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Titre :
L'art musical
Éditeur :
  • Montréal :[L'art musical],1896-[1899?]
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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L'art musical, 1898-08, Collections de BAnQ.

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I m?'Z REVUE MENSUELLE CANADIENNE Paraissant le 10 de chaque Mois ^ïïïïtïïj#lF —‘jy ; SÜRi iracUHc isp MMlfl .•i.Eii*»J#nu*u.«• • i • »•• lüiill MM» r/iiiii ¦ ' SEjOÜ» âSgaagg iüym iyuHlB ::: jKpjua, iüil sæamiiKffii 1*1 \ < 1M î.I.«\« .7 » » ! Vol.II.MONTRÉAL, AOUT 1898.No 11.L.E.N.PRATTE,.Directeur $ G.H.de KERHENO,.Rédacteur 1676 Rue Notre-Dame.Téléphone 1080.-113 Rue St-Hubert.DE LA JUSTESSE Jouer ou chanter juste est une nécessité absolue que l’on ne saurait enfreindre sous peine de déchéance.Jouer ou chanter jaux est une calamité sans équivalent.C’est la négation de l’art musical ! On peut trahir la justesse de différentes manières ; elles sont toutes désagréables, mais elles ne le sont pas au même degré.Un accord est, en général, composé de trois ou quatre notes.La science autorise l’adjonction d’autres notes, pourvu qu’elles soient présentées de certaine façon, car toute note étrangère à un accord, produit une dissonance, qui, pour être supportable, doit se résoudre sur une consonance.Cette loi impérieuse ne peut être violée.Eu laissant entendre une note pour une autre, si la note est étrangère à l’accord, il s’établit aussitôt une antipathie de rapport qui, pour être de courte durée, n’en laisse pas moins une fâcheuse impression.La fausse note est brutale et maladroite, sa présence est un véritable désastre dont rien ne saurait atténuer l’effet nuisible.La dissonance, au contraire, est attirée vers une note de repos, sa marche est certaine et obligatoire.La fausse note est perdue et n’appartient par aucun lien à son entourage, elle n’est sollicitée par aucun accord, tout la repousse : la logique et l’oreille.La substitution d’une note sera moins grave dans la partie chantante, à moins qu’elle ne transforme le mode majeur en mode mineur et réciproquement, pour la raison que le dessin mélodique se promène à travers l’harmonie des accords et que Terreur peut quelquefois ne porter que sur la forme de la phrase sans en altérer le sens.La dissonance aussi affecte parfois l’oreille, mais pour lui donner aussitôt satisfaction.On peut dire de la dissonance qu’elle est un raffinement de la consonance.Elle obéit à une marche attractive qui se résoud toujours par degré conjoint.On joue fréquemment faux parce qu’un instrument sera ou trop haut ou trop bas ! C’est la plupart du temps l’effet d’une négligence.Il appartient au directeur d’un orchestre de prévenir l’instrumentiste qui est en défaut.Lorsque les instruments ont, entre eux, un trop grand écart de diapason, il faut renoncer à les faire jouer ensemble.La persistance ne saurait, en pareil cas, avoir aucun bon résultat.Elle ne pourrait que détruire, à plaisir, un don précieux, la sensibilité de la justesse.Nous venons d’effleurer les principales causes qui peuvent blesser et dérouter notre oreille.Telles que les notes infidèles ou imprudentes ; une erreur dans les parties ; des instruments incompatibles, etc.Il nous reste à parler de ceux qui chantent faux et de ceux qui jouent faux par essence, c’est-à-dire de ceux qui n’empruntent rien de leur défaut en dehors d’eux-mêmes ; en un mot, de ce qui constitue le vice caractéristique du faux.On dit de quelqu’un : U joue faux ! il chante faux ! Pour faire comprendre clairement ce qui se passe lorsque le son nous arrive dévié au point de déplaire, il nous faut entrer dans quelques détails sur la distance mathématique qui sépare les notes.Un ton mesure neuf commas, qui sont divisés de la sorte : quatre pour le demi-ton diatonique et cinq pour le demi-tou chromatique.Le demi-ton est chromatique lorsque l’altération du dièse ou du bémol ne le fait pas changer de nom, exemple : de do à do dièse, de ré à ré dièse.Le demi-ton est diatonique lorsqu’il ne conserve pas son nom comme de do à ré bémol, de ré à mi bémol.D’après cette démonstration, Ton peut se rendre compte que : Defft) à do dièse (demi-ton chromatique), il y a cinq commas.Il en reste quatre de do dièse à ré (demi-ton diatonique).De do à ré bémol (demi-ton diatonique) il y a quatre commas.De ré bémol à ré il en reste donc cinq.On arrive très facilement à franchir, avec la voix comme avec les instruments, les commas intermédiaires des tons et des demi-tons.Dans la voix et dans les instruments, la sonorité prend une forme,—ce qui en fait une science,—or, lorsque les distances diatoniques, chromatiques majeures et mineures ne sont pas respectées, on chante ou Ton joue faux ! Vice irréconciliable parce qu’il anéantit toute qualité.Les détails que nous venons d’indiquer très succintemenl sont des puissants auxiliaires pour arriver à bien définir la note.Sachant que le dièse accidentel tend à monter, puisqu’il se rapproche de la note supérieure, on prendra certaines précautions comme de serrer les lèvres pour les embouchures, de serrer la note pour la voix et les instruments à anches.La distance des notes bémolisées, prêtes à descendre, n’étant aussi que de quatre commas de la note, on pourra les faire avec un certain abandon, leur direction étant assurée et indiquée par l’orthographe musicale.Cependant, il ne faut jamais laisser trop fléchir la note, cela enlève de la netteté à l’exécution et produit de la mollesse.Camille de Vos. 24 C L'ÏÏRT 7^USICïïL Août 1898 L'ART MUSICAL RK VUE MENSUELLE CANADIENNE - - BOITE POSTALE 2181 - - TELEPHONE 1080.L* Ci£ de Pianos Phattc, pnoiNtitTAiHt __________lU7(i, rue N'oii-u-Dumc.CONDITIONS D'ABONNEMENT : Un An (CiuniiiiKiic).