Lectures, 1 juin 1958, dimanche 1 juin 1958
PER L-22 ECTIJRES Nouvelle série Vol.8 — Nos 19-20 Montréal, l'r-15 juin 1958 In memoriam Blanche Lamontagne-Beauregard Mme Blanche Lamontagne-Beauregard mourait à Montréal, le 25 mai dernier.En guise d'hommage à la mémoire de cette poétesse du terroir, nous reproduisons l'article ému que Michelle Le Normand lui consacrait dans le numéro du 21 juin de Notre Temps.Blanche Lamontagne-Beauregard est morte, et la nouvelle est passée inaperçue.Depuis de nombreuses années, elle gardait le silence et peu à peu, le monde l’avait trop oubliée.Seule, sans doute, la jeunesse des couvents où le patriotisme garde un sens, connaîtra son œuvre.Pourtant, très jeune, cette poétesse eut une grande heure de gloire.Je me souviens de ce moment, où son nom parut en grosses lettres dans tous les journaux.Je rêvais alors moi-même d’écrire, et de.conquérir le monde ! Quelques années plus tard, je rencontrai Blanche Lamontagne.Elle avait une tête magnifique, le rêve, la douceur et la beauté étaient écrits sur ses traits nets, arrondis, un peu forts peut-être, mais illuminés par la lueur indiciblement bleue des yeux.Une coquette aurait envié ses beaux cheveux mousseux, bouclés, bruns, avec des reflets roux.Mais elle n’avait rien d’une coquette.Elle boitait légèrement, et elle s’habillait comme une grand’mère.Invitée à des thés, elle y venait à contre-cœur, probablement, et elle restait silencieuse et mal à l’aise.Pourtant, elle était alors une jeune fille, elle n’avait pas trente ans, je crois, mais la ville l’affolait, l’étouffait, lui faisait peur.Pourtant, l’amour fit qu’elle s’y installa.Cessa-t-elle d’écrire ?J’avoue ne rien connaître, ne rien avoir vu de sa plume depuis des années.Mais je souhaite ardemment que l’on trouve dans ses papiers, une moisson abondante.Elle avait l’étoffe d’un grand poète.Je viens de relire « Par nos champs et nos rives », paru en 1917, donc, écrit lorsqu’elle était dans la vingtaine.La mode du temps lui imposa le genre Louis Mercier.Elle n’égalait pas la perfection et la vigueur de celui-ci, bien entendu, mais la plupart des pièces viennent du cœur, dépassent le genre qui depuis s’est bien démodé, et résonnent encore grâce à leur vérité et leur émotion.Son amour du sol, du passé, du milieu, n’était pas commandé; il était profond, il était son âme, son être même.D’avance avait-elle pressenti l’exil qu’elle choisirait, en abandonnant les champs ?« Evoques-tu le toit qui fume, Dans le grand silence du soir.» Elle écrit encore: « Si, du sol, un jour tu t'arraches, Ah ! songe un peu, songe parfois, A cette clochette des vaches Qui tinte, le soir, dans les bois ! » Ces bois à elle, ceux où elle avait grandi, étaient au bord de notre fleuve devenu mer.Tous deux, mon bien-aimé « Comme il eût été bon d’y vieillir et d’y vivre, Tous deux, mon bien-aimé, dans le calme des [soirs l Comme il eût été bon d’aller souvent s'asseoir Dans l’ombre de ces bois dont la senteur j [enivre.Mais, hélas, mon beau rêve à jamais s’est [enfui, Et je n’entrevois plus la chère maison verte, Sa porte, sur mes pas, ne s’est jamais ouverte, La maison et l'étang, tout s’est évanoui ! » Tout ce poème (page 179), est superbe et émouvant.Mais je suis étonnée de voir combien peu, en somme, Blanche Lamontagne dans ce volume, parle de la mer.C’est le vent qui l’occupe, elle est obsédée par sa présence constante et diverse.Elle décrit sa voix sifflante, effroyable parfois, ce qui fait que ses meilleurs pièces font ensuite éprouver la douceur de ia maison, de l’abri, après les rafales.Lisez Autour de la lampe.(Suite à la page 290) LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Plateau 8335 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.(Suite de la page 289) « Se retrouver autour de la lampe, le soir, Tous ensemble, penchés sur les pages d’un [livre, Ouïr les bruits légers que l'ombre fait pleuvoir, Et le crépitement des vitres, sous le givre! Sourire de se voir, l’un près de l’autre assis, Tous ensemble, ô mes soeurs, ô mon père, [ô ma mère ! » etc.Toutes les pièces de la dernière partie de « Par nos champs et nos rives » surtout, sont d’une belle venue, vers chaleureux, vraiment inspirés, et toujours aussi touchants que chrétiens d’idées.Souvent, j’ai pensé à Marie Noël, en les relisant.Mais il sont d’avant la notoriété de Marie Noël puisque ce volume est de 1917.Notre poétesse n’avait pas trente ans, nous étions censés être bien arriérés, et pourtant que de vers admirables ! Le Souvenir, Doucement, Solitude, les Routes, le Noroit, Les blancs moutons, toute cette poésie mérite de durer.Et son grand poème sur le Vent, dont elle regrette sans doute la voix puissante, une fois établie à demeure, dépouillée de l’espace, entre les murs de briques trop proches de la ville enfumée ! Michelle LE NORMAND Index des auteurs recensés dans ce numéro AMBROISE, p.296 BERTRAND (T.) et CARON (E.), p.291-293 BLOND (G.), p.303 CORDIER (P.-M.), p.307 DESMARAIS (M.-M.), p.294 HARVEY (J.-C.), p.294-295 HULLIGER (J.), p.298-299 HUNERMANN (G.), p.307 JOURNET (G), p.304 LAMONTAGNE-BEAUREGARD (B.), p.289- * 290 LECLERC (F.), p.295 LEMOINE (F.), p.306 LEROY (S.), p.305-306 *** La lumière dans les ténèbres, p.305 PERRAS (M.-G.), p.297 PONTHIER (F.), p.302 ROQUEBRUNE (R.de), p.294 *?* Soixante ans de sacerdoce, p.300-301 TESSIER (Mgr A.), p.296 VAN LIERDE (Mgr P.-C), p.304 Publication approuvée par l’Ordinaire 290 Littérature canadienne Etude critique Principes et réalisations dans le Québec" Les ouvrages d’ordre économique sont rares au Canada français.Aussi faut-il féliciter les Editions Fides d'avoir inauguré une collection sous le titre général: Bibliothèque économique et sociale.Cette collection comprend déjà plusieurs ouvrages avec des auteurs connus tels que François-Albert Angers, Léon Gé-rin, Esdras Minville, etc.Ayant eu l’occasion à plusieurs reprises d’admirer la prose élégante et ferme de M.Théophile Bertrand, tant dans la revue Lectures que dans la Revue de l’Institut Pie XI, l’ouvrage intitulé l’Apprentissage et portant en sous-titre: Principes et réalisations clans le Québec, nous a tenté.Ce bouquin est une œuvre de collaboration avec M.Edmond Caron, comptable aux vues lumineuses et qui a prouvé ailleurs son inébranlable fermeté quant aux principes.Les auteurs de cet ouvrage abordent un champ non encore défriché.Une brève introduction situe le sens de la collaboration.L’un, M.Bertrand, est l’écrivain de la définition philosophique.Le second, M.Caron, est l’analyste des faits et des chiffres.Collaboration souvent trop rare surtout au Canada français, mais qui pourrait s’avérer féconde si de plus nombreux chercheurs et penseurs y recouraient.Dans la première partie, MM.Théophile Bertrand et Edmond Caron s’en tiennent aux principes, à un historique de la notion d’apprentissage.N’écrivent-ils pas que l’apprentissage occupe partout une place de première importance et n’affirment-ils pas « qu'il est d'autant plus à propos de lui accorder une attention particulière qu'il est d'un ordre bien positif; il porte ainsi une charge émotionnelle moindre que tant de thèmes sonores de la rhétorique sociale et apparaît éminemment apte à éveiller ou à affiner le sens des réalités concrètes, si nécessaire à une société en pleine fermentation ».Dans L’évolution de l’apprentissaget nous lisons: « Le retour, depuis les deux grandes guerres, à la règlementation étatique de l’apprentissage, qui demeure libre et contractuel mais dans des cadres institutionnels obligatoires, a rendu toujours plus actuel ce problème de la formation par le travail dans un monde grandi sous le signe du rationalisme.» Le chapitre sur l’importance universelle de l’apprentissage synthétise les efforts tentés et les réalisations obtenues en divers pays, sans oublier l’initiative des agences des Nations-Unies.L’apprentissage en Russie soviétique révèle que l’apprentissage y a été l’objet de l’attention des dirigeants politiques qui ne tiennent vraisemblablement pas compte tout d’abord du facteur humain ou sociologique.On n’a visé là, comme en beaucoup d’autres pays d’ailleurs, qu’à l’efficience, qu’au rendement, mais cependant le « dressage » ouvrier ou technique a cessé de n’être qu’une formule automatique de préparation empirique, car on a compris qu’il fallait tenir compte du facteur humain.Il n’y a pas que la production à envisager.Il y a le prolétariat comme tel à supprimer.Gaston Bardet dans Demain, c’est l’an 2000, écrit: « La suppression de la condition prolétarienne n’est pas une question de gros sous, encore moins une question de statut juridique, c'est une question de dignité et de responsabilité personnelles, de joie dans le travail.Etre un prolétaire, c’est ne plus exister.C’est voir s’effondrer sa personnalité dans une sorte de vertige.» Et Sa Sainteté Pie XII, dans son message de Noël 1944, donnait comme consigne: « Par tous les moyens, favorisez, dans tous les domaines de l’activité, les formes sociales 291 59725151 qui permettent et garantissent l'entière responsabilité personnelle, dans l’ordre temporel comme dans l’ordre éternel.» En Russie, écrivent nos auteurs: « Il s’agit de l’exploitation des masses au service du messianisme matérialiste; ici, (dans le Québec) il s'agit d’une tentative de reconquête de l'humain par le travail en utilisant l'apprentissage.» On revient, aux Etats-Unis, à l'entraînement systématique, car on s’est rendu compte, même avant la faillite des bébés-lunes américains, qu’il fallait autre chose que des machines et des robots.Les auteurs dans le chapitre Définition essentielle de l'apprentissage, écrivent: « L’apprentissage, c’est l’art de se cultiver, par l’exercice de la raison ouvrière adonnée à l’acquisition, sous la direction d'un maître, d'un métier qui permette de gagner sa vie et de contribuer selon ses talents à la poursuite du bien commun de la société.» Sous le titre Québec reprend la tradition.on laisse pressentir que l’apprentissage d'aujourd’hui rejoint l’idéal de la joie du travail bien fait, tel qu’il inspirait nos ancêtres.La deuxième partie du volume qui porte le titre l'apprentissage dans la province de Québec, expose la législation un peu complexe de l’apprentissage dans notre province.Les réalisations dans ce domaine ne découlent pas d'une loi unique, d'un seul ministère ou departement, mais ce que le volume tente de mettre en lumière, c’est qu’une pensée dominante a présidé aux diverses lois qui ont des incidences sur l’apprentissage; c’est que l’élément humain propre à favoriser l’épanouissement de toutes les innéités de l’être a été respecté.En 1937, le Gouvernement votait la loi qui deviendra la Loi du salaire minimum et la Loi de la convention collective.Nous n'entrerons pas dans le détail de toutes les lois que les auteurs ont scrutées et expliquées.Disons simplement que leur bouquin met bien en évidence