Lectures, 1 octobre 1958, mercredi 1 octobre 1958
LECTURES Nouvelle série Vol.5 - No 3 Montréal, 1er oct.1958 Document Tolérance ou choit dans les nourritures intellectuelles Dans son éditorial du 1er septembre, la revue Lectures protestait contre le discours prononcé par Mlle Jeanne Chaton lors du Congrès de la Fédération des femmes universitaires.Le journal Le Droit, par la plume du R.F.Paul Cay, c.s.sp., avait protesté dans ; le même sens, dans son numéro du 27 août.Pour sa part, le journal L’Action catholique reproduisait l'éditorial de Lectures dans sa livraison du 30 août.Il nous fait plaisir d’offrir à nos lecteurs l’article très pertinent que Mlle Germaine Bernier vient de publier sur le même thème dans Le Devoir du 13 septembre.(N.D.L.R.) « Pour être en santé intellectuelle, une nation doit tolérer toutes les œuvres littéraires, qu’elles soient chrétiennes, existentialistes ou communistes.» Non, ce n’est pas un éditeur à la fois de magazines, de romans à la mode et de journaux politiques qui parle ainsi mais la présidente de la Fédération internationale des femmes universitaires en congrès à Montréal, il y a quelques semaines, Mlle Jeanne Chaton, de Paris.Cette déclaration d’une universitaire a fait le tour du pays, grâce à la Presse Canadienne; elle a frappé l’attention de beaucoup de gens mais un grand nombre l’ont, semble-t-il, avalée sans sourciller.Absente de Montréal, à ce moment du congrès de la Fédération canadienne des femmes universitaires, auquel Mlle Chaton avait été invitée, je n’ai pas entendu ses paroles et ne sais pas non plus qui, et de quelle façon, a pu répondre à une telle affirmation.Mais, apparemment, la Presse Canadienne n’a pas jugé à propos de passer sur le fil la réplique, si réplique, il y a eu.Professeur d’histoire dans l’une des écoles secondaires de Paris, Mlle Chaton est diplômée de la Sorbonne et de l’université de Lyon.C’est assez impressionnant mais pas assez pour faire avaler à tout le monde sa catégorique et pourtant très libérale affirmation, même si elle a eu la précaution de ne parler que de santé intellectuelle.C’est renverser d’un simple revers de main l’enseignement des Papes et des évêques, les réalités psychologiques de la puissance de l’imprimé et les leçons de l’expérience, autrement dit les leçons d’histoire et du rôle qu’y jouent les mauvais maîtres.Parce qu’il y a des mauvais maîtres.Des écrivains souvent bourrés de talents, de savoir, d’adresse et de force, qui possèdent l’art d’écrire, de charmer, de persuader ou de séduire mais dont l'influence sur la santé intellectuelle et.morale (qui donc peut élever une frontière entre les deux ?) de leurs contemporains, et même de leurs descendants et successeurs, est nocive, néfaste, fatale.« S’imaginer, dit Alfred Fouillée, que la littérature violente ne déchaînera pas la violence, que la littérature obscène laissera intacte la pureté des mœurs, que les idées ne seront pas des forces, que les passions excitées resteront dans le cœur sans passer dans les actes, c’est ignorer les résultats les mieux démontrés de toute la psychologie physiologique.» C’est faire semblant aussi d’ignorer la puissance d’influence du livre, de l’imprimé sur la foule des lecteurs, sur des générations entières.Si tout est potable et sans nocivité dans tous les genres littéraires, et l’on sait que ce sont les romans qui sont lus davantage, il faudrait admettre que les Papes et l’autorité religieuse en général ont perdu énormément de temps et d’efforts à dénoncer les mauvais maîtres et leur gloire littéraire qui ne fait que travailler plus sûrement au désordre des esprits et à l’affaiblissement des consciences et des cœurs.Pourtant les Souverains Pontifes ont cru à la nécessité d’aller jusqu’à la création de l’Index, catalogue de livres dont la lecture est interdite aux fidèles, rappelant en même temps qu’un grand nombre d’autres livres, même s’ils ne sont pas explicitement désignés, tombent sous la même condamnation comme dangereux pour la foi, l’esprit et les mœurs.« Pour comprendre les conséquences intellectuelles et morales d'une simple lecture, disait Pie XII en audience à des éditeurs, il importe de tenir compte de la part de mystère qui entoure le cheminement et l’activité secrète des (Suite à la p.34) LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — UN.1-9621 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.(Suite de la p.33) idées et des images dans l’âme.L’oubli apparent peut faire illusion; ce que l’esprit a une fois enregistré, demeure en lui comme un ferment de vie ou de mort, et peut constituer l’origine d’un goût nouveau pour les valeurs spirituelles, comme aussi le point de départ d’une corrosion intérieure ou d’une lésion profonde.> Cette vérité est facile à comprendre et à admettre pour peu que l’on connaisse l’être humain et sa doublure psychologique.On vit de ce qu’on mange et l’on vit à même ses idées.« Et le droit de tout lire, disait encore Pie XII à un groupe de nouveaux mariés, cette fois, le droit de tout lire n'existe pas.Et ne peut pas exister.Pas plus que celui de manger ou de boire tout ce que nous pourrions nous procurer, par exemple, la cocaïne et l’acide prussique.> La santé intellectuelle par la tolérance de toutes les œuvres littéraires ?Cette affirmation ferait sourire si elle n’était si grave et si gravement contredite par la réalité.Une société qui tolère tout en fait de lectures se voit rapidement aux prises avec d’inex- tricables problèmes de maladies mentales, sociales et morales.Dans la plupart des cas de suicide on peut relever l’habitude frénétique de la lecture, parfois un roman par nuit en plus des imprimés, gazettes et magazines dévorés le jour.Parmi les écrivains sociologues qui se penchent sur les problèmes courants de la santé intellectuelle et de la moralité publique, notons l’opinion du docteur Henri Mignon: « N’oubliez pas qu’à notre époque le sadisme moral, l’appât du gain, qui déshonore certaines gens de lettres et ceux qui les éditent, ont fait naître toute une littérature ordu-rière qui, sous couleur de liberté, d’art ou de psychologie, étale sous tous les yeux, avec des titres alléchants, les pires instruments de la dépravation psychique et morale de la jeunesse.Notez bien que je ne me place pas au point de vue de la morale pure: ce n’est pas mon affaire.Je me place au point de vue de l’effet nocif produit sur tout le psychisme, la conscience, l’association des idées, l’imagination, le jugement et la volonté de nos jeunes lecteurs et spectateurs.Que toutes ces lectures et tous ces spectacles arrivent à empoisonner leur âme, cela ne fait aucun doute.> (Suite à la page 47) Index des auteurs recensés dans ce numéro BALZAC (H.de), p.45 BARS (H.), p.42 COOPER (F.), p.45 DANIEL-ROPS, p.37-38 DAVELUY (M.