L'Abeille canadienne : journal de littérature et de sciences, 1 août 1818, samedi 15 août 1818
L’Abeille Canadienne.JOUKNAiL I)L LITTÉRATURE ET DE SCIENCES.15 Août 1818.I -JL»- DE L’INFLUENCE DES FEMMES.DES femmes ici-bas la suprême influence, Doit devenir pour l’homme une autre Providence L’ordre de la nature a soumis à leurs lois Et les humbles bergers, et les superbes Rois.Le farouche guerrier vient, d’une main sanglante.« • Déposer ses lauriers aux pieds de son amante : Le philosophe austère, inflexible, orgueilleux, dui bravoit la douleur, la fortune et les Dieux, Sous le joug amoureux sent fléchir son courage : Une femme a dompté cette vertu sauvage.Amante, épouse, mère, à des titres si doux, Oui, la femme a le droit de dominer sur nous ; Mais qu’usant avec art d’un pouvoir légitime* Elle tienne tou jours ce pouvoir de l’estime, du’un amant, qu’un époux, qu’un enfant adorés Au culte des vertus se sentent consacres- due l’amour conjugale et l’amour maternelle Vers la gloire toujours soit un guide fidèle- More tendre, ton fils doit puiser dans ton cœur Le noble sentiment du devoir, de l’honneur; 42 L'ABEILLE CANADIENNE'.Le généreux besoin île servir l’innocence, D’être le protecteur et l’ami tic l’enfance; D’ollrir à l’orphelin tics soins consolateurs; De foudroyer le vice, et de venger les mœurs.Ainsi, de nos destins arbitres souveraines, Femmes! par nos vertus ennoblissez nos chaînes; Honorez votre empire en nous rendant heureux : Quand vous l’ordonnerez, nous serons vertueux.Kt nos cœurs, enflammés d’un sublime courage, Des viles passions secoueront l'esclavage.' V** *'* a S é » « ^ OPPOSITIONS ET RAPPllOCIIEMENS.S uper si il ions A mourc uses.Crcdula rcs amer est.Ov.Metam.lib.T.L’amour c?i.chose crédule.ON sait combien les Romains altachoicnt d'importance au.moindres présages.Les amans, plus enclins que les autres iiommes à la superstition, avoient aussi leurs croyances partie;; lières.Les objets les moins dignes d’attention, leur fournie-soient des augures qui les rcmplissoient d’espérance ou de craint».Qucd(prefois ils f'aisolent claquer dans leurs mains des feuilles di rose,t de pavot ou d’anémone ;t (jueiquefois ils pressoient en * Heu eeux relui don! la femme, sc plait duns sen iniéritur, (hérit s: sociétés corrompues et corruptrices!-Heureux l’cpoux dont ht femnu, également douce et lionne, jeune cl belle, paroit ignorer scs vertus et ces al » traits ; dont la tournure semble timide, extraordinaire, et même bizarre dans 1rs cercles% parccijUf ses habitudes, rumme scs guilts, la retiennent dan une nie obscure, modi ste A retirée !-Si Us tranquilles plaisirs de Vunion conjugale îdcxcilmt pond Vcnvic, reconnaissons du moins (juz rien n'rr! # ¦¦‘41 pur, innocent et délicieux comité ccs mêmes plaisirs, t Anac.ode ) 1, 1 Cad.Hhod AOUT 1813.43 ue leurs doigts des pépins de pomme qu'ils faisoient sauter en Pair:* si la feuille éclatoit avec bruit, si le pépin atteignent le plancher, le succès alors ne leur sembloit plus douteux.Ils regardoienl aussi comme d'heureux présages le pétillement des lampes ou celui du laurier au milieu des llammes.i Hero, dans l’épîlrc qu'Ovide lui fait adresser à Lénndrc, a bien soin de lui marquer que la lampe à la lueur de laquelle elle 0+ t écrit, vient de pétiller et de lui offrir par là les signes les plus heureux.t Les amans observoient en outre, avec un scrupule religieux, certains mouvemens involontaires du corps.Ils regardoieut comme un signe de trahison, les palpitations du cœur.Le tressaillement de l’œil droit et des sourcils étoit au contraire un signe