Journal de l'instruction publique, 1 septembre 1876, Septembre
Volume XX.Québec, Province de Québec, Septembre 1S76.Ko.9.SOMMAIRE.—Paiu'ii: oi iicna.i.e : Nominations il*-' commissaires! .I oil’s.—|)i|.him *s.l’.uTii: non-officielle : Aux instituteurs.) —I.e héros du jour.—-L’instruction primaire en France.—Le ] mérite couronné.—Nouvelle méthode.—Lettre de Philadelphie.Tribune libre : .de article du Dr.Larue.Poésie : Le sommeil de l’enfant.—A Mire.Fabre.Pédagocie : La gymnastique de l’esprit à l'école primaire.—Durée des classes —Conferences a l'école normale Jacques-Cartier, et à l'école normale Laval.— Leçons familières de langue française (suite).Science eopr- * i.AtRE : Les serpents de crin, par le Dr.Crevier.Bulletins : j Bibliographie.—Annonces.PAR T r E OFFICIEL L E Département de I'iuslruclioii publique Le Journal est .envoyé graUiil-cmenl aux députés et aux curés de la province de Québec.NOMINATIONS DF.COMMISSAIRES D’ÉCOLES Ordre en Conseil (le 9 août 1S7G.1 Comté d’Argenteuil, Harrington No.1.—JIM.John Shaw et | Dttgald McTavish,en remplacement d’eux-mêmes.Il n’y a pas t eu d’élection.Comté d’Arthabaska, Chester-Nord.—M.Damase Dumas, en remplacement de M.Joseph Dubois, et M.Arsène Lafond, en remplacement de M.Alexis Gosselin, vu qu’il n’y a pas eu d’élection régulière.Comté d’Arthabaska, Saint Louis de Blanford.—MM.François Hyacinthe Germain et Isaïe Côté, en remplacement (Feux-mêmes, vu que l’élection a été présidée par le curé.Comté de Chambly, Ville de Longueuil.—M.Louis Vincent, en remplacement de M.A.P.Jodoin, et JI Bruno Normandin, en remplacement de M.A.Cherrier, qui ont tous deux quitté la municipalité et n’out pas été remplacés par élection.Comté de Charlevoix, Petite Rivière.—M.Hippolyte Lavoie, en remplacement de JI.Auguste Racine, vu que l’élection a été irrégulière.Comté des Deux-Montagnes, Saint-Placide.—JDI.Ephrem Baby, écuyer, et Benoit Lalondo, cultivateur, en remplacement de MM.Zépliirin Raymond et Pierre Vaillancourt sortant de charge.Election irrégulière.Comté de Gaspé, Glande Arbour.—JIM.François-Xavier Thibault, Antoine Lailamme, Prudent Cloutier, Joseph Côté et François Lapointe, fils.Jlunicipalité nouvelle.Comté d’IIochelaga, Village de la Rivière Saint Pierre.-—JIJL John Crawford, Henri Headley, Edouard II.Golf, Louis Lesage et Joseph Lanouette, vu que la municipalité n’a pas été érigée à temps pour faire les élections.Comté d’Hochelaga, Saint-Gabriel.—Rév.M.J.J.Salmon, JIM.Edward JIcKeown, Adolphe Levesque, Edward Fennings et Hormisdas Bourque, vu que la municipalité n’a pas été érigee à temps pour faire les élections.Comté de Jacques-Cartier, Village Sainte Anne.—MM.Jules Tremblay et Antoine Gauthier, en remplacement d’eux-mêmes, vu que 1 élection a été irrégulière.Comté d’Hochelaga, Notre-Dame de Grâces.—JIM.Félix Prudhomme, père, Pierre Lemieux, Daniel Jérémie Décarie, Honory Jlills et Gervais Décarie.Jlunicipalité nouvelle.Comté (le Kamouraska, Rivière-Ouelle.—Maurice Bossé, écuyer, en remplacement de lui-même, vu que l’élection a été présidée par le curé.- Comté (le Saint Hyacinthe, La Présentation.—JIM.François Bergeron et Eusèbe Chabotte, en remplacement de MM.Narcisse Provost et André Jacques, vu que l’élection a été irrégulière.Comté de Saint-Maurice, Saint-Etienne.—JI.Thomas Desaul-niers, en remplacement de Raphael Corriveau, qui a quitté la municipalité et n’a pas été remplacé par élection.BUREAU DES EXAMINATEURS Québec (catholique) Ecole modèle, 1ère classe (F) : Mlles JI.Flore Catellier, J[.Ludivine Lebel, JI.Domitilde Piquet et M.Lénora Paquet.2d e classe (F) : JlUes.JI.Aurélie Bergeron, JI.Anne Philomène Dionne, JI.Rosalie Gagnon, JI.Odile Garneau, M.Odile Gingras, JI.Célina Justine Lizotte et JI.Victoria Ouellet.Ecole élémentaire, 1ère classe (F) : Jllles.JI.Célina Cliam herland, JI.Léa Deniers, JI.Eloïse Demers, M.Dion, JI.Suzanne Anna Fournier, JI.Vénérende Gosselin, Félicité Perpétue Grégoire, JI.Zoé Labrecque, JI.Thérèse Oladie Lebourdaia et JI.Elise