Lectures, 1 mai 1964, mai
MONTRÉAL NOUVELLE SÉRIE — VOLUME 10 NUMÉRO 9 sommaire Editorial .p.226 Métamorphose de la littérature de P.de Boisdeffre.p.227 Le Québec change de visage de M.Bernard .p.228 Notices bibliographiques .p.230 Cote morale des nouveautés en librairie .p.239 Courrier des lecteurs.p.242 La littérature et sa conscience d'Henri Bars (document) .p.243 Page d'anthologie: Au ras de la terre de Gatien Lopointe.p.248 MAI 1 964 Guy SYLVESTRE (voir à la page 231) ÉDITORIAL Paul VI et la presse ealholi(|iie Dans un texte qui nous parvenait récemment par le Bulletin de la Conférence Catholique Canadienne, le Pape Paul VI définissait les tâches de la presse catholique.Après avoir réaffirmé, à la suite de Jean XXIII, que « l’homme moderne a droit à l'information, le Souverain Pontife a dit que le journal est un miroir et qu'il est soumis à ses propres lois, qui sont d’informer, de relater, de rapporter les événements tels qu’ils sont, de servir la vérité objective concernant le monde qui nous entoure ».Sa Sainteté ajoute cependant: « Il en découle que certains ont tendance à considérer qu'un journal, même catholique, est une entreprise profane, c’est-à-dire un reflet du caractère profane de la vie.» Dans la pensée de Paul VI, le journal catholique n'est pas seulement un miroir fidèle: « le journal catholique doit obéir à une loi fondamentale, celle d’apprendre an lecteur à bien évaluer les faits qu’il présente.Le journal catholique doit non pas seulement informer mais former le lecteur.Il doit stimuler la saine mentalité qui classe les faits d’après les principes supérieurs et qui, dans un sens ou dans l’autre, les idéalise, en fait un ferment de pensée chez celui qui, à travers le journal, vient à les connaître.Il doit servir la vérité propre de l’âme, apte à l’éclairer, à la diriger, à la perfectionenr, à la sanctifier.Le journal doit provoquer chez le lecteur le processus de jugement qui l’introduit dans la vérité libératrice et salvatrice.Une telle tâche n’est plus profane mais sacrée.» C'est là, on le voit, assigner un rôle irès élevé à la presse catholique.C'est que, dans la pensée du Souverain Pontife, l'activité de la presse catholique « se déroule au plan spirituel, touche le peuple tout entier et décide, oui ou non, de la réalisation du Royaume de Dieu au sein de notre société ».A cette heure où l’on s’interroge sur notre presse, qui ne serait, parait-il, ni pire ni meilleure que bien d’autres, on peut se demander si les directives de Paul VI ne pourraient pas inspirer davantage un certain nombre de nos journalistes.Rita LECLERC 226 LECTURES dialogue avec éec éioacc D’HIER ET D’AUJOURD’HUI Hjétamorph oie de la littérature Bernard-M.MATHIKU.o.|>.En 1950, Pierre de Boisdeffre — il n'avait que vingt-quatre ans — fit une brillante entrée dans les lettres françaises, en publiant Métamorphose de la Littérature.Ecrire un ouvrage de critique littéraire à cet âge est assez rare, ce qui fit dire au défunt Robert Kcmp: « Ce débutant sera probablement un virtuose de notre art ».Treize ans après l'auteur publie une nouvelle édition de ses essais, non pas tellement pour les reviser mais plutôt pour les compléter.Les jugements souvent sévères, et pas toujours justes — André Maurois l’écrit dans la préface de l’ouvrage — n’ont pas été modifiés.Le livre a tout simplement « engraissé »; il est passé de 379 pages à 540.* * * Le premier chapitre de ce livre est consacré à Maurice Barrés.Ce n’est pas un panégyrique; De Boisdeffre veut tout simplement — c’est le titre de ce chapitre — la « Justice pour Barrés ».Car ce dernier est dans le purgatoire, certains voudraient même que ce soit « un Enfer définitif » (p.32).L’auteur qui désire aider à ouvrir les portes de ce purgatoire écrit: « L’amour de la justice et le courage, deux vertus — chrétiennes — que Péguy porta à un si haut point, manquèrent à Barrés au point de l’empêcher d’être, mieux qu’un « grand écrivain », un « grand homme » (p.100).Oui, quand on songe surtout à son attitude lors de l’Affaire Dreyfus par exemple ! Plus loin il écrit: « L’histoire plus généreuse aux morts que les vivants, reconnaîtra en lui l’un de nos écri- vains les plus attachants, sinon peut-être l'un des plus grands » (p.105).Ecrivain « attachant » je veux bien, comme Chateaubriand d’ailleurs, auquel il ressemble tant.Mais je n’endosse pas totalement ce verdict: « Que Barrés repose en paix sur sa colline: on puisera toujours dans son œuvre de hautes leçons de ferveur, de générosité et de foi » (p.105).Je ne suis pas sûr du tout qu'on puisse tirer de telles leçons de j’œuvre d'un écrivain qui fut trop esthète.Le dilettantisme fut sa grande faute.Passons maintenant à un autre écrivain étudié par Pierre de Boisdeffre: François Mauriac.L'auteur commence d’abord par une « Mise au point »: « Je n’ai pas modifié ces pages injustes et brûlantes qui firent croire à quelques uns que j'avais « un compte à régler avec Mauriac » (p.201).Plus loin: « Mais, si je la signe encore [cette étudcl, sans doute ne l’écrirais-je plus, moins sûr de ne voir en l'auteur de L'A gneau qu’un « romancier païen des problèmes de l'âme v (p.202).A la fin du chapitre il fera un nouvel aveu: « Les pages qu'on vient de lire n'ont pas scandalisé que mon illustre modèle.Relues à dix ans de distance, elles ne me paraissent plus tout à fait justes » (p.283).Je me demande si l'auteur a la contrition parfaite?Suis-je trop sévère?Il me semble qu’une simple mise au point ne suffisait pas; Boisdeffre aurait dû supprimer tout simplement les pages injustes qu'il avait écrites précédemment.L'auteur n’y va pas avec le dos de la cuiller.La preuve ?Le titre du chapitre: « Saint François Mauriac ou la dernière colonne de l’Eglise ».Et puis il nous serine ! encore le refrain sur le jansénisme de Mauriac et la ! Mai 1964 227 peinture d’un univers morbide.Je crois qu’il y a ici de l’exagération et de l’incompréhension aussi.Ne serait-il pas plus juste de voir en Mauriac un moraliste clairvoyant?Si la réalité telle qu’il la décrit paraît si laide, c'est qu'en fait elle est loin d'être toujours belle Dans ses romans il nous donne une peinture franche et terrible de l’homme pécheur.De Boisdeffre cite un texte de l’auteur de Thérèse Desqueyroux très éclairant: « Ce pécheur dont les théologiens nous donne une idée abstraite, je l’incarne » (p.267).Mais faut-il croire pour cela que la grâce est absente de son œuvre ?Au contraire, le duel de la grâce et du péché est bien mis en lumière.Tout ceci montre cependant que les romans de Mauriac ne sont pas de tout repos.Cette analyse de l’âme pécheresse peut troubler des lecteurs.Lorsqu’il parle de Bernanos, Pierre de Boisdeffre change de ton; il ne tarit pas d’éloges sur ce dernier: « Il laisse une œuvre qu’on n’effacera pas, où brillent dans une gangue un peu rude, semée d’aspérités, ces diamants incomparables: Le Journal d'un Curé de Campagne, les 'Dialogues des Carmélites.De fameuses pages qu’on n’oubliera pas de sitôt » (p.290).Mais l’auteur a des préférences assez curieuses, à mon goût du moins.Parlant de ce pamphlet La Grande Peur des Bien-Pensants, il écrit: .« Je donnerais toute l’œuvre de Bernanos, y compris Le Curé de Campagne et l’admirable histoire de Mouchette pour ce livre mal fait, mal construit, plein de longueurs et de digressions, et parfois même, quoique rarement mal écrit * (p.320).Dans une note en bas de page, il se corrige en disant que cette préférence donnée au polémiste lui apparaît aujourd’hui « excessive ».« Excessive » seulement ?L’auteur me permettra de différer d'opinion avec lui.A mon avis les essais ne font pas le poids en face des romans; ils sont souvent durs, cruels même, écrits avec une passion partisane.Je suis incapable de relire Les Grands Cimetières sous la Lune, par contre.Le Journal d'un Curé de Campagne demeure à portée de ma main.Aucun romancier n’a montré avec une telle force l’action des puissances d’en-haut et d’en-bas sur les âmes.Nul écrivain n’a écrit des pages aussi belles sur le prêtre et le saint.Trois autres chapitres sont consacrés à Gide, Montherlant et Malraux.L’auteur connaît bien leurs œuvres et en parle avec intelligence.Ce qui frappe surtout chez cet écrivain encore jeune, c’est la maturité du jugement.Il est un critique passionné, ce qui est bien, mais trop subjectif peut-être.Hélas! la juste mesure est bien difficile à garder dans ce domaine.(!) BOISDEFFRE (Pierre de) METAMORPHOSE DE LA LITTERATURE.Tome I: De Barrés à Malraux.Paris, Editions Alsatia [1963J.543p.ill.(h.-t.) 19cm.Pour adultes BERNARD gïï-U * l*f « J’ai essayé de regarder toutes choses au Québec avec un regard neuf et accueillant, le regard sans complaisance de l’ami exigeant qui fait lucidement, sans illusions excessives, un acte de foi dans un printemps insolite.» (P.13-14) Tout ceci est très bien, mais ne me satisfait qu’à demi.Je le dis tout de suite, l’auteur a commis des bourdes facilement évitables avec un peu plus de précaution.Michel Ber- nard n’a peut-être pas surveillé assez ses fréquentations ?Nous en parlerons d’ailleurs à la fin.* * Ecrire l’histoire du Canada français c’est écrire en même temps l’histoire de son clergé, tellement le 228 LECTURES T1 rôle de ce dernier a été important.« Le rôle, les attitudes, les comportements divers du clergé du Québec, durant les deux derniers siècles, forment la matière de controverses passionnées.Reste que, sans lui, le Québec ne serait plus.Et si importants, si fondés soient les reproches que d’aucuns formulent aujourd'hui à l’égard de certaines attitudes historiques du clergé, les mérites l’emportent sur les torts.» (P.34) Si toute la partie de ce livre traitant du clergé et du comportement religieux des Canadiens français était de cette veine, il n’y aurait rien à redire.Mais il y a le revers de la médaille: l’auteur reprend la vieille rengaine sur l’influence janséniste au Canada français.« Ainsi se maintiennent depuis 1763, dans les traditions ecclésiastiques de la province, ce sentiment de pessimisme radical à l’égard de la nature humaine, cette peur du péché et de la damnation, qui remplacent en beaucoup d'âmes tout amour, et cette défiance foncière à l’égard de la liberté considérée comme une occasion de péché, qu’il s’agisse de la liberté de choisir ses actes ou de la liberté de penser.» (P.52-53) Personnellement je me refuse à croire à cette influence telle que présentée par l’auteur, de même qu’à cette hérésie dualiste qui a « perverti des multitudes au Canada français » (p.145).Michel Bernard ne fait d’ailleurs ici que reprendre les accusations lancées par Jean Le Moyne.Actuellement, il n'y a aucune étude historique sérieuse sur le sujet, et Dieu sait que l’histoire des idées est difficile à écrire ! Pourquoi alors Le Moyne, Michel Bernard et compagnie écrivent-ils de pareilles choses sans y mettre aucune nuance.On me dira que l’auteur n’a pas écrit un livre historique, mais simplement un essai.C'est vrai, mais il est un intellectuel, et comme tel, selon la belle expression employée par le P.Paul-Emile Roy dans son livre Les Intellectuels dans la Cité, il est un « créateur de lucidité ».Qu’est-ce à dire alors, sinon qu’il doit éclairer les esprits, et non les induire en erreur par des affirmations qui ne sont étayées sur aucune preuve.L’auteur consacre plusieurs pages au régime politique de feu Maurice Duplessis.11 fait un éloge du livre des abbés Dion et O’Neil, sur l’immoralité de nos mœurs politiques, publié après les élections de 1956.Loin de moi la pensée de minimiser la valeur et l’importance de ce livre, mais en toute justice il faut rétablir les faits.On ne l’a pas assez dit, ils ne furent pas les premiers à dénoncer ces mœurs déplorables.Au début du siècle, Henri Bourassa les dénonçait déjà avec une belle violence, parlant de la double conscience des individus.Plus tard en 1936, Son Eminence le cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, publia une lettre pastorale, « touchant certains faits publics survenus pendant la dernière période électorale ».Ce mandement fut lu dans les églises du diocèse, le 26 janvier 1936.Les pages les plus intéressantes du livre de M.Bernard sont celles consacrées à l'avenir politique du Canada français.A la question de savoir si l’indépendance du Québec est réalisable, l'auteur est très affirmatif: « Il faut répondre oui sans hésiter » (p.170).Mais M.Bernard a raison de se demander si les masses « sont assez mûres pour supporter sans faiblir la période critique qui suivrait l'indépendance » (p.174).Et d’ajouter aussitôt: «Il est certain que seul un immense, patient travail d'éducation peut donner au peuple la confiance, la lucidité, le courage nécessaire pour affronter tête haute son destin, quel qu'il soit » (p.174).Malgré les lacunes signalées, le livre de Michel Bernard est intéressant et bien écrit.Cette analyse du Canada français aurait été plus objective si l’auteur avait puisé ses renseignements à des sources diverses.Son information est unilatérale, il n’a entendu qu'un son de cloche.Je ne crois pas me tromper en disant que les gens qu’on appelle de gauche — catholiques ou non — ont largement inspiré la rédaction de ce livre.Je ne le leur reproche pas, mais je blâme Michel Bernard de n’avoir pas cherché des renseignements ailleurs.Il doit savoir pourtant que la vérité ne se loge pas uniquement à gauche.Bernard-M.MATHIEU, o.p.