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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
samedi 30 avril 1955
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1955-04, Collections de BAnQ.

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Nouvelle série Vol.1, no 17 30 avril 1935 \ PROPOS DE “BONJOUR TRISTESSE” 111 -5rançoiâe Sac^an ÿait Son tour d merique A presse soulignait tout récemment l’arrivée aux Etats-Unis de Françoise Sagan, la jeune auteur du livre Bonjour Tristesse.Certains journalistes ont accueilli la jeune fille à grands coups d’encensoir et à grand renfort d’hyperboles sur la précocité de son talent d’écrivain.Pensez : un é-crivain de 19 ans, auteur d’un livre qui a atteint les 200 mille de tirage en France, et qui s’amène aux Etats-Unis pour lancer une traduction qui s’avère le succès de l’heure! Il y a de quoi faire parler les journalistes.Pourtant, quelle tristesse que la publication de ce livre ! Quelle tristesse que ce succès ! “Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années”: le poète s’en était déjà réjoui.Dans le cas de Françoise Sagan, on pense, avec un infini regret, que le talent des âmes cyniques et amorales a aussi sa précocité.Et quand ce talent est celui d’une jeune fille, il y a de quoi pleurer ! * * * Bonjour Tristesse s’ouvre sur une pose de Cécile au bord du souvenir.Cette toute jeune fille raconte les souvenirs de l’été de ses dix-sept ans, où se situe tout le drame du livre.Ça et là un auto-croquis vous habitue au personnage de la narratrice : "Le goût du ploltir, du bonheur représente le seul côté cohérent de mon caractère.Peut-être n'al-|e pas aises lu F En pension, on ne lit pas, sinon des oeuvres édifiantes." Plus fervente de dansing et de whisky que d’études, Cécile vient i SAGAN (Françoise), Bonjour Tristesse.Paris, Juillard [19541.188 p.15.5 cm.M d’échouer au baccalauréat, mais elle n’en a cure, et se promet un été de liberté et de plaisirs.En vacances au bord de la Méditerranée.elle coule, avec son père et Eisa, des jours qui lui semblent extraordinairement heureux.Elle adore son père, Raymond, un incorrigible jouisseur: "Mon père avait quarante ans, il était veuf depuis quinze ; c'était un homme jeune, plein de vitalité, de oos-sibilités, et, à ma sortie de pension, deux ans plus tôt, |e n'avais pas pu ne pas comprendre qu'il vécût avec une femme.J'avais moins vite admis qu'il en changeât tous les six mois ! Mais bientôt sa séduction, cette vie nouvelle et facile, mes dispositions m'y amenèrent." Voilà pour le père ! Quant à Eisa, fille sotte et belle, c’était la maîtresse du moment ! On voit quelle paire de complices vont former le père et la fille ! On voit surtout dans quel climat de cynique amoralisme se situera le livre ! Les vacances s’annoncent paisibles et heureuses.Cécile fait la connaissance d’un étudiant en droit, Cyril, beau jeune homme qui semble avoir certains principes, mais que Cécile aura vite fait d’amener à son niveau.Une liaison s’amorce au bord de la Méditerranée, à l’ombre d’une forêt de pins.Survient Anne Larsen, une amie de la mère de Cécile.Celle-ci s’inquiète : ne serait-ce pas la fin de leur vie de bohème et de farniente ?Anne Larsen a quarante-deux ans.Son intelligence, sa beauté et sa distinction en font une femme très séduisante et très recherchée.Cécile voit en elle le symbole de la vie rangée et laborieuse, c’est pourquoi elle l’admire tout en la redoutant.La riche personnalité d’Anne s’impose vite dans la villa qui l’accueille, et bientôt elle éclipse la sotte Eisa dans le coeur volage de Raymond.Elle fait tant et si bien qu’elle décide l’incorrigible coureur à l’épouser dès la rentrée à Paris.Emoi de Cécile : elle se voit déjà, elle et son père, acculée à la triste perspective d’une vie ordonnée et honnête ! Anne a d’ailleurs déjà fait sentir son influence : elle a congédié le trop entreprenant Cyril et obligé Cécile à travailler pour reprendre son examen manqué.Un plan diabolique germe dans la pensée de la jeune fille.Tablant sur l’amour que lui porte Cyril, et sur le dépit d’Eisa, l’amoureuse congédiée, elle fait jouer à ces jeunes gens, sous les yeux de son père, la comédie de l’amour.Avec une rouerie achevée, Cécile attisera si bien la jalousie de Raymond qu’il retournera à son ancienne maîtresse.Désespérée et meurtrie, Anne se précipite dans sa voiture et quitte la villa.Elle mourra au volant de son auto.Accident ?Suicide ?Nul ne le sait : l’auto est tombée dans un précipice à un tournant dangereux de la route.Le père et la fille sont sidérés.Un mois de deuil, et nos libertins, désormais sans entraves, reprendront leur vie de débauche.Mais quand il arrive à Cécile d’évoquer le souvenir de l’énergique Anne, un vague sentiment de tristesse l’envahit : "Quelque chose monte alors en moi que j'accueille par son nom, les yeux fermés : Bonjour Tristesse." Ce livre se clôt sur l’évocation qui l’avait commencé.* * * On pourrait gloser sur le talent de l’auteur.Bien que les personnages manquent d’étoffe psychologique, la trame de l’oeuvre est bien construite et habilement menée, la stature des personnages est bien dessinée, et l’on se plaît au jeu de la narratrice, direct et précis.La valeur littéraire de l’oeuvre est incontestable et l’on comprend que Françoise Sagan ait remporté le prix des critiques.(suitt ô la pag* 135) 129 {jî/ïrafr# ^feiiitÀAAabiüi pi ace aux /./ hvreô ; L’autre soir Madame Michèle Tisseyre, à son programme hebdomadaire de télévision, interviewait M.Pierre Ricour, sur son dernier ouvrage, publié à Fides : Comment réussir ses études.Le ton de l’entretien, animé par le charme de Madame Tisseyre et la verve de M.Ricour, aiguisait la curiosité de l’auditeur, curiosité au premier chef sympathique.C’est là publicité excellente autour d’un homme que le grand public ne connaît pas beaucoup et autour d’un livre qui mérite d’être consulté.Le nom de la maison d’édition a été signalé aussi, de sorte que, en quelques minutes, le vaste public de la télévision a entendu trois noms qu’il voudra mieux connaître.M.Pierre Ricour.s’il continue à publier — et il continuera certainement — bénéficiera de cette publicité intelligente.Son ouvrage actuel, déjà à sa deuxième édition, se vendra mieux.Et la maison Fides y trouvera son compte.Voilà sans doute la formule toute trouvée pour stimuler la lecture dans une classe de notre population qui, jusqu’ici, s’en désintéressait en partie.Mieux qu’un programme entièrement consacré aux livres.— celui-ci reste nécessaire, bien sûr, mais avec moins de chances d'adhésion populaire, — ces courtes entrevues sur des publications récentes accrochent l’attention du téléviseur et lui donnent le goût de se procurer l’ouvrage “dont on parle”.Si elles se multipliaient, au cours d’émissions régulières, le tirage des livres, au Canada français, augmenterait considérablement.La télévision fait assez de mal à la littérature en détournant certains intellectuels de leur préoccupation habituelle qu'elle pourrait fort bien, par compensation, faire très large une place aux livres, afin d’y initier toute une nouvelle armée de lecteurs possibles.L’équilibre, après quelques années, en serait rétabli.En attendant, merci à madame Tisseyre.
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