L'art musical, 1 février 1898, Février
.I ! LARJ AUSIGA REVUE MENSUELLE CANADIENNE Paraissant le 10 de chaque Mois Si n:.mBfësÊ ; • • ' ; iiigyn] mmm i— WES& & mm •insî'Jtii Vol.IL MONTRÉAL, FÉVRIER 1898.No 5.L.E.N.PRATTE, 1676 Rue Notre-Dame.Directeur Téléphone 1080.8 G- H.de KERHENO, 8 413 Rue St-Hubert.Rédacteur M.ALEXANDRE GUILMANT Il y a quelque temps nous laissions entrevoir à nos lecteurs qu’il leur serait probablement donné de pouvoir entendre cet hiver à Montréal le célèbre organiste français M.Alexandre Guilmant.C’est aujourd’hui une affaire décidée et, grâce à M.C.A.E.Harris, l’imprésario canadien, un grand concert d’orgue aura lieu le 10 courant à l’Eglise méthodiste St-James.Nos lecteurs, que la musique intéresse, connaissent tous au moins le nom du célèbre organiste de la Trinité : les imprésarios ne le désignent que sous le nom de Roi des organistes.Plusieurs d’entre eux ont certainement eu le plaisir et la bonne fortune de l’entendre lorsqu’il vint à Montréal il y a quelques années, en revenant de Chicago où, en réponse à l’appel de M.Clarence Eddy, il avait été envoyé pour représenter les organistes français à l’Exposition Colombienne.Ils se feront donc un devoir d’aller le 16 février au concert de l’église St-James.M.Guilmant est jeune encore, il aura 51 ans le 12 mars et cependant sa réputation est universelle.A l’Exposition française de 1878, il faisait partie de la Commission Musicale et fonda les concerts d’orgue du Trocadéro dont le succès va toujours grandissant.Il est un des principaux fondateurs de la Schola Oantorum dont le but est la restauration du plain-chant et de la musique religieuse.Chaque année il fait de grandes tournées artistiques à l’étranger.En 1890 il était appelé au château de Windsor près de la Reine d’Angleterre, qui est un grand amateur de musique, et fut elle-même une élève de Mendelssohn.Reçu en audience privée par Sa Sainteté le Pape Léon XIII, il a été nommé par celui-ci Commandeur de l’Ordre de Grégoire-le-Grand.En ce moment il achève une tournée triomphale aux Etats-Unis et arrivera ici venant de Toronto où, le 14, il aura présidé à l’inauguration du grand orgue du Conservatoire, qui vient de subir une complète réfection.Les engagements de M.Guil.niant expirent le 1er mars ; cependant, si nous sommes bien informés, il se pourrait qu’il prolongeât de deux ou trois semaines son séjour en Amérique.M.Alex.Guilmant n’est pas seulement un musicien classé au rang de* Maîtres, il est encore un compositeur de grand talent et surtout un improvisateur de première force.A tous ses concerts c’est en effet le régal et le point capital de l’intérêt pour les musiciens de profession que de lui donner un thème quelconque sur lequel M.Guilmant brode et improvise pour le plaisir de l’oreille et des appétits musicaux de son auditoire.Les occasions d’entendre des maîtres sont trop rares à .Montréal, malheureusement : aussi n’est-ce que justice de les saisir lorsqu’elles se présentent.Lors de sa première visite à Montréal M.A Guilmant joua devant plus de dix mille personnes accourues à la Cathédrale pour l’entendre et toutes s’en retournèrent sous le charme.Il est donc plus que certain que cette fois l’Eglise méthodiste St-.lames sera trop petite pour contenir la foule des auditeurs empressés.Il est réellement fâcheux que ce concert ne dure qu’un soir et qu’il n’y ait pas de lendemain à une semblable fête.C’est probablement la dernière fois que M.A.Guilmant se fera entendre à Montréal, son intention n’étant pas de revenir jamais en Amérique.Il ne faut pas manquer une occasion unique.M.Guilmant est Chevalier de la Légion d Honneur et professeur du Conservatoire de Paris.J.DK P.UN PANTHÉON Peut-on désigner d’une autre façon une galerie artistique qui expose sous les yeux du public les célébrités du jour et celles qui, hélas ! sont déjà choses du passé ?N’est-ce pas ce que fait I’Art Musical?Ne s’efforce-t-il pas d’initier chacun aux chefs-d’œuvres de la musique et de faire connaître à ses lecteurs la vie des hommes qui se sont rendus illustres dans cet art ?Le nom de Panthéon convient donc bien à une publication qui renferme les portraits des musiciens européens et canadiens les plus connus et contribuera certainement à perpétuer leur souvenir.Cet ouvrage est unique en Canada.Les quelques numéros qui nous restaient de notre première année s’enlèvent rapidement.Us se font de plus en plus rares et nul doute que sous peu ils feront prime.Avis aux collectionneurs. 102 L’HRT 3VÎUSICKL Février 1398 L’ART MUSICAL REVUE MENSUELLE CANADIENNE - - BOITE POSTALE 2181 - - TELEPHONE 1080.L» Cie de Pianos Phatte, phophietaire _ 1070, nie Notre-Dame.CONDITIONS D'ABONNEMENT: ÜN An (Campagne).$1.00 Un An (Ville et distribution ii domicile) .1.15 En dehors du Canada et des Etats-Unis .1.25 Le Numéro.15 Cts NOTE DE L’ADMINISTRATION On demande des agents dans toutes les parties du Canada et des Etats-Unis, pour la vente au numéro, les abonnements et les annonces de L'Art Musical.Inutile de faire application sans fournir les plus sérieuses références.On paiera une commission libérale.S’adresser on écrire à L'Art Musical, 1676 rue Notre-Dame, Montréal.A NOS LECTEURS Nous rappelons à nos lecteurs, à nos amis et à tous ceux qui s’intéressent à l’œuvre que nous avons entreprise, que chaque mois L’ART MUSICAL publie 8 pages de musique des grands maîtres, 12 pages d’informa-tions très intéressantes et des nouvelles artistiques du monde entier, le tout pour la modique somme de UN DOLLAR.LA DIRECTION.LEON CARYALHO Dans notre numéro tie janvier nous n’avons pu que signaler la mort presque subite de Léon Carvalho, survenue le 29 décembre.Nos lecteurs nous sauront gré de leur donner une notice egretté directeur de POpéra-Comiquede Paris: L’iiomnie (pii vient de mourir, enlevé subitement à l’affection ties siens, fut mêlé à toutes les manifestations importantes de la musique contemporaine.Depuis quarante années il n’y eut point de tentatives dont il se désintéressa et ses directions succe.-sives représentent un acharné labeur, une activité sans exemple.Léon Carvalho, était originaire de l’île Maurice, où, il naquit en 1S25.Venu jeune en France, il étudia le chant au Conservatoire et entra à l’Opéra-Comique où, dans des rôles effacés, il parvint à se faire remarquer.C’est à cette époque qu’il épousa Mlle Miolan qui, plus tard, devait tenir une si grande place parmi les interprètes du répertoire français d’opéra-comique.Trois ans après son mariage, Léon Carvalho, devenait subitement directeur de' théâtre : le Théâtre-Lyrique devait à Mme Miolan-Carvalho, une somme d’argent assez forte ; à titre de créancier, le mari de l’artiste obtint le privilège de l’exploitation de cette scène.Il connut alors des succès avec Fanchonettc, les AToccs de Figaro, Y Enlèvement au Sérail, la Flûte enchantée, l’Orphée de Gluck, VObéron do Weber et des créations nouvelles : Faust, Roméo et .Juliette, Mireille.Du boulevard du Temple le Théâtre-Lyrique était venu à la place du Châtelet.L’habile directeur s’adonna à une mise en scène digne de rivaliser avec celle des plus grandes scènes.En 1868, ayant voulu mener de front le Théâtre-Lyrique et la salle Ventadour, il connut les premiers déboires et fut obligé de déposer son bilan.En 1872, iM.Carvalho prit la direction du Vaudeville.Il y lit entendre Y Artésienne de Daudet, avec bipartition de Bizet; et le Rubagas de Surdon.En 1874, il abandonna le Vaudeville pour prendre la direction de la scène à l’Opéra.Mais cet emploi ne convenait guère à son initiative et, en 1876, il fut nommé direet'iur de l’Opéra-Comique.Cette date marque le début de sa carrière la plus heureuse et la plus brillante.Pendant les onze années de sa première direction, M.Carvalho joua : Piccolino, de Guiraud ; Dimitri, de Joncières; Cinq-Mars, de Gounod ; la Surprise de l’Amour, de Poise ; Jean de Nivelle, de Delibes ; l’Amour médecin, de Poise ; les Contes d’Hofmann, d’Offenbach ; la Taverne des 'Trahans, de Maréchal ; Galante aventure, de Gounod; Lakmé, de Delibes; Manon, de Massenet; Diana, de Paladilhe; lu Chevalier Jean, de Joncières; Une nuit de Cléopâtre, do Massé; P lulus, de Lecoq ; Maître Ambros, de Widor; Egmont, de Salvayre; Proserpine, de Saint-Saëns; le Roi malgré lui, de Chabrier.La catastrophe du 25 mai 1887 faillit compromettre à jamais sa situation.Pris à partie comme responsable du sinistre encore inoublié, il lutta contre le mauvais sort, se vit acquitter en appel et, dès 1891, il commençait une seconde gestion qui ne fut pas moins heureuse que la précédente.Quoi qu’on ait dit, il fut accueillant aux jeunes, à preuve les partitions suivantes qu’il monta; Les Folies amoureuses, de Pessard ; le Rêve, de Bruneau ; (Javalieria,de Mascagni-.Kassia,de Delibes ; Phmjné, de Saint-Saëns ; Y Attaque du Moulin, de Bruneau; Werther, de Massenet: le Flibustier, de C.Cui; Falstaff, de Verdi; Ninon, de Missa; la Vivandière, de Godard; Guernica, de Vidal; Xavière, de Th.Dubois ; le Chevalier d’Hamnenth.nl, de Messager; la Femme de Claude, de A.Cahcn ; le Spahi, de Lucien Lambert; Kermaria, d’Erlanger.Plusieurs de ces œuvres étaient des essais au