(1) BERNARD (Michel) LE QUEBEC CHANGE DE VISAGE.(Paris) Plon (1964).217p.19.5cm.Pour adultes Mai 1964 22 9 A Littérature canadienne b&lioqjiaphiyuuiA.Religion ' CLEMENT (Béatrice) LEGENDE DE NOTRE-DAME-DE-LIESSE.Montréal, Bel-larmin [1964], 31p.15cm.(Coll.Vivre, no 59) LE NORMAND (Michelle) LA STATUE DE SOEUR BOURGEOYS.Montréal, Bel-larmin [1964].32p.15cm.(Coll.Vivre, no 60) Pour tous Dans la collection Vivre, publiée aux Editions Bellarmin, deux tracts viennent de paraître, l’un pour raconter La légende de Notre-Dame-de-Liesse, l’autre pour évoquer l’histoire miraculeuse de La statue de Sœur Bourgeoys.Ce sont de bien charmants souvenirs historiques que rappelle Michelle Le Normand dans ce dernier tract et il est bon qu’ils soient portés à la connaissance d’un large public.Quant à la légende qui est à l’origine de la dévotion à Notre-Da-me-de-Liesse — dévotion qui est à l’honneur dans une chapelle du Gesù — elle est, si je ne m’abuse, assez peu connue.Béatrice Clément la raconte de façon à en faire saisir la saveur, sans oublier pour autant — ce dont nous lui savons gré — de faire le départ entre la légende et la réalité.Ces brochurettes méritent une large diffusion.R.L.Sciences pares et appliquées MELANCON (Claude) CHARMANTS VOISINS.Avec 66 dessins en noir par Jacques Bédard.Quatrième édition.Montréal, Editions du Jour [1964].255p.ill.20.5cm.Relié.Pour tous Il nous fait plaisir de signaler la réédition de cet ouvrage de Claude Melançon: Charmants voisins.Ceux qui l’ont lu savent qu’il s’agit là d’un livre aussi charmant que la gent ailée qui l’a inspiré.On n’y trouvera pas un aride et savant traité d’ornithologie, mais un recueil de petites monographies faciles et agréables à lire.On aurait, paraît-il, catalogué trois cent six espèces d’oiseaux dans le Québec ! Claude Melançon se contente de nous en présenter soixante-dix, choisis parmi ceux qui nous sont les plus familiers, ceux qu’une observation un tant soit peu attentive nous permettrait de découvrir au cours de nos séjours en pleine nature.En nous présentant ces « charmants voisins * l’auteur s’attache surtout à nous donner tous les éléments susceptibles de nous en faciliter l’identification, et il s’attarde avec un évident plaisir à dégager ce qui caractérise la « personnalité » de chacun d’eux.Ici et là, une réflexion pleine d’humour déride le lecteur, telle cette plaisanterie sur le carouge (mieux connu sous le nom d’étourneau à ailes rouges): « Il est malheureux que les Carouges ne sachent pas lire, car ils apprendraient de certains rapports savants, qu’ils préfèrent les graines de mauvaises herbes à celles des céréales.S’ils avaient un peu plus d’instruction, ils ne nous mettraient pas dans la dure nécessité de payer à l’automne, en coups de fusil, les services qu’ils nous rendent au printemps.Et ils nous laisseraient nous amuser, sans arrière-pensée, de leur discipline militaire et de leurs mœurs de bohèmes.» (P.247) Un livre qui fera la joie des naturalistes de tout âge et qu’on aura plaisir à parcourir lorsque les vacances, en nous ramenant en pleine nature, nous rapprocheront de nos « charmants voisins ».Rita LECLERC Littérature HAMELIN (Jean) LE THEATRE AU CANADA FRANÇAIS.Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1964.83p.ill.23cm.(Coll.Art, Vie et Sciences au Canada français, no 2) Pour tous Le deuxième volume de la collection Art, Vie et Sciences au Canada français, est consacré au théâtre et est dû à la plume de Jean Hamelin.On sait que ce dernier fut, pendant plusieurs années, le directeur des pages artistiques et littéraires du Devoir.230 LECTURES Nous trouvons dans cet ouvrage un tableau de nos principales troupes de théâtre, avec leur histoire et leur répertoire propre.Il nous fait plaisir de constater que ce tableau comporte un chapitre spécial consacré au Père Emile Legault et à sa fameuse troupe des Compagnons.On sait que ce prestigieux animateur qu’est le Père Legault a joué un rôle de tout premier plan dans le renouveau du théâtre chez nous, et il est juste qu’on le reconnaisse.En passant, l’auteur traite brièvement des réalisations du théâtre radiophonique et télévisé, il glose sur la valeur de la mise en scène dans les spectacles présentés chez nous, il énumère les différentes modalités de l’aide au théâtre, etc.Il s’attarde plus longuement, à la fin, à étudier les éléments les plus représentatifs de notre dramaturgie (Gratien Gélinas, Paul Toupin, Marcel Dubé, etc.).A lire cet ouvrage qui évoque l’une des formes les plus dynamiques de notre épanouissement culturel, on se dit que, s’il y a encore beaucoup à faire chez nous dans le domaine de la création d’œuvres canadiennes, par contre plusieurs de nos troupes de théâtre peuvent soutenir la comparaison avec les meilleures troupes européennes.Il importe de signaler que la présentation typographique de cet ouvrage — comme celle de tous les autres volumes de la collection d'ailleurs — est tout simplement splendide.Rita LECLERC LABROSSE (Jean-Guy) MA CHIENNE DE VIE.Montréal, Les Editions du Jour [1964].141p.19.5cm.Pour adultes On ne peut s’empêcher d’être ému à la lecture de ces confidences d’un jeune homme, lâchement abandonné de ses parents à sa naissance, — ce sont eux les plus coupables — et qui a passé les vingt premières années de sa vie sous la tutelle de l’assistance publique.C’est un réquisitoire écrasant.Sont mis en cause la société entière et le personnel des institutions qui ont charge des orphelins.Dans cette autobiographie d’un orphelin, exploité, brimé, élevé sans tendresse et dans l’ignorance, nombreux sont les griefs.Et le moindre n’est pas celui qui se dégage, de façon implicite, de ces pages écrites dans une langue désarticulée, à la graphie phonétique.Il est peu concevable qu’on n’ait pas réussi, en vingt ans, à inculquer le rudiment de sa langue maternelle à ce jeune homme doué, semble-t-il, d’un minimum de lucidité.Les faits que rapporte Jean-Guy Labrosse sont sujets à caution.Pour les juger sereinement, selon l’équité, il manque le témoignage des personnes incriminées.On aimerait entendre leur version.M.Jacques Hébert, ce chevalier sans peur — rallierais-je tous les suffrages, si je disais sans reproche ?— toujours prompt à voler au secours de l’opprimé, présente ce récit au public.Comme la « grosse dame » des Deux orphelines, on versera sans doute un pleur de commisération sur « la pauvre enfance délaissée » pour retourner ensuite, la conscience tranquille, vaquer à ses petites affaires.« Le monde, c'est comm' ça ! La misère en pièc, ça (vous) fait pleurnicher; mais quand c’est vrai, c’t une autre affaire ! .La vie, c’est ben mal emmanché ! » Yvan Mc DONALD SYLVESTRE (Guy) PANORAMA DES LETTRES CAN A DIENNES- FRANÇAISES.Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1964.77p.ill.23cm.(Coll.Art, Vie et Sciences au Canada français, no 1) Pour tous Cet ouvrage est le premier d’une série que publie, sous la direction de Mme Geneviève de la Tour Fondue-Smith, le Ministère des Affaires culturelles.Le but de cette collection est, semble-t-il, de tracer, dans ses grandes lignes, le tableau des différentes manifestations de la vie culturelle au Canada français.M.Guy Sylvestre qui traite ici de la littérature, était l’homme tout indiqué pour aborder un pareil sujet: critique littéraire serein, objectif et doué d’un goût sûr, auteur d’une excellente anthologie sur la poésie canadienne-française, bibliothécaire d’expérience à la bibliothèque du Parlement, à Ottawa, il était particulièrement bien préparé pour tracer ce panorama de la littérature canadienne.L’a-t-il fait à notre entière satisfaction ?Pas tout à fait.Sans doute.si l’on est peu au courant de la littérature canadienne-française on appréciera ce tableau qui, même s'il est très succinct et comporte une bonne part de nomenclature, se lit cependant très bien et offre une vue assez fidèle, dans l’ensemble, de notre production littéraire.Mais si l’on connaît assez bien déjà cette littérature, certains détails nous irriteront quelque peu: dans ce cas, on s’étonnera de l’arbitraire qui a présidé à telle association d’ouvrages (v.g.Ic livre de Barbeau: Un poète luciférien, Léon Bloy, associé au livre du Père .Gagnon, L’homme d’ici), à telle nomenclature d’œuvres (v.g.avant d'écrire Les abîmes de l’aube, J.-P.Pinsonneault avait publié Le Mauvais pain), à tel choix de revues (pourquoi mentionner des revues comme Liberté et Parti pris, quand on passe sous silence tant d’autres auprès desquelles elles ne font pas le poids ?) Il est possible cependant qu’une rédaction un peu hâtive explique ces lacunes, somme toute assez légères.Dans l’ensemble ce Panorama est bien fait, et à qui n'est pas très familier avec notre littérature, il offre un aperçu intéressant et valable.Rita LECLERC Mai 1964 231 Littérature étrang Religion , SACREE CONGREGATION DES RELIGIEUX VOCA TIONS RELIGIEUSES ET MONDE MODERNE.Paris, Editions Saint-Paul II963J.352p.21.5cm.Pour tous, mais spécialisé Sous les auspices de la Sacrée Congrégation des Religieux et de l’Oeuvre pontificale des vocations religieuses, un Congrès international s’est tenu à Rome en décembre 1961, dont le thème d’études était le suivant: « Les vocations aux états de perfection dans le monde d'aujourd'hui ».Ce sont les actes de ce Congrès que réunit le présent volume.Les communications des conférenciers étaient distribuées d’après la division suivante de la matière étudiée: situation, doctrine, action.Elles ont été présentées par des auteurs renommés, et elles ont été introduites par les directives et les vœux de S.S.Jean XXIII, ainsi que par une allocution de S.Em.le cardinal Valerio Valeri, alors Préfet de la Sacrée Congrégation des Religieux.Cet ouvrage constitue un ensemble de documents autorisés sur les problèmes doctrinaux et pastoraux relatifs aux vocations, à leurs méthodes de recrutement et d’orientation.Ovila MELANÇON, c.s.c.PILOTE (Georges-Renaud) GUIDE DE CONSULTATION DES DISCOURS DU PAPE PIE XII.Ottawa, Editions de l’Université d’Ottawa, 1963.348p.25cm.Pour tous, mais spécialisé Il fallait à l’auteur une patience extraordinaire et un amour pro- fond de la doctrine de S.S.Pie XII, pour préparer un Guide aussi détaillé et aussi pratique.Après avoir indiqué la structure et l’utilité de ce Guide, l’auteur signale les ouvrages auxquels il réfère.Ensuite, dans une première partie, il fournit la liste des discours du Souverain Pontife par ordre chronologique.Mais la deuxième partie est de beaucoup la plus considérable, car elle expose, par ordre alphabétique, tous les sujets traités avec les références correspondantes.La troisième partie groupe le« messages du Pape selon les pays auxquels ils étaient destinés.Dans la dernière partie, se rencontrent des fiches de renvoi, qui permettent de retrouver des sujets connexes qui ne paraissent pas sous le même titre dans la deuxième partie.Et pour terminer, nous avons un index des noms de personnes et un autre pour les noms de lieux.Ce volume ne reproduit pas les textes des discours pontificaux, mais il permet de les retracer très facilement dans les ouvrages auxquels renvoie le Guide.Par cet ouvrage, l’auteur offre un instrument de travail très précieux, à tous ceux qui veulent s’alimenter à la pensée exceptionnellement lumineuse de S.S.Pie XII.Ovila MELANÇON, c.s.c.Littérature AUCOUTURIER (Michel) PASTERNAK PAR LUI-MEME.