-C.), p.35-36 DRAGON (A.), p.41 GALOT (J.), p.42 LACOMBE (J.), p.44 MARIE-ANDRE, p.45 MATTHEWS (R.), p.43 MOURGUES (E.), p.43 PETILLOT (L.), p.45 PHABREY (G.), p.41 PRERYME (C.), p.46 RUMILLY (R.), p.40 SEVE (M.P.), p.45 *** Structures et liberté, p.38-39 SEVERN (D.), p.46 Fublication approuvée par l'Ordinaire 34 Etudes d auteurs canadiens Marie-Claire Daveluy Marie-Claire Daveluy naît à Montréal, le 15 août 1880, du mariage de Georges Daveluy et de Marie Lesieur-Desaulniers.Elle poursuit ses études au Couvent d’Hochelaga, chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.Elle commence à se faire connaître du public vers 1910, par des conférences ou des causeries qui sont reproduites dans les publications du temps (v.g.La Bonne Parole).Admise parmi le personnel de la bibliothèque municipale, lors de l’installation de celle-ci dans les locaux spacieux de la rue Sherbrooke, en 1917, Mlle Daveluy inaugure alors une carrière de bibliothécaire qui s’avérera particulièrement brillante et fructueuse.L’intelligente et précoce bibliophilie qui la possède trouve, dans ce milieu de choix, un aliment substantiel.Désireuse d’acquérir les qualifications requises pour son métier, elle s’inscrit aux cours de bibliothécaires de l’Université McGill et y obtient un certificat.Très tôt, les aptitudes de Mlle Daveluy la désignent pour des postes de commande.Nommée bibliothécaire-adjointe en 1920, elle assume cette responsabilité jusqu’à sa retraite, en 1943.Pendant plusieurs années, de 1930 à 1941, elle cumule cette fonction avec celui de chef du catalogue.La carrière de bibliothécaire de Mlle Daveluy coïncide avec les débuts de la bibliothéconomie au Canada français.Animée d’un intelligent patriotisme, douée d’un esprit d’initiative toujours en éveil et d’une ardeur combat-tive à toute épreuve, Mlle Daveluy joue un rôle de tout premier plan dans la fondation de deux grandes institutions destinées à valoriser la profession de bibliothécaire: L’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal (1937), et l’Association canadienne des Bibliothécaires de langue française (1943).Au sein de ces deux organisations, Mlle Daveluy déploie toutes les ressources d’une intelligence particulièrement ouverte et lucide, d’un tempérament enthousiaste et d’une courageuse ténacité.Professeur particulièrement goûté des cours de l’Ecole de Bibliothécaires depuis sa fondation, jusqu’en ces toutes dernières années, elle est demeurée membre du Conseil qui la dirige.Une bonne partie de ses cours ont été publiés dans deux imposantes brochures miméographiées: Instructions pour la rédaction des catalogues de bibliothèques (1952) et Essai d'un code de classement en langue française (1949).Sa carrière d’écrivain s’est développée parallèlement à celle de bibliothécaire.Après une première monographie (L’Orphelinat catholique), parue en 1919, Mlle Daveluy se lance dans la littérature enfantine, et l’on accueille, avec les plus vifs éloges, ces ouvrages où la fantaisie romanesque œuvre si délicatement sur une toile de fond historique.Les critiques contemporains attribuent à Mlle Daveluy le premier rang parmi la littérature canadienne pour l’enfance *, et les éducateurs sont pris d’enthousiasme pour des œuvres qui complètent si heureusement leur enseignement et qui répondent aux « plus rigoureuses exigences des pédagogues »* 2.Le premier de ces romans, Les Aventures de Perrine et de Chariot, vaut à son auteur le cinquième prix David, en 1924.Il est suivi d’une douzaine d’autres romans historiques ou féeriques destinés également à enchanter la jeunesse tout en l’instruisant.Entre temps, Mlle Daveluy se plaît à écrire des pièces pour le théâtre.Ces œuvres, accueillies avec une certaine réticence par la critique, connaissent cependant leur heure de gloire, et maints collèges ou autres institutions tiennent à représenter les gracieuses saynètes des Feux de la rampe.Plus tard, les aptitudes de Mlle Daveluy pour le théâtre sont mises à contribution: de 1943 à 1948, en effet, elle présente chaque semaine une sketch historique au poste CBF3.La carrière d’écrivain de Mlle Daveluy ne saurait se réduire à ses romans pour la jeunesse, encore moins à ses pièces de théâtre.Ses principales œuvres, celles dont la valeur continuera de s’imposer à une postérité clairvoyante, sont des œuvres d’histoire proprement dite.On peut dire que l’histoire est la passion maîtresse de Mlle Daveluy.C’est cette ferveur pour l’histoire qui inspire ses contes pour enfants, tout comme ses pièces de théâtre et ses sketches radiophoniques.Dans l’acquisition de la science historique, Mlle Daveluy utilise les méthodes les plus sûres et les plus rigoureuses, dans un exigeant souci d’objectivité et de précision.Comme historienne, elle a publié L’Orphelinat catholique de Montréal (deux éditions, l’une en 1919, l’autre en 1933), des ( 1 ) Alexis Gagnon, dans l’Action française, nov.1927, p.271-273.(2) L’abbé Georges Courchesne, futur évêque de Rimouski, écrivait cet éloge sous le pseudonyme de François Hertel, dans VAction française, avril 1924, p.246-249.(3) Ce qui fait un total de quelque 105 sketches.35 r brochures telles que Dix fondatrices canadiennes et Sœur Mathilde de la Providence, Jeanne Mance, Marie-Bertille de l’Eucharistie, plusieurs œuvres en collaboration, et une bibliographie de la Société Notre-Dame de Montréal qui paraît par tranches, depuis sept ans, dans la Revue d'Histoire de l’Amérique française.Les mérites de Mlle Daveluy comme historienne ont été maintes fois reconnus.Dès 1917, elle est accueillie parmi les membres de la Société Historique de Montréal — la première femme à connaître cet honneur.Elle obtient le prix David pour son ouvrage sur Jeanne Mance — ouvrage qui lui vaut aussi un Prix de l’Académie française 1.Elle reçoit un Doctorat d’honneur de l’Université de Montréal en 1943.Tout récemment encore, en 1958.elle obtient la médaille de la Société Historique de Montréal et elle entend cet éloge tomber des lèvres de Mgr O.Maurault: « Nulle par ailleurs [que dans la Bibliographie de la Société Notre-Dame de Montréal], on ne peut trouver sur les hommes et les femmes qui, de Paris, ont veillé sur la naissance et l’enfance de notre métropole, une telle abondance de renseignements sûrs et inédits.On ne peut plus traiter de nos origines sans puiser dans ce trésor » 2.Ce résumé de la carrière de Mlle Daveluy laisse dans l’ombre d’autres aspects de cette figure vraiment remarquable, aspects moins directement liés à son œuvre d’écrivain.Il faut signaler en passant que les œuvres sociales ont toujours trouvé auprès de cette apôtre un appui intelligent et efficace.Bibliothécaire de grande classe, romancière chérie de la jeunesse, historienne chez qui l’érudition très sûre se pare de charme, conférencière recherchée et aimée, Mlle Daveluy est une figure marquante dans la galerie de nos écrivains canadiens.* * * OEUVRES.— L’Orphelinat catholique de Montréal.[Montréal] Le Devoir, 1919.101p.ill.front.19cm.— L’Orphelinat catholique de Montréal (1832-1932).Edition du centenaire.Montréal, Lévesque, 1933.344p.ill.front.21cm.— Les Aventures de Perrine et de Chariot.Montréal, Bibl.de l’Action française, 1923.310p.ill.19cm.(Prix David 1924).— Dix fondatrices canadiennes.Profils mystiques.Montréal, Le Devoir, 1925.58-[4] p.10 portr.19.5cm.— Le Filleul du roi Grolo.Suivi de La Médaille de la Vierge.Montréal, Bibl.de l'Action française, 1926.259p.ill.18cm.— Aux feux de la rampe.Montréal, Bibl.de l’Action française.1927.285p.18.5cm.— Jeanne Mance, suivie d’un essai généalogique sur les Mance de Mance par M.Jacques Laurent, ancien élève de l’Ecole de Chartres, de Paris.Montréal, Lévesque, 1934.428p.portr.23cm.(Prix David 1934, ouvrage couronné par l’Académie française en 1935).— Sur les ailes de l’oiseau bleu: l’envolée féerique.Montréal, Lévesque, 1936.203p.ill.22.5cm.— Une révolte au pays des fées.Montréal, Lévesque, 1936.166p.ill.24cm.— Histoire de Damiens-sans-peur.Québec, Impr.franciscaine missionnaire, 1936.76p.pl.22cm.— La captivité de Chariot.2e éd.revue.Montréal, Granger, 1938.158p.il!.22.5cm.— Chariot à la * Mission des Martyrs ».Montréal, Granger, 1938.155p.ill.22.5cm.— L’Idylle de Chariot.Montréal, Granger, 1938.196p.ill.23cm.— Perrine et Chariot à Ville-Marie.Montréal, Granger [s.d.].187p.ill.23cm.— Le Cœur de Perrine.Montréal, Granger, 1940.245p.ill.23cm.— Le Richelieu héroïque.Montréal, Granger [cl940].240p.ill.23cm.— Michel et Jo-sephte dans la iourmente.Montréal, Granger [cl940].226p.ill.23cm.— Le Mariage de Josephte Précourt.Montréal, Granger, 1942.240p.ill.23.5cm.— Essai d’un code de classement en langue française.[Ouvrage à la polycopie], Montréal, Fides, 1949.51p.27.5cm.