Lectures, 1 mars 1954, mars
' Revue mensuelle de Kblioflraphle critique Ofsstu du t«fyk« d« l«tur« du dUrti.d« M«rtrd«t « d.IA.C.».F.FIDES LECTURES REVUE MENSUELLE DI BIBLIOGRAPHIE CRITIQU1 publiée par le Service Je Bibliographie et Je Doctimentation Je EIDES organe du Service des Lectures Je l’Action catholique Ju diocèse Je Montréal.Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c., aumônier du Service des Lectures.Rédaction : Jean-Paul PINSONNEAULT, secrétaire du Service des Lectures.NOTES : 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livrai sons de l’année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'utu table alphabétique des ouvrages recensés pendant l'année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d’après les règles de la catalographie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : TB — Livre pour tous TB-S — Livre pour tous mais spécialisé TB-A — Livre pour tous, de nature à intéresser certains adolescents B —Livre pour adultes B?—Livre appelant des réserves plus ou moins graves, i.e.à défendre d'une façon générale aux gens non formés (intellectuellement ou moralement) D — Dangereux M —Mauvais A — Livre potir adolescents ( 15 à 18 ans) J — Livre pour jeunes ( 10 à 1*1 ans) E — Livre pour enfants (6 à 9 ans) Publication up promet p.ir l'Ordinaire CANADA le numéro $0.35 Abonnement annuel $3.50 Etranger $3.75 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 *PLateau 8335 FRANCE Abonnement annuel .900 francs *C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDES, 120, boulevard Raspail.Paris (Vie) *Littré 7385 Autorisé comme en t oi postal de deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.-SOMMAIRE- ETUDES CRITIQUES Deux ouvrages d'une grande portée sociale: Géopolitique de la faim de Josué de Castro et la Paix dans l'entreprise d’Emile Deletaille .Rodolphe Laplante 289 DOCUMENTS Un décret de la Sacrée Congrégation du Saint-Olïice .296 Les excès de I'initiation sexuelle — Une mise à l’Index .298 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Littérature canadienne .302 Littérature étrangère .30-1 PANORAMA DU LIVRE Choix d'ouvrages .315 BIBLIOTHECA Nos Bibliothèques 1.Bibliothèque des Pères Dominicains de Québec André Cabana, o.p.325 2.Historique de la bibliothèque du Bon-Pasteur de Québec 326 3.La bibliothèque de l'Université St-Joseph, N.B.Fr.Orner Cormier, c.s.c.327 Nouvelles .331 Vient de paraître .334 Les fiches de catalogue publiées en février et mars 1954 .335 lin coût entire -.Tête l>E femme I.ahitHE (détail du fronton du temple d'Olympie). ETUDES CRITIQUES Deux ouvrages d’une grande portée sociale GEOPOLITIQUE DE LA FAIM ' Sous cet étrange titre, Josué de Castro, président du Conseil de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, brosse un panorama d’une singulière éloquence sur la faim dans le monde.Cet ouvrage fait suite à un autre bouquin intitulé Géographie de la faim (surtout au Brésil), également publié par les Editions Ouvrières.L'édition française de cet ouvrage contient une préface de Max Sorre.Les préfaces des éditions américaine et anglaise sont de Pearl Buck et de Lord John Boyd Orr.L’auteur, de par la situation qu’il occupe, a accès aux statistiques et à la documentation de l’univers libre.Seules manquent à son information les statistiques concernant la Russie et les pays dits du rideau de fer.Dans son tour d’horizon, l’auteur explique tout d’abord le tabou de la faim.Il établit ce que nous savions déjà que de tout temps les famines ont ravagé le monde, mais ce que nous savons moins, c’est que de tout temps également la faim chronique, la faim occulte a tenaillé les populations de la majeure partie de l’univers.On sait que le monde fut saisi d’horreur en apprenant ce que furent les camps de concentration germaniques pendant la dernière guerre.On sait mal aussi ce qui s’est passé et ce qui se passe encore dans les camps du même genre de la Russie soviétique.Tout ce que l’on peut affirmer cependant c’est que des millions de personnes y sont mortes et d’autres meurent encore.Dès 1928, l’ancienne Société des Nations se préoccupait du problème de l’alimentation des peuples.On établit alors que plus des deux tiers de l’humanité souffrait de la faim.Au cours de la dernière guerre, exactement en 1943, quarante-quatre nations déléguèrent des représentants à Hot Springs aux Etats-Unis pour y discuter du problème de l’alimentation rationnelle des humains.Le présent ouvrage fait frémir par la documentation objective qu’il nous livre.Quand on songe que certains cœurs sensibles s’émeuvent à la pensée d’un individu ou deux mourant accidentellement.On s’apitoie avec raison sur leur malheureux sort et sur la peine qu’en éprouvent leurs parents et amis, mais qu’est-ce à côté de la misère séculaire de l’Inde, de la faim traditionnelle des Chinois, de ces centaines de millions de personnes vivant au jour le jour, ayant à peine une poignée de riz ou de maïs pour subsister.Dans le monde entier, dans les pays les plus évolués, de larges tranches de population souffrent de la faim.L’auteur n’est pas tendre pour la civilisation con- 1 CASTRO (Josué de), Géopolitique de la jairn.Préface de l’édition française de Max Sorre.Préfaces des éditions américaine et anglaise de Pearl Buck et Lord John Boyd Orr.Traduit du portugais par Viviane Izambard.Paris.F.ditions Ouvrières [c 1952].331p.23cm.(Coll.Economie et humanisme).TB-S MARS 1954 289 temporaine, pour les nations impérialistes qui ont poussé à l’exploitation de la monoculture, ce qui a entraîné, comme conséquence, des millions de personnes dans une misère indescriptible.Faut-il, en ces pages, mentionner un pays plutôt qu’un autre ?Nous prenons au hasard le cas de Porto-Rico qui a été entraîné dans une économie sans issue.Porto-Rico est à l’intérieur des barrières douanières nord-américaines.Il en résulte que la production de certaines marchandises comme le sucre, le tabac et certains fruits est lucrative parce qu’en concurrence avec les pays autres que les Etats-Unis.Les Porto-Ricains ne peuvent pas en conséquence acheter aux Etats-Unis ce dont ils ont besoin parce que les produits y sont trop chers.Un auteur a appelé ce territoire une île-caserne.Josué de Castro appelle ce territoire « une espèce de Hong Kong des Américains ».Dans la période de l’entre deux guerres, la canne à sucre occupait 40% de toutes les terres cultivées et 60% du total de la production de 1 île.De puissantes compagnies possédaient des terres de 40,000 à 50,000 âcres.Quatre des plus grandes organisations, déclare notre auteur, produisaient avant la dernière guerre, la moitié de tout le sucre de Porto-Rico.Ailleurs, même phénomène pour le café, pour le caoutchouc, pour le riz.Le petit Japon dont la population, pendant longtemps, fut comprimée vu l’infanticide ordonné et pratiqué pendant "plus de cent ans, se fit un jour imposer par l’Occident l’ouverture de ses frontières, de ses multiples frontières car c’est un pays d’îles, d’îlots et d’îlets.Les dirigeants du Japon étaient désireux de faire de leur pays une nation impérialiste moderne.On connaît la fin du drame.Depuis ce temps, la population du Japon augmente par bonds et en cinq ans, elle a augmenté de 10,000,000 d’âmes.L’espace manque ; la terre est rarissime.L’industrie ne peut pas exporter.Et la triste litanie pourrait se continuer indéfiniment.L’auteur émet une étrange affirmation à savoir que les pays sous alimentés sont ceux qui ont une natalité la plus forte.Il y voit une relation de cause à effet et il répète son affirmation une vingtaine de fois.Nous ne la contesterons pas, mais cette haute natalité dans les pays sous alimentés ne serait-elle pas plutôt la conséquence ou de principes religieux mieux observés ou de l’ignorance des méthodes anticonceptionnelles ?L’auteur ne se place pas évidemment au point de vue moral.Il affirme que dans les pays mieux nourris, le quotient de la natalité diminue.Nous nous contenterons d’une brève remarque en incidente.C’est que, par exemple, en certain pays Scandinave, la natalité est extrêmement basse, le niveau de vie très haut.Or, on sait qu’en ce pays, le divorce prévaut à un degré effarant, que la population décroît et que ce pays sera bientôt appelé à pratiquer l’immigration pour survivre ou il sera envahi par le flot des populations à forte natalité qui l’entourent.Où l’on voit que l’affirmation de notre auteur demanderait une analyse plus complète.L’auteur jette de-ci de-là d’effrayantes statistiques sur l’augmentation constante de la population dans le monde 290 LECTURES mais, bien qu’il ne se place pas sous l’angle de la morale, il affirme péremptoirement et ce à maintes reprises qu’il ne croit pas au malthusianisme comme correctif à la surpopulation.Sa vaste documentation, son immense information appuyées par des statistiques probantes démontrent à l’évidence que l’aire agricole sans cesse s’agrandit, que le rendement agricole par unité donnée peut s’accroître encore considérablement et que jusqu’au cercle polaire, on peut aujourd’hui cultiver.Nous sommes bien tenté de lui donner raison.Le manque d’espace nous empêche de nous étendre davantage sur cet ouvrage de grande valeur.Il faudrait qu’il soit lu par tous ceux qui occupent des postes de commande, par tous ceux qui ont une influence sur la législation de notre pays et des autres pays du monde afin que les correctifs soient apportés à la situation dramatique dans laquelle la majeure partie de la population se débat sous le signe tragique de la faim.L’auteur mentionne en conclusion cinq mesures essentielles qu’il énumère comme suit : a) Maintien d’un haut niveau de production aux Etats-Unis.b) Réduction des restrictions apportées au commerce y compris les tarifs et les quotas quantitatifs.c) Relèvement du niveau de la production, principalement dans les pays de l’Europe occidentale.d) Placement, par les entreprises privées, par les organisations nationales et internationales, de capitaux dans les pays arriérés.e) Retour à la convertibilité des monnaies.Cet ouvrage demande des lecteurs, des lecteurs nombreux au moment où la période de surproduction des produits agricoles se fait de nouveau sentir dans le monde.On se prépare de nouveau à perpétrer un crime contre l’humanité souffrante en réduisant les embla-vures et les ensemencements, au moment où des centaines de millions d’estomacs crient leur faim et leur détresse, au moment où un pays comme l’Inde a une population dont la moyenne de vie n’atteint pas trente ans, conséquence de la faim chronique.C’est un crime contre l’humanité, c’est une infamie de notre civilisation moderne que des millions d’êtres meurent de faim dans une économie d’abondance.C’est une des choses les plus révoltantes qui soient de constater que l’on se prépare à brûler ou à détruire des produits au lieu de les vendre à bas prix ou de les donner aux nations sous alimentées.Et pendant le même temps, le monde ploie sous le fardeau des impôts préparant la guerre sous prétexte de préparer la paix.Ouvrage dont nous ne pouvons peut-être pas accepter toutes les incidentes, toutes les conclusions mais où l’auteur établit son indéniable bonne foi, prouvant ses avancés par statistiques, citations d’auteurs dûment informés.Ouvrage qui est un appel au cœur des chrétiens, à la sollicitude des catholiques, ouvrage qui fournit un arsenal à ceux qui croient encore en l’humanité et au salut possible de cette humanité par la charité évangélique.mars 1954 291 LA PAIX DANS L’ENTREPRISE ' Monsieur Deletaille, un industriel qui sait analyser une situation sociale, en déterminer les causes et les conséquences, sait aussi écrire et bien écrire sans verser dans l’exposé cartésien.11 ne relate pas ici le cas de son entreprise et n’expose pas les résultats atteints dans le domaine de la collaboration patrons-employés.S’il le fait, ce n’est qu’en incidente pour étayer la thèse que la paix doit dominer dans l’entreprise, et alors il illustre les conditions de cette paix.L auteur qui connaît bien la thèse marxiste et dont nombre d’employés sont communistes, rappelle avec pertinence qu’en Europe surtout l’idéologie de l’écrivain communiste trouve créance.En 1846, Marx établissait qu en raison d’un « certain niveau de développement des forces productives humaines, on aura une forme particulière de commerce et de développement de la production, du commerce et de la consommation, on aura un ordre social correspondant de la famille, des rangs et des classes, en un mot une société civile correspondante ».Ce qui peut se résumer, affirme l’auteur : A une production donnée, correspond une organisation sociale et politique déterminée.Or en 1846-48, les forces productives avaient atteint un certain niveau.Théorie qui se soutenait, se défendait alors, déclare Deletaille, mais aujourd’hui « la classe des travailleurs a des droits politiques qui lui permettent d’orienter la production des richesses et d’influer sur sa répartition ».Citant Bertrand de Jouvenel, l’auteur note qu’en 1950, aux Etats-Unis, les cent plus grosses sociétés industrielles ont distribué en dividendes 17% des salaires, tandis que le fisc s’attribuait 65% des rémunérations et que le renouvellement des installations requérait 32% des salaires dépensés.Les 17% de dividendes sont lourdement taxés, alors il reste peu à transférer au monde du travail.L’action doit donc porter ailleurs, notamment sur la production, son orientation, sa diversification, l’augmentation du rendement.C’est là toute la thèse de l’auteur.Augmenter encore les frais généraux sans appoints compensateurs ruinera l’entreprise qui ne pourra plus soutenir la concurrence.Nous y reviendrons.L’auteur en tient pour la paix dans le champ de la production.Mais la paix ne supprime pas la tension et sous la tension il n’y a pas de véritable paix ou sérénité.Les causes des tensions sont multiples mais peuvent être sinon supprimées du moins corrigées.Le maintien de la conception de la lutte des classes (marxisme) engendre la méfiance vis-à-vis le patron.Comment alors établir une entente si les deux parties se considèrent comme fondamentalement ennemies, poursuit l’auteur.Le temps de Marx est antérieur au grand machinisme.Les remèdes de Marx en regard de la production sont désuets aujourd’hui.Evidemment l’observation est juste si le potentiel de la 1.DELETAILLE (Emile), La paix dans l’entreprise.lTne expérience.Paris, Robert Laffont [c 1953].178p.graphiques, 18.5cm.TB-S 292 LECTURES production, le niveau des salaires sont en équivalence d’un pays à l'autre.Mais hélas, il y a les pays surpeuplés mais peu ou pas organisés quant à la production ou à la distribution des richesses.On tend à corriger cette situation, mais les différences de niveau de vie varient outrageusement.Le pauvre ne peut acheter mais peut consommer.Le monde industrialisé veut multiplier les consommateurs.La force ne peut obliger les ouvriers à produire rationnellement.L’auteur écrit, pages 70 et 71 : « Nous avons eu de tela, il y a peu d'années, un exemple trafique et vécu.Existe-t-il une organisation sociale dont la discipline soit plus rigoureuse, et les sanctions plus implacables, que celles en vigueur dans l’armée '* Cela n'empêche pas qu'au début de la dernière guerre, ne se sont battus que ceux qui acquiesçaient, ceux qui croyaient avoir compris et qui étaient d'accord.Et pour ceux-là, aucun sacrifice n'a été trop grand.Cela aussi s’applique à l'entreprise, et il n'est pas vrai que la seule nécessité de gagner sa vie rende le reste superflu.» 