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Titre :
Le jardin littéraire illustré
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1898
Contenu spécifique :
mardi 15 février 1898
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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Le jardin littéraire illustré, 1898-02, Collections de BAnQ.

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Vol.I.PER J-18 Ex.2 Le 15 FEVRIER, 1898.No 3.l_E RPIN LITTERAIRE ILLUSTRE.Publication Bi-JWensuelle Paraissant le 1er et le IS de chaque mois.SOMMAIRE .Portraits de Victor Hugo.G.D’ESPARBÈS.—Le Bivac.V.HUGO.—La poupée de Cosette.E.MANUEL-—La Robe (récit).J.RAMEAU.—Yau.G.DROZ.—Ma Femme va au Bal.PAUL FÉVAL.—Le Bossu.LEMERCIER de NEUVILLE.—Le Dimanche d’Eugène, (monologue).Etc., etc.ABONNEMENTS, Canada et Etats-Unis: UN AN, - - $1.00 SIX MOIS, - - $0.60 Strictement Payable d’Avance.DUBREUIL & GOYETTE, Editeurs 17, rue Saint-Jacques, /VIontréal.0 ZE=>ri22: : 5 sous.Tél.Bell : 678.Tél.Marchands : 643.SI VOUS TOUSSEZ PRENEZ LE BAUME RNUMAL L’ENFANT PLEURE, XI veut sou A NOS LECTEURS.E premier numéro du “ Jardin Littéraire Illustré ” a obtenu un succès sans précédent et qui a même dépassé l’attente de ses éditeurs.Le public litté raire et intelligent de cette province a compris les sacrifices que nous nous efforcions de faire pour remplir un de ses désirs, et il nous a.donné son en couragement.L’intérêt des œuvres publiées, le choix des illustrations, le soin minutieux des détails, tout dans ce numéro ne pouvait que justifier ce succès et mériter l’accueil si empressé qu’il a trouvé auprès de tous les lecteurs.Nous avons voulu faire encore plus dans ce numéro, en employant un papier supérieur à celui du précédent tirage.Cette publication continue de paraître, tous les 15 jours, en un numéro de 48 pages, illustré de nombreuses gravures.Nos lecteurs auront donc chaque année près de 1200 pages de lecture, formant un volume tous les 6 mois, pour un prix des plus modiques.Rappelons que le “Jardin Littéraire Illustré” ne publiera que les œuvres les plus intéressantes, les plus morales et les meilleures parmi les plus récentes des auteurs contemporains.Envoi franco d’un numéro spécimen sur réception de 5 sous en timbres-poste canadiens ou américains.ABONNEMENTS:}^" (6 mois $1.00 0.60 Adresser les demandes accompagnées du montant à * LE JARDIN LITTÉRAIRE ILLUSTRÉ, 17, rue St-Jacques, Montréal, Can.HRGENT H PRETER Sur propriétés de Villes.Montants de $1,000, $2,000, jusqn’à $10,000 à 5,et 6 p.c.LECLERC & GOYETTE NOTAIRES.17 Rue St-Jacques, - - moRTRBRL.Téléphone Bell - - - 678 “ des Marchands 643 wm mal.,- wmê ill mm 'c&Æ&ï-: • a*.S84SS45 * - v; j^-v: SÉlÉft*^ FM*?f/ • ?.£»; LE HI VAC (Va, chauffe-toi,.) f end ant que les dix-huit mille hommes de Dupont mouraient de faim dans File de Caprera, Napoléon sentant que le Portugal lui échappait, prépara de nouvelles troupes et marcha vers l’Espagne.Ce n’étaient plus maintenant de faibles conscrits, sans poil ni jarrets, qui passaient les monts, l’Empereur avait appelé d’Allemagne trois corps d’armée di’nfanterie et plusieurs de cavalerie, tous composés de ces sombres hordes muettes dans les marches, ployées aux fatigues, vieillies à la victoire, habituées à la mort, et qui toutes s’étaient battues à Eylau, à Friedland.Ce n’était rien encore.Et pour frapper l’Espagne, pour l’émouvoir par un spectacle inattendu, il avait joint la Garde à son armée, cette Garde effrayante de silence qui, depuis des années, orgueilleuse et mélancolique, l’arme au seiD, rangée