Lectures, 1 décembre 1962, décembre
LECTURES Nouvelle série — Vol.9 — No 4 Montréal SOMMAIRE Un pionnier de l’apostolat biblique: Mgr C.-O.Garant .p.86 ?Rina Lasnier .p.87 ?Histoire du Canada français du Chan.L.Groulx p.90 ?La vie orageuse d’Olivar Asselin de M.-A.Gagnon .p.93 ?Notices bibliographiques p.94 ?Cote morale des nouveautés en librairie .p.104 ?Faits et commentaires p.108 ?Pierre-Henri Simon: Critique et morale (page d’anthologie) .p.112 DÉCEMBRE 1962 Rina LASNIER (Voir à la page 87) Un pionnier du mouvement biblique vient de mourir : $.tXC.MGR CHARLES-OMER GARAMT SON Excellence Mgr Charles-Omer Garant a accompli une œuvre importante dans le domaine biblique au Canada.Ayant eu à collaborer intimement avec lui au cours des quinze dernières années, nous avons pu apprécier la solidité de sa formation doctrinale ainsi que la grandeur de son dévouement apostolique.Aussi est-ce avec un profond regret que nous avons appris la nouvelle de son décès survenu le 21 octobre dernier.Né à Lévis le 9 juillet 1899, le futur évêque se prépara aux tâches importantes qui devaient lui incomber plus tard par des études très brillantes au séminaire de Québec.En 1921, il obtenait sa licence en philosophie et, en 1923, son doctorat en théologie.Le 10 mai de cette même année, il était ordonné prêtre par Son Eminence le Cardinal Bégin.L’année suivante, il partait pour Rome.Il y étudia l’Ecriture sainte à l’Institut biblique puis se rendit à Jérusalem suivre les enseignements des éminents professeurs de l’Ecole biblique.En 1928, il obtenait sa licence en Ecriture sainte avec la note grande distinction.De retour à Québec, il devint professeur d’Ecriture sainte et collabora à la direction du grand séminaire ainsi qu’à celle de la faculté de théologie dont il devint le doyen en 1946.Les quelques loisirs que lui laissait son enseignement au grand séminaire, l’abbé Garant les consacrait aux associations patronales dont il fut l’aumônier général pendant de nombreuses années, ainsi qu’à diverses initiatives dans le domaine de l’apostolat biblique.En 1944, Son Eminence le Cardinal Villeneuve demandait aux professeurs d’Ecriture sainte de se grouper en société.C’est alors que naquit l’Association catholique des études bibliques au Canada (ACEBAC).M.l’abbé Garant fit partie du conseil à titre de vice-président.Dans la pensée du Cardinal, la première tâche à accomplir était la traduction du Nouveau Testament.L’abbé Garant décida de traduire l’Evangile selon saint Matthieu à partir du texte grec et il fut l’un des premiers à terminer son travail.Fort heureusement car le 24 avril 1948, il était nommé évêque auxiliaire à Québec.C’est en 1951 que devait être publiée la nouvelle traduction des Evangiles 11 ’ et, en 1953, celle de tout le Nouveau Testament {2).L’ouvrage a connu un immense succès.Il est utilisé aussi bien dans les classes que dans les paroisses et à date plus d’un million d’exemplaires ont été propagés.Avec ses collègues de l’ACEBAC, notamment les RR.PP.Donat Poulet, o.m.i., Ar-thème Tétrault, s.j., Adrien Brunet, o.p., Achille Brunet, s.j., André Legault, c.s.c., Son Excellence Mgr Garant se trouve à avoir pour ainsi dire continué l’œuvre entreprise dès les débuts du 19e siècle par les évêques de Québec.En effet une brève incursion dans les annales religieuses du pays nous révèle que Son Excellence Mgr Plessis, dans le but « de fortifier la foi de son peuple par la lecture de l’Ecriture sainte », avait entrepris de préparer lui-même une traduction du Nouveau Testament.Interrompu par la mort du zélé prélat, le travail devait être repris beaucoup plus tard par Son Excellence Mgr Charles-François Baillargeon, alors administrateur de l’archidiocèse de Québec.C’était sans doute la première fois que le Nouveau Testament était traduit en français au Canada.L’ouvrage parut en 1865 résisteront sous le régime britannique.« Ce petit peuple de cette petite colonie » refuse l’assimilation, assimilation impossible, dit-on: 100 colons anglais n’assimilent pas une forte population française de 60,000.C’est vrai.Mais l’assimilation par la tête restait possible.L’élite canadienne-française qui se formait après 1763 aurait pu opter pour l’assimilation au conquérant.Elle ne i’a pas fait.Au contraire, elle a lutté pour obtenir son individualité politique.C’est cet aspect que retient le chanoine Groulx.1791, dit-il, le Canada français obtient son individualité politique; 1840, il la perd; 1867, il la recouvre.1867 devient une grande victoire qui consacre l’existence nationale des Canadiens français en créant la piovince de Québec.Grande victoire, non pas surtout en pensant à 1763, mais en se rappelant 1672.Selon la nouvelle école, 1867 est la consécration définitive de l’annexion du Canada français, le parachèvement de 1763.Le Canada français est provin-cialisé, condamné à vivre à la remorque d’un autre, à vivre de la vie d’un autre dans la Confédération.L’histoire du Canada français, selon cette école, devient l'histoire du drame des deux impossibles: impossible séparation, impossible assimilation.Cette Décembre 1962 91 documents lui ont révélée.Pas de préjugés à la base, mais conclusion logique d’une longue analyse causale mûrement réfléchie.Aujourd’hui, une nouvelle interprétation met en doute l’histoire d’un Canada français bâti « sur la ligne d’une évolution politique en constante ascension ».2 L’interprétation du chanoine Groulx serait-elle dépassée ?De son explication, que devons-nous garder ?abandonner ?C’est à ces questions que je voudrais maintenant tenter de répondre brièvement.La partie de l’œuvre du chanoine Groulx qui me paraît le plus à l’abri des critiques, c’est la première, consacrée au régime français.L’histoire du peuple canadien-français avant 1763 suit une courbe constamment descendante dont 1763 n’est que le point le plus bas.Avec le chanoine Groulx, on suit très bien l’évolution qui est marquée par des amputations successives: 1697, 1713, 1748.« Qu’est-ce que les traités de Ryswick, d’Utrecht, d’Aix-La Chapelle ?Des étapes dans l’amputation définitive.» 3 A la base de ce raisonnement, 1672, cause de tous les malheurs que connaîtra la Nouvelle-France, dont 1763.Selon le chanoine Groulx, les douze années qui s’écoulent de 1660 à 1672 sont déterminantes dans l’histoire du Canada français.« Ce ne sont plus que de grands événements qui s’en viennent; une grande période va s’ouvrir, et, faut-il le dire, la seule vraiment grande en l'histoire de la Nouvelle-France.S’il existe aujourd’hui un Canada français, il le doit aux dix ou douze années fécondes qui vont de 1660 à 1672.En ce court espace de temps, colonie jusque là minable, il reçut les structures et l’élan vital qui allaient lui permettre de durer.»4 De durer, dit le chanoine Groulx; de résister à la conquête moins d’un siècle plus tard, pouvons-nous comprendre.Avec le chanoine Groulx, l’époque de Talon prend sa vraie dimension.C’est la seule grande période, la décade qui allait décider de tout.1672, Louis XIV abandonne la colonie à elle-même, ou presque: absorbé par les questions européennes, son intérêt — le fut-il jamais ! — n’est plus en Amérique.Conséquences immenses pour une colonie à peine née.La Nouvelle-France va donc cheminer.Elle va cheminer dans la guerre; elle va cheminer dans la paix.La France a fait son grand effort en Amérique du Nord; elle ne le renouvellera plus.Désormais elle supportera ses colonies; elle ne saura plus les porter.Défection déplorable.Une autre période va commencer, mélange de progrès et de recul, de grandeur et de faiblesse, surtout de faiblesse.Rien ne marche plus au même rythme.Pendant trente ans, la guerre sévit à l'état chronique.De tous côtés la pression se fait sentir: à la frontière du Sud, en Acadie, à la baie du Nord, dans le golfe, dans le fleuve, sur l’Outaouais, dans la région des Imcs.L'empire lui-même, s'il persiste à grandir, ne le fait plus comme naguère sous la poussée d'une force interne, ambition, explosion vitale qui en prenait à sa mesure.U le fait sous la menace de l'ennemi, pour étendre la couverture de ses frontières, ravir à l'autre les postes stratégiques.De décade en décade la Nouvelle-France prend la mine de l’adolescent qui, pour avoir trop grandi, se défend mal contre ses germes de mort.Non, la monarchie française n'a pas perdu le Canada entre les années 7755 et 1760.Dès 1672, le roi de France a commencé à travailler pour le roi d'Angleterre.’ 1672 devient la date marquante de notre histoire, le départ de la débâcle, l’origine de la faillite, le fait « qui inoculera à la Nouvelle-France d’Amérique, puis au Canada français, une sorte de mal congénital » °, une condamnation à la petitesse.Interprétation qui me paraît juste et a l’avantage de redonner à 1763 sa signification véritable.Le Canada de 1763 est fragile; il a « l’aspect d'un parasite » 7.En 1763 le Canada est défait; défaite économique, politique, sociale.Défaite totale, mais défaite d’un Canada économique fragile, d’un Canada politique faible, d’une société anémique s.Pourtant ces Canadiens « brisés en tant que peuple » !> résisteront sous le régime britannique.« Ce petit peuple de cette petite colonie » refuse l’assimilation, assimilation impossible, dit-on: 100 colons anglais n’assimilent pas une forte population française de 60,000.C’est vrai.Mais l’assimilation par la tête restait possible.L’élite canadienne-française qui se formait après 1763 aurait pu opter pour l’assimilation au conquérant.Elle ne i’a pas fait.Au contraire, elle a lutté pour obtenir son individualité politique.C’est cet aspect que retient le chanoine Groulx.1791, dit-il, le Canada français obtient son individualité politique; 1840, il la perd; 1867, il la recouvre.1867 devient une grande victoire qui consacre l’existence nationale des Canadiens français en créant la piovince de Québec.Grande victoire, non pas surtout en pensant à 1763, mais en se rappelant 1672.Selon la nouvelle école, 1867 est la consécration définitive de l’annexion du Canada français, le parachèvement de 1763.Le Canada français est provin-cialisé, condamné à vivre à la remorque d’un autre, à vivre de la vie d’un autre dans la Confédération.L’histoire du Canada français, selon cette école, devient l'histoire du drame des deux impossibles: impossible séparation, impossible assimilation.Cette Décembre 1962 91 nouvelle interprétation me paraît discutable pour trois raisons.On exagère le rôle historique de la Conquête en négligeant de rattacher 1763 à 1672.M.Hamelin sur ce point est très explicite: « L’absence d’une vigoureuse bourgeoisie canadienne-française, en 1800, apparaît ainsi comme l’aboutissement du régime français, non pas comme une conséquence de la conquête.» 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Et M.Harvey, dans son analyse de l’ouvrage de M.Hamelin, écrit: « De plus, dans le dernier chapitre, il [M.Hamelin] déclare tout net: La grande bourgeoisie canadienne-française ?.un être de raison ! Thèse implicite donc: la conquête n'a pu démolir la société économique canadienne-française, puisque cette société n’a jamais existé, en tout cas.quelques-unes des pièces essentielles à son existence réelle n'ont jamais eu la densité qui leur aurait été nécessaire pour jouer le rôle qu’on voudrait leur assigner rétrospectivement.» 11 * Deuxièmement, cette interprétation applique d’une façon absolue le principe des nationalités qui veut qu'une nation se confonde avec l’état.Ce principe est discutable Replacée dans le contexte de l’évolution historique, la nation-état peut ne pas nous apparaître comme un terme mais comme une étape de l’évolution des peuples vers la formation de communautés politiques qui répondent non pas à un appel national mais à des impératifs économiques, sociaux et peut-être même techniques.François Per-roux exprime cette idée en affirmant: « Nous avons résolu de montrer « que la nation policée reste à inventer » et que les forces concrètes et puissantes qui travaillent le monde aujourd’hui, rendent périmée la nation territoriale et souveraine dans le style du XIXe siècle.» 