Lectures, 1 décembre 1953, décembre
FIDES LECTURES REVUE MENSUELLE DI BIBLIOGRAPHIE CRITIQUI publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de EIDES organe du Service des Lectures de l’Action catholique du diocèse de Montréal.Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c., aumônier du Service des Lectures.Rédaction : Jean-Paul PINSONNEAULT, secrétaire du Service des Lectures NOTES : 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de l'année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique des ou.rages recensés pendant l'année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d'après les règles de la catalographie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : TB — Livre pour tous TB-S —Livre pour tous mais spécialisé TB-A — Livre pour tous, de nature à intéresser certains adolescents B — Livre pour adultes B?—Livre appelant des réserves plus ou moins giaves, i.c.à défendre d'une façon générale aux gens non formés (intellectuellement ou moralement) D — Dangereux M — Mauvais A — Livre pour adolescents ( 15 à 18 ans) J — Livre pour jeunes ( 10 à 14 ans) E — Livre pour enfants (6 à 9 ans) Publication approuvée par P Ordinaire CANADA le numéro $0.35 Abonnement annuel S3.50 Etranger $3.75 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 *PLateau 8335 FRANCE Abonnement annuel .900 francs *C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDES, 120, boulevard Raspail.Paris (Vie) * Littré 7385 Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.SOMMAIRE FTl’DE CRITIQUE Les hommes traqués par R.-M.Alhérès .Rodolphe Laplante 145 DOCUMENTS Lettre aux écrivains laïcs .Alphonse Desilets 149 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Littérature canadienne .153 Littérature étrangère .166 PANORAMA DU LIVRE Choix d'ouvrages .176 BIBLIOTHECA Le neuvième congrès de I A.C.B.F.Théophile Bertrand 184 Les fiches de catalogue .Paul-Aimé Martin, c.s.c.186 Nouvelles .189 Livres à l'Index: sens de l’expression « omnia opéra» .J.Creusens, s.j.192 F.n couterture: La Nativité.Peinture de du Mesnil de La Tour.(Musée de Rennes.) ETUDE CRITIQUE Les hommes traqués ' ^ ous ce titre, M.R.-M.Albérès propose au lecteur un essai sur les hommes traqués qu’il définit de la façon suivante: « L’homme traqué est celui que rien dans le monde ne justifie ni n’excuse.Il se terre dans une petite maison, déjà levé à l'aube pour guetter par la fenêtre l’arrivée possible des policiers.Avec lui, le Garine des Conquérants se confond avec le misérable protagoniste du roman policier, avec le héros du Locataire de Simenon ; sa voie est une aventure inutile et absurde.Aucun pouvoir ne le défend.Et c’est pourtant cet homme, ce héros symbolique qui court à travers les livres d’Albert Camus, de Graham Greene, et, plus récemment, dans la Vingt-cinquième heure de Gheorghiu, dans les Chiens enragés de Gilbert Sigaud.» L’auteur qui n’en est pas à son premier volume, qui a précédemment livré un essai sur Saint-Exupéry, un autre intitulé : l'Odyssée cl André Gide et divers romans, nous offre aujourd’hui une longue analyse des écrivains traqués, des romanciers tourmentés, des essayistes que la soif de l’absolu hante à travers leurs déboires, leurs désillusions, leurs espoirs, leurs défaites et leurs reprises.L’auteur nous entraîne au cœur même d’œuvres d’où la sérénité est exclue.M.Albérès expose tout d’abord ce qu’est le nouveau héros de roman.Pendant les années qui ont précédé la dernière guerre, écrit-il en substance, le jeune homme tourmenté atteignant la majorité a hésité, tout d'abord, devant le gidisme.Puis il a parcouru le monde à la suite des «voyageurs traqués» de Paul Morand et de Huxley.Ultérieurement, ce fut le départ pour l’Orient avec André Malraux pour aboutir enfin à Saint-Exupéry.Les auteurs analysés se débattent contre le confrontisme, contre la fatalité, contre le pharisaïsme, contre l’étouffement de la personnalité individuelle pour en somme aboutir à un gouffre noir que n’éclaire aucune lumière divine.1.ALBERES (R.-M.), Les hommes traques.Essai.Paris, la Nouvelle Edition [c 1953].255p.18.5cm.B?DÉCEMBRE 1953 145 L’analyse, pour dense et drue qu’elle soit, n’en demeure pas moins sombre comme toute la littérature dans laquelle elle s’enracine.L’auteur affirme que notre siècle >< s’est jeté dans une recherche éperdue de la sincérité».La notion classique de la personnalité a disparu.Toutes les morales ont été mises en cause, soit celle de Bernard Shaw, de Gide ou de Léon Bloy.Comme le rappelle l’auteur, André Gide dénonçait Sartre, il y a dix ans, dans l'Ecole des femmes, « l’hypocrisie des attitudes toutes faites», et Aldous Huxley, écrivain de l’entre-deux-guerres, se débattait dans la recherche de l’absolu, cherchait sa voie dans un dilettantisme blasé, cynique et naïf à la fois.Au dix-neuvième siècle, les écrivains posaient des problèmes définis, concrets.La pensée des auteurs se livrant à l’instrospection choquait quelque peu par leurs efforts à se dégager de la convention.L’auteur du présent ouvrage, tout aussi touffu que les écrivains à qui il reproche leur hermétisme, ne juge pas, ne conclut pas.Il se défend, de plus, d’être un écrivain « engagé ».Il affirme qu’il n’adhère pas à l’existentialisme.Son jugement semble droit, son étude est probante mais il n’aboutit pas à une lumière suffisamment directe pour éclairer le lecteur moyen.Il écrit : « Un Gide, un Shaw, un Huxley, un Pirandello, aussi bien que l'expressionnisme inspiré des doctrines de l'Inconscient chez D.H.Lawrence, chez Franz Werfcl, Jacob Wasserman, Walter Hasenclever, ont, parfois involontairement, et le plus souvent dans une intention de pureté et de lucidité, travaillé à abolir ce postulat commode qui rassemblait les forces de l'homme en face de la vie : la personnalité.» Plus loin, l’auteur intitule un chapitre : le Puritanisme de la sincérité : Pirandello ou le maître du malentendu.Pirandello, c’est le pessimisme qui entre dans la littérature et s’y installe confortablement.Son théâtre nous a laissé, selon M.Albérès, le souvenir d’un acrobate de talent.« Le génie de Pirandello, affirme-t-il, est d'avoir imaginé qu’entre les hommes ou à l’intérieur de l’homme, tout ne soit que malentendu.» 146 LECTURES L’essayiste écrit quelque part : « L’homme, pour Huxley comme pour Pascal, et comme pour Sartre dans sa première manière, ne peut pas se réaliser sur le plan humain.Huxley et Sartre dans la Nausée sont anti-humanistes et tragiques.» Lst-ce là rendre justice à Pascal qui a abouti au christianisme, à un christianisme douloureux mais au christianisme intégral quand même ?Quant à Huxley, il verse dans le brahmanisme.Le drame de la littérature ou plutôt l’inquiétude de notre temps s’incarne dans les écrits de Julien Green, de Malraux, de Bernanos, de Graham Greene, d’Albert Camus dont Huxley n’a été en somme qu’un précurseur.Les révolutionnaires à la Malraux et certains personnages de Bernanos croient possible le sacrifice du moi tout en restant dans le monde, tandis que Huxley n’aspire qu’à la solitude.Le chapitre intitulé : Une littérature tie la fatalité se révèle encore plus déprimant et c’est là que l’auteur, abordant Green, explique que la dépossession de l’homme est le trait essentiel de ce qu’on nomme «littérature de l’angoisse».M.Albérès note que Julien Green, dès 1922, anticipait déjà sur les écrivains ultra-modernes, en publiant Mont-Cinère.Cet écrivain et maints autres du même genre semblent avoir écrit par anticipation les drames individuels ou collectifs que doivent incarner les individus et les familles de notre époque.Graham Greene donne l’impression que l’homme n’est pas maître de sa vie.Tout ce qui lui arrive est du cauchemar.Quelle différence, ainsi que le note encore notre auteur, rvec Chesterton où l’optimisme prévaut ! Dans le roman de Greene, on perçoit en filigrane une atmosphère de romans policiers, d’hommes traqués.Notre auteur affirme que le christianisme est pour Graham Greene une façon d’accepter le iragique de la vie.II écrit : «Contrairement aux formes sclérosée:» de la religion, ce christianisme n’est pas fait pour rassurer, DÉXEMBRE 1953 147 il admet que l'on vive dans un cauchemar auquel on ne peut échapper.11 ne s’oppose pas à la Fatalité ; il l’intègre.La Fatalité est pour Greene le fait que nous ne faisons pas ce que nous voulons.» Ce christianisme est beaucoup plus tourmenté pour les gens simples qui constituent encore la majorité de nos lecteurs et nous nous refusons à croire que pour être au point, ou cultivés, il faille nous baigner dans cette littérature du désespoir, du doute, du tragique, du tourmenté, dans ces « romans traqués » où l'être humain n’est plus qu’une bête.Voilà de bien grands mots pour analyser un bouquin où l’auteur fait preuve d’une prodigieuse érudition, mais il nous semble qu’il n’a pas su montrer où doit être la conscience de l’écrivain à l’heure actuelle, le devoir du chrétien, la responsabilité du lecteur.La réalité de la vie est décevante, absurde souvent, hélas, mais elle a un sens.Il reste, à ceux qui ont la foi, à porter leurs regards plus haut, plus loin car ils savent que les souffrances, les luttes et les contradictions ne sont que passagères et que nous cheminons vers un destin éternel.Ce livre s’adresse aux professeurs de littérature, aux directeurs d’âmes.Quel qu’en soit l’immense mérite littéraire, nous ne pouvons pas le recommander au grand public, non que sa valeur morale soit sujette à caution mais parce que nous sommes à une époque où l’inquiétude harcèle l'individu et le laisse angoissé.Cet ouvrage renferme une analyse pénétrante de l’œuvre d’écrivains traqués, tourmentés, inquiets.Que ceux qui cherchent la paix, qui ont la paix, n’abusent pas de cette littérature.Qu’ils aillent, au contraire, vers des ouvrages où la sérénité prévaut, où l’action constructive se déploie.Rodolphe Laplante 148 LECTURES DOCUMENTS Lettre aux écrivains laïcs ¦ A l’heure où le monde piétine dans l’incertitude, où les ténèbres de l’ancienne barbarie tartare menacent d’étouffer la civilisation gréco-latine, la conscience humaine éprouve avec plus d’acuité un besoin de lumière et de force spirituelle dont le XlXe siècle matérialiste voulait masquer les sources.Pourtant vingt siècles de christianisme aurait dû suffire à dissiper ces ténèbres et à nous rassembler sur les chemins de la vérité et de la paix fraternelle.Mais, Celui qui a dit : «Je suis la Voie, la Vérité et la Vie» a dû ajouter avec tristesse : « Je suis venu parmi les miens et les miens ne m’ont pas reçu ».Or, ce n’est pas aux Juifs seulement que s’appliquait cet apophtegme.C’est à nous, croyants du XXe siècle, à nous tous qui négligeons les enseignements du Christ Sauveur, tant de fois remis en lumière par les Souverains Pontifes, surtout depuis cent ans.Lorsque nous étions enfants, au catéchisme et sur les bancs de l’école, le Devoir du chrétien nous enseignait que tout homme éclairé par la foi doit rayonner de cette lumière en lui et autour de lui.Quelle faiblesse de volonté, quelle aberration de l’orgueuil, quel respect humain empêchent les esprits éclairés de confesser la Vérité, d’éclairer la Voie et d’orienter la vie vers ses fins éternelles.Nous sommes tous appelés et s’il y a peu d’élus, ceux d’entre nous qui détiennent la lumière en porteront leur large part de responsabilité.C’est un devoir d’urgence pour tout écrivain catholique, historien, philosophe, romancier, poète, que de mettre sa plume au service de Dieu d’abord.Le talent dont il dispose lui confère des devoirs de conséquence majeure.Son prestige est tout-puissant auprès de ceux qui pénètrent sa pensée.Qu’elles soient écrites ou parlées, ses convictions personnelles s’intégrent dans l’esprit de ses lecteurs ou de ses auditeurs.C’est pourquoi il importe que l’écrivain et l’orateur, laïque comme religieux et de foi chrétienne, confessent ouvertement leur foi et répandent les directives immuables que le Vicaire du Christ et ses ministres de par le monde proclament du haut de la chaire de vérité.Tout catholique doit être un apôtre et plus il dispose de la lumière plus il doit en éclairer sa sphère d’influence.Il n’est pas nécessaire d’être grand philosophe pour atteindre les consciences indécises ou endurcies.Les douze pêcheurs de Galilée qui ont porté la doctrine chrétienne jusqu’aux confins de l’empire romain n’avaient pas de diplômes universitaires.Devant eux les cœurs se sont ouverts au sens commun des Béatitudes.Ce n’est pas tant la dialectique de ses docteurs que le sang de ses martyrs qui a bâti l’Eglise.La fermeté apostolique est appuyée sur la parole du Maître: «Je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles».Nous qui, par un privilège insigne de Dieu, sommes nés dans Je giron 1.Article paru dans la Revue de l'Université Laial de février 1952.DÉCEMBRE 1953 149 de cette Eglise catholique-romaine, nous participons aux trésors infinis de la grâce divine par la Rédemption.Nous avons pour nous les promesses de la vie éternelle.C’est notre force de conviction.Nous n’avons qu’à sauvegarder notre foi.Toutes les garanties de survie religieuse nous sont assurées, en ce pays de liberté qu’est le Canada, pourvu que nous conservions notre langue maternelle