E nélie Lernav.2de classe (F et A) : Jllles.M.Emélie Vermette ; (F) : M.Louise Beaudet, JI.Caroline Bégin, JI.Vitaline Boissonneau, Clarisse Victorine Boisvert, Philomène Bolduc, JI.Eulalie Bouchard, JI Zélire Boucher, JI.Démerise Bouft'ard, JI.Hélène Bougie, JI.Catherine Boulet, M Léocadie Bussière, M.Séraphine Carrier, JI.Pamela Courcy, M.Sara Evéline Deniers, M.Félicité Denis, M.Euphémie Dussault, JI.Philomène Dutil, Jlarie Dutil.Philomène Forgoes, M.Célina Garon, M.Rose Jacques, JI.Elise Laverdière, Jl’.Elmire Aimée Lebel, JI.Hénédine Jlorin, JI Hedwidge Ouellet" 5187 134 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE M.Delvina Ûuellet, Virginie Paradis.M.Aurélie Eloïse Pelletier, M.Célina Adèle Pelletier, M.Louise Pinelle dit ! Lafrance, il.Pétronille Roy, M.Cézarie Plante, Marguerite-Louise Savary et Ocalcia Cordélia Sévigny dit LaHeur ; (A) ¦ -lane Agnes Cameron et M.Helen Morissey.Québec, 1er août 1876 N.Laçasse, secrétaire.Montréal (protestant) AOAbÉiiiH, K-re classe (A et F) : iL B B.Banker.Ecole élémentaire, 1ère classe (A) : Mlles.Jennie Barr, Eliza '*• Bradford, Katie Buchan, Jane Burke, Mary Burke, Julia E.Davis, Jessie Doig, Angel a.Dowler, Isabella Fraser, Maggie S.Hunter, Annie M.Leggatt, Annie McEdward, Isabella McGregor, Susanna McGregor, Jamima A.Martin, Maggie Nichols, Janet Stewart, Elizabeth Todd, Florence Wade ; (A et K) : Annie E.Matthieu et Fanny Matthieu 2de classe (A) : Mlles.Annie Black, Margaret Èlair, Elizabeth Cook, Mary McWilliams, Martha A.Martin et Mr.Win.Johnston.Montréal, 29 août 1876 T.A.Gibson,' secrétaire.ATLilER Ecole élémentaire, 1ère classe (A et F): Mlle.Joséphine Cantin.lesquels il y en a deux de vraiment extraordinaires.Car il a fait sa première année de rhétorique, et il a battu les vétérans.“ A chaque fois que son nom revenait, c’était un cri de surprise et d’admiration.Au dernier prix, l’assemblée toute entière s’est levée, soit pour le regarder mieux, soit pour lui faire honneur.On a vu ur.tout jeune homme, presque un enfant, imberbe, gentil de visage, qui semblait porter deux ans de moins que ses concurrents.“ La salle a battu des mains avec transport.“ Il se nomme Reinach.Son frère aîné vient d’être reçu, ! cette année même, le premier A l’école normale, avec des compositions qui, par leur supériorité, ont fra; pé tous les examinateurs.“ Lejeune Reinach est, dit-on, merveilleusement doué.Ses professeurs, causant de son succès avec moi, contaient que son maître de musique supplie qu’on le lui confie pour en faire un compositeur, et que le maître de dessin lui promet de brillantes destinées s’il veut se tourner du côté de la peinture.“ Ajoutons que tous en parlent comme d’un charmant enfant, laborieux, modeste, A qui tous ces compliments n’ont point .tourné la tête, et qui ne songe qu’à devenir un jour un homme sérieux.” l.'iiiNliiiriion primaire en Vi anet' Joiin Woods, secrétaire.partit: non-officielle OUÉREC, SEPTEMBRE 1 876 M.Paul Leroy-Beaulieu _ ‘"e dans le Journal des Débats un article très-intéressant sur les progrès de l’instruction primaire en France.Nous reproduisons une partie de cet article, dont nous lui laissons la responsabilité.Nous nous contenterons d’exprimer le vœu qu’on ; en puisse dire autant de l’instruction morale et religieuse ; qui par le passé a malheureusement trop souvent fait ! défaut dans les écoles de France : Aux instituteurs Dans la dernière réunion des instituteurs à l’école normale Laval, on a exprimé l’idée que les instituteurs devraient être appelés à écrire moyennant rétribution dans le Journal de l'Instruction Publique.C’est aussi notre avis.Et.nous avons formulé cet avis, dans la limite de nos attributions, en créant dans notre journal une Tribune libre.Augmenter nos frais de publication est du ressort de la législature, mais ce que nous pouvons faire—et nous le faisons avec plaisir—c’est d’inviter les instituteurs à participer à notre œuvre.En retour de leurs travaux nous ne pouvons leur offrir d’argent: mais nous leur fournissons l'occasion de se faire connaître avantageusement.A la vérité, il y a peut-être là pour eux un intérêt pécuniaire indirect, car celui dont les écrits auront été remarqués aura plus de chances qu’un autre d’obtenir de forts appointements.Les instituteurs qui se sentent capables de tenir une plume devraient donc s’empresser d’aborder notre tribune libre.S’ils donnent à cette partie de notre journal une importance réelle, ils seront mieux venus à demander plus tard à qui de droit nn« rétribution convenable pour leurs écrits.Le liér«s du j«nr C'est un écolier français, fils d’un banquier parisien âgé de 15 ans.La presse est remplie de son nom.Voici ce que nous lisons dans un de nos échanges d’outre-mer : “ La distribution du concours général a été signalée par un incident qui n’avait pas eu d’exemple encore.“ Le même élève, un jeune rhétoricien, a été nommé dons toutes les facultés sans exception ; H a remporté huit prix, sur “ C’est une opinion répandue en France et en Europe que notre pays fait peu de chose pour l’instruction primaire.Que j de fois n’avons-nous pas entendu des Anglais ou des Belges parler I avec commisération de l’ignorance de nos paysans et de nos ouvriers 1 Nos voisins oublient facilement que la France, sous le rapport de l’instruction primaire, vient avant l’Angleterre et la Belgique.Il y a quelques mois, le Times faisait le compte des enfants et des adolescents qui sont chez nous dépourvus d’instruction, et il en trouvait 4 à 5 millions, dont les deux tiers, il est vrai, étaient des enfants de un â six ans.Il en concluait que l’œuvre principale de notre gouvernement devait être de faire disparaître ces 4 à 5 millions d’illettrés.Il est inutile de s’arrêter à ce qu’avait de ridicule l’assertion du Times, qui semblait croire que dans un pays civilisé les enfants de un ou deux ans doivent savoir lire et écrire.Dieu garde notre pays d’un si précoce enseignement 1 “ Ce qui est vrai, c’est que la France a fait, depuis quelques années surtout, d’énormes progrès par la diffusion de l’instruction primaire.Sous l’empire, AI.Duruy avait donné une grande impulsion à ce service public.Depuis nos désastres, l’Etat, les départements, les municipalités ont redoublé d’efforts.Les sacrifices faits pour nos écoles se sont accrus dans une proportion considérable.Dans son rapport sur l’instruction primaire à l’Exposition de Vienne, M.Levasseur évaluait â 71 millions de francs les dépenses de la France pour cette branche de l'enseignement.M.Bardoux donne un chiffre beaucoup plus élevé : celui de 85 millions de francs, dont 25 millions environ sont fournis par l’Etat, 14 millions par les départements, 27 millions J par les communes et 19 millions par les familles.Si l’on joignait aux dépenses de l'instruction primaire celles que fait i’Etat pour l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur, on arriverait à 110 millions de francs; enfin, eu ajoutant à ce chiffre les dépenses des écoles libres, les rétributions des élèves dans les collèges et les lycées, les contributions des villes ou des départements pour l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur, on ne saurait sans douta pas éloigné du chiffre de 150 millions pour la totalité des frais du service de l’instruction en France.On sait qu'on estime à 500 millions de francs la dépense des Etats-Unis pour l’enseignement à tous les degrés ; mais il ne faut pas oublier qu'aux Etats-Unis la valeur de l’argent est, par suite de l’élévation des salaires, environ moitié moindre qu’en France ; puis les Etats-Unis n'ont qu'un petit noyau d’armée permanente.“ Les progrès ont dono été considérables en France dans ces derniers temps.Il reste encore cependant beaucoup A taire 6 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 135 pour rendre suffisante la rémunération des instituteurs, pour augmenter le nombre des écoles, en perfectionner le mobilier, les bibliothèques, les installations.Notre budget de l’Etat devra croître, d’ici à cinq bu six ans, d’une dizaine de millions pour cet objet, et les sacrifices des localités ou des particuliers devront augmenter d’une somme au moins égale.