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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1960-04, Collections de BAnQ.

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LECTURES Nouvelle série — Vol.6 — No 8 Montréal La nouvelle législation des bibliothèques.p.226 » Alfred Desrochers.p.228 * ** Mémoires: ma vie privée » de T.-D.Bouchard p.231 * « Liturgie et contemplation » de J.et R.Mari-tain.p.232 * « Le péché » .p.234 * Notices bibliographiques p.236 * Cote morale des nouveautés en librairie.p.247 ?« Dialogues des Carmélites », opéra de F.Poulenc .p.248 * Le courrier des lecteurs .p.251 * Faits et commentaires .p.252 * « Travail et loisir » de J.Maritain.p.256 AVRIL 1960 Une scène des Dialogues des Carmélites (Photo André Le Coz (voir à la page 248) 1200 EDITORIAL La nouvelle législation sur les bibliothèques Il y a quelques mois déjà, les bibliothèques de la Province voyaient s’ouvrir devant elles une ère de progrès sans précédent.Deux nouvelles lois, adoptées par la législature provinciale, allaient susciter des efforts concertés, organisés et efficaces pour doter les différents secteurs de notre province de bibliothèques adéquates.Cette nouvelle législation, elle couronnait des années de patientes requêtes.Déjà, en 1942, M.Léo-Paul Desrosiers, alors conservateur de la Bibliothèque Municipale de Montréal, décrivait, dans Relations, le sort lamentable des bibliothèques du Québec comparé à celui des bibliothèques d’Ontario En 1943, l’Association des Bibliothécaires du Québec (Quebec Library Association) recommandait « la formation par le Département de l’Instruction publique d’une commission permanente des bibliothèques » Le 4 novembre 1944, l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal, dans un long manifeste intitulé Les bibliothèques dans la province de Québec.— La formule des progrès futurs, demandait la création d’un Office provincial des bibliothèques et préconisait un plan détaillé pour en favoriser l’organisation.En 1945, Le Devoir 3 reproduisait le texte d’une causerie où le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., à l’occasion de l’ouverture des cours d’été de l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal, traitait longuement de la question des bibliothèques du Québec.En 1951, M.Raymond Tanghe, alors conservateur de la Bibliothèque de l’Université de Montréal, publiait, dans la revue Lectures 4 une série d’articles intitulés Pour un système cohérent de bibliothèques au Canada français En 1952, l’Association canadienne des Bibliothécaires de Langue française, de concert avec la Société canadienne d’Education postscolaire, organisait cinq carrefours sur la nécessité, pour les mouvements d’éducation des adultes, de bibliothèques publiques bien organisées.A son congrès annuel de la même année, l’A.C.B.F.insistait de nouveau sur l’urgence de deux problèmes: la création de bibliothèques publiques et la création d’organisations régionales de bibliothèques.L’année suivante, en octobre 1953, les membres de l’A.C.B.F.réunis en assemblée générale, émettaient le vœu que le Conseil présentât un rapport à la commission Tremblay sur cette question de nos bibliothèques scolaires et publiques.En conséquence, en 1954, un rapport substantiel et détaillé était soumis à la Commission Tremblay demandant qu’une loi sur les bibliothèques soit adoptée par la province de Québec, qu’une commission des bibliothèques soit nommée par le gouvernement, et que cette commission s’inspire des recommandations contenues dans le manifeste de l’Ecole de Bibliothécaires et du travail de M.Tanghe.Enfin, le 25 août 1959, un « projet de loi concernant les bibliothèques publiques » était transmis à l’honorable Yves Prévost, secrétaire de la Province.Ce projet de loi avait été élaboré, d’un côté par un comité conjoint comprenant l’A.C.B.F., l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal et l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Québec, d’un autre côté par le Comité de législation de l’Association des Bibliothécaires du Québec (Quebec Library Association).La mise au point finale des documents fut faite par des représentants de l’A.C.B.F.et de l’A.B.Q.(Q.L.A.).Longuement mûri par les recherches, les travaux et les réflexions de bibliophiles, d’éducateurs et de bibliothécaires, le projet allait enfin se réaliser.Lors de la dernière session, la Législature provinciale adoptait deux nouvelles lois qui permettront enfin à nos bibliothèques de s’organiser, de s’accroître et de s’enrichir d’une façon plus adéquate aux besoins de notre population: l’article no 57, inséré dans le bill no 39, est un geste de 1.Relation, août 1942, p.202-205.2.Canada Needs Libraries.Tiré à part du no de nov.1944, de YOntario Library Review.Ottawa, Canadian Library Council, 1944.45p.P.21.3.Le Devoir, 28 juillet, 4 et 11 août 1945.4.Lectures, avril, mai et juin 1951, pp.385, 468 et 502.5.Ces articles devaient paraître dans une brochure portant le même titre, éditée en 1952, par les Editions Fides. mécène à i’égard des bibiiotnèques scolaires; le bill no 35 ouvre des horizons inespérés aux bibliothèques publiques.Le texte de l'article 57 autorise les commissions scolaires à consacrer une part de leur budget pour la mise en activité ou le développement des bibliothèques dans les écoles.Pour en défrayer les frais, elles pourront compter sur le généreux appui du parlement provincial qui remboursera les trois-quarts des dépenses encourues à cet effet.Les crédits ouverts par l’administration provinciale pour payer ces frais sont de $500,000.Si l’on compare cette somme avec les $75,000 affectés l’an dernier aux bibliothèques scolaires, on aura une idée du chemin parcouru.Quand on songe aussi que seulement 4,877 des 7,456 écoles du département de l’Instruction publique ont actuellement une bibliothèque, à l’état plus ou moins embryonnaire, on peut supposer que de regrettables lacunes pourront bientôt être comblées.Les bibliothèques publiques ne sont pas moins bien partagées que les bibliothèques scolaires.Elles ont fait l’objet d’un bill spécial, le bill no 35, qui leur permet d’espérer en un avenir des plus prometteurs.Dans ses grandes lignes, cette loi comporte trois innovations: 1.La création d'une Commission des Bibliothèques du Québec.Le rôle de cet organisme qui sera permanent, est d’étudier les problèmes relatifs à l’établissement, au maintien et au développement des bibliothèques publiques dans la Province.Il sera constitué d’un directeur des bibliothèques publiques et de six autres membres nommés pour six ans par le lieutenant-gouverneur en conseil.(On ignore encore quel sera le directeur de la dite Commission, mais les autres membres ont été désignés; ce sont: M.Louis Bisson, de Hull, président-fondateur de l’Association des bibliothèques municipales de la province; M.H.-E.-C.Avison, professeur au McDonald College et directeur de Y Adult Education Service de ce collège; Mlle Hélène Grenier, directrice des bibliothèques de la Commission des écoles catholiques de Montréal; M.Jean-Charles Bonenfant, conservateur de la bibliothèque de l’Assemblée législative; M.Pierre Matte, président de l’Association canadienne des bibliothécaires de Langue française; M.André Nadeau, secrétaire de l’Union des municipalités de la province de Québec.Nous avons tout lieu d’espérer que ces membres s’acquitteront de leur fonction avec compétence et efficacité.) 2.La création d'un Service des Bibliothèques du Quebec.Ce Service est un organisme administratif confié à la gestion du directeur des bibliothèques publiques.Il peut s’adjoindre tout le personnel jugé néceisaire à son bon fonctionnement, c’est-à-dire a l’exécution des décisions prises par les autorités compétentes.3.L'établissement d'un crédit qui sera de $200,000 pour l’année 1960-61.Ce crédit est destiné à défrayer le coût de la mise en application de la nouvelle loi.Nous voilà donc en face de gestes concrets et d’efforts légalement organisés pour promouvoir le développement systématique de nos bibliothèques scolaires et publiques.Nous avons tout lieu de nous en réjouir.D’abord et surtout parce que la culture d un peuple est étroitement liée à la qualité et à la richesse des trésors que lui dispensent ses bibliothèques.Ensuite, et indirectement, parce que les écrivains et les éditeurs ne pourront que tirer parti d’un marché plus vaste offert aux ouvrages de valeur.Aussi convient-il de féliciter les artisans de cette importante législation.Tous ceux d’abord qui l’ont appelée de leurs vœux et de leurs patients efforts.Ensuite, les législateurs qui ont favorisé l’adoption de mesures jugées nécessaires depuis si longtemps: l’Honorable Antonio Barrette, qui se plaisait récemment à déclarer que « le livre est l’ami indispensable de l’homme civilisé », l’honorable Yves Prévost, secrétaire de la Province, — le véritable père de la nouvelle loi — qui se montre toujours sympathique aux initiatives d’ordre culturel et qui est admirablement secondé dans ses importantes fonctions par son sous-secrétaire, M.Raymond Douville.Il nous reste à souhaiter qu’une législation aussi opportune reçoive une application diligente, judicieuse et éclairée, et que les contingents de livres qui pourront désormais entrer dans nos écoles et nos bibliothèques publiques soient triés sur le volet et répondent aux exigences de l’humanisme intégral chrétien.R.LECLERC 227 Etude d'auteur canadien ALFRED DESROCHERS Alfred Desrochers est fils de l’Estric.11 est né, le 5 octobre 1901, à Saint-Elie d’Orford, près de Sherbrooke.Issu d’une lignée de colons et de cultivateurs, il est le premier des Dcsro-ehers, établis au Canada depuis 1638, qui n’ait pas ouvert « comme eux un sol nouveau ».C'est pourquoi il écrira, dans une de ses meilleures poésies: Je suis un fils déchu de race surhumaine, Race de violents, de forts, de hasardeux, Et j'ai le mal du pays neuf que je tiens d'eux, Quand viennent les jours gris que septembre [ramène.Mais c'est d'avoir entendu la voix des aïeux que Desrochers devint poète.De 1904 à 1907, sa famille demeura dans une paroisse qui venait d’etre fondée: Manseau, dans le comté de Nicolet.A la mort de son père, le jeune Alfred émigra, en juin 1914, avec sa famille, à Manchester, ville des Etats-Unis formée en majeure partie de Canadiens français.En janvier 1905, il revint à Sherbrooke et devint commissionnaire chez divers établissements commerciaux jusqu’à l’automne de 1915, où il commença son apprentissage de mouleur de fonte à la fonderie Jenkses, de Sherbrooke.Se croyant appelé à la vie religieuse, il entre, à l’automne de 1918, au Collège Séraphique des Pères Franciscains de Trois-Rivières, soit un an après le signataire de ces lignes.Il y fait les trois premières années du cours secondaire, c’est-à-dire les classes dites d’éléments, de syntaxe et de méthode.Il y manifeste déjà une passion pour la poésie, s’essayant lui-même à rimailler; il prend plaisir, au milieu d’amateurs de la poésie, à faire sonner les vers des Parnassiens.Après sa sortie du collège, en 1921, il doit accomplir, pour gagner sa vie, différents métiers: « grand scieur », à la scierie Perrault, de Rock-Island, bobineur de filature, commis-quincailler, pour « échouer », en 1925, dans le journalisme.Pendant deux ans, à La Tribune de Sherbrooke, il remplit les fonctions de correcteur d’épreuves, de rédacteur sportif et de traducteur.En 1927, il fonde, à Coaticook, un hebdomadaire, L’Etoile de VEst, dont il assume la direction jusqu’en 1928, puis il revient à La Tribune, d’abord comme attaché au service de publicité, puis comme directeur, le premier janvier 1930.Il fonde la Société des Ecrivains de l’Est.Il quitte La Tribune, en novembre 1942, pour entrer dans l’armée canadienne.11 en est licencié en mars 1944.11 obtient alors un poste de traducteur, au parlement d’Ottawa.Il demeure à Montréal, depuis quelques années.Il a deux enfants: Jean-Marc et Clémence, celle-ci actrice de la télévision.Alfred Desrochers a débuté en littérature dans la page féminine de La Tribune, grâce au rédacteur en chef d’alors, M.L.