[Paris] Editions du Seuil, 1963.189p.ill.18cm.(Coll.Ecrivains de toujours, no 66) Pour tous Boris Pasternak (1890-1960) a connu la renommée mondiale par son roman, Le Docteur Jivago, et ère par l’attribution du prix Nobel, le 23 octobre 1958.Sans s’attarder aux détails biographiques, M.Michel Aucoutu-rier, qui est un traducteur des œuvres de Pasternak, nous révèle surtout un aspect de l’écrivain moins connu des Occidentaux: l’artiste, le poète, celui qui s’est affirmé le plus grand poète de son pays.L’A.met en vedette la haute conception de la poésie, l’originalité de l’inspiration, la valeur de l’expression verbale qui, dans la patiente évolution de l’art, sera une perpétuelle conquête de la simplicité.Il donne, en spécimens, plusieurs poèmes, qu’il a traduits lui-même.Avec sympathie, il plonge à l’intérieur des principales œuvres de Pasternak, telles que Ma soeur la vie, Haute maladie et Le Docteur Jivago.Ce dernier ouvrage est un habile mélange d’histoire contemporaine, de vérité autobiographique et de fiction.Il contient une critique du marxisme qui certes n'a pas plu aux dirigeants soviétiques.Toute l’œuvre de Pasternak est en quelque sorte un hymne à la révélation de la vie.« Etre fidèle à la vie, c’est être fidèle à soi, et c’est pourquoi Pasternak pourra s’abreuver à tant de sources diverses sans jamais cesser d’être lui-même.Il reconnaîtra, après celle de ses parents [un peintre et une musicienne], l’influence de Scriabine, de Tolstoï, de Blok, de Maïakovski.Il sera tour à tour symboliste et futuriste, poète socialiste et romancier chrétien.Mais à travers ces miroirs et sous ces étiquettes, on ne distinguera jamais que son propre visage.Sous d’apparentes ressemblances, nul ne sera jamais plus différent de ses modèles.Sous une apparente docilité, nul ne sera jamais plus indépendant.Etre fidèle à la vie, c’est enfin se renouveler sans cesse, et c’est pour cela que Pasternak ne cessera de croître sans jamais varier.Car s’il est vrai que, d’un bout à l’autre de sa vie, « Pasternak est resté Pasternak », si l’on saisit, à travers toute son œuvre, la 232 LECTURES permanence d’un germe, la constance d’un mouvement, l’originalité d’une attitude, on mesure aussi l’écart qui sépare le grand arbre majestueux du Docteur Jivago, plongeant ses racines dans le sol de la Russie et offrant son feuillage au vent de l’histoire, du plan vigoureux de Ma sœur la vie, resplendissant de fraîcheur et de jeunesse sous les orages bienfaisants de l’été 1917, et déjà accompli dans la plénitude de sa forme singulière.» (P.8s) Cette fidélité à la vie et à l’art a fait de Pasternak un écrivain apolitique.Mais, en un pays où pèse inexorablement la volonté du parti communiste, où s’impose l’art engagé de l’Union des écrivains soviétiques, cette indépendance lui a attiré bien des difficultés, des malentendus, des souffrances, au point qu’il dut même refuser le prix Nobel pour ne pas encourir l’exil.C’est aussi cette fidélité à la vie qui explique son approfondissement religieux du sentiment de la vie: « la vie, dit-il, est symbolique parce qu’elle a un sens » (p.168s), elle trouve ses suprêmes valeurs dans l’art, dans l'immortalité des œuvres et des personnes.« Si le Christ a donné un sens à l'histoire, affirme M.Aucouturier commentant la pensée de l’écrivain russe, c’est en apportant à l’homme le témoignage de son immortalité.L’immortalité, dit Védéniapine dans Le Docteur Jivago (dont le nom signifie « vivant »), l’immortalité, cet autre nom de la vie, un peu accentué (ibidem).» L’ouvrage de M.Aucouturier constitue une excellente initiation à l’œuvre d’une écrivain sympathique, fidèle à lui-même et à la vie, et dont l’inspiration puise dans la nature, dans la spontanéité de la vie, dans le don de la parole vivante, dans l’expérience poétique; une telle inspiration caractérise la famille spirituelle dont fait partie un Rilke et, chez nous, un Saint-Denys Garneau.Romain LEGARE, o.f.m.RUDEL (Yves-Marie) L'ELEMENT FEMININ.Roman.[Tournai] Casterman, 1963.212p.19cm.Pour tous Une intense poésie se détache de la terre bretonne.Le profane et le sacré se mêlent dans un monde d'idéal et de fantastique.Le christianisme n’a pu détruire l'héritage druidique: il ne l’a que transformé.Il a donné une autre valeur à ce qui existait déjà.Les assemblées druidiques devinrent les « Pardons », les fées et les enchanteurs furent remplacés par les saints et les saintes.Il n'y a pas que ce côté de mystère et de sacré qui caractérise la Bretagne.Il y a encore son paysage, sa situation géographique.Balayés par le vent et la mer, les rochers sont là, dressés, protégeant contre les éléments les vies qu’ils cachent derrière eux.Connaissant bien tous ces aspects de ce coin de France, on comprendra mieux L’Elément féminin d'Yves-Marie Rudel.C’est un roman typiquement breton.Armel-le, orpheline, élevée par une veuve profondément chrétienne, vient à souhaiter d’être délivrée de cette tutelle devenue insupportable.Voulant aussi se venger d’un amour dédaigné, elle va jusqu’à prier le ciel d’amasser le malheur sur la tête de ses adversaires.Parmi ces populations proches du passé par leur fidélité à la légende, certaines gens croient qu’el-les peuvent influencer la vie d’autrui et même la changer par des pratiques de magie.En plein XXe siècle, il est étonnant de voir que certaines personnes puissent croire en ces puissances occultes.Un climat de fantastique et d’irréel entoure ce roman.Tout au long du récit, un ami de vieille date sera aux côtés d’Armel-le pour recevoir ses confidences.Journaliste à Rennes, tous les étés, il revient dans ce petit village de L.Il aime Armelle qui semble ignorer ou qui veut ignorer cet amour.Elle en fait un jeu cruel dont l’issue demeure déconcertante.Mais ce roman ne se limite pas à ces deux personnages.Il enclôt tout un paysage marin et ceux qui le hantent.Nous retrouvons la vie intérieure d'un village dont les habitants, refermés sur eux-mêmes, n’ont comme seuls moyens d’évasion.que la mer et l’alcool.La vie y est très dure.On gagne chèrement son pain.Comme on dit parfois au cinéma: qu'il s’agit d'un film de dialogues, on peut dire de L'Elément féminin, qu'il est un roman de dialogues.Les phrases sont très courtes mais n’en sont pas moins substantielles.Se connaissant très bien les uns les autres, les habitants de L.psychologues et clairvoyants, n’ont besoin que de quelques mots pour se comprendre.L’atmosphère compte autant, sinon plus que l’action dans ce livre d’Yves-Marie Rudel.Sans ce contexte breton, ce serait tout différent, tant le pittoresque et le mystère donnent une orientation nouvelle et inusitée.L’Elément féminin n’est pas une grande étude psychologique, mais il peut nous apprendre quelque chose sur ce pays de l’Armor.Louise LESSARD « Si un jour pouvait être mite au point et vulgarisée une méthode qui mette en pleine lumière l’influence des lectures sur le comportement des individus, on aboutirait à des résultats qui ne manqueraient pas de stupéfier tous ceux qui s’intéressent à la santé morale et spirituelle de leurs contemporains.Car il est curieux de constater la parfaite tranquillité qui.dans ce domaine, habite les esprits ! Nous nous méfions du médicament étiqueté dangereux, du chien méchant, du feu, du gaz, des champignons.que sais-je encore ?Mais qui aujourd’hui prend garde à ses lectures ?Bien peu.Surtout pour soi.» Roger Lavialle (Presse-actualité, janv.1964, p.28) Mai 1964 233 :¦ it fidieftoiuiic de ûemveMe, RAILLON (Madeleine) LE BONZE BLANC.Illustrations de René Feuillie.Paris, Editions Fleurus (1963).123p.ill.18cm.(Coll.Mission sans bornes) Relié.Pour jeunes Poursuivant son but, celui de présenter aux jeunes les pionniers de l’Eglise en terre païenne, on a enrichi la collection Mission sans bornes d’un nouveau titre: Le bonze blanc.Ce bonze, c’est Mathieu Ricci, jésuite italien, qui pendant trente années lutta héroïquement pour établir le règne du Christ en terre chinoise.Alors que tous les habitants de Lisbonne assistaient au départ de la flotte royale vers l’Orient, un enfant offrit au jeune père une alca-raza en terre brune, remplie d’eau fraîche, en disant: — Padre ! Padre ! Err.porte-la en souvenir de moi.Tu boiras de l’eau fraîche, Padre, pendant ton voyage ! Toute sa vie, le Père Ricci garda l’alcaraza et si la cruche ne contint bientôt plus d’eau pour apaiser la fièvre du missionnaire, le souvenir du simple geste d’offrande d’un enfant lui redonna bien souvent confiance.Histoire très belle que celle du bonze blanc mais d'un intérêt inégal pour de très jeunes lecteurs.Aussi, la lecture de cet ouvrage plaira-t-elle davantage à ceux qui approchent de l’adolescence.Les illustrations de René Feuillie rendent toutefois à merveille le pittoresque du récit.Denise HOULE BODSON (N.) et HOUART (G.) THOR1X.Le roman.d’un jeune Trévire.Bomal-sur-Ourthe, Editions Jean Petitpas [s.d.].127p.ill.17.5cm.Pour adolescents Les Trévires formaient en Gaule-Belgique, au Ve siècle, une tribu très importante.Thorix, le jeune héros de cette aventure, aventure tirée de la nuit des siècles, se révèle au fur et à mesure que le récit avance, un garçon aussi généreux que brave et habile guerrier.C’est une page d’histoire que nous relatent les auteurs: l’époque où une horrible menace pesait sur les peuples gaulois.En 450, en effet, Attila et ses Huns avaient déjà ravagé une partie de l’Europe.Les péripéties s’enchaînent avec bonheur pour la curiosité sans cesse accrue du lecteur.Les adolescents tireront un grand profit culturel de cette lecture et y puiseront de belles leçons de courage.Denise HOULE BULIARD (Roger) FALLA.Illustrations de Chi-ca.Adaptation faite pour les jeunes par Monique Amiel.Paris.Fleurus (1963].125p.ill.18cm.(Coll.Mission sans bornes) Relié.Pour jeunes Cette adaptation du célèbre Inuk passionnera garçons et filles à partir de 12 ans.Aucune intri- gue ne lie les chapitres les uns aux autres; ce n’est pas un roman mais un documentaire, une évocation franche et sympathique de la vie et des mœurs des esquimaux.Sans emphase, ces pages racontent aussi l’héroïsme des Oblats qui séjournent parmi eux.Langue, climat, habitat, nourriture: tout diffère de ce que le missionnaire a connu jusqu'alors.Mais sa plus grande souffrance n’est-elle pa's la solitude ?L’isolement de l’occidental cultivé, du prêtre seul au bout du monde au milieu de tribus encore primitives et souvent hostiles.Seizième volume paru, Falla donnera le goût, à ceux qui ne l’ont pas déjà fait, de lire Le Cercle enchanté, roman de Denyse Renaud, un des premiers titres de cette excellente collection, et qui plaira aux jeunes à partir de 9 ans.On souhaite à Mission sans bornes un succès qui permette aux éditeurs de s’offrir — et d’offrir aux lecteurs — le luxe de meilleures illustrations.Jusqu’ici, les dessins sont, en général, plutôt quelconques.Marcel CLERMONT VERITE (Marcelle) SALADELLE.