Lectures, 1 janvier 1963, janvier
MONTRÉAL NOUVELLE SÉRIE — VOLUME 9 NUMÉRO 5 FIDES sommaire Les légèretés de la critique p.114 Albert Ferland p.115 Le Concile oecuménique et l'évangélisation du monde de E.Legrand p.117 Carnets de Camus p.119 Les abîmes de l'aube de J.-P.neault Pinson- p.120 Notices bibliographiques .p.123 Courrier des lecteurs p.134 Page d'anthologie: Littré et Huvelin de J.-F.Six .l'abbé p.140 JANVIER 1 963 Jean-Paul PINSONNEAULT (voir à la page 120) I Les i légèretés i de la i critique E D I T € E I A L JT\ANS un récent numéro de la Revue de l’Université d’Ottawa, Jean-Paul Plante -LS faisait dire à André Giroux que « la critique canadienne est à peu près inexistante comme les grandes oeuvres » et l'auteur d'Au delà des visages expliquait: « les critiques qui sont souvent des gens ayant dans leurs tiroirs un tas de romans inachevés, reprochent souvent aux créateurs d’être très pauvres, très limités, et je pense qu’eux-métnes le sont, pauvres et limités.J’ai mené une petite enquête parmi plusieurs auteurs canadiens.J'ai demandé aux gens de me répondre très honnêtement et de me dire si une critique, un jour, leur avait rendu service.Les réponses étaient unanimes.Aucune critique n'a jamais rendu service aux gens que j’ai questionnés.» (Revue de l’Université d’Ottawa, oct.-déc.1962, p.426) Je crois bien qu’il faut, dans cette affirmation, faire la part du feu.Quand on touche à leurs œuvres, beaucoup d’écrivains font montre d’une sensibilité aussi ombrageuse que la sensitive ! Pour la moindre réserve formulée dans un article par ailleurs très élogieux, on peut facilement s'attirer leur mécontentement, voire même leur rancœur: ils ne voient que les épines dans le bouquet de roses que vous leur présentez, et ils ne se sùuvietulront que de cela.Il y aurait lieu, par ailleurs, de préciser quel genre de service les écrivains attendent de la critique.Consciemment ou non, n’espèrent-ils pas, souvent, que la critique aidera à la diffusion de leurs œuvres et que là se limitera son rôle ?Si cela est, ne se trompent-ils pas en ravalant la critique au niveau de la propagande ?Quand une œuvre est un four, qu’elle est insignifiante ou bâclée, c’est rendre un bien mauvais service à l'écrivain que de ne pas le lui dire: il s’obstinera dans une voie sans issue.C’est, en outre — et cela est autrement grave — être malhonnête à l’égard du public.Car il y a aussi le public qu’il ne faut pas oublier quand on définit le rôle de la critique: celle-ci ne doit pas exister en fonction seulement du service à rendre à l’écrivain mais aussi en fonction du public qu’elle doit éclairer.Le devoir d’honnêteté lie aussi impérieusement le critique a l’égard du public qu’à l’égard de l’écrivain.Si anonyme qu il soit, le public n’a pas à faire les frais d’une complicité entre critique et écrivain.Ces précisions données, il faut avouer que les griefs que l'on formule à l’endroit de notre critique sont souvent fondés, et qu’elle gagnerait à faire un sérieux retour sur elle-même pour évaluer les mobiles qui l’inspirent.Ne se préoccupe-t-elle pas trop, parfois, de « faire plaisir » à un auteur donné ?Ce préjugé bienveillant peut être fort désastreux dans ses effets et autoriser toutes sortes de compromissions.Il est à l’origine de cette critique de chapelle, qui est une sorte de patronage littéraire, la pire forme peut-être de patronage ! Aucun écrivain n’y trouve son compte: ni celui qui n’est pas de la même chapelle parce qu’on l’ignore ou l'expédie en vitesse, ni celui qu’on encense parce qu’on lui épargne ces dures vérités dont il pourrait éventuellement tirer parti.Et le public est berné.A l’opposé de la critique de chapelle, nous trouvons chez nous une autre déviation de la critique: la critique parasitaire.Pour cette sorte de critique, l’écrivain n’est qu’un accessoire, un tremplin qui facilite et met en évidence sa propre voltige.Les recettes sont nombreuses, variées, et relativement faciles, pour qui veut accommoder l’écrivain à son propre menu.Il n’est pas nécessaire d’être objectif, ni d'avoir bien compris l’ouvrage.Il n’est même pas nécessaire de l’avoir lu en entier; un chapitre, voire même un paragraphe peuvent suffire.Partant de là, on fait de l'esprit, abondamment, on accumule les digressions où l’on se raconte et où l'on étale son érudition, et le tour est joué ! Mais la recette la meilleure, celle qui ne rate jamais son effet, c’est celle de l'abattage en règle.On court sus à la critique comme à la curée: « quel caractère il a, ce critique ! » Quant au sort qui attend l’ouvrage soumis à cette boucherie, on ne s’en soucie guère ! En deux colonnes de journal, en une demi-page de revue, on peut ainsi disposer d'un livre qui a parfois exigé plusieurs années de travail et de sérieuses réflexions.Et l'on s’étonne ensuite de Vamertume de l’écrivain.Enfin, on trouve chez nous une autre sorte de critique: la critique fonctionnaire.Pour faire face à une actualité qui l’aiguillonne de toute part, le critique peut parfois être tenté de « couvrir » un livre, comme on bouche une colonne.Il lit l’ouvrage en diagonale — on sait ce que cela veut dire parfois.— puis, il délaye son texte.Encore là, en quelques lignes, en quelques minutes, on expédie un ouvrage comme s’il s’agissait d'un simple incident mondain.Il n’est guère possible, et il ne serait pas souhaitable, d’avoir une critique telle que tous les écrivains en soient toujours et entièrement satisfaits.Mais il faut reconnaître que nos écrivains tout comme le public sont en droit d’attendre de bon nombre de nos critiques un peu plus de sérieux, d’honnêteté et d’objectivité.Rita LECLERC 114 LECTURES Étude ^Albert AerfanJ (l872-1943) Ceux qui ont lu les trois drolatiques chapitres que, dans le Voyage en Suisse, Alexandre Dumas consacre à l’histoire de son Anglais timide savent à quelles bévues ce caractère peut entraîner sa victime.Chez Albert Ferland, cette faiblesse était d’un autre genre.Timide au point de raser les murs, comme un écolier pris en faute, et d’éviter tous les contacts étrangers, mais artiste aussi au point que chacun de ses manuscrits constitue un chef-d’œuvre même de calligraphie, il a associé dans toute son œuvre ces deux traits.Artiste, il le fut d’abord techniquement, si tant est qu’il voulut être considéré avant tout comme un dessinateur.Si l’on veut savoir jusqu’où dans ce domaine il poussa la perfection ou la méticulosité, il suffira de scruter, sur le carton ci-après que nous tenons de sa main, la netteté des jambages et la rectitude de la ligne.(Il I, d«.(' fl " Le fil,!' * »ih* '•«- +'*•; \ la «V- 0lbu.T7tf»r«'_ ?ii f«**- *•?- • • » Gloire i ui Poi,.,.t cmmmut immru/u.Tu (roM'JU Ut itmpj.lu btrcét Ut payt.Ton art chiri du Gmt dé Rom* tt d» Paru A trampianii so fUur dont la Franc» NotmiU Point ailiitim» tt tou/ourt jtun» tt b»Ut Tu donnât la durit aux moü gu» tu chouu.Tu chanUi lu amoun tt Ut combat» hard a Et la \atur» »n lot l'ouvt un miroo ftdH» Séuit »ont dnnu d* loi Ut fhtr.htun d Mai.Qui U tard*ni Uur cotur «n et mond» brûlai Qui intni t immolér pour txalltr Itur rh» la flamm* du Poèi» tu un grand don du Ci#/ Il port» tn lui iicho du Rythmé umvtrttl.El ton oéutr» ut l» chant d un» âm» gui t Hiv» Attire FERLAND d’auteur canadien rvv T“o":V- Mais il fut aussi artiste en tant que poète: n’a-t-on pas parlé de ses pièces « fignolées » ?La facture de ses vers, sans être éblouissante, est nette; mais son cœur s’y exprime avec une réserve déconcertante.On se trouve ainsi en face d’un homme qui sent avec une exceptionnelle vivacité, mais impuissant à susciter chez son lecteur les sentiments correspondants.Quant à son don de l’image, de la couleur et du mouvement, qu’on en juge par une strophe.Assis un soir au bord du fleuve, à Longueuil en face de Montréal, le poète décrit comme il suit l’impression qu’éveille en lui la réfraction dans l’eau des innombrables réverbères de la métropole: Ses feux tissent dans l'ombre une dentelle { claire, Dont chaque point d’argent sur l’eau vacille {et luit D'éclatants nénuphars semblent peupler la {nuit, Berçant au sein des flots leurs tiges de lu- {mière.Alors surtout qu’il fut tour à tour secrétaire et président de YEcole littéraire, sa poésie exploita une triple veine.Au début, avant 1900, il s’abandonne aux effusions sentimentales, courantes chez les jeunes.Dans Le Canada chanté, en quatre parties, le poète se tourne vers sa patrie et célèbre d’elle la nature, surtout la forêt.Plus tard, épris depuis longtemps des civilisations indiennes, il reconstitue les mœurs de tribus telles que les Ojibways (cf.YHiar-vatha de Longfellow).Cette dernière source d’inspiration lui fut révélée par son enfance même.Elevé aux bords du lac Simon, sur une ferme contiguë à la réserve de ce groupe, il avait, dans ses randon- nées avec les enfants de la tribu, observé leurs habitudes, saisi leur caractère, appris même suffisamment leur langue.La douceur de ces Indiens l’avait alors fasciné au point que, nous assure-t-on, les pièces qu’il leur a consacrées sont rythmées d’après leurs chants traditionnels.Albert Ferland nous en voudrait de terminer une étude sur lui sans avoir rendu un hommage d’admiration à celle qui fut son Egérie, sa sœur madame Albertine Ferland-Angers.Sans l’influence de cet esprit cultivé et de ce cœur d’or, l’histoire de notre poésie régionaliste compterait un représentant de moins, victime d’une timidité mortelle.* ?* ŒUVRES.Mélodies poétiques.Montréal, Bédard, 1893.141p.portr.— Le Canada chanté.III.de l’auteur.Montréal, Déom, 1908-46.— Femmes rêvées.Préface de M.Louis Fréchette.Montréal, chez l’auteur, 1899.38p.ill.— A notre connaissance, la production « indienne » de Ferland n’a jamais encore été recueillie en volume.On en trouve les pièces dispersées, soit dans Les Soirées de l’Ecole littéraire (1925), soit dans les Mémoires de la Société royale du Canada, (passim) * * SOURCES A CONSULTER.— Baillargeon (Samuel), c.ssr., Albert Ferland.Dans Littérature canadienne française.Montréal, Fides [19601.525p.24.5cm.P.208-211.— Hébert (Maurice), Albert Ferland.Dans le Canada français, déc.1930 et janvier 1931.Emile CHARTIER, p.d. düdocfcce avec le& (ivneà D’HIER ET D’AUJOURD’HUI E.LEGRAND: rjCe (Concile onciie oecuménique el i evanqe et /évanaéHiâation ch u mon Ce livre 1 a paru en substance dans une série d’éditoriaux de la revue romaine Le Christ au Monde -, dont l’auteur est directeur en chef.Exmissionnaire de Chine, le Père Legrand a été nommé consulteur de la Commission des Missions préparatoire au Concile, ce qui ajoute a l’intérêt de son plaidoyer.Car il s’agit ici d’un plaidoyer auprès du Concile pour une intervention décisive dans la vie de l’Eglise.Devant le défi que lui pose l’évangélisation du monde non-chrétien, il n’y a pour elle qu’une réponse: une mise en état de mission et une mobilisation générales.Statistiques à l’appui, l’auteur expose la situation alarmante où elle se trouve: infériorité numérique, menace du communisme, déchristianisation, laïcisme.Après quoi il suggère les moyens concrets de réveiller le sens missionnaire des catholiques: moyens d’ordre matériel comme l’utilisation systématique des mass-média, moyens d’ordre spirituel comme la prière plus intense, un renoncement plus généreux, la dévotion au Christ rédempteur et sauveur du monde, une discipline plus ferme dans l’apostolat.Ces suggestions entendent tracer la voie à d’éventuelles interventions conciliaires sous forme de recommandations et même de déclarations solennelles.Ce que l’auteur redoute, c’est l’affaiblissement du zèle apostolique amené par l’enseignement de « certains auteurs » qui laissent dans l’ombre telle ou telle doctrine traditionnelle.