et notre culture chrétienne.Ceux des nôtres qui luttent pour cette sauvegarde sont les vrais hommes de bonne volonté.Notre civilisation est naturelle à la croissance d’un peuple fort aux idées saines.Le seul danger ne peut venir que des poseurs de l’idéologie que déversent sur nos bords leurs livres et leurs journaux subversifs.C’est à nos écrivains et à nos journalistes de dresser le barrage et de surveiller le filtre.De par les dons qu’il a reçus de la Providence, l’écrivain catholique a une mission concrète à remplir dans le monde.Les éclectiques, les tenants de l'art pour l’art peuvent éprouver une délectation à soulager leur cerveau du trop plein des idées.Mais leurs écrits n’ont plus de sens positif et tendent trop aisément vers la sensation ou l’impressionisme des bas instincts.L’écrivain qui vit de sa foi en animera ses œuvres.C’est son droit et son devoir.Dieu merci, la plupart de nos journalistes de carrière, au Canada français, dans les hebdomadaires ruraux en particulier, ne manquent point à cette mission.Il en est, toutefois, qui hésitent encore à s’affirmer ouvertement sous prétexte qu’il ne leur appartient pas d’empiéter sur le terrain de la prédication.Dans les quotidiens surtout, ces journalistes sont au service des hommes d’affaires et du sport.Les écrivains du livre n’ont pas tous le même réflexe.De temps à autre les services de librairie mettent à notre disposition d’excellents ouvrages dont l’inspiration et la doctrine sont strictement conformes aux directives du Siège apostolique.Il convient de s’en réjouir.Mais trop peu d’écrivains au Canada français s’attaquent aux problèmes de l’heure présente en s’éclairant aux sources de l’Histoire et de la philosophie chrétienne.En dehors des spécialistes de l’éducation et de l’orientation professionnelle, à côté des vulgarisateurs de la doctrine sociale de l'Eglise, seuls quelques prêtres et de rares laïcs s’adonnent aux ouvrages de spiritualité, de vie chrétienne et de catéchèse.Heureusement encore pouvons-nous compter sur les publications de l’Ecole sociale populaire et sur quelques collections de tracts et de travaux encyclopédiques.Les Editions Fides, de Montréal et de Paris, leur Service de bibliographie et de documentation, offrent à nos éditeurs canadiens-français comme à nos écrivains un entraînant exemple d’action spiritualiste conforme aux principes de la civilisation chrétienne.Cette contribution est loin d’être adéquate et suffisante au besoin d’élévation spirituelle qui remédierait aux incertitudes de l’heure.Dans le désarroi moral où se débattent les idées courantes une seule lumière est salvatrice.Elle vient d’En-Haut, il faut la demander à la 150 LECTURES foi de nos pères dont nous avons tendance à nous éloigner.S’il veut raviver les forces de I esprit, redonner à notre civilisation humaniste sa résistance historique aux assauts de terreur, l’écrivain catholique mettra sa plume au service des principes que l’Eglise ne cesse de rappeler par ses enseignements d’inspiration divine.Ce faisceau de lumière et de vérités immuables éclairera la route ombragée par les menaces de la barbarie renaissante.Ce recours aux forces spirituelles est une planche de salut et chacun d’entre nous, du plus érudit au plus simple individu, a besoin d’y puiser la dose requise par son état de faiblesse morale.Nos écrivains se mettront-ils résolument à l’œuvre ?Deviendront-ils dans leurs livres, leurs revues et leurs journaux, les distributeurs du seul remède possible aux misères qui nous submergent ?Catholiques et chrétiens du nouveau monde, nous sommes, par un privilège encore mal apprécié, les enfants gâtés de la Lumière.Les théories subversives n’ont pas encore trop pénétré nos croyances que d’aucuns peuvent trouver simplistes.Nous pouvons puiser à pleines mains au trésor de cette lumière qui s'offre au monde et que la vieille Europe a laissé s obscurcir par les menées de la libre-pensée.Notre pensée â nous, en général, est restée vierge, lucide, logique.Il reste à l’extérioriser avec la maîtrise d une langue claire, l’assurance de sources pures et l’autorité des enseignements de Rome sur lesquels elle s’appuie.Que nos écrivains se mettent donc à l’étude.Qu’ils reprennent le petit catéchisme, les Evangiles, l’Histoire de l’Eglise et la philosophie de l’Aquinate.Qu’ils étudient attentivement les encycliques de Léon XIII à Pie XII.Qu’ils s’en inspirent chaque fois qu’ils auront à parler des problèmes sociaux, familiaux, nationaux, voire économiques.Et puis, comme aliment à leur inspiration combative, qu’ils fassent de quelques auteurs français contemporains leurs livres de méditation et de chevet.Je crois fermement qu’un écrivain catholique ne saurait mieux se documenter qu’en reprenant des ouvrages trop oubliés en Europe, surtout en France.Je pense à nos grands classiques du XVIIe siècle, aux «pèlerins» de l’époque romantique.Je pense aussi aux admirables études qu’offrent par exemple : Joseph de Maistre dans ses ouvrages Du Pape et Lettres à une dame russe ; Anatole Leroy-Beaulieu, l'Empire des tsars et la Religion ; Ferdinand Brunetière, Sur les chemins de la croyance ; Ernest Hello, le Siècle ; François Lhomme, la Comédie d'aujourd'hui ; Paul Gaultier, Mœurs du temps et la Leçon des mœurs contemporaines ; Lucien Romier, Problèmes économiques de l'heure présente ; Jacques Maritain, A travers le désastre ; puis Daniel-Rops, avec son Histoire de l'Eglise, les Eléments de notre destin et l'Eglise en face des barbares ; le philosophe Gustave Thibon enfin, et surtout, ce prophète avancé qu’apparaît Henri Massis dans sa Défense de l'Occident.DÉCEMBRE 1953 151 Dans l’avant-propos de ce livre lumineux, Massis écrit qu’au-jourd’hui : « Le genre humain est moins uni que sous Titus où toutes les races civilisées se groupaient sous les mêmes faisceaux.Le genre humain est moins unifié que du temps de saint Louis où toutes les races chrétiennes étaient fédérées sous la tiare.La facilité des communications matérielles qui devait, selon l’idéologie démocratique, réaliser l’union des âmes a bien pu uniformiser le monde, elle ne l’a pas uni.Car, « la matière est essentiellement diviseuse et les hommes ne communiquent que dans l’immatériel ».Et il cite ces paroles terribles de Charles Maurras : «Tout le XIXc siècle n’a été qu’un effort scientifique, industriel, commercial, en vue d étendre la portée du pouvoir de l’homme, d’aménager la terre entière, de multiplier la civilisation par les dévouements de la main-d’œuvre barbare.Mais la barbarie n’est point vassale ; elle s’arme, elle progresse et elle menace.La civilisation ne forme pas un faisceau compact et uni ; elle a ses clients, ses mercenaires jaunes et noirs.Les imprudences, les aveuglements vont se payer, comme ils se paient dans l’ordre historique, au prix du sang ».Et comme il approfondit le problème crucial du péril qui menace la civilisation romano-chrétienne, il termine son ouvrage par cette pensée : « Le Christ seul, placé au centre de tout, peut réconcilier l’Orient et l’Occident.Ut sint unum ».On pourra peut-être trouver mon menu austère.Rien ne vous empêche de l’enrichir à l’innombrable phalange d’écrivains catholiques de France et d’ailleurs.Les livres catholiques ne sont ni les plus faibles ni les moins bien écrits.Que pense-t-on construire avec la corruption ?« Qu’est-ce que tout cela qui n’est pas éternel ?» écrivait Leconte de Lisle lui-même.Je ne crois pas pouvoir mieux finir qu’en vous copiant le mot d’Erasme : Litteras aliénas a Christo, quisnam vocat litteras ?Alphonse Desilets Grande Nouveauté ! NOUVELLE AVENTURE EN AFRIQUE Jacques Hébert Tome 1.— AU PAYS DE LA SOIF ET DE LA PEUR 250 pages — 27 photos Prix : $2.00 Tome 2.— HOMMES NOIRS ET BETES SAUVAGES 253 pages — 31 photos Prix : $2.00 F I D E S — 25 est, rue Saint Jacques, Montréal — PL.8335 152 LECTURES NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Littérature RELIGION Ecriture sainte *** Le Nouveau Testament.Traduction de l'Association catholique des Etudes bibliques au Canada, Montréal, Société catholique de la Bible £1953}.672p.cartes, 16.5cm.S0.60 (par la poste S0.70).TB Pour combattre efficacement la propagande biblique intempestive des Témoins de Jéhovah et des protestants, il ne suffit pas d’interdire aux catholiques la lecture des Bibles qui ne portent ni Imprimatur ni notes explicatives.Il faut avant tout mettre entre les mains des fidèles des Bibles catholiques où ils pourront puiser le véritable sens de la Parole de Dieu.Les âmes ont faim de la Bible, et il importe au plus haut point d’apaiser cette faim spirituelle.La France nous avait déjà donné plusieurs excellentes traductions de la sainte Bible, parmi lesquelles figure en toute première place celle des exégètes dominicains de Jérusalem.Mais, au Canada, aucun spécialiste de l’exégèse sacrée n’avait osé assumer seul le travail de traduire la Bible jusqu’au jour où l’épiscopat de la province de Québec invita tous les prêtres qui s’intéressaient aux études bibliques à se grouper en association et à entreprendre cette traduction.Les exégètes canadiens se mirent à l’œuvre aussitôt ; ils fondèrent l’Association catholique des Etu- canadienne ml Jésus-Christ par Y lord acid des bibliques au Canada (ACE BAC) et se partagèrent la besogne.Le S oui eau Testament que publiait en septembre dernier la Société catholique de la Bible est le fruit du labeur de cette équipe composée de LL.EE.NN.C.-O.Garan et Louis Lévesque, de M.l’abbé B.Trépanier, des RR.PP.A.Tétrault, s.j., D.Poulet, o.m.i., A.Legault, c.s.c., A.Brunet, o.p., I.Saint-Arnaud, o.f.m., A.-M.Malo, o.f.m., L.Ouellette, c.s.v., R.Melanson, c.j.m., L.Poirier, o.f.m.et L.Dozois, o.m.i.Il faut remercier ces brillants exégètes pour le magnifique travail qu’ils ont accompli.On ne se doute pas du nombre d’heures que ces traducteurs ont dû consa- DÉCEMBRE 1953 153 crer à une tâche clifficultueuse et lourde de responsabilités.En exégèse, peut-être plus qu’ai!leurs, le choix d’un mot ou d’une expression peut exiger parfois de longues heures de réflexion.Ne retenons ici qu’un exemple.Pour rendre plus clairs et partant plus intelligibles certains passages de l’Apocalypse, le R.P.Léandre Poirier, o.f.m.s’est vu placé dans l'obligation d’étudier avec soin l’hypothèse d’un texte original hébreu, aujourd’hui disparu.Au terme de ces recherches il a jugé bon de retenir cette hypothèse, ce qui lui a permis d’apporter plusieurs solutions intéressantes et plus plausibles.Que dire aussi des notes lumineuses et savantes qui, insérées au bas des pages viennent expliciter le sens parfois obscur de la lettre et en faciliter l’intelligence au lecteur ?En lisant les deux épîtres de saint Paul aux Thessaloniciens, par exemple, on se rend compte que le R.P.André Legault, c.s.c.utilise une abondante documentation pour faire comprendre les troublants passages de ces épîtres.Remercions donc les évêques, les exégètes et les éditeurs pour l’édition de cette première traduction canadienne du Nouveau Testament.Imprimé sur papier résistant et en un caractère très lisible, ce livre, qui emprunte au pocket book son format commode, répond au besoin de la masse et se vend à un prix remarquablement bas.Puisse-t-il contribuer efficacement à faire pénétrer dans tous les milieux la Parole de Dieu et dispenser aux âmes l’espérance et la consolation.I.es familles feraient bien de se procurer un exemplaire de ce Nouveau Tes- tament et de se faire un devoir d’y puiser quotidiennement.Nous formulons le vœu que beaucoup songent à offrir comme étrenne ce magnifique volume, à l’occasion des fêtes de Noël et du Jour de l’An.Louis Roux LITTERATURE Poésie LAPOINTE (Catien).four malaisé.Offrande, Musiques peintes, Aquarelles d’automne, Chiffons de lumière, Etoiles mortes, Murailles du soir, Jour malaisé.