Journal de l'instruction publique, 1 août 1859, Août
IRERTfi'/no/ Jfi» _ L7 'UBERWpMffl* Volume III.Montréal, (Bas-Canada) Août, 1859- No.8, SOMMAIRE.—Litteraturk.—-Poésie ; L’Instituteur Canadien, chanson par M.A.IMarsais.La royauté d’un jour, pat Mme Desbordes Valmore.—sciences : Elude sur les poids, les mesures et les monnaies des diverses nations, par le professeur Kegnand.Isuite et fin).—Comptes-rendus des cours publies : Cours d’Histmre du Canada à l’Université Laval, par M.l’abbé Ferland.rapporté par M.Casgrain.élève de LUmversné.IsuiteJ.-EDüOA'nox.-Rédagogie: De l’instruction morale et de l’éducation dans les écoles par M.Rapet (ii.édit).— Latin français -Exercices pour les élèves des écoles.—Vers à apprendre par cœur: L’orage, par Mme E.de (jirardm.—Exercices de gmm ma ire.—Avis Officiels.—Dip'ômes accord, s par le Bureau des Examinateurs Catholiques de Montréal.—Editorial.—A nos abonnés.—Un exemple.Bulletin des publications et des réimpressions les plus récentes.— I ans.—Québec.—Montréal.—St.Hyacinthe.—Petite Revue Mensuelle.—Nouvel-les et faits DIVERS.—Bulletin de 1’instruction publique.—Bulletin des let.res — bulletin des sciences—Distributions de prix.—Ecole Normale Laval.—Département des élèves institutrices.—Ecole Modèle Laval.—Séminaire de Québec.— Collège de Montréal.—Collège de St.Hyacinthe.—Collège Ste.Marie.LITTERATURE POESIE.L’INSTITUTEUR CANADIEN.L’ambition qn’il nourrit dans ses rêves Et qu’il poursuit d’une louable ardeur, Est de guider vers le bien ses élèves.Au Canada voilà l’instituteur.Enfin pour lui brille une nouvelle ère.L’azur paraît dans son ciel longtemps noir.En augmentant son exigu salaire, L’Etat remplit noblement un devoir.T»i, pionnier zélé de la pensée, Toi du progrès le modeste éclaireur, Réjouis-toi : ton épreuve est passée ; Reprends courage, ô digne instituteur.Maints écoliers, à tête un peu frivole, Gais étourdis, par leur3 distractions, Pourront troubler la paix de son école Et lui causer des tribulations ; Mais, en chrétien pieux, sa conscience De son emploi ne verra que l'honneur, Et sa vertu sera la patience.Tel est ici l’honnête instituteur.Air :—On m’avait dit : A Paris, jeune pâtre ou de la Nostalgie.Au citoyen qui, dans son humble sphère, Se rend, sans faste, utile à son pays, Je viens rayer un hommage sincère ; A ses vertus, de grand cœur, j’applaudis.Tel est celui qui voue à la jeunesse, Pour l’éclairer, son temps et son labeur, Sans espérer ni gloire ni richesse.Au Canada je peins l'instituteur.Jadis en butte à la triste indigence, Dans son réduit, manquant parfois de feu, Et cuisinier de sa maigre pitance, 11 vivotait à la grâce de Dieu.Pour son jeune âge un travail sans relâche, Pour ses vieux jours nul espoir de bonheur, Prix mérité de sa pénible tâche.Au Canada tel fut l’instituteur.L’époque n’est pas encore éloignée Où, tour-à-tour pêcheur et bûcheron.Dans les forêts il portait la cognée.Sur un canot maniait l’aviron ; Destitué des délices mondaines, Il recueillait les dons du Créateur; La mort venait seule finir ses peines.Au Canada tel fut l’Instituteur.Et cependant quels éminents services Ne rend-il pas à la société ?Il la défend contre l’écueil des vices, De la paresse et de l’impiété.Oui, maintenant de sa place il peut vivre, Sans 6'occuper d’un travail manuel ; A ses leçons tout entier il se livre, Comme le prêtre, au pied du saint autel.Son sacerdoce, il est vr«i, moins sublime Est des humains de même bienfaiteur.Honorons donc de notre juste estime.Au Canada l’utile instituteur.Rimouski, 1er août 1859.A.Marsais L,a Koyauté