Lectures, 1 avril 1963, avril
sommaire Editorial .P- 198 Les vingt Amériques latines de M.Niedergang .P- 199 Le.Contes de Maman Fonfon de C.Vallerand.P- 201 Marie Le Franc et son oeuvre par L.-P.Desrosiers .P- 202 Jeanne Mance de Marie-Claire Da-veluy.P- 216 La collection Arc en ciel: "une façon souriante d'ouvrir la Bible aux enfants" .p.219 Sélection de 50 livres religieux parus en Fance en 1962 .p.221 Page d'anthologie: extrait de Pêcheurs de Gaspésie de Marie Le Franc .P- 224 AVRIL 1963 EimiiAi En guise d’épilogue.au Salon du Livre ÊJF.Salon du Livre de Montréal 1961 qui s'est tenu au Palais du Commerce du 3 au 9 de ce mois, aura connu un succès mérité.Les milliers et les milliers de visiteurs qui ont défilé devant ses quelque cent trente-cinq kiosques en ont eu plein les yeux de livres de toutes sortes: depuis le livre de poche, séduisant et familier, jusqu'au livre de luxe, somptueusement relié; depuis le tout récent bouquin dont l'encre vient à peine de sécher, jusqu'au livre classique, vieux de plusieurs siècles, et que des générations d'éditeurs s'ingénient à habiller à la mode du jour.Ces milliers et ces milliers de livres étaient exposés dans des kiosques fort attrayants — ce qui ne gâtait rien ! Les exposants ont, semble-t-il, rivalisé d'adresse et de goût pour la décoration de leur « pignon » respectif.L'ensemble même du Palais du commerce avait été aménagé avec une sobriété de bon goût (qui donc a eu cette idée — aussi géniale que l’œuf de Colomb ! — d’installer au centre, des bancs fort bienvenus pour une halte des bibliophiles, entre deux courses ?).Nous sera-t-il permis cependant d'exprimer quelques desiderata en prévision d'un prochain Salon ?Le premier concerne la durée: quatre jours pour une exposition d'une telle ampleur c’est trop peu, surtout quand ils coïncident avec une élection comme cette année ! Obligés de se répartir sur un laps de temps très court, les visiteurs ont été, à certaines heures, si nombreux qu'ils n'ont pu s’approcher des kiosques qu’à grand-peine, et sont repartis sur leur faim.Et puis, il est dommage que l’installation des kiosques n'ait pas été complètement terminée au moment de l’ouverture, en présence des invités d'honneur: le vendredi soir, ceux-ci ont été accueillis par un accompagnement assez insolite de bruits de marteau, et ils ont dû faire d’étranges contorsions pour voir ce qu'il y avait sur le bureau de Paul Claudel qui n'était pas encore dans son cadre.Ensuite, ne faudrait-il pas repenser la formule des lancements d’ouvrages à l'intérieur des kiosques?Cette façon de procéder présente sans doute des avantages pour les éditeurs et leurs invités, mais elle n'est pas sans frustrer les visiteurs: tout ce que le public a pu voir, à certaines heures, de certains kiosques, ce sont des attroupements de personnes fort joyeuses, se marchant presque sur les pieds, et vidant ou.renversant un verre! Ce spectacle n'avait rien de très.littéraire! Enfin, beaucoup de visiteurs se sont demandé, et avec raison, ce que venait faire une « Miss France » dans un événement qui n'avait rien à voir avec les défilés de mode: si on tenait à faire de l'importation, un écrivain eût fait mieux l'affaire qu’un « glamour girl ».En dépit de ces lacunes — auxquelles il sera sans doute facile de remédier — le Salon du Livre qui est devenu l'événement de l'année dans le domaine de l'édition peut apporter une précieuse contribution à la diffusion du livre.R.LECLERC 198 LECTURES diaiacutc avec Cec livnec D’HIER ET D'AUJOURD'HUI Marcel NIEDERGANG: vuig t A meriaueô Clément Saint-Germain Deux reporters de renommée internationale: John Gunther 1 et Raymond Cartier- ont lancé au cours de la dernière décennie la formule du livre « étude d’un continent ».Ce sont des ouvrages du plus haut intérêt écrits par des journalistes possédant à fond leur matière.Marcel Niedergang 3 s’est essayé dans le genre et a choisi les Amériques centrales et du sud comme terrain d’expertise.Dans quelle mesure a-t-il réussi ?Seuls les diplomates bien au fait des questions latino-américaines pourraient se prononcer.L’ouvrage se lit bien, malgré ses 600 pages.Il est conçu à la façon d’un reportage, sans un plan rigoureux.Pour chacun des pays, on entre de plain-pied dans le sujet: description d’une ville ou d’une région, un peu d’histoire, monographie économique, vie sociale, perspective d’avenir, etc.Deux problèmes graves se retrouvent à peu près dans tous ces pays: l’extrême misère et l’instabilité politique.On en est encore à l’époque des grands propriétaires fonciers.Selon l’étendue du pays, le sol appartient à 200, 500, 1,000 propriétaires.La masse constitue le prolétariat agricole.Elle est analphabète dans une forte proportion et croupit dans une misère indescriptible.Seuls quelques pays connaissent une industrialisation digne de mention: le Brésil (Etat de Sâo-Paulo), l’Argentine, le Véné-zuéla.Partout ailleurs, on vit du sol.Malheureusement, l’agriculture n’est pas assez diversifiée: on ne connaît qu’une seule culture: le café ou le coton, ou bien on fait l’élevage.Dans l’Amérique centrale, on récolte la banane.Si le marché de cet unique produit se détériore, ou si une maladie endommage les plans, c’est la ruine.L’échec s’avère-t-il définitif ?on recherche une autre plante mirifique.C’est ainsi que le Brésil est passé du coton au café, du café au caoutchouc, etc.A mon sens, une étude sociologique devrait être entreprise sur les causes de l’instabilité politique en Amérique latine.Tous ces pays sont des républiques, mais ce sont des juntes militaires qui font et défont les gouvernements.Les dictatures pullulent.On fait quelques années, on amasse fortune et lorsque les colonels vous délogent, on fuit à l’étranger où les capitaux ont précédé la fuite.Combien de temps cela durera-t-il encore ?Peut-être pas tellement.La masse semble être moins amorphe.Elle est travaillée par le communisme.Elle sait que Castro a distribué les terres au peuple cubain.Elle lorgne de ce côté et choisit ses leaders chez les « castristes ».Le continent entier est en train de basculer dans le communisme.Plusieurs dictatures sont probablement les dernières à protéger la mainmise d’un capitalisme désuet, oppresseur, souverainement exécrable.Un exemple ?Le roi de l’étain, en Bolivie, percevait, au moment de la nationalisation des mines au milieu du siècle, des revenus supérieurs à ceux de l’Etat.Il était l’un des 4 plus grands milliardaires du monde et possédait des châteaux en Europe.Or c’est dans ce pays que la misère du peuple était la plus affreuse et la proportion des analphabètes la plus élevée.Avril 1963 799 L’industrialisation de ces contrées est retardée dans une large mesure par le manque de capitaux.Jusqu’à ces dernières années, les Américains avaient envahi le continent avec leurs dollars, leurs ingénieurs et leurs techniciens.Mais l’Oncle Sam n’a plus bonne presse.Tout nouveau président annonce dans ses discours qu’il libérera le pays de l’asservissement yankee.11 ne tarde guère à comprendre — il le savait peut-être — que le pays est trop pauvre pour assumer les lourdes dépenses d’un équipement industriel toujours plus onéreux.11 sauvera la face en s’adressant aux capitalistes.français, allemands ou belges.Au retour.il s’arrêtera à New York.Il rentrera triomphant en assurant que de nouvelles industries s’édifieront grâce à l’aide.étrangère.Son successeur répétera la tragi-comédie.Mais depuis qu’on s’est mis à nationaliser, la haute finance se montre quelque peu réticente.Actuellement la United Fruit des U.S.A.commence à liquider ses grandes propriétés en Amérique Centrale.A la lecture de cet ouvrage on a nettement l’impression que le volcan devient actif dans ses assises et que l’éruption se prépare.J’ai regretté l’humour malin de l’auteur, perceptible du début à la fin de l’ouvrage, à l’endroit de l’Eglise catholique et des jésuites en particulier.Le clergé peut avoir eu bien des torts en ces contrées où régnent la violence et le despotisme depuis la conquête espagnole; un esprit honnête ne se refuse pas à le dire, mais il se garde de le faire avec morgue.Pas un mot, évidemment, du travail considérable accompli actuellement par le clergé américain et européen pour arracher les masses de ce continent à l’analphabétisme, à la misère, à la maladie, à la superstition.Pourtant l’auteur n’avait qu’à consulter les Informations catholiques internationales pour s’instruire des réussites à date.Ses informateurs sur place n’étaient probablement pas sympathiques à l’Eglise, ou encore tenaient-ils l’action de l’Eglise pour négligeable ou.hélas, venue trop tard ! 1.John Gunther, Inside Africa, Inside Russia.2.Raymond Cartier, Les 48 Amériques, les 19 Eu-ropes.3.NIEDERGANG (Marcel) LES VINGT AMERIQUES LATINES.Avec 14 cartes in-texte.[Paris] Plon [1962].613 p.ill.19.5 cm.Appelle des réserves Dans la collection « Fleur de Lys » 2 nouveaux titres JEANNE MANCE par Marie-Claire Daveluy 418 pages relié $7.00 LE GRAND MARQUIS par Guy Frégault 481 pages relié $6.00 AlèMJKFANTA'iQlt'N | l«V m ARBRES Claudine Vallerand: Contes de Maman Fonfon Jeanne-M.Saint-Pierre qui uonc EST Perdu?Madame Claudine Vallerand (Maman Fonfon) a su charmer, amuser et enseigner, en même temps, quantité de choses à des milliers de tout-petits, au cours de ses émissions à la télévision.Elle veut prolonger le plaisir de ses jeunes auditeurs en leur présentant des albums qui les captiveront et auxquels ils reviendront sans cesse.Ce qu’il faut exiger en premier lieu d’un livre pour enfants, c’est un bon texte, et c’est ce que Maman Fonfon a réussi.On l’oublie trop souvent de nos jours où, à côté des plus beaux livres, on trouve les plus médiocres qui puissent exister.Sous prétexte d’écrire pour les enfants, on cultive l’insignifiance, la bêtise, l’absurdité, le vocabulaire pauvre, on enrobe le tout d’une belle présentation et l’on croit avoir créé une œuvre pour les petits.Maman Fonfon est la grande amie des enfants, elle les connaît, elle les aime, elle est psychologue et éducatrice.Tout cela on le retrouve dans ses livres, mais la première impression, celle qui demeure et qui lui vaut l’enthousiasme des tout-petits, c’est le plaisir pur, la joie sans égale de découvrir un beau livre fait exprès pour eux.Tou1 cela existe déjà dans les premiers albums de la collection Contes de Maman Fonfon, mais il y a quelque chose de plus dans la nouvelle série.La présentation matérielle est grandement améliorée, ce dont il faut savoir gré à la maison Fides.On a voulu rivaliser avec les albums à bon marché édités à l’étranger, et on l’a fait avec d’autant plus de succès que ces ouvrages canadiens sont de qualité supérieure, en général, quant au texte.De genres très différents, les trois albums les plus remarquables quant à la concordance du récit et de l’illustration sont: Souricette et Cribiche, Qui donc-est perdu, et La guerre du lion et de la girafe.Ce dernier est le meilleur, le plus réussi et celui qui s’adresse aux enfants un peu plus vieux.Il y a de tout dans ce récit: une imagination très près de celle des petits qui croient tous que leurs soldats de bois, leurs poupées et leurs animaux en peluche peuvent s’animer et jouer vraiment ensemble; un exercice pour apprendre à compter à l’aide de dessins et sans que cela nuise au conte; des chansons simples, jeunes, délicieuses, et des illustrations charmantes qui complètent le tout.Les albums de Maman Fonfon devraient se trouver dans toutes les maisons où il y a des enfants de l’âge de la Maternelle, et on devrait les donner à tous les enfants qui commencent à lire.(I) VALLERAND (Claudine) LES ANIMAUX FANTASQUES.Illustrations Hubert Blais.Montréal, Fides [s.d.].[15p.].ill.20cm.(Coll.Contes de maman Fonfon) Relié.$0.59 LA GUERRE DU LION ET DE LA GIRAFE.Illustrations Hubert Blais.Montréal, Fides [s.d.] [15p.].ill.20cm.(Coll.Contes de maman Fonfon) Relié.$0.59 MIKI ET LES ARBRES.Illustrations Hubert Blais.Montréal, Fides [s.d.] [15p.].ill.20cm.(Coll.Contes de maman Fonfon) Relié.$0.59 QU! DONC EST PERDU?Illustrations Hubert Blais.Montréal, Fides [s.d.] [15p.].ill.20cm.(Coll.Contes de maman Fonfon) Relié.$0.59 LE REVE DE DOUDOU.Illustrations Hubert Blais.Montréal, Fides [s.d.] [13p.].ill.20cm.(Coll.Contes de maman Fonfon) Relié.$0.59 SOURICETTE ET CRIBICHE.Illustrations Hubert Blais.Montréal.Fides [s.d.] [15p.].ill.20cm.(Coll.Contes de maman Fonfon) Relié.