11 ajoute : « Que reste-t-il ?Il reste à agir sur la psychologie, a agrémenter les lieux de travail, à organiser les rémunérations dans un sens plus conforme au but visé».L’auteur souhaite que les entreprises fonctionnent comme un orchestre bien dirigé.Il faut que les problèmes de la gestion, de la production soient étudiés et réglés pour le bien commun des deux parties et du public en général.On a offert en certains milieux le salaire proportionnel de Schuel-ler et les équipes autonomes de Dubreuil.Nous ne pouvons les résumer ici.L’auteur ne croit pas cependant à la valeur de ces systèmes.« Aujourd’hui, précise l’auteur, sous prétexte de lutter contre la classe capitaliste, on lutte contre la direction comme si c’était là le vrai combat ! » Pour vivre, pour l’ouvrier, signifie ne pas contrarier la production qui le fait vivre.La thèse de Deletaille se résume à rallier: producteurs et dirigeants, patrons et ouvriers.Pas plus que pour les deux systèmes de collaboration patronale-ouvrière précités, il nous est possible ici d’exposer le mode de paix industrielle préconisée par l’auteur.En Belgique, il y a, indépendamment du syndicat, le Conseil d’entreprise formé en partie par les délégués de la direction et en partie par les employés.Ce Conseil canalise les griefs, tamise les suggestions techniques ou autres, gère un fonds d’amélioration des lieux de travail et de loisirs.Un journal d’usine fait aussi le lien, rapporte naissances, mariages, décès, événements concernant le personnel, notamment distinctions honorifiques reçues, etc.L’auteur ajoute que les syndicats américains se rendant compte des difficultés de la gestion de l’entreprise, y renoncent, préférant s’intéresser aux profits qu’aux soucis.Le Conseil d’entreprise et le journal qui s’y greffe sont des moyens de compréhension mutuelle.11 s’agit en somme de tenir compte de l’effort individuel, coordonné, unifié, additionné.Le tout forme la rémunération collective.La paye de chacun à cette société dite la Mondiale est constituée par le salaire de base d’un coefficient découlant mars 1954 293 des résultats collectifs obtenus pour une période donnée.A ceci s’ajoute pour ceux qui travaillent aux pièces, le bénéfice à la production et ceci pousse l’employé à désirer que son employeur vende avec profits.Si un tel coefficient est important, il suscite l’effort.Ce n’est pas là de la participation aux bénéfices, ce n’est pas de la co-gestion, c’est de la collaboration patrons-employés.Ce dividende de travail varie: 25% et même 30% en 1948, 10% en 1950, et amélioration en 1951.Le système dure depuis six ans.Le rendement collectif a été accru, l’effort collectif et individuel a été récompensé.Même le consommateur y a trouvé son compte par l’abaissement des prix et ce à des conditions permettant de faire face à la concurrence.La structure de l’entreprise n'est pas touchée et cependant comblé le fossé entre patrons et employés.Evidemment nous n’avons pas exposé le système.Ce n’est pas le lieu et l’espace manque, mais qu’il suffise de préciser que l’auteur de la Paix dans l'entreprise ne préconise ni la co-gestion pure et simple ni la participation inconditionnelle des ouvriers aux bénéfices.C’est plus et moins.Plus par la forme de collaboration qu’implique le mode préconisé par l’auteur, plus parce qu’il en résulte un sens de l’équipe accru, une prise de conscience des ouvriers quant aux risques, revers, succès ou défaites de l’entreprise ; moins parce qu’il n’y a pas changement de la structure de l’entreprise.En conclusion, ce petit bouquin d’un industriel lucide, compréhensif, pratique, vaut d’être lu et analysé pour être adapté chez nous.Qu’on le lise au moins afin de se rendre compte que tout conflit ouvrier ne se règle pas par une grève ou par la mise à pieds des ouvriers.Ceci vaut chez nous aussi où maintes de nos entreprises n’ayant pas la puissance financière de certains autres organismes, accenturaient leur force de concurrence en s’appuyant sur une production accrue, résultats d’un travail plus intelligemment exécuté et de relations capital-travail plus rationnelles.Jusqu’ici il n’y a aucune préoccupation d’ordre moral en tout ce système.Si elle se surajoute, comme c’est possible en plusieurs milieux au Canada français, des relations capital-travail plus paisibles peuvent en résulter.L’ouvrage connaîtra une grande faveur auprès des patrons et des chefs syndiqués qui ont à cœur de se renseigner sur les moyens de faire surgir et de maintenir la paix dans l’entreprise.Rodolphe Laplante Devenez membre de notre club : LES DEUX LIVRES DU MOIS F I D E S — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal — PL.8335 294 LECTURES Pour les bibliothèques Pour les récompenses scolaires La Collection REVE ET VIE Risques d’hommes (roman), Rolland Legault, 248p.: S 1.50 Aïcha, l’Africaine (nouvelles) Jacques Hébert 150p.: SI.25 Pieds nus dans l’aube, Félix Leclerc, 242p.: $1.25 Dialogues d’hommes et de bêtes, Félix Leclerc, 228p.: SI.50 Allegro (fables), Félix Leclerc, 200 p.: SI.50 Adagio (contes), Félix Leclerc, 200 p.: SI.50 Andante (poèmes), Félix Leclerc, 200 p.: S 1.50 Théâtre de village, Félix Leclerc, 192 p.: S 1.50 La plus belle chose du monde, Al.Le Normand, 198 p.: S1.00 Le mystère des trois roches, A.Ber, 176 p.: SI.25 Les brèves années, A.Tbério, 176 p.: Si.25 Le calvaire de Monique, G.de Francbeville, 150 p.: S 1.25 Un hivernage à Stadaconé, G.Cerbelaud-Salagnac, 123 p.: $0.90 Le batelier du Gange, A1.-/1.Grégoire-Coupal, 173 p.: SI.50 Le nom dans le bronze.Al.Le Normand, 118 p.: SI.00 Autour de la maison, Al.Le Normand, 168 p.: Si.25 (Ajoutez 10% pour frais de poste) F I D E S 25 est, rue Saint-Jacques, — Montréal 1, — PL.8335 mars 1954 295 DOCUMENTS Un décret de la Sacrée Congrégation du Saint-office S ous reproduisons ci-dessous le décret de condamnation émis récemment par le Saint-Office contre l'ouvrage de AL Camille Muller, intitulé: 1 Encyclique « Humani Generis» et les problèmes scientifiques.Un bref commentaire, paru dans les colonnes de I’Osservatore Romano du H janvier l^d, expose les raisons primordiales de cette prise de position par Rome, H.D.L.R.I.Le décret Dans la réunion plénière du 2 décembre 1953 de la Suprême Sacrée Congrégation du Saint-Office, les Eminentissimes et Révéren-dissimes Cardinaux préposés a la défense de la foi et des mœurs, sur 1 avis des Révérendissimes Consulteurs, ont condamné et ordonné que fût inscrit au Catalogue des livres prohibés l’ouvrage intitulé : CAMILLE MULLER : l'Encyclique « Ilumani Generis » et les problèmes scientifiques, Louvain, E.Nauwelaerts, 1951.Le jeudi 10 décembre suivant.Notre Saint-Père le Pape Pie XII, dans 1 audience accordée à 1 Eminentissime Cardinal Pro-Secrétaire du Saint-Office, a approuvé la résolution des Eminentissimes Pères qui lui était soumise, l’a confirmée et a ordonné sa publication.Donné à Rome, au Palais du Saint-Office, le 14 décembre 1953.Marius Crovini Notaire II.Un exemple L’opuscule qui vient d’être mis à l’Index « L’Encyclique Humani Generis et les problèmes scientifiques» est dû à la plume d’un savant catholique de valeur, Camille Muller, de l’Université de Louvain.(L’auteur exprime les mêmes conceptions dans un «Rapport», intitulé «Science et foi», qui fait partie du volume Problèmes d'adaptation de la chrétienté actuelle — Etudes de Pastorale, vol.Louvain — E.Nauwelaerts, 1951).I n acte si grave du Saint-Office a certainement ses justes raisons.Après avoir lu l’opuscule, nous pensons que le principal motif de la condamnation réside dans le peu de compte que tient l’auteur de certains points doctrinaux de l’Encyclique «Humani Generis».Malheureusement, d’autres aussi, sous prétexte qu’il ne s’agit pas du magistère solennel et infaillible du Pontife Romain, ont adopté une attitude injuste de critique envers tel ou tel enseignement de l'Encyclique, quand ils n’en ont pas fait une dépréciation générale.L’auteur rappelle la fameuse condamnation de Galilée, en oubliant qu’en face de cet épisode, d’ailleurs si compliqué et discuté, il y a d’innombrables cas où ont été frappées de véritables et authentiques erreurs.296 LECTURES L’attitude de respect et d’adhésion à l’enseignement de l’Eglise de la part du savant catholique n’est jamais un empêchement à la recherche scientifique ni au progrès de la science ; au contraire, elle est une aide et une garantie.* * * En particulier, le prof.Muller ne trouve pas juste que l’Encyclique parle de l’évolutionnisme comme d’une hypothèse, non démontrée et encore incertaine.Nous sommes d’accord avec lui dans la distinction entre les domaines et les méthodes de la science et de la foi ; mais peut-être oublie-t-il d’attribuer, dans les questions mixtes, la juste valeur et la priorité nécessaire aux données de la foi.C’est ainsi, en ce qui concerne l’hypothèse évolutionniste, que Muller devrait se rappeler les paroles suivantes de l’Encyclique : « .dummodo (certains textes français traduisent justement «à la condition que ») ovines parut! ad Ecclesice judicio obtemperandum, eut a Christo munus demandatum est et Sacras Scripturas authentice inter-pretandi et fulei dogmata tuendi ».Et encore plus devrait-il méditer l’autre période : « Have tamen disceptaudi lihertatem nonnulli temerario ausu transgrediuntur, cum ita sese gerant quasi si ipsa humani corporis origo ex iam exist ente ac vivente materia per indicia hucusque reperta ac per ratiocinia ex iisdem indiciis deducta, iam certa oninino sit ac demonstrata ; atque ex divi-nce revelationis fontibus nihil habeatua, quod in bac re maximum moderationem et cautelam exigat » (A.A.S.volume XXXXII, 1950, P- 576).Du reste, même parmi les savants — catholiques ou non catholiques — ils ne sont pas rares aujourd’hui ceux qui ne partagent pas en la matière la certitude du prof.Muller.Ainsi, pour ne citer seulement que quelques non catholiques, Zimmermann, auteur d’une méthode des études philogénétiques, appelle la supposition sur laquelle se base l’idée d’un arbre généalogique commun à tous les vivants « la première hypothèse de travail » (W.Zimmermann, Die Methoden der Pbylogenetik, dans : Evolution der Organism en, édit, par G.Heberer, Iéna, 1943, p.31 et suiv.) ; et le célèbre paléontologue G.Heberer concède que les arbres philogénétiques ne donnent que des probabilités (G.Heberer, Allgemcine Abstainmungslehre, Gottingen, 1949, p.57 et suiv.).A.Portmann, professeur de biologie à l’Université de Bâle, pense qu’il est désormais nécessaire de ramener « la doctrine évolutionniste, fondée sur la biologie, du rang d’une vérité scientifique prouvée à celui plus modeste d’une théorie biologique importante et féconde» (A.Portmann, Biologiscbe Fragmente zu einer Lehre rom Menschen, Bâle, 1944, p.14.Cfr.ce qu’expose à ce propos le même auteur dans la toute récente œuvre Historia Mundi, vol.I : Friibe Menschheit, Berne, 1952, p.26-32).* * * Comme, malheureusement, le cas du prof.Muller n’est pas le seul (même s’il n’est pas le plus grave), la condamnation actuelle mars 1954 297 pourra être pour les savants catholiques un avertissement qui les rappelle à une plus grande adhésion et à une soumission plus filiale du Magistère, même ordinaire, de T Eglise.Les excès de l’initiation sexuelle Une mise à l’index Il y a quelques semaines, le Saint-Office procédait à la mise à l'Index du lit re de Jacqueline Martin intitulé : Plénitude et paru aux Editions Familiales de France en 1951.La raison première de cette condamnatioti reside dans le fait que iouvrage précité rentre dans la catégorie des œuvres dont le Saint-Père disait qu'on « reste atterré en face de leur intolérable effronterie» dans l’exposé des relations entre les sexes.Voici, d’après une lettre publiée dans le Devoir du K) février 195-1 et signée Georges Huber, les cons’dérations de 1 Osservatore Romano eu marge de cette mise à l’Index.N.D.L.R.Nous assistons à une diffusion croissante de la littérature sexuelle.On tente de la justifier en alléguant la nécessité de révéler les secrets de la vie des sens pour exercer une œuvre de préservation, former à la maîtrise de soi-même et préparer les jeunes aux devoirs de la vie conjugale.La réalité est autre.Il s’agit trop souvent d’ouvrages pseudoscientifiques et de périodiques attaches à décrire crûment la vie des sens dans leurs impulsions et leurs développements.L’Eglise a mis en garde contre les périls d’une pareille littérature.Dès 1929, Pie XI s’élevait contre une certaine initiation sexuelle dans son Encyclique sur l’éducation : « Il est un autre genre de naturalisme souverainement périlleux qui de nos temps envahit le champ de l’éducation en cette matière extrêmement délicate qu’est la pureté des mœurs.Très répandue est l’erreur de ceux qui, avec des prétentions dangereuses et une manière choquante de s’exprimer, se font les promoteurs de ce qu’ils appellent «l’éducation sexuelle» Ils se figurent faussement pouvoir prémunir la jeunesse contre les périls des sens uniquement par des moyens naturels, tels que cette initiation téméraire et cette instruction préventive donnée à tous indistinctement, et même publiquement, ou, ce qui est pire encore, cette manière d’exposer les jeunes gens, pour un temps, aux occasions, afin, dit-on, de les familiariser avec elles et de les endurcir contre leurs dangers.» Après avoir rappelé la fragilité humaine dans les tentations, Pie XI notait, que les chutes tiennent moins à l’ignorance intellectuelle qu’à la faiblesse de la volonté.298 LECTURES « La grande erreur, ici, est de ne pas vouloir admettre la fragilité native de la nature humaine, de faire abstraction de cette autre loi, dont parle l’Apôtre, qui lutte contre la loi de l’esprit, de méconnaître les leçons de l’expérience, montrant à l’évidence que, spécialement chez les jeunes gens, les fautes contre les bonnes mœurs sont moins un effet de l’ignorance intellectuelle que surtout de la faiblesse de la volonté, exposée aux occasions et privée des secours de la grâce.» Pie XI niait-il l’opportunité d’une éducation sexuelle ?Non.Mais il la souhaite appropriée aux circonstances, individuelle, et donnée avec toute la prudence requise en cette délicate matière : « Si, en matière aussi délicate, compte tenu de toutes les circonstances, une instruction individuelle devient nécessaire, en temps opportun, et de la part de qui a reçu de Dieu mission d’éducateur et grâce d’état, il reste encore à observer toutes les précautions que connaît si bien l’éducation chrétienne traditionnelle.» Un an plus tard, dans son Encyclique sur le Mariage, Pie XII revenait sur ce sujet, et mettait en garde contre certains livres et opuscules qui, sous prétexte d’initiation sexuelle, présentent un art de péché, ars beccandi.Trois mois plus tard, un Décret du Saint-Office réprouvait la méthode de l'initiation ou éducation sexuelle.Malgré ces avertissements de Rome, la littérature sexuelle s’est de plus en plus répandue dans les milieux catholiques.Intolérable effronterie Pie XII se devait d’intervenir devant ce péril croissant.Il le fit avec une vigueur extraordinaire, le 18 septembre 1951 d’abord, dans un discours à une Association française de pères de famille, puis, le 29 octobre de la même année, dans son célèbre discours aux sages-femmes.