Lectures, 1 janvier 1964, janvier
MONTRÉAL NOUVELLE SÉRIE — VOLUME 10 NUMÉRO 5 FIDES sommaire Le décret sur les instruments de communication sociale .p.114 Les intellectuels dans la cité de P.-Em.Roy, c.s.c.p.115 Pêcheurs de Gaspésie de Marie Le Franc .p.117 Notices bibliographiques .p.119 Cote morale des nouveautés en librairie .p.129 Courrier des lecteurs .p.132 Document : Solitaire et radieux: Jacques Maritain, J.Madaule .p.134 Page d'anthologie : Neiges de Rina Lasnier .p.140 JANVIER 1964 P rf, 9 ‘A v* t ¦4xr* A*-4r* *¦ Jacques MARITAIN (voir à à la page 134) Ill M I S AI Le décret sur les instruments de communication sociale Lors de la deuxième session du Concile Vatican II.les Pères conciliaires ont approuvé, par un vote de 1.960 contre 164, le décret sur les instruments de communication sociale.Le texte de ce décret, paru dans L'Osservatore Romano du 13 décembre dernier, nous est arrivé trop tard pour que nous le reproduisions in extenso dans le présent numéro de LECTURES; mais nous le publierons dans un numéro subséquent.Pour l'instant nous nous contenterons de mettre en lumière quelques-uns des thèmes abordes dans ce décret: 1.Les instruments de communication sociale dont il est question dans ce décret sont principalement la Presse, le Cinéma, la Radio et la Télévision.2.« Pour que soit fait de ces instruments l'usage qui convient, il est indispensable que tous ceux qui s’en servent connaissent les principes de la morale et les appliquent fidèlement à ce domaine.» Ce faisant, ils doivent considérer la matière même de la communication, les circonstances dans lesquelles elle s'opère — circonstances qui peuvent en changer la moralité — enfin, le mode d'action propre à chacun de ces instruments, dont la puissance de conviction peut être telle que les hommes, surtout lorsqu’ils n’y sont pas préparés, peuvent difficilement s’en rendre compte, la dominer et, le cas échéant, s’en défendre.3.« Il est indispensable, en particulier, que tous ceux qui y sont impliqués forment leur conscience par rapport au droit usage de ces instruments, surtout en ce qui concerne l’une ou l’autre question vivement discutée de nos fours.» Une première concerne l'information, c’est-à-dire la recherche et la diffusion des nouvelles.« Il existe dans la société humaine un droit à l'information par rapport aux choses dont la connaissance convient, selon les conditions particulières de chacun, soit aux individus, soit à la communauté.Le juste usage de ce droit exige cependant que le contenu de l’information soit toujours vraie et qu'il soit complet dans la mesure où le réclament la justice et la charité; il faut en outre que l’information soit honnête et équitable dans son procédé, c’est-à-dire que dans la recherche de la nouvelle aussi bien que dans sa divulgation soient scrupuleusement observées les lois morales et respectés les droits légitimes et la dignité de la personne humaine.» 4.Une autre question concerne les relations entre les droits de l’art et les principes de la morale.« Le Concile déclare que tous doivent reconnaître d'une façon absolue le primat de l’ordre moral objectif, qui seul domine et coordonne comme il convient tous les plans de l'activité humaine, fussent-ils les plus élevés en dignité, le plan de l’art non excepté.Car, seul l’ordre moral atteint l’homme, créature de Dieu dotée de raison et appelée à la vie éternelle, dans sa nature complète et le conduit, s’il est entièrement et fidèlement observé, à la perfection et à la pleine béatitude.» 3.« Enfin, la narration, la description ou la représentation du mal moral au moyen des instruments de communication sociale peut, bien sûr, servir à mieux connaître et explorer l’âme humaine, voire à mettre en meilleure lumière le vrai et le bien, sans (Suite à la page 118) 114 LECTURES cUaicque avec tec lévnec D’HIER ET D'AUJOURD’HUI Paul-Émile ROY, c.s.c.: tn letlecluelô ch ans cité Bernard-M.MATHIEU, o.p.La valeur d’un livre ne se mesure pas au nombre de pages; le nouvel ouvrage du Père Roy(1> en compte seulement quatre-vingt-cinq, mais elles sont riches de doctrine et d’un humanisme sain et bien vivant.Un tournant de l'histoire: Ce titre du deuxième chapitre nous situe au coeur de la crise que traverse le Canada français actuellement.« On a peut-être exagéré 1 importance de la crise.Au moins, me semble-t-il* a-t-on exagéré le caractère inédit de cette remise en question de nos comportements religieux et culturels.» (P.21) Passe encore pour l’exagération du caractère inédit de cette crise, mais personnellement, je crois que la crise que nous traversons est grave.Sa gravité réside, non pas tellement dans la remise en question de valeurs fondamentales, mais dans un éclatement subit des cadres traditionnels de pensée.« Le monde est en mouvement.Nous n’avons pas encore surmonté une difficulté qu’il en surgit dix autres.* (P.27) La crise est la: le mouvement nous entraîne à une vitesse tellement rapide, que nous n’avons pas le temps de réfléchir aux multiples problèmes qui se posent.Il ne s’agit pas de faire marche arrière: on n’arrête pas le cours de l’histoire.Un chrétien appuyé sur sa foi doit regarder le monde avec réalisme; il doit éloigner tout pessimisme amer, sans être pour cela d’un optimisme béat.Mais nous devons prendre garde, comme l’écrit l’auteur, « de consentir des solutions hâtives qui seraient sans cesse à reprendre, et qui n’engendreraient en fin de compte qu’une déception plus grande » ( p.27).C’est ici qu’apparaît le rôle des in- tellectuels, et le Père Roy à ce sujet, emploie une expression très juste: les intellectuels doivent être « des créateurs de lucidité » (p.29).Dans cette remise en question des valeurs — religion, éducation, politique — les intellectuels doivent éclairer les esprits.Ils ont pour tâche de servir l’intelligence, et l’objet propre de celle-ci est la vérité.A notre époque la vérité est difficile à trouver et à servir; le danger est grand de prendre par manque de lucidité des vessies pour des lanternes.Et cette vérité est inséparable de la charité et d’une grande foi en 1 homme.Il ne s’agit pas de masquer la misère de 1 homme; il faut bien la connaître, la regarder avec compassion, et surtout ne pas la mépriser.« S’il est une chose que nous sommes en droit d’attendre d’un écrivain ou d’un penseur, c’est bien, il me semble, cette foi en l’homme, cet amour pour tout ce qui touche l’homme et engage son destin.Pour ma part, je n ai jamais réussi à goûter les oeuvres qui semblent s acharner à rabaisser l’homme, à le diminuer, a le traiter comme un gibier de potence, ou un cas clinique.» (P.17) Nous vivons en démocratie, et cette dernière se portera bien à une condition essentielle: que l’opinion publique soit bien éclairée.On voit encore ici le rôle des intellectuels dans une socité démocratique.En toute honnêteté, il faut admettre qu’au Canada français quelques intellectuels se sont attelés à la dure besogne de former une opinion publique saine.Mais ajoutons avec l’auteur, « il reste encore bien du travail à accomplir et dans des conditions souvent pénibles * (p.41).Janvier 1964 115 Le journal est une des techniques de diffusion qui véhicule le plus d’idées.Les journalistes ont à informer le peuple, mais honnêtement: ils sont au service de la vérité.Citant Pierre Baillargeon, le Père Roy écrit que l'écrivain est un « accoucheur de conscience » (p.44).Il pose les problèmes.« Encore faut-il donner tous les éclairages possibles et les poser vraiment en toute conformité à la vérité.» (P.44) Malheureusement il n’en est pas toujours ainsi: même les meilleurs journalistes font souvent des accrocs à l'honnêteté intellectuelle.Autre chose: un journaliste a-t-il le droit de tout dire sous prétexte d'éciai-rer les gens.Je ne le crois pas.Beaucoup de personnes ne sont pas aptes par manque de maturité intellectuelle à juger convenablement ce qui leu/ est présenté et à faire la part des choses.On pouirait ici citer des exemples: certains reportages ces dernières années ont jeté beaucoup de confusion dans l’esprit du grand public.Les problèmes nombreux qui agitent l’opinion publique divisent évidemment les esprits.Tous ne sont pas du même avis, et c’est normal.De là la nécessité du dialogue.«Le dialogue joue en quelque sorte sur le plan de la réflexion, le rôle de la charité sur le plan de la vie.Nous ne pouvons vivre sans les autres, sans leur rester ouverts, sans rester disponibles, accueillants.» (P.51) Le dialogue est difficile à cause justement de cette division des esprits.S’il n’y avait que cela on pourrait peut-être s’entendre, mais presque toujours la passion s’en mêle.Regardons seulement ce qui se passe au Canada français depuis quelques années.Un renouvellement et une transformation des cadres religieux, sociaux, politiques et éducationnels s’imposent.Mais la façon de les réaliser devrait pouvoir être discutée sans fanatisme.S’il est injuste de considérer comme hostiles à la religion tous ceux qui réclament des changements, il ne l’est pas moins de qualifier de réactionnaires ou d’intégristes ceux qui ne sont pas disposés à accepter sans discernement n’importe quel changement.Avec une telle mentalité comment pouvons-nous dialoguer ?La gauche et la droite: encore une autre entrave au dialogue.On devrait comprendre une fois pour toutes que la gauche et la droite sont nécessaires pour la bonne marche de la société.« Ces deux mentalités apportent chacune leur contribution à la réflexion et à l’action, et celles-ci seront fécondes dans la mesure justement où ces deux forces pourront collaborer à la même œuvre.» (P.58) Sur le plan personnel il pourrait y avoir rencontre et travail en commun, mais la plupart du temps ce sont deux clans qui se rencontrent.« Ils se produit alors, écrit l’auteur, quelque chose qui ressemble à un phénomène de lutte de classes engendrant la haine et le ressentiment.» (P.59) En définitive, qu’il soit progressiste ou conservateur, de droite ou de gauche, un chrétien cherche la vérité.Mais la partisannerie n’est jamais un climat favorable à l’éclosion de cette dernière.Je m’en voudrais d’omettre ce que le Père Roy écrit de la foi de l'intellectuel chrétien, cette foi qui doit transformer, pénétrer nos vies.« Cette foi, quand elle est vivante, ne se ramène pas uniquement à une pure adhésion de l’esprit, mais elle informe tout le psychisme et le soumet peu à peu à l’influence de la grâce.Elle éduque les sentiments, elle purifie la mémoire et l’imagination, elle éclaire l'intelligence et purifie la volonté.Son influence se fait sentir jusque dans les profondeur de la personnalité et illumine même les parties les plus reculées de notre dynamisme.