13 Troisièmement, cette interprétation accorde à l’indépendance une valeur absolue.Dire qu’être indépendant pour une collectivité ce n’est pas « ne pas dépendre de » mais « être maître de son agir collectif », c’est jouer sur les mots.L’indépendance des peuples est relative dans la réalité sociale.C’est simplifier une réalité complexe que de dire que l’un gouverne, l’autre est gouverné, l’un commande, l’autre est commandé, l’un vit, l’autre est un parasite.Même si les deux interprétations semblent se détruire, elles me paraissent comme deux aspects d’une même réalité: l’une insistant sur l’état de violence d’un peuple qui ne peut être maître complètement de son agir collectif; l’autre appuyant sur la réussite de ce peuple condamné par sa métropole; l’une y voyant une défaite, l’autre une victoire.Ces deux explications peuvent se compléter, il me semble.Mais faut-il se surprendre de ces différences ?Non.L’histoire est une hypothèse.Sa vérité n’est pas 92 absolue mais contingente, relative, puisqu’en définitive elle dépend de la concordance des connaissances de l’historien avec la réalité historique, et cette concordance n’est jamais parfaite chez quiconque.« A parler net, disait Marrou, l’histoire n’est rien de plus que ce que nous estimons raisonnable de croire vrai dans ce que nous avons compris de ce que notre documentation révèle du passé.» 14 N est-ce pas ce que dit le chanoine Groulx dans 1 avertissement de la quatrième édition, comme une invitation à le continuer: « Une œuvre historique n’est jamais définitive.» Mathieu Girard professeur d’histoire, Hautes Etudes Commerciales 1.GROULX (Chanoine Lionel) Histoire du Canada français depuis la découverte.2 volumes.4e édition.Montréal, Fides [1962].394p.et 442p.24cm.(Coll.Fleurs de Lys) Relié.$10.00 Pour tous 2.Groulx, L.Histoire du Canada français, vol.2, p.9.3.Groulx, L.vol.1.p.365.4.Groulx.L.vol.1, p.61.5.Groulx, L.vol.I, p.124.6.Groulx, L.vol.1, p.15.7.Groulx, L.vol.1, p.16.8.Une etude de Jean Hamelin, Economie et Société en Nouvelle-France (Presses Universitaires de Laval, Québec I960), vient renforcer la thèse du chanoine Groulx.On lira avec profit cette étude et l’analyse critique qu’en fit Pierre Harvey dans la revue L’Actualité Economique, octobre-décembre 1961, p.537.9.Frégault, G., La guerre de la conquête, p.392.10.Cité par P.Harvey, p.538.11.Harvey, p.538., *2- A ce sujet, voir Maritain, Jacques, L’homme et l état.« L analyse qui précède nous permet de saisir combien graves ont été pour l’histoire moderne la confusion entre Nation et Etat, le mythe de l’Etat national, et le soi-disant principe des Nationalités compris dans le sens que chaque groupe national doit se former en Etat séparé ! » ,3- Perroux, F.« Les nations en voie de se faire.» La montée des peuples dans la communauté humaine, Chronique Sociale de France, 1959, p.213.14.Marrou, H.T., L’histoire et ses méthodes, Encyclopédie de la pléiade, p.1524.LECTURES Marcel-A.GAGNON La vie orageuse d'Ovilar Asselin Asselin était alors, au Canada, chef de la rédaction.Au réfectoire, nous venions de lire son éditorial du matin, plus violent, plus effronté aussi, que les précédents.En cours de route vers notre bureau de l’Université, nous fûmes abordé par l’un des co-propriétaires, ou du moins l’un des actionnaires, du journal, un professionnel reconnu pour sa dignité de tenue et de langage, par son sens surtout de la mesure en tout.Nous lui posâmes carrément la question: « Puis-je vous demander comment il se fait que les autorités du Canada, gens pondérés eî sages, tolèrent, à la rédaction, des emportés comme celui qui a pondu l’outrageant éditorial de ce matin ?» 11 sourit, puis la réponse ne tarde pas.« Voyez-vous, mon ami, le Canada est un journal de parti.Or, dans un parti, à côté de l’élite intellectuelle portée au langage mesuré, il y a toujours une masse qui aime les grands coups, les articles dits à l’emporte-pièce, ceux qui laissent l’adversaire pantelant, sinon déchiqueté.Le journal doit satisfaire les deux groupes.Seulement, il ne nous revient pas à nous, ceux qu’on appelle « les pontifes », de mettre la main à cette basse cuisine; il nous faut la confier à ceux que dévore le goût de l’invective et de l’abattage à tout prix.« Justement, nous avons mis la main sur le polisson le plus fieffé qu’ait jamais produit le Canada français.Laissez-le accomplir sa sale besogne; elle est utile, sinon nécessaire, et il s’en acquitte à merveille.» Sans s’en douter, le professionnel venait de nous fournir le titre du seul chapitre qui manque au livre de Marcel Gagnon.Si l’auteur l’avait écrit, le chapitre eût été dégoûtant, mais si nourri, si vrai, si pittoresque aussi ! C’eût été le répertoire même de îa basse injure.Parmi les multiples traits qui composent la physionomie mouvante d’un Asselin, l’auteur en retient deux surtout: un caractère impraticable fait de fierté, une fine intelligence éclairée par l’amour.Cette intelligence, un ami d’Asselin l’a définie en une phrase lapidaire (p.227): « toujours aiguë pour pénétrer un problème complexe, toujours habile à le débrouiller, toujours claire pour l’exposer et le résumer lumineusement».Quant au caractère, autant sa fierté a procuré d’amis au journaliste, autant son impraticabilité lui a suscité d’ennemis.C’est que la personne unique d’Asselin se dédoublait sans cesse en un certain nombre de personnages, dont l’auteur étudie trois en particulier: le polémiste mordant, l’homme d’affaires compétent, le parangon de toutes les œuvres de miséricorde.Mais, au-dessus de ces trois-là, il y avait le patriote imbu de trois amours: celui de la justice et de la liberté, celui de la France et de sa langue, celui des pauvres et de leur misère.En ce qui concerne la France, on peut toutefois se demander, au sujet de la France intellectuelle, si Asselin sut toujours distinguer entre celle qui est à l’avant-garde de toutes les idées nouvelles et celle qui se jette assez volontiers dans toutes les erreurs, tête baissée.De même, en fait de France politique, discerna-t-il toujours entre celle qui chasse ses religieux de l’enseignement et du pays pour leur imposer ensuite le devoir de se faire écharper pour elle sur les champs de bataille ?Marcel Gagnon insiste beaucoup sur le rôle de précurseur qu’aurait tenu Asselin en maints domaines, entre autres dans la lutte nationaliste.Mais au sujet de ce que l’auteur appelle « nationalisme culturel » (pp.202 et seq.), il aurait pu rappeler la position prise à ce sujet par Edouard Montpetit, dès 1914, dans ses Survivances françaises.La langue et la phraséologie de M.Gagnon sont, à peu près partout, d’excellente venue.Il lui faudra pourtant renoncer à prendre antan (anno ante, l’année précédente) pour autrefois.Quoi que l’on pense d’Asselin, on doit s’incliner devant les cendres de ce mousquetaire intransigeant, qui ne voulut d’autre linceul que l’humble bure des Frères hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu.Quel exemple et quelle leçon ! Emile CHARTIER, p.d.(1) GAGNON (Marcel-A.) LA VIE ORAGEUSE D'OLIVA R ASSELIN.2 volumes.Préface du chanoine Lionel Groulx.Montréal.Les Editions de l’Homme [1962].302p.20cm.Pour adultes Décembre 1962 93 Notices bibliographiques Littérature canadienne HAMELIN (Jean) LE RENOUVEAU DU THE A T RE AU CAN A DA FRANÇAIS.Montréal.Les Editions du Jour [1961].160p.ill.(h.-t.) 20cm.(Coll.Les idées du Jour) $1.50 Pour tous Le renouveau ?Il s’agit ici, non du théâtre canadien qui naît à peine (avec Gélinas, Dubé, Toupin, Lan-guirand), mais de l'intérêt de plus en plus évident que porte le public aux choses du théâtre.J.Hamelin, dans un style que je qualifierais de rapide, qui est celui du journal plutôt que celui du livre, esquisse l’histoire des troupes de théâtre canadiennes depuis 1937.On admirera la franchise avec laquelle il loue le travail du R.P.Emile Legault, c.s.c., qui fut le vrai pionnier et l’incomparable animateur du théâtre au Canada français.Des Compagnons de St-Laurent, fondés en 1937 par le R.P.Legault, sont issus la Cie du Masque (1948-1951), le Théâtre Marist (1952), le Théâtre du Nouveau Monde, fondé en 1951 par Jean Gascon, et le Théâtre Club, fondé en 1954 par Jacques Létourneau et Monique Lepage.L'auteur parle en même temps des autres troupes qui illustrent ou ont illustré Montréal: L'Equipe de Pierre Dagenais (1943-1947), Le Rideau Vert (1948) fondé par Yvette Brind’Amour, L’Egregore, Le Théâtre du Gésu (1961), et d’autres encore.Toutes ces troupes répondent à un besoin de culture intellectuelle et on comprend que les subventions fédérale, provinciale et municipale les aident si libéralement.Ainsi, la voie est ouverte à une dramaturgie canadienne, surtout depuis que, en 1958, la salle de la Comédie-Canadienne a été mise à la disposition de Gratien Gélinas pour favoriser la représentation d’auteurs canadiens.Jean Hamelin n’a pas analysé les pièces de théâtre jouées depuis 1937.Il s'est contenté d’en donner un aperçu général et d’en montrer surtout leur vie extérieure: montage, nombre de séances, de spectateurs, succès ou échec, etc.A ce livre qui plaît par son allure ouverte, franche, intelligente, il manque certainement un chapitre ou deux sur les essais tentés en dehors de Montréal.La métropole n'est tout de même pas tout le Canada français, pas plus que Paris n'est toute la France.Paul GA Y, c.s.sp.LAPLANTE (Jean de) LE PETIT JUIF.Roman.Montréal, Beauchemin, 1962.Appel des réserves Roman d’un débutant.Le sujet est du réchauffé qui verse dans l'invraisemblance.C’est I histoire d’un officier juif, du nom de Kramer, de nationalité française, qui est fait prisonnier par les Allemands en 1940, s’évade et réussit à atterrir à Montréal.Tout au long de ses voyages et de ses épreuves, le suit et le poursuit l’image de Sara, sa femme, prisonnière en Allemagne.Il vit avec elle en rêve et en esprit, puisque les âmes ne connaissent pas les distances.A Montréal, il connaît l'amitié d un jésuite français (qui habitait justement en face de lui à Paris ! ) et d un dominicain.Il donne des cours à l’Université, malgré son agnosticisme.Il fait la rencontre de Céline, blonde qui, par sa beauté, rappelle Sara.Le professeur Kramer tombe soudain des hautes sphères mystiques où il vivait depuis son arrivée au Canada, et trompe Sara avec I imprudente élève.Humilié, il se réfugie dans un monastère de Dominicains.Là, il se^ convertit au catholicisme, en même temps qu’il apprend la mort de Sara.Il peut alors en toute paix tout honneur épouser la petite Montréalaise qui a eu un enfant de leurs relations.Que de romans dans ce roman ! Que de problèmes abordés et non approfondis ! Pourquoi également ce mélange de sentimentalité fadasse et de religion ?Ce roman est loin d’être un roman chrétien.Il ne suffit pas qu'il y ait un dominicain et un jésuite pour qu’un roman soit chrétien: il ne suffit qu’il y ait la « chute » célinienne du professeur, encore que l’auteur eût pu moins 94 LECTURES v s’étendre sur l’affaire; ça sent le roman à 10 cents; il ne suffit pas qu’il y ait de longs paragraphes d’une religiosité étirée et équivoque; en un mot, la bonne volonté ne suffit pas.Le Petit Juif fait bien jeune.Il est loin de l’adulte et de l’art.L’auteur connaît fort peu le style du roman.Paul GAY, c.s.sp.?LORRAIN (Roland) PERDRE LA TETE.Roman.Montréal, Les Editions du Jour [1962].188p.20.5cm.(Coll.Les Romanciers du Jour) $1.50 Appelle des réserves Le roman de Roland Lonain a un titre révélateur: Perdre la tête.Ne perd-on pas la tête en ce moment où tant de romans et même des pièces de théâtre, montrant notre milieu en pleine évolution, veulent du neuf à tout prix ?Ne risque-t-on pas de laisser le bon grain pour la paille ?La Martine Boisclair de Perdre la tête rappelle Florence de Marcel Dubé et l’Ange interdit de Jean Simard.Comme les deux autres jeunes filles, Martine a rompu avec la tradition.Elle ne pense plus comme son père et sa mère et elle se permet de lire des livres à l’Index qui la révélent à elle-même et lui apprennent la liberté.Elle abandonne son fiancé, agrippé aux vieux principes et à la vieille morale.Elle se donne à Jacques Lahaise, jeune homme d’un libertinage absolu.Comme un papillon qui se précipite sur la lumière qui l’aveugle, Martine connaît alors la vie, la grande vie d’amour.