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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
samedi 24 décembre 1955
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1955-12, Collections de BAnQ.

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Nouvel!* *irl« Vol.2 N* * 24 déc.1955 DOCUMENT m atjazineô féminins fét qLUS D’UN MILLIARD de maga-¦ zines féminins par année! Pour comprendre ce fait d’une importance sociologique considérable, examinons la situation dans le monde des imprimés modernes.Nous vivons à l’époque des revues, des magazines et des périodiques.Un bibliothécaire de renom aux Etats-Unis.Robert B.Downs, déclarait: “On a calculé qu’une liste complète des périodiques dans les bibliothèques américaines donnerait un total d’environ cinq cent mille titres.’ (Library Trends, vol.II, no 4, p 500.) On lit dans le rapport annuel 1951-1952 de la bibliothèque du Congrès à Washington: “La bibliothèque du Congrès a calculé que 75 pour cent des publications qu’elle reçoit sont des périodiques.” (College and Research libraries, vol.XV no 1, janv.1954, p.28.) Les périodiques ou magazines dits “populaires’, ordinairement illustrés, se vendent par milliards chaque année.Le nombre des endroits où on les vend est extraordinaire: cinquante dans une de nos petites municipalités, soixante-dix sur le seul territoire d’une paroisse de Montréal.Plus d’un milliard, par année, de magazines féminins! Une grande majorité tombent dans la catégorie des “magazines du coeur”.A ce propos, écoutons le dialogue suivant entre deux jeunes filies.Dialogue — Tiens'.Je pensais que tu ne viendrais pas ce soir! Après la conférence de la semaine passée sur la conception chrétienne de l’amour, tu es partie en tempêtant contre ce que tu appelait] des vieilleries.Hein! ça fait réfléchir, les cours de préparation au mariage?— Ne t’en fais pas! Voilà des années que nous ramassons des idées fausses sur l’amour.Alors, ça brasse un peu quand on les compare avec les idées qu’on nous a présentées l’autre soir, les idées fondées sur le gros bon sens, la raison et notre fol chrétienne.Dans sa livraison de novembre, la revue Relations publiait, sous la plume du R.P.E.Desrochers, s.j.un intéressant article sur les magazines féminins.Nos lecteurs aimeront sûrement en prendre connaissance.(La Rédaction) — D’ailleurs, c’est un peu notre faute.Tu te rappelles, il n’y a pas si longtemps, nous dévorions les comics remplis d’histoires d’amour: Enchanting Loves, Girl’s Love, Romance Diary, etc.Eh bien! il parait que tous, oui, tous ces Love Comics — soixante-cinq titres différents depuis cinq ans — ont été condamnés par la National Organization for Decent Literature.Après la conférence de la semaine dernière, nous comprenons pourquoi.Mais nous autres, nous étions bêtes de penser que c’était bien et que c’était beau.Si l’on en a avalé du poison en les lisant! Responsabilité que nous partageons avec nos mamans et nos éducatrices qui ne nous on', pas parlé de cela.— Puis, nous avons commencé nos lectures des magazines féminins avec leurs histoires d’amour.Tu en as des tas à la maison, tout comme moi.En anglais, il y a Confidential Confessions, Darling Romances, I Confess.Love Secrets, Romance Time, True Love Secrets, etc.Sais-tu que la quasi-totalité de ces magazines sont si mauvais qu’ils sont condamnés par la National Organisation for Decent Literature?On en trouve cent cinquante-quatre titres condamnés depuis cinq ans.Et sur la liste de cette année, on trouve habituellement à peu près vingt-cinq titres condamnés, titres que nous voyons partout dans les étalages.Ce sont des magazines que nous achetions et que nous lisions sans soupçonner leur caractère mauvais.— Et ce n’est pas tout! Les magazines féminins français, ceux qu’on appelle les “magazines du coeur”, tu les connais: A tout coeur, Boléro, Confidences.Elle.Eve, Festival.Intimité, Madrigal, Nous deux, Rêves, etc.Eh bien! ces magazines ont été gravement condamnés par l’Assemblée des cardinaux, archevêques et évêques de France.