théâtre et, si l’on tient compte de ses efforts dans la production des Troyevs de Berlioz, du l’Orphée de Gluck, du Don Juan de Mozart, du Vaisseau Fantôme de Wagner, il faut reconnaître qu’il n’abusa pas trop de ses préférences qui le portaient vers les ouvrages de Delibes et de Guiraud.D’ailleurs, les musiciens auxquels il a réservé ses meilleurs sourires ne sont-ils pas les représentants incontestés de l’Ecole française, et en montant Sapho, n'a-t-il pas prouvé qu’il avait à cœur de défendre dans son intégrité notre art national ?Or, s’il n’aimait pas beaucoup la musique d’aujourd’hui ou celle de demain, n’a-t-il pas eu plus grand mérite à lui ouvrir les portes de son théâtre ?Ne pas manquer d’audace à l’encontre de son goût personel, c’est le fait d’un pur éclectique.Certes le goût classique prédominait chez lui, mais en réalité il n’appartenait à aucune école ; en directeur prudent il choisissait plus spécialement les ouvrages qui promettaient des recettes, tout un se faisant hospitaliser à des efforts dont le résultat paraissait douteux.Bien qu’aimant Gounod, il monta du Wagner, et sur la scène qui fêta la millième de Mignon, il s’apprêtait à jouer la Louise de M.Charpentier, tout éloignée de son esthétique qu’est cotte œuvre d’un modernisme intransigeant.La besogne accomplie par cet entêté travailleur fut critiquable en plusieurs occasions, mais clans l’ensemble, elle a donné des résultats qui sont tout à la gloire de leur auteur et qui lui vaudront d’être considéré longtemps comme un homme de théâtre admirablement doué.Au lendemain de la victoire de Sajdio, à la veille de reprendre l’Attaque du moulin, il vient d’être terrassé par une congestion cérébrale.On a cru que sa vigueur peu commune allait surmonter le mal, l’espérance fut malheureusement de courte durée et c’est le 29 décembre au matin, à 6 heures, que M.Carvalho s’éteignit doucement, au milieu des siens.999997^ Février 1898 L’ART MUSICHL 108 NOS MUSICIENS M.Paul Letonclal est né à Montbenoit (près de Pontarlier, France), le 25 janvier 1831.Il fit ses études à l’Institution Nationale des Jeunes Aveugles de Paris, où il se distingua dans les classes de piano, d’orgue, de composition et remporta les premiers prix.A la demande des RR.PP.Jé- ____________________ Il fut en outre un des fondateurs de l’Académie de Musique de Québec.Homme instruit, esprit ouvert aux choses intellectuelles, il sut dans un autre ordre d’idées se rendre utile aux concitoyens de son pays d'adoption.C’est ainsi qu’il prit une part active à la fondation de l’Union Catholique, et _____ ____________ qu’il fut pendant près de eu ans suites, il vint, en 1852, se fixer à Montréal, et fut quelque temps professeur et organiste au collège et à la chapelle du Gésu.A son arrivée au Canada, les études musicales n’étaient pas très avancées ; elles n’existaient même pas.C’est M.Paul Letondal qui, le premier, lit connaître les classiques du piano et enseigna d’une manière rationnelle et méthodique.Il forma quantité d’élèves, parmi lesquels on peut encore aujourd’hui trouver les noms les plus en vue de notre monde musical (Saucier père, Ducharme, C.M.Panneton, Gustave Gagnon, S.Mazurette, Fowler, Miss Marguerite Sym, Mme Baril (née Kuphémie Coderre) et tant d’autres.) M.Paul Letondal fit bénéficier les Révérendes Sœurs de Nazareth de ses connaissances et de son expérience dans la fondation des cours de musique de l’Institution des Jeunes Aveugles de Montréal.Il fut longtemps professeur à cette Institution et y forma de brillants élèves.} 'ys y: SK?y-y-?- • ' ¦Vt i.îSVfWjaŸ.i-.r'-C M.l’AUI, I.ETON DA I, un îles directeurs de la Iievue Canadien ne.M.Paul Letondal épousa, en i860, Mlle Elise Gagnon, fille de Antoine Gagnon, notaire à la Ri-vière-du Loup, et sœur de MM.Ernest et Gustave Gagnon de Québec.Eu 1890, M.Paul Letondal partit pour l'Europe, où il séjourna tant à Paris qu’à Bruxelles, pour accompagner son fils, M.Arthur Letondal, qui allait se perfectionner dans ses études musicales.C'est pendant son séjour en Europe qu’il commença à se sentir miné par la maladie qui devait l’emporter.De retour à Montréal, en 1S93, il mourait, l'année suivante, en villégiature à Cacouna, où il était allé dans l’espoir d'améliorer sa santé.Le nom de M.Paul Letondal fait époque dans l’histoire de l’art en ce pays.Ce fut un professeur éminent, à la parole persuasive ; au demeurant d’une franchise bien française, se dévouant par amour de l’art et possédant au plus haut degré l’honnêteté et la conviction artistiques.M.Arthur Letondal, le jeune et sympathique professeur montréalais, est fils du précédent.Il est né à Montréal le 3o avril 1S69.Après avoir suivi les cours du Collège Ste-Marie et reçu de son père ses premières leçons de musique, il partit en 1890 pour l’Europe afin d'y compléter ses études musicales.1! étudia à Paris sous Marmontel.Après un brillant concours, il fut admis à la classe d’Harmonie de Tandon au Conservatoire.En 1892» nous retrouvons M.Arthur Letondal à Bruxelles, suivant au Conservatoire de cette ville les cours d’orgue d’Alphonse Mailly ainsi que ceux de fugue et de contrepoint du maître allemand Ferdinand Kufferath, dans lesquels il M.Arthur Leïondai.Sami StfsfS .:*i If.-/ m ¦ T.> remportait le premier prix l’année suivante.M.Letondal, de retour à Montréal, s’est consacré à renseignement du piano et de l’harmonie.Bien que jeune encore, il est déjà classé au rang de 110s meilleurs musiciens et sa parole fait autorité.Il est professeur à la Société Artistique et ses élèves remportent de brillants succès.En tant que compositeur, M.Letondal a signé plusieurs œuvres, que nous avons eu l’occasion de citer lors de leur apparition.L’Union Catholique et le Cercle Ville-Marie lui sont redevables de plusieurs intéressantes conférences sur des questions de musique.Il est également collaborateur à I’Art Musical et à la Revue Canadienne. 104 L’ÏÏRT 7VYUSIC7ÏL.Février 1898 SAINT-SAËNS A MADRID D’une lettre particulière que nous adresse un ami de Madrid, nous extrayons quelques lignes, afin de montrer l’accueil fait aux œuvres du maître français et les manifestations flatteuses dont sa personne est l’objet dans la capitale de toutes les Espagnes.Trois concerts symphoniques ont eu lieu, dans lesquels il s'est produit comme compositeur, chef d’orchestre et pianiste.Le succès, loin de se ralentir, a toujours été croissant et a pris lors de la dernière séance les proportions d’un vrai triomphe.M.Saint-Saëns dirigeait, portant au cou la croix de Commandeur de l'ordre d’Isabelle que Sa Majesté la Reine lui avait fait remettre la veille.Au programme le prélude du Déluge, la tarentelle pour piano, flûte et clarinette, une sérénade pour orchestre, le Rouet iVOmphale, et la deuxième symphonie (en la).Fait à peine croyable, tous les morceaux out été bissés, et connue l'au litoire, véritablement “emballé,” ne se tenait pas encjre pour sat sfait, on a dû ajouter, en manière de supplément, la Danse macabre qu’il réclamait avec instance.A la fin de la seconde partie du concert, la Société des Concerts a fait remettre au compositeur une précieuse couronne de lauriers, à laquelle était joint un diplôme d’honneur, et le public ne se lassait pas d’applaudir, suivant en cela l’exemple de la Reine, qui était présente, ainsi que les princesses, l’infante Isabelle et le duc de Calabre.Le lendemain, sollicité de se faire entendre à la société de 1’ “Ateneo” il a trouvé là une occasion de débuter comme.orateur espagnol.En effet, il commença par s’excuser de parler dam une laugue qui ne lui était pas encore familière, et demanda grâce pour les solécismes dont il émaillait son discours; il venait de subir trois heures de répétition, il éprouvait une certaine fatigue, mais tenait cependant à répondre à l’aimable invitation qui lui avait été faite par F “ Ateneo.” Il offrait de jouer une sonate de Beethoven, celle que l’auditoire désignerait ; mais, auparavant il exécuterait une composition tirée d’un recueil de vieille musique espagnole du xvie siècle par le comte Morphy et qu’il avait arrangée pour piano.Cette déclaration mi-partie espagnole et française avait mis la salle eu belle humeur, et l’œuvre nouvelle fut chaleureusement applaudie.Il demanda ensuite quelle sonate de Beethoven on désirait; le comité se mit d’accord sur la sonate en la bémol, qui fut aussitôt interprétée magistralement.Puis vint le charmant trio en fa (op.iS) exécuté par lui-même avec MM.Fernandez et Mirecki pour partenaires, La fatigue dont il avait parlé daus son allocution ne laissait pas de trace, puisque seul il joua encore diverses pièces de Rameau, pour clavecin, et deux de ses plus récentes compositions pour piano, la Valse mignonne, et Souvenir (VJsma'ilia.L’enthousiasme était à son comble, et les journaux s’en sont faits l’écho en publiant dans leurs colonnes les articles les plus vibrants, les plus élogieux pour le génie du musicien et le talent du virtuose.On l’acclame, de tous côtés on le réclame ; le maître résiste le plus cpi’il peut, et renonce à presque toutes les invitations qui l’assaillent.Toutefois il a dû se rendre à celle dont l’avait honoré Sa Majesté la