Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Journal de l'instruction publique, 1858-03, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Volume II.Montréal, (Bas-Canada) Mars, 1858- No.3.nffe fuBE*SPROm in A SOMMAIRE.Littérature: Poésie.—La fenêtre ouverte, traduit de Longfellow par ¦J; Le noir.Pâques, par le vicomte Walsh-—Un mol sur Jean de Muller, par M.h.de Fenouillet.— Education : Pédagogie : De l’emploi du temps dans les écoles par J.1.Rapet.— Exercices pour les élèves de< écoles.—Vers A apprendre par cœur.— Dieu publié par ses œuvres par Louis Racine.—Exercices de grammaire.— Aws Officiels.Nomination d’inspecteurs d’école.—Diplômes accordés par les bureaux d’examinateurs catholiques de Montréal, et de Québec et parles bureaux des examinateurs de Sherbrooke, et de Stanstead.—Bibliothèque du département de l’instruction publique.— Erection d’une municipalité scolaire.—Instituteurs disponibles.Editorial : A nos abonnés.—Raj>;«»rt du surintendant de l’instruc-tiou publique du Bas-Canada, pour 1866.—Revu.- bibliographique : Du rôle de la lamdlc dans l’éducation, par M.Théodore Bar mu.(suite et lin).—Petite revue ,n^IS“elle-7'NPUVELLB8T ET VAITS Livers : Bulletin de l’instruction publique.Bulletin des lettres.—Bulletin des sciences.—Bulletin des arts et des beaux art»._ Annonces.LITTERATURE.POESI13.ha Fenêtre Ouverte.1 raduit de Vanglais de H.TF.Longfellow.Le vieux logis, muet et sombre, Se cachait sous les tilleuls verts, Et le jour disputait à l’ombre Les sentiers de sable couver .s.J’allai m’asseoir sous la fenêtre, Et je dis : “où donc êtes-vous?” Mais je n’y revis plus paraître D’enfans rieurs aux regards doux.Auprès du seuil de la demeure, Un chien, gardant leur souvenir, S’étonnait de voir passer l’heure Sans qu’aucun d’eux pût revenir.Son œil où brillait la tendresse, Cherchait en vain sous les tilleuls Ses gais compagnons d'allégresse !.L’ombre y tendait ses noirs linceuls ! J’entendis gazouiller encore L'oiseau dont le chant familier Toujours éveillait, dès l’aurore, Ceux que je ne puis oublier ! Mais la voix des anges que j'aime, Voix qui charmait par ses doux bruits, Ne chantera, douleur suprême ! Que dans les rêves de mes nuits! Et, comme nous marchions ensemble, L enfant, qui suivait mon chemin, Disait : “ Oh ! que votre main tremble Qu’elle tremble en pressant ma main I’’ Montréal, Mars 1858.PAQUES.Voici le jour qu’a fait le Seigneur, le grand jour, le plus grand des jours des chrétiens, le jour de délivrance ! Aussi, il y a dans l’air, au-dessus des cités, au-dessus des campagnes, comme un grand cantique, comme un hymne de joie qui résonne.Des la première aube du matin, les cloches oui joyeusement annoncé la fête.La terre, depuis quarante jours enveloppée de pénitence et de deuil, ressuscite aussi à la joie ; et chacun sort de sa demeure avec ses plus beaux habits.Ce jour-là, nos plus vastes églises sont trop petites; car le.plus indifférents, en c.tte sainte journée, se croient dans l’obligation de venir à leur solennité.Il est vrai que la religion y a déployé toutes ses pompes ; les autels ont repris leur magnificence, leurs bouquets de fleurs, leurs reliquaires, leurs chandeliers d’or ; plus de voiles sur les saints, plus rien qui cache les anges adorateurs.L’encens fume à gros nuages dans le sanctuaire ; le velours et le brocart rouge revêtent les prêtres ; la mitre brille au front bu pontife, et la crosse resplendit dans sa main ; les cierges brûlent de chaque côté du tabernacle, que domine la radieuse eucharistie ; et les diacres et les sous-diacres, et les chanoines et les acolytes, et les chantres et les enfants de chœur, portent des flambeaux 3I ornés, et chantent ces paroles en faisant le tour de l’église, à trave.s Jes flots pressés de la foule; “ Un ange du Seigneur est descendu du ciel, et, renversant la pierre, il s’est assis dessus; puis, s’adressant aux femmes, il leur dit : Ne craignez point, car je sais que vous cherchez Jésus.11 est ressuscité; venez, et voyez le lieu où le Seigneur avait été couché.Alleluia ! Alleluia ! “ Et lorsqu’elles furent entrées dans le sépulcre, elles virent assis, au côté droit, un jeune homme vêtu de blanc ; et ce jeune homme, les voyant effrayées, leur dit: Ne craignez point, car je sais qui vous cherchez : il est ressuscité.“ Jésus-Christ étant ressuscité d'entre les morts, ne mourra plus désormais, et la mort n’aura plus d’empire sur lui.Il était mort pour le péché ; maintenant, c’est pour Dieu qu’il vit ! “ Il est mort une fois pour nos péchés, et il est ressuscité pour notre justification.“ Ne fallait-il pas que le Christ souffrit ce qu’il a souffert, et qu’il entrât ainsi dans la gloire ?“ Le Seigneur est sorti glorieux du tombeau.“ Pour l’amour de nous il avait été attaché à la croix, et le voilà ressuscité.Alleluia ! Alleluia.” C’est ainsi que les prêtres, en descendant du sanctuaire, en passant au milieu des fidèles, et dans la grande nef et dans les bas côtés, et dans l’abside, chantent au peuple la grande nouvelle de la résurrection.Ce mot alleluia, qui veut dire louange à Dieu, est devenu un mot chrétien, que comprend la foule chrétienne ; aussi il est répété par elle avec une sorte de saint délire ; et c’est quelque chose de saisissant d’entendre monter vers les vieilles voûtes de nos églises ce cri dont les Hébreux faisaient retentir les profondeurs de la mer, quand le Tout-Puissant leur ouvrit un passage au milieu des flots suspendus ! J.Le.noir. 38 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.C’est encore aujourd’hui un cri de délivrance, comme ce l’était alors.La mort et ia résurrection du Christ ouvrent aussi un passage vers une autre terre promise, vers le ciel où le Christ est monté.Après le jour du Sabbat qui avait suivi le jour de la mort du Sauveur, Marie Magdeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé, mèie des fils de Zébédée, qui, en descendant du Calvaire, avaient acheté des parfums pour embaumer le corps de Jésus, partirent de Jérusalem, le lendemain, de