heureux ; mais l’engourdissement du petit doigt ou le 1res-saillement du pouce de la main gauche, ne signifiait rien de favorable.]; Les (internons d’oreille annoneoienl, comme aujourd’hui, que Pou parloit d’eux en leur absence.Un des objets auxquels on attaclioit le plus de foi, c’éloif les éternuemeus Les Romains s'imaginaient que l’Amour éter riuoit lorsqu'il vouloit leur annoncer l'accomplissement de leurs , f désirs.Catulle voulant peindre le bonheur constant dont Acmé cl Septimius dévoient jouir, dit qu’en écoutant leurs sermons» l’Amour éternua à leur droite après avoir éternué à leur gauche.§ Une pareille figure scroll ridicule dans notre langue : elle étoit JO O • pleine de grace chez les Romains.ihopcrcc, pour exprimer que l'Amour, à la naissance de Cyu-diie, la combla de tous scs dons, iui demande si ce dieu n’a point éternué lorsqu’elle vit le jour.lj ‘ Quid ?ijunin Piccnis excerpens semina points, (laudes si earner am pcrcusli forte, jmics le.es?IIou'.' lib.n, «ut.3, v.'272.i Stcrnuit cl lumen : jiusilo vain seribimus illo.Sternu.il, et nobis prospéra signa dédit.— Lp.J9, v.t1.( Jlisl.de, V Ac.des .1use.loin.1er.pag.77.It Hoe.ul dixit, amor, sinistrum ut ante, P ext nun stern nit adprobatioiuni.j| A ion tibi nascent i prions, meet vita, diebus, Aureus itrgulum sl.nT.ui! omenjt'iwr ?—Lib.11.23.’' L’ABEILLE CANADIENNE.Tbéocritc dit aussi que les Amours éternuèrent en faveur* du berger Simichidas.* Quand les amans éprouvoicnt quelque inquiétude sur l'ab\ sence de l’objet aimé, ils se faisoient tirer les sorts par des en-fans destinés à cet emploi, qui se tenoient sur les places publiques ou dans les carrefours.Ces sorts consistoient dans de petites tablettes où certains caractères étaient tracés.On agitait î’urne qui les renfermoit, et l’arrangement qu’avoient cnlr’clles ces lettres en sortant, composoit la réponse qui contenoit les secrets de l’avenir.Quand on ne vouloit conserver aucun doute, on tiroit trois fois les sorts, et alors on les regardoit comme irrévocables.Délie ne consentit à laisser partir son cher Tibulle pour un voyage qu’il projetoit, que lorsqu’elle se fut assurée de cette manière, que l’absence de son amant ne seroit pas longue et n'of-friroit aucun danger.t Les anciens pensoient aussi que les sortilèges, et tous les secrets de la magie, avoient une grande influence sur l’amour.Souvent une maîtresse outragée avoit recours à leur puissance pour ramener un infidèle.Entr’autres cérémonies usitées dans les en-cbantemens, elle fabriquoit deux petites figures qui représentaient son amant, l'une en argile, l’autre en cire.Elle les approchoit de l’autel ; et comme le feu qu’elle y avoit allumé durcissoit la première et ramollissoit la seconde, elle croyoit que le cœur de son amant devoit ressentir cette influence, et s’endurcir pour toute autre femme, en s’amollissant pour elle seule.J S’il ne s’agissoit que d’enflammer un indifférent, les magiciennes ne se servoient que d’une seule figure de cire, et lui enfonçoient des aiguilles dans le foic,§ afin de faire ressentir les traits d^ l’amour à celui que représentait cette image.* Idyl.7.96.t Ilia sacras pueri sorte: ter suslvlil •* illi llettulit è Iriviis omina certa puer.-Tir, lib.i, oî.3.X Limus ut hic durescil et hœc ut cera liquescit, Uno eodcmquc igni : sicnostro Daphnis amure.—VTno.cc.vm.80 • t '> -Simulacraquc ccreafigit, P.t miscrum ley.ucs injccur vrgii acus.Ovin, ep, vi.91 : et Amor.lib.ni, ci.vu.29- 4 AOUT 1818.4i> Un s’étonncsa peut-être, en apprenant que de pareilles attaques étaient dirigées sur le foie, au lieu de l’être sur le cœur.Mais les anciens n’avoienl pas les même idées que nous sur le aiége de l’amour ; ils le plaçoient dans le foie.Horace, déjà vieux, conseille à Vénus* d’aller chercher ailleurs un foie .