Lectures, 1 mai 1963, mai
.v.v .j ^ « • K 7.’ ^_______ V ; MONTRÉAL NOUVELLE SÉRIE — mmiï-i VOLUME 9 MB Mü NUMÉRO 9 i s o m in a i r e Une civilisation de l'érotisme ?-p.226 Saint-Exupéry e# h monde de l'enfance de Pierre Pogé.p.227 Entre deux livraisons 1913-1963 de Laurent Tremblay .P* 229 Anthologie d'Albert Laberge de G.Bessette.P* 230 Notices bibliographiques.p 232 Courrier des lecteurs.p.243 Théâtre et fiction.p- 245 Page d'anthologie : extrait de Ce que je crois de François Mauriac.p.252 MAI 1963 V’?38fKi- taUHSMRU fTTr ¦ - > ¦H ->V- ^ ierre rAbt, prre (Voir à la page 227) âs&ôfe: L t lion o l c rotiAnte , C D I T € R I X L T'X ANS sa livraison de mai, la revue Ecclésia vient de publier, sous la plume de Daniel-Rops, un article d'une singulière gravité auquel nous croyons bon de faire écho.L'écrivain français y rapporte, sans y ajouter le moindre commentaire, la réponse d'un ami extrême-oriental à la question qu'il lui avait posée: qu'est-ce qui vous a le plus frappé depuis que vous êtes en Occident?« Eh bien ! répond l'ami, je suis inquiet, très inquiet pour vous, pour cette civilisation qui est la vôtre et envers qui l'humanité a tant de raisons de marquer de la gratitude.Il me semble qu'elle est en train de se laisser pourrir par ses racines.» Et il explique: « Depuis que je suis à Paris, j’ai tâché de bien regarder autour de moi, tâché de vous comprendre.J'ai lu vos journaux, considéré vos rues, vos films.Chaque fois, ou presque, que je suis allé voir un film récent, français ou italien — vos deux pays semblent marcher sur la même route — j'ai été gêné par des scènes qui, chez nous, feraient scandale, et qu'un public qui semblait composé de très honnêtes gens trouvait toutes naturelles.Il faut bien quelles soient toutes naturelles en effet, puisqu’on les laisse s’étaler sur les murs, en affiches, que la presse s’en empare, que la télévision même en présente d’analogues.» Et l’étranger ajoute ensuite cette réflexion qui nous concerne, nous, du continent américain: « Voilà le danger qui me parait menacer les sources vives de votre civilisation, et pas seulement en Europe: en Amérique, il en va de même, avec un peu plus d'hypocrisie.La civilisation occidentale me semble en passe de devenir une civilisation érotique, une civilisation hantée par le fait sexuel, où il semble qu'il n'y ait pas de plus grands problèmes que ceux que posent les relations de l’homme et de la femme.» Poursuivant son témoignage, l’étranger évoque deux petits faits qu’il a pu lui-même observer et qui justifient ses inquiétudes.Dans la boutique où il achète son journal, il rencontre régulièrement, deux fois par semaine, une jeune fille de dix-huit ans qui vient y chercher ce qui est sa seule nourriture intellectuelle: cinq hebdomadaires de la presse du cœur! Je ne pense pas, remarque-t-il, que cela soit une bien bonne formation.L’autre fait est plus grave encore.L’interlocuteur de Daniel-Rops, qui loge chez une mère de famille chrétienne et prati-cante, s'étonnait un jour de ce qu’elle choisissait toujours les endroits où ne passent que les films soviétiques, quand il s’agissait d’emmener ses enfants au cinéma: c'est que, expliqua-t-elle, « là, au moins, je suis sûre qu'il n’y aura pas de scènes déshabillées et de baisers en gros plan.J’aime encore mieux pour mes enfants une propagande politique à laquelle ils ne sont guère perméables que les étalages des films américains, français ou italiens ».Et l’étranger de conclure en précisant pourquoi l’inquiétait l’avenir de la civilisation occidentale.« Dans la gigantesque compétition qui est présentement enEagée, au terme de laquelle il s’agit peut-être tout simplement de survivre ou de disparaître, l’Occident a deux partenaires »: le monde communiste et le tiers-monde.Or, remarque-t-il, « on observe {dans le monde communiste} une austérité, une dignité morale, une réserve sur certains sujets qui tranche singulièrement avec votre érotisme occidental.J'ai traversé Moscou en venant à Paris; je n’y ai pas vu une seule de ces affiches qui couvrent vos murs, même dans le métro, que je ne voudrais pas laisser voir à mes filles; je n’y ai pas vu annoncer un seul spectacle de « strip-tease »; je n’y ai pas vu un seul journal du cœur ».Il en est de même, ajoute-t-il, dans le tiers-monde: « Que nous nous réclamions de Confucius ou de Bouddha, nous plaçons très haut les vertus de pureté, de chasteté (.) Bientôt, en face de ses deux partenaires dans la « struggle for life », seul l’Occident sera la civilisation de l’érotisme.Je ne crois pas qu’il ait à s’en féliciter.» Ces reproches qu’on formule à l’endroit de la civilisation occidentale sont-ils exagérés pour nous ?Il faudrait n’avoir pas en mémoire certains livres récents parus chez nos éditeurs.Il faudrait ne jamais regarder les annonces de films.Il faudrait ignorer que, dans nos cinémas, les films à proscrire sont plus nombreux d'année en année.Il faudrait n’avoir jamais subi l'odieux de ces courts métrages d’un sensualisme virulent qu’on s’arrange pour faire « passer » avec d’excellents films (v.g.The Birds récemment à l’affiche).Il faudrait n’avoir jamais vu certains spectacles, fréquents à la télévision.Il faudrait.avoir des yeux pour ne pas voir ! Rita LECLERC 226 LECTURES cliatûcfue avec tec tivnec D’HI Fjf f; -Tiflir • *• **¦¦*?•*•*• >p '.;tjf «.'«¦¦[ Æ Pierre Page : Saint-Exupcry et nu IC I Julia Richer Nombreux sont les ouvrages consacrés à Saint-Exupéry.On peut affirmer que de tous les écrivains contemporains disparus Saint-Exupéry est le plus lu, le plus commenté.Passé sans transition d’une notoriété qu’il connaissait déjà depuis plusieurs années à la gloire posthume la plus définitive, l’auteur de Courrier-Sud est devenu classique.Son œuvre, traduite même en latin, est aujourd'hui offerte à l’admiration de la jeunesse du monde entier pour qu’elle s’en inspire.Pourtant, certains aspects de Saint-Exupéry demeurent toujours impénétrables et sans doute est-ce là la cause d’une ferveur qui ne se dément pas.Les interrogations qu’il ne cessa de se poser jusqu’à la limite suprême de sa vie, résonnent encore dans l'esprit des millions de lecteurs pour qui Saint-Exupéry symbolise l’irrésistible appel de l’invisible.M.l’abbé Pierre Pagé, qui vient de publier à Fides: Saint-Exupéry et le monde de l’enfancel, tente une nouvelle incursion dans le domaine en- chanté où se réfugia l’enfant que fut, même dans la grande témérité de sa vocation d'aviateur, Saint-Exupéry.Il établit, d'une manière évidente, un lien étonnamment fort entre la première et la dernière œuvre exupériennes: Courrier-Sud et Le Petit Prince.Deux œuvres où, sous les thèmes imaginés, apparaît, d'une part, la faiblesse de Saint-Exupéry, sa frayeur d'un monde où la méchanceté triomphe, son besoin de s’appuyer sur un passé solide, sa fuite devant le temps; mais, d’autre part, sa force aussi, le refus qu’il opposa toujours aux vilenies humaines, l’immense certitude de son esprit qui le faisait différent des autres hommes.Comment expliquer l'attirance que ressent pour Saint-Exupéry le lecteur réfléchi, sinon par le courant souterrain d’un je ne sais quel absolu qui traverse cette œuvre où l’homme est exhaussé ?Des romans comme Pilote de guerre, Terre des hommes, Vol de nuit, comblent par l’expression d’une volonté et d'un courage qui nous sont retransmis et nous Mai 1963 227 élèvent au-dessus de l’humain.Quant à Courrier-Sud et au Petit Prince, ils nous révèlent à nous-mêmes, nous obligent à un retour vers des forces oubliées, nous rends meilleurs, plus compréhensifs, plus fraternels.M.l’abbé Pierre Pagé insiste beaucoup sur l’influence que joua dans l’évolution littéraire et philosophique de Saint-Exupéry ses séjours forcés au désert.il nous semble, en effet, que voilà une réponse aux interrogations angoissées de l’œuvre exupérien-ne.Le mûrissement d’un homme, d’un écrivain, ne s’obtient vraiment que dans le silence et la méditation.Comment en aurait-il été autrement pour Saint-Exupéry dont le tempérament naturel refusait toute compromission et qui ne s’alimentait que dans la solitude ?Et l’homme qui ne s’alimente que dans la solitude n’est-il pas celui qui n’habite pas vraiment ce monde, mais un « ailleurs », construit tantôt de souvenirs, tantôt des effets de l’imagination ?L’homme d'action que semblait être Saint-Exupéry ressemble à ces talents qu’on acquiert à force de travail et de détermination.Un jour, l’auteur de Courrier-Sud résolut d’abandonner son enfance pour entrer dans la dure réalité.Il agit, devint le héros que l’on sait, mais derrière le visible demeurait, intouchée, l’âme d’un poète-enfant qui refleurit dans Le Petit Prince.Toutes ces transformations successives ne s’accomplirent pas sans désenchantement et Saint-Exupéry se laissa gagner par le pessimisme, nous dit Pierre Pagé, et il ajoute « ses héros de l’enfance en portent le témoignage indiscutable ».En effet, quel est le lecteur qui, pourtant exalté par un ouvrage de Saint-Exupéry, n’en ressent pas en même temps une vague tristesse, un poids inexplicable comme si l’auteur, nous entraînant sur les faîtes, nous y laissait seuls pour un temps.Mais l’impression de tristesse reste fugitive.Celui qui écrivait dans Terre des hommes: « Seul l’Esprit, 228 s’il souffle sur la glaise, peut créer l’homme », ne peut pas suggérer que la mort est une fin et qu’au delà il n’y a plus que le noir.Bernis de Courrier-Sud disparaît au désert mais Saint-Exupéry nous dit: « C’est donc ici le trésor: l’as-tu cherché ! » Et quant au petit prince qui « tomba doucement comme un arbre.Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable », il est, selon Pierre Pagé: « reparti avec le secret du renard, mais il l’a d’abord confié à son ami, le pilote, qui est aussi écrivain ».Et l’auteur ajoute: « On a pu alléguer que Le Petit Prince n’était que le divertissement d’un homme de métier.Mais c’est beaucoup plus que cela: c’est l’ultime message confié au monde par un homme qui savait voir « l’envers des choses ».Dans la mesure où ce poème porte en lui les préoccupations fondamentales de son auteur, comme nous l’avons montré, c’est un authentique testament spirituel.Saint-Exupéry aura donc confié l’essentiel de son aventure intérieure à une œuvre littéraire.C’est donc qu’il avait encore quelque espoir.C’est qu’il croyait en la puissance de l’œuvre littéraire qui, en évoquant des personnages, entraîne les lecteurs dans son sillage.» « L’auteur ne sombre pas dans le désespoir.Il sait que son œuvre a pu faire germer des sentiments authentiquement humains dans le monde.Il sait que, grâce au renard, au Petit Prince et au pilote, un peu d’amitié se perpétue sans doute quelque part.Il sait que, quelque part, à cause de lui, un homme cherche le sens de la vie.» Le livre de Pierre Pagé s’ajoute avec bonheur aux études déjà publiées sur l’œuvre de Saint-Exupéiy.Très littéraire, d’une logique sans faille, il recrée pour nous le monde de l’enfance qui peu à peu forgea en Saint-Exupéry l’écrivain, le philosophe, le poète que nous aimons tant.(I) PAGE (Pierre) SAINT-EXUPERY ET LE MONDE DE L'ENFANCE.Montréal.Fides [19631.125p.20cm.$2.00 Pour tous LECTURES Laurent TREMBLAY Julia RICHER Le Droit, comme tous les journaux indépendants, a eu une existence héroïque.Sans lui, sans Tin-fluence quotidienne qu’il exerça sur les Franco-Ontariens, ceux-ci depuis longtemps auraient perdu leur caractéristique nationale et religieuse.Le Droit est né d’un fait tragique: celui de la mise à exécution du Règlement 17, voté à la législature ontarienne, en 1912, sous le gouvernement Whitney.On connaît les grandes lignes de cette loi, si injuste pour nos compatriotes de l’Ontario que, dès 1910, ceux-ci sentent le besoin de s’unir en une vaste organisation: L’Association d’Education.C’est à un congrès national de cet organisme, en 1912, qu’un jeune Oblat, le Père Charles Charle-bois, suggère l’idée d’un journal pour la défense des Canadiens français de l’Ontario.Sous un physique d’apparence fragile, le Père Charlebois possédait une volonté irréductible.Un an lui suffit pour mettre son projet à exécution et le 27 mars 1913, paraît Le Droit, résultat de souscriptions volontaires, de sacrifices individuels et collectifs, de coopération générale de la part des institutions catholiques ontariennes.Dès ses premiers numéros Le Droit s’attaque au Règlement 17 qui représentait véritablement la mort de la nation franco-ontarienne.En étroite collaboration avec L’Association d’Education le journal entreprend un plan de campagne qui met en branle tous les secteurs de Tacitvité nationale.A l’odieux règlement qui défend d’enseigner le français à l’école; qui défend aux professeurs de se servir du français pour parler aux élèves; qui exige que toute commission scolaire bilingue, voulant ouvrir une école, obtienne d’abord la permission du gouvernement; qui place tous les inspecteurs d’école bilingues sous la juridiction d'inspecteurs spéciaux de langue anglaise pour la régie et la surveillance des écoles, Le Droit oppose un plan précis de résistance.Chaque commission scolaire est priée de communiquer officiellement avec le département, à Toronto, pour enregistrer sa dissidence; chaque famille est priée d’écrire aux commissaires de son arrondissement, puis aux instituteurs, pour exiger qu’on enseigne le français à lecole; tous les instituteurs et les élèves sont priés de refuser l’accès des écoles aux inspecteurs spéciaux du Gouvernement.La réponse ne se fit pas attendre.Sur 376 commissions scolaires franco-ontariennes, 376 s’enrôlèrent dans cette guerre pacifique qui devait durer quinze ans, guerre pacifique qui se continue en 1963, alors que Le Droit reste encore aujourd'hui l’étendard et le porte-parole des Franco-Ontariens.Dans' cette lutte héroïque où s’affrontait, d’une part, un gouvernement puissant, appuyé à fond par les Orangistes et aussi par les Irlandais catholiques — le rôle joué par les Irlandais dans la grande affaire du Règlement 17 n'a certes pas été à leur honneur — et d’autre part un petit peuple tassé sur lui-même, déterminé à conserver pour ses enfants le trésor inestimable de sa langue et de sa foi, Le Droit fut le soutien des Franco-Ontariens, leur espoir aux heures critiques, leur porte-parole auprès des gouvernements, le moyen le plus sûr d’obtenir une justice qui devait être rendue, par l’abolition de l’inique loi 17, en 1927.Bien peu de Québécois connaissent cette période tragique que vécurent nos frères d’Ontario.Lire l'histoire du journal Le Droit que vient de publier le R.Père Laurent Tremblay, o.m.i., sous le titre Entre deux livraisons, 1913-1963 \ permet de mieux comprendre les efforts et la ténacité des Franco-Ontariens pour survivre, comme groupe ethnique, à la persécution d’un gouvernement oppresseur.D’une plume alerte, qui ne s’embarrasse pas de références — il s’agit de plus de soixante mille pages de documentation — le Père Tremblay relate les faits, évoque des personnages, situe dans l’histoire tous ces hommes et toutes ces femmes qui travaillèrent à la cause ontarienne.Mai 1963 229 De l’ensemble, surgit l’inoubliable figure du Père Charles Charlebois dont l’influence au Droit marqua le journal d’une manière définitive.Confiant, énergique, éveilleur de conscience, le Père Charlebois fut pour ses collaborateurs immédiats et pour les hommes publics qui défendaient la cause ontarienne, un exemple et un secours.L'aperçu historique du Père Tremblay ne vise pas à la grande œuvre, c’est tout au plus une chronique d’événements qui se situent « entre deux livraisons 1913-1963 ».11 n’en reste pas moins qu’il rend témoignage, avive l’intérêt du lecteur pour le passé de nos frères ontariens et suscite notre admiration et notre reconnaissance pour un journal qui, à l’heure de crise nationale dans l’Ontario, a « quand même joué le rôle indispensable et primordial de signaleur et de retrousseur d'énergie.Il a fourni les munitions de combat, les plans d’attaque, les encourage- lecteur sait par avance que tout va tourner irrémé-ments et les vivres.Il a semé l’esprit d'union et de ténacité, le souffle d'héroïsme, il a prodigué aux lutteurs cet étrange appui moral qui fait foi de tout, parce qu’il rend impossible le découragement, la lassitude, la défaillance, la débandade et toutes les formes de lâcheté qui deviennent l’obsédante tentation dans une lutte qui dure quinze ans ».Un petit livre que les Québécois devraient lire pour y puiser une leçon d’opiniâtreté et de courage.(I) TREMBLAY (Laurent) ENTRE DEUX LIVRAISONS 1913-1963.Ottawa, Le Droit [1963].216p.ill.19cm.Pour tous Gérard Bessette -Anthologie (l-Albert • • cjCaLer^e Paul Day, c.s.sp.C'est dans L’Ecole littéraire de Montréal, livre publié par les Archives des Lettres canadiennes de l’Université d’Ottawa 1 * * que l’on trouve la clé de l’œuvre d’Albert Laberge.Dans un article intitulé: La Scouine d’Albert Laberge, M.J.Brunet montre combien ce grand sentimental d’Albert Laberge a souffert de sa famille et surtout a gardé de douloureux souvenirs du Collège Ste-Marie.Laberge s’est alors retourné contre les siens, contre la société canadienne-française, contre la religion catholique, pour se cantonner dans un athéisme assez naïf.Du point de vue littéraire, sa rancœur sentit le besoin de s’exprimer avec violence et même avec brutalité.Il est déprimant de lire l’Anthologie d’Albert Laberge par Gérard Bessette.8 Des extraits de La Scouine aux autres nouvelles, c’est du pessimisme continuel, démoralisant.En abordant un récit, le diablement mal, que ce sera noir et que l’auteur versera dans l’invraisemblance pour rester noir.(Voir, par exemple, Il marie sa fille.) Laberge n’a qu’une idée qui traîne comme un leitmotiv tout au long de son œuvre: Tout passe ici-bas ! Plus que quiconque, il a senti physiquement l'horreur de vieillir et de mourir.Mais comme il n’a pas la foi (L’on a empoisonné mon enfance avec la crainte de l’enfer et des châtiments éternels.Aujourd’hui, toutefois, délivré de ces vaines terreurs, je peux vivre en paix les jours de ma vieillesse.Et j’ai renoncé sans regret aux célestes récompenses, aux chimériques paradis.P.265 de Y Anthologie), la seule issue pour lui est le sourire amer, voisin du désespoir, du ricanement et du sarcasme.Laberge ne rit jamais.La seule chose qu’il comprenne, c’est la mort, vers laquelle il conduit tous ses personnages.230 LECTURES Son pessimisme se meut à l’aise dans le naturalisme.L’objet de ses peintures, ce sont surtout les gens de la campagne, qu’il a voulus ignares, primitifs, grossiers et balourds, empêtrés dans les soucis matériels, juste bons pour engendrer des enfants.Ceux de sa race, Labcrge les connaît surtout pour s’en moquer et les caricaturer.Ce réalisme va jusqu’au macabre.Ainsi, dans La veillée au mort, il a ramassé toutes les traditions dégoûtantes qu’on trouve dans les enterrements canadiens.Du macabre à la trivialité et à la grossièreté, il n’y a qu’un pas qu’il a franchi.A l’imitation de ses prétendus maîtres français, il a parlé des latrines et des excréments.Il a comparé les femmes enceintes aux vaches qui vont vêler.Il a mentionné « nos cousins les porcs », etc.Mais comme tout cela sonne faux sous sa plume ! Car, au fond, Laberge est un grand sentimental, un poète.Son pessimisme n’a rien d’intellectuel; sa psychologie est très superficielle.Son grand moyen de nous attendrir est la répétition fréquente et voulue des mêmes mots tristes, des mêmes phrases douloureuses, dans le même conte.C’est ce qui le caractérise.Cela crée un pessimisme d’atmosphère, sentimental, voire morbide, dans le dégoût âcre du monde.Par ailleurs, son style est celui d’un bon écrivain.Laberge écrit avec facilité.Mais rien d’extraordinaire.La lecture de Y Anthologie, certainement suffisante pour juger Albert Laberge, ne nous permet pas de partager l’enthousiasme de Gérard Bessette.Cette admiration nous étonne d’autant plus que Bessette est un romancier de valeur.Romancier, mais pas critique, au moins pas ici.G.Bessette a beau essayer de diminuer le jugement de Tougas sur Albert Laberge, c’est Tougas qui a raison lorsqu’il écrit: « L’œuvre entière de Laberge, qui se prolonge, toujours semblable à son point de départ, jusqu’à nous, a malheureusement le même défaut que le roman canadien au XIXème siècle: elle obéit à une mécanique.Le roman en noir et le roman en rose peuvent être également gratuits.» 