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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1964-06, Collections de BAnQ.

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MONTRÉAL FIDES khi m NOUVELLE SERIE — VOLUME 10 NUMÉRO 10 sommaire Le sens de ce numéro spécial.p.250 Témoignages d'auteurs .p.251 L'édition littéraire chez Fides .p.260 Les éditions pédagogiques .p.262 Le Service des bibliothèques .p.263 Le Service de bibliographie et documentation de .p.266 La nouvelle revue l'Elève .p.267 Fides — Paris .p.269 i ¦ ¦ Mr' Mm J U I N 1964 L'immeuble Fuies, boni.Dorchester IDIHIIAI Le sens de ce numéro spécial Le 20 mai dernier, en l'absence de Son En?, le cardinal Léger, retenu à l'hôpital par la maladie, Son Exc.Mgr Léo Blais, évêque auxiliaire de Montrai, venait bénir le nouvel immeuble des éditions F ides.Cette cérémonie a été souligné, dans le quotidien La Presse, par des articles spéciaux: témoignages d'auteurs, interviews des responsables des différents départements de la maison, ou articles signés par eux, etc.Nous avons pensé que les abonnés de LECTURES seraient heureux de lire et de conserver ces articles où des écrivains de marque, édités par nos soins, ont bien voulu nous faire des confidences sur la genèse et le sens de leur œuvre, et nous donner leur opinion sur l’évolution de la littérature canadienne actuelle.Ces confidences, on le verra, sont extrêmement intéressantes.En les offrant à nos lecteurs, nous remercions les écrivains qui se sont donné la peine de répondre, en toute franchise, à notre enquête.Nos abonnés seront sans doute heureux de lire aussi les articles qui concernent nos différents départements.Ils seront ainsi mieux renseignés sur les rouages de cette maison qui, depuis 1946, publie la revue LECTURES, mieux renseignés aussi sur les services de tout genre que nous sommes en mesure de leur offrir.A ces articles nous avons ajouté le texte des allocutions qui ont été prononcées lors de la cérémonie du 20 mai.Nos lecteurs pourront ainsi avoir un écho de ces fêtes qui furent particulièrement brillantes grâce au bienveillant concours de ces quelque quatre cents amis qui ont tenu à y participer.Paul-A.MARTIN, c.s.c.250 LECTURES Témoignages d’auteurs Le Chanoine Groulx: Je n'ai jamais été qu'un écrivain engagé Quelles raisons vous ont poussé à embrasser la carrière d’écrivain?Quelles routes vous y ont conduit ?Aucune route ne m’y a conduit.Jeune collégien, j’ambitionnais d’écrire, pour la diffusion de ce que je croyais posséder en moi de vérité.Mes ambitions n’allaient pas plus loin.Jugez-vous qu’il est important pour un écrivain de coller le plus étroitement possible à l’âme et aux préoccupations de son milieu?De quelle manière tentez-vous d’y parvenir dans votre œuvre ?Votre première question me paraît superflue.Tous les écrivains, consciemment ou inconsciemment, ont cédé à cet inévitable souci.Chez moi, tout cela se fait spontanément, presque à mon insu.Quel est le sens de votre œuvre et par quels côtés s’enracine-t-elle dans la réalité canadienne?Vous considérez-vous comme un écrivain engagé?Je n’ai jamais été qu’un écrivain engagé.Je ne fais nulle difficulté de l’avouer.La gloire littéraire n’eut nulle prise sur moi.Je n’ai écrit, parlé, que par devoir, pour traiter, élucider des problèmes qu’on me posait, pour redresser ce qui me paraissait les déviations de fausses doctrines.La littérature canadienne-française vous parait-elle axée sur les véritables valeurs, animée de préoccupations assez hautes?Vous semble-t-elle traduire assez fidèlement une réalité personnelle, originale ?La littérature canadienne, sauf en de rares exceptions, souffre affreusement du manque d’originalité.Nous ne possédons que la plus faible des consciences nationales.Pas surprenant que nous ne soyons pas originaux.Depuis quand collaborez-vous avec les Editions F ides ?Quel sens cette collaboration a-t-elle eu pour vous?Quel sens a-t-elle dans le contexte de l’évolution actuelle du milieu canadien -français ?Depuis, je crois, les nouvelles éditions de mon Histoire du Canada français.J’ai toujours aimé les éditeurs propres.Je n’étais pas fâché d’aider à mon humble manière une grande entreprise d’action intellectuelle.Juin 1964 251 F.-A.Savard: J'ai essayé de venger les humbles' Quelles raisons vous ont poussé à embrasser la carrière d’écrivain ?Quelles routes vous y ont conduit ?Quel est le sens de votre oeuvre et par quels côtés s’enracine-t-elle dans la réalité canadienne?Vous considérez-vous comme un écrivain engagé ?Raisons ?Motifs ?Instinct mystérieux et fort ?Quelque chose à l’intérieur, qui pousse à dire, à chanter ?Je ne sais.J’ai commencé à écrire dans un journal de collège au séminaire de Chicoutimi.Deux éducateurs admirables m’y poussaient: Mgr Edmond Duchesne et l’abbé André Laliberté.Je dois beaucoup, beaucoup à ces deux hommes.Il ne faut pas oublier, non plus, l’influence de mon père avec qui j’ai couru les bois du Saguenay, dès l’âge de dix ans.C’est bien lui, le cher homme qui, le premier, a planté ce que j’appelle ma forêt intérieure et où je retourne toujours.J’y revois encore, avec émotion, toutes les belles choses qu’il m’a montrées.Jugez-vous qu’il est important pour un écrivain de coller le plus étroitement possible à l’âme et aux préoccupations de son milieu?De quelle manière tentez-vous d’y parvenir dans votre œuvre ?Le sens de mon œuvre ?Elle va, me semble-t-il, vers la compréhension, vers l’amour des humbles, des petits, de tous ceux à qui nous devons tant et que notre orgueil, notre suffisance nous portent à mépriser.Ces humbles, j’ai essayé de les montrer en beauté, tels que je les ai vus; et même de les venger.Et puis, il y a la prière.Je me promène dans les champs, dans les bois de mon pays comme dans la boutique du bon Dieu.Je le félicite, je le tutoie, je lui dis: « Tu travailles donc bien ! Mon Dieu, que tu travailles bien ! Je te remercie.Je t’aime.» Sur ce chapitre-là, j’aurais bien des choses à dire aux catéchistes.Je trouve que notre religion est trop abstraite.L’Evangile est pourtant comme un jardin.Mais les théologiens se défient des poètes comme de tous les diables.Quant à moi, je ne sépare pas religion, beauté, bonté, poésie.Un papillon me transporte plus sûrement vers Dieu qu’un jet.Rien d’authentique, rien de personnel ne se peut faire sans l’enracinement des sens, du cœur et de l’esprit.Je suis enraciné dans les réalités de mon pays.Je suis, il me semble, très végétal, un peu animal aussi et.raisonnable, parfois.Je n’arrive pas à démêler tout cela.Et d’ailleurs, je me moque de toutes les savantes analyses psychologiques.Je déteste les étiquettes, les compartimentations, et je fuis les hommes qui s’adonnent à ces petits jeux-là.Mais au-dessus de ces réalités visibles, tangibles dont je parle, je n’ai jamais cessé de voir comme de grandes idées ou visions.Et même dans les livres où je fréquente (ils sont peu nombreux), j’entrevois, à travers les lignes, les miens et mon pays.Je regrette tout ce qui est opaque et ne me permet pas de passer.Ecrivain engagé.C’est un mot que je n’aime pas.Disons que je suis un écrivain au service des siens, des jeunes surtout.J’aimerais dire beaucoup de choses là-dessus.La jeunesse est beaucoup plus profonde qu’on ne le croit.La littérature canadienne-française vous parait-elle axée sur les véritables valeurs, animée de préoccupations assez hautes?Vous semble t-elle traduire assez fidèlement une réalité personnelle, originale ?Beaucoup d’écrivains de chez nous me déçoivent.A l’heure où nous cherchons même avec violence, à nous affranchir du colonialisme politique, nous nous enfonçons de plus en plus, dans tous les marécages du colonialisme littéraire et artistique.Mais je crois entendre, ici et là, des cris de liberté.Honneur à ceux qui les poussent ! 252 LECTURES Depuis quand collaborez-vous avec les Editions Fides ?Quel sens cette collaboration a-t-elle eu pour vous ?Quel sens a-t-elle dans le contexte de l'évolution actuelle du milieu canadien-jrançais ?Depuis bientôt trente ans.Mais à Fides comme ailleurs, ce que reçoit l’écrivain est peu.Avec six livres qui marchent et sont expliqués, tondus, devrais-je dire, dans toutes nos maisons d’enseignement, je suis en face de la res angusta domi, dont parle Horace.Les sacrifices que l’écrivain cana- dien-français doit faire sont très grands.Ils commencent dans la région du ventre.Mais Fides a fait une grande œuvre.Je n’aurais jamais publié sans elle.Je lui dois donc de la reconnaissance.Mais assez ! Il y a les ruisseaux, les bourgeons du printemps qui m’attendent.Je ne suis plus jeune, mais j’ai encore le goût de m'évader loin du bruit, loin des idéologies et de m’enfuir avec mon petit sac de galettes et mon petit bagage de poèmes.Le vieux Menaud de la liberté m’appelle.Fernand Benoit: “Oeuvrer dans le sens d'une éducation populaire" Quelles raisons vous ont poussé à embrasser la carrière d’écrivain ?Quelles routes vous y ont conduit ?Je n’ai pas écrit l’Homme face à la télévision sous la poussée de cette fameuse nécessité intérieure qui fait les vrais romanciers et les vrais poètes.J’ai écrit ce livre avec la volonté de provoquer chez le lecteur une réflexion et une action sur un sujet qui me paraît d’une extrême importance à une époque où la civilisation de l’image a tendance à modifier les relations entre les hommes.Jugez-vous qu’il est important pour un écrivain de coller le plus étroitement possible à l'âme et aux préoccupations de son milieu?De quelle manière tentez-vous d’y parvenir dans votre œuvre ?Je ne crois pas que l’auteur d’une œuvre d’imagination doive nécessairement exprimer ou refléter son milieu.Il s'exprime d’abord.Le reste est une question de choix, de tempérament, etc.Bien que les plus grands de ces auteurs expriment toujours, à travers eux-mêmes, un contexte social, un pay- sage, un état dame collectif.Quant à moi, auteur d'une étude sur les causes motrices du comportement des téléspectateurs, la réponse est évidente.Les préoccupations des téléspectateurs de notre milieu sont miennes.Et j'ai tenté de les connaître mieux par une enquête qui s’intégre à mon étude.Quel est le sens de votre œuvre et par quels côtés s’enracine-t-elle dans la réalité canadienne?Vous considérez-vous comme un écrivain engagé?Le monde moderne nous sollicite de toute part.La télévision, entre autre, nous accapare, envahit notre conscience.La mondovision viendra bientôt accentuer cet envahissement des images.Une prise de position lucide s’impose.Mais on ne peut provoquer cette prise de position lucide qu’en œuvrant dans le sens d’une éducation populaire.D’où l’orientation de base de mon livre.L’Homme face à la télévision s’inscrit dans la réalité canadienne par ma volonté d’aller chercher « sur place » des témoignages, des opinions, des commentaires et aussi par le désir de « situer » le problème de la télévision dans le contexte d’une société qui s'éveille au monde extérieur mais qui risque fort d’être submergée par des valeurs étrangères faute Juin 1964 253 de posséder suffisamment de valeurs originales et riches pouvant amener un échange fructueux.La littérature canadienne-française vous parait-elle axée sur les véritables valeurs, animée de préoccupations assez hautes?Vous semble-t-elle traduire assez fidèlement une réalité personnelle, originale ?eu pour vous?Quel sens a-t-elle dans le contexte de l'évolution actuelle du milieu canadien-français ?Depuis que mon livre était en gestation, depuis deux ans.Je pense que la maison Fides a le souci d'encourager ceux qui désirent travailler dans le sens de l'éducation populaire.Cette collaboration m’apparaît donc fort utile.Je n'ai aucune compétence particulière pour porter un diagnostic.Depuis quand collaborez-vous aiec les Editions Fides ?Quel sens cette collaboration a-t-elle Le milieu canadicn-français évoluera de toute manière.J’estime toutefois important et urgent que les forces vives de notre milieu se concertent un peu pour que cette évolution se fasse avec les hommes et non contre eux.Léo-Paul Desrosiers: "L'écrivain ne cesse jamais une minute de composer en lui-même" Quelles raisons vous ont poussé à embrasser la carrière d'écrivain ?Quelles routes vous y ont conduit ?La raison, la volonté n'ont guère de part dans le premier développement d’un écrivain.En prenant conscience de lui-même, lorsqu'il est très jeune, durant l’enfance même, il découvre une manière d’être ou d’exister qui lui est particulière; en d’autres mots, il voit qu’il est constitué d’une certaine façon.C’est comme s’il reconnaissait en lui-même la présence d’un dispositif mystérieux, et qui est double.Tout d'abord, il éprouve avec force, violence, les sensations que lui donnent les choses, les sentiments qu'éveillent les autres êtres, les impressions de tout genre.Ces premiers phénomènes dépendent sans doute de la sensibilité.Puis les idées, les pensées jaillissent de l'inconscient comme d’un geyser.Enfin, voici la recherche de l’expression verbale, de la phrase, du mot, qui donneront une forme à ce que l’on peut appeler ces matériaux.Ainsi on peut savoir, et souvent d'une façon sûre, que l’on sera auteur, même avant d'avoir rien écrit, même au seuil de l’adolescence.Naturellement, on ne s’est pas fait soi-même ainsi; on est né comme cela.On voudrait se modifier qu'on ne le pourrait pas.Evidemment, ces mécanismes fonctionnent en soi-même, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas; ils sont toujours en activité.D’où une nécessité, une urgence intérieures, quotidiennes, puissantes, de prendre la plume et d’écrire.Toute la matière est là, s’accumule, gît en la mémoire et exerce sa pression, comme la crue derrière une digue.Tyrannique, exigeante, elle presse de se mettre au travail.D’ailleurs, même si l’auteur n'écrit pas en fait, même s’il en est empêché pendant longtemps, il ne cesse jamais une minute de composer en lui-même; c’est une machine intime dont il ne peut arrêter le mouvement.L’abeille continue à faire son miel, bien que celui-ci ne voit 2 54 LECTURES pas le jour; elle travaillera sans trêve, durant la maladie ou la bonne santé, jusqu'à l'heure de la mort inclusivement.Toujours un jaillissement.L'homme est ainsi l'esclave de facultés en lui-même qui lui donnent des commandements impérieux.C’est dire que volonté et raisonnement ne jouent au début que de bien minces rôles.Elles surviendront plus tard pour ce que l’on peut appeler l’exploitation, l'aménagement, l’utilisation de ces tendances gratuites en soi-même.Car il ne suffit pas de les posséder; il faut les exercer.Il faut les régler.Il faut s’en servir à fond.On ne les dirige guère, car elles portent en