Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Journal de l'instruction publique, 1861-07, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Volume V.fmAmJiiSsxv hBZRïêhçhé PEUPl£ Montréal, (Bas-Canada) Juillet 1861 No.7.•SOMMAIRE.Littérature.— Poésie : Les Vases Romains, par Hypolite Violeau.— Pensée Religieuse, par A.Bouhardet.— Aventures et Malheurs de la Senora Liba-rona dans le Grand-Chaco.(à continuer).—Science : Compte-rendu du Cours d’His-toire du Canada de M.l’abbé F'erland, à l’Université Laval, (suite).—Education : Conseils aux Instituteurs, IX ; l’Instituteur dans sa famille, par Th.Barrau, (suite).élèves des Ecoles.—Vers à apprendre par cœur : Les Insectes, ^,ic’îau^* Exercice de Grammaire.—Problèmes d’arithmétique.—Problème «l algèbre.Problème de géométrie.—Solution du problème de l’avant-dernière livraison.—Avis Officiels.—Nomination : Bureau de l’Education.—Séparation et érection de municipalités scolaires.—Diplômes accordés par M.le Surintendant de I instruction Pudique aux élèves des écoles Normales.—Diplômes accordés par les Bureaux «’Examinateurs.—Instituteurs disponibles.—Dons offerts au Département ( e Instruction 1 ubhque.—Editorial : Promotions.—Examens publics et distribu-üons des prix et des diplômes dans les écoles normales.—Relation du voyage de S.,e * rm£e,d,?Ga,Jes en Amérique, (conclusion).—Rapport du Surintendant de ,l*6trucUon Publique du Bas-Canada pour 1860, (suite).—Petite Revue Mensuelle.Nouvelles et I* aits Divers : Bulletin de l’Instruction Publique.—Bulletin des Lettres.—Bulletin des Sciences.—Bulletin des Beaux Arts.—Bulletin des Bons Exemples.- Distributions de Prix : Ecole Normale et Ecole Modèle Jacques-Cartier.—Ecole Normale et Ecole Modèle Laval.LITTERATURE.POESIE.LES VASES ROMAINS.C’était un gai repas : la cordialité Bien mieux que l’étiquette avait marqué les places ; Là présidaient la joie et la simplicité, L’une, fille de la santé, L’autre, la première des Grâces.Le couvert était mis sur l’herbe, au coin d’un bois t ù les geais, les pinsons, les fauvettes, les grives, Excités par les ris, les chants, le bruit des voix, Luttaient de bonne humeur avec tous les convives.Au nombre de ceux-ci se trouvait un savant, Chercheur d’antiquités, heureux dans maint voyage _ Gourmet d’ailleurs, et bon vivant, Qui regrettait tout haut l’absence du laitage.une ^rme au penchant du coteau : ~ V°Uez-T> quelqu’un ; à vous la découverte U lo 1 Egyptienne 1 étable, vieux château, Camp romain, tumulus, cromlec’h, grotte déserte, C est pour vous lièvre au gîte, ou bien fève au gateau ! ” On applaudit, et l’Antiquaire, Secrètement flatté qu’au milieu d’un festin On songe à ses travaux, à son riche butin, Dit qu’Io n’est pas loin, et qu’il ira la traire.Qu on attende un instant, il ne veut que cela.11 part, d’un pas rapide il foule la bruyère ; Ea chaumière était proche, il entre, et le voilà Exposant sa demande à la brune fermière.Jeannette sur la table avait ce qu’il fallait : Mais, parcourant des yeux le ménage rustique, Tandis qu’on lave un pot, qu’on y verse du lait, Le savant aperçoit une urne, un vase antique.Il approche ; son œil troublé S’obscurcit un moment; sa main devient tremblante : Ce trésor qu’il poursuit, tant de fois appelé, Si la femme y tenait ! O pensée accablante ! Oui, le vase romain a la place d’honneur ; L'aïeul l’aura donné, sans même le connaître, Comme un objet de prix, un talisman peut-être, Qui promet à la ferme abondance et bonheur ! Il faut s'en assurer :—“ Cette jatte fêlée.Hors de service, sans emploi, A la couleur jaunâtre, à la panse renflée, Dépare ce buffet, voyons, vendez-la moi.— “ Cette jatte ?ce pot de terre, Ce vieux pot?et qu’en ferez-vous ?— “ Rien de bon, j'en ai peur; rien de bon ma chère ; Cependant sa valeur?—Bah ! dit-elle, cinq sous !” Cinq sous !.Qui n’a dans sa mémoire Un semblable marché de tableaux, de bouquins, De médailles, de parchemins, Ne sait rien du plaisir, ne sait rien de la gloire ! Notre savant ne marche plus, II vole avec son urne ; à vingt pas de la porte, Presqu’aussi curieux que celui qu’il emporte, Un autre vase est là jeté sur le talus.A l’enfant chargé de la crème, L’Antiquaire enhardi demande sans façon Les anses, le goulot, jusqu’au dernier tesson De l’amphore tombée, hélas ! la veille même, De la main du petit garçon.Les autres maintenant peuvent manger et boire, Le savant s’y refuse ; il songe en ce moment A ses vases chéris dont il fera l’histoire Au journal du département.La découverte est neuve, utile, intéressante, Et prouve que César occupa ce pays.Une heure, une heure ravissante Se passe à disserter, et les pauvres amis Voudraient pour cent écus la poterie absente.Le fils de la fermière à leur aide arrivaut : — “ Monsieur, ma mère vous engage Si vous aimez ces pots, à visiter Stévan Le potier qui les fait, à droite du village ”— Et l’enfant disait vrai I De son rire joyeux Le cercle tout entier salua l’Antiquaire Qui, lui, baissa la tête, et, détournant les yeux, Brisa du pied l’amphore et l’urne funéraire.Berceuse de l’enfant, du jeune homme, et, plus tard, De l’homme mûr et du vieillard, Illusion, enchanteresse Qui nous séduis si vite et nous quittes si tard, A combien de hochets par toi Ton s’intéresse ! Tant que ton prisme éblouissant Ne colore à nos yeux que d’innocents mensonges, 80^238 110 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.C’est la pitié du ciel qui te laisse en passant Offrir à nos chagrins tes joujoux et tes songes I Le réel est si triste 1 Au coeur désabusé Toute force est bientôt ravie : Oh 1 trompe nous toujours 1—La plus heureuse vie Est bien moins un bonheur qu’un malheur amusé.Hyppolxte Violeau.1 (1) PENSEE RELIGIEUSE.Seigneur, délivrez-nous de l’éclair ei de la tempête.LITANIES.Par les pleurs de Jésus, Sainte Vierge Marie, Sauve du haut du ciel l’esquif d’un vieux nocher ! Misérable jouet des vagues en furie, La tempête me pousse, hélas 1 contre un rocher.Tu 6ecours le malheur, lorsque le malheur prie.Au plus cruel naufrage ah ! daigne m’arracher I Fais que j’embrasse encor ma famille chérie! Je ne veux pas mourir si loin de mon clocher.Il a dit.O miracle ! Une divine haleine Calme soudain les flots qui frémissent à peine : La barque qu'elle guide aborde sans effort.— Et moi, je vogue aussi sur l’océan du monde.D’ardentes passions l’orage éclate et gronde.•.-Etoile de la mer, montre à mes yeux un port ! A.Bouhardet, de Paris.New-York, juillet 1861.Aventures et uiallicurs de la Senora Libarona dans le Grand-Chaco.Les scènes douloureuses que l’on va lire se sont passées, il y a vingt ans, dans une région de l’Amérique méridionale rarement visitée par les voyageurs européens : notre carte et nos notes ‘ feront connaître.Ici nous voulons éviter les lenteurs d’une préface géographique: il suffira de quelques détails sur l’auteur.Dona Agostina Palacio de i.ibarona esl née, en 1822, à San Miguel de Tucuman, capitale d’une des provinces de la Républi que Argentine.Son père, Don Santiago Palacio, noble de Biscaye, était le fils du dernier gouverneur espagnol de Santa-Fé.Bien née, belle, riche, libre de se choisir un époux paimi de nombreux prétendants, elle donna la préférence à un jeune homme honorable, Don José Maria de Libarona.En 1840, après deux années de mariage et déjà mère de deux petites filles, Elisa et Lucinde, elle eut le désir de voir son père et sa mère qui habitaient alors Santiago del Estero.Son mari la conduisit dans cette ville avec l’intention de n’y séjourner que peu de temps; mais une insurrection éclata tout à coup, et Don José se trouva engagé, bien malgré lui, dans une manifestation de parti qui causa sa perte.Rosas était le dictateur de la République Argentine, alors divisée en quatorze provinces.Don Felippe Ibarra, gouverneur de la province de Santiago, del Estero, ancien partisan qui avait fait jadis la guerre aux Espagnols dans le haut Pérou et avait trahi en 1820 l’illustre Belgrano homme sans éJucation, violent, cruel, faisait peser depuis trente ans sur le pays soumis à sa volonté le plus odieux despotisme.En 1840, une partie de l’armée se souleva contre lui: elle avait pour chef un officier, Don Santiago Herrera.Ibarra prit la fuite.Quelques notables habitants de Santiago crurent ,rop tôt que son règne était fini.Ils se réunirent pour lui nommer un successeur et forcèrent Don José de Libarona, qui se récusait avec raison comme n’étant pas domicilié dans la ville, à signer l’acte de déchéance.Quelques jours après, Ibarra rentrait triomphant, et son premier soin était de faire arrêter tousles signataires de l’acte.C’est ici que commence la narration de Dona Agostina : nous nous empressons de lui céder la parole.I .Les soldats, envoyés à la recherche de mon mari, s’avancèrent vers notre maison en tirant des coups de fusil contre nos portes et nos fenêtres.Mon mari était à la campagne.Les dèto- (1) lïyppolite Violeau poëte et romancier breton, mort dans la fleur de l’âge, il y a quelque mois, était né d’une famille pauvre et obscure et doit sa célébrité uniquement à son talent et à l’excellente éducation qu’il avait reçue.nations de la fusillade, le fracas des portes brisées, les cris des soldats, dont la brutalité féroce ne nous était que trop connue, m’épouvantèrent ; éperdue, je m’élançai et je descendis dans une citerne où je demeurai plus d’nne demi-heure.Je tremb'ais d’effroi, non pour moi seulement, mais aussi pour mes deux petites filles.Je n’avais pas eu, je le confesse, la présence d’esprit de prendre avec, moi Elisa et Lucinde ; j’entendais leurs douces plaintes dans une chambre voisine, et je n’osais aller près d’elle.Peu à peu les bruits cessèrent : je sortis avec précaution de ma retraite.Les soldats étaient partis.Un de nos amis vint trous donner avis que l’un de mes frères avait été arrêté, garrotté comme un criminel et conduit hors de la ville dans le camp d’Ibarra.A peine avions-nous gémi sur cette triste nouvelle, que des cris et des menaces se firent entendre ; d’autres soldats envahissaient notre maison.Je saisis ma petite Lucinde, que je nourrissais encore de mon lait ; je courus vers une terrasse intérieure, et, confiant ma fille un instant à une servante, je sautai sur un mur voisin, large d’une vara et demi.Là, j’étais à plus de cinq varas du sol ; j’essayai de descendre à l’aide des anfractuosités du mur; mais, sans force, tremblante, je tombai sur un monceau de bois.Je me relevai toute meurtrie et je criai follement à la servante de me jeter ma Lucinde : c’était exposer la vie de la pauvre petite ; j’avais la tête égarée.Grâce à Dieu, je la reçus saine et sauve entre mes bras et je pris la fuite avec elle à travers les rues.Mes vêtements étaient déchirés, mes cheveux en désordre ; j’avais les épaules nues.J’entrai dans la première maison dont je trouvai la porte ouverte; elle était inhabitée ;j’en sortis presque aussitôt, et, courant au hasard, j’arrivai heureusement au couvent de Santo-Domingo.Sans pouvoir prononcer une parole, j’allai me blottir au fond d’une salle où l’on avait étendu sur une table quatre cadavres qui devaient être enterrés le surlendemain.Réfugiée dans un coin obscur, je restai immobile, troublée au moindre bruit, pleine d’angoisses sur le sort de mon Elisa, de mon mari, de ma famille.Vers le soir, on m’apprit que ma sœur Isabelle avait été conduite par mes parents au couvent des béates de Belem.Je passai une une nuit affreuse.Le lendemain on vint me dire que plusieurs chefs de familles avaient été attachés à des troncs d’orangers sur une place publique : parmi eux était mon frère Santiago.On ajouta que mon mari avait réussi à se sauver du côté du Tucuman ; puis, quelques instants après, on m’informa qu’on avait été induit en erreur, et qu’il était en route pour aller se cacher dans une estancia qui nous appartenait.Ma pauvre petite Lucinde avait la fièvre.Ces quatre cadavres, qui étaient si près de nous, viciaient l’air que nous respirions.J’envoyai prier ma mère de venir me voir ou de me donner un conseil.Elle me fit répondre que mon mari avait été découvert et arrêté! 11 n’était que trop vrai.Don José avait été trahi par un misérable vaqueano qu’il croyait honnête et qu’il avait pris pour guide.Dans une halte ap milieu d’un bois, cet homme s’était séparé de lui sous prétexte d’aller faire boire les chevaux, et avait couru le dénoncer et le vendre à Ibarra.Sur-le-champ Ibarra avait envoyé des soldats pour cerner le bois.Mon mari, surpris, terrassé, enchaîné, avait été traîné au camp.On l’avait attaché à un poteau, près de la porte tie la Quinta, sur le passage de toutes les troupes à cheval, et là il était exposé à toutes les insultes de la soldatesque ! Je poussai un cri et sortis du couvent où je laissai Lucinde.Je rencontrai une Indienne : elle revenait du camp ; je la pressai de questions.Elle me confirma tout ce que je venais d’apprendre, et me dit de plus qu’aprés avoir volé à mon mari cent pesos, sa montre, ses chaussures, presque tous ses vêtements, on avait voulu lui couper le doigt parce qu’il avait refusé de laisser prendre une bague faite de mes cheveux : on aurait certainement exécuté cette menace en présence de mou frère si mon mari ri’eût enfin donné la bague.Exaltée par l’indignation et la douleur, ne songeant plus à moi-même, j’allai droit au camp, où je vis tout d’abord ce que je cherchais, Don José, mon mari, demi-nu, attaché à un pieu, à deux pas d’un poste, sous les rayons d’un soleil brûlant, la tête decouverte, le visage et les yeux tout souillés de terre.Dès qu’il m a-perçut, il fondit en larmes que ses mains ne pouvaient pas meme essuyer: elles étaient liées.Je voulus m’approcher de lui; la sentinelle m’écarta; j’implorai la pitié de cet homme, je lui offris de l’argent : ce fut en vain.Je lui demandai de prendre mon fichu de cou et d’en couvrir la tête de mon mari; même refus.Je le suppliai alors de me permettre du moins de me placer devant mon mari pour abiiter un peu son corps de mon ombre; le barbare repoussa ma prière.Exaspérée, je m’élançai vers Don José; mais ce soldat me jeta d’un coup de crosse à terre et me frappa avec tant de violence que je crus avoir le bras brisé. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.111 Don José, Ja ligure contractée, impuissant à me défendre, me pria instamment de me retirer vers ma famille.Je m’éloignai, mais ce fut pour aller à la maison du ministre d’Ibarra fie docteur Uallo).J’entrai par une porte dérobée.Je demandai à voir ce personnage.La servante me répondit qu’il dormait.Que m’importait son sommeil ?Je pénétrai dans l’appartement.Une belle-sœur du ministre vint au-devant de moi et me dit que le ministre était absent.Je continuai à avancer et à ouvrir toutes les portes de la maison où je me trouvais pour la première fois.A la fin, je rencontrai le ministre : “Je viens vous demander pour toute grâce, lui dis-je, de ! faire placer mon mari â l’ombre.” Il me répondit avec embarras | qu’il n’avait essayé de se dérober à moi que parce qu’il était sans ! aucun pouvoir.“Vous connaissez bien Ibarra!” ajouta-t-il.Hélas ! oui, nous le connaissions tous ! Je n’avais plus qu’à ten- ! dre mes mains vers le ciel.Ma famille s’était réfugiée au couvent de Belem.La portière me vit entrer avec effroi.Que se passait-il?Cette femme me suppba de me calmer.La veille, ma mere, an bruit d’une fusillade du côté de la Quinta, s’était persuadée qu’on avait tué mon frere Santiago et avait perdu la raison.En ce moment elle était moins agitée ; mais ma présence pouvait être la cause d’une nouvelle crise Je me résignai ; j’allai seulement donner un baiser à ma tille Elisa, et je sortis.Aux prisonniers attachés debout dans Je camp, on avait donné ! pour spectacle un de leurs amis, gisant sur la terre, enveloppé ou | que bien des fois, depuis son départ, il avait récité son acte de contrition se croyant près de mourir.De distance en distance, on le taisait descendre de cheval ainsi que son compagnon Unzaga: on les attachait à des arbres, et on leur annonçait qu’on allait les tuer à coups de lance ou les égorger.Ainsi l’avait ordonné Jbarra.Quand j’eus entendu ce récit, je m’enfermai dans ma chambre et je me mis à prier Dieu avec ferveur afin qu’il me donnât force et résignation pour supporter les.souffrances qui nous étaient réservées à tous deux, mon mari et moi.Je voulais partir.La vie, loin de Don José, m’était insnppoita-ble.Une seule crainte m’arrêtait : en désobéissant à mon mari, je pouvais tomber entre les mains des Indiens.Toutefois je suppliais mon frère, ma famille d’autoriser mon départ.On me blâmait, on m’exhortait à la patience.Vers ce temps un détachement vint de Buénos-Ayres.J’allai voir le commandant avec l’espoir de l’intéresser à ma peine Ii en fut tout autrement.Ce chef écrivit à Ibarra que si Libarona était coupable, il fallait Je faire fusiller.Le monstre répondit que la mort était un châtirqent trop doux.Je m’ingéniai pour trouver d’autres recommandations.Je demandais uniquement que mon mari fût exilé dans un séjour moins exposé aux attaques des Indiens, avec l’espoir qu’alors il consentirait à laisser venir près de lui celle dont le désir, comme le devoir, était de ne pas le quitter.Un jour on annonça l’arrivée du chef suprême de la république, plutôt étroitement emprisonné dans une peau de bœuf très-dure, ! de Don Manoel Rosas.Malgré l’effroi que son nom m’inspirait, qui l’obligeait à se courber en deux ; ses os étaient à moitié brisés, ¦ j’allai solliciter de lui une audience et je l’obtins ; mais, en sa pré-sa figure était injectée et noire de sang ; il s’agitait et se roulait à sence, je me trouvai interdite et muette : il ne sortit de ma bouche droite et à gauche avec des gémissements lamentables.Ibarra, que des sanglots, mes larmes ruisselaient sur mes jones.Rosas me qui venait de temps à autre jouir de la vue de ces tortures, trouva demanda (je n’ai pas oublié ses paroles) “ pourquoi une aimable que ce mouvement de sa victime pouvait être pour elle une sorte personne comme moi se lamentait ainsi.” Un peu rassurée, je lui de soulagement.Il fit enfoncer en terre deux files d’estacades et exposai mes malheurs.Il me promit qu’il ferait en ma faveur tout Je ne dirai ordonna de placer le malheureux dans l’intervalle séparait, afin qu’il lui fût impossible de se mouvoir que le surnom du supplicié : c’était Zulio.J’errais du camp à la ville, de la ville au camp, pour voir tour à tour mes enfants et mon mari.Je fis porter à Don José un sombrero, qui fut aussitôt brûlé pâlies soldats.A peine lui donnait-on une fois par jour un peu de nourriture : on détachait alors une de ses mains, et au lieu de cuiller il n’avait qu’une petite palette eu bois.Je réussis à lui faire parvenir un peu de limonade dans un pot de terre : on la laissa passer parce qu’on croyait que c’était de l’eau.Il Jusqu’alors le véritable chef de l’insurrection, Herrera, avait échappé aux poursuites.Il fut arrêté et frappé à coups de sabre.Quand on le garotta, Ibarra ordonna que le laço fût serré étroitement sur ses blessures mêmes.On lui infligea le supplice du retobado avec des raffinements d’une cruauté inouïe.Le cuir avait été disposé en rond; on avait forcé Herrera à s’asseoir au milieu, et, après lui avoir passé la tête entre les jambes, on avait cousu autour de lui le cuir en pressant son corps: plusieurs hommes s’asseyaient dessus pour opérer ce refoulement.Quand la boule de cuir contenant Herrera fut réduite au moindre volume possible, on l’attacha par une corde à un cheval et on la fit bondir par les rues.Qui sait à quel moment Herrera rendit le dernier soupir?.Après huit jours, Ibarra fit détacher et mettre en liberté quelques-unes de ses victimes, entre autres mon frère, qui n’avait pas pris la moindre part à la révolte.Les autres furent conduits à un campement plus éloigné.Je restai dans l’incertitude la plus douloureuse sur le sort de bon José.J’ignorais si l’on n’avait pas résolu de lui faire subir le supplice des lances.J’appris enfin qu’il était sorti du camp attaché derrière un cavalier en croupe, avec un nommé Unzaga, homme d’une bonne tamille et qui lui était dévoué.Où les avait-on conduits ?à la mort ?en exil ?.Le bruit se répandit ensuite qu’il avait passé à Matara, petit oourg situé sur la rive du rio Salado et où Ibarra était né vers la l,n «u dernier siècle.D’après une autre rumeur, le lieu fixé pour exil de Don José était le Bracho.On ne prononçait ce dernier nom qu’avec épouvante.Je fus persuadée que la première nouvelle mon mari qui arriverait jusqu’à moi, serait celle de sa mort, fn jour cependant, on remit mystérieusement à mon frère San-tiago un petit papier où Don José avait tracé ces mots à la hâte : {Ne laisse pas venir Agostina.Envoie-moi des vêtements : je suis nu.” Immédiatement je préparai du linge, des habits, et, à orce d argent, je persuadai à un homme de les porter à mon mari, i messager, à son retour, me dit que Don José était vivant, mais étroit qui les : ce qui serait en son pouvoir et qu’il m’apprendrait du Tucumancc qui aurait été décidé entre lui et Ibarra.Je m’empressai de dire I que j’enverrais un messager.11 répondit qu’il était inutile que je prisse ce soin, et qu’il ne lui coûtait rien de dépêcher vers moi un de ses soldats avec sa réponse.Cette réponse, je l’attends encore.De retour au logis, je souffrais tellement de la tête, qu’il fallut me coucher.Je fus malade pendant trois jours.Il me vint à l’esprit que peut-être Ibarra voulait voir ma fierté s’abaisser devant lui et qu’il n’accorderait rien tant que je n’irais pas me jeter à ses pieds.Cette idée était odieuse ; elle m’obsédait ; je la communiquai à ma famille, qui m’assura que cette demarche dangereuse n’aboutirait à rien.Mais quelle autre tentative me restait-il à faire ?Pouvais-je me résigner à ne plus agir?Je sortis, je me dirigeai vers la maison de cet homme, je n’aurais pas plus souffert si l’on m’eût conduite au supplice.Il était sur le seuil, prêt à monter à cheval.Dès qu’il m’eut aperçue, il s’écria avec fureur : “ Que vient faire ici cette femme ?Qu’elle sorte sur-le-champ ! Qu’on la traîne dehors!” et, après d’autres paroles d’une grossièreté qui me couvre encore en ce moment la figure de rougeur, il ajouta : “ Laissez ce Gallego où il est ! Il y est bien.Est-ce que son absence ne te donne pas la liberté, à toi ?Qu’as-tu donc à me demander pour lui ?— Comment ne viendrais-je pas intercéder pour mon mari, monsieur !” répondis-je.Il s’élança sur son cheval ; je fis un pas vers lui.