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Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Juillet - Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Journal de l'instruction publique, 1874-07, Collections de BAnQ.

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feoaqfsciffe , — M5_a/ i yons tous fi èrec, et que dans l’unité nous puisions à l’avenir une force invincib'c.Peut-être si quelque nuage a terni notre gloire il serait permis d'accuser le souffle de la discorde que nous avons laissé se g isser parmi nous ____Mais dites-vous, c’est de la politique.Pardon.Prédicateur de l’Evangile par la grâce de Dieu, je n’ai pas de politique—lia politique est de n’en avoir pas—ou plutôt, ou , j’ai une politique, et je ne crains pas de vous l’offrir comme base de toute vraie et s: g • politique : car si la vôtre n’est pas fondée sur elle, quelle qu’elle soit, elle ne produira que des ruines en attendant sa propre destruction.Vous voulez savoir mon dogme politique ?le v >ici : “ Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifi ", que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel M Et comme toute politique se résume dans un drapeau, vous me demandez mon drapeau ?“ Un jour, le S .Laurent débordait et menaÇiit d’engloutir au sein de ses flats les pr m.ères habitations de notre naissante colonie ; près de ses ondes furieuses un homme est à genoux.“Dieu, s’écrie-t-il, sauv.z Ville-Marie, et nos mains élèveront à votre gloire sur le sommet de la montagne, la croix de votre fus, témoignage de notre reconnaissar.c .” La fiat s’arrêta et trois jours après, gravissant la montagne, monsieur Da M lisonneuve portait au sommet du “ Mont Béal ” cette croix qu’il avait promise à Dieu.Longtemps ce drapeau flatta sur la petite colonie.Il disparut depuis, et il n’a pas reparu.Vous me demandez mon drapeau ?La voici: et c’cst ce drapeau planté par une main si chère que je viens de vous < ffrir de relever aujourd’hui.Vous voulez un monument qui r p ielle c-tte journée l En é èvenz vous un plus noble et plus dig rc ue vous ?La croix est le symbole de la chirité et de l’union.E eviz-l » donc de nouveau sur le sommet do votre montagne et que de ses deux bras ét ndus elle protège toujours le Canada et tous ses e f.nts ; quelque soit le pay s ou la terre qu’ils habitent.C:tte i m ée est vraiment n ligieus ¦ et pleine de patriotisme, elle est toute c madienne et la mei 1 ure preuve que je puisse en apporter, c’est que, monseigneur, elle a trouvé un écho tout favorable dans votre cœ rr de père ; vous y avez souri avec (Il Lève tes veux, ô Sion, regarde autour de toi et vois ces peuples nombreux qui sont venus vers toi.bonheur et nous vous prions de la consacrer de nouveau en répandant sur nous votre bénédiction, qui en assurant la réussite de ce projet, donnera pour jamais nu Canada le plus beau symbole de foi religieuse et de patriotisme national.” Après le service divin la plupart des sociétés des Etats.Unis se retrouvèrent sur le Champ-de-Mars où la popula.tion se porta en grand nombre.Les lions.Ouimet et Cha-pleau ; MM.Coursol, J.Loranger, O.Loranger, Taillon, J.Perrault, Gagnon et Houde, adressèrent tour à tour la parole à la foule avide de recueillir les expressions de patriotisme que ce grand jour devait provoquer.Enfin, à huit heures du soir, un grand banquet de plus de mille couverts, à la grande salle du marché Bonse-cours, terminait cette première journée de la fête.IL nous est impossible de donner le détail des discours qui ont été prononcés à ce banquet ; on a beaucoup remarqué, cependant les paroles éloquentes de l’hon.Chapleau, de MM.Fréchette et Ferdinand Gagnon et de M.l’abbé Primean.Le lendemain, à neuf heures, s’ouvrait, à la salle académique du Gésù, une assemblée de tous les délégués des différentes sociétés.Cette assemblée était l’objet le plus important de la fête ; c’est laque devaient se discuter les graves questions de l’émigration et du rapatriement des Canadiens-Français.Cette assemblée a tenu deux jéan-ces, l’une le jeudi et la seconde le lendemain.Il nous a semblé qu’on s’est occupé, dans ces séances, de choses étrangères, beaucoup plus que du but de la convention ; aussi s’est-on séparé sans en être venu à des conclusions véritablement pratiques.L’élan est donné, néanmoins, et ce qui n’a pu que s’ébaucher dans un premier jour de travail, s’achèvera par un autre effort et deviendra une œuvre utile en même temps que grande.A part les discussions régulières de la convention plu sieurs discours de circonstance ont été prononcés par l’hon.Chauveau, le rév.Lacombe, M.Landry, M.Houde et le rév.Lamarche.Nous reproduisons plus bas le discours de M.Chauveau, parce qu’il traite un sujet qui est de l’essence même de notre journal : l’éducation.Enfin, le dernier trait de cette grande démonstration a été le grand concert donné à file Ste.Hélène sous la direction de J.B.Labelle.Comme il nous a été impossible, avec la meilleure volonté du monde, de nous rendre dans file, à cause de la grande foule et de l’insuffisance des moyens de transport, nous empruntons le compte-rendu de cette partie de la fête à l’Opinion Publique.LE GRAND JUDILÉ MUSICAL.“ Le grand concert de la St.Jean-Baptiste qui a eu lieu le jeudi après-midi a eu un succès immense, succès qui n’était pas inespéré, grâce à l'habileté reconnue de celui à qui la direction en avait été conliée, au zèle ardent déployé par tous ceux qui y ont pris part.Dès le matin de bonne heure il y avait une foule compacte sur les quais, et les vaisseaux purent à peine suffire à transporter les nombreux excursionnistes sur l’ile.On calcule qu il \ avait plus de 13,000 personnes qui assistaient à cette belle manifestation artistique qui fait le plus grand honneur à notre nationalité.Bon nombre des corps de musique de cette ville et une quarantaine de ceux îles Etats-Unis ont.joué des morceaux choisis qui ont été flirt goûtés des auditeurs.Le concert a commencé à 3 heures.Les musiciens au nombre de plus de G00 étaient placés^ dans une espèce de vallon qui paraissait avoir été préparé exprès pour la circonstance.M.Labelle, 1 organiste de Notre-Dame et le directeur de la partie musicale de toute la fête St.Jean-Baptiste, était au milieu, entre les instruments et le chœur, dont la moitié environ n'avait pu se rendre à l’endroit qui leur avait été assigné, à cause de la trop grande foule.Voici quel était le programme : PREMIÈRE PARTIE.No.I.Traviata.Verdi.—Par tous les corps de musique.No.2.Vive la Canadienne.No.3.A la Claire Fontaine.—No.4.Par derrière chez mon Père.—No.5.En roulant ma boule.—No.6.A St.Malo.—Airs Canadiens arrangés sous le litre de Quadrille National Canadien par J.B.Labelle—No.7.Chœur “ A nos compatriotes des JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.121 Etats-Unis.—Chant avec accompagnement des corps de musique.Paroles : E.Prud'homme, musique : J.B.Labelle.DEUXIÈME PARTIE.No.8.Martha.Flotow.—Corps de musique réunis.No.9.Cantate dédiée à nos compatriotes des Etats-Unis, chantée par le chœur, avec accompagnement d’orchestre et de cuivres.Paroles par un des membres de la St.Jean-Baptiste, musique : J.B.Labelle.— No.10.God Save the Queen.Tous les morceaux furent exécutés avec une harmonie d ensemble admirable, étonnante, et même incroyable, lorsqu'on considère que, pour les morceaux exécutés par le chœur et les corps de musique réunis, il n’y a eu qu’une seule répétition.Nos félicitations aux musiciens instrumentistes et chanteurs qui ont montré tant d habileté en cette circonstance et honneur à M.Labelle, l’habile organisateur qui a su mener à bonne lin une entreprise aussi gigantesque.L’introduction de la Cantate dédiée à nos compatriotes des Etats-Unis, et dont la musique est l’œuvre de M.Labelle, a été surtout admirablement rendue, bien que l’exécution en fut excessivement difficile.Comme nous l’avons dit plus haut, les musiciens étaient placés dans un vallon pendant que les visiteurs étaient sur le coteau descendant par une douce déclivité.Le temps magnifique qu’il faisait, la beauté de la musique et la splendeur du panorama que présentait cette immense assemblée ainsi distribuée, rendait ce spectacle digne de la l’été qu'on célébrait, et pour laquelle il avait été préparé.Après le concert, les corps de musique se dispersèrent dans divers endroits de file et lirent entendre les airs nationaux canadiens et plusieurs autres morceaux.La traversée pour revenir à la ville a commencé à 5 heures et demie, et le service des bateaux s’est prolongé jusqu’à une heure assez avancée de la soirée.” Voici maintenant le discours de M.Chauveau.Monsieur le président et Messieurs, En plaçant au nombre des sujets qui devaient être traités dans cette convention—celui de l’éducation du peuple,—vous avez par là môme, proclamé toute l’importance que vous attachez à ses progrès, toute la prééminence que vous lui donnez dans votre pensée sur une foule d’autres matières, toute l’anxiété que vos cœurs éprouvent à l’égard do cette grande cause, qui est à la fois celle de la religion, de la société, de la famille.Le choix seul de ce sujet vaut à lui seul un discours ; et cependant un tel discours pour être complet, devrait être tout un traité.Vous avez montré en le plaçant, pour bien dire, au premier rang que vous savez apprécier, d'un côté tout ce que 1 éducation a fait pour le Canada, de l'autre tout ce que le Canada a fait pour l’éducation ; et quant à vous Messieurs, qui de toutes les parties de l’Amérique vous êtes rendus à l'appel de la vieille patrie, vous nous avez déjà prouvé par des faits bien éloquents que vous comprenez tout ce que l’éducation pourra faire pour vos jeunes et florissantes populations ; et que par conséquent vous ne lui marchanderez jamais ce que vous devez faire pour elle.Ce que l’éducation a fait pour nous, Messieurs, notre histoire est là pour le dire.En très-grand nombre, les premiers colons étaient ins-tauits ; nos vieux registres en font preuve, le relevé qu’en ont fait M.Garneau, et les abbés Ferland et Tanguay constate qu'une très-forte proportion d’entr’eux savaient écrire.Mais ils avaient mieux que cela, c’était une génération forte et formée aux traditions religieuses et sociales du pays à cette époque le plus civilisé et