L'art musical, 1 avril 1897, Avril
' y sj vmtri1 -t.1 mz* !>îïl»W» Paraissant le 10 de chaque Mois x.YYYy.Txrirf.mror y y x x jxx70L7.:c^ojcx)cxjücrTjncxxK>rx rKxiTJtx; c/e/àrfmusic.Avril 1897 ONTRRAL mm.» » »»»•»«»-» » » »»V [>»>>>:« L’Àî^T MUSICAL SOMMAIRE DU NUMERO D'AVRIL, Lk Canada a l’Exposition de 190 .Critioue Musicale.Causerie 1 )IDACTIQUK Le Chant Litukcioue ai- Congres de Reims.Anecdote de i,a vie de Bach.De l’Okigink des Maîtres de i,a Symphonie (Siti/i'J.Une Messe de M.A.Contant.Leopold G01 >o\vskv.Kermaria.Corn ei.ie Falcon.Bihuographie Musicale.Chopin (Suite.) Notes et Informations.Petit Cours d'IIarmonie Pratique.Les Artistes Canadiens en Iàurope.Correspondance d’Kukope.Correspondance d ’ A m é r 1 o u 1 :.Soirées-Concerts.Instruments.MUSIQUE Chanson Espagnole Mme Adelina IVm-NicoLiM Valse de la Poupée (Piano) LÉO DELIRES ABONNEMENT ( VILLE.fl.15 UN AN (campagne.100 LK NUMÉRO.15 CTS ADRESSER LES ABONNEMENTS BOITE POSTALE No 2181, MONTREAL ou 1676 Rue Notre-Dame.¦StiS1*»- 't ,\Æs TV •vy-G ksflilr sM- ’ ?LEOPOLD GODOWSKY mm M ).vvvv i J II ronge, —————5i.^A, ./ rose el gris, .T "RP TTlSTTîlT Manufacturière! 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ST-DENIS Chs.E.A.Houde i;\sfi(;\oi:\t m rmn.m: i/tium r.1:1 nr sm,ri:i;i:.Une attention particulière sera don née a la ‘•Tlièoric de l'expression nuisit ale." No 39S.vue Amherst A.Durand & Fils Éditeurs de Musique si IUace de la Madeleine PAIS IS.GUSTAVE GAGNON PROFESSEUR DH PIANO (Organiste de la Basilique) No.y RuK IIamki., - QUEBEC.WINDSOR CONCERT HALL Altcnant à i Hôtel Windsor Dominion Square, - MONTREAL.(Vit?m •_'») Quand il est placé après un retard, la note de retard aura l’accent le plus fort, parce qu’elle lait la dissonance .Exemple : Tpj—jg-L= —- ISS \ 1 1 1 1 * (c) Quand le brisé tombe sur une brève, par exemple sur la première note d’un triolet, l’accentuation suivante sera toujours la meilleure : Car, si l’accent tombait sur la troisième note, l’effet serait très gauche.De tout ce qui précède, il résulte clairement que dans l’interprétation des ornements, l'esprit domine entièrement la lettre, d’autant plus que les maîtres n’ont eu d’autre souci, dans beaucoup de cas, que d'esquisser leur pensée, laissant aux pédagogues et aux théoriciens le soin de se débrouiller avec les détails.Bien plus, s’il faut en croire M.Cari Reinccke, les œuvres de piano de Mozart 11e seraient qu’une manière de canevas sur lequel Mozart lui-même et les pianistes de son temps se chargeaient de broder.Une fois la question envisagée à ce point de vue, il ne resterait plus qu'à examiner la valeur de ces nombreuses éditions avec les ornements notés, comme il s’en publie beaucoup de nos jours, et qui sont comme autant de collaborations posthumes à l’œuvre des maîtres.A.!.LA TÊTE D'ABORD.LES MAINS ENSUITE On ne saurait trop recommander l’excellente habitude de lire et relire fréquemment de bonnes compositions musicales.Cette conception mentale de la musique, qui eu somme est une des grosses parties du véritable art, ne peut guère s’obtenir autrement que par ce moyen.La plupart des musiciens apportent uniquement leurs soins à la partie technique, de telle sorte que l’on ne peut dire autre chose de leurs œuvres, qu’elles sont exécutées et non jouées.N’attaquez pas de suite au piano un nouveau morceau de musique que vous venez de recevoir.Retirez-vous dans un coin écarté, où vous serez tranquille, et lisez, vos pages en cherchant à bien vous pénétrer de la valeur des accords, ainsi que de l’idée et de l’esprit, qui ont présidé à leur ordonnance.Quand vous aurez, ainsi l’âme bien pénétrée de son sujet, quand vous en aurez, compris toutes les délicatesses, allez à votre piano et là, efforcez, vous, de par votre volonté, d’amener vos doigts à rendre, à figurer les impressions de votre esprit.Evidemment vos premiers essais ne seront pas parfaits, mais ceci sera la faute de vos doigts et non celle de votre intelligence.Vous n’aurez plus qu’à porter votre attention sur la partie technique, à exercer votre doigté.Après quelques bons exercices, votre exécution du morceau sera certainement satisfaisante.Los journaux du Milan aimoncont que la premiere du ballot lo S/mrl, au théâtre de la Scala.a obtenu un très grand succès, [.’(ouvre est de M anzotti, l’auteur d'/NoA/or et de l’.l nmur.Le premier tableau représente une ascension de montagne au Canada.Effet d’une tourmente de neige.Deuxième tableau: Scène de patinage sur un lac près de Montréal.Foule cosmopolite, patineurs et traîneaux glissant sur la glace : différentes danses do caractère sont glissées par des ballerines.Troisième tableau : Lo grand prix de Longcliamps : siir la scène se voient les tribunes, la nlate-forine des bookmakers, l’entrée du pesage avec les élégantes (pu exhibent ce jour la les toilettes d été, etc.Quatrième tableau : t'n duel au pistolet entre deux femmes.L’une d’elles tire et manque ; l’autre vise son adversaire, mais, au moment de presser la détente, elle est prise do pitié et tire en l’air.Au cinquième tableau : Les régates des gondoles u \ cuise avec les vues les plus célèbres de la ville ; au sixième tableau : Chasse au cerf dans la forêt de Fontainebleau ; septième tableau : Le tir; huitième et dernier tableau ; L’apothéose du sport, avec un défilé triomphal. 154 L'HRT musichl Avril 1897 LE CHANT LITURC10UE AU CONGRES DE REIMS Personne, parmi les amis du chaut liturgique, n’ignore qu’à l’occasion du centenaire célébré à Reims, il s'est tenu dans cette ville, en juillet dernier, un Congrès de musique et de chant religieux, promu par M.Bonnaire et présidé par Mgr Pécheuard, grand-vicaire de Son Eminence le cardinal Lan-génieux.Les vœux émis par ce Congrès forment des documents importants à connaître pour nos lecteurs.Les voici dans leur intégrité : '1 Les membres du Congrès de chant liturgique et de musique religieuse tenu à Reims les 22, 23 et 24 juillet 1S96, désireux de voir s'accomplir au plus tôt les réformes et les améliorations qui ont fait l’objet spécial de leurs études pendant ces trois jours ; “ Unanimement convaincus que les plus sérieux efforts demeureront stériles, si n’interviennent pas l’influence et la direction de l’autorité ecclésiastique ; “ Estiment qu’il est de leur devoir de s’adresser à l’Episcopat et de lui soumettre respectueusement et avec la plus entière déférence la série des vœux que l’assemblée vient de formuler en vue d’une amélioration du chant religieux.l' Ils ont la confiance que, dans un avenir prochain, des mesures efficaces seront indiquées, pour rendre à nos paroisses urbaines et rurales des exécutions plus dignes du culte catholique.“ Le Congrès, après avoir officiellement pris connaissance des vœux émis aux Congrès de Bordeaux et de Rodez ( 1893), déclare adhérer à chacun d'eux et les confirme.” De plus, il émet les vœux suivants : lo Que dans les Grands et Petits .Séminaires, dans toutes les maisons religieuses d’enseignement primaire et secondaire, la pratique du chant liturgique occupe la première place après les matières essentielles du programme ; 2o One dans les Séminaires, desleçonssur le chant religieux soient données au moins trois fois par semaine par un professeur spécial, reconnu capable, lut-il laïque, et que des examens de fin d’année avec récompenses aux plus méritants soient la sanction obligée de cette mesure ; 00 Qu’011 prenne un soin particulier, dans les Séminaires, maisons religieuses et écoles libres, de faire observer l’accent tonique dans la lecture du latin et surtout dans le chant des psaumes : -to Qu’une Sc/io/a soit organisée partout où cela sera possible, destinée à alterner selon les cas soit avec le chœur des chantres, soit avec les fidèles ; ûo Qu’on mette un nombre suffisant d’harmoniums dans les .Séminaires et établissements religieux à la disposition des élèves, afin qu’ils puissent se former à l’accompagnement du chant liturgique et de la musique religieuse ; 60 Que les diocèses et les fabriques paroissiales 11’ hésitent pas à s’imposer des sacrifices pécuniaires, afin de permettre aux directeurs de chant religieux de réunir les éléments et les conditions nécessaires pour une bonne exécution des chants d’église ; 7o Que les artistes, prêtres ou laïques d’une même région, puissent s’assembler de temps à autre, sous la présidence de l’un d’eux, pour s’entendre sur tout ce qui a rapport au choix et à la bonne exécution des pièces de chant ; 80 Que les organistes aient soin d’honorer leurs hautes et artistiques fonctions en s’en acquittant avec foi et dignité, qu’ils se conforment toujours à l’original du compositeur et s’abstiennent d’en altérer la forme ; 9o Qne les fanfares soient rigoureusement proscrites dans les Séminaires et remplacées par des chorales.Un autre vœu, dont le texte officiel nous fait défaut, demandait que le plain-chant fût transcrit en notation musicale moderne, en clef de sol, ce qui serait un moyen de se populariser et de le rendre plus facile à lire et à exécuter dans toutes les écoles, et par tous ceux qui savent un peu la musique.ANECDOTE DE LA VIE DE BACH Jean Sébastien Bach improvisait une fugue, comme un organiste ordinaire improvise un prélude.Jean Sébastien était un bon homme, il avait des goûts simples, il aimait la nature, il faisait des excursions à travers les champs ; les concerts des oiseaux le réjouissaient, et 11e l'empêchaient nullement de se livrer, tout en cheminant, à ses inspirations qu’il écrivait au retour.Un jour, c’était un dimanche, il arrive dans un village d’Allemagne.La cloche appelait les paysans à l’office, il se rend à l’église.On commençait la messe.Il monte à l’orgue et lie conversation avec l’organiste, qui ne tarda pas à s’apercevoir que l’inconnu avec qui il parlait en savait plus que lui.L’organiste lui offrit de tenir l’orgue, ce que Jean Sébastien accepta.Il avait joué le Kyrie, le Gloria, que déjà le chœur était en rumeur.—Quel peut être l’organiste qui joue aujourd’hui ?Ce n’est pas notre organiste habituel ; en ce cas il aurait fait de notables progrès depuis dimanche dernier.Ces propos et autres semblables circulaient parmi les chantres et ceux qui faisaient les entendus.A la fin, le prévôt du chœur, intrigué au dernier point, députe à l’orgue un enfant de chœur, avec l’ordre de lui rapporter le nom de l’inconnu qui manie si bien l’instrument.L’enfant de chœur se présente à Jean Sébastien et s’acquitte de sa commission.