tâche qu’ils récusent sans remords en est une de délivrance et de rédemption.Le livre, comme on l’a dit et redit sur tous les tons, est un ami dont l’action discrète et secrète ne saurait être indifférente.Aussi est-ce le fait d’un esprit superficiel que de prétendre que la lecture est inoffensive distraction.De même qu’on ne peut voir un film ou assister à une pièce de théâtre sans y prendre quelque chose d’utile ou de nocif, de même on ne peut lire un livre sans y puiser soit une nouvelle raison d’optimisme soit un nouveau motif d’inquiétude.Et il n’est pas besoin d’être grand clerc pour percevoir le bien-fondé de ces assertions.Par son action, le livre s’insinue au plus intime de l’être et dépose dans la glèbe fertile de l’esprit des germes d’idées que le climat intérieur du lecteur conduira obscurément et à l’insu de ce dernier vers la germination et la maturation.La pensée déposée en lui croîtra dans des circonstances déterminées qui lui donneront son relief, sa couleur, sa force et, pour étonnant que cela puisse paraître, même son sens.Ainsi se révèle, à qui tente d’observer en lui la croissance de l’idée, la perpétuelle évolution du paysage intérieur, le jeu kaléidoscopique des lumières et des ombres dans l’alchimie mystérieuse de la pensée humaine.Considérée sous cet angle, la lecture n’est donc pas un exercice aussi futile que veulent bien le décréter les parents qui n’y voient qu’un passe-temps de tout repos, une de ces retraites bénies où il serait souhaitable que le fils turbulent cherchât plus souvent refuge.Et ce n’est pas sans inquiétude que les éducateurs devraient voir l’enfant se claustrer dans un univers interdit que des magiciens de la fiction font surgir pour lui sous la baguette des mots.Avec quel empressement ne devraient-ils pas s’attacher aux pas de cet être jeune et inexpérimenté que le livre leur arrache pour le plonger dans un monde factice d’où il sortira transformé et peut-être même méconnaissable.L’enfant a soif d’évasion, mais est-ce là une raison suffisante pour que ceux qui ont charge d’âme lui facilite l’accès à des jardins enchantés dont les sortilèges et les charmes exerceront sur lui un fatal empire ?Si l’enfant éprouve le besoin naturel et impérieux de avril 1953 339 s’évader des cadres d’une existence sans poésie, banale et souvent médiocre, c’est qu’il porte en lui des ressources presque toujours insoupçonnées d’enthousiasme, de ferveur et de courage.Il lui faut un royaume aux dimensions de son rêve ei de sa jeunesse.Au lieu de l’en frustrer, pourquoi ne pas le guider à la découverte d’un univers lumineux par une vigilance sans cesse en éveil et par un soud constant d’écarter de sa route tous les enchanteurs de foire que sont certains écrivains.Comme l’adulte, et à plus forte raison, l’enfant ne doit pas lire n’importe quoi parce qu’il est toujours absurde d’agir au hasard, parce qu’il est imprudent de se soumettre aveuglément à l’action du premier livre qui vous tombe sous la main, parce que dans la production actuelle l’ivraie voisine avec le bon grain, parce que le devoir incombe à chaque chrétien de préserver en lui la vie de la grâce et de la développer.Or ce choix, qui l’opérera si les parents ne s’en donnent pas la peine ?Qui suppléera à l’inexpérience de l’enfant dans l’exercice d'une prudence qu’il ne saurait avoir ?Quelques semaines avant sa mort, dans une lettre qui peut être regardée comme son testament spirituel et l’aveu d’un échec dans sa quête intérieure, Antoine de Saint-Exupéry s’écriait : « Je hais mon époque de toutes mes forces.L’homme y meurt de soif.» Et plus loin, regardant dormir deux camarades, pilotes de guerre comme lui, il précisait de quelle soif au fond il s’agit.« Ces deux camarades, dans leur genre, sont merveilleux.C’est droit, c’est noble, c’est propre, c’est fidèle.Et je ne sais pourquoi j’éprouve à les regarder dormir ainsi une sorte de pitié impuissante.Car s’ils ignorent leur propre inquiétude, je la sens bien.Droits, nobles, propres, fidèles, oui, mais aussi terriblement pauvres.Ils auraient tant besoin d’un Dieu.» Ce sentiment de pitié, comment les parents chrétiens ne l’éprouveraient-ils pas en songeant que leur enfant, comme tout homme, cherche obscurément un Dieu ou une idole, et que de l’issue de cette recherche dépend sa destinée d’être racheté ?Et ce Dieu qu’ils peuvent encore lui donner, par quelle aberration et quelle lâcheté accepteraient-ils de Le lui refuser ?Jean-Paul Pinsonneault Illustré en couleurs LA BELLE DAME DE FATIMA par le frère Achille ill.par Odette Vincent prix—$0.40 (par la poste $0.50) 340 LECTURES ETUDE CRITIQUE La dernière fête 1 -p^epuis Nez-de-cuir, gentilhom-D me d'amour paru en 1936 et dont Yves Allégret réalisa l’an dernier une adaptation cinématographique de haut mérite, M.Jean de la Varende, normand de vieille et bonne souche, s’est appliqué avec une inlassable ferveur à évoquer dans son œuvre l’âme de sa province natale.Le dernier roman qu’il livre au public est une autre de ces fresques consacrées à la gloire d’une noblesse terrienne ui préféra pousser ses racines ans la terre riche et généreuse plutôt que d’aller faire le pied de grue au seuil des antichambres royales et soigner la révérence à l’école des courtisans.Aussi le héros de la Dernière fête prend-il figure de symbole dans cette lutte âpre et souvent subtile qu’il doit mener pour sauver le lien charnel qui le rattache à la terre de ses ancêtres et pour conserver à sa descendance l’héritage dont un destin ironique semble vouloir le déposséder de son vivant à l’avantage d’un neveu breton en qui le gentilhomme octogénaire ne reconnaît pas l’héritier légitime d’un passé de fidélité, de noblesse et de force.Toute la vigueur, la ténacité, l’opiniâtreté et la ruse de l’âme normande revivent dans ce marquis si profondément ancré dans sa glèbe natale que rien ne saurait le faire consentir à quitter tout entier, que la vieillesse elle-même ne saurait l’empêcher de servir avec une ferveur d’amant, fût-ce au prix des dernières énergies et de la paix même d’un cœur sensible et farouche.M.de la Varende, on le sent bien, tient à la bonne terre normande par ce qu’il a de plus cher, et les châtelains de la Bare sont les prototypes vivants de cette tendresse filiale qu’il voue à la Normandie dont il a chanté les vertus, le paysage et les saisons.Pour y avoir mis toute la ferveur de son âme et tous les dons d’un magnifique talent, l’auteur du Centaure de Dieu a fait de la Dernière fête une espèce de chef-d’œuvre à la fois rempli de la douceur éclairante de Pâme paysanne et de l’âpre grandeur d’une noblesse fidèle à ses 1.LA VARENDE (Jean de), La dernière fête.Roman.Paris, Montréal, Flammarion, Le Cercle du Livre de France [c 1953].323p.20.5cm.B (Photo Michel Brodsky) Jean de la Varende AVRIL 1953 341 origines, du parfum âcre de la forêt normande et du faste séculaire des vieux châteaux, des luttes obscures qui ont pour enjeu l’avenir de la race et des joies sereines et pénétrantes de l’intimité familiale.Le marquis Amélien de La Bare, seigneur révéré du pays d’Ouche, désire adopter le fils naturel de son aîné Manfred tombé au champ d’honneur durant la guerre de 1870, Georget que, au grand désespoir du gentilhomme, un imbécile de fonctionnaire a affublé du nom « de cette sale grue écrivine et communarde » : Georges Sand.Ln bon Normand qu’il est, M.de La Bare met toute sa confiance et tout son espoir en la race.Georget perpétuera le nom de la famille.Mais adopter un enfant « né de parents inconnus » n’est pas chose facile lorsqu’une reconnaissance a fait du bâtard le fils d’une fille aux attitudes équivoques et rendue suspecte par les plus ignobles ragots.D’autant moins facile, par surcroît, du fait qu’une donation hâtive faite par le châtelain de La Bare à un sien neveu de Bretagne, rend impossible le retour de l’héritage ancestral aux mains du fils adoptif.Fort heureusement, le marquis n’est pas un apprenti-jouteur et, à l'instar de ses compatriotes qui ne manquent pas d'un certain sens de la race et des joies sereines et pénétrantes de l’intimité familiale, demander merci au premier coup d’éfrivière.Si les forces du destin semblent liguées contre lui pour lui refuser la postérité qu’il appelle de ses vœux les plus ardents, le gentilhomme à l’humeur combative et encore vert sous le poids de ses quatre-vingts ans sait faire face et riposter courageusement.Ce petit-fils dont il défend le bien aux dépens de ses jours contre une force aveugle, contre une nièce cassante, dure et entêtée, n’est-ce pas la Providence qui l’a mis sur sa route à l’heure où tout semblait perdu pour l’avenir des La Bare ?Dès lors, comment ne pas tout sacrifier pour tenter de restituer son rang social à l’enfant dont la naissance demeure pourtant, à certains jours, une énigme indéchiffrable et une pierre d’achoppement.Mais aussi, comment ne pas perdre pied au cœur d’une situation de plus en plus inextricable à mesure que se dresse entre Georges, dont la calomnie terne de faire un « petit-fils de raccroc et de pacotille » en quête d’une « bonne petite situation bien douillette », et le bien des ancêtres la coalition des intérêts d’une Marguerite de Roncenay cupide et ignoble sous des apparences de piété et d’intégrité ?Si la conscience du vieillard s’émeut parfois de la clameur d’une jalousie insinuante, s’il éprouve parfois la brûlure du flot poisseux de l’envie qui de toute part l’encercle comme d’une lave, il n’a qu’à tourner ses regards vers le peuple obscur des paysans et des forestiers dont la fidélité lui est une alliée précieuse.Si le supérieur du collège d’Evreux, les Roncenay et la tourbe anonyme des petits seigneurs normands n’ont pas voulu ou su reconnaître en Georges l’héritier légitime de La Bare, les campagnards, eux, n’ont pas tardé à le faire.Et le maître, qui n’ignore pas ce fait, se sent fort de cette fidélité sans yeux, sans bouche et sans mains qui, comme cette terre secrète et impérieuse dont elle monte, saura bien imposer sa loi.« .Ces gens ont pour Georges une sorte d’affection désordonnée, déclare fièrement le marquis à sa 342 LECTURES nièce ; une manière de loyalisme dont je ne peux arriver à vous donner l'accent.Georges représente pour eux une sorte d'enfant incomparable ; il réunit leur amour du sol et leur amour du mystère, leurs sens de la race guerrière et conquérante, de la race dominatrice dont, non seulement, ils acceptent la domination, mais encore la désirent ; domination qui les grandira dans leur esprit.L’enfant se rattache à la forêt.Y possède de nombreuses parentés importantes, par sa mère.Tous savent sa descendance, invoquent sa destinée.Georges leur a rendu service et ils J’ont aidé.Ils l’ont préservé.Ils l’ont meme vengé mortellement, d’une insulte.Ils attendent son règne comme un âge d’or nouveau.Avec lui, ils se sentiront quelque peu propriétaires de leur gagne-pain.Non, ce n’est pas cela.C’est trop matériel, bien trop !.Quelques-uns peuvent calculer, mais le terrible c’est que tant d’autres soient tout obscurité, tout mouvements sauvages, indiscernables, imprévisibles.» Mais la sympathie déclarée des gens du pays pour la cause du fils naturel de Manfred de La Bare exaspère au lieu de la convaincre notre pécore bretonne soucieuse de redorer aux frais de l’oncle de Normandie une situation financière compromise par les pertes bancaires du marquis de Goëllo, son père.Si son mari, Louis de Roncenay, succombe à une fièvre typhoïde qu’il a contractée à la suite de la séquestration que lui ont infligée les forestiers, Marguerite aura beau jeu.Mais la mort de Louis ne se révèle pas aussi désastreuse que les menaces en l’air de la nièce avaient pu le laisser craindre, et celle-ci juge opportun de recourir au poison.Hélas, si la mort des Roncenay a pour heureux effet de réduire la menace que fait peser sur le domaine seigneurial un ciel d’orage, elle ne contribue guère cependant à rallier au parti de Georges l’opinion publique dissidente.Et le digne marquis, qu’ont épuisé l’humeur massacrante de Marguerite et les lenteurs d’une procédure esquintante, rêve d’une manœuvre de grand style, propre à imposer sa volonté à un entourage hostile et récalcitrant.Il ira supplier le comte de Chambord réfugié à Frohsdorf de prendre en charge un fils naturel devenu le seul espoir d’une des plus nobles familles royalistes de France et qui s’éteint.Par un nouveau trait de la fatalité, l’héritier de la couronne royale se dérobe et le marquis frappé d’apoplexie à la suite de cet échec rentre à La Bare.Une fête d’un faste inouï produit l’effet escompté d’une démarche restée infructueuse.La fastueuse kermesse devient une sorte de triomphe La Bare, d’exploit ultime du châtelain qui, par cette prodigieuse réunion, gagne à son petit-fils l’amitié de la terre normande, incarnée dans les cœurs des bûcherons, des laboureurs, des chasseurs et des pastoureaux convié: Aux yeux de certains propecteurs invétérés d’émotions inédites et de sensations piquantes, la Dernière fête apparaîtra comme un roman ténu où la grisaille le dispute à l’ennui.Mais on aurait tort de s’inspirer d’une opinion aussi puérile et superficielle pour négliger de prendre contact avec une œuvre dont la valeur et le charme résident dans la finesse de l’observation, la qualité de la langue et la vérité du personnage.M.de La Varende campe ici des types bien en chair et si profondément identifiés à l’âme et à la terre normandes avril 1953 343 qu’à certaines pages, l’impression étrange de commettre une indiscrétion étreint le lecteur, tant le drame qui bouleverse l’existence paisible des châtelains semble se nouer dans un univers intime, quotidien et familier.Le marquis Amélien de La Bare, son épouse, Fanny Lieurre, Louis et Marguerite de Roncenay, Perdreau et Matlaw ne sont pas des personnages que l’on observe du dehors, mais dont le rythme intérieur nous est rendu perceptible avec une implacable netteté et un relief saisissant, par la psychologie incisive et nuancée du romancier.Le seigneur de La Bare qui se définit lui-mêm** comme « une bête toute simple qui aime spécialement sa progéniture » et chez qui perce la défiance du plaideur normand qu’on aurait dupé, n’est ni un vil arriviste ni un burgrave atrabilaire.Il sait se montrer accommodant en affaires, présumer de l’honnêteté et du désintéressement d’une femme que la calomnie déchire, même si l’on peut être tenté parfois de deviner en lui le tenant d’un machiavélisme bénin, même si les ragots de commères ne sont pas sans effet sur son esprit inquiet et tourmenté.Quant à la marquise, toute subtile et habile qu’elle soit, on la devine incapable de rouerie, d’acrimonie et de déloyauté.La prudence clairvoyante qui lui a inspiré de différer une donation dont les événements ultérieurs ne lui donneraient que trop lieu de se repentir, dicte chacun de ses conseils et chacun de ses gestes.Sa patience, sa pondération et sa perspicacité font contraste avec l’impatience, l’ardeur et la fougue du châtelain.Si quelque fil d’Ariane avait dû guider le maître de céans vers une victoire moins impromptue que celle que lui réservait l’auteur, je me demande quel personnage de la Dernière fête, autre que Mme de La Bare, eût bien pu en disposer.Il est dommage que les cadres d’une brève étude critique ne nous permettent pas de relever ici les gammes de nuances et de tons qui donnent à la peinture des autres caractères du dernier roman de M.de La Varende toute sa richesse.Un tel exercice aurait pour effet d’illustrer de façon éclatante les aspects infiniment variés et les ressources multiples d’un talent dont la puissance de renouvellement et l’acuité d’observations contribuent, depuis bientôt vingt ans, à l’évocation, en une fresque puissante, de l’âme normande.Bornons-nous à reconnaître le haut mérite d’un style que sa robustesse et sa sève recommandent à l’admiration des plus fins esthètes, et que Paul Vialar a magnifiquement décrit dans une page admirative qu’il consacrait, il y a quelques mois, à l’auteur de la Navigation sentimentale.