L'Abeille canadienne : journal de littérature et de sciences, 1 novembre 1818, dimanche 1 novembre 1818
LITTÉRATURE ET DE SCIENCES, L'1'.Novembre ISIS PAUVRE NEGRE.ELEGIE Jl RAVI naguère aux côtes de Guinée, % Le pauvre Nègre, accablé de ses maux, Picuroit un jour sa triste destinée, Et de soupirs accompaguoit ces mots: “ Q.u’ai-je donc lait au Dieu de la nature, Pour qu’il m’impose esclavage et douleur t Ne suis-je pas aussi sa créature?Est-ce forfait que ma noire couleur ?“ Comme le blanc, dont la rigueur m’oppresse, * N’étois-je pas formé pour le bonheur?J’aimois Nelzi ; seule elle eut ma tendresse, Et son regard faisoit battre mon cœur.Heureux époux, j’nllois devenir père.O cher enfant, gage de notre umour, Respires-tu pour consoler ta mère ?As-tu péri sans connoître le jour?“ de ne pourrai te bercer dans lu couche, Enfant aimé que n’ont point vu mes yeux ! Ni te sourire eu pressant sur ta bouche De l’oranger les fruits délicieux ; L 242 VABEILLE CANADIENNE, Ni t’enseigner, dès ta robuste enfance, L’art d’assoupir un serpent venimeux, Ou de surprendre un lion sans défense.Ou de plonger sous les Ilots ccuincux.“ O jamais plus je ne verrai l’ombrage .Des bananiers que je pinntois pour loi ; Ni l’antre sombre où, par un jour d’orage, O ma Nelzi ! je te dis: “ Sois à moi Ni la cabane, à mon cœur toujours chère, \ Q.u’cn ses vieux ans mon père me transmit ; Ni le ruisseau de la roche où ma mère Du grand sommeil dans mes bras s’endormit.“ Un soir (c’étoii à celte même source,) Je reposois sous le vert citronnier: Les blancs cruels revinrent de leur course ; A mon réveil j’élois leur prisonnier.Je résistois: l’un d’eux lit sur ma tète Tomber les coups de la verge de fer.Désespéré, j’invoquai la tempête; Et je plcurois en regardant la mer.” Comme il chautoit sa chanson d’esclavage, Le Négrier* sur ces bords descendit Civ habitant de son lointain rivage.Zabbi l’appelle, et, l’embrassant, lui dit: “ De ma Nelzi, frère, quelle nouvelle?” L’autre se tait ; mais il montre les cicitx.11 Je t’entends, morte.Et l’enfant ?—Mort comme elle.—lJicn et la joie éclata dans scs yeux.Deux jours entiers jetant sa nourriture, • ** Il haleta sous un ciel embrasé; Et, du matin, jusqu’à la nuit obscure, De scs sueurs le sol fut arrosé.Vers le retour de la troisième aurore, La verge en main, le maître reparut: “ Leve-toi.—Non, je puis dormir encore; Je deviens libre : ”ct sur l’heure il mourut.M.ClIAnLES Milt.evoye * Vaisseau destiné à la traite des Ne ares. NOVEMBRE 1818 GARDEZ-LE BIEN, CONTE MORAL.Mon sir o quad ipse tibi posais dure.Sctniln ccrtc Trunquillœ per virlulcm palet unica vihr.Tuyen.Snt.10.Ija vertu, croyez-moi, d’un bonheur tempère OjQVe seule à nos yeux le sentier ignoré.M.De Valbelle, après un procès long et dispendieux, s éloit vu obligé d'aller habiter le troisième étage d’une maison O O bien modeste, dans la rue de Coudé.Sa femme, encore jeune et belle, ressentoit d’autant plus vivement l’embarras de leur situation, qu’avec un gout très-prononcé pour le luxe et pour la toilette, elle se voyoit réduite à une mise très-modeste et à un schal de mérinos.Ce schal avoit pourtant l'heureuse faculté de satisfaire tous les désirs de celles qui le possédoient.Je ne sais comment cela se faisoit, mais la suite de mon récit en convaincra sans doute les plus incrédules.Mme.de Vaibelle, qui l'a-voit acheté depuis peu de jours, ne se doutoit guère du trésor .epic le hasard avoit mis en son ( r.Justine, sa femme do chambre, qui ne s’en doutoit pas davantage, jetoit cependant de temps en temps un œil d’envie sur le schal que Madame dé-daignoit, el M.de Vaibelle, quand son procès ne l’occupoit pas, iorgnoit la piquante Justine.Justine, un soir tout en pliant le schal, revoit à la bonne grâce que lui donneroit une semblable parure.Dans un moment de distraction sans doute, au lien de le serrer dans l’armoire, elle le mit machinalement sur ses épaules, et elle émit occupée à contempler devant une glace le bon air qu’il lui donnoit, quand M.de Vaibelle entra dans la chambre.Qu’est-cc donc?Mai* je ne me trompe pas, c’est le schal de ma femme que je vois sur vous: en vérité il vous va très-bien ; il répand sur votre tournure friponne un petit air de dignité qui vous sied à ravir.Mais di-tes-moi donc, mon enfant, pourquoi vous essayez ce schal, et pourquoi sur-tout vous paroissez si troublée en me voyant ?Jus- 63 211 L’APEIELE CANADIENNE.line alors, les yeux baissés et la rougeur au front, lui fit part de sa foiblesse.N’esl-ce US ELEMENS DE L’HISTOIRE ANCIENNE .