-P.Robi-doux.Il a écrit dans ce journal environ deux cents articles souvent sous différents pseudonymes.En plus de La Tribune et de L’Etoile de l’Est, il a collaboré à divers périodiques, tels que la Revue moderne, L’Action nationale, L’Ordre, etc.En 1928, il publiait l'Offrande aux vierges folles et, l’année suivante, A l’ombre de l’Or-ford.Ces deux recueils reçurent des applaudissements enthousiastes et causèrent presque une petite révolution dans notre landerneau poétique.D’un hommage unanime, les critiques saluèrent un grand poète.Mgr Camille Roy acclamait ainsi la parution de l’Offrande aux vierges folles: « Ce cahier bleu est mince: il compte soixante pages.Mais c’est le recueil de poésie le plus considérable, le plus parfait que l’on ait publié chez nous en 1929.La poésie de M.Alfred Desrochers est de très spéciale et haute qualité.Elle est la plus ferme, la plus condensée, la plus concentrée, la plus vigoureuse, en ses formes très soignées, que nous ayons depuis longtemps chez nous rencontrée.11 y a un peu et beaucoup de l’art parnassien dans la technique de ce poète.C’est du Parnasse avec moins de recherche dans le vocabulaire, moins d’éclat dans l’image, mais avec un égal souci de faire le vers plein, précis, presque explosif sous la force latente des mots, et réaliste à force de vérité.» Tandis que l'Offrande aux vierges folles montrait surtout le poète des symboles, A l’ombre de l’Orford présentait un Desrochers 228 nouveau, celui de l'observation directe.Ce second rçcueil parut d’abord, hors commerce, en 1929, puis en une autre édition, dans le commerce, en 1930.La critique en célébra la forte originalité, l'imagination splendide, la justesse du vocabulaire, l'art du raccourci.Certes.A l'ombre de l’Orford se range parmi les œuvres les mieux écrites du Canada français.L’auteur l’a produite en une période favorable à la création poétique, entre 25 et 30 ans, en une période où l'enthousiasme est comme instinctif.lié en quelque sorte à la riche activité sanguine de la jeunesse.Il est remarquable que la plupart de nos grands poètes ont produit leur œuvre principale dans la jeunesse, tels, en plus de Desrochers, Nelligan, Paul Morin, Saint-Denys Garneau.M.Robert Choquette n'a guère dépassé les promesses juvéniles.M.Alain Grandbois, qui publie encore des œuvres de qualité, est une heureuse exception.Des prix couronnèrent le talent de M.Alfred Desrochers: en 1929, aux Jeux Floraux; en 1930.prix de l’A.C.J.C., prix de l’Action intellectuelle; en 1931, médaille du lieutenant-gouverneur de la province de Québec pour le concours de la Société des Poètes canadiens-fran-çais; en 1932, prix David de poésie, ex-æquo avec M.Robert Choquette.En 1948.la maison Fides a reproduit, dans sa collection du Nénuphar les trente-quatre poèmes d'A l'ombre de l’Orford.A la suite de ces poèmes et à la place de l'Offrande aux vierges folles, on a publié treize nouveaux poèmes du Cycle du village qui sont la contrepartie naturelle des sonnets forestiers d'A l’ombre de l’Orford, mais sont moins pittoresques, moins spontanés, moins « inspirés » que ces derniers.Alfred Desrochers s’estime posthume de son vivant, puisque la génération actuelle, tournée vers une autre technique et d’autres préoccupations que les siennes, semble ignorer son œuvre.Les vers libres de la poésie moderne pourront-ils se vanter d’avoir habité et enchanté autant de mémoires que l'ont fait les poèmes de Des rochers ?Pour apprécier la poésie de celui-ci, il faut la replacer dans son milieu d’éclosion.Tout formé qu'il soit à l’école de Flugo, des Parnassiens et de Baudelaire, Desrochers s’insère cependant en pleine tradition canadienne.« Sans Fréchette et sans Choquette, disait-il, je n’aurais pu écrire ce que j'ai composé.* En Louis Fréchette, il a trouvé l'amour enthousiaste d'un grand poète à l'égard de la patrie canadienne; en Robert Choquette, le souffle d'un romantisme moderne s'adaptant au sol canadien.De Choquette, il dira dans Paragraphe: « J'en ai reçu un choc comparable à celui que me procura la lecture clandestine du Paon d’Email de Paul Morin dans mon vieux temps de collège.» L’art de Desrochers immortalise les richesses d'une vie individuelle et le faisceau d’aspirations de toute une génération.Le Canadien harmonise, dans sa poésie, l'hérédité de deux races violentes: la française et l'indienne.L’ancien élève du Collège Séraphique, marqué de l’influence de saint François d'Assise, l'ancien travailleur manuel exaltera les humbles, la nature, la beauté, la « foi naïve et sans afféterie » des « gens frustes de chez nous ».Admirateur du passé, mais également soucieux des préoccupations de son temps, il veut réaliser la devise de Joseph Chénier: Sur des penser s nouveaux faisons des vers antiques, c’est-à-dire des vers correspondant à la mentalité des aïeux, à la tradition canadienne.Vers 1930, le principal courant littéraire du Canada français était la littérature de terroir.Mais Desrochers a renouvelé la poésie régiona-liste, qui était faite plus de mots que de réalité, en lui insufflant une inspiration d'air frais, un lyrisme très humain, une touche d'étonnante vérité.Sa poésie sera lyrique et descriptive.Notre auteur est un régionaliste sincère et réaliste.De tous nos poètes qui ont puisé leur inspiration dans le terroir, il est le plus puissant.C'est un romantique discret qui traduit ses impressions par le coloris.C’est un parnassien vigoureux qui poursuit la beauté dans le travail de la forme.Avant lui, seul Paul Morin avait produit une facture de vers aussi parfaite.Le poète fait appel aux ressources de la peinture et de la musique.Il s’affirme un coloriste, caractérisé par le goût du pittoresque et la recherche de la nuance exacte; un dessinateur, au trait sobre, au souci de la ligne pure; un musicien, au rythme viril, à une telle sonorité de vocables qu’elle crée tout un climat et va parfois jusqu'à l'harmonie imitative: Au toc-toc d'un pivert picotant un chicot.Les sonnets d'A l’ombre de l’Orford sur la vie canadienne sont sans doute les plus parfaits de nos lettres: ils harmonisent, en un prodige assez rare chez nous, le réalisme (un réalisme rude) et une véritable inspiration poétique; ils 229 sc distinguent ainsi de la tendance idéaliste d’un Pamphile Le May.« Ils sonnent dans l’éclat du mot populaire, de l’anglicisme expressif et technique, du terme juste et choisi.» (Carmel Brouillard) On les a rapprochés de ceux de José de Hérédia et ils soutiennent fort élégamment le rapprochement.L'Hymne au vent du nord est un des sommets de la poésie canadienne; on l’a regardé même comme un chef-d’œuvre.Je suis un fils déchu, Soir d’été et Prière sont des poèmes de haute inspiration.En plus des poèmes réunis dans Offrande aux vierges folles et A l’ombre de l'Orford, Desrochers a publié dans divers périodiques des poèmes qu’il n’a pas encore jugé à propos de recueillir dans un volume.Le 9 février 1960, au réseau français de Radio-Canada, dans la série Temps présent, l’Office national du film a présenté un documentaire sur Alfred Desrochers qui reste, disait-on, l’un des poètes canadiens les plus actuels, puisque la grande poésie ne date pas.Le poète a fait quelques considérations sur son expérience personnelle et sur les conditions de la vie littéraire au Canada français.L’explication de « l’éclipse » d'Alfred Dcs-rochers, chez la génération montante, pourrait bien se trouver dans ces réflexions de l’un de scs maîtres en poésie: « Notre époque, disait Baudelaire, est aussi féconde que les anciennes en motifs sublimes.Puisque tous les siècles et tous les peuples ont eu leur beauté, nous avons inévitablement la nôtre.Toutes les beautés contiennent, comme tous les phénomènes possibles, quelque chose d’éternel et quelque chose de transitoire, d’absolu et de particulier.» La beauté de la poésie de Des-rochcrs a certes un élément transitoire, d'autant plus que de nouvelles conceptions de la vie ou de l’art peuvent modifier l'un des premiers caractères du beau en art qui est de provoquer l’étonnement; toutefois, la poésie de l’auteur d'A l’ombre de l’Orford contient, je crois, une valeur qui dépasse une génération.« Les livres canadiens ne sont lus que par ceux qui en font ou se proposent d’en faire.» Cette boutade d'un de scs amis fut la raison d'être d’un livre de critique littéraire de Des-rochcrs: Paragraphes.— Interviews littéraires.L’auteur s’aventure dans une forme de critique à laquelle il applique les méthodes du reportage.En journaliste, il interroge une dizaine d’ouvrages canadiens.C'est une sorte d’interview par l’ouvrage lui-même.« Je laisse, dit l’auteur, le livre dire tout le bien qu’il pense de lui-même et je rapporte aussi les aveux qu’il fait, laissant au lecteur — si j’en ai — le soin d’en juger comme bon l’entendra.J'essaye de comprendre un livre, sans le juger.Et ce me semble quelque peu méritoire, en un pays où la plupart jugent sans comprendre » (p.10s.).Ce nouveau critique aime le paradoxe; il pose à l’ironiste, au blagueur, au sceptique.Il ne reconnaît à la littérature que son rôle ancien de divertissement ou d’ornementation (cf.p.67).Ce qui survivra d’Alfred Desrochers, ce sera non le critique, mais le poète, un poète original, puissant, un artiste de la qualité la plus haute.* * * ŒUV R PIS.— L’Offrande aux vierges folles.Poèmes.Sherbrooke, La Tribune, 1928.(Coll, des Cahiers Bleus) Hors commerce.— A l'ombre de l’Orford.Poèmes.Sherbrooke, La Tribune, 1929.Hors commerce.— Paragraphes.— Interviews littéraires.Montréal, Librairie d'Action canadicnnc-française, 1931.181p.* * * SOURCES A CONSULTER.— Baillar-geon (Samuel), c.ss.r., Littérature canadienne-française.Montréal, Fides [ 1957J.P.211-216.— Bélanger (Jeannine), Chef-d’œuvre ?L’Hymne au vent du Nord de M.Alfred Desrochers.Dans la Revue dominicaine [P.C.| déc.1940, p.238-254.— Brouillard (Carmel), o.f.m.Sous le signe des muses.Montréal, Librairie Granger, 1935.P.139-167.— Choquette (Adrienne), Confidences d’écrivains canadiens-français.Trois-Rivières, Les Editions du Bien Public, 1939.— Crouzet (Jeanne Paul), Poésie au Canada.Paris, Didier.P.313-337.— Dantin (Louis), Poètes de l’Amérique française.Tome II.Montréal, Albert Lévesque, 1934.— *** Alfred Desrochers.Dans Mes Fiches [P.C.] no 100, 15 février 1942.— Grignon (Claude-Henri), Ombres et clameurs.Montréal.Editions Albert Lévesque, 1933.P.Î09-144.— Grondin (Claire), Bio-bibliographie d'Alfred Desrochers.Manuscrit.Montréal, Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal, 1944.35p.— Marion (Séraphin), En feuilletant nos écrivains.Montréal.Librairie d'Action canadienne-française, 1931.P.165-188.— Pelletier (Albert), Carquois.Montréal, Librairie d'Action canadienne-française, 1931.P.135-146.— Roy (Mgr Camille), Regards sur les lettres.Québec, 1931.P.135-146.— Sylvestre (Guy), Anthologie de la poésie canadienne-française.2c édition revue et augmentée.Montréal, Beauchemin, 1958.P.133-143.— Viatte (Auguste), Histoire littéraire de l'Amérique française.Québec, Presses Universitaires Laval, 1954.P.184-186.Romain LÉGARÉ, o.f.m.230 "MÉMOIRES : ma vie privée ” de T.