à Paris évidemment, puisque ce n’est qu’à Paris qu’on a le droit de vivre et d’être soi-même ! Hélas ! Comme il fallait s’y attendre, son amant la trahit.Violemment, Martine rompt avec lui.Mais elle a de lui un enfant dans des circonstances tragiques où elle risque de devenir folle.Ce n’est que lentement qu’elle remonte de l’abîme.Que fera-t-on de son enfant ?Que fera-t-elle d’elle-même ?Que fera-t-elle de Jacques, de Jacques qu'elle hait parce qu’elle l’aime encore ?.Vers Jacques, elle revient tout doucement à la fin du roman en soupirant: « A la grâce de Dieu ! » En reprenant la vie commune avec M.Lahaise, Martine ne perd-elle pas la tête une deuxième fois ?Ce Don Juan, qui, il a quelques mois à peine, « trouvait le mariage malsain, absurde et même dangereux », serait-il soudain transformé ?• A la grâce de Dieu » me paraît une solution fort imprudente.Est-ce vraiment tout ce qu’on a à nous offrir, cette conclusion banale de tant de romans et de pièces ?On peut savoir gré à Roland Lorrain d’avoir fait le procès du milieu social de Martine, milieu sensuel et charnel, où un christianisme de surface cache toutes sortes de libertés avec la morale, christianisme plâtré, écœurant, et on comprend qu’une jeune fille, sincère, désire s’en détacher.On saura gré à l’auteur d’avoir montré le mirage de la folle liberté et les malheurs qu'elle entraîne.Il n’a pourtant pas indiqué la seule voie viable: le retour vrai et personnel aux valeurs chrétiennes, dans une foi approfondie.L’union Jacques-Martine ne tiendra pas sans cela ! Paul GAY, c.s.sp.LABELLE (Lucile) AUX AVANT-POSTES DU CANADA.Sous le signe du bison.Montréal, Beauchemin, 1962.252p.21cm.Pour tous En apparence, ce livre contient la biographie de Filumina (Mina), fille du juge Wilfrid Sicotte, et celle de son mari Cortlandt Starnes, inspecteur, puis commandant en chef de notre Gendarmerie à cheval (Mounted Police).En réalité, il touche à quelques-uns des problèmes les plus graves de notre histoire: question constitutionnelle soulevée par les prétentions américaines sur les frontières du Grand Nord; conflits raciaux provoqués par l’intrusion des Blancs dans la Terre stérile; question religieuse amorcée par les tentatives d'apostclat auprès des Esquimaux; conflits ouvriers, tels que la grève et l’émeute de Winnipeg.En fait, ce volume se ramène à trois parties bien caractérisées: au Yukon (p.22-127); à la baie d’Hudson (p.127-193); dans l’Ouest canadien (p.195-229).On y suit pas à pas les démarches de la Gendarmerie pour faire régner la paix dans ces régions lointaines et, simultanément, les allées et venues du couple Starnes-Sicotte.Un livre à offrir La vie à deux par Laure Hurteau Une courriériste du coeur répond avec sagesse aux multiples problèmes qui lui furent posés au cours d'une longue carrière journalistique.?Une mine de conseils à suivre pour être heureux en ménage.266 pages ; FIDES, 25 est, Saint-Jacques, Montréal -rrrrrrrrrrrrrrm-r Décembre 1962 95 Autant l’activité du mari est fébrile, autant celle de l’épouse est édifiante.Au milieu des misères qui marquent la ruée vers le pays de l’or, dans la promiscuité assez peu parfumée que provoque l’isolement du poste sur les côtes désolées de la baie d’Hudson, parmi la fusillade qui retentit rue du Portage, le couple manifeste les mêmes vertus sociales et éminemment chrétienne: le souci de faire son devoir, tout son devoir; le dévouement envers tous sans distinction de races ou de classes, le secours aux indigents et l’assiduité auprès des malades.A ces vertus, Mina ajoute une attention constante à la prière intérieure, une tendance à une vie toute surnaturelle.Cette piété de l’épouse permet à l’auteur d’évoquer deux figures apostoliques: celles du franciscain Valentin-Marie Breton, dont la haute spiritualité illumina les ténèbres de la baie d’Hudson; celle de l’oblat Mgr Arsène Turquetil, le hardi coureur de pistes qui fixa, aux limites nord du monde, la permanence catholique.A propos de la Gendarmerie à cheval, dont ce livre est aussi le panégyrique, on s’étonne de ne pas voir mentionner le nom du capitaine Deering de La Noue.L’exploit qu’il accomplit lors du procès intenté aux meurtriers des Pères Rouvière et Le Roux a pourtant fait de lui un des héros du détachement.Pour compléter, on lira Le secret des iglous de l’Oblat Aimé Roche (Lyon, 1962).Aucun visiteur du monastère de la Visitation à Ottawa ne voudra manquer d’aller y déposer une prière sur la tombe de Sœur Marie-Louise, l’ancienne Mina Sicotte.Emile CHARTIER, p.d.LAURENDEAU (André) LA CRISE DE LA CONSCRIPTION 1942.Montréal, Les Editions du Jour [1962].160p.20.5cm.$1.00 Pour tous La crise de la conscription d’André Laurendeau jette une vive lu- mière sur les questions d’indépendance québécoise agitées aujourd'hui.L’auteur montre comment les Canadiens français furent obligés d’accepter la conscription de la guerre 1939-1945, simplement parce que la majorité anglaise la voulait.L’habile Mackenzie King trouva d’abord la formule de la participation active du Canada à la guerre, et promit que la conscription ne serait pas obligatoire.Mais, au moment des jours sombres du conflit, et sous la pression des provinces anglaises, il demanda à tous les Canadiens de le délier de ses promesses.Ce fut le fameux plébiscite de 1942.80% des Canadiens français votèrent non à la conscription, mais les provinces anglaises, dans leur quasi-totalité, donnèrent un oui aussi solennel.Ainsi, le vote majoritaire en faveur du oui obligea les Canadiens français à suivre une politique qu’ils détestaient.Majorité et minorité, attelage qui va toujours cahin-caha, éternel problème de la Confédération.C’est tout ce que veut montrer Laurendeau.Québec porte toujours le fardeau du pacte fédératif.Or, « si la force du nombre règle seule les rapports entre une majorité et une minorité ethniques, alors la vie en commun devient impossible, il ne reste qu’à se séparer.La minorité doit quitter la maison devenue inhabitable », écrit le rédacteur en chef du Devoir à la page 74.André Laurendeau est trop souple et trop adroit pour conclure au séparatisme.Il laisse au lecteur le soin de tirer lui-même ses propres conclusions.Le moins qu’on puisse souhaiter est que la Confédération soit sérieusement revue, sinon refaite, pour donner enfin justice aux Canadiens français.Paul GAY, c.s.sp.TESSIER (Albert) CANADIENNES.2e édition.* r: Mgr Albert TESSIER Montréal, Fides [1962].158p.22cm.$2.00 Pour tous Lors du deuxième congrès de la Langue française (1937), Henry Bordeaux écartait délicatement, comme explication de la pureté raciale de notre peuple, le légendaire « miracle canadien ».Il rendait compte du phénomène en recourant aux saints personnages que la France avait groupés autour de notre berceau, particulièrement au caractère viril et surnaturel de nos saintes aïeules.On croirait volontiers que Mgr Albert Tessier a voulu confirmer par les faits la justesse de l’explication.Même en écartant de la table des matières quelques-uns des 158 noms dont elle se compose — quelques-unes de ces femmes furent des protectrices de l’œuvre autant que de saintes cellules créatrices —, nous nous trouvons en face d’un imposant catalogue de sainteté.Puis, les modèles qui défilent ici sous nos yeux proviennent des régions les plus diverses, appartiennent aux classes sociales les plus disparates, exercent les formes d’activité les plus inattendues.Courage civique et militaire, esprit d’initiative et 96 LECTURES d’organisation, endurance, débrouillardise: rien n'est à leur épreuve et la faiblesse féminine pose des gestes devant lesquels reculerait mainte force masculine.Avec une loyauté à laquelle on ne peut que rendre hommage, Mgr Tessier fait place, dans sa galerie, aux représentantes de la race anglo-saxonne comme Laura Secord et à la poétesse iroquoise Pauline Johnson.De ces histoires toutes plus édifiantes les unes que les autres découle pour chaque Canadien un message d’autant plus éloquent qu’il vient d’un passé plus héroïque: Pensez comme nous; vous agirez comme nous.Emile CHARTIER, p.d.TRAPP (Maria Augusta) et MURDOCH (Ruth T.) LA FAMILLE TRAPP SUR LES ROUTES DU MONDE.Montréal, Fides [1962].204p.21.5cm.Pour tous Maria Augusta Trapp nous envoûte de nouveau par le récit de ses voyages, à travers le monde, avec sa famille devenue peu à peu l’une des plus célèbres dans l’his- toire musicale.Elle a le don de raconter, une facilité d’expression et de dialogue qui fait renaître sous nos yeux les hommes qu’elle a connus, les pays qu’elle a visités, les circonstances extraordinaires qu’un ensemble vocal itinérant peut rencontrer.Son opinion sur les Etats-Unis a une valeur de témoignage.L’Amérique authentique, écrit-elle, n’est pas le clinquant des réclames au néon; c’est un véritable état d’esprit, une générosité spontanée pleine de chaleur, bien tassée, débordante.Et elle cite des faits qui donnent la mesure de ce peuple jeune, ardent, un peu fou mais toujours prêt à souscrire par des dons ou autrement à de grandes causes.Elle rappelle, entre autres, la participation fantastique des Américains au fonds de secours organisé par le Choeur de la famille Trapp au bénéfice des malheureux d’Autriche.Elle décrit les auditoires américains, compréhensifs, stimulants, recueillis, et toujours prêts à faire confiance aux artistes.De Salzbourg à Rome, de l'Allemagne à l’Amérique du Sud c’est un véritable périple que nous faisons avec Maria Augusta Trapp dans La Famille Trapp sur les routes du monde.Quel dommage que la traduction de ce beau récit soit fautive par- fois ! Le style, alors, perd sa vivacité, son allant.Mais l’intérêt que prend le lecteur aux déplacements ininterrompus des concertistes infatigables que sont les Trapp atténue la déception.Maria Trapp n’appuie jamais sur les contretemps, les déceptions, les faillites d'une carrière musicale qui englobe ainsi toute une famille.Mais à travers l’optimisme de cette femme qui, pendant 20 ans, vécut pour ainsi dire « sur les routes » transparaît une lassitude qui nous permet de mieux comprendre la valeur d’une vie chrétienne authentiquement vécue.Les Trapp ne sont pas uniquement des chanteurs extraordinaires.Partout où ils ont passé, les hommes, en les écoutant, se sont sentis meilleurs et rapprochés de leurs frères.C’est cela surtout qui caractérise la famille Trapp: son souci de chanter pour élever les hommes vers une meilleure compréhension mutuelle.A ce sujet l’action bienfaisante accomplie par ces grands artistes apparaît comme l’une des belles choses du monde moderne.Comment désespérer quand il y a sur terre des émissaires tels, chantant la grandeur divine, la beauté d’une foi, l’immense réconfort de la joie vécue et transmise.Julia RICHER La famille Trapp en Nouvelle-Zélande Littérature étrangère CARUSO (Igor A.) PSYCHANALYSE POUR LA PERSONNE.Paris, Editions du Seuil [1962].189p.20.5cm.(Coll.La condition humaine) Pour tous mais spécialisé Le titre et l’œuvre entière traduisent bien la tendance franchement personnaliste de A.Caruso, célèbre psychanaliste viennois.Une idée maîtresse est mise, tout le long du livre, au service d'un sain développement de la personne.C’est la notion de « symbole » au sens de sym-ballein (réunion, rencontre).Le symbole est un compromis entre le connaissant et le connu, le connaissant saisissant alors le « détail critique » offert à ses yeux par l’objet.