Journal de l'instruction publique, 1 juillet 1858, Juillet
yREllGIOMs CIEncEi 'LIBER jj^i/pROCfxSu PEUPif 'U eu*! Volume II- Montréal, (Bas-Canada) Juillet, 1858- No.7.SOMMAIRE.—Biographie : Jean-Baptiste Biot, par Pierre Chauveau.—Poésie : Ia harpe magique, traduit de Charles McKay par J.Lcnoir.—Le chemin nouveau, Brizeux.—Education.—Pédagogie : De l’emploi du temps dans les écoles par J.J.Rapet.(suite et hn).— Exercices pour les élèves des écoles.—Vers h apprendre par cœur: Les couleurs du Canada, par A.dn Puibusque.— Exercices de grammaire.Avis Officiels: Avis concernant la caisse d’économie des instituteurs.—Erection etdivision'de municipalités scolaires.—Nomination.—Bureau des examinateurs prole slants (îe Montréal.—Diplômes accordés parles bureaux d’examinateurs catholiques de Québec et de Kamonraska.—Diplômes conféré» dans les écoles normales Jacques-Cartier, Laval et McGill.—Dons offerts au département de l’instruction publique.—Editorial : Examens publies et distributions de prix aux écoles normales.— Examens publics et distributions de prix dans les collèges, académies et écoles du Bas-Canada.—Rapport du surintendant de l’instruction publique pour le Bas-Canada pour 1856 (suite).—Rapports sur l’éducation à la Nouvelle-Ecosse.—Quatrième conférence de l’association des instituteurs de la circonscription de l’école normale Laval.—Deuxième conférence des instituteurs de la section de M.l’inspecteur Germain.—Bulletin des publications et réimpressions les plus récentes.—Petite revue mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers: Bulletin de l’instruction publique.—Bulletin des lettres.—Bulletin des sciences.—Distributions de Prix Ecole normale et écoles-modèles Laval—Ecole normale et écoles-modèles Jacques Cartier.—Ecole normale McGill.—Collège de Montréal.—Collège Ste.Marie.— Collège industriel de St.Michel de Bellechasse.—Gravure : Portrait de Jean-Bte.Biot.LITTERATURE IOGH.A.IIIE Jean-Baptiste Biot.même de l’opinion?commune qui, exagérant ur?e Physiolo- gique émise par Bichat, veut diviser et classifier 1 esprit humain en spécialités1 distinctes et circonscrire chacune d elles dans des limites infranchissables.t__, Ces illustres exemples ne sauraient cependant profiter a une foule d’hommes capables et instruits, forcés d’opter entre des goûts^littéraires et des occupations lucratives, pareequ on leur demanderait un compte sevère de leurs loisirs s’ils les consacraient aux muses, landisque les mêmes censeurs se scandaliseraient peut-etre moins de les leur voir sacrifier à Vénus ou à Bacchus.Ce que les éclatants succès de quelques uns ont pu imposer a leurs contemporains les travaux non moins utiles mais plus humbles des autres, ont peine à l’obtenir, et des hommes qui visent à une réputation solide, auront presque toujours le soin d’écarter, a leur grand prejudice, tout reflet littéraire de leurs personnes et de leurs œuvres Ceci tient à une faiblesse de l’esprit humain et surtout de 1 esprit français que nos pères nous ont léguée et que Chateaubriand a si bien déente lorsqu’il a dit : “ Dans ce pays, ne comptez jamais sur deux succès rapprochés : l’un détruit l’autre.Si vous avez quelque talent en prose, donnez-vous de garde d’en montrer en vers ; si vous êtes distingué dans les lettres, ne prétendez pas a la pohtique : tel est l’esprit français et sa misère.Les amours-propres alarmes, les envies surprises par le début heureux d’un auteur, se coalisent et guettent la seconde publication pour prendre leur revanche.Et tous la main dans l’encre jurent de se veDger.” Il semble du reste que les savants qui ont voulu se distinguer .- .___î 1 .tnllomnnt fArmuionlo Hlrl 1 Membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie Française, comme littérateurs, ont trouvé le préjugé lellement formidable qu î Biot vient de conquérir une double couronne, à laquelle peu d’hom-1 ne leur a pas suffi de le combattre par leur exemple.Ions } on mes ont pu ou plutôt ont voulu prétendre.Trop souvent en effet, ajouté le précepte et ont proclamé comme necessaire t union des le préjugé vulgaire, qui tient pour supeificiel tout ce qui a le tort d’être brillant, agit, pour bien dire à leur insçu, sur les hommes d’élite et les empêche d’embrasser la double carrière des sciences et des lettres.Dans cet admirable livre, trop peu lu et même à peine connu de la jeunesse de nos jours, dans lequel, l’immortel chancelier Dagues-seau traçait un plan d’éducation pour son fils, il lui disait : “ Comme la parole, quoique moins estimable que la pensée, n’est cepen-, dant guères moins nécessaire à l’homme considéré dans l’ordre de la société ; ainsi l’art de bien parler, quoiqu’en un sens d’un ordre inférieur à l’art de bien penser, est presque aussi nécessaire à l’homme publie qui n’a qu’un mérite imparfait, et qui ne jouit pour ainsi dire que de la moitié de lui-même quand il n’est savant que pour lui, et qu’il ne sait pas rendre sa science utile aux autres hommes, par le talent de la leur faire entendre, goûter et respecter.” On ne saurait mieux faire l’apologie des lettres que nul R osera décrier, lorsqu’un philosophe aussi profond, lorsqu’un jurisconsulte aussi savant ne craint pas d’affirmer non-seulement leur utilité, mais encore leur nécessité, proclamant comme il l’a fait, science?et des lettres.D’abord Buffon, qui, dans un passage fameux et trop souvent défiguré dans les citations, nous apprend que les ouvrages bien écrits seront les seuls qui passeront d la postérité- u La quantité des connaissances, ajoute-t-il, la singularité des laits, la nouveauté même des découvertes, ne sont pas de sûrs garants de 1 immortalité.Si les ouvrages qui les contiennent sont écrits sans gout, sans noblesse et sans génie, ils périront, pareeque les connaissances, les faits et les découvertes s’enlèvent aisément, se transportent et gagnent même à être mis en œuvre par des mains plus habiles.Ces choses sont hors de l’homme, le style est de P homme-même.On nous objectera peut-être que Buffon avait une imagination très facilement échauffée, que plusieuis de ses systèmes n ont pas tenu devant les arrêts de la science, et qu’il écrivait en jabot et eu manchettes de dentelles.Aucun de ces griefs très tormidables, je l’avoue, 11e saurait être reproché à Cuvier.C’est lui, cependant, qui dit : “ Les connaissances appelées, communément, littérature, sont une condition nécessaire de tout progrès réel dans les sciences.Il est plus nécessaire qu’on ne croit pour apprendre à bien raisonner i • i ____________ -—/,,/t v/7 in triyp mi.P 'imii'ir que sans elles la science devient inutile.Buffon, dans l’autre siècle, de se nourrir des ouvrages qui ne passent d’ordinaire que pour et de nos jours, Ampère, Arago, Cuvier, Humboldt et plusieurs i être bien écrits.En effet, les premiers éléments des'sciences autres grands génies ont pu s’affranchir, comme l’a fait M.Biot lui- j n’exercent peut-être pas assez la logique, précisément paice qu us 1287 110 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.îa mo«?„^ent8 l61 C,’e8t en s.,occuPant des matières délicates de v dU g°?.‘ qU 011 acclvuert cette finette de tact, qui conduit seule aux hautes découvertes.” 1 /•«nVian- plUS l0‘n’ S, et prouvant cette proposition à Zt F™ra?reSaV?nt-qUela littérature peut réclamer à bon r Vnt\ n Ç S°’ Sa“ : Tlei,te ans d ime vie académique remn v en.raPP°rt ?vec les notabilités scientifiques de notre • i a‘.vecu avec beaucoup d’enlr’elles dans l’intimité.Elr : le dls sans ^esiter, plusieurs de ces personnages célèbres, avaient on»î1SSent fttachaleurs non's à des découvertes importantes, Stql Te .Ch0Sf d ’"ÇompJet, d’inachevé, parce qu’ils ne S" ‘T dfetude?httera,res.On ne voit le côté taible, ni slnl I -h e dr a Pens,eei qu après l’avoir rédigée, qu’aprés n 'nn l J Une foi,lne 1 ° est alors seulement qu’on l’améliore, qu on lui donne toute la généralité dont elle est susceptible, qu’on la revet des couleurs qui doivent la rendre populaire.” ,-AiA î“naU SaVjnt 3U1 0CCUPe aujourd’hui, repoussant, d’un ôté.I alliance de ( ambition politique avec l’étude des sciences.h s est empressé, d’un autre côté, de proclamei aussi lui l'étroite parente des lettres et des sciences dans son discours de réception à 1 Acadenne h rançaise.1 Le monde extérieur, a-t-il dit, ne viendra pas arracher le savant a ses abstractions, s’il ne s’en fait un titre pour attirer sur lui les regards de la foule et se frayer, par ses suffrages, une voie à la ortune et aux emplois politiques, sacrifiant ainsi les jouissances pures de la pensee à la vanité ou à l’intérêt.Combien n’avons-nous pas vu d’hommes de notre temps perdre à ce marché la dignité de leur indépendance, le bonheur intérieur, la paix de l’âme, la facilité du travail, même le génie?Et pour quelle gloire ?Pour que cette multitude, que vous méprisez, vous distingue et vous nomme pendant la durée de votre faveur, tandis que les hommes que vous etes forcés d’estimer et qui vous jugent diront seulement de vous : Ah ! quel dommage !- Et en quoi ce vain succès profitera-t-il à votre mémoire ?Qui s’inquiète aujourd’hui de savoir quel rang politique avaient ou n’avaient pas, Descartes en France, Newton en Angleterre, Leibnitz en Allemagne, Linnée en Suède ?