ce qui s’est accompli dans la province de Québec, relativement à l’apprentissage.Nous avouons une surprise imprégnée de beaucoup de satisfaction en apprenant l'importance et le rôle des Centres d’Apprentissage.La législation, les ordonnances, les ententes conclues entre les diverses parties intéressées, ont été mises en œuvre en tenant compte des intérêts de la profession et de la communauté tout entière.Il a donc fallu, pour atteindre aux réalisations que l’on vient d énoncer, que plusieurs ministères s'occupent de la question.On pourra lire aux pages 107 et 108, des chiffres qui établissent le nombre de jeunes qui ont suivi des cours d'apprentissage soit dans l’automobile, soit chez les barbiers-coiffeurs, dans les métiers du bâtiment, de la chaussure, de l’horlogerie ou de l’imprimerie.L’hon.A.Barrette, ministre du travail, pouvait donc déclarer en mars 1955: « Par l'entremise des Commissions d’apprentissage, l’industrie peut recruter d'une manière stable et d'une façon sûre, une main d'œuvre qualifiée, etc.» Le même ministre faisait remarquer que le travail et le capital se sont associés pour le bien de la main d’œuvre et pour la stabilité de l’industrie.Au cas où d’aucuns prétendraient que tout cela s’élabore sous le signe de l’utilitarisme, du matérialisme ou du pragmatisme, il faudrait rappeler la présence d’un conseiller moral au Service de l’aide à l’apprentissage.A la lecture de ces pages, on voit que si les promoteurs de ces initiatives tiennent évidemment à la préparation technique, les principes d’humanisme chrétien n’ont pas été oubliés.On a donc bien fait de souligner les caractéristiques du régime d’apprentissage du Québec.La question de la formation morale était aussi affaire délicate et c’est pourquoi il s’agit beaucoup moins d’un cadre, comme le bouquin le souligne, ou d’un programme, que d’une conception de la vie.Vu que notre système d’enseignement à tous les degrés est continuellement sous la loupe.de ce temps-ci, il est opportun, croyons-nous, de rappeler ici un témoignage du R.P.Marcel de la Sablonnière, s.j., en mai 1951: « Devenez des bâtisseurs.Le Centre d’Apprentissage de l’avenue Laurier met à votre disposition une réalisation qu’on pourrait qualifier d’unique au monde.» Par ailleurs, le directeur de l’apprentissage aux Etats-Unis, M.William Bob Patterson, déclarait à M.Armand-E.Bourbeau, le directeur du Centre: « Ce que vous accomplissez ici ne se fait nulle part ailleurs ».Le Financial Post de Toronto était bien plus catégorique le 5 février 1951: « Sur 15,315 apprentis dans les métiers du bâtiment au Canada, Québec en comptait 9,816 à comparer avec 5,499 pour tout le reste du Canada.» 292 Le même journal ajoutait, au mois d’août de la meme année: « A l'exception Je la province Je Québec, le nombre d'apprentis formés au Canada a peine à compenser le taux de mortalité dans les métiers de la plomberie et du chauffage, selon M.Robert Davidson, secrétaire de l'Association nationale des Entrepreneurs en plomberie et chauffage.* Il y a aujourd’hui dix Centres d’Appren-tissage dont huit pour l'industrie du bâtiment.En 1956-57, la province de Québec avait formé 5,113 apprentis soit environ deux mille de plus qu’en 1955.Ouvrage forcément quelque peu austère, LApprentissage devrait obtenir quand même une large d:ffusion, au moment où l’on met en doute tout l’enseignement de la province de Québec.Dans le domaine de l’apprentissage, tout n'a peut-être pas été accompli et il y a place pour d’autres progrès.Cependant, si la bonne foi nous anime les uns et les autres, nous nous rendrons compte que, si nous n'avons pas le contrôle de la grande industrie et des fortes concentrations industrielles, la main d'œuvre qui y besognera sera mieux préparée au point de vue technique et elle aura été formée, ce qui est tout aussi important, selon des principes, des directives qui tiennent compte de la personne humaine.Pour que ces Centres d'Apprentissage se multiplient encore, que leur action s’accentue davantage, que des cadres surgissent pour former des apprentis dans tous les champs de l'activité, il faudra que nos jeunes gens consentent à continuer leurs études primaires au moins jusqu’à la huitième ou la neuvième année, sinon cet apprentissage, merveilleux dans son esprit et dans sa technique, ne pourra pas doter nos entreprises du Québec, de techniciens compétents et avisés.Pour perfectionner son instruction et sa formation au Centre d’Ap-prentissage, il faut d’abord savoir lire, compter, connaître sa langue maternelle de façon convenable et posséder aussi les rudiments indispensables de la langue seconde.On ne peut bâtir un édifice qu’en ayant un bon solage et on ne peut édifier un système d’enseignement équilibré que si notre population sait que de tels Centres existent et si les jeunes gens qui les fréquentent sont assidus, studieux et consciencieux.En bref, il faut nous aviser que dans maints champs de l’enseignement dans la province de Québec, il existe des réalisations admirables que l’étranger admire ou envie.Ce bouquin de MM.Bertrand et Caron devrait être lu non seulement par ceux qui ont à s’occuper de l’orientation des jeunes gens, mais par tous ceux qui s’intéressent à leur formation.Ils apprendront que s’il reste encore, au pays de Québec, beaucoup de réalisations à espérer, nombreuses sont celles qui existent et devraient être mises en lumière pour appuyer nos raisons de croire et d’espérer.Rodolphe LAPLANTE (1) BERTRAND (Théophile) et CARON (Edmond) L" APPRENTISSAGE.Principes et réalisations dans le Québec.Montréal.Fides [cl9581.162p.photos (h.-t.) 21cm.(Coll.Bibliothèque économique et sociale) $2.50 (frais de port en plus) Pour tous Retenez dès maintenant votre______________ TIRÉ-À-PART de LECTURES 1957-1958 Tous les numéros de Lectures parus entre le 1er septembre 1957 et le 15 juin 1958 inclus, présentés sous forme de volume relié toile, titré or, avec table des matières et index des auteurs recensés.$3.50 net l'exemplaire (par la poste $3.70) 25 est, rue Saint-Jacques, MONTRÉAL.PL.8335* 293 Notices bibliographiques Philosophie (1) DESMARAIS (Marcel-Marie) o.p.LA CLINIQUE DU COEUR, vol.2, 3, 4 et 5.Montréal, Les Editions du Lévrier, 1957.192p.16cm.$0.50 chacun (frais de port en plus) Pour tous Dans le numéro de Lectures du 1er novembre 1957, nous avons présenté à nos lecteurs le premier volume de la série Clinique du cœur, préparée par le R.P.Marcel-M.Desmarais, o.p.Nous avions alors fait l’éloge de ce petit livre de poche, d'une présentation fort attrayante, qui contenait une mine de sages conseils et de précieux renseignements sur l’art de mener une vie paisible et heureuse.Quatre nouveaux petits volumes viennent de s’ajouter à la collection, et nul doute qu’ils connaîtront la rapide diffusion qu’ils méritent.Les mille et un petits et grands problèmes de la vie quotidienne y sont exposés avec franchise et résolus à la lumière d’une saine psychologie et d’une foi profondément surnaturelle.De lecture très facile, ces livres de poche sont une compagnie tout indiquée — compagnie fort agréable et bienfaisante — pour les voyages en autobus ou en tramways, ou comme lecture de vacances.A.C.Littérature (8) ROQUEBRUNE (Robert de) D’UN OCEAN A VAUTRE.Roman.Illustrations de G.de Beney.Montréal, Fides [1958}.126p.ill.19.5cm.(Coll.U pélican) $1.10 (frais de port en plus) Pour adolescents Un cinquième ouvrage vient s’ajouter à la collection « Le Pélican »; c’est un roman de jeunesse par Robert de Roquebrune intitulé D’un Océan à l’autre.En couverture, sur une carte du Canada, une locomotive rutilante, avec une énorme cheminée comme on peut en voir sur d’anciennes photographies.On n’aurait su choisir meilleur symbole pour ce roman: cette évocation d'une minuscule locomotive «1880 >, s’enfonçant vers l’Ouest, rappelle les figures légendaires du Père Lacombe, o.m.i., de Louis Riel et de ses métis.Un jeune québécois, Jacques Ménard, obtient la permission d’accompagner son oncle, anthropologue de profession, dans les plaines de l’Ouest.Il arrive à Fort Gary (aujourd’hui Winnipeg) au moment où Riel et ses compatriotes entravent le travail des arpenteurs du Gouvernement.Le jeune homme et son oncle — ce dernier favorable à la cause des Métis — approchent Riel et jouent un rôle dans la pacification des esprits.Le calme rétabli, notre jeune héros prend goût à la vie du ranch.Avec son oncle il acquiert une propriété considérable et devient cultivateur.Ses chevauchées à travers la steppe lui fournissent l’occasion de rencontrer une charmante jeune fille, Aline Guil-bault, dont il rêve de faire son épouse.Mais voici que la belle amazone est enlevée par le fils d’un chef indien qui la convoite.Grâce aux amitiés que l'anthropologue entretient chez les sauvages, on réussit à reprendre la jeune fille au moment où elle doit jouer le rôle de déesse dans une fête au dieu Soleil.Puis la rébellion éclate à nouveau.Les circonstances veulent que nos deux amoureux se trouvent dans le dernier train qui quitte Winnipeg sous les balles des Métis.Le Père Lacombe est recueilli par le train, en cours de route, et, séance tenante, bénit les épousailles de Jacques et d'Aline.Ce roman d'aventures — aventures folles parfois, téméraires, hardies, comme la jeunesse aime en vivre —, passionnera nos garçons au seuil de l'adolescence.Ils y trouveront tout l'enthousiasme, l’ardeur juvénile, le mépris du danger, l'esprit chevaleresque qu'incarne dans leur esprit le cow boy de notre Far West au temps où nos arrières-grands-pères taillaient leur première moustache.Clément SAINT-GERMAIN HARVEY (Jean-Charles) LA FILLE DU SILENCE.[Montréal] Editions d’Orphée [1958}.127p.21cm.Mauvais Beaucoup de beaux vers, frappés, le plus souvent, dans le plus pur style classique.De la 294 prose rythmée où l’on rencontre ici et là des morceaux de poésie pure.Une langue limpide et riche à souhait.Tout cela ne peut atténuer le dégoût que l'on ressent à lire ces pages imprégnées d’un sensualisme obsédant.A part quelques rares poèmes, ce livre est un hymne à l’amour charnel révéré et servi à l’égal d'un Dieu.C’est la complainte d’un don Juan qui a goûté à toutes les coupes, n'en ressent aucun remords, ne connaît d’autre crainte que celle de l’impuissance sénile, et n’a de prière que pour remercier Dieu de pouvoir « satisfaire et être satisfait ».Des poèmes comme * Sans remords », « Prière du don Juan » sont tout simplement odieux.On ne peut que déconseiller fortement un livre aussi malsain, malgré les quelques jolies bluettes qu'il renferme.R.L.LECLERC (Félix) LE FOU DE L’ILE.Roman.Paris, Editions Denoël {1958}.222p.18.5cm.S2.10 (frais de port en plus) Appelle des réserves Ce roman ne s’apparente guère aux histoires que la littérature romanesque a l’habitude de nous servir.En fait, est-ce vraiment un roman ?Il semble que ce soit plutôt un long poème en prose où l’allégorie succède à l’allégorie.