Journal de l'instruction publique, 1 octobre 1878, Octobre
n in WWXVCx^^ felCIOAflsCIENCE t,lMRfflpROC&l é|>arteuient «le l’instruction publique ( oniptc-reiKlu «les «lélibérations «lu Comité catholique «lu Conseil «le l’instruction publique séances des 9.10 et tl octobre 1878 Mercredi, le 9 Présents :—Le Surintendant, président ; Mgr.l’arche-voque de Québec, NN.SS.les évêques des Trois Rivières, dé Rimouslti, de Montréal, de Sherbrooke, de St.Hyacinthe, de Chicoutimi, les lions P.J.O.Chauveau, '¦ Ryan et Sir N.F.Belleau, et P.S.Murphy, écr.I Le procès-verbal des délibérations de la dernière séance est lu, et adopté.L- Lecture est faite d’une lettre de M.le Dr.Painchaud onnonçantqu’il lui est impossible d’assister à cette séance.III- 'Sur proposition de Mgr.l’Archevêque, il est résolu : “ Qu’un sous-comité permanent, composé du Surintendant, de Mgr.l’Archevêque, de Mgr.de Sherbrooke, de l’Hon.M.Chauveau et de Sir N.F.Belleau, soit nommé pour examiner toutes les affaires d’urgence et tous appels des décisions du Surintendant, ou toutes autres affaires quelconques que le Surintendant ou tout membre du Comité ou du sous-comité, croira devoir lui soumettre ; lequel siégera aussi souvent qu’il en sera requis par le Surintendant ou sur la demande de l’un de ses membres, et les avis de convocation seront donnés par le secrétaire de ce Comité qui sera aussi le secrétaire du sous comité ; et le dit sous comité fera rapport de ses procédures à la plus prochaine réunion du Comité.Le quorum sera de trois.” IV.Mgr.Langevin propose, et il est résolu : “ Qu’il soit procédé, sous la direction du Surintendant, à la refoule des lois sur l’instruction publique, sujette à l’approbation du sous-comité permanent ; et qu’aussitôt que le sous-comité aura donné cette approbation, le Surintendant soumette ce travail au Comité.” V.Lecture est faite du rapport du sous-comité chargé de faire l’examen des livres soumis à l’approbation du comité catholique du Conseil de l’instruction publique, et ce rapport est adopté.VI.Sur proposition de Mgr.l’Archevêque, il esf résolu : “ Qu’une somme de $150 soit accordée provisoirement à l’école des sauvages de Lorette.mais que de nouvelles représentations soient adressées aux autorités d’Ottawa au sujet de cette école.” Vil.Le Surintendant fait rapport qu’à sa dernière séance le Conseil des arts et manufactures ne paraissait 4180 14b JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE pas favorable aux recommandations de ce Comité relatives à la méthode d’enseignement du dessin dans les écoles des Frères ; mais que, depuis cette séance le Conseil a été reconstitué, et que le surintendant ne connaît pas l'opinion des nouveaux membres du Conseil.VIII.Mgr.de Montréal est adjoint à l’abbé Verre au pour surveiller la publication des Excelsior Renders de Sad lier.IX.Les trois projets suivants de l’emploi du temps dans les écoles sont soumis au Comité : Projet de M.l’inspecteur Vien.ECOLE MODELE.Heures.SA à 9 Etude.9“ u 10 Lecture expressive, raisonnée, exercice de déclamation.10 u 11 Grammaire :—Leçon, correction d’un exercice, dictée et correction.11 u MA Dessin.Après-midi.1 “ IA Calligraphie.B “ 2 A Calcul sur l’ardoise.2£ “ 3| Tenue des Livres :—Dans la 1ère partie de l’année, partie simple ; dans la 2de partie, partie double.3£ “ 4 Agriculture.MARDI ET JEUDI.« 9 Etude.9 “ 9£ Lecture latine et manuscrits.9£ “ 10A Histoire sainte et du Canada.10| “ 11 Analyse grammaticale et logique.11 1 1 IA Dictée et corection.MARDI ET JEUDI.9 “ 10 Lecture, comme les autres jours.10 “ 10£ Histoire du Canada.10J “ IIA Histoire Sainte et Cathéchisme.Après-midi.1 “ IA Géographie.I£ u 2 Art épistolaire.2 u 3 Tenue des Livres (partie simple).3 “ 3J Calcul mental.3£ “ 4 Leçon de choses.PROJET DE M.L’INSPECTEUR PRÉMONT.Avant-midi 1ère Division 1 Heures.De 8A à 9 .—Lecture expressive, raisonnée.De 9 à 9V—'Travail sur le cahier de tenue des livres.De 9A à 10 .—Problèmes d’arithmétique sur l’ardoise.I De 10 à 10V -Arithmétique ou tenue des livres au tableau, et correction des problèmes, etc.M De 1 OA à 11 .—Dictée orthographique.—Correction immédiate entre élèves.De 11 à 1IV—Dessin ou agriculture aux deux premières divisions réunies.Après-midi Après-midi.I “ lf Géographie.If “ 2| Littérature.2A “ 3 A Anglais :—lecture, grammaire, dictée et traduction.3A u 4 Leçons de choses.ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE.LUNDI, MERCREDI ET VENDREDI.Heures.9 ci 10 Lecture:—épellation dans le livre et par cœur, lecture courante, compte-rendu de la lecture.10 “ Il Grammaire : — récitation, correction d’un exercice accompagnant la leçon de grammaire, explication de la leçon suivante, dictée.11 “ 1 1A Leçon de dessin.Après-midi.1 “ IA Ecriture.1£ “ 2A Lecture,—comme [ci-dessus.2A “ 3A Calcul sur l’ardoise.3A “ 4 Agriculture.M De I à IV—Calcul mental.I De IA à 2 .—Histoire ou géographie.De 2 à 2V—Ecriture.I De 2A à 3 .—Grammaire.De 3 à 3V—Rédaction du cahier de devoirs journaliers.De 3£ à 4 .—Leçons de choses à toute la classe réunie.2de Division Avant-midi.M De 8A à 9 .—Catéchisme.I De 9 à 9£.—Lecture expressive, raisonnée.M De 9A à 10 .—Calcul mental.De 10 à 10^.—Problèmes d’arithmétiqne ou exercices de tenue des livres ; billets, reçus, etc. JOURNAL OE L’INSTRUCIION PUBLIQUE 147 I De I0i :i 11 .Arithmétique au tableau et correction des problèmes, etc.De 11 à I IA—Dessin ou agriculture aux deux premières divisions réunies.Après-midi.I De I à IA—Histoire ou géographie.M De IA à 2 ¦—Dictée orthographique corrigée entre élèves.I De 2 à 2A—Grammaire.De 2£ à 3 .—Ecriture.De .1 à 3A Rédaction du cahier de devoirs journaliers, ûe 3A à 4 .Leçons de choses à toute la classe réunie.3e Division Avant-midi.M De 8i à 9 .—Catéchisme.M De 9 à 9£.—Calcul mental.n m - iA J) i d’heure.M., £ d’heure.Ue 94 a 1U .—Lecture et épellation par cœur.De 10 à I0A—Repos pour les jeunes élèves.—Sortie.M [Je !,J- a [J —Numération ou règles simples an tableau, ue i ! al IL—Ecriture sur le cahier.Après midi.M he I à IJ.—Calcul mental.M De 1A à 2 .—Prières.De 2 à 2 A—Ecriture.; [J1-1 à 3 .—Sortie des élèves.Ue 3 à 3^.—r., i d’heure.M.i d’heure.Lecture.4e Divisien Avant-midi.M | H à 9 -—Catéchisme.M ^ a 9A—Calcul mental.De 9* à 10 v M,; i.d’heure.1., J d’heure.De in* t J ai ' bpellation par cœur et Lecture.a iuL—Repos pour les jeunes élèves.—Sorti M 1,6 l0- a 11 —Chiffres et numération au tableau.M ,J‘J 11 à lH — Ecriture sur l’ardoise.e.Après-midi.M De I à 1£.—Calcul mental.M De à 2 .—Prières.De 2 à 2J.—Ecriture.De 2£ à 3 .—Sortie des élèves.De 3 à 3£.—M., \ d’heure.I i d’heure.Lecture.Notes explicatives.—I.Instituteur ; M.Moniteur.Disons ci abord que ce projet de division suppose l'emploi de moniteurs.Ce n’est point ici le lieu de discuter les qualités et les delauts du système simultané-mutuel ; néanmoins, je puis affirmer que mon expérience de quinze années d’enseignement m’a convaincu que c est le seul système, encore connu, qui puisse permettre à instituteur d enseigner, avec assez de succès, toutes les matières indiquées dans le programme officiel.nenH® hhÂS l""6 dans.jes écoles supérieures où l'on enseigne un peu de littérature 1 usage des globes, etc., il sera facile de substituer ces matières a celles plus élémentaires mais de même ordre, qui sont îwueeS SUr °r tabl,eau\ ,n en serait Je même, quant à l’élude de J.?£ais • ,a.u lieu de reciter la grammaire française, les élèves réciteraient la grammaire anglaise; les jours consacrés à l’étude de I anglais, on lirait en anglais, on calculerait en anglais Da demi-heure destinée aux leçons de choses, sera par là même employee aux leçons de morale, de politesse, etc De temps en lire n*’ dUra^- C®Ue dem'-heureo supérieurs.0 5 N°' 4i).TLjV^’.ETJa> P0ÜR les Secrétaires-Trésoriers.’ Koks de Cotisations, sur bon papier foolscap, demi-reliure en veau : r’ 50 feuillets.100 feuillets.150 feuillets.3 33 Livres de Caisse, même papier et même reliure : 150 feuillets avec index.o sr\ 300feuillets.3 ™ Grands Livres, même papier et même reliure : 335 feuillets avec index.o on 450 feuillets.Z ”” 600 feuillets.o gg Registres des Délibérations des Commissaires, même reliure et même papier, 150 feuillets.o 00 Registre d’inscription et d’appel, six feuilles, avec bonne couverture en carton.g No.41.