1 2 3 Albert Laberge ?Un homme qui refoulait ses sanglots en s’en moquant.(1) L'Ecole littéraire de Montiéul.T.2 des Archives des Lettres canadiennes, publication du Centre de recherches de littérature canadienne-française de l’Université d’Ottawa.Fides, 1963, p.201-212.(2) Gérard Tougas, Histoire de la littérature canadienne-française.Presses Universitaires de France, 1960, p.156-157.(3) BESSETTE (Gérard) ANTHOLOGIE D'ALBERT LABERGE.Préface de Gérard Bessette.[Montréall Le Cercle du Livre de France [1962].310p.20.5cm.Mauvais -Fides présente Une " collection HISTOIRE DE LA NOUVELLE-FRANCE sous la direction de M.Marcel Trudel, professeur titulaire d'histoire du Canada à l’Université Laval Tome I: LES VAINES TENTATIVES 1524-1603 par Marcel Trudel Le récit de l’effort colonial que la France accomplit au seizième siècle Volume relié 307 pages $6.00 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal 1 UN.1-9621 Mai 1963 231 0975 Françoise CHOLETTE-PERUSSE CHOLETTE-PERUSSE (Françoise) PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT.(De 0 à 10 ans) Montréal, Les Editions du Jour [1963].181p.19.5cm.$2.00 Pour adultes Le livre que Madame Françoise C’holette-Pérusse nous présente aujourd’hui est un peu le prolongement des causeries qu’elle a prononcées à Radio-Canada dans le cadre de l’émission « Les chansons de la Maison ».11 a gardé l’accent du langage parlé, du dialogue avec un public qu’il faut toucher par une bonne élocution, une chaleur rayonnante et surtout des phrases simples et précises.L’utilité de Psychologie de l'enfant (Editions du Jour) n’en est que plus évidente.Combien de livres savants ont été écrits depuis quelques années sur ce sujet inépuisable de la psychologie de l’enfant.Les parents qui s’y intéressent sortent de leur lecture, peut-être enrichis d’un vocabulaire pseudoscientifique mais certainement pas mieux éclairés quant à la façon pratique d’envisager l’éducation de leurs enfants.Le petit traité de psychologie de Madame Cholette-Pérusse insiste beaucoup sur l’importance d’une présence maternelle continuelle auprès de l’enfant, au départ de la vie.Le nourisson qui reçoit de sa mère les soins les plus attentifs, qui ressent à chaque heure du jour et de la nuit une présence dont l’attouchement fréquent le vivifie et l’apaise, s’adapte merveilleusement au monde où il vient d’entrer.L’enfant de huit mois, d’un an, de dix-huit mois, de deux ans, dont le développement physique et psychologique est quasi journalier s’épanouit normalement si, autour de lui, vibre la tendresse maternelle, dont tout être normal a besoin pour survivre.Certes le rôle du père, dans ces années de l’enfance, est aussi important.Mais il est moins exigeant.La mère en donnant la vie se donne, elle accepte selon l’expression de Madame Pérusse de se diviser dans sa chair même.C’est ainsi que l’amour maternel naît dans l’abnégation, dans cet oubli pathétique de soi.Peu à peu cependant l’enfant deviendra un être autonome et l’influence du père sera tout aussi prépondérante que celle de la mère.Une éducation où seule la mère prendrait ses responsabilités reste une éducation inachevée.L’entente conjugale, une harmonieuse compréhension du partage des responsabilités donnera cet équilibre si apparent chez l’enfant qui vit dans un milieu familial heureux.Tout le bonheur nécessaire à la petite enfance peut être englouti par des chocs émotifs ressentis par l’enfant qui souffre inconsciemment d’un désaccord entre son père et sa mère.Madame Pérusse explique bien tout ce qui peut entraver le développement du petit enfant, elle insiste sur la nécessité d’abandonner les vieilles méthodes négatives d’éducation.Les parents doivent chercher la juste mesure dans une ouverture d’esprit qui permet la confiance, le parfait dialogue, la tolérance.Une seule réserve: Madame Pérusse laisse au théologien le soin de parler de la formation de la conscience religieuse.11 y a là naturellement une espèce de déformation professionnelle qui fait que le psychologue refuse de sortir d’un domaine qu’il croit lui être strictement réservé.Mais — et ceci est un point de vue personnel — il nous semble que la psychologie de l'enfant, pour être complète, doit tenir compte du sentiment religieux qui, dans une famille chrétienne, est au premier plan des préoccupations quotidiennes.Le bien-être de l’enfant, son épanouissement normal, la recherche d'une possession adéquate de sa personnalité future; tout cela est bien, mais il y a son âme aussi, bien plus importante que le corps Les parents ne doivent-ils pas y préparer — toujours évidemment 232 LECTURES scion l’évolution de l’enfant et jamais sous une forme négative — un terrain qui soit propice à l’épanouissement de la grâce ?Comment croire que l’enfant aimera Dieu si jamais, à travers le cheminement de son éducation on ne fait la plus petite allusion à Sa présence ?Cette réserve faite, nous admirons sans restriction le livre de Françoise Cholette-Pérusse qui devrait entrer dans la bibliothèque familiale pour consultation fréquente.Julia RICHER Religion JEAN XXIII (S.S.) PAC EM IN TERRIS.Lettre encyclique de S.S.Jean XXIII sur la paix entre les nations.Montréal, Fides [1963].108p.16cm.(Coll.Alouette blanche, no 6) $0.50 Pour tous Cette brochure contient le texte de l’encyclique que signait S.S.Jean XXIII, le 9 avril dernier.Cette encyclique contient cinq parties: rapports de l’homme avec l’homme; rapports entre les hommes et les pouvoirs publics; rapports des communautés politiques entre elles; rapports des individus et des différentes communautés politiques avec la communauté mondiale; directives pastorales.Si la pensée du Saint-Père se situe dans la lumière de la révélation et dans la ligne des enseignements pontificaux antérieurs, elle exploite cependant beaucoup les données du droit naturel et c’est ce qui explique que l’encyclique ait été adressée non pas seulement à l’épiscopat et aux fidèles de l’Eglise universtlle, mais à tous les hommes de bonne volonté.La présente édition de l’encyclique est enrichie d’un index qui ne laissera pas d’être extrêmement précieux à tous ceux qui désireront S.S.JEAN XXIII entreprendre l’étude de ce document ou s’y référer à l’occasion.Faut-il souligner le bon goût de la couverture ?A.C.Sciences Sociales EN COLLABORATION L'EDUCATION, PROBLEME SOCIAL.Semaines sociales du Canada, 38e session.Montréal, Bellarmin [1963].236p.24.5cm.Pour tous Ce volume contient le compte rendu de la 38e session des Semaines Sociales du Canada.On y étudie d’abord la situation d’ensemble de notre système d’enseignement.Ensuite on aborde plus particulièrement certains problèmes que pose ce système (v.g.école neutre, orientation professionnelle, etc.).On s’attache ensuite à définir dans quelle mesure l’éducation est à la fois une tâche temporelle et une mission d’Eglise.Enfin, on délimite les droits et les responsabilités respectives des parents, des éducateurs, des corps sociaux intermédiaires, de l’Etat et de l’Eglise, en matière d’éducation.Ce volumineux ouvrage n’est pas sans souffrir des lacunes inhérentes à ce genre de livres (un certain manque d’unité dans l’ensemble, inévitables recoupements de certains exposés, inégale valeur des textes présentés, etc.).Malgré ces lacunes de détail, l’ouvrage a suffisamment de poids pour mériter de retenir l'attention de tous ceux qui s'intéressent au problème capital de l’éducation.A cette heure où le rapport de la Commission Parent met ce problème au premier plan de l’actualité, on ne lira pas sans profit bon nombre des exposés qui prennent place dans cet ouvrage.A.C.1-WMBBBgg.ggy EN COLLABORATION LA PENSEE SOCIALE DE JEAN XXIII d’après l’Encyclique « Mater et Magistra ».Montréal, Fides [1962].166p.20.5cm.(Coll.Bibliothèque économique et sociale) $2.00 Pour tous, mais spécialisé Qu’on ne s’attende pas à trouver, dans cet ouvrage, une étude systématique de l’encyclique Mater et Magistra.Les différents chapitres qui le composent sont tout simplement des gloses autour des principaux thèmes abordés par Jean XXIII.Cet ouvrage contient en effet le texte d’une série de conférences qui ont été prononcées lors de journées d’études organisées par la Commission générale des hôpitaux catholiques de la province de Québec.Prenant comme point de départ les énoncés de l’encyclique papale, les conférenciers ont développé les thèmes suivants: le rôle des pouvoirs publics dans l’économie (Richard Arès, s.j.), le phénomène de la « socialisation » (Fernand Dumont), la justice sociale d’après Jean XXIII (Clément Lockquell, e.c.), la civilisation chrétienne du travail (Jacques Cousineau, s.j.), la part des laïques dans l’instruction, l’éducation et l’action sociale (Louis-Philippe Roy), le rôle du laïcat chrétien dans la diffusion et la mise en œuvre des enseignements sociaux de l’Eglise (Claude Ryan), Dieu, Mai 1963 233 unique source de rénovation de nos vies humaines (Jean-Paul Dallaire, s.j).Même si elles ont été données aux religieuses hospitalières, ces causeries, préparées par des conférenciers de choix, méritent l’audience de tous ceux qui s'intéressent aux questions sociales.A.C.Littératu re EN COLLABORATION ECRITS DU CANADA FRANÇAIS.Tome XIII.Montréal (s.