“Le budget de 1877 contient déjà d’importantes améliorations.Quand les instituteurs seront assurés, après vingt-cinq ans seulement de service et à l’âge de cinquante-cinq ans, d'une retraite de 000 fr, quand les institutrices dans les mêmes conditions auront droit à 500 fr., le recrutement de ces utiles fonctionnaires sera suffisamment assuré.On pourra être plus exigeant à leur égard.11 ne suffit pas, en effet, d’enseigner aux enfants à lire et à écrire ; il faut des maîtres capables.Le gouvernement et les conseils généraux s’efforqgnt d’élever l'enseignement dans les écoles normales d’instituteurs.Le crédit pour ces écoles normales sera augmenté de 100,000 francs.“ La commission du budget s’est montrée surtout disposée à favoriser la création d’écoles primaires nouvelles.C’est aux communes qu’il appartient de faire à ce sujet les principaux sacrifices ; mais le gouvernement viendra largement à leur secours.Le crédit pour ces subsides a été porté de 2 millions à •>.En 1864; il y avait encore en France 1,800 communes dépourvues d’ecoles ; le nombre doit en être beaucoup moindre aujourd’hui, mais il se rencontre des communes fort étendues qui n’ont qu’une seule école, laquelle est trop éloignée de certains hameaux ou ne peut pas contenir tous les écoliers.C’est ce qui explique qu’en 1870 le nombre des enfants de sept à treize ans complètement illettrés était encore de 417,472.“ Il y a quelques jours, le Times, consacrant un article à l’instruction primaire à Londres, dépeignait ce qu’étaient naguère les écoles dans la Grande-Bretagne.“ Si un bâtiment, disait-il, ne convenait ni pour des chevaux, ni pour des vaches, ni pour des cochons, ni pour une remise, ni pour des logements en garni, on en faisait une école.” Aujourd’hui, tout cela est changé en Angleterre, et depuis six ans à Londres le nombre des écoliers fréquentant les classes a augmenté de 100,000.Les subventions pour les constructions d’écoles auront en France la même influence.” • 17c mérite couronné» M.Charles Baillargé, ingénieur de la cité de Québec, a reçu de la commission canadienne de l’exposition de Philadelphie la lettre suivante : “ Philadelphie.2 août 187(5.i: Mon cher Monsieur, “ Je suis heureux de vous annoncer que votre tableau stéréométrique recevra une médaille avec diplôme, le recommandant fortement comme invention de haut mérite spécialement adapté à l’enseignement.“ Ce commissaire de Belgique doit le recommander dans son rapport à son gouvernement et vous obtenir une médaille spéciale d’une société des sciences de Belgique, dont il est membre, avec le litre de membre honoraire, et l’Empereur du Brézil, dont j’ai attiré l’attention sur votre tableau, a été fort intéressé et m’a prié d’obtenir de vous les renseignements nécessaires pour lui être transmis.“ (signéi J.Perreault, secrétaire.” Nouvelle Méthode Nous empruntons au journal Y Explorateur, l’excellent article qu’il consacrait, au mois de septembre dernier, à la Méthode (jéograqhiquc de M.Wacquez-Lalo : “ Dans le numéro 23 de VExplorateur, nous avions rappelé à nos lecteurs que M.Wacquez-I-alo est, depuis près de vingt-cinq ans, l’inventeur d’une Méthode d’enseignement de la Géographie qui lui a valu plusieurs récompenses et de nombreux encouragements.Nous avons voulu nous assurer de visu à l’exposition du Palais des Tuileries du mérite de cette méthode et nous sommes heureux de pouvoir ici lui donner tous les éloges qu’elle mérite.L’invention de M.Wacquez-Lalo comprend diverses, modifications importantes.Nous avons remarqué en premier lieu ses cartes sur papier transparent.Sur un des compartiments d’une feuille transparente pliée en cinq est imprimée la carte qui doit servir d’étude ; l’élève est appelé à remplir par ses propres travaux les compartiments laissés en blanc et qui se replient successivement sur la carte modèle.11 peut ainsi en calquant cette carte, se familiariser avec l’art du dessin carthographique ; de plus il pourra, en prenant pour cadre la carte imprimée, y faire figurer successivement les diflé-rentes façons d’envisager l'étude du sol : divisions politiques, orographie, hydrographie, géologie, etc.