Lectures, 1 février 1957, vendredi 15 février 1957
LECTURES Nouvelle série Vol.3 —No 12 Montréal, 15 février 1957 “faux vives” Après cela, peut-on vraiment croire que « le dernier sentiment que doive nous inspirer cet illustre malheureux (Abélard) soit une admiration mêlée de pitié » (p.102) ?Emile CHARTIER, p.d.VALLERY-RADOT (Irénée), moine cistercien LA MISSION DE DOM VITAL LEHODEY.Paris, Editions du Cerf, 1956.246p.pl.(h.-t.) 19.5cm.Pour tous, mais spécialisé Un jeune paysan de Basse-Normandie (1857-1948) entre au petit séminaire de Mortain, passe au grand séminaire de Coutances avec 17 sur 20 de ses camarades, devient prêtre et exerce le vicariat trois ans.Soucieux alors de solitude, après avoir hésité entre la vie studieuse des Bénédictins de Solesmes et la vie silencieuse des Cisterciens ou Trappistes de Bricquebec, il opte pour cette dernière.Le lendemain même de sa profession 124 solennelle, on l’élit Abbé du monastère, qu'il régira 36 ans sous le nom de dom Vital.Quand il mourra, après 19 années vécues dans la retraite, il aura accompli sa mission: celle d’être, comme Jean-Baptiste au désert (p.235-246), comme Thérèse à Lisieux et Charles de Foucauld à Bethléem (p.106-109), un précurseur dans la voie de la spiritualité.Le jansénisme n'avait vu, dans l’homme, que l’être souillé par le péché originel et condamné par là à expier toute sa vie, dans l’austérité et la crainte révérencielle de Dieu, sa faute initiale.Cette doctrine rigoriste et déprimante oubliait du même coup la rédemption de l’homme par le Crucifié, sa régénération par le baptême et l’existence d’un Dieu d'amour qui appelle sa créature à L’aimer comme Lui-même l’a d’abord aimée.L’Ecole mystique de France (Bérulle, de Condren.Caussade, Olier), après saint François de Sales, avait eu beau s’opposer partiellement au pessimisme issu de Jansénius, l'abbé de Rancé l’avait remis à la mode sous prétexte de réforme.Pendant toute la première partie du XIXe siècle, ce manteau de plomb pesait encore sur les épaules des chrétiens.C’est alors qu’apparaît dom Vital.Après avoir trempé un certain temps dans la doctrine de l’austérité et de la spiritualité uniquement péniten-tielle, il découvre que la vraie vie surnaturelle n’est pas de ce côté (p.29, 105).Il se plonge alors dans les œuvres des mystiques d’autrefois, saint Benoît et saint Bernard.Il lit et relit les confidences de sainte Thérèse d’Avila, de saint Jean de la Croix, de saint François de Sales surtout, * son préféré ».Il suit en même temps le courant que précipite le souffle de Bergson, de Blondel, du docteur Paul Dumas: celui de l’intuition, « préscience du cœur autant que de la raison, approximation analogique de la connaissance amoureuse des mystiques » (p.168).Il constate en même temps les conversions multiples qu’entraîne ce mouvement, celles de Claudel, de Péguy, de Ma-ritain, de Massignon (p.169).Il e dit que la vraie spiritualité est dans cette d: action.Dès lors, pour lui-même et pour ses moines, il ne substitue pas, mais il superpose à l’oraison discursive l’oraison de quiétude, à la crainte révérencielle de Dieu le saint abandon, à la voie du raisonnement la voie d’enfance, à la vie purgative la vie unitive, à la mystique où domine l’action la mystique où domine la contemplation (p.205 note).Cette doctrine de libération, après l’avoir longtemps pratiquée et enseignée oralement, il la couche alors dans sa revision du Directoire cistercien et dans trois volumes, de l’un desquels on a pu dire qu’il est « le meilleur traité récent sur l’Abandon * (p.207).Ce volume raconte donc une double histoire, toute à l’honneur de notre époque: le retour de la doctrine mystique à ses vraies origines et à son véritable caractère; la part prise par dom Vital à cette opportune restauration.Derrière ces deux faits primordiaux l’auteur cache, avec sa personne, la sûreté de ses vues doctrinales et l'abondance de son