Reine qui tenait à faire sa connaissance personnelle, et se l’est fait présenter par le comte Bropliy.Grâce à l’amabilité si flatteuse delà souveraine, cette entrevue a moins ressemblé a une audience ordinaire qu’à une visite amicale.Sa Majesté s’est entretenue longuement avec M.Saint-Saëns ; elle l’a interrogé sur son art, a voulu se faire démontrer pratiquement comment l’on composait, et le maître s’est mis au piano pour improviser.En outre elle a demandé à entendre M.Saint-Saëns comme organiste, et a désiré qu’on organisât dans une église de Madrid une séance d’orgue pour elle toute seule.On dit que le haut clergé madrilène s’est ému d’un tel projet, contraire, paraît-il, aux traditions.D’après les dernières nouvelles, il était question de trancher la difficulté en organisant deux séances, la première pour la Reine, la seconde pour les fidèles, devant qui les portes de l’Eglise ne seraient plus restées ainsi fermées, pour cause de Concert Royal.Tout le monde ainsi sera satisfait, y compris Sa Majesté, qui ne tarit pas d’éloges sur celui qu'elle appelle gentiment déjà sou “cher Saint-Saëns.” LA MUSIQUE D’EGLISE Dernièrement, une feuille parisienne annonçait que S.S.Léon XIII préparait une Encyclique sur la musique sacrée, daus laquelle, en réprouvant le caractère profane de celle qu’on a l’occasion d’entendre trop souvent daus les offices, le Souverain Pontife signalerait comme une des causes principales de cette fâcheuse tendance l’emploi du violon, soit concertant soit en solo, et interdirait l’usage de cet instrument.Cette information ne nous a point paru devoir être prise au sérieux.Mais comme elle a fait le tour de la presse, même religieuse, on nous permettra de nous y arrêter un instant.Le Souverain Pontife, on le sait, lorsqu'il édicte des règlements disciplinaires, a en vue, soit l’Eglise universelle, soit une région particulière.C’est ainsi que le (dernier acte du Saint-Siège concernant la musique d’église, ne s’adressait qu’aux églises d’Italie et ne s’imposait obligatoirement qu’à elles seules.Le terme d'Encyclique, par lequel on qualifie la pièce annoncée, semble indiquer qu’elle sera de la première catégorie.Or, dans cette hypothèse, ce ne serait rien de moins que l’abrogation d’une disposition édictée par Benoit XIV dans son encyclique Annus qui, de 1749, dans laquelle il comprend formellement les instruments à archet parmi ceux dont il autorise l’usage à l’église.D’un autre côté, la pratique des églises de Rome n’a guère bénéficié de cette tolérance (nous ne saurions voir autre chose daus la décision de Benoit XIV), la musique n’y ayant généralement, même dans les exécutions les plus solennelles, d’autre accompagnement que celui de l’orgue, renforcé parfois de contrebasses et de trombones, a raison de l’insuffisance de cet instrument, tel que l’établit la facture italienne.Les exécutions orchestrales sont assez rares et 11e peuvent avoir lieu qu’avec une permission spéciale du Vicariat ; en sorte que l’interdiction qu’on nous annonce ne changerait rien à ce qui se passe constamment sous les yeux du Pape.Nous sommes donc portés à croire que l’information en question 11’est, au fond, que l’expression du désir qu’éprouveraient à la voir se vérifier ceux qui professent l’impossibilité pratique de couper court aux abus de la musique sans l’interdiction de l’orchestre et la nécessité de se réduire au plain-chant et à la musique palestinienne.C’est une thèse qui assurément peut être soutenue par des arguments non dénués de valeur et qui pourrait donner lieu à un débat d’autant plus intéressant que sa contradictoire aurait toute latitude de se produire.On n’enseigne pas l’art de trouver des rythmes ! C’est un don inné de la nature.Cependant le rythme semble la partie la plus négligée de la musique moderne.—H.Berlioz.AVIS.—L’ AR1 MUSICAL serait reconnaissant aux Secrétaires de toute.les Sociétés Musicales de vouloir bien lui adresser par cart postale le nom de leur société et de ses officiers, ainsi que l’adresse du Siég de la Société. Février 1898 L’HRT 7UÎUSICKL 105 LEO DELIBES Léo Delibes, compositeur, l’un des représentants les plus distingués de la jeune école musicale française, est né à Saint-Germain du Val (Sartlie, France) en 1S36.Eu 1848 il entrait au Conservatoire dans une classe de solfège, puis s’attachait successivement à diverses maîtrises, notamment à celle de la Madeleine.Il étudia le piano avec M.Le Couppey et l’harmonie avec M.Bazin ; un peu plus tard il devint élève d’Adam pour la composition et de Benoist pour l’orgue.En 1S53 il entra comme accompagnateur au théâtre lyrique, puis comme organiste à l’église St-Jean et St-François.En 1855 il commença à livrer sa première œuvre à la publicité, Deux sous de chardon.Ensuite vinrent Deux vieilles gardes et Six demoiselles à marier.Pendant un certain temps Delibes reste sous le cadre des petites productions fines, aimables, spirituelles.Notons : Y Omelette à la Follemhuche, M.de Bonne Etoile, les Musiciens de l'Orchestre, Le bœuf Apis, Mon ami Pierrot.En 1865 Delibes est second chef des chœurs au Grand-Opéra, et lui donne le Ballet la Source en 3 actes et 4 tableaux, dont il signe la partition avec Winkous.La Source fut comme une sorte de révélation du talent réel de Delibes.En 1867 il écrit la partition d’une opérette, Marlbrough s'en va-t en guerre.L'Ecossais de Ohatou, La cour du roi Pélaud, Coppclia ou La fille aux yeux d'Eniail signalent les années suivantes.En 1872 l’Opéra Comique joue Le Roi l'a dit.Nombre d’œuvres parurent alors, particulièrement Les ljansquenets, les Pifferari, le Roi des Montagnes, le Don Juan Suisse et finalement Lahmc son chef-d’œuvre.Léo Delibes avait remplacé Th.Dubois comme professeur au Conservatoire.Il était membre de l’Institut et officier de la Légion d’honneur lorsqu’il mourut prématurément il y quatre ans, à un âge où son talent était dans toute sa force et promettait beaucoup encore.UN NOUVEAU ROI DES AULNES Cet autre Roi des Aulnes a pour auteur non plus Schubert mais Beethoven.Voici en quelles circonstances on en a fait la découverte.La “Société des amis de la musique” de Vienne, possède pas mal de manuscrits de l’auteur des Symphonies.Dans le nombre un compositeur connu, M.Reinliold Becker, trouva un lied sur des paroles du Roi des Aulnes de Gœthe.Après quelque étude, il eut la joie de reconnaître qu’il avait mis la main sur une œuvre importante, datée de la meilleure époque de Beethoven.Le chant est complet ; il manque quelques parties de l’accompagnement, mais des parties accessoires, et qui ne sont que le développement de dessins déjà indiqués.M.Becker a comblé ces lacunes avec toute la discrétion et le respect possible.Le journal allemand d’où nous tirons cette transformation déclare que le nouveau Roi des Aulnes 11’est pas inférieur à l’ancien, que l’accompagnement en est admirable et plus “saisissant encore que celui de Schubert,” la déclamation et les mélodies (le chaut des filles du roi entre autres) aussi belles et aussi expressives.On ne peut donc que souhaiter de connaître bientôt cette œuvre du grand maître allemand.Savez-vous pourquoi Sarasate ne s’est jamais marié ?Parce que, le jour ù il remporta le grand prix de Paris au Conservatoire, Auber lui frappa sur l’épaule et lui dit : “ Surtout, jeune homme, 11e vous mariez jamais ! POUR ET CONTRE WAGNER Le JVew-YorJc Journal'a publié récemment une intéressante série d’opinions émises pour ou contre Wagner par des artistes, des musiciens, des littérateurs, des journalistes.Certains admirateurs portent le maître allemand aux étoiles.Les frères De Reszké proclament la dignité royale de Wagner; l’imprésario Grau démontre, chiffres en mains, que les représentations des ouvrages du maestro de Bayreuth réalisent plus que les autres : donc honneur et gloire à l’auteur de la Tétralogie.Walter Damrosch va jusqu’à trouver qu’il n’existe point de spectacle d’opéra possible si le dieu Wagner n’y fait pas son apparition.Enfin II.Hummel le considère comme un éducateur du peuple, admirable en tous points.Les détracteurs ne sont pas moins exaltés à leur manière.Mme Melba se refuse à chanter le rôle de Brunehilde parce qu’il est trop fatigant ; Achille Errani, n’admet pas que pour satisfaire aux exigences de l’auteur, la voix humaine, divin instrument, doive dépasser les limites de la nature.Mary IL Skinner, va plus loin et affirme que les ouvrages wagnériens sont désastreux pour l’art lyrique.Cornelius N.Bliss, E.Bevignani, Gustave d’Aquin, Ancona, Henry Cleus admirent simplement le grand compositeur allemand.Luigi Manciuelli, dans un court article qu’il intitule : Les ennemis de l'art, divise en trois classes, les admirateurs des œuvres de Wagner.