en gala, n’était plus que la spectatrice des batailles, que personne n’osait faire charger, tant on craignait de la perdre, et que, de capitale en capitale, Napoléon traînait à sa suite, comme une épouvante.Cette masse de cent mille hommes s’augmenta encore des divisions de jeunes soldats restés sur la ligne de l'Ebre et dans la Catalogne, ce qui devait porter l’effectif à deux cent mille.Quand ils aperçurent les troupes, les conscrits de la dernière campagne se ruèrent sur les chemins, pour les saluer.Au son des musiques, les régiments d’Iéna longèrent l’Ebre.— C’est bon, dirent les jeunes, voilà les moustaches grises.A peine arrivé, en effet, Napoléon lança de nombreuses colonnes, et tout ce qui voulut tenir devant elles fut exterminé.Les Espagnols, saisis de crainte à l’aspect de ces vieillards, mais non découragés, réunirent leurs troupes sous les murs de Burgos et osèrent attendre la bataille.Elle eut lieu le 9 novembre et ne fut pas longue.Enfoncés par un cyclone de poitrails, les ennemis s’enfuirent,— et Napoléon, vainqueur, prit la route de Madrid.* * * Un soir, dans la plaine d’Aranda, au bord d’une rivière, les Français firent halte pour bivouaquer.L’ombre tombait. LE BIVAC 99 De tous côtés, se prolongeant aux montagnes, mille bruits fugaces, un infini chuchotement d’où montaient des rires, des colères.D’innombrables feux scintillaient, et de longues fumées les enroulaient de halos bleus, s’évanouissaient dans la nuit qui se faisait plus odorante, mais plus froide.C’était l’heure de la soupe.Dans le carré des grenadiers de la Garde, surtout, les voix éclataient avec force.On avait pillé Lerma ; d’énormes gigots de mérinos, enfilés à des baïonnettes, rôtissaient au feu, — mais le régiment était debout, et des hommes sans peur, l’habit orné de la croix, tete nue et farouches, braillaient le long des flammes : — Moi, je demande un congé ! — C’est-i qu’on est soldat, ou pas soldat ! Quand on pense que pas plus tard que la dernière fois, tiens, à Burgos, ces petits navets de conscrits se sont moqués de nous.Un frisson dénoua les rangs, et un homme s’avança, couvert d’anciennes blessures, la face broyée en long et en travers par le signe de croix d’un sabre : —.On s’est pas battu depuis cinq ans.Il nous mène sous les bombes, avec nos fifres : “ A droite alignement.fixe ! bougeons plus.’’ On regarde mourir les amis, et l’affaire une fois enlevée, on nous rassemble encore : “A droite alignement.fixe ! Soldats de la vieille Garde, qu'il nous dit, vous êtes mes immortels ! ’’ Il a raison, et de ce train-là, si ça dure dix ans, nous mourrons tous dans des boîtes à plume ! — Immortels, gronda un autre, v’ià donc ce qui fait rire les conscrits.Le camp tout entier se rassemblait.Une foule d’ombres s’était massée aux lueurs, et d’atroces voix aboyaient à la nuit : — Faut lui conter ça.Toi, Ripart, t’iras dans sa tente.— .On demandera tous ensemble notre démission de la Garde et du titre d'immortels.— Et on reprendra du service ! — .Là où on se bat, — .et où on meurt, grogna un officier, grande et splendide brute qui n avait rien dit encore, mais qui approuvait d’un balancement de tête, énorme.Ace moment, derrière le groupe,-on entendit un pas qui s’ar rêtait, et une voix italienne, grave, un peu nasale, demanda : — Qui m’appelle '< D’un bond, tous les soldats se tournèrent.C’était l’Empereur.Petit, les mains dans le dos, la tête penchée en avant, il regardait ses soldats.Cette pose de fauve, d’oiseau d’ombre, ne laissait luire que son regard, son épée, sa croix, —et songeur, immobile dans les ténèbres, les épaules enfoncées comme à l’affût, quelque chose de sublime et d’aflreux s’exhalait de lui.Les hommes tremblèrent.