“ Qu’on la renvoie !” répéta-t-il avec fureur.Et, avec sa cravache, il lendit l’air de mon côté si violemment, qu'ils s’en fallut de peu que je n’eusse la figure déchirée.Je me relirai abattue : il était certain que je n’avais rien à espérer tant que vivrait ce monstre.III Je n’eus plus des lors qu’une seule pensée, qu’un seul but, aller vers mon mari.Je lui envoyai plusieurs messagers.Sa réponse était toujours la même: “Le Bracho, me disait-il, n’était pas un endroit sûr pour une jeune femme.On avait à y redouter sans cesse les bandes d’indiens qui erraient alentour.Ce ne serait plus pour moi seule que j’aurais à souffrir; mes tourments seraient doublés.II fallait endurer la faim et la soif dans ces bois stériles.D’ailleurs n’est-tu pas nécessaire à nos deux petites filles?” Ces raisons, toutes sages qu’elles fussent, ne me persuadaient point.Je sentais qu’il était de mon devoir de braver les périls même les plus altreux.Enfin je suppliai tant et si souvent mon frère Santiago, qu’un jour il me fit préparer deux chevaux et me laissa partir sous la garde de notre plus jeune frère.Il me fallait cependant une autorisation.Je la fis demander à Ibatra.“ Que cette folie aille au Bracho, et qu’elle s’y fasse enlever, si elle le veut par les sauvages !” Telle fut sa réponse. 112 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Je partis donc, le cœur serré, en confiant à mes sœurs ma Lu-cinde, mais en prenant avec moi Élisa, qui était plus en état de supporter les fatigues du voyage.J’arrivai à Malara et je me fis conduire devant le commandant Fierro.De cette ville au Bracho, j’avais encore à parcourir un espace de quarante lieues.Le commandant me dit qu’il ne me permettrait pas d’aller plus loin si je n’avais à lui présenter un ordre.J’affirmai que j’avais l’autorisation verbale d’Ibarra.Fierro parut douter de ma parole et persista dans sa résolution.“ S’il en est ainsi, lui dis-je, laissez-moi envoyer un chasquis (ou chasque, courrier salarié) a Santiago del Estera pour y prendre l’ordre écrit.Si j’ai avancé un fait qui n’est pas vrai, je consens à être punie.” Fierro me sépara de ma fille, de mon frère, et me fit garder à vue dans une partie écartée du bois.Le chasquis fut expédié, et après quelques jours, revint avec l’ordre.Rien ne s’opposa plus à notre départ.—(Le Tour du Monde) CA continuer.) SCIENCE.HISTOIRE OU CANADA.COMPTE-RENDU DU COURS DE M.L’ABBÉ FERLAND, A L’UNI-VERSITÉ LAVAL.XXIV.(.Suite.') Champlain avait depuis longtemps le projet de fonder un etablissement chez les Humus, et il en parlait au Cardinal de Richelieu dans sa dernière lettre conservée aux archives françaises.Le fait est que si Chamjilain eut pu, comme il le désirait, envoyer 150 à 200 Français bien armés chez les Hurons, ii eut sauvé cette nation de la destruction en leur conservant l’ascendant et la supériorité que les Iroquois ne faisaient que commencer à prendre à cette époque.Qui sait encore quel effet cette disposition eut exercé sur les événements qui se sont déroulés depuis.Le l’ère Lejeune s’associa à une famille inontagnaise et alla passer l’hiver au sein de cette tribu, partageant la maigre pitance, les misères de la cabane et tous les désagréments d’une vie à laquelle il n’était pas accoutumé.Il apprit le montagnais, et plus tard cette connaissance servit beaucoup à la propagation de l’Evangile chez ce peuple.Champlain en France avait fait un vœu : il avait promis que s’il lui était donné de revenir à Québec il érigerait une chapelle sous le vocable de Notre-Dame de la Récouvrance.Il accomplit ce vœu dès 1633.La chapelle qu’il construisit et que le P.Ducreux appelle “ La Chapelle de Champlain,” devait être bâtie sur l’emplacement ou dans le voisinage de l’église anglicane actuelle.Ce fut la première église paroissiale de Québec, et bientôt (en 1635) les Jésuites y attachèrent une maison ou petit presbytère; tout ce petit établissement religieux brûla en 1640.N’oublions pas de dire que dans oette chapelle on avait mis un tableau recouvré du naufrage dans lequel périt le Père Noyrot ; ce tableau, jeté à la rive sur la côte de l’Acadie, fut recueilli, sans qu’il eut trop souffert, après avoir ballotté à la mer, et fut envoyé à Québec pour y recevoir la touchante destination d’oiner la chapelle votive du bon Champlain.Les Pères Jésuites parlent avec admiration de l’ordre que Champlain avait établi dans sa maison.Vivant presqu’en commun avec ses soldats dans le fort, il avait tout réglé avec une exactitude dimie d’une maison religieuse ; l’Angelus sonnait matin, midi et sofr, à la cloche du fort.Durant le repas du midi on lisait un livre d’Histo re, et pendant le repas du soir avait lieu une lecture de p été.Les soldats et leur brave chef s’approchaient des sacrements tous les mois.Bientôt arriva à Québec, M.Duplessis-Bochart avec quatre navires ; sur ces navires arrivèrent des colons dont les familles sont répandues aujourd’hui dans tout le pays et surtout dans la Côte de Beaupré.La plupart de ces colors venaient du Perche Normand et surtout des villages percherons de Tonrouvre et Ventrouze, d’autres aussi venaient des environs de Chartres.Une grande partie de ces coions avaient été levés par un des premiers colonisateurs du pays, M.Giffard, médecin tie Moitagne et père d’une nombreuse famille.M.Giffard était un brave et respectacle citoyen et un excellent chrétien : il était fatigué de la vie bruyante et tourmentée de la civilisation européenne et il venait chercher une retraite contre les misères d’esprit que lui faisait endurer l’état agité de société du vieux monde.M.Giffard avait obtenu la concession de la Seigneurie actuelle de Beauport à la condition d’amener des colons en Canada.On a conservé des contrats faits entre le Sieur Giffard et les honnêtes artisans qu’il avait engagés pour venir se fixer dans la Nouvelle France : on voit dans ces documents les noms, entre antres, de Zacharie Cloutier, de Jean Guyon, de Noël Langlois, Boucher, Bélanger, Poulin, Rinville, Mercier, etc.Jean Guyon paraît avoir été un des écrivains du temps ; car on trouve des actes faits de sa main; il n’en était point ainsi du charpentier Jean Cloutier qui signait pittoresquement ses contrats, lui, avec le symbole de sa profession, une hache.Une des petites filles de Jean Guyon épousa Lamotte Cadillac, le fondateur de la ville de Détroit.Noël Langlois avait été un fameux et célèbre travailleur; mais ayant obtenu la concession de la Seigneurie de Saint-Jean-Port-Joly, il s’adonna à la paresse et ne voulut plus s’occuper, comme les anciens châtelains, que de chasse et de pêche : M.de Frontenac remarque que le métier de seigneur lui fut funeste.Ce fut à cette époque encore que vint à Québec, dans l’emploi de la Compagnie, le Sieur Jean Joliette devenu célèbre pour avoir donné le jour à Louis Joliette le découvreur des sources du Mississippi.Un homme qui parait avoir fait du bruit dans son temps et dans Québec fut le Sieur Jean Bourdon qui était, simultanément ou tour à tour, Ingénieur, Arpenteur, Avocat, Notaire, Conseiller, Découvreur, Artificier, Ambassadeur chez les Iroquois et, ce qui vaut encore mieux que tout cela, un brave homme et un bon chrétien.Ce fut lui qui en 1637 prépara avec beaucoup de zèle un feu d’artifice, dont il fut parlé, pour la fête de St.Joseph.L’excellent et utile Jean Bourdon avait en Fiance un ami, grand amateur de pèche, qui ne put laisser partir son ancien ami sans lui et qui vint donc aussi s’établir au Canada: c’était un curé de France M.l’abbé LeSueur de Saint-Sauveur qui exerça le ministère au sein des petites colonies qui se formaient cà et là autour de Québec.Il fut aussi le premier chapelain de l’Hôtel-Dieu.On voit dans le Journal des Jésuites que pendant plusieurs années le premier saumon de la saison était toujours pris par M.de Saint Sauveur.Un autre piètre séculier était aussi venu s’établir au CanaJa, c’était M.l’abbé Gilles Nicolet, frère de Jean Nicolet le célèbre interprète qui connaissait presque toutes les langues sauvages, avait parcouru tout le pays et jouissait d’un crédit immense parmi les indigènes.Ce fut encore à cette époque que vint en Canada le Sieur Noël Juchereau des Chalelets, originaire de Laferté Vidame, qui avait été avocat et vint au pays comme associé de commerce de Sieur Rosé.Il amena avec lui un de ses Itères Jean Juchereau de More : ces deux hommes sont les ancêtres de cette tamille distinguée des Duchesnay, nom qui lui vint du fief Le Chesnaye.Les membres de cette famille ont brillé dans la guerre et ils semblent appai tenir à ces hommes de fortes races dont la vigueur se transmet de génération en génération.Une des branches de cette famille, celle des Juchereau de Saint Denis à fourni à la Louisianne un de ses plus grands hommes, comme guerrier et patriote désintéressé.Cette lamille avait des descendants en France il n’y a pas bien longtemps et on a vu un Saint Denis figurer dans les guerres de l’Empire.Remarquons, en passant, que la coutume qu’avaient les Français île prendre le nom des fiefs et concessions de territoire, jette souvent dans 1 embarras celui qui veut retracer la généologie de nos familles canadiennes.Les Jésuites avaient établi plusieurs résidences de leur ordre.les principales étaient fixées à Notre-Dame des Anges, près Quebec, et à la Conception aux Trois-Rivières : ce fut en 1634 que les PP.Lejeune et Buteux allèrent se fixera Trois-Rivières.Le sieur de la Violette alla avec quelques soldats jeter les fondements de la ville des Trois-Rivières dont les régistres sont aujourd’hui les plus anciens (datant du 18 février 1635), les premiers régistres de Quebec ayant été brûlés.On a vu que les Jésuites avaient établi une résidence à la Chapelle de la Recouvrance.Les Jésuites avaien eneoie an loin trois résidences chez les Hurons à Ihonatima, dans la Baie des Chaleurs à Miscou et enfin à Sainte-Anne-du-Cap-bre-ton : tels étaient les postes principaux d’où les Jésuites paitaien pour donner des secours spirituels aux Français et aller évangeliseï les sauvages.,, Les PP.Brebenf, Davost et Daniel, partirent en 1634 pou an chez les Hurons.Ils furent bien vus, surtout le P.Brebeut qu les sauvages n’appelaient jamais autrement que Echon.Les • allèrent s’établir au bourg iVIhonatiria où on leur aida à re a JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.113 l’ancienne demeure des missionnaires ; c’était une cabane de 36 pieds qui servait de chapelle, de maison, de boulangerie et d’usine.Parmi les objets appartenant aux pére6, il y en avait trois surtout qui taisaient l’admiration des sauvages, c’était un miroir, un moulin à farine portatif et une horloge.Les Hurons appelait l’horloge le capitaine du jour et les sons de l’horloge étaient pour eux une espèce de langage que le serviteur des Jésuites leur interprétait souvent d’une façon assez drôle.L’Horloge était pour eux une espèce de personnalité, ils demandaient des nouvelles de sa santé :— les sons du timbre de l’horloge étaient comme l’expression d’ordres donnés par cet être mystérieux.Ainsi quatre coups frappés à l’horloge voulaient dire :—il est temps de se retirer—et douze coups signifiaient que le capitaine du jour donnait l’ordre de lever la chaudière pour le repas.XXV.De grands personnages en France, à la Cour et dans la noblesse, commençaient à signaler leur protection par les services qu’ils rendirent à la Colonie : nous avons déjà vu que le Cardinal de Richelieu, son illustre nièce la Duchesse d’Aiguillon, et M.de Sillery portaient un intérêt particulier au Canada.Ce n’était point l’intérêt personnel qui engageait ces grands personnages à étendre leur protection sur ces nouvelles contrées ; mais la charité chrétienne, et leurs préoccupations s’exerçaient moins sur les intérêts matériels que sur les avantages moraux et intellectuels de la colonie :—cette sollicitude, toute catholique, s étendait d’une manière toute particulière sur les sauvages, dont la conversion et la civilisation étaient l’objet de vœux sincères et constants.Cet état de choses offre un contraste bien frappant avec ce qui s’est passé dans l’établissement de la plupart des colonies anglaises des Etats-Unis.Là les grands et les puissants se sont en général peu ou point du tout montrés: ces colonies se sont formées par les efforts de gens du peuple qui allaient chercher le bien-être matériel, et le sort des sauvages n’était pour rien dans les préoccupations de la plupart des colonisateurs.La pensée dominante des protecteurs du Canada était l’établissement de séminaires, de collèges, de couvents, d’hôpitaux, d’églises et d’aziles pour les enfants sauvages.En 1626, M.Réné Rohault, fils du Marquis de Gamache, voulant entrer chez les Jésuites, avait obtenu rie sa famille la permission de consacrer une 6omme considérable à l’établissement d’un séminaire pour les enfants sauvages et d’un collège pour les jeunes Français du Canada.Ce projet ne fut cependant mis à exécution que quelques années plus tard, et on ne commença à ramasser quelques matériaux qu’en l’année 1635 ; on pensait alors à bâtir à Notre-Dame-des-Anges où l’on croyait que serait établie la ville de Québec ; mais le plan de construire Québec ayant changé en 1637, on obtint la concession de 12 arpents de terre, qui sont aujourd’hui en la possession des troupes de Sa Majesté avec les édifices qu’y bâtirent plus tard les Jésuites.M.de Rohault avait donné, non pas 6,000 écus comme le dit Charlevoix ; mais 16,000 écus ; c’est-à-dire 48,000 francs.C’était a cette époque une somme considérable.De suite et sans attendre I erection des édifices on établit en 1636 un petit collège et un petit séminaire pour les enfants sauvages.Le Père Lejeune dit que le P.De Quen était professeur dans cette première institution du Nord de l’Amérique.Le premier collège qui fut établi dans les colonies anglaises fut celui que fonda la législature de Massachusetts à Newtown, près e lloston et qui est aujourd’hui, sous le nom de Harvard Univcr-«fÿ, compté pour la première institution chez les Américains.Les commencements de cette université ne furent pas plus gran-moses que ceux du collège de Québec, bien qu’on l’eut décoré de suite du nom de Cambridge College.Deux ou trois ans après sa mndation un ministre protestant, M.Harvard légua, en mourant, î cet établissement une somme de £780 ou à peu près 16,000 'fanes, et c’est pour cela qu’on donne à cette maison le nom de Harvard University.Le premier professeur de Harvard College , un monsieur Nathaniel Eaton qui avait reçu son education chez 'es Jésuites (initiated amongst the Jesuits, dit Winthrop).La nouvelle de l’établissement d’un collège à Québec, fit du omit en France et donna l’idée à bon nombre de braves familles ie venir s’établir en Canada; car ce qui préoccupait le plus nos Peies, ce n’était pas la perspective île faire fortune, mais le soin r rî.er à leUrs enfants une éducation chrétienne et soignée.,a Chapelle construite par Champlain, fut agrandie vers ce temps i 1 automne 1635, on commença à y chanter régulièrement la s ancle messe et les vêpres paroissiales telle était la piété de '“s ancêtres que malgré le petit nombre des familles, la Chapelle était toujours pleine et avait peine même à contenir tout le monde.Les mœurs étaient alors tellement sévères qu’en 1636 un homme fut attaché plusieurs heures au poteau, sur la place publique, pour s’être énivré et avoir blasphémé.Ce fut dans les derniers jours de l’année 1635 que la Nouvelle France perdit son fondateur et son grand homme ; Champlain était depuis quelques années affaibli par les soucis et les chagrins.La maladie de Champlain s’était déclarée avant le départ des navires d’automne et on avait pris des précautions, dans l’attente du triste événement qu’on appréhendait.La maladie qui parait avoir mis fin aux jours de Champlain est la paralysie ; car on voit qu’il fut empêché dès le commencement de l’automne de signer quelques documents publics et son propre testament.Le bon et digne Champlain se prépara longuement et avec soin à la mort sous la direction de son confesseur, le Père Lallemand, et ce fut le jour de Noël, le 25 novembre 1635, qu’il rendit sa belle âme à son créateur.11 avait vécu en chrétien et il mourut en odeur de sainteté.Le deuil fut grand à Québec, tout le monde semblait avoir perdu un père et un ami.Le service funèbre fut chanté par le P.Lallemand et ce fut le P.Lejeune qui prononça l’oraison funèbre de l’illustre défunt.Le corps de Champlain fut inhumé dans cette partie de la Chapelle qu’on appelait la Chapelle de Champlain.On a lieu de croire que plus tard les précieuses dépouilles mortelles du grand homme furent transportées dans l’Eglise que bâtirent les Pères Récollets après leur retour dans la Nouvelle France.Champlain emportait dans la tombe le respect et l’amour de tous ceux qui l’avaient connu, et sa mémoire restera en vénération pour tous ceux qui étudieront l’Histoire si intéressante de notre pays.Lescarbot, Charlevoix et tous les auteurs qui ont parlé de lui accordent à ce grand homme toutes les qualités nécessaires à un fondateur, constance, fermeté, courage, zèle, désintéressement, honneur, loyauté et surtout ils lui reconnaissent ces convictions religieuses profondes, sans lesquelles il n’y a pas de vraie grandeur.(.4 continuer.) EDUCATION.Conseils aux Instituteurs.IX.l’instituteur dans sa famille.“ La vie privée, a dit un grand orateur, doit être murée.” Cette maxime, admirablement vraie, ne saurait cependant s’appliquer entièrement à l’instituteur public ; il appartient au pays dans les détails de sa vie intime, aussi bien que dans l’exercice de ses fonctions.Le pays, en effet, a droit d’exiger que la source d’où doivent découler, pour ses enfants, les leçons et les exemples, soit constamment pure.La maison de l’instituteur doit être comme une seconde école qui reproduira pour toute la commune, sous la forme de l’exemple, ce que l’autre école n’enseigne qu’à la jeunesse sous forme de leçon.Si la divine Providence vous a conservé de vieux parents à qui vous puissiez rendre une partie de ce qu’ils ont fait pour vous dans votre enfance, je suis certain de leur bonheur ; grâce à la délicatesse de vos soins, aucun nuage ne troublera le soir de leur vie.L’exemple que vous devez à tous les enfants rendra encore plus sacré pour vous ce devoir, que la nature impose et que le cœur accepte avec joie.Toute la commune admirera, et, si j’ose m’exprimer ainsi, étudiera chez vous l’union conjugale, les soins empressés, les prévenances mutuelles, et, selon l’état de votre fortune, l’aisance sagement administrée ou la pauvreté noblement vaincue.Qu’on n’aille jamais visiter l’instituteur dans son intérieur modeste sans s’édifier dans la contemplation de son bonheur tranquille ; qu’on ne sorte jamais d’auprès de lui sans se sentir meilleur.C’est ainsi qu’il se montrera digne d’élever la jeunesse. 114 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Mais il ne peut arriver à ce but par ses seules forces ; il faut qu’il soit compris et secondé ; le choix d’une compagne est donc pour lui de la plus haute importance.Sans doute les avantages matériels et les grâces extérieures ne seront pas sans prix à ses yeux ; mais ce qu’il doit rechercher avant tout, c’est cette sagesse de mœurs qui assure le repos de la vie et cette aménité de caractère qui en fait le charme.Il faut que sa compagne, raisonnable et docile autant qu’aimante et dévouée,accepte avec plaisir ce qu’il y a d’exceptionnel dans la position de son époux.Sans la considération publique, il ne peut rien ; et il ne jouira de cette considération qu’autant que les personnes dont il est entouré la mériteront comme lui.Que les occupations de l’instituteur, quelque multipliées qu’elles soient, n’enlèvent donc rien à ses devoirs d’époux et de père.Qu’à force de soins, d’exemples encourageants, de douces prévenances, il rende sa femme et ses enfants dignes de coopérer à sa plus noble tâche, celle de propager les bonnes habitudes morales.Jamais sa famille ne se trouvera mêlée aux divisions, aux rapports, aux querelles ; jamais de cette paisible demeure ne partiront les traits empoisonnés qui blessent la réputation d’autrui : on s’y ferait un crime de la médisance la plus légère.Mais quiconque est injustement attaqué y aura des défenseurs ; la douleur n’y cherchera jamais en vain des con- solations ; l’inexpérience y trouvera d’utiles conseils.Aussi, i les membres de cette heureuse famille chériront leur inté- rieur : ils ne s’en laisseront que bien difficilement arracher, ! pour aller à quelqu’une de ces réunions où le plaisir préside ;: mais ils le quitteront sans balancer dès qu’il s’agira de visiter les affligés et les malades.Quelque honorable que soit cet intérieur, il doit être entièrement distinct de l’école.Lorsque l’instituteur est dans la classe, il doit bien se garder de se croire chez lui ; lorsqu’il est chez lui, il ne doit pas permettre que les personnes qui l’entourent se mêlent des affaires de la classe.Si l’instituteur a des enfants, je lui dirai : “ De tous ceux de la commune, ils doivent être les mieux élevés, les plus instruits.Comment croira-t-on que vous soignez avec j amour les enfants d’autrui, si vous négligez les vôtres ?” Leur éducation cependant sera peut-être difficile.L’ha- j bitude qu’ils ont de vivre dans votre intérieur ôtera à votre autorité une partie de son prestige ; l’indulgence du père j affaiblira quelquefois les exigences du maître ; les supplications d’une mère trop tendre trouveront un auxiliaire dans votre secret désir de ne pas continuer dans votre famille et dans les heures consacrées au repos les combats ; que vous soutenez assidûment dans la classe.Si ces motifs réunis opposaient trop d’obstacles à la bonne éducation de vos enfants, il serait utile de vous séparer d’eux.Vous feriez avec un confrère une sorte d’échange : vous prendriez chez vous son fils ; il prendrait chez lui le vôtre.Vous auriez entre les mains comme un otage qui vous répondrait de ses soins.La bonne instruction de vos enfants serait assurée, et la dépense serait nulle.Je vous indique ce moyen pour les occasions où il est nécessaire et praticable.Si cette séparation momentanée vous est trop pénible, ou si, pour tout autre motif, elle ne vous convient pas, gardez votre fils dans votre école ; mais redoublez à son égard de précautions et de soins.Ne l’interrogez jamais sur ce qui se passe, soit dans l’école, soit hors de l’école ; repoussez même les naïves confidences qu'il serait disposé à vous faire.Ne dites jamais en sa présence rien de ce qui concerne la classe.Ne souffrez pas qu’il révèle à ses jeunes camarades ce qui se passe dans votre intérieur.Veillez attentivement sur ses liaisons.Soyez pour lui, en public, plus sévère et plus exigeant que pour les autres.Dans ses petites querelles avec ses camarades, ayez quelquefois le courage de lui donner tort, quoiqu’il vous semble qu’il ait raison.La bonté affectueuse du père le dédommagera de la rigueur obligée du maître.Grâce à ces précautions, vos enfants, sagement et fortement dirigés par vous, pourront devenir (et il importe qu’ils le soient) les modèles de la jeunesse.Attentif à veiller sur votre famille, veillez aussi assidûment sur vous-même.Isolez-vous chaque jour pendant quelques instants pour vous livrer à l’étude ; ne vous dispensez jamais, sous aucun prétexte, de l’observation de cette règle.Le temps nous fait une guerre incessante, et nous enlève insensiblement une partie de ce que nous avons acquis.C’est au travail à prévenir l’effet de ses ravages.Ne pas acquérir, c’est perdre.Vos facultés intellectuelles, ainsi que votre instruction, déclineraient rapidement, à votre insu, si la lecture ne donnait pas journellement quelque aliment nouveau à votre âme.Etudier un peu chaque jour, c’est le seul moyen, non-seulement d’avancer dans la carrière, mais de ne pas reculer.Ce recueillement de chaque jour, ne durât-il qu’une demi-heure, exerce en même temps sur le perfectionnement moral la plus salutaire influence.Admirable pouvoir de l’étude ! en ajoutant à notre instruction, elle contribue à nous rendre meilleurs.Th.Barrau.Exercices pour les Élèves «les Ecoles.Vers à apprendre par cœur.LES INSECTES.Quelquefois arrêté dans le creux d’un vallon, Abaissant mes regards jusqu’à l’humble buisson, Des insectes divers les peuplades nombreuses Me montraient le tableau des cités orageuses.Là sur un vil gazon l’insecte a sa fierté, Ce peuple a son orgueil, ces rois leur majesté.Là ces jours écoulés ont aussi leur histoire ; Il est là des héros qui rêvent à la gloire ; Il est là des tyrans jaloux de leur pouvoir, Qui régnent tout un jour, qu’on détrône le soir.Tandis que des partis l’ambition superbe Usurpe un grain de sable et dispute un brin d’herbe, Le voyageur distrait renverse sous ses pas Vingt empires fameux qu’il ne soupçonnait pas.Mtohadd EXERCICES DE GRAMMAIRE Verbes passifs.Dictée.