le plus éclairé de l’Europe.L’éducation domestique la première, la plus essentielle, celle à laquelle l’instruction n’importe à quel degré ne supplée que difficilement, ne supplée même aucunement si elle n'est appuyée sur l’idée religieuse, l’éducation domestique de ces premiers colons était excellente, et c’est elle qui, transmise d’iige en âge, a valu à leurs descendants le titre de peuple gentilhomme, titre que si je ne me trompe pas, leur fut décerné pour la première fois par le célèbre Andrew Stuart.Permettez-moi de le dire en passant—il y a dans ce mol de quoi répondre à bien des dénigrements, de quoi nous consoler de bien dos injustices ; il est à la fois un héritage à conserver et un glorieux trait d’union entre nous et la population britannique, s’il nous a été décerné comme je le pense, par un homme qui fut une des gloires de l'autre race, qui dans tous les cas fut le loyal et sympathique rival de nos tribuns do cette époque.Ce que nous avons fait pour l’éducation, notre histoire est encore là pour le dire : soyons heureux si nous le voulons de ce qui s’est fait de nos jours, félicitons-nous des progrès que nous avons vu se réaliser dans un très court espace de temps ; aspirons généreusement à de plus grands progrès ; mais si nous nous intéressons au présent, si nous espérons beaucoup de l’avenir, soyons justes envers le passé, surtout lorsque ce passé est celui de nos héros, de nos missionnaires, do tous ces vaillants pionniers, braves enfants de la vieille France qui n’ont pas eu peur de ce rude et sauvage pays, où les Français d’aujourd'hui ne s’aventurent qu'en hésitant ; qui n'ont craint ni ses hivers, ni ses forêts, ni ses terribles indigènes, dans un siècle où les armes que l’homme avait pour lutter contre la nature étaient si faillies auprès de celles qu’il possède aujourd’hui.La pensée qui portait le plus grand nombre d’entre eux vers ces rives en apparence inabordables était une pensée de civilisation et par conséquent d’éducation.C’était la conversion et l’éducation des peuples sauvages de ces contrées, populations dont la foi robuste de nos ancêtres comptait bien faire, suivant l’expression consacrée dans tous nos vieux récits, de bons enfants de l’Eglise et de fidèles sujets du Roi très-chrétien.Admirons, Messieurs, la récompense de cette héroïque charité envers ces peuples barbares, car si les établissements fondés surtout pour eux n’ont pu accomplir que d une manière très imparfaite cette partie de leur sublime mission, c'est de là que sont sortis, pour nous, la force, la lumière, la vie, le salut de notre race ! C’est là que s’est formé ce clergé nombreux, zélé, moral et instruit qui a été la pierre fondamentale de notre nationalité, qui se répand aujourd'hui comme notre race elle-même sur toute la surface de l'Amérique, portant avec lui partout la consolation, la suprême philosophie, la science de la vie en vue des véritables destinées de l’homme.[App.] C'est de là qu'est sorti ce barreau, cette magistrature, intègre, éclairée, patriotique, qui nous a donné les Bédard, les Moquin, les Papineau, les Vallières, les LaFontaine, les Morin, les Cartier, pour ne parler que de ceux qui ne sont plus ; qui a toujours été à l’avant-garde pour la défense de nos droits, pour la conquête de nos libertés.De là est sorti tout le corps professionnel, hommes de science et de travail, médecins, notaires, arpenteurs, ingénieurs, fonctionnaires et employés publics de tout genre, si utiles à la société et remplissant quelquefois dans des conditions bien pénibles, de bien honorables fonctions et parfois s’élevant par leur seul mérite aux premières charges de l'Etat.C’est là que se sont formés les premiers instituteurs laïques peu nombreux à cette époque, dont la tâche a été si difficile, si ingrate si on la considère au point de vue matériel, si grande et si belle, si on l’envisage d’un point de vue plus élevé.De ces institutions viennent aussi nos littérateurs, nos écrivains, poètes, historiens, publicistes, journalistes, qui ont défendu et défendent si bien notre cause et commencent déjà à révéler à la France l’existence de sa fille ainée, la Nouvelle France si longtemps oubliée.C'est de là qu’est sortie au moins en partie cette bourgeoisie active, industrieuse, économe, persévérante, qui s’est fait peu à peu une place dans le commerce et l’industrie, malgré l’isolement auquel nous ont si longtemps condamnés notre brusque séparation de notre ancienne mère patrie et les préjuges mutuels qui nous éloignaient de ceux qui tenaient entre leurs mains le seul capital étranger accessible à notre pays.C'est des premières institutions qui ont été fondées spécialement comme le disaient elles-mêmes ces femmes héroïques, la Mère Marie de l'Incarnation et la Sœur Bourgeois, pour la conversion et l’éducation des petites sauvagesses, que sont sorties ces femmes admirables qui ont béni et purifié le foyer de la famille canadienne, qui ont fait nos aïeules et nos mères ce qu’elles ont été, et à qui nous devons peut-être ce qu'il y a de mieux en nous.[Vifs applaudissemenrs.] Sc multipliant avec une prodigieuse rapidité ces institutions répondent à tous les besoins, à toutes les aspirations, depuis les plus élevées jusqu'aux plus humbles, s'implantent et se propagent sur lous les points de l'Amérique suivant—que dis-je ?—précédant même les populations catholiques qui s’v groupent de toute part et renouant aux extrémités du monde, dans les régions polaires même, les traditions des premières héroïnes de notre histoire.Humbles, s'ignorant elles-mêmes, ces femmes dévouées marchent les premières à la conquête de ces pays lointains, et préparent les germes de la prospérité pour des sociétés nouvelles qui se demanderont peut-être un jour avec indilfé-rcnce, comme d’autres l’on fait souvent, à quoi de pareilles choses peuvent être bonnes ?Le génie de la nationalité et de la religion n’ignora rien de ce qui était nécessaire ou utile à cette époque éloignée : il prévit ce qui devait se développer plus tard, et l’immortel Laval dans son plan d’éducation, avait fait une place pour une école normale d’instituteurs et pour une école des arts et métiers qui existèrent même pendant quelque temps à St.Joachim.Le peuple sut en général répondre à ces généreuses aspirations.Que de nobles sacrifices se sont imposés tant de nos bons cultivateurs pour faire instruire quelques-uns de leurs enfants ! Que d'efforts ont été faits dans ces temps reculés pour se procurer ce qui aujourd’hui est mis à la portée de tous ! En ce qui concerne l'instruction primaire il y eut sans doute comme une lacune, comme un temps d’épreuves ; mais compare à l'etendue et à la durée de l’œuvre, cette période n’est pour bien dire qu’un moment d'hésitation causé par nos luttes politiques, par l’injustice des gouvernements, et ne saurait être mise au compte du clergé ni des populations.Les Frères Charrons, les premiers instituteurs des écoles avaient été remplacés quelquefois par les franciscains, quelque fois par des instituteurs laïques subventionnés par les jésuites, les sulpiciens, les curés et les fabriques.Mais déjà les besoins dépassaient les ressources du clergé, des particuliers et des fondations.La question de l’instruction publique fut quelque temps à l'ordre du jour, mais le gouvernement 122 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.ôtait aux mains d'une oligarchie locale peu scrupuleuse et il faut le dire peut intelligente.Si 1 Angleterre sut être juste pour nous dans plusieurs grandes occasions, si elle fut souvent inspirée par une politique intelligente et libérale, l'oligarchie s'était décidée à nous débarrasser de ce qui cependant ne nous gênait aucunement, notre langue • t notie religion, elle essaya d importer tout d’une pièce un système d écoles , elle fit venir des maîtres dont quelques-uns ignoraient la langue du pays pour enseigner dans des écoles où la religion du pays sciait également ignorée : en un mot elle tenta d'établir ici le système que l'on veut imposer à nos frères les Acadiens du Nouveau-Bruns-wick et que nous axons repoussé comme ils le repoussent eux-mêmes.Ax ec une population homogène comme l’était alors celle de nos campagnes, la lutte lut bien courte : les prêtres défendirent aux familles il enxoxer leurs enfants à ces écoles et x'ous le vovcz : point d'enfants, point d'écoles.(Hires et applaudissements.) La législature s’alarma avec raison de cet état de choses ; elle fit dix erses tentatives pour y remédier et elle eut des écoles assez nombreuses subventionées en partie par elle et par les fabriques : c’était alors 1 âge d'or de l’instruction publique, les membres du parlement étaient eux-mêmes inspecteurs d’école, gratuitement et distribuaient des récompenses aux élèves.(Hires et applaudissements.) Be grands efforts furent faits dans ces temps par des citoyens généreux et influents qui prodiguaient leurs soins et leur argent pour fonder des sociétés comme lu société d’éducation des Messieurs et celle des Lames de Québec dont les écoles laïques ont été plus tard rempla-céês par celles des Frères et des Soeurs de Charité.Au premier rang parmi ces hommes zélés figurait M.Joseph François Perrault, dont nous voyons aujourd’hui le petit-fils au nombre des organisateurs de cette grande démonstration nationale.(Vifs applaudissements.) Non content d avoir publié un grand nombre de traités élémentaires sur la jurisprudence, l’agriculture, l’histoire du Canada et d’autres livres pédagogiques, M.Perrault, établit à ses frais, plusieurs écoles où il lit même des essais d’horticulture, d’enseignement pratique des arts et métiers, et où il introduisit le système lancastérien ou d enseignement mutuel qui faisait alors fureur, mais qui est moins en x ogue aujourd’hui.Je crois que ce système a fonctionné en Canada axant d avoir été introduit aux Etats-Unis.Si c'est le cas.Messieurs de la république, c’est toujours quelque chose que d’avoir devancé vos concitoyens sur un point.