(.est vers ces gloires abstraites, communes à toutes les nations civilisées, qu’il faut élever les regards de la jeunesse qui se destine aux sciences pour lui montrer l’avenir auquel elle doit aspirer__ Vous tous, jeunes gens, qui arrivez dans la carrière des sciences eu Y apportant l’ardeur vive et pure de votre âge, ne laissez jamais eteimlre en vous ces nobles sentiments par les intérêts de la vanité ou de la loi tune, qui occupent et agitent le plus grand nombre des hommes de nos jours.Que le développement de votre intelligence soit votre unique but! Appliquez-vous d’abord a exercer, assoujrlir, perfectionner les ressorts de votre esprit par l’étude des lettres.\ écoutez pas ceux qui les dédaignent ; on n’a jamais eu lieu de sappercevoir qu’ils fussent plus savans pour être moins lettrés.Elles seules pourront vous apprendre les délicatesses de la pensée, .es nuances du style, vous donner ia pleine compréhension des idées que vous aurez conçues et vous enseigner l’art de les exprimer clairement par des termes propres.Ainsi préparés, votre initiation aux mystères des sciences deviendra facile.” Ces paroles et quelques autres que nous citerons en terminant contiennent la meilleure description rie la carrière suivie jrar M.Biot lui-même, carrière exempte d’ambition et toute dévouée a la science et à la littérature.Jean-Baptiste Biot naquit à Paris en 1774.Lorsqu’en 1857 ii fut appelé à l’Académie Française, il avait donc atteint l’âge de 83 ans.Lauréat du collège Louis XIV et de l’école polytechnique, il fut d’abord nommé professeur de mathématiques à Beauvais.Les talents transcendants qu’il ne tarda pas à faire briller dans l’enseignement, lui obtinrent dés l’année 1800 la chaire de physique du collège de France.De là il entrait de plein pied en 1803 a l’Académie des Sciences.Voici comment il raconte lui-même ses débuts et la protection que lui accorda le célèbre Laplace ; “ Je savais, dit-il, que Laplace travaillait à réunir le magnifique ensemble de ses travaux dans l’ouvrage qu’il a si justement appelé la Mécanique Céleste.Une démarche qui pouvait paraître fort risquée, m’ouvrit un accès privilégié dans le sanctuaire du génie.J’osai écrire directement à l’illustre auteur, pour le prier de permettre que son libraire m’envoyât les pages de son livre à mesure qu elles s’imprimeraient.M.Laplace me répondit avec autant de cérémonie que si j’avais été un savant véritable.Toutefois, enfin de compte, il écartait ma demande, ne voulant pas, disait-il, que son ouvrage fut présenté au ' public avant que d’étre terminé, afin qu’on le jugeât dans son ensemble.Je récrivis immédiatement à M.Laplace pour lui représenter qu’il me faisait plus d’honneur que je n’en méritais et que je n’en désirais.Je ne suis pas, lui dis-je, du public qui juge, mais du public qui étudie.J’ajoutais que voulant suivre et refane tous ses calculs en entier pour mon instruction, je pourrais, s’il se rendait à ma prière, découvrir et signaler les fautes d’imore».; qui s y seraient glissées.Ma respectueuse instance désarma1'”’ reserve.Il m’envoya lontes les feuilles déjà imprimées™ vi„f Suant une lettre charmante, cette fois nullement cérémonieuse m-!' remplie des plus vifs et des plus précieux encouragements V n ai pas besoin de dire avec quelle ardeur je dévorai ce tréSnr“ Depuis, chaque lois que j’allais à Paris, j’apportais mon travail ,1.révision typographique et je le présentais personnellement à ni Laplace.Il l’accueillait toujours avec bonté, l’examinait, le dise .' tait, et cela me donnait l’occasion de lui soumettre les difficult» qui arrêtaient trop souvent ma faiblesse.” Le principal titre de M.Biot à l’Académie Française, fut «a grande histoire des sciences depuis la révolution, ouvrage écrit a*» une clarté et une élégance de style remarquables, et qui lors de publication en 1803 attira sur le savant l’attention des hommes de lettres.Depuis, une toule de mémoires et de notices biographion,.publiées dans le Journal des Savans, dans le Moniteur, et dans E Biographie Universelle, ont complété sa réputation d’écrivain.1-littérature embrasse en effet tout le domaine des choses qui peuvent s écrire, et si Cuvier jugeait nécessaire la lecture même deé ouvra ges qui ne passent que pour bien écrits, quel n’est point le mérite de ceux qui présentent les grandes découvertes de la science rêvé tues de tous les ornements du style?Ce genre n’a-t-il pas même sur les autres genres l’avantage incontestable d’une plus grande difficulté vaincue ?r to Indépendamment de ses nombreux écrits dans les revues et les journaux scientifiques, les mémoires présentés par M.Biot à l’Académie des Sciences, formeraient à eux seuls un catalogue trop formidable pour les limites de cet article.Nous nous contenterons d’indi-quei au lecteur deux de ses principaux ouvrages, son Traité élémentaire d astronomie physique et sou Traité de physique expérimentale et de mathématiques.Le dernier de ces livres peut etre considéré comme une récapitulation et un exposé habile de la méthode de l’auteur qui est celle de Newton, qui part de l’observation et generalise les phénomènes pour les ériger en lois mathématiques.Le Traite d’astronomie physique est un ouvrage très considerable et, pour donner une idée du travail que coûtent de semblables chels-d’œuvre, il suffira de dire que la troisième édition revue et corrigée par l’auteur, dont la publication a été commencée en 1844 , n’a pu être terminée que l’année dernière.L ouvrage entier comprend cinq gros volumes et cinq allas.us d un savant croirait avoir assez fait pour la postérité que d’avoir complete un semblable monument.L’auteur apprécie plus modestement son travail, si l’on s’en rapporte aux phrases qui terminent sa dermere préface: “En résumé, dit-il, je n’ai voulu presenter ici que les elements d’initiation aux études savantes d’astronomie.Si quelques jeunes gens studieux trouvent que je leur ai fourni d utiles secours pour les aborder, j’aurai atteint le but que je me suis proposé et toute mon ambition sera satisfaite.Je n’ai travaille que pour eux.Quant aux maîtres de la science, si quel-qu un d entre eux daignait parcourir ce volume, il n’y trouverait sans doute rien qui ne lui fut depuis longtemps connu ; mais j’es-désarmer .sa sévérité en lui rappelant ces deux vers d’Ovide : Da veniam scriptU, quorum noo gloria nobis Causa sed utilitas ofticiumque fuit.” On ira pas pris au mot l’humilité de l’auteur et cet ouvrage est un de ceux qui ont le plus contribué à sa réputation.Cette réputation est telle qu il y a peu de sociétés savantes qui ne s’honorent de le compter au nombre de leurs membres honoraires ou correspondants.Au nombre de celles qu’il n’a point dédaigné d’inscrire a a suite de son nom sur la première page de ses livres, se trouvent 1 Academie des Sciences et des Arts de Boston et la Société Littéraire et Historique de Québec.Un de ses titres les plus éclatants à l’admiration de ses contemporains, consiste dans ses travaux sur la polarisation de la lumière et sur la double réfraction.Au nombre des qualités qu’il pousse au plus haut dégré de perfection est l’art de l’observation, guidée chez lui par la meilleure des méthodes.Ses observations sur la .umiére ont ouvert un nouveau champ à la botanique, à la médecine et à la physiologie ; et il a Jui-méme plus fait qu’aucun autre pour en déduire les nombreux et féconds résultats.Une discussion fameuse que M.Biot soutint il y a quelques année!» conlre Letronne, au sujet de l’astronomie et des monuments des égyptiens, l’entraîna vers l’étude de l’état des sciences chez les peuples de l’antiquité.Ses recherches historiques sur Iss progrès et les découvertes scientifiques des Egyptiens, des Chinois, des Indiens, des Arabes et des Grecs amenèrent son élection à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, qui précéda de bien d s années son élection a 1 Académie Française.Il fut aidé dans ces travaux par son fils, Edouard Biot, né a Paris, le 2 juillet 1803 et JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.ifel'âllÉ wÊmi:f^} ' m-r • SÜS Wi , 1850.Biot fils, s’était d’abord dévoué aux sciences exactes «t'avait accompagné son père en Italie, en Illyrie, et en Espagne, -, dernier avait fait ainsi qu’en Ecosse et aux lies Orcades de Vnhreuses expériences et observations astronomiques ; mais eu se r ,r,nt i des recherches du même genre que celles que nous venons Je mentionner, il se sentit attiré par cette pente irrésistible qui mène Quelquefois d’une science à l’autre, vers 1’etuc.e des langues >iitales et finit par s’y consacrer irrévocablement.Outre une rînlr de mémoires publiés dans le Journal des Savants et dans les diverses revues, Edouard Biot écrivit trois grands ouvrages : un dictionnaire géographique de l’empire chinois, une histoire de l'mitMiction publique en Chine, et la traduction du Tcheou-h, qui contient le tableau de l’organisation politique et administrative de l„ p.hjne au douzième siècle avant notre ère.Sa mort fut une perte considérable pour la littérature orientale, et une terrible épreuve our gon père, son guide et son collaborateur dans la plupart de 'os recherches.Le noble vieillard n’avait-il pas le droit de compter sur son fils comme sur l’héritier et le continuateur de sa gloire et n’était-ce pas une bien terrible chose que d’é-tre ainsi trompé dans l’espoir si légitime qu’il entretenait de voir s’agrandir chaque jour une réputation qui deviendrait l’egale de la sienne et finirait par se confondre avec elle ! Ce fut Biot père, qui publia la traduction du Tchéou-li ; les travaux de révision et la