Lectures, 1 février 1959, dimanche 1 février 1959
LECTURES Nouvelle série Vol.5 — No 11 Montréal, lerfév.1959 Document (i) Le Journal illustré de l'Eglise Les Editions du Seuil publient un Journal Illustré de l’Eglise: si les événements historiques sont analysés par des spécialistes, ils sont présentés de la même manière que le couronnement de S.S.Jean XXIII par France-Soir: le Journal évoque 20 siècles d’« Informations Catholiques Internationales » mais cède, beaucoup plus que notre revue, à l’attrait du sensationnel.Peut-être certains lecteurs catholiques seront-ils choqués: on confond souvent l’histoire de l’Eglise avec l’histoire du passé de l’Eglise; on a parfois tendance à tout encenser au nom d'une vision « providentialiste » sommaire, et on passe ainsi à côté du véritable « miracle de l'Eglise »: c’est dans la vie, dans les errements et la grandeur de la vie, qu’elle réalise Sa vocation surnaturelle.C’est cette vie de l’Eglise que nous restitue le Journal: nous assistons aux débats des Apôtres, aux Schismes, aux Conciles.On participe aux événements marquants de chaque époque, et cela d’autant plus qu'ils nous sont relatés dans une langue simple, quotidienne, celle du journalisme et du journalisme illustré: « Atha-nase, leader de l’opposition », au moment où l’Arianisme triomphe dans l’Empire, retrouve l’actualité qui fut la sienne; les conciles, au lieu de se perdre dans l’ennui des listes chronologiques sont reliés aux problèmes brûlants qui les rendirent nécessaires: « Le Concile de Constance réussira-t-il à unifier l’Eglise ?Trois Papes — c’est deux de trop ».Les grands événements ne reprennent pas seulement vie, ils réapparaissent dans ce qui fut leur vérité, leur spécialité: au lieu d’être appréciés selon les conséquences qui furent les leurs, que seule l’histoire permet de déterminer, ils sont rapportés dans leur objectivité propre: en 1517, on se demandait: « Luther sera-t-il condamné ?» ( 1 ) Paru dans Informations catholiques internationales [P.F.| i5 nov.J958.p.31-32.Une question se pose: restituer l’histoire de l'Eglise à l’actualité, n’est-ce pas l’interpréter selon notre actualité ?Quand on définit, au Ille siècle, « le syncrétisme comme une religion de snobs », ne fait-on pas un anachronisme ?Et surtout, en procédant au découpage chronologique, au choix et à la présentation des événements sensationnels, des hommes du XXe siècle, même des historiens qualifiés, ne sont-ils pas déterminés par des problèmes, une vision de l'histoire qui portent la marque de leur temps ?A cette question, on peut répondre que l'intérêt du Journal de l'Eglise, c'est justement de faire saisir à des hommes du XXe siècle la vie de l’Eglise, qui est toujours en mouvement et qui poursuit cependant toujours le même mouvement, qui est toujours différente et toujours la même : on ne peut comparer la situation de l’Afrique au Ve siècle avec le drame algérien en 1957, mais quand saint Augustin proteste contre la féroce répression dont les Donatistes sont victimes de la part des catholiques orthodoxes, ses accents évoquent ceux des chrétiens protestant « contre la torture ».Si la vie de l’Eglise est sans cesse identique à elle-même, c’est qu’Elle cherche sans cesse à être fidèle aux mêmes exigences, qu’Elle se heurte sans cesse aux mêmes problèmes et qu’Elle succombe aux mêmes tentations: « Dieu est-il romain », .ou allemand, .ou français ?La « bonne presse » encense Constantin, comme quinze siècles plus tard elle encensera les tenants de l'ordre moral.Sans doute n’est-ce pas sans dessein que le Journal Illustré de l'Eglise retient dans l’événement passé ce qui l’apparente à l’événement présent: il cherche — la préface l’indique — à faire comprendre l'aventure d’aujourd’hui à travers celle d’hier; peut-être même vise-t-il à donner à des catholiques — trop souvent impatients parce qu’ils méconnaissent la vie merveilleuse de l'Eglise — une certaine sagesse: l’humour de certaines allusions est le fruit d’une intimité véritable avec l’Eglise qui est toujours lucidité: nous avons tous besoin de nous (Suite à la page 162) LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction.R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — UN.1-9621 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.(Suite de la page 161) rappeler que l'introduction du latin dans l’Eglise fut le triomphe de la langue vulgaire sur le grec des lettrés.et que cette victoire coûta beaucoup d’efforts et de peines.Loin de se moquer de l’Eglise, le Journal nous apprend à la comprendre: Elle agit très lentement parce qu’elle s’est peu à peu alourdie du poids des siècles, mais le temps ne s'arrête pas pour elle: elle marche lentement, mais elle marche toujours.La patience et la modération sont les preuves d’intelligence et d’amour qu’elle demande à ses fidèles.Le Journal Illustré de l'Eglise est riche encore d'un autre enseignement pour les catholiques: il nous fait connaître l’Eglise en marche, il nous révèle donc ce qu’elle fit.au moment où elle aurait pu faire autre chose; il nous fait donc toucher du doigt les errements de l’Eglise visible.« Faut-il brûler tous les Réformistes » ?en 1545.Répondant à cette question, le rédacteur de l'article fait ressortir toutes les fautes commises, en même temps qu’il appelle le Concile de Trente, et la réforme spirituelle instaurée par ce dernier.On n’aime pas l’Eglise si on ignore ses péchés, nos péchés, ceux de ses membres: il est une « idolâtrie » de l’Eglise qui est un refus d’assumer notre responsabilité dans l’Eglise.Mais à travers ces errements, c’est l’Eglise triomphante qui se dessine peu à peu dans le Journal Illustré de l'Eglise: Elle semble sur le point de succomber à l’invasion barbare, au schisme, à sa propre corruption, à la Réforme protestante; chaque fois elle renaît.Elle paraît immobile, perdue dans les mêmes problèmes et les mêmes fautes; elle assume, chaque fois, un monde nouveau.Dans l’actualité de l'Eglise, opère son Eternité; dans son imperfection terrestre, se réalise sa vocation surnaturelle.Index des auteurs recensés dans ce numéro BAZELA1RE (Mgr L.-M.de), p.164 BOUGE (Y.), p.170 CERBELAUD-SALAGNAC (G.), p.172 *** Le cinéma, la radio et la télévision, p.168 CLEMENCE, p.172 DANIEL-ROPS, p.165 DELAHAYE (G.), p.172-173 DELLUC (L.), p.172 DUHAMEL (R.), p.163 ERVILLE (L.), p.173 ESCOULA (Y.), p.173 FRANCHEVILLE (G.de), p.167 MARS1A (R.), p.173 POULIOT (L.), p.167 PRUDENCE (C), p.169 PYLE (H ), p.173 SEROUET (P.), p.168 VAN DEN ABEELE (J.P.), p.169 VEN DEN BOSSCHE (L.), p.170 Publication approuvée par l’Ordinaire 162 Etudes critiques “Bilan provisoire” ^ Bilan provisoire est un essai d’autobiographie.Roger Duhamel y part à la recherche de ses souvenirs d'enfance et de jeunesse.Au début, le plan de l’auteur semble clair et précis, les avenues nettement tracées: souvenirs de la première enfance, charmants et un peu flous; souvenirs de collège, marqués par les professeurs et les camarades; réminiscences de l'Université où l'on trouve Roger Duhamel dans la galère du Droit; période de tâtonnement qui prend fin le jour où l’avocat sans attrait et sans clientèle découvre sa voie en entrant au journal Le Canada.Ici, l’auteur brouille un peu ses traces.Les souvenirs font retour en arrière, se chevauchent, empruntent des routes parallèles.Roger Duhamel rappelle ses premières armes littéraires avec la Nouvelle Relève, il évoque ses débuts d'activité sociale et nationaliste avec le groupe de l'Action nationale, son élection à la présidence de la Société St-Jean-Baptiste.ses infructueux essais de vie politique.Les souvenirs du journaliste prennent ensuite la vedette.Pour avoir mis sa plume au service de journaux aussi divers que Le Canada, Le Devoir, La Patrie, Roger Duhamel a récolté amples provisions de souvenirs.Il fait défiler devant nos yeux bon nombre de ses camarades de travail dont beaucoup sont des noms Nouveauté - Pierre l'Ermite Les nuages passent « Un nouveau « Pierre l'Ermite • promis au même succès que les précédents.» 