Journal de l'instruction publique, 1 février 1859, Février
Volume III.Montréal, (Bas-Canada) Février, 1859- No.2.SOMMAIRE.—Biographie Canadienne : Pierre Bedard et ses deux fils, par M.Etienne Parent.—Science : Comptes-rendus des Cours Publics.—Cours d’histoire générale de M.Desmazures à l’Ecole Normale Jacques-Cartier, première leçon, rapportée parM.Raymond Giroux, élève de l’école.—Cours d’Histoire du Canada de M.Fer-land à l’Université Laval, rapporté par M.Arthur Casgrain, élève de l’Université (à continuer).—Education.—De la pitié envers les animaux, par Chs.Louandre.— Exercices pour les élèves des écoles.—Vers à apprendre par cœur : Le Presbytère, par Delille.—Exercices de Grammaire.—Anecdotes littéraires et grammaticales.—Avis Officiels : Diplômes accordés par le Bureau des Examinateurs de Stanstead.—Dons offerts au Département de l’Instruction Publique.—Editorial : Septième conférence de l’Association des Instituteurs en rapport avec l’Ecole Normale Jacques-Cartier.—Rapport du Surintendant de l’Instruction Publique du Bas-Canada, pour 1857.—Revue Bibliographique: Theory and practice of the art of teaching, by D.Page (suite).—Petite Revue Mensuelle.—Documents Officiels.—Rapport sur la distribution de la subvention de l’éducation supérieure, pour 1858.—Tableau de la distribution de la subvention aux universités, Collèges, etc.—Tableau de la distribution de la subvention supplémentaire des municipalités pauvres, pour 185S.— Annonces.—Musique : “ Sol Canadien,” paroles d’Isidore Bedard, musique de Théodore F.Molt.BIOGRAPHIE CANADIENNE.PIERRE BEDARD ET SES DEUX FILS (1).Au nombre des noms tenus en haute vénération dans notre Bas-Canada, se place, en première ligne, celui de Bedard, illustré, parmi nous, par feu Pierre Stanislas Bedard, dont deux fils suivirent fidèlement la noble trace jusqu’à la mort, l’un après être parvenu à l’un des plus hauts grades dans la magistrature, l’autre après avoir donné les plus belles espérances, qu’une fin prématurée l’empécha de réaliser.Le père se mit courageusement à la tête de la phalange patriotique, dans la lutte héroïque qui suivit l’établissement du régime constitutionnel ; les fils n’hésitèrent pas non plus à 0) En publiant cette excellente biographie, due à la plume d’un de n< premiers écrivains, d’un de ceux qui ont donné le plus puissant élan à n«HlUre et| pour bien dire’ a la rcna‘9sance intellectuelle du Bas-Ci aaa, nous aurions aimé à l’accompagner d’un portrait de Pierre Bedari Malheureusement il n’en existe point.Il y avait, nous croyons, un bus ae cet homme célèbre dans le Musée-Chasseur, à Québec ; mais il ava uisparu même longtemps avant l’incendie des restes de cette collectic ns le palais législatif.A cotte époque, les artistes étaient assez ran nn.î .et e, daguerréotype n’était pas encore inventé.Nous offrons us lecteurs les paroles et la musique de la chanson d’Isidore Bédan ous avions songé à leur faire ce cadeau pour leurs étrennes ; mais ,,, ,mP°sslbl1?de nous procurer à temps la musique, compost nieto à , b et devenue très rare.M.Théodore Molt, longtemps orgi d'un *** a ca,l'édrale de Québec, a laissé bon nombre de compositioi dPP„ ra., mérite et que '’on se procure difficilement aujourd’hui.Noi bien a a mémoire et à l’habileté de Mme Ophelia Bell, née Cowa: p “ ®"nnue par ses succès artistiques, de pouvoir publier l’air de “ S< Unadien,” qu’elle a bien voulu noter pour notre journal.s’enrôler sous le drapeau populaire, pendant la non moins mémorable lutte qui précéda l’abolition de notre ancienne constitution.L’un jeta les fondements de nos libertés politiques et de notre nationalité, les autres travaillèrent à les raffermir, si bien qu’après la tourmente de 1837 à 1840, elles se réveillèrent plus fortes et plus vivaces que jamais.Les oppresseurs apprirent encore une fois que l’adversité ne fait qu’épurer et retremper les hommes et les peuples vertueux.La victoire de nos ennemis eut pour eux tous les résultats d’une défaite, et l’on a vu se renouveler, sous sir Charles Bagot, ce qui avait eu lieu trente ans auparavant, sous sir George Provost, les victimes des persécutions politiques appelées aux plus hautes charges de l’Etat.M.Bedard, père, naquit à Charlesbourg, près de Québec, le 14 septembre 1763, année où le Canada fut cédé à l’Angleterre, comme si la Providence, en nous faisant passer sous une nouvelle domination, eut voulu nous donner en même temps l’homme qui, plus que tout autre, devait nous préserver d nous en ass naires de Q tarda pas à “ Il fut,” di décès, en 1 temps.” Lors de son entrée dans le monde, l’esprit public s’éveillait dans notre pays, le besoin d’institutions politiques libres commençait à se faire sentir, et l’ère constitutionnelle s’an-nonçait.Le jeune Bedard ne fut pas étranger à ce mouvement moral ; et, lorsqu’en 1792, fut inaugurée la constitution, il se trouva préparé à figurer au premier rang parmi les champions des droits populaires.Il n’avait d’autres moyens d existence que sa professsion.Les honneurs et de riches traitements n’étaient pas alors, comme aujourd’hui, le prix de quelques années de bons services publics.Cet avantage, il était à conquérir par un demi-siècle de rudes combats, qu’ont ^soutenus avec courage nos anciens patriotes.-S mauvaises conséquences de lfi urer les bonnes.Api^ç^e fortes études uébec, il embrassa là civière dt/UrtrrÆni etj4ic prendre un rang distingué, daîrelsluiprofessioii.t une notice nécrologiqu^'^^li^e Tors de son 829, “ reconnu pour le prer 18 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Donc pour se dévouer à la cliose_ publique comme il le fit, et comme il fallait le faire alors, M.Bédard dut négliger sa profession ; le pays exigeait de ses hommes publics un dévouement tout apostolique, avec le courage des martyrs.Notre jeune patriote accepta tous les sacrifices : il fut apôtre et martyr de la sainte cause du peuple.Au comté de Northumberland comprenant les comtés actuels de Charlevoix, Chicoutimi et Saguenay, avec Montmorency, à l’exception de l’Isle d’Orléans, formant alors un comté séparé du comté de Northumberland, disons-nous, appartient l’honneur d’avoir député M.Bedard au premier parlement, qui s’ouvrit le 17 décembre 1792.Dès le commencement de cette session, le parti oligarchique se démasqua, et fit comprendre à ceux de notre race qu’elle aurait à combattre non seulement pour ses libertés politiques, mais en outre pour ses institutions nationales.Dès lors, on put voir clairement que la faction, qui pressurait le pays depuis trente ans, entendait, avec l’appui de la métropole sur lequel elle comptait, faire du Bas-Canada une nouvelle Irlande, et de ses anciens habitants une race vouée à l’infériorité et à l’exploitation.Dans cette vue et comme le premier pas vers le but désiré, M.Richardson, le chef du parti oligarchique à Montréal, comme le juge en chef Sewell le fut à Québec, osa proposer de décréter la proscription de la langue française dans les délibérations parlementaires et dans les lois, où l’anglais seul devait être “ considéré le texte légal.” Tous les membres