« Bref: la connaissance n’est ni miroir pur, ni création intégrale, mais rencontre active et sélectionnée, ou symbole (sym-ballein) de l’introjection du monde par le sujet et de la projection du sujet sur le monde.» (P.17) « Les symboles sont des essais de connaissance, le même symbole est, si l’on veut, instrument de vérité et d’erreur; en un mot: tout symbole est ambivalent.L’ambivalence est la condition inhérente à toute existence et non seulement, comme on l’a cru, propre à la schizophrénie ou à la névrose.» (P.41) En simplifiant, on peut dire que l'auteur, dans chacun des chapitres, à propos de situations précises, considère la personne dans son acceptation ou son refus de cette ambivalence, avec les conséquences heureuses ou malheureuses que ces attitudes opposées entraînent.Dans le chapitre 1, Symbole et réalité, l’auteur montre bien que si la personne n’accepte pas l’ambivalence des symboles, si elle les absolutise, elle ne pourra pas progresser dans la connaissance du monde, elle ne pourra pas passer de symboles en symboles, de synthèses provisoires à des synthèses plus adéquates à la réalité.Dans le chapitre II, La personne et le symbole.l’auteur montre que si la personne refuse l'ambivalence elle tombera dans la névrose, où les valeurs relatives des symboles sont exagérées, absolutisées, ou dans la psychose où il y a dégradation du symbole, la signification étant séparée de l’image signifiante.Dans le chapitre III, Une analyse de l'opacité, l’auteur met en garde contre l’absolutisation de l’idéologie psychanalytique elle-même.C’est toujours une idéologie provisoire.Le dogmatisme, mauvais en psychanalyse comme ailleurs, a provoqué des dissidences qui ont contribué « à maintenir malgré tout une psychanalyse ouverte » (p.61).Dans le chapitre IV, Un monde ambivalent, l’auteur souligne que si l’on n’accepte pas l’ambivalence du monde, ou bien on se laissera dominer par la tradition culturelle, ou bien on tombera dans l’erreur du manichéisme où tout est entièrement blanc ou entièrement noir.Dans le chapitre V, Réification de la sexualité, l’auteur montre qu'à oublier l'ambivalence on tombe dans une « absolutisation de valeurs que l’on aurait dû dépasser » (p.91).« Phénoménologiquement, tous les troubles psychiques liés à la sexualité humaine.peuvent être caractérisés par la réification de la sexualité.» (P.90) Or on sait que « la réification est une rupture avec le symbole — et avec la réalité vivante qu’il signifie » (p.90).Dans le chapitre VI, Morale et aliénation, l’auteur nous invite à ne pas confondre la conscience morale avec le Surmoi.Le Surmoi est cette police qui veille sur les pulsions qui pourraient compromettre l’image flatteuse du Moi-idéal qui ignore l’ambivalence.Là est la source des morales formalistes.La conscience est « cette faculté d’entrer en rap- port avec des valeurs transcendantes * (p.105).Pour subordonner le Surmoi à la conscience morale, il faut renoncer au Moi-idéal, à notre volonté rigide, pour nous tourner vers la Volonté de Dieu.Dans le chapitre VII, La psychanalyse est-elle sociale ?l’auteur souligne que l’homme qui oublie l’ambivalence de la société peut vouloir s’en séparer trop (retour à la nature) ou trop s’y aliéner, ce qui dans les deux cas produit une désintégration du Moi.La société a besoin d’être réformée comme la personne.Dans le chapitre VIII, Psychanalyse et religion, l'auteur met en relief la préparation naturelle que la technique psychanalytique apporte à la grâce.Un eros altruiste est un préliminaire à la charité, la connaissance de l’ambivalence des symboles prépare l’esprit aux symboles de la foi, le dépassement des étapes provisoires prépare à recevoir l'espérance.Rolland LITALIEN STEINMANN (Jean) LES JUGES.Texte français par Jean Steinmann.Introduction et commentaires par une équipe biblique du centre d’études Notre-Dame.[Bruges] Des-clée de Brouwer [1961].145p.ill.20.5cm.(Coll.Connaître la Bible) Pour tous La collection Connaître la Bible se poursuit à un rythme surprenant.Il semble que nous aurons bientôt un commentaire complet de toute la Bible qui puisse être mis entre les mains de gens non initiés aux sciences bibliques, éclairant heureusement leur lecture de la Parole de Dieu.98 LECTURES Nous avons souligne déjà, ici même, les avantages de la collection: en plus d'un commentaire du texte, on y trouve des cartes géographiques suggestives, quoique stylisées, et des photographies de sites et d'objets, puisées aux dossiers de l’archéologie, qui explicitent, à leur façon, un texte qui risquerait de rester obscur.Nous ne saurions trop encourager l’achat de toute la collection; nous songeons surtout aux prêtres et aux catéchètes qui ont à expliquer la Parole de Dieu à leurs fidèles ou à leurs élèves.D’ailleurs, fidèles et élèves eux-mêmes tireraient grand profit de la consultation des divers fascicules.Les renouveaux biblique et liturgique ne mourront que si prêtres et laïcs n’arrivent pas très tôt au contact assidu et intelligent de cette Parole de Dieu.A l'heure actuelle, si nous ne connaissons pas mieux la Bible, ce n’est pas faute d’instruments de travail, il faut incriminer seulement notre paresse, hélas, trop réelle.Le présent volume nous donne le geste des Juges ou chefs charismatiques des tribus dispersées, au lendemain de leur pénétration en Palestine.La traduction du texte biblique est de M.l’abbé Steinmann, qui a su encore respecter l'original tout en évitant les tournures sémitiques qui paralyseraient le génie de la langue française.Le récit poétique de la bataille de Taanak (ch.5) est d’une vivacité peu ordinaire.Il faut donc remercier ce vaillant traducteur pour une nouvelle réussite.L'introduction et les commentaires sont dus à l’équipe du centre d’études Notre-Dame.On a consulté les commentaires récents, de même que les histoires et l’archéologie de la Palestine et du Proche-Orient ancien qui se multiplient tant de nos jours, à la suite de découvertes qui n'ont pas fini de nous surprendre.L’introduction évoque avec justesse les situations politique, sociale et religieuse de ce siècle et demi d'histoire du Peuple de Dieu.Les récits de Josué et des Juges ne sont pas toujours d'accord: l'un donne l'impression que la conquête fut éclatante et définitive; l’autre laisse nettement voir une lutte longue et pénible, par des coups de main dispersés et souvent sans lendemain.Nos auteurs ont résolu la difficulté comme ils le devaient, en distinguant les diverses couches littéraires de nos livres, où nous pouvons discerner clairement des points de vue différents qui ne doivent pas être opposés, mais réunis dans l'ensemble du Livre inspiré: c'est Dieu qui a mis à part ce peuple et qui le conduit, progressivement, vers un double héritage, inséparables l’un de l’autre: Canaan et le Yahwisme.C’est là le cœur du mystère et de l’originalité d’Israël.« Israël au temps des Juges, c'est le creuset où se forge le génie de ce peuple.» (P.13) Le commentaire exégétique ne manque jamais de relever les problèmes d’analyse littéraire, dont les solutions font disparaître toutes les incohérences des récits.C’est heureux, mais parfois on aurait souhaité plus de détails sur les questions d’ordre proprement historique ou religieux.Ainsi la tentative de royauté avec Abimélèk et la geste de Samson demanderaient d’autres éclaircissements; nous craignons que le lecteur reste encore dans sa perplexité.Est-il juste de voir dans les « chevelures dénouées » des combattants, au jour de Taanak (p.51), un signe du naziréat ?Il faut plus que des cheveux au vent pour assurer pareil vœu; au fond, comme on l’a indiqué, c’est là une simple coutume de guerriers primitifs, encore pratiquée dans certaines tribus arabes actuelles.De plus, on risqje de brouiller le lecteur dans ses notions simples sur le panthéon cananéen en lui montrant comme « Baal » un « homme-scorpion » mésopota-mien, génie protecteur des portes de l’Orient et de l’Occident, par où sort et entre le Soleil.Aussi, on aurait dû éviter de mentionner le taureau de Dan comme image ou représentation de Yahvé, et ne s’en tenir qu’à l’opinion qui voit en cette statue animale le trône de la divinité.C’est là un fait acquis dans l'histoire des religions du Proche-Orient ancien.Ces quelques reproches ne veulent pas diminuer le mérite de l’ensemble; ce coin de l’histoire d'Israël est enfin ouvert à tous.Guy COUTURIER, c.s.c.BORDEAUX (Henry) LE FLAMBEAU RENVERSE.Roman.[Paris] Plon [1961].306p.!9cm.$3.15 Pour tous Le professeur Lacombe, éminent chirurgien de Paris, a commis un crime passionnel: il a assassiné l’amant de sa maîtresse.Désespéré, il veut se suicider.Sa fille Bernadette, elle-même fiancée à Jean Bermond, rompt ses fiançailles et se consacre au salut de son père.Frédéric est acquitté par le tribunal, grâce surtout à l’habileté de René Deslandes, avocat et grand ami du professeur.Désireux de réparer le passé, celui-ci part pour l'Afrique où il ira soigner les lépreux.Bernadette, qui ne vit plus maintenant que pour lui, l’accompagne.Quelque temps après leur arrivée dans leur nouveau pays, elle est mordue par une vipère et meurt, laissant à son père l’assurance quelle continuera à l’assister de l’Au-delà.« Bernadette Lacombe, aux yeux rayonnants et purs, qui est la figure principale de mon roman, spiritualise tout le drame que j’ai composé en dehors de l’anecdote judiciaire.» (Prélude du roman) L’œuvre entière constitue en effet une louange de Bernadette.Ses attraits physiques, moraux, intellectuels la placent d’emblée au-dessus des autres personnages, lui composent une personnalité presque trop parfaite.Tous ces avantages sont mis au service d’une cause digne d'eux: le salut d’un père.« En somme il [le roman] est envahi par deux personnages principaux: l’un, un homme supérieur que la passion conduit jusqu'au meurtre; l’autre, une jeune Décembre 1962 99 fille qui assure la rédemption de son père par sa grâce, sa pureté et la transmission de ses mérites.» (P.11) Le sujet du roman est noble, dans la ligne des sujets cornéliens: conflit entre l'amour d’un fiancé et celui d’un père.Les personnages sont nobles.Je l’ai montré pour Bernadette.Frédéric Lacombe, dans son crime même et surtout après, garde une allure noble.Mme Mareuil elle aussi incarne un type de femme éprouvée et digne dans son malheur.L'œuvre, toutefois, a quelque chose d’indéfinissable qui lui donne une allure de roman inoffensif, facile.C'est, je pense, que les personnages manquent d'émotion.Ils vivent des drames humains poignants: amour malheureux avec sa femme, passion très violente pour Emilie Desclaux, désespoir profond après son crime, voilà ce que vit Frédéric Lacombe.Bernadette, elle, souffre de la désunion de ses parents, du déshonneur infligé à son père.Mme Mareuil est partagée entre la douleur d’avoir perdu son fils et le désir de pardonner à son assassin.Tous ces sentiments, ces conflits nous sont livrés dans un style égal, presque monotone, qui raconte bien mais ne touche guère.Un roman bon, mais manquant de vie, d’émotion: tel me paraît le Flambeau renversé.Guy LE HOUILLIER, c.s.c.: 11 DUPEYRAT (André) LA BETE ET LE PAPOU.Paris, Albin Michel [1962].250p.ill.(h.-t.) 21cm.Pour tous Bien que les deux premiers chapitres (p.23-49) le rattachent à cette science, ainsi que quelques pages de chacune de ses quatre parties, ce volume n’est pas un traité de zoologie.C’est plutôt une étude ethnologique ou sociologique sur le comportement de l’homme à l’égard de la bête et sur celui de la bête envers l’homme.Il ne s’agit toutefois pas de l'homme en général, mais des peuplades qui habitent la Papouasie, au sud de la Nouvelle-Guinée, en plein archipel australien.Ces primitifs, qu'on dit « sauvages », ont acquis, au contact précisément des bêtes de leur pays, un degré de civilisation que pourraient leur envier bon nombre de prétendus « civilisés ».Quant à leurs bêtes, il en est de quatre espèces: crocodiles (p.50-137), serpents (p.138-204), dragons et crapauds (p.205-217), araignées (p.218-231).Tout en décrivant leurs mœurs particulières, l’auteur raconte les circonstances où lui-même fut mêlé à leurs déprédations ou à leurs exploits.C’est des crocodiles que le Père Dupeyrat a conservé les souvenirs — disons les plus cuisants — et c’est à eux qu'il consacre ses récits !cs mieux enlevés.Il faut lire entre autres le chapitre sur Le crocodile et le crucifix (p.118-137) pour apprendre jusqu’où peut aller la mansuétude de nos missionnaires catholiques.Des deux éléments qui composent ce drame, l’un est infiniment pénible: la coïncidence entre la rage du « diacre » protestant qui brise en cinq morceaux le crucifix de l’école chrétienne et la punition ?•>?«> ? ?