« Il est un terrain sur lequel cette éducation de l’opinion publique, sa rectification s’impose avec une urgence tragique.Elle s’est trouvée, sur ce terrain, pervertie par une propagande, que l’on n’hésiterait pas à appeler funeste, bien qu’elle émane, cette fois, de source catholique et qu’elle vise à agir sur les catholiques, et même si ceux qui l’exercent ne paraissent pas se douter qu’ils sont, à leur insu, illusionnés par l’esprit du mal.Nous voulons parler ici d’écrits et d’articles touchant l’initiation sexuelle, qui souvent obtiennent aujourd’hui d’énormes succès de librairie et inondent le monde entier, envahissant l’enfance, submergeant la génération montante, troublant les fiancés et les jeunes époux.Avec tout le sérieux, l’attention, la dignité que le sujet comporte, l’Eglise a traité la question d’une instruction en cette mars 1954 299 matière, telle que la conseillent ou la réclament tant les développements physique et psychologique normaux de l’adolescent, que les cas particuliers dans les diverses conditions individuelles.L’Eglise peut se rendre cette justice que, dans le plus profond respect pour la sainteté du mariage, elle a, en théorie et en pratique, laissé les époux libres en ce qu’autorise, sans offense au Créateur, l’impulsion d’une nature saine et honnête.On reste atterré en face de l’intolérable effronterie d’une telle littérature : alors que, devant le secret de l’intimité conjugale, le paganisme lui-même semblait s’arrêter avec respect, il faut en voir violer le mystère et en donner la vision — sensuelle et vécue — en pâture au grand public, à la jeunesse même.Vraiment, c’est à se demander si la frontière est encore suffisamment marquée entre cette initiation, soi-disant catholique, et la presse ou l’illustration errotique et obscène, qui, de propos délibéré, vise la corruption ou exploite honteusement, par vil intérêt, les plus bas instincts de la nature déchue.» Dangers pour les fidèles Le Chef de l’Eglise signalait les dangers de cette littérature pour le peuple catholique.« Ce n’est pas tout.Cette propagande menace encore le peuple catholique d'un double fléau, pour ne pas employer une expression plus forte.En premier lieu, elle exagère outre mesure l’importance de la portée, dans la vie, de l’élément sexuel.Accordons que ces auteurs, du point de vue purement théorique, maintiennent encore les limites de la morale catholique : il n’en est pas moins vrai que leur façon d’exposer la vie sexuelle est de nature à lui donner, dans l’esprit du lecteur moyen et dans son jugement pratique, le sens de la valeur d’une fin en soi.» C’est dans ce genre d'ouvrages, conclut le commentaire de l'Os-servatore Romano, que se range le livre de Jacqueline Martin condamné par le Saint-Office.L’Osservatore Romano rappelle enfin quelques consignes du Saint-Père aux sages-femmes.Pie XII condamnait « l’édonisme raffiné » de certaines conceptions du mariage et le dénonçait comme « vide de valeurs spirituelles et partant indigne d’époux chrétiens ».Devant cette dégradation de l’amour conjugal et cet avilissement de la personne humaine, le Chef de l’Eglise rappelait aux conseillers des époux : « Bannissez de votre esprit ce culte de plaisir.Mettez tout en œuvre pour empêcher la diffusion d une littérature qui se croit devoir décrire dans le détail les intimités de la vie conjugale, sous prétexte de diriger et de rassurer les époux ».300 LECTURES Le Poète du Jour .SAINT-DENYS-GARNEAU Poésies complètes REGARDS ET JEUX DANS L’ESPACE LES SOLITUDES (12ème volume de la collection du Nénuphar) Un authentique poète qui nous conduit plus loin qu’aucun autre de nos écrivains.Sa poésie s’inscrit dans le mouvement poétique contemporain et elle rejoint l’interrogation passionnée qui en fait la grandeur.230 pages : $1.50 (par la poste : $1.65) Dans la même collection : 1.Menaud, maître-draveur, F.-A.Savard .$1.25 2.Poésies, d'Emile Nelligan (édition de luxe) 3.00 3.Forestiers et Voyageurs, par J.-C.Taché 1.25 4.Les Engagés du Grand Portage, L.-P.Desrosiers 1.25 5.Maria Chapdelaine, Louis Hémon .1.25 6.A l’ombre de l’Orford, Alfred DesRochers .1.25 7.Né à Québec, Alain Grandbois.1.50 8.Le Rêve de Kamalmouk, Marius Barbeau 1.50 9.L’Abatis, F.-A.Savard .1.50 10.Angéline de Montbrun, Laure Conan sous presse EN VENTE PARTOUT ET A F I D E S — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal — PL.8335 mars 1954 301 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Littérature canadienne La Tentation du Christ par Joseph Speybrouck RELIGION Doctrine KAPSNER (Célestin), o.s.b.Retire-toi, Satan ! Impressionnant récit d’une possession diabolique et d’un exorcisme qui eut lieu en 1928, dans l’Iowa, Etats-Unis.Québec, Librairie de l’Action Catholique, 1954.32p.23cm.TB La lecture de la brochure intitulée Retire-toi, Satan produira, nous n’en doutons point, l’effet salutaire souhaité par son traducteur.Le monde contemporain, héritier du scepticisme doctrinal du XIXe siècle, en est venu à considérer comme chimérique et suranné le dogme de l’existence et de l’action des puissances infernales.Pour beaucoup d’esprits, cette vérité s’inscrit comme un vestige des croyances primitives.Et pourtant, un récit de la nature de celui que présente la Librairie de l’Action Catholique ne saurait nous permettre de douter plus longtemps de la puissance de Satan et de ses suppôts.Il s’agit dans ces pages de la relation circonstanciée d’un exorcisme au cours duquel la haine, la malice, la rage et la perversité du démon se révélèrent avec une évidence terrifiante.Les mots ne peuvent arriver à traduire ici l’horreur et la crainte éprouvées par les témoins d’un spectacle dont le caractère immonde dépasse tout ce que l’imagination peut concevoir.Qu’il suffise de dire que bien rares seront ceux qui, à la lecture de ce récit bouleversant, découvriront sans étonnement les frontières d’un royaume ténébreux où l’Ange déchu mène contre Dieu le combat d’une haine éternelle et sans merci.A la suite des témoins du drame d’Earling (Iowa, E.U.), ils ne s’y aventureront qu’en tremblant et puiseront dans cette expérience une foi plus vive en la vertu des armes spirituelles mises par l’Eglise à la disposition de ses enfants pour une lutte où, livrés à eux-mêmes, ils ne sauraient que se perdre irrémédiablement.Rome n’ayant pas encore jugé opportun de se prononcer sur l’authenticité des faits narrés ici et sur la véracité des propos tenus par le Père du mensonge en cette 302 LECTURBS occasion, la plus élémentaire prudence demande que nous ne prêtions pas aux déclarations de Satan en marge de l’apparition de l’Antéchrist valeur de dogme.Jean-Paul Pinsonneault SCIENCES SOCIALES Education BECK (Louise).L'éducation au foyer.Montréal, Paris, Fides {c 1953}.125p.20cm.SI.00 (par la poste $1.10).B Ce n’est pas sans en retirer un très grand profit que le lecteur de l'Education au foyer, à la suite de Mme Louise Beck, se penchera sur la vie familiale des Arnaud, dont l’auteur décrit ici chaque étape avec une remarquable finesse d’observation.A regarder vivre ces êtres soudés les uns aux autres par un amour, un dévouement et une tendresse de tous les instants, on ne peut que découvrir ces milles riens qui font plus forte et plus féconde l’union du père et de la mère, plus effective leur œuvre commune d’éducation et plus puissant l’attrait du foyer.L’auteur, à n’en pas douter, parle d’expérience et cela donne à ses conseils une autorité incontestable.Qu’on se garde pourtant de croire que le présent ouvrage se borne à étaler de façon impersonnelle et sur un ton péremptoire quelques recettes de bonheur familial.L’ouvrage de Mme Beck, en dépit d’une forme un peu artificielle et chargée, porte la marque d’un amour profond de l’enfance, d’un désir sincère d’aider les parents dans leur tâche d’éducateurs.On ne saurait y relever aucune trace de sécheresse dans l’exposé, même si plus de naturel et de bonhomie dans le ton eût été souhaitable.Félicitons l’auteur d’avoir su cependant animer d’une vie réelle ce « petit monde» dont l’aventure quotidienne s’apparente à celle de milliers de foyers.L’Education au foyer de Mme Louise Beck est un livre dans lequel les parents trouveront à puiser abondamment pour peu qu’ils sachent faire abstraction du style ripoliné de l’auteur.Alain Mercier HISTOIRE FREMONT (Donatien).Les secrétaires de Riel.Louis Schmidt, Henry Jackson, Philippe Garnot.Montréal, Editions Chan-tecler, 1953.205p.19.5cm.Sl.75 (par la poste $1.85).TB L’auteur, M.Donatien Frémont, journaliste de langue française pendant plus de trente ans, tant au Patriote de Prince-Albert qu’à la Liberté de Winnipeg, nous campe le caractère des trois secrétaires du chef métis, Louis Riel.Ce sont messieurs Louis Schmidt, Henry Jackson, Philippe Garnot.Jackson mourut à New-York en 1952.Schmidt mourut à 92 ans, en 1935, et il fut sans conteste le plus français et le plus sympathique.L’auteur a pris, croyons-nous, en écrivant sur les trois secrétaires successifs de Riel une juste perspective.Frémont laisse voir le véritable caractère de Riel, soit en rappelant un jugement modéré de Frank Oliver, ancien ministre de Laurier, soit en montrant certaines des attitudes grotesques ou loufoques du chef insurgé.La cause des Métis méritait attention.Ottawa n’a rien compris à temps.Les mars 1954 303 Metis anglais et français avaient les mêmes griefs, mais les Métis anglais refusèrent de se révolter.Il se mêla à tout cela de l’incompétence de la part du gouvernement fédéral d’alors, de l’imprévoyance, de la partisannerie politique dans l’Ouest et surtout dans l’Est.La corde du pendu Riel fut un argument électoral.Mainte- nant que les passions se sont calmées, le soleil de la vérité peut luire sans danger.Ouvrage vivant, sincère, objectif qu’il faut lire pour comprendre une phase importante de la vie politique canadienne et québécoise.R.L.Littérature RELIGION Doctr' DUMERY (Henry).Foi et interrogation.Paris, Editions Téqui £1953}.157p.18.5cm.(Coll.Notre monde).B Ce livre, muni de {'Imprimatur intéressera certainement ceux qui ont fait des études philosophiques assez poussées, surtout ceux qui ont étudié l’existentialisme de Jean-Paul Sartre.L’auteur consacre, en effet, une cinquantaine de pages à la réfutation de cette philosophie.Dans son introduction, il prévient cependant le lecteur qu’« il s’agit moins d’avoir raison contre Sartre que de nous interroger nous-même à l’occasion des accusations qu’il porte contre la foi ».« Coûte que coûte, poursuit-il, il nous faut aborder les problèmes de notre monde et de notre temps.Personnellement, depuis une douzaine d’années, nous avons tenté de comprendre l’attitude de plusieurs professeurs d’athéisme.£.} Les études qu’on va lire sont le fruit de cet effort.» Dans ce livre d’action et de fierté chrétienne, l’auteur prouve que la foi n’est pas une démission, étrangère mais une promotion par laquelle l’homme «se fait».L’intérêt de ces pages réside dans l’honnêteté de la discussion avec les incroyants et dans la vigueur de certains aperçus sur ce que devrait être le comportement des catholiques dans l’Eglise, la famille et la Cité.L.B., c.s.c.SCIENCES APPLIQUEES Spéléologie CASTERET (Norbert).Dans les glaces souterraines les plus élevées du monde.Album illustré de 81 héliogravures.Paris, Librairie Académique Perrin £c 1953}.93p.22.5cm.TB Dans les glaces souterraines les plus élevées du monde de Norbert Casteret est un album vraiment unique dans son genre.En plus d’être un enchantement pour l’œil, il constitue un document précieux et inédit sur un des aspects les plus extraordinaires de notre planète.Qu’on ne s’attende pas à trouver dans ces pages une relation circonstanciée de la découverte et de l’exploration, en 1950, des Grottes glacées du Marboré.M.Casteret n’a ici d’autre ambi- 304 LECTURES tion que de nous faire partager >on émerveillement au spectacle de « ces fleuves souterrains de glace éternelle », de ces « paysages arctiques » et de ces « gouffres carapaçonnés de glace ».Dans un court avant-propos, l’auteur parle de 1’ « ivresse de pouvoir effectuer l’exploration de ces mondes souterrains, d’en déchiffrer le dernier chant dans la nuit des abîmes et de mettre le point final à cet immense poème géologique ».Or, cette ivresse est celle-là même qui gagne le lecteur à la vue des superbes héliogravures que renferme l’album.Les jeux savants de l’ombre et de la lumière y plantent des décors hallucinants et féériques, hier encore interdits au regard humain.Pierre Mercure LITTERATURE Ecrits divers IBERT (Jean Claude).Antoine de Saint-Exupéry.Suivi de la Lettre au Général X.Paris, Editions Universitaires {c 1953}.124p.h.-t.17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle, no 10).TB Nature enthousiaste, véhémente et généreuse, Antoine de Saint-Exupéry se fit, tout au long de l’aventure humaine de sa brève existence, l’apôtre et le champion d’un héroïsme bien particulier.Dans les pages denses et chaleureuses qu’il consacre à ce poète du courage et de la discipline, M.Jean-Claude Ibert s’est plu à insister sur la portée de l’œuvre du brillant écrivain, considérée sous son aspect éthique et littéraire.Il a tenté de dégager les lignes de force d’une pensée intimement Antoine de Saint-Exupéry mêlée à une foi inaltérable en l’homme, et à établir comment une morale de l’action peut conduire à une mystique de l’homme.L’éthique exupérienne, chacun le sait, est fondée sur la ferveur et le respect que doit porter l’homme à cette part de lui-même qui le rend supérieur à ce qu’il est.Cette morale trouve sa pleine expression dans l’action qui, d’après la conception de l’auteur de Terre des hommes, pousse l’individu à « régner sur soi-même » et anéantit en lui une prédisposition naturelle à l’égoïsme.Elle fonde aussi le réalisme spiritualiste de l’écrivain.