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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1963-10, Collections de BAnQ.

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MONTRÉAL NOUVELLE SERIE — VOLUME 10 NUMÉRO 2 sommaire Cette cotation morde si décriée, pourquoi y tenons-nous?.p.30 La poésie canadienne d'Alain Bosquet p.31 Mes cahiers de Maurice Barrés .p.32 Ce que je crois de F.Mauriac .p.34 • Notices bibliographiques .p.36 Cote morale des nouveautés en li- brairie .p.46 Courrier des lecteurs .p.48 Document : Le Visage de l'attente de Richard Joly .p.51 OCTOBRE 1963 François MAURIAC -w.îVvÿV ÉDITORIAL Cette cotation morale si décriée.pourquoi y tenons-nous ?A une récente audience de la Commission d'enquête sur le commerce du livre, on a blâmé ces « entreprises privées » qui se mêlent d'établir des cotes morales sur les livres, ce qui nuirait au commerce du livre canadien.L allusion à LECTURES était trop manifeste pour que nous l'ignorions.Disons d'abord que si notre revue n'était guidée que par de vils intérêts, il y aurait de quoi se flatter d'avoir tant d'influence, et il faudrait tirer son chapeau à ce périodique qui, simplement parce qu'il porte un jugement moral sur la production littéraire, peut neutraliser tout le battage de publicité qu'on fait souvent à certains livres malsains, et nuire à la vente du livre canadien assez sérieusement pour qu'il soit nécessaire d'en parler à une commission d’enquête ! Puisque notre travail prête flanc à la critique, il peut être bon de rappeler pourquoi la revue LECTURES a été fondée et dans quel esprit elle s'acquitte de son travail de cotation morale.Dans le numéro de septembre 1946 qui marquait la naissance de LECTURES, on trouve, clairement définis, les buts que se proposait la revue: il s'agissait de fournir aux intellectuels et aux éducateurs « un moyen pratique de se guider et de guider les autres dans le tourbillon des publications actuelles • et pour cela, on se proposait de « démasquer les livres mauvais et dangereux, tout en assurant aux bons ouvrages l’apologie qu’ils méritaient ».Il y avait, en France et en Belgique, des revues qui se chargeaient d'un travail similaire (v.g.La revue des auteurs et des livres, Livres et Lectures, Les Notes bibliographiques, etc.), mais on ne trouvait rien de ce genre au Canada.Qu'une telle revue ait été publiée par Fides n’avait rien d'inconvenant puisque, aussi bien, cette maison, née d'un impérieux souci de travailler à •instaurer un ordre social chrétien par le moyen de livres, de revues ex de périodiques », ne pouvait trouver, dans une pareille revue, qu'un moyen de choix pour réaliser son idéal.Si Fides en effet s'interdisait de publier des mauvais livres, elle ne pouvait ignorer que le marché en était infesté, et il est tout naturel qu’il lui parût nécessaire de les dénoncer: un médecin qui désire administrer des vitamines à un patient ne se soucie-t-il pas aussi d’enrayer les foyers d’infection qui les neutraliseraient ?Far ailleurs, il était normal que Fides, qui ne pouvait ni ne voulait s'arroger le monopole des bons livres, fût intéressée au plus haut point à faire connaître tous ces livres qui, bien que publiés par d’autres maisons d’édition, sont éminemment propres à servir la cause de cet humanisme chrétien qu’elle rêvait de répandre.Ce travail que nous avons accompli, s’il a rendu service à beaucoup de gens (l’accroissement continuel des abonnements à la revue, depuis plusieurs années, en fait foi), il a pu nous attirer le ressentiment de certains éditeurs et écrivains.Nous le regrettons, mais le moyen de faire autrement ?Nous ne demanderions pas mieux que de trouver partout matière à éloge et à recommandation: ce serait tellement plus facile, plus agréable et plus consolant de tout approuver et de tout recommander! Mais la revue LECTURES existe d’abord en fonction du public à éclairer, et qui, je vous le demande, peut prétendre refuser à une revue comme la nôtre, même si elle est publiée par une entreprise privée, ce droit qu’on accorde à un simple bibliothécaire: celui de donner un conseil à ceux-là qui en désirent et en demandent.S’il s’avérait que nous soyons de mauvaise foi et que nos conseils soient inspirés par l'intérêt personnel ou par tout autre motif discutable, on pourrait en faire le procès.Nous ne prétendons certes pas être infaillibles et il peut (Voir la suite à la page 55) 30 LECTURES cUcUequt civet (et êimet D’HIER ET D’AUJOURD’HUI Alain BOSQUET : La poésie canadienne Cette anthologie1 veut abolir l’Atlantique et mettre fin à l’indifférence qu’opposent les lettrés de France à la poésie canadienne.On ne peut que se 1 réjouir d’une si noble ambition.Qu’on apprécie la saveur de notre langue poétique, notamment ses admirables néologismes; qu’on remarque les thèmes universels du jeune poète canadien qui a appris à partager le désarroi de son siècle, sans laisser cependant le contact avec sa terre, on ne peut qu’en ressentir une légitime fierté.Mais pourquoi Alain Bosquet vient-il gâter notre plaisir dès le début?Car son introduction est déplaisante et injuste.Le « mé-1 pris ironique » que, d’une main, il veut écarter de ses concitoyens à l’égard de notre poésie, aussitôt.( dans une incurable inconscience, il le reprend, de l’autre main, à l’égard de notre histoire littéraire: « Depuis Epîîres, Satires, Chansons, Epigrammes et autres pièces de vers, de Michel Bibaud — dont Guy Sylvestre nous dit qu’il est le premier Canadien à publier un livre de poèmes — en 1830, jusqu’en 1937, année où Saint-Denys-Gameau fait imprimer « Regards et jeux dans l’espace, il ne se passe rien: plus d’un siècle de pauvres et pesantes versifications.» (P.13) Après avoir nommé bon gré mal gré Louis Fréchette, William Chapman, Charles Gill et * Albert Lozeau, il concède qu’il « est peut-être moins vain de se pencher sur l’œuvre d’Emile Nelligan », dont il cite Le vaisseau d’or et deux courts fragments.Il daigne accorder une mention honorable à Paul Morin, Alfred Desrochers et Robert Choquette.Puis, en des accents de manifeste d’adolescent et de journalisme sensationnel, il présente le climat spi- 1 Octobre 1963 rituel du Canada français d’aujourd’hui à travers Les insolences du Frère Untel et les tempêtes de la revue Liberté.On attendait plutôt un exposé serein de l’histoire de la poésie canadienne-française et un jugement objectif sur la valeur de cette poésie.Les sources de renseignements ont été fournies par l’équipe de la revue Liberté, et par deux maisons d’édition, l’Hexagone et l’Orphée: elles indiquent la température de l’avant-propos et l’orientation du choix.L’auteur dédie son ouvrage à Jacques God-bout et à Jean-Guy Pilon, — celui-ci salué, d’outre-Atlantique, comme c le grand animateur des lettres française au Canada » ! (P.172) Bizarre grossissement télescopique de l’étranger ! Alain Bosquet considère « la poésie comme une suite de beaux objets » et ne veut livrer au lecteur « qu’un choix sévère, en négligeant les mérites que le temps a entamés » (p.11).Il ne veut retenir que ce qui mérite de l’être, sans l’hommage inutile « aux précurseurs dont le seul titre de gloire serait de n’être que cela: de valeureux et pâles précurseurs ».C’est ainsi que ce qui est digne d’être retenu doit être cherché dans les œuvres publiées depuis les trente dernières années.Alain Bosquet fait sa découverte de l’Amérique: il découvre la poésie dans la seule poésie contemporaine d’expression française éditée au Canada.Le titre de l’ouvrage, La poésie canadienne, est donc inexact: il laisse entendre une anthologie complète, alors qu’il se restreint à la jeune poésie.31 i Tout choix est jusqu’à un certain point arbitraire: sa valeur dépend du goût et de la culture de celui qui le fait.On peut discuter le choix d’Alain Bosquet ainsi que l’importance qu’il donne à chaque poète.Accorder un plus grand nombre de pages à Alphonse Piché et à Jacques Godbout qu’à Anne Hébert peut surprendre.Consacrer trop de pages aux élucubrations funambulesques de Claude Gau-vreau semble une provocation.Alfred Desrochers aurait dû tenir une place aussi importante qu’Alain Grandbois et certains textes empruntés à L’Etoile pourpre n’ajoutent rien à la gloire du grand poète.L’auteur présente Saint-Denys-Garneau comme « le premier poète maudit du Canada ».En tant que poète, ses élans vers l’absolu l’emportent sur ses « gestes de désespoir ».Des neuf poèmes que La poésie canadienne reproduit, un seul est tiré de Regards et jeux dans l’espace, les autres n’ont pas reçu l’approbation définitive, la dernière main du poète.Je soupçonne que Le chant de l’exilé de François Hertel, l’un de ses deux poèmes cités, ait été choisi moins pour la valeur poétique que pour la macabre aventure qu’il clame avec les accents, cette fois, d’un vrai « poète maudit ».On ne peut que regretter certaines omissions, surtout celle d’un des meilleurs représentants de la jeune poésie: Pierre Trottier (premier prix de poésie de la Province de Québec, en 1959), dont les Poèmes de Russie et Les belles au bois dormant contiennent des vers originaux et profonds sur l’angoisse de la mort.Des poèmes de Medjé Vézina, de Jeannine Bélanger, de Gilles Vigneault et de Suzanne Paradis n’auraient pas déparé cette anthologie.Malgré toutes ces réserves, les poèmes du florilège de Bosquet nous font honneur dans l’ensemble.Us manifestent la tendance profonde de notre poésie canadienne: son allure métaphysique.Ils illustrent la « poésie moderne » ; ils nous mettent en contact avec le langage des poètes qui se hissent au niveau du symbolisme hermétique, cérébral, où une débauche d’images et le souci du mot rare et d’un certain rythme veulent révéler ce que la routine et l’habitude nous cachent, à savoir une face secrète de l’univers, en tâchant de découvrir des rapports et des correspondances cachés, en usant d’un langage et d'un ensemble d’associations ésotériques.Cette poésie prétend rendre compte d’une vérité qui lui appartient à elle seule: celle du monde que nous ne savons pas voir et que le poète apprend à voir.J’avoue cependant ne pas vibrer à cette poésie intellectuelle et sans musique.L’ouvrage d’Alain Bosquet peut rendre de grands services: aux Européens il peut révéler tout un secteur de la poésie canadienne, et pour les Canadiens il complète l'Anthologie de la poésie canadienne-française, de Guy Sylvestre.Il est édité dans la collection parisienne Melior qui publie les textes de base des littératures de tous les temps et de tous les pays et qui se veut à la fois populaire par son prix et luxueuse par sa présentation.Romain LEGARE, o.f.m.(1) BOSQUET (Alain) LA POESIE CANADIENNE.[Paris] Editions Seghers [1962].219p.21.5cm.(Coll.Melior) Relié.$3.75 Appelle des réserves Maurice Barres: Wu cak L’année 1962 a marqué le centenaire de la naissance de Maurice Barrés.A cette occasion, Guy Dupré a édité une anthologie des Cahiers \ ouvrage en quatorze volumes.A la page 203 de cet ouvrage abrégé, je lis: « Une anthologie est toujours une erreur.» Que penserait alors Barrés de cette initiative ?Il serait sans doute heureux, car il tenait beaucoup à établir un dialogue avec ses cadets.Mais la génération de 1963 répondra-t-elle au désir de l’auteur de La colline inspirée ?Pour ma part, je trouve l’écrivain grand, mais sa pensée religieuse m’a toujours paru équivoque, et son nationalisme cocardier, un peu trop chauvin.Ce qui me blesse aussi, c’est son culte de l’ordre mis au-dessus de la justice; pensons seulement, et malheureusement il n'était pas le seul, à son attitude lors de l’affaire Dreyfus.32 LECTURES «Je suis d’une famille où toutes les femmes sont pieuses et trouvent du plaisir à l’Eglise; où tous les hommes reconnaissent dans le baptême, la première communion, le mariage et la mort, la noble et bienfaisante autorité de l’Eglise.Je mourrai avec son appui.» (P.4) Quelle idée se faisait Barrés du catholicisme ?A-t-il été réellement catholique ?Les textes glanés dans les Cahiers sont très éclairants.Il regardait le catholicisme en esthète et en nationaliste, mais non en croyant véritable.Il serait plus juste de parler du sentiment religieux de Barrés.« La fréquentation des gens de théâtre, écrivait-il, donne le goût de se faire une physionomie.» (P.81) Barrés avait une physionomie catholique, mais rien que cela.En 1907 il écrivait: « Je ne juge pas les vérités que nous propose la religion, je constate combien leur liaison correspond au développement de mon âme.Elle est l’ombre de mon âme.Elle est ma maison où tout est prêt pour moi.Voici la musique que j’aime et l’amour que je voudrais éprouver et ma santé.» (P.387) Il se définissait lui-même « un animal religieux » (p.388).Barrés a écrit La grande pitié des Eglises de France; c’est dans ce livre, je pense, que son pseudocatholicisme apparaît le mieux.Les textes ici encore sont révélateurs: « Je défends l’Eglise, non pas comme catholique qui va pieusement prier sous sa voûte, mais comme gardien d’une idée mystérieuse et d’une force émouvante que tant d’individus appellent à leur secours.» (P.640) Plus loin il écrit: « Il ne s’agit donc pas de réveiller l’idée catholique en France, il s’agit de laisser aux facultés émotives le temple silencieux où elles s’apaisent depuis des siècles, et c’est pourquoi je fais appel non à la foi chrétienne, mais à toutes les puissances de sentiment.» (P.640) Le culte de la terre et des morts inspirait son catholicisme, qui était pour lui une religion nationale, maintenant l’ordre et la paix.Barrés avait été très fortement influencé par Taine et surtout par Renan.Est-ce exagéré de dire que Barrés fut un fils spirituel de l’auteur de la Vie de Jésus ?Je ne le crois pas; il avouait avoir vécu « familièrement avec ses plus intimes pensées » (p.993).Il voulait être un disciple indépendant, mais le jeu était trop dangereux, et le scepticisme de Renan l’emporta.Non pas que Barrés fut un sceptique au sens fort, mais les idées de cet écrivain avaient fait leur œuvre: Barrés disait n’avoir Jamais regardé « les abîmes du surnaturel » (p.582).