—Tableau des oiseaux du Canada’,’par Lemoine.* 0 0() No.42.— Tableau des arbres forestiers du Canada, par Bernard Lippens.p 0 „q No.43.—Lois sur l’Instruction Publique dans la Pro- \t T!,nceTde Qu®bec, texte de tous les statuts.0 40 Ao.44.—Lois sur l’Instruction Publique dans la Pro vince de Québec mises en demandes et réponses.0 20 N‘-?'~7A part les articles portés sur cette liste, le Dépôt C6UX qU1- s-onï insorits sur le catalogue général déjà distribue aux municipalités.6 BUREAUX D'EXAMINATEURS commissaires d’écoles Il a plu à Sou Excellence le Lieutenant-Gouverneur, par un ordre en conseil en date du 2 d octobre courant 1878, et en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés, faire les nominations commissaires d’écoles ; Gaspé, Glande-Arbour.—MM.Louis suivantes de Octave Pelletier, Narcisse Rioux et Jean Drapeau * lan,-01s ,tioux’ wGnS»pé,MR.iVière;à'Ma^re'.UMM' NaP°ié°n Gaze, Joseph Gaze, William Melony, Jean Gauthier et Noël Lefraneois Gaspé Anse-à-Valeau-MM.Louis Cloutier et Eugène Francœur en remplacement de MM.George Gauthier et Zéphirin Bond Huntingdon, Saint-Anicet, No.2.—M.Edward C Walsh en remplacement de M.Edward Moore.Montmagny, Saint-François, Rivière du Sud.—M.Prudent Dumas Ids de Jean-Baptiste, en remplacement de M.Mathias Blais.Montmorency, Les Crans.—M.Cléomène Guérin dit Saint-Hilaire en remplacement de Paul Paré, décédé, et MM.Olivier Gravel et Onesime Giguere, en remplacement d’eux-mêmes.SYNDICS D’ÉCOLES Complon, Marston (Piopolis).-M.Edouard Grenier, dont le le™, iof?£t ‘ eXplré en juillcl dernier- et qu» n'a pas été remplacé pas Joseph Cormiei d élection.Compton, Winslow Sud,—M.de M.Prosper Legendre.Québec, Saint-Roch Nord.-M.John Brown, en R Vi am,eA« Minning’ ct M- Thomas May, en remplacement de M Richard McNamara, qui aurait du sortir de charge i’année dernière il n y a pas eu d’election." emplacé par en remplacement remplacement de EXAMINATEURS fai.U®?fdre eu conseil, en date du 2 octobre courant 1878 : ham Wakcham et James M.Remon, comme membre du de M Pt, rXa vua ?lrS -p0ur le comU’' lle Gasl’é' en remplacement J M' P!*‘1.1P Vibert, qui a resigné, et du Rév.Richard Mathew, qui a quitte les limites du comté.Le Dr.J.A.Pidgeon, comme membre de la commission chargée d examiner les aspirants ou aspirantes à l’enseignement primaire dans le district de Gaspé, en remplacement du Dr.Gormick Le Rev M.George Vaillancourt, pour le bureau catholique de Richmond, en remplacement du Rév.M.O.G.Ilamelin.ERECTIONS, DÉLIMITATIONS, ETC., ETC , DE MUNICIPALITÉS SCOLAIRES.Par un ordre en conseil, en date du 30 septembre dernier 1878 ¦ 1 Deriger en municipalité scolaire distincte, sous le nom de Roche Plate, paroisse de Saint Edmond de Sloneham et de Charles par celle de Louis Rhéaume, au nord Par un ordre en conseil, en date du 30 soptembro dernier 1878 Argenteuil, Mille Isle, No.3.-M.Philip Good Argenteui), Greenville, No.2.—M.Donald McDonald ment de M.John Wade.Arthabaska, Tingwick.—MM.Victor Roux et John Sheridan ei remplacement de MM.Moses Roux et Philip Murphy.Arthabaska, Warwick.—MM.Joseph Bergeron et’Àlfred Blais.Compton, Ascot, M.W illiam Hunting, en remplacement de M Henry Hunting.Pontiac, Lower Litchfield.—M.Patrick de M.James Colton.Pontiac, Pile aux Allumettes.—MM.Conghlin, Thomas Duffy, Fletcher barren et Nicolas Kennedy dernières élections ayant été irrégulières.1 ' Lotbinière, Saint-Sylvestre Sud.—MM.VVilham Wilson et Antoine Lemieux, en remplacement d’eux-mèmes.Ottawa, Wright et Northfield.—Louis Duhamel, écuyer, M.P.P et John O’Connor, écuyer, en remplacement d’Octave Labellè et Joseph Marois.Huntingdon, Franklin-Centre.—M.Benjamin Rowe en remplacement de William Edwards.p , en remplace- Toner, en remplacement Donald McGillis, Daniel Les bourg, dans le comté de Québec, tout le territoire borné comme suit .a l est par la terre de Jean Bédard, au sud Légaré, à l’ouest par la terre de Joseph Gabriel par celle de Boyan Connors.2.D’ériger en municipalité scolaire distincte, sous le nom de Notre-Dame de Lourdes, une partie des cantons de Somerset et de Stanfold, et de la seigneurie de Saint-Jean Deschaillons, comprenant une etendue de territoire d’environ six milles de front sur environ sept milles de profondeur ; bornée comme suit, savoir ¦ vers le nord ouest par une ligne droite traversant la dite seigneurie à deux milles de distance, au nord-ouest do la ligne qui sépare la même seigneurie de augmentation du dit canton de Somerset, et parallèlement à icelle ligne, depuis le canton de Blanford jusqu’à la seigneurie de Lotbinière vers le nord-est par la dite seigneurie de Lotbinière et partie par la ligne qui sépare le 12e lot du 13e, dans les trois premiers rangs du dit canton de Somerset, vers le sud-est par la ligne oui sépare le troisième rang du quatrième, dans les dits cantons de Somerset et de Stanfold, vers le sud-ouest partie par la licrne oui sépare le 12e lot du 13e, dans le dit canton de Stanfold, et partie par la ligne qm séparé la dite seigneurie de Saint-Jean Deschaillons du dit canton de Blanford.3 D’ériger en municipalité scolaire distincte, sous le nom de Saint-Laurent de Métapédiac, dans le comté de Bonavenlure tout le territoire tenant au nord à la limite du canton de Ristigouche à l’est a la riviere Ristigouche, depuis le moulin de Hugh Fraser à’l’ouest aux bornes du canton de Ristigouche, au sud à la rivière Métapédiac y compris les lots Nos.1, 2, 3, 4, 5, G, 7, 8, 9 et 10, du rang do la riviere Métapédiac.° 4.D’annexer à la municipalité de Saint-George d’Aubert Gallion comte de Beauce, toute la partie des deux premiers rangs de Shenly bornée comme suit, savoir : au nord par la seigneurie d’Aubert Gallion, au sud-est par la rivière Chaudière, au sud-ouest par la ligne qui sépare le lot No.15 du lot No.16 pour le premier rang ct par celle qui sépare le lot No.24 du lot No.25, pour le deuxième rang.5.D’annexer à la municipalité de Jersey, dans le comté de Beauce tout le reste des lots des premier et deuxième rangs qui 11e sont pas annexes à Saint-George d Aubert Gallion, et tout le troisième rang du dit canton de Shenley.G.D’annexer à la municipalité scolaire de Saint Joseph de LévN comté de Lévis, cette partie de territoire du village Lauzon même comte, confinant comme suit, savoir : au nord et à l’ouest aux limites de la municipalité du dit village Lauzon, au sud au deuxième rang de la paroisse de Saint-Joseph de Lévis, et à l’est aux limites de la municipalité scolaire de la dite paroisse de Saint-Joseph de Lévis 7.De distraire de la municipalité scolaire du village de l’Assom lion, et d’annexer à celle de la is.Assomp- .paroisse de l’Assomption, dans le comte de 1 Assomption, toute la parlie de territoire qui sc trouve entre la terre de Joseph Forest, et exclusivement voisine de celle d’Urgel Cormier, à aller jusqu’à et y compris la terre de Joseph Debussat dit St.Germain inclusivement, voisine de celle de Louis-Adolphe Chalifour.8.De détacher du canton de Nelson, dans le comté de Môgantic, toute la paroisse de Sainte Anastasie, telle qu’érigée civilement par proclamation du vingt-cinq septembre 1877. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 153 9.De détacher do la municipalité scolaire de Shipton, dans lo comté de Richqiond, et d'annexer à la municipalité scolaire de Tingwick, dans le comté d’Arthabaska, partie des lots Nos.9 et 10, dans le premier rang, et le lot No.10, dans le second rang, sur le côté nord de la rivière Nicolet, et la moitié nurd ouest du lot No.11, dans le 1er rang do Shipton.10.D’adjoindre et annexer à la municipalité scolaire de Mill-IIill, No.4.dans le comté de Québec, les terrains et propriétés de George Richardson, Henry McAlsone, Jean-Baptiste Bêdard et Thomas Jack, situés et attenant à la limite sud de la dite municipalité.11.De détacher les lots de terre Nos.19 jusqu’au 27e inclusivement, du 10e rang, et les lots Nos.19 jusqu’au 27e inclusivement du Ile rang de Grenville, do la municipalité scolaire de No.I, de Grenville, comté d’Argenteuil.et de les annexer à la municipalité scolaire No.I, de Harrington, dans le dit comté.Avis de demande d’érection de municipalité scolaire, en vertu de la 5o sec , 41 Vict., ch, 0.Eriger en municipalité scolaire sous le nom de “ St.Hubert ”, dans le comte de Témiscounla, le territoire désigné comme suit :— borné au nord par le canton Vigor, au nord-est par le canton Hocquart, au sud par le cinquième rang de Demers, au nord-ouest par la paroisse St.Honoré et le canton Witworth.PARTIE NON-OFFICIELLE I-a religion dans les écoles Nos lecteurs se rappellent l’article reproduit clans un de nos derniers numéros, intitulé “ l’Ecole primaire modèle instituée à Bruxelles parla ligue de l’enseignement.” La note suivante accompagnait celte reproduction : “ Nous aurions plusieurs réserves à faire à propos de “ l’article sur “ l’école primaire modèle de Bruxelles ; ” “ nous le reproduisons cependant, à cause des questions “ intéressantes qu’il soulève, bien certain, du reste, que nos lecteurs en jugeront comme nous.” On nous a fait remarquer que cette note, occupant dans le Journal une place assez éloignée de l’article en question, pouvait échapper à l’attention du lecteur, et que ce dernier pouvait peut-être do la sorte accepter cet article sans défiance et croire que nous en approuvons toutes les conclusions.En pareille matière, notre devoir est d’écarter même le plus léger sujet de crainte ou de malentendu.Cet article contient des dissertations pédagogiques très-intéressantes et très-remarqua blés ; c’est à ce litre que nous le recommandions à l’attention du lecteur ; mais le principe qui préside à l’enseignement donné dans l'école primaire modèle de Bruxelles est radicalement faux.11 est exprimé en ces termes par le président de la Ligue de l'enseignement : “ Préparatoire aux devoirs de la vie civile, l’école publique doit être avant tout préparatoire à la tolérance ; dans son enceinte ne doivent retentir que les paroles qui unissent ; celles qui divisent doivent rester dehors.“ L’enseignement des dogmes religieux ne franchira donc point notre seuil.Il est mieux à sa place au temple et au foyer domestique.” Bien aveugle est celui qui croit pouvoir préparer l’enfant aux devoirs et aux épreuves de la vie sans lui ensei gner les vérités religieuses, qui seules donnent au carac-,®re La trempe qu’il faut pour combattre les bons combats et pour résister aux inspirations du mal.Et bien malavisé est l’homme d’état qui, rejetant les puissants secours que la religion lui offre pour former de bons citoyens, refuse de continuer dans l’école les enseignements de la famille ou de les suppléer lorsqu’ils y font défaut.C’est là la grande dignité de l’école : remplacer ou suppléer le père et la mère dans l’enseignement des vérités morales et religieuses.C’est là sa grande utilité sociale : inculquer les idées d’ordre, de dévouement, de sacrifice, d’abnégation, de soumission à une autorité supérieure, d’espérance en un monde meilleur, qui apprennent à l’homme à souffrir avec courage les maux de la vie, au citoyen à supporter sans révolte les inconvénients de l’état de société- Et la religion n'est-elle pas le meilleur ou plutôt le seul fondement solide de l’honnêteté véritable ?Un écrivain de L'Education que nous avons cité dans notre dernier numéro, à propos des devoirs d’écoliers arnéri.cains, recueillis en vue de l’exposition de Paris, fait une remarque qui s’applique bien à la question présente.“ R existe pourtant, dit-il, une lacune très-grave dans ces divers travaux d’élèves.Le nom de Dieu ou de religion n’y apparaît nulle part.Sont-ils païens, sont-ils chrétiens, ne sont-ils rien du tout, ces milliers d’enfants qui sont venus là apporter leur contingent à l’Exposition universelle de 1878.Telle est la question qui s’imposerait naturellement à 1 esprit, si 1 on ne savait que la multitude infinie de sectes protestantes pullulant aux Etats-Unis a produit ce résultat déplorable de bannir de l’école tout enseignement chietien.Deplorable, je le dis à dessein car je ne puis oublier les honteux scandales de vénalité et de coi ru pli on dans les fonctions publiques qui souillent aujourd’hui les annales américaines.Ces politiciens vendant au plus offrant et se disputant les places comme une cuiee, comme des dépouilles opimes, ont été élevés dans ces ecoles, ont été foi mes sur les bancs de ces classes si bien tenues .où est leui moralité, on est le sentiment du devoir et de l’honneur ?” PÉDAGOGIE Réunion «les Instituteurs a la Sorbonne—(Suite) DE L’ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE MATERNELLE.Conférence par M.Bercé, inspecteur primaire à Paris.Messieurs, Le sujet que j’ai à traiter aujourd’hui devant vous est Y enseignement de la langue maternelle, ce qui veut dire pour nous l’enseignement de la langue française.Cette épithète de mater nette a été adoptée surtout pour montrer le point de dépait et la méthode de cet enseignement.F C’est sur cette base de l’enseignement de la langue française" de la langue maternelle, que doivent s’appuyer toutes les autre études (Applaudissements).L’importance de l’enseignement de la langue maternelle peut être établie à deux points de vue.^ D’abord au point de vue purement utilitaire, en ce sens que la langue est le moyen par excellence de communication avec nos semblables ; à l’aide de la langue maternelle, nous transmettons nos pensées et nous recevons les pensées des autres Celui qui ne comprend pas la langue du pays où il vit, celui qui ne sait pas parler sa langue correctement, est, pour ainsi dire un étranger dans sa patrie, il y est dépaysé.Il est donc de la plus haute importance pour tout homme, dans quelque position JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE I ô4 qu il soit, si restreintes que soient ses relations, qu’il sache s exprimer correctement dans la langue de son pays qu’il puisse comprendre ceux dont il partage la destinée.' mîS ^ y.a uî\ au^re motif, et un motif que je soumets surtout a MM.les instituteurs, obligés d'être par l'exercice même de leur profession des observateurs attentifs et sagaces des enfants c est (pie, par l’enseignement de la langue maternelle, ils s adressent a toutes les facultés de ces jeunes intelligences.Il y a dans leur programme des matières dont les unes cultivent spécialement le jugement, d’autres l’observation par les sens, d autres l’imagination.Mais l’enseignement de la langue maternelle a ce caractère qu’il développe toutes les facultés de 1 intelligence et qu’il n’en est aucune qu’il laisse sans exercice, il ne peut en être autrement, car enfin qu’est-ce que la langue?G,est le depot de toutes les pensées qu’une société s’est faites : c est la que reposent les idées de tous les hommes qui sont nos ancêtres ; nous les retrouvons là, avec les formes dont ils les ont revetues, et quand nous voulons savoir les sentiments qui les ont animés, les idées qui se sont produites dans leur esprit, et meme 1 ordre dans lequel elles s’y sont développées, c’est dans la langue qu’il nous faut l’étudier.Aussi, soit au point de vue utilitaire, soit au point de vue pedagogique, je crois que vous admettrez avec moi que c’est un bon enseignement de la langue maternelle qui doit être le fondement de notre éducation primaire.Maintenant, quel est le but de cet enseignement ?Est ce seulement d’apprendre à l’enfant à lire cette langue dans un livre, a 1 y déchiffrer tant bien que mal avec des inflexions plus ou moins intelligentes, et de plus à l’écrire correctement sous une dictee ! Non, je ne crois pas que ce soit seulement cela.Le but de 1 enseignement de la langue maternelle, c’est de mettre les enfants en état de s’exprimer clairement, facilement d fr?,P °1y1er les expressions propres, de construire des phrases intelligibles ; en un mot, de rendre nettement leurs pensées.1- n entant ne sait pas sa langue quand il ne sait pas s’en servir pour tous les besoins de la vie ; l’enseignement oral est évidemment ici le point de départ de l’enseignement écrit.La méthode est dictée par le but à atteindre.Si nous voulons amener l’enfant à exprimer sa pensée, il faut le faire parler.C’est par 11 que nous devons commencer.Vous le savez, on ajustement reproché à nos écoles de ne pas assez faire parler les