« en défendant des thèses contestables qui diminuent l’importance et l’urgence de l’évangélisation » (p.43).Il apporte deux exemples: l’accent mis par les uns sur la miséricorde divine à l’égard des non-chrétiens et sur les religions non-chrétiennes comme voies pour aller à Dieu; la thèse chère à certains autres selon laquelle le but des missions ne serait pas l’évangélisation mais l’implantation de l’Eglise.Ces doctrines tendent, à son avis, à minimiser l’importance et la nécessité de la prédication.Il fallait s’attendre à ce qu’une revue aussi engagée dans la recherche désintéressée que Parole et Mission oppose à ce pragmatisme d’homme d’action une résistance qui se veut, il va sans dire, positive et fraternelle.Il ne s’agit pas, dit le liminaire du numéro d’octobre 1961, de taire certaines vérités, comme la miséricorde de Dieu et son ampleur, sous prétexte qu’elles énervent le zèle apostolique ou freinent les conversions.La vérité, et elle seule, délivre et sauve.Mais il faut la prêcher dans toute sa dimension, et dans le cas de la miséricorde, jusque dans ses rapports avec la justice divine.Ce n’est pas à se limiter aux vérités plus « rentables » qu’on va hâter le royaume de Dieu.Quant au but de la mission, l’équipe de Parole et Mission refuse de se laisser enfermer dans le dilemme du Père Legrand: ou bien planter l’Eglise ou bien annoncer la Parole.Il s’agit plutôt de susciter une Eglise qui devienne l’expression indigène du peuple où elle s’implante, ce qui suppose l’annonce de la Parole.« L’Eglise se construit avec les enfants qu’elle-même engendre par la prédication de sa foi.» Derrière cette divergence théologique, il y a l’affrontement de deux attitudes missionnaires que l’on retrouve tout au long de l’histoire des missions modernes.L’une conçoit l’apostolat missionnaire à la manière d’une opération militaire.Elle parle volontiers de mobilisation, de croisade, de mise en Janvier 1963 777 œuvre systématique des moyens de conversion.Elle croit à la prière sans dojte, mais surtout à l’action.L'autre croit davantage au rayonnement d’une vie imprégnée d’évangile et de dialogue avec Dieu.Elle ne veut pas tant conquérir qu’accueillir, échanger, établir des liens d’amitié dont le but est l’annonce du Message et le terme, le partage en plénitude de notre foi dans l’Eglise.Qu'il y ait danger d’excès de part et d’autre, rien à cela d’étonnant, de même que le dyptique évangélique Marthe et Marie peut aboutir, dans l’application, à des déviations comme 1 activisme et le quiétisme.L’important est que ces deux attitudes, dans les limites de la vérité et de 1 amour, demeurent ce qu'elles doivent être: complémentaires.Autres lacunes, signalées d'ailleurs, pour la plupart.dans Parole et Mission: l’importance qu’accorde le Père Legrand à la statistique dans son argumentation, comme si l’accroissement numérique était le critère déterminant de l’efficacité missionnaire de l’Eglise.D’autre part le laïcat tient peu de place dans le programme d’évangélisation de l’auteur.Toujours la hantise du manque de prêtres, sans inquiétude correspondante pour l'apathie d’un trop grand nombre de laïcats des Eglises considérées en état de détresse.Même lacune à signaler à l’endroit des contemplatifs, dont le rôle se résume, pour l'auteur, à la prière.Mais leur présence, qui a valeur de signe, en pleine terre non-chrétienne ?N’a-t-on pas remarqué avec raison combien un peuple tourné vers la contemplation comme celui de l’Inde avait manqué la présence et le témoignage des moines missionnaires.On pourrait ajouter à ce relevé d’autres silences étonnants: rien ou presque sur les tâches de civilisation (développement communautaire, éducation de base, santé) qui sont pour l’église le tremplin providentiel de l’évangélisation au XXe siècle.Avant l’annonce de l’Eucharistie, le Christ n’a-t-il pas multiplié les pains ?Rien non plus sur la coopération avec les organismes internationaux qui travaillent à l’édification de la Cité terrestre et que les chrétiens doivent animer et orienter (Pie XII au 2e Congrès de l’Apostolat des Laïcs).Rien enfin sur le laïcat missionnaire, en tant que mouvement d’adultes, cette jeune force qui assure à l’Eglise, au niveau de l’homme de la nef, un échange de vie et d’énergie entre les Eglises de l’Occident et celles du Tiers-Monde.Le volume du Père Legrand a cependant un grand mérite: celui de rappeler aux pasteurs de l’Eglise, avec une étonnante vigueur et un sens pratique assuré, certaines urgences et certaines déficiences inquiétantes dans l’effort d’évangélisation des catholiques.Lors du précédent concile, Vatican I, onze évêques français avaient signalé dans leur rapport les difficultés de l’évangélisation 118 du monde de leur époque, entre autres le petit nombre des chrétiens.Pour y remédier, ils proposaient la multiplication d’Eglises locales avec leur clergé indigène.Cet appel de caractère quasi-prophétique ne parvint pas a la table du concile.La situation de l'Eglise, à l'heure de Vatican II, est loin d'être meilleure, si ce n’est que les Eglises locales se sont multipliées et qu’elles peuvent faire entendre leur propre voix dans la personne de* évêques de couleur.Mais il est bon et même nécessaire que des cris d’alarme comme celui du Père Legrand retentissent dans notre Eglise en concile.Ils suscitent tantôt des échos, tantôt des protestations.Ils attirent de toutes façons l’attention de tous sur les grands problèmes actuels, particulièrement celle des Pères conciliaires qui vivent sous nos yeux une des grandes heures de l’Eglise.Jacques-M.LANGLAIS, c.s.c.1.LEGRAND (E.)t 'c.i.c.m.LE CONCILE ŒCUMENIQUE ET L'EVANGELISATION DU MONDE.Préface de Son Eminence le cardinal Suenens.Mulhouse.Salvator.1962.142p.19cm.Pour tous 2.Vol.6, nos 1-4; vol.7, nos 1 et 2.Vézine Marcel Trudel Un historien place des personnages fictifs dans un milieu connu, nous fait aimer son héros, un simple d'esprit pour les uns mais en réalité un poète et un sage.$1.00 Chez Fides, 25 est, rue Saint-Jacques Albert CAMUS: Carnets Bernard-M.Mathieu, o.p.« De même que la mort d’un écrivain fait qu’on exagère l’importance de son œuvre, la mort d’un individu fait qu’on surestime sa place parmi nous.» (P.145) Cette phrase de Camus que nous lisons dans ses Carnets \ nous ne la citons pas pour minimiser l’œuvre de l’auteur de La Peste.L’écrivain a été grand et a tenu une place importante dans le monde littéraire de l’après-guerre de 1939.Le penseur ?C’est une autre chose.La pensée de Camus nous a toujours paru assez pauvre, et nous croyons que son influence auprès de la jeunesse a été plus le fait de la sincérité de l’homme que de la profondeur de sa pensée.Avouons-le nous avons été déçu par ce livre.Des notes biographiques jointes à l’ouvrage nous apprennent que Camus a été membre du parti communiste dès 1934 et qu’il l’a quitté en 1937.Pourquoi ?Nous n’en savons rien.Les événements historiques de l’avant-guerre sont évoqués à peine, sauf deux ou trois pages sur la guerre de 1939.Camus jugeait absurde la guerre et ses tueries.« Rien n’est moins excusable, écrivait-il, que la guerre et l’appel aux haines nationales.» (P.172) Mais une fois que les jeux sont faits, que la guerre est déclarée, se tenir « au-dessus de la mêlée », lui semblait une lâcheté.De plus, « juger un événement est impossible et immoral si c’est du dehors.C’est au sein de cet absurde malheur qu’on conserve le droit de le mépriser.» (P.172) Cet ouvrage a quand même un intérêt capital, car dès cette période les grands thèmes de la pensée de Camus apparaissent.On entend déjà son cri sur l’absurdité de l’existence et son athéisme apparaît dans toute sa dimension.Deux choses étaient certaines pour lui: la vie et la mort.Mais après la mort ?« Combat tragique du monde souffrant.Futilité du problème de l’immortalité.Ce qui nous intéresse, c’est notre destinée, oui, mais non pas après, avant.» (P.51) Il dira plus loin que l’immortalité est « une idée sans avenir ».(P.228) Visitant un cimetière en Italie, Camus lit les inscriptions sur les monuments.Tous ces gens qui étaient morts avaient peiné durement sur terre.Ils avaient fait leur devoir, avaient accepté la condition humaine avec ses joies et ses tristesses, et la résignation chrétienne n’avait pas été un vain mot pour eux.Camus rejetait la résignation.« Je ne me résignerai pas.De tout mon silence je protesterai jusqu’à la fin.Il n’y a pas à dire « il faut ».C’est ma révolte qui a raison, et cette joie qui est comme un pèlerin sur la terre, il me faut la suivre pas à pas.» (P.71) Il ne voulait connaître qu’un devoir: aimer; pour lui, l’amour sauvait de l’absurdité.Oui, mais quel amour ?Aimer le monde avec ses splendeurs, communier de tout son être à la beauté de la terre.Et pour mieux goûter les richesses de la nature, se dépouiller: .« un point extrême de pauvreté rejoint toujours le luxe et la richesse du monde ».(P.75) Le chrétien aussi connaît ce dépouillement, mais Janvier 1963 119 pour mieux accéder à Dieu, pour le rejoindre un jour au Ciel.Camus refuse cette forme de renoncement.Ces franciscains d’un couvent de Florence dont il vient de voir les cellules pauvres, communient eux aussi à la grandeur de la création.S’ils pratiquent le renoncement c’est pour une autre vie.De cela Camus ne veut pas entendre parler.« S’ils se dépouillent, c’est pour une plus grande vie (et non pour une autre vie).C’est le seul sens que je consente à entendre dans le mot dénuement.(P.75) Toujours le rejet de l'immortalité et la recherche du paradis sur terre.Un autre texte nous montre encore que Camus était bien loin du christianisme.A plusieurs endroits des Carnets, il cite des textes de Nietzsche, et ce dernier semble l’avoir profondément marqué avec son culte du surhomme.Un Dieu fait homme a l’admiration de Camus, mais le Christ mourant sur la Croix est rejeté par lui.« Arrachons les dernières pages de l’Evangile et voici qu’une religion humaine, un culte de la solitude et de la grandeur nous est proposé.» (P.206) Camus cherchait le paradis sur terre, et il croyait possible la sainteté sans Dieu.Il y avait, il faut le dire, de la grandeur chez cet homme.Mais avec son thème de l’absurdité de l’existence, cet entêtement à vouloir fonder une morale sur la révolte, Camus s'est enfermé dans une prison d’où il n’a pu sortir.Certes la guerre, les camps de concentration, la misère sous toutes ses formes, nous jettent dans une angoisse, même pour nous chrétiens, difficile à surmonter.Mais la révolte mène à quoi ! Camus a parlé dans L’envers et l’endroit de la « misère de l’homme en Dieu ».Nous disons, nous, que la ré- volte c est la ?misère de l’homme sans Dieu ».Camus était athée et son athéisme revêtait une forme particulière.L’incroyance de millions de travailleurs est un fait qu’on ne peut nier.Camus appartenait par sa naissance à un milieu prolétarien vivant sans Dieu, et l’athéisme lui semblait une chose normale.C est par fidélité à ces masses que Camus refusait Dieu, et se convertir lui eût semblé une lâcheté, une trahison.Dans un article remarquable sur l’auteur de La Peste, le Père André Blanchet, s.j., écrit: « Peut-on fonder toute une vie sur une base aussi peu vérifiée ?Si l’incroyance de mes frères, du grand nombre, de moi-même est un fait, ce peut être aussi une erreur.»1 2 Camus a-t-il vraiment tenté tous les efforts possibles pour chercher la Vérité ?Nous n’avons pas à le jùger, mais nous croyons que sa philosophie de l’existence reposait sur des bases bien fragiles.On a vanté souvent avec raison le style de Camus.Les Carnets à ce sujet, nous laissent sur notre appétit; ils sont trop schématiques, et ne laissent pas pressentir que Camus nous enchantera plus tard par sa prose.