-e seul nom du Christ le plongeait dans une grande émotion, mais il en restait là.Sa religion du cœur, il la croyait celle de Pascal: « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.» En vérité il était bien loin de ce dernier; ce n’est sûrement pas Pascal qui aurait écrit: « Je jure que j’appartiens à la civilisation du Christ, et que c’est mon devoir de la proclamer et de la défendre.» (P.637) Pour lui catholicisme et nationalisme français étaient associés.Cette erreur lui fit écrire un texte qui est une sottise: « Romain Rolland a l’orgueil d’être au-dessus des conflits, eh bien ! non, il est au-dessous.Il ne voit pas clair.Il ne voit pas que c’est une guerre de religion.» (P.767) Il ne s’agit pas ici de défendre Romain Rolland, mais vouloir faire du conflit de 1914 une guerre de religion, est proprement inadmissible.Voilà jusqu’où peut conduire un nationalisme outrancier.La prose française a eu en Maurice Barrés un de ses maîtres les plus grands.Actuellement, en France, je ne vois que Mauriac — ce dernier lui doit beaucoup — qui l’égale par la musicalité de la phrase.Il y a dans les Cahiers un texte sur le style qui est très juste: « Le style, ça n’est pas les mots.Le style, c’est la tournure, c’est le mouvement de l’âme, ses frémissements, ses hardiesses, son élan rendu sensible.Un grand écrivain, nous laisse le saisir dans l’acte intime de penser, et de plus il pense fort, juste et beau; voir son énergie, sa flamme.» (P.423) Sauf, « et de plus il pense fort, juste et beau », qui ne convient pas toujours à Barrés, appliquons-lui cette définition du style.Beaucoup d’écrivains, on l’a dit bien souvent, sont des héritiers plus ou moins directs de Barrés.Ici même au Canada français — je ne pense pas me tromper en l’affirmant — M.le chanoine Groulx a reçu l’empreinte barrésienne.Le culte de la terre et des morts n’est pas absent que je sache de l’œuvre de notre historien.Et comme l’auteur des Déracinés, il se veut professeur d’énergie nationale.La pensée de Barrés a vieilli certes, et même beaucoup de pages de ce livre ne sont plus que de la cendre froide.Mais il y a le musicien, et sa mélodie enchante toujours.Bemard-M.MATHIEU, o.p.(1) BARRES (Maurice) Mes Cahiers 1896-1923.Textes choisis par Guy Dupré.Préface de Philippe Barrés.[Paris] Plon [1963].1130p.19.5cm.Relié.Appelle des réserves Octobre 1963 33 3 rançoiâ / f [auriac : c.e que je croiâ Ce mince ouvrage 1 dont le gros caractère — 12 points interligné — couvre à peine 188 pages, vaut plus que son pesant d’or dans cette production littéraire contemporaine où tant d’oeuvres ne font pas le poids.Au soir d’une vie chargée d'oeuvres et d'honneurs, parvenu à ce « temps du déclin » où « nous nous déprenons de ce qui est figure et de ce qui est énigme » pour nous ouvrir « à ce silence vivant qui est, dès ici-bas, l’éternité commencée », François Mauriac rend témoignage de sa foi.Il le fait d’un coeur si fervent, avec une lucidité si sereine et une humilité si confiante, que cela nous vaut un « Nunc dimitis » d’une très haute noblesse et d'une bien émouvante beauté.On s’est scandalisé naguère, et non sans raison, de l’étrange catholicisme du romancier Mauriac.« C’est son sujet d’étonnement, remarquait Pierre de Bois-deffre en 1950, que de constater à quel point [la foi de Mauriac] est de peu de secours à ses héros.Admirable pour dépeindre les mouvements de la passion et la puissance de l’égoïsme humain, Mauriac semble incapable d'animer des chrétiens véritables.» (Métamorphose de la littérature, 5e édition refondue, 1963, p.219.) Mais je ne sache pas qu’il y ait beaucoup à tiquer pour un catholique, à lire les admirables pages de Ce que je crois.Conscient de ses faiblesses, de ses erreurs et de ses limites, Mauriac rend hommage à cette foi qui l’a aidé à vivre à travers les doutes et les orageuses passions d'une vie qui a connu les uns et les autres, à cette foi où s’alimentent maintenant la paix et la joie de ses vieux jours.On ne trouvera rien de systématique dans ce credo que l’écrivain ne destine « ni aux savants, ni aux philosophes, ni aux théologiens ».« J’ai voulu répondre le plus simplement et le plus naïvement possible à la question: « Pourquoi êtes-vous demeuré fidèle à la religion dans laquelle vous êtes né ?» Si Mauriac a regimbé naguère contre cette religion dans laquelle il était né ( « Nul n’a plus souffert que moi d’être d’une religion, d’appartenir à une Eglise, non par choix, mais parce que j’y suis né » ), maintenant, c’est d’une âme sereine et apaisée qu’il en parle: «Au départ, je n’ai pas voulu croire, puisque je suis né dans une certaine religion, que je l'ai vu pratiquer autour de moi dès que j'ai été capable d’observer et de comprendre, qu'elle m’a été enseignée comme ce qu’il m'importait le plus de connaître, et qu’à l'âge où le doute est inconnu, et où nos parents, nos maîtres nous apparaissent comme les dépositaires de toute vérité, j'ai appris à la vénérer et à l'aimer, cette religion, moins pour elle-même que pour les moyens quelle mettait à ma portée et qui fixaient mes rapports avec Dieu.» Très tôt cependant vinrent les doutes, et les objections soulevées par le modernisme alors en vogue.Mais les objections tombèrent, à l’examen, et d'autant plus facilement peut-être que Mauriac les abordaient avec le désir de les surmonter.« Mon choix était fixé d’avance, explique-t-il, — moins le choix d’une cer-tane religion, d’une certaine Eglise que de Quelqu’un avec qui je communiquais grâce à cette Eglise et à cette religion.» (P.15) Plus que les objections de la critique historique, l'Eglise aura été, pour Mauriac, une pierre d'achoppement.Il n’en aime ni les structures ni les méthodes et il avoue détester bien des chapitres de son histoire.Néanmoins, il confesse, et cela est beaucoup plus important, « qu’elle a reçu les paroles de la vie éternelle »: « Pour moi, l’Eglise, et en partie par ses défauts même, a gardé intact le dépôt qu’elle a reçu; qu’elle l’ait codifié, catalogué, défini plus que nous ne le souhaiterions, ce n’est pas cela qui m’importe, mais qu’elle l'ait sauvegardé, et que grâce à elle une certaine Parole soit venue jusqu'à nous, non pas comme un souvenir, non pas comme remémorée, mais comme agissante et vivante.« Tes péchés te sont remis.» — « Ceci est mon corps livré pour vous.» Que m’importaient les vieilles canalisations, et qu’elles fussent en partie obstruées, dès l’instant que les deux Paroles ruisselaient à travers elles?» (P.16) On peut, certes, discuter telle ou telle réticence exprimée par Mauriac à l’endroit de l’Eglise, mais, si on ne peut l'approuver, comment ne pas le comprendre ?Quel croyant ne sait pas qu’il est beaucoup plus difficile et dérangeant de croire à l’Eglise que de croire en un Dieu invisible et lointain ! Et comment ne pas pardonner quelques mouvements d’humeur à qui croit « qu’on aime l’Eglise dans la mesure où l’on peut souffrir par elle » et qui peut écrire ces lignes admirables: 34 LECTURES « Le pire mal serait d'accroître les déchirures dans la tunique sans couture.Il n’y a rien à faire d'autre aue de s'associer à tous ceux qui tentent de recoudre.Pour moi, je ne me suis jamais soucié d'instruire le procès de Rome et de démêler les raisons et les excuses des hérésies et des schismes.Je ne renoncerais pour rien au monde à la vie sacramentelle que me dispense l'Eglise romaine qui est en fait pour moi source de vie.» (P.23) Si la structure visible de l’Eglise fait parfois question à Mauriac, en revanche, il accepte aisément ce qui est « pierre d’achoppement pour tant d’hommes: la confession auriculaire, l’aveu du pire de nous-même à un autre homme ».Il a, sur le sens du péché qui caractérise les époques de foi, d’admirables réflexions qui ne sont pas sans évoquer celles du Cardinal Suhard: « Un homme qui se croit pécheur, qui se sent pécheur est déjà aux portes du royaume de Dieu.C’est cela qui fait la différence entre les époques de foi et les autres.Les hommes n'étaient pas moins criminels qu’ils le sont aujourd’hui, mais ils se connaissaient comme criminels.Ils appartenaient à ce qui était perdu et que le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver.Aujourd’hui ce qui est perdu ne sait pas qu’il l’est.Ce besoin d'être pardonné qui a toujours été en moi, qui a été la chose du monde la plus répandue durant les époques de Foi, en est la plus rare aujourd'hui: car la mort de Dieu, c'est en même temps celle de la conscience en nous de Sa volonté et de ce qu’elle exige de nous.Je me sens chrétien par la culpabilité qui me sépare de Dieu et par la foi aux moyens que l'Eglise met à ma portée pour tout recommencer, quoi que j’aie commis, à partir d'une page blanche.» (P.25) Dans le chapitre intitulé Chaque être humain est irremplaçable, Mauriac dira avec autant d’éloquente ferveur sa foi en un autre mystère qui défie la raison: l’Eucharistie.Le caractère singulier de chaque être humain qui émerveille Mauriac, le prédispose à comprendre que « chacun puisse être le héros de ce drame du salut dont l’éternité est l’enjeu ».Et c’est l’Eucharistie qui l’aide à croire que « L’Etre infini se prête [à ce drame] avec chaque grain de cette poussière de créatures qui s’élève et qui retombe à la surface d’une planète, elle-même grain de poussière dans le cosmos » (p.35).Mauriac a-t-il voulu répondre ici à ceux qui chicanent sa dévotion par trop individualiste ?Si cela est, il faut reconnaître qu’il le fait magnifiquement.« Rien qui me soit moins naturel que le mouvement qui porte le Père Teilhard de Chardin à élargir le Christ aux dimensions du cosmos.Non que je m’en scandalise, car le Père répond par là à une exigence du monde moderne et il en aura aidé beaucoup, en cet âge atomique, à garder la Foi.Mais moi, j'appartiens à une autre race d’esprits.Le mystère adorable à mes yeux est que le Créateur se réduise aux proportions de chaque créature en particulier et dont la moindre, parce qu'elle est pensante, souffrante, l’emporte infiniment sur le cosmos aveugle, sourd et sans pensée.» (P.37) Dans le chapitre Le mystère accepté et refusé, Mauriac, poursuivant sa méditation, tente de cerner la véritable nature du mystère chrétien en le distin- guant de ses contrefaçons.Il y a là de bien belles pages sur la Lumière qui est venue dans le monde et que le monde n’a pas reçue.On trouvera, dans le chapitre L’exigence de pureté quelques-unes des pages les plus émouvantes et les plus courageuses qu'ait écrites Mauriac.Comme il est bon d’entendre pareil écrivain prendre la défense d’une vertu si méprisée par le monde moderne ! Il le fait avec un tact parfait, répondant d’avance aux objections qu’on pourrait lui opposer à cause de son âge et de son éducation: « Quand on a passé le cap des tempêtes et trouvé le port, on est mal venu de vouloir faire la leçon à ceux qui se débattent encore, à ceux qui commencent à peine à se débattre.Je reconnais pourtant que l’objection ici ne tient guère.Un vieil homme n'en a pas toujours fini avec les difficultés de cet ordre.La vieillesse n’arrange rien, pour ceux qui ne possèdent pas la paix de Dieu.Quand elle n'est pas tournée vers l’éternité toute proche, la vieillesse risque d’être un temps d’épreuve redoublée parce que l'imagination chez le vieillard se substitue horriblement à ce que lui refuse la nature [.] Il faut que la vieillesse soit sainte, sinon elle est obsédée.» (P.69-70) La gravité de l’acte impur ( « cet acte qui n’est pas comme les autres » ), l’aspect positif de la vertu de pureté, le parti qu’on peut tirer des humiliations de la chair: tout cela est aborbé avec tant de bonheur qu’on se prend à souhaiter que de telles pages inspirent tous les prédicateurs qui ont à parler de la béatitude des coeurs purs.Ceux qui connaissent un peu la redoutable férocité de ce polémiste qu’est souvent Mauriac, souriront peut-être à lire le chapitre Les frères ennemis.Sourire d’indulgence, car Mauriac a conscience de ses limites et, honnêtement, il cherche à les dépasser.A ce sujet, on aimerait pouvoir citer entièrement l’admirable Prière pour avoir la foi où l’écrivain demande à Dieu: « que ma vie avec Vous débouche enfin sur mes frères, qu’elle déborde sur eux, mais non pour les accabler et les écraser ».On aimera lire et relire cette mince brochure si dense par son contenu et si magistralement écrite.D’elle on peut dire, en vérité, ce que Pierre de Bois-deffre écrivait des Mémoires intérieurs: « Tout, ici, atteste la noblesse de l’homme [nous ajouterions: du chrétien] et la perfection de l’écrivain [.] Il règne dans tout le livre une sérénité d’arrière-saison, la lumière mélancolique de ces miraculeux automnes où la nature, près de défaillir, se surpasse.» Rita LECLERC 1.MAURIAC (François) CE QUE JE CROIS.Paris, Bernard Grasset [1962].188p.19cm.Pour adultes Octobre 1963 35 VboiicsLL biJblhjc^aphiqiuiA, Littérature canadienne Religion CHABOT (Marie-Emmanuel) MARIE DE L’INCARNATION.Textes choisis et présentés par Marie-Emmanuel Chabot.Montréal, Fides [1963].96p.ill.16cm.(Coll.Classiques canadiens, no 25) $0.75 Pour tous Ce qui frappe dans ces extraits, c’est la simplicité de cette grande mystique, celle que Bossuet appelait « la Thérèse de la Nouvelle-France ».Si on peut la représenter les yeux levés au ciel en intense contemplation, on ne doit pas oublier sa façon réaliste de coller aux choses, de savoir qu’on gagne les Indiens par de bons repas, d’appeler les Iroquois, Iroquois et les Anglais, Anglais.Les fondateurs des œuvres de Dieu ici-bas ont toujours été des gens fort pratiques, c On ne peut rien faire ici [au Canada], écrit la Vénérable, sans secours du temporel.» (P.81) Ce qui frappe encore, c’est la sincérité de Marie de l’Incarnation.Comme on sent qu’elle aime Jésus-Christ ! Il y a des phrases qui ne mentent pas.Comme on envie les états d’âme d’une personne qui partagea tellement les mystères du Verbe Incarné ! Ce qui frappe enfin, c’est l’amour spécial de Dieu pour le Canada.A tous ceux qui actuellement s'acharnent à rapetisser notre histoire, il faut dire et redire que la Providence a su désigner d’une façon extraordinaire des hommes et des femmes de grande valeur; que ces hommes et ces femmes, qui n’étaient point des exaltés, savaient que leur mission était toute spéciale, que Dieu était intervenu miraculeusement pour les envoyer en Neuve-France.Que ces hommes et ces femmes aient été des saints et des saintes donne le sceau définitif d’en-haut, celui qui ne trompe jamais.Marie-Emmanuel Chabot a vraiment su — autant que la petite collection des Classiques canadiens le lui permettait — présenter et la célèbre Ursuline et quelques-unes de ses lettres les plus typiques Paul GAY, c.s.sp.FERRON (Jacques) CONTES DU PA YS INCERTAIN.Montréal, Editions d’Orphée.200p.19cm.