(Rires.) Il en est des systèmes d’enseignement comme do bien d’autres choses, comme des systèmes politiques qui passent.et repassent; et vous vous souvenez de cet homme d’esprit qui disait en parlant d'un remède : surtout servez-vous-en pendant qu'il guérit.Si vous voulez me permettre de faire le savant, je vous dirai qu’il y a quatre systèmes d'enseignement : le premier, le système individuel n’est pas un système du tout, les autres sont le système mutuel, le simultané et le simultané-mutuel ; c’est ce dernier que l’on suit aujourd’hui chez les Frères des écoles chrétiennes et dans nos écoles normales.Mais cette loi de l'instruction primaire qui tirait tout son appui do la législature, dans laquelle les municipalités n’avaient aucun intérêt pécuniaire, cette loi en vertu de laquelle, chaque école recevait une subvention du gouvernement, en proportion du nombre d’enfants qui figuraient sur les rapports des instituteurs, était sujette à bien des abus.Toute imparfaite qu'elle fut, cependant elle faisait un grand bien ; mais il arriva ce cjui se voyait souvent alors, dans ces temps de défiance mutuelle, les lois ne se passaient que temporairement et il y avait le système des lois expirantes.A la veille de nos troubles politiques, la vieille oligarchie représentée dans le Conseil Législatif, c’est-à-dire ceux-là mêmes qui nous accusaient sans cesse d'ignorance dans les termes les plus insultants, refusa de renouveler la loi de 1 éducation et elle expira ! Pour tout cela toutefois l'instruction publique ne mourut point ; elle eut seulement une subite défaillance.Mais jamais à aucune époque les Canadiens-Français ne gémirent sous cette ignorance absolue que dos touristes et des écrivains plus ou moins préjugés n'ont cessé de proclamer.Dans un excellent livre publié à Londres en 1830, M.Pierre de Laterrière a fait bonne justice de ces assertions et en particulier de celle qui a été si souvent répétée, que la majorité ou un très-grand nombre de nos représentants était tout à fait illettré.Malheureusement, il l'a traitée avec trop de dédain et n’est pas entré dans des détails qu’il serait très utile de constater maintenant.Cette vieille fable réparait de temps à autre dans les livres et les journaux ; mais j’ai entendu dire moi même à l’hon.L.J.Papineau dont elle excitait justement l'indignation, que le nombre de ceux qui se trouvaient dans ce cas était en réalité très-minime.Après l’union sous la constitution de 1841 l’instruction primaire a pris les plus grands développements.A quelque chose malheur est bon, et l’exemple du Haut=Canada dont la population récemment venue d’Europe avait apporté avac elle le goût des institutions libres et du régime municipal, mit bientôt au nombre des compensations à ce régime injuste au moins dans le principe, une excellente loi d'éducation d’après laquelle le gouvernement, les municipalités et les pères de famille étaient appelés à faire chacun leur part au moyen de l’octroi public, de la cotisation foncière et de la rétribution mensuelle.Toutefois un obstacle formidable se dressa tout d'abord à l'exécution de cette loi.Ici, Messieurs, en vous disant ce que nous avons fait pour l’éducation et ce qu elle a lait pour nous, si les bornes imposées à ce discours me le permettaient, j’aimerais à vous décrire celte lutte longue et opiniâtre d’un patriotisme plus éclairé contre les préjugés qu’un patriotisme veritable et relativement juste dans le principe avait implantés et déve s au cœur même des populations.De l’ancien régime français et des exactions de l'Intendant Bigot l'habitant Canadien avail conservé une-sainte et légitime horreur de toute espèce d impôts, horreur.que les patriotes de toutes les nuances avaient cultivée avec soin sous i'ancienne constitution pour en faire la base de la résistance à l’oligarchie.Il fallut un grand courage à ceux qui les premiers bravèrent le mécontentement public et tentèrent de vaincre cette résistance des populations agricoles si difficile à combattre dans tous les pays, et dont nos voisins des provinces maritimes nous ont donné tout dernièrement un notable exemple.A ceux qui les premiers se lancèrent avec les nouvelles lois de l'instruction publique sur ces vagues populaires si facilement soulevées, si difficilement appaisées, peuvent s’appliquer avec une justesse peu commune, les vers si souvent cités qu’Horace à dédiés aux premiers et audacieux navigateurs Illi robur et æs triplex Circà pectus erat.A.M.Morin et à M.Lafontaine qui firent voter les doux premières luis de l’instruction primaire, au Dr.Meilleur qui fut chargé de leur exécution, le pays doit une éternelle reconnaissance.Mais de cette lutte même à laquelle prirent part et les curés et nombre de citoyens zélés dans toutes les parties du pays, sortit un résultat beaucoup plus grand que celui qu’on avait droit d’attendre.Rien ne réussit si bien que ce qui est contesté et discuté ; rien n’est apprécié comme ce qui est le prix des plus grands labeurs, des plus grandes contradictions.Un élan puissant fut imprimé et il ne se borna pas à l'instruction primaire et à l’action du gouvernement et des municipalités.Le clergé dont les ressources augmentaient et dont la sollicitude s’accroissait en proportion de sa tâche, multiplia les institutions du haute education et l'on en vint même à se demander si l’on n avait point dépassé le but et à s'occuper sérieusement d’un genre d institutions que l’on appelle en Belgique, l’enseignement moyen, et qui tient le milieu entre l’éducation classique et l’instruction primaire.A mesure que l’œuvre s'étendait, à mesure qu'elle se développait, des besoins nouveaux se faisaient sentir, besoins qui rencontrèrent chaque fois et qui rencontrent encore aujourd’hui plus d’un formidable obstacle dans la concurrence que leur font d'autres nécessités publiques.Remarquez-le bien, messieurs, tandis que tous les autres services qui émargent au budget sont anciens et depuis longtemps jugés indispensables ou bien sont appuyés par de puissants intérêts locaux ou individuels, le chapitre de l’instruction publique se présente avec son seul mérite, et charge nouvelle et croissante, il a encore à lutter contre toutes les critiques plus ou moins fondées auxquelles son administration est nécessairement exposée.Il y a plus, les subventions des écoles communes et celle de l’éducation supérieure ont pour les protéger, la première l'intérêt des masses qu’elle soulage directement pour autant au moins en apparence ; la seconde, l’intérêt des corporations et des localités, tandis que les mesures administratives, les institutions spéciales du goux'ernement, l'organisme même de l'instruction n’obtiennent et ne conservent que difficilement des allocations qui semblent être autant d'enlevé à des demandes qui jouissent d’une plus grande faveur.Malgré ces grandes difficultés sans cesse renaissantes et quelquefois aggravées par les passions politiques, l’instruction publique a pu obtenir et conserver jusqu’ici quelques-uns des moyens d'action indispensables à son développement et qui existent sous diverses formes dans tous les autres pays.C’est ainsi que nous avons eu successivement les bureaux d’examinateurs pour l'admission des instituteurs, l'inspection des écoles, le conseil de l’instruction publique, les conférences d'instituteurs, les écoles normales, la caisse d’économie des instituteurs, les écoles d’agriculture, les écoles de réforme et d’industrie, et tout dernièrement les écoles de science appliquée aux arts.Par ces divers moyens d'action, une meilleure méthode pédagogique se répand graduellement, une classe d’instituteurs mieux préparés à leurs importantes fonctions se forme et lutte avec courage contre les difficultés de leur état, les branches les plus pratiques telles que les leçons de choses, le calcul mental, la tenue des livres recrutent un plus grand nombre d’élèves et le niveau de l’enseignement s’élèvo graduellement quoique pas aussi rapidement qu’on pourrait le désirer Ce n’est pas à dire qu’il ne reste beaucoup à faire et des choses très importantes, urgentes même.L’enseignement du dessin, de l'algèbre et de la géométrie ont à se propager et à s’élever davantage dans nos écoles modèles ; celui de la lecture expressive et de la lecture raisonnée et les leçons de choses, dans nos écoles élémentaires ont à faire des progrès analogues à ceux que l'analyse grammaticale, les dictées orthographiques et la calligraphie ont faits depuis quelques années ; enfin l’enseignement moyen et l'enseignement spécial déjà 44 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.123 représentés jusqu’à un certain point dans notre système par les écoles normales, les académies commerciales de nos grandes villes, par un certain nombre de nos collèges industriels et de nos écoles modèles dans les campagnes, l’enseignement moyen et l’enseignement spécial ou professionnel ont un très grand besoin d’être développés.La tendance des choses sur ce continent poussera nécessairement dans cette voie où l’on ne fait que d’entrer.Mais il ne faut point non plus rien exagérer et ne pas trop restreindre notre enseignement classique et supérieur auquel nous devons tant de succès.Nos rivaux des autres origines ont fait d’heureux efforts pour faire disparaitre la supériorité qu’ils admettaient chez nous sur ce point et que Lord Dirham lui-mèmo a constatée dans son rapport ; ne nous hâtons point de déposer une si belle couronne ; parons-la de tous les accessoires utiles que nous voudrons ; mais de grâce ne la laissons pas tomber du front de notre jeune nation.C’est la culture des lettres qui élève les idées, qui fortifie les plus généreuses dispositions de l’honrftie, c’est elle qui, combinée avec l'éducation domestique de nos pères et rayonnant de nos collèges dans nos familles a conservé la distinction et la véritable noblesse des sentiments et a été l’une des sources les plus vives du patriotisme et de l'honneur civique.Cet enseignement classique n'est pas non plus aussi dédaigné qu’on le suppose, même chez les peuples les plus mercantiles, les plus pratiques.Le Haut-Canada a ses écoles de grammaire préparatoires à ses collèges, les Etats-Unis ont leur High Schools, et vous seriez étonnés du nombre d’exemplaires auxquels se tirent les éditions des classiques que Harper et Appleton impriment à l’usage de ces institutions.L’Ecosse passe à bon droit pour contenir le peupla le plus apte au progrès moderne, le plus âpre aux choses de la vie ; industrieux et commerçants, les écossais sont