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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1960-03, Collections de BAnQ.

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LECTURES Nouvelle série — Vol.6 — No 7 Montréal SOMMAIRE Le Livre et la culture p.194 Mgr Camille Rov p.196 « Foi et littérature » de P.Angers, s.j.p.199 * « Canada » de P.Mélèse p.201 * « La Belle Bête » de M.-C.Blais p.202 * « Marie Morin » de E.Lefebvre p.204 * Notices bibliographiques p.206 * Valeur morale de la collection du « Livre de Poche * p.216 * Le courrier des lecteurs p.217 * La Voix des maîtres p.218 * Un texte de Charles du Bos .p.224 MARS 1906 Mgr Olivier MAURAULT, p.s.s.(photo Gaby) (voir à la page 208) LE LIVRE ET Paul-Emile ROY, c.s.c.LA CULTURE En marge de la Semaine des Bibliothèques du 3 au 9 avril A vie moderne a multiplié les moyens de culture.Avant l’invention de Vimprimerie, celui qui possédait quelques manuscrits était presque un être d’exception.Mais aujourd’hui, n’importe qui peut se monter une bibliothèque personnelle.Le livre est une marchandise qui nous est offerte sur le quai des gares, dans les pharmacies, bref dans des lieux que nous fréquentons tous les jours, sans compter les bibliothèques publiques et tous les services possibles de librairie.Sans compter aussi l'incroyable pullulement des journaux et des revues.D'autres moyens de culture enfin sont apparus qui nous sollicitent de tous bords et de tous côtés.Le cinéma et la télévision font partie de la trame de notre existence et assaillent sans trêve nos sens et nos intelligences.A première vue, la civilisation moderne est telle qu’on serait porté à croire qu’il n’y a vraiment plus moyen de n'être pas cultivé.Il suffirait de nous laisser instruire, de nous laisser porter par l’atmosphère qui nous enveloppe.Et il est évident que la vie du vingtième siècle a gagné en ouverture sur celle des époques antérieures.Un plus grand nombre d’hommes ont accès aux trésors culturels de l'humanité et ont pu élargir les horizons de leur existence.Mais la culture y gagne-t-elle nécessairement ?Est-il vraiment devenu possible de nous cultiver sans même le vouloir, sans même nous en apercevoir?Dès lors, le contact avec les maîtres de la pensée universelle par le moyen de la lecture serait-il devenu un moyen de culture désuet ?Ce qui est certain, c'est que le livre n’est plus l’unique moyen de culture, si jamais il le fut, et il va de soi qu'aucun homme sérieux ne saurait mépriser les acquisitions merveilleuses de la technique moderne.Il est certainement un apport culturel qui nous est fourni par le cinéma que le livre ne peut donner.La télévision elle-même, à sa façon propre, apporte à l'esprit des enrichissements qu’il chercherait en vain ailleurs.Mais le problème qui se pose en est un de discernement, d'ordre, de hiérarchisation de nos activités.Nous ne souffrons pas d'une pénurie de moyens de culture, mais nous risquons d'être écrasés par le poids trop lourd de nos richesses ou d'être dispersés par les sollicitations multiples qui s’exercent sur nous.La surabondance des moyens de culture dont nous disposons peut elle-même tuer la culture si nous ne savons pas l’utiliser intelligemment.Elle peut empêcher le fonctionnement normal de nos facultés, les réduire à un asservissement destructeur.Le Père Daniélou écrivait dernièrement: « L’homme moderne est convié à un perpétuel spectacle que lui offrent du matin au soir la télévision, le théâtre et le cinéma.Il sait tout.Il comprend tout.Mais c'est un voile chatoyant qui lui masque tout.» Au fond, sait-il vraiment tout ?Comprend-il tout ?Il serait peut-être plus juste de dire, et c’est sans doute la pensée du Père Daniélou, qu’il a des renseignements sur tout, qu'il possède des bribes de connaissances sur tous les sujets.Mais il a bien peu de connaissances approfondies.Il est incapable de situer dans une vue unifiée de l’intelligence cet ensemble de notions disparates qu'il a accumulées sans toujours les assimiler.Et c’est pourquoi ses connaissances lui masquent tout parce qu’elles arrêtent la pénétration de l’esprit qui n’arrive pas à dépasser l’enveloppe des choses pour arriver à leur signification.Notre monde intellectuel ressemble trop souvent à un chaos dans lequel les objets de notre connaissance pullulent, pêle-mêle, sans ordre, sans signification, dans une confusion totale.194 ?Une certaine littérature, qu'on a appelée une littérature d'égarement, s’est chargée d'exprimer ce désordre, mais elle n’a pas réussi à l'extirper.Elle a promené l'homme moderne dans la Babel qu'il habite sans réussir à l'en faire sortir.L'impression qui se dégage de ces pages mystérieuses en est une d'anarchie.Une espèce de jungle impraticable qui devient à la longue insupportable.Face à la difficulté de la tâche qui nous incombe, on a renoncé à ordonner les éléments constitutifs de l'existence et on s’est contenté d'exposer aux yeux du lecteur le fouillis de sa propre impuissance.Mais ce n'est pas le moment d'approfondir le sens de cette expérience littéraire.Revenons au plan de la culture en général.Ce qu'il importe pour nous de comprendre, c'est qu'elle n'a rien à voir avec un amas de connaissances superficielles déposées en désordre dans l'esprit.Elle ne se réduit pas à une accumulation d'impressions ou de notions non assimilées.Elle n'existe que quand la vérité a façonné nos facultés jusqu'à créer en nous une seconde nature.Elle est le fruit d'une réaction personnelle au contact de la vérité.Les connaissances les plus sublimes, si elles ne font que couler sur nous, si elles ne sont pas assimilées, intégrées, senties, repensées par nous ne donnent qu'un semblant de culture.C'est pourquoi l'empressement que l'on met à être au courant de tout ce qui se dit ou s’écrit n'est pas nécessairement un signe de culture.Aussi bien que d'un souci culturel authentique, cet empressement peut procéder d'un certain affolement de l’esprit qui ne sait où se poser, qui a perdu le sens des valeurs essentielles et se dissout dans le multiple.La culture implique une vision unifiée du réel parce que la vérité est une.Elle redoute l’éparpillement et le dilettantisme, les modes et les apparences.C'est à ce point de nos réflexions qu'il faut situer la désaffection que le livre a subie dans l'esprit de beaucoup d'étudiants du vingtième siècle, et sans doute aussi dans celui de beaucoup d'adultes.Si les nouveaux moyens culturels que la civilisation moderne offre à l’homme, tout bons qu'ils soient quand on sait les utiliser intelligemment, tendent à supplanter le livre dans la formation intellectuelle, c’est qu’on n'a pas compris ce qu’il apportait d'irremplaçable.Et plus profondément, c’est peut-être qu'on se méprend sur la vraie nature de la culture.Certes le livre a joué, avant l'avènement du cinéma et de la télévision, un rôle de suppléance que ces organes de diffusion peuvent maintenant assumer mais il ne reste pas moins qu'il apporte à la culture une contribution dont elle ne saurait se départir sans se trahir radicalement.Et on peut dire qu'une préférence trop marquée donnée au cinéma, à la télévision et aux journaux sur le livre, apparait, au point de vue culturel, comme une méprise et une forme de paresse intellectuelle.Le film et le spectacle pourront apporter à l'esprit une formation authentique, ils ne remplaceront jamais la lecture des Pensées de Pascal ni celle des Grandes Odes, ni celle de /'Iliade.Le cinéma pourra bien s'emparer des grands romans, les transposer dans son langage et en faire des moyens de culture authentiques, il ne fera jamais dire à Dostoïevski ni à Balzac ni à Bernanos tout ce qu'ils ont vu et ce que seule la lecture peut laisser entrevoir.Le livre restera, suivant une expression de Claudel, « une boite où l'humanité conserve une portion de ses archives », ou comme dit Lacordaire, « un ami avec lequel on converse ».C'est peut-être dans cette intimité avec les maîtres de la pensée que nous offre le livre que consiste son apport culturel unique.Par ces pages imprimées que nous tenons dans nos mains, que nous pouvons apporter avec nous, que nous pouvons ouvrir ou fermer quand nous le voulons, que nous pouvons reprendre indéfiniment, nous entrons en communication avec les génies, nous les soumettons à nos interrogations, nous les utilisons à notre gré dans notre recherche de la vérité.Peu à peu la pensée de l'auteur résonne en nous, elle nous investit, elle nous façonne, nous métamorphose.Toutes ces réflexions profondes qui nous sont proposées, elles nous sont si intimes que nous avons l'impression de les inventer nous-mêmes.Nous découvrons même ce qu'il y a d'inexprimé dans le texte, ce qui constitue le secret de l'auteur.De même que chez un homme, ce n'est pas toujours ce qu'il dit qui importe le plus mais ce qu'il ne dit pas, ce qu’il est ineffablement, de même dans un livre, ce n’est pas toujours ce qui est écrit qui importe, mais ce qu'il suggère, ce qu'il implique.Le signe doit être dépassé pour rejoindre la personne qui est là et qui respire.Le livre rend possible cette rencontre parce qu'il nous apprivoise, nous transforme peu à peu, nous ouvre à un monde resplendissant.Et cela progressivement, au rythme de malléabilité de chacun de nous.Il est à craindre cependant que cette conception de la lecture ne soit pas très courante.Nous sommes portés à lire rapidement, avec énervement, sans nous arrêter.Peut-être lisons-nous comme nous regardons un film.Le film ne s'arrête pas.Les images se succèdent, nous devons les suivre.Le temps est une dimension essentielle au cinéma.Le livre fait abstraction du temps.Nous devons apprendre à nous arrêter, à reprendre une ligne, à la savourer, à l’assimiler.Savoir signifie étymologiquement savourer.Savourer c'est s'arrêter pour goûter, c’est déguster.Savoir c'est goûter la vérité, c'est l’assimiler.La lecture qui ne mène pas à la contemplation est une lecture incomplète.Elle manque son but.Plus qu'à aucune époque peut-être cette rencontre avec la vérité par delà les images et les mots nous est-elle difficile car elle se fait dans un moment d'arrêt de nos facultés qui sont en quelque sorte ravies, transportées hors d'elles-mêmes.Or l’homme moderne est nerveux, agité, trépidant.Il ne peut pas faire une pause.U n'a pas le temps d’écouter.Cette (Suite à la page 222) 195 Etude d'auteur canadien MGR CAMILLE ROY (1871-1943) Le séminaire de Québec et TUniversité Laval ont connu de bien grands honneurs.Outre qu'ils furent g dirigés par ces sommités NN.SS.Cazeau, Paquet, LV | Hamel, Mathieu, Laflarn- M me.A.Gosselin et autres, Æ le premier forma et les deux comptèrent parmi leurs maîtres « le premier prêtre du Canada français » (Orner Héroux), Mgr Louis-Adolphe Paquet, et « ce grand seigneur des lettres françaises au Canada » (Lome Pierce).Mgr Camille Roy.Né à Berthier-en-bas ou Saint-Vallier.ce dernier appartenait à l'une de ces familles nombreuses qui font l'honneur de notre race et qui en expliquent la durée.La sienne comprenait, sauf erreur, douze enfants, six garçons et six filles.Alors que celles-ci entrèrent toutes en religion, des six frères un fut archevêque de Québec, un dominicain, trois prêtres séculiers dont un recteur d’université et deux curés; un seul, demeuré laïc, fut chef de gare.Le fait, pour Mgr Camille Roy, d'avoir vu le jour à la campagne explique son amour de la terre et son respect des traditions paysannes.Ses études en Europe (1898-1901).couronnées par la licence ès lettres de la Sorbonne, créèrent chez lui une triple conviction: la grande lacune de notre enseignement résidait dans l'absence de formation pédagogique chez nos professeurs; la faiblesse de notre littérature avait pour cause principale la carence d'une culture française suffisante; la pauvreté de notre langue finirait par contrecarrer notre ambition d’exercer une action véritablement intellectuelle.Dès son retour de Paris (1901), il résolut de contribuer, selon ses moyens, à la solution de ce triple problème.A l’heure où il rentrait ainsi.Québec voyait se former dans ses murs un cénacle d'esprits préoccupés des mêmes questions.Les abbés Paul-Eugène Roy et Stanislas Lortie, les avocats Adjutor Rivard et J.