enfants ; ils écoutent trop ordinairement ; leur rôle est tout passif, ils ne produisent pas assez, et nous ne les excitons pas suffisamment à penser et à exprimer leur pensée.Nous en avons plus d’une preuve évidente.Ici, Messieurs, je m’adresse surtout aux directeurs des écoles normales et à mes honorables collègues, les inspecteurs primaires.Ils ont chaque année les moyens de constater les résulta ts obtenus par l’enseignement du français : dans les examens pour l’admission à l’école normale, on leur amène les meilleurs élèves de nos écoles, des adolescents de 16 à 17 ans, et ces élèves sont soumis aux épreuves que le règlement du 31 décembre 1867 a déterminées.Dans ce règlement, je lis : “ Lecture du français ; explication de la signification des mots, du sens des phrases et du passage tout entier.Les examinateurs feront expliquer un texte français pour apprécier i’intell'gence des candidats.” Or, je fris appel, Messieurs, à vos souvenirs, à votre impartialité._ Jusqu’à quel point cette épreuve réussit-elle ?Jusqu’à quel point obtenez-vous qu’une page lue—une demi-page, si vous voulez—soit expliquée de manière à prouver que le candidat l’a comprise, qu’j est entré dans les idées de l’auteur, qu’il connaît le sens des mots ?J’ai fait moi-même ces examens-là • mais je déclare très franchement qne pour les deux tiers, sinon pour les trois quarts des candidats, l’épreuve est presque nulle.Ils lisent correctement sans doute, et meftent les mots au bout des mots en faisant les liaisons scrupuleusement—alors même que ce ne serait pas toujours nécessaire ;—mais si on les arrête au bout d’une phrase un peu longue, et qu’on leur demande de la résumer ou d’expliquer le sens de certains mots, ils restent muets.11 est donc évident qu’ils n’ont pas une connaissance suffisante de la langue, qu’ils ne comprennent pas à fond ce qu ils li ent, qu’ils n’en ont qu’une idée très-vague dont il leur est impossible de rendre compte.Eh bien ! si l’enseignement aujourd’hui ne donne que cela, il faut le réfor.mer, il faut prendre une autre voie.Voui.avez tous souci, dès qu’un enfant arrive dans votre ccole, de vous occuper de lui pour toutes les branches de 1 instruction élémentaire.Vous lui apprenez non seulement à lire, mais encore à écrire, et en même temps à compter.Mais 1 enseignement de la langue, on le laisse un petl trop à l'écart D abord, 1 enfant ayant de la peine à déchiffrer les mots on np croit pas utile de l’interroger sur ce qu’il lit : il énonce des mots qui n’ont souvent aucun sens pour lui.Il y auraiteepen dant un premier devoir, ce serait de ne lui faire lire que des mots qu’il puisse comprendre, des mots désignant des obiets places dans son champ d’observation.Si l’enseignement de là langue maternelle doit partir des exercices de lecture, il y a tout de suite une condition qui s’impose : c’est le bon choix des livres de lecture, c’est de ne donner à l’enfant que des livres écrits dans un style à sa portée, traitant de sujets qui lui sont familiers.Il n en a pas été ainsi pendant bien longtemps ; nous com mençons à peine à abandonner des livres de lecture trop au dessus de la portée des enfants.Les livres que nous mettons entre leurs mains no sont pas encore écrits pour eux.Dernièrement, dans une école de Paris, j assistais à une lecture dans une classe élémentaire • le livre était excellent par les sujets qu’il traitait ; il semblait à ne regarder que la table des matières, tout à fait approprié à la classe élémentaire.Eh bien ! il y avait une petite histoire sur la probité d’un menuisier qui refusa de garder une somme en or trouvée dans un vieux meuble qu’il réparait, et dans le récit se trouvaient ces mots : “ Il fut ébloui de son trésor.” .Je voulus voir jusqu’à quel point ces mots éblouis et trésor avaient un sens pour les enfants.Je dus reconnaître qu’ils n'en avaient aucun, et cependant nos petits Parisiens ont l’esprit éveillé.Eblouis ne voulait rien dire pour eux, trésor pas davantage, ou les quelques réponses que j’ai reçues sur le second mot avaient un sens tellement vague qu’évidemment les enfants ne voyaient pas bien à quoi il se rapportait.Je vous cite ce fait pour vous montrer combien il est difficile, encore aujourd’hui, de trouver des livres qui remplissent la condition d’être à la portée des entants, de ne traiter que de choses qu’ils puissent comprendre et dans des termes qui leur soient familiers.Je crois que 1 attention des éditeurs de livres classiques est éveillée sur ce point.Nous voyons paraître de temps en temps de petits ouvrages qui, je le crois, pourront être acceptés favorablement par les Instituteurs ; mais, je le répète, ces ouvrages sont encore rares.Il n’en est pas de même à l’étranger.J’ai eu l’honneur, comme vous le savez, d’être envoyé, il y a deux an3, aux Etats Unis, pour étudier l’exposition scolaire de Philadelphie.J’y ai trouvé une collection de livres de lecture que j’enviais et que j’envie encore pour notre pays.D’abord l’exécution typographique en est excellente, les caractères sont très nets, les paragraphes sont très courts ; poulies premiers livres de lecture, il y a deux lignes, trois ligues au plus dans un paragraphe, et quelquefois ces deux ou trois lignes forment trois phrases : c’est vous dire qu’on ne présente à l’intelligence de l’enfant que des idées simples.Les pages sont enrichies de vignettes représentant des objets familiers à l’enfant j il y reconnaît des choses qu’il rencontre autour de lui, dans sa famille, dans les champs, dans les rues de la ville, et ces images deviennent un texte de causeries.Dans la lecture entrent les mots qui désignent les objets de l’image, et il suffit de quelques questions au jeune enfant pour lui faire analyser cette image et lui faire exposer ce qu’elle représente.Nous avons vu écrites au crayon, sur du papier tracé à deux lignes, c’esf-à dire par des mains d’enfants de 7 à 9 ans, de charmantes petites histoires.Ainsi, l’enfant dira que l’image représente un chevreau à côté d’une petite fille assise sur un banc j que cette petite fille est à l’ombre d’un arbre, parce qu’on voit l’ombre se projeter sur le terrain ; qu’on est en été, parce que la petite fille a les bras nus, etc.Sur tout cela, l’enfant écrit^ rédige ; il apprend sa langue par l’usage.Quand il aura fait ces exercices-là depuis l’âge de six ou sept ans jusqu’à celui de douze ou treize, soyez sûrs qu’il ne sera pas, comme la plupart des enfants qui quittent nos écoles, embarrassé pour rédiger la moindre petite lettre.C’est si bien le côté faible de notre enseignement primaire que vous avez entendu, comme moi, les famille s'en plaindre.A chaque instant des pères de famille viennent dire : “ Mon enfant a été à l’école pendant six ans ; je lui ai demandé d’écrire une lettre à son oncle, à sa tante, à son cousin, pour une affaire très-simple : il n’a jamais pu le faire, ou bien il l’a fait d’une manière inintelligible.” Cet embarras de l’enfant s’explique très bien.Il n’a jamais pris l'habitude de parler sur les choses pratiques, d’exprimer sa pensée en termes convenables ; il n’a lait que répéter la pensée des autres.La pensée n'est donc pas éclose chez lui, et il manque de mots pour l’exprimer.Toilà un premier point établi : des livres de lecture bien JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 155 choisis, des causeries sur ces lectures, et, dès que cela est possible, de petites rédactions.Et, Messieurs, ne croyez pas que cela doive commencer seulement dans le cours moyen Non, cela doit se faire dans le cours élémentaire, dès que l’enfant a pu de ses petits doigts tracer tout son alphabet et réunir les lettres pour former des mots.Il s’agit seulement de trouver des mots assez simples, des idées assez familières pour qu’il n’éprouve aucun embarras.A côté des exercices de lecture, il y a, du reste, quelque chose qui vient se placer tout naturellement : ce sont les leçons sur les objets, Object lessons, comme on dit aux Etats-Unis.Ne croyez pas toutefois que j’aie l’intention, en vous citant encore l’Amér que, de faire prévaloir les écoles américaines sur les nôtres.Non, elles ont leurs misères, leurs erreurs, leurs lacunes ; seulement