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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
samedi 1 juin 1957
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1957-06, Collections de BAnQ.

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LECTURES Nouvelle série Vol.3 —No 19 Montréal, 1er juin 1957 “Le T.R.P.Basile-Antoin Moreau.Le 13 mai dernier marquait, pour les Religieux de Sainte-Croix, le centenaire de l’approbation par le Saint-Siège des Constitutions de leur Congrégation.A cette occasion, il semble opportun de présenter au public les tomes deuxième et troisième de la biographie du T.R.P.Basile-Antoine Moreau, fondateur de cette Congrégation, dont la cause de béatification a été introduite en cour de Rome, le 15 mai 1955.Incidemment, rappelons que le premier tome a déjà été recensé dans Lectures, en avril 1951.Cette première partie de l’ouvrage expose les événements qui se sont déroulés jusqu’en 1851, c’est-à-dire ceux qui concernent la fondation des trois branches de cette Congrégation, Pères, Frères et Religieuses, et les premiers développements en France, en Algérie, aux Etats-Unis, au Canada, en Italie.Les deux derniers tomes continuent d’analyser minutieusement l’histoire de Sainte-Croix, laquelle devient de plus en plus un tissu de difficultés et d’intrigues, que l’on a qualifiées de « tribulations de Sainte-Croix * et dont la principale victime fut le père Fondateur lui-même.Les biographes ont présenté tous ces faits avec l’objectivité qui convient à des historiens, et en se basant sur des matériaux dont l’authenticité est hors de doute.Les frères Catta ont conjugué leur compétence respective d’historien et de juriste pour élaborer une œuvre magistrale et définitive.Les premières difficultés d’importance dérivent de l’opposition manifestée par Mgr Bouvier, alors évêque du Mans.Le P.Moreau sera placé dans des circonstances telles qu’il avouera ce qui suit: « Depuis l’origine de toutes les œuvres dont je suis devenu l’instrument aveugle, le Ciel a permis que Mgr Bouvier ait cru devoir y faire une opposition constante » (t.2, p.49).Cet antagonisme remonte d’ailleurs au temps où Mgr Bouvier était supérieur au grand Séminaire du Mans, alors que « il faisait retirer par Mgr Carron à l’abbé Basile Moreau la chaire de dogme pour celle d’E-criture Sainte » (ibid.).Le conflit des parties en cause se conçoit facilement, quand on connaît certaines de leurs positions doctrinales.Le P.Moreau professait un grand « attachement [.] pour la cause romaine » (p.29).Or Mgr Bouvier était «gallican* (p.9), et sa position «dans la querelle du gallicanisme tenait beaucoup moins encore [.] à la doctrine, [.] qu’à ses principes d’ordre pratique dans l’administration de son diocèse* (p.12).Toutefois, ses Institutiones theologicœ furent déférées au Saint-Siège qui demanda à l’auteur d’apporter des corrections.C’est pourquoi, « à l’heure où les intérêts de Mgr Bouvier pour ses Institutiones et ceux du P.Moreau pour son « Association » vont se jouer parallèlement à Rome, les mauvaises langues tableront sur ces petits antagonismes pour opposer une fois de plus ces deux hommes » (p.13-14).En pareilles circonstances, rien d’étonnant que Mgr Bouvier fasse parvenir à l’évêque de Nevers des « observations confidentielles > (p.46) préjudiciables au P.Moreau, et qu’il accueille de bonne grâce les reproches adressés à ce dernier par ceux qui l’avaient abandonné, afin de se faire « l’écho de leurs griefs pour les reporter jusqu’à Rome * (t.2.p.184).On peut comprendre aussi pourquoi cet évêque « se refuse d’admettre [.] que l’autorité du Saint-Siège passe par-dessus la sienne » (t.2, p.23), bien que le respect par Rome des droits réels de l’évêque « laisse entier le droit éminent de la juridiction immédiate du Pape sur l’Eglise tout entière * (t.2, p.51 ), comme le rappellent pertinemment les frères Catta.Ces derniers font aussi remarquer que « ce n’est pas seulement sur le plan canonique que l’intervention négative de Mgr Bouvier fut préjudiciable à Sainte-Croix, mais sur le plan civil » (t.2, p.47).Une autre sérieuse source de contradictions pour le P.Moreau fut « son difficile enfant » (t.2, p.125), le P.Sorin.Entre autres faits, signalons le refus du P.Sorin de « prendre en mains la fondation faite au Bengale, en 1852 * (t.2, p.(Suite à la page 202) (1) CATTA (Etienne), chan., et CATTA (Tony) LE T.R.P.BASILE-ANTOINE MOREAU (1799-1873) ET LES ORIGINES DE LA CONGREGATION DE SAINTE-CROIX.Tome second.Montréal, Fides [1954].583p.25cm.— Tome troisième.Montreal, Fides [1955].519p.photo (h.-t.) 25cm.$5.00 chacun (frais de port en plus) Pour tous LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est.rue Saint-Jacques, Montréal-1 PLateau 8335 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.(Suite de la page 201) 108), pour laquelle il avait été désigné.Plus tard, sans avoir des raisons vraisemblablement justifiées, mais allant trop loin « dans ses vues, on peut bien dire, impérialistes, le P.Sorin insistait pour que ses pouvoirs de provincial fussent étendus, non plus seulement à toutes les fondations des Etats-Unis, mais à tous les établissements d’Amérique » (t.2, p.182).Une accalmie semblait s'annoncer à la suite du chapitre général terminé le 25 juin 1857, après l'approbation des Constitutions par le Saint-Siège et la dédicace de l’église Notre-Dame de Sainte-Croix; néanmoins, ce fut le point de départ de nouvelles épreuves (t.2, p.346).Au chapitre général de 1860, le P.Moreau, qui « avait dévoilé les cabales ourdies contre son autorité » (t.2, p.459), fut accusé notamment « d’avoir confondu les intérêts et les comptes de la maison du Bon-Pasteur du Mans avec ceux de Sainte-Croix * (ibid.).Quelques autres questions « avaient soulevé l’irritation des PP.Drouel-le et Champeau » (p.460), si bien que le résultat final paraît avoir été « l’exploitation d’une amertume qui cherchait à se couvrir sous l’autorité du chapitre * (p.462).De toute façon, les comptes furent vérifiés et « tout fut déclaré régulier * (p.463).Le P.Moreau sentant qu’il n’avait plus la confiance de ses religieux « offrait sa démission de supérieur général » (ibid.), mais « cette supplique ne fut pas agréée » (p.464).Parmi d’autres épreuves et intrigues, il y eut « l’affaire Marie-Julien» (p.467), l’angoissant dilemme au sujet du P.Sorin, dilemme résultant pour le P.Moreau de la visite du P.Charles aux établissements d’Amérique (p.547).Plus tard, ce fut le « procès sans accusé » (t.3, p.122), et les cabales implacables menées à Rome contre le P.Moreau.Ce dernier y faisant allusion dans son rapport de 1866 au Cardinal Barnabo, laissait échapper ces lignes pleines d’amertume: « Ma plus grande épreuve a été de me voir [.] calomnié à Rome et exposé à perdre la bienveillance du Saint-Siège, à qui j’ai consacré toute ma vie de prêtre» (p.146).Ensuite, en 1868, le chapitre de Ste-Brigitte (p.238), auquel on jugeait indispensable la présence du P.Moreau non pas, semble-t-il, « pour entendre ses avis et profiter de ses lumières », mais plutôt pour « enchaîner sa parole et annihiler son opposition » (p.254).En effet, l’atmosphère générale de tout le chapitre fut de « rejeter sur le P.Moreau tous les (Suite à la page 211) Index des auteurs recensés dans ce numéro ALMERAS (C).p.207 BARABE (P.-H.), p.203 CATTA (E.et T.), p.201 CATTAUI (G.), p.207 DELAUNAY (A.), p.208 DESJARDINS (G.), p.203 DUHAMELET (G.), p.209 GUYARD (M.-F.), p.209 LEBLANC (A.), p.204 LEGAULT (E.), p.203 MOREAU (A.), p.210 NATHAN (M.).p.205 PELLERIN (J.), p.204 VILLENEUVE (U.), p.203 Publication approuvée par l’Ordinaire 202 Notices bibliographiques CANADIENNE Momie 117 ] DESJARDINS (Gérard), ptre DOSSIER SECRET.Pour vous deux Pierrette et Pierre.Montréal, Dossier Secret Enr’g, 1956.87p.ill.16.5cm.$0.40 (frais de port en plus) Pour jeunes Destinée spécialement aux jeunes, cette bro-churette illustrée veut faire œuvre de préservation dans le domaine de l’alcoolisme.Quels sont les méfaits qu’entraîne l’abus de l’alcool ?Comment dépister, à ses débuts, la tendance à l’alcoolisme ?C’est ce que l’auteur expose, dans un style simple et enjoué.Le caractère humoristique des nombreux dessins qui illustrent le texte frappera sans doute les jeunes.A.C.VILLENEUVE (Ubald), o.m.i.2e CONFERENCE DU CLERGE CANADIEN SUR VALCOOLISME.Trois-Rivières — 9 août 1956.Organisée par le Secrétariat permanent de la Ligue catholique internationale contre l'alcoolisme.[S.n.d’éd.) Québec [S.d.l.141p.17.5cm.Pour tous Cette plaquette contient le texte des causeries et des discussions auxquelles a donné lieu la deuxième Conférence du Clergé canadien sur l’alcoolisme.Doués de sens pratique, soucieux de précision, et nantis — on le sent — d’une solide expérience, les conférenciers se sont attachés à mettre en lumière les multiples moyens — naturels et surnaturels — à prendre pour porter secours aux alcooliques.Une brochure constructive, sur un mal social endémique.A.C.Itdiflion |2| BARABE (Paul-Henri), o.m.i.166p.pl.(h.-t.) 20cm.$1.25 (frais de port en plus) Pour tous Le R.P.Paul-Henri Barabé a voulu réunir dans ce volume les sermons qu’il a prononcés à l’Oratoire au cours de la neuvaine préparatoire à la fête de saint Joseph, en 1956.Dans ces sermons, il rappelait le rôle joué par le Saint dans l’histoire de l’Eglise et dans celle du Canada — spécialement à l’Oratoire qui lui est dédié.Il montrait en outre saint Joseph dans ses rapports avec Marie et avec Jésus.Il étudiait enfin en lui un modèle de vertus et le patron des travailleurs.La doctrine est sûre, le style est simple et limpide.Aussi ce livre aidera-t-il à propager, parmi le peuple, la dévotion à saint Joseph.A.COTE LEGAULT (Emile), c.s.c.VIOLAINE, MA SŒUR.Montréal, Fides [1957].47p.ill.18cm.$0.50 (frais de port en plus) Pour tous « En même temps que disparaît le sens du respect de la jeune fille, disparaît aussi le sens de l’amour.> (P.8-9) Le magnifique petit livre que nous devons à la plume du Père Legault veut aider à restaurer ce sens de l’amour en prônant le respect de la jeune fille.S’adressant tantôt aux jeunes gens, tantôt aux jeunes filles, envisageant le problème dans la lumière particulière aux uns comme aux autres, le Père Legault traite, avec une exquise délicatesse et une chaleureuse compréhension, un sujet difficile et éminemment actuel.On lit cette brochure comme on s’enchante d’un poème et comme on respire une fleur.Par son texte et sa luxueuse présentation, cette plaquette est un petit bijou que devraient posséder tous les fiancés.JOSEPH NOTRE PROTECTEUR.Notre-Dame-du-Cap, Editions du Sanctuaire 11957].R.L.203 3633 LEBLANC (Mgr Ambroise), o.f.m.LA FETE DES MERES.Montréal, Petites Sœurs de Notre-Dame du Sourire [1957].85p.17.5cm.Pour tous Dans cette brochure, Mgr Leblanc commente, à l’intention des mères, les mystères du rosaire.Méditation pleine de ferveur, enrichie d’intéressantes anecdotes.Les mamans et les futures mamans y puiseront de précieuses leçons.A.C.Littérature [tt] PELLERIN (Jean) LE DIABLE PAR LA QUEUE.Roman.Montréal, le Cercle du Livre de France [1957].253p.20.5cm Pour adultes Oeuvrant sur la toile grise de la vie quotidienne d’une famille ouvrière, Jean Pellerin a su tirer un roman dont le relief captive le lecteur, un roman émouvant et vrai.Le drame ici évoqué est celui de l'ouvrier qui lutte péniblement pour assurer la subsistance de sa famille.Dès le début du roman, le spectre du chômage étend sur le foyer son ombre menaçante.Basile, un brave homme qui a du cœur et ne lésine pas sur le travail, vient de perdre son emploi.Il erre dans les rues de Montréal, cherchant un em-baucheur.Peine perdue.En désespoir de cause un jour, il se laisse tenter par la miroitante perspective d'une existence plus facile dans la grande ville new-yorkaise.La petite famille qui avait déjà quitté Varennes pour tenter fortune à Montréal, doit vendre ses meubles au brocanteur pour se payer le luxe d’un nouvel exil à New York.Là, il semble que tout va s’arranger: un cousin par alliance, Archibald, réussit à faire embaucher Basile là où lui-même travaille.Les époux s’installent dans une pauvre mansarde, en attendant que des jours meilleurs leur donnent accès à quelque logis plus coquet.Basile est au comble du bonheur parce qu’il peut « se mêler aux heureux qui, chaque jour, ont une carte à