-E.Prince, le poète Pamphile Lcmay et d'autres, groupés autour du cardinal Bégin et réunis d’ordinaire chez Rivard, posaient les bases de trois œuvres: L’Action sociale plus tard Action catholique, la Société du parler français, le Congrès de la langue française, trois mouvements qu’avait précédés La Nouvelle-France du chanoine Lindsay.Ils n'eurent pas de peine à embrigader l’abbé Camille Roy, le brillant diplômé qui leur arrivait de la Ville-Lumière.Professeur de rhétorique, collaborateur de L’Action sociale et du bulletin du Parler français, l'abbé Camille se donna pour tâche essentielle d’inventorier notre littérature passée et de perfectionner nos lettres présentes.Cette double fonction d’historien et de juge, à laquelle s'associait son ami Rivard, il l’exerça tout au long de sa carrière; les œuvres dont on trouvera la liste plus bas attestent sa fécondité.Il avait là-dessus une doctrine (cf.son Manuel): « Une littérature encore jeune a besoin qu’on stimule le plus possible d’efforts et qu'on ne décourage aucune initiative louable.» Cette bienveillance, exercée surtout à l’égard des écrivains novices, lui attira la violente diatribe d'un Jules Fournier aviné; elle reprochait à Mgr Roy de « verser sans cesse de l'eau bénite de cour » (Mon encrier, II).La modération du critique occasionna aussi trois polémiques retentissantes: avec Henri Letondal (Le Canada.12 janvier 1933 — Le Devoir, 17 janvier), avec Olivar Asselin (Pensée française, p.163-164 — A l’ombre des érables, p.297-311), avec le même (L’Ordre, janvier 1935 — L’Ordre, 11 et 16 janvier).Le jacobinisme effronté des attaques rehaussait la noblesse chrétienne et la dignité littéraire des répliques.L'attitude du critique fut-elle influencée par la brutalité polissonne de ces assauts ?En tout cas, il adopta une seconde manière, qu’il avoue lui-même: « Son indulgence s’est muée au besoin en sévère intransigeance * (Manuel), une manière que l’abbé Groulx caractérisait par cette image: « Sa plume peut écrire les choses les plus cinglantes dans la langue la plus drue.» De ce nouveau procédé nous ne connaissons 196 guère de meilleur échantillon que les pages eonsacrées à L’appel de lu race du même abbé Groulx (A l’ombre des érables, p.273-296).Historien et juge de notre littérature, l’abbé Camille Roy s’en fit encore le théoricien; il ne voyait d’autre chance pour elle de devenir originale que celle de « se nationaliser » (Essais, art.final).Les gorges chaudes que soulevèrent et le terme et la doctrine qu’il coiffe, nous tentâmes un jour de les refroidir en expliquant ainsi les prétentions du critique: « Nationaliser, c’est, en ne négligeant pas l’héritage linguistique de la France, tirer un meilleur parti des créations heureuses d’expression qu'a suscitées le génie particulier de la race.C’est aussi, en continuant de s’abreuver à des sources extérieures, cultiver plus que par le passé le riche fonds de sa terre, de ses paysages, de ses horizons, de ses coutumes, de son histoire (Chaussegros: Revue catuidienne, mai 1910 — Desrosiers: Action française de Montréal, février 1919).C’est enfin, tout en ne comprimant pas les vibrations communes à toutes les âmes humaines, faire sonner de plus en plus les cordes de son âme à soi.En un mot, nationaliser, c’est développer les sujets même étrangers à l’aide de ses propres façons de penser, de ses propres expressions parfois.» (Manuel Calvet, supplément, p.69) Ainsi comprise, la nationalisation littéraire suscita toute une Ecole régionaliste dont les productions connurent une certaine vogue: Mgr Roy s’y rattache par deux œuvres mentionnées plus bas, de même que par les recueils de conférences publiques indiquées au même endroit, entre autres celle qui étudiait Notre patriotisme littéraire en 1860 (A l’ombre des érables).L’activité de Mgr Roy ne se borna toutefois pas à son rôle de critique.Lorsque les infirmités firent taire la voix éloquente de Mgr L.-A.Pâquet, l’orateur attitré de nos grandes cérémonies religieuses et de nos congrès nationaux, ce fut Mgr Roy qui prit la relève soit comme président de la Société du Parler français soit comme recteur de Laval soit simplement comme « grand seigneur des lettres françaises au Canada ».Comme il se faisait une spécialité de toujours fonder, sur de vastes fresques d’histoire nationale, ses leçons dogmatiques ou morales, sa prédication prenait de là le caractère académique.Avant l’abbé Miville-Deschênes et Mgr Paul-Emile Léger, il fut le premier Canadien à remplacer (1915) les orateurs français dans la chaire de Notre-Dame.Ce Carême n’ayant pas été publié, on jugera de sa manière par les livres que nous citerons.De ses sermons quadragésimaux Georges Pelletier a d’ailleurs écrit qu’ils manifestaient « une éloquence élégante, onctueuse, persuasi- ve, un style délicat, une doctrine assise sur la plus pure théologie, une âme de véritable prédicateur » (Paul Dulac: Silhouettes d’aujourd’hui).Quarante années de professorat dans la chaire de son séminaire ou dans celle de l'Uni-versité disent assez quelle fut la contribution de Mgr Roy au domaine de notre enseignement.Deux livres de lui, l’un d’ordre historique, l'autre d’allure pédagogique, indiqués plus bas, perpétuent ses idées en cette matière qui lui tenait souverainement à coeur.Fondateur en 1911 du premier Comité permanent de l'enseignement secondaire, il en occupa longtemps la présidence.Cet homme toujours à sa place dans le monde, ce conseiller et ce guide d’une jeunesse qu'il aimait autant qu’elle l’aimait, était avant tout un prêtre et un apôtre doué d’une piété d’enfant de chœur, comme il était un compagnon d'une gaieté communicative.Il avait rapporté de France, avec une langue impeccable et une méthode éprouvée, un esprit pétillant et une culture étendue.Toutes ces qualités lui attirèrent, même dans le monde anglo-saxon, des amitiés profondes, comme celles de sir Robert Falconer et du critique Lome Pierce dont il fut l'hôte si souvent recherché.Au milieu du repos qu’il goûte là-haut, puisse-t-il trouver, dans ces notes rédigées par son collaborateur constant et son associé fidèle, l’hommage reconnaissant pour une affection fraternelle qui n’a jamais bronché entre lui et le signataire.* * * ŒUVRES.— A l'ombre des érables.Québec, Impr.de l'Action Sociale, 1924.348p.19cm.— La critique littéraire au XIXe siècle.Québec, Impr.de l’Action Sociale, 1918.236p.19cm.— Erables en fleurs.Québec [s.éd.] 1923.234p.19cm.— Essais sur la littérature canadienne.Québec, Gameau, 1907.376p.19cm.— Etudes et croquis.Montréal, Carrier.1928.252p.19cm.— Historiens de chez nous.Montréal, Beauchemin [cl935].190p.20cm.— Leçons de notre histoire.Québec, Impr.de l’Action Sociale, 1929.331p.19cm.— Morceaux choisis d’auteurs canadiens.Montréal, Beauchemin, 1934.443p.18cm.— Nos origines littéraires.Québec, Impr.de l’Action Sociale, 1909.354p.17cm.— Nos problèmes d’enseignement.[Montréal] Lévesque, 1935.197 221p.19cm.— Nouveaux essais sur la littérature canadienne.Québec, Impr.de l’Action Sociale, 1914.390p.19cm.— Poètes de chez nous.Montréal, Beauchemin, 1934.192p.20cm.— Pour conserver notre héritage français.Montréal, Editions Beauchemin, 1937.185p.20cm.— Pour former des hommes nouveaux.Montréal, Ed.Bernard Valiquette, 1941.206-[2]p.20.5cm.— Propos canadiens.Québec, Impr.de l’Action Sociale, 1912.8-326p.18cm.— Regards sur les lettres.Québec, Impr.de l’Action Sociale, 1931.240p.19cm.— Romanciers de chez nous.Montréal, Beauchemin, 1935.196p.20cm.— L'Université Laval et les fêtes du cinquantenaire.Québec, Dussault et Proulx, 1903.8-395p.22cm.— Semences de vie.Québec, Les Editions de l'Action Catholique, 1943.197p.19cm.* * * SO U RC LS A CONSULTER.— Baillargeon (Samuel), c.ss.r.Littérature canadienne-fran- çaise.Montréal, Fides [1957J.460p.ill.23cm.— Chartier (Abbé Emile), La critique littéraire au Canada.Dans le Premier congrès de la Langue française au Canada.Vol.2.Québec, Impr.de l'Action Sociale, 1914.636p.26.5cm.P.466-479.— Chartier (Mgr E.), Pages de combat, première série.Montréal, Impr.des Sourds-Muets, 1911.338p.— Dulac (Paul) [Pseudonyme de Georges Pelletier], Silhouettes d’aujourd’hui.Montréal, Le Devoir, 1927.166p.16cm.— Fournier (Jules), Mon Encrier.Vol.II.Montréal, Mme Jules Fournier, 1922.209p.— Grandpré (A.de), c.s.v., dans L’Action française [P.C.] août 1918, p.377.— Groulx (Abbé Lionel), dans Nouvelle-France [P.C.] août 1912.— Ludovic (Frère), Biobibliographie de Mgr Camille Roy.Québec, Procure des Frères des Ecoles chrétiennes, 1941.180-[2]p.front, (portr.) 22.5cm.— Montpetit (Edouard), Au service de la tradition française.Montréal, Bibl.de l’Action française, 1920.248p.— Pierce (Lome) [Albert], An Outline of Canadian Literature.Montréal, Louis Carrier [cl927].25lp.portr.Emile CHARTIER, p.d.Pour le mois de Marie 1 J SAINTE MARIE DE GUADALOUPE 31 chapitres pour le mois de Marie par Arsène Croteau Historique, fondement et popularité sans cesse croissante de la « Madone brune ».236p.19.5cm.13 hors-texte $2.50 (par la poste $2.60) MOIS DE À NOTRE-DAME DD ROSAIRE DE FATIMA par Lionel Boisseau, ptre Les leçons de Fatima, présentées sous forme de méditations pour tous les jours du Mois de Marie.112p.19cm.$0.90 (par le poste $1.00) IA EIGDRE MERVEIEEEDSE DE MARIE par P.-E.Charbonneau, c.s.c.Méditations sur les vertus de la Vierge et les grands messages quelle a laissés au monde.194p.18cm.III.$1.50 (par la poste $1.60) LE CARIEEOAI D'ESPÉRANCE par M.-A.Grégoire-Coupal Les principales apparitions de la Sainte Vierge aux XIXe et XXe siècles.216p.Photos.21cm.$2.50 (por la poste $2.60) NOTRE-DAME DE TODTE JOIE par Emile Legault, c.s.c.Des pages de méditation tonifiante sur la Vierge.Plaquette de luxe.88p.18cm.8 hors-texte.$1.00 (par la poste $1.05) LA VIERGE DE GUADALOUPE Impératrice des Amériques par Mgr Ch.-E.Roy Le rôle joué par la Vierge dans la vie mexicaine depuis 1531 et le rôle qu’elle est appelée à jouer chez tous les peuples des Amériques.290p.14 hors-texte.22cm.$2.50 (par la poste $2.60) En vente partout et chez FIDES 198 3 « TOI ET LITTÉRATURE Æ J mr BV Wm ,w' de w DIALOGUE AVEC Pierre ANGERS, s.j.LES LIVRES D'HIER ET D’AUJOU RD’HUI T;: /'S'SWV""v• ¦ •••••*>•• Paul-Emile ROY, c.s.c.1 Les notes qui vont suivre ne se présentent pas comme un compte-rendu objectif de la pensée du Père Angers mais plutôt comme un dialogue avec lui.Un livre constitue une invitation à la réflexion.Voici une réponse à cette invitation.Le Père Angers ne se propose pas, dans Foi et littératurel, d’étudier de façon systématique les relations entre la foi et la littérature.Son titre est cependant justifié car il mène sa réflexion littéraire dans un éclairage de foi.Ses trois derniers chapitres sont consacrés à trois grands poètes catholiques de notre époque: Claudel, Péguy, Jammes.Ces études ont le mérite de faire ressortir les dimensions des oeuvres de ces maîtres et de montrer comment la foi chrétienne accomplit leur vision de l’Univers.Le reste du livre groupe des études sur des sujets différents: la critique littéraire, les lectures, la Bible et le symbolisme.Toutes ces pages sont d’une grande actualité et vaudraient d’être examinées attentivement.Je m’arrêterai surtout au chapitre intitulé: Im critique littéraire et son objet car il me semble spécialement riche de substance et de suggestion pour la vie de l’esprit.Les considérations du Père Angers sur la critique sont issues d’une conception très large de l’œuvre littéraire.La littérature authentique n’a pas pour but de distraire le lecteur par des tournures amusantes, par des artifices littéraires.Elle implique une vision de l’homme dans ses relations multiples à l’existence, l’expression de la vie humaine dans toute sa complexité.Elle porte sur la réalité totale.Par delà tous les soucis de forme elle exprime « ses vues et ses sentiments, un.monde palpitant de rêves, d’émotions et de désirs, la vision pénétrante d’une situation ou de quelques traits de la physionomie de l’homme » (p.14).Ces « vues », ces « sentiments », cette « vision » émanent d’une conception de l’homme, elles impliquent ce que Baudelaire appelle une métaphysique.L’œuvre littéraire est un monde autonome certes, différent du monde réel mais semblable aussi et rattaché à la réalité la plus con- crète par les liens innombrables de l'analogie.Quand l’artiste crée une œuvre, il crée un monde qui évolue selon certaines lois.Les êtres y sont assemblés suivant un jeu de relations et de finalités qui donne un sens à l’ensemble.Il insère, par le fait même, dans sa vision, une certaine conception de l’homme et de la vie.11 appert, dès lors, que quand le critique veut étudier une œuvre, « il est conduit à se poser des problèmes qui appartiennent à la philosophie et à la théologie » (p.14).Il doit recourir à une Sagesse qui le guidera dans l’exploration, dans l’analyse de cet univers en miniature qui lui est proposé.Si l’œuvre littéraire implique une conception de l’homme et de sa destinée, si elle implique une métaphysique, comment le critique pourrait-il la comprendre, la situer, l’éclairer ou la redresser au besoin, s’il ne disposait pas lui-même d’une certaine conception de l’homme, d’une vue générale sur les êtres ?Cette façon de poser le problème de la littérature et de la critique peut surprendre certains intellectuels.Le Père Angers le sait et il le souligne.