(1) CAMUS (Albert) r^ai 1935 — février I942- [Paris] Gallimard {1962).252p.19cm.Appelle des réserves (2) La littérature et le Spirituel.Classiques d'hier et d'aujourd’hui.T.III.Aubier, 1961.P.200.Jean-Paul PINSONNEAULT LES ABÎMES DE LAUBE Rita LECLERC Après Le mauvais pain, publié en 1958, et Jérôme Aquin, paru en 1960, Jean-Paul Pinsonneault vient de nous offrir Les abîmes de l'aube.Trois romans 120 qui ont plus d'un trait commun, et dont le principal est de traiter du drame de l’échec, et de l’échec d’un amour.Le mauvais pain évoquait le visage mons- LECTURES trueux d’une mère au cœur calciné par la haine.Jérôme Aquin disait les tourments d’un ex-séminariste dont l’amour pour Dieu et les âmes s’était fourvoyé.Les abîmes de l’aube traduisent la longue plainte d’un adolescent qui découvre, avec désespoir, la perversion des désirs de son cœur.S’il est assez rarement traité par les romanciers, le thème de l’homosexualité n’est cependant pas un sujet neuf en littérature.Mais rarement, croyons-nous, a-t-il été exposé avec autant de délicatesse, de discrétion et de tact que dans Les abîmes de l’aube.En un siècle où la littérature a toutes les audaces, c’est là un fait assez peu commun et qui mérite d’être signalé.Jean-Paul Pinsonneault a choisi, pour traiter ce thème très délicat, la formule du journal.Jugée désuète et dépassée naguère, cette formule connaît aujourd’hui un regain de popularité.Elle permet à l’auteur de coller davantage à son personnage principal et d’ajouter ainsi à son authenticité.Les personnages secondaires, il est vrai, paraissent alors moins vivants et quelque peu déformés par une sorte de réfraction.Mais quand il s’agit d’évoquer le cas d’un adolescent inverti, morbidement replié sur lui-même, dont tout le drame est justement une incapacité radicale à sortir de lui-même pour prendre la juste mesure du monde qui l’entoure, cette formule du journal est incontestablement la meilleure.Au fil des jours et des heures, ce journal nous livre la pitoyable histoire de Jean.Renvoyé du collège, avant la fin de l’année scolaire, pour une soi-disant « liaison » avec un camarade, le jeune homme est de retour au foyer.Mal accueilli par les siens, malheureux et désemparé, il fait comme font beaucoup d’adolescents en pareil cas, il rédige son journal.Simple passe-temps au début, cette occupation prend peu à peu un caractère plus sérieux et plus exigeant.C’est que le jeune homme, pris au jeu du miroir, se regarde avec une lucidité de plus en plus aiguë et cruelle, et décide d’aller jusqu'au bout de sa vérité.Entreprise périlleuse et difficile à laquelle Jean ne sera fidèle — il l’avoue lui-même — qu’au prix parfois d’un effort inouï.A maintes reprises, on le sent se colleter avec son journal: Ce journal me donne à certaines heures un mal jou.(P.82) — Ce qui m’était au début presque un plaisir, exige à présent de moi un effort pénible, douloureux même [.] On ne regarde jamais sa vérité en face qu’au prix d’une certaine gêne.(P.129) Que saurons-nous, au terme de la douloureuse mise à jour de la « vérité » de Jean ?Que le jeune homme n’était pas heureux au foyer, entre une Janvier 1963 mère qui n’est pas la sienne, un père trop faible et une sœur indifférente.Vivant souvenir d’une ancienne liaison de son père, il a été recueilli par ce dernier, mais sa mère adoptive lui a toujours voué une haine tenace.Sevré d’affection au foyer, il a reporté sur un camarade de collège toutes scs puissances d aftection.C’est à cause de cette amitié pour Laurent qu'il a été renvoyé du collège.Qu’y a-t-il eu entre les jeunes gens ?Nous ne le savons pas exactement, car il semble y avoir eu méprise et Jean, trop orgueilleux ou trop fier pour s’expliquer, a préféré prendre figure de martyr et donner ainsi a Laurent ce qu’il croit être une éclatante preuve d’affection.De retour à la maison, il vit d’abord dans l’euphorique souvenir de cette amitié.Puis, il commence à s'interroger sérieusement sur la nature de cette affection, tout comme il s interroge sur ses relations difficiles avec sa famille.Dans la solitude de sa chambre, tout est recueilli, pesé à la balance de précision et examiné à la loupe.Et c’est ainsi que Jean prend conscience du caractère anormal de son affection pour Laurent.Dans un vague effort pour échapper à cette morbide emprise, il se lie d’amitié avec yne jeune fille, mais 1 aventure tourne court, comme il l’avoue bientôt: ce visage surgi à la lisière de ma solitude comme un espoir, n’était qu’un mirage.Vers qui se tourner alors ?Il y a son père, il est vrai.Jean 1 aime et s’en sait aimé.Mais ce père, faible et malheureux lui-même, ne semble pouvoir lui être d aucun secours.Il y a Pierre aussi, ce camarade d enfance dont l'amitié est quelque chose de net et de pur.Mais Jean, ulcéré par le souvenir de son aventure avec Laurent, n’ose se confier à lui.Il y a également ce prêtre, ami et conseiller de sa mère, qui fréquente la maison.Mais le jeune homme qui s’est confessé à lui n'a retiré de l’expérience qu'un plus profond désarroi.Dieu est là, bien sûr, et Jean ne l'ignore guère qui, aux heures de nausée, lance vers lui un cri d’appel: Mon Dieu, il n’en tiendrait qu'à vous que je sois différent de moi-même, que je n'aie pas à me haïr à cause de vous.Tous ces êtres normaux, pourquoi ne puis-je pas leur ressembler ?J’ai un tel désir d’aimer et d’être aimé ! Apprenez-moi un amour qui n’est point le mal, donnez-moi un cœur qui ne soit pas un piège.Que je puisse enfin connaître la joie du matin, de la vie offerte et de l’âme victorieuse ! [.J Pourquoi m’avez-vous donné le vertige du mal si ce n’est pour que j’en triomphe par vous ?D’autres s’accommodent du péché alors qu’il me torture et me rend malheureux.Délivrez-m’en, mon Dieu, puisque je ne sais pas l’accepter.Arrachez de moi un amour monstrueux.Je n’ai que vous.Vous voyez ma solitude et le dégoût que j’ai de moi-même.- (P.74) Plus loin: Mon Dieu, tirez-moi de cette impasse ou redonnez-moi courage.Je ne peux plus vivre ainsi.Je suis écœuré du mal qui est en moi et je ne sais pas en guérir.(P.104) A ccs appels, il semble d’abord que Dieu ne réponde pas.Et Jean, désespéré d’être seul et livré à de pauvres plaisirs qui l’écœurent (je ne sais rien de plus triste et de plus décevant que le mal, p.35), prend le parti de revoir Laurent.Mais ce dernier en a assez de cet encombrant camarade qui veut 1 accaparer au moment même où il vient de se faire une amie, et il le rabroue sans ménagement.Rejeté désormais à l’enfer de sa solitude, Jean perd pied.Une brève et pitoyable rencontre avec une fille de joie lui ayant prouvé l’incurabilité de son mal, il décide de se suicider en simulant un accident.Le livre se clôt sur une lumière inattendue.Le suicide a été raté et Jean se retrouve à l’hôpital où il rumine d’étranges pensées: J’ignorais ce qu’est la mort.Je me faisais d elle une fausse idée.Je la voyais comme une sorte de nuit libératrice alors qu elle est une lumière insoutenable.(P.169) D’avoir frôlé la mort lui a permis de découvrir aussi autre chose: la tendresse des siens ! Que de détours pour enfin retrouver à deux pas de moi ce qui attendait que je le reconnaisse! L’amour de mon père, l’amitié de Pierre et de Sylvie, même la souffrance de ma mère, tout cela n’a jamais cessé d’être à moi, et je ne le savais pas.La présence de Laurent me cachait la tendresse offerte.(P.170) Quand on ferme le livre, Jean a décidé de « rebrousser chemin et de refaire route vers les êtres » (p.173).* * * Confession douloureuse, un peu pénible à lire par ce qu’elle met à jour de la misère humaine.Aux éducateurs qui l’ignoreraient, elle peut ouvrir les yeux sur la détresse d’une certaine adolescence qu’il importe moins de condamner que de comprendre et d’aider.Elle est écrite dans un style volontairement dépouillé et dans une langue dont la limpidité et la correction peuvent servir de modèle à bon nombre de nos tâcherons de la plume.(1) PINSONNEAULT (jean-Paul) LES ABIMES DE L'AUBE.Roman.Montréal.Beauche-min.1962.174p.19.5cm.Pour adultes « Les livres et les films portent une philosophie qui germe en nous, qui s amalgame si bien à notre personnalité que nous ne pouvons plus nous défaire de leur influence.Nous avons beau nous mettre à l’école du Christ, il y a toute une région secrète de notre être qui résiste à la grâce et refuse ses solicitations.Claudel a bien décrit ce désagrègement imperceptible de la personnalité par les influences néfastes qui s’exercent sur l’homme moderne.Il écrivait un jour à Frizeau: L esprit des jeunes gens les meilleurs est amolli et dévirilisé par cet ignoble poison de la littérature et de 1 attention a soi-même.« Qui.veut sauver sa vie la perdra.» Qui veille avec idolâtrie sur son petit jardin personnel et sur tout ce qui y pousse, blé ou poison, recueillera une triste moisson.» Paul-Emile Roy, c.s.c., L’engagement chrétien 722 LECTURES Littérature canadienne Religion LACROIX (Benoît), o.p.COMPAGNON DE DIEU.Montréal, Les Editions du Lévrier [1961].365p.19cni.$3.25 Pour tous Plus tôt, en 1958, le R.P.Atha-nase Francœur, o.f.m., avait publié dans Le Compagnon Je route.quelques chapitres bien frappés sur le Frère coadjuteur oblat.Trois cents pages de réflexions spirituelles d’une belle élévation.Voici maintenant Compagnon Je Dieu d’un auteur bien connu.La dernière livraison de La vie Jes communautés religieuses (novembre) publiait une étude sur les Laïques en communauté, nos Frères.Dans les deux premiers cas, l’accent porte sur l’esprit de ce genre de vie; dans le dernier, sur la pratique de cet esprit.Là, les principes éternels; ici, les applications relatives aux temps et lieux.Dieu sait que, sur ce terrain comme ailleurs, le vent régénérateur de la Pentecôte souffle plus violemment ces mois-ci.On ne saurait trop apprécier le rappel du service rendu en toutes les communautés par ces auxiliaires précieux que sont nos frères chargés du temporel.Il faut en savoir gré à l’Auteur dont les propos sont toujours pertinents.Il a présenté un exposé net et engageant de son sujet.Plus d’une âme noble, devant ce bel imprimé, verra le geste invitant du Maître.Comme le monachisme occidental a mis à sa portée pareil rôle, ainsi les Ordres mendiants et, après eux, les congrégations post-tridentines.D’où l’inutilité de discuter les divers éléments de la conception de cette vocation toujours actuelle.Cependant, le Concile offre une heureuse occasion aux supérieurs de repenser toutes choses.Le monde moderne a des exigences difficilement négligeables pour qui désire sa sanctification et son rendement communautaire.Faute de quoi, le recrutement diminue et la persévérance laisse des déceptions.D’autant plus que nombre de facteurs contemporains contribuent à neutraliser et à détruire le halo du sacré des jours croyants.La canonisation, par Jean XXIII.de Charles de Sezze, o.f.m., de Martin de Porrès, o.p., et du capucin Joseph de Camporoso justifie « rituellement » la pérennité, dans la vie religieuse, de la présence édifiante des Frères aux côtés des Clercs et l’utilité continuelle du Compagnon Je Dieu.Le R.P.Emile Legault, c.s.c., avait intitulé son allégorie théâtrale sur saint Joseph Le granJ Attentif.A chacun de nos confrères religieux du temporel, attentifs à Dieu et au prochain, s’applique ce titre glorieux.L’Auteur voudra bien ne pas laisser le lecteur en appétit et revenir avec un autre ouvrage aussi savoureux.Onésime LAMONTAGNE, o.f.m.MARCOTTE (Marcel), s.j.COEUR A COEUR.Vol.3.Montréal, Editions Bellarmin [1962].156d.17cm.Pour tous Le troisième tome de Cœur ù Cœur du R.P.Marcel Marcotte, s.j., nous apporte, encore une fois, le message pacifiant auquel, depuis novembre 1961, l’auteur nous a habitués.Ces entretiens radiophoniques ont le charme d’une conversation amicale sur les sujets les plus sérieux, les plus controversés.Des auditeurs angoissés posent des interrogations et le père Marcotte les apaise en répondant juste et fort avec toute la charité sacerdotale qui est sienne.Parfois, une introduction à un chapitre nouveau éclaire le problème, exposé concrètement par la suite d’une façon si précise que nous avons là, en résumé, de vrais traités de psychologie familiale.Nous aimons puiser, entre autres, au chapitre intitulé * Echecs de l’amour conjugal » qui met en relief les avanies de l’amour humain quand celui-ci n’est pas soutenu par un équilibre spirituel.