« D’écrivain, il n’y en a guère, écrivit-il, à notre époque, qui soit plus généreux, plus noble, dont la phrase pareille à un sarment tordu, ait des courbes plus fermes, plus tourmentées, plus belles par la torture spontanée qu’elle a subie avant de prendre sa forme définitive, celle que l’on n’oublie pas.La Varende sait tout exprimer, et particulièrement ce qui fait son essence même, et surtout récréer ce monde, cet univers qui n’est qu’à lui et qu’il ouvre pour nous, ce qui est le grand don, l’unique, celui qui, seul, redonne la vie et fait de celle-ci qui, n’étant que la vie demeurerait factice, quelque chose de plus que la vie.» 344 LECTURES De nos jours, alors que des hommes de lettres éminents déshonorent les plus beaux dons en les prostituant à l’erreur et au péché sous prétexte d’initier l’homme contemporain à des mystères libérateurs, qui la plupart du temps préludent aux plus humiliantes servitudes, la parution d’un livre tel que la Dernière fête de Jean de La Varende constitue un témoignage réconfortant.Ces pages portent en elles le sacrement d’une présence terrestre de l’amour, le signe d’une foi vigoureuse aux mâles vertus qui font la race et à l’enfant, symbole vivant et charnel de l’avenir.Jean-Paul Pinsonneault ifâibfiotlèque économique et Aocia r Esdras Minville INVITATION A L’ETUDE 176p.S 1.00 Esdras Minville L’HOMME D’AFFAIRES 184p.$1.00 Jean-Pierre Després LE MOUVEMENT OUVRIER CANADIEN 208p.$1.50 Paul Hugon LES DOCTRINES ECONOMIQUES 413p.$2.75 Esdras Minville LE CITOYEN CANADIEN FRANÇAIS 618p.$3.25 Raymond Tanghe GEOGRAPHIE ECONOMIQUE DU CANADA 280p.$1.50 Léon Gérin LE TYPE ECONOMIQUE ET SOCIAL DES CANADIENS 224p.$1.50 Fr.-Albert Angers INITIATION A L’ECONOMIE POLITIQUE AVEC APLICATIONS AU CANADA 316p.$2.50 C.-E.Thivierge LES ROUAGES DE L’EXPORTATION 216p.$2.00 Marcel Clément INTRODUCTION A LA DOCTRINE SOCIALE CATHOLIQUE 188p.$1.25 Me Léon-Mercier Gouin LE DROIT D’AUTEUR 112p.$1.25 avril 1953 345 DOCUMENTS Guerre aux publications obscènes Rapport présenté à la Commission sénatoriale sur la littérature obscène le 25 fétrier 1953 Depuis longtemps déjà, le problème des publications obscènes retient l'attention des éducateurs, des sociologues et de tous ceux que préoccupe le sort des valeurs spirituelles et morales de la nation canadienne.Mais, ces dernières années, les revues pornographiques se sont multipliées à un tel rythme, et elles s’affichent partout avec une telle impudence, qu’il est nécessaire d’intervenir en haut lieu pour arrêter les méfaits d’une pareille épioémie.On les retrouve partout maintenant ces revues nauséabondes : elles tapissent les kiosques, les devantures des petits restaurants, et autres endroits du même acabit où le peuple et la jeunesse vont chercher leur pâture spirituelle ; chez le coiffeur, elles tiennent compagnie à la demoiselle qui attend son tour detre embellie ; l’adolescent peut les trouver à la portée de sa main dans la salle d’attente de son médecin.Ces revues sont en train de corrompre notre peuple et il est grand temps d’intervenir.L’état se doit, comme gardien de la moralité publique, de remplir son rôle en bannissant effectivement de notre pays les revues obscènes.En principe, la publication et la diffusion des revues obscènes sont interdites au Canada, en vertu d’un texte de loi ; mais en pratique, nous voyons bien que de telles revues ont toute liberté de vivre et de se multiplier sous le soleil canadien, et cela au grand détriment de nos citoyens.A quoi cela tient-il ?A ceci : c’est que rien, dans les termes de la loi, ne définit ce qu’est une revue obscène, si bien que l’imprécision même de la loi permet au premier trafiquant venu de la violer à son gré.Il convient donc, en premier lieu, de s’entendre sur le sens exact de l’obscénité dans une revue.Nous montrerons ensuite les mauvais effets que l’obscénité exerce sur nos gens.Nous indiquerons enfin par quels moyens l’Etat peut s’opposer à l’envahissement des revues obscènes.Qu’est-ce exactement qu’une revue obscène ?C’est, pour répondre d’une façon très générale, une revue qui blesse la pudeur et la modestie, une revue qui, par ses illustrations et les textes qui les accompagnent, tend au mépris de la morale sexuelle, peut corrompre et inciter à commettre des actions immorales.Pour être plus précis, nous dirons qu’une revue obscène est celle qui contient des gravures, photos ou textes de nature à impressionner, affecter, surprendre ou troubler moralement l’instinct sexuel.Les photos représentant le corps humain dans une nudité presque complète (recouvert d’un maillot de bain rudimentaire, ou encore, ce qui n’est guère mieux, de vêtements transparents, ou qui moulent trop les formes), de telles photos sont 346 LECTURES de cette nature et tendent a de telles fins.Pour rendre notre définition plus concrète, nous donnerons, comme exemples typiques de revues obscènes les publications suivantes : Nigbt iiuil day, janvier 1950 ; Esquire, février 1950; Glance, mars-avril 1950; Us, mars-avril 1950.Il ny a pas si longtemps encore notre gouvernement s’est signalé par son zèle a combattre 1 épidémie de fièvre aphteuse dans les pro-\inces de 1 Ouest canadien : il y allait de la santé et de la vigueur physique des citoyens ! Son zèle sera-t-il moindre pour enrayer l’épidémie des revues obscènes ?Il y va de la santé morale et de la vigueur intellectuelle de la nation ! Les revues obscènes, parce qu’elles excitent 1 instinct sexuel, tendent à ravaler I homme au niveau de la bête en 1 incitant à ne chercher son plaisir que dans l’assouvissement désordonné de ses sens ; par là, elles abaissent le niveau moral de l’individu et de la nation.Les revues obscènes ravalent l’individu sur le plan moral, et elles nuisent, par ricochet, à la vigueur intellectuelle; l’homme qui vit constamment dans les plaisirs des sens voit son esprit s obnubiler et s obscurcir; la chair idolâtrée enveloppe de son opacité grandissante la vigueur pénétrante de l’esprit.Les revues obscènes travaillent non seulement contre le bien moral et spirituel de 1 individu, mais aussi contre la famille, ce réservoir de la nation.Parce qu elles incitent à l’immoralité sur le plan sexuel, les revues obscènes encouragent toutes les débauches qui ruinent la famille, multiplient les divorces et finallement tarissent les sources vives de la nation.II est du devoir de l’Etat — et notre gouvernement l’a bien compris — d’intervenir pour mettre fin au pullulement des revues obscènes.Un Etat qui ne verrait qu’au bien matériel de ses sujets et négligerait de promouvoir ces biens spirituels sans lesquels aucune civilisation digne de ce nom ne saurait se concevoir, un tel état faillirait a sa mission la plus haute et la plus importante.C’est pourquoi il se doit d interdire la publication et la vente des revues qui sont une offense flagrante à la moralité publique.Par quels moyens le fera-t-il ?Un article de la loi interdit les revues obscènes, mais cet article est incomplet et autorise, par cela même, les accrocs les plus graves à l’esprit de la loi.Il convient donc de compléter cet article en définissant expressément en quoi consiste 1 obscénité d’une revue.Les définitions ci-haut exposées pourraient être de quelque utilité.Le gouvernement devrait aussi voir à ce que les distributeurs de revues n’imposent plus certaines publications aux petits détaillants, mais laissent à ceux-ci la liberté du choix.De cette façon, bon nombre de revues peu recommandables seraient éliminées du marché canadien.Dans ce travail d’assainissement de la moralité publique, l’Etat pourra compter sur l’appui empressé et généreux de ceux qu’une longue expérience a éclairés sur la nocivité des revues obscènes et qui aujourd’hui envoient la présente requête.R.P.Paul-Aimé Martin, c.s.c.aumônier diocésain du Service des Lectures avril 1953 347 FAITS ET COMMENTAIRES Douzième assemblée annuelle de la Société Catholique de la Bible La Société catholique de la Bible tenait le 21 mars dernier dans l’immeuble Fides, à Montréal, sa douzième assemblée annuelle.Un groupe imposant de prêtres, de religieux et de laïcs avaient tenu à répondre à l’invitation du président.S.E.Mgr Charles-Omer Garant, secrétaire de l’Assemblée épiscopale et évêque auxiliaire de Québec, rehaussait de sa présence cette réunion dont il avait accepté la présidence d’honneur.Après un mot de bienvenue, le R.P.Martin fit lecture du rapport annuel.Mandatée par l’Episcopat pour organiser la propagande biblique, la Société catholique de la Bible s’est acquittée avec honneur de sa mission pendant l’année 1952 si l’on en juge par le rapport du président.« Un regard rétrospectif sur l’année écoulée, disait en effet le Père Paul-Aimé Martin, même s’il est sommaire, nous permet de constater que la Société a franchi d’importantes étapes dans la réalisation de son idéal.» Le rapport soulignait en particulier le succès de la Bible de Pirot dans notre milieu canadien-français.En un an, en effet, la Société a répandu 10,000 exemplaires de cette Bible.Ce succès le Père Martin, « est à la fois un témoignage en faveur de la qualité de cette édition et un signe du renouveau biblique au Canada £.} Un tel succès est fort remarquable si l’on tient compte du chiffre de notre population.Il y a quelques mois, nous recevions un tableau statistique des ventes de la Bible de Pirot en France et dans les pays étrangers.Ce tableau place le Canada au second rang des pays étrangers souscripteurs : avant la Belgique et la Suisse.» Sous le patronage de la Société catholique de la Bible paraissait, en novembre dernier, un texte canadien des Actes des Apôtres.C’était là la seconde étape d’un projet de publication d’un texte canadien du Nouveau Testament.« Edités par Fides, les Actes des Apôtres constituent une élégante brochure de 96 pages.Le texte est enrichi de nombreuses notes et de cartes donnant l’itinéraire de chacun des quatre voyages de saint Paul £.} Le texte canadien des Actes des Apôtres a tôt fait de conquérir la faveur du public : tiré à 10,000 exemplaires en novembre dernier, il a dû être réimprimé deux mois après.Si ce succès se maintient, il pourra se comparer — toutes proportions gardées — r.celui du texte canadien des Evangiles.En un an nous avons écoulé 75,000 exemplaires du dernier Faites ça.et vous vivrez ; nous en avons fait tirer 30,000 en février dernier, ce qui porte à 890,000 le chiffre des Faites ça répandus sous la direction de la Société catholique de la Bible.» 348 LECTURES « La diffusion multiforme du texte sacré ne saurait suffire au zèle des véritables apôtres de la Bible.Nous savons bien que la merveilleuse efficacité de la Sainte Ecriture est conditionnée par la préparation des âmes qui la lisent.C’est pourquoi nous n’estimons pas avoir atteint notre idéal si, parallèlement à la diffusion de la Bible, nous n’utilisons pas tous les moyens susceptibles d’en faciliter l’intelligence.Parmi ces moyens, l’un des plus efficaces est la projection de films bibliques accompagnés de commentaires sonores £.} Depuis plusieurs mois, la mise sur le marché de ces films polarise l’activité ties membres du Conseil.» Le problème des films était assez facile à résoudre : la Société utilise les 56 films de l’Alliance avec Dieu publiés par la Bonne Presse.Plus complexe était le problème de l’enregistrement sonore des commentaires accompagnant ces films.Mais la difficulté a pu être contournée.« Tous les apôtres de la Bible, poursuivait le Père Martin, pourront être satisfaits : ceux qui ont les appareils voulus pourront se procurer les bandes sonores, et ceux qui ont des tourne-disques pourront utiliser les disques.» On peut se procurer, au Secrétariat de la Société, la série des 56 films bibliques, avec les commentaires enregistrés sur 28 bobines sonores ou sur 56 disques « longue durée».