(Paris] Desclée de Brouwer (1963].148p.ill.18.5cm.(Coll.Belle humeur, no 105) Relié.Pour jeunes Toni et Gabiette, enfants d'un braconnier et d’une gitane, apprivoiseront-ils Saladelle, jument sauvage de Camargue ?Histoire jolie.234 LECTURES T vibrante de chaleur humaine.Captivé, on partage les déplaisirs et l’allégresse des deux bambins.D’autre part, le sens de maintes répliques, même l’aspect du paysage échappent parfois au lecteur, dérouté par l’abondance de termes incompréhensibles pour qui n’a pas séjourné en Camargue.11 faudrait un lexique pour expliquer: sansoui-res, muges, abrivades, gachole, rou-bine, pharier, anoubles, et une infinité d’autres mots pour la plupart introuvables au dictionnaire.De plus, se fiant à un style qui court, à un dialogue vif et naturel, l’auteur ne soigne pas le français de son roman; négligence regrettable dans un livre pour la jeunesse.Elle ponctue souvent au petit bonheur et accumule les assonances malheureuses; par exemple: .répété .l’oublier .Montpellier .(p.56); .rapidement au courant des événements (p.130), et ainsi de suite.On a l’impression de lire un premier jet; splendide, mais premier jet quand même.A cause du dépaysement, par trop sensible, il semble que nos petits Canadiens, en général, ne s’intéresseraient pas à ce livre.Béatrice CLEMENT MATUTE (Ana Maria) LE CRIQUET D’OR.Traduit de l’espagnol par Antoinette Bloch et Marcelle Vérité.Imagé par Colette Fovel.[Tournai] Casterman, 1963.61p.ill.23.5cm.(Coll.Plaisir des contes) Relié.SAINT-PIERRE (Michel de) ( TROIS DE LA FLIBUSTE.Imagé par Henri Faivre.[Tournai] Casterman, 1963.56p.ill.23.5cm.(Coll.Plaisir des contes) Relié.Pour enfants Le Criquet d’or, album de choix.Des dessins d'une grande délicatesse illustrent à ravir cette féerie, si bien qu’on oublie quelques imperfections de détail.Yungo n’a pas de voix, « on la lui a volée le troisième jour de sa naissance ».Avec son ami le criquet et une guitare qu’il achète au marché de Grand-Village, le petit garçon part à la recherche du Pays Merveilleux et de sa voix perdue.En cours de route, la guitare lui vaut la sympathie de tous ceux qui l’entendent; le criquet le conseille et le guide, lui enseigne à redonner confiance aux découragés.Ici, malheureusement, une réserve s’impose.Nier une infortune réelle, peindre sous des couleurs trop flatteuses un avenir incertain frise le mensonge — toujours mauvais, quelle que soit l’excellence de l’intention — et risque de provoquer une désillusion encore plus grande chez celui qu’on voulait secourir.L’optimisme du criquet devrait toujours ressembler à celle des pages 43 à 46.Les mamans qui liront cette ravissante histoire à leurs tout-petits auront soin de faire la rectification qui convient.Conte poétique, parfaitement accessible au bambin de 7-8 ans, si on sait le lui lire, Le Criquet d'or contient une pensée qui l’enrichira encore à l’âge de l’adolescence.* * * Le moniteur Guénolec se promet de faire, des bonshommes d’une douzaine d’années qu’on lui a confiés pour les vacances, des moussaillons sans peur.Il les initie à la manœuvre d’un voilier et, les jours de pluie, leur raconte des histoires de pirates.Lorsqu’un croiseur jette l’ancre au large (p.28), un trio audacieux s’en va, à l’insu du moniteur et contre ses ordres, « prendre le croiseur à l’abordage ».On fait visiter le navire aux « trois de la flibuste »; mais quand Guénolec arrive à son tour avec les autres, on renvoie les insoumis à terre, à la rame, tandis que leurs petits camarades se régalent d’un goûter au champagne.Les garçonnets de 9-10 ans s’amuseront peut-être de cet album abondamment illustré; ils ne s’enrichiront guère en le parcourant, vu l’absence d'une intrigue amorcée dès le début, le ton et le vocabulaire pas toujours de leur âge, le fond assez quelconque et les dessins à l’allure plutôt commerciale.Les mamans qui craignent pour leurs enfants le récit des tortures de nos martyrs canadiens hésiteront devant ce livre où il est beaucoup question de pendaison et autres agréments de la sorte.Ainsi, au sujet de tel flibustier, on lit (p.23): .« il décapita au sabre vingt prisonniers à la queue leu leu et se barbouilla de leur sang.[.] Fait prisonnier [.] il fut tué, rôti et fumé sur un boucan, comme les flibustiers le faisaient pour les boeufs et les cochons.» Béatrice CLEMENT FORTIER-LEPINE (Colette) LES CONTES DU LORIOT.Illustrations de Marc Harvey, 11 ans.Montréal, Centre de Psychologie et de Pédagogie [1963], 76p.ill.22cm.(Coll.Le canoë d'argent) Relié.Pour enfants Voilà un livre qui eût ravi le regretté Frère Marie-Victorin ! S'inspirant des données de la botanique et de l’entomologie, Colette For-tier-Lépine raconte des contes savoureux où l’on ne sait ce qu'il faut admirer le plus: le charme de l’affabulation, l’ingénieuse fantaisie des noms de personnages, la richesse et la précision du vocabulaire et la pureté de la langue, l’heureuse exploitation des sciences naturelles.Un seul regret à formuler sur ces Contes du Loriot: les éducatrices auraient sans doute apprécié y trouver une page d’explication sur certains noms scientifiques peu connus (v.g.cercéris), ainsi que des renseignements sur les données réelles qui ont servi de base aux contes (v.g.l’étrange comportement d’une plante aussi curieuse que la sarracénie).Notre littérature enfantine ne nous offre pas souvent des ouvrages de cette classe.Rita LECLERC { Mai 1964 235 HOULE (Denise) LA MAISON QUI CHANTE.Dessins de Louis Chambe-fort.Montréal, Centre de Psychologie et de Pédagogie [1964].59p.ill.22cm.(Coll.Le canoë d’argent) Relié.Pour enfants Après Les confidences de Lucie, Denise Houle publie cette fois un album pour les enfants.Le texte, qui s’inspire des jeux familiers aux enfants qui vivent dans un foyer heureux, est simple, agrémenté de ce rien de fantaisie et de poésie qui le rendra très savoureux aux petits à qui on en fera la lecture.Dommage qu’il soit, en maintes pages, desservi par d’affreux dessins ! R.L.PA1RAULT (Suzanne) UN AMI IMPREVU.Illustrations d’Albert Chazelle.[Paris] Hachette [1963].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 255) Relié.Pour jeunes Liselotte, Parisienne de 14 ans, fait la connaissance d’un jeune Pakistanais qui s'ennuie dans la villa de Neuilly qu’il habite — où il se terre, plutôt — provisoirement.Car des bandits guettent l’occasion de l’enlever pour faire chanter son père.Grâce à Liselotte, Kémal sera délivré au moment où le rapide de Gênes l’emmenait, captif.Un sujet banal aux péripéties par trop invraisemblables, de menus incidents qui n’ajoutent rien à l’intrigue, beaucoup d’importance accordée à certains détails, de longs dialogues qui sentent le remplissage.voici un livre qui manque vraiment d’intérêt.Claire, 8 ans, petite sœur bavarde, raisonneuse, indiscrète, agace ses aînés.L’auteur a — malheureusement ! — si bien campé son personnage que la fillette agace tout autant le lecteur.Aucun trait, bon cœur, espièglerie désarmante, ne rachète la gamine; elle est déplaisante, sans plus.A la page 57, une circonstance extérieure tran- che le cas de conscience de Liselotte.Que l’adolescente ait su trouver elle-même la solution de sa difficulté, cela eût été plus enrichissant.Des bibliothécaires consultées m’assurent que leurs lecteurs de dix ans environ aiment bien plusieurs livres de cet auteur, notamment la série des Véronique.Dans une production considérable, rien d’étonnant qu’un titre n’ait pas la valeur des autres.Alex COURSOLLES CORRIVEAU (Monique) LES JARDINIERS DU HIBOU.Illustrations de Guy Paradis.Québec, Editions Jeunesse [1963].134p.ill.18.5cm.(Coll.Brin d’herbe) Pour jeunes Comme pour tous les volumes de la collection Brin d’herbe, des abonnés de bibliothèques publiques ou collégiales donnent, sous forme de lettre à l’auteur et en toute franchise, leur appréciation du roman, qu’ils ont lu à l’état de manuscrit, donc sans l’attrait qu’ajoute l’illustration et une présentation agréable.Citons quelques lignes des « critiques » de trois lectrices de la Filiale Laviolette de la Bibliothèque des Trois-Rivières, âgées de 12 ans, et d’un lecteur de 11 ans de la Bibliothèque du Collège des Jésuites, de Québec.Nicole Hébert: Ce roman m’a passionnée.La ruse d’Hubert, l’au- dace de Luc, la fermeté d’André et la confiance de Jacqueline, tout cela donne une leçon de bravoure.Suzie Moreau: J’ai aimé particulièrement le commencement du chapitre « Voyage à Québec ».Vous décrivez avec tant de charme la petite gare, la locomotive, les gens qui attendent le train.Francine Gélinas: Pour «mouve-menter * le « programme », le débutant détective prend comme co-opérateur un garçonnet de six ans qui joue très bien son rôle.Le tout se passe dans un décor charmant: une île, un chalet bleu, un village québécois.Louis Casgrain: Je trouve ce livre presque parfait.Certaines phrases du début m’ont paru mal faites.Mais l’intrigue, bien tramée, nous contraint à lire jusqu’au bout.Les personnages sont bien choisis, décrits, animés.On trouve en fin de volume les textes dont j’ai extrait ces passages.On voudra sûrement lire le livre pour la joie de connaître le secret de Luc, et on sera certainement d’accord avec les jeunes lecteurs.Monique Corriveau est un auteur à qui on peut confier ses enfants en toute confiance.Les illustrations, de la plume d’un artiste de talent d’une grande sensibilité, sont inégales.Aux extrêmes, notons la réussite de la p.48 et le manque de proportion des personnages de la p.24.La très jolie couverture n’est pas assez « jeune » pour la majorité des lecteurs de cette collection.Béatrice CLEMENT -ERRATA- Dans le dernier numéro de LECTURES, il s’est glissé des erreurs que nos abonnés voudront bien corriger: — A page 210, la recension qui figure dans la deuxième colonne s’applique non pas seulement au livre de Claude Moiran (Jeanpi et le bébé singe), mais aussi à un autre livre de la même collection: Lili et son loup de Marguerite Thiébold.Et c’est la cote « pour enfants » et non pas « pour jeunes » qui convient à ces deux ouvrages.— A page 211, la recension de la troisième colonne ne traite pas seulement du livre d’Olivier Sécban (Trois cousins dans un moulin), mais aussi d’un autre livre également de la même collection: On a volé les chevaux de bois de Claude Cénac.Là aussi, il faudra remplacer la cote « pour jeunes » par celle-ci: « pour enfants ».2 36 LECTURES t ^ N ^ Ml ^$5 • ' '*$« Philosophie CHARON (Jean E.) D« temps, de l'espace et des hommes.Paris, Editions du Seuil [1962], 169p.20.5cm.EN COLLABORATION Essai sur Teilhard de Chardin.Paris, Arthème Fayard [1962].216p.19 5cm.(Coll.Recherches et débats, no 40) HARTUNG (Henri) Unité de l’homme.Paris, La Colombe [1963].219p.21cm.(Coll.Sciences et techniques humaines, no 3) JOLI VET (Régis) Les activités de l'homme et la sagesse.Lyon, Emmanuel Vitte, 1963.135p.21cm.(Coll.Centre d'Etudes de Carthage.cahier no 2) LALOUP (Jean) Le temps du loisir.Essai.[Tournai] Casterman, 1962.231p.19.5cm.SILVAIN (René) Les origines de la pensée moderne.Trilogie de la civilisation occidentale, vol.1.Paris, La Colombe [1963].407p.21cm.WETTER (Gustave), s.j.• Le matérialisme dialectique.[Bruges] Desdée de Brouwer [1962].661p.21.5cm.(Coll.Textes et études philosophiques) Relié.Religion EN COLLABORATION En état de concile.Numéro spécial de Laïcat et Mission octobre 1962.[Montréal, Action catholique canadienne] 1962.