« Depuis la Renaissance, nous sommes tellement habitués à tenir pour acquis qu’entre les diverses activités de l’esprit existent des cloisons étanches; à voir dans la littératuie et la théologie deux disciplines nettement séparées qui se meuvent en des domaines distincts.» (P.14) J’ajouterais: et cela, au détriment de l’une et de l’autre discipline ! La littérature étouffe, elle manque d’horizon, elle ne trouve pas l’issue qu’elle cherche.Elle s’obstine à poser des problèmer.auxquels seule une théologie saine pourrait trouver une réponse.La théologie de son côté se racornit et se déshumanise, perdant ainsi de son mordant sur la vie de l’esprit et les mouvements de pensées qui se développent à ses côtés sans la rencontrer.Dans la réalité, « les choses existent ensemble et réunies », il y a entre elles « échange perpétuel et solidarité ».Notre obstination à refuser à la littérature un certain commerce avec la théologie vient aussi, il me 799 semble, de ce que notre conception du christianisme est trop souvent étriquée.Le christianisme, pour plusieurs d’entre nous, se ramène à un système de morale ou à un ensemble de pratiques religieuses.Nous ne voulons pas soumettre la littérature à la morale et certes, nous avons raison pour une part.La littérature ne peut pas renoncer à ses lois propres au profit de l’éthique.Par ailleurs, quand elle devient immorale, elle est infidèle à elle-même par quelque côté.Mais indépendamment de tout cela, ce dont nous devons prendre conscience, c’est que le christianisme n’est pas d’abord et surtout une morale.II n’est pas un code de lois, ni un système de pensée, il est essentiellement une participation à la vie de l’Homme-Dieu, une religion, une mystique, une vie.Il implique certes une organisation de la vie suivant des normes données mais si le souci de îa fidélité à des règles établies par des moralistes, ou même tirées de l’Ecriture, prédomine sur le mouvement de générosité vers Dieu et le prochain, la religion dégénère et devient du pharisaïsme.Les relations, sur le plan de la critique littéraire, de la littérature à la théologie doivent dès lors se penser non pas dans le sens d’une comparaison de l’œuvre littéraire aux exigences des lois morales, mais dans la perspective d’une rencontre de la vision de l’artiste avec la vision grandiose de l’homme et de sa destinée que le christianisme propose à notre intelligence et à notre volonté.On constate alors que les œuvres de certains artistes auraient été très grandies, très dégagées si elles avaient su profiter des perspectives magnifiques que la foi leur proposait.Dans ce contexte, la fonction de critique se comprend, non pas comme une simple appréciation formelle, ni comme une simple mise au point, mais comme un effort de « poursuivre la réflexion jusqu’aux limites extrêmes où conduit un ouvrage » et de «le dépasser s’il est nécessaire» (p.15).Il s’agit de rejoindre la vision d’une œuvre, sa portée profonde, de l’interpréter en la situant et de la prolonger s’il y a lieu.Les grandes œuvres de pensée soulèvent « les problèmes de la destinée, engageant ainsi la critique à les poser et à les discuter » (p.17).Même le roman qui ne cherche qu’à mettre en mouvement un monde fictif s’inspire d’une certaine conception de l’homme.Il organise un univers, un petit monde qui évolue sous nos yeux suivant un ordre plus ou moins explicite de relations.Le critique doit, à partir de sa propre vision du monde, examiner cet ordre, le discuter, l’interpréter.Si le critique est catholique, il pourra en recourant à l’éclairage de sa foi discerner les valeurs de l’œuvre qu’il étudie, percevoir ses résonances, dégager ses limites et la compléter par un éclairage supérieur.Il s’agit beaucoup moins ici de porter un jugement moral que d’élargir une vision du monde.Non pas qu’il ne faille pas porter de jugements moraux sur les œuvres littéraires.Mais le jugement moral comme tel relève du moraliste.Un critique littéraire pourra et même devra, à certains moments, se faire moraliste, puisqu’il est un homme responsable, mais en tant que critique littéraire, ce qui le préoccupe, c’est l’interprétation artistique de l’œuvre et le dialogue avec elle.Cette préoccupation du Père Angers d’attribuer au critique le rôle de détecter la portée profonde d’une œuvre et de situer sa vision par rapport à une autre vision — la vision chrétienne du monde, pour un catholique — me semble des plus intéressantes.Et il faut rappeler que dans cette démarche, le critique ne déroge pas aux lois propres de sa discipline, mais s’acquitte tout simplement de la tâche qui lui incombe, sans tomber dans ce qu’il est convenu d’appeler le moralisme.Sans une intelligence aussi large de la critique et de l’œuvre littéraires, le catholique est bien mal à l’aise dans la fréquentation des œuvres modernes qui posent presque toujours le problème de la condition humaine.On voit aussi l’intérêt pédagogique d’une position aussi lucide qui me semble rejoindre celle d’un Père Faure, d’un Père Blanchet ou d’un Père Barjon.Le deuxième chapitre de Foi et Littérature traite du problème des lectures et de la foi.Parlant des livres dangereux le Père Angers écrit: « La diffusion du livre, accrue par de puissants moyens, n’est pas à blâmer pour elle-même; ni la vente d’ouvrages de mauvais maîtres, dont la pensée, féconde à plusieurs égards, doit rester accessible a ceux qui, par leurs fonctions ou pour tout autre motif valide, ont intérêt à la connaître et à l’étudier.Cette expansion en rafale du livre est un bienfait pour notre milieu canadien-français: elle dissipe ses préjugés, élargit ses horizons, rabat son amour-propre.La curiosité intellectuelle se développe; la culture y gagne en étendue et en profondeur; la réflexion sur les difficultés actuelles de la vie chrétienne s’approfondit »» (p.25-26).Personne ne s’opposera à ce que les livres mauvais soient accessibles aux chercheurs et aux spécialistes avertis.II est important que dans l’Eglise, des hommes soient au courant des mouvements de pensée qui agitent le monde.Mais cette « expansion en rafale » du livre est-elle vraiment un bienfait ?Dissipe-t-elle nos préjugés ?Elargit-elle vraiment nos horizons ?Est-ce qu’elle n’engendre pas plutôt de nouveaux préjugés ?Et ne tend-elle pas à émousser la pointe de nos convictions chrétiennes ?Le public moyen n’est pas toujours en mesure de faire la discrimination qui s’impose.Il lit sans trop critiquer, il accepte ce qu’on lui offre sans porter toujours les jugements qui s’imposeraient.Et c’est peut-être justement dans cette « rafale du livre » au Canada que nous pouvons aller chercher l’explication de cette anémie spirituelle que le Père Angers croit retrouver chez nos intellectuels.« Ce qui est é-tonnant, écrit-il, ce qui se manifeste comme un trait de moins bon aloi dans un pays qui se prévaut de sa fidélité à l’Eglise, c’est un affaiblissement du sens des réalités spirituelles, une perte du goût de la sûreté doctrinale, une espèce d’insouciance à l’égard de la croissance du Christ dans l’Eglise.» (P.28) 200 * Evidemment, cet affaiblissement du sens des réalités spirituelles tient pour une part au manque de contact avec les sources de la pensée chrétienne, mais il me semble qu’il est utopique de vouloir garder sain un héritage spirituel si on laisse libre cours à des livres dont les uns veulent le dilapider et dont les autres ne tiennent même pas compte.Je comprends peut-être mal la pensée de l’auteur, car les pages qui suivent le passage équivoque que j’ai relevé contrastent fort avec lui par leur santé spirituelle et leur perspicacité.Malgré cette restriction, Foi et Littérature honore grandement son auteur et offre au lecteur des lu- mières précieuses sur plusieurs problèmes posés par la littérature.Le Père Angers a le don de replacer la connaissance littéraire dans un éclairage de foi sans abdiquer l’autonomie propre à cette discipline.(I) ANGERS (Pierre), s.j.FOI ET LITTERATURE.Montréal, Beauchemin fl959).105p.22cm.$1.50 (frais de port en plus) Pour tous .lifStî Deux peupli Une nation igggv rhr\ * - '¦ WM#', VÏÏTrtfd Pierre MÉLÈSE %: SfÉrlÉS ^ i m pp V I .; ' .9m M*.¦ ¦ Mgr Émile CHARTIER, p.d, WÊJ§lflSS§@§ •s;vVi v-.-.m.;.- .-•• H9B -, Ce volume 1 compact se compose d’une analyse, ou géographie physique et économique (p.33-266), et d’une synthèse, ou étude sociologique et culturelle (p.267-362).Le conférencier de l’Alliance française, qui l’a rédigé avec autant de bonheur que d’amour, ne s’est pas contenté d’une course superficielle à travers le pays; il a fait de son voyage un périple complet.Aussi a-t-il réussi à « mesurer l’immensité et la diversité du Canada » (p.266) si bien que son livre nous semble le guide parfait en la matière.Les 13 chapitres de la lrc partie nous promènent, par les moyens les plus propices à l’observation exacte, à travers les 10 provinces de notre vaste pays.L’auteur en expose les aspects divers, tels que les a façonnés la nature et tels que les a transformés l’histoire.Au passage, il note les caractéristiques de chacune, où rien ne manque: canalisation du Saint-Laurent (p.45), problèmes de la langue (p.105) et de la coexistence (p.113), expansion ferroviaire (p.178), rivalités des compagnies (p.186-193), affaire Riel au Manitoba (p.197), Mounties ou Gendarmerie royale de la Saskatchewan (p.205), ruées vers l’or du Fraser et du Klondike (p.219), Doukho- bors et totems (pp.231, 262) de la Colombie.Pour bien définir le caractère rectiligne de nos villes, il les compare à celles de France (p.214).Des descriptions aussi originales que précises (v.g.pp.51-52, 69, 80) étalent aux yeux les spectacles tantôt rutilants tantôt sauvages qui se déroulent sous les yeux du touriste.En somme, peu de voyageurs se sont donné autant de peine et pour comprendre « la diversité » de notre pays et pour en faire saisir au lecteur « l’immensité *: la documentation est parfaite, l’observation complète, la démonstration rigoureuse.La synthèse qui suit en 6 chapitres, atteste un esprit on ne peut plus compréhensif.M.Mélèse a vite saisi la raison pour laquelle un territoire aussi divers peut difficilement contenir « un peuple »: la présence de deux races fondamentales, donc de deux langues, de deux cultures, de deux esprits, en résumé de « deux nations ».Ajoutez à cette cause première de friction les rapports avec les anciens habitants, Esquimaux ou Indiens, avec des immigrants d’origine universelle, avec les Juifs enfin.A propos de ces derniers, M.Mélèse a une formule qui est une trouvaille: * Il n’y a pas de Canadiens israélites, il n’y a 201 que des Juifs canadiens » (p.295).L'existence, dans ces conditions, d’un véritable canadianisme semble bien être une impossibilité.Et pourtant, M.Mélèse reconnaît que, si les Canadiens sont souvent en désaccord en ce qui concerne leur politique intérieure, en matière de politique extérieure ils forment un bloc (p.361).Et l’unité de ce bloc est telle que l’on en vient à se demander en quoi les partis se distinguent (p.283).Dans ce livre de haute tenue, une observation paraîtra naturelle de la part d’un étranger: l’attitude du Canadien devant la moit (p.304-305).Le même trait avait déjà frappé Louis Arnould, dans Nos amis les Canadiens (1913).Il en est une autre qu’on voudrait ne pas y avoir trouvée: l’appréciation portée sur le « conservatisme étroit » de l’Eglise québécoise (p.108-112).M.Mélèse croit-il vraiment que, pour avoir ingurgité Balzac, Voltaire, Anatole France, Gide et Sartre (ajoutons Proust et Camus), la jeunesse canadienne-française, plus « large d’esprit >, sera meilleure ?La largeur d’esprit, mais celle d’un esprit sain, est une belle chose, pourvu que ce ne soit pas au détriment de la bonté morale.A la place de l'auteur, dans une réédition, nous supprimerions ces quatre pages dont l’esprit contredit tout le reste de son livre, qui n’ajoutent rien ni à sa réputation personnelle ni au prestige de son pays.En vue de cette réédition, quelques remarques de détail pourraient aussi servir.P.52: Murray Bay est l’horrible traduction du beau nom français La Malbaie ou Baie maligne.