«C’est notre désir et notre rêve, disait le Père Martin, que nos films et disques bibliques pénètrent dans tous les diocèses, voire même dans tous les centres paroissiaux et les maisons d’éducation.» * * * Au cours de l’assemblée, on a procédé à la nomination de douze nouveaux membres à vie et à l’élection du Conseil pour 1953.Ont été nommés membres à vie : M.l’abbé Gérard Gariépy, aumônier du Service de la Bible à Ste-Anne-de-la-Pocatière ; M.l’abbé Rosaire Paquin, de l’Epiphanie ; M.I’abbé Roger Dupré, aumônier du Service de la Bible à St-Jérôme ; M.l’abbé Lucien Labelle, aumônier du Service de la Bible à Nicolet ; M.l’abbé Maurice Dugré, professeur d’Ecriture Sainte au Grand Séminaire d’Ottawa ; Le R.P.Gaston Fontaine, c.r.i.c., de Brigham ; le R.P.Irénée Bouchard, c.s.c., professeur de catéchisme au Collège Notre-Dame, qui collabore à l’enregistrement des commentaires des films bibliques ; Mlles Juliette Côté, Rita Campeau, du Secrétariat du Service de la Bible à Montréal ; et Mlle Suzanne Plourde, du personnel de Fides et de la Société catholique de la Bible.Ces nominations portent à 70 le nombre actuel des membres à vie de la Société.Les membres du Conseil de la Société restent les mêmes pour l’année 1953, sauf M.Roméo Leblanc qui a été remplacé par Mlle Rita Leclerc.* * * S.E.Mgr Charles-Omer Garant clôt la réunion.« La Société catholique delà Bible, dit-il, a fait, non pas des pas, mais des « bonds » vers la réalisation du but poursuivi.Nous découvrons dans le peuple de chez nous un plus grand désir de lire la Bible.Notre peuple est encore très bon et s’il se laisse gagner par l’amour de la Bible, cela est de nature à l’aider à résister aux courants d’idées qui circulent actuellement et qui pourraient l’entraîner dans des chemins dange- avrii.1953 349 reux.J'espère que tous les vœux et les rêves de la Société se réaliseront.Je souhaite en particulier que tous les enfants de nos écoles puissent voir les films bibliques qui sont pour eux à la fois un repos et un moyen de formation.Je souhaite que les films bibliques se répandent et contribuent à faire aimer l’Aliiance avec Dieu.Je trouve réconfort et joie à assister à vos réunions et à me rendre compte du travail accompli par la Société.Je remercie tous les dévoués collaborateurs de l’apostolat biblique.Dieu ne peut pas ne pas bénir leurs efforts.» Ne lisez pas.LA COLLECTION : LE LIVRE DE POCHE La librairie Hachette lançait, il y a quelques semaines, une nouvelle collection : le Livre de poche.Les volumes de cette collection, qui comporte des titres choisis parmi les œuvres les plus célèbres des grands auteurs contemporains français et étrangers, se vendent à un prix exceptionnellement bas.Leur présentation luxueuse, sous couverture mi-cartonnée laquée, aux couleurs vives et gaies accroche le regard et retient l’attention.Voilà autant de facteurs qui nous incitent à mettre nos lecteurs en garde contre la lecture de certains titres de cette attrayante collection.Parmi les œuvres choisies on relève malheureusement la Symphonie pastorale d’André Gide, la Bête humaine d’Emile Zola et les Mains sales de Jean-Paul Sartre, toutes trois condamnées par l’Index.Koe-migsmarck de Pierre Benoit, Ambre de Katheleen Winsor, Pour qui sonne le glas de Ernest Hemingway et Hôtel du nord d’Eugène Dabit sont des œuvres mauvaises.Quant à la Nymphe au cœur fidèle de Margaret Kennedy et au Capitaine Conan de Roger Vercel, ce sont des romans dangereux.Nous espérons qu’à la suite de cette mise en garde, tout lecteur conscient des obligations que lui imposent l’obéissance aux directives de l’Eglise et la prudence, se fera un devoir de réserver à la collection le Livre de poche l’accueil qu’elle mérite.Puisse-t-il aussi contribuer à éloigner son entourage de ces eaux empoisonnées.Louis Morin Emile Nelligan POESIES COMPLETES 331 pages — Prix $2.50 (par la poste $2.65) Une édition critique préparée, préfacée et annotée par Luc Lacoursière, comprenant 162 poèmes dont 55 inédits.350 LECTURES UNE SUGGESTION : Le Club du livre des Jeunes Ainsi qu on 1 écrivait dans un précédent article, il arrive très souvent que les parents demeurent dans la plus complète ignorance au sujet des lectures de leurs enfants.Cette grave lacune, comme tous les maux dont souffre l’âme contemporaine, il ne suffit pas pour y remédier de mettre le doigt dessus et de la stigmatiser en termes forts, car le meilleur jardinier du monde ne saurait enrayer la croissance des mauvaises herbes si, en sachant ses plates-bandes infestées, il se contente de roupiller à l'ombre des haies en fleurs.Le fléau des mauvaises lectures ne sera donc écarté que si des solutions vivantes, opportunes et adaptées viennent arracher l’enfant au charme malsain que distillent les couvertures aguichantes des romans à cinq sous et à l’envoûtement qu’exercent sur lui les illustrés aux couleurs criardes.Désireuses de tenter dans ce domaine un effort devenu nécessaire et urgent par la menace sans cesse plus lourde qu’une insouciance innommable fait peser sur notre jeunesse canadienne-française, les éditions Fides fondaient en décembre dernier un Club du Litre des Jeunes qui, dès ses débuts, connut auprès des lecteurs de plus de dix ans un succès inespéré.Voici, à l’intention des parents préoccupés de faire bénéficier leurs enfants des avantages exceptionnels que leur offre une aussi heureuse initiative, quelques détails sur le fonctionnement de ce club.Le nouvel abonné est prié d’envoyer, avec son coupon d’inscription, $1.00 pour les deux livres du mois en cours.Lorsqu’il reçoit les deux volumes, il trouve dans le colis une lettre lui annonçant les deux livres du mois suivant.Au bas de cette lettre se trouve un coupon détachable sur lequel l’enfant précise s’il désire recevoir les deux livres offerts et payer sur livraison.Le jeune lecteur qui s’inscrit au Club du Livre des Jeunes s’engage à acheter, au moins quatre fois dans l’année, deux livres offerts à chaque mois aux membres du club.Comme on le voit, personne n’est obligé d’acheter à chaque mois les deux livres proposés, cependant on doit avertir au début du mois précédent si l’on ne veut pas recevoir les livres offerts pour le mois qui v ient.Puissent les parents, dans un esprit de sain réalisme, comprendre enfin que le péril des mauvaises lectures cache des dangers plus grands encore que celui des mauvais camarades et que, de ce fait, il incombe à tout véritable éducateur de veiller à l’orientation des lectures de la jeunesse.Pour écarter ce danger, rien n’est moins efficace que cette vieille politique de l’autruche dont le ridicule n’échappe à personne et que l’on adopte pourtant si souvent en face des cas les plus graves.Jean Champagne avril 1953 351 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Ouvrages Littérature canadienne GENERALITES Culture PARENT (Joseph-Marie), o.p.L'Eglise enseigne.Notions générales sur le Magistère de l’Eglise.(Québec) Presse Universitaires de Laval, 1952.66p.18.-5cm.(Coll.Culture populaire, no 1).TB Les problèmes de la vie rurale.Conclusions du Congrès catholique international sur les problèmes de la vie rurale—Rome 1951.(Québec) Presses Universitaires de Laval, 1952.56p.18.5cm.(Coll.Culture populaire, no 3).TB POULIN (Gonzalve), o.f.m.dienne-française.(Québec) Presses Universitaires de Laval, 1952.75p.18.5cm.(Coll.Culture populaire, no 3).TB BROWN (Clément).Québec — Croissance d'une vilTe.(Québec) Presses Universitaires de Laval, (1952).78p.18.5cm.(Coll.Culture populaire, no 4).TB Sous le titre de collection Culture populaire, le Centre de culture populaire, département de la Faculté des Sciences sociales de Laval, présente au lecteur quelques brochures dont voici un bref compte rendu des quatre premières.1.L'Eglise enseigne par Joseph-Marie Parent, o.p.Dans cette brochure le savant dominicain qu’est le P.Joseph-Marie Parent, o.p., établit le caractère et la mission de l’Eglise.Le magistère de l’Eglise y est défini en quelques lignes et son origine divine démontrée.L’auteur disserte ensuite avec clarté sur ce magistère et sur l’adhésion que les fidèles doivent lui apporter.Pages lumineuses et convaincantes, bien à leur place au début d’une série de publications consacrées à l’éducation populaire et à quelques aspects connexes.2.Les problèmes de la vie rurale.Cette plaquette contient la partie française du compte rendu officiel du premier congrès catholique international sur les problèmes de la vie rurale.La note liminaire de Sa Sainteté Pie XII est suivie de quelques aperçus clairs et concis sur le milieu rural, l’industrialisation du milieu agricole, la coopération agricole dans le monde et quelques autres aspects importants ae la question.Tous les textes sont instructifs, objectifs et précis.3.Problèmes de la famille canadienne-française par le R.P.Gonzalve Poulin, o.f.m.Dans cette synthèse sur les problèmes de la famille cana-dienne-française, l’auteur brosse 352 LECTURES d’abord le tableau de la famille au Canada français au début de la Nouvelle-France.Il situe ensuite la famille canadienne-fran-çaise, notamment la famille ouvrière, dans son cadre actuel.« Il faut envisager le fait, note quelque part le R.P.Poulin, que la majeure partie du revenu des familles découle de l’emploi et non de la propriété».Alors que signifie la propriété privée en une telle occurence.L’auteur propose quelques éléments de solution.Belle étude à lire, à faire lire, à répandre.4.Québec par Clément Brown.Sous ce titre, l’auteur nous présente l’une des meilleures études sur la cité de Québec publiées à date.Le lecteur y trouvera un bref rappel du Québec de Champlain, un tableau brossé à grands traits de la période 1660-1790, un exposé de l’évolution économique de la Cité de Champlain, et une esquisse du renouveau de 1900-1950.D’abondantes statistiques et des cartes de la Ville à diverses époques illustrent cette étude.Le tout se termine par une synthèse rapide sur le Québec actuel qui, tout en continuant le passé, s’adapte au présent.Cette étude magnifique sur la ville de Québec fera connaître son passé, son activité présente, son rôle de capitale et de ville en évolution.Ces quelques lignes ne rendent justice à aucun des auteurs précités.Puissent-elles au moins souligner la valeur réelle et l’actualité de ces quatre études dont la riche matière une fois décuplée par la réflexion, devrait inspirer une action positive et créatrice.Cette collection s’inspire de la présentation technique de publications éditées par les universités américaines, mais le ton et la substance y sont évidemment d’une tout autre qualité.Rodolphe Laplante RELIGION Eglise catholique HESTON (Edward), c.s.c.Comment le Pape gouverne l'Eglise.Traduit de l’anglais par Albert Montplaisir, c.s.c.Montréal, Paris, Fides {c 1905}.193p.h.-t.21cm.$2.00 (par la poste S2.10).TB Le Père Heston nous invite à considérer avec lui l’organisation gouvernementale de l’Eglise.De prime abord, cette incursion dans les rouages administratifs de Rome pourrait rebuter le lecteur hostile à tout travail historique.Qu’il se rassure ! Comment le Pape gouverne l'Eglise n’a rien d’un traité rébarbatif.Avec brièveté et simplicité, l’auteur traite « de l’Eglise en général, de son chef suprême et visible et des personnages et organismes qui lui aident dans le gouvernement de l’Eglise universelle ».Nous voyons comment se sont organisés les tribunaux, les sacrées congrégations, les offices et les commissions.Et qu'il s’agisse de l’instruction d’un procès de canonisation, de la codification du Droit canon, d’une annulation de mariage, de la promulgation d’un dogme etc., l’Eglise s’adresse toujours à des spécialistes capables de remplir leur tâche avec intel- AVRIL 1953 353 ligence, sagesse et prudence.Les résultats obtenus attestent de l’efficacité de la curie romaine.Citons par exemple le travail gigantesque fourni pour codifier les prescriptions du Droit canon.Entreprise humaine irréalisable, au dire de canonistes réputés, que la compétence, l’intelligence, l’acharnement d’un Cardinal Gasparri et de la commission de canonistes chargés de l’aider menèrent à terme.Nous avons lu l’ouvrage du Père Heston avec grand intérêt et l’excellente traduction du Père Montplaisir nous a rendu cette lecture des plus agréables.Nous soulignons quelques erreurs typographiques qui gâtent un peu le texte mais qu’une nouvelle édition de l’œuvre corrigera sans doute.L.Michaud SCIENCES SOCIALES En général lut sécurité sociale.Compte rendu des cours et conférences.Montréal, Institut Social Populaire, 1952.234p.24cm.