ce que j’y trouve de bon, je vous le dis, et je crois que vous devez être contents de l’apprendre.Soyez tranquilles, je vous dirai aussi leurs faiblesses, et cela ne tardera pas.Les leçons sur les objets sont un excellent moyen d’apprendre la langue ; elles obligent l’enfant à trouver des mots pour dire ce qui frappe ses sens.Vous prenez un objet quelconque, votre morceau de craie, par exemple.L’enfant aura sur ce morceau de craie à écrire un certain nombre de phrases courtes.Vous lui demanderez d’abord de quelle couleur est la craie, cela le frappe tout de suite : La craie est blanche.Il ne lui sera pas difficile de faire cette phrase.Vous lui demanderez quelle est la forme de ce bâton de craie :—Le morceau de craie est long et carré.Vous pouvez lui demander ensuite combien il y voit de ces lignes qu’on appelle arêtes : il dira facilement qu’il en voit quatre.Ensuite vous passerez aux usages de la craie, et, si son intelligence est déjà assez développée, vous lui demanderez d'où l’on tire la craie.Il fera ainsi toute une série de petites phrases qui seront un exercice utile de langage ; il aura trouvé des mots pour rendre sa pensée.Il pourra ensuite enchaîner ses idées et de quatre ou cinq propositions faire une seule phrase, quand il aura appris le mécanisme de la construction des phrases et qu’il aura ainsi commencé l’étude de la syntaxe.On a pris depuis quelque temps l’habitude de faire faire aux jeunes élèves beaucoup d’exercices copiés.Il y a dans beaucoup delivres, grammaires ou autres, des devoirs où l’enfant n’a qu’à compléter certains mots ou à choisir un mot entre ceux qui lui sont donnés.Quelquefois, il doit mettre un s pour former le pluriel, un e muet pour former le féminin, etc.Je ne pense pas que ces exercices soient bons, surtout dans le cours élémentaire.D'abord, l’enfant lit encore assez mal ; on n’est pas sûr que les mots qu’il copie, il puisse les lire très-couramment ; puis enfin, quand il copie, il ne songe qu’à reproduire lettre après lettre le mot qu’il voit sur le livre, et les syllabes ainsi exprimées, il ne les entend pas ; elles ne sonnent pas à son oreille.Ce qu’il faut, c’est que les mots lui arrivent prononcés très-distinctement par le maître et qu’d ait ensuite à les écrire ; de cette manière, il retient la composition des syllabes ; il fait l’analyse des sons bien mieux qu’en copiant.Vous me direz : “ Mais ce mot qu’il a copié, il le lira ensuite.” Ce n’est pas du tout la même chose : quand l’enfant écrit un mot qui lui est prononcé par le maître, il se préoccupe d’exprimer les sons qu’il entend, de combiner les lettres nécessaires pour le reproduire ; quand il le copie, l’idée des sons qui le composent ne lui vient pas.Je crois donc que dans le cours élémentaire, ou s’il n’y a qu’une seule classe, dans la troisième division, il importe de commencer surtout par les dictées très-courtes, composées de mots très-simples, de mots d’une ou de deux syllabes et de syllabes de deux ou trois lettres au plus.C’est ainsi que les enfants acquièrent à l’audition l’intelligence des mots d’abord, et leur orthographe ensuite.On fait des dictées et beaucoup en France, et l’on n’a pas tort ; on a seule ment le tort de les faire souvent trop longues, ou de les mal choisir.En général, on prend un sujet de quinze ligues environ dans le cours moyen.Je vois presque toujours dans les cahiers de la ville de Paris qu’on remplit, sinon la page tout entière, au moins les trois quarts de la page.Eh bien 1 c’est trop : on est conduit à dicter précipitamment, ou bien on ne lit pas la dictée avant de la faire ; et on n’explique pas les mots qui peuvent n’être pas connus des élèves , ou bien, enfin, on fait faire une correction qui n’en sera pas une, avec cette épellation psalmodiée, toujours la même, qui indique une à une les lettres du mot, mais qui n’apprend à l’enfant absolument rien sur le sens de ce mot, sur sa nature et sa fonction.Messieurs, le choix des dictées est très souvent inintelligent.Il n’y a pas Dien longtemps, j’entendais faire à des enfants de neuf ans la dictée suivante : “ Le triste hiver, saison de mort-(vous connaissez le morceau)—est le temps du sommeil ou plutôt de la torpeur de la nature : les insectes sans vie, les reptiles sans mouvement, les végétaux s-ans verdure et sans accroissement, tousles habitants de l’air détruits ou relégués, ceux des eaux renfermés dans des prisons de glaces et la plupart des animaux renfermés dans des cavernes, des antres etdes tanières, tout nous présente l’image de la langueur et de la dépopulation.” Evidemment, c’était trop difficile.Il n’est pas possible qu’un enfant de neuf ans saisisse le sens de tous ces termes, et la construction savante de la phrase dépasse sa portée.Donnez lui, de grâce, des mots qu’il puisse comprendre et une construction de phrase qu’il puisse imiter.Vous voyez que le choix des dictées n’est pas toujours fait avec assez de soin, qu’on n’y regarde pas d’assez près.Les instituteurs trouvent le passage joli, ils y rencontrent un certain nombre de substantifs que les enfants auront à écrire au pluriel ; et pour ce seul motif ils prennent ce morceau.Mais il ne faudrait pas considérer seulement le texte, il faudrait songer aussi à l’esprit de l’enfant ! J’ai trouvé un autre morceau tout aussi difficile pour le huitième exercice d’un recueil destiné au cours élémentaire.Le voici, jugez-en : “ Figurez-vous des dunes sablonneuses, labourées par les pluies de l’hiver, brûlées par les feux de l’été, d’un aspect rougeâtre et d’une nudité affreuse.Quelquefois seulement des nopals épineux couvrent une partie de l’arène sans bornes ; le vent traverse les forêts sans pouvoir courber leurs rameaux; çà et là, des débris de vaisseaux pétrifiés étonnent les regards, et des monceaux de pierres servent, de loin en loin, à marquer le chemin aux caravanes.” S’imagine-t on qu’un petit enfant doive écrire cela et le comprendre?Evidemment, c’est du chinois pour lui ! (Applaudissements) A côté des dictées on emploie encore dans les écoles des exercices qui ont été condamnés bien souvent.On y tient, il paraît, car, malgré des défenses réitérées et formelles, malgré l'aveu des maitres qui les reconnaissent fastidieux et inutiles, on continue à les pratiquer : je veux parler des conjugaisons de verbes depuis le commencement jusqu’à la fin ; des analyses grammaticales ne faisant grâce à aucun des mots de la proposi tion ; puis de certaines analyses logiques qui commencent quelquefois dès le cours moyen.De celles-ci cependant je ne parlerai qu’en passant, il est trop évident que ce n’est pas là leur place.Mais parlons des conjugaisons ; il faut bien reconnaître une chose, c’est qu’elles n’apprennent rien à l’enfant, pas même les terminaisons personnelles du verbe.Vous avez peut-être cru qu’à foice d’écrire les temps, il finirait par en retenir les formes ; c’est une erreur que vous reconnaîtrez, si vous voulez vous donner la peine de lire les conjugaisons par écrit ; vous verrez qu’elles formillent de fautes et qu’après avoir conjugué cinquante ou soixante verbes de la première conjugaison, où cependant il n’y a pas d’irrégularités de termi naisons, il fait encore des fautes grossières à l’imparfait, au passé défini, au futur, et même dans les temps composés.De plus, il ne sait pas reconnaître quel temps répond à sa pensée.On a tout fait d’ailleurs pour pousser les instituteurs dans cette voie.On a imaginé de préparer des cahiers de verbes, où tous les temps sont indiqués -, on y a même mis la première lettre du pronom ou le pronom tout entier.Le mécanisme est poussé à ses dernières limites.Quand l’enseignement primaire n’est plus que cela, il devient, comme le disait M.Villemain dans son rapport sur la méthode du Père Girard, tout simplement un nouvel atelier de travail que vous ouvrez aux enfants, absolument comme si vous les occupiez à fendre de petits morceaux de bois ou à empaqueter des allumettes.Ce n’est pas autre chose ; leur intelligence n’y est en aucune façon cultivée.De grâce, supprimons les conjugaisons écrites, ou, sans les supprimer, faisons les d’une manière intelligente et vraiment proli table.Ainsi, il est très-bon que l’enfant sache conjuguer les divers temps du verbe, mais ne lui donnez pas les seize ou dix-neuf temps à la fois ; donnez lui le pré-ent de l'indicatif, non d’un seul verbe, mais de trois ou quatre verbes exprimant des actions qu’il a l’habitude de faire ou de voir s’accomplir autour de lui ; et alors il s’appliquera à les écri e convenablement.C’est du reste la voie où la plupart des instituteurs sont entrés.Puisque je me plains que les conjugaisons écrites sub sistent encore, j’ajoute pour être juste, qu’elles ne se font pas partout avec la même routine ; à Paris notamment, elles tendent »à disparaître. 