Lectures, 1 mai 1953, mai
gp 4 FIDE5 LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service Je Bibliographie et Je Documentation île FIDES organe du Service îles Lectures Je i'Action catholique du diocèse de Montréal.Direction: Paul-A.MARTIN, c.vc., aumônier du Service des Lectures.Rédaction: lean-Paul PI N SON N LAI I.T, secrétaire Ju Service des Lectures.NOTES : l.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de l'année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l'année.2 Les références bibliographiques sont rédigées d'après les règles de la catalographie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : TB — Livre pour tous TB-S — Livre pour tous mais spécialisé TB-A— Livre pour tous, de nature à intéresser certains adolescents B — Livre pour adultes B?—Livre appelant des réserves plus ou moins graves, i.e.à défendre d'une façon générale aux gens non formés (intellectuellement ou moralement) A — Livre pour adolescents ( 15 à 18 ans) J — Livre pour jeunes ( 10 à 1 1 ans) L — Livre pour entants (6 à 9 ans) __________________Publication ipproin et par l'Ordinaire_____________ CANADA le numéro $0.35 Abonnement annuel S3.50 Etranger S3.75 FIDES, 25 est.rue Saint-Jacques, Montréal-1 *PLateau 8335 FRANCE Abonnement annuel .900 francs *C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDLS, 120, boulevard Raspail.Paris (Vie) *I.ittré 7385 Autorisé connut tutor postal dt deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.-SOMMAIRE- IDEAL ET PRINCIPES L'œuvre de Ringuct ou la quête d'un bonheur fuyant Jean-Paul Pinsonncault 385 Notes bibliographiques .394 ETUDES CRITIQUES Les paradis dt sable de Jean-Charles Harvey .Jean Champagne 396 Count dt la plan > (Fausse monnaie, p.199-200) Même si les pages qui précèdent illustrent clairement cet aspect essentiel et caractéristique de l’œuvre de Ringuet que constitue, chez les personnages du romancier canadien-français, la quête d’un bonheur fuyant, il reste que nous ne saurions négliger de nous arrêter au dernier roman de notre compatriote : le Poids du jour.Par cette œuvre touffue où l’observation aigue le dispute à la psychologie sûre, Ringuet prend figure de Balzac des lettres canadiennes.Avec une pénétration d’analyse inégalée dans notre jeune littérature, l’auteur brosse un tableau vrai, parfois cruel de nos mœurs bourgeoises dans le monde de l’après-guerre de 1919.Mais cette large fresque de ia vie canadienne, ainsi qu’on pourrait être tenté de le croire, n’a pas qu’une valeur documentaire.Elle porte à la manière de l’auteur témoignage du drame spirituel d’une classe sociale de gens aisés, et un peu déclassés dans leur nouvelle prospérité.Sous une affublation aux proportions presque trop vastes pour permettre au romancier d’en explorer les recoins secrets, Ringuet initie son lecteur au mystère intime d’une âme que la hantise de se laver de la souillure d’une naissance irrégulière jette dans une lutte sans issue, où l’adversaire du héros n’est autre qu’un monde né de la guerre.Dans le Poids du jour, le personnage central, contrairement à ceux dont nous avons précédemment évoqué la figure, n’est pas un faible.Et cela explique qu’il soit de tous les personnages du romancier le seul à ne pas capituler devant le mauvais sort, le seul chez qui l’on puisse déceler une promesse de paix.Michel, unique enfant des Garneau, a grandi entre un père adonné à l’alcool et une mère dont la fraîcheur insouciante « faisait tout, autour d’elle, agréable et velouté».A la mort de son père, l’enfant brimé éprouve une impression de libération telle qu’il se sent responsable de cette mort.Désireux de rompre avec un passé auquel demeure mêlé le disparu, Michel tente de jeter pêle-mêle dans la fosse profonde de l’oubli tout ce qui peut lui rappeler une époque où sa mère et lui ont tant eu à souffrir.Il renonce à la musique dont il fit naguère ses délices et entre à la banque.D’un naturel un peu sauvage et distant, orgueilleux comme tous les sensibles et maladroit dans la camaraderie comme tous les fils uniques, Garneau se voit condamné à une solitude que vient encore creuser la mort de sa mère.A l’occasion d’un voyage à Montréal, il apprend la vérité sur sa naissance.Fou de désespoir et de honte, il erre sans but dans la métropole et, enfin, s’engage dans l’armée.Six années ont passé.Garneau est devenu patron d’une usine qui fabrique pour le compte d’une firme étrangère des pièces métalliques.Sa vie de déboiies a fait de lui un arriviste brutal et impérieux.Un mot incarne tout son idéal de bonheur terrestre : vaincre.«Vaincre les choses.Vaincre les hommes.Vaincre le temps.Et pour cela, se vaincre soi-même, surtout soi-même.Tuer la tendresse qui est un leurre.392 LECTURES Tuer la douceur qui est un lien.Arracher de soi la compassion et la bonté, qui font l’homme faible.» Mais Garneau n’est pas de ces êtres qui rompent avec leur passé.La seule rencontre d’un camarade d'enfance suffit à ressusciter en lui des objets et des visages méconnaissables.Si, dans son ambition aveugle de réussir, le héros du Pouls du jour sait faire taire en lui les voix du sang, réprimer tout mouvement de tendresse envers les siens, la disparition de sa femme et l'expatriation forcée de son fils ne le laissent pas indifférent.II devient même de I lus en plus sensible à la tendre affection et aux délicates attentions de sa fille, vivante réplique de sa mère à lui.A demi retiré des alfaires, Garneau vit hanté par le souvenir de son fils Lionel dont il a vainement rêvé faire l’homme qu’il n’a pas pu être, le chef envié.Inconsciemment, il souffre d'une certaine nostalgie de l’action.« De se trouver dans un appartement où rien ne rappelait les affaires, et surtout de se trouver adossé à cette montagne, d'etre si dérisoirement petit dans l’immensité de cette scène où rien n'était à I échelle humaine soufflait en lui une violence qui par moments le laissait littéralement frémissant d'irritation.» (le Poids du jour.p.304-305) II garde secrètement rancune aux choses et aux hommes de n’avoir pas répondu à ses espoirs, de n’avoir pas cédé à ses ambitions et à sa volonté.C’est en vain qu’aux heures de solitude il tente d'emp cher en lui la levée des ombres et de chercher une impossible évasion.Il est pris dans la ronde des fantômes dont les mains se nouent en cercle autour de lui et dont les visages oubliés surgissent en lui, nets et calmes.« Il savait bien que jamais, en vérité, ils n’avaient cessé de vivre en lui d'une vie obscure, quand même il les avait rejetés violemment dans l'abîme, quand même il avait éteint sur eux la lumière de sa conscience.Toujours ils avaient survécu en lui.invisibles, mais présents.Et maintenant, déchaînés par la voix chantante de Jocelyne, ils sortaient les uns après les auties des oubliettes de son passé ; glissant sans geste, ils venaient se ranger dans leur ordre naturel tout comme s'ils n'avaient jamais cessé d'être et d'agir.» (le Poid du jour.p.373) Mais si ces évocations provoquent chez Garneau des sursauts amers, il lui devient peu à peu moins facile de soulever le poids de sa haine et de brandir sa rancœur.Atténué par l’âge qui lentement émiette ses forces et touché par le temps qui lentement rouille sa violence, il s’abandonne à Lavent mystérieux de la paix, d’une paix terrestre et sans grandeur.Ainsi qu’il est facile de le constater, Ringuet conduit le héros de son dernier roman jusqu’au seuil d’une paix dont les autres personnages de son œuvre ne semblent même pas avoir pressenti l’existence.Serait-ce que les années auraient convaincu le romancier de la vanité d’une existence humaine interdite à la joie et à l’espérance ?Nous ne le savons pas et peut-être devons-nous faire notre deuil d’une certitude que nous refusera toujours une œuvre dont les mérites littéraires ne doivent pas cependant nous éblouir au point de nous faire oublier qu’elle n’offre de l’homme éternel qu’une image avilie.Aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous ne craignons pas d’affirmer que l’art, pour demeurer fidèle à sa mission d’initiateur à la contemplation, doit être une espèce de mort.Car la mort, au regard de l’âme chrétienne, mai 1953 393 est avant tout épanouissement de la Vie, métamorphose de l’être charnel en être spirituel.L’art qui ne perce pas l’enveloppe corporelle et ne s’aventure pas au-delà des apparences n’est qu’une démarche vaine, une quête stérile.Il se condamne irrémédiablement à ne refléter que l’accidentel d’un univers où se consomme quotidiennement, au creuset de la chair humiliée et servile, le sublime mystère de l’Incarnation temporelle du Verbe de Dieu.Si à aucun moment d’une trop longue incursion dans l’œuvre de Ringuet nous n’avons découvert un de ces visages marqués du sceau divin et dont sont peuplés l’univers d’un Dostoievsky et celui d’un Greene, il y a lieu de nous demander si une telle œuvre ne porte pas en elle-même des éléments d’autodestruction.Fait indéniable, l’homme consumé de soifs, qui à travers les ajoncs et les ronces rampe vers l’eau vive, saura difficilement se reconnaître dans ce personnage en quête d’un bonheur terrestre et fuyant.Tous les échos du drame de ce frère enlisé dans la glèbe du terreau natal ou lancé à la poursuite d’une illusion, il aura peine à deviner le cri qui des profondeurs de l’âme s’élève vers le Père, déchirant l’épais silence de l’angoisse humaine.Jean-Paul Pinsonneault NOTES BIBLIOGRAPHIQUES B) Livres 1938 — 30 ARPENTS 1.Paris, Flammarion.{Imprimé sur les presses de E.Rambot et Cie, 52 avenue du Maine, Paris, 1938.292p.19cm.} Edition originale.Il a été tiré de cet ouvrage : quatre-vingts exemplaires sur papier Alfa numérotés de 1 à 80.Il a été tiré en outre : deux cents exemplaires sur papier Alfa réservés aux sélections Lardanchet, numérotés de 81 à 300.— Et cent cinquante exemplaires sur papier Alfa pour la librairie Granger Frères Limitée, numérotés de 301 à 450.N.B.— Revision et correctioq faite au 9e mille avec modifications de texte au dernier paragraphe de la page 7 et au premier paragraphe de la page 8.N.B.— Prix de l’Académie française, 1939 Prix des Vikings, 1940 Prix de la Province de Québec, 1940 Governor General Award (Canada), 1938 2.Montréal, Editions Variétés {cl942}.3.Thirty Acres.Translated by Felix and Dorothea Walter.Toronto :The Mac Millau Company of Canada Limited, at St.Martin’s House, 1940.{Printed by Lowe and Brydone Printers limited, London, N.W.10 2}.324p.19.5cm.Première édition en langue anglaise.394 LECTURES 1943 —UN MONDE ETAIT LEUR EMPIRE Montréal, Editions Variétés £c 1943}.350p.front, ill.pi.(h.-t.) cartes, 19.5cm.(Grande fresque de la préhistoire d’Amérique) 1946 — L’HERITAGE ET AUTRES CONTES Montréal, Editions Variétés {c 1946}.180p.19cm.Il a été tiré de cet ouvrage : dix exemplaires hors commerce, sur papier Japon supérieur et numérotés de I à X inclusivement.N.B.— Prix de l’Académie française, 1947 1947 — FAUSSE MONNAIE 1.Montréal, Editions Variétés {c 1947}.236p.19cm.Edition originale.2.Montréal, Editions Variétés £1948}.236p.19cm.Deuxième édition, (réimpression).1949 _ LE POIDS DU JOUR 1.Montréal, Editions Variétés £c 1949}.410p.20.5cm.Il a été tiré de cet ouvrage : cinquante exemplaires hors commerce, sur papier Rolland de luxe, numérotés de I à L, inclusivement et signés par l’auteur.2.Montréal, Editions Variétés £c 1949}.410p.20.5cm.(Deuxième réimpression, 10e mille).N.B.— Cette seconde réimpression est considérée comme une troisième édition.B) Ouvrages en collaboration 1924 — LITTERATURES.A LA MANIERE DE.Henri Bourassa.— René Chopin.— Valdombre.— Henri Letondal.— Paul Morin.— l’abbé Camille Roy.— La Presse.I’abbé Groulx.— Madeleine.— Victor Morin.— Marcel Dugas.Blanche Lamontagne.— Gustave Comte.— Edouard Montpetit.l’abbé Blanchard.— 1.Montréal, Editions des Essais, Edouard Garand, 1924.132p.17.5cm.Edition originale.Epuisée.Il a été tiré de cet ouvrage : 3 exemplaires d’auteurs sur Velin pur fil Lafuma, hors commerce.25 exemplaires sur Velin pur fil Lafuma blanc, numérotés de 4 à 28.472 exemplaires sur papier Antique Laid.N.B.— Cet ouvrage a été réimprimé en 1924.Tiré à 1,000 exemplaires.Cette réimpression considérée comme une deuxième édition est épuisée.2.Montréal, Editions Variétés £1941}.119p.19cm.N.B.— Troisième édition revue et corrigée variante de format et de caractère typographique.3.Montréal, Editions Variétés £1942}.119p.19cm.Quatrième édition revue et corrigée.mai 1953 395 ETUDES CRITIQUES Les paradis de sable 1 AUSSI longtemps que les hommes se feront à eux-mêmes la question du procurateur romain au Christ traduit en jugement : « Qu’est-ce que la Vérité ?», aussi longtemps d’inquiets prospecteurs de vérité ou d’incorrigibles chasseurs d’ombres épiouveront le besoin de rendre témoignage.Par malheur, beaucoup de ces témoignages croiront atteindre à une puissance de conviction plus grande en empruntant à l’art des formes étrangères.Sans aucun scrupule et avec une stupéfiante inconscience de leurs limites, le critique trempera sa plume dans le fiel du pamphlétaire et le doctrinaire fera appel aux sortilèges du roman-, , „ cier.Croyant décupler leurs Ji.ui- j.ir u .int) moyens d’action, l’un et l’autre se condamneront ainsi à la médiocrité dans un genre mal adapté au message qu’ils entendent livrer.Quant à la vérité qu’ils auront cru servir avec une habilité consommée, pareil procédé aura pour effet la plupart du temps de la révéler sous un jour théâtral et faux, bien propre à l’émasculer et à en altérer le sens.Si à ce point de départ équivoque viennent encore s’ajouter la superfétation et la rhétorique, le fossé qui sépare l’œuvre du ridicule sera bientôt comblé.Dès lors, comment espérer que le message livré ne demeure pas lettre morte ?Beaucoup de dithyambes fervents et de thèses savantes seront ainsi voués quotidiennement à un prompt effritement, par la faute de hérauts épris d’emphase grotesque et atteints de pédantisme maniéré.A vouloir jouer les Malraux et les Camus, bien des philosophes imberbes risquent de passer pour de parfaits imbéciles et de fieffés prétentieux.Tant il est vrai que, en littérature comme ailleurs, l’intention droite n’opère pas tous les miracles dont certains impuissants notoires ont intérêt à la juger capable.Ces remarques préliminaires, qu’on veuille bien le croire, ne s’adressent pas intégralement à l’auteur des Paradis de sable : tous les imitateurs éventuels de M.Jean-Charles Harvey y trouveront de 1.HARVEY (Jean-Charles), Les paradis de sable.Roman, Québec, Institut Littéraire du Québec, [cl953].242p.19.5cm.D 396 LECTURES quoi les prémunir contre le dogmatisme infatué de lui-même qui caractérise habituellement les ouvrages à thèse.Toutefois, avouons que la majorité de ces réflexions nous sont venues à la lecture d’un roman où la matière romanesque