$2.00 Appelle des réserves « Si peau d’âne m’était conté, j’y prendrais un plaisir extrême *, disait La Fontaine.Il serait servi dans les Contes du Pays incertain de Jacques Ferron.Ce ne sont point des contes dans le genre traditionnel, avec leçon à tirer, CQFD, morale.Ce sont des instantanés, comme par exemple Fâcheuse compagnie, ou, en général, des récits purement poétiques.Une fois, un récit gaulois: Le Perroquet.L’auteur n’a rien d’un hypocondriaque.Cependant, du dernier cha- pitre, La Vache morte du Canyon, se dégage une tristesse poignante.Les deux pages qui terminent le livre sont un cri de douleur contre la paroisse québécoise qui chasse les enfants quelle a en surplus, pour garder une espèce de visage inchangé et inchangeable depuis cent ans ! Triste réalité ! Mais, en général, Jacques Ferron nous sort plutôt de la vie quotidienne.Il est tout en poésie, avec une imagination toujours fertile, débridée et déroutante.Son Pays est tellement Incertain qu’on se demande souvent s’il n’y a pas mystification.L'Archange du Faubourg en est un exemple.Ou bien, il sait exprimer la puissance de la terre et de la mer avec un don rare de communion profonde.A ce point de vue, les pages les plus réussies m’ont paru être celle de Le Paysagiste.Poésie du fond.Poésie du style également.C’est un vrai plaisir que de lire ces contes.Jacques Ferron dit, page 97: € J’ai toujours eu un faible pour les grands mots et les belles images, même de seconde main », mais il se calomnie grandement.Grands mots pédants ?Non ! Recherchés et délicats, d’une préciosité non ridicule ?Oui ! Belles images ?Oui ! De seconde main ?Non ! Mais ce poète est toujours brimé par sa propre finesse qui n’est point petite et par sa tendance à la moquerie.Ses coups d'aile sont rabattus par une intelligence toujours en éveil.Le coeur, trop surveillé par la raison, n’a pas donné, dans les Contes du Pays incertain, une œuvre pleinement humaine.Paul GAY, c.s.sp.36 LECTURES LABARRERE-PAULE (André) PIERRE - JOSEPH - OLIVIER CHAUVEAU.Textes choisis et présentés par André Labarrère-Paulé.Montréal, Fi-des.95p.photo 16cm.(Coll.Classiques canadiens, no 24) $0.75 Pour tous C’est un homme bien sympathique que ce Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, le premier ministre de la Province de Québec après la Confédération ! Les extraits choisis et présentés dans ce no 24 de la collection des Classiques canadiens le montrent bon, fin, ouvert et cultivé.Dans ce fascicule, j’ai particulièrement aimé l’Introduction de M.André Labarrère-Paulé, encore que notre docteur ès lettres hésite l’une ou l’autre fois dans ses affirmations; mais c’est, dira-t-on, un signe d’intelligence et de goût.P.-J.-O.Chauveau est présenté comme poète, romancier, historien, éducateur et orateur.Un premier ministre doit tout savoir !.On pourrait ignorer le poète, au moins celui des poésies qu’on nous présente.Quant à l’historien, à l’éducateur et à l'orateur, ils m’ont paru adopter, à côté de vues très larges en histoire (par exemple, sur l’ouverture faite aux démocraties par la Révolution française), un style trop bénisseur et abuser de l’amplification oratoire.Les meilleures pages sont celles du romancier dont l’oeuvre principale est Charles Guérin, roman de moeurs canadiennes, paru en 1853.Les descriptions de l’arriviste, et surtout celles du capricieux, sont lucides et profondes.C’est déjà le roman canadien-français contemporain.si moraliste ! Paul GAY, c.s.sp LANGU1RAND (J.) TOUT COMPTE FAIT.L'Eugène.Paris, Editions Denoel, 1963.Mauvais En sous-titrant Tout compte fait du mot L'Eugène, J.Languirand veut sans doute nous renvoyer à L'Eugène des Violons de l'automne.Ainsi, à côté du théâtre du néant, nous avons ici le roman du néant.Pour sortir de la médiocrité conjugale où, trente ans durant, sa femme Margot l’a tenu, Eugène s’en va, comme en rêvant, dans un lieu de débauche.Lentement, au gré de ses impressions qui se bousculent et se dépassent, Eugène revoit toute sa vie.Education familiale nulle.Simple numéro d’une famille nombreuse où le père et la mère n’étaient bons qu’à faire des enfants.Essai cocasse de noviciat chez les Frères où il est entré à reculons.Mariage bourgeois et banal par « peur de la vie ».Eugène se révolte contre son existence qui n’émerge en rien de l'ordinaire.Rien, il n’a rien fait de ses dix doigts ! Alors, découragé, désabusé, il descend à une grossièreté de langage et de tendances qu’il est le premier à juger froidement.La nausée de vivre prend un sens douloureux et bestial; mais cette nausée, illuminée encore d’un sourire voltairien, on la sent toute proche du rire dément.Sa mort accidentelle, au petit matin, au sortir de la boîte de nuit, le délivre et termine le roman.Ce livre, fort bien écrit, d’un style que je qualifierais d’intelligent et de spirituel, unit donc intimement deux thèmes: celui du Canadien français qui n'a pas eu de chance et celui du dégoût philosophique athée.Eugène fait penser au Simple soldat de M.Dubé, mais à un simple soldat grandi tout d’un coup au diapason du monde.C’est un vaincu dubésien, mais c’est un vaincu qui s'observe et se juge à la lumière — si lumière il y a ! — de la négation, de l'ironie, du cynisme et de la grossièreté.Dans ce roman du néant, le sens du sacré échappe complètement à l’auteur.C’est avec une joie féroce qu’il piétine tout ce qui est religion et qu’il dénonce les abus — vrais ou prétendus — de l’éducation donnée par les Frères.C’est de la méchanceté froide.Manque enfin ce qui fait les œuvres vraies et humaines: l’amour de l’homme et l’émotion devant sa misère et son mystère.Paul GAY, c.s.sp.PELLETIER (Louis) PIERRE B!A RD.Textes choisis et présentés par Louis Pelletier.Montréal.Fides.93p.photo 16cm.(Coll.Classiques canadiens, no 23) $0.75 Pour tous Les textes du R.P.Biard, français et jésuite du début du XVIIe siècle, présentés par M.L.Pelletier, nous laissent sur notre faim.Quelle vie.plus invraisemblable qu’un roman, que celle de ce missionnaire de l’Acadie ! Quels voyages épiques ! Quelle dignité entre les mains des Anglais pendant 9 mois et demi ! Quel regard tout neuf, chez le bon père, pour les Souriquois de l'Acadie, leur fierté, leurs canots d'écorce, leur paresse, leur vagabondage, leur couardise ! Son respect pour le « Sagamo », le chef sauvage ! Mais, hélas ! ces textes auraient dû être parfaitement rattachés à l’histoire de l'Acadie et à l’histoire générale, à la lutte franco-anglaise en Amérique du Nord.A la fin de ce léger fascicule, on ignore la place exacte du jésuite Biard dans l’histoire de l’Acadie, si son rôle fut important, s'il influença réellement l’avenir des missions dans le sens indiqué par le R.P.Lucien Campeau, s.j.dans l’Introduction.« Au moment où le Saint-Siège, écrit le R.P.Campeau, veut détacher la propagation de la foi du développement des empires nationaux, pour en faire une oeuvre vraiment catholique, les missionnaires français seront ses auxiliaires les plus efficaces dans la poursuite de cette fin.» Voilà une remarque extrêmement intéressante qui aurait dû être prouvée par la vie et les oeuvres du R.P.Biard.Nous a plu, la saveur de la langue du jésuite français.Que de mots, par lui employés, qu’on aurait Octobre 1963 37 dû sauver du naufrage ! Biard écrivait en même temps que Malherbe, mais son vocabulaire est plus riche.Pourquoi le beau mot « Trèstous » par ex.pour dire: tous, absolument tous, a-t-il été supprimé par les réformateurs du XVIIe ?11 a une saveur populaire authentique.Par ailleurs, la syntaxe du P.Biard est faible et obscure.On voit qu’elle n’a pas encore passé par la main de Pascal et de Bossuet.Je signale, en terminant, une erreur de typographe.C’est le mot « péché » qu'on doit lire, page 58, au lieu de « pêche ».Paul GAY, c.s.sp.LEBLANC (Madeleine) LA MURAILLE DE BRUME.Roman.Montréal, Beau- chemin, 1963.160p.21cm.Dangereux Drame éternel d’un mariage atrocement manqué.Monique a épousé Conrad, un homme qui, non seulement n’est pas attiré vers elle, mais qui met son plaisir à la faire souffrir et à la dominer par « une dictature morbide » (p.69).Monique menaçant de s’en aller si son époux ne s’unit pas à elle, deux enfants viennent bientôt augmenter le foyer, mais ils sont bien vite maltraités odieusement par leur père.Sur les conseils d’un prêtre, le Père Martin, Monique essaye d’oublier sa malheureuse situation dans la fréquentation d’amis peintres.La diversion réussit étrangement puisqu’elle s’éprend d’un nommé Serge et connaît avec lui le « grand amour ».Mais, sur une nouvelle intervention du Père Martin, Serge quitte Monique qui se trouve de plus en plus désemparée.Sur ces entrefaites, Conrad meurt d’un accident d’auto.Un certain Benoît abuse momentanément de Monique.Mais Monique le re- pousse pour déverser sur ses deux enfants les restes d’un cœur complètement brisé.Tel est le résumé d’un livre qui serait assez banal si on ne sentait une grande sincérité chez l’auteur.Malheureusement, cette sincérité la pousse à rendre presque odieux le Père Martin « apôtre aveuglé de christianisme » qui rappelle maladroitement les droits imprescriptibles du serment de mariage.Le lecteur semble presque appelé à prendre le parti de l’amour libre contre le mariage conventionnel.C’est le vieux romantisme du droit sacré à l’amour, hors des lois divines et humaines.Que ce droit soit crié par une femme qui souffre horriblement semble le rendre d’autant plus excusable que le prêtre ne sait vraiment pas trouver les mots qu’il faut dans une telle détresse.Artiste peintre, Madeleine Leblanc a.comme écrivain, une riche palette de peintre.Mais le choix des couleurs n’est pas assez judicieux.Elle possède une belle facilité d’écriture; les images abondent dans son roman.Beaucoup sont heureuses; mais il y en a trop de curieuses, de banales, d’incorrectes ou de précieuses.J’en citerai une: « Monique gagna son lit tandis que, sous les draps trop froids s’étendait encore la chaude couverture de l’espérance.» (P.40) Paul GAY, c.s.sp.LEBLANC (Madeleine) VISAGE NU.Poèmes.Montréal, Beauchemin, 1963.60p.21cm.Appelle des réserves Mince recueil de poèmes suivi de quelques maximes.Pour le fond, c’est le même sujet que Muraille de brume, c’est le roman mis en vers.L’auteur a cru autrefois à l’amour dans la naïveté des épousailles: Il était là notre amour, avec sa robe blanche.Il marchait au rang des innocents, Des innocents qui avancent en silence, Jusqu'aux balustres des serments.(P.49) Hélas ! Après « quinze ans de galère » (p.32), sa vie a été brisée, son idéal décapé, les étoiles sont devenues inaccessibles, et le poète est entré dans la noire région de la désillusion et dans « le vertige du doute» (p.18).Les hommes, par leurs préjugés sur le mariage, n’ont rien compris à l’amour.Ce qui consolerait le poète, ce serait la foi, mais, hélas ! la foi n’est pour elle qu'un rêve sans consistance.« La religion est un besoin que l’homme éprouve de croire en quelque chose, afin de donner un sens à une vie qui n’en a pas » (p.55), écrit-elle avec un brin d'emphase copiée.Il ne nous reste qu’à pleurer des larmes inutiles: « La plus grande tragédie de l’homme n’est pas de mourir, mais de naître » (p.60).Le vers est agréable, sonore, facile, bien balancé.Il est, surtout au début, très oratoire: les interrogations abondent.Par ailleurs, les images sont généralement justes et se comprennent aisément quand on a lu Muraille de brume.Elles conduisent le lecteur au royaume de poésie où on dit les choses avec des images et où Madeleine Leblanc est certainement plus à l’aise que dans la prose.Paul GAY, c.s.sp.TREMBLAY (Jacqueline-G.) POURSUITE DANS LA BRUME.Roman.Montréal, Fi-des.140p.18cm.$1.50 Pour tous Le premier roman d’un jeune écrivain, avant d’être une histoire de cœur, d’argent ou d’ambition, c’est sa déclaration d’amour à la littérature, et à la manière dont il pose sa voix nous pouvons essayer 38 LECTURES » de deviner s’il sera amant heureux ou maladroit, fidèle ou inconstant.Le premier roman de Madame Jacqueline Grenier-Tremblay, jeune romancière et poétesse de Québec, Poursuite dans la brunie, atteste des dons qui augurent d’un amour fidèle à la littérature.Le jeune auteur possède l’art d’inventer et d’organiser un récit, de conduire une intrigue qui s’amorce dès le début et se maintient jusqu’à la fin du roman, d’insérer des dialogues naturels et vivants.Poursuite dans la brume raconte l'histoire de l'amour malheureux d’un grand artiste, Alexandre Bellini.De son modèle, Graziella, femme de grande beauté, il a fait sa raison de vivre, sa source d’inspiration, son épouse.Mais ce couple uni et heureux, qui offrait le symbole du bonheur, ne connaîtra qu’un amour éphémère: l’extrême sensibilité et l’infantilisme de la jeune femme seront cause d’incompréhension mutuelle.La mort tragique de Graziella déclenche chez Alex un sentiment de culpabilité qui l’entraîne peu à peu dans les remous de l’alcoolisme et de la névrose.Une des leçons que dégage le roman, c’est le danger pour la femme d’un amour trop possessif qui ne tient pas compte des préoccupations professionnelles du mari.L’enfant, qui manquait au couple Bellini, reste encore la plus sûre garantie de bonheur et d’union conjugale.Une autre leçon vient du comportement de l’incroyant Alexandre Bellini qui, devenu soudainement veuf, éprouvera la vérité de cette parole de Lacordaire: « Le malheur ouvre l’âme à des lumières que la prospérité ne discerne pas.» Poursuite dans la brume évoque donc la poursuite d’êtres chers sur deux plans successifs, temporel et éternel: un homme poursuit l’amour de sa femme au milieu d’une brume d’incompréhension mutuelle, puis, il poursuit l’Etre infini parmi les brumes d’une solitude douloureuse et bienfaisante, d’un univers parti- culier de prière et de paix qui cache le mystère d’un autre monde.Le roman ne débouche pas sur le vide.De plus, il renseigne jusqu’à un certain point sur un milieu peu connu: celui des artistes.Quelques images d’un romantisme attardé auraient pu être aisément éliminées.Le style est clair, la phrase harmonieuse, dynamique, animée d’une poésie discrète, d’une sensibilité latente.Sans être une œuvre forte, ce premier roman, présenté sous une jolie couverture, se lit facilement; il mérite l’audience sympathique du lecteur.Romain LEGARE, o.f.m.RIVEST (Eugène) ROMAN D’UN CURE DE CAMPAGNE.Montréal, Editions de la Vallée, 1963.150p.19.5cm.Pour tous Ce «roman • est né d’une généreuse intention: puisque les gens sont ignorants sur le vrai rôle du prêtre, l’auteur veut les éclairer à l’aide d’une histoire romancée.