Lectures, 1 septembre 1956, samedi 1 septembre 1956
PER L-22 LECTURES Nouvelle série Vol.3 No 1 1er septembre 1956 impératrice de C^li par P«J BU 99 ute (i) S EARL BUCK est un auteur à succès.Plus d’une douzaine de ses oeuvres ont dépassé, et de beaucoup parfois, la centième édition.Vent d’Est.vent d’Ouest.par exemple, a été édité 356 fois.Cette popularité s’explique ai- bile, semble-t-il, à manier le pinceau qu’à élaborer des stratégies militaires.Une seule chose lui manque: le sens moral.Cette femme qui savait être douce et tendre pour ceux qui l’aimaient pouvait avoir toutes les cruautés pour ceux qui portaient ombrage à son ascension.Elle n’a pas l’ombre d’un scrupule ou d’une hésitation de- autant qu’elle nous séduit.La valeur du livre tient principalement à cette partie documentaire qui étoffe somptueusement le roman de l’Impératrice.A cause de son long séjour en Chine, Pearl Buck est l’écrivain rêvé pour nous faire connaître les us et coutumes d’une civilisation qui ne se livre pas facilement aux “barbares” que sèment.Les romans de Pearl Buck sont un mélange de fantaisie et de réalisme savamment dosé, ce qui lui vaut l’adhésion d’une double catégorie de lecteurs: ceux-là qui cherchent dans le roman une porte ouverte sur le rêve et la fiction sont conquis tout comme les lecteurs sérieux à qui il ne faut pas trop “en conter” et pour qui le roman doit être une tranche de la réalité.L E dernier roman de la romancière américaine retrace l’extraordinaire odyssée de la dernière Impératrice de Chine, Tzu Hsi.Le roman commence alors que, toute jeune fille, la belle Orchid se voit appeler à la cour impériale pour devenir concubine de celui qu’on appelle le Fils du Ciel, l’Empereur.Un de&dn unique semble attendre cette enfant en qui l’on admire déjà les splendeurs de la beauté, la vivacité de l’intelligence et la fermeté du vouloir.Pearl Buck s’est plu à orner de tous les dons de la nature la future impératrice: elle manifeste les aptitudes les plus diverses, aussi ha- vant un meurtre à perpétrer, un suicide à ordonner, un bonheur à détruire.Tous les moyens lui semblent bons pour obtenir le gouvernement suprême: encourager la félonie des uns, cultiver la luxure des autres, faire appel à l’héroïsme de ses fidèles serviteurs.A force de calculs, d’intrigues et d’adresse, Tzu Hsi parviendra au faîte du pouvoir.Elle s’y maintiendra tout autant par la violence que par la ruse et la séduction.Adorée des uns, haïe des autres, redoutée de tous, elle laissera des traces profondes dans l’histoire de son pays.nous sommes aux yeux des Orientaux.Où trouver, ailleurs que dans ses livres, une étude plus nuancée, plus compréhensive et bienveillante des replis et des contrastes de l’âme chinoise?Où trouver, ailleurs que chez cette américaine qui se veut au point de rencontre de deux hémisphères, un aperçu plus juste et plus profond du drame qui met aux prises deux civilisations également vieilles, diversement riches, appelées à édifier ensemble le monde de demain.(On lira avec amusement le récit des premières rencontres entre diplomates étrangers et dirigeants chinois.) £E qui fait la valeur de ce livre, ce n’est pas surtout le caractère exceptionnel de la grande Impératrice qui nous rebute tout (1) BUCK (Pearl) IMPERATRICE DE CHINE.Traduit de l’américain par Lola Tranec.Paris, Stock, 1956.389p.20.5cm.$3.00 (frais de port en plus) B?jMPERATRICE de Chine est un livre qui fait réfléchir sur les fastes d’un régime appelé à disparaître parce qu’il favorise le luxe et la licence d’un petit nombre au mépris de la misère du peuple.Il initie à la connaissance d’une civilisation avec laquelle il faudra de plus en plus compter à mesure que s’intensifieront les échanges internationaux.C’est une porte ouverte sur l’exotisme de la Chine.R.LECLERC îmm Philosophic [1] BERDIAEV (Nicolas) LE SENS DE LA CREATION.Un essai de justification de l'homme.Traduit du russe par Lucienne Julien-Cain.Préface de Stanislas Fumet.[ Bruges (Belgique) ] Desclée de Brouwer [1955].467p.18.5cm.(Coll.Textes et Etudes 'philosophiques).$4.25 (frais de port en plus).B?—S Parlant de lui-même et de son oeuvre, particulièrement de l’ouvrage dont il s’agit ici, Berdiaev, dans son autobiographie, disait ceci qui, mieux que tout, démontre l’importance de ce livre: “L’expérience vécue par moi de la découverte de la création, qui est la découverte de l’homme, et non pas celle de Dieu, trouva son expression dans le livre: Le sens de la création.Un essai de justification sur l’homme.Le livre a été écrit d’un seul élan, presque en état d’extase.Et je pense qu'il constitue, sinon mon oeuvre la plus réussie, du moins celle qui contient le plus d’enthousiasme, et en qui j’ai trouvé pour la première fois une expression à ma pensée philosophique originale.J’y ai déposé ma thèse fondamentale, mon premier inslinct de l’homme.” A travers cette longue étude, on sent en effet courir