elles-mêmes leur orientation mystérieuse et profonde, soit vers la poésie, soit vers le roman, soit vers l'histoire, la philosophie.Vocation d'auteur est ainsi un surgissement continuel d'œuvres à partir d’un inconscient encore voilé de mystère et de secret.Ce qui est le plus dérobé à nos regards là-dedans, c’est peut-être le jaillissement des pensées et des idées qui est toujours une surprise pour celui qui en est le théâtre et qui s’ébahit lui-même de ces bulles spirituelles qui sourdent à la surface.Jugez-vous qu'il est important pour un écrivain de coller le plus étroitement possible à l’âme et aux préoccupations de son milieu?De quelle manière tentez-vous d'y parvenir dans votre œuvre ?Jusqu’au plus intime de lui-même, un auteur reçoit la formation de son milieu.En second lieu, c’est le milieu qui agit continuellement sur sa sensibilité et son esprit.C’est des êtres et des choses qui l'entourent qu'il reçoit les impressions, les sensations, les sentiments, les idées.Comme l’a dit Victor Hugo, il est la cloche sonore; ou encore, il est la boîte de résonance du violon sur lequel le monde extérieur et prochain promène son archet.L’un et l’autre sont en étroite dépendance, surtout dans le domaine de la poésie et du roman.Dans le vide absolu, aucun écrivain ne se peut même concevoir, ce serait une impossibilité.Naturellement, si l’on n’accepte pas de bon gré cette plongée dans le réel, dans la réalité autour de soi, dans le coin de création où l’on vit, on peut créer un peu avec la science livresque et peut-être l’abstraction pure.Mais nulle part n’apparaîtront ces puissantes veines de vie riches d’un sang généreux.Tout le monde des impressions vraies, des sensations violentes, des idées vient des heurts ou des chocs qu’administre continuellement le milieu.La littérature canadienne-française vous parait-elle axée sur les véritables valeurs, animée de préoccupations assez hautes?Vous semble-t-elle traduire assez fidèlement une réalité personnelle, originale ?Jusqu'à ce jour, la littérature canadienne-française a sans doute connu son apogée de 1925 à I960.Nous avons eu alors des auteurs qui visaient très haut, qui voulaient construire solide et grand.Ils ont mis dans un certain nombre d’ouvrages une quantité énorme de travail.Ils ne publiaient pas avant maturation complète.Ils avaient un goût d'une force sauvage pour l’originalité, soit des thèmes, soit du style.Il semble que l’on ait perdu aujourd’hui une partie de ces soucis.Nous avons chu dans les volumes courts, si ce n’est dans les plaquettes; et, malheur plus grave, ils rappellent presque toujours de grands ouvrages antérieurs, soit français, soit étrangers.Ainsi la jeune fille qui débine sa mère, ou la jeune fille qui aime une autre jeune fille.Et les thèmes de la sexualité, usés jusqu’à la corde, que l'on sert avec une sauce un peu différente, jusqu’au point d'ennuyer tout le monde.Manque de personnalité et de force.Un autre problème est plus grave.A la suite de grands écrivains d’ailleurs, nos auteurs se sont mis à ne plus voir que les petitesses de l'homme et ils sont devenus aveugles à ses grandeurs.Pourtant, Pascal a écrit sur le sujet des pages immortelles.Chacun en sent d’autre part la vérité criante.Les critiques n’encouragent que trop les aureurs qui se consacrent aux pourritures de l’homme, et qui, pour cette raison, n'ont pas d’équilibre dans leurs conceptions.Et qui ruinent leur talent, par l’incapacité totale d’imaginer des scènes agréables, gracieuses, où apparaissent les indéniables qualités humaines.On en est rendu à un tel point de folie que tout livre qui représente la créature telle qu elle est est mis de côté et n’occupe pas du tout nos pages littéraires.Toutefois, on peut dire que l'activité présente laisse voir dans bien des écrivains des dons précieux et rares.Depuis quand collaborez-vous avec les Editions Vides ?Quel sens cette collaboration a-t-elle eu pour vous?Quel sens a-t-elle dans le contexte de l'évolution actuelle du milieu canadien-français ?Depuis 1941 alors que Fides réédita Les Opiniâtres.Et la collaboration s'est continuée jusqu'à ce jour.La maison Fides joue, dans notre évolution littéraire, un rôle de premier plan.Elle encourage les auteurs, les invite, les stimule.Pour moi je crois bien que sans elle quelques-unes de mes œuvres n'auraient peut-être pas été publiées.Juin 1964 255 Marcel Trudel: "Une oeuvre date dans la mesure où elle répond à un milieu" Quelles raisons vous ont poussé à embrasser la carrière d'écrivain?Quelles routes vous y ont conduit ?La carrière d’écrivain n’est pas une option, on ne choisit pas d’être écrivain, comme on choisirait une profession; on n’est pas, non plus, conduit par les circonstances à devenir écrivain.On est écrivain par une force naturelle; pour un écrivain, écrire est un besoin irrépressible, une raison de vivre.J’ai toujours écrit: pendant mes études classiques, je consacrais mes loisirs de collégien à traduire des œuvres grecques et latines hors programme, j’ai composé une tragédie en vers et en cinq actes (que j’ai eu le courage de détruire, Dieu merci !); j’avais hâte d’en arriver à écrire un livre, puis une série de livres.J’en suis à ce stade et je sais bien que je ne pourrai pas m’arrrêter.Tant pis ?tant mieux ?cela regarde les autres.Jugez-vous qu’il est important pour un écrivain de coller le plus étroitement possible à l’âme et aux préoccupations de son milieu?De quelle manière tentez-vous d'y parvenir dans votre œuvre ?J’avoue que je n’y ai guère pensé; c’est là de la théorie et je n’ai pas la tête aux théories.Naguère, j’ai écrit un roman, parce que cela me plaisait de décrire un milieu, mais je m’adressais à moi-même et non à mon milieu.J’écris l’histoire, parce que je tiens à retrouver le passé autant que peuvent le permettre les documents et une certaine sensibilité; en écrivant l’histoire, je ne songe pas aux préoccupations de mon milieu, car alors je ne serais plus historien; il me satisfait de retrouver le passé.Au reste, une œuvre date dans la mesure où elle répond à un milieu.Quel est le sens de votre œuvre et par quels côtés s’enracine-t-elle dans la réalité canadienne?Vous considérez-vous comme un écrivain engagé?Voir la réponse précédente.La littérature canadienne-française vous parait-elle axée sur les véritables valeurs, animée de préoccupations assez hautes?Vous semble-t-elle traduire assez fidèlement une réalité personnelle, originale ?Je n’aime pas beaucoup le ton de la première partie de cette question: il y a trop longtemps qu’on oriente la littérature vers ce qu’on appelle présomptueusement et fort vaguement « les véritables valeurs » et les « préoccupations assez hautes ».Voit-on l’art forcé de se limiter à des « préoccupations assez hautes » ?Quant à la deuxième partie, je ne me suis pas arrêté à réfléchir sur le problème, n’étant pas critique de profession et n’ayant aucun goût pour ce genre de sentence.Depuis quand collaborez-vous avec les Editions F ides?Quel sens cette collaboration a-t-elle eu pour vous?Quel sens a-t-elle dans le contexte de l'évolution actuelle du milieu canadien-français ?Mon premier ouvrage édité chez Fides est de 1945.Je ne me cache pas que ma collaboration, quand elle n’a pas été commerciale, visait à obtenir au moins que mon livre paraisse; ceux qui ont connu, comme moi, le drame terrible de la chasse à l'éditeur, me donneront facilement l’absolution.1 1 256 LECTURES Je n'ai jamais eu le sentiment de participer à l'œuvre de Fides, d’être de la maison.Allégeons mon pavé, en disant que Fides a collaboré à mon œuvre beaucoup plus que je n'ai collaboré à la sienne.En effet, Fides a eu le courage d’accepter certains de mes manuscrits dans des conditions très difficiles; je pense, en particulier, à cette Histoire de la Nouvelle-France, dont le manuscrit a été accepté à un moment où l’édition d’un ouvrage scientifique était encore un suicide; et il s'agit là d’une Histoire en une dizaine de volumes.11 faudrait surtout citer la collection Fleur-de-Lys, composée d’ouvrages scientifiques et faite pour un public restreint.C’est le grand mérite de Fides, mérite déjà ancien, d’avoir, malgré les difficultés du marché, publié des ouvrages fort sérieux, lourdement bardés de références et de bibliographie, réservés à un petit nombre de lecteurs et de peu de rapport.Fides a été, au Canada français, le premier à tenir lieu, en fait, de Presses universitaires: espérons que cette maison puisse se maintenir à ce niveau académique.Michelle Le Normand: "Donner aux autres ces joies qui ne m'ont jamais fait défaut" Quelles raisons vous ont poussé à embrasser la carrière d’écrivain?Quelles routes vous y ont conduite ?Pas de raisons.Une poussée irrésistible, un besoin, une nécessité qui a dominé tout.J’y aurais sacrifié même le mariage, si un mari ne s’était pas trouvé encore plus écrivain que moi.Jugez-vous qu'il est important pour un écrivain de coller le plus étroitement possible à l’âme et aux préoccupations de son milieu?De quelle manière tentez-vous d'y parvenir dans votre œuvre ?Oui, il est important de coller au « milieu ».Le malheur, c’est que ceux qui sont d’un autre milieu, croient que le vôtre est faux, parce qu’il est toujours baigné de la lumière.Quel est le sens de votre œuvre et par quels côtés s’enracine-t-elle dans la réalité canadienne?Vous considérez-vous comme un écrivain engagé?Mon œuvre s’enracine dans la nature.La couleur du temps; nos paysages, nos saisons, la mer, la flore, nos montagnes, nos forêts — le sport — et avant tout l’amour de Dieu et de la vie et le désir de donner aux autres toutes ces joies qui ne m’ont jamais fait défaut.Suis-je un écrivain engagé ?La littérature catiadienne-française vous parait-elle axée sur les véritables valeurs, animée de préoccupations assez hautes?Vous semble-t-elle traduire assez fidèlement une réalité personnelle, originale ?Présentement, non; ce qui s’écrit avec beaucoup de talent manque d’une dimension.La plus importante.On semble en général croire que ce serait déshonorant d’accorder un rôle à Dieu.Pourtant chacun d’entre nous est dans sa main.Le libre arbitre, c’est à nous.La vie, il la tient ! Depuis quand collaborez-vous avec les Editions Fides ?Quel sens cette collaboration a-t-elle eu pour vous?Quel sens a-t-elle dans le contexte de l'évolution actuelle du milieu canadien-français ?Fides édite mes livres depuis 1942.Si le public répondait bien à la bienfaisante œuvre de Fides, il me semble que nous aurions moins à nous inquiéter du sort de notre jeunesse catholique.Juin 1964 257 Paul-Emile Roy: Tout homme a quelque chose à dire' Quelles raisons vous ont poussé à embrasser la carrière d’écrivain?Quelles routes vous y ont conduit ?J’écris pour mon plaisir certes, comme tout le monde.Par souci de formation aussi car rien ne contribue à préciser une pensée comme l’effort de l’exprimer.J’y trouve un accomplissement que je chercherais en vain ailleurs.Ajoutez à cela que c’est une conviction inébranlable chez moi que tout homme a quelque chose à dire que lui seul peut dire.Il s’agit de donner une forme un peu plus précise à cet univers plus ou moins vague que chacun porte en soi.Il est vrai que ce n’est pas toujours facile, qu’on n’arrive jamais à une formulation adéquate, mais l’aventure est quand même passionnante.Jugez-vous qu’il est important pour un écrivain de coller le plus étroitement possible à l’âme et aux préoccupations de son milieu?De quelle manière tentez-vous d’y parvenir dans votre œuvre ?Coller à la réalité, oui, cela me semble essentiel.Tout le problème est de savoir ce qu'on entend par réalité, par « préoccupations de son milieu ».Il y a toutes ces vagues qui clapotent en surface, mais j’avoue que je m’intéresse davantage aux grandes vagues de fond.La propagande, la réclame, la publicité jouent un grand rôle dans notre société.Il ne faudrait pas que les intellectuels soient emportés par le courant.Ils devraient être plus préoccupés de comprendre que d’épater.Pour ma part, je suis d’abord un éducateur.Je consacre une grande partie de ma vie à l’étude.Je suis souvent indigné de la manière cavalière avec laquelle on règle les problèmes qui se posent chez nous.L’affrontement continuel des jeunes me force à me renouveler sans cesse.Il me garde aussi des généralisations et des explications partielles, car les jeunes, on ne peut tout de même pas leur faire avaler n’importe quoi, quand ils sont là, devant nous, avec nous.Ce que j’ai écrit jusqu’ici est un peu le fruit de cet affrontement.C’est pourquoi je n’ai pas l'impression d'avoir faussé compagnie au réel car les jeunes y trempent et ils nous y ramènent sans cesse.Quel est le sens de votre œuvre et par quels côtés s’enracine-t-elle dans la réalité canadienne?Vous considérez-vous comme un écrivain engagé ?Je n'ai pas encore conscience évidemment d'avoir fait une « œuvre ».Je suis bien insatisfait de ce que j’ai tenté.Je me défie beaucoup des explications hâtives, du sensationnel.J’essaie de donner aux jeunes ou d’acquérir avec eux un sens critique très aigu qui ne s’arrête pas à la lucidité mais débouche sur la sympathie, la générosité.C’est la seule manière d’accéder à la liberté intérieure et à la possession de soi dans le service du prochain.Il me semble que la vie moderne est tellement magnifique si nous savons en profiter ! Il s agit de ne pas y entrer à reculons, de nous défaire de tous nos complexes, de nos ressentiments.On ne va pas loin si on construit tout sur le refus, la protestation.Que d’énergie psychologique se gaspille chez nous en pure perte ! Je dis chez nous.Je devrais dire dans le monde, car les hommes en général cultivent leur petit malheur comme des plantes précieuses.Non par malice, mais par aveuglement.Je ne sais pas si je suis un écrivain engagé.Je sais seulement que j’aime la réalité beaucoup plus que les livres, les hommes beaucoup plus que les idées, même si celles-ci me fascinent.Je crois aussi que l’engagement est d’abord une affaire intérieure, et que ceux qui s’engagent n’ont pas tellement le temps de le crier sur tous les toits.La littérature canadienne-française vous parait-elle axée sur les véritables valeurs, animée de préoccupations assez hautes?Vous semble-t-elle traduire assez fidèlement une réalité personnelle, originale ?258 LECTURES Ce qui se passe dans la littérature canadienne actuelle me semble très intéressant.Nous entrons à peine dans l’existence que déjà un certain nombre d'œuvres considérables sortent de nos presses.Nous assistons à une prise de conscience qui, du moins je l’espère, sera féconde, si nous savons abandonner nos complexes.Le premier peut-être c’est notre colonialisme culturel qui