— P.71: Damase Potvin, beau-frère de Samuel Bédard et créateur de la légende Eva Bouchard = Maria Chapdelaine, l’a lui-même détruite plus tard dans Le roman d’un roman (1950).— Pp.180 et 248: Sir Van Hoorne écrivait Home.— P.324: Yves Terriau signe toujours Thériault.— P.72: L’occasion était belle pour évoquer le Menaud maître-draveur de Mgr Savard (1937).— P.107: La remarque sur l’accent franco-canadien est celle même d’Adjutor Rivard dans ses Etudes sur les parlers de France au Canada (1914).— M.Mélèse semble ne connaître que la « Colombie Britannique »; il en viendra sans doute à découvrir, comme tous les patriotes de chez nous, que cette Colombie est, malgré tout, «canadienne».— P.297: La description de la cuisine ou repas canadien est un petit chef-d’œuvre d’humour, à conserver intact.Emile CHARTIER, p.d.(1) MF.LESE (Pierre) CANADA.Deux peuples.Une nation.[Paris] Hachette [1959].366p.ill.(h.-t.) 20cm.$4.20 (frais de port en plus) Pour tous “LA BELLE BÊTE’’ de Marie-Claire Blais R.LECLERC * Des créatures d’épouvante qui ne se recroquevillent pas, inoffensives à la lumière du jour, pour retomber dans la mixture du jour, d’où elles sont sorties, mais qui vont s’enfler et devenir des monstres.dont personne n’a jamais rêvé, dont personne n'a jamais su que faire, des monstres destructeurs qui vivent à jamais.» Cette pensée de la romancière anglaise, Rosamond Lehman, que Marie-Claire Blais a mise en exergue à son roman, La belle Bête *, qualifie bien le monde des personnages qu’elle a créés: nous sommes ici en plein univers monstrueux.Il n’est pas sûr cependant que ces « monstres destructeurs » vivent à jamais, parce que ce premier ouvrage de Marie-Claire Blais est un devoir d’écolier, ennuyeux et bâclé.C’est tout un pensum que de devoir le lire jusqu’au bout ! Par quel mystère a-t-il pu être publié tel quel ?Si une publicité montée à coup de ficelles a pu l’imposer à un certain nombre de lecteurs, il n’est pas sûr que le second ouvrage de Marie-Claire Blais obtienne le même succès de librairie que Lu belle Bête.Cet ouvrage se présente comme un roman.En 202 fait, est-ce bien un roman que cet étrange récit qui va, cahotant, menant des personnages stylisés, sans épaisseur humaine ?Il s’agit plutôt d’un conte de fées, et de fées maléfiques.La belle bête, c’est Patrice, jeune adolescent, idiot mais beau comme un Adonis.Admiré et adulé par sa mère, Louise, il repose sur son épaule les fatigues d’une vie fainéante.Pendant ce temps, sa sœur, Isabelle-Marie, laideron méprisé, trime aux champs et sèche d'envie et de haine.Si quelque sorcière n’intervient pas de l’extérieur pour changer le cours de cet injuste destin, — genre Aurore l’enfant martyr ! — c’est que les personnages de Marie-Claire Blais mènent eux-mêmes la ronde de leur propre sabbat.Un jour que Louise est en voyage, Isabelle-Marie, pour altérer la beauté de son frère, l’affame si bien qu’il tombe malade.Louise revient et Patrice renaît.Mais un jeune dandy, Lanz, vit désormais avec la mère et notre Adonis, relégué au second plan, souffre et nourrit de noirs desseins.Au cours d’une promenade à cheval, il fonce sur Lanz et le tue.Louise verse quelques larmes, puis se console: il lui reste Patrice ! Pendant ce temps, Isabelle-Marie a trouvé un fugitif bonheur auquel elle mord à belles dents.Un jeune aveugle, Michael, s’est épris d’elle, la croyant belle, l’a épousée et lui a donné un enfant.Le bonheur dure jusqu’au jour où Michael, retrouvant subitement la vue, découvre le vrai visage de sa femme.De colère, il la frappe, et Isabelle-Marie retourne chez sa mère reprendre son joug de labeur et de souffrance.Et voilà que de nouveau l’exaspère la beauté de Patrice, idolâtrée par Louise.Rusant avec l’idiot, elle réussit à lui plonger la tête dans l’eau bouillante.Désormais enlaidi, Patrice n’a plus rien qui retienne l'affection de Louise.Celle-ci finira par le conduire à l’asile, après avoir chassé Isabelle-Marie et son enfant.Peu après, déjà minée par un cancer à la joue, Louise périra dans un incendie allumée par la main criminelle de sa fille.Quant à Patrice, il s’évadera de l’asile et viendra se jeter dans le lac où il eut jadis la révélation de sa beauté.Racontée avec un talent plus mûri, cette morbide histoire eût pu être d’une lecture redoutable.Telle qu’elle est, elle est trop invraisemblable pour être dangereuse.Cette invraisemblance tient à deux causes: aux personnages mis en scène et à la marche cahotante de l’action.Nous sommes ici dans un monde infra-humain, et les êtres qui s’y agitent ne nous touchent pas.Ils manquent d’épaisseur humaine, de cette troisième dimension qui, en leur donnant plus de relief, les rendrait plus vivants.Un seul ressort les meut: la recherche de la beauté physique.Tous les personnages de Marie-Claire Blais sont hantés par la beauté; c’est la beauté qui départage ce monde fantomatique.Dans La belle Bête, il y a des beaux et des laids: l’amour est pour ceux qui sont beaux, la haine dévore les laids.C’est un peu trop simpliste, et la morbide histoire de ces personnages schématisés ne nous émeut guère.Elle est d’ailleurs racontée à une folle allure et cela nuit aussi à la vraisemblance.A peine le lecteur a-t-il pris pied à une étape qu’il voit l'autre franchie sans trop savoir comment.Si l'on songe que ce mince récit d’à peine deux cents pages court sur une période de dix années, on aura une idée du rythme cursif de l’action.Ce n'est pas que l’auteur soit dénuée de talent.Bien au contraire ! Elle est manifestement douée pour écrire.Elle a parfois de ces trouvailles de style qui étonnent chez un aussi jeune écrivain.Elle excelle à saisir et à peindre le trait-clé d’un personnage, ce trait physique où le caractère a mis sa marque, ce trait que scelle l'union de telle âme et de tel corps.Elle est aussi manifestement douée pour déceler et traduire la poésie; certains passages de La belle Bête, poétiques à souhait, nous enchantent.Mais, que de charabia, de naïvetés, d’incorrections de style voisinent avec les perles ! A côté d’expressions d'une belle venue, telles celles-ci: « Isabelle-Marie suivait son frère, gauche dans sa robe noire.et plus gauche encore, dans sa chair.» (P.15) « I.anz était gêné de la voir si rude de traits.le corps hargneux comme un glaive ébréché.» (P.42) « I.ouise errait dans son âme vaine.» (P.119) Que d’autres, mal construites ou incohérentes: «Certaine de quelque talent particulier de Patrice, Louise lui donna des professeurs privés.» (P.16) « Brisée d'humiliations.la jouissance, chez Isabelle-Marie prenait la forme d'un délire, absorbant l'amour de ce qui coûte tout le sang et toute la chair, l’amour de la terre, l'amour dans l'ingratitude.» « Michael dormait à moitié renversé et le blanc des draps élançait le brun du corps jeune et ardent.» (P.115) « Rencontrant quelques branches au passage, elles fouettaient son dos.» (P.122) On pourrait multiplier ccs exemples.On s’étonne qu'un éditeur ait publié un pareil ouvrage sans suggérer au moins quelques corrections préalables ! Et puis, les aptitudes littéraires ne font pas nécessairement le bon romancier.Avec ces personnages, genre loups-garous qu’elle se plaît à inventer, il semble que Marie-Claire Blais soit plus à l’aise dans le conte que dans le roman.Des romans comme Lu belle Bête intéressent davantage la psychiatrie que la littérature.(1) BLAIS (Marie-Claire) LA BELLE BETE.Roman.Québec, Institut Littéraire du Québec [1959).214p.19.5cm.Relié $2.50 (frais de port en plus) Appelle des réserves P.S.A cause Je la morbidité Je cette histoire où les per-sonnages n'ont d'autre recours que le suicide et le meurtre, l'ouvrage de M.-C.Blais pourrait mériter la cote dangereux.Mais le caractère d'invraisemblance où baigne le récit en atténue la nocivité.Aussi nous semble-t-il que la cote appelle des réserves soit plus juste que celle qui a été donnée précédemment dans LECTURES.(N.D.I.R.) 203 Le premier-historien de ViUemarie MARIE ' |jg ¦>.; ¦ * : *r' UMSlK D’heureuses circonstances entourent la publication de l’œuvre de Sœur Esther Lefebvre1.Ainsi, THotel-Dieu vient à peine de clore les fêtes commémorant le troisième centenaire de l’arrivée, à Montréal, des premières hospitalières de Saint-Joseph.Puis, le préfacier qui a bien voulu présenter l’ouvrage, n’est autre que notre grand historien, le Chanoine Groulx.N'a-t-il pas lui-même magnifié le souvenir des fondateurs et des colons de Ville-Marie.Enfin, l’auteur de Marie Morin, en faisant de la mémorialiste de 1697 le sujet de la thèse terminant ses études spécialisées, a obtenu le grade de maîtrise ès arts en histoire de la Faculté des lettres de l’Université de Montréal.Devant ces faits, ces appréciations et ces honneurs, nous ne pouvons qu’affirmer à notre tour la valeur de cette toute récente biographie.« Grâce à Sœur Lefebvre, redirons-nous avec le chanoine Groulx, le premier historien canadien, né au pays celui-là, fait très bonne figure.Et surtout une héroïne trop peu connue prend sa juste place en l’histoire de notre pays.» 11 y a bien des manières de faire revivre un personnage historique avec assez d’exactitude.Un biographe bien informé y met de la réflexion et prolonge son dialogue avec le héros choisi.Petit à petit, il recrée l’ambiance où il a vécu, et qui fut favorable ou défavorable à son évolution.Les traits principaux de la figure, soumise à un tel éclairage, se dégagent alors presque d'eux-mêmes.Il arrive cependant que le biographe, dans le cas de certains écrivains, se sente troublé, obsédé même, par l’image que ceux-ci ont tracée d’eux-mêmes.Et ce fait prend encore plus d'importance quand la sincérité de l'auteur est indéniable; ou, encore, quand ses dispositions intimes: modestie, souci de la vérité à tout prix, simplicité du cœur, le portent à se juger sans cette indulgence, consciente ou inconsciente, que l’on éprouve envers soi-même.Nous avons presque la conviction que Sœur Lefebvre a cédé à l'emprise qu’exercèrent sur elle, la fraîcheur et la droiture d’âme de son auteur.Or Sœur Morin, qui a de l'esprit, de la vision, une bonne mémoire, juge clairement situations et personnages.Elle a beaucoup observé.L’adolescente de treize ans, en pénétrant dans le milieu héroïque où elle avait désiré vivre et souffrir, s’ingénie à tout voir, tout entendre, tout apprécier.Aussi, ses tableaux seront-ils, plus tard, d’un réalisme plein de couleur.Elle les a vécus avant de les décrire.Ce qui fait que Sœur Lefebvre n’aura qu’à laisser parler Sœur Morin .Du reste.Sœur Lefebvre avoue ses intentions en sa qualité de biographe: « Le plan de cet ouvrage, dit-elle dans l'introduction, nous était tracé par Sœur Morin elle-même.Nous avons suivi son récit pas à pas, ne nous en écartant que pour y joindre les notes biographiques indispensables à la connaissance de notre personnage .Nous avons cité Sœur Morin, insiste-t-elle plus loin, le plus souvent et le plus largement possible .» Le biographe a tenu parole, et si bien qu’en face des citations qui s’accumulent, il nous semble qu'un titre nouveau va se substituer à celui — très intéressant pourtant — qui existe déjà.Il lui ferait, en tout cas, une honnête concurrence en s’intitulant Sœur Morin par elle-même.Sœur Lefebvre, en cela, se révèle un biographe tout à fait moderne.Qui ne connaît l'excellente collection, les Ecrivains de toujours, où le titre de chaque ouvrage demeure invariablement le même.C’est, par exemple, le Pascal par lui-même d’Albert Béguin, le Saint-Simon par lui-même de François-Régis Bastide, et ainsi de suite pour plus de trente portraits dont se compose à ce jour cet,*e collection.Si l’on peut accuser une certaine différence entre ces œuvres-et celle de Sœur Lefebvre, elle reste bien minime.Béguin, Bastide et les autres ont divisé leurs travaux en deux parties: l’esquisse biographique d'abord, puis les textes de l'auteur.Et l'on trouve le même nombre de pages dans l'une ou l'autre des parties.Sœur Lefebvre, au contraire, a fusionné les divisions pour en arriver au même bon résultat.Nous connaissons, par les historiens et les chercheurs qui ont recours aux Annales de l’Hôtel-Dieu, combien les pages de Sœur Morin constituent une des sources importantes des origines de Montréal.A partir de 1662 surtout, l'auteur est un témoin 204 oculaire