156 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ,44 , exel'clCSS d anal>'se ?Je ne m’y arrêterai guère parce que vous devez reconnaître vous-mêmes que faire écrire rfili ^fat‘t-apreS 6jm0t h> “ artlcle simple, masculin singulier ” cela ne lui apprend rien ; faites-le-lui dire, faites-lui marquer si vous voulez, par un signe la nature du mot, ma s ne lui faites pas écrire toute cette terminologie.Il semblerait réellement decern™ Vlt substltu?r de tels exercices, que nous ayons trop de temps pour apprendre aux enfants ce qu’ils ont besoin de savoir, et que nous soyons obligés de les occuper à des chose! futiles et sans portée (Applaudissements).devaTen^être h,aWHC°rrS élé.mentaire les exercices de lecture bien w1 b 6 de 1 enseignement de la langue, mais c’est di^sion dri école“!.P.°U".COUrS m0yen’0u pourla deuxième auTs^TÀ^ Pt La Phrase correctement : demandez lui esnri^et S m°4 quelles idées ils jettent dans son “P,”*» fc- cette Phrase est, comme il faut le désirer, une de celles qui peuvent entrer dans son langage, demandez-lui de Hbertéd8 î‘Ulr?tde,liX °U jr0is Phases semblables, laissez-lui la *lmpl““t construction Faites-lui mettre après le sujet de la proposition un verbe actif sum d un complement indirect, d’un ou de deux complé-difficnl ,Urconstancie1s ; bien entendu, n’accumulez passes difficultés , augmentez les details peu à peu et montrez-lui à les disposer convenablement.tioCne SUr-t°"t obtenir, c’est l’invention, la rédac- tion—orale d abord, puis ecnte., Jl®8.re,f!,°Ces’ co“mencés, comme nous l’avons vu, par les T’ Pfr 1.esanalJ’ses d’images, doivent ici prendre î 1 f P VS îleV,e’ 9e sera> Par exemple, le résumé d’une courte lecture, la traduction en prose d’une fable en vers, le développement d un proverbe.’ La ma,rche que je vous recommande, Messieurs, je l’ai essayée, je 1 ai pratiquée, et je crois que vous pouvez y entrer avec confiance.1 J Il n’y a pas longtemps que je l’employais dans une école de T?1 Sl,,jet,ne V,OUS connalssez bien: Le sifflet de Fianklin.Je le lus d abord moi-meme lentement aux élèves • je le fis lire trois fois par les meilleurs lecteurs de la classe, et je demandai la reproduction du morceau, en laissant, bien entendu^ les enfants libres dans le choix et dans l’ordre des mots.Croyez vous que j’aie obtenu un bon récit ?Non, hélas! Les eleves n étant pas exercés à parler, ne savaient par où commencer.• 1 Ils voyaient bien la duperie dont Franklin avait été la victime mais tous les details leur venaient en même temps à P esprit • ils arrivaient au dépit de Franklin sans exprimer les idées par i ii 1 oa,iio exprimer les îaees par lesquelles il avait passe pour reconnaître qu’il avait été trompé.Us les franchissaient d’un seul bond et ne savaient pas exposer le sujet avec ordre.r F Si je recommande le récit après lecture, je recommande bien davantage encore la rédaction après un récit fait par le maître parce que le récit oral aura bien autrement de vie que la lecture laite dans un livre (Applaudissements).Maintenant, Messieurs, il est un exercice que j’ai vu pratiquer quelquefois et que je trouve excellent : c’est de faire écrire de mémoire un morceau appris par cœur.Ainsi faites apprendre la fable du Renard et du Corbeau pour une récitation du samedi e t quand 1 entant sait la fable et vous l’a récitée très-couramment demandez-lui, un ou deux jours après, de vous l’écrire mot à mot ou de la raconter dans une forme qui lui soit personnelle.\ ous croyez peut-être que parce qu’il a lu plusieurs fois cette fable et qu il 1 a sait par cœur, il va vous l’écrire sans faute • détrompez-vous ; l’expérience vous montrera que les fautes seront encore nombreuses, non-seulement les fautes d’orthographe grammaticale, mais les fautes dans la composition des mots ; il y aura des syllabes manquées, des sons mal exprimés, f et exercice ne doit pas être trop fréquent ; mais, pratiqué de temps en temps, il met de la diversité dans les exercices sco lanes ; il est une espèce de coup de sonde que vous jetez pour vous assurer si 1 enfant, après avoir appris un morceau par cœur, en a fixe dans son esprit les mots et leur rapport.Mais je m aperçois, messieurs, que je n’ai encore rien dit de la grammaire.Si je n ai pas encore parlé de la grammaire, c’est qu’elle ne d0lt ve“IU3u®1lorsqu© l’enfant a déjà franchi toutes les pre-mieres difhcultes de 1 orthographe et de l’accord des mots.Elle ne doit paraître que dans le cours moyen, jamais dans le cours élémentaire.Jusque-la toute la science grammaticale doit consister dans quelques règles, très-courtes, résumant une leçon faite au tableau noir sur des exemples bien choisis.Et puisque nous parlons des ouvrages de grammaire «*„]• quons-nous nettement sur leur utilité.J’ai appris la ’lane! fiançaise dans Noël et Chapsal et je crois que j’ai cela de «Ue mun avec bon nombre de 4s auditeurs.& je !ÏisŸevTu maître et que j ai eu a enseigner la langue française io mU l3,rai4nC0re d6 4 ouvraëe, mais bien malgré moi, «4 je4 dès r4eTaiS P*as dtUXe0U trois déHmtion* que j’avais répétées !7,de ept»u huit ans et que je n’avais guère comprit qu a dix-huit ou dix-neuf ans.p ses r„4é4ie?tC6lle!du “om et de l’article; vous devez vous en senFe^er 4 ?i?aj*ere abstrait et je ne suis certainement pas u seul qui ait été dans ce cas.p le 44aUt qU6 la r,ais?n ait ac P 011 r suivie d un i sont beaucoup plus nettes et plus vigoureuses que celles qui correspondent au glissement de l'j.Les sons isoles sont a la vérité assez bien rendus Les phrases jetees avec toute la force des poumons ressemblent à la voix d’un homme enroué.Le phonographe pourra-t-il rendre de longs discours '> Ses admi rateurs et ses partisans croient la chose possible dans l'avenir Les plaques métalliques qui ont une superficie de 150 à 300 millimètres peuvent contenir 200 syllabes, ce qui a suffi jusqu’à présent pour des phrases assez courtes.1 J nno 3 b'Pn *°iD ide “• la Poss‘bihté d’écrire, comme on l'a dit iOOOO mots sur les petites fei.illes d’étain .lu phonographe actuel, lesquelles feuilles pourraient contenir ainsi toute la matière d un livre, que son auteur n’aurait plus besoin d’écrire encore moins de faire imprimer et qu’il se contenterait de parler dans I intérieur du phonographe.On a publié à ce sujet des réflexions fort curieuses relativement à a situation que cela créerai', à l’imprimerie et à la librairie dans 1 avenir, se demandant si, du moment où la matière entière d’un livre tiendrait sur une feuille de plomb, on allait revenir au temps des Babyloniens et des Assyriens, où les annales de la nation étaient gravées sur des briques cuites qu’on empilait dans les dépôts servant de bibliothèques.1 En tous cas, cette dernière invention n’est encore que le rêve d une imagination complaisante.On prétend que bientôt avec le système d'Edison, on n’aura plus besoin d’écrire ses lettres • on se contentera de les parler dans le phonographe : le son viendra se graver sur une de ces feuilles de plomb étamé dont nous parlions tout à 1 heure, et celte feuille extrêmement mince sera insérée dans une enveloppe, absolument comme nous faisons actuellement pour nos lettres ordinaires.De la sorte, on ne recevra plus une écriture froide et inanimée ; on entendra le son même de la voix de son ami Mais pour cela il faudrait d'abord qu'on eût trouvé le moyen de remettre exactement sur le cylindre tournant, les plaques métalliques, une fois retirées de l’instrument.Il faudrait aussi rendre plus résistantes ces feuilles métalliques Il est vrai qu’on pourrait leur substituer d’autres lames obtenues par la galvanoplastie ; mais pour le moment, ces inventions merveilleuses paraissent devoir se borner à la confection de poupées parlantes, et peut être aussi d’horloges et de montres qui ne sonne-raient plus les heures, mais qui les annonceraient tout haut qui les parleraient.’ 