Lectures, 1 juin 1955, samedi 25 juin 1955
Nouvelle série Vol.1, no 21 2» juin 1966 [Il MM DE LA MISE A L'IH DD LIVRE DE MMEEE DE JOiElIEL: sdu diapason du cie( Dam une précédente livraison de Lectures (1), nous avons reproduit un communiqué qui pour parvenait de la C.C.C.au sujet de la mise à l'index du livre de Marcelle de Jouvenol, "Au diapason du ciel".La communiqué, bref et obscur, ne renseignait pas suffisamment nos lecteurs sur les motifs qui avaient entraîné lo condamnation de ce livre.Aussi, croyons-nous utile de reproduire ici, en partie, le commentaire paru dans l'"Osservatore Romano"; ce commentaire, traduit par lo "Documentation catholique", est paru dans le numéro du 29 mai 1955.Dans le déchirement du coeur que provoque la perte de ceux qui leur sont chers, des personnes de tempérament très délicat et sensible en viennent jusqu’à l’obscurcissement de leur conscience et à l’aspiration désordonnée de continuer à vivre en contact avec leurs défunts au moyen de mystérieuses communications et de signes préternaturels, qu’ils croient objectifs et réels.Leur esprit inquiet trouve du réconfort à l’idée qu’ils peuvent entendre encore la voix de personnes aimées disparues et en recevoir des suggestions et des conseils, des inspirations et des instigations pour vivre avec eux comme une seconde vie.D’autres, insatisfaits de ces expériences subjectives, recourent à des pratiques médiumniques avec une confiance aveugle d’entrer en communion avec les âmes de leurs parents et amis, et d’en obtenir des nouvelles et des directives.Parmi les exemples de sentimentaux aspirant à une correspondance ultérieure d’affection avec de proches et chers défunts, il faut compter Marcelle de Jouvenel, qui a senti le besoin de s’élever an diapason du ciel (Paris, La Colombe, 1950) pour converser, à travers sa propre écriture, qu’elle nomme "automatique”, avec l’esprit de son fils Roland, mort prématurément, et avoir avec lui une espèce de (1) 28 mai 1955.communion supplémentaire de vie.Le philo >ophe existentialiste connu, Gabriel Marcel, a cru cautionner de son autorité le livre de Mme de Jouvenel.Il suggéra ie titre : Au diapason du ciel, et composa une introduction, où il exprime clairement sa solidarité avec les idées et les sentiments de cette mère, et tente d’en éclairer la signification spirituelle mystérieuse.Celle-ci serait la continuité d’un rapport entre les vivants et les morts, qu’il a défendue depuis longtemps comme une “fidélité créatrice’’ mystérieux influx entre le monde invisible et la réalité phénoménale qui rend mutuellement perméables les vivants et les morts, en éliminant entre eux toute distance.M.Marcel tend à admettre la réalité objective des faits rapportés par Mme de Jouvenel.Tout en mettant en garde contre les préjudices qui viennent de la pratique directe visant à obtenir des communications avec les défunts, il pense qu’un catholique peut y recourir avec la permission de son directeur spirituel pour ne pas succomber aux tentations contre la foi et pour ne pas tomber dans un désolant pessimisme lorsque la mort le prive des personnes les phn; chè res.Il est pénible de souligner ces affirmations dans les page; écrites par un philosophe catholique 1 Que dire ensuite de la valeur et du contenu de ’es messages d’outre-tombe ?A part la forme inexplicable de l’influx psychophysique de l’âme du fils défunt sur celle de la mère qui survit, on reste surpris de la quantité d’erreurs grossières en matière religieuse : on ne trouve pas dans ces mystérieuses communications le concept de la spiritualité et de l’immortalité de l’âme, du péché et de la Rédemption, de la vie future.Les pitoyables illusions jaillies de la Psyché tourmentée de la mère désolée de Roland — comme