186p.20cm.$1.50 (par la poste $1.60) _____________ En vente chez FIDES connus dans le monde journalistique.Il a l'éloge facile pour ceux — et ils sont très nombreux — qu'il a aimés.11 couvre d’une ironie légère le croquis de ceux qui n'ont pas eu l'heur de lui agréer.Il salue d'un bon sourire des inconnus qui n’ont eut que le mérite de « se trouver à point nommé sur le chemin d’un grand homme ».Le chroniqueur de théâtre se plaît ensuite à brosser le tableau — oh ! très sommaire ! — des événements artistiques dont il a suivi le cours (les spectacles de la troupe Barry-Du-quesne, de la Comédie de Montréal, des Compagnons, de l’Equipe, etc.).Le chroniqueur littéraire apporte ensuite sa gerbe de souvenirs et cela nous vaut de savoureuses confidences sur les petits à-côtés de la visite des conférenciers illustres de passage au Canada.Ici s’arrêtent les souvenirs autobiographiques.Dans une deuxième partie, le propos de l'auteur est moins cohérent.Jusqu’à la fin, ce sont des réflexions à bâtons rompus qu’il nous livre, sur des sujets aussi divers que les trahisons du langage, les cocasseries de la vie, les fumisteries de la gloire, la curieuse mythologie propre à notre époque, etc., etc.Pour peu que l'on ne s’agace pas de voir tant de chapitres coiffés de titres qui ne leur conviennent que partiellement, pour peu que l’on consente à la gymnastique de sauter d’un sujet à l'autre sans transition aucune, on goûtera bon nombre de ces réflexions où s’exprime une philosophie de la vie souriante, sereine, amie de la mesure et de l'équilibre.Si l'on ne prise pas plus qu’il ne faut de rares propos légers où s’exprime une légère tendance à l’épicurisme, si l'on hoche parfois la tête devant un libéralisme intellectuel sans nuances, par contre, on applaudit sans réserves à ces pages où se révèle un humaniste disert, d'une souriante sagesse glanée dans les multiples et diverses avenues des hommes et des livres.Que de passages l’on aimerait citer, passages de profonde vérité, de pénétrante psychologie et de fine écriture ! Quelle vérité dans l’analyse des réactions des écrivains face à la critique ! Quelle délicatesse dans le jugement porté sur Alain Grandbois ! Et quel bijou que cette 163 fantaisie sur les mots éclose au milieu d'un essai de virtuosité linguistique (p.113).Nous ne retiendrons que ce jugement que Roger Duhamel porte sur lui-même: « Déjà se précisait ce que serait ma carrière de journaliste: un poly-graphe qui doit forcément perdre en profondeur ce qu'il gagne en étendue.» (P.61) C’est tout à l'honneur d'un écrivain que de se juger avec une lucidité aussi impartiale et sereine ! R.LECLERC (I) DUHAMEL (Roger) HI LAN PROVISOIRE.Montréal, Beauchcmin, 195N.175p.20.5cm.$2.00 (frais de port en plus) Pour adultes - ¦ i ¦ - "Les laies aussi sont ( Eglise (» Un mouvement doctrinal et pastoral s’établit de plus en plus en vue de faire prendre davantage conscience aux laïcs de leur rôle dans l'Eglise.L’ouvrage de Mgr de Bazelaire, bien que relativement concis, offre pourtant au lecteur une synthèse très substantielle des problèmes relatifs au laïcat.L’auteur y démontre clairement que l’Eglise n’est pas constituée seulement par le Pape, les évêques et les prêtres, mais que les laïcs aussi ont quelque chose à dire et à faire.On ne doit pas, en effet, séparer la notion de laïcs de la réalité de l’Eglise, car « si les prêtres et les religieux sont les hommes du sacré.les laïcs sont les hommes du profane à sauver * (p.21).L'auteur distingue très bien, mais sans les séparer, comme il convient, les deux aspects principaux de l’Eglise: la société et le Corps mystique.11 distingue aussi en l'Eglise l'Epouse du Christ et la Mère des hommes, d'où découle une triple mission: doctrinale, sanctificatrice et pastorale.A la suite de Mgr Montini, l'auteur signale deux caractères de la mission doctrinale: l'orthodoxie et le mandat; celui-ci est reçu nécessairement par les successeurs des Apôtres, mais l’orthodoxie est conditionnée par leur science doctrinale, aidée de l'assistance prudentielle du Saint-Esprit; cette assistance est évidemment absolue, quand il s'agit de l’infaillibilité.Dans un chapitre sur les laïcs dans l'histoire de l'Eglise, l’auteur traite du peuple de Dieu, des premières communautés chrétiennes, du rôle qu’ont joué les laïcs en certaines périodes de l'histoire dans les élections épiscopales, dans les conciles et dans l’administration de l'Eglise.Il rappelle quelques figures de saints et de chrétiens laïcs, qui ont joué un rôle particulièrement marquant.Il parle aussi du rôle de la femme dans l’Eglise.Il indique ensuite les fonctions possibles du laïcat dans la triple mission de l’Eglise.Il démontre que la mission sanctificatrice du laïc dans l'Eglise découle de sa participation au sacerdoce de Jésus-Christ, en vertu des caractères imprimés par les sacrements de Baptême et de Confirmation.C’est notamment ce qui donne aux laïcs le droit de participer au Sacrifice eucharistique, selon certaines limites clairement exposées par S.S.Pie XII dans l’encyclique sur la sainte liturgie.La récente Instruction de la S.Congrégation des Rites détermine avec précision les formes concrètes que peut revêtir pour les laïcs la participation active à la Sainte Messe.Cette participation active et la prière communautaire doivent sans doute être proposées avec zèle; néanmoins, ce zèle ne doit pas devenir tyrannique ni porter à taxer trop facilement d'individualisme les âmes qui, pour des raisons personnelles, éprouvent de la difficulté à s’y prêter.En effet, S.S.Pie XII, après avoir recommandé les différentes manières de participer au Saint Sacrifice, dans son encyclique sur la sainte liturgie, a demandé de ne pas exagérer la valeur de ces moyens.Il écrivait, en effet, ces lignes qui ne laissent place à aucune équivoque: « Il faut aussi remarquer qu’attacher à ces conditions extérieures une importance telle qu’on ose déclarer leur omission capable d’empêcher l’action sainte d’atteindre son but, c’est s’écarter de la vérité et de la droite raison, et se laisser guider par des idées fausses.Un bon nombre de chrétiens, en effet, ne peuvent se servir du Missel romain, même s’il est écrit en langue vulgaire; et tous ne sont pas aptes à comprendre correctement, comme