d’un Jour ou la Fête des Innocents.LE SACRE EN FAMILLE.Trois jours après Noël, une ville de Flandre sonnait la fête des Innocents et l’église paroissiale de Notre-Dame-du-Calvaire laissait tomber du haut de son clocher le réveille-matin d’un grand nombre Cl 6illalll6.Or, il faut savoir que dans quelques villes de la bonne Flandre où les enfants sont si heureux, l’usage existait (peut-être existe-t-il encore) de leur donner, pendant un jour tout entier de l’année, le gouvernement de la maison paternelle.Ce jour-là le dernier-né commande en maître ; I ordre des repas, les invitations, les plaisirs, tout leconcerne; on n obéit qu’à lui comme à un roi nouvellement élu par 1 amour de son peuple.Le petit monarque flamand, ravi de sa transformation, ordonne avec douceur, tend cordialement la main à ses sujets, leur donne des brioches ou bien tout ce qui est à la poitée delà fortune de sa famille ; il remercie quand il est servi ponctuelle- 4287 134 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.ment ; il remercie même quand il est sincèrement averti de l’impossibilité où l’on se trouve de condescendre à ses caprices, et il est rare qu’il ait de; caprices Tel est ce règne de douze heures institué en mémoire du jour déplorable où les Innocents furent massacrés dans la Judée par ordre du méchant roi Hérode.Un historien raconte que des mères, pleurant au récit do la terrible annale, convinrent entre elles de rendre ce jour là leurs enfants plus heureux que tous les autres jours.11 faut avouer que, si le bonheur est dans la puissance, ces rois enfantins n’ont rien à souhaiter dans le cours de leur règne éphémère.Trois jours donc après Noël, les cloches carillonnaient la fête attendue ardemment par bien des petits bourgeois ; on devinait, sans voir, que l’aube allait bientôt paraître.Les portes de la ville s’ouvraient bruyamment aux quatre coins des remparts.Ces portes à pont-levis de la cité frontière étaient, disait-on, fermées chaque soir pour empêcher les loups d’entrer; mais on ne faisait plus accroire cela qu’aux très-petits, afin qu’ils se gardassent de crier au lieu de dormir.Et l’on entendait accourir au loin.les laitières sur leurs ânes, les voitures chargées de blé, de fruits et de beurre, les agneaux bêlants, les poules vivantes caquetant dans les paniers à jour des paysannes matinales, et les enfants entr’ouvraient leurs yeux plus tôt qu’à l’ordinaire dans l’attente d’un grand événement.Agnès Aldenhoff se sentit alors doucement enlever de son lit d’osier ; c’était l’aïeule vigilante qui réveillait Agnès dont elle venait proclamer la puissance à toute la famille déjà rassemblée et debout.L’enfant, encore sous l’influence du sommeil, fut prise d’un doux saisissement.Elle ne distinguait qu’à demi son père qui souriait, sa jeune mère, plus blanche et plus belle dans ses simples atours de nuit, ses sœurs ouvrant les armoires d’un air empressé, tandis que son frère, accroupi devant le poêle rouge et ronflant, regardait de tous ses yeux, ne voulant rien perdre d’un tel spectacle ni de la surprise d’Agnès.Il avait eu les mêmes honneurs trois ans auparavant, et cette solennité renouvelée était déjà son jadis.Toutes ces figures aimées s’agitant dans la demi-teinte pour l’avénement d’Agnès formaient devant elle un tableau mouvant qui la charmait Les enfants jugeront si les anges, quand ils rentrent au paradis pour y reprendre leurs ailes, sont plus heureux ; dans ce cas ils le sont infiniment, et cela fait penser que l’innocence est une chose adorable.Après qu’Agnès eut été embrassée, reconnue