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Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Journal de l'instruction publique, 1861-12, Collections de BAnQ.

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Volume V.Montréal, (Bas-Canada) Décembre 1861- No.12.SOMMAIRE.— Littérature.— Poésie : La Veille de Noël.—Le Dernier jour de l’Année, Mae Tastu.— Les Canotiers de l’Outaouais, X.Marinier.— Sciences : Cours d’Histoire du Canada à l’Université Laval, par AI.l’Abbé Ferland (suite).—Education: Conseils aux Instituteurs: XIV.Bonté, Sévérité; XV.Etudier le Caractère des Enfants, Th.H.Barrau.—De la Calligraphie : IL De l’Insuffisance et des Inconvénients qu’ortre l’usage exclusif des Modèles d’Ecriture, Taiclet.—Exercices pour les Elèves des Ecoles.—Vers ù.apprendre par cœur : L’Art de l’Imprimerie.— Dictées liomonymiques.—Solutions des problèmes de la livraison précédente.— ____Avis Officiels : Nomination d’Examinaleurs.—Diplômes accordés parles Bureaux —„d*Examinateurs.—Instituteur Disponible.—Dons laits aux Département.— Eli-^ torial : Lord Monck et l’Instruction Publique.—Ecole des Beaux-Arts ; Lecture de M.Bourassa à l’Ecole Normale Jacques-Cartier.—Extraits des Rapports des Inspecteurs d’Ecole pour 1859 et 1860 (suite).—Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers: Bulletin de l’Instruction Publique.—Bulletin des Lettres.—Bulletin des Sciences.—Bulletin des Beaux-Arts.LITTERATURE.POESIE.LA VEILLE DE NOEL.Le monde entier m’oublie et me délaisse; Je n’ai connu que d’éternels 60ucis : Vierge sacrée, au moins donne à mon fils Tout Je bonheur qu’espérait ma jeunesse ! Pour mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.Paisible, il dort du sommeil de son âge, Sans pressentir mes douloureux tourments.Reine du ciel, accorde-lui longtemps Ce doux repos, qui n’est plus mon partage ! Pour, mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.Tendre arbrisseau menacé par l’orage, Privé d’un père, où sera ton appui?A ta faiblesse il ne reste aujourd’hui Que mon amour, mes soins et mon courage.Chantez au Seigneur un nouveau cantique, car un petit enfant nous est né, un fils nous a été donné.Messe de Minuit.Entre mes doigts guide ce lin docile, Pour mon enfant tourne, léger fuseau ; Seul tu soutiens sa vie encor débile : Tourne sans bruit auprès de son berceau.Pour mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.Mère du Dieu que le chrétien révère, Ma faible voix s’anime en t’implorant : Ton divin Fils est né pauvre et souffrant : Ah ! prends pitié des larmes d’une mère ! Les entends-tu, chaste Reine des anges, Ces tintements de l’airain solennel ?Le peuple en foule, entourant ton autel, Avec amour répète tes louanges.Pour mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.Si je ne puis unir aux saints mystères Des vœux offerts sous ies sacrés parvis, Si le devoir me retient près d’un fils, Prête l’oreille à mes chants solitaires.Pour mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne 6ans bruit auprès de son berceau.Porte des cieux, Vase élu, Vierge sainte, Toi qui du monde enfantas le Sauveur, Pardonne, hélas ! trahissant ma ferveur, L’hymne pieux devient un chant de plainte.Pour mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.Pour mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.Des pas nombreux font retentir Ja ville ; Ce bruit confus, s’éloignant par degrés, M’apprend la fin des cantiques sacrés.J’écoute encor.déjà tout est tranquille.Pour mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.Tout dort, hélas ! je travaille et je veille ; La paix des nuits ne ferme plus mes yeux.Permets du moins, appui des malheureux, Que ma douleur jusqu’au matin sommeille ! Pour mon enfant tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.Mais non, rejette, ô divine Espérance, Ces lâches vœux, vains murmures du cœur ; Je veux bénir cette longue souffrance, Gage certain d’un immortel bonheur.4287 80^238 198 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Entre mes doigts guide ce lin docile, Pour mon enfant tourne, léger fuseau ; Seul tu soutiens sa vie encor débile : Tourne sans bruit auprès de son berceau.Mde.Tastu.LE DERNIER JOUR DE L’ANNÉE.Eternité, néant, passé, sombres abîmes.Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?Alphonse de Lamtrtine.Déjà la rapide journée Fait place aux heures du sommeil, Et du dernier fils de l’année S’est enfui le dernier soleil.Près du foyer, seule, inactive, Livrée aux souvenirs puissants, Ma pensée erre, fugitive, Des jours passés aux jours présents.Ma vue, au hasard arrêtée, Longtemps de la flamme agitée Suit les caprices éclatants, Ou s’attache à l’acier mobile Qui compte sur l’émail fragile Les pas silencieux du temps.Un pas encore, encore une heure, Et l’année aura sans retour Atteint sa dernière demeure ; L’aiguille aura fini son tour.Pourquoi, de mon regard avide, La poursuivre ainsi tristement, Quand je ne puis d’un seul moment Retarder sa marche rapide ?Du temps qui vient de s’écouler Si quelques jours pouvaient renaître, Il n’en est pas un seul peut-être Que ma voix daignât rappeler! Mais des ans la fuite m’étonne ; Leurs adieux oppressent mon cœur ; Je dis : C’est encore une fleur Que l’âge enlève à ma couronne Et livre au torrent destructeur ; C’est une ombre ajoutée à l’ombre Qui déjà s’étend sur mes jours ; Un printemps retranché du nombre De ceux dont je verrai le cours ! Ecoutons !.Le timbre sonore Lentement frémit douze fois ; Il se tait.Je l’écoute encore, Et l’année expire à sa voix.C’en est fait ; en vain je l’appelle, Adieu !.Salut, sa sœur nouvelle, Salut ! Quels dons chargent ta main ?Quel bien nous apporte ton aile ?Quels beaux jours dorment dans ton sein?Que dis-je ! A mon âme tremblante Ne révèle point tes secrets: D’espoir, de jeunesse, d’attraits, Aujourd’hui tu parais brillante ; Et ta course insensible et lente Peut-êtie amène les regrets ! Ainsi chaque soleil se lève Témoin de nos vœux insensés ; Ainsi toujours son cours s’achève, En entraînant, comme un vain rêve, Nos vœnx déçus et dispersés.Mais l’espérance fantastique, Répandant sa clarté magique Dans la nuit du sombre avenir, Nous guide d’année en année Jusqu’à l’aurore fortunée Du jour qui ne doit pas finir.Mde.Tastu.I-.es Canotiers de l’Ontaouals.C’est une curieuse chose que ces canots, employés, depuis un temps immémorial, sur les lacs et les rjyières de i’Américjue du Nord.La coque en est faite avec quelques rameaux d’une espèce de cèdre, désigné par les Canadiens sous le nom de bois blanc.Cette coque n’est point revêtue de planches solides, comme nos yoles les plus fines, mais tout simplement recouverte d’écorces de bouleau ; ni clous, ni chevilles.Le même arbre qui fournit aux constructeurs de cette chaloupe les matériaux élémentaires, leur offre les rameaux flexibles avec lesquels ils lient, l’un à l’autre, les diverses pièces de leur charpente.L’écorce est détachée, au mois de juin ou de juillet, des tiges de bouleau choisies parmi les plus grosses et les plus lisses.On l’enlève par larges bandes carrées ; on la ratisse à sa surface intérieure, puis on la remet aux femmes indiennes qui en cousent adroitement les divers lambeaux avec des fibres d’arbres.Les hardis marins d’Archangel s’aventurent quelquefois dans les orageux parages du nord, sur de grossiers bâtiments, construits ainsi tout entiers avec des pièces de bois, sans un seul morceau de fer.Les insulaires de la mer du Sud entreprennent de longs voyages sur des pirogues taillées dans le tronc d’un arbre.Les Groënlendais façonnent leurs kayacks avec des peaux de phoque.De toutes ces constructions primitives, la plus agréable et la plus sûre peut-être, est celle de l’Indien ; l’idée lui en est venue vraisemblablement par la construction de son wigwam ; car la plupart des wigwams, dans l’Amérique septentrionale, sont érigés avec des branches d’arbre et recouverts d’écorce de bouleau.A voir un de ces canots, fabriqués comme je viens de le dire, et calfatés avec de la résine, il semble qu’en y posant le pied, on doit en briser l’enveloppe, ou qu’au moindre choc contre un banc de sable, il doit se crevasser.Le fait est qu’il y en a de si légers, qu’un homme les transporte, sans trop de peine, d’un endroit à l’autre, sur ses épaules.Ceux-là glissent à la surface de l’eau comme la jaune feuille d’automne, a dit le poète Longfellow, comme le mobile calice du lis aquatique.Il eu est qui sont faits par les mêmes procédés, mais dans de plus grandes dimensions, et qui portent de lourds fardeaux, parfois toute une cargaison de fourrures, parfois toute une cohorte de colons avec ses bagages.C’est aux Indiens que nous devons cette simple et pourtant cette ingénieuse invention.Qnand les Européens débarquèrent sur les rives du Saint-Laurent, ils reconnurent bien vite les avantages d’une telle embarcation, dans le pays qu’ils voulaient explorer, et l’employèrent à leur usage, sans essayer de la modifier.A nos compatriotes, qui plantèrent le drapeau de la France sur le sol du Canada, cette contrée n’offrait point, comme l’Amérique du Sud aux Espagnols et aux Portugais, le fatal appât des veines d’or et des mines de diamants, qui fit commettre tant de cruautés et verser tant de sang.Elle ne leur offrait pas non plus cette abondance de fruits savoureux et de fleurs splendides qui ravit, dans les Antilles, les regards de Christophe Colomb.On n’y voyait ça et là, dans les districts les plus habités, que quelques champs de céréales, et de tous cotés s’élevaient, comme les barrières mystérieuses d’un monde inconnu, les sombres forêts dont nul homme n’avait mesuré l’étendue, où jamais la hache du bûcheron n’avait retenti, où le sentier, à peine frayé par le chasseur nomade, était aussitôt effacé par la végétation de l’année.Mais ces forêts renfermaient des toisons qui, pour le marchand perspicace, devaient être comme celle de la Colchide pour les Argonautes, des toisons d’or.Dès les commencements de notre colonie, le commerce des fourrures fut organisé dans le Canada, et l’on sait quel développement il a pris par l’activité de la compagnie du Nord-Ouest et de la souveraine compagnie de la baie d’Hudson.C’est à nous que les Anglais doivent leurs premières notions sur cette fructueuse opération ; c’est nous qui leur avons ouvert le chemin de leurs possessions, et maintenant il ne nous reste plus rien sur ce sol que nous avons les premiers défriché et exploré !.Plus rien ! non, je me trompe ; il nous reste, dans cette noble région du Canada, un souvenir de gloire et d’amour, plus puissant que l’arrêt de mort dont le hideux traité de