il convient, les rites et les formules liturgiques.Le tempérament, le caractère et l’esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des 164 prières, des cantiques et des actes communs.En outre, les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun.» Quant à la participation des laïcs aux missions doctrinales et pastorales de l'Eglise, l'auteur condense en quelques pages, la pensée commune des théologiens de même que les tendances qui se font jour actuellement sur certains points qui sont encore objets de recherche.La dernière partie concerne l’apostolat des laïcs: son devoir, ses différentes formes, l’Action catholique.L’auteur résume aussi les différentes opinions concernant l'apostolat des laïcs.Une controverse à ce sujet a été suscitée par l'article du père Rahner, s.j., publié dans la Nouvelle Revue Théologique en janvier 1956.Même si cette dernière étude est très sérieuse et quelle ait reçu un accueil favorable dans plusieurs milieux, il semble néanmoins que certaines de scs positions manquent de fondements assez solides pour lui permettre de survivre dans son intégrité.Après avoir résumé le discours que S.S.Pie XII prononçait lors du Ile Congrès mondial de l'apostolat des laïcs et après avoir énuméré les conclusions de ce Congrès, l’auteur expose le devoir pour les laïcs chrétiens de s'engager dans une action temporelle et civilisatrice, qu'il considère comme « une collaboration à l'action créatrice de Dieu, une lutte contre l'injustice, une exigence de la charité fraternelle » (p.147).Ovila MELANÇON, c.s.c.(I) BAZELAIRE (Mgr Louis-Marie de) LES LA ICS AUSSI SONT L’EGLISE.Paris Arthème Fayard |1958|.159p.19.5cm.(Coll.Je sais, je crois).S 1.50 (frais de port en plus) Pour tous “L'Eglise des temps classiques: 1ère des grands craquements" o> Les « temps classiques », ce sont les XVIle et XVIIle siècles réunis.Nous avons apprécié le portrait consolant que traçait du premier, ou du « siècle des grandes âmes », Daniel-Rops (Lectures, 15 janvier 1959).Voici le second tome de ce volume, septième de la collection.D'après son titre, « Père des grands craquements », il semblerait devoir présenter une situation religieuse en antithèse absolue avec la précédente.En fait, l'auteur reprend ici au début le magistral exposé que Paul Hazard, notre camarade d’études au Collège de France (1905), avait dressé dans ses deux ouvrages sui la Crise de la conscience européenne (3 vols, 1935) et la Pensée européenne au XV II le siècle (3 vols, 1946).Comme son devancier, Daniel-Rops établit, à grand renfort de faits, de textes et de témoignages, que, de 1685 à la Révolution, l'Eglise de Dieu, trop inféodée aux absolutismes royaux dans presque tous les pays, dansa proprement sur un volcan: les coups, portés partout aux trônes, devaient fatalement ricocher sur les autels.Le régalisme, le gallicanisme et le joséphisme d'une part, le jansénisme, le quiétisme et le protestantisme d'autre part minaient sourdement le pouvoir spirituel autant que l’autorité temporelle de Papes trop hésitants ou trop conciliants.Et cependant, victime des partis qui la déchiraient intérieurement comme des puissances qui paralysaient du dehors son action, l’Eglise de Dieu prouva une fois de plus qu’elle est celle « contre qui les portes de l'enfer ne prévalent pas ».Un Benoît XIV, réplique presque parfaite d’un bienheureux Innocent XI, préfigure les grands Pontifes doctrinaires de notre époque.Le terrain quelle semble perdre en Europe, elle le compense par le développement de ses missions en Orient comme en Amérique.Le tableau (p.97-184) qui nous montre les héritiers de saint François-Xavier peuplant de chrétiens fervents ces régions lointaines, le Canada entre autres, est l'un des plus consolants pour un croyant.Le signe le plus sûr de sa vitalité persistante et même conquérante, c'est encore 165 lu sainteté dont elle multiplie les exemplaires dans toutes les parties du monde: des saints comme Léonard de Port-Maurice, Paul de la Croix et Alphonse de Liguori font un heureux pendant à des saints ou à des mystiques comme Vincent de Paul, le cardinal de Bérulle et Jean-Jacques Olicr.Avec ce sens de l’objectivité qui le caractérise, Daniel-Rops ajoute, à ce panneau qui décrit les résistances de notre Eglise à nous, le récit des efforts accomplis par les divers protestantismes (p.185-264).Victime lui aussi de l'esprit d’accaparement qui anime les puissances, déchiré intérieurement par les discordes qui le divisent en sectes infinies, le protestantisme n'en lutte pas moins avec vigueur pour préserver au moins ce qu’il pense être l’essence du christianisme.Quant à la France, plus malmenée peut-être que d’autres, elle oppose à la partie domestiquée de son haut clergé les vertus rayonnantes de la majorité de ses prêtres ruraux.Cela est si vrai que, quand la Révolution se dressera devant l’Eglise de France, « déjà il était sûr que, rachetée par le sacrifice de ses martyrs, éclairée par l'exemple de ses saints, elle entrerait dans le XIXe siècle avec une foi et uen espérance intactes, prête à faire face à ses nouveaux destins » (p.433).C’est sur cette vision attrayante que s’achève ce tome, où le bruit des « grands Nouveauté - Aux sources de la Pédagogie moderne par Fr.Anselme Un ouvrage clair et pratique que tout éducateur, tout étudiant devrait lire.372p.20cm.ill.$2.35 (par la poste $2.50) _____________ En vente chez FIDES craquements » aurait pu faire oublier que le XV 11 le siècle, avec sa double crise de l’intelligence et des mœurs, fut quand même pour l’Eglise de Dieu, à sa façon lui aussi, un « siècle de grandes âmes ».C'est par là que se rejoignent les deux tomes de ce volume sur « les temps classiques », classiques de la foi comme de la pensée.Dans sa bibliographie, Daniel-Rops ne paraît pas connaître la thèse sur Sébastien Zarnet, soutenue à Louvain vers 1911 par l’abbé Joseph Laferrière.A l’ouvrage coléreux et partial d'Emile Lauvrière (p.459) sur l’Acadie, partiellement corrigé par l’abbé Couillard-Després (1925), il aurait avantageusement substitué les deux volumes du Frère Antoine Bernard couronnés, croyons-nous, par l’Académie même dont l'auteur fait partie.Enfin, à propos de l'âme russe (p.462), une mention des Mémoires de l’ambassadeur Maurice Paléologue (3 vols, vers 1920-1925) eût été la bienvenue: qui donc en a mieux parlé ?Emile CHARTIER, p.d.(1) DANIEL-ROPS L'EGLISE DES TEMPS CLASSIQUES.L'ère des grands craquements.Paris, Arthème Fayard [1958].538p.18.5cm.$5.40 (frais de port en plus) Pour adultes Nouveauté - La Varende Le curé d'Ars et sa passion « Un des 4 plus grands saints de France, présenté dans une biographie inoubliable.» Relié toile.239p.20 cm.49 pages de photos hors texte.$4.75 (par la poste $4.90) En vente chez FIDES 166 Notices bibliographiques Littérature canadienne Mariage (265) FRANCHEVILLE (Geneviève de) A U1 RECHERCHE DU BONHEUR.Paris, Fides [1958].182p.21.5cm.