— Instruction pour la rédaction des catalogues de bibliothèques.[Ouvrage à la polycopie].Vol.1.Montréal, Fides [1952].163p.27.5cm.— Marie-Bertille de l’Eucharistie, franciscaine missionnaire de Marie, 1877-1902.Québec Impr.franciscaine missionnaire [cl953].232p.front, pl.(h.-t.) portr.18cm.Mlle Daveluy a en outre collaboré à plusieurs ouvrages collectifs et à plusieurs revues, notamment à La Bonne Parole, L’Action française, La Revue nationale, L’Oiseau Bleu, La Revue d'Histoire de l’Amérique française, etc.SOURCES A CONSULTER.— Collette (L.), Petit essai de bio-bibliographie sur la personne et l’œuvre littéraire, historique et bibliographique de Mlle Marie-Claire Daveluy.[Ouvrage à la polycopie].Montréal, Ecole de bibliothécaires de l’Université de Montréal, 1939.35p.— En collaboration, Hommage de l’A.C.B.F.à Marie-Claire Daveluy.Dans le Bulletin de l’A.C.B.F.[P.C.] vol.2, no 1, mars 1956; p.12-15.— *** Marie-Claire Daveluy.Dans Mes Fiches [P.C.] nos 201-202, 5 et 20 mars 1947; p.33.— OUIMET (Raphaël), Biographies canadiennes-françaises.12e édition.Montréal, 1935.P.13.R.LECLERC (1) La haute compétence de Mlle Daveluy devait être reconnue par l’autorité ecclésiastique, puisqu’un décret de Son Exc.Mgr J.Charbonneau, en date du 7 16 mai 1945, la nommait membre de la commission historique chargée d’étudier la cause de Jeanne Mance.(2) La Bonne Parole, vol.46, 1956 à 1958, p.39.36 Etudes critiques “Où passent les anges”'» de Daniel-Rops Entendez: Etudes sur les œuvres poétiques où passent les anges noirs ou anges de la nuit, ceux du doute, de l'incrédulité, de la révolte, du refus d'accepter la vie telle quelle, de la folie, du suicide et de la mort en général.Le titre ainsi compris, voici quel est, à notre sens, le propos exact de M.Daniel-Rops.Il existe, entre autres, deux façons de « rendre témoignage à la Lumière », c’est-à-dire de démontrer la nécessité de Dieu pour expliquer l'ordre habituel du monde et ses désordres occasionnels comme celui qui marque notre époque: directement, en exaltant la présence et l’activité divines; a contrario en niant cette présence et cette activité.Cette négation qui implique le besoin de Dieu comme explication du monde, « comme témoigne de la Toute-Puissance victorieuse le cri que, de l’abîme, jette l'Ange précipité » (p.272).De ces deux façons, de ces deux messages, M.Daniel-Rops étudie ici ceux qu’apportent les poètes, quelques-uns du moins.Bien qu’il ne faille confondre la poésie ni avec la mystique ni avec la prophétie, les poètes sont à leur manière des mystiques et des prophètes.Les grands poètes surtout, habiles à capter les inspirations qui flottent autour de la masse humaine et qui échappent à celle-ci comme à ses poéteraux, « rendent témoignage à la Lumière » soit en la proclamant soit en l’ostracisant.Parmi les révoltés, parmi ceux qui veulent substituer leur monde intérieur à un univers qu'ils déclarent absurde et, comme Lucifer, aboutissent à « se faire Dieu », l’auteur étudie le Valaisan Rilke, les Anglais Emily Bronté et William Blake, les Allemands Hœderlin et Kafka.Un rapprochement constant avec le Rimbaud de la Saison en Enfer et du Bateau ivre éclaire toutes ces figures disparates.Avant de finir presque tous dans le désespoir ou la démence, épuisés à la recherche d'un bonheur qui n’est point d’ici-bas, ils avaient hurlé leur rébellion contre l'humanité, s’étaient constitués eux-mêmes en un monde à part, avaient provoqué chez la foule ou du moins justifié d’avance le débordement de ses pires instincts, prédit enfin les cataclysmes les plus dévastateurs.Mais, en protestant contre le désordre sans pouvoir en découvrir la cause et tout en la pressentant, ils prouvaient, par la vertu des contraires, que, comme dit Pascal, cette cause est « d’un autre ordre ».Pour avoir reconnu cette vérité pascalienne, le marquis de La Tour du Pin s’est placé aux antipodes de ces anges noirs.M.Daniel-Rops se plaît à opposer la poésie sereine de ce croyant aux vociférations de ces oiseaux nocturnes.Pour avoir accepté la vie telle que le Créateur l’a faite avec ses beautés et ses laideurs, pour s’être dissocié de tous ces révolutionnaires « qui mènent le bon combat contre l’Esprit » (Aragon), pour avoir estimé, avec un autre poète de sens commun, que Si l’on vit pour mourir, c’est pour vivre [qu’on meurt, ce jeune et grand poète s’est apparenté aux prophètes d’Israël.Eux aussi clamèrent contre les vices de leur peuple, eux aussi le menacèrent de la vengeance immanente; mais du moins ils lui faisaient aussi entrevoir, dans « Celui qui allait venir », l’espoir possible et le salut certain.Ils laissaient ainsi à l’au-delà du tombeau le soin d'expliquer les misères d’en deçà: car alors, et alors seulement, quidquid latet apparebit.Si nous avons bien compris la démonstration de l'auteur — car son livre en est une —, il nous faut avouer qu’elle n’est facile ni à saisir ni à suivre.Il faut se familiariser d’abord avec le vocabulaire de la littérature de l’absurde comme avec la terminologie métaphysique ou théologique qui en forme la contrepartie.Il y a lieu ensuite de bien comprendre le vocabulaire propre à l’auteur et aux poètes qu’il étudie.Surtout on doit se convaincre une fois pour toutes que poésie ne s’identifie ni avec rime ni avec vers, qu’elle n’est ni sentiment ni même connaissance logique; elle est un assemblage de symboles, d’analogies, par où s'exprime le message des poètes, un assemblage qui fait d’eux « les annonciateurs d’une Présence dont toutes les présences de la terre ne sont que les reflets * (p.24).Heureusement, tout au long de son exposé, M.Daniel-Rops explique lui-même bon nombre de ces termes: ceux de la littérature noire, 37 r comme « anges noirs » et « anges de la nuit », ceux qu'il tire de lui-même, comme « présence, quête de la présence (p.20) ou de la joie, révélation, harmoniques, élucidation, émerveillement ».Avec ces explications, on arrive à saisir nettement cette assertion qui résume l’ouvrage: « Le témoignage de l’abîme, la négation, est aussi important que celui de la lumière, l’affirmation *; et cette autre qui le termine: « Si tant de poètes aujourd’hui sont les Prophètes de l'absence, ils sont aussi les porte-parole de la Présence, les hérauts des colères de Dieu » (p.278).En cours de route, l'auteur culbute, d'une simple chiquenaude parfois, des erreurs trop courantes: la confusion entre « la nuit » des mystiques et celle des poètes maudits ou saturniens, la prétendue opposition entre le mysticisme et le sens du réel (p.244).C’est ici qu’il exécute l’historien assez mal inspiré pour avoir écrit: « On a trop vu en Jeanne d’Arc une mystique, alors qu’elle fut surtout une fille du sol ».Et les distinctions qu’il établit, par exemple entre animus et anima à la suite de Claudel et de Bremond (p.241), sont généralement d’une lucidité diaphane.Ajoutons, en terminant, que, pour avoir été espacée sur bien des années, la rédaction de ces études comporte mainte répétition.Ainsi, le chapitre sur les Leçons des mystiques (p.231 -254) n’est qu'une reprise développée d’un thème antérieur (p.133).Et remercions M.Daniel-Rops d’avoir démontré une fois de plus, par la double portée de la poésie noire, que « l’erreur contient toujours une part de vérité » et que la révolte même bestiale peut être, elle aussi, L’hommage que le vice accorde à la vertu.Emile CHARTIER, p.d.(I) DANIEL-ROPS OU PASSENT LES ANGES.Paris, Librairie Plon [cl957].278p.19cm.