paralyse la confiance en nous-mêmes et nous soumet à une grande consommation de valeurs importées.Il ne s’agit pas évidemment de nous fermer au reste du monde.C’est même tout le contraire.Il s’agit plutôt de prendre notre place dans la rencontre des peuples, en participants dignes et éclairés, non en colonisés humiliés et adulateurs.Notre roman a donné depuis la guerre des fruits remarquables.Notre seul tort, c’est peut-être de ne pas les connaître assez.Notre jeune roman offre déjà plus que des promesses.Depuis quelques années cependant, il semble s’attarder trop souvent dans des bourbiers.Il ne suffit pas de parler gras et d’afficher un cynisme noir pour faire de la littérature.11 ne suffit pas non plus de faire part au lecteur de ses cauchemars et de ses perversions.Nous assistons à un défoulement sexuel tel qu’il décourage les éditeurs les plus complaisants.Jean Simard écrivait dernièrement: « Dans nos romans actuels, on parle très souvent de sexualité.C’est un hors-d’œuvre dans bien des cas.» Un hors-d’œuvre qui peut causer des indigestions ! Au moment où un public se forme chez nous, il est regrettable qu'on s’obstine tellement à l’écœurer.La littérature en tous cas est autre chose.Notre jeune poésie est-elle plus en santé ?Ce n’est certes pas le talent qui manque.Et pourtant nos poètes ont le souffle court.Quelques petites plaquettes et ils s’arrêtent, épuisés.Comment expliquer cette anémie ?Je n’ai pas d’explication certaine, définitive.Mais je crains que notre jeune poésie ne se perde dans les mots, qu elle ne soit pas portée par une expérience vivante assez riche.On dirait que le lien entre le verbe et la réalité n’est pas assez perçu.Tout à coup, on s’aperçoit qu’on n’a plus rien à dire.Je sais bien que la tâche n’est pas facile, que notre matérialisme est étouffant et que la liberté créatrice ne va pas de soi.Il faut quand même éviter l’écueil de l’évasion dans les mots.Comme éducateur, j’ai été à même de constater bien des fois la crispation des jeunes devant une certaine jeune poésie.Ils accèdent à des œuvres difficiles pourtant, mais devant tel nouveau recueil de poèmes, malgré les explications des critiques ou du professeur, ils restent pantois, sceptiques.Cela leur semble du babillage.Ils sont curieux pourtant, mais ils semblent déçus.Pour ma part, je suis porté à croire que nos poètes pensent trop à faire de la poésie quand ils écrivent.Ils devraient tout simplement essayer d'exprimer leur fermentation intérieure, sans contorsions, le plus spontanément du monde.Leurs mots alors deviendraient une voix.La critique a un rôle extrêmement important à jouer actuellement.Elle s’en acquitte très imparfaitement il me semble.Nous n’avons pas assez d’études approfondies de nos littérateurs de premier plan.Les œuvres de Gabrielle Roy, de Thé-riault, de Desrosiers, d'Anne Hébert, de Grand-bois, de Langevin et de quelques autres appellent toujours l’interprétation qui leur manque.La critique journalistique est florissante.Elle est nécessaire certes, mais elle ne suffit pas, car elle entretient un nivellement qui n’aide pas au rayonnement des grandes œuvres.Il arrive alors qu’un livre comme La Montagne secrète de Gabrielle Roy n’a pas plus d’importance que tel premier roman d’un tout jeune auteur.On dirait que le livre chez nous n’existe que le jour de sa naissance.On se hâte ensuite de l’oublier pour penser à l’actualité qui change.Pour ce qui est du souffle révolutionnaire qui transporte actuellement tant de nos jeunes, je crois qu’il est le signe d’une prise de conscience très heureuse.Allons-nous enfin nous réveiller ?Mais pourquoi transporter en même temps chez nous les relents d’un marxisme dix-neuvième siècle dépassé par les événements ! Et on a la naïveté de prétendre faire original ! Je ne sais pas si on s’aperçoit qu’on propage des idées qui mènent au stalinisme le plus barbare, aux camps de concentration et au fascisme.Quand l’efficacité révolutionnaire devient le seul critère de moralité, on peut s'attendre à tout.C’est un retour à la barbarie.Sous prétexte de faire avancer l’histoire, on la fait reculer de quelques millénaires.La révolution, oui.Le fanatisme, non.Les révoltés sont rarement de vrais révolutionnaires.Depuis quand collaborez-vous avec les Editions Eides ?Quel sens cette collaboration a-t-elle eu pour vous?Quel sens a-t-elle dans le contexte de l'évolution actuelle du milieu canadien-français ?Je collabore avec Fides depuis une dizaine d’années, de façon sporadique.Je sais que cette maison d’éditions a joué un grand rôle dans l'évolution culturelle du Canada français.Un rôle souvent ingrat et discret.Je n’attends pas de Fides quelle se lance dans la course à l’actualité.Je souhaite quelle continue à maintenir dans notre société la diffusion des valeurs qui fondent une civilisation, tout en apportant sur l’évolution actuelle de notre pays une réflexion saine et constructive.Il me semble que c'est un programme d'envergure.Juin 1964 259 L’édition littéraire chez Fides Principes et réalisations La Bruyère écrivait au XVIIe siècle: « C’est un métier de faire un livre, comme c*e faire une pendule.» Si, dans l’esprit de son auteur, cette remarque s’adressait aux écrivains, il est évident qu’elle évoque assez bien la réalité avec laquelle l’éditeur doit se mesurer chaque jour.« Comment se font nos éditions ?» Répondre à cette question c’est définir un métier.La fabrication d’un livre comporte deux phases, subdivisées l’une et l’autre en plusieurs opérations.La première est d’abord et avant tout affaire de choix, tandis que la seconde a pour objet la réalisation.C’est au service de l’édition que revient la tâche de veiller au choix.Quant à la réalisation, elle est du ressort du service technique.Je m’en tiendrai ici à la première phase, à ce temps premier de la vie d’un livre que constituent le choix du manuscrit et sa préparation en vue de la publication.Ce qui constitue à la fois le « pain quotidien * et la ressource d’un directeur littéraire, ce sont les manuscrits.Qu'ils affluent et il sera vite débordé de travail; que la disette se fasse sentir et il se verra bientôt privé d’un aliment vital.On peut établir assez justement qu’à Fides, chaque semaine apporte en moyenne trois ou quatre manuscrits.De ce nombre, une bonne proportion ne résiste pas à un premier examen de la part du responsable du service et sont retournés à leur auteur avec les regrets d’usage.Quant aux textes jugés dignes d’intérêt, ils sont retenus, lus avec attention et soumis, s'il y a lieu, à des spécialistes des questions traitées par l’auteur.Quand il s’agit d’ouvrages destinés à telle ou telle collection, la façon de procéder diffère quelque peu, bien qu’à la base, elle demeure la même.Un seul directeur ou un comité composé de personnalités triées sur le volet est alors appelé à se prononcer sur la valeur de l’ouvrage et sur l’opportunité de le publier.A titre d’exemples, précisons que la collection du « Nénuphar » est dirigée par M.Luc Lacourciêre, alors que la collection « Foi et Liberté » l’est par une équipe formée de six intellectuels en vue, religieux et laïques, et de deux représentants de Fides.Le rôle de ces directeurs de collection ne consiste pas uniquement à retenir tel ou tel manuscrit de valeur, mais aussi à orienter la marche de la collection par le choix des sujets et des collaborateurs.En s’entourant ainsi de personnes qualifiées, la maison Fides n’entend pas seulement se munir d’une aide précieuse et ajouter à son prestige, mais assurer à son action sociale et intellectuelle un rayonnement accru.On conviendra qu’elle y arrive assez bien si l’on songe à l’intérêt suscité par des réussites de la qualité de celles du « Nénuphar », de « Fleur de lys » et des « Maîtres de la spiritualité », pour ne citer que quelques exemples.Le choix d'un manuscrit Quelles normes déterminent le choix d’un manuscrit ?A partir de quels critériums est-il jugé valable 260 LECTURES et promis aux honneurs de l’édition, si tant est qu’il y ait encore, au XXc siècle et pour les écrivains de partout, quelque gloire à se retrouver un jour à l’étalage en compagnie de quelques inqualifiables navets?Il va sans dire que la première de ces règles concerne la valeur intrinsèque du manuscrit soumis.Ce qu’on demande d’abord à un auteur et ce qu’à l'avenir on réclamera de lui avec plus d’insistance encore, c'est qu’il ait quelque chose à dire et qu’il sache le dire.Pour ma part, je suis d’avis que le demi-savoir et la seule intention louable ne doivent plus trouver grâce chez nous en 1964.Ce dont notre littérature, notre société et notre temps ont aujourd'hui le plus pressant besoin, c’est d’œuvres fortes, spirituellement et intellectuellement nourrissantes.Toutefois, pour riche et brillant que soit un texte, il doit posséder un second mérite: il doit être en accord avec les buts de Fides.Notre maison veut être une œuvre d'apostolat intellectuel et c’est là une fin dont elle doit, à mon sens, de moins en moins se laisser distraire.La littérature a ses charmes — j’ai la faiblesse d’en convenir — mais un idéal tel que le nôtre en possède aussi d’assez séduisants.On a pu s’étonner parfois que certaines œuvres ne trouvent pas preneur à Fides, mais pour peu qu'on y réfléchisse la chose apparaît comme tout à fait normale.Il importe moins pour une maison telle que la nôtre d’être à la mode du jour qu'à la hauteur de la tâche assumée et du service quelle entend rendre à l’Eglise et à la société canadienne-française.Ce qui ne veut nullement dire qu’elle ait la liberté de s’abstraire d'une époque et d’un contexte donnés pour entretenir, en marge d’un bel idéal, des velléités de retour à un temps révolu.Un troisième impératif pèse sur le choix d’un manuscrit- le marché.Certains trouveront qu’il s'agit là d'une exigence bien secondaire: on admettra cependant qu’elle a son importance.Comme toute entreprise sérieuse, Fides ne peut pas négliger d’en tenir compte.Or il est évident que certains manuscrits de belle tenue offrent peu de garanties de succès et grèveraient lourdement le budget de la maison qui accepterait inconsidérément de les éditer.Il n’y a donc pas à s'étonner que de telles considérations puissent inciter à la prudence et parfois même à l'abstention pure et simple.La « cuisine »> de Vedition Le manuscrit accepté, voyons quel travail il reste à accomplir avant que le texte soit remis à nos ateliers.La plupart des manuscrits acceptés exigent des retouches, une mise au point qui, dans le cas des traductions par exemple, peuvent représenter plusieurs heures de travail.Evidemment, l'idéal serait que ce travail • soit fait en collaboration avec l’auteur qui y trouverait à coup sûr un grand profit, mais ce n’est pas toujours possible et le directeur littéraire doit en prendre son parti.Une fois cette besogne fastidieuse achevée, une nouvelle série de choix s'impose.Il faut opter pour une disposition typographique plutôt qu'une autre, pour tel caractère, tel format, tel papier.C’est alors que s’impose aussi la nécessité d’une harmonie à atteindre, d'un accord à réaliser entre l'œuvre et sa forme extérieure.Car de cet équilibre obtenu ou absent résultera un ouvrage dont le lecteur dira qu'il est beau ou laid, qu’il plaît ou qu’il laisse indifférent.Le choix des illustrations et de la couverture contribuent également pour beaucoup à la fabrication d'un beau livre.Là comme ailleurs il importe de faire preuve de goût, de sobriété et de distinction, de tenir compte du précieux apport de l’art contemporain et de rechercher la beauté.L’idéal premier de Fides Après un quart de siècle d'existence, nous demeurons convaincus que la première raison d’être de Fides réside dans la recherche et l'instauration d’un humanisme susceptible d’étayer l'évolution morale, sociale, intellectuelle et religieuse des nôtres.Il devient chaque jour plus urgent chez nous que cette tâche soit assumée courageusement et menée à bonne fin, car il crève les yeux que notre société manque terriblement de nourritures propres à apaiser la faim qui la tenaille.Impérieux sont donc nos devoirs envers le Canada français puisque, selon la pensée de Pie XII, il incombe à l’éditeur catholique de « répondre à l’appel profond des âmes » et « de les satisfaire en leur présentant sous la forme la plus attrayante et la plus solide de la nourriture spirituelle valable pour toujours ».La nécessité de répondre aux besoins actuels nous amènera donc à écarter progressivement de notre production les œuvres étrangères à cette préoccupation et à explorer plus à fond le champ de la pensée sociale, religieuse et éducative.Il y a là de vastes ressources dont l’exploitation ne souffre plus de retard.On comprendra facilement que.pour atteindre cet objectif.Fides entende n'être plus en quelque sorte tributaire des hasards de la production courante des écrivains.De plus en plus, nous devrons tenter d'obtenir de ces derniers les œuvres dont nous avons besoin, en un mot.aller chercher la pensée et le talent là où ils se trouvent.Il ne saurait être question, bien entendu, de verser dans le dirigisme intellectuel et d'envisager une vaste opération d’enrégimentement des personnes et des idées.L'heure n’est plus à l’embrigadement des élites.Ce qu’i.importe pour nous de réaliser.c’est une mise en œuvre des forces vives de notre société, une exploitation de nos ressources les plus riches et de l’âme canadienne-française.Notre maison a déjà fait un loyal effort en ce sens, mais elle croit le moment venu de l’intensifier.Pour ce faire, elle renoncera peu à peu à la littérature d'imagination et à ce qui ne cadre pas avec le rôle qu’elle entend jouer dans notre milieu.Un soin particulier sera apporté à l'enrichissement des collections déjà existantes et à la découverte d'œuvres de qualité.Jean-Paul PINSONNEAULT Juin 1964 261 Les éditions pédagogiques Les Editions Fides, depuis plus de quinze ans, éditent des manuels scolaires.En 1961, afin de répondre à un besoin pressant, un service de l'édition pédagogique voyait le jour.Ce service a pour mission l'édition de manuels scolaires qui s'adressent aux étudiants et aux professeurs tant des niveaux primaire, secondaire et collégial qu'universitaire.En édition pédagogique, un facteur conditionne constamment le travail: la collaboration entre auteur et éditeur.En fait, l'auteur est un spécialiste dans telle ou telle discipline; il travaille depuis déjà longtemps dans la pâte qu'est l'étudiant.Il connaît ses besoins, sa mentalité, son ouverture d'esprit à tel ou tel problème, ses possibilités de travail, etc.Plus que n'importe qui il est en mesure de préciser dans un manuel ce qui doit être mis en évidence