$0.59 Pour enfants Avril 1963 201 Marie Le Franc et son oeuvre Léo-Paul Desrosiers Marie le Franc est née à Sarzeau, en Bretagne, peu longtemps avant le début du siècle présent.Depuis la publication de son livre, Enfance marine, nous sommes familiers avec le décor qui l’a vue naître et avec l’éveil de la toute petite fille à la vie consciente.Elle a pour premières compagnes la mer et cette province de France qui occupe une place unique dans la littérature, dans les arLs et dans l’histoire.Déjà, elle est méditative, rêveuse, aime la solitude, observe la nature d’un œil émerveillé.Elle est attentive aux sensations, aux impressions, aux états d’esprit que le pays ou les personnes éveillent en elle.De ce milieu, Marie le Franc devait sortir toute formée.Les années passeront, mais les qualités acquises en ces années décisives ne feront que se développer et s’appliquer.Aujourd'hui, Marie le Franc est une petite femme frêle, d’une désarmante douceur.Elle déborde de bonté aussi bien que de timidité.Personne ne s’installe moins dans l’existence avec tous ses angles.Ses coudes ne meurtrissent pas les côtes du voisin.On se la représente plutôt comme acceptant quand l’acceptation est pour elle une souffrance, réclamant mollement son dû, ne protestant pas même si elle est au désespoir, ne s’installant pas carrément dans la place qui lui revient.A-t-on jamais l’idée de s’en aller dans le monde avec un excès de vertus pareil ?A côté d’elle, vous avez toujours l’impression d’être un homme brutal.Et c’est dire combien de délicatesse elle possède.Cependant, bien secret, presque souterrain, coule en Marie le Franc un filet de force.Vous ne l’aper- cevez pas d'abord, mais vous constatez soudain que sans lui la Marie le Franc d’aujourd’hui serait impossible.Jeune fille, elle prend une décision d’une grande hardiesse: s’expatrier.Dans ses veines court le sang des marins au long cours qui, ne craignant ni l'imprévu, ni l’aventure, qui l’appellent plutôt de toute leur âme, et qui s’en délectent.Qui s’y jettent même les yeux fermés.Son sens de l’orientation perdu dans la grande ville de New York, ne sachant pas si elle va vers le nord ou vers le sud, Marie le Franc se réveillera au matin au son des paroles françaises, dans notre province, en plein milieu des neiges auxquelles elle ne s’attendait pas du tout.La même humeur aventureuse, songeuse, la conduira dans les zones éloignées de notre pays.Puis l’énergie, la ténacité profondes, ne les lui fallait-il pas pour sécréter cette œuvre importante qui est la sienne, dans des conditions difficiles, rébarbatives même ?En elle se débat la fougue d’une vocation véritable.De bien des façons, Marie le Franc est et restera la Bretonne de bonne souche, et, en région terrienne, l’indéfectible enfant de la mer.A Montréal, elle fera du journalisme, donnera bientôt des leçons de français, soit à des particuliers, soit bientôt dans une école et dans une université anglaises.Nous sommes au début de ce siècle.Elle se recueille et elle travaille.Ses écrits ont une double source: la Bretagne et le Canada.La première lui vaudra une belle œuvre solide, Grand Louis l’Innocent, qui obtient le prix Fémina et sera bientôt suivi de Grand Louis le Revenant.Puis viendront Le Poste sur la Dune, Dans Vile, Pêcheurs du Morbihan.Il faut y ajouter Enfance marine qui est 202 LECTURES peut-être son meilleur livre.Quant à scs écrits canadiens, ils comprennent quatre romans, cinq livres de nouvelles, et un autre de poèmes.En plus, Marie le Franc publiera dans Le Mercure de France, dans Liaisons, dans des revues et des journaux d'autres nouvelles et des écrits divers.Cette carrière féconde n’apporte à son auteur que bien peu de consolations.Quand elle débute au Canada français, notre vie littéraire n'a pas d’ampleur, elle prolonge une enfance souffreteuse et rachitique.Les personnes cultivées sont rares.Nos périodiques ne s’occupent guca- de littérature.Ce milieu ne saurait être compréhensif; s'il lui donne quelques admirateurs, il ne lui apporte pas un auditoire vaste.Puis l'enseignement qu’elle donne la retient un peu en territoire anglais où elle recueillera d’autre part quelques-unes de ses meilleures nouvelles.D’un autre côté, elle a quitté la France où elle a ses racines, ses parents, ses amis, ses connaissances, c’est-à-dire ceux sur qui nous comptons pour nous assister; elle n'est pas sur les lieux pour mousser et exploiter ses succès, car elle publiera presque tous ses ouvrages en France.Toutes ces circonstances lui sont nettement défavorables, et les volumes tombent un peu dans le vide.ne oeuvre., canadienne l'océan.Là ou s’arrêtent les autres, c’est de la que part Marie le Franc.« Il me faut envers et contre tous a>, a-t-elle écrit, « suivre les enseignements de l’instinct avec lequel je suis née et du paysage marin qui m’a tenue tout enfant dans ses lisières infinies.« Ses promenades seront des navigations.Les lacs et les rivières seront un succédané de l’océan.Voilà certainement un phénomène littéraire insolite.D’autres raisons, semble-t-il, l’expliquent encore.Il est permis de supposer que cette bonté, cette douceur, cette timidité de Marie le Franc ne sont pas étrangères a l'aventure.Pour se servir d'une comparaison marine qu elle comprendra bien, nous tous qui vivons dans la société, nous nous composons une carapace dure qui nous défend contre les autres; nous avons un abri où nous retirer et dans lequel combattre et nous protéger contre les incursions des autres.Marie le Franc ne paraît pas avoir réussi à la sécréter et ainsi, elle resta exposée, toute vivante, aux mille blessures que peuvent infliger sans le vouloir la société et le milieu.Bien des contacts peuvent devenir ainsi douloureux.Aussi, Marie le Franc cherchait sans doute un entourage où son manque de revêtement dur ne lui serait ni aussi pénible ni aussi fatal.On se demande aussi si l'existence de Marie le Franc a été heureuse, si le fond de sa nature qui était méditatif n'est pas deve-nu un peu morose, un peu souffrant, un peu mélancolique.Par ses longs séjours au Canada, par la substance des trois quarts de son œuvre, par son origine française aussi, Marie le Franc est certainement l'une de nos compatriotes, une Canadienne.Elle est de chez nous d’une façon profonde.On aurait pu se demander, dès le début, quel secteur de notre province elle adopterait pour domaine littéraire.Un premier volume de nouvelles indiqua qu’elle choisirait peut-être la grande ville avec ses drames et ses âmes particulières; elle était certainement douée pour s’y complaire.Mais non, cette Bretonne privée de sa première immensité congénitale, la mer, a besoin d’une autre immensité pour vivre.11 la lui faut pour déployer ses rêves, ses méditations, sa pensée, pour maintenir aussi son équilibre, jouir d’une satisfaction intérieure.Elle aspire aux lointaines lignes d’horizon, aux espaces illimités.Ses parents ont si bien protégé sa solitude qu'elle a pris l’accoutumance de la solitude pour s’y livrer aux jeux de la nature, de son imagination, de son esprit.Tout comme un marin, comme nos anciens coureurs des bois, il lui faut sa dose d’imprévu, d’aventures et de changements.Et alors, ainsi qu'un pigeon qu’on libère, elle monte droit pour s’orienter; et soudain, d’un vol net, elle survole les campagnes humanisées, les villages et les villes, sans même les examiner de très près, et va se poser en dehors des frontières de la civilisation, dans cet immense pays forestier qui a la vastitude et les rumeurs de Centre lac et forêt, elle peut vivre ton g tempi On ne saurait chercher une explication trop profonde.Marie le Franc peut supporter, par exemple, des doses de solitude formidables.Ce qui est la pire punition dans les établissements pénitentiaires, l'isolement en dehors de tout contact humain, elle l'accepte avec un soupir de soulagement; il est sa joie.Dans une maison rudimentaire, entre lac et forêt, elle peut vivre longtemps, tout comme si elle était* un être qui se suffit à lui-même.Ou qui, du moins, n'a guère besoin des autres.Là où les autres mourraient d'ennui ou d'une espèce d'inanition.Marie le Franc vit avec plénitude.Elle trouve toutes les nourritures terrestres dont elle a besoin.Il faut toujours revenir à l'enfant qui, dans le parc à huîtres, s’amuse toute seule pendant que les adultes récoltent les fruits de la mer.Sa nourriture intellectuelle, c’est ici la forêt, les lacs, les rivières, les animaux sauvages; c'est le vent ou c'est le firmament; ce sont les aubes, les crépuscules, les ciels, les couleurs, les formes.Toutes ces choses vivent et sont en perpétuel changement.Des transformations, des faits continuels se déroulent dans Avril 1963 203 leur existence.Ils n’ont pas plus de stabilité dans leur apparence ou leurs humeurs que la mer.Oui apprend à les voir, y prend plaisir, découvre une occupation passionnante et les heures ne sont pas assez longues pour la joie.Alors commenceront les randonnées passionnées de Marie le Franc dans son séjour canadien.Elle expose son âme sensible à toutes les vibrations que peut lui imposer ce lieu nouveau.De jour, de nuit, elle s’en ira, l’attention en éveil et les nerfs en émoi.Comme si elle était leur sœur douée du don de la parole, elle comprendra les confidences de l’eau vive, des bois frémissants, des clartés unaires et des vents troublés.Ils lui tiendront lieu de compagnons.D’eux à elle se poursuivra un dialogue.principal personnage : Un pays tel le nôtre et qui n’est que bien partiellement humanisé, appelait sans doute un écrivain de ce genre.Avant Marie le Franc, d'autres auteurs s'étaient essayés aux mêmes thèmes.Pas tout à fait sous le même angle et dans le même esprit.Cette Bretonne a voulu s’y consacrer exclusivement.Elle y a trouvé la matière d’un bon nombre de ses ouvrages.Le principal personnage sera toujours la nature de ces vastes provinces forestières.Il ne laissera toujours que bien peu de place aux hommes qui voudront s’y glisser.Et bien sûr, il influera sur eux et il les formera.Car même en ces vastitudes lointaines, rôdent en petit nombre des êtres bien particuliers: guides, chasseurs, agents des compagnies, métis, et aussi quelques déchets de la civilisation.Ce sont eux qui dirigent, ou plutôt pilotent Marie le Franc.Celle-ci les comprend bien et les décrit avec une fine pénétration.Entre elle et eux, les traits communs abondent.Ils savent se nourrir de solitude, comprendre leur milieu et s’y plaire; ils savent comment s’y comporter.Ils existent dans la forêt avec aise et joie.Ils étaient ou ils sont redevenus des nomades, presque des Indiens des bois, des êtres de silence, d’adresse et d’une intuition assez prompte pour comprendre la nature.Ils manient aussi bien la rame que le fusil ou la hache, ils s’orientent avec aisance; là où les autres s’embarrasseraient dans les fourrés, ils découvrent la piste.Ils possèdent toute une science.Et Marie le Franc, la femme frêle, les suit en leurs contrées sauvages; elle est comme l’hypnotisée qui ne sent plus la fatigue car elle s’en va à la découverte des lacs innombrables, si divers, clairières de lumière entre les bois sombres, des rivières, méandres de clarté, par lesquels elle s’enfonce loin, toujours plus loin.Quand ses pas se posent sur un feutre de feuilles tombées ou d’aiguilles de pins, elle devient l’infatigable marcheuse.En ce pays, Marie le Franc rencontrera aussi quelques originaux et parfois quelques civilisés.Sans doute, nous du Canada, nous portons toujours en nous la nostalgie de ce milieu primitif dans lequel nos pères ont vécu.De temps à autre, il nous faut boire encore un peu de cette eau vierge.Le goût nous en vient aux heures de détresse, quand nous avons besoin de nous ressaisir et de découvrir une force qui nous aidera.Marie le Franc le rencontrera aussi, cet être qui s’efforce à une synthèse et, au moment où il se détruisait, absorbe dans la solitude forestière un affermissement à sa démarche.Romancière Je nos L colons Sur les frontières des terres cultivées, Marie le Franc rencontrera aussi les colons.Elle voudra voir le défrichement en action dans une paroisse qui se fonde.Elle se rendra compte de la pénible façon dont s’est développé l’étrange pays de Québec.Elle écrira alors l’un de ses meilleurs livres: La Rivière solitaire.Soucieuse de tout savoir, elle partira dans un train avec des familles de chômeurs qui veulent prendre racine là où ils pourront vivre.Maintenant, elle est tellement de chez nous qu’elle pénètre vivement les