savante préface de ce livre l’occupèrent dans des moments bien pénibles pour lui.La maladie’et la mort de ce fils doublement cher et par les liens de la nature et par ceux de la science, coïncidèrent en effet avec les dernières scènes de carnage que les révolutions récentes ramenèrent sous ses yeux; car il entra dans la destinée de Jean-Baptiste Biot d’être )e témoin de tous Its bouleversements que 6a patrie a subis depuis la chute de l’ancienne monarchie , sous laquelle il était né.D’innombrables é v è n e -ments se sont pressés sous ce regard calme et attentif, que n’absorbaient pas entièrement ses études.Et qui peut dire dans l’incertitude où nous sommes rie toutes choses, si sa verte vieillesse n’est pas destinée à voir passer encore plusieurs tableaux de la lanterne magique de l’histoire ?Voici du reste ce qu'il dit dans la préface de l’ouvrage de son fils : “ Mon pauvre fils y a usé le reste de ses forces et consumé les cinq dernières années de sa vie.Je dois remercier Dieu de m’avoir accordé après lui, assez de jours pour avoir pu achever d’élever ce monument a sa mémoire, avec l’assistance de son maître M.Julien.En me dévouant à ce pieux devoir, je croyais l’avoir près de moi et qu’il ressentait ce dernier témoignage de notre mutuelle affection.Oui, il y a des communications de sentiment qui survivent à ce mystère de la mort, et qui rejoignent encore les âmes aimantes qu’elle a séparées.Dirai-je au prix de quels tourments d’âme ces travaux ont été achevés ?C’était pendant les journées de juin.Nous étions là au collège de France, trois familles dont les chefs n’ont vécu que pour les sciences.Durant deux jours et deux nuits nous y restâmes enfermés, entourés de feu et de mitraille.Pendant ces tristes heures, M.Régnault complétait ses analyses t, privé de ses aides, il exécutait une de ses dermeres experiences sur les am maux.Un de nous s’efforçait à poursuivre ses etudesJ 'f j un autre, de mathématiques.Chacun tâchait a se soustraire à 1 idee du présent, et déplorait l’abaissement de I avenir.En aiteuda , tâchons de produire force journaux, des feuiHetons, des loma:"jJ 8 drames; battons-nous dans les rues, souillons le theâti toujours que nous sommes la nation la plus eclanee e N’y a-t-il pas tout un cours de philosophie et de science scua, dans le spectacle de ces quelques savants illustres entre les îllus continuant de leur mieux leurs observations, leurs .expe'iences et leurs écrits à l’abri de la mitraille, il est vrai, mais au bruit du canon et aux cris d’une populace ameutée par les• inltiS"“s et les déclamateurs du jour ?Où était alors la civilisation .A coup sur elle n’était point dans la rue m sur la place publique.Et quelle simple et tranquille ironie ! Comme elle prend en.pme des i hoses que l’on regarde comme le nec plus ultra ^ e’ Mais voilà Biot coupable d’obscurantisme au premier chef ! Eh ! que va-t-on penser en Amérique, où l’on mesure rigoureusement l’intelligence d’un peuple par" la surface totale des carrés de papier en circulation ?Il y a de plus dans ces paroles mélancoliques un accent leli-gieux que personne ne saurait méconnaître .C’est que Biot, comme tant d’autres savants, a vu clairement l’auteur de la nature dirigeant la marche de l’univers.Aussi nous dit-il ailleurs : “ Quand notre entendement peut tout au plus arriver jusqu’à reconnaître la disposition extérieure de l’organisme et à saisir les relations intentionnelles qu’ont en-tr’elles quelques-unes des pièces qui le composent, il y aurait ce me semble une contradiction logique à ne pas voir au fond de cet ensemble, le principe intelligent lui-même ayant tout ordonné et tout réglé ! ” Ceux qui ne connaissaient point Biot comme écrivain , se sont étonnés de le voir entrer à l’académie.Ceux qui au contraire avaient lu ses ouvia-ges ont dû seulement s’étonner de ce qu’il n’y eût pas été appelé vingt ans plus tôt.Une foule d’illustrations assistait à la séance de réception.Il est vrai que M.Guizot était chargé de répondie au récipiendaire, et que l’on attendait de lui l’équivalent d’un manifeste politique, dissimulé sous toutes les précautions oratoires, et sous toutes les allégories dont un discours académique est si éminemment susceptible.Le prédécesseur de M.Biot, Lacretelle, l’historien, dont il s’agissait suivant l’usage antique et solennel de faire l’éloge, prêtait admirablement par les diverses époques de sa vie, à ce que les uns redoutaient et que les autres espéraient de l’ancien ministre.Cependant quelque fût 1 intérêt qui s’attachait à ce point de vue au discours de M.Guizot, quelque redoutable que fût le contact d’une réputation aussi éclatante et aussi universelle, d’une éloquence aussi retentissante, le savant ne fut nullement éclipsé par l’homme d’état.D’une haute taille, doué d’une figure dont l’expression est à la fois douce et fine, M.Biot, 112 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.malgré la faiblesse de a voi.v et la fatigue qu’il dut éprouver, a lu avec vigueur et sans fatiguer sou auditoire, l’un des discours les plus parfaits sous tous les rapports, qui aient été faits dans cette docte et illustre assemblée.Nous ne pouvons faire mieux eu terminant cet article, quoique l’évènement dont nous parlons soit déjà v ieux de plus d une annee (et c’est beaucoup à notre époque) que de reproduire, la suite de ses conseils à la jeunesse, dont nous avons oeja cite quelques phrases : “ Fortifiez surtout, dit-il, votre esprit par l’étude des sciences les plus abstraites, qui sont le principe logique de toutes les autres, yuand vous aurez goûté les prémices des jouissances que chacune donne, choisissez celle qui vous plait, qui vous attire, et attachez-vous a la cultiver.Si l’attrait devient une passion, abandonnez-vous au ctiarme qui vous entraîne, et, lorsque votre persévérance vous aura mente d entrer dans le sanctuaire de cette science, purifiée, à la suite des grands hommes qui vous l’ont ouvert ; dévouez vous tout entier a son culte d’un constant amour.N’ayez plus alors d autre ambition que de dévoiler avec eux, à vos contemporains et a la postérité, quelques-unes de ces vérités impérissables que la nature leur a cachée et nous cache encore.Four vous rendre dignes de les découvrir, efforcez-vous de lui arracher ses secrets par de longs travaux suivis avec une invariable patience, dans la solitude ne laissant distraire votre esprit que par les affections paisibles qui peuvent le soutenir, et par les études nécessaires qui peuvent l’or-uer, 1 elever ou l’étendre.Vous n’arriverez pas ainsi à la richesse et aux honneurs du monde.Si vous tenez de la faveur du ciel une modeste aisance, ne désirez rien au-delà et persévérez.Ne vous 1 a-t-il pas accordée, craignez de vous engager dans une carrière qui, arrêtant, concentrant toutes les forces de votre esprit sur des abstractions étrangères à tout emploi profitable, vous mènera peut-etre à l'indigence, ou du moins vous imposera pendant longtemps de rudes privations.Mais y êtes vous poussés invinciblement par une de ces passions que rien ne surmonte, alors acceptez en entier es sacrifices qu’elle exige.Ne donnez aux besoins matériels que îa portion de temps et de travail indispensable pour y pourvoir vous résignant à être pauvres jusqu’à ce que vos travaux, vos découvertes aient attiré sur vous les justes récompenses que nos institutions publiques, enrichies par les bienfaits de quelques âmes généreuses, tiennent toujours prêtes pour le mérite laborieux.Aces titres, le nécessaire de chaque jour vous sera tôt ou tard assuré, et si vous avez le courage de borner là vos souhaits, vous pourrez continuer à vivre par la science dans la jouissance de vous-même, sans inquiétude de l’avenir.Peut-être la fou e ignorera votre nom et ne saura pas que vous existez.Mais vous serez connus, estimés recherchés d’un petit nombre d’hommes éminents, répartis sur toute* la surface du globe, vos émules, vos pairs dans le sénat universel des intelligences, eux seuls auront le droit de vous apprécier et de vous assigner un rang mérité, dont ni l’influence d’un ministre, ni la volonté d’un prince, ni le caprice populaire ne pourront vous faire descendre, comme ils ne pourraient vous y élever, et qui vous demeurera tant que vous serez fidèles à la science qui vous le donne.” Quelle sagesse à la fois et quel noble enthousiasme ! Quel amour ardent de la science, mais aussi quelle pmdente réserve, quelle tendre sollicitude pour la jeunesse, dont il ose à peine guider les pas dans des sentiers si souvent stériles, au point de vue^des intérêts matériels ! Quelle leçon de modération et de patience, pour tous ceux qui, au sortir du collège, se hâtent d’offrir au public d’informes ébauches, et étaient avec orgueil les fruits insipides de leurs études incomplètes ! Toutefois nous serions bien fâchés de voir noire jeunesse lettrée, celle surtout qui devra sortir bientôt de nos universités et de ceux de nos collèges où l’on a élevé le niveau des études, s’exagérer les conseils de la prudence, et comme l’ont fait quelques-uns de ses devanciers, se renfermer dans l’inaction sous prétexte de mûrir des travaux qui ne verront jamais le jour.Outre que la production est un stimulant nécessaire à l’esprit humain, notre jeunesse doit songer qu’elle vit au milieu de populations dont Je sans-géne, en toutes choses, rendrait sa modestie peu profitable.Elle doit sentir qu’il lui faut venger