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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
samedi 4 août 1956
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1956-08, Collections de BAnQ.

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T LA SAINTE BIBLE Nouvelle série Vol.2 No 24 4 août 1956 «n français sous la '' de l’École biblique de ^^_«ETTE publication marque l’aboutisse-ment de dix années de travail intense accompli par une 1 équipe des meilleurs L M spécialistes de l’exé- S^se catholique contemporaine.Le R.P.Chifflot.o.p., directeur des Editions du Cerf, fut la cheville ouvrière de cette entreprise monumentale, dont l'Ecole Biblique et Archéologique française de Jérusalem assuma la direction.Cette Ecole, fondée en 1892 par le Père Marie-Joseph Lagrange, o.p., est à l’origine du renouveau biblique actuel, au sein de l’Eglise catholique.L’influence grandissante que cette institution a exercée, tant dans le monde catholique que dans le monde scientifique tout court, depuis cinquante ans, explique la spontanéité que le directeur actuel de l’Ecole, le R.P.R.De Vaux, o.p., rencontra pour réaliser ce projet auprès de spécialistes de toute robe et de toute couleur: dominicains, jésuites, oénédictins, franciscains, maristes, oratoriens, salésiens.sulpiciens.prêtres diocésains et laïcs universitaires.Lorsqu'on songe que la Bible, avec ses 73 volumes, constitue une véritable bibliothèque, on ne sera pas surpris du grand nombre de collaborateurs éminents mis à contribution.Chacun des traducteurs a travaillé sur les textes originaux 'hébreux, araméens et grecs) critiquement établis.Cette traduction fut ensuite revue par des littérateurs de grande classe, tels Etienne Gilson de l’Académie Française, Michel Carrouges et H.I.Marrou de la Sorbonne, Gabriel Marcel de l’Institut et Albert Béguin de la revue Esprit.Publiée d'abord en fascicules séparés, la série, commencée en 1948, s’achevait en 1954 avec le quarante-troisième fascicule.Entre temps, plusieurs fascicules, notamment le Psautier, furent réédités avec d’importantes modifications.Enfin, un comité de revision, après un travail méticuleux de deux années, a pu assurer la publication de toute la Bible en un seul volume.Le R.P.De Vaux, o.p., a rédigé avec sa compétence et sa clarté coutumières les Introductions aux Livres de l’Ancien Testament.Le R.P.P.Benoît, o.p., directeur de la Revue Biblique et professeur à l’Ecole de Jérusalem, ainsi que son collaborateur et disciple, le R.P.M.E.Boismard, o.p., se sont partagé les Introductions aux Livres du Nouveau Testament.A eux seuls, ces trois noms représentent un sommet dans le monde exégéti-que contemporain.C’est dire la valeur doctrinale et scientifique de ces pages, qui ne sont pas qu'une simple répétition ou un bref résumé des introductions qu'on trouve dans les fascicules — qui gardent dès lors leur intérêt —.mais un condensé personnel et dense des points essentiels qui méritent d’être mis en lumière.A elles seules.ces pages d’introduction constituent un instrument de travail de premier ordre.Des références marginales soigneusement triées renvoient aux lieux parallèles et indiquent les doublets.Aux notes condensées des fascicules, on a ajouté des notes synthétiques dont une table énonce les principales en un ensemble dû pour une large part au travail inlassable et intelligent d'une religieuse dominicaine française.Soeur Jeanne d’Arc.Dans la pléthore des éditions de la Bible qui se partagent le marché français, indéniablement et pour des décades à venir, — je le dis sans la moindre réticence —, la Sainte Bible traduite en français sous la direction de l’Ecole Biblique de Jérusalem s’avère d’emblée et de beaucoup la meilleure.On trouve cette Bible en un volume en deux éditions différentes: 1.Une édition “major”, dite Bible de travail.Un fort volume de 6 x 8>£, comportant 1669 pages, et publié aux Editions du Cerf (Paris, 1956).2.Une édition de poche, une merveille d'ingéniosité qui fait grand honneur aux Presses Saint-Augustin de Bruges en Belgique.Grâce au papier India Oxford, 2,000 pages de texte tiennent à l’aise en un pt’.it volume de 1 x 3V6 x 4%.Sous ce format d’un petit livre de prière, on retrouve, pour la traduction, le texte intégral de la grande édition et, en appendice, des notes abrégées inspirées de celles de la grande édition.Enfin, ajoutons, pour les bibliophiles, que le Club Français du Livre (8 rue de la Paix, Paris) a édité en trois tomes le texte intégral de la Bible de travail.Cette édition somptueuse justifie son prix de revient.Sous l’une ou l’autre de ces formes.la Bible dite "de Jérusalem’’ demeure un témoin de la finesse et de la qualité du génie français et est tout à l’honneur de l’Eglise catholique.André LEGAULT, c.s.c.185 D-C 0005 2964 tlTTÉRATHRE CANADIENNE Littérature1; |)t| FLAMME (Hélène) CLAUDE ET CLAUDINE.Roman.Illustrations de Maurice Pe-titdidier.Montréal, Fides [19561.127p.ill.22cm.(Coll.Rêve et vie).