très-bonne heure, et arrivèrent à son sépulcre avant le lever du soleil.Elles portaient avec elles les parfums qu’elles avaient préparés.Mais comme elles approchaient du tombeau, elles se dirent l’une à l’autre: “ Qui nous ôtera la pierre scellée du sépulcre ?” Pendant qu’elles parlaient ainsi, la terre se mit à trembler fortement : c’était le moment où l’ange du Seigneur, descendu du ciel, renversait la pierre du tombeau.Cet ange avait le visage plus éclatant qu’un éclair, et sa robe avait plus de blancheur que la neige.Les soldats qui avaient été apostés à la garde du sépulcre virent cet ange et devinrent comme morts, tant ils avaient été saisis de frayeur.Les femmes, voyant la pierre ôtée, entré.ent dans le monument, et n’y trouvèrent point le corps du Seigneur.Alors leur surprise fut grande, et Marie Magdeleine se mit à courir, à redescendre à Jérusalem, pour avertir Pierre et Jean et les autres apôtres, de ce qui était arrivé.Pierre et Jean sortirent aussitôt de la ville et prirent en grande hâte le chemin du sépulcre ; iis couraient tous les deux ; mais Jean, qui courait le plus vite, arriva le premier; et, s’étant baissé a l’entrée du tombeau, aperçut les linceuils par terre.mais il attendit que Pierre fûi arrivé pour entrer avec lui.Lorsqu’ils y eurent pénétré, ils virent bien les linceuls dont on avait enveloppé le corps, et le suaire qu’on avait mis sur la face du Sauveur.Ils crurent tous les deux, ainsi que les femmes, qu’on avait enlevé le corps; car ils ne savaient pas alors ce que l’Ecriture enseigne: qu’il fallait qu’il ressuscitât d’entre les morts.Saisis d’étonnement, ils retournèrent à Jérusalem pour dire aux autres apôtres ce qu’ils venaieni de voir.Mais les femmes restaient à l’entrée du monument.Marie Magdeleine, se laissant aller aux larmes, pleurait beaucoup en regardant dans le sépulcre vide ; tout à coup dans ses ombres, elle vit deux anges vêtus de blatte, assis à l’endroit où avait été mis le corps de Jésus; l’un à la tête et l’autre aux pieds.Et les anges dirent à Marie Magdeleine : “ Femme, pourquoi pleurez-vous ?” Elle répondit: “ On a enlevé le corps de mon Seigneur, et je ne sais où on l’a emporté.” Au moment où elle disait ces mots, elle vit debout, tout près d’elle, Jésus, et il lui demanda aussi : “ Femme, pourquoi pleurez-vous?” Et comme le sépulcre était dans un jardin, Marie Magdeleine crut d’abord que cet homme qui lui parlait était le jardinier, et elle dit : “ Si c’est vous qui a.vez enlevé le corps de mon Seigneur, dites-moi où vous l’avez mis, et je l’emporteiai.” Jésus n’avait prononcé que ce mot : Marie, ! que déjà elle l’avait reconnu ; et, tendant les bras vers lui, elle lui cria: Rabboni ! c’est-à-dire, mon maître.“ Ne me touchez pas, ajouta le Sauveur; je ne suis pas encore remonté vers mon Père.Allez vers les disciples, et dites-leur ce que vous avez vu ; dites-leur que je monte vers mon Père, qui est votre père, vers mon Dieu, qui est votre Dieu.” Magdeleine alla dire aux disciples qui étaient dans l’affliction qu’elle avait vu le Seigneur, et leur r.pporta tout ce qu’il lui avait dit ; mais ils avaient l’esprit tellement abattu, qu’ils ne la crurent nas, quoiqu’elle affirmât qu’il était vivant et que ses yeux l’avaient vu.Les autres saintes femmes, toujours saisies de frayeur, se tenaient tremblantes près du sépulcre.Les deux anges leur dirent : “ Ne craignez point.Vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié: pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?il n’est point ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit.Souvenez-vous de ses paroles, alors qu’il était encore en Galilée : Il faut que le fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour ; venez et voyez.” Les saintes femmes se souvinrent en effet des paroles de Jésus, et, étant sorties du tombeau, agitées de joie et ne crainte, elles se hâtèrent aussi pour aller porter aux apôtres et aux disciples la grande nouvelle qu’elles venaient d’apprendre.• Comme elles marchaient vite, louânt Dieu au fond de leurs cœurs, Jésus se présenta sur le chemin devant elles et les bénit.11 y avait en lui tant de bonté et de mansuétude, qu’elles obèrent approcher de sa personne et lui baiser les pieds.Et la bouche du Sauveur s’ouvrit et prononça ces paroles : “ Femmes, ne craignez pas, et allez dire à mes frères qu’ils se rendent en Galilée ; ils me verront là.” Lorsqu’elles furent arrivées au cenacle, lieu où se tenaient les apôtres, elles leur redirent ce qu’elles venaient de voir et d’entendre ; mais leur paroles, comme celles de Marie Magdeleine, furent traités de rêveries.De leur côté, quelques-uns des soldats qui avaient été apostés à la garde du sépulcre allèrent à la ville, et rapportèrent aux princes des prêtres tout ce qui s’était passé.A la nouvelle de ces prodiges, les princes des prêtres s’assemblèrent avec les hommes de Pilate et d’Hérode pour aviser à ce qu’il y avait à faire, et il fut résolu pai les ennemis de Jésus, qu’une forte somme d’argent serait comptée à ces gardes, pour leur faire dire au peuple que les disciples du Nazaréen étaient venus nuitamment enlever le corps de leur maître.Les soldats ayant reçu cet argent, firent ce qui leur était commandé ; mais, malgré leur mensonge, la vérité fut connue : Notre-Seigneur apparut à saint Pierre et aux disciples d’Emmaus, et saint Thomas lui-même fut convaincu.Voici tout l’historique de lagrande fête de la résurrection, il y a dans ce récit, fait par les témoins oculaires, un ton de vérité irrésistible.Un homme assez malheureux pour ne vouloir pas croire serait obligé d’admirer tous les détails si naïfs et si purs de cette grande histoire.L’Eglise a dû joindre au souvenir de la résurrection de Jésus-Christ sa plus imposante solennité ; aussi elle a appelé cette fête le jour du Seigneur, la fête des fêtes, le jour de la délivrance.Saint Grégoire de Nazianze dit que la fête de la Pâque est autant au-dessus des antres fêtes du Seigneur, que celles-ci sont au-dessus des fêtes des saints.Le pape