demeure trop mince pour voiler pudiquement au regard du lecteur le ramas politique et idéologique qui en constitue le fond.Comme il arrive presaue toujours en pareil cas et rarement dans nos lettres, c’est ici le fond qui manque le moins.Désiré Julineau, resté seul dans le monde après la mort de son père, n’a eu d’autre guide que lui-même.Une rente modeste ne lui a pas permis de maintenir le train de vie auquel il était habitué et de terminer en même temps ses études universitaires, lin proie à l’isolement, le jeune homme a éprouvé le désir confus de sentir autour ae lui une chaleur humaine en même temps que le besoin d’épouser une cause.11 a pris parti pour le prolétariat contre une société tarée et un régime « qui laisse déchoir dans une ambiance dégradante au moins les trois-quarts de l’humanité».Dans sa ferveur de néophyte, il a cru d’abord en la nécessité de saper à la base, pour le détruire, un ordre social pourri.D’après lui, « la spiritualité, dans son processus historique, a détourné l’humanité des tâches immédiates pour la rejeter dans un au-delà problématique et favoriser les pires oppressions, les abus d’autorité de toute sorte.En face d’un aussi déplorable état de choses, comment Julineau résisterait-il aux ardeurs a’un zèle qui le pousse à rallier le parti communiste.S’il est une phalange qui doive sauver un jour l’humanité, pense-t-il, c’est bien cette chevalerie des temps modernes dont l’héroïsme s’incarne dans la personne de Sophia Rogov, « sorte de mystique auréolée de luttes et de souffrances au service» du Parti.Désiré ne saurait en démordre jusqu’au jour où, devenue suspecte, la Rogov est liquidée.Quelle est donc cette nouvelle idole qui se désaltère du sang des héros ?Est-ce donc là cette élite qui prétend restituer à l’homme le privilège de sa liberté ?Julineau tourne casaque et se découvre une mission de libérateur : c’est par lui que le monde connaîtra la libération spirituelle.Avec un sérieux touchant il s’attelle à la rédaction de son message.Hélas, la justice du Parti vient poser un terme brutal à cette nouvelle aventure.Il s’en trouvera peut-être, à la suite de cette esquisse des Paradis de sable, pour présumer de la haute portée morale du roman de Jean-Charles Harvey.Un simple regard sur le testament spirituel du héros devrait cependant les inciter à plus de réserve.La seule lecture de cette profession de foi aveugle en la souveraine puissance de la liberté humaine suffira à les convaincre du danger qu’il y aurait à endosser les vues et les idées d’un personnage qui n’a vraiment rien d’un Père de l’Eglise.Julineau est un illuminé qui affectionne s’exprimer dans une langue redondante, sibylline et creuse.Les élucubrations vagues et amphigouriques dont il se repaît feront peut-être l’admiration de certains hiérodules de la sottise dogmatisante, mais elles constituent en dernière analyse un exemple typique de tous les radotages philoso-phico-politiques sur le marché depuis trente ans.Le héros de Jean-Charles Harvey préconise l’instauration d’un ordre nouveau, mais sans se rendre compte des lacunes et des erreurs qu’implique sa notion d’une mai 1953 397 société parfaite.Dissertant sur le triomphe final de l’humanité sur la puissance des «bâtisseurs de fourmilières», notre compère conclut en ces termes : « Il (l’hommi ) aura laissé, sous les décombres du matérialisme écroulé, les anciennes croyances qui paralysaient son âme, les anciens dogmes qui bafouaient sa raison, les anciennes morales qui l'écasaient d'un sentiment malsain de culpabilité, les anciennes pudeurs qui peuplaient les asiles d'aliénés, les anciens stigmates qui faisaient un crime de la maternité des filles, les anciens rites collectifs qui consolidaient la monarchie de la peur.Cette révolution, qui viendra sûrement à son heure, ne sera pas la dernière, attendu que le dernier mot ne sera jamais dit sur rien, mais elle accroîtra sûrement les possibilités de joie de l'espèce faite pour tirer le meilleur parti possible de la vie terrestre, la seule vie quelle puisse connaître et qui soit bien à elle, en attendant d'entrer dans le divin secret de la métamorphose suprême.» (p.205-206) On ne saurait avec plus d’élégance et de désinvolture jeter par-dessus bord le fatras soi-disant suranné et encombrant des croyances et des mœurs chrétiennes.Désiré Julineau a peut être découvert la supercherie communiste et renié les divinités du Panthéon soviétique, mais il lui reste encore à déraciner en lui bien des préjugés et à réprimer une lamentable passion de la sottise.D’aucuns, à la lecture des Paradis de sable, se reporteront à l’époque où M.Jean-Charles Harvey écrivait l'Homme qui va.Retrouveront-ils alors sans regret le jeune romancier qui, en 1929, fit croire à l’apparition chez nous d’un écrivain de mérite ?Dans la prose ferme et robuste du débutant d’alors reconnaîtront-ils sans tristesse la marque d’un talent qui, en s’émoussant, devait produire ce maigre rameau qu’est devenue la phrase de M.Harvey ?Non.Il y a trop loin de cette œuvre de jeunesse au sous-produit marqué de sénélité précoce pour que l’esprit du lecteur ne soit pas frappé par le rachitisme d’un talent dont la vigueur première lui permit d'escompter les plus beaux fruits.En ressassant les faits d’accusation d’une propagande magistralement orchestrée et les griefs éculés du maxisme contre une société qui fait de l’homme une ordure et contre la charité des dévots qui tue moralement les filles-mères, M.Jean-Charles Harvey nous a dit son peu de sympathie à l’endroit d’un parti qu’il considère comme un ramassis de ratés, d’opportunistes, de mouchards, d’envieux et de para-noiaques, mais au nom de quel idéal l’a-t-il fait, grands dieux î Son message — de quel autre pourrait-il s’agir ici ?— ne méritait certainement pas ce: interminable et lourd monologue sur trois notes, où le polémiste bavard le dispute au prosateur courbatu.Jean Champagne MARIE-FRANCE CLAIRE FONTAINE C'est le journal d'une vraie jeune fille, un livre frais et reposant.Le style de l'auteur par sa simplicité et sa vivacité naturelles s’apparente à celui du « Matin d'un beau jour» de Berthe Bernage.144 pages $1.25 FIDES, 25 est rue St-Jacques, Montréal — PL.8335 398 LECTURES Les contes de la pluie et du beau temps DANS la préface un peu tin-tamarresque et bilieuse qui ouvre le I*vre des Contes cle la pluie et du beau temps, M.Claude-Henri Grignon présente M.Pierre Dagenais comme « un conteur français peidu dans ce pays de glace et de misères spirituelles » qu’est notre milieu fermé et souvent hostile au talent véritable.Sans pousser l’indulgence et l’enthousiasme jusqu’à prétendre faire de notre compatriote un rival de Voltaire et de Daudet, reconnaissons à l’auteur d’Un homme e.n péché un certain flair critique et sachons lui gré de n’avoir pas mesuré son admiration à un jeune homme que les échecs les plus lourds et les revers les plus huiliants n’ont fort heureusement pas réduit au silence.Il est trop rare qu'un écrivain « arrivé » daigne prodiguer quelque encouragement à un débutant pour que nous songions à reprocher à M.Grignon un mouvement aussi généreux et cordial que celui qu’il a cru devoir poser à l’égard de notre jeune compatriote.Nous tenons bien plutôt à l’en remercier au nom de toute une pléiade anonyme et obscure à laquelle son geste apportera la preuve réconfortante de l’amitié des aînés et rendra confiance en une sympathie toujours offerte même lorsqu’elle se réserve le droit de demeurer lucide.Les contes de la pluie et du beau temps ne constitue pas un modèle unique dans nos lettres, et d’en convenir serait faire bon marché des Contes pour un homme seul d’Yves Thériault et des Contes en noir et en couleurs de Roger Viau dont la valeur reste indiscutable.II est dommage que M.Grignon ne s’en soit pas souvenu et ait cédé à une admiration par trop exclusiviste en écrivant que M.Dagenais « ne ressemble en rien à la plupart de nos plagiaires consacrés, bardés de médailles et de lieux communs, officiellement et lamentablement ennuyeux ».II n’eût peut-être alors pas jugé superflu de mettre quelque sourdine à des propos aussi vagues que tranchants.Comme la passion, 1.DAGENAIS (Pierre), Contes de la pluie et du beau temps.Préface de Claude-Henri Grignon.[Montréal] le Cercle du Livre de France [c 1953].207p.20.5cm.B?Pierre Dagenais par Robert La Palme mai 1953 399 l’admiration est souvent mauvaise conseillère.Mais par quelle aberration tiendrions-nous rigueur au préfacier des Contes de la pluie et du beau temps d’une ferveur un peu béate lorsqu’un émerveillement analogue a failli nous inciter nous-même à donner dans le même travers ?M.Pierre Dagenais ressemble à ces enfants qu’on ne saurait pas ne pas aimer, tant leurs frasques et leurs réparties demeurent empreintes de fraîche spontanéité.Qu’il pose son regard sur le monde contemporain ou qu’il le gausse des tics et des tares d’une société bourgeoise, l’auteur de ces nouveaux contes ne le fait jamais sans tendresse.Sous l’ironie légère avec laquelle il raille des travers la plupart du temps anodins ne perce jamais le sarcasme d’un esprit désabusé, mais le rire amusé et parfois même indulgent du gouailleur convaincu qu’il faut accepter les hommes tels qu’ils sont et que la plus mordante satire n’y saurait changer quoi que ce soit.Si quelquefois, au spectacle des tristes êtres que nous sommes, le conteur se révèle impuissant à réprimer un mouvement de pitié et à taire un sentiment secret où se reflète une âme en proie au rêve nostalgique d’un monde meilleur, son récit ne sombre jamais dans une mélancolie morbide et désenchantée.M.Pierre Dagenais ne voit 1 as toujours la vie sous des couleurs très douces à l’œil d’une société qu’il portraiture avec un sens affiné du détail pittoresque et une observation presque toujours perspicace, mais il sait se garder du pessimisme et de la fâcheuse manie qu’affichent certains censeurs de transformer notre planète en asile de croquants.Il est dommage cependant que, à l’instar des conteurs du XVIIe et du XVIIIe siècle, l’auteur des Contes de la pluie et du beau temps éprouve si souvent le détestable besoin de servir à son lecteur une leçon de morale la plupart du temps aussi puérile que superflue.« Le conte », ainsi que le note fort judicieusement M.Grignon dans la préface, « renferme sa morale dans l’action même du récit», et de vouloir à tout prix métamorphoser une conclusion en péroraison moralisante relève d’une tendance non équivoque au bavardage.Puisse M.Dagenais s’appliquer à corriger une inclination qui, avec les années, risquerait de l’intégrer dans le rang de ces casse-pieds ridicules et gâteux que sont les faux moralistes.Il a bien trop de talent pour se payer le luxe d’être mauvais pasticheur d’homélies.Des neuf contes publiés par le Cercle du Livre de France, cinq seulement méritent de retenir l’attention : Par delà la montagne, Tonton Gustave, les Souliers de Marianne, le Confessionnal profané et les Martyrs de Ste-Luce dont la verdeur s’accommode parfois de grivoiseries assez malvenues.Le Mourant bien portant n’est qu’un récit ténu et décevant, la Vie des autres une illustration maladroite du mot de Colette : « Les hommes sont malheureux parce qu’ils composent l’envers de leur bonheur avec l’endroit du bonheur des autres.» Quant au comte intitulé : le Cri, sorte d’apologie artificielle de la Nature où l’auteur prétend convaincre son lecteur de l’idée que « la forêt civilise l’homme beaucoup mieux que ne le fait la cité», il s’avère dépourvu d’intérêt et marqué d’une certaine affectation.Le moine et la toupie dont l’introduction évoque quelques-uns des dialo- 400 LECTURES gués de Saint-Exupéry dans le Petit Prince, véhicule la nostalgie de l'enfance en allée et rappelle Hans Christian Andersen par l’ingénuité cie l’inspiration.Un tel choix, nous le redoutons, risque d’inciter le lecteur de cet article à présumer du peu de valeur d’une œuvre qui de prime abord se révèle fort inégale.Qu’on veuille bien ne pas se méprendre à ce point sur les mobiles d’une discrimination justifiée par les exigences du travail critique.Que les contes de M.Dagenais revêtent au regard de la critique une qualité variable de l’un à l’autre n’implique pas qu’ils doivent être considérés dans leur ensemble comme un assemblage disparate et sans mérite réel.Bien au contraire.Pas plus que les autres débutants, M.Dagenais n’était tenu de livrer au public une œuvre sans reproche et de signer pour la postérité les Histoires extraordinaires d’Edgar Poe ou les Contes de la bûcheronne d’Henri Pourrat.Qu’il se soit exprimé dans une langue quasi impeccable et avec une élégance bien peu commune dans notre jeune littérature ouverte à tous les improvisateurs-nés devrait suffire à nous consoler des faiblesses d’une imagination novice et des déficiences d’un art inexpérimenté.L’auteur des Contes de la pluie et du beau temps n’en est qu’à ses premières armes, mais il se révèle déjà d’une classe étonnante.Les souliers de Marianne, le Confessionnal profané et Tonton Gus-tare sont des réussites dont s’accommoderait très volontiers la littérature française elle-même malgré tous les fastes dont la parent huit siècles de gloire.Par la poésie fraîche, sereine et attendrie qu’ils dégagent et par l’ironie primesautière qui les caractérise, ces trois contes ne nous permettent encore que d’entrevoir les sources opulentes et secrètes d’un talent prometteur.Mais la promesse qu’ils libèrent dans un éclatement de bourgeon nous invite à espérer qu’un jour M.Pierre Dagenais, pour notre plaisir et notre émerveillement, saura nous révéler les trésors qu’il a rapportés des îles de l’enfance.Dérobés à l’enchantement de ses jeunes années, les contes qu’il livrera alors seront comme autant de reflets des jardins abolis où, pour chaque homme, se flétrit la saison des joies sur le cadavre de l’enfant assassiné.Jacques Vallières SUR LES ROUTES D'HAÏTI par AI.f.-C.Magnan Ce livre est une invite à faire, en fauteuil, le plus magnifique des voyages vers la plus enchanteresse des îles.En compagnie d'un cicerone tel que l'auteur, impossible de ne pas se divertir, s’enrichir surtout.Ses observations sur la vie et les a-uvres des Haïtiens sont d'un réalisme si vivant qu’on a l'illusion d’être du voyage.190 pages, 60 photos, S3.00 — Format 61/j x 12 FIDES, 25 est rue St-Jacques, Montréal — PL.8335 MAI 1953 401 DOCUMENTS Lecture et conscience chrétienne 1 FIN d’apporter un complément à son étude sur l’existentialisme, A l’Institut Pie XI avait choisi pour sujet de sa réunion du 13 février : Lecture et conscience chrétienne.Il voulut considérer d’une part les droits et l’attitude de l’Eglise vis-à-vis du problème de la lecture, et d’autre part, la responsabilité qui en découle pour les fidèles.Monsieur Maurice-H.Brault, présidant la discussion, proposa donc quatre questions en ce sens : 1.L’Eglise a-t-elle îe droit d’interdire la lecture de certains ouvrages ?2.Le fait-elle ?3.Est-ce une faute morale de lire un ouvrage condamné par l’Eglise ?4.Peut-on lire sans faute morale n’importe quel ouvrage non condamné ?Monsieur J.