* (P.72) J’ai tenu à citer ce long passage, parce qu’il nous livre la clef du délicat problème de l’artiste chrétien et de son œuvre; l’auteur d’ailleurs nous donne de fort belles pages à ce sujet.Si la foi de l'artiste chrétien est bien vivante, « il ne pourra s’empêcher de produire des oeuvres qui seront marquées d’un sens chrétien authentique » (p.72).Le P.Roy rejoint ici Charles Du Bos disant qu’il fallait « purifier la source ».Pensons seulement à Bernanos et à Mauriac, malgré certaines réserves que l’on peut apporter aux romans de ce dernier.Les intellectuels et la critique dans l'Eglise: un autre problème extrêmement complexe.Un chrétien authentique qui aime véritablement l'Eglise a le droit et même le devoir de formuler des critiques, mais à la condition qu’elles soient constructives.« Trop souvent, écrit l’auteur, il y a dans l'Eglise beaucoup de critique négative, mais bien peu de critique constructive.» (P.81) Fréquemment aussi on parle ou on écrit sur les choses d’Eglise sans en connaître toutes les données ou sans y mettre toutes les nuances nécessaires.* * * L’intérêt de ce livre est considérable et sa valeur incontestable.Je souhaite qu’il soit lu attentivement par tous les intellectuels du Canada français, S’ils sont vraiment avides de saine doctrine et sont sans préjugés, désireux de promouvoir un humanisme intégral, ils ne seront pas déçus.Aucun sectarisme et étroitesse d’esprit dans cet ouvrage: tout est apprécié et dosé à sa juste mesure.Le Père Roy connaît les bons auteurs et il semble avoir une prédilection pour Péguy: signe évident qu’il est allé à bonne école.(1) ROY (Paul-Emile) LES INTELLECTUELS DANS LA CITE.Montréal, Fides [1963].85p.20cm.(Coll.Présence) $1.25 Pour tous 116 LECTURES MARIE LE FRANC : IV'c II (‘ms il(‘ Lasnésie Y van McDonald Marie Le Franc est française d’origine, mais canadienne de cœur.Elle a passé la plus grande partie de sa vie dans notre pays dont elle a admiré et dépeint les hommes et les espaces illimités avec une perfection rarement égalée dans nos lettres.Elle évolue à I aise en Gaspésie'11: elle y laisse errer son regard d’enfant émerveillé sur des paysages qui lui rappellent ceux de sa Bretagne natale: même âpre décor, même âpre senteur de varech, même existence simple des pêcheurs qui attendent leur maigre ressource de l’humeur fantasque de l’océan, mêmes embruns salins que le vent du large jette à la figure par paquets.Au-delà des horizons de notre « Finistère québécois », Marie Le Franc voit surgir des images, contemplées jadis dans son enfance alors que, vêtue d’un sarrau bleu, les pieds alourdis de sabots, elle promenait ses rêves de fillette solitaire dans les champs et sur les plages du Morbihan.Son cœur en est ému; il s’échauffe d’une tendresse qui anime sa plume lorsqu’elle écrit ce roman tout de poésie, nourri ici et là de fines annotations psychologiques et rempli de détails précis qui en font un documentaire d’époque.121 Marie Le Franc compose un paysage, recueille une émotion en des indépendantes juxtaposées, très souvent elliptiques.Style clair qui coule, vif, limpide, avec les fantaisies d’un ruisseau de montagne.L’île Bonaventure, déjà esquissée dans La randonnée passionnée, et dont la carapace rugueuse émerge à quelque distance de Percé, apparaît transformée par la magie du style.Avec une richesse et une précision de vocabulaire aussi grandes que chez Mgr Savard, mais avec plus de spontanéité peut-être, le délicieux écrivain d'Enfance marine décrit les êtres et les choses.Quelle magnifique page d’anthologie que la description du sanctuaire des oiseaux ! (p.22-23).Quel art de suggérer dans les évocations de la mer (pp.53, 84, 159), du blizzard (p.79), du silence (p.138) qui est d’une pureté si rare, d’une texture si délicate, que, soudain, le geste s arrête, le souffle se retient, dans la crainte de fêler ce cristal; du firmament nocturne vers lequel il suffit de lever la tête pour s’enivrer « d’un vin d’étoiles ruisselantes » (p.57) ou entendre la mélodie « du chant astral qui tombe du ciel nordique » (p.150); de l’été qui éclate « dans toute la péninsule avec la violence d’un torrent qui rompt ses digues.La terre semble vouloir se dégorger de l’eau du dégel dont elle est gonflée dans un ruissellement de végétation » (p.165).Marie Le Franc tourne et retourne le paysage de l’île sous toutes ses faces, attentive à la qualité des couleurs, au mouvement des lignes, aux alternances d’ombre et de lumière.Il ne s’agit pas d’une nature froide et immobile, mais d’une nature vivante qui palpite à l’unisson du cœur des hommes, pressent leurs malheurs, compatit à leur détresse, et sourit à leur joie.Monde d’avant la faute où tout est simple, pur, ordonné, où les rares habitants ont quelque chose de cette candeur originelle.Ce sont des âmes frustes, fermées, primitives.Joe Maloney, le métis, errant incorrigible qui a traîné sa misère à travers toute la province; Tessa, sa fille, jeune sauvageonne, qui, pour aider son père, rend « de menus services d’un bord à l’autre » (p.18); Thomas Malo et son neveu, Gauthier; les familles Francœur et Quémeneur.Du groupe se détachent les figures de John Bradley, de Mary Lauzon, de Florence Letellier et de John Parker dit Jean le Rouge, rescapé en mer un jour Janvier 1964 777 pluvieux d'automne (p.61).Entre ces personnages, l'intrigue tisse scs liens.John Bradley et sa voisine, Mary Lauzon, s’aiment depuis leur jeune âge.Ni l'un ni l'autre, cependant, n’osent dévoiler leurs sentiments: Mary Lauzon parce qu’un premier mariage malheureux l'a rendue craintive et prudente; John Bradley, lui, rebuté jadis, a peur d'un nouvel échec.Entre les deux vient s’interposer Florence Lctellier, l’institutrice, jeune, gaie, délurée, aux allures légèrement provocatrices.11 n'en faut pas plus pour troubler les cœurs.Mary Lauzon s’inquiète, la morsure de la jalousie la tourmente.John Bradley, lui, s’interroge: deux tendances contradictoires l'écartèlent: célibataire dans la quarantaine, fixé dans ses habitudes, se méfiant de l'imprévu, il sait très bien que la veuve Lauzon, femme mûre et d’expérience, peut lui offrir stabilité et sécurité; d’autre part, Florence Lctellier éveille en lui le goût de l'aventure qui sommeille au fond de son tempérament de marin (pp.127, 128, 129).Mais Florence semble n'avoir d’yeux que pour l’audace et la carrure athlétique de Jean le Rouge.John Bradley en prend ombrage, devient irritable et soupçonneux.Le départ de l'institutrice et de Jean le Rouge ramène la sérénité.Marie Le Franc analyse avec finesse et lucidité ce chassé-croisé amoureux.Rien d’appuyé, aucune dissection à vif de ces cœurs endoloris: une attitude, un geste, une remarque, un mot suffit à éclairer les pensées les plus obscures.Quelle connaissance de la psychologie féminine révèle ces quelques lignes: « Une femme avait besoin d'emporter son amour avec elle dans l’intimité de sa maison, comme une bête emporte son petit dans son repaire, de s’asseoir un instant, les mains sur les genoux, pour y rêver une fois la besogne terminée, pendant que le crépuscule tombe sur la terre et qu’un bienheureux amollissement envahit le cœur.Sentir, tout près, une présence.» (P.133) A travers ces personnages, au-delà du décor de Pile Bonaventure, c’est la situation économique de la Gaspésic en 1936 qui apparaît à l’arrière-plan.Le chômage pendant six ou sept mois chaque année: il n'y avait pas d’industrie, si ce n'est le tourisme dont les plus débrouillards seuls tiraient un léger supplément de revenu; les gros commerçants qui ne payaient la marée qu’a un prix dérisoire; les barques délabrées que l’on ne pouvait radouber: l’argent manquait; la pêche qui se réduisait a une seule espèce de poisson, la morue: on n'avait pas les agrès nécessaires.Pas de chalutiers, pas d entrepôts frigorifiques.pas de subvention gouvernementale, aucune entreprise coopérative qui coordonnât les efforts et protégeât les intérêts.La pauvreté et ses conséquences: la famine, la maladie, l’ignorance, l’exode vers la ville des jeunes qui s'y corrompaient trop souvent.Tous ces spectacles émurent Marie Le Franc.« Elle sut les peindre avec emotion.Son livre contribua a la modification d'un état depuis longtemps malheureux.» (3> Ecrit dans une prose poétique du meilleur aloi.ce roman est tout de fraîcheur et de pureté.Il repose des tares, des échecs, du désespoir que nous présentent d’ordinaire nos écrivains.(1) LE FRANC (Marie) PECHEURS DE GASPES1E.Roman.Montréal.Fides (1962].193p.22cm.(Coll.La gerbe d'or) Pour tous (2) Première édition Fcrcnczi.Paris [1936].(3) Léopold Desrosiers, Lectures, avril 1963.(Suite de la page 114) parler de la possibilité d’obtenir ainsi de meilleurs effets dramatiques: pour enter cependant, qu’il ne fasse aux âmes plus de mal que de bien, l expose du mal doit lui-même se conformer aux lois morales, surtout lorsqu il s agit de choses qui corn mandent un juste respect ou qui sont de nature à éveiller des passions illicites en l’homme marqué de la faute originelle.6.• Des devoirs particuliers incombent aux usagers, c’est-à-dire aux spectateurs et aux auditeurs qui.par un choix personnel et libre, suivent les messages diffuses par les instruments de communication sociale.Car la rectitude de leur choix exige qu ils donnent leur préférence marquée à tout ce qui se distingue par la vertu, la science et l’art: et qu'ils évitent au contraire ce qui peut soit leur être à eux-memes cause ou occasion de dommage spirituel, soit en raison du mauvais exemple, mettre en danger leur prochain.» 118 LECTURES TloikuA Littérature canadienne Littérature LEMIEUX-LEVESQUE (Alice) SILENCES.Poèmes.Avant-propos de Gustave Thibon.Québec, Editions Gameau, 1962.77p.20.5cm.Pour tous Que son coeur, dans le silence du recueillement, soit à l'écoute d’une voix humaine, des voix de la nature ou de la réponse de Dieu, Madame Alice Lemieux-Lévesque, épouse du poète franco-américain Rosaire Dion-Lévesque, veut réaliser la suprême vocation assignée à la femme: l'amour.« J’ai fait peu de poèmes Je n'avais que deux thèmes: L'amour — et puis l'Amour.» (p.31) En des vers tour à tour rimés, assonancés ou libres, où « la sensibilité évocatrice l’emporte de beaucoup sur la perfection technique » (p.Il), sa muse à la fois humaine et chrétienne chante simplement, sans hermétisme, un message de confiance dans la vie et dans la mort.Romain LEGARE, o.f.m.ROBILLARD (H.