-D.BOUCHARD Emile CHARTIER, p.d.Avoir eu, dans une même classe de rhétorique, ces esprits avides, ces nobles cœurs, ces imaginations luxuriantes qui caractérisaient le trio David Lavigne-Ernest Lafortune-Damien Bouchard, c’est une bonne fortune qui n’est pas donnée à tous les professeurs.Ce fut la nôtre il y a 60 ans (1899-1900), au lendemain de notre ordination sacerdotale.De cette trini-té flamboyante la mort a déjà ravi deux membres: Ernest Lafortune, en 1914, David Lavigne en 1957.Reste l’honorable sénateur Damien Bouchard, qui inaugure, par ce premier volume, la série de scs Mémoires 1.Dès l'introduction, l'auteur ne fait pas mystère de son dessein: « J’essaierai de faire connaître sous leur vrai jour.les ennemis anonymes de la liberté dans notre province., ces chefs d’une dictature secrète qui, malheureusement pour nos concitoyens d’origine française, détenaient des postes de commande dans la hiérarchie civile et religieuse, et parvenaient à terroriser jusqu’aux défenseurs des droits les plus sacrés de la personne humaine.» Comme cette exécution n’apparaîtra que dans les volumes à venir, ou à peu près que là, nous n’avons à apprécier que les confidences sur la vie privée de l’auteur (1890-1902), sur « ses enfances > et son adolescence, objet de ce premier recueil.11 nous révèle d’abord un milieu social assez particulier et fort sympathique: celui du Marché-à-Foin de Saint-Hyacinthe.Ce milieu se compose de quétennes (déformation populaire de « quêteux » ?), gens de modeste métier, ouvriers, corroyeurs, épiciers, aubergistes, etc., de maigre éducation, d'instruction plus rudimentaire encore, mais fort liés entre eux et fort charitables les uns envers les autres.Seulement, tous sont mordus d’une double tarentule: la méfiance à l’égard des gens de la côte ou ville haute, les riches et les professionnels; la passion de la politique.Et la politique pour eux se ramène à une seule opération: faire triompher les bons rouges (les libéraux) des maudits bleus (les conservateurs).On ne doit pas s'étonner de ce que l'auteur, écrivant sa propre histoire, fasse émerger, de ce DIALOGUE AVEC LES LIVRES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI : ÏV.: : • I milieu dont il est, sa propre famille.Avec une piété filiale qui l'honore, il nous présente l’humble et ambitieux travailleur son père, tour à tour coupeur de cuir, épicier, aubergiste, puis corroyeur, tour à tour nanti d’une petite fortune, puis ruiné.Autour de ce chef gravitent sa mère, sa seconde femme (que l’auteur appelle à tort sa belle-mère, en français mère du gendre ou de la bru), sa sœur Micheline, les fils Émile et Damien, l'oncle Télessc, sans compter les membres adoptifs.Tout ce monde a les qualités, les défauts aussi, du milieu; mais tous ont une même ambition, celle de tirer son épingle du jeu, celle aussi de se hausser, si possible, au-dessus de sa modeste condition.Aucun pourtant d’entre eux n'éprouve cette hantise autant que le fils Damien, l’auteur même du volume.Aussi le livre devient-il avant tout l’autobiographie de l’honorable Sénateur.Il nous y raconte ses efforts pour s’instruire, ses études à l’Académie Girouard et au petit Séminaire, scs amitiés et ses amours.S'il est presque amusant quand il décrit sa poursuite infructueuse de Poucette, c’est avec un laconisme éloquent et touchant qu’il évoque le poème qui devait « s’achever par un Adieu gravé sur l’épitaphe d’un tombeau où demeure enseveli à tout jamais mon bonheur familial * (p.139).Avec la même émotion il ressuscite la physionomie de ses amis d’enfance disparus (p.148-150), celles de Bi-garé, du microcéphale Michel Roch et du pittoresque Ti-Toine Jésus.Ce qu’on ne peut s’empêcher d’admirer surtout, c’est l’acharnement de cet entêté à multiplier les industries pour atteindre son idéal, l’étude du droit, et pour épargner à ses parents les frais d’un cours classique de huit années.Il se fait tour à tour commis d’estaminet, scriptcur de faits divers, rédacteur de journaux, orateur d’élections, auteur, acteur et metteur en scène de drames populaires (p.123), même manieur de planchette magique (p.129).La vie politique qui occupera cette carrière sera le fruit d'une conviction: i! n’y a pas de sot métier.Cette vie mouvementée, dont les volumes à venir raconteront les étapes, fut préparée surtout par les 231 études au Séminaire.De ses professeurs et supérieurs, M.le sénateur a gardé des souvenirs assez variés; il a de la reconnaissance pour MM.Du-mesnil, Ouellette et Mgr Choquette; mais certains coups de martinet lui arrachent des paroles amères (p.102), parce qu'il oublie sans doute les provocations qui durent occasionner ces remontrances cuisantes.En général, il n’a que du bien à dire de ses camarades, d’Hector, de Dudley, de David Lavigne surtout (p.146); mais il en veut à d’autres d’avoir fomenté, contre leur président de classe, ce qu’il appelle une goujaterie.Ce à quoi il s’en prend davantage, c’est à l'esprit de la maison; elle aurait été un foyer à la fois de doctrines réactionnaires (antilibérales sans doute) et d’ultranationalismc (p.148).Sur ce dernier point, M.le Sénateur admettra peut-être que, s’il avait le droit de prôner le libéralisme, son Alma Mater avait pareillement le droit de prêcher.autre chose.De ce premier volume on retiendra qu’il est le récit d’une évolution commençante, le récit de l'ascension d’un fils d’ouvrier vers les postes les plus élevés de sa province.Le spectacle est assez rare et assez beau pour avoir mérité d’être décrit.P.143: D’après l'original, l'article était bien de David Lavigne, alors à New Haven, Conn.Il se peut qu'il ait paru « dans un grand quotidien de Montréal »; mais il fut aussi publié dans L’Union (2 mai 1902), sous la signature du rédacteur T.-D.Bouchard, et suivi d’un second (23 mai 1902).P.122: La déconfiture de la fumisterie docteur Bataille-Léo Taxil se produisit à Paris, sauf erreur, en la salle de la Société de géographie.Tel que rédigé, le texte laisserait croire que cette aventure barnumesque se déroula ici au pays.P.158: On remarquera la sobre, mais charmante description d’un soir d’été aux bords du Richelieu qui orne cette page.P.138: Au lieu de «compter», il faut lire conter.Emile CHARTIER, p.d.(I) BOUCHARD (T.-D.) MEMOIRES.T.I: Ma vie privée.Préface de Mgr Arthur Maheux, p.d.Montréal, Beauchemin, I960.170p.22cm.$3.00 (frais de port en plus) Appelle îles réserves N.D.L.R.: A cause de l'anticléricalisme de certaines pages, cet ouvrage appelle des réserves.“LITURGIE ET CONTEMPLATION** de Jacques et Raïssa MARITA1N Ovila MEIANÇON, c.s.c.La pastorale doit être établie sur des principes théologiques sûrs et elle doit être souvent confrontée avec eux; sinon, elle risque de tomber dans des déviations.Ainsi, dans le présent ouvrage \ Jacques et Raïssa Maritain ont voulu élucider quelques problèmes liturgico-théologiques, afin d’empêcher des discussions inutiles et préjudiciables à la saine évolution du mouvement liturgique.Incidemment, signalons que cette étude est parue, en anglais, dans la revue: Spiritual life, en juin 1959.Les auteurs entendent démontrer notamment qu’il existe un lien intime entre la liturgie et la contemplation et que, conséquemment, la contemplation ne doit pas être sacrifiée à la liturgie, ni la liturgie à la contemplation.Ainsi, on expose, d’une façon très élaborée, les notions de liturgie et de contemplation.pour signaler ensuite les méprises de ceux qui veulent opposer l’une à l’autre.La liturgie est le culte rendu au Père céleste par le Christ et son Corps mystique.Ce culte, centré sur le Sacrifice de la Messe, est public et conséquemment extérieur.Néanmoins, comme le rappelle S.S.Pie XII, dans son encyclique sur la liturgie, ce culte est surtout intérieur, sans quoi il deviendrait un « formalisme inconsistant et vide ».En conséquence, comme l’affirment justement les auteurs, « la liturgie catholique exige [.] que les vertus théologales soient à l’œuvre en ceux qui y participent; la liturgie catholique vit de la foi, de l’espérance et de la charité* (p.17).En effet, la vertu de religion, au sens strict, est le culte rendu à 232 lu gloire de Dieu; elle est aussi l’exigence essentielle de notre union à Dieu réalisée par les vertus théologales, qui sont au principe de la vertu de religion.Celle-ci est la traduction extérieure par le culte de l'hommage intérieur fait à Dieu par l’homme, hommage découlant des vertus théologales qui font participer à la vie trinitaire elle-même.Saint Thomas dira que la religion est ou doit être « une protestation de foi, d’espérance et de charité » (lia Ilae, q.101, a.3.sol.1 ).Pour mieux saisir ces vérités, ajoutons que les vertus théologales n’exigent pas immédiatement une opération externe, car elles sont, par elles-mêmes, union à Dieu, parole que Dieu nous adresse, réponse directe à Dieu par l'homme.Ce n'est que média-tement que les vertus théologales imposent des devoirs à réaliser dans le temps et dans l’espace, devoirs qui constituent tout le domaine propre des vertus morales, au sommet desquelles se place la vertu de religion.Ainsi, contrairement aux tendances actuelles assez généralisées, le mouvement liturgique ne doit pas être envisagé seulement en fonction de la pastorale, car la liturgie est avant tout un acte de la vertu de religion, laquelle doit trouver son inspiration dans la charité.Or, la charité doit imprégner le culte d’un sentiment de respect, d'amour et d’adoration à l’égard de Dieu.Il faut donc que l’exercice de ce culte, notamment dans la célébration de la Sainte Messe qui en est le sommet, favorise l'exercice des vertus théologales par l’absence surtout de la précipitation dans les paroles et dans les gestes.Autrement, la précipitation, même sous le prétexte d’une pseudo-pastorale, conduit le célébrant à parler au Dieu trois fois saint comme jamais il n'oserait parler à un mendiant malpropre, et à manœuvrer le Christ avec moins de respect objectif qu'il ne manœuvre habituellement les objets les plus vils.Les directives fondamentales que S.S.Pic XII.dans son encyclique sur la liturgie, demande de suivre pour l’esprit et l’apostolat liturgiques sont celles du concile de Trente.Or, au sujet de la Messe, ce concile rappelle « qu'il faut mettre tout son soin et toute son application pour faire cette action avec la plus grande netteté et pureté intérieure de cœur, et la plus grande piété et dévotion extérieure possible » (Sess.XXII).Dans la deuxième partie de l'ouvrage, les auteurs déterminent la notion de contemplation, ses différentes formes, son intégration à la sainteté.En bref, nous pouvons dire que la contemplation est inséparable de l'exercice intense de la charité et des dons du Saint-Esprit.Elle peut être soit masquée, quand prédominent les dons actifs, soit typique, quand prédominent les dons d’intelligence et de sagesse: ce qui se vérifie chez les âmes dont la physionomie spirituelle marque une tendance assez nette pour la vie contemplative.De plus, il semble pratiquement indiscutable aujourd'hui que la perfection de la charité tombe sous le précepte, comme la fin vers laquelle il faut tendre, et que la contemplation infuse, masquée ou typique, est dans la voie normale de la sainteté.Après avoir indiqué la nature et les propriétés de la liturgie et de la contemplation, lés auteurs signalent et réfutent les prétentions pseudo-liturgiques de ceux qui veulent opposer la liturgie de l’Eglise à la contemplation de l’Eglise, la prière publique de l’Eglise à son oraison amoureuse et silencieuse.Il faut affirmer, en effet, qu’il n’existe aucune opposition entre la liturgie et la contemplation.Aussi, les âmes qui ont franchi le seuil de la contemplation infuse pénétreront davantage les mystères de la liturgie.De plus, la contemplation est « supérieure à la grande voix liturgique qui la manifeste » (p.21), si bien que lorsque celle-là est atteinte, celle-ci est dépassée.Par ailleurs, « la participation à la vie liturgique de l’Eglise est éminemment apte à préparer les âmes au recueillement surnaturel et à l’union contemplative » (p.13), sans pour autant constituer l’unique source de l’expérience mystique, ni « suppléer aux préparations ascétiques et les rendre superflues » (p.95).Dans son encyclique sur la liturgie, S.S.Pie XII rappelle cette dernière vérité, en distinguant la piété objective et la piété subjective: « Nous voudrions attirer votre attention, écrit-il, sur les nouvelles théories touchant ce qu’on appelle la « piété objective »; tendant à mettre en relief le mystère du Corps mystique, la réalité effective de la grâce sanctifiante et l’action divine des sacrements et de la Messe, elles semblent vouloir amoindrir ou même passer sous silence la « piété subjective » ou personnelle ».La piété objective considère l’efficacité ex opéré operato de la Sainte Messe et des sacrements, mais il faut que la piété subjective dispose l’âme ex opéré operands, puisque les dispositions personnelles conditionnent les effets de la Sainte Messe relatifs à nous et des sacrements.Le mouvement liturgique ne doit pas non plus dévaluer la dévotion personnelle en la considérant comme individualiste et égocentrique, le danger actuel étant d'ailleurs beaucoup plus le totalitarisme.Ainsi, il n’est pas tout à fait juste d’affirmer que la contemplation est un acte purement individuel tandis que la liturgie est l’acte commun du Corps mystique.A ce sujet, les auteurs écrivent très justement: « C’est par la vertu de la contemplation infuse que le suprême degré d’oubli de soi est atteint.La contemplation seule découvre le prix de la charité, sans elle on le sait par ouï-dire.