un dynamisme spirituel remarquable.Il est rare qu’on puisse dire d’une étude très spéculative qu’elle nous possède et nous lie au point de s’imposer à nous.C’est pourtant ce qui se produit à la lecture de cette oeuvre de Berdiaev.En fait, il s’agit là — beaucoup plus que d’un essai philosophique, — d’une oeuvre de théologie spéculative.Que les données fondamentales de la philosophie de ce grand penseur russe s’y retrouvent, nul ne le contestera; le même phénomène de compénétration se rencontre souvent, typiquement d’ailleurs.dans la Somme théologique de S.Thomas d’Aquin.Mais en réalité les points autour desquels gravite ici la pensée de l’auteur sont directement rattachés à la révélation; c’est ainsi que reviendront, comme des constantes, le thème de la Révélation elle-même, celui de la chute originelle, ceux de la Trinité, de la Christologie, de la grâce, de l’Eschatologie.Dans ce contexte, ne convient-il pas en effet de parler d’un essai de théologie?Le but que l’auteur se propose est en définitive de construire une anthropologie, laquelle est, dans son esprit, nettement indissoluble de la Christologie dont elle constitue comme la fine pointe.Il est ainsi conduit à une conception assez floue et équivoque qu’il concrétise en opposant, au sein du monde, deux hiérarchies, l’une “di-vo-humaine, dynamique et créatrice”, l’autre “angelo-bestiale, statique et non-créatrice” »p.101).Il développe en ce sens — surtout en son chapitre second — des considérations assez nébuleuses qui ne sont pas sans être apparentées aux théories nietzschéennes sur le sur-homme.Les sept premiers chapitres de l’oeuvre sont d’emblée les meilleurs.L’auteur y traite d’abord de la nature de la philosophie, en appelant à une "désolidarisation” d’avec la science.Sa conception est ici teintée d’un idéalisme subjectivité inavoué, à base d’intuition, et mêlé d’un certain réalisme “logique” qui aboutit à l’exigence violente d’une philosophie anthropologique.A ce premier thème, s’ajoute le problème élaboré au chapitre second: l’homme-microcosme et macrocosme.C’est ici que le lecteur est plongé en pleine théologie.Malheureusement, l’auteur semble ignorer certaines vérités fondamentales, ce qui l’amène à formuler des critiques parfois injustifiées.Ainsi déclare-t-il que, ”.pour des causes profondes, dissimulées dans le mystère des temps, le christianisme n’a pas découvert la totalité de ce qu’on doit pouvoir appeler la christologie de l’homme, c’est-à-dire le mystère de la nature divine de l’homme, du dogme de l’homme semblable au dogme du Christ” (p.111).Visiblement, il parle ici — sans s’en rendre compte — de la grâce habituelle.S’il avait pu tenir compte davantage de ce dogme, ici et tout au long de son ouvrage, que de faux-pas il aurait évités.Mais pour cela, il aurait fallu que l’auteur soit plus familier avec la théologie occidentale, plus particulièrement avec les Pères occidentaux — surtout saint Augustin — qu’il ignore presque complètement.Puis consécutivement, l’auteur agite les plus grandes questions de la philosophie et de la théologie: création et rédemption — sa position ici est très nettement scotis-te — (ch.III), création et gnocéo-logie (ch.IV), la création et l’être (ch.V), création et liberté (ch.VI).Nous ne pouvons analyser ici la pensée de Berdiaev.Tout ce que nous en pouvons dire, c’est qu’elle se montre d’une très haute élévation et d’une rare acuité.On y reconnaît la touche d’un fort métaphysicien.Le chapitre suivant: création et ascétisme, est très fortement teinté de manichéisme.L’auteur y mène une comparaison entre génie et sainteté qui apparaît très faible.C’est ici l’un des chapitres les plus discutables et les moins objectifs de son livre.Certaines affirmations y sont nettement gratuites et infirment par conséquent la dialectique de l’auteur qui s’y montre, cette fois, beaucoup plus dialecticien (parfois sophistique) que métaphysicien ou théologien! Les deux chapitres qui suivront: création et sexualité, création et amour, garderont d’ailleurs quelque chose de cette allure franche manichéenne et gnostique.Us sont d’un pessimisme décevant, dominés par le mythe de l’homme androgyne, bi-sexué, qui trouble une doctrine dont on attendait jMus d’après les prémisses posées: on a l’impression que l’auteur perd ici son bel envol pour se fourvoyer dans une pensée avortée.Les derniers chapitres renouent fort heureusement avec les premiers: création et beauté (ch.X), création et morale 'ch.XI), création et socialité (ch.XII), création et mystique (ch.XIII); enfin, la conclusion: trois époques (ch.XIV).Le chapitre dixième, — création et beauté —, est particulièrement remarquable et pose les jalons pricipaux d’une solide philosophie de l’art.Au demeurant, cette oeuvre de Berdiaev est de grande envergure Elle nous apporte une réflexion très Drofonde et très riche, elle est d’un intérêt plus qu'ordinaire et touche par certains côtés au génie.Elle est certes discutable; pour des esprits non-préparés.elle pourrait être dangereuse; mais elle reste l’un des nlus beaux joyaux de la pensée contemporaine.Paul-E.CIÏARBONNEAU 2 2099 COUTURIER (M.A.) ÉTRANGÈRE Religion [2| BIOT (Dr René) POUSSIERE VIVANTE.Troisième partie — Qu’est-ce que l’homme?Paris, Arthème Fayard [1956].109p.19.5cm.