é.J 1962.353p.20.5 cm.Dangereux Ce tome XIII des Ecrits est éclectique.Mme Eva Kushner y livre une thèse scientifique sur L'évolution des symboles dans la poésie de Pierre Emmanuel.Le style technique, le haut degré d'abstraction de ce travail le mettent hors de la portée du lecteur moyen.Le poème de Pierre Trottier intitulé le Retour d’Oedipe classe ce poète parmi ceux que Nietzsche a appelés les « fossoyeurs de la divinité ».Essayant de définir en des formules flamboyantes la nature du Québec, M.Trottier se livre à une série de blasphèmes révoltants pour les oreilles d’un croyant.Le fait religieux y est nié, parodié, insulté en une série de blasphèmes qui ressemblent à des litanies sataniques.Cap aux Antilles, récit de Guy Desilets, est le poétique journal de bord d’une croisière dans la mer des Antilles.Style parfois un peu maladroit, celui d’un débutant, mais plein de charme et de couleur.L’auteur réussit à faire revivre la chaleur et toute la beauté des mers du Sud.Thérèse Thiboutot fait figure de cynique et de désabusée dans sa nouvelle: La femme du Ministre.Dans un style se voulant natura- liste, l'auteur nous décrit des personnages à l’idéal plutôt bas.Le dauphin octogénaire, de Pierre de Ligny Boudreau, est le journal d’une vie: dans un récit à la première personne, le héros fait un voyage à travers le temps.Récit vécu où le lecteur sent un véritable contact humain avec les personnages.Les Ecrits se terminent par des extraits inédits du Journal de Prison de Louis Riel.Document émouvant de sincérité.Joseph COSTISELLA B iogra ph ie SYLVAIN (Robert) A LESS A ND RO GA VA ZZl (1809-1889), clerc, garibaldien, prédicant des deux mondes.2 vol.30 illustrations documentaires.Québec, Le Centre pédago- gique, 1962.587p.ill.(h.-t.) 22.5cm.Pour adultes, mais spécialisé Assez rébarbatif, au prime abord, ce monumental ouvrage en deux tomes ! Et cependant, il suffit d’en commencer la lecture pour être aussitôt captivé par l’histoire peu banale d’un personnage historique dont l’influence fut considérable au siècle dernier mais qui est assez peu connue aujourd’hui.Robert Sylvain a suivi à la trace l’itinéraire de cet ex-barnabite italien qui, au cours du bref séjour qu’il fit aux Etats-Unis et au Canada, réussit à soulever des émeutes populaires.Il a surtout le mérite de replacer l’action de cet anticlérical dans un contexte historique qui l’éclaire et l’explique.Tous ceux qui sont curieux des choses de l’histoire auront beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage écrit en un style limpide et étayé sur une documentation d’une richesse inouïe.A.C.Vient de paraître Dans la collection "La Fontaine d'Elie" LA VIE RELIGIEUSE DANS LE PARADOXE DE L'ÉVANGILE par F.Georges Albert • Vie religieuse et paradoxe évangélique dans sa préparation en Dieu • Vie religieuse et paradoxe évangélique dans sa réalisation en Jésus-Christ • Vie religieuse et paradoxe évangélique dans sa continuation en l’Esprit-Saint.Volume relié 234 pages $3.00 Fides, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal 1 234 LECTURES Littérature étrangère Religion EN COLLABORATION LES LAICS ET LA MISSION DE L'EGLISE.Etudes et documents du Cercle Saint-Jean-Baptiste.[Paris] Editions du Centurion |I962].190p.18.5cm.Pour tous On a groupé, dans ce volume, un ensemble de textes sur la vocation missionnaire des laïcs.On a fait appel à des théologiens comme les Pères Jean Daniélou, Irénée-Henri Dalmais, Georges M.M.Cottier et spécialement le P.Yves Congar qui revient avec bonheur sur certains thèmes déjà traités dans Jalons pour une théologie du Luiicat.Henri-Irénée Marrou nous donne un excellent article sur la responsabilité de l’intellectuel.On traite aussi des problèmes plus concrets qui se posent actuellement au laïcat missionnaire: nécessité d’une éducation missionnaire des laïcs, témoignage de quelques apôtres, organisation des mouvements missionnaires, etc.Ce petit volume constitue un excellent instrument de travail pour les cercles missionnaires, pour tous les éducateurs aussi qui veulent préparer les jeunes à un apostolat fructueux dans l’Eglise de demain.11 faut souligner que l’on a recueilli, pour décrire la spiritualité du laïc missionnaire, un témoignage protestant et un témoignage catholique.Cette mentalité œcuménique est tout à l’honneur des directeurs de cette publication.Notons enfin l'apport d’un des nôtres à cette réflexion, le P.Jacques-Marie Langlais, c.s.c., qui répond à la question: « Où va le laïcat missionnaire ?» Le P.Langlais est en relation avec les mouvements de laïcat missionnaire d’Europe et d’Amérique.Il les con- naît bien.Il nous montre rapidement quelles sont les difficultés qu’ils rencontrent, et décrit ensuite les tâches qui les attendent actuellement.Le P.Langlais souhaite que le laïcat missionnaire accède enfin à un niveau de coordination internationale et intercontinentale.Il signale le cas d’un mouvement canadien, Ricci, qui a longtemps figuré sur les listes européennes et qui met en lumière la vocation d'intermédiaire du Canada français.Paul-Emile ROY Éducat ion Michel de SAINT-PIERRE m-r, SAINT-PIERRE (Michel de) L'ECOLE DE LA VIOLENCE.Paris, Editions La Table Ronde (1962].251p.20cm.(Coll.L'Ordre du jour) Pour adultes C’est une visite au pays des blousons noirs que nous offre dans ce livre Michel de Saint-Pierre.Sans avoir toute la valeur objective d’une enquête scientifique appuyée sur des statistiques précises, ce travail reste un document de premier ordre.L’auteur ne donne pas de vue générale sur les problèmes de la jeunesse difficile.Il rapporte plutôt des situations concrètes, des cas précis tout chargés de leur densité humaine.De tels exemples ne trompent pas.Ils donnent à ce livre un caractère saisissant de vérité.Tout éducateur y trouvera matière à de longues réflexions.Ces jeunes, qui succombent à la tentation de la violence, sont les victimes d’une société qui ne leur donne pas la possibilité de s'épanouir.La cause de leur misère, il faut la chercher tantôt dans l'abdication des parents, tantôt dans la démission des éducateurs qui veulent se montrer sympathiques mais ne sont nas assez exigeants, tantôt dans la promiscuité du milieu familial.Certains logements modernes, qui ne respectent pas les exigences les plus élémentaires de la vie familiale.forcent les jeunes à les quitter pour organiser ailleurs leur existence.S’ils ne peuvent s'adonner à des sports organisés, ils se retrouvent dans la rue, et alors, ils se livrent peu à peu à toutes sortes d’actes répréhensibles.On remarque encore que le désaccord des parents est souvent à l’origine des maux qui entraînent graduellement la dégénérescence de l'adolescent.Le cinéma et la télévision jouent aussi un rôle dans cette dégradation.L'auteur cite à ce sujet le docteur Robin: « Actualités, dessins animés, grands films assènent à la seconde de véritables coups d’images sur de jeunes cerveaux.Ce tourbillon d’images a pour conséquence une impossibilité de se concentrer, de fixer son attention.La télévision est pire encore.Mais surtout l'enfant perd le sens de la réalité à un âge où il a besoin de le conquérir.Les films ont un effet « déréalisant » et la confusion entre l’imaginaire et le réel entretient, dans le psychisme de l’enfant, un Mai 1963 2 35 état d'instabilité.Certains psychologues ont dit que les films les plus violents et les plus éhontés pouvaient libérer, décharger l'enfant et l’adolescent de leurs tendances agressives, de leurs instincts exigeants.C'est allumer des incendies pour provoquer l'héroïsme des pompiers.» (P.103) Le livre de Michel de Saint-Pierre s'adresse aux Français.11 traite directement de la situation en France.Il porte des jugements très sévères sur les institutions de ce pays et nous ne sommes pas en mesure de nous prononcer sur la justesse de ces affirmations.Il nous fournit cependant des avertissements très précis que nous aurions tort de négliger.Paul-Emile ROY Littératu re CHAUFFIN (Yvonne) JOURNAL D'UN JEUNE DELINQUANT.Paris, Editions France-Empire [1962].252p.21.5cm.Relié.Pour adultes C’est au cœur même du drame de la jeunesse délinquante qu’Yvon-ne Chauffin veut nous faire pénétrer par son nouveau livre, Journal d’un jeune délinquant, publié aux éditions France-Empire.Le sujet n’est pas nouveau.Depuis déjà longtemps les romans psychologiques, le cinéma, nous ont démontré par a plus b que ce ne sont pas toujours les accusés qui sont les véritables coupables.Les thèmes de la société où régnent misère, injustice et mauvais exemple, sans oublier le manque d’amour et de compréhension des parents ont été apprêtés à toutes les sauces.Mais l'auteur traite le sujet avec originalité.C'est le délinquant lui-même qui se raconte d’une façon directe, vraie et clairvoyante, dans son journal personnel, prolongement du traitement psychologique reçu au centre de redressement.Quoique issu d’une honnête famille bourgeoise, Laurent se sent étranger et malheureux dans sa famille.Désireux d'échapper à une vie où tout est prévu, réglementé d’avance, Laurent se lie avec l’étranger Lambda, étudiant noir chez lequel il recherche son enfance « non pas réelle, mais une enfance de rêve, un père et une mère véritables » pour l’aimer.Mais ce premier essai d’amitié est un échec.Déçu, à la faveur d'Lne rencontre avec de jeunes cambrioleurs, il devient chef de bande.II croit satisfaire ainsi sa soif de puissance, mais bientôt nouvel échec.Laurent est arrêté et conduit dans un centre de redressement pour jeunes délinquants.Il y rencontre un éducateur laïc, M.Bernard, dont l’attitude d’accueil et de parfaite disponibilité en fait son ami et confident.Grâce à lui, Laurent se rend compte que jusqu’à son arrestation, sa vie n’était qu’une inconsciente recherche de son enfance perdue.M.Bernard a engendré Laurent à sa vie d’homme et comme le destin d’un homme est d’aimer, il connaît Marie-Dominique, une jeune assistante sociale, et en devient passionnément amoureux.Mais lorsqu’il apprend que celle-ci est fiancée, il n’est pas encore assez fort pour supporter ce nouvel échec.Le roman s’achèvera dans le drame sur le sacrifice d’ailleurs assez ambigu