• 1 • « • 1 KS PARTICULIER DE L’HISTOIRE GRECQUE.SECTION I.ê Dca temps fabuleux et héroïques de la Grèce.LA Grèce se divisoit en quatre parties principales : 1°.la Grèce, proprement dite, comprenant l’Etolie, la Doride, la • * • Pbocide, la Béotie, l’Atliquc, et la Locride ; 2°.le Péloponnèse, où se trouvaient l’Achaïe, la Messénie, l’Arcadie, la Laconie et l’Argolide ; 3°.l'Epire ; la Thcssalie.L’isthme de Corinthe unissoit le Péloponnèse au reste de la Grèce.# Les Grecs furent au commencement des sauvages presque sans société.Ils apprirent à se faire des cabanes et à se cou NOVEMBRE JC 18.253 y ri r de peaux: voilà leurs premières découvertes.Ils vi voient d’ailleurs comme les bêtes, ne connoissant pas même le mariage, » n’ayant aucune idée de police.Vers l’an 2000 avant J.C., une colonie s’établit en Grèce.Saturne, Jupiter, les autres Titans, adorés depuis comme des dieux, en étoient probablement les chefs ; mais leur établissement n’eut rien de considérable.D’autres étrangers vinrent i O bout de rassembler les familles et d’en former des peuplades.Athènes, Argos, Sparte et Thèbes, fondées par eux, devinrent de petits états.Des Ireinblemens de terre, de terribles inondations, cjui semblent avoir détaché du continent plusieurs îles, retardèrent les progrès de la société et la culture des mœurs.Des brigandages continuels y mirent encore plus d’obstacles.Le fondateur d’Athènes fut Cécrops, égyptien.Il s’établit dans l’Attique Pan 1582 avant J.C.Sa ville, nommée d’abord Oécropie, devoit être un jour la patrie de tous les talcns.Il y jeta les fondemens de la vie civile, par le moyen de la religion et du mariage.Il créa le tribunal de l’Aréopage, destiné à punir les meurtres ; tribunal dont la réputation s’est soutenue avec tant d’éclat.Les jugemens s’y rendoient de nuit, en plein air, sur la simple exposition du fait, et ne furent jamais taxés d’injustice» Danaüs, autre égyptien, introduisit l’agriculture et quelques arts dans son royaume d’Argos.Cadmus, phénicien, peupla Thèbes dans la Béotie, y fit connoîtrc la culture de la vome." O 1 l’art de travailler les métaux, et même l’écriture alphabétique.Ainsi la Grèce rccevoit tout des étrangers.Passionnée pouf les fables, elle donna une origine sacrée à ses inventions humaines ; elle supposa des dieux qui on fussent les autcurrs.On découvre cependant parmi tant de fables une vérité importante ; c’est que les préjugés de la barbarie opposèrent de grands obstacles aux plus utiles inventions.Triptolème, par exemple, risqua d’etre mis en pièces, parce qu’il enseignoit le labourage : et Bacchus essuya les mêmes périls en établissant la culture de la vigne.Tant l’ignorance rend les hommes aveugles et injustes ! Peu de temps après Cécrops, et après le déluge, qu’on appelle de Deucalion, les Grecs sentirent du moins l’avantage de * ^5 se réunir pour la sûreté commune.Ils avoient autant de rois 254 L’ABEILLE CANADIENNE.que do peuplades ; ils étoient continuellement en guerre les uns avec les autres, et n’auroient pu se défendre contre un ennemi étranger.Douze des principales villes formèrent enfin une confederation, (jui seule pouvoif remédier à tant de maux.Leurs députés dévoient se rendre deux fois l'an aux Thermopyles.Ils y formoient un conseil où se jugeoient les différends.Si des rebelles refusoienl l’obéissance à leurs décrets, on emplo-yoit conlr’oux la force des armes.Cette assemblée s'appcloit te conseil des Amphictyons, du nom de son instituteur.La défense du temple de Delphes, fameux par l’oracle d’Apollon, éloit spécialement commise à scs soins.Les motifs de religion rcndoient sacré un établissement qui ilevoit produire les plus grands biens, en faisant éprouver qu’autant la discorde est funeste aux hommes, autant l’union leur est salutaire.La guerre de Thèbcs, où sept rois se liguèrent contre Etéo-clc ; l’expédition navale des Argonautes dans la Colchide pour enlever la toison d'or; la