“ La première classe, écrit-il, à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir depuis longtemps, est composée de musiciens de profession et de vrais artistes qui admirent Wagner avec conviction et sincérité ; la seconde comprend les musiciens charlatans et les pseudo-artistes qui admirent Wagner comme source de profits ; la troisième, celle des dilettanti qui admirent toute expression d’une forte intelligence.” — Et Manciuelli conclut (pie le champ du drame lyrique est immense et peut être ensemencé et cultivé sous des formes infinies.Les plus grands ennemis de l’art, concluerons-nous, sont ceux qui s'attachent à un genre spécial afin d’annihiler tous les autres.CE QUE FEMME VEUT.Souvent une épouse dévouée fut, par ses conseils et son affection, ajoutons souvent même par son entêtement, l’occasion de succès et de triomphe pour son mari.Au nombre de celles-ci nous pouvons citer la Signora Mascagni.Certain matin de mai 1890, les journaux Italiens chantaient sur tous les tons les louanges du jeune maître et celui-ci recevait de Rome, à sa grande surprise, une dépêche lui disant : “ Venez ! Vous avez remporté le premier prix du concours !” — “ Quel concours ?” se dit Mascagni.Il se souvint alors que huit ou dix mois auparavant, Sonzo- 1 4 m a a » ¦> w a a— ~r -j •-ttii ^ r: —V v r ar \ fl • f * 1 \ " j.j !1 I «7 .t .' 1 U 1 / r r T 1 ¦# ne Ini .Ions oui; (jiuiiid nous ri . rions üii nous il';' ‘ | ‘I I > j: I I 5Tf|-—.- P p r ~~f Ç=f 1 ¦ fL4 1=5 V1, nous montrant à Diefi r«* _ ftv-t- n n n i bol _ _ _lesL’5ing( * qu i — rnLJa -l rai _ me les don.J J i t i 6 V j —: 1!L —* — jj- j -y-.:- f- 9:8, r ¦> ^ =e- -0 —J < 1—- 1— j=î- ¦- -, - ' '*¦ V ht r «- r ?.porJait de.main sous rilen._ Février 1898 L’HRT KUSIOHL 11?Réponses aux questions posées à “ L’Art Musical ” lo M.Eug S., Cité.— Rép.—Lo professeur dont vous parlez fait certainement erreur en disant qu’une gamme mineure ne doit toujours avoir que deux demi-tons, ceci est le cas pour une gamme mélodique mineure, mais il y a aussi la gamine harmonique mineure qui renferme trois demi-tons plus l’intervalle de seconde augmenté qui se trouve entre le sixième et le septième degré.—La ('anime mineure, sans sensible dont parle Mar-montel est appelée gamme aiolienne.- Ces trois «animes ne sont pas meilleures l’une que l’autre, mais l’emploi de chacune de ces trois gammes dépend du but que vous voulez atteindre.2o Destangs.— Rép.—Vous confondez le plagiat avec le tilia-tum des maîtres ; Mozart n’a-t-il pas, employé dans la Flute enchantée, le thème d’un choral de Bach avec des valeurs de rythme différentes ; Bargiel dans le prélude de sa suite Op.31, n’a-t-il pas montré qu’il affectionnait tout particu-lièiement l’allegro Opus 8 de Schumann, et cependant Mozart pouvait écrire sans copier Bach de même que Bargiel le pouvait également sans imiter Schumann.3o M.Ames.— Rép.—et.L’âme du violon ne se place pas au milieu de l’instrument mais bien sous l’un des pieds du chevalet, de manière à ce que l'appui de l’un des pieds donne à l’autre la faculté de se mouvoir légèrement et de se rapprocher ou s'éloigner alternativement de la table de résonance en suivant les vibrations de la corde.b.Vous confondez aphonie avec alalie.L’aphonie ne prive pas de l’articulation, mais seulement du son, elle n’empêche pas de chuchoter tandis que l’alalie prive de toute articulation possible.c.On ne dit pas armature mais armure, ce qui signifie le nombre de dièses ou de bémols placés à la clef, ainsi, on dit une armure de trois bémols à la clef.cl.Ossia, ne veut pas dire plus facile, mais seulement l’un on l’autre, si vous prenez les arrangements des œuvres classiques pour piano par Liszt, vous trouverez pour la plupart du temps que Ossia représente la partie la plus difficile.J.D.D.LA SUCCESSION CARVALHO M.Rambaud, ministre français de l’instruction publique et des beaux-arts a désigné jeudi, 13 janvier, le successeur de M.Carvalho.11 a fait choix de M.Albert Carré, Cette nomination, prévue depuis quelques jours, sera accueillie avec une satisfaction unanime, car le brillant directeur du Vaudeville et du Gymnase est entouré de toutes les sympathies.Tl entre à l’Opéra-Comique au moment où ce théâtre subit une crise fâcheuse.Jusqu’à l’ouverture de la nouvelle salle, il aura fort à faire pour surmonter les difficultés présentes, mais son tact, son habileté, sa puissance de travail sont bien connus et il ne sera pas long à donner sa mesure.Les candidats à la succession de M.Carvalho étaient nombreux.Parmi les [dus en évidence, nous citerons : M.Edouard Colonne, que vingt-quatre années de vie artistique et de sage administration placent à la tête des plus hardis novateurs.Son nom est synonyme de travail et de prospérité, car l’Association artistique fondée par lui est en plein succès.Les concerts du Nouveau-Théâtre ont, dès le premier jour, rencontré la faveur du public.On se souvient aussi que M.Colonne s’est mis sur les rangs pour la direction du futur Théâtre Lyrique.M.Vizentini, qui possède à son actif une belle campagne lyrique à la Gaîté, une longue carrière théâtrale à Saint-Pétersbourg, à l’< )péra italien et à la direction du théâtre de Lyon, où furent donnés par ses soins, avec un retentissant succès, les Maîtres Chanteurs, que notre Académie nationale de musique devait monter bien après lui.M.Debruyère dont la haute probité lit plus complets les grands succès qu’il remporta à la Gaîté avec des pièces à spectacles de tous les genres.Enfin, citons encore MM.de Lagoanère, Capoul et Melchissédec.LÉGION D’HONNEUR A l’occasion du 1er janvier 181)8 le Président do la République française sur proposition du Grand Chancelier de la Légion d’honneur,a signé dans cet ordre les promotions suivantes : Au grade de chevalier : M.Henri Maréchal, compositeur, inspecteur do l’enseignement musical.Grand prix de Rome en 1870.M.Edmond Louis Henri Gouttière, facteur de pianos à Paris, vice-président de la chambre syndicale des instruments de musique.Médaille d’or à l’exposition de Paris en 1880.M.Henri, Charles, Antoine,Gaston Serpette, compositeur de musique à Paris.Grand prix de Rome.Au grade d’officier : M.Henri, George Heugel, éditeur de musique, directeur du Mc'nestrel, vice-président du Syndicat des Editeurs do Musique.Nous adressons nos plus sincères félicitations aux nouveaux légionnaires.- —• LES DISPARUS M.Thibouville-Lamy,président du Syndicat parisien des marchands de pianos, est mort dernièrement ii sa résidence d’Auteuil, le faubourg élégant de Paris.A Paris est décédé dans le courant de janvier le pianiste Marmonlel, à l’âge île 82 ans.11 était officier de la Légion d’honneur et professeur honoraire au Conservatoire Ses funérailles ont eu lieu à l’église de la Trinité, et l'inhumation au cimetière du Père I,admise.—l'n télégramme de Buenos-Ayrcs annonce la mort dans cette ville du renommé imprésario théâtral Ferrari.11 était né à Castelnuovo de Magru, près do Sarzana, et il est mort à l’âge de soixante-six ans.Il y a une quarantaine d'années, il emmena ii Buenos- Ayros tout ce qu’il y avait do meilleur dans le monde lyrique italien : des œuvres de réputation solide et des artistes de premier ordre et coûtant des sommes fabuleuses.Il disparaît au moment où il préparait une de ces saisons grandioses qui le rendirent si populaire au Brésil.mm : W*.M gHBBM slisfé «sa >1 m*** üü M.Alex.Guilmant MM.X.Veut et C.A.K.Hakriss, les imprésarios canadiens, ont l'honneur d’informer le puidic (pie MERCREDI, 16 FEVRIER a 8 HEURES du SOIR A l’Eglise Méthodiste St.James COIN D S RUES SAINTE-CATHERINE et SAINT-ALEXANDRE •Sera donné un seul GRAND CONCERT D’ORGUE Par M.ALEXANDRE GUILMANT Le Célèbre Organiste de l'Eglise de la Trinité de Paris.I,c public Montréalais ne doit lias perdre l'occasion d’entendre le plus grand organiste du monde.______ PROGRAMME.-1.Toccata i l Fugue en ré mineur, J.S.Hacli.—2.'a)In l’arailistim, Th Dubois - (hl Fugue en ut.I».Hnxlelmd.- (c) Adagio en nt mineur, Ch.M.Widor.•i 5- Sonate (op 80t.Alex.Guilmant,—1.Allegro Appassionato; II.Adagio: III.Scherzo; Vv Recitative • V.Choral et Fugue.— I.Deux chœurs, J.S Kuch.— I.Omnnsch hewein dein Sundc (iross ; II.in dirist Fronde.-à.Pastorale, César Franck.-li.Improvisation sur un thème donné.—7.Grand choeur un forme de marche (op 81), Alex.Uiiilnmni.(Dédié li William C.t'arl ) SIÈGES RÉSERVÉS : - - - 50 CENTS Rlllets en vente aux Salles de la CIE DE PIANOS PRATTE, 1676 Rue Notre-Dame et chez M.SHAW.Rue Sainte-Catherine.M.Alex.Gciimaxt 118 L’HRT MUSICAL Février 1898 ¦»TT"t*tUÆJ~*,?rfTTTrg^ 'f ¦/' ' l ! r*ïvp: ‘-‘V.'Li-.ifc «BASH Ol’ÉlîA UK VIKNNK Paris, 1er Février ISOS.Le T-r v-v t f-> Le programme ilu Cc r\ £“y 1 coins Musical de la Vi il.t P-I1MC llfllll* I d^ianime du Con-ille de Paris, pour 18!)8-!I!I, vient d’etre ’ é.Il ne dillère pas des précédents.Comme toujours, le texte porte que tous les musiciens français peuvent y prendre part et que l’œuvre peut être symphonique ou dramatique, avec pleine liberté pour les concurrents de choisir leur poème.Sont exclues du concours les œuvres déjà exécutées et celles présentant un caractère liturgique.Les manuscrits devront être déposés à la préfecture de la Seine du 1er au 15 déc.18!K), — Le Conseil Municipal vient de voter une subvention de 1,000 fr.au comité Alfred Iiolmès) à la tête duquel sont MM.Massenet et Th.Dubois, pour donner un concert à la mémoire du compositeur mort il y a vingt ans, où seront exécutées entre autres les œuvres symphoniques qu’il a dédiées à la Ville de Paris, A L’OPÉRA.