« C’est alors, au milieu de semaines chargées, rapporte-t-il, que le curé Fortier avait senti renaître en lui le goût d’écrire et qu’il entreprit de réaliser un projet, nourri dans son esprit depuis plus de quinze ans, celui de rédiger ce roman de prêtre.Les romans de prêtre ! Il FIDES présente- les avait tous lus.Même les meilleurs l’avaient profondément déçu.» (P.82) Par le truchement de son héros, l’auteur, qui est prêtre, dit-on, apporte sa propre conception.Il adopte une position extrémiste: il dénie « à tout laïque, même au plus sincère et au plus fervent, la moindre autorité et donc le moindre droit d’analyser l'âme du prêtre.[.J C’est un domaine trop sacré et trop mystérieux.Impossible de traiter convenablement du prêtre, à moins d’être prêtre » (p.83).Malgré soi, l’on songe au roman américain éminemment sacerdotal rédigé pourtant par un laïque, Henry Morton Robinson, Le cardinal, l’un des plus vrais romans, l’un des plus beaux, l’un des plus sains, l’un des plus bienfaisants, écrits sur le prêtre contemporain.M.Rivest est davantage guidé par l’intention de faire valoir le rôle proprement spirituel du prêtre dans la transformation d’une paroisse rurale, de donner une juste réplique à certaines idées saugrenues, lancées d’ici et de là contre le clergé, que de faire sentir la présence physique de « personnages * fortement caractérisés.Son récit bien structuré, présenté en une langue sobre et correcte, se rapproche bien plus du documentaire contemporain que de la création romanesque.A moins qu’on dise qu’il s’agit d’un roman « populaire » et « édifiant ».Romain LEGARE, o.f.m.MOHRË [T K KMIMIT des bmEodes mus par Juliette Chabot de la Bibliothèque municipale de Montréal Un inventaire des ressources des bibliothèques, accessibles ù la population montréalaise.$3.00 __ 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal _ Octobre 1963 39 Littérature étrangère Religion CAUSSADE (Jean-Pierre de) LETTRES SPIRITUELLES.Tome I.Texte établi et présenté par Michel Olphe-Galliard, s.j.| Bruges) Desclée de Brouwer.320p.20cm.(Coll.Christus, no 8) Pour tous Tous les maîtres authentiques de la spiritualité ont puisé leur doctrine dans l’enseignement du Christ et des Apôtres; mais ils sont regardés d'un peu haut par un certain nombre de personnes depuis quelque temps.« 11 faut retourner aux sources, à la Bible et aux Pères », disent-elles.Et ce retour aux sources veut dire faire la fine bouche devant les grands auteurs de la spiritualité catholique, dont plusieurs ont le titre de docteur.Ce ne sont pas ces gens évidemment qui liront les admirables Lettres spirituelles du Père de Caussade, et c’est dommage car ils y perdront beaucoup.Saint François de Sales fut le maître préféré du jésuite.L’abandon total à la Providence, doctrine si chère à l’évêque de Genève, le Père de Caussade ne cesse de la prêcher.Confiance en Dieu, pauvreté spirituelle, acceptation de toutes les épreuves par amour pour Dieu, tels sont les thèmes préférés de l’auteur.Retournons aux sources, bien sûr, mais ne négligeons pas pour cela l’héritage spirituel transmis par les grands mystiques.Bernard-M.MATHIEU, o.p.EN COLLABORATION LA VENUE DU MESSIE.Messianisme et Eschatologie.(Bruges] Desclée de Brouwer.260p.21.5cm.(Coll.Recherches bibliques, VI) Pour tous Nous avons ici, réunies en volume, les études présentées à la treizième session des « Journées Bibliques de Louvain », en 1961.Déjà.en 1952, les mêmes « Journées » s’étaient intéressées au problème du messianisme (L'Attente du Messie, ouvrage publié dans la même collection), surtout celui de l’Ancien Testament.Ici, il s’agit avant tout des réalisations du messianisme dans le Christ, dans l’Eglise et à la fin des temps.Il est important de voir comment les divers courants messianiques de l’Israël ancien ont été accomplis dans le Christ, à la fois prêtre et roi du peuple nouveau, qu’est l’Eglise.Ce qui n’était qu’attente souvent voilée, et même à peine soupçonnée par Israël, devient dans l'incarnation du Fils de Dieu lumière pour les nations.Les auteurs des divers travaux sont des exégètes de première valeur; A.Feuillet, E.Massaux, P.Grelot, H.Riesenfeld, M.Sabre, J.Cop-pens, etc.Leurs conclusions ne concordent pas toujours, comme il convient dans toute science en marche, et les professeurs d’Ecri-ture Sainte ne doivent pas les ignorer.Nous recommandons donc fortement leur lecture.Il nous est impossible, dans les cadres d’une courte recension, de présenter et discuter ces études diverses; cependant, je dois reconnaître que le colloque de Louvain a encore produit des échanges exé-gétiques qui font honneur aux chercheurs catholiques.G.COUTURIER, c.s.c.WIENER (C.) et COLSON (J.) UN ROI FIT DES NOCES A SON FILS.Introduction de Dom Thierry Maertens.[Bruges] Desclée de Brouwer.173p.20cm.(Coll.Thèmes bibliques) Pour tous « Ce volume voudrait présenter le thème biblique des épousailles afin qu’on en saisisse non seulement la réalité autonome, mais encore ses répercussions sur la vie humaine.Le lecteur comprendra que si Dieu dans son Ecriture se sert du vocabulaire de l’amour conjugal pour livrer son dessein, c’est pour nous habituer à nous servir de ce même amour conjugal comme expression de ce dessein.» (P.8) Par suite, ce qu’on trouvera, ici, ce n’est pas directement la pensée biblique sur l’amour d’un homme et d'une femme, mais la symbolique qu’a pris cet amour pour nous révéler l’amour de Yahweh pour son Peuple et l’amour du Christ pour son Eglise.La première partie, vétérotestamentaire, est due à C.Wiéner; la seconde, néotestamentaire, a été écrite par J.Colson.Les passages majeurs de l’Ancien Testament, sur ce thème, ont tous été réunis et étudiés.Dans l’ensemble, les textes ont été sérieusement critiqués, pour en faire ressortir ensuite leur portée réelle.De plus, on a été sensible à l’évolution qu’a suivie l’idée à travers Osée, Jérémie, Ezéchiel, pour se terminer avec le Deutéro-Isaïe, le Cantique des Cantiques et le Psaume 45.L’auteur a vu juste en plaçant Osée à l’origine de cette symbolique.Le prophète, qui a été déçu dans son propre amour, était certes en mesure de lancer l’idée dans une tonalité pathétique.Israël est 40 LECTURES l’épouse de Yahweh, et comme l’épouse d’Osée, elle s’est prostituée, c’est-à-dire qu’elle a rendu culte à une foule d’autres dieux.On aurait aimé que l’auteur ait montré davantage que c’est à cause de l'alliance, idée centrale de la religion Israelite, que le symbole du mariage a pu ainsi décrire l’amour de Dieu pour son Peuple, tout comme le châtiment qui suit tout amour blessé.Le Cantique des Cantiques est interprété comme une allégorie de l’histoire d’Israël.Beaucoup n’acceptent plus pareille explication.Pour notre part, nous croyons qu’il s’agit avant tout de chants nuptiaux, à la gloire de l’amour humain, béni par Dieu au temps de la création.Par contre, plusieurs refusent de joindre le Psaume 45 au Cantique, pour en faire ainsi une allégorie nouvelle de l’amour de Dieu pour son Peuple.Ce chant fait plutôt partie des Psaumes Royaux, proclamant la filiation divine adoptive du nouveau roi, l’oint du Seigneur, pour être son porte-parole et l’agent de ses volontés sur le peuple.J.Colson poursuit le même thème dans le Nouveau Testament.Ici, le Peuple de Dieu devient l’Eglise, et la place de Yahweh est tenue par le Christ.L’auteur, qui est plus théologien qu’exégète de profession, fait une admirable somme de cet enseignement néotestamentaire dans les Synoptiques, saint Paul, le 4e Evangile et l’Apocalypse.Sans doute lui reprochera-t-on de trop allégoriser d’une part certaines paraboles pour y voir des influences des liturgies baptismales et eucharistiques, et d’autre part certains faits comme les noces de Cana et la péricope de la Samaritaine.Nous nous réjouissons de l’exégèse qu’il donne du chapitre XII de l’Apocalypse.La femme couronnée d’étoiles n’est autre que l’Eglise; si Marie est aussi visée, ce ne peut être qu’en deuxième instance, et encore là ce n’est pas facile à prouver.En somme, nous avons ici un beau ressourcement biblique de la théologie de la communauté israé-lite et de l’Eglise, que les professeurs de dogme ne devraient pas ignorer.Il est écrit pour eux, sans doute, dans un style facile, en restant dans l’ordre de la haute vulgarisation.G.COUTURIER, c.s.c.CATEL (Maurice) LES ECRIVAINS DE PORT-ROYAL.Introduction et choix de Maurice Catel.[Paris] Editions Mercure de France.364p.20.5cm.(Coll.Les plus belles pages) A ppelle des réserves Qu’espérait Maurice Catel en publiant ces pages des écrivains de Port-Royal ?Convaincre le lecteur de la sûreté de leur doctrine ?C’est l’impression qu’il nous donne dans son introduction.Est-il janséniste lui-même ?A lire ces lignes on le croirait.« A de très rares exceptions, les papes qui se sont succédé sur le trône de saint Pierre depuis l'apparition de 1 'Augustinus ont témoigné d’une prévention radicale envers le jansénisme auquel ils ont refusé de reconnaître son seul et véritable aspect: une conception catholique antimoliniste.» (P.45) Décidément le jansénisme a la vie dure et l'antijésuitisme aussi.Malgré cette introduction empreinte de partialité, les lecteurs intéressés à l’histoire religieuse et littéraire de cette époque liront ce livre avec profit.Il y avait sûrement de la grandeur chez les gens de Port-Royal, beaucoup de textes de ce livre nous le montrent, encore que la vraie grandeur se concilie mal avec la désobéissance aux directives des papes, manifestée par les jansénistes.Bernard-M.MATHIEU, o.p.Littérature MURRAY (S.Meredith), o.p.LA GENESE DE « DIALOGUES DES CARMELITES ».Paris, Editions du Seuil [1963].174p.20.5cm.Pour tous Georges Bernanos, dans le Dialogue des Carmélites, reprend tous les grands thèmes de sa spiritualité: réversibilité des mérites et mission de l’Eglise, pauvreté et esprit d’enfance.Ce livre m’apparaît comme son meilleur par la fermeté du style et l’intensité de la pensée.Dans une étude fouillée et méthodique, l’auteur nous indique ici que Bernanos ne s’est pas contenté d’adapter La dernière à l’échafaud de Gertrude von le Fort.Tout en gardant certaines idées de l’œuvre de l’écrivain allemand, il a introduit de nouveaux thèmes, faisant ainsi un ouvrage qui est vraiment sien.Une fois de plus la grandeur de Bernanos nous apparaît: puissant écrivain, et tout près de Balzac, et surtout vrai chrétien, mettant au cœur de sa vie le mystère de la Croix.Bernard-M.MATHIEU, o.p.MAUGENDRE (L.-A.) LA RENAISSANCE CATHOLIQUE au début du XXe siècle.Lettre-préface du Père Irénée Vallery-Radot.Paris, Beauchesne [1963].412p.photo 22.5cm.Pour tous Dans la première partie de l’ouvrage, l’auteur esquisse la biographie de Georges Dumesnil, philosophe et homme de lettres qui, s’il ne connut pas la célébrité, joua Octobre 1963 41 quand même un grand rôle dans le monde de la philosophie et des lettres.Il fonda VAmitié de France, revue de philosophie, d’art et de politique; de cette revue sortit les Cahiers de l’Amitié de France, ayant comme collaborateurs Francis Jammes, Paul Claudel, Emile Baumann et François Mauriac débutant dans la littérature.C’est une tranche importante de la vie littéraire et catholique en France qui nous est donnée dans ce livre, et qui aidera sûrement les historiens.Bernard-M.MATHIEU, o.p.EN COLLABORATION DICTIONNAIRE DE LITTERATURE CONTEMPORAINE.1900-1962.Sous la direction de Pierre de Boisdeffre.Paris, Editions universitaires [1962].679p.ill.22cm.Relié.Pour tous Dans la catégorie des ouvrages d’information, voici un excellent instrument de travail.Sous la direction de Pierre de Boisdeffre, une équipe de collaborateurs, dont R.-M.Albérès, P.-H.Simon et Alain Robbe-Grillet sont parmi les plus connus, a groupé les renseignements dont nous avons besoin couramment sur les auteurs et les critiques de notre époque.C’est ainsi que cent trente écrivains sont présentés en des fiches variant de deux à dix pages.Chacune comprend une notice bio-bibliographique illustrée d'un portrait de l’auteur et suivie d’une bibliographie critique réduite à l’essentiel.Puis vient une étude succincte où l’on essaie d’abord et avant tout de dégager une dominante ou un angle par lequel l’auteur peut être avantageusement abordé.Quelquefois, c’est une occasion de faire le point ou de rectifier les données générales de la critique à son sujet.Cette section « dictionnaire > constitue la majeure partie de l’ouvrage.Elle est toutefois précédée de neuf études d’environ quinze pages chacune, et qui abordent divers aspects généraux de la littérature contemporaine.Dans l’ordre, les voici: 1.« Le couple France-Etranger de 1900 à nos jours », par R.-M.Albérès.2.« Les prix littéraires et la situation du roman français », par P.de Boisdeffre.3.« Le roman français de Proust à Sartre », par P.-H.Simon.4.* Du roman d’aujourd'hui à la crise du concept de littérature », par P.de Boisdeffre.5.« Le Nouveau Roman », par Alain Robbe-Grillet.6.« La poésie de ce siècle », par Gilbert Sigaux.7.« Le théâtre aujourd’hui », par Georges Lerminier.8.« La critique littéraire et l’essai », par Manuel de Diéguez.9.