{Sans nom d’éditeur, sans lieu d’édition et sans date}.93p.19cm.S 1.50 (par la poste S 1.60).TB Jour malaisé est un recueil de poèmes inégal mais prometteur, dont le critique, pour peu qu’il obéisse à un certain souci d’honnêteté professionnelle et de loyauté élémentaire, ne saurait accepter de faire mention en quatre lignes désinvoltes et irréfléchies.Hélas, le malheur a voulu qu’il se trouvât encore, à l’occasion de la parution de ce recueil, des esprits carnassiers pour ne faire qu’une bouchée d’un poète dont l’œuvre laisse cependant loin derrière elle le gueuleton hebdomadaire de ces pique-assiette de la littérature ! Comme s’il suffisait, pour déflorer une œuvre que des préjugés indéracinables situent bien bas dans votre estime, de la vomir au nom de quelque conception étriquée, vague et surannée de la poésie.Non, la critique a mieux à faire chez nous que de se payer le luxe de la paresse indifférente en face des œuvres susceptibles d’apporter une pierre, si humble 154 LECTURES soit-elle, à l'édification d’une littérature que des aboyeurs impénitents jugent volontiers inexistante.lin signant Jour malaisé, M.Gatien Lapointe n’a certes point doté nos lettres d'un chef-d’œuvre, mais il a témoigné de son désir de fournir sa quote-part à l’élaboration d’une tradition littéraire qui, un jour, ne saurait manquer tie produire les fruits espérés.Comme la plupart des écrivains de sa génération, il a le mérite de ne pas refuser son effort à la tâche nécessaire qui incombe à tous les précurseurs: celle de créer un fonds nourricier.Si ce recueil ne constitue pas encore un apport précieux, il atteste au moins l’intention courageuse de son auteur de tenter la découverte d’une forme d’expression personnelle et valable.A ce titre, Jour malaisé mérite mieux qu’un regard superficiel et dédaigneux.Dans ces pages où le poète s’essaie à chanter l’amour qui embellit la vie et lui donne un sens, la mer qui a eu raison de ses soifs sauvages, le jardin aux musiques douces d’un regard pur et calme, la splendeur chatoyante des saisons et l’impénétrable mystère de l’âme, l’art du débutant emprunte assez maladroitement à la poésie de Baudelaire et à celle de Rimbaud des rutilances peu propres à convaincre le lecteur que M.Lapointe a découvert son véritable registre.Qui ne reconnaîtrait la touche du poète des Illuminations à la lecture (l’Une prière oubliée et d'insolite absolu, de même que la magie authentiquement baudelairienne des mots dans ce tiercet : « La mer me mène dans le soir (Clichr Marin) Catien Lapointe ,v Si [adultère « Carrefour Je l'azur « Et des boissons violentes ?Mais, si l’auteur de Jour malaisé s’abandonne parfois à l’enchantement de ses poètes préférés, il demeure pourtant capable de fraîcheur spontanée, de sensibilité profonde et d’émotion sentie.La nostalgie que lui distille l’isolement se traduit en vers d’une admirable pureté et d’une transparence cristalline.« Tu te souviens « Ton amour et le mien « Remplissaient tout l'univers « Et le ciel devenait de plus en plus « Proche de la terre « A cause de nous « Aujourd'hui « Pour avoir brisé les sourires de [nos yeux « Et désuni nos lèvres « Nos mains, nos cheveux « L'on a fait de nos jours sans amour « Ni miroirs « D éternelles et stériles solitudes DÉCEMBRE 1953 155 T Remué par la vision des anciens printemps tout pavoises d'amours parfaites et de chevauchées d'étoiles, le poète éprouve le lancinant besoin de recouvrer son cœur d’enfant et de laver dans l’azur d’un jour plus pur ses « .attentes noircies « De s'être traînées dans les nuits [sans feu enser comme lui.C’est une façon de respecter les idées d’un autre, mais ce n’est certes pas la meilleure.D’un autre côté, quand quelq’un critiquait M.Bourassa, ce dernier, au lieu d’imaginer qu’il pouvait avoir tort, drapé dans le sentiment de sa grandeur, disait : je lui pardonne.Cela équivalait un peu à : « Pauvre d’esprit, va ! » (Cliché Albert Daman) Henri Bourassa L *BBSr Orgueilleux, Bourassa ?Oui.Comme il s’en rencontre rarement.Il est vrai qu’il avait tout contre lui : la naissance, le rang, la distinction, l’éducation, la culture, le savoir, l’éloquence et tant, et tant ! Comment ne peut-on pas être ou devenir orgueilleux, quand mère nature s’est cru obligée de combler de tous ses dons un seul homme ?L’orgueil fut l’un de ses grands défauts.Il a bien essayé de le combattre.En grand chrétien qu’il fut jusqu’à sa mort, il l’a combattu incessamment.Mais l’ennemi était à sa taille et n’a jamais pris peur.L’autre grand défaut de M.Bourassa fut son indécision.Il n’a jamais pu, de la théorie, passer à l’action, exception faite quand il s’est agi du Devoir.A DÉCEMBRE 1953 163 plusieurs reprises, il aurait pu entrer dans le cabinet provincial et devenir premier-ministre à Québec.Il a refusé, toujours refusé.Car un premier-ministre ne fait pas surtout des discours, il agit.L’action a toujours effrayé Bourassa.Voilà pourquoi quand on lui a laissé entendre qu’il pourrait devenir premier-ministre provincial, il a refusé.Voilà pourquoi quand on lui a demandé de créer un troisième parti provincial franchement nationaliste, il a refusé.lit pourtant, avec sa grande popularité, il aurait pu facilement faire entrer à la législature une soixantaine de députés nationalistes.Il a préféré comme il disait, demeurer indépendant.L’Action ! C’est un mot qui fait peur.L’indécision ! C’est une étape qui précède l’action ! Etape difficile à franchir, il semble ! M.Bourassa a aimé les honneurs et les applaudissements.Il pouvait difficilement s’en passer.Ça aussi, c’était un obstacle à l’action ! Il voulait critiquer sans se faire critiquer : encore un obstacle à l’action ! Il aimait la flatterie et surtout sa personne.Encore un obstacle à l’action.Car l’homme d’action doit souvent renoncer aux honneurs, aux applaudissements, aux flatteries.Il doit s’attendre à ce qu’on le critique.Pour ça, il faut beaucoup d’humilité.M.Bourassa en avait, mais si petite devant son grand orgueil.Cela revient à dire que son caractère était bien un.Vous ne trouverez pas tout cela exprimé tel quel dans le livre de M.Rumi’ly.Si "ous avez de l’intuition, vous sentirez tout cela.Mais vous vous rendrez compte aussi qu’avec tous ses défauts, Bourassa fut un grand homme.Un héros ! Qui a vu loin ! Qui a grandi le pays ! Qui eut le courage de tout, sauf de l’action ! Il aurait pu.si.mais qu’y puis-je.Pourquoi ne pas se contenter de ce qu’il a fait sans en demander davantage.On exige toujours trop d’un grand homme.De grand homme, on voudrait qu’il devienne surhomme.On est déraisonnable.M.Bourassa, je vous fais mes hommages et j’invite tous et chacun à vous mieux connaître.Je crois que M.Rumilly les y aidera.Benoît Germain BIOGRAPHIES BRETON (Paul-Emile), o.m.i.Forgeron de Dieu.Frère Antoine Kowalczyk, o.m.i.{Edmonton} Editions de l’Ermitage {1953}.223p- h.-t.20cm.TB-A Si la valeur d’une biographie se juge à l’intensité de la présence du personnage dont elle peuple notre univers intérieur, le dernier ouvrage du R.P.Paul-Emile Breton, o.m.i.est une réussite.Dans un style sobre et dépouillé, le biographe de Forgeron de Dieu a tracé un portrait étonnamment vivant et fidèle de l’obscur religieux que fut le Frère Antoine Kowalczyk, o.m.i.Né à Dzierzanow, village perdu de la Pologne occidentale, le 4 juin 1866, Antoine Kowalczyk devint, très jeune encore, apprenti forgeron à Krotoszin.A l’âge de vingt ans, l’obligation de se faire un avenir le contraignit à l’exil.Ce fut à Hambourg, dans un arsenal, qu’il travailla pendant deux ans.Mais la Providence veillait sur son élu.Obéissant à une voix intérieure, Antoine partit 164 LECTURES bientôt pour Mulheim-sur-Rhin.Son séjour dans cette ville devait lui rendre le bonheur serein de sa patrie lointaine et faire naître en lui le germe de la vocation religieuse.Le 1er octobre 1891, il entrait comme frère convers dans la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée.Il fit son noviciat à Saint-Gerlach, Hollande.L'année suivante, ayant prononcé ses premiers vœux, il reçut sa première obédience pour le Juniorat Saint-Charles, Hollande.En 1896, le forgeron de Dieu fut envoyé par ses supérieurs dans les missions du Canada.Rattaché à la mission du Lac Labiche, il y demeure un an, jusqu’au 15 juillet, alors que, victime d’un accident, il fut contraint de se faire amputer le bras droit.De 1897 à 1911, l’humble religieux se dévoua à la mission de Saint-Paul des Métis.Ce fut au Juniorat Saint-Jean d’Edmonton que le Frère Antoine passa dans la prière et le travail les trente-six dernières années de sa vie.Comme chacun peut s’en rendre compte à la lecture de l’aride esquisse biographique qui précède, le biographe du Frère Antoine Kowalczyk n’avait pas la tâche facile.Comment pouvait-il espérer réussir à intéresser le lecteur au récit d’une existence où il se passe rien de sensationnel et dont chaque moment disparaît sous la grisaille des plus humbles besognes journalières ?En s’appliquant à évoquer dans sa troublante et merveilleuse simplicité la physionomie morale de son héros, l’auteur a su contourner l’obstacle.Sous les apparences décevantes d’une vie tout étince- lante de valeurs éternelles, le lecteur découvre ici avec émerveillement les profondeurs d’une âme d’élite, sacrifiée, fervente et tout intérieure.Et qui plus est, il ne sait demeurer insensible et sourd aux sublimes leçons de constance, de force, d’audace spirituelle, de renoncement, de vie intérieure, de travail ardu et de piété mariale dont la vie du saint religieux constitue une source inépuisable.Pierre Mercure GREGOIRE-COUPAL ( Marie-Antoinette ).Le batelier du Gange.{Préface de Mgr Albert-F.Cousineau, c.s.c.} Montréal, Paris, Fides {1953} 172p.h.-t., carte, 21.5cm.(Coll.Rêve et rie).S1.50 (par la poste $1.60).TB-A Dans un ouvrage qui veut être avant tout un hommage d’admiration sincère à l’héroïcité quotidienne de la vie du missionnaire canadien-français, Mme Antoinette Grégoire-Coupal, gagnante du prix d’Action Intellectuelle en 1948 et lauréate de l’Académie française en 1950, proposait récemment à ses lecteurs un récit émouvant et fidèle dont l’action se déroule au Bengale oriental.Son héros, le Père Marie-Gabriel Darennes, est un personnage fictif sous l’anonymat duquel se cache la figure attachante de l’un des nôtres : Monseigneur Raymond Larose, c.s.c., évêque de Chittagong.Dans ces pages qui ne visent aucunement à présenter une documentation complète sur la population, les mœurs, la religion et les coutumes des terres qui bordent au nord et à l’est le golfe du Bengale, l’auteur s’ap- DÉCEMBRE 1953 165 Antoinette Grégoire-Coupal plique à décrire avec un remarquable souci de précision et une étonnante vérité le cadre exotique de ces régions déshéritées que le missionnaire tente de conquérir à la Foi.Aussi est-ce avec l’illusion d’accompagner cet ouvrier de la mission divine que chacun se laissera emporter sur les mille Littérature SCIENCES SOCIALES Questions économiques MERTENS (Clément).Initiation à l'économie sociale.Tournai, Paris, Casterman, 1952.279p.19.5cm.(Coll.Leçons familières).SI.75 par la poste $1.95).TB Ceux qui ont lu les Leçons familières de sociologie du R.P.ramifications du delta du Gange, à travers les rizières inondées ou les marais desséchés.Mais, loin de résider dans cette évocation descriptive bouleversante de vérité, le premier mérite du livre de Mme Grégoire-Coupal est d’offrir au lecteur un portrait non édulcoré de cet être mystérieux et souvent incompris qu’est l’envoyé de Dieu.Marie-Gabriel Da-rennes cache sous l’aspect pittoresque de sa personnalité une âme d’un métal précieux et rare.Les exigences de sa vie immolée, son idéal apostolique très pur et très élevé, le souffle dévorant de son âme de feu et sa patience fructueuse et sereine font de lui un héros plus attachant et un modèle plus entraînant que tous les matamores conventionnels d’une littérature gauchement épique.Il ne fait aucun doute que la lecture de ce roman plein de ferveur et d’admiration, dédié aux missionnaires de Sainte-Croix, éveillera dans l’âme des jeunes une passion généreuse pour l’évangélisation de l’Inde avide de lumière et victime de la superstition védique et de la tyrannie musulmane.Richard Morin étrangère Henri de Passage se réjouiront de l’apparition sur le marché d’un autre ouvrage de cette collection publiée chez Casterman.On sait que cette série destinée à renseigner le public se signale par la haute valeur de sa vulgarisation.Initiation à l’économie sociale peut être considéré comme le pen- 166 LECTURES dant des Leçons familières de sociologie parues précédemment.Son auteur, M.Clément Mertens s’applique ici à définir une science qui emprunte à l’économie politique, à la morale et à la sociologie positive.Mais, si l’économie sociale emprunte à chacune de ces disciplines, elle doit être regardée comme autonome, car elle possède une optique propre.Quant à ce livre, il voudrait faire connaître les éléments principaux de l’activité économique, montrer ses rapports avec le reste de la vie sociale et rappeler, en conformité avec les enseignements de la morale catholique, les normes qui doivent la diriger.L’ouvrage se subdivise en quatre livres.Dans Signification et cadre de l'activité économique l’auteur montre le jeu complexe des besoins humains et des ressources économiques ainsi que l’influence de ce jeu sur la morale.Le second livre, la Production, tente de cerner les notions de nature, travail, capital et entreprise.Dans la Circulation, nous abordons les problèmes de l’échange et la monnaie, les prix et marchés, le commerce international, les mouvements et les crises économiques.La répartition fait l’objet du dernier livre.M.Mertens y traite de la question des revenus du travail, des revenus de la fortune acquise, des revenus de la collectivité publique, de la part des pauvres.Cette dernière étude montre bien le souci constant de l’auteur de considérer les faits d’un point de vue strictement chrétien.La clarté et l’aisance avec lesquelles le sociologue traite ici de questions épineuses font de cet ouvrage un guide précieux et sûr.Le lecteur ne risque jamais de s’y perdre dans le dédale des théories économiques, car l’auteur part constamment de faits quotidiens que tous connaissent et doivent tenter de résoudre.Le livre III, sur l’échange, la monnaie, le crédit, les banques, fera comprendre aux lecteurs le fonctionnement de l’économie d’un pays, fonctionnement compliqué et qui explique bien des attitudes adoptées par les gou reniements.Quant au livre IV, il se^a pour certains l’occasion d’une mise au point touchant le problème délicat de l’impôt.Le paragraphe sur l’obligation morale de l’impôt est d’une brûlante actualité ; il a été traité de main de maître dans cet ouvrage dont nous recommandons la lecture à plus d’un titre.M.