—L'œuvre inédite de M.Cha-hrier, Brisais, est à peu près distribuée ; on cite parmi les interprètes : MM.Renaud, Vaguet, Delmas ou Fournets, et Mmes Chrétien-Vaguet et Berthet.—Pour la Cloche du Rhin, de M.Samuel Rousseau, l’interprétation est irrévocablement arrêtée : les interprètes sont Mme Ackté, dont ce sera la première création, Mme Région et 51 M.Saléza, Barter, et Noté.Les répétitions vont incessamment commencer.—La saison prochaine sera composée avec le Gauthier d’Aynitninc, de M.Paul Vidal, et la reprise du Prophète, pour les débuts de Mlle Delna.SOCIÉTÉ DES CONCERTS DP CONSERVATOIRE.—Le public met toujours un grand empressement à remplir la salle de l'< tpéra pour entendre la célèbre Société ; le succès des premiers jours se continue, il s’accentue même car M.Taffanel a fait dans la première séance do janvier une tentative qui a fort bien réussi.La Symphonie en la de Mendelssohn, généralement désignée sous le nom de Symphonie Ecossaise ouvrait cette séance.L’œuvre est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’en parler encore ; il nous sullira de dire que l’exécution a été fort bulle et cependant le Virare qui est marqué Virare non troppo a peut-être éié un peu vif, de même VAlleyro un poro.Malgré cela l’auditoire a hissé le Virare avec enthousiasme et il a eu raison.L’exécution partielle des Beatitudes do César Frank avait attiré à l’Opéra tous les élèves et et admirateurs du grand symphoniste.Quelques uns formulaient le regret que l'œuvre toute entière n’ait pas été donnée ; c'est peut-être vrai, mais la Société a des traditions et puis l'exécution intégrale dépasserait en durée la limite habituelle des séances.CONCERTS COLONNE.—PuKMikitK r.ut-tie.—Œuvres de M.Vincent d’indy, sous la direction de l’auteur : Wallenstein, trilogie (d’après le poème dramatique de Schiller).Clair de Lune, étude dramatique pour voix et orchestre, Ire audition, Mme Jeanne Rau-nay.Fermai, prélude du premier acte.Fantaisie pour hautbois et orchestre sur des chants populaires français : M.Longy.Dki xikmk i’autik.—Œuvres de M.Gabriel Pierné, sous la direction de l’auteur : Concerto pour piano, M.I.Philipp.Ueux Contes, de J.Lorrain, .Mlle Eléonore Blanc et les chœurs.P.eyl, musique de scène pour le drame indien de MM.A.Silvestre et E.Morand.Nuit de Noël 1S70, épisode lyrique, posme de M.Eugène Morand.—Le récitant: M.Bré-mont ; Une voix : Mlle Louise Planés ; Un soldat : M.Challet et les chœurs.Ouverture de Rienzi, (R.Wagner).En l'absence de M.Colonne, deux de nos compositeurs ont pris tour à tour le bâton du chef d’orchestre pour diriger leurs œuvres.C’est d’abord M.d’indy qui, par l'envergure et la virilité de son talent, s’est fait une place à part dans la musique contemporaine.Conduite avec une maestria superbe, sa trilogie symphonique de Wallenstein, d’après le poème dramatique de Schiller, a obtenu un grand et très légitime succès.A M.Gabriel Pierné était réservée la deuxième moitié du Concert.Lu jeune compositeur a d'abord dirigé son concerto pour piano, où M.I.Philipp s’est montré le pianiste solide et brillant que l’on connaît.Enlevé avec une élégance et une légèreté surprenantes, le Seher-zando est celui des trois morceaux que le public a le plus apprécié.Détaillés de façon exquise par 5111e Eléonore Blanc, Deux contes de J.Lorrain, ont été couverts d’applaudissements.—La Site Audition de la Damnation de Faust a eu lieu dimanche dernier avec le concours de 5Ime Aligne/, de du .Montaient, 5151.Emile Cazeneuve, Alignez Challet.Toujours très grand succès pour l’œuvre immortelle de Berlioz.CONCERTS LA5101 REUX.—5e Séance.— Le Concerto en Ré mineur (pour deux violons), de J.S.Bach a été supérieurement joué par 51.A.Geloso en compagnie de 51.P.Scehiari ; le Banjo est admirable.L’Introduction du 8c acte de Tuunltaüser et la Marche llonijroise, de Berlioz, ralliaient tous les suffrages et valaient une chaude ovation à 51.C.Chevillard et à son parfait orchestre.finie Concert.—Très beau concert, programme des mieux choisis.La Symphonie en ni de Mozart qui ouvrait la séance a été particulièrement goûtée.La seconde audition de Thamar poème symphonique de Balakirew a été mieux accueillie et nous persistons dans notre opinion sur cette œuvre curieuse, fort intéressante et magistralement conduite par 51.Chevillard.Très grand succès aussi [mur le fragment si beau de Tann-haiiser et pour culte incomparable Espana.51.A.Geloso a joué la colossale Chacune pour violon seul do Bach et a triomphé au Cirque avec line pièce qu’on devrait plutôt entendre dans un salon mais il l’a interprétée avec une telle maestria que l’auditoire l’a acclamé à plusieurs reprises.51.César Geloso s’est montré virtuose de premier ordre dans le splendide Concerto en sol mineur de Saint-Saëns.7me concert.—Beaucoup de notabilités artistiques assistaient à cette sémee doublement attrayante, car on y donnait la première audition d’une symphonie orientale en quatre [ini ties de Riinsky-lvorsakow et, d’autre part, le célèbre violoncelliste Hugo Becker devait s’y faire entendre.Ce n’est pas sans appréhension, paraît-il que le réputé professeur affrontait le publie parisien ; accueilli sympathiquement dès son entrée, 51.Hugo Becker, très applaudi pour son interprétation du Concerto (violoncelle et orchestre), de Dvorak, œuvre assez médiocre et de développement excessif, fut littéralement acclamé après l’exécution de trois petites pièces: un banal üantuhile, de César Cui, un joli Scherzo de Godard et la Rêverie, de Schumann, phraséeavec un charme indicible.8me concert.—Le huitième concert de l'abonnement débutait par l’ouverture de Fidelio (en mi majeur), rendue avec beaucoup de soin, suivie d’une seconde audition de la Symphonie Orientale de Rimsky-Korsakow, Anlar.Celte fois l’accueil fait à l’œuvre du maître russe a été franchement glacial, malgré les obstinés efforts de quatre messieurs juchés au promenoir, près des cuivres, par conséquent assez mal placés pour se rendre compte de l’effet général.Toutefois, ces enthousiastes obtinrent un réel succès personnel pour leur solo d'applaudissements.—Les funérailles d’Alphonse Daudet ont eu lieu à l’église Sainte-Clotilde dont les voûtes étaient entièrement drapées de tentures noires : à l’entrée du corps dans l’église, 51.Gabriel Pierné exécuta une entrée d’orgue sur îles motifs de 1 Arlcsienne ; c’est 51.5Iassenet qui, avec 51.Samuel Rousseau, maître de chapelle, avait regie la partie musicale de la cérémonie religieuse au cours de laquelle on entendit la Prose des Minis, par 5151.Clément et Alignez ; la Solitude, de .Massenet, solo de violoncelle par 51.Gillet ; le Smuins, deThéodoie Dubois (chœurs le Pie Jesu, de 5Iassenet, par Alignez, au grand orgue ; 1 Adayiettndel’Arlcsienne, solo de violon par 51.Pennequin, et le Libera, de Samuel Rousseau, par 5151.Clément et Delpouget.— Les obsèques de 51.Carvalho ont eu lieu a la 5Iadeleine.La messe funèbre a été dite pin 51.l’abbé Hertzog, curé de la 5Iadeleine.5 Février 1898 L'HRT MUSICHL 119 C’est M.Danbé, le sympathique chef d’orchestre do l’Opéra-Comique, vieil ami et colla-dorateur fidèle de M.Carvalho, dont la mort l’a douloureusement frappé, qui dirigeait l'exécution musicale.Voici le programme exact du service funèbre : Marche funèbre de la Symphonie h croupie (Beethoven), par l’orchestre.— Miscremini (Stemann) : M.Fugère.—Sommeil de Juliette (Gounod), par l’orchestre.—Aijn us Dei (Stra-della), M.Clément.—Andante de la Sonate en ut dièze mineur (Beethoven).—Allegretto Reli-gioso de la Symphonie en la.Les chœurs de la maîtrise étaient renforcés par ceux de l’Opéra-Comique.Les cordons du poêle étaient tenus par MM.Roujon, Massenet, Philippe Gille et Bertrand, directeur de l’Opéra.Au Père-Lachaise.M.Roujon, directeur des beaux-arts, a prononcé un discours qui a fortement impressionné la nombreuse assistance.Audition des Envois de Rome.—C’est au Nouveau Théâtre, la salle du Conservatoire étant condamnée, qu’a eu lieu l’audition des œuvres envoyées de Rome par MM.Gaston Carraud et Charles Silver.L’orchestre et les chœurs de l’Opéra étaient sous la direction de MM.P.Tattànel et G.Marty.Les Nuits de Carraud forment un poème dramatique avec soli et chœurs d’après les poèmes d’Alfred de Musset.L’œuvre du pensionnaire de Rome n’est pas à la hauteur du poème ; la belle flamme qui a inspiré Musset n’a pas passé dans l’âme du compositeur, ou bien il ne l’a pas laissé voir.Tobie de M.Silver est un mystère en quatre parties.La partition de M.Silver a été écoutée avec intérêt, elle révèle un parfait musicien et contient des idées personnelles et d'heureuses inspirations.STRASBOURG.