$2.00 (frais de port en plus) Pour tous Des pages sympathiques, présentées sans prétention d'aucune sorte et touchant les problèmes qui se posent en tout foyer chrétien: la vie des époux, la vie familiale, la mission éducatrice des parents, les problèmes d'orientation, les loisirs, et enfin les traditions familiales.L’avantage que présente cet ouvrage, c’est qu'il est écrit directement en fonction du milieu canadien-français et qu'il aborde les problèmes dans le contexte social qui nous est particulier.Le style parfois dialogué déplaira peut-être à certains lecteurs, mais sans doute plaira-t-il davantage à beaucoup d’autres, parce qu’il jouit de cette qualité d'être très concret et de présenter des exemples nombreux.Paul-E.CHARBONNEAU, c.s.c.Biographie (92) POULIOT (Léon), s.j.LE PREMIER RETRAITANT DU CANADA - Joseph Chibouatenhoua, Huron (1640).Montréal, Les Editions Bel-larmin [1958].93p.ill.(h.-t.) 20.5 cm (Coll.Service de Dieu — no 21) $1.00 (frais de port en plus) Pour tous Le Père Pouliot ne quitte guère la compagnie du grand évêque Bourget.Nous le comprenons en face de sa large fresque consacrée à la vie du prélat et à son temps, qui est présentement en voie d’exécution.Cependant, d’autres belles âmes sollicitent à l’occasion ses regards.Pour y répondre, il n'a pas beaucoup à s’éloigner de sa table de travail.Les Relations des Jésuites, tel un jardin mystique dont il parcourt souvent les allées séculaires, évoquent devant ses yeux d’attachantes figures que le temps avait peu à peu recouvertes d’ombre, mais qu’un mystérieux parfum révèle soudain à ses méditations.La lumière projetée sur ces oubliés, leur fait reprendre contour, relief et vie.A les considérer sous certains aspects, il semble qu'ils se rapprochent sans peine de nous, qu’ils soient même familiarisés avec les coutumes de notre piété moderne.On discerne en leur beauté spirituelle de ces traits d’éternité, dirais-je, dont on ne peut épuiser la grâce toujours ancienne et toujours nouvelle.Le Père Pouliot nous présente donc aujourd'hui, dans une plaquette à l’écriture sobre, bien rythmée et d’une densité mystique remarquable, le portrait d’un Huron converti qui a nom Joseph Chibouatenhoua.C’est un modèle d’ardeur apostolique qu’il manifeste de façon fort effective.Nous retrouvons en lui, à trois siècles de distance, l’apôtre laïque moderne, le travailleur d’action catholique qui s’empresse à sa tache quotidienne de régénération.Ce sauvage du XVIle siècle, hier encore païen et vivant avec ses frères, la plupart païens endurcis, ne songe qu’à christianiser le milieu où il vit.Ses directives, ce sont celles que lui prescrivent les missionnaires qui l’entourent.Sous ce rapport, avouons qu’il fut singulièrement favorisé.Ses maîtres spirituels, ce sont saint Jean de Brébeuf et saint Charles Garnier, aussi ce supérieur éminent, doué d’une rare solidité de jugement et expert dans la conduite des âmes élevées, le Père Jérome Lalemant.Marie de l’Incarnation, Jeanne Mance, le gouverneur d’Ar-genson, d'autres encore, le consultaient souvent, nous le savons.En outre, Joseph, le Huron baptisé, que l'Esprit habite, ce que prouve le Père Pouliot, dans des pages ascétiques très belles, a compris l’importance de renouveler ses forces spirituelles, en se retirant, à des époques déterminées, dans la solitude du Fort Sainte-Marie, pour y prier, méditer et recevoir de nouvelles lumières.Les bienfaits d'une « retraite fermée » lui apparaissent dans une clarté attirante, irrésistible.Cette disposition, peu commune en ces temps, frappa le Père.Il fit quelques recherches et dut convenir que Joseph Chibouatenhoua était bien véritablement le « premier retraitant » du Canada.Il résolut, pour mieux, appuyer sur son édifiante découverte, de la rappeler dans le titre de son étude biographique.S’il y a profit, pour les retraitants modernes, à lire l’ouvrage médité du Père Pouliot, toutes les âmes qui s’adonnent tant soit peu à la vie intérieure, y recueilleront des avantages spirituels.L’âme d’un pauvre enfant des bois est vue en profondeur.Elle fait resplendir les voies de la grâce, ouvertes toutes grandes aux plus humbles apôtres, sachant y correspondre totalement.Marie-Claire DAVELUY 167 Littérature étrangère Morale (17) * * * LE CINEMA, LA RADIO, LA TELEVISION.Encyclique « Miranda prorsus » Documents annexes: L'Encyclique « Vigilant» Cura » (1936) — Discours de S.S.Pie XII.Paris, Bonne Presse [1958].172p.19cm.(Coll.Documentation catholique) $1.95 (frais de port en plus) Pour tous Le 8 septembre 1957, S.S.Pie XI1 adressait à l’Eglise entière l'encyclique Miranda prorsus, sur le cinéma, la radio, la télévision.Le présent volume contient le texte intégral de cette encyclique, ainsi qu'un commentaire substantiel préparé par des spécialistes en ces matières.Les éditeurs ont ajouté à ces textes l'encyclique Vigilanti cura sur le cinéma, que S.S.Pie XI avait destinée particulièrement à l’Episcopat des Etats-Unis, en 1936.Ce recueil contient en outre deux discours de S.S.Pie XII aux professionnels du cinéma, en date du 21 juin 1955 et du 28 octobre de la même année.Enfin, on fournit une liste des principaux documents pontificaux sur le cinéma, la radio et la télévision, publiés depuis le pontificat de saint Pie X jusqu’à la fin de 1957.Ce volume pourra donc éclairer sûrement tous ceux qui doivent connaître la doctrine de l’Eglise concernant ces moyens modernes de diffusion.Ovila MELANÇON, c.s.c.Religion (2) SEROUET (Pierre) DE LA VIE DEVOTE A LA VIE MYSTIQUE.Sainte Thérèse d'Avila, Saint François de Sales.[Bruges] Desclée de Brouwer [1958].446p.21.5cm (Coll.Les Etudes Carmélitatnes) Pour tous Sainte Thérèse d’Avila et saint François de Sales comptent parmi les auteurs les plus représentatifs de la spiritualité catholique.Les historiens de la spiritualité admettent généralement l'existence d'une influence thérésienne sur les écrits de saint François de Sales, mais ils sont loin d'etre unanimes sur l’étendue et les conditions de cette influence: c’est précisément ce que Pierre Serouet a voulu établir.Cependant il n'a pas abordé le problème en théologien; il a plutôt tenté « d’appliquer à l'examen de cette influence les méthodes qui ont fait leurs preuves dans l'étude des relations entre chefs-d'œuvre littéraires de pays différents » (p.10).Ses techniques sont donc uniquement scientifiques; il a agi en historien de la littérature comparée.L'application de ces méthodes scientifiques à des écrits ascétiques et mystiques suppose certaines précautions et comporte des limites, dont l'auteur s’est montré tout à fait conscient.Dans la mesure du possible, il s'est efforcé de respecter l’ordre chronologique, en essayant de retracer les contacts de saint François de Sales avec la pensée thérésienne.Voici comment l'auteur présente, en les résumant, les quatre parties de son œuvre: « Une première partie nous montrera dans quelles conditions, et à quelle époque, le jeune coadjuteur de Genève découvrit celle qu’on appelait en France la Mère Thérèse.« Dans une deuxième partie, qui couvrira les années 1602 à 1616, nous suivrons dans l'œuvre du saint — œuvre écrite et, plus chère à son coeur, œuvre non écrite de la Visitation Ste-Marie — les progrès de l’influence thérésienne.« Nous ferons halte pour considérer alors, en une troisième partie, l’imposant corps de doctrine mystique qu’est le Traité de l’Amour de Dieu, nous efforçant de préciser ce qu’il doit à l’enseignement de sainte Thérèse.