« La morale que Saint-Exupéry tire de sa conception de l’action, écrit M.Ibert, a pour supports l’honneur et le sacrifice.Elle subordonne chacune de nos démarches au respect de la dignité mars 1954 305 humaine qui doit s’imposer à notre conscience comme un impératif catégorique.» Si le critique sait ici rendre hommage à la franchise brutale mais affectueuse et à la noblesse morale de l’écrivain, il sait aussi noter certains « décalages » entre la vie de Saint-Exupéry et son œuvre, souligner le caractère flou des renseignements que l’auteur de Citadelle nous fournit sur la nature précise de ses opinions politiques et de la divinité qu’il imagine.Certaine définition de l’homme, mise en lumière par M.Ibert à la page 37, est controuvée et verse dans l’hérésie de la foi créant son objet.Tous les amateurs de littérature liront avec profit cette dixième étude de la collection Classiques du XXe siècle.En plus d’y approfondir le sens d’un émouvant mes- sage de foi en la dignité de l’homme, ils y retrouveront bien vivante et quasi légendaire la figure d’un écrivain dont la grande préoccupation fut de travailler à « l’unité spirituelle des hommes sur la Terre, cette merveilleuse demeure qu’ils n’ont pas su rendre habitable, faute d’une éducation de l’esprit».Jean-Paul Pinsonneault EILLOUX (H.).Au cœur de la Provence.Illustrations de R.Bresson.Paris, Editions de l’Ecole {1953}.174p.ill.20cm.TB Que d’images aux chaudes couleurs et que de souvenirs de lecture n’évoque pas ce titre ! L’auteur nous promet un « beau voyage» au cœur de cette Provence dont les paysages féériques nous ont été décrits et les merveilleuses VOLUMES NEUFS A POIX REDUITS Carrières industrielles, J.Delorme, 176p.: $0.40 Le Ciel en moi, Ch.H.Morice, 126p.: $0.40 Le Comte Louis de Sales, R.P.C.Bufjier, s.j., 192p.: $0.40 Nos droits minoritaires, W.Morin, ptre, 431p.: $0.40 Le Père Moreau, A.Legault, c.s.c., 193p.: $0.40 Propos d’un bâtisseur du bon Dieu, Dom Bellot, o.s.b., 128p.: $0.40 Racines, F.Gaudet-Smet, 175p.: $0.40 Mille petites adresses, M.Barbeau, 160p.: $0.40 Les saints martyrs canadiens, Ch.A.Fortin, 146p.: $0.40 Les sources, R.P.A.Gratry, 240p.: $0.40 Trois gueux du Seigneur, E.Maire, 208p.: $0.40 Vous qui souffrez, G.Panneton, ptre, 142p.: $0.40 L’année liturgique au grand orgue, J.Bonnet, 88p.: $0.50 Aux sources de notre Histoire, L.Gérin, 207p.: $0.50 Dans mon jardin, J.L'A-Duguay, 90p.: $0.50 Epouse et mère avec Marie, /.L’A-Duguay, 254p.: $0.50 (Ajoutez 15% pour frais de poste) F I D E S — 25 est, rue St-Jacques, Montréal — PL.8335 306 LECTURES légendes contées par Mistral, Daudet et Arène.Le recueil de M.Filloux se divise en quatre parties : la Provence aux flots bleus, la Provence des cigales, la Provence de Mireille et la Provence des pierres qui chantent.Jeunes et moins jeunes trouveront un grand plaisir à la lecture des légendes d’un autre âge et des histoires fantastiques qui illustrent ce coin enchanteur de la terre française.Saint-Tropez, Avignon, Aix et son bon roi René, Saint-Rémy, Arles, la ville au lion, ont leur légende.La plus belle de toutes est, à n'en pas douter, celle de Saint-Tropez.Soldat de grande bravoure et officier de l’empereur de Rome, Tropez fut converti par l’apôtre Paul lui-même et mis à mort sur les ordres de Néron.Son corps, comme celui des criminels qui osaient porter la main sur leurs parents, fut lié et jeté dans une barque où un coq et un chien le dévorèrent.Le lecteur trouvera aussi dans ces pages des leçons de choses du plus grand intérêt sur l’irrigation, le mistral, l’olivier, le ver à soie, etc.Si vous voulez mieux connaître le pays de Mireille, lisez Au cœur de la Provence et vous serez enchantés.M.-A.Guérin Romans CAVIEZEL (F.W.).Qui donc a tué ?Le »ens de l’amour conjugal.Roman.Traduit par Robert Stival.Mulhouse, Ed.Salvator, 1954.304p.19cm.$2.25 (par la poste $2.35).B Dans son dernier roman, M.F.W.Caviezel évoque le drame d’un ménage dont l’existence constitue un douloureux échec.Max Brenner, jeune professionnel de talent VOLUMES NEUFS A PRIX REDUITS I.'art vivant et nous, G.Petit, 410p.: $0.35 La bibliothèque à l’école, L.E.Toupin, 86p.: $0.35 La Charte du royaume chrétien, A.Malo, o.j.m., 318p.: $0.35 Comment obtenir un emploi, O.Lefebire, 144p.: $0.35 Le conte fantastique au XIXe siècle, J.A.Guischard, 144p.: $0.35 La culture moderne est-elle en péril ?A.].Krzesiuski, 211p.: $0.35 L’état de grâce, Mgr M.-A.Roy, 181p.: $0.35 La journée des malades, H.Perreyve, pire, 252p.: $0.35 Montréal économique, E.Minville, 450p.: $0.35 Le mouvement ouvrier canadien, J.P.Després, 208p.: $0.35 La sainte Vierge et les possédés du démon, T.Geiger, 96p.: $0.35 La science et le scepticisme religieux, A.Giret, 144p.: $0.35 L’Apôtre dans le mystère de l’Eglise, L.Lochet, 72p.: $0.40 A quand notre tour ?illustré, 48p.: $0.07 Divino afflante spiritu, SS.Pie XII, 48p.: $0.05 L’Histoire des années saintes, D.L.et P.Chiminelli, 64p.: $0.05 (Ajoutez 15% pour frais de poste) F I D E S 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal — PL.8335 mars 1954 307 et très consciencieux, a épousé une personne volage dont les ambitions se situent aux antipodes des siennes, Marisa.Issue d’un humble milieu qu’elle a renié à son entrée dans le grand monde, la jeune femme ne rêve que luxe et confort.Afin de pourvoir à leur installation, les époux ont engagé l’avenir et refusé l’enfant.Marisa que domine l’appât du gain pousse l’insolence jusqu’à contrôler la clientèle de son mari et à retenir des patients que celui-ci se voit dans l’obligation de confier à des spécialistes.Harcelé par cette mégère, Max sent qu’un abîme se creuse entre elle et lui.Pour éviter les longues soirées en tête-à-tête, il recherche les réunions mondaines.La morphine, dont il a contracté l’habitude au cours d’une maladie récente, apporte quelque remède à son chagrin.Victime d’une intoxication grave, il est bientôt contraint de quitter son travail et de prendre une cure dans un sanatorium.En son absence, Georges Caprusa, son remplaçant, devient l’amant de Marisa.Max, guéri, constate la ruine de son foyer et sombre dans l’alcoolisme.Il meurt abandonné.Georges et Marisa s’épousent, mais leur bonheur est de courte durée, car une fièvre maligne emporte bientôt le nouveau mari.Marisa revient enfin à de meilleurs sentiments.Aussi tragique que soit le destin des héros de Qui doue a tué ?, ce roman fera du bien.Sa lecture mettra les jeunes époux en garde contre certaines conceptions er-ronnées de l’amour conjugal et contre cette frénésie naturaliste qui, de nos jours, sape le foyer chrétien.De ce livre d'une belle écriture et d’une fine psychologie, il ressort nettement que seule la religion donne à l’amour conjugal toute sa force, toute sa plénitude et toute sa grandeur.Georges Ponton, c.s.c.GARDNER (Erie Stanley).Le bigame innocent.Traduit de l’anglais par Henri Thies.S.l.d’éd.Edition Moderne {1951}.226p.16cm.(Coll.Petit format).B?Garvin, riche propriétaire de mines, se croyant divorcé, convole en secondes noces.Mais sa première femme l’a trompé et le poursuit pour bigamie.A l’instar de quelques escrocs, elle tente de s’emparer de la fortune de son mari et est tuée par l’un d’eux.Garvin, à la suite de manœuvres habiles de la part du meurtrier favorisé inconsciemment par la police, est accusé de meurtre.Il doit son salut à un avocat habile, véritable héros du roman.Ce récit policier, tissé de mensonges et où les scènes d’amour se résument la plupart du temps à des provocations assez audacieuses, présente de la société une image bien noire.Seuls les lecteurs avertis liront ce livre sans danger.L.B., c.s.c.GILBERT (Robert).L'auberge du Cheval blanc.Traduit de l’allemand par Louis Mé-zeray.Paris, Editions Pierre Ho-ray {c 1953}.252p.19cm.(Coll.Pschitt).TB Un des mérites du romancier de l'Auberge du Cheval blanc est d’avoir su reconstituer avec un pittoresque souvent savoureux le cadre et l’atmosphère de l’établissement rendu fameux par la mu- 308 LECTURES sique de Stolz et Benatsky.Les pensionnaires, qui y composent une petite société originale, colorée et sympathique, ne sont pas des chercheurs d’aventures mais des âmes sentimentales, légères, évadées du cerveau de quelque Marivaux moins brillant que celui des Fausses confidences.Quelques baisers furtifs, quelques regards échangés et quelques tours de valse situent l’action dans un climat qui, pour romanesque qu’il soit, demeure toujours sain.Ce livre pétillant et gai vaudra à ses lecteurs un bon moment de détente.L.B., c.s.c.JURGENS (Marianne).Mademoiselle Loukie.Le roman d’une jeune fille pétulante.Version française de Renée et Paul Dieudonné.Mulhouse, Ed.Salvator, 1954.304p.19cm.TB Marianne Jurgens connaît bien les jeunes.Elle le prouve avec une verve étincelante et une rare maîtrise dans son beau roman : Mademoiselle Loukie.L’héroïne incarne avec beaucoup de vérité le type de la jeune fille prime-sautière, inexpérimentée, débrouillarde, enthousiaste et généreuse.Chaque page du roman met en lumière une qualité ou un défaut de la nature de Loukie.Mais sur la trame tissée de péripéties cocasses et touchantes, de scènes variées et savoureuses se détache en filigrane la figure sympathique d’un être au grand cœur et plein de bonne volonté.Ce roman plaira grandement «aux jeunes de 15 à 80 ans».C’est, « en somme, un livre sain, vrai, et surtout, optimiste et divertissant ».L.B., c.s.c.Pierre L’Ermite V4 L’ERMITE (Pierre).La journée de Satan.[Paris} Bonne Presse [1952}.168p.20cm.$1.00 (par la poste $1.10).TB A l’encontre des autres livres de Pierre l’Ermite, cet ouvrage n’est pas un roman ; c’est plutôt une légende où l’auteur met en relief la lutte quasi éternelle entre Dieu et Satan.Pour arriver à damner l’homme, « ce benjamin amalgamé de matière et d’esprit et que Dieu aime d’un amour sénile de père pour son dernier enfant », Lucifer recourt à la tactique du camouflage.Il n’existe pas, pense-t-on.C’est une légende pour peuple primitif.Pourtant il est bien vivant, cet esprit du mal.Il n’y a qu’à lire la Bible et la vie des saints pour mars 1954 309 s’en convaincre.De plus, nous n’avons qu’à regarder en nous-même.Lucifer plus haineux que jamais pour la conquête du paradis perdu décide d’organiser « une vraie journée de Satan».L’ennemi, c’est Dieu, le gibier : l’homme, son plan : la guerre, son slogan : le diable n’existe pas, son état major : les sept péchés capitaux, « chefs fameux ayant comme titre de gloire des ruines immenses dans la désorganisation du monde ».Les démons défilent armés des vieux péchés : orgueil, envie, luxure, paresse, etc.Ces mots abstraits évoquent une réalité terriblement concrète.Pierre L’Ermite, dans son livre la Journée de Satan.a voulu rappeler à son lecteur le risque du péché et la vérité dogmatique qu’est le ciel et l’enfer.Mais, si la bataille est âpre la victoire dans et par le Christ demeure assurée.Jeanne Moquin LUTRY (Jean de).Tendres escales.Paris, Jules Tallandier {1953}.222p.16.5cm.TB l ne croisière en Méditerranée en compagnie de M.Jean de Lu-try n’est pas sans charmes.C’est ce qu’il faut reconnaître à la lecture de Tendres escales où le romancier nous conduit à Constantinople, à Athènes et en plusieurs autres endroits enchanteurs.Ce roman raconte les amours d’un chirurgien débutant et d’une jeune orpheline.Celle-ci doit repousser les avances d’un cousin âgé et très riche qui pour obtenir sa main ne se fait pas scrupule de recourir à tous les moyens, même à l’enlèvement et à là sé- questration.Périer, qui a délivré la jeune fille, reste éloigné d’elle par suite d’un malentendu.L’orpheline se voit réduite à accepter du travail à New-York où elle fait la connaissance d’un architecte qui devient amoureux d’elle.Mais la jeune fiile ne saurait oublier son sauveur et conserve l’espoir de l’épouser un jour.L’avenir comble ses vœux.Un roman sain, sans mérites littéraires exceptionnels, mais de lecture facile et reposante.L.B., c.s.c.MOINOT (Pierre).La chasse royale.Roman.{Paris} Gallimard {c 1953}.204p.20.5cm.(le Cercle du Livre de France).B?La Chasse royale de Pierre Moi-not, qui remportait récemment le prix Sainte-Beuve, est un roman d’un tel fini et d’une si rare qualité qu’il classe d’emblée son auteur au premier rang des écrivains de sa génération.Par la pureté classique du style, la fraîcheur et la nouveauté des images, la magie évocatrice des descriptions, le dépouillement voulu de la trame, le rythme ample et sonore de la phrase, cette œuvre, dont certaines pages rappellent le La Varende de la Dernière fête, atteste de façon non équivoque l’éternelle jeunesse des lettres françaises et pose un nouveau jalon dans l’évolution de la littérature romanesque contemporaine.A l’occasion d’un dîner de chasse à Haudrenne, vieille maison morte habitée par Hélène Servance, sa mère et sa tante, Philippe Lussac, viveur déçu et convaincu que « les amours vieil- 310 LECTURES lissent dans un grand désespoir solitaire», fait la rencontre de la jeune fille de la maison, qui s’éprend de lui.L’attitude réticente de Philippe a tôt fait de convaincre Hélène que celui-ci cherche à fuir quelque chose qui lui fait peur.Mais ce qu’elle ignore, c’est la profonde impression que sa jeunesse et sa fraîcheur ont créée sur l’esprit du jeune homme.L’image d’Hélène s’est lentement installée au fond de lui, jusqu’à devenir plus forte que sa crainte.Jour après jour, cet amour se révèle à lui comme la promesse d’une « existence infinie ».Hélas, quel bonheur saurait jamais combler ce cœur inassouci ! «.il comprenait qu’au delà de son emportement demeurerait toujours un désir obscur que ni Hélène ni lui ne seraient peut-être capable de satisfaire, et dont l’exigence n’aurait jamais fini de les menacer.» Ce n’est qu’au terme d’une lutte épuisante contre lui-même que Philippe accepte enfin d’enlever Hélène.Cette brève esquisse suffit à expliciter le sens profond du roman de Pierre Moinot.Il s’agit ici plus que d’une chasse au chevreuil ou au sanglier, plus que d’une lutte contre les braconniers, plus même que la conquête de la femme désirée.Cette « chasse royale » symbolise en fait celle que tout homme doit entreprendre pour débusquer ses monstres et accéder à la plénitude d’un amour délivré.Comment ne pas le pressentir à la lecture de ces pages toutes bruissantes de murmures et embaumées de parfums sylvestres, où le romancier décrit l’inquiétude de l’attente, le silence des heures d’affût et la présence immense et mystérieuse de la forêt vosgienne?Jean-Paul Pinsonneault TLRCELJ-CRIVSKI (Philippe).Les charretiers.Traduit du Slovène par Ferdinand Kolednik.[Paris} Bonne Presse [1953}, 165p.20cm.(Coll, le Ruban bleu, no 74).