(Semaines Sociales du Canada, Section française, XXIXc session, Saint-Jean, 1952).TB-S Le compte rendu des cours et conférences sur la Sécurité sociale donnés au cours de la Semaine Sociale tenue à Saint-Jean vient de sortir des presses.C’est une publication de l’Institut social populaire.L’arsenal constitué par les semainiers depuis 1920 se complète.Aujourd’hui comme en 1920, c’est le R.P.Joseph-Papin Archambault, s.j.qui est l’animateur de ces séances d’études con- sacrées à un aspect de la question sociale.A lui revient le mérite d’avoir lancé cette initiative, d’avoir recruté conférenciers et orateurs.Aujourd’hui comme il y a trente-deux ans, le R.P.Archambault prononce le discours d’ouverture de ces Semaines Sociales.Son texte renferme un énoncé de doctrine, un résumé du sujet traité par les semainiers.Le grand exposé doctrinal sur « la personne humaine, ses grandeurs et ses limitations » est signé par le R.P.Louis Lachance.C’est le texte d’un maître.Aujourd’hui, ces séances dites Semaines Sociales se résument à trois journées d’études.C’est dommage, car les comptes rendus des premières années étaient beaucoup plus substantiels.Mais, sur les causes de ce nouvel état de choses le R.P.Archambault ne saurait être tenu responsable, il y aurait long à écrire.Tel quel, ce dernier bouquin fournit cependant une documentation de valeur sur ce grand problème actuel que pose la sécurité sociale.Nous aurions aimé y lire certains travaux établissant ce que coûte la sécurité sociale, ce qu’elle coûterait si elle était poussée encore plus avant comme d’aucuns le préconisent.Quiconque se préoccupe de questions sociales doit lire ce compte rendu et même les volumes précédents, car ils n’ont rien perdu de leur actualité.Toutes les questions sociales sont en constante évolution.Aucune n’est réglée définitivement.Et quiconque s’occupe de problèmes sociaux doit placer sur ses rayons de bibliothèque ce bouquin sur la Sécurité sociale et plusieurs autres 354 LECTURES comptes rendus des Semaines Sociales précédentes déjà publiés.Les solutions apportées dans le présent ouvrage s’insèrent merveilleusement dans la doctrine sociale enseignée depuis la fondation de ces semaines d’études nationales.Rodolphe Laplante LITTERATURE Roman CHARTRAND (Jean-Jacques).Le solitaire du boulevard Gouin.Roman.Montréal.Ed.du Lévrier, 1953.234p.19.5cm.B Si Georges Ohnet et Xavier de Montépin s’étaient mis en mal d’accoucher d’un Oedipe, je me demande si le fruit de leur gestation n’eût pas ressemblé comme un frère à ce chétif Solitaire du boulevard Gouin que présentaient récemment les éditions du Lévrier.Jacques Martin, avocat réputé du barreau montréalais, apprend un jour de son père que sa mère, à la suite d’une scène conjugale où le mélo le disputa au ridicule, s’est enfuie du foyer, emportant sa fille à demi morte.Depuis cette nuit tragique, la mère et la fille ont abordé aux plages de la France hospitalière.L’avocat et son père décident de reformer les cadres de la famille.Ils s’embarquent à destination de la France.Hélas, au cours d’une tempête où l’auteur fait preuve d’une imagination shakes-pirienne et de dons peu communs pour la mise en scène à la Cecil B.De Mille, le navire qui emporte le père et le fils sombre.On va échapper au naufrage quand le Jean-Jacques Charlrand père tombe à la mer.Jacques, qu’un coup violent asséné au bon moment a empêché de sauver l’auteur de scs jours, aborde en France seul, sans argent et inconscient.Dans la cohue dorée du tout-Paris noctambule, il tente de retrouver goût à l’existence.Une douce et éclatante Parisienne, Yvonne Douvrelet, le réconcilie avec la société et l’initie aux mœurs des grands salons de la capitale.N’était la blessure profonde dont souffre toujours son cœur filial, Jacques oublierait sa mission.Il s’éprend d’Yvonne et, après quelques scrupules décuplés par sa vanité de petit bourgeois sans le sou, l’épouse.Mais la fatalité a tôt fait de souffler comme château de cartes le bonheur conjugal de Jacques.O impitoyable destin ! Line inconnue, qui n’est avril 1953 355 autre que Mme Martin, lui révèle qu’il a épousé sa sœur.Raoul, ami de Jacques, viveur cynique et, par surcroît, véritable archange Raphaël, annonce à la jeune épouse le malheur qui la frappe.Sa douleur l’emporte en moins de deux.Jacques et son ami rentrent au pays.Claustré dans sa résidence du boulevard Gouin, notre Oedipe à la manque cultive le souvenir de la morte.Raoul, qui fort heureusement conserve encore une raison de vivre, fait la rencontre d’un autre ange de lumière, Carole Longtin.Tendre, affectueuse et charitable, elle ramène Raoul à la pratique religieuse.Elle brûle cependant de faire la connaissance de ce morne avocat dont les apparitions fulgurantes au Palais de justice l’intriguent.Raoul lui présente un jour le brillant et désespéré Jacques Martin.Eblouissement et catastrophe! Jacques croit reconnaître Yvonne ressuscitée.Carole tombe amoureuse de lui et se déclare prête à rompre les fiançailles qui la lient à Raoul.Le gentilhomme à l’âme en écharpe repousse un amour généreux quoique trop explosif à mon gré.Mais le destin veille et, sur un signe du romancier, donne à l'affaire le coup de pouce décisif.Raoul meurt des suites d’une chute de cheval.Et les cloches joyeuses des épousailles sonnent pour Jacques et Carole, la « morte vivante ».Il ne reste plus à l’auteur de cette fadaise, où éclate à chaque page d’un bavardage poisseux l’intention moralisatrice du romancier, qu’à poser un tardif point final.Aurons-nous donc encore à dé-Iorer pendant longtemps la pu-lication de romans aussi prétentieux, surannés, spongieux et vides que le Solitaire.de Jean-Jacques Chartrand ?De tels ouvrages ne sauraient que contribuer à enraciner chez nous et à l’étranger le préjugé d’une littérature canadienne à l’échelle de notre infantilisme chronique, et digne tout au plus des faciles larmes de nos grand’mères.Alain Mercier Félix-Antoine Savard L’ABATIS LA MINUIT 176 pages — $1.50 (fr.$1.65) 177 pages — $1.50 (fr.$1.65) MENAUD, MAITRE DRAVEUR 153 pages — $1.25 (fr.$1.40) 356 LECTURES Littérature étrangère GENERALITES Bibliographie MALCLES (L.N.).Les sources du travail bibliographique.Genève, Droz, 1950-1952.3 vols, en 2 tomes.24cm.TB-S Cette compilation bibliographique réunie en 3 copieux volumes est un ouvrage documentaire des plus importants.C’est le résultat des cours offerts à plusieurs générations d’élèves en Sorbonne auxquels j’ai eu le privilège de participer.Cette bibliographie est très précieuse aux bibliothécaires érudits et chercheurs.On y trouve une excellente coordination méthodique des matières.Le premier volume renferme les bibliographies spécialisées, concernant les « sciences humaines » : ethnographie, sociologie, histoire, géographie, linguistique, littérature, sciences religieuses, juridiques, politiques et sociales, arts et archéologie.Un index général complète ce précieux instrument de travail qui renferme une magnifique synthèse des connaissances humaines.Juliette Chabot RELIGION Christologie BOSSUET (J.B.).Le mystère de Jésus-Christ.Pages choisies et présentées par Thérèse Goyet.Paris, Ed.de l’Orante [1952}.168p.16.5cm.(Coll.Or ans christiauus).S 1.2 5 (par la poste $1.35).TB Bossuet SK A Bossuet est un esprit génial dont l'incontestable célébrité rend quelque peu superflu et dérisoire l'excès d’honneur que lui rend Mme Thérèse Goyet quand elle affirme sans sourciller que l’Aigle de Meaux « a été le plus enthousiaste des chroniqueurs de Dieu et le plus clair de ses exégètes ».Toute cette admiration part peut-être d’un bon naturel, mais il y aurait danger, croyons-nous, à la partager sans réserve.Le malheur veut qu’il ne suffise pas de lire, « dans la simplicité respectueuse du cœur attendri », le célèbre orateur de l’Oraison funèbre du prince de Condé pour le proclamer sans ambages l’égal de saint avril 1953 357 Augustin.Mais ces remarques préliminaires n’entament en rien la haute valeur doctrinale et mystique des pages que nous présente ici Mme Goyet.Le Mystère de Jésus-Cbrist est un recueil de réflexions vigoureuses et fécondes, puisées dans les Elévations sur les mystères, les Méditations sur l'Evangile, le Discours de l'histoire universelle, {’Opuscule sur le triste état des pécheurs et les Sermons du grand Evêque.La matière en est groupée sous les sous-titres suivants : l’Etre de Jésus-Christ, la Manifestation de Jésus-Christ, le Corps de Jésus-Christ, la Vie en Jésus-Christ et Prières à Jésus-Christ.On ne saurait dire la sève riche et nourricière qui gonfle ces pages, le ton de foi humaine et réaliste qui leur confère je ne sais quelle puissance de conviction ineffable, se-eine et émue.Ces méditations, ainsi que le note l’auteur de ce choix dans {'Introduction, ne constituent pas des exposés théologiques, mais développent le dogme pour l’enraciner dans la vie.Les âmes chrétiennes y trouveront une des sources les plus pures de l’enseignement traditionnel en même temps qu’une des nourritures les plus substantielles que puisse offrir la pensée catholique sur ce chef-d’œuvre éternel de Dieu qu’est l’Incarnation de son Verbe.Pierre Rigaud Spiritualité DURAND (Michel).Guides vivants sur nos routes.Paris, Librairie P.Téqui £1952).121p.(Coll.Présence du catholicisme, no 8).TB-A Par suite d’un fâcheux équivoque, on a accoutumé de considérer les saints comme des personnages perpétuellement perdus dans la contemplation, comme des êtres supra-terrestres à jamais guéris de toutes les infirmités humaines.C’est là s’arrêter par trop naïvement aux dehors accidentels de la sainteté, à l’auréole dont on coiffe ces héros maintenant qu’ils ne sont plus, à la légende dorée un peu puérile que tisse autour de leur mémoire une ferveur parfois assez mal éclairée.Les saints ne sont pas des géants de vertu lointains et inaccessibles.Et la gloire dont les entoure l'Eglise doit être moins un obstacle jeté entre eux et nous qu’une voie d’accès à leur bienveillante intercession.Dans un petit livre intitulé Guides vivants sur nos routes, le R.P.Durand s’est appliquée, et avec quel art, à jeter des ponts sur ce fossé ridicule qu’une piété déformante a creusé entre les fils cadets et les aînés de la grande famille chrétienne.De Vincent de Paul, d’Ignace de Loyola, de Jean-Mai ie Vianney, de Jeanne de Chantal, de Thérèse Je Lisieux, de Bernadette Soubirous et de Maria Goretti dont l’admiration borgne de certaine hagiographes a fait trop souvent des spectateurs impassibles et indifférents de nos 358 LECTURES Ignace de Loyola par Jacopino del Conte combats, l’auteur, lui, fait des « guides » admirables et compatissants.« Se vaincre soi-même, de façon à suivre sans faiblir le chemin semé de tentations et de douleurs, qui mène à Dieu », voilà la grande leçon de ces vies fécondes que l’Eglise propose plus à notre imitation qu’à notre admiration.Un livre frais, reposant et tonique comme il s’en écrit trop peu.Il ruine ce que j’appelerais le conformisme de la sainteté et, après l’œuvre de Gilbert Cesbron, tente de « briser la statue ».Richard Varin SCIENCES SOCIALES Education BOUQUIER (H.).Don Bosco.Paris, Paul Téqui, 1950.117p.18.5cm.(Coll.Présence du catholicisme, no 6).TB Le nom de saint Jean Bosco est à jamais lié à ce qu’il est convenu d’appeler : le système préventif, qui constitue l’idée fondamentale de toute la pédagogie salésien-ne.Ce système se situe à mi-chemin entre la méthode répressive, alors en pleine vigueur à l’époque de Don Bosco, et certaines méthodes modernes excentriques selon lesquelles la liberté enfantine est souveraine et ne souffre aucune contrainte.Cet excès de liberté donnée aux enfants manifeste une méconnaissance évidente de la nature humaine affaiblie par la faute originelle.En fait, l’enfant étant, par définition, un être faible — physiquement et moralement — on doit se le représenter comme un individu en marche vers la liberté.L’enfant doit pour ainsi dire apprendre à être libre, dans un climat familial et chrétien où la surveillance et l’affection engendrent une atmosphère de confiance capable d’amener progressivement les enfants à vouloir librement les efforts qui leur sont suggérés.Cette ambiance favorable, où le surnaturel joue un grand rôle, peut être considérée comme le propre de la méthode de Don Bosco.II est vrai que nous simplifions un peu trop le système salésien ; mais ceux qui voudront en connaître tous les secrets n’auront qu’à lire l’ouvrage de H.Bouquier dont l’enthousiasme et les vues originales — je avril 1953 359 pense en ce moment aux lignes sur la modestie, vertu chrétienne — ne peuvent que plaire aux lecteurs.Nul ouvrage ne pouvait mieux attester, croyons-nous, la « présence du catholicisme » dans le monde de l’éducation.M.-A.Guérin LITTERATURE Ecrits divers DRANSARD (Louis).Vu en Chine.Paris, Librairie P.Téqui {c 1952}.122p.19cm.TB-A A l’heure où il se dit et s’écrit tant de choses sur la Chine communiste, il fait bon prêter l’oreille au témoignage d’un témoin aussi autorisé que M.Louis Dran-sard.Un séjour de quatorze ans en Chine lui permet de porter un jugement sur un phénomène d’importance mondiale, tel que l’avènement du nouvel empire de Mao Tse Tung.Et comment ne pas croire aux assertions de l’auteur quand il appuie ses dires sur les documents officiels du régime et les journaux communistes chinois ?Ces pages, on le devine, n’ont pas pour mission de lancer un appel à la haine, mais bien de rendre sensible au monde occidental « la grande pitié » de la terre de Chine.Aussi est-ce avec une s eine objectivité, sous laquelle ne laisse cependant pas de percer parfois l’émotion, que M.Dransard reconstitue la conquête, évoque le partage des serres et l’asservissement des paysai s, rappelle la ruine du petit commerce et l’élimination des classes ir pennes, esquisse le tableau de la ré- sistance de l’Eglise catholique aux attaques communistes.Une fresque historique à l’échelle même du drame national quelle raconte.Un tableau d'un poignant réalisme où la «passion » de quatre millions d’hommes appauvris, avilis, menacés dans leur vie et dans leur âme, voués à la délation, à la haine et à l’extermination, invite chaque chrétien à prier pour la libération de ce grand peuple qui souffre et qu’on opprime.Daniel Rivard DURAND (M.-L.).Les belles pages.Textes choisis.Paris, Ed.de l’Ecole, 1952.348p.ill.21cm.TB-A Les éditions de ^Ecole n’en sont pas à leurs premières armes dans le domaine des manuels scolaires; on peut même affirmer qu’elles ont fait leurs preuves et que leur réputation est établie.Toutefois, le souci constant qu’ont ces éditeurs d’améliorer le sort des écoliers, les force à mettre sur le marché, des livres de plus en plus attrayants.L’ouvrage que nous analysons présentement illustre magnifiquement bien cette recherche obstinée de la nouveauté jointe à l’utile.Les belles pages de M.-L.Durand sont des textes choisis pour les classes d’Huma-nités féminines, les cercles d’études, les cours professionnels et les cours complémentaires.L’auteur est une femme du métier, car elle est directrice d’Ecole Normale catholique ; elle connaît donc parfaitement les besoins et les exigences des adolescentes et des jeunes filles.Dès la préface — que l’auteur intitule d’ailleurs «la première 360 LECTURES Francis Jammes >Vÿ'- page » ; puisqu’on ne lit pas, dit-elle, les préfaces — Mlle Durand manifeste son originalité ; originalité que l’on retrouvera, même dans le choix des illustrations.Les belles pages sont un peu, et quelquefois plus, un guide de lecture.L’auteur dit clairement en page 6 : « La plupart des livres d’où ces extraits sont pris peuvent — et doivent — être lus par vous, puisque c’est pour vous faire connaître de beaux livres que cette anthologie a été composée.» Ces extraits sont, toutefois, avant tout destinés à être des sources de réflexion, de discussions, de recherches d’idées, et, par là, un instrument de formation.Au besoin, les textes peuvent servir à l’étude de la composition, du style ou du vocabulaire.Les morceaux, dont on a eu soin d’in- diquer la référence, sont accompagnés de notes biographiques sur l’auteur et de discussions qui peuvent servir dans les forums ou les cercles d’études.Les noms d’Henri Ghéon, Francis Jammes, Charles Péguy, J.