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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1959-10, Collections de BAnQ.

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LECTURES Nouvelle sene — Vol.6 — No 2 Montreal SOMMAIRE Si nous faisions le point .p.34 • Les chrétiens et la culture » p.33 Emile Nelligan .p.31 « Introduction à l’œcuménisme » .p.40 « Sens de l’histoire et religion • .p.41 • Les murmures de Satan » p.43 Notices bibliographiques p.43 Cote morale des nouveautés en librairie .p.36 * • Bousille et les justes • p.37 La voix des maîtres p.39 Le courrier des lecteurs .p.60 Faits et commentaires p.61 Extraits du Journal de Julien Green .p.64 Octobre 1959 Gratien GELINAS ( « Bousille •) Si nous faisions le point.A formule renouvelée de notre revue a soulevé d’enthousiastes commentaires, et a valu à LECTURES un certain nombre de nouveaux abonnés.Pour éclairer la lanterne de ces derniers, et aussi pour rassurer les anciens qui craignent peut-être que notre revue ne prenne une tangente qui l’éloigne de son objectif essentiel, nous aimerions rappeler brièvement à quel besoin répond la revue et quel est son but.Nous ne pourrions mieux le faire qu'en citant une partie d’une allocution mémorable prononcée par Son Em.le cardinal R.-M.Villeneuve, o.m.i., quelques mois avant la fondation de LECTURES: « Depuis quelques années, nos gens lisent beaucoup plus qu'on ne se plait à le répandre, et, par conséquent, il importe davantage que les prêtres, les éducateurs et les catholiques militants se soucient de la saine orientation des lectures et de leur choix judicieux, chez tous ceux sur qui ils exercent quelqué influence.Les audaces du libéralisme intellectuel sont de plus en plus prononcées; il nous vient de milieux hostiles à notre pensée religieuse, et aussi d'autres milieux dont on penserait avoir moins lieu de se défier {.}.Voilà des raisons qui requièrent une vigilance mieux avertie.(.) La critique littéraire est en vogue chez nous, il s’en fait énormément, de la bonne et de la moins bonne; mais même lorsqu’elle n’est pas sans valeur, elle se présente en général comme un appendice à des revues qui ont au premier plan d’autres préoccupations et intérêts que de diffuser la bonne littérature.L'absence de publications spécialisées dans ce genre est une lacune qu’il faudrait combler.Ce nous est une singulière satisfaction d’apprendre que Fides, profitant des expériences d'autres pays, lancera bientôt une revue essentiellement critique, un guide pratique qui se proposera, par l’orientation des lectures, de défendre la véritable hiérarchie des valeurs, et de travailler à sa réfraction dans la culture des individus et dans la vie sociale.Ce texte définit bien ce qui demeure l’objectif essentiel de notre revue: l’orientation des lectures.Depuis sa fondation en 1946, elle a toujours travaillé en ce sens.Elle l’a fait, semble-t-il, avec suffisamment de conscience et de compétence pour s’attirer la confiance de ceux qui, ayant à utiliser ou à répandre le livre, ne veulent le faire qu’à bon escient.Il n’est pas de jour où nous ne recevions téléphones ou lettres de consultation: c’est tantôt une mère de famille inquiète de savoir si elle peut laisser tel livre circuler dans la maison, tantôt un libraire ou un bibliothécaire qui s’informe s'il vaut la peine d’acheter telle nouveauté, tantôt un prêtre que l’exercice de son ministère a placé devant un problème concret de lecture, tantôt un étudiant qui aimerait savoir si tel livre peut lui convenir, etc.Notre revue veut continuer, avec plus d’efficacité encore, à aider tous ceux-là qui sont aux prises avec le problème du livre.Le livre, la meilleure ou la pire des choses.(1) VILLENEUVE (J.-M.-R.), o.m.i., Le problème des lectures.Allocution prononcée le 28 mai 1946 à loccasicn de la bénédiction de l'Immeuble Fides.Montréal, fides, 1946.P.22-23- 34 wwwwiHi .HBKtSS SW3ürr»aE5 fci.iftt.ssi3*x.i-v-jhi j^l J If « L’Action catholique canadienne a mis au programme, cette année, le problème de la culture.Sujet de grande actualité, sujet passionnant, surtout dans ses relations avec la vie chrétienne.études qui nous sont présentées projettent de vives lumières sur les problèmes que nous avons à affronter.L’article de Claude Ryan, Evolution sociale et culturelle au Canada français est des plus lumineux et oriente notre réflexion sur tous les plans.Après avoir étudié l’esprit canadien-français traditionnel, il examine ce qu’il appelle le choc de la culture moderne.Il décrit l’une après l’autre les forces nouvelles qui ont ébranlé une forme de culture qui était un peu trop tournée vers une stabilité factice et étroite.Ces pages sont excellentes et aptes à provoquer une prisé de conscience courageuse du problème culturel chez nous.C’est un sujet d’actualité car la pensée catholique du Québec semble actuellement passer par une crise.En s’ouvrant depuis un quart de siècle à des manifestations diverses de la culture, elle a éprouvé un certain malaise.Elle ne réussit pas facilement à accorder les différentes expressions de la culture moderne à des normes qui s’étaient parfois un peu durcies et rétrécies.Quelques-uns de nos intellectuels se sont installés dans une attitude critique qui, sans être alarmante, n’est pas toujours des plus fécondes et manque pour le moins de sens constructif.D’autres semblent même avoir abandonné la partie et s’être lancés dans une expérience vécue en dehors de toute référence à un contexte de foi.Nul ne sait ce qu’il adviendra de l’effort de lucidité qui se poursuit actuellement.Comme le dit Claude Ryan, « la vie culturelle des Canadiens français paraît devoir entrer dans une période de risque et d’aventure ».Il est à souhaiter que l’effort de réflexion qui nous incombe se poursuive dans le calme et la sincérité, dans un esprit d’accueil et d’ouverture aux idées d’autrui.L’aigreur, le ressentiment et le parti pris aveuglent toujours et peuvent, dans les circonstances actuelles, envenimer considérablement la question et brouiller les esprits.L’intégration de la culture à une conception chrétienne de l’existence n'est possible, cela va de soi, que dans une fidélité totale aux données de l’Evangile.Dans une deuxième et dernière partie, on nous propose quelques approches apostoliques, « une alimentation à l’apostolat des militants dans la culture » (p.7).Après avoir, dans la première partie, décrit la situation des Canadiens français face à la culture, une étude de ce genre s’imposait.L’auteur s’est acquitté de cette tâche avec compétence et on ne mettra pas en doute sa formation philosophique.Pour ma part, je trouve cependant que cette étude est très technique et relativement difficile.Eile appelle un sens critique averti car plusieurs des affirmations de l’auteur semblent équivoques et très discutables.Est-il bien vrai que « les beaux-arts recherchent le bien de la volonté et des appétits sensibles » (p.93), que « leur effet propre est d’acheminer les hommes vers la vertu * ?(P.93) Il est certes possible de concilier les finalités artistiques et morales mais il serait malheureux de le faire au détriment de l’activité d’art.La fonction de purification de la connaissance artistique ne doit pas être ramenée à celle de la morale.On peut relever de même une sortie contre l’histoire qui est appelée « la discipline la plus vile » (p.100).Il est évident que certains courants de pensée moderne ont donné à l’histoire une importance démesurée, ont voulu la substituer à la philosophie.Il se poursuit par ailleurs, à notre époque, une réflexion sur l’histoire qui devrait nous réjouir et nous devrions essayer d’orienter ce mouvement de pensée au lieu de le rabrouer.“Les chrétiens et la culture” Paul-Emile ROY, C.S.C.L’Action catholique canadienne expose son programme dans un petit livre captivant, Les chrétiens et la culture 1, qui nous offre en même temps les jalons d’une réflexion forte et lucide.La première partie s’intitule Regards sur notre culture.Elle constitue un sondage de notre patrimoine culturel, une approche de la vie culturelle au Canada français.Tous les secteurs n’ont pas été touchés mais les On pourrait noter bien d’autres affirmations très discutables.Ce serait le sujet d’un débat intéressant.La nature humaine est tellement complexe que les hommes n’arriveront probablement jamais à s’entendre sur la signification exacte de leurs activités, spécialement celles qui touchent à un domaine aussi important que celui de la culture.35 Dans un dernier chapitre, Réal Charbonneau précise quelques attitudes militantes.Il montre à juste titre « les influences de la vie de l’esprit et de la culture canadienne-française sur la réalisation du dessein de Dieu dans nos milieux » (p.136).La vie chrétienne étant vécue par des hommes aux prises avec une foule de problèmes concrets, temporels, charnels, est impliquée dans les réalisations culturelles et elle ne peut les mépriser ni les négliger.La culture de son côté n’a rien à perdre en s’alliant à la religion, bien au contraire.L’histoire nous dit tout ce que la culture occidentale doit au christianisme.En quelques paragraphes, l’auteur nous trace, avant de terminer, des perspectives d’action.A chacun de les élargir et de les compléter pour son plus grand profit personnel.Une annexe nous offre la lecture de textes magistraux de Pie XII qui pourront guider nos recherches et notre réflexion.Enfin, une bibliographie ferme le livre.Les militants d’Action catholique et tous ceux qu’intéresse la culture trouveront grand profit à parcourir ce travail.Son mérite principal est probablement d’étudier le problème de la culture non pas tant sous son aspect théorique ou éternel que sous son aspect existentiel, en tant qu’il est impliqué dans des conditions historiques.Les grandes dissertations objectives sur la culture sont utiles, voire nécessaires mais il est important, avant de se lancer à la poursuite d’un idéal, de connaître son point de départ.La réflexion est alors aiguillée, orientée.Elle a des chances de ne pas s’écarter de l’essentiel et de contribuer à transformer une situation réelle.(1) EN COLLABORATION LES CHRETIENS ET LA CULTURE.Montréal, 1959.Pour tous Rééditions INITIATION À L'ÉCONOMIE POLITIQUE par Fr-Albert Angers, l.sc.c., d.sc.p.(Paris) (professeur à l'école des Hautes Etudes Commerciales) ouvrage inscrit au programme de l’année scolaire 1959 60 3e édition, mise à jour, considérablement augmentée 400 pages, reliure toile, nombreux graphiques $5.00 (par la poste $5.20) INITIATION À LA GÉOLOGIE par J.W.Laverdière et Léo-G.Morin ouvrage inscrit au programme de l’année scolaire 1959-60 « D'un sujet qu’on disait rébarbatif, les auteurs ont su faire un sujet attrayant et même passionnant.» 158 pages.23cm.176 illustrations.Couv.illustrée $1.50 (par la poste $1.60) __________Chez FIDES Une véritable encyclopédie Mes Fiches Revue documentaire mensuelle Une documentation abondante, sérieuse, facile à consulter.Chaque mois, sur feuilles séparées, douze résumés d’articles de fond extraits de revues spécialisées, sur tous les sujets: Philosophie Religion Sciences socioles Sciences appliquées Sciences pures — Philologie — Beaux-Arts — Littérature — Histoire Abonnement annuel: $1.50 MES FICHES ÉDITIONS FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal ?Veuillez trouver ci-inclus $1.50 pour un abonnement à Mes Fiches ?Veuillez me faire parvenir un spécimen de Mes Fiches Nom .Adresse .36 Etudes d'auteurs canadiens Emile Nelligan Insérer la vie de Nelligan dans le cadre d’une chronologie traditionnelle signifierait aboutir à une biographie bien incomplète.L’effort de remonter vers l’essence de sa destinée d’homme et d’artiste implique la présence de sa vie intime, incontestablement supérieure à celle qui admet les barrages de l’espace et du temps.La réalité composée de dates et d’événements ne s’explique ici que par la réalité ténébreuse de l’être, infiniment complexe, et qui ne se laisse pas prendre facilement dans les rets d’une définition.Dans un tel horizon la vie de Nelligan apparaît comme une expérience intensément vécue et chacun de ses élans converge vers la libération de son don poétique: d’où la fixation verticale des phénomènes, l’ordonnance des faits extérieurs selon les multiples résonnances du cœur et de l’âme.Né à Montréal le 24 décembre 1879, d’un père irlandais et d’une mère canadienne-fran-çaise, le petit Emile se voit héritier des deux races.Sa nature d’enfant sera très vite éclipsée par une sensibilité précoce et qui suppose la coexistence d’un rêve qui va bien au-delà du monde des caprices et des joujoux.Chaque fois que la famille de David Nelligan quitte Montréal pour passer quelques semaines à Cacouna, le jeune Emile, accompagné de ses deux sœurs, Eve et Gertrude, entrevoit déjà le mythe de la mer.Et le soir il s’écrie: « Combien d’allumettes dans les cieux ! » Le reflet des abîmes et la musique des étoiles se confondent déjà dans l’esprit de cet enfant; l’association annonce une imagination créatrice, un don d’images, traits dominants du futur auteur du Vaisseau d'Or.La vie d’écolier sera pour lui un rapide decrescendo.Dans une période de temps qui va de 1886 à 1895, Nelligan fréquente successivement l’Ecole Olier, le Collège du Mont-Saint-Louis et le Petit Séminaire de Montréal.Le 2 mars 1896, il entre au Collège Sainte-Marie comme externe en syntaxe.Il le quitte en février 1897.Et ici se termine son éducation car son esprit n’admet plus les disciplines soutenues: il est déjà fortement obsédé par la vague rêverie et le culte des muses.Mais le 19 février 1897, Nelligan entre dans une autre école qu’on appelle l’Ecole littéraire de Montréal.Là, en compagnie d’un Arthur de Bussières, d’un Joseph Melançon, d’un Germain Beaulieu, d’un Jean Charbonneau, d’un Massicotte, d’un Charles Gill, il déclarera ouvertement son adhésion au monde la poésie.Son rêve artistique, qui a pris racine en lui vers 1895, n’aura désormais qu’à viser son plein épanouissement.Très bientôt la poésie deviendra pour lui un engagement cruel.Au détriment de la vie pratique, Nelligan se veut poète par la force de toutes ses facultés cognitives.L’heureux contact avec Denys Lanctôt, Louis Dantin, Joseph Melançon, Françoise (Robertine Barry) lui procure les stimulants nécessaires.Déjà Le Monde illustré et La Patrie publient ses poèmes.Mais l’essentiel de son effort correspond à l’année 1898 et aux premiers mois de 1899.Le jeune poète se fait surtout remarquer au cours des séances publiques de l’Ecole littéraire.La dernière de celle-ci eut lieu le 26 mai 1899; Nelligan y a conquis entièrement l’auditoire par sa Romance du vin.Succès, certes, mais cette soirée annonce aussi son déclin.Surmené par son activité poétique, surexcité par ses lectures qui vont du Millevoye de la Chute des feuilles au Rollinat des Névroses, le jeune artiste connaît déjà des affres d’égarement mental.Le Vaisseau d’Or hisse ses voiles; il va quitter le rivage et à jamais.Le 9 août, Nelligan est conduit à la Retraite Saint-Benoit d’où il passera, le 23 octobre 1925, à Saint-Jean-de-Dieu.Son état est qualifié de « démence précoce due à du surmenage ».« Nelligan, Nelligan, ô pauvre âme souffrante [.] sublime, tu meurs crucifié sur ta lyre!