saint Léon disait qu’entre tous les jours que l’on honorait de quelque culte dans la religion chrétienne, il n’y en avait point de plus auguste et de plus excellent que celui de Pâques ; il le regardait comme le point capital de tonte la discipline de la grande république chrétienne, d’où dépenaait l’économie du culte divin et des sacrements de l’Eglise, parce que la résurrection du Sauveur est le fondement de notre religion, et que sans elle notre espérance est vaine.Et, en effet, nous eussions aimé le fils de Marie dans la crèche, nous l’eussions adoré avec les mages de l’Orient, nous l’eussions écouté dans le temple avec les docteurs, suivi dans la Judée avec ses disciples, admiré dans tous les miracles, que tout cela serait en vain s’il n’était pas ressuscité le troisième jour.C’est la pierre brisée du sépulcre qui crie plus haut que tout pour proclamer la divinité du crucifié du Calvaire.C’est ce passage du tombeau a la vie qui a fait donner à la fêle de la résurrection le nom de pascha, qui, comme chacun le sait, signifie passage.La Pâque des Hébreux, c’était le souvenir du passage de l’esclavage à la liberté.La Pâque des chrétiens, c’est te souvenir du passage de la mort à la vie, du passage des ombres i.u sépulcre aux gloires du ciel, du passage de la servitude du péché à la liberté des enfants de Dieu ! Quand les Hébreux eurent traversé la mer au milieu de ses flots divisés et immobiles, quand ils se retrouvèrent sur l’autre rive, séparés, délivrés de leurs ennemis ; alors ils sentirent une grande joie, et, dans un saint enthousiasme, ils chantèrent au Seigneur des hymnes de délivrance Les chrétiens, le jour de Pâques, font entendre des chants pareils ; iis chantent : “ Peuple, prosterne-toi, adore la victime pascale, adore l’agneau qui sauve les brebis ! “ Adore le Christ qui reconcilie la terre avec le Ciel ! u Oh! quel merveilleux duel entre la vie et la mort! “ Le maître de la vie meurt, mais la mort sera vaincue, et le cru-cifîé reprendra la vie, comme un vêtement qui lui appartient et ou d n’avait fait que déposer ! , « Qu’as-tu vu, Magdeleine?dis-nous, qu’as-tu vu sur le chemin.“ J’ai vu le sépulcre du Christ vivant ; j’ai vu la-gloire du Christ ressuscité ; j’aiVu les anges, témoins célestes, avec leurs robes éclatantes de blancheur, me montrer le tombeau vide ; je les ai entendus me dire: Il u’esl plus ici._ “ Le Christ, mon espérance, est ressuscité d’entre les morts, vous précède en Galilée.“ La terre a tremblé, et s’est tenue dans le silence lorsque Dieu s’est levé pour rendre son jugement.” Tout l’office de cette grande solennité respire l’allégresse el I enthousiasme, mais les cérémonies n’ont rien d’cxtraordiuaiie, u orand’messe et les vêpres ressemblent à celles des autres grenue' fêtes : il n’y a de plus dans le sanctuaire que le cierge pascal ; le JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.39 soir, il est porté avec solennité tout autour de l’église, et je vous assure que, pour ceux qui savent quel est ce symbole et ce que représente ce cierge dont la grosse flamme va brillant au-dessus de toutes les têtes de la foule, il y a à penser et à réfléchir.Ce qui a civilisé le monde, c’est la lumière de la foi, la lumière dont le cierge de Pâques n’est qu’une ombre.Pour éteindre cette flamme qui nous venait du ciel, quels efforts n’a pas faits l’enfer! Quand vous êtes dans l’église, vous voyez le cierge pascal partir d’auprès de l’autel, vous le voyez s’avancer dans le sanctuaire, en descendre les marches, puis, en tournant pour entrer dans les bas côtés, tout à coup la lueur sacrée disparait derrière un faisceau de colonnes ; mais bientôt elle reparaît sous l’ouverture d’une ogive; un peu plus loin, elle se cache derrière u’autres piliers ; à quelque distance elle se montrera de nouveau; et enfin, vous la verrez revenir resplendissante aux côtés de l’autel.Ceci nous semble une image fidèle des vicissitudes qu’a traversées le flambeau de la foi chrétienne ; par moments il a brillé d’un grand éclat; par moments sa lueur s’est cachée, mais elle ne s’est jamais éteinte ; et, à la fin des temps, elle remontera pure et étincelante au ciel, comme le cierge pascal revient aux côtés de l’autel.Pendant la procession du cierge, les prêtres chantent ; Lorsque Israël sortit de l’Egypte et que la maison de Jacob 11e fut plus sous le joug d’un peuple barbare ; La mer vit sur ses bords le peuple délivré, et recula.Le Jourdain vit Israël, et remonta vers sa source ; Les montagnes bondirent comme des moutons, et les collines comme des agneaux.Mer, pourquoi reculas-tu ainsi ?Jourdain, pourquoi remontas-tu vers ta source ?Montagnes, pourquoi bondissiez-vous comme des moutons ?Collines, pourquoi bondissiez-vous comme des agneaux ?La terre s’est ébranlée à la vue du Seigneur, à la vue du Dieu de Jacob.C’est le Seigueur, c’est le Dieu de Jacob qui changea la pierre en une source d’eau, et les rochers en courants d’eaux vives.Ce n’est pas pour nous, ô Seigneur ! ce n’est pas pour nous, c’est pour la gloire de votre nom ! Manifestez votre miséricorde et votre vérité, pour que les nations ne disent plus : Où est leur Dieu ?Notre Dieu ! il est dans le ciel ! tout ce qui existe a été fait par notre Dieu.Les idoles des nations ne sont que de l’or et de l’argent : elles 11e sont que l’ouvrage des mains des hommes.Elles ont une bouche et elles ne parlent pas ; elles ont des yeux et ne peuvent voir.Elles ont des oreilles et ne peuvent rien entendre ; elles ont des narines et ne sentent point.Elles ont des mains et ne sauraient rien toucher; elles ont des pieds et ne marchent pas, un gosier et ne peuvent crier.Puissent leur ressembler et ceux qui les ont faites, et ceux qui ont confiance en elles ! Pour la maison d’Israël, elle a mis son espérance dans le Seigneur.Le Seigneur est son protecteur et son appui.La maison d’Aaron espère aussi dans le Seigneur, et le Seigneur la protège.Le Seigneur s’est souvenu de son peuple et l’a béni.” Dépareilles paroles d’allégresse et de triomphe