répandus sur tous les points du globe et l'on a dit de cette race hardie et avantu-reuse que partout où un chardon pouvait pousser, un Ecossais pouvait prospérer ; eh bien, dans un grand nombre d’écoles de paroisse en Ecosse on enseigne encore les rudiments des langues mortes comme préparation au collège.La Belgique est bien certainement le pays le plus industrieux, le plus progressif de tous ceux où se parle la langue française ; cependant ses écoles moyennes se divisent en deux classes, les athénées et les écoles moyennes proprement dites, et dans les premières on enseigne les littératures grecque, latine et française.Enfin la Prusse, le pays par excellence du positivisme, la Prusse a conservé l’enseignement classique jusque dans ses real-shule ou écoles pratiques.Permettez-moi à ce sujet une anecdote ou plutôt un souvenir qui vous montrera en même temps quels honneurs l'Allemagne sait rendre aux professeurs et aux instituteurs de la jeunesse.En mars 1867, le vénérable M.Ranke, frère du célèbre Léopold Ranke qui a écrit cette remarquable histoire des Papes que vous connaissez ; M.Ranke atteignait sa cinquantième année de professorat.On lui fit une grande célébration ou jubile : j'étais présent à cette fête ; d( s drapeaux et des banderolles ornaient comme ici aujourd’hui quelques rues de la ville et une foule émue et empressée contenant l’élite de la société se porta vers les trois institutions qu’avait dirigées l’heureux et noble vieillard, un collège, une école de demoiselles et une école pratique.Il y eut discours, musique, poésie, et tout ce qui peut se désirer en pareille solennité ; malheureusement pour moi ilans les doux premières institutions presque tout se fit en allemand : ce ne fut qu’au real-slnile d’où il m’avait semblé que les langues mortes devaient être bannies que j’eus le plaisir d’entendre du grec et surtout du latin, car pour le grec je l’avoue à ma honte c’était encore un peu de l’allemand p >ur moi.(Rires.) Peut-être le personnel du real-shule était-il comme bien d'autres gens en ce monde, appréciait-il mieux ce qui n’est que facultatif que ce qui est obligatoire.N’exagérons donc point un mouvement bien nécessaire sans doute ; mais faisons le sans détruire ou amoindrir trop ce qui a fait notre gloire.Au sujet de l’éducation comme au sujet de la nationalité étendons, ne repoussons point, n’exaltons pas un moyen de succès aux dépens des autres ; prenons-les tous et afin do donner la part large et juste à chacun, redoublons s’il le faut la somme totale de nos etrorts et de nos sacrifices.Préparons-nous par les études pratiques, par les connaissances usuelles préparons-nous aux grandes destinées qui s’ouvrent pour les deux rives du St.Laurent, formons des marchands, des ingénieurs1 des chimistes, des manufacturiers ; mais soyons certains aussi qu’un peu de littérature est un lustre qui ne nuit pus à l’éclat de l'or, que Virgile et Racine ne contredisent rien de ce qu’enseignent Euclide et Barème, et que pour avoir commenté Homère, M.Gladstone n'en est pas moins un des plus grands économistes, un des plus grands financiers de l'Europe.Ne négligeons doint non plus les beaux-arts qui au point de vue même de l'industrie ont une si grande portée et qui eux aussi élèvent les idées et les aspirations du peuple.Vous surtout, messieurs, qui vivez à l’étranger, prenez ce qu’il vous faut du progrès moderne, mais ne renoncez pas au glorieux héritage du passé ; ne vous en la s;ez pas imposer par ceux (pii vous représentent vos pères ou vos frères comme des ignorants.Sous ce rapport comme sous tous les autres vous pouvez suivant le mot d’Isidore Bédard : marcher Icte levée.Non, ils n’étaient pas, ils ne pouvaient être des ignorants ceux qui ont eu la suprême science ; croire, espérer et attendre ; ceux qui n’ont point abandonné l’idée religieuse et nationale dans les plus rudes épreuves, ceux qui ont prépare ce que nous voyons ! Cette magnifique démonstration, 1 ordre, la décence, 1 intelligence, les sentiments généreux, l'élégance qui y président nous ont fait voir que vous avez conservé sur tous les points de 1 Amérique beaucoup plus intact qu o i ne le pensait le précieux dépôt de nos traditions et que vous rapportez ici avec vous et la langue que les orateurs choisis par vous ont si purement parlée et le titre glorieux de peuple gentilhomme dont vous savez vous montrer dignes.Soyez en tiers, revêtez vous-en comme d’un splendide vêtement afin que 1 on dise de vous comme Virgile disait de ses compatriotes : populum Romanian genlem que togalam.—(Api liudissemonts prolonges.) Et tandis que j’y suis Messieurs, tout dernièrement encore on a voulu pour justifier la guerre impie que l'on fait à nos frères les Acadiens sur ce terrain même de l'Instruction Publique, on a voulu contraster le chilTre des élèves de nos écoles avec celui des écoles du Haut-Canada, aussi celui des personnes sachant lire et écrire dans chaque province.Disons de suite que ce recensement a fait justice du reproche d’exagération adressé à nos statistiques scolaires : le recensement publiant le nombre d’enfants fréquentant les écoles en un jour donné et la statistique scolaire celui de toute l'année, il doit nécessairement y avoir une dilference.Or cette difference est proportionnellement la même pour Ontario que pour Québec ; un rapport est donc confirmé par l’autre.Mais pour ce qui est de ce chiffre lui même, ce n’est ni à l'enseignement religieux, ni au système scolaire qu’il faut s’en prendre.Qui ne connaît point les difficultés plus considérables qui existent dans notre pays, par ie climat, par la richesse moins grande des populations dont on nous fait il est vrai également un crime, et surtout par la disposition des établissements qui sont plus compactes dans le Haut-Canada où il y a beaucoup plus de petites villes et de villages ?Il y aurait bien aussi quelque chose à dire sur l’étrange manie de tout apprécier uniquement par les chiffres, c’est-à-dire par la quantité et non point par la qualité.Un calcul à faire ce serait de trouver le nombre d’hommes ne sachant que lire et écrire qu'il faudrait réunir pour égaler l’intluence et la puissance réelles d’un homme véritablement instruit.Quoiqu'il en soit, Messieurs, que ces reproches vous animent et nous animent nous aussi à de plus grands, et s'il est possible à do plus généreux efforts.Une chose surtout ressort de cette mémorable réunion : c’est la solidarité de toutes les populations franco-canadiennes de l’Amérique.Ne craignez pas dans vos besoins de vous adresser à nous.Déjà dans bien des endroits nos prêtres et nos religieuses sont allés vous trouver et quelques-uns des élèves de nos écoles normales ont accepté la même mission.Je ne saurais vous dire avec quel orgueil nous voyi n '-ici un d’entr'eux, M.Lebœuf qui remplit maintenant aux Etats-Unis des fonctions judiciaires importantes.(Vifs applaudissements.) Jusqu'à un certain point, notre rôle envers vous est celui que la France, notre vieille mère-patrie a joué envers nous, et ce rôle les communautés les plus nombreuses, les mieux installées parmi vous pourront bientôt le remplir à l’égard de celles où les groupes français sont encore isolés.Déjà vous avez vos journaux et vos écoles ; bientôt vous aurez vos livres et la langue française se sera implantée en plus d'un endroit qu’on lui croyait fermé pour toujours.Certes, messieurs, tout le monde ici sympathise avec le désir si énergiquement manifesté par plusieurs d’entre vous de repatrier en masse nos compatriotes ; mais cette tâche ne pourra jamais s'accomplir que partiellement et graduellement et dans l'intérêt même de cette cause, il faut veiller à l'autonomie de ceux qui resteront.La manifestation d’aujourd'hui y contribuera puissamment ; nous nous sommes comptés, et suivant le mot si vrai de M.Gaillardet qui eut, lui aussi, cette grande idée de l’union des populations franco-américaines, c’est déjà quelque chose de se compter car, disait-il, si le droit est la force aux yeux de Dieu, le nombre est la force aux yeux des hommes ! L'instruction dans la langue maternelle, la lecture des livres français, celle des livres canadiens après le lien plus puissant encore de la religion sont les meilleurs gages de votre autonomie.Faites connaître à vos enfants le mouvement littéraire et intellectuel de votre pays depuis le jour où les Viger, les Morin, les Parent ont jeté les semences de notre littérature et rendu à notre langue qui déjà commençait à s’altérer, sa pureté première, jusqu’à cette floraison si rapide qu'étalent aujourd’hui tant de jeunes et brillants écrivains.Faites leur lire nos poètes, nos historiens, nos publicistes, ce sera un des meilleurs moyens de leur faire aimer notre nationalité.Je sais que comme nous, vous avez besoin d’une autre langue ; mais rien ne vous empêche de conserver en même temps la vôtre.G'est une grande et belle chose que de parler les deux plus belles langues des temps modernes, celle des deux plus grandes nations.C'est même un immense avantage au point de vue du développement de l’intelligence ; car là ou double est la peine, double aussi est la récompense.Messieurs, cette pensée de fraternité bien comprise qui vous a réunis de tous 1rs coins de l’Amérique, elle sera utile aux plus grandes comme aux plus petites communautés de notre origine.Ce que l’une fera pour les autres lui sera rendu au centuple.Déjà dans les 124 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.limites de notre Confédération il n'est pas impossible que le salut de la plus grande province franco-canadienne, celle de Québec, ne soit du un jour aux Acadiens des provinces maritimes ou aux Métis de Manitoba.Faites beaucoup pour les Acadiens, nous disait dans une conference M.Hameau, laites beaucoup pour eux et soyez certains qu'un jour ils vous le rendront.Ce généreux Français, qui l'un des premiers s est occupé sérieusement de nous, qui le premier nous a conseillé 1 immigration française et belge comme moyen de réparer les pertes que nous ne pouvons pas entièrement empêcher,—car sur ce point encore je vous dirai : ne soyez pas exclusifs—ne repoussez pas un moyen de salut parce que vous ên préférez un autre, employez-les tous et vous n’en aurez peut-être point trop.