« Dieu a voulu que l’amour le plus fort fût voué à l’échec afin que l’homme ne trouvât le repos dans aucune créature, mais que.dans l'insuffisance même des amours créées, il prît le goût de l’amour incréé.» Le petit livre du Père Marcotte est à consulter fréquemment.Les leçons pratiques qu'il contient aideront, à notre avis, bien des lecteurs.Julia RICHER Janvier 1963 123 Folklore BA1LLARGEON (Hélène) VIVE LA CANADIENNE.77 belles chansons du Canada français.Préface de Marius Barbeau.Montréal.Les Editions du Jour (1962].157p 20cm.Pour tous Hélène Baillargeon est l’interprète par excellence de notre folklore.Vedette de la radio et de la télévision, artiste consciencieuse, Hélène Baillargeon est devenue, depuis quelques années, le symbole même du fait français en Amérique du nord.Elle a chanté dans plusieurs pays d’Europe et ses chansons contribuent à nous faire mieux connaître.Hélène BAILLARGEON Le petit recueil qu’elle présente maintenant aux Editions du Jour contient 77 chansons du Canada français.Plusieurs ont été tirées des collections renommées de Marius Barbeau, de Luc Lacourcière et de Mgr Félix-Antoine Savard.Quelques-unes ont été recueillies par Hélène Baillargeon elle-même dans sa Beauce natale.Toutes sont jolies et, divisées par catégories, dans le recueil d’Hélène Baillargeon, elles offrent un choix très représentatif de notre folklore.Ceux qui connaissent les disques d'Hélène Baillargeon, ceux qui l’ont entendue à la radio ou sur la scène, voudront posséder ce petit livre afin d’y trouver de temps à autre une invitation à chanter ou à faire chanter dans nos familles notre beau folklore laurentien.Julia RICHER Littératu re DESJARDINS (Gilles) LES CORRIDORS.Montréal, Beauchemin, 1962.185p.20.5 cm.$2.25 Pour adultes Les Editions Beauchemin n'ont pas eu la main heureuse en publiant Les Corridors de Gilles Desjardins.Le livre, cependant, se lit bien.Le style est coulant, facile, et correct en général.Mais pourquoi diable faut-il encore attirer le mépris sur l’enseignement qui est donné par les religieuses dans nos écoles et pensionnats ?Dans ce livre où on montre la souffrance du petit Guylain Lanctôt, incompris par les Soeurs, brimé par elles, élevé manu militari, loin de l’élémentaire justice et charité, il n’y a pour ainsi dire pas d’amour.Seules, l’une ou l’autre religieuse obtiennent, en passant, un mot aimable de l’auteur.Les autres, en particulier la directrice, sont gonflées de mesquinerie et de stupidité.Des bouquins comme Les Corridors, ça rime à quoi ?Le lecteur inaverti fera comme Guylain: il méprisera à son tour celles qui le méprisent.La révolte, après avoir été sourde, sera ouverte.Quelle injustice alors ! S’il y a, — et quelle institution humaine est parfaite ?— dans nos écoles, des religieuses sottes et entichées de leur autorité, qui font marcher les enfants à la baguette (le fameux Clic, Clic, de l’auteur), il y en a des centaines d’autres intelligentes et compréhensives, maternelles et bonnes.L’auteur aurait dû le dire.Au lieu de la caricature rosse et relativement facile, il aurait dû mettre de l’amour dans son pinceau.Il ne l’a pas fait.Dans leur humilité, les religieuses enseignantes avaleront la pilule: celles qui doivent se corriger se corrigeront.Mais, encore une fois, pourquoi faut-il que les observations que les parents et le public ont le droit de leur faire soient faites dans un sourire qui va jusqu’au mépris ?A mon tour de hausser les épaules devant ce bouquin ! Paul GAY, c.s.sp.LAUNIERE-DUFRESNE (Anne-Marie de) RECITS INDISCRETS.Montréal, Beauchemin, 1961.189p.19cm.Pour tous La vie, la vie réelle, avec ses misères et ses tromperies, ses demi-réussites et ses échecs complets, ses cœurs brisés et ses amours follement rêvées, tel est le livre d’Anne-Marie Dufresne.Elle ne crie pas au désespoir.Tout simplement, elle raconte des existences qui auraient pu être autres, mais qui n’ont pas réussi par la faute d’un destin aveugle.En femme délicate, l’auteur se garde bien de verser dans l’absurde.D’ailleurs, la deuxième et la septième nouvelles montrent des destinées accomplies avec un certain succès.Le style est d’un mouvement insinuant et souple, avec un naturel remarquable, la délicatesse féminine même.Par son rythme, par ses images, ses innombrables figures, la phrase de Récits indiscrets est poétique.L’auteur voit « les vacances d’été battre des ailes dans la splendeur de la dernière semaine de juin »; elle décrit d’un mot le 124 LECTURES petit Gérard qui « porte ses trois ans avec la fraîcheur d’une caresse ».Sur ces récits s’étend comme un nuage transparent de tristesse, tristesse du passé évoqué par vagues qui affluent dans l’imagination.Paul GAY, c.s.sp.?MERCIER GOUIN (Ollivier) JEU DE MASQUES.[Montréal] Le Cercle du Livre de France [1961].191p.20.5cm Appelle des réserves Jeu de masques! Un titre qui a fait sourire une personne à qui je montrais l’œuvre.Sourire d’intelligence ?Sourire d’indulgence ?Jeu de masques fait penser à comédie, à cette comédie qui consiste à vouloir présenter un visage qui n’est pas le nôtre.C’est de cela que nous parle Ollivier Mercier Gouin dans son volume.L'œuvre comporte une suite d’histoires simples, courtes, mettant en scène des personnages familiers.Non par leur nom ou leur costume, mais par leurs comportements, leurs préoccupations, leurs soucis.Voilà, je pense, le premier mérite de l’auteur: il nous met sous les yeux des personnages bien vivants, qui parlent, agissent en hommes.C’est Nicette et Michel éprouvant les émotions de leur premier baiser; c’est Guillaume Leman en révolte contre « les phrases toutes faites » dont on lui a bourré la tête; c’est Mme Martin préoccupée « activement d’œuvres de charité » et oubliant de faire le bonheur de son mari et de ses enfants.Bref c’est tout un côté de l’humanité qui est exploité dans ce livre, un côté faible, mesquin, que, habituellement, les hommes s’efforcent de cacher.L’auteur est un homme qui voit clair.Il lève le voile.Sans moraliser.En effet, le ton demeure détaché, voire, par endroits, humoristique.Le style est simple, dépouillé même.Le dialogue, en particulier, est alerte, près de la vie.Un regret: certaines histoires gagneraient à être exploitées plus à fond, v.g.Solitude à deux.Guy LE HOUILLIER, c.s.c.SIMARD (Jean) L'ANGE INTERDIT.Pièce en trois tableaux.Montréal, Le Cercle du Livre de France [I960].96p.20.5cm.Mauvais L'Ange interdit, pièce de théâtre.reprend le thème de Florence de Marcel Dubé.Une jeune fille de 20 ans, appelée Claire, est aimée d’un homme marié qui a 40 ans et qui s’appelle Jérôme.Claire répon-dra-t-elle aux appels pressants de Jérôme ?et pour cela, méprisera-t-elle toute la tradition québécoise qui condamne l’adultère ?ou rom-pra-t-elle avec le cynique Jérôme ?On ne le sait pas.Comme dans Florence, la pièce se termine sur un coup de téléphone: seul l’autre bout de la ligne a su la décision de l’« ange ».Le narrateur — dont le jeu mystérieux soutient admirablement le drame — se garde bien de lui donner une solution.« Il est intéressant de poser un problème, susurre-t-il à la fin du troisième tableau, mais fastidieux de le résoudre.» On pourrait, en effet, du point de vue dramatique ne pas conclure.Encore faudrait-il que le problème soit complètement et loyalement po- sé ! Si, tout au long de la pièce, le dramaturge, par incapacité ou parti pris, incline d'un côté, comment peut-il dire qu’il n’a pas résolu le problème ?Il ne l’a peut-être pas résolu d’une façon scénique, mais il l’a certainement fait d’une façon réelle.Or, ici le péché est rendu agréable; on semble prendre parti pour la liberté sans frein que se donnent Jérôme et Claire, on ridiculise le père de Claire, au nom symbolique de Portelance, on le fait s’empêtrer dans des principes mal compris, dans l’opinion des autres débitée par cœur.On terrasse le vicaire avec une sorte de haine, cet Anthime Pruneau qui se croit la compétence nécessaire pour avoir été quatre ans « dans une boîte à curés de la Province ».Encore une fois, un dramaturge peut ne pas apporter de solution, mais il n’a pas le droit d’empêcher avec partialité le vrai combat, la discussion à armes égales.Il n’a pas le droit de limiter sciemment et la valeur et le nombre des combattants.L’autre parti a.lui aussi, droit de comparaître.Mais, de grâce, que ce soit avec des avocats autres que cet imbécile de Portelance et ce falot de vicaire.Les rieurs, alors, pourraient changer de côté ! Si Jean Simard avait mis deux personnages intelligents à la place des deux fantoches Portelance et Pruneau il aurait écrit la grande pièce moderne et sociale que nous attendons.Avec des adversaires de leur taille, Claire et Jérôme se seraient mesurés.Ils seraient peut-être restés dans leur sensualité et leur orgueil, mais nous aurions eu un drame de haute lutte, et combien poignant ! Hélas ! Malgré une valeur dramatique réelle, malgré un sens du théâtre si rare au Canada français, l'Ange interdit sent trop le monologue.Manquent les vrais interlocuteur et le conflit authentique ! Paul GAY.c.s.sp.125 Janvier 1963 Littérature étrangère Religion STE1NMANN (Jean) DEUTERONOME.Texte français par Jean Steinmann.Introduction et commentaires par une équipe biblique du centre d’études Notre-Dame.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].168p.ill.20.5 cm.