Lectures, 1 février 1957, vendredi 1 février 1957
LECTURES Nouvelle série Vol.3 —No 11 Montréal, 1er février 1957 “Les Racines du ciel”*» Il n’est pas facile d’accès, ce roman, touffu comme la brousse africaine qui en constitue la toile de fond.Au prime abord, le plan est assez déconcertant avec ces multiples pistes sur lesquelles le lecteur est lancé, avec cette étourdissante gymnastique des retours en arrière et des vues sur l’avenir qui se mêlent à la prise de conscience du présent.Et, pour tenir le lecteur en haleine, que de dialogues interminables, bourrés de phrases qui n’en finissent plus! Cependant, le lecteur qui saura tenir le coup n’aura pas lieu de regretter l’effort de sa patience.Le dernier livre couronné par le Prix Goncourt n est pas une œuvre quelconque, en dépit des réserves auxquelles il donne lieu.Pour qui saura le lire dans la lumière de la foi, ce livre offre un saisissant tableau de notre monde moderne, assoiffé de liberté et d’amour, à la fois déçu et aveuglé par les idéologies les plus diverses et les plus contradictoires, infiniment las d’inutiles hécatombes, un inonde où l’homme, parce qu’il ignore son Dieu, est en proie à l’inénarrable détresse des enfants nés de père inconnu.11 faudrait des pages et des pages pour résumer, sans le trahir par la brièveté d’un schéma, un roman aussi dense, une intrigue aussi nourrie de considérants de tous ordres.Disons seulement que l’aventure centrale du livre, le nœud autour duquel gravite le roman, est la croisade entreprise par Morel pour lutter contre les odieuses chasses à l’éléphant qui se pratiquent en Afrique sur une haute échelle.Comme thème de roman, c’est assez inattendu.Mais n'allez pas vous prononcer trop vite: l'objet de l’enjeu est autrement plus important que la préservation de la faune africaine.11 s’agit d’un baroud d’honneur.Voici comment le définit l’un des nombreux personnages mêlés à l'aventure, Laurençot: « .Vous savez [.J ce que l'Afrique perdra lorsqu'elle perdra ses éléphants (.) Comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et les plus nobles manifestations de la vie.Nos artistes, nos architectes, nos savants, nos penseurs suent sang et eau pour rendre la vie plus belle, et en même temps nous nous enfonçons dans nos dernières forêts, la main sur la gâchette d’une arme automatique (.) Il faut résister contre cette dégradation de la dernière beauté de la terre et de l’idée que l’homme se fait des lieux qu’il habite.Est-ce que nous ne sommes vraiment plus capables de respecter la nature, la liberté vivante, qui n’a pas de rendement, pas d’utilité, pas d’autre objet que de se laisser entrevoir de temps en temps?(.) Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert à faire des semelles ou des machines à coudre, qu’ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps.C’est alors seulement que l’on pourra commencer à parler d'une civilisation.Une civilisation uniquement utilitaire ira toujours jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu'aux camps de travail forcé.Il nous faut laisser de la marge (.) les hommes n’ont jamais eu plus besoin de compagnie qu’aujourd’hui.On a besoin de tous les chiens, de tous les chats, de tous les canaris et de toutes les bestioles qu’on peut trouver (.) Les hommes ont besoin d’amitié.» (P.73-74) Comme thème de roman, cela ne manque pas d’originalité.Aussi bien faut-il lire le livre pour comprendre la plausibilité d’une aventure, insolite au prime abord.L’art du romancier a su faire coller au réel un drame d’ordre tout spirituel.Morel et ses acolytes ont des antécédents qui justifient ce maquis nouveau genre où ils se sont réfugiés.Et autour de ces maquisards, quelle galerie de personnages hauts en couleur, venus de tous les coins du monde, pour voir leur aventure spirituelle se cristalliser autour de celle de Morel! Tous témoignent, à leur manière, des besoins profonds du monde moderne et des maladies qui secrètement le minent.Il faut admirer l’art du romancier d’avoir réussi à rendre si vivant et si prenant un livre où l’argumentation tient une si large place.Passé le barbelé des cinquante ou soixante premières pages, le lecteur est conquis et veut connaître tous les débats de ce procès d’humanité qui s’instruit.Tous les témoins cités à la barre ont de (Suite à la page 106) LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-l PLateau 8335 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.“les Racines du ciel” (Suite de la page 105) quoi piquei sa curiosité: Minna, cette étrange figure de prostituée séduite par l’idéal de Morel, l’Américain Abe Fields, un as du reportage photographique, Saint-Denis, Orsini, Omando, Forsythe, etc.Les pages d’éloquence passionnée succèdent à d’autres empreintes de touchante tendresse.Il y a des chapitres de fine ironie, d’autres d'un humour désopilant.Il y a aussi, abondantes, de ces courtes phrases qui, en deux traits caricaturaux, vous donnent l’essentiel d’une physionomie, immortalisent un portrait ou exécutent gentiment un travers: « Les rides parurent se lever dans la jeunesse du sourire.» (P.54) [Son visage d’hépatiquel « ressemblait à un oreiller sur lequel on aurait beaucoup et mal dormi ».(P.65) Orsini, le misanthrope « avait le pouvoir de réduire tout l’horizon humain aux dimensions d’une pointe d’épingle ».(P.36) Le lecteur catholique qui a suivi le romancier sur tous les sentiers de sa quête spirituelle, constatera que cette quête s’arrête à mi-chemin.La mystique de Morel, si belle soit-elle, reste trop humaine pour n’être pas vouée à la caducité, comme toute entreprise de rédemption de l’homme par lui-même.L’homme n’aura de respect pour la création et les créatures que du jour où Dieu, son Créateur et Père sera maître de son cœur.R.LECLERC 1.GARY (R.), Les Racines du Ciel.Roman.Paris, Gallimard, 1956.443p.21cm.Appelle des réserves N.B.On lira avec profit, dans le numéro de décembre 1956 de la Revue des cercles d’études d’Angers, un excellent article paru sur Les racines du ciel.BEARN (P.), p.110 CARRE (A.