sa race par d’éclalants succès, des calomnies intéressées, qui l’ont si longtemps poursuivie, et que^ pour elle, laisser Ja lumière sous le boisseau, serait un crime plus encore qu’une faute ! Pierre J.O.Chauveau.Une harpe était suspendue, Vibrant sous d’invisibles doigts.Harpe d’orl s’il t’eût entendue, Uu ange eût envié ta voix 1 Attiré par cette harmonie, Suave comme un chant des cicnx Un étranger, fatal génie, Passait alors silencieux.Il vint dans le bocage sombre.Sous les coups de sa rude main, Comme des étoiles dans l’ombré, Les chants s’éteignirent soudain"! Hélas! sous cette forte étreinte, La harpe d’or se détendit : Il en jaillit comme une plainte Qui longtemps au loin s’entendit.Cette douleur, douleur suprême, Pleine de sons tristes et doux, ’ Eut attendri cet homme même, Si son cœur n’eût été jaloux ! Ces voix par les airs envolées Jamais plus ue nous ieviendront Les jours ni les nuits étoilées Jamais plus ne nous les rendront ! C’est en vain qu’une main amie Cherche à réveiller ses accords ; La harpe demeure endormie Près du torrent aux sombres bords 1 Regarde ! l’instrument sonore Que tes doigts viennent d’outrager, Sans toi nous charmerait encore, Imprudent et fol étranger ! Pleure ! et suivant une autre voie.Oh ! puisses-tu te repentir : C est un bonheur, c’est une joie, Que tu voulus anéantir ! MonIréa’, juillet 1858.J.Lïnoie.LE CHEMIN NOUVEAU.Dans 1 esprit absorbé priait un camaldule, Lorsqu’éclate un grand bruit, comme un bruit d’ouragan • Le bon moine tressaille, il sort de sa cellule Et d’un œil alarmé consulte le volcan.\ esuve sommeillait, la terre était heureuse ; Mais, au pied du couvent, sur un chemin de fer, Roulaient des chars, jettant leur vapeur sulfureuse Et conduits par Mercure échappé de l’enfer.0 moine, que fais-tu dans ta sphère idéale ?1 ois, le terns est vaincu, l’espace est rapproché !_ —Vous, mortels, qui passez comme une bacchanale Oubliez-vous le but final, le but caché ?Bkizecx.EDUCATION.POESIE.LA HARPE MAGIQUE.Traduit de l’Jlnglais de Cham.es MacKay.Parmi des saules, à la brune, Sur la rive d’un noir torrent, Dont le clair rayon de la lune Caressait le flot murmurant, FEDIGOUIE.DE l’emploi DU TEMPS DANS LES ÉCOLES./ ubleuu de T emploi du temps pour tous les jours de la semaine.(Suite.) Un grand définit de beaucoup de tableaux proposés pour l’emploi du temps dans les écoles, est leur extrême complication.Cette complication a souvent été cause que des plans, d’ailleurs estimables, ont été très-peu appliqués ; 1“ plupart des instituteurs ont reculé devant les difficultés d’exécution.Beaucoup de ces tableaux effrayent, eu effet, par leur aspect seul : ils offrent une telle multitude de colonnes, avec un si grand nombre d’indications différentes JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.113 ils présentent parfois pour la même heure une telle variété d’exercices, que l’œil se perd dans ce dédale de jours et d’heures, de leçons et d’exercices divers.11 est arrivé parfois que des tableaux assez simples au fond paraissent compliqués parce qu’ils contiennent trop de choses.Cette apparence de complication provient le plus souvent de ce qu’on ne s’est pas bien rendu compte de ce que doit être un tableau quotidien de l’emploi du temps.On ne s’est pas contenté d’indiquer la répartition de l’enseignement entre les différentes divisions pour tous les jours de la semaine ; on a prétendu tracer en même temps le programme de l’enseignement.En indiquant les jours ou les heures pour chaque branche d’instruction, on a voulu énumérer aussi les matières qu’elle doit comprendre ; on a même eu idée de faire connaître la manière dont chacune doit être enseignée.On a ainsi surchargé les tableaux d’une foule de détails qui les rendaient difficiles à saisir d’un coup d’œil, et cependant on ne donnait que des directions insuffisantes, car des indications pédagogiques de quelques ligues ne peuvent suffire à faire connaître le caractère de toutes les parties de l’enseignement.Nous avons cherché à éviter cct inconvénient en séparant des choses qu’on nous a paru souvent avoir le tort de réunir.C’est ainsi que nous avons donné à part le tableau des études de l’année pour chaque division de l'école, et que nous l’avons fait précéder d’une sérié d’articles qui ont eu à la fois pour but de préciser les matières dont il convient d’occuper les enfants, et de faire connaître l’esprit qui doit présider à l’enseignement de chacune de ces matières.Nous avons ainsi déblayé le terrain, et, en ne mettant dans le tableau de l’emploi du temps pour chaque jour de la semaine que ce qu’il doit contenir effectivement, nous avons pu arriver à en dresser un qui nous semble devoir frapper par sa grande simplicité.Il nous a encore paru utile d’éviter deux autres défauts daus lesquels sont tombés les auteurs de beaucoup de plans d’études.Le premier est de vouloir tracer un emploi du temps tellement minutieux qu’il ne laisse aucune latitude aux instituteurs.Un plan est un cadre assez nettement tracé pour que le maître puisse le remplir sans crainte de se tromper ; ce ne doit pas être un casier à compartiments si étroits qu’il n’ait pas la liberté de s’y mouvoir.Il est bon, sans doute, de mettre de l’unité dans les études de la jeunesse ; il est nécessaire aussi de prévenir les erreurs, les divagations et les pertes de temps auxquelles seraient exposés des maîtres sans expérience et abandonnés à eux-mêmes.Mais, après avoir tracé les grandes lignes d’un plan d’études et après avoir bien déterminé le caractère de chaque espèce d’enseignement, il faut laisser à chacun le ; soin de remplir les divisions secondaires de son cadre.Après avoir satisfait aux besoins généraux et essentiels de l’enseignement de la jeunesse, il importe beaucoup plus qu’on ne pense de faire sa part à l’individualité du maître.Il faut aussi lui permettre de pourvoir à une foule de besoins locaux et momentanés qu’on ne peut connaître d’avance.C’est donc à tort, selon nous, que, dans quelques-uns des plans proposés, on a voulu non-seulement indiquer le nom-we de leçons consacrées par semaine à chaque branche élèves pendant cette année.Les écoles élémentaires ont aussi fait voir une amélioration marquee, chez les instituteurs et les institutrices ; l’établissement d’écoles modèles dans les villages a eu l’effet, à cause du salaire plus eleve donné aux maîtres qui les dirigent, d’augmenter considérablement le nombre de ces dernières ; mais pour les écoles élémentaires, s il y a différence de capacité entre un instituteur et une institutrice, je crois que l’avantage est en faveur de celle-ci.L’on peut obtenu les services d’une bonne institutrice pour £30 à £35, au lieu qu’il est difficile d’obtenir les services d’un instituteur pour ce prix.Nos écoles sont pouvues aujourd’hui de cartes, et j’insiste fortement partout sur l’enseignement de la géographie.Pour vous donner une idée exacte du progrès fait dans ce district d inspection depuis l’an dernier, je soumettiai à votre attention le taoleau ci-dessous où je ne coneignexjue quelques-uns des chiffres par lesquels je puis le constater.# s.TZ 1 c s 1 i '£> T.O O V 'Z .> O.' O O g -2 * “ u.O U Z * 1- 11) £2 — s ! ü o y = -2 -5 3 £ — c Cl I 3 c .2" U -S û.c < rs c < v 1* £'j£ 2 to ’3 Us S S-c V O 'ST 1 o "a C o v.i.3 _c- 3 c 'S a 6 5 _c -j.i.Q C '7.Aiimfe .13:6 15 2 1791 8731 1915 1123 ,18 400 1333 258 19 36 20 47 328 1855 10 676 7795 1567 370 67 294 1317 111 22 12 16 123 Diftér.en law 1356 6 2 1215 936 3-13 253 51 104 71 147 19 14 8 29 200 M.Maurault exerce son ministère d’inspecteur dans un district tout diffèrent de celui de M.Lanctôt.Il est charge de toute la partie sud du district des Trois-Rivières, à l’exception des nouveaux établissements confiés à M.Bourgeois.Cette partie du pays est une de celles comme on le sait où la cotisation légale, et en général toute la législation en matière d’instruction publique a reçu le plus d’opposition.On lira donc avec encore plus d’intérêt ce qu’il dit du progrès rapide et continu qui s’opère sous ses yeux, et dojit le tableau est d’ailleurs confirmé par tous les rapports que nous avons reçus : ’ 122 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.toutes les paroisses d’un peu d’importance ont rivalisé de zèle pour Rétablissement d’écoles supérieures et pour améliorer leurs écoles élémentaires, et je puis assurer que si ce zèle ne se ralentit pas et que les commissaires continuent à montrer toujours la même bonne volonté, les progrès seront étonnants dans un avenir peu éloigné.Plusieurs municipalités ont eu de la difficulté à se procurer des instituteurs habiles pour leurs écoles supérieures, tant ils sont rares, et toutes n’ont pas hésité à s’imposer des sacrifices pour en avoir, tout en comptant sur une paît de l’argent destiné à ces sortes d’écoles.jries a ecoies.Les derniers amendements à la loi d’éducation n’ont pas peu contribué à donner cet élan aux contribuables, ainsi que du zèle et du dévouement aux maîtres qui acceptent de bon cœur aujourd’hui les conditions d’un état qui leur souriait si peu auparavant.Je ne sais par quel magique enchantement ces amendements, qui imposent aux contribuables de nouveaux sacrifices, n’ont lien qui leur répugne, du moins dans un bon nombre de municipalités .c’est, nous devons le croire, que le temps en était arrivé, et que tout le monde comprend que rien ne peut progresser sans cela.La paroisse