* s’exclame, 3n 1917, Léon Le Tourouvrain.Après une quarantaine d’années d’internement, le poète meurt le 18 novembre 1941, juste trois jours avant la fête de sainte Cécile, vierge-martyre à laquelle il voua toute sa vie un cuite spécial.La destinée poétique de Nelligan ressemble à celle de Rimbaud: l’auteur du Vaisseau d’Or comme celui du Bateau ivre brûle les étapes et crée son œuvre dans l’espace de trois ans.C’est une poésie délirante, frénétique, marquée d’une [ç&msz inquiétude brûlante, pleine d’images évocatrices et de rythmes suggestifs.Louis Dantin, qui sauva, en 1902, l'œuvre de Nelligan de l’anéantissement du temps, y voit « une ébauche de génie ».Luc Lacourcière, qui en 1952 parachève l’effort de Dantin sous la forme de la cinquième édition des poésies de Nelligan, soutient avec raison que « lorsqu’on songe [.] au renouveau de la poésie canadienne, à la fin du XIXe siècle, le premier nom qui vient à l’esprit est bien celui de Nelligan ».Cette poésie doit, en effet, sa valeur à cette perspective de l’absolu qui jaillit admirablement de l’horizon des authentiques rêves d’enfant.L’évanouissement du monde phénoménal s’y fait constamment au profit de l’image subjective.Le lyrisme qui jaillit alors des « plis jaunes » d’un cerveau tourmenté, stimulé par la nature émotive, fait, dans l’orbite de la Parole, au dire de Whitman, ?le tour complet du cercle ».Que l’image soit un délirant commencement, que les comparaisons et les métaphores ne s’achèvent pas, ceci est tout évident car le rapprochement entre les deux réalités — lyrique et verbale — s’effectue en lignes musicales.Il s’ensuit que les symboles s’organisent autour de quelques rares motifs — clavecin, chapelle, vitrail, jardin, vaisseau — pour déceler dans les stances une vibration de rappels et d’échos.La mœlle de l’œuvre pourrait être résumée à la rigueur en deux thèmes: celui de l’enfance et celui de la mort.Entre ces deux extrêmes oscille une tristesse qui n’est ni la plainte de Millevoye, ni le spleen de Baudelaire, ni la chanson grise de Verlaine, ni la mélancolie blanche de Rodenbach, ni la névrose sombre de Rollinat, ni l’hallucination noire de Poe: elle est bien cet état d’âme nelliganien qui évolue entre le berceau et le cercueil.On connaît encore mal l’attirance qu’exerçait sur l’imagination de Nelligan certains auteurs français et anglais.Il est cependant certain qu’à partir de 1895 ses préférences vont vers la poésie élégiaque.Son devoir de classe du 8 mars 1896 révèle que le jeune collégien connaît Millevoye, André Chénier et Lamartine.Son premier poème, Rêve fantasque, publié dans Le Samedi du 13 juin 1896, sous le pseudonyme d’Emile Kovar, s’avère comme une forte adhésion au monde de Verlaine: Nelligan y imite servilement la Nuit du Walpurgis classique.Les poèmes qui suivent confirment son engouement pour les Poèmes saturniens et les Romances sans paroles.Mais malgré toutes ces influences visibles, le jeune poète est toujours indécis dans le choix des modèles: de Verlaine il passe à Pierre Dupont, de Pierre Dupont à Baudelaire.D’ici, évidemment, il n’y aura pas loin à Mallarmé et à Rimbaud, à Leconte de Lisle et à Heredia.Après plusieurs détours qui l’amèneront à Joseph Autran et à Louis Veuillot, Rodenbach, Rollinat et Edgar Poe deviendront ses maîtres exaltés.Mais aux tâtonnements du débutant, s’ajoute vite la voix d’un esprit libéré.Les thèmes de l’art, de l’amour, de la religion et de la mort surgissent comme des filigranes pour s’estomper admirablement dans une atmosphère de rêve.Fresque inachevée, cette œuvre ne comptera guère au-delà de 170 poèmes.Mais l’itinéraire d’une âme souffrante y est fort discernable dans des rondels et des sonnets.Dans l’orbite dei réminiscences multiples naît ainsi une poésie qui a sa source authentique et son expression appropriée.Eblouissements et frissons, les réalités intérieures n’ont qu’à jouer sur le clavier des analogies.Ce qui met aujourd’hui Nelligan au premier rang des poètes canadiens c’est qu’il a le don extraordinaire de l’image.Et la portée esthétique de son œuvre se révèle surtout par cet espace musical qui existe entre le mot et l’âme, espace qui est à la fois abîme et liaison, ombre et rayonnement par surcroît.* ?* ŒUVRES.1 — Nelligan (Emile-Edwin), C’était l’automne.et les feuilles tombaient toujours.Dans Collège Sainte-Marie, souvenir annuel, album-souvenir publié par les Pères de la Compagnie de Jésus.[Montréal] Imprimerie du Messager, 1916-1923.Vol.1, no de l’année 1921, p.494-495.— Emile Nelligan et son œuvre.Montréal [Beauchemin] 1903 (?)• 164p.(Première édition des poésies de Nelligan avec la préface de Louis Dantin).— Emile Nelligan et son œuvre.2e éd.Montréal, Edouard Ga-rand, 1925.166p.— Emile Nelligan et son œuvre.3e éd.Montréal [Imprimerie Excelsior] 1932.XLVIII-166p.— Poésies.4e éd.Montréal, Fides, 1945.232p.— Poésies complètes 1896-1899.5e éd.Introduction et commentaires de Luc Lacourcière.Montréal, Fides, 1952.331p.(Coll, du Nénuphar) (Revu et corrigé, le volume sera réimprimé chez Fides en 1958).* ?* SOURCES A CONSULTER.— Arnould (Louis), Nos amis les Canadiens.Paris, G.Oudin, 1913.364p.P.169-175.— Bastien (Her-mas), Emile Nelligan, poète génial.Dans Qui?[P.C.] vol.3, no 2; décembre 1951; p.25-40.— Beaulieu (Germain), Nelligan est-il l’auteur de ses vers ?Dans Les Idées [P.C.] 4e année, no 5; mai-juin 1938; p.337-348.— Bessette (Gérard), Les images chez Nelligan.Thèse de maîtrise, présentée à la Faculté des Lettres de l’Université de Montréal en 1946.100 pages dactylographiées.— Charbonneau (Jean), l'Ecole littéraire de Montréal.[Montréal] A.Lévesque, 1935.320p.P.117-126.— Dandu-rand (Albert), La Poésie canadienne-jrançaise.Montréal, A.Lévesque, 1933.245p.P.186-199.-r Dantin (Louis), Gloses critiques.Montréal, A.Lévesque, 1931.222p.P.179-199.—-Desrochers (Alfred), Nelligan a-t-il subi une influence anglaise ?Dans Les Carnets viatoriens [P.C.] 16e année, no 3, juillet 1951, p.187-198; no 4, octobre 1951, p.300-307.— Dugas (Marcel), Littérature canadienne.Aperçus.Textes d’Action Catholique Rééditions L'UNION À DIEU âme de tout apostolat par Louis Lochet "Un livre de fond.C'est bien cette absence d'union à Dieu qui explique la faillite d'âmes généreuses qu'une mystique authentique ne soutenait pas." (La Revue Dominicaine) 48 p.18,5cm $0.45 (par la poste $0.50) LE DEVELOPPEMENT PSYCHOLOGIUIIE DE L’ENFANT par Thérèse Gouin-Décarie Un livre opportun! Un livre nécessaire! Un traité que toutes les mamans et tous les éducateurs devraient avoir lu.Préf.de Alton Goldbloom, m.d.177 p.20cm.$2.00 (par la poste $2.10) ___________________ Chez FIDES Paris, Firmin Didot, 1929.203p.P.15-18.— Ecole Littéraire de Montréal (L’), Les Soirées du Château de Ramezay.Montréal, E.Sénécal & Cie, 1900.402p.— Ecole Littéraire de Montréal (L’).Les Soirées de l'Ecole Littéraire de Montréal.Montréal [s.é.] 1925.342p.P.20-25.— Fournier (Jules), Anthologie des poètes canadiens.Mise au point et préfacée par Olivar Asselin.Montréal, Granger, 1920.XVI-309p.P.240-253.— Françoise (Robertine Barry), Emile Nelligan.Dans Le Journal de Françoise [P.C.] 3e année, no 1; 2 avril 1904; p.313-314.— Gill (Charles), Emile Nelligan.Dans Le Nationaliste [P.C.] 1ère année, no 1; 6 mars 1904; p.4.— Halden (Charles ab der), Nouvelles Etudes de Littérature canadienne-française.Paris, F.R.de Rudeval, 1907.379p.P.339-377.— Laberge (Albert), Peintres et écrivains d’hier et d’aujourd’hui.Montréal, chez l’auteur, 1938.248p.P.225-229.— Léon-Victor (Frère), i.c., Les influences parnassiennes sur la littérature canadienne-jrançaise et, particulièrement, chez Emile Nelligan, Paul Morin, René Chopin et Arthur de Bussières.Thèse de maîtrise ès arts, présentée à la Faculté des Lettres de l’Université de Montréal, 1953.XIII-127 pages dactylographiées.— Lesage (Jules-S.), Propos littéraires.2e série.Québec, L’Action Catholique, 1933.260p.P.189-194.— Lévis (Frère), s.c.Le Vaisseau d’Or d’Emile Nelligan.Thèse de doctorat en philosophie, présentée à la Faculté des Arts de l’Université d’Ottawa, 1950.233 pages dactylographiées.— Lozeau (Albert), Emile Nelligan et l’art canadien.Dans Le Nationaliste [P.C.l 1ère année, ;io 2; 13 mars 1904; p.4.— Massicotte (E.-Z.), Où et quand naquit le poète Emile Nelligan.Dans Le Bulletin des Recherches historiques [P.C.J vol.44, no 6; juin 1938; p.176-177.— Paul Crouzet (Jeanne), Poésie au Canada.Paris, Didier, 1946.372p.P.120-138.—Rièse (Laure), L’Ame de la poésie canadienne-française.Toronto, The MacMillan Company of Canada Limited, 1955.263p.— Sylvestre (Guy), Anthologie de la poésie canadien-ne-française.Montréal, Beauchemin, 1958.XXIII-298p.P.79-86.— Turnbull (Jean M.), Essential Traits of French-Canadian Poetry.Toronto.MacMillan Press, 1938.225p P 120-134.Paul WYCZYNSK1 ( 1 ) Une bibliographie à peu près exhaustive du sujet en question sc trouve à la fin de l’ouvrage entitulé Emile Nelligan.sources et originalité de son œuvre, ouvrage que publieront les Editions de l’Université d’Ottawa vers la fin de l’année 1959. à I i DIALOGUE AVEC LES LIVRES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI Au moment où Sa Sainteté le pape Jean XXIII annonce au monde entier la réunion prochaine d’un Concile œcuménique, le petit livre de Maurice Villain 1 sera certainement bien reçu auprès des esprits soucieux d’une plus large information religieuse.Ils y trouveront un exposé historique, dogmatique et technique du mouvement œcuménique qui pénètre depuis une cinquantaine d’années surtout les milieux chrétiens.On se souviendra de la fameuse tirade d’un délégué des Jeunes Eglises d’Extrême-Orient dont le nom par ailleurs nous est resté inconnu, à la Con- dogmatique, cause de la désunion des chrétiens; la Conférence d’Oxford (1937) qui s’aventura davantage sur le plan doctrinal, l’Assemblée d’Amsterdam (1948) où se fonda le Conseil œcuménique des Eglises, la Conférence de Lund (1952) où l’Eglise catholique envoya trois observateurs et durant laquelle les problèmes traités glissaient de l’espect ecclésiologique à l’aspect christologique, enfin la fameuse Assemblée d’Evanston (1954) qui a fait l’examen de conscience des activités du Conseil œcuménique pendant ces dix dernières années.Cette marche ascendante du mouvement, l’auteur nous la trace dans la première partie de son ouvrage avec une main de maître: sûreté d’information, jugement critique équilibré, clarté et élégance du style.Cette connaissance tout extérieure de l’œcuménisme ne suffit pas pourtant.Il faut le pénétrer de l’intérieur pour en comprendre tous les aspects.C’est ce que l’auteur fait dans la deuxième et troisième parties de son ouvrage.Il s’applique à déceler les beautés cachées de l’âme protestante, anglicane ou orthodoxe, montrant ensuite les attitudes catholiques qui s’imposent pour qui veut respecter la vérité de ces vies religieuses.Cette prise de conscience de valeurs vraies en dehors de l’Eglise catholique aura, selon l’auteur, l’heureux effet de corriger certaines déviations pratiques possibles dans la piété catholique.On retiendra dans cette partie l’émouvant té- En marge du prochain Concile Œcuménique "Introduction à l'oecuménisme” • un livre de M.VILLAIN • présenté par Y.LAFRANCE, c.s.c.férence Universelle des Sociétés Protestantes de mission, tenue à Edimbourg en 1910: « Vous nous avez envoyé des missionnaires qui nous ont fait connaître Jésus-Christ, et nous vous en remercions.Mais vous nous avez apporté aussi vos distinctions et vos divisions: les uns nous prêchent le méthodisme, d'autres le luthérianisme, le congrégationalisme ou l'épiscopalisme.Nous vous demandons de nous prêcher l'Evangile et de laisser Jésus-Christ susciter lui-même du sein de nos peuples, par l'action de son Esprit-Saint, l'Eglise conforme à ses exigences, conforme aussi au génie de notre race, qui sera l’Eglise du Christ au Japon, l’Eglise du Christ en Chine, l’Eglise du Christ dans l’Inde, délivrée de tous les « ismes * dont vous affectez la prédication de l’Evangile parmi nous.* (P.17) Cette émouvante intervention du délégué donna le choc initial au mouvement de l’unité des Eglises protestantes.On connut alors la Conférence de Stockholm (1925) qui lançait un vaste programme de christianisme pratique, laissant de côté tout aspect moignage d’un protestant dont l’effort sincère s’essaie à comprendre les positions de l’Eglise catholique.Une dernière partie porte sur Pœcuménisme technique: la formation d’hommes capables de lancer une action œcuménique, l’élaboration d’une théologie œcuménique, enfin les formes de dialogue œcuménique.Celui qui veut poursuivre des études en la matière, trouvera à la fin du livre une abondante bibliographie et un index détaillé des matières.Le livre de Maurice Villain se présente donc comme un excellent instrument de travail.Il pourrait aider tous ceux qui ont charge d’âmes et qui devront, à l’occasion du Concile œcuménique convoqué par Sa Sainteté, ouvrir les esprits au problème soit dans des cercles d’études, des classes de catéchisme, des conférences, etc.Cependant, nous aimerions attirer leur attention sur un point de méthode.La méthode prônée par l’auteur est nettement celle du dialogue.L’unité chrétienne se fera si 40 le catholique et le protestant ou l’orthodoxe savent dialoguer leurs problèmes.Méthode sympathique, humaine, compréhensive.Elle a pourtant son côté faible: celui de laisser entendre qu’aucun des interlocuteurs ne possède la vérité et que les deux la cherchent.Il y a donc danger d’ébranler la Vérité.Sans condamner cette méthode, il est bon de savoir qu’il en existe une autre qui a d’ailleurs été appliquée par deux hommes célèbres: Mgr Journet et Mgr Fulton Sheen.C’est la méthode d’exposition dans laquelle nous trouvons une âme sincère qui veut se soumettre à la Vérité et un Maître qui la livre.D’un abord moins sympathique, cette dernière semble respecter davantage les droits intangibles de la Vérité, d’une vérité que des générations d’hommes ont mis des siècles à découvrir et à formuler.(1) VILLAIN (Maurice) INTRODUCTION A L'ŒCUMENISME.Tournai, Casterman, 1958.260p.ill.21cm.(Coll.Eglise vivante).$3.05 (frais de port en plus) Pour tous Un livre captivant “Sens de I bistoire et religion ” • une œuvre de M.CRUBELLIER • présentée par P.-E.ROY, c.s.c.Dans un livre captivant, Sens de l’histoire et religion \ Maurice Crubellier expose et critique la philosophie de l’histoire de quatre penseurs modernes: Comte, Northrop, Sorokin et Toynbee.Ce qui constitue le principal intérêt de cette étude, c’est peut-être la conclusion à laquelle nous amène l’auteur que « la réflexion historique, sécularisée par les philosophes des « lumières » et tout le courant de pensée issu d’eux, revient aujourd'hui à une interprétation largement religieuse du devenir humain » (p.183).L’explication purement humaine de l’histoire s’avère de plus en plus insuffisante et on peut penser que l’explication chrétienne touchera davantage les esprits dans les années à venir.L’auteur croit retrouver dans les quatre œuvres qu’il étudie, trois opérations principales de l’explication historique.D’abord, la connaissance des faits.C’est la tâche première de l’historien.Retracer le passé de l’humanité, suivre le chemin parcouru par les hommes au cours de leur pérégrination historique.Mais ces faits, il ne suffit pas de les connaître.Il faut dégager l’intelligibilité qu’ils recèlent.Les événements ne s’ajoutent pas les uns aux autres sous l’effet du hasard.Ils poursuivent un dessein, ils répondent à un plan d’ensemble.Et c’est ici surtout que la tâche est difficile.Il y a danger pour l’historien de projeter sur les démarches de l’humanité une explication partielle ou fausse qui ne serait que le reflet de sa propre conception de l’homme.Cette deuxième opération est d’autant plus importante qu’elle en appelle une troisième: l’engagement, qui sera fonction de la conception que l’on se fait du devenir historique.Ces trois opérations du philosophe de l’histoire répondent naturellement au besoin de comprendre et d’orienter le devenir historique, au besoin de se situer que ressent tout homme qui s’intéresse au sort de le caravane humaine.Au moment où une conscience naît, elle veut savoir où mène cette aventure dans laquelle elle est embarquée et connaître le rôle qui lui est réservé.Une action intelligente n’est possible qu’une fois ce problème résolu.Ces considérations provoquent de nombreuses réflexions.L’étude de l’histoire n’apparaît plus comme une longue et ennuyante énumération chronologique.Elle n’apparaît plus comme une fuite du présent vers le passé mais comme un effort d’éclairer le présent à la lumière du passé qui l’explique pour une bonne part.On étudie l’histoire pour connaître le présent, pour s’en rendre maître et préparer l’avenir.Sa fonction pédagogique apparaît dès lors comme des plus importantes.Avoir le sens de l’histoire, c’est avoir conscience des mouvements divers qui portent le présent, c’est savoir détecter ce qui, dans le passé nous a amenés au point d’évolution où nous en sommes, c’est savoir découvrir les germinations qui se poursuivent dans le présent et conditionnent l’avenir, savoir découvrir les forces qui se développent en secret et vont percer demain au grand jour.Tout cela pour pouvoir agir sur le mouvement de l’histoire et l’orienter.Si la signification profonde du devenir nous échappe, nous risquons que notre action soit vaine.Si, faute de comprendre le courant qui nous porte, nous essayons de lui barrer la route, nous serons emportés.Personne ne peut arrêter une rivière.Elle finit par avoir raison des barrages les plus élevés.Mais on peut changer son cours, on peut la harnacher, utiliser son énergie.Dans toute minute historique des énergies innombrables s’offrent à nous.Nous pouvons les mobiliser, les faire servir.Mais comment percer le mystère de l’histoire, 41 comment découvrir son sens ?Si déjà les profondeurs spirituelles d’une seule personne constituent une espèce d’énigme indéchiffrable, comment pourrons-nous pénétrer le sens de l’aventure humaine totale ?Comment déchiffrer ce réseau de relations entrecroisées qui résultent de la rencontre de milliards de personnes dans le présent ?Les quatre penseurs que Grubellier a étudiés sont conscients de cette difficulté et ils ont tenté d’y obvier tant bien que mal.Leur explication de toute façon ne nous satisfait pas.C’est que la philosophie de l’histoire est insuffisante.Elle ne va pas jusqu’au fond du devenir humain.