« Où va notre littérature ?» par P.de Boisdeffre.L’essai d’Alain Robbe-Grillet nous paraît particulièrement intéressant.Il est une réponse autorisée aux préjugés et aux critiques que l'on a formulées à l’endroit du « Nouveau Roman ».Il insiste sur une conception évolutive du roman français et rappelle que le « Nouveau Roman » est une voie de recherche, non un nouveau dogmatisme.Cet aspect est complété avec bonheur par Pierre de Boisdeffre dans l’essai « Où va notre littérature ?».Il donne au problème toutes ses dimensions.Sans doute cette « A-littérature » conduit à la désincarnation, mais « le mal n’est pas grave s’il ne s'agit que d’expériences destinées à ouvrir à l’art romanesque un nouveau champ d’investigations, de lui permettre d’explorer et, si possible, de repousser de plus en plus loin ses limites ultimes.Mais il serait dangereux de mener, au nom de découvertes purement formelles, un assaut décisif contre l’autre versant de la littérature, celui qui s’en- richit sans cesse de tout l’acquit de la vie.» (P.129) Concluons en souhaitant que toutes les bibliothèques se procurent cet ouvrage utile et bien fait.Pierre PAGE, ptre Biographie SIX (Jean-François) LITTRE DEVANT DIEU.Paris, Editions du Seuil.219p.20.5cm.Pour tous Il y a toujours du mystère dans une conversion, et sur le plan naturel, il est impossible d’en donner une explication totale et complète.Emile Littré, apôtre du positisme athée et auteur du Dictionnaire, s’est-il réellement converti ?Il consentit, il est vrai, à être baptisé par sa femme avant de mourir, mais des doutes subsistent sur son adhésion totale aux dogmes catholiques.L’abbé Huvelin — nous attendons encore une biographie complète de ce prêtre admirable — qui le visita plusieurs fois dans les derniers temps, fut très discret à ce sujet.Chose certaine, et les textes le prouvent, Littré fut tourmenté profondément par la douleur de ses fautes passées.L’avant-veille de sa mort, il disait: « J’aimerais mieux n’avoir jamais été ce que j’ai désiré être, et ce que j’ai été, et n’avoir pas fait de péché.» (P.144) Et ici il ne faut pas se méprendre: jusqu’à la fin il garda une grande lucidité d’esprit, et son repentir fut vraiment sincère.Les voies de Dieu ne sont pas nos voies; au soir de sa vie Littré, qui fut très longtemps comme on l’a dit « un athée tranquille » et dont l’agnosticisme fut une foi véritable, découvrit une nouvelle dimension du monde, et s'orienta vers Dieu.Bernard-M.MATHIEU, o.p.42 LECTURES » mm.mPÆk WMM lllll z&ÿm llllllll! Ædié^iûiuiie de ^Jm/ncMe ANN et GWEN UNE PANTHERE AU BIBERON.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1963].190p.ill.(h.t.) 17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 122) Relié.1» Pour jeunes Apprenant qu’on va supprimer du zoo le bébé-panthère, sous prétexte qu’il est malade, Bettina et Archie — une petite Française et son camarade anglais — décident d’enlever le fauve et de l’élever eux-mêmes.au biberon.Les jours, les semaines, les mois passent et la panthère dans sa cachette grandit; il faut bientôt pour la nourrir autre chose que des biberons.La situation se complique de plus en plus pour les jeunes sauveteurs, mais l’arrivée inopinée de voleurs au château de leur « belle » Margaret mettra un terme à toutes leurs cachoteries et rendra au zoo de leur ville sa merveilleuse panthère.Cette histoire captera l’intérêt des enfants du commencement à la fin, par son originalité et le rebondissement de la situation.Situation invraisemblable, si l’on songe aux six mois d’allées et venues des enfants au château, sans éveiller les soupçons, sans se lasser et surtout sans rien dire à leurs parents.Soit dit sans discréditer ce roman; les héros des contes pour enfants ont bien le droit d’être exceptionnels.Les illustrations de François Batet sont de qualité mais le papier des livres de cette collection l’est beaucoup moins.Denise HOULE CYRAN (Eberhard) NUL NE REVIENT SUR SES PAS.Récit.Traduit et adapté de l’allemand par Yvonne Rosso.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Alsatia.213p.ill.20cm.(Coll.Rubans noirs) Pour adolescents C’est l’histoire d’une amitié, amitié née un jour d’orage entre deux jeunes Berlinois.Heiner, de Berlin-Ouest, a sauvé de la noyade Manu, de Berlin-Est.Heiner, le garçon tout simple, ne comprend pas toujours Manu, le poète; et leur amitié, comme le voilier où elle est née, affrontera moult bourrasques avant de voguer en eau calme.Ce récit ne manque pas d’intérêt, mais l’intention de l’auteur — est-ce dû à la traduction ?— ne nous est pas toujours accessible.Que les frontières entre les êtres sont plus difficiles à franchir que celles entre les pays, est-ce bien cela que l’auteur veut exprimer à ses lecteurs ?Oui, sans doute, bien que cette histoire contienne des passages brumeux.Pierre Joubert a réalisé, comme toujours, des illustrations d’une sensibilité virile.Denise HOULE HUGO (Victor) JEAN VALJEAN.Illustrations de Jacques Poirier.[Paris] Hachette [1963].189p.ill.20.5 cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 238) Relié.Pour adolescents Jean Valjean, sans conteste la plus belle figure des Misérables — après l’évêque de Digne — est ici présenté aux deux époques de sa vie orageuse.On le voit d’abord à sa sortie du bagne, rejeté de l’auberge des hommes comme de la niche des chiens mais accueilli avec bonté par Mgr Myriel.La peine purgée par Jean Valjean, sans proportion avec le crime commis — le vol d’un pain — a transformé l’homme faible en une brute redoutable.Dans la deuxième partie du récit, c’est la réhabilitation du forçat, sa remontée vers la lumière de l’amour de Dieu et des hommes.Ces extraits et adaptations d’oeuvres littéraires donnent aux jeunes un avant-goût du style des auteurs qu’ils auront à étudier dans quelques années.Pour enseigner l’art de la description, de même que pour l’étude des caractères et de la narration, les maîtres pourraient tirer de ce livre quantités d’exemples.Et ce roman, montrant toute la puissance de l’amour et de la bonté sur les êtres, ne pourra qu’inspirer aux jeunes qui le liront des réflexions salutaires.Les illustrations de Jacques Poirier sont, comme le roman, de grande classe.Denise HOULE GUILLOT (René) FONABIO ET LE LION.Illustrations de J.-P.Ariel.[Paris] Hachette [1963].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 239) Relié.Pour jeunes Dans la brousse africaine, terrain de jeux idéal aux yeux de tous les Octobre 1963 43 garçons du monde, Fonahio, le petit Noir, passe de longues heures, parfois de longs jours, au cœur de cette jungle que l’on dit si mystérieuse mais qui, pour lui, n’a plus de secrets.C’est en suivant les traces d'une lionne blessée — la Reine de son clan — qu’il rencontre pour la première fois Naba, le prince-lion.L’enfant adopte le lionceau orphelin et décide d’en faire le véritable roi de la jungle qu’il doit être.L’amitié sera-t-elle longtemps possible entre l’enfant des hommes et celui des fauves ?Fonabio a un autre ami, Marlow, le planteur blanc, qu’il admire avec passion et pour lequel il devra sacrifier Naba, son ami lion.Le Livre des Etoiles, celui de la science-fiction, n’a pas détrôné Le Livre de la Jungle auprès des jeunes garçons.Ces derniers sont toujours aussi passionnés de récits de chasses fantastiques, où, comme l’écrit René Guillot, cet émule de Rudyard Kipling.« les éléphants se découpent comme une fresque gigantesque sur l’arête dénudée d’un champ de pierrailles ».Une fresque, cette histoire en est une très belle, par son vif pouvoir d’évocation du décor grandiose où se meut le héros.Cela, grâce au style merveilleusement descriptif de l’auteur, au caractère de ses personnages et aux situations palpitantes présentées.J.-P.Ariel a illustré de façon vivante ce vivant récit.Denise HOULE SAINT-HILL (Bruno) LE GRATTE-CIEL.Illustrations de M.Abauzit.Paris, Spes [1963] 190p.ill.19cm.(Coll.Jamboree-aîné) Pour adolescents Dans une vieille maison triste de la banlieue parisienne, vivent deux familles: celle de Mireille et Didier; celle de François et Jean-Marc.Les enfants s’entendent à merveille quand les parents, eux, sont toujours à couteaux tirés.Les parents de Mireille, dans leur misérable appartement, envient ceux de François, parce qu’ils ont su rendre leur demeure plus jolie et plus confortable que la leur.Il faut dire que le père de François n’est pas toujours au bistrot comme celui de Mireille.De braves gens, dans le fond, les Normand et les Faucheux.Leurs enfants le savent bien et l’amour de François et Mireille, de même que l’amitié de Jean-Marc et Didier, scellera une paix définitive entre les adultes.dans un immeuble neuf, à l’ombre du symbolique gratte-ciel.A partir d’incidents banals, l’auteur brosse d’amusants tableaux et ce, d’une plume teintée de l’humour le plus subtil.Les œuvres de Bruno Saint-Hill sont presque toujours dans la veine des grands reportages journalistiques tellement ils collent à l’actualité, aux grandes préoccupations de l’heure — en France et dans la plupart des pays du monde: logement; délinquance juvénile (dans Les Feux): religion (Les Sabres).Les adolescents aiment les récits réalistes, surtout lorsqu’ils sont rédigés avec humour et optimisme.L’auteur n’a pas oublié son public féminin en parfumant quelques pages de poésie et laissant deviner que l’amour de François pour Mireille a pu seul renouer le fil qui unissait jadis les deux papas militaires.Denise HOULE ADAMSON (Joy) ELSA LA LIONNE.Texte français de Geneviève Brallio-Zeude.Illustrations de Jean Res-chofsky.[Paris] Hachette.252p.ill.(h.t.) 17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 200) Relié.Pour jeunes « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.* Monsieur et Madame Adamson illustrent bien ces paroles du bon La Fontaine, un ami célèbre lui aussi de la gent animale.Une lionne, la mère d’Eisa, fut tuée quelques jours après la naissance de celle-ci et de ses deux sœurs.Les petits fauves auraient sûrement péri sans la bonté de ce couple anglais qui les a recueillis.Après quelques mois, les deux sœurs d’Eisa sont envoyées à un zoo en Hollande.Les parents adoptifs de la jeune lionne entreprennent alors de la dresser, tout en la laissant dans son élément naturel; quand elle est devenue adulte ils la rendent à la jungle.C’est une expérience très difficile mais ils réussissent.Si bien qu’au cours de leurs voyages subséquents.Eisa vient encore les visiter à leur camp du Kenya.Elle reconnaît leurs signaux et leurs appels.Ce livre est un traité de psychologie animale tel qu’on en trouve rarement.Le roi de la jungle, semble-t-il, est doué d’un instinct égal à la majesté de son physique.Cependant, quelle qu’ait été la docilité de l’animal, rares sont ceux qui auraient su la diriger avec autant de patience et de diplomatie.Les animaux sentent d’instinct l’affection qu’on leur porte et ils obéissent mieux à ceux qui les aiment.Le couple Adamson était idéal.Récit captivant qui renseigne aussi le lecteur sur d’autres animaux sauvages, leurs habitudes de vie, leur comportement.Le vocabulaire est enrichissant; en effet il est rare de trouver autant d’expressions justes sur les différents cris des animaux.Les descriptions de ces coins de pays et de la température qu'on y trouve contribuent aussi à l’intérêt du texte.M.D’AMOUR 44 LECTURES îmmlmM- ¦ I -, A pi P" I * I « W -V ÆÈÛ Wmm Psychologie PERRET (Françoise) De la timidité à la confiance.Illustrations de Jacqueline Deroy.[Paris] Editions Fleurus [1962].127p.ill.17.5cm.(Coll.La vie de la femme) Morale CLEMENT (M.), FRONSAC (H.) et REGAMEY (P.-R.), o.p.Non-violence et objection de conscience.[Tournai] Caster-man, 1962.158p.19cm.(Coll.Toute la question) LECLERCQ (Jacques) Saisir la vie à pleines mains.Un traité de morale.[Tournai] Casterman, 1961.287p.21cm.Religion AUGUSTIN (Saint) Aux moines d'Adrumète et de Provence.Texte de l'édition bénédictine.Introduction, traduction et notes par Jean Chéné, p.s.s.et Jacques Pintard.[Bruges] Desclée de Brouwer, 1962.867p.n.5cm (Coll.Oeuvres de saint Augustin, vol.24) Relié.AUGUSTIN (Saint) .Les Confessions.Livres I-VII.Texte de l'édition de M.Skutella.Introduction et notes par A.Solignac.Traduction de E.Tréhorel et G.Bouissou.[Bruges] Desclée de Brouwer, 1962.706p.17.5cm.(Coll.Oeuvres de saint Augustin, vol.13) Relié.AUGUSTIN (Saint) Les Confessions.Livres VIII-XIII.Texte de l'édition de M.Skutella.Introduction et notes par A.Solignac.Traduction de E.Théhorel et G.Bouissou.[Bruges] Desclée de Brouwer, 1962.706p.17.5cm.(Coll.Oeuvres de saint Augustin, vol.14) Relié.BRAUN (Heinrich Suso) Le Dieu sans nom.Traduit de l'allemand par Pierre Ma-rinus.Paris, Editions universitaires [1961].183p.21cm.(Coll.Nouvelle alliance) *** Catéchisme biblique des enfants.Bâle, Herder [1962].223p.ill.18cm.DUBOIS (Marcel), c.ss.r.Actions de grâces liturgiques et communautaires.Montréal, Fides [1963].63p.16cm.DUBOIS (Marcel), c.ss.r.Veillées de prières pour les défunts.Montréal, Fides [1963].31p.16cm.$0.50 DVORNIK (Francis) Histoire des conciles.Traduit de l'américain par Soeur Jean-Marie, o.p.[Paris] Editions du Seuil [1961].187p.18cm.(Coll.Livre de vie, no 26) EN COLLABORATION La Parole de Dieu en Jésus-Christ.[Tournai] Casterman, 1961.310p.21cm.(Coll.Cahiers de l'Actualité religieuse, no 15) GARREAU (A.) Saint Irénée.Contre les hérésies.Textes choisis, présentés et traduits par Albert Garreau.Namur, Editions du Soleil Levant [1963].187p.17cm.(Coll.Les écrits des saints) KNOWLES (David) La Tradition mystique en Angleterre.Traduit de l'anglais par Rémi de Belmont.Paris, Editions Saint-Paul [1962].239p.18cm.LEGER (Cardinal Paul-Emile) Chrétiens désunis.Lettre pastorale.Montréal, Fides [1962].31p.17cm.LEGER (Cardinal Paul-Emile) Commentaires sur l’Encyclique Mater et Magistra.Montréal, Fides [1962].31p.16.5 cm.1961.Montréal, Fides [1962] 16p.17cm.LEGER (Cardinal Paul-Emile) Remplissez la terre et soumettez-la.Familles et nations face aux problèmes de la natalité.Montréal, Fides [1962].29p.16.5cm.MADIN1ER (Gabriel) Nature et mystère de la famille.Préface de Jean Lacroix.[Tournai] Casterman [1961].136p.21cm.(Coll.Cahiers de l'Actualité religieuse, no 13) MAERTENS (Thierry), o.s.b.C est fête en l’honneur de Yahvé.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].223p.20cm.(Coll.Thèmes bibliques) MARCOTTE (Marcel), s.j.Cœur à cœur.Vol I.Montréal, Editions Ballarmin [1961].159p.17cm.NEWMAN Esquisses patristiques.Vol.III.Le siècle d'or.Introduction, traduction et notes par Denys Gorce.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].528p.17.5cm.(Coll.Textes neumaniens) Relié.RODEMACQ (Abbé Pierre) Prions chaque jour.A l'usage des enfants et des adolescents.Paris, Editions du Levain [1962].63p.ill.13cm.Beaux-arts BERCY (Jean) L'expression artistique et son contexte pédagogique.Peinture, modelage, dessin.Couverture d'Alain Le Gué sur la photographie d’une œuvre originale de jeunes.Paris, Fleurus [1963].119p.photo 15.5cm.(Coll.Animateurs) Biographie BODSON (Nicolas) Sainte Rita de Cascia.Genval, Editions Marie-Médiatrice [s.d.].109p.ill.(h.t.) 20.5cm.PELISSIER (Marcelle) L’enfant qui a répondu oui.Genval, Editions Marie-Médiatrice [1962].43p.ill.26.5cm.Littérature de jeunesse CAPPE (Jeanne) Deux lapins tout pareils.Texte de Jeanne Cappe.Aquarelles de Marcel Marlier.[Tournai, Casterman, 1953.] 19p.ill.25.5cm.(Coll.Farandole) Relié.HANSEN Petzi dans Vile de Robinson.T.II [Tournai] Casterman [1963].32p.ill.27.5 cm.HERGE Les exploits de Quick et Flupke.5e série.