$2.65 (frais de port en plus) Pour tous “Structures et liberté”*» Les Etudes Carmélitaines viennent d’ajouter à leur collection un autre excellent volume, dont le but est de démontrer l’entrelacement de la liberté et des structures, en procédant graduellement des régions inférieures aux régions supérieures de l’être humain.Incidemment, disons que le terme structure, fréquemment employé de nos jours, n’a pas encore acquis un sens qui paraît bien défini pour les différentes sciences qui l’utilisent.Dans une première étude, le docteur Léopold Szondi tente de déterminer les liens qui existent entre la génétique et la psychologie des profondeurs.A cette fin, il a recours à l'analyse du destin, cette nouvelle discipline scientifique considérée comme une troisième dimension delà psychologie des profondeurs, parce qu’elle traite de l’inconscient familial.Il étudie l’influence réciproque du destin-contrainte conditionné par la famille et du destin-choix façonné par la liberté.Louis Massignon établit la différence qui existe entre le vœu ou la vocation et le destin.Le R.P.Philippe de la Trinité, dans une étude sur notre liberté devant Dieu, examine le pseudo-problème du péché futurible et il démontre que saint Thomas n’en attribue pas à Dieu la connaissance; il traite ensuite du mystère de la prédestination et de la réprobation.Paulette Février, Jean-Louis Destouches et André Soulairac font le procès du déterminisme scientifique, dans les phénomènes physiques et en biologie.Raymond Ruyer essaie de découvrir le point où l’organisme vivant cesse de ressembler à un ensemble de machines automatiques, et comment les rythmes de la vie végétative peuvent être perturbés par la situation psychologique, c’est-à-dire dans le cas par le cortex cérébral.Georges Mathieu traite de la structuration nouvelie des formes artistiques.Le professeur Jean Lhermitte essaie de définir la structure et les déstructurations de la conscience.Le docteur René Laforgue analyse la structure du moi en fonction de la liberté, et Charles Baudoin considère le thème des mythes.Juan J.Lopez-Ibor indique comment la 38 situation conflictuelle du névrose gêne le développement de sa personnalité.D’après des documents cliniques, le docteur Françoise Dol-to tente de décrire les modalités de la dépendance de l’enfant vis-à-vis de ses parents.Un excellent exposé du docteur Etienne De Greeff considère la structure du drame chez les assassins; il démontre notamment que si la morale n’empêche pas tous les crimes de se commettre, elle empêche néanmoins la très grande majorité de ceux qui ont été sur le point d être commis.C’est pourquoi un milieu social normal doit fournir la justification de l’honnêteté.Les derniers chapitres évoluent dans les sphères supérieures non seulement de l’être humain, mais de la vie chrétienne elle-même, et pour cette raison ils sont les plus significatifs.D’abord, en quelques pages d’une densité et d’une précision doctrinales exceptionnelles, Mgr Charles Journet traite de la liberté dans l’Eglise.En substance, il affirme que l’on est libre dans l’Eglise, si l’on y est par amour.Mais afin d’ordonner les explications et les distinctions requises pour préciser la portée de cette affirmation, l’A.distingue la sainteté ministérielle ou instrumentale des pouvoirs hiérarchiques comme tels, et la sainteté formelle ou terminale de l’Eglise pérégrinale elle-même.Les pouvoirs d’ordre sont destinés à communiquer aux âmes la grâce ex opéré operato, c’est-à-dire comme par effraction, tandis que les pouvoirs juridictionnels ont comme fin de proposer du dehors des directives spéculatives ou pratiques que les âmes devront intérioriser.C’est sur ce dernier terrain que se pose le problème de la liberté dans l’Eglise, car les dépositaires des pouvoirs juridictionnels agissent comme principes d’initiatives et de responsabilités, et « dans la mesure même où s’accroît l’importance de leur rôle, la faillibilité menacera d’entrer dans le gouvernement de l’Eglise * (p.236).A ce sujet, l’A.apporte les distinctions les plus objectives pour déterminer les différents degrés d’assistance divine qui conditionnent l'infaillibilité ou la faillibilité des formes hiérarchiques de la « prophétie ».En parlant de l’effet ex opéré operato des sacrements, l’Auteur affirme avec presque tous les théologiens que les dispositions personnelles du ministre n'influent pas sur l’effet sacramentel; cela est vrai, mais incomplet, car la dévotion personnelle du ministre ajoute à l'effet sacramentel proprement dit un « bien annexe » très précieux en faveur du bénéficiaire du sacrement, comme le soutient justement saint Thomas (Somme théol., Ilia, q.64, a.l.sol.2).Mgr Lucien Cerfaux traite ensuite de la liberté chrétienne selon saint Paul.Et le R.P.Lucien-Marie de St-Joseph nous offre un magistral exposé sur la structure de l’expérience mystique.Avec une sûreté doctrinale remarquable, l’A.considère les structures naturelles (inconscientes, caractérielles, sociologiques), ainsi que les structures surnaturelles de l’expérience mystique, en dégageant parfaitement ses caractéristiques propres en regard de la vie chrétienne ordinaire.Pour démontrer que la liberté se retrouve à l’intérieur d’une ontologie structurale, constituée des régions inférieures et supérieures de l’être humain élevé à l’ordre surnaturel, on a voulu, dans ce volume, polariser autour des différents aspects de ce problème la compétence d’une élite d’hommes d’études.L’objectivité scientifique apportée dans le dialogue entre les sciences et les techniques de la psychologie d’une part, et la théologie et les expériences surnaturelles d’autre part, fait que ce volume constitue un apport précieux à la cause de la vérité.Ovila MELANÇON (1) *** STRUCTURES ET LIBERTE.XXVe anniversaire des Etudes carmélitaines.[Bruges], Desclée de Brouwer [cl9581.283-[15]p.21.5cm.(Coll.Les Etudes carmélitaines) $6.85 (frais de port en plus) Pour tous, mais spécialisé Vient de paraître - Coll.La Gerbe d'or LE MAUVAIS PAIN par Jean-Paul PINSONNEAULT Une étude psychologique très poussée."L'auteur a su créer un univers à la fois aride et humain dont les personnages vivent et nous émeuvent." 113 p.21cm.Couv.ill.$2.00 (par la poste $2.10) _______________________CHEZ FIDES 39 “Camillien Houde (i) Il ne faudrait pas s'attendre à trouver dans ce tome XXX de l'histoire de la province de Québec une biographie de Camillien Houde.Rumilly décerne des sous-titres de façon un peu arbitraire aux ouvrages de sa grande série historique.Néanmoins Camillien Houde prend la vedette dans ce volume.Il réussit deux exploits inattendus: il supplante Médéric Martin à la mairie de Montréal et fait mordre la poussière à l'un des principaux lieutenants de Taschereau, Léonide Perron, dans le comté de Sainte-Marie.Camillien Houde est devenu la figure dominante de l’année.Les journaux, bleus et rouges, avec des épithètes contraires, alignent des colonnes sur ses faits et gestes.On en parle même comme successeur de Sauvé à la direction du parti conservateur provincial.M.Rumilly, excellent humoriste à l'occasion, fait revivre de façon très pittoresque la figure sympathique de ce grand tribun que fut Camillien Houde.Mimique de l’orateur, interpellations de la foule, slogans repris par les auditeurs en délire, rien ne manque à l'atmosphère de ces grands « parlements » de l'époque.Le politicien domine « son peuple », le subjugue, le magnétise.Sur un mot de Camillien, on serait prêt à se lever en masse et à le suivre dans n'importe quelle croisade.Puis Rumilly nous ramène dans l’enceinte du Parlement pour les sessions annuelles.Il est curieux de constater comme les thèmes des discussions en Chambre varient peu avec le temps.En ces années de grande prospérité, les bleus reprochent au Gouvernement de dilapider les fonds publics, d’aliéner les biens de la Province aux Américains, d’avoir partie liée avec les trusts, etc., d’user de procédés dilatoires pour retarder une élection complémentaire — celle de Sainte-Marie en l’occurence.Il semble que l’opposition, quelle qu’elle soit, trouve ses arguments les plus efficaces dans des accusations de corruption.Néanmoins les magnats de l’industrie et du commerce avaient besoin d'être matés.La tragédie de Saint-Méthode au lac Saint-Jean était encore vivace dans les esprits qu’une autre compagnie d'énergie électrique désirait à son tour élever, et de 53 pieds, le niveau d’un lac, celui de Témis-couata, noyant ainsi cent milles carrés de terre arable.Cette fois, ce fut un tollé général.Une imposante délégation, conduite par Mgr Cour-chesne, se présenta aux bureaux du premier ministre, très désireux lui-même de ne pas ameuter à nouveau la presse de la Province contre son administration.D'autant plus que sa position devenait de plus en plus difficile, plusieurs de ses ministres cumulant les fonctions d'administrateurs dans les grandes entreprises canado-américaines: électricité, pulpe, transport, mines, etc.De la politique nous passons, à l'occasion, à la vie nationale.La Saskatchewan connaît une vague de francophobie, savamment orchestrée par les loges orangistes.Mgr Mathieu réussit à fléchir le gouvernement de sa province et à sauver ce qu’il peut de l’enseignement français.Mais c’est vraiment la portion congrue, et l’orage demeure très menaçant.L'agitation se propage en Ontario.Très habile, le premier ministre Furgeson provoque une élection, renforcit ses positions et laisse entendre aux orangistes que leurs doléances ne seront pas entendues.En Nouvelle-Angleterre, nos « Francos » connaissent les jours les plus sombres de leur histoire.Ils se sont engagés dans une lutte fratricide à l'endroit de l’autorité religieuse.Le groupe de « La Sentinelle » s'est révolté contre l’évêque de Providence et ses dirigeants ont encouru l’excommunication de Rome.Effarement de l’évêque en question: les « Senti-nellistes », reçus en congrès à Québec, peuvent assister à une messe d’inauguration des assises et reçoivent les encouragements des autorités religieuses.Bourassa entre alors en scène et, dans une série d’articles publiés dans Le Devoir, assène le coup de grâce aux révoltés.Le grand pontife du nationalisme fustige les éléments extrémistes qui donneraient la priorité à la langue sur la foi.La consternation règne chez les éléments nationalistes du pays et chez les « Sentinellistes ».Nous devons savoir gré à M.Rumilly d’exhumer, pour les générations présentes et futures, ces heures de notre vie nationale, heures glorieuses et tragiques que nous nous devons de ne pas oublier si nous voulons éviter des erreurs d’aiguillage dans un avenir que nous désirons meilleur.C.SAINT-GERMAIN (1) RUMILLY (Robert) HISTOIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC.T.XXX: Camillien Houde.Montréal, Fides [1958].256p.19.5cm.$2.50 (frais de port en plus) Pour tous 40 Notices bibliographiques Littérature canadienne DRAGON (A) s.j.LE PERE PRO.Nouvelle édition illustrée.Montréal.Editions de l’Atelier {1958}.147p.ill.(h.-t.) 18cm.$1.50 (frais de port en plus) Pour tous Le Père Pro est très proche de nous par sa personnalité attachante et très distant par son idéal peu commun.Si sa popularité va toujours grandissant au Mexique, « c’est qu'au lieu d’assister au défilé d’un catalogue de vertus appliquées à un serviteur de Dieu, les Mexicains ont vu [chez lui] un homme qui les a pratiquées en riant ».Le Père Pro peut se comparer à saint François d'Assise et à saint Philippe de Néri.C’est l'humour et la sainteté de cet apôtre que l’auteur essaie de faire ressortir tout au long de son livre.Dès son jeune âge.il se distingue par son espièglerie et Ion devine une prédestination chez cet enfant qui n’en est qu'à ses premiers pas sur le chemin de la sainteté.Cette biographie évoque le violent soubresaut mexicain de 1925 à 1928, qui permit l'entrée à des dictateurs antireligieux comme Obregon et Calles.Et l’on verra le Père Pro se faufiler parmi une kyrielle de gendarmes grâce à son esprit toujours présent.Un périlleux apostolat et un état maladif habituel ne l'empêchaient pas de garder constamment son sourire et son humour.C’est sur ce paradoxe de vie périlleuse et joyeuse qu’insiste le Père Dragon qui a très bien connu le Père Pro.Sa documentation est très riche, et il appuie tout ce qu'il dit sur de nombreux témoignages qu’il ne craint pas de citer textuellement.Aussi pouvons-nous être séduits par la plume alerte du Père Pro dans de nombreuses lettres reproduites, lettres tantôt pleines de verve et tantôt d’un sérieux déroutant.L’auteur, qui n'en est pas à ses débuts dans le monde des lettres, nous raconte cette vie dans un style simple, à la portée de tous.Cette nouvelle édition est enrichie de nombreuses illustrations d’un grand intérêt documentaire.Hervé SIMARD PHABREY (Gille) LE PORTIER DE SAINT JOSEPH.Le frère André, c.s.c., l’apôtre du Mont-Royal.Montréal, Fides [1958}.204p.photos (h.-t.) 22cm.S2.00 (frais de port en plus) Pour tous Plusieurs biographies du Frère André sont déjà écrites.L'intention de M.Pha-brey ne fut pas d’ajouter à ce qui a été dit précédemment au sujet du « portier de saint Joseph ».Cependant, on sent bien, en lisant ce dernier ouvrage, que l'auteur a été tout à fait pris d'enthousiasme par la vie de cet humble Frère qui a vécu de façon extraordinaire ordinaire qui soit.L'auteur du Portier de saint Joseph a eu le don de présenter Alfred Bessette engagé au service du Seigneur, dès sa jeunesse.Encore très jeune, il se montre un véritable apôtre en essayant de transformer les milieux dans lesquels il vivait.Alfred Bessette est par conséquent un exemple merveilleux à proposer à ceux qui sont désireux de faire de l’apostolat dans notre monde moderne.Les derniers chapitres nous montrent comment l’activité du Frère André se prolonge par le développement de son œuvre et par l'extension de la dévotion à saint Joseph non seulement au Canada mais aussi à l’étranger.La présentation du volume est attrayante en même temps que très simple.De nombreuses illustrations en agrémentent la lecture.Il est à souhaiter que cette vie du Frère André, écrite par un Français, se répande non seulement dans nos familles canadiennes mais aussi chez nos cousins d'outre-mer.Guy MORISSETTE, c.s.c.la vie religieuse la plus 41 Littérature étrangère Philosophie (1) BARS (Henry) L'HOMME ET SON AME.Paris, Ber-nard Grasset {1958}.283p.18.5cm.(Coll.Eglise et temps présent) $3.50 (frais de port en plus) Pour tous L'Homme et son âme ! Titre polyvalent qui laisse l’esprit courir à mille question: s’agit-il d'un essai philosophique, d’une étude psychologique, d’un traité théologique ?S’agit-il d'une marche à travers l’histoire pour y rencontrer tous ceux qui se sont passionnés pour le mystère de l'esprit humain ?Ne serait-ce pas plutôt un livre de spiritualité où seront redessinés pour notre profit les élans des grands mystiques qui ont jalonné l’humanité ?Si paradoxal que cela puisse paraître, j’oserais écrire qu’il n'est rien de tout cela, bien qu’il soit tout cela à la fois.C’est vraiment une œuvre de haute portée que nous livre ici Henry Bars, une œuvre trop dense pour permettre une tentative de synthèse.Il faut la lire toute, de la première ligne à la dernière, et la relire encore — je crois.On comprend alors qu’il ne s’agit pas d’un livre écrit pour solliciter l’attention des lecteurs, pas même d’une étude dont le propos serait d’informer.Il s'agit ici d’une œuvre vraiment, c’est-à-dire d’un fruit longuement mûri, plein d’une saveur multiple, et qui est tombé de la plume de Bars comme une richesse surabondante.La pensée y est marquée au sceau d’une information abondante et solide.Tantôt l'auteur évoque devant nous, avec une aisance qui surprend, les maîtres de