$1.00 Un An (Villu et «listrilmUon ii ilomioilc) .1.15 Kn dehors du Canada cl des Kl a Is-Un is .1.25 Le Numéro.15 Cts note; DEL L'ADMINISTRATION On demande des agents dans toutes les parties du Canada et des Etats-Unis, pour la vente au numéro, les abonnements et les annonces de L'Art Musical.Inutile de faire application sans fournir les plus sérieuses références.On paiera une commission libérale.S’adresser ou écrire à L’Art Musical, 1676 rue Notre-Dame, Montréal A NOS LECTEURS Nous rappelons à nos lecteurs, à nos amis et à tous ceux qui s’intéressent à l’œuvre que nous avons entreprise, que chaque mois L’ART MUSICAL publie 8 pages de musique des grands maîtres, 12 pages d’informations très intéressantes et des nouvelles artistiques du monde entier, le tout pour la modique somme de UN DOLLAR par an.LA DIRECTION.BENJAMIN GODARD.Benjamin Godard, dont nous publions le portrait sur la couverture de notre numéro de ce mois, naquit à Paris le iS août 1849.Il mourut à Cannes, sur les bords de la Méditerranée, le 10 janvier 1895.Après avoir étudié d’abord le piano et le violon avec Vieux-temps, il entra au Conservatoire pour travailler l’harmonie avec Reber.Puis il voyagea en Allemagne avec Vieuxtemps, qui devint son ami, après avoir été son maître.A son retour, il se signala comme artiste dans le quatuor de Vieuxtemps, puis dans celui de la Trompette où il succéda à Van Waefel-gliem.En même temps il se faisait connaître par des compositions variées, par des pièces pour piano et violon, par des mélodies dont l’une, la Chanson arabe, devient rapidement populaire dans les salons, par des trios, des quatuors, des sonates, œuvres écrites avec une facilité prodigieuse et qui annonçaient les dons les plus heureux et les plus rares.A vingt-huit ans, Benjamin Godard était sorti tout à fait de pair avec sa partion du Tasse, cantate-oratorio couronnée aux grands concours de composition musicale ouverts par la ville de Paris et dont il fut le premier-lauréat, en partage avec Théo.Dubois.Le Tasse produisit une impression énorme.L’œuvre était vraiment remarquable et dépassait notablement le niveau des cantates de concours.Lejeune musicien était sous l’influence de Schumann, de Gounod et de Berlioz, mais déjà une personnalité se manifestait, et les deux dernières parties surtout de cette symphonie dramatique, qui pourrait être portée à la scène sans subir de grandes modifications, révélaient un artiste inspiré.L’œuvre le classa d’emblée, tout au premier rang des jeunes maîtres contemporains.Les prouesses de ce brillant début 11e se réalisèrent toutefois qu’incomplètement par la suite.Tout eu continuant à se consacrer à la musique symphonique et concertante,-signalons dans ce genre sa Symphonie orientale, sa Symphonie gothique, sa.Symphonie légendaire, son Concerto romantique—pour violon, si populaire en France et à l’étranger, et dont la Canzonclta est demeurée l’une des plus jolies pièces de la littérature contemporaine du violon.Benjamin Godard sc tourna vers le théâtre, où il donna successivement Pedro de Salomé, qui 11’eut, malgré d’évidentes qualités, qu’un succès éphémère au Théâtre d’Anvers, Jocelyn, d’après le poème de Lamartine, qui fut représenté avec éclat au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1S88, mais 11e put s’y maintenir, enfin le Dante, poème qui n’obtint qu’1111 succès d’estime à l’Opéra-Comique en 1S90.Vers la même époque, Jocelyn fut représenté au Théâtre du Château d’Eau, à Paris, mais ne parvint pas à gagner le public.Ces demi-succes, demi-revers, avaient profondément abattu le jeune compositeur, qui se crut l’objet d’une hostilité systématique.La vérité est qu’il n’avait pas été assez sévère avec lui-même, et que le public se lassa vite d’une invention mélodique qui 11’é-vitait pas suffisamment la banalité.Dans ces dernières années, Benjamin Godard n’avait plus guère produit.Il venait de terminer un opéra-comique, la Vivandière, quelques semaines avant sa 11101t.Il a laissé également un grand opéra, les Gueijts.Benjamin Godard avait été chargé le 20 d’août 1S87 de la classe d’ensemble de musique de chambre au Conservatoire, en remplacement de René Baillot.ORCHESTRES VIRTUOSES.Disons de suite que : “ orchestre virtuose ” n’est pas synonyme de “ orchestre de virtuoses,” bien loin de là.La raison en est simple : le virtuose a comme but premier de développer son individualité, de trouver par lui-même et pour lui-même la façon d’interpréter la musique qu’il joue.Il évite soigneusement tout ce qui pourrait lui attirer le reproche d’imiter ou de copier un autre virtuose.Il voudrait que l’on pût reconnaître son toucher entre cent autres, les yeux fermés, aussi sûrement que l’on reconnaît sa photographie au milieu d’un album, les yeux ouverts.Il est une unité, une volonté, un “cosmos.” U11 “orchestre virtuose” doit, pour mériter ce nom, se rapprocher, dans la mesure du possible, de la définition ci-dessus.Il doit avoir son individualité collective, avoir sa tradition collective qui est celle que lui a façonnée et imprimée son chef ; de même que le soliste, il désire et recherche la personnalité, et n’est jamais plus flatté que de voir sa façon d’interpréter les chefs-d’œuvre connus, cotée, citée et comparée avec celle d’autres orchestres virtuoses, ainsi que l’on compare entre eux Joachim, Sarasate, Ysaye.Lui aussi est un “ cosmos,” animé par un seul souffle, une seule pensée, une seule volonté.Or, il est évidemment difficile, pour 11e pas dire impossible, d’obtenir de virtuoses qui out passé leur vie à développer, à amplifier, à exagérer, par la culture intensive leur moi, qu’ils aient l’abnégation nécessaire pour abdiquer cette personnalité, acquise au prix de tant d’efforts, en faveur de cette autre personnalité : l’orchestre.Us joueront