[.] A cause de cet amour où elle consomme notre vie, la contemplation seule réalise en nous l’universalité, rend l’âme catholique en esprit et en vérité.Comme elle transcende toutes les vertus intellectuelles et morales, la prudence, la science et l’art, elle transcende de même tous les particularismes, accorde l’âme à l’unité du Corps 233 mystique du Christ.Par elle, le Christ, demeurant en ceux qui l'aiment, donne à leur cœur une sorte d’amplitude eucharistique * (p.70-71).il est évident que, conformément aux directives du Saint-Siège d’ailleurs, la participation active des fidèles à la Sainte Messe est une conquête très heureuse du renouveau liturgique actuel et, selon la remarque des auteurs, la Messe dialoguée, par exemple, « se montre d’une assistance incomparable pour la piété de beaucoup ».Néanmoins, ils ajoutent pertinemment: « encore faut-il que la voix humaine y soit humble, discrète et priante, non glapissante », et que « contre l’état d'esprit pseudo-liturgique, il convient de défendre les droits et la dignité du silence » (p.86).Il est enfin question de la « régimentation des âmes » (p.91) à éviter et de leur liberté à respecter.Les auteurs s'appuient d’ailleurs à ce sujet sur les directives mêmes du Saint-Siège.En effet, dans son encyclique sur la liturgie, S.S.Pie XII demande explicitement de ne pas exagérer la valeur des moyens destinés à favoriser la participation des fidèles à la Sainte Messe.Il écrit notamment: « Le tempérament, le caractère et l’esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des prières, des cantiques et des actes communs.En outre, les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun ».L’Instruction De mus ica sacra de la S.Congrégation des Rites, en date du 3 septembre 1958, reprenait ces mêmes directives (n.29).Encore dans l’encyclique sur la liturgie, le Souverain Pontife, en recommandant les exercices de saint Ignace, exige néanmoins que l'on tienne compte des dons divers et des voies diverses par lesquels le Saint-Esprit dirige les âmes dans la poursuite de la sainteté: « Que leur liberté, écrit-il, et l’action surnaturelle du Saint-Esprit en elles soit une chose sacro-sainte, qu’il n’est permis à personne, à aucun titre, de troubler et de mépriser ».Il faut savoir gré aux époux Maritain d’avoir projeté une lumière si opportune et si solidement doctrinale sur quelques déviations qui se rencontrent dans le mouvement liturgique actuel.Ajoutons qu'il est admirable de voir dans l’Eglise des laïcs aborder des problèmes théologiques si subtils avec une si parfaite maîtrise.Ovila MELANÇON.c.s.c.(I) MARITAIN (Jacques et Raïssa) LITURGIE ET CONTEMPLATION.F>réface de Monseigneur Charles Journet.(Bruges) Desclée de Brouwer (1959).98p.18.5cm.(Coll.Présente Chrétienne) S 1.55 (frais de po t en plus) Pour tous Dans la collection « Présence chrétienne » “Le péché” Bernard CÔTÉ, c.s.c.Un ouvrage antérieur de la collection Présence chrétienne traitait de la confession.Il a fait désirer une étude plus approfondie sur le péché.C’est ce que la collection nous présente, en réunissant cinq auteurs qui abordent le problème sous des angles différents.1 M.l’abbé Marc Oraison, docteur en théologie et en médecine, ouvre le volume par un exposé sur Psychologie et sens du péché.L’auteur s’applique à distinguer faute et péché, sentiment de culpabilité et sens de la Pénitence, névrose et état de péché, soulignant combien le premier état en est un d’égocentrisme, le second étant, au contraire, tourné vers l’extérieur, vers l’autre — et cet Autre, c’est Dieu — qui a été atteint par notre péché.Les attitudes respectives de Judas et de Pierre après leur péché illustrent bien ce repliement sur soi d'une part, allant jusqu’au désespoir, ou, dans le second cas, cette démarche vers l'autre, pour prendre conscience de la relation brisée et demander pardon.Distinctions utiles pour l'esprit profane qui, trop souvent, fait se recouvrir les notions l’une l’autre, alors quelles sont si différentes ! Cet exposé qui reprend des thèmes déjà amorcés dans Amour ou contrainte et Devant l'illusion et l’angoisse (ouvrages du même auteur), apportera une saine libération en situant beaucoup mieux les vraies causes et les différents niveaux de culpabilité.L’auteur en profite pour 234 expliquer quelque peu la portée et les limites des travaux du Dr Hesnard sur le même thème.Dans le cadre d’un article, M.Oraison ne pouvait faire mieux que d’en rester à des notions generales, procédant par annotations, plutôt que par un développement rigoureux, d’où se dégagerait une belle synthèse.Ce qu’on désire encore.M.Coudreau dans Catéchèse et sens du péché ne manque pas d’audace quant au plan d'enseignement religieux qu'il nous présente: c’est tout l'ensemble du donné révélé qui, de nouveau, est mobilisé pour cette catéchèse.Il n’y a pas à s’en surprendre: le message de Dieu ne se laisse pas facilement morceler.Si l’on veut avoir le sens du péché, il faut d’abord que celui-ci soit remis à sa vraie place par rapport au message complet de Dieu; c’est le premier effort auquel nous convie l’auteur (p.59).M.Coudreau nous suggère ensuite une catéchèse organisée autour de la révélation du Dieu, Père, Fils et Esprit, telle que nous la présente la liturgie.« Le fondement en l'homme d'un vrai sens du péché, c’est un vrai sens de Dieu » (p.61).Parce que « le péché n’est pas une chose, mais un drame personnel * (p.74), il faudrait parler plus du pécheur que du péché, et plus encore du pénitent, du combattant, du victorieux (p.59).Le pécheur, c’est celui qui refuse la souveraineté, la sainteté, la paternité divine, c'est celui qui n’accepte pas le retour au Père par le Fils, qui empêche celui-ci de reconstruire la grâce, qui s'isole.Enfin, le pécheur refuse l’Esprit de Lumière, de Sainteté, de Vérité.Cet aperçu de vingt-cinq pages nous laisse deviner tout ce que peut avoir de dynamique une catéchèse qui ne craint pas d’aborder les questions par les sommets: nous sommes loin d’un simple exposé moral.D’emblée, le débat est porté sur le terrain religieux: c’est la situation de l’homme en entier par rapport au Dieu trine.Nous sommes en présence d'une catéchèse positive, d’une catéchèse qui, même avec le thème du péché, est constructive, éducatrice de la foi.Il reste maintenant à monnayer cet exposé qui a presque trop d'envergure .Le Père Nicl introduit au problème de La responsabilité et ses limites.Il est normal que toute responsabilité entraîne une angoisse, variable selon la perspective légale, pénale, morale ou religieuse selon laquelle on envisage cette responsabilité.Intéressante, mais trop brève, la note (p.86) où l’auteur fait écho à la «responsabilité devant l'Histoire* que défendent certains contemporains, Kojève notamment; trop brève en effet, cette note qui n’explique pas comment « à strictement parler, la responsabilité devant l’Histoire est la responsabilité devant les historiens qui écrivent l’Histoire ».Une étude des limites posées à la responsabilité fait appel aux données psychologiques, et en ceci, l’auteur fournit un apport complémentaire au travail de M.Oraison.Une troisième partie — c’est la plus importante — nous introduit aux fondements ultimes de la responsabilité.C’est après en avoir pris connaissance qu'on peut revenir à la première partie de l’étude, et en comprendre l'exacte portée.L’auteur ne craint pas d'intégrer la technique (p.112) comme facteur d'influence dans la responsabilité, et cela, même au niveau philisophique où il se place.Enfin, la plus haute approche du sentiment de responsabilité nous est donnée par Dieu lui-même.Mais il paraît que ce n’était pas la tâche de l’auteur d’en traiter (p.119).Nous pouvons le regretter, tout en continuant d’apprécier les aperçus justes et surtout les perspectives que nous ouvre ce travail.C’est à un traité complet sur la Rédemption que nous convie l’auteur du quatrième article: Rédemption du péché (P.de Baciocchi).La théologie de la Rédemption, celle à laquelle nous introduit saint Paul dans son Epître aux Romains, opposant le rôle des deux Adams, est d’abord une affirmation du caractère collectif du péché et du rachat.« Le drame de nos fautes personnelles est second par rapport à celui des situations collectives de péché.* (P.124) Notons que nous sommes peu habitués à envisager le péché et le salut dans ces catégories.Plus d’un lecteur pourra en être dérouté.Qu’il ait le courage de poursuivre cette riche étude où sont repris les thèmes de 1’ « Ordre > et de l’amour, du « Juste enveloppé dans le châtiment des pécheurs », du sacrifice du Christ, etc.L’auteur rejette l’idée de « substitution pénale » comme explication du mystère de la Croix pour s’en tenir à la doctrine de la satisfaction comme l'ont présentée saint Anselme et saint Thomas.Non pas d'une satisfaction d’ordre juridique, capable d'acquitter la dette universelle, car le salut est pure grâce, mais d'une satisfaction dans l’ordre de l’amour: le péché ayant introduit dans l’histoire du monde la défaite de la charité, le désir chez le Christ de restaurer l’amour, la gloire du Père, et la charge qu'il assume effectivement à cet égard, lui, le seul capable de le faire, offrent à Dieu une satisfaction adéquate.L'auteur décrit finalement quelques caractéristiques du règne de la grâce inaugurée par la Rédemption de Jésus.C’est là une étude heureuse qui souligne une fois de plus le caractère positif de la Résurrection, mettant précisément le point d’appui sur cette résurrection plutôt que sur la mort du Christ.Dans de telles perspectives, l’étude sur le péché comme tel est estompée.Seule, une application rapide à la fin nous rappelle le thème général du volume, mais la richesse doctrinale de l’article ne nous fait pas regretter cette option.235 Un dernier article complète le volume: La doctrine chrétienne du péché originel développée et exposée par référence à la théologie de saint Thomas d’Aquin de Gustav Siewerth.Faute de l’avoir étudié, il ne sied pas d en dire quelque chose ici.Rappelons simplement une note qui indique ce dont il s’agit: « L'auteur tient à signaler ici que, partant des principes de saint Thomas, il tente une nouvelle interprétation possible du péché originel.Il exprime son opinion personnelle à l’égard de saint Thomas ».(P.195) 11 serait intéressant qu’un théologien nous dise ce qu’il en pense ! Cet ensemble d’études offre les qualités et les défauts d'articles de revues: une mise au point intéressante.un éclairage particulier sur un aspect de doctrine, des perspectives plus ou moins nouvelles, mais la synthèse reste à faire.Il n’est pas sûr que le lecteur puisse, avec cette seule lecture, savoir à quoi s’en tenir sur la doctrine du péché: il aurait besoin d'une structure préalable, sur laquelle viendront se greffer les exposés ci-haut.Bernard COTÉ, c.s.c.( I ) K N COLLABORATION LE PECHE.LBruges) Desclée de Brouwer [1959).248p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) $2.95 (frais de porl en plus) Pour tons, mais spécialisé Notices bibliographiques 5 Religion SAINT-VALLIER (Mgr de) CATECHISME DU DIOCESE DE QUEBEC 1702.Avec présentation, notes explicatives et commentaires par Fernand Porter, o.f.m.Montréal, Les Editions franciscaines 11958].555p.21.5cm.