[64p.] 21.5cm.EN COLLABORATION Dix-septième dimanche après la Pentecôte.[Bruges] Bi-blica [1963].106p.20.5cm.(Coll.Assemblées du Seigneur, no 71) EN COLLABORATION Onzième dimanche après la Pentecôte.[Bruges] Biblica [1963].114p.20.5cm.(Coll.Assemblées du Seigneur, no 65) ESTIENNE (Yvonne) Rendez-vous avec la joie.Genval, Editions Marie-Médiatrice [1963].87p.18cm.FISCHER-WOLLPERT (R.) Qui mange ma chair.Sermons eucharistiques.Traduit par l'abbé René Virrion.Mulhouse, Editions Salvator, 1962.149p.19cm.(Coll.La Prédication nouvelle) GAILLARD (Pierre) Accueillir Dieu ou les voies de la prière.Vol.2.Paris, Editions Fleurus [1963].77p.16cm.(Coll.Feuillets de vie spirituelle, no 46) HUNERMANN (G.) Le chandelier d'or.Le Credo raconté aux jeunes.Traduit par Yvonne Claude.Mulhouse, Editions Salvator, 1962.236p.19.5cm.LEGRAND (F.) Le Concile oecuménique et l'évangélisation du monde.Préface de Son Eminence le cardinal Suenens, archevêque de Ma-lines-Bruxelles.Mulhouse, Editions Salvator, 1962.142p.19.5cm.LOVASIK (Lawrence G.), s.v.d.L'Eucharistie dans notre vie.Vol.2: La communion fréquente.Traduit de l'anglais par G.Le Chapelier et Th.Vallin.Paris, Editions Saint-Paul [1963].158p.18cm.MOREAU (Abel) Ni croque-mort, ni sorcier.Sermons d'un curé de campagne recueillis par un de ses paroissiens.Paris, Editions Saint-Paul [1963].159p.18cm.NEDONCELLE (Maurice) Prière humaine, prière divine.Notes phénoménologiques.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962], 203p.18.5cm.(Coll.Textes et études philosophiques) PALANQUE (Jean-Rémy) et CHELINI (Jean) Petite histoire des grands conciles.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].311p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne) PLANQUE (D.) Votre foyer.Manuel du mariage chrétien.Namur, Editions AD.Wesmael-Charlier, 1962.133p.20.5cm.ROCHE (Eugène), s.j.Pauvreté dans l'abondance.Prospérité matérielle et pauvreté évangélique.[Tournai] Casterman, 1963.105p.20cm.THONE (Chanoine Paul) Mois du Très Précieux Sang.(Trente thèmes de lectures ou de méditations spécialement pour le mois de juillet).Genval, Editions Marie-Médiatrice [s.d.].144p.17.5cm.THONE (Chanoine Paul) Voici le cœur.Lectures ou méditations sur le culte du Sacré-Cœur, suivies d'une octave eucharistique.Genval, Editions Marie-Médiatrice [1963].128p.18cm.TOUILLEUX (P.) Réflexion sur le mystère de l’Eglise.[Tournai] Desclée & Cie [1962].220p.20.5cm.(Coll.Pastorale et Catéchèse) TRUC (Gonzague) Histoire des religions.[Paris] Spes [1962].474p.19cm.(Coll.Encyclopédie religieuse) VANDENBERGHE (Bruno H.), o.p.Nos Pères dans la foi.Bruxelles, Editions La Pensée catholique [1962].I 8p.19cm.(Coll.Etudes religieuses, no 758) VONCKEN (Chanoine M.) L’Eucharistie et nos fusillés.Genval, Editions Marie-Médiatrice [1963].108p.18cm.Sciences sociales BARBEAU (Raymond) La libération économique du Québec.Montréal, Les Editions de l'Homme [1963].157p.20cm.HOEFNAGELS (Harry) La Sociologie face aux « problèmes sociaux ».Préface de Raymond Aron.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].240p.21.5cm.(Coll.Textes et études philosophiques) SALLANTIN (Xavier) Essai sur la défense.[Bruges] Desclée de Brouwer [1962].188p.18cm.(Coll.Questions actuelles) SAUGE (Georges) Tu parleras au peuple.Présentation de Jean Damblans.Paris.Nouvelles Editions latines [1962], 189p 18 5cm SAURIOL (Paul) La nationalisation de l’électricité.Montréal, Les Editions de l'Homme [1962], 120p.20cm.Sciences appliquées BLOND (Georges et Germaine) Histoire pittoresque de notre alimentation.2 vol.[Montréal] Le Cercle du Livre de France [1961].232 et 26 lp 20.5cm.Mai 1964 237 EN COLLABORATION L’enfant malformé.Numéro spécial des Cahiers Laënnec, 22e année, décembre 1962, no 4.[Paris, Lcthielleux, 1962.] 79p.iÜ.(h.-t.) 23cm.STANKE (Alain) Pourquoi et comment cesser de fumer.Montréal, Les Editions de l'Homme [1964].94p.20.5cm.Beaux-Arts EN COLLABORATION Jeux et activités du bord de mer.Paris, Editions Fleurus [1963].173p.ill.15.5cm.(Coll.Animateurs) PREVOST (Arthur) Trois actes en une soirée.Montréal, Editions Princeps [1962], 123p.ill.20cm.Littérature BANNEROT (Hélène) La conjoncture.Roman.[Tournai] Casterman, 1962.220p.19cm.(Coll.Presqu'îles) CONTINO (Magda) Lorsque Sophie aima.Paris [Editions France-Empire, 1963].221p.18cm.(Coll.A la belle Hélène) CRESSANGES (Jeanne) La feuille de Bétel.Roman.[Tournai] Casterman, 1962.225p.19cm.(Coll.Presqu'îles) GANACHAUD (Guy) Des crevés et des morts.Roman.[Tournai] Casterman, 1962.250p.19cm.GO DO Y (Armand) Le drame de la Passion.Paris, Editions Bernard Grasset [1962].125p.ill.19cm.LE HARDOUIN (Maria) Rimbaud le transfuge.Paris, Editions Emmanuel Vitte [1962].185p.18.5cm.(Coll.Singuliers et mal connus) RAT (Maurice) AI on caniche Adour.[Tournai] Casterman, 1962.98p.ill.(h.-t.) 19cm.(Coll.Les bêtes et nous) Biographie LAURENT (Marie-Céline) Les malheurs de Dimitri.Paris, Desclée de Brouwer [1963].121p.18cm.(Coll.Intermède) RAVIER (André), s.j.Sainte Bernadette.Namur, Editions du Soleil Levant [1963] 188p.17cm.(Coll.Les écrits des saints) SALES (Lorenzo) Soeur Consolata Betrone 1903-1946.Un message du Christ à une contemporaine.Mulhouse, Editions Salvator, 1963.485p.19cm.• • • Un des vingt vous parle.Kongolo, le 1-1-1962.[Bruxelles, s.e.n.d.] 162p.ill.(h.-t.) 19cm.W1NOWSKA (Maria) Bâti sur pierre.Pierre Bonhomme 1803-1861.Lyon, Editions Xavier Mappus [1962].304p.ill.(h.-t.) 19cm.Littérature de Jeunesse BLYTON (Enid) Oui-oui au pays des jouets.Illustrations réalisées par Jeanne Hives.[Paris] Hachette [1962].123p.ill- 17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 111) Relié.BONZON (Paul-Jacques) Les orphelins de Simitra.Illustrations d’Albert Chazelle.[Paris] Hachette [1962].192p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 115) Relié.CATTIN (Etienne) L'Express du soir.Illustré par André Pec.Paris, Editions Bourrelier [1962].142p.ill.20cm.(Coll.Marjolaine) Relié.CENAC (Claude) Tu seras mon chevalier.Illustrations d'Albert Chazelle.[Paris] Hachette [1962].189p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 235) Relié.CHANDLER (Ruth Forbes) La ferme aux chinchillas.Texte français d’Alain Valière.Illustrations de Pierre Duteurtre.Paris, Gautier-Languereau, 1962.125p.ill.17cm.(Coll.Jean-François) Relié.DEMAISON (André) Poupah l’éléphant.Et autres histoires de bêtes qu'on dit sauvages.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1951].188p.ill.17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 239) Relié.DESTROY (Jean) La demeure et le feu.Récit.Paris, Editions Saint-Paul [1962].157p.18cm.DEULIN (Charles) Les trois pommés d'Orange.Illustrations de Fred Funcken.[Tournai] Casterman, 1962.107p.ill.19cm.(Coll.Mistral) DICKENS (Charles) Les aventures de M.Pickwick.Texte français de Vladimir Volkoff.Illustrations de Jean Reschofsky.[Paris] Hachette [1962].254p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 220) Relié.ESTACHY (Yvonne) Le mariage du soleil, et autres contes d'autrefois.Ilustra-tions de Françoise Estachy.Paris, Editions Bourrelier [1961].139p.20cm.(Coll.Marjolaine) Relié.FINLAY (Winifred) Tempête sur le Cheviot.Adaptation de’ Simone Garric.Illustrations de Pierre Belvès.Paris, Editions Bourrelier [1962].155p.ill.20cm.(Coll.Marjolaine) Relié.JAVELET (Robert) Jeux de la Terre et du Ciel.Avant-propos de Mgr Maurice Nédoncelle.Illustrations de Louis Bernard.Paris, Editions Saint-Paul [1962].127p.ill.18cm.KRANZ (Herbert) Perdus dans la jungle.T.2: Les justiciers du globe.Roman.Traduit et adapté de l'allemand par R.Lecordier.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Alsatia [1962].229p.20cm.(Coll.Rubans noirs, no 25) LAROM (Henry V.) Un poney des rocheuses.Traduit par Charlotte et Marie-Louise Pressoir.Illustrations de Henri Dimpre.[Paris] Hachette [1963].254p.ill.17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 118) Relié.LAVOLLE (L.-N.) Aventures sur le Nil.Illustrations d'Alain d'Orange.Paris, Gautier-Languereau, 1962.125p.ill.18cm.(Coll.Jean-François) Relié.MERRIEN (Jean) Drôle de croisière.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1962].251p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 215) Relié.MILNE (A.A.) Le meilleur des ours.Texte français de Pierre Martin.Illustrations de Noëlle Lavaivre.[Paris] Hachette [1962].191p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 109) Relié.MUR A Y (Jean) Noël pour une bergère.Illustrations de Philippe Daure.[Paris] Hachette [1962].187p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 108) Relié.PAIRAULT (Suzanne) Robin des bois et la flèche verte.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1962].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 234) Relié.PELLISSIER (Marcelle) Pat et Pouf.Mes diables aux yeux clairs.2e édition.St-Maurice, Editions St-Augustin, 1963.143p.ill.19.5cm.(Coll.Yves et Colette, no 7) RAYMOND Peter détective.[Montréal] L'Atelier [1961].181p.19.5cm.SAVILLE (Malcolm) Deux tresses blondes.(Two fair plaits).Traduit de l'anglais par Yvonne Girault.Illustrations de Françoise Bertier.Paris, Gautier-Languereau, 1962.120p.ill.(h.-t.) 18cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque de Suzette, no 47) Relié.VERT (Marie-Louise) Le bal des Etoiles.Illustrations de Françoise Dudal.Paris, Magnard [1962].188p.ill.(h.-t.) 21cm.(Coll.Fantasia) Relié.VOILIER (Claude)’ Celle qu'on retrouva.Illustrations de Jean Reschofsky.[Paris] Hachette [1962].189p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 232) Relié.238 LECTURES T HHI 1111!®*?JS EAUTÉS iP#f- r.H / —BB «i WM mmm « WÊHÊ^ÊM .mm Wr* r».Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Pour les ouvrages étrangers, cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d’Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.ARBELLOT (S.), La maison des dunes.B Roman policier.Un commissaire fait enquête sur un cadavre trouvé en mer.Histoire un peu décousue, d'un intérêt assez quelconque.AREGA (L.), Aucune trace .B Roman.Un ancien déporté d'un convoi de Juifs tente d'accomplir une promesse faite à un compagnon mourant.Ouvrage difficile et assez brumeux mais d’où émergent certains types attachants.Pour lecteurs cultivés.AUBIN (G.), Les hommes en suroît.B Roman qui évoque la vie des marins au cours des longs périples en terres lointaines.Ouvrage d’une certaine valeur, écrit en un style coloré, mais qui comporte des redites et des longueurs.BONNEVAL (A.), La rose nue.