-M.), p.108 DANIELOU (J.), p.108-109 GARRIGOU-LAGRANGE (R.), p.107-108 GARY (R.), p.105-106 GOSSET (R.et P.), p.111 I bbUIObO UOIIO bb IIUIIIül U JAMESON (E.), p.113 LEVAILLANT (M.), p.112 NEWMAN, p.112 PIERRE (Abbé), p.110 SCHWILL (G.L.), p.113 VAUTH1ER (G.), p.110 Publication approuvée par l’Ordinaire 106 LimiUÏUIIE ÉTRANGÈRE Étude critique i Tuition du prêtre avec le Christ.”'0 par le R.P.R.Garrigou-lagrange La réputation de l’A.n’est plus à faire.Ses nombreux ouvrages sur la théologie ascétique et mystique lui valent d'être considéré comme l’un des meilleurs spécialistes en cette matière.L'union du prêtre avec le Christ, Prêtre et Victime est une œuvre digne des précédentes, dont certaines traitent déjà, plus ou moins longuement, de questions exposées dans le présent volume.Celui-ci est un cours de théologie spirituelle pour les prêtres, que Dom Emile Bertaud, o.s.b., a traduit de l’original latin.Le fondement dogmatique de cette étude constitue une première partie.L’A.considère d’abord le sacerdoce du Christ, qui « .a été et est toujours en même temps prêtre et victime » (p.22).Notre sacerdoce étant une participation de celui du Christ, l’A.en fait voir ainsi la sublimité.Dans le même but, il rappelle aussi que, selon le concile de Trente, il est de foi que « .la hiérarchie, instituée par une ordonnance divine, se compose des évêques, des prêtres et des ministres * (Denz.966).A ce sujet, signalons que le Droit canonique distingue la hiérarchie d’ordre, laquelle se compose, de droit divin, des évêques, des prêtres et de ministres qui sont au moins les diacres, ainsi que la hiérarchie de juridiction qui comprend, de droit divin, le Souverain Pontife et l’épiscopat qui lui est subordonné (can.108 § 3).Et l’A.ajoute, suivant ici beaucoup de théologiens ainsi que saint Thomas et ses disciples, que « .l’épiscopat n’est pas un sacrement distinct de la prêtrise, mais étend seulement le caractère sacerdotal au pouvoir d’ordonner et de confirmer, pouvoir qui ne surpasse pas la capacité de consacrer l’Eucharistie, qui est le sacrement et le sacrifice suprêmes > (p.37-38).En d’autres termes, « .l’évêque n’a pas, par rapport à la Consécration, un pouvoir supérieur à celui du prêtre » (p.48).Ces pensées ne font que reprendre en substance la doctrine même de saint Thomas d’Aquin (Supp., q.40, a.4), et elles pourront être utiles à quelques théologiens de la spiritualité du clergé diocésain dont les affirmations sur ce point paraissent parfois assez aventureuses! L’A.insiste ensuite sur la haute finalité du caractère sacerdotal et de la grâce sacramentelle spéciale, effets du sacrement de l’Ordre qui sont définis comme des articles de foi (Denz.964 et 959).Le caractère est conféré en vue de « .l’accomplissement valide des actes sacerdotaux » (p.38), alors que la grâce sacramentelle de l’Ordre a pour fin « .d’exercer dignement, saintement et toujours plus saintement, les fonctions sacerdotales > (p.41).Parmi les pages les plus lumineuses de cet ouvrage, il convient de placer celles qui traitent, d’une façon assez élaborée, de la grâce sacramentelle.Ce problème est difficile, et il pourrait bien constituer le thème d’une thèse de doctorat.L’A.l’aborde méthodiquement en commençant non par sa nature, qui est moins connue d’après la Révélation, mais par sa finalité.II essaie de circonscrire ce qu’elle ajoute à la grâce habituelle commune, pour conclure, selon l’opinion la plus probable, que « .la grâce sacramentelle est un mode particulier et une énergie spéciale de la grâce sanctifiante, qui influe sur les actes des vertus >, et « .qui fonde le droit moral à recevoir ultérieurement les grâces actuelles correspondantes » (p.45).Quant à la grâce sacramentelle de l’Ordre, dont la fin est l’accomplissement digne et saint des actes sacerdotaux, elle est « .comme une esquisse de la physionomie spirituelle du prêtre lui-même » (p.47).La deuxième partie considère la vie intime du prêtre.Elle expose d’abord ce que doit être la vie du Christ chef en nous.Comme conséquence, l’union du prêtre avec le Christ Prêtre est exigée par son sacerdoce lui-même, par ses fonctions envers le Corps sacramentel et le Corps mystique du Christ.De plus, le prêtre doit être uni au Christ Victime, « .afin de ressembler au Christ et de travailler, suivant sa faible mesure, au salut des âmes par les mêmes moyens que le Christ lui-même * (p.112).L’activité du prêtre est l’objet de la dernière partie, qui concerne le ministère de la prédication, de la confession et de la direction.L’A.établit 107 une bonne synthèse des principaux éléments de pastorale pour chacun de ces secteurs.Ces considérations sont suffisantes pour le ministère courant, sans toutefois être exhaustives, notamment pour la direction des commençants, des progressants et des parfaits, que l’A.a longuement et savamment étudiée dans d’autres ouvrages, tels que: Les trois âges de la vie intérieure, Perfection chrétienne et contemplation, L'Amour de Dieu et la Croix de Jésus, Les trois conversions et les trois voies.Les deux premières parties surtout présentent une doctrine très dense et très enrichissante.La méditation de ces pages stimulera le prêtre à travailler à sa sanctification personnelle, d’autant plus que « .on enseigne communément que le prêtre, même séculier, doit tendre à la perfection proprement dite, en raison de son ordination et de ses fonctions sacerdotales; bien plus, la célébration de la Messe et la sanctification des âmes exigent de lui une sainteté intérieure plus grande que n’en requiert l’état religieux comme tel, sans le sacerdoce, par exemple dans un frère convers ou dans une moniale > (p.79).Ovila MELANÇON (1) GARRIGOU-LAGRANGE (Réginald), o.p.L'UNION DU PRETRE A VEC LE CHRIST PREIRE ET VICTIME.Cours de théologie spirituelle pour les prêtres.Traduction sur l’original latin faite par le R.P.Dom Emile Bertaud, o.s.b., de l’Abbaye de St-Wan-drille.France, et revue par l’auteur.