Journal de l'instruction publique, 1 décembre 1873, Décembre
j?^ftKJwïsciENÇC i/S£RfflpROCfcl JOWL Volume XVII.Quebec, Province de Québec, Décembre 1873.So.12.SOMMAIRE.—Littérature maritime, Biographie : Le capitaine Marryat (suite et (in).—Pédagogie.—serons familières de français (suite).—Avis officiels : Erection de municipalité scolaire.—Nomination de membre de bureau d'examinateurs, de commissaires et de syndics d'écoles.—Diplômes octroyés par les bureaux d’examinateurs.—Rédaction.—Etablissement à Montréal d'une école des sciences appliquées aux arts et à l'industrie.—Plan général et ensemble du cours scientifique et industriel — Revue mensuelle.—Nouvelles et faits divers.—Bulletin de l’instruction publique.—Bulletin des lettres.—Bulletin de la géographie.—Bulletin de l’histoire naturelle.—Bulletin des sciences.—Bulletin du commerce et de l’industrie.—Bulletin des connaissances utiles.—Bulletin des statistiques.—Bulletin de.l’archéologie.— Bulletin de l’hygicne.— Faits'divers.— Annonces.LITTIliTIII M1RIT1ME.-BI0GEAPHIE.Le capitaine tlan val.iSuite et fin) En 1812 Marryat fut promu au grade de lieutenant.Sa promotion eut lieu sans obligation de faire un voyage, “ faveur qui ne s’accorde que pour des services signalés (!)•” L’année suivante, il partit sur l’Espiègle, à bord duquel il visita les Indes occidentales, le continent espagnol et les îles Barbades, où il assista au fameux bal donné par miss Nancy, et auquel présidait, en qualité de ¦Raître de cérémonies, le noir M.Apollon Johnson.Les lecteurs de cette scène immortalisée par Pierre Simple ne se doutent guère que le bal en question mit la vie de Marryat en danger par la rupture d’une artère qui hii lit perdre plus de 4 livres de sang—hémorragie suivie d’atrophie et d’une tendance à l’hémoptysie qui fut la ¦ anse de sa mort prématurée à l’âge de cinquante six ans.Forcé de revenir en Angleterre, il reçut, le 13 juin suivant, sa nomination de commandant.La paix générale de 1815 ayant mis à la retraite un (i) Lettre de M.Tfay, secrétaire de l’amirauté, à M.Joseph Marryat.grand nombre de marins, l’amirauté pensa à utiliser les services de Marryat en lui confiant une mission pour l’Afrique centrale.Heureusement son mariage avec miss Catherine Sharp empêcha ce voyage qui selon toutes les probabilités, nous eût privés de ses romans.Le 13 janvier 1820, Marryat reprit la mer à bord du sloop le Castor et conserva jusqu’en mai 1821 la triste mission de croiser autour de file de Ste.Hélène, qui consistait à jouer le rôle de policeman, pour défendre l’approche du rocher où l’Angleterre tenait prisonnier Napoléon Bonaparte.Le 5 mai 1821, l’empereur exilé rendit le dernier soupir, et le 16 du même mois, Marryat, chargé des dépêches de Sir Hudson Lovve, s’embarqua sur le Rosario, pour porter cette nouvelle en Angleterre.Dans l’après-midi ou Napoléon 1er mourut, le capitaine Marryat, qui avait un vrai talent comme dessinateur, fit cette esquisse bien connue représentant de profil l’empereur couché sur son lit mortuaire, un crucifix sur la poitrine et les deux mains jointes par dessus.Ce portrait du captif de Sainte-Hélène, gravé à la fois en France et en Angleterre, a toujours passé pour un des plus ressemblants.En février 1822, le capitaine Marryat publia un pamphlet intitulé : Conseils en faveur de ‘fabolition du système de recrutement en usaye pour la marine, et une lettre très-remarquable sur la manière d’empêcher la contrebande dans le détroit, matière qu’il avait étudiée de près sur le vieux Rosario et pendant ses stations en Angleterre.Nous mentionnons ces deux écrits parce qu’ils sont pleins d’idées justes, et aussi parce que le premier fut cause de l’aversion invincible que le due de Clarence témoigna toujours pour le nom même de l’auteur., Un jour le ministre demandait à ce prince, devenu le roi Guillaume IV, d’accorder quelque marque de faveur au capitaine Marryat : 11 Donnez-lui ce que vous voudrez, répondit-il d’abord vous connaissez mieux que moi ses services.” Le ministre allait se retirer, quand Sa Majesté le rappela : Marryat, Marryat ! n'est ce pas l'homme qui a écrit contre le système de recrutement maritime ?—Lui-même, Sa Majesté ! I —Alors n’accordez rien, et je ne veux même pas qu’il 5787 178 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.porte l’ordre de la Légion d’honneur que vient do lui conférer Louis-Philippe.” Plus tard, cependant, quelques personnes bien en cour insinuèrent à Marryat que, s'il voulait se présenter à cer tain “ lever ” du roi, celui-ci serait disposé à revenir de ses préventions.Le capitaine se refusa à faire cette concession.Mais, n’anticipons pas.Notre capitaine avait encore de grands services à rendre à son pays.Dans le commencement de 1823, à l'agc de trente-et-un ans, Marryat fut nommé au commandement du Larne, vaisseau sur lequel il prit part à l'expédition de Burnah, où il se distingua, suivant son habitude, par plus d’un acte de bravoure, et surtout par la capture de la fameuse cargaison de la rivière Ragoun.Malheureusement le scorbut sévit avec une telle violence sur l’équipage, que le Larne.obligé de relâcher à Penang pour se refaire, ne rejoignit que plus tard l’expédition.En avril 1825 le capitaine Marryat fut désigné pour commander le Tecs, mais l'hiver suivant sa santé l’obligea à quitter définitivement Burnah pour revenir en Angleterre.Dans ce voyage, il avait avec lui son second fils William, dont il a fait ce portrait ; “ C'était la perfection de la beauté enfantine ; ses cheveux châtains retombaient sur son front en boucles soyeuses ; ses joues roses étaient ornées de fossettes qui don- ses grands liaient une grâce de pins à sa figure mobile yeux noirs brillaient d'intelligence.On l’habillait comme un marin de l'Etat, avec le pantalon flottant noué sur les hanches, la blouse blanche a manches longues et le large col bleu.Un coutelas suspendu à son cou et un léger chapeau de paille à petits bords complétaient son équipement” Cet enfant était le bien aimé du capitaine Marryat ; il le perdit à l’âge de sept ans, et à ses derniers moments il parlait du petit Willy avec la plus vive tendresse.A bord du Tees se trouvait aussi un grand singe du Cap, très-gâté par le capitaine Marryat.Une après-midi on avait donné au petit Willy une tartine de pain et de beurre pour lui faire attendre patiemment le dîner.L'enfant alla manger sur le pont ; le singe s'y trouvait, et, ayant lui-même un goût très prononcé pour les tartines de beurre, il lui sembla naturel de s’approprier celle-ci ; l’arracher des mains du petit matelot et la faire dispa raitre dans sa bouche fut l’affaire d’une seconde.Le capitaine était à ce moment occupé sur une caronade ; au cri jeté par l’enfant il se retourna et d’un coup d’œil se rendit compte de ce qui s’était passé.Il descendit de la caronade et administra au singe une dose de coups de pied suffisante pour aider à la digestion de la tartine volée.Quelques jours après, la même scène se renouvelait ; l’enfant, sortant de sa cabine une tartine à la main, passa devant le singe qui, comme la première fois, la lui arracha ; mais à ce moment il rencontra le regard du capitaine et, lisant dans ses yeux ce qui l'attendait, il remit immédiatement la tartine entre les mains de Willy.Ce petit incident avait beaucoup amusé Marryat, qui le racontait souvent, et il ajoutait : “C’est le seul exemple que j’aie jamais vu, ou dont j’aie entendu parlé, d’un singe capable d’un sacrifice quand son estomac est en jeu.” Vers le commencement de 1826, le Tecs était mis au résigner le commandement de son navire, par suite de sa nomination comme écuyer du duc de Sussex, ce qui l’obligeait à se tenir près de la personne du frère du roi.Mais il uc conserva pas longtemps cette position : il était fait pour autre chose que pour parader dans une anti chambre royale.Le capitaine Marryat avait déjà composé alors deux romans maritimes, Frank Mildwayel l'Officier de marine— ce dernier publié en 1829, c’est-à dire un an avant qu’il résignât son commandement de T Ariadne.Pour son premier roman seulement.Marryat reçut de M.Colburn la somme de 400 guinées (10 000 francs).C’est de cette époque aussi que date son acquisition, dans le comté de Norfolk, de la propriété de Langham \1 000 acres de ter rain), dans laquelle il dépensa des sommesfolles, quoique ce fût seulement quinze ans plus tard qu’il alla y demeurer.En 1832 Newton Foster parut en volume, après avoir été publié d’abord dans le Metropolitan Magazine, dont Marryat fut directeur pendant quatre ans.Dans cet ouvrage, l’Angleterre put voir déjà qu’elle possédait un nouveau romancier maritime qui, à toutes les qualités de Smollett, joignait un style plus pur et plus correct.Après Newton Forster, parut Pierre Simple, le plus populaire des romans de Marryat, quoique, à notre avis, sa création la plus vraie et la plus vivante soit Japliet a la recherche d un père, où Eugène Scribe trouva le sujet d’une amusante comédie faite en collaboration de M.Duveyrier (1).Ecrire des romans ne suffisant pas à l’esprit fécond de Marryat, cette même année il brigua un siège au Parlement, concurremment avec M.Claye, le docteur Lushington et le colonel Leicester Stanhope.Après avoir débité beaucoup de discours et subi toutes les vexations ordinaires d un candidat, il renonça à monter sur les planches des hustings.En 1834 il produisit deux nouveaux romans : Jacob Fidèle et M.le Midshipman Easy, qui ne sont inférieurs qu’à Japhet à la recherche d'un père.En 1835 Marryat quitta l'Angleterre avec sa femme et ses enfants, pour aller habiter le continent.Il s’installa d’abord à Bruxelles, où il composa le Pirate et les Trois Cutters, puis à Lausanne, d’où il envoya à ses éditeurs Snarley-Yow ou le Chien fantôme et le Pacha aux milles queues (2).Il parait que, malgré le succès de tous ces ouvrages, les rapports du romancier avec les libraires n’étaient pas couleur de rose.A en juger par leur .correspondance, c’était entre eux et lui une querelle continuelle.Un de ses éditeurs, par exemple, lui écrit : “ Avant moi-même un caractère un peu violent, j’ai de 1 mdiû gence pour le vôtre, qui, je crois, ne l’est pas mal.Marrvat répond : “ Vous n’aviez pas besoin de dire que votre"caractère était violent, vos lettres établissent suffisamment le fait.Malgré votre âge, vous êtes un petit volcan, et si les compagnies d’assurance pouvaient savon que vous faites de fréquentes visites à la Bourse, elles demanderaient certainement double prime pour assurei le bâtiment.En vérité, je vous soupçonne maintenant de n’avoir pas été étranger au dernier incendie qui a éclaté.Vous remarquerez que si, mentionnée seule, la somme que j'ai reçue semble suffisante, elle cesse de l’être, nn®e rebut à Chatham, et ce ne fut qu’en janvier 1827 que l’on ] en balance" avec celles que vous avez vous même enoais- conûrma la nomination de Marryat comme capitaine j sées.Moi l’auteur, qui ai tout inventé, j ai un os a 1()i^ Cette lenteur officielle fut cause que plusieurs jeunes ger, pendant que vous, qui n avez trouve que < ^ Jd - • ’ • ’ ’ ’eau des pour vendre ma marchandise, vous recevez la pan m lion.J affirme que c’est abusif Je sms Sinbad le marn et vous êtes le Vieux de Lamontagne, juche sur m officiers se trouvèrent inscrits avant lui sur le table capitaines.Par compensation, sa belle conduite à Burnah fut récompensée par l’ordre du Bain.En 1828 le capitaine Marryatt prenait le commande ment de son dernier vaisseau, T Ariadne, sur lequel il remplit d’abord différentes missions diplomatiques à Madère et dans les Indes occidentales, puis explora les rives de l’Atlantique.Deux ans plus tard, il crut devoir BoM- (1) Le capitaine Marrfat fit lui-même une comédie Oa mienne) et une tragédie (le Cavalier de Séville).(E- jd (2) Recueil de Contes, en anglais, taies, mot qui se pro comme tails, queues, d’où le jeu de mots du titre.(N.-i ) JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.179 épaules.Vous ne devez done pas être surpris de mon désir de vous jeter lias à la première occasion.