-A.Guérin BEAUX-ARTS Art chrétien SCORTESCO (Paul).Saint Picasso, peignez pour nous ou les deux conformismes.Préface d’André Thérive.Paris, Nouvelles Editions Latines {c 1953}.90p.18.5cm.TB Il semble que le temps soit enfin révolu où de faire montre de scepticisme et de lucidité en face de l’œuvre d’un des pontifes de l’art moderne suffisait à attirer sur vous les foudres de l’anathème.Cette conversion tardive au réel origine du fait que des esprits clairvoyants et de haute culture n’ont pas hésité à tout mettre en œuvre pour débusquer le monstre et saper le temple des idoles.Parmi ceux-ci, il importe de citer M.Paul Scortesco dont DÉCEMBRE 1953 167 Tête de Femme par Georges Braque x ,’i .qr/.k ' ji le dernier livre, Saint Picasso, peignez pour nous ou les deux conformismes, portera, nous le souhaitons vivement, un rude coup à l’admiration béate des « progressifs >> pour un art en butte à une authentique hantise de suicide.Dans ce court ouvrage, écrit avec une ferveur combative et une ironie mordante, M.Scortes-co se garde bien de condamner sans l’entendre un art dont les plus serviles tenants n’ont réussi à engendrer qu’un monde effrité, atomisé, boursouflé et hybride.S’il voue aux gémonies une formule dont le secret réside dans une perversion diabolique de l’ordre humain, ce n’est qu’après avoir précisé les frontières assignées à l’art par les sens et l’intellect et avoir établi la courbe d’une régression qui va du triomphe de la Renaissance à l’avènement du marxisme.Tout style, note le critique, implique une orientation de l’homme vers Dieu, et l’Occident s’est coupé de sa source chrétienne et a rompu le parfait équilibre de l’intelligence et des sens exprimé par l’art byzantin et gothique.11 n’y a donc pas à s’étonner que l’art moderne apparaisse à l’auteur comme nettement luciférien et d’un monstrueux orgueil.En renonçant à être expression et communion, cet art abstrait s’enferme dans des systèmes, verse dans l’intellectualisme, erre loin du réel, méprise le langage de la nature et aboutit à l’hermétisme.On ne saurait lire sans un certain sentiment de pitié envers notre époque le réquisitoire de M.Scortesco contre cette crise d’« i-conoclastie démoniaque » dont l’érection de l’église d’Assy représente un des points culminants.Alors que l’artiste chrétien primitif tendait à glorifier l’âme déposée par Dieu en toute chose, le camelot contemporain, lui, se détache du réel, se vautre dans les apparences et soumet l’esprit au règne de la matière morte.A la page 71 de son essai, le critique propose une définition de l’art chrétien que tous les artisans éventuels d’une renaissance future devraient se faire un devoir de méditer.« .l’art chrétien, écrit M.Scortesco, est une conversion de la nature par la présence de la surnature.{.} Il ne cherche pas à concevoir les choses autrement que Dieu les a établies.Mais tout en partant des choses il fait pressentir la présence de Dieu en toutes choses.» 168 LECTURES ¦ Saint Picasso, peignez pour nous est un livre qui, par sa foi, sa sincérité, son autorité et son impartialité, fera miauler les hyènes repues des restes d’un art faisandé et décadent.Puisse-t-il contribuer à mettre fin à la confusion engendrée par le triomphe d'un art qui, de l’expression du préfacier, M.André Thérive, « offre un spectacle de sabbat nocturne ».Jean Champagne Cinéma AYFRE (Amédée).Dieu au cinéma.Problèmes esthétiques du film religieux.{Toulouse} Presses Universitaires de France {c 1953}.210p.h.-t.19cm.(Coll.Nouvelle recherche).$2.75 (par la poste $3.05).TB L’indifférence est souvent la source d’une attention plus vive, car la peur ou la perspective d’un engagement trop profond éloigne l’homme de l’objet de ses convoitises.Maintenant que le fait religieux gît au dehors de la conscience humaine invulnérable au remords, les hommes semblent prendre plaisir à décomposer ce cadavre pour en découvrir les lois et les ressorts secrets.La religion passe successivement aux mains de l’artiste, du psychologue et de l’historien.Le premier y satisfait son besoin de beauté, le second d’analyse psychologique, le dernier son amour des reliques du passé.Tous la profanent sans vergogne.Dès lors, on comprendra comment cette époque d’indifférence religieuse se soit passionnée dans un art qui lui est propre, le cinéma, pour les problèmes religieux.Nul doute que le cinéma religieux est passé aujourd’hui au premier Le Christ dans « Golgotha » de Julien Du vivier - » plan de l’industrie cinématographique.M.Ayfre dans son livre ne manque pas de faire le relevé des fils religieux depuis les cinquante dernières années.Le bilan est imposant.Le cinéaste a poussé sa lanterne «à travers cette « forêt de symboles » qu’est le monde religieux.A peu près tous les aspects du problème ont été traités par l’art plus ou moins heureusement.Les apparitions de Lourdes et de Fatima ont donné naissance au Chant de Bernadette et à la Dame de Fatima ; le cinéma nous livre une tranche de l’expérience mystique par le Journal d'un curé de campagne ; nous retrouvons l’histoire religieuse dans Fabiola qui veut ressusciter l’ère des premiers chrétiens et Jeanne d'Arc ; le cinéma améri- décembre 1953 169 cain s’arrête surtout à l’aspect social de la religion dans Going tu y Way, The Bells of St.Mary ; le réalisme italien en braquant la caméra sur la réalité brute laissait au chrétien l’occasion de justes réflexions religieuses : Voleur de bicyclette ou Rome, ville ouverte exigent que le spectateur prenne position.L’engagement religieux est présenté d’une façon saisissante soit dans l’apostolat social d’un Monsieur Vincent ou dans le martyr d’une Maria Goretti.Les personnes religieuses ne furent pas négligées.On y trouve le prêtre curé dans Des hommes sont nés ou les Anges aux figures sales ; le prêtre missionnaire dans les Clefs du Royaume ; enfin le prêtre persécuté dans le beau film d’Henry Ford T be Fugitive.La vie de la religieuse et sa psychologie transparaissent à travers des œuvres comme Come to tbe Stable et The Bells of St.Mary's.Dans l’admirable étude d’Aurenche et de Delannoy que constitue la Symphonie pastorale est tracé le portrait du pasteur protestant.Le peuple fidèle lui-même devient un personnage que la pellicule animera dans Give Us This Day.A priori, la profusion de films religieux coïncidant avec l’indifférence religieuse pratique porte a croire qu’il se situe une faille quelque part.Sans soulever l’épineux problème de la possibilité pour un incroyant de créer une œuvre authentiquement religieuse, on peut se demander si l’écran a été fidèle à sa gageure et si les travaux de ces dernières années ont été couronnés de succès.Voilà ce que nous permettra de répondre la lecture attentive du livre de M.Ayfre : Dieu au cinéma.Le sous-titre — problèmes esthétiques du film religieux — nous livre l’inquiétude initiale de l’auteur : comment l’esthétisme cinématographique peut-il réussir à rendre vivante une valeur religieuse, à communiquer à l’auditoire un message religieux qui ne soit pas faussé par l’art ?Dès les premières pages, nous percevons chez l’auteur un souci de répondre adéquatement au problème qu’il pose ; pas un seul instant, il ne s’écartera de sa voie.Le fait religieux sera étudié scrupuleusement dans son histoire, dans son aspect social, comme réalité psychologique, enfin dans son insertion dans une réalité humaine.Dans chacune de ses parties, une brève donnée historique dépose devant les yeux du lecteur le bilan des efforts cinématographiques par la mention des principales œuvres.Puis rapidement s’engage le débat très serré entre esthétisme et histoire, esthétisme et société, esthétisme et psychologie, esthétisme et réalité.Chaque matière abordée comme base de travail créateur du cinéaste pose de* problèmes d’ordre esthétique que l’auteur met en lumière.Sa conception de l’art demeure profonde.Enfin le lecteur aura le plaisir après avoir assimilé ces diverses notions générales d’entrer au cœur du problème.Comment le cinéma peut-il reconstituer par des moyens esthétiques dont il dispose, un fait historique, une société religieuse, une expérience religieuse, une réalité religieuse et cela, sans verser dans le factice, la « Bondieuserie », le faux ?Problèmes extrêmement délicats où l’auteur sait appuyer ses exposés les plus hauts par de 170 LECTURES nombreux exemples et des analyses remarquables de films religieux.Le lecteur soucieux d’approfondir ces notions d’esthétisme en matière cinématographique suivra l’auteur avec grand intérêt dans le dédale de ses affirmations.11 est curieux, cependant, qu’une étude si consciencieuse se termine sur ces mots : « au fond, il n’y a peut-être pas de cinéma religieux.11 y a un cinéma tout court, avec ses écoles et ses tendances différentes selon les pays, le temps et les personnalités.C’est à l’intérieur même de cette vie du cinéma qu’éclosent des œuvres qui, sous tel ou tel aspect, à tel ou tel niveau, avec telle ou telle incertitude, se trouvent être religieuses.Elles n’ont pas un style spécial qui serait spécifiquement religieux ».Cela ne rejoint-il pas ce que Daniel-Rops écrivait : « De même que la littérature la plus haute ne rend jamais compte de Dieu, mais peut seulement introduire à une connaissance qui est, par delà toute expression, réservée au seul silence, de même le cinéma, par son essence même, se trouve placé devant ce qui pourrait bien être pour lui une décisive impossibilité.» Conclusion discutable ?L’homme serait-il condamné à rouler l’éternel rocher de Sisyphe dans ses élans infinis vers l’inaccessible possession de Dieu ?Peut-être.puisque Dieu n’appartient pas à l’artiste ni au savant, mais au saint.Quoiqu’il en soit, on lira avec profit ce livre écrit dans un style alerte, vif, un peu obscur.M.Ayfre s’adresse à un public déjà suffisamment muni de notions générales d’esthétisme et de technique cinématographique.Un débu- tant ne l’aborderait qu’avec grande difficulté.Toutefois, la critique cinématographique peut rester fière de compter parmi ses efforts de lucidité ce livre écrit avec tant de soin, de sérieux et de compétence.Serait-ce le signe que notre génération, mettant bas les préjugés courants, aurait choisi la voie positive d’une intégration du cinéma à son humanisme ?Nous osons le croire.Yvon Lafrance, c.s.c.LITTERATURE Ecrits (lit ers BALZAC (Honoré de) journaux à la mer.Introduction, préface, notes et commentaires par Louis Jaffard.Paris, Ed.du Conquistador {c 1949}.150p.19cm.B Sous le couvert de l’anonymat, Balzac a critiqué plusieurs volumes et ces critiques ont paru dans quelques journaux littéraires de l’époque.M.Jaffard recourt à des procédés de critique interne pour l’identification de ces textes.Dans son introduction, M.Jaffard justifie le titre : journaux à la mer, qu’il a donné à ce recueil d’inédits balzaciens.On comprend à quel « poème d’Alfred de Vigny fait allusion le titre que nous avons choisi, écrit M.Jaffard.La bouteille lancée à la mer contient un message qui ne parviendra à son destinataire, le genre humain, s’il y parvient, que bien longtemps après la mort de celui qui l’a délivré ».La plupart des œuvres de Balzac, on le sait, s’adressent à des lecteurs très formés et quelques-unes sont nettement à déconseiller.Heureusement, Journaux à la mer échappe à ce jugement et DÉCEMBRE 1953 171 Honoré de Balzac par Louis Boulanger peut être lu par les adultes.Il est dommage que ce recueil d’inédits n’apporte rien à la connaissance du personnage dont le puissant génie marqua d’une empreinte indélébile le XIXe siècle littéraire français.L.B., c.s.c.BF.RNAGE (Berthe).Sagesse an fil des jours.Paris, Gautier-Languereau, 1952.94p.18.5cm.$1.25 (par la poste $1.40).TB-A Toutes les jeunes filles connaissent, sans aucun doute, les Brigitte de Berthe Bernage commencés vers 1930 ainsi que les Roman d'Elisabeth parus récemment; bien peu, cependant, sont au courant de la collaboration de cet écrivain dans l’hebdomadaire Veillées des chaumières dont le billet signé Bet tine et paraissant sous la rubrique : j'ai quelque chose à vous dire est de Berthe Bernage.Sagesse au fil des jours est un recueil de billets de Bettine.Les textes présentés ici sont tissés de réflexions recueillies au fil de la vie journalière ; les habitués retrouveront dans ces pages l'atmosphère des romans éducatifs de l’auteur.On ne saurait s’empêcher d’admirer dans ce recueil la sagesse et la sérénité d’un écrivain dont l’ambition est plutôt de suggérer que d’enseigner les voies qui conduisent à la sagesse, la simple et grande sagesse au fil des jours.Les titres évocateurs du livre : les Mois sans feuilles, Ocrant la vitrine de jouets, Murmures de coquillages, Trois notes de Mozart.; la présentation élégante des petits tableaux et l’actualité des propos font de ce recueil un vade-mecum de la jeune fille moderne.M.-A.Guérin PANGE (Victor de).Graham Greene.Préface de François Mauriac et un texte inédit de Graham Greene traduit par Marcelle Sibon.Paris, Editions Universitaires {c 1953}.129p.h.