Canadiens, à l’exception de deux, dépendant du parti oligarchique,- votèrent contre cette odieuse proposition, de meme que tous ceux portant des noms anglais votèrent en ‘sa faveur.Cela prouve que, de part et d’autre, on savait à quoi s’en tenir sur la portée et 1 esprit de la proposition.Cette hostilité nationale a été au fond et comme l’âme des résistances opposées à toutes nos mesures de réforme.Des Anglais qui, en Angleterre, eussent suivi le parti ultra-libéral peut-être, ont, dans le Bas-Canada, appuyé jusqu’à la fin le parti oligarchique et anticanadien.Nous devons laisser à l’histoire les details de la longue lutte qui s’engagea dès 1792, entre les défenseurs et les en nemis des droits populaires, et dans la première période de laquelle M.Bedard occupa toujours un des premiers rôles.Profond penseur, grand logicien, esprit lucide, intelligence vigoureuse, mais rassise, il avait besoin pour s’animer du froissement de la discussion, et c’était surtout dans la réplique que ses moyens oratoires se manifestaient.Un de ses collègues et amis nous disait, un jour, qu’il se plaisait a lui servir d’avant-garde en chambre, ouvrant des discussions où M.Bedard se réservait la réplique aux adversaires.Souvent, disait-il, ils croyaient n’avoir affaire qu’à moi, et lorsqu’ils s’asseyaient triomphant, Bédard se levait et les foudroyait avant qu’ils n’eussent eû le temps de se recon- naître.Mais ce n’était encore là que de la petite guerre.Nos pèies novices dans la vie parlementaire, ne marchèrent d’abord qu’eu hésitant, ne se permettant, pour bien dire, que des escarmouches.Pendant ce temps-la, les anciens abus continuaient et de nouveaux s’introduisaient.A toute mesure de réforme et de progrès, le conseil législatif, composé pres- qu’en entier de hauts fonctionnaires, opposait son éternel veto ou était prêt à le faire impunément.C’est que la chambre représentative n’avait pas encore obtenu le contrôle des revenus publics.La gent bureaucratique avait à sa disposition les revenus de l’acte impérial de la He, Geo.III, et de deux actes provinciaux passés subséquemment sans condition, dans un moment d’imprévoyante confiance.Mais un bon jour il arriva, comme cela devait arriver, que ces revenus ne suffirent plus et que le déficit dut être couvert sur la caisse impériale.M.Bedard, très versé dans la connaissance de la constitution anglaise et de son mécanisme, et sachant que le vote annuel des subsides fait la force de la chambre des commune, profita de l’occasion pour proposer le paiement de toutes les dépenses publiques par la chambre d’assemblée.La notice nécrologique citée plus haut dit, à cette occasion : “ Si la province, en se chargeant de ses propres dépenses, acquit aux Canadiens ou à la chambre d’assemblée, quelque poids ou quelque influence dans les affaires du pays, c’est à M.Bedard qu’on le doit ; le paiement de la liste civile fut son ouvrage.” L’oligarchie vit toute la portée du coup qu’on voulait frapper, et cette proposition de payer toutes nos dépenses publiques, qui nous parait aujourd’hui si simple, et qui est en-elle même une proposition si loyale,souleva dans le pays une tempête, qui ne se calma jamais complètement, la dispute ayant duré , sous une forme ou sous une autre, jusqu’à l’abolition de l’ancienne constitution.Ce n’était rien moins qu’une trahison cachée, une mesure attentatoire aux droits et privilèges de la couronne, un acheminement à la révolte ouverte.La presse, alors presque entièrement dévouée au parti oligarchique, se déchaîna avec une violence effrénée contre le parti populaire, qui sentit la nécessité d’avoir aussi une presse à son service, et l’ancien Canadien fut fondé.Son épigraphe, Fiat justifia, ruât ccdum, dénote, à elle seule, une époque orageuse.Ce doyen de la presse canadienne libérale eut M.Bedard pour principal collaborateur, et il fut ce qu’il devait être dans les circonstances, dévoué, énergique, vif et chaleureux ; mais en le lisant avec nos idées d’aujourd’hui, on ne saurait y trouver une raison, pas même un prétexte qui puisse expliquer les mesures rigoureuses dont son imprimerie, son imprimeur et ses écrivains furent l’objet.: dans le mois de mars 1810, le matériel du Canadien fut saisi par une escouade de soldats et transporté dans les voûtes du greffe, et sou personnel, y compris M.Bedard, fut trainé en prison sous l’accusation de menées traitresses {treasonable practices).Tous les anciens vous diront que le pays, Québec surtout, furent soumis alors à un vrai régime de terreur ; mais le grand patriote de 1810 ne mollit pas un instant, et du fond de son cachot il brava jusqu’à la fin les ennemis de son pays.Tous ses compagnons de captivité profitèrent de la réaction, produite par la honte sans-doute, qui se fit bientôt chez leurs persécuteurs, pour obtenir leur liberté ; mais M.Bedarc repoussa tout compromis.“ Après trois mois de prison, > la notice déjà citée, on lui offrit d’en sortir, pourvu qu i consentît à devoir l'oubli de ses torts à la clémence de fadim-nistratiou.Il refusa.En 1811, l’administration reçut ordre de lui rendre la liberté.Il avait été treize mois eu prison, JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.19 ayant contracté une maladie dont il ne guérit pas.” A cela nous ajouterons, pour l’avoir entendu répéter plus d’une fois, que notre grand patriote ne voulait pas sortir de prison, à moins qu’on ne lui fit son procès, et qu’on fut presque obligé de lui faire violence pour le mettre en liberté.Et cet homme avait, treize mois auparavant, laissé dans le besoin une femme et plusieurs enfants en bas âge, qui durent leurs moyens d’existence, dans l’intervalle, à l’honorable générosité des citoyens de Québec ! N’est-cc pas là un homme de Plutarque ressuscité ?Sir James Henry Craig parti, avec les remords au cœur, dit-on, et maudissant ses perfides conseillers, arriva Sir George Prévost, avec la mission de concilier le peuple canadien, et un de ses premiers actes vers ce but, fut la nomination du prisonnier de Craig à la charge de juge résidant aux Trois-Rivières.Ainsi, les dénonciateurs et les geôliers du traître de 1810 durent, en 1812, ouvrir leurs rangs pour l’y recevoir.Ce fut sans doute avec la rage au cœur ; mais pas un n’eut le courage de ressentir le soufflet appliqué au front de tous.Ici se présente une réflexion : N’est-il pas regrettable pour la gloire de Pierre Bedard et pour nos propres intérêts, qu’il ait alors abandonné la cause qu’il avait si bien servie jusque là, cause qui en était encore à un premier succès, rien moins que décisif, comme l’évènement le prouve ?A cela nous ne répondrons pas que notre héros était sans fortune et chargé d’une famille dont il avait jusque-là négligé les intérêts, pour se dévouer tout entier à la chose publique ; nous ne rappellerons pas même qu’il avait contracté, en prison, une maladie dont il ne guérit jamais : ces raisons, toutes valables qu’elles soient, seraient une injure à sa mémoire, si nous les donnions pour motifs de sa retraite de la scène politique.Il avait pour cette détermination d’autres