“ La vérité est que vous possédez au plus haut degré le vice de la vieillesse, qui vous rend aveugle ; mais posez la question à vos fils, et demandez leur s'ils consi durent la convention présente comme équitable.Laissez-les s’arranger avec moi et allez lire votre Bible.Nous avons tous nos idées pai ticulières sur le paradis; si les autres auteurs pensent comme moi, la plus belle part de notre fécilité future sera de ne trouver là-haut aucun libraire-éditeur.Cette idée m’a souvent consolé après une entrevue avec un de vos confrères [1].” En 1837 Marryat fit en Amérique une excursion qui dura plus de deux ans ; partout bien cèçu, quoiqu’il ne fui pas en odeur de sainteté dans une grande partie de ce pays, à cause d’un toast qu'il avait porté à Toronto : ¦ A la santé du capitaine Drew et de ses braves cama rades, qui mirent à feu et à sang la Caroline.” Nous laisserons ici sous la cendre des questions encore brûlantes, et nous renverrons le lecteur aux gazettes de cette époque et au journal tenu par Marryat lui-même, qui exprime franchement son opinion sur (’oncle Sam et le cousin Jonathas.En juin 1839 Marryat revint à Londres, où il résida jusqu'en 1843, tantôt dans Duke-street.tantôt dans Spanish-place, voyant beaucoup le monde, écrivant et publiant ses romans.Il avait rapporté d'Amérique une énorme collection de curiosités : peaux d'ours, peaux de buffle, peaux de loup, peaux d’oppossum ; couteaux indiens de toutes sortes, sur lesquels les donateurs avaient tenu à faire graver leur nom.Les couteaux indiens étaient assez inoffensifs ; mais les peaux avec lesquelles le touriste avait décoré son appartement en guise de tapisserie, recouvert ses sièges en guise de housses et ses parquets en guise de tapis de pied, n’avaient pas été cou venablement préparées, en sorte qu’en arrivant en Angle-terres elles réclamaient l’intervention du fourreur, ce dont Marryat ne s’apperçut nullement.Plusieurs dames connues dans le monde littéraire, et des personnages de distinction, venaient visiter ces curio sites américaines.La plupart admiraient les peintures, voulaient toucher la panthère, tombaient en extase devant le grand ours noir aux griffes d’argent (présent offert en Amérique au capitaine) et s'amourachaient du renard bleu, mais tous ces curieux sans exception, après la visite, sentaient—comment pourrait-on exprimer d’une manière convenable ce qu’ils sentaient ?—une certaine irritation " d’épiderme qui les rappelait bien vite chez eux pour changer de vêtements.On dit qu’il suffit de voir pour croire ; mais ce fut en vain qu’on mit sous les yeux de Marryat la situation de son ours favori.Quand on lui insinuait qu’un changement temporaire de résidenca serait nécessaire pour ses lourrures, une lionne à laquelle on aurait pris ses lion-veaux ou un poète qu'on aurait dérangé dans le feu de la composition n'aurait pas été plus furieux.“ La vermine dans mes fourrures ! Mais les fourreurs vankees battront toujours les Européens ! Non, jamais je ne croirai cela.” Et il ne le crut pas en effet ; pendant trois mois les choses restèrent dans le même état, au grand désagrément de ses hôtes.Le moment vint pourtant où il ne fut plus possible de conserver les fourrures telles qu’elles étaient.Le capi hune Marryat se décida enfin à s’en séparer.Du même r°up, il quitta ses appartements de Duke-street, abandonnant tous les meubles de valeur qu’il y avait mis.On lui demanda s’il fallait les vendre.” Les vendre ! Non, pour rien au monde ! Ne faites ’lM ' est.à M.Bentley le père que t’adreise cette lettre.pas cela ; je les enverrai à mon ami S***, qui trouvera à les utiliser.” Eu effet, une énorme voiture de déménagement chargée de lits, de garde-robes, chaises, tailles, canapés, fut dirigée vers la modeste maison de son ami, artiste besoigneux, qui demeuraitquelque part dans les faubourgs de Londres Le destinataire fut reconnaissant, mais surpris.“ Ce fut une très-grande générosité du capitaine Marryat, disait-il plus tard, très-grande générosité en vérité ; malheureusement rien dans tout ce qu’il m'envoyait, excepté les chaises, n'a pu seulement passer par ma porte.” Cette générosité, quoiqu'il en soit, eut d'excellente résultats : l’ours aux griffes d’argent, le loup des savanes, le renard bleu et compagnie, furent envoyés à la garde d'un fourreur d’Oxford-street, par les soins duquel ils furent débarrassés de leurs locataires désagréables.Vers cette époque le comte d’Orsay fit le portrait de Marryat, mais le manqua complètement et, ce qui est pis, rendit ses traits vulgaires.Le meilleur portrait que nous ayons de lui est celui que fit Sympson, l’élève de sir Th.Lawrence.Sans être beau le capitaine Marryat séduisait tout d’abord.Il était de grande taille, large d’épaules ; ses mains étaient si remarquables comme forme, qu’un sculpteur de Rome voulut les modeler.Son caractère se lisait sur sa figure, dont l’expression la plus saillante était la franchise ; ses yeux gris, légèrement enfoncés, brillaient comme deux diamants à la moindre animation.Ses deux sourcils n'étaient pas pareils : l’un était placé plus haut que l’autre et beaucoup plus arqué ; particularité qui donnait à sa figure, même au repos, une physionomie d’inquisiteur.Sa barbe poussait avec une telle rapidité, qu’il était souvent obligé de se raser deux fois dans le même jour.Comme presque tous les hommes au cœur chaud, il était prompt à s’offenser, mais il oubliait aussi vite.Un contemporain, qui l’a connu aussi intimement qu’un homme peut en connaître un autre, a écrit sur lui : t; Ses défauts venaient de la trop grande activité d’un esprit qui ne pouvait jamais être calme.Le matin, à midi ou le soir, s’il n’avait personne à aimer, il querrellait pour faire quelque chose.Il formait constamment des projets non-seulement pour lui, mais pour les autres et changeait dix fois d’idée en un jour.Cette constante agitation aurait usé rapidement un corps moins vigoureux.” Il avait toujours été ainsi.Jeune, il se levait bien souvent avant l’aurore, ou même dans le milieu de la nuit, et, faisant irruption dans la chambre de son frère, l’éveillait en sursaut pour lui soumettre un plan nouvel lement éclos dans sa tête.Il avait bâti un château en Hongrie, et il fallait partir tout de suite pour l’Autriche ; ou bien aller camper trois ans dans le désert, moyen infaillible pour réaliser une bonne fortune.Il s’indignait des objections provoquées par ces propositions intempestives, et non moins grande était son indignation si le dormeur réveillé se retournait sur son oreiller en le priant de le laisser en repos.En société, ayant à traiter des sujets neufs et intéressant l’esprit des" autres pour inspirer le sien, Marryat était plus gai et plus amusant que n’importe qui; mais, chez lui, il était toujours préoc cupé et souvent même sombre.Ce n était pas toujours sans raison.Il avait, comme tout le monde, ses chagrins et ses difficultés, et partant ses heures d’affaissement et de découragement.Dans ses moments-là il était dangereux de le contrarier ou même de le déiangei , mais quelle que fut sa mauvaise humeur jamais ses enfants ne s’en apercevaient.Pour eux il étai le père le plus indulgent et l’ami le plus tendre prêt" à leur tout pardonner, excepté de trahir la vérité’- car il 180 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.considéra toujours le mensonge et la lâcheté comme les deux vices les plus abominables de l'humanité.Ne permet- ! tant jamais qu’on mît rien sous clef pour ses enfants qui avaient tout à discrétion, il ne les renvoyait que bien rarement de la chambre où il travaillait ; même pendaut qu'il écrivait, ils pouvaient aller et.venir librement et l'interrompre par leurs questions aussi souvent qu’ils voulaient, La plus grande colère qu’il leur témoignait jamais se traduisait par cet ordre donné d'un ton bref et déterminé : “ Cessez vos bavardages, enfants, ou quittez la chambre.Ordre auquel on obéissait toujours immédiatement, car, avait toute son indulgence, le capitaine Marrvat voulait être obéi.En 1843 sa santé commença à décliner, il sentit le besoin de se reposer et alla s’établir définitivement daus sa propriété de Langham, où se révélèrent à lui toute la négligence et toute l’incurie de son tenancier.Cet | homme avait même trouvé bon de transformer le grand salon de 1 habitation en dortoir, dont il louait les lits aux vagabonds à raison de 2 pence par nuit.Les oiseaux du ciel avaient leur entrée libre dans le boudoir et, trompés par les bosquets de roses peints sur les murs, y bâtissaient leur nid.Ce boudoir, avec ses colonnes à jour réfléchies dans les portes en glace, était appelé par les gens du village “la Chambre aux milles colonnes ’, nom poétique qu'on n'aurait pris pour une réminiscence des Mille et une Nuits ou du café des Mille Colonnes de Paris, si les rustres du comté de Norfolk! avaient jamais visité le Palais-Royal de Paris ou lu les j comtes de la sultane Scherazade.Le manoir de Langham, sans avoir de grandes prétentions architecturales, avait une certaine originalité.C’était un cottage du temps de la reine Elisabeth, bâti sur le modèle de celui que le roi Georges IV possédait dans l'Oxfordshire.Les croisées a jalousies s’ouvraient sur un escalier en pierre orné de vases de fleurs qui menait, d’une salle à manger longue et étroite où le capitaine Marryat composa ses derniers ouvrages, a une pelouse qui s’étendait par derrière.La maison était couverte en chaume ; le porche arrondi et les murs d’un blanc rosé étaient recouverts de lierre et de rosiers qui, en quelques places, grimpaient jusqu’au toit.Marryat avait fait de la salle à manger son cabinet de travail ; il s’asseyait toujours au même coin de table, d’où la vue s’éteneait sur la pelouse dans laquelle son taureau favori, Ben Brace, était généralément attaché.Là, éparpillant ses papiers autour de lui, ses deux chiens couchés à ses pieds, il jouissait de son double rôle de romancier et de gentilhomme fermier.Une fois bien installé à Langham, l’ex marin avait tourné toute son activité et toute son intelligence vers la culture agricole ; il faisait valoir lui même et s’absorbait entièrement dans ses nouvelles occupations, ses joies de famille et les succès de ses enfants.Dans une lettre qu’il écrivait à sa belle-sœur, Mme Charles Marryat, il raconte lui-même sa vie de gentilhomme fermier : “ Je suis très-tranquille ici et je ne fais pas une visite en trois mois.J’ai pleinement de quoi m’occuper et j’espère que je verrai clair bientôt dans mes affaires.Jusqu’à présent je n’ai fait que dépenser de l'argent.Aujourd’hui je commence à en récolter, pas beaucoup mais suffisamment pour que je me trouve content.Les dernières pluies ont fait du bien à ma santé et à mes blés.J’ai été très à court d’herbages et j’ai tremblé pour mon bétail, car j'ai dix chevaux et dLx-sept.vaches à nourrir ; heureusement j'avais vendu mes moutons au printemps.Mais, après l’été passé, je serai parfaitement en mesure pour l’avenir.Je suis sur mes jambes du matin au soir, car je suis mon propre “bailli”, et je surveille chaque détail moi-même.J’ai eu une dure année à traverser, mais l’année prochaine j’espère être hors d'embarras, Mes filles se portent très-bien et se trouvent très-lieureuses.Elles ont large ment de quoi s’occuper comme moi et se distraire.J* trouve qu’elles out étonnamment gagné, et je suis sûr que vous serez de mon avis lorsque vous les verrez.Quoique j’aie été très-affecté par cette triste affaire, je ne puis pas me dire malheureux (1).Ce ne sont pas les grands coups qui vous troublent ; nous parvenons ù surmonter les vraies douleurs—ce sont les petits ennuis journaliers qui nous rendent misérables, et je remercie le ciel de n’en avoir aucun.Mes enfants sont, bons ; mes domestiques font leur devoir ; nous n’avons ni querelles ni divisions entre nous, et j’ai assez d’occupations pour ne pas m'ennuyer.Les prétentions du capitaine Marryat, comme fermier, n’étaient pas toujours justifiées parle résultat.11 bâtit des cottages modèles ; des étables à cochons modèles ; il voulut faire du guano, etc., etc.Malheureusement, dans toutes ces entreprises, il se montrait plus fort en théorie qu’en pratique, et peu lui réussirent.En examinant ses comptes de ferme, il est facile de voir que sa terre de Langbam l’amusa beaucoup plus qu’elle ne lui rapporta, et elle se trouvait grevée des plus lourdes charges, lorsque son fils en hérita.Mais si sa capacité agricole pouvait être mise en doute, sa bonté et sa cordialité lui gagnaient tous les cœurs ; encore aujourd’hui le plus humble paysan, non-seulement à Langham, mais dans les campagnes environnantes, vénère la mémoire du capitaine Marryat.On a conservé même le souvenir de son cheval favori, nommé Dumpling, animal capricieux et qui ne se laissaient monter que par son maître.Le capitaine était trop myope pour être un grand sportsman ; il faisait volontiers cependant une partie de chasse, et avait imaginé un bizarre appareil pour fixer son lorgnon.Il était d’une certaine force au piquet : pour s’assurer des partenaires, il avait pris une certaine peine à enseigner le jeu à ses enfants.Ces leçons lui avaient coûté une grosse dépense en bonbons et en dragées.Pendant les dernières années de sa vie, ce n'était qu’à regret qu’il quittait sa ferme pour se rendre à Londres, et il fallait une affaire urgente pour l’y décider.En 1848, il fit ce voyage pour consulter la Faculté et revint à Langham avec l'idée qu’il n’avait plus que six mois à vivre : aussi, une fois de retour, il mit en ordre “ sa maison ”, “ dans le sens littéral comme dans le sens spi rituel ”, dit sa fille.Il s'éteignit peu à peu pendant les longues heures de l'été, ne se faisant aucune illusion, résigné, quelquefois se livrant à sa gaieté humouristique quelquefois aussi avec une espèce de délire, quand il avait pris une dose d’opium, dictant des articles de Revue ou des contes, faisant des conversations imaginaires avec ses anciens amis, Bahver, Dickens et ses camarades de 1» marine.Le matin du D août, la garde-malade qui le veillait et le croyait endormi l’entendit murmurer une phrase de l'oraison dominicale—terminée par un court soupir; c’était le dernier.Il avait atteint sa cinquante-septième année.Il était père de onze enfants (quatre fils et sept filles) ; cinq lui survivent, ainsique sa veuve.Life and Letters of captain Marryat.