Ça, c’est étonnant, tu ne trouves pas?On en imprime environ trois cents millions d'exemplaires par année ! Ce sont des magazines qui s’achètent et se lisent partout dans le Québec.En les condamnant, les évêques de France ont révélé dans leur déclaration les thèmes exploités dans les histoires d’amour: “1* la pureté de la jeune fille est un mythe, bon tout au plus pour naïves et arriérées; 2” le mariage n’est pas autre chose qu’une réussite amoureuse; 3* la fidélité conjugale est un leurre; 4* le devoir du travail est périmé; pour s’y soustraire, peu importe le choix des moyens: 5” à quoi bon chercher à s’instruire et à se cultiver, puisque la seule question qui compte dans la vie, c’est celle de l'amour charnel?etc.” Alors, c’est un poison pas ordinaire que nous avons avalé.Nous ne le savions même pas.Nous ne sommes pas les seules.Dans leur déclaration les évêques ont dit: “Nous attirons l’attention des femmes, des jeunes filles et adolescentes, dont le sens critique semble s’émousser de plus en plus, sur les procédés de fabrication de ces pseudo-histoires vraies qui les intoxiquent.Nous mettons en garde les milieux catholiques où l’on ne semble pas se rendre assez compte de la nocivité de ces publications.” — Une conception fausse et antichrétienne de l’amour et de la vie dans les histoires d'amour, voilà qui suffit à les condamner.Mais il y a aussi, dans les mêmes magazines, la page astrologique, l’horoscope.Pour le même signe, le même jour de naissance, si on consulte les horoscopes des magazines de la même semaine, on se trouve devant les contradictions les plus flagrantes.Quelle source empoisonnée d’illusoires raisons d’espérer la fortune, la santé, la gloire le bonheur! Le pire, c’est que la vie des plus faibles, des plus crédules, des plus désemparées est ainsi, parfois, dangereusement influencée.(Soit* i U pose M) 65 46 (Suit* de >• peg* 6S) — J’attire ton attention sur le “Courrier du coeur”, car il est un mal pour celles qui écrivent leurs confessions et un mal pour celles qui les lisent.C'est un nudisme moral encore plus mauvais que le nudisme physique.Ces confidences encouragent les âmes à s'analyser subtilement, à exagérer l’importance de leurs sentiments, nourrissent l’égoïsme qui dessèche le coeur.On n’hésite pas à étaler ses faiblesses.ses erreurs, ses tares familiales: les secrets de l’âme que l’on a peine à révéler à un confesseur, les secrets du corps que l’on hésite à dévoiler à un médecin de famille.De tristes créatures racontent tout, et les lectrices dévorent ces pauvretés avec une malsaine curiosité.On présente comme normales et généralement admises des situations réprouvées par toutes les femmes honnêtes.On éprouve tôt le besoin de piments plus énergiques, de révélations plus sensationnelles.On tourne en rond comme dans la lecture des pires journaux jaunes et des magazines pornographiques.Une drogue Complétons l’analyse des deux amies.La lecture de ces magazines agit comme une drogue, tout comme le cinéma.Il faut une nouvelle provision chaque mois, voire chaque semaine.C’est une drogue pour endormir la fatigue, la lassitude, le découragement.C’est une drogue qui fait rêver, qui fait oublier le devoir d’état quotidien, qui fait vivre une vie artificielle et une vie d’emprunt.On entretient le désir d’amours passionnantes, le désir de rencontrer le riche inconnu qui offrira un collier de perles; on fera naître en soi les émotions des jolies secrétaires choyées par leur patron ou celles des aventurières et des espionnes qui connaissent les excitations de l’“amour libre", se préparant ainsi le coeur pour l’adultère, le concubinage ou la prostitution.Non seulement le sens vrai de l’amour est méconnu, mais le sens même de la vie, puisqu’on suppose sans cesse que l’aventure amoureuse et sensuelle est la seule préoccupation féminine.On consacre une bonne partie, parfois plus de la moitié des pages, à l'annonce de produits de beauté, d’objets luxueux, de machines électriques, de bibelots, de vêtements féminins.On traite la femme com- me si elle était un animal, un mannequin dont le destin est d’être belle, de sentir bon, de jouir d’une bonne santé, de vivre dans un rêve préfabriqué, dans une maison ultra-moderne, du dernier chic, où tout le travail se fait mécaniquement.On suggère que les problèmes fondamentaux de la vie ne sont pas des problèmes moraux, mais des problèmes de