[Tournai] Casterman [1952].30p.ill.26.5cm.Relié.HERGE Les exploits de Quick et Flupke.6e série.[Tournai] Casterman [1954].30p.ill.26.5cm.Relié.*** Il était un petit navire.Illustrations d'Aliette de LataiUade.Paris, Fleurus [s.d.].31p.ill.31.5cm.(Coll.Coloriages de « Tirouli et Rantanplan », album no 3) Relié.SOLHAC (Claude) Belle-Neige.Montréal, Apostolat de la Presse [s.d.].125p.ill.20.5 cm.(Coll.Jeunesse de tous les pays, no 26) STREUVELS (Stijn) L'enfant de Noël.Illustrations d'Arno Brys.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].67p.ill.(h.t.) 25cm.Relié.Octobre 1963 45 1 -$m m 1 i ÜÜn!ü‘;! üilBli —.1 Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Pour les ouvrages étrangers, cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d'Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.AUCLERES (D.), Anastasia, qui êtes-vous .TB Biographie.L’auteur assista en tant que journaliste au procès de 1957.Passionnée par son sujet, elle poursuivit pendant plusieurs années des recherches dont elle nous livre ici le fruit.Etude objective et singulièrement humaine sur le troublant mystère de la « véritable Anastasia ».Ouvrage captivant qui se lit comme un roman policier.BELL AIRS (G.), Littlejohn cherche un cadavre B Roman policier.Un inspecteur mène une enquête sur la disparition d’un mystérieux cadavre.Histoire très adroitement contée, intéressante et amusante.Bonne psychologie.BENNETT (J.), Croisière de luxe.; y : ’ ® Roman.Un groupe de richissimes Américains s'embarque pour une croisière de luxe qui doit les mener à Cannes.Vols, beuveries, jeux érotiques: c’est tout ce qu’on trouve dans le menu des « divertissements » du bateau.Roman touffu qui évoque bien l'atmosphère d'ennui et de désœuvrement où vivent les gens pourris par l’argent.A réserver aux lecteurs très avertis.BLANCPAIN (M.), Vincennes-Neuilly.B Recueil de nouvelles qui sont une chronique de la peur sous toutes ses formes, telle que la ressentent les malades, les victimes de la guerre et les transplantés.Personnages bien observés et bien décrits.Aucun souci moral et religieux.Ouvrage bien fait mais déprimant.A réserver aux adultes formés et cultivés.BOULLE (P.), La planète des singes.B?Roman.Un vaisseau spatial aborde sur une planète en tout point semblable à la terre, mais où la civilisation est aux mains des singes alors que les hommes y sont considérés comme des animaux supérieurs.L'auteur raconte les complications que cette arrivée entraîne.Roman captivant, bien fait, mais qui laisse une impression un peu trouble.Pour lecteurs bien équilibrés.CABEZAS (J.-A.), La montagne rebelle.B?Roman.Un jeune médecin, fils d’un montagnard, décide de retourner au pays de son père, à la fois pour y exercer sa profession et pour y moderniser les conditions de vie.Il y nouera une idylle qui l'opposera à un ami et qui aura une issue dramatique.Peinture violente d’un double conflit sentimental et politique.Ouvrage intéressant et instructif mais à réserver aux lecteurs avertis.CASSELLS (J.), Donnez-moi cinq minutes .B Roman policier.Une jeune femme se fait accompagner par un détective privé dans une rencontre avec un maître-chanteur qui l'effraie.Mystérieux à souhait, le rendez-vous laissera le détective en compagnie d'un cadavre.Le drame se dénouera d’une façon très astucieuse et très originale.Roman plein de verve qui amusera les amateurs du genre.EXBRAYAT (C), Espion, où es-tu?m'entends-tu ?.B Roman policier.Une petite fille que sa mère abandonne pour suivre un espion, porte dans l’ourlet de sa jupe un microfilm recherché par de nombreux agents secrets.Histoire pleine d’imprévu et d’humour, fort divertissante.EXBRAYAT (C.), Le plus beau des bersagliers B Roman policier.Tout en recherchant le meurtrier du « plus beau des bersagliers », le commissaire Roméo Tarquini entreprend de faire des heureux en mariant son adjoint avec la fiancée du soldat assassiné.Histoire invraisemblable mais fort amusante.46 LECTURES GRIBBLE (L), Que craignez-vous, Stella ?Une enquête de Slade .B Roman policier.D’ennemis qu’ils étaient d’abord, les deux héros finiront par s'aimer et ensemble, découvriront le mystère de la mort suspecte de personnes qui leur sont intimement liées.Histoire mouvementée, assez bien racontée.GU1TARD (A.), La religieuse .D Roman autobiographique.Malgré l'opposition de son confesseur et de ses parents, une jeune fille entre dans un couvent où elle ne trouvera que souffrances et vexations.De retour dans le monde après plusieurs années, elle a refait sa vie mais garde un amer souvenir de ses années de vie religieuse.Confession sincère.L’auteur n’a malheureusement vu de la vie conventuelle que les difficultés et les mesquineries.Ouvrage qui peut intéresser les directeurs de conscience et les supérieures de couvent, mais nuisible pour le grand public.HOCKING (A.), Un meurtre par mois.TB Roman policier.Dans une petite ville anglaise, une série de morts inexpliquées attire l’attention de Scotland Yard.La police découvrira, à l'origine de ces meurtres, un vieux docteur dont l'esprit est troublé et qui tente à sa façon de mettre de l'ordre dans le monde.Récit bien mené.HOLLIER (R.).Marche ou crève, Carignan ., B IGNOTUS (P.), Prisonnier politique.B Autobiographie.Ecrivain et fils d'écrivain hongrois, l’auteur a vécu pendant sept ans l’enfer des prisons communistes et subi la technique des aveux spontanés.11 évoque ici ses souvenirs de prison.Ouvrage très intéressant et qui contient plusieurs pages sur le cardinal Mindszenty.A cause de certains détails sur les mœurs en prison, cet ouvrage ne convient qu'aux lecteurs formés.JARDIN (P.), Bagarres et franfreluches.TB Roman policier.Un document atomique caché dans le talon d'un soulier féminin donnera beaucoup de soucis à un agent secret.Histoire plutôt funambulesque mais amusante.KISSON (E.), Un phénomène nommé Touti.B Roman policier.Une jeune fille, employée dans la haute couture, raconte ses démêlés avec une bande de gangsters spécialisés dans la traite des blanches.Ouvrage plein d'aventures, et d'une drôlerie irrésistible.Un bon divertissement pour adultes.LAMOUREUX (G.), Visages de la Havane .TB LANHAM (E.), Embuscades dans les Caraïbes TB Roman policier.Un petit garçon de 8 ans se couvre de gloire en aidant à retrouver des naufrages.Histoire originale, pleine de suspense et de charme.Bonne psychologie.MARTIN (C), André Gide par lui-même .B?Etude de l’écrivain à travers les œuvres qu'il a laissées.Judicieusement choisis, les textes éclairent le drame intérieur d'un homme dont l'influence fut considérable.Ouvrage sérieux et probe.Les déviations sexuelles de Gide sont abordées avec franchise mais aussi avec délicatesse.Par ailleurs l'auteur n'exprime aucun jugement sur certains passages très discutables de l'œuvre de Gide.Pour lecteurs formés et cultivés.RENOIR (J.), Renoir.B Recueil de souvenirs.Le fils du célèbre peintre raconte ici les souvenirs qu’il a gardés de son père; il y ajoute les souvenirs de Renoir lui-même sur ses parents et ses grands-parents.Ouvrage touffu où l'on trouve beaucoup de détails oiseux, mais qui nous montre tout le côté pittoresque et sympathique de Renoir.Sans être une biographie au sens strict du terme, cet ouvrage est une source très précieuse de renseignements sur la vie du grand peintre.SCHONFIELD (H.J.), Réalités du Nouveau Testament, archéologiques, historiques, sociales .D Ouvrage qui veut démontrer l'exactitude historique de la Bible, en confrontant son texte avec les données des découvertes contemporaines.L'intention est excellente, mais la réalisation l'est moins.Affirmations naïves et identifications vraiment trop hâtives.Des miracles rapportés dans l'Evangile sont ramenés à de simples phénomènes naturels.Théologie entachée de rationalisme.SIGNIFICATION DES COTES M C’est-à-dire mauvais: livres à proscrire.Les livres qui tombent sous les lois générales de l'Index sont cotés mauvais.Tous les livres à proscrire ne sont pas mis nommément à l'Index; il suffit qu'un livre tombe sous les lois générales de l'Index pour qu'on soit tenu, en conscience, de s'en interdire la lecture.D c'est-à-dire dangereux: livres qui peuvent être dommageables à la majorité des lecteurs, soit à cause des implications doctrinales plus ou moins fausses qu'on y trouve, soit à cause de la licence morale qui s'y étale, soit à cause d'une grave indécence dans les descriptions.B?c'est-à-dire appelle des réserves: ces reserves peuvent être plus ou moins graves.Cette cote s'applique à des volumes qui sont sains dans l'ensemble, mais dont quelques pages sont discutables, soit à cause des idées émises, soit à cause d'une certaine indécence dans les descriptions.B c'est-à-dire pour adultes: les livres de cette catégorie n'appellent aucune réserve, mais ne conviennent qu'aux adultes.Quoique irréprochable, un livre coté B pourrait présenter certains dangers pour les jeunes qui n'ont pas l’expérience de la vie.TB c’est-à-dire pour tous: livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.Octobre 1963 47 LE COURRIER DES LECTEURS Mm# -ft* > • - ' - — WM.r- ••¦Çc'r;/.; « Au cours de celle année scolaire, vous serait-il possible de nous donner des notes biographiques sur Michel Lorraine.Nous avons vu le nom de cet auteur écrit au masculin et au féminin ce qui nous rend encore plus perplexes.Malgré nos recherches nous n'avons rien trouvé, nous ne savons pas si c’est un auteur canadien ou français.Nos élèves de Ile A ont travaillé des textes de cet auteur et par conséquent, on demande des notes sur lui.Nous sommes persuadées que vous rendriez grand service aux professeurs de français de Ile A en fournissant, si possible.quelques notes sur cet écrivain.Nous profitons de l’occasion pour vous féliciter et vous remercier de votre excellent travail dans cette revue LECTURES que nous apprécions grandement.Nous formons des vœux pour qu’elle soit connue d’un plus grand nombre de lecteurs et d’éducateurs.» Mt.C.(Montréal) — Tout ce que nous pouvons vous dire, pour le moment, sur Michelle Lorraine, c’est qu'il s’agit d'une femme et d’une Française.Elle est l’auteur d’ouvrages comme Châteaux en mer et L'écolier, ouvrages pleins de fraîcheur et de poésie qui évoquent le monde de l'enfance.Nous n’avons malheureusement aucun autre détail biographique sur cet écrivain.Merci pour les aimables propos que vous tenez sur notre revue ! * * • Nos lecteurs sont décidément très aimables ! Voyez: une lectrice de Michel Quoist nous envoie sur cet auteur d’abondantes notes que nous publions ci-dessous et que nos abonnés apprécieront sûrement: « Michel QUOIST, né le 18 juin 1921, au Havre.Père décédé très jeune, ce qui l’oblige à travailler à treize ans.Entré dans l'Action Catholique où il parcourt tous les échelons: militant, responsable de groupe, dirigeant fédéral.A 18 ans, entre dans un séminaire de vocations tardives où il participe pendant les vacances à différentes expériences missionnaires (camps-missions, reconstruction d’églises dans les régions déchristianisées, etc.).Etudes de théologie au Grand Séminaire de Rouen.Reprend les camps-missions et tente de vivre en équipe sa préparation au sacerdoce.Ordination en juillet 1947.Est alors envoyé par le Cardinal Petit de Julleville à l'Institut Catholique de Paris, pour faire des études supérieures.Prépare une licence de sciences sociales et politiques.Est en contact avec les différentes expériences missionnaires.De retour à Rouen vit pendant plusieurs mois dans un quartier ouvrier pour y faire une étude socio-logique qui lui servira de thèse de Doctorat.Son patron de thèse est le professeur Gabriel LE BRAS de l'Université de Paris.Soutenance de la thèse à l’Institut Catholique de Paris.Reçu Docteur à l’unanimité du Jury, avec mention « très bien ».L'étude sociologique qui était réalisée avec le concours de la Recherche Nationale Scientifique et du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, est éditée sous le titre La Ville et l’Homme (épuisé).Pendant tout ce temps et après, participe aux travaux d'Economie et Humanisme.Est envoyé, pendant quatre ans, comme vicaire dans une grosse paroisse populaire du Havre.Est maintenant aumônier de tous les mouvements de jeunes du Havre et de la région, spécialement de I Action Catholique.Circule beaucoup en dehors de la Seine-Maritime, pour retraites, conférences, etc.Deux aspects de l’homme: D une part un sociologue écouté, depuis le grand retentissement de l’Enquête Sociologique sur Rouen, qui a fait faire un pas important à la méthode, en France et à l'étranger.D'autre part, un apôtre, en contact avec des centaines de jeunes de tous milieux.Tente de prolonger son action par la prédication et par la plume.Ecrit de nombreux articles et des ouvrages dont le but est d’éclairer le monde d'aujourd’hui des lumières de la Foi, pour que l'homme moderne puisse vivre du Christ dans sa vie quotidienne.Ouvrages de Michel Quoist: — La Ville et l'homme.2e édition (épuisé).Etude sociologique d’un secteur prolétarien.Prix Jansen 1954 de la Société de Géographie à Paris.— Le Jeu de la vie.Editions ouvrières.Jeu dramatique et liturgique.— Prières.31e édition.215e mille.Editions ouvrières.Traduit en allemand (tirage à part et illustré du Chemin de Croix), en castillan, catalan, chinois, hongrois, italien, néerlandais, polonais, portugais (pour le Brésil).48 LECTURES — Prières.Edition de luxe.Illustrations de Maurice Rocher.— Disques Prières: No I (Emo): textes de M.Quoist, dits par M.Quoist; musique de Max Pinchard.No 2: textes de M.Quoist.dits par Pierre Garin; chœurs de Max Pinchard exécutés par la chorale A cœur joie de Neuilly (direction Aline Kopp).— Réussir.(I960) Ile édition, 160e mille.Editions ouvrières.Traduit en allemand, castillan, italien, néerlandais, portugais (pour le Brésil), anglais.— Aimer ou Le journal de Dany.2e édition, 132e mille.Editions ouvrières.Traduit en allemand, castillan, catalan, italien, néerlandais, portugais (pour le Brésil), anglais.— En collaboration avec L.-J.‘ Lebret, R.Bride et toute une équipe: L’enquête urbaine (analyse du quartier et de la ville).Presses universitaires de France; L’équipe d’en-qucte et d'action, Editions Economie et Humanisme.— Donner ou Le Journal d’Anne-Marie.3e édition, 75e mille.Editions ouvrières.Traduit en allemand, castillan, catalan, néerlandais, portugais (pour le Brésil).