motifs plus dignes de lui.Son avènement à la hante magistrature était la consécration du triomphe de la cause pour laquelle lui et ses amis avait combattu et souffert, l’aveu formel qu’on les avait calomniés et injustement persécutés, et un puissant encouragement au peuple et à ses dé/enseurs de persévérer dans les nobles errements du passé.Il y a plus, à cette époque, nous étions à la veille d’une guerre avec les Etats-Unis.Or, M.Bedard, avec le jugement sûr qu’on lui reconnaissait, avait compris que l’intérêt, autant que le devoir, nous commandait de rester unis à l’empire britannique.Il était, pour l’avoir étudié à fond, admirateur du régime constitutionnel anglais, qui lui paraissait assurer, à la fois, et le libre exercice de toutes les énergies sociales légitimes, et la compression des instincts pervers, en d’autres mots, l’ordre et le progrès.Il était un loyal sujet anglais en même temps qu’un chaud patriote canadien, et il sentit qu’en ces deux qualités il devait prêter la main à l’œuvre de conciliation .de Sir George Prévost.Accepter une charge judiciaire, dans les circonstances, c’était pour M.Bedard faire un solennel acte de confiance dans le nouveau gouverneur, et cet acte de sa part devait être tout-puissant auprès du peuple et le porter à se rallier en masse autour du drapeau britannique.C’est ce qui arriva, et le Canada fut conservé à l’Angleterre, et notre nationalité échappa cette fois encore à l’absorption.En montant sur le banc, M.Bedard rendit donc un nouveau service politique à son pays, et ne fit qu’ajouter un nouveau titre à sa popularité.Nous devons insister sur ce point, afin de rectifier une erreur grave dans laquelle est tombé un écrivain du jour, qui prétend que M.Bedard devint impopulaire par suite de sa nomination comme juge, se fondant sur ce qu’il “ fut accusé, mais sans succès, de hauts crimes et délits dans l’exercice de la magistrature, par la chambre d’assemblée en 1818.” Il y a là méprise: la chambre d’Assemblée n’a jamais accusé M.Bédard, seulement M.Ogden, représentant de la ville des Trois-Rivières, accusa M.Bedard, devant la chambre d’Assemblée, non en 1818, mais en 1819.Un comité d’enquête fut nommé, qui, le 21 avril de la même année, fit rapport comme suit : “ Votre comité ayant considéré les articles d’accusation référés, et le témoignage produit au soutien d’iceux, est d’opinion que les dites accusations sont absolument sans fondement.” Quatre jours après, le parlement fut prorogé, avant que la chambre se fût prononcée sur le rapport de son comité.Rien ne fut fait pendant la session suivante, preuve que l’accusateur renonçait à pousser l’affaire plus loin.Mais M.Bédard, confiant dans la bonté de sa cause, et craignant, comme il le dit dans sa requête, l’effet des dépositions vagues, artificieuses et fausses, qui pourraient laisser des impressions sur le caractère du pétitionnaire,” demanda, dans la session de 1821, que l’enquête fut rouverte, afin de lui fournir l’occasion de prouver que “ les dites accusations ont été malicieuses, préméditées et concertées,” aussi de “ faire preuve du caractère de certains témoins et de leur peu de crédibilité.” La chambre se rendit à cette demande, un nouveau comité fut nommé, et l’accusateur mis en demeure de dire s’il avait “ des témoins à faire entendre, et s’il voulait en donner une liste,” ne voulut pas répondre.La fin de la session arriva avant que le comité pût procéder, et l’affaire fut remise à la session suivante, mais elle ne revint plus sur le tapis, M.Bedard en étant venu à croire, sur l’insistance de ses amis, sans doute, que sa réputation n’avait souffert en rien des accusations portées contre lui.Dans tout cela, comme on le voit, pas la moindre apparence que M.Bedard fût devenu impopulaire, par suite ou à la suite de sa nomination.Bien au contraire, l’origine même des accusations portées contre lui, prouve sa popularité longtemps après.Son accusateur fut M.Ogden, un des coryphées du parti anti-populaire, soutenu et poussé par cette coterie qui valut ci-devant, aux Trois-Rivières, le sobriquet de bourg pourri, et dont, à la fin, la population de cette ville a su noblement s’émanciper.M.Bedard, deve nu impopulaire !.Oh ! non.On a souvent reproché aux peuples leur ingratitude envers leurs grands hommes ; mais nos compatriotes sont à l’abri de ce reproche à l’égard du grand citoyen dont nous parlons.En voulez-vous la preuve, ainsi que de l’incontestable popularité dont jouit le juge Bédard jusqu’à sa mort 1 vous la trouverez dans les faits consignés dans l’extrait suivant de la notice déjà mise à contribution : “ En 1814-, il fut nommé agent de la province*en Angle-I terre, par la chambre d’assemblée ; il aurait laissé sa situa- 20 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.tion pour se rendre en ce pays, si le bill eût passé au conseil.“ Ce fut aux Trois-Rivières qu’il dressa un mémoire pour accompagner l’adresse au soutien de l’administration de Sir George Prévost.Ce mémoire était un état raisonné des griefs du pays.•< En 1822, on lui proposa de passer en Angleterre, au sujet du bill d'union ; il y consentit, mais n’y put aller.“ Bientôt les années, en l’affaiblissant, donnèrent une nouvelle force à la maladie dont il était attaqué.« En 1827, il alla prendre les eaux de Saratoga, dans les Etats-Unis, où tout lui plaisait moins qu’en Canada.Il revint presque aussi mal portant qu’avant ce voyage.“ Les années et la maladie ne diminuèrent point son goût pour les sciences abstraites, ni son application à l’étude.” Disons maintenant quelque chose des deux fils de M.Bédard, qui, dans ce qu’on peut appeler la deuxième génération de nos hommes publics, se montrèrent de bonne race, et les dignes enfants d’un noble père.Elzéar Bedard, l’aîné des deux, avait, comme son père, embrassé la profession de la loi, ce que fit aussi Isidore, dont nous parlerons ensuite.Il n’entra au parlement qu’en 1834, mais il s’était depuis plusieurs années activement occupé des affaires publiques au forum et dans la presse.Il parlait, avec une facilité presque égale, dans les deux langues.Il avait hérité de son père d’un esprit clair et logique, sans avoir cependant son éloquence vigourense et puissante.C’était un écrivain agréable, excellent surtout à manier le ridicule ; nous ne disons pas le sarcasme, car il était naturellement bon et bienveillant : il aimait à rire de ses adversaires, mais sans les blesser au cœur.Cette qualité lui causa de bien vifs regrets, mais ne l’arrêta pas lorsqu’il lui fallut rompre des liens d’amitié des plus chers, au milieu des luttes politiques : Je pays avant tout, telle fut toujours la devise des Bédard.Lorsqu’en 1834, la chambre d’assemblée, lasse de demander sans succès la réforme des abus, ou, comme on disait alors, le redressement des griefs, voulut, pour ainsi dire, faire un appel solennel au monde du déni de justice qu’elle éprouvait, ce fut M.Bédard, tout jeune membre encore, qui fut chargé de la mesure : avec les fameuses 92 Résolutions il fit ses premières armes parlementaires.C’est assez dire de quelle