guerre de Troyc, dans laquelle toute la Grèce étoil unie pour venger l’injure d'un Grec, prouve que la nation acquéroil de la politique et des forces.Nous ne devons point nous arrêter au récit de ces événemens, puisque tout y est altéré par des fables, et qu’ils appartiennent à la mythologie plutôt qu’à l'histoire.Il suffit de savoir que l'époque de la prise de Troyc est l'an 1203 avant .1.C.Tandis que les demi-dieux et les héros grecs se signaloicrit « contre les Troyens, leur absence de dix années occasionna en Grèce beaucoup de désordres et de brigandages.Environ quatre-vingts ans après, les Héraclides, descendons d'IIercule, qu'on avoit chassés du Péloponnèse, y rentrèrent les armes à la main ; ils s'emparèrent de Mycènes, de .Sparte, d’Argos, et répandirent la terreur de tous côtés.Alors des colonies grecques passèrent la mer, s’établirent dans les lies et sur les côtes do l’Asie-Mincure.On distingue sur- O tout celle des Ioniens, des Eoliens et des Dorions.La tranquillité et l’abondance dont elles jouirent, f.ivorisoicnt la culture des talons.Homère les illustra par ses deux poèmes épiques, l'Iliade cl l’Odissée.Il vivoit environ trois cents ans après la guerre de Troyc.Il fait époque dans l'histoire de l’esprit humain, la plus instructive de toutes.Depuis long-temps fllinos, roi de Crète, que les poètes font NOVEMBRE 1318.juge tics enfers, s’étoit dit inspiré pour établir des lois nouvelles ; mais ces lois se rapportoient principalement à la guerre et n’empêchèrent point les troubles ni les discordes civiles.Les Crétois furent de braves guerriers, mais des citoyens turbulcns.11 étoit réservé à d’autres Grecs do laisser à la postérité des modèles de législation.Les mœurs des temps héroïques de la Grèce furent simples et grossières, comme celles de tous les Barbares Homère nous en a tracé le tableau.Ces rois, qu'on se figure si puissans, avaient peu d’autorité, et n’avoient presque aucun appareil de grandeur.Ils tuoient eux-mêmes les pièces de bétail qui ser-voient à leurs festins ; ils les dépouilloient, les coupoient, les faisoient griller.On voit dans l’Iliade Agamemnon servir le O O dos d’un bœuf féAjax.Ils ne savoient que se battre, sans aucune idée de la science militaire.Le droit du plus fort éloit leur suprême loi.Féroces dans les combats, ils ne l'étoicnt pas moins dans la victoire, cl leurs prisonniers, fill-ce des princes ou des princesses, essuyoient les plus indignes traitemens.Ils avoient une avidité extrême pour le pillage; le butin se parta-geoit entre les chefs et les soldats : ceux-ci ne recevoicnt pas d’autre paie.Faut-il s’étonner des injures quo ces héros se disoient publiquement ?Les dieux d’Homère s’en disent de pareilles, et montrent les mêmes vices que les hommes.La religion des Grecs déshonoroil donc la divinité.Quoi de plus absurde que leur mythologie ?Quoi de plus superstitieux que leur ciédulité pour les oracles, dont les réponses ambiguës décéloient la fourberie de leur auteur?Us croyoient à la vie future, et ce dogme annonce beaucoup de sagesse.Mais la manière dont ils se iigu-roient l’Elysée et le Tartare, eboquoit trop la raison pour produire de solides avantages.O Ce fut d'abord un très-bon établissement que celui des jeux de la Grèce.Différentes espèces de courses et de combats, la lutte, le pugilat, la pancrassc, y formoient le corps, lui don-noient de l’agilité, de l’adresse et de la vigueur, le prépnroient à tous les travaux militaires.L’émulation y éloit excitée, nen par l’intérêt, mais par la gloire ; une couronne de feuilles, les applaudissemens et la renommée, paroissoient un prix infiniment préférable à la fortune.Ces jeux rassembioient les Grecs, sus- L’A BEIL L E CA NA DI EN N E 256 pendoicnt leurs discordes.Toute hostilité cessoil enlreux pendant qu’on les célébroit.Goûtant alors les mêmes plaisirs, iis dévoient sentir les douceurs d’une paisible union, ils dévoient 9 souhaiter de l’entretenir.Le culte qu’ils rendoient à leurs dieux, le récit pompeux des exploits de leurs héros, l’enthousi* ê asme naturel à leur imagination ardente, tout élevoit les âmes clans de pareilles assemblées.Mais ces jeux dégénérèrent avec le temps en amusemens frivoles et ruineux.Des athlètes entretenus à grands frais, prirent la place des citoyens.On se fit une toile vanité d’avoir des chevaux qui remportassent les prix pour leurs maîtres.La fureur des spectacles étouffa l’amour du bien public.Nous verrons les abus qu’elle produisit.