(Coll.Je sais — Je crois.Encyclopédie du catholique au XXe siècle).TB Depuis un certain temps déjà nous était annoncée cette collection qui paraît sous la direction de Daniel-Rops.Il s’agit, en somme, d’une encyclopédie qui vulgarise la doctrine catholique et la rend, jusqu’en ses sommets, abordable à tous.Ce premier volume que nous avons eu le plaisir de lire est signé René Biot et s’attaque au problème, si débattu par les scientistes, de la nature de l’homme.Le Dr Biot, avec son habituelle simplicité, met à notre service sa compétence et sa culture pour analyser d’une manière brève certes, mais fort suggestive, les divers éléments qui constituent la structure de notre être; trois chapitres vont en progression retracer notre état: a) poussière, b) poussière vivante, c) poussière animée par l’esprit.Le quatrième et dernier chapitre dégage, par mode de conclusion, des perspectives pratiques d’un grand intérêt.Ouvrage bref qui ouvrira à plus d’un des avenues jusqu’ici inabordables, vu ses grandes qualités de simplicité, de précision, d’honnêteté.Il retrace devant nous ce mystère si inquiétant du corps de l’homme tour à tour dominant et dominé devant l’esprit.Paul-E.CHARBONNEAU CORTE (Nicolas) SATAN, L’ADVERSAIRE.Deuxième partie : Les grandes vérités du salut.Paris, Arthème Fayard [1956].124p.19.5cm.(Coll.Je sais — Je crois.Encyclopédie du catholique au XXe siècle).TB Un nouveau volume de cette col- lection vient de nous parvenir.Le sujet dont il traite se présentait comme l’un des thèmes les plus difficiles de la série.Il s’agissait en effet de nous offrir les principales données de la foi et de la théologie sur Satan.L’auteur a divisé son ouvrage en deux parties.La première est constituée par les cinq premiers chapitres qui développent à proprement parler le problème théologique, et se présentent comme un commentaire de ce que l’Ecriture nous rapporte sur le sujet.La seconde partie groupe les chapitres six, sept et huit, qui retracent brièvement ce qu’on pourrait appeler i'hislùrique des manifestations diaboliques depuis l’Eglise des premiers siècles.Le neuvième chapitre, sous le titre de Satan et vous, se donne comme la conclusion de l’auteur.C’était, on le conçoit fort bien, un sujet difficile où il fallait, sans rien minimiser, garder la bonne mesure.L’auteur a certes réussi et on ne peut, en fermant le livre, s’empêcher de penser que Satan, pour beaucoup d’entre nous, est un adversaire ignoré ou négligé, qui est pourtant de grande taille et d’une extraordinaire vitalité.En somme, ces pages sont un probant commentaire du mot de Baudelaire qui disait que “le premier tour du Diable est son incognito”.Paul-E.CHARBONNEAU DISCOURS DE MARIAGE.Paris, Editions du Cerf, 1955.153p.19cm.$1.60 (frais de port en plus).TB En guise d'introduction à l’une de ses allocutions, le Père Couturier disait: "Je me suis bien souvent demandé si, dans nos cérémonies religieuses, il est une chose aussi décidément inutile que ces discours que nous venons prononcer aux messes de mariage.A quoi bon parler?” (p.55) Ce petit livre dont il est l’auteur répond pourtant fort bien à cette question.Il nous apporte quelque douze allocutions prononcées par le Père Couturier, o.p., à l’occasion de différents mariages.Chacune d’elles est l’occasion d’une sérieuse réflexion sur l’amour conjugal.Certaines répétitions se produisent qui étaient inévitables dans les circonstances mais qui ne sont cependant jamais désagréables.L’auteur touche ici les grands thèmes de l’amour, du mariage, de la jeunesse; il le fait avec une grande sagesse — sagesse non dénuée d’une pointe d'amertume devant une vie parfois trompeuse, — avec une belle simplicité et dans une constante perspective d’espérance.Il ne s’agit certes pas Ici d’un sermonnaire ennuyeux, mais bien plutôt d’un excellent recueil de méditations sur l’amour humain et le mariage chrétien.Paul-E.CHARBONNEAU Signification de nos cotes TB — Livre pour tous.lectuellement ou moralement).TB-S — Livre pour tous mais spécialisé.D — Dangereux.TB-A — Livre pour tous, de na- M — Mauvais.ture à intéresser certains adolescents.A — Livre pour adolescents B —Livre pour adultes.(15 à 18).B.* —Livre appelant des ré- J — Livre pour jeunes (10 à serves plus ou moins 14 ans).graves, i.e.à défendre d’une façon générale aux E — Livre pour enfants (6 à 9 gens non formés (Intel- ans).3 2096 JUNGMANN (J.A.) DES LOIS DE LA CELEBRATION LITURGIQUE.Traduction de l’allemand par Marc Zemb.Paris, Editions du Cerf, 1956.183p.19cm.