$1.25 (frais de port en plus) A Deux enfants de 15 ans — jumeaux —, une vieille servante, un chien très personnel, une pelouse, un saule, des fleurs autour d’une grande maison, mais Claude et Claudine sont dans ce cadre sans parents.La mère est morte, le père depuis longtemps voyage à l’étranger.Et le roman débute par une nouvelle qui jette la consternation dans l’âme des adolescents; une dépêche annonce le retour du père qui ne revient pas seul.Il s’est remarié, il a épousé une veuve, et la famille va s’augmenter d’un garçon et d’une fille à peine plus âgés que les jumeaux.Papa n’appartiendra plus uniquement à Claude et à Claudine! La maison non plus! Il va falloir tout partager.Claude se contenterait d’être de mauvaise humeur, mais Claudine est enragée.La lutte va commencer contre la belle-maman, avant même son arrivée.En vérité, Claudine révèle qu’elle a un terrible caractère, et elle perd presque notre sympathie, si l’on oublie qu’elle a quinze ans, qu’elle est en plein âge ingrat, cet âge des sautes d’humeurs, des sentiments excessifs, de la maladresse et des coups de tête.Les scènes se succèdent, souvent disgracieuses.La révolte est amère, dure, brutale.Les jumeaux dans tout cela dépassent parfois la mesure et mériteraient la fessée.Le désarroi grandit dans la maison maintenant trop remplie.Les injustices s'accumulent, les souffrances grossissent.Pourtant, ils pourraient tous vivre une vie si agréable, si heureuse, aimant tous la paix, la musique, les livres et les .animaux.Comment une situation si tendue se dénouera-t-elle?Ce n’est point l’heure de vous le dire.Cher-chez-le vous-même.Hélène Flamme, dont c’est le premier livre, et qui est encore très proche de cet âge inquiet et difficile, révèle un talent bien particulier, un tour de plume aisé, vif, agréable et plein d’images.Son style est correct et Hélène FLAMME simple.Mais ce qui frappe surtout, c’est un rare don du dialogue.Don précieux, pour qui veut écrire des livres pour la jeunesse, et aller ainsi directement aux faits, aux actes.On va d’une répartie à l’autre, du tac au tac.Pas d’hésitation, de bavures, de répétitions.Les interlocuteurs se servent et se répondent comme de bons joueurs de tennis! C’est en parlant que Claude et Claudine se font connaître; c’est en parlant que la vieille Marie nous fait deviner son dévouement, sa façon chrétienne d’envisager les choses, et ce qu’elle a fait pour élever les jumeaux, dont la révolte et les cris la déconcertent tant.C’est en parlant qu’elle nous fait comprendre que son seul espoir fut toujours le recours à la prière.C’est en parlant que Louise et Guy, les “rapportés”, se font aussi connaître.Et c’est hélas, aussi, avec des paroles trop vives, que le père commet les maladresses, qu’il exaspère les jumeaux, leur fait douter de son affection.Le petit roman se lit d’un trait.Il regorge d'imprévus, d’événements, de surprises, et l’invention est une des qualités maîtresses de l’auteur.Le voyage y tient une large place, et pour le voyage, l’avion.On se promène de Montréal à New York, de Paris à Montréal, de Montréal à Marseilles.Tout cela très plausible, puisque le monde moderne est devenu si petit et que les Canadiens sont les plus grands des voyageurs.Il y a un parrain à New York qui fournit les occasions.Il y a les études poussées plus loin, pour permettre à Claudine de se ressaisir; il y a les sports, l’équitation, un accident, une naissance, et tout finira par des mariages et une porte ouverte sur le bonheur enfin mérité par un retour au bon sens et à la tendresse.Ce roman, écrit pour l’adolescence, remplit toutes les conditions pour plaire à cet âge exigeant, puisqu’il retient l’attention amusée des moins jeunes.Des dessins de Maurice Petitdi-dier, bien réussis, ajoutent au mouvement, à l’action.Claudine traversera bien des aventures, elle sera bouleversée par bien des sentiments avant d’arriver à dire maman, et de bon coeur, à celle qui rend son père heureux, et mérite d’être aimée.Animé, très vivant, divers, juste assez romanesque, le récit plein d'allant devrait avoir un grand succès auprès des jeunes.Et puis, il finit bien; tout le monde sera content.Michelle LE NORMAND 186 Etrangère llciliyion |2| MOELLER (Charles) MENTALITE MODERNE ET EVANGELISATION.Dieu, Jésus-Christ, Marie, l'Eglise.Bruxelles, Editions de Lumen Vitae [19551.306p.23.5cm.(Coll.Cahiers de “Lumen Vitae”, no VII).$3.10 (frais de port en plus).TB-S Ce livre est destiné plutôt à la consultation qu’à la lecture courante, car son contenu doctrinal est très dense.C’est une oeuvre de sagesse et de pondération dont le but est de ramener plus d’équilibre dans quelques secteurs théologiques particulièrement exploités de nos jours.Dans le bouillonnement actuel de la théologie, certains théologiens occasionnels manifestent un zèle qui dépasse parfois l’information objective; ainsi, des problèmes relativement neufs et complexes sont présentés d’une façon trop simpliste qui peut retentir défavorablement sur la foi des fidèles.Il arrive alors qu’il se glisse, sinon des erreurs positives, du moins des erreurs négatives dues à l’omission de vérités connexes qui devraient nuancer certaines affirmations, vérités que la majorité des lecteurs sont incapables de formuler.L’A.