considération il jouissait parmi ses collègues.Il n’était pas, ni ne prétendit jamais être l’auteur de ce manifeste, dont le premier jet fut préparé par M.Papineau, et qui reçut sa rédaction définitive de M.Morin, après avoir été discuté dans une réunion d’hommes publics, qui se tint chez M.Bedard.En 1836, Lord Gosford, voulant donner une preuve de ses bonnes intentions envers le pays, ne crût devoir mieux faire que de renouveler, pour le fils, ce que Sir George Prévost avait fait pour le père 24 ans auparavant: le moteur des 92 résolutions fut élevé au banc judiciaire.Dans sa nouvelle position, M.Bédard ne tarda pas à montrer la fermeté , l’intégrité et le dévouement qui avaient signalé sa carrière politique.Voici le témoignage qu’il reçut de la presse, lorsqu’en 1849, elle eut à annoncer sa mort : « Bientôt après, en 1838, M.Bedard eut occasion de faire éclater son courage et son intégrité comme juge.Tout le monde a encore présent à la mémoire la noble indépendance avec laquelle il maintint, sur le banc, l’existence de 1 'habeas corpus, dans un temps où cet acte de vertu civique devait mettre en danger la haute position qu’il occupait.Il ne faut pas oublier non plus qu’ayant à lutter, en cette occasion, contre plusieurs de ses confrères, dont l’un était le juge en chef Stuart, son argumentation put se montrer sans pâlir à côté de la leur.En effet, il y fit preuve d’un talent et de recherches qui lui donnèrent dès lors un rang élevé dans notre magistrature, rang qu’il a maintenu depuis par ses talents, l’assiduité de son travail et de ses recherches, et la lucidité de ses opinions.“ Réintégré avec honneur après les troubles, il remonta sur le banc avec une réputation de capacité et d’intégrité désormais à l’abri même du soupçon.Devant lui s’était rouverte une longue carrière, aussi honorable pour lui qu’utile à son pays, carrière dans laquelle une mort prématurée vient de l’arrêter, étant à peine an milieu de sa course.“ Si, un jour, la postérité veut connaître la vie de ceux qui, dans notre Canada, ont, par leur parole, leur plume, leur exemple et leurs vertus publiques, contribué notablement à l’établisssement de la liberté politique en général, et à la conservation de nos intérêts nationaux en particulier, Elzéar Bédard ne devra pas être et ne sera pas oublié ! ” Il ne nous reste plus qu’à dire un mot du plus jeune frère, Isidore Bedard, qui entra au parlement en 1830, mais qui n’assista qu’à la session suivante, étant parti bientôt après pour aller en Europe, d’où il ne devait pas revenir.Il mourut à Paris, le 14 avril 1833, à l’âge de 27 ans ou environ.Il est digne de remarque que les deux fils de M.Bedard furent élus membres de la chambre d’assemblée par deux comtés qui, autrefois, avaient fait partie du comté de Northumberland, lequel avait député le père au premier parlement et à plusieurs autres parlements subséquents, savoir: Elzéar par le comté de Montmorenci, et Isidore par celui du Saguenay.La mémoire vénérée du père fut sans doute pour beaucoup dans cette coincidence, tant pour les élus que pour les électeurs.Isidore, n’ayant fait qu’apparaître sur la scène politique, et n’étant encore qu’un tout jeune homme à sa mort, laisse peu de chose à dire sur sa vie publique.A son départ du pays, il n’avait guère pu que faire concevoir les plus belles espérances.On allait se disant que les principales qualités du père allaient revivre dans le fils, et cela seul faisait le plus bel éloge qu’un jeune homme pût mériter.Cependant, la mémoire d’Isidore vivra aussi lontemps, dans la Nouvelle France, que celle de Rouget de l’Isle dans la vieille France.Le jeune Bedard a laissé quelques couplets qui ont eu le mérite de l’emporter, dans la faveur publique, sur tous nos autres chants patriotiques, très nombreux pourtant et l’œuvre des talents les plus distingués parmi notre jeunesse lettrée.Ce n’est pas que la partie littéraire de ces couplets ne prête un peu à la critique, et que sous ce rapport ils ne soient inférieurs à quelques-unes de nos chansons patriotiques; mais Bedard sut, mieux qu’aucun de ses concurrents, malgré les négligences du style, trouver le chemin des cœurs et faire vibrer la fibre nationale.C’est, il est vrai, ce qm JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.21 fait le poète, le reste est du versificateur.Avec le temps, sans doute, notre jeune poète aurait apporté plus de soins et de goût à ses composition;).Voici comment un journal du temps annonça la nouvelle de sa mort : “ Nous avons la douleur d’annoncer la mort d’un jeune compatriote qui avait déjà fait preuve de vertus publiques héréditaires, et de talents très distingués.Ce jeune monsieur, un an après avoir été appelé au poste honorable de représentant du peuple, entreprit un voyage en Europe, d’où il devait rapporter des connaissances dont sou pays, nous en sommes sûr, aurait été le premier à profiter, et c’est au moment où il se préparait à retourner au Canada que la mort l’a frappé, à Paris, le 14 avril.La maladie qui l’a emporté était une hémorrhagie des poumons.” Tels ont été ces trois hommes dont chacun, en mourant, a laissé un modèle pour un des âges dont se compose la vie publique—jeunesse, âge mûr et vieillesse.Etienne Parent.SCIENCE.Comptes-renduN des Cours Publics de l’Ecole Normale Jacques-Cartier.Leçons p'HisTorRE Generale, tar M.Desmazkres.ORIGINES DE LA CIVILISATION MODERNE.PREMIERE LEÇON.Cette leçon sera une récapitulation générale de tout ce qui fera le sujet des lectures suivantes, où nous étudierons l’époque comprise entre Notre Seigneur et Charlemagne.Avant d’entrer dans le détail, nous considérerons l’ensemble de tous les faits ; ainsi, lorsqu’on examine un grand édifice, on doit, pour le bien comprendre, l’envisager d’abord dans son ensemble ; il est plus facile ensuite d’en étudier les différentes parties.Avant Notre Seigneur, l’erreur, l’impiété, le vice prédominaient dans le monde entier.De plus, la réunion de tous les peuples en un seul, et sous la domination d’un seul chef, avait mis en commun tous les désordres et les crimes de la terre.Les peuples qui se disaient les plus civilisés et les mieux policés étaient plongés dans les plus épaisses ténèbres et dans la pius basse dégradation.Le mal était monté même dans les sources de la vie.L’enfant ne recevait plus aucun enseignement, si ce n’est des scandales au sein de la famille.Les mères ne se faisaient point scrupule de conduire aux jeux du cirque leurs jeunes filles.Elles les accoutumaient à la vue du meurtre et à l’odeur infecte du sang.Lorsque le combat était fini et qu’une victime avait succombé, les dames romaines se précipitaient dans l’arène pour boire le sang humain, dans l’espérance de prolonger une vie consumée par la mollesse et par d’insensés plaisirs.L’homme était rabaissé au niveau de la brute ; il était condamné à servir de bête de somme, sous un maître qui avait jusqu’au droit de l’assommer pour la plus légère faute.Partout l’esclavage le plus complet.Partout les lois les plus sacrées étaient méconnues.Les temples mêmes étaient devenus des