Paris frappa notre souveraineté ! Morte quis fortior ! Gloria et amor -Les premiers bénéfices réalisés par nos marchands dans le trafic des fourrures, excitèrent leur convoitise.Les Indiens, campes a quelque distance de nos comptoirs, y apportèrent d’abord tout ce qu’ils avaient de peaux de loutres, de castors, de renards et d’autres animaux.Dans la naïveté rie leur ignorance, ils les livraient gaiement pour des objets sans valeur.Ces premières cargaisons étant épuisées, il fallut en chercher d’autres plus loin.C’est avec les canots cl’écorce que ces intrépides aventuriers, qu’on appelâtes Voyageurs et les Coureurs de bois, remontèrent les rivières, traversèrent les lacs et pénétrèrent dans les régions sur lesquelles les plus savants géographes d’Europe n’avaient pas le moindre indice.C’est avec ces canots que nos missionnaires, animés par une peu* sée plus louable, atteignirent le Mississipi et découvrirent la Louisiane.C’est avec un de ces mêmes canots que je navigue, depuis JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.199 quelques jours, sur les flots de l’Ottawa.Il faut avouer que cette coquille flottante est un peu étroite ; je ne puis m’y étendre dans une molle posture, comme un pacha sur son divan, et il ne m’est pas difficile de croire que Cléopâtre était assise plus commodément dans la galère, aux voiles de pourpre et aux lambris dorés, avec laquelle elle s’en allait, sur le Cydnus, à la rencontre d’Antoine ; mais, grâce au ciel, je ne suis pas encore assez sibariie pour ne pouvoir souffrir un froissement un peu plus dur que celui du pli d’une rose, et la nouveauté du spectacle qui se déroule à mes yeux est assez attrayante pour me faire oublier une petite gène corporelle.Il arrive souvent que notre sotte machine de chair et d’os se regimbe contre la royauté de l’âme ; n’est-il pas juste que ses animales exigences soient quelquefois un peu réprimées ?Cet Ottawa, qu’on appelle à juste titre la Grande-Rivière, ces beaux points de vue qui l’environnent, ce canot, inventé par des peuplades qui n’avaient jamais reçu une leçon scientifique, et ces hommes qui le conduisent, tout est nouveau pour moi.Nos six rameurs sont les descendants de ces anciens coureurs de bois, dont les courageuses expéditions occupaient une si grande place dans l’histoire de la colonisation européenne, en Amérique.L’un d’eux pourrait ajouter plus d’une curieuse page à cette étonnante chronique.On l’a surnommé Passe-Partout, et il mérite bien ce nom ; car il a été, au péril de sa vie, dans les régions les plus sauvages de la moitié du continent américain : il a parcouru les plages glaciales du nord, et les immenses prairies de l’ouest ; il a vécu avec les Esquimaux du Labrador, les Indiens de la baie d’Hudson, et les trappeurs de l’Arkansas.Au récit de ses nombreux voyages et des dangers de toute sorte auxquels il a échappé, il pourrait joindre d’amusants détails sur ses divers régimes alimentaires : il a savouré les bosses de bison, les queues de castor, les pattes d’ours, le nez d’élan, ces friandises gastronomiques du chasseur américain.Ce sont là les mets délicats dont il garde un agréable souvenir et dont il espère bien encore se délecter ; mais quelquefois aussi, en de tristes jours de disette, il a été obligé de se contenter de la chair coriace d’un corbeau, ou d’un morceau de phoque huileux et rance, quelquefois même il n’a eu, pour apaiser sa faim, que des racines sauvagps et cette espèce de lichen que nos anciens voyageurs canadiens ont appelé tripe, de roche.Je te laisse à penser, mon cher Georges, quelle doit être la figure de cet homme; les années l’ont ridée, comme l’écorce d’un vieil arbre, et la fumée des tentes et les ardeurs du soleil l’ont revêtue d’une teinte de bronze ; mais, quoiqu’il ne soit plus jeune, il est encore alerte et plein de force, content de son aventureux métier, et bien résolu à sillonner les lacs et les rivières, à courir les bois, tant qu’il pourra tenir une rame, ajuster un fusil.Deux autres de nos bateliers ont une physionomie un peu sournoise qui ne me plaît guère.Jean-Baptiste affirme pourtant qu’ils n’ont d’autre défaut que d’aimer un peu trop le whisky.Quoi qu’il en soit, tous accomplissent bravement leur tâche, et, selon la coutume de leurs prédécesseurs, dans leur rude profession, ils cadencent, à certains moments, les mouvements de leurs rames ; ils chantent, non point comme les gondoliers de Venise, le poème des croisades, travesti en dialecte vénitien, mais les naïves chansons de leurs pères.Quand les Français vinrent, à la suite de Cartier, de Champlain et de quelques illustres gouverneurs de notre colonie, s’établir dans le Canada, ils apportèrent, sur cette terre américaine, la poésie de leur foyer, les chansons populaires de leur province.Ces chansons, ils se plaisaient à les enseigner à leurs enfants.D’âge en âge, la noble race canadienne les a conservées comme un trésor héréditaire, comme un des témoignages de son origine française ; Je paysan les a répétées à sa famille, dans les veillées d’hiver, à un cercle d’amis, en ses jours de fête.Le voyageur a fait retentir de ces refrains traditionnels tous les échos de la contrée.Hélas ! et plus d’un de ces ardents voyageurs est mort dans sou trajet, en murmurant peut-être, au fond des bois, les strophes qu’il avait apprises, bien loin de là, et en se souvenant ainsi du doux pays natal.Et dulces moriens reminiscitur Argos.Les fidèles Canadiens ont si bien gardé cette poésie de leurs pcres que, si nous voulions faire un recueil complet de nos anciennes chansons populaires, nous en découvririons parmi eux plusieurs qui leur viennent des rives de la Seine, de la Loire ou du Doubs, et qui sont, aujourd’hui, oubliées ou tout au moins dénaturées, dans les campagnes où elles ont été pour la première fois modulées.J’en ai eu un exemple à Québec ; j’ai entendu, là, chanter, dans une amicale réunion, tous les vers d’une jolie chanson francomtoise, dont je n’ai jamais pu retrouver, dans nos villages que quelques lambeaux.Mais ce sont surtout les bateliers qui se plaisent à répéter ces vieilles et rustiques mélodies.Le chant les égaye, dans la profondeur des forêts silencieuses, dans les lieux déserts qu’ils tra- traversent ; et à voir l’empressement avec lequel ils s’y associent, on dirait qu’il est un auxiliaire essentiel de leur travail.Dès qu’ils ont mis leur barque à flot, l’un d’eux entonne une des pièces de leur répertoire et en module, d’une voix vibrante, les deux premiers vers; les autres chantent, sur un ton un peu plus élevé, les vers suivants, et tous psalmodient à la fois le refain.Voici une des chansons que j’ai entendues, dans mon voyage sur l’Ottawa.Le style n’en est pas très-correct, les rimes n’en sont pas riches; mais, telle qu’elle est, elle a résonné au milieu des scènes les plus imposantes du nouveau monde ; d’âge en âge, elle a ravivé, dans leur pénible labeur, le courage d’une quantité de braves gens ; elle a distrait et égayé peut-être le voyageur solitaire, par les souvenirs qu’elle réveillait en lui.Quel poète élégant, harmonieux, couronné par plusieurs académies, ne serait satisfait d’un tel succès ?Mets donc un instant de côté, mon cher Georges, les principes de versification qu’on t’a enseignés au collège, et lis, comme une bonne œuvre naïve de nos pères, ces stances, importées à je ne sais quelle époque, dans le Canada : Derrière chez ma tante, Il y a un bois joli ; Le rossignol y chante Et le jour et la nuit.Gai Ion là, gai le rosier Du joli mois de mai.Le rossignol y chante Et le jour et la nuit : Il chante pour ces dames Qui n’ont point de mari.Gai Ion là, gai le rosier Du joli mois de mai.Il chante pour ces dames Qui n’ont point de mari ; il ne chante pas pour moi, Car j’en ai un joli.Gai Ion là, etc.Il ne chante pas pour moi, Car j’en ai un joli : Il n’est pas dans la danse ; 11 est bien loin d’ici.Gai Ion là, etc.Il n’est pas dans la danse ; Il est bien loin d’ici : Il est dans la Hollande ; Les Hollandais l’ont pris.Gai Ion là, etc.Il est dans la Hollande ; Les Hollandais l’ont pris : Que donneriez-vous, belle, Qui l’amènerait ici ?Gai Ion là, etc.Que donneriez vous, belle, Qui l’amènerait ici?Je donnerais Québec, Sorel et Saint-Denis.Gai Ion là, etc.Je dois ajouter que les Canadiens ne se contentent pas toujours des chansons qui leur ont été transmises par leurs aïeux ; il leur en faut de nouvelles, pour de nouvelles circonstances, et plus d’un paysan pourrait 6e vanter d’avoir fait la sienne, au temps où il était amoureux et au jour de son mariage.Les canotiers ont aussi leurs poètes qui racontent en vers naïfs les épisodes les plus notables de leur vie aventureuse.Au moyen âge, les moines relataient ainsi les principaux évènements dans des chroniques rimées.Les bateliers font la leur presque toujours dans la même forme, y adaptent une mélodie traditionnelle, et la chantent dans leurs voyages.Si l’un d’eux succombe à l’un des nombreux périls, auxquels ils sont tous presque constamment exposés, ils honorent sa mémoire par une complainte ; mais, comme ils sont très-superstitieux, il y a des moments où le souvenir de ces complaintes leur semble d’un fâcheux augure, et alors ils tâchent de Lécarter de leur esprit.Quand nos bateliers eurent répété le dernier couplet du joli rosier, l’un d’eux dit : “ Chantons la complainte de Pernet,” puis il en murmura une des strophes : On avait encor l’espoir Qu’il se fût sauvé, C’est son chien qui a fait voir Son bon maître noyé. 200 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE “ Non, non, répliqua vivement un autre ; cette histoire est trop triste ; je ne veux pas y songer.— Eh bien! dit Bernard, chantons la dolente complainte de Cayeux.— Non, de grâce! pas celle-là, s’écria Passe-Partout, d’un ton de mélancolie qui contrastait singulièrement avec sa mâle et rude physionomie.Ce pauvre Cayeux a été mon compagnon er.plusieurs de mes voyages ; il m’a secouru en diverses circonstances ; il était brave et bon”, et je ne puis songer à lui sans me sentir le cœur 6erré.” Ces paroles éveillaient en moi le désir de connaître l’histoire de Cayeux, et je demandai à Bernard s’il pourrait me la raconter.“ Qu’en pensez-vous, dit Bernard en se tournant vers Passe-Partout ?Permettez-vous que je cède à la prière de mon jeune ami?