(Coll.Connaître la Bible) Pour tous Le Deutéronome clôt le Penta-teuque.Il représente une école de pensée, au septième siècle, qui origina probablement dans le royaume du Nord pour s’étendre dans celui du Sud, à Jérusalem, après la chute de Samarie.On repensa les lois anciennes pour les adapter, dans la mesure du possible, aux conditions nouvelles de culture.Dans l’introduction au livre des Juges on a montré que l’œuvre avait subi de fortes retouches deu-téronimiques, surtout en ce qui concerne le cadre littéraire; quatre temps partagent chaque période: infidélité du peuple, sa punition suivie du repentir, et le salut apporté par la venue d’un libérateur ou d’un juge.C’est là la loi très simple de la rétribution temporelle, c’est-à-dire que le péché reçoit son salaire dès ici-bas, de même que la vertu.On ignore encore tout de la vie d’outre-tombe, ou plutôt on n’en connaît qu'une possible, celle du shéôl, où tous, bons et pervers, végètent dans l’inactivité, un peu comme des larves insouciantes et insensibles.Les marques de l’école ne se sont pas fait sentir que dans le livre des Juges, mais aussi bien dans le livre de Josué qui raconte l’histoire de la Conquête, et dans les livres de Samuel et des Rois qui poursuivent l’histoire d'Israël depuis les origines de la royauté jusqu’à l’exil.Ici, dans le Deutéro- nome, sous la forme de discours prononcés par Moïse au mont Nébo, peu avant sa mort, c’est toute l’histoire de l’Exode qui est reprise et méditée.Ainsi a-t-on pu croire que le Deutéronome fut écrit comme préface ou œuvre initiale de toute une histoire d’Israël, depuis ses origines jusqu’à Josias.Tous ces problèmes de composition du livre sont bien résumés et éclaircis dans l'introduction du présent volume de la collection Connaître la Bible.Le problème central du livre, évidemment, est la Loi.Au septième siècle, on se rend compte que cette Loi n'a enregistré que des échecs; les Israélites ne lui ont jamais été fidèles ! Aussi essaye-t-on de rémédier à son impuissance de se faire obéir en changeant un peu son cadre extérieur: elle est encastrée dans des discours de Moïse qui ne cherche pas à s’imposer d’autorité, par des ordres secs et tranchés, mais qui s'efforce de persuader le cœur en développant les motifs de la Loi, qui ne sont autres que l’amour de Dieu pour son peuple; par suite, lui obéir, c’est répondre à Dieu par un même amour.On peut voir, ici, une tentative de rapprocher l’éducation de la Loi de celle de la famille, où le cœur parle beaucoup plus que la raison.La grande nouveauté du Deutéronome c’est de promulguer la loi de l’unicité de sanctuaire.Jusqu’alors il était légitime d’avoir plusieurs lieux de culte, dispersés un peu partout en Palestine.Mais pareille coutume n’a que trop servi à encourager les rechutes dans l’idolâtrie.A l’avenir, un seul sanctuaire peut exister, à Jérusalem.sous la surveillance du roi et du clergé de la capitale.On pourra ainsi mieux contrôler la pureté du Yahwisme.On voit aussitôt que l’influence prophétique est sous-jacente à l’œuvre nouvelle.Nos auteurs l’ont remarqué.Mais on se serait atten- du à ce que l’on parle davantage du rôle qu’à dû jouer Jérémie dans cette restauration.Il est acquis que la découverte de la Loi sous Josias, telle que rapportée dans le deuxième livre des Rois (22, 3-20), ne concerne que le Deutéronome.Or c’est le temps où Jérémie est en pleine activité prophétique, et où sa prédication inspire beaucoup le pieux roi Josias.On peut donc se demander si le Prophète n’est pas à l’origine de cette rénovation de l’Alliance, prônée par ce même roi.Il est aussi très éclairant de comparer le style du Deutéronome et celui de Jérémie: on ne peut nier une influence directe de ce dernier sur l’autre, tant dans les expressions que dans nombre d’idées religieuses.A notre avis, c’est là une question que l’on ne devrait pas passer sous silence.Le commentaire exégétique est bref mais toujours à point.Nous ne relèverons qu’une imprécision: la Mer des Roseaux ou des Joncs, lieu de passage des Hébreux lors de leur sortie d’Egypte, n’est pas la Mer Rouge.Depuis les études d’Eissfeldt et de Cazelles il faut situer cet endroit dans le nord du Delta.Les textes égyptiens connaissent une telle Mer dans cette région.De plus, on comprend mal que des roseaux puissent pousser dans la Mer Rouge ! L’eau saline ne le permet pas.Il s'agit, de fait, de papyrus, très abondant dans la région de Tanis.Ceci pose un problème de reconstitution historique de cette fuite des esclaves hébreux, mais ce n’est pas notre but, ici, d’offrir une solution.Ce nouveau volume de la Collection mérite quand même d’être ajouté aux autres, sur les rayons de la bibliothèque de tout chrétien intéressé à mieux lire la Parole de Dieu; surtout il ne devrait pas échapper à ceux qui ont charge d’enseigner dans l’Eglise, soit dans la chaire soit à l’école.Guy COUTURIER, c.s.c.126 LECTURES Littératu re DU BOS (Charles) JOURNAL IX.Avril 1934 -Février 1939.Paris, La Colombe 11961J.283p.19cm.Pour tous Le dernier volume du Journal de Du Bos est paru.Avec ce tome neuvième s’achève la publication d’une œuvre qui tient une grande place dans la littérature contemporaine.A quelle famille littéraire appartient Du Bos ?Une psychologie extrêmement raffinée l’apparente à Marcel Proust.Mais avouons-le, cette psychologie fatigue à la longue le lecteur; Charles Du Bos tourne continuellement autour du pot, Charles DU BOS et le titre de ses essais critiques Approximations est très révélateur à ce sujet.Du Bos faillit tomber dans les pièges de l’esthétisme et du dilettantisme, mais sa conception de la littérature, conception proprement spirituelle, l’a sauvé de ce travers.Ce qu’il cherchait avant tout dans une œuvre, c’était le sens religieux, et à ce point de vue, peu d’écrivains ont analysé avec autant de finesse l'œuvre de Mauriac.Les neuf volumes du Journal retraçant l’itinéraire spirituel de Du Bos, nous montrent le travail mystérieux de la grâce dans une âme, et ces livres se classent parmi les grandes œuvres spirituelles de notre époque.Bernard-M.MATHIEU, o.p.BUCK (Pearl) L'EPOUSE EN COLERE.Roman américain traduit par Lola Tranec.| Paris] Stock |I9621.265p.20cm.$3.20 Appelle des réserves L’Epouse en colère de Pearl Buck offre peu de surprises.Comme à l’accoutumée la romancière y développe ses thèmes favoris: l'indissolubilité du mariage, sur le plan humain exclusivement, l’esprit de justice qui doit animer les hommes, l'amour qui les tient liés malgré tous les conflits de race ou de tempérament.La romancière a un sens tellement aigu du bonheur d’autrui qu’elle parvient difficilement à nous faire croire à la méchanceté chez ses personnages.Ainsi pour Lucinda, « l'épouse en colère » dont la froideur, l’injustice et l’intransigeance n’obnubile point la bonté agissante de son mari Pierre Delaney.Nous sommes au lendemain de la guerre de Sécession.Pierre Delaney revient dans sa famille après avoir embrassé la cause des sudistes pendant que son cadet.Torn, épris de justice, s’en allait défendre celle du Nord.Pierre ne souhaite qu’une chose: la paix définitive dans le milieu familial qui a toujours été le sien.Torn, au contraire, persévère dans la voie où son courage et sa recherche de la justice l’ont engagé.Entre eux deux, une femme, Lucinda.intouchée par la guerre, refusant d’admettre l’émancipation des esclaves, ne cédant aucun de ses privilèges.L’amour des deux frères résistera au conflit.Mais Torn devra cependant quitter le toit fraternel pour épouser une métisse intelligente et généreuse.Seul désormais en face de Lucinda, Pierre échouera sur le plan sentimental, incapable d’amener sa femme à comprendre son évolution.Mais le lien qui les unit est assez fort pour atténuer l'amertume et les regrets.Aux grands thèmes évoqués ici se mêlent des descriptions d’une nature grandiose et l’évocation de personnages secondaires fortement dessinés.Pearl Buck a un métier qui ne se dément pas même si sa conception du monde reste fragmentaire, exclusivement centrée sur l’humain.La qualité littéraire de L'Epouse en colère s’évalue mal cependant à cause d’une traduction insatisfaisante, fautive parfois.Une traduction qui ne rend pas justice à l'écrivain racé qu’est Pearl Buck.Mais comment insister sur un aspect d’une histoire si bien racontée qu’elle nous tient intéressée de la première page à la dernière ?Julia RICHER Biogra phie VIEILLARD (Renée) MOHAMMED.« Messager d’Alah ».11 photographies hors-texte et une carte.Paris, Librairie Maloine [1962].176p.ill.(h.-t.) 18cm.Pour adultes Voici un ouvrage de vulgarisation de lecture facile et qui demeure consciencieux du point de vue historique.B s’alimente aux sources de l’Islam.Le Coran et la Tradition, et suit de près les grands chercheurs contemporains.Goldziher, Lammens, Massignon.Grandefroy.Demonbynes, Gar-det.Sans bavardage ni sécheresse dans le récit, l’A.nous mène lestement à la découverte du Prophète de l’Islam, des lieux où il a vécu sa jeunesse voyageuse et ses grandes expériences religieuses, militaires et politiques.De précieux documents photographiques rapportés de La Mecque et du désert avoisinant par un pèlerin musulman révèlent quelques-uns des hauts-lieux de l’Islam tout en plongeant le lecteur dans Janvier 1963 127 l’atmosphère indispensable à l’intuition d’une époque et d’un personnage très éloignés de nous.Une ombre au tableau: l’absence d’une carte de l’Arabie du Vile siècle.De plus le magnifique tableau démographique de l’Islam contemporain placé en fin de volume, et emprunté au Centre des Hautes Etudes d’Administration Musulmane, aurait pris toute sa valeur s’il avait été commenté dans une sorte d’épilogue à l’ouvrage.Personnage vénéré de l’Islam et longtemps méconnu sinon méprisé de l’Occident chrétien, Mohammed doit au XXe siècle sa réhabilitation historique.Le livre de Renée Vieillard s’inscrit dans cet effort de sincérité et de dialogue entre Chrétiens et Musulmans.Jacques-M.LANGLAIS, c.s.c.- ¦.¦ : : ; : ’ • ¦.të&fôssssassass, , jà BALLANTYNE (Robert M.) LES JEUNES CHASSEURS DE FOURRURES.Illustrations de Willoy Copay.[Bruges] Cas-terman, 1962.129p.ill.22cm.(Coll.Relais-Classique) Relié.Pour jeunes Dans cet ouvrage l’auteur nous présente une famille de la Rivière Rouge: M.et Mme Kennedy qui ont un garçon Charles et une fille Kate.Charles qui déborde d’énergie se refuse à accepter l’emploi sédentaire que son père lui suggère.Après quelques difficultés, le père cède et le jeune homme part à l’aventure avec les chasseurs de fourrures.Bientôt Harry son grand ami le rejoint.Ils sont ensuite séparés mais se retrouvent enfin.Harry est blessé et va achever sa convalescence chez les Kennedy.Il épouse Kate.Les deux jeunes hommes demeureront maintenant à la Rivière Rouge et travailleront à de bons postes; car ils ont acquis beaucoup d’expérience de leur séjour en forêt.Ils ont appris à chasser, à diriger une pirogue à travers les rapides, à se débrouiller dans les cas d’urgence, à gagner l’amitié des Indiens.Mais surtout ils ont été en mesure d’apprécier des hommes vigoureux et courageux, des guides expérimentés qui prévoient les tempêtes et savent se mettre à l’abri.Ils ont connu les longs hivers où il y a peu à faire mais où les hommes apprennent à se mieux connaître et à découvrir que sous des dehors frustes se cachent souvent de braves gens.Ainsi leurs coeurs aussi bien que leurs corps se sont développés.Les amis qu’ils s’étaient faits au cours de leur voyage viennent les visiter: Plume-Rouge, un Indien très sympathique, et Jacques Caradoc un trappeur d’expérience.Ensemble, ils évoquent de bons souvenirs.Roman sain qui inspirera les jeunes.M.D’AMOUR CHAMSON (André) L’AUBERGE DE L’ABIME.Illustré par Pierre Noël.Paris, Editions Bourrelier [1961].159p.ill.20cm.