« Au fond de toute philosophie de l’histoire se révèle un mystère.Mystère d’abord d’un ensemble trop riche, trop complexe, qui passe l'intelligence humaine.Mystère aussi d’un plan que la liberté de l’homme remet sans cesse en question.^ (P.181) Mystère aussi qui vient de ce que l'homme n’est pas seul à faire l’histoire.Dieu la fait avec lui.« C’est pourquoi toute théorie de l’histoire qui ne s’est pas coupée de la totalité du réel garde une ouverture sur l’inconnu et l’inconnaissable.* (P.181) La théologie de l’histoire vient alors relayer la philosophie de l’histoire.Elle ne supprime pas le mystère.Bien au contraire, elle le confesse.Mais elle le situe.Surtout, elle nous enseigne comment nous comporter par rapport à lui.La théologie éclaire la démarche de l’homme dans la poursuite de sa destinée.Elle donne à l’homme sur le sens du devenir historique, assez de lumière pour lui permettre de le faire avancer.Elle rend l’homme capable non pas de comprendre à fond le sens de l’histoire mais de « vivre » l’histoire, ce qui est l’essentiel.« Le sens qui est livré, même ainsi, reste un sens très général, juste ce qu’il faut de sens au fidèle pour le sauver de l’angoisse ou du désespoir, pour lui permettre d’accomplir sa vocation.* (P.182) Juste ce qu’il faut pour rester en accord avec les exigences profondes du devenir historique, pour ne pas s’éloigner de la route, pour garder l’histoire dans le droit chemin.Quand on examine de près les divers efforts qui ont été faits pour expliquer l’histoire en dehors de toute référence à la Révélation, on s’aperçoit rapidement de l’échec plus ou moins voilé auquel les penseurs sont venus se buter.L'œuvre de Comte par exemple, à côté de nombreuses considérations valables, en contient d’autres qui touchent à la pure fantaisie et qui, dans le développement de sa pensée, jouaient pourtant un rôle de premier plan.Qu’il s’agisse par exemple, de cette foi absolue au Progrès brutalement démentie pour nous par les guerres que nous avons connues depuis le début du siècle, qu’il s’agisse de cette bizarre religion de l'Humanité qui nous fait sourire malgré nous.C’est que des aspects essentiels du devenir échappent au philosophe de l’histoire le plus lucide.Il suffit du décalage de quelques années pour qu’une nouvelle figure de l’homme se révèle et toutes ces systématisations deviennent insuffisantes, erronées.On pourrait à la rigueur fournir d’autres explications qui-nous satisferaient un moment mais nos petits-fils trouveraient le travail à reprendre dans sa totalité.Dans ce domaine comme dans bien d’autres, l'histoire des hérésies nous est d’un grand secours.Elle nous rappelle que quand une entreprise ou une réforme se fonde sur une doctrine erronée ou morcelée, elle est vite vouée à la stérilité, à l’échec.Elle s’est dressée contre l’homme, elle l’a trahi.L’histoire l’abandonne, la laisse à elle-même.Elle sèche comme le figuier de l’Evangile.Dans l’époque tourmentée que nous vivons, il importe plus que jamais de développer un sens orthodoxe de l’histoire.Nous devons absolument nous garder de céder aux modes qui courent les rues, aux slogans qui proposent un remède catégorique aux dérélictions de l’heure.Les systèmes qui violent les exigences les plus essentielles de la personne humaine, qui essaient de conduire l’histoire sur un plan purement matériel, céderont tôt ou tard à l’usure du temps.L’essentiel est de rester fidèle à l’histoire, à son mouvement de fond.La Révélation rend possible cette fidélité.Grâce à elle, nous pouvons « vivre » l’histoire même si nous ne la comprenons pas autant que nous pourrions le désirer.Le pessimisme qui »e fait jour dans certaines grandes œuvres littéraires provient sans doute de cette conscience que l’on a que le sens profond de l’histoire nous échappe.Ce pessimisme est une suite logique du rejet de la Révélation puisque, en dehors d’elle, on ne peut trouver de réponse satisfaisante à l’angoisse qui étreint l’homme d’aujourd’hui.Face aux grandes révolutions dont il prévoyait l’échéance, saint Augustin aurait sombré dans un pessimisme noir s’il s’en était remis aux seules lumières de sa raison qui pourtant étaient grandes.Mais la certitude que Dieu tient les fils de l’histoire dans sa main lui a permis d’espérer et nous pouvons maintenant constater que son espérance n’a pas été trompée.Notre foi doit aussi nous garder du pessimisme car le Seigneur aura le dernier mot.« Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles.» Elle nous met en garde contre un optimisme béat et nous interdit le découragement, la démission.Il est à souhaiter que la réflexion historique intéressera de plus en plus les théologiens.Les hommes d’aujourd’hui veulent savoir où ils s’en vont.Ils ne manquent pas de générosité mais ils se demandent à quoi ils pourraient l’utiliser.Une théologie de l'histoire pourrait raffermir bien des pensées, leur fournir l'aplomb qui leur manque.C’est dans les épreuves ét les moments de crise où tout cède que les hommes sont le plus sensibles à la voix de Dieu.Il semble qu’ils soient de plus en plus disposés à accepter l’enseignement de la Révélation car les explications humaines montrent toujours davantage leur insuffisance.Peut-être notre siècle verra-t-il un brillant épanouissement de la théologie de l’histoire î (1) CRUBELLIER (Maurice) SFNS DE L'HISTOIRE ET RELIGION.IBruges) Des-clée de Brouwer [1957] 214p.18.5cm.$2.65 (frais de port en plus) Pour tous, mais spécialisé 42 T Dans les Murmures de Satan l, Michel de Saint-Pierre a voulu — lui-même nous l’a dit — aborder le thème de la lutte qui oppose les forces du mal aux forces du bien.Il a voulu nous faire percevoir les « murmures » de celui dont la plus grande ruse est de se faire oublier, mais que l’on reconnaît, comme l’arbre à ses fruits, dans cette discordance, dans cette cacophonie qu’il crée dans la grande symphonie de la Rédemption.Un tel propos est tout à son honneur: pour trop de romanciers, soi-disant catholiques, l’univers romanesque n’est qu’une sorte de lieux limbiques où n’ont accès ni Dieu ni diable ! (Cela est si vrai qu’un de nos critiques canadiens, saluant la parution des Murmures de Satan, affirmait gravement que Michel de Saint-Pierre avait voulu aborder le « genre littéraire » (sic) du « roman catholique * !) Comment a-t-il traité ce thème de l’antagonisme du bien et du mal ?En prenant comme cadre l’une de ces mille et une tentatives de rechristianisation qu’a vu naître la France contemporaine, tentatives qui, on le sait, ne sont pas toutes également heureuses.Ici, il s’agit d’un essai de communauté laïque que tentent de vivre, en plein cœur du monde, quatre couples et trois célibataires.Thème original, c’est le moins qu’on puisse dire.A ceux qui le croiraient invraisemblable, l’auteur répond qu’il a vu de ses yeux des initiatives de ce genre, et que son roman s’inspire d’expériences vécues2.Nous le croyons sans trop de peine: la réalité est parfois plus invraisemblable que la fiction; par ailleurs, certains catholiques français, francs-tireurs de l’Eglise, ont une audace qui parfois flirte avec la témérité.Quoiqu’il en soit, si Michel de Saint-Pierre voulait nous faire entendre les * murmures » de Satan, le thème était bien choisi: là où une œuvre apostolique est à s’édifier, Satan n’est jamais bien loin pour la saboter de quelque manière.Quand, dans une âme ou dans une communauté donnée, se dessine un effort pour sortir de l’ornière de la médiocrité spirituelle, Satan trépigne et murmure, alors qu’il se tient coi, sûr de sa puissance incontestée, dans les milieux enlisés dans le péché.L’auteur d’ailleurs le note excellemment quand il parle de la vie que menait son héros avant l’expérience de la vie communautaire: « [„.J Jean ne connaissait plus l'horreur des dévouements sans réponse, l'horreur du zèle inquiétant dont on ne sait jamais s'il ne blesse pas davantage qu’il ne guérit.Ses heures ne se brûlaient plus à des excès de charité; elles lui paraissaient meilleures et de goût plus suave.Lentement s’installait en lui l’accord qui existera toujours entre la médiocrité morale et la nature humaine.De cet accord-là il voulait jouir dans son corps et dans son âme, en homme simple, épris d'harmonie naturelle.Jamais les tentations ne l’avaient à ce point épargné.Jamais il n’avait aussi peu prié.I se croyait alors parfaitement heureux, et cependant, il vivait avec le sentiment bizarre d’attendre quelque chose.> (P.81) Le romancier ne pouvait par ailleurs que tirer un excellent parti d’une situation qui l’autorisait à mult.plier, à sa guise, les types de personnages.L’on sait que l’auteur des Aristocrates excelle dans cet art.Là où il est moins heureux et tombe dans l’invraisemblance, c’est dans la genèse de cette communauté laïque, et surtout dans la dimension religieuse qu’il a donnée au personnage de celui qui la dirige.Qu’une telle communauté se soit constituée, communauté comprenant des couples et des célibataires des deux sexes, communauté partageant le même toit et les dépenses de la vie commune, l’idée paraît extraordinaire, certes ! Que Michel de Saint-Pierre l’ait trouvée dans la réalité ne le dispensait pas de mettre en œuvre tous les éléments susceptibles d’en étayer la crédibilité.Or, à voir agir tous ces personnages qui évoluent dans l’orbite de Jean Dewinter, on se demande vraiment comment il se fait que tous ces gens soient embarqués dans une telle phalanstère.On ne trouve pas trace, chez eux, de cette inquiétude spirituelle profonde qui eût pu motiver pareille aventure.Le dynamisme de Jean n’explique pas tout.Qu'un homme dynamique réussisse à grouper autour de lui des équipes de ménages qui ie rencontrent de temps en temps, cela se voit.Quand il s’agit d’aller jusqu’à la communauté de vie, il faut une motivation plus profonde, une inquiétude spirituelle d’une certaine profondeur, une aspiration à une vie meilleure ressentie par toute la communauté.Or on ne trouve rien de tel dans Les Murmures de Satan.Sans doute est-il question de ce vague désir de sauver une chrétienté en péril qui aurait présidé à la mise en commun de tous les efforts.Mais rien, dans le comportement de tous ces personnages qui entourent Jean Dewinter ne permet de croire qu’ils s’intéressent à autre chose qu’à la réussite de leur petite combine terrestre.Les Saint-Benoist ne pensent à rien d’autre qu’à leur ménagerie d’animaux rares dont la psychologie leur est plus familière que Roman discuté, discutable, mais d'une richesse spirituelle certaine : "LES MURMURES II! SALAI de M.de Saint-Pierre R.LECLERC 43 .ft*»» iff • Michel de SAINT-PIERRE celle de leur fils qu'ils négligent sans remords.Geneviève Masson n'a que des soucis de femelle: insatisfaite de son mari, elle tente de séduire tantôt Jean, tantôt Léo.On sait peu de chose de son pâle mari, sauf qu'il s'est longtemps employé à disséquer les Ecritures sans que cela ait nourri sa vie intérieure.Monique elle-même, la femme de Jean, ce personnage que l'auteur a manifestement étudié avec beaucoup d’amour, n’a guère de soucis que ceux de l'epouse et de la mère, mises à part les préoccupations d’ordre surnaturel qu'une femme chrétienne, à plus forte raison, une apôtre, doit entretenir.Les autres personnages, à peine esquissés, n’ont qu’une stature tout humaine.(Le sculpteur Léo est un personnage à part: il semble être, dans le livre, l’incarnation même de la diabolique séduction de Satan.) On se demande alors à quoi rime une telle communauté dont le but surnaturel ne nous apparaît clairement que dans la pensée de Jean Dewinter.Et ce Jean lui-même.quelle paradoxale figure d'apôtre ! Homme fort et séduisant, il « croit qu’il est né pour créer autour de lui une vie communautaire et pour l’offrir à Dieu ».Ce qui est très bien.Mais on se sent vaguement mal à l’aise lorsque l’aumcnier, l’abbé Muire, affirme qu’il est un saint.Certes, c’est un chrétien plein de générosité.11 est manifestement travaillé par le souffle de l’Esprit.Le long interrogatoire qu’il se pose dans un moment de tristesse (p.72 et ss.) établit qu’il a une certaine vie intérieure.En se dévouant pour ses enfants, il a « le sentiment d’aider le coup de pouce de Dieu » (p.126).Tout cela est très bien.Mais il a par ailleurs des comportements qui sont inacceptables chez un apôtre, fondateur de communauté par surcroît.11 flirte sans trop de remords avec la tentation de la chair (v.g.l’aventure amorcée avec Roseline).Lui si prompt à réprimer des réflexes « bourgeois » en désaccord avec l’Evangile, il s’attarde vraiment trop à couver des pensées d'aventure charnelle.En outre, il semble ignorer que l’arme principale de l’apôtre est la prière.En présence des difficultés en apparence inextricables de la vie en commun, on s’attendrait à le voir très fréquemment recourir à la prière (v.g.pour régler le problème de Geneviève Masson, p.109); il ne pense pas beaucoup à prier, comme le ferait le plus ordinaire des chrétiens en difficulté.En somme, si séduisant qu’il soit, le personnage de Jean Dewinter présente cependant des lacunes difficilement explicables chez un apôtre.En dépit de ces réserves, et de quelque importance quelles soient, l’ouvrage de M.de Saint-Pierre est extrêmement attachant et d’une richesse spirituelle certaine.Les adultes suffisamment formés y trouveront l’occasion d'une salutaire réflexion sur le devoir de la charité chrétienne.Que de belles pages on feuillette ici et là ! Que de beaux exemples ! Les visites de Jean à Gros-Louis, le subalterne malade.Ses longs examens de conscience lorsqu’il regarde sa vie un peu dans la lumière de Dieu.Les propos de l’abbé Muire, l’aumônier du groupe.L’héroïque soumission de Jean à l’Eglise lorsqu’elle décide de dissoudre sa communauté: « Les gens ont moins besoin d’un nouveau mode de vie chrétienne que d’un exemple d’obéissance.» (p.236).Le geste de la fin, l’adoption du fils de Gros-Louis par Monique, témoignant que la victoire finale demeure à la charité.Nombreux, très nombreux, sont les passages de la qualité spirituelle et littéraire de celui-ci; « Jean Dewinter veillait un mort pour la deuxième fois de sa vie.Il puisait en cette compagnie un bonheur dont il se défendait avec une sorte de remords.Une paix étrange habitait l'ombre d'un visage fermé comme le jardin du Cantique des Cantiques.Une paix absolue, modelée de nuit et de lumière, de mort et de vie, complète — et qui justifiait la vie et la mort l’une par l’autre, et qui les rendait proches enfin, réellement humaines, intelligibles et chargées de Dieu.Et Jean n’avait pas le sentiment de veiller, mais d’être veillé par quelqu'un.Celui qui savait, fraternellement, tenait compagnie à celui qui ne savait pas encore.Et la flamme éclairait ce visage de fatigue, aux lèvres décolorées, au front minéral et poli — un visage que l’âme, en se retirant, laissait imprégné d'elle, comme le sable à marée basse garde le sel de la mer.» (P.232) * * * Du point de vue littéraire, on retrouve dans Les Murmures de Satan l’auteur des Aristocrates, très différent de celui des Ecrivains.Michel de Saint-Pierre excelle à créer ces galeries de personnages L 44 divers, assez sommairement analysés, mais qu’un détail caractérise avec bonheur.11 excelle aussi dans ces courts tableaux pleins de vie qui se succèdent les uns aux autres et qui entraînent l’intrigue dans un rythme rapide.11 possède à fond l’art du dialogue qui sourd sans effort du récit.Ici et là on s’attarde à tel bijou d’image: « Jean voyait vibrer des papillons sur les fleurs comme des cils éblouis » (P.135) « Une guerre était déclarée, une petite guerre barbelée de détails empoisonnés.» (P.29) Maintes fois, on sourit d’une réflexion pleine d’esprit, finement exprimée, où transpire un rien d’ironie: « Devant la fenêtre ouverte à Jeux buttants, Monique s'installa confortablement et soupira d’aise en développant son tricot; deux aiguilles écarlates s’y plantaient avec des nonchalances meurtrières.Elle tricota — elle s'abandonna à la morbide passion du tricot, où s'épanouit le vieux sommeil de la femme de la Genèse.Engourdissement millénaire de l’esprit, étirement de l’âme à travers un monde sans nuage et sans muraille où crépitent seulement le bruit des aiguilles et les bruits de l'été.Ne rien faire — et cependant, faire du tricot ! en sorte que la paresse ne soit même pas égratignée par la pointe d’un remords.» (P.42) Ouvrage discutable et qui sera sans doute discuté, le dernier-né des romans de Michel de Saint-Pierre est cependant une œuvre de valeur qui, entre les mains d’adultes suffisamment formés, peut s’avérer une lecture à la fois enrichissante et agréable.