[Montréal, Editions du Lévrier] 1956.317p.19.5cm.Pour tous Notices bibliographiques Religion [2] CARRE (A.-M.), o.p.BAPTISES DANS LE CHRIST.Paris, Editions du Cerf, 1955.74p.18.5cm.Pour tous L'auteur a réuni dans cette plaquette quelques instructions de carême.Il ne faut donc pas exiger de ces lignes alertes la rigueur d’un traité de théologie.Il faut tout simplement accepter de méditer sur le sacrement de baptême, la porte du mystère chrétien.Le P.Carré s’inspire des meilleurs théologiens et son exposé, malgré sa concision, est d’une grande richesse doctrinale.Les deux derniers chapitres prennent une importance spéciale puisqu’ils attirent l’attention sur des points de doctrine que trop de manuels de théologie négligent: le don de l’Esprit dans le baptême et la relation du baptême à l’eucharistie.Bref, un petit livre qu’il est bon de lire et méditer pour comprendre le sens profond du baptême et du mystère chrétien.Paul-Emile ROY, c.s.c.DANIELOU (Jean) s.j.SAINTETE ET ACTION TEMPORELLE.[Tournai (Belgique)] Desclée de Brouwer & Cie.60p.18cm.(Coll.Le monde et la foi, no 268) Pour tous Le P.Daniélou nous donne ici quatre articles sur l’engagement chrétien.Quatre chapitres qui définissent les relations du chrétien engagé à Dieu et à ses frères dans l’Eglise.Il fallait d’abord montrer ce qu’est la sainteté chrétienne et dissiper certaines équivoques à ce sujet.Si la sainteté dit relation à Dieu, participation à sa perfection, elle ne nous détourne pas pour cela de nos frères.Elle nous est en effet communiquée par l’Esprit-Saint dont l’action s’exerce par le moyen de l’Eglise.La sainteté s’exerce dans la communauté chrétienne qui est le lieu où l’Esprit-Saint est présent.Ceci explique qu’elle ne nous détourne pas de nos frères.« Tout à l’inverse, c’est près de Dieu que le chrétien trouve la force d’accomplir fidèlement et courageusement les tâches qui sont les siennes > (p.13).C’est près de Dieu que le chrétien trouve la force de servir ses frères.Si les chrétiens ont manqué à leur devoir social, ce n’est pas qu’ils se soient trop occupés de Dieu, c’est qu’ils l’ont trop négligé.On ne leur reproche pas d’être trop saints mais de ne pas l’être assez.L'auteur décrit ensuite les principales articulations de cette sainteté.Il nous parle de la charité, de l’obéissance à Dieu et de la vraie liberté 108 chrétienne.11 nous met en garde contre certaines tendances, certains courants de pensée qui faussent la doctrine du Christ.Il dénonce plusieurs associations d’idées plus ou moins hétérodoxes.La lecture de ce petit livre nous éclaire, nous instruit, nous aide à poser les principes d’un engagement authentique.Des pages que tous, clercs et laïcs, auraient profit à lire et à méditer.Paul-Emile ROY, c.s.c.DAN1ELOU (Jean) s.j.DIEU ET NOUS.Paris, Bernard Grasset [1956].250p.18.5cm.(Coll.Eglise et temps présent).$2.65 (frais de port en plus) Pour tous La façon dont on pose les problèmes est souvent plus importante que les solutions qu’on leur apporte.Car l’esprit ne vit pas seulement de solutions, de preuves, moins encore de recettes.Il vit d’équilibre et de vérité, de sincérité et de fidélité au réel.Ce qui intéresse surtout dans ce petit livre du Père Daniélou, c’est l’intelligence avec laquelle les problèmes de la connaissance de Dieu sont abordés.Il n'est pas besoin de se contorsionner l’esprit ni de dresser de longues argumentations.Il suffit de regarder ce qui s’est passé et ce qui se passe autour de soi.On voit que Dieu se révèle à l'homme.C’est pourquoi le propos de l’auteur n’est pas de dire ce que, lui, il pense de Dieu, mais ce que Dieu a dit de lui-même (p.10).C’est dans cet esprit que l’auteur établit les étapes progressives par lesquelles Dieu s’est manifesté à l'homme et par lesquelles il peut être retrouvé.Il parle d’abord du Dieu des religions.Il s’agit des religions païennes antérieures au judaïsme.Malgré leurs erreurs, ces religions contenaient certains éléments positifs de vérité qui constituaient comme des pierres d’attente par rapport au Judaïsme et au Christianisme.« L'idolâtrie, dit l’auteur, est une dégradation coupable de la révélation cosmique par laquelle l'homme peut parfaitement parvenir à la connaissance du vrai Dieu » (p.21).Avant de parler à l’homme par Moïse et par Jésus-Christ, Dieu lui avait déjà parlé à travers le cosmos et la conscience.Mais cette religion cosmique n’a jamais existé à l’état pur.C’est pourquoi il faut étudier les principales déformations de l’idée de Dieu dans ces religions.L’auteur les ramène à trois principales: le polythéisme, le panthéisme et le dualisme.L’auteur nous parle ensuite du Dieu des philosophes en se plaçant « à l’intérieur d’une perspective théologique ».Il montre à la fois la valeur et les limites de la connaissance rationnelle de Dieu.La foi nous fait pénétrer davantage dans la connaissance de Dieu.La raison nous dit que Dieu est.La foi nous dit ce qu’il est.Il faut donc examiner ce que la Bible nous dit de Dieu en prenant soin de ne pas donner à son langage une signification qui ne serait pas la sienne.L’auteur attire ainsi l’attention sur quatre attributs de Dieu que nous connaissons par la Révélation: la vérité, qui désigne une solidité sur laquelle l’homme peut s’appuyer; la justice, qui exprime la fidélité de Dieu à ses engagements; l’amour, « un amour créateur qui suscite les personnes pour leur communiquer ses biens * (p.127); la sainteté qui exprime la transcendance de Dieu, Dieu étant le tout-autre, le séparé.Cette étude biblique des attributs de Dieu est d’une grande richesse spirituelle.Avec le Christ, la révélation de Dieu est complète.Le Christ nous introduit au mystère de