$1.00 (par la poste SI.10).TB Sujet simple et émouvant que celui de ce roman où le romancier évoque le drame qui oppose les paysans d’un village de l’Europe centrale aux charretiers quittant leurs terres brûlées par la sécheresse pour s’embaucher au service d’un maître-scieur.Les personnages y sont campés avec une vérité saisissante et l'étude des caractères menée de main de maître.Nicolas, jeune valet de ferme devenu le chef de la résistance paysanne, s’éprend de Tilka, fille aînée de Grégoire, charretier renégat.Après une lutte serrée au cours de laquelle un fonctionnaire divorcé qui ravage la population par sa conduite ignoble est écarté, le jeune couple s’épouse.Traité avec force et sobriété, ce récit plaira à tous.R.L.VIGO (René).Julia.Roman.Préface de Pierre Benoit.Paris, Segep [c 1951}.237p.19cm.M Aussi longtemps que les romanciers se plairont à étaler pour elle-même l’incommensurable tristesse de la chair, aussi longtemps la littérature continuera d’être un champ fertile en œuvres malsaines et désespérées.Julia de René Vigo en est une preuve accablante et superflue.Ecrite dans une langue mars 1954 311 René Vigo rass r.v chaude, nerveuse et robuste, ce roman demeure une évocation pénétrante et pernicieuse à la fois de la déchéance consciente et voulue de deux âmes égarées.Julia et Séverin ont choisi d’être l’un à l’autre en dépit d’une morale qui condamne l’adultère et l’homicide.De toute évidence, ils n’obéissent qu’aux lois d’une nature en rut et n’acceptent d’autres impératifs que ceux de l’instinct exacerbé.L’existence de ces deux êtres n’est que le long bramement d’une chair inassouvie et frustrée vers une proie interdite.Nous déconseillons fortement la lecture de ce roman où les faits et gestes de l’héroïne (!) constituent un défi aux exigences de la morale chrétienne la plus élémentaire.A l’encontre de cette hétaïre dont l’âme sensible et sau- vage, libertine et résolue émeut visiblement le romancier, nous refusons d’admettre que la vertu soit l’effet de la poltronnerie et le devoir un luxe pour esprits veu-les.D’ailleurs, il n’y a qu’à regarder vivre et s’enliser les amants insatiables de Vigo pour palper les fruits de leur pseudo-liberté.Je an-Paul Pinsonneault VOYAGES ROBITAILLE (Henriette).I o y age au bout de la mer.Paris, Nouvelles Editions Latines £c 1952}.206p.18cm.TB Dans sa préface, le P.de Par-villez, s.j.définit bien le dernier livre d’Henriette Robitaille quand il écrit : « Vous avez créé un genre que j’appellerais volontiers l’espièglerie chrétienne.Vous unissez l’esprit, le bon esprit et le Saint-Esprit.» En effet, c’est d’une façon amusante et fort intéressante que ces pages nous conduisent en Océanie.Dans son prologue, l’auteur écrit: «Je voulais parler «lépreux », je crois que je parlerai beaucoup plus « cornettes ».Mlle Robitaille, tout au long de son récit, rend hommage aux jeunes Sœurs Missionnaires de la Société de Marie, à leur dévouement, à leur gaîté et à leur joie de vivre.Guidés par l’auteur, nous visitons la Calédonie, les missions, les écoles indigènes et la léproserie d’U-nea.Nous sommes reçus par la famille royale.Tout le récit est émaillé d’anecdotes amusantes et fraîches.Jeanne Moquin 312 LECTURBS BIBLIOTHEQUES Prix de Fin d'Année Collection « La Grande Aventure » Au pays des géants et des fées, M.-R.Turcot, 106p.: $1.00 Franceline, M.-A.Grégoire-Coupal, (11 illustrations), 120p.: $1.00 La sorcière de l’îlot noir, Al.-Æ Grégoire-Coupal, (5 illustrations), 112p.: $1.00 La fiancée du charpentier, M.-A.Grégoire-Coupal, 144p.: $1.00 Prisonnier des cavernes, Guy Boulizou, (20 illustrations), 143p.: $1.00 Cœurs d’enfants, R.Goyette, (35 illustrations), 133 p.$1.00 Le cheval d’or, Odette Oligny, (illustré), 136p.: $1.00 Au pays du ranch, Algr C.Mollier, (illustré), 128p.: $1.00 Les broussards de l’Ouest, /Mgr C.Mollier, (illustré), 128p.: $1.00 Contes populaires gaspésiens, C.Roy, (illustré), 144p.: $1.00 La vie gracieuse de Catherine Tekakwitha, J.Lavergne, 125p.: $1.00 Jusqu’au bout, Dollard des Ormeaux, (illustré), 103p.: $0.90 Sang des Martyrs, Dollard des Ormeaux, (illustré), 96p.: $0.90 Martyrs du Christ, Dollard des Ormeaux, (illustré), 84p.: $0.90 Le prisonnier du vieux manoir, A.Lafortune, (illustré), 95p.: $0.90 Le secret de la rivière perdue, A.Lafortune, (illustré), 144p.: $0.90 La belle histoire de Tobie, Uug.Deglaire, (illustré), 96p.: $0.90 Le canon tonne à Saint-Eustache, G.Cerbelaud-Salagnac, (illustré), 130p.: $0.90 Aux mains des Iroquois, G.Cerbelaud-Salagnac, (illustré), 85p.: $0.75 Le cavaire de Jean, R.Fagniez, (illustré), 88p.: $0.75 La merveilleuse histoire du petit Basile, C.Uardouin, 69p : $0.75 FIDES — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal 1, PL.8335 mars 1954 313 Avez-vous lu ?Le Nom dans le Bronze par Michelle Le NORMAND C est Je roman de Marguerite Couillard, une vraie canadienne dont le caractère a la trempe de celui de nos mamans d’autrefois.Une réimpression que tout le monde attendait avec impatience.117 pages — $1.00 La Vierge et l'Hostie dans la Famille par Jeanne L ARCHEVEQUE-DU GU AY Durant l’année mariale ce petit livre pourrait se lire à haute voix aux réunions familiales du soir après le chapelet.Marie, étoile de la famille, L’Hostie, étoile du foyer.Liturgie, flambeau de la maison sont les titres des chapitres.142 pages — ill.$1.00 L'Education au Foyer par Louise BECK Un petit roman éducatif à mettre dans les mains des jeunes filles désireuses de fonder un foyer idéal.Les jeunes mamans y trouveront aussi leur part de conseils agréablement présentés.125 pages — $1.00 (AJOUTEZ 10% POUR FRAIS DE POSTE) FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal.— PLateau 8335 314 LECTURES PANORAMA DU LIVRE Choix d’ouvrages PHILOSOPHIE Psychologie SNOECK (R.P.), s.j.L’hygiène mentale et les principes chrétiens.Paris, P.Lethiel-leux {1953}.92p.19cm.(Centre à'études Laennec).S 1.00 (par la poste SI.10).TB-S Dans ce petit livre qui servira d’introduction à l’étude de l’hygiène mentale, considérée à la lumière des principes chrétiens, l’auteur, ayant défini l’hygiène mentale, aborde l’étude des conflits de la vie qui relèvent souvent davantage du directeur spirituel que du médecin.La santé mentale touche à la vie de l’esprit : celui-ci peut être atteint par la maladie dans ses structures qui échappent plus ou moins au contrôle de la personnalité consciente et qui cependant ont une influence sur le cours des pensées, des sentiments et de l’action.I.es médecins et les psychologues catholiques ne sauraient demeurer indifférents à la parution de ces pages.RELIGION Doctrine B A AS (Emile).Introduction critique au marxisme.Perspectives marxistes — Perspectives chrétiennes.Paris, Editions Alsatia, 1953.158p.19cm.TB-S Cet ouvrage qui se présente comme un remaniement complet de l'Humanisme marxiste publié antérieurement par M.Emile Baas, s’adresse de préférence au lecteur chrétien soucieux de posséder une initiation sérieuse au marxisme, sans rester pour autant démuni d’arguments pour repenser cette doctrine sous un angle critique.Le mérite essentiel de cet exposé est de donner une idée à la fois solide et nuancée du matérialisme dialectique.Les réflexions critiques de l’auteur tendent à élever le débat pour tenter un parallèle entre la place faite à l’homme dans l’athéisme marxiste et dans les perspectives de la Foi chrétienne.DUVILLLARD (René).Le marteau et la tenaille.Essai sur le rythme.Préface de Gustave Thibon.{Lyon} Emmanuel Vitte, s.d.175p.19cm.(Coll.Problèmes et doctrines, no 11).TB Le monde contemporain est polarisé à l’extrême.S’il évolue de toutes ses puissances vers l’unité intégrale, il demeure que, de jour en jour, s’accuse et s’aggrave son état de schisme.Derrière ce paradoxe, la pensée de l’auteur s’applique ici à discerner un antagonisme latent qui déchire l’être et déclenche le mouvement évolutif du monde vers l’union en plénitude.Enfermée dans sa propre existence et impuissante à en résoudre le problème, l’humanité contemporaine croit y voir une preuve de l’absurde.Il suffirait qu’elle y discerne le signe du mystère : le Schisme du monde annonce et prépare le Rythme de Dieu.mars 1954 315 Tête de la Vierge par Bronzino THONE (Chan.Paul).Je t ous salue, 6 Plénitude !.Essai doctrinal et pratique sur la Salutation Angélique (pouvant servir tout spécialement pour mai et octobre).Avignon, Maison Aubanel {1953}.192p.18.5cm.TB M.Thône a voulu renouveler ici le thème habituel des « mois de Marie » par une étude approfondie de l’Are Maria.Il l’a fait selon les données de la Tradition et de la Théologie la plus sûre, sous une forme appropriée à tous les lecteurs et à tous les auditoires, dans un style agréable et facile.Ce travail alimentera la prédication et la dévotion envers la Sainte Vierge, en offrant des aperçus et des développements vraiment neufs.VONIER (Dom Anschaire), o.s.b.Le peuple de Dieu.Traduit de l’anglais par A.-M.Roguet, o.p.2e édition.Paris, Editions du Cerf, 1953.217p.16.5cm.(Coll.l'Eau vire).TB Dans ces esquisses d’une grande richesse doctrinale, l’auteur veut faire comprendre aux catholiques combien leur vie dans le Christ est riche et multiforme.Aux âmes tentées de se retirer dans une sorte d’isolement spirituel, il s’efforce de montrer la solidarité qui unit entre eux les membres du peuple de Dieu.Ce petit livre, qui est avant tout « une exhortation pour le temps de l’épreuve », aidera à garder purs chez le peuple chrétien la notion et le sentiment de sa consécration universelle.Spiritualité CLEMENT-MARCEL (Fr.), f.s.c.Par le mouvement de l'Esprit.La dévotion au Saint-Esprit dans les écrits de saint Jean-Baptiste de La Salle.Paris, P.Lethielleux {1953}.254p.h.-t.20cm.TB Parfait auxiliaire de l’Esprit, saint Jean-Baptiste de La Salle a voulu que ses fils spirituels n’agissent, dans les exercices de la vie religieuse comme dans les activités de l’enseignement, que « par le mouvement de l’Esprit de Dieu ».L’étude particulière de cette « dévotion » au Saint-Esprit fait l’objet de l’ouvrage du Frère Clément-Marcel.Ces pages qui s’adressent surtout aux éducateurs, mettent en lumière l’harmonieuse synthèse du génie créateur et spirituel du Saint et prouvent que la dévotion 316 LECTURES au Saint-Esprit est un des éléments les plus riches et les plus caractéristiques de la spiritualité lassallienne.GILLY DE COLLIERES (Renée).La Vierge messagère du cœur.Apparitions et messages.Préface du cardinal Tisserant.Paris, Librairie Plon {c 1953}.243p.19cm.$1.35 (par la poste $1.45).TB Cet ouvrage constitue une originale et forte synthèse qui englobe les temps modernes et où l’auteur, en ramenant à une splendide unité les « messages » de la Vierge et en les interrogeant sur ce qu’ils contiennent de réalités terrestres, montre souvent leur accomplissement partiel.Par les solutions qu’elle propose, par les approfondissements qu’elle apporte, cette étude s’impose à l’attention des savants et des chercheurs, des hommes de science et des hommes de foi.Parfaitement accessibles à tous les esprits, ces « messages » sont d’un intérêt saisissant.Ils convaincront le lecteur qu’il ne faut jamais désespérer du cœur de la Vierge et du cœur de l’homme.GOSSELIN (J.-B.,) s.j.Sujets d'oraison pour tous les jours de l'année.Tome VI.Textes et pensées pour le temps de la Retraite.Toulouse, Apostolat de la Prière, 1953.182p.18.5cm.$1.20 (par la poste $1.30).TB Ce nouveau volume de méditation est destiné à ceux qui doivent faire seuls leur retraite annuelle.Ils trouveront dans ces pages un choix de pensées, de passages des Livres Saints, de citations d’auteurs anciens et mo- dernes aptes à aider les retraitants qui n’ont pas à leur disposition les ouvrages devenus classiques.LHOUMEAU (R.P.).La vie spirituelle à l'école de saint Louis-Marie Grignon de Montfort.Bruges, Ed.Ch.Beyaert, 1954.459p.19cm.,$2.50 (par la poste $2.60).TB Cet ouvrage tend à montrer, selon la pensée de saint Louis-Marie Grignon de Monfort, que la dévotion à la Vierge est une forme spéciale de vie intérieure.Il expose les fondements dogmatiques de cette dévotion et en explique la portée ascétique.Tous ceux qui s’occupent de la formation spirituelle des âmes et veulent leur inculquer une vive dévotion envers la Sainte Vierge liront ce livre avec profit.Il en sera de même pour les fidèles désireux de s’instruire et de puiser aux sources.PIHAN (Jean).Pour voir juste et penser vrai ou la Spiritualité du réel.Paris, Editions Fleurus {1953}.81p.15.5cm.(Coll.Feuillets de vie spirituelle, no 20).TB Voir juste et penser vrai sont des nécessités absolues de l’action et de la vie.M.l’abbé Pihan, frappé de voir à quel point des esprits sincères sont susceptibles de diverger et même de s’opposer parce qu’ils n’appréhendent du réel que des aspects trop limités, a réuni en une plaquette ses réflexions sur le sujet.Il s’est employé à montrer que le problème n’est pas purement intellectuel, mais qu’il engage toute la vie intérieure, requérant une absolue mars 1954 317 pureté dame.C’est dans la lumière de la Foi que le réel se laisse saisir.Ce nouveau « feuillet de vie spirituelle » rendra de grands services à tous ceux qui entendent ne servir que la Vérité.SCIENCES SOCIALES Droit PARIAS (L.H.).Justice n’est pus fuite.[Paris] Editions du Centurion [1953].157p.ill.19cm.(Coll, le Poids du jour).B Ce livre est une étude objective des problèmes importants que pose la vérité judiciaire.Il en est de lourds, comme les abus de l’enquête policière, les excès de certaines détentions préventives inutilement prolongées, l’extraordinaire confusion de la procédure.Des pages humaines, justes et prudentes qui, sans le justifier, expliquent ce pamphlet qu’est la Tête des autres.Education LACROIX (Pierre) et JACQUIN (Guy).Responsabilité des éducateurs teurs et sécurité des groupes d'enfants.Illustré par CRrik.Paris, Editions Fleurus [1953].189p.ill.15cm.$1.00 (par la poste $1.10).TB Ce petit livre examine successivement les divers terrains d’activités des groupements éducatifs et, en décelant les dangers qu’ils peuvent cacher, propose quelques moyens simples d’accroître la sécurité des enfants.Tous les moniteurs et dirigeants d’organismes éducatifs, les chefs scouts et responsables de colonies de vacances devraient posséder ce livre.Quant aux directeurs, ils y trouveront un bref guide juridique des responsabilités de l’éducateur.LUBIENSKA DE LENVAL (Hélène).Entrainement à l'attention.Paris, Spes [1953].96p.20.5cm.S0.95 (par la poste $1.05).TB Le problème de l’attention est en éducation un des plus importants et un des plus difficiles à résoudre.Par des exemples choisis dans les disciplines intellectuelles de base (le français et l’arithmétique) et pour la formation morale et religieuse, l’auteur montre comment on peut obtenir cette attention intérieure, cette adhesion de l’esprit et du cœur qui est la condition de tout réel progrès.BIOGRAPHIES BROS (Mgr).Bossuet prêtre.Suivi de quelques opuscules de piété composés par l’Evêque de Meaux.Paris, P.Lethielleux, 1952.79p.h.-t.20.5 cm.$1.00 (par la poste $1.10).TB Dans ces pages éditées à l’occasion du tricentenaire de l’ordination et de la profession de foi de Bossuet, l’auteur met en relief la vie spirituelle du grand Evêque.Sous l’orateur, le polémiste et le défenseur de la foi, on retrouve un prêtre fervent, soucieux de ses diverses responsabilités, préoccupé d’amour de Dieu et d’abandon à sa volonté.Quelques « opuscules » de piété, composés par Bossuet à l’usa- 318 LECTURES Bossuet ge de ses diocésains, accompagnent cette étude et témoignent de la vie spirituelle profonde de l’éminent prélat.FERNESSOLE (Pierre).Pie X.Essai historique.2 vol.Paris, P.Lethielleux [c 1952-1953}.H.-t.20cm.(I.De Riese au Vatican — II.Du Vatican à la Gloire du Bernin).