(1) SAINT-PIERRE (Michel de) LES MURMURES DE SATAN.Roman.Calmann-Lévy [19591.240p.20.5cm.(Réimpr.par Le Cercle du Livre de France) Appelle des réserves (2) La France Catholique [P.F.] 2 mai 1959, p.2.Notices bibliographiques Littérature canadienne llograpHi TRUDEL (Paul-Eugène), o.f.m.MONSEIGNEUR ANGE-MARIE HIRAL, o.f.m.Troisième partie: Fondateur et Gardien à Québec.Montréal, Editions Franciscaines, 1959.255p.ill.23.5cm.$2.50 (frais de port en plus) Pour tous Le R.P.Paul-Eugène Trudel continue la vie détaillée et abondamment documentée de Mgr Ange-Marie Hiral, deuxième vicaire apostolique du Canal de Suez, décédé pieusement à Québec, le 18 janvier 1952.Avec la précision historique et le style facile du chroniqueur, l’auteur traite, dans ce troisième fascicule, de la troisième restauration des Frères Mineurs à Québec; il met en pleine lumière le rôle de premier plan que le Père Ange-Marie Hiral a joué dans cette restauration comme fondateur, constructeur, organisateur; il fait ressortir les mérites de son héros, au milieu des vicissitudes de l’établissement d’un monastère franciscain à Québec: apôtre zélé, saint religieux, père tendre et dévoué, administrateur habile, prédicateur abondant et goûté.L’entreprise de l’auteur est une contribution consciencieuse à l’histoire d’un institut religieux, à la petite et grande histoire de l’Eglise au Canada.Romain LEGARE.o.f.m.-Edition entièrement canadienne¦ Le Nouveau Testament Traduction de l’A.C.E.B.A.C.672 pages, format livre de poche.Table générale des évangiles des dimanches et fêtes.Table des miracles et paraboles.Table des textes choisis sur le dogme, la morale et la spiritualité.Cartes.$9 60 (par la peste $0.65) Chez FIDES 45 Littérature étrangère Philosophie NELOD (Gilles) EM PEDOCLE D'AGRl-GENTE.Bruxelles, Office de Pub.icité, 1959.105p.19cm.Pour tous, mais spécialisé Dans une métaphore célèbre, Sully Prudhomme a comparé l’évolution de la raison humaine à l’illumination graduelle d'une cathédrale.One ooscure clarté dissipe d'abord les ténèbres de la crypte; puis, la lumière grimpant le long des cierges de l’autel, commence à éclairer la nef, jusqu’à ce que, se communiquant aux lustres de la voûte, elle fasse de la cathédrale une féerie lumineuse.Ainsi en est-il.dans I humanité, de la raison: faible lumignon d’abord, elle se hausse à plus de lumière sur les êtres et finit par acquérir assez de force pour en pénétrer la vraie constitution.La même évolution se manifeste dans la science hellénique.Théologique ou métaphysique au début, elle ne trouve que l’atomisme comme explication de la matière.Avec le temps, la physique se constitue et découvre dans le mécanisme une autre solution au problème.Aristote enfin, appliquant le procédé de l’observation rigoureuse, et Platon, établissant la notion nette des idées, tournent la science du côté de la psychologie et de la morale.Empédocle se situe au centre de ce développement.Disciple des philosophes présocratiques (Anaxago-re.Alaméon.l’Ecole d’Elée), il est le chaînon de transition entre eux et Socrate avec ses élèves, Platon et Aristote.Sa théorie des quatre éléments de la matière, le feu, l’éther ou l’air, la terre et l’eau, que l’Amitié associe et que la Discorde dissocie en proportions variées, le semblable retenant de son semblable ce qui lui est conforme et rejetant ce qui ne lui agrée pas, cette théorie mécaniciste sera la science non seulement de son temps, mais de toutes les époques jusqu’à l’invention de la chimie.Empédocle pose ainsi, le premier, le grand principe dont celle-ci vit encore: « Rien ne se perd, rien ne se crée ».Puis, le principe posé, il l’applique à toutes les catégories d’êtres: minéraux, plantes, animaux, hommes.Le spiritualisme n’aura qu’à combler les lacunes de cette explication toute mécanique de l’univers.Cette explication, M.Nélod l’expose d’après les 333 fragments qui nous restent d’Empédocle, d’après ses traités Sur la nature et Les purifications, mais aussi d’après les textes de tous les doxographes ou commentateurs qui ont étudié l’œuvre.Les spécialistes diront ce qu’il faut vraiment retenir de ces vues d’un savant de l’antiquité.Le lecteur moyen, lui, ne pourra s’empêcher de reconnaître que M.Nélod les expose avec une clarté étonnante pour un sujet aussi abstrus.Il admettra aussi que l’auteur distingue partout, dans les documents qu’il cite, ce qui est certain de ce qui n’est que problématique.Ce livre, sec par son sujet, mais relevé par son style, ne peut évidemment intéresser qu’un lecteur féru de science physique et de culture ancienne.Emile CHARTIER, p.d.Religion m ¦S* PLOEG (J.van der), BARTHELEMY et autres auteurs LA SECTE DE QU M RAN et les origines du christianisme.[Bruges] Desclée de Brouwer [1959].244p.21.5cm.(Coll Recherches Bibliques, vol.IV) Pour tous, mais spécialisé Ce quatrième volume des Recherches bibliques s’adresse aux spécialistes et présente le texte des communications savantes faites aux IXe Journées bibliques qui ont eu lieu à Louvain du 5 au 7 septembre 1957.On y trouvera dès le début un long article bibliographique.Le président actif de ces Journées, le R.P.J.van der Ploeg, o.p., y donne une analyse critique des principales publications auxquelles les découvertes de Qumrân ont donné lieu ces dernières années.Quand on sait l’immense intérêt suscité dans le monde entier par les fameux manuscrits découverts près de la Mer Morte en 1947, et le nombre considérable d’articles scientifiques et d’ouvrages de vulgarisation plus ou moins sérieux qui ont depuis lors proliféré dans le monde entier, on sera reconnaissant à l’éminent professeur de Niniègue d’aider son lecteur à faire le tri dans cet ensemble.On ne saurait analyser dans le détail chacune des communications rassemblées ici.Mentionnons les principales.Le R.P.G.Lambert, s.j., donne un aperçu précis de la Genèse apocryphe trouvée dans la première grotte de Qumrân.Il aura fallu attendre sept ans avant de connaître le contenu de ce mystérieux fourth scroll que deux savants juifs de Jérusalem viennent d’éditer en hébreu moderne.On appréciera également l’exposé de Mlle A.Jaubert sur Le calendrier de Qumrân où l’auteur résume les principales conclusions de ses études antérieures.On notera toutefois que les vues de l’auteur sur la date de la Dernière Cène fixée au soir du mardi-saint rencontrent de plus en plus d’objections chez bon nombre d'exégètes du Nouveau Testament.Il faut signaler l'heureuse contribution de M.A.S.van der Woude sur Le Maître de Justice et les deux Messies de la Communauté de Qumrân.En face de la thèse tendancieuse de M.Dupont- 46 Sommer qui pensait pouvoir déceler dans le Maître de Justice tant de ressemblances avec le Messie chrétien qu’il osait appeler Jésus « une étonnante réincarnation du Maître de Justice », on voit comment les textes de Qumrân obligent à reporter sur trois personnages distincts: le Prophète, le Grand-Prêtre Aaronide eschatologique et le Messie, Fils de David, l’espérance complexe des sectaires de Qumrân.L’article inédit du jeune théologien de Tubingue, M.O.Betz, sur Le ministère cultuel de Qumrân n’a pas fait l’objet d’une communication au Colloquium Bibli-cum de 1957.On est quand même heureux d’en pouvoir lire ici une traduction française.Bon nombre de rapprochements avec le Nouveau Testament sont valables.Toutefois l'influence d'un passage du Testament de Lévi sur le récit évangélique du Baptême n’aura de valeur que si, contrairement à la thèse de De Jonge, l’on réussit à établir avec certitude l’origine préchrétienne de ce passage.On lira également avec profit et intérêt l'étude de l’Abbé J.Schmitt sur L'Organisation de l'Eglise primitive et Qumrân, ainsi que celle de Mgr L.Cerfaux au sujet de L'influence de Qumrân sur le Nouveau Testament.Si le judaïsme communautaire est, à n'en pas douter, le milieu d’où l'Eglise de Jérusalem tient les formes les plus marquantes de son organisation naissante, on y verra qu’elle a su les adapter à sa condition eschatologique bien particulière et originale.On applaudira tout autant aux réserves de Monseigneur Cerfaux.S'il convient de garder vis-à-vis la littérature qumrânienne dans ses rapports avec le christianisme la prudence et la largeur de vues qui s’imposent à toute méthode scientifique, on évitera de jeter dans le grand public des conclusions hâtives et trop souvent prématurées.Il ne faudrait pas que le « pan-essé-nisme * succède au « pan-babylo-nisme » du siècle dernier.André LEGAULT Beaux-arts : ./!t y ® BERNARD (Jean-Jacques) MON AMI LE THEATRE.Paris, Albin Michel [1958J.253p.18.5cm.$2.40 (frais de port en plus) Pour tous Des critiques et des historiens de la littérature théâtrale, notamment Brasillach et Lalou, ont décrit la courbe ascendante du théâtre français depuis 1900 jusqu'en 194J.Car l’on sait à quel point le théâtre français, particulièrement entre les deux guerres, marque une richesse dramatique exceptionnelle à tous les titres.Ce sont les metteurs en scène qui exercent à cette époque une royauté quasi despotique mais heureusement bienfaisante tant sur les auteurs que les acteurs.Dullin, Pitoeff, Baty et Jouvet sont les grands noms qui surgissent à notre mémoire, ce fameux Cartel des Quatre.Mais à leur tour, acteurs et auteurs apportent leur propres témoignages sur cette époque triomphale révolue.C’est ainsi que l’éminente actrice Dussane racontait ses Premiers pas dans le Temple L qu’aujourd’hui un auteur, Jean-Jacques Bernard, rappelle ses souvenirs personnels dans ce livre qu'il intitule Mon Ami le Théâtre.M.Jean-Jacques Bernard est le fils du grand Tristan Bernard qui, avec Rostand, Feydeau et Courte-line, fit rire la génération de 1900.Cependant l'époque où vécut Jean-Jacques Bernard a été plus remarquable encore: il s’agissait de « rethéâtraliser » la scène.L’auteur explique avec émotion que Copeau fut au principe de cette régénération dramatique dès l’automne de 1913 quand il lança son manifeste du Vieux-Colombier: Copeau criait son indignation à la vue des misères du théâtre français d’alors.A l’ombre de ce semeur d’idées ont grandi et marché Dullin et Jouvet, et, plus tard, Baty et Pitoeff, qu’on a surnommés avec raison les Animateurs du théâtre français.Bien qu’ils accusent une diversité profonde de tendances, ils ont manœuvré tous dans le même sens vers une restauration du prestige théâtral.Jean-Jacques Bernard nous parle de ces célébrités qu'il a côtoyées, avec une émotion profonde, avec cet accent de l’amitié que produit la nostalgie des belles années passées.Lui-même a été l’auteur de pièces qui ont tenu longtemps la scène, entre autres Martine que Radio-Canada adaptait pour la télévision récemment.En réaction contre le verbalisme et l’artificiel, Bernard représente avec Vil-drac, Géraldy et Amiel, ses contemporains, l’esthétique intimiste au théâtre.On l’a proclamé ironiquement le chef de l’école du silence.Au contraire, Bernard a voulu non pas un théâtre du silence, mais un théâtre de l’inexprimé, sans littérature, où tout est rendu sensible « sous un dialogue sous-jacent ».Lui-même, revenant à la charge, révèle au’il « v avait là une loi fondamentale du théâtre, oériodique-ment méconnue et périodiquement retrouvée ».Vérité qu’il retrouve dans ces deux vers laconiques de l’un des plus sérieux maîtres en matière théâtrale, Shakespeare: To name is to destroy To suggest is to create.Véritables mémoires d’une belle énoque de la scène française dont un fervent connaisseur du théâtre s'attarde à rappeler con amore les immortelles figures.Le tableau de la littérature dramatique n’est certes pas complet; il s’agit d’un témoignage direct qui, comme le souhaite l’auteur, nous donne « des raisons nouvelles de croire et d’espérer » en l’avenir du théâtre.Rol.-M.CHARLAND 1.Lectures.15 septembre 1956, p.12.47 HOURDIN (Georges) L’ENFER ET LE CIEL DE BERNARD BUFFET.Paris, les Editions du Cerf [1958].126p.18cm.(Coll.Tout le monde en parle) $1.15 (frais de port en plus) Pour adultes, mais spécialisé Georges Hourdin fait ici une large esquisse de la vie et de l’œuvre de Bernard Buffet.Cet intéressant livre est aussi un plaidoyer en faveur d'un des peintres les plus controversés à l’heure actuelle.L’auteur y analyse la personnalité complexe d’un homme qui exprime ses états d’âme dans une forme plastique où la ligne droite prend figure de symbole.M.Hourdin nous raconte l’enfance et la jeunesse de l’artiste, la grande misère, la solitude totale qui sont à l’origine d'une peinture décharnée, linéaire et figée.Pourquoi ce pessimisme ou-trancier ?.D’autres peintres, tels Rembrandt.Van Gogh, Gauguin, pour ne citer que ceux-là, ont eu à supporter les pires vicissitudes terrestres, et pourtant leurs œuvres sont marquées du sceau de la plénitude, que ce soit dans la joie, le mysticisme, la souffrance, ou le romantisme.Le fait marquant, comme le montre M.Hourdin.est ici que l’artiste a osé peindre « la misère humaine ».Cela est assez rare dans l'histoire de la peinture, et peut être considéré comme un reflet des temps présents: guerres, destructions, etc.Ne pourrait-on y voir aussi une forme de romantisme morbide poussée au paroxis-me ?Plus encore on peut supposer que l'homme, dans son évolution actuelle, en est à une étape par ranport à la plénitude de l’esprit chrétien, ainsi que semble le montrer son œuvre religieuse.Bernard Buffet ose étaler aux yeux du public les êtres « tels qu’ils sont », avec leurs formes décharnées ou fatiguées et mornes.Sont-ils réellement ainsi ?Au spectateur de répondre.Même si nous nous refusons à accepter cette « vision » de la nature humaine, vision que l’on retrouve aussi dans les paysages ou les natures mortes, il reste indéniable que l’œuvre de Bernard Buffet porte l’empreinte d’une personnalité forte et originale et sur laquelle on ne saurait se taire, qu’on soit ou non en faveur d’une peinture que le temps jugera.L’auteur a aussi voulu mettre en évidence certains faits importants souvent ignorés par le public: le peintre en face du marchand de tableaux; le comportement de l’amateur qui achète ces peintures; le fait de l’évolution picturale en partant de la décoration murale pour arriver à la toile de chevalet; le débat des abstraits et des conformistes; etc.Cela seul suffirait amplement à retenir l’attention d’un lecteur qui est initié aux choses de l’art, ou même de celui qui, néophyte cherche à acquérir une connaissance de l’univers artistique sans s’en tenir seulement à la contemplation admirative et superficielle d’une oeuvre consacrée par le temps et les musées.La forme dans laquelle M.Hourdin s’exprime pourrait paraître quelque peu obscure aux non initiés de la peinture.Mais les lecteurs initiés seront très heureux de pouvoir faire avec lui « le point » sur « le cas Buffet ».G.DE BENEY PETIT (Pierre) VERDI.[Paris) Editions du Seuil [1958].186p.ill.18cnT.