de Laurent.En définitive, le Journal d’un jeune délinquant écrit dans une langue simple, concise, reste, sous sa forme romancée, un témoignage vivant, direct, vraisemblable, une œuvre accessible à tous.Hélène LAROSE-GIRARD SANDRE (Yves) MARCHANDS DE PARTICIPES.Roman.Paris, Editions du Seuil [1962].253p.20.5cm.Appelle des réserves Sous une forme poétique, voilée parfois d’une douce ironie, un monde réel, vivant et très humain.Marchands de participes relate l'histoire des Ranson, les misères et les grandeurs quotidiennes de trois générations d’instituteurs de cette famille, et l’évolution de leur situation de la loi Falloux à la laïcité de Jules Ferry en passant par les réformes de Victor Duruy.Joseph Ranson, le grand-père, quincaillier en faillite et poète par surcroît, s'improvise instituteur dans son village des Briançonnais.Mais très tôt, en bute aux tracasseries des paysans rustres, l’expérience s’avère un échec.Son fils, Jean-Baptiste, intelligent, volontaire, plein de courage, s'instruit au séminaire où ses parents le veulent curé.Sa nature lui faisant comprendre qu’il n’a pas la vocation, il décide à son tour de se faire marchand de participes.C’est lui le héros exemplaire.Les luttes qu’il mène contre les paysans qui ne voient pas la nécessité de l’instruction, contre les maires, curés et inspecteurs d’écoles, qui chacun à leur façon ne veulent pas perdre leur influence, valent à Jean-Baptiste Ranson, sept changements de poste.Partagé entre la révolte et la soumission qu’il croit devoir aux autorités, il repart chaque fois, toujours confiant en la Providence, avec l’espoir qu’un sort meilleur lui sera réservé.Toujours désillusionné, Jean-Baptiste devient un homme durci par la misère, soutenu par sa seule foi mais brisé enfin par une mise à la retraite prématurée.Une joie lui reste.Il voit se réaliser en son fils Joseph, brillant élève et professeur diplômé de l’école normale, son rêve tenace et passionné de l’émancipation des instituteurs.Mais à son orgueil se mêle une certaine appréhension car il voit cette amélioration se faire en dehors du cadre rigide de l’Eglise.Le récit se termine sur une note d’espoir devant la réussite du jeune instituteur, fruit des efforts de trois générations.236 LECTURES Cetîe fresque impitoyable par moment mais vraie puisqu’elle s'appuie sur des faits authentiques, comme nous l’indique Yves Sandre, nous fait souhaiter vivement une suite à ces Marchands de participes du XIXe siècle.Hélène LAROSE-GIRARD N.D.L.R.Cet ouvrage appelle quelques réserves parce que l’école laïque y apparaît comme un progrès.B iogra ph ie GUITTON (Jean) GENIE DE PASCAL.[Paris] Aubier [1962].179p.19.5cm.Pour tous A la fin de l’année du tricentenaire, Jean Guitton nous devait ce Génie de Pascal.Dans un volume sobre et dégagé, on nous présente d’abord un discours éclairant prononcé à l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand, le 4 juin dernier, et qui donne son titre au recueil.Puis, reprenant son parallèle entre Pascal et Leibniz, le philosophe nous entraîne dans une « comparaison de deux génies ».Dans des chapitres presque toujours abordables pour le lecteur profane, Jean Guitton se plaît à multiplier les points de rencontre et de divergence qu’il découvre successivement chez ces deux représentants du génie occidental.Les pages qui parlent de l’amour universel et de la prédilection me semblent particulièrement dignes de remarque, ainsi que celles où Pascal est dépeint comme un génie français et universel.Ceux qui connaissent Jean Guitton savent qu’il n’aborde jamais un sujet sans y mettre une touche bien personnelle, surtout lorsqu’il s’agit d'un auteur qu’il a pratiqué depuis toujours, comme Pascal.Aussi pouvons-nous lire, dans ces études sur « l’effrayant génie », des raccourcis saisissants et des aperçus neufs.Parfois même, un Jean GUITTON paragraphe frappe tellement qu’on n’hésite pas à le transcrire, pour en savourer à la fois la justesse de perception et la valeur du style, ou pour le communiquer à quelque lecteur éventuel.Tel celui que je propose en guise d'exemple et de conclusion: « Je sais qu’un visage est l'addition de ce que nous voudrions être sans le pouvoir et de ce que nous sommes sans le vouloir.Ce que nous désirons d’être éclate dans le regard, qui dit nos buts, nos supplications.Ce que nous subissons d’être se lit dans les rides, les plis, les commissures.Lorsque l’enfant fait un caprice, on cherche une glace dans la maison afin qu’ayant horreur de ses traits il sourie: ruse assez vaine.Comme nous sommes tous en état de caprice, notre visage garde ces refus imperceptibles, cette obscurité des traits qui ne se dissipe que dans les moments de pureté.Nous n’avons guère de puissance sur notre visage, sauf par le sourire.» André MELANÇON, c.s.c.ZELLER (Renée) LA GRANDE QUETE D'A NTOINE DE S A INT -EXUPERY DANS « LE PETIT PRINCE » ET « CITADELLE ».Paris, Alsatia.222p.ill.(h.-t.) 19cm.Pour tous Certains lecteurs reprocheront peut-être à Renée Zeller de chercher à annexer Saint-Exupéry au christianisme.Peut-être ont-ils raison pour une part.Il faut éviter de mettre des noms trop précis sur-les symboles que le grand écrivain utilise sans les définir.Il reste que Saint-Exupéry lui-même se réclame de la civilisation chrétienne, et que son œuvre est marquée d’un accent qu’un chrétien reconnaît facilement.Quand il parle de l’amour, du sacrifice, de la solidarité des hommes en Dieu, comment ne pas reconnaître, formulées par un grand écrivain, des vérités que l’Eglise enseigne depuis son origine ?Comment aussi ne pas retrouver, derrière les pages si émouvantes et si resplendissantes de Citadelle, l image même de cette Eglise dans laquelle tous les hommes sont invités à une communion inépuisable ?Renée Zeller se garde bien de baptiser Saint-Exupéry.Elle montre au contraire comment cet homme, qui s’est toujours nourri des grandes vérités et des grands symboles chrétiens, qui éprouve à certains moments une tendresse qui l’apparente aux plus grands mystiques chrétiens, est resté, à nos yeux de chair, extérieur à l’Eglise.Il ne semble pas avoir accédé à la foi au Christ, mais toute son œuvre est-elle autre chose qu’une prière et un appel angoissé lancé vers le Seigneur ?De toutes façons, la lecture de Saint-Exupéry que nous propose Renée Zeller est très lucide, très valable.Elle en vaut bien d’autres.On peut formuler un regret, c’est que les références qu’elle nous donne ne soient pas plus précises.On aimerait parfois à replacer dans leur contexte les lignes qu’elle cite avec tellement d’à propos.Mais allez donc chercher un texte dans Citadelle quand vous ne savez pas à quelle page il se trouve ! Paul-Emile ROY i Mai 1963 237 lira IKü pggjp I WM I ! I l&iÉPili 11 I I gïïÉggg ÏSSSggiï:::;:* jfcü^lûlulic de ieivneà&o, BONZON (Paul-Jacques) LE VOYAGEUR SANS VISAGE.Illustrations d'Albert Chazelle.[Paris] Hachette [1962].189p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 201) Relié.Pour jeunes Sylvain, jeune lycéen, souhaite ardemment devenir invisible.Un chimiste du nom de Pierrefite lui permet de réaliser son rêve.Mais au moment où le chimiste veut redonner à Sylvain son apparence naturelle, le laboratoire explose et le savant emporte avec lui dans la tombe le secret de l’opération.Devenu désormais invisible, Sylvain sera entraîné dans de multiples aventures, dramatiques ou cocasses.Histoire invraisemblable, racontée avec talent, qui divertira les jeunes à défaut de les instruire.A.C.SAINT-DENIS (Pierre) DE L’OR SOUS LES SABLES.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].177p.ill.18.5cm.(Coll.Belle humeur, no 100) Relié.Pour jeunes Trois jeunes pêcheurs trouvent dans le sable une figure de proue qui date du XVIe siècle.Hélas ! elle leur sera bientôt volée et il faudra une longue enquête et une campagne de presse pour découvrir le coupable.Récit extrêmement captivant et bien écrit.Excellente peinture de la région de la baie de Somme.Une bonne lecture de vacances pour les jeunes.A.C.CLEMENT (Béatrice) ELECTION AU TERRAIN DE JEU et antres contes.Qué-be:, Editions Jeunesse [1962], 125p.ill.18.5cm.(Coll.Brind’-herbe) Pour jeunes Béatrice Clément n'est pas seulement un écrivain qui connaît son métier.Elle est aussi une éducatrice avertie et pleine de finesse.C’est là Béatrice CLEMENT ce qui explique la qualité des ouvrages qu’elle publie à l'intention des jeunes, qualité que l’on retrouve dans ce dernier ouvrage quelle vient de publier.Trois historiettes le composent, dont la première a donné son titre au livre.Inspirées du réel quotidien dont est tissée la vie des jeunes, ces histoires sont racontées par un écrivain qui cherche moins à briller qu’à se mettre à la portée des jeunes, et par une éducatrice soucieuse d’inclure, dans une belle histoire, une semence qui pourra porter fruit dans l’âme de ses lecteurs.R.L.TRAVELIER (G.) L'URGANDA, YACHT FANTOME.Illustrations de Noël Gloesner.Paris, Fleurus [1962].125p.ill.18cm.(Coll.Monique) Relié.Pour jeunes On a retrouvé, vide de ses passagers, un yatch-croisière du nom de U rwanda sur lequel voyageaient cinq enfants et deux marins.Qu’est-il arrivé ?La police australienne n’arrive pas à le trouver.Par ailleurs, sur l’île sauvage où ils ont été conduits, les enfants ne comprennent rien à leur aventure et tentent d’échapper au danger qui les menace.L’aventure se terminera par la capture de contrebandiers et la mise à jour d’un complot tramé par le tuteur des enfants.Bon récit d’aventure, raconté avec une verve qui ne dément pas.A.C.VERGRIETE (Jean) LES RANDONNEES DE SAINT PATRICK.Illustrations de Pierre Decomble.Carte de Jacques Moussel.Paris, Fleurus [1962], 121p.18cm.