étudie quatre thèmes principaux: Dieu, Jésus-Christ, Marie, l’Eglise, dans une perspective ambivalente.En effet, son ouvrage “.s’ordonne autour de deux axes: celui des mentalités contemporaines: c’est Taxe de sociologie religieuse; celui des orientations doctrinales et catéchétiques: c’est Taxe de l’évangélisation.Chacun des thèmes choisis, Dieu, le Christ, Marie, l’Eglise, sera donc éclairé d’une double lumière: celle qui vient “d’en bas”, de ce monde qu’il faut sauver, celle qui vient “d’en haut”, de cette Jérusalem céleste qui apparaîtra un jour, parée comme une Epouse allant au-devant du Christ, son Epoux” (p.ll).“La description des mentalités contemporaines se limitera aux courants essentiels.La seule nouveauté, peut-être, est que Ton s’est efforcé de présenter une problématique religieuse élargie, en y faisant figurer les croyances de nos frères séparés” (p.12).“Les orientations doctrinales et les perspectives catéchétiques ne visent pas à donner un traité théologique en miniature, mais seulement à tracer quelques avenues, à débroussailler un terrain, en s’efforçant de faire le point dans une production théologique et catéché-tique de plus en plus abondante et de plus en plus remarquable.” Les considérations sur DIEU sont orientées vers la paternité divine.qui est au centre de toute l’économie chrétienne.C’est pourquoi cette partie doit dominer les trois suivantes, sur le Christ, Marie et l’Eglise.En effet, “si Ton a bien saisi que prier le Dieu des chrétiens, c’est prier le Père, on saisira aussi qu’il est impossible de le faire sans être uni au Christ, Fils de Dieu incarné, dans l’Esprit Saint, qui est le lien consommant la plénitude de la vie divine.Pas de christologie valable, pas de ma-riologie, pas d’ecclésiologie sans, à la base, une théologie de Dieu-Père” (p.92).L’A.démontre ensuite comment l’esprit contemporain considère, au moins confusément, que JESUS-CHRIST, celui de la Passion et de la Résurrection, est la personne transcendante à laquelle les hommes se donnent ou s’opposent, qu'il est “.la clef de l’histoire de ce monde” (p.95).Après avoir exposé ce qu’est Jésus-Christ pour les non-chrétiens et pour les chrétiens non catholiques.TA.indique le double danger qui menace la foi des catholiques : le danger "nestorien”, qui consiste à dépouiller Jésus-Christ de sa majesté divine par un affaiblissement de la vertu de religion; le danger "monophysite” qui consiste à oublier la nature humaine du Christ.Les orientations doctrinales et les perspectives catéchétiques se limitent aux données bibliques sur le Messie, aux grandes lignes de la tradition conciliaire et de la théologie.aux suggestions concrètes.Dans la partie qui traite de la MARIOLOGIE, TA.affirme justement que la piété et la doctrine peuvent ici pécher par défaut et par excès; en conclusion, il ajoute cette pensée très judicieuse: “Il faut se garder avec le plus grand soin de s’imaginer que la mariologie est un “domaine facile" de prédication ou d’étude, et que Ton peut dire “un peu n’importe quoi”, du moment que cela soit “pieux”.La mariologie.qui est en pleine formation, est un domaine difficile dans la théologie, car elle est située au carrefour où se rejoignent et se croisent quelques- unes des lignes théologiques essentielles” (p.198).L’ECCLESIOLOGIE est encore en voie d’élaboration et elle comporte des problèmes difficiles qu’il faut manipuler avec précautions, si Ton veut ne pas dévier de la saine doctrine.A cet effet, TA.apporte des observations et des distinctions qui sont de nature à aider les théologiens non professionnels qui désirent traiter certaines questions ayant des incidences sur la théologie de l’Eglise.La distinction que TA.établit entre les sens différents du mot “Eglise” (p.267-268), fera éviter bien des équivoques; il rappelle spécialement que dans l'Eglise il y a “.un principe hiérarchique et un principe collégial; leur union forme le Christ total, l’Eglise-corps” (p.286>.Ici, Terreur peut être double; en effet, soutenir que l’Eglise est constituée par les seuls laïcs, serait du protestantisme; par ailleurs, affirmer, d’une façon absolue et exclusive, que la seule hiérarchie est l’Eglise résulterait d’un sophisme de sens divisé, pour utiliser la terminologie de la logique en philosophie.A ce sujet, S.S.Pie XII écrit dans son encyclique sur le corps mystique: “Il ne faudrait nullement s’imaginer que cette structure bien ordonnée, ou, comme on dit, “organique”, du Corps de l’Eglise s’achève et se circonscrive dans les seuls degrés de la hiérarchie.