(Coll.Solfège, no 10) $1.35 (frais de port en plus) Pour tous Abondamment illustrée de reproductions de tableaux ou de divers cadres et motifs extraits des livrets originaux ou des affiches de la Scala de Milan, cette monographie place d’emblée le lecteur dans l’atmosphère de ces années triomphales de l’opéra italien.N’est-ce pas dans ces décors fanfreluchés du XIXe siècle romantique que vécut l’un des plus célèbres représentants de la musique dramatique, Giuseppe Verdi ?Bien que paysan, de formation purement artisanale, Verdi fut toute sa vie un autodidacte acharné.En dépit de fiascos répétés à ses débuts — mort de sa femme et de ses enfants, refus au Conservatoire de Milan — Verdi a déployé une énergie rare en face de toutes les difficultés: il a laissé un nom, des œuvres et des principes qui le mettent très haut dans la galerie des musiciens de son temps.Pierre Petit montre bien l’inanité des jugements de certains musicologues qui soutiennent que le maître aurait marché sur les traces de Wagner dans l’élaboration de l’opéra total.Au contraire, il est bel et bien démontré que, sincère en art comme en toute chose, terriblement exigeant de ses exécutants (faisant reprendre iusqu’à cinquante fois le même air !), l’auteur d'A'ida retouchait sans cesse ses premiers opéras afin de les rajeunir, mettait un temps considérable à remanier les livrets, à ao-profondir par l'analyse chacun de ses drames.11 est curieux de constater — Pierre Petit le note — que les Français ont si peu écrit sur Verdi.Et pourtant, s’il est un artiste étranger qui ait à maintes reprises puisé dans leur répertoire littéraire, c’est bien lui.Rigoletto n’est que 48 la métathèse du Triboulet de la pièce de Victor Hugo, Le Roi s'amuse.Il Proscrito présente un livret construit sur cet autre drame bien connu du même auteur, Hernani.Il en est de même de La Traviata, des Vêpres Siciliennes d’après les oeuvres de Dumas et de Scribe.A quoi attribuer cette espèce de mépris ?A l’orientation même de la critique, du vivant même du musicien.« La faveur permanente du public — du grand, du vrai public — explique Pierre Petit, envers une œuvre simple de conception, directe, vigoureuse et farouche, constitue au départ, pour cette œuvre, un lourd handicap aux yeux des musicologues, dont le « chef-d'œuvre » oublié « est la pâture préférée ».Voilà donc un ouvrage de vulgarisation bien établi, comprenant de plus une chronologie, une biographie, une petite discographie commentée, et une explication succincte des caractéristiques proprement « verdiennes » de l’œuvre la plus populaire de Verdi, La Traviata.Rol.-M.CHARLAND Littérature L'ERMITE (Pierre) LES PLUS BELLES PAGES DE PIERRE L'ERMITE.Nouvelles.[Paris] Bonne Presse [1959].222p.20cm.$1.70 (frais de port en plus) Pour tous On pourrait difficilement non pas résumer le contenu de ce volume, mais caractériser l’esprit qui l'anime, mieux que ne l’a fait le préfacier: * Amour de Dieu, beauté de la vérité et de la vertu, paix des familles, sagesse paysanne et amour de la terre, utilité de la souffrance chrétienne, splendeurs et consolations de la liturgie catholique, merveilles de la Création, merveilles plus hautes encore de la recréation de l’humanité dans le Christ Sauveur, joies de l’éternité promise: quelle merveilleuse permanence chez ce prêtre, à travers une actualité toujours changeante, des mêmes thèmes éternels ! » Le vrai mot est lâché; la pensée du poète, Qu'est-ce que tout cela qui n'est [pas éternel ?Mgr Edmond Loutil l’a clamée, depuis son premier article dans La Croix de Paris (8 janvier 1892) jusqu’à son dernier, publié le 19 avril 1959, trois jours après sa mort (16 avril).Et l’Académie française a trouvé si peu inopportune l’insistance sur ces « thèmes éternels » du curé apologiste qu’en 1951 elle couronnait l’ensemble de son œuvre.On ne trouvera donc ici aucune de ces « cochonneries à la française » que notre radio et notre télévision s’évertuèrent à nous faire avaler jusqu’au sursaut presque unanime que provoqua « La Belle de céans » (non séant, encore moins séants, comme on l'a écrit).Mais on y verra une âme sacerdotale tirer des événements parfois les plus cocasses de la vie, la leçon qui apprend à fuir le mal et à pratiquer le bien.On y sentira surtout cette âme vibrer comme celle du Maître, devant la misère, y compatir, chercher et découvrir le moyen de la transformer en joie ou en une expiation religieusement acceptée.Nous n’insisterons pas sur l’originalité des histoires, des titres et du style de Pierre l’Ermite.Tout le monde connaît ses paragraphes multiples et courts, ses phrases où des points de suspension séparent presque chaque mot, où les images se culbutent à qui mieux mieux, où les termes d’argot se pourchassent en un inextricable fouillis.Mais c’est justement cette excentricité verbale et syntaxique qui fait l’attrait de ces récits, toujours les mêmes par le fond, toujours nouveaux par l’expression.Le comprendrions-nous mieux pour l’avoir eu comme voisin de pupitre pendant six mois à la Bibliothèque nationale de Paris (19J6-1907) ?Nous ne croyons pas.Au contraire, nous pensons que tout esprit tant soit peu cultivé ne peut s’empêcher de se laisser embrigader dans la course endiablée que lui impose le style de Pierre l’Ermite.Car, comme disait notre maître Brunetière, dès lors qu'« une pensée est juste, un sentiment noble, une image expressive », il n’est pas un Français « qui ne saisisse la pensée, qui ne vibre au sentiment, qui ne réagisse à l’image ».Or, c’est de tout cela qu’est fait ce livre, comme d’ailleurs l’œuvre entière de Pierre l’Ermite, cet apôtre dont la plume ne fut jamais qu’au service des masses pour les conduire, ou les ramener à celui de son Maître Jésus-Christ.Emile CHARTIER, p.d.P.S.Le deuxième volume des mémoires de Pierre l’Ermite a fait l’objet d’une révision (Lectures, 31 mars 1956, p.126.) Histoire ORMESSON (Wladimir d’) LA PRESENCE FRANÇAISE DANS LA ROME DES PAPES.[Paris] Hachette [1959].191p.20cm.$2.10 (frais de port en plus) Pour tous Recenser un livre du comte d’Ormesson constitue pour le soussigné l’occasion d’une émouvante évocation.Pareil travail, qu’il appliquait naguère à La Ville éternelle (Lectures, avril 1957, p.153).49 lui rappelle d’abord que, vers 1934, il accueillait à l’Institut pédagogique de Montréal, par une allocution en grec actuel.Madame la comtesse, belle-fille du comte d’Or-messon père.Il lui rappelle ensuite que, lors de ses études à Athènes (19J5), à défaut d’enfant de chœur il avait souvent pour répondant à sa messe de la cathédrale soit l’ambassadeur d’Autriche, neveu du comte Apponyi, soit M.le comte Wladimir d’Ormesson père, pour lors ambassadeur de France en Grèce.D'après ce volume et le précédent, le fils, lui, a deux grands amours: Rome et la France.Apparemment, dans le dernier, il se propose de démontrer le profit réciproque que retirent la France et Rome du fait que plus d’un millier de Français travaillent dans les di-castères de celle-ci ou l’habitent comme simples citoyens.Il rend un hommage ému aux cardinaux Tis-serant et Jullien.insiste sur l’importance des deux ambassades entretenues à Rome par la France et conduit son lecteur en pèlerinage aux sanctuaires français qu’administre la Société des pieux établissements dirigée par l’ambassade auprès du Saint-Siège.En fait, la question de La présence française à Rome semble bien n'être, pour cet auteur aussi pieux qu'instruit et qui écrit avec son cœur encore plus qu’avec son esprit, qu’un prétexte pour répéter l’admiration dont il entoure la Rome pontificale.On peut en juger entre autres par l’Annexe V où figure une étude, remarquable de mesure comme de lucidité, sur La politique du Vatican.Tout l’ouvrage d’ailleurs, avec ses souvenirs du passé ou ses évocations actuelles, est un hymne à la gloire à la fois de la Papauté et de la capitale du monde catholique.Pourtant, M.d’Ormesson, à qui ses deux missions romaines ont ouvert les yeux sur bien des problèmes, ne néglige pas ses compatriotes.Quelle sage leçon il leur sert, dans son chapitre XI (p.130 et seq.) ! Elle revient à ceci: « Peuple le plus sensible et le plus émotif même, le Français est toujours à l’avant-garde quand il s’agit de propager les idées les plus hasardeuses (on songe à Y Action française, à l’intégrisme, aux prêtres-ouvriers, au progressisme, à certaines théologies médicales, à certaines formes de spiritualité, à certains romans, etc.).Malheureusement, ce qui serait assez inoffensif pour la psychologie des Français pourrait devenir catastrophique chez d’autres peuples nantis d’une psychologie toute différente.Or, la fonction éminente de Rome est de veiller à l'intégrité du catholicisme mondial, Une réussite ! LA mmt.i.i FAMILLE TRAPP La famille Trapp A daptation de Denise Houle L'extroordinaire odyssée du célèbre ensemble vocal, racontée par l'image dons un magnifique album de 52 pages.46 photos tirées du film La Famille Trapp Format: 17,5cm x 24,5cm $1.50 (par la poste $1.60) ____________Chez Fl DES tout en respectant si possible les particularités nationales.Dès lors, les Français auraient tort de maugréer quand Rome leur sert moins des condamnations que des rappels ou des avertissements, même quand parfois elle leur crie casse-cou ! » La leçon serait peut-être utile à d’autres Français qu’à ceux de France.Aucun catholique, aucun homme sensé même, ne reprochera à M.d’Ormesson la dure franchise avec laquelle il exécute à deux reprises (pp.77, 85) la stupide politique d’Emile Combes, encore plus antifrançaise qu’antiromaine.Et chacun souscrira à la défense lumineuse par laquelle il justifie l’at-titude du Saint-Siège envers le communisme (p.165-166).On s’amusera même de la façon dont il explique la légende populaire transformant un cadeau fait à Lorette par la famille De angelis en une maison transportée par les anges (p.142-143).P.140, la mention « archevêque de Toulouse, de Narbonne et de Rome » ne devrait-elle pas se lire « et de Tarbes » ?Peut-être aussi s’agit-il de Reims ou encore de Rennes ?Emile CHARTIER, p.d.Géographie JOFFROY (Pierre) BRESIL.[Paris, Editions du Seuil, 1958].188p.ill.18cm.(Coll! Petite Planète, no 20) $1.60 (frais de port en plus) Pour tous La collection Petite Planète, grâce au concours de Pierre Jof-troy, nous offre un ouvrage intéressant sur le Brésil.Ce pays dont l’immensité géographique se double d’une rare complexité au niveau de l’économie politique et de l’évolution ethnique, offrait à l’auteur un terrain d’intérêt certain, mais de difficultés gigantesques.M.Joffroy s’en tire fort bien, et en dépit des limites imposées par le format habituel de cette collection, il a réussi à ne pas fausser son 50 sujet, ce qui dans les circonstances est déjà beaucoup.De façon très vivante il fait défiler devant nous les principales faces d’un pays qui en compte d’innombrables et qui a la réputation bien méritée d’être insaisissable.Les aperçus succincts sont assez justes; on y montre les magnificences du Brésil, mais on souligne aussi les tares du pays.Il semble manifeste qu’une grande honnêteté intclle:tuelle a présidé à cette étude.Nul doute qu’en la parcourant, les lecteurs acquerront une meilleure connaissance de cette immense contrée qui est comme le cœur de l'Amérique du Sud.Le style un peu redondant aurait sûrement gagné à être un peu plus simple.On nous permettra aussi de souligner que le dernier chapitre est peut-être celui qui doit être abordé avec le plus de circonspection, étant donné qu’il analyse une réalité politique qui est toujours en mouvement et qui est souvent mal définie.Paul-Eugène CHARBONNEAU Biographie PiACENTINI (R.), c.s.sp.FILS DE RABBIN, PERE D‘APOTRES.La vie douloureuse et féconde de F.-M.-P.Liber mutin, promoteur des Missions d'Afrique au X’IXe siècle.Paris, Editions Saint-Paul 11959).186p.ill.(h.-t.) 19cm.$2.49 (frais de port en plus) Pour tous Quelque intérêt que l’on porte à la vie d’Alphonse de Ratisbome.au Récit d'une sœur de Mme Craven, à l’histoire des deux frères Lehman ou à celle du baptisé de Pie IX.on sera plus captivé encore, croyons-nous, par la présente biographie.François Libermann, dont le baptême fera François-Marie-Paul, est un Alsacien, fils de rabbin, et destiné par son père à lui succéder dans le rabbinat, dans une situation de tout repos.Mais voici que, la grâce intervenant, le repos cesse: la lecture du Nouveau Testament en hébreu, remplaçant le texte hébreu de VAncien Testament qu’il savait par cœur, jette le jeune Juif dans le doute sur la sûreté de ses croyances ancestrales.Dès lors, il n’aura pas de cesse que le jour où il aura vérifié, par ses études assidues, si oui ou non le Dieu d’A-braham, d'Isaac et de Jacob, a cédé sa place au Dieu des catholiques, ce Dieu fait homme auquel adhèrent déjà quatre de ses frères.Le voilà donc en course à la recherche de la vérité religieuse: à Stanislas de Paris auprès du converti Pal Drach; à Issy-les-Moulineaux auprès des sulpiciens; à Rennes auprès des disciples de saint Jean Eudes; à Issy de nouveau où, déjà baptisé, mais simple acolyte, il change l’esprit de la maison; à Amiens où il fonde une Société du Cœur immaculé de Marie pour la conversion des noirs d’Afrique; à Saint-Lazare de Paris enfin où, devenu prêtre après dix-neuf années d’attente, il fusionne son Institut avec la Congrégation du Saint-Esprit.devient le supérieur général de celle-ci et la voue à continuer, auprès des noirs d’Afrique, l’œuvre d’évangélisation commencée par saint Vincent de Paul.Il sera ainsi, en son siècle, le promoteur de l’entreprise qui fait de l’Afrique présente, sous l’influence surtout des Spiritains, des Pères Blancs, des Oblats et des Pères de Sainte-Croix, la gloire et la consolation de l’Eglise catholique.Que, pour relancer cette mission, Dieu ait choisi un Juif d’Alsace, le fait démontre au moins trois choses: que les desseins du Créateur ne sont pas les nôtres, que ses voies ne sont pas nos voies, cogitationes meœ non vestree, vice meœ non vestrœ\ qu’il ignore la ségrégation raciale, religieuse, linguistique ou physiologique; qu’il lui suffit d’avoir sous la main un saint, mais alors un vrai saint.Or, le Père Libermann fut un saint, un grand saint; c’est l’image qu’on retient de lui au terme de cette lecture.11 en eut les deux caractères fondamentaux.Il connut toute sa vie la souffrance, sine sanguinis effusione non fit redemptio\ i! subit la torture physique des migraines constantes et des crises d’épilepsie, la torture morale du doute religieux et de la recherche du vrai.Seulement, ces tortures, il les subit sous l’empire d’une joie constante et d’une paix absolue, convaincu qu’elles étaient le signe des intentions divines à l’égard de son apostolique mission.Quiconque dès lors aura parcouru cette biographie, écrite sans prétention et fondée uniquement sur des faits, en sortira avec l’impression qu’exprimait ainsi le.roi-pronhète: Quam speciosi pedes evangelizartium pacem.evangeli-zantium hona ! C’est, pour un cœur d’anôtre, la plus exaltante qui soit.— P.123, il faut lire haire au lieu de hère.Emile CHARTIER, p.d.L’avez-vous commandé ?Lectures 1958-1959 Tous les numéros de Lectures parus entre le 1er septembre 1958 et le 15 juin 1959 indus, présentés sous forme de volume relié toile, titré or, avec table des matières et index des auteurs recensés.Des centaines de recensions, de nombreuses études d’auteurs, études critiques, des articles et documents sur le problème des lectures et la littérature canadienne et étrangère.$3.50 net l'exemplaire (par la poste $3.70) FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, MONTREAL UN.1-9621 51 Littérature de jeunesse BAYARD (Georges) LES 5000 FRANCS D A-LAIN CLOCHE-DUR.Illustrations d’Albert Chazelle.[Paris] Hachette 11959].189p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Nouvelle Bibliothèque rose, no 35).Relié.$1.00 (frais de port en plus) Pour jeunes L'auteur propose aux jeunes lecteurs une histoire remplie de faits troublants.Le comportement mystérieux des personnages les tiendra en haleine jusau’au dénouement de l’intrigue.Alain, jeune orphelin infirme, trouve dans un vieux bouquin un billet de 5000 francs.Avec sa charmante voisine, il part à la recherche du propriétaire.Ce geste les entraînera dans une série d’aventures sensationnelles auprès des demoiselles d’Arène, dans une vieille ferme délabrée au bord de la mer.Nos deux jeunes héros s’avisent d’explorer « La Louarnière ».La découverte d’un souterrain les conduit dans la cuisine alors que toutes les ouvertures sont fermées ! Leurs expéditions se font la nuit pour ne pas attirer l’attention des vieilles dames.Ils font la rencontre de deux hommes aux attitudes étranges: ils recherchent un trésor dans la vieille propriété ! L’histoire se termine fort bien.Il faut louer chez les enfants mis en cause le caractère loyal et la délicatesse de sentiments.C.LAf 4NDE BROCHET (Henri) LE PASSEUR DU TOR-PENT (Saint Christophe).Illustrations de Henri Brochet.Montréal, Fides [1958].62p.ill.21.5cm.