érudition.L’élévation de sa pensée est telle que, n’était la clarté de son style, seuls les spécialistes de la mystique pourraient le suivre sûrement.Goûtons une réflexion comme celle-ci, inspirée par le trio Thérèse, de Foucauld, dom Vital: « Entre les âmes, ont lieu des communications que les sens ne perçoivent pas.Pourquoi la prière n’émettrait-elle pas des ondes, comme le son et la lumière?» (p.63).Les Canadiens français goûteront pour leur part ce délicieux normandisme, qui leur est si familier: « sans lever la tête de sur l’oreiller » (p.123), pour de dessus.Emile CHARTIER, p.d.Vient de paraître Dans la collection "Les Enseignements pontificaux" LA PAIX INTERNATIONALE un volume broché de 668 pages: $5.25 (por la poste $5.40) Dé!à parus dans la même collection : — La paix intérieure des nations (650 p.) : $3.60 — La liturgie (466 p.) : $4.55 — Le corps humain (387 p.) : $3.50 — Le mariage (417 p.) : $3.85 — Le problème féminin (208 p.) : $2.45 — L'éducation (510 p.) : $4.20 Frais de port en sus.En vente à Fl DES, 25 est, rue St-Jacques, Montréal PL.8335 125 Faits et commentaires Dans le numéro du 15 janvier de la revue Informations catholiques internationales, nous lisons un magnifique éloge de M.le chanoine Jean Viol-let.décédé le 26 décembre dernier.On y rappelle la carrière de celui qui fut un défenseur intrépide des intérêts temporels et spirituels des foyers, le fondateur de nombreuses œuvres sociales, un précurseur de l’apostolat ouvrier et de la spiritualité du laïcat.En 1919, il avait fondé Y Association du Mariage Chrétien.Peu après, il lançait les trois revues de spiritualité conjugale et familiale: Foyers, Le Prêtre et la famille et Filles et garçons.Nous lui devons également la fondation, en 1930, des Editions familiales de France.M.le Chanoine Viollet comptait beaucoup d'amis au Canada où ses livres ont une large audience.* * * Dans la galerie des écrivains militants, une autre grande figure vient de disparaître dans la personne de Jeanne Cappe.Auteur de très nombreux albums et livres pour enfants, Jeanne Cappe s'était créé une renommée internationale dans le domaine de la littérature enfantine comme directrice de la revue Littérature de jeunesse.Elle y multipliait les articles théoriques sur la littérature enfantine ainsi que les recensions sur les livres destinés aux jeunes.Elle a mérité cet éloge que beaucoup de critiques pourraient lui envier: « Un auteur, quel qu’il fût, était moins important à Jeanne Cappe que l’enfant qui allait le lire » (G.Sion).Dans le numéro de novembre-décembre de Littérature de jeunesse, on trouvera une liste complète des ouvrages de cet auteur à la suite d’une brève notice biographique.* $ $ L'œuvre bien connue du Dr Philippe Panneton (Ringuet), Trente arpents, vient d’être rééditée dans la collection du Nénuphar, une collection destinée, comme on le sait, aux meilleures œuvres de la littérature canadienne.Un lancement doit avoir lieu, à cette occasion, aux Editions Fides, le 22 février.* * * L’ouvrage du R.P.Joseph Ledit, le Front des Pauvres (Fides), vient d’être traduit en allemand sous le titre : Die Front der Laien.Cette nouvelle édition est parue chez Verlag Herold.à Vienne, en Autriche.* * a Un autre auteur canadien vient de se faire traduire à l’étranger: Pierre Ricour.Son livre.Comment réussir mes études (Fides), a été traduit en italien sous le titre: Corne riuscire negli studi.Cette édition est parue à Rome chez les Edizioni Pauline.* * # Le Club des deux livres du mois, chez Fides.offre comme vedettes de mars deux livres canadiens de grande valeur: Eaux vives du R.P.Emile Legault, et le Sabre d’Arlequin de Jacqueline Du-puy.