et ce qui doit venir dans le texte courant.L'éditeur, pour sa part, doit traduire ces données pédagogiques dans un choix de caractères et dans une mise en page respectueuse des lois de la typographie et des exigences pédagogiques.Le temps des manuels préparés à la diable est révolu.Nous avons tenté, dans ce sens, une expérience qui a été pour nous plus qu'enrichissante.En effet, il y a deux ans, les Editions Fides acceptaient le premier ouvrage de catéchèse du R.P.Jacques de Lorimier, c.s.c., intitulé L'HISTOIRE DE NOTRE SALUT.Depuis un certain nombre d'années, l'auteur avait vécu le renouveau caté-chétique.Il livrait dans son ouvrage le fruit de son expérience et mettait en valeur les nouvelles données pédagogiques appliquées à la catéchèse.Pour la première fois, nous touchions du doigt les difficultés de la pédagogie moderne concernant l'enseignement de la catéchèse.Tous les éléments du manuel conventionnel étaient remis en question: de l'enseignement passif, nous passions à l'enseignement actif; du manuel simple, nous passions au manuel-cahier d'exercice.Le travail de collaboration entre auteur et éditeur nous a permis de trouver des solutions qui, sans être idéales, peut-être, constituent pour le moins un grand pas dans le domaine de l'édition pédagogique.Pour ce qui est des illustrations, nous avons fait appel à un artiste qui est entré pleinement dans le mouvement catéchétique et qui a fait choc.Par la suite, nous avons édité L'HISTOIRE DE NOTRE SALUT, intitulée L'EGLISE EN MAR-CHE.Cette première expérience dans le domaine de la catéchèse dont nous venons de parler nous servira sûrement dans l'édition du nouveau catéchisme de première année intitulé VIENS VERS LE PERE.En effet, invité par l'Office catéchistique provincial, le propriétaire des droits d'auteurs, à soumissionner avec quelques autres éditeurs de la province pour l'édition de ce manuel, nous avions l'heureuse surprise d'apprendre, le 8 avril dernier, que nos soumissions avaient été choisies parce qu'elles étaient les plus basses.Ce nouveau catéchisme de première année se divise en trois parties: le livre de l'élève, le livre du maître, une série de 35 affiches.Le livre de l'élève aura environ 120 pages, dans un format de 7Vb" X 8%", imprimées en 2 couleurs, et comprendra 38 illustrations imprimées en 4 couleurs et réalisées par Mme Jeanne Courte-manche-Audair.La principale innovation introduite dans ce nouveau catéchisme est la part très importante faite à la participation des parents à l'éducation religieuse reçue par leurs enfants à l'école.En effet, pour chaque semaine, il y a une page réservée aux parents.Dans cette page, ces derniers trouveront les explications aux leçons de catéchisme de la semaine ainsi que différentes notes pédagogiques indispensables à la bonne compréhension des différentes leçons.Enfin, le livre de l'élève sera relié en toile et le texte sera imprimé sur un papier très opaque.Le livre de l'élève sera sur le marché au milieu du mois d'août prochain.Le livre du maître comprendra une série de fiches de 8 pages correspondant à chacune des semaines de l'année scolaire.Dans chacune de ces fiches, le professeur trouvera toutes les données pédagogiques nécessaires à son enseignement.Ces fiches seront réunies dans une chemise cartonnée.Le livre du maître sera en vente au milieu du mois de juin prochain.Quant aux affiches, elles seront groupées par série de 35 illustrations dont 33 imprimées en 4 cou- 262 LECTURES leurs et 2 en noir seulement.Les illustrations de cette série d'affiches sont extraites du livre de l'élève, sauf quelques-unes.La pédagogie moderne fait, depuis un certain nombre d'années, une plus grande place aux moyens audiovisuels.D'où, évidemment, l'importance de voir ces grandes affiches de 24" X 30" dans toutes les classes de première année de la province.De plus, tous les éducateurs sont unanimes à reconnaître la pauvreté de notre imagerie religieuse ainsi que son peu de valeur artistique.Cette série d'affiches saura justement éveiller le goût du beau chez nos enfants.Le service des bibliothèques écile Lavoie Aider les bibliothécaires dans leurs tâches a toujours été l’une des préoccupations de la Maison F ides.En effet, dès 1940, les responsables de la vente en librairie avaient pris à cœur les problèmes de leurs clients.On ne se contentait pas de fournir des livres, on ajoutait des conseils sur la façon de les classifier et d’en organiser le prêt aux lecteurs.Connaissant les exigences professionnelles auxquelles les bibliothécaires doivent se conformer, le personnel du « Service des bibliothèques » s'est toujours appliqué à tenir à jour sa documentation et à répondre rapidement à tous ceux qui s’adressent à lui.Le Service fut confié tour à tour à Mlle Yolande Cloutier, M.Victor Martin et Mlle Cécile Martin.En 1954, la direction de F ides me pria de diriger ce Service étant donné que j’étais diplômée de l'Université de Montréal en bibliothéconomie et en bibliographie.Aujourd’hui avec la création du Service provincial des bibliothèques au sein du Ministère des affaires culturelles et grâce au développement des écoles de bibliothécaires, il est vrai que les membres de la profession sont plus nombreux et mieux préparés à leur tâche.Cependant dans une maison d’éditions possédant des librairies, le « Service des bibliothèques » ne s’avère pas moins nécessaire.Présentement nos activités méritent d’être signalées dans trois domaines particuliers.I.— La publication de fiches de catalogue imprimées pour tous les ouvrages édités par F ides.Rédigées selon les normes bibliographiques reconnues, ces fiches sont vendues ou offertes gratuitement avec l’achat du volume.Environ 400 litres sont présentement disponibles.II.— La diffusion de divers instruments de travail pour l'organisation technique d’une bibliothèque.Ceci comprend une cinquantaine d’ouvrages spécialisés sur la classification, la catalographie et la bibliographie, ainsi qu’une douzaine de cartes et feuillets utilisés pour le service du prêt ou le catalogue dictionnaire.En 1963-1964, le Service des bibliothèques a vendu 555,000 fiches de catalogue, 126,000 feuillets de prêt, 267,000 fiches du livre et 315,000 pochettes, sans compter les quelques autres item en circulation.111.— La rédaction des catalogues annuels et des listes publicitaires, soit pour promouvoir la vente des nouveautés canadiennes et européennes, soit pour dresser une bibliographie sur un sujet d’actualité.Ces catalogues d’ouvrages de bibliothèques, de livres de classes et de récompenses scolaires sont disposés par degrés du cours, de façon à devenir un guide très précieux pour tous ceux qui ont à acheter des livres.De plus, à l'occasion du réaménagement de la nouvelle librairie du boulevard Dorchester, le personnel du Service a collaboré à la réorganisation des étalages et des classeurs correspondant aux 25,000 titres divers en circulation.Un œil averti jeté sur les rayons de cette librairie moderne, une oreille attentive aux nombreux renseignements fournis, reconnaît sans erreur l’efficacité de l'organisation.C'est pourquoi les bibliothécaires aiment à y passer des heures; tout est à la portée de la main, l'esprit de « service » a inspiré chaque détail.Le Service des bibliothèques de la Maison Fides se méfie de l’anémie et de la routine: son but est de suivre de près l’évolution progressive des professions de bibliothécaire et d’éducateur, de se tenir disponible à tout nouveau besoin.En s'imprégnant de l’esprit propre à une œuvre de presse catholique, par compétence professionnelle et par souci de collaboration fraternelle, le Service des bibliothèques existe comme complément au rayonnement d’une Maison canadienne consciente du rôle qu’elle a à jouer dans un monde en pleine évolution.Juin 1964 263 M.PAUL-A.POIRIER est devenu gérant général de Fides en 1945.Pionnier de l’oeuvre, collaborateur intime du fondateur, M.Poirier a fait de Fides la préoccupation centrale de toute sa vie.— Depuis combien d’années êtes-vous à Fides ?— Depuis 1937.J’ai vécu aux côtés du Père Martin et de ses collaborateurs du début de “Mes Fiches" les temps héroïques qui forment la base de toute oeuvre de ce genre.Mais je ne les regrette pas, loin de là.L’édifice que nous inaugurerons le 20 mai sur le boulevard Dorchester efface de ma mémoire les difficiles étapes du passé.— Quelles ont été vos responsabilités dans la construction de l’édifice actuel ?— Celles d’un administrateur.Quand, il y a deux ans, nous avons été avisés que les locaux de Fides, 25 est rue Saint-Jacques, seraient expropriés par le gouvernement de la province pour permettre la construction d’un nouveau Palais de justice, vous imaginez un peu nos réactions.L’édifice de la rue Saint-Jacques était solide — les démolisseurs s’en sont d’ailleurs parfaitement rendu compte.Construit en 1926 par la Chambre de Commerce de Montréal, l’immeuble que Fides habita de 1945 à Paul-A.Poirier: “Fides doit construire pour l’avenir” 1964, impressionnait par une architecture sobre qui s’harmonisait bien aux immeubles d’alentour.Nous y avions assez d’espace pour loger tous nos services et il est évident que nous projetions d’y demeurer encore longtemps.Depuis quelque temps propriétaires d’un local voisin, le 29 est Saint-Jacques, nous souhaitions agrandir en construisant à l’arrière de l’édifice, sur le terrain vacant qui nous servait de stationnement, ruelle des Fortifications.— Quels sont les points principaux d’un projet comme celui qui vient de se réaliser?— Une maison d’édition comme la nôtre, qui progresse au rythme de notre évolution culturelle, doit construire pour l’avenir.Il s’agissait donc de délimiter plusieurs points.Le site tout d’abord.— Pourquoi avez-vous choisi le boulevard Dorchester ?— Pour plusieurs raisons d’égale importance.La première c’est que nous voulions garder notre clientèle, celle qui forme le noyau des amis d’une maison comme Fides.Notre clientèle se recrute en grande partie parmi les éducateurs de Montréal mais aussi ceux de l’extérieur.Ces derniers, lorsqu'ils viennent à la ville sont handicapés par le temps.Nous ne pouvions guère nous éloigner des secteurs où se situent les gares, l'archevêché, et dans un avenir rapproché le métro.Autre raison: le boulevard Dorchester est appelé à devenir le centre vital d’un commerce métropolitain et, à ce point de vue, il offrait des avantages réels pour l’expansion de notre librairie principale.Quant à la grandeur de l’édifice, je vous ai dit tout à l’heure que Fides est une maison progressive, soucieuse d’accorder son expansion à celle du Montréal de l’avenir.— Les éditions occupent-elles tout l’édifice?— Non.Des dix étages, Fides en occupe six.Quatre étages sont à louer.— L’édifice maintenant terminé vous donne-t-il satisfaction ?— Il est magnifique et nous devons en remercier les architectes Morin et Le Borgne, les ingénieurs-conseils Bouthillette et Parizeau ainsi que les entrepreneurs généraux Concrete Construction Inc.L’un des plus élégants du boulevard Dorchester, l’édifice Fides s’insère très bien dans le contexte français de l’est de la Métropole, secteur où s’installera bientôt Radio-Canada et qui devrait prendre, d’ici 1967, un essor considérable en tous points égal à celui de l’Ouest.Julia RICHER 264 LECTURES Victor Martin : “Notre librairie ne présente que des livres choisis" M.Victor Martin a la responsabilité du service des ventes de Fides.Directeur des librairies, il fait partie, depuis leur fondation, de toutes les sociétés professionnelles du livre au Canada.Président du Conseil supérieur du livre en 1963-1964, il vient d’être élu, pour l’année 1964-1965, président de la Société des Libraires Canadiens.— Depuis quand date le service de librairie à Fides ?— Depuis janvier 1941, alors que Fides se portait acquéreur du service de librairie de la Jeunesse Etudiante Catholique, installée alors sur la rue Cherrier.Déménagée en mai suivant avec le secrétariat de la J.E.C.au 430 est rue Sherbrooke, notre librairie ne prenait cependant son essor qu’en mai 1942, au rez-de-chaussée de la maison que nous venions d’acquérir sur la rue Saint-Denis.— En quoi consistait alors le service de librairie ?— Il s’agissait alors surtout d'un service de vente aux bibliothécaires, aux étudiants et aux professeurs.Dès les débuts, la librairie fut classée par ordre de matières, un peu à la façon d’une bibliothv juc.Peu à peu, le personnel constitua un catalogue sur fiches dans le but de retrouver plus facilement les livres sur les rayons et de renseigner le public sur ceux que nous ne pouvions pas fournir son parce qu’ils étaient épuisés, soit poui diverses autres raisons.— Vous êtes-vous occupé de la librairie dès votre arrivée à Fides ?— A mon arrivée à Fides en 1944, j’ai travaillé tout d’abord à la librairie, puis devenu responsable de la propagande et de la vente de nos éditions, je parcourus en tout sens la province de Québec, les Maritimes et l’Ontario afin d’implanter les éditions Fides sur le marché canadien.Ce n’est qu’en 1953 que je pris la direction de la librairie et que j'organisai le service de gros, puis quelques années plus tard le département de manuels scolaires.— Votre librairie n'offre-t-elle que des ouvrages religieux ?— Pas uniquement, loin de là.Nous avons un très grand nombre d’ouvrages littéraires, historiques ou autres.Mais nous avons toujours tenu à garder à notre librairie le caractère social et humaniste qui a prévalu à la fondation de Fides.Notre librairie ne présente que des livres choisis.— Votre librairie, je crois, compte des succursales?— Fides en effet a organisé des librairies dans des milieux qui en étaient dépourvus et où par conséquent la diffusion du bon livre ne pouvait se faire qu’au ralenti.Nous avons ainsi l’espoir d’avoir rendu service à notre collectivité ethnique à travers le Canada tout entier.— Vos succursales actuelles se limitent à la province de Québec cependant, pourquoi ?— Parce que notre œuvre à l’extérieur nous paraissait accomplie.Déficitaires pendant de longues années, les succursales de l’Ouest sont maintenant viables et elles peuvent progresser sous la responsabilité de Canadiens français intéressés à leur survivance.— Comment voyez-vous l'avenir de votre librairie dans l'édifice que vous inaugurez aujourd’hui ?— Magnifique! Installée dans un local moderne, climatisé, de 5.000 pieds de superficie, la librairie du boulevard Dorchester offre maintenant une collection de 25.000 titres.La section de littérature enfantine est très considérable; classée par ordre d’âge, elle est donc d'un accès très facile.Quant aux adultes, tous les domaines du savoir leur sont présentés: philosophie, éducation, religion, littérature, histoire, biographie, etc.Le catalogue dont nous parlions au début compte maintenant 50.000 fiches et rend d’inappréciables services tant au personnel qu’aux clients.