(Coll.Aventuriers du c;el) $0.65 (frais de port en plus) Pour jeunes Quelle voiture ne possède sa statuette ou sa médaille à l’effigie de saint Christophe ?Et vous l’avez vu tant de fois ce bon géant porteur de l’Enfant-Jésus que.vous ne le voyez plus ! Saint Christophe est peut-être le saint le plus en vue mais est-il le plus invoqué ?Que sait-on de lui ?Une partie de sa légende, celle où il a traversé un fleuve impétueux, une nuit, portant le Créateur du monde ?Et quoi encore ?A-t-il subi le martyre ?L’invoque-t-on seulement pour faire de beaux voyages ?Henri Brochet répond à bien des questions que l’on pourrait se poser sur saint Christophe.Il s’applique d’abord à faire la part du vrai et de la légende.Puis il survole les siècles pour retracer brièvement l’historique du culte rendu au saint passeur.L’auteur termine son voyage dans le temps face au parvis de Notre-Dame de Paris, là où pendant mille ans on est venu rendre hommage à saint Christophe dans l’église qui lui était consacrée.Le Passeur du torrent plaira aux jeunes car l’auteur sait captiver ses lecteurs et leur communiquer son enthousiasme.D.HOULF CHANCEREL (Léon) LE PELERIN DE COM-POSTELLE.(Saint Jacques).Illustrations de Fernand Py et François Brochet.Montréal, Fides [1958].55p.ill.21cm.(Coll.Aventuriers du ciel) $0.65 (frais de port en plus) Pour jeunes Il s'agit de saint.Jacques le Majeur, frère de Jean et fils de Zébé-dée, l’un des douze.L’auteur raconte d’abord ce que disent de saint Jacques le Majeur, les Evangiles et les Actes, puis c’est le saint Jacques de la légende dorée qui est présenté, comme un pastel après une eau-forte.Sont ensuite exposées les origines du culte des Espagnols envers saint Jacques et les diverses formes qu'il prit: pèlerinages au tombeau du saint, confréries se plaçant sous sa protection, contes et chansons en son honneur.L’auteur aurait sans doute pu s’étendre davantage sur une œuvre d’une telle envergure mais, pour plaire à ses jeunes lecteurs, Le Pèlerin de Compostelle se devait de ne révéler que l’essentiel de la vie de saint Jacques et de son culte.La confiante ferveur de Léon Chancerel envers saint Jacques transparaît dans ces pages et se communique aux lecteurs.D.HOULE DUV1C (G.O.) VINCENT DE PAUL.Ministre de la charité.Paris, Spes [1958].188p.ill.19cm.$2.05 (frais de port en plus) Pour jeunes A notre époque moderne, où les jeunes se passionnent pour des héros de guerre et d’aventures dont la réputation est souvent surfaite, il e:t tout indiqué de leur conseiller cette biographie de saint Vincent de Paul qui raconte la belle aventure d’une vie consacrée au service des pauvres.Fils d’humbles paysans, Vincent de Paul gardait le troupeau de son père.Dans une bourse noire, il cache tous ses rêves: quelques piécettes d’or qui serviront à l’achat d’une statue de la Vierge.N’écoutant que son cœur, il donne ces sous à un mendiant inconnu.Cette semence de charité sera à l’origine d'une vie vouée tout entière au service de ses frères.Sous l’influence de M.de Cornet, interprète de la Providence, le petit pâtre abandonne son troupeau pour le collège, puis le séminaire.Et là, commence sa mission extraordinaire tracée par Dieu.D’abord, il est aumônier de la reine Margot et précepteur d’enfants de 52 •h cour.Il quitte ces postes pour organiser la « Charité » — une forme de service social — dans une paroisse pauvre.Partout, il soulage les infortunes.A son contact, les galériens osent relever la tête et retrouvent avec la prière le goût de vivre et d’espérer.Il proclame le droit à la vie des tout-petits condamnés à mourir faute de soins.11 mobilise le cœur des grands et des humbles au service de la « Charité ».Les jeunes ne fermeront pas ce livre sans être émus par l’œuvre colossale de cet humble prêtre que Dieu avait choisi pour donner un sens nouveau à la Charité.C.LALANDE CLEMENCE UN ETRANGE BIENFAITEUR.Illustrations de Gabriel de Beney.Montréal, Fides [1958].64p.ill.22.5cm.(Coll.Le cornet d’or).$0.60 (frais de port en plus) Pour jeunes Au temps des moulins à vent, où les paysans s’acheminaient sur les routes cahoteuses pour aller moudre leur blé, un riche meunier rêvait de marier sa fille à quelque prétendant cossu.Mais Florine aime en secret Séverin, le jeune employé qui se dévoue au service de son père.Comment un âne à l’air pensif, et débrouillard comme pas un, réussira-t-il à éliminer trois soupirants indésirables et à se faire l’artisan du bonheur de la jolie meunière et du pauvre Séverin ?Les jeunes lecteurs s’amuseront de ses manèges en lisant cette charmante fiction.C.LALANDE CRONIN (A.J.) LES ANNEES VALEUREUSES.Texte français de Florence Glass.Illustrations de Paul Durand.[Paris] Hachette [1959], 188p.ill.17cm.(Coll.Bibliothèque verie, no 105).Relié.$1.00 (frais de port en plus) Pour adolescents Ce livre est une adaptation pour adolescents de l’œuvre parue sous le titre: Les années d'illusion.C’est l’histoire d’un jeune homme pauvre, frappe jadis par la poliomyélite, qui au prix de maints efforts, malgré les sacrifices et les humiliations, réalisera le rêve de sa vie: « Je serai médecin ».Son courage indomptable et sa force d’âme seront un modèle pour nos jeunes trop souvent affaiblis par la vie facile, le confort et le tout-cuit.C.LALANDE DELAHAYE (Gilbert) MARTINE FAIT DU THEATRE.Aquarelles de Marcel Marlier.[Tournai, Caster-man, 1959.] 19p.ill.25.5cm.(Coll.Farandole) $0.90 (frais de port en plus) Pour enfants Ce livre fait partie d’une délicieuse collection pour enfants.Martine, ses camarades et le fidèle Patapouf ont découvert un endroit merveilleux: le grenier.On ouvre une vieille caisse.Que de rubans, dentelles, robes à falbalas, plumes ! Chacun endosse le costume de son choix, les garçons préparent un décor et toc.toc.toc.le rideau s’ouvre.C’est l’histoire d’un prince légendaire et d’une princesse jolie.Le texte est clair, facile à lire pour les enfants et abondamment illustré de dessins de bon goût.C.LALANDE GROSRICHARD (Yves) CONTE DES MESANGES BLEUES.Imagé par Alain Grée.[Tournai] Casterman [1959].30p.ill.32cm.(Coll.Plaisir des contes).Relié $2.50 (frais de port en plus) Pour enfants Michel est une petit garçon insupportable qui fait le désespoir de ses parents.L’étude, les devoirs, l'application en classe, les services à rendre à la maison, tout cela le laisse indifférent.On l’appelait « Le Moucheron » jusqu’au jour où il parvint à apprivoiser et à soigner une petite mésange bleue.Charmante histoire illustrée d’images aux couleurs vives, qui a pour mérite d’amuser les très jeunes enfants tout en leur faisant aimer les vertus propres à leur âge.C.LALANDE HANSEN (Vilh.) PETZ1 AU PAYS DU SOMMEIL.[Tournai] Casterman [1959].32p.ill.27.5cm.$0.90 (frais de port en plus) Pour enfants Amusantes aventures, illustrées, de Petzi, un joyeux ourson entouré de sympathiques amis: un phoque, un pingouin et un pélican.Pour dégager leur navire échoué entre deux rives rapprochées, toute une bande d’animaux viennent à leur secours.Ils peuvent ainsi achever leur merveilleux voyage autour du monde.C.LALANDE Un bon placement Comment réussir mes études par Pierre Ricour Un ouvrage que tout étudiant devrait lire et relire.On y trouve des précisions très détaillées sur les meilleures méthodes de travail.112 pages.19cm.12 hors-texte $1.25 (par la poste $1.35) Chez FIDES 53 SALTEN (Félix) LES ENFANTS DE BAM-BI.Texte français de Monique Naves-Yersin, imagé par Jeanne Hives d’après Walt Disney.[Paris] Hachette [cl959].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 167) Relié $2.25 (frais de port en plus) Pour jeunes Bambi n'est plus le faon frêle et enjoué que les enfants ont tant aimé.C’est maintenant un prince à l’allure fière et grave, la tête haute ornée d’une magnifique ramure bronzée.Son épouse, la délicieuse Faline, lui a donné deux enfants: Geno, toujours inquiet de sa sécurité, et Gurri, légère et insouciante de tout danger.Bambi veille sur les siens; il les instruit de la vie en forêt, des dangers qui les guettent, de l’horrible odeur de l’Homme à la main de feu qui tue.Alertés par le signal d'alarme de leurs sentinelles — pie, merles, écureuils — les chevreuils apprennent à fuir au plus épais dans les taillis.La saison de la chasse, « la grande terreur » comme ils l’appellent, et l’hiver avec ses froids piquants et ses soucis de nourriture, sont pour eux une dure épreuve de courage et d’endurance.Bambi et ses enfants en sortiront-ils vainqueurs ?Malgré une surveillance de tous les instants, le malheur n’épargnera pas Gurri, la petite princesse.Histoire charmante, pleine de fraîcheur et de poésie que les jeune! liront avec joie.C.LALANDE SZABO (Thomas) LES ENFANTS DE BUDAPEST.Journal d'un insurgé de quinze ans.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Editions Al-satia [1959].218p.ill.20cm.(Coll.Rubans noirs) $2.35 (frais de port en plus) Pour adolescents « Partout dans le monde, des millions d’hommes s’élanceront dans quelques heures vers leur travail quotidien.Les jeunes gens de mon âge, ceux des autres continents, préparent leurs devoirs ou bien sortent de leur lit pour partir en classe.Mais nous.» Mais eux?Cette nuit-là à Budapest, Thomas, un adolescent de 15 ans, se préparait à rejoindre ses camarades pour continuer à combattre pour la Liberté.Cette nuit-là.il n’y a pas longtemps, en 1956 plus précisément, des adolescents et même des enfants allaient se battre pour leur pays.Le journal de Thomas Szabo sur les « événements * de 1956 en Hongrie ne manquera pas d’émouvoir tous les adolescents en élargissant leur cœur à la dimension du monde.Ce livre écrit par un jeune pour les jeunes plaira davantage à ces derniers que les ouvrages des meilleurs écrivains.Pierre Joubert a merveilleusement illustré la couverture et les pages intérieures; ce qui ajoute à la valeur du « document ».D.HOULE Au Club Canadien du Livre Vous payez 4 ouvrages brochés Vous en recevez 6 dont 4 reliés Chaque mois un livre relié pour le prix du meme livre broche.GRATUIT Sélection de novembre 1939 LE BONHEUR A VENISE par Franz Weyergans Un livre-prime û tour nouvel abonné.GRATUIT Un livre-prime oprès achat de 4 sélections.UNE SEULE CONDITION "Un charmant roman qui, sous son apparence un peu légère, montre que les liens du mariage restent les plus forts, même quand les époux, détachés de toute croyance, les croient brisés.On ne saurait assez recommander la lecture de ce roman qui confirme le talent de Franz Weyergans." (Jacques Hérissay, Livres et Lectures) S'engager à acheter 4 sélections en 12 mois.187p.18.5cm.Relié Prix aux membres du Club: $2.25 Bulletin d’inscription (à découper ou à recopie') CLUB CANADIEN DU LIVRE Veuil’ez m'inscrire au Club Canadien du Livre et me foire porvenir la sélection de novembre (Le bonheur 6 Venise de F.Weyergans, au prix de $2.25 franco), ainsi que votre Tivre-pr me d'inscription.Je m'engage à acheter au moins 3 autres sélections au cours des 12 prochains mois.Vous vous engagez, pour votre part, à m'adresser votre circulaire mensuelle et A me donner un livre-prime chcaue fois que j’auroi acheté 4 sélections.25 «st, rue Saint-Jacques MONTREAL Nom Adresse N'oubliez pas de vous inscrire avont le 10 octobre 1959.UN.1-9621 54 Nouveautés Les procès de Jeanne d’Arc « Réunis pour la première fois dans un même volume, les deux procès, avec leurs détails authentiques, éclairent d'une nouvelle lumière l’un des « cas » h s plus controversés de tous les temps.» Préf.du R.P.Riquet, s.j.383p.19.5cm.Coll.* L’histoire en appel » $3.00 (por la poste $3.10) La prière Les sources — Principes — Lo prière commune — L'oraison — Prière et apostolat Cet ouvrage vise « a aider les religieuses de notre temps à mieux accomplir l’une des tâches les plus essentielles de leur état ».Préf.du R.F.Pic, o.p.330p.22.5cm.Col1.Problèmes de la religieuse d'aujourd'hui $3.15 (par la poste $3.25) Maria Montessori L’esprit* absorbant* de l’enfant* Le dernier message de celle qui s'est attachée à rendre à l'enfant sa place parmi les hommes.Texte français de Georgette J.-J.Bernard 24lp.21.5cm.$5.10 (par la poste $5.20) Coll.Convergences L’homme devant l’échec par Le Groupe Lyonnais d’Etudes Médicales La notion dechec garde-t-elle la valeur qu?nous lui donnons, lors-au'il s'agit d'êtres humains pris individuellement ?233p.20cm.$2.85 (par la poste $2.95) Saint Ignace Lettres Traduites et commentées par Gervais Dumeige, s.j.Considérées comme une des sources — et non la moins abondante — d: la spiritualité ignatienne, ces lettres sont décisives pour la connaissance de la personnalité de saint Ignace.526p.20cm.Indication des noms propres.Table des Lettres $6.90 (par la poste $7.05) Suzanne-Marie Durand Vie Choix de textes Ces textes introduisent au travail personnel qui fera acquérir lentement la vraie « sagesse ».Il s’en dégage une densité et une intensité que les textes littéraires sont loin de toujours offrir.Intr.de Pierre Faure 323p.21cm.$3.35 (par la poste $3.50) E.Crippa, s.c.j.Maman L'auteur expose, dans un style clair, simple et enchanteur, toute la beauté et la grandeur de la vocation d'une maman.111p.18.5cm.7 photos pleine page $1.00 (par la poste $1.10) Coll.Recherches et débats du Centre catholique des Inte'lectuels français La vie de l’Eglise sous Pie XII « Un premier raccourci des orientations et des acquisitions qui donnent un style original et un contenu substance! à la vie d?l’Eglise sous Pie XII ».251p.19.5cm.$1.75 (por la poste $1.85) - En vente à - Henri Van Lier Les arts de l’espace Peinture, Sculpture, Architecture, Arts décoratifs • Un guide fidèle, complet, sans cesse attentif, à travers l’art, au pro-blèm?général de l’humanisme contemporain.qui intéressera quiconque se préoccupe aujourd'hui de culture.» 400p.21cm.$3.35 (par la poste $3.50) P.Léopold Bertsche, S.O.Cist.Epouse du Christ Brèves exhortations pour les religieuses Traduit par l'abbé X.Fessier Thèmes de méditation et d’examen inspirés de l'idéal religieux, dispensés en courts chapitres et répartis sur 52 semaines.2 volumes.18.5cm.Tome I — 161p.Tome II— 146p.$1.90 chacun (par la poste $2.00) Saint Ignace Journal spirituel La première traduction française des pages extraordinaires que constitue le Journal spirituel.145p.20cm.$3.05 (par lo poste $3.15) Cardinal Richaud Archevêque de Bordeaux Dans les chaînes du Christ Extraits de sermons et discours, allocutions et lettres pastorales « Toute la religion, au service de toutes les âmes, dans toutes 1st circonstances de la vie d’aujourd’hui.Un arsenal et un trésor ».652p.20cm.$9.90 (par la poste $10.10) MONTREAL — 25 est, rue Saint-Jacques SAINT-BONIFACE, Man.— 135, ave Provencher RIVIERE-DU-LOUP, P.Q.— 456, rue Lafontaine AMQUI, P.Q.— Boulevard Saint-Benoît RIMOUSKI, P.Q.— Edifice des Loisirs Saint-Germain THETFORD, P.Q.— 21, rue Saint-Joseph est 55 des 1 i I * 'Z'.- 1 1 Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d'Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.ARAGON, Là Semaine sainte .B?BILLY (A.), Le badaud de Paris et d’ailleurs.B BLOND (G.), Les naufragés de Paris .B?BLOND (G.), L’amiral Togo, samouraï de la mer .T® BUCHWALD (A.), J’ai choisi le caviar .TB CESBRON (Gilbert), Tout dort et je veille .B CHAUFFIN (Yvonne), La bnïlure .B?CHRISTIE (Agatha), Témoin indésirable .TB EDGAR-BONNET (G.), Ferdinand de Lesseps .B FERBER (Edna), Palais de glace .B?GENEVOIX (Maurice), Le jardin dans l'ile.TB GOURFINKEL (Nina), Lénine .TB GREEN (Julien), Le bel aujourd’hui .TB GREENE (Graham), Notre agent à La Havane .B?GROUSSARD (S.), La Passion du Maure .B GROUSSARD (S.), Quartier chinois .B GUARESCHI (G.), A la Milanaise .B HARDY (René), Sentinelle perdue .B?HEBRARD (Frédérique), Un visage .B HELLMUT KIRST (Hans), De ces mains que voici .D KOUZNIETSOFF (A.), L’étoile dans le brouillard .B KESSEL (Joseph), Le lion .TB MADEC (R.), L’abbé Garrec et l’assassin photographe .TB MAURIER (Daphné du), Gérald .B?OLIVIER (Daria), L’anneau de fer .B?OUVRARD (J.), L’assassin est dans le couvent TB POURRAT (Henri), L’aventure de Roquefort TB SIMENON (G.), Maigret et les témoins récalcitrants .TB SIMON (P.-H.), Portrait d'un officier B?SOUBIRAN (André), A u revoir docteur Roch B?SUYIN (Han), La montagne est jeune .M THIBON (G.), Vous serez comme des dieux TB-S TOESCA (Maurice), Les Fonctionnaires .D VAN DER MEERSCH (M.), Masques de chair D VILALLONGA (J.-L.de), L’homme de sang D WEYERGANS (F.), Le bonheur à Venise B Signification des cotes M — mauvais B — pour adultes D —dangereux TB — pour tous B?