—M.Rameau donc nous disait que c'était la charité cosmopolite de la France qui sauverait un jour la France elle-même, et il nous donnait la même recette.Eh bien ! elle petit s’appliquer et elle s’est déjà appliquée à l’instruction publique et c est une gloire pour le Bas-Canada de songer que les établissements d’éducation catholiques et français qui se développent sur tant de points en dehors de nos limites sont dus en grande partie aux sacrilices des habitants de la vieille province, permettez-moi de le dire, de la province mère ! Fjt même aujourd’hui la France sans presque le savoir continue sa glorieuse mission à notre égard : à nos prêtres et à nos religieuses cependant si nombreux viennent s’ajouter chaque jour ses prêtres et et ses religieuses et souvent prêtres français et prêtres canadiens, religieuses françaises et religieuses canadiennes partent ensemble pour les points les plus éloignés de ce continent.Pour 1 ignorer, messieurs, il ne faudrait connaître ni cette grande maison de St.Sulpice de Montréal, qui a fait et qui fait encore, et qui fera longtemps de si grandes choses dans notre pays, ni cette illustre Compagnie si connue dans notre histoire et qui nous donne aujourd'hui 1 hospitalité ; toutes deux, ainsi que tant d’autres ordres religieux, se recrutent encore plus en Europe que parmi nous.[App.] Mais je m’oublie, messieurs, on ne m'avait donne que vingt minutes pour traiter ce grand sujet, pour vous dire ce que l’éducation a fait pour nous, ce que nous avons fait pour elle ; et j’ai dépassé ces limites : je demande quelques minutes de plus pour un acte de justice et de reconnaissance.Je ne saurais laisser passer cette solennelle occasion de rendre témoignage à la mémoire d'un homme dont la mort a été un grand deuil public, à Sir George Cartier qui m’a si puissamment aidé, et souvent, je n ai pas honte de le dire, si habilement dirigé, pendant mon administration scolaire.A son énergie, à sa persévérance sont dus la passation de plusieurs lois importantes sur l'instruction publique avant la Confédération ; à son aide actif celle qui, depuis, a a régie des questions importantes entre la majorité et la minorité religieuse.Dès le principe nous avons adopté une politique libérale qui a eu son contre coup dans le Haut-Canada tout en empêchant bien du mal chez nous : en allant plus loin encore nous aurons fait un grand bien à nos compatriotes des provinces maritimes ; si la majorité qui les froisse dans ce qu'ils ont de plus cher, peut apprendre quelque chose de notre exemple ne fût-ce que d’avoir la moitié de la justice et de la libéralité que nous avons montrées.J’ai aussi à remercier mon honorable successeur M.Ouimet, qui s’est mis à l’œuvre avec tant de zèle et d’habileté, des paroles beaucoup trop bienveillantes qu’il a eues pour moi dans ses discours publics et dans ses rapports otliciels.Enfin, monsieur le président et messieurs, j’ai à vous remercier et à vous demander pardon : à vous remercier de votre indulgente attention, à vous demander pardon d’avoir osé traiter dans un cadre nécessairement si restreint un pareil sujet.Mon excuse est dans l’obligeante invitation de votre comité, dans l’enthousiasme du jour, dans cette atmosphère toute imprégnée d'un patriotisme tellement enivrant que ceux qui l’ont respirée ne doutent plus de rien.Même dans les circonstances les plus défavorables il était impossible de refuser son concours à cette réunion fraternelle où sont accourues portées par l’électricite les félicitations, les sympathies de tous les groupes français de l’Amérique depuis Vancouver jusqu'aux rives de l’Atlantique, nobles témoignages qui ont ete couronnés par la plus auguste et la plus émouvante de toutes les approbations, en un mot grande et belle journée dont le souvenir imposant sera lui-même une des pages de.notre histoire.52ome conférence «les instituteurs de la circonscription de l’école noi'inalc-Laval.Séance, du 30 mai 1874.Présents : Les lions.G.Ouimet et P.J.O.Chauveau, le Révd.P.Lagacé et L.Giard, écr., M.D.; F.E.Juneau, G.Tanguay et Ed.Carrier, écrs., inspecteurs d’écoles; MM.F.X.Toussaint, président ; N.Laçasse, J.B.Cloutier, D.McSweeney, F.X.R.Saucier, D.N.St.Cyr, Frs.Fortin, G.Labonté, J.Piérard, Jos.Prémont, L.F.Tardif, W.O’Ryan, J.Blais, C.Bouchard, D.Potvin, J.Cloutier, C.Lacroix, Frs.Pagé, P.V.Vien, C.Angers, Ls.Tremblay, Alf.Lavigne, P.Gagnon, Aubé, F.Létourneau, J.Ahern, F.Turgeon, All'.Blouin, J.Létour-neau, MM.les abbés Corrivault et Huard et les élèves-maîtres de l’institution.Les minutes de la dernière séance sont lues et adoptées.M.le principal, après avoir résumé son dernier entretien sur la physiologie, parle de la circulation du sang et de la respiration, et sait, pendant plus d’une heure, intéresser vivement son auditoire.M.N.Laçasse parle de l'enseignement de la grammaire française.J1 indique, au moyen d’une phrase qu’il fait écrire par un élève sur le tableau, et par quelques questions qu’il lui pose, la méthode qu’il suit dans l’enseignement de cette branche importante.M.F.X.Toussaint présente à l’association une histoire abrégée du Canada qu'il vient de publier.Il parle longuement de l’enseignement de l’histoire du Canada et indique la manière de l’enseigner avec succès.Vû l’heure avancée, MM.J.B.Cloutier, J.Piérard et D.N.St.Cyr remettent à la prochaine séance les discours qu’ils avaient préparés pour celle-ci ; puis on aborde le sujet de discussion “ l’enseignement de la lecture.” Le Révd.M.Lagacé parle sur le sujet et s’étend très au long sur la nécessité d’une bonne prononciation.Il parle aussi des différents livres de lecture en usage dans nos écoles et fait voir l’importance d’un livre de lecture bien gradué et à la portée des enfants de nos écoles.Ce que M.le principal dit sur cette question peut résumer comme suit : “ Apprendre aux enfants à lire, c’est leur apprendre à bien parler.Or, pour atteindre ce but, il faut considérer trois choses dans l’enseignement de la lecture: lo.les sons et les articulations ; 2o.la prononciation ; 3o.l’expression.Pour que l’élève apprenne à bien connaître la valeur des sons et des articulations, il faut les lui faire repasser tous les jours au moyen d’un petit tableau à cet effet ; car c’est là la base de la bonne lecture.Il faut exiger de plus que l’enfant articule énergiquement toutes les syllabes des mots.La mollesse d’articulation est ici un défaut presque général ; on laisse tomber, trop souvent, sans s en apercevoir, la dernière syllabe des mots et l’on rend par là la lecture peu intelligible : on dira, par exemple, capabe au lieu de capable, quate au lieu de quatre, etc., etc.C’est surtout avec les petits enfants qu’on doit exercer plus de vigilance sur ce point, car il vaut mieux prévenir les défauts que d’avoir ensuite à les corriger plus tard.Une chose indispensable à toute personne chargée d’enseigner la lecture, c’est un bon traité de prononciation ; celui de M.Morin, professeur de lecture à haute voix au Conservatoire de Paris, devrait avoir la préférence sur tous les autres.Mais on ne saurait obtenir des enfants une émission claire, nette et distincte des dix-huit sons dontest compo sée notre langue, une articulation ferme et énergique des consonnes, une prononciation correcte des mots, une expression vraie, des phrases sans un bon livre de lecture, et je le dis avec regret, nous n’avons pas encore un tel livre au Canada.Un livre pour apprendre à bien lire, devrait renfermer ; lo.un tableau des sons et des articulations ; 2o.un traité cle prononciation avec des exercices spéciaux, propres à corriger les défauts de langage de notre pays ; 3o.une série de morceaux dont le choix fût fait au point de vue de l’expression.Or, le livre dont le plan a été donné par le conseil de l’instruction publique, ne répond pas, selon moi, aux besoins du pays sous ce rapport, puisqu’il ne renferme rien sur les trois choses dont je viens de parler.” JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.125 M.le président résume ensuite les débats, et ajoute qu’il serait désirable qu’une personne compétente se chargeât de faire un bon livre de lecture ; que cette lacune regrettable rend très-difficile l’enseignement de l’une des branches les plus importantes ; que lorsqu’il disait une personne compétente il entendait un homme du métier ; car ce serait, dit-il, aussi absurde que ridicule de confier ce travail à un médecin, à un notaire ou à un avocat.Le malade ne va pas chercher un avocat pour se faire guérir, ni le plaideur un médecin pour défendre sa cause.Encore une fois, il faut être du métier; il faut avoir enseigné soi même ; avoir senti les difficultés qui se présentent tous les jours, les avoir pour ainsi dire, touchées du doigt pour faire un livre pratique et acceptable.M.J.B.Cloutier présente un ouvrage intitulé : “ Devoirs grammaticaux en rapport avec sa grammaire ”, et M.N.Laçasse, un “ corrigé de ses exercises orthographiques, partie du maître”.Le sujet de discussion pour la prochaine séance sera “Utilité des leçons de choses”; en outre MM.J.B.Cloutier, J.Piérard, D.N.St.Cyr, C.Lacroix et F.X.Bélanger traiteront chacun un sujet.La séance est ensuite ajournée au dernier vendredi d’août prochain, à sept heures du soir.F.X.Toussaint, Président.J.Letourneau, Secrétaire.Ecoles modèles.Nous désirons attirer l’attention des commissaires sur le fait que plusieurs des écoles qui portent le nom d’écoles modèles n’ont ni le caractère ni l’enseignement requis pour ces institutions.A peine peut.on les classer parmi les bonnes écoles élémentaires.Pour qu’une école modèle soit considérée comme telle, il faut qu’on y enseigne à une classe suffisamment nombreuse “ la grammaire, l’analyse des parties du discours, l’arithméthique dans toutes ses parties, la tenue des livres, la géographie, l’usage des globes, le dessin linéaire, le mesurage et la composition." Les cinq premières branches surtout, sont rigoureusement requises.Plusieurs écoles modèles ont cinquante ou soixante élèves, et, sur ce nombre, quatre ou cinq, au plus, suivent une certaine partie du programme.Cet état de choses ne peut pas se tolérer et, à l’avenir, la subvention pour école modèle sera retranchée à toutes les institutions de cette catégorie qui ne se conformeront pas rigoureusement au programme d’enseignement établi par la loi.Il vaut mieux avoir une bonne école élémentaire qu’une école modèle médiocre.Nous avons cru devoir faire ces remarques en réponse à plusieurs lettres reçues au département, et dans les quelles on se plaint que la subvention pour école modèle a été diminuée.Le département ne peut pas payer à une école élémentaire, une subvention destinée à soutenir des écoles modèles dignes de ce nom.Revue mensuelle.