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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Références

Lectures, 1960-02, Collections de BAnQ.

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La responsabilité des éducateurs en matière de lectures.p.162 * Lucien Rainier.p.163 * Pour prolonger les réflexions de la grande mission .p.165 * Emile Henriot: « Au bord du temps ».p.167 * « Réflexions sur l'Amérique » de J.Mari tain .p.168 * Notices bibliographiques p.170 * Cote morale des nouveautés en librairie.p.180 * Courrier des lecteurs 181 * Sur disque: René Guy Ca-dou, Gérard de Nerval, Aragon.p.182 * Faits et commentaires .p.183 * Les revues obscènes: les combattre mais surtout les remplacer.p.187 * Quelques « Notes intimes » de Marie Noël .p.192 FÉVRIER 1960 Jacques MAR1TAIN (voir à.la page 168) 4-a* • • * •4 *> + * 2200 La responsabilité des éducateurs en matière de lectures A -ZjLU cours d’une réunion qui s’est tenue récemment à Montréal, sous les auspices de l’Association canadienne des Bibliothécaires de langue française, on a distribué aux éducateurs une liste de livres canadiens susceptibles de constituer la bibliothèque des étudiants, de la versification à la deuxième année de philosophie inclusivement.On croit rêver en parcourant cette liste.Quel fouillis d’ouvrages ordonnés au petit bonheur ! A-t-elle été dressée à coup de catalogues ?Quoi qu’il en soit, les éducateurs seraient mal avisé de s’en servir sans y faire de sérieuses modifications.Sous prétexte de favoriser à tout prix la littérature canadienne, peut-on se permettre de conseiller aux étudiants des livres d’une valeur plus que douteuse ?Veut-on quelques exemples d’un choix imprudent ?Félix Leclerc a écrit, dans Moi, mes souliers, un intéressant ouvrage autobiographique, mais est-ce une raison pour le conseiller aux élèves de versification ?Avec leur formation plutôt rudimentaire, sauront-ils faire la part des choses en y lisant des réflexions plutôt sévères et injustes sur la prétendue omnipotence et la paresse de notre clergé ?Et croiront-ils que Sartre est un si mauvais auteur puisqu’ils auront lu, dans ce livre, qu’il a pu contribuer à la conversion d’un Trifluvien ?Le choix le plus contestable cependant est celui des titres conseillés aux élèves de philosophie.On aurait pu s’attendre à trouver ici l’ouvrage de Mgr Savard, le Barachois, mais on l’a plutôt réservé aux élèves de versification ! ! ! Aux philosophes, on préfère conseiller, entre autres, La belle bête de M.-C.Blais, Les Vivants, les morts et les autres de Pierre Gélinas, Les Canadiens errants de Jean Vaillancourt, /Malgré tout la joie d’André Giroux, Le temps des hommes d’André Langevin, Avec ou sans amour de Claire Martin, tous livres dangereux et qui ne peuvent apporter à nos étudiants aucun enrichissement valable.Que peut-on tirer de positif, par exemple, d’une histoire comme celle des Canadiens errants où l’on voit des conscrits noyer leurs ennuis dans de joyeuses rasades, blasphémer à pleine bouche, pérorer sur l’inexistence de Dieu, définir la prière comme une «séance d’autosuggestion >* et se vautrer finalement dans la prostitution a.Avec André Giroux, dans Malgré tout la joie, nos étudiants seront-ils en meilleure compagnie ?Le R.P.Gay n’a-t-il pas écrit de cet ouvrage: « [11} nous donne la nausée.Tant d’art pour un si mince objet ! Livre noir, sans air, sans appel vers en-haut, nous faisant toujours retomber sur nos misères et nos faiblesses, d’où on ne peut s’échapper.»> - On objectera sans doute que ces livres sont dans le commerce, qu’on les annonce partovt et que l’étudiant pourra se les procurer à la librairie du coin.Pauvre objection qui élimine toute possibilité d’un choix intelligent parmi la production littéraire courante, et qui livre l’étudiant pieds et poings liés au caprice et parfois à la nocivité de la publicité.Qui ne voit par ailleurs l’énorme différence entre le livre conseillé par l’éducateur et celui qui est simplement toléré par lui.L’étudiant n’est-il pas porté à considérer comme bon l’ouvrage que lui offre ses éducateurs ?On déplore actuellement une baisse progressive de la foi dans nos milieux professionnels.La littérature canadienne actuelle, issue de ces milieux, n’a rien qui permette de l’identifier comme étant la littérature d’une nation en grande majorité catholique.On constate, par ailleurs, que les écrivains contemporains affichent une impudeur de plus en plus grande, et ne craignent pas de violer, selon le mot de Pie XII, le secret du lit conjugal dont les païens eux-mêmes respectaient le mystère.A quoi cela est-il dû ?Sans doute à bien des causes, dont la filiation littéraire n’est pas la moindre.Aussi peut-on se demander avec angoisse ce qu’écriront, demain, les étudiants dont, aujourd’hui, nous guidons les lectures.1.Voir Lectures, 6 nov.1954, p.34.2.Lectures, 1er mai 1959, p.213. Etudes d'auteurs canadiens LUCIEN RAINIER Lucien Rainier (Marie-Joseph Melançon) est né à Montréal en 1877.Il était de pure souche acadienne, ce dont il s’est toujours souvenu avec émotion.Ses petites classes achevées à l'école St-Laurent, il passe au collège Ste-Marie où il fait ses études classiques.Très tôt se révèlent ses talents de poète et son goût pour la poésie.En 1895, il participe avec succès au concours de poésie du Samedi sous le pseudonyme de Léo Man.La même année, l’Ecole Littéraire de Montréal prenait naissance.Quoique sans enthousiasme — en quoi le fait de se grouper favorise-t-il l’inspiration, se demande-t-il à l'époque —, il adhère au mouvement.Il est de la première réunion et, durant deux ans, il se montre assidu aux séances.Le journal de l'Ecole consigne plusieurs mentions qui lui sont décernées.Très tôt, le petit cénacle reconnaît son autorité en matière de poésie.Nelligan, Charles Gill recherchent ses conseils.Mais l'heure des grandes décisions approche.Il hésite, retenu dans le monde non par la perspective de la gloire littéraire, mais par les nombreuses amitiés que lui avaient values ses talents de poète (et d’acteur tragique).Toutes ces attaches qui le retiennent « par son manteau de chair », il les rompt généreusement, au grand chagrin de ceux qu’il laisse derrière.Il écrit romantiquement: « J’ai brûlé, par un beau soir de clair de lune, toutes mes lettres, tous les billets de tendresse que j’ai reçus et toutes mes poésies inédites.Mes amis, au courant de ma décision, sont surpris et chagrins » (Journal inédit, 6 sept.1897).A l'automne de 1897, il fait un bref séjour chez les Jésuites puis il les quitte pour entrer au grand séminaire.Après son ordination sacerdotale, en 1900, la plus grande partie de ses activités sera consacrée au ministère auprès des religieuses.Forcé de prendre sa retraite, en 1947, il donne ses derniers loisirs aux lettres.11 meurt en 1956.On retrouve la poésie en filigrane sur toutes les pages de la vie de Lucien Rainier.Elle était la compagne de chacune de ses journées.S’il n'a laissé qu’un recueil de poésie.Avec ma vie, son activité d’écrivain ne s’est pas limitée à cette œuvre: il a semé ses poèmes (et ses pages de prose) aux quatre vents des périodiques.Ses manuscrits regorgent d’inédits.Avec ma vie, si bien intitulé, est une anthologie des poèmes écrits entre les années 1896 et 1931.Ce florilège, couronné par l’Académie Française, a l'avantage de donner les principaux thèmes de l’auteur; il a le désavantage de tracer de Lucien Rainier un portrait par trop académique que contribuerait à humaniser la publication des œuvres complètes.Un thème est cher au poète: celui de la poésie intérieure et mystique.Lucien Rainier était un méditatif par tempérament.C'est ce que nous révèle déjà un visage au front large, aux yeux profonds, brûlants, comme tournés vers l’intérieur.C’est ce que nous révèlent surtout les vingt-quatre poèmes qui composent les « saisons mystiques », première partie ù'Avec ma vie, et qui comptent parmi les plus beaux de notre littérature.Ces poèmes sont une œuvre de maturité.Le poète est frappé par les correspondances qui existent entre les changements périodiques de l'univers et les états multiples de la conscience.11 fond ces deux réalités: les saisons de la terre et les saisons de l’âme.Le poème intérieur s’enrichit alors de symboles empruntés au monde extérieur.Le passé, triste ou joyeux, affleure à la conscience du poète et prend toutes les teintes et toutes les résonances des saisons.Cette vision n'est pas propre à Lucien Rainier, mais peu de poètes l’ont rendue avec autant de discrétion et de profondeur à la fois.La poésie intime de Lucien Rainier baigne tout entière dans une atmosphère surnaturelle.Sa contemplation, nourrie de Dieu, du Christ souffrant, de la Vierge, le provoque tantôt au regret, à la tristesse, tantôt à la paix sereine, à l’abandon.Il en résulte un lyrisme sincère, rarement mièvre dans l’expression.163 Un second thème a tenté la plume de l'écrivain: le rêve.Ce thème s’apparente au premier en ce que les deux décrivent un univers intérieur.11 en diffère en ce que le monde intime que bâtit le rêve est fictif, qu’il est tout entier tiré d'une réalité extérieure que le poète sublime en quelque sorte.Cette veine que Lucien Rainier exploite lui a permis d'écrire des poèmes d'une rare facture, comme Moisson d'orge que Claude-Henri Grignon, dans un billet à l’auteur, qualifiait de « pur chef-d'œuvre ».11 est moins heureux quand il traite de l’histoire.C’est pourtant un sujet qu'il affectionne entre tous: une bonne moitié de ses poèmes lui est consacrée.11 ne sait pas toujours s’y départir d’une certaine tendance à l’éloquence qui engendre de la froideur; il n'y échappe pas toujours au prosaïsme.Pourtant, sous l'influence des critiques écrites après la publication d'Avec ma vie, l'auteur a amendé sa manière, et ses dernières pièces historiques, parues dans La Patrie, se recommandent par une simplicité de bon aloi.Malgré des imperfections, l'œuvre entière témoigne de la haute valeur de l’artiste qui l’a conçue.Avec une grande sûreté de goût, Lucien Rainier choisit, combine, retranche.Ses rythmes sont ailés.Son poème vibre et chante.11 pratique le rondeau, la ballade, pour les éléments musicaux qu'il y trouve.On a eu mauvaise grâce de le lui reprocher, puisqu'il se sent habituellement tellement à l'aise dans ces formes classiques et puisqu'il écrit de si belles choses.Son goût raffiné préside encore au choix des images: elles sont neuves ou rajeunies; elles entrent dans le poème d’un pas si discret que, sous l'éclairage diffus d’une pensée qui s’exprime avec une sorte de pudeur, elles contribuent à produire un art subtil, tout en demi-tons.On trouvera peut-être un peu guindé le personnage que nous présente Avec ma vie: l’auteur a eu l'idée d’insérer, dans la seconde partie de son recueil, de la poésie officielle, de circonstance.Ces pièces plus froides sont moins bien venues et nuisent à l’impression d’ensemble.Par contre, les pièces inédites révèlent un homme combien attachant, une plume simple, familière, enjouée aussi — car ce mystique savait être spirituel —, acérée parfois — car ce lyrique avait des colères rentrées et maniait la satire avec une singulière dextérité.Comment mieux terminer cette brève étude que par le jugement d’un homme dont on ne contestera pas le bon goût: « Lucien Rainier a créé une œuvre d'une noblesse, d’une perfection, d’une élévation de sentiments et d'une si pure inspiration, qu’elle ne sera peut-être jamais surpassée en ce pays ».1 ?