^,c*s jeux Olympiques, célébrés tous les quatre ans près d'OIympie dans le Péloponnèse, éloient les plus célèbres de tous.Les Olympiades, qui éloient de quatre années, d'une de ces fêles à l'autre, servirent de dates pour les laits.La première commence en 776 avant J.C.11 y en avoit eu d’antérieures, mais qui ne sont point connues clans l'histoire.(A continuer.) »v 'V ?iv 7|\T /,* SUITE DE “ QUELQUES NOTIONS Sur ht Topographie de la Lune, et sur scs institutions.n IL y a plusieurs centaines d’années (pie l’Empereur, résidant à Lunoi, possédoit les deux tiers du globe lunaire; le reste étoit au pouvoir de plusieurs petits princes.Tous ces messieurs faisoient entr’eux, quand et comme cela leur plaisoit, ic com-mercc des peuples, qu’on a ppc 1 loi t des traités d’alliance.Ils sc faisoient réciproquement cadeau d’une ville, d'un canton, etc.agi-oloient et brocantoicnt une province, et trafiquoicut d’une nation comme on trafique des balles de colon.Ce petit jeu-là n'nmusoit pas beaucoup plusieurs milliers d'è-très à deux pieds, portant figure humaine, qui n'étoient pas très-fiattés de sc voir vendre et revendre comme des chevaux et de?vaches qu’on mène à la foire. NOVEMBRE 1810.251 f Ils curent l’auJace de s’en plaindre; leurs marchands curent la bonté de n’y pas faire attention.On patienta encore ; tant qu’à la lin, au moment où une demi-douzaine de nations alloicrit encore être exposées en vente, elles jugèrent à propos de se mettre sous la protection immédiate de l’empereur, qui voulut bien les prendre pour rien.Cet exemple fut suivi par tout ce (pii resloil de peuples à vendre.Les petits princes jetteront feu et flamme ; mais il fallut en passer par là ; et ils lurent très-aises de venir passer ie reste de leurs jours au sein des plaisirs, à la cour de Lunol.On les traita par-tout avec beaucoup d'égards, pour deux raisons ; 1°.pnreequ’il faut savoir se mettre à la place de son semblable, ne lui pas faire ce qu’on ne voudroit pas qu'il nous fît, et songer qu'un homme quelconque, accoutumé toute sa vie au rang suprême, est cruellement puni par la perte de tout ce qui llattoit son ambition et sa sensualité.2°.Parcequ’au- cune raison sous le ciel ne pent dispenser une nation du respect * • qu’elle doit à l'humanité, ne fùl-ceque pour l’exemple qui indue toujours en mal, quand l'humanité soutire ; de quelque prétexte qu'on colore d’ailleurs la persécution.Environ trois cents vingt ans s’écoulèrent ensuite, pendant lesquels les empereurs régnèrent paisiblement sur tout le globe lunaire.Il y en eut de bons .; et ceux-là, on en conserve encore précieusement la mémoire ; il y en eut de mauvais ; et ceux-là, on en parle avec une sorte d’horreur; il y en eut coicssi, roussi ; et ceux-là, on n'en dit rien.Mais tout à-coup, il s'éleva du sein de la nation même un grand g finie, qui se mit à réfléchir; et, tout en réfléchissant, il imagina un expédient pour être beaucoup plus heureux qu’on ne l’étoit.Cet expédient, c’étoit de massa-orcr tous les prêtres, de nier l'existence de Dieu, d’égorger tous les nobles, de piller tous les châteaux, et d’incarcérer tous ceux qui ne penseraient pas comme lui.Ce système, malgré la vigilance du gouvernement, sc répandit par-tout, fascina les yeux du peuple, et le séduisit aisément sous {’apparence illusoire d'une égalité parfaite; qui ne peut exister (pie politiquement.D'une autre part; les nobles et les prêtres obusoient aussi par trop de leur crédit et de leur opulence.Les menacés ne voulurent point céder ; les menaçons insistèrent ; les plus forts liront la loi : mais il y eut peu de sang versé, car les lunatiques sont en deuil pour une goûte de sang répandue sans nécessité.Le peuple N 258 {/ABRUXE CANADIENNE.abusa do sa victoire ; après avoir obtenu ce qu'il falloit, il exigea plus qu'il ne fallait ; des propriétaires, on en vint aux héritages ; du sacerdoce, on en vint aux autels; nombre d’églises furent détruites ; nombre d'apanages furent dévastés.L’empereur, homme foible, mais simple et bon comme la nature, entouré de conseils perfides, ne sachant auquel entendre, en conçut un chagrin si violent, qu'il contracta une fièvre bilieuse qui le mit au tombeau en moins do trois mois.Il ne laissoit point de successeur.Pour sortir de l’état d'anarchie où l'on se trouvoit, on assembla le Conseil Général de la nation lunaire, formé d’hommes probes, religieux, sages, modérés, instruits, et tous d’un âge inûr.Ils firent une Constitution dont nous allons rappeler les ! bases fondamentales, et voilà, messieurs, la révolution de la lune.CONSTITUTION DK LA I.UNK.ciiAmru; D>\Inrntion provisoire.