—(Revue britannique.) (I) Allusion ù une nouvelle reçut.' peu Je temps auparavant et rjui l'avait vivement altécté. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.181 PEDAGOGIE.familières «le langue française.—(suite) Mis DIX PARTIES DU DISCOURS, il) Introduction.Résumons d’abord on quelques mots ce que nous avons appris jusqu’ici.Notre langue française n’est pas unique ni isolée au monde ; elle lait partie de tout un grand groupe de langues fort anciennes ; et elle vient elle-même directement du latin, dont elle s’est formée, par une suite de changements successifs, du huitième siècle au seizième siècle, et c’est à peu près à partir de la seconde moitié du seizième siècle, du règne de Henri IV et, définitivement, des règnes de Louis XIII et de Louis XIV, que l'on a parlé en France la langue que nous parlons aujourd’hui.Or, nous parlons pour exprimer ce que nous pensons ; les mots dont nous nous servons ont un sens, ils représentent les idées que nous avons dans l’esprit, ils ont pour objet de transmettre ces idées au dehors, à nos semblables.Pour cela, nous prononçons ces mots qui forment notre langue et nous les écrivoons ; les mots que nous prononçons sont formés des sons de notre voix ; quand nous écrivons, nous substituons aux sons de notre voix qui nous servent à former les mots, des signes qui les représentent.Les signes qui représentent les sons s’appellent les lettres.L’ensemble des lettres, ordinairement rangées d’après un certain ordre dans lequel on a l’habitude de les appeler l’une après 1 autre, s appelle l’alphabet : c’est là que nous en étions restés.Vous connaissez aussi bien que moi, mes enfants, l’alphabet j français, et vous savez qu’il se compose de 25 lettres, ou de 26 en y comprenant le te, qui nous a été, assez récemment, importé d'Angleterre.Mais je vous ai dit que les lettres étaient, dans la langue écrite, les signes qui représentent les sons de la langue parlée.De ce qu’il y a 26 lettres dans l’alphabet français faut-il conclure que tous les sons en usage dans la langue’ française sont au nombre de 26 ?Malheureusement, non.Je dis malheureusement, parce que cela serait bien commode.Si à chaque son correspondait un signe, et s’il n’y avait qu’un signe pour chaque son, il serait relativement facile d’écrire les mots ; il suffirait de bien fixer la prononciation de chaque mot, et on l’écrirait tout juste comme on le prenonce Mais il n’en est pas ainsi.Notre langue,—je vous l’ai dit d’abord,—n’est pas d’hier ; elle ne s’est pas faite toute seule ni tout d’une pièce ; elle a emprunté son alphabet au latin, qui lui-même l’avait pris à une langue étrangère plus ancienne encore que le latin.Si bien que cet alphabet est loin d’être approprié dans toutes ses parties a 1 usage pour lequel il sert ; sur certains points, il contient trop 5 sur d’autres, il ne contient pas assez.Un évalue à 35 (2) les sons et les bruits articulésjqui entrent dans la formation des sons de notre langue.Les «ôns proprement dits sont au nombre de 16 (3) ; les simples bruits articules qui se joignent aux sons proprement dits dans la composition des mots sont au nombre de 19 (4).( I).Nous empruntons encore|ees détails à M.Victor Bonnet, dai la Ile rue des Deux-Momies ; comme on le voit, nous avons mis soi 'ont a contribution cet excellent et substantiel travail.i C’est le chiirro donné par M.Ilippolyte Cocheius dans sc mstotre de la grammaire.(1 vol.in-12, broché, 2 fr.50 c.Bible aeque do l'Echo de la Sorbonne, 7, rue Guénégaud, à Paris.) E ÿg^nt'[uelquos nuances, qui ont leur valeur, on peut aller jusqu oui f1.0* V(?ici : -a Uomme dans ami) à (dîne) ; o (oreille) ; 6 (dôme VUe) ; é (été) ; è ou é ou ai (excès, même, mais) ; eu ou au (jeun .etbffuf) ; i et y (idiome, stylo) ; u (vertu, utile) ; ou (oubli) ; o nVm i ’e\n (carmw) i 011 (mouton) ; un (alun) ; au et eau (éta eau) Un pourrait ajouter ; cû ou eue (jeûne, queue) ; e’e (journée “ , e tels qu’ils se prononcent dans miel, ciel, violet, il aimait, min ai, oue, ou tel qu’il se prononce dans boue, joue, vous, doux ; te ble> pie.scie).Ce sont i P et b, f et v (w dans certains cas) ; t et d ; c doi c av,ec cédille, sc devant e et i, t devant un t dans certaii ./I etl (s faible) ; c dur (A et qu) et g dur ; ch et j (g doux) ; fj.e® •spu’ation (comme dans halle) ; r, /, U, mouillées; m, n, i ans borgne, ignoble^ .1 est une lettre double (es, gs).il muet s une lettre_qui n’a qu'un# valeur historique étymologique.Or, quand je vous ai appris à lire, je vous ai montré qu’il n’y a dans l’alphabet que six signes particuliers pour représenter les sons proprement dits, six voyelles.Encore deux de ces voyelles, i et y, se confondent-elles souvent l’une avec l’autre.En accentuant ces voyelles, c'est-à-dire en les surmontant, suivant les cas, de ces petits signes additionnels qu’on appelle l’accent aigu, l’accent grave et l’accent circonflexe, vousarrivez, il est vrai, à la figuration d’un plus grand nombre de sons : a, â, e, è, ou ê, i, 5, o, ô, u, û ; mais il en reste plusieurs pour lesquels vous êtes obligés, quand vous voulez les figurer, d’employer deux signes au lieu d’un, telles sont les voyelles sourdes ou les nasales ou, au, an, in, ou, un ( 1 ).Les signes qui représentent les simples bruits articulés, les consonnes, correspondent mieux aux bruits articulés que nous émettons.Vous savez cependant que plusieurs de ces signes font double emploi, comme le k, le c dur et le qu.Nous avons une lettre double, l’x, qui n’est pas absolument nécessaire, et qu’on pourrait remplacer, suivant les cas, par se* équivalents es ou gs.En revanche, plusieurs signes manquent : il faut deux lettres pour représenter les articulations ch et gn (dans iyorant, borçne, etc.).Nous sommes tellement habitués à notre alphabet, que nous ne nous apercevons pas de ces défectuosités : il ne faut pas moins les constater.Mais ce n’est pas tout.Dans l’usage, nous sommes bien loin d’avoir toujours recours aux signes les plus simples pour représenter les sons ou les articulations.Ainsi, étant donnée l’articulation s, allons-nous employer le signe s dans l’écriture de tous les mots qui nous présenteront cette articulation ?Pas le moins du monde.Nous écrirons bien soleil, système, estime, avec le signe s ; mais nous écrirons aussi encens, censure, cigogne, le c doux représentant la même articulation que s; nous écrirons il avança avec un c et une cédille ; nous écrirons même scie, science, avec un s et un c.Etant donné le son in, représenterons-nous ce son par la réunion des deux signes i et », toutes les fois qu’il se rencontrera ?Pas davantage.Nous aurons in dans fin, pin, crin, etc., mais nous aurons aussi ain dans bain, certain ; ein dans dessein , im dans impie ; aim dans faim ; ym dans thym ; yn dans .synchronisme ; eint dàns éteint ; eing dans seing, etc., etc.Nous expliquerons toutes ces différences, qui ne sont pas des anomalies, qui ont leur raison d’être, avec lesquelles nous nous familiarisons si bien, qu’elles ne nous sautent pas aux yeux.Mais vous devez comprendre que, comme elles se rencontrent à chaque instant, toutes les fois qu’il s’agit d’écrire un mot, elles donnent beaucoup de peine aux étrangers qui veulent apprendre notre langue.Encore si la prononciation de chaque mot était toujours bien indiquée par ces signes, de composition si variée, qui sont destinés à la figurer, ce ne serait que demi mal.Mais il n’en est pas ainsi.Il y a, par exemple, des lettres que nous écrivons et que nous ne prononçons pas.Ainsi, l’e non accentué de la fin des mots, que nous appelons muet, puisque non-seulement il ne sonne pas comme dans me te se, où il est muet, mais qu’il ne se fait pas entendre du tout ; nous ne disons pas ; une» méchante» femme» ; nous disons : unn’ mécliantt’ femm’, sans faire aucunement entendre l’e (2).Ainsi, le f à la fin de la plupart des mots : nous écrivons chant, méchant, et nous prononçons chan, méchan, le t ne retrouvant son rôle, ne sonnant, que quand il est suivi d’un autre mot commençant par une voyelle.Nous avons ainsi des réunions tout entières de lettres qui ne se prononcent pas, ou, ce qui est pis encore, qui se prononcent dans certains mots et s’omettent dans d'autres.Par exemple, nous écrivons : dans le couvent et : des poules qui couvent ; les let-1res eut sont complètement muettes dans le second cas, et elles se prononcent an dans le premier.Ou bien encore telles lettres se prononceront différemment dans des mots ou des parties de mots qui s’écrivent identiquement.Nous écrivons : J’ai eu, pronçant eu comme s’il y avait », et nous écrivons : Europe.ave», fe«, etc., gardant ici à la voyelle composée le son qu’elle représente d’ordinaire.Quand on dit : des portions de gâteau, et : nous portions du pain, le mot portions, dans les deux cas, se traduit exactement par les mêmes signes, et cependant, dans les deux cas, la prononciation est bien différente.—Manuel général de V instruction primaire.(1) .Ou les appelle souvent voyellespolyyrammes, du grec gramma qui veut dire lettre, et polu.plusieurs ; polygramme, écrit en plusieurs lettres.(2) .ilu appelle cet e atone, c'est-à-dire dépourvu de tout sou. 182 JOURNAL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE.AVIS OFFICIELS.Ministère de l'instruction publique.AVIS.Québec, 8 novembre 1873.Avis est donne par la présente que les dissidents de Franklin, dans le comté de Huntingdon, n'ayanl pas eu d’école en opération pendant plus d un an, soit dans leur propre municipalité, soit conjointement avec d'autres syndics dans une municipalité voisine, et paraissant ne pas mettre, de bonne foi, la loi scolaire à exécution, ''t ne prendre aucune mesure pour avoir des écoles, je recommanderai au lieutenant-gouverneur en conseil que la corporation des syndics des écoles dissidentes de la dite municipalité soit déclarée dissoute, quand Irois mois se seront écoulés depuis la date du présent a\ is, en conformité de la seizième se,'lion de la 32e Victoria, cbapt.1(1.Signé) Gùdko.n Ouimet.Ministre de l'instruction publique.Québec, 1er décembre ! 878.