$1.90 (frais de port en plus) TB Cet ouvrage apporte un éclairage bienfaisant aux recherches suscitées par le renouveau liturgique, en traitant un thème relativement négligé par les liturgistes contemporains.Le but de l’A est d’exposer les lois fondamentales qui déterminent le style de la liturgie ecclésiale.Il tente d’abord de circons crire l’essence de la liturgie qui, selon lui, .n’est pas la prière privée des individus, mais le culte de l’Eglise, son office divin” (p.15), et il déduit les lois liturgiques de l’essence même de la réalité liturgique.Il démontre aussi que la liturgie est communautaire, qu’elle revêt un caractère d’objectivité et d’universalité, que les formes tradi-tionnelli-s en dépit d’un certain danger de fixation et de routine, sont plus riches de sens qu’il ne paraît au premier abord.Dans la liturgie, qui est “.la vie du Corps mystique du Christ tournée vers Dieu (p.38), l’A.distingue trois acteurs: “Le premier est le Christ lui-même; le second est l’ensemble des croyants ou, dans le cas de la célébration concrète, la communauté paroissiale; le troisième est le ministre du sacerdoce devant l’autel” (p.38).Il convient de remarquer la hiérarchie que l’A.établit entre ces trois acteurs liturgiques; en effet, après le Christ il place la communauté des croyants et, en dernier lieu, le sacerdoce ministériel.elle est essentiellement “le culte de l’Eglise” (p.20).En conséquence, on ne peut avoir l’intelligence positive de ce sacerdoce, si l'on se borne à l'expliquer en partant de celui des prêtres (p.49).L’histoire nous apprend d’ailleurs que les dénominations proprement sacerdotales n’étaient réservées qu’au Christ et au peuple chrétien dans le Nouveau Testament et dans la littérature chrétienne primitive: “Plus tard seulement, écrit l’A., à partir de la fin du Ile siècle, l’usage s’introduit d’accorder un troisième sens à ce nom; ce sont alors les présidents des assemblées chrétiennes qui sont appelés “prêtres”, à cause de leurs fonctions spéciales au sein de ce peuple chrétien.Dans le Nouveau Testament, cet usage n’existait pas; nous y lisons par contre que les croyants eux-mêmes sont appelés “prêtres” (p.46-47).D’après l'Ecriture Sainte, en effet, la dignité sacerdotale est d’abord attribuée au Christ en personne, et ensuite au Christ total, c'est-à-dire à l’ensemble des croyants qui constituent le Corps mystique et partagent la vie et le sacerdoce du Christ: “Ce n’est qu’en troisième lieu, ajoute l’A., que la question se pose de savoir qui, au sein de la communauté des fidèles, participe spécialement à l’action sacerdotale du Christ, qui sera l’instrument par lequel la communauté accomplira les actes pour lesquels un pouvoir spécial est nécessaire; et alors on pensera au ministre que l’imposition des mains aura pourvu de ce pouvoir” (p.48).C’est pourquoi, si les fidèles sont l’objet de l’acte liturgique dans l’administration de quelques sacrements qui ne peuvent être dispenses que par le ministre du Christ, principe qui vaut aussi pour les bénédictions et les consécrations, c’est pourtant l’ensemble de la communauté chrétienne qui apparaît comme le sujet des actes centraux de la liturgie, “.à tel point que le langage liturgique est tenu presque sans exception à la première personne du pluriel” (p.54).Cet affadissement du sacerdoce des fidèles doit être attribué à une nécessité historique, celle de combattre les réformateurs du XVIe siècle qui “.ont tellement exalté le sacerdoce universel, assez oublié au moyen âge, qu’ils déclarèrent superflu un état sacerdotal spécial et rejetèrent le sacrement de l’Ordre” (p.49).Dans la dernière moitié de son ouvrage, l’A.fait une longue analyse.en utilisant la méthode historique, “.de la genèse et du développement des formes liturgiques, depuis leur simplicité originelle jusqu’à leur riche expansion dans le culte moderne” (p.86).Il étudie ainsi le schéma fondamental de la liturgie, qui est nettement caractérisé, depuis les Ille et lVe siècles, par les éléments suivants: on débute par une lecture qui proclame le message du Seigneur; la lecture est suivie d’un chant destiné à prolonger le message reçu auparavant; la liturgie est complétée par une prière s’articulant en prière du peuple et en prière du prêtre.La prière dans la liturgie, surtout celle du peuple, constitue un aspect central de cette étude.Ce livre, préparé avec beaucoup de soin, manifeste chez l’A.une remarquable compétence en matières liturgiques.Ovila MELANCON Le Christ est le seul vrai prêtre, et les autres qui, dans le culte chrétien, sont chargés de ministère, ne sont que des instruments de cet unique sacerdoce: “Dans les sacrements, le Christ est l’acteur, nous ne sommes que ses instruments; c’est aussi le cas de l’acte sacerdotal principal, du sacrifice eucharistique.Ici, la fonction purement instrumentale du célébrant apparaît avec une extrême netteté, lorsque, “in persona Christi,” le prêtre prononce les paroles décisives: ceci est mon corps, ceci est mon sang” (p.43-44).Quant au sacerdoce de la communauté des croyants, il est indiqué immédiatement après celui du Christ.Pareille affirmation peut paraître nouvelle et même audacieuse, mais l’A.prouve qu’elle est parfaitement objective.En effet, la liturgie ne doit pas se définir “.dans le sens exclusif de la règlementation du culte par mode d’autorité et de l’ordination de ministres chargés d’accomplir le service liturgique” (p.44-45), mais ROBERT RUMILLY de l'Académie canadienne-française HISTOIRE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC TOMES XXVII— XXVIII — XXIX Chaque volume: broché $2.00; relié $2.50 25 est, rue St-Jacques, Montréal 1 4 DEHAU (P.