— Lance une nouvelle collection de livres à base de « témoignages » pour offrir aux jeunes et aux adultes non pas des « vies de saints » mais des exemples intermédiaires plus à leur portée, des témoignages d'hommes qu’ils puissent reconnaître comme l’un des leurs, vivant leur vie.Les ouvrages seront présentés dans l’esprit de la collection « livres de poche •: de petits livres d’aspect moderne, facilement transportables, bon marché si possible.» FIOCS présente - L’ÉGLISE EN MARCHE.Tome I par Jacques DE LORIMIER, c.s.c.Livre de l’élève (neuvième année) $2.40 Guide du maître (neuvième année) $4.00 Comprend la matière du premier semestre.Illustrations en couleurs.Le prolonqement de L’HISTOIRE DE NOTRE SALUT Livre de l’élève (huitième année) $2.50 Guide du maître (huitième année) $5.00 Illustrations de Frédéric Bach pour utilisation pédagogique $3.00 Ouvrages déjà en usage dans un grand nombre de collèges classiques et d'écoles secondaires.Poraîtra bientôt L'ÉGLISE EN MARCHE.Tome II Livre de l’élève (neuvième année) Guide du maître (neuvième année) Comprend la matière du second semestre.Illustrations en couleurs.Nous accordons aux éducateurs la remise habituelle FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal FIDES Octobre 1963 49 On trouvera sur le marché du disque: — Augustin ou l'exigence de Dieu.Texte de Jacques Michaut dit par Jean Negroni et autres.Musique de P.Maillard-Verger.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — PM 30,209) ?— Les pages de Bossuet qu'il faut connaître: Oraisons funèbres.Textes interprétés par Jean Deschamps.(Disque L’ENCYCLOPEDIE SONORE — 190 E 888) ?— Le pape Jean XXIII n'est plus.Documents et textes qui illustrent les grands moments du pontificat de Jean XXIII.(Disque SELECT — M-298,060) ?— Les pages de Racine qu’il faut connaître: Esther.Act I, scènes V et VI.Interprètes: Catherine Sellers, la Chorale de l’Ecole Alsacienne et l’Orchestre du Collegium Musicum de Paris.Musique de J.-B.Moreau.(Disque L’ENCYCLOPEDIE SONORE — 190 E 890) ?— Quatre poèmes de Paul Claudel extrait de Corona benignitatis anni Dei: Ballade, Saint Benoit, Sainte Scolastique, Saint Simon.Interprète: Laurent Terzieff.(Disque JERICHO — JER 600) ?— Chants pour Vannée au catéchisme.Les quatre saisons de l’année liturgique.Texte et musique de M.M.Régis, o.s.u.Interprète: chorale de Sainte-Ursule de l’Oratoire.(Disque STUDIO SM — 25 -M-122) ?— Je te salue, Marie.Litanies pour aujourd’hui composées par le R.P.Louis Rétif.Interprètes: M.-R.Carlié, J.Marchand, J.J.Lagarde, A.Dau-chy, M.Bertin.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — PM-17,039) ?— Une journée avec Jeanne d’Arc.Texte de Valérie Vincent.Disque réalisé par Alain Cuny.Interprètes: Alain Cuny, Florence Carrez, etc.(Disque UNI-DISC — 30,129) ?— Les histoires du curé Far jeton.(Disque SM — 17 M-121) ?— La vie, c'est sacré.Témoignages d’handicapés physiques, déclarations de Jean Rostand, du P.Du-barle, du docteur Chauchard, etc.(Disque JERICHO — 19) ?— Les pages de Lamartine qu’il faut connaître: Méditations poétiques (Le lac, Le crucifix, L’isolement).Textes enregistrés par Raymond Rouleau.(Disque L’ENCYCLOPEDIE SONORE — 190 E 887) ?— La chanson à la recherche du Seigneur — Le Seigneur présent dans le monde.Deux disques contenant vingt chansons de Brassens, Brel, Ferré, Bé-caud, etc.(Disque STUDIO SM — SM-25-M-114 et 115) 50 LECTURES * DCCLMENT I | I Le visage de l’attente '1 ' est un roman à thèse, dans la tradition de Bourget.Il s'agit ici d'un prêtre canadien, l’abbé Pascal Fabre, qui, professeur d'histoire dans un séminaire diocésain, s'aperçoit, au bout de quelques années de travail acharné, que la vérité, en histoire, ne peut être atteinte.On n’arrive, pense-t-il, qu’à des approximations.Les plus belles pages de nos bons volumes, les plus vivantes, « celles qui font retrouver cet « autour » que crée la vie, ce sont des pages farcies d'interprétations, de grandes maçonneries où le mortier des hypothèses occupe beaucoup plus de place que la pierre dure des certitudes » (p.99).Non ! La vérité n’est pas dans les livres ! De l'histoire, l’abbé Pascal, de connivence avec l'auteur, applique les mêmes conclusions aux autres domaines de la science.La vérité n’est pas dans le savoir.Nos collèges et nos séminaires ont beau prêcher la certitude, donner à l'histoire, à la littérature, aux sciences, à la philosophie, à la théologie même, I un caractère de netteté, de finalité, avec lequel on ne discute pas, dans un « climat qui fleure sans cesse le dogme et la définition » (p.51), ils ont tort de crier victoire dans la possession d’une vérité qui n’est pas absolue, mais très partielle.C’est un genre de fanatisme qui conduit à l’asphyxie.Comme tant d’autres, cependant, l’abbé Pascal y va de son gros volume, pure compilation de seconde main, qu’il intitule naïvement Grands hommes, grandes œuvres et qui court rejoindre tant d’œuvres pietentieuses antérieures.Après avoir tant étudié pour apprendre qu’on ne sait rien et que la science — comme dit Montaigne — est « un ramas d’âneries », l’abbé Pasca demande et obtient son changement.Passionné toujours de vérité, il pense la trouver maintenant dans l’action.Le voilà directeur de YOffice Diocésain du Bien-Etre.Mais, Octobre 1963 voulant s’appuyer sur des raisons certaines d’agir, il commence par établir et faire dresser des statistiques sur l’état social du diocèse et de la région.Les chiffres succèdent aux chiffres, les rapports aux rapports, toute une papeterie effroyable s’étale chaque matin sur son bureau, au désespoir des secrétaires.La principale d’entre elles, Lucile, a bientôt fait de lui montrer qu’on ne peut atteindre la vérité du présent par des enquêtes et des listes, que c’est erreur de chercher l'homme « à travers la vieille erreur de l’universel.sur les routes de la belle abstraction.décrite comme la voie royale menant à la sagesse » (p.142); qu'agir ainsi, c'est retomber dans l’histoire qui, on l'a vu, est impossible; qu’on est dans le présent.Quelle stupidité de faire tenir le diocèse dans des courbes, d’imaginer que les graphiques, ça va sauver les âmes ! Les fiches ?Ce sont « des erreurs monstrueuses» (p.183), parce qu’elles se scindent de la vie.La vie, il n’y a que la vie qui ait raison.D'ailleurs, l’arrivée d’une grosse compagnie étrangère, Line:r, qui vient s’installer à Martinville, déjoue les beaux plans sur papier.« Linex, c’est le symbole même de la vie.Linex et sa graine de lin, c’est une poussière sur la face de la terre et sur la face de la science, mais l’histoire de l’homme, ce n’est que ça, la poussière folle à tous les vents, rebelle à toutes les lois.» (P.187) La vérité n’étant ni dans le savoir ni dans les tiroirs métalliques, l’abbé Pascal en conclut que son apostolat n’a qu’à viser deux buts: détacher les chrétiens des biens de la terre, et aller à chaque âme en particulier.« Je veux, dit-il, apprendre à mon petit peuple que son salut, à tous les niveaux, ce n’est pas une affaire sociale.» (P.226) « La vraie méthode, ce n’est pas de manipuler des masses, de socialiser de gauche à droite, de laisser entendre aux gens qu’on 51 t I va régler leurs problèmes à grands coups de prédictions statistiques et de décrets collectifs.C’est un par un que mes chrétiens doivent se sauver ?C’est un par un que j’irai les chercher.* (P.227) Quant à son intelligence, le seul repos sera dans l’acceptation simple et franche de la foi.« La seule connaissance qui rassasie, c’est la connaissance de a foi.* (P.218) Et ailleurs: « Si Pascal pouvait seulement comprendre que sa belle permanence, il l’a sous le nez.sans devoir aller picorer dans les laboratoires et dans les syllogismes.Son système, il en porte l'habit.La seule vérité qui compte, l’Eglise est là qui la lui donne.» (P.179) Pour entourer encore sa pensée de plus de lumière, Richard Joly a mis un laïc à côté du prêtre.Ce laïc, François Cadieux, ami du curé, dirige le récit, et sa vie, à lui aussi, est une leçon pour nous.11 nous apprend à nous méfier des états psychologiques qu’on trouve tout cuits dans les manuels.Voyez son cas: François aime Lucile, et Lucile aime François, tous deux, êtres normaux, sans complexe ni fausse honte.Ils pourraient donc se marier, comme c'est prévu par tous les psychologues.Et pourtant, Lucile ne veut pas du mariage et ils ne s’épouseront pas.L’auteur nous met donc en garde contre le dogmatisme théorique et pratique.Mais son mépris de la valeur de l’intelligence et de nos connaissances est vraiment exagéré.En toute science, et particulièrement dans les fondements rationnels de la foi, l’esprit humain peut arriver à des conclusions qui sont certainement de la vérité, même si elles n’expriment pas toute la vérité.D’autre part, les enquêtes sociologi- ques peuvent, elles aussi, servir l’homme, si on sait les utiliser d’une manière souple et intelligente.Mais l’auteur a raison de nous recommander l'humilité dans la possession de la vérité et d’avoir l’œil ouvert sur tout ce qui peut modifier ou augmenter cette vérité.C'est là le visage de l’attente qui nous empêche et de nous replier béatement sur nous-mêmes et d’ignorer solennellement les positions autres que les nôtres.La leçon est donnée avec intelligence et esprit, dans une connaissance amusante du milieu ecclésiastique, de ses travers et de ses qualités.Le livre, trop statique par endroits, avec ses interminables discussions, a la froideur des romans à thèse.Le style est souvent original dans sa précision et dans l’expression poétique des idées abstraites.Au chapitre du prêtre dans le roman canadien, Pascal Fabre restera le type du prêtre érudit qui, ayant touché aux limites de la science livresque au point d’en affirmer le néant, se lance dans de grandes enquêtes sociologiques pour sauver les âmes.Mais, s’apercevant bientôt de l’inanité de ses documents, l’abbé Pascal se réfugie théoriquement dans la foi simple et aveugle et, pratiquement, dans l’apostolat individuel auprès des âmes.Paul GAY, c.s.sp.(1) JOLY (Richard) LE VISAGE DE LATTENTE.Roman.Montréal, Centre de Psychologie et de Pédagogie fs.d.].236p.20.5cm.Pour adultes (Texte paru dans Le Droit, le 27 juillet 1963) P.S.A près la parution de cette étude critique dans Le Droit, l’auteur.nous a écrit une longue et aimable lettre dans laquelle il précise trois points: 1.— Dans son intention, • l’attente dont il s'agit dans le titre du volume, c'est l’attente de la mort.La vraie certitude, c’est à la suite de l’espérance (de mourir) que nous la trouverons dans la révélation de l’éternité ».J'avouerai que je n’ai pas vu qu’il s'agissait de l’attente de la mort.Mais, ce que je considère équivoque, c'est la confusion entre certitude et connaissance de la vérité.Nous avons réellement ici-bas une vraie certitude, mais connaissance différente de la vérité.2.— Ce qui fait le drame de l’idylle de François et de Lucile, c’est que si François aime Lucile, cette dernière l’estime seulement, mais ne l’aime pas d’un amour sensible.3.- -Ce roman à thèse constitue, dans l’intention de l'auteur, • une gifle en plein visage à notre époque tout entière, et particulièrement à notre très chère et très belle province qui se révèle si platement disposée à sacrifier les certitudes de la foi (et donc, la présence de l'Eglise) aux pseudo-garanties du libéralisme intellectuel ».J’avoue n’avoir pas vu que ce roman était une gifle à notre époque tout entière, et particulièrement au libéralisme intellectuel de la pro- vince de Québec.A mon avis, l’auteur semble minimiser ce que les théologiens appellent « les prérequis à l’acte de foi ».L’acte de foi est un tout.Formellement, c’est un don de Dieu.Rationnellement parlant, la foi repose sur l’autorité de celui qui m’ordonne de croire: miracles, sainteté du Christ et de ses saints, admirable propagation de l'évangile, etc.Il est dommage que ce manque de nuance desserve la noble intention exprimée ailleurs par l’auteur: « Que le roman, écrit-il, ait amené une dizaine de personnes à repenser le problème du savoir naturel en face du savoir de la foi, voilà qui me suffirait.» Paul GAY, c.s.sp.52 LECTURES Edouard Peisson, auteur de nombreux* romans sur la mer, est mort le 2 septembre dernier, dans sa maison de Luvnes, près d'Aix-en-Provence.Il était âgé de 67 ans.Né à Marseille en 1896, Edouard Peisson après avoir été officier de marine pendant la première guerre mondiale, se consacra à la littérature à partir de 1924.On vient de mettre sur le marché une troisième édition revue et mise à jour du répertoire bio-bibliographique Je choisis mes auteurs.U Semaine des.catholiques PARIS (CCC) — La prochaine « Semaine des intellectuels catholiques », organisée par le Centre catholique des intellectuels français, se tiendra à Paris du 6 au 12 novembre.Elle aura pour thème général: « L’avenir », avenir et éternité: mythes et vérité du progrès; perspective et liberté; prophétie et providence; le scandale de la mort; l’avenir de l’Eglise; le Christ de l’histoire et le Christ à venir.Les orateurs suivants y prendront part: MM.Astier, Blin, J.Cuisenier, J.-P.Dubois-Dumée, R.Dumaine, Ph.D’Harcourt, L.Leprince Rin-guet, H.Marrou, P.