(Coll.L’Alouette) Relié.Pour adolescents Napoléon, Waterloo, deux noms célèbres mais que de tristesse ils rappellent ! L’action de ce roman se passe au moment où les Français, après vingt ans de guerre, vivaient encore dans l’angoisse.On avait conscrit tous les jeunes hommes, et le peu qu’il en restait constituait un bien que les villa- geois et les montagnards de cette région protégeaient férocement.Un jeune officier s’arrête un soir à l’Auberge de l’Abîme, et on le soupçonne de rechercher des jeunes pour l’armée ou de chercher à faire des émeutes.Un accident malheureux se produit.C’est alors que tous se mettent à sa poursuite et ce jusqu’à l’intérieur d’une caverne qu’on a surnommée « la bouche du diable ».Lorsqu’ils sont convaincus de sa mort, ils s’apaisent enfin.Mais le cavalier, par miracle, parviendra-t-il à s’échapper?On fèra connaissance dans ce roman, avec de bons Samaritains, et une histoire d’amour émouvante se déroulera discrètement.Le mystère et la tension planent presque tout au long du volume.Seul l’épilogue en est exempté.C’est un récit passionnant pour les jeunes qui sont avides d’aventures extraordinaires.L’ouvrage est bien écrit, les illustrations en couleur cadrent bien avec le texte et en facilitent la compréhension.Les principaux personnages ont beaucoup de noblesse et de grandeur d’âme.Intéressera surtout les garçons.A noter: un lexique qui enrichira le vocabulaire.M.D’AMOUR 128 LECTURES CYRILLE LA CAGE AUX REVOLTES.Roman.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Alsatia [1962].230p.20cm.(Coll.Rubans noirs, no 24) Pour adolescents Roman psychologique, la Cage aux Révoltés nous fait suivre étape par étape, la réadaptation d’un soldat français, intrépide et courageux, qui après avoir vécu un cauchemar dans les camps de prisonniers en Allemagne, en vit un autre une fois revenu chez lui avec les siens.Toutes ces souffrances atroces endurées pendant son internement, ils les avait acceptées dans l’espérance d’un avenir glorieux et paisible pour son pays et ses compatriotes.Mais à son retour, ceux-ci ne le comprennent pas; et lui-même n’est pas dans un état d’âme pour accepter la vie telle qu’elle est devenue.Même son amie Soline, avec qui il se croyait presque fiancé, l’abandonne.Il décide, sur l’avis de son médecin, d’aller enseigner à la campagne; on lui confie une classe d’élèves qui ont tous leurs problèmes psychologiques.Etant jeunes, ils ne savent pas mieux réagir que de faire payer par leur professeur qui semble sans défense, les injustices dont ils sont les victimes dans leurs familles.François Darvey ne parle pas de son glorieux passé, il ne se défend pas, et les élèves ne devinent rien.L’élément « suspense » grandit de plus en plus jusqu’à ce qu’il atteigne son paroxysme.Et alors.c’est le dénouement.Un livre qu’il faut lire.On y voit combien il est facile d’être injuste, de juger sur les apparences et de faire payer à un innocent une rancune personnelle.On y voit aussi que l’abnégation peut obtenir plus que la violence; mais c’est une rude épreuve.On admire l'indulgence de cet être d’élite qui pardonne à ses bourreaux et imite ainsi son Maître.Cet exemple de charité chrétienne est sans doute ce qui a amené Borner à se repentir de ses torts envers celui qu’il a été forcé d’admirer.Très enrichissant pour tous.M.D’AMOUR DAVELUY (Paule) SYLVETTE ET LES ADULTES.Québec, Editions Jeunesse [1962], 156p.19cm.(Coll.Vent d’avril) Pour adolescentes Avril ! Réveil dans la nature et dans les cœurs.Sylvette, riche d’une sensibilité frémissante, éprouve le besoin, comme elle l’écrit si justement, de « défier le temps », de garder le souvenir « des petites choses, des chères petites choses de rien du tout » de son printemps heureux.Avec quel bonheur elle relatera et commentera grands et menus faits de son existence par rapport à celle de sa famille, de ses professeurs et de ses amis.Paule Daveluy a réussi là un petit chef-d’œuvre du genre.Il faut la féliciter pour un style d’une coulée si agréable, expression d’une pensée épanouie, si je puis m’exprimer ainsi, au soleil de l’expérience d’une magnifique personnalité chrétienne et humaine.Devant l’envahissement de publications françaises et américaines dans nos bibliothèques de couvent, imprimés si peu adaptés à notre mentalité, on ne peut qu’applaudir à l’initiative des Editions Jeunesse de présenter aux jeunes Canadiennes françaises, des « romans alertes, vrais, gais, qui respectent à la fois leur goût naturel de la beauté et les besoins de leur formation intellectuelle ».Le journal de Sylvette, en plus d’être rédigé par l’un de nos meilleurs auteurs pour la jeunesse, riva- lise avec bon nombre de publications des grandes maisons françaises, par sa facture élégante, son papier de qualité et son joli dessin de couverture.Denise HOULE CORR1VEAU (Monique) LB SECRET DE VANILLE.Texte revu et corrigé.Illustrations: Aline Paré.Québec, Editions Jeunesse [1962].135p.ill.18.5cm.(Coll.Brind’herbe) Pour jeunes Vanille.C’est le nom d’une longue poupée à la blonde chevelure.Marie, en présentant sa fille à Mado, sa meilleure amie, ne se doute pas du rôle que jouera bientôt la poupée dans la vie de leurs familles respectives.Les deux gamines, en compagnie des frères et sœurs de Mado, vivront des heures inoubliables, dans le décor du merveilleux hiver canadien, dans l’attente d’un Noël, qui n’aura jamais été — pour chacun — aussi beau, aussi clair.Dans un cadre bien de chez nous, l’auteur fait évoluer ses petits personnages.Minuscules bonshommes dont la vie, racontée en des mots jolis, colorés, ressemble étrangement à celle des jeunes lecteurs auxquels ce livre est destiné.Garçonnets et fillettes suivront avec autant de joie les péripéties de cette aventure au « suspense » ménagé avec adresse, c’est-à-dire dosé de façon à ne pas créer une tension trop grande pour de jeunes lecteurs.Au sommaire du prochain numéro de LECTURES : ?Autour de toi Tristan, de Claire France ?Comme à travers de feu de J.Montaurier Janvier 1963 129 Les illustrations, trop chargées à notre avis, n’ajoutent rien à la qualité — déjà reconnue par l’ACELF — du Secret de Vanille.Denise HOULE GU1LLOT (René) GRICHKA ET LES LOUPS.Illustrations de J.-P.Ariel.(Paris] Hachette (I960].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bihlio-thèque) Relié.Pour jeunes Au pays des Lapons, vivait Gri-chka, jeune garçon d’environ douze ans.Grichka avait un jour adopté un ourson trouvé près de sa mère abattue par les chasseurs.Pendant toute une année, Grichka et Djidi.l’ourson, furent d’inséparables copains.C’est alors que le clan — pour satisfaire à une coutume barbare — décida de sacrifier Djidi, au cours d’une grande fête.Pour sauver celui qu’il appelait son « frère ours », Grichka quitta le pays des hommes pour celui des ours noirs.Cependant, un malencontreux accident obligea le jeune Lapon à revenir au fover.Sans Djidi ! Comme elle sera dure la séparation des deux petits « frères * ! L’un et l’autre risqueront leur vie pour se retrouver enfin ! Mais leur bonheur de vivre ensemble sera de courte durée.Cette histoire transportera ses jeunes lecteurs dans un monde enchanté — celui où les enfants sont maîtres des forêts, des montagnes et des rivières, celui où les ours sauvages viennent partager leurs jeux et les aident, à l'occasion, à vaincre les loups.Dans un style fait pour plaire aux enfants, ce texte s’est mérité pour sa valeur éducative et son originalité le prix « Enfance du Monde ».La reliure, la présentation et les ravissantes illustrations des volu- mes de la collection Idéal-Bibliothèque contribuent à donner aux jeunes l’amour des beaux livres.Denise HOULE LEPRINCE (X.-B.) LE CHANT DES ABIMES.Roman.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Alsatia (1961).293p.ill.20cm.(Coll.Rubans noirs) Pour adolescents Le chant des abîmes, c’est celui de l’univers sidéral.Grâce à de gigantesques installations en Sologne, des savants peuvent non seulement contempler les étoiles, écouter les ondes qu’elles émettent, mais projeter dans l’espace des quantités denergie suffisantes pour engendrer dans la stratosphère de véritables écrans.La création de ces murs denergie est évidemment entourée du plus grand secret car ils constituent le plus sûr moyen de défense contre la bombe atomique.On est évidemment au pays de la Fantaisie mais une fantaisie à la Jules Verne, où la marge entre fiction et réalité pourrait bien être comblée en l’an 2000.Il serait bien étonnant que Le Chant des abîmes n’ait aucune résonance dans le coeur des adolescents qui le liront ou plutôt 1’ « entendront ».Les garçons suivront avec intérêt les longs exposés scientifiques du physicien Zouboff et de ses collègues.Aux adolescentes, plaira davantage la tendre camaraderie de Gilles et Solange.Quant à l’aventure fantastique d’An-nouchka, elle captivera plus d’un et plus d’une.Pierre Joubert, l’illustrateur de talent, s’est encore une fois surpassé.Son dessin de couverture surtout attire tout de suite la curiosité des lecteurs sur le contenu de l’intrigue.Denise HOULE THIBAUT DE MA1SIERES (G.) TOURISME CLANDESTIN.Récit d’évasions.Bruxelles, Office de Publicité (cl96IJ.243p.18.5cm.Pour adolescents Un officier belge qui fut prisonnier lors de la seconde Guerre Mondiale nous raconte ses souvenirs.11 s’agit moins de décrire la vie dans l’oflag que de faire connaître les multiples projets d’évasion qui naissaient dans la tête en effervescence des officiers captifs.Ces projets furent très souvent réalisés avec succès.Notre auteur, lui, réussit à s’évader à plusieurs reprises, et nous suivons avec intérêt ses périples clandestins.Après bien des aventures peu banales, il fut définitivement repris et même conduit dans une forteresse pour évadés récidivistes.Il ne sera libéré que vers la fin de la guerre par les Russes.Le sort réservé aux officiers prisonniers nous apparaît enviable comparé à celui qu’eurent à subir les civils dans les camps de concentration.On peut même dire, si l’on en juge par ce livre plutôt gai dans l’ensemble, que les prisonniers réussissaient à se faire une vie agréable.Le principal du temps était employé à s’aider ou à se jouer des tours, à se moquer des Boches, et bien entendu à chercher des moyens de s’évader.Le relâchement des officiers au point de vue discipline nous étonne un peu.Au cours d’une évasion, l’A.se fait à deux reprises voleur de bicyclette.et cela semble tout naturel.Comme la guerre peut changer la vision des choses ! Par contre, quand M.Thibaut est dans la prison de Dijon, en pleine solitude, sa vie spirituelle semble en profiter.Le récit est écrit dans un style alerte, un peu gavroche, qui plaira aux adolescents à qui la collection Clef des champs est destinée.C.MARTIN-POTVIN 130 LECTURES I ff\ S "t ’¦ :¦ ’ i P" Ml mmmm i & 1 ê S>f Philosophie BRETON (Stanislas) L'Etre spirituel.Recherches sur la philosophie de Nicolai Hartmann.Lyon, Emmanuel Vitte [1962}.201p.22.5cm.(Coll.Problèmes et doctrines) Psychologie GENDRON (Lionel) f , .Qu'est-ce qu'une femme?Tome 1.Adolescence et début marital.Préface de Roméo Boucher.Montréal, Editions de l’Homme [1961].139p.20cm.GENDRON (Lionel) Qu'est-ce qu'une femme?Tome II.Problèmes psychiques de l'épouse.Préface de Roméo Boucher.Montréal, Les Editions de l'Homme [1961].156p.20cm.MORIN (Yves Benoît) Votre personnalité.[Montréal, Les Editions de l'Homme, 1962].125p.14cm.(Coll.Pour tous) $0.50 Religion AIGNAN (Jean-Clair) .Pour que vive joie sauvons l'homme.Paris, Nouvelles Editions Debresse [1962].157p.19cm.AUBER (Michel) Parlons de ta foi.Lyon, Emmanuel Vitte [1962].183p.ill.(h.-t.) 18cm.DOMINIQUE (Claude) Le livre d'images de l'amour maximum.Paris, La Colombe [1962], 213p.21cm.EN COLLABORATION Introduction.[Bruges] Biblica [1962].95p.20.5cm.