* * # Le Comité des Fondateurs de l'Eglise canadienne publiera prochainement, chez Fides, des illustrés pour mettre à la portée des enfants la vie de nos fondateurs.Ces illustrés qui auront pour titre: Les Intrépides de notre histoire » paraîtront d'abord par tranches dans la revue Hérauts (Fides) puis seront publiés en albums.C’est là un excellent moyen, un moyen positif, de lutter contre la vogue désastreuse des crime comics.126 Document Mise à l’Index Dans la réunion plénière du mercredi 23 janvier de la Suprême Congrégation du Saint-Office, les Eminentissimes et Révérendissimes Cardinaux préposés à la défense de la foi et des mœurs sur avis des consulteurs, ont condamné et prescrit de placer à l'index des livres interdits les livres suivants de Michel de Unamuno: 1.Del sentimiento tragico de la vida; 2.La ago nia del Cristianismo.En outre, les Eminentissimes et Révérendissimes Cardinaux ont jugé bon d’avertir les fidèles Raisons d'une De grands critiques littéraires, d’Espagne comme d'autres nations, ont loué, récemment encore, le talent et la pensée de Miguel Unamuno.Des conférences et des manifestations littéraires l’ont magnifié et l’ont désigné à l'attention des nouvelles générations espagnoles.De telles exaltations ont rencontré l’opposition justifiée de l’Episcopat espagnol; plusieurs fois déjà, il a dénoncé la gravité des erreurs répandues dans les œuvres d'Unamuno.Citons spécialement la Lettre Pastorale de Mgr Antoine de Pildain y Sapiain, évêque des lies Canaries, « Don Miguel de Unamuno he re je maxi mo y maestro de here-jias », celle du regretté évêque d’Astorga, Mgr Jésus Marida y Perez, « La restauracion cristiana de la cultura », et, plus récemment la Notificacion de Mgr Léon Villuendas Polo, évêque de Teruel.Ces prises de position épiscopales avaient été précédées, dès 1942, par l’interdiction du livre d'Unamuno « Del sentimento tragico de la vida », décrétée conformément au Droit Canonique, par Mgr Henri Pla y Deniel, alors évêque de Salamanque, aujourd’hui cardinal-archevêque de Tolède.Le prélat soulignait que l’édition qu’il avait examinée avait été imprimée à Madrid en 1938, quand la domination rouge pesait sur la cité.Les éloges libéralement rendus à Unamuno et la large diffusion de ses œuvres, causes de troubles et de mal pour les esprits chrétiens, ont amené les autorités supérieures de l’Eglise à aggraver l’interdiction « ipso jure * sanctionnée par le canon 1399, n.2, 3 et 6, du Code de Droit Canonique.Cette censure qui frappait déjà « ipso facto » les deux livres « Del sentimento tragico de la vida » et « Agonia del Cristianismo » n’était pas suffisante; d’où la mise à l’index intimée par le décret de la Suprême Congrégation du Saint-Office que nous publions par ailleurs.que dans les autres ouvrages du même auteur se trouvaient également plusieurs assertions contraires à la foi et aux mœurs.Et le jeudi 24 janvier, Notre Saint-Père le Pape Pie XII a approuvé la résolution des Eminentissimes Pères qui lui avait été soumise, par l'Em.me et Rev.me Cardinal Pro-Secrétaire du Saint-Office; il l’a confirmée et a ordonné de la publier.Donné à Rome, Palais du Saint-Office, le 30 janvier 1957.Arturo DE JORIO, notaire condamnation Il est à noter que le decret du Saint-Office ne frappe pas seulement quelque édition spéciale de ces œuvres, mais toutes les éditions et toutes les traductions qui en seraient faites.Cette condamnation est pleinement justifiée par l'accumulation des erreurs d'une extrême gravité que ces livres prônent.En effet, Unamuno nie la possibilité de démontrer rationnellement l’existence de Dieu; au nom de la raison il nie la foi, l’ordre transcendental, la spiritualité et l’immortalité de l’âme.Il nie la Trinité, la divinité de Jésus, le péché originel, la transsubstantiation eucharistique, l’éternité des peines de l'enfer.II rejette le culte de la Vierge et l’infaillibilité du Pape.Selon cet auteur, seul notre instinct vital nous fait aspirer à l’immortalité et à l’union avec Dieu, et comme la raison ne peut démontrer ni l’existence de Dieu ni l’immortalité de l’âme, cette opposition constitue le « sentiment tragique » d'une