souveraine de la maison, elle fut lavée avec de l’eau tiédie au foyer que l’on avait alimenté pour elle durant toute la nuit.On mêla dè bonnes senteurs à cette ablution ; la mère y consacrait pieusement un reste d’essence de bergamote cachée dans ses parures de mariage parmi les dragées des quatre baptêmes de ses enfants.Ces richesses du ménage étaient enfermées dans un coffre de bois de Sainte-Lucie, et de ce coffre à clous de cuivre, luisant comme l’or, sortait l’odeur suave des églises dans les grandes célébrations.Sitôt que les cheveux charmants d’Agnès furent peignés, lustrés, séparés sur le front, puis rendus à leur nat .a ondoyante, elle se laissa revêtir, en tremblant de joie, des habits de sa grand’mère, qui la regardait et l’embrassait à chaque épingle qu’elle attachait sur elle.Pour bien comprendre cette cérémonie il faut se ressouvenir que quand la souveraineté de l’innocence est déclarée par le plus âgé du logis, père, mère, frères, sœurs, servantes, viennent au pied de son lit la saluer comme on venait de saluer Agnès ; enfin la tradition veut qu’elle soit revêtue, dans toute la splendeur possible, des habillements du chef de la famille pour le représenter devant les amis, les parents et les étrangers.Agnès se tenait ferme sous l’ample jupe de camelot noir brillant, raccourcie à sa taille au moyen de grands plis que l’aïeule avait faufilés la veille.Le corsage à basques gothiques la couvrait tout entière ; elle ne pouvait bouger ; mais qu’elle était contente et qu’elle était jolie, coitlée du large bonnet de linon à tuyaux raides qui entourait sa figure mignonne ! Sa joie fut encore rehaussée d’une belle faille en soie de grenade, qui ne se déployait sur la tête de l’aïeule, à la manière des saintes femmes, que dans les grandes fêtes.^ L’émotion qu’apportait cette mère toute grave aux apprêts du règne de sa petrte-fille, remplissait l’enfant d’une gratitude si grande que quand Agnès devint une femme, elle l’en remerciait encore au fond de son cœur.Alors la plus jeune des deux mères, qui s’appelait Catherine, dit tout bas à l’autre : « Quel dommage de n’avoir plus nos belles dentelles pour un si grand jour ! , —Puisque c’est la volonté de Dieu, Catherine ! D’ailleurs, les armes n’ont pas besoin de dentelles pour lui plaire.” Êu ré oiviant ainsi et prenant l’innocente entre ses genoux, l’aïeule ht pendre à sa ceinture le trousseau de clefs qu’elle détacha de la sienne, plus, des ciseaux, enfermés dans leur étui pour qu’ils ne fussent pas dangereux à qui les portait ; elle y ajouta même une pelotte rouge en forme de cœur, faite par les dames ursulines ; la toilette achevée, elle se retourna vers le père d’Agnès et dit : Parlez, Félix! Alors le père parla ainsi : “ Ma fille, vous allez occuper, durant douze heures d’horloge, le rang de celle que nous respectons le plus au monde, c’est-à-dire de ma mère qui est votre grand’mère ; on aura donc pour vous l’obéissance due à celle qui représente ici la mère de Dieu.Ressouvenez-vous toute votre vie, Agnès, des honneurs qui vous auront été rendus le jour où vous passiez pour elle ; c’est à tous ceux ici présents de vous instruire des respects qu’une bonne mère a le droit d’attendre de ses enfants ; allez ! —Je vous donne ma bénédiction, Félix,” répondit la grand’mère en serrant la main de son fils.Il y avait beaucoup d’émotion dans les regards et dans les cœurs.Tous se rassemblèrent autour d’un humble déjeuner qu’Agnés oublia de souhaiter plus somptueux.Le lait fut servi dans le poêlon de cuivre étincelant, puis le cacao bouilli, humble café des familles modestes, prit place à côté de la pomme de terre dorée au four du poêle.Ce repas embaumait d’une fumée nourrissante.Ce n’était pas splendide, mais sain, comme tout ce qui est savoureux et propre.