-t.17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle, no 8).TB S’il est une œuvre romanesque dont la popularité actuelle puisse s’expliquer par l’allégeance de son auteur aux problèmes angoissants de la vie spirituelle dans le monde contemporain, c’est bien celle de Graham Greene.Depuis l'Homme et lui-même paru en 1929, le romancier anglais s’est appliqué à cerner de près le carac- 172 LECTURES tère tragique de la condition humaine et à lui donner un aspect chrétien.Aussi, chacun de ses ouvrages marque-t-il une étape d’une lente et amère prise de conscience du surnaturel par la misère, la méchanceté, la déchéance et la peur.Si elle s’inscrit en définitive comme un appel à la compréhension et une leçon de courage, l’œuvre de Green apparaît d’abord au lecteur comme une protestation véhémente contre un monde artificiel qui a évolué trop vite pour permettre à l’homme de s’y adapter sans perdre ses vertus, et comme une plaidoirie pour les isolés, les inadaptés et les miséreux que ce monde étouffe.Le héros greenien est un faible, un vaincu et un anarchiste.Terriblement conscient de l’importance de ses actes, ce révolté semble donner à l’orgueil une sorte de primauté et conserve le sentiment d’une justice morale différente de celle des tribunaux et qui lui est supérieure.Un étrange sentiment d’angoisse l’accompagne jusque dans le péché.Brimé par un ordre social vulgaire et médiocre, que le romancier accuse volontiers de pharisaïsme, ce malheureux a la nostalgie de la paix, de sa paix et non pas de celle de Dieu, qui est tout simplement la soumission à Sa volonté.La haine qu’il voue à la société qui l’a rejeté se présente comme la résultante de la misère, de l’humiliation et de l’injustice.C’est même cette haine qui à certaines heures, le rend capable d’une résistance extraordinaire à la fatigue et à la souffrance.En lui, la loi de crainte l'emporte sur la loi d’amour.Fondée sur les thèmes de la Graham Greene peur, de la pitié, de la souffrance et du héros traqué, épuisé, sans espoir, l’œuvre de Graham Greene incite le lecteur à prendre le parti du criminel, à sympathiser avec des voleurs, des sadiques, des névrosés, des mythomanes, des sensuels et des ivrognes.Tout imprégnée des sentiments de ces hommes faibles devant un monde contre lequel ils se sentent incapables de lutter, un monde où régnent l’horreur, la crainte et l’hostilité, elle a le tort de convaincre trop aisément de l’injustice de la société et de la contamination générale de la classe bourgeoise.Il faut savoir gré à M.Victor de Pange d’avoir fait ressortir dans la présente étude tout ce que la conception gree-nienne du monde peut avoir de tragique et même de fataliste, DÉCEMBRE 1953 173 meme si elle demeure parfois mitigée d’espoir.Ces pages, qui visent moins à donner une interprétation métaphysique de l’œuvre de Graham Greene qu'à apporter une documentation précise, dégagent avec un rare bonheur de l’« autobiographie à peine transposée» que constitue le roman greenien, le témoignage de nos temps d'angoisse, porté par l’écrivain.Jean-Paui.Pinsonneault Romans DUCHEMIN (Michel).Une panne par jour.{Paris} Desclée de Brouwer {c 1953}.198p.18cm.S 1.50 (par la poste S1.65).TB-A Tout le bien que nous voudrions dire ici du dernier roman de M.Michel Duchemin résulte moins de la valeur littéraire de l’ouvrage que de l’humour dont regorgent ces pages.Certes, l’écriture de l’auteur n’est pas parfaite, mais son style est alerte, captivant, narratif à souhait.Il serait facile de comparer ce jeune architecte français à Jérôme K.Jérôme, humoriste anglais toujours actuel et rendu célèbre par son volume Trois hommes dans un bateau.Mais l’auteur de Une panne par jour n’a pas la prolixité de Jérôme.Son récit est plus court et ses personnages plus près de nous, ce qui rend la lecture du livre peut-être plus agréable encore.Michel Duchemin est tout jeune puisque né en 1925.Il a étudié chez les Jésuites et obtenu, en 1950, aux Beaux-Arts de Paris, le diplôme d’architecte.En 1952, il fut lauréat du concours de la maison française et, en 1953, chargé d’établir le plan d’une maison du modèle dit type courant.Notre intention, en relevant ces quelques dates, n’est pas d’esquisser une biographie du romancier, mais de souligner à l’attention du lecteur, un auteur qui croit en la vie, qui sait demeurer serein et souriant et qui fera passer, à ceux qui le liront, d’inoubliables moments de détente.De quoi s’agit-il ?Du récit de trois jeunes gens ayant effectué une randonnée France-Italie dans une vieille voiture modèle 1927, dessinée, prétend-on, par Le Corbusier.Nous ne ferons qu’une réserve : celle que méritent à peu près tous les auteurs français contemporains quels qu’ils soient et qui justifie l’abus des vocables anglais.Fn voici quelques-uns : Snack bar, tank à essence, rocking chair, (francisé, al Ièguera-t-on) car starter, camping, cowboy, chewing-gum.auto stop, standing de vie, groom, hall, pickpocket, etc.Nous faisons grâce au lecteur d’un inventaire des expressions italiennes destinées à créer une certaine couleur locale, mais nous nous objectons à ce que l’excellent auteur qu’est M.Duchemin, abuse des expressions anglaises et les fasse passer dans la langue française qui en est déjà sursaturée.Ceci dit, réaffirmons que le romancier est un humoriste charmant et t pable de brosser à traits rapides le tableau d’une situation cocasse, de rendre vivant un dialogue et d’animer des personnages d’une vitalité et d’un entrain incomparables.Rien qu’une pl ‘esc illustrera le talent descriptif du jeune écrivain: «Le lendemain matin, nous étions cernés de peti- 174 LECTURES tes chapelles, de villages plissés comme des gaufrettes sur leurs promontoires, de gosses tondus ras surgis de derrière chaque pierre.» Ce roman, frais et sain comme une bouffée d’air printanier, fera l’enchantement des lecteurs de tous âges et de toutes conditions.Rodolphe Laplante HI VERT (Madeleine).L’ouragan.Roman.{Paris} Ed.du Conquistador {1952}.266p.19cm.B Ce roman décrit avec beaucoup de réalisme quelques scènes de l’exode qui, en 1940, accompagna l’écrasement de la France par les hordes hitlériennes.Comme l’existence des héros dont elles évoquent la figure pathétique, ces pages ont une allure heurtée, tourmentée.Les personnages y sont emportés dans un mouvement de rafale qui parfois nous fait oublier jusqu'à leur identité.La lecture de cet ouvrage remplit l’âme d’admiration et de compassion pour ces Français qui eurent tant à souffrir pendant ces jours de profonde désolation et de panique, alors qu’ils fuyaient éperduement devant l’envahisseur.Les jeunes gens, à l’imagination trop vive, feront bien de s’abstenir de lire ce roman à cause de certaines scènes trop réalistes et de certaines tentations présentées sous un jour trop séduisant.L.B., c.s.c.SORILLET (Jean).La glaise.Roman.{Préface de René Guillot} {Saintes} Editions G.Delavaud {c 1952}.237p.19cm.B Née dans la misère et grandie dans l’abandon, Simone Mathé, fille d’un paysan ivrogne, épouse par dépit et pour se créer une situation un bossu qu’elle n’aime pas, Raoul Ginestet.L’entente règne au foyer des nouveaux époux jusqu'au jour où l’infirme, alerté par des lettres anonymes, découvre que sa femme entretient une liaison avec un voisin détesté, Paul Arnault.Ces accusations journalières amorcent chez Ginestet une véritable tragédie intérieure.Un soir, en l’absence de Simone et de sa mère, Raoul se rend au taudis des Mathé, fait boire son beau-père et tente de lui arracher un témoignage sur les amours coupables de Simone et de Paul.Ludovic s’écroule, foudroyé par l’alcool.Ginestet s’empare alors du fusil du cabanier et tue Arnault venu chercher des appeaux.Démasqué par les gendarmes, le meurtrier se pend et Simone accouche d’un fils que lui a fait son amant.Dans un geste de bonté admirable, Evariste et Marie Arnault adoptent l’enfant et témoignent à la jeune mère une confiance et une amitié dont cette dernière essaie de se rendre digne.Le romancier de la Glaise décrit avec une verve pleine de réalisme et d’humour l’existence et les mœurs pittoresques des habitants d’un village reculé de la Saint-Onge.Sa phrase alerte, pri-mesautière et ironique évoque avec beaucoup de couleur l’atmosphère de ce pays de rouches et de glaise, vivant dans ses strictes limites, avec ses lois et ses habitudes.Le lecteur le plus difficile ne saurait manquer de se laisser prendre ici au charme d’un récit palpitant de vie et d’intérêt, DÉCEMBRE 1953 175 émouvant dans sa sobriété, savoureux à souhait et imprégné d’esprit chrétien.La nature du conflit moral des protagonistes réserve cependant aux adultes la lecture de ce roman.Alain Mercier WOOD (Henry).Les châtelaines cl'East Lynne.Traduit de l'anglais par G.de la Ruwiere.{Verviers, Editions Gérard et Co.} s.d.551p.18cm.(Coll.Marabout-géant), no 18).SI.25 (par la poste $1.40).B En publiant ce roman de M.Henry Wood, la collection Marabout-géant présente à ses lecteurs un récit étoffé où les péripéties abondent et où les événements se précipitent à un rythme haletant.Les châtelaines d’East Lynne sont les deux femmes d’Archibald Carlyle.La première, convaincue que son mari la trompe avec une jeune fille qu’une affaire secrète l’oblige à rencontrer fréquemment, décide de s’enfuir avec un amant.Victime d’un accident de chemin de fer qui la laisse infirme et défigurée, elle passe pour morte.La honte et le remords l’em- * i PANORAMA DU LIVRE RELIGION Doctrine MICHEL (Albert).Les mystères de l'Au-delà.Edition refondue des Fins dernières.Paris, Librairie P.Téqui £1953}.156p.19cm.(Coll.Présence du catholicisme, no 9).TB pêchent de tenter quoi que ce soit pour démentir cette rumeur.Elle vit sous un nom d’emprunt.Mais, comme la séparation de ses trois enfants lui est très pénible et qu’on lui offre de retourner à East Lynne comme gouvernante, elle accepte cette situation.Entre temps, Carlyle s’est remarié avec la jeune fille qu’il rencontrait souvent par affaires.On imagine facilement le désarroi de la première femme, témoin forcé de l’amour des nouveaux époux.Elle regrette le sentiment de lâcheté qui naguère commanda sa fuite et accepte le présent en expiation.Elle meurt, pardonnée, entre les bras de son mari qui ne la reconnaît qu’à la dernière minute.Ce roman palpitant d’intérêt et de vie mettra les jeunes époux en garde contre les faux mirages de la jalousie et les conséquences funestes de certains gestes irréfléchis.Désireux de faire œuvre saine, le romancier ne manque pas de souligner les occasions où la première femme de Carlyle aurait dû s’ouvrir franchement à son mari de ses appréhensions au lieu de nourrir en elle des sentiments troubles.Léon Baron, c.s.c.* Ce livre est la synthèse d’un certain nombre d’études, travaux d’ensemble ou articles de revue, dans lesquels l’auteur a exprimé sa pensée sur les Mystères de l'Au-delà : une pensée qui s’efforce de refléter l’enseignement authentique de l’Eglise et, dans le domaine des opinions, de s’at- 176 LECTURES Le Jugement Dernier ( Détail ) par Michel-Auge cf- c |L J.tacher à l’enseignement des meilleurs théologiens et tout particulièrement de saint Thomas.Les esprits curieux et désireux d’approfondir leurs connaissances religieuses sur la Vie dans l’Au-delà trouveront ici une nourriture substantielle et saine.Des aperçus nouveaux concernant certaines thèses actuellement émises leur apporteront les éléments d’un jugement pondéré et sûr.Pie XII.Documents pontificaux de Sa sainteté Pie XII.1950.Réunis et présentés par R.Kothen.{Préface du Cardinal Liénart} Saint-Maurice, Ed.de l’Oeuvre Saint-Augustin ; Paris, Ed.Labergerie {1953}.703p.21.5cm.S6.00 (par la poste S6.15).TB Sa Sainteté Pie XII, en toutes circonstances, ne cesse de prodiguer ses enseignements, sa doctrine si pleine de seve et de vie, puisés aux sources divines.Cet ouvrage constitue donc une mine précieuse où chacun pourra puiser abondamment, un instrument de travail indispensable pour les Séminaires, les Communautés, le Clergé et tous ceux qui doivent avoir à cœur de faire connaître les directives de l’Eglise.De nombreux pèlerins de l’Année Sainte voudront le posséder et auront la joie d’y retrouver l’écho de la parole vivante et paternelle qu’ils ont écoutée avec tant d’émotion.Ils verront avec quelle maîtrise et quelle sollicitude le Saint-Père traite des grands problèmes de l’heure actuelle.SUENENS (Mgr Léo-Joseph).Que faut-il penser du réarmement moral ?Préface de S.E., le Cardinal van Roey.Paris, Bruxelles, Editions Universitaires {1953}.151p.18.5cm.$1.25 (par la poste $1.35).TB « Le mystère de Caux » pose des problèmes à la conscience.Que penser de ce « réarmement moral » qui veut rallier à lui les hommes de toute race, de toute langue, de toute religion et leur apporter « un dénominateur commun » ?Peut-on approuver ou doit-on condamner le mouvement ?Une question domine le débat qui divise les esprits : le réarmement moral est-il un mouvement religieux ?C’est à cette question capitale que l’auteur entend répondre.Il le fait avec une rare compétence et une in- DÉCEMBRE 1953 177 formation des faits et des situations qui donnent à ses pages leur plein relief et leur actualité.Le livre offre une réponse sereine, nuancée et impartiale et aidera sans doute tour lecteur, quel qu’il soit, à mieux comprendre l’attitude des autorités religieuses qui, en divers pays, viennent de prendre position.Spiritualité RICHOMME (Agnès).Le chaut de la confiance.