-M.) BLANC ET NOIR.Poèmes de nature et de grâce.Montréal, les Editions du Lévrier, 1963.96p.21cm.Pour tous Blanc et Noir est un cri de foi mêlé aux dures espérances de ce monde.Ici narratif, là plus explosif, toujours tendre ou vengeur, l’auteur, un religieux dominicain, nous convoque résolument à l’exploration mystérieuse de la nature et de la grâce.Pour y arriver, il interroge son âme et les événements.Au centre, son cœur, cœur de baptisé, cœur de chair marqué par la grâce: O Passage de Dieu dans le buisson de flamme Dans le silence pur, Terre promise à l’âme.Marqué jusqu’à la brisure qu’on soude tant bien que mal au jour le jour, le cœur s’embête quelquefois avec la bêtise des gens; il veut renier les solitudes forcées, réprouver l’absence des amis; il aurait envie, lui aussi, de faire comme Job, blasphémer la vie (v.g.58, 78, 79), médire, chicaner: « Mon mal est le seul remède qui ne me trompe point.» N’était ce seul espoir El cette seule foi Qui, sur un même bois Nous lie à ce Dieu nu, on pourrait laisser tout aller et à son tour condamner avec les autres, haïr plutôt qu’aimer.Folie des civilisations, souffrance des enfants, absurde de la mort, .mais J’arracherai mon cœur puisqu’il le faut pour Vous J’arracherai mon cœur, mais Vous fermerez la plaie.Désespoir ?Jamais au grand jamais ! Un jour le Seigneur viendra et Le vieil arbre de souffrance En expirant tournera fleur.En dedans des épines il y a la rose, il y a l’amour, il y a Dieu, le Christ, les autres et tout autour les arbres, les fleurs, les livres, les disques.Nature et grâce vont enfin faire la paix.Lisez Cerf-volant, Cigale, Cricri, A la petite.Comme c’est charmant ! Je jette des sorts à midi Et traine, lune sous mon châle Des contes d'or pour les enfants ! Blanc et Noir a plusieurs de ces finesses filtrées à la Marie Noël, tendresses verbales, images d’authentique douceur: v.g.Fiançailles, Noces d’Or, A Notre Sœur la Peur.Et tout à coup des duretés bien taillées: Le Retour des Commandos, Sous le Pont Mirabeau, Pavane des amitiés défuntes, d’une ironie verte et sans pitié.* * * En refermant ce livre, on se demande malgré soi: s’agit-il encore d’un cri dans le désert ?Combien liront ?Qui osera feuilleter les poèmes d’un prêtre ?J’en vois qui sourient, déjà.Pourtant il y eut un temps, pas très loin, où la grande poésie était d’inspiration religieuse.Les poèmes du Père Robillard sont un retour à l’homme spirituel: espérons, notre littérature reste vivante.Benoît LACROIX SAINT-ONGE (Paule) LE TEMPS DES CERISES.Recueil de nouvelles.Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, 1962.96p.19cm.(Coll.Jeunesse) Pour adolescents Edité par le Centre de psychologie et de pédagogie, ce petit livre de nouvelles s’adresse aux adolescents.Il emprunte son titre au Janvier 1964 119 texte qui ouvre le recueil: Le temps des cerises (p.5), et qui évoque la saison des premières amours, des premiers affrontements aux problèmes nouveaux que pose la montée vers la vie adulte.Il comprend d’abord quelques anecdotes assez prestement racontées, que relève une fine pointe d'humour (p.7-8, p.13).Paule Saint-Onge excelle dans ce genre.Ainsi, dans Fantaisie.sur deux plumes (p.11 ), elle dégage les principaux éléments de la situation, retient et développe les seuls détails importants, et fait progresser avec vivacité le récit vers un dénouement bref et imprévu.Mais cette habileté, on la lui souhaiterait dans la façon de tirer une morale, inhérente aux événements, ou qui viendrait de la bouche des personnages eux-mêmes, et qui ne ralentît pas l’allure de la narration.L’autre partie du recueil se compose de nouvelles.Pique-nique (p.18) nous montre un père un tantinet original amenant ses enfants, en dépit des protestations maternelles, casser la croûte dans un cimetière.Ce qui est l’occasion de scènes familiales, pleines de spontanéité, de candeur, de vraisemblance psychologique.Dans Le contrebandier (p.26), une adolescente amorce un idylle « avec un grand brun, bien vêtu » (p.29) dont la vie privée ne laisse pas d’être inquiétante.L’équipée qui l’a conduite chez « une diseuse de bonne aventure », (p.33) s’achève dans un restaurant du boulevard Décarie, au rythme « d’une boîte à musique, tandis que, sur les tables et les chaises vides, (danse) toute la lumière de l’automne * (p.37).Et le lecteur de pousser un soupir de soulagement tant il avait craint pour cette ingénue qui donnait tête baissée dans la gueule du loup.Ce conte, l’un des mieux conduits, nous fait passer de l’intérêt amusé, au malaise, à l’inquiétude, et enfin à l’angoisse: évolution de sentiments menée avec beaucoup d’adresse et de doigté.L’intrigue de La mort de monsieur Leroy (p.38) est la plus élaborée.Deux couples mal assortis, les parents de la narratrice et le « ménage Leroy » qui a raté sa vie conjugale par suite de « difficultés » « durant leur voyage de noces, et qui depuis, (ont fait) tous deux chambre à part » (sic) (p.49).A la mort de sa revêche « moitié », M.Leroy tombe malade et, touché jusqu’au coeur par les bons soins d’une assistante-infirmière, il a tôt fait d’oublier ses déboires antérieurs: il décide de convoler à nouveau, et bien mal lui en prend.Marie-Ange B., sa garde-malade, n’est qu’une intrigante qu’attire la rondelette fortune de monsieur Leroy.De désespoir.le pauvre homme dépérit et meurt peu après.Ce récit d’analyse, surtout descriptif, au rythme plus lent, n’est pas pour plaire, semble-t-il, à des adolescents dont les préférences vont vers l’action et les situations rondement éclaircies.La phrase plutôt étoffée de Paule Saint-Onge se prête bien à la dis- section des sentiments.Elles manque, cependant, dans l’ensemble, de nerf, de fraîcheur, de lumière, tout en étant, par ailleurs, correcte, solide, imagée.Il faut regretter qu’il s’y glisse, ici et là, des tours fautifs: « sur quelle rue demeure-t-elle ?» (p.33); des expressions d’une correction douteuse: « neutre d’aspect au possible » (p.33), « une motion de confiance » (p.35), « la présence.erratique de papa » (p.44), [il] pressait lui-même ses complets afin de s’assurer de leur impeccabilité » (p.48).En dépit de ces maladresses, Paule Saint-Onge mérite de figurer dans nos bibliothèques à l’usage des adolescents.Car la littérature de transition entre le monde des adultes et le monde de l’enfance est un champ où peu d’écrivains ca-nadiens-français ont jusqu’ici osé s’aventurer.Ils préfèrent s’y intéresser de loin quand est passé le temps des cerises.Yvan Mc DONALD Vient de paraître MONITIONS LITURGIQUES par Jean-Claude Guimond, c.s.c.Commentaires destinés aux fidèles et qui situent pour eux la liturgie dominicale.Un thème, particulier à chaque dimanche, est également mis en évidence et offert à notre réflexion.224 pages ; $2.50 Remise habituelle aux éducateurs et aux bibliothécaires En vente dans toutes les librairies et à : FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal, UN.1-9671 120 LECTURES Littérature étrangère Philosophie MADAULE (Jacques) INITIATION A TEILHARD DE CHARDIN.Paris, les Editions du Cerf (1963], 142p.18cm.(Coll.Tout le monde en parle) Appelle des réserves J’ai une grande estime pour cet écrivain, exégète de Claudel, mais elle a diminué quelque peu après la lecture de ce livre.Une pensée controversée comme celle de Teilhard de Chardin doit être étudiée avec beaucoup de prudence: malheureusement ce n’est pas le cas ici.Madaule a une grande admiration pour le Père Teilhard de Chardin et son œuvre; le savant Jésuite lui apparaît comme un des grands penseurs de notre temps, et c'est juste.Mais son message a rencontré, beaucoup d’obstacles et en rencontrera encore.Plusieurs théologiens et philosophes catholiques font de graves réserves sur l’orthodoxie de la pensée teilhar-dienne.Le Père Teilhard de Chardin eut des difficultés avec ses supérieurs dès 1924, et Madaule écrit: « C’est à cette époque qu’il devient définitivement suspect à un certain nombre d’esprits étroits et bornés, mais malheureusement haut placés » (p.58).Je ne suis pas du tout d’accord avec Madaule.On ne me fera jamais croire que tous ces gens étaient des « bornés », et pourquoi pas des crétins ! L’auteur montre tout simplement dans ce jugement sommaire beaucoup de partialité.On peut ne pas être du même avis qu’un autre sans pour cela lui dire des bêtises.Décidément le Père Teilhard n’a pas fini de faire couler de l’encre.Souhaitons que ceux qui écrivent et qui écriront sur son œuvre soient plus nuancés que Madaule.Bernard-M.MATHIEU, o.p.Religion GUITTON (Jean) REGARD SUR LE CONCILE.(Paris] Aubier [1963].10()p.16cm.Pour tous Ce livre reproduit le texte d’une conférence de Jean Guitton sur le Concile Vatican IL A la première session, il était le seul observateur Jean GUITTON laïque officiellement délégué; son témoignage est donc d'un grand intérêt.Signalons entre autres choses des réflexions empreintes de sagesse et aussi de charité sur les deux tendances qui se sont opposées au Concile.Nous aurions tort de les désigner par des mots marqués par la passion: droite et gauche, tradition et progrès.Il est plus juste d’écrire comme l'auteur: « J’entends comme deux chœurs qui se répondent.Et tantôt ils s’opposent, tantôt ils cherchent une sorte de coïncidence » (p.46).On oublie trop souvent que ces hommes ont des tempéraments différents et viennent de milieux divers.Mais tous qu'ont qu’un désir: le bien de l’Eglise et des âmes.L’ac- tion de l’Esprit-Saint est bien vivante et c’est Lui qui fera l’unité des intelligences et des cœurs.Bernard-M.MATHIEU, o.p.EN COLLABORATION PASTORALE ENTRE HIER ET DEMAIN.[Lyon] Editions du Chalet [1963].394p.18.5cm.(Coll.Chemins de la foi) Pour tous La bibliographie des ouvrages sur la pastorale grossit de jour en jour.Signe des temps: ces livres expriment l'inquiétude de l’Eglise devant la multitude et la complexité des problèmes actuels.Le présent ouvrage groupe des exposés de catholiques allemands sur une pastorale adaptée au temps présent.Ces pages écrites par des spécialistes lucides et intelligents, font réfléchir.La pastorale est une science pratique.et comme telle, demande à être appliquée avec beaucoup de précaution.en tenant compte des divers milieux.De plus, la pastorale d’aujourd’hui ne doit pas avoir la nostalgie du passé, mais riche de ce qu'il y avait de meilleur dans les expériences de ce temps révolu, elle doit travailler maintenant à l’extension du règne de Dieu.Bernard-M.MATHIEU, o.p.Mariage EN COLLABORATION AMOUR MATERNEL.Paris, Spes (I962|.237p.ill.(h.-t.) 20cm.