$3.00 (frais de port en plus) Pour tous Dans son livre de haute valeur historique et scientifique qui lui avait mérité le Prix Raymond Cas-grain 1950, L’institution catéchistique au Canada — Deux siècles de formation religieuse, 1633-1833, le R.P.Fernand Porter, o.f.m., avait mis en pleine lumière la cause déterminante et la plus efficace du « miracle canadien »: l'institution ou l'enseignement du catéchisme, implanté depuis les origines du pays dans la paroisse et dans la famille.Poursuivant ses recherches, l'A.croit découvrir l'une des racines profondes de ce miracle canadien dans le premier volume publié pour les Canadiens, Le catéchisme du diocèse de Québec, œuvre de Mgr de Saint-Vallier.Le premier catéchisme officiel du diocèse de Québec, dont le territoire comprenait alors toute la Nouvelle-France, fut imprimé à Paris, en 1702: c’est le plus ancien et le plus authentique témoin de la langue et de la religion des Canadiens sous le régime français durant toute la première moitié du XVIIL siècle jusqu’à la conquête du pays par l'Angleterre.En le lisant, on constate l’importance donnée aux textes scripturaires, aux faits de l'histoire sainte, à la célébration de nombreuses fêtes chrétiennes, indice d’une époque guidée par la primauté du spirituel.En le lisant attentivement, en le méditant, on se plaît à découvrir les manières de voir, de comprendre, de vivre de nos aïeux.L'A.reproduit dans toute son authenticité — en photocopie — le catéchisme de Mgr de Saint-Vallier.A la suite de ce texte primitif général, le Père Porter donne l’historique de la composition et de la parution; il analyse les diverses influences qu'exerça ce catéchisme sur nos ancêtres; il dresse des questionnaires pour cercles d'études en vue de recherches « qu'aimeront à entreprendre les futurs prêtres, les futurs professeurs, et.qui sait, des groupes de parents, d’étudiants même, qui voudront mieux apprécier et imiter ceux dont ils se glorifient d’être les descendants et continuateurs » (p.VI).La méritante publication du Père Porter, directeur actuel de l’Externat classique de Longueuil, intéressera tout particulièrement les historiens, les sociologues et les éducateurs.Romain I.ÉGARÉ Littérature SILVA (Viviane du) VISAGE DE LIEVRE.Roman.Montréal.Le Cercle du Livre de France |1960).217p.20.5cm.(Coll.Nouvelle-France) Dangereux Est-ce le drame de l'adolescence confrontée au monde des adultes, l’adolescence et ses rêves, scs illu- 236 sions, sa sensibilité exacerbée, le monde des adultes et ses leçons brutales, ses embûches et ses jeux durs ?Est-ce un épisode de la vie tumultueuse, hypertendue, souvent factice et trouble du monde du spectacle ?Est-ce l’histoire d'un mauvais aiguillage dans la vie causée par une amitié malsaine ?Il y a un peu de tout cela dans Visage de fièvre de Viviane da Silva.Ce « visage de fièvre » c'est celui de Claudie, jeune fille de dix-huit ans, poursuivant son cours classique, que les hasards d’une rencontre ont menée vers Anne, blonde comédienne de vingt-six ans.Littéralement séduite par le charme, l’assurance et les succès de celle-ci, Claudie lui voue une admiration passionnée et brûle du désir de mener sa barque dans les eaux troubles où Anne se vante de savoir si bien naviguer.Elle veut, comme Anne, connaître les multiples expériences amoureuses où le cœur ne s'engage pas, et surtout, devenir une étoile du monde du spectacle.Mais Claudie est d’une autre espèce que la comédienne aux mœurs faciles, et l’aventure où elle se lance lui apparaîtra bientôt comme un piège succédant à un autre piège et débouchant sur l'impasse de la désillusion et du désespoir.Au cours d’une sordide expérience, Claudie se rend d’abord bien vite compte qu’elle n’est pas faite pour le commerce des corps dépouillé de toute signification profonde.Elle décou- vre ensuite, dans l’angoisse, le caractère trouble de l’affection qui la livre à la néfaste emprise d’Anne.Elle échappera de justesse à ce piège grâce à l’intérêt que lui porte Alain un professeur d’art dramatique rencontré au hasard d’une danse et qui offre de lui donner des leçons.Claudie voit se réaliser le rêve de sa vie.Après des mois de dur labeur, c'est la gloire d’un premier triomphe, d’un éclat inespéré.Est-ce enfin le bonheur pour Claudie?Non pas.Elle est prise cette fois au piège d’Alain, homme d’âge mûr marié à une femme qu’il semblait aimer mais qui s’est épris de la jeune fille et la tient captive d’un amour auquel elle ne voit pas d'issue.La seule issue possible, c’eût été d’accepter l’amour de Vincent, un jeune peintre vers lequel elle se sent attirée, mais les manigances d’Anne ont empoisonné les rapports des deux jeunes gens.L’histoire se termine par la réflexion désabusée de Claudie qui.comblée de succès, mais acculée à une impasse sentimentale, ne voit d’autre issue à sa vie que celle de « jouer jusqu'à l’épuisement ».Triste histoire d'une certaine jeunesse, rêveuse et inquiète, qu’aucune formation ne semble avoir marquée, et lancée, du jour au lendemain.à la poursuite d’ersatz de bonheur dans un monde sans foi ni loi.Pouvait-elle s’achever autrement que par une impasse ?Viviane da Silva manifeste un certain talent, et son premier ou- vrage, malgré toutes ses lacunes, n'est pas sans mérite: l’intrigue est assez bien menée et les principaux personnages se tiennent.Le style est cependant assez quelconque.R.L.1 drien 7 hcr it > THERIO (Adrien) LA SOIF ET LE MIRAGE.Roman.Montréal.Le Cercle du Livre de France [I960].222p.20.5cm.fColl.Nouvelle-France) Four adultes La trame de ce roman est constituée de faits en apparence bien quelconques.L’Auteur eût pu facilement se fourvoyer dans la banalité.Or.il parvient à séduire l’esprit de son lecteur et à l’attirer dans le sillage d'un récit emprunté à la grisaille du quotidien.Un jeune universitaire canadien s'est trouvé une chaire de français dans un collège du Mid-Oucst américain.Il loge chez une demoiselle avancée en âge, bien déterminée à ne pas finir ses jours dans le célibat.Finaude, elle tente de se gagner la sympathie du jeune professeur.Puis elle devient roublarde; elle tend des chaussc-trappes et réussit à demi un coup de filet bien lancé.Éducateurs pour L , “ de vos bibliothèques une seule adresse LES ÉDITIONS FIDES 25 EST, RUE SAINT-JACQUES MONTRÉAL UN.1-9621 237 709347 Mais Leblanc, — tel est le nom de notre compatriote — s’est fait admettre dans un foyer des environs dont Bill, l’aîné, fréquente son cours de français.Ce dernier manifeste des signes évidents de déséquilibre que la crise de l’adolescence ne saurait à elle seule expliquer.L'étudiant se confie à son professeur à l’occasion.Ce rôle de psychiatre plaît d’autant plus à Leblanc qu’il lui permet de se ménager des sorties avec la sœur de Bill.Une amitié réciproque se développe, bouton de rose qui se flétrira avant de s'épanouir dans l’amour.On est trop susceptible, trop ombrageux.On s'aborde avec chaleur et l’on se quitte sur ses ergots.Leblanc y est pour quelque chose: il est victime d'un complexe qui rend ses relations difficiles.Et puis, il hésite entre sa patrie, le Canada, les Etats-Unis où il pourrait se créer une situation très confortable et la France où l'attend une amie aux études.Il opte pour la France et la petite amie.Sa logeuse en fait une crise de désespoir style 1830.Quant à Bill, Leblanc apprendra la semaine suivante qu’il a noyé son hypocondrie dans les eaux d'un lac voisin.Cette œuvre, Thério a dû l’écrire en guise de divertissement littéraire.Nous ne croyons pas qu'elle marque un progrès chez le romancier.C’est une étude psychologique d’une sécheresse parfois accablante.Thério avait mis tellement de poésie et de fraîcheur dans ses Brèves A nnées ! La phrase s'est améliorée.Elle est brève, facile, dégagée.Et c’est beaucoup dire; elle était naguère si laborieuse et compliquée ! Mais Thério n’a pas encore trouvé le tour de se corriger.En deux pages (pp.171 et 172), il utilise à cinq reprises le verbe « commencer ».Cela donne sur les nerfs.11 y a là une pierre d’achoppement pour Thério qui l’empêchera peut-être de donner jamais sa vraie mesure.C lément SAINT-GERMAIN Histoire RUMILLY (Robert) HISTOIRE DELA PROVINCE DE QUEBEC.T.XXXII: La Dépression.Montréal, Fides 11959].262p.19cm.$2.50 (frais de port en plus) Nouveauté Ovila MELANÇON, c.s.c.Adolescence et amour Un sujet d'actualité: les fréquentations prématurées sont-el'es un facteur d'épanouissement ou, au contraire, un obstacle au dénouement normal de la crise que traverse l'adolescence ?Lettre-préf.de S.Exc.Révme S.Baggio.166p.20cm.$2.00 (par la poste $2.10) _____________ Chei FIDES Pour tous Avec une inaltérable ténacité, l’auteur continue ici sa Chronique sur la vie du Québec; nous préférons ce vieux terme, si expressif, à celui d’Histoire, qui ne cadre pas avec le caractère de l’œuvre.Comme des autres, la matière de ce 32e volume se rattache à quatre objets principaux: le progrès intellectuel et spirituel, le mouvement politique, l’évolution sociale, les conflits économiques.C’est l’économique qui occupe la majeure partie de l’ouvrage.Car, à ce moment.Québec n’est ni une aristocratie ni une démocratie ni une ploutocratie, mais un champ clos où s’affrontent deux escadrons de chevaliers de l’argent: le groupe Holt-Grundy ou la Montreal Light, Heat and Power Company, le groupe Sweezy-McDougall ou la Beauharnois.A suivre les palabres de ces deux magnats de l’électricité, on voit sauter les dividendes, les actions se promener de portefeuille en portefeuille, la politique évoluer de pôle en pôle.Ajoutez, à cette guerre que suscite la main-mise sur nos ressources en houille blanche, la bataille entre les exploiteurs de nos forêts et les fabricants de papier-journal, la main-mise sur nos richesses minières, le marasme où se débattent notre agriculture et notre industrie laitière ou fromagère; et vous aurez une idée de la « dépression » qui fut notre partage au cours de ces « années terribles ».A la tristesse qu’engendre l’accumulation de ces désastres il est une compensation: la souplesse avec laquelle M.Rumilly se promène au milieu de ces transports d’actions, de cette dévalorisation des obligations.Dans le domaine politique, on assiste à un double duel: celui qui oppose Alexandre Taschereau à R.B.Bennett, à propos de la canalisation du Saint-Laurent; celui qui met aux prises le même Alexandre Taschereau et Camillien Houde, pour la conservation ou l’accaparement du pouvoir à Québec.On y voit le maire conservateur de Montréal secondé par le nationaliste Louis Francœur, du Journal; le premier ministre provincial appuyé par le nationaliste Olivar Assclin, du Canada.Cette dernière association inspire à M.Rumilly cette boutade: « Taschereau utilisait, en serviteur, celui qui l’avait giflé; Asselin réconfortait, en sauveur, celui qu’il avait giflé » (p.61).Asselin se démena si bien que.le 24 août 1931, Houde battu ne faisait élire que treize conservateurs alors que Taschereau conquérait soixante-dix-neuf sièges (p.201).La grande plaie sociale fut alors le chômage.Les syndicats ouvriers se trouvèrent partiellement consolés par un de leurs succès (chap.8).Mais leur vraie consolation découla d’un mot d’ordre: « 11 faut que la charité égale la misère » (chap.15).On vit alors le fédéral 238 organiser les secours directs; mais op vit surtout le provincial confier lu distribution de scs millions à nos admirables Conférences de Saint-Vincent-de-Paul dirigées, au nombre de 282 en 1930, par leur dynamique président canadien C.