celle que l’au-delà est égal pour tous, parce que l’enfer est enduré ici-bas, — impropres à soutenir les vérités divinement révélées, peuvent porter préjudice à la foi mal affermie des naïfs et des ignorants, et de beaucoup d’esprits sans consistance de notre époque troublée, poussés vers de nouvelles formes de déviations mystiques, de magie et d’occultisme, et aspirant à prolonger outre la mort leurs rapports affectueux avec les personnes qui, dans la vie, constituaient leur joie intime et forte.Cet état d’inquiétude, aujourd’hui très fréquent, explique la rapide diffusion du journal Au diapason du ciel au grave préjudice des âmes.Ce n’est donc pas étonnant qu’il soit venu finir à l’Index.L’énergique mesure du Saint-Office a le mérite de tourner les consciences troublées par la douleur vers la recherche de consolations véritables, profondes, durables, dans la sphère de la grande espérance chrétienne.161 LITTÉRATURE CANADIENNE Éducation [37] * * * LA SIGNIFICATION ET LES BESOINS DE L’ENSEIGNEMENT CLASSIQUE POUR JEUNES FIL-LES.Mémoire des Collèges classiques de jeunes filles du Québec à la Commission Royale d’enquête sur les problèmes constitutionnels.(Montréal! Fides [19541.154p.22.5 cm.$1.75 (par la poste $1.95) TB Ce mémoire a été soumis à la Commission Tremblay par les 14 collèges féminins du Québec.Malgré l'anonymat qui l’enveloppe — et cela, en vertu d’une lamentable tradition — nous serions prêt à parier que la partie intellectuelle tout au moins en est due à une doctoresse.Encore cet auteur présumé a-t-il dû subir le doctorat en littérature grecque.Car il n’y a au’une femme, et une helléniste, pour crever, avec cette acuité et cette délicatesse en même temps, les incroyables bobards qu’ont entassés, sur l’éducation féminine, nos écrivains, certains même des éducateurs de profession.Quel qu’en soit l’auteur, le mémoire peut se ramener, croyons-nous, à quelques propositions d’une étonnante lucidité.1.La femme étant faite pour la maternité — c’est une première lubie, — elle n’a pas besoin d’autre culture spéciale que celle qui lui permet de bien tenir sa maison ! Or, l’expérience a démontré deux choses : beaucoup de femmes renoncent à la maternité — comme elles en ont toujours le droit et parfois le devoir; — d’autres ne peuvent y accéder pour des raisons familiales, économiques ou sociales.L’état de notre société accroît aujourd’hui le nombre de ces dernières.2.Si elles entrent de plus en plus dans les professions, c’est que le travail de la femme, loin de lui Hre interdit (un autre bobard), est an fait (p.43).C’est encore que la discrimination entre professions masculines et professions féminines (un troisième bobard) est une lubie.Si on prétend qu’une profession est féminine parce qu'elle a un lien avec la famille, qu’on pousse le principe jusqu’au bout et “l’on devra concevoir la femme architecte, dentiste, ingénieur’’ (p.44).3.Quant à la culture générale, c’est en s’accrochant à une véritable insanité qu’on l’a si longtemps refusée à la femme : on partait de la différence d’âme entre l’homme et la femme ! Or, s’il existe une diversité entre les deux dans le domaine physiologique, elle disparaît “sur le plan de l’esprit’’ : la femme, sous ce rapport, “n’est pas d’une essence différente de eelle de l’homme, elle n’a pas un autre moi humain” (p.48).Dès lors, la culture générale n’est pas moins nécessaire à la femme qu’à l’homme.4.Elle l’est même davantage pour la jeune fille qui se voue au mariage.