« Au nord de l’île sont les escaliers qui mènent vers les fonds, pleins de silence.Là, les matins d'épaisse brume, on sent l'iode.Cavernes en ruines, pics crevassés, falaise à devant de cathédrale face à la mer.Et l’eau verte qui tape en bas.C’est là que le fou de l’île, venu d’un long voyage, a été vomi par la marée de neuf heures, une nuit de ce temps-là.» Qui est ce fou ?Un illuminé ?Un fend le vent ?Un témoin des vérités étemelles venu agiter le cloaque où vivent la plupart des gens de l’île ?On ne le sait pas trop.Il cherche quelque chose, « une chose qui vole », une chose qui n’est pas là où les hommes se dégradent.Les enfants et les purs de cœur semblent le comprendre.Les autres le haïssent dans la mesure où ils tiennent à la glu de leurs vices.A la fin du livre, on apprendra que le fou, disparu mystérieusement de l’île, a trouvé le havre du repos: « Il n’est qu’une science, écrit-il à un ami, et quand on la possède on possède la joie: celle de se mépriser.Ici, on s’habitue tellement à l’idée de la mort qu’on la souhaite et la désire comme une récompense.Un seul bibelot orne ma cellule, ce n’est ni porcelaine, ni cuivre, mais un crâne.La joie m’habite parce que celui qui peut tout, le grand époux de toutes les recherches et de toutes les soifs a daigné venir habiter en moi.Dieu est le seul ami.Le seul, crois-moi.» (P.221) Oeuvre étrange, non dénuée de poésie, d’un authentique contenu spirituel, mais dont la lecture ne sera guère facile pour la majorité des lecteurs.R.LECLERC Rappel Rappel CLAUDEL poète mystique de la Bible Y .et spirituelle de Saint-Denys Garneau par Paul-Emile ROY, c.s.c."Un ouvrage qui permet une meilleure compréhension de l'oeuvre de Claudel et constitue une excellente introduction à une lecture intelligente de la Bible".144 p.20cm.$2.00 (par la poste $2.10) par Romain LÉCARÉ, o.f.m.Un ouvrage qui jette une lumière toute nouvelle sur un des plus grands poètes canadiens-français.192 p.17,5cm.2 hors-texte.$2.00 (par la poste $2.10) CHEZ FIDES CHEZ FIDES 295 1744 7055 Histoire (9) Biographie (92) TESSIER (Albert) p.d.N EU VE-FRANCE.Histoire du Canada, tome I (1524-1763).2e édition revue et illustrée.Québec, Editions du Pélican, 1958.231p.ilï.21cm.$2.75 (frais de port en plus) Pour adolescetits Les grandes élèves des cours supérieurs ressentiront sans doute une joie profonde à s’initier à l’Histoire du Canada avec Mgr Tessier.Notre histoire, vue par un historien chez qui le spécialiste n’a pas tué l’homme, prend un relief tout nouveau et s’ouvre sur des perspectives insoupçonnées.Mgr Tessier avait déjà publié son Histoire du Canada, il y a deux ans.Il la réédite cette fois en deux volumes, avec d’abondantes illustrations et cartes qui en agrémentent la consultation.Le premier volume seul est paru à date; il s'intitule Neuve-France et porte sur le régime français de 1524 à 1763.Dans un avant-propos significatif, Mgr Tessier déclare qu’il s'attachera à « apprivoiser le passé ».Tâche qui n’est pas facile: « Si nous voulons apprivoiser le passé, l’incorporer à notre vie comme un ferment, il faut nous faire une âme neuve, mettre en jeu nos puissances d'évocation, essayer de nous mêler à la foule anonyme des ancêtres, recommencer avec eux la conquête pathétique du sol et des forces de la nature, revivre à leurs côtés les phases successives de leur existence, à l’église, au foyer, au travail, en voyage.» Et l’auteur s’applique à faire revivre ce passé non seulement avec sa raison mais avec son cœur et sa sensibilité.Ici et là, au hasard du récit, apparaît l’éducateur des « femmes de maisons dépareillées * qu’est Mgr Tessier.Il se plaît à mettre en lumière l’héroïsme « des tâcherons obscurs dont la vie méritoire s’est déroulée sans éclat ».« Ils n’étaient pas des surhommes, remarque-t-il, mais ils donnaient leur pleine mesure d’homme à une époque et dans des circonstances où cette mesure exigeait de l’héroïsme quotiden.» (P.XX) Et il ajoute: « 11 faut, dans cette phalange de constructeurs, accorder aux femmes la part qui leur revient.» Un livre écrit avec amour et que les jeunes apprendront aussi avec amour.A COTE AMBROISE, pire.JE SUIS UN PEU FOU.Mémoires et confidences.{Montréal} Beauchemin, 1958.138p.20.5cm.$1.50 (frais de port en plus) Pour tous On ne peut, sans sourire, aborder cette brochure où l’Auteur arbore sa « folie » avec la complaisance d’une jolie femme son grain de beauté.Une couverture, dessinée par Normand Hudon, illustre la lutte d'un diablotin et d’un angelot autour d'une auréole manifestement destinée à la figure souriante et barbue de l’abbé Ambroise.L’auteur veut sans doute avouer par là, après saint Paul, qu'il « sent deux hommes en lui ».A quoi les malins pourraient répondre que ces deux hommes se voient très bien, ce qui n’aurait l’heur que de provoquer l’hilarité de l'Auteur.Tout le monde n'est pas d’accord pour goûter le genre du Père Ambroise, ce dont il n’a cure d'ailleurs.Même ceux qui l’aiment n’apprécient pas toujours telle ou telle de ses facéties.Mais les plus difficiles ne pourront contester la séduction de ce petit livre, qu’il vient de publier chez Beauchemin.L'abbé Ambroise Lafortune y raconte, avec une verve et un talent qui ne sont qu’à lui, des aventures qui ne peuvent aussi arriver qu’à lui.Comment est née sa vocation, comment il s’en est allé se ballader à Mexico en traversant toutes sortes de champs de blé d’inde, comment la conversation d'un Juif l’a mené au chevet d'une mourante, etc., etc.Comment ne pas sourire en l’entendant nous raconter ces aventures?Comment ne pas rire parfois de bon cœur ?Et surtout, comment n’être pas ému, souvent, de sentir la ferveur tout évangélique qui se dissimule sous tel ou tel geste de saltimbanque ?Ceux qui partent en vacances pourraient se délasser fort utilement dans la lecture de Je suis un peu fou.R.LECLERC - Soyez apôtre des bonnes lectures < en faisant connaître LECTURES 296 PERRAS (M.-Gabriel), o.p.LE P.EUGENE PREVOST 1860-1(M6 ET SA CAUSE.Préface de Mgr Albert Tessier, p.d., Cap-de-la-Madelei-ne Editions de l’Art Graphique, 1958.269p.photos (h.-t.) 19.5cm.Pour tous Parmi les vingt-cinq causes canadiennes de béatification et de canonisation se trouve la rayonnante figure du Père Prévost, le fondateur d’une communauté d’hommes (la Fraternité Sacerdotale) et d’une communauté de fem- mes (les Oblates de Béthanie), toutes deux vouées au service des prêtres du monde entier.Le livre du Père Perras, qui vient de paraître aux Editions de l’Art Graphique du Cap-de-la-Madeleine, nous offre, en même temps qu'une biographie du Père Prévost, un exposé de l’état de sa cause.Un livre captivant, bien apte à faire aimer un grand serviteur de Dieu.Dommage que la présentation typographique soit si mal en point ! A.C.Faits et commentaires Une publication vaticane condamne les romans de Françoise Sagan Les romans à succès de l’écrivain français, Françoise Sagan, ont été condamnés par une publication vaticane comme « un poison qui doit être éloigné des lèvres de la jeunesse ».L’« Osservatore della Domenica », hebdomadaire publié par le Vatican, fait cette déclaration dans la réponse à une question demandant pourquoi les romans de Sagan n’ont pas été officiellement mis à l'Index.L’hebdomadaire déclare que les romans de Sagan « manquent même d’un minimum de lumière spirituelle ».L’« Osservatore della Domenica » rappelle que les critiques des romans de Sagan, dans la presse vaticane, ont toutes été négatives et que c’est la « tâche sacrée » des prêtres, des parents et des éducateurs d’en dissuader la lecture.« Il est très déplorable, ajoute l’hebdomadaire, que les personnages ignorent complètement la moralité.Les prêtres, les parents et les éducateurs ont donc la tâche d’éloigner ce poison des lèvres de la jeunesse.» Grain de sagesse « Le premier homme qui, désireux de communiquer à d'autres sa pensée sous une forme plus durable que le son fugitif des paroles, grava, peut-être avec un grossier silex, sur la paroi d'une caverne, des signes conventionnels dont il fixa et expliqua l’interprétation, cet homme inventa par le fait même l’écriture et l’art de la lecture.Lire, c’est entrer à travers des signes graphiques plus ou moins compliqués dans la pensée d’autrui.Or, puisque « les pensées des justes sont l’équité, et les conseils des méchants la fraude», il s’ensuit que certains livres, comme certaines paroles, sont des sources de lumière, de force, de liberté intellectuelle et morale, tandis que d’autres ne font qu'apporter périls et occasions de péché.Tel est l’enseignement de l’Ecriture Sainte: « Les pensées des justes sont l’équité, et les conseils des méchants, la fraude.Les paroles des méchants sont des pièges de mort, mais la bouche des hommes droits les sauve ».Il y a donc de bonnes et de mauvaises lectures comme il y a de bonnes et de ntauvaises paroles.» S.S.PIE XII 297 Faits et commentaires L’Episcopat canadien et les problèmes sociaux OTTAWA (CCC) — « Historiquement le libéralisme économique et le communisme éta-tiste ont prouvé leur inhumanité, le christianisme seul peut inspirer un ordre social humain.Dans cet ordre social, les évêques canadiens sont intervenus comme pasteurs d’âmes, en vertu de la loi morale, avec la conscience que cet ordre social économique, dans sa finalité, doit permettre aux hommes d'achever leur destinée éternelle, * souligne M.l’abbé Jean Hul-liger, docteur en théologie, professeur de théologie dogmatique au Grand Séminaire d’Ottawa, dans la conclusion de la thèse qui lui a valu son doctorat en théologie de l’université d’Ottawa et que viennent de publier les éditions Fides.Elle s’intitule « L’Enseignement social des évêques canadiens de 1891 à 1950 ».M.l’abbé Hulliger a retracé dans la pensée des évêques du Canada sur les problèmes ouvriers, l’évolution du contexte socioéconomique qui a présidé à l’épanouissement du syndicalisme catholique, dans le Québec surtout.M.l’abbé Hulliger est Suisse d’origine et réside depuis quelques années à Ottawa.Dès l’âge de seize ans il faisait partie du mouvement syndicaliste catholique de Suisse, auquel il s’est toujours intéressé, de même qu’il se familiarisait avec l’action de l’Union de Fribourg et l’activité du Centre d’études internationales des questions sociales et juridiques qui a marqué de son influence l’encyclique Rerum No-varum.Ordonné prêtre en Suisse, en 1940, M.l’abbé Hulliger a préparé sa licence en théologie chez les Jésuites à Innsbruck, Autriche.En plus de s’attacher à l’étude de la pensée syndicale au Canada, depuis son arrivée en notre pays, M.l’abbé Hulliger connaît bien également les milieux syndicaux catholiques ou chrétiens d’Allemagne, d’Italie, de Hollande, de Suisse, de France et de Belgique.La caractéristique de ces mouvements syndicaux, a-t-il précisé au cours de l’entrevue Photo prise lors du lancement de l’ouvrage, L’Enseignement social des