— appelle des réserves TB-S — pour tous mais spécialisé 56 Une pièce riche de substance .BOUSILLE LT LES JUSTES de Grotien Gélinas Après de longues années de silence, Gratien Gélinas revient à la scène avec une pièce fort belle, riche de substance et habilement menée.Comédie dramatique où les, temps forts du rire et des larmes sont savamment dosés, Bousille et les justes nous convie tantôt à une satire moliéresque des travers et des vices de notre société, tantôt à une confrontation au plus haut point tragique des puissances du mal acharnées à détruire les gênantes puissances du bien.Voici les personnages et les éléments du drame.Une famille de Saint-Tite arrive à Montréal pour participer au procès d’un des siens, Aimé Grenon, sur qui pèse une accusation de meurtre.Il y a la mère, tout en larmes, traînant dans sa valise la photo de premier communiant de son fils et une statue porte-bonheur.Il y a la fille, Aurore, vindicative et vaniteuse.Il y a le gendre, Phil Vezeau, époux d’Au-rore, aussi lâche que gai luron, à la recherche de tous les petits plaisirs, ceux de la bouteille comme des fréquentations louches.Il y a le fils, Henri Grenon, le fort, le dur, qui a la main haute et ferme sur la famille qu’il mène à la façon du c bulldozer » auquel Bousille l’identifie.Il y a la douce Noëlla, épouse d’Henri, l’incarnation même de la bonté, toujours secourable à qui a besoin de l’aide de son bras ou de la compréhension de son cœur.Il y a surtout Bousille, vaguement apparenté à la famille Grenon dont il est devenu le souffre-douleur et le portefaix, âme simple mais cœur droit et pieux que seule Noëlla comprend et aime.Il y a enfin des personnages épisodiques tels que Colette Marcoux, l’ex-fian-cée d’Aimé Grenon, amie de Noëlla, l’avocat, le frère Nolasque.Face au malheur qui la menace, la famille Grenon — exception faite de Noëlla et de Bousille — redoute moins les représailles de la justice sur la personne d’Aimé que le déshonneur qui en rejaillirait sur une famille qui se dit respectable.On fait venir l’avocat de la défense qui se montre plutôt optimiste: BEAUX-ARTS d’après les premières dépositions des témoins, il appert qu’Aimé Grenon aurait frappé sa victime dans un geste de légitime défense.Mais après une minutieuse interrogation des personnes impliquées dans le drame, les choses se gâtent.L’avocat se rend compte qu’Aimé Grenon est une peu intéressante crapule, ami de la dive bouteille, querelleur et jaloux, qui a bel et bien prémédité le meurtre de sa victime parce que celle-ci faisait la cour à Colette Marcoux.La déposition de Bousille est formelle à ce sujet, et c’est lui qui tient en main la clé du procès comme du drame.De son témoignage — l’avocat le laisse clairement entendre — dépendra le sort de l’accusé.Or il se trouve que Bousille est au plus haut point conscient de la gravité de l’acte qu’il va poser en jurant sur l’Evangile, et désireux de « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ».Ce qui importe d’abord pour lui, c’est d’obéir aux dictées de sa conscience, et il eût devancé le procès tant était grande sa hâte de faire la lumière sur cette ténébreuse affaire.Il va sans dire que la famille Grenon ne l’entend pas ainsi.Ici le drame se resserre.Il s’agit de persuader Bousille de tronquer sa déposition.Ce n’est pas tâche facile.Flatteries, promesses, pots de vin, à tout cela, Bousille oppose la tranquille logique de ses convictions religieuses.A l’argumentation retorse d’Henri et de Phil, il répond par ces notions de catéchisme qu’il a non seulement emmagasinées dans sa tête, mais dont il a nourri sa vie.Voyant que la douceur n’aboutissait qu’à sa propre confusion, Henri précipite les choses et use de violence.Aux menaces s’ajoutent les voies de fait, et le pauvre Bousille, la jambe tordue de douleur, se voit arracher la promesse — faite sur l’Evangile ! — de témoigner dans le sens que souhaite Henri.La suite de l’histoire, c’est le procès qui se conclut à l’acquittement de l’accusé.La famille Grenon triomphe, mais c’est en fait du pauvre Bousille.La 57 dernière scène nous le montre, arrivant à l’hôtel, ivre et épuisé, en proie à un épouvantable cauchemar, et expliquant que le Bon Dieu l’avait « laissé tomber » parce que lui-même L’avait « d'abord laissé tomber ».11 expire en demandant grâce, et la douce Noëlla, qui a tenté de l’apaiser, appelle sur cette âme simple la miséricorde d’un Dieu tellement plus secourable aux petits qui ont bonne volonté qu’aux puissants, orgueilleux, durs et retors.Ici, par un étrange renversement des choses, il y a dans la mort du pauvre Bousille, quelque chose de plus profondément triomphal que dans la sordide victoire de la sordide famille Grenon.Gratien Gélinas a manifestement voulu, par cette histoire, stigmatiser les vices d’une société phari-saïque acharnée à fouler aux pieds le droit et la justice pourvu que soient sauves les apparences de l’honneur.Il a voulu aussi stigmatiser, entre autres déviations, les dévotionnettes qui, tenant lieu de religion, ne sont que des moyens, parmi tant d’autres, d’aboutir à des fins honorables ou non.Mais il a surtout voulu — cela semble l’évidence même ! — faire l’éloge de cette sagesse des petits et des humbles, sagesse qui, prenant ses racines dans l’Evangile, est tellement plus élevée et cohérente que la sagesse des puissants de ce monde.Rien de plus significatif, à cet égard, que la confrontation de Bousille avec Phil et Henri, la veille du procès, alors que ce dernier, impuissant à confondre le pauvre Bousille, doit recourir à la violence pour le faire céder.A côté de Bousille, il y a ce radieux personnage de Noëlla dont la seule présence départage les éléments troubles des éléments sains du drame qui s’engage.Cette pièce, dont le message est si tonique, est une réussite du point de vue technique.Les divers A l’écran - LA RÉDEMPTION VENISE (CCC) — « La Rédemption », film sur la vie de Noire-Seigneur Jésus-Christ, réalisé par « Pro Civitate Christiana », a été présenté en première mondiale à Venise.Le film décrit la vie de Jésus-Christ d'après les peintures les plus célèbres.Il s'inspire, en effet, des œuvres les plus connues du Tintoret, du Masaccio, de Simone Martini, de Fra Angelico, de Veronese, de Luca Signorelli, de Giovanni Bellini, de Léonard de Vinci, de Raphaël, de Giorgione, de Michel-Ange, de Duccio de Boninsegna, du Caravage.Le film a été réalisé par Vincenzo Lucci Chiarissi, la musique étant de Romand Vlad.LE DIALOGUE DES CARMÉLITES PARIS (CCC) — L'œuvre de Bernanos « Journal d'un Curé de Campagne » a déjà fait l'objet d'un film fort réussi; l'on a tourné un nouveau film inspiré par une œuvre du même écrivain, le « Dialogue des Carmélites ».personnages nous sont habilement présentés, avec leurs lignes de force qui influeront sur le déroulement du drame.Ils sont cohérents et plausibles, sauf ceux de la mère et du frère Nolasque qui tournent un peu à la caricature.L’action est menée avec une rigoureuse logique.La langue est savoureuse, prodigue de traits d’esprit et de percutantes répliques.On regrette seulement, ici et là, le recours à des recettes trop faciles pour amuser à tout prix, une vulgarité sur laquelle on appuie trop; mais ce sont là des reproches mineurs.Quant aux interprètes, ils collent si bien à la peau des personnages qu’on se demande si Gratien Gélinas en créant ceux-ci n’a pas pensé déjà à ceux-là.Il y a quelques mois, Gratien Gélinas, exposant les grandes lignes de son credo professionnel, disait ceci: « Travaille pour les tiens, tu n’auras pas perdu ta vie.Ecris pour l’homme de ton pays, de ta ville, de ta rue.Si tu écris pour lui, il viendra cet homme oublié de ta rue, s’asseoir devant ton œuvre [.] Et, les mains posées sur les genoux, il rira et pleurera.Et il n’aura point envie de s’en aller, car — comme jamais jusque-là — il se verra lui-même et pas un autre en toi » 1.En regardant Bousille et les justes, le public canadien n’a vraiment pas envie de s’en aller; il se reconnaît là, sur la scène, avec ses vices et ses faiblesses, mais aussi avec ces puissances de rachat et de résurrection que le christianisme a déposées en lui.Il se reconnaît et il se sent devenir meilleur.C’est là, il nous semble, le plus bel éloge que puisse mériter un auteur dramatique.R.LECLERC 1.La Presse, 13 avril 1959, p.23.Une réédition attendue Félix Leclerc Le hamac dans les voiles (extraits de « Adagio ».« Allegro », « Andante ») "Une sorte de Giono populaire.Il soit mener un récit sons le déloyer por des descriptions qui risqueraient de l'amoindrir ou de créer des poncifs." (Mon Programme.Paris) 140 p.21,5cm $1.50 (por la poste $1.60) ___________________________Chez FIDES 58 mmDE* MAITRES Un disque VEGA: Francis Jammes Un disque consacré à Francis Jammes vient de s’ajouter à la collection Poètes d’aujourd’hui qui est sous la direction littéraire de Pierre Seghers.Né en 1868, et mort en 1938, Francis Jammes a laissé une œuvre littéraire très personnelle inspirée surtout par la nature.François Mauriac a écrit de cette œuvre qu’elle réconciliait la nature et la grâce, et André Rousseaux a défini la vie poétique de Jammes comme étant « l’art de se dégager de Jean-Jacques pour se re.rouver en saint François ».On retrouvera dans ce disque la simplicité voulue, l’émotion discrète et contenue, l’humour nuancé d’émotion qui sont les dominantes de l’œuvre poétique de Jammes.A côté d’extraits assez quelconques et peu connus tels que La jeune fille, tu seras nue, Elégie quatorzième, on en trouve d’autres aussi denses et émouvants que Qu’est-ce que le bonheur (Tout est vain qui n’a pas le grand calme de Dieu.) et Finale, ou aussi familiers que la plaintive oraison des Mystères douloureux ou que la touchante Prière pour aller au paradis avec les ânes.L’interprétation de Jean Né-groni est de qualité.(Microsillon longue durée, 7 pouces — VEGA — P 37 A 4013) Un disque PACIFIC: Les plus belles pages de Colette Ce microsillon comprend les extraits suivants: Les vril'.es de la vigne, La chatte, Mitsou, l’Etoile Vesper, Maternité, Bastienne, Ma mère et le fruit défendu, La naissance du jour, Deux sous de noisette, La vagabonde.Un choix fait chez un auteur aussi prolifique que Colet:e peut évidemment être fort discutable.Chacun peut se dire que tel extrait eût été préférable à tel autre.A insi, nous' croyons que la fantaisie charmante de l’écureuil Pitiriki eût avantageusement remplacé l’histoire de La chatte.Quoi qu’il en soit, ce disque a enregistré, sinon les plus belles pages de Colette, quelques unes des belles pages de cet auteur, et donne un aperçu assez significatif de l’ensemble de son œuvre.On goûtera tout particulièrement l’émouvant texte de Ma mère et le fruit défendu, un magnifique poème en prose à la gloire de l’irréductible dévouement maternel.Muse Dalbray et Tristan Sévère alternent pour nous réciter ces extraits avec intelligence et ferveur.Sur la pochette du disque, Muse Dalbray souhaite que les extraits enregistrés donnent le goût de lire l’œuvre entière.A ce propos, il faut signaler que si ce disque est acceptable, du point de vue moral, on ne peut en dire autant de tous les ouvrages de Colette.Bon nombre de pages ici présentées sont extraites de livres mauvais: Les vrilles de la vigne, La chatte, L’envers du music-hall, La naissance du jour, La vagabonde.Par ailleurs, La maison de Claudine est un livre dangereux alors que L’Etoile Vesper ainsi que Sido appellent des réserves.(Microsillon longue durée, 10 pouces — PACIFIC — LDP-B 232 Medium) Un disque RADIO-MARIE: « Il les aima jusqu’à la fin » Radio-Marie vient de mettre sur la marché un disque d’une rare qualité: Il les aima jusqu’à la fin, la passion selon saint Jean récitée par René-Salvator Catta.On sait que M.Catta s’est acquis, au Canada comme en France, une réputation enviable et méritée dans le domaine de la récitation biblique.Grand artiste du verbe, M.Catta sait, comme nul autre, valoriser le texte sacré, en exprimer toutes les nuances, en dégager aussi la portée.Doué d’un timbre de voix particulièrement riche, agréable et souple, il peut réciter pendant des heures sans que l’auditeur se lasse de ce captivant monologue.On s’en rendra compte en écoutant ce magnifique disque où M.Catta met toutes les ressources et les richesses de son art au service d’un des plus beaux textes sacrés qui soient: la Passion selon saint Jean, suivie du récit de la Résurrection.C'est véritablement un drame que M.Catta fait revivre pour ses audi.eurs, un drame où tour à tour il épouse la psychologie des différents personnages qui y sont engagés.Le texte qu’il récite est emprunté à la Bible de Jérusalem, avec de légères variantes, à peine perceptibles.Une musique d’orgue, discrète et émouvante, soutient le texte et en lie les différentes parties.Elle est composée et exécutée par Louis Collard.C’est un de ces disques que ion ne regrette pas d’avoir achetés ! (Microsillon longue durée, 12 pouces — NDC 335909) R.L.59 .' - | .RH HR fi» S8§ll«iiips t\ :.*.•' avA'X- .vXVv Çx^n'nX'^Sw F® « J’ai vu l’autre jour à la télévision un interview de Mme Han Suyin qui m’a beaucoup plu.Et j’aimerais avoir des renseignements sur cette femme et connaître la valeur de son œuvre.» J.D.— Mme Suyin serait née à Pékin où elle a fait ses études dans une université chinoise.Elle a voyagé en Europe pendant deux ans, puis est revenue en Chine au moment de la guerre sino-japonaise.Elle écrivit alors Destination Tchougking, qui est un tableau de la Chine libre, des souffrances du peuple chinois et de la vie dans les vieilles provinces féodales de la Chine occidentale.De retour en Angleterre, elle termina ses études de médecine, puis elle retourna en Asie.Son second roman, Multiple splendeur, raconte l’amour d’une jeune chinoise pour un correspondant de guerre anglais, dans le cadre tourmenté de l’Asie d’après-guerre.Ces deux ouvrages appellent certaines réserves.Tout récemment, Mme Suyin publiait un autre roman La montagne est jeune, et cet ouvrage se méritait une sévère critique de la revue Livres et Lectures (juillet-août 1959, p.418): « Han Suyin s'enfonce résolument dans le paganisme.Un paganisme dont le culte est la chair et la beauté.Ce long roman sur le Népal est rempli d’une intensité de poésie et d’une ferveur de passion sensuelle, que les ouvrages précédents faisaient pressentir sans y atteindre.A déconseiller.» « Est-il vrai que Les Misérables de Victor Hugo ne sont plus à Hndex ?» P.L.— Oui et non.En fait, une seule édition, à date, n'est plus à l’Index: l’édition italienne publiée par les Editions San Paolo de Milan.La Sacrée Congrégation de l’Index a permis à ces éditeurs de publier le fameux roman de Victor Hugo à la condition qu’on explique ce qui, dans le roman, est en opposition avec la doctrine catholique.C’est ce qu'a fait Gennaro Auletta dans une longue introduction à l’édition italienne, introduction qui explique les motifs de la condamnation du livre par la Congrégation de l’Index.Les autres éditions des Misérables, ne contenant pas ces explications, demeurent à l’Index.?* * « On m’a confié Vorganisation d’une bibliothèque paroissiale.Des bienfaiteurs nous ont donné un certain nombre de livres de valeur inégale: Balzac, Delly, Sagan etc.M.le curé compte sur moi pour faire un tri là-dedans.Pourriez-vous me dire où je pourrais trouver des indications me permettant de juger rapidement la valeur morale de ces livres ?» M.N.— Je vous conseille de vous acheter deux livres qui sont pour vous de toute première nécessité: une édition récente du Répertoire de Sagehomme (dans les anciennes éditions, certaines cotes n’étaient pas très justes, et elles ont été corrigées dans les dernières éditions); Je choisis mes auteurs, ouvrage de R.du Mesnil et P.Chartier, préfacé par Mgr J.Calvet et publié par les Editions Odilis.Dans ces ouvrages, vous trouverez la valeur morale des livres qui ont été publiés depuis quelques années.Pour connaître celle des ouvrages récents, je vous conseille de vous abonner à deux revues, en plus de LECTURES: Livres et Lectures et Notes bibliographiques.(L’agence PERIODICA se fera un plaisir de vous abonner à ces dernières revues.) « * c J’ai lu, dans un journal catholique, une critique très élogieuse de deux ouvrages récents: Le Repos du guerrier de Christiane Rochefort et Comme tout le monde d’Annabel.Auriez-vous l'obligeance de me donner la cote de ces livres ?Je me suis procuré ces romans, et après avoir feuilleté quelques pages du premier, f hésite à en poursuivre la lecture.» M.O.