« ?ŒUVRES.— Vie de Mère Marie-Rose.Montréal, Ménard.1928.74p.— Avec ma vie.Recueil de poèmes.Montréal, Le Devoir, 1931.164p.* * SOURCES A CONSULTER.— Baillar-geon (Samuel), c.ss.r., Littérature canadienne-française.Montréal, Fides, 1957.P.202-205.— Brouillard (Carmel), o.f.m., Sous le Signe des Muses.Montréal, Albert Lévesque, 1935.P.219-241.— Charbonneau (Jean), L'Ecole littéraire de Montréal.Montréal, Albert Lévesque, 1935.P.141-151.— Dandurand (Abbé Albert), La poésie canadienne-française.Montréal, Albert Lévesque, 1933.P.218-226.— Dantin (Louis), Gloses critiques.Montréal.Albert Lévesque, 1931.P.179-199.— Grignon (C.-H.), Ombres et Clameurs.Montréal, Albert Lévesque, 1933.P.164-172.— La-berge (Albert), Journalistes, écrivains et artistes.Montréal, Imprimerie Lamirande, 1945.P.79-94.— Marie-Henriette de Jésus, Lucien Rainier.Bio-bibliographie manuscrite.Montréal.Ecole de Bibliothécaires, 1946.— Marion (Séraphin), Sur les pas de nos littérateurs.Montréal, Albert Lévesque, 1933.P.131-144.— Marion (Séraphin), Avec ma vie.Dans la Revue de l'Université d'Ottawa [P.C.] 1932, p.224-236.— Pelletier (Albert), Egrappages.Montréal, Albert Lévesque, 1933.P.137-144.— Rièse (Laure), L’Ame de la poésie canadienne-française.Toronto, MacMillan, 1955.P.114-115.— Roy (Mgr Camille), Poètes de chez nous.Montréal, Beauchemin, 1934.P.183-192.— Wyczynski (Paul), Les débuts poétiques de Joseph Melançon.Dans la Revue de l’Université d'Ottawa [P.C.] 1956, p.418-434.Claude LAVERGNE, c.ss.r.(I) Albeil l.aberge.Journalistes, écrivains et artistes.Montréal.Imprimerie Lamirande, 1945.P.94.164 Pour prolonger te A réflexionA Je ta Grande Hiission .Guv Morrissette, c.s.c.* I8MIII8& V DIALOGUE AVEC LES LIVRES D'HIER* ET D'AUJOURD'HUI D’aucuns pourront trouver un peu banal le thème de la Grande Mission de 1960: Dieu est notre Père.Car, depuis notre toute petite enfance, nous disons Notre Père lorsque nous nous adressons à Dieu.Mais il ne suffit pas de savoir que Dieu est Père.Nous devons développer en nous l’attitude filiale exigée de tout baptisé.Le but de la Grande Mission est justement de nous faire vivre davantage selon l'Esprit de Dieu.Cet « esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba ! Père ! » (Rom., 8, 15) Pendant cette période de réflexion et de prière tous les chrétiens du diocèse de Montréal seront appelés à s’insérer davantage dans le Royaume du Père.Le Christ, par son Eglise, nous invitera tous à nous compromettre dans l’extension de son Royaume.Tous ceux-là qui voudront répondre généreusement à l’appel du Seigneur pour une vie chrétienne plus engagée et qui désireront prolonger les réflexions suggérées au cours de la Mission pourront lire avec grand profit un petit volume de M.l’abbé Joseph Tiger intitulé: Royaume sans frontière.1 Comme l’auteur l’indique lui-même, ce livre d’à peine un peu plus de cent pages « ne constitue pas un traité sur un sujet aussi vaste que celui du Royaume de Dieu *.M.Tiger a simplement voulu livrer au public le fruit d’une réflexion personnelle très riche et très profonde sur les paraboles les plus évocatrices du Royaume de Dieu.Aussi étrange que cela puisse paraître, l'auteur ne réfléchit pas d'abord sur une parabole au sens où nous l’entendons habituellement.U s’arrête plutôt sur une scène évangélique qu’il qualifie de « parabole en action autant et plus qu’en parole » (p.15) et qu'il considère comme la clé de toutes les paraboles, il s’agit de cette rencontre du Seigneur avec un petit enfant que les disciples auraient préféré éloigner de l’entourage de leur Maître.En prenant cet enfant près de lui, Jésus indique l'attitude fondamentale qu’il exige de tous ceux qui veulent le suivre.« En vérité, je vous le dis, si vous ne changez pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux; celui donc qui acceptera de se faire lui-même petit comme ce petit enfant que voilà, c’est celui-là qui sera grand dans le Royaume des Cieux.*¦ (Mt, 18.1 et seq.) Jésus est donc catégorique.Le Royaume est réservé uniquement à ceux qui consentiront à se laisser travailler par Dieu, notre Père, avec la même confiance que le petit enfant dans les bras de son père.Ainsi, par ce geste et ces paroles, le Christ « proclame un nouvel ordre de grandeur, totalement différent de celui qui a cours dans le monde des hommes * (p.16).Il « nous donne en effet comme modèles des êtres qui précisément n'ont pas encore de « manières de faire *, pour cette raison qu'ils sont encore trop petits, trop faibles, trop impuissants pour s’exprimer.Il veut donc nous dire ceci: « Si vous désirez entrer dans l’intimité de la vie de Dieu, il faut absolument que vous acceptiez de vous mettre devant lui dans la situation de tout petits enfants, très pauvres et très démunis.Il faut que vous ayez une conscience profonde de ne pouvoir rien faire par vous-mêmes, sinon crier votre besoin et votre misère.» (P.19) Ce qui est exigé par Jésus, c’est donc un renversement total de mentalité si nous voulons partager son Royaume.Tout le volume vise à développer en nous cette conscience filiale que nous devons avoir vis-à-vis de Dieu.Cette nécessité d’une attitude filiale est illustrée avec force par deux grandes paraboles évangéliques dont l'auteur a su dégager le puissant contenu doctrinal: la parabole de l'enfant prodigue et celle du grand festin.165 Lorsqu'il médite la parabole de l'enfant prodigue, l'auteur de Royaume sans frontière ne fait pas de sentimentalité.Il cherche à en dégager la leçon positive et démasque une attitude trop souvent pharisaïque que nous adoptons à l’égard de ceux pour qui la vie en état de grâce comporte certaines difficultés.Il nous rappelle, parce que nous sommes portés à l'oublier, que « Dieu à l’égard des hommes, est père, essentiellement père, et qu’il aime ses enfants sans condition » (p.29).L’auteur a aussi le mérite de jeter beaucoup de lumière sur la responsabilité personnelle de tous ceux qui se prétendent fidèles face au départ et au retour des fils prodigues.Que serait-il arrivé si l’enfant prodigue de l'Evangile avait rencontré son frère aîné avant son père ?Comment aurait-il été accueilli par lui ?Il faut savoir regarder avec humilité la nouvelle richesse mise par Dieu dans un cœur pardonné.« Vous n'aurez jamais le droit de le juger, lui et son comportement, d'après votre manière de faire à vous-mêmes.Ne veuillez pas même qu’il vous ressemble et vous copie, vous qui n’avez jamais dévié du chemin.11 ne pourra jamais vous ressembler.Vous vous croyez riches, et vous l’êtes, parce que tout ce qui est à moi dans la maison est aussi à vous; mais votre frère retrouvé est, si possible, encore plus riche que vous: il est riche d'un cœur élargi par la souffrance et qui a découvert dans le pardon de son Père, la dimension du véritable AMOUR.» (P.38) La parabole du grand festin est à coup sûr celle qui est traitée avec le plus de vigueur dans le volume, sans doute, parce quelle est, de toutes les paraboles, celle qui nous éclaire peut-être le plus sur la signification profonde du message et de la vie de Jésus.Le thème de la parabole peut se résumer à ceci: Jésus veut inquiéter ces pharisiens qui l’ont invité chez eux.Il veut que ces gens satisfaits d’eux-mêmes prennent conscience du vide de leur vie.Il va essayer de « leur rendre intolérable leur médiocrité satisfaite » (p.58).Jésus veut leur montrer qu’ils ne seront invités à participer au festin de Dieu que lorsqu'ils auront consenti à faire l’expérience de la vraie générosité.Nous devons être reconnaissants envers l’auteur d'avoir rendu très actuelle la signification de cette parabole, surtout à notre époque où les intérêts égoïstes sont souvent les premiers servis.Ces paroles que l'auteur met dans la bouche de Jésus nous fournissent matière à réflexion, à nous qui nous cantonnons si facilement dans notre petite vie, sans nous préoccuper d'autrui.« Si tu veux connaître la vraie joie, donne, non à ceux qui ont déjà, mais à ceux qui n'ont rien, aux pauvres, aux gens dénués de ressources, à ceux qui ne pourront pas te rendre parce qu'ils n'ont précisément pas de quoi te rendre.Alors, tu connaîtras la vraie joie, la joie de donner en vérité, la joie même de ton Père céleste qui donne toujours gratuitement parce qu’il n’est aucune créature qui n'ait tout reçu de lui.Tu ne connaîtras plus la déception du don toujours imparfait et inachevé, jamais pleinement accueilli parce que toujours restitué.Cette fois, le don que tu feras durera jusqu'à la vie éternelle.A la résurrection des justes, tu verras les frères que tu auras sauvés, libérés, épanouis, aidés à devenir eux-mêmes, grâce à ta générosité.Car seule la générosité gratuite se transforme en vie qui dure.» (P.64) Si nous nous arrêtons à méditer cette parabole dans la perspective où l'a fait M.Tiger, nous nous rendrons compte que Dieu, en nous invitant à faire l’expérience de la vraie générosité ne veut pas nous rendre la vie plus dure mais bien nous libérer des forces égoïstes qui s'agitent en nous.Et nous verrons que tout est don de Dieu.Les autres chapitres continuent dans la même veine, et toujours à travers les paraboles, à développer le thème initial: le comportement d’un véritable enfant de Dieu, qu’il s’agisse du bon grain et de l'ivraie, des ouvriers de la vigne ou des paraboles portant sur le jugement dernier.Une chose cependant mérite d'être soulignée ici concernant la parabole des ouvriers de la vigne.Au lieu de nous arrêter à jalouser ceux qui ont reçu un salaire égal pour un nombre inférieur d’heures de travail, rappelons-nous que nous avons été invités gratuitement par le Père à prendre part au travail de l’édification de son Royaume.Sinon, nous nous rendrons « incapables de comprendre l’infinie générosité d’un Père qui ne sait pas compter avec ses enfants > (p.98).Mûri par une assez longue maladie, l’auteur a voulu, dans ses deux derniers chapitres, dégager la valeur positive de la souffrance inhérente à toute vie chrétienne.Il la voit comme disponibilité à l’Esprit purificateur et comme source de la vraie joie.Ceux qui accepteront courageusement de s’identifier au Christ connaîtront un jour une merveilleuse résurrection qui les introduira à la plus grande joie qui puisse exister: « la joie d'avoir contribué à sauver le monde, d’avoir donné la vraie vie à ceux qui étaient entraînés vers la mort, la joie du Créateur, du Père lui-même * (p.117).Pour finir, disons que le mérite de ce petit livre est d'avoir mis en lumière, d’une façon simple et accessible à tous, l’éternelle nouveauté de l’enseignement de Jésus.Et le lecteur qui prendra la peine de méditer ces quelques pages ne pourra pas ne pas se sentir engagé et compromis dans la construction du Royaume de Dieu.Car il comprendra davantage qu'il est, lui aussi, personnellement invité à partager la joie même du Père.