Evêques canadiens.De gauche à droite: M.l’abbé Jean Hulliger.Son Exc.Mgr Arthur Dou-ville et le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.qu’il accordait au Service d’information de la CCC, est d’être laïcs, sans lien direct avec l’Action catholique.Leur mission est de rechercher le bien commun, à la lumière de la philosophie morale et de l’enseignement social de l’Eglise.M.l’abbé Hulliger a noté qu’en Europe surtout, l’influence de la doctrine catholique sur le mouvement syndical se fait de plus en plus évidente, depuis que les socialistes, dans leur opposition au communisme, ne peuvent trouver au sein de leur mouvement l’appui moral qui aurait raison des incertitudes auxquelles ils font face.Ils se sentent donc attirés vers les solutions apportées par les catholiques aux problèmes ouvriers, a précisé M.l’abbé Hulliger.11 a noté qu’au Canada, le mouvement syndical catholique n’est possible que là où la population catholique présente une homogénéité suffisante; il n’y a pratiquement que dans le Québec où cette exigence se réalise.La pensée de l’épiscopat canadien sur les problèmes ouvriers a reflété, à la lumière des conditions sociales nouvelles dans le monde et au pays, les directives de Léon XIII, de Pie XI et de Pie XII.Ce fut d’abord, la condamnation du libéralisme économique par Léon XIII, l’insistance sur le droit des ouvriers à s’organiser; la défense de la propriété privée contre le socialisme; l’appel à l’Etat en faveur d’une législation sociale protectrice: salaire minimum vital.Pie XI ajouta que le salaire familial était dû en justice; il insistera sur une plus équitable répartition des richesses; il a demandé aux patrons et ouvriers d’organiser leurs professions en corporations.Pie XII a affirmé l’autonomie relative de l’activité économique, face à l’Etat; le caractère privé et l’initiative propres à l’entreprise, face à la puissance syndicale ouvrière; 298 il a rappelé que la production devait s’organiser en fonction de la consommation pour prévenir les crises cycliques et le retour du chômage.M.l’abbé Hulliger a retracé dans ses étapes historiques l’évolution de l’enseignement social de la Hiérarchie canadienne II a touché à l'agriculture jusqu’en 1930.« La population canadienne était campagnarde dans la proportion de 80%, tandis que maintenant elle est urbaine dans la même proportion, » a remarqué M.l’abbé Hulliger.Confronté à une même détresse sociale dans tout le pays, l’épiscopat canadien a dénoncé dans son ensemble, vers 1930, les abus et le matérialisme du libéralisme économique.Les évêques ont souligné la fin humaine de l’économie et son caractère privé, contre les tendances socialistes.Ils ont suggéré les réformes positives pour promouvoir l’établissement d’un régime social à la taille de l’homme et ont encouragé le mouvement coopératif sous toutes ses formes: Caisses Populaires et Mouvement d’Antigonish.Le syndicalisme catholique fut vigoureusement poussé dans le Québec: 1934 vit naître la loi des conventions collectives.Mais, dès 1940, l’industrialisation a créé une situation nouvelle au Canada.La Lettre collective de février 1950 a été la réponse de l’Eglise du Canada aux problèmes amenés par l’industrialisation rapide du pays.« Cette Lettre a fourni les données d'un nouvel ordre social chrétien à caractère urbain, » a expliqué M.l’abbé Hulliger.Il a souligné que des progrès sociaux considérables ont été réalisés depuis 1891, que le niveau de vie s’est élevé et que souvent la grande industrie donne l’exemple du progrès social.M.l’abbé Hulliger ajoutait cependant: « On aurait tort de croire que les progrès sociaux soient définitivement acquis; ils dépendent toujours du souffle humain et chrétien qui anime la vie économique.Le progrès sera continu dans la mesure où l’influence sanctifiante de l'Eglise et de la religion continuera d’être acceptée dans le cœur de l’homme.» A côté de ces grandes étapes de la pensée épiscopale canadienne et dans la lumière qu'elle a projetée sur les problèmes sociaux, se sont manifestés les mouvements qui lui ont donné sa vitalité et toute sa portée sociale.Les syndicats catholiques étaient fondés vers 1900; en 1904, l’épiscopat se prononçait contre les actes de violence qui étaient la marque, trop souvent évidente à cette époque, de l’activité syndicale.Puis, vers 1930, tous les problèmes sociaux se révèlent à la fois et la pensée de l’épiscopat sur les problèmes sociaux a imprimé la direction qui apportait des règlements de justice à plusieurs problèmes épineux, tel celui du moratoire des dettes.C’était ensuite la justification de l’atelier syndical fermé; l’avis donné en 1934, mais il ne s’agissait pas de condamnation, des dangers de nuire à l’économie de la nation et à la famille, que pouvaient comporter les programmes politiques des partis du Crédit Social et du CCF.Ces programmes ont été en grande partie modifiés depuis cette époque.M.l’abbé Hulliger a précisé qu’au début, le syndicalisme catholique canadien, inspiré de principes chrétiens, devait agir « sans recours aux techniques usuelles, tandis que les syndicats neutres faisaient montre d’une grande activité, sans égard aux principes moraux ».« Graduellement, les syndicats catholiques se sont organisés, en montrant surtout une grande persistance, devant l’absence de sens syndical d’une grande partie de la population, fort compréhensible si l’on tient compte de l’origine terrienne de la masse de travailleurs qui en l’espace d’une génération est venue habiter les villes, > a noté M.l’abbé Hulliger.Il ajoutait que le mouvement syndical catholique au Canada est devenu « un mouvement majeur capable de tracer sa propre voie ».M.l’abbé Hulliger a fait une analyse fort complète de la Lettre collective des Evêques du Québec, de février 1950, sur le problème ouvrier, en regard de la doctrine sociale de l’Eglise.Il en conclut que « l’Episcopat espère voir s’établir dans la province de Québec une civilisation industrielle chrétienne, digne de son aînée, la civilisation agricole du Québec ».Cet idéal qu’a proposé l’Episcopat rappelle que le chrétien véritable n’a aucune raison de s’effrayer du problème social.En réalité le christianisme l’a résolu depuis longtemps, très longtemps, avant que des esprits égarés s'en servent pour atteindre leurs desseins.Où la doctrine chrétienne a été intégralement appliquée, l’ordre et la prospérité ont régné, comme en témoigne le régime de vie qui s’était édifié autour des abbayes médiévales: l’enseignement y était obligatoire, tout travail d’enfants était exclu; la vieillesse était assurée contre la misère, les malades étaient secourus; la misère était toujours et partout bannie.299 Document Un livre promis à une belle carrière Nous ne saurions mieux faire, pour présenter à nos lecteurs la biographie de Son Exc.Mgr Conrad Chaumont, que de reproduire ce texte émouvant, paru duns Le Devoir du 26 avril 1958, sous la plume du R.P.Emile Legault.J’ai souvent dit à qui voulait m’entendre mon affection sensible pour Son Excellence Monseigneur Conrad Chaumont, auxiliaire d* Montréal.11 n’y a rien à faire; le jour où il entrera dans la Joie essentielle, j’aurai gros cœur.C’est comme ça.Tous ceux qui le connaissent me comprendront: nous serons plusieurs à qui il manquera.Pour l'instant, nous aurions bien tort de nous attrister prématurément, puisqu’il vit encore parmi nous, alerte, souriant et dynamique, à quatre-vingt-trois ans.Un paradoxe vivant.Mais c'est peut-être parce qu’il contredit les lois de la vie que ses amis ont mal contenu les impatiences de leur cœur et qu’ils se sont avisés d’écrire une biographie de ce cher « jeune > vieillard et de l’enclore dans un livre élégant, qui sort ces jours-ci, tout chaud de chez l’imprimeur.1 Je viens de m’y plonger et il m’a semblé que Son Excellence entrait chez moi, avec cette dimension exceptionnelle de bonté dont je sais que j’aurai, un jour, la nostalgie.Heureuse inspiration qui permettra à des milliers, de côtoyer l’âme de ce prêtre, si totalement prêtre qu’il ne pouvait pas ne pas être promu à l’épiscopat, qui est la plus haute maturité du sacerdoce.Voici un livre promis à une belle carrière: les parents chrétiens voudront le méditer qui rêvent de devenir, dans leur foyer, les artisans du sacerdoce; les jeunes y prendront le goût de copier la douceur du Christ; les prêtres se sentiront stimulés à une densité spirituelle plus grande.« La plus grande preuve d'amour, c'est de donner sa vie pour ceux qu'on aime.* Cette phrase où se ramasse l’âme innombrable du Christ, Son Excellence Monseigneur Chaumont l'a fait respirer à travers toute sa vie.Car il s’agit bien de respiration.Elle donne au texte de sa biographie une dimension supplémentaire: l’Evangile vécu, non plus seulement par le Christ mais par un homme d’aujourd’hui.« Soyez les imitateurs.» C’est encore du Christ, cette parole.Elle semble commander l’impossible.En fait, elle commande l’impossi- Une offre exceptionnelle- HISTOIRE DU CANADA par M.le chanoine Lionel GROULX Tome I— Naissance laborieuse (1534-1660) Période de l'essor ( 1660-1672) Le cheminement (1672-1755) Tome II — 220 p.Cartes.Index Le cheminement dans la paix (1713-1754) Vers la catastrophe (1755-1760) 302 p.Cartes.Index Chaque volume $2.00 net Prix spécial.Chaque volume: $1.25 net (par la poste $1.35) FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal.PL.8335* 300 ble mais c'est merveille de voir avec quelle allégresse tranquille Son Excellence Monseigneur Chaumont a réduit la marge entre l’idéal et la réalité.En le devinant vivre, à travers les pages de sa biographie, on pense irrésistiblement au Christ: pas au Christ de l'Agonie, car Monseigneur a la pudeur de ses souffrances intimes, mais au Christ du dialogue auprès de la margelle du Puits, mais au Christ des enfants agroupés autour de sa cordialité, mais au Christ de la bonté conquérante.Et davantage peut-être au Christ d’Emmaüs: «Ne sentiez-vous pas comme nos cœurs étaient tout brûlants au dedans de nous.pendant qu’il nous parlait ?* J'admire que des citations de l’Evangile viennent spontanément sous ma plume, en commentaire de l'action humaine et surnaturelle de notre cher évêque: s’il lit jamais ces lignes, il n'en sera pas une seconde gonflé, parce qu’il est désarmant d’humilité, mais il saura, une fois encore, qu’il aurait eu grand tort à s’opposer à ce qu’on écrive de lui, alors qu’il est encore bien vivant.Il a aimé prêcher; il ne fait rien d’autre actuellement par personnes interposées.Je suis bien heureux, d'ailleurs, qu'on ait souligné la ligne mélodique humaine de sa personnalité: sa simplicité et sa disponibilité.Il taquine et il savoure d’être taquiné.Il y met une sorte d'application souriante.Monseigneur François de Sales doit le trouver bien à son goût qui écrivait, un jour: « Renouvelez sou- Rappel - LE CARILLON D’ESPÉRANCE par M.