de St.Michel fait encore une exception, comme vous le savez, bien que trois écoles indépendantes y aient subsisté dans le cours de cette année.J’espère néanmoins que les efforts de certains amis de l’éducation dans cette paroisse, qui travaillent activement depuis quelque temps pour faire changer l’ordre de choses actuel seront bientôt couronnés de succès et qu’une nouvelle ere va bientôt s’ouvrir pour St.Michel d’Yamaska.La paroisse de Ste.Monique n’est pas exempte non plus de reproche.Lu bon nombre d’écoles, il est vrai, fonctionnent mais bien difficilement, et il en sera ainsi tant que l’on n’y substituera point la cotisation léo-ale au système des contributions volontaires : je crois que cette opiniâtreté'des gens à rester en arrière du progrès qui se tait ailleurs, trouverait un remède salutaire dans le retus qui leur serait fait de la subvention à l’avenir.Il serait aussi bien désirable que les commissaires achetassent les livres et tontes les autres choses nécessaires pour l’instruction des enfants.J’ai vu dans beaucoup d’écoles un bon nombre d^ enfants très intelligents privés de livres, papiers, etc., par la negligence des parents.Une chose qui retarde encore les progrès des enfants en même temps quelle est nuisible à leur santé, c est la mauvaise construction de certaines maisons d’ecoles qui fait qu une bonne partie des enfants ne peuvent aller a 1 ecole 1 hiver, tandis nue l’autre y contracte souvent de graves maladies.L inspecteur devrait, dans l’intérêt des élèves comme dans celui des maities, avoir le pouvoir de fermer les maisons d’écoles qui n oftiiraient pas toutes les conditions hygiéniques, ou qui n’auraient pas el1 temps tout le mobilier nécessaire, sinon sur son rapport, indiquant l’absence de toutes ces choses, la mumcipal.te scolaire fiui se ,10’J' vernit ainsi en défaut, devrait être sujette à etie pnvee de sa paît ^Ünbou nombre de municipalités fournissent le bois de chauffage pour les écoles, et le bois, dans ce cas, remplace la rétribution mensuelle.Outre que ce mode de contribution ou il est établi ne donne pas autant que le minimum du taux mensuel eMge pai la loi ie iu marquerai qu’il est mauvais et la source d une foule de difficultés et de tracasseries entre les contribuables et es maures, attendu que l'on porte a l’école toute espece de buis et lg plus souvent du mauvais bois.11 ne devrait donc pas etre peimio aux municipalités scolaires de commuer ainsi l’obligation du taux ~,ites difficultés surgissent de temps à autre dans certaines localités entre les contribuables ou quelques fois entre ces derniers C.les commissaires, mais jamais elles n’ont été encore de nahire a i'irer jes craintes sur l’avenir prospéré qui se prepare pour toute, es municipalités de mou district.Ces difficultés, toujours regret-iihles Dar les mauvais sentiments qu’elles réveillent et entretiennent d urs l’esprit des gens, mais qui prouvent, d’un autre cote, que 1 on 5 InnP ilp l’éducation, originent presque toujours, ou du choix du mXPoub,l peut cou;en,rDa tous également, dans un arrondissement ’ou du site de l’école que chacun veut avoir a sa porte.Ln ment, ou du si H entente partout entre les com- geneIîés3 et ?ès contnbuables et que tous sont animés du désir de innê er à aira'ffie réforme qui se prépare, je remarquerai aussi P\t\ï les secrétaires-trésoriers s’acquittent bien, en general, de H 'et que loin d’etre aujourd’hui ce qu’ils étaient autrefois, nhfet rïihainqe pour les contribuables qui jetaient a tort sur eux ,U" m i a oi, ils savent au contraire s’attirer leur confiance, tout 1 cdmux de a l , Augmentation de leur rétribution qui La loi a sagement pourvu à )a multiplicité et a Tim: était de beaucoup P f °1 a remplir.Les remarques que j’ai nre faire sm chacube des municipalités eu particulier ne tromperont point, j’espère, votre attenta M.Maurault passe ensuite en revue les diverses paroisses de son district d’inspection, et les détails qu’il donne confirment assez généralement ce que l’on vient de lire.M.Dorval, dont le zèle intelligent et l’activité ont déjà reçu plus d’une fois, de notre part et de celle du public, le tribut qui leur était dû, a aussi groupé, d’une manière extrêmement habile, les statistiques et le résultat de ses observations dans chaque municipalité.Nous regrettons que le manque d’espace ne nous permette point de reproduire cet excellent tableau de l’état de l’instruction publique dans les comtés de l’Assomption, de Berthier, de Joliette et de Montcalm , et nous devons nous borner aux quelques réflexions générales qui suivent : Le défaut d’instruction dans nos campagnes, puis cet amour, tout naturel, mais qui y est peut-être excessif de ses intérêts matériels, sont, suivant moi, les raisons mêmes pour lesquelles on doit vouloir que le peuple paye directement pour s’instruire.Il avait besoin d’instruction ; mais comment le réveiller de son engourdissement intellectuel?comment lui faire désirer de voir methe en pratique une mesure contre laquelle il u’avait que des préventions défavorables ?L’argent, qui partout représente le bien elre materiel, était la clef; en fesant payer le peuple directement, on 1 intéressait directement au placement de son argent, et indirectement aux écoles \ tous les arguments spéculants seulement, dont on faisait usage pour persuader de la nécessité de l’instruction, ne se trouvait-il pas toujours quelques frondeurs de toute instruction qui avaient toujours la fameuse réponse toute piete et souvent embarrassante : “ Mon pere était riche, et il ne savait pas lire ; il était maquiller, capitaine de la côte, voire même piésident des commissaires d’école, et il ne savait ni A.ni B.” Mais aujourd hui que ce frondeur entêté paye ses cotisations, sa rétribution mensuelle, i envoie, en dépit du souvenir de son père, ses enfants a 1 ecole, non pas toujours peut-être pour qu’ils s’instruisent, mais pour ne pas dépenser de l’argent en pure perte, puis, pour ne point payer pour les^ autres.Quels que soient ses motifs, ses entants s instruisent quand même, et, comme je l’ai déjà dit, la generation actuelle une fois instruite, tout ira bien, on devra meme en attendre du ze c, parce que ce zèle sera alors une affection determinee par la connaissance et la juste appréciation de son objet.Je disais, il y a un moment, Monsieur, qu il serait peut-e^e difficile d’oter directement et d’un premier coup, aux commi^im d’école, quelques-uns des pouvoirs qu’ils ont de ‘top éUiVMt'inow je fais en cela écho aux suggestions de plusieurs inspectée .collaborateurs.Si, comme plusieurs d’en .’eux Pont, déjà dffi.la loi exigeait une preuve d’une certaine aptitude lit erane, la lecture et l’écriture, comme conditions d éligibilité aux i v fonctions publiques rurales soit de maire, «et de conseille , soi même de capitaine et pourquoi pas de marguiller, ce serait une manière indirecte presqu’imperceptible, mais suie de = avant peu l’anomalie qui existe dans notre loi, celle dans la direction d’un système d’instruction a des PersolV,!®s q éco,5e entendent rien, ce serait pour ainsi dire 1 equivalent d une normale pour les commissaires: et Dieu salt 8 ils e",.° petits L’attrait qu’il y a toujours a la campagne poui ces di • 1 posteTd’honneur serait une incitation de plus a l’mstruction.La bonne administration municipale dont nous avons ta n gagnerait et notre agriculture cesserait plus vite d’etre ce quej^ crains qu’elle ne soit longtemps encore, sans instruction P P et malgré ses progrès, une routine.D’ailleurs plusieurs gouyen e mentsen EuroVtraitent, chez eux, l’ignorance presqu à il.nsUr du délit : que n’en faisons-nous autant?ne sommes-nous: pa ^ des conditions à pouvoir dire que quiconque reste i0n nous, le veut et devient par là volontairement coupable f (A Continuer.) Rapport du Surintendant de l’ünstruction piJ-l'liq.ie de la Nouvelle Ecosse poui La Nouvelle Ecosse, encore aujourd’hui connuepAmém d’Acadie, est une presqu’île de forme triangulaire qu j’ocëan que Septentrionnale au Sud-Est.Ses cêtes très decoup es pvasies offrent néanmoins, en un grand nombre d endroits des P dite et sûrs.Le climat -y est assez doux et fort «un iet sa ^ char.est étonnante.On y a découvert des mines de cuivr JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.123 bon de terre.Son commerce d’importation et d’exportation est aujourd’hui considérable.Outre les céréales et les autres produits de son sol, elle a encore un autre genre do richesse locale, dont elle tire les plus grands avantages.Ses populations réalisent chaque année de nombreux bénéfices, au moyen de la pêche du poisson qui abonde dans les eaux dont elle est baignée.Sa position géographique augmente son importance : “ C’est, dit un auteur, et il a certes raison, l’entrepôt le plus pioche, le plus sûr et le plus commode, pour le commerce de l’Europe avec les Indes Occidentales.” ha péninsule de l’Acadie a deux cent cinquante lieues de circuit et elle est située entre les 43o et 46o de latitude nord.Découverte en 1498 par Sébastien Cabot, navigateur vénitien au service de l’Angleterre, il s’écoula de longues années avant qu’elle attirât l’attention spéciale des colonisateurs européens.Les pécheurs et les traiteurs y abordaient néanmoins fréquemment.Plus connue alors que le reste de la Nouvelle-France dont elle a longtemps fait partie, l’Acadie, à cause surtout de la salubrité de son climat, attira nécessairement