“ Mangez, mes enfants ; c’est tout !” dit la grand’mère en jetant un coup d’œil significatif à M.Aldenhoff.Il la comprit bien, car il se hâta de sortir par la ville afin de recueillir l’argent des travaux de plusieurs mois ; cet honnête bourgeois était peintre et doreur.Ensuite chacun se dispersa pour vaquer aux soins habituels des jours ouvrables; les sœurs aînées s’en allèrent aux écoles ; le frère plus rapproché de l’âge d’Agnès fut, cette fois là, dispensé de la sienne.En voyant sortir ses sœurs avec leurs cahiers d’écriture et le panier d’école au bras, Agnès eut le cœur gros.Elle dit que ce n’était donc pas une fête, puisque tout le monde s’en allait comme aux jours de peine.Ses sœurs, qui en savaient plus qu’elle, l’embrassèrent pour la consoler, et, de convention avec leur mère, lui répondirent que la fête en famille étant pour le soir, elle n’avait qu’à les y inviter : Agnès les invita, ordonnant que ce fût de bonne heure, en les retenant encore par la main, ne se décidant qu’à regret à être heureuse sans elles.Son frère Just, ayant congé pour initier Agnès à ses droits qu’elle ignorait demeuré seul avec elle, l’instruisit dans ces termes ; les droits régaliens.« Tu diras toujours : Je commande ! Tu commandera un repas magnifique dans la chambre rouge qui est gaie avec un grand feu ; tu voudras des musiciens pour faire danser la compagnie qui te plaira le plus (il la désigna lui-même) ; tu ordonneras du vin rosé et du vin blanc qu’on ne voit plus jamais sur la table : tu sais que j’aime le vin blanc et le vin rosé ! N’oublie pas un carosse pour aller à la comédie voir Zérnire et Azor, que j’ai vu le jour de mon règne ; j’irai avec toi.Commande aussi un cochon de lait pour souper quand nous reviendrons ; j’aime le cochon de lait, et tu l’aimeras beaucoup.Il faut toujours dire : J’ordonne ! Je veux ! Je commande ! car tu es ma grand’mère.” Agnès fit à son frère l’observation que sa grand’mère ne parlait jamais ainsi.“ N’importe ! elle en a le droit, dit Just, et il faut le prendre.Songe donc que tu n’as qu’un jour de souveraineté.” La leçon finie, Agnès émerveillée courut aussi vite que le lui permettaient sa longue jupe et sa faille, commander le festin compose par son frère.Quand sa mémoire chancelait, Just lui soufflait le mot à l’oreille et la redressait sur son trône.“ Grand’mère, dit-elle en embrassant l’aïeule, je commande un grand feu dans la chambre rouge; j’invite quatre amis à table.I faut les servir en argenterie, que l’on ne voit plus jamais dans 1 armoire .—Vin rose, vin rouge et vin blanc, souffla le frère, je 1 ordonne !—Vin rose, vin rouge et vin blanc, ma grand’mère, je 1 ordonne, s’il vous plaît ! et le festin magnifique, et des musiciens pour faire danser la compagnie.—Un carrosse pour aller voir Zémire et Azor.—Un carrosse pour aller voir.Moi, je veux voir mon oncle Jean, poursuivit Agnès d’une voix pleurante ; il faut réconcilier mon on cle Jean avec mon père.O ma grand’mère ! qu’il vienne se réjouir avec nous ; je le commande, s’il vous plait !” La grand’mère écoutait avec un singulier sourire, elle ne faisait pas un mouvement pour l’exécution des ordres d’Agnès, et con î nuait de filer assidûment comme toujours: son visage, épanoui matin par un moment de bonheur qui lui en rappelait tant d auties, était devenu sérieux e plus réfléchi que d’habitude.Agnès, après avoir consulté des yeux son frère, afin de s enco'-uu ger à un grand coup d’état, toussa pour éclaircir sa voix, et decla JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.135 qu’elle voulait des beignets pour tout le monde.