indispensable a consulter.L'historien Paillon fut le premier à tenir en estime les souvenirs de la Moniale.Dans la Vie de Jeanne Mance de 1854, on le voit citer 127 fois la Sœur Morin.Le manuscrit de l'annaliste fut publié avec des annotations en 1921.C’est la première, et cela demeure encore notre seule édition critique.Elle fut l’œuvre de MM.Aegidius Fauteux, Edouard-Zoti-que Massicotte et Camille Bertrand.M.Victor Morin en écrivit l’introduction.Sans nier les services qu’ont rendus et que rendent encore ces annotateurs, une deuxième édition critique s’avère nécessaire.Nous savons, — et Sœur Lefebvre le signale elle-même — que les deux tiers seulement des Annales ont été éditées par les auteurs ci-dessus nommés.C’est au surplus reconnaître la valeur et l’intérêt, fût-ce de simple lecture, des récits historiques de la religieuse, que de formuler le vœu, et d’y insister même, pour que l’œuvre soit éditée de nouveau, cette fois au complet, avec le plus d’annotations érudites possibles.Elle doit s’enrichir aussi de détails nouveaux et de précisions autour de la première édition critique.Combien de fois faut-il le redire: « Rien n'est définitif en histoire.D’heureuses découvertes restent toujours possibles et peuvent modifier le jugement d'ensemble à porter sur telle ou telle œuvre d’une époque déterminée.Voici maintenant ce que nous avons remarqué et voulons commenter au sujet de cette œuvre où l’aspect historique des faits semble prédominer.Nous avons vivement regretté de ne rencontrer nulle part le nom de Pierre Chevrier, baron de Fancamp, devenu prêtre vers 1644.Ne fut-il pas l’un des plus fidèles associés de Montréal, l’ami et le bienfaiteur des Hospitalières de Saint-Joseph, le bras droit et le premier biographe, en quelque sorte, de M.de la Dauversière.Il ne le quitta guère de 1633 ou 1634 jusqu’à sa mort, embrassant et poursuivant toutes ses œuvres.En lisant le chapitre où Sœur Lefebvre nous apporte beaucoup de nouveau concernant la réhabilitation de M.de la Dauversière — « Dieu avait longtemps permis que se réalisât son désir d’être ignoré et compté pour rien * —, nous espérions que serait cité l’admirable lettre, — on ne le reconnaîtra jamais assez — écrite par M.de Fancamp au Père Chaumonot, jésuite à Québec, cinq mois après la mort du fondateur de Montréal, soit le 26 avril 1660.Ce document contient le résumé le plus complet et le plus véridique, quant aux dates et aux faits principaux, de la vie du Serviteur de Dieu.Comment alors ne pas proclamer bien haut, à chaque occasion nouvelle, que c’est à Sœur Morin que nous devons la conservation d’une telle relique.L’original semble bien perdu.Sœur Mondoux et moi-même, dans notre voyage de 1949, nous sommes livrées à des recherches minutieuses à ce sujet, à Québec, à Paris, à La Flèche, et jusqu’à Rome, chez les Jésuites.Sœur Morin, en insérant la lettre de M.de Fancamp dans ses Annales, et en la déclarant « une fidèle copie * de l’original, qu’elle a vu certainement, a rendu un immense service à la mémoire de M.de la Dauversière.D’autres notes biographiques manquent, concernant Madame d’Ailleboust, M.Souart, le bon sul-picien qui fut pendant 25 ans supérieur ecclésiastique de l’Hôtel-Dieu, Lambert Closse, ce défenseur héroïque de l’hôpital en 1651.Mais ici, nous admettons que Sœur Lefebvre qui n'écrivait pas une histoire de l’Hôtel-Dieu, mais une biographie de Sœur Morin, restait libre au choix des personnages et des événements à citer.Deux dates me paraissent nécessaires à rectifier, ou, du moins, à mieux préciser.L’embarquement général sur le navire, le Saint-André, qui amenait au Canada les premières hospitalières de Saint-Joseph, eut bien lieu le 29 juin 1659, mais le départ ne s’effectuât que trois jours plus tard, le 2 juillet, fête de la Visitation de la Sainte Vierge (voir les Ecrits autographes de Mère Bourgeoys).De même l’arrivée à Québec de la recrue eut lieu le 7 septembre, vers 7 heures du soir, non le lendemain, le 8 septembre, fête de la Nativité (voir le Journal des Jésuites, p.263, et de nouveau les Ecrits autographes de Mère Bourgeoys).La biographie de Sœur Lefebvre représente un bel effort d’évocation historique.La littérature canadienne a besoin de travailleurs connaissant le métier d'historien.L’initiation en est longue, très ardue.Le sens de l’histoire ne pénètre que bien lentement dans l'esprit.Il a des exigences qu’on ne brave pas impunément.Un mot enfin sur l’illustration de l’ouvrage.Elle est intéressante dans son ensemble.Les gravures reproduites des ouvrages de Faillon me paraissent trop romancées.Elles font contraste avec d’autres parfaitement authentiques.La « jaquette > qui enveloppe l’ouvrage est ravissante.Cette figure fictive de moniale prend un beau relief en se détachant des panneaux au dessin authentique.C’est l’œuvre du Dr Jean Saucier, un artiste, fils de parents artistes, dont les auditions musicales ont laissé un vivant souvenir à plusieurs d’entre nous.Marie-Claire DAVELUY (I) I.EFFBVRE (Soeur Esther) MARIE MORIN premier historien canadien de Vil-temarie.Préface du Chanoine Lionel Groulx.Montréal.Fides [19591.211p.ill.(h.-t.) 24 cm.(Coll.Fleur de lys) Relié.$5.00 (frais de port en plus) Pour tons 205 Littérature canadienne MALO (Adrien-M.), o.f.m.LE CHOC DE DEUX AMOURS.Montréal, Editions Franciscaines, 1959.241p.ill.(h.-t.) 21cm.S2.00 (frais de port en plus) Pour tous Voici un bon compagnon pour les Jours Saints.Dans un style dépouillé à l'extrême et qui cherche avant tout à être objectif, le Père Malo nous raconte la grande aventure de deux amours: celui de Dieu qui se donne et s'oublie, celui de l’homme qui est assumé par le premier, grandi, transfiguré.Ce sont les grands moments de la Semaine Sainte, replacés dans le dessein général de Dieu que le Père Malo nous fait revivre.La simplicité s'allie ici à une grande science de sorte que le livre saura intéresser les chrétiens de tout calibre.Le texte comporte des divisions qui rendent la lecture facile et propre à la méditation.11 est de plus illustré de plusieurs photographies prises lors de deux pèlerinages récents en Terre Sainte.Paul-Emile ROY Education BERTRAND (Théophile) et CARON (Edmond) Montréal, Thérien Frères Limitée, 1959.155p.21.5cm.$2.50 (frais de port en plus) Pour tous L'enseignement classique fait l'objet, depuis quelques années, de nombreux articles, lettres et commentaires divers dans les journaux, les revues et tous les autres organes de diffusion.Ce qui est le plus déconcertant dans ce remue-ménage, c’est la légèreté avec laquelle on traite la plupart du temps de problèmes compliqués, c’est l’assurance avec laquelle on lance toutes sortes d’idées saugrenues.Ce serait à croire que la plupart des mécontents n’ont jamais mis la main à la tâche pédagogique et ne savent vraiment pas de quoi ils parlent.Le livre de MM.Bertrand et Caron n’aurait que contribué à aider l'homme cultivé à mieux poser le problème de l’éducation chez nous qu’il aurait déjà acquis de grands mérites.Impossible de lire ces pages sans en venir à l'idée que dans le domaine si important de l’éducation, il faut se garder de jugements hâtifs et superficiels.Je suis convaincu pour ma part que bien des critiques cesseraient ou changeraient de ton si on saisissait vraiment l’ampleur des problèmes que l’on soulève.Il me semble que c’est justement le sens de ce livre que de mettre un peu d’ordre, un peu de clarté dans des problèmes où il est si facile de se perdre.nadicnnes-françaises et des institutions canadiennes-anglaises, nos auteurs dissipent toute une kyrielle d’équivoques.Les statistiques en ce domaine ne peuvent être maniées qu’avec une extrême attention car elles ignorent très souvent les différences profondes des deux régimes scolaires en présence.Bien des jugements pessimistes ont été portés sur notre système d’enseignement par suite d’une mauvaise lecture de ces statistiques.Un chapitre intitulé: L'enseignement secondaire et collégial au Canada anglais est très précieux pour nous qui ne connaissons que bien peu l’organisation de l’éducation dans les milieux d’expression anglaise.Cette étude, loin de dévaloriser notre enseignement, montre bien au contraire que nous n’avons pas à rougir de ce qui se fait chez nous.Enfin, les auteurs brassent toute une série d'idées que le lecteur ne partagera peut-être pas toujours mais qui au moins l’aideront à bien situer les problèmes.Au fond, c’est ce qui manque dans la polémique de l’éducation au Québec.Le jour où tous ceux qui parlent d’éducation le feront en connaissance de cause, un pas considérable sera fait.Ce livre devrait normalement contribuer à mettre un peu de sérénité et de lucidité dans nos méditations pédagogiques.Ce serait sans doute à la plus grande joie des auteurs.VA U T-IL A B A N DONNER LE COURS CLASSIQUE?En ce qui touche spécialement la comparaison des institutions ca- Paul-Emile ROY.c.s.c.206 SAVA RD (Félix-Antoine) MARTIN ET LE P AV V RE.Montréal, Fides [1959], 61p.19.5 cm.$1.00 (frais de port en plus) Pour tous Le Martin de Mgr Savard ne diffère ni des autres hommes ni des autres saints.« Enfoncé en pleine pâte humaine » (Régine Pernoud), il connaît comme eux tous les trois concupiscences mentionnées par saint Jean.Mais il triomphe de chacune; et voilà qui, le rapprochant de beaucoup de saints, l'éloigne de beaucoup d’hommes.A ceux-ci il sert une leçon d'apostolat.Trop d’entre eux se desintéressent des réfugiés, des immigrants, des apatrides, surtout des pauvres « dont il y aura toujours une foule parmi eux ».Comme Martin partageant son manteau avec un indigent transi, ils doivent faire écho à la parole du Maître.Misereor super lurham, et faire entendre aux parias de la vie « la vieille chanson qui berçait la misère humaine » (Jaurès).Seule la douce prière de la-charité dominera la plainte révoltée qui monte, aujourd’hui encore, des taudis et des bouges.Cette leçon, Mgr Savard l’exprime en ce langage lyrique sur la musicalité et la valeur communicative duquel on a tout dit à propos du Maître-draveur.de Y Abatis et de La Minuit.P.27.Tiré du neutre effluvium.« effluve * ne peut être que masculin.Cf.Pamphile Lemay (Gouttelettes: Le réveil) nous apprenant qu’au printemps Les bois ont renoué.Dans les effluves chauds, leur discrète ceinture.Emile CHARTIER, p.d.?HUOT (Maurice) JOURNALISTES CANADIENS.[Trois-Rivières) Edi- tions de Bien Public [1959].91p.22cm.$1.50 (frais de port en plus) P«>ur tous Les onze journalistes dont on évoque ici la silhouette firent tous partie de la salle de rédaction, soit au Canada soit au Devoir soit à La Patrie.Les « impressions subjectives * qu’ils ont faites sur Maurice Huot sont toutes marquées au coin de la meme qualité: une amicale bienveillance inspirée par une franche camaraderie.On s’étonne seulement que trop de phrases contredisent ce culte du bon français que prône la plaquette.Elle soulève aussi quelques desiderata.Dans le portrait de Georges Pelletier, un plaidoyer personnel pour un statut professionnel des journalistes semble hors de saison.Comment l’auteur a-t-il pu y oublier les Silhouettes d’aujourd'hui (1926) de Paul Dulac, issues de son contact quotidien avec La Fontaine, La Bruyère et La Rochefoucauld, surtout le reportage monumental que Pelletier consacra à la discussion parlementaire sur la loi de la marine (1911) et qui fit son tour du monde?Pourquoi quelques lignes seulement au sujet d’Omer Héroux (p.64), le modérateur pourtant même de.Bourassa?La terre du 8e (rang), d’Adolphe Nan-tel, appelait au moins une mention.A propos de ce gentilhomme, Le-tellier de St-Just, ne convenait-il pas d’insérer une allusion à sa femme, sa doublure, cette Yvonne Cha-rette auteur de Nuances (pseudo: Jocla Rohu, 1919), aujourd'hui conseillère municipale à Montréal?Le Père Ambroise eût certainement vu avec plaisir l'auteur rappeler les billets que son spirituel papa lançait A bout portant (1912).Quoi qu’il en soit de ces lacunes, les lecteurs apprécieront la haute idée que M.Huot se fait du journalisme tout le long de sa plaquette.A la parcourir, ils auront frayé avec des reporters ou éditorialistes bien sympathiques en compagnie d’un auteur bien sympathique aussi.Emile CHARTIER, p.d.Prix du Gouverneur général Mgr Félix-Antoine SAVARD LE BARACHOIS Un livre à la gloire de la mer et des pêcheurs acadiens, riche en tableaux de nature et en types humains."Jamais peut-être la prose de Félix-Antoine Savard n'a été si pure, si chotoyante et si généreuse que dans ce livre-ci" (Gilles Marcotte, Le Devoir).208p.19cm.