-A.CRÉGOIRECOUPAL "Une grande fresque mariale réalisée à l'occasion du centenaire des apparitions de Lourdes et du vingt-cinquième anniversaire des apparitions de Beauraing et de Banneux, en Belgique." Préf.de P.-H.Barabé, o.m.i.216 p.Format SV2 x 8V2.29 photos.$2.50 (par la poste $2.60) _______________________CHEZ FIDES vent l'esprit de joie et croyez que c’est le véritable esprit de dévotion.» Si je ne redoutais de provoquer un bel éclat de rire, jeune comme à vingt ans, de Monseigneur, je dirais toute ma pensée: notre homme est un saint de la meilleure veine, parce qu’il est un saint joyeux.Mais je m’aperçois que je laisse courir ma plume, à l'improvisadc et que je n'ai guère parié du volume publié chez Thérien Frères Limitée et qui s’intitule: « Soixante années de Sacerdoce: Son Excellence Révérendissime Monseigneur J.-Conrad Chaumont >.Un bel ouvrage de quelque 220 pages, abondamment illustré.Mettons que j’aurai peut-être réussi à vous donner le goût de le lire; ou plus précisément de vous donner le goût de vivre, deux heures, en bien sympathique compagnie.Tout le monde n’a pas, comme les familiers de l’Archevêché de Montréal, la chance de le rencontrer chaque jour.Voici, pour les autres, le moyen d'une subtile revanche: le cœur du cher évêque se fait lisible aux pages d'un beau livre.Emile LEGAULT, c.s.c.(I) *** SOIXANTE ANS DE SACERDOCE.Son Exc.Rév.Mgr J.-Conrad Chaumont, v.g., Evêque titulaire d’Arena, auxiliaire à Montréal.Lettre-Préface de Son Em.le cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal.Montréal [Thérien Frères] 1958.220p.photos (h.-t.) 21.5 cm.$2.00 (frais de port en plus) Pour tous Rappel -—j Nourritures spirituelles par les RR.PP.L.Fréchet et G.Bertrand, c.s.c.La première anthologie des auteurs spirituels canadiens-français, des origines de la Nouvelle-France à nos jours.2 tomes (464 et 424 p.) $7.00 (par la poste $7.25) CHEZ FIDES 301 Document “L’Homme de Guerre”(,) Le livre de François Ponthier: L'Homme de Guerre est très bien charpenté et composé, trop bien sans doute.On voit les poutres de fer à travers la construction et on sent trop que l’auteur mène le récit, non les événements, même si l'action se passe en temps de guerre, où l’invraisemblable est vraisemblable.Une première partie, très alerte, mystérieuse, intrigue le lecteur; une deuxième (de la page 100 environ jusqu’à la fin, page 230) explique la première.Le procédé ne manque pas d’intérêt.Le commandant Vasseur, ancien héros de la guerre de 40, où il a brillé en Allemagne, en Italie, en Indochine, se trouve, au début du récit, en Afrique du Nord.Il réussit un coup de main extraordinaire en capturant des Arabes qui avaient tué des soldats français.Mais cette affaire du Tizi N’Gaïr comporte deux incidents obscurs: Vasseur se montre d’une morgue insupportable à l’égard d’un jeune officier français, Saint-Sylvain, qui, par fatigue et héroïsme d’halluciné, se laisse tuer dans un coup d éclat inutile; en même temps, ce même Vasseur est plein d’égards pour le chef des Arabes, Kurt Held, un déserteur allemand.Kurt Held réussit même à se suicider en s’emparant du revolver du commandant Sylvain.Ces deux gestes incompréhensibles, la suite de l’ouvrage les éclaire lentement.Le commandant français avait cent raisons de haïr Saint-Sylvain.Le jeune officier n’était-il pas le fils d'un général qui avait tout fait autrefois pour briser la carrière de Vasseur ?Il se souvenait trop bien, lui, Vasseur, d’avoir pris la maîtresse du général pour en faire son épouse.Quant à Kurt Held, le héros de Stalingrad, Vasseur lui avait jadis sauvé la vie après un corps à corps sauvage, et, depuis, ils étaient devenus grands amis.Les hasards de la guerre les avaient remis face à face à Tizi N’Gaïr.Les deux soldats s’étaient longuement parlé dans une salle à l'écart, et, au bout de quelques heures, le major allemand se faisait sauter la cervelle.On pourrait passer bien des choses à ce roman de guerre — mon Dieu ! à la guerre comme à la guerre ! — si la philosophie qui l’habite n’était pas triste à faire pleurer.En portant continuellement sur lui la croix de guerre (la Ritter Kruz) de Kurt Held, en la serrant souvent dans ses mains, le commandant Vasseur a compris que les valeurs spirituelles ne comptent plus.Se battre pour une idée, pour une patrie, pour une mission civilisatrice, c’est de la foutaise.Ne vaut que la guerre pour la guerre.L'humanité est divisée en deux camps: les forts et les faibles, ceux qui tuent et ceux qui sont tués, ceux qui ont un facies de fauve (comme lui Vasseur et Kurt Held) et ceux qui ont un cœur d’enfant (le jeune sous-lieutenant Saint-Sylvain).La présence de l’Allemand pèse sur lui: « Fais comme moi, Vasseur, sois un lansquenet, un homme de guerre, n’aie de pitié que pour les forts, les indomptables, ne te laisse pas aller, songe à te battre, à détruire, à piétiner, c’e^t ton métier.c’est cela, servir.» (p.126) Je sais que ce cynisme si profond et si nouveau (!) est brusquement suspendu à la fin du livre.Dans les 20 dernières pages, le commandant Vasseur se convertit soudainement.Mais outre qu’on peut discuter du naturel de ce changement, l’impression générale que donne le livre est bien celle de l'homme de guerre qui bataille pour la guerre et non pour sauver ce qui doit être sauvé.Ne parlons pas de morale évidemment.Elle est, incidemment, à la hauteur de la philosophie guerrière.Ainsi: « Je ne conçois pas que l’on puisse se priver de choses que l’on pourrait regretter pendant toute l’éternité » (femmes et boisson).Quelle hauteur de vues ! « La terre est désolée, disait autrefois le prophète, parce que personne ne sait plus penser.» Les romans modernes, eux aussi, souffrent de la même désolation.Paul GA Y, c.s.sp.(Le Droit.2 avril 1958.p.16.) (I) PONTHIER (François) L'HOMME DE GUERRE.Roman.[Paris] Robert Laffont [1957).(Réimpr.par le Cercle du Livre de France) 230p.20.5cm.Appelle des réserves 302 Littérature étrangère Etude critique “J’ai vu vivre l’Amérique’’(,) Dans ses Scènes de la vie future (1930), Georges Duhamel a décrit, lui aussi, la civilisation américaine.Mais lui.dont l’odorat est l'une des antennes maîtresses, a évoqué surtout les nausées qu'elle lui occasionna, les écœurements provoqués par sa sexualité bestiale, les répulsions intellectuelles causées par son matérialisme.M.Blond, ancien officier de marine et donc ami de l'eau, naturaliste et ami des bêtes (voir ses Baleines.ses Oiseaux migrateurs, ses Phoques, ses Castors), sociologue surtout, s'attache à l'Amérique des classes et des paysages, à l'Amérique soucieuse de progrès techniques, d'éducation et d’œuvres d’art.Puis, au lieu de simples constatations et de condamnations nées d’une sensibilité exaspérée, il s’applique à déceler l’origine de Y American way of life et à expliquer pourquoi cette façon est telle et ne peut pas être autre.Son livre n'est donc pas le récit descriptif de son voyage, mais une explication des observations accumulées au cours du trajet.Ce trajet le conduit de New York, par Washington, Chicago, Denver, jusqu’à Los Angeles, Hollywood et San Francisco.A peine le voyageur pousse-t-il une pointe, à travers une partie de la Nouvelle-Angleterre (p.83-97), jusqu'à Montréal et Québec (p.97-113).Il y a bien là quelques paysages: panoramas de l’Hudson vue du haut des ponts de Brooklyn, du St-Laurent aperçu de la terrasse Dufferin.de la baie de San Francisco à travers la porte d'or; course en avion de New York à Denver, etc.On y rencontre aussi quelques fresques sociologiques: clochards du Bowery, fermiers du Colorado, cultivateurs de Californie, hystériques de Harlem, etc.Certaines descriptions deviennent de véritables études sociales: Manhattan identifié à un navire (p.75), les cinq secteurs de Disneyland (p.220 et seq.), l'Hal-loween (p.289), la Kress Foundation (p.161), etc.Mais le fond du livre tend à fournir la raison justificative de faits au premier abord absurdes.Pourquoi les étrangers mêmes sont-ils si bien accueillis aux funérailles ?(p.89-90) — c’est qu'ils en augmentent la pompe.Pourquoi s’entasse-t-on dans les centres d’achat ou supermarkets ?(p.144) — c’est qu'on y ménage son temps, ses pas et son argent.Pourquoi les « conventions » ?(p.147), la climatisation ?(p.164), le nomadisme agricole?(p.175), la culture industrielle ?(p.205).Pourquoi enfin vous sentez-vous envoûté à Disneyland ?(p.242): l’homme aime à se retrouver enfant, à reconstituer en rêve la vie de son enfance.Ce sont toutes ces explications qui vraiment, par leur sincérité, leur rapprochement avec la vie européenne, font l’originalité et l’intérêt de ce récit de voyage.Ainsi faut-il admirer les musées parce que, tout en prouvant le goût des Américains pour le mécénat en matière artistique, ils sont un hommage à la primauté de l’Europe et de la France en ce domaine.M.Blond, qui ne tarit pas d’éloges sur l'hospitalité des Américains et sur leur génie de l'organisation technique, s'étonne avec raison de leur conduite à l'égard des Noirs (pp.257, 282, 296) et ne se gêne pas pour condamner leur « exécrable » cuisine.S'étonnera-t-il si nous ne nous gênons pas pour nous étonner à notre tour de son vocabulaire ?Là même où s’imposerait le terme français, qui existe et dit tout autant, il affecte d’employer la terminologie américaine; on dresserait même tout un dictionnaire rien qu’avec les américanismes dont il abuse.Il se peut qu’en France pareil abus n'ait aucune importance; à nous, qui luttons ici contre l’anglicisme envahisseur, le procédé paraît d'un bien mauvais exemple.Remercions M.Blond du délicieux incident qu'il raconte (p.108) à propos de Jeanne d’Arc et de deux vieilles dames.Et ajoutons que pas un lecteur ne s’ennuiera à parcourir cette galerie de films américains si intelligemment et si finement coloriés.Emile CHARTIER, p.d.(I) BLOND (Georges) J'AI VU VIVRE L’AMERIQUE.De New-York à Hollywood.Paris, Librairie Arthèmc Fayard [1957].31 Ip.20cm.Relié.$3.60 (frais de port en plus) Pour tous 303 Notices bibliographiques Religion (2) JOURNET (Charles) THEOLOGIE DE L’EGLISE.[Bruges] Desclée de Brouwer [cl958].444p.20cm.