¦t Quant longos habuit nondùm perjura capillos, Tam longos, post tpi om mnnino hrsil, babel.Ovni.lib.m ; Amor.cl.S } 1*1 vï.12.9 # I 'iü 4C IC L: ABEILLE CANADIENNE.•c cheveux ; les loses cle sou teint n'en ont point soulier! ; soi.15 pied a conservé sa forme enchanteresse ; sa taille a la meme “ élégance ; ses-yeux, par lesquels si souvent cile s’est paijuréc, “ ses yeux ont le meme éclat et la m< me expression.11 est “ donc vrai que les dieux ont accordé aux jeunes filles le pou-“ voir de faire en vain des sermons, et la beauté sans doute a sa divinité qui la protège.5"* Naguère, ie m’en souviens, elle me jura de m’èlre fidèle, et par ses yeux, et par les miens.“ A ce serment, les miens seuls éprouvèrent une douleur sou* ras parut enfin, accompagné de cinq à six officiers, et suivi d une garde nègre.Ivre aux trois quarts à'arraclu,* il demanda avec emportement à Mr.Lcgh ce qu'il venoit cherchera Plier; et appelant aussitôt son secrétaire, il lui commanda de le conduire, avec scs deux compagnons, dans une cabane voisine, bâtie en terre, composée à la vérité de deux pièces, mais sans portes rii toiture.C'est clans cet asile hospitalier qu'ils attendirent le lendemain.L'in» clignât ion d'IJassan venoit de ce que nos voyageurs ne sYtoient pas fait précéder par quelques présens, introduits auprès de lui, ils lui offrirent une montre qu’i! refusa, parce qu'a près plusieurs explications, il ne put en comprendre l'usage.Mr.Lcgh lui présenta alors un superbe damas, dont la vue changea tout-à-coup tes dispositions du prince.Devenu beaucoup plus doux, i! per» mit aux Anglais d'aller jusqu’à Ibrirn ; mais n'y trouvant rien d’intéressant, ils retournèrent à Dher le soir même.A Arnada est un ancien temple converti en église parles pro* mîors chrétiens.Les murs de celui de Dokki sont revêtus d’Iii» -¦roglyphes sculptés en plein relief ! et parfaitement conservés.Le portique, de cinquante-cinq pieds Anglais de hauteur sur quatre-vingt-dix pieds de face, renferme quelques inscriptions Grecques, en mémoire de plusieurs dévots qui ont visité ce parvis ; le temple, eu très-bon état, a quatre-vingt-quatre pieds de *ong sur trente de largeur et vingt-quatre de hauteur.Le plus étonnant de ces édifices est la grotte de Gucrscy* Ilassan; péristyle, temple, colonnes, figures, hauts et bas re; * Eau-de-vie de dut te?.G1 est celui que 1er, Italiens nomment alla rilicvn. AOUT 1818.5'< iicfs, lout est taillé dans le roc vif, et sculpté à la manière des statuaires.Une avant-cour de soixante-quatre pieds de largeur, s’ouvre par un portique où sont accolées à six colonnes autant de statues e ^ *• .j *•% # de prêtres.Ce vestibule, de trente-sîift^eds de largeur, pré-cède le temple proprement dit, dans lequel on entre par un second portique, orné de six autres de statues dix-huit pieds de hauteur, représentant d’autres ministres de ce temple revêtus de leurs habits sacerdotaux.Après plusieurs descriptions de monumens semblables, mais d’un moindre intérêt, Mr.Lcgh nous donne quelques détails in- • / téressans sur les habitans actuels de là Nubie.Le nègre, dit-il, a la peau fine et douce, et les dents très-blan- ** .ches ; sa taille svfelte et élancée est rarement chargée d’embonpoint ; ce qu’il attribue à la chaleur du climat : ses cheveux, • • Crottés de suif, sont relevés sur les deux côtés de la tête.