lieux de débauche.Mais voilà que tout-à-coup un bruit se fait entendre à l’Orient.Au sein de la Judée, une vierge met au monde un fils, et cet enfant est le Fils de Dieu.Cet Homme-Dieu passe les trente premières années de sa vie dans la retraite et dans le silence ; puis, il se choisit douze disciples, tirés des rangs du peuple, et prêche une doctrine marquée du sceau de la divinité, et il termine enfin sa carrière par la mort ignominieuse de la croix.Après sa mort, ses disciples continuent son œuvre : à leurs voix, les populations accourent et se font chrétiennes.En quelques années, il y a des croyants dans presque nL1*eS ^es.Pal**e8 du monde.Ainsi, peu de temps après la mort de Notre Seigneur, St.Pierre en trouve dans Antioche et St.Paul à Rome: maintenant encore, on voit en Mésopotamie, en Barbarie, dans les Indes et dans les Gaules, des traces évidentes d’une prédication faite dès les premiers temps de l’Eglise.Cette nouvelle octrine était bien propre, en effet, à soulager des cœurs affligés.Non seulement son instituteur avait mené lui-même une vie pauvre, mais il avait su faire comprendre la dignité et l’excellence de son enseignement, en disant : “ Heureux ceux qui souffrent, parce qu’ils verront Dieu.” Jésus-Christ, pour donner l’exemple, voulut souffrir au jardin des oliviers et sur le calvaire ; pour donner l’exemple de sa bonté, il se compare à un berger qui, ayant perdu une brebis, laisse son troupeau pour la chercher, et lorsqu’il 1 a trouvée il la met sur ses épaules et la porte à la bergerie.Mais si cette doctrine était douce pour les pauvres et les opprimés, elle révoltait les grands, qui aimaient mieux passer leur vie dans la mollesse et dans de honteux plaisirs, que de mener une vie pure et chaste.La doctrine de Jésus-Christ gênait les passions ; aussi le paganisme lut déclara-t-il une guerre mortelle, et il ne faut pas s’étonner des grandes persécutions que l’Eglise eut à souffrir, des combats qu’elle eut à soutenir, des assauts qu’elle eut à livrer.Bien des fois elle vit ses enfants verser leur sang pour la défense du culte auquel ils s’étaient voués.Mais ces persécutions, loin de décourager l’Eglise, étaient pour elle le prélude des victoires qu’elle devait un jour remporter sur le paganisme, et le sang de ses enfants était comme une semence féconde d’où sortaient des milliers de chrétiens.L’Eglise se souvenait des paroles de son divin fondateur : Vous serez en butte aux persécutions à cause de moi.” Outre les persécutions, elle eut aussi à souffrir les hérésies qui commencèrent à la mort de Notre Seigneur.La première est celle de Simon le magicien.Si, d’un côté, il y eut des hérétiques et des sophistes, il y eut, de l’autre côté, des hommes illustres par leur sainteté et par leur science : par la force de leur raisonnement et de leur logique, ils renversèient les arguments de ces hérétiques.Parmi les premiers persécuteurs, on voit apparaître la famille des Césars, qui ne se composa, pour ainsi dire, que de monstres.Depuis Néron jusqu’au moment ou Constantin se fît chrétien, presque tous ces empereurs passèrent leur vie dans la mollesse et dans les plus honteux plaisirs.Les hautes classes, elles autrefois si grandes et si puissantes, elles qui donnaient autrefois l’exemple de toutes les vertus, elles autrefois si braves et si courageuses lorsqu’il s’agissait de défendre le sol sacré de leur patrie, courbaient ignominieusement le front devant un tyran et étaient plongées dans les plus grands désordres.Si nous descendons plus bas, le peuple, lui autrefois si brave, si austère et si courageux, se vautrait dans la fange du vice et passait son temps dans l’oisiveté et dans les jeux.Les premières persécutions commencèrent après la mort de Jésus-Christ et se continuèrent jusqu’à Constantin.Néron, Trajan, Marc-Aurèle, Septime Sévère, Dèce et Dioclétien, firent répandre le saug d’une multitude de martyrs.Si l’histoire n’était là, on ne pourrait croire à quel degré de fureur ces empereurs se sont livrés contre les chrétiens.Pendant plus de trois siècles, le sang coule , les prisons ne se vident pas et la hache du bourreau ne cesse de frapper.Mais tous les efforts du paganisme sont inutiles pour arrêter les progrès du christianisme.“ Nous ne sommes que d’hier, disait Tertullien, et déjà nous remplissons vos villes, vos campagnes, votre forum, votre sénat ; nous ne vous laissons que vos temples.Si nous voulions nous révolter, nous pourrions vous anéantir ; mais nous savons qu’il vaut mieux souffrir la mort que la donner.” Le temps des persécutions va finir : à la tempete va succéder le calme et le repos ; la croix va briller sur la couronne des Césars.Constantin, issu de la famille des Césars, adant combattre le tyran Maxence, était sur le point d’en venir aux mains, lorsqu’une croix lumineuse apparut dans les airs.Eclairé par ce signe, il promit de se faire chrétien si Dieu lui donnait la victoire.Maxence fût vaincu et Constantin, de retour à Rome, se fit instruire des vérités de la foi et baptiser.Depuis ce moment tout change, et nous sommes arrivés à un temps de repos.L’Eglise honorée, respectée, est comblée de richesses par les dons que lui font ses enfants à qui, en retour, elle donne des lois et prescrit des devoirs.L’Eglise, celte bonne mère, en disant à 1 homme d’où il vient et où il va, règle la famille, la société, la politique ; elle rend au jrère toute la dignité qui lui est due et lui enseigne ses devoirs ; elle apprend aux hommes ce qu’ils sont, et, dès lors, elle porte un coup mortel à l’esclavage ; elle crée un droit public et un droit des gens, jusqu’alors inconnus.Au moment où la religion domine dans les cœurs, tout, change.Les fils et les filles des grands, autrefois occupés à de futiles plaisirs, emploient leur temps, leur vie, leurs richesses, à soulager les pauvres et à accomplir des œuvres de chanté Rome, du temps des empereurs chrétiens, était la plus belle ville du monde.Constance, empereur de Constantinople, qui la visita à cette époque, vit des merveilles qu’il n’aurait jamais imaginées : “ Rome, dit-il, est située sur sept collines ; tout ce que l’art a de plus surprenant, tout ce que la terre a de plus riche, y est renfermé.Les aqueducs sont aussi profonds et aussi grands que des fleuves, ses bains aussi vastes que des lacs.” Mais, hélas 1 22 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.toutes ces richesses vont devenir bientôt la proie des barbares.Ici une grave question se présente naturellement.Comment et pourquoi Dieu a-t-il frappé Rome avec une telle rigueur, après lui avoir pardonné ?Bossuet, ce grand penseur, a dit, en parlant de la chute de Rome : “ Rome, il est vrai, avait embrassé le christianisme, mais elle s’est convertie trop tard ; elle avait épuisé les grâces que Dieu lui avait destinées.” D’autres répondent à cette question, en disant : “ La société romaine était complètement pardonnée, mais elle n’a pas su profiter du pardon.Elle eut dû continuer à honorer la religion et à observer ses commandements.Au lieu de cela, elle revint plus d’une fois à son vomissement, se fit païenne avec Julien et fut le siège de toutes les hérésies.Alors, Dieu irrité, la précipita sans pitié, sans vouloir lui accorder un pardon, dans l’avenir.C’en est fait, dit Dieu, ce peuple n’est plus mon peuple.Rome, lors de l’irruption des barbares, était encore plongée dans la mollesse et dans le vice.Il fallait donc une nation nouvelle, une nation plus forte et plus robuste.Tous les peuples du monde sortent alors de leur engourdissement ; ils secouent la tête, regardent du même côté vers Rome ; mais tous ont le même but, tous ont la même pensée, tous ont les yeux tournés vers l’Occident.Ils se mettent en marche : ni les glaces du nord, ni les montagnes ne les arrêtent : ils sont poussés par le souffle de Dieu.Attila s’avance : rien ne lui résiste sur son passage.Rome est prise et saccagée.Viennent ensuite les Goths, les Hérules, les Gépides, les Vandales, les Cimbres, les Teutons et les Francs, tous se dirigent vers l’Occident, tous se jettent sur l’empire romain.