vie humaine.Dans Y Agonie du Christianisme, l’auteur fait une distinction entre l’Evangile et le Christianisme.L'Evangile est une doctrine, une Bonne Nouvelle; le Christianisme devient, avec saint Paul, une « agonie », c'est-à-dire une lutte.Le Christ renaît dans les âmes de ses croyants, pour agoniser (c’est-à-dire lutter) en elles; de là serait née la foi en la résurrection de la chair, et par elle, la foi en l’immortalité de l’âme.Aussi Unamuno considère-t-il l’institution divine de l’Eglise comme un mythe et, selon lui, l’« agonie * du Christianisme se serait aggravée par la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale, au Concile du Vatican.< Suite à la page 128) 1 127 (Suite de la page 127) Le décret du Saint-Office, à la différence d’autres décrets du même genre, s'accompagne d'un Monitum; cet avertissement met en garde les lidèles contre la lecture générale des ouvrages d’Unamuno, parce que la plupart d'entre eux véhiculent de graves erreurs contre la foi et la morale.Nous nous limiterons à deux exemples.Dans la nouvelle « San Manuel Bueno, mar tir », le personnage, un prêtre qui, en réalité, ne croit ni en Dieu ni en Jésus-Christ, ni en l’immortalité de l’âme ni en aucun des articles de la foi, est qualifié de pieux et de bon et sa mort est décrite comme celle d’un saint.Cette situation paradoxale voudrait fixer cette erreur dogmatique qu'il est possible à un prêtre, cultivé et bon, de perdre la foi et de mourir saintement dans une justice naturelle; c’est insinuer chez les fidèles le sentiment qu’un prêtre puisse administrer les mystères de Dieu sans y croire.Si du domaine strictement dogmatique nous passons au domaine moral, qu'il suffise de nommer la « Vida de don Qui joie y Sancho », qui justifie la conduite licencieuse d’une jeune fille Mari-lornes.* * * Nous espérons que le Monitum, inclus dans le décret du Saint-Office, fera sérieusement réfléchir tous ceux qui se sont laissé abuser par ces théories qui, au nom d’une coexistence intellectualiste des différentes conceptions de la vie, prétendent donner la même importance aux maîtres de la pensée catholique et à l’hérétique Miguel Unamuno.Il importait que les catholiques soient éclairés sur les dangers que des écrits de ce genre représentent pour leur foi.(Texte publié dans YOsservatore Romano, 8 février 1957, P- 2) En vente à notre librairie André-Delastre, Maman Marguerite (mère de saint Jean Bosco), 156p.$1.60 Boniface (L.), Thérèse Newman la stigmatisée, 1956.251 p.$3.00 Carp (E), Le journal d'Edwin Carp, 1956.232p.$3.00 Duhamelet (G.), Mozart, 1956.165p.$1.80 Guy (J.), Marche Rita (S.Rita), 1956.143p.$1.75 Hasby (C.), Marthe G errer (une vie eucharistique), 1956.153p.$1.65 Joergensen (J.), Le livre de route, (autobiographie), 248p.$3.50 Leclercq (Dom J.), S.Bernard mystique, cl948.494p.$4.80 Lefebvre (M.T.), Un prêtre: l'abbé Huvelin, 1956.327p.$4.35 Missoffre (M.), Le cœur secret de Talleyrand, (B?), 1956.278p.$3.90 Pierre II, Mémoires (la vie d’un roi de Yougoslavie), C1955.247p.$3.75 Thérèse de l’E.J.(Ste).Manuscrits autobiographiques, 3 tomes, 1956.$27.00 *** Un ange aux cheveux d'or (Fernande), 1956.80p.$1-25 Coll.Nos amis les saints André-Delastre (L.), S.Ignace de Loyola, 1956.181 p.$L20 Cerbelaud-Salagnac (G.), S.Patrick, apôtre d'Irlande, 1956.74p.$1-20 Tramond (R.), S.Françoise, romaine, 1956.75p.$1.20 Coll.Histoire dorée pour nos enfants Bourçois-Mace, S.Pierre, pêcheur d'hommes et portier du ciel, 1956.94p.$1.35 Christiani (Chan.), S.Thérèse d’Avila, 1955.195p.$2.00 Marie Thérèse, S.Catherine Labouré ou Le secret bien gardé, 1956.93p.$1.35 Perroy (M.), 5.Antoine de Padoue.1956.110p.$1.35 Rambaud (R.P.) o.p., S.Mademoiselle Jaricot.1956.196p.$1.85 Pernoud (R.), 5.Jeanne d’Arc, patronne de la France.1956.95p.$1.35 FIDES 25 eôt, rue Saint-^^acqueâ, Wontréaf - PL 8335 128 555164
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