« Enfin notre quatrième partie nous montrera un saint François de Sales vieillissant, plein d'admiration pour la sainte Mère Thérèse, en relations fréquentes avec plusieurs de ses filles et réalisant dans toute sa vie un type de sainteté bien proche de celui que la Réformatrice du Carmel avait contribué à répandre.» (P.13) Dans cette dernière partie, l'auteur consacre un chapitre à l’influence possible sur saint François de Sales de saint Jean de la Croix qui, comme l'on sait, fut si étroitement lié aux œuvres thérésiennes.Après avoir ausculté les hypothèses pouvant permettre de conclure à une influence sanjuaniste sur l’Evêque de Genève, l'auteur se range résolument dans le 168 camp de ceux qui nient cette influence (p.395).Cependant, comme il se doit, l'auteur rappelle qu'il y a unité fondamentale de doctrine entre ces deux Docteurs, et il serait facile d’établir cette identité essentielle.Saint François de Sales, notamment, est aussi exigeant, même pour la mortification et l’esprit de sacrifice, que le Docteur mystique, mais il appuie moins.No-tre-Seigneur a affirmé que son «joug est doux * (Mt., 11, 30); on pourrait dire, semble-t-il, que saint Jean de Croix fait ressortir surtout le joug, tandis que saint François insiste davantage sur sa suavité; d’un côté, il y a l’inflexible logique, de l'autre la persuasion affectueuse.Incidemment, signalons que la valeur des œuvres de saint Jean de la Croix est incontestable, puisque, en s’appuyant sur la plénitude de son autorité apostolique, S.S.Pie XI, le 24 août 1926, déclarait ce Saint docteur de l’Eglise, en affirmant que ses œuvres « révèlent une spiritualité si substantielle et une si excellente méthode d’adaptation à l’intelligence du lecteur, que leur ensemble mérite d’être regardé comme le code et le guide de l’âme fidèle en marche vers une plus haute perfection de vie ».(Actes de S.S.Pie XI.T.3.Bonne Presse.P.251) Le but de l'auteur n’était donc pas de présenter un panégyrique de sainte Thérèse et de saint François de Sales; il a plutôt voulu limiter son étude à une recherche objective des sources espagnoles de saint François de Sales.Il faut reconnaître que cette œuvre de littérature comparée est magistrale, et elle contribuera à faire mieux comprendre la pensée salésienne.Ovila MELANÇON, c.s.c.Mariage (265) PRUDENCE (Claude) L'ART D'AIMER SA IEMME.[Paris, Editions du Levain, s.d.}.190p.ill.photos (h.-t.) 19cm.(Coll.Ferveur Noblesse) Pour adultes Claude Prudence n'a plus à être présenté.Nombreuses sont les œuvres issues de sa plume qui ont servi de nombreux couples en butte aux difficultés attachées à l’état conjugal, et qui ont éclairé — parfois très lumineusement — les apôtres chargés de les aider.Voici maintenant ce nouveau volume paru aux Editions du Levain sous le titre assez explicite: l’art d'aimer sa femme.Quiconque a travaillé à soutenir des foyers, à les guérir, à les épanouir, sait fort bien que généralement la bonne volonté ne manque pas à l'époux; ce qui lui manque c'est de comprendre.De comprendre sa femme et de se comprendre lui-même en fonction d’elle, de telle sorte que les obstacles que dresse entre eux la diversité si profonde des sexes soient surmontés.Il y a tant de domaines de la vie conjugale qui sont habités par les démons terribles de l’ignorance, de l'illusion, de la négligence.Avec sa maîtrise habituelle et ce judicieux discernement qui le caractérise, Claude Prudence offre ces pages à la réflexion des époux.Tous ceux qui s'y arrêteront y trouveront sans doute au moins une source de renouvellement, peut-être même une source de ferveur conjugale accrue.Les foyers que menacerait la rupture peuvent y entrevoir le salut possible.Paul-E.CHARBONNEAU, c.s.c.Sciences pures (5) VAN DEN ABEELE (Jean-Pierre) A LA DECOUVERTE DES MONDES SOUTERRAINS.En remontant le torrent souterrain de la Cigalère.Namur, les Editions du Soleil Levant [1958].188 p.ill.17.5cm.(Coll.Les Chevaliers de l’Aventure) Pour tous Fondateur du Spéléo-Club de Belgique.Jean-Pierre Van Den Abeele est un de ces troglodytes modernes qui ont donné un essor remarquable à la spéléologie.L'effort commun de ces hommes des cavernes et des gouffres a mené à la découverte des cités lacustres, favorisé la paléontologie créée par Cuvier, fait justice des préjugés des anciens hantés par les vampires, les dragons et tous les êtres fantastiques qui pullulaient dans les cavernes.Aujourd’hui, le touriste peut sans crainte admirer la féérie des mondes souterrains.Sait-on que l'Amérique possède les plus vastes cavernes du monde: Le Mamouth Cave (150 kilomètres) dans le Kentucky et la Carlsbad Cavern dans le Texas ?La ténacité héroïque des explorateurs a souvent eu raison de la réticence des indifférents.Grâce à eux, on assiste actuellement à une renaissance de la spéléologie.L’éloquent témoignage d'André Bourin rend hommage à ces chevaliers de l'aventure: « Ces hommes donnent à notre temps quelques-uns de ses traits les plus frappants.A travers un univers que les techniques dépoétisent en l'uniformisant, ils font passer un souffle d’aventure.* Jean-Marie BARRETTE 169 Biographie (92) BOUGH (Yvonne) LE PERE VALENTIN-M.BRETON (1N77~1957).Frère Mineur, Pcre Majeur.Mulhouse, Editions Salvator, 1958.287p.ill.(h.-t.) 19cm.$3.25 (frais de port en plus) Pour tous Ce sont trois des bonheurs de notre longue vie que d'avoir bien connu trois Franciscains: les Pères Colomban (Mgr Dreyer), Ange-Marie (Mgr Hiral) et Valentin-Marie Breton, celui-ci sujet des deux premiers.Quand nous le retrouvâmes à Paris en 1927.sous la direction de celui qui allait être Mgr Hiral, évêque de Suez, il vivait encore de ses souvenirs du Canada, où il avait passé treize années (1907-1920).Tel il nous était apparu lors de son séjour à Montréal, tel nous le reconnaissons dans ce livre, pourtant composé à l'aventure et écrit à la diable, mais qui révèle quand même l'âme très haute d'un apôtre infatigable, cachée sous la stature altière d'un prince de l’ancienne noblesse.Deux traits marquent la physionomie morale de cet esprit universel: l'être humain porta toute sa vie une blessure, le chrétien la cicatrisa à force d'unir ses souffrances à celles de son Maître et, comme dit saint Paul, « de compléter ainsi ce qui manque à la passion de Jésus-Christ » (Col 1, 24).La souffrance de l'homme, elle nous est révélée ici par des documents personnels: une lettre à sa mère (p.44-48) et les portraits qu'il trace de lui-même (pp.151, 155, 264-265).Sa mère, qui n'avait jamais pardonné à Dieu de lui avoir ravi sa fille, ne pardonna jamais non plus à son fils de l'avoir quittée pour le cloître.Il s'ensuivit, entre les quatre membres de la famille, une tension dont témoigne cette phrase terrible du Père: « Nous être tant aimés mutuellement tous quatre et avoir tant souffert l'un par l'autre ! » (p.54).Cette blessure, le Père la traîna jusque dans sa tombe.Les contraintes de la vie communautaire allaient aggraver cette souffrance d'origine familiale: nous le savons par des contes du Père (pp.133-137, 186), dont le