— Comme il vous plaira, répliqua le vieux batelier en penchant la tête sur le bord du canot.C’est près d’ici que le malheureux Cayeux a été surpris par les Indiens.Son âme revient peut-être encore quelquefois dans les lieux qu’il a tant de fois parcourus, et peut-être qu’elle nous observe en ce moment et qu’elle sera contente de voir qu’on se souvient d’elle.” Bernard écouta cette réponse avec une sorte de recueillement.Les Indiens qui n'ont point encore été entièrement convertis au dogme du christianisme, conservent sur la migration des âmes de touchantes traditions.Il en est qui croient qu’après l’ensevelissement du corps qu’elle habitait, l’âme inquiète continue à errer autour de la demeure de ses parents et de ses amis, jusqu’au jour où elle est apaisée par une dernière cérémonie de deuil, et alors elle s’envole sous la forme d’une tourterelle.lien est qui sont persuadés que les enfants ne sont enlevés, dès leur bas âge, à l’amour de leurs parents que par une fatale erreur de la mort, et doivent recommencer une nouvelle vie.On les enterre près du wigwam, ou le long des sentiers du village, afin que les femmes en passant puissent recueillir leurs âmes.Ces douces et tendres crédulités, que la raison peut bien ne pas admettre, mais qui émeuvent le cœur, se sont répandues parmi les Canadiens, et si bon catholique qu’il fût, Bernard me paraissait | très-disposé à admettre les affectueuses superstitions de Passe- Partout., , .Il garda un instant le silence, comme s’il hésitait a taire le récit que je lui avais demandé, puis enfin il me dit : 1 “ Jean Cayeux était un voyageur canadien, distingue par son coura°e et son habileté, très-brave homme en outre, fort estimé des marchands qui l’employaient à leur service, très-aimé de ses compagnons, quoiqu’il refusât de s’asseoir à leurs orgies, et rappor-taut fidèlement à sa femme et à ses enfants le produit de son « Il habitait une cabane solitaire, près d’une des cataractes de l’Ottawa Un soir, il entend tout à coup retentir un cri formidable • c’était le cri de guerre, le cri de fureur d’une horde d’Iro-auois qui, quelque temps auparavant, avaient voulu arrêter une cohorte de voyageurs, et avaient perdu deux de leurs guerriers dans cette bataille.°Depuis ce jour, ils n’aspiraient qu’à se venger de leur échec, et ils venaient de découvrir la demeure de Cayeux.“ Hors d’état de se défendre contre une telle invasion, Cayeux se hâta d’embarquer sa femme et ses enfants dans son canot, les conduisit au bord de la cataracte, puis remit sa rame entre les mains de son fils aîné en lui donnant ses dernières instructions, et quitta la frêle nacelle pour ne pas la surcharger dans ce périlleux pas-sa UCATTO ÜST.Conseils aux Instituteurs.XIV.BONTÉ.-SÉVÉRITÉ.Il ne suffit pas d’être zélé, patient, exact ; ce qui ne vous importe pas moins, c’est de prendre de l’autorité sur les enfants et de vous faire obéir.L’obéissance des enfants résultera de deux sentiments que vous devez leur inspirer à la fois et qui se prêtent un mutuel appui: la crainte et l’amour.Une sage sévérité produit la crainte ; une bonté paternelle fait naître l’amour.C’est ce dernier sentiment qui doit dominer dans l’éducation, en sorte que la sévérité même ait sa cause et sa source dans la bonté.Jugez d’après ce principe, ces maîtres durs et grossiers qui, n’osant satisfaire par des coups la fureur qui les anime, écrasent à force de brutales invectives la naïve timidité des enfants.Malheur à l'instituteur qui entre dans cette voie ! il ne pourra plus en sortir; ce sera là son premier châtiment.Lorsqu’on s’est laissé aller une ou deux fois à de tels emportements, on en contracte l’habitude ; on est incapable de se contenir, on ne sait plus rien dire avec douceur, on devient de plus en plus grossier, insultant, et l’on ne s’en aperçoit même pas.Qu’arrive-t-il de là ?Les enfants s’accoutument à ccs dehors furieux, qu’ils croient un accompagnement nécessaire de la peine qu’on se donne pour les instruire.11 en résulte que, si l’on veut agir doucement et naturellement avec eux, on ne produit plus aucun effet: ils sont devenus semblables à des gens sourds que le bruit du tonnerre seul peut réveiller.Leur sensibilité est émoussée, et ne peut plus être excitée que par des mots piquants, par des paroles blessantes.Fidèles imitateurs de leur maître, ils sont brutaux les uns envers les autres, grossiers envers lui.Quoi de plus hideux que le spectacle d’une telle classe ?Je ne crains pas pour vous, la contagion d’un si odieux exemple ; mais vous tomberiez dans un excès non moins dangereux, quoique d’une nature toute différente, si vous poussiez la bonté jusqu’à la familiarité.Sachez vous mettre à la portée des plus petits enfants, mais ne redevenez pas enfant vous-même.N'ayez point pour eux de puériles complaisances.Un père peut se les permettre quelquefois ; un maître, jamais.L'autorité d’un père est tellement inhérente à sa personne, qu’il ne peut guère craindre de la compromettre ; celle de l’instituteur n’est qu’empruntée : il s’exposerait à la perdre, s’il s’oubliait un seul instant.Vous avez peut-être lu que Henri IV, pour amuser ses petits enfants, courait avec eux dans sa chambre, à cheval sur un bâton.Loin d’affaiblir sa gloire, cette faiblesse de l’amour paternel en rehausse l’éclat : on aime à voir un si bon père dans un si grand roi.Mais vous, vous êtes toujours exposé au soupçon de petitesse dans les idées.Pour que l’on ne vous confonde pas avec les enfants que vous instruisez, pour qu’ils ne vous croient pas eux-mêmes semblable à eux, conservez toujours la dignité dans la bonté.Cette bonté même n’a de mérite qu’autant qu’une juste sévérité lui donne du prix.Les enfants n’aiment guère sincèrement que celui qui sait se faire craindre ; ils ne savent gré de sa douceur qu’à celui qui a fait preuve d’énergie.C’est donc une grande erreur que d’agir sans cesse avec les enfants comme avec des personnes raisonnables.Cette conduite, séduisante peut-être dans la théorie, est détestable dans la pratique.Si l’enfant comprenait toutes les conséquences de sa conduite s’il réfléchissait avant d’agir, s’il savait immoler une jouissance présente à un avantage à venir, en un mot, s’il avait, comme nous, de la raison, ayant en outre son aimable innocence, la pureté de ses jeunes idées et toute la chasteté du cœur, il serait bien supérieur à nous.N’espérons pas une chose si contraire à la nature.Rien n’est plus facile pour un esprit droit et ferme que de tout obtenir des enfants par l’autorité.Ce serait folie que de vouloir substituer à ce moyen d’action des raisonnements mal compris et bientôt oubliés.Que de choses on doit leur défendre, sans que la prudence permette de leur expliquer la défense ! Que d’occasions où le raisonnement 203 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.les conduirait à leur perte, et où l'obéissance seule peut les sauver ! On a parlé de conduire l’enfance uniquement par le sentiment.Ce mode d’éducation ne serait peut-être pas, à la rigueur, impossible pour un enfant isolé, dont l’heureux naturel aurait été dès le berceau dirigé par une tendresse éclairée, et qu’une surveillance de tous les instants pourrait soustraire à toutes les mauvaises impressions.Mais du moment où les enfants sont réunis et forment ce qu’on appelle une classe, la légèreté de ces jeunes esprits s’accroît par leur contact réciproque, et l’autorité seule peut l’empêcher de dégénérer en une dissipation qui perdrait tout.Ira-on, à chaque faute, faire appel à leurs sentiments ?mais c’est profaner les choses les plus saintes que d’en abuser ainsi à tout propos ; on ne doit attaquer le cœur que dans les grandes occasions.Il est, en fait d’éducation, des théories qui sont innocentes tant qu’elles ne sont que des théories : mais du moment qu’un maître imprudent veut les mettre en pratique, elles deviennent coupables; car elles ne s’expérimentent qu’aux dépens de la jeunesse, dont elles compromettent l’avenir.Sovez donc très-réservé dans l’exercice de cette noble vertu qu’on appelle indulgence.C’est enhardir les enfants au mal, que d’être indulgent mal à propos, c’est-à-dire quand leur repentir n’est pas profond et sincère, et surtout quand la faute porte un caractère de malice.Les enfants ne vous sauront aucun gré de votre bonté, ils ne la comprendront pas ; ils ne verront que l’impunité, qui les rendra plus méchants.Les esprits faux, les mauvais cœurs (et il peut s’en trouver parmi eux) sont incapables de comprendre les sentiments élevés.Us vous croiraient d'autant plus faible que vous auriez été plus indulgent.Qui peut prévoir jusqu’où irait alors leur perversité insolente ?Dans leur propre intérêt, sachez être sévère.Si une faute a été commise contre vous personnellement, ne cédez pas à un mouvement de générosité qui vous ferait craindre que la punition ne ressemblât à la vengeance.Ne soutfrez jamais qu’on blesse dans votre personne le respect dû par l’enfant à son maître.Des fautes de ce genre sont mortelles pour la discipline ; si elles se renouvellent fréquemment, la classe devient impossible, ou, si elle subsiste encore, il vaudrait mieux qu’elle fût fermée, puisqu’elle devient pour les enfants l’école du mal.Des enfants qui manquent de respect à leur maître ne respecteront personne ; plus tard, ils se riront de leurs parents, des magistrats, des lois ! XV.