-B.Desrosiers, p.s.s.et le Révérend Père Edmond Desrochers, s.j., bibliothécaire de la Maison Bellarmin, vice-président de l’Association des bibliothécaires, assistaient en qualité de modérateurs.Première question Oui, l’Eglise jouit de ce droit, en vertu de son magistère, c’est-à-dire du pouvoir qu elle a reçu de son divin Fondateur d’enseigner à toutes les nations ce que lui-même a daigné révéler à ses Apôtres.(Matth., XXVIII, 18-20.) Bien plus, le magistère de l’Eglise n’est pas seulement un pouvoir, c’est en même temps un devoir, celui de garder soigneusement et d’exposer fidèlement le trésor des vérités divines à elle confié par Dieu.Cette grande mission, nous le savons, se poursuit avec l’assistance de l’Esprit-Saint.(St-Jean, XIV, 16, 17, 26.) « Notre-Seigneur, lit-on au canon 1322, 1er paragraphe, a confié à l’Eglise le dépôt de la foi, afin qu’avec l’assistance de l’Esprit-Saint, elle garde pieusement et expose fidèlement la doctrine révélée.» En outre, elle a charge des âmes.Son rôle est de les sanctifier et de les sauver.Pour cela, elle doit éloigner des individus et des sociétés, dans la mesure du possible évidemment, tout ce qui peut porter atteinte à la foi et aux bonnes mœurs.Les mauvais livres justement, causent un très grave préjudice à la foi et aux mœurs.« Si un chrétien, lit-on dans le Dictionnaire d’Apologétique, au mot Index, a tout à craindre de la fréquentation d’hommes impies ou libertins, si les maniais discours corrompent les bonnes mœurs (1 Cor., XV, 33), ainsi en est-il, à plus forte raison, de la lecture d’écrits dans lesquels l’incrédulité et l’hérésie ont répandu leur venin, que l’immoralité a souillés de ses tableaux dangereux ou effrontément lubriques.On a dit souvent qu'un livre est le compagnon le plus 1.Cet article est paru dans la revue Nos Cours du 21 mars 1953.402 LECTURES assidu, l’ami le plus fidèle.Il est également exact de dire que c’est un maître ou un prêcheur déguisé, aussi opiniâtre qu’habile et insinuant : c’est le conseiller dont la voix écoutée avec le moins de défiance pénètre le plus sûrement dans l’intelligence et dans le cœur.Insensiblement sans heurter beaucoup nos idées ni froisser nécessairement nos sympathies, sans susciter du moins aucune des objections que l’amour-propre, à défaut de la raison, ne manquerait pas d’opposer aux propos d’un interlocuteur vivant, le livre, grâce à son impersonnalité même, fait son œuvre ; il verse ses pensées et ses sentiments dans l’âine du lecteur, il les y grave d’autant plus profondément que celui qui les reçoit ne soupçonne pas qu’ils lui viennent du dehors et croit s’être formé à lui-même sa conviction, son inclination ou son aversion à l’endroit des personnes et des doctrines.II n’est point, peut-être, de puissance de suggestion qui soit ccmparable à celle de la lecture, parce qu’il n’en est point qui se rapproche autant de l’autosuggestion.Tel est le secret de l’influence délétère de tant de publications contemporaines, telle la cause des ravages effrayants de la presse irréligieuse et licencieuse.» L’intervention de l’Eglise, usant du pouvoir des clefs transmis par le Christ, est ici amplement justifiée.Un père n’a-t-il pas le droit et le devoir d’empêcher ses enfants sans expérience de jouer avec des armes à feu chargées ?Or, les mauvais livres sont bien plus néfastes dans les mains des enfants de l’Eglise que les armes à feu chargées dans celles des jeunes.Une mère n’a-t-elle pas le droit et le devoir de veiller à ce qu’il n’y ait pas sur la table, parmi les autres aliments, des poissons vifs extérieurement semblables au sucre, au sirop ou aux autres mets ?Les mauvais livres sont précisément sur la table autour de laquelle prennent place les membres de la grande famille de l’Eglise, de ces poisons vifs ressemblant extérieurement aux friandises les plus attrayantes.Cette première question relative au droit de l’Eglise, souligna quelqu’un, précise : « certains ouvrages ».C’est, qu’en effet, l’Eglise considère comme ne relevant pas de son autorité les ouvrages d’un caractère purement scientifique, les précis de mathématique, par exemple.Gardienne du trésor des dogmes et de la morale, elle limite sa fonction à ceux qui concernent la foi et les mœurs.Néanmoins, très souvent dans les traités scientifiques modernes se mêlent aux données purement scientifiques, des considérations et conclusions d’ordre moral qui requièrent l’intervention de l’Eglise.On ajouta aussi que le droit de l’Eglise est universel comme elle, et s’adresse à tous les peuples de la terre.Si certaines circonstances ou difficultés entravent son exercice, il n’en demeure pas moins réel.Un assistant demanda si l’Eglise est seule à opposer des restrictions à la littérature perverse.On fit alors remarquer qu’avant même le jugement de l’Eglise, il y a la loi naturelle qui vient de Dieu, et qui fait qu’un homme n’a pas le droit d’user de n’importe quel moyen et de se servir de son intelligence et de sa volonté n’importe comment.L homme est créé en vue d’une fin : atteindre Dieu lui-même dans la mai 1953 403 béatitude éternelle.Pour y arriver, il ne lui est pas loisible de négliger certains obstacles.Tels sont les livres pornographiques qui amènent sa déchéance.Pas n’est besoin d’attendre une mise en garde ou une défense formelle de l’Eglise à leur sujet.On ne peut s’accorder une liberté illimitée de voir et de lire tout ce qui se présente.L’Etat également, en nombre de cas, interdit certaines publications.L’autorité civile, dépositaire du bien commun est alors tout à fait dans son rôle.Le bien commun ne comprend pas seulement les biens et les progrès matériels, mais encore les bonnes mœurs et la vertu, susceptible de diriger le citoyen dans l’usage des biens matériels.Ce droit incontestable de l’Eglise en matière de lecture, soulève pourtant de par le monde même catholique, de multiples objections.En particulier on fait appel à la liberté : de conscience, de presse et d’opinions.C’est là du rationalisme à la Voltaire ; cela répugne à la Révélation et à la saine raison.Dénaturer ainsi la liberté, c’est ouvrir la porte au scepticisme ; car la raison individuelle devenue sa propre règle, sentant sa débilité et son incapacité, en vient bientôt à douter d’elle-même et de tout.C’est en plus, et c’est encore bien plus évident, détruire la foi, qui nécessairement repose sur l’autorité divine comme motif déterminant et sur l’autorité de l’Eglise comme règle nous indiquant ce qui est révélé ou ne l’est pas.Si l’autorité civile a le droit d’arrêter les faux monnayeurs, à plus forte raison l’autorité ecclésiastique a-t-elle le droit et le devoir de prohiber les livres enseignant l’erreur et l’immoralité.Car, le bien compromis par la diffusion des mauvaises publications est d’un ordre incomparablement supérieur à celui qu’attaquent les faussaires.D’ailleurs, les précurseurs du rationalisme, les Réformateurs du XVIe siècle, malgré leurs principes de libre examen et d’interprétation individuelle de l’Ecriture, n’ont-ils pas été assez sévères contre les écrits qui les contredisaient ?Les Luthériens proscrivaient les écrits des Calvinistes et ceux-ci, les écrits des premiers.Et aujourd’hui les communistes, disciples authentiques de Voltaire et de Rousseau permettent-ils chez eux, d’autres écrits que ceux du Parti ?C’est cela ! quand on veut défendre l’intégrité d’une doctrine et d’un idéal, on doit nécessairement proscrire les écrits contraires.Pour maintenir chez ses membres l’intégrité de la foi catholique, l’Eglise qui est une société organisée, doit nécessairement leur défendre la lecture d’ouvrages contraires à ses croyances.Deuxième question L’histoire démontre que de tout temps l’Eglise a exercé son droit de contrôle sur les écrits.Dès les débuts du Christianisme saint Paul fait preuve d’un grand zèle sur ce point.Au cours des siècles, les Pères veillent à l’intégrité de la doctrine ; les Evêques prennent des décisions : les Conciles promulguent des décrets tendant au même but ; et particulièrement les Pontifes romains déploient un soin infatigable et frappent de condamnation toute manifestation d’erreurs.Avant l’invention de l’imprimerie, l’Eglise condamne les doctrines et ordonne de brûler les manuscrits qui les contiennent.Après son 404 LECTURES apparition, au XVe siècle, il ne s’agit plus seulement de sévir contre les écrits mauvais déjà édités, mais encore de prendre des mesures préventives contre la diffusion d’ouvrages de ce genre.Est donc instituée la censure préalable des livres.Toutefois, cette disposition prise à l’époque très troublée de la Réforme n’empêche pas la propagande des principes des promoteurs.L’Eglise, dans divers diocèses, commence à cataloguer les livres que peuvent lire et garder les fidèles ; c’est l’origine des Index.A Rome, le Saint-Office prépare un Index général qui paraît en 1557, et qui, modifié et complété de temps en temps demeure jusqu’en 1900, le catalogue des livres prohibés.En cette année, Léon XIII lui en substitue un nouveau.De nouvelles éditions sont ensuite publiées, dont la dernière remonte à 1948.Jusqu’en 1571, le Saint-Office assume seul la charge de l’examen et de la censure des livres.A cette époque est instituée à cet effet la Congrégation de l'Index.Mais en 1917, Benoît XV la supprime et attribue de nouveau au Saint-Office une compétence exclusive en ce domaine.Evidemment, étant donné le nombre incalculable de publications, toutes les mauvaises ne peuvent se trouver inscrites au catalogue de l’Index.Pour parer à l’inconvénient, Pie IV avait, dès 1564, mis en tête du catalogue qu’il approuva alors, dix règles générales qui demeurèrent en vigueur jusqu’à la Constitution «Officiorum ac mune-rum» publiée par Léon XIII, en 1897.La législation actuelle se trouve dans les canons 1395-1405 du code de Droit canonique en usage depuis 1917.Très peu de modifications ont été apportées aux règles précédentes.Ces règles maintenant au nombre de douze, sont contenues dans le canon 1399, de l'Index.Occupant une place capitale dans la législation sur la prohibition des lectures, l’on ne saurait trop insister sur leur importance et universalité tout comme sur les exigences inéluctables du droit naturel.Aussi Monsieur le Directeur a-t-il tenu à donner le texte intégral de ces lois qu’il importe de bien connaître afin d’en faire l’application dans tout cas concret particulier.Tout catholique devrait avoir l’entraînement capable de lui faire dire : ce livre tombe sous telle loi de l’Index, je n’ai pas le droit de le dire, sans îa permission de l’Evêque.SONT PROHIBES DE PLEIN DROIT : 1.Toutes les éditions et les versions de l'Ecriture Sainte faites ou publiées par des uon-catbolic/ues.Les étudiants en théologie ou en Ecriture Saint* .ceux qui s’occupent de quelque manière d’études théologiques ou bibliques peuvent se servir des livres dont il est question.Toutefois, il faut que ces éditions soient fidèles et complètes, et que dans les préfaces et les notes on n’attaque pas les dogmes de la foi catholique.2.Les livres de n’importe quels auteurs qui propagent l’hérésie ou le schisme, ou qui, de quelque façon que ce soit, tentent de détruire les fondements mêtnes de la religion.mai 1953 405 Sont donc prohibés les livres qui défendent le scepticisme, le matérialisme, ceux qui attaquent l’existence de Dieu, la liberté et la spiritualité de l’âme, et même, semble-t-il ceux qui attaquent les motifs de crédibilité de la religion catholique : miracles, prophéties, divinité de Notre-Seigneur, témoignage des Ecritures, etc.N.B.: Les écrits faisant l’apologie du communisme tombent sous cette loi.D’ailleurs, un décret du Saint-Office en date du 1er juillet 19-19 le précise.Cf.Nos Cours, Vol.XI, no 7.3.Les livres qui, de parti pris, attaquent la religion ou les bonnes mœurs.Egalement les périodiques, journaux, etc., qui attaquent la religion catholique ou la morale, même naturelle.4.Les livres de tous les auteurs non-catholiques qui traitent « ex professo » de religion, à moins qu’il ne soit évident qu’ils ne contiennent rien de contraire à la foi catholique.C’est-à-dire les livres des non-catholiques quelconques, même juifs ou païens, ayant pour objet considérable, sinon principal, des matières religieuses, par exemple la théologie, l’histoire, la philosophie, à moins qu’il ne soit certain que ces ouvrages ne contiennent rien d’important contre la foi.5.Certains livres publiés sans la censure préalable : les livres des Saintes Ecritures ou leurs annotations et commentaires ; les traductions en langue vulgaire des Ecritures faites même par des catholiques ; les livres et les opuscules qui racontent des apparitions nouvelles, des révélations, des visions, des prophéties et des miracles, ou qui introduisent des dévotions nouvelles, même sous¦ prétexte qu elles sont privées.La raison pour laquelle l’Eglise condamne ces ouvrages, lorsqu’ils n’ont pas été soumis à la censure préalable, c’est qu’elle est obligée de veiller à ce que le texte de l’Ecriture en quelque langue que ce soit ne subisse aucune altération et que la foi des fidèles ne soit pas troublée par toutes sortes de nouveautés souvent insolites.6.Les livres qui attaquent ou tournent en dérision l'un quelconque des dogmes catholiques ; ceux qui soutiennent des erreurs proscrites par le Siège apostolique ; ceux qui déprécient le culte divin ; ceux qui tendent à ruiner la discipline ecclésiastique et ceux qui, de parti pris, insultent la hiérarchie ecclésiastique, l'état clérical ou religieux.On peut s’attaquer au culte divin en le critiquant ou le ridiculisant ; tendre à renverser la discipline ecclésiastique en attaquant l’autorité du Souverain Pontife, le pouvoir des Evêques.7.Les livres qui enseignent ou recommandent la superstition de quelque genre qu'elle soit, les sortilèges, la divination, l'évocation des esprits et autres choses semblables.Le sortilège est la recherche des choses futures ou cachées par les sorts, les dés, les cartes.La divination est la recherche des choses futures ou cachées en des actes libres futurs par des moyens impropres à fournir cette connaissance, v.g.l’invocation du démon.La magie est l’art prétendu d’obtenir des effets surprenants qui dépassent les forces 406 LECTURES humaines ; elle suppose, quand elle est réelle, l’intervention du démon.L’évocation des esprits a pour objet de mettre les vivants en relation avec les âmes des défunts, comme l’affirment les spirites.8.Les livres qui prétendent établir la licéité du duel, du suicide ou du divorce ; ceux qui traitant des sectes maçonniques et autres sociétés secrètes, prétendent qu’elles sont utiles et qu'elles ne nuisent ni à l’Eglise ni à la société civile.9.Les livres qui « ex professo » traitent des choses lascives ou obscènes, les racontent ou les enseignent.