[.] Lorsque les Pères de l’Eglise font l’éloge des ministères, des degrés, des conditions, des états, des ordres, des fonctions de ce Corps, ils n’ont pas seulement en vue ceux qui ont reçu les ordres sacrés, mais aussi avec eux tous ceux qui ont embrassé les conseils évangéliques, [.] enfin ceux aussi qui sont unis par les liens d’un chaste mariage”.La méditation attentive de cet ouvrage amènera sans doute quelques écrivains à mettre un peu plus de discernement dans leur zèle à promouvoir certains secteurs de la piété et de la doctrine; ils apporteront ainsi moins d’insistance à proclamer que le XXe siècle est le siècle marial, le siècle de saint Joseph, le siècle de l’action catholique, le siècle de l’Eglise, le siècle de Tépiscopat, le siècle de la liturgie!.En effet, il faut ne pas oublier que les trouvailles théologiques de ces différents secteurs doivent introduire plus profondément à l'intelligence de la théologie tout court, comme celle-ci doit introduire à une meilleure compréhension de ces différentes portions de la doctrine chrétienne.Il ne faut pas que la spécialisation, nécessaire pour éviter la dispersion, mette des oeillères et empêche de voir l’ensemble doctrinal de l’Eglise.Ovila MELANÇON 187 9633 OURSLER (Fulton) LA VIE PASSIONNEE DU GALILEEN.Préface de l’abbé Pierre.Paris, Editions Seghers 119561.374p.pi.(h.-t.) 21.5cm.(Coll.Les vies passionnées).$4.45 (par la poste $4.60> TB Un livre merveilleux que cette traduction d’une oeuvre devenue célèbre à travers toute l’Amérique: The Greatest Story Ever Told.Fulton Oursler * est l’un des auteurs américains les mieux connus et les plus goûtés.A juste titre! si on en juge par ce livre dont la fraîcheur, le charme et la densité sont inégalés.Ce n’est pas mince entreprise que de reconstituer l’histoire de Jésus telle que les Evangélistes nous la rapportent, mais avec en plus un rythme nouveau qui réponde à l’esprit moderne.Oursler a risqué le coup et l’a réussi admirablement.Partant avec fidélité du récit sobre et dépouillé des évangiles dont il s’est servi comme d’un squelette qu'il allait orner d’une chair abondante, l’auteur a reconstitué la vie du Christ dans un contexte humain qui sonne tout à fait juste et qui nous conduit à saisir dans toute sa portée le mystère de l’Incarnation.Tous les personnages de l’Evangile revivent, sous la plume de l’auteur, d’une vie humaine vibrante: leurs figures nous apportent le reflet de leur psychologie propre, tel que le récit sacré la laissait soupçonner.Et au milieu de ce déroulement d’histoire, en cette tranche de vie animée et pittoresque, le Christ va son chemin comme une grande lumière qui éclaire le monde.Tous ces ê-tres avec qui le Seigneur a vécu ne sont plus seulement des noms familiers.mais ils sont devenus des personnages vivants, des amis dont on partage les espoirs, les déceptions, les joies, les peines, la gloire.Le tout présenté sans qu’on éprouve aucunement ce sentiment désagréable d’effort: l’auteur n’a pas besoin de corser les situations, de tendre des liens.Tout se déroule le plus naturellement comme si Fulton Oursler avait été sur place .comme si lecteur était encore sur place avec lui, en cette Palestine du début de l’ère chrétienne.On peut affirmer sans sourciller que cette vie du Christ est un chef-d’oeuvre dont les qualités principales sont la simplicité, le dépouillement, la vie.On remarquera surtout les 130 premières pages, soit plus du tiers du volume, où nous est racontée la vie cachée du Seigneur.cette merveilleuse histoire d’amour que vécurent, à l’ombre de l’Esprit, Marie et Joseph.Cette partie qui était indéniablement la plus difficile à traiter n'est pas la moins réussie, ce qui atteste déjà de la valeur de l’ouvrage.Une longue préface de l’Abbé Pierre et de beaux hors-texte viennent compléter et agrémenter un texte déjà magnifique.La traduction française est d’ailleurs excellente.Panl-E.CHARBONNEAU Littérciture |lt] IMBERT (Jules) LE PRIEUR DE STE-COLOMBE.Paris.Spes 119551.208p.18.5cm.TB Ce roman se rattache à la tradition que créa Barrés dans sa Grande pitié des églises de France et que vient de reprendre Bordeaux dans son Barrage spirituel.Pendant des années, l'humble village de Ste-Colombe manqua de prieur, c’est-à-dire de curé.Le résultat, ce fut, comme toujours, et malgré la persistance d’un fond de foi.l’indifférence religieuse.Mais voici que l’évêque désigne comme prieur un abbé Arsène, un de ces prêtres de l’ancien temps pourvu d’un tempérament de missionnaire.Il se convainc tout de suite que la pêche au filet ne rapportera rien; il se fera donc pécheur à la ligne et au jour le jour.Il aura à son service une Colette toujours absente, mais inspiratrice lointaine de deux apôtres laïques, la petite baronne Jeanne et Joséphine Pierrou, la fille de l’ancien sonneur.Surtout il multipliera les contacts individuels, les poignées de main aux espriis forts, les coups de chapeau, les visites aux pauvres et aux méchants, les prières discrètes dans son humble église et à Lourdes.Peu à peu, parties pour Rome depuis longtemps, les cloches en reviennent: on rétablit les baptêmes.les mariages et les enterrements religieux; les processions abandonnées se reforment.Un jour, le vieux curé constatera le retour à Ste-Colombe de l’antique piété.Décidément, comme remède à l’indifférentisme, rien ne vaut, en certaines régions, la pêche à la ligne qui ramène les poissons un à un! Mais quel style essoufflé! Les phrases sans verbes s’empilent, les points de suspension s’accumulent, les pronoms remplacent les noms et obligent à de constantes divinations, les paragraphes se suivent sans lien.Ceux que ne fatigue pas l’essoufflement à haute dose s’édifieront à ce récit d'un apostolat discret et fructueux.Emile CHARTIER, p.d.ESTIENNE (Yvonne) LE RAYON SOUS L’OMBRE.LParisl Bonne Presse (19551.185p.20cm.