(Coll.Assemblées du Seigneur, no 1) EN COLLABORATION Le problème de l’argent en Litu-gte.[Bruges] Biblica, 1962.93p.23.5cm.(Coll.Paroisse et Liturgie, no 55) EN COLLABORATION Répertoire analytique et critique des fiches de chants religieux français.2e édition.[Bruges] Biblica [1962].10’p.23.5cm.(Coll.Paroisse et Liturgie, no 22) GARBIT (François) .Vers le plus grand Amour.Lettres de François Garbit.Préfacées par l'abbé Pierre.Namur, Les Editions du Soleil levant [1962].174p.ill.17.5cm.GRUN (S.) , La glorieuse transformation.Sermons pour le temps de la Pentecôte.Traduit par René Virrion.Mulhouse, Salvator, 1962.166p.19cm.(Coll.La Prédication nouvelle) HEUSCHEN (L.) La Bible chaque semaine pour la Célébration, la Meditation, la Prédication.[Bruges] Biblica, 1962.422p.23.5cm.(Coll.Paroisse et Liturgie, no 54) HUNERMANN (G.) .De l’Alaska à la Terre de Feu.Premier volume.Histoire de Missions.Grandes figures missionnaires.Traduit par Martin Briem.Mulhouse, Salvator, 1961.324p.21cm.JAVELET (Robert) t< .Let paraboles contre la loi.Paris, Editions Saint-Paul [1962].206p.19.5cra.LABROSSE (Gérard), s.j.Ma religion est-elle en danger?Montréal, Les Editions de l'Homme [1962].125p.20.5cm.LARRAILLET (Paul), s.j.La destinée humaine.Lyon, Emmanuel Vitte [s.d.].97p.18cm.LASSUS (L A.) Saint Pierre Damien et saint Bruno de Querfurt.Textes primitifs camaldules (La vie du bienheureux Romuald et La vie des Cinq Frères) traduits par le R.P.L A.Lassus.Introduits par le Rme P.D.Giabbani.Namur, Les Editions du Soleil levant [1962], 230p.17.5cm.(Coll.Les écrits des Saints) MEYER (&) Autour de la confession d'Augsbourg avec mes amis protestants.[Paris] Emmanuel Vitte [1962].112p.18.5cm.RENARD (Mgr) Vie apostolique de la religieuse aujourd'hui.[Bruges] Dcscléc de Brouwer [1962].153p.16cm.(Coll.Vie et prière) • • • Le sens du concile.Une réforme intérieure de la vie catholique.Lettre pastorale de l'épiscopat hollandais.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].58p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) SIMON (J.M.), o.m.i.Le Divin et l'Humain dans la Bible.Paris, Nouvelles Editions latines [1961].185p.18.5cm.SUBTIL (J.), s.j.El votre âme vivra.Thèmes de méditations pour retraites du mois.Première série.Toulouse, Apostolat de la prière [1962].151p.19cm.(Coll.Retraites et Récollections sur la vie religieuse, no VI) SUENENS (Mgr Léon-Joseph) Vie quotidienne, vie chrétienne.Causeries familiales.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].150p.20cm.VAN AGT (J.) Soyez miséricordieux comme le Seigneur votre Dieu.Paris, Les Editions du Cèdre [1962].197p.photo 19cm.(Coll.Spiritualité - Doctrine - Experiences) VANBERGEN (Abbé P.) Index des thèmes du Nouveau Testament.[Bruges] Biblica [1962].353p.23cm.(Coll.Paroisse et Liturgie, no 51) ZUNDEL (Maurice) Morale et mystique.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].139p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) Folklore BARBEAU (Marius) Jongleur Songs of Old Quebec.Interpreted into English by Sir Harold Boulton and Sir Ernest MacMillan.Decorations by Arthur Price.Toronto, The Ryerson Press [1962].202p.ill.24cm.Relié.Sciences HIRSIG (Werner H.) Votre destin par l’astrologie.[Montréal, Les Editions de l'Homme, 1962].127p.ill.14cm.(Coll.Pour tous) JOUBERT (Lucien) Conseils pratiques d’un médecin de famille.[Montréal, Les Editions de l'Homme, 1962].127p.ill.14cm.(Coll.Pour tous) WEIDER (Ben) La culture physique.[Montréal, Les Editions de l'Homme, 1962].128p.ill.14cm.(Coll.Pour tous) Loisirs DEYGLUN (Serge) J La chasse dans la province de Quebec.[Montréal, Les Editions de l’Homme, 1962].126p.ill.14cm.(Coll.Pour tous) 131 Janvier 1963 NOUVEAUTÉS -JML Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Pour les ouvrages étrangers, cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d'Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.CASSELLS (J.), L'inspecteur Flagg bat un record.B Roman policier.Une jeune femme est en butte aux exigences d’un mystérieux maître-chanteur.L'inspecteur Flagg l'en délivrera.Excellent roman policier.CAYATTE (A.), SPAAK (C.) et PONS (M), La prise de la Bastille.B Roman à thèse qui veut montrer la misère des petites gens mal logés.Plusieurs histoires s’enchevêtrent assez habilement.Ouvrage assez simpliste mais non dénué d’intérêt.Ne convient qu’aux adultes.COMBET (M.), Le Renard dans les vignes .D Roman qui tente d’étudier la psychologie d'un jeune garçon à l’aube de l’amour.Ouvrage artificiel où l’amour libre et l’adultère sont expressément approuvés en deux passages.DANINOS (P.), Le Jacassin .B Ouvrage humoristique où l'auteur évoque avec humour les lieux communs, les idées toutes faites et les sottises qu’on peut entendre dans une conversation entre des personnes qui ont un vernis de culture.De faciles traits d’esprit voisinent avec les remarques drôles.DAS GUPTA .(Sonali), D'un monde à l'autre B Ouvrage qui expose le témoignage d’une jeune Indienne qui, après avoir toujours vécu en Inde, va de surprise en surprise lorsqu’elle découvre la vie européenne.Elle compare ici les deux civilisations et les deux mentalités orientale et occidentale.Réflexions pleines d’intelligence, d’humour et d'indulgence.Il est à remarquer cependant que le tableau que brosse l’auteur sur la vie indienne est un peu idyllique par certains côtés.DESMAREST (M.-A.), C'est arrivé à New York.TB Roman.Histoire d’amour qui se veut mystérieuse.Style conventionnel et ton sentencieux.HARDY (R.), La frontière passe à Muratoli B Roman.Au temps de la guerre, un guide tyrolien déserte son armée, non par lâcheté, mais pour retrouver les siens alors qu'il passe à proximité de leur village.Toutes sortes de péripéties s’y déroulent.Intrigue assez complexe.Roman pathétique où le romancier évoque le conflit de personnages torturés entre leur sens de l'honneur et leurs sentiments.LEBOEUF (Jean-Guy), Arrêtez d'avoir peur ! et croyez au succès.TB MARMORI (G.), Lut parlerie .B?Roman.Deux ivrognes sortent d'un bar et s'enfoncent dans la nuit; ils errent à l’aventure en devisant sans fin.A ia fin, l’un d'eux tombe à l'eau.Histoire bizarre et hermétique, bien écrite et non dénuée de poésie.Mais qui s’intéresserait à ces divagations d’ivrognes ?MELCHIOR-BONNET (B.), Un policier dans l’ombre de Napoléon, Savary, duc de Rovigo .B Biographie d’un personnage de l’empire qui fut entièrement dévoué à Napoléon.Celui-ci lui confia des tâches assez peu agréables qui lui attirèrent la haine et le mépris: exécution du duc d’Enghien, enlèvement de la famille royale d’Espagne, répression espagnole, etc.Ouvrage documenté et d’une incontestable rigueur historique, mais peu accessible au grand public.MOUSSET (P.), Un Amour de Corée.B?Roman qui tient un peu du reportage.Un camarade légionnaire qui avait adopté un orphelin coréen est frappé à mort dans un dur combat.Avant de mourir, il léguera l’orphelin à un lieutenant qui, après avoir négligé de remplir ses engagements, s’en repentira et cherchera à réparer son incurie.Roman agréable et profondément humain.Quelques scènes en marge de la morale.132 LECTURES OUVRARD (J.), Sonnez les matines.TB Roman policier.Un cadavre a été découvert sur une île habitée uniquement par des moines cisterciens.Qui est le coupable?Intrigue bien menée et fort captivante.PASTEUR (C), Les dames seules.TB Roman qui montre les conséquences d'une éducation faussée et les difficultés des femmes seules.Deux femmes se sont évadées de leur milieu provincial pour vivre à Paris.L'une d'elles a quitté son mari et garde avec elle sa fillette.Celle-ci grandit dans une atmosphère de serre chaude qui ne la prépare guère à affronter ensuite les difficultés de la vie.Ouvrage intéressant et bien mené.La morale est saine, sans être appuyée.PEISSON (E.), Grampus.TB Récit.Grampus est un nom donné par les Anglais à un cachalot énorme et féroce.Il symbolise ici la mer ensorcelante et meurtrière qui a joué un rôle de premier plan dans la vie et l’œuvre de Peisson.Dans ce récit où la fiction se mêle à la réalité, l'auteur évoque les faits qui ont amené la création des divers personnages de ses romans.Ouvrage bien écrit, d’un abord difficile, qui ne plaira sans doute qu’aux lecteurs assidus de Peisson.SAINT-PAULIEN, La main de gloire.B Roman.Un jeune peintre qui doit « prostituer » son art pour gagner sa vie, invente une mystification qui prouve à ses contemporains qu’il est capable de peindre aussi bien que Greco et Zur-baran.Roman assez peu vraisemblable qui est une satire de la faune artistique.Il est alourdi en outre par une surabondance de termes d'art.Pour lecteurs cultivés.SHERRY (E.), Le témoin de la lie heure .TB Roman policier.Heureux en ménage, un homme trouve, en rentrant chez lui un soir, sa jeune femme assassinée.On l’accuse de ce meurtre et il n’a pas d’alibi probant.Comment s’en tirera-t-il ?Passionnante histoire, très bien racontée.SORELLA, Histoire d’une amitié.TB Cette amitié est celle qui lia Alphonse de Chateaubriant et Romain Rolland.A la mort de M C’est-à-dire mauvais: livres à proscrire.Les livres qui tombent sous les lois générales de l'Index sont cotés mauvais.Tous les livres à proscrire ne sont pas mis nommément à l’Index; il suffit qu’un livre tombe sous les lois générales de l’Index pour qu’on soit tenu, en conscience, de s’en interdire la lecture.D c’est-à-dire dangereux: livres qui peuvent être dommageables à la majorité des lecteurs, soit à cause des implications doctrinales plus ou moins fausses qu’on y trouve, soit à cause de la licence morale ui s’y étale, soit à cause d’une grave indécence ans les descriptions.B?c'est-à-dire appelle des réserves: ces réserves peu- ce dernier, Chateaubriant résolut d’écrire l'histoire de cette amitié très profonde et d'une rare qualité spirituelle qui les avait unis.Laissé en plan par la mort de l'auteur, l'ouvrage fut repris par un témoin qui signe « Sorella ».Les textes cités sont excellents.Ouvrage bien fait, très intéressant et qui ne peut être que bienfaisant pour les adultes cultivés.VIIRLAID (A.), Tombeaux sans croix.B Roman qui se déroule en Estonie à la fin de la deuxième guerre mondiale.Le héros, après avoir vécu les aventures les plus atroces, se réfugie en Occident pour obtenir du secours pour son peuple asservi.Roman qui a le souffle d'une épopée nationale et qui témoigne contre la tyrannie soviétique.Descriptions sobres et fine psychologie.Roman à répandre auprès d'un public adulte.VINCENT (R), La couronne des innocents .TB Roman qui évoque une extraordinaire et très pure amitié qui se noue entre deux enfants que rapprochent de brèves leçons de catéchisme.Récit plein de charme, de tendresse et de poésie.Pour lecteurs cultivés surtout.WEISENBORN (G.), L'exécuteur .B Roman qui est un témoignage bouleversant sur l'Allemagne nazie et sur la résistance héroïque qu'opposa une partie de cette Allemagne au régime hitlérien.En même temps, ce roman pose le problème des limites et de la relativité de la justice humaine.Tout cela à propos d'un homme qui tente de venger ses camarades dénoncés.Ouvrage passionnant, probe et traversé d'espérance.WEST (M.L.), Toute la vérité.B Roman qui narre les aventures d'un journaliste américain, redresseur de torts, qui s'est donné pour tâche de proclamer et de faire triompher la vérité envers et contre tous.Ouvrage qui tient du roman policier et dont le message est celui-ci: « nul homme n’est tellement maître de la vérité sur un autre homme qu'il puisse avec justice en écraser un ennemi ».Ouvrage attachant, mais qui n'est pas sans défaut.DES COTES- vent être plus ou moins graves.Cette cote s’applique à des volumes qui sont sains dans l’ensemble, mais dont quelques pages sont discutables, soit à cause des idées émises, soit à cause d’une certaine indécence dans les descriptions.B c’est-à-dire pour adultes: les livres de cette catégorie n’appellent aucune réserve, mais ne conviennent qu’aux adultes.Quoique irréprochable, un livre coté B pourrait présenter certains dangers pour les jeunes qui n’ont pas l’expérience de la vie.TB c'est-à-dire pour tous: livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.SIGNIFICATION Janvier 1963 133 Un aimable correspondant des Etats-Unis a bien voulu renseigner l'étudiante du collège Saint-Maurice qui, dans le courrier des lecteurs du mois dernier, souhaitait connaître un ouvrage récent du Dalaï Lama.Voici la teneur de cette lettre: « Dans le numéro de décembre de LECTURES, à la page 106, je trouve la question d'un étudiant au sujet d’un livre composé par le Dalai Lama.