Lectures, 1 juillet 1955, samedi 23 juillet 1955
Nouvelle série Vol.1.no tt S3 Juillet 1950 propos ciuroiô (i> Cette série pourrait porter en sous-titre Galerie non pas de déséquilibrés.mais au moins d’originaux ou d’exaspérés.Presque tous ces dessins nous présentent des êtres en rupture de ban avec la vie ou du moins des écrivains qui n’ont vu de la vie qu’un aspect et le plus féroce, celui de la violence.C’est le cas des Anglais Browning et Boswell, de l’Allemand von Kleist, des Américains Dickinson et Hemingway, du Russe Gogol.Ce l’est moins de Ste-Beuve et moins encore d’Alain, le philosophe français Emile Chartier.Pour peindre tous ces personnages, M.Maurois s’est inspiré évidemment de la méthode biographique de Ste-Beuve, améliorée par son maître Alain.Il procède par touches successives, où les notations physiques et même physiologiques s’allient aux observations psychologiques et morales.Le procédé a pour objet de présenter au naturel le personnage, sans le ravaler ni le magnifier.Pour nous, élevés dans une autre atmosphère que celle de l’auteur, certaines de ses réflexions nous semblent au moins inopportunes ou même erronées.Quand il déclare (p.38) que, "dans toute vie d’homme, il y a un rôle de femme qui doit être distribué et qui, sans changer de texte, passe à des actrices successives”, il exagère sûrement; nous connaissons, nous, beaucoup de vies d’hommes où la femme n’a tenu aucun autre rôle que celui de mettre ces êtres au monde, beaucoup de femmes auprès de qui l’homme n’a tenu aucune autre place que celle de procréateur.Le code que suivent beaucoup d’hommes et de femmes pour é-chapper “au non-sens d’un monde sans valeurs" comporterait trois sortes d'évasions (p.172-173) : le spasme ou plaisir charnel, l’ivresse.la création littéraire.Nous croyons en connaître au moins une quatrième : le don de soi aux autres, tel que le Maître l’a prêché par sa doctrine et démontré possible par son exemple.N’aurions-nous pas assez connu la vie dévergondée de Boswell sans la référence à l’adultère (p.136) qu’il commet et qu’il excuse à la fois par une infamie — la marchande est déjà enceinte — et par cette invraisemblable réflexion • "Faut-il me tourmenter en ries méditations sur le péché et sur la folie de perdre en une matinée le mérite d’une longue chasteté ?" Si enfin les quatre divorces de Hemingway nous révèlent l’une des pires tares de la vie américaine, que nous apprennent-ils sur son art d’écrire et sur le caractère de ses personnages ?Des huit écrivains ici étudiés — nous unissons les deux essais consacrés à Alain — les six premières esquisses font connaître des artistes que leur art a rendus notoires, mais qui nous promènent dans un monde par trop désaxé.Y avait-il vraiment profit, pour la jeunesse surtout, à entendre exalter des observateurs qui n’ont vu et n’ont peint que les aspects les plus tristes de la vie ?Elle tirera un meilleur avantage des considérations si pleines de sens que M.Maurois a cueillies sur les lèvres de son maître Alain.Comme disent les Anglais, “there is much meat” dans la comparaison que le philosophe établissait entre le roman, l’histoire et l’épopée
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