-H.Fabre, Da-niel-Rops, J.K.Huysmans, Antoine de Saint-Exupéry révèlent un peu la haute valeur des textes.Le livre est divisé en 10 sections : Cœurs et âmes ; Eu famille ; Vocations religieuses et sociales ; l’Appel des enfants ; Vocations variées ; A travers les métiers ; A travers la France et son histoire ; Modes et coutumes ; A travers le vaste monde; Chez nos classiques.Enfin, de magnifiques illustrations et une présentation attrayante complètent ces textes choisis qui se recommandent déjà par leur valeur intrinsèque éminemment éducative.M.-A.Guérin FESCHOTTE (Jacques).Albert Schweitzer.Avec des textes inédits.Paris, Editions Universitaires {c 1952}.129p.h.-t.17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle, no 3).TB Fidèle à son but initial, la magnifique collection Classiques du XXe siècle, que dirige l’éminent critique Pierre de Boisdeffre, présente à ses lecteurs, dans un troisième fascicule signé Jacques Fes-chotte, les aspects essentiels de la personnalité du docteur Albert Schweitzer et ceux de son oeuvre.Ces pages dictées par l’admiration et l’amitié constituent un portrait magistral de l’homme « qui contient en lui les connaissances et recèle les puissances morales de toute une série d’individualités transcendantes ».Tout au avril 1953 361 (Photo C.P.Rassin) Albert Schweitzer long de cette étude qui nous conduit de la pittoresque cité du vignoble haut-rhinois, Kaysers-berg, à la solitude africaine de Lambaréné, l’auteur met en lumière la grande âme de celui qu’une sensibilité morale très vive et une immense charité guidèrent des joies de la science et de l’art vers la détresse d’une des races les plus déshéritées du globe.Au contact de ce savant et de cet artiste hanté par le souci de contribuer à diminuer la souff/ance dont le monde est plein, et incapable de calcul dès qu’il s’agit de mettre sa force physique en même temps que ses énergies spirituelles au service de la mission qu’il s’est assignée, il devient presque impossible de ne pas s’interroger sur la valeur réelle d’un christianisme souvent trop prompt à se désintéresser de la souffrance d’autrui et à se dispenser de ses devoirs sociaux les plus urgents.Ecrite dans une langue sobre, nette et rarement banale, l’étude de M.Feschotte est de celles qui savent restituer au lecteur, dans toute son intégrité, la vérité psychologique et morale de l’homme.Comment l’admirable figure de Schweitzer nous quitterait-elle après cette rencontre ! Puissent de nombreux lecteurs se laisser pénétrer par la sagesse et l’exemple « de ce bienfaiteur des âmes qui continue à être aussi un bienfaiteur des corps, de ce héros si grand d’être si simple : dont, depuis soixante années bientôt, toute l’existence est vouée à la lutte contre le mal et la souffrance et, sous le signe de la liberté spirituelle, au service passionné du beau et du bien ».Jean Champagne PREVOST (J.L.).Le prêtre, ce héros de roman.(De Claudel à Cesbron) Paris, Librairie P.Téqui {1952}.118p.19cm.(Coll.Présence du catholicisme, no 7).TB S’il semble exagéré de dire que la tentative du roman d’exprimer le drame de l’âme sacerdotale représente, dans la plupart des cas, un échec complet, il n’est guère plus juste d’affirmer que les romanciers se soient toujours acquitté a'ec brio de cette tâche difficile.D’autant plus difficile que leurs moyens d’analyse apparaissent comme singulièrement réduits et imparfaits dès qu’il s’agit de 362 LECTURES Georges Bernanos *£ < : ' \ Cf *»•£> fouiller les replis d’une conscience dont le champ leur demeurera toujours un domaine interdit.Dans une étude qui, de l’aveu même de l’auteur, n’a pas la prétention d’être exhaustive, M.J.-L.Prévost a tenté de saisir par une analyse objective la vérité du portrait que la littérature nous offre du prêtre.Parmi les diverses conceptions du représentant terrestre de Dieu dans les fictions romantiques et théâtrales, l’auteur a voulu déceler les causes d’incompréhension ou de haine.Le prêtre, ce héros de roman n’est donc pas, comme d’aucuns pourraient le redouter, un fastidieux relevé des œuvres où le prêtre joue un rôle, mais une synthèse claire, impartiale, consciencieuse et critique.L’auteur se garde bien de verser dans le dogmatisme ou la nomenclature.Chacune des œuvres citées fait l’objet d’un bref commentaire où perce le souci d’être objectif et de rendre justice.Si Claudel, Bernanos et Mauriac constituent les sujets d’étude les plus représentatifs de l’ouvrage, M.Prévost ne néglige pas de pousser ses investigations dans l’œuvre d’écrivains en l’occurence secondaires tels que Pézeril, Montherlant, Daniel-Rops, Baumann, Estang, Bloy, Romains, Mayran, Estaunié, Billy, etc.De cette étude impatiemment attendue depuis longtemps par ceux que la présence du prêtre dans certaines œuvres caricaturales et calomnieuses avait blessés, il ressort que, « quand il s’agit du prêtre et des valeurs qu’il incarne, il est des limites qu’il est prudent de ne pas franchir ».Aussi doit-on savoir gré à quelques romanciers contemporains de leur effort sincère pour pénétrer dans l’âme sacerdotale afin d’y découvrir le spirituel inséré dans le charnel.Leur œuvre contribue à l’esquisse d’une exacte notion de la grandeur du sacerdoce.Jacques Valliùres ROUSSEL (Jean).Charles Péguy.Paris, Editions Universitaires {c 1952}.120p.h.-t.17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle, no 4).TB Maintenant que se sont tu, autour du nom de Péguy, les querelles et les polémiques, il fait bon retrouver sous la plume de M.Jean Roussel la présence chaude et fraternelle de celui dont la avril 1953 363 Charles Péguy par J.-P.Laurens vie fut une longue et rude montée vers le royaume intérieur.Parmi les grands aventuriers de la pensée, Charles Péguy est un de ceux dont l’aventure spirituelle demeure pleine de leçons et de ressources pour les êtres inquiets que nous sommes, pour les chercheurs impénitents de paradis terrestres que sont les hommes de ce siècle.C’est au sein d’un monde frivole et familier des plus dégradantes compromissions que le poète de feane d’Arc a entrepris la quête de la vérité par la pureté et le désintéressement.Indé-fectiblement fidèle à l’éternel, il a tenté toute sa vie de s’évader du mal universel humain en dénonçant la richesse temporelle et ce qu’il a appelé les «modernismes du cœur et de la charité ».Si aujourd’hui l’œuvre de Péguy se révèle à nous pétrie de profonde espérance et auréolée de beauté sereine, il ne faut pas oublier au prix de quelles immolations et de quelles luttes le socialiste de l’époque héroïque des Cahiers a échappé au désespoir.Il lui a fallu dépouiller l’un après l’autre ses orgueils détestables et accepter de se mettre en route vers les hautes purifications du cœur et de l’esprit.Remercions Jean Roussel de nous avoir donné une fois encore, de ce «créateur d’enthousiasme et de fidélité » qu’est Péguy, un portrait « tout simplement honnête, débarrassé de toutes les intentions partisanes ».Que le lecteur sache prêter audience à la voix étonnamment jeune de ce témoin fougueux et de cet artisan inlassable du royaume de l’Esprit.« Le poète Péguy, écrit fort judicieusement l’auteur, nous dit et montre que le christianisme appartient essentiellement au monde de la vie selon les paroles mêmes du Christ, que rien n’est séparé, que rien n’est séparable et que le mystère le plus profond de l’Incarnation est de nous porter au cœur de l’insertion du spirituel dans le charnel, du surnaturel dans le temporel, pour une as-somption qui exige bien, comme il le déclarait, que nous donnions ensemble le maximum d’homme et pour ainsi dire le maximum de Dieu.» François Régnier 364 LECTURES Romans TB DA VET (Michel).Câline et son gitan.Roman.Paris, Librairie Plon {c 1952}.318p.19cm.$2.40 par la poste ($2.50).D Ce roman a le mérite de conserver au milieu d’épisodes d’une banalité écrasante une honnête jnité.La psychologie des personnages se développe logiquement sans qu’aucun des faits, quelque insignifiant qu’il soit, sans qu’aucune parole ne démente le personnage.C’est bien là le mérite de l’auteur.Câline demeure toujours la même : toujours humble sous le poids des conséquences de son péché de jeunesse, mais toujours aussi sensuelle et aussi convaincue que «Dieu ne damne pas les hommes pour les choses d’amour » ; d’autre part la jeune servante, Mélissa, qui entrera deux fois au couvent pour en ressortir aussitôt n’est qu’une pharisienne en quête de perfection, de nature orgueilleuse et froide, impitoyable quant au sixième commandement, qui va jusqu’à se réjouir de la mort du pécheur pour aller déposer ensuite sur sa tombe des fleurs et une furtive prière.Marcel Jute au NILS (Jean).Le serment sur la grève.(Paris) Bonne Presse (1952).125p.18cm.(Coll, la Frégate, no 77).$0.25 (par la poste, $0.30).Voici une touchante histoire d’amour dont l’action se déroule dans cette austère province de Bretagne à laquelle, selon Pierre Loti, la lande rase, les ajoncs verts et, « ça et là, les divins crucifiés découpant sur le ciel leurs grands bras en croix » donnent l’air « d’un immense lieu de justice ».C’est le récit simple et dépouillé des amours d’un pêcheur et d’une jeune paysane.Par une belle nuit d’été, sur la grève, Hervé a juré à Soisic Lan-tec de l’aimer toujours.Mais une jeune parisienne amie de Soisic, Simone, fait miroiter aux yeux du pêcheur les charmes du travail à la ville.Il part un jour pour Paris.Séduit par la vie facile de la capitale et par les charmes de Simone, il rompt ses fiançailles avec Soisic.La jeune paysanne souffre en silence, cependant qu’Hervé, repoussé par Simone, revient au pays où l’attend toujours la fidèle Soisic.Le drame se dénoue dans l’ivresse de l’amour retrouvé.Ce roman dépourvu d’originalité renferme de jolies descriptions des sites bretons et donne d’intéressants détails de la vie des marins et des paysans.Si la psychologie des personnages s’y révèle habituellement superficielle et conventionnelle, elle demeure toujours vraisemblable.La langue de Jean Nils est lourde et incolore.Pierre Rigaud avril 1953 365 PANORAMA DU LIVRE Choix d’ouvrages PHILOSOPHIE SCORTESCO (Paul) Gog et Magog.Face aux deux sources de la décadence moderne.Paris, Editions du Cèdre {1952}.171p.19cm.$1.75 (par la poste $1.85).TB-S Cet ouvrage est le fruit de longues méditations sur l’éternel problème de l’homme, sur notre présent lourd d’angoisses et sur l’avenir de l’humanité.Dans ces pages où, comme le dit l’auteur lui-même, il passa « du langage philosophique et scientifique au style pamphlétaire et de la contemplation à l’action », Paul Scortesco nous guide dans les analyses fouillées du psychisme humain et nous emporte sur les cimes où respirent et vivent les mystiques chrétiens.RELIGION Ecriture Sainte CRAMPON (Chan.) La Sainte Bible.Traduction d’après les textes originaux.L’Ancien Testament, traduction revisée par J.Bonsirven, s.j.et le Nouveau Testament, traduction nouvelle par A.Tricot.Paris, Tournai, Rome, Société de Saint-Jean l’Evangéliste, Desclée et Cie {cl952}.Cartes, planches, 20cm.S4.50 (par la poste $4.65).TB La bible Crampon refondue et mise à jour par les RR.PP.Bonsirven et Lefèvre, s.j.et par MM.M .â g Moïse par Michel-Ange Tricot et Robert offre à ses lecteurs une introduction d’une densité et d’une information étonnante, une traduction qui est un modèle de fidélité à l’original, des cartes et des notes qui en font un instrument de travail incomparable.Cette édition connaîtra sans aucun doute un extraordinaire retentissement ; elle permettra aux chrétiens de jouir à la fois d’une traduction stricte du texte original, en même temps qu’un texte français très littéraire.Sa valeur scientifique lui réserve une place dans la bibliothèque de 366 LECTURES tout homme cultivé qui connaît l’importance de la Bible, tant sur le plan religieux que sur le plan littéraire ou historique.Puisse cette nouvelle bible retrouver dans tous les foyers chrétiens sa vraie place : la première.Morale LEMAITRE (Chan.V.) La danse et le bal, le théâtre et le cinéma.Avignon, Maison Aubanel {1948}.267p.h.-t.18.5 cm.$1.50 (par la poste $1.60).TB Ce livre si opportun à l’heure actuelle se compose de textes émanant des plus hautes célébrités et étudie avec une grande objectivité la nature, la légitimité et les dangers de la danse.Il consacre aussi à la notion du bon théâtre et du théâtre suspect de même qu’à celle du cinéma et à l’étude des méfaits de ce dernier des pages d’une grande largeur de vue et d’un sain réalisme.Cet ouvrage qui n’a rien de revêche et d’austère vaudra à ses lecteurs quelques heures de repos des plus instructives et des plus utiles.LEMAITRE (R.P.V.) Plaisirs permis, plaisirs défendus.Avignon, Maison Aubanel [1951}.237p.h.-t.18.5cm.$1.50 (par la poste $1.60).TB Inspiré par le souci d’aider la jeunesse catholique à goûter des joies saines, aussi agréables que bienfaisantes, l’auteur se fait ici qui, loin d’interdire les fêtes et l’écho de la pensée de l’Eglise les réjouissances, les recommande comme une nécessité sociale.Les conseils pratiques qu’on trouvera dans ce livre ne sont pas d’un trouble-fête ou d’un esprit chagrin ; ils rappellent en maints endroits les enseignements de saint Jean Bosco.Puissent les éducateurs et les parents suivre ces directives qui ne peuvent que former la jeunesse à d’honnêtes et sains divertissements.Pastorale COURTOIS (Gaston).Face au Seigneur.Récollections sacerdotales, 4e série.Paris, Ed.Fleurus (1952).246p.22cm.