la philosophie ancienne: Platon, Aristote; ceux de l’époque médiévale: saint Thomas, saint Bonaventure; ceux de l’époque moderne, Hegel, Heidegger, Husserl; ceux de l’âge contemporain: Gabriel Marcel, Sartre et nombre d’autres.Il manipule avec dextérité les données de la psychologie; il nous rappelle les courants de la mystique; il connaît les champions de la poésie.Le tout couronné par un sens théologique averti et dynamique.Autant dire que c'est une œuvre complexe et simple à la fois.Complexe par la multiplicité des points de vue qu'on y trouve, mais simple parce que ces points de vue sont admirablement unifiés par le vigoureux esprit de l’auteur.Entre autres passages, qui méritent particulièrement de retenir l’attention, je tiens à souligner la seconde partie du chapitre II où nous est donnée une magnifique étude du phénomène de l'inspiration en art.On se demande un peu pourquoi l’auteur semble se reprocher d’avoir inséré dans son livre cette fine analyse, l’une des plus justes que l’on puisse trouver sur le sujet ?A signaler aussi, tout le chapitre III: L’Ame et son Amour, où l’auteur couronne ses réflexions en plongeant sa pensée dans l’inépuisable richesse de la révélation évangélique.Pages particulièrement lumineuses et dont certaines sont inoubliables.Paul-E.CHARBONNEAU, c.s.c.Religion (2) GALOT (Jean), s.j.LE CŒUR DU PERE.[Bruges] Des-clée de Brouwer [cl957].208p.19cm.(Coll.Museum Lessianum — Section ascétique et mystique, no 49) $2.75 (frais de port en plus) Pour tous La spiritualité moderne — personne ne songera à s’en plaindre — s’intéresse beaucoup au Christ.Elle a compris qu’il est au cœur de la communauté chrétienne, qu’il est au centre de notre vie et qu’il n’y a de salut qu’en Lui.Cette prise de conscience du réalisme du Corps mystique du Christ constitue la plus belle réussite chrétienne de notre époque et il faut souhaiter qu’elle ira s’intensifiant.11 ne faut pas oublier toutefois que le Christ Lui-même se situait toujours par rapport au Père et qu’il est venu nous introduire à la vie de la Trinité Sainte.C’est cet aspect du mystère chrétien que le P.Galot s’est proposé de nous rappeler.Il nous montre que le dessein grandiose du Père commence au sein de la Trinité et y retourne.C’est justement dans cette perspective que l'œuvre du Christ prend tout son sens.Et non seulement l’œuvre du Chrit mais la destinée humaine dans son ensemble.C’est 42 dans ce vaste panorama que les problèmes ardus de la liberté et du mal s’expliquent.L’aventure humaine est résumée dans la parabole de l’enfant prodigue que l’auteur commente magistralement.C’est donc le mérite principal de ce livre que de présenter la vie chrétienne dans toute son ampleur.L'Auteur ne fait que rappeler les grands thèmes de l’enseignement du Christ et de saint Paul.C’est ce qui constitue l’intérêt et la valeur de sa méditation.On lui saura gré de rappeler ces grandes vérités que notre spiritualité n'oublie pas mais auxquelles elle ne donne pas toujours la place qui leur revient.P.-E.ROY Médecine (61) MOURGUES (Emilien) D'OGINO A PAVLOV.T.Il: L’A.S.D.L’accouchement sans douleur.Le livre définitif.Toutes les méthodes.Les opinions médicales, religieuses, morales.Discours du Pape.Paris, Nouvelles éditions Debresse, 1958.198p.ill.21.5cm.Pour adultes Depuis la publication du tome premier D’Ogino à Pavlov, portant sur le contrôle des naissances et la Méthode Ogino-Knaus, le public attendait le second tome.Le voici maintenant édité, livrant à tout ceux-là que le problème de l’accouchement sans douleur intéresse un exposé fort bien fait.L’ouvrage se divise en quatre parties.Une première analyse différentes notions liées à l’obstétrique.Une seconde traite de l’analgésie obstétricale et des différents procédés utilisés pour la réaliser.Enfin une troisième partie s'attaque directement à ce problème actuellement si discuté en tous milieux: l’accouchement sans douleur.Il faut louer, entre autres qualités de ce livre, sa simplicité.Pour technique qu'il soit, l’exposé du Dr Mourgues reste facilement abordable et ne comporte rien d’hermétique.Il vulgarise avec succès les principaux éléments que la science médicale a accumulés sur la question de l’accouchement et de la grossesse.Du point de vue théologique, les jugements de l’auteur s’avèrent fort justes; il suit d'ailleurs de très près les directives pontificales telles que systématiquement exposées dans différents discours du Souverain Pontife.La quatrième partie du volume groupe, en annexes, certains documents dont deux des principaux textes pontificaux touchant directement à ce problème.Paul-E.CHARBONNEAU, c.s.c.Littérature (8) MATTHEWS (Ronald) MON AMI GRAHAM GREENE.Traduit de l’anglais par Maurice Beer-block.{Bruges] Desclée de Brouwer {1957}.271p.20cm.$4.20 (frais de port en plus) Appelle des réserves Ronald Matthews a noté pour nous, sous le signe de l’amitié, les moments biographiques les plus marquants de l’auteur de Fond du Problème.Graham Greene et lui se sont souvent rencontrés durant leurs week-end soit à la campagne ou, le plus souvent, dans leurs excursions nocturnes dans les banlieues de Londres.Ce péripathétique compagnonnage a permis à Ronald Matthews de nous révéler l’enfance de Graham Greene, ses débuts comme journaliste ou critique cinématographique au New-Yorker et au Times, ses premiers romans policiers avant 1936, année qui vit la parution de Tueur à gages.C’est ce roman qui créait définitivement Graham Greene romancier.Egalement, même si l’Auteur ne se conforme pas à un appareil critique rigoureux, il nous est précieux de discerner quelque peu les eaux souterraines d’où jaillirent les principaux romans du célèbre romancier.Matthews analyse l’aspect angoissé de Graham Greene quand ce dernier, revenant au souvenir de sa jeunesse, se rend compte « que le ciel et l’enfer, sur la terre, ne sont pas, en tout cas, des pôles distincts, mais qu’ils se situent porte à porte > (p.42).Moins que jamais, à la suite de la lecture de certaines de ces pages, nous ne nous étonnons qu’en plus d’un endroit nous ayons remarqué une filiation de génie littéraire entre Mauriac, Bernanos et Greene, à ceci particulièrement que nous voyons leurs personnages agir sous le soleil de Satan.En effet, tous trois ne semblent-ils pas démontrer paradoxalement que les péchés mènent leurs héros à Dieu ?Tous trois envoûtent leurs lecteurs — envoûter au 43 sens fort de l’étymologie — en les enfermant dans la même prison d’âme que celle de leurs personnages ?On a dit d'eux qu’ils étaient des écrivains catholiques, pas toujours de catholiques écrivains.Pour sa part, G.Greene admet qu'il y a du protestant chez lui; mais il pense que « l’Eglise a besoin d’avoir des protestants dans son sein * ! (P.266) Mon ami Graham Greene se présente beaucoup plus comme un journal d'amitié, où sont relatés des souvenirs, des comptes rendus, des conversations, que dans le ton d’une monographie largement explicative du talent et des œuvres de l'écrivain.Graham Greene, malgré certaines de ses prises de positions bien discutables, demeure l'un de nos plus grands romanciers, à l’heure présente, par la profondeur de ses réflexions tout autant que par son art.A ceux qui connaissent ses romans, le livre de R.Matthews permettra de revaloriser leur appréciation.Ils constateront que le rendu de la traduction est d’excellente tenue.Peut-être seront-ils un tantinet gênés de voir qu’en dépit de grands efforts de modestie.Ronald Matthews ne peut s'empêcher de s’autobiographier ! Roland-M.CHARLAND Géographie (91) LACOMBE (Jean) A MOI L’ATLANTIQUE.Préface et notes de Jean Merrien.Paris, Robert Laffont [1957].256p.pl.(h.-t.) 20.5cm.Relié.