—Favorables pour les produits de la terre, eu empêchant une germination trop hâtive, les fortes gelées qui ont été senties dans presque toute la France ont encore l’avantage d’assurer un ample approvisionnement de glace pour la saison prochaine.La glace, en effet, n’est pas seulement un objet de luxe, comme on le croit généralement, c’est dans une fonle de cas une substance de première nécessité et qui ne peut être remplacée par aucune autre.Elle est employée souvent en médecine, et elle n’est pas moins utile pour la préparation de plusieurs produits chimiques.Bon nombre d’industries de bouche ne peuvent s’en passer, et, sans la glace, il serait impossible de conserver, pendant les chaleurs, certaines substances alimentaires.Ce n’est donc pas une question de peu d’importance que celle du bon marché de cette denrée, dont le prix est sujet à des variations continuelles.Après un hiver doux, il n’est pas rare de le von doubler, tripler même ; il devient excessif lorsque deux hivers tempérés se sont succédé.En 1822, par exemple, la glace a va u à Paris jusqu’à 300 francs les 50 kilogrammes.La glace peut être transportée à de grandes distances sans perte bien sensible, hi en expédie de grandes quantités à Londres des îles de l’Ecosse, e le Havre a reçu plus d’une fois, en destination pour Paris, des cargaisons entières de glace venant de la Norvège.Exercices.Quels sont les verbes passifs contenus dans cette dictée J—Ij J en a quatre : ont été senties, être remplacée, est employee, e transportée. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.115 Qu’est-ce que ont clé senties ?—C’est le parfait do l’indicatif du verbe sentir, à la troisième personne du pluriel.Pourquoi senties est-il au féminin pluriel ?—Parce qu’il se rapporte à son sujet qui, lequel représente son antécédent tes fortes gelées, du féminin et du pluriel.Quelle est la règle de syntaxe pour le participe dans les verbes passifs?—C’est qu’il s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.Qu’est-ce que être remplacée ?—C’est l’infinitif présent passif du verbe remplacer, cant, cé, je remplace, je remplaçai.Pourquoi remplacée est-il au féminin ?—Parce qu’il se rapporte à qui, lequel se rapporte à une substance.Qu’est-ce que est employée ?—C’est la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif passif de employer, yant, yé, Remploie, j’employai.A quel genre et à quel nombre est le participe employée ?—Il est au singulier et au féminin comme se rapportant à elle qui représente la glace.Donnez la même personne de tous les temps de l’indicatif.—Présent, elle est employée; imparfait, elle était employée; prétérit simple, elle fut employée ; parfait, elle a été employée ; prétérit antérieur, elle eut été employée : plus-que-parfait, elle avait été employée ; futur, elle sera employée ; futur passé, elle aura été employée.Qu’est-ce que être transportée;—C’est le présent de l’infinitif passif du verbe transporter, tant, té, je transporte, je transportai.Conjuguez le parfait du subjonctif passif de ce verbe, avec des sujets féminins.—Que j’ate été transportée, que tu aies été transportée, qu’elle ait été transportée, que nous ayons été transportées, que vous ayez été transportées, qu’elles aient été transportées.Relevez tous les verbes qui ne sont pas au passif dans cette dictée, et donnez-en le même temps au passif.—Empêchant, participe étant empêché ;—ont de avoir n’a pas de passif;—assurer, être assuré ;—est de être n’a pas de passif;—on croit, de croire ; on est cru ;—peuvent de pouvoir, n’a pas de passif conserver, être conservé; tripler, être triplé ;—il devient, de devenir n’a pas de passif ;—se sont succédé, de se succéder, n’a pas de passif ;— a valu, de valoir, n’a pas de passif ;—expédie, est expédié ;—a reçu, a été reçu ;—venant, devenir, n’a pas de passif: le participe étant venu est seulement passé.Récapitulation des règles précédentes.De quelle conjugaison est le verbe ont été senties ?—Il est de la seconde, parce l’infinitif sentir est terminé en ir.Combien y a-t-il de conjugaisons?—Il y en a quatre, que l’on distingue par la terminaison du présent de l’infinitif.Comment se termine l’infinitif des autres conjugaisons?—L’infinitif de la première se termine en er ; celui de la troisième en oir, et celui de la quatrième en re.Y a-t-il dans cette dictée des verbes de la troisième conjugaison ?—Il y a les verbes avoir, pouvoir, valoir, recevoir.Y a-t-il des verbes de la quatrième conjugaison?—Oui, il y a les verbes être, croire.Y a-t-il d’autres verbes que sentir qui soient de la seconde ?— Oui, il y a devenir et venir.D’où se forme le futur de l’infinitif dans ces verbes ?—Il se forme du présent de l’infinitif en changeant r et re, en rai: sentir, je sentirai; croire, je croirai.Y a-t-il des exceptions ?—Il y en a beaucoup ; presque tous les verbes de la troisième conjugaison retranchent oi au futur : recevoir, je recevrai, et un grand nombre sont tout à fait irréguliers: avoir, j’aurai, pouvoir, je pourrai ; valoir, je vaudrai.Tons les verbes en ir sont-ils réguliers en ce temps?—Non : en particulier tenir et venir et leurs composés, font je tiendrai, je viendrai, et de même j'obtiendrai, je contiendrai, je reviendrai, etc.Quels sont les verbes de la première conjugaison contenus dans cette dictée ?à quels temps y sont-ils?—Ce sont: empêcher, au participe présent empêchant; assurer, à l’infinitif présent ; remplacer, au participe passif, formant un verbe passif, être remplacé : employer, au participe passé, formant un indicatif passif elle est employée; passer, au présent de l’infinitif; conserver, au présent de l’infinitif; doubler, tripler,un présent de l’infinitif ; succéder, à l’infinitif passé, formant au partait ils se sont succédé ; transporter, au participe passé formant à l’infinitif passif être transporté ; expédié, au présent indicatif, on expédie.Quels sont parmi ces verbes ceux qui sont à des temps personnels, et quels sont leurs sujets?—employer a pour sujet elle; précéder a pour sujet deux hivers tempérés; expédier a pour sujet on.PROBLEMES D’ARITHMÉTIQUE.I.On a acheté une pièce d’une certaine étoffe pour la somme de 170s.On demande le prix de la verge et le prix de la robe, sachant qu’il faut 7î verges de cette étoffe pour une robe, sachant en outre que si la pièce contenait 2£ verges de plus, il y en aurait juste assez pour confectionner 7 robes ?II.Calculer l’intérêt composé de $650 pendant 6 ans, à raison de 3 pour cent tous les six mois, au moyen de la formule suivante : sachant que A indique le capital définitif cherché, a le capital primitif, r l’intérêt et n le nombre d’années, ou de six mois, comme dans ce cas ?(Cette formule est applicable à tous les cas.) PROBLEME D’ALGEBRE.J’ai un certain nombre de 30 sous, dont le diamètre est de 11 lignes, et de 15 sous, dont le diamètre est de 9 lignes, et je désire, en plaçant un certain nombre de chaque pièce les unes à la suite des autres, en former une ligne droite de 164 lignes.Je demande le nombre de chaque pièce qu’il faudra prendre et de combien de manières je pourrai arriver au même résultat ?PROBLÈME DE GÉOMÉTRIE.Trouver la quantité de fer-bianc qui entre dans une terrine de fer-blanc en forme de cône tronque, dont la base est de 4 pouces, l’ouverture de 8 pouces, et la hauteur des côtés de 7 pouces ?Trouver aussi sa capacité ?SOLUTION DU PROBLÈME D’ALGEBRE DE L’AVANT DERNIERE LIVRAISON.Soit x le nombre de billets de 10 chelins.Alors x ~t" 2 sera le nombre de billets de 7 chelins.Donc .r x jo -t- ^ -V 2 j x 7 = 643 10 x -t- 7 x + 14 = 643 17 .r = 629 x = 37 billets de 10 s.r + 2 = 39 “ 7 s.A.Lamy.SOLUTION DES PROBLÈMES DE GÉOMÉTRIE DE L’AVANT-DERNIÈRE LIVRAISON.I.La circonférence des petites roues : 2 pieds x 3,1416 = 6,2832 p La circonférence des grandes roues: 3 pieds x 3,1416 = 9,4248 p 11 lieue = 22,680 pieds.22680 g ^332 = 3609,6 nombre de tours des petites roues.22680 9 4048= 2406,4 “ “ grandes roues.A.Lamy.II.Les lignes déterrrfinées par les difi'érentes distances forment un triangle rectangle, dont la hauteur est de 15J arpents, la base inconnue et l’hypoténuse égale 1118 pieds, vitesse du son à la seconde multiplié par 5,5 secondes, ce qui donne 6149 pieds.Soit h la hauteur, b l’hypothenuse, et x la base, on a : h• = b- + x-d’où x- = h- — b'i et x = -Jh'i — b- = v'(/t x b) (h — b) En remplaçant les lettres par leurs valeurs, on a : x = V(6149 -V 2790) (6149 — 2790) x = V8939 x 3359 .V30O3W] x = 105479,6 pieds.A.Lamy. 116 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.-A.VIS OFFICIELS.NOMINATIONS y BUREAU DE L’EDUCATION.Son Excellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, par minute en Conseil du 17 juillet courant, approuver la nomination suivante : Auguste Béchard, écuier, Inspecteur des écoles du comté de Gaspé, est nommé Clerc de la correspondance française du Bureau de l’Education, bibliothécaire et assistant-rédacteur du Journal île l'Instruction Publique, en remplacement de feu Joseph Lenoir, écuier.SEPARATION ET ERECTION DE MUNICIPALITES SCOLAIRES.Son Excellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, par minute en Conseil du 17 juillet courant : Eriger en municipalité scolaire le village d’Artabaskaville, avec les limites qu’il a comme municipalité rurale ; Donner à la municipalité scolaire de St.Gabriel de Stratford, les mêmes limites que celles du township lui-même ; Annexer le fief St.Maurice à la municipalité scolaire de la Banlieue des Trois-Rivières ; Eriger en municipalité scolaire le village de Rimouski, avec les limites suivantes : au nord, le fleuve St.Laurent ; au sud, la deuxième concession ; au sud-ouest, la propriété de Germain Langis, côté nord-ouest de la rivière ; et au côté sud-est de la dite rivière, la propriété d’Edouard Martin, inclusivement, et au côté nord-ouest, la propriété d’Hubert St.-Laurent, aussi inclusivement.riette C.St.Aubin, Marie Langevin, Sophie Malbœuf, Vitaliue Baccn Bridget Burke, Onésime Hébert, Elmire Normaudin, Médérise Rousselle’ Elisabeth Gaucher, Eléonore Blanchard, Marie Anne P.Forget, Marié Brignen, Salomé Laniel, Marcelline Bessette, M.Elodie Duquet, Adéiine Touin, Dina Joséphine Viau, M.Hermine Tetrault, Catherine Anne Crites, Domitilde Ouellette et Marcelline Tessier ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires,—le 4 Juin 1861.F.X.Valade, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES DU DISTRICT DE QUEBEC.Dlles.Rosalie Bouffard, Léonise Blanchet, Matie Célanire Blais, Rosalie Célina Bougie, Adéiine Bergeron, Catherine Brown, Clémentine Caron ; M.Joseph Couture ; Mlles.Marie Thérèse Chouinard, Sara Charrier, Marie Aithémise Couillard, Marie Anne Philomène Dallaire ; M.François Duchène ; Mlles.Louise Cédulie Fortier, Marie Zoé Gauthier dite Larouche, Marie Luce Girard, Luce Guilmet, Angèle Amanda Gosselin, Marie Mathilde Houle, Marie Philomène Jobin, Soulange La-chance, Victoire Laçasse, Adèle Laurent dite Lasonde, Joséphine La-flamme, Marie Adélaïde Lavoie, Marie des Neiges Lemay ; Mme Eugène Marcoux alias Célina Turgeon, Marie Julie Monfet, Elizabeth Mitchel, Marie Joséphine Noël, Marie Philomène Poulin, Cécile Patoine, Marie Aurélie Poirier, Marie Euphrosine Plante, Edwige Paquet dite Lavallée, Adelaide Roireault dite Laliberté, Marie Louise Roy, Célina Simard, Mélanie Simard et Eulalie Simard ont, le 4 juin 1861, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.Napoleon Laçasse, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS PROTESTANTS DE QUEBEC.M.James Miller a obtenu, le 6 Mai 1861—un diplôme l’autorisant enseigner dans les écoles modèles.D.Wilkie, Secrétaire a ECOLE NORMALE JACQUES-CARTIER.MM.George Lamarche et Jean Sclimout ont reçu des diplômes les autorisant à enseigner dans les académies.MM.Norbert Dostaler, Bénoni Guérin, Tréfilé Picard, Pierre Lamy, Damase Olivier, Cyprien Gélinas, Odilon Caron, Moïse Hurtubise, Emile Pepin, Noé Gervais, Joseph Dorais, Turiaffe Plamondon et Joseph Laferrière ont reçu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles.MM.Louis Hector Bellerose, Octave Mousseau, Ludger Lucier, Edmond Roy, Clovis Desforges, Gualbert Gervais, Joseph Lavigne, Siméon Long-tin et J.Rémy Desrosiers, ont reçu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.ECOLE NORMALE MCGILL.Mlles.Mary McGinn, Margaret Ross, Hannah Elizabeth Fletcher, Mary Alice Bury, Alice Jaques, Florence Lamanda Merry, Leston Amelia Merry, Ellen Maria Thornber, Nannie Eliz.Green, Janet Patterson, Caroline Henrietta Pelton, Sarah Eliz.Webster, Sarah Gamble, Susan Brock, Mary Anne Owler et Jessina Stuart Connell, ont, le 28 juin 1861, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles-modèles.Mlles.Mary Henderson, Ann McNaughton, Maria Jane Cockburn ; M.Robert Laiüg; Mlles.Rebecca Hilton, Annie Robertson, Susan Eliz.Faulkner, Jane McGinn, Mary Eliz.Kyle, Margaret Ryan ; Mr.Charles Cooper; Mlles.Mary MagdaleD Burbank, Eliz.Elliot ; M.John Calhene ; Mlles.Eliza Lock, Eleonor Gaw, Annie Cooper, Jane Irwin, Amelia Smith Hampton, et Matilda Drumm ont, le 28 juin 1861, obtenu des diplômes les autosisant à enseigner dans les éçoles élémentaires.BUREAU DES EXAMINATEURS DU DISTRICT DES TROIS-RIVIERES.Dlles.Arthémise Manseault, Sara Niquette et Caroline Poirier, ont obtenu, en juin 1861, des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles.Dlles.Louise Allary, Marie Célina Ayotte, Joséphine Blais, Julienne Béliveau, Julienne Bourk, Delphine Bergeron, Célina Bazin, Marie Eléonore Beauchène, Célina Beaumin, M.Ediltrude Champoux, Mathilde Dusseault et Rosalie Demers ; M.Ursèce Dubord ; Dlles.Sophie Victoria Gingras, Marguerite Gagnon, Philomène Joinville, Adélaïde Leblanc, Thirza Leblanc, Rose de Lima Lacourse, Célina Martin, Henriette Moulin, Marie Anne Mailhiot, Rosalie Mailhiot, Marie Pepin, Claire Paquin, Marie P.Provancher, Marguerite Provancber, Philomène Prud’homme, Marie Geneviève Paquin, Delphine Richard, Agnès René, Elise Schilling, Rose de Lima Toupin et Sophie Veillette ont obtenu, en juin 1861, des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.J.M.Desilbts, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS DU DISTRICT DE STANSTEAD.Dlles.Elmiua Blake, Mary Dustin, Sarah A.Davis et Arminellah Humphrey ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires,—en mai et avril 1861.C.A.Richardson, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES DU DISTRICT DE MONTREAL.MM.Charles Godebecq et Charles Paradis, ont obtenu le 4 Juin 186 1, des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles.MM.Antoine Mallet, Sifroy Lécuyer, Louis Gagnon, Jean B.Poupart, Joseph Onésime Hogue, Alphonse Loiselle, Isidore Berthelet, François Sansoucis, Charles Brouillet, Germain Brousseau ; Mlles Rosalie Mathieu, Elmela Flavie Guibord, Philomène Desormiers, Catherine Primeau, Susanne Blanchette, Ostie Brabant, Marguerite Lefebvre, Alix Peltier, Marguerite I.educ, Philomène Girouard, Vitaline Moisan, Beth-saïde Durocher, Marie Cayer, Marguerite Dubois, Catherine Cardin, Eugénie Marchesscault, Marie Vineelette, Malvina Brault, Célina Bessette, Marie Anne Bélanger, Esther Leduc, R.Délima Désautels, Mélanie Levesque, Aisélie Goguette, Célina Poulin, Marguerite Allard, Adéiine Taillefer, M.Célina Prevençal, M.Alphonsiue Garreau, Célina Lavio-lette, Hermine Duquet, Julie Gervais, Léocadie Toupin, Marie Lapointe-Godard, Marie Anne Larochelle, Onésime Parant, Appolline Leduc, Salomé Henault, Césarie Lapaline, Delphine Groulx, Joséphine Janson Lapaleur, Adé Latendresse, Joséphine Lucier, Laure Lafontaine, Hen INSTITUTEURS DISPONIBLES.M.Clément Dnmesnil, muni d’un diplôme pour école modèle, Chambly.M.Justin Harman, ancien instituteur d’une école élémentai-e aux Cèdres, enseigne le français ; il se chargerait aussi de donner des leçons d'anglais.S’adresser au Bureau de l’Education, ou aux Cèdres.Dlle.Julie Latour, qui possède un diplôme pour école élémentaire, enseigne le fiançais et l’anglais.Coteau St.Louis, Montréal.Mme Lanctôt, munie d'un diplôme, et pouvant enseigner le français et l’anglais, désire trouver de l'emploi.S’adresser au Bureau de l'Education.M.Jean Guillaume, St.Laurent; école élémentaire.Dlle.Léocadie Leprohon, munie d’un diplôme d’école élémentaire et de bonnes recommandations, se chargerait d’une école à la campagne.-S'adresser au No.13, rue Bonseconrs, Montréal. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.117 DONS OFFERTS AU DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Le Surintendant accuse, avec reconnaissance, réception des dons suivants : De MM.Mason Brothers, New York : Webster's Common School Dictionary ; Webster’s Primary Dictionary, revised edition ; Webster’s High School Dictionary, revised edition ; Easy Lessons in French, by Pinney ; Pinney and Arnoult’s French Grammar ; Webster’s Academic Dictionary, revised edition ; WebsteFs Dictionary, Pictorial Edition unabridged ; Webster’s Counting House and Family Dictionary.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.MONTREAL, (BAS-CANADA,) JUILLET 1861.PROMOTIONS.Nos lecteurs ont dû remarquer, dans les avis officiels de notre précédente livraison, la nomination de M.Rouleau, professeur à l’Académie d’Aylmer, à la charge d’inspecteur des écoles catholiques des comtés d’Ottawa et de Pontiac.Ils remarqueront, dans celle-ci, la nomination de M.l'Inspecteur Béchard aux charges de Clerc de la Correspondance Française et de Bibliothécaire au Département de l’Instruction Publique, et d’Assistant-Rédacteur de ce journal.Ces deux nominations sont à ajouter à celles qui sont mentionnées dans le Rapport du Surintendant pour l’année 1860, et qui prouvent qu’aujourd’hui l’instituteur habile et zélé a du moins quelques chances de promotion.M.Béchard, natif du district de Montréal, et (ils d'un instituteur qui a enseigné pendant de longues années, se chargea d une école dans le district de Gaspé et y enseigna avec zèle et succès.Son mérite le recommanda à la charge d’inspecteur, et la fermeté, le courage et l’intelligence qu’il a fait voir_dans ce poste difficile, ainsi que les aptitudes littéraires qu’il a montrées dans plusieurs écrits publiés dans ce journal et reproduits à l’étranger, lui ont assuré sa nouvelle promotion.Examens Publics et Distribution des Prix et des Diplômes dans les Ecoles Normales.C’est avec un plaisir toujours nouveau que nous constatons chaque année les succès des trois écoles normales établies par le Gouvernement dans le Bas-Canada.Le rapport du Surintendant pour l’année 1860, que l’on trouvera, partie dans la précédente et partie dans la présente livraison, entre dans de tels détails sur les résultats obtenus par ces écoles, que nous nous contenterons d’y ajouter brièvement ceux de l’année 1860-61, tels qu’ils paraissent par les examens publics et les distributions de diplômes.La séance de l’Ecole Normale McGill a eu lieu le 28 juin à deux heures P.M.Elle avait été précédée de deux jours d’examens publics, indépendamment de l’examen oral et de l’examen écrit que les élèves ont eus à subir devant le Principal et les Professeurs pour obtenir leurs diplômes.L’hon.Surintendant de l’Education ouvrit la séance par un discours, dans lequel il passa en revue les résultats obtenus par nos écoles normales, et donna aux élèves-maîtres des avis sur les devoirs de l’instituteur.Ce discours, ainsi que les autres qui ont été prononcés dans cette séance, se trouvent rapportés au long dans la dernière livraison de notre journal anglais.La distribution des prix et des diplômes fut entremêlée d’exercices de musique vocale et instrumentale, sous la direction de 1 habile Professeur Fowler.Les murs de la salle étaient aussi couverts des dessins au crayon exécutés par les élèves.Il fut accordé un diplôme pour académie à M.Frédérick Gore, seize diplômes pour école modèle à des élèves-institutrices, et trois diplômes pour école élémentaire à des élèves-instituteurs et dix-neuf à des élèves-institutrices; en tout 39.M.le Principal Dawson, après la distribution des prix et des diplômes, prononça un discours, dans lequel il développa le système d’instruction suivi dans cette école et rendit compte des progrès obtenus pendant l’année écoulée.Mlle.Merry lut ensuite un discours d’adieu au nom de ses compagnes, qui, comme elle, quittent l’école pour se livrer à l’enseignement.Ce discours, parfaitement rédigé, obtint de l’auditoire de vives marques de sympathie.M.le Professeur Hieks porta ensuite la parole au nom des autres professeurs.Il exprima le désir que la législature accordât aux élèves des Ecoles Normales quelque avantage qui les récompensât des sacrifices qu’ils s’imposent pour se préparer à l’enseignement, Il entra dans des détails intéressants sur la protection accordée par le gouvernement dans d’autres pays aux élèves de ces institutions.Il termina par de sages conseils à l’adresse des élèves-maîtres.M.Brown Chamberlin prit alors la parole au nom de l’Université McGill, dont il est membre.Cette Université partage, comme on sait, avec le Département de l’Instruction Publique, la direction de l’Ecole Normale.Le discours de M.Chamberlin roula principalement sur l’importance de l’éducation élémentaire au point de vue de l’éducation collégiale et classique.L’Université, en consentant à coopérer avec le Département de l’Instruction Publique dans la direction de cette Ecole Normale, a montré qu’elle appréciait toute l’importance de l'instruction primaire, base de l’édifice dont l’instruction classique n’est que le couronnement.M.le Surintendant appela ensuite l’attention de l’assemblée sur les réglements passés par le Conseil de l’Instruction Publique pour le concours du prix annuel fondé par S.A.R.le Prince de Galles.Ce prix consiste dans une somme de seize piastres, à laquelle le Conseil a ajouté une médaille en bronze.Par suite d’un accident imprévu, la commande qui avait été faite de ces médailles n’a pu être exécutée à temps ; mais elles seront distribuées plus tard.M.le Surintendant expliqua les conditions du concours.Il ne suffit point, pour obtenir ce prix, d’être le premier élève de l’école dans le plus grand nombre de branches enseignées ; mais il faut atteindre un certain degré de mérite absolu.L’élève qui a passé l’examen le plus satisfaisant pour le diplôme d’école modèle, doit en outre avoir obtenu la note excellent dans les deux bulletins sémestriels pour la conduite morale et toutes les branches d’études jugées de première importance, et la note bon pour toutes les autres matières, à l’exception de celles qui, comme le dessin et la musique, exigent une aptitude physique que tout le monde ne saurait avoir.S’il arrivait que personne ne remplît ces conditions, la somme accordée à l’éoole pour cette année-là servirait à augmenter le fonds commun.Mlle.Mary McGinn, qui avait aussi mérité un grand nombre d’autres récompenses, fut proclamée l’heureuse élève destinée à profiter la première de la munificence de S.A.R.Il est à remarquer que les élèves instituteurs et les élèves institutrices concourent ensemble pour ce prix.L’examen des élèves-instituteurs de l’Ecole Normale Laval eût lieu à Québec, le 2 juillet courant.Il était aussi présidé par le Surintendant de l'Education.Le Rév.Père Martin et un bon nombre de membres du clergé faisaient partie de l’auditoire.Dans la séance du matin, les élèves de première année subirent un examen très satisfaisant sur l’analyse grammaticale, l’arithmétique, l’histoire du Canada et la géographie de l’Europe ; ceux de la seconde division sur l’analyse logique, la tenue des livres, la perspective et l’astronomie.L’après-midi, les élèves de première année furent interrogés sur la physique (lumière, électricité et magnétisme) ; ceux de seconde année sur la minéralogie, l’histoire de France et la littérature, et ceux de troisième année sur le latin (traduction de Virgile), sur le grec (traduction des Fable* d’Esope), et sur les principes de la rhétorique. 