—Va, lui dit le grand artiste, va dire au maître de chœur que je lui dirai mon nom aux premières mesures de l’Offertoire.Le moment venu, Jean Sébastien commence un motif qui débutait par les notes suivantes.Quand je dis les notes, je suppose que nos lecteurs savent maintenant que les Allemands ont conservé les dénominations des notes et la tablature instrumentale par les lettres, dites grégoriennes, et qu’ils ont en l’idée de désigner le Si naturel par la lettre H, pour le distinguer du Si bémol, marqué par B.Jean Sébastien commença donc son sujet ainsi : B, A, C, H, c’est-à-dire si)?, la, ut, si S - Le prévôt du chœur était tout oreilles, et comme il était d’ailleurs bon musicien, il déchiffra sans peine l’éyigme musicale.On pense bien la joie, l’admiration, la surprise dont il fut saisi, et quelle fête le prévôt et les choristes firent au grand organiste.J.D’Oktigue.M.Lavallée-Smith est de retour d’Europe, après une absence de six mois passes en Europe à étudier sous la direction de M.Gigout, l’éminent organiste de St-Augustin, à Paris.Le Comité de la Société des Compositeurs de Musique vient de procéder, à Paris, au renouvellement de son bureau.Ont été élus : Président, M.V.Joncières ; Vice-Présidents, MM.E.Altès, A.Guilmant, Pfeiffer et J.B.Weckerlin ; Secrétaire général-trésorier, M.D.Balleyguior ; Secrétaire rapporteur, M.Arthur Pougin ; Secrétaires, MM.Biisser, Cieutat, Honoré, Vinée ; Bibliothécaire-archiviste, M.J.B.Weckerlin. L'HRT MUSIOHL 1 55 Avril 1897 DE L'ORIGINE ET DES MAITRES DE EH SYMPHONIE LULLI —SCARLATTI —BACH —HAYDN —MOZART —BEETHOVEN (Suite) Avec la clairvoyance d’une âme droite et ingénue, Haydn avait tout de suite découvert et suivi sa voie.Profitant des progrès réalisés avant lui, il avait élargi et renouvelé le cadre de la musique instrumentale, jusque-là condamnée à la coupe banale des airs de danse ou étroitem ;nt emprisonnée dans les formes abstraites de la fugue.Pour exprimer ses idées, il possédait uu style libre, élevé, personnel, conciliant le respect des traditions avec le déploiement de sa vigoureuse originalité.Parfois ses procédés peuvent paraître trop simples, trop élémentaires, en comparaison des sonorités modernes et des complications dans lesquelles les compositeurs s’ingénient à noyer la mélodie, quand ces complications n’ont pas pour objet d’en masquer l’absence.On est porté aujourd’hui a trouver toute cette musique du Père Haydn trop régulière dans ses allures et ses combinaisons trop prévues.Certes, on n’y rencontre jamais ni tension, ni contrainte.Chez lui, point de subtilités ni de raffinements, mais des rythmes très accusés, des motifs d'un dessin mélodique toujours arrêté, des contrastes d’une franchise extrême.Cette précision des formes musicales a dans les œuvres du maître une telle netteté, qu’il semble leur attribuer une signification positive, comme si elles s’adaptaient à des sujets réels.De fait, il se proposait à lui-même de tels sujets dans le travail de la composition, s’imaginant, pour stimuler sa verve, des épisodes naïfs dont il poursuivait le développement.C’est ainsi, par exemple, qu’il essayait, dans une de ses symphonies, d’exprimer les remontrances de Dieu à uu pécheur endurci pour le ramener au bien et triompher de sa légèreté.Mais ce n’était là qu’un programme à son usage, qu’il ne songeait pas à imposer à ses auditeurs, laissant à chacun d’eux l’entière liberté de ses impressions.Il lui suffisait qu’au point de vue purement musical ses pensées fussent toujours claires, correctement exprimées, reliées entre elles, sans vides, sans ambiguïtés, ni surcharges.Tantôt les divers instruments, sous la forme la mieux appropriée au timbre de chacun d’eux, répètent à tour de rôle, la mélodie qui sera reprise par tous à l’unisson ; tantôt le motif, présenté d’abord avec des intonations graves, passe d’un élan subit aux notes élevées, comme une aspiration ou uu chant céleste ; ou bien, à un mouvement d’allure très lente s’oppose un rythme précipité, et à des sonorités généreuses succèdent des accents d’une ténuité charmante, comme des gazouillements d’oiseaux qui se cherchent et jasent gracieusement sous la feuillée.Parfois Haydn semble s’amuser pour sou compte ; il rit lui-même de ses badinages et se précipite, tête baissée, dans les complications les plus audacieuses.Il sait bien qu’il s’en tirera avec honneur, et au plus fort de la mêlée, ii a des arrêts brusques, ainsi qu’un homme qui, dans les pas les plus difficiles, garde son sang-froid.Tout le premier, il est heureux de ses bonnes idées, du plaisir qu’il va vous faire en vous les communiquant.Il en voit aussitôt les côtés les plus expressifs, les préseute sans trop insister, car voici déjà qu’une autre idée lui est venue, qui s’oppose ou se mêle à la première.Doué comme il l’est, il se sent un fonds assez riche pour compter qu’il ne l’épuisera pas.Le souffle de l’inspiration anime et péuètre toute cette musique, et, par derrière ces formes transparentes comme le cristal, on sent partout le contentement d’une âme pure, l’équilibre d’un esprit droit et réglé, cette candeur et cette joie de produire qui, dans l'histoire de l'art sont le privilège de certains précurseurs et ne durent jamais qu’un moment.La cordialité, la confiance, la joviale bonhomie de Haydn se manifestent jusque dans le choix des tonalités qui lui sont le plus familières, et M.Brenet a remarqué avec raison que sur les soixante-treize symphonies de lui que nous connaissons en France, il n’y en a pas moins de soixante qui sont écrites en mode majeur, et que, dans ce mode même, le maître a de préférence recours aux tons réputés les plus brillants et les plus joyeux : ré majeur, si bémol majeur, ut majeur, etc.Mais cette gaîté épanouie d’un génie heureux ne va jamais jusqu’à la vulgarité, et Mozart, évidemment bon juge en ces matières, disait : “ Il n’en est pas qui, comme lui, soient capables de badiner ou d’attendrir, de provoquer le rire ou de vous émouvoir profondément, et toujours avec la même excellence.” Quelle que soit l’opinion qu’on garde aujourd’hui de ses œuvres, il importe, eu tout cas, de ne jamais oublier que cet homme si modeste a été un vrai créateur.C’est bien à Kisens-tadt qu’il faut placer le berceau de la symphonie à orchestre, et c’est à Haydn qu’était réservé l’honneur de lui donner sa forme définitive.Dans cette forme désormais fixée par lui, le premier aussi il a découvert l’art de mettre en œuvre des idées purement musicales, en les présentant sous les aspects les plus variés et en faisant concourir à leur expression toutes les ressources de l’orchestre, singulièrement accrues par lui.Ill Les conquêtes de Haydn, Mozart les continue et les étend.Comme lui, il avait reçu des dons merveilleux, et sa précocité fut extrême ; les traits qu’on en cite tiennent vraiment du prodige.Avec la même limpidité et la même pondération que son prédécesseur, il a plus de liberté, plus d’ampleur, un coloris plus riche dans l’instrumentation.Mais, bien qu’il offre avec Haydn plus d’une affinité, pour trouver son pareil et son égal, c’est dans uu autre art qu’il faut le chercher.Bien des fois déjà on l’a comparé à Raphaël, et si, à raison des similitudes évidentes de leur génie et de leur destinée, la comparaison se présentait d’elle-même à l’esprit, les travaux récents de la critique sur l’un et sur l’autre n’ont fait que confirmer les nombreuses analogies qu’on avait remarquées en eux.Non seulement, en effet, leur vocation a été marquée par des indices aussi manifestes, mais, fils d’artiste: tous deux, ils ont trouvé, dès leur berceau, une direction intelligente dont des facultés d’assimilation semblables leur ont permis de profiter sans relâche.A travers les influences les plus diverses et les plus heureusement combinées, ils ont conservé l ’un et l’autre toute leur originalité, ce goût, ce sens de la beauté et des proportions, cette fécondité d’invention inépuisable, ce rare mélange d'élégance et de force, de savoir et d’inspiration, cette souplesse et cette universalité d’aptitudes que nous admirons en eux et qui leur ont permis d’exceller dans toutes les branches de leur art.Là, malheureusement, s’arrêtent les similitudes, et si chez tous deux les excèsd’un travail et d’une production à outrance ont abrégé leur vie, Raphaël, du moins,, mourait en pleine gloire, comblé d’honneur, et une population en deuil accompagnait au Panthéon ses magnifiques funérailles, tandis qu’après une enfance et une jeunesse choyées par toute l’Europe, Mozart, à peine âgé de trente-cinq ans, s’éteignait dans la gêne ; pas un ami n’accompagnait jusqu’au cimetière le pauvre cercueil (pii, sous la pluie et la neige, était confié à la terre et dont plus tard il fut impossible de retrouver la place.(A suivre) L’ÏÏRT MUSICïïL Avril 1897 .')(i UNE MESSE DE M.A.CONTANT Une messe inédite pour voix d’hommes, par M.Alexis Contant, sera chantée le 9 mai 1897, à l’église St-J eau-Baptiste par le chœur de St-Jean-Baptiste, aidé des chœurs de Notre-Dame, du Gésu, de St-Jacques et de St-Louis de France.Cette messe sera accompagnée par un orchestre choisi parmi les meilleurs musiciens de Montréal.Le tout comprendra cent exécutants, sous la direction de M.J.A.Boucher.L’orgue sera tenu par l’auteur.Voici un résumé de la messe : Le kyrie est en mi mineur, dans un style sévère, triste'et sombre, entremêlé de dissonances, ce qui lui donne un cachet nouveau.Le Chrislc est basé sur une marche harmonique avec notes de passage, ce qui produit un bel effet.Le Gloria est un allegro cou moto, d’un caractère gai et nouveau.Dans cette partie il y a beaucoup d’ouvrage pour l’orchestre.Le Domine est un solo de ténor accompagné d’un quatuor à cordes en contre-point fleuri ; il est suivi d’un duo et d’un solo de basse accompagné du chœur qui chante Miserere.Le Qui sodés, pour chœur, est une pièce vraiment remarquable comme harmonie simple.Le Credo, est à l’unisson, ce qui demande un grand chœur et un grand orchestre.L’harmonie est faite par les cuivres et l’orgue, les variantes sont faites par les cordes et les bois.Il y a dialogue entre les altos, violoncelles, contre-basses, bassons pour la partie grave et les premiers violons, seconds violons, flûte, hautbois, première clarinette et seconde clarinette pour la partie aigiie, ce qui produit un joli effet.L'Incarnalus est.un amiante, c’est un solo de ténor.Le Crucijixus, solo de baryton, est accompagné du chœur qui chante : Crucijixus, ce solo est aussi accompagné de la harpe et des cordes avec sourdines.Ce solo est remarquable par sa tristesse et son originalité.Le Resurrexit est un mouvement Allegro vivace, il est annoncé par les trompettes pendant les huit premières mesures.Le Sanctus, commence par un solo de ténor accompagné des cordes, il est tout à fait religieux.La finale avec tout l’orchestre et le chœur au complet est d’un effet grandiose.Le Benedie/us est écrit à quatre parties, il est un grand contraste du Sanctus.C’est surtout une pièce d’harmonie.L 'Agnus est peut-être un peu long, mais en revanche est bien agréable en mélodie et en harmonie.Le Dona nobis paecm est court, gai et très chantant ; l'orchestre par son travail délicat lui donne un caractère tout différent de ce qui précède.Attendons-nous à une excellente