premier est une véritable autobiographie.Soit pour cacher son mal soit pour l’endurer seul, il s'isola, parut bougon et même « malcommode ».Il eut beau se défendre, s’expliquer, il avouera n'avoir pas été compris.A ces misères humaines, le Père Breton opposa — et voilà le trait capital de sa physionomie — deux vertus: une obéissance qui lui permet de dire: « je n’ai jamais pris d’initiatives » ou « je n'ai rien choisi », une vie intense de prière, d’étude et de direction spirituelle.L’horaire d'une de ses journées, que gâte une parenthèse inutile, est clairement révélateur à ce sujet (p.129).Ecrivain, musicien, poète, orateur, philosophe.théologien et même ascète, il se donne à toutes les formes de l’activité intellectuelle.Comme Claudel, il fonde presque tous ses développements sur l'étymologie; une lettre de lui nous apporte même un jour une leçon méritée sur ce point.Son genre d'éloquence se révèle assez dans un sermon de lui que l’auteur a eu le bon esprit de reproduire en entier (p.93-111).Les multiples lettres et les notes abondantes de son journal intime, malheureusement semées à l'aveuglette, montrent assez quelle délicatesse et quelle profondeur il avait atteintes dans le maniement des âmes (v.g.167).L'histoire de ses rapports avec Mère Mechtilde.l'ancienne actrice Marie Gallot (pp.26, 30), s’achève sur une phrase qui atteste jusqu’où ce sensible poussa la « folie de la Croix » (p.279).En même temps que le contact avec un grand esprit, ce livre apporte avec lui le spectacle d'une belle âme, une âme d’autant plus belle que sa beauté lui vient d’une lutte constante pour atteindre la sainteté.Page 66, l'auteur qualifie son héros de Frère-Prêcheur et ajoute: « le titre n’est pas le seul apanage des Dominicains ».Elle veut dire sans doute qu’il « n’est pas l’apanage des seuls Dominicains ».Emile CHARTIER, p.d.- m i m- VAN DEN BOSSCHE (Louis) ANNE DE JESUS.Coadjutrice de sainte Thérèse d’Avila.{Bruges} Desclée de Brouwer {1958}.252p.ill.(h.-t.) 20cm.$4.25 (frais de port en plus) Pour tous Comme devant l'œuvre de saint François d'Assise et de saint Dominique, comme devant celle de saint François, de saint Ignace de Loyola ou de saint Vincent de Paul, les plus 170 mondains n'ont pas fini de s'extasier devant la géniale et colossale entreprise de sainte Thérèse d’Avila.C’est bien sa réforme du Carmel qui fait le fond de l’ouvrage présent: ce « suicide constant de l’homme charnel » sous les coups de plus en plus durs de « l'homme spirituel ».Et cependant, si la sainte s’acharne à amoindrir chez ses filles le trop-plein d’humain, ce n’est pas pour tuer en elles l'humanité, mais pour y établir un « parfait équilibre entre le naturel et le surnaturel », en somme pour reconstituer dans chacune la véritable échelle des valeurs.Dans l’exécution de cette tâche gigantesque, sainte Thérèse n’eut pas de meilleur appui que sa fidèle disciple Anne de Jésus.C’est ce que tente de prouver par le détail le volume que nous avons sous les yeux.Choisie par la fondatrice elle-même comme son bras droit, et cela dès le jour de l'entrée, en religion, elle n’eut qu'une préoccupation: veiller à :e que l’œuvre thérésienne ne déviât ni de l’esprit originel ni de la lettre des constitutions primitives.C'est à cette tâche qu'elle s’épuisera pendant les 51 ans de sa vie religieuse, dans les trois pays où la conduit la Providence: Espagne.France, Pays-Bas (ce sont les trois parties de l’ouvrage).Trois traits dominent dans cette physiono- Vient de paraître- Coll.Le Nénuphar Testament de mon enfance par Robert de Roquebrune « Un livre riche par les souvenirs qu'il rapporte sur une société raffinée, riche aussi par l'affabulation et la facture littéraire.» Préf.de Claude Galarneau 182p.$2.50 (par la poste $2.60) _______________ Une édition FIDES mie de fervente religieuse: la parité entre son esprit surnaturel et celui de la fondatrice; la profusion de dons naturels qui la rendent supérieure à celle-ci; l'équilibre parfait qu’elle sut établir et maintenir dans son âme entre les propensions humaines et les attirances divines.Aussi, prieure dès sa profession et presque tout au long de sa vie, fut-elle de celles que l’on révère pour leur sainteté, que l’on craint pour leur rigidité, mais que l’on aime pour leur inaltérable bonté.Tant de qualités, surtout tant de renoncement à soi-même, devaient faire d’Anne de Jésus la bénéficiaire, de la part de Dieu, de charismes exceptionnels.Sa pénétration infaillible des profondeurs les plus secrètes des âmes, ses guérisons inexplicables par des causes purement naturelles, son art de se faufiler à travers les mailles des réseaux en apparence les plus inextricables: voilà les récompenses qui affluèrent chez cette édifiante carmélite.Si, de son vivant, l’ombre de la géniale fondatrice obnubila son action propre, la postérité est en train de replacer la grande Anne de Jésus dans la lumière radieuse qui auréole toujours en fin de compte les apôtres de l’œuvre divine.Emile CHARTIER, p.d.Nouveauté - P.François de l'immaculée Conception, o.c.d.Mieux connaitre Ste Thérèse de Lisieux Textes d’après les manuscrits autobiographiques « Véritable somme thérésienne, votre travail est la pure doctrine de sainte Thérèse.sans aucune déviation.» (Carmel de Lisieux) 312 pages 20cm.$3.15 (par la poste $3.25) _______________ En vente chez FIDES 171 Littérature de jeunesse CERBELAUD-SALAGNAC (Georges) AU TEMPS DE MARGUERITE HOURGEOYS.Roman.Illustrations de Gabriel de Beney.Montréal, Fides {1958].79p.ill.23.5cm.(Coll.La Grande aventure).S0.90 (frais de port en plus) Pour jeunes L'auteur invite les jeunes lecteurs à parcourir quelques pages historiques de notre glorieux passe.Il nous offre ici une tranche de vie de la primitive Ville-Marie que domine la personnalité si attachante de Marguerite Bourgeoys.Son esprit de décision, sa foi ardente et sa piété toute mystique la conduisent, à plusieurs reprises, en pèlerinage à la croix tout en haut du Mont-Royal, montée là par le gentilhomme champennois Paul de Maisonneuve.Son exemple fait naître, chez les fillettes de l'époque, un noble sentiment de patriotisme.Nous suivons ainsi l'aventure romanesque de Jeanne.Catherine et Elisabeth, jeunes adolescentes à l'imagination trop vive, dont la disparition mystérieuse plongea dans une profonde anxiété tous les habitants de Montréal menacés par les attaques sournoises des Iroquois.Les écoliers prendront profit à lire ce roman historique; ils apprécieront à leur juste valeur nos courageux ancêtres.De 11 à 15 ans.C.LALANDE CLEMENCE AU PAYS DE L'OR.Illustrations de G.de Beney.Montréal, Fides {1958}.64p.22.5cm.(Coll.Le Cornet d'or) $0.60 (frais de port en plus) Pour jeunes Au milieu du siècle dernier, deux matelots abandonnent leur capitaine et un vieil ami sur un bateau ancré dans un port d’Afrique.Un marchand noir fait miroiter à leurs yeux une ville mystérieuse où l’or et les pierres précieuses se rencontrent à chaque pas.Ils écoutent ces balivernes avec une avidité crédule et forment le projet de conquérir une partie de ces gigantesques trésors.Au cours de leur voyage, nos aventuriers rencontrent nulle difficultés: des rivières infestées de crocodiles, des bandes de brigands, la faim et la soif.Irrités l’un contre l’autre, ils en viennent à l’inimitié, puis au meurtre.Leur convoitise aveugle avait ignoré le sage conseil du vieux botaniste: « Sans l’instinct du devoir, l’audace est comme une épée sans fourreau: dangereuse pour les autres et pour soi-même.