“ Au milieu d’eux, on remarqnait, dit l’ancien historien de Rome (Tacite), une nation qui avait pour emblème une cotte d’armes parsemée d’abeilles.Par-mieux, dit-il, la femme est respectée.Ils sont doux pendant la paix et au foyer domestique ; mais à la guerre, ils sont terribles et invincibles, ils sont courageux sur le champ de bataille, frappent leurs boucliers de deux lances et chantent des hymnes guerriers.” Ce sont les Francs.Le roi des Huns, surnommé le fléau de Dieu, ayant dévasté toutes les contrées qu’il avait rencontrées sur son passage, menaçait d’envahir les Gaules où les Francs s’étaient fixés.Attila, repoussé sous les murs d’Orléans, fut complètement défait dans les plaines de Châlons-sur-Marne, par les Francs et les Romains réunis.Les Francs profitèrent de cette victoire pour agrandir leurs Etats, cependant ils étaient encore infidèles, mais en 456 ils se convertirent à la vraie foi et furent depuis cette époque le soutien de la religion.M.Desmazures a terminé en disant quel-ues mots sur la succession des grands lois, des grands pontifes et es grands guerriers qui brillèrent en ces temps de luttes et de souffrances, et parmi lesquels est Charlemagne.Ce grand empereur qui fut l’appui et le défenseur de la religion, fut aussi le protecteur 'des lettres et des arts.Il étend ses deux bras, de l’un il arrête les invasions du nord, de l’autre il refoule les invasions du midi et, en même temps, il protège les sciences.Charlemagne, après avoir soumis les barbares, consacra son glorieux repos à corriger la législation des Francs.Il composa lui-même des lois qui, sous le nom de capitulaires, sont remarquables meme maintenant.A l’époque où il régnait, l’Occident était plongé dans une profonde ignorance ; ce n’était guère qu’en Italie que l’on trouvait quelques savants.Charlemagne fit venir de cette contrée les hommes les plus éminents, et, avec leur concours, il établit dans ses Etats de nombreuses écoles et mit tout en œuvre pour y faire fleurir les études.Il organisa, dans son palais, une école où il ne dédaignait pas d’assister.“ Ainsi, nous terminerons cette étude des premiers siècles de la société moderne par cette grande et imposante figure de Charlemage qui, d’une manière ou d’une autre, dans ces temps malheureux, a réuni en lui toutes les qualités qui peuvent faire le grand homme, le grand génie et le souverain chrétien.A la leçon suivante nous étudierons le monde romain.” Raymond Giroux, Elève de l’Ecole Normale.HISTOIRE DIT CASABA.COMPTE-RENDU DU COURS DE M.L’ABBÉ FERUAND, DONNÉ A l’université LAVAL.I.L’histoire est l’enseignement du passé, et dans les actions des hommes et des nations qui font le sujet des études de celui qui s’occupe d’histoire, il y a toujou s à voir soit un encouragement pour le bien, soit une leçon qui apprend à éviter Je mal.N’avoir rien appris de ceux qui nous ont précédés, c’est, suivant l’expression de Cicéron, avoir laissé dormir son intelligence dans le sommeil d’une enfance prolongée., En étudiant l’histoire de France et l’histoire de nos peres, l’his- toire de notre race en un mot, nous trouverons que deux choses ont constamment maintenu cette race au niveau élevé dont jamais elle n’est descendue, même au milieu des plus grands revers de fortune ; ces deux choses sont la Religion et l’Honneur.François 1er, à la suite de la bataille de Pavie, prisonnier de son puissant rival, était bien inspiré du véritable génie français, quand il écrivait à sa nation en larmes, ce mot si noble et si fier : “ Tout est perdu, fors l’honneur! ”—Il savait bien que quand l’honneur est sauf tout n’est pas perdu, et la suite a prouvé qu’il n’avait pas compté en vain sur ce noble côté du caractère français.L’étude de l’histoire du Canada fut, pendant bien longtemps, très négligée et jusqu’au commencement de ce siècle, on ne comptait à peu près de véritable historien que le P.Charlevoix, dont la charmante et intéressante histoire ne s’occupe que de temps déjà assez reculés de nous.Depuis un demi-siècle il s’est fait des travaux importants sur l’histoire du Canada, et on s’est surtout occupé de recueillir, de classer et de co-ordonner les mémoires et les documents épars qui étaient comme les matériaux encore dispersés de nos monuments historiques.Parmi ces infatigablos travailleurs auxquels le pays doit tant de reconnaissance, on compte M.le Commandeur Jacques Viger, que la mort vient d’enlever du milieu de nous et qui a eu au moins le bonheur, c’est le mot, de mourir au milieu de ses ch ers manuscrits.Notre regretté compatriote, en consacrant sa vie à l’étude des documents historiques de son pays lui a légué un nom honorable, connu de tout le continent américain ét qui n’est pas resté étranger à l’Eu-lope.Mentionnons encore cet autre travailleur (M.Faribault) qui a eu la douleur de voir brûler deux fois de précieuses collections, amassées par ses soins, et qui a rendu un éminent service à l’histoire, en publiant son excellent “ Catalogue raisonné des ouvrages sur l’Amérique et le Canada.” M.Bibaud est encore un jeune homme qui a rendu d’éminents services à l’histoire du pays, non seulement en écrivant lui-même une histoire du Canada ; mais en recueillant dans une série de publications diverses une foule de documents importants.Un autre écrivain d’un rare talent (M.Garneau) a laborieusement consacré une partie de sa vie a écrire une histoire du Canada qui est aujourd’hui la plus connue et la plus répandue en Amérique et en Europe.Un grand nombre de documents précieux pour l’histoire du Canada ont été perdus, par l’incendie ou par l’incroyable indifférence de ceux aux mains desquels ils sont tombés.C’est ainsi que “ le journal des jésuites,” tenu, jour par jour et dans lequel il était parlé de tous les évènements importants arrivés dans lacolonie, a disparu, à l’exception d’un seul cahier sur trois, échappé par hasard à la destruction.C’est feu M.Cochrane qui a conservé ce seul cahier à l’histoire, en le retirant d’une boîte à bois où on l’avait jeté, pour allumer le feu dans un des appartements du Château St.Louis, plusieurs