la Trinité.Cette vie du Christ nous est donnée par l’Eglise.L’auteur nous parle du Dieu de l’Eglise.Il montre le rôle de l’esprit humain dans l’explication des données de l’Ecriture et de la Tradition, ce qui constitue la théologie.Enfin, un dernier chapitre traite du Dieu des mystiques, ces hommes qui font l’expérience de la présence de la Trinité à leur âme.Ces lignes sont d’une grande limpidité.Quand on a terminé la lecture de ce petit livre on est frappé de l’unité de conception qui l’anime.La pensée se développe progressivement, allant comme naturellement des degrés inférieurs de la connaissance de Dieu aux degrés suprêmes de la mystique.C’est un livre que tous les gens cultivés devraient lire pour dissiper certaines équivoques qui obscurcissent bien souvent l’intelligence du croyant.Paul-Emile ROY, c.s.c.Réédition Dans la collection "Rêve et Vie" Félix Leclerc ALLEGRO 12 fables pleines de saveur et de poésie.7e édition 22e mille 154 pages — Format 5 3/4 x 8 1/2 $1.50 (par la poste $1.60) Du même auteur ADAGIO (contes) 200 p.$1.50 ANDANTE (poèmes) 200 p.$1.50 (Ajouter $0.10 pour les frais de port) C | n I Ç 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal Il II I u 135, av.Provencher, St-Boniface, Man.109 VAUTHIER (G.) PRIONS AVEC LE ROI DAVID.Douze psaumes traduits à l’usage des enfants.Illustrations de Josette et Suzanne Boland.[Bruges (Belgique)] Desclée de Brouwer [1956].34p.ill.27.5cm.Pour enfants Une très belle initiative pour permettre aux jeunes enfants un premier contact avec les prières liturgiques.La poésie des psaumes se prête particulièrement bien à cet effort.L’auteur n’a eu, ici et là, qu’à rajeunir un peu la fraîcheur de l’expression pour qu’elle puisse, à merveille, exprimer les sentiments de l'enfant.Qu’on compare, par exemple, cette version du Psaume 51 (50) donnée par la Bible de Jérusalem : « Tu ne prendrais aucun plaisir au sacrifice, si j’offre un holocauste, tu n’en veux pas.Mon sacrifice, c’est un esprit brisé, d’un cœur brisé, broyé, tu n’as point de mépris.» avec la version enfantine : « Je vous ferais bien des cadeaux mais vous n’en voulez pas.Ce que vous voulez, c’est que je vous demande pardon, et que je ne recommence plus.* (p.20) R.L.4e édition J AI TANT AIME por Cécile Auelin Biographie d'OIivette Hollé (1917-1946) Préface de S.Em.le cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal.193 pages — Format 51/4x8 Couverture illustrée - Photos hors texte.$1.75 (por lo poste $1.85) AUX EDITIONS FIDES Sciences societies |*i| PIERRE (Abbé) VERS L'HOMME.Entretiens et conférences.Paris, Editions du Cerf, 1956.172p.photos (h.-t.) 18.5cm.(Coll.Homélies et Catéchèses) Pour tous « Il y a une chose que je n’ai jamais pu accepter, c’est qu’il y ait une rupture entre ceux qui, parce qu’ils sont croyants, estiment qu’ils sont dispensés de prendre honnêtement connaissance des faits, jugent que la science est sans importance, et ceux qui, passionnés de science, imaginent que, rien que par leur probité et leur énergie, ils seront capables de faire face aux problèmes que l’examen des faits leur a révélés.* (P.16-17) On sait que l’abbé Pierre, avec son cœur d’apôtre et sa parole de feu, a entrepris une sainte croisade pour unir ces deux catégories de personnes.Dans le livre qui vient de paraître et qui contient un certain nombre des allocutions et des interviews qu’il a donnés, il expose tous les problèmes auxquels l’homme moderne doit faire face: le manque de pain, de santé, de logement, de travail, etc.Envisagés à l’échelle mondiale, ces problèmes ont de quoi inquiéter tous ceux là qui ne manquent de rien, et restent sourds à la plainte du Christ qui gémit dans ce prochain mal nourri et mal vêtu que nous cotoyons.Un livre à répandre largement.R.L.Sciences pures [5] BEARN (Pierre) A LA CONQUETE DE LA MER.Paris, Editions Bourrelier, 1956.124p.ill.20cm.(Coll.La joie de connaître).Relié.Pour tous Un livre de vulgarisation des connaissances maritimes.Depuis la pirogue jusqu’à la navigation motorisée que nous connaissons, une longue évolution s’est produite qu’il est intéressant de suivre.Et puis, que de choses on peut apprendre sur les éléments de la mer: vents, courants, marées, houle, etc.Le livre de Pierre Bearn, publié dans la collection La joie de connaître, nous donne là-dessus des notions pleines d’intérêt.Un chapitre sur l’Art de naviguer complète ce livre d’initiation.Avec sa couverture reliée, et ses abondantes illustrations, ce petit manuel plaira aux amis de la mer.A.C.110 Géographie |«ll| GOSSET (Pierre et Renée) i TERRIFIANTE ASIE.II.Chine rouge.An VII.Photographies inédites de Jean-Pierre Charbonnier.Paris, René Julliard [1956].278p.ill.photos (h.-t.) 19.5cm.$3.50 (frais de port en plus) A ppelle des réserves On ne saurait parler de cet ouvrage dans des termes élogieux après avoir lu « 600,000,000 de Chinois» par Robert Guillain1.Les deux livres ont essentiellement le même nombre de pages et le même format.Les deux reportages ont donc une valeur « quantitative * égale, néanmoins le volume de Robert Guillain est bien supérieur à celui de ses confrères Pierre et Renée Gosset.Guillain a du métier.C’est un enquêteur d’expérience.Il sait lire entre les lignes, devine les réticences de son interlocuteur, complète sa pensée.Il circule en détective, à l’affût du moindre indice sur le sujet qui le préoccupe.Pierre et Renée Gosset mènent leur enquête en amateurs.Ils restent superficiels, acceptent mieux les réponses de leurs interviewés.Ils n’arrivent pas toujours à établir un partage impartial entre les déclarations conçues dans les officines de la propagande et la situation réelle d’un secteur étudié.Les Gosset consacrent habituellement la majeure partie d’un chapitre à l'interview d’un représentant d’une classe de travailleurs: paysan, ouvrier, écrivain, étudiant, matrone de quartier, chef d’entreprise, etc.Nous