caractères, devine les chances de succès ou d’insuccès.Elle suit chacun de ces hommes dans leur travail particulier.Tout de suite, elle saisit la difficulté énorme de la tâche et que c’est une bataille où chacun s’engage jusqu’aux extrêmes limites de son endurance, de sa patience, de son habileté.Le tableau est l’un des plus réalistes qui soient; mais sur les confins, Marie le Franc retrouve la forêt hivernale, la nature enneigée, le dur pays du Canada qu’elle décrit avec tant de poésie.ontanciere CjaSpésie Marie le Franc voulut aussi visiter notre Gaspé-sie, cette région éloignée qui, avec son océan, ne pouvait que lui rappeler sa Bretagne natale; elle est notre Finistère à nous.Son cœur sensible à la misère humaine devine vite les souffrances de cette province.Ici aussi, comme en son pays, voilà des pêcheurs dans toutes les anses et dans tous les ports.Mais la pêche est réduite à cinq mois de l’année; au commencement et à la fin, le froid la rend douloureuse; elle ne porte que sur une seule variété de poissons, la morue, bien que d’autres espèces abondent dans ces eaux.Ces limitations et l’éloignement portent en eux cette pauvreté fondamentale de la Gaspésie qui dure longtemps et s’infuse dans un mode de vie dangereux pour les corps et pour les âmes.La modeste aisance qui devrait être le lot 204 LECTURES commun, manque souvent.Après les compagnies qui avaient imposé des régimes tatillons, mais perdirent souvent leurs mises de fonds, les coopératives apprennent qu’il n’est pas facile d’amorcer la prospérité.Marie le Franc s’émeut devant les spectacles qu’elle avait sous les yeux.Elle sut les peindre avec émotion.Son livre contribua à la modification d’un état de choses depuis longtemps malheureux.Aujourd’hui, les coopératives ont succédé aux compagnies, l’assistance gouvernementale vient, très abondante, les chalutiers ont commencé à remplacer les barques, des entrepôts frigorifiques s’élèvent partout, l’industrie se développe, une école d’agriculture, un collège, des hôpitaux, de meilleures écoles, préludent à une ère qui sera plus satisfaisante.Comme en Bretagne encore, le tourisme apporte des occupations, des tâches et de l'argent, la pêche devient plus scientifique.oeuvre on9 male L L'œuvre canadienne de Marie le Franc a ainsi beaucoup d’ampleur et une originalité saisissante.Elle a fui, d’un mouvement naturel, le conformisme du matérialisme qui s'est imposé au roman français avec Zola et surtout Maupassant.Son choix des personnages est judicieux et n'indique certainement pas une volonté préalable de choisir les êtres les plus dégradés pour les peindre.Elle les aborde avec une large sympathie humaine, surtout avec sa bonté, sa douceur.Elle trouve beaucoup de bien dans les hommes; elle y découvre souvent aussi de la complexité.Elle n'éprouve jamais la rage de les rendre vulgaires, laids, cyniques, comme on le fait si continuellement aujourd’hui.Sa vision est plus nette et plus profonde, son réalisme plus exact, même si elle évoque des types primitifs, et parfois des originaux qui sont presque des détraqués.Malgré sa timidité, elle a imposé sa vue personnelle de l'univers avec une force rare.Elle n’a été le disciple d’aucune école et l'imitatrice de personne.Elle n'a pas emprunté.Toute sa vie, elle a fait du Marie le Franc, soit qu’il s’agisse de la forme, soit qu'il s’agisse de la substance.Marie le Franc s’est aussi assuré un style bien à elle.Dans Enfance marine, il devient d’une simplicité classique; il se dépouille même de tout ornement pour ne recourir plus qu'au mot juste; c’est le sentiment, l'impression qui coulent en ses phrases comme en une enveloppe transparente.Cette réussite requiert toujours une grande science verbale.Dans ses ouvrages antérieurs, le même phénomène se retrouve partout, mais avec plus de richesse, sem-ble-t-il, et plus de couleur.Marie le Franc veut avant tout décrire des spectacles, exprimer des émo- tions et des pensées.C’est son objectif premier.Sa recherche porte sur les expressions appropriées; elle ajuste la forme au fond.Son œuvre n’est pas terminée.Elle l'a commencée, il y a plus de cinquante ans.Elle poursuit toujours sa tâche.Mais déjà, elle a fait entrer dans la grande littérature notre immense domaine forestier et une bonne partie des êtres qui l’habitent.Et surtout, elle s'est révélée comme l'une des interprètes les plus profondes de la nature.Sa sensibilité très fine vibre au contact de tout ce qu'elle rencontre dans ses randonnées.Et quelle reconnaissance ne devons-nous pas à un grand écrivain dont toute l’œuvre est bonne.Elle n'a jamais compté sur l’impudeur, l’exagération pour réussir.Sa conscience professionnelle était exigeante.Elle avait en elle trop de sincérité et de franchise.Elle avait de la droiture.Elle songeait aux répercussions de l'écrit qui peuvent être énormes et posent sur les épaules de l’écrivain une responsabilité terrible.D'ailleurs, qu'avait-elle besoin de réflexions ?Son âme et toute sa chair étaient si bien ordonnées qu’elles ne pouvaient chanter que des hymnes de vérité.Vient de paraître - Une nouvelle collection HISTOIRE DE IA MVELLf-MIC! dirigée par M.Marcel Trudel professeur titulaire d’histoire du Canada à l’Université Laval Tome 1 LES VAINES TENTATIVES (1524-1603) par Marcel Trudel Récit de l’effort colonial que la France accomplit au seizième siècle.307 pages relié $6.00 FIDES 25 est, rue Saint-Jacques UN.1-9621 Avril 1963 205 'YlotixjL&u biblwqAjaphiqMGA, Littérature canadienne Psychologie LABARRERE-PAULE (André) LES SECRETS DE L'ECRITURE.Montréal, Les Editions du Jour [1963].173p.ill.19.5cm.$1.50 Pour tous M.André Labarrère-Paulé doit bien s’amuser ! Un peu railleur, intelligent, rempli de verve: en voilà assez pour animer magistralement une émission radiophonique ou télévisée de graphologie.Ce qu'il fait d'ailleurs avec beaucoup de succès depuis plusieurs mois.Voici maintenant qu’il nous livre, dans un petit précis de graphologie.publié par les Editions du Jour, tous les secrets de l’écriture.Nous sommes tous, si nous nous y appliquons, des graphologues en puissance ! Il n’y a qu’à nous pencher sur l’écriture de nos correspondants pour déceler — si nous suivons bien les indications de M.Labarrère-Paulé — leur caractère, leurs humeurs momentanées et même leur état de santé.C’est, avec beaucoup de maîtrise naturellement, ce que fait M.Labarrère-Paulé en se penchant sur l'écriture de célébrités canadiennes qui lui ont soumis des specimens.Certes le spécialiste a fort à faire, surtout lorsqu'il s'agit d'hommes ou de femmes si bien connus publiquement qu’ils sont étiquetés d'avance.N’empêche que les jugements de M.Labarrère-Paulé nous paraissent justes, clairvoyants et fort joliment tournés.Les secrets de l’écriture amusera les lecteurs et les renseignera aussi sur plusieurs écrivains, des journalistes, des artistes en vogue.Le lecteur y trouvera un moment d’agréable détente.Julia RICHER Religion PANNETON (Chan.Georges) et MAGNAN (Abbé Antonio) LE DIOCESE DE TROIS-RIVIERES 1962.[Trois-Rivières] Editions du Bien Public [1962].513p.ill.22.5 cm.Pour tous Je ne sais s’il est beaucoup de diocèses en Amérique, voire dans le monde, qui peuvent disposer d’un pareil ouvrage sur leur Eglise locale.Ce monumental volume de plus de cinq cents pages contient une mine de renseignements les plus divers sur le diocèse de Trois-Rivières: une biographie succincte des évêques et des prêtres, un tableau de l'organisation diocésaine telle qu’elle se présentait en 1962, une liste de toutes les paroisses avec leur date d’écrection et les curés qui les ont prises en charge, une liste des maisons religieuses qui œuvrent dans le diocèse, une brève notice historique sur l’établissement des différents ordres et instituts religieux, la liste de tous les prêtres diocésains décédés depuis 1850.de nombreuses notes historiques classées par ordre chronologique et qui remontent jusqu aux origines de Trois-Rivières en 1535.etc., etc.C ompilés avec toute la minutie, 1 ordre et la méthode qui caractérisent les archivistes qualifiés, ces renseignements seront on ne peut plus précieux pour les chercheurs et les amateurs de petite histoire.A.C.Littérature PARADIS (Suzanne) LA MALEBETE.Poèmes.Québec, Librairie Garneau [s.d.] 94p.20.5 cm.Pour adultes La Malebête est une œuvre poétique écrite sous une optique très féminine.Le thème le plus fréquent en est la femme dans sa communion étroite avec la nature: la femme et la terre; la femme et la fécondité; la femme façonnée par 1 homme, dans son rôle, sinon de servante, du moins d’amante collaboratrice.Les autres thèmes ?Comme beaucoup de poètes contemporains, Suzanne Paradis dénonce le monde mécanisé, sans âme.Elle a, comme tant d’autres, la nostalgie de l’enfance et de Dieu.206 LECTURES Suzanne PARADIS Pour peindre sa pensée, elle la transpose en images.Des images, il y en a ! Il n’y a même que cela ! Il y en a trop ! On est obligé d’avouer hélas ! qu’elles ne sont souvent que jeu gratuit.Alors que la poésie exige l’adéquation entre la chose suggérée et les moyens incantatoires, il y a.dans la sienne, très peu de choses suggérées et beaucoup de moyens, beaucoup de talent, mais manque de mesure.Il y a, certes, des images heureuses, mais d’autres sont banales, obscures, pur jeu de mots — trop de connotations fatigantes, d’affirmations éloquentes ! Enfin.le rythme, qui est certainement de l’essence de la poésie, est parfois boiteux, avec des chevilles, des lourdeurs, des cacophonies regrettables.On ne dira jamais assez que l’image donne à une idée, à un sentiment, une ampleur et une richesse telle que sa résonance est alors comme infinie et insondable.On n’épuise pas les grands poètes.Suzanne Paradis a parfois atteint cet idéal dans La Malebête.Mais elle oublie trop cette remarque de Péguy: « L’art n’est rien s’il n’est point une étreinte ajustée de quelque réalité ».Paul GAY, c.s.sp.Avril 1963 EN COLLABORATION ECRITS DU CANADA FRANÇAIS.Tome X.Montréal [s.é.] 1961.393p.20.5 cm.Appelle des réserves Le tome X des Ecrits comprend un roman de Jean Hameiin.Les occasions profitables, des poèmes de Robert Elie, un reportage sur la Chine communiste d'Hélène Cia-gnon.la Chine aux Chinois, enfin deux nouvelles d’Andrée Thibault et de Réal Benoit.Les occasions profitables, œuvre du critique montréalais Hame-lin.décrit les griseries de la vie quotidienne d’un employé de bureau.Dans un style alerte et vivant.il nous fait le portrait d’un Canadien français moyen, avec des aperçus sur les mœurs électorales et syndicales.Ma sœur, d’Andrée Thibault, est l’autobiographie d'une religieuse.Une jeune femme fait son autoanalyse, de l’enfance jusqu’à sa décision de quitter la vie religieuse.On notera le romantisme qui flotte dans cette nouvelle, avec une grande importance donnée aux rêveries et aux sentiments.Réal Benoit, dans Mes voisins, pousse le détail de la description jusqu’à une acuité presque visuelle: une sorte de virtuose cinématographique.Mais l'essentiel de ces écrits est le reportage d’Hélène Gagnon, femme du célèbre Jean-Louis Gagnon, sur la Chine communiste.L’auteur nous rapporte ce qu’elle a vu et cru comprendre au cours d’un séjour derrière le rideau de fer.Si le style a des qualités de vie et de pittoresque, l’ensemble des réflexions auxquelles se livre Mme Gagnon révèle qu’elle n’a pas su échapper à l’insidieuse propagande marxiste.L’auteur adopte résolument la plupart des mythes et des déformations historiques communistes.Ecrit avec une admiration béate du régime socialiste, le reportage d’Hélène Gagnon est sujet à caution, et on doit se défier fortement de l'objectivité de l’auteur.Ce reportage relève de la propagande subversive, et doit être réservé aux lecteurs avertis.Joseph COSTISELLA EN COLLABORATION ECRITS DU CANADA FRANÇAIS.Tome XI.Montréal [s.é.J 1961.382p.20.5 cm.$2.50.Appelle des réserves Nous avons ici la disparité et le manque d’unité habituels aux Ecrits.Dans Deux femmes terribles, théâtre, André Laurendeau laisse l’impression d’un auteur fatigué et usé, qui a perdu le sens véritable de la vie, et s’embrouille dans des jongleries verbales.Guy Frégault fait une étude historique sur Politique et politiciens au début du XV H le siècle.Suzanne Paradis nous livre son cœur dans des poèmes: Aux Portes de la Haine.Mais le gros morceau est la suite du reportage d’Hélène-J.Gagnon.la Chine aux Chinois.Dans un style brillant de journaliste, l’auteur continue à rapporter ce quelle a vil en Chine communiste.Elle en profite pour nous abreuver de propagande communiste très mal assimilée.Certains passages, où elle vante les « réalisations * communistes sont même devenus ridicules et visiblement erronés, puisque, depuis, le Gouvernement chinois a reconnu avoir fait fausse route: par exemple, dans le domaine de l'agriculture et celui des fonderies communales.Joseph COSTISELLA 207 EN COLLABORATION ECRITS DU CANADA FRANÇAIS.Tome XII.Montréal fs.