— Sarasate, l’incomparable violoniste qui reste le plus brillant représentant de notre belle école française, est venu donner un concert, dans la grande salle de l’Aubette, avec le réputé pianiste Otto Neitzcl.On a dû refuser du monde à cette soirée artistique, toutes les places ayant été retenues quelques jours à l’avance.LONDRES.La saison musicale d’automne a pris fin aux approches des fêtes pantagruéliques du Christmas, et comme les digestions sont admirablement longues après ces ripailles légendaires, la reprise n’aura guère lieu avant le commencement de février.Les pianistes exotiques et indigenes ont été aussi nombreux que les léonides de novembre et comme ces mystérieux météores, ils ont disparu dans l’espace, sans laisser derrière eux la moindre étoile fixe.Il y a eu pendant ces trois derniers mois, des concerts et récitals de piano, de toute sorte, concerts historiques, classiques, romantiques, d’autres avec concours de violon, de flûte ou de chanteurs, des concerts d’enfants prodiges des deux sexes : en général les résultats sont peu encourageants.Les seuls récitals qui aient fait sensation, et qui en même temps aient attiré les foules et les Livres sterling, sont ceux que le célèbre compositeur Norvégien Edouard Grieg a donnes récemment à Saint-James-Hall ; il est vrai qu il arrivait avec le triple prestige de compositeur illustre, du pianiste charmeur, d’une réputation universelle, et de plus il avait le précieux concours de Mme Grieg, et de Johanès Wolff, tous deux d’une popularité européenne, de vous assure qu’il n’en fallait pas moins, par ce temps de satiété musicale, pour redonner la vie et le mouvement à cette belle salle Saint-James, qui semble sommeiller depuis quelque temps, et qui ne s’était pas trouvée en si belle fête depuis les jours de Rubinstein et de Paderewski.BERLIN ^,*olson n’*ra P!ls ù Hambourg.L'empereur lui a fait savoir en termes des plus flatteurs, qu’il refusait la démission qu’il lui présentait.L éminent directeur de l’Opéra restera donc ici à la grande joie des Berlinois dont il a su conquérir toutes les sympathies.—La question de la direction de l’Opéra de Hambourg parait devoir être résolue.M.K ran/, Bittong et M.Max Baclmr prennent la lourde succession du regretté Pollini.L’un était jusqu'alors chargé de l’administration financière du théâtre, l’autre était régisseur général.—-Une bonne nouvelle : La direction de l’Opéra de Berlin vient de recevoir liriseis, l’acte inédit de Chabrier.La date de la représentation dépendra de la promptitude avec laquelle M.Gailhard montera ce chef-d'œuvre qui devra passer à Paris avant de venir il Berlin.—Le pianiste parisien: Edouard Risler, vient de remporter à Gotha un éclatant succès.ROME.—Les Concerts de l'Académie royale de Sainte-Cécile recommenceront dans les premiers jours de février et se continueront jusqu'à Pâques.________________ BRUXELLES.-Enfin, voici quelque chose de simple et de raffiné, de très travaillé et de très chantant, de mélodique et d’expressif, avec des trouvailles de pittoresque et d’originalité, une couleur charmante de poésie et de légende, quelque chose qui tient du fabliau, du conte île fée, de l’image d’Epinal, avec de la musique tout autour.Cela s’appelle Hansel et Crete], et nous vient d’Allemagne, en passant par diverses villes de notre petit royaume.Le poème, délicieusement adapté par M.Catulle Mendès, narre la déplorable aventure des enfants d’un bûcheron perdus dans la forêt, surpris par la fée Grignote, une bien méchante femme qui transforme les petits gamins et les petites filles en bonshommes de pain d’épice, et déjouant les maléfices de la sorcière.Cela est adorablement enfantin, sans recherche, sans action, avec des génies qui sortent de terre, des arbres qui montent et qui s’animent, des anges qui descendent du ciel par un escalier de lumière.Il y a, dans Hansel et Gre.tel, des pages d’une couleur absolument ravissante, de ces petites chansons exquises que scandent espièglement les bambins d’au-delà comme d'en deçà du Rhin ; et cela est présenté avec un art extraordinairement divers, avec une souplesse de rythme et une saveur d’accompagnement (pii font à l'œuvre une personne enfantine et vivante.—La deuxième des matinées dominicales organisées pur .M.Wieniawski dans les petits salons de la Maison d’Art a été, comme la première, très favorablement accueillie.On a applaudi le maître dans l’exécution du Concerto de Schumann (M.Welcker au second piano), de la sonate de Beethoven et ut mineur pour piano et violon (M.Ed.Ueru), et le compositeur a été aussi fêté (pie le pianiste en interprétant trois (ouvres de sentiment artistique et do belle alluie : Ao •tunic, sur VOcéan et Polonaise triomphale.La partie vocale a été remplie par Mlle Julie de Cré, ipii a chanté avec beaucoup de talent (plâtre liedor de Schubert : Le I'ai/aijeur, La jeune Heliijieuse, .-! toi mes seules amours et la Faite.Quelquefois remonte h la surface du répertoire l’un ou l'autre de ces vieux ouvrages délaissés par la mode, et qui enseignent aux générations polyphoniques da présent ce que fut l'opéra-comique.Cotte semaine, ça été le tour du Chalet.A quand le tour de llérold et de Boïoldieu ?Il n’y a guère plus loin de la Monnaie aux aux Nouveautés (pie do l'opéra à l’opérette.Dans les régions saut illantes, où gravite celle-ci, le Petit Hue s'applique à rajeunir les gloires envieuses doM.Charles Loeoeq.Après vingt ans, on a revu, dans le rôle qu'il rca sur la même scène, M.Gérai/.er, le baryton cto jadis aux côtés de Théo.— où sont les nei-blomles d’aut m ! —Nous avons le regret d'annoncer quo Y Là ho Musical publié à Bruxelles par MM.Mahillon et fie, cesse de paraître.Les motifs sont d’ordre suggestif, en les faisant connaître la direction a vraiment laissé échapper une poignée de vérités Nous garderons le meilleur souvenir de cette feuille amicale.GAND.Une des grandes solennités mondaines de la saison, et un même temps un régal artistique comme il serait difficile d'en rêver un plus beau, c’est la représentation de gala organisée, comme les années précédentes, par la société française de bienfaisance de Garni au profit de sa caisse do secours ; ce spectacle philanthropique, qui su composait iY Hamlet—avec le concours de Mme Deschemps-Jéhin et la participation absolument désintéressée du M.Noté et du Moitié de Chapelle comme lever de rideau, avait attiré toute la gentry gantoise ; inutile de dire (pie le succès des deux pensionnaires de l’Opéra a été étourdissant: pour de pareils artistes, les éloges sont banalités superflues.Les autres interprètes de l’œuvre d’Ambroise Thomas, MM.Chavaroche, Henri Dons, Rou-ziery, Mlle Myrial, etc., ont très correctement encadré leurs éminents confreres.Iluecace, (pii a gardé son ascendant sur le public amateur d’opérette, groupe cette année un ensemble d’éléments possédant tout l’entrain désirable.___________________ Courrier d’Italie A Milan, la Scala reste fermée faute du subvention, mais s’il faut déplorer cet événement au point de vue moral, il est juste de constater (pie la capitale intellectuelle de l’Italie a, cet hiver, une fort complète et fort belle maison d’opéra au Théâtre-Lyrique fondé par l’éditeur Mécène, M.Edouard Sonzo guo.Outre cette saison très heureusement inaugurée avec la Lal;me de Delibes, lu liai Vernie a repris avec succès la Gioconda de Pon-chielli.A Rome, I’Argentina a donné Guillaume Tell, avec le ténor Duc.Public très froid.La critique signale des coupures, des transpositions, et même des “ tripatouillages” orchestraux, faits avec un réel sans gêne dans l’œuvre du maître. 120 L’HRT 7UÏVSIC7ÏL Février 1898 A Gènes, le GUI do Massenet.Un grand succès.L’ouverture, le duo d'amour, la scène tie la vision, couverts d'applaudissements.Bonne exécution.Mise en scène luxueuse.A Naples, la Buliéme de Puccini.Une salle superbe.Une interprétation excellente.Un succès très vit.A Turin, la première cl'llêro et Léandre, do Maneinellia dû être remise “ par indisposition." L’attente, comme on dit est grande, en raison de la liante valeur artistique do l'œuvre.A Pavie, Loheiujrin.Un triomphe.A Messine, Carmen.LTi autre triomphe.ÇnrrcGjictiuInntç if^mcriquq NEW-YORK La sixième série des concerts du dimanche soir au Metropolitan Opera s’est ouverte le .'il décembre.Madame Nordiea y a fait sa première apparition de la saison.Le public lui a réservé une belle ovation.Elle a chanté l’Aria de Erzebet, tiré de l’Opéra llmiyadi Laszlos, Printemps de Beach et plusieurs autres morceaux en rappels.M.Pol Plançon la célèbre basse française a enlevé la salle par une série de sélections d'Adam, de Schubert et de Schuman.—Au concert du 0 les honneurs ont été de droit au grand pianiste français Raoul Pugno, avec le concerto en ut mineur de Saint-Saëns et l’une de ses propres œuvres, Sérénade à la lune.Madame Uyna Beumer a chanté la Belle Arsène et une valse de Mireille.MM.Gérardy et Pol Plançon ont comme toujours été grands favoris.—Au concert du 16 janvier : Sélection de Mignon; Prélude et Sélection du 3e acte des Maîtres Chanteurs, Prélude et Finale de Tristan et Iseult.Solistes, Mmes Alice Yerlet et Jacoby.—Au Metropolitan, la saison d'Opéra Damrosch a débuté par La Traviata, interprétée par Madame Melba, MM.Salignac et Campanari.— Tannhaiiser a été audacieusement essayé, non sans un certain succès, suivi des Maîtres Chan- teurs.Mme Melba s’est fait applaudir dans Faust, où elle tenait le rôle de Marguerite et dans Aida.