(Coll.Convergences) Pour adultes Réduire l’amour maternel à un instinct élémentaire serait tronquer la vérité.Car s’il faut admettre le Janvier 1964 727 mécanisme physiologique où l'action des facteurs chimiques est prédominante, il faut surtout considérer l'aspect psychique de l'amour maternel, « cette effervescence de sentiments » qui porte l’empreinte de la conscience humaine individuelle.Chaque femme assumera sa vocation maternelle selon sa personnalité, son milieu, les circonstances.Le Groupe lyonnais d'Etudes médicales, philosophiques et biologiques, dont les travaux sont réputés pour leur sérieux et leur opportunité.a donc trouvé une fois de plus un sujet à sa mesure.La question est étudiée à fond: définition de l'amour maternel, genèse, relation avec l'instinct sexuel, avec l’amour conjugal, influence du milieu, déviations, maternité spirituelle, etc.Tous les chapitres sont intéressants, bien que certains par leur tournure scientifique puissent rebuter les habitués de lectures vulgarisées.La question de la maternité met en cause tout le destin de la femme qu'on ramène encore trop souvent à une simple fonction biologique, comme si la femme pouvait être identifiée à son sexe.Madame Guy Dufourt.dans un chapitre d’une grande largeur de vue, intitulé Maternité et travail, essaie d’analyser dans le contexte actuel la situation malaisée de la femme, ses aspirations diverses qui paraissent parfois inconciliables et qui pourtant doivent se réaliser dans l’harmonie.Le dilemme est loin d’être résolu, mais c’est déjà une étape que d’amener la femme à prendre conscience du rôle plus étendu qu'elle a à jouer dans la société moderne.C.MARTIN-POTVIN Littérature BARRES (Maurice) LA COLUNE INSPIREE.Edition critique, établie d'après les manuscrits par Joseph Barbier.Nancy, Berger-Levrault, 1962.471p.25cm.A ppelle des réserves Le centenaire de Maurice-Barrès n’a pas passé inaperçu, et c’est très bien ainsi.Nous avons eu pour cet anniversaire une belle anthologie des Cahiers et une édition critique de La Colline inspirée, une de ses œuvres les plus marquantes.Ce roman repose sur une histoire réelle.Trois prêtres, les frères Bail-lard.des illuminés, en sont les héros.Ils avaient fait de la colline de Sion-Vaudémont en Lorraine, un centre religieux.Un sujet en or pour Barrés.Son amour pour sa petite patrie la Lorraine est bien mis en relief dans ce livre.Il donne libre cours aussi, à défaut d’un véritable catholicisme, à son émotion religieuse dans un beau poème en prose.On connaît le début: « Il est des lieux qui tirent l’âme de sa léthargie.des lieux enveloppés, baignés de mystères, élus de toute éternité pour être le siège de l’émotion religieuse.» Joseph Barbier présente aux admirateurs de Barrés — sont-ils encore nombreux ?— une édition critique des plus fouillées.En 1924, un an après la mort de Barrés, Montherlant, qui doit beaucoup à ce dernier, écrivait: « Barrés s’éloigne ».Reviendra-t-il un jour ?Actuellement son influence est bien faible.Je ne crois pas qu’une œuvre comme celle-ci soit goûtée de la génération présente; ce culte de la terre et des morts, enveloppé il est vrai dans un style magnifique, la laisse sûrement indifférente.Bernard-M.MATHIEU, o.p.MAUROIS (André) CHOSES NUES.[Paris] Gallimard [1963].278p.21cm.Pour adultes Je regrette beaucoup de le dire, mais il aurait mieux valu, à mon avis, qu’André Maurois garde au fond de ses tiroirs ses Choses nues.J’ai une très grande admiration pour l’auteur des biographies de Disraeli, de Chateaubriand et de Victor Hugo, pour n’en citer que quelques-unes.Ma déception a été grande après la lecture de cet ouvrage: des broutilles, des papotages d’hommes politiques, d’écrivains et d’artistes.Tout y est terne et sans vie.Il écrit dans une note liminaire: « Mes cahiers contenaient des faits bruts; je me suis gardé de les habiller de commentaires.D’où le titre de Choses nues.» Je ne sais ce qu'auraient été ces faits habillés de commentaires; tels quels en tout cas, ils sont bien ennuyants.Bernard-M.MATHIEU, o.p.TILLIETTE (Xavier) EXISTENCE ET LITTERATURE.[Bruges] Desclée de Brouwer.205p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) Pour tous Ce livre est un recueil d’articles sur les auteurs suivants: Rilke, Thomas Mann, Bernanos, Malraux, Giraudoux, Mallarmé et Jean-Claude Renard.Quelques-unes de ces études sont assez développées et nous font pénétrer jusqu’au coeur des oeuvres qu’elles abordent.Xavier Tilliette sait ramener un auteur à son intuition centrale et suivre les cheminements de cette intuition dans le développement de l’œuvre.Ce genre de critique littéraire est des plus éclairants.Le critique nous prend la main et nous fait visiter, en nous les expliquant, les paysages intérieurs d’un grand artiste.II connaît bien ces paysages, il les contemple depuis longtemps, il les aime.11 ne cherche qu’à nous aider à comprendre, à accéder jusqu’à ce « choix existentiel » qui est au centre de l’œuvre et en explique la tonalité.Une telle conception de la critique implique une conception précise de l’œuvre d’art.Il serait heureux que Xavier Tilliette nous explique un jour ce que représente pour lui la connaissance artistique et littéraire.Il semble qu'il aurait bien des lumières à nous apporter sur le sens de l’activité créatrice de l'homme.Paul-Emile ROY 122 LECTURES TROYAT (Henri) UNE EXTREME AMITIE.Roman.[Montréal] Le Cercle du Livre de France [1963].250p.20cm.Appelle des réserves L’œuvre d'Henri Troyat se divise en deux pôles différents, très caractéristiques.D’un côté les romans-fleuves, à larges fresques historiques; de l’autre les histoires brèves, au style haché, qui s’apparentent souvent à la nouvelle et au fait divers.Henri TROYAT Une extrême amitié appartient au dernier groupe.Très ramassée, l’histoire s'achemine tout au long du livre vers un paroxisme, un « climax * qui déroute le lecteur.Ce sentiment de désarroi s’éveille d’ailleurs fréquemment au cours du roman alors que l’auteur, parfaitement conscient, recule dans le passé par saccades d’une phrase, d’un paragraphe qui s’enchevêtrent au récit et lui enlèvent son unité.Deux hommes ont été liés autrefois par une « extrême amitié » dont seul le plus faible a fait tous les frais.Ils se revoient à cinquante ans, recommencent le petit jeu du chat et de la souris, cette fois s’aventurant jusqu’à l’absurde.Jean, maintenant marié, retrouve avec terreur le joug de Bernard.Celui-ci meurt dans un accident d’automobile ayant à ses côtés Madeleine, la femme de Jean, tuée elle aussi.Comment Madeleine était-elle aux côtés de Bernard ?Pourquoi ?Où allaient-ils tous les deux alors que Jean croyait sa femme à la maison ?Autant de questions qui ne recevront jamais de réponse.Le thème, assez original, n’est pas traité dans la veine habituelle d’Henri Troyat.Il y manque ce je ne sais quoi d’harmonieux qui permet de constater la maîtrise d’un auteur.Certes, Une extrême amitié offre assez d’intérêt pour plaire à un groupe de lecteurs, friands de ces histoires remplies de chassés-croisés.Il n’en reste pas moins que dans la liste déjà longue des romans de Troyat Une extrême amitié occupera une toute petite place.Julia RICHER WEST (Morris) LES ENFANTS DU SOLEIL.Traduit de l’anglais par Jacques Papy.[Paris] Plon [1963].253p.21cm.Relié.Pour tous Il s’agit des enfants des rues de Naples.Morris West qui a écrit son livre en 1956 nous décrit les bassi napolitains, la misère affreuse de leurs habitants, la vie sans espérance des enfants qui y sont nés, y grandissent et très souvent y meurent de faim.Des milliers d’entre eux quittent la cabane familiale et s’en vont vivre dans les rues de Naples, de vol ou de mendicité.L’existence de ces seugnizzo comme on les appelle s’ouvre sur le désespoir.Très peu en échappent et le progrès de la vie moderne n’apporte aucun changement à une misère millénaire.Déjà, il y a cinq siècles, un moine napolitain ramassait dans les rues les enfants abandonnés.Morris West qui s'apparente, par sa foi et son talent fougueux, à Georges Bernanos, témoigne violemment contre un aspect de la vie italienne, de tout temps accepté et toléré.Son récit relève davantage du pamphlet que du reportage.Mais il est tempéré toutefois par la description qu’il nous fait de la Casa dello Seugnizzo « La maison des gosses » que fonda le Père Mario Borelli en 1950.Ici, l’extraordinaire romancier de L'Avocat du diable réapparaît pour nous décrire un prêtre, dévoré de charité, sorti lui-même des bas-fonds napolitains, décidé à secourir les enfants du soleil.Un type humain inoubliable.Une vocation sacerdotale qui agit comme un témoignage.« Non, dit le Père Borelli à Jacques Papy le traducteur de Morris West, je n'ai pas résolu le problème, — je l'ai créé.Plus exactement, je l’ai révélé, je l’ai étalé aux yeux de tous, sans me soucier d’autre chose que de venir en aide, dans l’immédiat, à de petits enfants plongés dans la plus noire misère.» En effet le drame des seugnizzo ne peut être résolu par la construction de quelques « Maisons des gosses », échelonnées dans les divers quartiers populeux de Naples.Mais l’action du Père Borelli, comme toute action sociale désintéressée peut grandir et s’intensifier par l’appui qu’il reçoit de laïcs engagés, de la trempe de Morris West.Depuis la parution des Enfants du soleil dont le succès a été tenace et prolongé, le problème des enfants napolitains, laissés à eux-mêmes, a soulevé dans le coeur des lecteurs de Morris West assez d’angoisse pour qu’un embryon de solution se dessine.N’est-ce point là la récompense ultime de cet écrivain anglais catholique dont la célébrité n’a cessé d’augmenter depuis dix ans ?Lui qui a écrit Les enfants du soleil « comme un coup de lance à l’indifférence, à l’injustice et au mal que l’on inflige aux enfants » ?Le témoignage de Morris West est un stimulant à la charité, une invitation à l’action sociale, un appel à l’amour et à la fraternité des hommes.Julia RICHER 123 Janvier 1964 Biographie EN COLLABORATION JEAN GUITTON.[Paris, Revue Montalembert, 1963.) 346p.ill.(h.-t.) 23cm.Pour tous La Revue Montalembert a publié un numéro spécial, propagé par les éditions Dcsclée de Brouwer, numéro consacré à la personnalité si riche et à l’oeuvre si diverse de Jean Guitton, observateur laïque au Concile de Vatican II, académicien français.En une imposante gerbe d’admiration amicale, tendant au jugement objectif, des études, des esquisses, des témoignages présentent les principaux aspects de ce grand humaniste, tels que le penseur, le peintre, l’exégète laïque, l’écrivain catholique, l’oecuméniste catholique.Philosophes, exégètes, écrivains, universitaires de qualité, compagnons de captivité de la dernière guerre ont collaboré, au nombre d’une soixantaine, à cet hommage collectif.Qu’il suffise de donner les noms de Louis Chaigne, du général Weygand, d'André Maurois, de François Mauriac, du Père Con-gar, du pasteur Boegner, de Jean Cocteau, de Patrice de la Tour du Pin, de Gilbert Cesbron, pour indiquer la variété et le caractère des témoignages.Des photographies de Jean Guitton enfant, adolescent, puis à l’âge d'homme, en captivité, professeur à la Sorbonne et, récemment, académicien, précisent les traits de cet homme presque intemporel qui sut allier l’esprit de sincérité et d’équilibre, la liberté et l’orthodoxie, l’accueil fraternel aux courants spiritualistes contemporains et le sens de l’ordre, de la tradition (p.19).Blondel-Flory caractérise ainsi le disciple du Père Pouget: « Jean Guitton a un don qui lui est propre: l’auscultation, la pénétration par l’intérieur, par sympathie et charisme des intelligences et des coeurs.Sa transparence surnaturelle agit comme un prisme.Elle reflète et irradie.C’est là don privilégié d’intelligence et d’amour, 124 don par excellence de l’Esprit-Saint.» (P.145) Il faut une amitié d’une rare essence pour proclamer, avec un joyeux désintéressement, leloge d’un personnage encore vivant.L’esprit démolisseur de quelques-uns de nos milieux intellectuels profiterait d’écouter cette voix, cette conscience œcuménique qui a voulu, dans le langage d’une « vérité plus haute » (p.142), réconcilier l’Eglise catholique et les églises séparées, la foi et la raison, la théologie et la philosophie, le monde du temps et celui de l’éternité.Romain LEGARE, o.f.m.TRACY (G.