poinçonner, une besogne à faire * (p.44).Tout va bien jusqu’au jour où la Wire Mill doit fermer ses portes et renvoyer les travailleurs.Pour Basile et les siens, c’est la consternation.La recherche d’embauche recommence, lassante et vaine.En proie au désœuvrement et à l’ennui, le pauvre ouvrier, entraîné par Archibald, apprend à s’enivrer, au grand désespoir de sa femme, Amélie.La petite famille connaît de sombres jours: il faut mendier la nourriture aux institutions de secours, il faut ramasser au port les morceaux de coke qui procureront la chaleur à peu de frais.Quelle honte pour la fierté d’un courageux travailleur ! Le chômage se prolongeant, Basile ne peut payer son loyer et se voit menacé de perdre même son gîte.Dans cet état d’extrême indigence, les époux accueilleront comme une suprême joie la perspective d’un retour au Canada: Archibald s’y rend avec sa femme pour assister à des noces, et il offre d’amener la pauvre famille avec eux.Le peu de meubles qu’ils ont achetés à New York, les époux doivent les laisser pour payer l’arrérage de loyer.Aussi est-ce dans le même dénuement que jadis qu’ils traversent de nouveau les frontières canado-américaines.Cela n'empêche pas Basile de rayonner de joie: «Quand on a le pays sous les pieds, on n’est plus tout à fait des queteux.» Par cette histoire très simple, dénué d'intrigue, Jean Pellerin a su dégager le drame d'une famille ouvrière aux prises avec les fluctuations de la vie économique.Cela donne au roman une indéniable portée sociale.Tous les chefs d'usine ou d’industrie, tout ceux qui, de quelque façon ont à procurer aux familles le gagne-pain qui leur est nécessaire, devraient lire cette œuvre qui a valeur de document humain.Si ce roman évoque le drame ouvrier avec un réalisme de bon aloi, il n’a cependant pas l’ampleur d'un réquisitoire.Rien d’étouffant dans ces pages.Une foi profonde anime ces pauvres gens.Leur espérance finit toujours par renaître des cendres où elle semblait ensevelie.Par delà les nuages d’une vie grise à souhait, le ciel bleu se devine, toujours.Du point de vue littéraire, cette œuvre est celle d'un écrivain qui n’a pas encore la pleine maîtrise de ses moyens.Ainsi, une certaine préciosité dans les comparaisons gâte le naturel du style.Et le lecteur est souvent déconcerté par l’alternance des temps passés et présents dans le récit.Il reste cependant que le talent de ce nouveau romancier est incontestable.M.Pellerin a le sens du dialogue; il connaît surtout l’art, difficile, de tirer un excellent parti du parler populaire — quelle saveur dans certaines expressions de Basile ! L’auteur possède également le don de faire vivre ses personnages.Si le caractère de la fillette, Anne, est assez flou, en revanche, quel relief et quelle vérité dans le personnage de Picot ! Le livre perdrait beaucoup de sa valeur sans cet amour d’enfant dont la peinture accuse un sens profond de la psychologie enfantine.Nous souhaitons que M.Pellerin, perfectionnant sa technique, nous donne encore de ces œuvres saines qui témoignent que l’art peut puiser son inspiration ailleurs que dans l’exceptionnel ou l’immoral.R.LECLERC 204 LITTÉRATURE Ü\\\m\l Notices bibliographiques Littérature [St] NATHAN (M.) VIRGINIA WOOLF par elle-même.[SA.] Editions du Seuil [1956].191p.ill.17.5cm.(Coll.Ecrivains de toujours, n.35) $1.60 (frais de port en plus) A ppelle des réserves L’Empire anglais était à son apogée.L’Union Jack flottait sur tous les continents et la jeunesse londonnienne s’embarquait avec fierté pour les colonies où elle « faisait son service » dans l'administration.On mettait autant d’orgueil à se déclarer citoyen anglais qu’un général français à sa retraite à exhiber son ruban de chevalier.vvjîj "’'"’ït Virginia Woolf éprouva très tôt une sorte d’agacement à entendre publier la grandeur de l’Empire.Elle ne put jamais souffrir le conformisme de la grande société victorienne; pourtant son père.Sir Leslie Stephen, appartenait à l’une des familles les plus respectables du royaume.L’entente fut toujours difficile entre le père et la fille.Vient de paraître VIOLAINE MA SOEUR par le R.P.Emile LEGAULT, c.s.c.Texte de la causerie sur le respect de la jeune fille, donnée à "Eaux Vives".Une magnifique plaquette de 48 pages, sur papier de luxe.Encres et sanguines d'André Lamy.$0.50 (franco $0.55) 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal 135 av.Provencher, St-Boniface, Man.Privée très tôt de sa mère, elle fut laissée à elle-même pour son éducation.La bibliothèque familiale, « nullement expurgée », lui était grande ouverte.« Lire ce qu’on aimait parce qu’on l’aimait, ne jamais prétendre admirer ce qu’on n’admirait point, telle était (Sir Leslie Stephen) sa seule leçon quant à l’art de lire.» A vingt ans, on la trouvait en compagnie de jeunes écrivains qui avaient rompu ostensiblement avec la génération précédente.« Une saine réaction contre un monde où l’on s’ennuie se cachait sous ce dandysme mais aussi un vrai besoin de liberté intellectuelle [.] On découvrait les peintres de l’Ecole française, on lisait les romanciers russes, les psychologues allemands, on militait dans les rangs du socialisme; en politique, on était anti-impérialiste, en religion, on se montrait sceptique, voire athée.» Athée, Virgina Woolf l’est restée toute sa vie.« Elle ne perdait pas une occasion de manifester son athéisme agressif.» Un jour d'avril 1941 « .on découvrait sur la berge de la rivière au bord de laquelle elle aimait à se promener sa canne et son chapeau; son corps ne fut retrouvé que quelques semaines plus tard ».Elle laissait ces lignes à son mari: « J’ai le sentiment que je vais devenir folle [.], j’ai lutté mais ne peux plus continuer davantage.Je vous dois tout le bonheur de ma vie.Je ne puis continuer à gâcher votre vie.» Elle avait 60 ans.On compare volontiers Virginia Woolf à Proust.