1 Tout autre est l’invention du téléphone qui, dans quelques pays déjà, a remplacé avec avantage le télégraphe électrique Grâce à de recents perfectionnements, cet instrument transmet la voix avec assez de puissance pour qu’un grand nombre de personnes rassemblées dans une salle, puissent entendre, sans mettre l'oreille contre le cornet récepteur, des paroles prononcées à plusieurs lieues de distance.* Des expériences concluantes ont été faites à ce sujet au Champ-de-Mars, à l’Institut, au Conservatoire des Arts et Métiers, et l’on prévoit le moment où l'on pourra employer le téléphone pour transmettre des ordres pour les mouvements de troupes, sur les champs de bataille.p j 1 Quelle est 1 étendue et la valeur du territoire découvert dans 1 Afrique équatoriale par M.Stanley et ses prédécesseurs immédiats, et quel parti les principaux peuples civilisés doivent-ils prendre pour tirer de ces découvertes le plus d’avantages possible pour eux-mêmes et pour le monde en général ?En somme, que trouve-t-on dans l’Afrique centrale et qu en doit-on faire ?• La première considération est celle de la simple etendue du territoire, en comparant la superficie des régions en question avec les régions comprises entre les memes latitudes dans les autres parties du monde.Ce sont essentiellement des régions équatoriales, en tant que distinctes des régions tropicales cest-a-dire qu’elles occupent un espace d’environ 12 degrés et demi au nord et au sud de l’équateur, ou le climat tend à être plus chaud et plus humide que sous les tropiques, et où la végétation est particulièrement luxuriante et se développe sur un sol peu elevé au-dessus du niveau de la mer.Il ne peut pas y avoir un contraste plus grand entre les districts adjacents que celui qui, somme toute, existe entre les régions équatoriales et les regions tropicales.On trouve dans ces dernières les deserts brûlants et les plaines arides du Sahara et de Arabie del Indus, de l’Utah, du Colorado, dans i hémisphère septentrional ; du Kalahari, de l’Aus-tralie centrale et d Atacama, dans l’hémisphère méridional.Il faut donc distinguer entre les terres équatoriales et les terres tropicales, quand on compare 1 etendue qui nous occupe en Afrique et celles des regions analogues dans les autres parties du globe.Si l’on examine une mappemonde et que, dans le calcul général, on fasse entrer pour cinq dixièmes la somme des terres équatoriales de l’Afrique, on trouvera que les terres équatoriales réunies de l’Amérique centrale et de 1 Amérique du Sud doivent figurer pour quatre dixièmes et le total épars ailleurs pour un dixième.Cette dernière fraction est disséminée en nombreux fragments sur tous les points de 1 immense zone équatoriale qui entoure le globe, les plus importants de ces fragments étant la pointe extrême sud de 1 Inde, Ceylan, la péninsule malaise, Sumatra, Bornéo, les Célèbes, la Nouvelle-Guinée, le coin nord de l’Australie et une multitude d’îles du Pacifique, y compris la nouvelle colonie anglaise des ridji.Mais la superficie combinée de tout ceci n’est guère que le quart de la superficie des régions correspondantes de 1 Amérique du Sud, et en réunissant le tout on obtient un total général de terre équato-jiaie fio1 est juste équivalent en dimension à celui des mêmes régions en Afrique.Les découvertes de Li\ ingstone, de Burton, de Speke, de Cameron et autres récents voyageurs, ajoutées à celles de Stanley, nous ont fait connaître une région qui est aussi vaste que 1 ensemble des terres équatoriales existant ailleurs dans le monde.\oilà pour la dimension.Examinons maintenant JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 159 l’altitude.Les basses terres équatoriales sont en somme peu propres à entretenir une grande population.Elles sont pour la plupart encombrées par une végétation vigoureuse, elles sont humides et empestées de miasmes.Mais une notable portion de l’Afrique centrale est bien plus favorablement située.Elle se compose de bassins élevés, l’un contenant les eaux supérieures du Congo, un autre celles du lac Tchad et un quatrième ceux du Bénué et du Niger, et tous sont flanqués de larges chaînes de montagnes parallèles à l’une et à l’autre côte.Le sol de ces bassins est quelquefois à beaucoup plus de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, et, en conséquence de cette altitude exceptionnelle, ils possèdent un climat infiniment plus sec, plus léger que celui qui caractérise la plus grande partie des terres équatoriales existant ailleurs dans le monde.Une partie considérable de l’Afrique centrale nourrit une population dont la densité contraste singulièrement avec les habitants clair-semés de l’Amérique du Sud, et les ressources du pays paraissent généralement de nature à admettre, en tant qu’il ne s’agit que de ces ressources, une population aussi nombreuse qu’en aucune part ie du monde.Les causes mêmes qui contribuent à la salubrité comparative et à la fertilité de l’Afrique centrale militent contre l’établissement de faciles rapports commerciaux entre elle et les autres pays.Ses rivières, en traversant les chaînes de montagnes qui bordent ses bassins élevés intérieurs, arrivent aux terres basses situées près de la mer par une succession de chutes ou de rapides, et sont par conséquent impraticables comme voies fluviales conduisant de l’intérieur à l’Océan.Le Congo est indubitablement le plus remarquable exemple de ce genre à citer, étant en même temps le cours d’eau qui est le principal déversoir des eaux qui descendent des terres équatoriales.Les rapides commencent à une très-courte distance de l’embouchure de ce magnifique estuaire et sont totalement infranchissables par navires, bateaux ou canots.Le fleuve passe par des gorges, de la plus en aval desquelles Tuckey a donné une minutieuse description.En remontant un peu plus haut le cours de la rivière, on arrive aux chutes et aux rapides que la troupe de Stanley a descendus au milieu de continuels dangers, et dans T un desquels a été noyé Francis Pocock.Telles sont l’étroitesse et la profondeur de la fente par laquelle passe le Congo dans le voisinage des chutes d’Yellala, que vu du sommet de la rive, le puissant cours d’eau parut aux compagnons de Tuckey réduit aux proportions d’un torrent d’Ecosse.Il était singulièrement réduit en largeur et, de plus, dans la passe, son cours était embarrassé d’énormes masses de rochers.Il était difficile de s’expliquer que l’énorme volume du fleuve pût trouver sa voie par un canal aussi étroit, et les membres de l’expédi-1011 admettaient volontiers l'hypothèse que la masse ue l’eau avait dû trouver un lit souterrain.Ils supposaient que la plus grande partie de l’eau disparaissait à un point où commençait le défilé et reparaissait à la surface, celui-ci passé.Ici, une série de tourbillons et de remous violents troublent le cou- rant ; leur violence est telle, qu’aucune embarcation ne peut se risquer à en approcher, et que ce fut avec les difficultés les plus grandes que les canots de l’expédition du capitaine Tuckey purent être tirés du cercle de leurs redoutables girations (1).La route suivie par Stanley par terre se détournait au point où commencent ces défilés ; il n’eut donc pas l’occasion de voir cette partie du fleuve, mais il donne une description saisissante des gorges situées plus loin en amont, à travers lesquelles il eut à se débrouiller durant près de six mois.