\ Ln Conseil Général de la Lune, avant de travailler à la Constitution, voulant étouffer, dès leur naissance, les divisions intestines et tout ce (pii pourioil réveiller la haine des différons partis, Décrète, à l'unanimité; One toute espèce d intolérance en matière d’opinions, soit politique'’, soit religieuses, est déclarée attentatoire à la liberté, et sera punie, si elle est prouvée, de la peine portée par la loi contre les conspirateurs, qui tic tendent qu’à bouleverser l’état, en divisant les citoyens ; %/ / Qp’il »’ est point de propriété plus sacrée que l’opinion; qu’il veut et ordonne, en conséquence, qu'on la respecte, quelle qu’elle soif, dans tous les individus de l’empire ; Ou'il ne voit rien de si naturel que de regretter les vieilles w i O habitudes, qu'on a, pour ainsi dire, sucées avec le lait ; Qu’on ne peut soumettre la pensée par la force, et qu’il fini-droit avoir perdu toute pudeur et toute raison pour croire que des ('( crois de rigueur puissent violenter les préjugés et forcer les idées des citoyens; Qu'il faut plaindre et chérir davantage les citoyens qui s’alïli- 2 NOVEMBRE ÏC18.2ô9 vent du nouvel ordre de choses, et chercher à les ramener à la paix, par des égards, par la douceur et par la compassion ; Qu’il seroit de toute absurdité de vouloir réformer la nature, et qu’il n’y a point de puissance humaine qui puisse se flatter d’y réussir en aucun cas ; qu’en un mot il laisse à tout le monde pleine et entière liberté de penser, de parler et d'agir, pourvu que l'ordre ne soit pas troublé, et qu'il ne prétendra jamais substituer au pouvoir modéré d’un seul, la tyrannie nulle lois plus arbitraire de plusieurs individus./ CIIAI’ITllE 1).tiennent, solemncl.Au nom de la nation lunaire, et sous tes auspices cousolans, ù •divin Créateur de tous les globes épars dans l’immensité! en présence de ta majesté, ô Dieu qui vois tout, qui sais tout, qui peux tout, et à qui rien n’échappe des desseins cachés des ambitieux et des pervers ! Le conseil général de la lune, assemblé dans l’enceinte du % temple de la loi, pour tous les habitons du globe, qu'il a l’honneur de représenter et dont il est chargé d’exprimer les intentions et la volonté; avant de procéder au grand œuvre de la régénération morale et politique de cet empire, De’cLARE et JURE SOLENNELLEMENT CC qui Sllit I 1°.Tout intérêt particulier, toute considération étrangère au bonheur public, n’entre absolument pour rien dans nos vues.2°.Nous n’écouterons jamais la voix des passions; la justice et la vérité seront nos seuls guides, sans aucune idée de haine, de vengeance, d’orgueil, d’ambition, de vanité ou d’égoïsme.3°.Nous n’étendrons, en aucun cas et sous aucun prétexte, la sphère de nos fonctions au-delà des bornes prescrites par la loi, cl leur durée au-delà des vingt mois décrétés comme article fondamental de notre législation.‘1°.Nous avons été choisis par nos concitoyens, librement, sans intrigues, sans aucune démarche directe ni indirecte, publique ou cachée, pour nous faire élire ; et nous n’avons cherché, par aucun moyen, même licite en apparence, à captiver leurs suffrages, à exciter des mouvemens en notre faveur, à leur faire adopter nos opinions, à leur fasciner les yeux par de belles pro- 260 L’A BEI LEE CAN A DIENNE.messes, à les étourdir par des phrases, ni à nous étourdir nous' .memes sur la majorité absolue et réelle des volontés.5°.Nous appelions sur nos têtes les vengeances de Dieu cl des hommes, et l’anathème des générations futures, si nous nous écartons, dans tout le cours de celte législature, de ce phlcgme et de cette impassibilité, (jui font l'essence de nos fonctions, de ce respect inviolable pour la religion et les mœurs, auquel toute la philosophie humaine ne saurait suppléer ; de cet amour sacré de l’humanité, qui fait de la tolérance un devoir indispensable, et de cette parfaite intégrité de cœur et d’esprit, qui seule constitue l'homme probe; si enfin nous admettons jamais dans notre âme le plus léger mouvement, qui puisse porter atteinte à cette incorruptibilité inaltérable, dont chacun de nous a toujours fait é profession.N.B.