« Tous deux vident le roman de sa substance habituelle pour en faire un essai de métaphysique concrète, ils y projettent leur univers autonome et clos ».Le roman de Virgina Woolf se caractérise 205 par F« abandon de toute chronologie et presque de toute géographie ».Elle opère dans un champ aussi neutre, aussi général que possible.Ses personnages évoluent dans un espace indéterminé, ils passent devant nos yeux comme un défilé dombres duquel tantôt l'un tantôt l'autre se détache pour venir exprimer le contenu du flux intérieur qui se déroule dans sa conscience ?Les héros de ses romans poursuivent dans le mariage un bonheur inaccessible, qui se dérobe sans cesse.L’union des âmes est illusoire: une part de soi reste toujours étrangère au conjoint: un recoin secret demeure dans l'ombre.« [.] Le mariage dans les romans de Virginia Woolf est rarement synonyme de bonheur: c’est la consécration sociale de l’obéissance [.] jamais la grande aventure joyeuse accepté librement par deux êtres égaux.» Pour Virginia Woolf, le bonheur se rencontre seulement chez les êtres vulgaires, chez ces femmes pour qui « les joies de l’instinct satisfait suffisent.» « Virginia Woolf envie ces âmes simples, qu’une seule impulsion anime, qui ont fait leur paix avec la vie et cheminent paisiblement avec la mort.» La condition de la femme reste empreinte d'une certaine vassalité.Dans le mariage, la femme est un « être passif, introverti, insatisfait »; les femmes indépendantes sont les célibataires « qui s'affirment avec une mâle autorité dans l’action familiale, sociale et politique ».Dans ses derniers romans, Virginia Woolf tente la synthèse de l'homme et de la femme.« Elle se demande s’il existe deux sexes dans l’ordre spirituel correspondant aux deux sexes dans l’ordre physique.Si ces deux sexes d’esprit demandent à être réunis pour atteindre au contentement et au bonheur parfaits.[.] Le « tout-homme » et la « toute-femme » ne seraient que des cas extrêmes, conçus dans l’absolu et sans rapport avec le réel.Seule l’ambiguïté sexuelle rendrait compte des différents mouvements qui animent l’individu.» Virginia Woolf s'est formé à l’école de Darwin, Freud et concorts.Sa philosophie en a été faussée et son esprit s’est égaré dans ces dédales de théories péniblement élaborées.De là vient sans doute qu’elle a cherché le bonheur sans l’avoir jamais trouvé alors qu’il cheminait à ses côtés.Malgré ses erreurs, ses jugements sévères sur la religion «s qui lui paraît suspecte et malfaisante », Virgina Woolf demeure sympathique; elle a erré loin de Dieu et de la Vérité, mais elle était sincère, profondément sincère.Elle fut victime de son milieu, un milieu agnostique pour qui « les plaisirs des relations humaines et la satisfaction des objets de beauté sont la raison d’être de la vertu: elles sont la fin ultime, raisonnable des activités humaines et le seul critère du progrès social (G.E.Moore) ».Virginia Woolf révèle l’angoisse qui étreignait certains penseurs et écrivains du début du siècle; son œuvre est en quelque sorte un témoignage qu’on ne saurait ignorer dans l'histoire des lettres et de la pensée.Clément SAINT-GERMAIN Vient de paraître DIALOGUES Df MARTHE ET DE MARIE par Léo-Paul DESROSIERS "De cette biographie, se dégage une Marguerite Bourgeois nouvelle, d'un charme émouvant et d'une singulière grandeur".208 pages.Format bVi x 8V2 $2.00 (franco $2.10) Du même auteur: Les Engagés du grand portage $1.50 (franco $1.60) Les Opiniâtres $1.50 (franco $1.60) MONTREAL SAINT-BONI FACE, Man.25 est, rue Saint-Jacques 135 ave Provencher 206 Biographie |!>2| ALMERAS (Charles), ptre SAINT PAUL DE LA CROIX, le fondateur des Passionistes.Une action fille de contemplation.Préface de Daniel-Rops de l’Académie française.Introduction de l’abbé André Combes.| Bruges] Desclée de Brouwer [1957].292p.pl.(h.-t.) 20cm.Pour tous L’abbé Hertel Lavallée, décédé saintement l’an dernier dans l’Institut du Père Eugène Prévost ou Fraternité sacerdotale, ne cessait de répéter que « pour la Providence, les obstacles sont des moyens ».Peu de Vies de fondateurs confirment, aussi clairement que celle-ci, la vérité de cette maxime.Ce n’est pas — et l’auteur le reconnaît (p.282) — que Paul Danié ou le P.Paul de la Croix ait influencé son époque « comme un saint Augustin, un saint François d’Assise, une sainte Thérèse d’Avila, un saint Ignace de Loyola ».Seulement, il a exercé de son temps la forme d'apostolat que l’époque réclamait en associant à la vie contemplative la vie active.Dès lors, il combattait d’avance l'erreur que Léon XIII allait dénoncer plus tard, la renonciation aux vertus dites passives et leur remplacement par les vertus dites actives, la séparation donc entre la contemplation et l’apostolat, en somme ce que l’on désigna ensuite, par simplification, l’américanisme ou activisme.L’instrument dont se servit le saint Apôtre, ce fut une double Congrégation religieuse, une d'hommes, une de femmes.A l’une comme à l’autre il enseigna, pour objet de ses méditations, la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ: de là le nom de Passionistes.Pour favoriser leurs réflexions, il donnait, aux maisons où se groupaient ses disciples, la désignation de Retraites.Il leur prescrivait enfin la recherche d’un triple esprit: celui d’oraison, celui de solitude, celui de pauvreté (p.276).Mais là où éclate sa sainteté personnelle, c’est dans l’esprit qu’il apporta à l’établissement de ses deux œuvres.Sur les 300 pages près que contient ce volume, 50 à peine parlent de réussite; les 250 autres ne relatent pas autre chose que les obstacles incessants auxquels se heurta son activité.Or, devant toutes ces difficultés, tous les échecs même, le saint ne laissa jamais tomber de sa plume ou de ses lèvres qu’un seul mot, celui du Maître mourant: « Que Votre volonté soit faite et non la mienne » (p.233).C’est à un abandon pareil que se reconnaissent tout de suite les saints authentiques.Aussi bien l’auteur a-t-il eu raison de voir dans cette renonciation à sa volonté propre, l’idée force qui inspire toute la doctrine spirituelle de Paul de la Croix (pp.233, 235, 237, 284), la doctrine même de son maître saint Jean de la Croix, sainte Thérèse d’Avila, saint François de Sales et Tauler (p.239).Elle explique et sa ténacité devant les obstacles et sa passion pour la solitude comme pour la prière et son humilité encore plus profonde dans le succès que dans l’échec.Elle explique surtout que cet apôtre, de santé