(Coll.Vie sacerdotale).$1.75 (par la poste, $1.85).TB LTne nouvelle série de méditations sacerdotales.Selon la méthode des précédentes séries chacun des chapitres comporte une méditation, un colloque avec le Maître, un examen de conscience, des résolutions, une lecture, des sujets de conversation adaptés à la méditation, une prière et une pensée pouvant servir de bouquet spirituel.SIMON (J.) Le prêtre d'après le Vénérable Libermann.Mulhouse, Ed.Salvator, 1952.183p.ill.19cm.$2.25 (par la poste $2.35).TB Cet ouvrage d’une clarté parfaite, d’une lecture aussi facile qu’attachante et présenté dans un ordre logique, constitue un véritable traité de vie spirituelle pour les élèves des Grands Séminaires et pour les prêtres dans le saint ministère.avril 1953 367 La première partie qui s’adresse directement aux grands séminaristes étudie la vocation sacerdotale avec ses signes et les moyens propres à surmonter les obstacles qu’elle peut rencontrer.La seconde partie envisage toute l’activité du prêtre.L’auteur expose l’enseignement du P.Li-bermann sur la sanctification personnelle du prêtre et les moyens de se sanctifier.Ce beau livre sera des plus utiles aux séminaristes pour leur formation spirituelle et la préparation à l’ordination.Ils auront le plus grand intérêt à le conserver précieusement pour leurs années de vicariat.Pour tous les prêtres déjà dans le ministère, il constituera un excellent ouvrage pour leurs lectures spirituelles et un £uide de haute valeur, aussi pratique que sûr, pour les questions essentielles de la vie pastorale.Spiritualité GROSS (Mgr Joseph).Plus près de vous, Seigneur ! Traduit par l’abbé L.Brevet.Mulhouse, Ed.Salvator, 1952.168p.20cm.$2.50 (par la poste $2.60).TB Un livre impatiemment attendu depuis plus de dix ans.Tout y est immédiatement pratique et traité en termes faciles et familiers, à la portée de tous les esprits, de toutes les âmes de bonne volonté.L’éloquence de Mgr Gross procède de sa sincérité absolue, de sa franchise sans apprêt ; son aimable originalité de son naturel même.Sa fine bonhomie rappelle en maints endroits l’esprit de saint Vincent de Paul, « l’admirable simplicité de Monsieur Vincent » dont s’émerveillait Bossuet.Lui et moi.Entretiens spirituels.Tome III.Paris, Beauches-ne, 1952, 190p.19cm.$1.95 (par la poste $2.05).Voici le troisième tome tiré des textes émouvants écrits par Ga-brielle Bossis, morte en juin 1950.L’auteur rapporte dans ces pages des « paroles intérieures » attribuées à Notre-Seigneur et dont la simplicité et la profondeur toucheront le lecteur en lui montrant la prédilection avec laquelle Dieu traite l’âme qui s’abandonne à Lui dans un sentiment de confiance filiale.PONSARD (Philippe).Le chemin de la croix médité devant le Cœur de Jésus.Paris, Ed.Fleurus (1952).43p.15.5cm.(Coll.Feuillets de vie spirituelle, no 18).S0.30 (par la poste $0.35).TB Le R.P.Ponsard nous présente aujourd’hui son Chemin de la Croix comme « un cheminement lent et clair, au cours des jours, de nos travaux et de nos peines ».L’auteur s’efforce, par cette élévation sur la Pas««on, de donner un sens et une valeur aux épreuves de tous les jours, en les unissants aux souffrances de Jésus.PONSARD (Philippe).Essai sur la prière.A l’usage de ceux qui ont peine à prier.Paris, Ed.Fleurus (1952).77p.15.5cm.(Coll.Feuillets de rie spirituelle, no 17).$0.60 (par la poste $0.65).TB 368 LECTURES L’auteur ne nous propose pas une nouvelle philosophie de la prière, mais s’efforce de ramener la prière à ce qu’elle est essentiellement : une disposition d’âme accessible à chacun.Ces pages, simples et ferventes, toucheront bien des âmes, pourvu qu’on les lise « avec une humilité d’esprit gardée ou retrouvée ; avec un cœur très droit et la bonne volonté à laquelle Dieu promet la lumière et la paix ».SALES (Lorenzo) Un appel du Christ au monde.Fribourg, Ed.St-Canisius {1952}.187p.19cm.$2.00 (par la poste $2.10).Ce petit livre du P.Lorenzo Sales a pour but de présenter à tous les chrétiens désireux de mener une vie d’union à Dieu un programme de spiritualité basé sur les révélations du Christ à une religieuse capucine italienne, Sœur M.Consolata (1903-1946).A l’exemple de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Sœur M.Consolata s’est attachée à développer dans sa propre vie et à faire connaître aux autres la vie d’amour.Cette vie d’amour et de perfection chrétienne est favorisée dans l’œuvre des Petites Ames révélée par le Christ à Sœur Consolata.Une bonne partie du présent ouvrage est consacrée à expliquer l’utilité et le fonctionnement de cette œuvre à la portée de toute âme de bonne volonté qui veut se sanctifier spécialement en se consacrant à l’amour continuel de Dieu.SALES (Lorenzo) Appel du Cœur de Jésus au monde.Fribourg.Ed.St-Canisius, s.d.16p.h.-t.15cm.$0.15 (par la poste $0.20).Résumé du livre du P.Lorenzo Sales : Un appel du Christ au monde.Mariologie MILLOUX (André) Tu aimeras ta mère.S.1 d’éd.Editions du Chevalier, s.d.238p.18.5cm.$1.40 (par la poste $1.50).Voici un livre dont l’auteur, animé d’un amour filial le plus ardent, a voulu faire un cantique très pur à la gloire de sa Mère du Ciel.Le but ae ce modeste ouvrage n’est pas ( d’ajouter un nouveau titre de gloire à la Reine du Ciel ), mais d’inciter le lecteur à l’aimer davantage, en soulignant la bonté, la délicatesse et la sollicitude de Marie à l’égard de ses fils.Eglise catholique AUBERT (R.) Le pontificat de Pie IX (1846-1878).{Paris} Bloud et Gay, 1952.510p.25.5cm.(Coll.Histoire de l'Eglise depuis les origines jusqu’à nos jours fondée par Augustin Fliche et Victor Martin, no 21).Le présent ouvrage a voulu éviter de centrer l’histoire du pontificat de Pie IX autour de la question romaine et de ses as- avril 1953 369 pects diplomatiques ou militaires.L’auteur s’est efforcé de déterminer et de mettre en lumière les courants profonds qui soulèvent le monde catholique, et l’orientent, sans que les contemporains parfois s’en soient doutés.Cette synthèse présente de sérieuses garanties d’objectivité et permet de redresser plus d’un jugement trop sommaire en replaçant les événements, les courants ou les hommes, dans leur véritable contexte historique.LEMAITRE (Chan.V.) Qu’est-ce que le Pape ?Paris, Beauchesne, 1951, 408p.h.-t.18.5 cm.$2.00 (par la poste $2.10).TB Fidèle à sa manière qui consiste à étayer ses affirmations sur les données de la Tradition et sur l’enseignement des plus éminents représentants de la pensée catholique, M.le chanoine Lemaître expose dans ces pages les fondements de la primauté de Pierre, puis étudie la personne du Pape sous le triple aspect de Docteur infaillible, de Chef suprême et de Père commun.II prouve ensuite la nécessité du pouvoir temporel de la papauté et en esquisse l’historique.Vie religieuse COURTOIS (Gaston).Gaston Courtois, ptre L’heure de Jésus est un recueil de récollections spirituelles s’adressant spécialement aux religieuses.Il s’agit de l’heure de veille et de prière demandée à Gethsémani par le Christ à ses apôtres.MOGENET (H.), s.j.La vocation religieuse dans l’Eglise.Paris, Téqui {1952}.126p.18.5cm.(Coll.Présence du catholicisme, no 3).L’heure de Jésus.Méditations pour religieuses.Paris, Ed.Fleu-rus (1952).213p.22cm.(Coll.Action féconde).$2.00 (par la poste $2.10).TB TB Ce petit livre montre la gravité de la crise des vocations qui sévit à l’heure actuelle pour la vie de l’Eglise et pour son apostolat ; il en recherche les causes 370 LECTURES et indique certains remèdes.Comme le mal semble venir d'abord d'une incompréhension de la vie religieuse, trois chapitres montrent la signification évangélique et ecclésiale de la vie pauvre, chaste et obéissante des religieux.Cet ouvrage s’adresse d’abord aux jeunes catholiques qui s’interrogent sur leur vocation, aux prêtres et aux éducateurs qui les conseillent.BEAUX-ARTS Art sacré GOULY (André) et LEROY (Henri) L'art religieux dans la philatélie.Préface de la Varende.Paris, Editions Inter - Nationales {cl951}.200p.h.-t.20.5cm.$3.25 (par la poste $3.40).TB-A L’inspiration et l’art religieux ont fourni aux créateurs d’émissions philatéliques une abondance de sujets dont les vignettes, principalement modernes, reflètent l’intérêt et la variété.Nul doute que l’Histoire, dans nombre de ses manifestations, ne trouve là une traduction fréquemment artistique de faits dont la vulgarisation, sous la forme de figurines postales, contribue à la connaissance des diverses religions pratiquées sur l’ensemble du globe.OCHSE (Madeleine).La nouvelle querelle des images.(Paris) Ed.le centurion (1952).142p.h.-t.19cm.(Coll.Ange de l’Apocalypse par Henri Cbarlier le Poids du jour).$1.10 (par la poste Sl.20).TB Une étude documentaire de la «grande querelle » qui se déroule en particulier autour des sanctuaires d’Assy, de Vence et d’Au-dincourt, et de l’histoire de l’art chrétien depuis les Catacombes jusqu’à nos jours.L’auteur envisage les problèmes essentiels de l’art abstrait, de l’art « figuratif », de la collaboration des maîtres contemporains aux édifices du culte, des nécessités liturgiques imposées à l’art sacré et de l’architecture religieuse.avril 1953 371 Musique Cantiques notés.Rassemblés par D.Julien.2e édition.Paris, Ed.Fleurus {1952}.320p.15.5 cm.(Coll.Prière et joie, no 4).SI.25 (par la poste $1.35).TB Cette deuxième édition de Cantiques notés contient un certain nombre de cantiques du répertoire nouveau, mais il veut tenir compte du rythme d’évolution qui est nécessairement lent.On y trouvera les principaux cantiques populaires dits traditionnels bien que, pour la plupart, ne remontant pas avant I860.En cercle.Le cercle de famille — Le cercle des amis.Paris, Ed.Fleurus, s.d.31p.il 1.15.5cm.(Coll.Gai rossignol, no 2).$0.30 (par la poste $0.40).A Chants faciles sur des sujets aimés, appelés au même succès que ceux de Route et Saisons (Gai Rossignol no 1).JOUSSEAUME (Anne-Marie) Chants populaires animés.Sainte Catherine — La reine en sabots.Paris, Ed.Fleurus {1952}.15p.ill.15.5cm.(Coll.Feu et flamme, no 15).$0.20 (par la poste $0.25).A Animation de deux chants bien connus : la Ste Catherine et C'était Anne de Bretagne.La musique (chant et piano) accompagne ces notes de mise en scène extrêmement précises.JULIEN (David) Antiennes et répons.Paris, Ed.Fleurus {1952}.32p.ill.15.5cm.(Coll.Gloria, no 2).$0.30 (par la poste $0.35).TB Dans ce recueil de 29 acclamations, antiennes et répons brefs, l’auteur a essayé d’atteindre la beauté en recherchant la simplicité et la vérité.Nul doute que ces 29 petits chants ne répondent aux recherches et aux besoins de beaucoup.LITTERATURE Ecrits divers BLOND (Georges) Les princes du ciel.Paris, Société Nouvelle des Editions Selt {1951}.272p.h.-t.19cm.$2.60 (par la poste $2.70).TB Dans les Princes du ciel, Georges Blond a reconstitué, à l’aide de nombreux documents et témoignages, les actions dramatiques au cours desquelles les aviateurs les plus illustres de tous les pays belligérants ont combattu les uns contre les autres, ou contre les troupes et les navires ennemis.Pas un fait inexact, pas un détail inventé : et cependant nul récit ne saurait atteindre à l’intensité dramatique des Princes du ciel, un grand livre d’aviation, où l’on reconnaît la marque d’un véritable écrivain, est une œuvre qui restera.PELTZER (Félix) Rendez-vous avec le vent.Le roman de planeur.Traduit et adapté de l’allemand par Marthe Lory.{Paris} Desclée de Brouwer {cl952}.138p.h.-t.19cm.$1.25 (par la poste $1.35).TB 372 LECTURES Un livre plein d’enthousiasme où l’on voit des jeunes Français, Suisses, Anglais, Italiens, Hollandais et Allemands, rivaliser dans le ciel, au-dessus des montagnes suisses.Tous les jeunes voudront lire ces pages et peut-être pas seulement les jeunes, mais tous les sportifs qui ont le sens de l’esprit d’équipe et de l'effort désintéressé.RENE-BAZIN (Marie).Le seuil du royaume.Paris, Spes {1952}.I4lp.19cm.TB Dans une suite de proses rythmées, de contes et de méditations, aussi authentiquement religieuses que poétiques, Marie René-Bazin mène le lecteur Au seuil du Royaume.Influencée dans la forme par les auteurs britanniques ui aiment à revêtir leur pensée e s)mboles transparents, elle a donné aux plus hautes et plus sûres vérités théologiques un vêtement littéraire où le lecteur « trouvera sa joie à pressentir et à comprendre le message ».Romans CAVIEZEL (F.W.).Et moi j’ai dit non.L’enfant naturel a-t-il droit à la vie.Roman.Traduit par Robert Stival.Mulhouse, Ed.Salvator, 1953.285p.19cm.$2.50 (par la poste $2.60).B Dans ce roman, Caviezel met ses personnages aux prises avec des problèmes et des difficultés ui ne sont point hélas de pure ction.Tels les cas de la fille-mère, de l’enfant illégitime, du droit de l’enfant à la vie : toutes auestions étudiées dans la ligne e la morale catholique.Le lecteur trouvera ici des êtres « de chair et de sang », sollicités par l’air pur des sommets ou saisis par le vertige des abîmes.CONTINO (Magda).La nuit qui chante.{Paris} Bonne Presse {1952}.127p.18 cm.(Coll, la Frégate, no 76).TB Ce roman qui se déroule dans les paysages violents, colorés et rudes des Andes à la végétation luxuriante et souvent agressive, ajoute l’attrait d’un pays peu connu à l’intérêt de l’aventure et de l’intrigue.Les héros sont attachants.L’exotisme, les rebondissements inattendus de l’action, le ferme dessin des personnages font de la Nuit qui chante une réussite à la fois psychologique et dramatique DUCHEMIN (Michel) Neuf fdles pour un garçon.{Paris} Desclée de Brouwer {cl952}.202p.18cm.$1.75 (par la poste $1.85).TB Michel Duchemin se présente au lecteur au moment de partir vers la Yougoslavie.Le voyage est organisé.Mais premier ennui : le responsable du tour ne peut accompagner.Michel hérite de la charge.Adieu repos, paresse, vacances.On retrouve dans ces pages la fraîcheur d’une jeunesse toute neuve, étonnamment disponible devant l’amour et la vie.Un rire sain et joyeux accompagne les voyageurs.Tout cela écrit dans un avril 1953 373 style de maître, avec, à chaque ligne, presqu’à chaque mot, le meilleur esprit parisien, celui qui pétille comme du champagne dans ce livre gai de bonne compagnie.D YVONNE.Barcarolle tragique.Paris, Gau-tier-Languereau, 1952 254p.18.5 cm.