ÉRECTION DE MUNICIPALITÉ SCOLAIRE.Le lieutenant-gouverneur a bien voulu, par ordre en conseil en date du 14 novembre dernier, faire l’érection suivante de municipalité scolaire, savoir : Comté de Rimouski—Eriger en municipalité scolaire, sous le nom de ‘‘ Ste.Blandine " le canton de Macpès avec les mêmes limites qu'il a comme canton.NOMINATION DE MEMBRE DE BUREAU d’examinateurs.BUREAU UE GASPÉ.Be lieutenant-gouverneur a bien voulu, par ordre en conseil en date du 14 novembre dernier, nommer le rév.F.X.Bossé, curé de Percé, membre du bureau des examinateurs de Gaspé, chargé de conférer des diplômes aux aspirants ou aspirantes à l’enseignement, en remplacement du rév.J.J.Monge.NOMINATIONS DE COMMISSAIRES ET DE SYNDICS D’ÉCOLES.Le lieutenant-gouverneur a bien voulu, par ordre en conseil en date dn 11 novembre dernier, faire les nominations suivantes de commissaires d’écoles : Comté de Mégantic, Ireland-Sud—Le rév.J.Bail, MM.James Annesly, Harvey Bennett, Henry Lord et William Cross.Par un autre ordre en conseil en date du 14 novembre dernier, le lieutenant-gouverneur a| bien voulu faire les nominations suivantes de commissaires d'écoles, savoir : Comté de Gaspé, Malbaie—M.John LeGresley continué dans ses fonctions.Comté de Gaspé, Percé—Le rév.F.X.Bossé en remplacement du rév.J.J.Monge.Comté de Jacques-Cartier, St.Raphaël, i Isle Bizard)—Le rév.F.X.Laberge en remplacement du rév.N.Perrault.Comté d’Ottawa, Buckingham—Le rév.Jos.F.Michel en remplacement du rév.Laurent Jouvent.Comté de Québec, St.Edouard-de-Stoneham—Le rév.RénéE.Casgrain en remplacement du rév.B.Laurent Chabot.Comté de Rimouski, Dalibaire-et-Cheroourg—M.Philippe Yerreault en remplacement de M.O.Auguste Lamontagne.Comté de Saguenay, Bergeronnes—M.Octave Godreau en remplacement de M.Narcisse Dallaire, et M.Théodore Bonliane en remplacement de M.Cyrille Bouliane.Par un ordre en conseil, en date du 26 novembre dernier, le lieutenant-gouverneur a bien voulu faire les nominations suivantes de commissaires d'écoles, savoir : Comté de Kamouraska, Ste.Hélène—MM.Pierre Laplante et Joseph Sirois en remplacement de MM.Joseph Morin et Sifroid Moreau.Cité de Québec (catholiques—Le rév.J.E.Maguire en remplacement du rév.J.Neville.Par un ordre en conseil du 27 novembre dernier, le lieutenant-gouverneur a bien voulu faire les nominations suivante* de commissaires et syndics d’écoles.COMMISSAIRE.Comté de Portneuf, St.Raymond—M.Moyae Paquet en remplacement de M.Pierre Robitaille.SYNDIC.Comté de Montcalm, Rawdon—Le rév.George Plamondon en remplacement, du rév.P.A.Laporte.DIPLOMES OCTROYÉS PAR LES BUREAUX d’examinatenrs.BUREAU CATHOLIQUE DE MONTRÉAL.Ecole modèle, 1ère classe (F) MM.Nectaire Galipeau, Orphire Payment, Edouard Piette et Mlle.Zélia.Martin.Ecole modèle, 2de classe (F) M.Misacl Côté.Ecole élémentaire, 1ère classe (F) Mlles.Adriane Bertrand, Valérie Bonin, Olympe Brien, Emma Chabot, Eléonore Chabot, Cécile Charland, Virginie Chèvrefils, Justine Demers, Dina .Teannotte, Lysia Laurières.Mlles.Zélia Martin, Maria Perrault., Victorine Rhéaume, Joséphine Riel.Marie Sinotte et M.Jean-Louis Tissidre.Ecole élémentaire, 1ère classe (A et F) Mlle.Maria McCarthy.Ecole élémentaire, 2de classe (Fi Mlles.Adèle Corbeil, Célanire Désallier, Elise Inkelle, Edwidge Jodoin, Louise Auxilie Lalonde, Mathilde Laverdure, Olympe Maillé, Julie McGowan, Philomène Ménard, Joséphine Page, Julie Plamon don, Adrienne Rousselle,Marie Uleine Roy et Martine Touchette.4 et 5 Nor.1873.F.X.Valade, secrétaire.BUREAU l’ROTESTAXT DE WATERLOO ET S WEETSB * RC.Ecole élémentaire, 1ère classe (Al Mlles.M.Hariet Ikon», Ella Clement, Sophie Converse et M.James Dougall.Ecole élémentaire.2de classe IA) M.Thomas Ivirk et Mlle.Bessie T.Sweet 4 Nov.1873.Wm Gibson, secrétaire.BUREAU DES TROIS-RIVIÈRES.Ecole modèle, 1ère classe (F) Mlle.Marie divine Héon.Ecole modèle, 1ère classe (A A Fl Mlle.Catherine Stevenson.Ecole modèle, 1ère classe (F et 2de A) Mlle.Marianne Houkl.Ecole modèle, 2de classe (F) Mlles.Philomène Bourk, et Henriette Billy.Ecole élémentaire, 1ère classe (Fi Mlles.Georgianne Bari-beault, Marie Carmélite Baril et Marie-Louise Sicard de Carufel.Ecole élémentaire, 2de classe (F) Mlle.Mathilde Peltier.4 Nov.1873.Epiirem Dufresne, secrétaire.BUREAU CATHOLIQUE DK RICHMOND ET WOI.FE.Ecole élémentaire, 1ère classe (Fi Mlles.Elmire Lévêque, Philomène Muir et Marie-Aurélie Moulin.4 Nov.1873.F.A.Brien, secrétaire.BUREAU PROTESTANT DE RICHMOND.Ecole élémentaire, 1ère classe A) Mlle.Mary A.Silver.4 Nov.1873.C.F.Cleveland, secrétaire.sureau d’ottawa.Ecole élémentaire, 1ère classe (F) M.Louis Tassé.Ecole élémentaire, 1ère classe (A) Mlle.Ellen Doyle.Ecole élémentaire, 2de classe (A) Mlles.Mary Ann Burke.Annie Burke, Bridget Burke, Elizabeth Duncan, Agnes Ellen Noakes et Mary Jane Ryan.Ecole élémentaire, 2de classe (F) Mlle.Marie Chabot.3 Nov.1873.John R.Woods, secrétaire.BUREAU D* GASPÉ.Ecole élémentaire, 1ère classe (A) Mlle.Ellen Adams.4 Nov.1873.P.Vihekt, secrétaire. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.18.' JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.QUÉBEC, PROVINCE DE QUÉBEC, DÉCEMBRE, 1873.Etablisse ment, à Montréal, d’une école des sciences appliquées aux arts et à l'industrie.11 y a déjà plus d’une année que Montréal possède une école de ce genre, en rapport avec l’université McGill, pour la population anglaise.Le ministère de l’instruction publique vient de rendre le même service patriotique à la population parlant la langue française.C'est un progrès qui se faisait désirer depuis longtemps parmi nous, et le département qui fait tous ses efforts pour adapter l’enseignement aux besoins du pays, avait à cœur de combler cette lacune.Le ministre de l’instruction publique s’est donc entendu, à ce sujet, avec la direction île l’académie commerciale catholique de Montréal et l’organisation des cours présente toutes les garanties désirables d’efficacité et de durabilité.Un crédit annuel est affecté à l’achat et à l'entretien des appareils nécessaires, ainsi qu’aux traitements des professeurs.C'est une nouvelle voie qui s’ouvre pour la jeunesse de ce pays que l’encombrement îles carrières existantes et le défaut d’enseignement spécial condamnait à végéter sans fixité dans le présent comme sans espérance pour l’avenir.Notre jeunesse va maintenant pouvoir profiter de toutes les applications modernes de.la science pour travailler, dans son propre intérêt au développement des ressources de ce pays si riche en matière première de toute espèce.Cette branche d’instruction pratique dont le besoin se faisait si vivement sentir, a été trop longtemps négligée.Elle était surtout devenue indispensable à notre époque de mines et de chemins de fer, et an moment où la grande question d’une industrie nationale entre de plus en plus dans le domaine de la réalisation.Le programme d’études que nous publions plus loin montre que l’enseignement sera complet et parfaitement calculé pour former des hommes dont l’éducation pratique les rende propres à prendre la direction de l’exploitation de nos mines et des diverses industries qui surgissent tons les jours, et à ser vir d’ingénieurs, soit "pour la construction, soit pour la direction de nos diverses lignes de chemin de fer.L’Académie du Plateau, qui avait déjà acquis, à tant de titres, l’estime et la confiance’du public, va voir un nouveau champ s’ouvrir au zèle de sa direction et au dévoù-ment de ses professeurs qui ne se ralentiront pas, nous en sommes .certain, dans la voie qu’ils parcourent avec autant de courage que d'intelligence.Voici le programme des cours : Projet d'un cours scientifique et industriel à créer à l'académie commerciale catholique de Montréal présenté à MM.les commissaires d'écoles de cette ville.plan général et ensemble du cours scientifique et INDUSTRIEL.Les études de ce cours ont poui but de donner à la jeunesse une éducation solide, substantielle et essentiellement pratique dans les arts et les sciences.Elles ouvriront aux jeunes gens les diverses professions ou branches de professions énumérées ci-après, et fournirontau pays les hommes pratiques nécessaires à la création de l’industrie et au mouvement industriel.Ces études, nous le répétons, seront non-seulement théoriques mais surtout pratiques ; le but de la maison ne sera pas de former des savants proprement dits, mais des hommes spéciaux, et par cela même ayant une connaissance parfaite de leur branche.Quand on songe aux vastes entreprises coloniales, aux routes, canaux et chemins de fer actuellement en construction ou en activité, et au nombre des jeunes gens employés ou a employer par ces grandes compagnies ; quand on songe que la plupart des premiers ont été recrutés à l’étranger, on se sent convaincu qu’en leur ouvrant une école semblable, on leur ouvre un avenir certain.Le cours scientifique et industriel comprendra les branches suivantes sous les rubriques de GÉNIE CIVIL.1 è"e branche.Formera : Géomètres, arpenteurs, architectes, ingénieurs de chemins de fer, de canaux, de routes, des ponts et chaussées, entrepreneurs et constructeurs en maçonnerie, charpente, menuiserie, etc.Aides-géomètres.Dessinateurs dans les bureaux du cadastre, des chemins de fer, des travaux publics, etc.Employés dans les chemins de fer, les ponts et chaussées, les grandes administrations, etc.Levée des plans, nivellement, tracé des voies, évaluations, travaux de déblais et remblais, tunnels, pose des rails, stations, consolidation de la voie, considérations générales, examen des matériaux, calculs sur les résistances, durée des rails, des ponts, des locomotives, du matériel roulant, etc.Calculs sur les rendements des chemins, exploitation, personnel, étude des voies d’Amérique et d’Europe.Travaux publics, œuvres d’art, construction de manufactures, moulins, grandes usines, ponts suspendus, tubulaires, hydraulique, aqueducs, travaux sous-marins, endiguements, piles et culées des ponts, usage du béton, creusement des bassins, torpilles, cables sous-marins.Cadastre, explorations géographiques et météorologiques, travaux de défense, portée de l’artillerie, constructions maritimes, cabotage.Construction des maisons, coupe du bois et des pierres, charpente, assemblages, décorations intérieures et extérieures.Dessin, devis et constructions, calculs sur la résistance des matériaux employés : colonnes de pierre, de fonte, de bois, fondations, jeu des charpentes métalliques, des toits, etc.Dessin géométrique et topographique, dessin architectural et ornement, etc.MINES ET MÉTALLURGIE.2e branche.Formera : Minéralogistes, géologues, ingénieurs des mines et ingénieurs métallurgistes, contre-maîtres de fonderies, d’usines, chimistes, analyseurs de minerais, industriels exploitant mines et carrières.Employés dans les grandes usines, les hauts-fourneaux, dans la fabrication de l’acier Bessemer; des fers laminés, des rails, etc.Analyse chimique des roches, minéraux, minerais, essais de* minerais, analyse des produits métallurgiques.Industries extractives, exploitation des mines et des carrières extraction, machines employées : treuils, pompes d’épuisement,’ ventilation, consolidation des voûtes, mines, minières, carrières puits, puits instantanés, puits artésiens, forage.Marbres, pierres à bâtir, ardoises, chaux et calcaires, grès et granit, plâtre, charbon de terre (houille) tourbe, lignite, charbon de bois, sel marin et sel gemme, (extraction et préparations de ces diverses matières.) Extraction du fer, ses minerais, hauts fourneaux, coulée de la fonte, fonderies, moulage, fusion, coulée, affinage et puddlage, cinglage et laminage, aciers naturels, cimentés, fondus, puddlés’ Bessemer, laminoir, filière, tôle et fil de fer, rails, fer blanc et fer galvanisé ou zingué.Etude des minerais et extraction du cuivre, du plomb de l'étain, du zinc, de l’or, de l'argent, du mercure, de l’aluminium.Fabrication des laitons, bronze coulée du bronze, tuyaux de plomb, zinc en feuilles, zinc repoussé, étamage, zinguage coupellation, alliages divers.Quand une exploitation est avantageuse ; quand elle ne l'est point, proximité des mines de charbon et des voies navigable* concurrence étrangère, main d’œuvre, établissement des hauts fourneaux et des fonderies.MÉCANIQUE ET TRAVAIL DES MÉTAUX.3e branche.Formera : Mécaniciens, ingénieurs-mécaniciens, contre-mai très d'usines, d’ateliers, etc., constructeurs de machines, d’instruments de précision, d’instruments de télégraphié, dé bronze», constructeurs de machines, —locomotives, mécaniciens JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.a borcl des vaisseaux, dessinateurs dans les ateliers de machines a vapeur et de locomotives, dans les ateliers des chemins de 1er (section du matériel', dans les grandes usines, employés dans les forges, les usines, les grandes fabriques, les compagnies du gaz, 1 administration de l’aqueduc, etc.Dessin mécanique, machines diverses : Levier, plan incliné, poulies, treuils, chèvres, cabestans, roues, roues dentées, engrenages, excentriques, transmission et transformation du mouvement, horloges.Moteurs, moteurs hydrauliques, roues à aubes, turbines, pompes loulantes, a vapeur, rotatives, à force centrifuge, d épuisement, moulin à eau, à vent, machines à air chaud.Machines à vapeur, détails, chaudières à bouilleurs, tubulaires, appareils de sûreté, cylindres, pistons, tiroirs, excentriques, haute et basse pression, avec ou sans condensation, volants, modérateurs, machines lixes, à cylindre fixe, à cylindre mobile, machines mobiles, locomobiles, locomotives, différents systèmes, avantages et inconvénients, machines de bateaux à vapeur, hélice, étude complète du mécanisme, calcul des pièces.Cheval vapeur, rendement des machines, conditions de résistance, durée.Industries préparatoires, travail des métaux, acier, diverses trempes, trempe du bronze, construction des machines, pièces plates et rondes, tours, machines à raboter, à percer, étaux limeurs, etc., scies droites, circulaires, à ruban, chaudronnerie, chaudières de fer, de cuivre, quincaillerie, clouterie, limes, scies, etc., serrurerie, coutellerie, armes blanches, armes à feu, canons, obus, fusils, coulée des canons et des cloches, forage, instruments aratoires.Charpentes de fer, ponts suspendus, tuyaux d'eau, de gaz, monnayage, instruments de musique, instruments de précision, appareils scientifiques, etc., galvanoplastie, bronzes d’art et d’ameublement, zincs d’art, fontes d’art.Scieries, filatures, moulins à farine, machines à coudre, machines agricoles, etc.