-M.) LE CARDINAL NEWMAN.Paris, Editions Wesmael-Char-lier [1963].153p.ill.(h.-t.) 18cm.(Coll.Conversions célèbres) Pour tous Newman est présenté par G.-M.Tracy comme ayant un tempérament difficile: porté à l’angoisse, à l’introspection, à la solitude.Suivant en cela la mode de son époque, il s’analyse continuellement et s’accuse durement: « Je trouve sans bornes mon orgueil, ma vanité, mon arrogance.Et quant à l’orgueil, il me conduit à chaque minute à la méchanceté, à la colère, au mensonge, au manque de charité.» Sans cesse les mêmes confessions reviennent au cours de cette année-là, il n'est pas une faute qu’il ne commette.» (P.3) A ces difficultés intimes s’ajoutent celles que lui causent ses relations avec les membres de sa famille.A l’occasion de son entrée dans le catholicisme, Newman avoue qu’il ne reçut de sa mère « ni sympathie ni louange » (p.56).Elle ne verra là pour son fils que tendances déplorables.Scs sœurs Harriet et Je- mima, ses frères Francis et Charles s’éloigneront de lui quand il parlera de se convertir.Il est intéressant de noter sa vision de l’Eglise à cette époque: « Tant que Rome sera ce qu’elle est, l’union est impossible — que nous devions changer nous aussi je ne le nie pas.Rome doit avant tout changer en esprit.Il me faut voir en elle plus de sainteté qu’à présent.Hélas, je ne lui vois aucune trace de sainteté ou ce qu’elle en possède est à peu près limité aux convertis.» [.J Ce que j’en dis n’est pas pour exprimer un reproche mais un grand chagrin.» (P.63-64) Cette honnêteté, ce franc-parler demeureront une des caractéristiques de Newman jusqu’à la fin de sa vie.• Converti, séparé de ses amis les plus chers, Newman devra faire face à d’autres incompréhensions, celles-là venues de gens qui auraient dû pourtant le supporter.« Ce double échec [celui du Rambler et de la Home and Foreign Review].qui permit d’éclabousser Newman, d’accentuer les doutes sur sa fidélité à Rome, fit plus profond encore son isolement, l’abîme d’incompréhension qui le séparait de l’épiscopat anglais.• (P.135) A ce fait, ajoutons l’attitude décevante du cardinal Wiseman lors de l’affaire Achilli; l’échec du projet de traduction de la Bible.Autant de circonstances qui en eussent abattu plus d’un.Ce ne fut pas le cas pour Newman: « Mais il n'est pas un revers de la vie de Newman qui ne l’ait conduit à un épanouissement.En lui, il n’est aucun point stérile, le grain tombe toujours là où il germera, donnera la plus belle moisson.» (P.139) Noblesse, grandeur: tels sont les traits de la figure de Newman qui demeurent dans l’esprit à la suite de la lecture de l’œuvre de G.-M.Tracy.Force également, force d’âme, de caractère.Au milieu des épreuves, des résistances, Newman continue d'agir, d’aller de l’avant, avec une grande lucidité.LECTURES , 1 Il faut savoir gré à l'auteur d'avoir, avec simplicité et détachement, su faire revivre la figure admirable de Newman.Guy LE HOUILLIER, c.s.c.fWWWW FABREGUES (Jean de) LA CONVERSION D’EDITH STEIN, PATRONNE DE L’EXISTENTIALISME.Paris, Editions Wesmael - Charlier [1963J.136p.ill.(h.-t.) 18cm.(Coll.Conversions célèbres) Pour tous En lisant cc livre deux noms me venaient à l'esprit: Raïssa Maritain Jean de FABREGUES % m et Simone Weil.Cette dernière, il est vrai, n'a pas été baptisée, mais nous savons maintenant que son cheminement l’a conduite vers l’Amour.Edith Stein, juive elle aussi et philosophe éminente, a uni la connaissance et l’amour.Et cet amour, amour de Dieu et de ses frères, l’a menée au Carmel et au martyre: elle mourut assassinée par les nazis à Auschwitz en 1942.Quelle merveilleuse leçon elle nous donne ! La connaissance sans amour conduit à l’orgueil et l’amour sans la connaissance est une démission: il faut travailler sans relâche à concilier les deux.Bernard-M.MATHIEU, o.p.En littérature, je ne crois à aucun « système », sinon posthume.Si l'auteur s’en avise de son vivant, cela devient un « procédé ».Gilbert CESBRON NOUVEAUTÉ: L'Action Libérale Nationale Tome XXXIV de "Histoire de la Province de Québec broché : $2.50 par Robert RUMILLY relié : $3.00 (N.B.Remise habituelle aux éducateurs et bibliothécaires) RAPPEL: Tome XXVII - Rivalité Gouin-Décarie, 302p.Tome XXVIII - Rue Saint-Jacques, 340p.Tome XXIX - Vers l'âge d'or, 242p.Prix régulier : $2.00 (broché) $2.50 (relié) Prix spécial : Broché $1.00 net Relié $1.25 net Tome XXX - Camilien Houde, 256p.Tome XXXI - Léonide Perron, 266p.Tome XXXII - La dépression, 262p.Tome XXXIII - La plaie du chômage, 261p.Prix régulier : $2.50 (broché) $3.00 (relié no 33) Prix spécial : Broché $1.25 net Broché $1.50 net (no 33) En vente dans les Librairies de FIDES Janvier 1964 125 ____y de ioxmeààQ, *** LES CONQUETES DE LA SCIENCE.[Paris] Casterman [1963].190p.ill.25cm.(Coll.Globerama) Relié.Pour jeunes Voilà un album qu’on ne peut aisément délaisser pour peu qu’on en ait ouvert les pages.On y trouve, expliqué d’une façon très simple mais très claire, le secret des mille et une conquêtes de la science: v.g.électricité, autoroutes, télévision, gratte-ciel, imprimerie, téléphone.cinéma, centrales atomiques, etc., etc.La science a tissé, autour de l’homme moderne, tout un réseau de merveilles dont il use et bénéficie sans seulement penser à s’en étonner ou à s’interroger sur elles.Ce magnifique album éveillera sans doute la curiosité des jeunes.Les illustrations qui accompagnent chaque page de texte en facilitent singulièrement la compréhension.A.C.VERITE (Marcelle) ANIMAUX DE LA MER.Illustrations de Romain Simon.Paris, Gautier - Languereau, 1963.76p.ill.30.5cm.Relié.Pour jeunes Un album de zoologie marine à l’usage des jeunes lecteurs.La mer est peuplée d’animaux aux formes les plus diverses et les plus étranges: depuis la gluante méduse que la marée apporte sur le sable, jusqu’à la gigantesque baleine.Cet album passe en revue quelques-uns des hôtes de l’univers marin: oiseaux ou poissons, coquillages ou crocodiles, etc.On pourrait reprocher à cet album de verser un peu trop dans la nomenclature; il eût mieux valu nommer moins d’animaux et s’étendre davantage sur les caractéristiques propres à chacun.Tel quel cependant, il apprendra aux jeunes à mieux connaître le monde mystérieux des océans.A C.RIVERAIN (Jean) TRAINS D'AUJOURD’HUI.Paris, Gautier - Languereau [1963].68p.ill.35.5cm.Relié.Pour jeunes Intelligemment conçu et réalisé, cet album présente avec ordre, méthode, clarté, et un brin de fantaisie, l’historique des trains en France et à l’étranger.D’amusants récits d’incidents historiques agrémentent ici et là le texte et le rendent moins austère et plus captivant.Un album instructif sur lequel les garçonnets aimeront se pencher pendant des heures.A.C.SASEK (M.) ISRAEL.[Tournai] Casterman [1963].60p.ill.31.5cm.Relié.Pour jeunes Beaucoup de dessins, expliqués par des légendes très brèves, parfois humoristiques, pas toujours très claires: voilà ce qu’est cet album consacré à Israël et qui nous mène à Jérusalem, à Nazareth, auprès de la mer Morte, etc.R L.RICHTER (Hans Peter) MON AMI FREDERIC.Préface de Geneviève Duhamelet.[Bruges] Desclée de Brouwer [1963].153p.ill.19cm.(Coll.Belle humeur, no 111) Relié.Pour jeunes 1925.Une ville allemande.Deux garçons naissent à quelques jours d’intervalle dans le même immeuble.Le fait vaut d’être signalé si l’on songe que l’un des gamins est juif.Pendant quelques années, rien ne vient troubler l’existence des enfants, mais un jour — alors qu’ils ont huit ans — Hitler devient chancelier du Reich et des mesures vexatoires s’ensuivent contre les commerçants juifs d’abord puis contre tous les enfants d’Israël.Les Juifs sont chassés des écoles allemandes, du fonctionnarisme.Ils n’ont plus le droit de s’exprimer dans les journaux, le droit de voter, le droit d’aimer un être d’une autre nationalité que la leur.Ils perdent même le droit de propriété.La mère de Frédéric ne peut tenir le coup et meurt au milieu de son mobilier en ruine.Frédéric et son père en sont bientôt réduits à réparer des lampes pour gagner de quoi subsister, jusqu’au jour où la police vient chercher le père.Heureusement, Frédéric n’est pas là.L’adolescent revient à l’immeuble mais juste avant une alerte, car c’est maintenant la guerre.Pauvre Frédéric qui, effrayé, veut se réfugier dans l'abri réservé aux gens de l’immeuble mais se voit repousser vers l’extérieur en feu, par son fanatique propriétaire.On le trouve après l’alerte, dans le jardin, la tempe trouée.— Une chance pour lui qu’il soit mort ainsi, de dire le terrible M.Resch.126 LECTURES Quand on connaît le sort réservé aux milliers de Juifs dans les camps de concentration, on ne peut qu’approuver ces paroles, malgré leur cruauté.Comme Geneviève Duhamelet, la préfacière de ce récit, nous aurions souhaité voir s’épanouir dans ces pages, devant l’admirable piété des Juifs, la vie chrétienne de l’autre famille de l’immeuble.L’auteur semble avoir voulu exposer les faits sans les commenter, espérant sans doute qu’ils parleront d’eux-mêmes.Ces faits sont en effet très éloquents pour un lecteur à l’esprit formé mais pour l’âge des lecteurs auquel il s’adresse on aurait aimé une prise de position du jeune narrateur allemand, devant l’injustice d’une loi visant à exterminer tous les Juifs.Les adolescents d’habitude sont moins passifs devant toute injustice, devant la souffrance de leurs meilleurs amis.Ce roman est néanmoins d’une bouleversante actualité; il témoigne en faveur d’une charité plus grande entre tous les peuples, en faveur de l’égalité des nations l’une par rapport à l’autre.La couverture et les illustrations de Jean-Jacques Vayssières sont de bon goût.Denise HOULE ROCHE (Aimé) COUP DE HARPON.Roman.Jaquette et illustrations de Pierre Joubert.Paris, Alsatia.230p.ill.20cm.