fort bien “ leur partie.” Qui peut en douter ?Mais il n’est pas moins certain que toutes cts parties, excellemment jouées chacune de son côté, ne se fondront pas en une masse satisfaisante.Le tout manquera d’unité ; la tendance de chacun à “ tirer la couverture ” de son côté, si naturelle chez un soliste, sera forcément sensible et nuira à l’hoinogé* néité de l’ensemble.D’où l’aphorisme : la qualité essentielle pour un musicien d’orchestre, doué d’une technique simplement suffisante, paraît être la souplesse et la docilité. Août 1808 L’HRT 7VYUSIOKL- 247 NOS MUSICIENS Pierre, Joseph, Améclée Trembla)', actuellement organiste de la Basilique cl’Ottawa, naquit à Montréal le 14 avril 1S76.Dès ses jeunes ans il témoigna d’un grand goût pour la musique.Cependant, orphelin depuis l’âge de 2 ans, il 11e put réellement commencer ses études musicales qu’à l’âge de douze ans.Ce fut le Rév.M.Sauvé, vicaire et organiste de l’église St-Joseph qui fut son premier professeur.En février 1S92 il compléta ses études sous la direction du regretté M.Alcibiade Béïque, qui lui donna des leçons de piano, d’orgue et de plain-chant.Il suivit en même temps les conseils de feu l'abbé Bourduas.Le iS octobre 1S92 il obtint au concours le poste d’organiste de l'église des RR.PP.Dominicains de St-liva- —ï- M.P.J.A.TliE.MIU.AY SW*?*» 3 'i cintlie, mais refusa l’emploi pour accepter celui d'organiste de la paroisse de St-Joseph de Montréal.11 occupa ce poste jusqu’en novembre 1894 où il lut appelé à l'orgue de la Basilique d’Ottawa.En février 1894 il avait fondé à Montréal l’Orphéon St-Joseph, reconstitué un peu plus tard et devenu l’Orphéon Goulet.Le 13 juin 1S95, il fut appelé à Pembroke, par Mgr N.Z.Lorrain pour inaugurer le grand orgue que la maison Casavant venait d'installer à la Cathédrale de celte ville.M.Tremblay est un jeune, à qui l’avenir sourit sous ses plus brillants auspices.Nous 11e doutons pas de ses succès futurs, dont font si heureusement présager ceux qu’il a déjà remportés.La Musique d’Orgue et les Organistes Italiens Tandis que l’orgue est un instrument très ancien,—une flûte de Pan avec des soufflets était probablement sa forme primitive,—je 11e crois pas que la vraie musique d’orgue soit antérieure à Andréa Gabrieli, italien né eu 1510, et à son neveu, Giovanni Gabrieli, qui furent les premiers compositeurs de fugues.Mais l’école de la musique d’orgue fondée sous des auspices aussi favorables en Italie, est déjà tombée en décadence.En vérité après Prescobaldi,—le successeur immédiat des Gabrieli,—qui créa la composition de style brillant, fleuri et chantant, et qui dans son temps, était autant un objet de suspicion que l’était Wagner trois siècles plus tard, et à part Padre Martini, il n’y eut point de compositeurs d’orgue italiens dignes d’être mentionnés jusqu'au jour où nous arrivons.Padre Martini composa douze sonates remarquables, dans lesquelles se trouve la gavotte populaire, presque universellement connue aujourd’hui comme morceau de piano.Un certain nombre d’organistes italiens font en ce moment des efforts pour restaurer l’école italienne d’orgue et lui redonner sou ancien éclat.Parmi ceux-ci, les plus influents sont : Filippo Capocci, de Rome, qui a composé quatre sonates excellentes, et beaucoup d’autres morceaux pour orgue ; Enrico Bossi, auteur de plusieurs importantes pièces d’orgue ; et Signor Tabeldini.Ces musiciens, en essayant de propager le goût d’une meilleure école de composition et d’une plus grande pureté dans l’interprétation, eurent non seulement à surmonter l’indifférence générale, mais aussi les difficultés présentées par la défectuosité des instruments sur lesquels ils étaient obligés de jouer ; ces obstacles rendirent, leur tache particulièrement malaisée.Il est véritablement décourageant qu’une grande partie des orgues italiennes 11e remplissent pas les conditions nécessaires pour apporter des modifications à la musique d’orgue.Le défaut subsiste pour les organistes italiens qui ont succédé aux premiers maîtres.Us ne rendirent pas véritablement la pensée de l’auteur.Au lieu de faire progresser l’école polyphonique, ils n’ont considéré l’orgue que comme un instrument pour accompagner le chant.Le manque général d’intérêt de la musique instrumentale en Italie provient de ce que les organistes négligèrent de relever et de développer l’école des Gabrieli et de Frescobaldi.Dans de telles conditions, la musique d’orgue ne pouvait être appelée à une plus grande perfection, les organistes italiens prenant très peu d'intérêt pour leurs instruments, et les constructeurs d’orgues ne faisant pas de progrès sensibles.Il en résulte, que dans beaucoup d’orgues italiennes les jeux sont divisés comme dans un harmonium ordinaire,—régislres séparés pour le dessus et la basse,—de même que pour les tirer, il faut les deux mains ensemble.Comme de juste, ceci gêne énormément l’artiste.Les pédaliers des orgues italiennes sont aussi très défectueux : les pédales étant trop courtes, l’artiste ne peut les atteindre facilement.11 y a douze ans, je fus prié de jouer à Gênes par M.Reinon-dini, un des promoteurs de la réforme de la construction des orgues et de la musique d’orgue en Italie, quoique pas musicien de profession.J'appris que les organistes pensaient qu'il était impossible d’exécuter les pièces de Bach et de Mendelssohn sur l’orgue, et lorsque je les leur jouai sur un orgue construit d’après les plans de M.Remondini, leur surprise fut grande, et je leur promis de jouer à mon prochain récital, la première fugue de Bach qu’ils me désigneraient.Lorsque j’eus répondu à leur demande, ils furent fort étonnés et m’en demandèrent une autre.Ces fugues, ceci dit pour honorer leur sentiment musical, leur firent une profonde impression, et le jour suivant, chaque organiste de Gênes s’arrangeait pour avoir à son piano, un pédalier adapté, de sorte qu’ils purent pratiquer et étudier sur ce pédalier ces belles œuvres chez eux.Alex.Guiuiant. 