(I) TIGER (Joseph) ROYAUME SANS ERONTIERE.Paraboles évangéliques.Paris, Editions du Seuil [1959].136p.I9cm.$1.65 (frais de port en plus) Pour tous 166 Des pages qui nous permettent de « pascaliser » Une philosophie et une morale discutables Un christianisme déformé Émile HEIMRIOT : “Au bord du temps” R.-M.CHARLAND, c.s.c.« Tenir un journal, se regarder, raconte Claudel dans ses Mémoires improvisés, c’est le moyen le plus certain de se fausser complètement.» L’assertion dans sa vigueur dévie, à mon sens, de la vérité qui a pourtant ses nuances.Loin de moi de discuter les secrètes intentions de ces écrivains, comme Du Bos, Mauriac, Gide ou Julien Green qui ont tenu journal.Je crois bien qu’un homme de lettres quelque peu penseur, qui a présenté à travers toutes ses œuvres une philosophie de la vie, peut se sentir invité dans la complète maturité à repenser sa vie, son œuvre, son époque.Ce qu’il n’aurait su faire par une totale et franche projection de lui-même dans son œuvre, il lui est légitime de le réaliser par cette manière à batons rompus que présente le journal intime.Enfin il peut « s’expliquer ».au sens tout claudélien du mot, comme le dit E.Henriot lui-même au début de ses extraits de journal: « J’ai des choses à dire de moi-même, et, sans personnes interposées, des dettes sacrées à reconnaître.Ce livre est né de ce besoin, de ce scrupule ».Ceci dit à la justification de parler un peu de soi ! Au bord du temps1, comme sous les ponts de Paris, beaucoup de choses y passent.Epigrammes, réflexions, boutades, anecdotes, considérations de toute sorte.Une pensée de l’Auteur me trace ici la manière de le juger et d’apprécier son livre.La voici: « Conditions requises pour juger un livre.L’avoir lu.Ce n’est pas commun.Je dis: l’avoir lu, être entré.Cerner le sujet.Avoir de l’information.Avoir du jugement.Voir comment c’est fait, quelle vérité ?Quel sentiment ?Quelle intelligence ?Quelle nouveauté ?Quelle technique ?Que vaut l’art, la langue, le style ?La philosophie, la morale ?» Voilà tout déployé l’éventail des topiques de la critique, de ses exigences on ne peut plus compromettantes puisque, en l’occurence, auteur et critique tout à la fois sont soumis à la question.J'ai donc parcouru entièrement l'œuvre en quelques séances de lecture et j’y ai noté mes observations, car c’est « le grand avantage des pensées entre lesquelles il y a des blancs où le lecteur peut objecter et mettre les siennes ».Première constatation: Emile Henriot, en dépit de ses soixante ans, reste un jeune.Privilège du poète qu’il continue d’être.Telle et telle page décrivant la nature, les joies de l'existence loin des villes ou des souvenirs des années en allées, forment des ombres de poésie et de quiétude.Entre ces bucoliques, quelques bons mots d'esprit.Henriot connait la « valeur thérapeutique d’écrire bien.Les justes mots, les grands remèdes », déclare-t-il en jouant sur les mots.Quelques pointes lancées contre les nouveautés du siècle, par exemple, l’existentialisme (et M.Malraux s’y voit lancer une poignée de gravier), ou l’utilisation de la radio en auto: « Il y a des êtres qui ne supportent pas le silence et la solitude, et qui pour s’empêcher de penser ont besoin d’un radio qui leur fasse du bruit jusque dans leur automobile.Je ne pense pas que les vrais musiciens aiment cette musique secouée ».Autre intérêt marquant à la lecture de ces feuillets, ce sont les passages qui comportent des réflexions sur le Temps, la Vie ou la Mort.Ces pages n’ont sans doute pas la densité métaphysique des Pensées de Pascal; elles présentent toutefois des commentaires, sans doute discutables et de conception d’un romantisme attardé ou du moins traditionnel, mais qui nous permettent à notre manière de pascaliser.Sentiment, intelligence, technique, art, langue, style, Monsieur Henriot ne manque incontestablement rien de tout cela.Quant à sa philosophie, et Emile Henriot 167 surtout quant à sa morale, il soulève plus d'un point d'interrogation.Il nous semble un bon vivant individualiste, digne épigone du patriarche de Ferney.« Ma morale, affirme-t-il posément, n’est pas métaphysique; elle est purement humaine.Je crois à un certain idéal de raison humaine, celle des Grecs, celle de Descartes, celle du XVIlie siècle, celle de Renan et de Valéry.* Maintes objections contre l'interprétation biblique au sujet du péché originel, ou du cas de Ponce Pilate qu’il innocente, ou de l’Eglise dont la morale, d’après lui, ressemble à un règlement de police que l’Eglise fait observer les yeux fermés.Toutes ces objections sont d'une puérile facilité.D'un mot, nous pourrions dire paradoxalement que tout cela n'est qu'un pessimisme moral.à l'eau de rose que des adultes adéquate- ment formés sauront vite détecter et corriger.« Dès que meurt un bon écrivain, les professeurs s’y mettent, comme les vers.» En élaborant davantage la pensée, nous cédons à la tentation d’ajouter: Déjà, de son vivant, les lecteurs y découvrent la présence de ferments microbiens, et les critiques n’entérinent bien souvent que le diagnostic des premiers ! (I) HENRIOT (Emile) AU BORD DU TEMPS.Extraits d'un journal.Paris.Librairie Plon [ 1958J.246p.20cm.$3.35 (frais de port en plus) Appelle des réserves Réflexions sur l’Amérique WSiŒsm rWCjr- fj.'1.-âfêsÉÉï MSBlsëiËfe» v, ¦ .- ¦ k-~ i .4 Jll»#.ïï/-:.V- Les Américains vus dans Voptique de Jacques MARITAiN Clément SAINT-GERMAIN ap n %, '.ft® Elles sont très pertinentes les réflexions contenues dans ce petit volume de deux cents pages,1 nuancées, pénétrantes, sagaces, à la manière du brillant thomiste qu’est Jacques Maritain.Elles sont diverses également, mais se rejoignent toutes dans un registre unique: la valeur de la civilisation américaine.Car il y a une civilisation américaine.Certains la veulent utilitaire, égoïste, matérialiste.Maritain nous assure qu’elle est authentiquement chrétienne dans ses éléments constitutifs et que pour cette raison « l’Amérique est une promesse ».L'Auteur se défend mal d'un attachement profond pour sa patrie d'adoption.On sent chez lui une chaleur pour ce grand pays qui a fait un de ses dogmes de la liberté et de la dignité de la personne humaine.Parfois cet amour semble tourner à la complaisance.Vouloir apparenter au détachement chrétien — ou du moins « y discerner un sentiment d’origine évangélique » — le fait que nos voisins construisent leur « home » avec un matériau aussi périssable que le bois, n’est-ce pas un apriorisme ?Mais ce sont là des considérations en marge du sujet qui n'infirment en rien la thèse du philosophe.Sa démonstration s’appuie sur des prémisses plus péremptoires.« La valeur suprême dans l'échelle des valeurs américaines est la bonté.» (P.69) « Les caractéristiques foncières du peuple sont la générosité, la bonne volonté, et le sens du compagnonnage humain.» (P.27) « Les Américains aiment donner [.J, il n'aiment pas accepter les choses comme elles sont, ni laisser les gens se débrouiller tout seuls à force de souffrance et d’ingéniosité.» « II y a, au sens le plus existentiel, une trace d'amour fraternel évangélique dans le sang américain.» (P.90) L’un des plus éloquents témoignages qui aient été rendus au peuple américain, dans cet ordre d'idées, l'a été par des indigènes du sud-est asiatique à la suite du passage des Yankees sur leur île.Je vous le cite: « Des Américains nous avons appris que les êtres humains sont irremplaçables et non monnayables, alors que toutes les choses matérielles sont remplaçables, et donc monnayables» (p.71).Pour la première fois dans l'histoire, des Blancs les invitaient à déposer leurs outils primitifs et à attendre l'arrivée de machines puissantes, capables d'exécuter rapidement des travaux de Titans.D'autres peuples ont également favorisé l’usage d'un outillage de plus en plus perfectionné; il ne semble pas qu'ils l'aient fait avec une égale préoccu- 168 pation d’alléger le labeur de l'homme.« Tous ces machins servent en fait à rendre la vie matérielle moins harassante pour l'humanité commune et à émanciper l'être humain de la servitude de la matière au milieu des besognes de la vie quotidienne.» (P.94) Et j’enchaîne une autre « réflexion * de l'Auteur: « L’Homme n’aura jamais assez de moments de loisir pour faire l’expérience des joies de la connaissance, de l'art et de la poésie, du dévouement à de grandes causes humaines, de la communion avec autrui dans les rêves et les anxiétés de l’esprit, de la conversation silencieuse avec Dieu.Le travail, qui est une nécessité fondamentale de notre existence, n'est pas une fin en lui-même.» (P.166) Je ne puis résister à l'envie de continuer la citation: « Certaines formes de repos, dans lesquelles l'esprit est suprêmement actif, et atteint, si imparfaitement que ce soit, quelque réalisation de l'immortalité par son contact avec la Vérité ou la Beauté, ou avec l'Amour éternel, sont meilleures que le travail * (p.166).Ce désir de rendre la vie tolérable s'est traduit, aux Etats-Unis, par une réduction successive des heures de travail, et par une hausse constante du standard de la vie.Maritain ne craint pas de risquer la formule « humanisation du régime industriel » et d’affirmer « que le régime industriel de l'Europe est devenu impossible à reconnaître aux Etats-Unis.Il a été remplacé par de nouvelles structures économiques qui sont encore en devenir et dans un état de fluidité, mais qui rendent à la fois le capitalisme et le socialisme choses du passé » (p.107).Faut-il mentionner « le salaire annuel garanti par quelques grandes firmes et les contrats associant les salaires à la productivité*?