* Il y a un tel livre en anglais, intitulé My Land dans my People, publié par Mc-Graw-Hill Co.Inc.(330 West 42d Street, New York), 1962.Il doit être très récent, puisque notre bibliothèque publique ne l’a pas encore obtenu.« Agréez.» Frank J.Bartz (3710 North Second Lane, Milwaukee 12, Wisconsin, U.S.A.).* * * « Auriez-vous l'obligeance de donner dans LECTURES la biographie de Berthe Bernage ?» LD.— Nous avons déjà publié cette biographie dans le courrier des lecteurs de janvier 1962, mais comme ce numéro est maintenant épuisé et que nous recevons plusieurs demandes de renseignements sur cet auteur, nous vous en offrons de nouveau le texte: Berthe Bernage est née à Paris, à une date que nous ne connaissons pas.Elle est la cadette d’une famille de six enfants.Ses premières études, elle les fit sous la direction de son père, M.Siméon Bernage, lequel était professeur de Lettres, agrégé de l’Université et docteur ès lettres.Elle suivit ensuite un cours secondaire où elle acquit le Brevet Supérieur.Dans la famille de fins lettrés et de grands chrétiens qui était la sienne, elle reçut une excellente formation chrétienne et littéraire.Elle perdit son père à l’âge de seize ans et vécut dès lors avec sa mère et ses sœurs, dont deux devaient entrer en religion et une autre se marier.Cette dernière eut des enfants et petits-enfants dont s'inspirent parfois les œuvres de Berthe Bernage.Avant de suivre sa vocation littéraire, Berthe Bernage s'occupa d’œuvres de jeunesse et fit de l’enseignement dans les établissements libres.C’est vers 1930 qu’elle se révéla au public comme romancière, avec les premiers volumes de la série Brigitte.Le public fit un excellent accueil à ces romans éducatifs où l’auteur savait allier le respect des valeurs traditionnelles à un sens averti de la vie moderne.Brigitte jeune fille et Brigitte jeune femme devaient être couronnés par l’Académie française.A part les Brigitte dont la liste s’allonge d’année en année, Berthe Bernage a publié nombre d’ouvrages, entre autres: la série Le Roman d'Elisabeth, Mamie Soleil, Les belles-mères, Jardin sur le toit, Elle et son mari, Larmes et sourires, La marguerite s’effeuilla, L’homme au chapeau gris, Si je n’aime, je ne suis rien, Notre pain quotidien, Cœurs de chez nous, Sagesse au fil des jours, La marguerite refleurira, Convenances et bonnes manières, Savoir écrire des lettres.Elle écrivit aussi quelques ouvrages destinés aux enfants: Histoire d’un Pierrot, Une petite fille tombée de la lune, Il était un petit page, La tutelle de cousine Linotte.* * « A uriez-vous l’obligeance de me donner par la chronique du « courrier des lecteurs * la cote morale des ouvrages suivants: L’homme qui avait vu des choses de Paul Cazin, Elisabeth, impératrice d’Autriche de Maurice Paléologue, Le confesseur de Joseph Caruso, L’infirmière de l’île, de Caroline Trench, La jeune fille en blanc de Lucy Agnès Hancock.Le défi du médecin de Marjorie Moore.Les trois derniers livres sont de provenance américaine et de la collection Un roman d’Arlequin Que vaut cette collection pour la jeunesse ?• S.S.J.(Québec) — L'homme qui avait vu des choses est un ouvrage pour tous, Le Confesseur et l’ouvrage de Paléologue sont cotés pour adultes, avec réserves, La jeune fille en blanc est pour tous.Nous n’avons malheureusement pas de cote pour les deux autres titres.La collection dont vous parlez est dans l’ensemble convenable du point de vue moral, mais elle est assez pauvre du point de vue littéraire.« A uriez-vous l’obligeance de m’envoyer des notes sur la biographie de Paula Hoesl ainsi qu’une appréciation sur son livre Le besoin d’aimer.C’est assez urgent, il faut que j’aie ces notes pour la fin de semaine.» N.B.(Saint-François, Cté Montmagny) — Nous le regrettons mais il nous est matériellement impossible de donner des renseignements à quelques jours d’avis.Et nous prenons occasion de cette demande pour avertir nos abonnés de ce fait: il nous est impossible de répondre personnellement à toutes ces lettres qui demandent des renseignements par le retour du courrier.Sauf dans quelques cas très spéciaux, nous ne répondons que par le truchement de ce courrier des lecteurs, et comme LECTURES ne \ araît qu’une fois par mois, il faut prévoir au moins un délai d’un mois entre la demande et la réponse.Pour en venir à Paula Hoesl, voici les notes biographiques qu’on peut trouver sur elle dans l’ouvrage de Fernand Porter, Guides en éducation: Elle est née à Lyon le 21 février 1898.« Un accident 134 LECTURES survenu dans son enfance lui imposa des années d’immobilité où elle prit le goût passionné de l’étude et de la lecture.Elle put ainsi faire ses études normales qu’elle compléta à la Faculté Catholique de sa ville par une licence de lettres.Entrée par vocation dans l’enseignement secondaire libre, elle [.] consacra dès lors toute son activité à la jeunesse.Professeur de lettres (français, histoire, géographie) dans les classes préparatoires au baccalauréat, elle noua très vite des relations d’amitié avec ses grandes élèves qui la considéraient plus comme une amie que comme un professeur.Leurs confidences jointes à ses propres souvenirs d’adolescence lui montrèrent que rien n’était plus nécessaire que de préparer les jeunes à la vie du cœur.Ses élèves appartenant toutes aux milieux bourgeois, elle voulut élargir son champ d’observation, et comme elle s’intéressait vivement à toutes les jeunes, elle fréquenta les banlieues ouvrières, fit des patronages, des cercles d’études aux jeunes travailleuses.Partout elle rencontra les mêmes problèmes.Elle eut ainsi très vite un vaste champ d’observation et d’expérience qui lui permit de comprendre l’âme de l’adolescente — au delà des différences de classes sociales — et de saisir ce qui, sous l’accidentel, était le permanent de l’être féminin.[.] Elle commença à écrire dans une revue de formation dirigée par le Père Bellouard, o.p., des Lettres à une jeune fille, où sous une forme familière elle répondait à tant de confidences reçues.Ces lettres reproduites dans d’autres revues de formation eurent un tel succès qu’on lui demanda de les publier en volumes.Ce fut la matière des deux premiers livres: Le beau visage de la vie, L'âme ardente des jeunes, dont le succès dépassa rapidement les frontières de son pays.Ils furent traduits en espagnol et en portugais, surtout pour l’Amérique du Sud.Ce succès précisa sa vocation d’écrivain, sans interrompre sa tâche de professeur.[.] Pour mettre les jeunes en face de la vie réelle, leur permettre de comprendre leur vraie destinée de femme, de se réaliser sur le plan humain et sur le plan chrétien (l’un identique à l'autre), de trouver la joie dans un épanouissement harmonieux, Paula Hoesl a écrit: Ton cœur devant Dieu, Si tu veux être moderne, Si tu veux regarder la vie en face.[.1 L’éducation sentimentale des filles est le résultat d’une vaste enquête sur « les erreurs et les carences » de l’éducation.D’émouvants témoignages permirent de dégager de précieuses directives pour la formation des jeunes filles — leur initiation à la vie — le développement de leur personnalité — l’orientation de leur avenir.Ce livre a été chaudement recommandé, pour sa justesse de ton, dans les bibliographies d’éducateurs.Une des idées les plus chères à l’auteur est que la vocation religieuse permet de satisfaire les plus légitimes aspirations de la féminité.Elle le montrait en brossant un vivant tableau des religieuses missionnaires dans Leur beau destin de femme, ou par un alerte roman, La main offerte.Pour les mouvements de jeunesse dont elle s’est occupée, elle a composé des pièces de théâtre qui ont franchi les frontières.Les deux routes a été jouée à Athènes, à l’occasion d’une fête de culture française.Les mêmes préoccupations ont guidé l’auteur dans ses romans dont la presse a souligné les dons d’observation et de sensibilité, le même souci de montrer à la jeunesse les routes du devoir et du bonheur.Notamment Comme le feu du ciel d’où se dégage la place de la mère dans le sacerdoce, paru en 1952.Passionnée d’histoire, Paula Hoesl a voulu faire revivre de belle figures qui peuvent être un modèle pour les jeunes.La vie d’amour de sainte Elisabeth de Hongrie.Les deux dernières saintes françaises ont trouvé en elle le plus délicat et le plus profond des biographes: Jeanne de Leston-nac, une nièce de Montaigne, qui fonda les premiers collèges féminins au 17e siècle; Emilie de Via- lar.la fondatrice des Sœurs Saint Joseph de l'Apparition.Paula Hoesl est très souvent sollicitée par des centres de formation pédagogique pour des conférences dans des cercles de jeunes, des groupes d’action catholique, de Ligues féminines.Elle a écrit de nombreux articles dans des revues ou journaux de jeunes.Successivement dans Moisson, Vaillance, Sillage, Christiane, Semeuses, etc.» Voilà pour la biographie de Paula Hoesl.Quant à son roman Le besoin d’aimer, c’est l’aimable histoire d'une petite orpheline qui, après un temps d’épreuve, connaîtra le bonheur en ménage.On y trouve un tableau fidèle du monde ouvrier.Roman sans prétention, mais qui sera, pour le jeune public féminin, un délassement agréable et sain.* ?* « J'ai déjà lu un livre mais je l'ai égaré.Je ne suis pas sûre du titre: Du côté des jeunes gens en flirt ou Du côté des jeunes filles en flirt, et je ne sais pas le nom de l’auteur.Puis-je être renseignée sur le titre du volume, le nom de l’auteur, ainsi que sur sa portée morale ?• M.M.(Montréal) — Nous le regrettons, mais nous ne connaissons pas cet ouvrage, et l’imprécision des renseignements que vous nous donnez ne nous facilite guère le travail de recherche.L’obligeance d’un abonné, membre de la Congrégation de Sainte-Croix, nous a permis de trouver quelques renseignements sur Ca-viezel, et de répondre ainsi à une lettre du courrier des lecteurs de décembre.Voilà: Caviezel est un médecin suisse catholique qui s’est donné pour tâche de traiter dans ses romans de toutes les questions qui concernent la foi et la vie conjugale, la pratique de la médecine, l’éducation de l’adolescence et de la jeunesse.On trouvera, dans la revue Livres et Lectures de janvier 1954 (p.7), une étude critique sur une œuvre qui a ses qualités et ses défauts.Janvier 1963 135 DOCUMENT x, a.p.j.i
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