(Coll.Bibliothèque de ma fille).$1.25 (par la poste $1.35).TB Jaclyne Va irémont vient d’épouser Jean-Loup Saint-Aygulf.Mais tout de suite de mystérieuses menaces assaillent la jeune femme et l’amour et l’angoisse se disputent son cœur.Un dénouement des plus imprévus clôt ce récit.ESTIENNE (Yvonne).Les invités de la Pentecôte.Roman.{Paris} Bonne Presse {1952}.254p.20.5cm.$1.75 (par la poste $1.85).TB Dans le cadre artistique d’une vieille ville française, ou dans celui d’une grandiose nature, le héros principal, Pierre Sériac, peintre ivre de lumière, découvre peu à peu ce qu’est le Saint-Esprit, et ça, par lui, de la fête des clartés extérieures à celle des clartés intérieures ; cela, en des voies inattendues, où la tragédie côtoie la simple vie quotidienne.On sent qu’il s’agit d’une histoire vécue, tant les sentiments profondément humains, bien que hautement surnaturels, sont proches des nôtres.La manière de les présenter qui a fait, chez l’auteur, le succès de l’Homme de l'offrande, se retrouve dans son nouveau roman avec quelque chose de plus, qui nourrira et enchantera le nombreux public ami de ses œuvres.FLEMING (Ruth).Mon bonheur pour le tien.Traduit de l’anglais par Mireille Dejean.Paris, Bonne Presse {1952}.198p.19cm.(Coll.E-toiles) $0.85 (par la poste ,$0.95).TB-A Ce roman, plein de fraîcheur et de sensibilité, est l’un des meilleurs de la romancière anglaise Ruth Fleming.On y retrouve, au milieu de rebondissements inattendus, cette quiétude et cette douceur de la famille si chère aux Anglais.Très bien campés, les personnages vivent, dans une atmosphère de franchise et de santé.C’est une œuvre passionnante, exaltante et vraie.GUY (Jean).Sans aucun partage.(Paris) Bonne Presse (1952).190p.18.5 cm.(Coll.Etoiles).TB Ce roman extrêmement vivant, varié, se lit avec un grand intérêt.L’action, bien conduite, tient jusqu’au bout le lecteur en haleine.Mieux qu’une intrigue policière, puisqu’il joint aux captivants récits d’aventures et d’espionnage des portraits d’une juste et fine observation.Sans aucun partage est une manière de petit chef-d’œuvre.374 LECTURES LL BRILLET (Françoise).Jusqu'au bout du pré.Paris, Gautier-Languereau, 1952.251p.18.5cm.(Coll.Bibliothèque de via fille).$1.25 (par la poste $1.35).TB Laurence des Houches, timide et romanesque s’éprend de son cousin, Philippe, qui rentre d’un long voyage.Mais Philippe se fiance avec une jeune voisine, Thérèse.Désespérée, Laurence voyage pour oublier Philippe.Lasse et déçue, elle revient au pays et se laisse enfin toucher par une amour simple et fidèle.LE BRUN (Geneviève).Catherine choisit l’amour.Paris, Bonne Presse {1952}.127p.18cm.(Coll, la Frégate, no 73).S0.25 (par la poste $0.30).B Ce roman psychologique, dans lequel deux demi-frères deviennent rivaux, est plein d’intérêt.Les caractères sont bien analysés, l’intrigue menée avec maîtrise est toujours passionnante par des coups de théâtre successifs.Le style élégant et clair donne encore plus d’attrait à cet ouvrage qui connaîtra le même succès que les précédents de l’auteur.LE DOUAREC (F.).Un chouan dans la Garde impériale.Paris, Bonne Presse {1952}.195p.20 cm.(Coll, le Ruban bleu, no 68).$1.00 (par la poste $1.10).TB-A Ce beau roman historique évoque avec exactitude et avec art l’époque tourmentée de la fin de l’Empire.Les caractères sont bien frappés ; les détails d’époque sont bien vus.L’intrigue est passionnante et retient l’intérêt du lecteur jusqu’à la fin.SALVAT (Isabelle).Le château des sept Marie.{Paris} Bonne Presse {1951}.127p.18cm.(Coll, la Frégate, no 65).TB Ce roman original, plein de poésie et de sensibilité est l’un des meilleurs de la collection.Tous les personnages sont attachants et vrais.Le style très personnel d’Isabelle Salvat, bien connue des nombreux lecteurs de la Bonne Presse, contribue à donner à cette œuvre tout le charme de certains romans anglais qu’elle rappelle à plus d’un titre.MOIS DE MARIE A NOTRE DAME DE LA SALETTE par Lionel Boisseau, ptre 151 pages — prix $0.90 (par la poste $1.05) L'HEURE EST VENUE (bandes coloriées sur Fatima) $0.15 avril 1953 375 BIBLIOTHECA Contre le trafic de la littérature ordurière La vente et la distribution de la littérature ordurière et indécente constitue une plaie chaque jour plus dangereuse pour notre société.Aussi les autorités religieuses et laïques de notre pays ont-elles jugé opportun de faire pression auprès de l’honorable sénateur J.J.H.Doone, président du Comité spécial d’enquête, afin que des mesures énergiques visant à réprimer de tels abus soient prises le plus tôt possible.Nous reproduisons ci-dessous la lettre du President de l'A.C.B.F.au Président du Comité.Montréal, le 6 mars 1953 Monsieur le Sénateur, Les membres de l’Association Canadienne des Bibliothécaires de Langue Française suivent avec beaucoup d’intérêt les délibérations du Comité Spécial d’Enquête sur la vente et la distribution de la littérature ordurière et indécente.Le Conseil de notre Association m’a chargé de vous exprimer l’espoir que ces délibérations seront suivies de mesures législatives propres à faire cesser le commerce et la circulation de toute littérature scandaleuse.Veuillez croire que si, d une manière quelconque, nous pouvons être utiles à cette fin, nous serons à l’entière disposition des membres du Comité Spécial.Par leurs fonctions les bibliothécaires savent le tort que peuvent causer, surtout chez les jeunes, des lectures pernicieuses.Ils savent que les jeunes sont malheureusement attirés vers ces publications obscènes et c,?st.kjen souvent contre eux-mêmes qu’il faut les mettre en garde.A l’intérieur d’une bibliothèque c’est relativement facile, mais notre action est illusoire si les jeunes gens trouvent dans n’importe quel kiosque ou librairie ce que nous leur refusons.En terminant, permettez-nous de vous adresser nos félicitations pour la manière dont vous conduisez ces délibérations et nos vœux pour le succès de l’œuvre que vous avez entreprise.Votre tout dévoué, le président, Raymond Tanghe Hon.J.J.H.Doone, Président du Comité Spécial d’Enquête sur la vente et la distribution de la littérature ordurière et indécente, Sénat, Ottawa.376 LECTURES Place à an rayon d’orientation dans nos bibliothèques scolaires (fin) Ici, je laisse aux spécialistes des loisirs le soin de vous suggérer les livres qui enrichiront votre rayon d’orientation.Je voudrais cependant souligner à votre attention que la lecture peut être considérée comme un des beaux loisirs étudiants.Quel rôle magnifique les bibliothécaires peuvent jouer auprès des adolescents dans ce domaine ! Qu’il me suffise de mentionner ici, Sois sportif, une âme saine dans un corps sain d’Edward Mon-tier.(À28) La collection « Loisirs d'Etudiants » publiée par Casterman.(A26).Une collection qui cherche à développer de façon attrayante les connaissances et le goût des jeunes étudiants : apprendre à aimer la belle musique, à découvrir le pays, à observer les insectes, à diriger un camp d’étudiants, à goûter les belles images ; s’initier facilement à la philatélie ; pratiquer une gymnastique qui facilite le développement d’un corps sains pour une âme saine.Ces huit brochures sont propres à susciter chez les jeunes leur curiosité et satisfaire leur besoin ae savoir, en occupant agréablement le temps des vacances et des loisirs.Pour votre information, une des plus belles collections, mais en anglais, pouvant contribuer aux mêmes fins : 1 Les deux premières parties de cette conférence prononcée devant les membres de l'A.C.B.F., le 15 mars 1951, ont paru dans Lectures d’octobre et de novembre 1952.Fr.Biaise Laurier, cj.v.« .;ï' ' • r AVRIL 1953 377 The basic science education series de Row, Peterson & Co.(A27) une cinquantaine de brochures, des mieux illustrées, sur les sujets les plus variés, mais plus particulièrement sur les sciences naturelles.Quel régal, pour nos adolescents et adolescentes, si nous pouvions mettre entre leurs mains, une version française de cette collection ! 6.Des litres d'orientation de l'action sociale, religieuse et catholique.Plusieurs ouvrages déjà mentionnés pourraient trouver place dans cette catégorie, mais je pense plus spécifiquement à des brochures qui renseignent sur les mouvements de jeunesse : cercles d’étude, scoutisme, patronage, foyers pour jeunes filles, congrégations religieuses, action catholique, etc.* ?En sommes, ces six catégories de notre Section-Style de vie dans notre rayon d orientation, avec des livres ou brochures bien choisis, constituent pour nos adolescents et adolescentes une documentation imposante de première valeur.B.Section-Etudes La Section-Etudes de notre rayon peut comprendre : 1.Les prospectus des maisons d'enseignement que fréquentent nos élèves ou qu’ils pourront fréquenter dans un avenir prochain.Malheureusement la plupart de ces prospectus sont faits pour des adultes, et ne renseignent pas toujours sur la véritable nature de 1 enseignement qu’on y donne et de la culture qu’on y peut acquérir.Par exemple, prenez l’enseignement primaire « tout court ».Je pense qu’une jolie petite brochure illustrée, à la portée de nos jeunes étudiants et étudiantes de 6e et 7e années, leur expliquant le but de leurs études, et contenant le programme qu’ils ont à parcourir, plairait beaucoup à ces écoliers.C’est l’affaire des maîtres de leur expliquer tout cela et de leur indiquer le programme au jour le jour.J en suis.Mais je persiste à croire qu’une telle brochure serait utile à la gent écolière.La même remarque vaut-elle pour les prospectus de nos écoles primaires supérieures, de nos couvents et pensionnats, de nos collèges classiques, et de plusieurs de nos écoles spécialisées ?Je pose simplement la question.Les futurs élèves de ces institutions peuvent-ils se procurer cette petite brochure sur leur futur sanctuaire d’études et de travail, qui leur fournirait des explications, toujours à leur portée, sur les fins poursuivies par cette maison, et qui leur donnerait une idée assez juste sur la formation qu’elle donne, avec les études supérieures et les carrières auxquelles elle prépare ?C’est l’affaire des éducateurs et des orienteurs de leur expliquer tout cela.J’en conviens.Mais si une telle brochure existait, elle devrait se trouver sur le rayon d’orientation.Et elle serait utile à nos adolescents.378 LECTURES 2.Des répertoires de nos maisons d'enseignement.Il convient de mentionner ici deux ouvrages très méritants : Inventaires éducationnel de l’abbé Levasseur.(A29) une soixantaine de pages miméographiées sur nos maisons d’enseignement supérieure ; Pour l'avenir de nos jeunes de Jean Delorme.(A30) soixante-dix pages sur l’enseignement spécialisé dans la province de Québec.3.Des livres sur les méthodes de travail.Citons tout d’abord un ouvrage spécialement destiné aux garçons de treize à dix-sept ans, aux élèves des collèges et écoles primaires supérieures : Simples conseils pour étudier de Jean Flory (A31) Il y a déjà plus de quinze ans, professeur de sciences et mathématique, je me rappelle avoir fait les délices de mes élèves, en leur lisant avant chaque cours de 40 minutes — soit un dixième du temps : Conseils sur le travail intellectuel de Riboulet.(A32) En ce temps-là, j’étais jeune, il me semble que je le suis encore— et mon enthousiasme était à l’égal de celui de mes élèves.Il y avait participation commune.Du temps perdu ! Non, cent fois non ! Nous faisons trop de classe dans nos écoles.Pas assez de motivation.Comment se cultiver du Chanoine Tiberghien.(A33) La vie intellectuelle du Père Sertillanges.(A34) Les jeunes devant l'humanisme intégral d’Edward Montier.(A35) Des livres comme ceux-là développent l’aptitude à apprendre, aptitude qu’on développe trop peu chez nos adolescents, et pourtant si nécessaire à qui veut entreprendre des études supérieures.4.Des manuels de référence.Sur les matières qu’on enseigne : sciences, histoire, géographie, arts, etc.Une grande pauvreté dans nos bibliothèques scolaires ! Je comprends que le rayon d’orientation ne saurait devenir un trust, et que ces matières trouveront une place déterminée dans les autres rayons de vos bibliothèques.Je mentionne le fait, parce que je crois que les manuels de référence, non seulement complètent l’enseignement du maître, mais influencent aussi le choix d’une carrière.C.Section-Carrières Dans notre Section-Carrières, je déposerais tout d’abord : 1.Des livres sur le choix d'un état de vie.Par exemple, A la croisée des chemins de Jean Le Presbytre.(A36) Un livre qui s’adresse surtout à des étudiants à l’université, mais dont pourront bénéficier nos grands garçons.Un livre de doctrine et de principes, un peu aride et sec, mais combien substantiel ! Trois routes pour jeunes plies de Jacques Debout.(A37) « Des pensées qui éclairent et qui consolent » ! Epouses, vieilles filles ou religieuses, trois destins qui s’offrent à leur espoir et à leur inquiétude.Nos adolescentes y trouveront « l’accent d’un vieil apôtre qui aime leur âme et qui les voudrait heureuses et bienfaisantes ».avril 1953 379 Les grands élèves de nos collèges classiques pourront lire : Préparez votre avenir du Père Roy.(A38) Au dire du Cardinal Villeneuve, « un ouvrage précieux qu’il avait naguère lui-même à peu près rêvé » ! Peut-être l’ouvrage aurait-il besoin d’être rajeuni ?Pour les adolescents en général, on peut encore mentionner : L’appel des grandes routes du Père Roche.(A39) Placés au carrefour des grands chemins, nos adolescents ne devront pas jouer à « pile ou face » pour savoir lequel choisir.Ils devront étudier quelques carrières susceptibles de les intéresser, ils devront scruter leur âme, et écouter l’appel de la vocation.Ajoutons, dans le domaine de la vocation sacerdotale et religieuse : Sacerdoce et vie religieuse du Frère Lefebvre, c.s.v.