assistons à l’entrevue; nous écoutons questions et réponses, observons le comportement et l’attitude des personnages en scène.Puis, Pierre et Renée Gosset complètent le chapitre par des observations personnelles.Critique trop souvent superficielle.Un brin d’ironie, une malice au sujet de la supposée « libération » ou du « grâce au président Mao » dont tout Chinois doit émailler sa conversation.Robert Guillain est plus sérieux, plus perspicace, plus intuitif.Ses interviews servent à étayer ses reportages plutôt qu’à en constituer la base, ils viennent confirmer et corroborer les avancés de l’auteur.Enfin, Guillain nous fait profiter de ses déplacements.En cours de route, il note ici et là, cite des chiffres, établit des comparaisons.Pierre et Renée Gosset sont plus avares de renseignements.Leurs reportages se confinent davantage à la cour du paysan, à l’intérieur d’une famille ouvrière, au bureau du directeur d’usine.Le cadre est restreint et l’intérêt du récit en souffre.Enfin, les Gosset ont un chapitre étonnant sur la situation religieuse en Chine.Ils ont le culot d’écrire de pareilles impostures : « Personne n'a été persécuté pour sa religion ».Sans blague ! Une telle déclaration nous rappelle le cynisme inouï d’un certain représentant de la Russie commentant aux Nations Unies la récente crise hongroise: « La situation est normale en Hongrie.Le gouvernement n’éprouve aucune difficulté sérieuse.Il n’est question ni de révolte ni de répression.» Mais continuons.Lisez-moi ces lignes extraites de la page 216: « On pense à l’incroyable folie que constitua la formation de ces « légions de Marie », bataillons levés et financés par les milieux catholiques pour mener une guerre de partisans contre le Gouvernement de Pékin ».Les services de renseignements de Mao Tsé Tung n’ont rien à envier à pareille déclaration.Mais voyons plus loin: « [.] les congrégations se livrèrent souvent en Chine à des opérations immobilières ou financières débordant un peu trop largement les cadres de leur apostolat.Le Père Robert (?) fut dans les années 30 le plus grand homme d’affaires de l’Extrême-Orient.» (!) Ce n’est pas à nous qu’on fera avaler de semblables couleuvres quand on sait le sort que l’on fit à Mgr Gustave Provost, de Saint-Eustache, et aux religieuses missionnaires canadiennes de l’Immaculée-Conception.Je vous réfère maintenant aux déclarations de Robert Guillain.Elles corroborent les témoignages des catholiques chinois rapportés par Jean Le-feuvre dans « Shanga'i : les enfants dans la ville ».En voici quelques extraits : « Il est clair que, pour le gouvernement communiste, l'élimination de toute influence étrangère n'était qu’un premier pas.Le deuxième, c'est de frapper l’Eglise en tant qu' Eg lise chinoise.Loin d’être laissée en paix, comme on aurait pu le croire, à partir du moment où elle ne compte plus que des Chinois et n’est plus dirigée que par des prêtres chinois, elle entre au contraire dans la pire période d’épreuves ».(* 600,000,000 de Chinois », page 222) « Mgr Kiong (évêque de Shanghaï) a toujours été jusqu aux dernières limites de la prudence et de la bonne volonté, me dit-on.Il n'a pas refusé la coexistence, il l'a cherchée au contraire, pour sauver son troupeau.Il a négocié aussi longtemps que possible dans l’espoir d’un modus vivendi.Les catholiques, sur ses conseils, se sont montrés des citoyens obéissants.Mais l’évêque, soutenu par tous ses fidèles, a marqué nettement les limites du terrain purement religieux, et là il s’est défendu héroïquement.Il ne voyait pas la possibilité de donner l’Eucharistie à des garçons qui font serment de lutter pour le communisme athée et matérialiste.Ce refus est aujourd'hui un des principaux crimes contre-révolutionnaires qui lui vaudront la mort.» (page 228).« Quiconque se donne la peine de se renseigner (Guillain parle plus haut des visiteurs « pressés et non informés *) dans un esprit d’objectivité apprend, avec mille exemples dramatiques, que sur le terrain religieux il y a crise et tragédie, alors que les autorités veulent faire croire que tout est normal.Des hommes meurent martyrs de leur foi dans les prisons, d'autres sont jetés dans les camps de travail, d’autres encore sont fusillés; des milliers et des milliers d'obéissances sont obtenues par la force et par la terreur.et tout est tranquille en surface: toutes les bouches disent que tout va bien.» (page 231).Et on vient nous dire qu’il n’y a pas de persécution religieuse en Chine ! Pour affirmer pareille chose, il faut être soit des farceurs, soit des naïfs ou des imbéciles.Clément SAINT-GERMAIN (1) Voir Lectures du 1er janvier 1957, p.89.111 Iiiü(jr [92] LEVAILLANT (Maurice) UNE AMITIE AMOUREUSE, MADAME DE STAËL ET MADAME REC AM 1ER.Lettres et documents inédits.[Paris] Hachette [1956].383p.pl.(h.-t.) 20cm.$4.45 (frais de port en plus) Pour adultes Si le mot était français, on dirait que ce livre décrit un phénomène parahumain.En morale naturelle, l’amour va de l’homme à la femme et de la femme à l’homme.Entre les deux femmes ici étudiées, si l’amitié de Mme Récamier pour Mme de Staël ne fut pas de l’amour, celle-ci parle du lien qui l’attache à Mme Récamier en des termes qu’aucun amoureux n’oserait employer ou même ne penserait à employer.Et c’est pourquoi ce volume n’est pas un livre pour enfants non plus que pour jeunes gens.L’esprit et le cœur de Mme de Staël étaient tous deux un volcan.Sa tête, en perpétuelle ébullition, accouchait à chaque instant de théories nouvelles, issues des idées de la Révolution.C’est ce qui l’établissait dans une opposition continuelle aux vues de Napoléon.Comme, en France, la liberté de pensée consiste alors à penser comme le pouvoir régnant, l’auteur du livre De l’Allemagne et de Corinne devait fatalement tomber victime de la guillotine impériale.Une grande partie de l’ouvrage raconte ce conflit, un conflit impensable