$3.60 (frais de port en plus) Pour tous Oui ne s'est pas laissé raconter, avec un certain plaisir, l’aventure quasi incroyable du Kon-Tiki ou encore de quelqu’autre fragile radeau se balottant sur une mer orageuse telle une coquille de noix au milieu d'une mare ridée ?Récit extraordinaire, n'est-ce pas, et très passionnant ! Vous apprécierez alors, comme moi, la version que nous donne M.Jean Lacombe, « le navigateur inconnu », de sa traversée de l’Atlantique.A moi l’Atlantique, son journal de bord, nous fait revivre les moments les plus palpitants de sa propre odyssée.L’auteur eut l’audace, pour ne pas dire l’inconscience, de se risquer en pleine mer sur une embarcation — dont il avait lui-même conçu les plans — de 5m.50 de long, et avec, pour toutes ressources.deux pains d’une livre ! Que connaissait-il à la navigation ?Rien, si ce n’est qu'il avait travaillé quelque temps comme maroquinier, faisant la navette entre les ponts de la Seine.Son ignorance des choses de la mer ne sembla pas toutefois faire obstacle à son grand désir de vaincre l'Atlantique, et en dépit de deux ou trois échouements en règle, il gagna l’Amérique, terre promise.Parti de Toulon le 20 avril 1955, à bord de son « Hippocampe », il atteignit finalement New-York, quinze mois plus tard.On ne décèle, à vrai dire, aucune vantardise dans le récit de Lacombe; il nous « raconte ce qu’il a fait parce qu’il l’a fait, sans trop bien comprendre lui-même pourquoi ».Il n’a pas cherché non plus à nous présenter un ouvrage qui tient du roman d'aventure.Il nous relate simplement, jour après jour, telles qu'il les a vécues, les péripéties de sa traversée, ses angoisses, sa réussite.La préface et les nombreuses notes de M.Jean Merrien constituent un complément nécessaire au récit de Lacombe.Somme toute, un livre à ne pas manquer.Luc-Cl.MICHAUD Vient de paraître - CAMILLIEN HOUDE Tome XXX de L'Histoire de la Province de Québec par Robert Rumilly de l'Académie canadienne-française On trouvera dans cet ouvrage un peu tou'e l'histoire politique des scènes municipale, provinciale et fédérale vers les années 28-30.256 p.19cm.broché: $2.50 (par la poste $2.60) relié: $3.00 (par la poste $3.10) Rappel TOME XXVII.La rue Saint-Jacques.340p.TOME XXVIII.Vers l'âge d'or.242p.TOME XXIX.Rivalité Gouin-Lapointe.320p.Chaque volume: Broché $2.00.Relié $2.50 (par la poste $0.10 en sus) _____________________________CHEZ FIDES 44 Littérature de jeunes s e BALZAC (Honoré de) EUGENIE GRANDET.Adaptation nouvelle.Illustrations de François Graen-hals.Paris, Casterman, 1957.204p.ill.19cm.(Coll.Le rameau vert) Relié Si.35 (frais de port en plus) Pour adolescents La passion de l’or avait envahi le cœur du père d’Eugénie Grandet comme une mauvaise herbe et étouffé tous les bons sentiments qui s’y trouvaient sans doute; de sorte que, malgré la richesse du père Grandet, Eugénie et sa mère ne connurent jamais, même la simple douceur de vivre des gens à revenus modestes qui se voyant refusé le superflu jouissent au moins du nécessaire.Un moment, l'amour de son cousin Charles transfigure le terne décor où s'écoulent les jours d’Eugénie, puis cet amour s’évanouit, laissant au cœur de la jeune fille le même sentiment ressenti par le voyageur assoiffé du désert voyant disparaître le mirage d’une source.Comme un spéléologue consciencieux, Balzac s’introduit dans le gouffre profond de l'âme de l’avare pour en inspecter les moindres parois.Il établit ensuite un parallèle entre ce monstre d’égoïsme et sa fille, sublime d’amour filial et de résignation chrétienne.Cette minutie dans l’étude des caractères et la recherche des contrastes pouvant les mettre davantage en lumière font de Balzac un grand peintre des mœurs de son époque.L’image un peu pessimiste que Balzac fait du christianisme d’Eugénie Grandet pourrait peut-être influencer défavorablement certains lecteurs mal formés.Aussi, ce livre adapté « pour adolescents » ne saurait convenir aux très jeunes, c’est-à-dire aux moins de seize ans.D.HOULE COOPER (Fenimore) LE DERNIER DES MOHICANS.Adaptation nouvelle.Illustrations de François Craenhals.Paris, Casterman, 1958.226p.ill.19cm.(Coll.Le rameau vert).Relié $1.35 (frais de port en plus) Pour jeunes Uncas, le dernier des Mohicans, son père Chingachgook et leur inséparable Oeil-de-Fau-con réussissent, grâce à leur habileté et à leur audace, à conduire saines et sauves au fort William-Henry, les deux filles du commandant Munro.Puis, celles-ci ayant été enlevées à la faveur de la confusion qui suivit la reddition du fort par les Anglais, le trio se joint à leur père et au major Heyward pour suivre les pistes laissées par l’agresseur.Au bout de la longue piste qu’il a suivie avec tant de courage, l’âme du dernier des Mohicans s'envole au pays des chasses éternelles et des merveilleuses forêts.Dans le cadre prestigieux des forêts et des lacs canadiens, l'auteur inscrit d’une plume habile les captivantes aventures de son récit.Le jeune lecteur, emporté par le rythme syncopé des aventures du dernier des Mohicans, saura-t-il, au hasard du récit, tirer certaines conclusions notamment sur les avantages et les désavantages de ‘a civilisation des Peaux-Rouges par les Blancs: Anglais et Français ?Quoi qu’il en soit, Le Dernier des Mohicans mérite d’être lu par tous les jeunes à cause des leçons de courage et d’honneur qu’il leur aura données.D.HOULE - ¦ i ¦ - MARIE-ANDRE JEAN DE DIEU AVENTURIER DU CHRIST.Illustrations de Gabriel de Beney.Montréal, Fides [1958}.63p.ill.21cm.(Coll.Aventuriers du ciel) $0.65 (frais de port en plus) Pour jeunes et adolescents La vie de saint Jean de Dieu, jalonnée d'aventures et d’événements extraordinaires, est un thème de choix pour un livre destiné aux jeunes.Marie-André a su l’exploiter avec talent pour en tirer la matière d'une histoire très captivante.Les jeunes lecteurs y puiseront d’utiles leçons tout en s’émerveillant au récit de pittoresques anecdotes.A.C.PETILLOT (Loys) et SEVE (M.P.), a.a.HISTOIRE DES APPARITIONS DE LOURDES.Paris, Editions Bonne Presse [1958].93p.ill.28.5cm.$1.00 (frais de port en plus) Pour enfants Brochure illustrée, aux couleurs vives et de 45 bon ton.Le centenaire des apparitions de Lourdes est tout indiqué pour donner aux enfants les notions essentielles sur ces grands événements.Plus d’un jeune lecteur sera impressionné par ce récit plein de scènes émouvantes et de détails pittoresques.Puissent les petits y puiser une constante et pieuse dévotion envers la Vierge de Lourdes ! C.LALANDE PRERYME (Claude) JOURS D'ORAGE.Illustrations de Michel Gourlier.Paris, Editions Spes {1958}.158p.ill.19.5cm.(Coll.Jamboree) Relié.Si.80 (frais de port en plus) Pour jeunes Une grève se déclare à l'usine où Guy et Christian travaillent.Les deux adolescents vivront pendant trois semaines des jours orageux au cours desquels leurs copains de l’immeuble montreront leur vrai visage puisque c’est dans le malheur dit-on que l'on connaît ses amis.Cette épreuve permettra également à ces deux adolescents, comme à ieurs copains, de se rendre compte que l’amitié vraie ignore les barrières dont les hommes aiment entourer leurs clans.Réédition- LA PERLE AU FOND DU GOUFFRE "ZAM-ZAM" ET BARBELÉS par Eugène Nadeau, o.m.i.7e édition 22e mille 306 p.20cm.24 pages de photos hors texte $2.50 (par la poste $2.60) Rappel UN HOMME SORTIT POUR SEMER $1.50 (par la poste $1.60) ___________ CHEZ FIDES Un peu à la façon d’un scénario — abondance du dialogue, mariage du décor avec la trame du récit — Claude Préryme présente à ses lecteurs un épisode de la vie de jeunes travailleurs, obligés de quitter trop tôt l’école afin de gagner le pain de chaque jour.Leur * quotidien » n’est ensoleillé que par le réconfort qu’ils trouvent dans l’amitié.Cette histoire d’adolescents français pourrait être celle de jeunes travailleurs canadiens surtout en ce qui concerne les relations de patron à ouvriers et vice versa.Cet ouvrage fera réfléchir l’adolescent trop souvent hostile à ce qui n’est pas son monde à lui, l’incitera à voir au-delà des masques derrière lesquels les hommes se cachent les uns des autres.Le message de ce livre correspond à celui de l'Evangile: « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».Tous les garçons de 13 à 18 ans liront avec profit ce livre, ainsi que leurs éducateurs.D.HOULE SEVERN (David) LA CITE DES NOMBRES.Texte français d’Alain Valière.Illustrations de Michel Gourlier.Paris, Spes {1958}.171p.ill.19.5cm.