(Psaume 90).Paris, Editions Eleurus {1953}.62p.15.5cm.(Coll.Feuillets de vie spirituelle, no 19).$0.20 (par la poste $0.25).TB-A Cette brochure rendra service en permettant de découvrir sous un jour nouveau les paroles éternelles du psaume « Oui habitat ».A tous les chrétiens qui sont attirés par le thème de la confiance, elle pourra non seulement apporter grâce de réconfort et motif d’espoir, mais encore faire découvrir peut-être les insondables richesses de la Sainte Ecriture.Hagiographie AIGRIN (René).L'hagiographie.Ses sources, ses méthodes, son histoire.{Paris} Bloud et Gay {c 1953}.416p.25cm.$5.85 (par la poste $6.00) TB Le livre de M.René Aigrin marque une date dans la connaissance de ce domaine important de l’histoire religieuse qu’est l’hagiographie.L’auteur nous apprend comment, à travers les siècles chrétiens, les sources et les documents furent utilisés en vue de constituer le « dossier » du personnage en instance de canonisation, ou déjà honoré dans les siècles où la procédure était plus sommaire.Les péripéties passionnantes et les imbroglios ménagés aux chercheurs par les vicissitudes des textes et la piété des anciens fidèles donnent à ces pages un goût d’aventure qui enlève toute aridité à une science loyale et constamment fidèle à l’esprit de l’Eglise.SCIENCES SOCIALES BORNE (Etienne).De Marc Sangnier à Marc Co-quelin.Toulouse, Privât {c 1953}.182p.18cm.(Coll.Notes conjointes).$0.75 (par la poste $0.85).TB En écrivant De Marc Sangnier à Marc Coquelin, M.Etienne Borne n’a pas voulu proposer au lecteur une apologétique d’un certain nombre de thèmes politiques, philosophiques et religieux appelés à constituer une conception démocrate-chrétienne de l’existence humaine.De son propre aveu, il s’est appliqué à évoquer dans ces pages « l’histoire d’un garçon cerné de prédestinations, empêtré dans ses appien-tissages, puis aux prises avec un devoir obscur et difficile, qui n’avait rien en lui pour être proposé en modèle, mais dont la destinée prend à la fin quelque chose d’exemplaire”.Ce livre contient aussi une sorte d’histoire doctrinale d’une grande tradition spirituelle française : la mystique de paix proposée par le Sillon.Philosophe, M.Borne cherche, en traitant son sujet, l’occasion de réfléchir sur les rapports de la religion et de la politique, les conditions de l’existence humaine et !e mystère de la mort.LITTERATURE Ecrits divers 178 LECTURES MARIE-FRANCE.Mamans arec loyauté.{Illustrations de Maguy Sablé.Paris, Editions Fleurus, 1953}.62p.il!.20cm.$0.40 (par la poste $0.45).TB Ceux qui connaissent les œuvres pédagogiques de Marie-France ajouteront de confiance à leur bibliothèque ce nouveau livre.Dans de courts récits toujours pris sur le vif et où se glisse une grande émotion, l’auteur nous fait, avec parfois beaucoup d’humour, découvrir les exigences arides de la loyauté.Accessible à tous les milieux par sa forme attrayante, son texte facile, ses nombreuses illustrations, ce nouvel ouvrage fera du bon travail dans tous les milieux d’éducateurs.VAN GAVER (Alain).J'ai été condamné à la liberté.Préface du Colonel Rémy.{Paris} le Centurion {c 1953}.221p.h.-t.20.5cm.$2.10 (par la poste $2.20).TB Ce livre bouleversant renferme le récit scrupuleusement exact de la vie des détenus dans les prisons de Mao Tsé Toung.L’auteur ne se contente pas de rapporter son aventure, les dangers courus par les missionnaires catholiques en Chine, la persécution systématique contre l’Eglise.Il décrit aussi avec une précision et une exactitude hallucinantes les méthodes de « conversion » à l’aide de l’au-to-critique employées par le marxisme contre une population sans défense intellectuelle, et reconstitue les interrogatoires et les «examens de conscience» forcés auxquels les communistes soumettent leurs victimes.Ces pages nous font toucher du doigt le despotisme atroce, l’incohérence et l’hypocrisie d’un régime qui s’impose à la foule des pauvres gens au moyen d’une oppression inhumaine.Romans ACHARD (Annie).La double promesse.{Paris} Bonne Presse {1953}.178p.18.5cm.(Coll.Lfoiles).TB L’action se déroule aux environs d’Avignon, dans un cadre enchanteur.Nul ne restera indifférent au cas de conscience de Marie-Edith, l’héroïne, dont le noble caractère est campé avec une remarquable aisance.C’est un livre écrit d’une plume alerte et qui devient pathétique à mesure que s’affirment les sentiments des personnages.ANTOINE (Paule).Du plus profond de /'abîme.{Paris} Bonne Presse {1953}.178p.20cm.(Coll, le Ruban bleu, no 75).TB Ce livre poignant raconte un drame où l'orgueil a sa part.Dès les premières pages, la situation est posée dans un cadre que l’auteur semble aimer et bien connaître : Lyon et un village à la limite de l’Ain et du Jura.Tous aimeront la lecture de ce roman émouvant et dont l’intérêt ne fléchit pas un seul instant.BUET (Patrice).La cigogne n'est pas dans sou nid.{Paris} Bonne Presse {1953}.1125p.18cm.(Coll, la Frégate, no 84) s$0.25 (par la poste $0.30) TB Un roman plein de fraîcheur, d’humour et d’émotion avec cette pointe de malice alsacienne que DÉCEMBRE 1953 179 l’auteur sème dans ses œuvres pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.Un récit charmant où l’apologie de l’esprit familial s’étend à tout le village jusqu’aux parents éloignés, aux amis, au prochain en général, et cette atmosphère de bonne humeur n’est pas le moindre charme du roman.CHABANNES (Hedwige de).Amandine douce-amère.Roman.{Paris} Editions du Conquistador {c 1953}.206p.19cm.S 1.25 (par la poste S 1.35).TB Autour du roman très simple de dépouillé que constituent les amours d’Amandinc et de Mathias, Hedwige de Chabannes, a évoqué avec un rare bonheur la vie quotidienne des habitants de rîle de Ré, l’atmosphère de pittoresque qui baigne ce coin du monde avec ses coutumes anciennes encore en vigueur, ses chansons patoises, son histoire héroïque.Les amateurs de poésie et d’un style de qualité, ceux qui goûtent les touches délicates par lesquelles se crée une atmosphère, seront comblés par ce roman où on ne saurait blâmer que le manque d’originalité de l’intrigue.Un livre émouvant et vrai.ESSARTS (Pierre des).Vers la rive apaisée.{Paris} Bonne Presse {1953} 126p.18cm.(Coll, la Frégate, no 82) S0.25 (par la poste $0.30).TB Mireille quitte le foyer de son père et entre comme lingère dans une clinique.C’est alors le contact brutal avec la vie dure.Elle rencontre un jeune officier de la Marine marchande, Pierre Le Mouellec, dont la séparera bien- tôt une série de malentendus.Mireille tente d’oublier le passé avec un brave garçon plein d’avenir.Mais aux jours fiévreux de la Libération, la jeune fille retrouve Pierre et en même temps son angoisse et son amour.Ce roman finement écrit et observé met en scène des personnages bien vivants.Les rebondissements inattendus de l’action, les charmes des ports et des quais, créent une atmosphère pleine d’attraits.MERCEY (Suzanne).Le go lit de la vie.{Paris} Bonne Presse {1953}.126p.18cm.(Coll, la Frégate, no 85)." TB Roman captivant, où une énigme policière se mêle à un intrigue sentimentale, le Goût de la vie plaira à tous.Les personnages sont extrêmement bien campés et l’intérêt va croissant.Le cadre où se déroule l’action est décrit avec un remarquable brio et l’histoire contée avec verve.HISTOIRE WINANDY (Dom Jacques).Ambroise Ant pert, moine et théologien.Paris, Librairie Plon {1953}.148p.19.5cm.(Coll.Editions d'histoire et d’art).TB Ambroise Autpert, moine éminent de l’époque carolingienne, fut un maître remarquable de la vie spirituelle et le plus fervent apologiste de la Vierge avant saint Bernard.Soucieux de redire fidèlement l’enseignement des Pères, Ambroise Autpert a su s’assimilier la théologie traditionnelle.Pour ce moine voué à Dieu exclusivement, le mystère divin demeure toujours l’unique centre 180 LECTURES d’intérêt.C’est donc une figure très attachante que nous révèle ici Dom Winandy.LIVRES POUR LES JEUNES BILLAUD (A.).Lutte (le géants.{Illustrations de M.de la Pintière.Préface de P.L’Ermite}.{Paris} Bonne Presse {1953}.157p.ill.20cm.(Coll.Ohé ! les (fars).J Ce livre est un défilé de prouesses merveilleuses, des images grandioses qui ont animé la guerre de Vendée.Il y a 160 ans, la Vendée est entrée dans la légende.Ln 1793, ces paysans, auxquels la Convention voulait ravir leurs prêtres et leur Foi, se sont soulevés contre les imposteurs.Sans armes, en sabots, avec des chefs dont le courage était la seule science, ils ont défié les armées de la République.Une histoire magnifique, des récits qui font trembler et dont l’authenticité soulève l’admiration et la terreur.Pour vous tous qui aimez les histoires, voici la plus passionnante, la lutte de héro défendant la plus belle des causes, la cause de Dieu.ERLAND (Jean).Philippe-Henri.Illustrations de J.Gadoin.Paris, Spes, {1953}.175p.ill.19cm.(Coll.Jamboree).J Histoire curieuse, sympathique et originale que celle d’Henri qui apprend un beau soir qu’il n’est qu’un enfant recueilli sur les routes bombardées de 1940 et qu’un oncle et une tante le réclament.Ce livre qui rompt délibérément avec ce qu’on a l’habitude de lire et dont les rebondis- sements imprévus plairont, conduit le lecteur à travers un monde de péripéties inattendues, cocasses et tragiques.TERSEN (Alain).Le fugitif.Illustrations de P.Forget.{Préface de Jean-Claude Alain}.Paris, Spes {1953}.174p.ill.19cm.(Coll.Jamboree).J Le fugitif, roman âpre, dur, sincère et courageux, aux rayonnantes échappées de tendresse humaine, est un récit prenant et actuel.Il s’agit de deux garçons, l’un de 14 ans, l’autre de 20, que les circonstances mettent en présence pendant une nuit d’hiver.L’aîné est traqué par la police, et le plus jeune, d’abord contraint à le suivre contre son gré, découvre sous la fausse rudesse de son compagnon le visage malheureux des gens qui ne se couchent jamais, des individus qui fuient, des malades qui toussent lamentablement dans les baraquements de la zone.Il découvre aussi l’amitié.Quant à Jean, l’aîné, il s’aperçoit à son tour que la fraîcheur du cœur d’un enfant peut lui donner le désir d’une existence neuve.VIGNON (Jean).Jimmy.Illustrations de Pierre Marty.Paris, Ed.Fleurus, Ed.Gautier-Languereau, 1953.124p.ill.18cm.(Coll.Jean-François).J Résidant aux Etats-Unis, en désaccord avec sa femme restée en France, le père de Jimmy veut reprendre son fils et recourt au rapt.Finalement, le garçon a la joie de recevoir le baptême, ce qui était l’un des points de mésentente entre ses parents, et le foyer brisé se reconstitue.DÉCEMBRE 1953 181 Les fiches de catalogue Liste (les fiches publiées en octobre 1953 Ceux qui nous servent.TB-A Un suint de moins de quinze uns.TB-A Le rosuive.B* Lord Robert Baden-Potvell oj Cil well.TB-A* Savoir écrire des lettres.TB-A S.Jean-Baptiste de lu Salle.TB* Le Soutenu Testament.TB-A* Les aientures de Grain dt Sel.J Radio, radar, télévision.TB Au service de l'amour (cd.féminine) B La tie de l’océan.TB-A Les quarante-huit Amériques TB Les saints vont en enfer.B?* Angêüne de Montbrun.TB* Essat sur le mystère de l’histoire.TB-S* L'ombre de la douleur.B!'* L’épée de jeu.B.'* Chariot à la « Mission des /Martyrs ».J Le grand pêcheur.B?Cérémonial du célébrant et des ministres sacrés.TB-S* Vingt et un ans chez les Papous.TB Le Japon entre la tradition et l’avenir.TB* Mexico suiti de Mon ami Jean.J L’immortel bohème (Puccini).B* Ut tie du Mahatma Gandhi.TB* Initiation à la science politique.TB Esclavage ou liberté.TB K os enfants et nous.TB* Les sept sacrements.TB* Le mendiant de Grenade.TB Education sentimentale.TB-A* Le secret de la Rivière Perdue.J Etude sur les écrits de s.Jean de Brébeuf TB-S* Mort des colonies ?TB-S Ton milieu.TB-A* L'actualité du Bonhomme.TB-A* Le communisme athée.TB Des dieux, des tombeaux, des savants.TB-S* Le Christ dans ses mystères.TB* Jeux gymnastiques et sportifs de plein air et d’intérieur.TB-A Secrets de pèche.TB Le cal taire de Monique.TB-A Saint-Félix de Valois.TB Petite histoire du Canada.J.Henri Bourassa.TB* Saint J.-M.-B.Vianney, curé d’Ars.patron de tous les curés de l’univers.TB Le premier amour du monde.TB** L’histoire du rosaire.TB* * après le numéro d'ordre, indique une série de 6 fiches.** après le numéro d'ordre, indiquent une série de 7 fiches.SVP indiquer à droite des numéros d’ordre, s'il s'agit de fiches [f] ou de séries [s] Edition cVoctobre 1953 53-433 Audet.L.P.53-434 Aufray, A.53-435 Barci ay.Florence L.53-436 Bastin’, R., o.m.i.53-437 Bfrnage.Berthe 53-438 Bernoville, Gaétan 53-439 Bible NT.Français 53-440 Boisvert.Laurent 53-441* Boll, Marcel 53-442* Carnot, Edith 53-443* Carson.Rachel L.53-444 Cartier.Raymond 53-445 Cesbron, Gilbert 53-446 Conan.Laure 53-447 Daniélou, J., s.j.53-448 Daniel-Rops 53- *49 Daniel-Rops 53-450 DavelüY, M.-Claire 53-451 Douglas.Lloyd C.53-452 Dubois.M., c.ss.r.53-453 Dupfyrat, A., M.s.c.53-454 Duhamel, Georges 53-445 Faucher de St-M., N.53-456* Fiorentino, D.del 53-457 Fisher.Louis 53-458 Gingras.J.B., ptre 53-459* Girard.R., o.m.i.53-460 Greef, Etienne de 53-461 Grente.G., cardinal 53-462 Hunermann, G.53-463 J.E.C.53-464 Lafortune, A., ptre 53-465 Latourelle, R., s.j.53-466 I.eBrun-Kéris, G.53-467 Llewellyn, R.