(Coll.Textes et études théologie ques) $6.35 (frais de port en plus) Pour tous En préparant ce livre, l’A.a voulu abréger et rendre plus accessible, sans toutefois la vulgariser, la doctrine contenue dans un ouvrage plus élaboré et qui est intitulé: L’Eglise du Verbe incarné.Il s’adresse aux prêtres, aux religieux, aux laïcs, à tous ceux qui n’ont pas le temps d’aborder un ouvrage aussi dense et aussi considérable que le premier.La disposition des sous-titres fournit une présentation plus aérée, et l'allègement du premier texte permet l’omission de longues justifications théologiques qui seraient une surcharge pour des « chrétiens occupés » ! Après avoir exposé la nature de l’Eglise, ses différents états au cours du temps, l’A.montre comment elle est rattachée au Christ, qui en est la Tête, et par appropriation à l’Es-prit-Saint, qui en est comme l’âme incréée en vertu d’une union de causalité et d’efficience.Il est ensuite question de la hiérarchie, de ses pouvoirs d’ordre et de juridiction.L’A.notamment détermine clairement les tâches ou instances du pouvoir juridictionnel et l'assistance du Saint-Esprit dans les pouvoirs déclaratif et canonique, et sur le plan de l’existence empirique de l’Eglise.Il indique les privilèges intransmissibles des Apôtres en tant que fondateurs de l’Eglise, de même que le privilège juridictionnel transapostolique de Pierre.Il expose les différents aspects de la sainteté de l’Eglise, et il démontre comment les défaillances qui peuvent s’infiltrer dans la sainteté tendancielle de la hiérarchie, font que les directives juridictionnelles ou instances canoniques inférieures sont d’avance désavouées par les instances canoniques supérieures.L’A.traite aussi de l’âme créée de l’Eglise, qui est la charité en tant que cultuelle, sacramentelle et orientée du dehors par les pouvoirs juridictionnels.Il détermine la nature du corps de l’Eglise de même que ses propriétés.Finalement, il traite de l’appartenance à l’Eglise, de l’unité de celle-ci et de ses définitions.Cet ouvrage est l’un des plus complets sur l’Eglise.Il présente aussi une doctrine très solide, qui intègre les derniers apports de la théologie contemporaine.Ovila MELANÇON VAN LIERDE (Mgr P.-C.) DERRIERE LES PORTES VATICA-NES.Le gouvernement central de l’Eglise.Traduction du R.P.Basilide, o.e.s.a.Adaptée par M.André Giraud, p.s.s., directeur au séminaire de l’Institut catholique de Paris.[Tours] Marne [1957].276p.photos (h.-t.) 20.5cm.$3.70 (frais de port en plus) Pour tous Le but de cet ouvrage est d'exposer la structure actuelle de la Curie romaine, c’est-à-dire de l'organisation qui aide le Pape à gouverner l’Eglise.Cette structure n’a pas été substantiellement modifiée depuis sa réforme par la Constitution Apostolique Sapienti con-silio de saint Pie X, en date du 29 juin 1908.Pour réaliser son œuvre, l’A.avait une particulière compétence, puisqu’il est un ancien professeur de théologie et de Droit canonique, le sacriste actuel du Saint-Père et son Vicaire général pour la Cité du Vatican.Sans être proprement théologique, canonique ou historique, cette étude présente cependant plusieurs données théologiques, juridiques et historiques qui font mieux comprendre les institutions, et qui exposent l’origine, la structure, la compétence, la méthode de travail de chacun des Dicastères, tout en dégageant clairement la primauté du Pape au sein du Collège apostolique (pp.35-37, 241-246).Comme le fait justement remarquer l’A., sa synthèse < résulte d’une enquête minutieuse et détaillée », et ainsi elle « n’est ni un simple reportage, ni encore moins un récit romancé faisant appel à des digressions sensationnelles sur des personnes ou sur des circonstances particulières » (p.8).Au contraire, cet ouvrage, bien que simple dans son exposé, est tout à fait objectif.Ovila MELANÇON 304 *** LA LUMIERE DANS LES TENEBRES.{Paris} Desclée de Brouwer [cl957J.247p.pl.(h.-t.) 19cm.(Coll.Cahiers de la pierre-qui-vire) $3.60 (frais de port en plus) Pour tous Avec le concours de Louis Cognet, les Moines de l’Abbaye de la Pierre-qui-vire ont choisi les textes qui constituent la présente anthologie et qui ont été empruntés aux meilleurs théoriciens de l’Ecole française de spiritualité du XVIle siècle.Louis Cognet a aussi préparé une remarquable introduction sur l’évolution de la doctrine relative à l’oraison, ainsi que de brèves notices sur chacun des auteurs cités.Parmi ces derniers, l’on rencontre quelques jansénistes et quiétistes notoires, mais on a évidemment pris soin de ne colliger chez eux que des textes dont l'orthodoxie ne fait aucun doute.Ces textes ont été groupés autour de quelques idées maîtresses qui constituent une excellente synthèse doctrinale sur l’oraison.Cependant, malgré son utilité réelle, une anthologie de ce genre se suffit difficilement à elle-même.En conséquence, pour avoir une connaissance mieux équilibrée et plus adéquate de l’oraison, il convient d’étudier des œuvres plus modernes et présentées d’une façon plus didactique, telles les œuvres de spiritualité du Père Gar-rigou-Lagrange qui comptent parmi les plus solides de notre époque.Ovila MELANÇON A paraître A la recherche du bonheur par G.de Francheville CHEZ FIDES Littérature (8) LEROY (Sacha) LE HAMEAU DES QUATRE CHEMINS ou lut lettre oubliée.[Paris] Editions Ventadour {1958}.26()p.18.5cm.Pour tous La nouvelle collection « Les Heures Brèves » tente de faire revivre le passé par une série de romans d'aventure se déroulant dans un cadre historique.Si l’on en juge par cet ouvrage de Sacha Leroy qui inaugure cette collection, la critique ne pourra que favoriser cette littérature rénovée, trop longtemps mise au rancart.Nous suggérons à tous nos lecteurs qui veulent échapper aux préoccupations quotidiennes de se procurer cet ouvrage qui leur fournira, nous le croyons, d’agréables moments de loisir.Sacha Leroy a reconstitué, dans son roman, la vie des châteaux du XVIIle siècle.Erudit, il a tenté, le plus fidèlement possible, de nous en montrer les mœurs et les us quotidiens.Artiste, il a décrit avec ferveur les joies de la vie champêtre — si chere à Rousseau.L'histoire de son roman est en elle-même toute simple.Une petite fille, malheureuse auprès d'une tante acariâtre, voit s’ouvrir devant elle les portes d'un château magnifique.Choyée par la châtelaine.Marie papillonne dans les paies tandis que, dans la pauvre Rappel - LEO-PAUL DESROSIERS de l'Académie canadienne-française Les dialogues de Marthe et de Marie "De cette biographie, se dégage une Marguerite Bourgeoys nouvelle, d'un charme émouvant et d'une singulière grandeur." 208 p.Format 5Va x 8'A.$2.00 (par la poste $2.10) CHEZ FIDES 305 T chaumière de son oncle Janet, tante Lison déverse sa fureur sur les siens.Maritorne ava-ricicuse, celle-ci avait pris en aversion la petite Marie et s'était acharnée à lui imposer de durs travaux ménagers.La comtesse Ma-haut de Kergolet, mise au courant de ces cruautés, prend Marie sous sa protection et lui prodigue les plus tendres soins.Au château, le bonheur de l'enfant est assombri par les menées de nobles dames, jalouses et envieuses.Mais un jeune chevalier, Sébastien, veille sur elle.Une idylle secrète naît dans le cœur des deux jeunes gens; cependant leur rang les force tous deux à se taire.Tout amour a sa fin heureuse, conclut l'Auteur.Marie apprend, par une longue lettre longtemps oubliée, qu’elle est la fille d'un duc Elle peut épouser Sébastien et mener désormais une vie nouvelle.Tout est bien qui finit bien, disait un dicton de l'époque.Sur cette trame de fond très simple le romancier a su broder avec art.La progression de l'action, habilement ménagée, suscite le plus vif intérêt.Sacha Leroy possède ce don unique de se gagner l'attention du lecteur et de l'entretenir.Nul doute que son roman, au XVIIIe siècle, aurait fait grand bruit.Jean-Marie BARRETTE Rappel - La Vierge de Guadaloupe Impératrice des Amériques par Mgr C.-E.ROY» p.d.Une synthèse de tout ce qui touche a Notre-Dame de Guadaloupe: établissement, évolution et apogée du fait guadaloupain.288 p.21,5cm.14 hors-texte.$2.50 (par la poste $2.65) ______________________ CHEZ FIDES Biographie (92) LEMOINE (Fernand) LE LIVRE DU SILENCE.Préface de Claude Jamet.Paris, Nouvelles Editions Latines {1957}.124p.18cm.Pour tous Nul n’ignore la place prépondérante qu’occupe la forme du « journal » dans notre littérature contemporaine.Les plus grands auteurs, dans ce domaine, ont tracé les premiers sentiers et fait sentir de nouvelles routes: Stendhal, Mauriac, Du Bos, Léautaud, etc.Et il n’est pas impossible qu’un jour, biographes et historiens, qui tant et tant se contredisent, voient leurs ouvrages supplantés par les « journaux intimes » des grands noms de ce monde, journaux où les biographes et les historiens ne joueraient le rôle que de modestes signataires des préfaces.M.Lemoine est un préconisateur de « l'écriture privée ».Son « livre du silence », Claudel le qualifierait volontiers en ces termes: « Il y a sensibilité et sensiblerie dans cette affaire ».L’auteur évoque, en effet, avec sensibilité et amour filial, le souvenir de sa mère.Son image le poursuit partout.Un objet cher, un vieux tissu en rapproche l'ombre à ses côtés.Une vieille dame qui sort du métro ou qui encore, très inconsciemment, se retourne vers lui dans la rue, en accentue la présence près de lui.Il se surprend parfois à aider les vieilles gens, à vouloir les entourer du même empressement et de la même politesse dont jadis il entourait sa mère.Victor Hugo disait: « Quiconque fait du mal à ma mère est infâme ».Cette pensée, l'auteur la fait sienne et la développe au cours de son récit.Il nous arrive parfois de mettre en doute la sincérité de l'auteur.Il souligne trop souvent qu’avec de tels sentiments, il s’en voudrait de faire de la littérature, un peu à la façon de Marc-Antoine qui, devant le tombeau de César, se défendait bien de vouloir faire du « pathétique ».« Cette crainte constante en moi de faire de la littérature avec mes sentiments, dit-il, de me jouer la comédie, fait que je me suis tu, que je n’ai rien expliqué, rien tenté de rappeler.» Ça sent le procédé facile.Il n'en résulte pas moins que Le livre du silence est un livre qui plaira à la fois par le sujet et le récit, par la lumière toute personnelle de l'auteur de l’animer d’un souffle qui en rende vivante la lecture.Raymond PELLETIER 306 HUNERMANN (G.) LA FILLE DU CO RDI ER DE BAR- FLEUR.La vie de sainte Marie-Madeleine Postel.Traduit par l’abbé E.Saillard.Mulhouse, Editions Salvator, 1957.259p.20cm.Pour tous M.Hunermann nous offre, une autre biographie des plus vivantes, agrémentée de maintes notes historiques qui nous situent, avec un réalisme parfois piquant, au sein même d’une époque qui n’est plus la nôtre, celle de la fin du dix-huitième siècle et de la première moitié du dix-neuvième.Le 28 novembre 1756, naissait Julie-Fran-çoise-Catherinc Postel, La Fille du Cordier de Barfleur.C’est par une nuit de tempête que débutait la « surprenante destinée » de sainte Marie-Madeleine Postel.La tempête faisait rage sur Barfleur, petit port de la Manche, mais un orage bien plus redoutable encore allait se lever sur la France.L’écart scandaleux entre « le luxe des riches et la misère des pauvres » préparait inévitablement la débâcle de 1789.Née d’une famille très pauvre, Julie Postel ne tardait pas à faire preuve d’une piété authentique et à se dévouer au réconfort des plus malheureux qu'elle.Elle se fit « mendiante par Rappel - Collection Bibliothèque économique et sociale L'apprentissage Principes et réalisations dans le Québec par Théophile BERTRAND et Edmond CARON, c.a.Un ouvrage qui fait choc, sur un sujet d'une brûlante actualité.162 p.