(Coll.Mission sans bornes) Relié.Pour jeunes Avant de devenir le conquérant de l’Irlande, Patrick fut un adolescent passionné d’aventures, qui ne désirait rien d’autre que de s’éloigner à tout jamais de cette Irlande où, pendant sept ans, il avait été prisonnier.Comment Dieu se fera-t-il entendre de ce jeune assoiffé de liberté ?C’est ce que raconte ce récit, très vivant avec ses nombreux dialogues, et très instructif par toutes les notions d’histoire qui l’étayent.A.C.238 LECTURES SERGE (Marguerite) AU MEPRIS DU DANGER.Hélène Boucher, Louis de Bet- tignies, Anne-Marie Javouhey.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].153p.ill.18.5cm.(Coll.Belle Humeur, no 104) Relié.Pour adolescentes L’auteur raconte l’extraordinaire aventure de trois célébrités françaises: Hélène Boucher, Louise de Bettignies et Anne-Marie Javouhey.Destinées apparemment différentes l’une de l’autre que celles de ces trois femmes qui n’ont pas vécu à la même époque et en de semblables circonstances mais destinées uniques par le courage, la ténacité à réaliser « une » mission particulière.On voit d’abord évoluer Hélène Boucher, donnant le meilleur d’elle-même pour la conquête des « ailes françaises ».Vient ensuite Louise de Bettignies, « l’espionne » intrépide et généreuse de la première guerre mondiale, donnant sa vie pour la liberté de son pays.La jeune fille, qui rêvait d’entrer au Carmel après la guerre, considère ses longs mois de captivité en Allemagne comme un « excellent noviciat ».« Noviciat » qui deviendra un martyre et conduira l’héroïque jeune fille aux portes de la mort, le 18 juillet 1918, quatre mois avant la victoire.Anne-Marie Javouhey verra plus d’étés que ses deux compatriotes, en raison certes de ses soixante-douze ans de vie mais aussi à cause des différents climats où sa communauté ira essaimer.La lecture nourrit l’esprit de l’adolescent comme le pain nourrit son corps, et la qualité de l’une est aussi importante que celle de l’autre.L’homme est à la mesure de ses héros; la délinquance juvénile, fruit d’une littérature, d’un cinéma malsains, le prouve amplement.Si dans son adolescence, l’homme n’a entendu vanter que les exploits d’un sportif, d’un millionnaire, d’un bandit ou d’une actrice, comment, les yeux levés vers de telles « étoiles », pourra-t-il accéder au véritable héroïsme, à l’authentique sainteté ?Le livre de Marguerite Serge exalte avec un sain réalisme les vertus les plus nobles et les qualités essentielles pour transformer un homme en grand homme.A l’école de ces trois héroïnes françaises, les adolescentes apprendront que pour dépasser les autres, il faut avant tout se dépasser soi-même.Le style des biographies, étayé des propos de l’une ou l’autre des héroïnes, sert parfaitement le dessein de l’auteur, fait revivre un moment l’aviatrice, l’agent secret et la religieuse française, pour la joie des jeunes lectrices.Une seule réserve: les dessins intérieurs m’apparaissent quelque peu « statiques » en comparaison de la vivacité du style.La page-couverture, par contre, avec la photomédaillon du trio, est assez attrayante.Denise HOULE CRISENOY (Maria de) POMPEI, AN 79.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].159p.ill.18.5cm (Coll.Belle humeur, no 102) Relié.Pour jeunes Les jours de Pompéi sont comptés, le Vésuve s’enveloppe d’une brume inquiétante.Lucius, gouverneur de la ville et beau-père de Valérie — l’héroïne de cette histoire — tout à la joie des fêtes cruelles et sanglantes qu’il prépare, n'attache aucune importance aux avertissements d’une vieille prêtresse quant à la colère imminente du volcan.Toute sa « familia » devra en ces jours de réjouissances, sacrifier aux statues des empereurs Auguste et Vespasien.Même Valérie, qui se dit chrétienne, devra donner l’exemple aux jeunes de Pompéi, en honorant les « divins » empereurs.Lucius espère par ce moyen s’attirer les faveurs de Titus, fils de Vespasien et digne de son lointain prédécesseur Néron.Valérie, convertie au christianisme par sa fidèle esclave Lydia, refusera d’obéir au gouverneur et acceptera la terrible perspective d’être livrée aux bêtes fauves, pour la joie de milliers de spectateurs rassemblés dans l’amphithéâtre.Mais la colère du Vésuve détournera le cours des ambitions cruelles de Lucius.Le nom de Maria de Crisenoy est déjà bien connu dans le monde de la littérature de jeunesse et la liste des réussites de l’auteur s’allonge d’année en année.Pompéi, an 79, ajoute encore au prestige de l’écrivain par son pouvoir d’évocation — on a vraiment l’impression de vivre avec Pompéi, ses derniers jours — ses habiles descriptions, son style à la fois concis et soigné.Ce sont de belles pages de l’histoire du christianisme qu’évoque Maria de Crisenoy, au bénéfice des jeunes lecteurs et ces derniers, sans nul doute, y puiseront de belles leçons de courage et de charité chrétienne.Une seule fausse note à la présentation élégante de ce volume: les illustrations inter-chapitres.Denise HOULE Mai 1963 239 T mm # ?ü > I *H[ ' « I i Religion CYR’LLE DE JERUSALEM (Saint) Catéchèses baptismales et mystagogiques.Traduites et présentées par le chanoine J.Bouvet.Namur, Les Editions du Soleil levant [1962], 555p.P.5cm.(Coll.Les écrits des Saints) DEJAIFVE (Georges), s.j.Pape et évêques au premier concile du Vatican.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].154p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) GARRONE (Mgr G.) Foi et Pédagogie.Pastorale et Catéchèse.[Tournai] Des clée [1961].190p.21cm.GRUNWALD (Constantin de) La vie religieuse en U.R.S.S.[Paris] Plon [1961], 246p.20.5cm (Coll.Choses vues) GUARDINI (Romano) Royaume de Dieu et liberté de l’homme.Traduit de l'allemand par Marlyse Guthmann.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].250p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) LARIVIERE (Jean-Jacques), c.s.v.Connaissances catéchistiques et contrôle objectif.Joliene, Editions Saint-Viateur [1961], 167p.20cm.LECLERCQ (Chanoine Jacques) La vocation religieuse.4e édition revue et corrigée.[Tournai] Casterman, I960.221p.21cm.MERCIER (Gérard), o.s.b.La liturgie, culte de l'Eglise.Sa nature, son excellence, ses principes fondamentaux, ses éléments constitutifs.Le rôle des autres formes de dévotion.Mulhouse, Salvator 1961 347p.19cm.MOSCHUS (Jean) Le Pré spirituel.[Paris, Le Club du livre chrétien, s.d.] 307p.ill.19cm.Relié.NISIN (Arthur) Histoire de Jésus.Paris, Editions du Seuil [1961] 4l0p 20.5cm.POULIOT (Léon), s.j.Aventurier de l’Evangile.Le Père Enemond Massé, premier missionnaire jésuite au Canada.Montréal, Bellarmin [1961], 115p.ill.17.5cm.SAVONAROLE Dernière meditation.Traduite et présentée par Charles Journet.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].156p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) SCHAMONI (Wilhelm) Ordonner diacres des peres de famille.Traduit de l'allemand par P.Winninger.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961], 156p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) SCHÜTZ (Roger) Vivre l’aujourd’hui de Dieu.[Paris] Le Club du livre chrétien [s.d.].156p.21.5cm.Relié.Mariage PRUDENCE (Claude) Amour humain.Tome III.La grande joie d’aimer.Pour sauver les foyers qui souffrent.50 témoignages — 275 cas observés.Paris, Editions du Levain [s.d.].383p 19.5cm.S4.80 Sciences sociales LUMUMBA (Patrice) Le Congo, terre d'avenir, est-il menacé ?Bruxelles, Office de Publicité, 1961.215p.21.5cm.Musique — Chant CANDE (Roland de) i* musique.[Paris] Editions du Seuil [1961], ~83p.ill.1 7.5cm.(Coll.Solfèges) DAIGNAULT (Pierre) V t e la compagnie.50 chansons de chez nous recueillies par Pierre Daignault.Préface de Conrad Gauthier.Montréal, “«‘«ns de 1 Homme [1961].124p.20cm.$1.00.MARCEL (Luc-André) ltBtrt:JParisî Editions du Seuil [1961].187p.HJ.17.5cm (Coll.Solfèges, no 19) $1.45 STANKE (Louis) ,.J.eu* s°ciéte.[Montréal, Les Editions de l'Homme, 1962].12''p I4cm.(Coll.Pour tous) Littérature AUGAGNEUR (A.) Toute nette.Roman.Paris.La Colombe [1962].107p 21cm.DELMAS (Christiane) L’invisible tiers.Paris.La Colombe [1962], 92p.18 5cm DEMIDOFF (M.T.) P Au jardin des lettres.Textes choisis.Classe de 6e Paris Editions de l'Ecole [1962].358p.21.5cm.Relié.DUBOIS DE FONTMARTIN (Germaine) La fourmi blanche.Comédie dramatique en trois actes, [s.1.n.é.] 1961.95p.18cm.LECLERC (Félix) Le fou de l’ile.Roman.Montréal.Fides [1962].286p.16cm.(Coll.Alouette bleue, no 12) MIROIR (Jean) J’avais un fiancé.Paris, Editions Jules Tallandier [1962].250p 19cm.MIROIR (Jean) Victoire >ur une ombre.Paris, Tallandier [1961], 252p.! 8.5cm.MUR AIL (Gérard) Ami.pour qui es-tu venu?Roman.Paris, La Colombe [1962].115p.21cm.NABHANI (Kouriba) Promet bée Mage de l'humanité future.Paris, La Colom-le [1962].44p.21cm.ROUSSEAU (J.-J.) Choix de textes.Preface par Jean Fabre.[Paris] La Colombe [1962].199p.17cm.TRUDEL (Marcel) Vezine.Roman.Edition revue et corrigée.Montréal, Fides [1962].286p.!6cm.(Coll.Alouette bleue, no 13) Histoire CATTA (Tony) La Vendee.La foi - La patrie.Synthèse du Souvenir vendéen.Préface de Charles Coubard.Paris, Nouvelles éditions latines [I960], 218p.18.5cm.Géographie GARREAU (Albert) Cloire de Paris.Fidélité et indifférence au sacré.Paris, Les Editions du Cèdre [1962].119p.25cm.I I * i f 4 240 LECTURES I r~LL.Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Pour les ouvrages étrangers, cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Litres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d'Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.BANNEROT (H.), La conjoncture.B Roman qui évoque la persécution nazie contre les Juifs.Une fillette s'emploie par tous les moyens à adoucir l'arrestation d'une jeune Israélite avec qui elle est liée d'amitié.Atmosphère pénible.Style qui est un mélange de vulgarité et de recherche.Spectacle touchant de l'amitié de deux fillettes.Il est à regretter cependant que pour l'une d’elles la fin justifie les moyens.BEDARRIDES (A.), La fin de la semaine .B?Roman.Deux hommes de quarante ans qui occupent deux chambres de bonnes contiguës rêvent tous deux d'une aventure fantastique qui les arracherait à leur vie sordide.Roman assez envoûtant, mais la technique employée — juxtaposition des récits qui s’entremêlent — en rend l'accès difficile.Pour lecteurs cultivés.BEGUIN (C), Les sommets du Mercœur .D Roman.Un religieux veut attirer les foules en pèlerinage à une statue soi-disant miraculeuse.Il fonde pour cela une revue qu'il confie à un personnage original qui bientôt se révèle un escroc.Ce roman est une satire de certains procédés trop commerciaux auxquels ont parfois recours certains ecclésiastiques.Les mœurs des personnages sont scandaleuses.Ouvrage de peu de valeur tant au point de vue moral que littéraire.CAPELLE (A.), Un jeune homme en colère .B?Roman.Un jeune Suédois, séjournant à Paris pour y préparer une thèse, est hébergé par une famille amie de son père.Révolté contre la condition humaine, le jeune homme entend d’abord ne rien respecter des valeurs admises.Mais sa révolte sera en partie vaincue par le spectacle de la noblesse de ses hôtes et par la pureté d'une jeune fille.Langage cru et scènes réalistes.Intrigue bien menée.DEBIDOUR (V.-H.), Aristophane par lui-même .B?F.tude sur les grands thèmes de l'œuvre d’Aristophane.L'auteur met en relief la verve et la truculence de ses comédies et s’emploie à découvrir les motifs de la hargne du poète contre certains de ses adversaires.Certains passages cités sont fort lestes.Pour lecteurs cultivés et avertis.DEDET (C.), Le métier d'amant.D Roman qui relate la vie amoureuse de deux hommes et de leurs maîtresses.Ouvrage sensuel où abondent les scènes érotiques.DELMAS (C.), L'invisible tiers.B Roman.Une jeune femme, amoureuse d'un poète, accepte de se sacrifier pour ne pas gêner celui-ci dans l'accomplissement de son œuvre littéraire.Roman assez mince, mais écrit dans un style plein de poésie.Pour lecteurs cultivés.DIDELOT (F.), La part d'ombre .B Roman policier.Après avoir mis en liberté surveillée un soi-disant criminel, un commissaire part à la chasse de l'instigateur du crime.Récit qui traîne en longueur.Invraisemblances.DUESBERG (R.), Les grenouilles.D Roman qui se passe en 29"?7, dans la dernière ville du monde dont les habitants sont les déchets de l'humanité.Ouvrage touffu et baroque où la logique et l’absurde se côtoient.On a peu à gagner à lire ces élucubrations.EXBRAYAT (C.), Dors tranquille, Catherine B Roman policier.Un inspecteur risque sa carrière dans la poursuite d'un criminel.Bonne étude de caractères.Récit excellent où le lecteur est sans cesse tenu en haleine.FRANKLIN (C.), Pour les beaux yeux de Mi-randa .B Roman policier.Un jeune Indien mulâtre semble impliqué dans le meurre d'un riche financier.Récit assez peu vraisemblable.Dénouement imprévu et dramatique.GILLES (D.), Les brouillards de Bruges.D Roman.Une jeune femme, écœurée de son mariage avec un homme insignifiant, s'éprend d’un jeune avocat et, malgré l'hostilité générale, divorce pour Mai 1963 241 lepouser.Ouvrage excellent au point de vue littéraire, mais qui appelle de graves réserves sur le plan moral.Ce livre est en effet une apologie facile du divorce, lequel ne pose aucun problème moral même à ceux des personnages qui sont catholiques.A déconseiller.GRAY (D.), L'ile Aurore .B Reman.Histoire d’un couple qui connaîtra le bonheur après des malentendus et des souffrances.Pittoresques descriptions de contrées peu connues.Sentiments assez bien analysés.HURE (F.), Le Consulat du Pacifique.B Roman qui expose la vie tout en grisaille d'un jeune consul à qui on confie, comme premier poste, une île du Pacifique menacée par les communistes chinois.Roman sobre et poignant qui n'intéressera que les lecteurs cultivés.LOCKRIDGE (R.et F.), La piscine était à sec .TB Roman policier.Un policier est rappelé de son voyage de noces pour trouver l'assassin d'une jeune femme.Plusieurs personnages sont suspects, mais l’inspecteur réussira à découvrir à temps les vrais mobiles du crime.Récit bien mené.Psychologie des personnages bien étudiée.Le « suspense » dure jusqu'à la fin.MANOLIN (C.), La délectation morose.B?Roman qui raconte quelques journées de la vie d'un jeune homme que son travail ennuie, mais qui s’en console le soir avec son amie et leurs communes relations.Pour se distraire, le héros s'amuse à un jeu de substitutions qui le fait vivre dans le rêve.Intrigue inexistante, personnages peu consistants.Ouvrage de peu d'intérêt.MARCUS (C.), Les crustacés d'Armor.B Roman policier.Histoire d'un Breton marié à une réfugiée hongroise et qui, forcé de trahir ses employeurs, se donnera la mort.Récit compliqué et assez invraisemblable.MELEZE (J.), .D'un lourd sommeil .B?Roman.C'est le drame de l'adolescence qui est évoqué dans cette sordide histoire de famille où une jeune fille, sachant que sa mère va se suicider, n'intervient d’aucune façon pour empecher ce geste irréparable.Roman bien écrit où les descriptions sont pleines de charme et les observations psychologiques très justes.Pour adultes formés et avertis.M C’est-à-dire mauvais: livres à proscrire.Les livres qui tombent sous les lois générales de l’Index sont cotés mauvais.Tous les livres à proscrire ne sont pas mis nommément à l'Index; il suffit qu’un livre tombe sous les lois générales de l’Index pour qu’on soit tenu, en conscience, de s’en interdire la lecture.D c’est-à-dire dangereux: livres qui peuvent être dommageables à la majorité des lecteurs, soit à cause des implications doctrinales plus ou moins fausses qu'on y trouve, soit à cause de la licence morale qui s’y étale, soit à cause d’une grave indécence dans les descriptions.B?c’est-à-dire appelle des réserves: ces réserves peu- MOREND (P.), La clinique d’Argenteuil .B Roman.Tableau d’une clinique de banlieue où un jeune chirurgien probe et incorruptible est aux prises avec les machinations d’un patron compétent mais malhonnête.Roman sans grande valeur littéraire mais qui rend bien l'atmosphère des milieux médicaux.Les personnages ont des mœurs assez libres, mais celles-ci sont racontées sans détails réalistes.Pour adultes.PRASSINOS (G.), La confidente .B Roman d’atmosphère.Invitée auprès d’amis en détresse, une jeune femme ne peut qu’aggraver la situation de ce jeune couple et elle repart en emmenant un orphelin avec elle.Ouvrage tout en nuances qui laisse une impression pessimiste.Pour lecteurs cultivés.ROBERTSON (C.), L'heure du crime .B Roman policier.Récit d'une enquête policière menée avec beaucoup d’astuce.Histoire passionnante pour les amateurs du genre.STEWART (M.), L'autre Annabel .TB Roman.Ayant fui le domaine familial, une jeune fille y revient au bout de huit ans et c'est pour y jouer un rôle mystificateur.Histoire romanesque mais non invraisemblable.Récit alerte et captivant.Personnages bien campés.Excellente traduction.STOUT (R.), Trop de clients .B Roman policier.Un directeur d'usine demande à une agence de le débarrasser d'une filature qui l'inquiète.Suit une enquête mouvementée aux multiples rebondissements.Histoire divertissante racontée avec humour.SUYIN (H.), Amour d'hiver .M Roman qui est une sorte d’apologie des amours lesbiennes de deux jeunes femmes.TWICK (A.), Un espion, ça voyage.B Roman policier.Un espion parcourt le monde pour découvrir l'auteur d'une fuite.Beaucoup de péripéties et de cadavres.Histoire qui ne manque pas d'intérêt, racontée sur un ton humoristique.WAUGH (E.), La capitulation.B Roman qui fait suite à Hommes eu armes et à Officiers et gentlemen, où l'auteur s'attachait à peindre les milieux militaires entre 1939 et 1945.Nous retrouvons dans ce dernier ouvrage le héros des deux premiers tomes, Guy Crouchback, avec sa bonne volonté, ses maladresses et son ironie.Pour adultes.DES COTES- vent être plus ou moins graves.Cette cote s'applique à des volumes qui sont sains dans l’ensemble, mais dont quelques pages sont discutables, soit à cause des idées émises, soit à cause d’une certaine indécence dans les descriptions.B c’est-à-dire pour adultes: les livres de cette catégorie n’appellent aucune réserve, mais ne conviennent qu’aux adultes.Quoique irréprochable, un livre coté B pourrait présenter certains dangers pour les jeunes qui n’ont pas l’expérience de la vie.TB c'est-à-dire pour tous: livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.SIGNIFICATION 242 LECTURES LE COURRIER DES LECTEURS?¦ ¦ « II nous a été donné pour nos bibliothèques un certain nombre de livres que nous n'osons pas mettre en circulation avant d'en avoir la cote morale, vu le genre de lecteurs qui font partie de notre institution.Serait-il possible de nous fournir ces renseignements par la voie du courrier de LECTURES?La liste est peut-être trop longue, c’est ce qui nous a fait hésiter à recourir à vous jusqu’à aujourd’hui, mais comme les moyens de trouver ailleurs cette cote morale nous font défaut, nous nous sommes décidées.Nous vous remercions à l'avance pour ce service appréciable que vous nous rendez.» S.S.A.(Lévis) — Voici la liste des ouvrages dont il nous a été possible de trouver la cote: Ambroise, Trois pouces en coup de vent (pour tous); Cami, Les Farfelus (mauvais); Stuart Cloete, Le grand Frek (appelle des réserves); Robert Goffin, Le fusillé de Dunkerque (pour adultes), Le nouveau sphinx (appelle des réserves), Passeports pour l’au-delà (pour adultes); Alice T.Hobart, Aventure dans le noir (pour adultes); Margaret Landon, Le roi et moi (appelle des réserves); Jacques Maritain, Messages (pour tous); Clarence May, Le vent des cimes (pour tous); Jules Romains, Le monde est ton aventure (dangereux); Louis Verneuil, Rideau à neuf heures (pour adultes).Comme vous pourrez le constater, nous n’avons aucun renseignement concernant la cote des cinq ou six autres titres.* * * « Pouriez-vous me donner votre opinion sur l'ouvrage de Louis Landry: Vacheries?» A.C.