Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
vendredi 15 mars 1957
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Lectures, 1957-03, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LECTURES Nouvelle série Vol.3 —No 14 Montréal, 15 mars 1957 “le riz et la mousson” de K." 1 1 (1) Un très beau roman qui se situe dans le cadre de l’Inde méridionale.Un roman qui n’a rien de la littérature rose, avec cet effroyable misère où évolue la vie familiale qui y est dépeinte.Et cependant, un roman de paix, de sérénité et de joie profonde.L’histoire que raconte Rukmani, l’héroïne du roman, est vraisemblablement l’histoire de bon nombre de familles indiennes.Quatrième fille d’un chef de village, Rukmani a été mariée, à douze ans, avec un paysan qui n’était même pas propriétaire de la ferme qu’il cultivait.Sans dot, la fillette n’aurait pu espérer mariage plus brillant.Aurait-elle pu souhaiter union plus heureuse ?Non, bien sûr.L’amour attentif que lui porte Nathan, son mari, illuminera jusqu’aux heures les plus sombres de son existence.Au moment où s’ouvre le récit, la vie conjugale commence dans une pauvre hutte aux murs de boue séchée, couverte de chaume, que Nathan a construite lui-même d’une main fébrile et fervente.Et Rukmani se met courageusement au dur apprentissage de sa nouvelle vie.Si pénible que soit celle-ci pour une enfant de douze ans, la jeune femme est heureuse: « Quand le soleil brille pour vous, que les champs sont verts et beaux à regarder, que votre mari découvre en vous une beauté que personne avant lui n’avait pressentie, quand vous avez une bonne réserve de riz pour les mauvais jours, un toit au-dessus de votre tête, et tout au fond de vous-même la certitude d’une douce présence, que pouvez-vous demander de plus ?J’avais le cœur en fête, me levant avec le soleil et me couchant, le soir, satisfaite.Nous avions la paix et la tranquillité.* (P.17) Le soin du ménage, la culture d’un petit jardin, le coup de main à donner à Nathan pour la semence et la récolte du riz, tout cela occupe pleinement les jours de Rukmani.Sensible à la poésie des choses, elle s’émerveille de tout: l’effort des jeunes pousses qui brisent leur cosse l’enchante tout comme l’exceptionnelle couleur des potirons qu’elle fait mûrir dans son jardin.Un fille viendra, Ira-waddy, puis, plus tard, cinq fils.Avec les bouches plus nombreuses à nourrir, le malheur guette le foyer.La faim et la misère se font déjà sentir.La nature elle-même se montre inclémente: la mousson s’acharne à détruire les récoltes de riz qui sont la vie même de la famille.Les fils, qui grandissent, manquent de travail sur une terre improductive.Rukmani fait des prodiges pour arriver à nourrir, le plus longtemps possible, une famille toujours affamée.Un jour, un groupe d'étrangers vient construire une tannerie dans le village.Et ce sont alors les fallacieux espoirs et les souffrances qui accompagnent souvent les débuts d’une ère industrielle.Rukmani vend à meilleur compte les produits de son jardin, mais elle ne peut rien acheter avec le gain réalisé parce que tout est devenu trop cher.Deux des fils trouveront à la tannerie un travail temporaire dont les revenus seront précieux pour la famille; mais, bientôt mis à pied à la suite d’un différend survenu entre patrons et ouvriers, ils se verront obligés de s’éloigner du foyer pour trouver du travail et de la nourriture.Un autre fils mourra tragiquement au cours d’une querelle survenue à la tannerie.Quoique réduite désormais, la famille n’arrive pas à se sustenter convenablement.C’est la lutte, atroce, contre la famine.On se nourrit de détritus et de racines.Un jour, n’en pouvant plus d’entendre les cris de faim du dernier-né, Irawaddy se révolte et va se prostituer pour lui acheter de la nourriture.Mais il est trop tard: l’enfant mourra des suites de la faim.Le malheur atteint à son comble lorsque Nathan, incapable de payer le coût de location de sa terre, devra entreprendre, avec Rukmani, une vie errante où tous deux en seront réduits à mendier ou à casser des pierres pour apaiser un peu leur (Suite â la page 142) 856928 LECTURES REVUE Bl-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 PLateau 8335 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.