é.] 1962.362 p.20.5 cm.$2.50.A ppelle des réserves Dans une étude sociologique, Opinions publiques et Systèmes idéologiques, Léon Dion emploie beaucoup de mots pour dire peu de choses.Il se livre à une étude scientifique du mécanisme de l’expression de l’opinion publique aux USA et dans l’Union Soviétique.Gérard Bessette, dans un réalis- me cru qui frise parfois le vulgaire dégoûtant, nous présente deux nouvelles: L'accident et L’emplâtre.Morale nulle dans un style volontairement grossier à la Hemingway.Pour adultes avec réserves.Charles Soucy est la révélation de ces Ecrits.Ses trois nouvelles, Une visite à la mer, Une lettre pour mon aimée et La candeur de l’enfance sont des chroniques, des retours sur le passé, des souvenirs.Dans une fine analyse psychologique, il s’attache à son personnage, décrit le for intérieur, l’âme de chacun de ses personnages.Avec son style poétique et la délicatesse de ses sentiments, Charles Soucy est un espoir de la littérature ca-nadienne-française.Chronique d'une enfance, de Françoise Cholette-Pérusse, est davantage une analyse psychologique qu’une œuvre littéraire.Dans une prose honnête, l’auteur fait l’analyse de l’état d’âme d’une adolescente.Passages parfois crus.Les solitudes humaines, nouvelles d’Alice Poznanska, décrit une débauchée démente, une incomprise, un ivrogne.Style factice, faussement brillant.Enfin La cloison de Minou Pe-trowski nous ramène l’éternel triangle amant-femme-mari.Joseph COSTISELLA Littérature étrangère Religion STEINMANN (Jean) MICHEE, SOPHONIE, JOEL, NAHOUM, HABAQ-QOUQ.Texte français par Jean Steinmann.Introduction et commentaires par l’abbé Hanon.(Bruges] Desclée de Brouwer (1962].117p.ill.20.5 cm.(Coll.Connaître la Bible) Pour adultes Le présent volume de la collection Connaître la Bible contient cinq des « Petits Prophètes ».Il n’est plus nécessaire de souligner les caractéristiques de cette série d’études sur les livres de l’Ancien Testament: traduction et commentaire court et précis du texte, reproductions d’art oriental ancien qui éclairent, à leur façon, certaines images ou certains faits des livres étudiés.Cette fois-ci encore la traduction du texte biblique est due en entier à l’abbé Steinmann, dont les talents de traducteur ont été souvent reconnus.Le texte français qu'il nous offre est toujours très alerte, fidèle à l’élan poétique de l’original.On connaît le dicton: « Traduire, c’est trahir ! * M.Steinmann, il faut l’avouer, échappe à ce reproche.Les commentaires restent dans la tonalité générale de la collection: des explications brèves accompagnant le texte biblique, coupé en courtes sections groupées dans un ordre chronologique probable.Mais parfois la brièveté devient un défaut ! Qui ne souhaiterait pas de plus amples réflexions sur la prophétie messianique de Michée, sur le « Jour de Yahvé * dans Sophonie ?Et on ne dit à peu près rien sur le thème très important des « Pauvres de Yahvé », thème qui a nettement pris sa valeur religieuse en Sophonie.On trouvera aussi, sans doute, un peu étrange que l’on donne la fête du Nouvel An comme l’occasion de la liturgie pénitentielle du livre de Joël.Il est impossible que cette fête préexilique soit devenue la Fête des Tentes, après l’exil ! Cette dernière remonte au moins à la période des Juges, période de sédentarisation des Hébreux en Ca- naan; et de plus, il est peu probable qu'Isracl ait célébré la fête du Nouvel An des peuples environnants.Aucun texte de l'Ancien Testament ne permet de l’affirmer.Malgré ces quelques réserves, l’ouvrage mérite lecture.Guy COUTURIER, c.s.c.STEINMANN (Jean) CODE SACERDOTAL I.Genèse-Exode.Texte français, introduction et commentaires par Jean Steinmann.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].153p.ill.20.5 cm.(Coll.Connaître la Bible) Pour adultes Ce dernier fascicule de la collection Connaître la Bible, dû en entier à M.l’abbé Steinmann, suit une méthode nouvelle.Au lieu de nous présenter tout un livre biblique, l’Auteur a groupé tous les textes de la tradition sacerdotale, répartis à travers les deux premiers livres du Pentateuque: la Genèse et VExode.L’intention peut se justifier; le plus grand inconvénient 208 LECTURES sera sans doute de ne nous donner qu’une vue fragmentaire de toute lu tranche d’histoire qui va des origines à la mort de Moïse, les suppléments essentiels ne se rencontrant que dans les deux plus anciennes traditions d’Israël: le Yahviste et l’Elohiste.L'introduction pose très bien le problème de ces traditions dans le Pentateuque.L'Auteur s’inspire en grande partie des positions du Père de Vaux en la matière, positions que ce dernier nous a données dans >u Genèse de la Bible de Jérusalem.On ne pouvait mieux choisir.Nous nous réjouissons du commentaire des récits de la création et du déluge.Leur sens religieux est bien marqué, de même que leur caractère littéraire, si proche des mythes babyloniens.Mais je doute fort que l’arche babylonienne soit le prototype de la « tour à étages » ou « ziggourat »; je doute aussi que le sacrifice qui suit le déluge soit la transposition, aux origines, des sacrifices offerts au sommet de ces « tours *.On ne sait pas si des sacrifices y étaient offerts; on ignore même s'il y existait un temple ou une chapelle pour la divinité tutélaire.Souvent l’Auteur interprète le silence de la tradition sacerdotale sur tel ou tel événement comme un manque d’intérêt, de sa part, en de telles données.Je crois que c’est là une hypothèse qui oublie que nous n’avons pas toute la tradition sacerdotale sur cette période.Le rédacteur final du Pentateuque a voulu grouper les quatre grandes familles de traditions pour cette même époque.Souvent il n'a retenu que l’une d’elles pour tel événement, parce qu'il la jugeait plus complète, ou remplissant mieux son but; ainsi, il laissait tomber des parties entières des autres traditions.Cette reconstitution littéraire des diverses traditions explique mieux leur caractère fragmentaire.En général, les notes accolées aux textes législatifs aideront le lecteur non initié aux coutumes sociales, juridiques et culturelles de l'Orient Ancien à mieux saisir le sens des grands « corpus • de lois sacerdotales.On pourrait mettre en doute certaines explications fournies, mais les questions de détails n’intéresseraient que les spécialistes de la question ! Guy COUTURIER, c.s.c.Littérature BERNAGE (Brigitte) BRIGITTE CHOISIT L'ESPERANCE.Paris, Gautier-Lan-guereau (1962).189p.19 cm.Relié.Pour tous Berthe Bernage nous invite encore une fois à partager la vie de Brigitte.Avec sa fine psychologie de la jeunesse, la facilité de dialogue qu’on lui connaît, elle nous entraîne dans les sentiers d’une jeunesse troublée par les graves problèmes du monde actuel.Sans cesse réquisitionnée par les siens.Brigitte leur accorde de bonne grâce sa constante disponibilité.Le bonheur des autres, voilà le thème qui a donné un sens à sa vie.Vraie femme du temps présent, elle comprend le désarroi de la jeunesse aux prises avec les tentations et les sophismes du monde d’aujourd'hui.Mais elle sait combien cette jeunesse peut être généreuse et inventive parfois, à preuve: le « Festival-Jeunesse » organisé par Patrick et sa bande au profit de l’adoption d’une nouvelle paroisse pauvre de l’abbé Luc.Brigitte conseille discrètement la générosité impulsive de Marie-Agnès qui lui inspire des gestes imprudents, notamment quand elle veut sauver de la misère morale Jacotte, cette brebis égarée.Dans le cadre enchanteur des Buissonnets ou en plein Paris toute la famille des Hauteville évolue autour de cette femme étonnante, à la personnalité si attachante, et qui puise dans les moindres petites choses de quoi nourrir son espérance en Dieu.Devant la légèreté d’un jet d’eau.Brigitte se laisse aller à la méditation: « Quand je deviens eau dormante, je cesse donc de contribuer à l'activité spirituelle du monde, à son ascension, à sa rencontre du Seigneur.* Ce nouvel ouvrage témoigne du souci de Berthe Bernage d’écrire pour élever les hommes, les amener à une meilleure compréhension mutuelle et leur communiquer le sens de la beauté et la flamme de l'espérance.Ce souci l’honore grandement.C.LALANDE -Fides présente - Le deuxième tome des "Archives des lettres canadiennes" L'ÉCOLE LITTÉRAIRE DE document unique du « Centre de recherches de littérature canadienne-française de l'Université d’Ottawa > sur un cénacle littéraire qui contribua à l’évolution de notre littérature.381 pages $4.00 Avril 1963 209 8019 ï WM Wm miiWii I i&Pll I REBUFFAT (Gaston) LA PISTE DES CIMES.Illustrations de Ghislain de la Mairieu.Dessin de couverture de J.-L.Breton.Paris, Spes [1961].188p.ill.19.5 cm.(Coll.Jamboree-Aîné) Pour adolescents Les adolescents que passionnent les histoires d’alpinisme seront servis à souhait en lisant La Piste des Cimes, écrit tout spécialement pour eux par Gaston Ré-buffat, guide de haute montagne et membre en 1950 de l’expédition française de l’Annapurna.Le guide leur raconte d’abord son adolescence, l’éveil de son amour pour la montagne.Tous les enfants ont ce désir de voir plus haut, la preuve c’est qu’ils grimpent aux arbres, aux murs, sur les toits, etc.Chez quelques-uns, le désir reste si fort qu’il les fait se retrouver un jour, comme ce fut le cas pour l’auteur, au sommet de l’Anna-purna.L’alpinisme, selon Gaston Ré-buffat, serait d’ailleurs une excellente école pour devenir un homme, car dit-il: « Une des qualités exigées par l’escalade est que le grimpeur ait le sens de son équilibre [.].Mais il est un autre équilibre que l’équilibre physique, plus /mportant encore: l’équilibre moral.Voilà la clef de voûte de l’alpinisme.Les guides qui m’ont initié à la montagne m’ont toujours enseigné: « Grimpe d’abord avec la tête ! Rends-toi compte de ce que tu veux faire, de ce que tu peux faire: l’alpinisme est avant tout une question de conscience ! » Gaston Rébuffat en faisant revivre aux jeunes ses conquêtes d’alpiniste et de premier de cordée leur donne de belles leçons de courage, de maîtrise de soi, de frater- nité humaine.Aux adolescents qui pourraient penser que l’alpiniste est un trompe-la-mort, le guide explique: « Un alpiniste doit bien faire la différence entre ces deux notions que l’on confond si souvent à l’endroit de l'alpinisme (et dans bien d’autres cas): la notion de difficulté qui est saine, virile, et la notion de danger qui est bête, morbide, comme empoisonnée.» La Piste des Cimes donnera certes à bien des lecteurs le désir de gravir les hauts sommets du monde mais — ce qui est plus important — cette histoire vécue leur donnera le goût de se dépasser, d’aller plus haut que les vallées de l’égoïsme et de la facilité; la conquête de soi n'est-elle pas un sommet à atteindre ?Pleins Feux, pages documentaires annexées au récit, sur l'histoire de l’alpinisme et son langage particulier, ajoutent à la valeur éducative de cet ouvrage.Denise HOULE »»»»»»» VARNAC (Hugues) LO GUILLERME CORSAIRE.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].159p.ill.18.5 cm.(Coll.Belle Humeur, no 103) Relié.Pour jeunes Récit d'une aventure en mer.Embarqué avec sa famille à bord du Gaie-Marie, un jeune garçon, Lo Guillermé, perdra ses parents dans un naufrage, et sera forcé de vivre, pendant quelque temps, la rude et dangereuse vie des pirates.Récit plein de mouvement où abondent les péripéties les plus diverses, mais qui met aussi en valeur l'amitié qui se noue entre Lo et un jeune officier qui l’initie aux secrets du métier de marin.Ouvrage captivant et qui donnera aux jeunes des éléments d'initiation à la marine et à la géographie.Quelques illustrations, sobres, s’insèrent heureusement dans le texte.A.C.M1VILLE-DESC HENES (Jean) L'AVENTURE EST AU COIN DE LA RUE.Québec.Editions du Centre pedagogique [1962], 141p.20.5cm.