l’émigration de préférence aux contrées limitrophes.Aussi, servit-elle de pied-à-terre aux premiers colons français qui s’établirent en Amérique.La fondation d9 Port-Royal, aujourd’hui Annapolis, date de 1604 ; elle précède de quatre ans celle de Québec.L’histoire île l’Acadie, jusqu’à sa cession par la France à l’Angleterre, en 1713, est intimement liée a la nôtre.Notre sort était commun.Les mêmes gouverneurs, vice-rois et intendants administraient nos affaires au nom du Roi très-chrétien ; les colons du Canada volaient, au premier appel, au secours de l’Acadie menacée et réciproquement son aide ne se fesait non plus jamais marchander.Les malheurs, qui assaillaient une de ces parties de la Nouvelle-Irance, se fesaient toujours plus ou moins sentir dans l’autre, et ^ J [ J iiiuiuo ov/iiiu uauo l «Il II C , Cri quoique la conquête l’eût séparée de nous depuis de longues années, les calamités qui fondirent sur ses malheureux habitants, en 1755, epoque où eut lieu leur dispersion, eurent un contre-coup bien douloureux en ce pays.Nos relations journalières avec cette province nous la rendent encore intéressante à plus d’un titre : mais si nous arrêtons toujours sur elle nos regards de préférence aux autres colonies anglaises qui l’avoisinent, c’est que, ainsi que l’atteste le rapport dont nous allons donner le compte-rendu, elle contient encore, épars sur son territoire, quelques groupes d’hommes échappés à la proscription et qui conservent encore les mœuiset la langue de leurs ancêtres, nos pères communs.Un gouverneur de Dieppe, nommé M.de Chaste, et M.Pontgravé formèrent les premiers le dessein de coloniser l’Acadie.Leur but, en agissant ainsi, était d’y faire la traite avec les sauvages qui la peuplaient ; mais M.de Chaste, étant mort avant la mise à exécution de son entreprise, fut remplacé par M.de Monts, gentilhomme i Saintonge et gouverneur de Pons.Ce dernier partit du Havre fi?P11 accompagné d’un grand nombre d’émigrants, et nid abord terre au port Rossignol, aujourd’hui Liverpool.A quelque temps de la, il allait fonder Port Royal.Exposée par sa position avancée dans 1 océan aux attaques des envahisseurs, Acadie, de 1630 à 1667, subit deux fois le joug de l’Angleterre et ut deux fors rendue à la France; dans l’intervalle, elle'" avait été e theatre d une guerre civile, qui avait eu pour cause la mésintel-igence qui s était mise entre deux personnages, à chacnn desquels « cour de France avait donné la possession d’une partie delà péninsule.Tombée de nouveau au pouvoir des anglais, elle leur ut (lifimtivement cédée en 1713.Depuis ’ors, elle n’a pas changé «e maître.° Sans espoir d’étre secouru» par la France qui le» abandonnait.les «cauiens n en continuèrent pas moins à lui rester fidèles ; ce n’est li a torce d instances qu’on put enfin les déterminer à reconnaître pT a?‘tlme 1,autorité de la Grande Bretagne, m, 17j fi1,11 en fol™e maintenant partie.L’île St.Jean tativ a t Presclue en meme temps au pouvoir des Anglais.Les ten-recouvr»?ht le gouvernement français, en 1746 et 1747, pour trjst ., Possession de ces deux îles importantes, eurent les plus (|jéP !,?, Ut8i une première Hotte qu’elle avait, dans ce but, expé-temnpfp f8 cotes ^’Amérique, après avoir été dispersée par la secc ii i ’ 8 en retourna honteusement sans avoir rien entrepris.Son ami ZTemmX ne réPs?it Pas davautage : il fut en partie ané-tance firm.™11311*?"® "?Anson et Warren,qui, en cette circons-imme’ns» à n grand nonlbre de prisonniers et enlevèrent un butin la Fra,,',, i ennem,‘.Ces desastres étaient de nature à dégoûter Par le trfit/ se® co.lü»'es- Elle le leur prouva bientôt par ses actes, avait Sllr ‘ c e Paris de 1 /b2> la France renonçait aux droits qu’elle ses anciennes possessions situées dans cette partie du continent de l’Amérique, et les cédait, avec quelques réserves, à sa rivale qu’elle n’a jamais inquiétée depuis à leur sujet.La constitution accordée par la métropole à la Nouvelle-Ecosse date de 1758.Sa législature, comme la nôtre, se compose de trois branches distinctes, et le pouvoir réside aux mains d’une chambre d’assemblée, d’un conseil législatif et d’un gouverneur.Depuis les évènements qui ont précédé et accompagné la conquête de la Nouvelle-Ecosse, l’histoire de ce pays ne contient rien qui offre beaucoup d’intérêt.Mais ce qui le rend aujourd’hui digne d’attention, ce sont les développements que prennent son commerce et son industrie et surtout les progrès qu’y semble faire l’instiue-tion publique.Le besoin de donner une solide instruction à la jeunesse se rit sentir de bonne heure en ce pays.Un acte de sa législature, passé en 1811, pourvoyait à ce que tout établissement, où se grouperaient 30 familles qui prélèveraient la somme de £50, touchât celle de £25 sur le trésor de la province.Cette loi produisit aussitôt tout l’effet que l’on en devait attendre, et des écoles s’établirent de tous côtés.Avec une population de 300,000 habitants, la Nouvelle-Ecosse a aujourd’hui 37,087 enfants fréquentant plus de 1,074 écoles communes ; sur ce nombre 5,079 reçoivent gratuitement l’instruction.Les sommes payées par les contribuables s’élèvent à £32055 11 II et celles reçues du gouvernement à £13379 11 4L La moyenne du coût de l’instruction de chaque enfant est de £2 5 21 et celle des salaires que l’on donne aux instituteurs de £45 annuellement.La durée de l’enseignement dans ces école est en moyenne de 10 mois, 2 semaines e?8 jours.Il y a 44 écoles de grammaire fréquentées l’hiver par 1476 élèves et l’été par 1738; 1024 d’entr’eux s’y sont livrés à l’étude des plus hautes branches d’instruction.La dépense encourue pour le soutien de ces maisons d’éducation s’est élevée à £32,‘282 5 2.Le nombre des collèges et autres institutions d’un genre sure-rieur est de sept ; trois d’entre eux sont subventionnés par la province et ont collectivement reçu la somme de £750 ; les autres sont à la charge des diverses dénominations religieuses auxquelles ils appartiennent.Les élèves qui assistent aux cours que l’on y suit est de 100 ou à peu près.L’école normale de ce pajs vient a peine d’etre fondée, et elle a déjà rendu de grands services.La moyenne des élèves-maîtres qui l’ont fréquentée est de 52 et sur ce nombre 25 ont reçu des brevets de capacité, à Ja fin de la session de 1857.L’école modèle attachée à cette institution a été fréquentée par 165 enfants.Les dépenses de l’école normale et de l’école modèle ne sont point portées dans le compte-rendu que nous avons sous les yeux.Chaque annee la province atfecte une somme de £500 qui sont affectés à l’achat de livres, destinés à former des bibliothèque d’école.Les livres que le surintendant est ainsi en état de distribuer produisent les meilleurs effets.“ Dans un grand nombre de localités, ait M.Forrester, à Ja suite d’une visite "énéiale qu’il avait faite des ecoles confiées à son administration, j’ai vu avec plaisir qu’on lisait avec avidité les livres dont avait fait choix l’honoiable M.Howe et M.Dawson, mon prédécesseur.” Avant de terminer son rapport, il suggère la nomination d’inspecteurs d ecole qui l’aident à accomplir une partie au moins des devoirs que lui impose le gouvernement de la colonie.“ Sans les inspecteurs, dit-il, il m’est impossible de m’en acquitter rigoureusement : et le travail qu’il me faut faire, dans ma position, est au-dessus de mes forces physiques et morales.En différant d’ailleurs Ja nomination de ces officiers, en me lait perdre une grande partie de mon utilité.Il est reconnu que beaucoup de pays de l’Eurone ne peuvent se passer de leurs services ; à plus forte raison devons-nous les considérer comme indispensables ici surtout, où les moyens de communication entre les diverses localités répandues sur toute la surface de ce pays sont en beaucoup plus petit nombre.Les.devoirs des inspecteurs sont de deux sortes : ils consistent lo à répandre, parmi les populations les plus reculées d’un pays, la connaissance des diverses lois qui concernent leur instruction et à exécuter les ordres qui leur sont donnés de temps en temps par le surintendant ; ~o.a faire naître l’émulation chez les contribuables des endroits qu ils doivent parcourir, dans leurs visites, et à promou-voir de cette sorte les intérêts de l’éducation.” 1 Pa“de demande qu’il formule encore, est celle d’un journal f .Ration pour la colonie.Nous ignorons si la premiere lui a nnW o'hf’ a?aisc?que nous sommes en mesure d’annoncer, c’est qu une public» ioni très intéressante, dont M.le surintendant Forrester Hal lvrTP 'fdocteur, a paru dans le cours de janvier dernier a Nn ive pque I.n®,ruot,«l"l publique dans la Nouvelle-Ecosse, le ,e,‘IJu du Prince Edouard a un organe dans le J arish School Advocate and Family Instructor dont les premieres livraisons viennent de nous être remises. 