“Le riz et la mousson'’ (Suite de la page 141) faim.Nathan trouvera la mort au cours de ces affreux jours, et il s’éteindra dans les bras de sa femme, en murmurant simplement avec tendresse: « Nous avons été heureux ensemble.» * * * Impossible de lire, sans en avoir le cœur serré, un roman aussi bouleversant.La misère contre laquelle se débat cette famille indienne, qui pourra dire qu’elle n’existe pas, aussi hideuse, aussi impitoyable, dans de multiples foyers de l’Inde.Les sociologues qui se penchent sur le sort des pays sous-développés pourraient nous en dire long là-dessus.Le roman de Kamala Markandaya nous prépare à entendre leurs gloses.Il bouscule un peu la Ixmne conscience des repus que nous sommes, et à ce point de vue, il mérite d’être lu.Il vaut surtout d’être lu à cause de cette admirable sérénité qui s’affirme, victorieuse, tout au long de cette existence, marquée par tant de malheurs.Nulle amertume, nulle révolte, dans ces pages où Kamala Markandaya a prêté à Rukmani un amour que rien ne durcit et qui triomphe de toutes les détresses.Parmi la surabondante production littéraire contemporaine, le Riz et la mousson est une œuvre de très haute valeur.R.LECLERC (1) MARKANDAYA (Kamala) LE RIZ ET LA MOUSSON.(Nectar in a Sieve).Roman traduit de l’anglais par Anne-Marie Soulac.Paris, Laffont.1956.274p.20.5cm.$3.10 (frais de port en plus) Pour adultes ^ o ^ - ERRATUM Dans le dernier numéro de Lectures, nous avons omis de publier le nom de l’auteur de la recension du livre du Dr E.Mourgues: D'Ogino à Pavlov.Cette recension est due à la plume du R.P.Paul-Eugène Charbonneau, c.s.c.LA REDACTION lidex des auteurs recensés dans ce numéro AMIOT (F.), p.145 BAZIN (H.), p.149 BERTRAND (G.), p.151 DUHAMEL (G.), p.150 MARKANDAYA (K), p.141-142 MERTON (T.), p.147 *** Moïse, l’homme de l’alliance, p.145 MONTESSORI (M.), p.148 REGINALD-OMEZ (R.P ), p.143-144 ROBLES (E.), p.149 SIMON (P.-H.), p.144-145 VINCENT (M.), p.146 Publication approuvée par l’Ordinaire 142 Études critiques ' ou surnaturel” (i) i L’attrait pour le merveilleux est de toujours; cependant les esprits contemporains semblent s’y prêter davantage, à cause du développement presque fantastique de la science.Mais il est un domaine qui excite davantage la curiosité du public, bien qu’il demeure très obscur pour la plupart, c’est celui des sciences métapsychiques.C’est pourquoi l’A.a cru « nécessaire que le public cultivé sache à quoi s’en tenir au sujet de tant de faits merveilleux ou prétendus tels, dont la presse l’entretient de plus en plus fréquemment, et au sujet des explications revêtant parfois une allure critique et scientifique qu’on lui expose » (p.11 ).Ce livre ne s’adresse donc pas aux spécialistes de ces sciences, mais à tout lecteur cultivé que le problème intéresse.Après avoir délimité le sens de l’expression « sciences métapsychiques », l’A.esquisse un bref aperçu historique des recherches faites en ce secteur, se contentant de signaler les étapes décisives, susceptibles d’aider à saisir la nature et l’évolution actuelle de ces sciences.Il n’est pas sans intérêt de signaler que « ce n’est guère qu’à la fin du XIXe siècle que s’organisent des recherches méthodiques en vue de découvrir l’origine et la nature de certains phénomènes merveilleux attribués à des forces humaines supérieures aux capacités psychologiques couramment reconnues * (p.14).L'objet de la métapsychique ou parapsychologie réside donc dans les phénomènes qui débordent les cadres classiques de la psychologie, mais qui n’atteignent le surnaturel d’aucune façon.Quant aux