(Roberval) — Cet ouvrage qui a mérité le Grand Prix de l’Humour canadien en 1962 n’est, en fait, pas très humoristique.Il comprend quatre histoires où les situations cocasses abondent, mais s'il suffisait d’accumuler les situations cocasses (v.g.faire promener une vache dans les rues de Montréal) pour réussir un ouvrage humoristique, tous les enfants d’école pourraient concourir au Grand Prix de l’Humour.Si l’on excepte quelques passages d’une bonne venue, l’ensemble est assez terne.Du point de vue moral, si l’on peut sourciller en lisant une hypothèse d’un goût discutable sur les livres sacrés (p.185) et la scène plutôt disgracieuse où les saints du ciel se lancent des injures à la tête (p.22).il n’y a rien de bien méchant dans ce livre pour adultes.* ?* « J'ai une thèse en marche sur les œuvres de René Bazin.Or il m'est impossible de me procurer L'Isolée et Davidée Birot, deux œuvres dont j’aurais extrêmement besoin.Pourriez-vous, par l'entremise de votre courrier, faire appel à vos lecteurs pour me vendre ou me louer un exemplaire de ces livres s'ils en possèdent ou peut-être m’indiquer une autre source où je pourrais les dénicher.» Sœur Marie-Françoise Colette, n.d.a., C.P.1000, Rouyn.— Voilà qui est fait.Si vous n’obteniez aucune réponse — ce qui m’étonnerait — vous pour- riez, lors d’un voyage à Montréal, venir travailler à la Bibliothèque municipale où vous trouveriez Davidée Birot.* * * « J’aimerais avoir la cote du livre de Claire Mondât auquel certains journaux ont fait tant de publicité, Poupée » M.V.(Montréal) — C’est là un livre mauvais.Vous trouverez, dans un prochain numéro de notre revue, une critique assez élaborée sur cet ouvrage.-Vient de paraître- DIEU EST AMOUR Le foyer de la Charité par le Cardinal Léger Une incitation à pratiquer la charité et une invitation à mieux connaître une œuvre fondée par notre archevêque.102 pages $0.50 Mai 1963 243 Un disque RADIO-MARIE: jk liMN Chants pascals et religieux avec Pierre Boutet Un disque remarquable où Pierre Boutet, ténor de classe internationale, sait interpréter arec une sensibilité très fine et un art parfait, ces très beaux cantiques dont beaucoup sont très connus: La procession de César Franck, Les Rameaux de Jean-Baptiste Faure.Pie Jesus de Charles Gounod, Hosanna ! de Jules Grenier, Reine du ciel de Edmond Missa, Mon âme croyante et Prends mon coeur, il t'appartient de J.-S.Bach.Punis Angelicus de César Franck, The Lord s Prayer de Albert Hay Malotte et Prière de Prosper Guidi.(Microsillon, 33 tours Vi — 12 pouces — RADIO-MARIE — NDC 336306) Un disque RADIO-MARIE: ?Mgr Cardijn Il est difficile d’écouter sans émotion ce petit disque où Mgr Cardijn, ce vénérable vieillard qui, à 80 ans, avait encore toute la verdeur et l’enthousiasme de la jeunesse, raconte quelques-uns des plus beaux souvenirs de sa vie sacerdotale.Vaguement déjà, on avait entendu parler de cette première entrevue du fondateur de la J.O.C.avec Pie XI en 1925.Racontée par lui, l’entrevue prend un tout autre relief.« Enfin, quelqu'un qui me parle de la masse.Jusqu'ici, on m’a toujours parlé d'elite.* Ces paroles de Pie XI qui consolaient l'abbé Cardijn de tant d’incompréhensions et de luttes, comme elles ont dû se graver profondément dans son coeur pour que, après tant d'années, il les évoque avec une telle chaleur! On trouvera aussi sur ce disque le texte d’un appel lancé par Mgr Cardijn à la jeunesse ouvrière canadienne, lors d'un ralliement de 10,000 jeunes travailleurs au Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, en 1962.(Microsillon, 45 tours — 7 pouces — RADIO-MARIE — NDC 456307) On trouvera aussi sur le marché du disque : — Molière: Le malade imaginaire (extraits).Interprètes: Fernand Ledoux, Pierre Larquey, Jean Parédès, Jacques Gueusi, etc.(Disque SELECT — M-298036) — Molière: Le Bourgeois gentilhomme (extraits).Interprètes: Fernand Ledoux, Pierre Larquey, Jacques Gheusi, Pierre Barrat, etc.(Disque SELECT — M-298037) — Marie Noël: Contes et poèmes (Le Noël du riche honteux, Berceuse de la Mère-Dieu, Noël et Morale aux maisons sur la prudence, Le Noël du chameau).Interprète: Alain Cuny.(Disque UNIDISC — 30125 M) — Jean de la Croix: Poèmes mystiques (O Magnum Mysterium, Alleluia).Interprètes: M.-R.Carlié et J.Négroni.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — PM 17033) — Paul Claudel: Poèmes mystiques.Interprètes: J.Négroni, M.Tristan, M.-R.Carlié, F.Kanel.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — PM 17035) — Max Jacob: Poèmes mystiques.Interprètes: R.Fleur, J.Marchand, C.Sandré.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — PM 17036) — Marie Noël: Poèmes mystiques.Interprètes: M.-R.Carlié, F.Kanel et C.Sandré.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — PM 17037) 244 LECTURES T ^Jhéâtre et diction émis.pour ssou: Pourquoi le Pape n’a-t-il pas con-damné ouvertement les massacres de juifs durant le dernier conflit mondial?Pourquoi n’a-t-il pas deplore publiquement la liquidation à coups de mitrailleuses et de bombes incendiaires des ghettos d'Europe orientale, accomplie par les S.S.avec une férocité bestiale ?Pourquoi n’eleva-t-il pas, haute et sévère, sa voix pour vouer à l’exécration les fours crématoires qui engloutirent des centaines de milliers de juifs ?Ce silence de la plus haute autorité morale de la terre n'a-t-il pas laissé monter tranquillement la courbe du racisme nazi ?Ce sont là, on le voit, de graves interrogations, qui sont autant d accusations.Une certaine presse périodique ainsi que quelques livres ont, au cours des années dernières, traite ce thème, dans un esprit marqué d’animosité.Et aujourd'hui c’est au tour de la scène, avec une pièce représentée dans un théâtre de Berlin, sous le titre de Der Stcllvertreter (Le Vicaire), œuvre d’un jeune auteur, Rolf Hochhut, qui devait être enfant au temps de la guerre.La mise en scène est d’Erwin Piscators.Ce spectacle, inconvenant partout, paraît l’être bien davantage à Berlin, qui subit encore le tragique destin de la guerre.Et l’on ne peut que déplorer de voir cette pièce marquer précisément nenbewegung socialiste.En réalité la la reprise d’activité de la Volksbueh-pièce porte sur la responsabilité de Pie XII, à qui ne seraient pas demeurés étrangers des intérêts.financiers, dans la question de l’extermination des juifs.D’où la révolte d’un jeune jésuite nommé Fontana, contre l’inertie du Vicaire (Stellvertreter) du Christ.Et cette révolte du religieux, loin de se cantonner dans le domaine spéculatif, l’incite à envisager sérieu- sement un assassinat dans la cathédrale pour faire disparaître le Pape et attirer ainsi, sur les horreurs nazies, l’attention des consciences chrétiennes, attendu que le Stellvertreter a mis la sienne en paix.Une pièce de théâtre à effet, où les teintes fortes ponctuées d’insidieux clairs-obscurs soulignent l’histoire manipulée par l'auteur pour son propre compte.Le sujet a donné lieu, en Allemagne et ailleurs, à des débats passionnés, dont L’Osservatore Romano s’est du reste fait l’écho (12 avril 1963).Mais il se peut que, en l'absence d'une documentation précise et exhaustive, certains aspects, par ailleurs fondamentaux, de la question n’aient pas été mis en lumière.Notons avant tout que le sujet mériterait d’être traité dans les termes: e Le Pape et les victimes du nazisme » plutôt que « Le Pape et les juifs ».Le silence de Pie XII — si silence il y eut — aurait en effet concerné non seulement les juifs mais toutes les victimes de la fureur qui reçut d’Hitler son inspiration et son nom.Cette précision est nécessaire pour ne pas faire tort à qui que ce soit.En effet en présentant unilatéralement les termes de la question, on pourrait se voir attribuer l’intention de vouloir reprocher au Pape d’avoir établi une discrimination entre les victimes.Il est bien certain que, de la mise en œuvre de l’absurde Weltanschauung nazie, les juifs furent les premiers, les plus nombreux à souffrir, et de la façon la plus barbare, mais ils ne furent pas les seuls à être offerts en holocauste de génocide au moloch national-socialiste, ni durant le temps de la paix ni pendant la guerre.Aux juifs va la solida- rité de tous pour leur inénarrable sacrifice, mais celui qui estimerait que leur contribution à la cause de la civilisation affaiblit celle que d’autres ont apportée ternirait la noblesse de leur sacrifice.La pensée émue et respectueuse du monde civilisé se porte, sans distinction, vers tous les internés et les victimes des Lager, que l'aberration d'un régime n'a pas craint d'immoler par millions.• * * Disons donc: Pie XII et les victimes du nazisme.Le Pape, face à l’effroyable tragédie de la guerre, prit aussitôt la défense, de façon ferme et catégorique, de ceux qui eurent injustement à en souffrir.Pendant toute la durée du conflit, il maintint comme programme de son action la condamnation qu’il avait portée, au lendemain de l’ouverture du conflit, du « dédain facile des normes sanctionnées par les conventions internationales et de celles, encore plus inviolables, de la conscience chrétienne et civilisée (dont on a fait preuve) quand on a, par les moyens inhumains que l’on employait, refusé d’accorder le traitement qui est dû même aux vaincus ».A l’heure où le Pape parlait ainsi, le Reich nazi était le seul vainqueur.En une autre occasion il dit encore: « Nous n’avons négligé aucun effort, aucune démarche pour éviter aux populations les horreurs de la déportation et de l'exil; et lorsque la dure réalité vint décevoir nos plus légitimes attentes, nous mîmes tout en œuvre pour en atténuer au moins les rigueurs.» Et lorsqu’il portait ce témoignage de l’œuvre accomplie par lui, les déportations et les exils étaient te triste exploit que Mai 1963 2 45 seule l'occupation nazie pouvait revendiquer.Les déclarations touchant la suprématie du droit sur toutes les considérations d'idéologie ou de conduite de la guerre revenaient à chaque pas du magistère pontifical.C'est ainsi qu'il parla des violations des pactes signés, des formes atroces que revêtait la lutte, formes dont elle se glorifiait parfois ( « formes de lutte qui ne pouvaient être appelées qu'atroces »,
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