* De liai 5 ans.C.LALANDE DELAHAYE (Gilbert) MARTINE A LA FOIRE.Aquarelles de Marcel Marlier.[Tournai, Casterman.1958}.19p.ill.25.5cm.(Coll.Farandole) Relié.S0.90 (frais de port en plus) LE PETIT GARAGISTE.Aquarelles de Claire Binst.[Tournai, Casterman, 1958}.19p.ill.25.5cm.(Coll.Farandole) Relié.$0.90 (frais de port en plus) Pour enfants Dans le premier de ces albums, les jeunes lecteurs accompagneront Martine, Jean et leur chien Patapouf à la foire de leur ville.Quel plaisir de les suivre sur les chevaux de bois, devant le miroir magique ou au volant des autos ! L’histoire du Petit garagiste nous montre comment, tout le long d’une journée, Patrick se met au service de ses clients: des touristes, un camionneur, le docteur, etc.A tous il apporte son empressement et sa sympathie.Magnifique leçon du devoir accompli avec le sourire.Le texte de ces albums est à la portée des petits et les illustrations sont d’un très bon goût.De 4 à 8 ans.C.LALANDE DELLUC (Louis) L'ENFANCE D'UNE REINE.Illustrations de Véra Braun.Paris.Editions Bourrelier [1958].157p.ill.20cm.(Coll.L'Alouette).Relié.$3.10 (frais de port en plus) Pour jeunes C’est « Madame » Elisabeth, fille de Henri IV et de Marie de Médicis, qui s’éveille — comme la belle au bois dormant — d’un sommeil de quelques siècles pour revivre sa brève mais délicieuse enfance.On la voit en compagnie de ses frères et sœurs, dont le futur Louis 172 XIII, tour à tour rieuse, espiègle, coquette, douce et tendre.Le livre peut se classer dans les romans historiques mais il n'a rien du sec manuel d'histoire, qui rebuterait les enfants au lieu de les intéresser.L'auteur connaît la psychologie de l'enfant et a su choisir dans la biographie de la petite reine les épisodes susceptibles de les intéresser.Les illustrations de Véra Braun s’harmonisent merveilleusement à l'art et à l’authenticité du récit.Le supplément de notes explicatives en marge des termes peu usités du récit ajoute encore à sa valeur instructive.D.HOULE ERVILLE (Lucienne) FOLLET LE PETIT CHAT.Aquarelles de Marcel Marlier.[Tournai, Caster-man, 1958].19p.ill.25.5cm.(Coll.Farandole) Relié.S0.90 (frais de port en plus) Pour enfants Les petits enfants suivront avec grand plaisir les aventures d'un chaton dans un jardin voisin.Sur son chemin, les fleurs se bousculent pour mieux le voir, tout le jardin est en fête et ne parle que de Follet.Quelle joie de découvrir le vaste monde ! C'est un charmant récit abondamment illustré de dessins amusants.De 4 à 8 ans.C.LALANDE ESCOULA (Yvonne) LE PETIT HOMARD.Imagé par Elisabeth Ivanosky.[Tournai] Casterman [1958].31p.ill.32.5cm.(Coll.Plaisir des contes).S2.50 (frais de port en plus) Pour enfants Il en avait vraiment vu de toutes les couleurs, le petit homard, chez les hommes qui l'avaient arraché un jour à son immense pays bleu.Il avait même gardé une de ces couleurs en souvenir — cuisant souvenir de Gulf-Stream, en plus chaud —, il était revenu tout rose du pays des homards.Et à cause de cela, on le choisit comme roi des homards.Quant aux trois petits écureuils du conte suivant, ils n'avaient pas la vie facile.Ils devaient travailler tout l’été à s’approvisionner de noisettes et de glands, pour l'hiver.L'un des trois cependant était bien paresseux.L'auteur a le don de captiver l’esprit de ses jeunes lecteurs dès la première page.Elle sait que les enfants aiment démêler les fils des histoires comme en se jouant et que les nœuds les laissent tout désemparés.Rien que de très bon goût dans les deux contes d'Yvonne Escoula.Et les images d'Elisabeth Yvanovsky correspondent toujours au sens inné du beau que possèdent les enfants.D.HOULE MARSIA (Robert) et DELAHAYE (Gilbert) 1MOK LE PETIT ESQUIMAU.Aquarelles de Robert Marsia.[Tournai, Casterman, 1958], 19p.ill.25.5cm.(Coll.Farandole) Relié.S0.90 (frais de port en plus) Pour enfants L'auteur propose à l'imagination des petits un charmant conte qui se situe dans le pays des neiges.Au cours d’une excursion en traîneau sur une banquise, Imok, le petit esquimau, découvre de véritables amis: le phoque, l'ours Patoum, Noiraud le Pingouin et Bichou le petit renne frileux.Les enfants trouveront un plaisir toujours nouveau à relire ces courtes aventures.C.LALANDE PYLE (Howard) LE LIVRE DES PIRATES.Version française de Marcelle Vérité.[Paris, Editions du Temps, 1958].142p.ill.(h.-t.) 18.5cm.(Coll.Aujourd'hui l'aventure) Pour adolescents Chacun des six récits de ce livre nous introduit dans l'univers fantastique des aventuriers de la rner, mieux connus sous le nom de pirates.Les navires au drapeau noir cinglent sur toutes les mers du monde et en particulier au large des Antilles, semant la terreur parmi les équipages des navires marchands et parmi les habitants des côtes.Les pirates eurent leurs tristes célébrités; signalons les noms les plus évocateurs: Barbe-Noire, Joue Bleue la Terreur, le Balafré.Les terribles capitaines et leurs âmes damnées s’introduisent dans les navires comme en se jouant et s’emparent de trésors fabuleux qu’ils vont ensuite cacher soigneusement sur quelque point de la côte.L’auteur a peint ces tableaux d’aventures d’une plume souple et incisive.Quelques-uns amuseront les lecteurs, les autres les feront trembler d’effroi.Aussi, la lecture du Livre des Pirates est-elle à déconseiller aux trop jeunes.D.HOULE 173 Document EXPÉRIENCES PASTORALES” de M.l’abbé Milani Le Saint-Office a fait retirer le livre Expériences Pastorales, publié à Florence, en 1958, par l'abbé Milani, annonce L’Osservatore Romano.Voici des passages de l’article lui-même: « L'auteur de Expériences Pastorales retient que la meilleure méthode d'apostolat et la plus efficace pour reconquérir les âmes du prolétariat est de descendre franchement sur leur propre terrain, en adoptant en tout et pour tout une mentalité « vigoureusement » de classe.En optant pour le classisme de marque prolétarienne, Dom Milani ne s’est certainement pas rendu compte qu’il s’alignait souvent avec les ennemis de l'Eglise contre la doctrine sociale chrétienne et contre les directives bien connues de la hiérarchie catholique.