—Si l'un d’entre nous ne se sentoit pas la force de remplir ce serment à la rigueur et dans toute son étendue, il peut se retirer dès à présent, sous tel prétexte que bon lui semblera, sans que personne ait le droit de l’inquiéter sur sa retraite.Mais s’il reste avec nous, s’il coopère à nos travaux, se reprochant un seul défaut, un seul trait de sa vie, qui soit contraire à ce serment ou aux qualités requises par la loi ; qu'il sache que ce serment est gravé en lettres d’or au frontispice de ce temple, qu'il porte par-tout avec lui sur sa médaille le précis et la date de ce serment, et que le peuple, qui l’observe, lui demandera têt ou tard un compte terrible de sa trahison et de sa bassesse.CHAPITRE III.Devoirs de l'homme cl droits de l'homme.L’oubli des devoirs et des droits de l’homme a causé tous les malheurs de la société ; Or le but essentiel d’une Constitution est le bonheur de la société ; Donc la base de la Constitution lunaire est l'exposition claire et précise des devoirs et des droits do l'homme.Devoirs de l'homme.Le Conseil général entend exposer les devoirs de Lhommt avant ses droits, par deux raisons péremptoires : NOVEMBRE 1318.561 La première, c’est que l'homme, naturellement porté, par t'amour de lui-métnc, au soin de ses jouissances personnelles (soin qui dégénère facilement en égoïsme ; et de l’égoïsme à la tyrannie et à l’injustice, il n'y a qu’un pas), oublie plus vite et plus aisément ses devoirs, qui lui imposent des sacrifices, que ses droits, qui favorisent son amour-propre.Donc l’homme doit connoîlre ses devoirs avant ses droits.La deuxième, c est que l'homme en société ne peut jouir de ses droits, qu’autant qu’il remplit scs devoirs; il faut donc, s'il veut jouir de ceux là, qu’il remplisse préalablement ceux-ci.Donc l'homme doit connoïtre ses devoirs avant ses droits.C’est pour avoir perdu de vue ce grand principe que des milliers de législateurs ont bâti sur le sable.Tout homme qui n'adopte pas ce principe incontestable, ne peut qu'être, ou aveuglé par l’gnorance et l’exaltation, ou égaré par des connoissanccs superficielles et des demi-observations, ou guidé par des projets ambitieux, subversifs et criminels.Ceux qui parlent toujours au peuple de ses devoirs, sans lui parler de ses droits, sont des tyrans.Ceux qui parlent toujours au peuple de ses droits, sans lui parler de scs devoirs, sont des anarchistes.Ces deux espèces d’hommes sont de mauvaise foi et très-dan-gereux dans la société.Les devoirs do l’homme sont de trois sortes : 1°.Ses devoirs envers Dieu, qui est, sans aucun doute, la fin première de tout être raisonnable.2°.Ses devoirs envers ses semblables, qui doivent lui être aussi chers que lui-même.3°.Scs devoirs envers lui-même; toute créature douée de fa-cullés morales et destinée à la vertu, étant tenue do se respecter elle-même.1°.L’homme doit à Dieu l'hommage de son respect, de son amour, de sa rcconnoissancc.De son respect, puisqu’il n’est lien dans l’univers de plus respectable que son auteur ; el que tout ce qui existe, n’existe que sous sa dépendance.De son amour, puisque rien au monde n’est plus digne d’être aimé que l’Etre doué de toutes les perfections à l’infini.De sa rcconnoissancc, puisqu’il ne respire que par lui, qu’il 262 L’ABEILLE CANADIENNE.tient de lui l’existence, source de bonheur quand il n’en abuse pas, et l’intelligence, autre source de plaisir, quand il la dirige vers le bien.2°.L'homme doit à ses semblables l’exemple, rattachement, les secours, la sûreté.L’exemple, parccque le tableau du vice rend les hommes vicieux, et celui de la vertu, les rend vertueux.L'attachement, pareequ’il est naturel de se rapprocher, quand on a les mûmes goûts, les memes destinées, la