ÉTUDIER LE CARACTÈRE DES ENFANTS.Vous saurez employer avec succès les ressorts de la crainte et de l'amour, si vous connaissez parfaitement le caractère des enfants confiés à vos soins.Les enfants ont des traits généraux qui leur sont communs à tous ; mais il est une infinité de traits particuliers qui les différencient.Il n'est peut-être pas plus difficile de trouver deux feuilles d’arbres entièrement semblables que deux caractères d’enfants parfaitement jumeaux.Tâcher de les réduire tous au même niveau, ce serait vouloir forcer la nature ; chercher à les diriger par les mêmes ressorts, ce serait tenter l’impossible.Etudiez donc soigneusement tous ces caractères divers ; recueillez tous les renseignements que leurs parents, leurs voisins, leurs amis pourront vous transmettre ; observez les sans affectation dans les promenades et dans les jeux, où le naturel, affranchi des contraintes de la classe, éclate dans sa liberté ; gagnez leur confiance, et obtenez d’eux la révélation des secrètes pensées de leurs cœurs.Par une telle étude, vous parviendrez à les bien connaître, et vous emploierez avec chacun d’eux les moyens les plus appropriés à sa nature.Il en est dont le naturel vif et enjoué ne sait rien prendre au sérieux, et dont les fautes, toujours causées par la légèreté, sont à peu près sans conséquence.Il en est d’autres dont l humeur est sombre et farouche, et qui, lorsqu’ils font le mal, le font avec une préméditation coupable.Chez quelques uns un extérieur doux, modeste et docile est l’indice des qualités les plus heureuses ; chez d’autres, ces mêmes dehors cachent une hypocrisie profonde et servent de voile à tous les vices.11 y en a (j’ose à peine le dire) à qui il ne faut jamais montrer d’amitié : l’affection qu’on leur témoigne les rend orgueilleux et insolents.Il y en a qu'il faut bien se garder de blesser par un mot un peu vif: ils s’en exagèrent l’importance, se croient en butte à l’indifférence et au mépris, se découragent et ne travaillent plus.D’autres, au contraire, languiraient s’ils n’étaient réveillés par des paroles vives ; sans cette animation extérieure du maître qui se communique à eux, ils s’endormiraient dans une incurable apathie.U en est à qui il faut parler avec une familiarité amicale, qui les anime et les remplit de joie et d'espoir.Avec d’autres, la voix doit toujours être grave, le maintien sévère : il faut les tenir à distance.Il en est que la crainte retient, d’autres qu’elle abrutit et décourage.Il en est de si ardents, de si impétueux, qu il faut les modérer même dans le bien et employer sans cesse avec eux la bride et le mors.Il en est qu’il faut savoir deviner, et qui, sous un extérieur presque stupide, cachent un esprit pénétrant et une sensibilité profonde.Je m’arrête ; car vouloir détailler les traits qui différencient tous les caractères des jeunes élèves, ce serait entreprendre une tâche infinie.On me dira peut-être : “ Parmi ces caractères divers, il en est de bien peu aimables : l’apathique, l’indifférent, celui qu’une juste sévérité exaspère, celui qu’une bonté indulgente enhardit au mal, méritent-ils qu’on se donne tant de peine pour eux 1 Ne suffit-il pas de les contraindre tous à l’obéissance par la rigueur ?” Ce n’est pas vous, qui vous permettrez une telle objection.Vous savez qu’un maître qui agirait inconsidérément envers ces jeunes esprits les pousserait infailliblement au mal, et que le seul moyen de les améliorer, c’est d’user avec chacun d’eux du remède qui peut le guérir.Que penserait-on d’un médecin qui ne daignerait pas consulter le tempérament de ses malades, et qui appliquerait indistinctement à tous le même traitement?Ne le regarderait-on pas avec raison comme un assassin?Un maître qui agirait de même ne pourrait-il pas à juste titre être considéré comme le meurtrier de ces jeunes âmes qu'on lui confie ?Dans les commencements de votre exercice, vous vous tromperez peut-être plus d’une fois dans l’appréciation des caractères.Dès que vos propres observations ou les sages remontrances d’un supérieur ou d’un ami vous auront averti de votre erreur, hâtez-vous de la réparer.Plus vous avancerez dans le caractère, plus vos fautes deviendront rares.Vous acquerrez insensiblement et ce tact qui fait apprécier promptement et sûrement les caractères, et cette habitude qui fait que, presque sans y penser, on emploie instinctivement avec chacun d’eux le moyen qui doit réussir.Th.H.Barrau.De la Calligraphie.II.DE L’INSUFFISANCE ET DES INCONVÉNIENTS QU’OFFRE L’USACE EXCLUSIF DES MODÈLES D’ÉCRITURE.Les principes ou éléments de toute méthode 'd’Ecrituie, spéciale 204 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.ment destinée aux écoles primaires, par conséquent à l’enseignement collectif, doivent avoir pour premier résultat de diriger les élèves instinctivement, comme le font les bonnes méthodes de lecture.Il faut, en outre, que les exercices soient aussi, dans le même but, classés selon les tendances naturelles des enfants, et, de plus, gradués conformément au principe qui prescrit de proportionner le travail à l'âge, à l’intelligence et aux dispositions de celui auquel il est imposé, principe qui n’a pu être qu’imparfaite-ment observé par les auteurs d’ouvrages calligraphiques, malgré tous leurs eftorts : étrangers la plupart à l’enseignement, ils ne peuvent, par suite, en connaître ni toutes les difficultés ni les vrais besoins.Il est nécessaire encore que les procédés des méthodes à l’usage des écoles, différent des procédés des méthodes composées en vue de l’enseignement individuel, cachet qu’elles portent toutes, à en juger seulement par le plan.Le maître particulier est toujours en lace de son élève ; mais l’instituteur ne peut pas, lui, être à la fois près de chacun de ses élèves pour lui faciliter la pente et l’exécution, et pour lui aider à donner aux lettres la forme, la hauteur et l’égalité voulues, soit en conduisant la main faible ou tremblante, soit en lui faisant suivre, pour la façonner plus vite à l’exécution de certains caractères, un tracé au crayon, exercice que l’enfant, dont les mouvements ne sont pas assurés, répète tant que cela est nécessaire.L’Ecriture demande donc à être enseignée dans les classes au-tiement que dans les leçons particulières, surtout quant aux procédés.Il est vrai que rien n’est plus facile que de mettre un modèle sous les yeux d’un enfant ; mais rien ne lui est plus difficile, à lui, que de savoir comment il doit s’y prendre pour tracer l’élément le plus simple, la lettre la plus facile, si elle n’a pas été exécutée devant lui, au moins sur l’ardoise ou sur le papier; car il ne sau-rait deviner.D’un autre côté, que sont et que peuvent être en réalité pour de jeunes enfants les lettres quand ils les voient pour la première fois sur un modèle quelconque, et sans que leur attention ait été appelée graduellement sur elles par une leçon au tableau noir, sinon des caractères sans intérêt, des figures insignifiantes, des dessins sans attrait même, puisqu’ils ignorent le nom, la valeur, le but des lettres qu’ils représentent, et que rien ne leur indique par où il faut commencer ou finir une seule d’entre elles.Celte difficulté est ^réelle, je ne la crée pas ; elle existe pour tout enfant qui n’a pas été initié au secret que présente l’exécution du caractère le plus simple : je ne fais que la signaler dans le but de rendie 1 enseignement de l’Ecriture plus agréable, aux élèves et plus facile à mes collègues.Le maître à qui cette difficulté aurait échappé jusqu’ici peut facilement elre éclairé à ce sujet : qu’il trace 6ur le tableau, même dans une grande dimension, un C, un 1 et un O, lettres qui se trouvent placées en première ligne dans la plupart des méthodes ; qu’il charge douze enfants d’intelligence différente et à la veille d’écrire, de tracer à leur tour ces caractères soit sur l’ardoise soit sur le papier, et qu’il se borne à les surveilller attentivement.Cette expérience, toujours très-intéressante à faire, sera peut-être fort utile sous le point de vue pédagogique.On reconnaîtra bientôt que ces lettres, si simples pour celui qui sait, ne le sont pas autant pour celui qui ne sait pas ; car on verra qu’après avoir tous hésité sur la manière de les exécuter, la moitié, peut-être, des élèves commenceront ces trois lettres par la fin, surtout les deux premières, et qu’ils exécuteront même d’uns façon bien différente, si elles sont précédées d’un trait.Leur embarras sera grand surtout pour l’Ô dont rien n’indique à l’œil ni le commencement ni la fin.Que ne verraient pas mes collègues, s’ils présentaient à l’imitation de ces mêmes enfants les autres lettres de l’alphabet, sans les avoir auparavant initiés à la formation de chacune d’elles, par un tracé convenablement exécuté devant eux sur le tableau noir ! J’engage néanmoins de pousser plus Join encore l’expérience que je recommande.Je conseille de faire exécuter, de la manière indiquée, non seulement par de jeunes élèves, mais encore, si on le peut, par des adultes de tout âge, et absolument ignorants, les chiffres de forme cursive.Ici encore, on sera témoin de choses curieuses : en constatera chez la plupart des élèves une tendance à commencer par le bas les chiffres 5, 7 et 9.Qu’on ne s’en étonne toutefois pas trop ; car il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui exécutent à rebours plusieurs chiffres, notamment le 6, le 9 et même le O izéro) ; tandis qu’elles s’y prennent bien lorsque ce caractère est employé pour un o (o).Il importe donc, comme on voit, que les jeunes élèves soient bien guidés et bien surveillés, surtout dans les commencements.En résumé, un modèle d’écriture ne pouvant guère être plus profitable à l’élève qui ne sait encore ni observer ni imiter, que ne l’est un livre à l’enfant qui ne connaît pas ses lettres, il paraît aussi rationnel que convenable de commencer par éveiller chez les commençants l’attention, par fixer leurs yeux, enfin par développer chez eux l’esprit d’observation.Rien n’est plus propre à cet effet, surtout dans les classes, que la démonstration, au tableau, des principes, des exercices généraux, ainsi que des moyens propres à corriger les défauts de forme dans lesquels tombent tous les élèves.Mais à ce double exercice doit être restreint à peu près l’emploi du tableau noir, dont l’usage exclusif ne saurait remplacer le modèle qu’avec perte pour l’instruction des enfants en état de copier une phiase et un texte quelconque, ainsi que je le prouverai dans le prochain article.QUESTION.Faut-il faire écrire les enfants sur l’ardoise ou sur le papier ?Cette question étant une des plus intéressantes, il est important de fixer sérieusement et définitivement l’opinion de tous les Instituteurs sur l’utilité de l’ardoise dont l’emploi bien entendu dans une classe, est à la fois le meilleur moyen de soulager le maître dans ses leçons aux plus jeunes enfants, le procédé le plus simple et le plus facile, le plus économique et le plus sûr de hâter leur progrès.RÉPONSE.L’ardoise peut nuire, et même beaucoup, aux progrès en écriture, si l’on fait écrire les enfants en gros, surtout si les caractères ont la hauteur qu’on leur donne généralement dans les écoles où l’ardoise est employée, parce qu’on oblige ainsi les commençants à appuyer fortement sur le crayon pour obtenir les pleins,—le même inconvénient ne saurait également être évité s’ils écrivent en gros sur le papier,—et qu’on développe encore, au lieu de la combattre,.la tendance si naturelle chez eux d’appuyer sur le crayon, et de le serrer entre les doigts : c’est, en un mot, déformer la main au lieu de ia former.De là aussi vient, tout d’abord, qu’un si petit nombre d’élèves parviennent à une bette et rapide expédiée, et que tant d’employés de bureaux, et de maîtres même, écrivent si péniblement et si lentement ; il n’est cependant pas moins avantageux de pouvoir écrire facilement et vite que de savoir bien écrire.Mais l’ardoise hâtera toujours les progrès, si on fait écrire les élèves en moyen, et si l’on exige d’eux qu’un dessin, qu’une simple esquisse de la lettre ; car alors loin de donner de la lourdeur à la