(Coll.Rubans Noirs) Pour adolescents Oulouksak est le jeune chef d’une petite troupe de nomades esquimaux.On l'admire, parce qu’il a plus d’une fois démontré son habileté à la chasse et sauvé de la famine ses congénères.Comme dans toute société, qu’elle soit civilisée ou non, il se trouve quelqu’un pour souffrir du prestige du jeune Esquimau et c’est le sorcier Kormick — qui aurait bien voulu succéder à Sappak le prédécesseur d’Oulouk-sak.Plus d’une fois Kormick tente de tuer son « ihumatar » (chef) mais toujours Oulouksak échappe au danger et pardonne à son ennemi.Dans la Terre Stérile, la lutte pour la vie rend les hommes durs, impitoyables, mais, comme cette terre sur laquelle ils mangent, dorment, dansent et chassent, le coeur endurci de ces primitifs connaît parfois un bref été et s’attendrit pour laisser apparaître quelque chétive fleurette: l’amour naïf de Sik-sik pour son jeune chef, la pitié des nomades pour le valeureux chasseur devenu invalide, la magnanimité d’OuIouksak.Dans ce récit, l’auteur a inséré l’histoire romancée de deux missionnaires oblats martyrisés par les Esquimaux en 1913: les Pères Rouvière et Le Roux.C’est une belle étude sociologique que celle de Coup de harpon mais l’auteur décrit une période révolue de la vie des Esquimaux; pour les jeunes que tenterait l’aventure missionnaire en pays nordique, la perspective est certes plus rassurante qu’elle ne l’était il y a cinquante ans — le risque de finir ses jours en rôti dans la graisse de phoque n’existe pour ainsi dire plus.Tout en espérant que l’auteur n’aura pas découragé certaines vocations, on admire cette facilité du romancier de dépayser ses lecteurs, de les transporter par la magie de sa plume dans un monde désertique, battu par les rafales et parmi des hommes-enfants aux moeurs barbares et déconcertantes.Le style y est pour beaucoup dans ce vivant tableau d’une terre inconnue: il emprunte aux vents du nord son souffle puissant, incisif et au paysage esquimau son dépouillement, sa simplicité.La jaquette et les illustrations de Pierre Joubert ajoutent à l’intérêt cette « épopée arctique ».Denise HOULE RIVERAIN (Jean) BATEAUX D’AUJOURD’HUI.Illustrations de P.Ben-tegeat, A.Brenet, etc.Paris, Gautier-Languereau [1963].68p.ill.35.5cm.Relié.Pour jeunes Depuis la galère grecque jusqu’au luxueux transatlantique des temps modernes, l’histoire de la marine a beaucoup évolué.C’est cette évolution que nous retrace cet intéressant album, abondamment illustré, où l’on peut admirer au passage de magnifiques bateaux à la poupe sculptée et où l’on peut aussi apprendre quelques-uns des secrets et des joies du yachting.Album tout à fait réussi qui captivera sûrement les garçonnets tentés par les aventures marines.A.C.Ils se moquent des boys-scouts, eux qui ne sauraient pas allumer un feu; des anciens combattants, eux qui n’ont jamais combattu; des dames d'œuvres, eux qui ne se sont jamais occupés des autres, etc.Ils plissent, avec l'ivresse des esprits forts, à la surface de leur époque: ils font du ski nautique, et nous sommes le canot aveugle qui les traîne.?Culture.La culture bourgeoise consiste à posséder, une fois pour toutes, sur chaque sujet, une vue, une anecdote, une citation — bref, une fiche.On les répète, un les « replace • incessamment, sans plus de honte qu'un épicier n'en éprouve à vendre toujours les mêmes produits.Voilà pourquoi le bourgeois cultivé brille en société (à la condition de renouveler les convives) et pas chez lui.Gilbert CESBRON Janvier 1964 127 WmÊmm.Wmmm- ^ N ^ mmm mm iM^mm mm mm mm mm mmm WÈmmkm mmm Religion • • • A l'écoute du Seigneur.Guide pour les catéchistes des classes de première et deuxième années primaires.[Tournai] Casterman, 1963.65p.24cm.BELLA1NG (Guy de) Citeaux chante la joie.Paris, Editions du vieux Colombier [1963].246p.21cm.CANTINAT (Jean), c.m.Marie dans la Bible.Lyon, Editions Xavier Mappus [1963].237p.19cm.CARRIERE (Gaston), o.m.i.Histoire documentaire de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie-lmmaculée dans l’Est du Canada.1ère partie.De l’arrivée au Canada à la mort du Fondateur (1841-1861).Tome IV.Ottawa, Editions de l’Université d’Ottawa, 1962.340p.24.5cm.CHABAS (Yvonne) De Nicée à Vatican II.Les hommes de paix.Paris, Editions du vieux Colombier [1963].197p.21cm.(Coll.Unité, no 7) CHENE (J.) La théologie de saint Augustin.Grâce et prédestination.Le Puy, Editions Xavier Mappus [1962].614p.22.5cm.Relié.DESTERNES (Suzanne) Petite histoire des Conciles.Paris, Editions Fleurus [1962].131p.20cm.DUPRE (Vianney), ptre Le laïcat.Sherbrooke, Editions Paulines [1962].107p.195cm.EGERMANN (Jovite), o.f.m.La Charité dans la Bible.Mulhouse, Editions Salvator, 1963.231p.19cm.(Coll.Charité vivante, t.2) EN COLLABORATION Dix-neuvième dimanche après la Pentecôte.[Bruges] Biblica [1963].102p.21cm.(Coll.Assemblées du Seigneur, no 74) EN COLLABORATION Pour sertir à l'histoire réelle de la Salette.Paris, Nouvelles Editions latines [1963].188p.ill.(h.-t.) 23cm.EN COLLABORATION Premier dimanche de la Passion.Présente par C.Bour-gin, L.Deiss, R.Dolle, P.Foresi, G.Gendebien, P.Grelot, D.Mollat.[Bruges] Biblica [1963].117p.21cm.(Coll Assemblées du Seigneur, no 34) EN COLLABORATION Quatrième dimanche après Pâques.Présenté par M.Cor-nil, J.De Baciochi, I.de la Potterie, M.Egender, R.Gantoy, A.Georges, G.Thiry.[Bruges] Biblica [1963].S9p.20.5cm.(Coll.Assemblées du Seigneur, no 47) EN COLLABORATION Schémas d’initiation à la célébration de la messe.[Bruges] Biblica, 1963.48p.23cm.(Coll.Paroisse et liturgie, no 57) EN COLLABORATION Veillées de Noël.2e édition.Bruges, Editions de l’Apostolat liturgique, 1961.91p.23cm.(Coll.Paroisse et liturgie, no 36) GODEFROID (Jean), o.p.Prières et gestes liturgiques.2e édition.[Bruges] Biblica, 1962.63p.23.5cm.(Coll.Paroisse et liturgie, no 17) GRELOT (Pierre) .Sens chrétien de l'Ancien Testament.Esquisse d’un traite dogmatique.[Tournai] Desclée & Cie [1962].540p.23cm.(Coll.Bibliothèque de Théologie, série I, Théologie dogmatique, vol.3) HUNERMANN (G.) Les Tables de Moïse.Les Commandements racontés aux jeunes.Traduit par Yvonne Claude.Mulhouse, Editions Salvator, 1963.202p.19 5cm.JEAN-NESMY (Dom Claude) Pratique de la confession.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].309p.ill.(h.-t.) 19cm.(Coll.Cahiers de la Pierre-qui-tire) JUNGMANN (Joseph André), s.j.Tradition liturgique et problèmes actuels de pastorale.Traduction de Paul Kirchhoffer.Le Puy, Editions Xavier Mappus [1962].350p.23cm.LEBACQZ (Joseph), s.j.Certitude et volonté.[Bruges] Desclée de Brouwer [s.d.] 182p.22.5cm.(Coll.Museum Lessianum, section philosophique, no 49) Relié.MAERTENS (Th.) Histoire et Pastorale du rituel du Catéchuménat et du Baptême.[Bruges] Biblica [1962].351p.23cm.(Coll.Paroisse et liturgie, no 56) MARC’HADOUR (Germain) Saint Thomas More.Lettre à Dorp.La supplication des âmes.Namur, Editions du Soleil levant [1962].278p.Hem.(Coll.Les écrits des saints) MOUBARAC (Y.) L’Islam.[Tournai] Casterman, 1962.213p.21.5cm.(Coll.Eglise vivante) MOUBARAC (Y.) Le semaine sainte à Saint-Séverin.Vingt regards sur la Croix.[Tournai] Casterman, 1962.174p.ill.20cm.M.-R.G.DE LA TRINITE (Mère), s.c.r.Mon Royaume est au milieu de tous.Genval, Editions Marie-Médiatrice [1963].171p.18cm.RICHARD (Louis), p.s.s.Dieu est Amour.Le Puy, Editions Xavier Mappus [1962].215p.ill.23cm.(Coll.Bibliothèque de la Faculté catholique de Théologie de Lyon, vol.9) ROTUREAU (G.) Conscience religieuse et mentalité technique.[Tournai] Desclée de Brouwer [1962].143p.19cm.SCHMAUS (Michel) Au cœur du christianisme.Hier, aujourd’hui et à jamais, Jésus-Christ.Traduction de René Virrion.Mulhouse, Editions Salvator, 1962.310p.19cm.WASSELYNCK (René) Saint Grégoire le Grand.Homélies pour les dimanches du cycle de Pâques.Choisies et traduites par René Wasselynclc.Introduction de Philippe Delhaye.Namur, les Editions du Soleil levant [1963].175p.17cm.(Coll.Les écrits des saints, no 604) .Mariage EN COLLABORATION L’Eglise et les laïcs mariés.Montréal, Les Editions du Jour [1962].157p, 19.5cm.(Coll.Les idées du jour) EXNER (Adam), o.m.i.The amplexus reservatus.Seen in the history of catholic doctrine on the use of marriage.Ottawa, Editions de l’Université d’Ottawa, 1963.271p.23cm.LECLAIRE (Roland), o.m.i.La Forme canonique ordinaire des mariages interrituels au Canada.[Ottawa] Editions de l'Université d’Ottawa, 1962.284p.24.5cm.(Coll.Universitas Catholica Ottaviensis, tome 5) PONS (Roger) L’amour, ce long chemin.Préface de Jacques Perret.Paris, Editions du Feu nouveau [1962].337p.19cm.(Coll.Anneau d'or) 128 LECTURES —————— 2 1 lia Beaucoup d éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Pour les ouvrages étrangers, cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d'Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou 1 autre, sujettes a rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que ia cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.BENOIT (P.), Aréthuse.TB Roman inachevé qui raconte l'histoire d’une femme fatale dont s’éprend un officier français au cours d’une croisière.Intrigue invraisemblable, style maladroit, personnages conventionnels.BLOCH-MORHANGE (J.), Vingt années d'histoire contemporaine .TB Ouvrage historique qui couvre la période de 1942 à 1962.Etude objective, bien écrite, bien documentée.Ouvrage remarquable.BOURGET-PAILLERON (R.), Les clandestins D Roman.Une vague intrigue policière se déroule sur la toile de fond de la guerre d’Algérie.Ouvrage spirituel.Psychologie assez bien étudiée.Les personnages vivent en dehors de toute morale.Pour lecteurs très avertis et de bon jugement.BROWN (D ), Je vous ai compris.B Roman humoristique qui est une satire contre l’armée américaine, les services secrets, la presse, etc.Histoire invraisemblable racontée d'une façon très maladroite.CARTIER (R.), Pierre le Grand.B Biographie.Tsar violent, cruel et tyrannique, buveur et jouisseur, mais cerveau puissant aux vues amples et prophétiques, Pierre le Grand est présenté ici sans indulgence mais avec beaucoup de couleur.Ouvrage objectif et très vivant.CHAUVIN (R.), Les sociétés animales, de l’abeille au gorille.TB Ouvrage scientifique.L'auteur y étudie quelques types de sociétés animales: abeilles, termites, guêpes, etc.D’un abord assez difficile au début, l’ouvrage s’avère passionnant par la suite.Pour lecteurs cultivés.COXE (G.H.), Son quatrième fiancé.B Roman policier.Histoire originale et fort bien machinée.A recommander aux amateurs de romans policiers.DESMAREST (M.-A.), Ouragan sur une vie .B Roman sentimental qui se déroule dans le cadre des Caraïbes.La note d’exotisme est juste et la psychologie des personnages assez bien étudiée.Pour public féminin, amateur de ce genre de romans.ELLABERT (M.), Pièges autour d une tombe .B Roman policier.Un commissaire adroit et fin psychologue réussira à expliquer le mystère de la disparition d un industriel.Roman remarquable: per-s°nna£cs très vivants, récit bien construit et d’un intérêt soutenu.FIARD (J.