(P.116) «Les Etats-Unis n'évoluent pas vers le socialisme, mais au-delà du socialisme.» (F.-L.Allen) * # * Autre indice de la valeur de la civilisation américaine: cette conviction que tout homme a droit à la poursuite du bonheur, à la recherche des biens les plus élevés de la culture et de l’esprit.Les Universités sont ouvertes à tous les citoyens, des bourses et des Fondations nombreuses stimulent l'initiative, la recherche dans tous les domaines de la culture et de la science.Et la liberté la plus complète est garantie spontanément à la libre discussion.« 11 y a un processus perpétuel d'auto-examen et d'auto-critique sans cesse en marche partout et dans toutes les sphères de la vie américaine: phénomène incompréhensible sans une ardeur à chercher la vérité dont un état d’esprit matérialiste n'est pas capable.* (P.38) & * * Et l'auteur de s'élever contre le « poncif du matérialisme américain ».« Le peuple américain est le moins matérialiste des peuples modernes ayant atteint au stade industriel.* (P.29) « Ce qui est à mes yeux éminemment significatif, c'est que je n’ai jamais rencontré un vrai contemplatif, une véritable âme de grâce, un homme authentiquement instruit des voies de l’esprit, qui, connaissant l’Amérique en réalité et par son expérience personnelle, n’éprouve pas pour elle un amour où se trouve engagé son amour même pour l’humanité £t une sorte de révérence pour les œuvres de la Providence de Dieu [.J.Les spirituels authentiques aiment l’Amérique.Ses pires ennemis sont les pseudo-spirituels.» (P.134) L'inquiétude religieuse travaille de plus en plus les masses américaines.On est témoin d’ailleurs d'un attrait prononcé pour la vie cénobitique aux Etats-Unis.Sait-on que la « Trappe de Gethsémani (Kentucky) compte à elle seule plus de novices que toutes les Trappes d'Europe ensemble » ?(P.42) Mais le problème des noirs, l'épineuse question des noirs ?Maritain ne l’ignore pas, au contraire.II connaît les préjugés raciaux et en mesure toute la gravité, mais il légitime de grands espoirs sur « le spectacle d'une nation qui lutte opiniâtrement contre elle-même ou, plus exactement, contre de larges secteurs de son propre peuple, contre un certain héritage de mal dans ses propres mœurs, et contre les démons du cœur humain afin de se délivrer d’abus qui répugnent à son esprit » (p.57).11 y a loin du racisme américain condamné par la loi fédérale à Yaparteid sud-africain reconnu et favorisé par le Gouvernement du Cap ! Enfin.Maritain relève cette autre écharde dans la chair américaine: cette espèce toute particulière d’obsession sexuelle ou.plus exactement, de ferveur studieuse et révérencielle pour ce qui a affaire au sexe.L’Auteur croit que l’effort et la lutte pour la guérison viendra en son temps.« Les psychologues et psychiatres qui ont leur part de responsabilité f.l seront les premiers à partir en croisade quand ils seront avertis de ses dangereux contrecoups sur la santé mentale de la nation.» (P.65) Ce livre restera, et pour longtemps, un ouvrage de base pour quiconque voudra étudier le peuple américain et même prévoir les chances d'éclosion d'une civilisation chrétienne en Amérique.N’oublions pas que notre pays est un satellite qui gravite dans l'orbite du colosse américain.Il peut être salutaire d'y réfléchir.Heureusement, Maritain est très optimiste.Pour lui.« si une nouvelle civilisation chrétienne doit jamais voir le jour dans l’histoire humaine, c'est sur le sol américain qu’elle trouvera son point de départ* (p.199).(I) MARITAIN (Jacques) REFLEXIONS SUR LAMERIQUE.Paris.Arthèmc Fayard [1959).225p.19.5cm.(Coll.Les idées et la vie).$2.25 (frais de port en plus) Pour tons 169 Littérature canadienne CHEVRIER (Lionel) LA VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT.[Montréal] Le Cercle du Livre de France [1959].184p.ill.20.5cm.$2.00 (frais de port en plus) Pour tous L’histoire de la canalisation de la Voie maritime est quelque chose de si extraordinaire par l’ampleur des travaux qui ont été exécutés, par les bouleversements qu’ils ont occasionnés et par les résultats obtenus qu’on croirait, à la lire, être engagé dans quelque fantastique aventure d'un Jules Verne contemporain.Creuser, à travers les terres et les chenaux des lacs et des rivières, une voie de vingt-sept pieds de profondeur qui assure aux navires une montée de 600 pieds au dessus du niveau de la mer, sur un parcours de 2,000 milles à l’intérieur des terres; déplacer, pour ce faire, des villages entiers, immerger des terres et construire des villes: voilà des travaux qui sortent de l’ordinaire, laissent loin derrière eux ceux nécessités par le canal de Suez ou de Panama, et marquent le siècle et le pays où ils ont été effectués.C'est l'histoire de ces travaux que nous raconte l'Honorable Lionel Chevrier dans La voie maritime du Saint-Laurent.On pouvait difficilement trouver personne plus autorisée pour le faire.M.Chevrier a été, plus que quiconque, mêlé à l’élaboration puis à l'exécution du projet.En qualité de ministre des transports de 1945 à 1954, c’est lui qui dut présenter à la Chambre des Communes le projet de loi qui devait donner corps à la gigantesque entreprise.Puis, de 1954 à 1957, comme président de l’Administration de la Voie maritime, c’est lui qui surveilla la mise à exécution du projet et qui fut lié à toutes les péripéties de l’aventure.Il aurait pu nous la raconter avec la froideur et le détachement d’un fonctionnaire consciencieux qui s’est bien acquitté d’une tâche quelconque.Nous avons plutôt le plaisir de trouver ici la ferveur d’un homme d’action qui s'est engagé tout entier dans une passionnante aventure.Il nous rappelle les mille et une tergiversations qui ont entravé au début la mise en oeuvre du projet, puis, la marche en avant du Canada alors que le Congrès américain se faisait tirer l’oreille.Il évoque les difficultés que devait connaître l'exécution du projet, difficultés d’ordre non seulement technique mais humain: l'immersion d'un village est beaucoup plus facile à réaliser que le déplacement de la population qui l’habite.En-tin.l’ampleur des travaux réalisés lui arrache, ici et là.des cris d’admiration.Et le lecteur communie facilement à cet enthousiasme et à cette admiration.Un tel livre se lit comme un roman.A.COTE /t?* ‘ ¦9* 170 Histoire POULIOT (Léon) CHARLEVOIX (16X2-176!).Montréal, Fides 11959], 95p.16.5cm.(Coll.Classiques canadiens, no 15) $0.75 (frais de port en plus) Pour tous Le Père Léon Pouliot vient d'enrichir la collection des Classiques canadiens d'un Charlevoix véridique et rempli d’autorité.Il revit avec sa verve agréable, ses doctes observations, ses tableaux historiques où se meut la société canadienne policée du premier quart du dix-huitième siècle.A notre avis, le Père Pouliot.par les textes ou'il a choisis et bien coordonnés nous offre la meilleure vue d’ensemble que nous connaissions de l’œuvre du premier historien de la Nouvelle-France.Les passages essentiels s'accompagnent de commentaires éclairants, si discrets qu'ils soient.Une introduction qui s'intitule La carrière du Père de Charlevoix, nous replace dans une ambiance qui réveille notre curiosité et gagne notre sympathie.Le Père s’affirme de nouveau un des critiques avertis de notre régime français.Et il convient qu’il en soit ainsi.La Compagnie de Jésus dont il porte la livrée et qu’il honore à son tour, n'a-t-elle pas tenu, chez nous, par son activité intellectuelle et sociale, par son héroïsme missionnaire, par son martyrologe incomparable, un rang supérieur, où déborde le surnaturel.Certes, il nous est facile, dans le cas du Père de Charlevoix d'admettre que l'historien de 1744 a su par son talent d’écrivain rendre hommage à nos origines et nous en donner l’excellent récit.Le Père de Charlevoix était reconnu, au commencement du dix-huitième siècle, comme un des meilleurs littérateurs de son pays et de son époque.On le lisait beaucoup et on le traduisait.Souvenons-nous que l’abbé Dosquet, aumônier chez les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, avant de devenir le quatrième évêque de la Nouvelle-France, eut un moment l’espoir que le « célèbre jésuite • accepterait d'écrire la vie de la sainte Mère Bourgeoys.Mère Marie de l’Incarnation fut plus heureuse et le compte comme biographe.Présentement, en ce qui nous concerne, l'accent du critique est devenu persuasive.L’historien a souligné, dans les paragraphes qui terminent sa courte introduction, l'influence que Charlevoix a exercée sur nos ancêtres après la Conquête.Nous désirons citer ces passages.Ils témoignent du sens profond de notre histoire que possède le Père Pouliot.Et nous n'oserions contredire ceux qui verraient dans notre désir une invitation indirecte à reprendre la lecture du vieil historien qui semble, bien à tort, ne plus intéresser que les érudits.Il vient pourtant de provoquer les réflexions émouvantes d'un religieux d’aujourd'hui.Nous verrons le Père Pouliot s'incliner devant les travaux de ce jésuite d’il y a plus de deux siècles.Mais écoutons le Père: « Le vrai mérite de Charlevoix c'est d’avoir épargné à la France une disgrâce et au Canada un malheur.Sans lui, la France n’aurait laissé aucune histoire suivie des efforts soutenus pendant 150 ans pour implanter en terre d’Amérique son esprit et son âme.Sans lui, le Canada et les Canadiens risquaient de désapprendre leur histoire.» « Publiée 15 ans avant la Conquête, continue le Père.l'Histoire et Description [de la Nouvelle-France| a maintenu chez nos ancêtres le culte d'un passé qui n'était pas sans grandeur, et le désir de rester ce qu’ils étaient; car, on sait quelle était lue dans nos maisons d'éducation, par l’élite du Clergé et des professions libérales, c’est-à-dire par ceux qui façonnent l’âme d’un peuple, qui l’empêchent de déchoir, de trahir sa destinée.» Avouons que des lignes d’une telle plénitude de pensée et d’expression ne peuvent qu’impressionner tout lecteur ayant quelque no- blesse de cœur, et demeurant sensible à l'art de bien dire des vrais écrivains.Marie-Claire DAVELUY ?