vont bien à la solennité de Pâques, et nous avons vu des hommes de génie et de cœur transportés d’enthousiasme, en écoutant des milliers de chrétiens chantant, sous les voûtes d’une de nos vieilles églises, le cantique des Israélites délivrés.Après cette poésie des psaumes, l’Eglise, le jour de Pâques, a encore son hymne de ; O FILII ET FILIIE ! ^°s pères ont composé, pour cette histoire rimée de la résurrectior un air que savent nos enfants et que chanteront nos arrière-neveux n.je ne connais pas de cœur si froid qui ne batte mieux quan ous les fidèles, répondant aux voix pures et sonores des chorislei repetent le refrain Alleluia ! Alleluia ! I fis ®chos de nos cathédrales, de nos églises de villages, de 110 Jles des hameaux, répètent bien cet air qu’ils savent depui Pour une solennité comme celle de Pâques, la piété de 110s père avau pu se contenter d’un seul jour ; aussi le lundi et le mardi qu Rivent le dimanche de la résurrection, furent longtemps des fête ugation.Aujourd’hui ces doux jours ne sont plus solennelle q chômés ; mais le peuple les sanctifie encore.co e ^ei|nP3 de Pâques n’a pas que des réjouissances religieuses iour >a *®te ^ *a résurreoti°u vient avec le retour des beau: ls, c est le moment où les artisans, les ouvriess des villes, on besoin de respirer hors des rues étroites et des enceintes de pierre ; la nature, qui a été pendant l’hiver comme morte sous son suaire de neige, semble aussi ressussiter à cette époque de l’année : aussi c’est le commencement des fêtes hors des cités.Le peuple va chanter l’hymne 0 filii et filiæ ! dans les églises des champs, et dîner au village.C’est le temps où le père et la mère de famille habillent les enfants à neuf ; le temps où les magistrats, les hommes d’affaires et les écoliers ont de courtes vacances.Ces jours qui avoisinent Pâques ont été trouvés trop saints pour que le travail pût y avoir place.Noël a eu sa joie sous les nuages gris et pluvieux de décembre et auprès des foyers ; Pâques a ses réjouissances quand les arbres commencent à bourgeonner, quand les primevères épanouissent leurs fleurs et quand le ciel se tend de bleu.Alors que nous passons en revue toutes ces saintes allégresses que le catholicisme répand sur notre vie, nous 11e pouvons nous empêcher de plaindre du fond de notre cœur les hommes sceptiques et froids qui ne chôment pas nos fêtes ; ce n’est pas pour eux que j’écris ; ceux à qui je dé lie mon livre ne dédaignent point les joies pures qui viennent d’en haut; au contraire, ils les recherchent.Eux ne veulent point des froides ombres de la mort, eux croient à la RESURRECTION.Non-seulement à la résurrection de Jésus-Christ, mais à la résurrection de la société.Oui, nous le prédisons hardiment, la société 11e restera point ce qu’elle est aujourd’hui, on aura beau vouloir la faire rester dans les sombres régions de la mort ; on aura beau aposter des gardes pour l’empêcher de sortir du tombeau ; elle en renversera la pierre, elle en brisera les scellés, elle en sortira radieuse, et déployant au souffle du ciel l’étendard de la croix.Car c’est par ce signe qu’elle aura vaincu.Nous qui croyons fermement que ce grand Jour de résurrection se leverasur le monde, tâchons, hommes de bonne volonté, d’en hâter la venue.Le pécheur, vous le voyez par moi, peut travailler à amener ce beau jour, il n’y a pas que des mains saintes qui travaillent à reconstruire le temple.Allons donc par le pays, et quand nous verrons le scepticisme grandir ; quand on ne voudra plus croire que ce que l’on pourra expliquer, quand l’orgueil s’irritera de tout mystère ; quand on ne reconnaîtra qu’à grand’peine le spiritualisme de l’âme, parce que, ainsi que le corps, on ne pourra la disséquer ; Quand nous verrons des hommes prendre des airs fiers, enfoncer bien avant leur chapeau lorsqu’une croix portée par un prêtre viendra à passer près d’eux ; Quand ou mettra stupidement une statue profane, au lieu du signe du christianisme et de la résurrection, sur la cendre des morts ; ° Quand nous verrons de telles choses, nous crierons: Antique foi de nos peres ! croyances sacrées ! sortez d’entre LES MORTS, RESSUSCITEZ ! RESSUSCITEZ ! Quand les sectaires de l’égoïsme professeront hautement leurs desséchantes doctrines ; quand ils hausseront les épaules en entendant raconter un trait de dévouement ; quand ils ricaneront des devoirs et des sacrifices ; quand les turpitudes de la morale des intérêts, comine les flots d’un océan de boue liquide, s’agiteront, gros-siront, s’élèveront et menaceront de couvrir la société, alors, invoquant bien haut la morale des devoirs, nous crierons de toutes nos forces : Nobles doctrines d’abnégation, grands dévouements, ge e- REUX SACRIFICES ! SORTEZ ! SORTEZ d’f.NTRE LES MORTS ! RESSUSCITEZ, RESSUSCITEZ ! A nous ! on voudrait faire une patrie toute neuve, toute dépouillée de traditions, toute rase de monuments ; si nos pères ont eu de la renommée, il faudrait l’oublier; s’ils ont eu de glorieux tombeaux on ne nous en laisserait que la poudre ; tout ce qui daterait desâ^es chrétiens devrait être comme s’il 11’avait jamais été ! Voilà la volonté des impies; oh ! nous ne nous soumettrons point à ce stupide vouloir.1 Nous regretterons dans nos campagnes les vieilles abbayes, avec leurs hauts clochers, leurs ogives, leurs arceaux, leurs cloîtres et les pinacles de leurs toits ; les chateaux forts, avec leurs faisceaux de tours, leurs profonds fossés, leurs ponts-levis et leurs herses menaçantes ; et quand nous verrons la bande sacrilège et noire porter des mains vandales sur ces fleurons de la France catholique; quand nous marcherons sur la poussière blanche de tous ces monuments, nous nous écrirons : Saints ermites, pieux pèlerins, vaillants chevaliers, poursuivants d’armes, BARDES, TROUVERES, TROUBADOURS, SORTEZ o’f.N-TRK LES MORTS ! RESSUSCITEZ, RESSUSCITEZ ! C’est à la résurrection de ce qui était saint et de ce que l’on a 40 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.tué, qu’il faut que le vrai chrétien