-H.Simon, Urs von Balthasar, les Pères Congar, Dubarlé et Martelet.A Montréol, le 24 août dernier, mourait M.Joseph-Antoine Brunet, bibliothécaire au Séminaire Sainte-Thérèse.Pendant plusieurs années, M.Brunet joua un rôle de premier plan dans les destinées de l'Ecole de bibliothécaires de Montréal, dont il fut le directeur général adjoint (1954-1958), le directeur des études (1942-1954), et l'un des professeurs (1937-1957).Dans un livre qui vient de paraître à la Librairie Académique Perrin, et qui s'intitule J'étais aumônier à Fresne, M.l'abbé Jean Popot évoque les années qu'il a vécues comme aumônier de la célèbre prison au lendemain de la Libération.Un livre bouleversant et admirable! JideA et (a CommiAAion dénouât du (ivre (e commerce La Corporation des Editions Fi-des a présenté un Mémoire à la Commission d’enquête sur le commerce du livre.C’est le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., directeur général de la Corporation, qui en a donné lecture.11 était accompagné de M.Paul-A.Poirier, gérant général de Fides, et de M.Victor Martin, directeur des librairies.Voici les points saillants de ce Mémoire.1.Le livre a une puissance spirituelle de premier plan.Il constitue l’un des principaux facteurs de culture et de civilisation et agit non seulement sur l’individu mais aussi sur la société.Intimement persuadée de ces variétés, l’Eglise croit que le livre peut être un moyen très puissant d’apostolat.Les derniers Papes notamment ont fait de nombreuses déclarations sur le sujet et leurs exhortations ont conduit les catholiques en divers pays à fonder des œuvres d’apos- tolat par le livre.C’est ainsi que sont nées à Montréal en 1937 les Editions Fides.2.L’œuvre a été fondée par un Père de Sainte-Croix.Depuis lors, la Congrégation a toujours permis à quelques-uns de ses membres de se dévouer à l’œuvre de Fides et elle n’a jamais cessé d’appuyer l’œuvre de son crédit et de son influence.Il importe de noter toutefois que les Pères de Sainte-Croix n’ont pas investi de capitaux pour l’établissement de Fides et que par Octobre 1963 53 541517 ailleurs ils ne s’en sont pas approprié les revenus d'aucune manière, exception faite d’une rétribution annuelle versée aux Pères en service à Fides.Cette rétribution qui était de $300.00 en 1940 et de $20,000.00 en 1962-63 s’établit à une moyenne d’environ $5,000.00 par année pendant vingt-trois ans.Par ailleurs les membres du personnel laïc ont reçu $4,297.05 en 1940, $702,088.93 en 1962-63, soit une moyenne de $215,972.37 par année durant vingt-trois ans.3.Au point de vue civil, Fides est une société sans but lucratif, incorporée en vertu de la troisième partie de la loi des compagnies de la province de Québec.Cette société est administrée par trois Pères de Sainte-Croix et par deux laïcs.L’expression « sans but lucratif » ne signifie pas que la société doit opérer sans profit mais bien que les profits éventuels ne peuvent pas être divisés entre les directeurs et qu’ils doivent être réinvestis dans l’œuvre pour supporter des départements déficitaires ou lancer de nouvelles initiatives.Ne rapportant donc aucun profit à leurs directeurs, les sociétés sans but lucratif sont exemptées de l’impôt sur le revenu.Il est à noter par ailleurs que Fides paie les taxes foncières et toutes les autres taxes.4.Fides a beaucoup de points communs avec les autres grandes œuvres d’édition qui se sont établies en divers pays à la suite des exhortations pontificales, notamment avec la Bonne Presse, les Editions du Cerf et l’Union des Oeuvres de Paris, la Société Saint-Paul de Rome, l’Editora Catolica de Madrid, l’œuvre de Saint-Paul à Fribourg, en Suisse.Parmi ces points communs, il convient de signaler le travail en collaboration de prêtres et de laïcs (le personnel de Fides compte trois prêtres et 160 laïcs) et une organisation puissante conçue selon les techniques modernes.Cela ne va pas sans surprendre certaines gens qui considèrent que telle ou telle initiative est une œuvre tant qu’elle est petite et mal organisée.En réalité lorsqu’une entreprise veut s’organiser en fonction de la hiérar- chie des valeurs, ce n'est pas une raison pour elle de mépriser les saines méthodes d’affaires et de se limiter farouchement à l’emploi de moyens temporels pauvres.Le Père Martin a tenu d’autant plus à rappeler ces vérités que Fides est présentement à construire sur le boulevard Dorchester un immeuble qui sera vraiment digne d’une grande maison d’édition.« Certaines gens, note le Mémoire, nous ont hautement félicités de cette initiative en soulignant même que Fides est la première entreprise privée, possédée par des Canadiens français, à installer son siège social sur ce grand boulevard.D'autres au contraire nous ont blâmés d’avoir pris cette décision parce qu’ils y décèlent le signe d’une excessive prospérité.A l’intention de ces derniers, nous tenons à rappeler que si nous construisons un nouvel immeuble c’est que celui que nous occupons présentement est exproprié pour permettre la construction du futur Palais de justice.Pourquoi avons-nous jeté notre dévolu sur un terrain situé sur le boulevard Dorchester ?C’est que premièrement nous voulions nous réinstaller le plus près possible de l’endroit où nous nous trouvons présentement et que deuxièmement ayant eu notre siège social pendant dix-huit ans sur l’une des principales artères de la ville, il nous semblait absolument inopportun de nous réinstaller sur une rue secondaire.Au surplus, l’immeuble que nous construisons sera financé pour une part par l’indemnité que nous recevrons du gouvernement à la suite de l’expropriation et pour une autre part par les loyers que nous percevrons pour les étages qui seront mis en location.» 5.Fides a édité, depuis 1937, 1,155 ouvrages dont 50% concernent des sujets philosophiques, religieux ou sociaux et près de 25% s’adressent spécialement aux jeunes.Fides ne se contente pas d’écouler une première édition d’un livre mais elle le réimprime de façon à le maintenir sur le marché le plus longtemps possible.Certains volumes ont eu plus d'une dizaine de tirages différents.6.La librairie Fides est actuellement l’une des plus considérables du Canada français.Elle ne diffuse que des livres (à l’exclusion de la papeterie, des objets religieux, etc.) Ces livres sont choisis en fonction de leur valeur intellectuelle et morale.Fides a organisé une succursale à Paris en 1949, deux succursales dans l’Ouest: à Saint-Boniface en 1954 et à Edmonton en 1960, et six succursales dans la province de Québec: à Rivière-du-Loup en 1958, à Ri-mouski, à Amqui et à Thetford en 1959, à Hauterive et à Montma-gny en 1962.Un bon nombre de ces succursales sont déficitaires et ne peuvent être maintenues que grâce aux profits réalisés par Fides en d'autres secteurs.7.Le Mémoire cite en appendice de nombreux témoignages élo-gieux que Fides a reçus au cours des années.Il importe de signaler particulièrement le passage suivant de la lettre de Son Eminence le Cardinal Cicognani écrivait au nom de Sa Sainteté Jean XXIII le 27 juin 1962: « Le Saint-Père, écrit Son Eminence, félicite volontiers votre maison d’édition de l’œuvre accomplie au cours du dernier quart de siècle.Par la publication de belles collections et de périodiques.par la diffusion de bons livres et par le service d'orientation des lecteurs, les Editions Fides ont bien servi l’Eglise au Canada.» Après la présentation de ce Mémoire, le président de la Commission, M.Maurice Bouchard, déclara à l'auditoire qu’il convenait de féliciter la maison Fides des initiatives qu’elle a prises depuis sa fondation.« Fides, dit-il, est devenue sans doute le plus important éditeur québécois.» M.Bouchard souligna ensuite que Fides réédite un livre chaque fois que la chose est possible de façon à le maintenir sur le marché non pas seulement durant un an ou deux mais parfois pour une période de dix ou vingt ans.M.Bouchard a tenu aussi à insister sur le fait que les gains réalisés par Fides sont constamment réinvestis dans l’entreprise et à ce propos il a loué le désintéressement de la Congrégation de Sainte-Croix.54 LECTURES Index des auteurs Cette cotation morale.(suite de la page 30) arriver que nous nous trompions.Nous savons aussi que nos cotes ne rencontrent pas toujours l’unanimité; cela n'a rien d’étonnant ni d’inquiétant.Car, comme il y a des gens qui nous reprochent d’être trop^ sévères, et d’autres trop larges, peut-être cela si-gnifie-t-il que nous sommes dans ce juste milieu où se situe la vertu ?Et puis, quand d'aventure un auteur publié par Fides s’étonne de ne pas trouver dans LECTURES un éloge sans réticence, et quand un autre publié chez Beauchemin, comme Gabrielle Roy, nous écrit pour nous dire qu’elle est édifiée de voir Fides faire une si belle publicité à une maison rivale, ce sont là des indices bien éloquents sur le désintéressement et l’objectivité de nos jugements.Sans doute est-il souhaitable qu'un organisme officiel se charge de ce travail délicat et parfois onéreux de la cotation morale des livres.Cela viendra sans doute un jour qui n’est peut-être pas très lointain et que nous appelons de tous nos vaux.Mais alors, les cotes morales ayant plus d’autorité auront sans doute aussi plus d’influence, et cela sera encore moins avantageux pour certains écrivains qui ne signent que des œuvres malsaines; les éditeurs qui le souhaitent n'y ont sans doute guère pensé.Quant à nous, aussi longtemps que personne d'autre ne s'en chargera et que nous conserverons la confiance des autorités religieuses, nous continuerons à rendre à nos abonnés un service que nous estimons nécessaire.Rita LECLERC ADAMSON (J.), p.44 ANN et GWEN, p.43 AUCLERES (D.), p.46 BARRES (M.), p.32-33 BELLA1RS (G.), p.46 BENNETT (J.), p.46 BLANCPAIN (M.), p.46 BOSQUET (A.), p.31-32 BOULLE (P.), p.46 CABEZAS (J.-A.), p.46 CASSELLS (J.), p.46 CATEL (M.), p.41 CAUSSADE (J.-P.de), p.40 CHABOT (M.-A.), p.36 CYRAN (E.), p.43 *** Dictionnaire de littérature contemporaine ( 1900-1962), p.42 EXBRAYAT (C), p.46 FERRON (J.), p.36 GRIBBLE (L.), p.47 GUILLOT (R.), p.43-44 GUITARD (A.), p.47 HOCKING (A.), p.47 HOLLIER (R.), p.47 HUGO (V.), p.43 IGNOTUS (P.), p.47 JARDIN (P.), p.47 JOLY (R ), p.51-52 KISSON (F.), p.47 LABARRERE-PAULE (A.), p.37 LAMOUREUX (G.), p.47 LANGUIRAND (J.), p.37 LANHAM (E.), p.47 LEBLANC (M.), p.38 MARTIN (C.), p.47 MAUGENDRE (L.-A.), p.41-42 MAURIAC (F.), p.34-35 MURRAY (S.-M.), p.41 PELLETIER (L ), p.37-38 RENOIR (J.), p.47 RIVEST (E.), p.39 SAINT-HILL (B ), p.44 SCHONFIELD (H.J.), p.47 SIX (J.-F.), p.42 TREMBLAY (J.-G.), p.38-39 *** La venue du Messie, p.40 WIENER (C.)f et COLSON (J.), p.40-41 REVUE MENSUELLE DE CULTURE ET DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Un.1-9621 Direction: R.P.Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction: Rita LECLERC Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Abonnement annuel: $3.00 Le numéro: $0.30 — Publication approuvée par l'Ordinaire - LECTURES Octobre 1963 55 Le texte que nous reproduisons ci-dessous est extrait de l’ouvrage de Julien Green, Partir avant le jour, qui vient d'etre publié par Bernard Grasset en France et par Le Cercle du Livre de France au Canada.Extrait de Partir avant le jour Tous les matins, j'allais avec mes sœurs Retta et Lucy au Cours Sainte-Cécile qui ne se trouvait qu'à huit ou dix minutes de la maison, mais c’était pour moi un aventureux et fascinant projet, car il fallait d'abord remonter jusqu’à la place de Passy où deux omnibus jaunes attendaient toujours, avec leurs percherons à larges croupes et leurs cochers aux voix rudes qui se parlaient à tue-tête pour dominer le grondement des voitures.Il me semblait que là, tout le monde criait et marchait plus vite qu’ailleurs et que c’était un lieu de bousculade générale, avec des femmes chargées de paniers, des livreurs, des gens pressés d’aller vers la droite et des gens pressés d’aller vers la gauche, tout cela dans une atmosphère de bonne humeur et de danger, sous les yeux grands ouverts des vieilles maisons qui regardaient d’un air impassible en effaçant les épaules dans le ciel.Venait ensuite la petite rue Duban et le fantastique bazar regorgeant de jouets jusque dans ses obscures profondeurs, mais devant lequel il ne fallait pas s'arrêter parce qu’on devait toujours courir à l’école, puis la place Chopin et son bureau de poste au fond d’un joli jardin peuplé d'arbres: c’était la frontière du bruit.La rue Singer qui venait ensuite était presque toujours vide.On poussait une grille, on se trouvait dans une petite cour au delà de laquelle deux escaliers en rocaille, comme deux bras arrondis, encerclaient une grotte.A droite ou à gauche, comme on voulait.on montait jusqu’à un long jardin où des buissons et des arbres dissimulaient des murs crépis à la chaux.Un matin d’automne, je me trouvai là tout seul.Pourquoi, je ne sais, mais de tous les matins de ma vie, il n’en est pas un dont je me souvienne plus distinctement.L’air était frais et il y eut une minute où je me tins absolument immobile, écoutant le bruit que faisait quelqu’un dans le voisinage qui battait un tapis.Au même instant me vint d’ailleurs le son d’un piano jouant un des airs favoris de ma sœur Mary.(Bien plus tard, je reconnus La Marche Turque de Mozart.) J’écoutai, la bouche probablement ouverte par le fait de l’attention et de la surprise.A parler de ces choses, il me semble que le temps se détruit et que de nouveau je suis là-bas, dans ce jardin qui n’existe plus.Je sentais l’air frais sur mes joues et une pensée que je n’arrivais pas à formuler se logeait dans ma tête.Le bruit d'un tapis qu’on battait et cette musique alerte qui rendait malgré tout un peu triste et qui résonnait au loin, comme tout cela m’est présent aujourd’hui et comme il était étrange — oui, c’était bien cela que j’éprouvais et ne pouvais dire — comme il était étrange d’être dans ce jardin, avec la terre sous les pieds et cette fraîcheur sur le visage, et dans le cœur quelque chose de secret, le bonheur de vivre, alors qu’on ne savait pas encore ce que vivre voulait dire.Dans les cellules de carmélites, une inscription porte ces mots: « Ma fille, qu’êtes-vous venue faire ici ?» Cette question que Dieu pose à l’âme des religieuses, il la posait à sa manière, avec toute la douceur et la délicatesse de l’amour, à 1 ante d’un enfant qui ne devait la comprendre que plus tard et dont la cellule était le monde.Dieu parle avec une extrême douceur aux enfants et ce qu’il a à leur dire, il le leur dit souvent sans paroles.La création lui fournit le vocabulaire dont il a besoin, les feuilles, les nuages, l’eau qui coule, une tache de lumière.C’est le langage secret qui ne s’apprend pas dans les livres et que les enfants connaissent bien.A cause de cela, on les voit s’arrêter tout à coup au milieu de leurs occupations.On dit alors qu’ils sont distraits ou rêveurs.L'éducation corrige tout cela en nous le faisant désapprendre.On peut comparer les enfants à un vaste peuple qui aurait reçu un secret incommunicable et qui peu à peu l’oublie, sa destinée ayant été prise en mains par des nations prétendues civilisées.Tel homme chargé d’honneurs ridicules meurt écrasé sous le poids des jours et la tête pleine d’un savoir futile, ayant oublié l’essentiel dont il avait l’intuition à l’âge de cinq ans.Pour ma part, j’ai su ce que savent les enfants et tous les raisonnements du monde n’ont pu m’arracher complètement ce quelque chose d’inexprimable.Les mots ne peuvent le décrire.Il se cache sous le seuil du langage, et sur cette terre il reste muet.
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