- D Roman.Histoire d'une fillette qui, ayant vécu au milieu d'une famille aux moeurs dissolues, en gardera l'empreinte dans sa vie adulte.Roman banal, plein d’invraisemblance, écrit d'une façon quelconque, et qui fait l'apologie de la vie sensuelle.BULLOCK (A.), Hitler ou les mécanismes de la tyrannie (2 vol.) .TB Réédition d'un ouvrage qui est considéré comme un classique sur la question de l’hitlérisme.Documentation très riche, jugements pondérés dans l'interprétation des documents.Illustrations très abondantes.CASTELOT (A.), Destins hors série de l’histoire B Recueil de 35 courtes biographies de personnages historiques tels que Charlotte Corday, Henry Dunant, le duc de Windsor, Chopin, Liszt, etc.Ouvrage de vulgarisation, facile à lire mais d'un intérêt inégal.CERET (J.), Les routes blanches.B Roman qui évoque un milieu de chiffonniers où se déroule une histoire d'amour.Ouvrage écrit avec Mai 1964 un certain talent mais dont la lecture est rendue difficile par le passage continuel du rêve à la réalité.Récit plein de charme et de poésie.Pour lecteurs cultivés.CESBRON (G.), Journal sans date.B Recueil de pensées jetées sur le papier, au fil des jours ou des événements les plus divers.Le très bon voisine avec le médiocre.Quelques affirmations discutables.Mais l'ensemble témoigne d'un coeur vraiment chrétien.DELMER (S.), Opération radio noire.B Récit historique qui révèle les dessous de la guerre psychologique entreprise par les radios clandestines alliées.Celles-ci s’étaient assigné pour tâche de semer le doute et la division chez les Allemands, et cela par tous les moyens.Ouvrage intéressant au point de vue historique.GRIBBLE (L.), Ce que femme veut.B Roman policier.Un policier tend un piège qui amènera la capture de trois criminels.L’intrigue est compliquée, mais le roman a de l'atmosphère et certains types sont très amusants.JANSSENS (J.), Joséphine de Beauharnais et son temps .B Biographie qui retrace l'enfance et la jeunesse de Joséphine, qui raconte son premier mariage arrangé par sa famille et qui se termina par un échec, puis sa rencontre avec Bonaparte.Peinture objective, appuyée sur de solides références.L’auteur se montre très indulgent pour les aventures amoureuses de la jeune femme.JONES (J.), Mourir ou crever.D Roman psychologique.Tableau d'une unité combattante en période de guerre.Le propos de l'auteur est d'étudier le phénomène de la peur: les réactions des hommes en face d'elle, comment ils s’en accommodent ou l'oublient.Evocation faite avec talent.Mais l'auteur peint le tableau trop en noir, 239 et il s'attarde trop sur les aberrations sexuelles qui ont cours parmi les militaires.JOSSELIN (Y.), Un agent bien tranquille .B Roman policier.Envoyé à Moscou pour favoriser l'évasion d'un jeune Russe, un jeune fonctionnaire, ignorant tout du complot, connaît les aventures les plus inattendues.Roman bien construit, plein d'humour et de pittoresque.LAFFITTE (S.), Tchékhov, 1860-1904 .TB Ouvrage qui est à la fois une biographie et une étude littéraire de Tchékhov.Ouvrage très vivant, très documenté, bien écrit et qui témoigne chez l'auteur d'une grande finesse d'analyse.Pour lecteurs cultivés.LAFUE (P.), La vie quotidienne des cours allemandes au XVIIIe siècle .Ouvrage historique.L'auteur évoque ces cours allemandes qui, au XVIIIe siècle, constituaient une poussière d'Etats.Ouvrage spirituel et pittoresque que liront avec plaisir les amateurs de livres historiques.LANG (M.), Troisième étage, porte à droite .B Roman policier.Un commissaire qui loge dans une maison bourgeoise de Stockholm est amené à faire enquête auprès de ses colocataires pour découvrir le secret d'un assassinat.Intrigue bien construite, personnages pittoresques et attachants.Roman policier qui sort de l’ordinaire.LEBRUN (M.), Attention au barracuda!- B?Roman policier.Un jeune comptable risque de devenir la victime d'un brillant escroc et est sauvé de justesse par un journaliste.Aventure remarquablement contée mais qui ne convient qu'aux lecteurs formés.MALICET (T.), Debout, frères de misère-TB Chronique de la vie quotidienne d’une famille ouvrière, la famille de l'auteur.Ouvrage de valeur qui donne un tableau très attachant de la condition ouvrière.MARSH (J.), Les prisonniers de Vile aux mouettes .TB Roman policier.L'un après l'autre, quatre Anglais échouent sur une île au nord de l'Ecosse et sont faits prisonniers par une bande d'espions soviétiques à ui ils donnent beaucoup de fil à retordre.Roman aventures très captivant et fort bien construit.MONGREDIEN (G.), Colbert, 1619-1683 .B Biographie qui évoque l'œuvre de Colbert et qui met surtout en lumière les ressorts cachés souvent contradictoires de cet homme ambitieux et avide, mais voué sans réserve à la grandeur de la France.NORBU (T.D.), Tibet, patrie perdue.TB Reportage.Frère aîné du Dalaï-Lama, T.D.Norbu a confié ses souvenirs à l'explorateur autrichien Har-rer.Ce dernier les publie pour rétablir la vérité sur un sujet trop souvent déformé.Intéressant récit qui nous fait entrer dans l’intimité de la vie tibétaine et qui nous donne de pittoresques relations de voyage.PERROD (P.-A.), L’affaire Ledru, la robe de la Défense .B Ouvrage qui exhume un dossier historique.Il s'agit de la radiation du Barreau, en 1846, de l’avocat Charles Ledru, par une conjuration de la magistrature et de la politique.Ouvrage sérieux, mais passionnant et qui renseigne sur les mœurs de la magistrature au XIXe siècle et le climat politique de l'époque.Pour lecteurs cultivés.SUMMERTON (M.), Fini de jouer.B Roman policier.Histoire classique d'un enlèvement d'enfants avec ses rebondissements habituels.Ouvrage bien écrit et non dénué d'intérêt.SUYIN (H.), Les quatre visages .D Roman de mœurs.Dans le cadre d’un congrès qui réunit au Cambodge une Société d'écrivains neutra- listes, des inrtigues politiques, commerciales et amoureuses se nouent.Roman touffu et embrouillé dont tout l’intérêt réside dans le tableau qu’il donne de la lutte d'intérêts opposés, telle que l’actualité nous en offre souvent l'échantillon.Ouvrage amoral où les questions sexuelles tiennent une place abusive.Pour lecteurs très avertis et cultivés.SIGNIFICATION DES COTES M C’est-à-dire mauvais: livres à proscrire.Les livres qui tombent sous les lois générales de l’Index sont cotés mauvais.Tous les livres à proscrire ne sont pas mis nommément à l’Index; il suffit qu un livre tombe sous les lois générales de l’Index pour qu’on soit tenu, en conscience, de s’en interdire la lecture.D c’est-à-dire dangereux: livres qui peuvent être dommageables à la majorité des lecteurs, soit à cause des implications doctrinales plus ou moins fausses qu'on y trouve, soit à cause de la licence morale ui s’y étale, soit à cause d’une grave indécence ans les descriptions.B?c'est-à-dire appelle des réserves: ces réserves peuvent être plus ou moins graves.Cette cote s'ap-lique à des volumes qui sont sains dans l’ensem-le, mais dont quelques pages sont discutables, soit à cause des idées émises, soit à cause d'une certaine indécence dans les descriptions.B c’est-à-dire pour adultes: les livres de cette catégorie n'appellent aucune réserve, mais ne conviennent qu'aux adultes.Quoique irréprochable, un livre coté B pourrait présenter certains dangers pour les jeunes qui n’ont pas l'expérience de la vie.TB c'est-à-dire pour tous: livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.240 LECTURES « Auriez-vous une biographie de Geneviève Duhamelet, auteur du livre La petite fille d’en face, volume que nos élèves de 9e année doivent étudier durant l’année scolaire.Il nous est impossible de retracer cette biographie.» S.A.D.M.(Saint-Jovite) - — Tout ce que nous savons de Geneviève Duhamelet, c’est qu’elle est née à Paris, le 8 janvier 1890, quelle a été professeur dans l’enseignement public en France, vice-présidente du Syndicat des écrivains et fondatrice des Femmes de lettres catholiques.Elle a gagné le Prix de littérature spiritualiste.Son œuvre comporte bon nombre de biographies (v.g.Elisabeth Le-seur, Mozart, Sainte Bernadette de Lourdes, etc.) et des ouvrages destinés aux jeunes (v.g.Tout feu tout flamme, Rue du Chien-qui-pêche, etc.).* * * « Je voudrais obtenir des renseignements sur Adrien Thério et aussi sur ses œuvres.Je vous remercie à l'avance.» R.G.— Adrien Thério, pseudonyme d’Adrien Thériault, est né à Saint-Modeste (Rivière-du-Loup), dans la province de Québec, le 15 août 1926.Il a fait ses études au collège Saint-Alexandre (Limbour, Québec), au Séminaire de Ri-mouski, à l’Université d’Ottawa, à l’Université Laval, puis finalement à l’Université Harvard aux Etats-Unis.Il est actuellement professeur au Collège militaire royal de Kingston, en Ontario.Il a publié plusieurs ouvrages dont on trouvera la recension dans des numéros antérieurs de LECTURES: Les brèves années (voir le no de juin 1953), La soif et le mirage (no d'avril 1960), Jules Fournier (mai I960), Mes beaux meurtres (novembre 1961), Le printemps qui pleure (septembre 1962).-Aux collectionneurs de LECTURES________________________________ On peut dès maintenant se procurer un certain nombre de tomes reliés de LECTURES, nouvelle série, soit les années: — 1937-1958 — 1959-1960 — 1960-1961 — 1961-1962 — 1962-1963 Chaque tome se vend $5.00 net.Adressez vos commandes à: LECTURES Editions Tides 245 est, boul.Dorchester Montréal.Nous prions nos lecteurs de bien noter qu’il nous est impossible de répondre par une lettre personnelle à toutes leurs demandes de renseignements.Mai 1964 241 — Le sacrement du pardon.Disque préparé sous la direction du R.P.H.Ch.Chéry, o.p.Nombreux textes bibliques reliés par un commentaire limpide.Textes de Péguy, Claudel, Mauriac, du Curé d’Ars, de Sertillanges et de Marie Noël.Un livret accompagne le disque.(Disque JERICHO — Coll.Bible et liturgie, no 5.) — Sainte Lumière.Onze cantiques de Robert Jef.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — PM 25052 S) — Une journée au temps de Jésus.(Un soir de Pâques sur la route d’Emmaüs) Evocation faite d’après Daniel-Rops.(Disque UNIDISC — 30,105 S) — La Passion de Charles Péguy.Texte tiré du Mystère de la charité de Jeanne d’Arc.Interprète: André Maurice.(Disque UNIDISC — 30115 M) — Aujourd’hui Noël à Bethléem.Une histoire vécue à Bethléem par une petite sœur de la Communauté du Père Gauthier, Compagnons et Compagnes de Jésus-Charpentier.Interview de Sœur Marie Thérèse recueilli par H.N.Bonet et Jacques Nadal.(Disque JERICHO — JER — 601) — Lumière du monde.Textes bibliques dits par R.Salvator-Catta.Introductions par l’abbé Jean Martucci.(Disque RADIO-MARIE — RM 36402) — Paul VI à Bethléem.Le Pape en Terre Sainte.2 disques.Le premier contient le Message de Paix du Pape à Bethléem; le second fait assister au pèlerinage, de l’arrivée à Jérusalem au retour à Rome.(Disques JERICHO — 251-52) B — L’Avenir de l’Eglise de Y.Congar, o.p.Conférence prononcée à la Semaine des intellectuels catholiques de 1963.(Disque JERICHO — 20) — La passion du Christ de T.L.de Victoria.Douze Répons de la Semaine Sainte enregistrés par le quatuor vocal Stéphane Caillât.(Disque JERICHO — 52) — Napoléon Bonaparte.Fresque musicale illustrant la prodigieuse figure de Bonaparte.Interprétation: Orchestre de l’Association des Concerts Pasdeloup, Musique des Gardiens de la Paix, Chorale des Jeunesses Musicales de France.Un album abondamment illustré accompagne les disques.Documentation intéressante pour les professeurs d’histoire.(Disque GUILDE INTERNATIONALE DU DISQUE — 2265-1-2) — Magnificat de Paul Claudel.Interprète: Jean Negroni.(Disque PASTORALE ET MUSIQUE — PM 17041 M) — Roméo et Juliette de Shakespeare.Extraits.(Disque LUMEN — LD-1-288) — Hamlet de Shakespeare.Extraits.