* % Les femmes, très-laides, passent rapidement de la fraîcheur de la jeunesse aux rides de l’âge avancé.Les enfans des deux sexes sont toujours nus.Les jeunes garçons portent autour des reins une ceinture de quelques pouces de largeur ; ceiies des jeunes filles, un peu plus ample, est formée de plusieurs laniè-res de cuir tressées ensemble, cothmc le pagne des Hottentots.La nourriture ordinaire des Nubiens est du lait aigri et quelques lentilles, que ce peuple bon et très-hospitalier partage avec les voyageurs de toutes les nations, de tous les cultes et de toutes les couleurs.(La suite au numéro prochain.') 9 »•/ \l,» W VA’ VA*1 Aperçu d’un Ouvrage intitulé “ Essai d’un Cours élémentaire et général des Sciences Physiques.Par F.S.Baudant, Sous-D (recteur du Cabinet de Minéralogie du Roi, Professeur de Phystquc, dans iUniversité Royale, membre ou correspondant de diverses Sociétés savantes.''* PARTIE PHYSIQUE.s’LUS nous faisons tic progrès dans les sciences, plus nous sentong ia nécessité d’en bien classer les principes dans notre esprit.Nous de- * Aous recommandons bien particulièrement la lecture de cet Aperçu p * * J u I/ABEILLE CANADIENNE.vons doue île lu reconnoissancc aux modestes écrivains, qui, sans aspira au mérite de l’invention, veulent bien se donner la peine de nous enseigner a apprendre, tout en aplanissant les difhcultt s qui rebutent trop souvent dès les coinmenccmens.De ce nombre est incontestablement Mr.Beaudant, qui s’est proposé, dans son Essai, d’exposer les principes élémentaires et fondamentaux des connoissances physiques, indispensables à tout homme bien né.L’exposition de Mr.Beaudant, aussi nouvelle que lumineuse, fait voir d’abord l’alliance naturelle qui existe entre les diftérentes branches de la physique.En marquant les divers points d’union par lesquels se ¦touchent et se tiennent toutes les sciences, il établit sagement les distinctions qui servent à caractériser chacune d’elles en particulier.Les principes fondamentaux en sont déduits avec clarté et précision, en même tems que chaque objet séparé sc trouve expliqué par les phénomènes les plus ordinaires de la nature ; genre de méthode que l’on ne sau-roit trop louer ni trop recommander, en ce qu’elle fait contracter naturellement l’habitude d’o&semr, ctqu’ainsi il devient facile de rapporter a leurs véritables causes tous les effets que nous remarquons journellement.Voici l’ordre dans lequel procède Mr.Beaudant.Il définit d’abord l’espace, abstraction faite de la matière.—La mesure de l’espace limité ou relatif, distingué par opposition avec l’espace absolu ou indéfini, appartient aux Mathématiques, et est l’objet de la géométrie, de la trigonométrie, ke.— Les Mathématiques réclament pareillement la quantité idéale, considérée séparément des qualités sensibles des corps, comme dans le?problèmes d’arithmétique et d’algèbre.La matière est une quantité limitée, douée de propriétés qui tombent sous les sens.Ce qui la distingue généralement de l’espace, c’est l’impénétrabilité, ou la propriété que possède un corps d’exclure tous les autres de la place qu’il occupe.Il appartient à la Physique d’expliquer les propriétés de la matière.De l’idée de la quantité naît tout naturellement l’idée de la divisibilité.—La division géométrique peut cire continuée à l’infini: il faut à nos jeunes compatriotes : nous l'avons extrait et traduit presque litlcra-Itmcnt d’un ouvrage périodique, publie,, à Londres, (le plus célèbre peut-être duns son genre,') intitulé u 1 hc Journal of Science and the Arts, edited at the Hoyal Institution ol (ircat-Hritain.” Quand les savons j’irxglois accordent leurs su]) rages à une production scientifique, un peut s’en rapporter volontiers d leur jugement sur le mérite de celle production.