de plus en plus débile, ait pu, pendant cinquante ans (1725-1775), associer à ses préoccupations de fondateur d’Ordre l’œuvre pénible des Missions populaires et mériter qu’on le compare à saint Alphonse de Liguori, à saint Léonard de Port-Maurice, même au Père Bridaine (p.114, 120), tous ses contemporains.La fin du livre décrit la récompense accordée aux vertus du saint: l’expansion mondiale de deux Congrégations qui, centrées d’abord autour de la célèbre île d’Elbe, se ramifièrent bientôt au delà des mers.Ce récit pose une question: si l’on s’étonne un peu de ne pas voir mentionné dans ce livre le nom du plus jeune ou du plus illustre disciple de Paul, saint Gabriel dell’Addolorata, on est presque ébahi de n’y rencontrer aucune allusion même à la Vie du Père Hecker et aux Passionistes de New York.Il doit pourtant exister quelque relation entre les deux.A côté du Père Dominique et du mouvement d’Oxford (p.287), on eût trouvé alors quelque précision sur l’américanisme ou activisme signalé ailleurs (pp.115, 288).Peut-être même y eût-on aperçu le nom de Mgr O’Gara, le seul Canadien de ce dernier Ordre à notre connaissance, qui eut l’insigne honneur de subir la persécution chinoise en sa qualité d’évêque en Chine.Emile CHARTIER, p.d.CATTAUI (Georges) CHARLES DE GAULLE.Paris, Editions Universitaires fl9561.120p.photos (h.-t.) 17.5 cm.(Coll.Témoins du XXe siècle, no 4) Pour tous Personne de ceux qui auront lu cette plaquette ne contestera qu’elle est d’abord un panégyrique contre le gouvernement de Vichy.Quelle sourdine dès lors il faudrait y apporter, et dans quelle mesure, ce n’est pas à un étranger qu’il convient de le dire; son rôle se borne à en faire connaître le contenu.Jusqu'au 18 juin 1940, Charles de Gaulle, né à Lille en 1890, n’a qu’une préoccupation: au cas d'une attaque prévisible et même prévue, se préparer pour sa part et préparer son pays à défendre son honneur.Or, il le constate, la France souffre de deux infirmités: dans l’administration militaire, absence de collaboration entre le civil et le soldat, faute pour chacun de posséder des clartés suffisantes sur le rôle de l’autre; dans l’armée, absence plus malheureuse encore de mécanisation et de motorisation.207 Dès lors, de Gaulle écrivain, professeur, conférencier, multiplie les efforts pour corriger les deux maux.Mais, Cassandre agaçant, sa voix se perd dans le désert; et, pour d’autres raisons sans doute, mais pour celle-là aussi, la France se voit acculée à la demande d’armistice du 18 juin 1940 (p.57-58).De Gaulle, qui voit là une déchéance et même une trahison, s’exile à Londres pour y apprendre sa condamnation à mort.Considérant que son pays n’a plus de chef à l’intérieur, il décide de lui en donner un au dehors.Il tentera de faire autour de lui l’unanimité des résistants et, en s'appuyant sur les alliés, de libérer la France envahie.C’est alors la randonnée africaine, le ralliement de la Syrie et du Liban, le débarquement en Normandie, l’entrée triomphale à Paris et la libération du territoire.Reste à créer un régime qui assurera les positions acquises et préviendra de nouvelles expériences aussi lamentables.Un temps, de Gaulle semble l’homme qui tiendra la barre et ne la lâchera plus.Mais, pour trois raisons entre autres (p.111), le 26 janvier 1946 il rentre sous sa tente et s’en va à Colombey écrire ses Mémoires.Ce récit est à peine celui de l’auteur.Il s’appuie sur les confidences ou les affirmations publiques des partisans du général; il se fonde surtout sur les proclamations de ce dernier.D'une haute noblesse, claironnantes à souhait, leur lecture ne peut qu’inspirer une vive admiration pour leur auteur, quelque opinion que l'on entretienne sur son action passée ou sa destinée de demain.Emile CHARTIER, p.d.Réédition Mgr Clovis MOLLIER LES BROUSSARDS DE L'OUEST Suite de "Au pays du ranch" 98 pages.Format 6Va x 9Va $1.00 (franco $1.10) 25 est, rue Ssir.t-Jccques, Montréal 135 av.Provencher, St-8oniface, Man.DELAUNAY (Albert) JEAN ROSTAND.Paris, Editions Universitaires [1956J.123p.photos (h.-t.) 17.5cm.(Coll.Témoins du XXe siècle, no 5) Pour tous « Ceux qui croient en Dieu y pensent-ils aussi passionnément que nous, qui n’y croyons pas, [pensons] à son absence ?> (p.86).L’homme qui a émis cet aveu peut dire, et même croire, qu’il ne croit pas; il croira.Mais il ne s’agit pas ici de croyance ou d’incroyance; M.Delaunay résout le problème en reconnaissant que, en raison de son talent et de son influence, Jean Rostand est « un auteur dangereux * (p.87).La plaquette étudie à la fois le savant, le moraliste et l’écrivain.L’écrivain qu’est Jean Rostand, nul ne l’a mieux défini que lui-même: « Mes deux formes d’expression, littéraire et scientifique, sont pour moi inséparables.Même dans un livre de science, j’essaie d’obtenir, par l’ordre et la clarté, la meilleure présentation des faits; dans un livre littéraire, je crois qu’une certaine sécheresse rappelle le scientifique * (p.78-79).L’un des traits qui le caractérisent le mieux sous ce rapport, c’est son habitude de procéder par maximes, à la façon des moralistes.A deux endroits (pp.80.118), l’auteur de cette biographie en a rassemblé quelques-unes des plus frappantes.La plupart roulent sur les mécomptes de la vie humaine ou les affres de la recherche scientifique.Plusieurs s’expriment avec brutalité; d’autres usent de la simple ironie; toutes marquent un vif désenchantement.Par ses découvertes en entomologie et plus encore en biologie animale, Jean Rostand a conquis une célébrité mondiale.Dans son livre Ce que je crois (Grasset, 1953), il expose les conclusions auxquelles ses recherches l’ont amené.On s’étonne qu’elles ne l’aient pas conduit à celle que traduit l’aphorisme de Bacon: Peu de science éloigne de Dieu, beaucoup y ramène.Parce qu’il en possède énormément, il finira bien par apercevoir, au bout de son microscope, Celui qui a créé son père, sa mère, ses frères et.lui-même.Si les théories savantes que résume M.Delaunay, avec une parfaite clarté pourtant et dans un ordre si rationnel, rebutaient le lecteur ordinaire, il pourra se consoler en associant au premier chapitre certain discours du maître (p.110-117).Autant que la biographie de celui-ci, ces textes comportent celle de son illustre père Edmond Rostand, l’auteur des tirades fameuses, de la Leçon d'histoire, de la Satire des crapauds et de l’Hymne au soleil.Emile CHARTIER, p.d.208 DUHAMELET (Geneviève) MOZART.Paris, Caritas [1956].165p.18.5 cm.