— Les concerts du Chickering Hall continuent ii remporter un grand succès.A celui du 4 janvier, on n’eût pu trouver une place dans la salle.L’orchestre est dirigé par M.Seidl.La grande renommée de M.et Mme Hens-chel a largement contribué au succès de la soirée du 14 janvier.Tous les deux étaient magnifiquement en \oix.Dans chacun de leurs programmes citons, pour Mme Henschel, Star Vicino, de Salvator Rosa ; ^[ein lie h is ein Jaeijer, de Brahms ; Malgré l’Eclat de Iienschel.Pour M.Henschel, Air de Rintddo, Haendel ; Couplets de Vuleain, Pliilé-mon et Baucis de Gounod.N’oublions pas le duo des Voilures versées, de Boicldieu.Le 19, nouveau succès pour les deux excellents artistes, avec le duo de Don Pasqmde, de Donizetti, celui Quid Onda, de Padre Martini.Mein liehe is Griin, de Brahms (Mme Iienschel) et Der trompeter for Sackingen, Iienschel (M.Henschel).—Le 22 janvier au soir la salle du Carneggie Hall servait de cadre à un concert de la société philharmonique.M.Henri Marteau s’y est fait entendre dans un ronrerto do Dworak, op.Ü3 ; un Rondo Cuprieioso de Saint-Saëns et une danse espagnole de Sarasato.M.Henri Marteau est aujourd'hui un artiste de grande valeur qui prend rang au milieu des grands virtuoses du violon.—Au concert du 13 à l’Astoria, Madame Henschel était l’attraction du programme.Elle était accompagnée au piano-forte par son mari.M.Cari Lowonstein, l’imprésario de cette série de concerts, étudie en ce moment un projet de concerts populaires a prix réduits dans le même splendide local de l’Astoria.—M.Maurice Grau est en Europe et les nouvelles disent qu’il réussit à former une troupe d’opéra pour l’automne 1SÎ)8.Une lettre reçue de Paris semble confirmer les espérances des “ dilettanti ” américains.On parle de Mmes Calvé et Eûmes, sopranos ; de Mme Sehuman-IIorrick, contralto ; des frères de Reszké ; de MM.Campanari, Plançon, Van Dyek.etc.Hcrr Anton Seidl et M.Mancinelli seraient chefs d’orchestre.—Madame Marcella Sembrich est partie pour l'Europe ou ses engagements l’appelaient, à St-Pétersbourg, à Vienne et à Paris.Elle reviendra à l’automne.—Le pianiste Russe Siloti est arrivé ici le 8 janvier.— La saison d’Opéra Anglais du Théâtre Américain rencontre l’approbation générale et toutes les faveurs du public.Lu Trouvère a été fort bien rendu ma foi.— Le 5 janvier le “Manuscript Society” a offert au grand organiste français, M.Alex.Guilmant, une magnifique réception au Transportation Club.— Le 27, une soirée a été donnée au Metropolitan, en mémoire de Adolphe Neuendorf!', décédé récemment.Tous les artistes en renom actuellement à New-York y ont pris part.Les orchestres de la Philharmonique et du Metropolitan, en tout 150 musiciens, étaient sous la direction de Anton Seidl, Damrosch et Bimboni.CLEVELAND.— Le Grand Auditorium de cette ville a été brûlé de fond en comble le 15 janvier au soir.Les pertes sont estimées à §150,000.Il n’y a pas eu d’accidents graves de personnes.CHICAGO.—Le grand orgue Eolien de 815,000 de la Rotonde du Great Northern Hotel de Chicago, a été brûlé pendant la nuit du 29 au 30 décembre dernier.L’incendie s’est déclaré au milieu d’un concert.M.Kerr qui était à l’orgue a continué quelque temps de jouer, pour éviter une panique dans l’assistance.Les travaux de réparation ont été commencés aussitôt.Ils coûteront 88,000 et dureront deux mois.- Pendant l’année 1897, le volume des affaires au point de vue musical a été considérable à Chicago.On ne peut en effet l’évaluer à moins de 810,000,000.Les apparences sont des plus encourageantes pour 1898.—La Banda Rossa, engagée par contrat pour six mois à Chicago a été abandonnée en panne par son imprésario.Le consul d'Italie a dû intervenir, et, sous son patronage, a été donné un concert à bénéfice pour aider la troupe à se rapatrier.A Chicago on n’aime pas la musique pour l'art, mais pour les instruments qu’elle donne l’occasion de vendre.Business fur ever ! BOSTON.— Le nouvel opéra de Sousa “ Bride Elect ” a été donné à Boston pour la première fois avec un grand succès.La troupe est partie en tournée pour jouer cette nouvelle production, et va débuter par Philadelphie.HOLYHOKE.—Les dames du Club Guil-maut se sont réunies le 26 janvier, chez Mlle Agnès Cadieux, de Elmwood.Leur prochaine réunion sera chez Mme George A.Savoy, de Springdale.—Les membres de l’Union Chorale donne-nuit leur premier concert à la salle d’opéra, le 18 février.L’oratorio de Saint-Saëns : “Noël,” sera rendu.Les solistes engagés sont Mlle Mary Mansfield, do New-York, soprano, et M, George J.Parker, do Boston, ténor.L’orchestre Philharmonique, do Springfield, do 18 instruments est aussi retenu.—Les membres do la nouvelle bande de N.D.C., ont ou une assemblée pour faire l’élection des officiers qui sont : Directeur, Rév.M.Geoffroy ; président, J.N.Perron ; vice-président, Jos.D.Goddu ; trésorier, Rév.C.E.Brunault ; secrétaire-financier, Joseph O.Désunirais ; secrétaire-archiviste, Armand Gauthier.Ces messieurs ont décidé de faire l’achat d’instruments pour le montant de 81,500.WORCESTER.—Les élèves de M.Everett J.Harrington, professeur de piano, ont certainement raison de s’enorgueillir du succès obtenu à leur soirée, à la salle Terpsichorean, sur la rue Main.Tous se sont montrés il la hauteur de leur tâche, et le professeur Harrington, à qui revient le crédit de ce triomphe musical, ii certainement droit il de justes félicitations.Nous avons eu le plaisir d’applaudir l’une des nôtres, Mlle Maria Arseneault, dans son interprétation d’une polonaise de Chopin.Mlle Arseneault possède toute l’étoffe d’une brillante musicienne.MEXICO.—Un fort joli concert a été donné le mois dernier par les élèves du Conservatoire de Musique.Les organisateurs étaient Mme Gemino Tiozzo et M.Viseenso Antinori.Le concert a été parfaitement réussi.L'ART MUSICAL A LONGUEUIL Dernièrement dans le magnifique salon do l’hôtel Riendeau à Longueuil (le Terrapin) une trentaine de citoyens de cette localité se réunissaient pour constituer une société musicale.Le nom donné à la nouvelle organisation est : “ Li Société Chorale de Longueuil.” Après délibération, l’élection des officiers pour l’année courante a donné le résultat suivant : Président d’honneur, l’honorable Jean Gi-rouard, conseiller législatif.Président actif, A.C.Wurtèle, secrétaire de la Cie Atlantique et Lac Supérieur.Directeurs artistiques, Arthur Mainvillo et Louis Larrivée.Le comité de régie se compose de MM.Arthur Mainville, Louis Larrivée, L.D.Gareau, Amédée Chérier et Jules Gaclbois.Le trésorier de l’association est M.Cléophas Galaise.Patrons choisis, ex officio: le curé de la paroisse de Longueuil, le pasteur de la congrégation anglicane et le maire de Longueuil. Février 1898 L'HRT 3VTUSICKL.121 La Compagnie de.pv • • Pianos et d’Orgues \j O IT! 1111011 DE BOWMANVILLE, ONT.En existence depuis plus de 30 ans, a obtenu plus de 100 PREMIERS PRIX aux expositions dans différentes parties du Monde, entre autres, à Philadelphie 1876, Australie 1877, Paris 1878, Angleterre 1882, Belgique 1885, Montréal 1886, Chicago 1893.PIANOS.ORQUES.Monsieur L.E.N.Pratte.Monsieur, Nous n'avons nu à nous féliciter de Vusage que nous avons fait jusqu’à présent dans nos pensionnats, des Pianos “Dominion” de Bowmanville, spécialement fabriqués pour votre Maison, Les Religieuses des SS.Noms de Jésus et Marie.Hochclaga, le 11 juin, 1897.Mr.L.jE.N.Pratte, Montréal, Monsieur, Depuis plus de (1 ans nous faisons un usage journalier de quatre pianos“Dominion ” de Bowmanville, achetés à la Maison Pratte, et fabriqués spécialement pour elle.Il me plaît de dire que nous en sommes très satisfaites.Malgré la pratique constante qu’ils ont à subir, le mécanisme est en parfait ordre ; ils tiennent aussi très bien leur accord.Académie des SS.Noms de Jésus et Marie.71, rue Gkerrier, Montréal, 17 juin 1S97.Montréal, le 15 juin 1897.Mr L.E.N.Pratte, Montréal, Monsieur, Le piano “ Dominion ” de Bowmanville, fabriqué spécialement pour vous, que nous avons acheté de vous il y a douze ans, est, depuis ce temps, en constant usage ; cet instrument nous a donné urne telle satisfaction qu’en 1893, nous en achetions deux autres semblables.Académie St-Ignace des RR.SS.de Ste-Croix, No.91.Rue St-Hurert.Plus de iooo pianos Dominion ont été vendus par la Maison Pratte dont plus de 200 sont en usage dans les couvents et les collèges depuis 20 ans, travaillant de 6 à 10 heures par jour.A ajouter au témoignage des artistes les plus distingués, celui des plus éminents facteurs de grandes Orgues à tuyaux du pays, ne peut manquer d’avoir une grande portée.MM.C.