< 'aïeuls sur le coût, la durée, devis et dessins.INDUSTRIES DIVERSES.PRODrOTIOX.4e branche.Formera : Agriculteurs, chimistes et pharmaciens.Industriels, commerçants et marchands.Contre-maîtres d’usines, de filatures, de papeteries, de fabriques de savons, bougies, de teintureries.Contre-maîtres de verreries, de sucreries.Distillateurs, dessinateurs, graveurs et lithographes.Sculpteurs.Employés dans ces diverses branches.Jeunes gens se destinant aux études médicales.Naturalistes, etc.Botanique, minéralogie, agriculture, analyse des sols et terrains.Engrais, guanos, etc.Chimie inorganique.Analyses qualitatives et quantitatives.industries préparatoires.Fabrique de produits chimiques.Désinfectants.Antiseptus.Matière médicale.Souffre, poudre, acides sulphurique, nitrique, chlorydrique.Féculeries et amidonneries, soudes et potasses, huiles et savons, éclairage : chandelles, bougies stéariques, gaz d’éclairage, usine à gaz, allumettes, huiles végétales, minérales, lumière électrique, combustibles : charbon, bois, tourbe, etc.Préservation du bois, préparation des peaux, cuirs, tannage, corroierie.mégisserie, chamoiserie, gélatine, colles fortes, matières tinctoriales, caoutchouc, gutta-Percha, vulcanisation.Fabrication de la porcelaine, de la faïence, des poteries communes et terres cuites, grès cérames, briques, verres et cristaux : glace, vitres, bouteilles, gobeleterie, chaux, ciments, mortiers.Alimention : meuneries, farines, pain, pâtes alimentaires, sucres (fabrication et raffinage des) sucres de canne, de betterave d’érable, confiseries, chocalat, café, thé, beurre, fromages, conservation des substances alimentaires : salaisons des poissons, des viandes en boîtes, falsification des substances alimentaires, essais avec réactifs et examen au microscope, boissons : vins, bière, cidre, eaux-de-vie et alcools, liqueurs, vinaigre, distilleries.Vêtements : filature de la soie, du lin, du chanvre, du coton, du jute, de la laine, cordages, fabrication des tissus : étoffes unies, à armure, artistiques, velours, à mailles, calicots, piqués, batistes, mousselines, taffetas, etc.Dentelles, tulles, broderies, bonneterie, teinture, blanchiment, impression et apprêts des tissus, fabrication des draps, cenfection des vêtements, chapellerie, cordonnerie, ganterie.Fabrication des épingles, aiguilles, boutons, brosses, peignes, bijoux, plaqué, etc.Papier, papeterie, carton, plumes métalliques, crayons.Imprimerie, typographie : caractères, composition, tirage stéréotypie, gravure et lithographie, taille-douce, reliure.Fabrique de papiers peints, ébénisterie, sculpture, photo-tographie, dessin artistique, télégraphie.Produits commerçables, leur provenance, etc.LE COURS SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIEL se composera de trois années d’études.(Si on le juge à propos, la 3e année sera facultative, mais alors les élèves sortants n’auront fait que des études théoriques et d’ensemble).La liste suivante contient les matières du cours, sans égard à leur distribution.Mathématiques.—Algèbre.Géométrie descriptive.Trigonométrie.Géométrie transcendante et analytique.Sections des solides.Géométrie appliquée.—Géodésie.Arpentage et levée de plan, chaîne, équerre, boussole, graphomètre, etc.Opérations graphiques.Nivellement.Opérations topographiques et hydro graphiques.Géométrie souterraine, routes, canaux, chemins de fer, tunnels.Sciences physiques.—Physique : mécanique des Hautes et îles solides, hydrostatique, acoustique, optique, chaleur, électricité, gravitation, astronomie, météorologie.Chimie appliquée.—Chimie inorganique.Chimie organique.Analyses qualitatives et quantitatives.Chimie des combustibles et de l’éclairage.Chimie des matériaux de construction.Chimie des sucres, esprits, fécules, denrées alimentaires, matières textiles, etc.Industries spéciales, métallurgie, hauts fourneaux, combustibles, metallurgies spéciales.Mécanique et physique appliquées.— Mécanique des solides, friction, solidité.Hydraulique, machines.Moteurs : hydrauliques, à air, à vapeur, électriques.Construction et placement, dessins et devis, machines spéciales.Constructions : stabilité, architecture, dessins et devis.Mines, creusement des puits et galeries, ventilation, préparation des minerais, exploitation, épuisement des eaux, etc.Dessin.—Dessin linéaire, architectural, topographique, mécanique.Projections, échelles, plans sections, Ombres et pénombres, structures, perspective linéaire, coupe des pierres, empe des charpentes, travail des métaux, forage etétaus, dessin d'ornement de tête, de paysages.Modelage.Lettres.—Littérature française et anglaise, philosophie, économie politique, histoire, instruction religieuse 1 ° L’élève qui veut suivre le cours industriel devra, pour son admission, passer un examen satisfaisant sur les matières détaillées ci-dessous.(N.B.L’étude de ces matières est comprise dans le programme de la 2e année du cours commercial.A cet endroit, les études bifurquent : d’un côté, on poursuit les études commerciales ; de l’autre, on aborde le cours scientifique.) L’examen d'admission roulera sur les matières suivantes (formant programme de la 2e année du cours commercial) : Littérature française et anglaise (Histoire, économie sociale.) Arithmétique (J.II.Sangster) en entier.Algèbre (des frères) jusqu’aux équations 2d degré.Géométrie (des frères) jusqu’à l’arpentage.C’est-à-dire notions élémentaires etdonnées pratiques pour le calcul.Dessin linéaire bien exécuté.Notions sur histoire naturelle et sciences.COURS.CLASSE DES SCIENCES PROPREMENT DIT! S.Génie civil—1ère année—Algèbre : Tous les calculs algébriques (Algèbre des frères).Géométrie : Legendre.G premiers livres; géométrie descriptive, trigonométrie, notions d’arpentage et de nivellement, problèmes graphiques et numériques.Sciences naturelles : Botanique, zoologie, anatomie comparée.Eléments de géologie descriptive, cristallographie, géographie physique de la terre.Eléments de physique : Propriétés générales, attraction, hydrostatique, densités, gaz, chaleur.Notions sur acoustique.Lumière, électricité, statique,météorologie.Chimie, chimie inorganique.Analyses.Réactifs.Notions sur chimie organique.Mécanique (éléments de) forces et mouvement.Pesanteur, pendule, équilibre.Plan incliné, poulies, etc.Dessin linéaire et d’ornements.Dessin architectural.Projections d’organes de machines au lavis.Littérature française et anglaise, philosophie, histoire.Mines et métallurgie— 1ère année—Mêmes matières. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.185 Mécanique et travail des métaux—1ère année—Mêmes matières.Industries diverses, production—1ère année—Mêmes matières.Génie civil—2e année—Géométrie, 2 derniers livres de Legendre, géométrie transcendante et analytique, section des solides, géodésie levée des plans, opérations graphiques et sur le terrain, architecture, géométrie souterraine, nivellements.Sciences naturelles, revue sur matières de l’année précédente, physiologie, paléontologie, géologie, théorique, histoire physique d'une planète, minéralogie, physique, attraction, astronomie, densités, chaleur, instruments d’optique, électricité dy-nanique.Chimie organique.Revue sur chimie inorganique.Mécanique appliquée.Moteurs hydrauliques, à air, à vapeur, électriques.Economie politique et histoire.Dessin linéaire, topographie, lavis, projections architecturales d’après croquis, échelles, ombres, coupe des pierres et des charpentes, dessin au tire-ligne et à la plume.Mines et métallurgie— 2e année—Géométrie comme génie civil, géométrie souterraine.Sciences naturelles, même cours.Chimie organique, essais minéraux Chimie des combustibles, même cours.Dessin topographique et mécanique.Mécanique et travail des métaux—2e année—Géométrie, mêmes cours, sections des solides, même cours, mécanique comme génie civil, calculs et travail sur pièces de machines, coupes Dessin mécanique d’après croquis, d’après organes de machines, échelles, lavis, dessin artistique, ornements, etc Industries diverses Production.—2e année—Mêmes cours.Chimie organique, essais, analyses, chimie industrielle et appliquée, même cours, dessin linéaire et artistique, dessins à la plume et au tire-ligne Génie civil—3me année—Géodésie.Travail de bureau et travail sur le terrain, opérations topographiques et hydrographiques.Partage des terrains.Etudes, devis, tracé des routes, canaux, chemins de fer, tunnels.Evaluations.Calculs.Remblais et déblais, etc.Chimie des matériaux de construction et des combustibles.Mécanique.Hydraulique.Cours d’eau.Constructions, architecture, stabilité, résistance, tassement, ventilation.Dessins topographiques lavés et hachés.Nivellements.Architecture.Assemblage des bois et des pierres.Devis.Estimations.Rapport et rendement Problèmes de tous genres, (pratiques).Mines et métallurgie.—3ème année.—Géodésie (comme clans génie civil ) Excursions géologiques et minéralogiques, études, devis, tracé, comme dans génie civil, particulièrement des puits, galeries, évaluations, calculs des déblais.Chimie des minéraux, des minerais, des combustibles et de l’éclairage, machines des mines, treuils, pompes d’épuisement, ventilateurs, machines soufflantes, constructions, chantiers, creusement des puits et galeries, ventilation, prépation des minerais, exploitation, épuisement des eaux, métallurgie, hauts fourneaux, combustibles, fonte et coulée etc., puddaye etc., devis, estimation, problèmes sur rendements, visites aux fonderies, travail d’atelier, métaux, forge.Mécanique et travail des métaux.—3ème année—Etudes, devis et tracé des machines, études spéciales, machines diverses, construction et placement, machines spéciales, dessins et devis.Locomotives, visites aux ateliers de construction, combustibles, éclairage etc., métallurgie, fonte, coulée, galvanoplastie, électricité, problèmes sur durée, résistance des machines.Travail d’atelier, travail de» métaux, forge, etc., dessin mécanique.Industries diverses, production—3me année—Chimie qualitative et quantitative.Chimie des combustibles.Eclairage.Matériaux de construction.Sucres.Alcools.Fécules.Matières textiles Matière médicale.Travail de laboratoire.Manipulation des réactifs, etc.Industrie.Production.Visites aux manufactures.Industries spéciales.Dessin linéaire et artistique.Dessin à la plume.Aquarelles, chromos, gravure, etc.2° L’élève sera examiné deux fois par an.L’examen de la tin d’année, s’il est satisfaisant, lui donnera accès au cours immédiatement supérieur.3° On délivrera des diplômes de capacité.Il est évident que dans la première et la seconde année, les études se confondront plus ou moins.Les mêmes études d’ensemble sont nécessaires à tous.A la lin de la Ire année, l’élève choisira la branche qu’il veut suivre spécialement.Revue mensuelle.La troisième session du deuxième parlement de Québec a été ouverte le quatre de ce mois, par le lieutenant-gouverneur, Thon.R.E.Caron.Les débats offrent, cette année, un intérêt inaccoutumé, et les galeries de la salle législative sont constamment surchargées d’auditeurs.Plusieurs mesures d'une importance majeure seront discutées et, si l’on en juge par la vivacité avec laquelle on aborde les préliminaires, ne manqueront pas de provoquer au plus haut degré, lu verve des orateurs.Le 03e congrès des Etats-Unis s’est aussi ouvert le 1er de ce mois, à Washington, au moment ou de sourdes rumeurs d’une guerre avec l’Eçpagne se faisaient entendre d’un bout à l’autre du pays.Car dès la première nouvelle de la prise du Virginia,! par le Tornado, et, surtout, de l’exécution sommaire de 53 hommes sur les 155 que contenait ce steamer, il n’y eut partout