“ Les jours se suivent et ne so ressemblent pas," dit le proverbe.En France, cependant, et malheureusement, c’est tout le contraire qui arrive : les jours se suivent et se ressemble ; c’est-à-dire que les incertitudes, les agitations, les crises se succèdent sans interruption comme les vagues d'un torrent qu’aucune digue ne peut arrêter.Cette digue, ce serait peut-être l’assemblée nationale, si cette assemblée pouvait un jour avoir une volonté, c’est-à-dire recruter une véritable majorité qui lui permit de s’engager et surtout de persévérer dans une voie certaine et déterminée.Mais il n’en est pas ainsi, et le temps se passe en motions vaines, impossibles et souvent ridicules, qui s entrecroisent, se coudoient et contribuent à miner de plus en plus 1 autorité chancelante qui se laisse conduire plutôt qu’elle ne guide.Au milieu de toutes ces hésitations et ses commotions, un homme seul, cependant, et il nous fait plaisir de le reconnaître, se montre ferme et semble décidé à faire passer l’intérêt de la France avant le sien.Les faits qui se sont passés depuis quelque temps indiquent assez que nous voulons parler du maréchal McMahon.On lui a confié le pays pour sept ans ; il prend ses attributions au sérieux et il prétend avoir le droit et le devoir de réprimer toute action, toute tendance factieuse et révolutionnaire, de quelque côté qu’elle se produise.Son énergique impartialité, sous ce rapport, s’est révélée dans l’acte ministériel qui a suspendu VUnion pour avoir publié le dernier manifeste du comte de Chambord.Aussi, une motion censurant la conduite du gouvernement, pour cet acte rigoureux mais juste, n’a-t-elle rencontré que que l’appui de 80 voix sur 379 votants.Il est inutile de se dissimuler les choses et de vouloir que les mêmes paroles, les mêmes phrases aient constamment des acceptions et un sens différents, suivant la personne qui s’en sert.Dans les circons-tances présentes, ce manifeste, tout honorable que soit son auteur, est clairemet un appel à la guerre civile, et l’on voit les effets que produisent actuellement les mêmes causes en Espagne.Il n’y aurait qu’une chose qui pourrait terminer une situation impossible, ce serait le renouvellement complet d’une assemblée qui ne sait pas vouloir, par une assemblée énergique, représentant véritablement les volontés de la majorité et faisant respecter ses décisions, dans quelque sens qu’elles portent.Il est évident, aujourd’hui que la majorité de la France désire la paix et a confiance dans la présidence du maréchal McMahon.Laissons donc ce pauvre pays respirer un peu et se remettre de ses secousses.Donnons lui le temps de se recueillir et de se tourner un peu, en toute humilité, vers cette grande et suprême autorité, que les autorités de la terrre lui ont trop fait oublier depuis quelque temps.Laissons-le s’adresser à Dieu et donnons à Dieu le temps d’intervenir.Il a trop aimé et il aime encore trop la France pour vouloir l’anéantir, et il saura bien, après lui avoir infligé eette garnde et terrible leçon, cette flagellation douloureuse, trouver dans sa force suprême et son inépuisable bonté l'assistance qui relève et le baume qui guérit.Nous n’avons pas encore perdu l’espoir, et même quand tout sera fini, nous espérerons encore pour ce pays qui fut le notre et que nous aimons tant.Nous avons, tout à l’heure, mentionné incidemment l’Espagne, où la situation se complique et prend une tournure plus sombre encore, s’il est possible d’ajouter une couleur plus horrible au tableau effrayant que présente en ce moment ce malheureux pays.L’Allemagne, qui a déjà causé tant de bouleversements en Europe, intrigue encore et s’insinue peu à peu dans les affaires de l’Espagne.M.de Bismark a sans doute ses vues sur ce sujet et il peut en surgir des complications qui commencent à inquiéter les grandes puissances européennes et surtout les petites qui ont tout à craindre de la politique entortillée et des menées sourdes du trop fameux homme d’état.11 pourrait se faire, néanmoins, que ce bras qui va si loin nouer des intrigues eut, avant peu, à exercer son habilité pour se maintenir chez lui.La révolte qui a eu lieu dernièrement parmi les paysans du nord de la Prusse, n’est peut-être qu’un indice d’une fermentation plus considérable.D’un autre côté la tentative d’assassinat qui a été faite contre le chancelier, à Kessingen, par Hullmann, n’est peut-être pas le fait d’un cerveau monté, comme on a voulu le faire croire, et il est possible que le complot dont il a été parlé existe bien réellement et ait des ramifications plus étendues qu’on ne pense.M.de Bismark avait déjà été l’objet d’un semblable attentat, à Berlin, en 1866, de la part d’un jeune homme du nom de Blind.Nous donnons à ces faits toute la réprobation dont nous sommes capables, car ces vengeances criminelles sont inexcusables devant Dieu et devant les hommes ; mais nous ne pouvons pas nous empêcher de les considérer comme des indices sérieux d’un mécontentement qui peut, à la fin, devenir une révolte ouverte et générale.La ville de Chicago qui avait déjà été si éprouvée par le grand incendie de 1871, vient de subir encore un malheur semblable, quoique moins considérable.L’élément destructeur a rasé complètement une étendue de près d’un mille carré et contenant plus de six cents maisons et magasins.Les énergiques habitants de cette ville ne se découragent pas cependant, et dans deux mois, disent-ils, ils n’y paraîtra plus.Nous avons en ce moment dans notre port deux vaisseaux de guerre français, la frégate La Magicienne, portant le pavillon du contre-amiral Thomasset, et l’aviso L'Adonis, commandé par le capitaine de frégate Human.Il nous est impossible de voir avec indifférence le drapeau français flotter au mût d’un vaisseau dans notre port, et ce n’est pas devant le vieux Québec, si plein de glorieux souvenirs, qu’un amiral de France peut venir jeter l’ancre sans qua cette présence réveille les plus fortes émotions et fasse battre les fibres les plus sensibles de tout cœur canadien-français. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.126 \ oici comment le Canadien annonce l’arrivée du vaisseau amiral et de l’aviso qui l’accompagne : La frégate française la Magicienne, portant le pavillon de l’amiral Thomasset, et la corvette Y Adonis, commandée par M.le capitaine de frégate Human sont arrivées ici dimanche matin.M.Thomasset est le premier amiral Lançais que Québec a le plaisir de recevoir officiellement dans notre port—le Prince de Joinville avant voyagé incognito—depuis la cession du Canada à l’Angleterre.Nous nous empressons au nom de la population canadienne de lui souhaiter la bienvenue ainsi qu’à Messieurs les officiers de la Magicienne et de l’Adonis.En 1854 la Capricieuse, commandée par M.de Belvèze, venait ici en mission commerciale.Tout le monde se rappelle encore l'heureuse coincidence de la présence des marins français avec la pose de la première pierre du monument commémoratif "des deux batailh s des plaines d'Abraham (1759-1700).Plus tard, l'aviso, le (i'Estrée, commandée par M.L'Evesque des Varannes, vint se ravitailler à Québec.Notre société se rappelle les brillantes qualités de cet officier distingué de la marine française, qui était, à sa mort, aide-de-camp de l’Empereur.En quittant la croisière de Terreneuve pour faire celle des Antilles, l’équipage de ce vaisseau fut décimé par la fièvre jaune.Il fut suivi par le d'Eslaing, commandé par M.Human, aujourd'hui capitaine de Y Adonis.Durant le séjour du d'Eslaing, l’équipage de cet aviso rendit de grands services à notre ville lors du désastreux incendie qui détruisit les ateliers de M.Drum.Nos archives civiques contiennent le texte des remerciments qui furent alors transmis au commandant Human, à ses officiers et à son équipage.Nous aimons à croire que M.l’amiral Thomasset ainsi (pie MM.les officiers de son état-major trouverons ici un peu de la vieille France.Nos remparts moussus, nos traditions, nos mœurs, ce vieux langage (pie certains écrivains anglais persistent à croire un vieux patois français, notre vénération pour notre mère, la France, notre respect pour les lois que l'Angleterre nous a données, tout cela peut faire un sérieux sujet d'études pour ces messieurs.” Nous nous associons, en toute sincérité, à ces paroles de bienvenue et nous ouvrons nos bras et nos cœurs à tous ces marins français qui, pour nous, personnilient la source du sang (pii coule dans nos veines.Nous espérons que le séjour, dans, ces vieux murs, leur sera agréable.Puissent-ils voir que, si la France semble quelquefois oublier les lils de l’exil, de notre cùté, nous pensons toujours à elle, et que nous conservons précieusement l’héritage qu’elle nous a laissé, sa religion, sa langue, et le souvenir de sa glorieuse histoire.NOUVELLES ET FAITS DIVERS.BULLETIN DES LETTRES ET DES ARTS.Université-Laval—Concours de poésie—La faculté des arts, de l’Université-Laval, ouvrit, naguère, un concours de poésie française.Elle se proposait de donner aux jeunes talents une occasion d’essayer leurs forces.Accueilli avec une faveur marquée, par les amis des lettres, le concours de poésie produisit à son début, d’heureux résultats.Des poètes, déjà avantageusement connus par leurs œuvres, n’ont pas dédaigné les lauriers académiques ; d’autres ont révélé un véritable talent.Aujourd’hui, la faculté des arts de l’Université-Laval, ouvre de nouveau le concours de poésie.Mais, rappelant le mot du poète romain : Trahit sua quemque voluptas, elle croit devoir laisser, au libre choix du poète, le sujet qu’il lui plaira de traiter.Tout en respectant les autres lois du concours la Faculté couronnera celles des pièces de poésie qui lui paraîtront, quelqu’en soit le sujet et quelqu’en soit le genre, atteindre un degré voisin de la perfection.Le concours de poésie sera clos le 31 mai 1875.lièglement concernant le concours de poésie française.I.