— Celle de Jlr.lieaudant mérité donc d'occuper une des premières places parmi les livres destines à /’instruction de la jeunesse. AOUT 1818.r,ï.cependant que nous connoissions les bornes de la division mécanique.J,a matière est divisée en solides, en liquides, en fluides uériformes, et on fluides incoercibles.—Les trois premiers ont des caractères distinct® et bien définis : si l’on doit en croire do* expériences souvent répétées, et présentant toujours les mêmes résultats, ce sont tout simplement les produits d’une température diversement modifiée.Quant aux derniers (les fluides incoercibles,) ils sont au nombre de quatre, et l’on a imaginé., plutôt que prouvé, leur existence, afin de pouvoir se rendre raison de la chaleur, de la lumière, de l’électricité, et du magnétisme.Les corps, ainsi divisés, peuvent être envisagés sous deux points de vue diflerens, savoir ; dans l’état de repos, et dans l’état de mouvement.Leur disposition ou tendance à demeurer dans l’un ou l’autre état, est ce qu’on appelé l’inertie de la matière.II faut des forces pour triompher de la résistance imo, pour l'entière destruction des idées religieuses, quel qu'en fût.l'objet, que.c'était mon tic, comme celui de Voltaire était d'écraser l'infâme.Au moins, cela n’est pas dissimulé ; et le ton de colère et d'indignation avec lequel Naigeon s’exprime, ajoute au prix d'un tel aveu, et est un témoignage éclatant de l’impartialité et de la modération d’un tel homme.On jugera si un tel suffrage n’est pas plus honteux que flatteur pour le parti auquel il éioit attaché, et si la religion n’a pas quelques motifs de se consoler d’avoir eu pour adversaire et pour ennemi celui qui l’étoit aussi de l’humanité, qui a applaudi au vœu de Meslier, qui le .regarded comme le seul moyen de tarir nos maux, et qui trouvoit si admirable Y éloquence du bourreau.Nous n’avons pas besoin de dire que le même homme a mérité d’etre inscrit dans le Dic-•'emmure des athées, où Maréchal le cite comme un de nos esprits-forts les plus décidés.Cependant Lalande lui a reproché depuis de ne pas oser convenir qu'il fût.athée.Il paroît que Naigeon .•x >r au la prétention de devenir sénateur, et qu’il craiVnoit one T ‘ ° 74 l,’ABEILLE CANADIENNE sa réputation d’athée ne lui fût nuisible.Ainsi il toinboit dans cette pusillanimité qu’il reproche amèrement, dans son Diction nuire, à Bayle, à Voltaire, à d’Alembert et à Diderot lui-rneme.Naigeon a fourni beaucoup de renseignetnens à l’auteur du Dictionnaire des ouvrages anonymes, sur les véritables auteurs des livres philosophiques pendant la dernière moitié du dix-huitième siècle.Ces reuseignemens ont pain suspects à beaucoup de personnes, et on croit que Naigeon, soit par zèle pour la mémoire du baron d'Holbach, soit par toute autre raison, lui a fait l’hon-iieur de lui attribuer des écrits auxquels le baron n’eut d’autre part (pie de les encourager et de les payer, tl étoit membre de l’Institut, où plusieurs de ses confrères le voyoient avec peine siéger avec eux.La Harpe l’a tourné en ridicule dans sa Correspondance littéraire avec le grand-duc de Russie, tome II, page 235 et 302.Mais qu’est-ce que des ridicules auprès de l’horrible doctrine qu’aflichoit Naigeon, et des vœux atroces qu i a osé consigner dans sa J Philosophie ancienne, et moderne?Ci?professeur d’athéisme et de barbarie mourut le 23 Février ICI 1 } • 1 i xO O* d* *i» ANECDOTES.UN des nombreux amis du poète Dclille lui ayant adresse une invitation pour dîner, laquelle étoit accompagnée d’ur.