-Th.), o.p.LE CONTEMPLATIF ET LA CROIX.2e édition.Paris, Editions du Cerf, 1956.405p.16.5cm.(Coll.L'Eau vive) TB-S La doctrine exposée dans cet ouvrage n'est pas le lait d’un enseignement élémentaire dont parle saint Paul (I Cor.3, 2), mais une nourriture solide offerte aux âmes ayant atteint une certaine maturité spirituelle.Dans ces pages, la vie chrétienne, la vie religieuse, la vie contemplative sont considérées dans la perspective de ce paradoxe exprimé par saint Paul: “Vous êtes morts et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu’’ (Col.3, 3).L’A.étudie d’abord ces mystères de mort et de vie dans le Christ lui-même.11 expose notamment que c’est l’amour qui fournit l’explication profonde des souffrances et de la mort du Christ: “Il ne faudrait jamais regarder un crucifix sans penser que c’est l’amour qui a fait couler la dernière goutte du sang divin, puisque la justice se contentait de la première.Mesurez la distance qui sépare cette première goutte de la dernière, et vous aurez la distance qui sépare la justice de l’amour’’ (p.95).La réponse de l’homme à Dieu sera donc celle de l’amour: “Dieu nous parle la langue de l’amour, de la charité.11 faut lui répondre dans sa langue’’ (p.107).En effet, la racine profonde du mérite c’est la charité; et si les mérites du Christ sont infinis, leur application à nos âmes est conditionnée par nos dispositions.C’est pourquoi l’A.analyse assez longuement le primat de la charité, et il indique les différences qui existent entre les deux systèmes théologiques qui expliquent cette primauté: celui de Scott et celui de saint Thomas.Il ne faut donc pas nous contenter de justice dans nos relations avec Dieu et avec la prochain, car “.si nous nous contentons de justice, de savoir-vivre, de bienséance, nous n'avons pas de vraies relations, à proprement parler, ni avec Dieu, ni avec les anges, ni avec les hommes” (p.108).Ainsi, puisque c’est l’amour qui explique définitivement les souffrances et la mort du Sauveur, c’est aussi l’amour qui nous fera compléter ".ce qui manque aux tribulations du Christ” (Col.1, 24).Maintenant, le Christ ne peut plus souffrir que par nous et en nous; en effet, “le Christ Jésus est dans la gloire.Souffrances, humiliations, mort sont-elles finies pour lui?Non, elles ne sont pas finies.Si nous le voulons bien, le mystère de douleur peut continuer en nous” (p.103).Néanmoins, cette mort mystique du chrétien est destinée à procurer en lui l’efflorescence de la vie même du Christ, car si l’on passe par la mort c’est pour la vie, qui est le terme ultime de la charité: “Si l’on aime, on passe par la mort, mais on ne peut y rester.Le triomphe définitif de l’amour est nécessairement celui de la vie, rernat vivus.Il n’y a pour rester dans la mort que celui qui n'aime pas: qui non diliffit, manet in morte” (p.373).Ce mystère ambivalent de mort et de vie doit se reproduire en toute vie chrétienne, où ces deux éléments se mêlent l’un à l’autre pour constituer une espèce de clair-obscur: "Notre vie présente est un crépuscule dans lequel ces mystères de vie et de mort sont tellement mêlés, enchevêtrés, qu’il est difficile de dire ce qui domine” (p.234>.A ce problème de mort et de vie est parallèle celui de la douleur et de la joie.Ici, deux déviations opposées sont possibles: 1) donner à la joie une place presque exclusive, ce qui est un certain retour vers le paganisme grec antique; 2) ne voir dans la religion que la douleur, et c'est le cas des jansénistes ip.235).L’équilibre est bien exprimé dans cette affirmation: “La joie doit dominer, mais la douleur a cependant sa place nécessaire.Pourquoi la joie doit-elle dominer dans la vie chrétienne et à plus forte raison dans celle du contemplatif?En vertu de cet admirable principe que, toujours et quoi qu’il puisse arriver, l’objet principal et l'unique fin dernière pour toute créature intelligente est la nature divine en elle-même.Or, la nature divine, c’est la joie” (p.237).La douleur a donc sa place nécessaire, mais dans l’ordre des moyens.Cependant il faut admettre en notre nature une tendance à séparer Jésus de la Croix: “Il serait si bon de posséder Jésus tout seul et que la Croix s’en aille! Une fausse piété, de nos jours plus vivante que jamais, voudrait cette dissociation” (p.243).L’attitude authentiquement chrétienne sera donc de ”.les prendre tous les deux: la Croix sans Jésus ce serait trop dur.Jésus sans la Croix, ce serait trop doux.Prenons-les tous les deux ensemble”, (p.245) Ce livre procurera lumière et réconfort à toute âme soucieuse de perfection.Ovila MELANÇON Sciences sociales |!l| LAUNAY (Dr Clément) L'ADOPTION.Ses données psychologiques et sociales.Paris, Ed.Sociales françaises [1954].222p.21cm.