(Coll.Le ruban bleu) TB Ce roman provient de la même source d’inspiration que le Prieur de Ste-Colombe: la restauration religieuse de la France rurale déchristianisée par l’école athée.Mais quelle différence dans le style! Ici, plus de ces points de suspension qui sont le hoquet du style essouflé; plus de ces pronoms ambigus qu’on doit chercher à qui rapporter; plus de ces scènes qui se suivent sans s’appeler.Comme le récit la phrase s’en va toute d’une belle venue, claire, posée, solidement équilibrée.Exemple: “La chambre s’ouvre dans ce décor, tel un oeil bienveillant et doux dans un visage serein.Le clocher du village apparait entre les arbres comme une prière perpétuelle lancée vers le ciel bleu” (p.147).L’ombre, c’est le bourg de Li-play, où la foi s’est éteinte; le rayon, c’est Suzanne Remy, dont l’esprit apostolique va allumer le flambeau.Elevée à Epinal dans les Vosges, rappelée à Liplay par son père, un avocat à la retraite, elle entreprend de continuer ici l’oeuvre de conversion commencée là-bas.Avec Maria Tillot, elle groupe les filletces, pendant que le curé Ménode réunit les garçons.Par ces deux antennes qui rappellent à l’église des parents encore sains, mais devenus indifférents, Liplay finira par revenir à sa première ferveur.Deux collaborations auront contribué à ce succès.Georges Pradel, le neveu de Suzanne Remy, épousera Mousse (Myriam) Girval, alors qu’Emile Bertat s’alliera à Sylvie Brunois; à eux deux, ils fonderont les ruches d’où jaillira l'apostolique moisson.De son côté, Ginette la tuberculeuse aura offert sa vie pour le succès de l’oeuvre accomplie par sa tante Maria et sa grande amie Suzanne.Enfin, une humble servante, Françoise Dulige, soutiendra de son invincible courage le moral des deux ouvrières.188 L'oeuvre une fois bien établie, la nièce de Maria et le père de Suzanne étant morts tous deux, Maria rentre à son couvent pour y mener la vie contemplative de Madeleine, tandis que Suzanne continuera à Liplay la vie active de Marthe.Cette histoire, toute fondée sur le dévouement surnaturel, des pages d’écrivains récents servent encore à l’animer: Gratry, Perreyve.Lacordaire, Bourget.Des chapitres de l'Imitation et le journal comme les pensées de Ginette la martyre font baigner le lecteur dans une atmosphère spirituelle intense.Qui lira ce livre en sortira émerveillé des transformations que peut opérer une activité persévérante appuyée sur une confiance sans bornes en la Providence.Emile CHARTIER, p.d.GOUDGE (Elizabeth) L’APPEL DU PASSE.Roman.Traduit de l’anglais par R.Bertin.Paris, Plon 119551.280p.19cm.$2.15 (frais de port en plus) B Les romans d’Elizabeth Goudge sont d’une qualité bien particulière, et si certaines de ses intrigues parfois déçoivent, paraissent trop romantiques, ou trop extraordinaires, ou plus proches de la légende que de la réalité, toujours vous serez quand même conquis par le charme et la vérité des dialogues, par la personnalité des personnages et par la nature, que l’auteur vous décrit avec une chaleur contagieuse.Elle vous la fait voir, goûter et sentir! Plus qu’aucune romancière anglaise, Elizabeth Goudge est sensible au monde extérieur, émue par les saisons et les éléments, et elle reconstitue l'atmosphère du beau temps ou de l’orage en termes si colorés que personne ne peut demeurer indifférent.Elle a l’art de mettre en scène ses héros et ses héroïnes; le cadre qu’elle choisit, dès les premières pages, leur aide à vivre.Tout de suite vous êtes heureux de sentir que vous commencez un livre qui vous prodiguera, en parts égales, émotions et ravissement.Jamais non plus, le moindre goût de cendres, malgré les épreuves, les drames.Tant de soleil, tant de montagnes, tant de landes poétiques et de forêts aux frondaisons magnifiques, tant d’aperçus sur la mer lumineuse, et tant d'arm >ur des choses et des gens, témoignent constamment en faveur d’un Dieu créateur et bon.même s’il n’en est pas sans cesse question.L’appel du passé offre cependant parmi les romans d’Elizabeth Goudge, une histoire dont l’idée mère parait étrange, inacceptable même: une réincarnation! Une jeune fille, choyée par la fortune et par ses parents qui font exactement tout ce qu’elle veut, est subitement dégoûtée de sa vie mondaine et stérile.Elle décide de devenir elle-même, au lieu de n’être qu’une poupée parmi d’autres poupées aux mêmes gestes.