«> Deux suggestions pour Noël * Dans la collection Alouette Bleue LE LOU DE LlLE Félix Leclerc Un roman plein de poésie, écrit dans une langue savoureuse, un roman où l'on retrouve la résonance des chansons de Félix Leclerc.$1.00 Vézine Marcel Trudel Un historien place des personnages fictifs dans un milieu connu, nous fait aimer son héros, un simple d'esprit pour les uns mais en réalité un poète et un sage.$1.00 Fl DES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal 100 LECTURES que lui inflige un crocodile dans le cadavre duquel on retrouve le fils putatif du « diacre » sectionné exactement en les mêmes cinq morceaux.L’autre élément constitue une méditation de haute volée où l'auteur, essayant d'expliquer le phénomène, s’élève aux considérations les plus solides de la théologie mystique.Malgré ses protestations répétées sur son incompétence scientifique, la fermeté des connaissances de l’auteur en ce domaine se trahit dans la plupart de ces récits.Mais ce qui y passionnera probablement davantage le lecteur, c’est le brio qui vous entraîne à travers les scènes les plus disparates, la vie en somme qui anime un style vibrant, pittoresque, infiniment souple et varié.Pour avoir « missionné » 21 ans en Papouasie, l’auteur multiplie les preuves d’un sens précis de l’observation, de l’importance respective à donner aux détails.Mais son meilleur message est encore celui d’une âme éminemment apostolique, dont l’amour pour ses fidèles se trahit tout au long de chacune des pages.Autant qu’une œuvre de science, autant qu’un bijou littéraire, La Bête et le Papou devient ainsi presque un manuel d’apostolat catholique.Emile CHARTIER, p.d.P.S.Entre autres pages attrayantes, il faut lire celles qui décrivent l’art de la pêche à la ligne, que les Papous ont appris des araignées (p.229-231), et le chapitre final sur la poésie papoue.Ca et là se profile l’hilarante physionomie d’un Frère canadien.E.C.Littérature de jeunesse ANCELET-HUSTACHE (J.) LA TOUR AUX LOUPS.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].141p.ill.18.5cm.(Coll.Belle humeur, no 95) Relié.Pour jeunes Roman dont l’action se situe au temps de François 1er et de Charles-Quint.Dans une petite principauté de l’Europe, un jeune garçon, Geoffroi, jumeau du prince Robert, est fait prisonnier dans la Tour aux Loups.Il y languit pendant trois ans avant que son frère ne réussisse à le faire évader.Roman de qualité que dessert légèrement un style un peu vieillot.Les personnages sont pour la plupart de bonne compagnie; leur courage et leurs nobles sentiments sont bien mis en valeur.Pour lecteurs et lectrices d’une dizaine d’années.A.C.BENOIT (Jean-Paul) LES COMPAGNONS PERDUS.Illustrations de Michel Gourlier.Paris, Spes [1961].188p.ill.19cm.(Coll.Jamboree) Pour adolescents Roman dont l’action se situe en Allemagne pendant les années d’après-guerre.De jeunes garçons, livrés à eux-mêmes et désœuvrés, vivent d’expédients, voire même de vols.Poursuivis par la police, ils vivent dans la semi-clandestinité.Après diverses expériences, il semble qu’ils retrouveront une place normale dans le monde des adultes.Ouvrage de qualité qui évoque la situation tragique de milliers de jeunes abandonnés à eux-mêmes dans un pays déchiré par la guerre.Il fera réfléchir les jeunes qui ont assez de maturité pour le lire.A.C.FABIOLA (Reine) LES DOUZE CONTES MERVEILLEUX DE LA REINE FABIOLA.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].79p.ill.25p.Relié.Pour enfants Ce recueil contient douze contes dus à la plume de la reine de Belgique, contes qu’elle écrivit alors qu’elle était jeune fille.Ces récits qui exploitent un certain merveilleux, vieux comme le monde, ne manquent pas de fraîcheur et de poésie.On regrette seulement, ici ou là, un ton moralisateur un peu appuyé.Ce fait n’empêchera sûre- ment pas les enfants d’être captivés par ces belles histoires qui parlent toutes d’amour et de charité.Les illustrations, pleines de fantaisie, leur plairont aussi beaucoup.A.C.LARRIEU (Odette) LE ROMAN DE RENARD.Illustrations de Romain Simon.[Paris] Hachette [1961].188p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 217) Relié.Pour jeunes Malgré les siècles l’histoire de Maître Renard n’en demeure pas moins un récit captivant pour les jeunes d’aujourd’hui.Qu’il est malin et rusé, ce drôle ! Toujours en quête d’aventures ou de pitance, il invente de nouveaux tours à ses victimes : le loup, le lièvre, l’ours, etc.Les jeunes lecteurs suivront avec empressement Maître Renard dans ses démêlés d’une drôlerie irrésistible.Les illustrations colorées ajoutent à la fantaisie du récit au style alerte et fort bien mené.C.LALANDE Décembre 1962 101 RENAUD (Denyse) LE CERCLE ENCHANTE.Illustrations de Brient Wood.Paris, Fleurus [I960].127p.ill.18cm.(Coll.Mission sans bornes) Relié.Pour jeunes Histoire d’un missionnaire qui tente d’installer un poste de mission au delà du cercle polaire.L’entreprise n’est guère facile, comme on peut le deviner; il faut faire face aux rigueurs du climat, à des conditions de vie fort dures, aux préjugés des esquimaux influencés par le sorcier, etc.Le courage, la persévérance et le dévouement du jeune père missionnaire feront merveille.Récit appuyé sur une riche documentation mais qui reste vivant et bien mené.Cet ouvrage bien fait et d’une haute inspiration est de nature à enthousiasmer les jeunes.A.C.doute avec ravissement cet album dont le texte est si captivant et les illustrations si nombreuses et si bien réussies.A.C.TH1EBOD (Marguerite) L/LI ET SON ANE.Illustrations de Marianne Clouzot.[Paris! Hachette [ 1961 J.190p.ill.17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 90) Relié.Pour enfants Lili, fillette de onze ans, gentille et délurée, s’est attachée à Florian, un petit, âne gris qu’elle délivre d'un bien mauvais maître.L’entreprise ne sera pas facile et la fillette connaîtra des aventures inattendues.Elle apprendra aussi qu’un ânon peut, à sa façon, témoigner sa reconnaissance.Histoire charmante qui se déroule en pays de montagnes.Elle est destinée aux jeunes lectrices de sept ou huit ans.A.C.SAINT-EXUPERY (Antoine) TERRE DES HOMMES.Illustrations de Jacques Poirier.[Paris] Hachette [1962].187p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 220) Relié.Pour adolescents Dans ce magnifique ouvrage, Saint-Exupéry nous livre, à l’occasion de ses vols au Sahara ou en Amérique du Sud, ses réflexions sur les hommes.Rempli d’anecdotes qui nous font vivre la périlleuse aventure de l’aviation, ce livre rappelle sans cesse la dignité de l’homme.Saint-Exupéiy a de l’homme une conception très élevée mais qui ne débouche sur aucun surnaturel.Pour jeunes lecteurs ou lectrices à partir de quatorze ans.A.C.SAINT CERERE (Gilles) LE PRINCE VERT.Texte de Gilles Saint Cérère.Illustrations de Paul Durand.[Paris, Editions Graphiques Internationales, 1962.] [25p.J ill.31.5cm.(Coll.Grands Albums Hachette) Relié Pour enfants Pleine de fantaisie et de charme, cette histoire du petit Prince vert qui règne sur les animaux de la forêt et les défend contre l’arc de la jeune Blandine.Un personnage important de cette féerie est Coquet Lapin, un lapin angora dont « les poils sont si longs qu’il ne devait jamais cesser de faire sa toilette s’il voulait y voir un peu clair » ! Fort rusé ce lapin qui collait * son oreille la moins poilue à la grande porte du château » pour y déceler le moindre bruit suspect ! Les tout jeunes enfants qui commencent à lire parcourront sans O 4» 4» DECEMBRE est le mois des cadeaux Vous trouverez à la A A LIBRAIRIE FIDES Un choix de volumes pour toutes les catégories de lecteurs.4» CATALOGUES PRATIQUES SUR DEMANDE « ••••* O #•••• 4» IR 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal UN.1-9621 4* ##••• 702 LECTURES ACCUSES DE RECEPTION Philosophie FOULQUIE (Paul) Dictionnaire de la langue philosophique.Avec la collaboration de Raymond Saint-Jean.Paris, Presses universitaires de France, 1962.775p.24cm.Religion ALZIN (Josse) Saint Pierre Chanel.Premier martyr d’Océanie.Sermons — Lettres — Testament — Journal de mission.Textes choisis et présentés par Josse AIzin.Namur, Les Editions du Soleil levant [1962].190p.17.5cm.(Coll.Les Ecrits des Saints) COLIN (Marcel), f.m.Personnages bibliques.Méditations.Genval, Editions Marie-Médiatrice [1962].184p.17.5cm.COURTOIS (Abbé Gaston) Histoire de l’Eglise.Tome 2.Des croisades à la Révolution française.Illustrations de Robert Rigot.Paris, Editions Fleu-rus [1962].[45p.] ill.27cm.(Coll.Belles Histoires et Belle Vies, no 56) EN COLLABORATION Dix-huitième dimanche après la Pentecôte.[Bruges) Bi-blica [1962].103p.20.5cm.(Coll.Assemblées du Seigneur, Catéchèse des dimanches et des fêtes, 73) JEAN XXIII (S.S.) Lettre encyclique pour le quinzième centenaire de saint Léon le Grand.(11 novembre 1961).Montréal, Institut social populaire, 1962.19p.20cm.(Coll.Actes pontificaux, no 121) LALOUP (Jean) Anthologie religieuse.2 volumes.Hos-texte et couverture de Jean-Pierre Ghysels.[Tournai] Castcrman, 1962.223 et 283p.ill.(h.-t.) 21cm.• • • Saint Bernard.Lettres choisies.Introduction de Dom J.Leclercq.Traduction de E.de Solms, o.s.b.Namur, Les Editions du Soleil Levant [1962].190p.17.5cm.(Coll.Les Ecrits des Saints) Education GILLE (J.-M.) Initiation au mystère de la vie par un groupe de parents sous la direction de J.-M.Gille.Préface de Félix Lelubre.Paris, Lethielleux [1961].101p.ill.(h.-t.) 19cm.RIJCKEVORSEL (W.van), s.j.Aide-mémoire grammatical des Exercices latins.Les numéros renvoient à la Grammaire latine de M.de Give, s.j.Classe de sixième.[Bruges] Desclée de Brouwer [s.d.].50p.21.5cm.Sciences pures et appliquées DEJAN (A.) Roches et fossiles.Trésors de la terre.Couverture de Jeanne Pêcheur.Illustrations de Geneviève Ploquin.Paris, Fleurus [1962].61p.ill.15.5cm.(Coll.Activités, no 18) EN COLLABORATION La réanimation.Paris, Lethielleux, 1962.79p.22.5cm.(Coll.Cahiers Laënnec, no 1) EN COLLABORATION Les ambiguïtés sexuelles.Paris, Lethielleux 1962.63p.22.5cm.(Coll.Cahiers Laënnec, no 2) SIMON (Louis) L’affiche.Comment la concevoir.Comment la réaliser.Couverture de Louis Simon.Illustrations intérieures d'Alain Le Gué.Paris, Fleurus [1962].59p.ill.22cm.(Coll.Travaux pratiques, no 7) Beaux-Arts BERTHOLON (Guy) Ombres.Couverture et illustrations de Jacques Guiraud.Paris, Editions Fleurus [1962].95p.ill.15.5cm.(Coll.Animateurs) Littérature ROMAIN (Norbert) Le trésor de Durfort.Roman.Montréal, Fides [1962].142p.16cm.(Coll.Alouette des jeunes, no 19) $0.50 VUAILLAT (Jean) Les Anges de midi.Lyon, Editions I.G.S.E., 1957.59p.19cm.VUAILLAT (Jean) Eaux fortes et sanguines.Trente poèmes inédits — 1957-1961.Lyon [Editions I.G.S.E.] 1962.61p.19cm.VUAILLAT (Jean) Sacerdotales.Le prêtre et sa messe.[Rodez] Subervie [I960].101p.19cm.Histoire CHAUDEURGE (Alfred) Qu’un sang impur.Des « Trois Glorieuses » à la fosse commune.Paris, Nouvelles Editions Debresse [1962].158p.19cm.Littérature de jeunesse GUILLOT (René) Marjolaine et le troubadour.Illustrations de J.-P.Ariel.[Paris] Hachette [1961].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 202) Relié.LENOTRE (Thérèse) Le plus beau chien du monde.Illustrations d'Aslan.[Paris] Hachette [1961].190p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 82) Relié.MACLEAN (Alistair) H.M.S.Ulysses.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].163p.ill.18.5cm.(Coll.Belle humeur, no 87) Relié.MERRIEN (Jean) Deux des Glénan.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1961], 189p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 193) Relié.PAIRAULT (Suzanne) Véronique à Paris.Illustrations d’Albert Chazelle.[Paris] Hachette [1961].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque.no 205) Relié.PEASE (Howard) Du vent dans les cordages.Traduction de Maurice Beer-block.[Bruges] Desclée Je Brouwer [1961].161p.ill.18.5cm.(Coll.Belle humeur, no 91) Relié.PETERSON (Hans; Eric et l'écureuil.Texte français de Luce Vidal.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1961].191p.ill.20.5cm.Relié.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 207) RAUZIER-FONTAYNE (Lucie) Le sourire de Brigitte.