(Disque LUMEN — LD-1-289) 242 LECTURES r DOCUMENT Henri Bars : La littérature et sa conscience Texte paru dam Pédagogie [P.F.], numéro de mars 1%4, p.224-228.Malgré les appels d’Henri Petit dans Les Nouvelles littéraires et de Maurice Chapelan dans Le Figaro littéraire, l’ouvrage d’Henry Bars sur La littérature et sa conscience 1 risque de passer inaperçu, alors qu’il est une mine inépuisable pour tous les amoureux de la littérature.Il est selon le vœu de i’auteur une réflexion sur le métier d’écrivain: « Je voudrais que ce livre fît penser, dans son ordre, à ce que sont Terre des Hommes ou le Miroir de la Mer pour d’autres professions ».En fait, ce livre dépasse ce vœu.Il est pour la littérature ce que Les Voix du Silence de Malraux ont été pour la peinture: cette même prise de conscience d’un art lorsque l’homme regarde les milliers de signes déjà tracés par la main humaine, cette même interrogation sur le métier: qu’est-ce que la vocation ?Quelle part faire à l’inspiration et au travail ?Comment un artiste parvient-il à parler avec sa propre voix ?Enfin, les analyses de destins d’écrivains nous font songer aux destins singuliers de peintres analysés par Malraux: Conrad, Ramuz, Valéry, Proust, Rilke répondent à Franz Hals, Van Gogh, Rembrandt, Le Greco.Pour donner une idée de la richesse foisonnante de ce livre, cernons quelques thèmes.Le problème de la vocation: l’adolescent fasciné par le monde des formes, pour lequel le monde de la peinture importe plus que le monde naturel est incité à poursuivre l’aventure de la peinture, disait Malraux.L’être qui découvre en lui une source qui veut jaillir dans la gloire des mots, qui a assez de patience pour laisser mûrir une longue expérience et forger l’instrument accordé à son rythme intérieur a toute chance de posséder la vocation d’écrivain.Le génie est à la fois une longue fidélité à la source intérieure et une longue patience pour se créer son propre langage, pour écrire avec le son de sa propre voix.Cette voix est découverte plus ou moins tôt et le livre nous fait saisir l’extrême diversité des destins d’écrivains.L’adolescent en possession de son génie à l’aube de la vie comme Rimbaud ou Keats, le marin qui ne découvre la source profonde qu’après vingt ans de séjour dans le royaume choisi, la mer: Conrad.L’homme qui désespère d’être écrivain, n'en finit pas de pasticher, d’essayer, de recommencer et qui, vers la quarantaine, trouve enfin la musique de tendresse qu’il voulait faire rendre à son archer: Proust.Du problème de la vocation nous sommes conduits au thème de la patience, de l'attente, de la mémoire profonde qui ensevelit toutes choses en son sein pour les faire mûrir.Tout doit passer par ce long bain de mémoire pour revenir au jour comme une inspiration gratuite et féconde.« 11 faut laisser l’amour et la douleur se taire dans la paix de la mémoire.» Henri Bars a appris de Rilke, de Proust, de Ramuz, en méditant leur expérience d'écrivain, que « toute beauté en art est fille du temps, assomption dans la chair dorée d’une œuvre de beaucoup de soleils et d’une longue attente hivernale ».Comme Rilke, l'écrivain doit laisser mûrir dans l’obscur les germes ensemencés dans sa mémoire et attendre le jaillissement créateur.Comme Proust, il doit savoir que cette mémoire involontaire, « matière première de l’œuvre d'art », est la récompense du temps de la patience.Comme Ramuz, il doit dire: « L’artiste ne vit pas la réalité, il la revit ».La position adoptée par l’auteur au sujet du rôle respectif de l’inspiration et du travail est proche de celle des Voix du Silence.Toute œuvre s’enracine dans la source profonde et mystérieuse appelée « la respiration de lame ».Il loue les surréalistes d'avoir rappelé l’existence du feu incandescent, du noyau infracassable de nuit « sans lequel il n’est point d’œuvre ».Mais l'œuvre, « si elle s’enchevêtre aux racines de l’être » selon le mot de Cézanne, n’est jamais abandon à l'irrationnel.Elle fait toujours appel à la faculté technique qui, pour l’écrivain, est la maîtrise consciente du langage, seule capable d’ordonner en œuvre le feu qui brûle lame.Henry Bars cite le texte où André Breton estime impossible « tout retour à une activité préméditée de l’esprit pour celui qui aura connu la féerie intérieure », en se demandant s’il est vraiment possible de discerner et de produire les valeurs lyriques en dehors de « cette activité préméditée de l’esprit ».« Le dormeur resterait ce qu'il est depuis les origines de l’humanité si un démiurge qui feint de dormir et qui est nourri de toute la civilisation ne gouvernait en secret ce prétendu sommeil.» Toutes les questions qui sont au centre de notre interrogation sur l'essence de la littérature et de la poesie: « Qu’est-ce que la littérature ?» la querelle de la poésie pure et de la littérature engagée, sont traitées avec une grande sagesse.La poésie dépourvue de toute signification, ramenée à un pur rythme musical, ce rêve d'une partie de la poésie moderne, semble une limite inaccessible et inhumaine parce que le matériau employé par l’artiste n’est pas le son ou la couleur, mais le mot qui, par essence, est signifiant, si bien que la féerie musicale du poème sera toujours quelque peu signifiante.Une poésie affranchie de la volonté de signifier, « laissant le sens de l'autre côté de l’écran pour ne considérer que la musique seule » est difficilement pensable dans notre condition d’homme condamné à user de mots lestés d’un sens immanent à leur sonorité.Inversement, une littérature conçue comme un pur engagement au service de l’homme pour l’éveiller, le convertir et le conduire est difficilement pensable.Si aucune poésie n’échappe entièrement au sens drainé par les mots, aucune prose n'échappe au rythme intérieur qui sourd d'une âme.Toute prose est plus ou moins la respiration, le souffle, la voix d'une personne.Elle tend à être cette prose poétique exprimant les modulations de l'âme dont rêvait Baudelaire.C'est pourquoi elle sera toujours une fête.Le dernier chapitre traite admirablement ce thème de la fête intérieure donnée au lecteur par la littérature.Partant du mot de Charles du Bos paraphrasant Delacroix: « Le premier mérite d’un livre qui appartient à la littérature est d’être une fête ».Henry Bars montre la tension tragique de l'artiste moderne entre la recherche et la fête.«S'il n') ai ait la recherche passionnée, la pion gee au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau, l'art serait figé depuis son origine.mais il perdrait sa raison d'être si l'invitation au voyage n'avait pour horizon un là-bas où tout n'est qu'ordre et beauté.» Dans cette tension entre la recherche et la fête, l’artiste moderne est tenté de privilégier sa recherche aux dépens de la féerie.Cependant, la littérature restera toujours cette fête brève, cet instant d’Eden ressuscité, que l’homme se donne au milieu de ses travaux.Ces fêtes, toujours nouvelles, que se donne la parole humaine, ne cesseront jamais et le clavier de la voix humaine jouera toujours les partitions des ouvriers du langage pour enchanter les hommes ou apaiser leur douleur.Ce livre si riche devrait intéresser tous les critiques littéraires.Ils pourront confronter leurs vues avec les jugements les plus aigus sur les écrivains de notre temps.J’ai rarement vu expliquer avec autant d’intelligence le long silence de Valéry, le vide métaphysique de Saint-Exupéry, les métamorphoses de Jacques Rivière.Mais, plus encore que ces jugements lucides, ils trouveront une réflexion profonde sur leur métier.Ils se verront reconnaître le rôle de créateurs au même titre que les autres ouvriers des lettres, cessant d être les gardiens de cimetière ou de musée.Nourri de Sainte-Beuve, de Thibaudet, de Bremond, de Charles du Bos, de Béguin, Henry Bars présente le critique comme l’interprète génial d'une grande œuvre.« Avant d’être juge, le critique est un interprète entre l’écrivain et les autres lecteurs, à la manière de ceux qui connaissent mieux, ou qui seuls connaissent une autre langue.» Et il est encore un interprète, au sens où le terme est appliqué à celui qui joue une œuvre dramatique ou musicale, qui en actualise les vertus cachées.Il est lui aussi, comme le poète, un inspiré parce qu'il va jouer et commenter des œuvres.Plus même, il va instaurer le dialogue entre les artistes de tous les temps faisant Eschyle et Claudel, Dostoievsky et Faulkner se répondre, à la façon dont Malraux crée le dialogue entre les peintres de tous les temps.« Ils sont les intermédiaires naturels entre les écrivains les plus étrangers les uns aux autres, qu’ils rapprochent et interprètent les uns par le$ autres, usant ainsi des privilèges du romancier pour un dialogue Bovary-Quichotte, Pascal-Balzac, Marc-Aurèle-Tchékov, que l’histoire n’avait pas prévu.» La critique est créatrice d'un espace littéraire en même temps quelle est la Conscience de la littérature.Ce livre ne veut rien laisser dans l’ombre: les dernières pages évoquent les rapports de la vocation littéraire avec la vie de l'écrivain sous l’angle de l’éthique.N’est-elle pas une fuite dans l’imaginaire ?N’est-ce pas « cette existence qui se fuit dans la possibilité » dont parlait Kierkegaard, une vie passée dans l’irréel du songe plus qu'une vie vécue dans la dureté du réel ?Cet artiste du langage, à la recherche de nouvelles sensations et de nouvelles féeries, peut-il dépasser le stade esthétique de vie ?Le stade éthique ne lui est-il pas interdit par son métier même ?Les mots célèbres sont cités: « Je ne serai jamais qu'un poète du Christianisme (Kierkegaard).Impossible d'entrer dans le Christianisme autrement que pour le comprendre (Sainte-Beuve) ».Et le drame de la sincérité de l'écrivain est évoqué à travers Kierkegaard, Valéry, Bremond comme un autre combat de Jacob avec l'ange, un terrible corps à corps avec soi-même.« Kierkegaard a joué toute sa vie sur l'une des plus grandes questions qui soient au monde: Qu'est-ce que la foi et comment peut-on croire ?U s’y est engagé comme un chien de chasse qui meurt plutôt que de lâcher sa prise.» Bremond n’a jamais poursuivi que la réponse à une seule question: Qu'est-ce que la prière et peut-on croire que les hommes prient réellement ?Henry Bars prétend qu'il voulait faire tomber les cloisons entre la poésie et la prière, trouver un passage entre le stade esthétique et le stade religieux.Enfin, Valéry lui-même a été obsédé toute sa vie par le thème de la « Comédie Intellectuelle ».Ce livre si profond ne pouvait que s’achever sur cette tragique question des rapports entre la littérature et la vie.Et l’auteur aurait pu citer le désir nostalgique de Ramuz: « C'est à l’unité qu'on aspire, soi-même avec le peintre ou l’écrivain qu'on est quand même, l’homme avec l'artiste ».Sans doute, chacun, et l’écrivain plus que les autres, reste divisé avec soi-même pendant son trajet terrestre, mais il est possible de concevoir sa vie (Suite à la page 246) 244 LECTURES L'Encyclique Mit brennender Sorgc” fut rédigée par Pie XII ROME (CCC) — La célèbre encyclique Mit brennender Sorge, par laquelle Pie XI en 1937, condamna le national-socialisme a été conçue et rédigée par le Secrétaire d’Etat de ce Pape, le futur Pie XII.C'est ce que révèle la revue romaine Concretezza dans son dernier numéro.Cette revue publie des photocopies des épreuves de l'encyclique, qui portent des corrections et des adjonctions de la main du cardinal Pacelli.Ces documents sont commentés dans un article rédigé par M.Ciulio Andreotti, ministre italien de la défense, et intitulé: La vérité sur Pie XII.M.Andreotti relève tout d'abord que dans un article publié récemment, Mgr Paganuzzi écrivait que Pie XI avait confié à deux cardinaux allemands Que l'encyclique sur le nazisme était due aux mérites de son Secrétaire d’Etat.A la suite de cette affirmation, poursuit M.Andreotti, nous avons recherché s’il existait quelques preuves documentaires de l'origine pacellienne de l’encyclique.On a mis à notre disposition deux pages d'épreuves de ce document, épreuves corrigées et complétées entièrement de la main du cardinal Pacelli.Et les corrections apportées ne relèvent pas uniquement du domaine linguistique (sinon les experts de langue allemande de la Secrétairerie d'Etat auraient été plus aptes à les faire); il s'agit d'adjonctions substantielles, que seul l'auteur ou le co-auteur était autorisé à faire.En outre, poursuit l’article, Eugenio Pacelli avait personnellement appris à connaître, lors de son séjour en Allemagne, l'esprit de violence des nazis.Un jour, c'était en janvier 1944, lorsque Pie XII reçut en audience Giulio Andreotti, alors président de la Fédération des Universitaires catholiques italiens, il lui parla des rumeurs faisant état d'une prochaine irruption des Allemands au Vatican, puis ajouta: « Je ne cède pas.Je n’ai pas eu peur à Munich en 1918 lorsque les gardes rouges s'attaquèrent à ma personne et cernèrent la nonciature.Celui qui n’a pas vécu une révolution, ne peut pas comprendre ce que c’est.» A plusieurs reprises, Pacelli avait donné la preuve de son intransigeance, même physique, à l'égard