118 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Ces exercices furent entremêlés de récitations tant en prose qu’en vers, de chant et de l’exécution de plusieurs morceaux de musique sacrée sur l'harmonium ; la pratique de cet instrument préparant les élèves à pouvoir remplir la place d’organiste, ce qui est d’un grand avantage pour eux-mêmes et pour les paroisses où ils enseignent.Il est inutile de répéter que cet examen public n’a fait que suivre et couronner un examen particulier très sévère qu’ils ont subi pour l’obtention des diplômes.A cet examen public les élèves ont aussi montré des échantillons de leur savoir-faire en fait de dessin linéaire, et ont rendu un compte détaillé de leurs opérations.Us se sont aussi montrés très experts dans la manipulation des instruments de physique, et très familiers avec les échantillons de minéralogie et de géologie.M.le Surintendant adressa la parole aux élèves et au public, et rendit au zèle et aux efforts de M.le Principal et de MM.les Professeurs un hommage bien mérité.Il fut ensuite donné un diplôme pour académie, cinq pour école modèle et quatre pour école élémentaire.Le prix de S.A.R.le Prince de Galles fut accordé à M.Prudent Houde.Un discours d’adieux fut prononcé par le même élève.L’examen des élèves-institutrices eut lieu au couvent des Ursu-lines, où se tient leur pensionnat, le 5 juillet.Il fut présidé par M.le Grand-Vicaire Cazeau, de l’Archevêché.A la séance du matin, les élèves de première année furent interrogées sur l’analyse grammaticale et sur l’arithmétique, et celles de seconde année sur l’analyse logique, le toisé et la géographie de l’Afrique.L’après-midi, les élèves de première année subirent l’examen sur l’histoire du Canada et sur la géographie de l’Europe, et celles de seconde année sur la physique, l’histoire de France et la littérature.Des récitations, des chants et des exercices de musique instrumentale alternèrent agréablement avec les examens.Les murs de la salle étaient couverts de dessins au crayon et d’aquarelles, ouvrages des élèves ; et l’on voyait sur les tables des ouvrages en cire, des échantillons de couture, de broderie, de tapisserie, qui leur faisaient le plus grand honneur ; pas moins de trente élèves montrèrent d’excellentes cartes géographiques tracées et levées par elles-mêmes, ainsi que des tableaux historiques, préparés et tracés d’après leurs études sur l’histoire d’Angleterre, sur celle de France et sur celle du Canada.Elle se distinguèrent aussi par le tracé des cartes de géographie de mémoire sur le tableau et sur leurs ardoises.Les expériences de physique furent bien faites et surtout bien expliquées.La distribution des prix et des diplômes fut suivie d’un discours d’adieux, prononcé par Mlle.Bacon.Il a été donné en tout 21 diplômes, 12 pour écoles modèles et 9 pour écoles élémentaires.Le résultat de l’examen, tant par la tenue des élèves que par leur instruction, leur fit le plus grand honneur, ainsi qu’au Principal et aux Professeurs, aux Dames Religieuses Ursulines et à leur Chapelain, M.LeMoine, qui, tous ensemble, concourent à leur éducation religieuse, morale et scientifique.M.le Grand-Vicaire Cazeau, à la fin de la séance, témoigna hautement sa satisfaction et parla avec éloquence de tout le bien que produisaient les écoles normales, et de l’appui que leur donnaient les membres du clergé plus intéressés que tous autres, et par devoir et par inclination, à’ la bonne éducation des enfants du peuple.L’école Normale Jacques-Cartier, cette année comme les deux années précédentes, a appelé le public à être témoin des examens pour l’obtention des diplômes.Ils ont duré les huit jours qui ont précédé la distribution des prix et des diplômes.Outre l’examen écrit, chaque élève, introduit séparément dans la salle des séances, a subi un examen d'une demi-heure pour chaque branche d’enseignement.Nous regrettons d’avoir à ajouter qu’un très petit nombre d’amis de l’éducation ont profité de l’occasion qui leur était offerte de se convaincre par eux-mêmes de la sévérité de ces examens.La distribution des prix et des diplômes eût lieu le 12 juillet, à 9 heures du matin, dans la grande salle de l’école.Elle était présidée par le Surintendant.On remarquait dans l’auditoire, M.le Grand-Vicaire Billaudèle, du Séminaire de St.Sulpice ; M.le Chanoine Fabre, M.le Principal de l’Ecole Normale Laval, le Rév.Père Michel, et un grand nombre d’autres membres du clergé.La séance fut ouverte par une discussion sur l’éducation, par MM.Lamarche, Picard, Gélinas, Bcllerose et Guérin.Les divers sujets de pédagogie traités par ces messieurs, furent exposés avec clarté et d’une manière à intéresser et même à émouvoir assez vivement l’auditoire distingué auquel ils s’adressaient.Leur manière de due simple, naturelle et facile, fut d’autant plus admirée qu’il n’y a que très peu de temps que l’on se livre dans cette école à ce genre d’exercice.Deux grands morceaux de musique, la “ Distribution des Prix, cantate,” et “ Les Croisés,” par Concone, furent chantés en chœur sous la direction de l’habile professeur.M.Brauneis.On y ajouta aussi des exercices sur le Piano, et le chaut du “ Voyageur Canadien,” imité de la célèbre cantilène de Moore, par feu M.Réal Angers.Quoique moins savant et moins difficile que les autres, ce morceau national enleva de vifs applaudissements.Ces exercices furent entremêlés à la distribution des prix, faite aux élèves de l’école normale et à ceux de l’école modèle.Dans la distribution des prix, on s’attache surtout à munir les instituteurs de livres qui leur seront utiles dans l’état qu’ils doivent exercer.Outre des ouvrages d’histoire, de science et de littérature, choisis dans les belles collections, grand in-8° et in-8°, de Marne, on leur a donné, dans les écoles normales Laval et Jacques-Cartier, cette année Bouillet, Dictionnaire d’Histoire et de Géographie ;—Bouillet, Dictionnaire des Sciences ;—Overberg, Manuel de Pédagogie Braun, Manuel de Méthodologie ;— Féuélou, De l’Education ;—Dauphin, De l’Education :—Barrau, Morceaux Choisis pour les Elèves des Ecoles Normales;—Le Manuel du Chrétien ;—Les Douze Vertus d’un Bon Maîtrp ;— Bénard, Dictionnaire Classique Universel ;—Le Journal de T Instruction Publique du Bas-Canada ;—Rameau, Acadiens et Cana diens ;—Canadian Settlers’ Guide ; —Lemoine, Ornithologie du Canada;—Garneau, Histoire du Canada;—Le Chansonnier des Collèges.Avant la distribution des diplômes, le Principal, M.l'abbé Verreau, donna un compte-rendu des études pendant l’année écoulée, et de l’œuvre des écoles normales en général.Le jeune et savant Principal fut écouté avec d’autant plus de sympathie qu’il est généralement connu, qu’excédé de fatigues, il a déjà cherché ;\ se démettre de sa position, et que cc n’est que sur les instances du Chef du Département et de ses supérieurs ecclésiastiques, qu'il est resté à son poste difficile et.onéreux à bien des égards.La séance fut terminée par une courte allocution de M.le Surintendant, et par le chant alterné du God Save the Queen et de notre air national canadien.N.B.—Nous sommes forcés de remettre à notre prochaine livraison un article sur les examens et distributions de prix dans les collèges et académies.Relation «lu voyage de Son Altesse Royale le Prince de Galles en Amérique.XI.(Suite et Fin.) LE PRINCE AUX ÉTATS-UNIS.Le lendemain de son arrivée, le Prince visita l’Université, où il fut reçu par le Chancelier, qui lui présenta une adresse au r.om du Conseil Universitaire, puis S.A.R.alla voir la Bibliothèque d’Astor, fondée par le célèbre millionnaire de ce nom, et qui ne contient pas moins de 80,000 volumes.Elle est installée dans un véritable palais.Après avoir vu de plus, le Cooper’s Institute, et le Fret Academy, S.A.R.se rendit au Central Park, où elle planta un chêne et un orme, puis elle fit au Maire Woods l’honneur d’aller déjeuner à sa maison de campagne, où un grand nombre des premiers citoyens de New-York avaient été invités.Le reste de la journée fut employé à voir l’Institut des Sourds-muets, qui est célébré depuis longtemps et où se sont formés les professeurs d’autres institutions semblables en Amérique. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.119 I.e soir, eut lieu le bal offert par les citoyens de New-York au Prince et à sa suite.Quatre cents souscripteurs originaires firent les Irais de cette réception.Des billets admettant en tout trois raille personnes furent distribués par eux.Ou sent de suite combien une telle disposition prêtait à l’arbitraire et combien aussi elle dut causer de mécomptes et exciter de murmures.Sous prétexte de distinction et de convenances, c’était d’un côté, proclamer on ne peut plus solennellement la souveraineté de l’argent, et de l’autre affirmer assez gauchement qu’en dehors des très-riches souscripteurs et de leurs coteries respectives, le reste des citoyens ne pouvait point décemment être présenté à un Prince du sang royal.De plus les recommandations et les prescriptions qui accompagnaient l’envoi des billets, pouvaient faire croire que les élus eux-mêmes n’étaient point tous censés appartenir à la bonne compagnie, ou ce qui était pire encore que la bonne compagnie de New-York n’était point d’ordinaire très scrupuleuse sur certains détails assez importans.Ce bal fut marqué par deux incidents désagréables ; le premier fut la chute de deux énormes pots de fleurs, placés dans un endroit des plus saillants, et qui tombèrent peu d’instants après l’entrée des invités ; le second, plus grave et qui aurait pu être funeste, fut la chute d’une partie du plancher, qui, au moment où l’on allait former le premier quadrille, céda sous le poids de la foule.On fut obligé d’appeler des ouvriers, qui prirent une couple d’heures à réparer le dégât, après quoi le Prince ouvrit le bal en dansant avec Mde.Morgan, femme du Gouverneur de l’Etat.Un poète New-Yorkais a décrit cette fête en vers on ne peut plus étranges et dans lesquels sont enchâssés tant bien que mal les noms de toutes les partenaires du Prince.Nous en extrayons la seule idée heureuse ; elle se trouve, malheureusement pour le lecteur, dans la dernière strophe : T’is now a dream — the Prince’s bait.Its’ vanished glories one and all, The scenes of the fairy tales ; For Cinderella herself was there, And Barnum keeps for trial fair, The beautiful slipper deposited there, By His Highness the Prince of Wales.L’Académie de Musique, où se donna cette fête, était magnifiquement ornée ; les plantes les plus rares y représentaient non seulement la Flore américaine, si riche et si belle ; mais encore celle de toutes les parties du monde ; elles formaient la principale décoration La toilette des dames était ce qu’on peut imaginer de plus brillant, lorsqu’on a le soin d’exclure d’une réunion tout ce qui n’a pas l’avantage d’être un peu millionnaire.Les diamants étaient les seules pierreries de mise dans cette occasion.Le lendemain, le Prince parcourut Broadway, et vit l’établissement de MM.Bail et Black, bijoutiers, les galeries photographiques de M.Brady, où il posa ainsi que toutes les personnes de sa suite, et enfin le musée Barnum, où d put admirer toutes les curiosités vraies ou factices du plus étrange pandémonium qu’il y ait au monde—sans voir toutefois la plus grande de toutes—l’incarnation du véritable génie yankee, Barnum lui-même.Le prince du humbug était absent, il parcourait son royaume ; et son député, dont l’ingrate histoire ne nous dit point le nom, fit les honneurs de l’établissement.Le Prince se rendit aussi, ce jour-là, à la résidence du Général Scott.Le soir, les pompiers, au nombre de six mille, formèrent une procession aux flambeaux et allèrent saluer S.A.R.Des chandelles romaines, lancées en quantité au moment où la procession atteignit la Cinquième Avenue, des lumières électriques, placées sur les pompes et qui projetaient au loin des rayons éblouissants, la foule immense et enthousiaste qui encombrait les rues, les fenêtres et jusqu’aux toits des maisons et des édifices publics, firent de ce spectacle un des plus grands qu’ait jamais donnés la métropole de l’Amérique.Le Prince assista, du haut d’un balcon, au défilé qui dura plus d’une heure et demie, répondant par des saluts aux acclamations de chaque brigade qui passait.I^e Duc «le Newcastle, dont la fermeté et l’indépendance ont été admirés des citoyens de la république, fut aussi lui, l’objet d’une ovation bien remarquable.Le lendemain, dimanche, S.A.R.et sa suite assistèrent au service divin à l’église de la Trinité.On y lut une prière pour Sa Majesté, pour le Prince-Epoux et pour le Prince de Galles ; ce qui rappelle à tous ceux qui sont un peu familiers avec l’histoire de la guerre de l’indépendance, que le pasteur de l’église, qui s’élevait, ù cette époque, au même endroit, fut chassé par son troupeau récalcitrant, pour s’être obstiné à prier pour George III, malgré la révolution, dont le digne homme ne voulait point tenir compté.Entreprendre ici une esquisse de New-York, ce serait de suite doubler presque les dimensions de notre petit ouvrage ; il nous suffira de dire, pour donner à nos lecteurs une idée de l’importance de cette ville, que sa population est de 800,000 âmes, et que celle de Brooklyn et de Wrlliamsburgh, qui en sont comme les faubourgs, est de 300,000, ce qui donne un chiffre presqu’égal à celui de la population du Bas-Canada.En 1859, les importations au port de New-York s’élevaient à deux cent vingt-neuf millions, et celles de tous les autres ports des Etats-Unis réunis à cent-neuf millions ; les exportations du même port s’élevaient à cent dix-sept millions, et celles de tous les autres ports à deux cent trente-neuf millions; il s’y fait donc presqu’autnnt d’affaires que dans toutes les autres villes des Etats-Unis réunies.Le nombre d’exemplaires publiés chaque jour par la presse de cette ville excède trois cent mille ; sur le nombre de ses journaux, il y en a dix en allemand, deux en français, deux en espagnol, deux en gallois, et un eu italien.New-York est une ville cosmopolite.Toutes les races, toutes les religions, toutes les langues, paraissent s’y être données rendez-vous.Les allemands y sont une partie notable de la population.Il y a des quartiers où l’on a bien de la peine à trouver son chemin si l’on ne sait point leur langue.L’on suppose que les populations française, belge, suisse et franco-canadienne réunies, donnent un total de près de 40,000 individus parlant la langue française.C’est une population à peu près égale à celle de Québec, il y a une vingtaine d’années.M.Woods assure, dans son livre, que la population irlandaise catholique forme à peu prés la moitié de New-York.Cette assertion nous parait un peu risquée ; mais iJ est certain que la religion catholique y prime toutes les autres prises isolément ; ses églises et ses écoles sont au premier rang.L’Archévêque Hughes, homme d’un très grand talent, écrivain vigoureux et habile, y est reconnu comme une véritable puissance sociale et politique.Nos compatriotes y ont une Société St.J ean-Baptiste et un Institut Canadien, présidés longtemps par le vénérable M.Fran-chère, si célèbre par ses voyages.Les Jésuites, les Dames du Sacré Cœur, les Frères des Ecoles 1 Chrétiennes et plusieurs autres ordres ont de nombreuses institutions dans la ville et dans les environs.Il y a, outre les institutions catholiques, les collèges, académies et écoles indépendantes, 112 écoles communes, réunissant un total de 168,828 élèves.Le Prince quitta New-York le 15 octobre, faisant route vers West-Point, l’école militaire des Etats-Unis.Montés sur le bateau à vapeur Harriett Lane, les nobles voyageurs purent jouir tout à leur aise du coup-d’œil romantique et imposant qu’offre l’Hudson, tantôt encaissé dans les rochers à pic et rayés de bandes rouges et noires que l’on nomme les Balissades, tantôt coulant au pied des Alieghanies, dont les versants sont couverts d’une épaisse forêt, comme aux jours où l’Hudson portail sur ses ondes les légers canots d’écorce des Iroquois.C’était déjà l’automne, et le feuillage était partout revêtu de ces belles couleurs d’or de pourpre et d’écarlate, qui, pendant quelques semaines, rendent nos bois si magnifiques.Le vaisseau aborda à West-Point à une heure de l’après-midi, et le Prince fut reçu au quai par le Colonel Delafield, Commandant, accompagne de son état-major, et d’une escorte de dragons.Ce lieu, où se fit le complot d’Arnold, et qui est tout près de Tarrytown, où fut pris et exécuté le Major André, est célèbre dans l’histoire des Etats-Unis.L’école militaire y fut établie en 1802.Les élèves s’appellent les Cadets.Leur éducation se fait entièrement aux Irais de l’Etat.Elle dure cinq ans, après quoi ils sont tenus de servir au moins pendant huit ans dans l’armée de la république.La plupart y demeurent toute leur vie.Ils sont ordinairement au nombre de 300 et forment un petit bataillon bien discipliné, et que le Prince passa en revue.Le site de cet établissement est on ne peut plus pittoresque, et l’instruction scientifique qui y est donnée jouit d’une grande réputation Le lendemain, les nobles visiteurs montèrent à bord du Daniel Drew, steamer d’une vitesse remarquable, qui fait vingt-deux milles à l’heute.On passa devant Sunnyside, la résidence de Washington Irving, si récemment enlevé aux lettres et à la vénération île ses concitoyens, et l’on put voir aussi l’endroit que le romancier a décrit sous le nom de “ Sleepy Hollow ” et où il a placé la scène de sa légende de “ l’Homme sans Tête.” Le prince ne fit qu’un très court séjour à Albany, capitale de l’Etat de New-York.Le Maire et les autorités allèrent au-devant de lui dans un steamer, et il fut conduit d’abord à l’Hôtel de Ville, puis au Capitole, où le Gouverneur Morgan lui présenta les principaux citoyens.Albany, autrefois Orange, est, après Jamestown, la plus ancienne ville des Etats-Unis; elle fut fondée deux ans seulement après 120 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Québec (1), par des colons hollandais, qui lui donnèrent le nom d’Orange, en l’honneur du Prince d’Orange, qui gouvernait alors les Pays-Bas.Le premier vaisseau européen qui remonta l’Hudson jusqu’à cet endroit, fut le HalJ Moon, vaisseau du navigateur qui a donné son nom à cette rivière, le Capitaine Hendrik Hudson, en septembre 1609.11 mit deux semaines à venir de “ Manhatt,” aujourd’hui New-York.En 1630, Ifiliaen Van Rensselaer, riche négociant d’Amsterdam, acheta des sauvages une étendue de terre considérable sur la rive ouest de l’Hudson, tout autour du Fort Orange, et il y envoya des ouvriers et des cultivateurs.Il établit ce domaine en principauté sous le nom de Rensselaerswyck, et les droits et redevances que ses descendants perçoivent encore de nos jours, ont été à plusieurs reprises le sujet de troubles et de procès.En 1664, la province hollandaise étant passée sous le domaine de la couronne d’Angleterre, les droits de propriété de la famille Van Rensselaer furent confirmés, moins la souveraineté, et le Fort d’Orange reçut le nom d’Albany, du Duc d’York et d’Albany, qui fut depuis Jacques II.Albany est aujourd’hui très fière de son archéologie, que le Dr.O’Callaghan et quelques autres amateurs s’efforcent de faire connaître.Le Docteur, autrefois rédacteur du Vindicator, à Montréal, et forcé en 1837, de s’exiler par suite de l’insurrection, a publié une histoire de l’Etat de New-York sous la domination hollandaise (History of New-Netherlands) et dirige l’impression des intéressants mémoires sur l’histoire de l’Amérique et du Canada, que fait publier la législature de l’Etat.La bibliothèque du Capitole contient une