“Le foyer est fondé sur l’accord de deux personnes.Pour que cet accord soit viable, il importe que les âmes soient de même calibre .L’amour est d’abord un dialogue.Il faut bien que les conjoints parlent le même langage, voient le même aspect des choses ! Il faut donc procurer, à tous ceux et celles qui peuvent la recevoir”— car ils sont tous susceptibles de se marier, — "cette formation générale que donnent les humanités” (p.38).Au foyer d’ailleurs, "c’est la mère qui l’emporte” (p.39).On ne saurait culbuter avec plus de prestesse toutes les âneries accumulées chez nous contre l’instruction supérieure de la femme.Et dire qu’il a suffi du geste d’“un homme” — ainsi Louis Arnould dé-finissait-il Mère Ste-Anne-Marie (Bengle), C.N.D., — pour corriger cette anomalie séculaire : la femme recevant sans protestation une instruction primaire plus poussée que celle de l’homme, la même femme empêchée par l’opinion publique d’accéder à l’enseignement non seulement supérieur et professionnel, mais encore secondaire î (p.151-152).Que l’on pardonne le cii d’admiration que provoque ici ce geste : celui qui l’émet est le même qui, en 1908, quand s’ouvrit la première Ecole d’enseignement pour les filles, y donna le premier cours public; le même qui, en 1923, malgré les plus vives protestations, admettait aux études médicales la première candidate canadienne-française, le futur docteur Marthe Pelland.Aujourd’hui, cette situation a disparu.Les 14 collèges féminins tirent, de leur existence de fait et des motifs qui à la fois l’expliquent et la justifient, une conclusion : puisqu’ils donnent à la jeunesse fé minine la même instruction que les collèges de garçons procurent à la jeunesse masculine, i'.s peuvent prétendre aux mêmes octrois de la part de l’Etat provincial.Nous ne les suivrons pas sur ce terrain de la finance, d’autant moins que le geste posé par cet Etat en 1954 annonce son intention de placer au même niveau les deux séries d’institutions (p.153-154).Nous voulons plutôt signaler autre chose.En 1911, lors du centenaire de son collège diocésain, Mgr Bernard, de S.-Hyacinthe, considérait la fondation de nos collèges-séminaires comme le principal titre de gloire de notre clergé régulier et séculier.Que penser alors de ces communautés de femmes qui, depuis 50 ans, sans attendre un sou de qui que ce soit, ayant reçu des pouvoirs publics tout au plus une maigre pitance (p.79-80), ont équipé des locaux à même les immeubles communs, ont payé de leurs deniers les constructions séparées là où elles existent, ont fourni gratuitement les professeurs après avoir soldé les frais de leur préparation — et quelle préparation (tableaux IV et IX) ! — ont monté laboratoires, bibliothèques, gymnases, salles de musique, d étude et de prière, sans autre revenu que celui de leur travail et de leur désintéressement ?Tout en le signalant (p.15-16 et tableau XVI), le mémoire n’insiste pas sur ce caractère des collèges féminins.Nous nous glorifierions d’avoir réussi à le faire à sa place, complétant ainsi la collaboration que nous avons pu apporter aux opérations de quelques-unes de ces ruches pieuses.Emile CHARTIER, p.d.Réédition /a co (lection La grande aventure LES HABITS ROUGES ROBERT DE ROQUEBRUNE 125 PAGES $1.00 MONTREAL - PARIS pj 162 LITTÉRATURE CANADIENNE Histoire [9] ARSENAULT (Bona) L’ACADIE DES ANCETRES.Québec, Presses de l’Université Laval, 1955.397p.22.5cm.$3.50 (par .a poste $3.85) TB Il y a peut-être des histoires plus brillantes que celle des Acadiens; il n’y en a certainement pas de plus tourmentées, d’aussi tragiques.Venu de France en 1603, moins de trois quarts de siècle après, ce peuple proclamait déjà : “ne pas se reconnaître d’autre patrie que l’Acadie’’: tant de pays avait déjà séduit ces descendants de Français ! Longfellow a poétiquement décrit la vie simple, laborieuse, heureuse donc, qu’ils menaient.Et voilà que, ces gens pacifiques, un vent violent les assaille.A deux reprises, de 1654 à 1670
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