méthodes auxquelles ont recours les métapsychistes, elles « devront être d’abord celles que requiert toute enquête destinée à prouver l’authenticité d’un fait: la critique des témoignages, l’observation, l’expérimentation scientifiques » (p.34).Les écueils éventuels se rencontrent beaucoup moins dans l’ordre physique ou chimique que dans l’ordre psychique; en ce dernier ordre, en effet, le métapsychiste devra pouvoir recourir beaucoup plus à l’intuition qu’à la déduction logique, à l’expérience qu’à l’expérimentation, puisque l’ordre psychique dépasse les méthodes expérimentales.En conséquence, l’A.a raison d’affirmer « qu’on devrait exclure des recherches concernant les faits merveilleux ceux qui sont doués d’un tempérament particulièrement impressionnable, suggestible ou névrosé, bien que ces personnes soient tout spécialement portées à se livrer à ces investigations troublantes, qui ne peuvent que les détraquer ou du moins les fatiguer » (p.59).Avant d’indiquer l’attitude de l’Eglise par rapport aux sciences métapsychiques, I’A.rappelle opportunément que la religion est un domaine nettement séparé de ces sciences.En effet, comme l’écrivait le Père de Tonquédec cité par FA., « les phénomènes métapsychiques relèvent de causes et de conditions naturelles physiques, physiologiques ou psychiques, discernables, et donc portent le sceau du déterminisme » (p.61).Par ailleurs, les miracles dépendent de causes qui dépassent les forces purement naturelles.Pour autant que les métapsychistes se dégagent de leurs préjugés et demeurent sur le terrain de l’objectivité scientifique, l’Eglise ne saurait donc qu’applaudir à leurs recherches et à leurs découvertes.En fait aussi, l’Eglise, par son autorité suprême, ne s’est jamais engagée officiellement et définitivement par rapport aux sciences métapsychiques; néanmoins, nous retrouvons à l’égard de celles-ci une pensée commune de l’Eglise, exprimée par des membres de la Hiérarchie catholique.Cette attitude de l’Eglise peut se résumer en une grande circonspection et une extrême prudence, tant vis-à-vis du merveilleux religieux que du merveilleux diabolique.Quant au merveilleux non religieux, il n’est pas comme tel du ressort de l’Eglise qui s’abstient d’intervenir, sauf lorsque les métapsychistes se permettent, dans le domaine religieux ou moral, des incursions qui pourraient compromettre la doctrine de l’Eglise.Afin de pouvoir établir les conclusions ou opinions métapsychiques qui sont actuellement acceptables au point de vue scientifique, l’A.distingue les phénomènes physico-chimiques et les phénomènes psychologiques.Dans la première catégorie, FA.examine successivement les phénomènes provoqués et non-provoqués de psychokinésie ou télékinésie, c’est-à-dire la lévitation, les transferts, les maisons hantées.Il considère ensuite les matérialisations ou manifestations d’ectoplasmes, c’est-à-dire les manifestations sensibles de l’esprit des morts ou même des vivants, le fakirisme, le magnétisme ou action des fluides matériels se 143 7096 886188 dégageant de l’organisme.En bref, nous pouvons dire que les éléments scientifiquement valables sont assez variables selon ces différents secteurs.Comme résultat global des investigations faites dans la parapsychologie ou métapsychique, l’A.affirme que, jusqu’à présent, cette science « s’en est tenue seulement à délimiter son objet et à fixer exactement les orientations que doivent prendre ses recherches pour être vraiment fructueuses et échapper à de faux problèmes » (p.111).Mais quel est l’avenir de cette science?Il semble qu’elle s’oriente « vers un retour à la psychologie normale, qui, en dernière analyse, apporterait l’explication vraie et toute naturelle des phénomènes réputés paranormaux.Nombreux sont actuellement les parapsychologues qui se montrent favorables à cette supposition » (p.116).En effet, c’est en analysant le jeu du subconscient et des résidus d’instincts primitifs, que les recherches métapsychiques finiront vraisemblablement par éclairer les phénomènes paranormaux pour les réduire à la psychologie classique.Ovila MELANCON (l> REGINALD-OMEZ (R.P.), o.p.SUPRANORMAL OU SURNATUREL.Les sciences métapsychiques.Paris, Arthème Fayard [1956].126p.20cm.