du bolchevisme et de toute forme de dictature.Il est certain qu’à Munich tous avaient pris la fuite et que le nonce Pacelli était resté seul sur place, à son poste, démontrant ainsi son courage.D'autres recherches ont été faites, écrit encore M.Andreotti.en ce qui concerne la visite de Hitler à Rome.Il est certain que l'attitude du Vatican en cette circonstance doit être attribuée, dans une très large mesure, au Secrétaire d'Etat, soit en raison de sa charge, soit en raison de la confiance absolue et de l'affection que lui manifestait le vieux pape Pie XI.Les documents des archives diplomatiques italiennes sont éloquents à cet égard.Pie XI a déclaré explicitement (« et le visage rouge de colère ») à /’Ambassadeur d'Italie près le Saint-Siège, qu'il ne recevrait pas Hitler en audience si celui-ci.au préalable, n'affirmait pas face au monde entier, que l'action engagée contre l’Eglise catholique dans le Reich se faisait contre sa volonté.Naturellement.Hitler ne fit pas la déclaration exigée — et pour cause — et Pie XI refusa de le recevoir au Vatican.Le diplomate italien a fourni, en outre, à son gouvernement les deux rapports suivants.Le 29 août 1938: le cardinal secrétaire d'Etat m’a déclaré que les évêques des villes visitées par le Führer s'abstiendront d'être présents aux cérémonies organisées en l'honneur du Chef du Reich.Le 7 avril 1938: Le Pape est profondément affligée de constater que l'on prépare l'apothéose d’Hitler, du plus grand ennemi du Christ et de l'Eglise des temps modernes.C'était les jours où peu se soustraiyaient à l'obligation de rendre hommage à l'hôte allemand, et dont Pie XI disait, dans un discours public le 4 mai, que l’on voyait à Rome « l'insigne d'une autre croix, qui n’est pas la croix du Christ ».Du reste, quelques mois plus tard, le gouvernement de Moscou devait honorer la croix gammée, en concluant avec elle un pacte en vue de la double invasion de la Pologne (mesure qui récolta, naturellement, l’approbation de tous les communistes occidentaux).Lorsque la guerre eut éclaté, avec .oute sa force destructrice — même morale — Pie XII, monté sur le trône de Pierre, orienta toute son action vers le domaine de la charité.Aucune propagande politique, aucun artifice littéraire, ne peut dissimuler les mérites, même civils, qu'il s’est acquis.Pour ne pas donner prétexte à une confusion politique, Pie XII s'abstint même de condamner le communisme avant la fin de la guerre.Et lorsqu’il le condamna, l'étoile du communisme n’était pas à son déclin et les communistes italiens n'acceptaient pas que l’on puisse douter ou discuter de la perfection et de la bonté de Staline.Et que dire de l’hypocrisie qui ne condamne les violences que par spéculation politique ?Quand on évoquait les victimes des massacres de la Vénétie Julienne, même si ce n'était que pour prier pour elles, les communistes s’emportaient, prétendant que l’on avait l'intention de « troubler » les rapports avec la Yougoslavie.Mai 1964 2 45 Comment expliquer maintenant les raisons qui ont incité Hochhuth à cette offensive à retardement contre Pie XII ?De nombreuses hypothèses sont plausibles.On peut aller de la volonté des Allemands d'exclure leur responsabilité des méfaits énormes qui ont été commis, jusqu'à une manœuvre pro-soviétique qui entend distraire l'opinion publique des graves persécutions actuellement en cours contre les Juifs d'Union Soviétique.Mais il ne faut pas oublier que la lutte contre le catholicisme, et plus généralement contre la religion, fait partie essentielle du plan d’action marxiste.Togliat-ti n’a-t-il pas écrit que l’Eglise catholique était présente partout où le capitalisme est présent et elle fait œuvre de pionnier partout où le capitalisme laite pour s'affirmer comme puissance dominante.Nous ne voulons pas discuter de la valeur de cette pièce de théâtre qui a nom Le Vicaire, dit encore M.Andreotti.Elle évoque pour nous, ajoute-t-il, le souvenir d’un événement que nous avons vécu il y a cinq ans à Berlin.Interrogé sur les motifs qui l'avaient amené à fuir l’Allemagne orientale, un jeune réfugié de l’Est répondit: « Je cherche quelque chose que je puis croire.Lorsque j’étais enfant, les nazis m'ont éduqué à l’athéisme; à l'heure actuelle, les communistes répètent, eux aussi, que Dieu n’existe pas; sans la foi en Dieu, il est impossible de supporter le vide de l’esprit et les chicanes de la politique populaire.» M.Andreotti poursuit: Peut-être que le pauvre auteur du Vicaire est lui-même la victime inconsciente d’une telle intoxication athéiste.On sait fort bien quels ont été les rapports entre l’Eglise catholique et le régime national-socialiste.Depuis Hitler jusqu'au plus humble des propagandistes du parti, tous les nazis considéraient les évêques et les organisations catholiques comme des nids d’où allaient surgir des ennemis et qui tous devaient être empêchés de produire leurs fruits.Si les persécutions de Buchenwald et de Dachau émeuvent l’humanité tout entière par leurs tragiques dimensions, la persécution religieuse constante qui les a précédées est dans la même ligne de malignité scientifiquement diabolique.Mais faut-il s'étonner de l'interprétation que l'on donne maintenant de ces faits ?Et M.Andreotti de conclure: En vérité, si l'on s'attaque à la mémoire de Pie XII ce n'est pas parce qu’il s’est tu face à Hitler.Mais bien parce qu’il s’est exprimé clairement et avec quelle clarté ! — face au communisme.IA ET SA CONSCIENCE comme une tension passionnée pour incorporer à son être les expériences intérieures dont il a été le lieu.C'est la suggestion des dernières pages qui citent plusieurs textes de Charles du Bos: « Le chef-d'œuvre du poète, c’est ce que ses propres poèmes font de lui; c'est le refus de tenir pour accidentelles, pour gratuites les expériences dont il a été le lieu ».L'écrivain est plus rarement qu'on ne le croit un histrion; il est plus souvent cet être tragique qui essaye de se découvrir et de se transformer à travers ses œuvres successives.Rarement, un livre n’a parlé avec autant de justice et d'amour, dans un langage accordé au pathétique des « mains à plumes », de l'écrivain et de la littérature, comme en témoignent ces lignes sur l’amour de la poésie: « Si vous ne vous donnez jamais la fête solitaire et gratuite de lire les poètes que vous aimez, c'est que vous n'allez pas au bout de votre amour », et sur la solitude de l'écrivain: « Un écrivain, c’est un homme qui parle avec amitié à des ombres, une ombre à qui répondront dans le cours des âges, trop tard ou trop loin pour qu'il en soit heureux, d'autres hommes destinés à devenir des ombres à leur tour.Une étoile s'allume, une étoile s'éteint: c'est quand elle a vacillé dans le ciel qu’une autre cligne de l'œil et lui rend grâces.Est-il, dans la sphère humaine et périssable, un destin plus poignant et plus beau ?» Charles BLANCHET NOTE.— Four ceux qui aimeront ce livre, je signale qu Henri Bars a traité dans Le soir du sixième jour (Desclée de Brouwer) des thèmes voisins, en particulier dans les chapitres: « Eloge de la mémoire et le Courage de l'intelligence ».1.Paris, Bernard Grasset.1 laritain Je 500 volt LOCIC à Cannes CANNES (CCC) — L’Office catholique international du Cinéma (OCIC) a décerné au Festival de Cannes son prix ex-æquo aux deux films: Les parapluies de Cherbourg (France) et Vidas Secas (La Sécheresse), du Brésil.SAINTE THERESE, Québec (CCC) — Le Séminaire de Sainte- Thérèse vient de faire l'acquisition, d'un professeur de New York, 246 LECTURES 3506 d'une collection de plus de 500 volumes qui se rapportent à l'œuvre de Jacques et de Raissa Mari-tain, philosophes français de renommée internationale.On relève 144 ouvrages de Jacques et de Raissa Maritain.dans leurs différentes éditions ou dans leurs traductions; 60 essais, articles ou parties de livres écrits en collaboration; 22 volumes préfacés par Maritain; 90 volumes qui étudient la pensée des Maritain et plus de 200 volumes d'auteurs influencés par le Maître.Le Séminaire de Sainte-Thérèse a l'intention de mettre cette collection au service des étudiants et des chercheurs.Dans ce hut, M.le chanoine Charles Lussier, vice-recteur et doyen de l'enseignement de la philosophie de cette institution, est à organiser un Comité de direction qui groupera quelques spécialistes de la pensée des Maritain qui seront choisis au Canada et à l'étranger.Par ses publications, ses conférences, ses colloques le Séminaire de Sainte-Thérèse deviendra bientôt un centre important de documentation et de diffusion de la pensée des époux Maritain.- Index ARBELLOT (S.)t p.239 AREGA (L.), p.239 AUBIN (G.), p.239 AUCOUTURIER (M.).p.232 BARS (H.), p.243 BERNARD (M.), p.228 BODSON (N.), p.234 BOISDEFFRE (P.de), p.227 BONNEVAL (A.), p.239 BUI.IARD (R.), p.234 BULLOCK (A ), p.239 CASTELOT (A), p.239 CERF.T (J.), p.239 CESBRON (G.), p.239 CLEMENT (B.), p.230 CORRIVEAU (M.), p.236 DELMER (S.), p.239 FORTIER-LEPINE (C.).p.235 GRLBBLE (L.), p.239 HAMELIN (J.), p.230 HOUART (G.), p.234 JANSSENS (J.), p.239 JONES (J.), p.239-240 des ailleurs- JOSSELIN (Y.), p.240 I.ABROSSE (J.-G), p.231 LAFFITTE (S ), p.240 LAFUE (P.), p.240 LANG (M.).p.240 LEBRUN (M.), p.240 LE NORMAND (M ).p.230 MALICET (T.), p.240 MARSH (J.), p.240 MATUTE (A.M.).p.235 MELANÇON (C.).p.230 MONGREDIEN (G.), p.240 NORBU (T.D ).p.240 PA IR AU LT (S.), p.236 PF.RROD (P.-A ).p.240 PILOTE (G.R ), p.232 RAILLON (M.).p.234 RUDF.L (Y.-M.).p.233 SAINT-PIERRE (M.de), p.235 SUM MERTON (M.).p.240 SYLVESTRE (G), p.231 SUYIN (H.), p.240 VERITE (M ).p.234 REVUE MENSUELLE DE CULTURE ET DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES 245 est, boul.Dorchester, Montréal — UN.1-9621 Direction: R.P.Paul-A.MARTIN, c.s.c Rédaction: Rita LECLERC Le Ministère des Postes, à Ottaua, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l'emoi connut objet de la deuxième classe de la présente publication.Abonnement annuel: $3.00 Le numéro: $0.30 -Publication approuvée par l'Ordinaire- LECTURES Mai 1964 247 Le texte ci-dessus est extrait de Ode au Saint-Laurent), ouvrage paru aux Editions du Jour.On sait que Gatien l.apointe, qui en est l’auteur, a obtenu récemment le Prix du Gouverneur Général.(N.D.L.R).Gatien Lapointe : Au ras de la terre Assez du ciel du sable et des mots sans défaut Assez de l’apparat qui masquait mon regard d'anthologie Montrez-moi le monde violent et très beau Montrez-moi l’homme apprenant la souffrance Et la chaleur de la nuit qui l’abrite Et l’âpreté du soleil sur sa nuque Et la rude espérance et la haute justice Et la patiente fidélité de ses pas Montrez-moi l’homme généreux et maladroit Construisant son visage mot à mot Mêlant plaisirs et tourments rêve et souvenirs Les fleurs de son amour et l’honneur de l’aurore Montrez-moi l’homme construisant son cœur Rosée après désert repos après fatigue Et toute l’odeur des racines dans sa bouche Et toute la sève de l’arbre dans ses veines Et toutes les saisons et toutes les forêts Marchant à pas de chevaux dans sa chair Montrez-moi l’homme sur le seuil de sa maison Faisant monter d’une caresse de la main La musique puissante et tendre de la terre L’étoile verte et souple à gauche de la femme Montrez-moi l’homme baptisant dans l’eau Allumant dans la plaine un feu familier Montrez-moi l’homme partageant l’huile et le pain La lumière du jour et l’outil quotidien Montrez-moi aussi l’homme en proie au doute Cherchant une vérité d’homme Dans les battements de son sang Cherchant dans l’arbre divisé son cœur jumeau Montrez-moi une image de l’homme très jeune Plantant son corps dans l’espace et le temps Animant un paysage à sa taille Montrez-moi cet homme de mon pays Alors je répondrai du destin qui m’habite.-
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