biologie et de psychologie, car le nombre d’articles traitant de médecine, de psychanalyse, de psychologie populaire est très grand; on y propose désormais ces sciences comme remèdes à tous les maux.On a cru longtemps que les femmes recevaient leurs consignes de l’Eglise.11 suffit de voir ce que la majorité d'entre elles lisent aujourd’hui pour se convaincre du contraire.La majorité?En effet.Ure analyse des autres magazines féminins révèle le même caractère païen, amollissant et dégradant.Oui, nous visons le Ladies Home Journal (4,700,000 exemplaires par mois), McCall’s (4,083 410), Woman’s Home Companion (4,200,000), Woman’s Day (3,750,000), Good Housekeeping (3,000,000), Family Circle (2,000,000), Today’s Women (1,-100,000); puis Vogue (390,000), Harper’s Bazaar (360,000), Glamour, Charm, Mademoiselle, pour ne nommer que cinq magazines de mode, car il y en a vingt-trois autres (voir l’analyse de tous ces magazines féminins américains dans la revue Sign, vol XXXI, nos 2 à 6, septembre 1951 à janvier 1952); enfin, le Canadian Home Journal (382,209), Chatelaine (383,585), etc., soit un total de quatre cents millions par année seulement pour les titres mentionnés.Il y a aussi des magazines de chez nous: la Revue moderne (97,618), la Revue populaire (88,758), le Samedi (79,-855), la Petite Revue (19.324), dont le tirage total est de sept millions par année.Une lecture assidue limitée à ces seuls magazines crée la hantise de la richesse, l'obsession du corps et de la santé physique, drogue l’âme avec des aventures amoureuses et sensuelles en donnant une lancinante préoccupation du partenaire mâle, fait absorber une sensualité diffuse, détraque la sensibilité de la femme dans son adaptation à la réalité quotidienne, fausse son jugement sur les choses, les personnes et la vie, rompt enfin le délicat équilibre que le christianisme exige entre l’âme et le corps.Ce ne sont pas ces magazines qui vont donner les solutions aux problèmes moraux de la femme, de l’épouse, de la mère éducatrice, de la jeune fille chrétienne, ni qui vont entretenir une vie intérieure capable d’offrir une refuge aux heures d'ennui, de fatigue ou de chagrin, ni qui vont refaire le plein de courage et d’énergie spirituelle.Sans doute, la lecture avide d’environ un milliard d’exemplaires de magazines féminins de ce genre chaque année manifeste chez les femmes d’aujourd’hui un besoin authentique et nouveau.Il est indéniable que la fausse réponse que lui apporte la presse féminine n’est qu’un appel à la vraie réponse.On ne peut supprimer la fausse réponse qu’en la remplaçant.Réponse positive Il faudrait d’abord que les éducatrices et les mamans se rendent compte de ce besoin nouveau et de la très grande importance des magazines.Il faudrait qu’on donne aux jeunes filles une éducation qui aiguise leur sens critique à l’égard des magazines, et qu’on forme en elles une conscience chrétienne qui refuse toute nourriture empoisonnée.Il faudrait enfin faire connaître et apprécier les magazines féminins catholiques ou d’inspiration chrétienne qui répondent au besoin nouveau des lectrices comme aux autres besoins de la jeune fille, de l’épouse, de la mère éducatrice, par exemple: Christiane, Foyers, l’Anneau d’or, Promesses, Sillage, les Bonnes Soirées.Femmes d’aujourd’hui, le Petit Echo de la mode, les 4 Saisons, les Veillées des chaumières, Idéal féminin, Eaux-vives, le Foyer rural, Ma Paroisse, Foyers et Chrétienté, Marie, l’Ecole des parents, Collège et Famille, la Famille, etc., ainsi que les revues des mouvements catholiques.Tant que nos Canadiennes françaises continueront à chercher leurs directives morales et leur o-rientation de vie dans les “magazines du coeur” et dans les publications qui exaltent le culte païen du luxe et de la beauté physique, il est vain d'espérer trouver en elles les éducatrices et les épouses capables de fonder chez nous des foyers véritablement chrétiens.Espérons qu’elles sauront trouver et lire les magazines féminins qui les aident à atteindre l’idéal que Sa Sainteté Pie XII ne cesse de présenter â la femme chrétienne de notre temps.E.DESROCHERS, *4- 66 CANADIENNE _ + Lduciitioii |
de

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