248 U'HRT 7^USIOHL Août 1898 REFLEXIONS MUSICALES D’UN PHILOSOPHE CHINOIS 14 Kong U, philosophe chinois et maître de musique, était célèbre en Vannée du monde 7,891.Il fut l’auteur de plusieurs traités de musique, les plus importants desquels portaient les titres de : Rites et cérémonies de la musique, I.c moyen de se diriger avec un style convenable et Le rapport entre la musique et les malhématiques, avec un discours sur la pédanterie.Malheureusement, toutes ces œuvres sont perdues ; mais,une grande partie des préceptes du vieux maître ont été recueillis et publiés sous le titre de : Réflexions musicales, de 14 Kong 14.M.Granville Bantock les a traduits fidèlement pour ses lecteurs du Standard, de Londres et il nous paraît curieux d’en citer quelques-unes.I.—La musique peut être considérée de trois manières : Dans un sens émotionnel ; Dans un sens abstrait ; Dans uu sens officiel.IL — La musique émotionnelle veut être traitée avec des douceurs de moyens et de bonnes manières, tandis que la musique abstraite produit surtout des résultats stériles.La musique officielle doit être considérée pour sa pureté.III.—La musique officielle prohibe l'usage de quintes consécutives, lesquelles, en raison de leur influence nuisible, favorisent la vulgarité.IV.—Travailler et apprendre à discerner les beaux rapports des mauvais.Admettre les nouveaux, mais conserver les anciens.V.—L’échelle possède sept notes diatoniques avec des intervalles chromatiques et les notes sont connues sous les appellations suivantes : la dose, la suprême dose, le médium, la force inférieure, la grande force, la note dragon et la tortionnaire.Les règles sont variées qui guident l’élève dans l’emploi de la “ tortionnaire,” et je lui conseille de ne pas la combiner trop souvent avec la suprême dose pour obtenir des effets.VI.—Un usage excessif de notes diatoniques trahit peu de politesse ; mais d’autre part, l’échelle chromatique doit être employée avec discrétion.VII.—Il y a de nombreuses méthodes pour l'enseignement de la musique, mais le génie peut les dépasser toutes d’un saut et se passer de leur secours.Les faux artistes essaient de grandir leur médiocrité en ajoutant à leurs noms des titres et de hautes lettres initiales ; mais parce qu’un homme s’est élevé sur un grand piédestal, cela doit être considéré comme peu d’honneur.Voilà qui n’est point banal, bien que remontant très loin ! UNE PRÉCIEUSE RELIQUE DE MOZART M.F.Nicolas Manskopf, de Francfort, qui est propriétaire d’une admirable collection musicale et théâtrale actuellement exposée eu partie à Berlin, a découvert et acheté pour son musée le programme-annonce de la première représentation de Don Juan au théâtre italien de Prague, le 29 octobre 17S7.Le chef-d’œuvre de Mozart fut, comme on sait, écrit pour le théâtre de Prague, à l’occasion de l’arrivée en cette ville de la grande-duchesse de Toscane.Mozart a déclaré avoir écrit Don Juan pour la capitale de la Bohême, afin de témoigner sa gratitude aux habitants de cette ville qui avaient montré tant d’intelligence en acclamant les Noces de Figaro.Le précieux document acquis par M.Manskopf 11e figure pas au catalogue du Musée Mozart de Salzbourg, où se voit seulement P annonce-programme de la première représentation de la Flûte Enchantée, à l’Opéra de Vienne, le 30 septembre 1791.UN CURIEUX AUTOGRAPHE DE BERLIOZ Il s’agit là d’une quasi-autobiographie, dont l’heureux possesseur est M.Siegfried Oclis de Berlin.On y voit que l’irascible et génial musicien était dépourvu de toute modestie, car voici comment en 1855 il s’exprimait sur son propre compte : “ Je suis né à la Côte-Saint-André (Dauphiné-Isère).Mou père qui était médecin voulut me faire suivre sa carrière.Il me donna pourtant un maître de musique et à l’âge de douze ans je commençai à composer.Arrivé à Paris, je sentis ma passion pour la musique s’accroître et l’emporter sur mon désir de satisfaire mon père.Guerre de famille ! Obstination de ma part.Je deviens élève de Lesueur, puis de Reiclia.J’ai le prix de Rome.Mon père alors me pardonne, et à mon retour d’Italie je commence ma guerre de Trente ans contre les routiniers, les professeurs et les sourds.“ Je voyage en Allemagne, en Russie et en Angleterre où partout je reçois le plus brillant accueil.“ Mou œuvre complète se compose de : “ i.Ouverture de I Va ver ley, couleur mélodique écossaise.“ 2.Irlande, recueil de mélodies diversement caractérisées, dont les paroles sont traduites de Th.Moore.“ 3.Ouverture des Francs-Juges, chevaleresque-terrible.“ 4.Ouverture du Roi Lear (dramatique, passionnée).“ 5.Messe de requiem, exécutée à l’église des Invalides pour le service funèbre du maréchal Damrémont et des soldats français morts au siège de Constantine (genre colossal).“ 6.Le cinq mai, chant sur la mort de l’empereur Napoléon (grave et triste).“ 7.Les Nuits d'été, mélodies avec piano, paroles de Th.Gautier.“ S.Rêverie et caprice, romance pour le violon.“ 9.Ouverture du Carnaval romain, fougue entraînante, joie délirante.“ 10.Traité d'Instrumentation, art du chef d’orchestre, publié en quatre langues : anglais, allemand, italien et français.“11.Sara ta Baigneuse, ballade à trois chœurs.Paroles de Victor Hugo.“12.La Captive, rêverie pour contralto avec orchestre, paroles de V.Hugo.“ Ces deux morceaux appartiennent au genre gracieux et même voluptueux.u 13.Fleurs des Landes, mélodies pour une et deux voix avec piano.“ Naïves, agitées, gaies.“14.Episodi de la vie d'un artiste, grande symphonie, fantastique, en cinq parties.Genre passionné, violent, expressif.