“Où pouvait-on se trouver soi-même?sûrement où poussaient les fleurs qui étaient si glorieusement elles-mêmes, où la terre était vieille, paisible et sage et n'avait pas été souillée par les folies des hommes.Oui, mais où?” (P.7) Au moment où elle songe à cela, elle aperçoit une vitrine de marchand de tableaux, et au centre, une toile qui représente une montagne.Toute sa vie tout de suite est changée.Régent Street où elle se promenait disparaît.Judy, exaltée, prend la résolution de ne point se laisser amener à la plage célèbre où elle allait chaque année.Elle va chercher le coin sauvage que représente le tableau.Elle convainc scs parents, met une annonce dans les journaux pour “demander que quelqu’un leur louât pour dix semaines, dans les montagnes d’Ecosse, une maison d’où l’on pouvait voir une montagne, un lac, et un bois de mélèzes”.— C’est une annonce insensée, gémit Lady Cameron, sa mère, et pour y répondre, U ne peut y avoir qu’un fou aussi fou que toi.” Le fou existait, la maison aussi! Cela devient ensuite passionnant et pittoresque.La maison louée est un domaine sauvage et beau.mais inconfortable.Judy y entre comme chez elle, avec l’impression d’y être déjà venue, d’y avoir souffert.de tout reconnaître, même le jeune propriétaire.Celui-ci détrônera malgré lui le fiancé que Judith traînait avec elle et devait épouser un mois plus tard.Ian Macdonald, le jeune propriétaire, a été lui-même envoûté par ce château dont il a hérité, et médecin, il a tout quitté pour venir y vivre, aider les fermiers.soigner les malades, etc.Les parents de Judith pousseront des cris.La mère surtout.Tout de suite en arrivant, quand elle demande au domestique loué avec la maison, de lui faire préparer un bain.“— Il n'y a pas de salle de bain.— Quoi! Pas même l’eau courante?— Non.Notre jeune maître n’est ici que depuis deux ans.Le vieux maître, son oncle, ne s’est pas soucié de faire installer ces appareils modernes.Il était d’avis que s’il y avait des gens qui voulaient être réveillés la nuit par des bruits de robinets, de tuyauteries et de citernes, ça les regardait, mais que pour lui, il préférait être tranquille.— Et comment se baignait-il?— Il ne se baignait pas.— Et comment fait votre jeune maître?— Il se baigne dans le ruisseau.” (P.28) Les incidents se multiplieront.L’histoire moderne se greffera à un épisode romantique de la guerre où.deux cents ans plus tôt.les Highlanders perdirent leur royaume et leur fortune.Judith Cameron aura l’impression qu’elle réincarne Judith Macdonald.La bizarrerie de ce thème n’empêchera pas le livre d’être prenant et personne n’est offensé, car c’est comme en rêve que se déroulent les faits du passé.C’est donc un roman, très roman, qui ne peut pas être vrai! Michelle LE NORMAND 189 llio(jr«i|)hie |î)2) HUNERMANN (G.) LE FILS DU FACTEUR DE RIESE — SAINT PIE X.Traduit par l'abbé M.Grandclaudon.Mulhouse (Ht-Rhin) Editions Salvator, 1955.287p.20em.$2.45 (frais de port en plus).TB La fréquentation de saint Pie X (4 juin 1835 — 20 août 1914) demeurera le souvenir le plus émouvant qu’aient ancré dans notre coeur nos deux années d’études romaines (1903-1905).En qualité d’interprète pour des familles américaines ou canadiennes, il nous fut donné de nous asseoir quatorze fois à ses côtés, de le toucher, de le voir et de l’entendre.Un matin, il venait de faire faire, à sa messe, la première communion à une fillette de huit ans.Quand la famille entra pour l’audience, il se leva d’un bond, écarta discrètement le père et la mère pour s’occuper d’abord de l’enfant.Quand il l’eut félicitée de son bonheur et lui en eut fait exprimer elle-même les raisons — quelle leçon de catéchisme! — il la fit asseoir à ses pieds.Se dressant alors vivement et se dirigeant vers les parents: “Maintenant, je suis à vous”.Tout Pie X est déjà dans ce trait.Un autre jour, une famille nombreuse avait accaparé tous les fauteuils disponibles; un bambin de dix ans restait debout près de sa mère.Pie X se précipita dans sa chambre à coucher, revint avec une chaise, y fit asseoir près de lui le gamin et ne s’occupa des autres que quand il eut causé pieusement avec le benjamin.Un évêque que nous accompagnions lui annonça notre départ définitif pour le lendemain."N’a-vez-vous rien à demander au Père de famille avant de le quitter?” Nous dissimulions derrière le prélat une feuille de pouvoirs que nous voulions nous faire accorder.Pie X vint la prendre dans nos mains; tout en continuant à écouter l’évêque, il la parcourut, effaça une ligne, signa le reste et vint nous la remettre en nous bénissant.Des souvenirs personnels comme ceux-là ne s’oublient point, pas plus que celui des homélies populaires que le saint Pontife adressait alternativement chaque dimanche à chacune des paroisses de Rome.Elles révélaient le caractère paternel dont l’exposé forme le fond du livre de Hunermann.Dans ce livre, ce qui crève les yeux d’abord, c’est la simplicité de cet homme né pauvre, qui voulut vivre pauvre et mourir pauvre.C'est aussi son souci du culte divin, de la musique d’église, de la communion fréquente.C’est encore son zèle à former de saints prêtres par ses catéchismes, son enseignement, son exemple entre autres.C’est enfin sa grande commisération pour les humbles, les travailleurs, les miséreux.Il y eut des jours où sa soeur Rosina ne put lui servir que des haricots, où lui-même n’eut plus pour se vêtir qu’une chemise rapiécée.Et pourtant il était patriarche de