main, comme le pensent certaines personnes, l’ardoise et le crayon de talc sont les instruments les plus commodes pour vaincre la première difficulté, et les plus convenables pour faire parvenir l’élève à une exécution facile sur le papier.Arrivé là, l’enfant éprouvera peut-être, pendant quelques jours, une petite difficulté à conduire sa plume : on comprend que cela puisse être ainsi ; mais comme il a dans l’œil la forme des lettres, et que, de plus, sa main a l’habitude de les reproduire, il réussiia plus facilement à bien diriger sa plume, ainsi qu’à acquérir la vivacité de mouvement que réclame l’écriture cursive, surtout l’expédiée.Le travail de l’élève est ainsi mis à sa portée ; autrement c’est un travail compliqué, au-dessus des forces de l’enfant, et voilà précisément pourquoi les commencements sur le papier sont si informes, se régularisent si lentement, si difficilement, et qu’ils exigent de la part du maître tant de soins pour que les élèves ne contractent pas, dés le début, de mauvaises habitudes d’exécution, qu’il est ensuite toujours si difficile de réformer complètement.L’emploi de l’ardoise, s’il était introduit dans les classes, ne contribuerait pas peu à hâter les progrès en écriture, et par suite, en calcul et en orthographe.Il serait donc avantageux que dans toutes les écoles il y eût une ou plusieurs douzaines d’ardoises : ce serait l’objet d’une faible dépense.Les enfants pauvres pourraient ainsi commencer à écrire de bonne heure, sinon sur le papier, du moins sur l’ardoise, et se rendre néanmoins l’écriture familière ; car on a vu, dans des expériences nombreuses, des enfants de 6 à 7 ans parvenir, après avoir tracé, dans un ordre méthodique et d’une manière convenable, toutes les lettres sur l’ardoise, à écrire passablement, même la première fois qu’on leur a remis une plume en main.J.Taiclet.(Conférences sur l’écriture.) Exercices pour les Elèves «les Ecoles.Vers d apprendre par cœur.L’ART DE L’IMPRIMERIE.L’homme aidé du travail, ce premier des trésors, Ne découvre le bien qu’après de longs efforts; JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.205 Les arts naissent des arts.D’abord, lorsque du lin, La dépouille se change en un brillant vélin, Sur un frêle tissu l’écriture tracée Donne un corps à la voix, un être à la pensée, A peine un bois flexible, habilement taillé En mobile alphabet se creuse travaillé, Sur les ardents brasiers où la fonte s’écoule Le plomb industrieux se façonne, se moule, Et des pensers muets dans l’esprit renfermés Fait parler à nos yeux les signes animés; Les lettres, qu’avec soin, le typographe assemble, Dans un cadre allongé se nivellent ensemble, Quand sur ces mots unis, sans être confondus, De la noire liqueur les flots sont répandus, Pour la boire à son tour, de ses pages légères Le blanc papier revêt les sombres caractères, Alors gémit la presse, et foulés avec bruit, Ces types variés, que le métal produit Gravent, d’un seul instant, ouvrage indélébile, Sur la feuille mouvante une empreinte immobile.O ! prodige! Le temps vainqueur des autres arts, Poule son char poudreux sur leurs débris épars.Mais l’âme inaccessible aux lois de la matière, Confidente du ciel, se survit tout entière ; Les chefs-d’œuvre, gardés par un soin merveilleux, Rapprochent la distance et des temps et des lieux, Embrassent l’univers, et, sans peur des naufrages, Voguent indépendants sur l’océan des âges.Dictées Ilomonyniiqiies.1.Faire, verbe, infinitif prés.Fer, n.m., sorte de métal.FERR-e, es, ent, du verbe ferrer, garnir de fer.2.Fais, du verbe faire.Fait, n.m., action ; c’est aussi une des formes du veibe faire.Faix, n.m., chaige, fardeau.3.Faisan, n.m., oiseau : littéralement oiseau du Phase, parce que le faisan fut apporté en Grèce par les Argonautes, des bords du Phase, fleuve de la Colchide.Faisant, part.prés, du v.faire.APPLICATION Le pouvoir d'une larme.Un riche seigneur avait fait périr son frère pour augmenter ses immenses domaines.Le crime demeura secret ; mais le faix des remords devenait de jour en jour plus lourd pour le coupable.Enfin, il alla se jeter au pied d’un pieux ermite, et lui faisant l’aveu de son forfait, lui demanda ce qu’il fallait Jaire pour rentier en grâce avec le ciel.“ Votre crime est horrible, iui dit l’ermite, mais la miséricorde de Dieu est infinie.Prenez cette coupe, et, j’en fais le serment, le jour où vous l’aurez remplie d’eau jusqu’au bord, Dieu vous pardonnera le sang de votre frère.” Le seigneur ferre un bâton de voyage et part, priant et jeûnant, lui qui s’était ri de la religion et dont la table était toujours chargée de faisans, de lièvres, en un mot des mets les plus délicats.Il va tremper la coupe dans le fleuve voisin ; mais l’eau se retire et ne mouille même pas les bords.Il parcourt ainsi l’Europe entière, et se rend enfin, sous l’habit de pèlerin, dans la Terre-Sainte, près du tombeau du Christ, où il espère que le miracle du pardon s’effectuera.Vain espoir! Le coupable présente inutilement sa coupe aux eaux saintes du Jourdain et au torrent de Cédron.Désespérant de fléchir le ciel, il revient enfin dans ses domaines ; et dès qu’il arrive, tenant d’une main sa coupe, de l’autre son long bâton garni de fer, son seul compagnon de voyage, il assemble ses vassaux, leur avoue son crime et ses remords, et leur annonce qu’il abandonne tous ses biens aux pauvres pour aller gémir dans la sollitude.Comme il parlait de son repentir, une larme s’échappe de ses yeux et tombe dans la coupe qu’elle remplit tout entière : Dieu venait de pardonner.Th.Lepetit.(L'Ecole Normale.) SOLUTION DES PROBLEMES D’ARITHMÉTIQUE DE LA DERNIÈRE LIVRAISON.I.Effets vendus: 244 minotsà §1.56 = $ 38.22 37£ “ à 1.96= 73.99 Total 8H2.21 Effets achetés : 24 minots à $0.80 = $ 19.20 Reste $ 93.01 93.01 Drap acheté = 26,57 verges.II.A.Lamy.Faire une proportion afin de connaître le prix des 32|- verges d’après celui des 17i verges, ensuite soustraire la réponse de $98.25 : 42 x 32î 17£:32f ::$42:x=— - = $78.60 $98.25 — $78.60 = $19.65, gain sur 32f verges.Etablir une autre proportion entre le nombre de verges qui donnent $19.65 et celui qu’il faut pour gagner $311.52.311 52 x 32 75 19.65:311.52 ::32.75:x =-',nnc '- = 519,2 verges.19.95 A.Lamy.SOLUTION DU PROBLEME D’ALGEBRE DE L’AVANT-DERNIÈRE LIVRAISON.Cette équation doit s’écrire 2x2 + 3x—5V2x2 + 3x + 9 + 3 = 0, ou encore 2x2 + 3x + 9—5V2x2 + 3x + 9 = 6, Posons 2x2 + 3x + 9 = z2, il viendra Nous avons donc 5 +V25 + 24 z1—5z—6 = 0, d’où z =-^-= 6 = 1 2x2 + 3x + 9 = 36, x2 + |x = y-, -f + Vf + 54 ; —f ± t1, d’où x = 3 et x = SOLUTION DES PROBLEMES DE GEOMETRIE DE LA DERNIERE LIVRAISON.I.La surface d’une calotte sphérique s’obtient en multipliant la hauteur par la circonférence d’un grand cercle qui la comprend.Appelons R le rayon du cercle qui comprend la calotte, h sa hauteur et 2c sa largeur ; sa surface S= 2 -gRh.Comme R n’est pas connu, on le déterminera en remarquant que dans le grand cercle qui comprend la calotte, 7i est une flèche dont la corde est c.On a 2 R—h :c : :c :h D’où 2 R=j; + h „ (4,675V2 2R= v g75^ + 3,75 = 9,57816 La surface de la calotte sera donc S= 3,1416 x 3,75 x 9,57816 = 112,849 pouces.A.Lamy.II.La parallèle excédant de 4 pouces la distance des deux cercles dans la direction des diamètres, la courbure doit être de 2 pouces.D’un de ces points, menons une perpendiculaire sur le diamètre, elle y tombera à 2 pouces vers le centre et formera la demi corde (6 pouces) d’un arc dont la flèche aura 2 pouces. 206 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Opérant comme pour le problème précédent, on a : c2 2R=^+h G2 27?= ^ + 2 = 20 D’où 72=10 A.Lamy.Selley ont, le même jour, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.D.WlIiKlK, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS PROTESTANTS DU DISTRICT DE MONTRÉAL.M.Giles Sowles et Melle.Sarah Shaw ont, le 9 de ce mois, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.AVIS OFFICIELS- INSTITUTEUR DISPONIBLE.Un instituteur, élève de l’école connue sous le nom de : York and Ripon Diocesan Training School, en Angleterre, se chargerait de la direction d'une école ou académie, pour plusieurs années même, si on le désirait.A part des branches ordinaires de l’enseignement, il pourrait enseigner les éléments des langues française et latine, ainsi que la chimie et la physiologie.Le salaire ne devra pas être moins de $400 par année.S'adresser à ce Bureau.NOMINATION D’EXAMINATEURS.DONS OFFERTS A LA BIBLIOTHÈQUE DU DÉPARTEMENT.Son Excellence, l’Administrateur de la Province, a bien voulu, par minute en conseil, en date du 19 de novembre dernier, nommer le Révérend John Irwin, membre du Bureau des Examinateurs Protestants de Montréal, en remplacement du Vénérable Samuel Gilson, M.A.archidiacre, absent de la province.Et par minute en Conseil, en date du 27 de novembre dernier, Son Excellence a bien voulu nommer le Révérend George Heaton membre du B ureau des Examinateurs de Trois-Rivières, en remplacement du Révérend Frédéric A.Smith, aussi absent de la province.BUREAU DES EXAMINATEURS DU DISTRICT DE SHERBROOKE.M.Silas H.Pearl, A.M., a, le 19 de novembre dernier, obtenu un diplôme l’autorisant à enseigner dans les académies.M.Horace Melvine Hovey et Mlle.Ednah M.’.Parker ont, le même jour, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles.MM.Thomas C.Allis, Junr., William Allis, Ceylon C.Bickford, Charles Black, John H.Brownlow, Joshual Copp, Christopher Lyster, William Lyster, Julius Leavitt, Simon McKenzie, William A.Mathew-son, Albert McCullough, Wm.J.Monteith, Wm.L.Mills, Jean Baptiste Vincent ; Madame Jane Marston ; Melles.Elizabeth Boast, Mary Ann Bennett, Margaret Cassidy, Sophia Doying, Helen M.Denison, Jane Elwyn, Jane L.Frye, Catharine J.Franklin, Adelaide S.Harvey, Sarah E.Husk, Elizabeth Hewison, Susannah Hall, Emma M.Harper, Mary E.Lynch, Julie Labonté, Sarah P.Lewis, Eliza Lewis, Henrietta Monteith, Mary Ann Morrill, Sarah Ann Morrill, Eliza J.McCoy, Nancy Morrill, Mary Ann Patterson, Emily Patterson, Mary S Patterson, Isabella Ross, Elizabeth H.Scott, Orilla B.Shaw, Mary A.J.Trenholme, Emma Trenholme et Mary F.Wheeler out, le même jour, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.MM.George J.Bompas et Wm.B.Ives ont, le 3 de ce mois, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles.MM.George Chase, Benj.F.Dickinson, Sylvannns C.Gline3, Thad-dens O.Ives, Charles Mallett, Laurin Martin ; Melles.Helen M.Bompas, Annie Catfrey, Eliza Dougan, Achsah Farnsworth, Jane Hurd, Elizabeth Hamilton, Lydia Ann Heath, Martha Kent, Eliza McCurdy, Melissa Metcalf, Amanda Marshall, Sarah Pope, Amelia Saunders, Theodata Sunbury, Sarah P.Stanford, Ellen S.Young et Lorinda Williams ont, le même jour, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.S.A.nutiD.Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS DU DISTRICT DE KAMOUSRAËKA.MM.Cyprien Potvin, Elzéar Guay, Joseph Roy et Mlle.Delvina Deschênes ont, le 3 de September dernier, et Mlle.Fébronie Blanche!, le 3 de ce mois, obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles.Mlles.Adéline Delisle, Sophie Guay, Geneviève Drapeau, Henriette Bérubé, Honorine Potvin, Caroline Guy, Justine LeBel, Caroline Pelletier, Julie Rioux, Jovite Sirois, Sophie Rioux, Marie Martin, Justine Corbain, Olive Caron, Louise Francœur, Clémentine Miville, Zoé Ouellet et Christine Boucher ont, le 3 de septembre dernier, obtenu des diplômes pour écoles élémentaires, ainsi que les personnes suivantes, le 3 de ce mois : Mlles.Caroline Michaud, Zoé Caron et Sarasine Anctil.P.Dumais.Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS PROTESTANTS DE QUEBEC.M.Robert Phillips a obtenu, le 13 du mois dernier, un diplôme l’autorisant à enseigner dans les écoles modèles.MM.James Back, Richard Redman, Samuel Redman, Robert Robinson ; Melles.Ann Jane Hill, Catherine McKillop et Mary Catherine Le Surintendant accuse, avec reconnaissance, réception des ouvrages suivants : De MM.D.Appleton et Cie., de New-York, New Primary Reader, Second Reader, Third Reader, Fourth Reader et Fifth Reader, par Rev.Henry Mandeville, D.D.5 vols.The Elementsof Reading and Oratory, par le même auteur, 1 vol.Advanced Course of Composition arid Rhetoric, Natural Philosophy, et First Lessons in Composition, 3 vols, by G.P.Quackenbos, A.M.Polyglot Reader, en français, en italien, en espagnol, en allemand et eu anglais, 5 vols., par J.Roemer, LL.D.A Hand-Book of the Engrafted Words of the English Language, 1 vol., by A Literary Association.A Hand-Book of Anglo-Saxon Derivatives, 1 vol.par id.A Hand-Book of Anglo-Saxon Root-Words, 1 vol.par id.English Synonymes classified and explained, 1 vol.par G.F.Graham.A Class-Book of Physiology, 1 vol , par B.N.Comings, M.D.Education : Intellectual, Moral and Physical, 1 vol., par Herbert Spencer.A Manual of Grecian and Roman Antiquities, I vol., par Dr.E.F.Bojesen.The History of English Literature, 1 vol., par William Spalding, A.M.Introduction to the Study of Art, 1 vol., par M.A.Dwight.The Chemistry of Common Life, 2 vols., par James F.Johnston, M.A., F.R.S., F.G.S., etc.Analytical Class-Book of Botany, 1 vol., par Fiances H.Green et Joseph W.Congdon.De MM.Swan, Breiver and Tileston, Boston : Le Grand Père et ses quatre petits fils.Livre de lecture à l’usage des écoles, par Mme Fou-queau de Pussy, 1 vol.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.MONTRÉAL, (BAS CANADA), NOVEMBRE 1861.Lord MoiscR et l’Instruction Publique.Il n’est aucun de nos lecteurs qui n’apprenne avec joie, qu’une des premières démarches de notre nouveau Gouverneur-Général a été de visiter quelques-unes de nos plus vénérables maisons d’éducation : le Séminaire de Québec, l’Université-Laval, le Couvent des Ursulines, où se trouve, comme on le sait, le département des élèves-institutrices de l’Ecole Normale Laval.L’intérêt que S.E.et sa famille ont aussi témoigné à l’instruction publique, dès les premiers jours de leur arrivée dans ce pays, doit être pour tous nos collaborateurs un grand sujet d’encouragement, en même temps qu’ils en doivent concevoir, s’il est possible, une idée plus élevée de l’importance de leurs fonctions et de la grandeur de la cause à laquelle ils sont dévoués.Nous empruntons au Courrier du Canada, un compterendu de la réception qui a été faite à ces hôtes distingués, dans les institutions que nous venons de nommer : Mercredi Leurs Excellences le Gouverneur-général et la Vicomtesse Monck ont visité le couvent des Ursulines, accompagnés de leur famille et des personnes suivantes : l’Hon.E.G.Cartier et Mad.Cartier, l’Hon.Sir N.F.Belleau et Lady Belleau, l’Hon.C.Alleyn et Mad.Alleyn, l’Hon.Jos.Morrison, l’Hon.Jos.Cauchon et Mad.Cauchon, le Col.Hon.de Salaberry et Mad.de Salaberry, Mad.A.N.Morin, M.et Mad.Godley, et M.Brand. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.207 Leurs Excellences ont été reçues par M.le grand vicaire Cazeau, M.Lemoine, chapelain, et M.Jean Langevin, Princial de l’Ecole Normale Laval.A leur entrée dans la salle destinée aux exercices publics, où étaient réunies les Dames Religieuses et toutes les élèves, celles-ci exécutèrent un charmant morceau sur le piano et la harpe.Lorsque Leurs Excellences se furent assises sur l’estrade, Mademoiselle Simard, fille de G.H.Simard, Ecr., M.P.P., adressa au gouverneur des paroles de bienvenue en français, très-délicates et bien récitées.Puis Mademoiselle Lemoine, fille de W.H.Lemoine, Ecr., officier de l’Assemblée Législative, prononça en anglais quelques vers de circonstance à l’adresse de Lady Monck.Après l’exécution d’une pièce de chant, accompagnée des instruments, Mademoiselle de St.-Aubin, élève de l’Ecole Normale, vint à son tour, au nom de ses compagnes, présenter ses hommages à Leurs Excellences, dans deux allocutions, où elle leur exprima une vive reconnaissance de cette visite, leur expliqua que cette Institution était dû à l’initiative éclairée de M.Chauveau, et à l’intérét du gouvernement pour la grande cause de l’éducation, et les assura que le souvenir c'e l’honneur que les élèves recevaient en ce jour, contribuerait à les animer dans le fidèle accomplissement de leurs devoirs envers le gouvernement et la société.Leurs Excellences, dit le Journal de Québec, ont visité avec intérêt les diverses portions du couvent, et se sont montrées excessivement satisfaites de ce qu’elles y ont vu.Lord Monck a fait spécialement la connaissance d’une religieuse, originaire de son pays, en profession depuis cinquante ar.s.Cette vénérable personne paraissait jouir d’une parfaite santé, et avait conservé la plénitude de son intelligence et toute la vivacité de son esprit.On a montré à Son Excellence l’arbre sous lequel, la Mère de l’Incarnation, se plaçait, pour enseigner les vérités de la religion aux pauvres déshérités de la forêt.Du couvent on est entré dans l’église pour y admirer quelques beaux tableaux, poussés sur nos rivages par le vent de la révolution française.Le repas du pharisien de Philippe de Champagne y brillait au premier rang.C’est une composition magistrale et peut-être le plus beau tableau que possède Québec.Hier, bon Excellence le Gouverneur, accompagné de Lady Monck et de sa famille visitait le Séminaire de Québec et l’Université-Laval.Vers une heure et demie après midi, Leurs Excellences mettaient le pied dans le premier sanctuaire élevé en ce pays aux sciences et aux lettres.M.le Supérieur, à la tête des directeurs de l’institution, reçut Leurs Excellences et les conduisit immédiatement à la grande salle du Petit-Séminaire, ou les attendait Monseigneur l’Administrateur, entouré de plusieurs prêtres du Séminaire et du clergé de la ville.Tous les élèves du Petit Séminaire, au nombre de plus de quatre cents, formaient comme une gracieuse couronne autour du trône où Leurs Excellences furent invitées à prendre place.Au-dessus de leur tête flottait un riche dais de damas qui laissait tomber de tous côtés une large frange d’or.Alors MM.les élèves du Petit-Séminaire furent admis à présenter à Son Excellence une adresse pleine des plus nobles sentiments.Un jeune élève de la petite-salle se présenta ensuite, pour exprimer à Lady Monck, les sentiments que faisait éprouver à leurs jeunes cœurs une si gracieuse visite ; et il lut à la Vicomtesse une petite adresse que nous avons trouvée charmante.Son Excellence, en son nom et au nom de la Vicomtesse fit à cette intéressante adresse une réponse où respiraient à la fois la noblesse des pensées, la chaleur des sentiments et le plus sincère intérêt.Son Excellence accueillit ensuite avec une tranche expression de bouté et de plaisir, un très-petit élève qui sollicitait un congé.Nous souhaitons un soleil sans nuages au congé de Leurs Excellences.Sur l’invitation de M.le Supérieur, Lord et Lady Monck, accompagnés de Mgr.l’Administrateur, voulurent bien visiter les principaux appartements du Petit-Séminaire: les salles de récréation des élèves, les salles d’étude, et aussi la chapelle intérieure de la Congrégation et la chapelle du Séminaire.Cette visite terminée, Leurs Excellences se rendirent à l’Université.M.le Recteur, à la tête des docteurs et des professeurs de l’Université, les reçut à l’entrée et les conduisit au salon où se trouvaient réunis plusieurs personnages des plus distingués : l’Hon.M.Cartier et madame Cartier, sir N.F.Belleau, l’Hon.M.Alleyn et madame Alleyn, l’Hon.M.Cauchon, l’Hon.M.Morin, l’Hon.juge Caron et madame Caron, l’Hon.juge Taschereau, son honneur le Maire ; aussi plusieurs femmes des professeurs de l’Université : madame Frémont, madame Landry, madame Lemieux, madame Larue, madame Tessier.La grande salle de l’Université présentait Je plus imposant coup-d’œil.De riches tapis se déroulaient d’un bout à l’autre de cette pièce immense.Un grand nombre de pavillons flottaient des galeries et ombrageaient le trône de Leurs Excellences.Les élèves du Petit-Séminaire, les Séminaristes, le clergé, les messieurs du Séminaire avaient devancé les illustres visiteurs et se pressaient à leur passage.Les élèves de l’Université, en costume, étaient rangés de chaque côté de l’entrée.Lord et Lady Monck, conduits par le Recteur de l’Université, escorté des docteurs et des professeurs, avec une suite brillante, traversèrent la salle pour se rendre à leur trône.M.le Recteur, entouré des docteurs et des professeurs et des élèves de l’Université, présenta, au nom du corps universitaire à Son Excellence, l’adresse suivante : A Son Excellence le Très-Ilonorable Charles Stanley Vicomte Monck, Gouverneur-Général du Canada.