-description en vers de tous les mets qui dévoient composer b repas, celui-ci répondit aussitôt par le quatrain suivant: Je le mange déjà ce diner délectable dui n’est encor «pie manuscrit.due je serai long-temps à table, S’il est fait comme il est écrit t -Un des poètes François les plus distingués, M.P.G.Jvf.a un frère d’un tour d’esprit fort original, qui, lors de la toute puissance de Napoléon, avoit composé un recueil de fables pleines d’allusions très hardies.Il le conduisit un jour chez De lille, qui le pria de lui en réciter quelques-unes.Dans une de ces fables, notre conteur avoit mis en scène un conquérant et un loup.Celui-ci reprochoit au conquérant son égoïsme et sa cru AOUT 1818./9 f I U •mit ; puis, se comparant à son interlocuteur, du moins, lui di-soit-il, je ne fais pas tant de victimes: Au-devant du péril je ne mène f|ue moi, Et mon artillerie est toute dans nia gueule.Ali! le beau vers de loup ! s écria plaisamment le chantre de ia Pitié.-Un gourmand dinoit un jour chez Mme.p*-*** • et pout se donner un petit air de littérature, il citoit de temps en temps ce vers si connu de notre premier satyrique : Je fais, en bien mangeant, l’éloge des morceaux.Ali! Monsieur, lui répondit enfin M.D**** ; c’est que vraiment vous poussez l’éloge jusqu’à la flatterie.-W- .'V.O» «t* i, ’ E U R O P E NOUS en sommes biqn fâché pour ceux qui n’attachent ü’importatice à un journal, qu’aulant qu’ils y trouvent le récit de quelques révolutions ou bouleversemens politiques.mais l'Eu- rope est tranquille, et tout annonce que de long-lems son repos ne sera troublé.Cette grande et valeureuse nation, qui ne peut s’agiter sans que les peuples voisins s’alarment, plus magnanime après ses revers qu’alors que sa gloire militaire étoit à son apogée ; la France a enfin soupçonné que les jeux horribles de Mars, prolongés jusqu’à.satiété, tnettenl en danger l’empire qu’ils illustrent, et que ie 1er consacré aux travaux du laboureur ou de l’artiste, procure des résultats peut-être aussi nobles, mais assurément plus utiles,, que le fer converti en instrumens de mort et de destruction.Les François sentent enfin qu’après avoir tout fait pour la gloire, ii leur reste quelque chose à faire pour leur prospérité domestique ; et le premier bien qu’ils semblent apprécier, c’est la garantie de leurs droits religieux, civils et politiques ; garantie qu’ils trouvent dans celle charte célèbre qui, seule, immortaliseroil son auteur, si d’autres titres ne dévoient aussi le recommander à l’impartiale postérité.Les Etats voisins de la France comptent beaucoup sur cet ap- .0 1/ABEILLE CANADIENNE.pci indirect de Louis à la générosité de leurs Souverains respectifs : ceux-ci se disposent, dit-on, à gratifier aussi leurs peuples d'un gouvernement représentatif; et déjà la servitude expire-dans ces mêmes climats où le malheureux sr,rfy attaché à In glèbe, passoil avec elle dans les mains d’un nouvel acquéreur.N'en doutons point, une ère nouvelle va commencer pour lunations et pour les Souverains:—les unes et les autres mettront à profit les malheurs des derniers terris, et le Christianisme leur en révélant la cause, leur suggérera les moyens d'en prévenir le retour.Dès lors la dignité des nations n’étant plus méconnue la majesté des Rois n'en deviendra que plus sacrée ; et les peu pics présentant l’image d'autant de familles qui se respectent dans leurs chefs, se garderont bien de rien entreprendre qui puisse troubler un accord si touchant, ou relâcher des liens si doux.ANGLETERRE.LE Parlement Impérial a été prorogé et dissout le 10 Juin dernier.