Venise, la ville des grands ducs et du grand commerce! A cette condescendance envers les petits du royaume s’alliait, chez Pie X, une inébranlable fermeté.On reconnut en lui le défenseur de la liberté de l’Eglise le jour où, dès son ascension au trône pontifical, il opposa un non draconien au projet français d’associations culturelles.Et le champion de la vérité intégrale eut tôt fait de s’imposer quand il effaça, par son décret sur la communion précoce et fréquente, les derniers vestiges du jansénisme, ou quand il écrasa à jamais l’hydre du modernisme.Tous les faits qui éclairent ce portrait d’un saint, M.Hunermann les relate à la façon d’un cinéaste, en une série de scènes qui se déroulent comme celles d’une pellicule cinématographique.Puisque “ce sont les faits qui louent’' (La Bruyère), c’est peut-être encore la meilleure manière de raconter une vie.Emile CHARTIER, p.d.Une édition de la Bible qui correspond aux nécessités de la vie moderne La BIBLE de poche L’Ancien et le Nouveau Testament version intégrale et notes par L'ÉCOLE BIBLIQUE OE JÉRUSALEM 2,000 pages en un volume Reliure en polyvinyle (noir, vert et rouge) : $6.50 Reliure en chagrin (noir) : $8.50 Ajoutez 10% pour frais de port £àt ionâ JideAf 25 eôty rue d^aint-^cicqueâ, Iflflontréal 190 *?* ÉTRANGÈRE WOHL (Louis de) TEL UNE FLAMME INQUIETE.Saint Augustin.Traduction française de Françoise de Tilly.Roman.[Tours (France)] Marne [19551.307p.19.5cm.$2.60 (par la poste $2.80) B Louis de Wohl est un romancier anglais que nous connaissons peu.Tel une flamme inquiète est une traduction de l’une de ses plus récentes oeuvres parue en Angleterre en 1952 sous le titre de The Restless Flame.C’est l’histoire romancée de la vie d’Augustin.On sait assez quelle existence tumultueuse celui-ci a vécue pour comprendre qu’une telle aventure ait pu tenter la plume d’un romancier.D'autant que le cadre de civilisation dans lequel elle se déroulait, soit Carthage et Rome au Ve siècle, ne pouvait que prêter à une intéressante reconstitution.Mais il n’est pas facile d’arriver à figer une figure mouvante comme celle d’Augustin, surtout quand on a souci d’éviter une trop exacte répétition d'une autobiographie aussi célèbre que les Confessions.Louis de Wohl n’y a pas mal réussi.Sans nous donner ici une oeuvre remarquable, il nous présente des pages pleines d’intérêt dans lesquelles revit cette Eglise primitive si profondément dynamique.Il ne trahit pas son personnage ce qui, dans le cas d’Augustin, est déjà beaucoup.La longueur de certains monologues, la lenteur de certains dialogues chargent parfois l’ouvrage qui se déroule pourtant assez bien.Ceux-là qui ne connaissent encore saint Augustin que de loin, trouveront en cette oeuvre un excellent médium d’approche.Paul-E.CHARBONNEAU CONVERTIS DU XXe SIECLE.3e vol.Coll, dirigée par F.Lelotte, s.j.Paris, Casterman, 1955.246p.18cm.$1.75 (par la poste $1.90) TB Voici le troisième volume de cette populaire collection dirigée par le R.P.F.Lelotte, s.j.On nous y raconte l’aventure spirituelle de ces grandes figures, célèbres pour la plupart, que sont: Henri Bergson, Clara Sheridan, Gabriel Marcel, Sigrid Undset, Joris-Karl Huys-mans, Dom Lou, Daniel-Rops, Léonard Cheshire, Pierre LeComte du Nouy, Johannes Joergensen, Gustave Cohen, Vladimir Ghika, Mgr R.H.Benson, Hugo Bail, H.C.E.Zacharias.Chacune de ces courtes biographies est signée par un nom qui assure le lecteur de la véritable valeur de cet ouvrage, lequel ne prétend à rien d’exhaustif mais découpe pour notre profit la physionomie spirituelle de ces hommes remarquables.Le troisième volume nous vaut de suivre l’itinéraire parfois surprenant de ces grandes âmes allant vers Dieu par l’Eglise.On ne le referme qu’avec une plus grande fierté d’appartenir à une Eglise capable d’attirer de tels hommes à elle, mais surtout on éprouve une grande reconnaissance de ce que la foi en nous ait toujours été vivante.On comprend alors comment, plus qu’un don, elle est une exigence.Paul-E.CHARBONNEAU UNE RÉÉDITION D IMPORTANCE L'UNION À DIEU âme de tout apostolat par LOUIS LOCH ET 48 PAGES, $0.95 UN OUVRAGE QUI DEVRAIT ÊTRE ENTRE LES MAINS DES MILITANTS D’ACTION CATHOLIQUE.FIDES râ I QUESTION | D’AMOUR | H ü par 1 Mgr Albert F.Cousineau c.s.c.1 80 pages, $0.60 J | B B | AUX ÉDITIONS FIDES § 1 I ^.iiiiiiiiiiiiiiiinnunnmtniiimiJiiiinHiuiiaiflitotinnuiiiiiiiniiiuiiiti^ 191 2099 J'JIllL ” Cote des films On peut se demander comment un producteur de films peut avoir l'audace de présenter au public pareille pellicule.Deux longues heures de crises d'hystérie d’un fou furieux! Amusant, n’est-ce pas?Et combien profitable et instructif! Si on avait eu la bonne idée de nous sortir de temps à autre de cette forteresse souterraine, sorte d’antre de l’enfer.Mais non.A part cet épisode d’un enfant-soldat qui retrouve, au lieu de sa mère, une petite amie éplorée au pied d'un lampadaire auquel on a pendu son père, à part l’inondation du métro de Berlin regorgeant de blessés, de femmes et d’enfants, tout le drame se passe dans ce souterrain de béton où Hitler