___Le concours de poésie française a lieu tous les deux ans • il alterne avec le concours d’éloquence.Art II.___Trois médailles, frappées aux armes de l’Universite- Laval sont proposées aux lauréats: Tune en or, la seconde en argent, la troisième en bronze., ., , , °Yrt.III._Ces prix sont donnés au mente absolu, et procla- més en séance solennelle de l’Ur iversité.iv.___L’œuvre des concurrents doit être adressée en doublé copie, et franco, au secrétaire de la Faculté des arts, avant le 31 mai, de Tannée du concours, et porter une épigraphe ou devise reproduite dans un pli cacheté, contenant le nom et la demeure de l’auteur, avec la déclaration, signée, que l’ouvrage est inédit.Art.V.—Toutes les pièces présentées au ooncours devien nent la propriété la faculté des arts, qui, seule peut permettre de les publier.Art.VI.—Ces pièces sont soumises à l’approbation d’un jury, choisi a cette même faculté.Art.VII.—Sont exclus du concours : lo.les membres et les officiers de l’Université ; 2o.les élèves des collèges et des écoles ; 3o.tous ceux qui se font connaître, directement ou indirectement, avant la proclamation des lauréats.L.Beai det, Ptre., Sec.Fac.des Arts.Les journaux français de la province sont priés de reproduire Académie de musique —Les concours de l’académie de musique, contrairement à ce qui avait d’abord été annoncé, ont eu heu à Québec le 7 juillet, Montréal n’ayant pas présenté de concurrents.La collation des diplômes, en conséquence n’a pas été publique.Ont reçu leur brevet de membre de l'académie: Mlle.Lætitia Rousseau, MM.George Gagnon, Louis Dufresne, David Dufresne et Octave Delisle, tous élèves de M.Ernest Gagnon et de l’école normale Laval.BULLETIN DE L’ARBORICULTURE.Les orangers.—L’essai le plus curieux d’arbres servant d’ab.' aux orangers de l’ï e San Miguel, des Açores est celui du néflier du Japon triobotrya japonica, qui a le double avantage de posséder d’amples feuilles largement étalées et de fournir un fruit comestible ; malheureusement il ne souffre pas la taille.En attendant que les arbres destinés à former les haies arborescentes aient acquis une élévation suffisante, on sème le terrain avec une espèce de genêt qui cn.it rapidement et que Ton détruit au bout de trois ou quatre ans.L'usage des abris porte-t-il, comme on l'a soutenu, préjudice à la qualité des oranges?Enlève-t-il à l’arbre fruitier l’air et le soleil nécessaires à la complète maturation des produits ?Rjnd-il l'écorce de l’orange plus épaisse et plus tendre, ce qui nuirait à la conservation du fruit ?Ce sont là autant de questions dont la solution offre de grandes diffi :ullés, et qu’une suite centinue d’observations impartiales pourrait seule permettre de tranch:r.Le terrain des plantations doit être labouré pendant quatre ou cinq ans.Ensuite, deux fois par an, en procède à un binage superficiel.Souvent on sème du lupin, que Ton enterre à la houe pour amender le so'.Dans les mauvais terrains, cette opération est indispensable tous les ans ; rarement on emploie d’autre engrais.Chaque année on coupe le bois mort, on élague les rejetonsarmésde piquants, mais du reste on ne taille nullement les orangers.Dans les moments de sécheresse, on a soin d’arroser, si Ton peut avoir de l’eau à proximité.L’élagage des abris, qui se fait chaque année, fournit en moyenne 300 fagots par hectare, lesquels se vendent à raison de 7 francs le cent.Les orangers se plantent en quinconces ; autrefois on laissait entre eux des intervalles de 15 mètres, mais depuis quelques années on a diminué les distances ; on es plante généralement à 10 mètres les uns des autres.Dès la preudère année, lo sujit donne quelquefois du fruit, cependant il n’entre pleinement en rapport qu’au bout de dix ans ; alors, s’il est bnn état et planté dans un bon terrain, il produit de 1,000 à 1,500 oranges.Un arbre plus âgé et vigoureux dont les branches sont larges it régulièrement étalées peut fournir une récolte de 7,000 à 8,000 oranges.Dans les quintas trop vastes, les orangers ne rapportent en moyenne que 000 fruits par pied, tandis qu’ils en rapportent généralement de 2,500 à 3,000 dans les petits enclos.L°s variétés d’oranges comestibles cultivées aux Açores sont au nombre de six principal s.L'orange commune est de moyenne grosseur, légèrement acide cl très-savoureuse.La peau en est fine et adhérente au fi uit ; e le devient un peu épaisse à la fii delà saison Les lobes de la partie cli irnuu se séparent diffid'.ement les uos des autres; pour la déguster convenablement, ou doit recourir à l’emploi d’un instrument tranchant L'orange allongée (comprida) est plus aromatique que la précéd nte et plus acide, surtout pendant les piemiers mois de l’hiver ; l’arbre qui la donne est rarement très-chargé de fruits.On désigne sous le nom d'orauge d'argent (prata) une variété plus petite dont la chair c ttiès ferme, la peau extrêmement fine et la cou'eur d’un jaune-verdâtre clair.L'orange choisi (selecta) e>t grosse, d’un goût excellent, très-peu acide ; la peau en est de couleur jaune-foncé.Elle est dépourvue de pépins et ne mûrit gué; e qu’en avril, ce qui lui donne une grande valeur.L'orange à ombilic (d'embigo) est aplatie et tiès douce; c’est la variété qui fournit les fruits les plus volumineux.Vient enfin la mandarine (tangerina), qui m’a paru différer de la mandarine de Malte par une adnérencô plus marquée de l’écorce à la partie charnue.Cette union plus intime de la zone corticale du fruit à la masse des JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.127 lobes intérieurs semble distinguer toutes les oranges des Açores des variétés correspondantes d’Espagne et d’Italie.L'orange entre en maturité à la fin d’octobre ; ce n’est toutefois qu’en janvier que se recueillent les meilleures qualités.La saison se termine en mai.La multiplication de l’oranger s’opère par marcottes ou par boutures.Le premier procédé a été emprunté aux Chinois ; il est fort en usage depuis quelques années.On choisit une branche de 4 à 5 centirnè'res de diamètre, à laquelle on pratique une incision circulaire.Autour de la plaie, on dispose un paillasson en forme d’entonnoir évasé par le haut et rempli de terre battue.L’opération se fait du 15 mai au 15 juin ; les racines adventices ne tardent pas à pousser, et dès l’hiver suivant la bouture est pourvue de racines suffi jantes pour pouvoir être détachée de la plante-mère.La jeune plante ainsi obtenue rapporte souvent du fruit au bout de deux eu trois ans.Dans l’origine, on employait exclusivement la multiplication par greffe sur des sujets obtenus par semis.Aujourd'hui cette méthode est encore usitée en concurrcnc avec la précédente ; cependant elle est un peu délaissée à cause ne la lenteur relative avec laquelle les arbres qui en proviennent entrent en rapport.On assure néanmoins que les sujets auxquels elle a été appliquée donnent de meilleurs fruits et durtnt plus longtemps que les autres.L’orange douce se reproduit aussi de gra ne.Cast là un fait digne de rcfl.-xion, car il y a des botanistes qui considèrcntl’orangei à fruit doux comme une simple variété de l'oranger épineux à fruit amer.Si cette h, pothèse était vraie, quand on sème un pépin d'orange douce, on devrait s’attendre à voir naître, conformément à la loi générale, un individu appartenant au type primitif.Or, au moins aux Açores, les choses ne se passent pas ainsi.Le sujet qui provient d’un tel semis possède, il est vrai, le port, le feuillage, les piquants épineux du brigaradier, mais les fruits qu’il porte, bien qu’ils n’aient jamais entièrement la saveur des fruits de la plante-tnère, n’ont jamais non plus l’amertume de ceux de l’espèce sauvage.Ou devrait au moins, par un grand nombre de semis successifs, obtenir des plantes se rapprochant de plus en plus du t pe fondamental de l’espèce, c’est-à-dire de l’oranger à fruits amers ; jusqu’à présent, l’expérience ne semble pas confirmer cette possibilité.I| faut donc admettre, ou que l'orange douce provient réellement d’une espèce particulière qui ne diffère du brigaradi r que par les qualités de son fruit, ou que la variété formée posïèlc une bien étonnante stabilité.F.FouquÉ.—Mescbacébé.BULLETIN DE L’AGRICULTURE.Nécessité des bois pour la conservation du sol.— On a osé nier l’influence des bois pour la conservation du sol et du climat : cependant l’observation des faits et les conséquences naturelles que l’on peut raisonnablement en tirer démontrent la nécessité de les conserver dans une certaine limite la où ils existent, encore, et de les rétablir dans les fays où ils ont été entièrement abattus.Que l’on veuille bien nous permettre quelques simples explications sur un sujet d’un si haut intérêt.Les arbres qui couvraient autrefois les sommets des coteaux et les pieds des montagnes n’y avaient pas ôté placés par le Créateur uniquement pour l’ornement d’un pays, mais bien plutôt pour soutirer de l'atmosphère et les transmettre à la terre tous les fluides i é cessa iris à sa fertilisation.Les arbres sont les conservateurs naturels de la fertilité du sol : ils produisent des masses incalculables de carbone et d’i umus indispensables à la végétation de toutes les plantes eu'tivées, et ils vivent principalement des éléments contenus dans le sous sol et dans l’air, où ils puisent la plus grande partie de leur nourriture ; ils enrichissent le sol par leurs détritus, tandis que le plus grand nombre des plantes l’épuisent, surtout les céréales et les légumineusc", qui se lassent bien vite de prospérer sur le même terrain.La surface incommensurable de feuilles des arbres que le moindre vent agit» sans cesse augmente considérablement l’évaporation, et régularise l'eau qui tombe sur la terre ; il pleut en effet plus souvent sur un pays boisé, et par cela même il y tombe plus rarement de ces pluies diluviennes qui dégradent le sol en l'entraînant des hauteurs dans les vallées, qu'elles couvrent quelquefois de débris de rochers et de cailloux roulés.Il est de fait que les terrains couverts de bois sont plus frais que ceux qui sont entièrement découverts.Les arbres attirent donc l'humidité de l’atmosphère et l’évaporent sans cesse, tout en retenant une grand quantité d’eau dans les tissus de leurs organes et dans les terrains où ils végètent.Les forêts augmentent consi lérable-ment l’hydrocapacité de la terre en la chargeant d’une énorme masse d’eau presque aussi grande que la moitié de son vo ulue, et à ne considérer la couche que sur un pouce seulement d'épai s ur, elle retiendrait en moyenne 4,000 à 5,000 pouces cubes d’eau par hectare, ou environ la moitié de toute celle qui tombe dans l’année.Cet eau ne reste jamais stationnaire ; les organes des arbres agis.