(Coll, de l'Engoulevent) Pour jeunes Bravo à l’ACELF pour le prix accordé à cet ouvrage ! L’auteur, qui en est à son premier livre, mérite d’être fortement encouragé à poursuivre une carrière dans la littérature de jeunesse.Il a tout ce qu’il faut pour y réussir: la fertilité de l’imagination pour inventer une histoire aux multiples rebondissements; la verve pour la raconter d'une façon qui captive les jeunes; une mystique claire et joyeuse à proposer à ses lecteurs.Les éducateurs et les bibliothécaires qui liront L'aventure est au coin de la rue n'auront rien de plus pressé que de le recommander aux jeunes dont ils ont la charge.Et ces derniers seront tout de suite conquis par le récit des aventures de cette bande de garçons délurés qui ont entrepris, pendant les vacances, de se ménager une « tanière » secrète dans un terrain vague de Québec, tanière où ils se réuniront pour élaborer leurs plans de détectives amateurs et d'aventuriers en herbe.Une légère réserve à formuler sur cet ouvrage: le dernier chapitre est parfaitement inutile et aurait dû être enlevé.R.L.270 LECTURES Philosophie A.f4 P x- mm IË||f|§f * \ * ?.>•>¦>%|pc *& FOULQUIE (Paul) .La pensée et l’action.Classe de mathématiques.[Paris] Editions de l’Ecole [1962].440p.21.5cm.Religion POUTS (Anne-Yvonne) Joie pour Dieu.Couverture et illustrations de Ph.Jou-diou.Paris, Fieu rus [1962].32p.ill.13.5cm.(Coll.Gai rossignol.no 3) DENIS (Jean), ptre ___ Clartés sociales.Paris, La Colombe [1962].206p.18.5cm.LAFORTUNE (Ambroise), ptre Le Verbe s'est fait chair.Récits de réalisations liturgiques vécues de par le monde.2e édition.Montréal, Fides [1962].152p.22cm.$2.00.PASSELECQ (Paul), o.s.b.r ,, ,OÜ L'Evangile parlé.Bruges, Editions Ch.Beyaert [s.d.].188p.20cm.Mariage MASSION-VERNIORY (L.) Le bonheur conjugal.Ses obstacles.6c édition.Préface de Pierre Dufoyer.[Tournai] Casterman, 1961.20lp.19.5cm.(Coll.Pro Familia, série Problèmes quotidiens) Sciences sociales ARES (Richard), s.j.Du rôle de l'état dans un Québec fort.[Montreal] Bellar-min [1962].16p.20.5cm.(Coll.Questions actuelles, no 4) LEGER (Card.Paul-Emile) Au service de l’Education.Responsabilités et problèmes des commissaires d’écoles.Montréal, Fides [1962] 21p.1 cm.Littérature BENOIT (Pierre) , , Le Marchand de la Place Royale.Roman.Montreal, Fides [I960].157p.21.5cm.(Coll.Rêve et vie) $1.50 DECAHORS (E.) , .Histoire de la littérature française.Tome II: Le XVIe siècle Paris, Editions de l’Ecole [1962].409p.ill.22.5cm.Relié.LE MEUR (L.) , ._ .Panorama d'Histoire de la Littérature française.Paris, Editions de l’Ecole [1962].316p.ill.21.5cm.Relié.MOREAU (Abel) .Toi seule, que j’aime.Roman.Pans, Editions Galic [1961].182p.18.5cm.(Coll.La Rose bleue) Géographie — Histoire — Biographie GESLIN (Lucien) „ La famille Gagnon.Le Perche, Québec, Sainte-Anne de Beaupré.Montréal [s.é.] 1962.28p.ill.(h.-t.) 22.5cm.HARTWEG (Raoul) .La vie secrète des pygmées.[Paris, Les Editions du Temps, 1961.] 118p.ill.(h.-t.) 18.5cm.(Coll.Aujourd’hui l’aventure, no 18) Relié.LEPROHON (Pierre) .Paul Cézanne.Lyon, Editions et imprimeries du Sud-Est [1961].98p.ill.(h.-t.) 18.5cm.(Coll.Nos amis les peintres) Relié.MASSIS (Henri) De l’Homme à Dieu.Précédé d’un Portrait par Gustave Thibon.Paris, Nouvelles Editions Latines [1959].479p.22.5cm.(Coll.Itinéraires) PERNOUD (Régine) Histoire de la Bourgeoisie en France.Voi.2: Les Temps modernes.Paris, Editions du Seuil [1962].679p 19.5cm.Littérature de jeunesse BERNIER (Gaston) Jean Rigaud.Le caïd, le routier.Québec, Le Centre pédagogique [1961].96p.ill.l7.5cm.(Coll.Petit Jaseur) DAUPHIN (Reno) Vacances merveilleuses.Québec, Le Centre pédagogique [1961].90p.ill.l7.5cm.(Coll.Petit Jaseur) DELOR (André) Gare à toi.Taranis ! Illustrations de Pierre Decomble.Paris, Fleurus [1961].122p.ill.18cm.(Coll.Mission sans bornes) Relié.DRAGHI (Laura) Histoires de l'Ange gardien.Traduit de l’italien par Guil-Icmette de Beauvillé.Illustrations de Ugo Fontana.Lyon, Emmanuel Vitte [1961].111p.ill.(h.-t.) 24cm.Relié.FERRIER (Francis) Dans les griffes d'Ong Kop.Le Bienheureux Théophane Vénard.Illustrations de Paul Ordner.Paris, Fleurus [1961].125p.ill.18cm.(Coll.Mission sans bornes) Relié.HARVEY (Francine) Jeannot fait le tour du monde.Québec, Le Centre pédagogique [1961].95p.- ill.l7.5cm.(Coll.Petit Jaseur) HARVEY (Francine) Mes amies, les bêtes.Québec, Le Centre pédagogique ( 1961].90p.ill.17.5cm.(Coll.Petit Jaseur) J AN (Jeannette) La demoiselle et le troubadour.Illustrations de Manon Iessel.Paris, Fleurus [1961].123p.ill.18cm.(Coll.Monique) Relié.KRANZ (Herbert) Dans les griffes du ténébreux.Les justiciers du globe.\ol.1.Roman.Traduit et adapté de l’allemand par R.Lecor-dier.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Alsatia [1962].238p.20cm.(Coll.Rubans noirs, no 23) LE SENECHAL (Jacqueline) Voyage à Rome Illustrations de Pierre Decomble.Paris, Fleurus [1961].123p.ill.18cm.(Coll.Monique) Relié.NAUD (Martin) Ondoa.le négrillon.Illustrations de M.Santerre.Québec.Le Centre pédagogique [1961].96p.ill.17.5cm.(Coll.Petit Jaseur) SAUREL (Louis) Le Hardouin chez les Hurons.Illustrations de Pierre Du-teurtre.Paris, Fleurus [I960].126p.ill.18cm.(Coll.Mission sans borne) Relié.SENNE (Jean) Aux prises avec les Mohawks.Bruxelles, Office de Publicité [1961].168p.ill.18cm.(Coll.Clef des champs) TRUDEL (Clément) La terre et ses enchantements! Québec, Le Centre pédagogique [1961].93p.ill.17.5cm (Coll.Petit Jaseur) TRUDEL (Réjeanne) L’ile d'en face.Québec, Le Centre pédagogique [1961].91p.ill.17.5cm.(Coll.Petit Jaseur) TRUDEL (Réjeanne) Pépé à Kébec.Québec, Le Centre pédagogique [I960].96p.ill.17.5cm.(Coll.Petit Jaseur) VALAMU (Buna) Ursu, enfant de la Brousse.Récit.Préface du R.P.Ravier, s.j.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Alsatia [1961].244p.ill.20cm.(Coll.Rubans noirs) Avril 1963 211 Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Pour les ouvrages étrangers, cette cote a été’établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d’étude d’Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.AEPLY (J.), La Boite à musique.B Roman sans intrigue et sans personnages définis.Un mari attend le retour de sa femme tandis que le bébé crie et qu'un oiseau chante.Son attente anxieuse, jalouse et tourmentée fait tout le sujet de ce livre subtil, non dénué de poésie, mais qui n'apporte rien ni à l’esprit ni au coeur.ASQUITH (C), Comtesse Tolstoï .B Biographie qui raconte la vie tourmentée de celle qui, aimant passionnément son mari, sut lui être dévouée avec intelligence et fidélité, mais eut aussi à souffrir beaucoup des sautes d'humeur et des lubies de son génial compagnon.Ouvrage qui éclaire l’oeuvre de Tolstoï et en même temps rend justice aux mérites d'une épouse exceptionnelle.BARBIER (J.-B.), Silences sur le Second Empire .• • • TB-S Ouvrage historique où l’auteur s’attache à réhabiliter la mémoire de Napoléon III.Fait avec sérieux et érudition, ce livre verse cependant un peu trop dans la louange.Pour lecteurs cultivés.BELLONCLE (G.), Journal de notre jeunesse TB Journal qui retrace l’évolution d’un jeune, engagé au service de la classe ouvrière et de l’Eglise.On voit naître tous les problèmes que pose cet engagement dans une âme généreuse qui ne veut pas tricher.Pour tous.BERNIER (R.P.), Missionnaire sans retour .TB Roman qui fait suite à Un missionnaire, ouvrage paru il y a quelques années.L’action se situe en Afrique équatoriale dans un Etat qui vient d’obtenir son indépendance.Terrorisme et propagande anticolonialiste compliquent singulièrement l’apostolat des missionnaires.Ouvrage captivant, sans optimisme exagéré, écrit avec verve et esprit.CABANIS (J.), Les cartes du temps .B Récits.Le narrateur évoque, sans ordre logique rigoureux, ses souvenirs d'enfance et de jeunesse.Récit plein de charme et de douceur mélancolique, qui dit le regret du temps passé et du bonheur perdu.Style harmonieux et musical.Pour lecteurs cultivés.CERBELAUD-SALAGNAC, Les Français au Canada .TB Ouvrage de vulgarisation sur l’histoire du peuple français installé sur les rives du Saint-Laurent.Livre bienveillant destiné à un large public.CHARLES (R.), L’Etoile rouge contre le croissant .B-S Ouvrage d’histoire où l’auteur a voulu étudier le processus de pénétration du communisme dans les territoires asiatiques musulmans.Si l’auteur ne ménage pas son admiration pour cette réussite politique, il n’a garde de dissimuler l'effroyable coût humain de cette réalisation.Ouvrage bien documenté et impartial, mais d'un abord assez difficile.CHRAIBI (D.), Succession ouverte.B Roman autobiographique.Un Marocain qui a quitté son pays pour la France où il a exercé tous les métiers et connu la misère, revient au Maroc pour l'enterrement de son père.A la lecture du testament de ce dernier, le narrateur traverse une crise intérieure longuement exposée dans ce livre.Ouvrage qui expose le problème des Marocains désaxés par l’évolution sociale et politique de leur pays.Pour lecteurs cultivés.DEGUY (M.), Le monde de Thomas Mann .B-S Etude philosophique et poétique de l'univers man-nien.L’oeuvre de Thomas Mann est caractérisée par la reprise, d’un roman à l'autre, non des mêmes personnages, mais des mêmes thèmes.C'est ce que démontre ici l’auteur.Ouvrage très dense, écrit par un athée et qui ne convient qu'aux lecteurs très cultivés.DOMINIQUE (P.), Les polémistes français de- puis 1789 .B-S Choix de textes d’une quarantaine de polémistes tels que Mirabeau, Chateaubriand, Veuillot, Bernanos, Maurras, etc.Pour lecteurs cultivés.GERBAULT (J.-M.), Chers poisons.B?Roman à thèse qui est un réquisitoire contre les pratiques des laboratoires et contre la manie de 272 LECTURES plus en plus répandue d'administrer des tranquillisants.Roman qui met en scène des personnages bien campés.Intrigue bien nouée.Quelques passages réalistes.GRIMAULT (M.), Kierkegaard par lui-même B-S Ouvrage d’introduction à l'oeuvre du philosophe danois.Biographie de Kierkegaard et aperçu sur les thèmes principaux de sa philosophie.Documentation sûre, présentée d'une façon vivante.Pour lecteurs cultivés.HEMINGWAY (L), Hemingway, mon frère B Biographie d'Hemingway écrite par son frère.Ouvrage qui fourmille de détails et d'anecdotes sur le milieu familial et la vie personnelle de l’écrivain américain, mais qui n'apporte aucun renseignement sur sa création littéraire.Pour lecteurs formés.HONORE (P.), L’énigme du dieu blanc précolombien .B-S Ouvrage d'histoire.L'auteur tente de reconstituer, à rebours, l'histoire des peuples de l'Amérique centrale et de l'Amérique au Sud, en commençant en 1500 et en remontant aux origines.H émet l'hypothèse d'un débarquement de marins crétois sur les rivages du Brésil quelque quinze cents ans avant notre ère.Ouvrage intéressant, mais d'une érudition quelque peu austère.HUMBERT (J.), Le maréchal de Créquy, gendre de Lesdiguières (1573-1638) .TB-S Biographie d'un homme de guerre qui fut un savant capitaine et un habile diplomate.Ouvrage bien documenté.JULLIAN (P.), Edouard VU.B Biographie historique.Le fils de la reine Victoria, Albert-Edouard, tenu par sa mère à l'écart des affaires de l’Etat, eut cependant une influence heureuse dans l'histoire de l'Angleterre.Ouvrage touffu mais écrit avec beaucoup de verve et de brio.LABIE (D.), Le pays tamoul attend la mousson TB Récit de voyage.Médecin spécialisé dans les recherches biochimiques, l'auteur a professé pendant un an au Collège médical de Pondichéry.Elle raconte son voyage en pays tamoul et les observations quelle a faites sur les coutumes des indigènes, leurs conditions de vie, leurs fêtes religieuses et civiles.Document humain de première valeur, cet ouvrage est d'une lecture facile et agréable.LOUCHEUR (L.), Carnets secrets (1908-1932) TB-S Ouvrage d'histoire.L’auteur, qui fut un grand industriel avant de se consacrer à l'Etat, nous donne ici de nombreux renseignements inédits sur la dernière phase de la première guerre mondiale, sur les négociations de l'armistice, etc.Pour lecteurs cultivés.MARX (G.), Groucho and me.TB Autobiographie.L'auteur raconte son enfance et sa jeunesse ainsi que les péripéties de sa carrière d'acteur, au théâtre, au cinéma et à la télévision.Ayant fondé, avec ses frères, le fameux trio comique des Marx Brothers, l'auteur a connu une vie aventureuse qu’il raconte avec beaucoup d’humour, de fantaisie et d'optimisme.ORMESSON (W.d’), Les vraies confidences .TB Recueil de souvenirs.Le comte WlaJimir d'Ormes-son, cet homme exceptionnel qui fut à la fois journaliste et ambassadeur, fait ici le bilan d'une vie extraordinairement remplie.Ouvrage serein, d'une lecture agréable et tonifiante.PAPINI (G.), La seconde naissance.TB Autobiographie.Le célèbre