(Coll.Problèmes humains, techniques sociales).$2.80 (frais de port en plus) TB L’adoption est aujourd’hui devenue un fait courant.Chaque jour, en effet, ou à peu près, on rencontrera tel couple tout heureux de montrer l’enfant qui est devenu sien par adoption.Si la charité et le sens familial chrétien se trouvent engagés au plus haut point et au premier titre en cette question, oui ne voit la multiplicité des problèmes de tout ordre qui en découlent par ailleurs aux plans psychologique, conjugal, social, juridique, etc.?Le livre du Dr Launay aborde un à un les différents aspects qui sont à envisager à l’occasion d’une adoption.Un livre bien fait dans lequel il ne faut pas aller chercher une exaltation mystique et un emballement sentimental, mais qu’il faut parcourir afin d’y retrouver >es principales données rationnelles de ce problème.Systématiquement construit, cet ouvrage apportera de grandes lumières particulièrement à ceux qui sont aux prises, par leur situation, avec une telle question: membres du service social, médecins, prêtres, éducateurs.Certes, certaines considérations d’ordre juridique n’ont guère d’intérêt pour le lecteur profane, encore que, croyons-nous, elles peuvent servir de base à une étude comparée sur le plan légal.A remarquer tout spécialement le chapitre sixième d’une importance capitale: la révélation à l’enfant de sa condition d’adopté.Le Dr Launay sera un guide éclairé pour tous ceux qui s’intéressent aux enfants adoptés et aux problèmes qui sont inhérents à leur situation.Paol-E.CHARBONNEAU 5 liioyriiphic |!»2| ABRAHAM (Peter) JE NE SUIS PAS UN HOMME LIBRE.(Tell Freedom) Traduit de l’anglais par M.Klopper et D.Shaw-Man-toux.Tournai, Casterman, 1956.305p.21cm.$3.00 (frais de port en plus) B Le problème de l’oppression de la race noire a fait couler beaucoup d’encre.C’est un des problèmes majeurs auxquels ait à faire face la civilisation moderne.Parmi tous les écrits inspirés par ce thème, le livre de Peter Abraham, Je ne suis pas un homme libre, occupe une place de choix.Le traité théorique le plus élaboré et le mieux étayé pourra-t-il jamais atteindre à la force persuasive de ce simple récit?Peter Abraham n’a eu qu’à raconter sa vie pour fournir l’un des plus éloquents plaidoyers qui aient été tenus en faveur des noirs.Ce livre a l’irrécusable éloquence d’un témoignage vécu.Né d’une famille métisse du sud de l’Afrique, Peter Abraham a fait, très tôt.l’expérience de la dure condition faite à sa race.Oppression de la misère sans merci qui étreint les foyers.Abrutissante férule d’un labeur mal rétribué et trop lourd pour sa jeunesse.Incessante cruauté du mépris et des brimades de blancs inhumains.Telles sont les composantes de la lourde atmosphère où s’est déroulée son enfance.Un jour, Peter, a la bonne fortune de rencontrer des bienfaiteurs qui le dirigent vers les études.Très intelligent, le jeune noir s’y adonne avec passion.Mais, étudier, c’est s’élever au-dessus de ses frères de race qui ne peuvent jouir, comme les blancs, de l’instruction obligatoire.Par ailleurs, un noir instruit voit diminuer ses chances de gagner sa vie par un travail en harmonie avec ses aptitudes, dans une société où les postes-clés sont réservés aux blancs.C’est ainsi que Peter Abraham est amené à quitter son pays.Sous des cieux plus cléments, il n’oublie pas cependant ses frères du sud de l’Afrique, et c’est pour être le porte-parole de leur misère et de leur espoir qu’il a écrit son livre.Livre plein de charme et d’émotion en dépit de quelques maladresses de structure.Par une multitude d’anecdotes et une profusion de croquis bien dessinés, l’auteur nous fait pénétrer au coeur de la vie sud-africaine.Aucune amertume dans le récit.Nulle part ne se décèle le souci de charger le tableau.Le ton du narrateur a toute la sérénité de l’objectivité.Mais en revanche, le faits parlent avec une brutale éloquence.Comment rester impassible devant une telle plai-doierie?Le livre de Peter Abraham est une de ces oeuvres qu’il faut répandre pour éveiller une opinion publique trop souvent distraite.Parfois, un certain amoralisme affleure dans le récit, et cela empêche de mettre ce livre entre toutes les mains.Cet amoralisme s’explique par les conjonctures où a vécu l’auteur.Il reste cependant que, chez les adultes, ce livre est éminemment propre à alerter les esprits bien pensants sur l’ampleur d’un problème qu’ils ne peuvent ignorer.B.LECLERC ANDRE BER ESDRAS MINVILLE LE CITOYEN CANADIEN-FRANÇAIS Trois Roches : AVEC CLARTE, L'AUTEUR PRECISE LES NORMES DE LA FORMATION DU CITOYEN CANADIEN-FRANÇAIS COLLECTION Rêve •» vie" 1 176 pages $1.25 2 VOLUMES, 618 PAGES, $3.25 6 BORDEAUX (Henry) LA VIE PATHETIQUE D'EDITH STEIN.Méditations.Paris, La Table Ronde [1955].146p.front, pl.20cm.