« Pour que les romans tombent sous le coup de cette loi, il faut : qu’ils soient pornographiques et qu’il y soit question de choses lascives et obscènes ; que l’auteur les traite, les raconte ou les enseigne ; qu’il le fasse ex-professo, c’est-à-dire formellement, ouvertement.Pour que l'expression ex-professo soit vérifiée dit, la Revue théologique française (1897, p.35), il faut que l’attaque aux mœurs soit directe, mais il n’est pas nécessaire qu’elle le soit explicitement, c’est-à-dire du fait de î’auteur ; il suffit que l’ouvrage, par sa nature et son contenu, attaque ouvertement les mœurs.Quelques lignes ne suffisent pas ; mais il n’est pas nécessaire que l’immoralité remplisse tout l’ouvrage, il suffit d’une partie notable.» (Bethléem).Une grande proportion de notre littérature contemporaine est donc frappée par cette loi.10.Les livres liturgiques approuvés par le Siège apostolique dans lesquels quelque chose aurait été changé et qui de ce fait, ne concorderaient plus avec les éditions approuvées par le Saint-Siège.Un changement accidentel dans l’ordre des matières ne semble pas défendu par cette règle ; de même les répétitions sont permises.11.Les livres qui divulguent des indulgences apocryphes ou qui auraient été proscrites ou révoquées par le Saint-Siège.Des indulgences apocryphes sont des indulgences fausses.12.Les images, quel que soit leur mode d’impression, de No/re-Seigneur Jésus-Christ, de la Bienheureuse Vierge Marie, des Anges et des Saints ou autres serviteurs de Dieu, qui ne seraient pas conformes au sentiment de l’Eglise et à ses décrets.h ?Comme l’on voit un livre peut, sans être nommément à l’Index, se classer facilement sous l’un de ces différents chefs.Ce serait fausser la pensée de l’Eglise que de la croire tenue à fournir une liste à date.Ses décrets sont d’ailleurs transmis au fur et à mesure, comme aussi les cotes formulant une échelle d’appréciation des lecteurs, par des organismes, des revues, des journaux spécialisés à cette fin.Nous aimons aussi à noter que l’Eglise dans ses condamnations use de divers procédés selon le cas particulier des auteurs en cause.Parfois le jugement ne porte que sur une œuvre, et parfois sur toutes.Lorsque toutes les œuvres d’un auteur (opera omnia) 1 sont atteintes en bloc, certaines cependant peuvent échapper.Toutes celles qui traitent de religion sont prohibées ; tandis que d’autres, si elles ne sont ni nommément condamnées, ni atteinte par la loi générale peuvent être lues : 1.Pour le sens de la condamnation «opera omnia », voir Lectures d’avril 1949, p.455.mai 1953 407 ex.le Rêve de Zola.Certains écrivains sont mis à l’Index pour leurs romans (fabulæ amatoriæ) c’est-à-dire, d’après des commentateurs autorisés, pour leurs romans d'amour impur, récits inventés et formellement obscènes.Ainsi leurs romans qui ne sont pas dans cette catégorie échappent aux rigueurs de la loi positive et leur valeur s’apprécie d’après les règles générales.Troisième question Tous conviennent qu’à moins de dispense, en cas de raisons légitimes, il y a faute morale à lire un ouvrage condamné, quels que soient les moyens de défense d’un individu contre le danger d’une mauvaise lecture.Même avec cette dispense, la conscience reste engagée au cours de la lecture ; adviennent des doutes, des pensées impures, obligation est de l’arrêter.Lire un livre condamné c’est d’abord transgresser un précepte grave de l’Eglise, c’est mépriser la loi en opposant son jugement personnel ; c’est en plus s’exposer à un grave danger de commettre le péché, de perdre la foi ou de tomber dans telle erreur, par exemple l’existentialisme.Si l’Eglise condamne les mauvais livres, c’est précisément pour nous éviter tous ces dangers.S’il ne s’en trouve pas, si par exemple, le livre, sans être mauvais, est condamné faute d’imprimatur, la faute morale est moindre, mais reste quand même.Pour déterminer la gravité de telle faute, il faut considérer le texte parcouru ; même bref, il peut constituer une matière grave ; par exemple s’il contient expressément l’une des erreurs pour lesquelles l’ouvrage a été condamné.Même s’il ne contient pas l’une de ces erreurs, le lire est encore péché, bien que la gravité dépende de la longueur du texte lu.On dit : si la partie est notable.Combien de pages ?Aucun auteur n’alloue plus de dix pages.Quant aux anthologies, aux pages choisies et aux éditions expurgées, on peut les lire sans inconvénient.Toutefois pour obvier au danger de donner aux jeunes le goût d’une littérature brillante, mais malsaine les professeurs doivent-ils toujours avoir soin de dénoncer la perversité de tel ou tel auteur.Il est aussi opportun de rappeler qu’un livre prohibé ne peut sans permission requise, être édité, lu, gardé, traduit communiqué à d’autres personnes.Les libraires ne doivent vendre, prêter, garder les livres traitant ex professo des choses obscènes.Quant aux autres livres prohibés, ils ne peuvent les avoir en magasin qu’après avoir obtenu du Saint-Siège l'autorisation nécessaire.Même alors, ils ne peuvent les vendre qu’à ceux qu’ils jugent prudemment être en droit de les demander.La même ligne de conduite s’applique aux bibliothécaires.Les défenses de l’Index demandent à tous une soumission non seulement extérieure, mais intérieure aux vues de l’Eglise.Bien plus, elles obligent même tous les fidèles, en particulier les clercs et ceux qui sont constitués en dignité ou se distinguent par leur science à collaborer à la tâche de l’Eglise en déférant les livres pernicieux aux Ordinaires ou au Saint-Siège.Et ce, non seulement en donnant le titre de l’ouvrage mais encore les raisons motivant sa prohibition.(Canon 1397.) 408 LECTURES Souvent alors l’autorité compétente, ordinairement le Saint-Siège, par le Saint-Office intervient.Il confie l’examen du livre à des censeurs compétents.D’après leur verdict, l’Eglise condamne, s’il y a lieu.C’est ainsi qu’elle vient de condamner par un décret du Saint-Office, en date du 24 mai 1952, toutes les œuvres d’André Gide.Si trop de catholiques ne montrent pas le respect dû à la sollicitude de l’Eglise, c’est qu’un trop grand nombre ignorent sa législation.Dans une propagande destinée à la faire connaître on ne saurait assez insister en même temps sur la nécessité primordiale de la formation de la volonté et de la conscience.Une simple connaissance intellectuelle s’avérerait inefficace ; seule une longue et sérieuse éducation de la conscience pourra aider nos gens, les jeunes surtout, à prendre une position légitime devant les occasions prochaines de péché si multiples de la vie moderne : telle représentation de cinéma, telle danse, telle lecture, telle personne, etc.On oublie trop facilement que se mettre ' olonrairement dans l’occasion prochaine, c’est déjà pécher.Quatrième question Quant aux livres non condamnés la prudence la plus élémentaire exige d’en cesser la lecture dès qu’on les constate dangereux.Les lire, c’est s’exposer à la tentation ou encore plus au risque de perdre la foi ou de tomber dans une erreur incompatible avec elle.De toute évidence, certaines précautions s’imposent au préalable : se renseigner, consulter, et admettre que des ouvrages convenables pour les uns ne le sont pas pour tous indistinctement, en raison de l’âge, de la culture, de la formation et de la condition de vie.Le fait d’être adulte ne rend pas apte à tout absorber.L’expression adulte formé doit avoir un sens bien précis par rapport au volume.Cela signifie : formé dans la spécialité du livre : théologie, philosophie, etc.Certains livres de médecins, d’anatomie, et même de morale sont indispensables à certaines classes de personnes ; tandis qu’ils seraient une occasion de péché pour d’autres non appelées à exercer le ministère du confessionnal, par exemple, ou des professions comme la médecine et ses nombreuses branches connexes.Quelqu’un demanda en quelle considération il fallait tenir certains traités modernes touchant les problèmes de la vie conjugale.Comme réponse, il suffit de rappeler qu’en maintes circonstances le Saint-Père a parlé d’écrits, livres et articles touchant l’initiation sexuelle même publiés par des catholiques, « qui souvent obtiennent aujourd’hui d’énormes succès de librairie et inondent le monde entier, envahissant l’enfance, submergeant la génération montante, troublant les fiancés et les jeunes époux » 1.Et le Saint-Office, dans un avertissement, en date du 30 juin 1951, marquait clairement sa réprobation à l’égard de certaines publications très répandues concernant la vie conjugale.2 1.Discours de S.S.Pie XII à des pcres de famille (18 sept.1952).Nos Cours, Vol.XIV, no 6 2.Un grave avertissement du Saint-Office.Nos Cours, Vol.XIV, no 9.mai 1953 409 Un décret de la S.Congrégation du Saint-Office DANS la réunion plénière du mercredi 7 janvier 1953 de la Suprême Congrégation du Saint-Office, les Eminentissimes et Révérenaissimes Cardinaux préposés à la défense de la foi et des mœurs, sur l’avis des Rév.mes Consulteurs, ont condamné et prescrit de placer à l’Index des livres défendus : Les événements et la foi 1940-1952 (Jeunesse de l’Eglise) Editions du Seuil, Paris.Et le samedi 14 mars, Notre Très Saint Père le Pape Pie XII, dans l’audience accordée à Son Eminence Rév.me le cardinal Pro-Secrétaire du Saint-Office a approuvé la décision des Eminentissimes Pères, qui lui avait été soumise, l’a confirmée et a ordonné sa publication.Donné à Rome, au Palais du Saint-Office, le 16 mars 1953.Marius Crovini, Notaire FAITS ET COMMENTAIRES Instantanés Quarantième anniversaire du « Droit » Le 27 mars dernier marquait pour le Droit d’Ottawa le quarantième anniversaire de sa fondation par le R.P.Charles Charlebois, o.m.i.Ce quotidien qui, pendant de longues années, ne fut presque uniquement qu’un organe de combat et.de défense est devenu une entreprise durable, solide et florissante.Grâce au dévouement inlassable et au zèle éclairé des successeurs du R.P.Charlebois : MM.Edmond Cloutier, Esdras Terrien, Aurèle Gratton et Camille L’Heureux, rédacteur en chef actuel, le Droit, qui publie aujourd’hui à plus de vingt pages par jour, se compare avantageusement aux principaux organes de la capitale canadienne : le Citizen et le Journal.Son action se révèle comme une des plus efficaces et des plus décisives dans l’effort vigilant qu’impose à l’élément français le devoir de sa survivance en terre ontarienne.AI.Roger Lemelin à l’honneur La Fondation Rockefeller vient de décerner à M.Roger Lemelin, romancier canadien-français bien connu, une bourse de voyage de deux ans en Europe, pour son dernier roman : Pierre le Magnifique.Réunion internationale de « PAX RO MAN A » à Venise La troisième réunion internationale d’étude, organisée par Pax Romaua — MllC, s’est déroulée à Venise du 14 au 18 mai, au siège de la Fondation Giorgio Gini.Le thème de cette importante assemblée, à laquelle participèrent des intellectuels venus de tous les pays, était : 410 LECTURES Les problèmes de la population dans leurs aspects économiques.Dans le cadre de ce thème central furent mises en discussion les questions les plus essentielles relatives au grave problème démographique, dans l’exposé de ses divers aspects.Cette réunion constituait une préparation efficace des catholiques à la conférence prévue par l’ONU pour 1954 sur cette question.Avis du Surintendant de l'Instruction publique aux commission scolaires Conformément aux instructions reçues du Comité catholique, M.Omer-Jules Désaulniers, surintendant de l’Instruction publique, rappelait ces temps derniers aux commissions scolaires que la moitié des dépenses faites pour les prix de fin d’année devait être affectée à l’achat de volumes canadiens.La note précisait de plus que les municipalités qui ne se conformeraient pas à cette disposition de la loi, ne pourraient bénéficier des subventions régulières du Département.Une telle mise au point ne peut que réjouir les éditeurs canadiens et recueillir l’assentiment des esprits qui, jusqu’ici, déploraient avec raison le peu de souci de nos commissions scolaires pour la diffusion des ouvrages canadiens.Même si cette disposition ne vise à contrôler l’emploi que d’une moitié des sommes consacrées à l’achat des prix de fin d’année, elle risque de porter un coup sérieux à l’ineptie de ceux qui ont cru sage de récompenser, depuis quelques années, le mérite scolaire par des distributions d’articles de sports et de jouets de pacotille.Notre littérature, sur laquelle d’aucuns s’acharnent à dauber avec une insolence aussi puérile qu’injuste, mérite d’être connue, car elle se révèle propre à nourrir dans l’âme des jeunes un sain patriotisme et à y développer le respect de la morale.De ce fait, elle s’inscrit donc au tout premier rang des facteurs de formation qu’il importe de mettre à la portée de la gent écolière, si l’on veut que les principes inculqués ne demeurent pas lettre morte.Par cette prise de position aussi ferme qu’éclairée, le Département de l’Instruction publique rend aux lettres canadiennes un inappréciable service.Il contribue à créer ce climat d’enthousiasme et d’intérêt qui, demain, hâtera la maturation d’une littérature nationale.Puissent toutes les commissions scolaires de cette Province se rendre au désir de l’autorité et s’octroyer ainsi un nouveau titre à la reconnaissance de notre groupe ethnique.Gaëtan Valois MINUTES RETROUVEES Verve, humour, esprit sont les trois lois qui ont guidé l'auteur de ces mémoires.Notaire d’une petite ville de province où le moindre incident prend figure de grand événement, l’auteur nous livre des brins de philosophie-humoristique inspirée par une vie paisible au milieu d'honnêtes paysans.230 pages, 22 dessins de Lapalme $2.50 FIDES, 25 est rue St-Jacques, Montréal — PL.8335 MAI 1953 411 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Littérature PHILOSOPHIE OTIS (Eugène).1 La doctrine de l'évolution.2 vol.Montréal, Paris, Tides, 1950.20.5cm.