“ M.Wacquez-Lalo a fait figurer dans son exposition un Globe injpsométrique dont la lecture nous a paru facile et simple : un plan d’Atlas sphéroidai qui, par l'aspect des cartes, rend aisée l’intelligence des formes de la Terre et des contrées qui la composent.Le globe peint à l’huile a 2m4_) de circonférence ; nous y avons constaté une heureuse innovation; il ne peut tourner que dans le sens de la rotation de la terre.Sur le Globe, de même que sur la carte murale, les teintes choisies sont les mêmes et sont employés par les mêmes désignations ; elles indiquent sur l’un comme sur l’autre les hauteurs du sol, plaines, plateaux et montagnes.Il ne nous semble pas indifférent d’insister sur l’importance de l’emploi des teintes conventionnelles constantes ; ce language invariable se fixe dans l’esprit des élèves et bientôt au seul aspect d’une carte, ils se rendront un compte exact de la géographie physique d’un pays d’un continent et même du monde entier.“ C’est surtout par l'exécution d’aprèsee système, d’un Atlas sphéroidai qu’on pourrait constater de quel intérêt il serait non seulement pour les commençants, mais encore pour les hommes habitués déjà aux études géographiques.M.Wacquez-Lalo a exposé quatorze vues de la sphère gravés en bleu sur fond noir, qui sont pour les élèves la perspective de notre p anète sous ses aspects intéressants.C’est ainsi que le spectateur peut assister à trois révolutions terrestre : aux équinoxes, au solstice d’été, au solstice d'hiver.Le titre de l’atîas est lui même un programme : la Terre vue de ta Lune-, en effet, notre globe y est représenté tournant toujours dans le même sens, toujours sous la même inclination et suivant la progression orthographique comme cela a lieu dans les nuages de la lune vue de la terre.“ La Carte murale Injpsométrique de la France n'est pas moin i remarquable : elle nous a surtout paru mériter l’attention en raison de son relief, tout différent de celui auquel nous sommes accoutumés A l’inverse de ce qui a lieu ordinairement dans les autres cartes, les montagnes sont éclairées du coté du sud-est au lieu de l’être du côté nord.Nous ne discuterons pas ici cette innovation, bien qu’elle nous semble plus en harmonie avec les climats et la végétation de notre pays où le jour vient toujours soit du sud-ouest, soit du sud, soit du sud-est, et jamais du nord ; nous nous contentons de constater cette nouveauté qui présente la France sous un aspect inaccoutumé.” T."exposition scolaire à Philadelphie A Monsieur le Directeur du Journal des Instituteurs, Philadelphie, 30 Juillet I87G.Sans prétendre apprécier ni même embrasser d’un coup d’œil l’exposition scolaire qui se présente à nous dans les bâtiments et dans le parc de la Centennial Exhibition, on ne peut se défendre d'un premier mouvement de satisfaction en voyant quelle place l'école occupe cette fois dans la revue générale de l’industrie humaine.Elle a été manifestement une des grandes préocupations de ceux qui ont organisé l’exposition de Philadelphie.L’école, en effet, sème pour la société, et on ne peut guère juger l’une sans l’autre, aux Etats-Unis.C’est pour cela que l’exposition actuelle donne non-seulement plus d’espace qu’aucuneautre ne l’avait fait jusqu’ici à la représentation des institutions scolaires, mais la traite expressément comme une partie intéressante et essentielle de l’activité nationale.Cette manière d’envisager le rôle de l’instruction et son rapport avec la vie publique n’a pas été, n’a pas pu être JOURNAL DK L’INSTRUCTION PUBLIQUE 136 adopté par tous les pays étrangers qui ont pris part aux tètes du Centenaire.Pour quelques-uns la distance, l’énormité des frais, pour