— A quoi attribuez-vous le succès de vos librairies ?— A un travail d’équipe.L’expansion de nos librairies ne s’est pas accomplie sans une augmentation considérable de notre personnel.C’est grâce à lui, aux différents chefs de service, à la collaboration et au travail de tous, que nos librairies ont grandi et prospéré.— Vous vous occupez beaucoup des sociétés professionnelles du livre ?— Fides est membre de l’Association des Editeurs canadiens depuis la fondation de cette société en 1943.et le R.P.Martin en a été le vice-président fondateur.Quant à moi.j’ai toujours entretenu avec mes collègues d'excellentes relations.Mêlé étroitement à l’administration des différentes sociétés professionnelles du livre, je crois qu’elles sont appelées à jouer un rôle de plus en plus considérable dans le contexte actuel de l’évolution nationale.La collaboration efficace de tous les adhérents de nos sociétés permettra, j’en suis sûr.pour l’avenir, une politique de diffusion du livre qui devrait être bienfaisante pour tous les intéressés.Julia RICHER Juin 1964 265 De tous les départements de Fi-des, le Service de Bibliographie et de Documentation est sans doute celui qui, dans l’esprit du public, prête le plus aux méprises et à la confusion.Il n'est pas exceptionnel en effet que, confondant ce service avec le département des comptes payables, on lui adresse le règlement de ses comptes.Pour d’autres, il semble que nous ayons été créés et mis au monde pour servir de bottin commode et universel à tous ceux qui désirent une adresse d’éditeur ou d’écrivain.Par ailleurs, bon nombre d’étudiants, plus futés que laborieux, s’imaginent que nous avons, parmi le personnel du Service, un nègre particulièrement érudit et complaisant, prêt à assumer tous les travaux, et qu'il leur suffit d’une lettre, pour recevoir, par retour du courrier, la matière de leur rédaction de fin de semaine.En fait, ce Service qu’on veut apprêter à toutes les sauces, il a des tâches bien définies: assurer la pu-bl:~ation de Mes Fiches et de Lec-tu.es, établir la cotation des livres et répondre, par lettre ou par téléphone, aux consultations des personnes qui désirent connaître la valeur morale des livres.Mes Fiches, à qui revient l’honneur d’avoir été le grain de sénevé qui a donné naissance à Fides, est un bulletin documentaire mensuel.Destiné aux travailleurs intellectuels de toute discipline — étudiants ou professionnels — il offre, à chacune de ses livraisons, douze synthèses sur les sujets les plus variés: philosophie, religion, sciences sociales, philologie, sciences pures ou appliquées, beaux-arts, littérature, histoire, géographie, biographie, etc.Ces synthèses sont de substantiels résumés soit de chapitres de livres, soit d’articles choisis dans les quelque deux cents revues que reçoit périodiquement la bibliothèque.L’indice décimal et la vedette-matière qui figurent au haut de chaque synthèse en permettent la classification rationnelle et la consultation facile pour les collectionneurs.Après plus de vingt-sept années de publication, la revue Mes Fiches, avec ses quelque 5,000 synthèses, représente une encyclopédie sur feuilles mobiles d’une ampleur et d’une richesse assez impressionnantes.La rédaction de cette revue est assurée depuis plusieurs années par le R.P.Léon-M.Baron, c.s.c.Fondée en 1946, la revue Lectures avait, dès le début, ambitionné de travailler à une saine orientation des lectures en jugeant la production littéraire dans une optique chrétienne, en dénonçant au besoin les livres mauvais ou dangereux et en assurant aux bons ouvrages l’apologie qu'ils méritent.Cet objectif, il est resté fondamentalement le même à travers toutes les transformations que les années ont fait subir à Lectures.Aujourd’hui comme hier, la revue souhaite jouer un rôle de conseiller auprès des éducateurs, des bibliothécaires et des bibliophiles en général, auprès de tous ceux-là qui, profondément convaincus de l’in- fluence du livre sur ses lecteurs — influence souvent mystérieuse et imprévisible mais toujours réelle — sentent le besoin de s’orienter et de faire un choix dans la vaste production courante.Pour être à la hauteur de ce rôle de conseiller, les rédacteurs de la revue s’appliquent à suivre les directives si claires et si sages que Sa Sainteté Pie XII donnait aux critiques, dans un texte magistral qu’il prononçait en 1956.C’est dans ce texte qu’il faut chercher les normes qui nous guident dans l’accomplissement de notre travail.En voici quelques-unes, particulièrement significatives: — La critique doit être objective: « un critique habituellement enclin à la passion, remarquait Pie XII, ne devrait même pas prendre la plume ».— La critique doit être exhaustive: tenir compte non seulement de la valeur morale d’un ouvrage, mais aussi de sa valeur littéraire, artistique, scientifique ou autre.« Cette perfection de la critique catholique, faisait remarquer le Pontife défunt, non seulement en renforce l’autorité devant le public, mais lui vaut des mérites positifs à l'égard de la culture, selon la tradition permanente de l’Eglise, toujours attentive à suivre le cours et les progrès de la pensée et de la forme.» — Le critique doit être incorruptible, c’est-à-dire qu’il ne peut * pour faire plaisir à l’auteur pas plus qu'à Féditeur ou au public » faire une critique qui enjolive, tronque ou dissimule la vérité.— Le critique doit juger l’œuvre et non pas l’écrivain: peu importent la personne, le passé ou les le R.P.L.-M.BARON, c.s.c., rédacteur de Mes Fiches 266 LECTURES Rita LECLERC, rédactrice de LECTURES intentions d'un auteur, au regard du critique qui doit porter un jugement uniquement sur l’œuvre.— Le critique doit juger avec charité, une charité qui n’est ni servilité ni complaisance, mais respect et délicatesse, une charité qui ne sacrifie ni les lecteurs à l’écrivain ni l’écrivain aux lecteurs.C’est à la lumière de ces directives que s'efforcent de travailler les collaborateurs de Lectures.Ce travail nous ne prétendons certes pas qu’il soit parfait, ni à l’abri de toute critique fondée; les normes que nous avons rappelées plus haut ont pour nous valeur d’idéal à atteindre plus que d’alibi commode.Il reste cependant que, en dépit de toutes ces imperfections dont nous avons conscience ou qu'on nous ^signale à l’occasion, la revue se mérite de plus en plus la confiance des éducateurs et des bibliophiles, si l’on en juge par l’ac- croissement constant du nombre des abonnés — dont la grande majorité se recrute parmi les institutions — et par l’abondance et la qualité des témoignages reçus.Avec les années d’ailleurs, la revue s’efforce d’améliorer la qualité de ses services et de se mettre à la portée d’un public de plus en plus vaste.C'est ainsi que de substantiels changements sont prévus pour les prochains mois de façon à faire de la revue un instrument de choix pour tous les bibliophiles qui fréquentent nos librairies et nos bibliothèques.Ces changements seront annoncés dans quelque temps et nous croyons qu’ils rencontreront l'adhésion enthousiaste de nos abonnés, anciens et nouveaux.Rita LECLERC La nouvelle revue l’Elève Une aventure dans la pédagogie moderne Pierre BILLON En septembre 1963, une équipe d’éducateurs se réunit et lance un défi: créer une revue culturelle pour les écoliers, une revue sans facilités ni vulgarité, sans bandes dessinées ni concours, une revue qui parle de religion, de français, d’arithmétique, d’histoire et de géographie, de connaissances usuelles, suivant les directives officielles du D.I.P., une revue capable pourtant d’enthousiasmer les enfants ! Le premier numéro paraît au début de novembre.Ce n’est pas, comme certains l’attendaient, un rajeunissement de l’ancienne formule.C’est une transformation totale, brutale.Les bases ne sont plus les mêmes.A la routine, à la mémorisation, à l’empirisme, on a substitué l’esprit de recherche, l’expérimentation et la psychologie de l'enfant.Des professeurs nous écrivent: ils ne comprennent pas et nous reprochent ce changement trop rapide.Mais huit mois plus tard, nous recevons des lettres comme celle-ci: “Croyez-moi, l’intérêt suscité dans notre milieu par votre nouvelle revue grandit de jour en jour.Je dois vous dire cependant que lors de la parution de votre premier numéro, il n’en était pas ainsi.Nous étions choqués ! De quoi ?.de la technique utilisée (j’ignore si vous l’aviez fait exprès.).Mais le désir de mieux faire nous amena à consulter L’Elève et surtout Le Maître, nouvelle édition.Après quelques mois de prise de contact et d’effort pour l'appliquer, je considère ces nouvelles revues comme indispensables à tous professeurs désireux de progresser.” Pourquoi une telle réaction chez certains instituteurs, et pourquoi ce revirement ?Au début, bon nombre d’entre eux ont ressenti notre entreprise et nos écrits comme une critique de leur travail et ont répondu par un mouvement de repli et de durcissement.Par bonheur, à la longue, les positions se sont clarifiées.Notre volonté de dialogue a été reconnue comme sincère, notre analyse du traditionalisme n’est plus, sauf pour quelques-uns, ressentie comme une attaque personnelle.Nous savons bien que de nombreux instituteurs sont prisonniers d’un système archaïque, que les effectifs trop nombreux, les examens, les exigences absurdes de certains règlements leur lient les mains et qu’ils sont les premiers à souffrir de cette situation.Comment aurions-nous pu reprocher aux instituteurs une organisation de l’enseignement à Juin 1964 267 l’envers du bon sens, alors que ni eux, ni nous (ni personne semble-t-il) n’en est responsable.Notre politique est toute différente: elle ne vise pas à accabler l’enseignant, mais à lui demander de collaborer avec nous, et nous avec tous les autres, à l’édification d’un système moderne d’éducation.Car nous savons bien que, en définitive, c’est l’instituteur dans sa classe, face aux enfants, qui réalisera la réforme véritable de l’enseignement public.Dans la revue L’Elève, une nouvelle rubrique est créée: la Page des Parents.Au travers d’elle, l’équipe rédactionnelle veut témoigner de son désir de collaborer avec les premiers éducateurs de cet enfant auquel on s’adresse dans le reste de la revue.Car nous croyons à l’unité de l’oeuvre éducatrice, c’est-à-dire que nous en refusons le cloisonnement entre les divers milliers d’écoliers, dans la joie de s’exprimer librement et spontanément, nous écrivent sans obligation et sans espoir de récompense, simplement parce qu’ils sont intéressés, donc motivés.Et en nous basant sur la motivation comme moteur de l’activité, nous n’avons rien fait d’autre qu’appliquer les données de la psychologie à notre action pédagogique.En quittant délibérément les sentiers battus, la nouvelle revue L’Elève s’est-elle engagée dans une impasse, vers un idéal irréalisable ?En religion, par exemple, était-il raisonnable de supprimer le “par-coeur”, les questions et les (bonnes) réponses ?Dès septembre prochain, les institutrices de Ire année se serviront du nouveau catéchisme.Lorsqu’elles l’ouvriront pour la tère de l’Education va baser les prochaines réformes sur des assises scientifiques, et non sur un empirisme et un à-peu-près aujourd’hui désuets.Ceux qui ont suivi de près notre aventure savent que nous ne prétendons pas avoir découvert le système éducatif idéal, et que nous n’attribuons pas à notre action une place plus grande qu’elle n’occupe dans l’ampleur du problème.D’ailleurs, les nombreuses modifications que nous avons apportées chaque mois à nos revues témoignent que nous n’avons qu’une extrémité de la vérité, et que nous sommes à la recherche de l’autre.Toutefois, ce dont nous sommes certains, c’est d’en tenir le bon bout ! Etre à l’avant-garde n’est rien, le tout est de s’y maintenir.La position que nous avons prise ne nous permet pas d’être statiques, Récemment paraissaient à Fides, les premiers numéros de la revue L’ELEVE et LE MAITRE, complètement transformée.A cette occasion, M.Pierre Billon, directeur de la rédac-rait les journalistes montréalais à qui il remettait la revue.Assistaient à la réunion le R.P.c.s.c., directeur général de Fides, et toute " r la photo on remarque, assis, de -Marcel Lemaire, o.p., conseiller thèologique, Mlle Marcelle Brisson.M.Dominique Cornaglia, dessinateur, conseiller artistique, Madame Maria-A.Harberts Borges, psychologue-conseil, M.Pierre Billon, le R.P.Paul-A.Martin, Madame Colette Noël.Debouts: M.Jean Gay, M.Germain Leduc, Mlle Marie-Claire Brune, M.Jacques Vallée, M.Jean-Marc Ostiguy._ "spécialistes”; l’enfant est un tout qui ne peut se dissocier: l’intelligence et la mémoire ne partent pas seules pour l’école, le coeur et l’émotivité les y accompagnent.C’est dire que, chacun dans son domaine, parents et maîtres se rejoignent sous le même nom d’éducateurs et leur action pédagogique, pour être efficace, doit être une oeuvre de collaboration.La plupart des parents réagissent favorablement à notre entreprise.Ils nous appuient par leurs lettres, leurs témoignages ou, indirectement, en encourageant leurs enfants à nous écrire.Car nous avons reçu.des milliers de lettres d’enfants.De tous les coins de la belle Province, des milliers de textes, de poèmes, de dessins, de prières, de chansons, de problèmes d’arithmétique, de charades, de travaux manuels, parviennent à la rédaction de L’Elève, inventés, imaginés, créés par les enfants eux-mêmes.Des première fois, elles seront peuL être frappées par un air de parenté avec le nouvel Elève.Il n’y aura là rien de mystérieux: nos caté-chètes se sont toujours efforcées de travailler dans le sens du renouveau catéchétique.Et c’est ainsi que, plusieurs mois à l’avance, nous avons contribué à familiariser les professeurs avec l’esprit de ces nouvelles méthodes d’enseignement.Nos revues sont le porte-parole d’un mouvement pédagogique centré sur l’enfant, tel qu’il est et non tel qu’il devrait être, et notre méthodologie en fait son premier agent d’éducation.En 1964, il n’est plus possible de concevoir un système d’éducation qui ne soit au centre d’un réseau complexe d’un grand nombre de disciplines du savoir humain: philosophie, psychologie, sociologie, économie, etc.Sans jouer au prophète, il est aisé de prévoir que le nouveau minis- elle nous oblige à la prospection de toutes les voies de la pédagogie; car on ne saurait bâtir en étant sectaire.Notre travail n’est pas seulement de préconiser des techniques nouvelles, mais aussi d’adapter ces techniques aux possibilités réelles de l’enseignement.Au Québec pas plus qu’ailleurs, on ne peut importer une méthode pédagogique comme on importerait une voiture des Etats-Unis ou une bouteille de vin français.Si l’enfant est un être universel (la structure psychologique fondamentale de l’homme ne se modifiant pas avec le climat), il serait néanmoins hasardeux de les appliquer sur des enfants cana-diens-français, sans se poser des questions, sans chercher dès l’abord à les adapter.Les questions, nous les avons posées; c’est avec l’aide des instituteurs et des institutrices que nous comptons y donner une première réponse.Voilà, pour les revues L’Elève et Le Maître, nos plans et nos objectifs.268 LECTURES FIDES - PARIS Témoignage Dans une lettre qu’il adressait au R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., le Dr Georges Durand, qui fut le premier gérant de la succursale de Fides à Paris, a rendu un intéressant témoignage sur le rôle de cette maison d'édition en France.Fides [.] était encore une très jeune œuvre — et combien déjà riche de réalisations ! — lorsque j'ai pris un premier contact avec elle, en J 947, à la Procure générale du Clergé et lorsque, l'année suivante, j'ai eu le privilège de vous rencontrer, début d'une amitié et d une collaboration dont j'ai beaucoup reçu.En 1949, vous vouliez bien me confier la tâche d’installer à Paris la succursale française de votre œuvre.Après avoir consacré pendant un peu plus de 2 ans toute mon activité à cette entreprise, j'ai dû, bien sûr, reprendre ma véritable profession, mais vous savez que je ne me suis jamais désintéressé de Fides et que, encore maintenant, je.