audition de musique sacrée.A propos du centenaire que l'on vient de célébrer, à Vienne, de la naissance de Schubert, il est curieux de rappeler dans quelle extrême pauvreté vécut et mourut l’illustre compositeur.Un jour qu’il était malade, et que le médecin lui avait ordonné des médicaments et du bouillon, l’ami qui le soignait fut obligé, pour se procurer l’argent nécessaire, d’aller proposer à un éditeur de musique le manuscrit d’un chef d’œuvre du maître.L’éditeur, mis au courant de la situation, offrit, après examen, 50 cents de chaque mélodie.Plus tard, lorsqu’il mourut, tout ce qu’il possédait, vêtements et mobilier, se réduisait à environ 30 dollars.Quand la vente eut lieu, le commissaire-priseur estima à $5.00 “ un paquet de musique en manuscrit” qui représentait toutes les compositions, la plupart inédites, de Schubert ! LEOPOLD GODOWSKY Léopold Godowskv, pianiste et compositeur, naquit eu 1S70, le 13 février, à Vilna, dans la Pologne russe.Son père, un médecin célèbre, mourut victime de son devoir pendant l’épidémie de choléra de 1871.Dès l’âge de trois ans, Godowskv fit preuve d’un goût prononcé pour la musique.A l’âge de quatre ans, il modulait sur le piano les accords d’une marche qu’il avait entendue une seule fois.Sa famille le confia dès lors à un parent, excellent violoniste, qui lui inculqua les premiers principes.En 1879, il débutait à Vilna comme enfant prodige et partit pour une tournée de concerts en Pologne.Le banquier Tein-burg de Kœnigsbourg l’envoya étudier à Vienne, puis à Berlin.Godowsky accepta un engagement pour venir faire une tournée artistique en Amérique, dans l’intention de réaliser les fonds nécessaires pour continuer ses études musicales.Eu juin 1886, il retourna en Europe.Quelque temps après son arrivée en France, il eut occasion de se faire entendre de Saint-Saëns qui fut si frappé de son inspiration musicale, qu’il s’eu vint lui serrer la main et, par une faveur exceptionnelle, il consentit à lui donner des leçons.Tous les dimanches, Godowsky allait chez Saint-Saëns de grand matin et généralement passait la journée au piano, 11e s’interrompant qu’aux heures des repas.Godowski composait alors pour piano ; sur les instances de Saint-Saëns, il se lança dans l’orchestration et donna un poème symphonique pour orchestre complet.Godowsky a transposé pour la main gauche un certain nombre d’œuvres importantes, cédant en cela à des demandes et des critiques eu conséquence.La liste de ses œuvres comprend aujourd’hui une centaine de pièces pour piano, mais cependant il y en a peu d’éditées.En 1S90, Godowsky revint en Amérique et se maria à New-Vork à Frederica Saxe.Godowsky a donné un grand nombre de concerts aux Etats-Unis et même en Canada.Partout il a reçu un accueil enthousiaste.Il est actuellement en Europe, mais doit revenir eu octobre pour une tournée artistique aux Etats-Unis, eu Canada et au Mexique, sous la direction de MM.Collins et Hawkins, de Chicago.Nous donnons dans notre numéro de ce mois, le portrait de Godowsky.Au moment où nous allons sous presse, la Société Philharmonique de Montréal, placée sous le haut patronage d’honneur de Son Excellence le comte d’Aberdeen, gouverneur-général du Canada, et de Sir Donald Smith, C.C.MG., donne sa vingtième saison de concerts.Nous ne saurions trop engager les véritables amateurs de musique à suivre ces concerts, où l’exécution parfaite répond entièrement au choix judicieux fait des œuvres à rendre.Voici d’ailleurs le programme des concerts des 7, S et 9 avril, au Windsor Hall : Soixante-seizième concert, mercredi, 7 avril, à 8.15 heures p.m., deuxième exécution de l’oratorio de Max.Bruch Arminius.Soixante-dix-septième concert, jeudi, 8 avril, à 3.30 heures, en matinée, sélection pour orchestre et chant (soli).' Soixante-dix-huitième concert, le 8 avril, à 8 heures p.m., première audition en Canada de l’oratorio de Massenet, Marie Madeleine et la Neuvième symphonie chorale de Beethoven.Soixante-dix-neuvième concert, vendredi, 9 avril, à 8 15 heures, le Tannhaiiser de Wagner. Avril 1897 L’HRT MUSICHL 157 KERMARI A Tkéatrk National m; l’Orkua-Comiqui:.— Kennunn, Idylle d'Armo-rique en trois épisodes, précédée d’un Prologue, de M.P.B, Gheusi, musique de M.Camille Erlanger La savante écriture musicale de Kermaria décèle des qualités dramatiques, que M.Camille Erlanger n’a pu que faire pressentir, pur la faute du faible livret de sou collaborateur, M.Gheusi.De méchantes langues ont prétendu que le compositeur s’était flatté de réussir d’autant mieux qu’il aurait à défendre une cause difficile ; cela est peu croyable ! Le Prologue (l’une des meilleures pages de l’ouvrage) est traité fort habilement.Cette angoisse du coupable, poursuivi par les malédictions d’un chœur invisible, et auquel une apparition céleste vient donner l’espoir d’un futur pardon, impressionne réellement.La scène qui suit, présentée dans un riant décor de ferme bretonne, tranche par sa poésie et sa douceur avec ce terrible début.Le chœur des fuseaux (bissé le second soir) est d’une note délicieuse; l’instrumentation eu est aussi neuve qu’agréable.Le second acte, (ou épisode) sauf le monologue d’Yvon, dont l’orchestration, digne de l’auteur de la Chasse fantastique de Saint-Julien l'Hospitalier, est d’un pittoresque achevé, sauf aussi quelques détails ingénieux dans le long-duo de Tiphaine et Yvon, engendre un mortel ennui.L’intérêt, il est vrai, se réveille quelque peu avec le choral final, dans lequel on glorifie l’amour pur rédempteur.L’interprétation de Kermaria est excellente.L’orchestre a merveilleusement traduit cette musique visiblement inspirée de Richard Wagner, de facture très compliquée, sans qu’il y paraisse, tellement M.Danbémet en relief chaque détail.MM.Bouvet, Mondaud, Belhotnme ont dit avec beaucoup de talent les rôles du moine, d’Yvon et d’Alain ; Mlle Wyns (Annette), et M.Jérôme, ont eu fréquente occasion de se faire applaudir.Pourtant, le vrai triomphe de la soirée, une révélation pour beaucoup, fut la complète réussite de Mlle Guiraudon dans sa délicieuse création de Tiphaine.CORNELIE FALCON Les journaux de France apportent la nouvelle de la mort de la célèbre cantatrice Cornélie Falcon, qui s’est éteinte le 28 février à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.Elle avait quitté le théâtre, en pleine gloire, il y a de cela un peu plus de cinquante ans : tout d’un coup, elle avait absolument perdu la voix.Née en 1812, Cornélie Falcon était entrée au Conservatoire à quinze ans ; elleen sortit, en 1831, avec trois premiers prix, et débuta, le 20 juillet 1832, à l’Opéra, dans Robert le Diable.Ce fut une soirée triomphale.La presse célébra unanimement les louanges de la jeune chanteuse ; le feuilletoniste du Temps déclarait que depuis fort longtemps il n’y avait eu à 1 Opéra de début aussi brillant.Pendant cinq ans, la Falcon enthousiasma Paris, puis, tout à coup, la voix de la jeune femme se brisa.Elle n’avait pas trente ans .! Elle partit pour l’Italie, espérant retrouver sous le chaud soleil du Midi les vocalises envolées et, guérie ou se croyant guérie, elle revint à Paris, où l’on organisa pour sa rentrée une soirée à son bénéfice.La salle, ce jour-là, était comble du haut en bas.La Falcon entra en scène.Elle était admira- blement belle et les applaudissements éclatèrent.L’orchestre préluda, la Falcon ouvrit la bouche, mais sa voix s’arrêta dans sa gorge et la grande actrice ne put que fondre en larmes .! “C'est alors, dit Jouvin, que le public de l’Opéra, qu’elle avait convié à tant de triomphes, assista aux funérailles de sa cantatrice favorite, se pleurant vivante elle-même ! ” La Falcon ne reparut plus sur la scène.Elle se maria et porta désormais le nom de son mari, M.Malançon.Dans ces dernières années, l’âge et la maladie l'avaient beaucoup changée.Elle est morte, après avoir recommandé qu’il ne soit pas envoyé de lettres de faire part de sa mort, qu’il ne soit pas question de la Falcon ; “ La Falcon, a-t-elle dit, est morte depuis longtemps 1 ’’ Son souvenir vivra cependant et longtemps, car (elle est l’empreinte qu’elle a laissée dans les rôles qu’elle a interprétés pendant sa courte carrière, qu’aujourd’lmi encore ces rôles portent son nom : on dit couramment au théâtre d’une chanteuse qu’elle chante les Falcons.BIBLIOGRAPHIE MUSICALE Archives des maîtres de l’orgue des XVIu, XVlle et XYlik- siècles publiées d’après 1er manuscrits et éditions authentiques avec annotations et adaptations aux orgues modernes, par Alexandre Guilmant, organiste de la Trinité, professeur d’orgue au Conservatoire de Paris, avec la collaboration, pour les notes biographiques de André I’irro.Prix de la souscription annuelle : 10 francs.Chez l’auteur, 6’ rue de Cliehy, Paris.Si l’on excepte J.S.Bach et Maeudel, dont les œuvres soigneusement rééditées et annotées nous sont à peu près toutes connues, nombre de compositions très remarquables de leurs prédécesseurs et contemporains sont encore ignorées de la jeune génération d’organistes.En tirant de l’oubli ces trésors & archéologie musicale, eu les adaptant aux orgues d’aujourd’hui, l'éminent organiste de la Trinité et des concerts historiques du Trocadéro, rend un immense service à ses confrères, et complète l'histoire d’un art dont il est l'un des plus illustres représentants.La première livraison, avec papier et impression de luxe est entièrement consacrée aux compositions de I.Titelou/.e, chanoine, organiste de l’église de Rouen, en 1623.Ces pièces, très intéressantes et d’une grande pureté de forme dans leur archaïsme, sont écrites sur trois hymnes bien connues : Lacis Creator Op/irne, Veni Creator, Range tingaa, et la mélodie apparaît tantôt comme canto ferma avec contrepoints en imitation tantôt comme sujet de fugue récite ou tonale.L’indication des jeux et des mouvements, la disposition des parties sur les différentes portées, la netteté de 1 impression, tout concourt à rendre cette publication à la fois utile et attrayante.C.AXTloUiiS populaires du Canada-Français, harmonisés pour quatre voix mixtes et orgue ou piano par Ernest Gagnon.Cantiques de Noël.Cantiques de Missions, Québec.Toutes les maîtrises voudront avoir ce joli recueil qui se recommande par le choix des airs, une harmonisation élégante et en même temps simple comme il convient à ces mélodies naïves, une préface très intéressante, pirfaitemeut écrite, utile à lire et à méditer.Durant la dernière année fiscale, le Canada a exporté pour environ $842,23*2 d’instruments de musique.Sur ce chiffre il y a 8281,80S pour 4,802 orgues et pianos fabriqués dans Ontario et 80Ô.202 pour 800 pianos et orgues en provenance de Québec ou Montréal. 158 L’HRT 7UÏUSIGHI- Avril 1897 CHOPIN NOTES ET INFORMATIONS UR L,’INTERPRETATION DE SES UiUVRES.