-C.), Orage sur la plantation.B Roman po’.Jer.Un agent du Deuxième Bureau enquête dans une affaire de livraison d’armes militaires.Récit cruel et assez obscur.FOURNIER (E.), Pologne .B Ouvrage d'histoire et de géographie.Très bien écrit et humoristique à l’occasion, ce livre donne une bonne vulgarisation de l'histoire polonaise, mais appelle de légères réserves en ce qui concerne la situation religieuse actuelle du peuple polonais.GARY (R.), Lady L.D Roman.Une très grande dame de l'aristocratie anglaise révèle à un confident, le jour de son quatre-vingtième anniversaire, le secret de son passé sordide.Née dans un milieu de prostitution, elle a, grâce à un riche protecteur, été lancée dans la société mondaine où elle a mené une très fructueuse carrière d’espionne et d'intrigante.Roman qui se lit comme un excellent policier.Mais à cause des aperçus qu’il donne sur les milieux de débauche et du cynisme outrancier avec lequel il est raconté, il doit être réservé aux adultes très avertis.KAGAN (Colonel B,), Combat secret pour Israël .TB Ouvrage d’histoire contemporaine qui porte sur les années 1946-1956.Ecrit par l’un des protagonistes de cette histoire, cet ouvrage nous apprend bien des choses jusqu’ici laissées dans l'ombre.Ouvrage captivant et objectif.Janvier 1964 129 KERRAOUL (B.de), Le poids des âmes.D Roman où l'auteur a voulu faire le procès d'un certain cléricalisme.Le héros qui n'a en vue que les intérêts de l'Eglise est dur et peu humain; il est en outre entouré de prêtres et de chrétiens mesquins, vils et ambitieux.L'homosexualité y est blâmée mais au nom d'une morale qui semble arbitraire.Roman bien écrit et qui témoigne d'un indéniable talent.A réserver aux lecteurs très cultivés, avertis et de solide formation religieuse.KNICKERBOCKER (C.H.), Tu seras médecin B?Roman.Histoire d’une vocation de médecin, réalisée à la force du poignet, par un jeune homme de condition très modeste.Après avoir épousé une divorcée, le héros divorcera à son tour et trouvera le bonheur auprès d'une autre femme.Descriptions minutieuses de cas médicaux.Roman écrit sans grand talent et qui ne convient qu'aux lecteurs avertis et formés.LELONG (C), La vie quotidienne en Gaule à l’époque mérovingienne.TB Ouvrage d'histoire.L’auteur y dépeint la société mérovingienne brutale et cruelle, il y étudie le rôle qu'y joueront Clovis et l'Eglise.Ouvrage excellent, fortement documenté et écrit d’une façon claire et vivante.MAHUZIER (A.), Les Mahuzier en LJ.RS.S.TB Relation de deux expéditions faites par les Mahuzier en U.R.S.S.Reportage assez superficiel.MARCUS (C.), Cette gourde de Vika.TB Roman policier.Intrigue fort animée où agents soviétiques et allemands se font la lutte pour s’emparer d'un savant chimiste.Histoire assez confuse.MEYRINK (G.), Le dominicain blanc.M Roman qui brode sur des histoires taoïstes et bouddhistes mahayanistes.Par son pouvoir de « médiumnité », l'auteur serait entré en contact avec d'anciennes traditions secrètes et nous livre ici ses « révélations ».Ouvrage malsain et obscur.MOOREHEAD (A.), Le Nil bleu.TB Ouvrage d'histoire qui évoque tous les explorateurs ou conquérants (dont Bonaparte) qui contribuèrent à la conquête du Nil.Ouvrage pittoresque et captivant.MOREAU (M.J.), Quintes.D Roman sans intrigue, qui raconte tout simplement une journée du héros.Celui-ci est un écrivain épris de liberté et de communion, et qui souffre de ne pouvoir échapper au monde de la banalité qui l’écrase et l’isole.Roman qui n'est pas sans grandeur même si la quête des héros exclut toute idée de Dieu.Vocabulaire truculent où abondent les images érotiques.Ouvrage puissant et d'une valeur littéraire certaine, mais qui à cause de l’agressivité religieuse de l'auteur et de ses crudités érotiques sera réservé aux adultes très avertis et bien formés.ROBERTSON (C.), Un hold-up qui finit mal .TB Roman policier.Une jeune journaliste aidera à dé-masquer le chef d’une bande de malfaiteurs.Histoire amusante où le suspense est habilement ménagé.Roman policier très bien réussi.SABLIER (E.), De l'Oural à l’Atlantique, le bond russe en Afrique .TB Ouvrage d'histoire écrit par un spécialiste de politique étrangère au journal Le Monde.L'auteur raconte l’action visible et souterraine des Russes dans les pays du Proche-Orient ainsi que les obstacles imprévus qui se sont opposés à leur expansion.Ouvrage passionnant.STORRY (R.), Histoire du Japon moderne-TB Ouvrage d'histoire.A la lumière des événements qui ont marqué l'histoire du Japon, l’auteur tente de faire comprendre les Japonais d'aujourd'hui.Ouvrage clair, vivant et instructif.VERCAUTEREN (F.), Atlas historique et culturel de l'Europe.TB Album qui retrace les différentes étapes de la civilisation européenne.Texte bref, mais très nombreuses illustrations et cartes.Ouvrage de grande valeur pour ceux qui veulent s'instruire sans fatigue.SIGNIFICATION DES COTES M C'est-à-dire mauvais: livres à proscrire.Les livres qui tombent sous les lois générales de l’Index sont cotés mauvais.Tous les livres à proscrire ne sont pas mis nommément à l’Index; il suffit qu'un livre tombe sous les lois générales de l’Index pour qu'on soit tenu, en conscience, de s’en interdire la lecture.D c'est-à-dire dangereux: livres qui peuvent être dommageables à la majorité des lecteurs, soit à cause des implications doctrinales plus ou moins fausses qu'on y trouve, soit à cause de la licence morale qui s'y étale, soit à cause d'une grave indécence dans les descriptions.B?c’est-à-dire appelle des réserves: ces réserves peuvent être plus ou moins graves.Cette cote s’applique à des volumes qui sont sains dans l'ensemble, mais dont quelques pages sont discutables, soit à cause des idées émises, soit à cause d'une certaine indécence dans les descriptions.B c'est-à-dire pour adultes: les livres de cette catégorie n’appellent aucune réserve, mais ne conviennent qu'aux adultes.Quoique irréprochable, un livre coté B pourrait présenter certains dangers peur les jeunes qui n'ont pas l'expérience de la vie.TB c’est-à-dire pour tous: livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.130 LECTURES — Les grands rôles de Jean Vilar au T.N.P.L'exdirecteur du T.N.P.interprète les grands rôles qui ont fait sa reputation: Richard II, Cinna, Harpagon, Don Juan, Oedipe, Henri IV, Thomas Becket, etc.(TS — 30 — LA 532) — Le journal d’un fou.Adaptation théâtrale d’une nouvelle du romancier russe Gogol.(Disque ADES — TS — 30 — LA 548) On trouvera sur le marché du disque: — Paul VI nous parle de la Sainte Vierge.Allocution prononcée par le Saint-Père, le 12 septembre 1963, devant les congrégations mariales réunies en congrès international à Rome.(Disque RADIO-MARIE — Microsillon, 33 tours 1/3 — 7 pouces — NDC 376 323) — Messe pour la nef de Dom Georges Mercure, o.s.b.Messe écrite pour être chantée par la foule.Sur ce disque, Al.l'abbé Claude Thompson dirige les voix et Mlle Noëlla Genest accompagne à l’orgue.(Disque RADIO-MARIE — Microsillon 33 tours 1/3 — 7 pouces — NDC 376 324) — Le Père Sertillanges.Reproduction de quelques textes enregistrés par le célèbre dominicain en 1934: Y a-t-il des athées?et Testament spirituel qui annonce le renouveau du présent Concile.Ces textes sont présentés par le Père Lelong.(Disque JERICHO — Microsillon, 33 tours 1/3 — JER 300) — La Madone aux étoiles.Récit de l'apparition de Pont-Main.— Augustin ou l’Exigence de Dieu par J.Michaut.Texte tiré des Confessions et qui rend fort bien le combat de l'âme aux prises avec le mal et le bien, et avec Dieu.Interprètes: Jean Negroni et Madeleine Cheminât.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — Microsillon, 33 tours 1/3 — 12 pouces — FAI 30 209) — Jean XXIII, Paul VI et le Concile par Jean Guit-ton.Ce dernier nous parle de la personnalité de Jean XXIII, de celle de Paul VI, et de leur rôle respectif dans le Concile.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE, 25 053) — Paul Valery: Mon Faust.Extraits d'une pièce de Paul Valery.Interprètes: Pierre Frenay, Pierre Dux et Danièle Delorme.(Disque PHILIPS — B 77, 919) — Je te salue, Marie.Litanies pour aujourd'hui par Louis Rétif.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE, 17 039) — Saint-Exupéry par Luc Estang.Biographie du célèbre aviateur et écrivain, et extraits de son oeuvre littéraire.(Disque UNIDISC 25 103 AI — 33) Janvier 1964 131 «¦Han LE COURRIER DES LECTEURS > ËMM Dans l’espérance que l’un ou l’autre de nos abonnés pourra répondre à la demande qui y est contenue, nous publions ci-dessous la lettre que nous avons reçue d’un abonné qui aimerait compléter sa collection de LECTURES: « Le bibliothécaire de l'Ecole normale de Beauceville est à préparer pour la reliure des séries de la revue LECTURES.Il lui manque le numéro de septembre 1956, vol.3 et tous les numéros du vol.1.année 1954-1955.Par ailleurs la bibliothèque possède des séries en double entre les années 1946-47 et 1952-53.Je possède aussi quelques numéros des années 1956.1957, 1958 et 1959, en plus des mes volumes reliés d’années complètes.Je désirerais donc acheter ou échanger les 11 numéros qui compléteraient ma nouvelle série de LECTURES.J’espère que vous pourrez répondre à mes désirs car cette revue est un trésor dans une bibliothèque.» M.St-Sébastien, r.j.m., bibliothécaire.Ecole Normale, Beauceville-Est, Beauce, P.Q.— Comme les numéros demandés dans cette lettre sont épuisés ici, nous ne pouvons répondre au désir de ce bibliothécaire.Si quelque abonné était intéressé par cette offre, prière de communiquer directement avec notre correspondant.* * « Après maintes recherches sur l’auteur Jeanne L’Archevêque-Duguay, je me vois dans l’obligation de recourir à vos services.Etant normalienne, je voudrais, durant mes temps libres, organiser une bibliothèque personnelle pour mettre à la disposition de mes futurs élèves.Auriez-vous quelques notes biographiques, liste d’œuvres, critiques, etc.sur Jeanne L’Arche-vêque-Duguay.» F.T.(Ste-Rose-du-Dégelis, Témiscouata) — Mme Jeanne L’Archevêque-Duguay, épouse de Rodolphe Duguay, peintre-graveur, mère de six enfants, est l’auteur de plusieurs ouvrages de poèmes et de spiritualité familiale: Ecrin.CantHènes, Offrande, Dans mon jardin.Mater, Epouse et mère avec Marie, Jeune fille, la Vierge te dit, Comment j’éduque Paul et Marie, La Vierge et l'Hostie dans la famille, etc.Elle a en outre publié plusieurs albums illustrés soit de photos soit de dessins dont elle a écrit les commentaires: Sur la route avec Jésus, Fleurs vivantes.Pleine floraison.etc.La poésie de Mme L’Arche-vêque-Duguay, toute imprégnée de tendresse et de spiritualité, s’apparente à celle d'Henriette Charas-son.Si vous étiez intéressée à consulter une biographie plus élaborée sur cet auteur, vous pourriez lire l’ouvrage d’Adrienne Choquette, Confidences d’écrivains canadiens-français, ou encore la bio-bibliographie préparée à l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal par Mlle Marielle Côté en 1947.* * * « Etant abonné à votre revue LECTURES, je m’aperçois que nous pouvons, par votre entremise, nous renseigner sur certains volumes, revues, en ce qui concerne leur classement.Je voudrais donc savoir si la revue Planète qui paraît à tous les deux mois et dont le Club du Livre d‘Histoire nous offre l'abonnement, si cette revue ne serait pas trop bien classée.J’en ai reçu un spécimen et je vous avoue franchement quelle m’intrigue.» A.B.(Contrecœur) — La revue française Etudes, dirigée par les Jésuites, a publié, dans son numéro de septembre 1963, un long article sur la revue Planète.Nous ne pouvons mieux faire, pour apprécier cette revue, que de vous donner un substantiel résumé de cet article signé de Georges Morel: «Planète est une évidente réussite de l’édition.D’un format commode, imprimée sur deux ou plusieurs colonnes qui en permettent une lecture détendue, elle est magnifiquement illustrée de photos, dessins, reproductions picturales dont on ne trouverait l’équivalent dans aucune revue de ce type.