écrivain italien nous livre ici une série de méditations et de tableaux poétiques où l'on retrace les principales étapes de sa marche vers Dieu.Ouvrage d'une haute qualité littéraire et spirituelle.Pour lecteurs cultivés.PAYSAN (C), Histoire d'une salamandre .B?Roman qui raconte la très simple histoire d'une femme qui est une épouse heureuse et fidèle, et une mère vigilante.L'amour conjugal, qui est poiiî l'auteur la finalité de tout être, est le thème cert-tral de ce roman.L'auteur insiste trop sur le côté charnel de cet amour.Vagues sentiments religieux.Roman plein de talent et de poésie.SADOUL (G.), Georges Méliès.TB-S Biographie et analyse de l’oeuvre de celui qui fut le premier cinéaste et le premier réalisateur français.Précurseur et inventeur extraordinaire, Méliès a laissé une oeuvre pleine de poésie, de féerie, de truquage et de gags.L'auteur l'analyse ici dans un ouvrage intéressant et très documenté qui plaira aux lecteurs qui recherchent la culture cinématographique.VIATTE (A.), Les Etats-Unis .TB Etude sur la vie américaine, écrite par un universitaire qui a voyagé dans les contrées les plus diverses des Etats-Unis.On y trouve un aperçu nuancé de la vie privée, publique et mondiale du peuple américain.SIGNIFICATION DES COTES M C'est-à-dire mauvais: livres à proscrire.Les livres qui tombent sous les lois générales de l’Index sont cotés mauvais.Tous les livres à proscrire ne sont pas mis nommément à l'Index; il suffit qu'un livre tombe sous les lois générales de l’Index pour qu'on soit tenu, en conscience, de s’en interdire la lecture.D c’est-à-dire dangereux: livres qui peuvent être dommageables à la majorité des lecteurs, soit à cause des implications doctrinales plus ou moins fausses qu'on y trouve, soit à cause de la licence morale ui s’y étale, soit à cause d’une grave indécence ans les descriptions.B?c'est-à-dire appelle des réserves: ces réserves peu- vent être plus ou moins graves.Cette cote s'applique à des volumes qui sont sains dans l’ensemble, mais dont quelques pages sont discutables, soit à cause des idées émises, soit à cause d’une certaine indécence dans les descriptions.B c’est-à-dire pour adultes: les livres de cette catégorie n'appellent aucune réserve, mais ne conviennent qu'aux adultes.Quoique irréprochable, un livre coté B pourrait présenter certains dangers pour les jeunes qui n’ont pas l'expérience de la vie.TB c'est-à-dire pour tous: livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.Avril 1963 213 LE COURRIER DES LECTEURS « J’ai un travail à faire sur les deux œuvres suivantes: La lumière de la montagne de Robert Claude ainsi que Le feu dans la montagne du Père Roland Denis, o.m.i.Je ne trouve aucune note sur ces auteurs.Seriez-vous en mesure de m’en fournir ?Je vous en serais très reconnaissant.Il n’y a qu’une chose que je regrette, c’est de n’avoir pas connu plus tôt la revue LECTURES et que tant de numéros soient épuisés.Ne vous est-il pas possible de les réimprimer ?Merci.» R.A.(St-Léolin.Nouveau-Brunswick) — Robert Claude est né à Namur, en Belgique, le 31 janvier 1900.Son entrée chez les Jésuites date de 1919.Professeur pendant plusieurs années, dans différents collèges de France et de Belgique, il devait trouver, dans l’exercice de ses fonctions, l’inspiration première de son œuvre écrite.Collaborant au journal de la J.E.C.belge, Le blé qui lève, il y publia une série de brèves méditations qui furent en-suites publiées en volume sous le titre Adolescent qui es-tu?C’est dans ce même journal que parut, en feuilleton d’abord, le roman bien connu La lumière de la montagne.Ces ouvrages dont le succès fut, dès le début, considérable, furent suivis de plusieurs autres: Jésus-Christ, notre chef, L’éducation de l’adolescent, conseils aux parents, Le rayonnement de Pier-Giorgio Fras-sati, Contacts avec l’Esprit, Saint Paul, L’attente douloureuse d’A lain-Fournier, Education cinématographique, La dialectique de l’action humaine, La vocation missionnaire, etc.Le Père Claude a de plus à son crédit une féconde carrière d’éducateur dans le domaine cinématographique.Appelé à diriger un centre local de cinéma scolaire, il inaugura une série de commentaires cinématographiques destinés aux étudiants, puis au grand public.Après avoir dirigé nombre de ciné-forums, il est devenu directeur du Centre d’Education Cinématographique en 1946.Quant aux renseignements que vous demandez sur le R.P.Roland Denis, vous en trouverez abondamment dans Le feu de la montagne qui est justement un ouvrage autobiographique.Malheureusement, il nous est impossible de faire réimprimer les numéros de LECTURES qui sont épuisés.* * « Auriez-vous l’obligeance de me faire connaître la cote morale des ouvrages suivants: Hygiène de l’âme d’Ignace Lepp, Le Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos.J’aimerais connaître l’auteur de La nuit est ma lumière.Merci beaucoup.» G.D.(Yamaska) — Nous n’avons malheureusement aucun renseignement sur l’ouvrage d’Ignace Lepp: Hygiène de l'âme.Quant au Journal d’un curé de campagne, le chef-d’œuvre de Bernanos, il appelle des réserves.C’est Etienne de Greeff qui a écrit La nuit est ma lumière.- Vient de paraître - L'encyclique de Jean XXIII PACEM IN TERRIS Collection “Alouette blanche” $0.50 -FIDIS, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal 1 En vente dans toutes les librairies 214 LECTURES A signaler sur le marché du disque littéraire : ggWHHL — Rudyard Kipling: Livre de la Jungle, no 3: L’Ankus du roi et Rikki-Tikki-Tavi.Evocation du célèbre roman, lionne adaptation musicale, dialogues vivants et textes bien choisis.(Festival-FLD 299-S) ?— Charles Péguy: Présentation de la Beauce à N.-D.de Chartres (fragm.), Heureux ceux qui sont morts (fragm.), Adieux à la Meuse.Interprètes: Jean Deschamps et Madeleine Ozeray.(L’Encyclopédie sonore) Un disque RADIO-MARIE: La Messe lue avec chants Radio-Marie vient de mettre sur le marché une nouvelle série d'enregistrements sous le nom de « Assemblées chrétiennes ».Cette série qui a été placée sous la responsabilité des Chanoines Réguliers de llmmaculée-Conception a pour but de fournir aux responsables de la vie liturgique des disques pouvant éventuellement leur servir de modèles pour la célébration des assemblées liturgiques ou para-liturgiques.?— Francis J am mes: Prière pour monter au Paradis avec les ânes.Interprète: Pierre Larquey.(L’Encyclopédie sonore) ?— Paul Claudel: L’Esprit et l’Eau (fragm.).Interprète: Jean-Louis Barrault.(L’Encyclopédie sonore) Le premier disque de la collection est une « messe lue avec chants ».La messe ici choisie est celle de la Toussaint.Nous y entendons la voix du Père Cantius Matura, o.f.rn., qui officie, celle du R.P.Gaston Fontaine, c.r.i.c., qui agit comme commentateur, des chants exécutés par l'assemblée (v.g.chants de Gélineau, Deiss, Julien, etc.), assemblée qui, en l'occurrence, est constituée par des étudiants d'instituts séculiers (Oblates missionnaires de Marie Immaculée et Voluntas Dei).Ce disque sera pour beaucoup une révélation: on imagine si peu, dans certaines paroisses, à quel point la messe communautaire peut être belle lorsqu'elle est pleinement vécue par tous ceux qui y participent ! Un tel enregistrement peut aider beaucoup au renouveau liturgique, et on ne saurait trop le recommander aux paroisses et aux institutions.(Microsillon.33 tours 1/3 — 12 pouces — RADIO-MARIE — N DC 336302) ?— Paul Claudel: La Vierge au pied de la croix.Interprètes: Marie-Rose Car lié et Jean Négroni.(Jéricho — JER 105-33) Radio-Marie annonce la publication d’un disque de Françoise Gaudet-Smet à l’occasion de la fête des mères.Avril 1963 215 r DOCUMENT eanne oC historienne par excellence de ^ Warie-Claire jbaveluy m ance : La Revue d’Histoire de l’Amérique française publiait, dans sa dernière livraison (mars 1963), une critique à la fois très pertinente et autorisée sur l'ouvrage de Marie-Claire Daveluy: Jeanne Mance.En voici le texte: Les personnes qui lisent la Revue d’Histoire, savent que Mademoiselle Daveluy sest spécialisée dans l’étude de Ville-Marie, fondation de la ville, puis des quelques décades qui Font suivie.Ses recherches minutieuses, patientes, portant sur les documents originaux, convergent toutes vers ce centre.Elle a sorti de l’ombre la plupart des Associés, démêlé leurs nombreuses transactions, repéré leur parenté, leurs alliances.D’un voyage en France avec Sœur Mon-doux, l’analyste de l’Hôtel-Dieu, Mlle Daveluy a rapporté une abondante moisson de précieuses découvertes.On peut dire qu’elle a fouillé dans bien des coins et recoins pour éclairer le grand ouvrage, ainsi que cette période initiale de notre histoire, période dramatique, bien souvent tragique, ardue, pénible.L’A.a fait part au public de cette documentation dans toute une série d’articles pleins de substance et qui seront d’un secours continuel aux historiens.Puis, maintenant, elle nous donne une édition revue, augmentée, de sa biographie de Jeanne Mance.Elle y a incorporé toutes ses nouvelles connaissances et l’a refondue avec soin.Elle a tenté de la faire définitive en épuisant toutes les sources de renseignements.Et, elle y a réussi, à moins que des découver- tes sensationnelles, peu probables, ne viennent bouleverser les connaissances actuelles.Tout d’abord, l’A.a pu établir qui était exactement Jeanne Mance.Ce n’est pas sans surprise que nous voyons se dresser maintenant devant nous cette femme issue de la grande bourgeoisie et d’une classe élevée de la société.Se transportant de Langres à Paris, elle peut rencontrer, naturellement pour ainsi dire, approcher et fréquenter les femmes les plus huppées de la société parisienne.Elle sait monter à cheval et au lieu de s'enfermer dans les coches, galoper dans les campagnes pour se rendre au port d’embarquement.Ce point est d’une importance extrême.Il communique d’abord plus de valeur au sacrifice énorme qu’elle faisait en s’associant aux petites et aux grandes misères des débuts, surtout en venant vivre dans la Nouvelle-France.En second lieu, il explique son rôle de premier plan, non seulement auprès de la fondatrice de l’Hôtel-Dieu, Madame de Bullion, mais encore auprès de tous les Associés, du Gouverneur de Montréal, des Sulpiciens de la première heure.Elle peut pour ainsi dire leur parler d’égal à égal, se mêler à leurs délibérations, empreindre leurs décisions de sa personnalité intelli- gente, lucide et forte.Sous cet aspect, elle présente un contraste frappant avec cette autre champenoise que fut Marguerite Bour-geoys.Celle-ci ne s’occupe que de sa mission spéciale, la fondation d’une communauté séculière enseignante, tandis que Jeanne Mance dit souvent son mot, et un mot qui compte, dans les affaires générales de la Nouvelle-France, auprès des personnes qui tiennent le sort de la ville entre leurs mains.Pour cette raison, elle fut en réalité l’une des plus actives et des plus énergiques associées.Sans elle, l’histoire aurait probablement été autre qu’elle ne fut; on peut même prévoir que la première entreprise aurait été abandonnée; il aurait fallu se reprendre à deux fois pour que le Montréal d’aujourd’hui existe.L’A.a ainsi campé devant nous une Jeanne Mance bien précise, singulière, nette et solide comme une statue.Puis, connaissant bien son personnage, elle pouvait retracer plus facilement son rôle dans toute la série des entretiens, délibérations, décisions, lettres, qui ont accompagné l’exécution d’un vaste projet mystique.Ce rôle, nous savions qu’il avait été vital lorsque l’héroïne risqua une partie de la dotation des Hospitalières de Saint-Joseph.Cette fois-là, elle donna une preuve de son jugement sûr et de son courage; comme il arrive 216 LECTURES T souvent sur terre, sa belle action lui attira bien des ennuis.Mais comme l’A.nous le dit, à cette in-tervation retentissante, s’ajoutent d'autres interventions qui, pour être moins éclatantes, moins connues, n’en furent pas moins substantielles, solides et bienfaisantes.A l’époque où les Associés diminuaient en nombre, où leur attention se portait sur d’autres causes, où Ville Marie menaçait ruine, Jeanne Mance apparut de nouveau.Nous avions là une période trouble, incertaine, encore obscure.L’A.l’a sondée avec soin et elle y a distingué de nouveau la parole influente et les pensées lumineuses de Jeanne Mance.Cette fois, les Sulpiciens hésitants se portèrent à la rescousse et remplacèrent les premiers Associés.Ils apportèrent une force neuve à