('Suite.) Il n’est pas do composition plus élégante, contenant plus de brillant et de liberté d’esprit que la grande polonaise en Mi-bémol majeur, précédée d’un andante spianato (op.22) qui fut écrite à cette époque et jouée au Conservatoire, dans les premières années de son séjour à Paris.A cette époque, un petit nocturne, {mi bémol majeur, op, 9 No 2) le plus connu aujourd’hui, faisait fureur à Paris.Ce rien charmant fit plus, pour la popularité de Chopin, que toutes ses autres œuvres.Les nocturnes de Chopin sont restés, jusqu’à présent, des modèles d’élégance et de tristesse romanesque sans affectation, ce sont de plus, des pages éloquentes de sa vie ; véritables poèmes de la nuit, tantôt calmes comme la lumière argentée de la lune, (noct.en mi bémol majeur) tantôt assombris par les images qui obscurcissent l'horizon et le cœur du poète, parfois aussi traversés par quelque drame sanglant, l’écho de quelque terrible ballade.Le premier en date, le nocturne en si bémol mineur, nous montre une forme musicale inconnue jusque-là, une tristesse saisissante, à côté d'une élégance de facture inouïe.Au milieu, que l'on ne doit pas jouer plus vile, le chant se traîne par octaves lourdes, comme si l’âme était affaissée sous le poids des pensées et de la chaleur d’une nuit d’été.Le nocturne en fa dièse majeur, est le type des sentiments d’expansion juvénile, d’amour de l’humanité ; ce jeune homme, qui ne commit pas encore les méchants, semble dire au monde : “ Tout ce que j’ai est à toi ! ” Deux nocturnes, (op.27) écrits bien plus tard, marquent le point culminant de son génie créateur.Celui en ré bémol majeur, a été comparé par les auteurs qui traitent de Chopin, aux créations les plus élevées des poètes contemporains.Les mesures finales sont inimitables, ce sont des soupirs pénétrants de vérité, qui montent dans les airs pour se perdre à l’entrée des deux.Les deux derniers nocturnes (op.62), par leur forme un peu précieuse, sont l’indice des ravages exercés dans le cœur de Chopin par ses déceptions et ses souffrances physiques.Ainsi que nous l’avons déjà dit, deux éléments combinés formaient la personnalité de Chopin—la rêverie slave, et la vivacité française.Dans cette époque de jeunesse, ce dernier élément avait le dessus.La facilité même de composition devait remplir son être de contentement intime, et de ce bonheur qui sont l’apanage des compositeurs aux idées riches et nombreuses.Les commencements furent difficiles cependant : c’était d’abord la séparation d’avec des personnes aimées, et l’idée de leur être à charge, c’étaient des embarras d’ordre matériel ! Puis, bien que reçu avec déférence dans le monde artistique, il n’avait pas encore acquis cette sympathie, plus tard si générale et si dévouée, témoin les opinions sur lui de Kalkbrenner, Field et Moschelès.Chopin songeait à partir pour l’Amérique, quand une circonstance futile, et toute de hasard, une rencontre dans la rue, le fit rester à Paris.Le Prince Valentin Radzivill le pria de venir avec lui à une soirée chez M.de Rothschild.Chopin ne put refuser ; il joua longtemps, et improvisa en inspiré.Entouré aussitôt par les dames, il eut une foule de demandes de leçons dans les maisons les plus riches, et n’eut plus à s’inquiéter de l’avenir.C’est alors que ses œuvres antérieures devinrent populaires, et qu'il en parut beaucoup de nouvelles, la ballade en sol mineur (op.27) les mazurkas, les études, les nocturnes, et d’autres encore.{A suivre.') L’impressario Rice cherche à vendre la partition de Wang, en Angleterre.De Wolf Hopper doit aller à Londres donner des représentations de El Capiton.Aux Etats-Unis, il y a environ 150,000 femmes musiciennes ou professeurs de musique.Ou annonce que la Patti vient de terminer le livret et la musique d’un opéra romantique en un acte.M.et Mme Geo.Henschel doivent donner toute une série de concerts en Amérique au cours de la prochaine saison.Le violoniste Willy Barmester vient de faire une tournée triomphale en Angleterre, avec le pianiste Ernest Hutcheson.Joseph Wasielewski, le biographe de Schuman, et une autorité eu matière d’histoire de la musique est mort récemment à Sondershaiisen.Le grand festival musical qui devait être donné à Minneapolis le mois dernier a été ajourné à un au, car, dit l’information, les temps sont durs.Paderewski est toujours eu villégiature dans le midi de la France.Sa santé se rétablit.Il n’est plus en proie aux insomnies qui l’avaient abattu.Teresa Careno a reparu au mois dernier à Boston sur la scène du Music Hall, où, détail curieux, elle avait débuté comme enfant prodige, le 2 janvier 1S63.Mascagni a vendu son dernier opéra, Iris, une intrigue japonaise, à l’Opéra de Londres pour 42,000 livres, soit plus de $10,000.Le livret est signé de Luigi lllica.Rosenthal, qui vient d’être atteint sérieusement par la fièvre typhoïde à Chicago, se rétablit peu à peu.Il pourra bientôt reprendre ses occupations artistiques.Il est bien probable que Nordica 11e chantera pas cette saison à Covent-Garden.La raison semble en être une certaine tension de rapports entre elle et Jean de Reszké.La troupe d’opéra du Metropolitan de New-York doit remplir un engagement ce mois-ci à la Nouvelle-Orléans.A Chicago, les citoyens ont dû fournir $30,000 de garantie pour garder la troupe un mois.Le compositeur français François Thomé produira bientôt à Londres une nouveauté musicale intitulée : ’• Légende d'Alsace,” Le poème est d’Armand Sylvestre et a été traduit en anglais par M.Clifford Ilailé.Le Songe d’une Nuit d'Elé, d’Ambroise Thomas sera donné prochainement par la troupe Carl Rosa, au cours d’une tournée dans les provinces anglaises.La traduction du livret a été confiée à M.Beattie Kingston.En Italie les opéras de Wagner les plus populaires sont : Lohengrin, qui a été joué 900 fois ; Tannhaüser, 1S9 fois ; Walkyrie, 77 ; Les Maîtres Chanteurs, 25.Les deux œuvres capitales de Wagner Sigfricd et Tristan “ semblent ” inconnus de la musicale Italie.M.F.Wight Newman, le riche impressario et entrepreneur de tournées artistiques de Chicago, dit que la population de cette ville a perdu tout sens musical.On se dérangera pour n’importe quelle attraction, sauf pour un concert, où personne 11e viendra.Madame Calvé a signé un engagement pour quinze concerts avec l’impresario Geo.Stewart, de Boston.La tournée commencera sitôt la saison d’opéra finie, et comprendra les villes suivantes: Albany, Buffalo, Indianapolis, Cincinnati et d’autres villes de l’Ouest.Mme Calvé est engagée, dit-on, à part de bénéfices, avec minimum garanti de $2,000 par soirée.M.Edmond Hardy, le marchand de musique bien connu de Montréal, a décidé de transporter son magasin de la rue St-Laurent dans un autre centre où il sera eu contact plus immédiat avec le monde de la musique.A cet effet, à partir du 1er mai, il occupera un département spécial dans les salles de la Compagnie de Pianos Pratte, 1676, rue Notre-Dame. DOLORES, tlraine i urique en ilrti.c nrtes, de MM.Gkokoks Boykk et Andki-; I’oi.i.onais CHANSON ESPAGNOLE COMPOSÉE KT CBASTbE PAR ADELINA PATTI-N ICOLINI Ail moderato PIANO Cuan.do voy por e .sas cal.les Quelle esl donc cet.le fo .li .e _ _ Con laman.til .la tre._ Qui s ’em .pa re de vous mi sa _ le .ro y .mi lue je vous rende tous no hay hom .bre que se re .sis .ta a Me Irou.vez - vous si io .li .e,.Pü gracia! fous?g| SUPLÉMENT A L’ABT MUSICAL çon la man.sas cal.les Cuan.do voy Quelle est donc por e no.hay hom .bre que se re.sis .ta a Mc Iruu .ver - vous ' si .til .en de vous tous?J" - II - ii H- mj gracia tous fousl ro y ren.de vous JL Æ 4L ËàmàààM i i Y a.namo Y si en .euen.tro aigun II II fill l()IH lIf fran.chute S' .lll.tr M der_____el_______ pes .ques 00 .rar mesearrima le ya.go per y can.D'un seul Jil___dr inn .til ./ eresC.un pen relent!^ Ji tar lasli-.ta _ ni.as ! bien su I'm .chut .tier I T T t iWj1 lM Y si en _ cupn > tro aigun fran II a I'm loin il 4#i u 1** Y a.namo.rar me se ar_ri .ma le Ce .lui qn> ih-sait m’a .chu.te .ni.h' can.tar las li .Per .der el ta .ni.as ____ pesques man .lil.le: _ TT3- Ah!____ Valse de la Poupee, “ C o p p e 1 i a.” Allegro moderato.LEO DELIBES.Piano.< LE lL SHÉ 4 —hJ—¦ V üî§ "if E »-B— m H m cresr.r)rn B 1 nu B M bni Ê=É M 3 ^E2E * Eff=£I ?4 -7 gi3: », • T m il #4f Pi / ‘fe.«•t a1.m J3s>.£ ’o- Aiï.Tempo di Valse.JEHÉ IZJ 2? *# r ^ -9.f .— 3 1 0*0.-.4 2 4 1 ( jr —r53—r— pJ- 'FF ë - ¦- 4 ^ ^ C/-—- —a» ^y- .~9 : E'*' c^Ai’- SUPLÉMEXT A L’ART MUSICAL J».:»* 3 J, 7 £az£ JF^Ï=f± 1 >V >5 ! d ?«•!*! *li*« Miff Pi 2 1 2 1 g / i—ttjTl-y- * IîÎ £ #- 1 J L »p- ; —J-J *a- * 5H ^=— 2 5 J?g- g- /' P It-Hri v J.J jjf ty-*-]!^7" /K ,^-i-ÿJjUË^^ i ^ < 4^4 «f ¦ tt S3 t:B3 fc=fc^: EjeËe pjp- ~ ijp jUi- 1 fjpH^ B t Avril 1897 L’HRT MUSICRL PETIT COURS D’HARMONIE PRATIQUE (Suite) Comme l’espace réservé dans un journal à un “Cours d'harmonie.” est assez restreint, nous nous bornerons à donner seulement les règles générales de l'harmonie sans commentaires, nous réservant de faire nos remarques sur les exceptions aux règles, au furet il mesure qu'elles se présenteront dans la pratique.lo Un accord parfait est la combinaison do trois sons superposés par tierces donnant ainsi une Fondamentale, Tierce majeure ou mineure et Quinte juste.2o Nous écrirons nos exercices à quatre parties, appelées Soprano, Alto, Ténor et Basse.3o Un accord parfait ne renfermant que trois sons différents, une des notes doit être redoublée ; cette note est généralement la Fondamentale, quelquefois la Quinte, mais plus rarement la Tierce.4o Le chiffrage romain employé dans le Nocturne de Chopin, indique toujours la Fondamentale de l’accord.5o Chaque note d’une gamme peut servir de basse à un accord parfait.lio Les grands chiffres indiquent un accord majeur, les petits chiffres un accord mineur.Un petit zéro placé devant le septième degré en majeur, et le second ou 7ièmc degré en mineur indiquent un accord do quinte mineure.7o Dans l’harmonie à quatre parties, les différentes voix doivent être placées à égale distance autant quo possible.8o Un accord est écrit dans une position espacée, lorsqu’il y a plus d’une octave entre le Soprano et le Ténor.Ho La note sensible ne doit jamais être redoublée, excepté dans une marche d’harmonie.lOo Les accords do Tonique, Dominante et Sous-Dominante sont appelés accords fondamentaux ; les accords de Sous-Tonique, Mé-diante et Sous-Médiante, sont appelés secondaires ; l’accord de sensible sera l’objet d’une étude spéciale dans les renversements.llo Une Résolution normale est une progression de la Dominante à la Tonique.12o Dans la Résolution normale, la Fondamentale de l’accord de Dominante monte d’une quarte ou descend d’une quinte sur la Tonique de l’accord suivant ; la tierce (pii est la note sensible monte d’un demi-ton ; la quinte marche librement, c’est-à-dire qu’elle monte ou descend d’un degré selon le cas ; le redoublement de la Fondamentale devient quinte de l’accord suivant.