(A40) Il s agit d un cahier de travail — workbook, en vue d’un cours sur l'information professionnelle.On y trouve, en plus d’une bonne bibliographie sur le sujet, de précieux renseignement sur la vocation en général, la vie religieuse avec et sans le sacerdoce, la vie sacerdotale, la vie missionnaire, les objections communes refutées, les communautés religieuse au Canada, d’hommes et de femmes.Un ouvrage pour nos adolescents et adolescentes.Ajoutons encore un ouvrage traitant de la vocation de celui qui vous parle : Le frère enseignant du Frère Cyrille, c.c.De cette brochure, le Cardinal Villeneuve a pu écrire à l’auteur : «.Quels attraits simples mais séducteurs vous donnez à la vie du Frère.Les petits en sentiront plus d’une fois battre le cœur.Je souhaiterais bien aux grands eux-mêmes de vous lire________(Ils) ne manqueront pas d’être frappés par votre exposé de la fonction du Frère Enseignant, dans l’Eglise comme catéchiste officiel, et dans la société civile par la formation qu’il donne à ses élèves et l’orientation qu’il imprime à l’humanité.» (p.7) 2.Des inventaires professionnels sur les carrières, métiers, professions.Ici, un principe.On ne devrait mettre entre les mains de nos adolescents que des livres et brochures d’actualité, les renseignant sur les développements récents des carrières en marche, et sur les carrières pour lesquelles ils peuvent se former dans leur milieu.La documentation étrangère, dans certains cas, peut être utile, à titre d intérêt et d’inspiration.J’exclurai la documentation américaine qui est très abondante, mais qui, à cause de la langue, peut-être difficile d’interprétation pour nos adolescents de langue française.Retenons pourtant quelques ouvrages français dans le domaine de la documentation étrangère : Les chemins de la vie des Editions du Grillon de France.(A42) Une documentation détaillée sur les diverses familles professionnelles et les établissements d’enseignement.Pour les grands seulement.Peut-être se trouveront-ils une vocation d’étudiants à Paris ! 380 LECTURES Pour les jeunes adolescents, un ouvrage remarquable : Mon avenir, voyage au pays des métiers des Editions Ouvrières de France.(A43) C’est comme des beaux contes — très bien illustrés — racontés par des spécialistes.Il nous faudrait des ouvrages comme celui-là sur nos métiers au Canada.Je signale aussi à votre attention la Collection : Nos beaux métiers par les textes des Editions Mappus.(A44) Textes choisis et présentés par Louis Barjon, et des textes, veuillez le croire, des meilleurs auteurs, allant des écrivains bibliques aux auteurs modernes et contemporains, tels que Claudel, Pesquidoux, Ramuz, Péguy, Saint-Exupéry, etc.La collection comprend : le Paysan, le Soldat, le Marin, l’Educateur, le Missionnaire, le Médecin, l’Artisan, le Magistrat.En tête de sa préface, Barjon cite ce texte de Paul Géraldy : « Je suis de plus en plus frappé par la poésie des métiers qui sont des harmonies, qui sont des disciplines, qui sont ferveur, amour, qui sont des petits mondes moraux.» On voit déjà se dessiner le but de l’œuvre : faire resplendir la beauté du travail, raviver l’estime et l’amour de nos métiers et professions, susciter ou du moins réveiller chez le travailleur une plus exacte conscience de la noblesse de sa condition et de la grandeur de son geste.A recommander pour nos grands garçons et même pour nos grandes filles.Voici maintenant des outrages classiques dans le domaine qui nous préoccupe et des ouvrages de chez nous.Ce ne sont pas des ouvrages scientifiques au sens strict, écrits avec toute la rigueur d’une description technique ou d’une analyse systématique des tâches, mais pour nos grands garçons et grandes filles, il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi : ces brochures les éclaireront sur les immenses possibilités qui s’offrent à leur choix.Pour les carrières libérales, signalons : Orientations du Père Alcantara Dion.(A45) Des conférences, vingt-six causeries sur plus de 60 carrières, à Radio-Collège, au cours de l’année 1943-1944.Perspectives de l’Edition du Journal Sainte-Marie.(A46) Une quarantaine de carrières y sont recensées.« Un mouvement important dans l’évolution de la documentation pédagogique de notre province » (Richard Joly).Pour les carrières économiques, un magnifique exposé dans : L’homme d’affaires de M.Esdras Minville.(A47) Pour les carrières industrielles, un beau plaidoyer dans Carrières industrielles de M.Jean Delorme.(A48) Pour les carrières féminines, une excellente revue dans Comment gagner sa vie (A49) et vers le travail et le succès de Mlle Gabnelle Carrière.(A50) Dans ces ouvrages de chez nous, toute la gamme de nos beaux métiers et de nos belles professions y passe.Ils devront occuper une place d’honneur dans notre Section-Carrières.avril 1953 381 Les i arrières ecclésiastiques (A51) et les carrières civiles, du Père Farley, c.s.v.(A52) 3.Des monographies professionnelles ; collections sur les métiers et professions.Publications personnelles, conférences, tracts, dépliants, publications de compagnies, articles de journaux, etc.C’est dans le domaine des monographies professionnelles que nous sommes plus pauvres, même s’il en existe un nombre imposant, lorsqu’on fait le décompte.Voici trois collections intéressantes : Les carrières de l’œuvre des Tracts.(A53) Très bien quant aux idées.Leur défaut, c’est de n’avoir pas de date — celle que j ai consultées du moins — et dans ce domaine, c’est un très grand défaut.On a beau vouloir rester jeune, on ne peut vaincre la marche du temps.Mon avenir du Centre d’Orientation de Rimouski.(A54) Une très belle adaptation et réduction, par Richard Joly, de la collection Occupational Information Monographs, du Vocational Guidance Centre de Toronto.Occupations au Canada du Ministère du Travail.(A55) Une collection qui mérite une mention honorable.Plus de 25 occupations y sont déjà décrites.On peut les choisir gratuitement.Faites votre nom sur la liste d envoi.On signale que la demande de 1 edition française est particulièrement forte.Détail intéressant à souligner, on a reçu un grand nombre de demandes de l’étranger : Etats-Unis, Pays du Commonwealth, France, Brésil, Israël, Haïti.Félicitations à M.Gregg.4.Etudes diverses carrières : placement, embauchage, etc.Dans cette catégorie, on peut mentionner : Vavenir par le présent du Frère Paul Lefebvre, c.s.v.(A56) Un cahier de travail — workbook — qui contient des données inté-ssantes sur 1 inventaire personnel, l’étude des carrières, et l’embauchage.Comment obtenir un emploi d’Olivier Lefebvre.(A57) Une brochure pour «guider et diriger tous ces jeunes qui se lancent souvent sans boussole vers la grande aventure ».(p.7) 5.Des biographies et récits occupationnels.Il s’agit d’ouvrages qui racontent l’œuvre exceptionnelle d’hommes ou de femmes qui se sont consacres à une cause, à une mission, à une carrière.Ainsi : D'homme à homme de Gilbert Signaux.(A58) Un beau récit de la vie édifiante d’Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge.Le grand cirque de Pierre Closterman.(A59) Souvenirs émouvants d’un pilote de chasse français dans la R.A.F.Henri Guillaumet de Marcel Migeo.(A60) Pages ferventes, s’il en est ! Un magnifique exemple d’énergie et d’abnégation ! 382 LECTURES Les conquérants du ciel de Roger Sauvage.(A61) Destinées héroïques ! Le triomphe des ailes de l’espoir à travers les ciels du monde ! On pourrait allonger la liste indéfiniment.Ces biographes et récits, en plus d’être pour nos adolescents, une présence, un témoignage et une leçon, laisseront peut-être au fond de leur âme les germes d’un appel, d’une vocation.6.Des revues, bulletins, périodiques à la portée des adolescents.Bulletin d’orientation, organe officiel de l’ACP.(A62) Une revue qui s’adresse d’abord aux orienteurs et à tous ceux qui s’intéressent à l’orientation, mais qui, cette année, est bien à la portée de nos grands garçons et grandes filles.Le Bulletin rapporte en entier les causeries données par des spécialistes, dans divers secteurs du travail et de la formation, à l’occasion de symposium organisés par l’ACP.Des renseignements indispensables ! Jalons de M.Richard Joly, du Centre d’Orientation de Ri-mouski.(A63) Une mention très honorable à ce périodique, le meilleur du genre, à la portée des grands garçons.Il comprend trois séries : la série P.sur la Psychologie de l’adolescent et pouvant trouver une place honorable dans notre Section-Style de Vie : la série AL sur les Matières scolaires et sujets connexes, et pouvant occuper une place de choix dans la Section-Etudes ; la série C, sur les Carrières, qui occupera une première place dans notre Section-Carrières.Tous nos grands garçons des Ecoles Primaires Supérieures et des Collèges classiques devraient se payer la nécessité d’un abonnement de un dollar pour 20 numéros par année.* * * Et voilà ! Au début, nous avons fait une brève rencontre avec cette inconnue, l’orientation.Puis nous avons vu notre rayon d’orientation se développer et prendre des proportions imposantes, au contact de ces nouveaux venus, les livres d’orientation, qui ne remplaceront jamais, il faut le répéter, le maître compétent et dévoué, ni l’orienteur consciencieux.Mais ils n’aideront pas moins nos adolescents et adolescentes à choisir un style de vie, des études, et une carrière à la mesure de leur taille.Sur le fronton de la bibliothèque d’Alexandrie, 300 ans avant Jésus-Christ, on lisait l’inscription suivante : « Les livres sont les nourritures de l'âme ».Aujourd’hui, ils sont plus que cela.Ils sont le froment spirituel de l’homme tout entier, qui vit, pense, et agit.C’est pourquoi, il faut les chérir et les aimer.C’est pourquoi, il faut aimer celui qui les aime plus que tout autre, le bibliothécaire.Fr.Blaise-Laurier, c.s.c.avril 1953 383 CANADIAN ANTIQUARIUM Un bibliothécaire désire obtenir les numéros suivants de la revue Canadian Antiquarium : Première série : vol.1, nos 2, 3, 4 vol.2, nos 1, 3, 4 vol.3, no 2 vol.4, no 4 vol.6, nos 2, 4 vol.8, nos 1, 2 vol.9, no 3 vol.10, nos 1, 2 vol.12, nos 1, 2, 3, 4 vol.12, nos 1, 2, 3, 4 vol.13, nos 1, 3 , 4 vols.14 et sq.(s’il y en a) Deuxième série : vol.1, no 3 vol.4 et sq (s’il y en a) Quatrième série : vol.2 et sq.Prière d’adresser les offres au R.P.G.-H.Allaire, c.s.v., Maison Provinciale, 1145, rue St-Viateur, Outremont.Chanoine C.Barthas menveillc du XX* tiède L’histoire authentique des apparitions de la Vierge au Portugal.La vie des trois petits pastoureaux.Les dialogues échangés avec Notre Dame.Les miracles étonnants.360 pages — Prix $2.75 (par la poste $2.90) 384 LECTURES -fig*!*' -^hncliorez voire liifiotl rytit J.-C.Magnan SUIS LES ROUTES II'HAITI BIBLIOTHEQUES EN ACIER Permanentes.Faites d’acier extra fort recouvert d’émail cuit au four.Demandez nos prix.Evitez toutdésappointement; commandez maintenant.Prompte livraison.CI Crf~TDU~Al manufacturing tLtU, I KI^AL CO., LIMITED Claude Rousseau, prés.MONTMAGNY.Qué.Relation d'un voyage sers la perle des Antilles : Haï-ti.Les observations judi-cieu.es sur la vie et les œuvres des Haïtiens laissent ent;evoir une hausse dans les possibilités d'é-t ha nues entre nos deux pays.Emaillé de JéHexions humoristiques, te récit est les plus attrayant.60 photos 61 4 x 9* 4 188 pa.ues : $3.00 - FIDES 25 est,rue Saint-Jacques MONTRÉAL TAULE 4LPHAHETIQI E DES XOMS D' il TEA RS ESTIENNE (V ), .374 FESCHOTTE (I ).361 FLEMING (R ).374 AUBERT (R ), 369 BLOND (G ), 372 BOSSUET (J.-B.), 357 BOUQUIER (H ), 359 BROWN (C).352 *** Cantiques notés, 372 CAV1EZEL (F.W.), 373 CHARTRAND (L-J ).355 CONTINO (M), 373 COURTOIS (G ), 367, 37() CRAMPON (Clian ), 366 DA VET (M), 363 DRANSARD (L ), 360 DUCHEMIN (M ).3-3 DURAND (M.L.), 360 DURAND (M ).338 DVVONNE, 374 *** Eu unit, 372 GOl LY (A.) et LEROY (H ).371 GROSS (Mur L).368 GUY (L).374 HESTON (E.), ^ .sa ., 353 JOUSSEAUME (A M ).372 IULIEN (D ).372 LA VA RENDE ( L de), 341 LE BRILLET (F.).3^3 LEBRUN (G ).373 LE DOUAREC (F).3-3 LEMAITRE (V ).367, 370 *** Lui tt moi, 368 MALCLES (I.-N ), 337 MILLOUX (A ).369 MOU,EN ET (H).370 NILS (J.), 363 OC HSE (M), 371 PARENT (LM ).332 PELTZER (F ), 372 RONSARD (P), 368, 369 POULIN (G ).332 PREVOST (J.-L ), 362 *** Les problèmes Ji la lit rurale.352 RENE-BAZIN (M ).3~3 ROUSSEL (L), 363 SALES (L ).369 SALVAT (I), 3-3 SCORTESCO (P ), 366 * * * La sécurité sociale, 354 SINON (J.), 367 - DEVENEZ MEMBRE DU CLUB ____________________ jÇeà deux livteâ du mold SELECTION DE MAI "LES CLOCHES DE NAGASAKI" par Paul NagaT est un livre dont l’opportunité documentaire, explicative, voire humaine est indiscutable.Les ravages de la bombe atomique y sont décrits par un médecin, lui-même victime de l'explosion.Ce japonais converti a le sens profond des valeurs spirituelles : le tragique de la situation est analysé en regard de l'éternité, sans révolte, mais aussi sans mièvrerie.l‘J8 pages."LES ENGAGES DU GRAND PORTAGE" par Léo-Paul Desrosiers Ce livre est reconnu comme un chef-d’oeuvre authentique qui restera classique dans notre littérature.L’auteur y évoque le commerce des pelleteries vers 1800, avec ses rivalités sanglantes.Le héros du roman, Nicolas Montour, à force d'intrigues, monte à un poste de commande enviable.208 pages.Les deux volumes : $2.50 (port compris) EN JUIN: TOSCANINI par Howard Taubman, 354 pages, 61/2 x 8% pouces mtinm DE NAE&5MK» 1 1 Veuillez m'inscrire dans votre club I “Les deux livres du mois” et me faire i parvenir les deux livres vedettes de 1 mai.Je m'engage à acheter, au cours I des prochains douze mois, au moins | quatre des sélections mensuelles, of- | fertes pendant cette même période.¦ Veuillez m'envoyer gratuitement, votre lettre mensuelle aux membres du Club.I I NOM .! ADRESSE .1 I I I I- I [ ] ci-joint $2.50 pour les vedettes | de mai.I [ ] ci-joint $10.00 pour les vedettes | des 4 mois à venir.I [ ] ci-joint $28.00 pour les 12 mois | à venir.* [ ] Je paierai après réception de cha- ! que envoi.I I I FILES Les deux livres du mois 25 est, rue Saint-Jacques •PLateau 8335 MONTREAL I VILLE.PROV.
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