—Le discours prononcé, à cette occasion, par Son Altesse Royale le Prince Régent, nous représente l'Angleterre dans un état de prospérité progressive, et conticjit d’ailleurs l'assurance des dispositions amicales des autres gouvernemens à l'égard de la Grande-Bretagne.—Un nouveau Parlement a été con- O voqué pour le mois d’Aoùt.Aucune amélioration ne s'éloil opérée relativement à la santé de noire vénérable et bien aimé Monarque, dont le long règne effacera la splendeur de tous les règnes précédons.Lord Castlcreagh continue de se concilier les suffrages de.-; O O hommes éclairés, par la libéralité de ses maximes politiques.Celles qu'il a eu occasion de professer dernièrement, sur la liberté que les nations devraient stipuler en faveur des relations commerciales, réfléchissent assurément le plus grand honneur su* le gouvernement Britannique, en même leins qu'elles font augurer un rapprochement plus intime entre les grandes familles civilisées.—(Juc les Catholiques Irlandois entrent bientôt en partage des droits acquis aux autres sujets de Sa Majesté, (notre père commun,) et alors le soleil «le la Grande-Bretagne, désormais sans nuage, verra tendre vers son centre toutes les planètes oij’cn écarloit momentanément une force excentrique AOUT 1818.r* r- v ] joui Cas lieront!;!) est encore destiné à procurer à sa patrie ce nouveau triomphe, te seul qu'elle puisse envier aujourd’hui.Les dernières opérations militaires de la Grande-Bretagne dans r Inde, ont été couronnées d'un succès complet, et sans qu’elles oient occasionné une grande effusion de sang; tant étoient imposantes les forces développées simultanément contre les provinces soulevées ! Là, comme eu Europe, la valeur Britannique a été tempérée par l'humanité, et l’on n’a vu dans la victoire que le moyen de l'établir la paix.O/ V* M/ • • • « » 4 /jV /|* F R A N C E.SAINT JEAN D’ANGELY.UN événement des plus déplorables a eu lieu, dans cette ville, le 25 Mai dernier.Deux explosions successives, dans les ouvrages à poudre, situés aux environs de Faillebourg, quartier le plus populeux de St.Jean d’Angely, se sont fait entendre u vingt lieues à la ronde, et ont fait sortir un moment la rivière O é,e son lit.Il y avoit, sur le théâtre de l’événement, quarante milliers de livres de poudre.Toute l’enceinte où l’on manu- * {aefuroil la poudre a été détruite de fond en comble; et dans le quartier de Faillebourg et places adjacentes, cent cinquante maisons ont été renversées, ou endommagées de manière àn’ètre plus habitables.Nombre de personnes ont été ensevelies sous leurs débris, ou tuées dans les rues et dans leurs jardins par la chute des pierres, des éclats de bois, et des arbres entiers déracinés, que In force de l'explosion avoit lancés en l’air.On a trouvé les lambeaux de chair de onze laboureurs, tous pères de famille.—L’on évalue à un million de francs le dommage occasionné par ces terribles explosions, qui aboient être suivies d’une troisième plus terrible encore, sans le dévouement de quelques hommes généreux.Eu effet, le feu venoit de se communiquer à un magasin contenant deux cent soixante-dix milliers de poudre, dont l’explosion n’eijt point laissé pierre sur pierre dans celte malheureuse ville, et un cri général d’épouvante et d'horreur pro-clamoit l’imminence du danger, lorsque ces hommes de cœr •Tn » O L’ABEILLE CANADIENNE.hasardant ù aller détacher et enlever do dessus la couverture, des brandons
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