184 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Quatrième Conference des Instituteurs de la Circonscription de l’Ecole Normale Laval.Bullet lu «le» publication» et réimpressions les plu» récentes.Cette conférence a eu lieu vendredi, le vingt-huitième jour de mai 1858, dans une des salles de l’école normale Laval, lieu ordinaire des séances.naire ues seances.On y remarquait M.le Principal Langevin, M.Bardy, inspecteur, et messieurs les professeurs de Fenouillet, Toussaint, Juneau et et messieurs les proiesseurs ue renuumei, luuaaaim, .uncau cl Doyle, un certain nombre d’instituteurs des paroisses environnantes ainsi que les élèves-maîtres de l’institution.M.le Président étant au fauteuil, le secrétaire fut prié de donner lecture du procès-verbal de la dernière conférence qui fut unanimement adopté.Un discours fut ensuite prononcé par C.J.Lovéque-Lafrance, sur l’obligation qu’il y a pour les instituteurs d’assister en grand nombre aux conférences de cette association : ces réunions étant le seul moyeu de rendre la classe enseignante véritablement forte et utile au pays._ M.Juneau fit ensuite une lecture sur la meilleure méthode d'enseignement de la lecture à adopter en Canada et se prononça en faveur de la méthode dite sans épellation.Ce monsieur traita cette question avec son habileté ordinaire, et bon nombre des instituteurs IjUCOllUU ovin 11UU11V.IV - - - présents se rangèrent à son opinion et reconnurent l’excellence de cette méthode sur les autres.îiie meinoue sur îes uuucb.Puis, sur l’invitation qui leur en lu: faite par M.le président, le Rév.M.Langevin et M.Bardy voulurent bien adresser la parole à l’assemblée.M.Bardy parla longuement et dit que, tout en regrettant la perte de monseigneur Horan, comme principal, messieurs les élèves-maitres devaient être heureux de voir dans son successeur une personne, qui, tant par ses talents que par ses hautes connaissances, pourra les guider avec succès dans les sciences qui feront de l’instituteur un homme distingué.M.Langevin, dans une longue allocution, lit ressortir les avantages, pour le corps enseignant, d’une association nombreuse et suggéra divers moyens propres à exciter l’émulation des instituteurs, il voulut bien eu outre oflrir à l’association de donner di\erses ICUl 0, 11 * UUIUl IV 11 V11 V»»» • “ leçons sur la chimie, la physique et autres sciences qu il pagnerait d’oxpénences aussi instructives qu attrayantes.accom pagueran u expériences aussi instructives qu attrayantes.Inutile d’ajouter que cette proposition généreuse fut reçue par des applaudissements réitérés.Messieurs Juneau, Laçasse, Tardif et Létourneau promirent de préparer des lectures pour la prochaine séance.Puis l’assemblée s’ajourna.J.C.L’Lveque-Lafrance.Secrétaire C.J.C.E.N.L.Deuxieme Conference des Instituteurs de la Section de M.l’Inspecteur Germain Samedi, le 26 de juin dernier, a eu lieu, à St.Eustache, la deuxieme assemblée des instituteurs de la section de M.1 inspecteur Germain.Presque tous les instituteurs de cette section s y trouvaient réunis., , .Un discours, prononcé à l’ouverture de la seance, par M.i inspecteur a été vivement applaudi., , .M.Je président Dallaire, fit ensuite une lecture sur la nécessite du’il V a pour l’instituteur de s’attirer l’estime des personnes parmi lesquelles il doit vivre, et sur les moyeifs de creev de emulation PaSur 'moGorTde M.Fiché, secondé par M.Gauvreau, il a ete résolu que le conseil de section ne s’assemblera que ous es quatre mois, la veille de chaque conférence de l’association des instituteurs en rapport avec l’école normale Jacques-Cartier.Les derniers jours de janvier, de mai et d août sont les jour» aux quels doivent s’assembler les instituteurs de cette section.Après que M.l’inspecteur eut explique les motifs qui lava:.eut porté à désigner le village de St.Eustache comme chef-lieu des assemblées ae la section, ;t a Sur motion de M.Gauvreau, seconde par M.Elle Moineau, il a été résolu que le choix de M.l’inspecteur fut approuve.Il a ensuite été décidé de demander une aide a la legislature afin de fonder une bibliothèque à l’usage des instituteurs formant partie deM“sS.0eurstlDallaire et.Corbeil ont été chargés de préparer des Paris, juin et Juillet 1858.Berqsiasx : Les Scythes, les ancêtres des peuples germaniques et slaves, leur état social, moral, intellectuel et religieux.Esquisse etlmo-généalogique et historique, 14 pages in-8.C héros : Catalogue général de la librairie française au XIAe siècle, indiquant, par ordre alphabétique de noms d’auteurs, les ouvrages publiés en France du 1er janvier 1800, au 31 décembre 1855, première livraison du tome 3e, 192 pages.Croice: Extrait de quelques discussions récentes sur les origines du Christianisme, par l'abbé Cruice, supérieur de l’école ecclésiastique de, hautes études, 90 pages in-8.- De Saülcy ¦ Histoire de l’art judaïque tirée des textes sacres et profanes, par F.de Saulcy, membie de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, in-8, 429 pages.Prix, 7 fr.Barueswil kt Davaxne : Chimie photographique contenant les éléments de chimie expliqués par des exemples empruntés à la photographie, 2ème édition, entièrement refondue et ornée de gravures dans le texte, 412 pages in-8.Prix, 7 fr.50 c.Mahistrk : Cours de Mécanique appliquée, 550 pages in-8.Prix, 8 fr.Québec, juillet 1858.\ N-VU A IRE de l’Université Laval pour l'année 1858-59, Côté, impri-meur 56 pages in-8 Nous remorquons plusieurs changements dans cet intéressant annuaire.M.Jean T.Tascheieau ne ligure plus connue professeur de droit commercial et est remplacé par M.Napoléon Casault ; l’hon.Juo-e.Badglev est aussi remplacé, comme professeur de droit cri-minei.par M.Jean Langlois.M.Lemieux, qui n’était due lectureur, est nommé professeur de pathologie générale et de physiologie ; M.Lame remplace le Dr.Landry, comme secrétaire de la faculté de médecine ; M.Lemieux est nommé directeur du musée et M.John Burke, pharmacien.La faculté des arts, qui aura au moins onze chaires, lorsqu’elle sera complètement organisée, a maintenant deux professeurs ordinaires, M.Fer-land et M.Hunt, tous deux docteurs ès-sciences, le premier chargé de l’Histoire du Canada et de l’Amérique en général, et l’autre de la chimie, et un professeur extraordinaire, M.Ihomas Etienne Hamel, licencie ès-science» et chargé de la physique.La chaire de philosophie doit être prochainement remplie.La faculté de théologie, dont l’organisation n’avait pas encore été cemmencée, a maintenant un professeur, le docteur E 4.Taschereau, qui occupe ta chaire de droit canonique.La chaiie" d’histoire ecclésiastique est aussi indiquée comme devant être remplie très prochainement.La faculté de droit a eu, cette année, 2o élèves inscrits et 10 étudiants libre;, et la faculté de médecine a eu 22 élèves et 4 étudiants.L’Université, depuis sa création, n a conféré aucun degré honorifique si ce n’est à ses professeurs.MM R.Alleyn, G.E.Dallaire et H.Gowen, ont obtenu le degré de Bachelier en Droit; MM.H.Filiatrault, L.II.Larue et N Larue, celui de licencié en médecine, et MM.Pierre Roussel, des Eboulements, et B.Paquet, de St.Nicolas (1854), John O’Brien de KingstOD et Pierre Chandonnet, de St.Pierre les Becqueta (1855), Damas! Matte, de Québec, Georges Dormer, de Kingston Pierre Aude! de St Anselme, Honoré Lecours, de la Pointe Lévi, H.J.Murray, de Québec etCôme Morrisset, du Cap Santé (1856), Napoléon Maingui, de Québec et George Desbarats, de Montréal (1857), Eugène Renault.de St Thomas, Narcisse Hamel, de Québec, Régis Gosselin, de St.Laurent d’Orléans, Charles Lindsay, de Québec, et Gaspard Bourdages, de Mont-mavny (1858), ont obtenu le dégré de Bachelier es-arts.M.Bourdages est le petit-fils de l’ancien patriote et représentant, dont la mémoire est si vénérée dans tout le pays.Nous notons, comme un excellent symptôme, l’accroissement du nombre des élèves dans les plus hautes classes au collège.La classe de philosophie qui termine ses études cette année, contient 23 éleves, dont 7 ont obtenu les deux tiers des points a 1 examen pour le baccalauréat.Quatre élèves de la classe de philosophie wwr et cinq de la classe de rhétorique sont aussi indiqués comme ayant oDtcnu le même succès.Montréal, juin et juillet 18o8.Calendar of the University of McGill College for the year 1858-o9, 47 pages in-8, Becket, imprimeur.t Cet annuaire est orné des gravures qui, dans notre journal anglais, illustré les articles sur cette université._ J, Tableau Synoptique et Synchronique de 1 Histoire du Canada, p Adélard Boucher,—Duvernay et Frères- r, ,uu Nous recommandons fortement ce tableau aux insiituteuis.aide-mémoire précieux pour eux et pour leurs élèves lectures pour la prochaine réunion de l’association, et après les remerci merits d’usage au président et au secrétaire, l’assemblee s’ajourna.A.Ethier, Sec.pro temp.l»etile Revue Mensuelle.Notre siècle .-t si habitué à voir résiludre facilement, et pour Ju, eu se jouant, une foule de problèmes scientifiques et industrie^ ae ‘e e, haute importance,que l’on éprouve quelque chose comme de 1 imp* ¦“ ise du mécontentement, en songeant au second échec subi par > u- du télégraphe électrique sous-océanique.Cependant pour avui ^ deux fois, la compagnie ne se tient point pour battue et 1 esca“‘V 0^ns-expédition, dont les deux derniers vaisseaux viennent de rentrer a* ^ town, doit se remettre en mer et recommencer 1 opération.