travaille.Eh ! mon Dieu ! nous savons bien que ce n’est point en criant aux rois, aux pontifes, aux ermites : ressuscitez ! ressuscitez ! que nous les ferons se lever de leurs lits de marbre ou d’argile; nous savons bien que ce n’est pas la voix des hommes qui peut crier assez haut pour réveiller les morts ; mais ce que nous pouvons, ce que nous devons faire, c’est de remettre en honneur les principes, les doctrines de religion, d’honneur, de franchise et de loyauté ; rendons au présent ce qu’il y avait de bon dans le passé, et ce sera assurer le bonheur de l’avenir.Et quand nous nous serons mis à l’œuvre, ne nous rebutons pas.Alors que nous rencontrerons des obstacles, souvenons-nous, nous qui voulons obéir à ce que le Dieu de nos pères a commandé, nous qui voulons que la société soit, comme les maisons des enfants d’Israël, marquée du sang de l’agneau pascal, pour que le Seigneur irrité ne la décime plus, souvenons-nous que les Hébreux, dans la Pâque, étaient debout, les sandales aux pieds, les reins ceints, 'e bâton à la main ; imitons-les, soyons prêts à nous mettre en marche ; souvenons-nous que nous sommes voyageurs, que la mollesse et les délices du repos ne sont point faits pour celui qui veut atteindre le but qui lui a été marqué ; et si sur notre chemin nous trouvons beaucoup de laitues sauvages ; c’est-à-dire beaucoup de choses ameres, ne murmurons pas, ne nous rebutons pas pour cela ; Dieu n’a pas dit que le voyageur, sur cette terre, ne serait nourii que de lait et de miel.Les fêtes catholiques font plus que de réjouir les âmes chrétiennes qui les célèbrent ; elles les rendent meilleurs ; elles ne répandent pas que des fleurs sur la terre, elles y font germer les semences du ciel et mûrir des fruits pour l’éternité.Vicomte Walsh.lin mot sur Jean de Muller.'• Plutôt manger du pain noir, trempé dans de l’eau, que de commettre une seule action, indigne de la noblesse de notre âme.” J.de Muller.i.Nous croyons taire un vrai plaisir aux nombreux lecteurs du Journal de l’Instruction Publique, en leur disant quelque chose aujourd’hui d’un homme peu connu de ce côté de l’Atlantique, mais qui est en grand renom dans le vieux monde, à cause surtout de son Histoire de la Confédération Helvétique, livre savant et consciencieux, qui l’a fait appeler à bon droit le Thucydide de la Suisse.La vie de cet éminent historien a été laborieuse et diversement éprouvée ; elle devait se ressentir nécessairement de toutes les perturbations profondes qui marquèrent les temps où elle s’est accomplie.La révolution de 89, les guerres de la Républiaue et de l’Empire furent le milieu brûlant, dans lequel Jean de Muller se trouva pris, parmi tant d’autres hommes puissants mêlés comme lui, de près ou de loin, au bouillonnement de toutes ces transformations politiques et sociales.Quelques hommes passionnés ont accusé Jean de Muller d’avoir manqué de courage politique, de n’avoir pas su résister surtout aux entraînements de l’ambition, aux séductions de la puissance, d’avoir même sacrifié le devoir, sa propre dignité d’homme à Napoléon, le vainqueur du moment.Mais c’est là une évidente calomnie ; et pour ceux qui ont étudié à fond la vie de Jean de Muller, il restera bien prouvé que jamais il eut la moindre envie quelconque de transiger avec les nobles enseignements du devoir.S’il fut une fois le dignitaire de Napoléon, comme il avait été tour à tour le conseiller intime de l’Electeur de Mayence, Charles Frédéric, le bibliothécaire et le conseiller anobli de Léopold II, Empereur d’Allemagne, n’est-ce pas pareequ’il était grand par la science, et qu’en le glorifiant à ce titre, les princes voulaient récompenser les labeurs et les mérites du talent ?Qui donc, par conséquent, se pourrait étonner de voir les grands du siècle se hâter autour d’un homme qu’ils s’estimaient si fiers eux-mêmes d’attacher à la fortune et aux gloires diverses de leur propre vie ?IL Jean de Muller naquit à Schaffhouse, canton de ce nom, (Suisse.) en 1752 et mourut en 1809.Il enseigna d’abord les Balles-Lettres à Schaffhouse, sa ville natale, puis l’histoire à Genève et à Berne, et commença dès 1780 l’Histoire de la Confédération Helvétique qui a fait sa grande réputation.Il a publié en outre une histoire universelle, livre posthume qui révèle bien çà et là les grandes qualités de l’écrivain, mais qu’on estime bien inférieur à l’Histoire de la Confédération Helvétique.Ses œuvres complètes ont été réunies par son frère à Tubingue, en 28 volumes in-8o.On doit à Mr.Charles Mounard et à son ami M.Vuilliemin, l’un et l’autre écrivains distingués de l’école de Lausanne, le premier actuellement professeur de littérature fiancaise à l’Université de Bonn, la traduction en français de l’Histoire de la Confédération Helvétique, écrite en allemand par Jean de Muller ainsi que son Histoire universelle.Jean de Muller était un travailleur intrépide, penché constamment sur son œuvre et y dévouant le meilleur de son âme et de son temps, malgré les sollicitudes de toute espèce, politiques, administratives ou autres qui l’attachaient à l’entour des princes, ses amis ou protecteurs particuliers.La politique ne fut que l’accident de sa vie ; elle ne lui servit de rien, il n’y sut pas même trouver ces honorables profits qui sont le légitime salaire du savant et qui assurent l’indépendance de son lendemain.Il fut pauvre ou besogneux toute sa vie, et sa longue correspondance avec son frère, toujours si cordiale et si loyale, prouve le fait surabondamment ; peu d’esprits, en effet, furent plus dénués de ce qu’il faut pour la pratique des affaires.Jean de Muller avait d’autres besoins, d’autres aspirations, un autre but.L’amour de la patrie, la gloire de la patrie le possédaient sans cesse et presque tout entier.Il voulait écrire l’histoire de la vieille Suisse, y attacher son propre nom, s’elever et grandir avec elle dans la mémoire des hommes ; et quel homme plus digne et plus préparé que Jean de Muller pour une semblable entreprise ?Oui, s’il est vrai, comme