-participe chaque mois aux travaux du Comité Consultatif de la Société.C'est vous dire que je me considère comme membre de la grande famille de Fides depuis plus de 13 ans.Je n'aurai pas l’outrecuidance de vous adresser un texte qui veuille ressembler à un « message ».Les résultats que j'ai personnellement obtenus m'incitent à beaucoup plus d’humilité.En créant Fides à Paris nous nous proposions, entre autres buts, d’établir un centre culturel catholique destiné à mieux informer les Français, encore très ignorants sur ce point, de la réalité canadienne-française.Certes ce projet ne manquait pas, de ma part, d'une certaine présomption mais je ne puis évoquer sans nostalgie notre belle installation du 420 boul.Raspail, que S.Excellence le général Vanter, alors ambassadeur du Canada à Paris, entouré de nombreuses personnalités, avait daigné venir inaugurer en juillet 1950.Pendant plusieurs années la Maison Fides, de Paris, fut très achalandée et fréquentée par de nombreux visiteurs soucieux de connaître mieux le Canada français.Mgr F.-A.Savard à son retour de France en 1951 pouvait vous déclarer que la « Maison du Livre Canadien » — c'est ainsi que nous l’avions nommée — était une véritable ambassade du Canada français.Je voudrais également rappeler que c’est dans le premier bureau de Fides — celui de la rue A!.-D.-des-Champs — que fut créée en 1950 l’Association Nationale France-Canada, Association qui a étendu depuis son activité dans toute la France et dont les réalisations intéressantes sont de jour en jour plus appréciées.Au cours des années qui suivirent, les buts immédiats de la succursale française de Fides ont dû être reconsidérés à plusieurs reprises mais je suis heureux de constater, à chacune de mes visites mensuelles dans les locaux de la rue Félibien, que sous la diligente impulsion de M.Ritzinger, la Société Fides présente tous les signes de bonne santé d’une œuvre qui ne demande qu’à prospérer.Bien sûr les buts de large information culturelle sont, dans une certaine mesure, devenus moins né- cessaires.Les Français connaissent beaucoup mieux le Canada français qu'en 1949 — voyages et échanges plus nombreux et rapides, publication d’une foule de livres et brochures.Il ne se passe guère de mois qu’un journal ne consacre une série d'articles à la vie cana-dienne-française.Et cette documentation rentre souvent dans le vif du sujet laissant de côté l'aspect sentimental si exploité naguère.Des livres presque « révolutionnaires » parviennent jusqu'à nous (et pas toujours par la voie de Fides).Nous vivons presque au jour le jour l'extraordinaire mutation qui se produit depuis quelques années au Québec et dont on peut suivre les signes dans la rédaction même de la revue Lectures.Et puis il y a eu la triomphale visite en France de /'Honorable Premier Ministre Jean Lesage, l'installation à Paris de la Maison du Québec où Monsieur Charles-A.Lussier, premier délégué général, réussit à merveille.Les Français qui — comme moi depuis plus de 20 ans — considèrent la Province de Québec comme la plus belle réussite de l'expansion française dans le monde (et de cruels événements récents ne peuvent que confirmer cette opinion) se réjouissent de voir s’ouvrir plus largement la voie des échanges entre le Canada et la France.En ma qualité — dont je suis fier — de membre français de la Juin 1964 269 famille de Fides je me permettrai de souligner deux des buts — parmi tant d autres qui sont ceux de Fides au Canada — me paraissant plus particulièrement à l’ordre du jour.1.Fides doit jouer un rôle important pour faire mieux connaître en France le nouveau visage du Québec en publiant les œuvres des écrivains canadiens-français dont la qualité s’impose de plus en plus comme un élément enrichissant de notre commune culture.2.Rôle non moins important pour Fides, celui de contribuer à aider les minorités françaises des autres Provinces du Canada à maintenir et développer leur foi et leur culture, mission déjà si magnifiquement amorcée par la création de succursales et dépôts exclusifs en Ontario, Nouveau-Brunswick, Manitoba et Alberta.On mesure ce qui a été fait, on évoque ce qui reste à faire et ion pourrait éprouver quelque inquiétude si précisément ce passé n’était garant de l’avenir et si Fides n’était dès ses origines une œuvre apostolique [.].- Commandez dès maintenant votre tome de LECTURES 1963-1964 Vous y trouverez, sous une attrayante reliure bleue titrée or, tous les numéros de la dernière année, soit de septembre 1963 à juin 1964.Prix : $5.00 FIDES, 245 est boulevard Dorchester, Montréal 270 LECTURES X.re (ation A cxteri Dans le monde actuel, asservi à tous genres de publicité, la part du livre est restreinte et très souvent minimisée.Fort heureusement, depuis quelques années, les médiums d’information comprennent la nécessité de placer sous les yeux du public canadien le produit de nos auteurs, leurs efforts, leurs réussites.Une maison d’édition progressive se doit donc d’établir une collaboration assidue avec les journalistes, directeurs litté- eureô raires de nos quotidiens, hebdomadaires ou périodiques; avec les critiques de la radio et de la télévision.Par eux parvient au grand public une information littéraire susceptible de créer peu à peu l’atmosphère propice à l’éclosion et l’expansion d’une littérature canadienne.Ces relations extérieures sont assurées à Fides par Mme Julia Richer, bien connue dans les milieux journalistiques.L'IMPRIMERIE Une maison d’édition n’arrive à son épanouissement normal que le jour où elle peut imprimer elle-même toutes ses publications.C’est marquer l’importance d’une imprimerie dans une maison comme la nôtre.En 1953, Fides ayant des périodiques dont le tirage mensuel dépassait 500,000 exemplaires, fit l’acquisition de l’atelier du journal Le Canada.Montée en fonction d’un journal quotidien, l’imprimerie de la rue de Gaspé contenait alors une machinerie qu’on dut songer presque aussitôt à transformer.La rotative fut remplacée par une autre — beaucoup plus importante avec possibilité d’impression en quatre couleurs — très précise et très efficace pour le tirage des revues pédagogiques (Le Alaitre et L’Elève) ainsi que les diverses éditions de l’illustré pour jeunes (Hérauts).Et l’atelier s’outilla peu à peu à la convenance et aux besoins de la maison.Pour effectuer cette transformation le Père Martin s’assura la collaboration d'un technicien suisse, M.Bernard Deshusses qui M.E.Chave, gérant de l’imprimerie fut gérant de l’Imprimerie de 1954 à 1957.De 1954 à 1956 le Père Martin eut aussi la collaboration dans le domaine de l’imprimerie et de 1 édition, du R.P.Marcel Plamondon, c.s.c., qui avait été directeur de la revue L’Oratoire pendant de nombreuses années.Aujourd’hui l’imprimerie Fides est l’une des plus modernes au Canada français.Avec l’accroissement considérable des éditions publiées depuis dix ans, 1 imprimerie de la rue de Gaspé est principalement destinée à la production de la maison.La typographie, la présentation, le luxe même de certaines éditions ont permis au grand public de juger l’imprimerie.Composition, mise en pages, presses, pliage, finition des volumes, expédition: chaque secteur de l’atelier a son responsable.La collaboration entre tous les membres d'un personnel aussi diversifié est la caractéristique nécessaire à une entreprise de cette envergure.M.R.Badeau, assistant-gérant de l’imprimerie Juin 1964 27/ LES GRANDES COLLECTIONS DE IIDKS PHILOSOPHIE ET PROBLÈMES CONTEMPORAINS (1942) Les problèmes contemporains étudiés à la lumière des principes de la philosophie thomiste.17 TITRES.LES MAÎTRES DE LA SPIRITUALITÉ (1948) Collection dirigée par les Religieux du Carmel de Nicolet.Des oeuvres qui sont de tous les temps.8 TITRES.LA FONTAINE D'ÉLIE (1963) Collection dirigée par les religieux du Carmel de Nicolet.Des oeuvres qui essaient de renouveler les richesses traditionnelles de l'état de perfection.3 TITRES.FOI ET LIBERTÉ (1961) Collection dirigée par Pierre Angers, s.j., Fernand Dumont, Serge Lapointe, Gérard Lemieux, Benoit Pruche, o.p., Paul-Emile Roy, c.s.c., et Claude Ryan.2 TITRES.ALOUETTE BLANCHE (1960) Des textes religieux édités dans une collection de livres de poche, à la portée de tous.6 TITRES.ALOUETTE BLEUE (1960) Livres de poche.Les grandes oeuvres des auteurs canadiens mises à la portée de tous.16 TITRES.ALOUETTE DES JEUNES (1960) Des histoires passionnantes pour les jeunes.11 TITRES.LES ALBUMS DE L'ARC-EN-CIEL (1963) La Bible racontée en images pour des enfants de cinq à douze ans.6 TITRES.RÊVE ET VIE (1950) Un choix de romans pour adolescents.33 TITRES.CONTES DE MAMAN FONFON (1960) Texte de Claudine Vallerond.18 TITRES.FLEUR DE LYS (1955) Collection publiée sous la direction de MM.Guy Frégault et Marcel Trudel.8 TITRES.HISTOIRE DE LA NOUVELLE-FRANCE (1963) Collection dirigée par M.Marcel Trudel.1 TITRE, 9 A VENIR.BIBLIOTHÈQUE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE (1944) Cette collection répond aux multiples problèmes que pose l'évolution économique, sociale et politique du monde actuel 19 TITRES.PRÉSENCE (1963) Le but de cette collection est de proposer une réponse chrétienne à la fois généreuse et nuancée, aux questions qui se posent actuellement à la conscience de notre milieu 1 TITRE.LE NÉNUPHAR (1944) Publiée sous la direction de Luc Lacourcière, cette collection groupe les ouvrages des grands noms de notre littérature 27 TITRES.LES CLASSIQUES CANADIENS (1956) Collection publiée sous lo direction de Mgr Félix-Antoine Savord, Guy Frégault, Luc Lacourcière, Benoit Lacroix, o.p., Marcel Trudel.29 TITRES.ÉCRIVAINS CANADIENS D'AUJOURD'HUI (1963) Cette collection présente une esquisse biographique, une étude critique et un choix de textes de quelques-uns de nos meilleurs auteurs contemporains.2 TITRES.LA GERBE D'OR (1958) Un choix d'oeuvres d'auteurs canadiens.10 TITRES.27 2 LECTURES ÉPHÉMÉRIDES mars 1937: Fondation de la revue Mes Fiches.Le R.P.Paul-A.Martin, de la congrégation de Sainte-Croix, soutenu par son supérieur immédiat le R.P.Emile De-guire, assisté par des confrères et en étroite collaboration avec les dirigeants de la Jeunesse Etudiante Catholique, offre ainsi aux étudiants une revue de documentation et de bibliographie.Bientôt le P.Martin s'adjoindra deux collaborateurs laïcs: M.Paul-A.Poirier (avril 1937) et Mlle Cécile Martin (août 1938).janvier 1944: Lancement d’une revue de jeunes: Hérauts.mai 1946: Aux collaborateurs de la première heure, s’ajoutent plusieurs laïcs dont quelques-uns marqueront l’œuvre de leur personnalité propre: MM.Victor Martin, Clément Saint-Germain, Théophile Bertrand.L édifice de la rue Saint-Jacques, acquis l’année précédente par Fides, est solennellement inauguré par S.Em.le cardinal Rodrigue Villeneuve et S.Exc.Mgr Joseph Charbonneau.mai 1937: Fondation de l’Ecole des bibliothécaires, projet mis de l’avant par Mlle Marie-Claire Daveluy, bibliothécaire-adjointe de la Municipale, auquel participent M.Aegidius Fauteux et les RR.PP.Emile Deguire et Paul-A.Martin.septembre 1946: Fondation de la revue Lectures.mai 1949: Fondation d’une succursale à Paris.M.le docteur Georges Durand en prend la responsabilité.février 1940: La revue Mes Fiches quitte le scolasticat des Pères de Sainte-Croix où était installée sa rédaction septembre 1951: Fondation des revues pédagogiques: L’Elè-pour occuper un rez-de-chaussée, rue Saint-Hubert.ve et Le Maître.janvier 1941: Premières éditions (collection de tracts à prix minime) portant le monogramme Fides, nom qui symbolise l’idéal d’une œuvre qui souhaite « promouvoir chez les individus l’humanisme intégral et dans la nation l’ordre social chrétien par le moyen de publications et documents et par une organisation chrétienne des lectures ».novembre 1953: Acquisition d’une imprimerie.1954 à 1962: Fondation de plusieurs librairies: Saint-Boni-face au Manitoba (1954), Rivière-du-Loup (1958), Ri-mouski, Amqui et Thetford Mines (1959), Edmonton en Alberta (1960), Hauterive et Montmagny (1962).mai 1941: La J.E.C., dont les dirigeants de l’heure sont septemhre l962: Fé,es du vingt-cinquième anniversaire de MM.Gérard Pelletier et Robert Letendre, fait l’acquisi- ldes’ lion d un immeuble rue Sherbrooke.Fides s'y installe momentanément.¦——«—i————» février 1964: Entrée dans un immeuble de dix étages, boulevard Dorchester.juillet 1942: Déménagé dans un immeuble de quatre étages, rue Saint-Denis, Fides est érigé en corporation sans but lucratif.Les premiers membres de la Corporation sont les RR.PP.Emile Deguire, Paul-A.Martin et André Cordeau, le R.F.Placide Vermandere, M.Paul-A.Poirier, Mlle Cécile Martin et M.Benoit Baril.mai 1964: Bénédiction du nouvel immeuble des Editions Fides par Son Excellence Mgr Blais, év.