foule d’ouvrages précieux, en tout pas moins de 30,000 volumes.La population d’Albany, qui n’était que de 5,349 âmes en 1800, de 24,238 en 1830, est aujourd’hui d’environ 65,000 âmes.Il y a une cinquantaine d’églises, parmi lesquelles la plus remarquable est la cathédrale de l’immaculée Conception, bâtie d’une sorte de grès d’un brun-rougeâtre.Par ses dimensions elle est peut-être la plus grande église des Etats-Unis.Le canal de 1’Erie et pas moins de six chemins de fer, qui y aboutissent de différentes directions, ont fait de cette ville un centre de commerce important et florissant.On y trouve bon nombre de familles très riches et une société on ne peut plus distinguée et lettrée.Outre le musée et la bibliothèque de l’Etat, Albany contient plusieurs institutions scientifiques, un collège et un pensionnat de filles, et une école normale.Le musée géologique, sous la direction du célèbre professeur Hall, et l’observatoire de Dudley, fondé par la veuve d’un riche propriétaire de ce nom, placent la capitale de l’Etat de New-York au rang des premières villes de l’Amérique, pour ce qui coucerne les sciences.Le prince partit le lendemain pour Boston par le chemin de fer, et put apercevoir en passant les Chutes de Cohoes, qui jouissent d’une grande réputation.A chaque station, et particulièrement à Springfield et à Worcester, les populations se portèrent aux gares du chemin de fer et le saluèrent des plus vives acclamations.Le 17 octobre, dans la soirée, le Prince descendit du waggon à Longwood, faubourg de Boston, où il fut reçu par le Maire, M.Lincoln, et quelques-uns des principaux citoyens.L’enthousiasme, l’ordre et le bon goût déployés par la population de New-York furent égalés (car il était impossible qu’ils fussent surpassés) parcelle de Boston.Le Prince fut simplement conduit au “ Revere House,” un des plus anciens hôtels de la ville, et y fut laissé en repos jusqu’au lendemain.Le correspondant du Times avoue avoir observé, pour la première fois, chez le jeune et courageux voyageur, des marques évidentes d’une grande lassitude; et il faut avouer que l’on serait fatigué à moins.Il ne tint qu’à lui, cependant, de passer une partie de la nuit éveillé, car les partisans de MM.Bell et Everett, avec un à propos qui nous paraît très contestable, voulurent riposter, ce 6oir là, à une grande procession politique de leurs adversaires, les républicains.Or, on sàit quel épouvantable tapage accompagne ces homériques démonstrations chez nos voisins des Etats-Unis.Le lendemain, la journée commença par une grande revue à la Commune, vaste place complantée d’arbres, ornée de fontaines et de jets d’eau et dont les habitants de Boston, sous ce titre modeste, ont fait leurs Champs-Elysées.Quelques instants avant, on présenta au Prince, à son hôtel, M.Ralph Farnham, le seul survivant des combattants de Bunker’s Hill.Ce vieillard, âgé de 105 ans, a conservé toutes ses facultés intellectuelles et possède encore une vigueur rare, même chez les (1) Les plus anciennes villes fondées par les Européens dans l’Amérique du Nord sont, Jamestown, en Virginie, fondée en 1607 par le Capitaine John Smith et Bartholomew Gosnold : Québec, fondé en 1608 par Champlain, et Albany, fondé en 1610 sous le nom d’Orange.simples octogénaires.Il a fait toute la guerre de l’indépendance et était présent à Saratoga lorsque le Général Burgoyne mit bas les armes.Le vétéran et sa fille, qui l’accompagnait, reçurent un accueil parfait de l’arrière petit fils du souverain dont les troupes furent défaites à Bunker’s Hill.Le Prince, en grand uniforme, ainsi que le Duc de Newcastle et tous les militaires de sa suite, passèrent en revue les milices de Boston, dont les divers corps réunis formaient une masse d’environ trois mille hommes.On distinguait, dans leurs rangs, un régiment qui porte encore le costume des soldats qui combattirent dans l’armée de Wolfe, sous les remparts de Québec.Toutes ces troupes et l’immense multitude qui assistait à cette fête, formèrent un cortège aux monstrueuses ondulations, qui alla reconduire le Prince à l’Hôtel du Gouvernement (State Housej, où un goûter lui fut offert.C’est précisément dans State Street que les troupes de George III tirèrent, pour la première fois, sur les colons américains, et commencèrent la lutte dont les résultats ont été si grands.A cinq heures de l’après-midi, il y eût, au Music Hall, un grand concert donné par les enfants des écoles.Plus de 1200 enfants, placés en amphithéâtre et dont la grande majorité étaient de jeunes filles vêtues de blanc, chantèrent, ontr’autres morceaux, une variante charmante du “ God Save the Queen,” composée par le littérateur bostonnais Wendall Holmes, pièce dont nous croyons ne pas devoir priver nos lecteurs: God bless our Father’s laud, Keep her in heart and hand One with our own ! From all her foes defend, Be her brave people’s friend, On all her realms descend.Protect her throne ! Father, in loving care, Guard Thou her kingdom’s heir, Guide all his ways ; Thine arm his shelter be From harm by land or sea, Bid storm and danger flee, Prolong his days ! Lord, let war’s tempest cease, Fold the whole earth in peace Under thy wings.Make all thy nations one, All hearts beneath the sun, Till Thou shalt reign alone Great King of Kings ! Le soir, il y eut bal au théâtre ; parmi les décorations se trouvait une toile représentant le château de Windsor, disposée de manière à produire l’illusion la plus complète.Le Prince ouvrit la danse avec Mile Lincoln, femme du maire de la ville.Le lendemain, S.A.R.visita l’Université de Harvard à Cambridge, le monument de Bunker’s Hi 1 •, le cimetière de Mount Auburn, où elle planta deux arbres près de la chapelle, et après avoir parcouru les diverses institutions littéraires et les bibliothèques publiques, elle fit au Maire Lincoln l’honneur d’une courte visite.Harvard College, comme bien d’autres institutions, a eu une origine assez humble.En 1636, six ans après l’établissement des Anglais en cet endroit, la cour de la petite colonie vota jE400 pour une école ou un collège.Ce collège devait être bâti à Newtown, qui reçut, peu de temps après, le nom de Cambridge, en l’honneur de l’université anglaise.Cette somme et une autre somme de £700, que laissa par testament le Rév.John Harvard, élève lui-même de Cambridge, formèrent le capital avec lequel on commença cet établissement, aujourd’hui si célèbre.Elle a eu en tout jusqu’à ce jour 7000 élèves qui ont obtenu leurs diplômes, dont 2600 sont vivants.Parmi ceux ci se trouvent la plupart des célébrités américaines du jour.Le Prince fut reçu par le Président Felton, qui lui présenta les anciens présidents Quincy, Sparks, Winthrop et Walker, l’honorable Charles Sumner et le Dr.Wendall Holmes, qui, avec le grand orateur Everett et les célèbres professeurs de l’Université, formèrent autour du jeune élève d’Oxford une assez brillante pléiade d’hommes de science et de lettres.On parcourut rapidement les bibliothèques, le Musée-Agassiz, l’observatoire, les cours et les jardins, où les élèves chantèrent “ Auld Lang Syne,” puis on revint à la grande salle, où une collation fut servie et où l’on put, dit un chroniqueur américain, causer un peu de la bonne vieille ville de Boston et de son bon vieux temps. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.121 Comme Québec, Montréal et Albany, Boston a en effet quelques édifices séculaires et une foule de souvenirs historiques, choses très rares dans les villes de ce continent.Boston a été fondé en 1630, par John YVinthrop et ses compagnons.C’est dire que cette ville est beaucoup plus jeune que Québec et un peu plus vieille que Montréal.A cette époque, Boston n’avait qu’un seul habitant du nom de William Blackstone, ministre de l’Eglise d’Angleterre, qui s’était établi dans cet endroit en 1825, et qui persuada à VVmthrop de quitter Charleston pour y venir.“ Mushauwomuk,” mot sauvage qui, d’après M.Drake, veut dire “place inoccupée,” était le premier nom île l’endroit où s’élève aujourd’hui l’Athènes des Etats Unis.Ses trois collines lui firent donner quelque temps celui de Tremont, que porte encore un de ses principaux hôtels.On lui donna enfin le nom qu’elle porte aujourd’hui, de Boston, dans le Lincolnshire.Sa population qui, en 1764 était de 15,520 habitants, en comptait 24,000 en 1800, 43,000 en 1820, 93,000 en 1840, et est portée aujourd'hui à 170,000.Boston a Toujours été le centre d’activité de la Nouvelle Angleterre, elle s’est toujours distinguée dans les guerres contre le Canada, et en même temps qu’elle prenait une attitude menaçante à l’égard du gouvernement anglais lui-même, elle demandait à grands cris la conquête de la Nouvelle-France.Aussi, même de nos jours, tout Anglo-Américain, voire même tout Anglais, est-il encore pour nos bons habitants “ un Bostonnais.” C’est Boston qui leva la premiere, et porta le plus haut, l’étendard de la révolte, et qui engagea définitivement la guerre avec l’Angleterre en détruisant les caisses de thé sur lesquelles on voulait prélever un impôt impérial.Cette ville tient aujourd’hui le second rang parmi celles du Nord des Etats-Unis par son commerce, et le premier par sa société, ses institutions littéraires et les hommes distingués dans les lettres et les sciences qu’elle a produits.Il n’y avait pas cinquante ans que Boston était fondé et ses marchands envoyaient déjà leurs vaisseaux, non seulement dans les ports des principaux pays de l’Europe, mais encore aux Canaries, sur la côte d’Afrique et à Madagascar.Ses importations aujourd’hui approchent de $50,000.000, et ses exportations de $25,000,000.Près de 3000 vaisseaux fréquentent ce port de mer chaque année.En 1856, il ne contenait pas moins de 76 navires venant de Calcutta, et les importations de cette ville de l’Inde se montaient à $7,000,000 ; parmi les exportations en retour, figuraient 12,179 tonnes de glace.Le commerce de glace est d’invention bostonmenne ; et Frederick Tudor, marchand de cette ville, est le premier qui s’en soit avisé, il y a de cela une vingtaine d’années.Le commerce de Boston avec les contrées méridionales de l’Europe est immense, celui de la Turquie par le port de Smyrne est presque entièrement passé entre les mains de ses marchands.La construction des vaisseaux, l’exploitation des pêcheries de Terreneuve et du Golfe St.Laurent et les huit chemins de fer qui partent de ce port de mer, viennent encore ajouter à la prospérité que lui donne son commerce extérieur.Sous le rapport littéraire, Boston s’est aussi développé bien rapidement (2).Les premiers livres et les premiers journaux imprimés en Amérique y ont vu le jour.Le News Letter, commencé le 24 avril 1704, par John Campbell, s’y maintint jusqu’en 1776, et cessa avec la domination anglaise.Le second journal fut The Boston Gazette, publié par James Franklin.Le même éditeur ht paraître, en 1821, le New England Courant.Benjamin Franklin était apprenti chez son frere James, et à l’àge de 16 ans, celui dont on devait dire plus tard, Eripuit cœlo fulmen, sceptrumque tyrannis, écrivait pour le Courant.Il en devint ensuite l’éditeur.Aujourd’hui Boston a 117 journaux, dont 9 sont quotidiens et 49 sont des périodiques.Parmi ces derniers, le North American Review et l’Atlantic Monthly, jouissent d’une grande réputation.Il en est de même des écoles de Boston et de tout l’Etat du Massachussetts.La législation, en matière d’instruction publique, a servi de base à celle du Haut-Canada et une partie de ses dispositions se trouve reproduite dans celle du Bas-Canada.Il y a deux collèges, une école normale, un institut pour les aveugles et un institut pour les idiots, dirigés par le Dr.Howe et dont on dit des prodiges, huit écoles de grammaire et 211 écoles primaires, fréquentées par 25,000 elèves.On trouve à Boston plusieurs grandes bibliothèques publiques ; celle de l'Athénée, à laquelle est aussi adjointe une (2) Nous devons ces renseignements et beaucoup d’autres, au New American Cyclopaedia, rédigée par MM.Dawes et Ripley, et publiée par le libraire Appleton, galerie de statues et de tableaux, est la plus considérable ; elle con • tient 70,0U0 volumes.Malgré le grand nombre d’églises et de beaux édifices dont cette ville s’honore, “ Faneuil Hall ” et le vieil Hôtel du Gouvernement, sont ceux qui attirent le plus d’attention à cause des souvenirs historiques qui s’y rattachent.Pour notre part, de toutes les villes des Etats-Unis que nous avons vues, Albany et Boston sont celles qui nous ont plu davantage et que nous avons quittées avec le plus de regret.Nous nous y trouvions même beaucoup plus chez nous que dans aucune des villes du Haut-Canada, Kingston peut-être excepté.Il faut autre chose pour plaire à l’esprit que le spectacle d’une grande activité commerciale et d’une grande prospérité matérielle, que des rues tirées au cordeau et des maisons élégantes et régulières.La ville qui n’a point de sites pittoresques, qui n’a rien de vieux, rien qui porte l’empreinte du passé ne saurait parler bien longtemps à l’imagination de l’étranger.Cependant, parmi les souvenirs historiques de Boston la savante, l’héroïque, la révolutionnaire, il en est d’anciens et même d’assez récents, qui sont loin de lui faire honneur.L’esprit d’intolérance et de persécution, (la chose n’est d’ailleurs que trop bien prouvée,) n’est pas incompatible avec l’esprit d’indépendance et de révolte.Les puritains, qui s’étaient exilés pour leur religion, exilèrent à leur tour du milieu d’eux ceux qui n’étaient pas orthodoxes.Boston a eu ses procès pour cause d’héiésie, et mieux que cela, on pendit en 1654, pour cause de sorcellerie, Mde Anne Hibbins, parente du Gouverneur Bellingham.Quantité d’autres personnes furent accusées de la même manière, et surtout vers 1692, il y eût force procès et une grande excitation populaire contre les sorciers ; le Massachussetts, tout comme l’Espagne, eut ses autodafés.Le célèbre Dr.Cotton Mather, gradué d’Harvard, et qui faillit à plusieurs reprises en être élu président; Matha, dont les nombreux écrits théologiques et scientifiques ont été tant admirés de Franklin, publia plusieurs traités contre la sorcellerie, et porte une grande part delà responsabilité des odieuses et absurdes cruautés exercées à cette époque.Le sombre fanatisme des premiers jours s’est malheureusement perpétué dans une certaine classe de la population, comme ne l’a que trop prouvé l’incendie du couvent des Ursulines du Mont Benedict.Boston a été, du reste, la dernière ville d’Amérique que le Prince ait visit*, car, au grand désappointement des citoyens de Portland, il ne fit qu’y apparaître pour s’embarquer à bord du Héro, qui, ainsi que toute l’escadre, l’y attendait depuis plusieurs jours.Il y arriva le 20 d’octobre, à deux heures de l’après-midi.Toute la milice de la ville était sur pied, et l’on peut dire que toute la population, non seulement de Portland, mais des environs, était rassemblée à la gare du chemin de fer pour saluer, à son départ, le jeune Prince, que l’on regrettait de ne pas voir plus longtemps.Mais dans tout le voyage, le Prince et le Duc de Newcastle avaient tenu à ce que l’itinéraire tracé d’avance fut suivi avec la plus grande ponctua'ité.Il était dit que S.A.R.s’embarquerait à Portland le 20 octobre, à trois heures de l'après-midi, et rien, pas même le désir d’ètre agréable à une population presque canadienne, puisque ce port de mer est lié au Canada par le chemin de fer du St.Laurent à l’Atlantique, ne put décider les nobles voyageurs à retarder d’un instant leur départ.S.A.R.eut le plaisir de revoir le Premier Ministre du Canada, le Ministre des Travaux Publics, le Maire de Montréal et beaucoup d’autres personnages distingués des autres colonies anglaises, accourus à Portland pour lui dire adieu.Le Maire et les principaux citoyens de Portland conduisirent le Prince à travers les rues de la ville, ornées de verdure et de drapeaux, et encombrées d’une foule immense, jusqu’au quai Victoria, où S.A.R.descendit dars une des chaloupes du Hero et gagna cette frégate au milieu des acclamations de la multitude, des hour-rahs des matelots perchés sur les vergues des vaisseaux et des salves d’artillerie tirées par les batteries de la ville, par les canons de l’escadre du Prince et de celle de l’Amiral Milnes; puis, S.A.R.étant à bord, son étendard fut hissé au grand mût de la frégate, puis, après quelques instants de silence, un dernier coup de canon fut tiré; c’était l’ordre de lever l’ancre, et lorsque ce dernier écho de toutes les ovations qu’Albert Edouard, Prince de Galles, avait reçu sur la terre d’Amérique, eût fini de retentir, le Hero, VAriadne et le Flying Fish gagnèrent la haute mer.XIII.RETOUR EN EUROPE.La traversée fut des plus longues et des plus désagréables.Elle fut même plus dangereuse qu’on ne devait l’attendre de la saison assez avancée cependant, où elle se faisait.Elle dura vingt-quatre 122 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.jours ; les deux vaisseaux, le Hero et VAriadne, naviguant tout ce temps de conserve, le second remorquant assez souvent le premier, dont la vitesse était bien moindre tout aussi bien à la voile qu’à la vapeur.D’interminables brouillards, dans lesquels on se perdait souvent de vue, ajoutaient à la longueur des calmes plats, d’autant plus désespérants que la provision insuffisante de charbon que l’on avait faite exigeait qu’on la ménageât pour les côtes de l’Angleterre, où l’on était presque certain de rencontrer un vent contraire.Puis, rendus à grande peine presqu’au milieu de l’Océan, ce furent d’affreuses bourrasques et des tempêtes de grêle et de neige, comme en plein hiver.Dans un de ces orages, le Héro, dont plusieurs voiles et plusieurs pièces de la mâture avaient été emportées, fut perdu de vue pendant toute une journée par P Ariadne, qui le cherchait en arrière d’elle tandis que la tempête avait porté le vaisseau royal bien en avant de la rapide petite frégate, chose qui ne lui arrivait jamais, cette dernière étant même obligée, par respect, de modérer sa vitesse pour ne pas le dévancer.Heureusement, cependant, que l’idée d’un pareil hasard vint à l’esprit du capitaine de l’Aricidne, et que rebroussant chemin et mettant tontes voiles dehors, il se mit à la chasse du vaisseau royal, qu’il découvrit quatorze ou seize milles en avant.Grande fut la joie des deux équipages, et surtout du Capitaine Vansrttart et des siens, qui avaient éprouvé la plus grande anxiété sur le sort du Héro et de ses nobles passagers.Comme on l’avait prévu, après que l’on eût misérablement gagné les côtes de l’Angleterre, des vents contraires et l’insuffisance de la provision de charbon, firent que l’on resta à l’entrée de la Manche pendant plusieurs jours, reculant plus souveni que l’on n’avançait.Toutes les viandes fraîches étaient alors consommées, et l’on en était réduit à peu près à la ration des matelots.Enfin, un vent favorable s’étant élevé on se dirigea, au milieu d’un brouillard et du mieux que l’on put, vers les côtes de la vieille Albion.Le 15 novembre, le capitaine de VAriadne lança des fusées rouges comme signal au Héro, qu’il avait perdu de vue dans le brouillard ; ce ne fut point le Héro, mais bien Y1 Himalaya, qui répondit à ces signaux.Sa Majesté, justement inquiète du long retard de l’escadre, avait envoyé cette frégate au-devant de son fils bien-aimé.A dix heures du matin, on jetait l’ancre dans la rade de Plymouth, où le Prince, en débarquant, reçut les adresses de félicitation de la ville de Plymouth et du comté de Devon, et à midi, il prenait le chemin de fer et arrivait bientôt après à Windsor, où son père, le Prince Albert, le reçut au débarcadère.XIV.CONCLUSION.Du 23 juillet au 20 d’octobre, c’est-à-dire dans un peu moins de trois mois, le Prince de Galles a parcouru les provinces anglaises du golfe St.Laurent, le Canada, les Etats de l’Ouest et ceux du Nord de l’Amérique, faisant en tout plus de 6000 milles de route.Le seul fait de cette immense et rapide excursion, dont le simple énoncé eût effiay’é nos ancêtres—tout grands marcheurs qu’ils fussent a la raquette—ce seul fait était par lui-même bien digne d’attirer l’attention.Pour l’Empire Britannique, pour les colonies et pour les Etats-Unis, il y avait là bien autre chose qu’un phénomène extraordinaire de locomotion et presque d’ubiquité.Les rapprochements historiques que suggérait ce voyage ont été pleinement développés dans les nombreuses adresses et harangues que nous avons fa t passer sous les yeux de nos lecteurs ; et ce serait abuser de leur patience que de les résumer ici ; mais qu’il nous soit permis de dire que le voyage de l’héritier présomptif, entrepris précisément au moment où les colonies anglaises de ce continent atteignaient un si grand degré d’importance et où la grande république des Etats-Unis se trouvait à la veille d’événements aussi graves que ceux dont il a pu voir les pronostics certains, nous semble avoir en lui-même quelque chose de providentiel.Quelles que soient les épreuves que Dieu réserve à l’Amérique, dans ces jours où la face de la terre change et se renouvelle à vue d’œil, le jeune Prince, appelé à régner sur une si grande partie de ce continent, aura sur nos contrées ces idées précises qu’une connaissance personnelle peut seule donner.Nous uous flattons même que le peuple qui habite les bords du St.Laurent, et qui après avoir poussé jusqu’à l’héroïsme sa résistance aux armées des ancêtres de S.A.R., a depuis combattu, à deux reprises, sous leurs drapeaux, avec le même courage et la même fidélité, n’aura point laissé dans son esprit une impression trop défavorable; nous croyons, au contraire, qu’il en garde l’image comme un doux et excellent tableau de félicité, d’honnêteté, d’intelligente et paisible industrie, de dévouement modeste, mais sincère.D’un autre côté, les peuples ne sont guères gouvernés par des idées purement métaphysiques, et le pouvoir a besoin d’imprimer dans l’imagination populaire comme une effigie aimée et vénéré?de tous.La puissance britannique ne saurait, pour nos populations, être mieux représentée que par l’apparition brillante et gracieuse dont elles conserveiont longtemps le souvenir.Kai>|>or( «lu .Surintendant de 1' Instruct ion l’ultli-que du llti8-(ttinada pour l'année ISttO.