qu’un cri d’indignation.Nous avouons qu’il y avait de quoi.Il était connu que le Virginias avait à son bord un grand nombre de volontaires destinés à soutenir l’insurrection cubaine, qu’il portait même Franchi Alfaro,futur président de la future république ; mais il n’en est pas moins vrai que ce vaisseau voyageait sous les couleurs des Etats-Unis et,par conséquent,sous leur protection.Nous ne nions pas au Tornado, dans ces circonstances, le droit d’arrêter le Virginias, mais nous refusons au gouvernement espagnol celui d’avoir fait fusiller dans les vingt-quatre heures, les prétendus volontaires.Le Virginias étant parti d’un port des Etats-Unis et voyageant sous le pavillon de ce pays, c’était au gouvernement de Washington à connaître de l’affaire, et à exercer sa justice.La presse tout entière était donc justiliable de jeter le cri d’alarme, qui a eu partout un écho retentissant.Seulement cet écho a été l’unique effet produit.Nous sommes loin de regretter une vengeance prompte et irréfléchie qui aurait pu amener les plus tristes résultats.Ce que nous déplorons, c’est que les Etats-Unis n’aient pas fait ce qui a été accompli par la frégate anglaise la Niobe.A la première nouvelle, cette frégate, qui se trouvait dans un port américain, a immédiatement fait voile pour Santiago, et dès son arrivée, le commandant a menacé de bombarder la ville, si on ne suspendait pas l'exécution des prisonniers.C’est à cet acte chevaleresque que les 102 survivants du Virginias doivent leur existence.Pendant ce temps les Américains criaient.Quoi qu’il en soit, après bien des pourparlers, l'affaire est maintenant arrangée par voie de la diplomatie et le Virgimus a été remis, le 12 de ce mois, avec les prisonniers survivants, entre les mains des Etats-Unis.Cette remise ne s’est pas opérée sans trouble, cependant.Les Cubains ont protesté de toutes leurs lorces et se sont même déclarés prêts à mourir plutôt que d’abandonner leur capture.Mais le gouvernement d’Espagne a été plein de fermeté.Le Virginias a été rendu et les Cubains ne sont pas morts.Il est probable d’ailleurs qu’ils subiront avant longtemps eux-mêmes le sort de.ce steamer, et qu’il ne se passera pas bien îles années avant que les Etats-Unis mettent la main sur cette île enchanteresse qui est depuis un temps immémorial l’objet de leurs convoitises.Il est probable qu’ils ne sont pas complètement étranger à l’insurrection actuelle commencée par Cespédès en 1868, et que la cargaison d’armes et d’hommes portée par le Virgi-nius ne s’est pas embarquée aussi incognito qu'on serait tenté de le croire.L’occasion est belle, dans tous les cas ; car le gouvernement espagnol a trop à faire, dans le moment, chez lui, pour pouvoir venir effectivement, à travers l'Atlantique, au secours de Cuba, et la reine des Antilles passerait bien vite sous les serres de l’aigle américaine.Cuba a une superficie d’environ 25,000 milles et une population d’audelà d’un million et demi.Elle fut découverte en 1492 par Colomb et devint dès lors la propriété de l’Espagne ; en 1762 les Anglais la prirent et la ravagèrent, mais en 1763 elle fut rendue aux Espagnols qui la possèdent encore.Deux évènéments importants se sont accomplis, en France, depuis notre dernière revue.Les pouvoirs du maréchal MacMahon ont été prorogés pour une période de sept ans, à une majorité de 68 voix seulement.C’est donc encore sept années de prov isoire et d’incertain, avec la perspective de plusieurs soulèvements, et, peut-être, d’une nouvelle commune.A l’expiration du nouveau mandat de MacMahon, c’est-à-dire, en 1880, voici quels seront les âges des personnages que les événements du jour mettent en relief : Le duc d’Aumale, 58 ans.Le prince Napoléon-Jérôme, 58 ans Le maréchal do MacMahon, 72 •• A.Thiers, 83 « Gambetta, 44 “ Le comte de Chambord, 60 ans.Le prince impérial, 25 Le comte de Paris, 42 “ Le due de Chartres, 40 “ Le duc de Nemours.66 “ Le prince de Joinville, 02 “ Un autre événement non moins important par les faits qu’il » dévoilés et les enseignements qu’il contient,[c'est le procès du maréchal Bazaine qui vient de se terminer par un verdict unanime de culpabilité.Le jugement a été prononcé le 10 de co mois.Il condamne le coupable à la mort, avec dégradation militaire.Après le prononcé du jugement, le tribunal a, néanmoins, signé unanimement une recommandation à la clémence.Sur quoi le président de JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.180 la république a commué la sentence en un emprisonnement de 20 ans, avec les conséquences sans les peines de la dégradation.Le.lieu de réclusion est l'île Ste.Marguerite, déjà célèbre parle séjour qu’y a fait le mystérieux Masque de fer.C’est une chuto terrible, pour un maréchal de France, et en même temps une grande leçon à l’adresse de ceux qui pourraient être tentés, plus tard, de passer leur épée entré les fils (le la diplomatie Lajusticeaeu son cours et le coupable subit sa peine : il n’y a donc pas lieu de s’appesantir sur cette lamentable histoire.L'on pourrait cependant à l’aide des seuls faits qui y sont dévoilés, expliquer assez facilement la chute de l’empire et laver la mémoire du défunt empereur de bien des taches que son entourage seul devrait porter.Bazaine n’est pas le seul traître et bien d’autres hauts personnages militaires et civils seraient aujourd’hui fort embarrassés d’expliquer leur conduite si, comme à Bazaine, on leur en demandait un compte quelque peu sévère.Nous regrettons l’avoir à enregistrer un grand nombre de décès pour le mois qui vient de s’écouler.Le premier nom qui se présente sous notre plnme est celui d’Abd-el-Kader, mort le 12 novembre, en Algérie.Ce nom a attiré pendant longtemps l’attention de l’Europe et les faits d’armes du brillant capitaine qui combattit si longtemps contre la France, méritent que nous consacrions un peu'plus d’espace que d’ordinaire à sa biographie.Nous empruntons ce qui suit à j Vapcreau : Abd-el-Kader (Sidi-el-Hadji-Ouled-Maliiddin), était né vers 1807, aux environs de Mascara, sur le territoire des Hachems.Il fut élevé avec ses trois frères à la guelna (sorte de séminaire) de son père, Sidi-el-Mahiddin, marabout très-véneré de la province d’Oran, qui faisait remonter sa généalogie jusqu’au prophète.Doué d’une intelligence précoce, il expliquait dès l'enlànce les passages les plus difficiles du Coran.Plus tard, il sc distingua par son éloquence et sa j connaissance de l’histoire nationale, en même temps que, par sa fervente piété, il mérita les titres de marabout et de tbaleb ; c’est-à-dire de saint et de savant.Il ne négligeait pas non plus les exercices du corps et surpassait tous les Arabes par son habilité à manier le cheval et le yatagan.Le dey d’Alger, redoutant son ambition, ( voulut le taire assassiner.Abd-el-Kader put s’enfuir en Egypte avec j son père et se trouva pour la première fois en contact avec la civilisa- ] tion européenne, au Caire et à Alexandrie.Il alla visiter alors le berceau du prophète, à la Mecque, et se recommanda encore par ce saint pèlerinage à l’attention de ses compatriotes.Quand il revint en Algérie, Alger était au pouvoir des Français et la domination turque était anéantie dans la province.Les tribus arabes voisinesd'Uran crurent le moment favorable pour reconquérir leur indépendance ; elles se soulevèrent, sous le commandement du père d’Abd-el-Kader, battirent les Turcs et s’emparèrent de Mascara.Les habitants de la ville voulurent reconnaître Mahiddin pour roi, mais il se déchargea de cet honneur sur son fils dont l’autorité s’étendit bientôt de proche en proche jusqu’au grand désert.Dès lors l'histoire d’Abd-el-Kader est l’histoire de la conquête française en Algérie.Encouragé par ses premiers progrès, il se mit à prêcher la guerre sainte et vint avec 10,000 cavaliers assiéger (iron, occupé par nos troupes sous le commandement du général Boyer (1832).Il fit preuve d’un grand courage et ne se décida à la retraite qu’aprèsune lutte de trois jours.L’année suivante, le général Boyer fut remplacé par le général Desmichels, qui battit Àbd-el-Kaïler dans des embuscades sanglantes et mit une garnison sur deux points importants de la côte, Arzew et Mostaganem.Cependant l’influence de l’émir allait croissant ; il devint bientôt le seul chef des diverses tribus soulevées contre la domination française et put attnquer Tlemcen.En 1834, au milieu du chagrin que fui causa la mort de son pète, il eut la satisfaction de conclure avec le vénérai Desmichels un trait'’ qui, faisant du Chélif la limite de ses°possessions, lui constituait un v éritable royaume, avec Mascara pour capitale, entre l’empire du Maroc, les provinces d’Oran, de Tileri et d’Alger, lui livrait tout le commerce de la province d’Oran et lui donnait le temps de dresser ses troupes contre nous, d’établir un gouvernement régulier, en un mot, de constituer la nationalité arabe.Le cabinet français, abusé, avait cru se décharger sur lui des embarras de l’occupation.« 11 lui en créa bientôt de nouveaux.Après avoir brouillé les généraux Voirol et Desmichels, et comprimé, avec l’aide de la France, une révolte dangereuse excitée par quelques chefs jaloux de -on autorité, il passe le Chélif at s’empare de Médéali.Le général Trézel, qui avait remplacé, en 1835, le général Desmichels u< Iran, marcha contre l’émir et l’atteignit sur les bords de la Mae ta ; mais, entouré par 2U.000 cavaliers, il dut battre en retraite, âpres des prodiges de valeur, abandonnant à l’ennemi son ambulance et ses bagages.Cette victoire doubla le fanatisme des Arabes et jeta la eonsterna-tion dans notre armée.Six années plus tard, le général Bugeaud fut nomme gouverneur.Il changea la tactique suivie jusqu’alors, augmenta les colonnes d’attaque, leur donna une plus grande légèreté et organisa ce -\ stem# de razzias qui, en portant nos armes jusqu mix limite» du désert, fit naître bientôt la famine parmi les Arabes.Mascara fut prise, en décembre 1841, et un grand nombre de tribus firent leur soumission.Abd-el-Kader redoubla d’elforts, souleva les Kabyles, et recula pas à pas vers le désert, avec les tribus fidèles à sa cause.La prise de la Smala, par le duc d’Aumale, en février 1842, le força à se réfugier sur le territoire de l’empereur du Maroc, qui l’avait presque toujours soutenu sourdement jusque-là, et qui se décida, en 1841, à attaquer les positions françaises.La victoire complète du général Bugeaud sur les troupes marocaines, à Isly (14 août,) et le bombardement de Mogadorct de Tanger par le prince de Joinville, guérirent pour toujours l’empereur de l’envie de protéger ouvertement Abd-el-Kader.Mais l’infatigable émir sut encore trouver chez les péuples fanatiques du Maroc des secours en hommes et en argent, qui lui permirent de se jeter de nouveau sur l’Algérie.Il fallut encore deux ans pour réduire Abd-el-Kader qui profitait de l'hospitalité d’Abd-er-Rhaman, pour pratiquer dos intelligences dans le Maroc et y préparer une révolution à son profit.Il parvint à soulever en sa faveur un certain nombre de peuplades et contraignit l’empereur à faire cause commune avec les Français contre lui.Après une tentative inutile contre la ville d’Oudtscha, l’émir remporta deux victoires sur les troupes marocaines, dont la plupart refusaient do le combattre, s’empara d'un de leurs camps, puis de la ville de Teza, et se tourna de nouveau contre les possessions françaises.Enveloppé bientôt par les forces supérieures, il lut contraint de fuir, et après la mort de ses anciens partisans, il vint se rendre au général Lamoricière, sous la condition d’ètre mené à Alexandrie ou à Saint-Jean d’Acre.Il fut embarqué pour la France avec sa famille, et après avoir été détenu quelque temps au fort Lamalgue,à Toulon, puis au château d’Amboise.L’Assemblée nationale, plusieurs fois saisie des réclamations du prisonnier, jugea qu’il ne pouvait sans inconvénient revoir la terre d’Afrique.Il fut enfin mis en liberté par Napoléon III’.à l'occasion même de la proclamation de l'Empire (2 décembre 1852) et en témoigna la plus vive reconnaissance.11 s’embarqua, le 21 du même mois, avec toute sa suite, I pour Brousse, où il vécut dans la retraite jusqu’au tremblement de terre qui détruisit cette ville en 1855.Il passa alors a Constantinople.Depuis il s’était établi à Damas, où, au mois le juin 1860, il prit généreusement la défense des chrétiens contre les fureurs meurtrières des Druses, et mérita d'être fait grand’eroix de la Légion-d Honneur.