ailleurs qu’en France; et M.Levaillant l’explique on ne peut mieux là où il met en parallèle les deux duellistes (p.265, cf.p.79).Pour se consoler de ses déboires politiques, fruit de son tour d’esprit, la seigneuresse de Cop-pet se réfugie dans l’amitié de Mme Récamier.Mais, son cœur tenant du volcan aussi bien que sa tête, elle a vite fait de donner à ce sentiment le langage et les allures mêmes de l’amour.Toute une autre partie du volume raconte alors et les effusions de cet amour et les jalousies qu’il exprime quand il ne se croit pas payé suffisamment de retour.11 se trouve enfin que, chacune de leur côté, les deux amoureuses possédaient une véritable cour de soupirants.Autour de Mme de Staël tournent Mathieu de Montmorency, Benjamin Constant, Prosper de Barante, Jean de Rocca qu’elle finira par épouser; on voit graviter autour de Mme Récamier le prince Auguste de Prusse, le même Benjamin Constant, Ballanche, Auguste de Staël et, en dernier lieu, Chateaubriand.L’histoire de ces relations, conduites au milieu d’orages et de tempêtes, coupées de prises et de reprises, faites de désespoirs et d’espérances, occupe le reste de ce volume qu’on serait tenté d’intituler Histoire d’un volcan.Elle ouvre de tristes perspectives sur les théories morales de tous ces personnages; à lire quelques-unes d’entre elles (p.165-169), on se demande si l’on a affaire à des êtres humains normaux ou à des détraqués.Pour comprendre ce débordement, il faut se rappeler que toutes ces aventures se passent à une époque où domine encore la « sensiblerie », au vrai la sensualité, mise à la mode par le XVIIle siècle finissant.Le récit qu’en fait M.Levaillant se caractérise par les qualités qui distinguaient déjà son Lamartine: passion de l’inédit, souci minutieux du détail, clarté du plan, distinction et même noblesse de l’écriture.Il tient sans doute l’esprit de finesse qui marque son style des grands maîtres de la phrase française, Jules Girard, Gaston Boissier, Constant Martha.On n’écrit plus guère ni avec cette délicatesse ni avec cette souplesse.Qu’on en juge par cette simple image de la préface: « On peut considérer Coppet comme un vaste château d’eau, d’où ruisselèrent mille courants d’idées irriguant et fécondant bien des esprits jusqu’à la fin du siècle.» Chez nous, on n’apprendra pas sans surprise que « bataclan », un équivalent de « drigaille », est d’origine genevoise (p.233).Et l’on ne verra pas sans étonnement non plus, mêlée à cette aventure volcanique, la grande et noble famille de nos Irumberry de Salaberry (p.234).Pourquoi faut-il que, en raison de sa matière trop souvent scabreuse, cet ouvrage ne puisse être recommandé à la jeunesse comme un modèle d’art d’écrire en français?Emile CHARTIER, p.d.NEWMAN ECRITS A UTOBIOGRA PHIQUES.Etablissement du texte et introduction par Henry Tristram de l’Oratoire.Traductions par Isabelle Ginot.Révision, notes et avant-propos par Louis Bouyer de l’Oratoire.[Bruges (Belgique)] Desclée de Brouwer [1956].443p.17.5cm.(Coll.Textes newmaniens, II).Relié Pour tous On a dit de l’œuvre de Newman: « Depuis saint Thomas d’Aquin il ne semble pas qu’il y en ait eu aucune autre dont l’importance soit comparable dans l’Eglise ».(R.P.Przywara, s.j.) 112 On sait par ailleurs que les grands penseurs se sont plus à fréquenter assidûment le célèbre converti.Aussi ne peut-on qu’applaudir à la publication des Textes newmaniens chez les Editions Desclée de Brouwer.Le dernier volume paru est le deuxième de la série et il comprend les Ecrits autobiographiques du Cardinal.Entreprise par des spécialistes (le R.P.Henry Tristram, L.Bouyer et M.Nédoncelle), avec tout l’appareil scientifique nécessaire à une telle œuvre, ces volumes sont dignes de figurer dans la bibliothèque de toute personne cultivée.JAMESON (Egon) et SCHWILL (Günter L.) DIAMANTS ET MILLIARDS.Traduit de l'allemand par R.Jouan.Paris, Editions France-Empire [1956].269p.pl.(h.-t.) 19cm.Pour adultes Diamants et Milliards est traduit de l’allemand par R.Jouan.Sous ce titre énigmatique les auteurs ont voulu nous présenter, en des chapitres de deux, trois ou quatre pages, plusieurs des hommes les plus riches ou ayant les plus forts revenus de notre temps.Les auteurs nous signalent tout d’abord quelques détenteurs de fortunes incalculables, notamment Pierre Samuel Eleuthère Irénée Du Pont, l’un des continuateurs de la dynastie des Du Pont de Nemours, décédé en 1954.Tout à côté, on nous présente le roi Séoud et Hailé Sé-lassié.Tout cela n'émeut pas beaucoup le lecteur.On se sent davantage retenu par la fortune de Gilbert A.et Charles LaBine, par l’aventure financière d'Helena Rubinstein et celle de certains artistes du cinéma, dont Chaplin évidemment, par le succès financier d’écrivains comme Agatha Christie, d’éditeurs, de metteurs en scène réputés, de créateurs comme Henry J.Kaiser, etc.Le personnage qui nous a le plus frappé est Jean Monnet.Est-ce parce qu’il est français ?Est-ce parce que cet homme merveilleux, responsable dans une large mesure du cartel de l’acier n’est pas l’un des plus riches du monde, et parce qu’il a su aider son pays aux heures difficiles ?11 est en dehors de sa richesse un beau type humain.Une grande figure à noter aussi est celle de Clare Boothe-Luce qui fut, jusqu’à ces toutes dernières semaines, ambassadrice des Etats-Unis en Italie.Cet ouvrage est extrêmement intéressant mais il ne nous fournit pas les noms des grands Suisses, Belges, Anglais, Canadiens de langue anglaise ou Canadiens de langue française qui auraient pu figurer avec avantage à côté de ceux dont la silhouette a été campée.Evidemment un tel ouvrage est toujours incomplet.Une chose déplorable à noter cependant, c’est qu’à l’exception de Monnet et de quelques autres, la plupart ont un ou plusieurs divorces à leur crédit.Nouvelle preuve que l'argent ne va pas toujours avec la morale.En somme, un kaléidoscope de gens cossus qui intéressera certains lecteurs.Rodolphe LAPLANTE Vient de paraître „«W tbistoire Sainte DANIEL-ROPS de l'Académie française Etude très approfondie sur l'histoire du peuple de la Bible, depuis la vocation d'Abraham jusqu'à l'avènement du Messie.Collection “Livre de poche historique” - 500 pages 9 cartes.