(Comparez Ex.de Chopin, 2me mesure, progression entre le dième et 4ième temps.) 13o Les chiffres 3, ô ou 8 placés sur la basse du premier accord de chaque exercice indiquent que la tierce, quinte ou l’octave de cette note de basse doit être placée dans le Soprano.14o Lorsqu’il y a une note commune a deux accords, il est préférable do garder cetto note dans la même voix.Nous donnerons ici trois liasses dont les Nos 2 et 3 devront être travaillés par l’élève, nous terminerons notre travail sur les accords parfaits en harmonisant le No I.No 1 n »>• I’M'- L67 RÉALISATION" 1)1" No 1 12 3 4 —!~-h-|—! 1 — fejz—!—S.~S.z i c.’ —, 22 £2 t±=::-hJ-sd=: —S’ -t I V—vi IV n V — I La tonalité dans TEx.1 est Sol majeur, par conséquent, le premier accord ayant Sol pour liasse, doit, se chiffrer par 1.Ré, basse du second accord, doit se chiffrer par V, comme étant le cinquième degré de la gamme de Sol.Mi.basse du troisième accord, doit se chiffrer par un petit chiffre vi, étant un accord mineur, de Sous-Médiante et ainsi de suite.Lie Lo 3 placé sur le premier accord indique que Si, la tierce du premier accord de Sol, doit être placé dans le soprano.11 n’y a rien de particulier entre le premier et le second accord sauf que ces deux accords s’enchaînent par la note commune.(Voyez Ré du ténor) les autres voix marchent sur les parties les plus rapprochées de l’accord suivant.(.1 suivre) Errata.—Nous prions nos lecteurs de vouloir bien corriger deux erreurs typographi pies qui se sont glissées à notre insu dans notre extrait du Nocturne de Chopin, page 144, du dernier numéro.Ecrivez Sol à la basse du premier temps de la troisième mesure ; cette erreur typographique nous fait faire dus octaves parallèles entre la basse et l’alto en même temps qu’un redoublement de la note sensible.Au 3ème temps de la 4ème mesure, mettez égale ment Sol à la basse ; de plus à la 3èmo ligne de la 3èmc règle au bas de la colonne, lisez i/imWc au lieu de quinte.Réponses aux questions posées à l'Art Musical Mme L.—St-tîeorge, Beauce.Rép.—Le signe dont vous parlez est appelé Mordant, il s’exécute une seconde plus bas (pie la note principale, lorsqu'il est traversé par une petite ligne verticale, sinon la note auxiliaire s'exécute au-dessus de la note principale.Mous 1)., Montréal.Rép.Nous recommandons le traité d’harmonie de Jadassohn, mais il n’existe qu'en anglais et en allemand.Mile L.T.D., Lanoraie.Rép.-Quoique Benjamin (îodard ait écrit pour le piano, il était surtout violoniste ; il a étudié sous Vieuxtemps.Il est mort il y a deux ans.M.1’.A.—Vos questions n’étant pas:liguées et de plus comme elles s'attaquent à des personnalités, nous ne pouvons les discuter dans I’Akt Musical.M.0.W., London, Ont.Rép.—L’orgue de Notre-Dame renferme cent registres dont quatre-vingt-deux jeux parlants dix-huit accouplements ou régistres accessoires, quatre claviers : le tirage de jeux est électrique et l’action des claviers tubulaires pneumatiques ; nous ne connaissons pas le nom de la pile électrique employée.Le prix de l’orgue est dans les trente mille piastres.J.D.D.Us Artistes Canadiens en Europe Mademoiselle Victoria Cartier continue ses études à Paris.Nous avons appris avec plaisir que le cercle de ses relations s'étendait de plus en plus et que partout l’artiste canadienne recevait un accueil aimable et sympathique.L’Art Musical l’en félicite très sincèrement.Mlle Cartier a reçu à Paris une valse-impromptu que lui a dédiée M.Letondal.A la matinée de 1’ “ Etude,” qui a eu lieu le dimanche, 7 mars, chez M.Romain Bussine.professeur au conservatoire, Madiuno I.africain se faisait entendre pour la première fois dans la cantilène de Djelma de Charles Lefebvre.(Est-ce toi, dont la divine influence).Elle y a montré un grand charme, une jolie voix et un style excellent.Les progrès qu’on a pu constater déjà, promettent beaucoup pour l’avenir, et nous espérons pouvoir bientôt féliciter de nouveau ef l'élève et le maître pour les résultats qu’ils ne peuvent manquer d’obtenir.Les nombreux amis de M.A.Lejeune, l’excellent violoniste que nous avons tous maintos fois à Montréal, ' sans doute avec plaisir qu’il continue la série de ses succès.Voici ce (pic nous lisons dans un journal français au cours du compte-rendu d'un concert donné à Elottges France, par la Société des Fanfares : '• Nous avions eu l'occasion d'eutendre.l'année dernière, M.A.Lejeune, un violoniste de grand style, et c’est, avec plaisir quo nous avons de nouveau reconnu la valeur de cet artiste (pii sait maintenir en éveil tout son auditoiro.Aussi bien ne lui a-t-on pas épargné les bravos, et c’est, au milieu d’un tonnerre de vivats et d’applaudissements que ce virtuose s’est retiré.’’ LES DISPARUS •M.Pluque, régisseur de la danse à l’Opéra de Paris, vient de mourir.Edouard l’Impie était entré le 1er juin 18-IH à l’Académie nationale de musique, connue artiste du ballet.Il avait commencé au théâtre Comte, devenu théâtre des Boutlès-Parisiens.Après avoir fait son service militaire dans les Cent-gardes, il était revenu à l'< )péra.Il donnait des leçons de mise en scène à beaucoup d’artistes.Mme Caron et Mme Mclha sont ses élèves.M.Pluque ne comptait que des sympathies à l't Ipéra.Il y sera très regretté.Le compositeur allemand Waldemar Bar-giel vient de mourir subitement, à Berlin, d’une ' ’c cardiaque.Né en 1828, à Berlin, il avait été successivement professeur h l’école de musique rhénane de Cologne, diroe teur des concerts de la Société de musique de Rotterdam, et, depuis 1874, professeur au Conservatoire de Berlin.\V.Bargiel a composé surtout des symphonies, des ouvertures et de la musique de chambre.Plusieurs do ses (ouvres ont été exécutées à Paris, notamment par les soins de M.Eugène d'Harcourt, (pii fut son élève.ECHOS DU CANADA MONTRÉAL Les élections senti .annuelles du Cliieur Indépendant, de Montréal, ont donné lo résultat suivant : Président honoraire, M.H.T.Bruyère, réélu ; vice-président, L.Quevillon ; sec.D.Male ; ass.-sec., A.Bourrot ; très.A.Baril ; bibliothécaire.II.Lame; directeur, L.L.M.Lebrun ; accompagnateur C.A.E.Iloude.Comité de régie, MM.E.Turcot, L.Labonne et Jos.Trudeau.—Le corps de musique des Carabiniers Victoria vient de faire ses élections.Sont nommés : Directeur Ed.Quivron ; président M.J.B.\.Tison ; vice-président, M Angevine ; secrétaire.M.Fauteux ; trésorier, M.Frémeau ; bibliothécaire, M.O.St-Jacques.—Membres du comité : JIM.T*.Michaud, Lorenzo Prince et Chs.E.Dupont.9442 804447 287016 1547 I os L'HRT MUSIGHL Avril 1897 Br .^LL*û a&g -\x r~K.-V— -r-pK8fX|!fSïiî PS®«S!!$ feoS: .Ljf, ***** Paris, hr tirril IShi- PflHiS AU Co.NSKKVATOlItK—M.Théodore Dubois vient de rometttre en vigueur ie paragraphe du réglement concernant les examens publies du printemps.A cet effet, le fi mai prochain aura lieu un concours de la classe dite “d’orchestre ” ; il ce concours prendront part les élèves instrumentistes et ceux des classes de chant.Le programme ne sera arrêté rpie quinze jours avant cette séance, à laquelle seront convoqués les membres de 1 Institut, la presse et les membres de la haute société parisienne.Oi'KK.x-CoMiqi'E.—A enregistrer une excellente reprise de Manou.Le chef-d’œuvre de M.Massenet a retrouvé son grand succès auprès du public.Bonne interprétation : il faut citer spécialement Mlle Lejeune, une charmante transfuge du théâtre de Bruxelles, qui a prouvé de très sérieuses qualités dramatiques.Bile a été très applaudie, après l’acte de Saint-Sulpice, ainsi •pie M.Leprestre, un touchant chevalier Des Grieux.L’éloge de M.Fugère, dans le rôle du comte, n’est plus à faire ; quant à M.Isnardon, il incarne à merveille celui de Lescaut.A propos de M.Isnardon, disons que cet excellent artiste vient d’obtenir un mois de congé,—avril,—pendant lequel il ira créer hit Bohême, de Léon Cavallo, à Milan d’abord, puis à Venise ensuite pour les fêtes de l’Exposition internationale des Beaux-Arts.A i.’f h'Kit.v.—On va reprendre prochainement Stdamhn, qui n’a pas été donné depuis plusieurs mois déjà.Mme Rose Caron conservera le rôle de Sa-lambû ; Al.Courtois chantera pou; la première fois, dans l’œuvre d’Ernest Reyer, le rôle de Mâtho, créé à Bruxelles par M.Sellier et à Paris par M.Saléza.— Le ténor Tamagno doit donner prochainement à l’Opéra quelques représentations d’Otclln, qui sera chanté en italien par tous les artistes.Un journal de Milan, Il Paleosvenicu, publie à ce sujet la lettre suivante, que Tamagno lui-même adressait récemment à un sien ami : “ Très cher ami, “Persuadéde t’apprendre une chose agréable, je te fais savoir que je suis engagé à l’< Ipéra de Dans pour y donner plusieurs représentations d’Otelln."On voulait que je chantasse en français ; mais je m’y suis refusé.On a consenti à ce que tout le inonde chantât en italien.Verdi m’a envoyé un beau télégramme pour me prier d’accepter.“ Les représentations auront lieu en avril, et la première sera donnée pour une œuvre de bienfaisance et, par conséquent, ijralis, sous le patronage de la tille du président Faure.— Tamaùno.SOCIÉTÉ DlvS CONCERTS.-La S'jmplm-nie ni a! majeur do Schumann inscrite entête du programme des lie et 12e séances a été écrite vers la tin de 1815.Le premier mouvement, le Scherzo et l’Adagio sont des pages superbes qui peuvent être placées parmi les plus belles du genre ; mais, la tiutile oll're beaucoup moins d’intérêt ; on sent que le maître de Zwickau était déjà en proie à de terribles souffrances physiques.La Finale du 1er acte d'liurijaide de Weber a fait plus d’effet sans être pourtant un chef-d’œuvre.L'éminent organiste AI.Guilmant a fait entendre, avec un très grand succès, le Coure tin en ré mineur de 1 laendel.Cette œuvre présente une certaine particularité en ce sons que l’auteur, au lieu d’écrire les parties concertantes et lu solo, se contentait de mettre l’indication ml I iliit a m et comme il jouait lui-même ses concertos, il se livrait alors à de merveilleuses improvisations.M.Guilmant a dû faire le nécessaire ; c’est ainsi qu’il a introduit comme Litn/hdln celui du 12c Concerto pourinstrumentsàcordesdu même maître.C’est admirablement réussi, et ce chant large, poétiquement soutenu par une pédale constante, produit le plus bel effet.Le maître organiste a été rappelé et chaudement * M.I’.Tafl'anel, quiconduisait ce beau concert, nous a donné pour clôture le régale d’une .S’i/m-plumiu de Haydn, celle en mi bémol.CON(.ER IS COLONNE.—Quinzième concert de l’abonnement, avec lu concours de MM.Monnet-Sully, Silvain et Mlle Renée de Mini] (de la Comédie-Française).Premiere partie ; Minified, poème dramatique de Byron, musique de R.Schumann, e AI.Emile Aloreau.Deuxième partie : Parsifal (R.Wakner).