$2.00 (par la poste $2.10) Du meme auteur L'abatis.$2.00 Menaud, maître-draveur .$1.50 La minuit.$1.50 Martin et le pauvre.$1.00 Chez FIDES 207 m* Photo prise lors du lancement des Confidences de Mgr Maurault.On voit, de gauche à droite: Son Hon.le maire Sarto Fournier, Mgr Olivier Maurault.p.s.s.et le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.MAURAULT.(Mgr Olivier).p.s.s.CONFIDENCES.Montréal.Fides [1959].164p.ill.(h.-t.) 21.5cm.$2.00 (frais de port en plus) Pour tous Usant de cette « facilité insolente » (Mgr Georges Gauthier) qu’il partage avec Son Exc.Jean Bruchési, Mgr Maurault décrit ici les étapes de sa carrière aussi mouvementée que variée.La période de son éducation et de son instruction nous conduit, par les vallées de la Saint-François et du Richelieu, par le lac Saint-Pierre, de Sorel aux Trois-Rivières d’une part, de Sorel à Montréal d’autre part.Professeur au collège sulpicien de cette dernière ville, directeur de la Bibliothèque Saint-Sulpice, vicaire à Saint-Jacques, aumônier de cercles juvéniles et universitaires, curé de Notre-Dame, supérieur au Collège Grasset, recteur enfin de l’Université: que d’expériences il a accumulées en tous ces champs d'activité (1914-1954)! Passionné d’histoire locale, sans presque en avoir l’air il reconstitue pour nous la physionomie de ce Geneviève de Francheville A la recherche du bonheur Un véritable traité du problème familial à la portée de tous."L'intérêt que présente ce volume, c'est qu'il est écrit directement en fonction du milieu canodien-fronçois et qu'il aborde les problèmes dans le contexte social qui nous est particulier".(Poul-E.Chor-bonneau, c.s.c.) 182p.21.5cm.Couv.ill.$2.00 (par la poste $2.10) _________________ Chez FIDES vieux Montréal que le pic des démolisseurs est en train de faire disparaître.Ami éclairé de tous les arts, peinture, sculpture, architecture, musique, il nous fait connaître, avec les œuvres qu’il préfère, les ateliers d’où elles sont sorties.Les pages sur Ozias Leduc et Georges Delfosse entre autres sont teintes de l’émotion profonde qu’inspire toujours une vive amitié.Grand voyageur devant le Seigneur, il nous promène presque sur tous les points de la machine ronde: Etats-Unis, Amérique du sud, France, Italie.Belgique, Angleterre, Espagne, même Turquie.Dans ces courses imposées par ses fonctions, que de brièvetés il a prononcées ! que de personnages, et des plus huppés, il a rencontrés dans le monde diplomatique, scientifique et universitaire! Et chaque voyage nous a valu l’un de ces rapports vivants où la précision de l’observation le dispute à l’abondance et à l’humour de l'expression.Ça et là, au cours de son récit, l’auteur fait allusion à l’une ou l’autre de ses publications.On se demande où cet homme, d’un entregent unique, dont les « présences » constantes et les courses répé- tées sembleraient absorber tout le temps, a trouvé celui de multiplier livres et plaquettes.Parmi ses travaux, personne n’oubliera, outre les trois volumes intitulés Marges d'histoire, cette œuvre d’art et de foi qu’est La paroisse (Notre-Dame de Montréal).Et qui n’a lu au moins les deux émouvants essais sur Joseph Marmettc et Charles GUI ?Un dernier trait caractérise ces Confidences: l’esprit surnaturel y perce partout.Mgr Maurault s’est complu à porter sa prière dans tous les hauts lieux ue la piété, Rome, Lourdes, La Salette, etc., comme il a fait entendre sa parole dans tous les hauts lieux du savoir, Paris, Oxford, Salamanque, etc.Aussi ^ n’est-on pas surpris de voir sa piété fuser au bout de maints paragraphes.Comme ses autres ouvrages, ce dernier-né de l’ancien recteur porte la marque de ses goûts d’intellectuel, d’artiste et de saint prêtre, c’est dire de parfait Sulpicien.héritier de ces Messieurs français dont la disparition graduelle sera l’éternel regret de ceux qu’ils ont formés à leur image.Emile CHARTIER, p.d.208 PIERRE (Michel) UNE EPOPEE DE L’AIR ET ROMEO V AC H ON.Préface de l’Honorabie J.A.D.McCurdy.Montréal.Beauchemin.1959.131p.20cm.$1.50 (frais de port en plus) Pour tous Il paraît presque inconcevable aux jeunes d'aujourd’hui que l’aviation n’ait pas toujours existé, tant elle est devenue chose acquise, nécessaire.Et pourtant l’époque n’est pas si lointaine — ceux de la génération précédente l’ont connue — où le passage d’un avion vous faisait sortir en trombe de la maison, où vous auriez passé pour audacieux si vous aviez osé entreprendre un voyage aérien.Certes, les pionniers en ce domaine étaient de véritables héros, et Roméo Va-chon, dont la brillante carrière nous est racontée dans cet ouvrage, est de ceux-là.Il commença fort jeune à s'intéresser à l'aviation et sut s’y faire un nom qui restera dans les annales de l’aviation canadienne.Dès 1920, année qui marqua les débuts de l’aviation commerciale dans le Québec, Vachon tenta ses prei .iè-res armes comme pilote.H travailla au service de plusieuis compagnies canadiennes d’aviation, pour enfin devenir membre de la section aérienne de la Commission du Transport du Canada.Toujours il fut remarqué par son sérieux, son initiative, ses connaissances techniques, son désir de servir son pays en ouvrant la voie à une invention dont on est à même aujourd’hui de juger l’importance.Les débuts de l’aviation dans le monde nous sont relatés par Michel Pierre, puis l’évolution de l'aviation au Canada.Durant la guerre de 1914-18, notre pays n’avait pas encore de corps d’aviation.Les quelques Canadiens attirés par le combat aérien durent se joindre aux armées britannique ou française.Mais dès 1919, l'aviation commença à être utilisée ici pour des fins civiles.On disposait de quelques pilotes revenus du front; des compagnies privées se formèrent qui centrèrent leur action d’abord sur la surveillance des forêts pour la prévention des incendies, le transport du courrier, la photo aérienne, la liaison avec les postes éloignés de mines ou de pêche.Peu à peu l'aviation étendit ses services et l’on sait combien elle est devenue précieuse dans une foule de domaines.Cet ouvrage, publié pour marquer les cinquante premières années de l'aviation canadienne, constitue un document intéressant.Il ne s’agit pas évidemment d’une œuvre littéraire; on aurait souhaité cependant une édition plus soignée: des fautes auraient pu être corrigées, la ponctuation rectifiée.Signalons, en terminant, quelques pages très attachantes relatives à la vie pénible des premiers habitants de la Côte Nord et aux bienfaits que leur apporta l’aviation, en l’occurrence le pilote Roméo Vachon qui inaugura en 1927, à Noël, le premier service postal régulier desservant ces régions solitaires.C.MARTIN-POTVIN Club Canadien du Livre Vous payez 4 ouvrages brochés Vous en recevez 6 dont 4 reliés Chaque mois un livre relié pour le prix du même livre broché.GRATUIT Un livre-prime à tout nouvel abonné.GRATUIT Un livre-prime après achat de 4 sélections.UNE SEULE CONDITION S'engager à acheter 4 sélections en 12 mois.Sélection d'avril 1960 JEAN XXIII curé du monde par Pietro Ambrogiani Ce livre est le résultat d'enquêtes menées par des journalistes des pays où s'est exercée l'octivité de S.S.Jean XXIII avant d'être oppelé au grade suprême de la hiérarchie catholique.La méthode employée par ces journalistes nous vaut une biographie extrêmement vivante, onimée comme un film.On y suit pos à pas, depuis sa naissance jusqu'aux premiers mois de son pontificat, celui qui est aujourd'hui le "curé du monde".Préfoce de Gilles Lambert 253p.21,5cm.Relié.16 photos hors texte pleine poge.Prix aux membres du Club: $2.25 Bulletin d’inscription (à découper ou à recopier) CLUB CANADIEN DU LIVRE 25 est, rue Saint-Jacques MONTREAL UN.1-9621 Veuillez m'inscrire au Club Canadien du Livre et me faire parvenir la sélection d'avril I960 (Jean XXIII, curé du monde, par Pietro Ambrogiani, au prix de S2.25 franco de port), ainsi que votre livre-prime d’inscription.Je m'engage à acheter au moins 3 autres sélections au cours ces 12 prochains mois.Vous vous engogez.pour votre part, à m'adresser votre circulaire mensuelle et à me donner un livre-prime chaque fois que j'aurai acheté 4 sélections.Nom Adresse 209 Littérature étrangère $ • - MHAUTIS (Georges) MYTHOLOGIE GRECQUE.Bruxelles, Office de Publicité.1959.264p.ill.(h.-t.) 19cm.(('oil.Lehègue et Nationale) Pour adultes mais spécialisé Evidemment, l'histoire de ces unions adultérines entre dieux immortels et femmes mortelles ou entre hommes mortels et déesses immortelles.Ce n'est pas un concert à [dilater le cœur, selon le vers de Musset.Ce n’est pas non plus un spectacle à étaler aux yeux des jouvenceaux: Puero dehetur reverentia, disait le peu scrupuleux Juvénal.Mais il est bon que des maîtres éclairent, au fur et à mesure de découvertes récentes, les obscurités des textes anciens.11 est bon aussi qu’ils rectifient, aux yeux des gens cultivés, les erreurs accumulées autour d’œuvres mal lues ou mal interprétées.C’est justement le propos du savant helléniste, le Grec devenu neuchâtellois, M.Méautis.Alors que tant d’autres commentateurs s’attardent aux laideurs des légendes grecques, il entend démontrer la « sagesse des mythes » (p.260).Pour atteindre à son but, il pose d’abord deux principes.Les anciens Grecs croyaient aux légendes élaborées par leur imagination, parce qu’ils y condensaient leur expérience, leur conception de la vie morale, et en tiraient des leçons pour leur propre conduite ! Puis, ils avaient la conviction que seul le mariage légitime, le gamos, produit des êtres normaux; la porni au contraire ne fournit que des êtres contrefaits ou des monstres, tels les Titans, les Centaures, le Minotaure.etc.Ces bases établies, M.Méautis, tout en décrivant les mythes I.’Hermès de Praxitèle d'après les Hymnes homériques, entreprend de les faire comprendre au moyen de l’histoire explicative, cette méthode dont nous sommes aujourd'hui si férus.Il corrige ainsi les théories « naturalistes » mises à la mode par son devancier Decharme (1879) et met en relief du même coup non seulement la sagesse, mais aussi la beauté, de beaucoup de ces mythes.Son explication, presque partout lumineuse, tient parfois à une simple étymologie: c’est le cas par exemple des Heures.D’autres fois, c’est la géographie de la Grèce qui rend compte d’un échafaudage compliqué: il faut lire à ce sujet les commentaires de M.Méautis sur les 12 « travaux » d’Héraclès (p.193-209).Ici et là, des rapprochements avec le folklore de différents peuples projettent sur certaines légendes antiques une lumière inattendue: ainsi les contes du Petit Poucet ou de Cendrillon, l’histoire de Sinbad le marin ou de Siegfried, etc.M.Méautis a même découvert, au cours de ses recherches, un roman policier (p.103) et l’équivalent de nos « robots » (p.161) ! Mais les meilleures explications de cette mythologie obscure, l'auteur les tire des idées morales que professait la Grèce sur la démesure, la pitié, la vengeance, le châtiment.Ces idées, il les emprunte surtout aux dramaturges, à la trilogie Eschyle-Sophocle-Euripide, même à Aristophane; il faut lire à ce sujet son commentaire des Tra-chiniennes de Sophocle (p.212).Il lui arrive de corriger ainsi certaines méprises des interprètes antérieurs, v.g.sur le mythe de Pandore (p.49) ou le personnage d’Hélène (p.248).Trois passages nous paraissent soulever des questions.P.95: N’y avait-il pas lieu de mentionner Apollon Loxias ou l'Oblique?Ce surnom, il le devait soit au déclin, sur l’horizon, du soleil dont il était le symbole soit aux oracles tortueux de sa prêtresse delphique (Hérod, I, 91).Une allusion à la « petite maîtrise » qui contribuait à son culte dans le temple de Delphes (Euripide, Ion, p.80-108) n’eût-elle pas été ici à sa place ?— P.176: Dans l’anecdote au sujet de Platon et Xénocrate, « sacrifie aux Grâces » a le sens de « mais souris donc ! » Plutarque, en l’appliquant à un illettré (Marius, p.2), lui en donne un tout autre: « Mais étudie donc la littérature grecque ! » Les deux sont-ils justifiés ?— P.254: On y donne Olympos comme le précepteur de Marsyas.Dans Platon (Banquet.215c), le jeune Alcibiade ne semble-t-il pas prétendre que c’est Marsyas qui forma Olympos toutou (Marsyou) didaxantos?Qui a raison ?Ne fût-ce qu’en raison des méprises qu'il met au point, en raison surtout du fait qu'il fait ressortir « la beauté et la sagesse des mythes » en glissant sur leurs laideurs, le livre de M.Méautis constitue une vraie mine pour les professeurs de grec et les simples tenants de la culture hellénique.Emile CHARTIER, p.d.Religion 210 Littérature ASTRE (G.