(Coll.Philosophie et problèmes contemporains, no 9).S4.00 (par la poste $4.40).TB-S Dans cette œuvre, l’abbé Otis nous présente une synthèse de l’état actuel de la doctrine de l’évolution, considérée sous un triple aspect : scientifique, philosophique et théologique.Dans un premier volume, il traite de l’aspect scientifique de la question.Distinguant entre le fait de l’évolution et son explication, l’auteur affirme que le fait est accepté universellement par les savants les plus reconnus, tandis que l’explication de ce fait donne lieu à de multiples opinions, que l’auteur ramène à deux catégories : le mécanisme et le finalisme.Il conclut ensuite en traitant des modes d’évolution (continu ou discontinu, rapide ou lent) 2, du commencement de la vie (possibilité de génération spontanée), et du terme de tout le processus d’évolution.Le teneur du premier volume consiste dans l’affirmation que l’évolution universelle est un fait nullement controversé par les experts, si ce n’est peut-être par les seuls théologiens et scolastiques (Fixistes).C’est pourquoi, dans le second volume, dédié particulièrement canadienne M.l’abbé Eugène Otis aux thomistes, la question reste à savoir si dans la doctrine philosophique de saint Thomas, il n’y a pas des principes qui, indépendamment de l’expérience, pourraient rendre compte d’un certain transformisme philosophique.L’investigation terminée, l’auteur répond par l’affirmative.Fn effet, si l’on considère l’ensemble de la doctrine de saint Thomas, non seulement il ne répugne pas mais on peut même admettre une évolution transformiste.Et la chose devient évidente, si l’on L Recension insérée dans la revue Angelicum, périodique trimestriel des facultés Je* théologie, de droit canonique et de philosophie.Roma, Salita del Grillo, vol.30, fasc.I, janvier-mars 1953.2.Les parenthèses sont de l’auteur de cette recension, écrite en latin.412 LECTURES tient compte, comme on le devrait, de certains principes de la philosophie thomiste qui sont considérés aujourd’hui par plusieurs comme désuets ; ainsi, par exemple : l’existence de la cause seconde universelle tant efficiente que finale dont l’influence donne son efficacité à la cause univoque elle-* même comme cela arrive dans le cas de la génération humaine (« l’homme engendre l’homme de la matière avec le concours du soleil »).C’est précisément grâce à cette causalité universelle que saint Thomas peut parler de la possibilité de la génération spontanée i.e.du passage d’un être d'espèce non-vivante à un être supérieur d’espèce vivante, admettant ainsi que l’imparfait est cause du plus parfait, non certes en raison de la causalité particulière de l’être non-vivant mats en raison de la causalité universelle ou équivoque ; et cela tout en gardant sauf le principe de causalité.Dans une considérable et profonde analyse, l’auteur, ensuite, traite à fond des autres principes qui doivent coopérer au processus transformiste, tels : la matière première, la disposition proportionnées de la matière à la forme, l’altération, l'appétit des formes, la privation de la forme, la subordination des causes.Il montre bien comment, à moins d’admettre la causalité universelle, la contingence et le hasard ne peuvent s’expliquer.Et toutes ces thèses sont confirmées par des textes authentiques de saint Thomas.Dans la conclusion de cette partie philosophique, l’auteur fait un magnifique exposé des textes de saint Augustin sur la création simultanée et sur les raisons sémi- nales.Avec une brève interprétation des textes de la Sainte Ecriture et du magistère ecclésiastique, il rappelle aussi le témoignage de théologiens sur cette question de l’évolution.Toutes choses pesées, cette œuvre doit être jugée excellente (optimum) et très utile, et mérite à l’auteur la plus grande reconnaissance de la part de ceux qui scrutent ce problème.Il est seulement nécessaire de remarquer que même si le fait de l’évolution, sous un certain rapport, ne peut être ignoré aujourd’hui par personne, cependant, dans le sens universel soutenu par l’auteur, ce fait n’a encore de valeur rationnelle qu’hypothétique (cf.quant au corps humain, Ency.Humant generis).En effet, les arguments apportés en sa faveur sont très discutés ; ses causes et son explication ne sont pas encore certaines et n’ont pas encore obtenu le consentement unanime des experts.Cette remarque faite, toute la doctrine du premier volume, exposée avec un si grand soin et une aussi grande érudition est très acceptable ; d’autant plus que c’est à peu près l’unique travail qui résume, d’une façon brève sans doute mais clairement et intégralement tout l’état de la question.Mais bien plus digne d’admiration encore tout ce qui, dans le second volume, est énoncé avec une aussi grande habileté et facilité en vue de montrer la fécondité de la doctrine de saint Thomas, dont les principes peuvent servir à une discussion et à une étude de l’évolution des espèces elles-mêmes.Il s’agit, en effet, d’une question très complexe, à savoir mai 1953 413 si le processus d’évolution des espèces peut être admissible par la Philosophie, même sans intervention divine spéciale dans le cas de la production d’êtres nouveaux spécifiquement supérieurs ; et cela sans verser dans l’extravagance et la folie du mécanisme.Evitant le concordisme, l’auteur ne doute pas que la philosophie de saint Thomas, considérée dans son ensemble, contient en elle-même cette possibilité.Et il le prouve par une excellente (optima) démonstration.Nous saluons donc avec grands applaudissements cette iniative.En effet, la structure de la doctrine, exposée dans ce second volume, bien que réclamant une étude plus détaillée sur certains points particuliers, indique clairement déjà la seule solution possible du transformisme philosophique, au sujet duquel les auteurs, en très grand nombre déjà, ont produit les fruits remarquables d'un inlassable labeur, mais pas encore jusqu’à présent complets et définitifs à tous points de vue.Rappelons comme mémoire, par exemple : A Müller (Die Stellung des Menschen im Kos-wos, Bonn, 1948), J.Caries (Unité et vie, Paris, 1946), V.Marcoz-zi (la Vita e l'uomo, Milano, 1946), P.Léonardi (l'Evoluzione dei viventi, Brescia, 1950), A.Mit terer (Die Zeuzung der Organismen, insbesondere des Menschen, Wien, 1947).On peut considérer la Doctrine de l'évolution comme leur complément dans l’ordre de la doctrine, même si certaines difficultés d’application pratique pour l’avenir restent à élucider.Meth.M.Hudeczek, o.p.SCIENCES APPLIQUEES Annales de VACFAS.Pour l’année 1951-1952.Montréal, Association canadienne-française pour l’avancement des sciences {1953}.Volume 128p.22.5cm.TB-S L’Association canadienne-fran-çaise pour l’avancement des sciences, mieux connue sous le sigle familier de l’Acfas, publie, dans ce volume 18, le compte rendu de ses activités et de celles des sociétés affiliées, y compris le rapport du secrétaire général pour l’année 1950-1951 Deux textes sont à signaler : ceux de l’ingénieur Ignace Brouillet, alors président de l’Acfas, et de l’agronome René Pomerleau qui publie des commentaires sur le rapport de la Commission Massey.Les quelques paragraphes de M.Brouillet attirent l’attention du public sur la nécessité de « l’indispensable coordination entre les différents degrés de l’enseignement qui demeurent encore trop compartimentés ».Cette question est à l’étude et marque progrès.M.Pomerleau aborde la question de l’assistance aux universités.Cette question aussi est à l’étude et n’est pas de règlement aussi facile que d’aucuns le croient.Il y a des besoins, mais aussi des droits qu’il ne faut pas infirmer quelles que soient les sympathies que l’on porte au haut enseignement.Espérons qu’un règlement dans la justice et le respect des droits des provinciaux surgira bientôt.Il s’agit ici plus que d’un banal compte rendu de congrès vu 414 LECTURES l’ampleur, le sérieux, l’objectivité des travaux présentés lors de cette session et au cours de l’année écoulée.On se rend enfin compte à la lecture de ces pages que la science sous toutes ses formes, dûment maîtrisée,, fera prendre place à notre petit peuple dans l’économie nationale et continentale.Educateurs et hommes de sciences feront bien de prendre connaissance de ce volume.R.L.LITTERATURE Ecrits divers BRUNEAU (Jean).Amours, délices et orgues.Pastiches.Québec, Institut Littéraire du Québec, 1953.177p.19cm.$1.50 (par la poste $1.60).B S’il faut convenir que le pastiche est un genre parasite, il importe aussi de reconnaître que ce divertissement pour esprits distingués peut devenir, entre les mains de celui qui le cultive, une arme à deux tranchants.Car, là comme ailleurs, l’esprit qu’on veut avoir gâte souvent celui qu’on a.Et à vouloir faire rire aux dépens de tel écrivain dont les faiblesses font une proie facile, il arrive parfois qu’on risque d’être éclaboussé de ridicule.Mais le pastiche n’est pas que dangereux : il est aussi révélateur d’une certaine maturité d’esprit.A l’instar de la société, la littérature n’accède vraiment à l’âge adulte qu’à partir du jour où, par un phénomène de dédoublement, elle acquiert la sagesse de se censurer elle-même et de dauber ses propres travers.Conformément aux aon-nées de l’expérience quotidienne, il n’y a que les esprits frappés d’infantilisme et les cuistres prétentieux pour porter sur leurs faits et gestes le perpétuel verdict d’une inaltérable complaisance.Grâce à M.Jean Bruneau qui, dans ce domaine, suit l’exemple d’un Louis Erancœur et d’un Philippe Panneton, il nous est permis de croire que le sort de l’esprit de finesse n’est pas à jamais compromis dans nos lettres.Mais ne nous faisons pas illusion sur l’imminence de l’avènement du comique dans une littérature dont le rythme d’évolution risque à tout instant de déconcerter l’enthousiasme et de lasser l’optimisme.La littérature française a dû attendre La Bruyère et Boileau pour apprendre à se gausser d’elle-même.La république des lettres constitue une espèce d’Olympe miniature où la majesté des dieux s’accommode assez mal de l’impertinence des valets.Est-ce là laisser entendre que les pastiches de Jean Bruneau provoqueront un remous d’indignation au sein de l’élite littéraire canadienne-française ?A vrai dire, nous ne les croyons pas réservés à un tel honneur.L’auteur d'Amours, délices et orgues possède un certain sens de l’humour et il voit juste.Mais sa verve amusée et franche n’échappe pas cependant tout à fait au puéril et à l’artificiel.Il arrive même que l’essoufflement se trahisse chez Bruneau par un recours discret mais évident au procédé.Qu’il se sente menacé de perdre haleine ou dépassé par les exigences d’un genre où la qualité du détail importe plus que partout ailleurs, notre compatriote tente de contourner l’obstacle par un emploi intempestif et gauche de la lapa- mai 1953 415 lissade et de l’artifice caricatural.Il en résulte que, dès lors, ses pastiches souffrent d’un certain grossissement qui, à la longue, déforme et contrefait l’original.Si parfois le ton demeure accordé au modèle, l’optique est presque toujours faussée et la mesure dépassée.On ne saurait faire grief à l’auteur d'Amours, délices et orgues de ne pas manier le pastiche avec la même maîtrise et la même verve que les fameux duettistes français Charles Muller et Paul Rebuux dont les pièces peuvent être considérées à juste titre comme des modèles du genre.Mais n’aurait-on pas raison de reprocher à Jean Bruneau de céder trop souvent et d’une manière flagrante à une facilité qui, pour être réelle et révélatrice de dons certains, ne laisse pas cependant de prendre quelquefois pour fine satire ce qui n’est que plate ironie ?Un pastiche ne vaut que dans la mesure où il colle parfaitement sur l’original et en restitue chaque détail au lecteur par le truchement d’une forme où la précision photographique le dispute à la perspicacité critique de l’auteur.Si Jean Bruneau s’en est heureusement souvenu en pastichant Roger Le-melin, Guy Frégault, Marcel-Marie Desmarais, Olivier Mau-rault, Roger Duhamel et Julia Richer, il est regrettable qu’il se soit accomodé avec une telle bienveillance, dans ses autres esquisses, d’approximations douteuses et d’esprit facile.Yves Boisjoly BIOGRAPHIE ORMEAUX (Dollard des).Martyrs du Christ.Saint Isaac Jogues.Illustration de Jacques Gagnier.Montréal, Paris, Fides fc 1953].82p.ill.23.5cm.(Coll.la Grande aventure).J.Martyrs du Christ est une tranche de l’épopée missionnaire canadienne servie aux jeunes dans un style clair et vibrant, par un de leurs meilleurs amis.Ce récit à peine romancé relate la glorieuse mais rude aventure des premiers Jésuites venus évangéliser les tribus indigènes qui peuplaient notre pays à l’arrivée des Européens.Le héros du nouveau livre de Dollard des Ormeaux n’est autre ue le Père Isaac Jogues, ce géant e force, d’endurance et de ténacité intrépide.Au contact de cette âme d’élite, les jeunes sentiront battre en eux le cœur ardent d’un Jean de La Lande fasciné d’héroïsme au spectacle d’une âme dont la carrière apostolique demeure, après trois siècles, un puissant exemple de charité.Us y recueilleront la merveilleuse leçon d’une existence vouée au service de la Foi en dépit de la peur, des tourments et de la mort.Et qui sait si le spectacle de ces martyrs à la merci de peuplades barbares, en butte aux mauvais traitements et promis aux plus cruels supplices, n’éveillera pas l’âme du jeune lecteur à un idéal missionnaire.Contrairement à ces illustrés pernicieux qui mettent sous les yeux de l’adolescence des héros de pacotille, prototypes de tous les fiers-à-bras inventés par la sottise des camelots, le livre de Dollard des Ormeaux a le mérite de proposer à l’imitation de la jeunesse un authentique modèle de noblesse et de générosité.Louis Morin 416 LECTURES Littérature étrangère ••à*** Saint Bernard par Bellont RELIGION Doctrine PRESSE (Dom Alexis).Les plus beaux écrits de saint Bernard.Introduction historique de Daniel-Rops.Ed.du Vieux Colombier.219p.21.5cm.