“ 15.Lclio, monodrame lyrique, avec le chœur et l’orchestre invisibles.Suite et complément de l’œuvre précédente.“ 16.Symphonie Junebrc et triomphale, composée pour l’inauguration de la colonne de la Bastille.“ Le morceau : l’Apothéose appartient encore au genre colossal ; il est populaire à Paris.“ 16 bis.Harold en Italie, symphonie avec un alto principal, où se retrouvent mes impressions de voyage dans les Abruzzes et le souvenir des belles nuits sereines d’Italie.“17.Roméo et Juliette, grande symphonie dramatique avec soli de chant et chœurs, sur le drame de Shakespeare.Dédiée à Paganini qui, après avoir entendu dans un concert Harold et la Symphonie fantastique, m’envoya un présent de vingt mille francs.Cet ouvrage est, je crois, l’un des meilleurs que j’aie produits. Août 1898 L'HRT MUSICÏÏL 249 “ 18.Tris/ia, trois chœurs sur des sujets de Moore et de Shakespeare.“ 19.Feuillets d'album, recueils de chants divers.“ 20.Vox popu/i, deux grands chœurs, ha menace des Francs et l’Hymne à la France.“21.Ouverture du Corsaire.“ 22.Te Deum à trois chœurs avec orchestre et orgue concertant, œuvre plus grande de forme et de style qu’aucune des précédentes, dont le fudex crcdcris produit un effet terrible.“ 23.Benvenuto Cellini, opéra en trois actes qu’011 a égorgé à Paris et qu’on joue souvent en Allemagne.Jamais je 11e retrouverai la verve et le brio qu’il y a là dedans.“ 24.La Damnation de Faust.“ Légende dramatique en 4 parties où se trouvent les morceaux aujourd’hui célèbres : Le chœur des Sylphes, le ballet des Follets, la Marche hongroise, la Romance de Marguerite et le morceau fantastique : la Course à l’abîme.“25.IF enfance du Christ.Trilogie sacrée dont j’ai fait les paroles et la musique.“ 26.L'Impériale, cantate à deux chœurs et à deux orchestres au style ie AUimu-ht de Schubert-Liszt, remarquablement chanté par Aime Schumann-1 leinck, et.comme piece de résistance la Si/nipliunie en ut mineur de Beethoven.L'exécution en a été excellente, comme on pouvait, l’attendre d’un chef tel ipie Alottl.Dans quelle pénurie est tombé le répertoire symphonique ! Il n’y a (pie peu, bien peu (Rouvres modernes qui soient dignes d’être exécutées ; nous ne pouvons pas jouer à tous les concerts les symphonies de Beethoven, et si nous ajoutons à ces chefs d'o uvré les ipmtre symphonies de Schumann, quatre de Brahms, l’inachevée et le Triuji'pie de Schubert, trois de Mendelssohn et deux ou trois de Mozart, nous avons le répertoire complet.Et dans celles-ci, combien rarement en entend celles de Brahms ! 1 "est seulement par Richter que nous les avons connues.Nous avons besoin de nouvelles iouvres symphoniques.En même temps, nous aimerions en entendre quelques-unes qui ont été jusqu’ici fort négli gées.Vladimir de l’achmaiin a donné nu récital (Douvres de Chopin : ballade un sol mineur, les mazurkas (op.(>7, n" I, et op.ti.'i, n° 2), en la fantaisie en la mineur.Tout cela exécuté avec grâce, sans sentiment exagéré.Dieu phrasé.Quelles leçons pour nos pianistes ultra-modernes! Du nombreux rappels ont salué les exécutions de ces diverses pièces.Une jeune pianiste, Aille Margaret Will, a donné un récital à St.James Hall, où nous lui avons entendu interpréter d'une façon très correcte diverses (ouvres de Beethoven, Schumann et Chopin.La jeune violoncelliste Aille Eisa Rue«oer, que nous avons entendue, au Queen’s Hall dans le Concerto en re majeur de Haydn,a fait preuve d'une fort belle sonorité et d’une bonne éducation artistique.Nous espérons l’entendre de nouveau d'ici peu.Au Covcnt-Ganlen, une médiocre représentation des Maîtres Chanteurs.L'orchestre, sous la direction de Mancinelli, manquait de cohésion et d’égalité dans la sonorité.Il y a eu cependant des moments où l’interprétation était excellente.Jean de Keszké, en Walther, est toujours aussi impressionnant ; Aime Fames fait une excellente Eva, voealemcnt et dramatiquement ; Edouard du Reszké chante toujours délicieusement, mais su comporte parfois trop sérieusement et nu donne pas le relief nécessaire à certaines pages du rôle do Sachs.En somme, nous avons eu déjà du meilleures exécutions. 2G2 L’HRT musicïïl Août 1898 Ou discute actuellement la création d’uno troupe d’opéra subventionnée par la ville.On a présenté une pétition au “ County Council ” (Conseil du Comté) qui met en lumière les points suivants : Que dans les conditions actuelles, le public ne peut entendre la plus grande partie des chefs-d'œuvre des maîtres de la musique ancienne et moderne sans encourir de grands frais et (pie, par cela, l’éducation musicale se trouve beaucoup moins avancée dans le peuple que dans bon nombre d’autres villes ; Qu'il n’y a pas de débouché pour encourager les jeunes artistes et que, par conséquent,l’éducation de la scène laisse beaucoup à désirer chez la plupart des débutants ; Qu’il serait possible d’établir une troupe d’opéra permanente sans grande dépense, qui permettrait d’élever le goût artistique du grand public.Cette pétition est signée par toutes les personnalités influentes du inonde musical de Ta mdres.—M.Camille Saint-Saëns, qui reçoit once moment un accueil si enthousiaste de la haute société londonienne, a été invité ces jours derniers au château de Windsor par S.AL la Reine d’Angleterre.11 a eu l’honneur de faire entendre à la Reine plusieurs compositions, avec le concours du violoniste hollandais Johannes Wolff.A la suite de cette audition, qui a valu il l’éminent compositeur les compliments les plus flatteurs de la Reine Victoria,Sa Majesté a longuement interrogé M.Saint-Saëns sur son opéra Henry VIII, dont elle a voulu connaître les principaux motifs.On sait (pie cet ouvrage doit être représenté ces jours-ci il Covent-t harden.Ce sera un nouveau succès à l’étranger pour l’école musicale française.