-E., ptre 53-468 Llewellyn, R.-E., ptre 53-469 Levack, David, c.ss.r.53-470 Ceram, C.W.53-471 Marmion, C., o.s.b.53-472 Minet, Jean 53-473 PauzÉ, François 53-474 Potvin.Berthe 53-475 Rondeau, C., p.m.é.53-476 Rumilly, Robert 53-477 Rumilly.Robert 53-478 Sepiéter, G., ptre 53-479** Sheen, Fulton, év.53-480 William.F.M., chan.182 LECTURES DEVENEZ MEMBRE DE NOTRE CLUB LES DEUX LIVRES DU MOIS SELECTION DE DECEMBRE NOUVELLE AVENTURE EN AFRIQUE par Jacques Hébert Tome I — AU PAYS DF.LA SOIF ET DE LA PEUR Ce 4e grand voyage en Afrique ne ressemble à aucun des autres.Cette fois, Jacques Hébert est accompagné rie sa femme Thérèse à qui il voulait faire connaitrr les lumières, les silences, les joies inelfables du Grand Désert.Mais pour y arriver il faut tout de même traverser l’Algérie, le Maroc.et voilà où les difficultés et les aventures commencent.M.et Mme Hébert sont journalistes et donc indésirables, presque ries ennemis : police secrète, visas annulés, intrigue de roman d’espionnage.L ue suite d’événements invraisemblables les immobilisent pour un temps à la porte du désert.250 pages — 27 photos Tome 2 —HOMMES NOIRS ET BETES SAUVAGES Après le Sahara et l'Afrique Occidentale nous pénétrons, avec ce second livre, en Afrique centrale, en Afrique Orientale, en Ethiopie, au Soudan où se continuent les pérépéties attachantes des aventures rie M.et Mme Hébert.Rencontre de lions, de vautour, de serpent.Arrestation spectaculaire pour une question de laisscr-passer.etc.L’intérêt du lecteur ne peut fléchir un seul instant.253 pages — 31 photos EN JANVIER : DEBACLE SUR LA ROMAINE par René Ouvrard LA SEPTIEME FLAMME par N.Bouron .Veuillez m’inscrire dans votre club * “Les deux livres du mois” et me faire I parvenir les deux livres vedettes de | janvier.Je m’engage à acheter, au cours I cours des prochains douze mois, au moins .quatre des sélections mensuelles, offertes : pendant cette même période.Veuillez J m’envoyer gratuitement, votre lettre ' mensuelle aux membres du Club.-j [ ] ci-joint $2.50 pour les vedettes , de janvier.* [ ] ci-joint $10.00 pour les vedettes 1 des 4 mois à venir.t J je paierai après réception de cha- ' que envoi.I [ ] ci-joint $28.00 pour les 12 mois I à venir.i NOM .ADRESSE I VILLE I_______ PROV.FIDES Les deux livres du mois 25 est, rue Saint-Jacques •l’Lateau 8335 MONTREAL DÉCEMBRE 1953 183 BIBLIOTHECA Le neuvième congrès de l’A.C.B.F.Le 9e Congrès annuel de l’Association Canadienne des Bibliothécaires de Langue Française (l’A.S.B.F.), tenu à Montréal les 10, 11 et 12 octobre dernier, a connu le succès habituel.Ces journées d’étude revêtaient une importance particulière cette année, du fait que l’Association célébrait le 10e anniversaire de sa fondation.Ut/ spectacle pro met tear C’était l’Ecole Normale Jacques-Cartier qui accueillait cette fois-ci les congressistes.L’Ecole elle-même, dont le Principal, M.l’abbé G.Levasseur, mettait si cordialement les locaux à la disposition de l’Association, et le site, les Jardins Lafontaine dans leur parure automnale, créaient déjà une atmosphère des plus favorables à de féconds échanges d’idées.Les bibliothécaires, venus de tous les coins du Canada français, surtout des grands centres de Québec, des I rois-Rivières, de Sherbrooke et d’Ottawa, formaient avec leurs confrères montréalais un groupe enthousiaste.Ils donnaient plus que jamais l’impression d'une organisation en pleine vitalité, promise à un rayonnant avenir.On ne saurait trop se réjouir d’une telle constatation, en songeant à l’importance toujours grandissante, dans la société contemporaine, des bibliothèques, ces « universités du peuple ».Le thème du Congrès On avait pris pour thème du Congrès cette année : Le choix des livres.Il a suscité des causeries et des communications d’un grand intérêt.Le sujet était d’ailleurs passionnant en lui-même et il garde toujours une brûlante actualité.Le choix des livres, le choix de la nourriture intellectuelle, des distractions les plus humaines, c’est là un problème de toutes les époques, mais encore davantage le problème d’une époque comme la nôtre toujours travaillée par le ferment du libéralisme.Et le problème n’a pas que cet aspect intellectuel et moral : il a des implications à la fois pratiques et techniques, qui ne furent pas négligés.Tous les travaux animés par ce leit-motiv furent, au dir?de tous, des plus intéressants, qu’ils fussent d’ordre doctrinal ou technique.L’auteur des présentes réflexions n’a cependant pu les entendre tous, puisque, d’une part, il y eut des séances simultanées, et que, d’autre part, il était assez accaparé par les exigences de la publicité.Qu’on lui permette cependant de mentionner l’importante et substantielle conférence du R.P.Pierre Angers, s.j.: lai critique littéraire au Canada français ; le travail élaboré et judicieux du R.P.Edmond Desrochers, s.j.: Lecture des jeunes et formation du sens critique aux points de vue culturel, littéraire et moral, travail que le Père n’eut malheureusement pas le temps de tout nous communiquer ; le joyau de causerie de M.Guy Boulizon : Les écrivains pour la jeunesse ; et celui de Mlle Gisèle Bonenfant : Les besoins des enfants.184 LECTURES La valeur de ces travaux, sans oublier ceux d'ordre technique, fait espérer que, comme par le passé, l’A.C.B.F.pourra les publier en volume pour le bénéfice de tous.Conférences.Rapports Les causeries que nous venons de mentionner ne nous font pas oublier ces pièces de résistance : la situation difficile de l'écrivain au Canada français, par Rex Desmarchais et Les Prix littéraires, critères de choix de livres, de Guy Sylvestre.D’autres invités nous honorèrent de communications remarquables : Mgr Albert Tessier, P.D., archiviste, visiteur en chef des Instituts familiaux de la Province ; M.Laurent Paradis, président du Comité de la Bibliothèque des Trois-Rivières : Me F.-Eugène Therrier, secrétaire et représentant de la Société St-Jean-Baptiste.Et n’allons pas oublier le travail des membres mêmes de l’A.C.B.F., moins éclatant dans la plupart des cas, mais qui reste, en fin de compte, l’ossature de tout le Congrès.L’espace et le temps nous manquent pour citer tout le monde.Qu’on se rapporte au programme : tous les noms qui s’y trouvent méritent d’être à l’honneur.Il serait cependant inexcusable de ne pas rendre un tribut d’hommages tout particulier à M.Raymond Tanghe, auquel I’A.C.B.F.doit tant et qui, de nouveau, a animé le Congrès de sa parole facile et chaleureuse, de son expérience et de son entregent.Dixième anniversaire de l'A.C.B.F.Dans ces réflexions cursives en marge du Congrès, nous n’avons pu évidemment tout mentionner.Nous devons, par exemple, une reconnaissance spéciale aux autorités municipales de Montréal, qui nous ont reçu magnifiquement à la Bibliothèque, dont le conservateur, M.Jules Bazin, nous a fait les honneurs avec sa cordialité habituelle.Surtout, nous devons dire un mot du 10e Anniversaire de l’A.C.B.F.Cet anniversaire fut célébré par un banquet au Cercle Universitaire.On y entendit des discours de circonstance fort goûtés, dont celui de R.P.Paul-Aimé Martin, Directeur de Fides, un des principaux artisans du progrès des bibliothèques au Canada français ; ses Regards sur l’histoire et l’œuvre de l’A.C.B.F.resteront une page importante de nos annales culturelles.C’est au cours de ce banquet que fut manifestée la sollicitude de Sa Gracieuse Majesté la Reine envers l’Association.Sa Majesté a, en effet, décerné à M.Raymond Tanghe une décoration qui lui fur alors publiquement attribuée.M.Tanghe, dans ses remerciements, a bien voulu souligner que c’était tout le groupe des bibliothécaires de langue française que le choix de la Reine voulait honorer.Un tel honneur et la réussite de ce 9e Congrès annuel, au cours duquel on adopta d’importantes résolutions, attestent de nouveau l’importance grandissante de I’A.C.B.F.dans la vie culturelle du Canada français.Théophile Bertrand, secrétaire de l’A.C.B.F.DÉCEMBRE 1953 185 Les fiches de catalogue ' publiées par lu Maison ïiclts, sous le patronage et arec la collaboration cle l'Association canadienne des bibliothécaires de langue française.Monsieur le Président, Mes chers collègues, Notre Association a pour but d’aider ses membres au double point de vue technique et culturel.L’édition de fiches de catalogue constitue l’une de ses grandes réalisations.Aussi il n’est pas étonnant que durant l’année qui vient de s’écouler, le conseil de l’Association, ainsi que le comité spécial créé à cet effet, aient voulu donner à cette réalisation toute l’attention qu elle mérite.Avant de vous donner un bref rapport de ce qui a été fait cette année en ce domaine, je veux remercier les membres du comité d’édition des fiches de catalogue : Mlles Juliette Chabot, Lucie Lafrance et Hélène Favreau, de la Bibliothèque Municipale, le Rév.Père Fernand Guilbault, c.s.v., et le Rév.Père Léandre Fréchet, c.s.c.Sans leur dévouement et leur compétence, il est certain qu’une initiative aussi complète ne saurait être maintenue.I.Travail accompli durant l'année 1952-1953 1.Réunions du Comité: Le Comité a tenu deux assemblées plénières, l’une le 17 janvier au Cercle Universitaire et l’autre à la Bibliothèque municipale, le 2 octobre dernier.De plus, quelques-uns des membres du comité se sont réunis chaque mois pour établir le choix des volumes dont on a fait les fiches.2.Nombre de fiches éditées.De janvier à septembre 1953, nous avons édité les fiches de 432 volumes, ce qui fait donc que depuis le début, soit depuis novembre 1951, nous avons publié les fiches de 1,008 volumes.De ces volumes, 655 ont été publiés au Canada, ou traitent d'un sujet canadien ou ont un Canadien pour auteur.De ces volumes, 806 sont destinés à des adultes et 202 à des jeunes.3.Propagande : a) Chaque mois, nous avons publié dans Lectures la liste des fiches qui venaient de sortir des presses.Nous avons également inséré des placards publicitaires sur les fiches dans Lectures, Ale* Fiches et Notre Temps.Au début de l’année 1953, nous avons publié à l’intention des bibliothèques canadiennes et américaines une liste de 576 fiches de catalogue éditées de novembre 1951 à décembre 1952.Cette liste est par ordre alphabétique d’auteurs, et à la suite de chaque titre de volume, figure le numéro d’ordre de la fiche.b) Les fiches de catalogue ont figuré dans l’exposition tenue par la Maison Fides au Congrès de la Canadian Library I.Rapport présenté par le R P.Paul-Aimé Martin, c.s.c., directeur général de Fides et membre du Conseil de l'A.C.B.F., au congrès de l'Association, tenu à Montréal, les 10, 11 et 12 octobre 1953.186 LECTURES Association, à Ottawa, en août dernier.Une exposition des fiches est tenue durant le présent congrès.4.Etat des abonnements et des ventes : a) Abonnements : A date nous comptons 4 abonnements à $50.00 et 15 abonnements à S 15.00.De ces 15 abonnements, 6 nous viennent de bibliothèques des Etats-Unis.b) Ventes par séries : De plus, une trentaine d’institutions nous commandent selon leurs besoins des séries de fiches.Nous tenons à remercier tous ceux qui, par des abonnements ou des achats, nous aident à maintenir cette initiative de publication de fiches.Nous voulons mentionner spécialement l’aide que nous a apportée M.Jean Bruchési, sous-secrétaire de la province, en achetant 20 séries de chacune des fiches publiées durant la première année.M.Bruchési a fait parvenir ces fiches à des bibliothèques d’Europe dans le but de faire connaître la littérature canadienne ainsi que le travail accompli par notre Association.Nous tenons à remercier très spécialement M.Bruchési de sa précieuse collaboration.c) De grands progrès ont donc été réalisés au cours de l’année.II reste cependant qu’à l’heure actuelle les ventes ne sont pas encore assez nombreuses et que les dépenses dépassent de beaucoup les recettes.Récemment, M.Benoît Baril nous signalait un article sur la reproduction des fiches de catalogue publié en septembre dernier dans le bulletin de l’Unesco à l’intention des bibliothèques, Dans cet article, il est dit que la bibliothèque du Congrès avait déjà, en 1901, 200 souscripteurs à ses fiches de catalogue et qu’en 1946, elle en comptait 7,500.Quant à nous, nous souhaiterions en être au point où était la bibliothèque du Congrès en 1901.En effet, si nous avions 200 souscripteurs, la survie de l’entreprise serait assurée.Nous ne désespérons pas d’atteindre et même de dépasser cet objectif.Mais comme à l’heure actuelle nous n’utilisons à chaque parution qu’environ 50 fiches par volume, nous avons décidé, il y a quelques mois, de réduire à 200 le tirage des fiches qui auparavant était de 500.Même avec ce tirage restreint, nous avons assez de fiches en stock pour répondre aux demandes qui nous parviennent des diverses bibliothèques qui ne sont pas abonnées.II.Perspectives d'avenir.hors de sa réunion du 2 octobre dernier, le comité a étudié les moyens de propager davantage les fiches de catalogue.1.Le comité a considéré le fait que plusieurs grandes bibliothèques polycopiaient elles-mêmes leurs fiches et cela notamment pour des raisons d’économie.Le comité s’est