-curé, qui représentait Son Eminence le cardinal Paul-Emile Léger, retenu à l’hôpital par la maladie.Juin 1964 273 Fidés est une oeuvre qui appelle ^avenir Texte d’une allocution prononcée par Af.le chanoine Lionel Groulx, lors de la bénédiction de l’immeuble Tides, le 20 mai 1964.J’ai toujours été, chacun le sait, un homme d’obéissance.Et cependant j’ai le sentiment, à l’heure qu’il est, de commettre un acte de grave désobéissance; et vous devinez un peu envers qui.Il paraît que j’ai déjà trop parlé et que même encore de ce temps-ci je parle trop.Si je me décide à dire quelque chose pour cette célébration de Fides, c’est que je me trouve, ce me semble, en présence d’une oeuvre extrêmement considérable et qui est née avec des moyens apparemment modestes et je me demande toujours comment le Père Martin, qui n’a pas plus d’épaule qu’il n’en faut, peut porter une oeuvre aussi considérable.Je suis invité à parler comme auteur publié par Fides.Je ne sais pas vraiment si c’est Fides qui est venu à moi ou si c’est moi qui suis allé à lui.Il est bien possible que ce soit plutôt moi qui sois allé à Fides parce que l’oeuvre m’a toujours profondément intéressé.Et ensuite je me trouvais en face d’un éditeur qui a le mérite, je dois lui rendre ce témoignage, qui a le mérite d’essayer de faire de la bonne ouvrage.On s’efforce de faire toujours le mieux possible à Fides et il n’est pas indifférent à un auteur, même s’il publie des choses qui n’en valent pas beaucoup la peine, qu’il soit bien édité.C’est ce que j’ai trouvé un peu chez Fides.Et je lui ai trouvé une autre qualité, c’est qu’il est capable de ressusciter le pire des navets.On est allé chercher, après 40 ans, mes chers amis, l’un de mes navets — et je n’en ai pas rien qu’un seul —, l’un de mes navets qui a eu une existence ou plutôt une naissance extrêmement orageuse, que je n’avais pas prévue, et qui porte malheureusement un titre qui est très mal vu, même de ce temps-ci, puisqu’il s’ap-pel L’Appel de la race.Et c’est un pur amusement de vacances auquel je dirais je n’accordais aücune destinée et qui a cependant provoqué, comme je vous je disais à l’instant, un orage extraordinaire à sa naissance.Et non seulement Fides est capable d’aller découvrir un navet, mais c’est qu’il est encore capable de la vendre î Vous comprendrez, dans ces circonstances, évidemment, que je suis très heureux de rendre un témoignage d’admiration — ça m’est facile ! — à Fides.Ils ont aussi publié et édité mon Histoire du Canada, mon Canada français missionnaire et ceux-là aussi ont l’air de faire leur chemin.Mes chers amis, Fides, comme vous le voyez, a extraordinairement grandi.Un jeune homme qui a déjà atteint 6 pieds, il est inutile de lui faire le souhait de grandir encore.C’est un peu le cas de Fides.Je suis persuadé qu’avec l’air d’aller qu’il a depuis 1937, avec cet air d’aller qu’il a, il ne pourra pas s’arrêter en route; c’est ce que chacun souhaite.Nous avons besoin de prouver que même dans l’édition, des Canadiens français sont capables de faire quelque chose de propre, quelque chose qui appelle l’avenir.Et Fides est en état de répondre à toutes ces ^conditions et comme c’est une oeuvre en même temps d’apostolat, vous ne serez pas étonné qu’un prêtre lui présente tous ses hommages et en même temps lui offre tous les espoirs qu’une conscience chrétienne peut lui accorder.2 74 LECTURES Foyer d'humanisme chrétien Texte de l’allocution prononcée par Son Exc.Mgr Léo Blais, évêque auxiliaire de Montréal, lors de la bénédiction de l’immeuble F ides, le 20 mai 1964.Tout en regrettant l’absence de Son Eminence retenue à 1 hôpital, je suis heureux de participer à l’inauguration du nouvel édifice de Fides, d’implorer les bénédictions de Dieu sur toutes les personnes qui y travailleront et le fréquenteront.Les Editions Fi des, je les vois comme un foyer d’humanisme chrétien.« Humanisme »: mot équivoque qui peut vouloir dire tout et n’importe quoi.selon qu’il est dans la bouche et dans l’esprit du laïcisant — qui, pratiquement, veut vider de surnaturel toute la vie — de l'athée et du matérialiste qui s’oppose à l’idée de Dieu.Tout autre est la signification de l'humanisme dans la bouche et l’esprit d’un croyant.Dans une lettre signée par tous les évêques d’Italie, y compris le Pape de ce temps-là, Jean XXIII, on peut lire: « Il y a un humanisme qui déclare vouloir prendre en considération tous les problèmes humains et qui prétend les comprendre et pouvoir les résoudre avec les forces et les valeurs purement humaines, mais qui s obstine à ignorer et à combattre Jésus-Christ.« C est 1 incarnation qui a donné au monde Jésus-Christ, lequel a placé dans sa vraie lumière les problèmes humains, a enseigné les principes permettant de porter un jugement sur eux, a offert les moyens pour leur solution.» Tout l’humain — corps, imagination, mémoire, intelligence et volonté — tout l’humain, dans toute la vie — privée, familiale, sociale, économique, politique, scientifique — vue d’après les principes qui se dégagent de ce que Dieu a dit au monde, d après la Révélation, voilà l’humanisme chrétien.Fides.foyer d’humanisme chrétien ! * ?4c Nous avons demandé à Dieu de bénir bâtisse et machines, mais surtout, par-dessus tout, nous avons demandé à Dieu de bénir les personnes qui y travaillent, l’œuvre qui s’accomplit dans cet édifice et avec des instruments modernes.C’est que l’homme peut utiliser le matériel, bâtisses et instruments, à des fins très diverses.Des hommes exploitent la matière pour produire du matériel, tels les techniciens et les travailleurs qui produisent 1 électricité.Et je pense à la constru-tion qui porte le nom d’Hydro-Québec.D’autres manient des instruments et déploient leurs talents humains pour répandre des idées et pour impressionner tout l’homme.tels les écrivains, les conférenciers et les comédiens et bien d’autres qui tirent parti d’instruments de toute sorte pour produire du spirituel.Et je pense à d’édifice de Radio-Canada, de Fides.Vous avez vu déjà, peut-être, cette peinture de la compagnie de téléphone Bell représentant une opératrice en face d’un tableau tout plein de fils électriques quelle manie avec dextérité.tandis qu’on peut lire, au bas du dessin: « Tisseuse de discours ».Eh ! oui, les hommes exploitent la matière pour produire des influences sur l’esprit d’autres hommes: écrivains, orateurs, diseurs de toutes sortes sont des « tisseurs d’idées ».Mais voilà précisément où les tisseurs d’idées doivent être partagés en deux grandes catégories: ceux qui diffusent des idées chrétiennes et tous les autres.4c 4> * « Fides » est un mot latin dont la traduction est « foi ».La Foi ! sujet d’actualité.La Foi est ce don de Dieu par lequel l’intelligence humaine est assez puissante pour connaître Dieu et connaître le monde.dans la lumière qui vient de Dieu.Juin 1964 275 Ce don de Dieu, la Foi, nous l’avons reçu, nous.Mais il ne suffit pas d’avoir cette capacité, il faut l’exploiter.Il ne suffit pas d’avoir un appareil perfectionné de radio ou de télévision: il faut l’ouvrir, le mettre en état de capter des ondes.Ainsi en est-il de nous, humains du XXe siècle; nous pouvons capter toutes sortes d’ondes avec notre intelligence humaine: il y a des écrits, des imprimés et des discours qui contredisent ce que Dieu a révélé au monde sur le sens que nous devons donner à toute la vie; et il y a des écrits, des imprimés et des discours qui diffusent le sens de Dieu sur le monde et sur la vie du monde.Et c’est ce qui fait la valeur véritable d’une institution: être une tisseuse d’influences qui orientent tout l’homme dans la lumière de Celui qui est venu pour éclairer tout homme.Répandre des idées chrétiennes, c’est aider l’homme à exploiter toutes les capacités de son corps et de son âme, selon le Christ; c’est donner à toute sa personnalité un but plus élevé, c’est lui permettre de se dépasser et de s’épanouir pleinement.En étant un foyer d’humanisme chrétien, Fides favorise, dans notre milieu et bien loin de Montréal, le dépassement et l’épanouissement de l’homme.Aussi, Fides mérite-t-il beaucoup de tous ceux qui croient à l’homme en ce qu’il a de plus digne, de plus intéressant, de plus élevé.Aux Editions Fides, nos vœux de succès, nos vœux les plus profondément humains et chrétiens ! Me Claude Melançon, représentant de Son Honneur le maire Jean Drapeau à la bénédiction de l’immeuble Fides, déclarait ce qui suit: « Les Editions Fides font figure de pionnier, de nova-teur, d’optimiste de la plus belle veine, en construisant, dans le secteur est du prestigieux boulevard Dorchester, le premier édifice important qui existe.Je ne doute pas que cette première réalisation servira d’exemple et de stimulant à de très nombreux successeurs pour le plus grand avantage de la ville et de la population.» Photo prise lors de la bénédiction de l’immeuble.Son Exc.Mgr L.Blais bénit les crucifix qui seront installés dans la maison.Photo prise lors de la bénédiction de l’immeuble.Le R.P.P.-A.Martin, c.s.c., enfouit des documents-témoins dans la pierre angulaire. S'adapter au présent pour que l’oeuvre dure dans l’avenir Texte de l'allocution prononcée par le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., lors de la bénédiction de l’immeuble Fides, le 20 mai 1964.C’est avec une joie profonde et une fierté bien légitime que nous vous accueillons dans ce nouvel immeuble, vous tous qui avez bien voulu vous joindre à nous pour vivre avec nous un moment historique de l'oeuvre de Fides.Notre gratitude va d’abord à vous, Excellence, qui en remplacement de Son Eminence le cardinal Léger, retenu à l’hôpital par la maladie, avez accepté de poser la pierre angulaire de cet édifice et d’appeler sur lui et sur le personnel qu’il abrite les abondantes bénédictions du ciel.En posant ce geste, Excellence, vous nous avez donné une preuve manifeste de la haute estime que vous portez aux œuvres de Presse.Vous avez vous-même d’ailleurs participé à la fondation d’entreprises apostoliques de ce genre puisque alors que vous étiez à l’Archevêché de Saint-Boniface, c’est sous votre impulsion qu’a été organisée la librairie dont Fides devait prendre la direction en 1954.Dans un diocèse l'évêque est incontestablement le chef, U pasteur, le Père commun et il est naturel que les prêtres et les fidèles recherchent ses directives et ses lumières.Pour notre part, nous avons consulté bien souvent Son Eminence le cardinal Léger et toujours nous avons pu compter sur la libéralité de son appui et la sagesse de ses conseils.Nous savons que Son Eminence regrette beaucoup de ne pouvoir bénir cet immeuble dont il avait approuvé la construction il y a deux ans.Nous prions Son Excellence Mgr Blais de transmettre à Son Eminence le cardinal Léger, avec nos hommages et nos vœux de prompt rétablissement, l’assurance de notre filiale soumission et l’expression de notre profonde reconnaissance.Notre très filiale gratitude va ensuite à notre supérieur provincial, le R.P.Maurice Lafond, c.s.c., qui représente aujourd’hui officiellement la Congrégation de Sainte-Croix.Ancien aumônier général de la Jeunesse Etudiante Catholique, le Père Lafond a collaboré avec nous dans les tous débuts alors que la J.E.C.et Fides occupaient le même immeuble, rue Sherbrooke.Depuis sa nomination comme supérieur provincial, il ne cesse d'entourer notre œuvre d une sollicitude dont nous lui sommes infiniment reconnaissants.Sans son appui, la construction de cet édifice n'aurait pas pu s’effectuer.Il nous fait plaisir de signaler la présence parmi nous du R.P.Louis Putz, c.s.c., président de Fides Publishers dont les quartiers généraux sont à l’Université Notre-Dame.Indépendante de nous au point de vue administratif, la société Fides des Etats-Unis travaille dans le même esprit d'apostolat.Nous voulons ici rendre hommage à l’équipe de Fides Publishers, équipe composée surtout d’anciens militants de l'Action catholique, et surtout à son animateur, le R.P.Putz, qui est à la tête de l’œuvre depuis sa fondation, en 1944.Nous avions invité à cette fête Son Honneur le Maire de Montréal, Me Jean Drapeau.Retenu par ses nombreuses occupations, /Vf.Drapeau a délégué, pour le remplacer officiellement, Me Claude Mélançon, conseiller municipal.C'est avec grand plaisir que nous accueillons Aïe Mélançon qui, en plus d'être un ami, est pour nous un ancien confrère de collège.Nous lui sommes donc très reconnaissant d'avoir accepté d'assister à cette bénédiction et d'y prendre la parole au nom du Maire de Montréal.Nous voulons aussi remercier d’une façon spéciale les représentants des associations de bibliothécaires, U R.P.Edmond Desrochers, s.j., Président de l'Association canadienne des bibliothèques, le R.P.Gabriel Allard, c.s.c., Président de l'Association canadienne des bibliothécaires de langue française, et M.Roland Denis, Directeur de l’Ecole de bibliothéconomie et représentant de l'Association des bibliothécaires du Québec.Nous voulons également remercier les directeurs des maisons d’éditions ou de librairies qui ont accepté en grand nombre notre invitation à la fête d’aujourd’hui.Nous y voyons le signe manifeste des bonnes relations que Fides entretient avec toutes ces maisons.C’est grâce d’ailleurs à ces bonnes relations que le directeur des librairies de Fides, M.Victor Martin, a pu être élu par ses collègues président du Conseil supérieur du Livre pour l’année 1963-64, et récemment président de l’Association des libraires canadiens, pour l’année 1964-65.Nous remercions enfin tous les nombreux auteurs, journalistes, amis et membres du personnel qui ont bien voulu nous apporter aujourd’hui la joie et le réconfort de leur présence.Juin 1964 277 Vous vous attendez sans doute à ce que j'évoque ici pour vous l'histoire de cet édifice que nous inaugurons présentement.Elle est très brève, cette histoire, puisque seul, Celui dont les regards percent l’avenir, pouvait dire, il y a à peine deux ans et demi, que Fides s’installerait un jour sur le boulevard Dorchester.C’est en effet le 9 novembre 1961 que nous parvenait, par la voix des quotidiens, la nouvelle que notre immeuble de la rue Saint-Jacques serait exproprié pour céder la place à un nouveau Palais de Justice.Cette nouvelle, on le comprendra sans peine, nous a d'abord jetés dans la consternation: l’édifice que nous occupions alors, solide et bien bâti — les démolisseurs en savent quelque chose! — convenait à nos besoins et nous n’envisagions nullement d’abandonner une rue où le public était habitué à nous trouver.On peut dire en effet que de 1943 jusqu’à date, l’adresse: 23 est, rue Saint-Jacques a figuré sur des publications dont le tirage global dépasse 60 millions d’exemplaires ! Si la perspective d’un déménagement nous est d’abord apparue comme une catastrophe, notre épreuve s’est rapidement changée en joie lorsque, grâce à un renseignement fourni par un ami, nous avons entrevu la possibilité d'acquérir un