(Coll.Visages et souvenirs) Pour jeunes Geneviève Duhamelet jouit d’une certaine renommée chez les écrivains français.Aussi ai-je reçu son Mozart avec satisfaction.Le volume n’est pas corpulent, mais, cependant, en 168 pages, on peut arriver à dire beaucoup de choses.Or j'ai été déçu.La biographie est écrite dans un style agréable: la phrase coule limpide, facile; les personnages présentent en général des traits accusés et les événements sont amenés avec naturel et aisance.Rien ou peu à reprocher au point de vue forme.Néanmoins, je le répète, j’ai été déçu.Je ne vois pas qu’on puisse raconter la vie d'un musicien et s’abstenir de tout commentaire sur ses œuvres.Imaginez une vie du Christ qui rapporterait les principaux événements de la vie privée et publique et omettrait les paraboles, les sermons, le discours sur la Montagne, les recommendations de la dernière cène et les instructions postérieures à la résurrection.Geneviève Duhamelet n’a pas procédé autrement avec Mozart.Elle raconte son enfance, ses premiers voyages à l’étranger, ses amours, ses difficultés, ses déboires, mais ignore ses créations géniales.Sans doute, à l’occasion, elle cite « la première » de tel concerto, de tel opéra, de telle symphonie, elle donne le no d’ordre, rapporte que l’œuvre a été applaudi ou a souffert de la cabale, mais semble ne pas vouloir du tout se compromettre en risquant le moindre commentaire critique.Que nous importent les soucis de Mozart en l'absence de sa femme en regard de la facture de telle symphonie composée à la même époque.Je veux bien qu’on en parle, puisque le volume est une biographie, mais qu’on leur accorde toute l’importance au détriment de l’étude, même sommaire, des meilleures créations du musicien, cela me semble inadmissible.Peut-être l’auteur a-t-elle écrit cet ouvrage à l’intention des jeunes dont l’initiation musicale ne se pose pas encore: alors je veux être indulgent et reconnaître que cette notice biographique intéressera garçons et fillettes.Clément SAINT-GERMAIN GUYARD (Marius-François) ALPHONSE DE LAMARTINE.Paris, Editions Universitaires [1956].124p.photo (h.-t.) 17.5cm.(Coll.Classiques du XIXe siècle, no 3) Pour adultes Le respect de la chronologie, chez Maurice Levaillant, fait, des Oeuvres choisies de Lamar- tine (Hatier, 1925), un véritable chef-d'œuvre.M.Guyard procède tout autrement.Laissant de côté les discours, suffisamment étudiés sans doute par Louis Barthou dans Lamartine orateur (1916), il dresse, comme fond de scène, les quatre carrières du personnage: laboureur, soldat, diplomate, politique (p.12).Devant ce rideau, il fait alors défiler, en trois plans, l'homme, le poète, le prosateur.L’homme, un aristocrate, apparaît ici avec trois visages: celui d’un érotique jusqu’en 1819; celui d’un homme d'affaires continuellement harcelé par le besoin d’argent; celui d'un penseur qui part du déisme (1812-1820), passe par le catholicisme (1820-1832) et aboutit à un philosophis- me humanitaire, mélange de foi sentimentale et de doute intellectuel a l'égard de Dieu (1832-1869).Du point de vue mental, le poète s'adonne à deux formes: la poésie-prière (pp.41, 59, 63), la poésie-épopée (pp.42, 68-69).Comme artiste, il ne s’occupe que de la musique de ses vers (p.50-51) et les laisse couler en amateur, mais en « amateur de génie » (p.43).S'il tue trop souvent son inspiration de la multiplicité de ses Elvires (p.45), du moins, à partir de son mariage en 1823, brode-t-il sur des thèmes plus nobles que l’érotisme.C’est tout le contraire de Victor Hugo (p.18).Enfin, cet amateur eut le tort d'appliquer, à une poésie qui est une pure incantation autant qu’une nouveauté, les procédés du XVIIle siècle pseudoclassique (Parny, Bernardin, Rousseau): c’est ce qui en explique les insignifiances, les platitudes, mêmes les obcénités de certaine Vision.Mais, autant l’inspiré répugnait à se défaire en poésie de ces oripeaux, autant l’écrivain s’acharnait à peigner sa prose (p.109).Seulement, il faut discerner ici deux périodes: les grands livres, 209 longuement élaborés, antérieurs à 1849-1850; les ouvrages, bâclés vaille que vaille et lancés à la brasse pour apaiser la soif d’argent.Les premiers sont une réussite esthétique due à leurs tableaux, à leurs portraits, à leur destination (p.95); les autres sont du mauvais roman ou de l’histoire falsifiée ou du prêchi-prêcha démagogue.Cet aristocrate n’avait évidemment pas ce qu'il fallait pour parler son langage à la démocratie.Au total, Lamartine n’est ni l’auteur des Méditations ni le « poète égaré dans l’action », deux mythes fabriqués par la légende (pp.22, 83).C'est une âme, une âme volontaire, qui a mêlé plus que personne, à l’exposé de ses idées, les sentiments provoqués par ses deuils, par ses échecs et par l'inconsistance de sa croyance religieuse (p.84).Sur ce dernier point, M.Levaillant a pu écrire que « de toutes les Harmonies », YHymne au Christ est « la seule qui soit d’esprit nettement catholique » (p.56).Ce pourrait bien être là le jugement définitif de la critique.Emile CHARTIER, p.d.MOREAU (Abel) RENE BAZIN.Paris, Caritas [1957].125p.18.5cm.