(.Suite.) Dans un rapport plus récent et que je joins au mien quoiqu’il ait trait à l’année scolaire maintenant courante, M.le Principal Dawson signale dans cette nouvelle année une diminution assez notable dans le nombre des élèves, diminution qu’il explique du reste par une plus grande sévérité dans l’examen d’admission.Il remarque en effet que les autres années, bon nombre d’élèves se sont retirés d’eux-mêmes, ou ont dû être renvoyés avant la fin du cours, étant hors d’état de suivre les progrès des autres, qu’ils retardaient par leur inaptitude.Cette année au moyen d’un arrangement fait avec l’Universite McGill et sanctionné par ce département, un élève muni du diplôme pour école modèle suit un cours classique qui lui permettra d’obtenir le diplôme pour académie.M.Dawson signale aussi le petit nombre d’élèves du sexe masculin, qui a suivi le cours de l’école depuis le commencement, tandis que de nombreuses demandes lui ont été faites pour des instituteurs capables d’enseigner dans des académies, ou des écoles-modèles.Je ne doute point que le nombre des élèves instituteurs n’augmente considérablement, dès qu’il sera généralement connu dans le pays que des jeunes gens munis du diplôme de cette école peuvent trouver dans les académies et les écoles modèles des cantons de l’est, des traitements assez élevés et une occupation digne d’exercer leur intelligence.Les élèves institutrices de cette école ont formé entre elles une société littéraire aux séances de laquelle j’ai pu assister; elles y ont fait preuve d’une haute culture intellectuelle et de dispositions morales et littéraires dignes d’éloge.Dans l’année scolaire de 1859-60, l’école normale Laval a eu, dans le département des élèves maîtres, 23 nouveaux élèves et 17 anciens.Us ont été divisés en trois classes ; 4 déjà munis du diplôme pour école modèle, étudiaient pour obtenir le diplôme j d’académie ; 11 dans la seconde classe étudiaient pour le diplôme I d’école modèle et les 25 antres étaient dans la première division.Il a été accordé un diplôme pour école élémentaire, 7 pour école î modèle et 4 pour académie.Le département des élèves institutrices se composait de 19 anciennes élèves et de 25 nouvelles, dont 4 sont sorties avant la fin de l’année.Une est moite de consomption dans le cours de l’année.Il y avait à la fin de l’année, 14 élèves dans la seconde division et 35 dans la première.Il a été accordé 15 diplômes pour école élémentaire et 12 pour école modèle.Le rapport, très circonstancié de M.le Principal Langeviu, donne l’ordre des études et l’emploi du temps ; on y verra quelle assiduité les professeurs doivent mettre dans leurs travaux et quelles fatigues leur sont imposées.Je suis heureux de pouvoii dire que pour l’année courante, j’ai obtenu la nomination d’un nouveau professeur adjoint, M.Norbert Thibault, ancien élève de l’école, muni d’un diplôme pour académie, lequel a été chargé d’une partie de l’enseignement dans le département des élèves instituteurs.Il tn’est extrêmement agréable de voir que déjà deux de nos écoles normales ont pu recruter pour elles-mêmes, parmi leurs élèves, des professeurs capables, et qui ne le céderont eu rien par la suite à ceux d’aucun autre établissement de ce genre.Par la nomination de M.Thibault, la tâche presque surhumaine que M.le Principal et MM.les professeurs s’étaient imposée, se trouve quelque peu allégée.Les Dames Religieuses des Ursufines, comme on le verra par le programme très détaillé, contenu dans le rapport de M.le Principal, continuent à donner aux élèves institutrices une partie de l’enseignement, et il est inutile d’ajouter qu’elles le font avec le zèle et avec le succès qui ont toujours distingué cette ancienne et vénérable institution.L’école modèle de garçon a eu 110 élèves partagés en deux divisions.L’école modèle de filles contient 175 élèves partagées en trois divisions.Le rapport de M.le Principal contient des statistiques très intéressantes sur l’école nofmae depuis son organisation, que je résume ici. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.123 L’école, depuis le commencement jusqu’au 1er juillet I860, a été fréquentée par 84 élèves maîtres et par 107 élèves institutrices, en tout 191.De ce nombre 22 garçons et 26 filles, en tout 48, sont sortis sans diplôme ; 22 garçons et 18 filles, en tout 40, sont encore à l’école, continuant leurs études.Des élèves sortis de l’école, 29 instituteurs et 53 institutrices se sont livrés à l’enseignement, eri tout 82.Les autres, ou sont incapables de le faire par maladie, ou n’ont pas pu trouver d’emploi.Sur le nombre de ceux qui se sont iiviés a l’enseignement, trois y ont renoncé, dont deux institutrices qui se sont mariées.Parmi les anciens élèves qui ont terminé leurs cours, un a été nommé inspecteur d’école, un instituteur de l’école modèle annexe, un professeur dans un collège, quatre dans des académies, 13 enseignent dans des écoles modèles et six dans des écoles élémentaires ; deux élèves institutrices enseignent dans des académies, 17 dans des écoles modèles et 28 dans des écoles élémentaires.On me pardonnera bien de rappeler au sujet île ces résultats et de ceux que j’ai signalés en ce qui concerne les deux autres écoles, ce que je disais dans mon premier rapport en recommandant l’établissement des écoles normales.J’y exprimais l’espoir d’établir un système de promotion dans tout le département de l’instruction publique, d’ouvrir ainsi une carrière plus vaste au corps enseignant et d’offrir, par la même, aux élèves des écoles normales, des avantages plus en rapport avec les études et les sacrifices qu’ils s’imposeraient.Je signalais eu même temps, les tondions d’inspecteur d’école, le professorat des écoles normales, celui des collèges, des académies et des écoles modèles et les divers emplois du département de l’instruction publique, comme autant de ressources et d’objets d’émulation, propres à engager les jeunes gens de talent qui ont la vocation de l’enseignement à y persévérer, en dépit des obstacles et des dégoûts qu’ils pourront y rencontrer.On trouvera dans le tableau suivant le nombre de diplômes accordés par chaque institution depuis son établissement.Il s’élève en tout à 4 pour académies, 134 pour écoles modèles, et 181 pour écoles élémentaires.Diplômes accordés aux élevés des écoles normales depuis leur fondation.Jacques Cartier.McGill.Laval.cè B CO 0) .S .-5 Genre de diplôme Elèves OC CD cô 03 O cô a» CO 0) CD CO CO H O H accordé.Insti- a | < Z3 1 < co 03 > CO 03 > ft 2 < tuteurs.S co du rcste> cette victoire de “ Bull’s Run" fuit une situa-tion toute nouvelie à la confédération du Sud.Elle la pose devant tûurope dipiomauque comme une véritable puissance; elle traduit en n es Patentions à l’existence comme nation, elle donne à un peuple nnrleaï.e ^aPtem® saDg Déjà l’Angleterre et la France, poussées aiiY ^01,t ^ue f’011*63 théories négrophiles, ont demandé du .a S -.lî ^ord Çju on laissât an moins un port libre a l’exportation tronof 1 1 n cst r',as '“possible que cette premiere victoire du Sud ne L’Fn.«rmej!D'Mmodes*0.deni“ndc en une plus impérieuse sommation f.j.J10’ d '.cura, qui depuis plusieurs années a érigé la doctrine des dérpm conlI'., e“.unc règle suprême de conduite, ne saurait refuser saneÏÏ?‘ ^application de ce principe à l’Amérique.La reconnais- pour to u °0UT^au r°y‘1"me d’Italie par la France est d’un bon augure pour la nouvelle république.c ernier événement, il y a quelques mois, n’aurait pris personne par surprise: immédiatement après la mort de U.de Cavour, il doit surtout étonner ceux qui pensaient que l'empereur, débarrassé de l’influence de ce grand homme d’état, tenterait en Italie l’accomplissement d’autres projets.La position du Souverain Pontife est devenue par là de plus en plus précaire, tandis que l’agitation de la Pologne et de la Hongrie complique les rapports de la Russie et de l’Autriche avec la France, et rend l’alliance anglaise de plus en plus nécessaire, malgré l’antipathie des deux nations et le manque de confiance réciproque des deux gouvernements.La Pologne, plus qu’aucune autre nation, possède et mérite les sympathies universelles.La conduite de la Russie, dans les derniers événements dont ce pays a été le théâtre, a rappelé les plus mauvais jours de Nicolas, et font un singulier contraste avec la grande réforme que le Czar vient de faire dans son empire, où il a affranchi les serfs au moment même où les républicains du Sud de l’Amérique se préparaient à combattre pour perpétuer l’esclavage des noirs.La reconnaissance du royaume d’Italie est venue ajouter aux chagrains et aux angoisses de Pie IX, qu’une maladie grave afflige en ce moment et qui est une cause de douleur pour toute l’eglise.En comprenant les tristes années que coule actuellement l’auguste vieillard avec la première et radieuse époque de son pontificat, où tout semblait lui sourire, où tout n’était qu’une perpétuelle ovation, l’on ne peut se garder d’un religieux retour sur les vicissitudes humaines et les épreuves que Dieu réserve à ses saints.Plus triste incomparablement est la fin d’Abdul Medjid jeune encore, mais épuisé par ses excès, commo son empire lui-même décrépit avant l’âge.Le sultan actuel n'avait ni la fermeté, ni l'esprit, ni l’énergie de son père Mahmoud, fils d’une créole de la Martinique, Aimée Dubtic, qui lui avait fait donner une éducation distinguée et presque chrétienne.La célèbre sultane était parente de l’Impératrice Joséphine, et l’on assure qu’une nécromancienne de la Martinique avait promis à chacune d’elles un empire.La sorcière à tenu parole; mais nous ne conseillons point aux jeunes filles de se fier davantage à leurs horoscopes pour tout cela.Aimée Dubuc enlevée par des pirates, fut transportée au sérail et acquit sur le sultan une puissance telle qu’elle put diriger elle-même l’éducation de son fils.Cette histoire romanesque à cela de singulier que, tandis que le sultan était le seul des souverains régnant à qui les rois de France n'écrivaient point “ mon cousin,” si la nouvelle dynastie impériale et si la dynastie turque se maintiennent (deux choses assez douteuses) les sultans seront les seuls auxquels les empereurs de France pourront avec quelque vérité, écrire “ mon cousin.” Ainsi va le monde.Et qui sait si quelqu’un de ces jours les rois de Siam, qui régnent par la puissance du grand éléphant blanc, ne seront pas aussi les petits cousins de la Reine Victoria ou de l’Empereur des Français ! En attendant ils ont envoyé à ce dernier des ambassadeurs qui, à la mode du royaume, se sont traînés sur leurs genoux de la porte du salon de réception jusqu’au trône.L’Impératrice n’aurait pu réprimer les rires que pouvaient causer cet étrange spectacle, que d'un autre côté aurait péniblement affecté l’Empereur.Grande leçon pour les courtisans : la servilité attire à la fois le ridicule et le dédain.L’Empereur trouve cependant assez d’indépendance dans le clergé français pour se consoler du spectacle qu’il a eu un instant sous les yeux et qui ne l'a peut-être tant ému que par l’analogie.Le parti libéral recueille les fruits du dissentiment qui existe entre Us deux puissances, le trône et l’autel.Les chefs de ce parti, ilfaut le dire l’exploitent avec patience et habileté ; et acceptent en attendant mieux’ les bribes de liberté que l’homme du mystère leur dispense de temps 1 autres.L’événement, du reste, justifie les prévisions de ceux qui, dans les premiers jours de l’empire, disaient au clergé que pour toute récompense de son enthousiasme, Napoléon plus tard se réconcilierait avec les libéraux en sacrifiant le parti catholique. 126 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Tandis que la France est en chemin de reconquérir ainsi, pièce à pièce, ses libertés constitutionnelles, nous faisons des nôtres un usage que nous sommes assez souvent nous mômes disposés à critiquer tout les premiers.L'élection générale, qui vient de se terminer, par ses résultats, a pris les deux partis un peu par surprise.Elle ressemble quelque peu à une de ces parties d’échecs, où les deux adversaires commencent par se manger leurs grosses pièces.Les deux chefs de l’opposition, M.Brown à Toronto, et M.Dorion à Montréal, ont manqué leurs élections ; et d’un autre côté trois ministres, MM.Smith, Maître-Général des Postes, Morrison, Solliciteur-Général du Haut-Canada, et Morin, Solliciteur-Général du Bas-Canada, se trouvent ne pas avoir de siège en parlement.Grâce à l’élection d’un bon nonlbre de candidats indépendants, les journaux des deux partis réclament la victoire ; et l'on chante des Te Deum de chaque côté comme après quelques unes des batailles de la fameuse guerre de sept ans.En dehors des préoccupations politiques, trois évènements assez notables, disons mieux, trois prodiges, ont frappé l’attention publique depuis notre dernière revue.Une comète des plus formidables a promené, pendant quelques jours, une longue traînée lumineuse dans le firmament.Comme elle s’est sauvée presqu’aussi vite qu elle était venue, elle pourrait, à bon droit, passer pour un pronostic de l’affaire de Bull’s Run.Un tremblement de terre a secoué notre hémisphère, et ce phénomène, à coup sûr, a une signification à laquelle on ne saurait se méprendre.La terre a tremblé sous les pas de la Grande Armée.Enfin, comme le dit un proverbe anglais, il n’est point de vent si sinistre qui n’apporte quelque chose de bon à quelquun.La guerre civile aux Etats-Unis a valu au port de Québec la présence du Great Eastern, le géant des mers, et celle du Golden Fleece, le plus gros vaisseau à vapeur de la marine anglaise.Ils ont jeté sur nos rives plusieurs régiments et une batterie de canons Armstrong, que l’Angleterre nous envoie par simple mesure de précaution, et sur le principe avancé par le Times ¦ “ que lorsqu'il y a une rixe quelque part, il est toujours bon qu’il y ait un homme de police dans la rue.” Le port de Québec contient, dans ce moment, quatre gros navires à vapeur transatlantiques; et il est, pour le quart-d’heure, le plus favorisé comme il est, sans contredit, le plus beau port de ce continent.^ Le Great Eastern est bien à sa place dans ce noble bassin, cet afruc d’eau bel et profond, comme disait Champlain.Nous ne sommes pas même certain si la richesse du cadre ne nuit pas un peu à l’objet qu'il entoure, et ne partage point trop l’admiration de ceux surtout qui n’avaient pas encore vu la vieille capitale du Canada.Les œuvres de Dieu ont, d’ailleurs, une supériorité si écrasante sur celles que l’homme croit les plus gigantesques, que l’on se prend a détourner souvent ses regards du Léviathan pour les porter sur le promontoire de Stadacona et sur les belles campagnes qui l’entourent.Comme tous les grands monuments, l’énorme vaisseau ne produit point au premier abord toute l’impression que l’on avait rêvée.La régularité des proportions empêche de trouver le colosse aussi étonnant qu’il l’est réellement.Ce n’est que par la comparaison avec d’autres objets, par l’appréciation do ses détails, que l’esprit reste bien convaincu de la réalité des chiffres qui expriment ses dimensions et que l’on trouvera si facilement ailleurs, et même dans nos volumes précédents, que l’on nous exemptera de les reproduire aujourd’hui.Des milliers de curieux ont déjà parcouru en tous sens le Great Eastern ; Québec n’avait pas vu depuis longtemps une aussi grande affluence d’étrangers.Dans un dîner, qui lui a été offert par la ville, le Capitaine Kennedy a promis qu’il ferait tous ses efforts pour que le vaisseau qu’il commande revienne souvent dans un port qu’il considère, à tous égards, comme celui qui lui convient le mieux.Nous croyons d’autant plus à cette promesse que les Anglais ne sont jamais plus sérieux qu’à table.NOUVELLES ET FAITS DIVERS.BULLETIN DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.— On lit dans la Minerve: a Nous avons appris avec douleur la mort de la Rev.b.v alade, bœur de la Charité de l’Hôpital Général de Montréal, fondatrice et première supérieure de l’Hôpital de Saint-Boniface de la Rivière-Rouge.Cette bonne Sœur est décédée, le 3 du mois de mai, dans sa 54e année, apres une tres-longue et douleureuse maladie, dont elle était atteinte depuis environ deux ans.Digne fille de Mde.d Youville, et douée comme elle des qualités de la “ femme forte,” cette généieuse sœur, par toutes les œuvres de charité que son zèle lui a fait entreprendre pour le soulagement des malheureux et l’instruction des enfants, n’a pas peu contribué pendant les 18 ans qu’elle a passé à la Rivière Rouge, au progrès de la religion dans cette colonie.Sa mort, comme sa vie, a été précieuse aux veux du Seigneur; mais elle cause une perte, qui sera longtemps sentie, bon seulement par sa communauté, mais encore par tous les habitants catholiques de la Rivière Ronge.— En nettoyant la cave de la nouvelle Eglise paroissiale de Saint Hyacinthe, encore en voie de construction, l’on est parvenu à trouver le corps du vénéré fondadeur du Séminaire do cette ville, Messire Antoine Girouard que l’on cherchait depuis quelque temps.Nous avons eu le bonheur de contempler nous-même les restes de celui à qui Saint-Hyacinthe doit la fondation de ses maisons d’éducation le séminaire et le couvent qui datent, l’un de 1812, l’autre de 1816.Il y a déjà 29 ans que Saint-Hyacinthe pleure la mort de ce vertueux prêtre et de ce généreux citoyen, M.Girouard mourut en 1832.Les os sont en partie conservés, ainsi que la soutane et les souliers.La translation au collège de ces précieuses reliques aura lieu le 11 du courant, jour de l’examen des élèves et elles seront déposées près des murs de cette institution qu’il a fondée et que ses dévoués successeurs ont fait prospérer.Cette dépouille vénérable pourra contempler son œuvre et de son tombeau, Messire Girouard commandera le respect et méritera la reconnaissance de ces nombreux élèves qui puisent dans la maison que son cœur a fondée les bienfaits d’une éducation sainte et pure, comme il sera toujours uu exemple de dévouement et de patriotisme pour ceux qui seront appelés à diriger cet utile établissement — Courrier de Saint-Hyacinthe.BULLETIN DES LETTRES.— Dernièrement le bureau de l'Académie a offert à l’Empereur au palais de St.Cloud, la première livraison (Lettre A) du grand dictionnaire que la docte assemblée en y travaillant bien, ne terminera pas avant quatre-vingts ou cent ans.— Je suis fâché, dit l’Empereur à M.Patin, que vous n’en soyez point à la lettre B ; j’aurais voulu savoir comment il faut prononcer le mot bataille.— Rien n’est plus facile, sire, répondit M.Patin : chez nous l’on écrit bataille et l’on prononce assez généralement victoire.— On a joué au Théâtre Français Nicomède et l'Illusion comique de Corneille, pour fêter l’anniversaire de la naissance du grand poète.La Revue Contemporaine fait à ce sujet les réflexions suivantes : “ Il est une vérité dont on peut s’affliger, qu’il serait peut-être lion de taire, mais que l’on ne peut nier : beaucoup d’esprits de notre temps préfèrent M.Léon Laya à Corneille.Ils n’avouent pas cette préférence, et si un indiscret la soupçonne, ils réclament bien vite et bien haut ; mais il est plus facile de réclamer contre un soupçon que de s’en justifier, et ils ne se justifient pas.Ils pourraient le faire?oui, sans doute, si quand od joue les pièces de Corneille on rencontrait au théâtre de la rue Richelieu d’autres spectateurs que des collégiens en vacances ou des éléves de l’Ecole normale ; si les efforts d’un directeur intelligent, et jaloux de faire admirer ce qui est beau, étaient encouragés par l’assistance du public, ou seulement n’étaient pas découragés par son abandon.Ces justifications péremptoires étant refusées, il reste établi que les Français n’aiment plus Corneille.C’est un triste symptôme, et si quelque signe trahit une décadence dans le goût et les mœurs littéraires de notre pays, c’est bien ce dédain des grands auteurs et ce mépris des vieilles traditions.L’admiration pour les grands poètes et les grands écrivains nationaux est une habitude précieuse de l’esprit d’un peuple, et quand elle se perd, il faut craindre beaucoup pour les destinées de cet esprit et.ses progrès.De l’autre côté du détroit, Shakespeare jouit encore de la popularité qui s’attachait à lui il y aura bientôt trois siècles.Il est lu, il est joué, il est applaudi, il est commenté, il est discuté, on donne ses drames à Queen-Opera, et la foule n’est jamais plus grande qu’aux jours où l’on représente les œuvres du grand tragique ; on cite les vers du poète national à la chambre des lords et à la chambre des communes ; on en lit des morceaux fort longs dans de.-meetings ; Sakespeare est encore aujourd'hui plus vivant de l'autre côté du détroit que ne pout l’être, de celui-ci, M.Thiers ou Mme.Sand.Il semble que Macbeth soit une pièce nouvelle, pleine d’allusions aux événements contemporains, et une représentation à’Othello fait à Drury-Lane l’objet de bien des conversations : pendant ce temps-là, à Paris, on joue Nicomède devant des fauteuils vides, et [Illusion comique devant des spectateurs officieux et ennuyés.“ La faute en est-elle au public?doit-il par devoir venir au Théâtre-FraDcais quand on joue Corneille, et applaudir par vertu des pièces qui l’ennuient?non certes : la faute est tout entière à la critique, qui ne prend pas le soin d’expliquer au public de notre temps les vieilles beautés de Corneille.Quand deux siècles ont passé sur un poète, quelque grand qu’il soit, quelques ombres couvrent sa pensée, les fraîches couleurs de sa poésie sont un peu éteintes, les grands caractères qu’il a sculptés se dégradent sous l’action du temps.Il faut qu’une main discrète vienne parfois éclairer ce qui s’est assombri, raviver les couleurs effacées, et restaurer ces grands poèmes comme on restaure un tableau ancien : travail délicat auquel il faut à la fois un grand respect pour les anciens auxquels on touche, et une grande connaissance des goûts contemporains, dont on doit se préoccuper.La critique doit faire ce travail ; si elle le néglige, elle manque à un devoir ; c’est à elle qu’il tant s’en prendre si de nos jours on ne goûte plus Corneille ; on le goûterait si on le connaissait bien, mais on ne le connaît pas, ou on le connaît mal." BULLETIN DES SCIENCES.