-?EN COLLABORATION BULLETIN DE LA SOCIETE HISTORIQUE FRANCO-AMERICAINE.Bicentenaire Carillon 1758-1958.Nouvelle Série, vol.IV.Manchester, Imprimerie Ballard Frères, 1959.262p.ill.(h.-t.) 24cm.Pour tous Ce bulletin, le quatrième du genre, dû sans doute à l’inlassable et sympathique abbé Adrien Verrette, permet à la province-mère de Quebec de connaître et d’admirer l’activité des fils qu'elle compte si nombreux en Nouvelle-Angleterre.Le livre est fait de deux éléments surtout: le rapport des visites que nous font ici les Franco-Américains, comme pour se retremper dans l’air natal, le récit des rencontres qui, là-bas, les mettent en relation les uns avec les autres et leur permettent d'évoquer, pour entretenir l'esprit français et stimuler leur foi catholique, les souvenirs du pays ancestral.De ce point de vue, la visite à Ticondéroga-Carillon a dû être pour eux un réconfort unique; aussi la meilleure partie du volume lui est-clic consacrée.Mais on y trouvera encore des pages qui rappellent de grandes figures disparues ou reproduisent des messages éloquents: telles sont la suite du journal romantique d’Henri d’Arles et le discours si élevé de ton dû à Henry Cabbot Lodge.Echo d’une fidélité qui ne se dément pas, le volume intéressera tous ceux qui croient que la communauté de foi et de race permet d'ignorer les frontières pour se tendre la main.Emile CHARTIER, p.d.171 Littérature étrangère Religion JOURNET (Charles) ENTRETIENS SUR LA GRACE.Bruges.Desclée de Brouwer, 1959.215p.16cm.$2.45 (frais de port en plus) Pour tous De simples entretiens sur la grâce, c'est bien, comme le titre l'indique, ce que vous trouverez dans ce livre.Cependant lorsque des allocutions, exposées sans prétention.sont données par un théologien aussi averti que peut l'ctre Mgr Charles Journet, on aboutit naturellement à de la théologie, mais théologie tout de même mise à la portée de tous.Une théologie de la grâce, expliquée simplement à l'aide d'images, d'exemples et de faits qui sont souvent des trouvailles.L'A.suit de près l'exposé de saint Thomas et tâche de nous faire goûter la pure doctrine de l’Eglise et les solutions du « docteur commun ».Ce n’était pas le lieu de soulever des questions controversées ou des orientations de pensée trop actuelles.L’A.paraît même s'en tenir résolument aux thèses traditionnelles.11 y a cependant une deuxième partie à l'ouvrage, qui se veut un complément nécessaire dans un contexte de préoccupations modernes et, pour tout dire, existentielles.L'A.intitule proprement cette partie: les états existentiels de la grâce.Cela veut dire: les diverses situations historiques que la grâce a connues: avant le péché, après le péché mais avant le Christ, depuis le Christ, etc.Ici se trouve abordée de façon très heureuse la question de la grâce dans l’Ancien Testament ou simplement en dehors de l'Eglise par rapport aux grâces sacramentelles que l'Eglise distribue.je ne dirai pas de plus solide, mais de plus ouvert sur les aspects actuels de la question, il faudrait recommander: Grâce et œcuménisme de C.Moeller et G.Philips, aux Editions de Chevetogne (Belgique, 1957).Jacques Ci RISE ?PARSCH (Dom Pius) L ANNEE LITURGIQUE A LA LUMIERE DE LA GRACE.Traduit par l’abbé R.Vir-rion.Mulhouse, Editions Salvator, 1959.386p.19cm.(Coll.La prédication nouvelle) $3.55 (frais de port en plus) Pour tous Dom Parsch compte parmi les plus ardents promoteurs du renouveau liturgique.Le nouvel ouvrage Nouveauté ROBERT RUMILLY de l’Académie canadien ne-française La Dépression Tome XXXII de Histoire de la Province de Québec L auteur analyse les événements qui ont eu lieu durant la dépression ft notamment les effets de cette dépression dons les divers domaines économiques et leurs répercussion-, sur le plan politique.262p.IVcm.Index Broché: $3.00 Relié: $3.50 (par la poste $0.10 en sus) ________________ Cher FIDES La grâce est une question particulièrement centrale et vitale dans la doctrine chrétienne.Nous vivons, que nous le voulions ou non, dans un monde de la grâce et du péché.Par malheur, cette doctrine paraît encore à beaucoup de chrétiens quelque chose d’abstrait et de compliqué.Peut-être que le catéchisme ne les a pas aidés beaucoup à découvrir l’importance de cette révélation pour leur vie chrétienne ! Il en est un peu comme des plus grands mystères de notre religion, la Trinité par exemple.C’est sans doute le mystère le plus profond et le plus difficile a exposer mais c’est aussi le plus fécond pour notre vie surnaturelle et notre compréhension du christianisme.Nous souhaitons que beaucoup de chrétiens aiment aborder cet ouvrage très simple qui leur fournira l’ensemble de la doctrine chrétienne sur leur vie de grâce dans le Christ et dans l’Esprit.Pour ceux qui chercheraient quelque chose, Nouveauté Esther Lefebvre Marie PREMIER HISTORIEN CANADIEN DE VILLEMARIE • Une héroïne trop peu connue prend sa juste place en l'histoire Je notre pays.• (Cban.Lionel Groulx) Préf.du Chan.Lionel Groulx 21 lp.24cm, Rjlié.Coll.Fleur de lys.Bibliogro-h e.Ch-onologie Ta-b'c des notices biogroph qj;s.Table des illustrations.$5.00 (par la poste $5.15) ____________________ Cher FIDES 172 L'Eglise qu'il vient de livrer au public contient un ensemble de sermons sur la grâce, qui couvrent toute l'année liturgique.Son but est « de faire ressortir ce que le temps liturgique et le texte de la Messe disent de la grâce et de le présenter méthodiquement, non pas selon l'enseignement scolastique d’un manuel, mais en suivant les divisions liturgiques et les solennités de l'année » (p.7).Afin d'être plus à la portée des fidèles, l'auteur n’a pas abordé les problèmes théologiques qui ont peu de valeur pratique pour la vie chrétienne.L'A.veut redonner à la doctrine de la grâce la place prépondérante qui lui revient dans la prédication, doctrine trop peu connue du peuple chrétien qui se contente souvent de l'observance des commandements.Il est noté justement que « la grâce constitue tout le christianisme: c'est elle qui l'élève incomparablement au-dessus de l’Ancien Testament et de toute autre religion.Si nous ne donnons pas l'idée de surnature aux fidèles, il leur manquera l'essentiel de la religion » (p.7).Pour bien comprendre de telles pensées, il convient de distinguer clairement la loi naturelle et la loi évangélique.La première est l'ordonnance divine de la créature raisonnable vers sa fin dernière.ordonnance gravée dans la nature humaine et perçue par la lumière de la raison.En un sens, cette loi est divine, parce qu'elle est voulue et promulguée par Dieu directement, mais elle est vraiment naturelle parce qu'elle n'impose que des choses conformes à la nature humaine raisonnable et commandées parce qu’elles sont bonnes en elles-mêmes, défendues parce qu’elles sont mauvaises en elles-mêmes.Au contraire, la loi positive impose des actes devenus nécessaires à cause de la volonté de Dieu qui les veut ainsi.La loi naturelle est aussi vraiment telle parce qu'elle est connue au moyen de la lumière intérieure de notre raison.indépendamment de toute science acquise et de toute loi positive.C ette loi a pour objet tout ce qui est bon en soi.dans nos devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers nous-mêmes.Ces devoirs trouvent leur expression dans des principes tout à fait universels.comme celui-ci, par exemple: « Il faut faire le bien et éviter le mal »: dans des principes secondaires qui sont ceux du Décalogue, exception faite pour la sanctification du Sabbat qui est une loi positive: dans des préceptes plus particuliers, conclusions des autres qu'on ne peut déduire que par une patiente étude et par des raisonnements difficiles à faire sans se tromper.Entre la loi naturelle et la loi évangélique, se place la loi ancienne ou mosaïque, qui fut donnée aux Hébreux sur le mont Sinaï pour promulguer le Décalogue, et qui contient aussi des préceptes moraux fondés sur ce même Décalogue.des préceptes liturgiques, judiciaires, qu'Israë! devait observer au désert, dans la terre promise, jusqu'à la venue du Messie.Les prescriptions cérémonielles et juridiques de la loi mosaïque ont cessé d'être obligatoires à la Pentecôte, mais les préceptes moraux ne pouvaient être abrogés puisqu'ils sont dans la loi naturelle.Ces derniers étaient donc bons, mais imparfaits, et c’est pourquoi Notre-Seigneur en les promulguant à nouveau, les précise, insiste sur les péchés de pensée, sur l'amour fraternel et il y ajoute les conseils évangéliques.Mais ce qui est prédominant dans la loi du Nouveau Testament, c’est, selon saint Thomas (la Ilae.q.106.a.I), la grâce de l'Esprit-Saint qui nous est donnée par la foi en Jésus-Christ.Et ainsi, la loi nouvelle est principalement urfb loi infuse, et secondairement une loi écrite.La loi nouvelle comprend tous les préceptes, d'abord celui de la charité envers Dieu et envers le prochain, et ensuite les préceptes inférieurs à la charité.De plus, cette loi comprend les conseils évangéliques, généraux ou simpli-citer, c'est-à-dire la pratique effective des trois conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, dont tous les chrétiens doivent avoir l’esprit, e?aussi les conseils particuliers ou secundum quid, c’est-à-dire les actes plus parfaits tels qu'ils se présentent dans le détail de la vie.En conséquence, une vie chrétienne qui vise seulement à être libre des désordres contraires aux commandements n'est pas selon Y es prit de l’Evangile.En effet, si l'on se place dans l’ordre de l’idéal et des principes, il faut affirmer qu’il est dans l’ordre radical de la grâce, de ne jamais pécher mortellement après le Baptême, car cette perte de la grâce ou même l'arrêt de son développement sont contre la loi intrinsèque de la vie divine en nous, qui est faite pour se développer toujours jusqu'à la vie éternelle.Le péché mortel, si fréquent, hélas ! chez les baptisés, est un désordre absolu: et, à ce sujet, nous ne devons pas confondre ce qui est de fait avec ce qui devrait être de droit.Dans son ouvrage, Dom Parsch explique donc le mystère de la grâce, considéré en lui-même et dans ses effets formels, qui sont les vertus infuses, les dons du Saint-Esprit, la filiation adoptive, l’habitation de la Sainte Trinité en nous.Il traite aussi des sacrements qui sont les canaux de la grâce, et de la gloire éternelle qui en est le terme ultime.L’A.se maintient ainsi tout à fait dans l’atmosphère de la loi nouvelle, de l’Evangile.Ovila MELANÇON 173 Education DURAND (Suzanne-Marie) VIE.Choix de textes.Tournai, Casterman.1959.323p.ill.