$1.65 (par la poste $1.75).TB Dom Alexis Presse, abbé de Boquen, a colligé pour notre agrément et notre édification, quelques-uns des plus beaux écrits du grand saint Bernard.Cet homme marqué par la Providence, dont l’action s’est déroulée sur la terre de France il y a huit siècles, continue d’exercer son influence.L’introduction de Daniel-Rops couvre cent une pages.On sait que le grand écrivain catholique contemporain Daniel-Rops, se meut à l’aise dans l’Histoire de l’Eglise et avec une particulière facilité dans toute cette période de la France naissante.Daniel-Rops, en une de ces vigoureuses synthèses dont il est coutumier, campe la personnalité de Bernard, abbé de Clairvaux.Il présente l'homme et son message, sa vocation, Clair-vaux et l'ordre cistercien, l'homme et le mystique.Il établit que Bernard fut la conscience de son siècle, un homme d'action.Il présente le message du saint.Pages lumineuses qui éclairent les extraits que Dom Alexis Presse a recueillis à travers la prose abondante de saint Bernard.Personne ne peut se déclarer cultivé, renseigné sur les choses de l’Eglise, sur le rôle de saint Bernard, s’il n’a lu le présent bouquin.Quelques pages évidemment paraîtront dures à certains lecteurs pusillanimes.Que ceux-là se consolent en se disant que saint Bernard a donné pour toujours une leçon de courage à ceux qui ont à traiter avec les grands de leur temps.Et ce courage implique non pas l’obligation de parler ou d’écrire à contretemps, mais de parler et d’écrire et surtout d’agir à temps.Saint Bernard est l’un de ces hommes qui marquent tout un siècle et dont tout le comportement façonne une époque.Ouvrage à lire et à relire.Rodolphe Laplante mai 1953 417 Morale * * * L'Eglise éducatrice de la charité.Congrès national de Lyon 1950.Paris, Unions des œuvres catholiques de France £1951}.215p.22cm.TB Très souvent les comptes rendus de congrès n’intéressent guère les lecteurs ; on préfère plutôt recourir à un ouvrage qui traite « in extenso » d’un problème et de toutes les questions connexes.Cependant tous ceux qui prendront connaissance de ce volume ne le regretteront pas car voilà une somme qui ne néglige rien de tout ce qui touche à la charité et, qui plus est, contient des travaux présentés par des maîtres de l’heure.L’allocution d’ouverture de ce congrès fut prononcée par S.Em.le cardinal Gerlier qui montra à tous, et spécialement aux mouvements catholiques, qu’un triple témoignage de charité s’impose : « charité entre eux tout d’abord », puis charité «à l’intérieur de chaque mouvement », enfin charité qui consiste dans le fait que « l’Eglise, dont se réclament tous nos mouvements, est en elle-même, dans sa doctrine comme dans son culte, une école de charité».Les rapports généraux portèrent sur les thèmes suivants : Monde moderne et charité, travail magnifique présenté par Joseph Folliet et qu’il faut relire plusieurs fois à cause de sa valeur doctrinale ; le Mystère de la charité par S.Exc.Mgr Ancel ; Charité et vérité par le R.P.H.-M.Féret, o.p.; le Culte paroissial, source et expression de la charité ; De la bienfaisance à l'entraide par le chanoine Glorieux ; la Chanté, vie de l'Eglise et ferment du monde par S.Exc.Mgr Garrone.On trouvera aussi dans ce volume une série de travaux consacrés à l’étude du problème de la charité dans les milieux ouvriers, indépendants, ruraux, en relation avec l’Action catholique générale, chez le clergé, les séminaristes, les laïcs et les religieuses.Les carrefours exposent comment l’éducation de la charité peut se faire par la famille, le catéchisme, la prédication, la direction spirituelle, l’école chrétienne et au sendee des malades et infirmes.Une allocution de S.Exc.Mgr de Bazelaire sur la Charité, grandeur de l'homme termine cet ouvrage.Tous ceux qui font partie des organisations si nombreuses qui permettent à l’Eglise de rayonner à travers le monde, se doivent de lire cette synthèse qui illustre la grandeur du catholicisme désireux de réaliser le commandement du Maître : « Aimez-vous les uns les autres ».Roland Germain Spiritualité RICHOMME (Agnès).Contacts avec le Christ.3e série.Paris, Editions Fleurus £1952} 159.21.5cm.Si.50 (par la poste $1.60).TB-A Cet ouvrage s’adresse surtout aux militants de l’Eglise, à qui il rendra plus familiers certains passages évangéliques.Il peut aider à méditer parce qu’il sait s’adapter aux circonstances de la vie moderne.Tous ceux qui éprouvent une salutaire inquiétude spirituelle et 418 LECTURES Agnès Richomme possèdent un certain souci d’a-vancement tireront profit de la lecture de ces pages.Simone Germain Sacrements * * * L'Eglise éducatrice des consciences par le sacrement de Pénitence.Congrès national de Nancy 1952.2e édition.Paris, Union des œuvres catholiques de France [1953}.306p.22cm.TB L’homme contemporain a perdu le sens du péché parce qu’il a perdu la notion d’un être personnel et transcendant à qui il devra rendre un compte exact de ses œuvres et aussi de ses attitudes les plus secrètes.Mais ce facteur n’est pas le seul auquel on puisse imputer la perte du sens du péché : les philosophies pernicieuses aujourd’hui en vogue et les conclusions d’une science indiscrète ont aussi beaucoup contribué à l’avènement de cet état de choses.Féru d’une science qui prétend découvrir en l’homme le champ d’action de déterminismes obscurs, l’esprit contemporain a tôt fait de décliner toute responsabilité morale et refusé de se reconnaître pécheur.Il importait donc au plus haut point que des spécialistes se consacrassent à l’étude et à la résolution des problèmes que pose un tel revirement des esprits.Les conférences reproduites dans le compte rendu du Congrès de l’Union des Oeuvres Catholiques de France tenu à Nancy l’an dernier, n’ont pas pour mission, dans l’intention de leurs auteurs, de répondre adéquatement à tous les besoins mais de poser des jalons sûrs et de guider l’homme du XXe à la redécouverte de sa conscience morale.Ces pages se bornent donc à porter un diagnostic sur le mal actuel, à opposer à la conception beaucoup trop individualiste de nombreux chrétiens une vue plus communautaire du sacrement de Pénitence, à rétablir les droits de la liberté humaine en précisant la notion de responsabilité et celle de sentiment de culpabilité, à rappeler les conditions nécessaires à une efri-cace éducation des consciences et les exigences de la direction spirituelle.Ce volume constitue un arsenal tellement précieux que les prêtres et les éducateurs devraient se faire un devoir d’y aller chercher les armes puissantes que nécessitent les rudes combats auxquels l’Eglise est contrainte aujourd’hui pour sauver, dans la conscience de ses fils, le sens du Bien.Pierre Rigaud mai 1953 419 Famille ARCHAMBAULT (Paul).La famille, œuvre d'amour.Paris, Ed.Familiales de France {1950}.128p.22.5cm.(Coll.Etudes de science et de doctrine familiales).$1.25 (par la poste $1.25).B Tous ceux qui suivent l’évolution du mouvement familial dans la France contemporaine ont appris avec tristesse la mort de Paul Archambault, survenue le 22 novembre 1950.Malgré la notoriété de ce collaborateur assidu de M.le chanoine Jean Viollet, qu’il nous soit permis de signaler ici l’activité intense de Paul Archambault.Professeur de philosophie pendant 40 ans, directeur des Cahiers de la Nouvelle Journée et des Etudes de science et de doctrine familiale, animateur des Commissions d'étude de la Maison de la Famille, col'aborateur à l'Anneau d’Or et aux revues de l’A.M.C., il a publié en 1940 Colères des pacifiques «petit livre rapide, direct, vigoureux où il donne lui-même une vue d’ensemble des tâches nouvelles : Faire prendre conscience à tous de la gravité du problème familial qui n’est pas seulement démographique mais spirituel et social » (Maurice Carité, dans Foyers, février 1951, pp.68-73).Le présent volume, la Famille, œuvre d'amour, est réellement le couronnement de son œuvre et c’est avec chagrin que nous rappelons la disparition de ce grand ami de la famille.Toutefois, cette magnifique synthèse de ses préoccupations dominantes nous permet de communier avec cette grande âme et d’essayer, dans la faible mesure de nos capacités, de réaliser l’idéal familial dont ces pages sont empreintes.Paul Archambault avait un grand souci de présenter son travail avec une logique rigoureuse en laissant de côté toutes les digressions qui se greffent facilement sur un sujet aussi vaste que la famille ; c'est pourquoi tous les chapitres se succèdent ici dans un harmonieux développement.Puisse ce témoignage ému de Paul Archambault éveiller en chacun de ceux qui liront ce livre un écho qui se traduira par un désir toujours plus grand d’inculquer aux apôtres de la famille, le souci de prêcher d’exemple et de répandre la véritable doctrine familiale.Roland Germain BEAUX-ARTS Cinéma FRANK (Nino).Cinéma dell'arte.Paris, Editions André Bonne {c 1951}.191p.h.-.19cm.(Coll.Encyclopédie du cinéma dirigée par André Faigneau).Sl.85 (par la poste $1.95).B?Vue d’ensemble du cinéma italien nous montrant son évolution depuis 1895 jusqu’à nos jours.Assez bon documentaire illustré de photos quelquefois osées.Roland Germain LITTERATURE Ecrits divers BERGER (Pierre).Pierre Mac-Orlan.Une étude par Pierre Berger.Inédits, œuvres choisies, bibliographie, dessins, portraits, fac-similés.Documents photographiques contemporains de Marcel Carpentier.{Paris} Ed.420 lectures Pierre M Jt-Or Lin Pierre Seghers {1952}.224p.ill.16cm.(Coll.Poètes d'aujourd'hui, no 26).$1.95 (par la poste S2.05).B?Comment caractériser ce poète sinon en nous servant d’expressions employées par Pierre Berger ?« Collectionneur d’ombres désespérées », Pierre Mac-Orlan est « aussi peu formel que possible » ; depuis 1924, il a sans cesse poursuivi « un tête-à-tête inquiétant avec les ombres de sa jeunesse misérable rôdant dans un décor de désespérance totale et qu’il a la faculté de dresser à volonté ».Il ne faut donc pas s’étonner si les morceaux choisis qu’on nous offre dans ce volume surprennent le lecteur tant par leur pittoresque que par les éléments troubles et l’atmosphère déprimante qui s’y rencontrent.Le style vert et primesautier est truffé de termes d’argot.Enfin les dessins qui illustrent ces pages en réservent la lecture aux adultes avertis.Roland Germain Roman BOUTRON (Michel).Juliette des montagnes.Paris, Editions André Bonne {c 1952}.205p.19cm.TB Ce recueil de six nouvelles à la fois assez différentes les unes des autres a pour cadre les Alpes et la campagne auvergnate dont il analyse le comportement fruste et âpre des habitants.Un récit enchantera le lecteur plus que les autres : Concerto pour deux violons.Le tout est magnifiquement écrit, dense.L’auteur veut reconstituer une atmosphère et souvent y réussit.Ce texte en prose est fortement descriptif et narratif et tout embaumé d’une poésie agreste imprégnée de mystère et d’action.Ceux qui aiment ces récits vigoureux, un peu nostalgiques, seront ici servis à souhait.Emile Henriot a déjà signalé le talent naissant de Michel Bou-tron dans son roman Hans.Ce deuxième ouvrage révèle un écrivain en progrès.L’auteur ne cède jamais au fatalisme et même si les récits vivants et humains qu’il nous livre sont un peu austères, ils ne sont jamais morbides ou déprimants.Rodolphe Lapi.ante CANAVAGGIA (J.B.).Les bras ouverts.Roman.Paris, Pierre Horay {c 1952}.251p.18.5cm.B?Les bras ouverts est un roman dont le lecteur se demandera le mai 1953 421 pourquoi du titre.S’il croit d’abord que la grâce sera l’aboutissant de ce récit hermétique et sombre, il en viendra bientôt à se demander si ce n’est pas un amour-propre enlevant, inspirateur qui sauvera le héros, peintre médiocre de coucheries successives.Mais il finira par conclure que le titre de l’ouvrage tient son origine du fait que l’auteur donne à son peintre, comme inspiration exclusive, les bras ouverts de femmes faciles.Belle présentation technique du volume, typographie soignée, style correct sans valeur particulière.Quant au récit, l’auteur le veut original, mais ne réussit qu’à tarir la sève de son sujet.Un peintre cherche sa voie dans son art, va d’une aventure à l’autre.Des descriptions du rôle et de la mission du peintre s’annoncent, s’amorcent, puis tournent court, laissant le lecteur insatisfait des définitions esquissées.Le tout laisse une impression de récit inachevé, d’écrit prometteur sans plus.Rodolphe Laplante CHAUFFETEAU (Jean-Gérard).L'affaire Villabiauca.Roman.Paris, Pierre Horay {cl 952J.363p.19.5cm.M Ce roman de Jean-Gérard Chauffeteau est une œuvre manquée, malgré le beau talent de l’auteur.Encore un roman tragique, déprimant, où les personnages évoluent traînant après eux le dégoût de vivre.Morbidité incessante de la trame.A aucun moment du récit, un personnage ne prend une attitude noble ou tout au moins sereine.Nulle part un personnage ne plie le genou devant l’Etre suprême.Bien plus, tout ie volume est 422 farci d’attaques plus ou moins directes contre la religion catholique : les laideurs et les injustices de la révolution y sont imputées à la civilisation chrétienne (p.127) ; l’obscénité y voisine avec le blasphème (p.93 et autres) ; les personnages religieux et les institutions catholiques y sont caricaturées sous des traits répugnants.Malheureusement pour sa bonne renommée d’écrivain, l’auteur ne réussit guère à nous rendre plus sympathique les héros de l’ouvrage.L’autobiographe, Georges, demeure un fantoche tout aussi vain que son idole et rival, Joris, cet exalté viveur qui préfère mourir sous une fausse accusation plutôt que de renoncer à sa légende de surhomme.La pâle Lisbeth, le sinistre Lafaurie, la grotesque Villabianca s’agitent sans nous émouvoir autrement que de dégoût.L’action se passe en un pays de révolution sans désignation précise et a pour toile de fond une action politique clandestine aux contours mal délimités.Aucune page de l’ouvrage n’est fraîche ou reposante.Le récit est un tunnel ténébreux, tout rempli d’idées noires, d’ambitions et de mobiles qui le sont tout autant.On reste sous l’impression que le message de l’écrivain en est un d’injure à toute pratique religieuse.L’auteur rappelle Victor Serge dans son volume les Derniers letups analysé ici même (Lectures, mai 1945, p.189).Pour résumer notre jugement, disons que tout n’est que laideur, sadisme et luxure dans cette « affaire Villabianca ».Aussi n’hésitons-nous pas à déconseiller et à proscrire ce volume.Rodolphe et Germaine Laplante LECTURES BIBLIOTHECA Les colloques de l'A.C.B.F., tenus le 1er wars à l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, comprenaient l'étude de trois sujets : les bibliothèques médicales, les bibliothèques de gardes-malades et les bibliothèques de malades dans les hôpitaux.A l'intention des bibliothécaires qui n’ont pu participer aux séances, nous publions ci-après un résumé des délibérations.Bibliothèques médicales d’hôpitaux Une bibliothèque vaut par la qualité et l’extension de ses collections et par la compétence de ceux qui en ont charge.Le bibliothécaire d’un hôpital doit avoir une instruction générale assez étendue et l’on estime qu’il devrait avoir fait une année d’études pré-médicales au moins.Du point de vue professionnel, il lui faut posséder un diplôme ou un baccalauréat en bibliothéconomie et avoir fait un stage d’au moins un an dans une bibliothèque médicale déjà organisée.Dans notre pays, ce bibliothécaire devra connaître l’anglais et le français à fond et pouvoir lire l’allemand.Il ne faut pas cependant que le bibliothécaire soit un transfuge qui, ayant échoué en d’autres sciences, s’occupe, faute de mieux, de la bibliothèque.Etant en fonctions, ce bibliothécaire devra se familiariser avec la littérature médicale sous toutes ses formes, se tenir au courant des termes nouveaux, voire des acceptations nouvelles de termes anciens, car son rôle n’est pas seulement celui d’un gardien ou d’un surveillant, mais celui d’un collaborateur des médecins.Dans plusieurs de nos hôpitaux, des religieuses accomplissent ces fonctions avec beaucoup de bonne volonté et dans l’ensemble rendent aux médecins les services que ceux-ci attendent.Cependant avec une préparation plus poussée, des qualifications plus étendues, le bibliothécaire peut offrir une collaboration encore plus efficace notamment dans le domaine des recherches bibliographiques.Il va de soi que pour trouver des sujets bien qualifiés, il faudra non seulement leur offrir un traitement convenable, sans lésiner, mais encore les assurer d’une certaine sécurité dans leur emploi et d’un avancement normal.Les dépenses que ceci entraînera seront largement compensées par l’économie de temps, l’amplitude et la rapidité des informations que les usagers de la bibliothèque obtiendront.Les services que l’on attend d’une bibliothèque médicale d’hôpital sont ceux de toute bibliothèque spécialisée.Les collections n’étant pas très considérables on peut économiser sur le coût de la classification en adoptant des systèmes simples mais efficaces.Il importe cependant de garder un ordre systématique de placement sur les rayons pu'sque ceux-ci doivent être accessibles aux clients de la bibliothèque.C’est ainsi que les revues spécialisées devraient se trouver placées auprès des volumes portant sur le même sujet plutôt que dans un ordre alphabétique difficile à justifier.