-ent sur elle comme une infinité de pompes aspirantes et foulantes : une partie s’infiltre lentement dans les couches inférieures du sous-sol pour former les sources, taadis que 1 autre partie s'évapore dans l'air pour revenir ensuite dans le sein de la terre.C’est une chuî ie sans fin de vapeurs descendantes et ascendantes ; or, toutes les circonstances atmosphériques étant les n.ê.ne?, plus un pay s est boisé, plus les surfaces aspirantes et évaporantes sont grandes, ut par conséquent plus l'évaporation est considérable.Eu efl’it, une grande masse de vapeurs ne peut rester longtemps en suspension dans l’atmosphère sans se condenser et tomber sur la terre ; les pluies sont donc plus f éqmntcs, elles tombent p us uniformément et plus également, au grand avantage de la végétation des p'antes cultivée;.C est ainsi que, les pluies revenant à de plus courts intervalle-, les va| eus s’accumulent moins dans l’atmosphère et qu’elle est plu^ souvent vidée et plus souvent remplie des vapeurs qui produisent les nuages, et dè i lors les pluies diluviennes sont nécessairement plus rare;.Réciproquement, plus un pays est déboisé, j lus il ist sec, et, toutes les circonstances atmosphériques étant d’ailleurs les mêmes, moins l’évaporation est grande, puisque les suifices évaporantes sont considérablement moindres.Il en lésulte encore que les sources sont plus rares et moins abondantes en volume, et qu’elles tarissent plus souvent.Les pluies tombent donc avec d’autant plus de violence qu’elles sont plus rares, et plus elles sont rares, plus le climat est sec ; aussi les observations directes démontrent que les climats humides du Nord, si favorables à la culture des plantes fouiragèrcs, ne sont pas ceux où il tombe laplus grande quantité d’eau dans Vannée, mais bien ceux où elle est le plus uniformément répartie, c’est-à-diie où il pleut b plus souvent, tandis que dans les climats secs du Mid;, c’est justement le contraire qui a lieu ; il y tombe une plus grande quantité d'eau dans l’année, mais elle est très inégalement répartie ; les pluies y sont beaucoup moins fréquentes que dans le Nard, et il en résulte trop souvent les orages diluviens qui dégradent le sol découvert et sans ab'i.L; boisement du sol est donc plus nécessaire dans les climats secs du Midi que dans ceux du Nord, et, par une imprévoyance inqualifiable du fait de l'homme, ce sont précisément les magnifiques contrées inéri-I dionales qui ont été les plus déboisées.En France, on peut citer toute la partie du nord du département de la Haute Garonne et généralement tout le Midi, les clôtures et les bois augmentant à mesure que l’on se rapproche de l'Océan, et diminuent au contraire beaucoup à mesure que l’on se rapproche de la Méditerranée.En Europe, on peut citer Eiximple si remarquable de l’Espagne, qui est entièrement déboisée, tandis que la verte Eiin et l’Angleterre où il n’existe pas de foiêts proprement d tes, ont tous leurs champs encadrés de riantes c ôtures entrcn.ê ces d’arbres de toutes sortes, qui à la vue produisent à peu près le même i ff t que si le pays était couvert de bois.Dans toutes les parties du munie, excepté peut être un Angleterre, ce sont toujours les contrées les plus peuplées que la baille ou plutôt le feu a débo :é;.> ; c'est particulièrement ce qui arrive dans toutes les î es qui produisent de îicbcs denrées «i’exportatioi .Partout on a voulu satisfaire a tout prix les besoins du moment sans se mettre en peine de ceux de l’avenir ; nos pè es ont fait comme le vieux Saturne ; en dévorant la fertilité du so1, ils ont dévoré leurs enfant .Ces faits présentent de graves in onvél.i nts qui ne devraient pas être perdus pour des populations intelligentes et éclairées.Tous les bons esprits doivent aujourd’hui reconnaître que les montagnes vt les foiê.s, que la Providence avait si bien placées sur leurs contre-forts, sont les véritables mamelles de la végétation des vallées et des plaines.Cette remarque est surtout évidente pour ceux qu ont beaucoup voyagé et qui savent observer, en comparant h s pays qui n’ont pas encore éto complètement déboisés avec ceux dont lès bois ont été détruits depuis longtemps.L-s principes que nous venons d’exposer peuv.nt parfait ment s’appliquer au département de la II iuL-Garonne.E: que l’on ne vienne pas nous accuser de vouloir rétablir les foiêts comme elles existaient autrefois ; nous pensons au contraire qu’il f,ut défricher celles qui sont dépérissantes et qui occupent les plaines et les terrains très fertiles, mais à la condition ex r sse de les remplacer par d! nouvelles plantations sur les pauvres terres des coteaux, qui ne fout que payer les fia s de la culture sans laisser aucun bénéfice au cultivateur.Cost une espèce d’alternance à long ternie que nous 128 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.proposons pour reconstituer les terres appauvries par une culture trop épuisante.Ces terres pauvres sont beaucoup plus étendues qu’on ne le pense, et dans le plus grand nombre de nos départements on en trouve toujours qui sont à peu près incultes et qui t e sont réellement propres qu'à être ensemencées en bois pour en retirer un produit assuré.On ne se méprendra donc pas sur notre pensée, et l’on ne dira pas que nous faisons de la poésie bucolique lorsque nous faisons, au contraire, de la bonne économie agricole.Nous le répétons avec intention : nous conseillons simplement de elore tous les champs de 2 à 4 arpents par des haies vives entremêlées d’arbres, comm ' cela existe en A ngleterre, et de boiser seulement les fl mes exposés au Norl des coteaux tiès en pente et dont le sol est épuisé ou peu fertile de sa nature.Q le l’on se représente maintenant ce que direndraient les plaines de Toulouse et de l’Ariége si elles étaient seulement boisées comme l’est celle de Rivel ! Que les personnes qui connaissent l’Angleterre veuillent bien se rappeler la vue si frai hr et si gracieusement verdoyante qu’elles ont admirée de la terrasse du palais de Cristal ! El qu’elles nous disent, en vérité, si not e pays, déjà si beau par lui-même, n’a pas tout à gag îcr à se parer d’une semblable verdure, qui doublerait et sa magnificence et sa r ichesse.Nier ces f dts pratiques de tous les temps et de tous les lieux serait nier l’évidence, et nous serions véritablement heureux que ces principes, aussi salutaires que conservateurs, eussent de l’écho dans notre cher pays.A' ouste du Peyrat.—Gazette des Campagnes.ANNONCES.LIVRES D’ECOLE PUBLIÉS PAR LES Frères des Feolcs Chrétiennes DANS LA PUISSANCE DU O-A.1ST_A_ID_A- Tuaités D'Arithmétique Commerciale, de Mensuration et de Comptabilité, 1 vol.in— 12, de 468 pages.Introduction au Traité d’Arithmétique Commerciale, I vol.in— 12, 210 pages.Clef ou Solutions des Exercices el Problèmes dos deux ouvrages ci-dessus, suivies d’un Recueil d’Exercices pratiques et bien gradués pour Calcul Mental à l’usage des Professeurs.Ces ouvrages sont publiés dans les deux langues française et anglaise.Histoire Sainte, 1 vol.in—12, de 144 pages.Histoire du Canada et des autres Provinces de l’Amérique Britannique du Nord, 1 vol.in —12, de 176 pages.IIiSTOiiiE Ancienne, Histoire du Moyen-Age et Histoire Moderne, 1 vol.in—12, de 392 pages- Cours d'Histoire, ou les trois ouvrages ci-dessus réunis, formant I vol.in—12, de 7i0 pages.Catéchisme de l’Histoire Sainte, 1 vol.in—12, de 86 pages.Catéchisme de l’Histoire du Canada, etc., 1 vol.in—12 de 114pag.Lesdeux Catéchismes ci-dessus réunis, 1 vol in—12, do 192 pages.Une partie du Cours complet d’Histoire est publiée en anglais, et l’autre le sera très-prochainement.Tous les ouvrages ci-dessus ont reçu l’approbation du Conseil de l’Instruction Publique pour la Province de Québec.On peut se les procurer à des prix très-modérés, chez les auteurs, rue Glacis, 2, ou chez la plupart des libraires.Québec, le 21 Janvier 1874.DICTIONNAIRE GÉNÉALOGIQUE DE TOUTES LES FAMILLES CANADIENNES par M.L’ABBÉ C.TANGUAY Aoee un Far-S'Oiite de lu Première carte inédite de lu Nouvelle Fronce en 1641.Les personnes qui ont souscrit an Dictionnaire Généalogique et que voudrai*it recevoir ce volume par la poste sont priées de nous envoyer le montant de leur souscription qui est de $2.50 en y ajoutant 40 contins pour le6 frais de poste.Celles qui ont souscrit chez les Messieurs suivants pourront se le procurer en s’adressant après le lf Mai courant à J.A.LANGLAIS, Libraire, Rue St.Joseph, St.Roch de Québec.J .N.BUREAU, Trois-Rivières.E .L.DESPRÈS, Maître de Poste, St.Hyacinthe.James W.MILLER, Maitre de Poste, de Ste.Luce doRimouski.A.GAGNÉ, Maitre de Poste de Kamouraska.R.OUELLET, “ •< L’Islet.F.H.GIASSON, “ L’Anse à Gilles.E LEMIEUX, Ottawa.F.X.VALADE, Longueuil.L.O ROUSSEAU, Cliâteau-Richcr.Les personnes qui ont souscrit chez MM Dubkau & Asselin, pourront s’adresser à M.L.M.CrémazIb, Libraire, Québec.Eu vente chez l’Editeur EUSÈBE SÉNÉCAL, .10 Rue St.Vincent, Montréal.LE CALCUL MENTAL DE M.F.E.JUNE AU EST EN VENTE CHEZ TOUS LES LIBRAIRES.LE JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE —DE LA- PROVINCE DE QUEBEC.r E JOUrtNAL DE F INSTRUCTION PUBLIQUE est publié sons L la direction du ministre de l’instruction publique et paraît le 15 de chaque MOIS.Conditions d'abonnement.$1.00 PAR AN.Pour les instituteurs.0.50 “ “ Tarif des Annonces.Ire insertion, par ligne .$0.07 Insertions subséquentes, par ligne.0.02 Les annonces d'instituteurs sollicitant un emploi, sont insérées gratuitement.On ne reçoit quo les annonces ayant trait à l’éducation, aux sciences et aux arts.Adresser : Journal de l'instruction publique, Québec.—Affranchir Imprimerie de Léger Brousseau, 7, rue Buade, Québec.
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