terrain sur le boulevard Dorchester pas très loin de notre propriété de la rue Saint-Jacques, et d’y ériger un immeuble plus spacieux et plus fonctionnel.Mais cet immeuble il fallait le construire dans le plus bref délai.Le gérant général de Fides, M.Paul Poirier, fut désigné pour représenter le Conseil d’administration dans toutes les assemblées relatives à la construction de l’immeuble.Nous devons ici rendre hommage à son dévouement et à son savoir-faire et nous voulons aussi remercier tous ceux dont la collaboration a, d’une façon ou de l’autre, rendu possible cet édifice spacieux et élégant que vous admirez aujourd’hui: les architectes, les ingénieurs, l’entrepreneur général et les divers sous-traitants.Tous ont fait une extrême diligence pour hâter les travaux.Nous leur en savons infiniment gré.Toutefois, même si les techniques révolutionnaires de la construction moderne peuvent obtenir des résultats sensationnels, il reste que sans les sursis accordés par le gouvernement de la Province, nous aurions sans doute connu les mille et un ennuis de deux déménagements successifs.Aussi nous tenons à remercier ici le ministère des travaux publics qui s’est montré bienveillant à notre égard.Je me permets d’ouvrir ici une parenthèse pour rendre témoignage au personnel de la maison qui a réussi la gageure de déménager dans des conditions assez pénibles sans interrompre pour autant le fonctionnement des services essentiels de la maison; nous savons par ailleurs que son dévouement à toute épreuve a su s’accommoder de tous les inconvénients que comporte une installation dans un édifice non encore terminé.L’édifice que nous inaugurons aujourd'hui ne sera pas occupé entièrement par Fides, puisque pour en assurer le financement nous devrons louer quatre étages.Il reste quand même que notre œuvre se trouve logée dans des locaux qui n’ont rien à envier à ceux des grandes maisons d’éditions de Toronto ou même de New York et de Paris.Nous sommes convaincus que cette nouvelle installation sera pour Fides le point de départ d’une action encore plus dynamique et plus marquante que dans le passe.Cette action de Fides, vous connaissez déjà sans doute les multiples formes sous lesquelles elle s’est poursuivie depuis plus de vingt-sept ans.Ceux qui ont lu le magnifique supplément littéraire que La Presse nous a consacré en fin de semaine ont pu se renseigner largement là-dessus.Nous profitons de l'occasion pour remercier chaleureusement de cette heureuse initiative MM.Gérard Pelletier, Jean-Thomas Larochelle et Gilles Marcotte, ainsi que la directrice des relations extérieures de Fides, Mme Julia Richer, qui a travaillé en étroite collaboration avec le personnel du journal.Il convient aussi de remercier les annonceurs dont le concours financier a rendu possible la publication de ces pages.Je n’ai certes pas l’intention aujourd’hui de vous exposer en détail l’histoire de notre maison, mais vous me permettrez cependant d'en évoquer les grandes lignes en traits cursifs.Née très humblement, en 1937, avec la publication de Mes Fiches, bulletin documentaire destiné aux étudiants, l’œuvre de Fides a connu une évolution rapide et multiforme.En sorte que, après vingt-sept ans, elle est d’abord et avant tout une maison d’édition qui compte à son actif quelque 1300 ouvrages.De ce nombre environ 30% traitent de sujets religieux, philosophiques ou sociaux, 23% appartiennent au domaine de la littérature et de l’histoire, et 23% sont des livres pour enfants.La plupart de ces ouvrages paraissent dans des collections qui jouissent d’une grande réputation.Mentionnons particulièrement dans le domaine religieux: les Maîtres de la spiritualité, les publications de la S.C.B., les éditions de la Commission diocésaine de liturgie; dans le domaine social: Bibliothèque économique et sociale, dans le domaine littéraire: le Nénuphar, les Classiques canadiens, Ecrivains canadiens d’aujourd’hui, dans le domaine historique la collection Fleur de Lys.Quelques collections sont destinées à un très large public.C’est le cas des livres de poche Alouette et des brochures du Cardinal Léger.Parallèlement aux livres, nous éditons les périodiques suivants: Mes Fiches, bulletin documentaire destiné aux étudiants et aux intellectuels de tout âge; Lectures, revue culturelle intéressant surtout les bibliothécaires et les bibliophiles; Hérauts, revue récréative pour les jeunes propagée en étroite collaboration avec les grandes communautés enseignantes: les R R.FF de l’Instruction Chrétienne, les Frères Maristes, les Frères de Saint-Gabriel et les Frères du Sacré-Cœur; Le Maître et L’Elève, revues pédagogiques conçues en fonction des besoins des éducateurs et des élèves du cours primaire.Notre entreprise d’édition comporte, au niveau de la production, une imprimerie que nous avons outillée graduellement en fonction de nos besoins, et au niveau 278 LECTURES de la distribution un réseau de librairies dont la plus imposante est celle que vous avez pu admirer au rez-de-chaussée de cet immeuble.Permettez-moi de vous donner quelques précisions sur notre librairie: 1.Elle ne diffuse que des livres.De ce fait elle se finance plus difficilement que bien d’autres.Nous tenons quand même à maintenir cette politique de façon que la vente et la diffusion de divers articles de papeterie et même d'objets religieux ne viennent pas distraire notre personnel de son travail primordial de propagande du livre.2.Notre librairie ne propage que des livres choisis.Une œuvre comme Vides, en effet, se doit de connaître la valeur intellectuelle et morale d’un livre avant de le mettre sur le marché.Notre personnel s’impose à cet effet un travail long et coûteux.3.Notre librairie est classée par ordre méthodique, un peu à la façon d'une bibliothèque.Elle présente plus de 25,000 titres différents; et un catalogue comprenant environ 50.000 fiches permet à notre personnel de retrouver les livres sur les rayons et de renseigner le public sur les ouvrages que nous ne pouvons pas fournir soit parce qu’ils sont épuisés, soit pour diverses autres raisons.L’œuvre de Fides, telle que nous venons de l'exposer — œuvre d'édition de livres et de périodiques complétée par des librairies de diffusion et une imprimerie puissante — l’œuvre de Fides, dis-je, répond aux directives des Papes qui ont toujours prodigué les plus grands encouragements aux centrales de presse catholique.Et c’est pourquoi notre maison a beaucoup de points communs avec de grandes œuvres d’édition qui se sont établies en divers pays en conformité avec les enseignements pontificaux.Je veux parler spécialement de la Bonne Presse, des Editions du Cerf et de l'Union des Oeuvres, de Paris, de la Société Saint-Paul, de Rome, de l'Editora Catolica, de Madrid, de l'Oeuvre de Saint-Paul, à Fribourg, en Suisse.Quels sont les points communs entre ces maisons et Fides ?Il y a tout d'abord le travail en collaboration de prêtres et de laïcs.C’est là une caractéristique essentielle de l’œuvre de Fides et c’est aussi une caractéristique es-\entielle de la plupart des maisons que je viens de mentionner.En effet les services administratifs d’une œuvre de presse et d’édition sont bien du ressort des laïcs et dans tous les pays il y a actuellement des militants qui accomplissent une œuvre admirable en ce domaine.Par ailleurs, il est avantageux, sinon absolument nécessaire, que la direction et lorientation d’œuvres de ce genre viennent de prêtres spécialisés dans l’apostolat des lectures.C’est là au surplus une tâche éminemment sacerdotale car elle se rattache directement à l’un des devoirs primordiaux du prêtre, celui d’enseigner et de prêcher.Un autre point commun aux œuvres de presse que nous venons de mentionner, c'est qu’elles sont puissamment organisées selon les techniques modernes.Notre siècle a vu naître beaucoup d’entreprises puissantes dans l'industrie, le commerce et la finance.Pourquoi n’en verrait-il pas surgir aussi dans le domaine des œuvres de presse?J’ajouterai ici cependant que les œuvres de presse européennes n'ont probablement pas la même constitution juridique que Fides: chaque œuvre s’organise en tenant compte des lois et des usages de son pays.C’est ce qu'a fait Fides dans le passé, et si les lois et les usages de notre pays ou de notre province devaient changer dans un avenir plus ou moins rapproché, nous sommes tout à fait disposés à nous réorganiser en fonction du contexte nouveau.S’adapter au présent pour que l'œuvre dure dans l'avenir, tel est notre désir, désir que traduit dans la pierre cet imposant immeuble que nous avons construit selon la mesure de notre foi.Puisse le Seigneur dont nous sollicitons aujourd’hui la bénédiction, agréer ce geste de foi, le purifier des scories inhérentes à toute action humaine, et le féconder selon ses mystérieux desseins.J» Photo prise lors de la bénédiction de l’immeuble.Son Exc.Mgr Blais parcourt la maison.Il est accompagné du R.P.M.Lafond, c.s.c., à sa droite, et du R.P.P.-A.Martin, c.s.c., à sa gauche.Photo prise lors de la bénédiction de l'immeuble.De gauche à droite: Son Exc.Mgr L.Blais, le R.P.Paul-A.Martin, Me C.Melançon, M.le chanoine Lionel Groulx.• - ¦¦ rr, TABLE DES MATIERES Éditoriaux Data Page *** Le décret sur les instruments de communication sociale .janv.1964 114 & 118 LECLERC (R.) Cette cotation morale si décriée.pourquoi y tenons-nous?.oct.1963 30 & 55 LECLERC (R.) Une mesure qui s’imposait: la censure de la publicité des films .mars 1964 170 LECLERC (R.) Paul VI et la presse catholique mai 1964 226 LECLERC (R.) La réforme de l’Index autorisera-t-elle la licence dans les lectures ?déc.1963 86 LECLERC (R.) La télévision, une richesse à exploiter .sept.1963 2 *** Témoignage d’écrivain .avril 1964 198 MARTIN (P.-A.), c.s.c.La politique de Fides en est-elle une de « discrimination » ?févr.1964 142 MARTIN (P.-A.), c.s.c.Le sens de ce numéro spécial .juin 1964 250 MARTIN (P.-A.), c.s.c.Le 20e anniversaire de l’A.C.B.L.F.nov.1963 58 Études critiques DAVELUY (M.-C.) Dans le nid d'aiglons: la colombe de Léo-Paul Desrosiers .déc.1963 93-94 DAVELUY (M.-C.) Montréal et le rayonnement des bibliothèques publiques de Juliette Chabot .févr.1964 149 DESROSIERS (L.-P.) Le christianisme et l’homme contemporain de Jean Daujat .févr.1964 145-146 GAY (P.), c.s.sp.Amadou de Louise Maheux-Forcier .nov.1963 61-62 GAY (P.), c.s.sp.Histoire du Canada (vol.II) de Gustave Lanctôt .sept.1963 3-5 GIRARD (M.) Les Canadiens français de 1760 à nos jours (t.I) de Mason Wade -déc.1963 90-92 ISABELLE (R ), c.s.sp.Un combat pour Dieu de Daniel-Rops .févr.1964 143-145 LECLERC (R.) Ce que je crois de François Mauriac .oct.1963 34-35 LECLERC (R.) Journal de Raïssa publié par Jacques Maritain .mars 1964 172-174 LECLERC (R.) Partir avant le jour de Julien Green .sept.1963 6-7 LEGARE (R.), o.f.m.La poésie canadienne d'Alain Bosquet .oct.1963 31-32 MARIE-CELESTE (S.), s.c.Le rôle de l'Eglise dans le monde d'après Bernanos .avril 1964 201-204 MATHIEU (B.-M.), o.p.Friedrich von Hiigel de Jean Steinmann .déc.1963 89-90 MATHIEU (B.-M.), o.p.Les intellectuels dans la cité de Paul-Emile Roy, c.s.c.janv.1964 115-116 MATHIEU (B.-M.), o.p.Mes Cahiers de Maurice Barrés .oct.1963 32-33 MATHIEU (B.-M.), o.p.Métamorphose de la littérature de P.de Boisdeffre mai 1964 227-228 MATHIEU (B.-M.), o.p.Préface à la vie d'écrivain de Gustave Flaubert mars 1964 171-172 MATHIEU (B.-M.), o.p.Le Québec change de visage de Michel Bernard mai 1964 228-229 MATHIEU (B.-M.), o.p.Le témoignage des cloîtrées .nov.1963 59-60 Mc DONALD (Y.) Pêcheurs de Gaspésie de Marie Le Franc .janv.1964 117-118 PAGE (P.) L’homme d’ici d’Ernest Gagnon .déc.1963 87-88 RICHER (J.) Germaine Guèvremont de Rita Leclerc .févr.1964 147-148 SAUVE (G.), c.s.c.Missel de l'Assemblée chrétienne de l’Abbaye de Saint-André.avril 1964 199-200 Faits et commentaires *** A propos du dernier Cesbron .nov.1963 82-83 BERNARD (M.) Il ne faut pas confondre art et technique .mars 1964 190 CCC Collection Maritain de 500 volumes .mai 1964 246 CCC Disques pour Noël .déc.1963 111 CCC Index des œuvres de Pie XII .avril 1964 220 CCC L’encyclique « Mit brennender Sorge » fut rédigée par Pie XII .mai 1964 245-246 CCC Le «journal de l’âme > de Jean XXIII .avril 1964 222 CCC L’O.C.I.C.à Cannes .mai 1964 246 280 LECTURES *** 150 journalistes au symposium de l’U.I.P.C.janv.1964 137-139 *** Chez les libraires canadiens avril 1964 223 CORPORATION DES EDITIONS FIDES Déclaration en marge du rapport de la commission d’enquête sur le commerce du livre févr.1964 • ' 161 *** La correspondance du Major Thompson nov.1963 80 *** Faits et commentaires sept.1963 24-25 *** Faits et commentaires déc.1963 110 *** Faits et commentaires janv.1964 136 *** Faits et commentaires févr.1964 160 *** Faits et commentaires avril 1964 219 *** Fides et la Commission d’enquête sur le commerce du livre oct.1963 53-54 * * * Glanures nov.1963 79 GUEHFNNO (J.) Ne faisons pas à notre monde la petite bouche nov.1963 80 *** Inauguration de l’édifice Fides avril 1964 222 LACROIX (B.), o.p.Une revue pour jeunes couples sept.1963 25 LEGAULT (A ), c.s.c.20 ans au service de la Société catholique de la Bible avril 1964 221 ooo Les librairies de l’Ouest deviennent indépendantes avril 1964 220 OOO Le Pape reçoit la presse catholique italienne nov.1963 80 0*0 Prix de la province nov.1963 82 *** Sciences et avenir sept.1963 25 000 Sélection catholique 1963 de 50 livres religieux mars 1964 192-193 *** La semaine des bibliothèques canadiennes mars 1964 191 0*0 Se préparer au dialogue avec les non-chrétiens déc.1963 110 0*0 6e salon du livre de Montréal-1964 mars 1964 191 Documents > BLANCHET (C.) CHARBONNEAU (Mgr P.-E.) *** GAY (P.), c.s.sp.GUITTON (J.) MADAULE (J.) MESNARD (P.) PALANTE (A.) ROY (P.-E.), c.s.c.La littérature et sa conscience d’Henri Bars Les lectures de nos jeunes au cours secondaire Le décret sur les instruments de communication sociale Le visage de l'attente de Richard Joly Un socrate du surnaturel: Jean XXIII Solitaire et radieux: Jacques Maritain Simone de Beauvoir, dame patronnesse de la gauche intellectuelle Le mystère en pleines ténèbres: L'épervier d’Henri Bosco Le dialogue difficile .mai 1964 243-244 & 246 avril 1964 217-218 févr.1964 163-167 oct.1963 51-52 sept.1963 23 janv.1964 134-135 mars 1964 187-189 «Se 195 nov.1963 77-78 déc.1963 106-109 Pages d'anthologie RA7IKI IU \ févr.1964 166 & 168 nncrn ru \ 1963 109 & 112 Uv/üvVy \Ttî/ mi ïtttp avril 1964 222 & 224 v.v/LL*m GREEN (J.) I ADOINTC ta \ Extrait de: Partir avant le jour oct.mai 1963 1964 56 248 LAr vllx A L I ACKItCD (D 1 janv.1964 140 JLAoiN I LtV \ tv.) 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