(Coll.Visages et souvenirs) $1.75 (frais de port en plus) Pour tous Quel est donc le songe-creux qui, en taxant René Bazin d’« écrivain pour Enfants de Marie », crut lui infliger une injure ?Il n’avait donc pas de fille qui s’honorait de porter cette livrée! Autrement, il aurait compris que sa bévue était un compliment de première valeur.C’est ce compliment qu’adresse au romancier M.Abel Moreau, l’auteur d’une thèse sur le maître angevin.Ceux des nôtres qui se croient très forts quand ils ont si bêtement des mœurs simples, des croyances naïves, de leurs mères ou grands-mères, devraient cueillir auprès de ce biographe une leçon de respect et de justice, peut-être même d’intelligence.Car, en usant de celle-ci, M.Moreau nous sert, de son modèle, une image qui, pour être nuancée, est exacte en tout point.Il a vite fait de découvrir le fil directeur qui doit guider le lecteur à travers toute l'œuvre du romancier: René Bazin, résolu à ne peindre que la classe moyenne, est en religion un spiritualiste, nationalement un royaliste, littérairement un soucieux de pureté et de simplicité.Il ne néglige pas le décor où évoluent ses personnages, lui qui a brossé tant de tableaux à même les diverses provinces de France.Il ne dédaigne pas non plus de représenter leur comportement extérieur: leurs gestes, leuis attitudes, leurs paroles surtout sont notés avec la minutie d’un homme de laboratoire.Mais, ce qu’il étale avant tout, ce sont des âmes et, presque toujours, des âmes héroïques devant le labeur et la souffrance, des âmes nobles dans l’action.Sans doute, autour de quelques-unes flotte une atmosphère de péché (p.69): ni l'amour-passion (p.55) ni l'amour-peuple (p.58) n'ont effrayé le romancier.Mais, au lieu de le peindre en s’y délectant, au lieu d’en étaler les laideurs, Bazin y discerne les deux aspects qui en excusent la peinture: l’offense à Dieu, la puissance de rachat que lui confère le repentir.D’ordinaire, chez Bazin, c'est la description de l’amour pur qui domine (p.56).Cet amour se déploie dans le renoncement à soi, dans le sacrifice, dans le travail, presque toujours au profit des autres; car le romancier a une foi absolue dans le dogme de la réversibilité des mérites (p.68) et il croit que chacun, d’abord artisan de son propre salut, est aussi le collaborateur du salut des autres.Il a eu cette formule lapidaire: « Nous sommes supérieurs à tout ce qu’on veut faire de nous dans toutes les écoles, sauf dans l’Eglise catholique où nous sommes enfants de Dieu, nés pour Lui » (p.65).La raison de ce choix, c’est que « la sainteté lui est plus familière que l’ignominie » (p.41).Ce thème si édifiant, si humain à la fois, Bazin a déployé, pour le traiter, toutes les ressources de l’art le plus consciencieux et le plus parfait.Les écrivains les plus disparates, dont quelques-uns les plus éloignés de sa conception comme de ses procédés, Brunetière, Faguet, Lemaître, Claudel, Mauriac, ne se taisent pas sur la vigueur de son réalisme, l'heureux choix chez lui des détails les plus significatifs, la variété et la richesse de ses couleurs, la clarté et la pureté de sa langue.Remplaçant Legouvé à l’Académie, il fut défini comme « l’art d’écrire succédant à l’art de lire » (p.113).L’œuvre de Bazin apparaît ainsi comme le prototype du vrai roman social, celui qui n’est ni fragmentaire ni purement descriptif, mais roman d'action humaine, chrétienne et audacieusement catholique.Le mot de Doumic la caractérise pleinement: « De la race des purs, tout ce qu’il touche, il le spiritualise » (p.67).Il n’en pouvait être autrement avec l’homme, « petit de taille, mais de haute mine » (p.32), qui a émis ces maximes pleines d'éternelle vérité: // n’y a pas de mort, il y a deux vies.(P.35) — La vie est faite non pour être vécue, mais pour être vaincue.(P.27) — Le laboureur a pour mission de mêler un peu de ciel à la terre.(P.47) C’est ce traditionnaliste qui, en pleine Académie, put désigner celui que « avec des millions de vivants et des milliards de morts, j’ai la grande joie de nommer: Notre-Seigneur Jésus-Christ» (p.87).Emile CHARTIER, p.d.210 "U Ï.R.P.BA MOREAU.” (Suite de la pane 202) malheurs de la congrégation * (p.264).Et le P.Sorin, nommé supérieur général à la fin de ce chapitre (p.267), se permettra même de demander « à la Propagande, pour son ancien supérieur général, « une dispense totale de tous liens et devoirs » avec la Congrégation » (p.384), affaire qui heureusement resta en suspens ! De toutes ces diffamations et ces manœuvres, faites sous prétexte de zèle et qu’on a osé appeler « observations confidentielles * (t.2, p.46), on peut dire, pour le moins, qu’elles ont émergé de subconscients où étaient refoulées des passions peu recommandables !.De plus, ces épreuves dégagent clairement dans la physionomie spirituelle du P.Moreau des vertus que l’on peut, sans témérité, qualifier d’héroïques.En effet, le P.Moreau n’avait pas « une âme excessive, se laissant emporter par les impulsions de sa vivacité » (t.2, p.184), comme le prétendaient ses adversaires.Au contraire, un examen attentif et impartial de son comportement révèle chez lui la connexion et 1 harmonie des vertus même les plus différentes, ce qui dénote une très intime union à Dieu et • fournit une très belle image de l’union en Dieu des perfections divines les plus diverses.Ainsi, dans les circonstances difficiles que dut traverser le P.Moreau, on ne retrouve dans sa correspondance aucune ligne « qui ne maintienne les principes de la vie religieuse dans leur fermeté, mais pas une qui n’y apporte, dans la forme, les ménagements de la patience et de l’affection » (p.184).Lorsque la vérité et le bien étaient en cause, il manifestait une force imperturbable; faisant allusion aux oppositions de Mgr Bouvier, le P.Moreau écrivait au P.Drouelle: « Ce caractère a résisté à toutes ses oppositions, comme à son enseignement théologique, est-ce un mal?» (P.185) On remarque d'ailleurs chez le P.Moreau une préoccupation doctrinale très marquée, c’est même l’un des traits de sa physionomie spirituelle; ses biographes le notent pertinemment: « Le P.Moreau va aux principes.Ce qui importe avant tout, pour lui, c'est de connaître la lumière; une fois la lumière vue en face — la lumière de la foi —, tout est dit; on peut dire: tout est fait, car il lui paraît impossible d’agir à l’encontre de la lumière > (p.213).Le P.Moreau a su encore unir la vie intérieure au zèle apostolique: « Il a été d’une part, un apôtre passionné, et il a été aussi l’homme intérieur, affamé de solitude » (p.202).Sa vie spirituelle est aussi marquée par une grande simplicité devant Dieu et beaucoup de souplesse entre ses mains (t.3, p.467).Dans l’exercice de l’autorité, il a concilié la fermeté et la douceur, l’amour de la vérité et de la justice à une grande miséricorde à l’égard des sujets rebelles: ce qui est encore une caractéristique de la vertu