(Coll.Je sais, je crois, no 36) Pour tous » ^ - “Les regrets et les jours '11 On connaissait le maître Pierre-Henri Simon comme professeur.Les conférences, qu’il prononçait à Montréal, il y a plus d’un an, l’avaient révélé comme tel à notre public par la profondeur des vues, la noblesse des sentiments, la distinction de l’expression.Le volume présent explique en partie cette maîtrise: c’est qu’il y a chez ce prosateur raffiné, un vrai poète, à la sensibilité aussi vive qu’est haute sa pensée.Seulement pour bien comprendre ce recueil, il faut le commencer, croyons-nous, par la prose qui le termine.Il convient d’en détacher d’abord cette déclaration, inspirée par la séparation de deux amis d’enfance: t Quelque chose d’irréversible et d’incomparable, notre adolescence éclatante et douce, était en train de sombrer dans la mer sans reflux, avec tout ce que nous en avions reçu de joies, de chagrins, d’espérances et d’illusions neuves; et bientôt il ne nous restera que ces fines cicatrices d’un cœur jeune, qui ne guérissent jamais tout à fait » (p.133-134).Eclairez ce texte de l’explication qui le précède: « Je ne médirai pas de l’âge mûr; il possède ses vertus, son bonheur et sa poésie.Mais rien ne mérite autant le nom de vie que les heures irréprochables, légères et pleines, de l’adolescence; on ne retrouve plus cette lumière intense et crue, cette fraîcheur et ce jaillissement de source » (p.117).Et vous saurez ce que sont Les regrets et les jours: la plainte résignée, mais aiguë, de l’homme mûr qui n’aperçoit plus que les « cicatrices » laissées dans son âme par la perte de son adolescence.La plainte part d’un rêve (p.72): Je voudrais être enfin ce grand moine apaisé.144 Oubli de ce qui fut, mépris de ce qui passe Elargiraient en moi comme un aride espace Où brûlerait mon cœur, encensoir embrasé; Où l’esprit, clair et fort de pleine certitude, N’aurait d’autre souci que penser l’éternel.Elle part aussi d’un programme (p.73): D’avoir fait livre sur livre Ah! pourquoi t’être vanté, Si tu n’as pas inventé Le mot qui sauve et délivre?Or, programme et rêve ont abouti au vide (p.70): De quel puits de mon âme a monté la tristesse?Peut-être un sourd chagrin de me sentir mortel Et d’avoir mal usé d’un bien irremplaçable.Le regret d’en être arrivé là, c’est le fond même de ce volume.Mais il n’exclut ni la paix (p.112) ni la confiance en Dieu et en la prière (p.66) ni l’admiration devant la campagne (p.84-85) ni le goût de la nature (p.82-83).Ecoutez cet écho de deux vers bien connus de Lamartine (Objets inanimés, etc): Entre les murs épais flottent d’étranges charmes Comme si tant de vœux, tant de joie et de larmes Avaient laissé de l’âme à ces humbles merveilles.Il se peut qu’on trouve ces vers chargés ça et là de beaucoup d’épithètes.Il se peut aussi ue la densité philosophique de certaines pièces paraisse astreignante à certains esprits.Pour excuser l’auteur, ils n’auront qu’à se rappeler sa définition de la poésie (p.9): Mais ô voix pure! poésie, Beau cri de ma liberté, Je me découvre moi-même En ta profonde clarté Et, par chance et patience, Trouve un verbe solennel Qui retient de l’existence Ce qui vaut pour l’éternel.En somme, la poésie de M.Simon — c’est ce qui en fait la noblesse — entend faire écho au vers célèbre: Qu’est-ce que tout cela qui n’est pas éternel?Cela suffit pour la recommander.Emile CHARTIER, p.d.(1) SIMON (Pierre-Henri) LES REGRETS ET LES JOURS.Vers et prose.Paris, Editions du Seuil [1956].134p.19cm.$2.25 (frais de port en plus) Pour tous Notices bibliographiques lt
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.