il l’a dit lui-même : “ que la direction constante de toutes les forces de l’âme vers un seul grand objet, est le moyen infaillible et unique d’exécuter de grandes choses,” cette vérité emprunte une puissance nouvelle en l’appliquant à Jean de Muller tout particulièrement ; car, pour lui ce grand objet, c’est l’histoire : l’histoire, c’est sa vocation, son domaine, sa destinée; il lui dévoue de bonne heure, tout ce que Dieu a mis en lui d’intelligence et de volonté.Aussi, quand des esprits de cette trempe se mettent à l’œuvre, ce qui sort de leurs spéculations profondes, s’appelle glorieusement tantôt l’Histoire de la Confédération Helvétique, tantôt l’Histoire de lu conquête de VAngleterre par les Normands, une autre fois l’Histoire du Consulat et de l’Empire—trois merveilleux chefs-d’œuvre qui ont pris grande place dans l’estime des hommes, et qui transmettront d’âge en âge les noms respectés de Jean de Muller, d’Augustin Thierry et d’Adolphe Thiers.III.h’Histoire de la Confédération Suisse dont nous voulons seulement parler ici, est le livre d’une belle intelligence, qui s’est nourrie des fortes leçons de l’antiquité, qui s’est inspirée de tous les nobles enseignements de la science moderne, qui s’est mûrie sur-tout dans l’expérience des choses de la vie.Le livre de Jean de Muller est en même temps le livre d’un cœur droit et ému qui aime la vérité de l’histoire et la patrie, par dessus toutes choses : “ Non, non, disait-il un jour, en écrivant à son frère, je ne con-“ sentirai jamais, même pour tout l’or du monde, à écrire un men-« songe, ou à soutenir des propositions avancées, seulement paice-“ qu’elles sont anciennes et généralement admises : Jamais on ne les teUres et les arts.Plus tard, dans m ‘ale avail! n.1 1 ?“SUre colcbrc> M- ïlli91's et avec lui toute l’opinion libé ses |j.p .'J e .provoquer contre les Jésuites des mesures rigoureu 'lécliVméL1!.Kav'gllau opposa sa popularité personnelle aux fiaîne suites un! 3„contrc Ba compagnie et publia son livre de VJixistence des Jé i l , comme tousles actes de courage en France, eut un grandsuccès Si les pauvres ont eu, comme l’a dit Mgr.d’Orléans, les prémices de son apostolat, ils en ont eu aussi les derniers efforts.Dans ces derniers temps, lorsque ses forces déclinaient, il avait renoncé’à donnei des conférences; il avait même .énoncé à la retraite pascale; mais il voulait parler encore et consacrer à Dieu les derniers accents d’une voix qui s’éteignait.Il avait prêché une station du carême à la Ccur ; le carême suivant il alla se proposer pour prêcher aux vieillards d’une (les maisons des “ Petites Sœurs des Pauvres.” La seule condition qu'il demanda fut celle du secret.Il lui fut gardé religieusement, et les pauvres vieillards ignorèrent le nom et la gloire du prêtre qui les évangélisait ; ils ne se doutèrent pas qu’ils jouisf aient alors d’une faveur que la plus brillanle société eût enviée.Son dernier travail fut une retraite donnée aux Carmélites de la rue de Messine, au mois de novembre dernier.Ce fut vraiment le chant ducygne.Le prédicateur était mur pour l’éternité.La retraite achevée, le 13 décembre, fête de son patron, il ressentit les premiers atteinte du mal qui vient de l’enlever —M.Franz Stevens, auteur des Poésies Nationales, fils de M.Stevens, chef de bureau au ministère de la guerre à Bruxelles et frère de M.Paul Stevens principal du collège de Chambly, vient de mourir, à l'âge de 25 ans.C’est un beau talent moissonné dans sa fleur.Sa dernière pièce de vers que publie un journal Belgë, était adressée à M.Rogier, ancien instituteur et maintenant ministre.C’était un appel en faveur de la veuve du piemier maître d’école du poète, mort il y avait seulement quelques jours dans une grande indigeoce.Nous y remarquons ces vers : Laissons là maintenant ce sage en son tombeau, L’if, sous lequel P dort, est encore assez beau ! Indigent résigné, durant sa vie austère, Hélas, il n’eùt jamais tant d’ombre et tant de terre ! On dit qu'avant septembre et ces jours de progrès Où tu vins noblement prendre place an Congres, La Révolution de qui tu fus l’idole, Pour te faire tribun, te prit maître d’école, Et qu’enfin devenu tout puissant dans l’Etat, Tu n’as jamais rougi de ton premier état.Rogier, à t’implorer, c’est ce qui me décide— Le pouvoir quelquefois nous fait le cœur aride .Mais puisque ta jeunesse a connu te malheur, Puisque tu la comprends cette immense douleur, Puisque l'âpre destin dont j’ai tracé l'image, Au printemps de ta vie eût été ton partage, Puisque Dieu t’a placé près du trône des Rois Pour aider et venger tes frères d’autrefois, Sur cette pauvre femme épuisée et flétrie Entends pleurer ma muse en tou âme attendrie.M.Franz Stevens venait d’être Domrné professeur de littérature à l’école militaire.Les élèves de cette école, le général commandant, plusieurs ministres et une foule de citoyens assistaient à ses funérailles.On a formé uue souscription publique pour lui élever un monument.—“ En le perdant, dit un journal de Bruxelles, la Belgique perd un vrai poète.Il avait toutes les qualités qui font l'homme grand : l’exaltation, l’exubérance de sentiment, la pensée nette et claire, le rbyth-me d’une sonorité éminemment musicale, la rime sans recherche, et, au-dessus de tout, il possédait ce tact exquis qui fait choisir entre les pensées grandes et belles les plus belles.” L'école sociale et littéraire à laquelle il appartenait est bien loin d’avoir nos sympathies, ; mais nous n’en déplorons que plus vivement la mort prématurée d’un jeune homme qui, nous n'eu doutons pas, eût fini par marcher dans la voie meilleure, que suit ici son estimable frère.