— Ltilieiujriii, introduction du Me acte (K.Wagner).Le Minified de Schumann, fut accueilli avec nue telle faveur, (pie AI.Colonne, attentif à satisfaire ses fidèles et fervents auditeurs, n’a pas hésité à donner une deuxième audition intégrale du chef-d'œuvre byronion.L'exécution d’ensemble, mieux fondue et plus au point (pie la première fois, a été superbe.Aussi le public a-t-il vigoureusement applaudi MM, Mounet-Sully et Sylvain, Mlle du Alinil, de la Comédie-Française; les personnages chantants : Ailles Mathieu d’Ancy et Planés, MAL Cheyrat, Ballard, Challet, Kdwy et Vieuille, le soliste Hougy, les chœurs, l’orchestre et son excellent chef.Même succès pour les fragments de Parsifal, de Wagner.—Seizième concert de l’abonnement, avec le concours de Mmes Alignez de Montalant, Mathieu d’Auey, Marie Taxier, Louise Planés ; .MAI.Emile Cazeneuve, Dyve et Vieuille.Programme: Ouverture du Va nui rai ruina in (11.Berlioz), Fpisnde urienlal (2e audition) (A.Coquard) Aime Alignez de Alontalant.—Quatre pièces en forme de canon (2e audition) (R.Schumann), orchestrées par M.Th.Dubois.— Vanillin (Ire audition) (G.Pierné), (musique de scène pour 1e drame de AI.Jean Lorrain).— Fragments du Me acte du Ore pu ne nie.des J lieu.' (R.Wagner), seule audition.— Alarche de Ta india user (R.Wagner).L’ouverture du Vaniaral niiuaiii, de Berlioz, liage instrumentale qu’on croirait écrite (l’hier, tant est conservé son brillant coloris, a été frénétiquement applaudie.De l’lipisude urienlal de AL A.Coquard, on a fait bisser la Chanson d'e.eil à laquelle Aime A liguez de Alontalant prêtait le charme de son excellente diction.Il n’est (pie juste de constater le bon accueil fait à Vmdhis de AI.G.Pierné.Cette musique de scène pour le drame de AL Jean Lorrain comprend trois épisodes.Remarqué dans le 11 ruhitine un trio plein de grâce et de fraîcheur chanté par Ailles Alathieu d’Ancy, Alarie Texier et Louise Pla nés.La Chanson il'Vanillin, dite par Mme Alignez, est dans la demi-teinte archaïque.L’exécution des fragments déjà connus du troisième acte du Crépuscule des Dieu.r, de R.Wagner a si bien réussi que AL Colonne ne voudra pas s’en tenir à cette unique audition.—Dix-septième concert de l’abonnement avec le concours de Aime Alottl, Aille Renée du Alinil (de la Comédie-Française), et Aime Roger Miclos.Première partie: Ouverture de Goriolan (Beethoven).— Les N ores de Fitjaro (Alozart), Aime Alottl.— Le linnet tl'Om phi de, premier poème symphonique (C.Saint-Saëns).— Tann-haUser (Prière d’Elizabeth) (R.Wagner), Mme Alottl.— Concerto en mil mineur, pour piano (Mendelssohn), Aime Roger-Aliclos.Deuxième partie : llcdeinjition, poème symphonique d’Ed.Blau (César Franck), troisième et dernière audition ; l’archange, Aime Alottl ; le récitant, Aille Renée du Alinil.* L’ouverture do Coriulan, de Beethoven, n’a été écoutée cette fois que d’une oreille distraite.L’attention du public se réservait pour les airs des Nuees de Fii/aro, de Alozart : Foi, ehe sape,le, et Nun su piit rusa suit.Ces titres portés sur le programme semblaient indiquer que Aime Alottl allait chanter en italien, langue sonore, mieux appropriée que toute autre à la musique divine du maître.C’est en allemand que la cantatrice les a dits ; mais, avec tant de grâce, 9647 8^791^249498 Avril 1897 de charme et do sentiment, que l’auditoire ému lui a fait plusieurs ovations.Mme Mottl n’a pas été moins touchante dans la Prière d’Eliza-heth de Titnnliuiiser, de K.Warner.Mme Roger-Aliclos dont le talent est assez connu et apprécié pour que je n’aie pas besoin d’insister, a triomphé, elle aussi, avec le Cim-irrh) en sol mineur pour piano, de Mendelssohn, en y déployant toute sa maestria.La première partie du concert se complétait par Le lionet d'Om/ilndc, premier poème symphonique de M.Saint-Saëns, qui, tris linement détaillé par l’orchestre, a été fort goûté du publie.CONCERTS DE L’OPÉRA.MM.Bertrand et (jailli,ard reviennent à leur programme primitif : jouer des œuvres nouvelles ou peu connues du public, et méritent tous les suffrages des amis de l’art musical français.Pour la première fois, le nom de M.Th.Dubois figurait sur l’afHche dos Concerts de l'Ojieru : un fragment de sa Circe vient d’y obtenir le plus légitime succès.La majeure partie du public aimant surtout la musique déjà entendue et familière à son entendement, l’administration de l’Opéra a été bien inspirée (au point de vue spéculatif), en offrant à sa clientèle l’audition de la Damnation de Cnnsi.L’essentiel est qu’on se contente do respecter la volonté de Berlioz et qu’on ne veuille point transporter à la scène cette Légende, écrite pour le concert.Nous n’avons pas à signaler les beautés de la Diminution que tout le monde commit.¦SALLES ERA RD.Pour satisfaire au très brillant programme de la .'hue séance, la société fondée par M.I.Philipp avait fait appel au concours do M.E.M.Pelaborile, Ch.Widor, Bailly, André, Lammers, Bas, Delgrange, Charpentier, Courras, Casadesus et Dutten-hoffer.Comme ouverture le (jiminor, piano et cordes de Widor.puis des Pieces en eoneerl de Rameau, Souille de Tartini avec le Trille du diahle qui fut un triomphe pour l’éminent violoniste Remy : et enfin le Coneerlo pour trois /nunns de Mozart que l’on entend si rarement et qui était interprété ]mr MM.Delà bord 3, Widor et Philipp, excusez du peu ! l’accompagnement en double quatuor avec hautbois, deux cors et une contrebasse était délicieux.CONCERTS LA MOI" R El X.—Dix-huitième concert.—Fait rare, on a chuté assez vigoureusement le 28 février aux concerts du Cirque d’Eté et cela par la faute de quelques maladroits amis de M.Bachelet, voulant transformer en triomphe le succès suffisamment, honorable fait à une scène intéressante de Fiona.M.Engel avait chanté, non sans effort, te rôle ardu de Turl et Mlle El.Blanc, s’était vue très fêtée pour sa charmante interprétation du personnage de Fiona.La séance avait commencé par un fragment du lIMllenslein, de M.d'indy, le ('imp, d’orchestration extrêmement ingénieuse.Salon i>k Convkusation.-AL E.Alangeot, le directeur du Monde Musical, le plus important journal de musique de Paris, vient de fonder avec le concours de ses filles, Ailles Jenny et Marie-Louise Mangeot, un Salon de Conversation, spécialement organisé pour les L’HRT MUSIOTïL américains qui désirent apprendre la langue française.Aille \ ictoria Cartier a assisté a quelques-unes de ces séances et en a constaté la grande utilité.Nous croyons devoir les signaler à I attention de nos jeunes compatriotes qui vont passer quelque temps à Paris.Connaissant l’attachement des Canadiens à la langue de leurs ancêtres, nous 11e doutons pas qu’ils aient a cœur de profiter d un séjour à Paris pour se perfectionner dans l’usage de notre si belle langue.Voici un excellent moyen tout trouve d acquérir 1 art de bien /ironoueer, bo n articuler, et aussi de bien sr.i'i>rimer en un français correct et élégant.< lutre l’avantage d’une conversation agréable et instructive, on aura de plus l’occasion de jouir d’intermèdes de musique, comédie, littérature.Le Salon île Cou-ce rsa lion est sous le patronage de Mme la Princesse de Polignac.—M.Eugène Gigout a donné deux matinées musicales, avec les élèves de son école d’orgue, le dimanche 14 mars (jeunes gens) et le dimanche 28 mars (jeunes tilles), avec le concours de Aille Créhange et du cours d’ensemble de Aille Fanny Lépine, de .MAI.llollman, Alignez.lié née Bergé et Boëllmann.Les programmes comportaient un nombre très respectable d'oui vies classiques et un heureux choix d’œuvres modernes.Inutile de dire que ces deux matinées ont eu un public aussi nombreux (pie sympathique, (pii n’a pas ménagé ses applaudissements.— SOCIÉTK PlIll.llAIt.MoNlqrK.—Le (,hl i lilclti op.4, de Sgambati, joué par AI.Breitner, Aline Breitner, A1AI.Guidé, Bailly et Liégeois, a été beaucoup applaudi nu 7e concert delà Société Philharmonique.M.et Aime Breitner ont interprété la Je Sonate, de Saint-Saëns ; puis Aime Breitner, AI AI.Guidé, Bailly et Liégeois ont fait entendre le (juutunr à cordes (op.2b), dédié a la mémoire de César Franck, par Al.Fernand Le Borne.MARSEILLE.— Guano -Tiikatkk.\,' Fl uib du Nord a tenu l'afliche avec le plus vif succès, grâce au talent des interprètes.Mmes Bréjenn-Gravière, Dumaine, et MAI.L.David, Boti-douresque et.Devaux.Nous devons signaler le cas de Al.Devaux, second ténor léger, qui a sauvé la reprise, eu apprenant le rôle de Georges en quelques heures, et qui a chanté plusieurs fois au pied levé Miijnon et Mireille.dans lesquelles il a obtenu un succès des plus honorables.Malgré le grand succès de la reprise de Salanibi), la Direction pousse avec activité les répétitions de Itelle'qui passera prochainement.On annonce la venue, pour une série de représentations, de Aime Ilégion et de AI.Allie, de l’Opéra._______________ LYON.- G hand - Tiikatkk.Depuis ma dernière chronique, nous avons eu la première représentation de la Femme de Claude, le drame lyrique de AI AL Gallet et Calieu.Je dois à la vérité de reconnaître que l’œuvre n’a pas rencontré un accueil bien chaleureux.Et.malgré tout le talent dramatique déployé par Aille Nina Pack, engagée spécialement pour jouer Delphine, malgré toute la conscience et la conviction de AL Beyle, dans le rôle du général Ru per, malgré la bonne volonté évidente de AI.Alikaely, dans Antonin, malgré tout enfin, la 169 Femme de Claude n’a pas eu le don de passionner le public.Je suis heureux de constater que les représentations des Mailres ('hauteurs se suivent toujours et se ressemblent.Nous voilà à la vingt-cinquième représentation et l’on ira à trente.C’est un beau succès qui sullirait à la gloire de notre sympathique directeur et quj fait le plus grand honneur aux interprètes : AIM.Cossira, Beyle, Hyacinthe, Delvoye et Aime Cossira.BORDEAUX.G U a n 11 -Tiikatkk.Très intéressante, la représentation des llnijuenotsh laquelle ont donné'lieu les adieux de Al.A in elle, appelé à Saint-Pétersbourg par un très bel engagement.Notre regrettée bassc-nolde va faiie au Théâtre Impérial une saison italienne où, entre autres œuvres, elle doit, chanter les IIiiijiieuuts, Faust, le Itarliier, Itou Juan, le l’riijihèle et llomeo.NICE.- Guano Tiikatkk ni: i.'( >ri:u \.Suivant l’exemple de son confrère de Alontc-Carlo, Al.Lafon lions a offert une (.ouvre inédite.La création de Dolores a eu lieu avec le concours de Aime Adelina Patti.E11 regrettant que le manque de place nous empêche de faire l'analyse de ce nouvel opéra, disons cependant qu'il est regrettable (pie l ieu-vre de Al.Georges Boyei liait pas été débarrassés do certaines exclamat ions d'un goût douteux.I ne de celles-ci.dans la bouche de Aline Patti, a produit une impression dont l'enthousiasme était absent.La musique do AL André Pollnn-nais fait oublier les quelques fautes du livret.La partition de Dolores, fort heureusement orchestrée, renferme de gracieux dessins mélodiques: les motifs et les rythmes sont, d'une originale inspiration.Le talent de AI.André Pollonnais donne de grandes espérances.Aime Adelina Patti est une très agréable Délurés.AL Searamberg a été chaleureusement applaudi, notamment après l’air patriotique du premier acte.I (ÏNDRFS Ti"::atI!,; |,|tlN( l: Lv/! 