[.] Cette audace artistique, digne d’admiration, est naturellement destinée à soutenir d’autres audaces qui, celles-là, sont souvent nourries en des zones équivoques devant lesquelles beaucoup de lecteurs demeurent sans défense.» On trouve, en beaucoup d’articles de la revue des failles majeures: « insistance presque maladive sur l’insolite et l'étrange, inflation du vocabulaire où surabondent les superlatifs et les mots grandioses, hypothèses aventureuses insinuées comme des quasi-certitudes, extrapolations alléchantes du domaine scientifique ou parascientifique aux domaines métaphysique et religieux.[.] Ce qu’il y a de malsain dans cette revue, c’est cj .Telle affronte certains problèmes graves de notre histoire présente avec une imagination déséquilibrée, impuissante à distinguer l’essentiel de l’accessoire, superficielle par conséquent malgré le langage « profond » souvent utilisé.» 132 LECTURES FIDES PRÉSENTE Au début de 1964 3 NOUVEAUX TITRES Dans la nouvelle collection "Écrivains canadiens d'aujourd'hui" GERMAINE GUÈVREMONT par Rita Leclerc Une étude très fouillée de l’œuvre de Germaine Guèvremont.Abondamment illustré, le livre de Rita Leclerc intéressera les lecteurs désireux de se documenter sur la vie, l’œuvre et les textes choisis de l’auteur de « Marie-Didace ».192 pages: $1.75 Dans la collection 'la Gerbe d'Or" LE RU D'IKOUÉ par Yves Thériault Un récit extrêmement poétique qui démontre une fois de plus l'immense talent de l’auteur d’« Ashini ».100 pages : $2.00 Dans la collection "Rêve et Vie" AINSI TU ES ROI?par François de Théramond Un roman d'amour entre une Juive et un noble praticien romain au temps du règne de Tibère, qui s’apparente à Quo Vadis, Fabiola, Ben Hur, ces grandes œuvres de la littérature chrétienne.Remise habituelle ou* éducateurs et ou* bibliothécaires En vente dans toutes les librairies et à : FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal, UN.1-9621 Janvier 1964 133 DOCUMENT Jacques MARITAIN Solitaire et radieux: JACQUES MARITAIN Il nous précède toujours Le texte ci-dessous est paru dans le Figaro littéraire du 21 nov.1963.L’attribution du Grand Prix national des lettres à Jacques Mari-tain comble de joie tous ceux qui, comme moi, suivent depuis beaucoup d’années l’œuvre de cet écrivain philosophe.Car on n’est pas forcément les deux.Mais lui, Mari-tain, il est également l’un et l’autre, comme le furent aussi Bergson, qui fut le maître de Maritain avant une éclatante séparation, et Alain.Il est.d’ailleurs, impossible de comprendre Maritain si l’on ne passe point par Bergson.Et non seulement par Bergson, mais par l’esprit de toute cette époque d’avant la guerre de 1914, où s’est formée la pensée de notre philosophe.Bergson, quoi qu’on en dise, la domine et son coryphée Péguy.La preuve qu'on pouvait se convertir au catholicisme sans s’éloigner de Bergson, c’est précisément Péguy qui nous l’apporte.Maritain est un homme d’une autre trempe.Je ne dis pas meilleure ou pire, mais radicalement différente.La rencontre du père Clériîsac, qui lui montra saint Thomas «l’Aquin, et celle de Léon Bloy le mirent sur la voie qui devait être la sienne et où il a marché tout droit pendant un demi-siècle.Pour le comprendre, il ne faut jamais oublier que Jacques Maritain est un esprit à la fois rigoureux et passionné.Frappé, comme Péguy lui-même, par les tragiques insuffisances d’un monde qu’ils qualifiaient tous deux de moderne, en donnant à cette épithète un sens nettement péjoratif, Maritain pensait que Bergson, loin de combler ces insuffisances, en était lui-même le produit.Il fallait donc le combattre, parce qu’il était indispensable de penser à contre-courant.C’est ici que s’exercent l’influence de Bloy et celle de saint Thomas, qui convergent admirablement.Qu'avait fait le Mendiant ingrat, depuis qu’il avait commencé d’écrire, sinon écrire à contre-courant ?Quant à saint Thomas d’Aquin, si une encyclique de Léon XIII lui avait rendu sa place d’ange de l’Ecole, il n’en était pas moins banni, comme scolastique, de l’enseignement officiel.Prétendre remonter à saint Thomas, par-delà Descartes, c’était, en apparence du moins, se séparer de son temps de la manière la plus scandaleuse.Tel fut donc l’espèce de ghetto intellec- tuel dans lequel s’enferma volontairement Maritain dès sa jeunesse.Et je ne sais si son mariage avec cette précieuse et inflexible Raïssa ne peut être comparé à une entrée en clôture.Du "Roseau d’Or" aux “Iles” Mais si Jacques Maritain paraît tourner le dos à son époque, ce n’est, au fond, que pour mieux la comprendre et pour y exercer peut-être une influence plus profonde.Car ce philosophe scolastique est au fait de tous les courants et de tous les besoins de son temps.Il le saisit d’abord à travers les manifestations de l’art, et de l’art le plus avancé, le moins conformiste.Voilà pourquoi, et dans quel esprit, Maritain fonde, après l’autre guerre, cette collection du « Roseau d’or » qui devait publier les premiers romans de Bernanos et de Julien Green, la première journée du Soulier de salin, des poèmes de Reverdy et de Supervielle.Presque tout le mouvement littéraire des années 134 LECTURES - 1 20 est passé par là et par la col-, lection « Les lies » qui lui succéda.Ce fut, entre les deux guerres, la grande époque de Meudon.Je veux parler de cette villa, au pied de la terrasse de l’Observatoire, où a fréquenté, une fois ou l’autre, à peu près tout ce qui comptait alors dans la littérature, dans la pensée et dans l’art.On y put voir Cocteau coudoyer Berdiaev et c’est là, je m’en souviens, que Mounier, pour la première fois, parla de ce qui devait être Esprit.I I C’est là aussi qu’il me plaît d’évoquer le couple admirable que formaient Jacques et Raïssa.Dans le liminaire qu’il composa pour la collection « Les Iles », Jacques Mari-I tain évoquait, d’après Apollinaire, « le temps de la raison ardente ».C’est bien elle que j’ai contemplée souvent, les après-midi de dimanche, à Meudon, dans les personnes de Jacques et de Raïssa.Lui, le dos un peu voûté, un cache-nez de frileux toujours pendant autour de son cou, la barbe déjà blanche, I tournait vers nous un regard dont on ne savait si la transparence de-, vait davantage à une candeur d’enfant ou à la limpidité des mystiques.Il parlait d’une voix très douce et comme étouffée et il disait sur ce ton, tranquillement, des choses très fortes.On sentait qu’il n’avait peur de rien et que personne au monde ne l’empêcherait d’aller jusqu’au bout.Elle, mince, ténue, assise ou plutôt posée, presque sans poids matériel, montrant davantage son profil aigu de médaille que sa face, me faisait irrésistiblement penser à cette Anima que Claudel a immortalisée.On eût dit un mariage parfait de la Poésie et de la Métaphysi-| que; parfait parce que l’une et l’autre dépendaient de l’oraison.Je crois pouvoir affirmer que personne n’est jamais sorti de cette maison, où tant d’hommes et de femmes divers se rencontraient, sans avoir pénétré plus avant dans son propre silence intérieur et dans la considération de l’essentiel, de ce qui est au-delà des mots, de ce qui ne peut presque plus être dit.et des “Iles” à lïsetement Cette existence ouverte et recluse n’était d’ailleurs pas sans troubles.Une de ces crises fut, par exemple, la condamnation de L'Action française.Non seulement Maritain se soumit, mais il puisa, dans cette soumission même, de nouvelles lumières.Il n’est pas exagéré de dire que la crise de 1927 fut aussi importante que celle d’avant la guerre, qui avait séparé Maritain de Bergson.En méditant les raisons qui avaient rendu la condamnation inévitable, Maritain fut amené à se rendre compte que l'ordre politique exige autant d’initiative et d’invention que l’ordre esthétique.C’est ce qui nous a valu ces essais de philosophie politique, entre 1930 et 1939, qui ont tant contribué à dégeler le catholicisme français, qui l'ont préparé, de même qu'Esprit, de même que Sept, à ne pas se montrer trop inférieur à l’épreuve qui allait venir: celle de l'occupation.Maritain ne l'a pas vécue avec nous.Il était alors aux Etats-Unis, dans ce pays auquel il a tant donné, et duquel aussi il a tellement reçu.La maison de Meudon est désormais fermée et ne rouvrira plus jamais ses portes.C’est fini les dimanches d’avant guerre.Je ne rencontrerai plus Jacques et Raïssa qu’au palais Taverna.à Rome, où était alors l’ambassade de France auprès du Vatican.De 1945 à 1948 ils sont entourés là-bas de la pourpre des cardinaux et du violet des archevêques et des évêques, sans parler des innombrables prélats de la cour romaine.Mais eux, les hôtes, ils sont demeurés les mêmes qu’à Meudon autrefois.Ils font toujours régner autour d’eux le même recueillement, et je suppose que, dans leur maison des Etats-Unis, plus tard, quand Jacques était professeur à Princeton, c’était toujours la même chose.Comme l’huile ne se mélange pas à l’eau, c’est ainsi que Jacques Maritain a traversé les Janvier 1964 1 milieux les plus divers sans y rien perdre jamais de ce silence et de cette densité spirituelle qui lui faisaient comme une armure invisible.Raissa est morte il y a un peu plus de trois ans.La poésie est retournée à sa source et le philosophe s’est retiré à Toulouse chez les Petits Frères de Charles de Foucauld.Voilà où le Grand Prix national des lettres est venu le rechercher et nous inviter nous-mêmes à nous rappeler ce que nous devons à Jacques Maritain.Ne faudrait-il pas, à présent, évoquer cette œuvre considérable qui nous a tant appris dans le triple domaine de la métaphysique, de l’art et de la politique?11 se peut que nous n’adoptions pas toutes ses positions et que nous paraissions aujourd’hui fort éloignés de lui.Mais j’espère que ce n’est là qu’une illusion.Un homme qui s’est placé d'emblée au niveau des vérités intemporelles semble toujours déphasé par rapport à son époque: tantôt en avant et tantôt en arrière.Je suis convaincu, néanmoins, que Jacques Maritain nous précède toujours.Il n’est pas une de nos préoccupations, pas un de nos soucis qui ne soient également les siens.Il lui est moins difficile d'être avec nous que nous avec lui parce qu’il a épousé la Sagesse, cette Sagesse en qui Dieu se complaisait avant que le monde ne fût créé et qui trouve sa joie dans la compagnie des enfants des hommes.Je le sens à la fois tout proche et infiniment lointain, pareil à lui-même, en tout cas, et supérieur à la fortune.En le couronnant, le jury du Grand Prix national des lettres a moins honoré Jacques Maritain qu’il ne s’est honoré lui-même, car il est rare qu’un homme de silence et d’oraison soit reconnu de son vivant.Félicitons-nous de cet acte juste et nécessaire; voyons-y la preuve que les valeurs immuables conservent leur prix pour les enfants d’une époque fébrile et tourmentée.Nous avons plus que jamais besoin de la calme et ferme sagesse d’un Jacques Maritain.Jacques MADAULE 135 ¦¦¦ Lo Société Royale du Canada vient d'accueillir parmi set membres M.Gérard Filion et M.Jean Simard.Le Père John LaFarge, jésuite, au* teur de plusieurs volumes et ancien rf
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