(En effet bien peu de lecteurs connaissant très exactement les titres des revues et oubliant que ce mai 1953 423 titre commence par Journal of, Annals oj ou Bulletin of, etc.ne chercheraient pas à la bonne place).Le bibliothécaire doit s’attendre et se préparer à donner aux médecins tous les renseignements qu’ils désirent sur tel ou tel sujet.Pour y arriver plus facilement, il serait bon qu’il fasse le dépouillement des revues en insérant dans son catalogue autant de fiches-matières que l’article comporte de points essentiels d’intérêt.Opération onéreuse mais qui rend des services signalés au médecin qui veut se renseigner rapidement ou se tenir au courant de publications qui auraient pu passer inaperçues.Le bibliothécaire ira plus loin, il cherchera dans d’autres bibliothèques les informations, livres ou revues dont pourraient avoir besoin ses clients et qui manqueraient dans la bibliothèque.Il fera venir ces articles sur microfilm ou photostat au besoin.Le catalogue sur fiches étant l’instrument fondamental d’une bibliothèque et l’économie de temps qu’il permet de réaliser dépendant du degré de perfection de sa composition, il importe que le bibliothécaire fasse un catalogue aussi complet et aussi élaboré que possible.Il pourra consulter des médecins, des spécialistes pour le catalogue de volumes ou articles portant sur des sujets très spéciaux.Faut-il laisser la bibliothèque médicale accessible aux infirmières et gardes-malades ?Cette question a été débattue sans qu’on puisse prétendre avoir trouvé une réponse satisfaisante.A mon sens les gardes-malades devraient pouvoir tout consulter dans la bibliothèque au risque que certaines d’entre elles n’aient pas la préparation suffisante pour apprécier comme il faut leurs lectures ; le bénéfice que les autres en retireront vaut la peine de tenter l’expérience.On a d’ailleurs fait remarquer que durant leurs études les infirmières n’avaient pas beaucoup de temps pour lire autre chose que les manuels spécifiques à leurs cours.Une bibliothèque médicale doit, bien entendu, toujours être prête à collaborer avec d’autres bibliothèques médicales soit pour échanger des publications soit pour les lui prêter.Que doit contenir une bibliothèque médicale d’hôpital ?En premier lieu, un grand nombre de revues surtout dans les secteurs où l’hôpital se spécialise davantage.Plusieurs revues ont publié des listes de titres suggérés, notamment : 1.«BULLETIN OF MEDICAL LIBRARY ASSOCIATION.» Nouv.série 25 - févr.1937, p.172-188.Jennie Gregory : An Evaluation of Medical Periodicals.Cet article contient un choix basé sur la fréquence de citations d’articles contenus dans 230 revues.Le classement en est fait par sujets.2.«LIBRARY QUARTERLY.» Janv.1937, p.121-140.Judith W.Hunt : Periodicals for the small biomedical & clinical library.L’auteur s’est basé ici sur des statistiques de consultations.3.« JOURNAL OF THE AMERICAN MEDICAL ASSOCIA- TION.» v.114 — Mars 1940, p.1173-1174.424 LECTURES Hospital Medical Library Suggestions.Cette liste se compose de 109 revues et 500 volumes fondamentaux et classés par sujets ; elle donne en outre les adresses des principaux éditeurs.4.« BULLETIN OF THE AMERICAN COLLEGE OF SURGEONS.» v.26 — Avril 1941, p.131-160.The Hospital Medical Library.Cette liste contient 114 périodiques classés par sujets et titres et 500 vols.; elle donne aussi les adresses des éditeurs.Une bibliothèque médicale doit avoir à la disposition de ses usagers des sources de renseignements bibliographiques autres que son propre catalogue.Le « Quarterly Cumulative Index Medicus » malgré l’extrême lenteur de sa mise à jour rend encore beaucoup de services.Depuis 1942 environ le « Current List of Medical Literature », publication mensuelle, est très utile.« Excerpta Medica », publié à Amsterdam, a un caractère beaucoup plus universel, recense plus rapidement mais coûte cher.Il est possible toutefois de ne souscrire qu’à quelques-unes des 15 sections dont cet organe se compose.Une bibliothèque d’hôpital ne doit pas chercher à être une bibliothèque universitaire ; les besoins ne sont pas les mêmes.Ici l’aspect clinique a le pas sur les sciences pures ou la recherche et c’est pourquoi il est fort à souhaiter qu’il y ait une collaboration très étroite entre les Universités et les Hôpitaux d’une région.Cette collaboration sera parallèle à celle qu’exige l’établissement de cours cliniques et de stages d’internat.La question a été discutée du sort à faire aux vieux volumes de médecine et aux anciennes collections de périodiques ; plusieurs hôpitaux ont organisé des réserves où l’on trouve pêle-mêle des ouvrages non catalogués, des duplicata et des volumes mis au rancard.Cette réserve menace de grossir rapidement et d’avoir une utilité de plus en plus douteuse.Il a été suggéré que les hôpitaux s’entendent entre eux pour coordonner leurs réserves ; si un hôpital a une collection complète de telle revue, l’autre hôpital pourra se dispenser de la garder.On pourrait même prévoir comme cela s’est fait dans d’autres villes que ces réserves soient consolidées dans un même entrepôt commun.Ailleurs cette fonction a été confiée à l’Université la plus proche.Toutes ces idées, pour se réaliser, exigent la compréhension bienveillante des administrateurs d’hôpitaux.Les crédits affectés aux postes de la bibliothèque sont en général très modestes, trop modestes, le local est parfois inadéquat comme aussi les facilités matérielles et le personnel trop réduit et insuffisamment payé.Ces constatations, les administrateurs les ont faites eux-mêmes sans doute, et c’est le manque de fonds qui les empêche d’apporter remède à ces déficiences.« Plaie d’argent n’est pas mortelle, mais faut-il qu’elle ne soit pas éternelle ».Pour mieux connaître les besoins exacts de la bibliothèque et pour que les argents votés soient dépensés judicieusement, tout hôpital devrait constituer un Conseil de Bibliothèque dans lequel prendraient place les chefs des principaux services ou leurs délégués, mai 1953 425 des représentants du Conseil d’Administration et le bibliothécaire.Ce résumé trop succinct ne rend peut-être pas justice à la qualité des observations auxquelles les différents points ont donné lieu ; ceux qui ont pris part au colloque avaient outre leur expérience, une réelle volonté pour chercher en commun des solutions et toutes les critiques que l’on a entendues avaient un caractère constructif qui fait honneur à ceux qui les ont émises.Raymond Tanghe Bibliothèques des gardes-malades Cs bibliothèques doivent, comme but primordial, aider les étudian-tes à réaliser leurs études ; elles doivent en second lieu permettre aux élèves d enrichir leur formation intellectuelle.En conséquence, il est normal d exiger d une bibliothèque d’infirmières qu’elle possède deux collections distinctes.La première comprendra des ouvrages concernant la profession elle-même.Les gardes-malades ont besoin d ouvrages moins scientifiques que les médecins puisque leur travail ne requiert pas une connaissance aussi profonde de l’art médical.Et si à un moment donné, certaines infirmières désiraient poursuivre des recherches plus poussées, on a formulé le vœu qu’elles reçoivent hospitalité dans les bibliothèques médicales.La deuxième collection à 1 usage des gardes-malades suppose un choix varié.Les étudiantes, pendant leurs moments de loisir, aimeront à se plonger dans la lecture d une œuvre littéraire ou à élargir leurs connaissances en plusieurs autres domaines du savoir.Toutefois la culture générale n’est pas le but fondamental des bibliothèques qui nous intéressent présentement et il faut en tenir compte quand il s’agit de faire la proportion entre le nombre d’ouvrages à posséder pour la partie médicale et pour la partie culturelle.Afin de permettre une consultation plus rapide, le bibliothécaire disposera chaque collection séparément sur les rayons.Il est aussi souhaitable qu’il initie les clientes à l’usage du catalogue.Cette petite leçon, en plus de servir constamment aux personnes qui fréquentent la bibliothèque, épargnera de nombreux déplacements au bibliothécaire.Quelques bibliothèques restent ouvertes le soir pour accommoder la clientèle ; les autres, faute de personnel suffisant, sont forcées de fermer leur porte.Comme l’expérience a prouvé que là où le service fonctionne le soir, on enregistre de nombreuses présences, il semble que toutes les bibliothèques auraient intérêt à organiser les heures de travail de telle façon que l’accès de la bibliothèque soit rendu possible quelques soirs par semaine.Le prêt doit-il être prohibé dans les bibliothèques des gardes-malades?En pratique, nous avons pu constater qu’à certains endroits on ne permet pas la sortie des livres ; ailleurs les ouvrages peuvent sortir pour la période d’une semaine.En partant du principe que toute bibliothèque est un service qu’il faut s’efforcer de développer le plus possible, il conviendrait probablement dclargir un peu les cloisons.Qu on fixe des réserves, la chose est nécessaire, mais a\ec 426 LECTURES un système de prêt bien réglementé on pourrait d’une façon générale favoriser la sortie des livres sans trop de risque pour la maison et avec profit pour les personnes qui les utilisent.Comme dernière remarque, il importe de souligner que les locaux et l’ameublement laissent souvent à désirer.On a fait la même constatation à propos des bibliothèques médicales.Les bibliothécaires font preuve d’excellente bonne volonté.Leur tiavail s’accomplit dans des conditions pas toujours favorables, ce qui ajoute à leur mérite.Souhaitons que la réunion tenue à Notre-Dame, par la mise en commun d’expériences et de suggestions diverses qu’elle favorise, porte beaucoup de fruits.Jean-Bernard Léveillé Bibliothèques des malades dans les hôpitaux La nécessité de bibliothèques destinées à l’usage des malades s’impose de plus en plus à l’attention des autorités hospitalières comme celle des médecins.Ces bibliothèques ne sont plus considérées comme de simples moyens de distraction, mais la profession médicale tient maintenant compte de leur action thérapeutique.Il semble que l'Europe soit beaucoup mieux organisée que nous à ce point de vue.En Erance, en Suisse, en Angleterre, au Danemark, en Belgique, il existe des organismes d’état qui exercent une juridiction sur les bibliothèques de malades dans les hôpitaux, coordonnent leur travail, contrôlent leur personnel.Dans ces bibliothèques, les bénévoles travaillent avec beaucoup de sérieux et d’assiduité, non seulement à la distribution des volumes, mais à toute la besogne bibliothéconomique proprement dite.Aux Etats-Unis il n’existait rien du genre jusqu’en 1914, mais avec la première Grande Guerre et la nécessité de fournir de la lecture aux anciens combattants hospitalisés, ces sortes de bibliothèques n’ont pas tardé à faire leur apparition dans les hôpitaux, surtout sous l'impulsion et avec l’aide de la Croix Rouge.A New-York, à Boston, à Denver, à Minneapolis, à Cleveland, des écoles de bibliothécaires consacrent des cours aux bibliothèques de malades.L’American Library Association et la Special Library Association s’intéressent également à cette question de façon pratique.La composition et l’organisation des bibliothèques de malades doivent évidemment varier selon le genre d’institutions qu’elles desservent : hôpitaux généraux, hôpitaux de cure, hôpitaux psychiatriques, hôpitaux militaires.Dans les hôpitaux généraux, l’organisation de la bibliothèque des malades et la collection de volumes peuvent à toutes fins pratiques être les mêmes que dans une bibliothèque publique ordinaire, mais il ne faut pas viser à rassembler une forte quantité de volumes, car la période d’hospitalisation étant généralement plutôt brève, les malades mai 1953 427 changent souvent et ne risquent pas de lire tous les ouvrages de la bibliothèque pendant leur séjour dans la maison.A Montréal, les autorités de 1 Hôpital Notre-Dame peuvent être justement fières de leur bibliothèque de malades, qui est vraiment un modèle du genre.La bibliothèque destinée aux malades d’un hôpital de cure doit posséder beaucoup plus de volumes que celle d’un hôpital général, à cause de la longue période d’hospitalisation des patients.Certains sanatoria, comme le sanatorium Cook, par exemple, et celui de Mont-Joli, semblent particulièrement bien organisés pour répondre aux besoins de toutes leurs catégories de malades au point de vue de la lecture.Us peuvent mettre à la disposition de ceux-ci tous les services d’une bibliothèque assez importante.Nous n'avons pas réussi à résoudre le problème de la décontamination des livres, surtout ceux qui circulent chez les contagieux.Il est généralement admis que 1 encre.d’imprimerie peut être considérée comme un désinfectant.De plus, les hôpitaux prennent évidemment contre la contagion en général et celle qu’il leur faut combattre sur place en particulier des mesures qui ne s’exercent nulle part ailleurs.A Notre-Dame, on recouvre les volumes d’une enveloppe taillée dans une espèce de celluloïd transparent, qui a déjà servi aux radiographies.On lave ces couvertures après chaque usage.Tout indique que les bibliothèques de malades fonctionnent très activement dans les hôpitaux militaires, où c’est la Croix Rouge qui s en occupe.Cependant, nos compatriotes de langue française n’y trouvent peut-être pas des volumes en aussi grande quantité que ceux de langue anglaise.Nous n avons que peu d’échos de ce qui se passe dans les hôpitaux psychiatriques.II va de soi que, dans ces institutions, le choix des volumes, la