1 L/ IVLO Gai.i.ks.Comme la Hase lilunelie semblait décidée a vivre ce que vivent les roses, la direction a repris, avec beaucoup de bonheur II Maestro di Ca/iiilii, une perle de 1822, du compositeur italien Ferdinand Plier, du vrai .Mozart, interprétée par Pauline Joran, la Nfcdda de Covent Garden et signor Alaggi.Ce petit joyau, dirigé par le maestro Lévy, fait fureur.Il est suivi de la I Cede l'ierrnl, une pantomime qui fait pleurer les plus endurcis.Que ne puis-je, hélas ! vous donner un compte-rendu aussi favorable de la première de Sa Majesté, opéra comique émanant de la plume du Sir Alexander AlacKeiizie, présideur do l’Académie royale de musique, ct.dc AI AI.Bttrnand et Lehmann, l'un rédacteur en chef, et l’autre rédacteur du journal comique et cosmopolite Punch.Sa Majesté est.un ouvrage construit sur un livret très médiocre, et la musique du maestro AlacKenzie est beaucoup trop prétentieuse pour ce genre d’ouvrage.L’idée première de l’ouvrage 11’était pas dépourvue d’originalité, car cette Alajesté, a la fois peintre, musicien, géographe, inventeur, général et amiral, était un portrait fidèle d'un personnage royal dont les multiples talents 170 L'HRT 7VTUSICKL Avril 1897 u’ont cessé tie dilater la rate de l'univers depuis dix ans.Covkxt G aiidk.n.—Le Dr Anton Seidl qui s'est acquis à New-York une si brillante réputation tie chef d'orchestre vient d’être engagé à Covent Garden pour diriger les représentations Wagnérietines de la saison.Les partisans du Wagnérisme sont enchantés de cette nouvelle.Depuis longtemps ils réclamaient une tète allemande à l’orchestre et la direction de l'Opéra a trouvé de bonne politique de leur faire cette concession.Nous ne les en blâmons certes pas.— One audition partielle du nouvel opéra lliimitid de M.Tlamish McCunn sur un livret du marquis de Lome a eu lieu à la résidence de •Sir Georges et Lady C Le marquis de Lome a donné une succincte analyse de la pièce qui est tirée de trois légendes druidiques combinées.11 est difficile de se faire encore une idée bien juste de l’ensemble.Pour cette audition M.McCunn était au piano.Lus principaux passages ont été chantés par Mme Duma et M.Dudley Duck.Il faut attendre pour juger cette œuvre, oit il y a pas mal de réminiscences wagnériennes.R FRI IM Le quatuor Joachim a donné plu-DLliLHi sieurs concerts à la Singakadémie Cn quatuor de Mendelsohn (op.12) et le grand quatuor de Bethoven en A mineur (op.182) ont été les meilleurs numéros.—Le docteur Ludvig Wuellner a donné une conférence musicale sur Schubert, dans la salle de la Société Philharmonique.L’assistance était nombreuse et sympathique.—A la Singakadeiuie (Académie de Musique) deux artistes russes attirent le publie.Ce sont MM.Wassili Besckirsky, père et fils.—Quelques concerts ont été donnés, cet hiver, mais à tout bien prendre, il n’y a rien de bien intéressant à signaler.COLOGNE.Louis Diémer a joué au concert de Gurzenick, le 5e concerto de Saint-Saëns et les nouveaux impromptus du Massenet : liun ilurmimtr et liait eutirunle.Grand succès pour l’artiste et les œuvres exécutées.UIFMMF Le nouvel opéra du Strauss, La i ILIiltu Deem /loison, a été Représenté le IJ mars au Théâtre de l’Opéra.Il a remporté un succès colossal, quoique le livret en soit assez terne.La maladie qui retient Strauss confiné chez lui l'avait empêché de venir jouir de son triomphe.____________________ ANVERS.—'Tmî.vruk Royal.-Nous avons vu la reprise de la Reine tir Suint (pii a été un succès pour Mlle Brietti (Balthis) et pour M.Silvestre, notre excellente basse, dont on a appris avec plaisir le réengagement.M.Kuhlmau, notre chef d’orchestre, au talent duquel tout le monde rend hommage, a monté pour son bénéfice le premier acte de la IValkijrir, et en a confié l’exécution à Aille Brietti, MM.Villa et Silvestre, trois dus meilleurs artistes de la troupe.Ils y ont remporté un véritable succès.Le Trouvère s'est donné avec le concours de Mme Sormani, chanteuse italienne, dans le rôle d’Azucéna et a fait valoir les multiples qualités de .M.Layolle dans le rôle du comte de Lima.Le reprise de la Truriutu a été également pour Mme C'holain.l'occasion d’un succès enthousiaste, partagé par M.Dupuis, (pii a trouvé dans Rod dphe un de ses bons rôles.MOSCOU -Grand Tiiiîatke I.mi'iôuiai,.Nous venons d'assister à une grande solennité artistique.M.B.Korsofl', le sympathique baryton de l'Opéra Impérial, avait choisi pour son bénéfice Y Henri VIII de Saint-Saëns.Cet ouvrage a obtenu le plus grand succès.Jusqu’à ce jour les Moscovites n’avaient connaissance (pie de Saumon d Uulilu du même compositeur.L’audition dernière vient de le mettre au niveau des plus grands symphonistes qu'il nous soit donné de connaître.M.B.Korsofl' tenait le principal rôle et il l’a fait avec son talent habituel.Les autres interprètes : Mme Deitsch-Sion-nitzkaya, la reine Catherine d’Aragon ; la gracieuse Aille Sbrouewa, Anne de Boleyn et notre excellent ténor AI.Donskoy, Don Gomez de P’erria, ont tous constribué au succès de l’œuvre.Chacun d’eux a remarquablement interprété le caractère de son personnage et tous ont admirablement encadré le roi Henri VIII.—A AIoscou l’an dernier, on avait fermé pendant trois mois le Théâtre Impérial, afin d'en consolider les fondations.Alais en raison du mauvais état persistant de ce théâtre, on va construire une nouvelle salle avec tous les perfectionnements modernes.Le Conservatoire de AIoscou a célébré le centenaire de Schubert par un concert de gala.MILAN.< )n discute beaucoup la question de la Scala ; mais, il faut l'avouer, cette question passionne beaucoup moins le public que celle de la gendarmerie cosmopolite dont l’Italie avait rêvé de doter la Grèce.Et, cependant, les jours se suivent -et se ressemblent trop — pour notre infortuné théâtre.- i(',|imvrique La troupe u'opéra dirigée par AIM.Abbey, SchooHel et Grau va revenir sous peu au Metropolitan Opera House, où elle donnera quelques représentations avant son départ pour Londres.Le lundi 12 avril, ou jouera Faust, le mercredi Sitnjfrwl et le vendredi Carnint.Le spectacle pour la matinée du samedi n'est pas encore arrêté, mais on donnera un opéra dans lequel se feront entendre Aime Calvé, AIM.Jean et Edouard de Resz.ké et AI.Lassallc.Le samedi soir il y aura une représentation populaire, et le dimanche, 18 avril, un grand concert avec les principaux artistes de la troupe.La chorale française d’Hudson County donnera au Heflich’s Hall, à West Hoboken, son deuxième grand concert annuel, avec le concours do l’Orphéon français de Paterson et de plusieurs artistes distingués.Le concert, (pie dirigera AL Poletti, sera suivi d'un bal : le professeur Calais conduira l’orchestre.—L'orchestre du Metropolitan donnera cet été toute une série de concerts promenades, il Madison Square Root Garden.Les Pabst, de Milwaukee, ont, paraît-il, garanti les dépenses de l’entreprise.NEW-YORK LOUISVILLE.Sievcking, le pianiste danois, a reçu ici un accueil enthousiaste.Les bis, les rappels ut les applaudissements nu lui ont pas été ménagés.La façon dont il a enlevé Y liliale tir Courerl de Aloszkowski, a littéralement électrisé son auditoire.WORCESTER.—Dimanche, 28 mars, à la salle Ste-Famille, a eu lieu le concert des Chœurs réunis.Les membres, sous la direction du professeur Ring, ont donné l’opérette, “Les mensonges du la marquise,” par Luigi Borde.se.L’orchestre Trmla avait prêté son concours.La soirée a été couronnée d’un plein succès.NEW-BEDFORD, l’n magnifique concert a été donné le mois dernier il l’église St~ Antoine.un lundi soir, sous la direction de AI.l'abbé Brosseau.Le chœur fût-Antoine s’est fait entendre, sous la direction du professeur Rooney.L’orgue était tenu par AL A.Beau-chemin et Aille H.E.H.Forbes était au piano.A'oici les noms des artistes (pii ont chanté : Aille Lillian Chandler, Aille Laura Webster, Aille Alary Lilly.Aime J.C.Pothier, et Al.J.P.Rooney.LEWISTON.—Le chœur de l’orgue exécutera à Pâques, le “Kyrie” et le “Gloria” de la douzième messe de Alozart, et le “ Credo,” le “ Sanctus ’’ et.1’ “ Agnus ’’ de l’abbé Larrieu.A l’Epitre, on chantera un oratorio par Lam-billotte.___________ BRUNSWICK.— La fanfare St-Jean-Liaptistea fait l’élection annuelle do ses officiers, lundi 15 mars.Les nouveaux élus sont : Président, P.J.Desjardins; sec,, Lorenzo Alorin ; très., Edmond Gamache ; directeur, Thomas Caron ; sergent, F.Chrismann; rapporteur, A.T.Caron; tambour major et agent' Alfred (fuellet.HOLYOKE.—Alardi soir, 28 mars, a eu lieu la soirée musicale et dramatique donnée par les élèves de l’école paroissiale de Notre-Dame du Perpétuel Secours, au bénéfice de l’église.Le programme, préparé avec tout le goût ipie savent y mettre les Révérendes Sœurs de la Présentation, a été brillamment exécuté par les élèves do l’école.MINNEAPOLIS.ATerc-redi, 24 mars, a été donné dans le sous-sol de l’église Ste-Clo-tilde, une soirée musicale au bénéfice du curé de la paroisse.Plusieurs des meilleurs artistes de la ville y ont pris part, entre autres Aime Thomas La-liberté, Ailles Adéline Payette, Alice A.Adian, Eulalie Chêne vert, AIAI.Keene, Paul Dufaud, Arthur Perkins.I n nouveau et amusant quatuor le “ Ocarina Quatuor ” a prêté son concours et a remporté un éclatant succès.Toutes nos félicitations.COHOES.Le concert donné par des amateurs de cette ville, au profit des pauvres, a eu lieu le mercredi, 10 mars, au Cohoes City Théâtre.Ce concert est l’un des plus beaux que Ton ait eu dans cette ville, cette saison.Les recettes ont dépassé de beaucoup ce que Ton attendait.51 L'HRT musiokl 171 Avril 1897 SALLE WINDSOR SOIRÉES ET CONCERTS LE CONCERT des JEU N ES AVEUGLES de NAZARETH ^ous venons île recevoir le programme du très intéressant concert annuel des aveugles de Nazareth.Le patronage du public amateur de bonne musique est depuis longtemps acquis aux efforts des jeunes artistes de cette institution ; nous croyons cependant devoir inviter tous les lecteurs de notre journal à se rendre àce prochain concert, qui aura toutes les proportions d’un événement musical, tant est grande l’importance des ouvrages qui y seront exécutés.Qu’on en juge plutôt par le programme suivant que nous nous faisons un plaisir de publier : l'UEMlKRE PARTIE.i.Choeur de* Pécheurs de Verb» .Hizet Les Elèves île l'Institution.-.Récitatif et air du Sit tje i!e Corinthe.Rossini M.Arthur Pruneau.:t.Sérénade (Le roi l'a iliti.Relibcs Mlles J.Perry et E.Préfontaine.I.Air de la Damnation de Faust.Heritor.M.Edouard Lebel.5.Entrée des Maîtres, strophe du üêinc acte des Maîtres Chanteurs.Wagner Les Elèves de l'Institution.DEUXIÈME PARTIE.1.Chœur des Pèlerins (Ta nu lia User).Wagner La Fanfare de l'Institution.2.Rejoice greatly (Le Messie).Hauidcl Mlle J.Perry.