-J.Magnan.Dans leur tombe, les cendres de Frédéric Ozanam durent tressaillir d’admiration ! A toutes ces misères, qu'il décrit avec émotion, M.Rumilly oppose le tableau réconfortant des liens rétablis entre Canadiens français et Acadiens d’une part et, d’autre part, entre Français des diverses provinces du pays (chap.2 et 9).Le tableau s’achève sur l’accession du futur cardinal Villeneuve au siège archiépiscopal de Québec (p.236).Mais il comprend aussi l’œuvre scientifique accomplie par le Frère Marie-Victorin (ch.2), le développement de la L.O.C.sous la direction de l’Oblat Henri Roy, l’établissement des scolasticats-écoles normales et l’activité fébrile des éditeurs canadiens-français (ch.16), outre l’expansion de l’A.C.J.C.F.A ce dernier propos, M.Rumilly émet encore une de ces boutades dont il est coutumier: * La jeunesse a longtemps suivi Bourassa pour des idées qui netaient pas les siennes; elle tend à suivre l’abbé Group: pour les mêmes idées qu’il n’exprime pas, mais qu’on lui attribue et qui probablement sont les siennes » (p.20).Pour apprécier l’art que déploie M.Rumilly à brosser un ableau exhaustif, on pourra se reporter à ceux que lui inspirent le conflit Est-Ouest (p.71) et les prodiges de la charité (p.141).P.24: « Une large fraction du clergé redoute un enseignement scientifique où la part des disciplines et des professeurs ecclésiastiques risque de se trouver réduite.» La raison de cette crainte encore trop réelle ne serait-elle pas plutôt cette conviction séculaire: « Aux Anglais le progrès technique, l’industrie, le commerce et la finance: à nous Français, le progrès spirituel, les idées générales, la littérature et l’art » ?Emile CHARTIER, p.d.Biographie BENOIT (Réal) LA BOLDUC.Préface de Doris Lussier.Montréal, Editions de l’Homme [1959].123p.ill.(h.-t.) 20cm.Pour adultes Parmi les diverses manifestations qui ont illustré les années de crise, entre 1927 et 1933, il est normal de signaler l’engouement du public pour les « soirées du bon vieux temps ».C’est à cette époque, en effet, que les journaux ont reproduit sans cesse les noms de Conrad Gauthier, Hector Charland et nombre d’autres.Madame Edouard Bolduc, mieux connue sous le nom de La Bolduc, illustre le sommet d’une popularité tout à fait dans le goût de ce temps.Réal Benoit nous rappelle ce personnage typique et nous fait revivre les diverses étapes de sa vie.Née en Gaspésie, Mary Travers a suivi l’exemple de gens de sa région en venant s’installer à Montréal; bientôt elle se marie avec Edouard Bolduc et.découvrant en elle un talent naturel pour le chant, elle se lance dans cette carrière, composant à la lois les paroles et la musique de ses chansons; elle y joint une note personnelle par des ritournelles mieux connues sous le nom de « turlutage ».La vogue de ces chansons s’amplifie continuellement; des tournées sont organisées à travers tout le pays et la Nouvelle-Angleterre; bientôt le disque vient augmenter l’enthousiasme du public, surtout de la classe ouvrière.Il ne nous appartient pas d'apprécier la valeur artistique de La Bolduc, d’autres l’ont fait: qu’on relise en particulier les textes de Henri Letondal, Marius Barbeau et Roger Champoux.Il convient toutefois de remercier l’auteur d’avoir fait connaître cette figure originale, illustration vivante du besoin de l’être humain d’exprimer en musique ses sentiments personnels.Roland GERMAIN Indispensables aux bibliothécaires FICHES de CATALOGUES Rédigées selon les règles internationales de la catalographie (nom de l’auteur, titre de l'ouvrage, adresse bibliographique, description typographique, notes bibliographiques, tracé, classification, cote intellectuelle et morale).À CE JOUR, PLUS DE 3,000 OUVRAGES CLASSÉS SUR FICHES DE CATALOGUES - Listes et conditions d'achat sur simple demande - rinro service des bibliothèques rinro I I U L u 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal M U t u 239 Littérature étrangère Religion BECQUE (Louis), c.ss.r.LES TROIS MARIAGES.Causeries religieuses données à l'Institut National de Radiodiffusion à Bruxelles.[Tournai) Casterman, 1959.93p.19cm.$1.45 (frais de port en plus) Pour tous Un danger menace actuellement les auteurs quand ils veulent traiter des sujets aussi populaires que le mariage: c’est celui de redire les idées déjà élaborées par d'autres.C'est un peu le cas dans Les trois mariages du R.P.Louis Becqué, c.ss.r., où l'on montre qu'un mariage est une belle réussite lorsqu’il comporte la triple union des corps, des cœurs et des âmes.Nous ne voulons pas minimiser la valeur de ces causeries religieuses données à l’Institut National de Radiodiffusion à Bruxelles.Elles ont certainement rendu service à bon nombre d’auditeurs qui.malheureusement, n'ouvrent pas de nombreux livres; toutefois les gens déjà informés, désireux de compléter leur formation en matière conjugale rechercheront d’autres ouvrages susceptibles de leur apporter des perspectives nouvelles.Roland GERMAIN CHAUVIN (Remy) DIEU DES SAVANTS.Dieu Je l'expérience.Préface du R.P.Riquet, s.j.[ Paris) Marne Ici 958).277p.18cm.$3.00 t frais de port en plus) Pour adultes, mais spécialisé Nous venons d'entrer dans l'âge de la science.La Science est une des manifestations les plus marquantes de notre civilisation.Le monde connaît un phénomène nouveau dont il doit se rendre conscient le plus tôt possible.Phénomène qui est de moins en moins l’apanage d’un Occident orgueilleux.Le désir de savoir et de maîtriser la nature fait éclater les vieux cadres du colonialisme.Le mouvement de réveil — il était dans l'ordre des choses — est généralisé; l'indigène réclame la possibilité d'atteindre au même niveau de technicité, de science et de culture que son ancien maître.Pourquoi s’en étonner ?Ce que le colonisateur lui a apporté, c’est une civilisation de plus en plus imprégnée par la science et la technique.Ce qui stimule l'ambition de tous les peuples actuellement, ce n’est guère la soif de la philosophie et de la culture occidentale.L'ère des découvertes géographiques est terminée; tous les peuples sont informés du potentiel scientifique des pays plus développés.La vieille dispersion des nations est battue en brèche.L'œcuménisme se fait et progresse dans et par la science, qui tantôt émerveille, tantôt alarme.Telle est la situation et il faut adopter une attitude réaliste, une attitude de contemporain; éviter une évasion dans le passé, par crainte, une évasion dans le futur, par engouement.Nécessité donc d'être présent à cet avènement de la science qui remet en question toute la sagesse traditionnelle.Ce sera peut-être au demi-siècle qui est devant nous qu’il appartiendra de faire la part des choses: laisser tomber ce qui est caduc dans les valeurs du passé, accepter les valeurs nouvelles et adapter la vie à la situation qui surgit.De la science, nous passons facilement, on le voit, au terrain philosophique.On parle volontiers aujourd'hui d’un monde sans frontière, d’état international.Même extension dans le domaine intellectuel: les anciennes barrières tiennent de moins en moins; la philosophie doit se pencher sur la réalité d'un monde pénétré de sciences, le savant doit chercher appui sur les sagesses du penseur professionnel.Une collaboration étroite doit s’établir entre eux: la survivance et l’orientation du genre humain en dépend.C’est ce contexte, brièvement esquissé, qui donne au livre-témoignage de Rémy Chauvin toute sa résonance et son ampleur.M.Chauvin, un authentique savant d'aujourd'hui, veut, comme tant d’autres, accorder sa foi chrétienne à la pulsation du monde qui est le sien; il veut vivifier son activité professionnelle et spirituelle en regard de sa foi; et sans complexe aucun du fait qu'il soit homme de laboratoire.Dieu des savants.Dieu de l'expérience, le titre même du volume indique bien que l'auteur n'a pas l'intention de faire de Dieu l’objet des sciences.C'est du Dieu des savants qu’il s'agit, il faut éviter l'équivoque.M.Chauvin n'a pas non plus l'ambition d'apporter aux théologiens de nouvelles preuves de l’existence de Dieu.Voici où se situe l'originalité de son attitude réflexive: pour l'homme des laboratoires.le succès, la réussite est la grande loi; réussite est pour lui synonyme de vérité.Alors, avec toute la lucidité et la rigueur de l'esprit scientifique — sans préjugé ni jugement à priori, il y insiste —, l'auteur accumule une documentation abondante qui lui permettra d’appliquer la seule règle valable pour lui, l'expérimentation, au champ des problèmes religieux et des questions soulevées par la foi à un esprit formé à la discipline des laboratoires.Fidèle à sa méthode, notre auteur-biologiste procède à une exploration du monde « moral » (conscience, liberté, motivation), base de notre activité: puis à un examen des grandes religions où l'homme est allé chercher, de tout temps, des raisons à son agir.Dans une seconde partie de son volume, il opère une vérification expérimentale des résultat' 2 40 obtenus par ces religions, au chapitre de la conversion et de l’expérience Aiystique.Evidemment son vocabulaire, sa méthode, ses exigences ne coïncident pas avec celles du métaphysicien et du théologien de naguère.Un exemple: les vœux formulés par l’auteur pour une « théologie positive » non au sens où elle existe déjà mais entendue comme une « théologie de l’observation * et de l'expérimentation, c’est-à-dire tirant parti de l’histoire des sciences et de la psychologie expérimentale pour, en morale (c’est le chapitre qui intéresse l’auteur), vérifier « l’adéquation profonde de certaines règles à la conduite humaine; et.l’inadéquation essentielle de certaines autres » (p.35-38).« Ceci aboutit à enraciner solidement la théologie dans l’ethnographie et la psychologie.L’étude du développement de l’idée de Dieu et de la loi morale qu’on ne peut séparer qu’en théorie doit se faire suivant les mêmes règles que l’étude de l’évolution du système nerveux.» (P.128-130) « La théologie, telle qu’on pourrait la concevoir, s’assignerait, en plus de ses tâches de toujours, un but plus dynamique, plus voisin d'une sociologie expérimentale: à savoir le fonctionnement (plutôt que la géographie) des organes religieux que se donne l’humanité, et l’étude de leur métabolisme.» (P.131) Voilà comment l’auteur est bien convaincu que le savant ne doit renoncer en rien à ses habitudes mentales quand il est en face du fait religieux.Par ailleurs, c’est avec humilité qu’il demande aux philosophes et théologiens de l’entendre, lui et ses semblables.C’est le pourquoi des suggestions et des pistes de recherche qu’il leur propose, voies qui permettraient d’établir un dialogue avec le monde des scientifiques.Car entre les deux groupes, le danger est grand d’une imperméabilité, M.Chauvin le souligne.En effet, ne l’oublions pas, une foi adulte ne peut qu’être étayée par une réflexion théologique continuelle.Pour être trop attachée à des formes du passé, la théologie se fera-t-elle ésotérique au monde des scientifiques qui voudraient trouver en elle assistance dans leur recherche de Dieu et soutien dans leur vie théologale ?Si le théologien se veut aussi porteur du Message il trouvera dans ce volume matière à réflexion féconde.Claude CHAMPAGNE HORATCZUK (Michel), s.j.EN ROUTE VERS DIEU.Les scrupuleux, les nerveux, les sensuels, les découragés, etc.Traduit par M.l’abbé René Virrion.Mulhouse, Editions Salvator, 1959.102p.19cm.$1.90 (frais de port en plus) Pour tous, mais spécialisé La vraie liberté humaine comporte la maîtrise sur les facultés, sur les instincts et sur les événements, et cet équilibre psychique permet de servir Dieu plus humainement.Néanmoins, si aucune tare physique ne peut empêcher d’atteindre à la plus haute sainteté, que penser du déséquilibre psychique sur ce point ?C’est à cette question que répond le Père Horatczuk dans son ouvrage.Au départ, il établit clairement que « la sainteté ne dépend pas de facultés naturelles » (p.8).Il dissipe un malentendu assez grave entretenu par certains hagiogra-phes, qui font ressortir d’une façon exagérée les talents naturels des saints, et qui risquent ainsi de mettre au second plan le caractère essentiellement surnaturel de la sainteté.A plusieurs reprises, l’A.rappelle opportunément que « l’âme mutilée porte un lourd fardeau, mais que personne n’est exclu du royaume pour autant, pourvu qu’il le porte de son mieux » (p.49-50).Le succès surnaturel n’est pas toujours apparent, et il peut se cacher sous des échecs extérieurs; en effet, « la grâce est le seul succès véritable du chrétien, car elle est 2e édition revue, corrigée et augmentée Marcel DUBOIS, c.ss.r.Membre de l'Académie pontificale de Liturgie Manuel du sacristain L'outeur expose avec clarté les règles de la parfaite ordonnance des cérémonies et donne des indications très détaillées sur les objets et les ornements à préparer pour tous les offices de l'année, au rite simple, solennel et pontifical.222p.17.5cm.Table des matières et table alphabétique.