“ Abd-el-Kader, disait, à propos de ces événements, une correspondance étrangère, vit fort simplement et consacre les économies considérables qu'il réalise sur sa pension de 100,000 francs, payéo par la France à l'achat de perles et de diamants.Il n’a que trois femmes ; de vingt-quatre enfants, il lui en reste onze.Plusieurs de ses lrères vivent auprès de lui.” En 1863, il a traversé l’Egypte, visité les travaux de l’Isthme de Suez et accompli le pèlerinage de la Mecque.Lors de la guerre de 1870, il montra toutes ses sympathies pour la France ; et les Allemands ayant tenté de soulever une révolte en Algérie, Abd-el-Kader s’empressa do faire rentrer dans l’ordre ses compatriotes égarés.A la date du 29 novembre, les journaux ont annoncé la mort du rév.Pierre-Henri Harkin, curé de St.Colomban de Sillery.M.Harkin était né en Irlande, en 1870, et était curé de St.Colomban depuis 1*55.La mort a aussi fait de terribles vides dans notre monde poli J tique.A part l'hon.Alexander Keith, président du conseil législatif de la Nouvelle-Ecosse, notre Sénat a perdu quatre de ses membres, les bons.Blake, Sleeves, Locke et Leslie.L’hon.Oliver Blake était né en 1802 et représentait la division de T\ aterford, Ontario.L’hon.W.II.Steeves était né en 1814 et représentait Saint-Jean du Nouveau-Brunswick ; il est mort le 9 décembre.L’hon.John Locke, né le 15 septembre 1825, représentait la division de Shelburne, N.E., et est mort le 12 décembre.L’hon.James Leslie était le plus âgé de nos hommes politiques ; il était né à Kair, Kincardine, le 4 sept.1786.Pendant plusieurs années il a été à la tète d’un commerce considérable à Montréal.Il a servi pendant la guerre de 1812 et a fait partie de la milice jusqu’en 1862 ; alors il se retira avec le grade de lieutenant-colonel.M.Leslie a représenté Montréal-Est à l’assemblée du Bas-Canada, depuis 1824 jusqu’à l’Union, en 1841.De 1841 à 1848, il a représenté Verchères, dans l’assemblée du Canada.Il fut ensuite appelé au conseil législatil, puis en 1867, i 1 fut nommé sénateur par proclamation royale.M.Leslie est mort fi* 6 décembre à l’âge patriarcal do 87 ans.La famille impériale de Prusse se trouve dans le deuil par le décès de la reine Elisabeth, douairière, arrivé le 15 de ce mois, à l’âge de 72 ans.Nous aurions dù aussi mentionner dans nos derniers bulletins, les noms de Sir Edward Landseer, du comte de Flavigny et d Ernest Feydeau.Sir Edward Landseer s’était fait un grand renom en Angleterre pour ses peintures remarquables.Un grand nombre de JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.187 ses tableaux lui ont valu, «le la part du public el îles connaisseurs, | un tribut d'admiration sincere.Il «Mail né à Londres en I802 et esi j mort le 1er octobre dernier.Le comte «le Fluvigny ( Maurice-Adolphe-Charles) «'Mail un «les1 fermes soul ions d«* Louis-Philippe.Il sVsl l’ail un nom «bins la' diplomatie.Né en 1700, il «_*st mort à Paris le K) oclobr«‘ dernier.! lia l’ait bcamamp pour porter secours aux blesses pendant la guerre i de 1870.Il était «dlmier de la Légion «1r Honneur.Ernest Feydeau, nô en 1821.esl mort à Paris le 28 «telobre dernier.| C’était un des romanciers les plus lV*conds de notre époque • Il a| :iu>si ecril plusieurs essais liislori«|ues assez gofile^.NOUVELLES ET FAITS DIVERS.’ i BULLETIN DE I,’INSTRUCTION PUBLIQUE.Collégé de Punahou, des Sandwich.—L’éducation américaine domine aux iles Sandwich.On n’enseigne pas seulement aux jeunes tilles, l’histoire, la géographie, la musique, le chant, le dessin, la couture ; on s’applique surtout à en faire des femmes pratiques, capables de bien diriger une maison.Un détail, entre autres, en dira plus long à ce sujet.Chaque quinzaine, le directeur du collège désigne un certain nombre de jeunes lilies, à tour de rôle, pour diriger l’établissement sous le contrôle supérieur do la directrice.Elles sont respectivement chargées de cc qui est à proprement parler le ménage.Elles donnent les ordres pour les repas, surveillent la cuisine, font elles-mêmes les entremets, les plats doux, les gâteaux.Les achats leur sont confiés ; elles mettent le couvert, veillent à l’entretien du linge, ont la haute main sur les domestiques, et sont reponsables de la bonne tenue de l’établissement.Chaque ! élève fait son lit, sa chambre, la balaye et la tient en ordre.Fnc fois par mois, le directeur et la directrice reçoivent dans ; la soirée les visiteurs, parents ou amis,qui viennent d’Honolulu.l’ne fois par an a lieu l'examen général.Le public y est invité Cet examen, qui dure trois jours consécutifs, de dix heures du matin à six heures du soir, attire une grande foule.Le président de ce concours est d'office un des trois membres du j conseil supérieur de l’instruction publique.Pendant toute la durée de cet examen, il y a table ouverte au collège.Le public 1 y est convié.Les jeunes filles servent elles-mêmes les invités, ! leur font les honneurs de la maison, et cherchent à se surpasser dans la confection des gâteaux qu’elles leur offrent.C’est un concours culinaire pour lequel elles se passionnent tout, autant que pour l’autre.Le jardinage, la culture des Heurs occupent la plus grande j partie de leurs récréations.Toutes les chambrettes sont égayées et embaumées par les bouquets qu’elles arrangent avec art.L’équitation et la natation font partie de l'éducation.” Hélas ! quelle différence dans l’éducation de nos jeunes filles qui ne savant que broder des couvertures de chaises et garnir ] des chapeaux.—Tour du Monde.BULLETIN DES LETTRES.La littérature française.—On lit, dan» le Courrier des Fiais- , Unis : 11 y a tant d ignorance et tant d'outrecuidance en général dans les appréciations sur la France qui se publient en ce pays, que nous éprouvons un véritable bonheur quand nous y trouvons des défenseurs éclairés.Une occasion précieuse se présente et nous nous empressons de nous en emparer.Il Enquirer de Cincinnati, qui n'est que l’écho de bon nombre de journaux 5 allemands et américains, avait publié les lignes suivantes : “ Que la littérature des Français soit inférieure à celle des Anglais et des Allemands, c'est ce que nous croyons religieusement.Où les Shakspeare où le Goethe français ?” Ce n est pas nous qui nous chargeons de réfuter cette prétentieuse apostrophe ; c'est, le Times, de Cincinnati, qui répond en ces termes : Très-joli, en vérité, si l’on considère le fait que les Anglais » ont pas eu de littérature du tout avant que la France ne leur eut envoyé des semonces littéraires avec l’invasion normande : que la langue même dans laquelle ils écrivent est plus française que saxonne, et que le premier éclat véritable de la littérature et de l’art anglais, commençant au règne du Prince Noir, n’était qu une copie—et une copie minutieuse—des auteurs et artistes hançais.La comparaison est très jolie aussi pour les lettres allemandes,si l'on réfléchit que la littérature de ce pays est la plus moderne de toutes les nations civilisées de l’Europe et ne remonte qu’à bien peu de générations.La littérature combinée du monde entier ne produit pas un plus brillant écrin de noms que celle de la seule France—dont l’éclat éblouit non-seulement par ses rayons directs, mais par la lumière qu'ils répandent sur les pages d'autres pays.Citons quelques-uns de ces noms éclatants.Où trouverons-nous des romans plus exquis, une imagination plus audacieuse et des œuvres mieux ciselées que dans les travaux des trouvères et des troubabours des onzième et douzième siècles—époque a laquelle l’Allemagne et l’Angleterre étaient aussi dépourvue* de littérature que le chaos l’était de châteaux ?Les lais d'amour de la langue d'oc et les romans émouvants en langue d’oiY n'ont pas de rivaux dans la poésie du monde du moyen-âge.Dans la poésie épique aussi la France a devancé de plusieurs siècles toutes les autres nations modernes, témoin II Histoire de la prise de Troye écrite par M.St.Maure en 1160, et le Roman d'Alexandre par du Cors en 1180 L’histoire en prose également apparaît bien plustût que chez les nations contemporaines dans la brillante Chronique de la conquête de Constantinople de Villehar-douin, écrite en 1207.Les Mémoires de Joinville sur le bon Louis IX restent encore aujourd’hui presque sans égaux en biographie pour la simplicité attachante du récit et les Chroniques de Froissart ont été pendant cinq siècles entiers le dictionnaire des historiens et des romanciers.Si nous passons à la renaissance religieuse et littéraire du seizième siècle, nous trouvons les noms de Rabelais, Monta ignés, Amyot, Marot, Ronsard, Malherbe, Voiture et du grand Calvin.Encore un siècle, et nous découvrons un monarqne littéraire fièrement debout en présence d’autant de Shakespeare et de Goethe qu’il vous plaira,—Pierre Corneille, le premier, le plus grand écrivain tragique que le monde ait jamais produit.Autour de lui brillent comme une auréole de gloire la logique brillante de Descartes, l'éloquence sacrée et pathétique de Bossuet, le style artistique de Fléchier, les sermons incomparables de Bourdalone et Massillon.La tragédie se polisse arec Racine, la comédie creuse de nouveaux sillons avec Molière et la fable fleurit avec LaFontaine.Ombres des Muses, quels nom* se suivent et se pressent ! étoiles du firmament littéraire devant lesquelles le génie du reste de l’Europe pâlit dans sa lueur obscure : Fénélon, LaRochefoucauld, LaBruyère, Vertot, Fleury, le cardinal de Retz, madame de Sévigné, Malbranche.Tournons encore un feuillet du temps, voici une autre réunion de soleils étincelants, les philosophes géants du dix-huitième siècle.Le monde fait écho à la seule mention de leurs noms, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Buffou.C’était là les grand* maîtres, et parmi leurs nombreux disciples beaucoup sont presque aussi grands qu’eux, Diderot, d’Alembert, d’Holbach Condillac, Condorcet, Crébillon, LeSage.Beaumarchais, Château briand, de Staël.Franchissons une autre époque, et saluons Lamarthine, Hugo de Vigny, Scribe, George Sand, Balzac, Soulié, Karr, Béranger, de Musset.Enfin, le grand et incomparable cycle historique et critique qui nous donne Guizot, Taine,Tierry, Sismondi.Michelet, Martin, Littré, Thiers, Mignet Louis Blanc.Inférieure à la littérature anglaiss et allemande, vraiment ! On peut prendre dans ces pays des exemples individuels que la France ne surfasse peut-être pas ; mais son catalogue complet est aussi supérieur aux leurs que sont les talents d’une femme du monde à ceux d’une petite fille à l'école.BULLETIN DE I.A GÉOGRAPHIE.Xouveau la ¦ dans le Nord.- Plusieurs journaux parlent de la découverte qu’on aurait faite d’un nouveau lac aussi grand-que le lac Ontario, plus loin que la hauteur des terres, sur le territoire de la baie d’Hudson.On dit qu’il se décharge dans la rivière Mistassini, ce qui nous semblerait difficile puisque cette rivière coule sur le versant sud de la hauteur des terres et vient se jeter dans le lac St.Jean.Quoiqu’il en soit oa dit que cette mer intérieure est bordée, d’un côté, par de magnifique» forêts et (pie ses environs sont très-riches en gisements de mercure, de cuivre et d'argent.Le nouveau lac se trouverait situé, suivant les indications que nous avons reçues, entre les 51e et ô2e parallèles nord ver- le 70e degré de longitude ouest.BULLETIN DE T.’hISTOIKE NATURELLE.I n monstre marin.