l’entreprise, durant des années extraordinairement difficiles, et surent lui donner la stabilité.C’est à partir d’eux que Ville-Marie fut à jamais fondée et que disparurent des inquiétudes qui avaient duré vingt ans.Après les avoir vus à l’œuvre, prudents, sages, dévoués, Jeanne Mance pouvait mourir.Sa carrière était une réussite.Chemin faisant, l’A.a élucidé bien des problèmes, projeté de la lumière sur bien des figures.Elle a percé, par exemple, l’identité de cette Madame de Bellevue que l’on voit apparaître dans la vie de Marguerite Bourgeoys et qui avait intrigué bien des historiens.Quelle était au juste cette femme qui semblait si bien connaître la Nouvelle-France et ce qui s’y passait ?Nous le savons maintenant.Dès sa parution même, cette JEANNE MANCE occupe une place éminente dans l’histoire des trois premières décades de Ville- Marie.Biographie écrite dans un style net, sans surcharges et sans déclamations, elle ravira certainement tous les lecteurs que fatiguaient les dissertations d’ouvrages antérieurs.Le livre s’en tient à son sujet; et aux faits, aux événements; il s’en tient à l’histoire dans toute sa pureté, pourrait-on dire, et ainsi il donnera satisfaction aux esprits difficiles et hargneux.Loin de mêler les genres, il ne s’éloigne pas d’une ligne du genre nécessaire.Pour ses recherches inlassables sur le Montréal primitif, pour cet ouvrage substantiel accompagné de tout l’appareil scientifique, l’A.a certainement bien mérité du Montréal d’aujourd’hui qui est la fleur d’une plante vivace soignée avec beaucoup de précautions et de soins.Léo-Paul Desrosiers F I D E S est maintenant le représentant-dépositaire exclusif au Canada des ÉDITIONS FAMILIALES DE FRANCE • tous les ouvrages de cet éditeur français maintenant disponibles en quantité suffisante à la librairie Fides de Montréal • prix de détail calculés d'après la tabelle actuellement en cours: 0.32 le N.F.• un choix de titres variés pour bibliothèque familiale ou éducative FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal 1 UN.1-9621 Avril 1963 217 Le cinquantenaire du "Droit" Des fêtes spéciales marquaient récemment le cinquantième anniversaire du journal Le Droit, seul quotidien français d’Ottawa et de l’Ontario.Le programme de ces fêtes comporte une messe d’action de grâces, la publication d'un volumineux numéro-souvenir, une grande réception en l’honneur de tous les anciens employés du journal, un dîner-causerie avec le R.P.Emile Gabel comme conférencier, une grande soirée populaire pour les abonnés du journal, une fête intime pour les employés actuels, la publication d’un ouvrage consacré à l’histoire du quotidien.A l’occasion du lancement du 1,000,000e exemplaire du Nouveau Testament, les directeurs de la Société de la Bible ont offert un volume souvenir à Son Em.le card.Paul-Emile Léger.Sur la photo qui a été prise à cette occasion, nous reconnaissons, de gauche à droite: M.P.-E.Mallette, c.a., le R.P.P.-A.Martin, c.s.c., président de la Société, M.R.Turcotte, Son Eminence, M.B.Baril, et le R.P.J.-L.d’Aragon, s.j.président de l’ACEBAC.Sbecè* Je M tfean SteL on Sieur einmann fallu PARIS (CCC) — M.l’abbé Jean Steinmann, grand spécialiste en exégèse biblique, est décédé récemment dans un accident en Jordanie.Il participait, avec un groupe de 26 pèlerins, à un voyage en Terre Sainte.Le groupe a été surpris par un torrent de boue dans un étroit défilé du sud de la Jordanie, non loin des ruines de Pétra.La catastrophe a fait 24 victimes.La plupart des victimes appartenaient au groupe Notre-Dame, qui est une association interconfessionnelle groupant des catholiques, des protestants et des israé-lites pour l'étude de textes bibliques, de l’arabe et de l'hébreu.Son animateur spirituel, M.l’abbé Steinmann, est né en Alsace en 1911 et était vicaire à Notre-Dame de Paris depuis 1948.Spécialiste en exégèse biblique, il avait publié de très nombreux ouvrages sur les prophètes: Isaïe, Jércmie, Ezéchiel, etc.Il avait également écrit des ouvrages sur saint Jérôme, Pascal, Carlo Dolci et le baron von Hiigel.Enfin, il était l'auteur d’une Vie de Jésus, qui fut mise à l'Index par le Saint-Office en juin 1961.Par la suite, un décret en date du 14 février 1962 avait interdit à M.I abbé Steinmann toute nouvelle publication en matière biblique.Une pièce absurde contre Pie 111 Rome (CCC) — Sous le titre Une pièce absurde contre l'oeuvre de paix de Pie XII, L'Osservatore Romano a publié un long article dans lequel il dénonce la pièce de théâtre intitulée Le Vicaire (Der Stellvertreter), réalisée d'après un livre de Rolf Hochhuth et présentée récemment à Berlin.Le journal relève que le public allemand a accueilli peu favorablement cette "injuste et ingrate calomnie" contre Pie XII.Des voix protestantes et catholiques se sont élevées pour protester.Le journal rappelle l'oeuvre accomplie par le Pape pour venir en aide aux Juifs persécutés par les nazis.Il relève également les déclarations de reconaissance faites par les personnalités juives les plus éminentes, après la guerre, pour l'action de Pie XII.Raymond Tanghe nouveaux membres de la Société Pierre Baillargeon Vianney Décarie Richard Arès, s.j.218 LECTURES 33 l.liS ALBUMS Dl LARCMN Cini racontée cn images —Mon Père, pourquoi, après la chanson, avez-vous maintenant recours au crayon du dessinateur pour traiter la Bible ?La chanson biblique, que l'on fredonne, qui habite notre mémoire, contribue je l'espère à imprégner notre vie quotidienne de la Bible.Par l'image, je voudrais faire entrer les enfants dans le monde de la Bible, et cela dès le plus jeune âge.Je n'ai pas pensé à faire un catéchisme, ou un livre de pédagogie systématique.Mais j'ai visé à mettre à profit une partie du temps de leur amusement pour ouvrir aux enfants d'une façon souriante le monde de l'Ecriture.Le format de ces petits livres illustrés, la technique de l'illustration, l'abondance des images en couleurs, tendent à présenter d'abord ces ouvrages comme un moyen de délassement.Il est à noter aussi que les enfants du premier âge scolaire, encore aux prises avec les difficultés de la lecture, aiment bien se faire lire ou raconter l'histoire dont ils aiment les images.A ce titre le petit livre d'enfant n'est pas un ouvrage que l'on lit une fois pour toutes mais un objet, un petit trésor de rêve, que l'enfant reprend volontiers s'il trouve un adulte pour lui faire, sur les images qu'il connaît bien, des commentaires qui orien- La collection "Arc-en-ciel": 7 \n e ^açon Souriante cl ouvrir la ifantâ 'ible aux en i Dans un interview qu'il accordait à la Vie catholique de Paris, le R.P.A.-M.Cocagnac, o.p., donnait des précisions très intéressantes sur une nouvelle collection d’albums bibliques qui vient d’être mise sur le marché.tent son imagination vers de nouvelles perspectives.Il n'est pas besoin de souligner l'intérêt que peut présenter un livre religieux contenant une histoire dont les parents et les familiers peuvent user comme d'un point de départ pour des explications qui formeront la première initiative religieuse du tout petit, ou le complément agréable de l'instruction catéchétique du plus grand.Le sujet est toujours une histoire biblique.L'enfcnt possède très tôt un sens diamatique et une imagination qui le rendent sensible aux réalités vécues selon le schéma classique: exposition, péripéties, dénouement.On peut trouver dans la Bible un grand nombre d'histoires qui répondent parfaitement aux désirs des enfants: un milieu coloré et pittoresque, un mouvement dramatique passionnant, des dénouements souvent imprévus.La matière biblique est d'une richesse inépuisable.—Mais pensez-vous que l'enfant est capable d'entrer dans l'intelligence de l'Ecriture, au delà des éléments merveilleux et folkloriques de certains épiso- Mais précisément; il ne faut pas s'arrêter au folklore biblique.Ce serait en rester à un plan purement humain qu'il est certes facile d'atteindre.Nous avons voulu, à travers ces petits livres, éveiller les enfants aux données spirituelles — et pas seulement morales — qui doivent enrichir leur vie religieuse.—Pouvez-vous illustrer ce que vous dites à l'aide des premiers albums qui paraissent?Voici un exemple.L'histoire du Jeune David nous raconte comment David fut choisi par le prophète Samuel pour recevoir l'onction royale.Certes on pourrait en conclure devant l'enfant: "Tu dois être courageux comme David".Mais on peut aussi montrer à l'enfant le mystère du choix de Dieu.L'homme regarde l'apparence.Dieu regarde le coeur et le choix divin est en définitive une prédilection.Certes ce ne sont pas en ces termes que concluent les ouvrages.Les mots demeureront toujours très simples.Mais le regard qui conduit ces récits est celui du théologien plus que celui du moraliste; il entend évoquer avec des moyens simples la plénitude des thèmes bbiliques choisis.Ainsi l'histoire de Balaam contient une révélation du mystère de la Bénédiction divine.L'épisode de Zachée nous introduit dans les détours de la conversion.Jonas n'est plus "l'homme-à-la-baleine", mais Avril 1963 219 l'acteur d'un drame au cours duquel Dieu révèle sa miséricorde.Si Jésus guérit un paralytique le jour du sabbat c'est pour nous révéler le mystère du repos et du travail.—Raconter la Bible en images, n'est-ce pas une gageure que d'entreprendre cela aujourd'hui?Dans la déroute de l'Art sacré il aurait pu sembler impossible de réunir assez de peintres figuratifs pour mener à bien cette entreprise.Au cours de la dernière Biennale de Venise qui consacra sa gloire, Manessier a eu ce mot significatif: "La figuration, s'exclama-t-il, mais c'est la Terre promise!" L'expérience tentée avec les livres d'enfants de la collection Arc-en-ciel nous montre que le désert va peut-être finir et que la terre promise est déjà toute proche.Il semble que les recherches non figuratives des années passées commencent à porter leur fruit.Une sorte d'osmose s'est établie et la figuration des jeunes peintres de la collection Arc-en-ciel apparaît comme toute gonflée des réserves poétiques accumulées par l'héroïque recherche des non-figuratifs.A ce titre ces petits ouvrages nous ouvrent les voies d'une espérance que l'on croyait à jamais perdue: la figuration retrouve dans la vie de l'Eglise des droits que l'académisme religieux lui avait fait perdre.—Comment sont réalisées les illustrations de ces albums?Je crée le scénario, mais, pour les albums que je n'illustre pas moi-même, je travaille en collaboration étroite avec l'artiste chargé de l'illustration.Une technique inspirée du cinéma avec ses possibilités de cadrage, de plongée et même de travelling (suggéré par des juxtapositions) crée un ensemble de mouvements picturaux originaux.Ainsi le Christ, parlant de la barque du lac, sera saisi par un observateur situé successivement à terre et sur une barque de la mer.Il doit normalement résulter de cet effort une plus grande facilité pour l'enfant à entrer dans le vif du sujet, en identifiant son regard avec celui d'un observateur en mouvement et réellement présent à la scène.Cette collection nous livre ainsi le fruit de trois années de recherches et de travaux qui ouvrent certainement une voie nouvelle à l'imagerie contemporaine.