$1.00 (par la poste $1.08) En vente aux ÉDITIONS FIDES, 25 est, rue St-Jacques, Montréal 113 FAITS ET COMMENTAIRES Le rayonnement des Editions tides dans l'Ouest “Une institution essentielle aux Canadiens-français et aux catholiques du.« On lit de plus en plus dans l’Ouest et Fides doit sans cesse mieux s’organiser pour répondre à la demande croissante de bons livres de la part du public », déclarait, ces jours derniers, le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., directeur général de Fides, qui revient d'un bref séjour à Saint-Boniface, C’est en 1954, à la demande de S.E.Mgr Maurice Baudoux, archevêque de Saint-Boniface, que la Corporation des Editions Fides de Montréal prenait la direction de la Librairie Catholique et en faisait une des succursales de Fides.Depuis lors, la succursale n’a fait que prospérer et récemment elle s’installait dans des locaux plus spacieux situés sur l’avenue Provencher, la principale artère de Saint-Boniface.« L’accroissement des activités et l’agrandissement des locaux, nous dit le Père Martin, nous ont obligés à augmenter le personnel.» Désormais, c’est M.Léo Dufault qui sera le gérant de la librairie.Né au Manitoba, M.Dufault a fait ses études secondaires au Collège de Saint-Boniface et il a obtenu son baccalauréat ès arts en 1949.Il a poursuivi ensuite des études supérieures à l’Université du Manitoba.M.Dufault a occupé des postes importants au sein des différentes organisations sociales, et notamment des Chevaliers de Colomb.Il a été nommé récemment Grand Chevalier.Par ailleurs Mlle Noëlie Palud et M.Victor Gray, qui faisaient déjà partie du personnel de la succursale, occuperont respectivement les postes de libraire et de propagandiste.« Le progrès rapide de Fides dans l’Ouest s'explique, dit le Père Martin, pour une très grande part par la collaboration qu’ont accordée à l'œuvre les chefs religieux, notamment S.E.Mgr Baudoux et S.E.Mgr Pocock, les mouvements d’Action catholique et sociale et surtout l’Association d’Education des Canadiens-français du Manitoba.» Et le P.Martin tient à citer en terminant ce témoignage qu’un journaliste de Winnipeg rendait récemment à l’œuvre: « Fides peut déjà s’ajouter, au même titre que La Liberté et le Patriote et le poste de radio C.K.S.B., aux institutions essentielles aux Canadiens-français et à tous les catholiques du Manitoba ».La démission du R.P.Gabel, comme rédacteur en chef de La Croix C'est avec beaucoup de regret que nous avons appris la démission du R.P.Emile Gabel, comme rédacteur en chef du journal « La Croix ».On sait que l’éminent apôtre de la plume occupait ce poste depuis 1949, alors qu’il succédait au R.P.Léon Merklen.Le Père Gabel a su déployer tout son dynamisme et ses talents pour adapter de plus en plus le journal à la mission qu’il doit accomplir en France.« La Croix » est en effet le seul quotidien catholique français, et son tirage atteint les 150,000 exemplaires.Encore en ces tout derniers temps, au mois de novembre précisément, le Père Gabel avait modifié la présentation extérieure du journal.L’influence du distingué religieux ne se limitait pas au champ pourtant si vaste du journal quotidien.Il s’est beaucoup intéressé à la Fédé- ration internationale des Editeurs de Journaux et Périodiques catholiques; il en est le président depuis plusieurs années.En outre le Père Gabel a donné plusieurs conférences et écrit de nombreux articles sur la mission du journaliste catholique et sur la façon de rédiger un journal à l’heure actu-elle.Des raisons de santé ont obligé l’éminent religieux à abandonner la tâche qu’il poursuivait avec autant de zèle que de compétence.Nous espérons qu'un repos bien mérité lui permettra de refaire ses forces et de continuer à exercer son apostolat dans le domaine de la presse catholique.C’est ce que souhaitent, dans ce Canada qu’il a visité il y a quelques années, les nombreux amis du R.P.Gabel.Paul-A.MARTIN, c.s.c.114 ^ “DL De Commandments » Américain (1956).Vistavision.Technicolor.Drame biblique réalisé par Cecil B.DeMille, interprété par Charlton Heston, Anne Baxter, Yul Brynner et autres.i The Ten Commandments est une œuvre colossale à plusieurs points de vue: le prix atteint dix millions de dollars; sept mille personnes ont travaillé au montage; des tonnes de matériaux ont été requis pour les travaux de mise en scène; la porte de la ville de Ramsès a 107 pieds de hauteur, les colosses en plâtre ont 35 pieds; les prises de vue au sommet du Sinaï et la durée extraordinaire de la représentation (219 minutes) supposent un travail considérable.Voilà des renseignements que je connaissais avant de voir le film et qui illustrent bien le caractère colossal de l’entreprise.Compte tenu de toutes les circonstances de temps et de lieux, de mentalités et de personnes, les auteurs et les acteurs ne pouvaient faire beaucoup mieux pour représenter l’œuvre de Moïse, sauveur du peuple hébreu.En somme, c’est un succès.Nuançons maintenant cette affirmation globale.Quiconque connaît un peu l’ancienne Egypte d’après les résultats des découvertes archéologiques des cinquante dernières années ne peut que jouir des reconstructions matérielles exécutées par les metteurs en scènes.Les villes, les temples, les palais, le mobilier jusqu’au miroir en métal, ont été fidèlement reproduits.Cela crée une atmosphère propice à l’intelligence de nombreux passages bibliques.Les mœurs des anciens ont généralement été bien observées.Par exemple, les travaux des esclaves, les procédés de fabrication des briques, la vie à la cour du