“ Qu’il plaise à Votre Excellence, L’heureuse arrivée de Votre Excellence et de la Vicomtesse Monck au milieu de nous, après les dangers d’une longue navigation, a été un grand sujet de joie pour tous les habitants de cette province.L’Université-Laval ne pouvait rester étrangère à cette joie universelle, et c’est avec bonheur que nous saisissons cette occasion d’offrir à V.E.l’hommage de notre respect et nos félicitations.Si nos vœux sont exaucés, les jours qu’Elle passera au Canada seront, pour Elle et pour toute sa famille, des jours de véritable bonheur.L’intérêt que Sa Majesté porte à la prospérité de ses nombreux sujets, et le choix qu’Elle a daigné faire de V.E.parmi tant d’hommes distingués que renferme le Royaume-Uni, nous sont une garantie que le gouvernement de cette province ne pouvait être confié à des mains plus habiles.Aussi, est-ce avec les sentiments du plus profond respect et de la plus vive reconnaissance que nous saluons en votre personne, le digne représentant de cette Très-Gracieuse Souveraine, à qui cette Université est redevable de sa charte.Cette considération doit assurer à V.E.le concours zélé de tous les habitants de cette vaste province ; et veuillez croire, Mylord, que le recteur, les professeurs et les élèves de l’Université-Laval tiendront à honneur et à devoir de ne le céder à personne sous ce rapport.V.E.peut voir réunies dans cette salle, autour de leurs professeurs, les différentes classes de cette jeunesse studieuse, qui se prépare, dans le silence et l’étude, à occuper un jour des positions élevées dans les rangs divers de la société canadienne.Tous, encouragés par cette marque de bienveillance que V.E.veut bien leur donner en ce moment, se proposent de rivaliser de zèle et d’ardeur pour se préparer à devenir des citoyens utiles de cette patrie, qui vous reconnaît maintenant pour son chef et comme la personnification de son unité, de sa force et de son espoir pour l’avenir.En travaillant avec ardeur à mériter de plus en plus les laveurs de V.E., nous croirons tous travailler pour la patrie, comme en faisant des vœux pour le bonheur de la patrie, nous ne pouvons nous dispenser d’y associer celui de Votre Excellence, de la vicomtesse Monck et de sa famille.” Son Excellence répondit avec son bonheur accoutumé : — “ Messieurs, Je vous remercie de la manière dont vous nous félicitez, Lady Monck et moi, à notre arrivée en Canada.La Reine, notre auguste souveraine, a daigné me nommer son représentant dans ces provinces.J’accepte donc très-volontiers l’hommage que vous venez m’offrir comme rendu à Sa Très-Gracieuse Majesté plutôt qu’à moi-même.Vous aussi, Messieurs, vous êtes dans une position très- importante, mais pleine de difficultés et qui demande le plus grand zélé, l’e-nergie la plus infatigable et le dévouement le plus profond.J’espère et j’en suis sûr, que vous serez récompensés de vos travaux, en voyant les jeunes gens que vous élevez, et que je vois autour de moi, devenir de jour en jour plus diligents et plus convaincus de l’importance de profiter de l’éducation libérale qu’on leur offre ici.Alors quand ils quitteront cette Université, ils se montreront dignes d’elle et ils soutiendront la haute réputation qu’elle a déjà acquise.” Puis, Leurs Excellences visitèrent successivement la bibliothèque, le cabinet de physique et les musées que l’Uuniversité complète et prépare à si grands frais pour l’honneur et le bien du pays.Leurs Excellences manifestèrent pour l’Université le plus haut intérêt.Il était deux heures et demie quand les Illustres Visiteurs privent congé des Messieurs de l’Université.Le peuple canadien se 208 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.rappelera sans cloute avec orgueil la faveur que vient de faire, à une institution qui lui est si chère, le Représentant de Notre Auguste Souveraine.L'extrait suivant du même journal trouve ici sa place, et fait voir que les directeurs de la belle institution fondée par Mgr.Laval, n’épargnent rien pour lui faire produire tous ses fruits, et qu’ils méritent bien les attentions honorables dont ils ont été l’objet et de la part de nos gouverneurs et de celle de S.A.R.le Prince de Galles.M.l’abbé Ovide Brunet, professeur de botanique à l’Université-Laval, vient de quitter Québec, pour aller compléter ses connaissances en Europe.A son retour, outre l’enseignement qu’il continuera de donner à ses éleves.c’est à ses soins que sera confiée la direction d’un vaste jardin botanique, où les plantes exotiques seront appelées à croître à côté de nos plantes indigènes.M.Brunet vient le douzième sur la liste de ceux que le Séminaire de Québec envoie, dans le vieux monde, pour y travailler ou s’y préparer au soutien de sa grande œuvre.M.L.J.Casault obtint, en 1852, de la libéralité du gouvernement anglais, la charte de l’Université-Laval.Depuis ce temps, la Théologie, l’Histoire, les Lettres, les Sciences, la Médecine et le Droit attirent tour à tour, aux Universités de Rome et de France, de Louvain et d’Allemagne, MM.Taschereau, Ferland, Hamel, Marmet, Legaré et Beaudet, MM.Landry, LaRue et Simard, et enfin MM.Langeher et Brunet.A ces noms, nous pouvons ajouter celui de M.Stremler, prêtre français, venu en Canada, sur l’invitation du Séminaire, pour y enseigner la théologie, après l’avoir étudiée, six années, à Rome.M.l’abbé Stremler est, croyons nous, docteur en Théologie et docteur en Droit Canon.Nous demandons pardon à tous ces messieurs, qui aiment si peu qu’on parle d’eux, de rappeler ici combien la science leur est redevable : le public ne pourrait, sans injustice, oublier l’ardeur persévérante avec laquelle ils travaillent à la noble cause de l’enseignement.Elever, chez un peuple, le niveau des études, c’est élever, en même temps, le niveau de l’intelligence ; c’est favoriser, de la meilleure manière possible, le progrès de la civilisation, parce que c’est favoriser Ja diffusion des saines idées.Le Séminaire de Québec, il faut le dire, dût sa modestie en être blessée, ne néglige rien pour atteindre cet inappréciable résultat.En même temps qu’il envoie en Europe des sujets capables qui vont se former, sous les maîtres les plus renommés, à l’art difficile d’enseigner, il ne recule devant aucun sacrifice pour enrichir la bibliothèque, déjà si considérable de l’Université, des ouvrages les plus rares et des collections les plus précieuses.Cette année même, grâce à l’intelligente coopération du Père Tailhan, ce savant professeur de philosophie que nous regrettons tous, ce bibliophile de premier ordre, aujourd’hui bibliothécaire, à Paris, de l’une des maisons de son Ordre, la bibliothèque de l’Université-Laval a pu acquérir, indépendamment d’ouvrages considérables sur l’LIistoire des temps modernes, les Annales Ecclésiastiques de Baronius, les Acta Sanctorum des Bollaridistes, P Histoire Littéraire de la France, les Décrets de la Congrégation des Conciles, les œuvres complètes de Muratori, etc.“Si, comme le disait un philosophe de l’ancienne Egypte, les livres sont les remedes des maladies de l’âme, l’Uni-versité-Laval, dit le Journal de Québec, peut se charger de guérir de l’ignorance, la plus dangereuse de ces maladies et la source de toutes les autres.Mais ces remèdes coûtent cher : plus de sept mille piastres, croyons-nous, ont été consacrées aux seuls achats de cette année, somme considérable pour une Institution qui est obligée de faire face à tant d’autres dépenses et qui ne reçoit aucune aide du gouvernement.” Le même journal, après avoir dit que l’Université-Laval vient aussi d’acquérir la grande et magnifique collection d’Audubon, Les Oiseaux d’Amérique, ouvrage que de son côté l’Université McGill n’a pu se procurer, dit-on, à moins de mille vingt piastres, ajoute : “ le clergé de la ville de Québec se rappellera, avec bonheur, qu’il a généreusement contribué à doter, de ce chef-d’œuvre artistique et scientifique, l’Institution qui fait déjà tant d’honneur au nom canadien-français et à laquelle l’avenir assure, nous n’en doutons point, une prospérité toujours croissante.” Ecole des lîeaux-Arts.—Eecture de M.Bourassa à l’Ecoie Normale Jacques-Cartier.Nous entendons souvent regretter que le Bas-Canada n’ait point, comme le Hqitt-Ganada, une école de dessin et une galerie de staJir^iÇjqt,"cte tableaux, sous la direction du Département de l’Iristtfùëtibn Publique.Des besoins plus pressants, et surtout l’établissement de trois écoles normales, au lieu d’une seule qu’il y a dans le Haut-Canada, ont fait retarder jusqu’ici la réalisation d’une idée dont l’importance n’en était pas moins vivement appréciée.Aussi, le Surintendant et le Principal de l’Ecole Normale Jacques-Cartier se sont-ils empressés d’accueillir comme elles méritaient de l’être les propositions de notre habile artiste, M.Bourassa, qui, désireux d’établir une école de dessin, a offert de la mettre en rapport avec l’Ecole Normale Jacques-Cartier.Avant d’ouvrir le cours de dessin qu’il doit donner dans une des salles de cette école, M.Bourassa a cru devoir attirer l’attention publique sur une œuvre aussi importante et il a convoqué, par la voie des journaux, une réunion qui a été, disons-le, une des plus imposantes que nous ayons vues à Montréal autant sous le rapport du nombre que sous celui de la position sociale de ceux qui étaient présents.Nous avons surtout vu avec plaisir un bon nombre d’artisans et de jeunes gens appartenant aux classes industrielles de la société, pour lesquelles ce mouvement est de la plus grande importance.L’Hon.Surintendant de l’Instruction Publique ouvrit la séance par un discours dans lequel il lit une rapide esquisse de l’histoire des beaux-arts en Canada, et qu’il termina par quelques éloges bien mérités à l’adresse de notre compatriote M.Bourassa, dont le nom, ainsi que ceux de MM.Légaré, Plamondon et Hamel, fut salué de vifs applaudissements.M.Bourassa, qui s’est déjà distingué dans la peinture, la sculpture et la musique, et qui, de plus, est un de nos littérateurs les nlus élégants et les plus aimables, lut ensuite sur l’importance des beaux-arts un essai, que nous regrettons de ne pouvoir reproduire en entier dans cette livraison, mais d’où nous extrayons le passage suivant, comme étant plus propre que toute autre chose à donner à nos lecteurs une idée de l’entreprise dont les humbles commencements ont reçu du public un si bienveillant accueil.