$1.80 (frais de port en plus).TB Selon ce qu’indique le titre, il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une biographie d’Edith Stein, mais plutôt d’une série de méditations que nous livre l’auteur à l'occasion de certains événements ou traits relevés au cours de cette vie admirable.Plusieurs de ces pages et parfois des chapitres entiers du livre (v.g.ch.IV) sont assez éloignés de l’héroïne et ne la touchent qu’indirectement, portant plutôt sur des considérations d’ordre général ou évoquant au passage d’autres exemples.Cet ouvrage reste toutefois, en chacune de ses pages, riche de pensée, même s’il déborde de toute évidence le sujet annoncé.Paul-E.CHARBONNEAU OESTERREICHER (J.M.) SEPT PHILOSOPHES JUIFS DEVANT LE CHRIST.Traduit de l’américain par M.-J.Béraud-Villars.Paris, Editions du Cerf, 1955.613p.18.5cm.(Coll.Foi vi- Cisèle THÉROUX TI-PUCE chez les scouts Les aventures d'un petit bonhomme, haut comme trois pommes, mais bien décidé à tout faire pour devenir un vrai louveteau.96 pages — dessins de M.Petitdidier $0.40 AUX ÉDITIONS FIDES vante) $5.40 (frais de port en plus).TB Sept grandes figures contemporaines nous sont ici présentées en l’essentiel de leur pensée: Bergson, philosophe de l’expérience, Husserl, serviteur de la vérité, Reinach, chercheur de l’absolu, Scheler, critique de l’homme moderne, Landsberg, champion de l’espérance, Picard, poète du visage, et enfin Edith Stein, témoin de l’amour.Tous ces esprits d’envergure dont l’envol intellectuel est admirablement traduit et condensé par l’auteur communient sur plusieurs points: tous philosophes, ils scrutent inlassablement les grands problèmes métaphysiques, car leur inquiétude commune se situe sur ce plan; esprits droits et puissants, ils vont leur chemin, passant pour la plupart de la foi juive à l’abandon de toute confession religieuse, pour aboutir à une foi avouée et entière au Christ.Quelques-uns d’entre eux, retenus par des liens mystérieux, sont morts avant d’avoir reçu le baptême, mais aucun ne s’est caché d’adhérer en son coeur et en son esprit à la vérité du Christ et de l’Eglise.Plusieurs étaient unis en une filiation intellectuelle assez frappante, tel Husserl, Reinach et Edith Stein qui furent les champions de l’école phénoménologiste de ce siècle.L’auteur apporte ici une excellente étude qui tient moins de la biographie que de la critique.Une critique sympathique sans doute mais fort juste et très nuancée.L’oeuvre justifie sûrement ce propos que tient Maritain sur le P.Oesterreicher, dans l’avant-propos de ce livre: “la vaste érudition et la profonde science historique de ce scholar, animé d’une foi ardente, donnent une autorité particulière à son témoignage et à ses écrits”.Paul-E.CHARBONNEAU ROTH (Lillian) UNE FEMME EN ENFER.(VU Cry Tomorrow) Traduit de l’américain par Guy Le Clec’h.Préface de Maurice Chevalier.Paris, E-ditions Albin Michel [1956].348p.20.5cm.$3.10 (frais de port en plus) B Dans son Avertissement au lecteur, Lillian Roth nous présente ainsi son autobiographie: “Pendant seize ans, j’ai vécu dans le monde du cauchemar, où beaucoup pénètrent, duquel bien peu peuvent sortir.Que l’on puisse en revenir, qu’il y ait une issue à la honte, au désespoir et au sentiment d’être absolument abandonné — tel est en bref la matière de mon livre.” C’est là un magnifique résumé de la teneur et du propos d’Une femme en enfer.Le film “1*11 Cry Tomorrow” nous avait apporté un écho de la bouleversante expérience de Lillian Roth.On sait que cette actrice américaine, après avoir connu les affres d’un terrible enlisement dans l’alcoolisme, a pu retrouver le chemin de la dignité humaine.Une femme en enfer nous apporte le détail de cette aventure.Faut-il avouer que le livre nous déçoit un peu?L’auteur insiste beaucoup trop sur la première période de sa vie.La minutie avec laquelle elle raconte les épisodes de sa vie luxueuse et dissolue rend fastidieuse la lecture de bon nombre de pages.Par ailleurs, le livre a une indéniable portée éducative.Tous ceux-là qui flirtent avec l’alcool comme l’enfant joue avec le feu y trouveront une salutaire mise en garde.Quant à ceux qui connaissent l’affreuse déchéance de l’éthylisme, ils y puiseront un puissant motif d’espoir.R.LECLERC Pour les jeunes La belle aventure de p un u/tuit ut ICWTION par Jeanne Danemarie 75 pages Illustrations $0.75 Chex FIDES 7 LE FILM “jk iti j* grilles Cote des films Franco-itolien (1941).Drame d'otin»*-phàro, réalisé par René Clément, »,iter-prété par Joan Gob In, Isa Miro'.da at Vara faklii.Primé