demandé s’il ne conviendrait pas d’établir des prix spéciaux pour des DÉCEMBRE 1953 187 achats d'une grande quantité de la même fiche.Il est hors de doute que nos fiches coûteraient alors moins cher que celles que les bibliothèques polycopient elles-mêmes.Par ailleurs, les bibliothèques auraient l’avantage d'avoir des fiches beaucoup plus présentables que celles qu elles impriment elles-mêmes par des moyens moins perfectionnés que l’impression typographique.2.J’ai exposé tout à l’heure que sur les 1,008 volumes dont nous avons publié les fiches depuis le début, 655 ont été publiés au Canada, ou traitent d’un sujet canadien ou ont comme auteur un Canadien.Les autres volumes, soit 353, ont été choisis par le comité parce que, semble-t-il, ils figurent dans un grand nombre de bibliothèques.Cependant, lors de la dernière assemblée, le comité s’est demandé si les bibliothèques ne préféreraient pas que nous nous en tenions strictement aux trois catégories d’ouvrages canadiens que je viens de mentionner.C’est là un problème que je ne veux que souligner et au sujet duquel j’aimerais recevoir vos commentaires.3.Certains membres du comité ont fait remarquer que peut-être les bibliothécaires n’étaient pas encore familiers avec les fiches elles-mêmes et surtout avec la façon dont ils peuvent les recevoir.C’est pourquoi je veux vous rappeler quelques-uns des avantages des fiches et vous dire quels en sont les prix de vente.a) Les avantages sont nombreux.Sur les fiches, on trouve pour chaque volume l’identification de Fauteur (nom, prénom, date de naissance, de décès, titres), l’adresse bibliographique (lieu et année de publication), la description typographique (nombre de pages, illustrations), les notes bibliographiques (bibliographies, sommaire, titre original), l’indice de la classification décimale (les fiches comportent les indices de Dewey et ceux de la classification décimale universelle).En plus de tous ces renseignements d’ordre bibliographique, les fiches indiquent aussi la valeur du livre par le moyen des cotes suivantes : TB Ouvrage irréprochable, pour tous TB-S Ouvrage irréprochable, mais spécialisé TB-A Ouvrage irréprochable, pour tous, aussi de nature à intéresser les adolescents.B Ouvrage pour adultes seulement B?Ouvrage qui appelle des réserves plus ou moins graves, i.e.à défendre d’une façon générale aux gens non formés (intellectuellement et moralement) A Ouvrage pour adolescents (15 à 18 ans) J Ouvrage pour jeunes (10 à 14 ans) E Ouvrage pour enfants (6 à 9 ans) * L’astérisque joint à la cote signifie un ouvrage de valeur LECTURES Deux astérisques joints à la cote signifient un ouvrage de grande valeur b) Les prix : Les fiches sont en vente — par collection complète (ou par abonnement) de 576 séries (3, 4 ou 5 fiches par série, selon les besoins) .$50.00 — par collection complète (ou par abonnement) de 576 fiches (une par titre) 15.00 — par séries, au choix, payables par timbres : livret de timbres de S0.20, $0.12 et $0.03 5.00 — par fiche, au choix (une par titre) commande minimum de 12 fiches ; chacune .05 Permettez-moi d’insister d’une façon spéciale sur l’abonnement à une seule fiche pour chaque volume, soit 576 fiches par année pour la somme de $15.00.Le bibliothécaire qui reçoit ces fiches se met au courant de la parution des nouveaux volumes et possède immédiatement tous les renseignements dont il a besoin pour établir son catalogue et aussi pour se faire une idée de la valeur du livre.S il ne lui est pas possible d’acheter ensuite des séries de 4, 5 ou 6 fiches des volumes qu'il a dans sa bibliothèque, il pourra à la rigueur faire transcrire à la machine (la chose pourrait être facile dans les communautés religieuses) la fiche imprimée qu’il aura reçue par son abonnement.Conclusion Je ne voudrais pas terminer sans noter que nos fiches ont été l’objet de témoignages élogieux dans différentes revues, notamment dans I be Catholic Library World du mois de mai dernier.Dans cet article, le R.P.Oliver Kapsner, qui est directeur de la revue, donne quelques exemples des fiches publiées et il ajoute ce qui suit : « Les fiches sont très utiles aux catalogueurs parce qu’elles lui fournissent des données sur les auteurs canadiens (nom complet et date £.}).De plus, un grand nombre de volumes sont des ouvrages catholiques et, ainsi qu’on peut le constater par les exemples mentionnés, on apporte beaucoup de soin à ( identification précise des auteurs catholiques.» Paul-Aimé Martin, c.s.c.directeur général de Fides Nouvelles A.C.B.F., Section Régionale, Québec Lors du dernier Congrès de l’A.C.B.F.tenu à Montréal, Mlle Marguerite Coulombe, de la bibliothèque du Département de l’Instruction publique, a été désignée comme membre correspondant de l’A.C.B.F., section de Québec.DÉCEMBRE 1953 189 lin date du 3 octobre dernier, la section régionale de Québec publiait un Bulletin préliminaire il l'intention de ses membres.M.Lucien Montreuil, L.Sc.C., bibliothécaire à la Faculté de Commerce, U.L., et président de la section de Québec, A.C.B.F., présenta au Congrès tenu à Montréal le rapport des activités de cette section.Une délégation de vingt-cinq membres du Québec ont assisté à ce congrès.Me Jean-Charles Bonenfant, conservateur de la bibliothèque de la Législature, a prononcé une causerie devant les membres du Comité culturel de l’Association des Employés Civils, le 22 octobre dernier.II avait intitulé sa causerie : lu Clientèle d'une bibliothèque.M.Bonenfant a souligné les qualités nécessaires à un bon bibliothécaire : culture, ordre, amour des recherches, intuition et altruisme.Le conférencier a souligné la patience et le dévouement qu’un bibliothécaire doit montrer devant la multitude des demandes faites par les radio-philes désireux de connaître la réponse des devinettes radiophoniques.Marguerite Coulombe $ * * A.C.B.F.— Section de Sherbrooke M.l’abbé Conrad Groleau, nouveau bibliothécaire au Séminaire St-Charles-Borromée remplace le regretté disparu, M.l’abbé Hermini Dubuc — décédé le 28 juillet dernier.Nous souhaitons la plus cordiale bienvenue à M.l’abbé Groleau, à la section de Sherbrooke, et nous nous réjouissons d’avance de pouvoir bénéficier de sa précieuse collaboration.La section perd actuellement le R.Fr.Alphée, s.c., ancien supérieur de l’Ecole Notre-Dame du Rosaire de Sherbrooke.Le Révérend Frère est parti pour Rome où il sera procureur général de sa communauté.A monsieur l’architecte Denis Tremblay, membre de notre conseil régional, qui devient notre vice-président nous offrons nos plus sincères félicitations.Soeur Saint-Célestin, f.c.s.c.* * * Condoléances Nous offrons nos plus vives sympathies à M.Raymond Tanghe, ex-président, de F A.C.B.F.à l’occasion du décès de son beau-frère M.Louis-Edouard Morin, décédé en octobre dernier.Nos condoléances s’adressent également à Mme J.-R.French (Cécile Marchand, ex-directrice de la bibliothèque municipale de Verdun) à l’occasion du décès de sa mère.* * * Nouveau poste de Mlle Pauline Perreault Mlle Pauline Perreault a quitté la Bibliothèque juvénile de Verdun pour le poste de bibliothécaire à l’Ecole textile de Saint-Hyacinthe.Nos plus sincères félicitations.190 LECTURES Ville Mont-Royal inaugure sa bibliothèque Le maire R.J.Dawson, de Ville Mont-Royal, a inauguré le 15 octobre la nouvelle bibliothèque municipale de cette ville, dont les rayons sont déjà garnis de 10,000 volumes.C'est le couronnement d’un projet de la Chambre de commerce des jeunes de Ville Mont-Royal, et M.Dawson n’a pas ménagé les éloges aux promoteurs de l’entreprise, de même qu’aux citoyens en général, qui n'ont pas hésité à accorder leur appui aux jeunes hommes d’affaires.« lin construisant notre ville, nous avons voulu donner à nos concitoyens des centres récréatifs et des foyers d’activité sociale, et ce faisant, nous avons négligé jusqu’à un certain point le développement culturel de nos gens, en dressant la liste des services municipaux qu’il nous fallait offrir», a dit M.Dawson.« La Chambre de commerce des jeunes a noté cette lacune, et elle a entrepris la cueillette de livres dont nous connaissons maintenant le résultat.La nouvelle bibliothèque peut compter sur l’appui entier du conseil municipal », a-t-il ajouté.M.André Bachand, président conjoint de l’administration de la bilbiothèque, a insisté sur le côté strictement bilingue de l’institution nouvelle, et il a représenté celle-ci comme «un exemple de bonne entente entre citoyens de groupements ethniques différents unis en vue du bien commun ».Ltaient aussi présents, entre autres, à la cérémonie inaugurale, Mme André Bachand; M.Eric Wiele, président conjoint ; Mme D.Ph.Lauer, secrétaire ; M.E.B.Hodgins, trésorier ; Mme Joan Storey ; le conseiller municipal Kenneth Aird.Mission canadienne aux Indes LE BATELIER DU GANGE par Mme M.-A.Grégoire-Coupal Une biographie romancée de Mgr Larosc, c.s.c.qui incarne tous ces hommes de notre Canada qui se sont expatriés de leur plein gré pour aller porter la VERITE aux victimes de la superstition védique et du Coran (collection : « Rêve et Vie »).173 pages — 24 photos, hors-texte Prix : S 1.50 (par la poste $1.60) FI D E S — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal — PL.8335 DECEMBRE 1953 191 Livres à l’index Sens de l'expression « omnia opera » II y a quelque temps, la Reine des Communautés religieuses (mai-juin 1953, 25e année, no 3, p.81), dans une «consultation» intitulée : Litres à l'Index, fournissait à ses lecteurs d’utiles précisions sur le sens de l’expression « omnia opera ».Nous reproduisons ci-après quelques-uns des paragraphes de cette mise au point de nature à intéresser les bibliothécaires.«Dans les dernières éditions de l’Index (1940, 1948) nous trouvons les lignes suivantes : « En fait, dans la pratique actuellement en vigueur, lorsque sont condamnés « tous les ouvrages » d’un écrivain, cela signifie que sont condamnés tous et chacun de ses ouvrages.» Le mot : tous est donc à prendre dans un sens strict et il n’admet aucune exception.On se demandera peut-être le motif d'une interdiction qui paraît sans objet.Il peut être double.D’abord, ne point laisser les fidèles déclarer trop facilement que tel ou tel ouvrage ne mérite point la condamnation.La législation de l’Index est basée en grande partie sur « la présomption d’un danger commun ».Le législateur veut également empêcher que la lecture de tel ou tel ouvrage d’un auteur très dangereux, mais peut-être de grand talent, n’entraîne les fidèles à passer outre à la prohibition qui frappe la presque totalité de son oeuvre.Que l’on pense par exemple au succès dccrivains tels que d’Annunzio ou Gide.Il reste que la lecture d’un ouvrage qui ne contient rien de véritablement répréhensible, sera une faute moins grave que s’il méritait la condamnation.La permission de le lire, s’il y a un motif raisonnable, s’obtiendrait aussi plus facilement.» J.Creusens, s.j.Nouvel ouvrage à l’index En date du 22 avril 1953, la Suprême Congrégation du Saint-Office a averti la Nonciature apostolique de Paris que le livre de Marc Oraison intitulé : Vie chrétienne et problèmes de la sexualité était mis à l’Index, et qu’on devait voir à ce que « soient retirés des bibliothèques des Séminaires et des maisons religieuses, les exemplaires éventuellement achetés ».192 LECTURES ¦ — - s Genet/ère de Vrancket ille LE CALVAIRE DE MONIQUE La famille de Monique s’exile des quartiers français de la ville pour s’installer à Westmount où elle croit que le voisinage "anglais" facilitera, avec la connaissance de cette langue, sa réussite matérielle.Ft voilà la porte ouverte au drame religieux qui entre par le mariage mixte de Monique.COLLECTION "REVE ET VIE” 200 pages — S 1.2 5 (par la poste — S 1.35) FIDES 25 est, rue Saint-Jacques MONTREAL PL.8335 ._Améliorez voire lil/fiolLcejuc BIBLIOTHEQUES EN ACIER Permanentes.Faites d’acier extra fort recouvert d’émail cuit au four.Demandez nos prix.Evitez tout désappointement: commandez maintenant.Prompte livraison.MANUFACTURING ELECTRICAL co„ limited Claude Rousseau, prés.MONTMAGNY, Que.TABLE ALPHABETIOLE DES \OMS D'AUTEURS ACHARD (A.), 179 AIGRIN (R ), 178 ALBERES (R.M.), 145 ANTOINE (P.), 179 A Y ERE (A), 169 BALZAC (H.de), 171 BERNAGE (B.), 172 BILLAUD (A.), 181 BORNE (E.), 178 BRETON (P.E.), 164 BUET (P.).179 CHABANNES (H.de), 180 CLOUTIER (E.), 156 DUCHEMIN (M.), 174 ERLAND (J.), 181 ESSARTS (P.des), 180 GREGOIRE-COUPAL (M.A.), 165 HIVERT (M.), 175 LAPOINTE (G.), 154 MARIE-FRANCE, (178) MERCEY (S.), 180 MERTENS (G), 166___ MICHEL (A.), 176 *** Lt Soutejh Testament.153 PANGE (V.de), 172 PIE XII, (177) PLOUR (G.-R.de), 160 RICHOMME (A ), 178 LANGEVIN (A.), 158 RUMILLY (R ).162 SAINT-PIERRE (A.), 161 SCORTESCO (P), 167 SORILLET (I.), 175 SUENENS (Mgr L.J.), 177 TERSEN (A.), 181 VAN GAVER (A.), 179 VIGNON (|.).181 WIN ANDY (Dom J.).180 WOOD (H.), 176 NOTRE TEMPS L’hebdomadaire d’idées le plus en demande au Canada français est maintenant en vente DANS TOUS LES KIOSQUES DE MONTREAL LISEZ ET FAITES LIRE NOTRE TEMPS Si vous demeurez en dehors de Montreal, $4.00 pour 1 an — $7.00 pour 2 ans abonnez-vous à NOTRE TEMPS 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal 1.— Canada
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.