“ Voici, maintenant, les avantages immédiats ou prochains que nous pouvons tirer de l’établissement de ce cours d’abord, puis de l’école des beaux-arts ensuite.Ce sera, pour un certain nombre de jeunes gens qui auraient du goût pour le dessin, l’occasion de venir passer quelques heures de nos longues soirées d’hiver dans un exercice qui a ses agréments quand on l’aime et dont ils goûteront l’utilité plus tard, quand ce ne serait que pour juger pertinemment un morceau d’art.On est appelé si souvent à donner un jugement devant un tableau ou une statue ; on a même quelquefois l’occasion et les moyens de laire l’acquisition d’un objet de ce genre, il est d’uue bonne éducation de le faire avec connaissance de^ cause.Car, autrement, on s’expose au ridicule de celui qui, en littérature, prendrait du Chapelain pour du Racine.Je connais de très-braves gens, ici, qui ont pris la peine de faire ventr quelques toiles d’Europe, qu’ils appellent leur collection ! Us seraient bien étonnés, que dis-je ?ils seraient très-ofiensès si on leur disait qu’ils n’ont qu’un amas de croûtes avec une collection de bois dorés.La peinture est peut-être Ja chose avec laquelle on a joué le plus de braves gens, de gens même intelligents et instruits.Pour les jeunes ouvriers qui s’occupent, par exemple, de sculpture ornementale en n’importe quel genre, ou de peinture en décors, ou d’orfèvrerie, ou d’architecture, ils trouveront ici une occasion de pouvoir atteindre à un degré plus haut dans leur état.U ne faut pas craindre de monter.Il ne faut pas s’arrêter à un but médiocre quand on sent dans son intimité que l’on peut arriver plus haut.Il y a des talents remarquables qui ne s’exercent que dans les limites du métier, dans l’humble sphère de la boutique, s’ignorant presque eux-mêmes, et auxquels il faudrait avoir I occasion de dire : “ Sortez de là, il y a chez vous du feu sacré, laissez-le briller.” Tous ces Sangalli, qui ont laissé par toute l’Italie des monuments splendides, étaient une iamille de menuisiers.Je n’en finirais pas, si je voulais nommer tous les génies devinés par l’œil d’un maître et mis par lui sur la voie glorieuse qu’ils ont parcourue.La première gloire vient prendre l’homme sur le banc de l’école.Personne n’est plus perspicace à juger du talent d’un élève que les élèves mêmes ; et ils sont les premiers à préparer la réputation de celui qu’ils ont reconnu pour leur supérieur, soit en le jalousant, soit en en parlant avec cet enthousiasme qu’ont tous les écoliers JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.209 pour leurs admirations.Mais, est-ce que nous n’aurions pas déjà atteint un but méritoire dans l’établissement de ce cours, s’il nous permettait seulement de tirer du sentier commun une de ces intelligences que la foule étoulîè souvent, qu’elle broyé inapperçues dans ses rangs ; ou qui se dissipent à tous les vents de leurs passions dévoyées et rie leurs désirs jamais satisfaits ?Combien d’étoiles perdues dans notre firmament, qui étaient appelées à nous éclairer et à nous conduire ! L’école, et l’école seule, dans un pays neuf et constitué comme le nôtre, popularise la connaissance de l’art ; elle crée un goût plus sûr par la critique, d’abord au milieu d’un petit noyau d’individus, puis, avec les années, au milieu des masses On a cru concourir grandement au développement de l’ait en fondant des sociétés d’encouragement et en ouvrant des salles d’exposition : ces choses sont sans doute excellentes, mais en seconde ligne.Pour avoir des œuvres d’art, il laut avoir d’abord des artistes et un public en état de le juger.L’école seule peut les former.D’ailleurs, la création de l’école entraîne l’ouverture des salles d’exposition.Il y a deux ans, je crois, une société dont j’avais l’honneur d’être membre, avait dans un mémoire, invité le gouvernement à créer des bourses en faveur de la jeunesse studieuse qui voudrait se livrer aux carrières scientifiques et artistiques.Si jamais le gouvernement veut bien se souvenir de cetle suggestion, une chose qui lui faciliterait beaucoup l’exercice de cette libéralité bien placée, ce serait d’abord l’existence de corps experts et de juges ad hoc, avec un programme de concours et d’examens publics.Pour ce qui regarde les sciences et les sciences appliquées aux arts, Il y a plusieurs institutions qui pourraient remplir ce but ; mais quant aux beaux-arts, il n’en existe pas dans le Bas-Canada au moins.£h bien ! la création de ce cours, et à sa suite d’une petite école de beaux-arts, s’ils trouvent le patronage des personnes influentes par leur instruction et leur mérite, ainsi que de l’assiduité de la part des jeunes gens qui peuvent en profiter, ce sera une manifestation sérieuse du besoin que nous avons d’avoir une pareille institution solidement et généreusement fondée ! On a déjà remarqué le mouvement intellectuel qui se produit dans notre pays depuis quelques années.Partout naissent des associations littéraires, partout s’élèvent de vastes édifices destinés à l’éducation ou aux jouisssances morales du peuple.L’on sent au milieu de nous quelque chose comme les fortes pulsations d’un cœur qui revient à la vie, comme la circulation d’un sang nouveau et fécond qui veut chasser cet engourdissement où nous avaient jetés les malheureux événements du passé.Les nuages sombres semblent s'éloigner sur notre horizon ; l’espérance vient avec le sentiment de la vie, et nous ne nous sommes jamais sentis plus disposés à nous dire intimement ce mot plein de bonheur : “ Nous vivons, vous vivrez !” Et bien ! voici un moyen puissant de favoriser cette vie.Nous avons, je crois, un assez grand nombre d’institutions destinées à l’enseignement classique ; il faut des écoles spéciales ; autrement, nous courons le risque de voir les professions encombrées de sujets que leurs aptitudes n’y appellent pas.Ce qui ne peut produire que deux déplorables résultats ; d’abord l’abaissement de la dignité de ces professions et la perte pour l’état d’existences qui seraient productives si elles s’exerçaient dans des sphères plus favorables à leurs inclinations.N’est-ce pas un des grands moyens de laire une nation forte et grande que d’équihbrer ses forces productives en les développant toutes à la fois ?Après M.Bourassa, M.le Supérieur du Séminaire de Montréal, fut invité à prendre la parole.C’était la première fois que M.Granet paraissait dans une assemblée de ce genre depuis son retour d’Europe, et la réception qui lui fut faite dut lui prouver combien on était heureux de le voir de retour au milieu de nous.Il remercia M.Bourassa de ce qu’il avait dit du rôle de l'église en Europe dans la protection due aux beaux-arts et dans leur développement ; et il exprima la conviction qu’il en serait de même en Canada.M.Clierner et l’Hon.M.Loranger, membres du Conseil de l’Instruction Publique ; le R.P.Michel, S.J., et le R.P.Cazenave,Ü.M., parlèrent successivement avec un rare bonheur d’expression, et de manière à donner à l’œuvre naissante les plus grands encouragements.Le Président remercia les orateurs et l’auditoire, et il exprima l'espoir que le public de Montréal répondrait d’une manière digne de lui à l'appel qui lui serait fait plus tard.“ Pour le moment, dit-il, tout ce que nous demandons, ce sont des élèves.Il s’écoulera peut-être quelque temps avant que nous puis- sions nous vanter île posséder un musée et une galerie ; mais nous avons dès aujourd’hui le principal, le reste n est l’accessoire, nous avons dans un professeur comme M.que Bourassa l’âme de l’institution.” Extrait «les rapports «le MM.les «l’Ecole pour les aimées 1859 et 18foO.Extrait du rapport de M.Béehard pour l’année 1859.(Suite.) 2.Grande-Rivière.—Il n’y a que deux arrondissements dans cette municipalité, avec chacun une bonne école.Le besoin d une troisième école s’y fait vivement sentir ; aussi M.le cure Desjai-dins, plein de zèle pour l’éducation, se propose-t-il d’établir prochainement une école modèle près de l’église et de reculer aux deux extrémités de la paroisse les deux maisons d’école actuelles, trop rapprochées l’une de l’autre.Ce sera la premiere ecole modèle qui ait été établie dans tout le vaste comté de Gaspe.Les deux instituteurs actuels, MM.Thomas Tremblay et freine Côté, sont munis chacun d’un diplôme.Le premier est tres-recommandable sous tous les rapports, et il ne manque a M.Cote qu’un peu plus d’ordre et de méthode dans sa manière il enseigner.L’école de M.Tremblay est, sans aucun doute, la mieux tenue et ia plus avancée de toutes celles de mon district d’inspection.Dans les deux écoles ci-dessus, on accorde, à la fin Je chaque semaine, des croix d'honneur aux enfants qui se sont distingues, par leur assiduité, leur sagesse ou leurs succès.Les décorés doivent porter leurs marques de distinction le dimanche, ann que toute la paroisse soit témoin de leur bonne conduite, et j ai vu de ces enfants, sur la poitrine desquels brillait la croix d honneur, aussi heureux que peut l’être un soldat courageux venant d etie décoré de la main de son empereur ! , La population de la Grande-Rivière, quoique généralement pauvre, paie régulièrement et sans murmurer ses cotisations, qu ou voit d’un si mauvais œil partout ailleurs.Les comptes sont tenus d’une manière satisfaisante._ .3.Percé.—Percé, qui est le chef-lieu du comté, est aussi le eha-teau-fort des éteignoirs, ces hommes ignobles, comme les nomme M.Bourgeois.Ici, ils sont forts, puissants, nombreux et comptent de leurs affiliés parmi les marchands les plus riches, et même parmi quelques personnes qui ont eu l’avantage de recevoir une instruction soignée.Au commencement de novembre de cette année, I’exasperation était venue à un tel point, les menaces si sérieuses de brûler ou de pendre l’inspecteur, que je dus de nouveau recourir au commandant Fortin : c’était la deuxième fois qu’un hasard providentiel amenait si à propos la Canadienne, très-utile ici, et à chaque fois son commandant s’empressa de me protéger.M.le cuié Guilmet a fait pour ses écoles tout ce qu il était humainement possible de faiie, et, pour sa récompense, il a eu l’ingratitude des parents.Louis Geo.Harper, écuyer, a aussi le mérite de m’avoir aidé de ses conseils, de m’avoir prêté son appui moral dans les temps difficiles.L’école du village est tenue par M.Elzéar Dagneault, non-muni de diplôme.Les résultats obtenus jusqu’à présent sont peu satisfaisants.L’école de l’arrondissement No.2, (située en arrière de Percé, dans l’endroit connu sous le nom de trish-Town) est encore plus triste.La première fois que j’ai visité cette école, il y avait 4 enfants ; à ma seconde visite, il en avait 9.Il est facile de deviner que les progrès y sont nuis.L’école de l’arrondissement No.3, située à l’Anse-du-Cap, est sous la conduite de M.Philippe Jean Bisson.Ce monsieur est Jersiais et possède une bonne éducation commerciale, mais n’a aucun ordre dans sa classe.Résultat des examens, en anglais, assez bons ; en français, entièrement nuis.A l’arrondissement No.4, il n’y a pas d’école depuis plusieurs années.Il y a pourtant une maison avec un emplacement, dont le site est bien choisi.Si je dois juger de l’amour qu’ont les habitants de cet arrondissement pour l’éducation par la manière dont on y entretient la maison d’école, l’idée que j’en formerai sera bien peu avantageuse.Les tables et les bancs, tous boiteux, sont jetés pêle-même ; la porte^errtuiu.è« |et_tjrfs'é
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