— " Poisson du diable aperçu sur les côtes de Terreneuve.” ‘‘ Un correspondant de Terreneuve donne à un journal de New-\ork quelques détails sur l’apparition d’un poisson monstre aperçu il y a quelque temps par deux pêcheur».Il y a deux jours, dit-il, deux de nos pêcheurs allaient dans une chaloupe 188 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.poursuivre leur vocation dans la Baie Conception, à une petite distance de la Crique Portugal Tout-à-coup ils aperçurent une masse noire et informe flottant à la surface de l’eau, à une courte distance de leur embarcation Ils s’en approchèrent et conclurent que c’était un immense ballot de marchandises, qui taisait peut-être partie de la cargaison de quelque navire naufragé ; ils croyaient avoir fait une découverte précieuse, qui leur rapporterait bien des chelins.L’un d’eux frappa l’objet de sa gaffe, lorsque la masse noire s'anima tout-à-coup, s’ouvrit comme une espèce de parapluie monstre sans manche, et les pécheurs stupéfiés, regardaient le visage plein d’intelligence et aussi de férocité, une paire d’yeux verts affreux fixés sur eux, et un vaste bec de perroquet qui semblait s’ouvrir dans le but de les engouffrer.Les pêcheurs terrifiés étaient tellement fascinés par cette horrible apparition qu'ils semblaient impuissants.Les yeux du monstre étaient démesuréments grands et proéminents, clairs et ea apparence luisants de rage.Avant que les pêcheurs eussent pu faire aucun effort pour s’échapper, le monstre, qui n’était plus qu’à quelques pieds de la chaloupe, parut s’ouvrir, et tout-à-coup il s’éleva d’autour de sa masse plusieurs bras cherchant à aborder la chaloupe et à l’envelopper de leurs plis livides.Si ces bras souples et visqueux, avec leur mortelle puissance d’adhésion, avaient pu se fixer sur l’embarcation ou sur les hommes, rien n’aurait pu les sauver de la destruction, car une fois que les suçoirs dont ils sont pourvus sont pris rien ne les en pourrait arracher.11?auraient été.en un instant, amenés à la portion du bec puissant qui était prêt à se darder sur eux.Rien qu’un des bras les plus longs n’atteignit la chaloupe, et vu sa longueur, passa par dessus et outre.Vif comme l’éclair, l’un des hommes saisit son tomahack, et d’un seul coup sépara le bras cadavéreux qui s’était abattu sur la chaloupe pour la détruire.Le monstre ne laissa échapper aucun cri de douleur et disparut sous l’eau ; et les pêcheurs qui venaient ainsi d’échapper à une horrible mort se trouvaient en possession du bras amputé, trophée sans précédent, car je ne pense pas que rien de pareil soit jamais arrivé “ La partie du bras amputée fut expédiée à St.Jean de Terreneuve ; je viens de l’examiner.11 mesure dix-neuf jneds de long, est coriace et fibreux, mais n’est pas plus épais que le poignet d’un homme.Le pêcheur qui a fait l’opération plus haut relatée déclare qu’au moins six autres pieds du bras sont restés au corps du monstre.Quelle est la grosseur du monstre?Les pêcheurs disent que sa longueur est d’au moins quarante pieds, mais il faut considérer qu’ils éfait sous l’effet d’une grande frayéur.C’est une exagération, et je crois que le corps de ce poisson est petit en proportion de ses bras.Le bras coupé est d'une couleur livide, pointu à l’extrémité, où il est couvert de rangées de suçoirs cartilagineux, cornus, et grands comme des 2ë cents.— (Moniteur acadien.) BU: LUTIN DES SCIENCES.Le gulf-stream—Depuis longtemps les savants ont dit qu’il existait un grand courant océanique des tropiques au pôle.Qu’ainsi les eaux échauffées et dilatées du golfe du Mexique forment un large courant qui gagne le pôle en longeant les côtes Occidentales d’Europe.Les vaisseaux qui font voile d’Amérique en Europe tâchent de prendre ce couranf^ét ceux qui reviennent d’Europe tâchent de l’éviter.L’existence et les lois de ces courants ont été démontrées par l’expérience suivante faite devant la Société Royale de Géographie de Londres : On a rempli d’eau une boîte de six pieds de long, sur un pied de profonde-ir et un pouce de largeur ; les côtés intérieurs étaient revêtus de glaces à miroir.A une extrémité on a mis un morceau île glace pour marquer le pôle arctique et ses froids éternels, a l’autre bout était une barre de métal échauffée par une lampe àalcool et représentant la chaleur tropicale qui s’exerce dans le golfe du Mexique, L’eau du pôle froid fut colorée en bleu, celle de l’autre pôle en rouge L’eau bleue, en contact avec la glace, gagna le fond du vase, puis se mit à s’avancer vers le pôle chaud en s’élevant peu à peu.L’eau rouge, dilatée j>ar la chaleur se mit en marche vers le pôle froid, à son tour gagna le fond et revint par-dessous au pôle chaud.Ainsi fut démontré le grand courant de l’Océan : l’eau chauffée par le soleil tropical dans le golfe du Mexique s’épand à la surface de l’Océan, jusqu’au pôle artique, là se refroidit et revient par-dessous au golfe du Mexique par un courant incessant.Comme ce courant gagne le pôle en longeant les côtes d’Europe et revient en côtoyant celles d’Amérique, on a l'explication pourquoi nos pay s sont plus froids que ceux de l’Europe sous les mêmes parallèles.—Extrait.Trop chauffer ies appartements pendant l'hiver.—On a le tort de chauffer beaucoup trop les appartements pendant l’hiver ; l’usage des poêles et la facilité avec laquelle on obtient promte-ment une chaleur élevée, en sont la cause.Il ne faut pas que la température soit trop élevée dans les appartements, et en hiver notamment elle ne doit pas dépasser 15 degrés centigrades.La science démontre que, pendant les plus grands froids, il est même plus hygiénique de ne pas tenir le thermomètre au-dessus de 12 à 14 degrés.Dans les salles d’hôpitaux et dans les chambres des malades, on veille à ce que cette température ne soit jamais dépassée.Les chambres à coucher, et principalement les appartements des enfants, doivent être à une température assez basse.Il est même prudent de n’y faire que rarement du feu, surtout pen dant la nuit.Mais une mesure de précaution que nous devons rappeler, c’est celle si universellement négligée de renouveler chaque jour, quelque temps qu’il fasse, l’air de tous les appartements.—( Gazette des Campagnes.) Une mer dans le désert.-—La presse s’est beaucoup occupée il y a quelque temps d’un projet de feu M.Babinet, qui ne tendait à rien moins qu’à changer complètement le climat actuel de l’Europe occidentale en faisant arriver jusque sur ses côtes une I branche du grand courant atlantique, le Gulf-Stream.Voici maintenant le “ Journal officiel ” qui lance l’idée d’un I projet non moins grandiose, mais beaucoup plus sérieux.Il ! s’agirait de créer une mer intérieure dans le Sahara Algérien Un nivellement géodésique fait par le capitaine Roudaire et le I calcul des différences de niveau ont donné les résultats suivants : Le lit du chott Mel Rhir, espèce de lagune salée qui couvre I une immense superficie de terrain dans le Sud de la province de Constantine, est à 20 mètres 89 au-dessous du niveau de la Méditerrannée.A son bord occidental, ce lit s’incline vers l'Est, suivant une pente de deux mètres 20 à 0 mètres 25 par kilomètres de telle sorte qu’à quatre ou cinq kilomètre du bord : on se trouve à 28 mètres au-dessous du niveau de la mer.Le ; capitaine Roudaire rédige actuellement un mémoire qui ne i laissera subsister aucun doute sur l’exactitude de ces résultats ; il ne voit, en outre, aucun accident de terrain sérieux entre la série des chotts qui se prolongent bien au-delà de la frontière tunisienne.La société de géographie de Paris vient d’appeler l’attention du gouvernement tunisien sur ce sujet, en lui demandant qu’il soit procédé à un nivellement entre le golfe du Gebés et le chott Faraoun qui termine la série des lacs intérieurs.Si, comme tout permet de l’espérer, ce’ nivellement s’exécute et s’il établit un abaissement de ce dernier chott au-dessous du niveau de la Méditerrannée, la possibilité d’une mer intérieure à l’aide d’un canal praticable entre le golfe de Gebés et le lac Faraoun serait, dès à présent, dit le capitaine Roudaire, aux trois quarts démontrée.Il est difficile d’imaginer, dit le Journal Officiel, quelles transformations merveilleuses l’ouverture de cette mer apporterait dans cette région, qui est une des plus désolées et des -plus infécondes de l’Afrique septentrionale, surtout quand on pense que ce projet gigantesque en apparence serait réalisé à très peu de frais.11 paraît certain, du reste, que cette mer intérieure a déjà existé jadis.De nombreux témoignages reeuillis dans l’antiquité en font foi.—Extrait.Nouvelle méthode pour calculer les intérêts.— Un correspondant du Constitutionnel expose, dans les termes suivants, une nouvelle méthode pour calculer les intérêts : “ On voit sur le dernier numéro du Journal de Vinstruction publique un extrait de la Gazette des campagnes qui donne une excellente manière pour trouver l’intérêt sur un capital quelconque pour un nombre de jours.On voit encore dans le “ Traité de calcul mental” de F.E.Juneau inspecteur d’écoles (No.4(5, page 88) une règle pour trouver l’intérêt d’une somme quelconque pour un nombre quelconque de jours.Ces deux manières de calculer les intérêts font l’une et l’autre mention de onze differents taux et donnent un nouveau diviseur à chaque opération nécessaire à la solution d’un problème.Loin de déprécier l’excellence ou le mérite de ces méthodes certainement très-utiles aux commerçants et surtout aux financiers qui ne se servent pas des tables d'intérêt, ne pourrait-on en adopter une autre plus facile, plus commode, vu qu’elle est, dans tous les cas, plus uniforme et plus en harmonie avec les JOURNAL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE.189 règles de l’enseignement ?Je la soumets tout particulièrement à la considération comme à l’expérience de Messieurs les instituteurs, je crois qu’ils la trouveront un peu plus en rapport avec le degré de mémoire ou d’intelligence des jeunes élèves confiés à leurs soins.“ Cette méthode que je vais exposer n’exige qu’un seul et même diviseur, quelque soit le taux de l’intérêt etquelque soit le nombre de jours.La voici •—Etant donné le capital, le taux et le nombre de jours—.multipliez le capital par le nombre de jours—biffez le chiffre des unités du produit, puis divisez par 6.1* quotient donnera l’intérêt sur le capital au taux de 670.Si le taux est au-dessus ou au-dessous de 670—multipliez l’intérêt trouvé au taux 670 par le chiffre exprimant le taux quel qu'il soit, et divisez le produit entier par 6.De cette seconde opération résultera un quotient qui donnera exactement l’intérêt cherché au taux et pour le nombre de jours donnés—Voilà tout.Maintenant prenez un problème.Faites sur ce problème l’application des trois différentes méthodes dont on vient de parler.Comparez, vérifiez vos opérations, vous jugerez alors laquelle des trois méthodes est la plus simple, la plus uniforme et par conséquent la plus facile à comprendre et à retenir surtout pour des jeunes commençants dont la mémoire est souvent en défaut.Te ne prétends pas, M.l’éditeur, m’attribuer le mérite ou l’invention de cette infaillible méthode pour trouver l’intérêt pour un nombre de jours à n’importe quel taux, méthode générale et sans exception.Mon but principal est uniquement d'en montrer l’utilité pour le plus grand avantage des élèves de nos institution' primaires et pour le bon plaisir des gens d’affaires et autres qui voudront en profiter.” BULLETIN DU COMMERCE ET DE L’iXDUSTRIÏ.Commerce interprovincial.—On lit dans la Minerve : En 1867, quelques citoyens de Québec, hommes d'énergie et d'entreprise comme en possède trop peu la capitale provinciale, jugèrent que l’établissement d’un nouvel ordre de choses, l’union des provinces britannique, ferait naître un nouveau commerce entre ces provinces qui jusqu’alors étaient restées isolées les unes des autres.Avant la Confédération il n'y avait nulle relation commerciale entre notre province de Québec et le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse.Quelques goélettes de Québec ou de Montréal partaient chaque année pour acheter sur les marchés des provinces maritimes un peu de poisson et d’huiles, et c’est à cela que se réduisait le commerce.Les temps ont bien changé depuis que les hommes prévoyants dont nous venons de parler, ont eu la féconde pensée d’établir une ligne de steamers destinée à nous mettre en relations suivies avec les ports des provinces maritimes.Le commerce a décuplé, il est fiat rénumératif et promet de suivre une progression ascendante.En 1867, la Compagnie des steamers du Golfe qui a créé ces nouvelles relations commerciales, ne possédait qu’un seul steamer et aujourd’hui elle fait naviguer une Hotte de sept navires à vapeur, qui déjà ne peuvent plus répondre aux exigences toujours croissantes du commerce.La longueur du chemin parcouru de 1867 à 73, c’est-à-dire en sept années, est énorme, surtout si l’on considère qu’à ses débuts la compagnie a eu à lutter contre une série d’infortunes.Elle n’était pas riche en steamers lorsque le Gaspé fut jeté à la côte et lorsque le City oj Quebec coula en mer à la suite d'une collision avec le steamer d’Allan le Germany.Malgré ces malheurs, la compagnie ne perdit pas courage et grâce à son énergie, elle compte aujourd’hui dans sa flotte le Secret et le Miramichi qui font le service de la malle et transportent les passagers, le Flamborough et la Hadji qui apportent dans notre port le charbon des provinces maritimes, le Georgia, F Alhambra, le Pictou qui viennent prendre à Montréal les produits de notre industrie et la farine dont ont besoin la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick.A l’heure qu'il est,
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