$2.50 (par la poste $2.60) ________________________ CHEZ FIDES charité».Toute jeune encore, «elle se lia silencieusement à son Dieu par le vœu d’une âme qui, dans le baiser d’un amour infini, se promet à jamais à son Créateur et, par amour, dit adieu à tous les délices de ce monde » (p.53).Et voilà le sort de Julie uni à Dieu pour le meilleur et pour le pire.Le 8 septembre 1806, les « Pauvres Filles de la Miséricorde » — elles étaient trois — recevaient la bénédiction de l’évêque de Coutan-ces.Une nouvelle congrégation naissait, à l’instigation de notre héroïne.Cependant, la vie ne cessait de harceler Mère Madeleine, et la petite congrégation devait subir de multiples épreuves.Mais cette « âme généreuse et indomptable » s’en remettait à la Providence: « Dieu y pourvoira », ne laissait-elle pas de dire avec une confiance inébranlable.Mère Marie-Madeleine mourait le 16 juillet 1846, et elle était canonisée le 24 mai 1925.Son œuvre, si solidement édifiée dans l’amour du Christ et la charité envers les pauvres, s’étend maintenant à la France entière, à l’Angleterre.à la Hollande, à l’Italie, etc.Etait-il nécessaire de camoufler sous le titre.La Fille du Cordier de Barfleur.une destinée si brillamment tracée ?Luc-Cl.MICHAUD CORDIER (Chan.Pierre-Marie) JEAN PIC DE LA MIRANDOLE ou Im plus pure figure de l'humanisme chrétien.Paris, Nouvelles Editions Debresse [1958].191p.18.5cm.Pour tous A-t-on assez glosé sur ce jeune prince qui, mort à 31 ans (1463-1494), avait prétendu soutenir neuf cents thèses in omni scientiarum genere, à quoi un loustic ajouta, pour le cribler.et de quibusdam aliis ?Ce mince volume veut faire voir en lui « la plus pure figure de l’humanisme chrétien ».Aussi, plutôt que de la philosophie du penseur, s’occupe-t-il de la pensée du chrétien.Le malheur est que l’ouvrage n’a rien de français par la composition et s'apparente, sous ce rapport, à un livre anglais ou allemand.Faute de plan régulier, les 900 thèses, dont l'histoire figure dans la biographie (p.30-41), ne sont appréciées que dans un autre chapitre (p.69-75).Pour la même raison, les répétitions n’en finissent plus: l’erreur de Pic sur les apocryphes 307 Ill et IV d’Esdras est relevée 4 fois (pp.31, 68, 88, 103); un texte de Pic sur les perles et les pourceaux revient 3 fois (pp.35, 63, 93); Pacte de soumission au Saint-Siège apparaît 2 fois en entier (pp.36, 70 note), etc.La doctrine de Pic s'appuie sur un postulat (pp.84, 104): « Toutes les formes de la pensée humaine, en particulier toutes les doctrines philosophiques ou religieuses, ont leur source commune dans une révélation universelle, contenue spécialement dans la Cabbale.» C’est dire que, pour Pic, à côté de la révélation mosaïque destinée aux Juifs et aux chrétiens leurs successeurs, il existe une autre révélation à l'adresse de tous les hommes de toutes langues et de tous pays.Cette révélation universelle, jusqu’à lui inconnue, Pic croit l’avoir découverte dans ce qui nous est parvenu des 70 livres d’Esdras dans la Cabbale ou interprétation authentique de la loi de Moïse (p.88), dans les « Oracles chal-daïques », dans le « Livre de la lumière » et le « Livre des degrés ».L’existence et le contenu lui en paraissent confirmés par l’Hermès Tris-mégiste, le pseudo-Denis l’Aréopagite, les théories d'Aristote et de Platon, les prétentions du néopythagorisme et du néoplatonisme, l’étude de l’alphabet hébreu, la science des nombres et, à l'exclusion de l’astrologie ou fausse magie, l'astronomie ou magie vraie.N’est-il pas allé jusqu'à découvrir, dans cette masse de documents, une anticipation de la Trinité, de la Rédemption, de la Passion et même de la.trahison de Judas (p.95) ?C'est cette découverte que, après l’avoir condensée en 900 thèses, il voulait faire sanctionner en la soumettant au jugement du Saint-Siège.Malheureusement, la Commission nommée par Innocent VIII réprouva 13 des premières thèses, 6 comme hérétiques et 7 comme dangereuses (p.32).Aussi, le Pape les ayant condamnées en 1487, Pic se défendit par une Apologie (pp.33, 69-75) que le Souverain Pontife proscrivit également.Parce qu’il s’était soumis à deux reprises, Alexandre VI exonéra Pic de l’accusation de parjure et leva l’excommunication qui pesait sur lui.Peut-être, en agissant ainsi, le Pape s'inspira-t-il de la distinction entre les intentions de l’auteur et la teneur de l’œuvre (p.100).Aussi bien est-ce là l’aboutissement de l’enquête menée par le chanoine Cordier: si la doctrine de Pic est plus que branlante, il ne cherchait pourtant, en la soutenant, qu'à faire éclater la vérité du christianisme et à conduire tous les hommes à l’union intime avec Dieu (introd.).C'est sur cette constatation consolante que s’achève ce mince ouvrage, saupoudré vraiment de trop de fautes d'impression et pénible à lire à cause de sa composition relâchée.Emile CHARTIER, p.d.Rappel - Un ouvrage de conception toute nouvelle Littérature canadienne-française por Samuel BAILLARGEON, c.ss.r."Littérature canadienne-française est un guide éclairé, un inventaire opportun, un manuel de grande classe." Préface de M.le chanoine Lionel GROULX 460 p.Format ô’/i x 9.Relié.79 photos d'auteurs.Sous chemise en couleurs.$6.00 (par la poste $6.20) MONTRÉAL 25 est, rue Saint-Jacques PL 8335* SAINT-BONIFACE, Man.135 ave Provencher CH.7-1735 308 Document La grand-mère de la “Bibliothèque Rose t ?* La vie de la comtesse Sophie de Ségur, même privée de gloire littéraire, eût justifié une biographie.C’est son père, le comte Rostop-chin, qui décida d’incendier Moscou, dont il était gouverneur.Tandis que Napoléon en proie à une morne mélancolie contemplait, d’une fenêtre du Kremlin, la vieille cité en flammes, il avait près de lui son aide de camp, le général Philippe de Ségur.Quelques années plus tard, le neveu de ce dernier, qui réévoquerait la désastreuse expédition dans sa « Campagne de Russie », épousait la fille du fidèle gouverneur d’Alexandre 1er.Le comte Rostopchin appartenait à la religion « orthodoxe »; sa femme, par contre, était secrètement catholique.Personnalité de haut relief que cette comtesse, d'une fermeté extrême, jusqu'à sa mort, qui lui attira la désapprobation de la cour.Dans ses réunions privées elle recevait les Jésuites, chassés des pays catholiques et que la grande Catherine avait accueillis et révérait.Et fréquemment elle reçut, parmi son cercle d’intimes, Joseph de Maistre.Dans les « Soirées de Saint-Pétersbourg » on perçoit quelque écho de ces réunions singulières et, par la force des choses, un peu secrètes.Lorsque la famille séjournait à Moscou, le curé catholique, l’abbé Surrugues, était toujours invité aux grandes réceptions, avec les autres autorités.La maîtresse de maison, passant de l’un à l’autre de ses hôtes, avec une grâce pleine de désinvolture, circulant à travers les salles où la fête étalait son faste, le rejoignait, se confessait à lui et en recevait un écrin d'or qui contenait des hosties consacrées, avec lesquelles elle communiait chaque matin.La comtesse de Ségur hérita de sa mère le don de la foi catholique, qui s’épanouit ensuite en terre de France dans la noble famille dont elle portait le nom.Tous ses enfants s’illustrèrent en servant cette foi.L’un d’eux, Mgr Gaston de Ségur, occupa de hautes charges auprès de la Cour papale et fut aumônier des troupes françaises d’occupation.Pie IX l’aimait beaucoup.Atteint de cécité, il dut retourner dans sa famille mais se prodigua toute sa vie, avec la sérénité d’un saint, en faveur des pauvres.Anatole fut l’historien des « martyrs de Castelfidardo ».Edgard fonda avec le comte de Mun les cercles catholiques d’ouvriers.Mêlée, de par ses relations de famille et de parenté, aux grands événements historiques du siècle, il n’est pas étonnant d’en retrouver de très vifs échos dans les innombrables lettres de la comtesse, et tout spécialement de l'événement qui l’attrista le plus profondément: la fin du pouvoir temporel de la Papauté, qu’elle pressentait depuis Villafranca.Avant de mourir elle vit s’évanouir un autre de ses rêves avec la tentative avortée de restauration du comte de Chambord sur le trône royal.De la campagne de Russie au triomphe du fusilleur de Versailles, que de choses du passé mortes autour d’elle ! Le 9 février 1874, elle aussi allait rejoindre les grandes ombres de ce passé.Son fils prêtre, aux yeux éteints, lui répéta, à sa dernière heure, les certitudes éternelles.Elle demanda que l’on gravât sur sa tombe: « Dieu et mes enfants ».Les enfants de son sang et ceux, innombrables, qui ont appris dans ses livres quelque bonté.Son premier biographe fut son fils Gaston, le doux ami de Pie IX.« Ma Mère » parut en effet à Paris en 1875, une année après sa mort.D'autres suivirent, et, de temps à autre, lettres et mémoires parlant d'elle, sortaient du silence des nobles archives.Il y a quelques années, un poète, Jacques Chenevière, la fit revivre en un livre d'une respectueuse finesse.Et la « grand-mère de la bibliothèque rose », celle que Robert de Montesquieu a appelée « le Balzac de l’enfance », fit son entrée dans la grande biographie littéraire.L’auteur de « La jeune fille de neige » était plus favorablement doué pour évoquer la bonne fée en crinoline et pour disposer autour d’elle, comme dans les images d’un vieil album, cette société aristocratique qui vécut, dans un prestige recueilli, entre la chute du premier Empire et la fin du Pouvoir temporel.Arlette de Pitray, une de ses arrière-nièces, dans un livre qui est un véritable mémorial de famille, donna ensuite quelques détails inédits de la vie de sa grand’tante.Et dans un roman de Jean de la Varende, « Le centaure de Dieu », la comtesse apparaît un instant au milieu des personnages du récit, bien vivante par la voix et par le geste, dans ce château normand, qui vit fleurir ses contes.309 Depuis cent ans, les livres de la comtesse de Ségur font l'enchantement des enfants du monde entier.Les goûts et les mœurs changent, mais les petits reviennent toujours à ces sources de bonté et de gaieté.Aujourd'hui encore, dans les écoles privées de France, ces livres sont donnés en prix.Et les successeurs de l’intelligent éditeur qui vit dans les « Nouveaux contes de fées », illustrés par un magicien qui s’appelait Gustave Doré, une promesse de fortune, expédiaient hier encore dans toutes les directions, les histoires de l’âne Cadichon et du général Dourakine.Une vocation d’écrivain qui se révèle à soixante ans, ce n'est pas là chose ordinaire; mais la vieille dame des « Nouettes » fut poussée à écrire, plus par un besoin du cœur que par vocation littéraire.C’était là aussi une façon de continuer sa vraie mission de maman et de grand'mère auprès de ses enfants et ses petits-enfants, et auprès de tous les enfants qui seraient venus par la suite, les yeux étonnés, faire un cercle immense autour de la tribu des