•L Capriccio.op.22.Mendelssohn M.J.1).Dussault.1.Chanson de la grive (Xaricrc).Th.Dubois Mlle K, Prefonlaino et M.A.Pruneau.5.Cavatine de Faust.Gounod M.Edouard Lebel.fl.Grande marche de Tannhaiiscr .Wagner La Fanfare de l'Institution.Mlle Jeanne Perrault accompagnera lu chant.Ajoutons que ce concert aura lieu mercredi, le 28 avril courant, à l’Ecole .Montcalm, angle des rues De Montigny et St-lluhert.LE PARADIS PERDU, DE M.TH.DUBOIS En 1878, M.Théodore Dubois obtenait le prix delà ville de Paris avec le Paradis Perdu, drame oratorio, pour soli, clueurs et orchestre.Cet ouvrage renferme les principales qualités qui distinguent l’illustre directeur du Conservatoire, savoir : l’élcgaute correction du style, la grâce et la distinction de l'idée, l’habileté et la sobriété avec lesquelles elle est présentée et la netteté de la conception musicale, qui révélait déjà chez le jeune compositeur le musicien un pleine possession de lui-même.L’art infini qui se trouve à chaque page do cette importante partition eut bientôt conquis à son auteur une place prépondérante dans le monde de la musique.Inutile de dire notre satisfaction à la nouvelle que l’on allait bientôt donner une audition entière de cet ouvrage, dont notre public, jusqu’à ce jour, n’avait pu apprécier que quelques modestes fragments.C’est au “ Monument National ” qu'aura lieu le 23 avril courant, la première audition à Montréal du Paradis Perdu, donnée par MM.les chanteurs du Gésu, assistés par l’élite des amateurs de cette ville et avec le concours, comme solistes, de Mlles Gérin-Lajoie et Ter-roux et de MM.Clément, Comtois.Lavoie, Masson et Saucier.L’orchestre recruté parmi nos meilleurs musiciens sera au grand complet, fait si peu commun à Montréal qu’il vaut la peine de le mentionner.Il convient de féliciter M.Alex.Clerk, l'habile maître-de-chapelle du Gésu, de la hardiesse de son entreprise ; car il faut plus que du courage—et quel travail avec cela !—pour s’attaquer à un ouvrage de l’envergure du Paradis Perdu avec une massechorale d'au-delà de deux cents amateurs peu habitués, en bonne partie du moins, aux majestueux ensembles que requiert l’oratorio, Aussi souhaitons-nous au concert du 23 le plus franc, le plus éclatant des succès.M.l’iunket Green et Mme Mario Van dur N eer Green sont assurément -des artistes de haute distinction, formés à bonne écolo.Par malheur, le programme de leur concert du .1 avril était d une pauvreté désolante : à peine trois ou quatre numéros pouvaient-ils susciter quelque réel intérêt artistique.M.Plunket Green a d’abord chanté avec une expression pénétrante, ’ ' de justesse, et en style très pur, ce qui ne gate rien Finish il amour, du l’ère Martini (1785), puis il a rendu d’une façon fort remarquable le liai des .1 aines.la toujours empoignante ballade de Schubert.Mme Vax ne» Vkeiî ùkeen.Madame Van der Veer Green, de son côté, a rendu avec beaucoup de charme la délicate “Berceuse" extraite de “Jocelyn” du regretté Benjamin Godard.Cette artiste, qui chante avec une grâce captivante et beaucoup de savoir faire, n’est pas exempte de défauts, que nous signalons avec discrétion : par exemple, on pourrait lui reprocher un usage trop fréquent des sonorités nasales et une certaine exagération du sentiment.Pourquoi n’êtrc pas nature Le pianiste accompagnateur, M.Rudolph von Scarpa, s’est acquitté de sa tâche avec beaucoup de sobriété; les pièces do Rail'et de Liszt qu’il a exécutées nous ont paru manquer un peu de netteté dans les passages rapides.Le programme comportait en outre quantité de chants populaires anglais, écossais et irlandais bien choisis pour plaire à l’auditoire.LE RECITAL CARRENO Après neuf ans d’absence, la grande pianiste nous est revenue, en possession de l’immense virtuosité et du l’élégance de style qui la distinguent.Son talent, tout de Iiriu dans les traits de bravoure, de grâce et de finesse dans le leijiiiera, s’affirme avec moins de bonheur dans le genre polyphonique ou purement sentimental et.expressif.La fugue et fantaisie chromatique de Bach, et l’adagio de la, sonate en ut dièze mineur de Beethoven n’ont pas été rendus, l’une, avec les nuances propres à ses différentes parties, le relief direct et proportionnel du sujet, l’autre, avec la demi-teinte, le clair-obscur traditionnel.Mais en revanche quelle délicate et charmante sonorité dans le prélude en si mineur, le Nocturne, la Perceuse (rappel) de Chopin ! Quelle verve dans le prélude en sol mineur et l'étude en sol bémol ! Quelle technique et quelle fougue dans la célèbre Polonaise en la bémol du même auteur, dans la (.'antjunwlln et la Papsodie de Liszt.Peu de femmes virtuoses possèdent autant de vigueur et de bravoure, une exécution aussi vertigineuse des octaves que Mme Carreno, et de fait, à l’excoption de Rubinstein et de Paderewski, il n’est pas de pianiste qui aient soulevé autant d’enthousiasme à Montréal.— Nous donnons ci-dessous le programme musical exécuté à Notre-Dame, dimanche soir, le 111 mars dernier, h 1 occasion de la fête de l’Cnion de Prières : 1.Ave Maria .Motte! 2.O Salutaris—Cliirur.St-Sacns a.Jerusalem—i*olo et Chœur Gomioil I.Tantum eriio.Riga l n cluuiir de plus de cent voix, sous la direction de Mlle Franchère, a exécuté ce beau programme avec une perfection digne de remarque.Nos plus sincères félicitations à Mlle Franchère et aux solistes Mlles .M.Terreux, ’1’ Boucher, Lortie, A.Pepin, etc.Mme Boucher tenait le piano.M.Dussault a tenu l’auditoire sous le charme de son accompagnement si délicat et si varié des voix du dames.La finale du Concerto en sol mineur, de llaendel, sur le bel orgue de Notre-Dame, terminait ce beau salut.—Très belle audience au “ Song Recital " donné par Max lleinrichis, le grand baryton allemand, à l'Académie, samedi, le 27 mars.La voix chaude et vibrante du grand artiste, lui a valu plusieurs rappels ; on a mémo trissé le Spcinij Point, de Mackenzie.A l’heure où paraît notre numéro d'avril, la fameuse Musique de la Marine du Chicago donne une série de concerts dans la grande salle d’exercices de la rue Craig, sous la direction de T.P.Brooke.L'assistance est nombreuse et semble fortement apprécier cet orchestre.Les dates des concerts sont les 7, 8 et !> avril.—-*¦?»¦»«- LE JLUB GU IL M A M T Nous avons déjà eu l’occasion de signaler les succès du Club Guilmant d’Ilolyokc, et d’y applaudir.Le Club Guilmant, on le sait, n’en est qu’il sa deuxième année d'existence, mais l’avenir est pour lui plein de promesses.Il doit sa fondation à l’initiâtive du quelques dames appartenant à l’élite de notre société canadienne, aimant les arts, et un particulier la musique, mues par la noble ambition de cultiver les arts en commun et de créer un centre social pour les personnes que leurs goûts, leurs connaissances, leur position groupent tout naturellement autour d’elles.Nous sommes heureux du mettre aujourd'hui sous les yeux de nos lecteurs une lettre do M.i iuilmant : Mention, Seine et < lise, Mit ’liemin de la Sial ion.Le ô janvier LS! 17.Chère Madame.Je suis très flatté du l'honneur que vous m’avez fait en donnant mon nom au club que vous venez de fonder, à Holyoke, et je vous un remercie très sincèrement.Veuillez dire à tous les membres de cette société combien j’apprécie cette attention délicate, dont je suis fier.Agréez, chère .Madame, mes sentiments de gratitude et les meilleurs.Votre tout dévoué, Ai.itx.Gi ii.mant.A Madame Marcotte, Présidente du Club Guilmant.N.B.—Je serais très heureux d'avoir encore quelques exemplaires du petit cahier imprimé qui accompagne votre aimable lettre.Ai.kx.G.Lu présidente actuelle du Club est Mme A.Marcotte, la vice-présidente, Mile L.Godin : la directrice, Mme G.A.Savoy.- • • Dernièrement, dans la tla-Alcdes Ihuu.r-Artt, le docteur Théodore de Frimmel a publié un portrait de Beethoven exécuté par Maurice de Schwind.Ce portrait est une esquisse àla plume, qui a été conservée dans un album du peintrectqui est presque complètement achevée.La fille de Schwind possède la page sur laquelle fut dessinée du nié noire la tête du Beethoven.Lu sombre visage du grand compositeur et ses cheveux en désordre, sont reproduits de la façon la plus caractéristique ; aussi cette page curieuse offre-t elle un énorme intérêt et comme portrait de Beethoven et comme œuvre de Schwind.20 172 L’ÏÏRT 7^USICÏÏL Avril 1807 INSTRUMENTS TEMOIGNAGES FLATTEURS.Lors du départ de Mlle Victoria Cartier pour Paris, où elle allait compléter ses études musicales sous la direction des maîtres français, cette demoiselle, appréciant la qualité artistique du piano “ Pratte” se fit expédier un de ces instruments à Paris.Depuis son arrivée dans la capitale française, ce piano a été l’objet de l’admiration des pianistes et des fabricants de pianos parisiens qui l’ont examiné.Ces messieurs n’ont pas été peu étonnés de constater qu’il existât au Canada un piano possédant de si hautes qualités artistiques en même temps qu’une fabrication si solide et si soignée.Plusieurs d’entre eux adressèrent à Mlle Cartier des lettres très élogieuses sur le compte du piano “Pratte.” Voici du reste, une de ces lettres reçues par Melle Cartier.Paris, 63, rue Jouffroy, le 6 janvier 1S97.A Mademoiselle V.Cartier, Ai-je besoin, Mademoiselle et chère élève, de vous dire que le piano Pratte dont j’ai joué l’autre jour chez vous, m’a tout à fait séduit ?Je vous l’écris simplement comme je le pense.La sonorité et le mécanisme de cet instrument sont remarquables ; et, au lendemain d’un long voyage, je n’ai pas été peu étonné de le trouver non seulement en parfait état, mais très d’accord : cela dénote une facture sérieuse et solide.Soyes assez aimable pour, à l'occasion, transmettre mes sincères félicitations à M.Pratte et recevez, avec mes compliments bien sympathiques, l’assurance de mon entier dévouement.(Signé) Eugène Gigout.Il nous fait plaisir de constater le succès d'une industrie artistique canadienne qui a reçu en quelque sorte un diplôme d’honneur par les éloges que lui ont adressés les artistes de Paris, la ville par excellence pour la consécration des célébrités.%.* * LES ACHETEURS DE LA CAMPAGNE Lue des difficultés que rencontre un acheteur de la campagne, dans le choix d’un piano, est la distance, quelquefois considérable, où il se trouve des grands magasins de pianos.Se trouvant dans l’impossibilité de visiter les magasins, il hésite naturellement avant de faire une acquisition aussi importante par correspondance et sans avoir vu l’instrument.Pour un semblable achat, l’acheteur doit s’adresser à une maison de confiance et nous nous permettrons de signaler aux acheteurs de la campagne une maison qui fait depuis longtemps une spécialité de ce genre de commerce à la satisfaction de tous ses clients.Nous avons nommé la maison Pratte.Depuis que
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