— Qui donc voulait me parler 1 demanda-t-il.Aucun ne souffla. 100 LE JARDIN LITTÉRAIRE ILLUSTRE gjüëc jSÎ'f'Kî W: mm mmm 'i?* O .gs^ssi K -, ->v f'3 Napoléon sourit, fit quatre pas .dans le silence vers le feu, et allongea ses mains : __N’est-ce pas Ripart que je vois là, contre ce caisson 1 Pourquoi n’as-tu pas la croix 1 je te l’avais promise à Auerstaedt.— Il y a de ça deîix ans, dit Ripart.Et, machinal, étendit ses mains devant lui pour les chauffer.__Tu l’auras, fit l’Empereur.Et cet autre, le sous-lieutenant Champeaux 1 __Présent, Votre Majesté.Napoléon en nomma dix, au hasard.Il connaissait sa Garde par cœur., ., __Vous êtes mes meilleurs soldats, les plus braves du monde, dit-il.Il répéta encore : __.les plus braves du monde. LE BIVAC 101 Et, machina], étendit ses mains devant lui pour les chauffer.Quelqu’un dit tout haut : — lia froid.C’était un brigadier de dragons attiré vers la Garde par l’odeur des viandes, et que la vue de l’Empereur enfonçait en terre.Alors quelques soldats disparurent, et bientôt Ripart entra dans le cercle : — Mets-toi là, Majesté.11 le Il portait sur sa tête un fauteuil de damas, aux bois d’or, plaça devant le feu et l’Empereur, obéissant, s’assit.Des quatre coins de la plaine arrivaient des bandes noires que la lumière du foyer appelait, de loin.Des hommes s’en allaient, remplacés par d’autres, et l’Empereur, isolé, enfoncé dans son fauteuil, le regard bas, poursuivait son rêve sinistre.— Il n’y a plus de bois dans la plaine, et le feu va s’éteindre, dit le lieutenant.— Pas avec ça ! cria le dragon.Il montrait deux hommes, deux voltigeurs, qui, les bras chargés de caisses, précédaient un vaste chariot.— On va y en faire une flambée ! dit le premier.L autre enfonça les caisses, à coups de talon et se relevant, les bras pleins d’écharpes, il les jeta sur le brasier mourant.Au bout d’une minute, les flammes montèrent.— Un feu d’Empereur, dit Champeaux.D autres arrivaient, conduisant eux-mêmes les mulets, et ce fut le tour des mantilles.Rouges, bleues, noires, si fines qu’on les eût prises pour des miettes de nues, elles n’avaient pas le temps de tomber a terre ; un souffle d’or les relevait, les relançait en l’air au delà du cercle, en pluie de petites flammes.A ce moment, une folie empoigna les hommes, et tous bondirent aux chariots ! La était leur trésor, tout ce qu’ils emportaient en France du pillage de Burgos.L’Empereur, qui détestait la maraude, semblait ne pas les voir, fees mains, doucement, s’étaient appuyées aux genoux, son menton posait sur sa poitrine.—- Il dort.dit un homme.Et, faisant le tour du cercle, l'âme des soldats chuchota : — Il dort.Il dort.Un cuirassier jeta sa caisse ; elle était ouverte, pleine d’éventails.Ce bruit fit remuer l’Empereur.— Tu vas le réveiller., s’étrangla Champeaux.D un coup de poignet, il écarta le cuirassier, enfonça ses mains, et jeta sa brassée au vent dans un rire ! U y avait trois caisses pareilles ; on les vida et, lancés de tous côtés, s’éployant en l’air comme des papillons, les éventails tournèrent aux flammes.On les voyait surgir de l’ombre, luire tout à coup, avec leurs taureaux de piazza peint sur l’aile, et un joli mot dorait la nervure de leurs pattes : recuerdo, souvenir.Eventails de mandas, bijoux de, la paresse d’Espagne, par milliers s’élançant des 102 LE JARDIN LITTÉRAIRE ILLUSTRÉ 8pï|g®^ë: IM mwAmm.¦ -•XSS&A':* $WW
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