$6.95 (par la poste $7.10).TB Dans l’ouvrage en deux tomes qu’il consacre à la mémoire de Pie X, M.Pierre Fernessole décrit d’abord les étapes de la prodigieuse ascension du Pontife, se livre ensuite à une étude complète et approfondie de l’œuvre du gouvernement pontifical et termine par une analyse de la physionomie spirituelle du Bienheureux.Très documenté, cet ouvrage s’appuie sur les documents officiels du Saint-Siège et sur des documents privés et même inédits.L’auteur met en lumière la conduite de Pie X en face des douloureux problèmes qui se posèrent sous son pontificat.Une large part a été faite aux rapports du Saint-Siège avec les états d’Europe et d’Amérique, à Faction du Serviteur de Dieu pour la paix du monde.Ce livre constitue sans aucun doute la meilleure étude historique et spirituelle, publiée jusqu’à ce jour sur Pie X.L’auteur a la franchise d’aborder tous les aspects sans omissions et sans restrictions de ce grand et fécond pontificat.GAYE (F.).Une de la paroisse universitaire : Antoinette T ra vert ( 1910-1937).Reims, Matot-Braine [1953}.83p.19cm.TB Dans ce livre où l’auteur présente à ses lecteurs la biographie d’une institutrice laïque française, ceux-ci découvriront une âme droite, assoiffée d’idéal et de vérité pour qui la vie fut une rude ascension.Ces pages intéresseront surtout les jeunes gens à qui elles apportent le message de l’Evangile vécu, en même temps qu’elles leur présentent un modèle épuré par le goût de la pauvreté, l’acceptation aimante de la souffrance rédemptrice, l’abandon filial et la joie dans la croix.JONQUET (Henri).Entre vos mains, Seigneur.Préface de Gabriel Marcel, Paris, mars 1954 319 Nouvelles éditions Latines {c 1953}.172p.h.-t.18.5cm.TB Dans un livre « exempt de toute littérature, de toute complaisance », un père anéanti par la mort de son fils s’interroge sur la cause et le sens de cette disparition prématurée.Si l’acceptation lui demeure pénible à certains moments, cet homme admirable sait pourtant découvrir, sous la joie de vivre oisparue et par delà la révolte et l’amertume une joie plus haute, plus consciente, plus mûrie : la joie du sacrifice.Ces pages émouvantes de douleur et de résignation seront pour tous ceux qui pleurent la perte d’un être cher un baume précieux en même temps qu’une touchante leçon de foi chrétienne et de courage.PERROY (Henri), s.j.François-Xavier ( 15 06-1552}.Paris, Editions de Gigord {1953}.90p.h.-t.22.5cm.TB-A Voici un livre qui par ses qualités de fraîcheur, d’enthousiasme et de spontanéité trouvera auprès de la jeunesse une très large audience.L’auteur y relate à grands traits la vie ardente de cet « homme étrange et surhumain » que fut François-Xavier.Il se plaît à exalter chez son héros la confiance, la franchise, la pureté, le courage et l’intrépidité.Tous les jeunes aimeront s’inspirer de ce modèle pour mettre au service de Dieu et des âmes ces énergies inviolées qui dorment en eux.PERROY (Marguerite).Sainte Chantal, patronne de toutes les vocations.Illustrations de Serge Zagli.Lyon, Editions et (Missi photo) Saint François-Xavier Imprimeries du Sud-Est {1953}.les saints).$0.95 (par la poste S1.05).TB-A Tous les adolescents liront avec beaucoup d’intérêt la vie originale, alerte et captivante de sainte Chantal que Mme Marguerite Perroy leur présente aujourd’hui comme la « patronne de toutes les vocations ».Dans ces pages qui tendent avant tout à évoquer la figure de l’épouse aimante, de la mère vigilante et de la maîtresse de maison sans défaut, le lecteur découvrira une sainte charmante, vive, enjouée, ironique et tendre.A cette heure où pour lui le choix s’impose, l’adolescent puisera dans cette rencontre avec sainte Chantal une belle leçon de fidélité à la grâce.320 LECTURES mmm 1 'i LIVRES POUR LES JEUNES CLAIR (Michel).N.K.mène le jeu.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Ed.Fleu-rus, Ed.Gautier-Languereau, 1953.122p.ill.18cm.(Coll.Jean-François).J Un groupe de scouts vient d’installer son camp dans une forêt sauvage.On remarque bientôt quelque chose d’insolite et même d’hostile dans ce coin de pays isolé.En recherchant les vestiges enfouis d’une église romane, les scouts découvrent les agissements d’une bande de garnements conduits par N.K.et contre lesquels ils auront à lutter avant de s’en faire des amis.COGAN (Paul).La crique au Calmar.Illustrations de Cyril.Paris, Ed.Eleurus, Ed.Gautier-Languereau 1953.126p.ill.18cm.(Coll.Jean-François).J Un peintre et quatre garçons ont loué, pour les vacances, une maison qui passe pour hantée.De mystérieux incidents se multiplient et les garçons se jurent de tirer au clair cette histoire fantastique.Un récit cocasse et dramatique, où le talent de Paul Cogan se donne libre carrière pour la plus grande joie de ses jeunes lecteurs.DUVERNE (René).Atoll 12.Illustrations de N.Gloesner.Paris, Ed.Fleurus, Ed.Gautier-Languereau, 1953.124p.ill.18cm.(Coll.Jean-François).J Inventeur d’une « lentille » sous-marine destinée aux explorations à grande profondeur, M.Sauvan recherche l’épave d’un cargo englouti avec une précieuse cargaison.Après de nombreuses et dramatiques péripéties au cours desquelles Sauvan échappe aux criminelles manœuvres d’un adversaire inconnu, grâce au courage et à l’adresse d’Hervé et d’Es-pargoul, l’expédition réussit.Un livre dont tous les jeunes raffoleront.FROEHLICH (Jeanne).Et les cloches carillonneront.Illustrations de Franbel.Toulouse, Apostolat de la Prière {1953].129p.ill.18.5cm.J Comme tous ceux qui l’ont précédé, le dernier roman de Jeanne Froehlich s’impose par l’intérêt de l’intrigue, les péripéties imprévues et l’action rondement menée.Les jeunes suivront avec un plaisir sans cesse renouvelé l’histoire de ces enfants de Roche-fontaine qui ramènent au Christ leur village déchristianisé.Une œuvre dramatique, émouvante et bienfaisante.ALAIN (Jean-Claude).Le fils du lac.Roman d’après un thème de Friedrich von La-motte-Fouqué.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Spes {1953}.172p.ill.19cm.(Coll.Jamboree).J Ce livre est une œuvre saisissante aux aspects étonnants, probablement unique dans la littérature contemporaine pour adolescents.Jean-Claude Alain a su faire de son nouveau roman une immense et merveilleuse parabole poétique à propos de laquelle on évoque irrésistiblement le Petit Prince de Saint-Exupéry, au tra- MARS 1954 321 vers d’un texte qui nous délivre un profond message.On y retrouve tous les thèmes familiers à l’auteur : la solitude, l’abandon, l’amitié fervente, la douceur méconnue, etc.ASQUE (Claire d’).Fleur de plein vent.Illustrations de Françoise Berthier.Paris, Ed.Gautier-Languereau, 1953, 125p.ill.21.5cm.( Coll.Bibliothèque de Suzette).I J Pour une faute commise, Annick, l’idéale compagne de vacances, est mise en quarantaine par ses camarades.Cependant, cette enfant généreuse ne sera pas seule : elle vient au secours d’Aude, une jeune aveugle persécutée par un mystérieux et inquiétant entourage.Le carnet de notes que laisse à Annick un scout aîné lui est une aide précieuse.Elle sortira de l’épreuve le cœur plus tendre, la volonté plus forte, l’âme plus haute.FARGUES (Marie).Jésus est venu.Pages d’Evangile présentées par Marie Far-gues.{Illustrations de Pierre Jou-bert}.{Paris] Marne {1951} S.p.ill.28.5cm.c , J Si, dans ces pages, Mme Marie Fargues laisse la parole aux témoins immédiats de la vie de Jésus, les évangélistes, elle s’applique pourtant à ne retenir que les textes qu’un enfant de huit ou neuf ans peut déjà comprendre.Il résulte de ce choix que l’album Jésus est venu se présente comme l’un des plus beaux qu’on puisse mettre entre les mains des enfants.Les illustrations de M.Joubert sont du meilleur goût.MOREAU (Abel).Saint Jean Bosco, le grand ami des jeunes.Illustrations de Luc Barbier.Lyon, Editions et Imprimeries du Sud-Est {1954}.75p.ill.18.5cm.(Coll.Nos amis les saints).J Cette biographie anecdotique et abrégée du grand ami des jeunes, saint Jean Bosco, restitue de façon émouvante l’attachante et pittoresque figure de l’Apôtre de la jeunesse.Grâce au talent de M.Abel Moreau, tous les lecteurs entreront sans effort dans l’amitié de celui qui sut résoudre en père, en prêtre et en saint le problème de l’apostolat dans le milieu des jeunes de la classe ouvrière.A tous, ces pages feront le plus grand bien parce qu’elles illustrent la vie débordante d’un saint qui sut demeurer un homme bien de son temps.*** Peaux-Rouges.{Paris, Cœurs Vaillants, 1953}.64p.ill.23cm.J Le contenu de l’Almanach 1934 est d’une très grande variété et satisfera les plus exigeants.Le thème choisi pour cette année est celui des Peaux-Rouges.Que ce soit la vie aventureuse de Sitting-Bull ou celle des explorateurs modernes qui partent à la découverte des peuplades ignorées de l’Amazonie, le récit de leurs exploits enchantera le lecteur.Il trouvera aussi dans ces pages un choix abondant de contes, jeux, chants, reportages, documentaires, textes de formation humaine et chrétienne.322 LECTURES ?> Agnès Richomme RICHOMME (Agnès).Saint Bernard.Illustrations de Robert Rigot.Paris, Editions Feurus {1953}.S.p.ill.27cm.(Coll.Belles histoires et belles vies, no 18).Entraîneur, saint Bernard le fut entre tous.C’est même sa marque distinctive.Chaque fois qu’il eut à convaincre, que ce soit pour réconcilier des hommes qui se haïssent, que ce soit pour en décider d’autres à répondre à l’appel de Dieu, que ce soit surtout pour entraîner des peuples entiers dans la Croisade, il sut gagner les cœurs et tremper les volontés.Il y eut de cela huit cents ans, en cette année 1953.Pourtant, à parcourir cet album, on constate vite que cette grande figure peut être proposée en exemple aux chrétiens d'aujourd’hui.RIVIERE (Bertrande de).La pension Bienaimé.Illustrations d’Edith Follet.Paris, Ed.Gautier-Languereau, 1953.125p.ill.21.5cm.(Coll.Bibiotbèque de Suzette).J Reine, une orpheline, vient troubler l’atmosphère de quiétude et de joie qui règne à la Pension Bienaimé.Meurtrie par la vie, le caractère aigri par la souffrance.Reine ne peut croire qu’elle a enfin trouvé le refuge auquel aspire son cœur d’enfant.La tendresse lui semble mensonge et la bonté, calcul.Mais l’orpheline n’est pas méchante.La bonté et l’indulgence de ses compagnes seront assez puissantes pour la transformer en un être charmant et sympathique.MARS 1954 323 AVIS aux commissions scolaires et éducateurs I*ides est à mettre sur pied un service spécial pour guider les éducateurs et les commissions scolaires dans leur choix de récompenses aux élèves.Vous n’avez qu’à nous indiquer les montants de vos budgets, le nombre d’élèves — garçons ou filles— auxquels ils sont affectés, l’âge des élèves et la nature des cours qu’ils suivent.Adressez le tout à : FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — PL.8335 Un cltoix Je ouvrages pour FJnnée Wariate HISTOIRE DE LA SAINTE VIERGE illustré en 4 couleurs 64p.$0.35 Jeune fille, la Vierge te dit, J.L’Archevêque-Duguay, 106 pages .$0.75 Epouse et mère avec Marie, J.L’Archevêque-Duguay, 99 pages .$0.75 La Vierge et l'Hostie dans la famille, J.L’Archevêque- Duguay, 142 pages.$1.00 Les trois enfants de Fatima, Une religieuse Ursuline des Trois-Rivières, 107 pages .$0.65 La fancée du charpentier, M.-A.Grégoire-Coupal, 144p.$1.00 La belle Dame de Fatima, F.Achille, 32 pages $0.40 L'heure est venue, 32 pages .$0.15 La Madone des Canadiens, 48 pages .$0.50 La sainte Vierge et les enfants, illustré, 32 pages $0.25 L'histoire de Notre-Dame, album à colorier, 24 pages $0.20 324 LECTURES BIBLIOTHECA Nos bibliothèques Sous cette rubrique figurent les réponses apportées à un questionnaire composé et envoyé aux bibliothèques par le R.P.Martin, c.s.c., en avril 19ô3, à la suite d'un voeu émis par VA.C.B.F.au Se Congrès annuel.Bibliothèque des Pères Dominicains de Québec y a Bilbiothèque du monastère des Dominicains de la ville de Qué-I , bec est située tout près des Plaines d’Abraham et du Musée Provincial, à 329, Grande Allée.On peut la reconnaître facilement de l’extérieur, étant la partie la plus élevée du Couvent, sise entre la passerelle du toit et la galerie d’été.Cette bibliothèque est toute monastique, mais bien souvent ses livres sont consultés ou même empruntés par les professeurs ou les étudiants de la ville.Ses débuts remontent avant 1934.Avant cette date, c’est-à-dire depuis 1906, elle ne comptait que peu de volumes, reçus en cadeau de différents curés ou même de laïcs.Mais à partir de 1934, elle a été augmentée et complétée par l'achat des livres les plus nécessaires à la vie monastique et apostolique.L’incendie d’une partie du monastère, le 1er janvier 1939, vint troubler son expansion et détruire une partie des volumes, mais n'empêcha pas de continuer le travail du début.Ces dernières années, on a complété cette bibliothèque par l’achat de livres plus récents et aussi par la classification complète de tout son contenu.Actuellement, les Pères A.-G.Albert et André Cabana, o.p.sont préposés au choix, à l’achat, à la mise en ordre et à la circulation des livres et des revues.Cette bibliothèque religieuse relève du Conseil d’administration des Pères Dominicains du monastère de Québec et elle contient les livres nécessaires aux professeurs, aux étudiants, aux prédicateurs et aux Pères du ministère paroissial.Les sections des sciences religieuses et des revues doctrinales ou d’apostolat sont évidemment les plus développées.Trente-trois Pères et neuf Frères convers viennent y puiser ce dont ils ont besoin pour leur vie religieuse, monastique et apostolique.Et afin de tenir à la page cette bibliothèque, le Conseil du monastère note annuellement un budget approprié.Comme il n y a pas de salaire, les dépenses sont minimes et le budget annuel est entièrement consacré à l’achat de livres et à l’abonnement à une soixantaine de revues européennes et canadiennes.Les livres sont classés suivant le système Dewey.Cependant ce système a été retouché et adapte par le R.P.Thomas-M.Charland, mars 1954 325 o.p., professeur de bibliothéconomie à l’Université de Montréal.On peut dire que cest le système Dewey-décimal, avec développements et divisions spéciales, dans les sections des sciences religieuses et des revues.Actuellement les fiches d’auteurs sont faites pour 20,000 volumes sérieux et environ 1,000 romans.Entre 4,000 et 5,000 volumes sont demandés chaque année par les quarante-deux abonnés ou usagers du monastère et les quelques personnes de l’extérieur qui viennent y puiser ce quelles ne peuvent trouver ailleurs.Aucun droit n’est perçu.Il arrive parfois qu’on reçoive des dons précieux.Les volumes sont placés dans des meubles faciles d’accès : soit huit grands meubles, quatre de chaque côté d’une allée centrale, et aussi plusieurs meubles au fond de la salle et sur les côtés, entre les dix fenêtres qui viennent y jeter à profusion lumière et chaleur.Quelques chaises et tables sont disposées ici et là, afin de faciliter le choix des livres ou revues et leur consultation.Chacun peut apporter dans sa chambre tous les livres dont il a besoin, à la seule condition de les inscrire dans un cahier à cet usage.Notre salle ne sert à aucun autre usage que celui de la bibliothèque et de la consultation.Cette bibliothèque se développera et se complétera graduellement.Elle est ouverte à toute heure et durant toute l’année à tous ceux qui désirent s’en servir.Ses usagers habituels possèdent en outre une bibliothèque personnelle plus spécialisée que la bibliothèque conventuelle commune, que nous venons de décrire.André Cabana, o.p., Assistant-bibliothécaire Historique de la bibliothèque du Bon-Pasteur de Québec ' Dès l’origine de la Congrégation notre vénéré Fondateur, Monsieur le Chevalier George-Manly-Muir, s’intéressa à la culture religieuse, intellectuelle et morale de la Communauté, et lui fit don d’un bon nombre de volumes.D’autres bienfaiteurs suivirent et eurent la bienveillance d’enrichir d année en année les rayons de la bibliothèque.Signalons monsieur l’abbé H.