d’autres le peu d’intérêt qu’aurait offert leur exposition pédagogique sont des raisons qui les ont déterminésà une abstention presque complète, «l’est ainsi que l’Allemagne et l’Autriche, dont la dernière exposition a mis en relief les grands mérites dans cette matière, sont très faiblement représentées, sauf dans la partie géographique et pour la librairie.La Suisse a une exposition sommaire, concise, si l'on peut ainsi dire, mais ¦¦n partie originale,notamment pour sa statistique scolaire, que les grands travaux du Dr.Kinkelin ont admirablement menée à bonne fin.La Hollande, la Belgique ont aussi, dans de modestes proportions, de fort belles et bonnes choses dont quelques-unes publiées seulement depuis l’Exposition de Vienne, notamment divers règlements pour l’organisation matérielle et pédagogique des écoles primaires et primaires supérieures.La Suède a, cette fois encore, comme à Paris, en 1867, comme à Vienne en 1871, rassemblé ses produits scolaires dans une charmante maison rurale, construite en bois et sur le plan d’une des écoles proposées comme modèle parles instructions du gouvernement.La Norwége a aussi tout un élégant mobilier, le seul peut-être avec celui de la Suède qui eut quelques chances d’être favorablement apprécié ici en regard du matériel de luxe des écoles auxiliaires.La France figure à peine dans cette section, où elle n'est guère représentée que par les collections de livres et de rapports du ministère de l’instruction publique et par une partie des documents scolaires de la ville de Paris ; encore quelques-uns des plus importants y font-ils défaut, probablement parce qu’ils ont déjà été distribués.Les envois très-beaux et très-remarqués de l’école •le dessin industriel de Saint-Qi entin font d’autant plus regretter l’abseucc de tant d’autres exposants qui nous auraient fait honneur.Mais de tous les pays étrangers, ceux qui attirent le plus l’attention, parce qu’ils offrent réellement une exposition d’œuvres inédites jusqu’ici, ce sont la Russie, le .Japon et les colonies britanniques, le Canada en tète.C'est une révélation pour plusieurs de voir la Russie exposer des séries entières d’appareils, d'instruments, d’ouvrages, de cartes, de meubles scolaires à l’usage des diverses écoles depuis la plus élémentaire jusqu’à l’Ecole polytechnique.Ceux qui ont vu à Paris l’exposition de géographie retrouvent ici la plupart des collections russes qui y ont eu un si grand succès de curiosité et de sympathie.Notons très-particulièrement l’expositi-on du musée pédagogique, institution qui a pour but de faciliter la production et la diffusion à bon marché de tout le matériel scolaire nécessaire aux différents établissements : images murales pour l’enseignement élémentaire, nombreux dessins et tableaux avec des spécimens en nature comme ceux qu’édite chez nous la maison Despolle pour l’histoire naturelle, cartes géographiques et ethnographiques, petits cabinets de physique pour les ecoles militaires, modèles de dessin, collections minéralogiques, zoologiques, botaniques, manuels de chant,'"de musique, jeux et exercices gymnastiques, etc.Evidemment la Russie a profité des dernières Expositions pour s’enrichir de nombreux objets scolaires, bancs, tables, tableaux-noirs imités des Allemands ou des Américains.Elle s’applique en même temps à renouveler et à perfectionner les modèles dont elle a eu l’invention, notamment les bouliers compteurs, qui forment maintenant une riche collection, répondant, et au delà semble-t-il, à tons les besoins scolaires.En même temps plusieurs écoles spéciales, celles surtout qui se rattachent au fameux musée industriel et artistique de Moscou,qui est le South Kensington delà Russie, exposent plusieurs remarquables séries de dessins faits par leurs élèves et leurs anciens élèves.L’effort en vue de créer en Russie un art industriel national et original se soutient et paraît être encouragé par des succès décisifs.Je ne dis rien-des publications et de^ travaux