Pharaon, l’indescriptible cohue des petites gens.Notons cependant quelques invraisemblances: les relations entre hommes et femmes sont traitées trop à l’américaine; jamais Jéthro n’a dû penser à offrir ses filles au choix de Moïse dans une veillée sous la tente; les scènes hystériques autour du veau d’or sont excessives.Les acteurs évoluent à l’aise surtout dans les rôles profanes: Yul Brynner (Ramsès) m’a paru le plus à la hauteur de sa tâche.Moïse apparaît souvent comme un surhomme, alors que la Bible ne laisse pas cette impression: il avait de la difficulté à parler, il craignait la colère du Pharaon; après avoir hésité longtemps avant d’accepter sa mission, il faillit tout lâcher à plusieurs reprises.Charles Heston avait un rôle très difficile à jouer; il m’a semblé parfois un peu mal à l’aise.La fidélité historique.On a eu tort d’insister un peu trop dans la présentation sur la fidélité historique du film, car il y a des accrocs à l’histoire.11 faut d’abord déplorer que l’on ait voulu dorer cette histoire en l’enchâssant dans une intrigue d’amour artificielle, ce qui force les auteurs à fausser les données bibliques.Voici deux exemples: Moïse savait qu’il était hébreu puisqu’il a été élevé par sa mère au Palais du Pharaon; il n’a pas été libéré gentiment par Ramsès, mais il s’est enfui d’Egypte pour échapper à la police.La photographie est admirable.Les scènes du Sinaï sont grandioses.Le Sinaï demeure une image impressionnante de la puissance de Dieu.Pourquoi, à la fin du film, ne pas avoir montré Moïse au vrai mont Nébo, face à la vraie vallée du Jourdain et à la vraie Terre promise?Enfin, les leçons religieuses du film sont assez saillantes.Les œuvres merveilleuses accomplies lors de la sortie d’Egypte sont attribuées à Dieu.Dieu domine les hommes; le respect de sa loi est source de liberté vraie.La vision du buisson ardent et l’inscription mystérieuse de la loi dans le roc respectent bien la nature spirituelle de Dieu et son caractère transcendant.Voilà mes réflexions sur ce film qui mérite d’être classé parmi les grands spectacles.Il peut faire du bien en rappelant aux hommes d’aujourd’hui que les vrais luttes pour la liberté se sont faites et doivent encore se faire au nom de Dieu et dans le respect de sa loi.Les imperfections de l’œuvre manifestent une fois de plus combien l’art éprouve de difficulté à exprimer le spirituel.M A.POULIN 115 En vente à notre librairie — Beaux-Arts Dclahaye (H.), Hector Berlioz (Coll.Nos amis les musiciens).95p.1956.$1.00 Jankelevitch (V.), Ravel (Coll.Solfèges).191p.1956.$1.60 Ulanov (H.), Histoire du Jazz.414p.°I955.$5.40 littérature Noël (Marie), L’œuvre poétique de Marie Noël.493p.relié.1956.$8.80 Pascal, Pensées.342p.1955.$1.75 Coll.Classiques canadiens Dassonville (M.), Crémazie.96p.1956.$0.60 Frégault (L.et G.), Frontenac.96p.1956.$0.60 Lacroix (B.), o.p., Saint-Denys-Garneau.96p.1956.$0.60 Trudel (M.), Champlain.96p.1956.$0.60 Romans Alarcon (P.), Par-dessus les moulins.(B?) 219p.1956.$2.70 Benson (S.), Tobie et l'ange.(B) 366p.1956.$3.75 Boachon-Joffre (Y.), Rencontre à Grenade.(B) 253p.1956.$2.65 Boncompain (C.), Derrière le tableau.(B?) 221p.1956.$2.00 Bowen (E.), Les cœurs détruits.(B) 443p.c1950.$2.00 Castillou (H.), Verdict secret.(B) 317p.1956.$2.20 Cauvin (G.), Les flambeurs.(B?) 233p.1956.$2.70 Cesbron (G.), Les Innocents de Paris.(B) 268p.1956.$2.45 Chanson (A.), Adeline Vcnician.(B.) 216p.1956.$2.70 Cotte (J.L.), Les jeux de solitude.(B?) 341p.1956.$3.65 Dablon (C.), Le verger.148p.1956.$1.50 Dhôtel (A.), L'ile aux oiseaux de fer.(TB) 139p.1956.$1.95 Dyvonne, Près de lui, (B) 258p.$1.10 Fayet (C), Rhapsodie hongroise.(B) 249p.$1.10 Gennari (G,), Le plus triste plaisir, (B) 1956.241 p.$2.70 Hamelin-Rousseau (B.), Quand reviennent les outardes, (TB) 1956.176p.$2.00 Hamilton (G), L’erreur du superintendant Quild, 250p.$0.75 Jaunière (C), Si j’avais su, 1956.233p.$1.25 LaBrète (I.de), La source enchantée, (B) 256p.$1.10 Lanoux (A), Le commandant Watrin, (B?) 1956.327p.$3.90 Maurois (A.), Les roses de septembre, (B?) 1956.252p.$2.90 Opitz (K.L.), Mon général.(B?) 1956.187p.$2.15 Schlumberger (J.), Passion, (B?) 1956.136p.$1.95 Temple Baley (I.), Je suis allée à Londres, (B) 1956.262p.$1.10 Vergnas (R), Le mystère du Niagara, (B) 1956.230p.$2.00 Queffelec (H), Un feu s'allume sur la mer, (B) 1956.289p.relié .$4.35 Coll.Bibliothèque de ma fille Bernage (Berthe), Brigitte et le printemps de Marie-Agnès, 1956.187p.$1.10 Diélette, Le collier d’étoiles, 1956.187p.$1.10 Coll.La Frégate Aimery (C.), L'étrange aventure de Jean Deschamps, 1956.128p.$0.30 Coll.Marabout — livre de poche Chanslor (R.), Johny Guitare, (B?) 216p.$0.75 Hilton (J.), Les horizons perdus, (B) 216p.$0.75 Compensez (J.), Chantage, (B) 220p.$0.75 DenDoolard (A), Le vainqueur du Mont Blanc, (B) 249p.$0.75 Coll.Sentiers de l’aube Gotta (S.), Giannalisa, 1956.159p.$0.90 Ullin (C), Margaret et les conspirateurs, 1956.158p.$0.90 Romagny, Colonie de vacances, 1956.158p.$0.90 Teldy-Main, Gandala parmi les hautes herbes, 1956.159p.$0.90 Histoire Boyer de Latour (P.), Vérités sur l'Afrique du nord, 1956.204p.$2.70 Levack (B.), cssr.La confrérie de sainte Anne à Québec, 1956.20 lp.$2.00 Lissner (Y.), Ainsi vivaient nos ancêtres, 1955.4l3p.$7-85 Mirepoix (L.de), Le Coeur secret de St-Simon, 1956.235p.$2-70 Ritter (G.), Echec au dictateur (résistance allemande), 1956.336p.$4.45 Soustelle (J.), Aimée et souffrante Algérie, 1956.302p.*3.40 Géographie - Voyages Berger (M.), Les plus belles histoires d’aviation, (B?), 1956.281 p.$3 90 Jud (C.), Venise, ill.en coul.$4.90 Navarra (F.), J'ai trouvé l’arche de Noé, 1956.237p.$3-75 Viau (G), Le tour d’Afrique en 2 CV de 4 jeunes Français, 1956.204p.$3.90 Warren (C.E.), Torpilles humaines, 1956.$5.60 25 est, rue Saint-^acqueô, WontreJ - ft 8335 116 4249
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