a vécu ses dernières folies.On parle à tout instant d’avances russes et américaines.Pourquoi ne pas nous les avoir montrées ces troupes à l’attaque, faisant leur entrée dans Berlin?Au moins, on eût pu se rendre compte des horreurs de la guerre moderne, et.par ricochet, du danger de laisser un fou jouer avec des armées et des engins de destruction épouvantables.Prenez-en ma parole, quand on entend, pendant une heure, un maniaque fulminer des ordres insensés, rabrouer avec la dernière sévérité un état-major désemparé, limoger les généraux les uns après les au- tres, faire mitrailler celui-ci et celui-là, on “en revient” de ce sadisme.Le système nerveux des spectateurs n’est pas d’acier, et un réalisateur se doit de ne pas l’oublier.Reconnaissons que l’auteur du scénario a voulu jeter une "note gaie”.Hitler a à son sendee une centaine de serviteurs de tout rang, civils et soldats.Lorsque ces derniers apprennent que le “châtelain” décide de mourir dans son trou, ils estiment que mieux vaut finir “dans la fête”.On chante, on danse, on s’embrasse, on s’enivre.On bamboche à la gueule du volcan qui fera tout sauter dans quelques heures.Le film fait ainsi alterner les crises de rage du Führer avec les scènes disgracieuses du “grill” de sa maisonnée.Et ça dure, ça dure .près de trois-quart d’heure! Aux toutes dernières minutes, il y a la farce du mariage d’Hitler et d’Eva Braunn.Cette Eva est aussi idiote que son conjoint.Elle sait que la fin approche.Néanmoins elle affiche, aux côtés de son dément aux traits convulsés, le visage calme et épanoui de la jeune épousée de village.Piètre film.Hitler a fini dans la folie.Le film ne laisse aucun doute à ce sujet.Cela ne dispensait pas l’auteur du scénario de faire preuve d’imagination et d’équilibre.‘K atujiiujno Le deuxième film à l’affiche a-vait pour titre “Branquignol”.Une farce.Après les scènes dantesques de “la fin d’Hitler”, il fallait provoquer le rire.Du burlesque épais, idiot.Voulez-vous en connaître quelques scènes?Une troupe donne un spectacle dans une salle.Il y a, sur le plateau, un orchestre de jazz et quelques danseurs.Une “girl” se démène avec son partenaire et cela donne lieu à une séquence de fort mauvais goût.Il faut avoir l’esprit joliment rac-corni pour s’amuser à de pareilles imbécilités! Le numéro suivant nous présente un "tireur".Il s’agit d’atteindre un oeuf déposé au sommet d’une tige.Révolver, carabine, mitraillette, rien ne réussit.Alors, on amène deux pièces d’ar- tillerie.L’oeuf est atteint, mais les loges, le balcon, le toit lui-même sont fortement endommagés.Applaudissements frénétiques de l’assistance au milieu des décombres.On rit, on crie, on s’embrasse.Et le film se clôt sur cette scène d’hilarité générale.La raison de cette joie délirante?Le délire, probablement! Si vous voulez perdre une soirée.assister à deux films de la dernière médiocrité, allez voir “La fin d’Hitler” et “Branquignol”.Vous feriez mieux cependant de garder votre argent pour “Athalie” et “Les noces de Figaro” que présenteront les Festivals de Montréal ces prochaines semaines.Le spectacle est d’une autre qualité! Clément SAINT-GERMAIN Voici la cote des films récemment projetés sur nos écrans, telle que donnée par le Centre diocésain du Cinéma de Montréal.Films de langue française Angoisse .pour adultes, avec réserves Les aventures de Robinson Crusoe .pour tous La bataille .pour adultes, avec réserves La bonne étoile .pour adultes Le bouclier du crime .pour adultes, avec réserves Branquignol .pour adultes Branco Apache .pour adultes Corps sans âmes.pour adultes L'étrange désir de M.Bord pour adultes, avec réserves La femme perdue .pour adultes La fin d'Hitler .pour adultes La forteresse .pour adultes Gendarmes et voleurs .pour tous L'histoire de trois amours pour adultes Lourdes et ses miracles .pour tous Lumière d'été.à déconseiller Pas un mot à la reine-mère pour adultes Quai des brumes .à proscrire Regain .pour adultes.avec réserves Scandale â Vienne pour adultes, avec réserves Son grand amour .pour adultes Le triomphe de Tarzan pour tous Un acte d'amour pour adultes, avec réserves Films de langue anglaise Abdullah's Harem .pour adultes Bhowani Junction .pour adultes The Birds ond the Bees pour adultes, avec réserves The Colditz Story.pour tous Congo Crossing .pour odultes Crashing Las Vegas .pour adultes The Golden Link ., .pour adultes I Am a Cornera.pour adultes, avec réserves I'll Cry Tomorrow .pour adultes Last of the Desperadoes pour odultes The Man Who Knew too Much pour tous Naked Amazon.pour adultes Naked Dawn .pour adultes, avec réserves The Prisoner .pour adultes Streets of Laredo .pour adultes Timetable .pour odultes Touch and Go .pour tous Trapeze .pour odultes, avec réserves 23 Paces Baker Street .pour tous Two Years Before the Mast pour tous Untouched .pour adultes The Wild Dakotas.pour tous N.B.— Les films cotés “pour adultes, avec réserves” s'adressent à un public d’adultes particulièrement avertis et ne conviennent jamais aux adolescents.J 192
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