manuscrits qui supposeraient la connaissance de la langue russe.Le Japon est une autre et non moins grande surprise pour le public.C’est la première fois que ce pays se fait représenter d’une façon aussi complète, aussi détaillée, aussi caractéristique, au moins pour ce qui est du domaine scolaire.Et de fait, il valait la peine de présenter au public le tableau en raccourci de la révolution qui s’accomplit actuellement au Japon.Bien qu’on puisse celte fois toucher de ses mains et voir de ses yenx4les merveilles qui s’y font en ce moment, on a peine à se les représenter ; on croit rêver.Voilà l’ancienne école, photographiée ou reproduite par ces dessins si vifs, si pittoresques, si parlant où excellent les artistes japonais; et voici la nouvelle, organisée à l’européenne sauf un certain nombre d’usages et de procédés nationaux qui pouvait être conservés sans inconvénient.Tout un cours d’étude est tracé maintenant, avec force emprunts ingénieusement faits aux méthodes Iran raises,allemandes, anglaises.Pour ceux (et ils sont nombreux! qui ne savent pas lire le japonais et que n’édifieraient pas les centaines de cahier d’élèves écrits en japonais, on a pris soin de parler aux yeux, de mettre la méthode nouvelle en action; une ravissante série d’images sur papier ou sur étoffe, nous fait assister à tous les exercices de la classe, que nous expliquent d’ailleurs plus méthodiquement les rapports publiés en anglais par le gouvernement du Japon, lies derniers perfectionnements de nos méthodes de lecture sont maintenant appliquées à la langue japonaise.Au lieu du tableau représentant seulement les lettres et les syllabes, spectacle peu attrayant, pour l’enfant, on lui montre en regard de chaque lettre ou de chaque mot une jolie petite image de la chose que ce mot désigne.C’est la leçon de choses ingénieusement introduite jusque dans l’ABC.Elle se continue bien au delà.Les Japonais qui, aux dernières Expositions, prenaient un si vif intérêt aux collections d’histoire naturelle en tableau comme celui d’Ach.Comte ( liez nous, de Schreiber en Allemagne,de Wettotein en Suisse, s’en sont merveilleusement inspirés : ils ont la leur à présent, et je renonce à vous dire que d’animaux et de plantes usuels pour eux, inconnus pour nous, défilent devant nos regards étonnés.Plusieurs écoles ont déjà suDstilué les sièges [lus ou moins perfectionnés au mode primitif d’après lequel maîtres et élèves s’asseyaient par terre, à la façon des tailleurs sur leur établi.L’enseignement de la gymnastique, avec haltères, barres, poutres et trapèzes, donne lieu à plusieurs représentations aussi fidèles et plus artistiques que des photographies.Il faudrait encore citer bien des choses qu’on ne s’attendait guère à trouver là : des appareils de calcul mental et é ri1, d -s bouliers à la russe, à la française, des cartes, des tableaux représentant les différents métiers et quelquefois avec une poinle d’humeur et une intention de caricature, surtout quand il s’agit de nous autres Européens ; car nos bons amis du Japon ne ferment pas plus les yeux sur no- [petits travers que nous sur les leurs.Mais tout cela ne se décrit pas, il faut le voir, et alors on comprend qu’il soit question de faire la prochaine exposition universelle, après Paris,.au Japon.Qui sait ?.Je voulais vous parler encore du Canada, mais cette lettre est déjà trop longue.D’ailleurs, le Canada occupe dans l’exposition scolaire une place trop importante pour ne pas être étudié à part.Ses affinités et ses dissemblances avec les Etats-Unis.d’Amérique sont telles que nous comprendrons plus vite et mieux son exposition quand nous serons familiarisés avec celle des Etats-Unis.Corn- JOURNAL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 137 mourons donc par là notre voyage, nous le terminerons par une visite à nos anciens compatriotes des bords du Saint-Laurent.• (« suivre) T R I B U N E LIBRE Ile I K'Iiieation «luins la Province «le
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