__On n’avait pas encore oublié le tremblement de terre qui, le 17 octobre dernier, vers six heures du malin, se fit sentir dans presque toute 1 étendue du Canada et des Etats de la Nouvelle Angleterre ; lorsque le gran sinistre qui a détruit la ville de Mendoza (Rio de la Plata) le 20 mar.dernier, est venu inspirer à bien des gens de sérieuses inquietudes JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.127 ce «lui so passe sous la croûte de notre hémisphère.Ces inquiétudes ont encore été augmentées jeudi, le 11 juillet, vers neuf heures du soir, par une nouvelle secousse aussi forte pour le moins, quoique moins prolongée que celle du mois d’octobre, qui est venue surprendre les habitants do Montréal, d’Ottawa, de Prescott, de Brockville et de toute la partie centrale du Canada, et il paraît aussi d’une certaine étendue du territoire voisin des Etats-Unis.Ici elle a été assez forte pour faire entendre les sonnettes des maisons de la ville, et elle a inspiré la plus vive ter-cour.A l’observatoire du Dr.Smallwood, à l’I le Jésus, la secousse se fit sentir à 9 heures 3 minutes, temps moyen et dura dix secondes ; elle se portait de l’ouest à l'est.L’ondulation du son était distincte de celle de la terre.Le baromètre était à 29 : 624 pouces ; le thermomètre à 07Q5.Vent sud-est, et atmosphère assez calme : temps couvert.L’aiguille magnétique a éprouvé des perturbations considérables.Partout le bruit a été très grand et a été comparé comme d’ordinaire, à celui d’un convoi sur un chemin de fer ; les oscillations des vitres ont tait croire dans plusieurs maisons, qu’une grêle de pierres était lancée dans les fenêtres.Le rayon d’action de ce phénomène qui ne parait point s'ètre fait sentir plus bas que les Trois-Rivières, était bien moins considérable que celui de la secousse d'octobre dernier.Des pierres sont lombées des cheminées en divers endroits ; et à Montréal beaucoup de personnes sont sorties de leurs maisons en proie à la plus grande panique.— Une comète qui a été pendant quelques nuits des plus grandes et des plus brillantes a commencé à paraître dans la soirée du 30 juin dernier.Nous l’avons vu nous-même pour la première fois le premier de juillet.Son noyau était alors beaucoup plus considérable et plus brillant qu’une étoile de première grandeur.Sa queue occupait au moins 70 degrés.Elle s’étendait à côté de la grande Ourse jusqu’au zéuith, le noyau était dans le voisinage de la derniere étoile extérieure du quarré de cette constellation.Dupuis, la queue s’est rapidement amoindrie, et ne paraissait ces jours derniers que comme une légère vapeur de peu d’éclat, et de très peu d’étendue.La soudaineté de l’apparition de cet astre dans toute sa splendeur a pris tout le monde par surprise.Les astronomes de ce continent avouent avoir été entièrement dans l’ignorance sur ce point, et nous voyons par nos journaux d’Europe que leurs confrères d’outre-mer ont la même franchise.La raison qu’ils en donnent c’est que cet astre se trouvait jusque là enveloppé dans les rayons du soleil et ne paraissait point la nuit.Mais cela prouve toujours que la police du ciel n'est pas aussi exactement faite par ces Messieurs qu’on s’était plu à le croire jusqu’ici.Le moyen de se fier aux astronomes, puisque la plus effrayante des comètes peut ainsi fondre sur nous à Timproviste ! M.Hind écrit au Times qu’elle a dû être à sou périhélie le 10 juin, et qu’elle a traversé l’orbite de la terre le 28 jvin.Il est d’avis que ce n’est point la comète de Charles Quint, attendue depuis plusieurs années.A l’Académie des Sciences à Paris une discussion assez animée aurait eu lieu entre M.Babinet et M.Leverrier, le premier s’appuyant sur les tables publiées par M.Hind, pour soutenir que c’était la fameuse comète qui, en 1556, avait amené l’abdication de Charles Quint et qui en 1224, passait pour avoir causé la mort du Pape Urbain IV ; et M.Leverrier prétendant au contraire que la position et la vitesse de l’astre nouveau, ne pouvaient point permettre qu’on le confondit avec sa célèbre dé-vancière.La nouvelle voyageuse est encore plus brillante que la comète de Donati qui a été s’i admirée en 1858, seulement son passage a été beaucoup plus rapide puisqu’elle est déjà difficile à distinguer à l’oeil nu, et son apparence diffère en bien des points.Sa queue est droite et va toujours s’élargissant ; tandis que celle de la comète de Donati était en forme de panache recourbé.Elle a de plus une auréole et une barbe composée de six courbes inclinées dans le même sens.Ces apparences d’ailleurs varient fréquemment.La comète actuelle est évidemment un astre à longue révolution, et personne de ceux qui l’ont vue ne la reverront.La comparaison suivante donnera une idée de l’excentricité de l'orbite de quelques comètes.Parlant de celle de Donati, un astronome disait: “ Prenez.une pièce de quinze sous, placez la sur un des coins d’une feuille de papier à billet de grandeur ordinaire ; supposez que le centre de la pièce d’argent soit le soleil et que sa circonférence représente l'orbite do Neptune, la plus éloignée des planètes connues ; alors une ellipse qui s’étendrait jusqu’au bout de la feuille représenterait assez bien l’orbite de notre comète.” Il y a cependant des comètes a courte révolution, et dont l’orbite est comprise en dedans des limites connues de notre système planétaire.Telles sont les comètes d’Encke, de Biela, de Paye et de Vico.La première fait sa révolution dans l’espace de 1207 jours.Depuis 1835 où l’on vit, la dernière fois, la comète de Halley, dont la révolution est de 75 à 76 ans, et dont la queue est ordinairement très longue et très brillante, on n’avait rien observé qui approchât de la magnificence do nos deux voyageuses de 1858 et de 1861.Elles nous ont prouvé que les historiens du temps de Charles Quint et du Pape Urbain IV n’étaient coupables d’aucune exagération comme on l’avait assez souvent prétendu, car s’il est vrai que ni l’une ni l'autre des comètes récentes ne peut être identifiée avec cet astre historiquement célèbre, elles égalent au moins les descriptions qui en ont été données.— M.Ilodgins, député surintendant de l’éducation du Haut-Canada auteur de deux ouvrages de géographie a été nommé membre de la Société.Royale de Géographie de Londres.BULLETIN DES BEAUX-ARTS.— Un de nos respectables citoyens, le vénérable M.Faribault, qui nous préparait avec un zèle digne de son religieux patriotisme, il y aura bientôt deux ans, la célébration du centième anniversaire de la mort glorieuse du marquis de Montcalm et réunissait le clergé et le peuple de Québec autour de la tombe de l’immortel guerrier, vient de recevoir de Mme.la Marquise douairière de Montcalm un témoignage aussi flatteur pour lui que pour les Canadiens de la généreuse munificence de cette illustre et noble dame.C’est une excellente copie du seul portrait original et authentique que possède la famille Montcalm.Cette belle toile où le remarquable talent du peintre a si bien rendu la douce et majestueuse physionomie du vainqueur de Carillon a déjà mérité les éloges des meilleurs connaisseurs de notre cité : sous ce rapport et à titre de monument historique, elle nous devient un souvenir cher et précieux.Aussi est-ce avec bonheur que nous nous unissons à M.Faribault ainsi qu’aux Frères des Ecoles Chrétiennes de Québec, par l’entremise desquels le travail d’un de leurs confreres nous a été offert, pour exprimer de tout notre coeur à madame la Marquise notre vive reconnaissance pour ce don si digne de son haut et bienveillant intérêt.— Courrier du Canada.BULLETIN DES BONS EXEMPLES.— Le Morniug-Post raconte, d’apres un journal de Birmingham, ce qui suit: dans un cottage, près du chemin de fer du Centre, à 9 milles environ de Birmingham, demeurent deux dames d’un certain âge qui, avec deux filles à leur service, composent toute la maison.Un frère d’une de ces dames vient souvent passer quelque temps auprès d’elles, mais il était absent la nuit où eut lieu le fait que nous allons rapporter.Cette nuit, le 26 du mois dernier, une des servantes, nommée Harlow fille de dix huit ans environ, revenait à la maison d’un village voisin, lorsque dans un sentier elle se trouva derrière deux hommes qui suivaient la même direction qu’elle.Ces deux hommes étaient engagés dans une conversation qui les absorbait complètement.Le nom de sa maîtresse prononcé distinctement par l’un d’eux, étant venu frapper son oreille la jeune fille écouta attentivement, et les paroles qu’elle surprit suffirent pour lui apprendre qu’une tentative devait avoir lieu cette nuit même pour dévaliser la maison et qu’un troisième individu devait prendre part à l’entreprise.Une fois en possession de ce secret, elle quitta le sentier où elle s’était engagée, et gagna à travers les champs la maison.En y arrivant, elle ne dit rien de ce qu’elle avait vu et entendu, ni à ses mai-tresses, ni à l’autre servante, pour ne pas leur causer une alarme inutile, vu qu’à cette heure de la nuit on ne pouvait oompter snr aucun secours du dehors.Les dames, en conséquence, ainsi que l’autre servante, se retirèrent comme d’habitude dans leurs chambres, sans se douter du danger qu’elles allaient courir.Restée seule, le premier soin d’Harlow fut de fermer les portes, les fenêtres et les volets, comme elle le faisait ordinairement, de manière à ce que rien ne révélât aux voleurs la moindre mainte de la part des habitants du cottage.Elle réunit ensuite ensemble les cordons des six sonnettes de la maison pour pouvoir au besoin les faire retentir à la fois, mit à la portée de sa main une hachette à fendre le bois et un fusil de chasse à deux coups, laissé par le frère de sa maîtresse, et qui heureusement était chargé ; puis, se plaçant à une petite fenêtre qui domine la pelouse devant la maison, elle attendit seule, dans l’obscurité, avec une vive anxiété, mais avec courage, l’arrivée des malfaiteurs.Vers onze heures et demie, elle vit trois hommes approcher ; deux escaladèrent le mur du jardin et restèrent en observation, le troisième força la grille, et, traversant la pelouse, arriva à la porte de la maison.En peu d’instants la serrure fut démontée, les barres de sûreté habilement déplacées, et la porte tournant sans bruit sur ses gonds, le malfaiteur franchit le seuil.A ce moment la jeune fille tira sur lui un coup de fusil.La détonation renversa à terre un bloc de sculpture qui se brisa avec fracas ; en même temps, Harlow agita avec une extrême violence les six sonnettes.Un second coup de fusil, tiré au hasard par la jeune fille, leur fit penser qu’ils étaient poursuivis, et accéléra leur fuite.Barricadant aussitôt la porte, l’héroïne de ce drame de la vie.réelle courut à la chambre de ses maîtresses, leur expliqua la cause du bruit qui les avait tirées de leur sommeil et jetées dans un mortel effroi.Le lendemain, on trouva sur la pelouse un grand pistolet d’arçon et un poignard, abandonnés par les malfaiteurs.—C.des E.-U.DISTRIBUTIONS DE PRIX.Liste des pris distribués à l’Ecole Normale Jacques-Cartier.1ERE DIVISION.Excellence—1er pr Benoni Guérin, 2 Tréfilé Picard ; 1er acc Pierre Lamy, 2 Damase Olivier.Grammaire Française—1er pr B.Guérin, 2 D.Olivier; 1er acc Cyprien Gélinas, 2 acc P.Lamy.Thème anglais—1er pr D.Olivier, 2 B.Guérin ; 1er acc Tréfilé 128 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Picard, 2 acc P.Lamy.Version anglaise—1er pr D.Olivier, 2 T.Picard ; 1er acc B.Guérin, 2 acc Emile Pepin.Composition littéraire—1er pr B.Guérin, 2 T.Picard ; 1er acc N.Dostaler, 2 acc C.Gélinas.Histoire ancienne—1er pr P.Lamy,2 T.Picard; 1er acc Moïse Hurtubise, 2D.Olivier.Histoire de France et d’Angleterre—1er pr P.Lamy, 2 C Gélinas ; 1er acc B.Guérin, 2 acc T.Picard.Histoire Naturelle—1er pr P.Lamy, 2 T.Picard ; 1er acc C.Gélinas, 2 acc D.Olivier.Eléments de Physique—1er pr P.Lamy, 2 T.Picard ; 1er acc C.Gélinas, 2 acc D.Olivier.Algèbre—1er pr Joseph Laferrière, 2 C.Gélinas ; 1er acc T.Picard, 2 acc P.Lamy.Eléments de Géométrie et de Trigonométrie— 1er pr Joseph Laferrière, 2 T.Picard ; 1 acc C.Gélinas, 2 acc P.Lamy.Lecture anglaise—1er pr Noé Gervais, 2 B.Guérin; 1er acc D.Olivier, 2 acc T.Picard.Enseignement—1er pr B.Guérin, 2 P.Lamy, 3 T.Picard ; 1er acc C.Gélinas 2 acc N.Gervais, 3 acc E.Pepin.2de division.Excellence—1er pr Hector Bellerose, 2 Joseph Corbeil ; 1er acc Gualbert Gervais, 2 acc Siméon Longtin.Grammaire Française — 1er pr Edmond Roy, 2 Octave Mousseau; 1er acc H.Bellerose, 2 acc J.Corbeil.Version anglaise —1er pr J.Corbeil, 2 H.Bellerose ; 1er acc R.Desrosiers, 2 acc S.Longtin.Version anglaise —1er pr H.Bellerose, 2 R.Desrosiers; 1er acc G.Gervais, 2 acc D.Lticier.Géographie—1er pr J.Corbeil, 2 G.Gervais ; 1er acc D.Lucier, 2acc S.Longtin.Arithmétique—1er pr Clovis Desforges, 2 H.Bellerose; 1er acc L.Lucier, 2 acc S.Longtin.Tenue des Ivres —1er pr H.Bellerose, 2 L.Lucier; 1er acc C.Desforges,2 S.Longtin.Histoire du Canada—1er pr H.Bellerose, 2 E.Roy; 1er acc O.Mousseau, 2 L.Lucier.Histoire Naturelle—1er pr H.Bellerose, 2 G.Gervais ; 1er acc J.Aubuchon, 2 acc J.Lavigne.Dessin Linéaire—1er pr H.Bellerose, 2 S.Longtin; 1er acc J.Lavigne, 2 acc O.Mousseau.Eléments d’Astronomie—1er pr Ed.Roy, 2 G.Gervais ; 1er acc L.Aubin, 2 acc J.Corbeil.Enseignement—1er pr C.Desfurges et H.Bellerose, 2 L.Lusier ; 1er acc J.Corbeil, 2 acc Ed.Roy.LES DEUX CLASSES REUNIES.MUSIQUE VOCALE—1ERE DIVISION.1er pr G.Lamarche, 2 C.Gélinas, 3 E.Pepin.2DE DIVISION.1er pr J.Corbeil, 2 C.Desforges; 1er acc O.Mousseau, 2 acc L.Lussier.PIANO—1ERE DIVISION.1er pr G.Lamarche, 2 C.Gélinas ; 1er acc T.Pepin, 2 acc J.Dorais.2ede division.Prix J.Laferrière; 1er acc N.Gervais, 2 C.Desforges.DESSIN AU CRAYON—1ERE DIVISION.1er pr Tréfilé Picard, 2 D.Olivier ; 1er acc C.Gélinas, 2 acc B.Guérin.2de division.Prix Edmond Roy ; 1er acc C.Desforges, 2 acc H.Bellerose.PRIX DU PRINCE DE GALLES.Pierre Lamy.Liste des Prix de l’Ecole Modèle Jacques-Cartier.CLASSES FRANÇAISES ET ANGLAISES RÉUNIES.Excellence—1er prix ex-æquo Godfroi Massé et William Murphy ; 1er accessit Alphonse Raphaël Bellemare 2 William Hickey.Bonne conduite—1er pr Pierre McCauly 2e Joseph Lecompte; 1er acc W Murphy 2e A R Bellemare 3e Jean Lapierre.Assiduité— 1er pr Edouard Vilmaire 2e Joseph Thérien ; 1er acc Hormidas Thérien 2e Arthur Jetté 3e F X Bourgeau.Instruction religieuse-première classe—1er pr F X Ledoux 2e G Massé ; 1er acc Jacques Perreault 2e Joseph Pominville 3e J Lecompte.Instruction religieuse—seconde classe—pr A R Bellemare ; 1er acc F X Bourgeau 2e Hormidas Thérien.Instruction religieuse—troisième classe — 1er pr Auguste Caron Plinguet 2e pr Charles Thompson; 1er acc Joseph Lenoir 2e Aimé Rey 3e Honoré Bonenfaiit.Musique vocale — première classe— pr ex-æquo Alphonse R Bellemare, Ovide Thouin ; 1er acc Alfred Cypiot 2e Hormidas Thérien.Musique vocale—seconde classe—1er pr Joseph Lecompte 2e Charles Le-tourneux ; 1er acc F X Bourgeau 2e Charles Boyer 3e Edouard Vilmaire.Musique vocale—troisième classe—pr Alphonse Prévost 1er acc Patrice Cuddighy 2e Patrice Kelly.Musique vocale— quatrième classe—pr Auguste Caron-Plinguet ; 1er acc Aimé Rey 2e David Larivière.Ecriture—première classe—1er pr Charles Thompson 2e Ovide Thouin ; 1er acc William Murphy 2e Arthur Jetté 3e Alphonse R Bellemare.Ecriture—seconde classe—lerpr Alphonse Prévost 2e David Larivière; 1er acc Olivier Leblanc 2e Octave Lahaye 3e Odilon Labadie.Ecriture—troisième classe— 1er pr Auguste Caron-Plinguet 2e Charles Hayden.Gymnastique —première classe—1er pr Edouard Vilmaire 2e Joseph Lecompte; 1er acc Pierre McCauly 2e Ernest Archambault 3e Godfroi Massé.Gymnastique—seconde classe—pr Alphonse R Bellemare ; 1er acc Hormidas Thérien 2e F X Bourgeau.Gymnastique—troisième classe—1er pr Trefflé Lescarbeau 2e Charles Thompson ; 1er acc Charles Letourneux 2e Aimé Rey 3e Joseph Thérien.CLASSE FRANÇAISE—3eME DIVISION.Lecture— pr Arthur Jetté; 1er acc Charles Thompson 2e Thomas Handly.Epellation—pr Godfroi Massé ; 1er acc Arthur Jelté 2e Thomas Handly.Mémoire—pr Godfroi Massé ; 1er acc Thomas Handly 2e Arthur Jelté.Langue française—pr Godfroi Massé; 1er acc Arthur Jetté 2e Thomas Handly.Arithmétique pratique— pr Godfroi Massé ; 1er acc Wdliam Murphy 2e William Hickey.Arithmétique mentale—prix Wdliam Murphy; 1er acc Godfroi Massé 2e William Hickey.Traduction—pr Godfroi Massé ; 1er acc William Murphy 2e John Barbier.Composition—pr Godfroi Massé 1er acc Arthur Jetté 2e John Barbier.Eléments d’algèbre—pr Godfroi Massé ; 1er acc Arthur Jetté 2e William Hiokey.Dessin linéaire— pr Godfroi Massé ; 1er acc Charles Thompson 2e Arthur Jetté.2dE DIVISION—1ERE PARTIE.Lecture—1er pr Alphonse R Bellemare 2e Joseph Pominville ; 1er acc Joseph Lecompte 2e Alfred Cypiot 3e F X Bourgeau.Epellation—1er pr Alphonse R Bellemare 2e Alfred Cypiot ; 1er acc F X Bourgeau 2e Joseph Lecompte 3e Jean Bte Rolland.Mémoire—1er pr William Hickey 2e Alphonse R Bellemare 1er acc Joseph Lecompte 2e Edouard Vilmaire 3e Charles Boyer.Langue française—1er pr Alphonse R Bellemare 2e William Hickey; 1er acc Arnest Archambault 2e Alphonse Pelletier 3e Pierre McCauly.Arithmétique pratique—1er pr F X Ledoux 2e F X Bourgeau ; 1er acc Alphonse R Bellemare 2e David Larivière 3e Jacques Perrault.Arithmétique mentale—1er pr Ernest Archambault 2e Ovide Thouin ; 1er acc Jacques Perrault 2e Charles Boyer 3e Joseph Pominville.Traduction—1er pr Henry Kavanagh 2e Ernest Archambault ; 1er acc Alphonse R Bellemare 2e Ovide Thouin 3e Charles Boyer.Géographie- 1er pr Pierre McCauly 2e Arthur Merrill ; 1er acc Ovide Thouin 2e Edouard Vilmaire 3e Henry Kavanagh.2de division—2de partie.Lecture—pr Aimé Rey; 1er acc Arthur Boyer 2e Allred Benoit.Mémoire—pr Aimé Rey; 1er acc Arthur Boyer 2e Napoléon Forest.Langue française—pr Alfred Benoit ; 1er acc Napoléon Forest 2e Aimé Rey.Arithmétique pratique—pr Napoléon Forest ; 1er acc Edouard Vilmaire 2e Joseph Lenoir.Arithmétique mentale—pr Joseph Lenoir ; 1er acc Napoléon Forest 2e Arthur Boyer.Traduction—pr Arthur Boyer ; 1er acc Joseph Lenoir 2e Allred Benoit.Géographie—pr Olivier Leblanc ; 1er acc Aimé Rey 2e Alfred Benoit.1ERE DIVISION—1ERE PARTIE.Lecture—pr Octave Lahaye ; 1er acc Augnste Caron-Plinguet 2e Jean Lapierre.Epellation—pr Octave Lahaye; 1er acc Jean Lapierre 2e Odilon Labadie.Arithmétique—pr Odilon Labadie ; 1er acc Tréfilé I.escarbeau 2e Octave Lahaye.Géographie pr OJilon Labadie ; 1er acc Octave Lahaye 2e Joseph d’Orsennens.1ERE DIVISION—2DE PARTIE.Lecture—pr Adolphe Labadie; 1er acc Ulric Thibaudeau -e Sifroy Forest.Epellatldn—pr Joseph Siplin'g ; leT acc Ulric Thi- JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.129 baudeau 2e Adolphe Labadie.Arithmétique—pr ex æquo Patrice Kelly et Joseph d’Orsennens ; leracc Aimé Rey 2e Joseph Payette.Géographie—pr ex æquo Auguste Caron-Plinguet, Charles Hayden ; 1er acc Joseph Thérien 2e Patrice Kelly.Prix d’accessits—F X Bourgeau, Aimé Rey, Arthur Jetté.CLASSE ANGLAISE.3eme classe—3eme division.Epellation et Dérivation—1er pr William Murphy.Lecture— 1er pr William Murphy.Grammaire et analyse—1er pr William Murphy.Composition—1er pr William Murphy.3eme classe—3eme division.Grammaire et analyse—2 pr Godfroi Massé.Géographie—1er pr Godtroi Massé.Traduction—1er pr Godfroi Massé.Elements d’Eu-clide—1er pr Godfroi Massé.3eme classe—3eme division.Epellation et Dérivation—2 pr William Hickey.Géographie— 2 pr William Hickey.Géographie—2 pr William Hickey.Histoire Naturelle—2 pr William Hickey.Elements d’Euclide—2 pr William Hickey.3eme classe -3eme division.Lecture—2 pr John Barbier.Traduction—2 pr John Rarbier.Epellation et Dérivation—1er acc John Barbier.3eme classe—3eme division.Histoire Naturelle—1er pr Thomas Handly.Géographie—1er acc Thomas Handley.Epellation et Dérivation—2 acc Thomas Handley.Elements d’Euclide—3 acc Thomas Handley.3eme classe—3eme division.Composition—2 pr Charles Thompson ; Epellation et Derivation —3 acc Charles Thompson.Lecture—3 acc Charles Thompson.2de classe—2de division.Histoire Naturelle—1er pr Peter McAuley.Epellation—2 pr Traduction—1er pr Peter McAuley.Lecture—1er acc Peter McAuley.2de classe—2de division.Epellation—1er pr Henry Kavanagh.Lecture—1er pr Henry Kavanagh Traduction—1er acc Henry Kavanagh.Histoire Naturelle—4 acc Henry Kavanagh.2de classe—2de division Traduction—2 pr Charles Boyer.Histoire Naturelle—3 acc Charles Boyer.Lecture—4 acc Charles Boyer.2de classe—2de division.Epellation—3 pr Alfred Cypiot.Lecture—2 acc Alfred Cypiot.Trailuction—2 acc Alfred Cypiot.2de classe—2de division.Lecture—2 pr Patrick Cuddihy.Epellation—3 acc Patrick Cuddihy.2de classe—2de division.Lecture—3 prJatnes Perrault.Epellation—2acc James Perrault.Traduction—3 pr Arthur Merrill.Epellation—4 acc Arthur Merrill.Histoire Naturelle—3 pr Hormidas Thérien.Lecture, etc— 4 pr J.B.Rolland.Lecture, etc—4 pr Xavier Bourgeau.Histoire Naturelle—2 pr Joseph Croteau.Epellation—4 pr Alphonse Bel-lemare.1ERE CLASSE—2de DIVISION.Lecture—1er pr Arthur Boyer.Traduction—1er pr Arthur Boyer* 2 Olivier Leblanc.Histoire Naturelle—2 pr Olivier Leblanc.Lecture—2 pr Joseph Leneir.Epellation—1er pr Joseph Lenoir.Histoire Naturelle—1er pr Joseph d’Orsennens.Traduction—1er pr Joseph Thérien.Lecture—2 pr Auguste C.Plinguet.1ERE CLASSE—2dE DIVISION.Lecture—1 pr Adolphe Labadie.Epellation—1er pr Joseph Payette, 2 Charles Hayden.1ERE CLASSE-—2dE DIVISION, Epellation et combinaison des Lettres—1er pr Joseph Sypling, 2 Alphonse Sénécal.ECOLE NORMALE LAVAL.DÉPARTEMENT DES ÉLÈVES INSTITUTEURS.ELEVES DE TROISIEME ANNEE.Rhétorique, Latin, Grec et langage correct—1er pr Léonidas Dick, 2 David Plante.PREMIERE DIVISION.Langage correct—Prix Prudent Houde.Excellence—1er pr Prudent Houde, 2 Philéas Lessard; 1er acc Michel Ahern, 2 acc Charles Têtu, 3 acc Jean Lapointe.Religion—1er pr Prudent Houde, 2 Phiiéas Lessard ; 1er acc Michel Ahern, 2 acc Jean Pageau, 3 acc Charles Têtu.Pédagogie—1er pr Prudent Houde, 2 Michel Aheru; 1er acc Philéas Lessard et Jean Lapointe, 2 acc Jean Pageau, 3 acc Charles Têtu.Dictée française—1er pr Prudent Houde, 2 Edouard Rouleau ; 1er acc Adhémar Heath, 2 acc Philéas Lessard, 3 acc Théophile Lamontagne.Analyse grammaticale— lerpr Prudent Houde, 2 Philéas Lessard; 1er acc Sifroi Laroche, 2 acc Charles Têtu, 3 acc Jean Lapointe.Analyse Logique—1er pi Prudent Houde, 2 Théophile Lamontagne ; 1er acc Philéas Lessard, 2 acc Michel Ahern et Eugène Blondeau, 3 acc Sifroi Laroche.Littérature et Mythologie—1er pr Prudent Houde, 2 Michel Ahern ; 1er acc Charles Têtu, 2 acc Sifroi Laroche, 3 acc Philéas Lessard.Tenue des Livres—1er pr Prudent Houde, 2 Théophile Lamontagne ; 1er acc Philéas Lessard, 2 acc Michel Ahern, 3 acc Jean Pageau.Algèbre—1er pr Michel Ahern, 2 Philéas Lessard ; 1er acc Prudent Houde, 2 acc Jean Lapointe, 3 acc Théophile Lamontagne.Géométrie et Trigonométrie—1er pr Prudent Houde, 2 Philéas Lessard ; 1er acc Michel Ahern, 2 acc Jean Lapointe, 3 acc Charles Têtu.Astionomie - 1er pr Prudent Houde, 2 Michel Ahern ; 1er acc Philéas Lessard, 2 acc Jean Pageau et Narcisse Trachy, 3 acc Jean Lapointe.Globes—1er pr Prudent Houde, 2 Philéas Lessard; 1er acc Jean Lapointe, 2 acc Sifroi Laroche, 3 acc Michel Aheru.Histoire—1er pr Prudent Houde, 2 Philéas Lessard; 1er acc Jean Pageau, 2 acc Charles Têtu, 3 acc Théophile Lamontagne.Chimie—1er pr Philéas Lessard, 2 Michel Ahern; 1er acc Prudent Houde et Charles Têtu, 2 acc Sifroi Laroche, 3 acc Théophile Lamontagne et Jean Lapointe.Minéralogie et Géologie —1er pr Michel Ahern, 2 Prudent Houde et Philéas" Lessard ; 1er acc Charles Têtu, 2 acc Oscar Rousseau et Sifroi Laroche.Dessin linéaire—1er pr Edouard Rouleau, 2 Prudent Houde ; 1er acc Michel Aheru, 2 acc Philéas Lessard et Narcisse Trachy.Calligraphie—1er pr Edouard Rouleau, 2 Théophile Lamontagne ; ler°acc Charles Têtu et Michel Ahern, 2 acc Philéas Lessard et Prudent Houde.SECONDE DIVISION.Religion—1er pr Thomas Tremblay, 2 F.Xavier Drouin ; 1er acc Célestin Bouchard, 2 acc François Page, 3 acc Simon Côté.Pédagogie—lei pr Thomas Tremblay, 2 Pierre Lind-ay ; 1er acc Célestin Bouchard, 2 acc William Fahey, 3 acc F.Xavier Drouin et Thomas McGrath.Dictée française—1er pr Thomas Tremblay, 2 F.Xavier Drouin ; 1er acc Célestin Bouchard, 2 acc Luc Montreuil, 3 acc Simon Côté.Analyse grammaticale—1er pr F.Xavier Drouin, Thomas Tremblay ; 1er acc Adolphe Boisvert, 2acc Isidore Cambray, 3 acc Célestin Bouchard.Arithmétique—1er pr William Fahey, 2 acc Thomas Tremblay; 1er acc F.