> « Sans doute, Dom Milani repousse résolument le marxisme athée et l’impérialisme.Mais il n’en est pas moins vrai que, pour atteindre les jeunes prolétaires de sa petite paroisse, le curé de San Donato a cru bon de partager pleinement avec eux le classisme le plus rigide et le plus exaspéré, la méthode de la lutte syndicale et politique, la révolte contre la société dans ses structures actuelles et dans son organisation actuelle, la critique systématique de militants catholiques en matière sociale et politique, la non moins systématique et inexorable condamnation de la bourgeoisie présentée comme l'ennemi numéro 1 des pauvres gens.» « Nous savons bien qu'en quelques secteurs de la vie économico-sociale de la nation se commettent quelquefois de très graves injustices qui crient devant le Seigneur.Quelques exemples apportés à propos par le père de Experientia Pastoralis sont des plus éloquents et invitent à une sérieuse méditation.C’est le devoir de tous les honnêtes gens, et particulièrement de ceux qui ont à cœur d’instaurer une authentique justice sociale inspirée par les principes les plus fondamentaux de l’Évangile, de dénoncer de telles structures et de travailler efficacement à détruire ces taches qui déshonorent la société.On ne pourra certainement pas reprocher à Dom Milani d’avoir mis le doigt sur une plaie qui afflige non seulement ceux qui sont les victimes de l’injustice, mais encore tout chrétien qui a à cœur d'instaurer ici-bas le Message du divin Maître.* Mais l’auteur de l’article se demande si, pour remédier au désordre que nous venons d’évoquer, la méthode adoptée par Dom Milani ne serait pas pire que le mal.« En somme Experientia Pastoralis, malgré les fruits vantés par l’auteur, finissent par être une nouvelle preuve de la faillite d’une méthode inspirée par un dangereux compromis idéologique dont la doctrine sociale chrétienne est inexorablement la victime.Ainsi se répète encore une fois la dure expérience qui a déjà donné des fruits si amers dans d’autres pays, au cours des années: des prêtres descendent résolument sur le terrain pour éclairer les esprits par le Message évangélique et ils finissent par être graduellement « convertis > eux-mêmes jusqu’à partager une mentalité et accepter une méthode qui s'inspire, si partiellement que ce soit, d’une idéologie entièrement opposée à l’Evangile.» On ne saurait donc, affirme l’article, proposer aux prêtres de suivre les voies ouvertes par Dom Milani qui s’éloignent des sages directives répétées sans cesse par notre Mère l’Eglise.« Un livre comme celui-ci aura pour conséquence d’augmenter encore la confusion des idées que l’on n’écartera jamais assez, de désorienter plus encore que d’orienter sagement les hommes de bonne volonté appelés par vocation divine à accomplir leur activité missionnaire dans un domaine aussi délicat et difficile.Aussi cela n’aurait-il pas dû être publié.» Monseigneur Achille GLORIEUX (La Semaine religieuse de Montréal, 13 janvier 1959, p.26-27.) Nouveauté - Jérôme Demoulin Rires et sourires « Une véritable cure de santé à la portée de tous.Des pages débordantes de gaieté, pleines d'humour.» 206p.19cm.$2.00 (par la poste $2.10) ______________ En vente chez FIDES 174 Faits et commentaires Le Club mondial du Livre vous offre du bon, du moins bon, du dangereux.Nos Lecteurs s'étant informés de la valeur des sélections que présente le Club mondial du Livre, nous tenons à leur livrer ici le résultat d’une première enquête.Une prudente circonspection est à conseiller à ceux qui désirent s'abonner à ce Club.En effet, les ouvrages qu'il propose sont de valeur fort inégale: tantôt ils sont de bonne tenue morale (v.g.Suite Marine de Robert Choquette, les Neiges de décembre de Daria Olivier, etc.), tantôt ils appellent des réserves plus ou moins sérieuses (v.g.Les gens de Mogador d'Elisabeth Barbier), tantôt ils sont dangereux (v.g.Agaguk d’Y.Thériault, Comme une pierre dans le mur de Jeanne Bluteau, etc.).En outre, il semble que le Club se complaise dans la diffusion de ces « vies passionnées » d’hommes célèbres où, sous couleur d'histoire, on remue tous les relents d’alcôve (La vie passionnée de Baudelaire par Michel Mannoll, La vie passionnée de Rimbaud par F.d’Eaubonne, etc.).Un beau livre sur l’oeuvre du Père Pire L’attribution du Prix Nobel de la Paix a attiré l’attention du monde entier sur l’œuvre entreprise par l’humble dominicain belge qui a pris en charge la misère des « personnes déplacées ».Aussi est-ce avec joie que l’on accueille la parution d'un livre qui nous raconte l'histoire de cette extraordinaire aventure de la charité.Franz Weyergans, à qui nous devons cet ouvrage, est un ami du Père Pire et un lauréat du Grand Prix catholique de littérature.C’est dire que l’on peut attendre beaucoup du livre Le Père Pire et l’Europe du cœur, édité aux Editions Universitaires.Un roman plein de finesse sur la société d’antan.Le Testament de mon enfance, de Robert de Roquebrune, vient de paraître dans la collection du Nénuphar, publiée aux Editions Fides.C’est là un ouvrage de valeur et qui méritait de figurer dans une collection réservée aux meilleures œuvres des auteurs canadiens.Nous lie pouvons que souscrire à la lumineuse préface que Claude Galarneau consacre à cet ouvrage: « L’historien et le romancier mènent d’un commun bonheur ce récit plein de verve, où l'archiviste et le généalogiste s’insinuent avec pertinence.De Roquebrune a donné à notre littérature un livre riche par les souvenirs qu’il rapporte sur une société raffinée, riche aussi par l’affabulation et la facture littéraire, où la sérénité du récit n’a d’égale que l’écriture fine et charmante.» Voilà une œuvre digne de prendre place sur les rayons de nos bibliothèques.« L’érotisme coule à pleins bords aujourd’hui.Il crie, il hurle dans toutes les rues, par mille affiches.Chaque salle de cinéma lui est dédiée.Le matin, avant de partir pour l’école, un enfant ne peut pas tourner le bouton de la radio sans etitendre un refrain canaille.Le devoir de ceux qui croient que le Mal existe, et que le Bien, lui aussi, existe et qu’il a un nom, n’est-il pas de le dire, de le répéter à la place qu’ils occupent, qu’ils n’occupent pas par hasard ?Je ne crois pas au hasard.» François MAURIAC 175 1 l’occasion du mois de saint Joseph Procurez-vous et lisez Le plus grand saint après Marie por le R.P.P.-E.Charbonneau, c.s.c.« Ces pages seront pour le lecteur attentif un rigoureux stimulant qui l'incitera à repenser concrètement le problème de la rie chrétienne.» (Son Em.le cardinal P.-E.Léger, Lettre-préface,) 160p.19 cm.12 photos hors texte $1.00 (par la poste $1.10) Le mois de saint Joseph par le R.P.E.M.Brassard, c.s.c.« Un ouvrage idéal pour toute personne qui veut vraiment faire du mois de mars « le mois de saint Joseph ».» Lettre-préface du R.P.Emile Deguire, c.s.c., ancien supérieur de l'Oratoire du Mont-Royal.156p.17cm.$0.40 (par la poste $0.45) Aux Éditions FIDES Quel que soit l'ouvrage que vous cherchez Vous le trouverez à la | Edition | Librairie 1 Organisation de I bibliothèques | Manuels scolaires 1 Récompenses I scolaires LIBRAIRIE FIDES 25 est, rue 456, rue Saint-Jacques Lafontaine MONTRÉAL RIVIÈRE-DU-LOUP UN.1-9621 UN.2-3561 Le Maître et L’Elève Mes Fiches Lectures Hérauts Le Petit Héraut Club Canadien du Livre Club du Livre des Jeunes Service rapide — Personnel compétent A Montréal, terrom de stationnement gratuit à l'arrière de l'immeuble Fides (angle des rues Saint-Gabriel et des Fortifications) flIIIIIItlIIIIIIIIIIIIIIIIIIItlIllllllllllllllllllllllllllilllllllllllllllilllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllItlIlllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllilllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllHIIIIIHIIIIIIIIKIIIIIIIIli
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