(h.-t.) 21.5cm.$3.35 (frais de port en plus) Pour tous Bien que susceptible de plaire, par son attrayante présentation et la qualité de son contenu, à un plus vaste public, ce recueil est destiné avant tout à compléter le matériel pédagogique à l'usage des classes d’adolescentes.L'idée directrice du travail a été l’illustration du programme proposé dans un précédent ouvrage: Enseignement concentrique, Education vitale.Les sujets traités se résument à ceci: la nature, la vie quotidienne, la maison, les saisons de la vie, la personne humaine, la femme, le travail, le paysan, la patrie, le monde.L'A., répondant en cela à de nombreuses demandes d'éducatrices, a donc voulu recueillir sur ces thèmes des textes de choix qui pourraient être utilisés pour l’enseignement du français par exemple; un bref commentaire et quelques questions accompagnent d’ailleurs un grand nombre de textes.Mais Mlle Durand ne s’est pas limitée à ce but immédiatement pratique.Elle a voulu à travers ces écrits de valeur reconstituer une sorte de philosophie de la vie, jeter les bases d'une culture vraiment humaine.Les jeunes apprendront à mieux vivre, à mieux aimer au contact de ces auteurs qui ont su découvrir les splendeurs cachées sous les réalités de la vie concrète.Je crois aussi que bien des adultes auraient profit à se retremper à cette source vive.Combien n’ont pu tirer de leur période scolaire toute la formation humaine intégrale à laquelle on doit aspirer ?Il n’est jamais trop tard pour essayer de comprendre les principes fondamentaux.Certes, la vie elle-même se charge de nous apprendre beaucoup, mais il est certaine leçon qui se dégage des choses, de la nature, de la vie sociale que des lectures appropriées peuvent aider à approfondir.Essayons de poser sur le monde un regard neuf.Pour cela, quels guides meilleurs pourrions-nous trouver que cette gerbe d'écrivains où va puiser S.-M.Durand ?Ci-tons-en quelques-uns pour donner une idée de la qualité du choix: Alain-Fournier.M.Auclair, H.Bosco, P.Claudel.Daniel-Rops.G.Duhamel.J.Folliet.Gheorghiu, R.Guardini, F.Janimes, G.de Lari-gaudie, Maritain, F.Mauriac.Th.Merton, M.Montessori, M.Noël.C.Péguy, J.de Pesquidoux, H.Pourrat, Ramuz, St-Exupéry.Tagore, G.Thibon.En réalité, tous devraient être nommés car tous ont de la valeur, chaque extrait est riche de sens et de forme et demande à être lu avec recueillement, concentration.La jeune fille et la femme verront avec bonheur que de grands esprits comme Gilson (p.59), Thibon (p.65-66) ont su réhabiliter leur humble tâche ménagère, si dépréciée de nos jours, et montrer qu’il y a là œuvre d'intelligence et d’amour qu’il est absurde de considérer comme inférieure.L’homme insatisfait de la nature de son travail trouvera encouragement dans une phrase comme celle-ci, de Louis Pasteur (p.129): « C’est l’homme qui honore sa position et non la position qui honore l’homme ».Et l'intellectuel qui cherche à s'affranchir du travail des mains aura profit à lire ce qu’en pensait Gandhi (cité par Lanza del Vasto, p.217): « Nul homme n’est par nature dispensé de travail de scs mains.Même celui qui se voue aux travaux incomparablement supérieurs de l’esprit n'en est pas dispensé, à moins qu'il ne renonce à tout ce qui a coûté de la peine en ce bas monde.S’il s’en dispense et ne renonce pas, il charge les autres de sa peine et reste en dette avec eux.» Que l’orgueilleux médite ce pas- sage du même article (p.218): « Je refuse de me croire supérieur au commun des hommes.En fait, rien n’est plus commun que de se croire supérieur.Certes, l’humilité n’est pas une vertu qu’on acquiert de propos délibéré.C’est une grâce qui vient d’en haut sur les meilleurs.Mettez-vous en état de la recevoir.» Signalons encore deux articles remarquables de portée pratique: celui de Larigaudie sur « les jeunes filles» (p.175-176) et le merveilleux document de Pie XII sur la dignité de la femme (p.194-196).En somme, un livre qui dépasse les cadres stricts de l’enseignement et que l'on aimera avoir sous la main pour y recourir aux heures creuses où l’on a besoin de repenser les grandes lignes de la vie.C.MARTIN-POTVIN CHAUCHARD (Paul) L'HOMME ET LA PHYSIOLOGIE DU CERVEAU.Paris, Editions du Levain [s.d.].62p.19cm.(Coll.Ferveur Noblesse) Pour adultes, mais spécialisé Nous avons ici la pensée d’un spécialiste de la physiologie humaine sur un point qui fait l’objet de discussions philosophiques: la nature de l'homme.L’auteur rejette à la fois le matérialisme et le spiritualisme.Il insiste sur l'unité substantielle de l’homme.Ses connaissances médicales lui permettent d’établir le bilan des recherches sur la physiologie du cerveau et de montrer les limites des théories purement biologiques.A la suite du R.P.Sertillanges.le docteur Chauchard reprend les thèses thomistes et montre que la science moderne ne les contredit pas.Quelques incursions moins heureuses sont faites par l’auteur dans le domaine de la morale.Viateur LEMIRE, pire Sciences 174 Littérature ANTOINE (Louis) UN TEMOIN DE L’EGLISE RENE BAZIN.1853-1932.Ses conflits d'après ses carnets inédits.Paris, Lethiellcux [s.d.] 205p.ill.(h.-t.) 18.5cm.(Coll.Apôtres d'aujourd'hui, XIV) Pour tous « Romancier catholique * : à force de multiplier cette désignation en parlant de René Bazin, on en était venu à lui faire signifier que l'œuvre romanesque de l’écrivain représentait l’essence même du catholicisme.Or, lui-même se définissait plus modestement comme « auteur de romans écrits par un catholique pour être lus par des catholiques » (Quest, lift, et soc., 1906).S’il parlait de lui-même avec cette réserve, s’il se considérait comme « un mélancolique (lisez: un inquiet, un hésitant) avec espérance » (Carnets), c'est que René Bazin se rendait compte le tout premier des déficiences ou des défaillances de son œuvre.Louis Antoine les attribue à un double conflit: chez l’écrivain, une lutte entre l'observateur rigoureux, soucieux du détail précis, et le poète, amant de l’idéal et du rêve; chez l’homme, une dissociation entre l’esprit et le cœur, celui-ci toujours prêt à appliquer au mal social les remèdes les seuls efficaces, celui-là souvent retenu par la peur d’offusquer un public non préparé, sa crainte e d’éteindre la mèche qui fume encore », ou de soulever des colères contre des solutions en apparence révolutionnaires.Les résultats de cette bataille tout intérieure, et que révèlent à peu près seuls les 21 carnets de René Bazin, percent à travers les deux parties de son œuvre romanesque.Dans ses premiers livres, romans d’observation naturaliste ou psychologique, l’écrivair.ne va ni au bout de ses constatations (réalisme) ni au bout de scs rêves les plus poétiques (idéalisme).Pareillement, dans les romans d’idées, consécutifs à la persécution religieuse et aux préoccupations sociales, le penseur semble gêné de dire toute sa pensée.C’est cet embarras qui caractérise par exemple des livres comme Davidée Birot et La Barrière, quand on les compare à cette réussite presque complète que sont Le Blé qui lève et La Terre qui meurt, à ce sommet surtout qu’est Donatienne.En fixant ainsi la portée exacte de l’œuvre de René Bazin, Louis Antoine n’entend ni le diminuer ni le discréditer.Il veut seulement rendre plus fidèle l’image du romancier.Pour atteindre ce but, il a été servi par un document — les 21 carnets — qu’il semble être le premier et le seul à avoir exploité jusqu’ici.Ils procurent à cette biographie.succédant à tant d’autres moins étoffées, un caractère de véritable originalité.Le temps confirmera ou infirmera les réserves contenues dans l'Eglise Un livre qui est "l'oeuvre d'hommes et de femmes, de roce, de culture, de langue, de profession et parfois de langues différentes".Quelques noms des 24 collaborateurs: Adenauer, La Pira, Wu, Gertrud von Le Fort 290p.22cm.$3.85 (par la poste $4.00) cette consciencieuse étude de Louis Antoine, pseudonyme apparemment d’un religieux.En attendant, à ce qu’il semble, le jugement de la postérité sur le romancier lange-vin sera celui qui termine le volume: « Vivre, c’est aimer, avait écrit ¥ l’adolescent en son collège de Mon-gazon.Voici que sa longue vie n’a pas démenti un seul jour l’idéal de sa jeunesse; c’est là, dans son existence, que son cœur et son esprit ont réalisé leur parfait accord.Parce qu’il a aimé, il a vécu sa foi dans le cadre d’une vie bourgeoise où les valeurs d’ordre et de stabilité réussirent à intégrer, sans les détruire, la sincérité et l’amour, comme ses meilleurs livres purent offrir l'image d'une sensibilité de poète disciplinée par un réalisme classique » (p.196).Ce portrait nuancé, que ne contrediraient ni sa famille immédiate ni son petit-fils, notre compatriote Salvator Catta, est celui qui nous est resté de nos rencontres avec le châtelain des Rangeardières, en 1920 et 1927.Emile CHARTIER, p.d.son temps par le Chan.J.Leclercq l' chrrfien doit opporter au Christ dar.\g-i Eglise, tout son esprit et toc son rjti/ Il doit savoir qu'il est membie *e I Eglise et ce mot "membre" a le sens fort de "partie intégrante.141p.