-A.) HEMINGWAY PAR LUI-MEME.| Paris] Editions du Seuil [1959|.188p.ill.17.5cm.(Coll.Ecrivains de toujours, no 46).$1.60 (frais de port en plus) Appelle des réserves Parler de l'écrivain « considérable et encombrant * qu’est Hemingway comme s’il n’était lui-même que le héros de l’un ou l'autre de ses romans, est un procédé absolument défendable.Ainsi l'entend M.G.-A.Astre.L’existence de ce détenteur du prix Nobel (1954) s’est nettement projetée dans sa production romanesque avec ses aventures, ses goûts d’homme de lettres ou des bois, de pêcheur ou de grand voyageur, mais aussi avec ses soucis d’ordre littéraire ou purement psychologique.A bon droit le considère-t-on comme le plus important et le plus vital du nombre des cinq écrivains qu’on a appelés les classiques du XXe siècle de la littérature américaine, à côté de Faulkner, Steinbeck, Caldwell et Dos Passos.La signification mythique bien personnelle, la conception symboliste et réaliste tout à la fois de l'art d’Hemingway, conception tout autre comparativement à celle de l’école française, tout cela l’Auteur le commente à souhait.Mais ce que l’Auteur souligne peu ou trop nébuleusement, c’est l’évolution morale d’Hemingway.L’on sait que naguère ce dernier s’est moqué sans retenue de tout concept moral; peu à peu sa conception sociale et humaine de la vie devint par la suite plus tonique et plus réconfortante.Encore qu’on ne puisse parler d’esprit chrétien chez lui, il n’empêche qu’Hemingway s’est dégagé du nihilisme moral et littéraire qu’il laissait voir dans les débuts de sa carrière.Enrichi de ses droits d’auteur grâce à ses nombreux tirages et aux douze adaptations de ses romans au cinéma, populaire par sa capacité pantagruélique d’ingurgiter cocktails sur cocktails, sa rudesse de langage et l'originalité de ses accoutrements, Hemingway n'a pas moins conservé toujours deux constantes: la volonté de bien écrire — sa phrase brève, parfois déficiente quand il s’agit de présenter une situation psychologique, garde un rythme perceptible même dans les traductions françaises —.et cette autre ambition d’être une manière de Pascal, d’une turbulente vitalité, amateur de pêches et de bals musettes.Hemingway a fait l'objet, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, d’un grand nombre d’études critiques; « aucune monographie » ne lui a été consacrée en langue fran- Entièrement à jour Le Cérémonial de la ° Sainte par Marcel Dubois, c.ss.r.Cet ouvrage tient compte de toutes les modifications apportées par la Sacrée Congrégation des Rites sur la restauration liturgique de la Semaine Sainte (Décret et Instruction du 16 novembre 1955).Pour chaque jour de la Semaine Sainte, un exposé sur le sens des cérémonies et des explications détaillées, précises, sur leur préparation et leur déroulement avec analyse des fonctions du sacristain, du clergé et des fidèles, du célébrant et des ministres sacrés, des servants.289p.28cm.Relié.Graphiques.Toble analytique.$6.50 (par la poste $6.70) _________________________________Ouvrage distribué par FIDES çaise.Nous saurons gré à M.Astre de nous avoir fait connaître plus à fond l’écrivain du Vieil homme et la Mer dont l’allégorie et le style ont un air quasi biblique.Cependant on doit faire remarquer que l’ensemble de ses livres, à l'exception de celui qui est précité, s’adresse à des lecteurs très avertis par suite de son paganisme élémentaire et de ses peintures cliniques ’.Roland-M.C'HARLAND 1.Voici la cote des ouvrages d’Hemingway: B: Le vieil homme et la mer.Mort dans l'après-midi.B?: Cinquante mille dollars.En avoir ou pas, Les vertes collines d’Afrique.D: De l'autre côté de la rivière et an cœur de la forêt.Dix Indiens.Paradis perdu.M: L'Adieu aux armes.Pour qui sonne le glas.Le Soleil se lève aussi.P1NGAUD (Bernard) MME DE LA FAYETTE PAR ELLE-MEME.I Paris | Editions du Seuil [19591.1 «8p.ill.18cm.(Coll.Ecrivains de toujours, no 45) $1.60 (frais de port en plus) Pour tous Des six cent cinquante romans publiés en France entre les années 1660 et 1700, il en est un dont Pascal a pu dire: • C’est un méchant signe pour ceux qui ne goûteront pas ce livre ».Il s’agit de Princesse de Clèves, le roman de Mme de La Fayette, le chef-d’œuvre de la littérature romanesque du XVlIe siècle, pour ne pas dire l’unique roman français de cette époque que nous pouvons relire sans ennui.On ne sait aucun de nos contemporains qui ait lu, sinon par manière de pensum, VAstrée.le Polexandre.des nouvelles ou des romans de l'époque.Mme de La 211 42 Fayette, qui ne se disait qu'une romancière du dimanche, dont la plupart des autres ouvrages sont tombés dans l’oubli, a donne par son roman Princesse (le Clèves les lettres de noblesse au roman d’analyse.C’est une femme tout en contrastes, et, ce qui rend davantage la tâche difficile à l’historien de la littérature, elle n'a guère laissé de mémoires ni de correspondance volumineuse.M.Bernard Pingaud réussit, à l'aide de Mme de Sévi-gné dont la correspondance nous fait connaître une grande partie du monde du bel esprit, et d’autres documents historiques, à reconstituer le caractère et la personnalité de l’écrivain français que la société précieuse dénommait « le Brouillard ».Sans cesse retenue au logis par la maladie qui la contraignait, selon la thérapeutique du temps, de se nourrir de lait d’ânesse ou de bouillon de vipère, Mme de La Fayette fut une femme studieuse, pleine d'adresse, de sens pratique, experte particulièrement en procès; c’était « le ministre des affaires étrangères du ménage ».Coquette à l’occasion, elle était cependant le plus souvent peu expansive, distante au milieu de ce monde des grands constamment en ce chômage doré qu'avaient organisé Versailles et la cour.Dans ses loisirs nombreux, elle se contemple et contemple les autres.« C'est assez d’etre ! », soupirait-elle comme son contemporain qui fut l'un des précurseurs de l'existentialisme.« C'est l'enfer tel que l’imagine Sartre, écrit M.Pingaud, un monde clos où chacun n'existe que dans la conscience de l’autre.» Puis l'Auteur découpe pour nous les textes les plus saisissants du célèbre roman français et les analyse par le menu.11 note très à propos l’influence, qu’on ne souligne pas assez, qu’ont joué ces deux maîtres à penser, Pascal et La Roche! ou-cauld, sur la personnalité et le roman de Mme de La Fayette.Egalement, souligne l’Auteur, on a de façon trop littérale assimilé la parenté du roman et de la tragédie classique; en toute réalité, la princesse de Clèves n’est pas tout à fait ressemblante à la Pauline de Pier- re Corneille.« Ce serait donc se tromper sur 1a signification de l’aveu.fait remarquer le critique, que d'y voir le coup de théâtre héroïque et romanesque, grâce auquel Mme de Clèves se libérerait, à la dernière seconde, de la servitude d'une passion qui la conduit au désastre.» Enfin M.Pingaud termine son étude en traçant le tableau de la filiation des romanciers analystes depuis Mme de La Fayette jusqu’à Radiguet en passant par Rousseau, l'abbé Prévost, Benjamin Constant.Stendhal, Flaubert.Zola, Maupassant et Gide.De la première à la dernière page, cette étude est d'une excellente lecture, largement illustrée de portraits, de gravures, d’indications bibliographiques précieuses: elle vient donc enrichir la bibliographie vraiment trop maigre qu’on a sur Mme de La Fayette et Princesse de Clèves.Roland-M.CHARLAND L'Educateur avisé commande Livres de Bibliothèques Scolaires Livres de Récompenses Scolaires Aux ÉDITIONS FIDES Montréal et Paris UN CHOIX UNIQUE Près de 4,000 titres d’ouvrages canadiens et européens sur tous les sujets, pour les élèves et les étudiants de tous les degrés.SERVICE SPÉCIAL pour choisir et préparer les récompenses scolaires.SERVICE SPÉCIAL d'organisation de bibliothèques.Catalogues pratiques envoyés sur simple demande VOTRE SEUL TRAVAIL Indiquer, devant chaque titre choisi, le nombre d’exemplaires désiré et nous adresser votre commande.MONTREAL, P.Q.— 25 M», ru* Solnt-Jocque* Tél.UN.1-9621 RIMOUSKI, P.Q.— 62c, ru* d* l'Evèché Tél.RA.3-S521 RIVIERE-DU-LOUP, P.Q.— 456, ru* Lafontaine Tél.UN.2-5561 THETFORD, P.Q.— 21 *ft, ru* Solnt-Jo**ph Tél.FE.5-20*4 SAINT-BONI FACE, Man.— 135, on Prov*nch*r Tél.CH.7-1735 PARIS (6*j (Franc*) — 3, ru* FélibUn Tél.MED.2571 A Montréal, terrain de stationnement grotuit à l'arrière de l'immeuble Fides (Angle des rues Saint-Gabriel et des Fortifications) ML» S 212 Biographie ( OCiNET (Louis) SAINT VINCENT DE PA UL.Cent quatre-vingt-dix photos de Léonard von Matt.| Bruges] Desclée de Brouwer 11959].245p.ill.24cm.$8.40 (frais de port en plus) Pour ions L’année I960 marque le troisième centenaire de la mort de saint Vincent de Paul.Les auteurs de cet album ont voulu, pour leur part, contribuer à l’hommage si mérité qui sera rendu au « grand Saint du grand siècle », et leur œuvre y aura certainement une place très honorable.Par ce nouvel ouvrage, Léonard von Matt présente un autre monument iconographique et il continue ainsi admirablement la série de vies de Saints, où des textes simples sont rythmés d’images très belles.Ce photographe est absolument maître de son art.Les 190 photos du présent album sont une réussite qui peut difficilement être dépassée, en plus d'avoir une valeur documentaire précieuse.Des notes explicatives accompagnent chacune des photos.Les textes de Louis Cognet, rédigés dans une langue alerte, ne fournissent pas de l’inédit ni ne constituent une biographie élaborée selon les techniques scientifiques.Néanmoins, ils indiquent l'essentiel sur la physionomie spirituelle du Saint ainsi que sur les traits distinctifs de ses œuvres.Ovila MELANÇON ?»?EST1ENNE (Yvonne) SUR LA ROUTE.AVEC LE CURE D'A RS.Paris, Editions Saint-Paul [1959].286p.19.5cm.Pour tous A l'occasion du centenaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, beaucoup d’auteurs ont entrepris de lancer un volume dans le grand public.La tâche n’était pas facile car écrire la biographie d’un saint présente de multiples problèmes: on peut tomber dans le genre mièvre qui risque de rebuter plutôt que d’attirer, ou bien on peut rédiger un ouvrage rempli de savantes analyses théologiques à l’usage de lecteurs spécialisés.Mlle Yvonne Estienne, auteur de ce volume, a choisi une autre voie pour nous mettre en relation avec le saint curé d’Ars.Elle compare ses lecteurs à des pèlerins et les lance « sur la route » tous ensemble: Jean-Marie Vianney lui-même, les prêtres et les laïcs au service du sacerdoce.C’est alors qu’elle nous montre comment les « routiers prêtres » et les « routiers du laïcat » doivent fixer leurs yeux vers ce colosse de la vie sacerdotale afin de le prendre comme guide dans leurs pérégrinations vers la Cité céleste.Ce livre aidera toute âme qui en prendra connaissance, à condition qu’elle n’y voit pas une leçon servie aux uns et aux autres mais comme « des points de repère, — pas plus — sur la route de la nécessaire sainteté sacerdotale » enseignée par l’humble prêtre d’Ars.Roland GERMAIN Rappel Léo-Paul Desrosiers de l'Académie canadienne-française Vous qui passez “Je ne crois pas qu'on ait jamais poussé aussi loin dans notre littérature, lo recherche de la vérité dans un roman psychologique sur les douloureux secrets de l'enfance".(Julia Richer, Notre Temps) 264p 21.5cm.Couv.ill.Coll.Lo gerbe d'or.$2.50 (par la poste $2.60> Les angoisses et les tourments "Jamais encore les problèmes religieux n'ont pris autant de place dans un roman canadien.Ils sont traités de façon adulte et en profondeur." (Marcel Valois.Lo Presse) 316p.21,5cm.Couv.ill.Coll.La gerbe d'or.$2.50 (par la poste $2.60 Aux Éditions FIDES 213 PEKNOUD (Régine) JEANNE D'ARC.IParisI Editions du Seuil |1959).188p.ill.18cm.(Coll.Microcosme: Le Temps qui court) $1.60 (frais de port en plus) Pour tous Cette brillante diplômée de l’Ecole des Chartes, qui a fourni tant de précieux renseignements à notre Louis Durand (cf.Laborieux, Diligents, Débrouillards), n’a pas écrit que Les Gaulois.Après Vie et mort de Jeanne d'Arc (1953), voici, sur la sainte nationale et universelle, une étude exhaustive qui condense, avec les dossiers des deux procès, les découvertes les mieux vérifiées et les ouvrages les plus récents.Appuyée sur les cinq volumes de Jules Quicherat (1841), Mlle Per-noud s’est proposé trois objets: a) distinguer, dans son héroïne, la part de la légende et celle de l'histoire (p.3-55); b) établir, en regard de son époque, « l’importance que prend la courte année pendant laquelle Jeanne joue son rôle de personnage historique » (p.57-132); c) dégager, des faits anté- Âdrien-M.Malo, o.f.m.L'épopée inachevée de nos Lieux Saints « L’ouvrage le plus complet et le mieux documenté sur les Lieux Saints, leur origine, leur histoire et leurs besoins actuels.» 