(Coll.Jamboree) Relié $1.80 (frais de port en plus) Pour jeunes Dans le bureau du directeur de leur collège, deux jeunes Anglais se sentent soudain pris de vertige.Dick et Peter, après un voyage dans la nuit des temps, se réveillent en plein XXXe siècle.Les hommes de l’Avenir ne s’étant pas encore remis des guerres atomiques vivent d’une façon primitive, comme au début de notre ère, sauf une certaine caste privilégiée: les Mathématiciens.Les deux adolescents s’unissent aux révoltés et bientôt le peuple est délivré de la dictature du Maître des Nombres.Les jeunes assoiffés de romans d’anticipation ne sauraient être mieux servis qu’en lisant La Cité des Nombres.Mais tout en étant plongés dans un univers fantastique qui les enchante, ils ne pourront s’empêcher de se demander au hasard du récit: « Où nous mènera cette poussée effarante de progrès dans le domaine scientifique ?» Cette histoire, en apparence tout juste bonne à amuser les grands enfants, n’en a pas moins une résonance chrétienne, car David Sévern aurait pu placer, en exergue de son livre, cette pensée d’un auteur en face de l’abolition des distances: « A quoi sert que les hommes puissent communiquer entre eux d’un pôle à l’autre, en l’espace d’un éclair, s’ils n’ont rien d’essentiel à se dire ?» Et l’essentiel, n’est-ce pas le message de paix et d’amour du Créateur de toutes choses ?D.HOULE 46 I * Catholique du monde chrétien 1958 BRUXELLES (CCC) — A l’occasion de la participation de la Vie catholique universelle à l’Exposition de Bruxelles 1958, le «Centre de Recherches socio-religieuses » de Bruxelles publie, aux Editions Casterman, un Annuaire catholique du Monde chrétien.Le but que se proposent les rédacteurs de cet important ouvrage d’information catholique est double: sur le plan administratif et pratique, donner les renseignements indispensables à l’action actuelle qui se déroule de plus en plus sur le plan international; sur le plan documentaire, donner les renseignements sommaires d’ordre démographique et social sur les grands problèmes du monde actuel, les continents et les pays, et y situer la présence et l’action de l’Eglise universelle.C’est la première fois qu'un ouvrage aussi complet montrera en même temps que l’universalité de l'Eglise, sa mission parmi les peuples et sa position comme centre du monde chrétien.En ses quelque 1,100 pages, l’œuvre envisage en trois parties bien distinctes: l’univers et l’Eglise; les groupes géographico-culturels; les divers pays du monde.Dans la première partie, les auteurs examinent la population du monde et les peuples nouveaux, leurs problèmes sociaux (monde ouvrier, monde rural, place de la femme); le développement des sciences et de la technique; l’affrontement des cultures, races et langues; les religions dans le monde; les organisations internationales officielles et non-officielles.C’est ensuite l’histoire de l’Eglise universelle; la répartition des catholiques dans le monde; l’organisation de l’Eglise visible aux divers échelons; le développement intérieur de l’Eglise dans ses centres de prières paroissiaux et autres, dans ses centres de pensée et dans ses familles spirituelles, et son développement dans le monde entier par le truchement de ses missions et des grandes Organisations Internationales Catholiques.Un dernier chapitre est consacré à l’Oecuménisme.Dans la seconde partie, les auteurs traitent du développement démographique, économique, social et politique des divers groupes géographico-culturels en Asie, en Afrique Noire, dans le monde arabe, au Moyen-Orient, en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Océanie et dans le monde communiste, ainsi que de la présence de l’Eglise dans ces divers groupes.La troisième partie est consacrée à l’étude de la situation sociale et de l’état religieux dans les divers pays du monde, avec une nomenclature des Centres catholiques dans les principales villes de l’univers.L’ouvrage se clôture par un aperçu sur les prises de position de l’Eglise dans les grandes questions actuelles.T I # .• • • (Suite de la p.34) Et il n’y a pas que les jeunes à fréquenter ces auteurs, il y a la masse des adultes qui en conservent le goût depuis leurs jeunesse et qui sont si souvent, si souvent parmi les incapables de donner une éducation sensée à leurs enfants, ou simplement l’exemple bénéfique d’une vie ordonnée et équilibrée dans leur entourage.Le livre comme le journal, nourrit ou intoxique et chacun de nous a le droit et doit même reconnaître la nécessité de faire un choix parce que chacun a l’obligation de juger de la valeur morale d’un auteur avant de le lire, n’en déplaise à la Présidente de la Fédération internationale des femmes universitaires et à tous ceux qui partagent son point de vue.Et quand on n’a pas le temps ou la possibilité de se renseigner on doit se refuser la lecture de tout ce qui passe sous prétexte de tolérance.C’est la première condition de santé mentale.Les déclarations d’observateurs sincères et clairvoyants, qu’il serait facile de multiplier, ajoutées aux faits et aux bouleversements des sociétés modernes, dites évoluées, qui doivent sans cesse augmenter leurs forces policières, agrandir leurs pénitenciers et multiplier leurs cliniques psychiatriques et leurs hôpitaux pour malades mentaux, parlent plus clairement de l’influence des imprimés et surtout du roman du siècle et du précédent que toutes les analyses subtiles jusqu’au délayage, sinueuses, vagues, ambiguës des critiques officiels habitués de mettre de côté tout jugement moral sur les œuvres dont ils parlent, si intellectuels et si intelligents, si doués soient-ils par ailleurs.La tolérance envers les êtres de quelque couleur qu’ils soient, oui; la tolérance envers leurs œuvres et leurs livres, quels qu’ils soient, non.Germaine BERNIER 47 4917 0928 Procurez-vous le TIRÉ-À-PART de LECTURES 1957-1958 Tous les numéros de Lectures parus entre le 1er septembre 1957 et le 15 juin 1958 inclus, présentés sous forme de volume relié toile, titré or, avec table des matières et index des auteurs recensés.$3.50 net l'exemplaire (par la poste $3.70) Nouveautés CLASSIQUES CANADIENS Marguerite Bourgeoys Albert Lozeau par Yves de Margerie Brébeuf par Hélène Bernier Rappel Frontenac Saint-Denys-Garneau Nérée Beauchemin par René Latourelle Champlain Paul Le Jeune, s.j.Jules Fournier Crémazie Thomas Chapais $0.75 chacun (par la poste $0.80) Collection Les Maîtres de la Spiritualité Nouveauté Rappel Le chemin Introduction de la perfection à la vie dévote Sainte Thérèse d’Avila par Traduit de l'espagnol par les Carmélites du Premier Monastère de Paris.Saint François de Sales 2e édition 10e mille Préface du R.F.Dominique de Saint-Joseph, o.c.d.324 p.Relié.Couverture vynil, 269 p.Relié.Couverture vynil, (rouge, brune, verte ou noire) (rouge, bleue, verte ou noire) $2.00 (par la poste $2.10) $2.00 (par la poste $2.10) 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal ClfjEV 456, rue La Fontaine, Rivière-du-Loup, P.Q.PiDEj ¦ 135 ave Provencher, Saint-Boniface, Man." ** .
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