Journal de l'instruction publique, 1 mai 1862, Mai
ypï'-r jJiuej/'cEfy.f IM 'LISCItTlfl, f, "’ÇWSj çpijy Volume VI.Montréal, (Bas-Canada) Mai, 1862 No.5.SOMMAIRE.—Littérature : Poésie : Les émigrants, chanson, par M.A.Marsais.—Progrès de l’Age, Edouard Allelz.—Le Coureur de Bois, par M.A.de Puilms-que.— Education: Pédagogie.—Couseils aux Instituteurs : XXL Rendre l’étude aimable; XXII.Enseignement—Systèmes.[Th.II.Barrau.] De la Calligraphie V : Des procédés propres à disposer les élèves ù l’observation et il l’imitation.[Taiclet].Exercices pour les élèves des écoles :• Exercices de grammaire.—Dictée homo-nymique.— Problèmes d’arithmétique.—Problème de géométrie.—Solutions des problèmes contenus dans la livraison précédente.— Avis Officiels : Nominations ; Membres du Conseil de l’Instruction Publique.— Commissaires d’école.— Avis aux directeurs des maisons d’éducation concernant l’acte 19 Viet., chap.54.Délimitations, annexion et érections de municipalités scolaires.—Diplômes accordés par les bureaux d’examinateurs.— Don offert à la bibliothèque du département.—Instituteur demandé.—Instituteurs disponibles.—Erratum.— Editorial : Conseil de l’instruction Publique.—M.Louis Jacques Casault.— Biographie de M.Casault.— Rapports de M.Casault avec ses élèves.—Funérailles.—In Me-moriam.— Extraits des Rapports des Inspecteurs d’écoles £our lS59et i860, [suite.—Petite Revue Mensuelle.— Nouvelles et Faits Divers— Bulletmde l’Instruction Publique.— Buletindes Lettres.— Bullelin des Sciences.— Bulletin de* Beaux-Arts.—Gravure t Le Coureur de Bois.L’un y cherchait Ja fortune et la gloire ; L’autre fuyait loin du joug des tyrans ; Peuple français, imite leur histoire ; Venez vers nous, courageux émigrants ! Là-bas, gagnant d’insuffisants salaires, Péniblement, pour acheter du pain, Vous végétez, malheureux prolétaires, Sans espérer un meilleur lendemain : La liberté sur ces rives convie A ses faveurs les hommes de tous rangs.Déshérités, changez donc de patrie ; Venez ici, légions d’émigrants ! LITTEPi ATURE.POESIE.LES EMIGRANTS.CHANSON.Frappez et l’on vous ouvrira.Dans sa bonté, l’Auteur de la nature Dit aux humains : “ Croissez, multipliez,” Preuve d’anrour envers sa créature : Malheur à vous, peuples qui l’oubliez ! Par cette loi, nos bords jadis sauvages, Furent peuplés de Bretons, de Normands ; Mais il nous reste encor d’incultes plages ; Accourez-y, légions d’émigrants ! Depuis le vieux Noé jusqu’à notre ère, Le genre humain d’âge en âge étendu, Comme les flots qui fécondent la terre, S’est en tous lieux bravement répandu : Belges, Français, travailleurs du vieux monde, Agriculteurs, journaliers, tisserands, Nous vous tendons la main ; traversez l’onde, Venez chez nous, utiles émigrants ! Aux temps anciens, les cités de l’Asie Colonisaient les pays d’Occidenl : La Grèce, puis l’Espagne et l’Italie, Ouvraient les bras aux fils de l’Orient.Ici, s’étend la forêt sans limite ; Ici, malgré la rigueur des frimas, L’air est salubre ; une terre d’élite, Et vierge encor, se présente à vos bras.Dans ces déserts, construisez des cabanes ; La hache en mains, paisibles conquérants, Pour attaquer nos vieux buis, nos savanes, Venez ici, phalanges d’émigrants ! Du grand Champlain achevez la conquête ; Creusez le sol ; à défaut d’écusson, Soyez certains que, pour tout cœur honnête, La charrue est le plus noble blason.Vous, parias, devenez ici maîtres ; Vers le bonheur courageux aspirants, Vous qui gardez la foi de vos ancêtres, Venez à nous, ô nobles émigrants ! Un recruteur perfide vous enrôle; La voix du sort vous déclare soldats ; Le sac au dos, vous jouez votre rôle Sur le sanglant théâtre des combats.Adieu pour vous la douce quiétude Que vous goûtiez sous vos toits, dans vos champs, Amis! la guerre est un métier bien rude ; Accourez donc vers nous, bons émigrants! Chez nos voisins, la guerre fratricide, Depuis un an sévit avec fureur ; Au Canada, c’est la paix qui vous guide, Vous qui cherchez un lucratif labeur.Ah ! croyez-moi, laissez la République Se déchirer ; loin des belligérants, Pour cultiver le Nord de l’Amérique, Venez ici, paisibles émigrants ! 90 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Les lois, les mœurs, le culte de vos pères, Leur belle langue ici sont conservés ; En ce pays vous trouverez des frères Par le travail longuement éprouvés ; ^ ous entendrez quelques vieux airs de France Gaîment chantés par nos bons habitants ; C’est un doux baume aux regrets de l’absence ; Accourez-donc, ô Français émigrants ! Ne venez poiut, docteurs en toutes choses ; Non, sur ces bords, mieux vaudrait un métier, Mais vous, chercheurs de scènes grandioses, Vos yeux ici peuvent s’extasier.Pour admirer des cascades géantes, JDe vastes lacs, des rochers, des torrents, Des monts ardus, des plaines attrayantes, Riches blasés, faites-vous émigrants ! Aux fentes du rocher miné par les orages Croît en secret la Heur de l’immortalité : Son éclat peut braver l’âge et l’adversité.C’est le jour du trépas qu’elle attend pour éclore, Sur notre tombeau même, aux feux d’une autre aurore.Mon cœur ne peut vieillir : dans l’éternelle paix ¦le sens qu’il doit aimer plus qu’il n’aima jamais.Quand les vents font pencher ma terrestre demeure, O penser consolant d’avancer d’heure en heure Vers le toit paternel, vers le foyer du jour Où je vais retrouver la jeunesse et l’amour ! Edouard Alletz (1).Esquisses Poétiques de la Vie.Le Coureur
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