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [I960], 189p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal Bibliothèque, no 199) Relié.VERNE (Jules) L’Ecole des Robinsons.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1961].254p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 187) Relié.VERNE (Jules) Les tribulations d'un chinois en Chine.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1961].191p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 201) Relié.WATKIN (Lawrence E.) Les trois souhaits de Darby O'GUI.Texte français de Marie-Thérèse Duchêne.Illustrations de J.Reschofsky.[Paris] Hachette [I960].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque.no 198) Relié.Décembre 1962 103 Nouveautés Librairie Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Pour les ouvrages étrangers, cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d'Angers, etc.11 se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.ABUL-FATH (A.), L’affaire Nasser .TB Ouvrage historique où l'auteur, journaliste de talent et ancien ami de Nasser, raconte l'ascension de Nasser à la tête du pouvoir puis l’évolution du nouveau régime vers la dictature militaire et policière.Ouvrage bien documenté et très éclairant sur la révolution nasserienne.BANDINI (F.), Les dernières heures de Mussolini .TB Ouvrage qui relate les quatre-vingt-quinze dernières heures de la vie du « Duce ».Fruit d’une enquête de quinze ans, ce livre jette une lumière nouvelle sur une page d’histoire, mais sans en élucider totalement le mystère.Ouvrage intéressant.BELLOTTI (F.), La citadelle d’Allah .B Reportage fort honnête et intéressant sur l’Arabie séoudite, forteresse de l'Islam où s’affrontent deux civilisations.Document vivant et de lecture agréable.A cause de quelques passages sur les moeurs du pays, ce livre est à réserver aux adultes.BOELDEKE (A.), Graciela et les chasseurs de tête .TB Récit de voyage.L’auteur a entrepris, autour du bassin de l’Amazone, un périple qui lui a permis de retrouver, au Pérou, la trace des Incas et de rencontrer des tribus indiennes fort primitives.Ecrit avec verve, ce récit est très captivant.Il est en outre illustré de magnifiques photos.CAROLINA MARIA DE JESUS, Le dépotoir .B Journal d’une pauvre noire brésilienne qui vit depuis longtemps parmi le déchet de la population de Sao Paolo, et y élève des enfants qu’elle doit sans cesse disputer à la famine et à la contagion du vice.Témoignage bouleversant sur les pays sous-développés.Carolina n’est pas un modèle de vertu, mais elle est admirable de ténacité et de bon sens; elle essaie de bien élever ses enfants et elle aide volontiers les autres.La religion qu’elle professe est entachée d’une certaine superstition.Pour adultes.CHARPENTIER (J.), L’Ordre des Templiers B?Réédition d'un ouvrage paru en 1944 et qui raconte l’histoire de l’Ordre du Temple.Cette histoire est l’une de celles où il est le plus difficile de démêler la vérité de la calomnie, la réalité de la légende.Les affirmations de l'auteur gagneraient à être nuancées.En outre, on ne peut accepter de voir que le catholicisme est interprété comme étant une religion d'où tout dogme serait banni et dans laquelle toutes les formes des autres religions révélées seraient unifiées en une synthèse transmise par des initiés.Pour lecteurs formés et avertis.CRONIN (A.-J.), L'arbre de Judas.B?Roman.Histoire d’un homme qui est, à cinquante ans, hanté par le souvenir d'une lâcheté qu’il a jadis commise envers une jeune fille qu’il aimait.Au moment où il allait la réparer, il cède encore une fois à son faible caractère, ce qui entraînera le suicide d’une malheureuse enfant.Lui-même se tue de désespoir.Ouvrage bien écrit, mais intrigue banale.Peinture fidèle d’un faible qui gâche sa vie et celle des autres.DE FRAINE (J.), Nouvel atlas historique et culturel de la Bible.TB Atlas biblique qui se recommande par son format pratique et un heureux équilibre entre les textes et les illustrations.Le texte est de qualité et les illustrations bien choisies.A recommander largement.DESJARDINS (Gilles), Les corridors.B Journal romancé d’un petit garçon.Ce dernier nous raconte son année de pensionnat dans un jardin d'enfance.Nous recevons la confidence de toutes ses aventures, de ses peines et de ses rêveries.Les religieuses qui essaient de l’éduquer sont dépeintes assez sévèrement, avec leur goût de la discipline pointilleuse, leur pharisaïsme, leur piété et de leur froide charité.EAST (M.), La poursuite infernale.B Roman qui a pour cadre les grands pâturages de l’Italie.Une jeune femme dont le mari a été blessé 104 LECTURES par des indigènes dans la brousse part à sa recherche.En cours de route, elle a un moment de faiblesse et cède à la passion d’un policier qui l'accompagne.Mais elle se ressaisit et s’emploie à reconstruire le bonheur de son foyer.Aventure banale racontée dans un style quelconque.GAUTIER (J.), p.s.s., /.Barbey d’Aurevilly .B Ouvrage de littérature où un compatriote de Barbey d'Aurevilly se penche avec une sollicitude admira-tive sur l’œuvre de celui qui fut un écrivain brillant mais dont la vie fut souvent étrange et scandaleuse.Ouvrage solidement documenté et bien écrit.Pour lecteurs cultivés.GREGOR (P.), Brésil embrasé.B Tableau du Brésil, fait par un écrivain yougoslave qui a vécu au Brésil où il a épousé une fille du pays.Ouvrage aussi lucide que bienvaillant sur une contrée restée fort mystérieuse.Les mœurs faciles qui y ont cours de même même que les pratiques de sorcellerie ne sont pas jugées.Ouvrage intéressant poui adultes cultivés.HILLARY (E.), Mon expédition au Pôle sud .TB Récit de l'expédition néo-zélandaise qui réussit, au cours de l’hiver 1957-1958, à traverser le continent antarctique et à atteindre le Pôle sud.Aventure exaltante vécue par le vainqueur de l’Everest, Sir Edmund Hillary et son ami Fuchs.Elle est racontée ici, avec ses espoirs, ses joies et ses peines, dans un style net et précis.HIMES (C), Mamie Mason .B?Roman.Histoire rocambolesque de la volumineuse épouse d’un politicien noir en mal de mondanités et de promotions sociales.Ouvrage humoristique écrit avec une verve truculante qui n’évite pas la grossièreté.Pour lecteurs avertis.HOGE (E.), Exploration de la terre.TB Ouvrage de science où un savant de renom a voulu éveiller chez les jeunes « l’explorateur qui sommeille ».Etude d’ensemble sur la terre, sa place, sa forme et ses dimensions; renseignements sur l’atmosphère, les roches, les continents, les océans, etc.Cours fort à point présenté d’une façon simple et concise.HOWARD (P.), Le secret de Frank Bucbman B?Biographie du fondateur du Réarmement moral écrite par un de ses collaborateurs.Ouvrage intéressant mais qui ne porte aucun jugement sur les carences du Réarmement moral ainsi que sur les dangers qu’il peut présenter pour les catholiques.Pour lecteurs très formés au point de vue religieux.HUNTER (E.), Mères et filles.B Roman.Copieux récit qui porte sur deux générations.Multiples personnages et péripéties nombreuses et enchevêtrées.Ouvrage assez banal.Quelques pages crues et un certain climat de sensualité le feront réserver aux adultes.JEAN-CHARLES, La foire aux cancres .B Ouvrage humoristique qui présente des « perles » scolaires groupées par genres (histoire, géographie, etc.).Certaines sont fort drôles, d’autres le sont beaucoup moins.L’auteur donne aussi ses considérations personnelles sur l’enseignement actuel — considérations fort discutables.Pour adultes.MARSHALL (R.), Céleste.B Roman qui raconte l’idylle d’un jeune financier new-yorkais qui s'éprend d’une jeune fille rencontrée par hasard à Los Angeles.Ouvrage sans valeur littéraire, mais captivant.Roman-feuilleton à réserver aux adultes.MATUTE (A.M.), Marionnettes .B Roman.Ouvrage plein de fantaisies qui raconte les remous que cause, dans un petit port de mer, la venue d’un bel inconnu, aux allures bizarres et aux idées chimériques.Ouvrage qui témoigne chez l’auteur d’une imagination débordante.Mais thème banal et dialogues assez obscurs.OLIVIER (S.), Je jure sur l’honneur.B Roman.Un gynécologue obtient, grâce à des appuis divers, le poste de médecin-chef d’un important centre chirurgical.Or le dit gynécologue n’a pas opéré depuis quatorze ans! Aussi accumule-t-il les erreurs criminelles dans les cas qui lui sont confiés.Il finira par le suicide.Roman qui évoque un drame humain particulièrement poignant.Ouvrage d’une lecture facile qui prouve éloquemment que, en médecine, l’amateurisme est un crime.PERRAULT (G.), Les parachutistes.B Ouvrage d’actualité qui est un témoignage sur les parachutistes français rendu par un des leurs.Etude bien documentée et bien composée mais très dure pour ce corps d’élite.RITZEN (Q.), Anton Tchékhov.TB Ouvrage excellent, écrit avec piété par un médecin qui a notamment analysé avec justesse l’influence de l’état de santé de l’écrivain sur son œuvre.Pour lecteurs cultivés.-SIGNIFICATION M C’est-à-dire mauvais: livres à proscrire.Les livres qui tombent sous les lois générales de l’Index sont cotés mauvais.Tous les livres à proscrire ne sont pas mis nommément à l’Index; il suffit qu’un livre tombe sous les lois générales de l’Index pour qu’on soit tenu, en conscience, de s’en interdire la lecture.D c’est-à-dire dangereux: livres qui peuvent être dommageables à la majorité des lecteurs, soit à cause des implications doctrinales plus ou moins fausses qu’on y trouve, soit à cause de la licence morale ui s’y étale, soit à cause d’une grave indécence ans les descriptions.B?c'est-à-dire appelle des réserves: ces réserves peu- DES COTES- vent être plus ou moins graves.Cette cote s’applique à des volumes qui sont sains dans l’ensemble, mais dont quelques pages sont discutables, soit à cause des idées émises, soit à cause d’une certaine indécence dans les descriptions.B c'est-à-dire pour adultes: les livres de cette catégorie n’appellent aucune réserve, mais ne conviennent qu’aux adultes.Quoique irréprochable, un livre coté B pourrait présenter certains dangers pour les jeunes qui n’ont pas l’expérience de la vie.TB c'est-à-dire pour tous: livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.Décembre 1962 105 mm mmm Mi A propos de Pierre Triolet Dans le numéro de novembre de LECTURES, nous avons avoué à un correspondant ne pas connaître Pierre Triolet, auteur de A travers la France menrtrie.Heureuse ignorance qui nous a permis de nous rendre compte de l’obligeance et de l’amabilité des lecteurs de notre revue.Plusieurs personnes nous ont téléphoné ou écrit pour nous donner des renseignements sur l'auteur en question.Un merci très chaleureux à tous ces abonnés si obligeants ! Nous reproduisons ci-dessous une lettre reçue de l’Université d’Ottawa et qui donne à notre correspondant tous les renseignements qu'il désire: « Il me fait plaisir de fournir un petit renseignement au bénéfice d'une revue qui m’en fournit, elle, de très précieux depuis déjà plusieurs années.Il s'agit de l’auteur d’A travers la France meurtrie.Pierre Triolet est le pseudonyme de l'abbé Pierre Eucher Théorêt.L’abbé Théorêt (Canadien français) est l’auteur de plusieurs ouvrages dont voici la liste: La médiation mariale dans l’Ecole française (Vrin, Paris, 1940), A travers la France meurtrie (Le Devoir, Montréal, 1941), Les Vêpres du dimanche et de la Sainte Vierge (Vitte, Lyon, 1942), La réforme de l’enseignement de la philosophie (Des-clée de Brouwer, Paris, 1943), Un modèle de père de famille et de patron chrétien: M.Euclide Théo-rct, Commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (hors commerce, 1946), Les ouvriers, propriétaires d’usines (Les Editions de la Vallée, 1947), Je t’ai donné mon cœur (Les Editions de la Vallée, 1948), Pèlerinage à Rome (Les Editions de la Vallée, 1951), Terre Sainte (L'Oeuvre de Terre Sainte, Ottawa.1955), Quinze jours au Mexique (Les Editions de la Vallée, 1956), La Royauté de Marie (Centre marial canadien, Nicolet, 1955), Nous avons une Mère au ciel (Centre marial canadien, Nicolet, 1956), Un ange aux cheveux d’or (Apostolat de la Presse, Montréal, 1956), Claire du Canada (Valleyfield.1958).On pourra trouver dans la préface de Claire du Canada quelques renseignements sur l’auteur — actuellement (du moins je le crois) curé à l’Ile Perrot-Nord, Qué.Cette préface a été écrite en 1958 par le cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal.» Sœur Sainte-Jeanne-du-Sauveur, c.n.d.Nous ajouterons seulement quelques précisions à cette aimable lettre: né à Beauharnois en 1909, l’abbé Théorêt a été ordonné prêtre en 1935.Après avoir été professeur pendant deux ans au collège de Valleyfield, il alla étudier à l’Angéücum de Rome, puis à l’Université de Lyon, en France.De retour au Canada, il fut successivement directeur du journal Salaberry de Valleyfield, directeur de La Presse catholique pan-américaine de Gardenvale, curé fondateur de Tile Perrot Nord où il a construit deux écoles, un presbytère et une église, curé de Saint-Antoine-Abbé de Huntingdon.Il est présentement curé de Saint-Timothée dans le comté de Beauharnois.