-R.Casgrain, le premier historien de notre Institut ; qui dota la bibliothèque profane d’un bon nombre de précieux ouvrages.Monsieur le Chevalier L.-A.Robitaille, insigne bienfaiteur de notre Crèche St-Vincent-de-Paul, contribua largement aussi, par ses dons, au progrès de notre bibliothèque, ainsi que MM.les abbés F.-X.Dulac, curé de St-Prosper, Dorchester, et Joseph Gagnon, curé de Ste-Famille.Mgr Cyprien Tanguay, P.D.de Charlesbourg, donna ses dictionnaires généalogiques.Monsieur le Chevalier C.-A.Langlois nous fit aussi part de dons généreux.1.La bibliothèque du Bon-Pasteur de Québec est située à 74, rue Lache-yrotière.Elle relève d’une religieuse nommée par la Communauté et est mise à l’usage de tous les membres de la Communauté, mais spécialement des 320 religieuses de la Maison-Mère.La circulation y est de 1,000 volumes environ par année.On y consacre habituellement $50.par année à l’achat de livres.326 LECTURES Ce beau mouvement se continue : les amis de la communauté, les parents des sœurs, à l’occasion du Nouvel An ou des Fêtes, particulièrement des Jubilés religieux, offrent de précieux ouvrages qui augmentent sans cesse les richesses spirituelles et intellectuelles, et garnissent de plus les rayons de notre bibliothèque.C’est donc par l’expression d’une sincère gratitude pour toutes ces libéralités, que se termine l’énumération des dons reçus.Le premier local occupé par la bibliothèque fut au premier étage (sous la chapelle) dans la pièce s’étendant de la rue Lachevrotière à notre cimetière (endroit où se trouve notre cuisine actuelle) et qui servit de salle de Communauté aux sœurs choristes perpétuelles jusqu’en 1900, date de la construction de la maison Notre-Dame-de-Toutes-Grâces.Mère Marie-de-Ste-Croix (Vander Heyden) fut la première religieuse nommée pour prendre la charge de la bibliothèque — Sr Ste-Gertrude (O’Brien) vint ensuite, et resta en charge pendant de nombreuses années — puis se succédèrent Sr Marie-des-Anges (Desrochers), Mère Marie-du-Carmel (Langlois) et Sr St-Bernardin-de-Sienne.Cette dernière dressa un nouveau catalogue d’après les titres des livres, et en 1938, elle en fit un second par ordre numérique.Il devait échoir à Sr St-Didier d’introduire un nouveau système de classement dit « Système décimal de Dewey », avec les quelques tempéraments qu’y a apportés l’Institut bibliographique de Bruxelles.Sr St-Didier commença ce classement, qui s’imposait, en juillet 1945 ; elle fut guidée dans ce travail par les conseils de M.Lorenzo Pouliot, bibliothécaire du parlement.M.Pouliot prêta bénévolement son aide, et répondit avec la plus grande bienveillance à tous les appels.La bibliothèque religieuse contient 5,859 volumes.La bibliothèque classique compte 8,859 volumes.La bibliothèque de l’Infirmerie, 375 volumes.Le Scolasticat, 2,600 volumes.Le Noviciat et le Postulat, 3,820 volumes.Ces volumes donnent donc pour total : 21,192 volumes.La bibliothèque de l’Université Saint-Joseph, N.B.Alors qu’en France Louis Veuillot transcrit les derniers fragments des Odeurs de Paris et que Sainte-Beuve met la plume aux Nouveaux lundis ; alors que plus près de nous, l’abbé Henri-Raymond Casgrain présente au public de Québec VHistoire de Marie de l'Incarnation, en Acadie se tracent les toutes premières lignes d’une touchante histoire : celle de l’Université Saint-Joseph, j’allais dire, celle de l’éducation en Acadie.La préface en fut écrite par le Père Lafrance de 1854 à 1862 ; elle représente les huit années du Séminaire St-Thomas dont il est le fondateur.Choisir parmi les chapitres de ce récit deviendrait fastidieux, chacun ayant une importance propre, si la tâche n’avait été allégée par cette demande expresse que l’on m’a faite de vous initier à la bibliothèque de cette institution presque centenaire, en vous mars 1954 327 donnant un aperçu de son histoire, de sa constitution et de son organisation.b I.Histoire C est en effet le 27 mai 1864, que le Père Camille Lefebvre est envoyé de Montréal à Memramcook pour jeter les bases d’un collège qui sera, pour les groupes d acadiens demeurés ou revenus au pays après les événements de 1755, une résurrection nationale.Professeur pour quelque temps a St-I.aurent, passionné lui-même pour la lecture et les recherches, le fondateur était en mesure de connaître l’importance de la bibliothèque au sein d’une maison d’éducation : elle en est le cerveau, la sève qui alimente l’arbre tout entier.Aussi lorsque nous le \ errons jeter les bases de la bibliothèque avant même celles ( u collège, nous ne pourrons douter de son esprit de prévoyance, de sa compréhension juste et claire du sens de l’éducation.Je me per-mettai de citer ici quelques lignes tirées du Père Lefebvre et l'Acadie de M.Pascal Poirier.«Si vous n’ètes pas autrement occupé», disait-il au servant de sa première messe à Memramcook, « vous viendrez après mon action de grâce, m’aider à défaire mes malles.Dans l’une de celles-ci, peu nombreuses et médiocrement garnies, il y avait des livres.Ce fut le lot du jeune homme de les ranger sur les rayons d’une bibliothèque improvisée.Parmi les livres se trouvaient quelques manuscrits.Le jeune homme était tout yeux pour regarder.Tant de v olumes l’éblouissait ; les manuscrits surtout surexcitaient sa curiosité de jeune humaniste.» Cette anecdote, si simple qu’elle puisse paraître de nos jours, nous montre la considération tout à fait particulière que reçut la bibliothèque dans les projets d’une nouvelle fondation.Ces documents intellectuels, ajoutés à tous ceux de l’abbé Antoine Gagnon décédé à Barachois en 1849, constituèrent le noyau de la bibliothèque actuelle qui, comme un aimant, attira de toutes parts, legs et dons nombreux.r Déjà en 1867, 1 abbé Lafrance, curé de Memramcook depuis 1852 et redré à Barachois à 1 arrivée du Père Lefebvre, succombant à une attaque d apoplexie, léguait au collège sa bibliothèque qui, pour le temps était bien fournie.Par la suite, chaque année voyait s’accroître le nombre de généreux donateurs.Il convient de mentionner ici les RR.PP.A.Ouellet, curé de Shédiac jusqu’en 1907; E.-Nap.Massé, curé de Grande-Digue en 1889; J.Murray de Johnville ; R.H.McDougall du Cap Breton et l’inspecteur Charles-D.Hébert de Cap-Pelé ainsi que M.E.-O.Cloutier qui fit don d’une collection assez importante en médecine.Ajoutés aux achats annuels prévus dans le budget, ces acquisitions formaient déjà une masse imposante.En 1932, alors que fut construite la nouvelle aile, un spacieux local à l’épreuve du feu était prêt à recevoir les volumes.La majorité y fut transportée immédiatement et échappa ainsi à l’incendie du 20 octobre 1933.Malheureusement une section, la bibliothèque des professeurs comprenant surtout des ouvrages de langues, littérature et pédagogie, était demeurée dans l’ancien 328 LECTURES édifice et fut réduite en cendres.Il en fut ainsi des volumes en circulation.Les effets de ce désastre sont encore visibles aujourd’hui au milieu des collections qui, pour quelques-unes, demeurent incomplètes.Les années suivantes virent se combler quelques vides, grâce à un octroi de la fondation Carnegie et un don tout à fait exceptionnel du gouvernement français.Ces dernières années, les bibliothèques personnelles du R.P.Joseph Fiset, c.s.c.et de M.l’abbé Monbour-quette, ont ajouté à plusieurs sections des collections importantes.L’ouverture d’une Ecole de Pédagogie à Moncton, marquera une nouvelle phase dans l’histoire de la bibliothèque.La collection d'Aca-diana y sera transférée ainsi que bon nombre des volumes de pédagogie et quelques collections en histoire.Cette diminution considérable du nombre des volumes rendra possible l’agrandissement de la salle de lecture dont le besoin se fait sentir de plus en plus.II.Constitution Si par le passé, les sections de théologie et d’histoire avaient été particulièrement favorisées, celles de littérature et de philosophie étaient demeurées plutôt stables.Il était donc urgent de rétablir un certain équilibre en comblant les vides sur ces rayons.Le budget alloué à la bibliothèque leur sera donc, pour quelques années, tout à fait avantageux.Aujourd’hui, les rayons de littérature française, ceux de littérature moderne en particulier, sont assez bien fournis.Quant à la section de philosophie il serait utile de l’enrichir encore davan-tage.La section d’histoire du Canada et spécialement d’histoire d’Acadie mérite une mention spéciale.Aux œuvres de Champlain, Sagard, Lescarbot, Diéreville, sont venues s’ajouter en 1951, la collection de la «Société Champlain» et en 1952, l’édition Thwaites des Relations des jésuites, à côté des collections d’archives et des principales revues historiques.Une salle attenante à la bibliothèque générale sert d’entrepôt à la bibliothèque spécialisée sur l’Acadie.L’acquisition de la collection Placide Gaudet avec tous les documents historiques et généalogiques qu’elle pouvait contenir, de celle de M.l’inspecteur Charles-D.Hébert et tout récemment des notes généalogiques de M.l’inspecteur Daigle, à côté des achats et des échanges constants, ont formé une masse imposante de plus de 2,000 volumes, richesse pour notre peuple acadien.Si nous jetons un dernier coup d’œil à l’extrémité de cette salle, nous y découvrirons d’abord une lectrice pour microfilms et quelque 200 de ces bobines donnant accès à nombre de volumes introuvables ou difficiles d’acquisition ; nous y verrons aussi plusieurs collections de journaux, notamment : le Moniteur Acadien, publié pour la première fois à Shédiac : le Courrier des Provinces Maritimes, à Bathurst en 1885 ; /’Evangeline, à Digbv, N.-E.en 1887 et transférée à Moncton en 1905 ; l'Impériale, l'Acadien, l'Ordre Social, etc.mars 1954 329 Voici comment sont répartis les 26,770 volumes de la bibliothèque : Philosophie 550 Généralités 908 Théologie 5232 Sciences sociales 4692 Philologie 621 Sciences pures 568 Sciences appliquées 695 Arts .438 Littérature 6445 Histoire .4621 Histoire acadienne 2000 Au cours de l’année scolaire 1951-52, 10,000 de ces volumes ont circulé parmi les élèves.La circulation atteint donc quotidiennement un peu plus de 40 volumes.III.Organisation En 1946, les quelque 18,000 volumes que pouvait contenir la bibliothèque étaient groupés par sujet correspondant « lato sensu » aux dix classes de la Classification décimale.L’ordre alphabétique intercallé dans ce système ne fit pas disparaître tout à fait le manque de précision, la difficulté de service.Aussi la circulation des volumes était-elle plutôt restreinte vu la quasi impossibilité pour les élèves d’utiliser cette mine, faute d’instrument pour leur en découvrir toutes les richesses.Ce n’est qu’au mois de septembre de l’année suivante qu’un catalogue sur fiches, lien nécessaire entre les lecteurs et la bibliothèque, fut mis à la disposition des élèves.Bien que limité dans ses débuts, ce catalogue a connu un développement constant, et aujourd’hui, 50,000 fiches titre, d’auteurs et de sujets remplissent un fichier de 60 tiroirs, récente acquisition de la bibliothèque.Quelque 20,000 fiches nous réfèrent aux articles de certaines revues de premières valeurs ; le dépouillement de revues de moindre importance constitue le travail actuel du bibliothécaire.En 1948, une salle de lecture pouvant accommoder une trentaine de lecteurs, était aménagée à l’entrée de la bibliothèque.A côté du fichier, un rayon mobile recevait plusieurs dictionnaires, encyclopédies et divers livres de référence mis à la disposition des élèves.Un certain nombre de revues et journaux y furent aussi déposés dans un appartement libre d’accès surtout aux heures de récréation.Il va sans dire que cette salle s’est avérée bien souvent trop petite ; des plans d’agrandissement sont maintenant à l’étude.Avec le nombre toujours croissant d’élèves, des cours doivent s’y donner même aux heures où les classes et les études laisseraient aux intellectuels, la liberté d’un travail personnel.Les rédacteurs de Liaison, journal de l’Université, s’y réunissent aussi régulièrement, mais en dehors des heures convenues pour service de référence.Le personnel de la maison étant lui-même très restreint, celui de la bibliothèque l’est conséquemment.L’unique bibliothécaire dont 330 LECTURES la charge est entrecoupée de quelques heures de surveillance à l’étude, reçoit l’aide de trois élèves bénévoles qui s’occupent de maintenir en circulation les quelque 3,000 romans contenus dans la salle de lecture.Ces volumes de la « bibliothèque des élèves » sont inscrits dans un catalogue spécial à ce destiné ; le retour du dernier volume enregistré est la condition « sine qua non » d’un nouvel emprunt.A la fin de l’année scolaire, un inventaire précis nous met au courant des pertes ou écarts de volumes et nous permet d’en retracer l’auteur.Pour l’usage et l’entretien de cette section, il est convenu dans les conditions d’inscription, que l’élève doit verser la somme de $1.00 chaque année.Ce montant s’avère à peine suffisant.Un budget plus substantiel sera alloué à la bibliothèque générale, quitte à l’augmenter si des achats imprévus exigent des dépenses de grande envergure.En somme, le progrès réalisé depuis quelques années nous laisse tout à fait confiants en l’avenir.En relation constante avec les membres de l’A.C.B.F.et de la Maritime Library Association, nous pouvons faire nôtres leurs idées et profiter de leurs expériences pour rendre encore plus accessible à nos étudiants ce complément indispensable de l’enseignement reçu en classe, cette source de documentation nécessaire aux études qu’est la bibliothèque dans une maison d’éducation.Frère O mer Cormier, c.s.c.Bibliothécaire de VUniversitë Saint-Joseph, N.B.Nouvelles A.C.F.B_____Section régionale de Québec a) Activités : C’est à l’Académie de Québec, fondée en 1862 par les Frères des Ecoles Chrétiennes, sous le nom d’Académie Commerciale, qu’eut lieu la septième assemblée mensuelle de l’A.C.B.F., section de Québec.Les membres de l’Association, au nombre de 47, se réunirent d’abord à la Bibliothèque où le Révérend Frère Raymond, é.c., bibliothécaire, après avoir souhaité la bienvenue, parla de l’organisation et du développement de cette institution, presque centenaire, laquelle prit un nouvel essor en 1918, lors de la construction de l’annexe de l’Académie.La bibliothèque est affectée au service des collégiens qui ont le loisir de consulter, sur place, des livres de référence ou d’emporter, moyennant une cotisation annuelle, jusqu’à cinq volumes à la maison.30,000 volumes et 100 revues, comprenant des collections rares, entre autres, celle des Relations des Jésuites, des volumes datant des premiers temps de la colonie, de nombreux ouvrages sur l’Histoire littéraire, des classiques anciens et modernes, des mars 1954 331 livres sur l’ensemble des connaissances humaines, de même que des collections de choix pour la jeunesse, sont à la disposition des 750 élèves, dont l’âge varie entre 12 et 25 ans.La classification Dewey est le système adopte dans cette bibliothèque et, pour faciliter le choix des livres, les lecteurs ont accès au catalogue-dictionnaire.Un autre domaine intellectuel a captivé les membres, après cette séance d’étude.Dans une salle de cours, M.Lucien Brochu, bachelier en Musique, Directeur des Etudes, chargé d’un cours de chant sacré et d’un cours d’Histoire de la Musique, Ecole de Musique de l’Université Laval, a révélé à tous la valeur éducationnelle et culturelle de la « Discothèque et sou organisation ».Une audition de quelques chants religieux sur disques, a clôturé cette assemblée.b) Nomination : Mademoiselle Thérèse Ouellet, bibliothécaire à la Bibliothèque générale de l’Université Laval, et première conseillère de l’A.C.B.F., section générale de Québec, a été chargée de diriger, dans leur stage à cette bibliothèque, les élèves de l’Ecole de Bibliothéconomie et leur donnera incessamment des cours sur les ouvrages de référence.Marguerite Coulombe, bibliothécaire * * * A.C.B.F—Section des Trois-Rivières M.Laurent Paradis, président de l’Association de la Bibliothèque des Trois-Rivières a reçu dimanche soir le 24 janvier, une décoration pontificale pour son travail comme commissaire provincial auprès des scouts catholiques.Cette réunion a été tenue à la salle académique du Séminaire Saint-Joseph et la décoration a été remise par Son Excellence Mgr Georges-Léon Pelletier, évêque des Trois-Rivières.