années après la cession du pays.Recueillons donc les monuments de notre histoire.Nous n’avons pas comme l’Europe de nombreuses et antiques dates à évoquer ; les monuments des arts et des âges ne couvrent pas notre sol ; mais s.i nouvelle qu’elle soit, si petits qu’aient été les évènements, si récentes que soient nos dates, ils n’en portent pas moins avec eux le charme d’un grand intérêt.L’histoire du Canada revêt cependant un caractère qui lui donne comme un parfum d’antiquité.Eile porte un certain cachet que n’ont pas d’ordinaire les courtes histoires ; tout cela—elle le tire de ce que le6 mœurs de nos ancêtres ont emprunté à une foi religieuse profonde ces formes naïves et patriarcales des anciens âges.Ce caractère religieux de notre histoire se retrouve à chaque pas qui a marqué le passage de notre petit peuple sur ce sol de notre patrie, depuis le jour où François 1er envoyait les Verazzani et les Cartier à la découverture, comme disent ses instructions, des pays d’Amérique pour y faire fleurir la religion.Cet esprit de noble et pacifique conquête des tribus sauvages au culte catholique a présidé à presque toutes les grandes découveites de l’intérieur du continent : les missionnaires jésuites avaient déjà pénétré au fond du lac Supérieur, que les colon- de la Nouvelle Angleterre n’avaient pas encore ôsé s’éloigner du littoral de l’Atlantique.Notre petite nation a été pétrie par la religion; c’est elle qui l’a formée et c’est elle qui la conservera.Nos pères étaient guerriers et chasseurs, avant d’être agriculteurs, èt c’est au milieu de toutes sortes de dangers qu ils s’établissaient sur ce sol, en la compagnie de leurs missionnaires : ils ont grandi dans Ja bravoure et dans la foi.Lorsque les fautes d’une cour corrompue et les exactions de quelques agents du gouvernement honteux de Louis XV euren amené la cession du Canada à une autre puissance ; bon noram» JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.23 de rû 3 00 © U.2 oô 3 .'S © O “3 tj CLvO) © G ¦S ^ S-2 « > o .H -° P ° 3 Jr œ GG « ^ G © O O G O G © > Xi 3 CO ce _© rôs o H O © > rG 3 CO je © -G le o H d O © > rO 3 CO je © "C le o H Joliette.277 £ 100 £ 100 £ 250 £ 250 £ 250 $ 975:00 Masson .223 250 £ 150 400 250 £ 60 310 250 975:00 Notre-Dame de Levi 245 250 300 550 250 120 370 250 975:00 St.Michel.127 200 150 350 250 60 310 250 975:00 Laval.114 100 150 250 100 60 160 100 390:00 Chambly 90 300 100 400 250 40 290 250 975:00 Kigaud.120 250 100 350 255 40 290 250 975:00 Ste.Marie de Monnoir 130 100 100 200 100 40 140 100 390:00 Ste.Marie de Beauce 110 200 200 100 80 180 100 390:00 J1, Germain de Rimouski 80 100 100 100 390:00 bachûte .113 75 75 100 100 100 390:00 Verchères 159 100 100 100 100 100 390:00 Garennes.141 75 75 75 75 1 75 292:50 Mascouche 63 75 75 75 75 75 292:50 Sherbrooke 72 50 50 75 75 75 292:50 Totaux 2064 $ 9067:50 32 JOURNAL DE L’INSTRUBTION PUBLIQUE -:-¦ ‘ .- - * LISTE No.4.—ACADÉMIES DE GARÇONS, OU MIXTES.NOM DE L’INSTITUTION.oo *o oo -à a> b.O B Aylmer, protestant.Aylmer, catholique.Aubigny.André, St., Argenteuil.Abbottsford.Beauharnois.Bonin, Argenteuil.Baie du Febvre.Baie St.Paul.Barnston.Berthier.Buckingham .Belœil.Cap Santé.Charleston .Clarenceville Coaticook.Clarendon.Cassville.Compton.Cookshire.Cyprien, St.Danville.Dudswell.Dunham .Durham, No.1.Eustache, St.Farnham, cath.Frelighsburg .Foye, Ste., protestant.Granby.Georgeville.Gentilly .Grégoire, St.Huntingdon.Jean, St., Dorchester, cath.Jean, St., Dorchester, prot.Jean, St., Isle d’Orléans- Knowlton.Laprairie.Lotbinière.Longueuil.Laurent, St.L Islet.Moutmagny.Marthe, Ste.Missisquoi.Pointe aux Trembles, Mont.Philipsburg.Potton.Sherbrooke.Sorel, protestant.Stanbridge.Shefford.; Sutton.Stanstead .Timothée, St.Trois-Rivières, cath.Trois-Rivières, prot.Vaudreuil.Yamachiche 1855.?e » , o 5 æ O CL 'D G CD _ > O rO 3 3 j- «a to o e -o S o 42 50 123 127 44 157 148 144 66 110 47 36 50 32 113 62 72 97 105 76 65 136 60 27 113 52 158 210 42 58 51 62 113 84 127 318 68 89 71 90 19 360 120 90 185 103 36 75 40 39 61 49 117 80 59 158 85 45 28 85 150 5679 £ 75 75 50 75 50 50 100 50 100 50 100 100 50 50 50 50 50 75 50 100 40 50 100 50 50 50 100 100 50 100 50 150 50 75 50 50 100 50 111 22 75 100 75 175 37 10 100 50 50 > X 3 £ 75 75 50 75 50 50 100 50 100 50 100 100 50 50 50 50 50 75 50 100 40 50 100 50 50 50 100 100 50 100 50 150 50 75 50 50 100 50 50 111 2 125 100 75 175 37 10 100 50 50 1856 1857.Subvention annuelle.Subvention pour construction d’édifices et solde de dettes.Total de la subvention.Total de la subvention.£ 67 10 £ 67 10 £ 67 10 $ 67 10 67 10 67 10 40 40 40 25 25 45 45 67 10 67 10 67 10 67 10 45 45 45 45 45 45 90 90 90 45 45 45 90 * 90 90 45 45 45 90 90 90 90 90 90 40 40 40 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 67 10 67 10 67 10 45 45 45 90 90 90 40 40 40 40 40 67 10 40 40 60 40 40 60 1 45 45 45 90 90 90 45 45 45 45 45 45 45 45 45 100 100 100 45 45 90 90 90 90 45 45 45 90 90 90 45 45 60 40 40 40 40 40 75 135 135 135 45 45 67 10 75 75 75 45 45 45 45 45 45 90 90 90 45 45 45 40 2 100 100 100 40 40 40 67 10 20 87 10 67 10 90 90 90 67 10 67 10 67 10 157 10 157 10 157 10 40 40 40 40 40 90 90 90 45 45 45 45 45 67 10 1858.a a> s» x a o E-< 263:25 263:25 156:00 100:00 100:00 263:25 263:25 175:50 195:00 175:50 351:00 175:50 351:00 175:50 351:00 351:00 156:00 175:50 175:50 175:50 175:50 175:50 263:25 175:50 351:00 156:00 263:25 234:00 234:00 175:50 351:00 175:50 175:50 175:50 390:00 351:00 351:00 175:50 351:00 234:00 156:00 292:50 526:50 263:25 292:50 175:50 175:50 351:00 175:50 156:00 390:00 156:00 263:25 351:00 263:25 614:25 156:00 351:00 195:00 175:50 263:25 $ 14,068:75 I JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 3S LISTE No.5.—ACADÉMIES DE FILLES.NOM DE L’INSTITUTION.Nombre d’élèves en 1858.1855.1856.1857.1858.Subvention annuelle.Subvention pour construction d’édifices et solde de dettes.Total de la subvention.Subvention annuelle.Subvention pour construction d’édifices et solde de dettes.Total de la subvention.Total de la subvention.Total de la subvention.Anne, Ste., Lapérade | 139 £ 40 £ 40 £ 40 $ 156:00 Ambroise de Kildare, St 74 25 25 25 100:00 L’Assomption 190 40 40 40 156:00 Aimé, St 124 £ 37 10 £ 37 10 33 15 33 15 33 15 131:624 Baie St.Paul 110 37 10 37 10 33 15 33 15 33 15 131:624 Belœil 103 25 25 25 100:00 Boucherville 82 25 25 25 100:00 Cèdres, Les 62 25 25 25 100:00 Chambly 107 50 50 45 45 45 175:50 Cé6aire, St 157 30 30 27 27 37 10 146:25 Croix, Ste 72 50 50 45 45 45 175:50 Cowansville 28 50 50 45 45 45 175:50 Charles, St., Industrie 290 50 50 45 45 60 234:00 Châteauguay 100 25 25 25 100:00 Clément de Beauharnais, St.226 50 50 45 45 45 175:50 Cyprien, St 160 100:00 Denis, St 104 25 25 25 100:00 Elizabeth, Ste 120 75 75 67 10 67 10 60 234:00 Eustache, St 106 30 30 27 27 27 105:30 Grégoire, St.193 50 50 67 10 67 10 67 10 263:25 Geneviève, Ste 104 25 25 25 100:00 Henri de Mascouche, St 70 25 100:00 Hilaire, St 80 25 25 25 100:00 Hugues, St 150 75 150 225 67 10 60 127 10 90 351:00 Hyacinthe, St.Sœurs de Char.152 40 40 40 156:00 do Congrégation.209 40 