“ Comment les ai-mes-tu, mon frère ?aux pommes ou à la crème ?—Je les aime chauds et sur la table,” dit Just.Cette réponse déconcerta la grand’mère, qui n’avait pas de quoi les servir au goût de Just ; elle les promit aiusi pour plus tard.; “ Je les aime moins comme cela,” repartit Just, qui était d’une concision étonnante ; puis il tira sa sœur par sa faille, et lui marmotta de nouveau le programme.Agnès le hasarda plus timidement ; mais quand elle revint à ces mots : (( Je veux du vin rosé, je veux de l’argenterie qu’on ne voit plus jamais sur la table ni dans l'armoire.—J’entends, j’entends, répondit l’aïeule à voix basse, en regardant Just avec un doux reproche ; tu nous fais des innocents bien ambitieux, toi ! Je croyais que cette bonne petite reine venait me demander du lin pour apprendre à filer : j’étais prête.” Il y eut un silence interrompu seulement par le rouet plus actif, malgré la fête ; puis madame Catherine entra, qui, d’une manière inquiète, causa longuement tout bas avec sa belle-mère.Le bruit aigre du rouet, qui allait toujours, ne permit pas aux enfants d’entendre une parole de l’entretien; mais ils se tinrent pour dit que leurs ordres allaient être exécutés sans faute, et leur joie était extrême.Retirés dans un coin de la chambre par respect pour les mères qui parlaient avec action, ils attendaient, pleins d’espoir, quand leur père Félix apparut au seuil d’une longue allée donnant en dehors du logis ; sa femme, empressée, courut le joindre, tandis qu’Agnès et Just se livrèrent à de nouveaux plans agréables pour cette journée, qui leur semblait ne devoir pas finir.Pourtant midi sonnait: l’heure où l’on dîne en Flandre approchait, et l’estomac d’Agnès sentait qu’il manquait un corps à ses rêves.La grand’mère le devinait sans doute, et se leva troublée comme une femme qui oublie toutes choses.Tandis qu’elle concentrait ses regards sur sa chère petite associée, Just se haussa jusqu’à son oreille; à quoi elle répondit : “C’est vrai ! tu as bien la mémoire de ton âge.” Alors, une belle poire sortit du buffet d’ébène peint au dedans couleur d’azur ; cette poire y mûrissait lentement, consacrée à ce jour de fête.“ Vous me la donnez pour toujours, grand’mère,” dit l’enfant.La mère l’en assura.Alors, se retournant vers Just : “ Si tu as de l’a-mitié pour moi, mon frère, coupe la poire en deux, et manges-en la moitié, je l’ordonne!” Just, la saluant profondément, répondit: “ J’ai de l’amitié pour toi !” et mangea la moitié de la poire ; bon Just ! “ Tu ne la gardes pas tout entière, petite souveraine?dit l’aïeule.—Non, grand’mère, la moitié est meilleure.—Pourquoi donc cela ?—Parce que mon frère mange l’autre et que nous sommes contents à deux.—Tu calcules déjà bien, Agnès, et tu ne ferais pas une méchante reine.” Mme Desbordes- Valmore.(A continuer.) SCIENCE.Etude sur les Poids et Mesures et les Monnaies des diverses mations.Lue à l’Institut Polytechnique de Montréal, par M.le Prof, Regnaud.