-Xavier Drouin, 2 acc Uldéric Desroches, 3 acc François Pagé.Tenue des Livres—1er pr Cléophas Parent, 2 François Pagé ; 1er acc Thomas Tremblay et Ferdinand Auelair, 2 acc Célestin Rouchard et William Fahey, 3 acc F.-Xavier Drouin et Didier Couture.Géographie—lerpr F.-Xavier Drouin,2 Thomas Tremblay ; 1er acc Simon Côté, 2 acc Luc Montreuil, 3 acc Célestin Bouchard et Thomas McGrath.Histoire—1er pr F.-Xavier Drouin, 2 Thomas Tremblay ; 1er acc Célestin Bouchard, 2 acc Luc Montreuil, 3 acc Thomas McGrath.Physique—1er pr Thomas Tremblay, 2 Pierre Lindsay et F.-Xavier Drouin ; 1er acc Célestin Bouchard, 2 acc Thomas McGrath, 3 acc Simon Côté.Calligraphie—1er pr William Fahey et Thomas McGrath, 2 Didier Couture ; 1er acc Uldéric Desroches et Prosper Provensal.Dessin des cartes—Prix Didier Couture et Herman Martineau.Progrès—Prix Thomas McGrath et François Parent; Acc William Fahey. 130 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.LES ELEVES REUNIS.ANGLAIS.Première Classe.1er pr Michel Ahern, 2 Luc Montreuil et Oscar Rousseau ; 1er acc Eugène Blondeau, 2 acc Thomas McGrath, 3 acc Philèas Lessard.Seconde Classe.1er pr Thomas Tremblay, 1 Célestin Bouchard et Simon Côté ; 1er acc Jean Lapomte, 2 acc Narcisse Tract)y, 3 acc Ferdinand Auclair.Solfège —1er pr Luc Montreuil, 2 William Fahey; 1er acc Jean Pageau, 2 acc Sifroi Laroche.Piano et Harmonium—1er pr Sifroi Laroche, 2 Jean Pageau ; 1er acc William Fahey et Didier Couture, 2 acc F.-Xavier Drouin et François Parent: Prix de Son Altesse Royale, le Prince de Galles.Prudent Houde.DEPARTEMENT DES ELEVES INSTITUTRICES.PREMIERE DIVISION.Excellence—1er pr Elizabeth Bacon, 2 Alvine Turgeon ; 1er acc Julie Auger, 2 acc Paméla Fournier et Anne Enright.Langage correct—Prix Julie Auger et Paméla Fournier.Religion—1er pr Alvine Turgeon, 2 Elizabeth Bacon ; 1er acc Paméla Fournier, 2 acc Olympe’ Forgue.s, Anne Couture et Philoméne Couture.Pédagogie—1er pr Elizabeth Bacon, 2 Alvine Turgeon et Maria McManus; 1er acc Anne Enright, 2acc Julie Auger et Eliza Côté.Dictée française—1er pr Julie Auger et Alvine Turgeon, 2 Eliza Côté ; 1er acc Elizabeth Bacon, 2 acc Olympe Forgues.Analyse grammaticale—1er pr Alvine Turgeon,'2 Julie Auger ; 1er acc Anne Enright, 2 acc Paméla Fournier, 3 acc Maria McManus.Analyse logique—1er pr Julie Auger, 2 Anne Enright ; 1er acc Anne Couture, 2 acc Julienne Boulé, 3 acc Anne McDonald.Littérature et Mythologie—1er pr Maria McManus, 2 Elizabeth Bacon ; 1er acc Anne Enright, 2 acc Elizabeth Côté, 3 acc Paméla Fournier.Arithmétique— 1er pr Alvine Turgeon, 2 Julienne Boulé et Anne Enright ; 1er acc Anne McDonald, 2 acc Célina Lefebvre, 3 acc Vitaline Morin.Tenue des Livres—1er pr Anne Couture, 2 Anne Enright ; 1er acc Anne McDonald, 2 acc Julienne Boulé, 3 acc Paméla Fournier.Toisé—1er pr Anne McDonald, 2 Anne Enright et Julienne Boulé ; 1er acc Anne Couture, 2 acc Philoméne Couture.Globes — 1er pr Paméla Fournier, 2 Vitaline Morin ; 1er acc Maria McManus, Célina Lefebvre et Anne Couture.Histoire—1er pr Elizabeth Bacon, 2 Paméla Fournier; 1er acc Julie Auger, Alvine Turgeon et Maria McManus.Géographie—1er pr Julie Auger et Paméla Fournier, 2 Elizabeth Bacon et Anne Enright ; 1er acc Maria McManus, 2 acc Alvine Turgeon.Ecriture—Prix Elizabeth Côté; 1er acc Célina Lefebvre, 2 acc Elizabeth Turgeon.Dessin des Cartes—1er pr Julie Auger et Paméla Fournier, 2 Elizabeth Bacon et Olympe Forgues ; 1er acc Alvine Turgeon et Célina Lefebvre, 2 acc Julienne Boulé et Elizabeth Côté, 3 acc Vitaline Morin et Anne McDonald.SECONDE DIVISION.Religion—1er pr Elizabeth Turgeon, 2 Elizabeth Clouet ; 1er acc Delvina de St.Aubin et Sophronie Turcotte, 2 acc Virginie Couette et Laure Dumais.Pédagogie—1er pr Eliza Clouet, 2 Emélie Laperrière et Elizabeth Turgeon ; 1er acc Sophronie Turcotte, 2 acc Elmire de Tonnancour, 3 acc Anne Ruelland.Dictée française—1er pr Delvina de St.Aubin, 2 Victoire d’Auleuil et Olympe Asselin ; 1er acc Caroline Benoit, 2 acc Emelie Laperrière, 3 acc Eulalie Martineau.Analyse grammaticale—1er pr Victoire d’Auteuil, 2 Elizabeth Clouet, Eulalie Martineau et Caroline Benoît: 1er acc Joséphine Lemay, 2 acc Firmine Corriveau, 3 acc Zèlie Desharnais et Clarence Delisle.Arithmétique—1er pr Caroline Benoît, 2 Eliza Clouet; 1er acc Zélie Desharnais, 2 acc Eulalie Martineau, 3 acc Victoire d’Auteuil.Tenue îles Livres— 1er pr Philoméne Fraser, 2 Delvina de St.Aubin, Elizabeth Clouet et Sophronie Turcotte ; Acc Caroline Benoît, Virginie Couette, Zélie Desharnais Firmine Corriveau.Géographie—1er pr Zélie Desharnais, 2 Virginie Couette et Elizabeth Clouet ; 1er acc Fir-mine Corriveau, 2 acc Elizabeth Turgeon, 3acc Hélène McGolrick.Histoire—1er pr Elizabeth Clouet, 2 Zélie Desharnais, Elizabeth Turgeon et Hélene Guay ; 1er acc Virginie Couette, 2 acc Delvina de St.Aubin, 3 acc Firmine Corriveau.Calligraphie—1er pr Victoire d’Auteuil, 2 Virginie Couette, Firmine Corriveau; 1er acc Joséphine Lemay, 2 acc Anne Ruelland.Dessin des Cartes—1er pr Firmine Corriveau, 2 Anne Ruelland ; 1er acc Eulalie Martineau, 2 acc Zélie Desharnais et Elizabeth Turgeon, 3 acc Clarence Delisle.LES ELEVES REUNIES.ANGLAIS.1er pr Anne Enright, Maria McManus, Ann Dobbin et Hélène McGolrich ; 1er acc Margaret Deehan et Hélène Byrne, 2 acc Caroline Benoît, 3 acc Delvina de St.Aubin et Elmire Bélanger.Dessin—1er pr Julienne Boulé et Paméla Fournier, 2 Olympe For-gues ; 1er acc Anne Ruelland et Célina Lefebvre, Emma Fournier et Virginie Couette.Musique instrumentale—1er pr Delvina de St.Aubin, 2 Paméla Fournier et Hélène McGolrick ; 1er acc Laure Dumais, 2 acc Vitaline Morin.Musique vocale—1er pr Delvina de St.Aubin, 2 Julie Auger ; 1er acc Laure Dumais, 2 acc Célina Lefebvre.Progrès—1er pr Anne McDonald, 2 Hélène Guay.LISTE DES PRIX POUR L’ECOLE MODELE LAVAL.CLASSE FRANÇAISE.Division Supérieure.Excellence—1er pr Honoré Rousseau, 2 Napoléon Bougie; 1er acc Pierre Giroux, 2 acc Victor Bérubé.Instruction religieuse— Premier Groupe : 1er pr Honoré Rousseau et Napoléon Bougie, 2 Pierre Giroux ; 1er acc Maurice Marcoux, 2 acc Joseph Aubé.Second Groupe—1er pr Edouard Bilodeau, 2 Télesphore Laçasse ; 1er acc Henri Légaré, 2 acc Antoine Panet.Troisième Groupe— 1er pr Victor Bérubé, 2 Louis Mercier; 1er acc Alexandre Fisel, 2 acc Samuel St.Michel.Assiduité—1er pr Louis Mercier, 2 Victor Bérubé ; 1er acc Honoré Rousseau, 2 acc Joseph Savard.Grammaire fiançaise—Dictée—Premier Groupe : 1er pr Pierre Giroux, 2 Honoré Rousseau ; 1er acc Maurice Marcoux et Joseph Aubé, 2 acc Victor Bérubé.Second Groupe—1er pr Napoléon Bougie, 2 Gustave Généreux; 1er acc François Dussault, 2 acc Deins Baxter.Troisième Groupe—1er pr Henri Légaré et Télesphore Laçasse, 2 Elzéar Aubé ; 1er acc Néré Desroches, 2 acc G.Drouin.Quatrième Groupe—1er pr Edouard Darvean, 2 Edouard Bilodeau; 1er acc Alexandre Fiset, 2 acc Charles Larose.Cinquième Groupe—1er pr John Henchey, 2 Owen Fahey ; 1er acc Michael Lockhart, 2 acc William Wood.Sixième Groupe—1er pr John Newton, 2 Michael Lockhart ; 1er acc Michael Stapleton, 2 acc Thomas O’Neill.Analyse logique—1er pr Honoré Rousseau.2 Victor Bérubé et Pierre Giroux ; 1er acc Joseph Savard, 2 acc Pierre Letarte.Analyse grammaticale—Premier Groupe : 1er pr Honoré Rousseau, 2 Pierre Giroux ; 1er acc Victor Bérubé, 2 acc Joseph Savard.Second Groupe—1er pr Napoléon Bougie, 2 Denis Baxter ; 1er acc Gustave Généreux, 2 acc François Dussault.Troisième Groupe—1er pr Henri Légaré, 2 Thélesphore Laçasse; 1er acc Elzéar Aubé, 2 acc Néré Desroches.Quatrième Groupe— 1er pr Edouard Darveau, 2 Hubert Guillotte ; 1er âcc Alexandre Fiset, 2 acc Samuel St.Michel.Cinquième Groupe—1er pr Peler O’Leary, 2 John Henchey; 1er acc Owen Fahey, 2 acc Michae Lockhart.Sixième Groupe—1er pr John Newton, 2 Michael Greene ; 1er acc Michael Stapleton, 2 acc Thomas O’Neill.Septième Groupe—1er pr William Henchey, 2 Andrew Nesbitt; 1er acc Antoine Panet, 2 acc George Binet.Géographie—Premier Groupe : 1er pr Honoré Rousseau, 2 Pierre Giroux ; 1er acc Joseph Savard, 2 acc Pierre Letarte.Second Groupe—1er pr Victor Be-rubé et François Dussault, 2 Louis Mercier et Isidore Bazin ; 1er acc Henri Légaré, 2 acc Elzéar AreJ.Troisième Groupe lei pi Gustave Généreux, 2 Octave Déry ; 1er acc Elzéar Tessier, 2 acc Néré Desroches.Quatrième Groupe—1er pr Télesphore Laçasse et Edouard Darveau, 2 Samuel St.Michel ; 1er acc Godtroi Drouin, Elzéar Aubé et Alex.Fiset, 2 acc Edouard Bilodeau.Arithmétique—Premier Groupe : 1er pr Joseph Savard, 2 Napoléon Bougie ; 1er acc Honoré Rousseau, 2 acc Victor Bérubé.Second Groupe 1er pr Isidore Bazin, 2 Octave Déry et Maurice Marcoux ; 1er acc Gustave Généreux, 2 acc Joseph Aubé.I roisiéme Groupe 1er pi Sauveur Demers, 2 pr Louis Mercier et Elzéar Arel ; 1er acc Henri Légaré et Néré Desroches, 2 acc Elzéar Tessier.Quatrième Groupe—1er pr Edouard Darveau, 2 Edouard Bilodeau ; 1er acc Hubert Guillotte, 2 acc Alexandre Fiset.Histoire du Canada Premier Groupe ; 1er pr Honoré Rousseau.Second Groupe itr pr Pierre Ciroux, 2 Victor Bérubé ; 1er acc Joseph Savard, * acc Napoléon Bougie et Maurice Marcoux.Troisième Groupe—lei pr Gustave Généreux, 2 Octave Déry; 1er acc Louis Mercier, - acc Isidore Bazin.Histoire Sainte—1er pr Samuel St.Michel, -Edouard Bilodeau ; 1er acc Télesphore Laçasse, Elzéar Au Desei Henri Légaré, 2 acc Octave Déry.Tenue des Livres—1er pt w poléon Bougie, 2 Victor Bérubé et Honoré Rousseau ; 1er acc J°sep‘_ Savard 2 acc Pierre Giroux.Toisé—Premier Groupe .er poléon Bougie, 2 Honoré Rousseau; 1er acc Joseph Savard, JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.131 Pierre Letarle.Second Groupe—1er pr Pierre Giroux, 2 Gustave Généreux ; 1er acc Joseph Aubé, 2 acc Octave Déry.Usage des Globes—1er pr Honoré Rousseau, 2 Napoléon Bougie ; 1er acc Joseph Savard, 2 acc Pierre Letarte.Algèbre—1er pr Napoléon Bougie, 2 Victor Rérubé ; 1er acc H.Rousseau, 2 acc P.Giroux.Traduction de l’anglais—Premier Groupe : 1er prN.Bougie, 2 Jos.Aubé; 1er acc Gust.Généreux, 2 acc Victor Bérubé.Second Groupe — lerprElz.Arel, 2 Jos.Savard et F.lz.Tessier; 1er acc Isidore Bazin, 2 acc J.-B.Vézina.Troisième Groupe—1er pr Henri Lé-garé, 2 Samuel St.Michel ; 1er acc Elz.Aubé, 2 acc Ed.Darveau.Dessin linéaire—1er pr Maurice Marcoux, 2 Jos.Aubé.Ecriture - 1er pr Maurice Marcoux, Jos Aubé.Ecriture —1er pr Maurice Marcoux, 2 V.Bcrubé ; 1er acc P.Giroux.Division Inférieure.Instruction religieuse—Premier groupe : 1er pr Edouard Darveau, 2 Alfred Cloutier ; 1er acc Eugène Doucet, 2 acc Ferdinand Fafard.Second Groupe—1er pr Joseph Parant, 2 Lawrence Cannon ; 1er acc Adjutor Larue, 2 acc Gustave Evanturel.Assiduité—1er pr Adjutor Larue, 2 Jean Brisson.Lecture—Premier Groupe : 1er pr Joseph Parant, 2 Adjutor Larue ; 1er acc Alfred Cloutier, 2 acc Napoléon Balzaretti.Second Groupe—1er pr George Belleau, 2 Edouard Aubé ; 1er acc Siméon Belleau et Henri de Salaberry, 2 acc Ferdinand Fafard.Troisième Groupe—1er pr John Wallace, 2 pr George Owens et Bruno Drolet ; 1er acc James Owens, Eudore Evanturel et John Hagens ; 2 acc Edmond Raleigh.Grammaire française—1er pr Alfred Cloutier, 2 Lawrence Cannon ; 1er acc Napoléon Balzaretti, 2 Jeun Brisson.Second Groupe—1er pr Edouard Aubé, 2 Siméon Belleau ; 1er acc Joseph Gariépy, 2 acc Gustave Evanturel.Géographie—1er pr Lawrence Cannon, 2 Alfred Cloutier ; 1er acc Jean Brisson, 2 acc Tancrède Morin.Histoire Sainte—1er pr Alfred Cloutier, 2 Lawrence Cannon et Napoléon Balzaretti.Arithmétique—1er pr Siméon Belleau et Joseph Gariépy, 2 Ferdinand Fafard.PARTIE ANGLAISE.Excellence—1er pr Thomas Corrigan, 2 Denis Baxter et John Henchey ; 1er acc O.Fahey, 2 acc J.Newton et Michael Green.Instruction religieuse—1er pr Thomas Corrigan et Owen Fahey, 2 Denis Baxter et John Henchey ; 1er acc John Newton et M.Green, 2 acc M.Stapleton et T.O’Neil.Traduction du Français en Anglais.1ERE CLASSE.1er pr Thomas Corrigan, 2 Denis Baxter ; 1er acc John Henchey, 2 acc Peter O’Leary.2eme classe.1er pr Michael Green, 2 J.Newton et M.Stapleton ; 1er acc I homas O’Neil et P.Walsh, 2 Thomas Owens.3eme classe.1er pr Thomas Mahoney et G.Benet, 2 A.Nesbit ; 1er acc E-Doucet, 2 acc George Ardouin.ARITHMETIQUE—1ERE CLASSE.1er pr Denis Baxter et Thomas Corrigan, 2 O.Fahey et M.Green ; 1er acc J.Newton et Ths.Mahoney, 2 acc P.Walsh et Thomas O’Neil.2eme classe.1er pr M.Lockhart et W.Wood, 2 Ths.Owens, John Henchev ; 1er acc Eugène Doucet, 2 acc J.Ahern.3eme classe.1er pr M.Stapleton, 2 P.O’Leary ; 1er acc R.Ryan, 2 J.Brisson.Géométrie et Mensuration- lerpr Thomas Corrigan, 2 Denis Baxter.Globes—1er pr Ths.Corrigan, 2 Denis Baxter et J.Hen-Qhey; 1er acc O.Fahey et W.Wood, 2 acc M.Green et J.Newton, tenue des Livres—1er pr Ths.Corrigan, 2 Denis Baxter ; 1er acc M- Green,2 Owen Fahey.GEOGRAPHIE—1ERE CLASSE.ruIe.'„Pr Tlls Corrigan, 2 John Henchey ; 1er acc D.Baxter, 2 acc W.Wood et O.Fahey.2eme classe.1er pr J.Newton, 2 Ths.Mahoney ; 1er acc Thomas Owens, 2 P.O’Leary et R.Ryan.3eme classe.1er pr George Ardouin, 2 Eugène Doucet ; 1er acc A.Nesbit, et G.Benet, 2 acc J.Ahern et W.Henchey GRAMMAIRE ANGLAISE—1ERE CLASSE.1er pr Ths.Corrigan, 2 Denis Baxter; 1er acc John Henchey e Owen Fahey.2eme classe.1er pr Patrick Walsh, 2 Ths.O’Neil et P.O’Leary ; 1er acc .1.Ne.vton et M.Green, 2 acc M.Stapleton et M.Lockhart.3eme classe.1er pr Thomas Mahoney, 2 George Benet ; 1er acc A.Nesbitt, 2 acc R.Ryan.1ERE CLASSE—CANADIENS FRANÇAIS.1er pr Napoléon Bougie, 2 Pierre Giroux ; 1er acc H.Rousseau.2 acc V.Bérubé et G.Généreux.HISTOIRE SAINTE—1ERE CLASSE.1er pr John Henchey, 2 Patrick Walsh et Thomas O’Neil; 1er acc W.Wood.2e.ME CLASSE.1er pr Ths.Corrigan, 2 M.Stapleton ; 1er acc Owen Fahey, 2 acc Denis Baxter.Histoire du Canada—1er pr Ths.Corrigan et Denis Baxter, 2 M.Green ; 1er acc O.Fahey et Ths.Mahoney, 2 acc J.Newton et J.Henchey.Assiduité—1er pr O.Fahey, 2 Ths.Corrigan ; 1er acc Ths.Owens, 2 acc M.Lockhart.Ecriture—1er pr Ths.Corrigan, 2 John Newton; 1er acc M.Green, 2 acc Denis Baxter.DIVISION DES PETITS—INSTRUCTION RELIGIEUSE.1er J.Wallace, 2 A.McDonnell ; 1er acc E.Raleigh, 2 J.Nesbitt.LECTURE ET ÉPELLATION—1ERE CLASSE.1er pr John Wallace, 2 Lawrence Cannon ; 1er acc A.McDonald, 2 acc E.Raleigh.2eme classe.1er pr Ed.Généreux, 2 Jean Brisson ; 1er acc D.Plante, 2 acc L.Drouin, G.Gingras et Jos.Gariépy.TRADUCTION—1ERE CLASSE.1er pr L.Cannon, 2 N.Balzaretti ; 1er acc G.Belleau, 2 acc Henry De Salaberry.2eme classe.1er pr J.Brisson, 2 Ed.Généreux, 1er acc D.Plante, J.Parant et L.Drouin, 2 acc Jos.Gariépy.GRAMMAIRE ANGLAISE—1ERE CLASSE 1er pr John Wallace, 2 John McDonnell et E.Raleigh; 1er acc L Cannon, 2 acc N.Balzaretti et T.Morin.Arithmétique—1er pr J Wallace, 2 E.Raleigh ; 1er acc J.McDonnell et O.T.Gingras! 2 N.Balzaretti et S.Bel.eau.s 2eme classe.1er pr T.Morin, 2 A.Cloutier ; 1er acc Adjutor Larue, 2 acc Jo« Parant.Géographie—1er pr John Wallace, 2 Ed.Raleigh - 1er acc James Owens, 2 acc Jos Nesbitt.Assiduité—1er pr Adiutor Larue, 2 pr J.Brisson ; 1er acc L.Cannon, 2 acc S.Belleau et F Raleigh.DEPARTEMENT DES FILLES.classe française.Exceller ce—1er pr Marcelline Cantin, 2 Joséphine Desroches • 1er acc Elulie Plamondon, 2 acc Henriette Dionne.1ERE DIVISION.Assiduité—1er pr Zoé Trudelle, 2 Elodie Plamondon ; 1er acc Marcelline Cantin, 2 acc Henriette Dionne.Sagesse—Prix Au- 132 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.rélie Lambert ; Acc Joséphine Desroches.Instruction religieuse —Prix Esther Fiset ; Acc Zanaïde Goulet.Grammaire—1er pr Marcelline Cantin ; 2 Aurélie Lambert ; 1er acc Henriette Dionne, 2 acc Emma Plamondon.Arithmétique—Prix Marcelline Cantin ; Acc Joséphine Desroches.Histoire du Canada—Prix Joséphine Desroches; Acc Marcelline Cantin.Géographie—Prix Zoé Tru-delle ; Acc Marcelline Cantin.Lecture—Prix Sara Plamondon ; j Acc Elodie P'amondon.Ecriture—Prix Joséphine Desroches ; Acc Cécile Soucy.Grammaire anglaise—Prix Emma Plamondon ; ! Acc Elodie Plamondon.Lecture anglaise—Prix Henriette Dionne ; j Acc Louise Pageau.2eme division.Assiduité—1er pr Eléonore Guirard, 2 Euphémie Tanguay ; 1er i acc Marie Bilodeau, 2 acc Anne Dérie.Sagesse—Prix Sèphora Rouillard ;Acc Anne Bélanger.Instruction religieuse—Prix Henriette Dionne ; Acc Zoé Truaelle.Grammaire—1er pr Elise Desro- , ches, 2 Euphémie Tanguay ; 1er acc Joséphine Lalontaine, 2 acc | Dèlima Pageau.Arithmétique—Prix Zoé Trudelle; Acc Elodie I Plamondon.Histoire du Canada—Prix Elodie Plamondon ; Acc Zoé Trudelle.Géographie—Prix Elise Desroches ; Acc Louise ; Pageau.Lecture—Prix Louise Roy ; Acc Elise Grenier.Ecriture : —Prix Adèle Bureau ; Acc Adèle Giroux.Lecture anglaise—Prix Eléonore Guirard ; Acc Euphémie Tanguay.Workman; 1er acc Rose Daiy, 2 acc Elizabeth Campbell.Traduction—1er pr Caroline Hughes, 2 Sophia Hughes ; 1er acc Esther Fiset.Progrès—Prix Malthilda Cannon.PETITE CLASSE ANGLAISE.1ERE DIVISION.Instruction religieuse—Prix H.Butler; Acc A, Kelly.2eme division.Prix M.O’Haire ; Acc B.Ryan.GRAMMAIRE FRANÇAISE—1ERE DIVISION.Prix M.Sparks ; Acc M.McGlin.2DE DIVISION.Prix Mary O’Haire ; Acc B.Ryan.3eme division.Prix Clara Gingras ; Acc A.Matte.ARITHMETIQUE—1ERE DIVISION.Prix M.Desroches ; Acc C.Gingras.3eme division.Sagesse—Prix Elise Greniei ; Acc Marie Bilodeau.Catéchisme—Prix Délima Pageau ; Acc Eliza Dionne.Grammaire—Prix Elise Grenier ; Acc Léda Trudelle.Histoire Sainte—Prix Léda Trudelle; Acc Sephora Rouillard.Arithmétique—Prix Marie Bilodeau ; Acc Léda Trudelle.Géographie—Prix Marie Bilodeau ; Acc Euphémie Tanguay.Lecture—Prix Honorine Grenier ; Acc Mabilis Blanchet.4eme division.Sagesse—Prix Anne Dél ie ; Acc Malvina Dnval.Catéchisme— Prix Léa Crépeau; Acc Mabilis Blanchet.Lecture—Prix Rose Béland ; Acc Arthémise Ferland.DEPARTEMENT DES FILLES.GRANDES CLASSE ANGLAISE.Excellence—1er pr Caroline Hughes, 2 Mary Ahern ; 1er acc Mary Malone, 2 acc Sophia Hughes.Instruction religieuse—1er pr Mary Wheelan, 2 Agnes Veldon ; 1er acc Mary Ahern, 2 Bridget Reynolds.Assiduité—1er pr Mary AVheelan, 2 Esther Fiset ; 1er acc Sophia Hughes, 2 Mary Mahon.Grammaire anglaise—Premier Groupe: 1er pr Caroline Hughes, 2 Mary Ahern; 1er acc Mary Malone, 2 acc Sophia Hughes.Second Groupe—1er pr Esther Fiset et Mary Wheelan, 2 Augusta McKay; 1er acc Elizabeth Campbell, 2 acc Mary Mahon.Troisième Groupe—1er pr Mary Workman; 1er acc Mary Ann Murphy.Histoire Sainte-Premier Groupe : 1er pr Ann Cahill et Maria O’Doud, 2 Mary Malone ; 1er acc Agnes Veldon.Second Groupe—1er pr Esther Fiset et Mary Wheelan, 2 Elizabeth Campbell ; 1er acc Rose Daly, 2 acc Mary Mahon.Troisième Groupe—1er pr Mathilda Murphy; 1er acc Mary Workman.Arithmétique—Premier Groupe : 1er pr Mary Malone, 2 Mary Ahern ; 1er acc Caroline Hughes, 2 Sophia Hughes et Mary Wheelan.Second Groupe—1er pr Rose Daly, 2 Célina Maglone ; 1er acc Ann Cahill, 2 Agnes Veldon.Troisième Groupe—1er pr Mary Ann Murphy ; 1er acc Esther Fiset, 2 acc Belzamire Matte.Quatrième Groupe—1er pr Ellen Roy ; 1er acc Anna Clarey.Géographie—Premier Groupe : 1er pr Caroline Hughes, 2 Mary Malone: 1er acc Sophia Hugues, 2 acc Mary Ahern.Second Groupe—1er pr Ann Cahill et Agnes Veldon ; 1er acc Maria O’Doud.Troisième Groupe—1er pr Esther Fiset et Célina Maglone ; 1er acc Mary Mahon.Quatrième Groupe—Elizabeth Campbell et Mary Workman ; 1er acc Ellen Roy.Lecture —Premier Groupe : 1er pr Mary Malone, 2 Sophia Hughes ; 1er acc Ann Cahill, 2 acc Agnes Veldon.Second Croupe—1er pr Rose Daly, 2 pr Mary Murphy ; 1er acc Mary Gaden, 2 acc Anna Clarey.Histoire de France—1er pr Caroline Hughes ; 1er acc Sophia Hughes.Grammaire Française —Premier Groupe: le pr Caroline Hughes, 2 Sophia Hughes; 1er acc Agnès Veldon.Second Groupe—1er pr Ann Cahill, 2 Mary Wheelan ; 1er acc Ellen Roy, 2 acc Belzamire Matte.Lecture française—Premier Groupe: 1er pr .Caroline Hughes et Sophia Hughes ; 1er acc Esthern Fiset, 2 Mary Ahern.Second Groupe—1er pr Catherine CofTéy, 2 Mary 2de division.j Prix C.Power ; Acc C.Tims.3emf.division.Prix Bedelia Waters ; Acc M.Sparks.LECTURE—1ERE DIVISION.Prix H.Kelly ; Acc B.Waters.2de division.Prix C.Tims ; Acc B.Ryan.3emf.division.Prix Fanny McKay.4eme division.LECTURE FRANÇAISE—ÔEME DIVISION.1er pr Amaryllis Matte, 2 A.Kelly.6eme division.1er pr K.Coote, 2 M.Kelly.ÉCRITURE—1ERE DIVISION.Prix Lætitia Finch; Acc Lizzy Finch.2de division.Prix B.Ryan ; Acc C.Power 3eme division.Prix A.Halee ; 1er acc E.Driscoll.4eme division.Prix Kate Hawley.Assiduité—M.Sparks, Charlotte Sparks, M.O’Haire, C.Gingras, K.Power.Table de Multiplication-Prix Mary Kelly.Ecriture—Prix Zoé Trudelle.On s’abonne, pour cinq chelins par année, au Journal de l’Instruction Publique rédigé parle Surintendant de l’Education et par-assistant-rédacteur.On s’abonne pour cinq chelins pai année au u Lower Canada Journal ni Education, rédigé par le Surintendant de l’Education et par M James Phelan, assistant-rédacteur.Les instituteurs peuvent recevoir, pour cinq chelins.les deux journaux ou, à leur choix, deux exemplaires de l’un ou de l’autre.L’abonnement, dans tous les cas, est payable d’avance.Le journal français se tire h 4.000 exemplaires et paraît vers le milieu de chaque mois.Le journal anglais se tire à 2,000 exemplaires et paraît vers lu fin de choque mois.On ne publie que des annonces qui ont trait à l’instruction publique, aux sciences, ou aux beaux arts.Prix: un chelin par ligne pour la première insertion, et douze sous par ligne, pour chaque insertion subséquente, payable d’avance.On s’abonne au Bureau de l’Education à Montréal, chez M.Thomas Roy, agent a Québec, et pour la campagne, en adressant au bureau de l’éducation une demande d’a.ionnement parla poste, avec le montant.On est prié d’indiquer clairementet lisible-mer’Je bureau de poste auquel le journal doit être expédie.Les abonnés feront bien auss d’écrire leur adresse lisiblement £l part de leur signature.D's Presses à air dilaté d’Eusèbe Senécal, 4, Rue St.Vincent, Montréal.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.