40 40 156:00 L’Islet 85 37 10 37 10 40 40 40 156:00 Isle Verte 186 195:00 Jean, St., Dorchester 331 50 50 45 45 67 10 263:25 Jacques, St., Lachigan 146 40 40 60 234:00 Joseph, St., Lévi 188 75 200 275 67 10 80 147 10 90 351:00 Kakouna 60 195:00 Kamouraska 95 50 50 45 45 45 175:50 Laprairie 115 45 45 25 100:00 Longueuil 428 50 50 67 10 67 10 90 351:00 Lin, St 160 25 25 25 100:00 Laurent, St 154 40 40 60 234:00 Longue-Pointe 64 50 50 45 45 45 175:50 do pension 12 sourds.120 120 120 468:00 Marie, Ste., de Monnoir 100 50 50 45 8 53 45 175:50 Marie, Ste., de Beauce 113 50 75 125 50 30 80 50 195:00 Martin, St., Laval 84 100:00 Michel de Bellechasse, St.92 75 75 67 10 67 10 67 10 263:25 Nicolas, St 20 25 100:00 Paul, St., de l’Industrie 62 25 25 25 100:00 Pointe Claire 59 25 25 25 100:00 Pointe-aux-Trembles, Mont .100 60 234:00 Rivière Ouelle 70 25 100:00 Rimouski 147 67 10 67 10 67 10 263:25 Scholastique, Ste.125 30 30 30 30 30 117:00 Sherbrooke .146 90 351:00 Thérèse, Ste 138 25 25 25 100:00 Thomas, St., de Pierre ville.60 50 50 45 45 45 175:50 Terrebonne 166 25 25„ 25 100:00 Thimothée, St 121 37 10 37 10 40 40 40 156:00 Thomas, St., de Montmagny.157 75 75 67 10 67 10 67 10 263:25 Varennee .121 40 40 40 156:00 Vaudreuil .97 25 100:00 ïamachiche 89 50 50 45 45 45 175:50 Youville .160 50 50 45 45 45 175:50 Waterloo 33 25 100:00 Hrsulines, Trois-Rivières 235 67 10 263:25 7789 $ 10770:67^ 34 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE LISTE No.6.—ÉCOLES MODÈLES.NOM DE L’INSTITUTION.1855.1856.1857.1858.a O) 05 © > '© VU 'b ii a O iz; Subvention annuelle.Subvention pour construction d’édifices et solde de dettes.Total de la subvention.Subvention annuelle.Subvention pour construction d'édifices et solde de dettes.Total de la subvention.Total de la subvention.JE 1083 200 £300 £500 £200 £120 £ 320 | £200 165 111 2 3 111 2 3 111 2 3 111 2 3 111 2 150 111 2 3 111 2 3 111 2 3 111 2 3 111 2 636 280 280 280 280 280 240 21'0 200 200 200 200 23 37 10 37 10 37 10 37 10 37 10 19 37 10 37 10 37 10 37 10 37 10 25 25 25 25 25 30 ! 15 15 15 32 | 50 50 50 50 50 30 50 50 50 50 50 90 65 11 55 11 55 11 55 11 55 11 50 50 50 50 50 50 644 250 100 350 250 40 290 250 319 50 50 45 45 45 96 37 10 37 10 33 15 33 15 33 15 42 37 10 37 10 33 15 33 15 33 15 40 50 50 45 45 45 66 50 60 45 45 45 125 20 20 20 60 20 20 20 80 20 20 20 115 20 20 20 72 20 20 20 100 20 20 20 86 20 20 20 60 20 20 20 115 20 20 20 302 20 20 20 86 20 20 20 75 20 20 20 125 20 20 20 17 20 30 20 131 20 33 20 62 20 150 20 73 20 51 20 30 20 20 50 50 45 45 20 631 100 ! 78 20 ! 114 1 107 1 64 1 65 102 .1 64 23 I 86 115 1 30 96 150 40 85 91 86 32 60 34 94 1 80 88 8233 Colonial Church and School Society___ Ecole Nationale de Québec.do do Montréal.Société d’Education, Québec.British and Canadien School, Québec.Ecole de Filles, village sauvage de Lorette Ecole de garçons do do Même, pension àjVincent, institut retiré.St Eusèbe, Stanfold.Ecole, village sauvage de Caughnawaga.do do St.François.Infant School, Haute Ville, Québec.do Basse Ville, do .Ecole de St.Jacques de Montréal.Deschambault.St.Constant.St.Jacques le Mineur.Somerset.Pointe Claire.Lachine.Côte-des-Neiges.St.Antoine de Tilly.St.Edouard.Ste.Philomène.St.François du Lac.Laprairie.Roxton.Lacolle.Coteau St.Louis.Pointe du Lac.Rivière du Loup.Ste.Anne de la Pérade.Princeville, Stanfold.St.Romuald, Lévi.St.Charles, St.Hyacinthe.St.Grégoire, Iberville.St.Roch, Québec.St.Henri, Hochelaga.Beaumont.Magog .West Brome.Cap Santé.St.André, Kamouraska.Ste.Anne des Plaines.St Césaire.St.Polycarpe, di3s.St.Joachim des Deux-Montagnes.Bo.chervill».Lachine, diss.Ste.Gertrude.Mal haie, Charlevoix.St.Herraas.Ste.Rose.St- Vincent de Paul.St.Denis, Kamouraska.St.Hyacinthe.Chicoutimi.St.Sévère.St.[loch de l’Achigan.Chambly.—.St Pierre Rivière du Sud.Bury.Granby .American Presbyterian, Montréal.Colonial Church Society, Sherbrooke- Ste.Scholastique, Deux-Montagnes.780:00 433:33 433:33 1092:00 780:00 146:25 146:25 100:00 60:00 195:00 195:00 216:45 195:00 975:00 175:50 131:62} 131:62} 175:50 175:50 80:00 80:00 80:00 80 00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:00 390:00 80-00 80:00 80:00 60.00 80:00 80:00 80:00 80:00 80:0o 80:00 80:00 60:00 80:00 80:00 80 00 80:00 80:00 60:00 80:00 80:00 80:00 390:00 195:00 80:00 $ 11052:36 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.35 TABLEAU DELA DISTRIBUTION DE LA SUBVENTION SUPPLÉMENTAIRE AUX MUNICIPALITÉS PAUVRES, POUR 1858.COMTES.Municipalités.MOTIFS.Arthabaska.do do do do Bonaventure.do do do do Berthier.Bagot.Beauce.do do do do Broome.Chicoutimi.do do do do do do Champlain .do Compton.do do do Charlevoix.do do 2 Montagnes, do do do Dorchester.do Drummond.do do Gaspé.do do do do do Huntingdon.L’lslet.Joliette.do Jaeques-Cart.Kamouraska.do Lotbinière.Lévi.Montmagny .do Montmorency do Maskinongé Montcalm.do Nicolet.do Stanfold.Warwick.‘ Diss.St.Norbert.St.Christophe.Matapédia New-Richmond.Maria.Shoolbred.Ristigouche, Ind St.Norbert.Acton.Aylmer.St.Frédéric.St.Ephrem.Forsyth.Metgermettes.Bolton.—Diss.Latérière.St.Joseph.Labarre.Mésy.Caron.Metabetchouan.Synaï.Cap Magdeleine.St.Prosper.Hereford.Clifton.Bury.Lingwick.St.Urbain.Petite Rivière.Settrington.St.Colomban.St.Placide.St.Eustache,dis.St.Canut.St.Edouard, Fr.Cranbourne.Wickham.St.Frederick.St.Germain.Cap Rosier.Bay North.Malbaie.New-Port.Fox, Griffin Cove Grande Rivière.Huntingdon, diss.St.Cyrille.St.Alphonse.St.Ambroise, dis.Ste.Anne.Ste.Helene.Ixworth.St.Flavian.St.Lambert.Berthier.Isle aux Grues.St.Ferréol.Ange Gardien.St.Paulin.Ste.Julienne.Chertsey.Blandford.Ste.Monique, 2.Pauvre.Nouvel établissement et pauvre.A bâti trois maisons d’école, coût : $300.Pauvre et nouveau, do do do do do do les établissements sont épars.A fourni $180 pour réparations aux maisons d’école.Pauvre.Les établissements sont épars.Pauvre.Etablissement nouveau, maison d’école très coûteuse Localité nouvelle et bien pauvre.(Très pauvre.do Bâtit trois maisons d’école.Localité nouvelle et pauvre.do Maison d’école brûlée.Très pauvre et forme une municipalité peu peuplée.Très pauvre, do Cette localité n’était pas incluse dans le dern.recens., do do do do do do do do do do do do Maison d’école brûlée.Etablissement nouveau et pauvre, do do do do do do Pauvre.Pauvre.Pauvre.Pauvre, a bâti une maison, coût : $308.Pauvre, a doublé ses cotisations.Sont peu nombreux et dispersés.Paroisse nouvelle et pauvre, do do do do Etablissement nouveau et pauvre, do do do do Les établissements sont épars et les contrib.pauvres, do do do do do do do do do do do do do do do Les contribuables sont très pauvres.A trois écoles en opération, très pauvre.'Pauvre.[Pauvre.[Pauvre.[Pauvre.Etablissement nouveau et pauvre.[nouveau et pauvre.|A des dettes à payer.Peu populeux et pauvre.Insuffisance de la subvention, pauvre, do do do Etablissement nouveau et pauvre.do do do Peu populeux et pauvre, do do Montant de la cotisa- tion prélevée.Montant de la subven- tion annuelle ordinaire.Montant de la sub- vention supplémentaire demandée.Subvention sup-
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