héroïque.Ses biographes le notent à plusieurs reprises.Ainsi, après de graves résistances de la part du P.Sorin, « il semble que [.] la bonté du P.Moreau ait exercé sur son amertume une influence apaisante * (t.2, p.152).Dans une lettre circulaire du P.Moreau, où il était question de cette réconciliation, « loin d’accabler celui d’où était venu le scandale, il mettait en relief l’exemple de sa soumission » (ibid.).Au cours de ce chapitre très orageux de 1863, le P.Moreau « avait donné plus d’une preuve de charité et d’esprit de conciliation, surtout par cette demande, si souvent réitérée, de la table rase du passé pour faire face à l’avenir » (t.3, p.44).Selon l’école qui soutient que la contemplation infuse fait partie intégrante de la perfection chrétienne, opinion qui n’est pratiquement plus discutable, la nuit obscure qu’a traversée le P.Moreau durant l’année 1855 est manifestement d’ordre mystique; c’est d’ailleurs ce qu’a justement prétendu Mgr Saudreau, aumônier du Bon Pasteur d’Angers, consulté à ce sujet par le P.Vanier, en 1931 (t.2, p.227-228).En affirmant que, à ce moment, « l’écroulement psychique a été consommé, et l’obsession s’est implantée, irréfragable » (p.222), les biographes sont demeurés dans les limites de leur tâche en ne fournissant de cette épreuve intérieure, qu’un exposé plutôt descriptif que théologique et mystique.Cependant, il convient de préciser que les réactions psychiques ne sont que des effets secondaires des purifications passives.De plus, si la théologie ascétique et mystique doit avantageusement s’intégrer les apports valables de la psychologie moderne et de la psychologie des profondeurs, il faut affirmer néanmoins que ces sciences sont radicalement insuffisantes pour expliquer adéquatement les comportements ascétiques et mystiques de la vie intérieure.En ce domaine, les critères spécifiques ne peuvent être fournis que par les règles du discernement des esprits, les signes des purifications passives des sens et de l’esprit, les caractéristiques de la vie illuminative et de la vie unitive.C’est pour n’avoir pas été jugés selon ces critères que plusieurs saints, comme nous l’apprend l’hagiographie chrétienne, ont été les victimes de jugements malveillants et injustes, de diffamations et de persécutions; et c’est ce qui explique les oppositions et les intrigues qui ont tissé la vie du Fondateur de Sainte-Croix.De là se dégage une leçon de prudence, lorsqu’il s’agit d’examiner le surnaturel extraordinaire et certaines vocations exceptionnelles, car, comme l’écrivait le Père Richard, o.m.i., « tous ceux qui jugent et combattent une âme sainte, une œuvre divine, ont tort et gardent leur responsabilité que Dieu discernera * (Rev.Univ d’Ottawa, juil.-sept.1936, p.347).Ovila MELANÇON 211 In vente à notre librairie Famille ANNE-MARIE, Qui me répondra?(Education sexuelle) 64p.1957 .$0.35 CAFFAREL (H.), Propos sur l'amour et la grâce.300p.1956 .$3.30 DESJARDINS (Abbé), Dossier secret.88p.1956 $0.40 PONS (R.), Procès de l’amour.2e éd.238p.1957 $2.10 LEGAULT (Emile), c.s.c., Violaine, ma soeur.48p.1957 .$0.50 VERINE, La chair et l’esprit.115p.1956 $1.00 Sciences ANSCIAU (G.), Le familier des arbres.213p.1956 .$215 ANSCIAU (G.), Les clefs de la découverte.237p.1956 .$3.40 AUBANEL (H.), Je suis manadier.181p.1957 $1.65 BOREL (E.), Les nombres premiers.133p.$0.75 DIOLE (P.), Dans le Fezzan inconnu.236p.1956 .$4-$0 GAMOW (G.), Biographie de la terre.206p.1956 .$3-25 GOODRICH (F.), Comment accoucher sans douleur.(Livre de poche) 208p.$0.75 HARTMANN (H.), Constructeurs d'univers.342p.1957 .$6 00 JANSEN (M.), Vers les espaces infinis.181p.1956 .$2-15 KOSCH (A.), Quelle est donc cette fleur?133p.1956.$2.90 LUCCH1NI (Chan.), La radiesthésie.238p.$3.90 *** Médecine et merveilleux.279p.1957 .$3.40 MOOR (Dr L.), La pratique des tests mentaux en psychiatrie infantile.207p.1957 .$9.15 *** Originalité biologique de l’homme.221p.1957 .$2.50 PRADALIE (R.), L’art radiophonique.123p.$0.75 TOMBARI (F.), Le livre des animaux.258p.1956 .$4.35 - Loisirs CANDE (R.de), Ouverture pour une discothèque.288p.1956 .$2.25 MASINO (P.), Les barres à hauteurs inégales.352p.1956 .$4.00 PALESTRANT (S.), Travaux à papier.86p.1956 $2.60 ROUBIER (J.), La photographie et le cinéma d’amateur.447p.1956 .$12.00 STUCKENSCHMIDT (H.), Schonberg.!85p.1956 $3.10 SICLIER (J.), Le mythe de la femme dans le cinéma américain.178p.$3.00 SCHNEIDER (M.), Schubert.191p.1957 $1.60 Histoire - Géographie ARTHAUD (J.), Derniers nomades du grand Nord.130p.1956 .DEMERS (J.U.), Aperçus historiques sur l’ile Jésus.275p.1957 .GREGOIRE (J.), A la recherche de nos ancêtres — guide du généalogiste.95p.1957 .HARRINGTON (R.), Le visage de l’Arctique.310p.1957 .KRAMER (S.N.), L’histoire commence à Sumer.313p.1957 .LARTEGUY (J.), Les clefs de l'Afrique.266p.1957 .PERNOUD (R.), Les Gaulois.191p.1957 PIROLLOY (Mgr), L'hostie sauvée des flammes.206p.QUEVAL (J.), De l’Angleterre (Histoire).279p.1956 .TRUDEL (Marcel), L’Eglise canadienne sous le régime militaire 1759-1764.Tome I — Les problèmes.362p.1956 .Biographie BIBESCO (P.), Elizabeth //.106p.ill.1957 $2.25 BOULOISEAU (M.), Robespierre.128p.1957 (Coll.Que sais-je, no 724) .$0.75 CASTELNAU (J.), La princesse de Lamballe.219p.1956 (B) .$2.90 CRISTIANI (Mgr), Ste Marguerite-Marie.205p.1956 .$1-60 DENNIS (A.), Jeanne la folle, mère de Charles-Quint.265p.1956 .$3.75 GERVAIS (E.), Mgr de Laval, ill.63p.$0.75 LARIVIERE (F.), La vie ardente de S.Charles Garnier.212p.1957 .$2.00 LATZARUS (M.T.), Ste Colette, qui de naine devint abesse.103p.1956 .$1.35 MICHAEL (E.), Joseph Malègue, sa vie, son œuvre.279p.1957 .$2.95 MOREAU (A.), René Bazin.125p.1957 .$1.75 RICHAUD (M.P.), En suivant Jeanne d’Arc sur les routes de France.120p.ill.$8.00 ROTH (L.), Une femme en enfer.348p.1956 $3.45 STE-GERMAINE-DE-LA-CROIX (Sr), A plein bord: biographie de Sr St-Louis-du-Sacré-Cœur, c.n.d.144p.1956 .$150 *** S.Vincent de Paul, patron de toutes les œuvres de charité.127p.ill.1949 .$3.60 $4.90 $3.00 $1.50 $6.00 $6.55 $3.90 $1.60 $1.70 $3.45 $4.50 25 eâty rue ^aint-^acyueô, WontreJ - PL 8335 212 4279
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