(Suite.) Mesures du Temps.Le cycle solaire, qui a commencé 9 ans avant notre ère, est une période de 28 années, au bout desquelles l’année commence par les mêmes jours.On détermine les jours de la semaine à l’aide nés sept premières lettres de l’alphabet, que l’on place vis-à-vis “es jours du mois, et que l’on nomme lettres dominicales.A l’expiration du cycle solaire, les lettres dominicales reviennent à leur première place et dans le même ordre qu’auparavant.Le cycle lunaive et le cycle solaire combinés forment la période Dionysienne, °u Hctorienne, dite aussi cycle paschal; c’est un cycle de 532 Mnées, attribué à Denys le Petit ou à Victorius, et à la fin duquel a fête de Pâques revient au même dimanche.Ce cycle ramène tes nouvelles lunes aux mêmes jours de l’année julienne.On ne s en sert plus depuis Grégoire XIII.On appelle cycle caniculaire ou sothiaque une période égyp-ter.ne de 1460 ans, au bout de laquelle le commencement de année vague ou religieuse coïncidait avec celui de l’année civile ou solaire.Cette coïncidence avait lieu au lever héliaque de l’étoile de Sothis (Sirius) : d’où le nom de cycle.Le siècle (sæculum) est un espace de cent années.La division par siècle était en usage chez les Romains : elle a été conservée chez les modernes.Les années de chaque siècle se désignent (excepté la dernière) par l’adjectif ordinal qui énonce le chiffre de centaine immédiatement supérieur à celui de la centaine exprimée : ainsi l’on dit de 1701 à 1799, le XVIIIe siècle; de 1801 à 1899, le XIX siècle, la dernière année du siècle (l’an 1800, par exemple,) porte seul le nom du chiffre de centaine, qui sert à l’écrire.Chaque peuple compte les siècles d’après Père qu’il a adoptée : les Romains, à partir de la fondation de Rome, 734 ans avant J.-C.; les Mahométans, de l’hégire, 622 ans après J.-C., etc.Dans les pays chrétiens, on compte les siècles avant et après J.-C.; ainsi, l’on dit : Rome fut fondée au milieu du Ville siècle avant J.-C.; la renaissance commença au XVe siècle après J.-C.Epacte (du grec epactos, ajouté, complémentaire), nombre qui indique combien il faut ajouter de jours à l’année lunaire pour égaler l’année solaire : ce nombre donne l’âge de la lune am 1er janvier de chaque année solaire.Comme la différence entre les deux années est de 11 jours, l’épacte augmente chaque année de 11 jours, jusqu’à ce qu’elle dépasse 29, nombre des jours du mois lunaire; quand elle a atteint ce nombre, on suppose l’intercailation d’un nouveau mois lunaire.On nomme quelquefois épactes du soleil, épacles majeures, ou jours concurrents, les jours surnuméraires, soit de l’année commune, soit de l’année bissextile.Les années communes sont composées de 52 semaines, plus un jour, et les années bissextiles de 52 semaines, plus 2 jours.L’épacte sert à trouver le jour de la lune.Elle change toutes les années, le 1er mars, ajoutant 11 à la précédente ; et si le nombre surpasse 30, le surplus est le nombre de l’épacte.Pour savoir dire en quel jour on est de la lune, il faut prendre le nombre du mois où l’on est, en comptant mars pour le premier, ajouter à ce nombre celui du quantieme du mois, puis celui de Pépacte ; et si les nombres assemblés font moins que 30, ce sera le uantiéme de la lune ; s’ils passent 30, le surplus désignera le jour e la lune.La nouvelle lune est le jour qui répond à Pépacte de l’année courante.Uniformité des Poids et Mesures.L’uniformité des poids et mesures a été désirée depuis longtemps, les Romains eux-mêmes ont essayé, mais inutilement, d’introduire un système uniforme des poids et mesures.Celui que Charlemagne avait imposé à tous les sujets de son empire n’a pu prévaloir contre les systèmes préexistants ; et à l’époque de la réforme métrique, il n’était en usage qu’à Paris et dans quelques parties de la France.L’altération des mesures commença dès le rè
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.