—Le genre "dessin pour enfants" est difficile.Quel parti avez-vous adopté?Il fallait surtout éviter de chercher un style enfantin.La mièvrerie systématique, l'influence de Walt Disney, le pastiche de dessin d'enfant étaient autant d'écueils.L'enfant est attiré par une certaine puissance de la couleur mais ce désir le porte aussi bien sur des couleurs parfaitement harmonisées que sur les résultats les plus grinçants.Arc-en-ciel a choisi l'harmonie.L'enfant est sensible à une certaine forme architecturale du dessin.On a tenu à garder aux planches une certaine vigueur décorative qui semble leur plaire tout en sauvegardant l'expression du tempérament propre à chaque créateur.A noter aussi qu'une information soigneuse des données bibliques extérieures (géographie, costume) permet de recréer une atmosphère de vérité qui ne déroutera pas l'imagination de l'enfant.Le texte posait un gros problème.Fallait-il prendre le texte exact de la Bible ou composer de nouveaux récits?On a choisi sans hésitation la deuxième solution.Prendre le texte de la Bible tel qu'il nous est donné par le livre sacré nous aurait obligés à passer sous silence nombre d'épisodes prolixes, de rédaction trop difficile ou recouvrant des époques trop longues.Faire des coupures dans le texte sacré nous a semblé plus artificiel que de composer un nouveau texte.Eviter les hébraïsmes revient à ôter au texte son mouvement et sa vigueur.On s'est donc attaché à raconter un épisode biblique déterminé en très peu de mots.Le texte compte sur les images pour enseigner par la vue ce qu'il ne contient pas.Il compte aussi sur les parents pour expliciter son enseignement.La référence textuelle est toujours notée cle manière à permettre à ceux-ci de recourir au texte origjpal.Ce procédé a bien des avantages.Il permet par exemple d'amalgamer à I histoire de Zachée quelques citations sur le danger des richesses, prises du livre de la Sagesse.Il permet aussi de rappeler la façon dont Jésus jugeait les publicains en introduisant dans le cours du récit la parabole de Jésus sur les deux hommes qui montèrent au temple pour prier, le pharisien et le pu-blicain.Chaque texte ne fait appel qu'à très peu de mots qui peuvent être nouveaux ou un peu difficiles pour les enfants.Ils s'expliquent par le contexte ou par l'image.Ainsi on s'est gardé d'éviter les expressions essentielles pour leur formation, mais on les a réduites au minimum ce qui n'aurait pu être fait avec une simple transcription au texte inspiré.Nous publierons alternativement des albums sur le Nouveau et l'Ancien Testament afin de donner aux enfants une culture biblique complète.220 LECTURES SELECTION CATHOLIQUE DE SO EUES RELIGIEUX Parmi la littérature religieuse publiée en 1962, 50 titres ont été choisis par un comité formé des personnes suivantes: les RR.PP.de Parvillez, s.j., Dalmais, o.p., Odil, a.a., et MM.J.de Bourbon-Busset, S.Fumet et P.-A.Lesort.Ecriture sainte EN COLLABORATION.Vocafcu/ aire de théologie biblique (Ed.du Cerf) FEUILLET (André), Etudes johanniques (Ed.D.D.B.) GELIN (A.), Hommes et f emmes de la Bible (Ed Ligel) JENNY (Mgr), Annonce de 1 Evangile sur les routes du monde (Ed.Equipes enseignantes) SCHNACKENBURG (R.), 7 héologie du Nouveau Festament (Ed.Des-clée de Brouwer) 1 ARSE (Paul de), Synopse des Epitres (Ed.Universitaires) Histoire ecclésiastique — Patrologie ALTANER (Berthold), Précis de Patrologie (Ed.Salvator) BEAUSSANT (Philippe).Le Jeu de la pierre et de la foi (Ed.Gallimard) BLINZER (José pTi), Procès de Jésus (Ed.Marne) CAMELOT (P.Th.), o.p., Ephèse et Chalcédoine — I ome II de I Histoire des Conciles œcuméniques (Ed.de I Orante) CHERUEL (J ules), Brève histoire de l ancienne littérature chrétienne (Ed.Fayard) DECARREAUX (Jean), Les Moines et la civilisation (Ed.Arthaud) DVORNIK (Francis), Histoire des Conciles (Ed.du Seuil) HAJJAR (Joseph), Les Chrétiens uniates du Proche Orient (Ed.du Seuil) HAMMAN, Riches et pauvres dans l Eglise ancienne (Ed.B.Grasset) LATREILLE (A.) et REMOND (R.), Histoire du catholicisme en France 3 vol.Tome III : Période contemporaine (Ed.Spes) LAURENTIN (R ené ).L’Enf ance de Bernadette et les premières apparitions (Ed.Desclée de Brouwer) PALANOUE et CHELINI, Petite histoire des grands Conciles (Ed.Leth ielleux) RONDET (R.P.Henri), Vatican I (Ed.Desclée de Brouwer) SAINT AUGUSTIN, Les Confessions, 2 vol.(Ed.Desclée de Brouwer) Philosophie — Théologie EN COLLABORATION, Science et foi (Ed.l'ayard) EN COLLABORATION, L’existence de Dieu (Ed.Casterman) EN COLLABORATION, L’Episcopat et l'Eglise universelle (Ed.du Cerf) EN COLLABORATION, La Maternité spirituelle de Marie, 3 vol.(Ed.Lethielleux) Avril 1963 221 CONGAR (Y.) o.p., Sacerdoce et laïcat (Ed.du Cerf) DONDEYNE (A.), Foi chrétienne et pensée contemporaine (Nauwe-Iaerts) GABORIAU (Florent), L entrée en métaphysique, vol.1 (Ed.Caster-man) GOUHIER (H enri), Bergson et le Christ des évangiles (Ed.Fayard) GRELOT (Pierre).Sens chrétien de l'Ancien Testament (Ed.Desclée) LUBAC (Henri de), La pensée religieuse du Père Teilhard de Chardin (Ed.Aubier-Montaigne) MARTELET (R.P.), Victoire sur la Mort (Ed.Chronique sociale de France) SOLAGES (Mgr de), Initiation métaphysique (Ed.Privât) Hagiographie — Biographie MICHEL (Joseph), Claude-Franç ois Poullart des Places, fondateur de la congrégation du St-Esprit (1679-1709) (Ed.Saint-Paul) ONIMUS (Jean), La route de Charles Péguy (Ed.Plon) POINSENET (Marie-Dominiq ue), Thérèse de Lisieux, témoin de la foi (Ed.G.P.) RAVIER (R.P.A.), Saint François de Sales (Ed.du Chalet) SIX (Jean-François), Littré devant Dieu (Ed.du Seuil) Pastorale — Liturgie GELINEAU (J oseph), s.j.Chant et musique dans le culte chrétien (Ed.Fleurus) LECUYER (Joseph), c.s.sp., Le sacrifice de la Nouvelle Alliance (Ed.Mappus) RAHNER (Karl), Mission et Grâce : Tome I : XXe siècle, siècle de grâce (Ed.Marne) TOULAT (P.), Les Chrétiens dans le monde rural (Ed.du Seuil) Etudes spirituelles MAURIAC (François), Ce que je crois (Ed.B.Grasset) PEYRIGUERE (Albert), Laissez-vous saisir par le Christ (Ed.du Centurion) Oecuménisme EN COLLABORATION, Dialogue œcuménique (Ed.Fleurus) EN COLLABORATION, Mystère dunité, 2 vol.(Ed.D.D.B.) EMERY (Pierre-Yves), L’Unité des croyants au ciel et sur la terre (Ed.Presses de Taizé) LAMBERT (Bernard) Le Problème œcuménique, 2 vol.(Ed.du Centurion) Sciences morales BARS (Henry), La politique selon Jacques Maritain (Ed.Ouvrières) DUVAL (Mgr Léon-Etienne), Message de paix (Ed.D.D.B.) TOULAT (J ), / uifs mes frères (Ed.Guy Victor) 222 LECTURES PÊCHEURS DE GASPÉSiE (Suite de lu page 224) Son accueil était plein de dignité.Une lois dans la maison, elle n’avait plus rien à dire, mais elle était prête à répondre par oui ou par non aux questions.Il ne lui venait pas à l'idée de raconter son histoire et nul ne soupçonnait que cette fillette insouciante eût mené la vie d’un pêcheur gaspésien.Si on refusait ses services, elle n’insistait pas.Mais elle criait: — Suivez bien la côte ! Ne prenez pas le bois pour écourtiner vot’ chemin.Y a des étrangers qui ne sont pas revenus ! L'image de la sauvageonne restait dans le souvenir, avec sa gentillesse, avec son sourire.Le voyageur regrettait de l’avoir rebutée et.à son retour des rochers aux oiseaux, il s’arrêtait devant la porte ouverte.La pauvreté du logis lui sautait aux yeux.Il s’avançait de quelques pas à / intérieur, la regardait peler ses mauvaises pommes de terre et déposait sur la table une pièce de monnaie.Mais c’était contre les principes de Tessa d'accepter de l'argent d’un étranger.D'une main agile, elle lui rendait la pièce.— Non, non.M’sieu, je l’ai pas gagnée.Le père et moi on a tout ce qu’il faut t Index des auteurs AEPLY (J.), p.212 ASQUITH (C), p.212 BARBIER (J.-B.), p.212 BELLONCLE (G.), p.212 BERNAGE (B.),p.209 BERNIER (R.P.), p.212 CABANIS (J.), p.212 CERBELAUD-SALAGNAC.p.212 CHARLES (R.), p.212 CHRAIBI (D.), p.212 DAVELUY (M.-C.), p.216 DEGUY (M.), p.212 DOMINIQUE (P.), p.212 *** Ecrits du Canada français, p.207-208 GERBAULT (J.-M.), p.212 GRIMAULT (M.), p.213 HEMINGWAY (L.), p.213 HONORE (P.), p.213 HUMBERT (J.), p.213 JULI.IAN (P.), p.213 LABARRERE-PAULE (A.), p.206 LABIE (D.), p.213 LE FRANC (M.), p.202 LOUCHEUR (L.), p.213 MARX (G.), p.212 MIVILLE DESCHENES (J.), p.210 NIEDERGANG (M.).p.199 ORMESSON (W.d’).p.213 PANNETON (G.), p.206 PAPINI (G.), p.213 PARADIS (S.), p.206 PAYSAN (C.), p.213 REBUFFAT (G.), p.210 SADOUL (G.), p.213 STEINMANN (J.), p.208 VALLERAND (C.), p.201 VARNAC (H.), p.210 VIATTE (A ).p.213 REVUE MENSUELLE DE CULTURE ET DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Un.1-9621 Direction: R.P.Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction: Rita LECLERC Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Abonnement annuel: $3.00 Le numéro: $0.30 Publication approuvée par l’Ordinaire —- LECTURES Avril 1963 223 On vient de publier, chez Fides, une réédition de l’ouvrage de Marie Le Franc: Pêcheurs de Gas-pésie.Nous reproduisons ci-dessous un chapitre plein de poésie qui a pour thème l’île Bonaventure et son « sanctuaire d’oiseaux ».Extrait de : Pêcheurs de Gaspésie U AND elle était chez elle, Tessa, tout en se Tarant à ses vagues occupations, surveillait le sentier de falaise qui passait devant sa maison.Un étranger pouvait survenir, en chemin pour les rochers aux oiseaux, à qui elle proposerait de servir de guide.Bonaventure, désertée par les hommes, se peuplait d’oiseaux de mer, et cet étrange domaine, baptisé du nom de « sanctuaire », attirait chaque année des visiteurs.Mais peu débarquaient dans l’ile, d’un abord difficile.On préférait en faire le tour par mer.Des pêcheurs du continent transformaient leur barge en vedette et venaient se poster sur les routes, aux carrefours les plus fréquentés par les autos, ou devant les hôtels des stations balnéaires, pour offrir leurs services.U n’y avait que les voyageurs qui aiment tout découvrir par eux-mêmes à venir dans l’ile, le sac d'excursion au dos, le kodak à l’épaule.La cabane de Joë Maloney, qui se dressait dans la solitude, venait les surprendre, et davantage encore l’apparition de Tessa.— Vous allez aux Oiseaux, M’sieu ?disait-elle de sa voix gracieuse, levant vers l’étranger son visage baigné d’un confiant sourire.Et tout en sautillant en avant, elle le prévenait des dangers du sentier en corniche : — Look out ! Prenez garde ! Une vache est tombée dans la fente, icitte, la semaine passée, et on a eu bien de la petne à la tirer de là.Sa tête était si serrée entre les rochers qu’il a fallu lui scier les cornes.On arrtve à un mauvais endroit, vous allez vous mouihev les pieds, j’crains bien ! On n’est pas loin à c’t’heure.N’approchez pas trop du bord! On s’amusait de son babillage, tout en suivant du regard les ébats des oiseaux.Le ciel était peuplé de myriades à’ailes blanches qui n’avaient d’autre loi que leur fantaisie.Au bout d’un vol vertigineux, les mouettes piquaient droit sur les eaux où elles se posaient pour se laisser mollement bercer, comme enivrées par le mouvement de la mer ou occupées à surprendre son chuchotement.La côte prenait de plus en plus l’aspect d’un bastion fortifié.— On arrive! annonçait Tessa comme on approchait d’une muraille rocheuse si tapissée d’oiseaux qu’on l'eût crue recouverte de neige.La jeune fille, blasée sur le spectacle, s’éloignait un peu, cueillait des fleurs, des branches de sapin, pendant que l’étranger s’abirruiit dans sa contemplation.Le lieu justifiait son nom de sanctuaire.L’homme n’y était admis qu’à titre de spectateur.Le silence environnant était si profond qu’on n’eût osé le rompre.Les rochers cependant palpitaient de vie.Les oiseaux venaient s’y poser comme chez eux.Rien depuis des siècles n’avait troublé leur jouissance paisible de la grandiose citadelle.Chacun y découvrait cans hésiter sa cellule, l’aspérité invisible à l’oeil humain où il accrochait son nid.C’était souvent par couples qu’ils ralliaient le rocher et on les voyait s’y becqueter doucement, ou s’endormir, la tête de l'un dans le cou de l’autre.Il y en avait à’alignés le long d’étroites corniches, se préparant à prendre leur essor, comme des coureurs qui attendent le signal, ou ne formant qu'une masse de plumes dans des creux de la pierre.Le repos ne durait que quelques secondes; il fallait vite repartir pour la prospection de l’espace.Bien que leur nombre fût infini et leurs mouvements incessants, on était surpris de l’harmonie qui régnait dans la grande parade aérienne.Elle avait quelque chose d’ineffable.C’était moins leur habileté de créatures ailées qui frappait que la douceur de leurs rapports.Ils é-vitaient de se gêner dans leurs évolutions, de s’aborder, de se heurter.Mais ils apportaient de la virtuosité à se frôler.Parfois, un couple s’élançait, dans un vol d’une courbe hardie, vers le large.Il s’agissait d’un jeu plutôt que d’un défi, d’une échappée complice dans l’espace.Deux êtres tentaient ensemble la grande aventure; deux poitrines jumelées, deux paires d’ailes confondues fendaient l’air du même mouvement et, une fois au bout de leur course et revenus se poser sur la mer, il y avait la même détente heureuse d’é-quilibristes ayant terminé un numéro difficile, dans leur abandon au bercement de la vague.Le spectateur, immobile sur la falaise, était étreint du regret de ne pouvoir s’élancer, lui aussi, vers les champs de l’espace et de la mer.La sensation de poids attachée à sa personne était lourde à porter.Au retour, il s’arrêtait sur le seuil de la maison de Tessa ouverte au soleil, à l’odeur de l’herbe et de la forêt.— Entrez, disait-elle, venez vous assir.Elle plaçait la berçante du père près de la porte.(Suite à la page 223)
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