—M.Emile Augier vient de prononcer son discours de réception à l’Académie Française, où il a été élu comme on sait pour remplacer M.de Salvandy.M.Pitre Chevalier, dans son Musée des Familles, dit : “ Cette réception était la fête de la jeune littérature.D’ordinaire, quand un nouvel élu décoré des palmes vertes se dresse au banc de l’Institut devant le pupitre des récipiendaires, c’est un vieillard en cheveux blancs, voire en perruque, ou tout au moins un personnage mûr, arrivé à la saison de la retraite et du repos.Son discours académique est habituellement son dernier ouvrage et il s’endort le lendemain, dans son fauteuil, du grave sommeil de l’immortalité.Celte fois, l’assemblée plus nombreuse et plus brillante que jamais a vu se lever dans le glorieux uniforme un beau jeune homme aux cheveux bouclés, à la barbe toutfue, au regard vif et.pur, à la taille souple et vigoureuse, à l’attitude modeste mais assurée : rappelant, comme l’a remarqué chacun, la figure historique à la fois martiale et goguenarde du Béarnais qui devint Henri IV.Et au lieu de chanter à l’Institut son chant du cygne, celui-ci avait livré et gagné la veille une de ses plus grandes batailles : la comédie de la jeunesse, applaudie à l’Odéon par tons les âges.Entrer ainsi à trente-sept ans à l’Académie française est un fait aussi curieux dans l’histoire des Quarante que l’entrée de Louis XIV au parlement dans l’histoire de la monarchie.Qu’avait donc fait M.Emile Augier pour mériter une gloire si rare et si insigne ?Il avait fait la Cigiie et Gabrielle.Il avait flétri dans la langue des anciens et des dieux les deux grands fléaux de notre époque : la débauche, mère du doute et du suicide ; le roman conjugal, père des crimes et des malheurs de famille.M.Emile Augier est né à Valences en 1820, mais il est venu à Paris à huit ans et il a fait ses études au collège Henri IV.Il eut la bonne fortune d'y rencontrer le duc d’Aumale, avec lequel il resta lié et qui IR de 52 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.lui quelques années plus tard son bibliothécaire.La charmante camaraderie d'Alfred de Musset et du duc d’Orléans se renouvela ainsi entre un autre fils de monarque et un autre fils de bourgeois.Ces amitiés doublent de prix et d’honneur quand elles survivent aux révolutions; c’est ce qui est arrivé entre le duc d’Aumale et M.Emile Augier.” —Le premier volume du grand dictionnaire historique de la langue française, qui a coûté unbien loug travail, est en voie de publication.La première partie contiendra 400 pages in-4o et ce n’est que le quart des matières rangées sous la lettre A ! ! —Le nombre des bibliothèques publiques à Paris est de 33, sans compter les bibliothèques de paroisses, ni les nombreux et dangereux cabinet de lectures que l’on rencontre à chaque pas.La bibliothèque impériale contient 1,400,000 volumes imprimés.300,000 brochures et 80,000 manuscrits.La bibliothèque de l’Arsenal, la plus digne ensuite d’attention, contient 220,000 volumes et 6,000 mauuscrits.Viennent après : la bibliothèque Mazarine et la bibliothèque Ste.Geneviève avec 150,000 volumes chacune, la dernière possédant en outre 4,000 manuscrits.La Sorbonne contient 80,000 volumes, la bibliothèque de la cité 65,000 et 3000 manuscrits.Les autres sont en moyenne de 40,000 à 8000 volume.Le nombre total de volumes contenas dans toutes les bibliothèques est de plus de 1,T00,000.Elles sont toutes plus ou moins accessibles au public.BULLETIN UES SCIENCES.—Le congrès scientifique de l’Allemagne siégera à Carlsruhe, à la fin de Septembre 1858 : le congrès scientifique de France ouvrira sa 25e session à Auxerre, le deux Septembre, la ville de Troyes qui avait obtenu d'être le siège de cette session se trouvant dans la nécessité de réclamer un ajournement ; le congrès scientifique de l’Amérique du Nord devra s’ouvrir à Baltimore, dans le Maryland, en avril prochain.Ce sera la onzième session.Le congrès Britannique se tiendra à Aberdeen, eu septembre.—M.Laurent, élève distingué de l’Ecole marseillaise, vient de découvrir la 51e planete télescopique.Cette découverte a été faite à Nimes à l’observatoire particulier de M.B.Valz.On a donné à la nouvelle planète le nom de Nemausa en l’honneur de la ville et de la fontaine du dieu Nemausus.Cette découverte est le premier succès obtenu d'après de nouvelles cartes célestes que M.Valz avait proposées à M.Laurent qui les avait entreprises seulement depuis quelques mois.—Nous recevons de M.Bouillet, auteur d’un grand nombre d’ouvrages et principalement d’un “ dictionnaire d’histoire et de géographie,” et d’un :1 dictionnaire des sciences, des lettres et des arts,” qui ont déjà eu plusieurs éditions, une lettre, dont nous croyons devoir publier l’extrait suivant, qui contient un témoignage précieux, rendu à la grande entreprise de M.Lovell.“ Paris, 8 Mars 1858.J’ai reçu le Canada Directory que vous avez eu la bonté de m’envoyer : quoique je ne me connaisse aucun titre personnel pour mériter un si magnifique cadeau.Je dois croire que vous avez voulu par là encoura-ger°l’auteur de quelques ouvrages destinés à l'éducation de la jeunesse et en même temps lui fournir les moyens de rectifier et de compléter son Dictionnaire Universel (iHistoire et de Géographie.Si telle a été votre intention, Monsieur, soyez bien assuré que vous n’aurez pas affaire à un ingrat et veuillez agréer tous mes remereîments.Soyez assuré aussi que le sacrifice que vous avez fait d’un exemplaire du Canada Directory ne sera pas perdu ; car, non seulement, je compte bien le mettre à profit pour une nouvelle édition que je prépare de mon u dictionnaire d’histoire et de géographie,” mais je me propose en outre de présenter l’ouvrage à la société de géographie de Paris,” dont je fais partie et d’appeler l’attention des membres qui s’occupent de statistique sur les renseignements si précieux et si abondans que renferme cette mine inépuisable.J’ai surtout remarqué pour ma part, en ma qualité de membre de 1 Université, l'article si étendu et si complet qui a été consacré dans cet annuaire à l'éducation publique” .BULLETIN DES ARTS ET DES BEAUX-ARTS.morts depuis que le diocèse a été rendu au culte.On sait que, pendant la Terreur, ces caveaux ont été profanés, les cadavres jetés à la voirie, et le plomb des cerceuils porté ù l’Arsenal pour y être transformé en projectiles de guerre.Après avoir