au festival io Cannas 1949.Au ciné-club de C.B.F.T., le 24 août dernier, on nous présentait une intéressante réalisation de René Clément, à qui nous devons plusieurs oeuvres marquantes, notamment La bataille du rail et La belle et la bête.L’intrigue de Au delà des grilles est assez banale: Pierre a tué sa maîtresse en France et fuit à bord d’un cargo.Une rage de dents le force à descendre à Gênes.Il y rencontre une petite fille qui lui sert de guide, puis la mère de l’enfant, Martha, qui vit séparée de son mari.Pierre et Martha s’éprennent rapidement l’un de l’autre.La fillette, un peu jalouse, voit cet amour d’un mauvais oeil.Après quelques jours d’un bonheur bien précaire, Pierre tombe dans les filets de la police.Martha et sa fille reprennent le cours de leur vie, un peu plus malheureuses qu’auparavant.Il ne se passe rien d’extraordinaire dans ce drame vécu à même la vie misérable des habitants d’un quartier dévasté de Gênes.L’action se déroule au fil des jours.Les héros semblent n’avoir pas d’avenir.Pierre sait bien qu’il finira en prison.Quant à Martha, elle déclare ne pas regarder plus loin que le bout de son nez.Il se dégage de l’ensemble une impression de pessimisme et de fatalité.Le réalisateur accorde beaucoup d’importance au décor où évoluent ses personnages et aux objets qui les entourent.La photographie est intéressante.Soulignons par exemple la vue en plongée de l’attroupement autour de Martha et de son mari qui se disputent la garde de leur enfant, la scène où Pierre avoue à Martha qu’il a tué une ftmme.Cependant l’écran réduit ne l’appareil de télévision ne rend pas justice aux images.Le:’ deux principaux rôles féminins .’ont bien rendus.La petite Vera l>ichi a une figure très ex-pressiv * - — c’pst sur son visage qu’on suit les diverses phases de l’opéra ion où Pierre se fait extraire me dent.Le jeu d’Isa Miranda ert nuancé mais son débit est trop rapide et nous perdons une bonne partie de ses répliques.Quant à Jean Gabin, eh! bien, c’est Jean Gabin dans le rôle d’assassin en fuite qui lui est devenu classique.Nous n’insisterons pas sur le côté technique du film; MM.Réal Benoit et Pierre Boucher l’ont exposé avec beaucoup de maîtrise.Nous signalerons plutôt un autre aspect qui n’a pas été abordé par les commentateurs, à savoir le jugement qu’il faut porter sur le comportement des personnages.Un film, ce n’est pas seulement une série d’images agencées avec plus ou moins d’art, c’est une tranche de vie qui se déroule devant nos yeux avec des personnages fictifs sans doute mais dont les actes ont une portée morale.Que faut-il penser en effet de cet homme qui a tué et n’en éprouve aucun remords, qui semble à peine se souvenir de son crime?Et de l’illogisme de cette femme: elle est en instance de divorce soit disant pour soustraire sa fille au milieu de boites de nuit où vit son mari et, par ailleurs, elle tombe amoureuse d’un inconnu de passage, assassin par surcroît, et envisage de refaire sa vie avec lui?Ces situations équivoques de même que l’atmosphère pénible de l’ensemble font réserver ce spectacle aux adultes avertis.R.DUCHESNE Voici la cote des films récemment projetés sur nos écrans, telle que donnée par le Centre diocésain du Cinéma de Montréal.Films de langue française La déesse d'or .pour odultes in quatrième vHesse.pour adultes, avec réserves Je dois tuer .pour adultes, avec réserves Oklahoma .pour adultes Retour au paradis .pour adultes, avec réserves Stalag 17.pour adultes Treize à table .pour adultes.avec réserves Le triomphe de Buffalo Billpour adultes Vacances romaines .pour adultes Le vol du secret de ratomepour adultes Films de langue anglaise The Atomic Men .pour tous The Crime against Joe .pour adultes D Day Sixth of June- pour adultes Emergency HospHal .pour adultes Foreign Intrigue .pour adultes Gate of Hell .pour adultes The Greet Locomotive Chase pour tous Headline Hunters.pour adultes Hilda Crane .pour adultes The King and I.pour tous King of the Coral Sea .pour tous Picnic .pour odultes, avec réserves The Proud Ones.pour tous Rebel in Town .pour odultes, avec réserves The Rose Tattoo.pour odultes, avec réserves Screaming Eagles .pour tous Trail of the Lonesome Pine pour tous Whispering Smith .pour adultes World Without End .pour tous C.B.F.T.Au-delà des grilles.pour odultes, avec réserves La bataille .à déconseiller Boule de suif .à dcvunseiller L'étemelle victime.pour odultes Festival Chaplin .pour tous Manon .à proscrire Martin Roumagnoc .à déconseiller Mon curé chez les riches .pour odultes, avec réserves Les réprouvés .pour odultes, avec réserves Riz amer .à déconseiller Six heures è perdre .pour odultes Taxi de nuH.pour odultes Veille d'armes .pour tous N.B.— Les films cotés “pour adultes, avec réserves” s’adressent à un public d’adultes particulièrement avertis et ne conviennent jamais aux adolescents.8
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