—Au moment d'aller sous presse nous recevons île Londres les notes suivantes : Après avoir mis dix-huit ans il reconnaître le mérite de l'œuvre de Saint-Satins, Londres est venu en masse, l’apprécier à Covent Garden.Lu grand compositeur a le droit d’être lier de l’accueil fait à Henri 17/7, qui a suscité un enthousiasme des plus sincères.Dans le duo du deuxième acte, M.Renaud et Mme Région se sont surpassés.Le ballet-di-verrisseineut a été remplacé par un septuor magnifique qui a enlevé la salle, Tl semble regrettable toutefois qu’on n’ait pu confier tous les rôles à des Français, car M.Dufranc dans celui de Norfolk, a été très insuftisaut, non seulement ii cause do la faiblesse de la voix, mais aussi il cause d’un accent italien des plus marqués, qui sonnait bien mal dans un ensemble que l’on eût voulu parfait.que en doux actos, d’Ignace Brull ; Les quatorze sauveurs, musique de C.Lowengart ; L’Apothicaire, opéra de Haydn ; La grève des Foryerons, opéra eu un acte de Victor Léon, musique de as à agir : l’éléphant leva en l’air une de ses pattes et se tint immobile tant (pic dura la musique.Quant au tigre, c’est le violon qui parut l’enchanter.Les expériences du naturaliste anglais prouvent au reste, d’une façon générale, que de tous les instruments, le violon et la IIûte sont ceux que les animaux apprécient lu plus ; elles prouvent, aussi (pie, il de rares exceptions près, tous les animaux sont sensibles au pouvoir de la musique, comme ils l’étaient déjà dès le temps d'Orphée.NEW-YORK.48 L’HRT musickl Août 1898 264 INSTRUMENTS CONGRES DES FACTEURS DE PIANOS Le premier congrès de l'Association des facteurs de pianos américains s’est tenu à Boston les 7 et 8 juin derniers.Les congressistes se sont particulièrement occupés des questions de législation commerciale, des banqueroutes et ont fait appel à la collaboration de tons les marchands d’instruments des Etats-Unis pour signaler tous les abus et aider au développement du commerce général.Des décisions qui ont été prises, il résulte que les lacteurs américains constatent que les affaires souffrent gravement des difficultés présentes ; ils se plaignent de l’insuffisance des lois actuelles et invitent les grands commerçants de toutes les grandes villes à se grouper en un congrès pour élever le niveau du commerce, le rendre plus digne et le débarrasser de certaines pratiques pernicieuses.Il est en outre résolu qu’un prochain congrès se tiendra à Washington au mois d’avril 1899.La vente des instruments de musique à Chicago, pendant l’année 1S97 a atteint le chiffre de £9,000,000 en augmentation de $800,000 sur l’année précédente.LES AMERICAINS BOUDENT U paraît que les facteurs de pianos des Etats-Unis 11e seraient pas décidés à exposer à Paris en 1900, et cela comme mesure de représailles pour l’attitude de la France dans la guerre actuelle (!) Un tel motif est au moins invraisemblable et absolument inexpliquable et ne serait-il pas plutôt un mauvais prétexte du peu de goût que les Américains auraient à se trouver concurrents sur notre propre marché.Dans un article qu’il consacre à ce sujet dans le Presto, de Chicago, M.Abbott, combat cette manière d’agir ; il dit que l’abstention des Américains donnerait la victoire toute acquise au pays du vieux monde, et il fait un chaleureux appel pour que tous les facteurs américains se fassent représenter au Champ de Mars eu 1900.A l’exposition de Berlin, on voit un autographe de Wagner qui sera connu avec joie par les chanteurs qui sont souvent affiigés d’un coryza.Donc, le 31 janvier 1S71, le célèbre compositeur écrivait de Lucerne à un artiste du théâtre de Breslau, la lettre suivante : “ Eu réponse à votre question, je certifie qu’un rhume constaté par un médecin met un ténor dans l’incapacité de jouer Lohengrin et j’exprime l’opinion qu’un homme qui exigerait d’un ténor, en pareil cas, de jouer convenablement ce rôle n’est pas à son poste comme directeur de théâtre, etc., etc.“Il déviait être tout au plus concierge ou quelque chose d’approchant.” ____________ LES CLOCHES TUBULAIRES Dans deux numéros de la Revue scientifique La Nature (No 1057, 2 septembre 1898, et 1284, 8 janvier 189S), nous trouvons sur ce nouveau genre de cloches des renseignements capables d’intéresser nos lecteurs au moins autant, ce nous semble, que ceux que nous leur donnons de temps en temps sur les orgues.Cloches et orgues 11e sont-ils pas, les unes et les autres, les instruments de la musique d’église ?Les cloches tubulaires ont été inventées récemment par Harrington, constructeur anglais, dans l'intention principale d’obtenir enfin des carillons, non plus d’une justesse douteuse comme celle de la plupart des anciens, même les plus fameux, mais d’une justesse absolue et mathématique.Au lieu delà forme traditionnelle, il a dû donner à ces nouvelles cloches la forme cylindrique ou tubulaire, très ressemblante à celle d’un tuyau d'orgue.Ces tubes sont coupés à des longueurs que déterminent exactement l’acuité ou la gravité de la note qu’ils ont à produire.Quant à la force ou intensité de ces notes, elle dépend de l’épaisseur du tube et de son diamètre : avec une épaisseur de 9 ou 10 millimètres seulement et un diamètre de 10 centimètres, le son serait, dit-on, assez fort pour s’entendre, en pleine campagne et par un temps calme, jusqu’à trois milles à la ronde.Le timbre métallique est d’une grande douceur ; il dépend, dans ces cloches comme dans les autres, de la composition de l’alliage qu’emploie l’uiventeur et qui reste son secret.La sonnerie se fait par un marteau à tête de buffle frappant les tubes un peu au-dessous de leur point d’attache.Ce marteau a la forme et l’agilité des marteaux de piono, et il est mis en mouvement sans la moindre peine par le moyen, soit d’une petite corde tirée à la main, soit