petits Ségur, Malaret, Pitray et Fresneau.Les histoires qu’elle racontait, pour les tenir tranquilles, aux « bons petits diables », qui se jetaient contre ses genoux, rouges de la course et des cris, voilà qu’elle les faisait revivre dans les livres qui chaque année, un par un, s’alignaient sur le rayon de la « bibliothèque rose » et portaient chacun le nom d’un de ses petits-fils.Lorsque, de sa belle voix, elle racontait dans le salon du château normand les contes de la Souris Grise, de l'Ourson, de Violette, du Roi Merveilleux, qui ouvraient le fantastique cortège des « petites filles modèles » en crinoline, il arrivait fréquemment que celui-ci était suivi non seulement par les visages anxieux et tendus des enfants, mais aussi par les hôtes venus en visite, pris dans l'enchantement de cette vision.Deux de ces hôtes étaient particulièrement assidus.Leurs noms étaient déjà fameux.Ils venaient d’horizons opposés, mais trouvaient dans la bonne amitié de cette maison un terrain commun de paix et de conciliation: Louis Veuillot et Eugène Sue.En 1857, sur leur conseil et leurs instances, les belles histoires composèrent peu à peu un manuscrit.Et tandis que la comtesse, un peu à contre-cœur, les relisait à ces experts, dont l'un faisait trembler l'Empire par sa plume, un musicien, Gounod, essayait en sourdine sur le piano une de ses diableries et un jeune artiste.Doré, envoyé par un éditeur empressé, faisait sortir des feuilles blanches, des forêts pleines d’enchantements à travers lesquelles un prince galopait dans la direction d’un château dont on voyait, dans le lointain, les tours à poivrières.Francesco CASNATI (Paru dans l'Osservatore Romano, le 6 juin 1958, p.I.) Une nouvelle fête commençait pour les enfants du monde entier et au nimbe des cheveux blancs d’une vénérable dame, venait s’ajouter celui d’une gloire, comparée à juste titre à celle ?de Dickens et de Balzac.Le vieux royaume des fables des Perrault et des Grimm recevait de nouveaux hôtes.Mais après un premier groupe de fantômes, des créatures bien vivantes faisaient irruption dans ces régions enchantées: Sophie la polissonne, le pauvre Biaise, François le petit bossu, Jeannot, le bedonnant général moscovite, le vagabond, Gribouille et, trottinant à leurs côtés, l’immortel ânon petit-fils de « maître Aliboron ».Dans ces histoires, pleines de gaieté et de tendresse, des critiques exigeants et des pédagogues grincheux pourront trouver à redire à ce qui, dans le tableau, concerne la société et les nobles coutumes du Second Empire, et, à l’arrière-plan, aux origines russes de leur auteur.Trois choses cependant, sur lesquelles tous sont d’accord, en font encore la valeur et l’enchantement: la vérité et l’intensité de vie, le sens éducatif de la sincérité, le sentiment chrétien.PRIERE POUR L’ASSAINISSEMENT DE LA LITTERATURE J; O Jésus qui avez dit: « Bienheureux les cœurs purs », délivrez-moi de la littérature malsaine et frivole, de cette épidémie d'illustrés indécents: revues, magazines, ! romans et feuilletons qui prêchent à plaisir le crime et Vimmoralité.Ne permettez pas s que ce poison mortel compromette à jamais mon idéal et enraye le développement i| • de ma personnalité.Délivrez le monde de cette plaie sociale qui pervertit les âmes et J t rie vengeance au ciel.i Par le Cœur Immaculée de Marie, donnez-moi la générosité, l’audace, le cran pour combattre la littérature obscène et réclamer le respect de vos droits, 6 Vous, mon J Divin Maitre.Dans la mesure de mes moyens, par la prière et le sacrifice, je veux réparer le mal que causent les imprimés déshonnêtes; par la diffusion de bons livres, je veux i Vous aider à présenter au Père, qui est dans les deux, une humanité plus belle.310 LECLHRC (R.) AUDET (L.-Ph.) BONENFANT (J.-Ch.) BRAULT (J.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) DAVELUY (M.-C.) LECLERC (R.) LECLERC (R.) LECLERC (R.) LEGARE (R.), o.f.m.LEG ARE (R.), o.f.m.MARION (S.) MELANÇON (A.), c.s.c.SAINT-GERMAIN (C.) CHARBONNEAU (P.-E.) CHARBONNEAU (P.-E.) CHARLAND (R.-M.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CHARTIER (Mgr E.) CLEMENT (J.) COUTURIER (G.), c.s.c.DAVELUY (M.-C.) DESROSIERS (L.-P.) DESROSIERS (L.-P.) GERMAIN (R.) LAFRANCE (Y.) LAFRANCE (Y.) LAFRANCE (Y.) LAPLANTE (R.) LATOURELLE (R.),s.j.LECLERC (R.) LECLERC (R.) LECLERC (R.) LECLERC (R.) LECLERC (R.) LECLERC (R.) LECLERC (R.) Table des matières IDEAL ET PRINCIPES Pour une saine hygiène des lectures ETUDES D'AUTEURS Frère Marie-Victorin .Thomas Chapuis Alain Grandhois M.le chanoine Lionel Groulx Jean Bruchési Mgr Olivier Maurault Germaine G lièvre mont Michelle Le Normand .Pierre-Henri Simon Robert Churbonneau Saint-Denis Gurneau Mgr Emile Chartier .Robert Choquette Robert de Roquebrune ETUDES CRITIQUES Amour ou contrainte de M.Oraison Claudel, poète mystique de la Bible de Paul-Emile Roy.c.s.c.L'Aventure poétique et spirituelle de Saint-Denys Gurneau de Romain Légaré, o.f.m.Arthur Buies, homme de lettres de Léopold Lamontagne Itinéraire d'Henri Perrin prêtre-ouvrier J'ai vu vivre l'Amérique de G.Blond Jeux d'ombre et de lumière sur la jeunesse d'André Chénier de Géraud Venzac Les lettres canadiennes d’autrefois de Séraphin Marion Nérée Beauchemin de Clément Marchand Pointe-aux-coques d’Antonine Maillet Port-Royal de Jean Orcibal Présences contemporaines de Pierre Brodin .Un promoteur de la renaissance catholique au XIXe siècle de Gaétan Bcrnoville .Thomas Chapuis de Jean-Charles Bonenfant Vincent de Paul Bailly, un pionnier de la presse catholique de R.Kokel, a.a.Vous qui passez de L.-P.Desrosiers Elise Velder de Robert Choquette Les manuscrits de la Mer morte de Millar Burrows Un nouveau titre dans la collection des classiques canadiens: Jean de Brébeuf de René Latourelle, s.j.Dans la collection des « Classiques canadiens *: Marguerite Bourgeoys d’Hélène Bernier .Notre grande aventure du Chan.Lionel Groulx Le monde attend l'Eglise Automation et avenir humain Cet étrange secret de Jacques Delesalle Notre-Dame de Guaduloupe de Mgr Charles-Eugène Roy L'Apprentissage de T.Bertrand et E.Caron Le Père Paul Le Jeune, s.j.de Léon Pouliot, s.j.Le célibat est-il un échec ?.Il suffit d'un jour de Robert Elie Littérature canadienne-frunçaise de Samuel Baillar-geon, c.ss.r.La bagarre de G.Bessette Le prix du souvenir de Jean-Marie Poirier Le publicain de Jules Gobeil Quelque secrète fureur de Kamala Markandaya Date Page 1er avril 1958 225 1er avril 1958 229-231 1er mars 1958 195-196 1er avril 1958 227-228 15 nov.1957 83-85 1er oct.1957 35-36 1er janv.1958 131-132 15 sept.1957 19-20 15 nov.1957 86 1er oct.1957 33 1er déc.1957 99-101 1er sept.1957 2-5 15 mars 1958 211-212 1er févr.1958 163-165 1er janv.1958 133-134 15 mai 1958 277-278 15 févr.1958 181 1er oct.1957 37-39 1er janv.1958 129-130 1er mai 1958 263-264 1er juin 1958 303 15 mars 1958 215-216 1er mars 1958 197-198 1er nov.1957 67 15 avril 1958 243-244 1er nov.1957 72-73 1er mai 1958 261-262 15 févr.1958 183-184 1er nov.1957 69 1er mars 1958 202-203 15 mai 1958 273, 276 15 mars 1958 213-214 15 déc.1957 119-120 15 janv.1958 147-148 15 févr.1958 179-180 15 mars 1958 209-210 et 220 15 mai 1958 278-279 1er mars 1958 201-202 15 avril 1958 246-247 1er nov.1957 68 1er juin 1958 291-293 15 nov.1957 87-88 1er nov.1957 71-72 15 janv.1958 149-150 1er déc.1957 97-98 15 avril 1958 244-245 15 déc.1957 117-118 1er mars 1958 199-200 15 oct.1957 49-50 311 - Date Page LECLERC (R.) MARTIN (P.-A.), c.s.c.MELANÇON (O) SAINT-GERMAIN (C.) SAINT-GERMAIN (C.) *?* BEIRNAERT (L.) BERTRAND (Th.) CASNATI (F.) DELL’AC'QUA (S.A.) DESROSIERS (L.-P.) DOUVILLE (Mgr A.) *** *** GA Y (P.), c.s.sp.*** **• GUILLET (H.) KRErrELS (G.), s.c.j.LEGAULT (E.), c.s.c.LE NORMAND (M.) *** * ?* *** *•* PALANTE (A.) *»* TILIETTE (X.) * * * ?* * *** **• *** *** *** * + * *?* LACHANCE (J.-M.), ptre LECLERC (R.) LECLERC (R.) LECLERC (R.) *** MARTIN (P.-A.), c.s.c.*•* »** *•* REDACTION (La) **• • ** «** V.(A.) V.(A.) Rideau de neige de Maurice Gagnon .1er févr.1958 166-167 La plume uu service de Dieu de A.de Parvillez, s.j.15 sept.1957 17-18 La loi du Christ de Bernard Haring .15 janv.1958 153-154 Une collection pour jeunes: Le Pélican .15 déc.1957 115-117 Vie de Sigrid Undset de A.H.Winsnes .15 sept.1957 24-25 DOCUMENTS A l'index [Espoirs et déboires du progressisme, d'Ignace Lepp] .1er sept.1957 2 La presse du cœur .1er dec.1957 108-111 Albert Camus « témoin » de notre époque .1er févr.1958 161 et 174-175 La grand-mère de la « bibliothèque rose > .1er juin 1958 309-310 Une opinion publique éclairée .15 oct.1957 62-63 Lu Rivière solitaire .1er nov.1957 65 et 79 Les publications malsaines .15 févr.1958 177-178 L'Eglise et les techniques de diffusion .1er mai 1958 271 L'épiscopat des Etats-Unis et le problème de la censure .1er janv.1958 142-143 « L'homme de guerre », de F.Ponthier .1er juin 1958 302 Gertrude Von Le Fort: La femme éternelle — Reinhold Schneider: La Puissance et la Grâce 1er oct.1957 46-47 La grande parade des prix littéraires .15 janv.1958 158-159 Françoise Sagan .15 mars 1958 221-223 L'évolution d'Albert Camus — e La Chute » .15 nov.1957 94-95 Un livre promis à une belle carrière .1er juin 1958 300-301 Blanche Lumontagne-Beauregard.1er juin 1958 289-290 La littérature immorale dénoncée par nos autorités religieuses .1er mars 1958 193 Lourdes, documents authentiques recueillis par l'Abbé Laurentin 1er mai 1958 269-270 La mort chrétienne de Curzio Malaparte .1er sept.1957 15 On se moralise?.1er avril 1958 239 La Neige qui brûle: Marie Noël .1er nov.1957 77-78 Plaisir de lire .15 avril 1958 241,255 La trace d'une enfant: Anne Frank .15 mai 1958 284-287 FAITS ET COMMENTAIRES Campagne des bonnes lectures dans le diocèse de Chicoutimi .1er avril 1958 238-239 Les catholiques dans la vie internationale .15 févr.1958 191 Centre bibliographique au Collège Canadien à Rome 1er avril 1958 226 L'épiscopat canadien et les problèmes sociaux .1er juin 1958 298-299 Faits et commentaires .1er déc.1957 111 Faits et commentaires .1er mars 1958 206-207 Faits et commentaires .15 oct.1957 60 Le grand prix de littérature catholique à M.F.Weyergans .1er avril 1958 238 Jean-Louis Curtis .15 avril 1958 252-253 La revue c l’Heure d’être » .1er janv.1958 143 Une agence française semble vouloir étrangler ses concurrentes canadiennes .15 déc.1957 113-114 Le Club des deux livres du mois devient le Club canadien du livre .15 janv.1958 145 Nos livres en ambassade .1er mai 1958 257 La lutte contre les journaux jaunes se poursuit .15 avril 1958 254 En marge du lancement de « L’Apprentissage » .15 mars 1958 218-219 Mgr F.-A.Savard invite les éducateurs à donner aux jeunes le goût des textes originaux .15 nov.1957 81 Un nouvel « Annuaire pontifical » .15 avril 1958 253 La presse catholique sur le plan international .15 janv.1958 159 De la propagande anti
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