£» .a8C les deux meilleurs 1 disent nos enfans dans leurs jeux; et quoique cei r JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.125 ne pul-ae guèros s'analyser grammaticalement dans ce sena, elle veut dire succès à la prochaine tentative ! Gloire à Dieu au plus des cieux et paix aux hommea de bonne volonté 1 Tel devait être le premier message •ranamia d’un monde à l’autre.En attendant, l’Angleterre fait tout poui assurer cette paix, et aea concessions à nos turbulents voisins ont été le ihême du journalisme continental pendant plus d’un mois.Le Times va jusqu’à vouloir leur abandonner Cuba, autant par mauvaise humeur contre l’Espagne, qui n’a pas voulu comprendre pourquoi il y aurait un poids et une mesure pour elle et un autre poids et une autre mesure pour le Brother Jonathan dans la question de l’esclavage.Ce journal roit de plus dans le rapprochement opéré entre l’Espagne et la France, et l’ascendant que cette deraière puissance prend sur le continent, un avant-coureur d’uno grande guerre entre les races latine et anglo-saxonne.Mais l’état de l’Europe dans ce moment, ne confirme point les sinistres et belliqueuses prédictions du journal que l’on se plait a appeler le Thunderer, et qui parait vouloir confirmer cette réputation en devenant un foudre de guerre.de papier I Voici comment M.Gaillardet analyse la situation, dans sa dernière correspondance au Courrier des Etats-Unis : 11 Le vent qui était naguères à l’orage est décidemment revenu au calme dans les hautes spheres politiques.L’esprit de conciliation a succédé à l’esprit de discorde, dont l’Europe entière semblait animée ; et la conférence de Paris a réussi, dit-on, à s’entendre sur un plan d’organisation des provinces Roumaines qui sa.isfera tout le monde raoin3 les Roumains.Ce plan consistera à créer uu comité central, éla par les divans moldo-valaques, qui reliera ces divans entr'eux, les dominera au besoin, ainsi que les deux bospodars et donnera aux principautés une sorte d'unité administrative à défaut d’union politique.Ce sera un acheminement et comme une initiation à cette derniere.Cette transaction a été proposée par Lord Cowley, et acceptée avec quelques modifications, exigées par le cabinet des Tuileries.L’Autriche n’y a adhéré qu’à son corps défendant et parcequ’elle a eu la main forcée par l’Angleterre et par la Turquie elle-même, qui out reculé devant une rupture avec la Franco.Leurs conseils ont été fortement appuyés par le roi des Belges, qui sentait qu’en cas de conflagration générale, son royaume pourrait bien être le terrain et l’enjeu de la lutte.Il a donc usé de ses doubles liens de parenté avec les cours d’Autriche et d'Angleterre, pour leur recommander la modération.Enfin, une nouvelle certaine maintenant et qui mettra le sceau à la réconciliation générale, cest l’acceptation par la reine Victoria de l’invitation qui lui a été transmise par le maréchal Pélissier, d’assister aux fêtes d’inauguration du bassin de Cherbourg.La reine d’Angleterre irait de là à Cologne, où elle doit rencontrer sa tille, mariée au prince de Prusse, avec laquelle e’ie remonterait le Rhin jusqu’à Coblentz.Sa présence à Cherbourg rassurera nos voisins et les convaincra du caractère purement dé-tensif de travaux dans lesquels ils ont cru voir des préparatifs d’invasion Les fêtes de Cherbourg deviendraient même un véritable congrès de là paix, s’il est vrai qu’en outre de la reine Victoria et de l’escadrille anglaise qu.raccompagnera, elles doivent réunir l’archiduc Maximilien d’Autriche, le prince Adalbert de Prusse et uue flotte russe.” Les journaux français, de menaçans qu’ils étaient, sont devenus d’une gracieuseté toute charmante ; mais le Times ne se rend pas à ces bons procédés et il garde une attitude que l’éditeur du Montreal Gazette, M Chamberlin, maintenant à Londres, appelle celle d’un very Bulish John .invitation à visiter Cherbourg lui paraît une singulière politesse, et il insiste à ce qu’au moins la reine à son retour, après avoir mis la flotte anglaise de la Manche sur le pied de guerre, après avoir réuni tout ce qu elle pourra de troupes et de milice, invite l’empereur à venir contem-France ** * deS PréParatif3 belliqueux, au moins égaux à ceux de la Les affaires de l’Inde ne se sont pas améliorées, l’agitation régne dans p u leurs présidences et, apres la révolto des cipaies , on redoute dans L T,.qlUartierS Uno véritabl® insurrection des populations.Le bon P» Ue 1 x eterre a vouIu «pendant que l’une de ces épreuves suivît ‘autre ; réunies, elles eussent été presque impossibles à surmonter linéique rassurante d’ailleurs que soit aujourd’hui la physionomie de il’ZT’ ne.saurait se dissimuler que la prédiction du Times, nu sujet su ln“r-?atx10n univerfelle> a «ne certaine raison d’être dans l’état de susceptibilité réciproquo des deux nations depuis la guerre de Crimée De 3aarai1t dire que l’opinion publique dans les deux pays soit à la chain! ’ “ai3 a comrae ua Presentiment persistant d’une lutte pro-lairen'» 3u®ra peut-être pour ia faire éclater, d’après l’adage popu- dc penser à ,&nt ?umboldt dit qu’il ne faut en mépriser aucun,) qu’il suffit penser a une chose pour qu'elle arrive.* d M dp °"^rar(^ny dans un article sur Jean Jacques Rousseau et nn herbes, donnait dernièrement dans la Revue des Deux-Mondes, employées dans les remontrances des cours, qu’elles ne font plus aucune impression ; mais je le supplie de ne point regarder les termes dont je me sers comme une exagération : je ne me mets en^ avant pour lui dire de tristes vérités, que pareeque je vois un danger imminent dans la situation des affaires, que pareeque je vois un orage, qu'un jour la toute puissance royale ne pourra calmer, et pareeque, des fautes de négligence ou de lenteur, qui ne seraient regardées que comme des fautes légères dans d’autres circonstances, peuvent être aujourd’hui des fautes irréparables, qui répandront l'amertume sur toute la vie du roi, et précipiteront son royaume dans des troubles dont personne ne peut prévoir la fin.On dira que le danger que j’annonce ne peut pas être prochain.' Celui qui l’assurerait me paraîtrait bien téméraire.Quoiqu’il en soit, ce pourr ait être une consolation pour un homme de mon âge ; mais non pour le roi.” “ Qu’est-cc que la prophétie en politique, continue M.Saint-Marc Gi-rardin, si ces paroles n’en sont pas une?En politique malheureusement la difficulté n’est pas d’avoir des prophètes, c’est d’y croire à temps, pas plus tôt qu’il ne faut, ce qui serait appliquer le remède avant le mal, pas plus tard, ce qui serait l’appliquer aprè3.Tout se prévoit et tout se prédit.Je ne connais pas un grand événement qui n’ait eu mille et uu prophètes.La révolution de 1848 et le coup d’état du 2 décembie 1851 avaient été souvent prédits.Rien n’est donc si ordinaire en ce monde que les prophéties.Je ne veux pas tomber dans la banalité, mais je dirais volontiers qu’il n’y a de prophéties que celles qui s’accomplissent à courte échéance : ce sont celles-là seulement qu’il eût fallu croire ; les autres courent les rues et j’en fais fi.La sagesse humaine en effet n’est pas si courte qu’elle en a l’air ; elle prévoit et prédit beaucoup.Ce qui la trompe et ce qui la rend inutile, c’est l’ignorance des moments.En 1787 Malesherbes avait cette connaissance des moments et c’est là ce qui fait une prophétie de ses paroles.Au Temple, en 1793, c’est-à-dire six ans après, Louis XVI repassant dans sa pensée les évènements de son règne, le souvenir de ce mémoire de M.de Malesherbes lui revint à l’esprit, et comme le noble vieillard s’était fait déjà son avocat, et venait tous les matins conférer avec lui, il lui parla de ce mémoire et lui témoigna le désir de le relire.M.de Malesherbes apporta ce mémoire au roi, qui le lut et quand le lendemain, M.de Malesherbes revint au Temple, le roi le contempla pendant quelque temps avec attendrissement sans lui rien dite, ferma la porte du cabinet où il le recevait, et se jeta dans ses bras en le mouillant de se3 larmes.” Comme nous l’avions prévu (nous ne faisons pas de l’astrologie judicaire ni de la nécromancie politique ; chez nous ces paroles n’ont donc rien de sinistre,) comme nous l’avions prévu, la St.Jean Baptiste a été fêtée cette année avec une pompe extraordinaire, et ce qui nous a le plus charmé dans cette fête, c’est la spontanéité et l’universalité de sa célébration sur tous les points du Canada, ou plutôt de l’Amérique.En effet, à Toronto, à Sandwich, à Ottawa, dans le Haut-Canada, à Farnham et à Sherbrooke, dans les cantons de l’Est, à New-York, et en plusieurs autres villes des Etats-ünis, on a rivalisé de zèle avec les citoyens de Québec, de Montréal, des Trois-Rivières, do St Hyacinthe et deSorel.Nou3 disions l’autre jour que la St.Jean était presqu’aussi une fête nationale dans la vieille France, et comme si on nous eût entendu de l'autre côté de l’océan, voilà que l'Illustration publie une gravure représentant la célébration de la St.Jean à Valréas, dans le département de Van cluse.L’on fait une procession dans laquelle figure un petit eufant costumé comme le petit St.Jean de M.Chalifoux, qui a oublié de prendre un brevêt d’invention pour son excellente idée.A ce sujet l'Illustration remarque qu’en France, sur trois hommes, il y en a un qui s’appelle Jean-Baptiste.Bientôt aussi il y aura des Jean-Baptiste sur tout le continent de l’Amérique.Ne sont-ce pas des Canadiens qui viennent de découvrir, et qui, les premiers, ont commencé à exploiter les mines d’or de la rivière Frazer et de la rivière Thompson, à l’extrémité de ces pays d'en haut, que nos gens ont parcouru dans toutes les directions depuis plus d’un siècle?Cette découverte inattendue de l’or sur le territoire britannique est une des grandes nouvelles du monde.En Angl eterre le parlement, la presse e t le gouvernement s’en sont préocupés beaucoup plus vivemc nt que nous ne l’avous fait ici.Déjà l’on est en voie d’organiser la côte du 7 'îontk'1î,?!;'Ld’U?e I’ré^i
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