— Ce sont deux ouvrages à proscrire.Le livre de Christiane Roche-fort est, au dire même des critiques français, « particulièrement nauséabond ».C’est l’histoire de la déchéance d’une hystérique qui se livre, par pseudo-charité, aux appétits divers d'un ivrogne.Il est significatif que le Jury des Goncourt ainsi que le Jury du Prix Femina à qui ce livre a été soumis aient refusé de le couronner en raison même de son obscénité.On sait pourtant que ces messieurs et dames ne sont pas très exigeants, d’ordinaire, pour la valeur morale des livres qu’ils priment.Quant au livre d’Annabel, c’est un autre roman qui tournent autour d’histoires de coucheries.La critique catholique française s’est étonnée de ce qu’on ait trouvé quelqu'un pour éditer ce roman dont la pauvreté littéraire ne compense même pas l’immoralité du fond.Il arrive malheureusement parfois que des journaux catholiques fassent, par inadvertance, de la publicité autour d’ouvrages de ce genre.C'est qu’ils utilisent des articles qui leur parviennent d’agences étrangères.Cela leur permet de remplir des colonnes, mais ce n’est pas toujours pour le plus grand bien de leurs lecteurs.60 FAITS el—y COMMENTAIRES Les amis de Marie Noël apprendront sans doute avec joie qu'on annonce, pour l’automne, la publication des notes intimes que la poétesse d'Auxerre confie à son journal depuis 1920.* * * PARIS (CCC) La prochaine « Semaine des intellectuels catholiques », organisée comme chaque année par le « Centre catholique des intellectuels français », aura lieu à Paris du 18 au 24 novembre.Les débats auront pour thème général: Le mystère.Plus de vingt personnalités y prendront la parole, parmi lesquelles M.Etienne Gilson et M.François Mauriac, de l'Académie française.La séance de clôture sera présidée par Son Em.le cardinal Feltin.archevêque de Paris.* * * Mgr Olivier Maurault publiera, sous peu, aux Editions Fides, un ouvrage intitulé Confidences.L’ancien recteur de l'Université de Montréal nous y raconte ses souvenirs dans ce style dont on a déjà goûté, dans ses précédents ouvrages, la distinction aimable et raffinée.* * * OTTAWA (CCC) — La popularité du successeur de Pie XII va croissant, aussi bien parmi les fidèles de Rome, les pèlerins et les touristes que dans le monde politique international.En l'espace de quelques mois, Jean XXIII n'a-t-il pas vu venir à lui plusieurs chefs d Etats musulmans, l’ancienne reine d’Angleterre et la princesse Margaret, les monarques de Grèce, le général de Gaulle, le chef du gouvernement japonais, pour ne citer que quelques noms?Comment expliquer cette popularité?Sans doute par le prestige que le pape Pie XII a assuré à la papauté et par la personnalité de son successeur.De cette attachante personnalité, un livre de M.Lassarini, rédacteur à l'Osservatore Romano, traduit en français par M.l’abbé R.Virrion (Salvator), révèle la formation et les composantes.Ce livre a été écrit avec amour et humour.L’auteur multiplie les anecdotes et les épisodes qui appellent l’attention du lecteur et s’inscrivent dans sa mémoire.FAIT SANS PRÉCÉDENT À LA TÉLÉVISION CANADIENNE MONTREAL (CCC) — Le dimanche 27 septembre, le studio 42 de la Société Radio-Canada, à Montréal, s’est transformé en un lieu de prière.En effet, à l’occasion du « Dimanche des techniques de diffusion », une messe y a été célébrée par Son Em.le cardinal Léger, archevêque de Montréal, en présence de plus de 200 représentants de la presse, de la radio et de la télévision.C’est ,’ù un fait sans précédent dans les annales de la télé'"*tnn canadienne et de la Société adin-Canada.Les RR.PP.Emile Legault, c.s.c., et Gaston Fontaine, c.r.i.c., ont commenté cette messe pour le profit de l'assistance en studio et celui de tous les téléspectateurs aux écoutes.L’épiire et l’évangile ont été lus en français par deux artistes de la télévision: MM.René Major et Robert Rivard.Au terme de cette messe, célébrée avec les responsables de la presse, de la radio et de la télévision, Son Em.le cardinal Léger en a dégagé les conclusions pratiques et la portée.« Les techniques de diffusion, a-t-il dit, sont des dons précieux de Dieu.L’Eglise ne les condamne pas; elle rappelle seulement que leur mission est de servir la cause du beau, la cause de la vérité.Le rôle des catholiques est d’aider ces techniques à remplir efficacement leur mission.» POUR U N F.PHILOSOPHIE CHRETIENNE DF I.HISTOIR1 PARIS (CCC) — Jacques Mari tain vient de publier, aux éditions du Seuil, un volume intitulé Pour une Philosophie chrétienne de l’Histoire.La philosophie de l’histoire est née au XIXe siècle, dans un milieu étranger au christianisme.Jacques Maritain tente ici d’élaborer une philosophie proprement chrétienne de l'histoire.Revenant sans cesse à l’idée d’une liberté humaine qui peut introduire le mal à l’intérieur de l’œuvre divine, Jacques Maritain montre comment tout progrès est lui-même ambigu, comment les phases mêmes de l'histoire restent au point de vue moral positives et négatives tout à la fois et comment la fin de l’histoire serait la soumission du monde naturel au monde surnaturel.61 Congrès de la Presse catholique PARIS (CCC) — Le premier Congrès national français de la Presse catholique organisé par le C.N.P.C.(Centre national de presse catholique), s’est tenu à Paris, samedi 13 et dimanche 14 septembre, en présence de plus de 2,000 participants.Les travaux ont porté, d’une part, sur la nature et le rôle de la presse catholique, et, d’autre part, sur les problèmes posés par la diffusion des journaux.Des exposés ont été présentés, notamment, par M.G.Hourdin (Presse catholique et Presse profane); M.J.Folliet (Pluralité de la Presse chrétienne); M.Jean-Pierre Dubois-Dumée (La Presse catholique, instrument d’apostolat pour les journalistes, les diffuseurs et les lecteurs).Le R.P.A.Wenger, directeur de « La Croix », de Paris, a parlé de « La liberté de la presse catholique », montrant comment, par sa diversité même dans le domaine temporel, elle défend la vérité: « La diversité et la discussion permettent d’éliminer l'erreur, et la mise en commun de vérités partielles ou imparfaites, est une voie normale pour toujours mieux saisir la vérité que nous devons uniquement servir.» Dimanche matin, le 13 septembre, les congressistes ont assisté à une messe célébrée à leur intention à Notre-Dame de Paris, sous la présidence de Son Exc.Mgr Ménager, secrétaire général de l’Aç-tion catholique française, représentant Son Em.le cardinal Feltin.Le prélat a prononcé lui-même l’allocution de circonstance, exhortant les catholiques des différentes publications à l’unité, au-delà de leurs légitimes diversités, à la vérité objective des faits, à la fidélité à l’Eglise et à sa doctrine, enfin à la charité.La séance de clôture s’est tenue dimanche après-midi, sous la présidence de Son Em.le cardinal Feltin, archevêque de Paris et président de la Commission épiscopale française de l’information.On remarquait la présence, notamment, de M.Robert Buron, ministre des transports, ainsi que de nombreuses personnalités de la presse catholique et des mouvements d’Action catholique.Son Em.le cardinal Feltin s’est félicité du large éventail de la presse représentée à ce congrès, et il a rappelé que les différentes publications, pour diverses que soient leurs tendances, sont unies par la même foi, la même soumission à l’Eglise, le même souci apostolique.« L’Eglise respecte vos tendances, tant qu’elles ne sont pas contraires au message évangélique ».Commentant la décision de l’Assemblée des cardinaux et archevêques de France demandant de ne plus vendre, à l’intérieur des églises, que les journaux à caractère purement religieux, il a affirmé que cette décision ne tendait en aucune façon à limiter la diffusion de la presse catholique, mais simplement à préserver le caractère sacré des édifices du culte.Le congrès a pris fin par une allocution de M.René Finkelstein, directeur de « L’Union des Oeuvres », qui a réaffirmé la fidélité à l’Eglise de toutes les publications représentées au congrès.* Ceci, a-‘,-il déclaré, personne ne saurait le mettre en doute.» Pour souligner la parution du premier numéro de LECTURES dans sa formule renouvelée, le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., et Mlle Rita Leclerc ont remis un exemplaire de ce numéro à Son Exc.Mgr E.Frénette, évêque de St-Jérôme et secrétaire de la Commission épiscopale d'Education, de Presse, Radio et Cinéma.Sur la photo ci-dessus, on voit Son Excellence en compagnie du R.P.Martin.PUBLICITÉ EXAGÉRÉE AUTOUR DE CERTAINES QUESTIONS MATRIMONIALES ROME (CCC) — L’Osservatore Romano, sans nommer les protagonistes de ces affaires familiales, a consacré un article aux affaires matrimoniales de Mme Maria Mc-neghini-Callas et aux enfants de Ingrid Bergman et de Renzo Rossellini, article déplorant le comportement de la presse, la publicité faite Rappel Histoire du Canada par les textes par Guy Frégault, Michel Brunet et Marcel Trudel « Grâce à ces textes, le passé reprend vie.Nous sommes plongés en plein coeur des grands problèmes.L'étude et renseignement de l'histoire y gagnent singulièrement en intérêt.» 298 pages.Relié.24cm.Cartes et index analytique $4.50 (par la poste $4.70) Chez FIDES 62 autour de ces douloureuses affaires, et le peu de cas que l’on fait des valeurs morales.Le journal constate, avec amertume, que l'on assiste à une véritable « vivisection » de certaines affaires familiales, et que l’on y soumet tous ceux qui, de près ou de loin, « même jusqu'aux parents au troisième degré » sont mêlés à ces affaires.€ On pénètre — déclare le journal — jusque dans la vie privée des gens, dans leurs sentiments, dans leurs intentions.On met à vif les consciences.On les fouille sous les yeux du public.On prétend que tout cela se résume à de la publicité pour les personnages visés.Mais, dans ce cas, il faut reconnaître que la presse spécule sur une curiosité qui constitue une véritable taxe sur les sots.» Pour ce qui est du deuxième cas, l'avocat de Ingrid Bergman ayant dit que c'est sur les « normes de la civilisation moderne, en vigueur dans les pays les plus évolués », que se base sa cliente pour obtenir la garde de ses enfants, L'Osservatore Romano déclare: • En fait de civilisation, nous préférons celle où dans la famille, le père et la mère ne forcent pas leurs enfants à supporter, pendant toute leur vie, les conséquences de leurs caprices égoïstes, au lieu d'accepter leur devoir de se sacrifier pour ceux qui ne leur ont pas demandé de venir au monde.» - INDEX DES ANNABEL, p.60 ARAGON, p.56 BARTHELEMY, p.46 BAYARD (G.), p.52 BERNARD (J.-J.), p.47 BILLY (A.), p.56 BLOND (G.); p.56 BROCHET (H.), p.52 BUCHWALD (A.), p.56 CESBRON (G.), p.56 CHANCEREL (L.), p.52 CHAUFFIN (Y.), p.56 Les chrétiens et la culture, p.35 CHRISTIE (A.), p.56 CLEMENCE, p.53 CRONIN (A.J.), p.53 CRUBELLIER (M.), p.41 DELAHAYE (G.), p.53 DUVIC (G.O.), p.52 EDGAR-BONNET (G.), p.56 FERBER (E.), p.56 GENEVOIX (M.), p.56 GELINAS (G.), p.57 GOURFINKEL (N.), p.56 GREENE (G.), p.56 GROSRICHARD (Y.), p.53 GROUSSARD (S.), p.56 GUARESCHI (G.), p.56 HANSEN (V.), p.53 HARDY (R.), p.56 HEBRARD (F.), p.56 HELLMUT KIRST (H ), p.56 AUTEURS - HOURDIN (G.), p.48 HUGO (V.), p.60 JOFFROY (P.), p.50 KOUZNIETSOFF (A.), p.56 KESSEL (J.), p.56 L’ERMITE (P.), p.49 MADEC (R ), p.56 MAURIER (D.du), p.56 NELLIGAN (E.), p.37 NELOD (G.), p.46 OLIVIER (D.), p.56 ORMESSON (W.d’), p.49 OUVRARD (J.), p.56 PETIT (P.), p.48 PIACENTINI (R.), p.51 PLOEG (J.van der), p.46 POURRAT (H.), p.56 ROCHEFORT (C), p.60 SAINT-PIERRE (M.de), p.43 SALTEN (F.), p.54 SIMENON (G.), p.56 SIMON (P.-H.), p.56 SOUBIRAN (A.), p.56 SUYIN (H.), p.56 et 60 SZABO (T.), p.54 THIBON (G.), p.56 TOESCA (M.), p.56 TRUDEL (P.E.), p.45 VAN DER MEERSCH (M.), p.56 VILALLONGA (J.-L.de), p.56 VILLAIN (M.), p.40 WEYERGANS (F.), p.56 REVUE MENSUELLE DE CULTURE ET DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Un.1-9621 Direction: R.P.Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction: Rita LECLERC Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.Abonnement annuel: $2.00 Le numéro: $0.20 - Publication approuvée par l'Ordinaire - LECTURES 63 Auteur d'ouvrages tourmentés, souvent discutés et discutables, Julien Green nous apparaît, dans son Journal, sous un jour assez différent.Il y a, dans Le Bel aujourd’hui, qui est le journal des années 55-58, des pages d'une rare élévation spirituelle, comme en témoignent les extraits publiés ci-dessous.Extraits du journal de Julien Green a voie étroite chemine le long du roc et il faut se coller à cette paroi de granit qui est Dieu, si Ion ne veut pas tomber dans l’abîme.Mais quoi, si l’on fait un pas hors de la voie étroite, que se passe-t-il ?Tombe-t-on dans le vide ?Non, la voie se fait très large, simplement.Il n’y a plus d'abîme (car la vue de l’abîme, le sentiment du gouffre est une grâce), il y a la vie facile, le plaisir, les gens qui vous tapent sur l’épaule et vous félicitent d’être redevenu raisonnable.La grande découverte alors est qu'il n’y avait pas d’abîme, pas de voie étroite, pas de rocher, et la surprise des surprises, tout au bout de la voie large (on y arrive à la fin), c'est qu'il y a vraiment ce brasier qui ne s'éteint pas et dont il est si souvent question dans l'Evangile.11 est alors un peu tard pour s'en aviser.(P.243) Le diable est grand moraliste et grand puritain.Il propose de grandes austérités dont il sait bien qu'elles amèneront des catastrophes spirituelles.Jamais il ne suggère de petits sacrifices, il vise au grand, au sensationnel, à tout ce qui frappe, à tout ce qui émeut l’imagination.Avec cela, le plus adroit, le plus sournois des artistes.La musique lui est d’un grand secours.Une belle voix le sert à merveille, car il arrive à en faire ni plus ni moins qu’un beau corps.Il est très sentimental, très tendre et parle avec une douceur exquise.Et tous nous nous y laissons prendre.Nous passons une bonne partie de notre vie à nous laisser repêcher par Dieu.Triste d'avoir à se dire que tous les jours, peut-être, nous passons à côté de nous-mêmes, à côté de celui que nous aurions pu être.Il n'y a que Dieu qui puisse te comprendre parfaitement, toi qui Iis cette page.Les mots qu'on emploie pour essayer de s'expliquer ne servent qu’à embrouiller les choses.Les Français se figurent qu'on peut tout comprendre, tout tirer au clair (« ce qui n'est pas clair n’est pas français »).Iis font une exception pour le Créateur, ils y sont bien obligés par la foi, mais si l’Eglise n'était pas là pour veiller, ils le définiraient.(P.250) (.) C'est une façon de découvrir la musi- que que d’essayer de l'entendre par l’oreille d’un grand musicien d’une époque antérieure.On rend ainsi une sorte de fraîcheur et de nouveauté à certains morceaux trop connus.On peut supposer Mozart écoutant Schubert, ou Bach écoutant Debussy, etc.De même lire un livre par les yeux d’un écrivain d’une autre époque.On a souvent des surprises.Certaines pages s’éclairent par ce jeu de contrastes.En écoutant des musiciens parler de musique, je ne puis m'empêcher de croire qu’ils entendent autre chose que nous qui sommes des ignorants et ne savons qu’aimer notre plaisir, là où ils analysent savamment un art difficile entre tous.Je me demande si l’aspect technique de certains morceaux ne leur en dérobe pas une beauté poétique que nous, profanes, recevons à plein.Ce qu’il y a de primitif et de purement instinctif dans la musique et qui se cache sous le style et les raffinements du style auxquels ils sont peut-être plus intelligemment sensibles que nous, cela, il se pourrait bien que nous le percevions directement et mieux.Quand le cœur nous bat, leur cerveau fonctionne, et sitôt après, leur langue.(P.295) On perd tout en perdant la grâce.J’ai entendu dire cela bien des fois, mais il est curieux de constater qu’un seul péché désenchante tout le monde spirituel et rend toute sa force au monde charnel.L’affreux chaos se réorganise immédiatement.Comment cela se fait-il ?Je n'en sais rien, mais il devient im-possib’e de comprendre le livre qu’on goûtait la veille, je ne veux pas dire qu’il soit impossible de le comprendre avec la tête, avec la raison, mais avec le cœur, avec l’âme, si l’on veut, cela ne se peut plus.Il y a un voile sur la page.Le livre est le même, l’âme du lecteur s'est obscurcie.Tout à coup, c’est le monde des sens qui a raison d’une manière indiscutable.Il faut céder à tous ses désirs, s’amuser le plus possible, posséder toutes sortes de choses.C'est la redoutable brèche par laquelle passe, le démon, mais il suffit d’un seul acte de contrition pour que la triste fantasmagorie s’évanouisse et que revienne la merveilleuse présence de l’invisible.L’homme qui n'a pas éprouvé ces choses ne connaît pas un des plus grands bonheurs de ce monde.(P.310)
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