373p.21cm.26 ill.en héliogravure $4.00 (par la poste $4.15) _______________Chez FIOES rieurement racontés, le caractère de la Pucelle, ses qualités naturelles et surtout surnaturelles (p.135-179).Ce triple objet, elle l’atteindra tout autant par la piété profonde qui perce à chaque page que par la sûreté et la sérénité scientifiques qui caractérisent son enquête.On n’apprend pas sans étonnement que, à peu près ignorée des historiens avant le XIXe siècle, Jeanne d'Arc fut révélée à la France, en 1803, par Napoléon 1er en personne.Une phrase lui a suffi pour changer la légende en histoire: « L’illustre Jeanne d’Arc a prouvé qu’il n’est point de miracle que le génie Français ne puisse opérer lorsque l'indépendance nationale est menacée » (p.3).L'étude de ce miracle permettra à Mlle Pernoud de conclure: « Tel est le paradoxe de la destinée de Jeanne: ce n’est que peu à peu, au cours du XIXe siècle, qu’elle prend figure au regard de la critique historique et que, de la légende, elle passera à l'Histoire * (p.26).Cette entrée d’une jeune fille de 19 ans dans l’histoire de France ressemble à une fusée qui perce le mur du son.En un an (1428-1429), elle expulse l’Anglais du territoire, elle donne à celui-ci par le sacre de Reims un roi légitime, elle réconcilie Armagnacs et Bourguignons, elle établit enfin la paix « selon le plan voulu par Dieu ».Pour apprécier l’importance de l'œuvre accomplie en un temps si court, Mlle Pernoud expose les circonstances désespérantes où elle s’est produite.Elle dresse ce qu elle appelle un « condensé » (p.57); mais il est étoffé à ce point (p.57-105) que, quand on l’a parcouru, on voit clair comme le jour quelle puissance possédait cet « être capable, l’espace d'une année, de retourner le cours des événements » (p.133).Cette puissance unique dans l'histoire, Jeanne la devait au fait que.sans cesser d’être très humaine, elle était une « messagère divine ».Mlle Pernoud nous montre alors cette paysanne obéissant à toutes les lois de la chevalerie (p.146).préservant sa virginité au milieu des pires conditions (p.Détail de sainte Jeanne d’Arc d'Henri Charlier (ViUiers-de-vant-Meuzon, village de la Meuse ) 162), mais surtout se gardant « d’être une personnalité, de chercher individuellement à développer les qualités humaines qui vous permettent de trancher sur la foule » et cherchant au contraire « à être une personne enfoncée en pleine pâte humaine et capable de faire lever les possibilités que la foule porte en elle » (p.163).L’analyse psychologique qui détaille cette notion de la personne de Jeanne n’a d'égale, par son abondance et son élévation, que la prestesse et la rigueur avec lesquelles Mlle Pernoud se soumet aux lois les plus impérieuses de la- critique historique.("est sans doute à cause de cela, parce que son livre est uniquement une œuvre critique, que, dans la bibliographie, Mlle Pernoud ne mentionne ni la Vie (2 vol.) par le cardinal Touchet ni le célèbre discours du Père Coubé.Le panégyrique n’est pas son fait; à cette âme, pieuse pourtant, à cette tête meublée, la science suffit.Emile CHARTIER, p.d.214 Littérature de jeunesse CRISENOY (Maria de) QUATRE FILLES CAMPAIENT.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1959].188p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Nouvelle Bibliothèque Rose, no 43).Relié.$1.00 (frais de port en plus) Pour jeunes Lily, Josiane, Suzie, Anne avaient planté leur tente dans une clairière, à proximité d'un cours d’eau.Quelles belles heures elles passeraient grâce à cette tente, cadeau île Cousine Rose ! Un soir après le feu de camp, quelle ne fut pas la surprise des gamines et de leurs frères de découvrir sous leur frêle abri de toiie.un bébé ! Qui l’avait posé là ?C’est autour de cette énigme que l’auteur a brodé son récit.Cette histoire habilement construite, menée à la façon d’un scénario policier, plaira davantage aux fillettes aventureuses qu’à leurs soeurs plus rêveuses.N’était le titre, peu alléchant pour eux, les garçons liraient avec autant de plaisir que ces jeunes demoiselles, la bondissante aventure des quatre campeuses et de leurs frères.Les ravissantes illustrations, insérées ça et là, ajoutent à l’attrait de l’aventure.D.HOULE MAUFFETTE (Guy) UN PETIT MOUSSE.— IL-DEGE DE LA POMME FAMEUSE.2 brochures.Dessins de Frédéric Back.Montréal, Fides [s.d.l.[24] p.ill.18cm.(Coll.P’iits Bouts de Chou) $0.25 (frais de port en plus) Pour jeunes Pour goûter toute la saveur poétique de ces petits ouvrages, il faudrait les entendre raconter par l’auteur lui-même, Guy Mauffette, dont le talent, la sensibilité et la fantaisie, sont qualités indiscutables.Mais le style évoque tellement son auteur qu’à le lire simplement.on croit entendre la voix connue.Les « p’tits bouts de chou » qui aiment bien « l’oncle 5 heures trente » le retrouveront avec plaisir.Le texte est court, juste ce qu’il faut pour présenter les personnages: un sympathique petit mousse, et un grand-père fort cocasse: Ildè-ge de la Pomme fameuse.La collection débute bien avec cette touchante histoire de petit mousse racontée avec une fraîcheur presque enfantine.Il ne fait rien d’extraordinaire ce petit mousse, mais il sait aimer, chanter, travailler, braver les tempêtes; un jour la vague le dépose inerte sur la grève, une étoile de mer sur le cœur en guise de décoration.Le petit mousse avait rejoint Notre-Dame de l’Eternel Retour.Dans lldège., les enfants s’amuseront à reconnaître une foule d’animaux qui se trouvent là pour fin de rapprochement avec le fameux aïeul î Les illustrations abondantes, humoristiques, expressives, s’accordent bien avec le texte.C.M.-P.?MAURIERE (Gabriel) PEA U-DE-PECHE.Illustrations de Jacques Pecnard.| Paris) Hachette [I959J.190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Biblio-tltèque, no 165) Relié.$2.25 (frais de port en plus) Pour jeunes Parce qu’il avait le teint délicat d’une fille, les petits paysans avaient surnommé Chariot: Peau-de-Pêche.Orphelin depuis sa naissance, Chariot avait été adopté par une lointaine parente.Cette femme n’eut presque toujours pour l’enfant que gifles et reproches.Peau-de-Pêche avait jusqu’alors tout supporté sans se plaindre mais voilà que la misérable créature revint de chez Mme Desflouves — la grande amie de Chariot — lui ayant volé sa montre.C’en fut assez pour le gamin qui s’envola, comme privé de raison, par les rues de Paris.Chariot, qu’un autobus a renversé, se réveille à l’Hôpital puis quelques jours plus tard à la campagne chez de braves gens.Il aime ce nouveau rythme de vie, beaucoup plus en accord avec sa riche personnalité.Ce livre est un miracle de fraîcheur, de poésie.Ce tableau champêtre où évolue le plus charmant petit bout d’homme qui soit ne manquera pas d’enchanter les jeunes qui le découvriront à la faveur du style imagé de l’auteur.Quel contraste que la vie paisible et saine de Chariot à la campagne avec celle des petits citadins d’aujourd’hui ! Ces derniers en concevront sans nul doute un brin de nostalgie et prendront davantage conscience que le bonheur n'est pas nécessairement là où ils le croient ni ce qu’ils croient.Denise HOULE 215 VALEUR MORALE DE LA COLLECTION DU LIVRE DE POCHE (Titres parus ou à paraître de janvier à décembre I960) BARBEY D’AUREVILLY Les diaboliques dangereux BARBUSSE (Henri) L'enfer mauvais BAZIN (Hervé) Qui j’ose aimer dangereux BENOIT (Pierre) Le déjeuner de Souceyrac appelle des réserves BENOIT (Pierre) Erromango dangereux BERNANOS (Georges) Monsieur Ouine appelle des réserves BERNANOS (Georges) Nouvelle histoire de Mouchette dangereux BOSCO (Henri) Le Mas théotime pour adultes BROMFIELD (Louis) La mousson dangereux CARCO (Francis) Les Innocents mauvais CENDRARS (Biaise) L’homme foudroyé mauvais COCCIOLI (Carlo) Le ciel et la terre appelle des réserves COLETTE Mitsou mauvais CRONIN (A.-J.) Le Chapelier et son château appelle des réserves DRUON (Maurice) La chute des corps dangereux DU MAURIER (Daphné) Rebecca appelle des réserves FEYDEAU (Georges) La Dame de chez Maxim mauvais FEYDEAU (Georges) Occupe-toi d’Amélie mauvais FLEURET (Fernand) Histoire de la bienheureuse Raton mauvais GIDE (André) Isabelle mauvais GIDE (André) La porte étroite mauvais GIONO (Jean) Colline appelle des réserves GREEN (J.) Varouna dangereux HERIAT (Philippe) L’innocent mauvais HOUGRON (Jean) Soleil au ventre appelle des réserves HOUGRON (Jean) Tu récolteras la tempête dangereux HUXLEY (Aldous) Jouvence dangereux JARRY (Alfred) Ubu mauvais KNITTEL (John) Le Basalte bleu pour adultes LARBAUD (Valery) Fermina Marquez dangereux MANN (Thomas) La Montagne magique dangereux MARGERIT (R.) Le dieu nu mauvais MAUGHAM (Somerset) A mours singulières dangereux MAUGHAM (Somerset) Servitude humaine appelle des réserves MAUPASSANT (Guy de) Bel ami mauvais MAUPASSANT (Guy de) Mademoiselle Fifi mauvais MAURIAC (F.) Les Anges noirs dangereux PE1SSON (Edouard) Le sel de la mer pour tous PEYRE (Joseph) L’escadron blanc pour adultes ROCHEFORT (Christiane) Le Repos du guerrier mauvais SAINT-PIERRE (Michel de) Les écrivains appelle des réserves SALACROU (Armand) Histoire de rire appelle des réserves SALACROU (Armand) La Terre est ronde mauvais SARTRE (Jean-Paul) L’âge de raison mauvais TROYAT (Henri) Faux jour appelle des réserves T’SERSTEVENS L’or du cristobal dangereux VAILLAND (Roger) Drôle de jeu dangereux VAILLAND (Roger) La loi mauvais VERY (Pierre) Un grand patron dangereux WILDE (Oscar) Le portrait de Dorian Gray appelle des réserves ZOLA (Emile) L’argent mauvais ZOLA (Emile) La fortune des Rougon mauvais ZWEIG (Stefan) La confusion des sentiments appelle des réserves 2/6 !&i* ÜIIÜ ¦ .•.¦•.¦ '.• !• Mx* **.«.¦• mmmmmmm .,.v 5 « J'aimerais connaître la cote de l’ouvrage de Lillian Roth: Une femme en enfer.La revue LIVRES ET LECTURES donne-t-elle la cote de tous les livres ?Quelle est la revue (/ui la compléterait ?» J.D.— Cet ouvrage a été coté pour a-dultes.Vous seriez sans doute intéressé à lire la brève analyse qui est parue sur Une femme en enfer dans un précédent numéro de LECTURES.Je vous la cite: « Dans son A vertissement au lecteur, Lillian Roth nous présente ainsi son autobiographie: « Pendant seize ans, j'ai vécu dans le monde du cauchemar, où beaucoup pénètrent, duquel bien peu peuvent sortir.Que l’on puisse en revenir, qu’il y ait une issue à la honte, au désespoir et au sentiment d'être absolument abandonné — tel est en bref la matière de mon livre.» C’est là un magnifique résumé de la teneur et du propos d’Une femme en enfer.Le film TU Cry To-morrow nous avait apporté un écho de la bouleversante expérience de Lillian Roth.On sait que cette actrice américaine, après avoir connu les affres d’un terrible enlisement dans l'alcoolisme, a pu retrouver le chemin de la dignité humaine.Une femme en enfer nous apporte le détail de cette aventure.Faut-il avouer que le livre nous déçoit un peu ?L’auteur insiste beaucoup trop sur la première période de sa vie.La minutie avec laquelle elle raconte les épisodes de sa vie luxueuse et dissolue rend fastidieuse la lecture de bon nombre de pages.Par ailleurs, le livre a une indéniable portée éducative.Tous ceux-là qui flirtent avec l’alcool comme l’enfant joue avec le leu y trouveront une salutaire mise en garde.Quant à ceux qui connaissent l’affreuse déchéance de l’é- thylisme, ils y puiseront un puissant motif d’espoir.» (R.Leclerc, LECTURES, 1er sept.1956, p.7) Pour compléter cette appréciation, nous ajouterons ceci: la lecture de cet ouvrage pourra être salutaire à un certain nombre d’adultes, mais elle est inutile pour beaucoup d’autres.Quant à votre question au sujet de LIVRES ET LECTURES nous vous dirons qu'il n'existe pas de revues qui donnent la cote de tous les livres.Nous pouvons cependant estimer que le nombre de livres cotés par LIVRES ET LECTURES est assez respectable.Pour compléter cette revue, vous pouvez vous référer aux deux revues suivantes: Les Notes bibliographiques et la Revue des Cercles d'étude d’Angers.L’agence PERIODICA, de Montréal, pourrait facilement vous abonner à ces revues.*
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