$1.95 (par la poste $2.05) Tous les ouvrages recommandés pour la Grande Mission sont en vente dans les librairies Fides La Grande Mission Deux ouvrages fortement recommandés Le monde Vivre attend chrétiennement 175 WEYERCiANS (Franz) LE BONHEUR A VENISE.Roman.Paris, Editions du Seuil 11959).186p.18.5cm $2.10 (Irais de port en plus) Pour adultes Les amis de Franz Weyergans s'étonneront sans doute du genre un peu inusité du dernier ouvrage qu'il a signé.Il s'agit d'un roman, et d'un roman qui épouse très concrètement l'un des problèmes du couple: la fidélité conjugale.Gordon Mc Hire, auteur dramatique de vingt-neuf ans, est marié, depuis sept ans, à Pat, une jeune femme fort séduisante.Celle-ci est croyante, lui est étranger au monde de la foi.Les époux s'aiment, mais une certaine superficialité a secrètement miné leur amour et en compromet la durée.Gordon lui-même regrette de n'avoir pas parlé longuement avec sa femme pour l’aider à dépasser, dans sa vie, le « stade d’ornement ».Au temps de la joyeuse fête foraine de leur amour, c'eût été facile.Avec les années se sont multipliées les activités qui séparent les époux et, peu à peu, ils sont devenus étrangers l’un à l’autre.Climat propice à toutes les aventures.Les hasards de son métier conduisent Gordon au festival du film à Venise, où l'on présente le film tiré d une de scs pièces.L'enchantement de la lumière du midi, de la mer méditerranéenne et de la ville des doges l'arrache à son univers familier et le fait vivre dans l’euphorie et l'exaltation du rêve.C’est dans cet état de béatitude exaltée qu'il fait la connaissance de Lucia Rosa, l’interprète principale de son film, et c’est le coup de foudre! Le dramaturge anglais entraîne aussitôt la jeune actrice italienne dans une farandole amoureuse dont rien ne vient d’abord freiner l’élan: ni la réflexion personnelle, inexistante, ni les observations du compagnon de voyage qui rappelle le souvenir et la souffrance éventuelle de Pat, ni les indiscrétions d'une publicité tapageuse faite par les journaux à cette nouvelle affaire de coeur.Mais la farandole effrénée devait tourner court lorsque, au bout de quelques jours, Lucia Rosa signifie Venise, l'un des « personnages » du Bonheur à Venise.à son exigeant amoureux qu’elle a un métier d’artiste à exerce* et qu'elle ne peut vivre toujours en sa seule compagnie.Le désespoir dans l'âme, Gordon erre à travers Venise.solitaire, déversant sa rancoeur sur la ville enchanteresse qui avait d'abord paru si propice à ses fulgurantes amours.Au hasard d'une interminable course à travers la ville, il rencontre sa femme: elle était là depuis quelques jours, prévenue par le compagnon de voyage; sachant bien que toute intervention serait maladroite et intempestive, elle surveillait de loin les événements, priant la Providence de les lui rendre favorables.Après l'histoire du couple qui se défait, c’est l'histoire du couple qui se refait.Le dénouement laisse croire que les époux reprendront leur vie commune.Gordon s'efforçant d'oublier le souvenir de Lucia, et Pat, ayant pardonné à son mari, s'essayant à lui offrir ce qu'il était allé chercher ailleurs: l'appétit de vivre.C ette histoire — qu'un si pauvre schéma traduit bien mal! — est raconté avec beaucoup de talent.Un crescendo rapidement enlevé emporte le lecteur dans le déroulement de l'intrigue et ne le laisse aller qu'à toute dernière page du livre.Les extérieurs sont bien rendus: Venise et ses changeants visages sous la changeante lumière, l'apparat plein d'artifices du festival du film, le va-et-vient multiple et ondoyant des touristes.Les « intérieurs » sont finement analysés: le feu d'artifice dune passion soudaine, avec ses alternances d'ombres noires et de clartés radieuses.la psychologie assez spéciale des « monstres sacrés » du cinéma, le contraste entre la fille de Londres et l’enfant de la Méditerranée — la fidélité calme et la sereine noblesse de Pat.face à la fougue intempestive, aux élans subits et sans lendemains de Lucia Rosa, etc.L'œuvre a une certaine portée morale.Au lecteur attentif le caractère peccamineux de l’aventure de Gordon n’échappe pas.Le dialogue entre les amoureux d'une semaine et l’humble franciscain rencontré au cours d'une escapade montre bien qu'ils n'ont pas bonne conscience et leur vaut une leçon bien pertinente sur le véritable amour (p.89).Gordon lui-même, dans un moment de lucidité, reconnaît qu'il a le « sentiment d’une faute» (p.121).Enfin, l’époux infidèle finira par revenir à l'épouse qui l'a si dignement et si fidèlement attendu.Mais pourquoi faut-il que le lecteur ferme le livre avec l'étrange impression que cette faute était, dans la vie de Gordon, non seulement un mal mais un bien nécessaire ?Si courte fût-elle, cette aventure, le temps qu'elle a duré, lui a apporté un tel épanouissement.un tel enrichissement, qu'on ne voit pas bien comment il pourrait en regretter autre chose que l'issue.Et Pat.qui a certainement plus à pardonner qu’à se faire pardonner, pourquoi prend-elle à la fin un peu figure de coupable ?A ce point de vue, l'auteur des Gens heureux nous semble un peu desservi par le romancier du Bonheur à Venise.R.LECLERC 176 Marcel Proust CATTAUI (Georges) MARCEL PROUST.Précédé de Vie et survie de Marcel Proust par P.de Boisdeffre.Paris, Editions Universitaires [1958].126p.ill.17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle).$1.10 (frais de port en plus) Pour adultes Ce dernier Marcel Proust, de G.Cattaui, mérite d'être considéré comme l’une des meilleures mono- Xouveauté Mgr O.Maurault, p.s.s.Confidences Des confidences pleines de charme dans lesquelles se reflètent plus de 50 années de vie montréalaise.165p.21.5cm.13 pages de photos hors texte.$2.50 (par lo poste $2.60) Chez FIDES graphies de la collection: Classiques du XXe siècle.C'est depuis plus de vingt ans que G.Cattaui se livre à l'étude de Proust, qu’il relève des linéaments nouveaux de cette oeuvre romanesque immense qu’on a tort de ne réduire qu’au seul ensemble d'A la Recherche du Temps perdu, qu’il exploite en profondeur pour notre information tous les moindres filons psychologiques ou littéraires.Ainsi, chez cet égrotant de génie que fut Proust, le monde de personnages qu’il a créé est fait d’autant de ces moi imaginaires que mystérieusement il nourrissait en son esprit et qu’il a révélés avec un accent pirandellien aussi puissant que chez Pirandello lui-même.Si « comprendre, c’est refaire », selon le mot de Claudel définissant le véritable sens critique, M.Cattaui excelle à expliquer de ses commentaires lumineux l’acte de création chez Proust.Dans l'idée de ce dernier — c'est là un rappel mot pour mot de la célèbre notion stendha-lienne du roman — « le génie consiste dans le pouvoir réfléchissant et non dans la qualité intrinsèque du spectacle reflété ».Du même coup, Proust voulait-il nous rendre en quelque sorte lecteurs de nous-mêmes.« Ce qui explique, d’ajouter G.Cattaui, que Proust n'a pas fini de nous surprendre: le temps travaille pour lui — ce temps qui a déterminé la forme de son oeuvre.Proust vit ainsi parmi nous une existence posthume presque mythique, plus réelle peut-être que la vie claustrée et végétative de legrotant, du somnambule, du demi-mort, du prisonnier qu'il voulut être.» Tout n'est pas facile chez Proust; mais les lignes essentielles que nous présente G.Cattaui: L'Homme et l’Ecrivain — Proust avant Swann — Genèse du Roman — L’Architecture de l'Oeuvre, nous le rendent abordable, du moins nous permettent de connaître un peu plus une personnalité littéraire que les premiers lecteurs et les critiques ont détraquée à souhait.On n’a cherché à souligner, dans l'oeuvre de Proust, que les éléments délétères qui y abondent malheureusement; mais — c’est là que se situe le délicat problème moral — seuls les lecteurs vraiment expérimentés sauront saisir chez cet auteur les « approches insconscientes de Dieu », pour em- ployer le mot qu’emploie Daniel-Rops au sujet même de Proust.G.Cattaui interprète dans le même sens: « .En devenant l’observateur impitoyable de ses propres faiblesses, le mémorialiste qui fustige la vanité du monde, le moribond qui ose contempler la mort face à fî)ce.le poète et le métaphysicien qui affirme la présence en nous des réalités éternelles, intuitivement perçues par l’inspiration ».L’étudiant, le professeur, l’ami des lettres, aimeront parcourir ce bouquin: G.Cattaui a réalisé un tour de force en expliquant Proust en un ouvrage très court mais si bien présenté qu’en le lisant l’on songe déjà à la joie de le relire.Roland-M.CHARLAND Pour les enfants Collection P'tits Bouts de Chou Des contes pleins de poésie et d’humour, écrits par Guy Mauffette et illustrés en 4 couleurs par Frédéric Back.Ildège de la pomme fameuse Un petit mousse $0.25 chacun (par la poste $0.30) -Chez FIDES Biographie VF H EN NE (Hugues) SOUVENIRS ET ENTRETIENS DU R.P.DOMINIQUE PIRE.Bruxelles.Office de Publicité S.A.1959.181p.photos (h.-t.) 21.5cm.Pour tous Cet homme d’idées émet des remarques d'un pragmatisme coupant.Exemples: « Le croyant remplit son devoir s’il perfectionne sa vie intérieure.Mais la perfection chrétienne doit être recherchée pour elle-même; l'apostolat d'agression ne peut donner de résultats profonds.» (P.56) — « On ne rend pas la patrie à un homme.Tout ce que l’on peut faire, c’est simplement lui donner la possibilité de rêver sans souci à sa patrie perdue.» (P.87) — « Combien en as-tu déjà ramenés (à Dieu) ?— Aucun.— Alors, à quoi ton œuvre sert-elle ?— A les nourrir; ne pas nourrir pour convertir.» (P.90) S’il a des observations aussi concrètes.c'est que cet homme d'idées les a éprouvées au feu de l’action.Car le Père Pire est d'abord, uniquement même, un homme d’action.Il s’est défini: « Je n’ai pas de temps à perdre à faire de l'anticommunisme.Je ne suis pas anti, je suis pro, pro-liuniain.» (P.176) Ce pro-humanisme, le Père Pire l'a exercé d’abord sur les réfugiés européens, sur les personnes déplacées d’Autriche, d’Allemagne, de Hongrie, d’Ukraine, etc.Parmi elles, il a préféré celles que négligent les grands organismes internationaux de prétendue « charité universelle ».Il affectionne le Hard Core (le noyau dur), les Invendables.Pour ceux-là, il a fondé d'abord l'Aide aux Displaced Persons, les D.P.= Dominique Pire.Puis, pour les encourager moralement encore plus que pour les alimenter physiquement.il a créé un Service de parrainage; chacun de scs protégés Le R.P.D.Pire ayant son parrain ou sa marraine, ceux-ci sont aujourd'hui 15,000.Enfin, il a constitué pour eux, dans ce qu’il appelle « l’Europe du cœur », les Villages européens (p.137): chacun groupe de 20 à 25 familles, chacune dotée de sa maison à clic, placée si possible près d’une usine afin que l’on puisse y gagner son pain et son loyer, à la périphérie d'une petite ville pour que le réfugié s’intégre sans trop de peine au reste de la population.On comprend qu’une œuvre pareille, où l’on ne connaît que la misère de l'Iiomme sans différence de pays, de couleur, de langue, de profession, de convictions philosophiques, d'adhérence politique ni de croyances religieuses, ait attiré l'attention du Storting ou parlement norvégien et celle du Comité distributeur du Prix Nobel de la paix.Aussi, en 1958, un an après l’avoir décerné à notre Lester Pearson, ce Comité attribuait-il au Père Dominique Pire ses 42,000 couronnes.Et voilà qu’après avoir dépensé cette somme d'un coup pour l’érection du Village européen d’Anne Frank, le Père songe à transformer son « Europe du cœur » en une œuvre plus vaste, le « Cœur ouvert sur le monde » qui l'entraînerait jusqu’au.Pakistan ! Ce Belge, ce moine, ce coureur de misère, est évidemment un désintéressé.A ces Souvenirs et entretiens, qui n'expriment que la mystique la plus humaine et la spiritualité la plus divine, il ne manque même pas la note gaie, drôle parfois jusqu’à la folichonnerie.Voici des adresses de lettres reçues: Laide aux D.P.