* * * Longueuil Cette année comme par les années passées les jeunes abonnés à la bibliothèque des enfants de Longueuil ont assisté à un magnifique programme judicieusement préparé pour eux.L’équipe des « Feux-Follets » présentèrent une sorte de « Noël sur la Place » : « Imagerie » de Cécile Chabot.Ce spectacle suivait la visite de saint Nicolas et le montage d’une Crèche vivante.De joyeuses et enlevantes rondes illustrant plusieurs pays, dont l’Ukraine, l’Autriche, la Bohème et l’Allemagne, en plus des chants appropriés à chacun enthousiasmèrent vraiment tous ces petits.Cependant les belles chansons de notre folklore canadien-français furent aussi à l’honneur, exécutées par le chœur des parents et les battements de mains des bambins de 3 à 4 ans.Toutefois, le moment le plus «goûté» de la fête fut sans aucun doute celui où l’on remit les bonbonnières généreusement préparées 332 LECTURES et distribuées par les dames du Comité d’honneur de la bibliothèque.Quelques invités de marque présidèrent cette fête.Lucille Larose Montréal La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, qui s’est toujours intéressée à l’éducation et aux loisirs des enfants, poursuit méthodiquement ses distributions Je volumes à des bibliothèques enfantines.Depuis quelques mois, trois de ces bibliothèques ont reçu des cadeaux de volumes richement coloriés et de haute portée éducative.Ce sont la Bibliothèque pour les petits malades et convalescents de l’Hôpital Notre-Dame, celle de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie, et, tout dernièrement, celle de l’Orphelinat de Liesse.* * * Ottawa M.Raymond Tanghe, bibliothécaire adjoint à la Bibliothèque Nationale du Canada prononçait récemment une conférence sous les auspices de la Société d’Etudes et de Conférences de la ville d’Ottawa.II fut présenté par le R.P.Auguste-M.Morisset, o.m.i., directeur de la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa.M.Tanghe a fait le récit de son récent voyage au Mexique.Conduisant ses auditeurs au Mexique par la route des Apaches, le distingué conférencier parla longuement des principales villes, faisant ressortir les qualités mexicaines, le climat, l’architecture, les œuvres artistiques et l’influence de la civilisation espagnole.Le conférencier fut remercié par le R.P.Clément Lachance, o.p., directeur de la Société d’Etudes et de Conférences.* * * Montréal A la Municipale de Montréal, Mlle Gabrielle Guénn, responsable de la classification du Service du Catalogue de la Bibliothèque de Montréal, a présenté une intéressante conférence sous les auspices de l’Association des Bibliothécaires du Québec (Q.L.A.), le 10 décembre 1953, à l’Ecole Normale Jacques-Cartier.Boursière du Gouvernement de la Province de Québec, Mlle Guérin avait obtenu un congé de la Cité de Montréal afin de poursuivre une année d’études de perfectionnement en Europe.La conférence était intitulée « Stages d’une Canadienne dans diverses bibliothèques européennes».Outre les beautés et le charme du voyage, la conférencière expose les programmes d’études de l’Ecole de Bibliothécaires de l’Institut Catholique de Paris.Il est question sans doute des cours techniques, mais aussi des cours de culture générale au point de vue littéraire, artistique, etc.Puis ce sont les exercices pratiques, recherches bibliographiques et enfin les stages dans les bibliothèques.II est tout d’abord question de la Bibliothèque du Musée de l’Homme au Palais de Chaillot, organisée selon la classification du Congrès de Washington mars 1954 333 et les méthodes modernes.On y trouve à la fois un catalogue alphabétique et un catalogue méthodique aidant les chercheurs dans une discipline particulière.Le second stage se porte vers l’organisation des bibliothèques municipales de Pans.Pour l’emploi de bibliothécaires, la licence d enseignement et le diplôme supérieur de bibliothécaire sont exigés.Le personnel de bibliothèques à temps complet est recruté par concours.Une collaboration étroite s’établit entre le bureau central et les succursales.«L’Heure Joyeuse» présente un intérêt tout particulier pour 1 observateur qui aime constater l’intérêt des enfants.,,r On mentionne aussi d’autres stages et visites, par exemple à .oie Nationale des Mines, à la Bibliothèque Nationale, à la Biblio-t îeque de la Sorbonne, à la Phonothèque de Paris (où il y a 16 OOü disques).1 ’ La conférencière mentionne brièvement un séjour à la Bibliothèque Royale de Belgique, à Lausanne et à Genève.Enfin un séjour a Horence et a Rome où la Bibliothèque Vaticane offre un intérêt remarquable.Juliette Chabot ilr «b J.Le 21 janvier 1954, le R.P.Edmond Desrochers, s.j., prononçait une conference intitulée « les Lectures de nos jeunes ».Cet exposé à la Centrale de la Ligue Indépendante Catholique rut très goûté et cadrait bien au « Service de préparation à la vie » (section des lectures).Sympathies Nous apprenons avec un vif regret le décès de M.J.-B.Lefebvre, pere de la Révérende Sœur Lefebvre, bibliothécaire à l’Hôtel-Dieu Le Conseil de l’A.C.B.F., prie la R.Sr Lefebvre de bien vouloir agréer 1 expression de ses plus sincères condoléances.Vient de paraître Avec la précieuse collaboration des Presses Universitaires de aval, 1 A.C.B.F.vient de publier le « Texte des communiqués présentes au Oe Congrès Annuel tenu à Montréal du 10 au 12 octobre 103 3 ».Le thème Choix des livres semble avoir rallié les suffrages de tous les bibliothécaires.& Des conférenciers de marque ont apporté leur précieuse contribution et ont mis en lumière les principes fondamentaux et indispensables à tout travail constructif.r Ce volume de plus de 200 pages constitue une véritable somme des connaissances utiles aux bibliothécaires.Il occupe une place de choix dans la collection déjà imposante des textes (le 8e et Oe congrès de l’A.C.B.F.).334 LECTURES Les fiches de catalogue Liste des fiches publiées eu février et mars 1954 Edition de février 1954 54-49 Bernage, Berthe *>4-50 Bonnet, Joseph 54-51 Boiteau, Georges 54-52 Brien, Roger 54-55** Carnegie, Dale ‘>4-54 Carrière, Gabrielle 54-55 Carrière, G., o.m.i.54-56 Chartier, Pierre 54-57 Choquette, Robert 54-58 • • • 54-59 Comeau, E., ptre 54-60* Courtois, G., ptre 54-61 Creusen, J., s.j.54-62 Dagenais, André 54-63 I.eN'ormand, Michelle 54-64 Dragon, A., s.j.54-65 Duchemin, Pierre 54 66 Falardeau, J.-C.54-67 Fii.ion, Gérard 54-68 Genina, Augusto 54-69 Granger, A.M., o.p.54-70 Grente, G., card .54-71 Groulx, L., chan.54-72 Grousset, René 54-73 Hoesl, Paula 54-74 Létourneau, Firmin 54-75****Marie, Jean-Etienne 54-76 Maurois, André 54-77 Maxine 54-78 Melady, Thomas S.54-79 Molière 54-80 Molière 54-81** Montessori, Maria 54-82 Montigny, L.de 54-83 O’Leary, Dostaler 54-84* Parias, Louis-Henri 54-85 .54-86 Pradel, Henri, chan.54-87 Quiavarino, L., ptre 54-88 Quiavarino, L., ptre 54-89** Raymond, M., o.c.s.o.54-90 Rétif, André - 54-91 Rideau, E., ptre 54-92 Ruesch, Hans 54-93 Sauvalle, Mme Marc 54-94* Shaw, Invin 54-95 Tiberghien, P., chan.54-96 Vandeur, E., o.s.b.Larmes et sourires.TB-A L'année liturgique au grand orgue.TB-S* Aux souffles du Lays.TB Chant d’amour.TB Comment ils ont réussi.TB* Comment gagner sa i/e.Carrières féminines.TB-A* Précis de méthodologie.TB-S Je choisis mes auteurs.TB* Suite marine.B* Le code du bonheur.B* Veux-tu réussir ta vie ?TB-A Pour réussir auprès des enfants.TB* Religieux et religieuses d’après le droit ecclésiastique.TB-S* Vers un nnuiel âge.TB-S* Le nom dans le bronze.TB-A* Le père Bernard.TB-A Une panne par jour.TB* Essais sur le Québec contemporain.TB-S* Splendeurs et misères de l’Inde.B* Histoires interdites.B?Comment préparer son mariage ?B* Notre Père.TB** Pour bâtir.TB* Figures de proue.TB-S* L’éducation sentimentale des filles.B* Cours d’économie politique.TB-S* Musique vit ante.TB* Destins exemplaires.B?* L’ogre de Niagara.J Vies des saints pour l’école et le foyer.J L’avare.B** Le Tartuffe.B?** De l'enfant à l'adolescent.TB* L’épi rouge et autres scènes du pays de Québec.TB* Le roman canadien-français.TB-S* justice n’est pas faite.TB* Les passions de l’enfance.TB* Pourquoi lire ?comment lire.TB-A* Communiez bien ! TB-A Confessez-t ous bien.TB-A La sixième heure.TB* Introduction à la doctrine pontificale des missions.TB-S* Présence à Dieu, présence au monde.TB-A* Igloos dans la nuit.B?* Mille question d’étiquette.TB Philippe et Jonas.B* L'Action catholique.TB-A* Je vous salue, Marie.TB* MARS 1954 335 Edition de wars 1954 54-97 Bach, Charles-Henri 54-98 Benoît, Pierre 54-99 Bernage, Berthe 54-100 Bern age, Berthe 54-101 Bernard, Harry 54-102 Blanchard.Raoul 54-103 Bonniwell, W.R., O.p.54-104 Boi'ron, N.54-105 Bragade, A., ptre 54-106 Castaret.' Norbert 54-107 CÉLESTIN, P.54-108 Char mot, F., s.j.54-109 Côté, G., ptre 54-110 Déry.Edouard, ptre 54-111 DfsVignes Rouges 54-112 Dufay, F., p.m.é.54-113 Eymiu, A.H., s.j.54-114 Fromentin, Pierre 54-115 Garrigou-I.agrange 54-116 Giroux, André 54-117 Hiral, A.M., o.f.m.54-118 Hoesl, Paula 54-119 Jéglot, Cécile 54-120 Joly, ptre 54-121 Lagacé, Cécile 54-122 Langevin, Frère P.54-123 Langevin, Frère P.54-124 Larigaudie, Guy de 54-125* Lhoumeau, A., s.m.m.54-126* Marie-Maximin, é.c.54-127 Marin, Armand 54-128 Maurois, André 54-129 Mouton, Jean 54-130 Pahlen, Hurt 54-131 Perras, M.G., o.p.54-132 Riboulet, Louis 54-133 Rivière, Isabelle 54-134 Rumilly, Robert 54-135 54-136 Saint-Exupéry 54-137 Sekf.ly, Mme Trude 54-138 Simon, Pierre-Henri 54-139 Thérèse de l'E.-J.54-140 54-141 VÉRINE 54-142 VÉRINE 54-143 VÉRINE 54-144 Vincent, Jacqueline Petit guide du bibliothécaire.TB-A* Martine Juillet, fille du roi.TB Espérance.TB-A Liberté chérie.TB-A Portages et routes d'eau en Haute-Mauricie.TB-A Le Québec par l'image.TB-A I ne petite sainte de rien du tout.TB-A La septième flamme.B* Le vrai visage de l’amour.TB-A* Ténèbres.TB* Le piège du Maori.J L’art de se former l'esprit.TB-A* Sotions de sociologie.TB La famille canadicnne-française.TB Deviens un chef ! TB-A l 'Etoile contre la Croix.TB* Le gouvernement de soi-même.TB-S* Recherche des premiers hommes.TB* Le synthèse thomiste.TB-S* Le gouffre a toujours soif.B?* Allons à Jérusalem.TB Sotre-Dame de tous les jours.TB-A* L'art d'être heureuse.A* Le beau risque de la foi.TB-A* Bonne Fée ou la plainte des choses.E La bienheureuse Marguerite Bourgeoys.TB-A La vénérable M.de l’Incarnation.TB-A Résonances du Sud.TB* La vie spirituelle à l’école de G.de Montjort.TB** Marie, l’éducatrice des éducateurs.TB L’Honorable Pierre-Basile Mignault.TB-S Lyautey.TB* Suite ./ la peinture.TB-S' Merveille de la musique.J* Message de M.M.-Léonie Paradis.TB Conseils sur le travail intellectuel.TB-A* Le bouquet de roses rouges.B?* Les Iles de la Madeleine.TB Le secrétaire universel.TB-A Le petit prince.TB-A* Pour vous jeunes mamans.B Les hommes ne veulent pas mourir.B* Histoire d'une âme.TB-A* Code familial.B* L’art d’aimer ses enfants.B Chercheurs de Dieu.B Délit rez-les du mal.B Et ce fut le printemps.TB* * après le numéro d’ordre, indique une série de 6 fiches ** après le numéro d'ordre, indiquent une série de 7 fiches **** aprè.> le numéro d'ordre, indiquent une série de 9 fiches SVP indiquez à droite des numéros d'ordre, si vous désirez recevoir des fiches [f] ou des séries [s] 336 LECTURES Le choix des établissements modernes BIBLIOTHEQUES en ACIER extra-fort Wl C I \Itl.J.I I KS AJl'S'l Alll.KS Ru.ou vert dcmail cuit au tour lu unable permanent pratique, solide t / élégant HH JÉI PRIX SI R DEMANDE Prompte lit raison MODELES SPECIAL-X SL R COMMANDE Claude Rousseau, prés.Montmagny, P.Q.TABLE ALP II ABETI OLE DES SOMS D'AUTEURS MAIN (J.-C), 321 \SQUE (C.J ), 322 AAS (E.), 315 ECK (L ), 303 ROS (Mur), 318 ASTERET (N ), 304 ASTRO (J.de), 289 AVIEZEL (F.W.), 307 I.EMENT-MARCEL (Fr.), 316 OGAN (P.), 321 ELETAILLE (E.), 30< l'MF.RV (H.), 3()4 l"VERNE (R ), 321 UVII.LARD (R.), 315 VRGUES (M).>22 ¦ RN'ESSOLE (P).319 ILI.OUX (H ), 306 FREMONT (D ), 303 FROELICH (L).321 GARDNER (E.S.), 308 GAVE (F.), 319 GILBERT (R.), 308 G ILLY DE COI.LIERES (R.), 317 GOSSELIN (J.-B ), 317 IBERE (J.-C).05 JONQUET (IL), 319 JURGENS (M ), 30V KAPSNER (C), 302 LACROIX (P.) et JACQLTN (G.), 318 L'ERMITE (P), 309 LHOUMEAU (R.P ), 317 LLJBIENSKA DE LF.NVAL (H.), 318 LUTRY (J.de), 310 MOI NOT (P.), 310 MOREAU (A ), 322 PARIAS (LU.).318 *** Peaux-Rouges.322 PERROY (H ), 320 PERROY (M.), 320 PI H AN (J.), 317 R IC HOMME (A), 323 RIVIERE (B.de), 323 ROBI1 AILLE (H.), 312 SNOECK (R.P.), 315 TERCEL J-CRI VSKI (».).311 THONE, (Clian.Pa I 316 VIGO (R.), 311 VON 1ER (A), 316 FIDES ALBUM BIOGRAPHIQUE sur Son Eminence oCe (Cardinal oCéaer Un album unique contenant les principales étapes de la vie du Cardinal depuis son enfance jusqu'aux récentes réceptions officielles.Album illustré de plus de 200 photos avec page couverture en quatre couleurs.# Diffuser I Album du Cardinal c'est le faire mieux connaître et mieux aimer.• En tout temps, l'Album du Cardinal constitue un magnifique cadeau à présenter a ses amis.PRIX: ex.$1.25 12 ex.$12.00 50 ex.$45.00 100 ex.$85.00 FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal — PL.8335
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