* * « Etudiant au collège St-Mau-rice à St-Hyacinthe, je suis abonnée, depuis le début de la présente année scolaire, à votre revue LECTURES que je trouve très intéres- sante, surtout à cause des critiques de livres.C'est à ce sujet que je vous écris.J’ai entendu parler récemment d'un livre composé par le Dalai Lama, racontant l'histoire de l’invasion communiste au Niger.Je pense que ce livre peut être un document d’une valeur inestimable, et j’aimerais me le procurer, mais je ne sais ni le titre, ni s’il est publié en français.Je vous serais très reconnaissante de vouloir bien me donner ces quelques renseignements ainsi que votre appréciation sur ce livre.» J.B.(Granby) — Nous reproduisons votre lettre, in extenso, dans l’espérance qu’elle attirera l’attention d’un lecteur mieux renseigné que nous.II nous est impossible de vous fournir des renseignements précis là-des-sus.Par ailleurs, ne feriez-vous pas erreur quand vous parlez d’invasion communiste au Niger: le Dalai Lama est dans la région du Tibet.« Par l’intermédiaire de votre courrier de LECTURES, auriez-vous l’obligeance de nous donner des renseignements biographiques sur Caviezel.Rien sur son compte dans les volumes biographiques des auteurs.Veuillez agréer nos sincères renseignements anticipés et nos félicitations pour la documentation précieuse que votre revue nous apporte régulièrement.» (Roberval) — Quel dommage de ne pouvoir, cette fois, répondre à votre confiance ! Toutes les sources que nous avons ici ne nous donnent pas l’ombre d’une indication sur la biographie de Caviezel.Nous le regrettons pour vous.106 LECTURES SgKgÉtâÉH mfm Sf ^ « Berceuses de l’Enfant-Dieu » On n’a pas fini d’inventorier la richesse des chansons populaires qui célèbrent la nativité du Seigneur Jésus ! Ce disque nous offre un choix heureux de berceuses à l’Enfant-Dieu recueillies dans des pays aussi divers que la France, la Palestine, la Russie, la Pologne, le Mexique, etc.Plusieurs de ces berceuses sont exquises ! Les harmonisations de Vincent Gambau, riches et fort belles, les mettent bien en valeur.Les voix sont agréables et bien fondues.Voilà un disque qui renouvellera heureusement le répertoire de cantiques de Noël.(Microsillon, 33 tours 1/3 — 10 pouces — PASTORALE ET MUSIQUE, PM 25022 artistique) « Voici la Noël » Ils ont bien du charme, ces « Petits chanteurs de Saint-Laurent » qui interprètent des Noëls assez peu connus et fort jolis: Voici la Noël, Quand les bergers s’en vont aux champs, Ça tout doux, l’enfant dort, La Danse de Noël, Tous, accourez tous, La rose de Noël.On aura plaisir à entendre, puis à réentendre ce petit disque plein d'allant, de fraîcheur et de fantaisie.(Microsillon, 45 tours — 7 pouces — PASTORALE ET MUSIQUE, PM 17028 artistique) « Quatre motets de Michel-Richard Delalande » Ces quatre motets sont Lauda Jerusalem, Veni Creator, Psallite Domino, O Filii et Filiae.Ils sont interprétés d’une façon magistrale par la maîtrise de la Cathédrale de Nantes sous la direction de Afgr J.Besnier.(Microsillon, 33 tours 1/3 — 10 pouces — PASTORALE ET MUSIQUE, PM 25050 artistique) « Acclamez le Seigneur » La Maîtrise de la Cathédrale de Nantes, avec le concours de plusieurs autres maîtrises françaises, exécute douze cantiques populaires.Trois de ces cantiques sont inédits (Acclamez le Seigneur, Tu nous délivreras Seigneur, O Dieu, reçois l’offrande); deux sont de composition assez récente (Dieu, nous le louons, Terre entière); d’autres sont plus anciennes (v.g.Gloire à toi Seigneur); quelques unes, datant du siècle dernier, ont été renouvelées dans leur texte (v.g.O Jésus, rédempteur du monde).Exécutés à deux chœurs, ces cantiques peuvent inspirer d'une façon fort heureuse les chorales paroissiales désireuses de n'inscrire à leur répertoire que des cantiques de qualité.(Microsillon, 33 tours 1/3 — 10 pouces — PASTORALE ET MUSIQUE.PM 25033 artistique) R.L.i- A quoi ne sert pas le disque ?- Dans la cathédrale de Sens, il suffit de glisser une pièce d’argent dans un appareil automatique pour entendre aussitôt, dans la langue que l’on désire, un disque décrivant les merveilles de la cathédrale qui date de 1140.« Pour transformer le monde il n’est pas besoin pour toi de la pioche et de la hache et de la truelle et de l’épée, Mais il te suffit de le regarder seulement, de ces yeux de l’esprit qui voit et qui entend.» Paul CLAUDEL Décembre 1962 107 FAITS et^T-7 COMMENTAIRES Les 25 ans du Conseil de la Vie française Tout récemment, des réunions spéciales ont marqué, à Québec, le vingt-cinquième anniversaire du Conseil de la Vie française.C’est en 1937, en effet, au deuxième Congrès de la Langue française, qu’est né, à Québec, l’organisme qui s’appelait alors le Comité de la Survivance française en Amérique, organisme dont le nom fut par la suite changé en celui que nous connaissons.Nous devons au Conseil de la Vie française, dont Mgr Paul-Emile Gosselin est toujours l’infatigable secrétaire, de nombreuses initiatives qui ont aidé, de multiples façons, au maintien de la langue et de la culture françaises au sein de nos minorités éparses à travers le Canada et les Etats-Unis: voyages de liaisons, mémoires, publication d’une revue, etc.Nos félicitations à tous ceux qui ont œuvré pour une cause qui nous est chère entre toutes.U MORT CHRÉTIENNE DE LITTRÉ On a discuté beaucoup autour de la mort chrétienne de Littré qui avait été l’apôtre du positivisme.Le mystère de cette mort sera singulièrement éclairé par un ouvrage qui doit paraître incessamment sous la plume de l’abbé Jean-François Six.Cet ouvrage, intitulé Littré devant Dieu, publie pour la première fois un texte historique de toute première valeur: la relation de l’abbé Huve-lin qui assista son ami Littré pendant les derniers fours de sa vie.La revue Informations catholiques internationales donne des extraits de cette relation dans son numéro du 15 octobre dernier.Un agenda pas comme les autres : utourc f’Li 1963 Françoise Gaudet-Smet nous revient avec son agenda annuel.Cette fois il s’agit du « dimanche » et c’est fort à-propos puisque la liturgie acquiert une importance qui n’est pas sans influencer la vie collective de tous les catholiques.Comme dans les deux précédents Aujourdhui 1963 (l* offre, après le nom du saint du jour, une pensée tirée de la Bible, à méditer dans le quotidien harassant.Des poèmes inédits de Françoise Gaudet-Smet, des dessins et une présentation typographique de Jeanne Courte-manche-AucIair, des photographies de Pierre Wibaut et un calendrier pratique 1963-1964 font d'Aujourd’hui 1%3 une habitude chère à tous ceux et celles qui aiment situer le jour qui passe d’une notation, parfois triste, parfois gaie, toujours agréable cependant à relire quand il s'agit de faire le bilan d’une année écoulée.Julia RICHER (1) Editions Claire-Vallée, Saint-Syl-vère.Rappel - Hcole DE BIBLIOTHÉCAIRES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 1917-1962 • Compilation bibliographique de 650 travaux établis par les anciens élèves de l’Ecole.FIDES, 25 «st Soint-Jocques.108 LECTURES h marge d'ne émisse» de “lectures pear tous” XJ, rame XII l calomnie Sur Le 4 novembre dernier, on pouvait voir sur le réseau de Radio-Canada, à l’émission télévisée Lectures pour tous une interview de M.Jean d’Hospital, auteur d’un ouvrage sur Rome.Au cours de cette interview, l’écrivain a porté sur Pie XII des accusations particulièrement graves et injustes qui ont certainement fait sourciller les gens bien informés.Il est intéressant de lire comment Jean de Fa-brègues a riposté à Af.d’Hospital dans une récent numéro de la France catholique (1\ Nous reproduisons ce texte ci-dessous.(N.D.L.R.) M.d'Hospital est le correspondant du Monde à Rome.On avait pu lire il y a quelques mois dans ce journal une série d’articles où, à beaucoup de pages agréables et bien venues sur la vie romaine, l’allure de l’existence, les mœurs, succédaient d’autres, grinçantes et d'ailleurs souvent mal informées, sur le Vatican et sur Pie XII lui-même.Les articles ont été publiés en un volume où la malveillance semblait atténuée, quelques-unes des plus lourdes calomnies retirées.On avait laissé M.d’Hospital à ses plaisirs romains.Il y a besogne plus urgente que de lui prêter attention.Mais M.d’Hospital a présenté son livre sur les ondes et, là, il en a « remis », accusant en particulier Pie XII de n’avoir ni assez, ni clairement condamné le nazisme, ni dénoncé à la face du monde les persécutions des Juifs.Il n’est donc pas possible de laisser courir plus longtemps la rumeur infâme.M.d’Hospital a cette intelligence aiguë et cursive qu’on croirait sortie du XVIIIe siècle finissant.Il sait dire ce qu’il faut de la manie d’entasser les œuvres d’art dans les musées jusqu’à ce qu'elles soient invisibles, il brocarde agréablement les touristes admirant ce qui doit être admiré.On croirait un moment, à relire son livre, que, Romain déjà presque chevronné, il est entré dans l’esprit du Vatican quand il dénonce « les images d’E-pinal, les pamphlets », ou tisse la toile des «splendeurs et des humilités » de Rome, de « l’art d’imposer la doctrine ou de transiger avec elle » qu’il découvre au Saint-Siège.Il paraît même atteindre à la compréhension de l’essentiel quand il montre « l’extrême simplicité de mœurs de ses dirigeants, la droiture de leurs attitudes ».Alors pourquoi, comment, cette irréflexion et cette calomnie sur un des moments les plus dramatiques du pontificat de Pie XII, dans son livre et, plus brutalement, dans son entretien radiophonique?Des condamnations dont il eût fallu se souvenir Du grand pape défunt, le portrait est d’abord véridique « chétif de complexion, sévère d’esprit; doux et sensible, il avait des duretés dans la voix.Extrêmement pieux.il n’a cédé à personne la moindre parcelle de son immense pouvoir ».Puis, tout soudain: « A-t-il eu connaissance de certaines horreurs de la guerre voulue et conduite par Hitler?.Pouvait-il ignorer la tragédie des camps de concentration?.N’eût-il pas dû tonner?” Avec cette dénonciation: « L’apparente tolérance dont Pie XII a fait preuve envers le racisme.* A la décharge de M.d’Hospital — mais est-ce une décharge — il est clair qu’il ne lit jamais, n’a jamais lu les textes pontificaux, les encycliques, qu’il n’a aucune idée de leur contenu, de leur ensemble, de leur place dans la doctrine de l’Eglise.Ainsi M.d’Hospital n’a pas lu Mit brennender Sorge; sinon, il n'aurait pas osé écrire que le racisme n’avait pas été condamné.« Quiconque veut retirer de leur échelle de valeurs terrestres la race.qui les divinise.», etc.Le plus récent commentaire des textes, fait à la Faculté de Droit pour une thèse que le doyen Le Bras vient de préfacer, écrit ici: « Les termes sont très précis et leur force rend leur commentaire superflu.