$2.25 (par la poste $2.35) Du même auteur Cérémonial des servants et du clergé.Broché.$2.75 Relié.$3.00 Cérémonial du célébrant et des ministres sacrés.Relié.$5.00 (Ajouter $0.20 par ouvrage pour frais d'envoi) _____________________________________En vente chez FIDES 2 41 l'union à Dieu.Au jugement dernier on sera étonne de la riche moisson d'une vie remplie d'cchecs » (p.101).Il ne faut donc aucunement minimiser les possibilités de sainteté qui demeurent pour ceux dont le psychisme est déséquilibré.En principe, la grâce ne détruit pas la nature mais la perfectionne, sur le plan ontologique d’abord, et ensuite sur le plan existentiel avec l’aide de l'ascèse, de la prière et des purifications passives des sens et de l’esprit.Cependant il n'en reste pas moins que la sainteté ne se confond pas toujours intégralement avec la perfection morale objective, ni avec l’équilibre psychique que l’évolution de la grâce dans une âme entraîne le plus souvent dans les sommets de la perfection chrétienne.Incidemment, il faut admettre que, comme conséquence de la chute initiale, il y a chez tout être humain une portion variable de pathologique, et le type théorique d’homme psychiquement adulte ne se rencontre pas à l'état pur.L’équilibre psychique est perpétuellement instable et perpétuellement à construire, du moins à parachever.L’équilibre est toujours relatif, si bien que l’être humain, sauf dans la vie des saints authentiques le plus souvent, demeure, même de façon imperceptible au premier coup d’œil, un adolescent incomplètement épanoui, comme diraient les psychologues.Ainsi, pour le clinicien, l’individu normal est celui dont l’équilibre est satisfaisant et pour qui aucune thérapeutique n’est actuellement nécessaire.Le misérable déséquilibré n’est donc pas moins appelé à la sainteté que celui qui jouit d’une parfaite santé psychique.L’un et l’autre partagent le même état de pécheur à qui Dieu offre la grâce du salut, et l’on ne peut raisonnablement avantager celui-ci plutôt que celui-là.Et s’il fallait établir une préférence, on devrait peut-être l’attribuer au pauvre psychique, car lui du moins ne peut être tenté de se glorifier de sa perfection et de son équilibre.En conséquence, même si une vie morale plus régulière est désirable, il serait faux de prétendre que la possibilité de la sainteté dépend d’une cure psychanalytique.Une telle cure ne conditionne jamais l'attitude foncière de l’homme en face de Dieu, à moins qu’il ne s'agisse d’un être totalement aliéné pour lequel on pourrait envisager la guérison.L’A.analyse brièvement la situation des principaux groupes de déséquilibrés (impulsifs, découragés, timorés, sentimentaux, etc.), et leur apporte des conseils très judicieux inspirés de la morale catholique et de la psychologie.Comme son but a été de faire œuvre de vulgarisation, il n’approfondit pas les sujets abordés; néanmoins, on perçoit facilement, comme sous-jacente à toutes les considérations exprimées, une doctrine sûre et nuancée.Le lecteur ne doit évidemment pas s’attendre à ce que ccs conseils soient des recettes magiques et immédiatement efficaces.En effet, en montrant l’idéal à atteindre, qui est parfois lointain en pratique, et les moyens qui peuvent y conduire.l’A.compte sur un effort patient et répété, car « le succès, écrit-il, ne saurait venir du jour au lendemain; il faut mûrir longuement et souffrir avant d’apprendre à aimer vraiment » (p.90).Ovila MELANÇON Au Club Canadien du Livre Vous payez 4 ouvrages brochés Vous en recevez 6 dont 4 reliés Chaque mois un livre relié peur le prix du meme livre broché.GRATUIT Un livre-prime à tout nouvel abonné.GRATUIT Un livre-prime après ochat de a sélections.UNE SEULE CONDITION S'engoger à acheter 4 sélections en 12 mois.Sélection de mai 1960 NANCY, L'ANGE ENVOLÉ par Marguerite Hamilton Un récit vécu, plein de fraîcheur et de vie, dont l'intérêt est tout d'abord d'ordre psychologique.L'auteur nous fait vivre l'évolution qui s'opère chez sa fille, Noncy.D'enfant, celle-ci devient une adolescente.Cette transition soulève des problèmes d'autant plus difficiles à résoudre que Nancy est amputée des deux jambes.Autre source d'intérêt: le caractère américotn du livre (méthodes d'éducation américaines, réoctions produites por le découverte de la France, milieux entrevus).264p.19cm.Relie Prix aux memb-es du Club: $2.65 Bulle.in d’inscription (à découper ou à recopier) CLUB CANADIEN DU LIVRE 25 est, rue Saint-Jacques MONTREAL UN.1-9621 Veuillez m'inscrire au Club Canodien du Livre et me faire parvenir la sélection de mai 1960 (Nancy, l'ange envole, par Marguerite Hamilton, au prix de $2.65 franco), ainsi que votre livre-prime d'inscription.Je m'engoge à acheté; au moins 3 autres sélections au cours des 12 prochains mois.Vous vous engogez, pour votre part, à m'adresser votre circulaire mensuelle et à me donner un livre-prime chaque fois que j'aurai acheté 4 sélections.Nom Adresse 242 Littérature Paul Claudel EN COLLABORATION TETE D'OR ET LES DEBUTS LITTERAIRES.Paris, Gallimard.1959.264p.21cm.(Cahiers Paul Claudel, I).Pour tous L’œuvre de Claudel n’a pas fini de nous éblouir.A la mort du poète, en 1955, l’ensemble de son œuvre nous était connu, sa signification profonde se dégageait déjà, à notre grand ravissement.Mais depuis, de nouvelles résonances se font entendre et nous sentons qu’il reste bien des coins inconnus à explorer dans cette foret my; ;-rieuse.Les Cahiers Paul Claudel constitueront désormais, pour tous ceux qui s’intéressent à cette œuvre, une mine de renseignements.Dans ce premier numéro, nous retrouvons le poète au moment tie la composition et de la publication de Tête d'Or.Sa correspondance avec Mallarmé, Pottecher, Elimir Bourges et d’autres personnalités constitue un dossier précieux.On nous offre aussi un article magistral de François Varillon sur le symbolisme de la porte dans l’œuvre de Claudel ainsi qu’un texte de Jean Wahl sur certains aspects de son esthétique.Les Cahiers se proposent encore de renseigner les lecteurs sur les travaux qui se publient sur notre poète et les diverses activités intellectuelles qui se rapportent à lui.Il ne reste qu’à attendre avec beaucoup d’impatience la deuxième livraison de la série.Paul-Emile ROY GODEAU (Marcel) LE VOYAGE A MAJORQUE de George Sand et de Frédéric Chopin.Octobre 1838 — mai 1839.Paris, Nouvelles Editions Debresse [1959].Appelle des réserves Le voyage de George Sand et de Frédéric Chopin à Majorque fut considéré comme une folle équipée et un véritable fiasco pour Chopin qui en revint plus mort que vif.II semble bien que le prétexte invoqué par George Sand pour changer de climat ait été la faible santé de son fils Maurice; au fait toutes les pensées de la femme-écrivain allaient, à ce moment-là, à son récent ami Chopin qui, pour prendre l’expression d’une dame de l’époque, « toussait avec une grâce infinie ».George Sand et ses deux enfants, Maurice et Solange, quittèrent donc Paris le 18 octobre 1838 chargés de nombreux bagages.Pour tromper les mauvaises langues, Chopin ne les rejoignit que quelques jours plus tard à Perpignan dans le Roussillon.De là le groupe s’embarqua pour Barcelone et enfin pour Palma de Majorque, aux îles Baléares.Quatre jours après leur arrivée, soit le 13 novembre, les célèbres touristes cherchaient encore un gîte.Enfin, après bien des démarches, ils réussirent à trouver une maison de campagne située dans « un désert délicieux ».Le chalet bleu appartenait à un senor Gomcz et portait le nom de mauvais augure « So’n Vent ».« C’était une baraque qui prenait l’eau * avoua Cieorgc Sand peu après.La saison des pluies commençait.Cette atmosphère humide n’eut rien de bon pour Chopin, il recommença à tousser.Les médecins diagnostiquèrent le malaise: la consomption.Et comme aux Baléares, tuberculeux était synonyme de pestiféré, George Sand eut beau traiter ces idées de « préjugés contagionistes », le senor Gomez expulsa quand même les locataires de So’n Vent; puis il prit soin de leur faire payer le replâtrage et le reblanchissage de la maison en plus de leur faire acheter tout le linge dont ils s’étaient servis.Le séjour à So’n Ven avait duré un mois.Entre-temps, à quelques milles de Palma, les voyageurs avaient loué trois pièces et un jardin à la Chartreuse de Valdemosa, désaffectée depuis deux ans.Ils y arrivèrent le 15 décembre par un soleil splendide.L’irrésolu Chopin qui n’avait de permanent que la toux fut cependant enchanté du décor auquel venait s'ajouter « un cimetière des plus romantiques ».Quant à son amie, pour égayer les douceurs du cloître, elle souhaitait voir des revenants; en femme de lettres, elle ajoutait: « C’est la poésie, la solitude, c’est tout ce qu’il y a de plus « chiqué » sous le ciel.» A l’enthousiasme des premiers jours succéda bientôt un désenchantement qui dégénéra en horreur.Les voyageurs étaient mal servis, volés, haïs et la population commençait à les mépriser.George Sand prit peur devant les hallucinations et les terreurs de Chopin.« Une feuille de rose, l'ombre d’une mouche le faisaient saigner, * bref, le ciel d’Espagne l’écorchait vif.Comment distraire le pianiste ?Le piano qu’on avait fait envoyer de Paris à Majorque n’était pas encore arrivé.On dut recourir à un vieil instrument.Il semble bien que les Préludes, surtout les plus tristes et les plus navrants, furent composés pendant cette période.Enfin le Pleyel qui avait coûté 1200 francs à Paris arriva.Les douaniers exigèrent 700 francs de droits d’entrée.Chopin n’avait plus d’argent et les 243 maigres ressources de George Sand ne lui permettaient pas de payer le tribut.I.e pianino resta donc au port.Une déception amère s’empara du musicien polonais; son état s'aggrava par le fait même.Le conflit qui régnait depuis quelque temps chez les Majorquins éclata.Pour eux, George Sand était une femme qui signait ses écrits d’un nom masculin; elle fumait le cigare et la cigarette en public et habillait sa fille en garçon; de plus elle vivait, au su et au vu de ses enfants, avec un homme qui n’était pas son mari devant Dieu et cet homme était atteint de phtisie pulmonaire.Il n’en fallait pas davantage pour scandaliser d'honnêtes gens habitués à vivre en paix dans leur île.11 fallait partir ! Le départ fut aussi difficile que l’arrivée.On ne pouvait ramener à Paris le Pleyel que George Sand, à force de ruses, avait réussi à dédouaner quelques jours auparavant et personne n’en voulait parce qu’il avait été touché par un tuberculeux.Enfin on trouva une âme charitable et les voyageurs purent quitter la Chartreuse.Rendus au quai de Palma, ils constatèrent que le seul bateau à se rendre à Barcelone était une cargaison de porcs vivants et qu’il n’y aurait pas d’autre départ avant une semaine.Ils se résignèrent et Chopin, à cause de sa maladie, dut payer le double du prix du passage.La traversée fut on ne peut plus pénible pour le malade.Renversé sur son oreiller, trempé de sueur, ses longs cheveux épars, « l'ombre semblait descendre tranquillement sur le douloureux visage émacié ».Les voyageurs atteignirent Barcelone le 15 février 1839 et là Chopin put se rétablir un peu avant de regagner la France.Le voyage avait été un fiasco: George Sand faillit mourir de colère et d'indignation et Chopin de mélancolie et de dégoût.Evidemment, pour couvrir 259 pages de textes il a fallu à Marcel Godcau ramasser tous les documents qu'il a pu trouver au sujet de ce voyage qui va d'octobre 1838 à mai 1839.il a donc compilé la correspondance de Chopin et de George Sand à leurs amis de France et de Pologne.Ces lettres encadrent une bonne partie du récit que George Sand a fait elle-même du séjour à Majorque.En plus l’auteur a cru bon d’insérer certains échanges de vue de personnalités parisiennes et qui, en somme, ne sont que papotages autour de cette idylle.Le récit comporte un certain intérêt mais à la longue, sa lecture devient ennuyeuse à cause des nombreuses répétitions qui se glissent dans la correspondance de George Sand et de Chopin.Il est bon cependant de noter les descriptions vives et pleines de charme que Mme Sand a faites de la Chartreuse de Valdemosa ainsi que le long récit — sans doute les plus belles pages de ces souvenirs de Majorque — quelle fit du retour à la Chartreuse sous la pluie, après avoir essayé de disputer « la pianino de Pleyel aux féroces douaniers de Palma ».Le seul fait de cette escapade romantique, le ton désinvolte avec lequel George Sand passe ses réflexions sur les paisibles habitants des Baléares, la façon dont elle essaie de justifier sa conduite font réserver ce volume à des lecteurs mûris.Jacques SIMARD ?MARILL-ALBERES (Francine) STENDHAL.Paris, Editions Universitaires [1959J.127p.photo 17.5cm.