— Aus en fant abant donné — Mr O’Pirc.Et voici une dédicace écrite par le Père, que distraient journalistes et cinéastes: Cordial Pire.Père Dominique merci (pp.160, 165) ! En fermant ce livre dense, où il n'est question que de souffrance soulagée par la bonté et l’amour, on ne s'étonnera pas que l’auteur termine ainsi sa présentation: « Le Père Pire met sa gloire très pure à rappeler au siècle l’éminente dignité du pauvre.» (P.IX) Quelle leçon quand on songe que certaine œuvre dite de charité consacrait, «sur $1000, $700 aux frais généraux et $300 aux D.P.» (p.111), alors que, des 12 millions de francs recueillis par le Père en 1958, pas un franc n’est demeuré collé ni à ses doigts ni à ceux de ses secrétaires et collaborateurs ! Emile CHARTIER, p.d.MEYENDORFF (Jean) SAINT GREGOIRE P A LAMAS ET LA MYSTIQUE ORTHODOXE.[Paris] Editions du Seuil [1959], 187p.ill.17.5cm.(Coll.Maîtres spirituels, no 20).$1.60 (frais de port en plus) Pour tous, niais spécialisé Grégoire Palamas est probablement inconnu de la plupart des lecteurs de la revue Lectures.Disons tout de suite pour nous situer qu’il vécut au quatorzième siècle parmi les moines de l'Athos, cette république du monachisme de l’Orient chrétien, au nord de la mer Egée.Lorsque parut, en 1944, l’Essai sur la théologie mystique de l’Eglise d’Orient de V.Losskij, cet ouvrage eut un réel succès en Occident.Ce 178 succès ‘marquait une étape dans l’évolution de la sympathie et de l’intérêt des Occidentaux pour la théologie orientale et particulièrement pour la théologie mystique de l’Eglise d’Orient.Un pareil livre, vingt-cinq ans auparavant, disait-on dans Irenikon 1947 (p.3), n’eût rencontré que quelques lecteurs et presque exclusivement des adversaires.Jean Meyendorff est professeur à l'Institut Saint-Serge de théologie orthodoxe à Paris.Sa compétence étend rapidement sa réputation.Il nous livre ici un ouvrage de vulgarisation sur un mystique orthodoxe qui fut particulièrement mal compris en Occident.Aujourd'hui, quinze ans après l’essai de V.Losskij.nous croyons que ce livre si serein et si objectif sur Grégoire Palamas et la tradition mystique de l'Orient chrétien, suscitera un vif intérêt chez tous ceux que la question intéresse ou pourrait intéresser.Il faut souligner aussi la qualité de la présentation, la limpidité du style, la richesse et la variété des illustrations (il y en a à toutes les trois ou quatre pages, comme c’est la coutume dans la collection: Maîtres spirituels).Nous attendons encore, dans l'Eglise latine, l’auteur qui rétablira la réputation de Grégoire Palamas.comme on l’a fait récemment pour Eutychès.Cet Eutychès fut comme Palamas, quoique un millénaire auparavant, un moine byzantin et un supérieur (archimandrite ou higouniène) de monastère.Pour Eutychès aussi, les difficultés originaient de l'attachement a une théologie spirituelle qui ne pouvait pas dialoguer facilement avec les théologiens chevronnés des Ecoles ou des Conciles.C’est pourquoi, pour comprendre Grégoire Palamas, il faut le situer dans le courant mystique où il a vécu et c’est précisément ce que fait à merveille notre Auteur.Bien que ce livre soit, nous l'avons dit, un ouvrage de vulgarisation, nous avons cru devoir le coter: pour tous mais spécialisé, parce qu’il nous semble que, pour en apprécier la teneur, il faut une certaine connaissance de l’Orient chrétien et de sa tradition mystique.Celle-ci prend sa source chez les Pères du désert et se poursuit jusqu’à nos jours.L’exemple du saint moine Séraphin de Sarov en plein dix-neuvième siècle nous montre bien la permanence indéfectible de cette tradition spirituelle.Une connaissance aussi du renouveau monastique en Occident et de ses sources théologiques permettrait des rapprochements éclairants.C’est pourquoi nous suggérons la lecture du livre de V.Losskij, cité plus haut, et des deux ouvrages du P.Louis Bouyer: La vie de saint Antoine (Paris, Fontenelle, 1950) et Le sens de la vie monastieftic (Turnhout — Belgique —.Ed.Bré-pols, 1950).Jacques GRISÉ L'Educateur avisé commande Livres de Bibliothèques Scolaires Livres de Récompenses Scolaires AUX ÉDITIONS FIDES Montréal et Paris UN CHOIX UNIQUE Près de 4,000 titres d'ouvrages canadiens et européens sur tous les sujets, pour les élèves et les étudiants de tous les degrés.SERVICE SPECIAL pour choisir et préparer les récompenses scolaires.ATTENTION SPECIALE pour toute commande supérieure à $100.00 Catalogues pratiques envoyés sur simple demande VOTRE SEUL TRAVAIL Indiquer, devant chaque titre choisi, le nombre d'exemplaires désiré et nous adresser votre commande.MONTREAL, P.Q.— 25 est, rue Saint-Jacques Tel.UN.1-9621 AMQUI, P.Q.— Boulevard Saint-Benoit Tel.285 RIMOUSKI, P.Q.— 62e, rue de l'Evéché Tel.RA.3-8521 RIVIERE-DU-LOUP, P.Q.— 456, rue Lotontaine Tel.UN.2-3561 THETFORD, P.Q.— 21 est, rue Saint-Joseph Tel.FE.5-2084 SAINT-BONIFACE, Man.— 135, ave Provcnchcr TéL CH.7-1735 PARIS (6e) (Fronce) — 3, rue Felibien Tel.MED.2571 FIDES U A Montréal, terroin de stationnement gratuit à l'arrière de l'immeuble Fides (An^le des rues Saint-Gabriel et des Fortifications) 179 Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d’étude d'Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.AVELINE (C.), Le poids du feu D BRADBURY (Ray), Le Vin de l'été B CARRE (M.-L.), J’ai été la chatte B?CAZELLES (J.), Le partage M CHEYENNE (B.), Le Capricorne B ( HR ISTOPHE (J.), Je pars pour l'Amérique TB DAVET (M.), Un voyage de noce B DEMAREST (P.G.).Les trompettes de Jéricho B?DERAIN (L.), L'homme démaquillé D DESMAREST (M.-A.), Les Remparts de Saint-Paul D DIELETTE, « Merveilleuse » Pamela .TB DRUON (Maurice), La louve de France B?DUVAL (C.), La sainte Pétoche B GARNIER (J.-P.), Murat roi de Naples B GENNARI (G.), Journal d’une bourgeoise B?JAUNIERE (C.), Un cœur tout neuf TB JULL1AN (P.), Scraps .D KNTTTEL (J.), Un voyageur dans la nuit B LAS VERGNAS (R.), Les yeux de la Sicile B LE QUINTREC (C.), Les Chemins de Kergrist TB LUNEL (A.), La belle à la fontaine B LUTRY (J.de).D’amour et de champagne TB MAI (D.), L’Ange et la colombe TB MARAVAL-BERTHOIN (A.), Le Drac B?MISOFFE (M.), Metternich B MONFREID (H.de).Le Récif maudit B MONTA IG U (E.).Sara et les grandes personnes B MONTAIGUT (H.-L.), Le taureau rouge B?MURPHY (D.), L’étau .M PAYNE (R.), Le lotus blanc B?PRASSINOS (G.), La voyageuse B ROBERTSON (C.), La Femme du diable B ROBICHON (J.), Le roman des chefs-d'œuvre D ROTH (H.), Au paradis des espions TB VELLERUT (R.), Le Portrait dans la vitrine TB WISLENEF (P.), La Polonaise à Chopin D YOURCENAR (M.), Denier du rêve M Signification des cotes M — mauvais B — pour adultes D — dangereux TB — pour tous B?— appelle des réserves TB-S — pour tous mais spécialisé 180 .www! «S swamis mm, « Pourriez-vous m'indiquer des livres ou des revues où je pourrais puiser pour me renseigner sur Madame Bovary de Flaubert.» E.C.— Vous savez, n est-ce pas, que cet ouvrage est à l’Index ?Vous trouveriez, dans le numéro de LECTURES de mars 1947, un article signe par le R.P.Jacques Tremblay, s.j.et traitant de ce sujet.Le répertoire de Je choisis mes auteurs de R.du Mesnil et P.Chartier consacre également une courte notice à Flaubert.Un chapitre lui est aussi réservé dans la Littérature française de A.de Parvillcz et M.Moncarey (p.1125-1132).Enfin, deux ouvrages de grande valeur peuvent être consultés avec profit sur ce sujet: Gustave Flaubert par René Dumcsnil (paru chez Desclée de Brouwer), et Au pays de Madame Bovary par M.le chanoine Géraud Ven-zac (édité par les Editions de La Palatine).* * 3 « Est-ce que l’ouvrage de Maxence Van der Meersch, Corps et âmes est à l'Index ?» I.T.— Non, cet ouvrage n’esi pas à l'Index.Il appelle cependant des réserves et ne convient qu'à des lecteurs très expérimentés.L'auteur y fait le procès d'une certaine conception de la médecine.L'ouvrage prend parfois les allures d'un pamphlet avec des généralisations injustes et des peintures réalistes.« Une jeune fille de mon entourage vient de se procurer l’ouvrage intitulé S’aimer corps et âme du docteur Norman, ouvrage dont elle a lu la recension dans LECTURES.Or je vois que, dans le numéro de décembre '59 où il est question de cet ouvrage, on le réserve « aux jeunes ménages ou aux couples de fiancés dans la dernière quinzaine des jours qui les séparent du grand jour ».Or cette jeune fille n’est même pas encore fiancée.Que faut-il en penser ?Vaudrait-il mieux ne pas parler dans le grand public de ces ouvrages spéciaux qui risquent d'éveiller inutilement la curiosité des gens ci qui ils ne sont pas destinés ?» R.D.— Il y aura toujours des gens qu'une curiosité malsaine poussera à lire des ouvrages qui ne sont pas pour eux.Ce n'est pas d'après leurs réactions que notre revue doit orienter sa politique.Notre revue n'est pas destinée à ce « grand public * dont vous parlez.Elle s'adresse à des gens qui ont une certaine formation et une certaine culture, à des gens qui ont besoin de connaître la valeur des livres qui sont sur le marché, soit parce qu’ils lisent beaucoup, soit parce qu'ils ont à aider autrui dans le choix de leurs lectures.S'il se trouve, parmi nos lecteurs, des esprits assez mal tournés pour s’offrir en pâture précisément les livres qu'on leur déconseille, c'est bien malheureux mais c'est tant pis pour eux ! Cela ne nous empêchera pas de nous efforcer d’éclairer, le plus adéquatement possible, ceux de nos lecteurs — et ils sont certainement l’immense ma- jorité — dont le jugement est droit.« J'aimerais connaître la cote de l’ouvrage de Boris Pasternak: Le docteur Jivago.» A.V.— Ce magnifique ouvrage appelle quelques réserves et convient plutôt à des lecteurs cultivés.Dans sa livraison du 15 février 1959, la revue LECTURES a publié un très intéressant document sur cet ouvrage.Gille Fabrey Rappel Le Portier de saint Joseph « Ce lit re e
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