pieusement déposé dans une chapelle les restes des six archevêques, dont deux sont morts assassinés, on a poussé les fouilles plus avant et plus près du maître-autel.Là, on a rencontré les tombes de MM.de Beaumont et de Harlay, et une caisse en plomb sans inscriptions, qui renferme sans doute le cœur et les entrailles de M.Choiseul.Un peu' plus loin se trouvaient difl'érentes autres sépultures ; elles contenaient des religieux, des prêtres, de grands personnages et des prélats.Dans ccs dernières, on a recueilli un anneau épiscopal en cuivre, une crosse en bois tombée en poussière, et une seconde crosse en bronze, charmante œuvre du treizième siècle, ciselée et d’un travail exquis ; elle a pour motif la Présentation, et se compose de trois délicieuses figurines.Toutes ces tombes, construites en plâtre, reposent sur une vingtaine de petits supports de même matière, destinés sans doute à isoler du sol et à préserver de son humidité les cercueils en chêne auxquels se trouvaient confiés les dépôts funèbres.Une couche de plantes aromatiques servait de lit aux morts, à l'exception toutefois d’un moine qui gisait sur de la paille.Enfin, on est arrivé à une autre tombe, de même nature, fermée par de; dalles.A côté de la dépouille humaine qu’elle renfermait, se trouvaient un Agnus en argent et un anneau d’or, d’une grande simplicité, dans lequel était serti un saphir ; enfin, sous la tête, un sceau en argent.Grand, de forme ovale, d une conservation parfaite et admirablement gravé, ce sceau représente une femme assise sur un trône, dont la forme rappelle le fameux siège de Dagobert, conservé au Musée du Louvre.De la main gauche elle tient un sceptre surmonté d’un losange , de la droite un lis ; non pas le signe héraldique qui caractérise l’antique blason des rois de France, mais une fleur véritable, un des lis des champs dont parle le Rédempteur, et qui, dit-il, ne travaillent ni ne filent ; enfin, autour de cette figure, on lit l’inscription suivante : Isabella regina Francorum Dei gratiâ.Cette poussière, a vain reste de ce qui n’est plus,” comme dit Bossuet, a été Isabelle de Hainant, fille du comte Beaudoin V, niece de Philippe d’Alsace, regent de France.Issue du sang carlovingien, femme de Philippe-Auguste, mère de Louis VIII, mariée et sacrée à baint-Denis, en 1180, et morte en 1189, dans tout l’éclat de la jeunesse et d’une beauté dont les chroniqueurs et la tradition vantent l'incomparable perfection.D’après les restes que contenait la tombe et d’après les proportions de cette même tombe, la taille de la reine Isabelle devait dépasser de beaucoup la taille ordinaire des femmes.Sans doute reposaient à ses côtés les deux enfants jumeaux morts en naissant, qui coûtèrent la vie à leur mere; mais sept siècles écoulés n’en ont laissé aucune trace.Tous les ossements recueillis dans le chœur de Notre-Dame ont été déposés sous les arceaux d'un des bas-côtés de l’église.On a laissé les plus récents enfermés dans leurs cercueils de plomb, dont la forme rappelle les enveloppes funéraires des momies égyptiennes ; des cercueils en chêne ont reçu les autres.—La Patrie- A-TsnsroisrcES.BEAUCHEMIN & FAYETTE, LIBRAIRES et RELIEURS, No.127, Rue Saint Paul, No.127, EN VENTE CHEZ CES LIBRAIRES BIBLIOTHEUUK PARUISSIAI.E —Nous avons visité chez M.Sasseville, orfèvre de Québec, un supeibe ostensoir d’argent massif appartenant à la cathédrale et que M.Pierre Lespérance vient de dorer parla galvanoplastie.Ce beau morceau dorfèvrerie est sorti de l’atelier de M.Sasseville, il y a six ans.Tout le travail est.fait au repoussé, à l’exception de quelques figurines d anges en bas-relief, qui ont été frappées.Cet ostensoir à 2 pieds de hauteur et les rayons de la gloire qui entoure le réceptacle des divines especes ont quinze pouces de diamètre.Cette pièce considérable a été recouverte d’une couche d’un reflet magnifique et d’une solidité d’ftdberence telle que le polissage le plus fort ne l’entame nullement.C’est, nous croyons, l’expérience le plus en grand et la mieux réussie qui ait été laite de la galvanoplastie en Canada.—Courrier du Canada._____L’oeuvre de la restauration de Notre-Dame de Paris se continue activement sous la direction de M.Violet-Leduc.Tandis qu’on achevé les réparations extérieures, on se dispose à terminer, dsns l espace de deux ans la ileehe centrale, le chœur et l’un des bas-cotes.Ces derniers travaux ont nécessité d’abord l’érection d’un immense mur qui séparé en deux la cathédrale, puis des fouilles dans l’emplacement meme duchœur.Un a effondré les voute3 des caveaux construits, je crois, vers liD, ils renfermaient seulement les tombes des derniers archevêques de Pans, 720 vol.élégamment cartonnés.PRIX: SB 5 O .On s’abonne.po;ir cinq chelins par année, au Journal de l’Instruction Pub iq rédigé par le Surino ndant de l’Kducation cl par M.Joseph t eiiotr.assistaul-ré laci On s’abonne pou- cinq chelins par année au “ Lower Canada Journal of 1 >» » rédigé par le Surin¦ ndant de l’Education et par M John Radiger.assistant-ieuac Les inslituteuis n uvent recevoir, pour cinq chelins, les deux journaux ou.choix, deux exemplaires de l’un ou de l’autre.L'abonnement, dans tous les eu ¦ payable d’avance.„ .1., chaque lie journal français se lire à 4.000 exemplaires et paraît vers le milieu - en* mois.Le journal anglais se lire à 2.000 exemplaires et parait vers la nn "'on ne publie que des annonces qui ont trail à l'instruction publique, aux aux beaux arts, l’rix: un chelin par ligne pour la première insertion, cl août par ligne, pour chaque insertion subséquente, payable d’avance.„ j Un s'abonne m Bureau de l’Education à Montréal, chez M.Thomas K ¦ ¦, J,alnlc Québec, et pour la campagne, en adressant au bureau de l’éducation une )|r_ d’abomieim lit par la posa-, avec le montant.On est prié d’indiquer clairement c ^ ment le bureau de poste auquel le journal don être expédié.Les abonnés t • ussi d’écrire leur adresse lisiblement à part de leur signature.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.