(Coll.Classiques du AIXe siècle, no 9) Appelle des réserves Le Stendhal de Mme Francine Marill-Albérès, écrit à Florence où l'auteur est actuellement professeur à l’Institut Français, présente une étude claire et assez complète de l’homme et de l’œuvre.Ce résumé stcndhalien fait suite aux deux grandes études que l'auteur a consacrées à l'illustre romancier du siècle dernier: Le naturel chez Stendhal et Stendhal et le sentiment religieux, publiées che/.Nizet en 1956.C’est donc dire que le nouveau Classique représente un travail sérieux qui mérite d'être consulté par tous ceux qui veulent s’initier à la connaissance d’Henri Beyle, ou qui veulent rafraîchir leurs notions.André MELANÇON CHABRIER (Agnès) LE TOUR DU MONDE D'UNE FEMME SEULE.Paris, Albin Michel [1959], 365p.20.5cm.$4.20 (frais de port en plus) Pour tous Voyager est une façon intelligente de dépenser son argent.Mais MES FICHES Revue documentaire mensuelle En mai Numéro spécial sur Le combat du Long-Sault L'exemplaire: $0.15 L'abonnement; $1.50 par an MES FICHES 25 est, rue Saint-Jacques Montréal 1 —UN.1-9621 i Géographie 244 dans bien des cas, le mieux qu’on puisse faire, c’est de se déplacer en pensée.Et ce n’est déjà pas si mal, surtout si on le fait en compagnie d’un écrivain authentique comme Agnès 'C'habrier.Dans un style plaisant, imagé, par moments poétique, l'Auteur nous décrit un tour du monde d’est en ouest, d'après un itinéraire bien personnel, « peu orthodoxe » comme elle le dit elle-même.C’est ainsi qu’on peut visiter des endroits assez peu connus en traversant des pays tels que: la Rhodésie, l’Afrique du Sud, l’Egypte, l'Iran, l’Inde, Rééditions Saint-Denjs Garneau POESIES COMPLÈTES Regards et Jeux dans l'espace.Les Solitudes."C'est un» oeuvre d'une intensité poétique sans analogue dans notre littérature" (Roger Duhamel) Avertissement de Jean LeMoyne et Robert Elie.Introduction de Robert Elie.277p.Coll.Le Nénuphar $2.50 (par la poste $2.60) Thérèse Gouin Décarie Le développement-psychologique de l'enfant Un livre indispensable à tous les parents et éducateurs désireux de mieux comprendre les enfants et leurs réactions.Prof, de A.Goldbloom, m.d.8e mille.179p.20cm.$2.00 (par la poste $2.10) Rappel De l'adolescence à la maturité $2.00 (par la poste $2.10! Marccl-M.Desmarais, o.p.ADAM ET ÈVE dans le monde d'aujourd'hui Aucun ouvrage n'a encore traité du bonheur au foyer a'un» foçon aussi concrète et aussi prat.qus.190p.2).5cm.40 caricatures de Jacques Gognier.$2.00 (par la poste $2.10) Rappel Le bonheur, cet inconnu $1.75 L'amour à l'âge atomique $1.75 (par la poste, $0.10 en sus par ouvrage) __________________ Chez FIDES le Siam, l’Indochine, le Japon, le Pérou et la Bolivie, le Mexique, les Etats-Unis, l’Islande.Si Agnès C'habrier connaît bien l’art d’écrire, elle connaît aussi l'art de voyager de façon intéressante.Malgré son goût de l’aventure, elle sait préparer ses voyages: par l’intermédiaire d’amis, de relations, à peu près dans chaque ville quelqu’un l'attend pour lui faciliter la connaissance du lieu et de ses habitants.Un simple séjour à l’hôtel est à ce point de vue beaucoup moins enrichissant.C’est ainsi, par des contacts personnels, quelle peut se faire une bonne idée de la situation sociale, politique et économique de chaque endroit et en faire part à ses lecteurs.Les beaux paysages entrevus sont décrits avec chaleur.On sent que l’Auteur aime profondément la nature, qu’elle voudrait en saisir tous les multiples aspects et jusqu’aux moindres nuances.Elle nous communique son enthousiasme pour les endroits enchanteurs qu'elle traverse, souvent évocateurs d’un passé plein de mystère, et nous comprenons sa nostalgie lorsqu'elle les quitte, peut-être pour toujours.Par contre, on ressent intensément la misère et la tristesse de certaines contrées cernées par d’immenses difficultés économiques et sociales, l'Inde par exemple.Cet ouvrage de plus de 350 pages.très dense, peut procurer des heures de lecture agréable, reposante.source d'évasion et de culture.C.MARTIN-POTVIN DANIEL-ROPS MONSIEUR VINCENT.Biographie illustrée préparée par Jean Servel, o.m.i., et l’abbé Jean Marie.Maquette et photos de René Perrin.Lyon.Editions du Chalet 11959].|177|p.ill.24cm.$7.70 (frais de port en plus) Pour tous Cet album luxueux a été préparé avec un grand soin, sous la direction du R.P.Jean Servel.o.m.i.avec la collaboration de l’abbé Marie.Biographie Daniel Rops a résumé admirablement la vie et les œuvres de saint Vincent de Paul, dans un texte relativement court mais avec la compétence qu’on lui connaît.Ce texte est accompagné de nombreuses gravures marginales de très bon goût.Une centaine de photos de René Perrin illustrant la biographie du Saint, sont d'une haute qualité artistique.Cet ouvrage est une remarquable réussite en son genre.Ovila MELANÇON ?EN COLLABORATION ALBERT BEGUIN 1901- 1957.Tiré à part d'un n° spécial de la revue Esprit, déc.1958.|Paris] Editions du Seuil [1959].223p.photos (h.-t.) 21.5cm.$2.90 (frais de port en plus) Pour tous C’est un numéro spécial de la revue Esprit sur celui qui en fut le directeur de 1950 à 1957, l’année de sa mort.On y retrouve l'homme à travers des lettres, des documents divers et un article dense et généreux de Daniel Pezeril.L’existence de Béguin est de celles qui ont acquis une plénitude exceptionnelle et une haute signification.Elle s'est déroulée au milieu d’un travail intellectuel acharné et d'une attention continuelle aux grands problèmes et aux misères d • notre temps.On y retrouve aussi l’auteur de nombreux ouvrages: livres, articles, etc.Son œuvre est le lieu de rencontre des romantiques allemands et de plusieurs grands écrivains français: Pascal, Balzac, Nerval, Bloy, Péguy.Bernanos.En expliquant cette rencontre, on ne projette pas seulement des lumières sur l'œuvre de Béguin lui-même mais aussi sur celle de ces penseurs.Béguin a apporté un éclairage nouveau sur bien des problèmes littéraires et ce numéro d'Esprit constitue une excellente introduction à sa pensée.Paul-Emile ROY 245 Littérature de jeunesse BOSC O (Henri) BRAS DE FER.Imagé par Romain Simon.|Tournail Cas-tcrman [1959].32p.ill.32cm.(Coll.Plaisir des Coules) Relié.$2.50 (frais de port en plus) Pour jeunes Pour le plaisir des jeunes lecteurs, Henri Bosco fait la narration d'un conte qu'anime un héro doué d’une force herculéenne.Maître sur sa goélette, « Bras de Fer » donnait la chasse aux dangereux pirates qui sillonnaient les mers.Sous des dehors redoutables, il cachait un cœur d’or.Ainsi, il s’était fait le protecteur de Balbine un petit bout de fille courageuse qu’il se plaisait à embarquer sur sa « Rose-des-Vents *.Quelle aventure viendra troubler ce monde enchanté ?Les jeunes succomberont à la curiosité en lisant ce beau conte écrit pour eux dans une langue alerte et imagée.C.LALANDE HOULE (Denise) LA FAMILLE IRA PP.D'après le scénario du film Die Trapp Familie.Adaptation de Denise Houle.Montréal, Fides [19591.52p.ill.25cm.$1.50 (frais de port en plus) Pt>ur jeunes C'est une histoire prenante que celle de la famille Trapp: commençant comme un conte de fée, dans un magnifique château, mais parsemée ensuite de malheurs qui seront surmontés et transformés grâce aux qualités admirables des membres de la célèbre famille.Il e>t certain que beaucoup de 2 46 Les époux Von Trapp gens connaissent déjà les détails de la vie des Trapp.11 y a quelques années on accueillait avec beaucoup d'enthousiasme un ouvrage de la baronne Trapp elle-même, relatant leur vie extraordinaire, tourmentée mais splendide.Par ailleurs, des millions d auditeurs à travers le monde ont pu apprécier le talent musical des Trapp, qui ont été amenés par la demande à donner des concerts de chant dans un grand nombre de pays.Devenue célébrité internationale, la famille s'est vue l'objet d'un film remarquable, alliant l’art à la qualité morale.Du scénario de ce film a été tirée une adaptation que Fides présente au-jourd hui, en un bel album abondamment illustré de photos extraite-.du film lui-même.Le texte se trouve forcément très restreint, trop parfois à notre gré et pour un parfait enchaînement, mais l'essentiel est là.avec même un peu de l'humour de la baronne transposé ici.Ceux qui ont vu le film apprécieront d'avoir en main ce document qui fixe le souvenir des personnages sympathiques que l'écran leur a fait aimer.Les autres auront certainement le goût de se rattraper si l'occasion s'en présente.ou encore de lire l'histoire complète de la famille Trapp.Par sa belle présentation, sa fraîcheur, son intérêt humain et chrétien, ce livre est susceptible de plaire à tous, mais surtout aux jeunes filles.Les éducatrices auraient le choix heureux en présentant cet album à leurs élèves comme récompense scolaire.C.MARTIN-POTVIN VERITE (Marcelle) CURIOSITES DU MONDE ANIMAL.Aquarelles de Elisabeth Ivanovsky.[Tournai] Cas-terman [1959J.44p.ill.32cm.(Coll.Encyclopédie Caster man).Relié.$3.50 (frais de port en plus) Pour jeunes C’est une encyclopédie forcément incomplète mais combien intéressante d’animaux étranges: animaux préhistoriques, ou hôtes des forêts denses, de la grande mer mystérieuse ou de l’azur du ciel.Les jeunes lecteurs se familiariseront avec le fabuleux diplodocus, la baleine bleue — dont le poids atteint celui de vingt-quatre éléphants ! — et le camouflage inventé par certains animaux pour échapper à leurs ennemis.Au contact de ces étonnantes découvertes, puissent les jeunes ouvrir leurs yeux aux merveilles de la nature ! Ce luxueux album est illustré à profusion d'aquarelles aux couleurs vives.C.LALANDE Nouveautés Librairie * * m ' M ¦ ¦¦> ||.HraHS Beaucoup d éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n om pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d’étude d'Angers, etc.11 se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.ABRAHAMS (P.), Rouge est le sang des noirs D ANDRO (J.-C.).Les vacances interdites D ARNAU (F.), Qui était Roy Denver ?TB BARTOK (J.), Mort provisoire B CALDWELL (T.), Une étoile sur Antioche B?CHRISTENSEN (S.).Les Sœurs Lindernan B CONCHON (G.), La corrida de la victoire D DABADIE (J.-L.).Les dieux du foyer M DENUZIERE (M.), Les trois dés B?DU BOS (C.), Choix de textes TB EVANS (J.), Une auréole pour Satan D EXBRAYAT (C.).Chewing-gum et spaghetti B?FERRIERE (J.-P.), Cadavres en mitaines B FLE1SCHMAN (T.).En écoutant parler Napoléon B FRANCILLON (C.).Les gens du passage B GANDON (Y.), Terres chaudes B?GANN (E.K.), La nonchalante Ethel B?GARDON (V.), Le vert soleil de la vie TB GARNIER (C.), La fête des sacrifices M GERBAULT (J.-M.), André Chénier B?HARDY (R.), L'aigle et le cheval TB JAMET (H.).Un antre Bernanos TB JARDIN (C.), Les hommes que nous aimons M JAUNIE RE (C.), D'orgueil et de passion TB LA VARENDE, / .'amour sacré et l'amour profane B 9 MARILL-ALBERES (F ), Stendhal B ?MERCURE (N.), La mésangère TB MILLER (M.), Une ténébreuse enquête B MIRANDA (L.), Bellissima TB MOSCOW (A.), Le drame de T
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