* Le 13 juillet 1938, la Sacrée Congrégation des Séminaires publie un Syllabus dont un travail universitaire a montré qu’il répondait point par point à la doctrine nationale-socialiste.La doctrine a donc été rappelée, précisée, au moment même où Pie XII monte sur le trône pontifical.Il ne cessera pourtant pas d’y revenir: 2 juin 1945, 1er novembre 1945, 29 novembre 1945, etc.Et il y a là un texte qui aurait dû retenir l’attention de M.d’Hospital: c’est la réponse de Pie XII à l’hommage reconnaissant des Juifs sauvés.Mais M.d'Hospital ne sait pas.ne connaît pas.Alors, quel est le grief de M.d’Hospital?Il l’a précisé sur les ondes: Pie XII aurait dû crier en 1943 ou 1944.Il aurait dû « descendre sur la place » au cœur de la bataille.Pour le plaisir de répéter ce qui avait été solennellement professé?Sans souci des conséquences?De la démagogie qui peut tuer.M.d'Hospital — qui vit à Rome 109 Décembre 1962 — peut-il ignorer ce que nous nous sommes fait préciser à nouveau ces jours derniers par un témoin romain de ces moments cruels.Pendant des jours, pendant des mois, Pie XI1 a été hanté par le problème, demandant dans sa prière où était son devoir.Ht, à ses proches, il s’expliquait: « Nos couvents, le Vatican même, sont pleins de Juifs, d’antifascistes.Un mot de nous trop précis en ce moment, et sur ce moment même, c'est livrer à la vengeance ces hommes, ces femmes, ces enfants — les livrer justement à la mort, au supplice.Nous n’en avons pas le droit.» Cette « prudence » dont le narquois M.d’Hospital loue parfois l’Eglise, ce n’est pas à son bénéfice qu’elle l’exerce, mais comme la sagesse de Celui qui est responsable de l’univers, de la réalité de l’univers — au bénéfice des menacés, des souffrants.Et l'hommage que les Juifs sauvés lui ont rendu est là pour dire où était la réalité de la charité.Le beau mouvement de menton de M.d’Hospital réclame, pour la mémoire de Pie XII, un manifeste électoral, une proclamation démagogique de congrès politique, des conséquences de quoi on se lave les mains.Pie XII a fait plus: ayant condamné, il a sauvé — sauvé tout ce qui pouvait l’être.Et c’est la légèreté de M.d’Hospital, plume au vent, qui est jugée.J.F.( 1 ) L’émission a passé sur les écrans de télévision de France plusieurs semaines avant de passer au Canada.(2) La France catholique, 28 sept.1962, p.8.-Prix de la province- Les prix pour le concours littéraire et scientifique annuel de la Province ont été proclamés lors de l’inauguration du Salon du Livre de Québec.Voici la liste des principaux lauréats: Littérature en langue française 1er prix: Jean Lemoyne, pour un essai intitulé Convergences.2e prix: Gilles Hénault, pour un recueil de poèmes intitul Sémaphore, suivi de Voyage au pays de mémoire.3e prix: Jean-Paul Filion, pour son roman Un homme en laisse Littérature en langue anglaise Le premier prix n’a pas été accordé.2e prix: John Glasco, pour un recueil de poèmes manuscrit intitulé A Point of Sky.3e prix: William Wintraub, pour un roman intitulé Why Rock the Boat.Sciences morales et politiques 1er prix: R.P.Léopold Sabourin, s.j., pour un ouvrage intitulé Rédemption sacrificielle.Une enquête exégétique.2e prix: R.F.Robert Sylvain, é.c., pour une biographie Alessandro Gavazzi, Clerc, Garibaldien, Prédicant des Deux Mondes.3e prix: R.P.Anselme Chiasson, o.f.m.cap., pour une monographie intitulée Chéticamp, histoire et traditions acadiennes.nos abonnés Pendant des années, alors que tout était à la hausse dans les métiers de l'imprimerie comme ailleurs, le prix de la revue LECTURES est resté fixé à $2.00 l'abonnement et $0.20 du numéro.Et cependant, la présentation matérielle delà revue n'a cessé, avec les années, de s'améliorer.Cela fait qu’aujourd’hui, la revue se vend à un tarif ridiculement bas si on le compare au prix qu’elle coûte.Aussi, nous nous voyons forcés d'augmenter le prix de la revue.Dorénavant, elle se vendra $3.00 l’abonnement et $0.30 le numéro.Nous espérons bien que nos abonnés accepteront de bon cœur cette hausse des tarifs et qu’ils nous garderont un appui qui nous est nécessaire.LA RÉDACTION (Suite de la page 86) Il n’est donc pas étonnant que la disparition de Mgr Garant suscite de profonds regrets chez tous ceux qui sont liés de quelque façon au renouveau biblique qui se dessine au pays.Par sa participation à la traduction et à 1 edition du Nouveau Testament ainsi qu’aux autres initiatives de l’ACEBAC et de la Société catholique de la Bible, il a accompli une œuvre de grande importance et nous sommes certains que tous les apôtres du mouvement biblique garderont un souvenir ineffaçable de ses éminentes qualités de cœur et d’esprit ainsi que de son zèle vraiment apostolique.Paul-A.MARTIN, c.s.c.1.- * Faites fa.et tous vitrez! » Les Saints Evangiles.Traduction de l'Association catholique des Etudes bibliques au Canada.Montréal, Fides [1951] 318p.ill.13.5cm.2.Le Nouveau Testament.Traduction de l’Association catholique des Etudes bibliques au Canada {Préface du R.P.Arthème Tétrault, s.j.] Montréal, Fides [1953] 672p.ill.cartes 16cm.3.Le Nouveau Testament de Notre-Seigneur Jésus-Christ, traduit de la Vulgate en français, avec des notes explicatives, morales et dogmatiques, pour en faciliter l'intelligence, par Monseigneur Charles-François Baillargeon, évêque de Thoa, administrateur de l'archidiocèse de Québec, etc.Québec, Léger Brousseau 1865 XIV-817n no LECTURES CRITIQUE TT MORALE (buite de la page 112) Je ne leur en jais pas grief; mais je demande le droit, pour le critique, de les suivre sur le terrain qu'il se sont donné.Il leur serait vraiment trop commode de jeter à pleines mains les idées, justes ou fausses, fortes ou absurdes, généreuses ou basses, et de tirer ensuite leur épingle du jeu en se prétendant de purs musiciens et en se désintéressant des remous provoqués dans les consciences.Il faut peut-être en demander pardon à ceux pour qui le plus haut signe de la culture est dans la gratuité d’une phrase réussie: nous vivons en un temps où l'homme, menacé par l’univers et plus encore par lui-même, déchiffre anxieusement les secrets de son destin jusque sur le mauvais papier d’un journal.Ce qui ne veut pas dire qu’il n’aime plus les beaux livres, mais qu’il ne tient pour grands que ceux qui lui donnent, sous le double signe de la nécessité et de la beauté, une idée plus claire de lui-même, des circonstances de son destin, de l’étendue de ses pouvoirs, des voies de son progrès et de son salut.ABUL-FATH (A.), p.104 ANCELET - HUSTACHE p.101 BAND1NI (F.), p.104 BELLOTTI (F.), p.104 BENOIT (J.-P.).p.101 BOELDEKE (A.), p.104 BORDEAUX (H), p.99 CAROLINA MARIA DE JESUS, p.104 CARUSO (I.A.), p.98 CHARPENTIER (J.), p.104 CRONIN (A.J.), p.104 DE FRAINE (J.), p.104 DESJARDINS (G.), p.104 DUPEYRAT (A.), p.100 EAST (M.), p.104 FABIOLA.p.101 GAGNON (M.-A.), p.93 GAUTIER (J.), p.105 GREGOR (P.), p.105 GROULX (Chan.L.), p.90 HAMELIN (J.), p.94 HILLARY (E.), p.105 HIMES (C).p.105 HOGE (E.).p.105 HOWARD (P.), p.105 HUNTER (E.).p.105 JEAN-CHARLES, p.105 LABELLE (L.).p.95 LAPLANTE (J.de), p.94 LARRIEU (O.), p.101 LASNIER (R.), p.87 LAURENDEAU (A.), p.96 LORRAIN (R.), p.95 MARSHALL (R.), p.105 MATUTE (A.M.), p.105 OLIVIER (S.), p.105 PERRAULT (G ), p.105 RENAUD (D.).p.102 RITZEN (Q.), p.105 SAINT CERERE (G.), p.102 SAINT-EXUPERY (A.), p.102 STEINMANN (J.), p.98 TESSIER (A.), p.96 THIELBOLD (M.).p.102 TRAPP (M.A.), p.97 INDEX DES AUTEURS (J.).REVUE MENSUELLE DE CULTURE ET DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Un.1-9621 Direction: R P.Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction: Rita LECLERC Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Abonnement annuel: $3.00 Le numéro: $0.30 - Publication approuvée par l’Ordinaire —________________________ LECTURES Décembre 1962 m page d ’A NTH O LOG IE Les Editions du Seuil viennent de publier, sous la plume de Pierre-Henri Simon, un ouvrage qui a nom Le jardin et la ville.Nous en extrayons cette page très lucide sur un thème toujours discuté.(N.D.L.R.) Pierre-Henri Simon: CRITIQUE ET MORALE L est de bon ton de jeter le discrédit sur la critique attentive à la valeur des idées: comme si le point de vue supérieur était d’attendre de l’œuvre littéraire quelle exprimât un tempérament dans un style, et rien de plus.Et sans doute l’exigence intérieure d’écrire des livres et le plaisir de les lire ressortissent à l’esthétique; mais comment contester qu'ils intéressent immédiatement l’intelligence et cette activité de la pensée qui définit les règles et les fins de l’action, c’est-à-dire la morale?Une grande œuvre littéraire n'est jamais une forme pure qui touche le lecteur indépendamment des choses signifiées: les œuvres de cette sorte, si elles existent, n’ont droit qu’au second rayon de la bibliothèque, et le lecteur qui se passionne pour elles n’accède qu’au dilettantisme, c'est-à-dire à ce qui est à côté et un peu au-dessous de la culture.Les grands écrivains qui finissent par demeurer au faite de l’histoire des lettres — Montaigne, Pascal.Voltaire, Rousseau, Chateaubriand, Stendhal, Sainte-Beuve, Barrés, Gide et Valéry lui-même, pour ne parler que du génie français — est-ce en purs amateurs de phrases que nous les lisons ?Et si leur tempérament nous passionne, est-il séparable de leur pensée?On me dira que je choisis, pour les besoins de ma cause, des moralistes; mais d’autres, que le genre de leurs ouvrages et le tour de leur esprit destinaient à être des amuseurs, Rabelais ou Balzac, Racine ou Giraudoux, l’abbé Prévost, Laclos ou Flaubert, je les vois aussi qui ne cessent de nous inviter à explorer le cœur de l'homme, à réfléchir sur nos problèmes, à faire un pas de plus dans le mystère de notre destinée.Je sais bien qu’une certaine critique a fait abus de la notion de « message », que tous les poètes ne sont pas des prophètes, et qu’à vouloir engager tout l’écrivain dans l’histoire on court le risque de l’arracher à la transcendance de son univers.Oui, la valeur propre de la création littéraire, et par conséquent l’objet de la critique, c’est le style.Qu’est-ce donc que le style?Non pas une rhétorique indépendante de la logique, un vernis plus ou moins brillant jeté sur la pensée; mais son mouvement même et la suggestion de ce qu’il y a en elle de profond, de subtil et de singulier.Ainsi la part essentielle du message humain d’un écrivain tient à la forme dans laquelle il est présenté.Certaines vibrations, les unes propres à la phrase ondoyante et précieuse de Proust, les autres à la période solide et sans bavures de Valéry, d'autres, que sais-je ?qui distinguent la prose de Mauriac, élusive et frémissante, de' celle de Malraux, coupante et précipitée, disent plus de choses, non seulement sur la qualité d’âme de ces écrivains mais sur les intuitions premières et sur les détours secrets de leurs méditations, que ne font les mots et les parties analysables du discours.Si donc je prétends, en ouvrant un livre, aller à la rencontre d’un esprit, je ne me condamne nullement à ignorer les valeurs de style: je devrai, au contraire, prêter une oreille exercée aux accents secrets du langage en tant précisément qu’il est langage, c’est-à-dire expression d’une pensée dans son élan, ses nuances et son intimité.Aussi bien, parmi toutes les façons possibles de concevoir la critique littéraire, j’ose prendre parti pour celle qui demande aux œuvres leur signification morale.Car enfin, qu’est-ce que la culture, sinon une perpétuelle remise en question de la condition humaine et des valeurs qui lui donnent un sens s L’homme est perpétuellement en procès, et le grand écrivain est toujours, en quelque maniéré, son témoin: son livre est une déposition.Cela est vrai dans toutes les époques, mais davantage dans les périodes de crise, de mutation brusque et profonde des structures sociales et spirituelles: alors, le procès est plus général et plus dramatique.Reprocher au critique de demander compte aux écrivains de leurs philosophies, le peut-on équitablement quand ils s’appellent Bernanos, Montherlant, Saint-Exupéry, Malraux, Sartre ou Camus, et quand les meilleurs, même s’ils prétendent le contraire, ne prennent la plume que pour exposer leur expérience de la vie, leurs angoisses, leurs recettes de bonheur, leurs croyances ?Dans un monde qui tend toujours davantage à laïciser ses institutions, mais où l’obsession du sacré sourd de toutes parts, tout se passe comme si les écrivains exerçaient désormais un magistère spirituel, une cléricature sans Eglise.(Suite à la page 111)
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