“ Tandis que nous frayions péniblement notre chemin, dit-il, par la longue série de chutes placées sur un parcours de plus de 180 milles qui nous demanda cinq mois, nous vivions, en quelque sorte, dans un tunnel soumis, par intervalles, au bruit tonnant de trains qui passent.Quelle différence c’était avec ce cours paisible et doux de la rivière à travers les sombres forêts de l’Ouregga et du Korourou, où le léger tremblotement d’une vague était une rareté, alors que, pendant de longs jours, nous glissions à travers les vastes solitudes, dans un doux et délicieux “ farniente ”, l’âme exaltée à la vue des impénétrables forêts bordant la rive à droite et à gauche, estompées des brouillards du matin et du soir, ou étincelant en vifs reliefs sous les rayons brûlants du soleil de midi.Mais, ici, il n’y a plus à craindre qu’aucun autre explorateur tente de suivre nos traces.Et nous-mêmes, nous ne nous serions pas risqués dans cette œuvre terrible, si nous avions eu la moindre idée des obstacles effrayants placés sur notre route (2).” Aucune des autres rivières de l’Afrique équatoriale ne fournit des moyens d’accès, dans l’intérieur, au commerce.Ainsi, l’Ogooué, bien que remonté loin par de récents explorateurs, est à peine praticable aux petits bâtiments, même jusqu’à ses chutes à quelque 400 kilomètres de la mer.La navigation du Coanza est interrompue par des chutes à 225 kilomètres de son embouchure.Sur la côte orientale, les rivières sont petites, excepté le Zambèze, dont le lit est obstrué de bancs de sable, et dont l’embouchqre est fermée par une barre dangereuse.En outre, son cours supérieur est interrompu par les cataractes de Kébra-bassa et de Mosco-tunya.Son tributaire, le Choré, qu’autrement de petits navires pourraient remonter de la mer au lac Nyassa, est obstrué par 50 kilomètres de rapides.Les autres rivières de la même côte ont leirrs sources sur le versant maritime de la chaîne qui borne les bassins du Centre, et par conséquent ne peuvent donner accès à ceux-ci.Et puis, ce ne sont que des cours d’eau étroits, peu appropriés même aux steamers de la plus petite dimension.Le Juba se développe sur un long parcours, mais il ne vient pas des régions centrales équatoriales.Il reste deux fleuves d’origine équatoriale qui demandent plus d’attention, ce sont le Nig-er et le Nil.Le cours du Niger n’est pas de nature à lui donner une grande valeur commerciale, comme ne il; Tuckey's Congo.(2) Lettre publiée par le Daily Telegraph du 22 novembre 1877. ICO JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE l’ont que trop clairement démontré les maigres îesultats des efforts très-considérables qui ont été laits pour 1 utiliser.Il ne descend pas de l’intérieur ; il prend au contraire naissance si près de la côte occidentale, que ses sources ne sont guère qu’à 400 kilomètres.de Sierra-Leone ; il décrit ensuite un vaste demi-cercle qui coupe une forte tranche du Sahara, puis il revient à la côte ouest sous une latitude peu différente de celle de son point de départ.La cote, courant presque de l’est à l’ouest et formant le point inférieur de la grande protubérance occidentale de l’Afrique connue sous le nom de “ Côte d Oi , constitue le diamètre d’une circonférence dont le grand arc du Niger forme la moitié septentrionale.Sur la convexité supérieure du Niger est situé Tombouctou, dont le nom est bien connu, quoique cette \ ille n ait d autre importance commerciale que d’être le grand marché du désert de Sahara.Le cours du Niger ne passe donc pas par des territoires productifs, et il n arrose pas, non plus, une portion bien considérable des régions centrales équatoriales.Le Nil, et le Nil seul, procure, dans un sens, un moyen direct d’accès dans l’intérieur.En attendant la saison de sa crue et en remontant péniblement ses eaux limoneuses embarrassées de rochers, un petit navire, de solide construction, pourrait, par un tour de force, se transporter de }a Méditerranée dans le lac Albert-Nyanza.Mais cette longue navigation de plus de 3,200 kilomètres, interrompue par six cataractes entre Assouan et Kartouan, et par un autre lapide sérieux au-dessus de Gondokoro, entravée en outre par la difficulté de se frayer passage à travers les trains flottants de papyrus qui embarrassent le haut Nil Blanc, ne saurait être une route fluviale utile au point de vue commerciale.Elle exige 1 assistance de chemins de fer, comme ceux qui sont aujourd hui projetés dans le Soudan, au moyen desquels on éviterait les cataractes.En ce qui concerne les difficultés physiques et laissant de côté les difficultés politiques, la ligne la plus facile du lac Albert-Nyanza à la mer ne serait pas par le Nil, mais par une voie de terre partant de la côte, en face de File de Zanzibar.Les obstacles qui s’opposent à l’accès de l’intérieur de l'Afrique équatoriale par ses cours d’eau contrastent de la manière la plus signalée avec la facilité d’accès des régions presque aussi vastes de l’Amérique du Sud par l’Amazone et l’Orénoque.La navigation intérieure naturelle de ce continent est magnifique et telle qu’il ne s’en trouve nulle part ailleurs.L’Amérique du Sud peut être traversée presque jusqu’aux Andes et dans toutes les autres directions par un système de cours d’eau dont les principaux peuvent porter de grands navires des centaines de kilomètres, à partir de leur embouchure.L’intérieur des divers pays équatoriaux disséminés ailleurs par fragments sur le reste du globe est nécessairement plus accessible en tant qu’il s’agit de la difficulté des distances à parcourir, vu leur superficie restreinte.Ces pays sont sur les grandes routes de l’Océan, et quels que soient les produits qu’ils livrent à l’exportation, ces produits peuvent devenir facilement articles de commerce.Mais l’Afrique est comparativement isolée, murée.Une nombreuse population peut prospérer dans son intérieur sur les produits de son sol.Les moyens de communication intérieure par les lacs et les rivières sont excellents, mais les lacs et les rivières sont en quelque sorte absolument fermés au coin-merce étranger.La plus facile de toutes les formes de communication avec le monde extérieur est refusée aux Africains par la structure physique de leur continent.Ils sont géographiquement condamnés à l’isolement commercial en ce qui concerne les articles de commerce les plus encombrants.Qu est-ce que l’intérieur de l’Afrique produit qui vaille la peine qu’on aille le chercher à une si grande distance ?La liste des produits équatoriaux, pouvant faire la base d un commerce à venir, a été souvent dressée et faite suffisamment longue ; mais la plupart de ces articles ont contre eux que les mêmes produits peuvent être cultivés aussi facilement dans d’autres pays d’un accès infiniment plus facile, ou sur les côtes maritimes de l’Afrique elle-même.Il y a dans le monde beaucoup plus de terres équatoriales qu’i! n’en faut aux besoins commerciaux des pays non équatoriaux.Il en existe une surabondance telle, qu’une énorme proportion des parties depuis longtemps connues demeure non utilisée.La découverte nouvelle d’une surface supplémentaire de régions analogues en Afrique n’a pas d’importance pour nous au point de vue des produits dont nous venons de parler.Il est naturellement impossible toutefois de dire que d’autres explorations ne révéleront pas des articles de commerce que l'Afrique seule peut posséder et dont nous n’ayons pas connaissance encore.Nous avons vu que ses plateaux élevés sous un soleil équatorial sont un trait géographique particulier ; nous pouvons donc entretenir pareilles espérances, bien que nous ne nous aventurions pas à faire fond sur elles.Les richesses minérales de l’Afrique en fer, en cuivre et en d’autres métaux ont été citées maintes fois, et il n’est pas douteux qu’elles ne soient d’une grande importance pour ses habitants.On ne saurait pourtant proposer sérieusement d’exporter ces lourds articles du lointain intérieur à la côte.Il arrive ainsi que des minerais de malachites existent en abondance dans le Benguéla à une distance de 200 kilomètres seulement de la mer, et que leur exportation a été essayée par des compagnies anglaises.Mais, bien que les mines fussent riches, les frais d’exploitation et de transport dépassaient la valeur du minerai ; elles ne compensaient pas, par conséquent, les capitaux risqués.Si ces minerais, si favorablement situés à beaucoup d’égards, ne couvraient pas les frais d’exploitation, comment espérer raisonnablement que des étrangers sauront tirer profit de mines situées au loin dans l’intérieur ?(à continuer) Imprimerie de Léger Brousseau, 9, rue Buude, Québec.
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