\-savant et M itch El.l., étant eux-mèmes facteurs et musiciens, sont parfaitement en état de juger du mécanisme, de la main-d’œuvre, des matériaux et qualités artistiques île ce genre d’instruments.Mr L.E.N.Pratte, Montréal, .l'ai eu occasion de visiter en détail plusieurs île vos harmoniums “ Dominion " de Bowmanville, et suis heureux de pouvoir vous dire que je les trouve supérieurs à tous les instruments île cegenre que je cou naisse.Le mécanisme en est construit avec beaucoup de soin, et l'harmonie ne laisse rien à désirer.Une chose qui excelle dans ces instruments, c’est la grande variété et la pureté îles timbres.Toutes ces qualités réunies en font îles in si rament s recommandables sons tous rapports.Bien à, vous, SAM.CASA VA NT, de Casavanl Frères,facteurs de grandes orgues à tuyaux, St-Hyacinthc.A la Oie d’Orgues Dominion, Bowmanville, Ont.C'est arec plaisir que je me joins aux nombreux admirateurs de vos magnifiques harmoniums-Orgues “ Dominion.” Vos instruments surpassent ceux île tous les autres fabricants du Continent.L’excellence île, la main-d'œuvre, la pureté et la variété des timbres, tels que l’éoline, le cello, le hautbois et particulièrement la parfaite ressemblance au son de l’orgue à tuyaux, font de ces instruments, les plus beaux dont j'ai jamais joués.SAM.MITCHELL, de Louis Mitchell, fadeurs de grandes orgues à tuyaux, Montréal.Nous adresserons avec plaisir la liste d’une centaine d’églises par tout le pays qui ont des Orgues Dominion depuis 10, 15 et 20 années.Les Pianos et les Orgues Dominion offerts en vente parla Maison Pratte, sont fabriqués spécialement pour elle, avec des matériaux supérieurs à ceux employes pour les instruments que la Cie Dominion fournit aux autres maisons et sont par conséquent plus durables.t , „ ., t t , Nous gardons toujours dans nos magasins un assortiment considerable d instruments Dominion dans tous les styles et tous les prix., , , , , N’achetez pas avant de venir les visiter on de demander les catalogues illustres.Conditions faciles de paiement.T, A COMPAGNIE DE PIANOS PRATTE .seule depositaire.3STo ie!Ze, rue Notre-Dame, Montréal 122 L’HRT MUSICKL Février 1898 .Les Qrgues POUR PETITES ET.MOYENNES EGLISES VOCALION Leurs avantages sont les suivants i° Le son ressemble, à s’y tromper, à celui d’un orgue à tuyaux.2« Elles résistent mieux au climat et ne se désaccordent jamais.3° Elles prennent beaucoup moins de place et ne nécessitent aucune dépense d’amé- nagement.4° Leur prix'est de moitié inférieur a celui d’un orgue a tuyaux.5° Leur entretien et les réparations sont presque nuis.I[iiiiiiiiiniin»iirniiuiii»iii»iiiini»iiin»»i»ng Prix : depuis $275 RESISTENT A NOTRE CLIMAT MIEUX O QUE TOUT AUTRE ORGUE RECOMMANDEES par LESPLUSCÉLÈBRES ORGANISTES : GU.LMANT, ARCHER, ET AUTRES Dans la construction des Orgues Vocation on a suivi la méthode naturelle de produire le son en prenant comme exemple la voix humaine.Les Poumons sont les soufflets de l’orgue ; Le Larynx ou corde vocale, un anche ; La Gorge ou tube contient la corde vocale, développe le son et le porte à La Bouche qui renforce ce son et achève de le modifier.De là le nom de Vocation donné aux orgues fabriquées par Mason & Riscli, de Worcester, Mass.Dans les orgues Vocalion le son, qui est produit par des anches, est modifié par une série de tubes sonores, et le son ainsi obtenu est le même que celui produit par les tuyaux.Nous énumérerons brièvement quelques-uns des nombreux avantages de ce nouveau système de construction.Dans un orgue à tuyaux, possédant une certaine variété de sons, on rencontre des tuyaux à bouches et des tuyaux à anches.La température ayant un effet opposé sur chacune de ces deux variétés de tuyaux, il est évident que l’accord d’un orgue à tuyaux sera affecté par chaque changement de température.Ainsi, une augmentation de température fera hausser le son d’un tuyau à bouche, tandis que la même cause fera baisser le son d’un tuyau à anches, Si l’augmentation de température est considérable, il devient alors impossible de se servir de ces deux variétés de tuyaux en même temps.affectés de la grande partie, beaucoup plus leme Nous pouvons résumer ainsi les avantages qu’offrent les orgues Vocalion : Elles gardent leur accord à toutes les températures, le mécanisme se dérange moins, elles tiennent moins de place, possèdent une plus grande variété de sons à grandeur égale et sont à meilleur marché que les orgues à tuyaux.Faute d’espace, nous ne mentionnerons que six des principaux musiciens qui ont recommandé les orgues Vocalion : Alexandre Guilmant, organiste de la Trinité, Paris ; Frédéric Archer, l’éminent organiste ; Clarence Eddy, organiste de l’église presbytérienne, Chicago ; Sir Arthur Sullivan, l’éminent compositeur ; Xavier Scharwenka, pianiste de la Cour de l’empereur d’Autriche et Walter Damrosh, directeur de Grand Opéra de la Metropolitan Opera House, New York, t, P.Q., :-Jovite, ,Toronto, Chicago, possèdent des Vocalion dont les prix varient de $500 à $5000.‘ ° 0 ’ .* “ Part;icullers On peut examiner ces instruments, les acheter à des conditions avantageuses et se procurer les catalogues illustrés, liste des prix et toutes autres informations à La Compagnie de Pianos Fratte Montréal SEULE DEPOSITAIRE Février 1898 L'HRT 7VÏUSICHL 123 L’EOLIEN Prix: de $90 à $750 TERMES DE PAIEMENT FACILES.CATALOGUES ILLUSTRES EXPEDIES SUR DEMANDE.un instrument musical du plus haut mérite artistique, ainsi qu’en font preuve les attestations qu’en ont données les sommités musicales du monde entier, et les artistes qui ont examiné et acheté 1’Eolien.L’Eolien est devenu l’instrument fashionable dans toutes les classes de la sociéié en Europe, comme en Amérique.L’EOLIEN est acheté par les personnes qui ont du goût musical, mais qui n'ont pas le temps de pratiquer les morceaux difficiles.Il n'y a que les personnes qui aiment la bonne musique qui l’achètent.Une personne qui n'a jamais joué d’aucun instrument, mais qui possède un peu tie sens musical, peut, dans quelques jours, exécuter sur 1 Eolien les couvres les plus difficiles.Le répertoire comprend déjà une dizaine de mille morceaux de tous genres.O L’Eolien est en vente aux salles de la Compagnie de Pianos Pratte, Montreal, où les visiteurs, acheteurs ou non, sont reçus avec courtoisie, et peuvent examiner l’instrument à leur aise.:: :: :: UN ASSORTIMENT COMPLET VIENT D’ARRIVER.CONCUR IS (iRATIS TOUS LES SAMEDIS A 3lirs l».M.PRIX DE $8.00 A $300.00 psg» « Brevetées dans tous les Pays.Le Symphonion est la seule Imite musicale «lotit les disques soient imlestructihles.Le Symphonion est; universellement reconnu pour être supérieur à tous les autres produits similaires comme volume et pureté de son.Le Symphonion possible des parties interchangeables manufacturées aveu le meilleur materiel.1 otites les reparations peuvent dre faites avec moins de temps et moins de dépenses «pie pour n’importe quelle autre boîte h musique.Le Symphonion est mannhe-turé dans 70 styles diflercnts.Le catalogue de musique contenant environ 5000 airs populaires ou sacrés peut être envoyé sur demande.Le Symphonion est «‘gaiement une horloge sonnant les heures avec airs «le musique.Les airs se changent à volonté.Nous venons de recevoir pour les fetes un assortiment considerable «le tous les styles «lepuis $8.00 jusqu a $300.00.Hâtez-vous de venir faire votre choix.Catalogues illustrés expédiés sur demande.RFI H .F, DEPOSITAIRE No.1676 Rue Notre-Dame, Montreal. 124 L’HRT raUSIGHL Février 1898 Fondée ©n 1876.LISTE HENSUELLE DES In MME »e PIP PRHTTE Pianos d’Occasion (Ancienne Maison L.E.N.PRATTE) Capita! : - - $200.000.FACTEUR DU PIANO PRATTE Le favori des artistes.Le Piano le plus solide et le seul pouvant résister aux températures extrêmes .Trois différentes grandeurs.Grande variété de dessins de caisses et de bois rares.Catalogue illustré et souvenirs d’artistes expédiés franco.En dépôt les instruments des manufactures suivantes: PIANOS.Hazelton Eros., de New-York.Kranich & Bach, de New-York.Mason & Hamlin, de Boston.Dominion, de Bowmanville, O.Berlin, de Berlin, 0.A la place des Pianos neufs de qualité inférieure de toutes sortes de noms inconnus et de fantaisie que nous ne voulons pas vendre, vous trouverez toujours dans nos magasins pour le même prix, | et même à meilleur marché, des Pianos d’occasion de bonnes I marques qui donneront infiniment plus de satisfaction.Les Pianos suivants pris en échange pour des PIANOS PRATTE, ont tous été réparés.Plusieurs sont eoinino neufs, d’autres valent moins, cependant le PRIX de chacun a été RÉ OUÏT de manière à ce que ce soit pour l'acheteur une BONNK Occasion.La plupart sont supérieurs comme qualité il une foule de Pianos neufs communs.PIANOS DROITS Fpaninh Bgnh 4c ^e" York, 7,4 octaves.En excellente con-IV1 alllull 06 Babil clition.Pavablo §25 comptant et §10 par mois $300 NflPfUlPimPP c^e 4’oronto, 74 octaves, grand format, belle caisse, il UrUUCllUcr presque neuf, un des meilleurs pianos de cette marque.Payable §15 comptant et §7 par mois .$250 Nnprihpimpp Toronto, 74 octaves, grand format, belle caisse, iiUIUllt/llllul presque neuf, un des meilleurs pianos de cette (t0(1(1 marque.Payable §15 comptant et §7 par mois.ar's’ " oc*';lve's- Payable §10 comptant et §4 par Craig de Montréal, tij octaves, mois.Payable §10 comptant et §4 par Herbert (>4 octaves.Payable §10 comptant et §4 par mois, $100 $75 $50 PIANOS CARRÉS ORGUES D’EGLISE.Yocalion, à un et deux claviers et pédalier.Mason & Hamlin, de Boston, à un et deux claviers et pédalier.Dominion, de Bowmanville, O., à un et deux claviers et pédalier.Berlin, de Berlin, Ont.Harmonium-Orgue, à clavier transpositeur.ORGUES DE SALON.Mason & Hamlin, dans 75 modèles différents.Dominion, dans 75 modèles différents.Berlin, dans 25 modèles différents.ORGUE D’ETUDE.A deux claviers et pédalier complet.De $150 à $300.FlÇphpp ^ew‘York, 71 octaves, pieds sculptés, aussi beau que Oflfl rioüilul neuf.Payable comme le précédent.
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