d’une vergette ou d un fil électrique aboutissant aux touches d’un clavier.Ce mécanisme, on le voit, 11’a rien que de très simple ; le jeu eu est assuré et son installation est des moins encombrantes.Quel miracle ! s’écrie le Presto, de Chicago.Voilà trois mois que Dewey est entré en maître dans la baie de Manille, et nous n’avons pas encore de piano ni d’orgue Dewey ! VIEUX INSTRUMENTS Le Musical News nous donne quelques renseignements sur une vente publique d’instruments à cordes qui a eu lieu récemment à Londres.Le prix le plus élevé a été obtenu par un violon de Stradivarius, qui a été adjugé pour 395 livres sterling, soit 9,875 fr.; un autre violon, de Guarnerius, a atteint seulement 133 livres (3,325 francs) ; un autre, de Jacob Steiner, daté de 1669, n’a trouvé preneur qu’à 87 livres (2,175 fr.) enfin, un alto d’Amati a été vendu pour 36 livres seulement (900 francs).En présence de ces prix vraiment dérisoires, il est permis de supposer ou que les susdits instruments étaient en bien mauvais état, ou que leur attribution était au moins douteuse.REHABILITATION DES CLOCHES Dans un article dédié à la sainte Vierge, et à propos de la dernière ode de Carducci : “ L’Eglise de Polenta,” l’écrivain Ricci a cherché à établir quelle fut la valeur des cloches, à la prime aurore de la musique, alors, comme il l’écrit, que l’impression d’un son, d’un tintement, la vibration cl’une note isolée prenait une importance artistique.Et il conclut ainsi : “ Aujourd’hui que la musique a atteint à la civilité que la mélodie et l’harmonie ont trouvé des secrets toniques infinis, qu’il s’est créé tant et de si complexes formes d’instruments, accouplé des quantités d’accords de sons et de voix ; aujourd’hui que grâce à la physique on a surpris des rythmes musicaux à l’état latent dans l’esprit humain et dans la nature, aujourd’hui que même les cloches se sont unies et que tout le monde est arrivé, en fait de musique, au summum des exigences, le tintement d’une seule cloche paraît humble, monotone: primitif, funèbre, fastidieux.Mais quand la cloche fut imaginée et construite, eu ces temps où bien peu de musique égayait les villes et où le silence le plus profond régnait sur les champs, dans les vallées et sur les montagnes, avec quel enthousiasme, avec quelle passion dévote chacun saluait le premier son qui animait l’air, qui descendait d’en haut comme la voix bénie des anges, qui invitait à la prière, qui annonçait un péril, vigilant comme une sentinelle qui serait consciente cl’une haute mission.” Août 1898 L'HRT TWTUSIOKL.2()5 La Compagnie de.Pianos et d’Orgues DE BOWMANVILLE, OHTT.En existence depuis plus de 30 ans, a obtenu plus de 100 PREMIERS PRIX aux expositions dans différentes parties du Monde, entre autres, à Philadelphie 1876, Australie 1877, Paris 1878, Angleterre 1882, Belgique 1885, Montréal 1886, Chicago 1893.PIANOS.ORQUES.Monsieur L.E.N.Pratte, Monsieur, Nous n’avons qu'à nous félicite)' de l'usage que nom avons fait jusqu'à présent lio ns nos pensionnats, des Pianos “ Dominion ” de Duwmanoille, spécialement fabriqués pour votre Maison.Les Religieuses des SS.Noms de Jésus et Marie.Hochcluga, le 11 juin, 1897.Mr.L.E.N.Prattc, Montréal, Monsieur, Depuis plus de 0 ans nous faisons un usage journalier de quatre pianos “ Dominion ” de Bowmanville, achetés à la Maison Prattc, et fabriqués spécialement pour elle.Il me plaît de d> r que nous en sommes très satisfaites.Malgré la pratique constante qu'ils ont il subir, le mécanisme est en parfait ordre ; ils t iennent aussi très bien leur accord.Académie des SS.Noms de Jésus et Marie.71, rue Gkerrier, Montréal, 17 juin 1S97.A ajouter au témoignage des artistes les plus distingués, celui des plus éminents facteurs de grandes Orgues à tuyaux du pays, ne peut manquer d’avoir une grande portée.M M.Ca-SAVANT et Mitchell, étant eux-mêmes facteurs et musiciens i sont parfaitement en état de juger du mécanisme, de la main-d'œuvre, dos matériaux et qualités artistiques de ce genre d’instruments.Mr L.E.lY.Prattc, Montréal.J’ai eu occasion de visiter en détail plusieurs île vos harmoniums “Domin ion ” de Bowman ville, et suis heureux de pouvoir vous dire que je les trouve supérieurs à tous les instruments de ce genre que je cou na isse.Le mécanisme en est construit avec beaucoup de soin, et l’harmonie ne laisse rien à désirer.Une chose qui excelle dans ces instruments, c’est la grande variété et la pureté des timbres.Toutes ces qualités réunies en font des instruments recommandables sous tous rapports.Bien à vous, SAM.CASA Y A NT, de Cam va ni Frères, fadeurs de grandes orgues à tuyaux, St-llyacinthc.Montreal, le 15 juin 1897.Mr L.E.N.Prattc, Montréal, Monsieur, Le piano “Dominion” de Bowmanvillc, fabriqué spécialement pour vous, que nous avons acheté de vous il y a douze ans, est, depuis ce temps, en constant usage ; cet instrument nous a donné une telle satisfaction qu’en 189.1, nous en achetions deux autres semblables.Académie St-Ignace des Rit.SS.de Ste-Croix, No.91, Rue St-Hubert.Plus de iooo pianos Dominion ont été vendus par la Maison Pratte dont plus de 200 sont en usage dans les couvents et les collèges depuis 20 ans, travaillant de 6 à 10 heures par jour.A la Oie il’Orgues Dominion, Bowmanvillc, Uni.U est avec plaisir que je out joins aux.nombreux admirateurs de vos magnifiques harmoniums-! irgues “Dominion.” Vos instruments surpassent ceux de tous les autres fabricants du Oontincnl.L’excellence île, lu main-d’œuvre, la pureté et la variété des timbres, tels que l'éoline, le cello, le hautbois et picrtieulièrement la parfaite ressem blance au son de l’orgue il tuyaux, fini de ces instruments, les plus beaux dont fui jamais joués.SAM.MITCMKLL, de Louis Mitchell, fadeurs de grandes orgues à tuyaux, Montréal.Nous adresserons avec plaisir la liste d’une centaine d’églises par tout le pays qui ont des Orgues Dominion depuis 10, 15 et 20 années.Les Pianos et les Orgues Dominion offerts en vente par la Maison Pratte, sont fabriqués spécialement pour elle, avec des matériaux supérieurs à ceux employés pour les instruments que la Cie Dominion fournit aux autres maisons et sont par conséquent plus durables.Nous gardons toujours dans nos magasins un assortiment considérable d’instruments Dominion dans tous les styles et tous les prix.N’achetez pas avant de venir les visiter ou de demander les catalogues illustrés.Conditions faciles de paiement.IDE n-A-xros peüttz .s EULE DEPOSITAIRE.No.1676, Rue Notre-Dame, Montréal. L’ÏÏRT musichl Août 1898 2 G G Orgues.POUR PETITES ET.MOYENNES EGLISES ?