meme forme, la même nature et les mûmes besoins.Les secours, pareequ’il n’y a pas plus de raison pour nous d’espérer l’assistance d'autrui, que pour autrui, de s’attendre à la nôtre ; et que notre mutuelle dépendance les uns des autres nous porte naturellement à faire aux autres ce que nous désirons qu’on nous fasse.La sûreté, parccque la société humaine n’existera jamais sans la garantie respective dos propriétés, de la liberté et de la vie.3°.L'homme se doit à lui-même réserve, réflexion, protection et jouissance.Réserve, parccque les excès sont indignes de sa raison et nuisibles à son existence.Réflexion, parccque sa haute destination ne lui permet pas d'aeir machinalement, comme les brutes.O ' Protection, parccqu’il ne tient la vie de son créateur, que sous la condition expresse de ne la quitter que par son ordre.Jouissance, puisqu'il doit faire valoir les dispositions morales dont il est doué, et user avec gratitude de scs facultés physiques.Droits de l'homme.?| Lf.s droits de l'homme sont de deux sortes ; ceux de l’homme naturel et sortant des mains du créateur ; il jouit de ces droits en quelque lieu du globe que l’ait placé la providence ; et ceux de l'homme civilisé, ou vivant en société.Naturel, or pris isolément, il est libre de scs pensées et de scs actions, pourvu que ni les une?, ni les autres ne tendent à sa destruction.11 peut aller, venir où bon lui semble, se nourrir et se vêtir comme il lui plaît ; il a l'empire sur les animaux destinés à son usage; il peut tirer parti, pour son avantage, des / NOVEMBRE 1818.2 G ri végétaux, des minéraux et de tout ce que la nature met à sa disposition pour qu’il en use par la force ou par l’adresse.Civilisé, il naît et demeure jusqu’à son dernier soupir, libre de sa pensée, de scs paroles, de ses actions et de scs démarches, pourvu qu'il ne viole point les loix de lu société dont il fait partie.Il seroit absurde, ridicule et illusoire d’exposer dans une déclaration des droits de l'homme, que la liberté s’étend à tout ce (jui ne nuit pas à, autrui, à tout ce qui ne trouble pas Vordre public ; car les droits de l'homme ne sont que des principes généraux, nullement applicables par eux-moines à telle ou telle circonstance indéterminée; la loi seule peut en faire l’application.Autrement chaque citoyen, qui croiroit voir une contradiction entre les droits de l'homme et le code légal, contenu dans la même Constitution, interpréteroil sans cesse, dans son sens, selon scs passions et sa manière de voir, ce rpù nuit ou ne nuit pas à.autrui, ce qui trouble ou ne trouble pas Vordre public.Tel feroit naître exprès des cas où l’action la plus innocente trouble-roit l'ordre ; tel autre se prévaudrait des droits de l’homme, en laissant la loi de côté, ou même en la condamnant d’après ces mêmes droits, pour prétendre que l’action la plus criminelle r.r.nuit à personne.L’exposition des droits de l’homme est donc purement spéculative, tant que la loi, consignée dans le même code que ces droits ont précédé, n’en détermine pas la valeur et l’exercice ; en un mot tes droits de l'homme ne sont rien sajis la loi, et il n est jamais permis de les exercer sans elle ; autrement leur exposition serait un piège tendu à l’ignorance, et la Constitution même serait illusoire.chapitiu: IV.Knalité et liberté.O Tous les hommes sont égaux, île fait, devant Dieu et devant la loi.1°.Devant Dieu; Dieu les a tous subordonnés aux mêmes besoins, aux mêmes infirmités, aux mêmes obligations envers lui.Tous, sans distinction d’état, de talons, de fortune et de forces, naissent de la même manière, meurent de même, n’ont 2 t> 4 L'ABE1LLE CANADIENNE.qu’un toms très-court à passer ici bas, retournent à la poussière (]iii les ronge, et reçoivent du créateur la récompense ou le châtiment de leurs actions, 2°.Devant la loi ; la loi un connoît ni rang, ni préjugé ; elle é punit ou protège tous les citoyens, quels qu’ils soient: sourde a l’éloquence de l’orateur passionné ; aveugle aux sollicitations de l’or et aux larmes factices du coupable, clie ne connoît que le juste et l’injuste, l’oppresseur et l’opprimé, le scélérat et l’homme de bien.La loi est la sauve-garde de la sûreté sociale, de la liberté O générale et individuelle, et