mesure dans laquelle les malades doivent s’adonner à la lecture et I opportunité même de telle ou telle lecture pour un patient en particulier sont des questions sur lesquelles il est de toute première nécessité que les médecins s’entendent avec la personne préposée à la direction de la bibliothèque.Pendant la seconde partie du colloque, nous avons étudié les problèmes qui suivent : D’abord, les ressources des bibliothèques de malades.D’où viennent-elles ?Des organisations de dames patronesses, le plus souvent, peut-être aussi parfois, indirectement, de fonds mis à la disposition des hôpitaux par la Province.Au sanatorium Cook, c’est la cantine de 1 hôpital qui, à même ses profits, pourvoit aux besoins de la bibliothèque comme à ceux des autres organismes d’emploi des loisirs.Puis, le personnel.Problème épineux, s’il en fût ! Il faut de toute nécessité qu’il y ait une personne préposée en permanence à la direction de la bibliothèque de malades.Cette personne est aidée en général par des bénévoles.Ici surgit la grande difficulté du recrutement des bénévoles.Celles-ci, toujours difficiles à trouver et à garder dans un hôpital canadien-français, deviennent des oiseaux rares quand on invite dames et jeunes filles à faire du travail de bibliothécaire.Il faut, en effet, dans 428 LECTURES ce cas, en plus d’un grand dévouement et de beaucoup d’endurance, une certaine culture intellectuelle, du jugement, du doigté, du sens psychologique et un petit bagage de connaissances bibliothéconomiques.Peut-être des mouvements comme celui des Guides catholiques ou de la Légion de Marie consentiraient-ils à fournir ces auxiliaires précieuses, à qui l’A.B.C.F.pourrait enseigner un abrégé de la bibliothéconomie ?Il faudrait des bénévoles pour le service de circulation, pour le choix des livres, leur censure, leur classification, leur catalo-guement, leur préparation « physique », leur entretien, le:jr réparation, etc.Les bibliothécaires des bibliothèques publiques pourraient sans doute aider au choix des livres qui, jusqu’ici, se fait grâce à des revues comme Lectures ou Livres et Lectures ou à des livres comme Je choisis mes Lectures ou ceux de Sagehomme.Il a été proposé que les bibliothèques publiques prêtent des caisses de livres aux bibliothèques d’hôpitaux, ce qui, en plus de fournir un apport provisoire à la bibliothèque d’un hôpital, permettrait de voir quels livres les malades préfèrent et d’acheter ces derniers seulement pour la collection permanente de l’institution.Cette proposition n’a pas été accueillie avec tout l’enthousiasme qu’on aurait imaginé, car un prêt de cette sorte créerait un grand problème de contrôle et le grand public protesterait sans doute à l’idée que ses livres font un séjour à l’hôpital, dont il suffit de mentionner le seul nom pour qu’un frisson lui passe dans le dos.On a suggéré de tenter l’expérience d’une «centrale de prêt» pour sanatoria de tuberculeux qui ne peuvent pas comme les malades d’autres hôpitaux bénéficier de prêts de livres massifs ou spéciaux consentis par des bibliothèques publiques à des malades plus exigeants en fait de lecture.Parmi les problèmes techniques que pose une bibliothèque de malades, nous avons abordé celui du cataloguement.Il faut simplifier beaucoup dans une telle bibliothèque, mais l’on ne saurait sous aucun prétexte se passer du catalogue topographique ni du catalogue-dictionnaire par auteurs et par titres.Un catalogue sur feuilles mobiles, classé par sujets, rend de très grands services auprès des malades eux-mêmes.Sœur Marie, fondatrice des Sœurs de la Société des Saints-Apôtres, ex-bibliothécaire et professeur à l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal, s’est aimablement offerte pour préparer une série de fiches modèles que l’A.C.B.F.pourrait faire polycopier et dont elle fournirait des exemplaires à celles des personnes préposées aux bibliothèques de malades qui ne possèdent aucune notion de bibliothéconomie.De toute façon, on utilisera toujours avec profit la fiche uniforme portant le nom d’auteur, le titre, l’adresse bibliographique, le nombre de pages, les illustrations et le format.Le système de circulation aussi doit être simple et adapté aux besoins de chaque bibliothèque.Pour ce qui est des livres perdus, on a obtenu de bons résultats en fournissant, après les tournées, à la directrice de chaque département mai 1953 429 où 1 on vient de passer une liste des livres prêtés avec noms des malades en regard.Quand un malade s’en va, il devient ainsi facile de vérifier s il laisse bien le ou les livres que la bibliothèque de l’hôpital lui a prêtés.Une autre manière serait de mettre une mention, comme le mot « Bibliothèque » par exemple, au dossier du malade.Au départ ce celui-ci, on s’assure qu’il n’emporte pas les livres de la bibliothèque.Avant de clore ce colloque, l’assemblée a formulé les vœux suivants : Que l’A.C.B.F.forme un comité des bibliothèques de malades dans les hôpitaux.Que l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal ajoute à son programme un cours consacré aux bibliothèques de malades dans les hôpitaux, comme elle donne des cours sur les bibliothèques d’université, les bibliothèques paroissiales, les bibliothèques enfantines, etc.Que des membres bien qualifiés de l’A.C.B.F.s’entendent pour enseigner, à titre gracieux, les notions de bibliothéconomie indispensables aux bénévoles des bibliothèques de malades.Que l’A.C.B.F.fasse polycopier et distribue aux bibliothécaires des bibliothèques de malades dans les hôpitaux les fiches modèles que Sr Marie s’est engagée à préparer.Enfin, et c’est le dernier et le plus important des vœux, que dans un prochain congrès de l’A.C.B.F.la question des bibliothèques de malades dans les hôpitaux fasse l’objet d’une étude beaucoup plus approfondie.Thérèse Beauregard Les fiches de catalogue Liste des fiches publiées en février et mars 1953 Edition de février 1953 53-49 Achard, E.53-50 Achard, E.53-51 Alphonse-M.53-52 Benson, R.H.53-53 Bernier, R.53-54 Boisseau, L.53-55** Canergie, D.53-56 Carrel, A.53-57 Charton, J.53-58 * * * 53-59 Courtois, G.53-60 Daniels-Rops 53-61 DeLarochb, M.53-62 DeLarochb, M.53-63 Droze, C.53-64 Duchemin, P.53-65 Dufoyer, P.Aux quatre coins des routes canadiennes (0.50) J Ce que raconte le tent du soir (0.50) J Gloires de Marie (0.75) TB Initiation (2.00) TB L’autorité politique internationale et la souveraineté des états (2.00) TB-S Carnet de route (2.00) TB-A Comment se faire des amis (1.55) TB L’homme cet inconnu (3.30) B** Venue seorsum 1.50 (TB) Le chemin des larmes (1.50) TB L’art d'élever les enfants aujourd'hui (1.50) TB* L’Eglise des temps barbares (4.35) TB-S* Jeunesse de Renny (2.25) B I-a naissance de Jalna (2.50) B Les abeilles du Plessis (1.25) TB Seuf filles pour un garçon (1.50) TB* Initiation des enfants et des adolescents à la vie (1.25) B 430 LECTURES 53-66 Dufoyer, P.53-67 Dufoyer, P.53-68 Dufoyer, P.53-69 Dunn, R.53-70 Duval-Aumont, G 53-71 Ethier, W.53-72 Frechette, L.-H.53-73 Frison-Roche, R.53-75 Goyer, F.53-76* Joseph-A., Sr 53-77 Kunel, M.53-78 I.AFORTUNB, A.53-79 Leclerc, F.53-80 Lemelin, R.53-81 Maher, T.53-82 Maillet, A.53-83 Maillet, A.53-84 Lekeux, M.53-85 Maurois, A.53-86 Maurois, A.53-87 Pallascio-Morin 53-88 PÉGUY, C.-P.53-89 PÉTAIN, P.53-90 PÉNARD, J.-M.53-91 PlNTAL, M.53-92 Pion, J.-W.53-93* POTVIN, D.53-94 Rémy 53-95 Schweitzer, A.53-96* Teyssier, L.Edition de mars 1953 53-97 Auclair, M.53-98 Barette, R.53-99 Benoit, I.-M.53-100 Ber, A.53-101 Bernage, B.53-102 Bernace, B.53-103 Bernanos, G.53-10a**Bettez, N.-M.53-105 Bourassa, F.53-106* Beuché, M.-L.53-107 Bruchési, J.53-108 Charmot, F.53-109 Chautard, J.B.53-110 Collin, L.53-111 Collin, L.53-112* Couture, A.53-113 Dale, N.53-114 Daniel-Rops 53-115 DeLaRoch, M.53-116 Df.LaRoche, M.53-117 DeLaRoche, M.53-118 Desmarais, M.-M.Le mariage.Le lit re de la jeune fille (1.00) TB Le mariage.Le litre du jeune homme (1.00) TB Pour toi, fiancé et jeune mari (1.50) B L’action catholique d’après Pie XI et Pie XII (1.00) TB Les problèmes de la natalité au foyer (1.35) B L'orientation professionnelle (4.50) TB-S Originaux et détraqués (1.25) TB Premier de cordée (2.85) TB* Sois tempérant (0.65) TB-A Un sauteur au XXe siècle (0.75) TB-A L’art dans saint Augustin (4.00) TB-S La vie de César Franck (2.10) TB Le prisonnier du vieux manoir (0.90) J Andante (1.50) TB-A Au pied de la pente douce (1.50) B?Pays de cocagne ou terre de Cain?(2.50) TB L’ombre sur le bonheur (1.50) TB Un enlèvemel (1.25) B Maggy (1.00) TB-A Histoire de la France (4.95 2v.) B Histoire des Etats-Unis (4.00 2v.) B La louve (1.50) B Le choix de Péguy (3.25) TB Le maréchal Pétain dans ses plus beaux textes (0.35) TB Mgr Charlebois (1.25) TB-A Mission de femme (1.00) TB Un trésor malgré tout (0.90) B Thomas, le dernier de nos coureurs de bois (1.50) TB Le messie (2.00) B A l’orée de la forêt vierge (3.15) TB Message tri ni taire (1.00) TB Le bonheur est en vous (1.75) TB Léo Dandurand, sportsman (3-50) B Le chevalier courtois de N.-D.des Anges TB Le mystère des Trois Roches (1.50) TB* Le matin d’un beau jour (0.85) TB Notre pain quotidien (0.75) TB Journal d'un curé de campagne (2.25) B?** La vie de grâce ou le paradis sur terre (1.25) TB-A La virginité chrétienne (1.25) B* Rayés des vivants (1.40) TB Le Canada (6.75) TB** L’amour humain de l’enfance au mariage (1.75) B* L’âme de tout apostolat (1.00) TB** Aux sources de la charité (1.85) TB Culte des voeux (1.85) TB Qu’est-ce qu’une caisse Des jardins (0.75) TB Un voyage mouvementé (1.25) J Saint Paul, conquérant du Christ (0.75) TB* l!héritage des Whiteoaks (1.75) B Le maître de Jalna (2.50) B?Les Whiteoaks de Jalna (2.50) B?Catholiques d’aujourd’hui (1.00) TB mai 1953 431 53-119 DesOrmeaux, D.53-120 Dubuc, P.-C.53-121 Du FOYER, P.53-122 Frison-Roche 53-123 Gauvreau, J.53-124 Grenier, H.53-125 Hublet, A.53-126 Hublet, A.53-127 Jasmin, D.53-128* Kasenkina, O.53-129**Kravenchko, V.53-130 Larigaudie, G.de 53-131 L’Ermite, Paul 53-132 L'Ermite, Pierre 53-133 MacCubbin, M.53-134 Madeleine-L.53-135* Maistrieux, R.53-136 Mendousse, P.53-137 Mendoussb, P.53-138 Montigny, J.53-139 Pie XII 53-140 Potvin, D.53-141 Raymond, M.53-142 Robichaud, Mgr 53-143 Roz, F.53-144 Verrette, A.Trio d’amis (0.90) J Brigandages (1.00) B La psychologie des adolescents expliquée aux mamans (1.35) B La montagne aux écritures (2.85) TB* Les médecins au Canada français (i.00) B La musique symphonique de Monleverde à Beethoven (1.25) TB-S Le commando de l’ange (1.25) J Tètes folles et coeurs d’or (1.25) J Les témoins de Jéhovah (1.00) TB Plutôt la mort que l’U.R.S.S.(2.50) B* J’ai choisi la liberté (1.00) B* Le beau jeu de ma vie (2.00) TB-A* La foi vivante (0.75) TB-A La journée de Satan (1.00) TB J’ai à vous parler TB L’héroïque aventure d’une missionnaire française au Canada (1.50) B* Mariage, route de sainteté (1.50) B* L’âme de l'adolescent (2.25) B-S L’âme de l’adolescente (2.25) B-S Fernande (1.25) TB-A* Le chrétien cultivé (0.35) TB-A Le Saint-Laurent et ses îles (1.50) TB Le cow-boy de Dieu (1.50) TB-A* Sainteté laïque (0.75) TB-A Histoire des Etats-Unis (3.00) TB Troisième congrès de la langue française TB * après le numéro d’ordre, indique une série de 6 fiches.** après le numéro d'ordre, indiquent une série de 7 fiches.ATTENTION : les prix indiqués sont sujets à changer sans avis.Classification des livres Plan systématique en usage à la Bibliothèque de Montréal par AEGIDIUS FAUTEUX Edition préliminaire par Juliette Chabot Conservateur adjoint MONTREAL 1952 Prix $1.50, plus 10 sous pour frais de port.On est prié de s’adresser à M.le Surintendant, Division des Permis et Privilèges, Suite 16, Hôtel de Ville, Montréal.432 LECTURES ¦¦¦ BIBLIOTHEQUES EN ACIER >Ire liliiot h ].-C.Magnan SUK LES ROUTES iru/iiTi Relation d'un voyage vers la perle des Antilles : Haïti.Les observations judicieuses sur la vie et les œuvres des Haïtiens laissent entrevoir une hausse dans les possibilités d'échanges entre nos deux pays.Emaillé de réflexions humoristiques, ce récit est des plus attrayants.Permanentes.Faites d’acier extra fort recouvert d’émail cuit au four.Demandez nos prix.Kvitez tout désappointement.commandez maintenant.Prompte livraison.n rrrnirAl MANUFACTURING tLtOI KIOAL CO.LIMITED Claude Rousseau, prés.MONTMAGNY.Que.60 photos 61 a x 9* a ISS pages : S3.»» FI DES 25 est.rue Saint-Jacques MONTRÉAL TAULE iU'UiHET1QI E DES XOMS D' U TEA KS *** Ait nain de l’A, .n, 414 ARCHAMHAl'LT (P.), 420 BERGER (P ), 420 BOUTRON (M ), 421 BRUN EAU (J.).4 U CANAVAGGIA.(J.-B ), 421 CHAl'FFETEAU (J.-G ), 422 DAGENAIS (F ).399 Eglise èduca' i .de l.i charité.•• I • Eglin iditc.itr; consciences., 41 ') FRANK (N ).420 HARVEY (J.-C), 396 ORMEAUX (D.des).416 OTIS (F ).412 PRESSE (A ), 417 RICHOMME (A ), 418 - DEVENEZ MEMBRE DU CLUB - jÇeà deux livteâ du moiâ SELECTION DE JUIN "TOSCANINI" par Howard Taubman C"r't la première biographie du célèbre maestro italien publiée en français.Document d’autant plu» précieux que l’on en aura peut-être jamais d’autre 1 L’illustre chef d'orchestre n’a.en effet, jamais dissimulé son aversion pour lev études sur sa penonnc.N"avait-il pas dit à son tils : "Walter, si jamais tu écris mu biographie après ma mort, ce sera le plu; mand chagrin de ma vie".Format ti12 x H j.334 pages."LES BREVES ANNEES" par Adrien Théno Les verte» années d’une jeunesse très belle déroul-nt sous nos yeux le film enchanteur de rouvenirs é!o (juents.Le décor champêtre est en accord parfa't avec le sent de la grande aventure (pii v -ouille : celle de l’adolescence en pleine possession de sa riche hardiesse.L’amitié y a une place unique et dev:ent le précieux déversoir des rêves démesurés à l'échell** de cet âge.l.e dénouement de ce “Grand N:eauln?i" à saveut canadienne, est une trouée lumineuse ver; l’amour humain dans toute si splendeur.Formai t» x 173 pages.EN JUILLET: LE GRAND DOCTEUR BLANC par Marianne Monestier, 240 pages, 5l/> x 8 pouces NE A QUEBEC par A.Grandbois, 208 pages, 5% x pouces TOSCANINI Veuillez m’inscrire dans votre club I “Les deux livres du mois" et me faire i • parvenir les deux livres vedettes de | juin.Je m'engase à acheter, au cours ' I des prochains douze mois, au moins I I quatre des sélections mensuelles, of- | .fertes pendant cette même période, i Veuillez m’envoyer gratuitement, votre • lettre mensuelle aux membres du Club.I I I I I NOM .| I ADRESSE .PROV.I I [ ] ci-joint $2.50 pour les vedettes I de juin.| | [ ] ci-joint $10.00 pour les vedettes I I des 4 mois à venir.| I [ ] ci-joint $28.00 pour les 12 mois ! | à venir.| * [ ] Je paierai après réception de cha- I que envoi.| • I Les deux livres du mo i I 25 est, rue Saint-Jacques J •PLateau 8335 MONTREAL i ^3 PIPES VILLE
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