& «cmm m M-mm:**.mmm.mase •: Leurs avantages sont les suivants i° Le son ressemble, à s’y tromper, à celui d’un orgue à tuyaux.20 Elles résistent mieux au climat et ne se désaccordent jamais.3° Elles prennent beaucoup moins de place et ne nécessitent aucune dépense d'aménagement.4" Leur prix est de moitié inférieur à celui d’un orgue à tuyaux.5° Leur entretien et les réparations sont presque nuis.mmm L>vl i iLPOa?h'rf>r I "¦»»»'»» » m Vi t < » « » il t » tri » iV« « «mi n m Prix : depuis $275 ¦ i.A Jl A.RESISTENT A NOTRE CLIMAT MIEUX QUE TOUT AUTRE ORGUE 9 RECOMMANDEES par LES PLUS C K I.ÈB R ES ORGANISTES : GUILMANT, ARCHGR, ET AUTRES Dans la construction des Orgues Vocation on a suivi la méthode naturelle de produire le son en prenant comme exemple la voix humaine.Les Polluions sont les soufflets de l’orgue ; Le Larynx ou corde vocale, un anche ; La Gorge ou tube contient la corde vocale, développe le son et le porte à La Bouche qui renforce ce son et achève de le modifier.De là le nom de Vocation donné aux orgues fabriquées par Mason & Risch, de Worcester, Mass.Dans les orgues Vocation le son, qui est produit par des anches, est modifié par une série de tubes sonores, et le son ainsi obtenu est le même que celui produit par ies tuyaux.Nous énumérerons brièvement quelques-uns des nombreux avantages de ce nouveau système de construction.Dans un orgue à tuyaux, possédant une certaine variété de sons, on rencontre des tuyaux à bouches et des tuyaux à anches La température ayant un effet opposé sur chacune de ces deux variétés de tuyaux, il est évident que l’accord d’un orgue à tuyaux sera affecte par chaque changement de température.Ainsi, une augmentation de température fera hausser le son d’un tuyau à bouche, tandis que la mente cause fera baisser le sou d’un tuyau à anches, Si l’augmentation de température est considérable il devient alors impossible de se servir de ces deux variétés de tuyaux en meme temps.Dans les orgues Vocaliou, cet inconvénient n existe pas, car les anches, étant tous de composition identique, sont tous affectés de la partie, plus méca- nisme se dérange moins, elles tiennent moins de place, possèdent une plus grande variété de sons à grandeur égale et sont à meiUeur marche que les orgues a tuyaux.Faute d’espace, nous ne mentionnerons que six des principaux musiciens qui ont recommandé les orgues Vocaliou : Alexandre Gin huant, organiste de la Trinité, Paris ; Lrcdcnc Archer, l’éminent organiste ; Clarence Eddy, organiste de l’église presbytérienne Chicago ; Sir Arthur Sullivan, 1 eminent compositeur ; Xavier Scharwenka, pianiste de la Cour de l’empereur d’Autriche et Parmi orouto Chicago, Philadelphie, 1500 autres églises, institutions et particuliers possèdent des Vocaliou dont les prix varient de #500 à $5000, On peut examiner ces instruments^ les acheter à des conditions avantageuses et se procurer les catalogues illustrés, liste des prix et toutes autres informations à La Compagnie de Pianos Pratte Montréal SEULE DEPOSITAIRE Août 1898 L'HRT 7VYUSIC3AL.2(57 pST un piano droit d'excellente qualité, grand format, fabriqué par la “ Comi'Auxik Kouknnk,” do Now-York, qui so joue comme un autre piano.Ce qui le distinguo, c’est que, en ouvrant le panneau du millieu, on introduit un rouleau de papier perforé, comme pour l’Orgue Eolien, ce qui permet aux personnes qui ne sont pas musiciennes, de jouer n’importe quel morceau de musique.Les nuances les plus délicates se font au moyen de registres et des pédales.Avec l’Æriol, une personne qui aime à entendre certains morceaux de musique peut se procurer ee plaisir elle meme, sans avoir à attendre le bon vouloir de quelque musicien, pas toujours bien disposé.TOUT LE MONDE EST INVITÉ À VENIR VISITER CET INSTRUMENT MONTREAL CATALOGUES ILLUSTRÉS EXPÉDIÉS SUR DEMANDE.AUX SALLES DE PIANOS PRATTE Boites et Horloges a Musiaue Sumplionion PRIX DE $8.00 à $300.00 mm \£rpç.YM ; .a Brevetées dans tous les Pays.Le Symphonion est la seule boîte musicale dont les disques soient indestructibles.Le SymphOïlion est universellement reconnu pour être supérieur à tous les autres produits similaires comme volume et pureté de son.Le Symphonion possède des parties interchangeables manufacturées avec le meilleur matériel.Toutes les réparations peuvent èt ce faites avec moins de temps et moins de dépenses que pour n’importe quelle autre boîte à musique.Le Symphonion est manufacturé dans 70 styles différents.Le catalogue de musique contenant environ 5000 airs populaires ou sacrés peut être envoyé sur demande.Le Symphonion est également une horloge sonnant les heures avec airs de musique.Les airs se changent à volonté.•Nous venons de recevoir pour les fêtes un assortiment considérable de tous les styles depuis $8.00 jusqu’à $300.00.Hâtez-vous de venir faire votre choix.Catalogues illustrés expédiés sur demande.A ClE DE PIANOS PRATTE seule DEPOSITAIRE No.1676 Rue Notre-Dame, Montreal. 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