de l’égalité naturelle.7 O Quoiqu’elle ne soit en elle-même qu'un être de raison, elle u’en existe pas moins réellement par son action perpétuelle sur le corps politique.Elle protège, maintient et défend indistinctement la vie, l’honneur et les propriétés de tous les citoyens, ensemble et séparément.La loi, par son exercice continuel et bienfaisant, peut et doit être considérée ici bas, comme un rayon émané du soin de 7 % la divinité.C’est à la loi seule qu’il appartient de déterminer les cas cù les peines portées par elle sont applicables.La manifestation des pensées, tendantes à troubler l'ordre public, est une infraction à la loi, l’intention de le troubler étant réputée aussi criminelle que l’action même ; mais la loi seule doit en décider, et elle ne le peut que sur des preuves convaincantes.Lo corps législatif a seul le droit de changer ou île modifier la loi ; un corps subalterne ne peut pas l’interpréter forcément, ni l’appliquer à ceux qu'elle ne concerne pas.Explication du chapitre precedent.Comme une nation quelconque n'est jamais toute composée d'hommes assez philosophes pour se contenter de la simple exposition de leurs droits, le conseil général, voulant ne rien laisser a désirer au peuple sur ce qu'il lui importe si bien de con-noître, déclare ce qui suit : lü.La liberté sociale, dont l'homme jouit et doit jouir, n’est pas une indépendance absolue ; NOVEMBRE 18113.265 r I L'homme est et sera toujours esclave de ses besoins et de ses infirmités ; il est esclave de la loi, nul homme ne pouvant jouir d’une liberté que la loi ne lui accorde pas.II est esclave de ses devoirs envers ses semblables.Il est esclave des rapports de nécessité, (pie Dieu même a établis entre les membres d'une même société.Si chacun vouloit être libre aux dépens d’autrui, personne ne fceroit libre.On n’est jamais libre de nuire, ni d’essayer de nuire.On n’est jamais libre de punir et de se venger; il faut que ce soit la loi qui venge et qui punisse.La licence est diamétralement opposée à la liberté.2°.L’égalité sociale n’empêche pas que l’inégalité ne subsiste dans les facultés morales et physiques ; et ce sont-là des jeux du hasard, (pii entrent dans les vues secreltes de la providence, niais (pii ne prouvent rien devant la loi.Le sot n’est point l’égal de l’homme d’esprit.Le valétudinaire, dont la complexion est délicate, la taille petite, le physique foible, n’est point l’égal de l’homme robuste, d’un appétit dévorant, et d’une bonne constitution.0 L’homme instruit et studieux n’est point l’égal de l’homme ignorant et paresseux.L’homme vif et décidé n’esl point l’égal de l’homme lent et irrésolu.L’homme vicieux n’est point l’égal du sage.Tous les caractères Varient entr’eux, en raison des différentes complexions ; et ce sont là des inégalités réelles.De ces inégalités, fondées sur la nature elle-même, résulte la diversité des professions et des travaux, qui est un bienfait pour la société.Tel se sent né pour un état, tel pour un autre ; tel a plus d’activité, tel en a moins ; tel a de l’ordre dans ses a flaires, tel les dérange par son inconduite ; tel résiste à ses passions, tel cède à la vivacité de ses sens ; &c.&c.&c.Ma is la L oi est la même pour ces diverses classes d’hommes, et toutes ces différences ne sont absolument rien à ses yeux.J (.?continuer.') o ¦2G6 L’AI)LILLE CANADIENNI PHYSIQUE.Du Thcrmomltrc.LE Thermomètre ne montre essentiellement que les degrés * » N du boiKpiet que vous .me.destiniez.Oh! si vous saviez ce qu'il néon a coûté de vous renvoyer pour ménager cette surprise !— Pas plus qu'à moi, mon ami, quand je vous ai forcé de revenir * ici, seul, inquiet, et doutant peut-être, pour la première lois, % A« de toute ma tendresse ; mais, ce qui m’a le plus affligée, ce que je ne me pardonnerai jamais, c'est d’avuir éprouvé un plaisir vé- • • % rilable à vous tourmenter ainsi.—Ah! ce qui ne s'effacera jamais de ma mémoire, c'est d'avoir pu trouver la force de vous éconduire, de vous h.l’user la porte de cette retraite où, tant de lois, je vous attendis avec impatience !—Du moins, vous vous étiez caché d( rrière vos rideaux, niais mc)i, me montrer a mon balcon * V pour vous narguer, pour ne vous laisse)' aucun doute de mon ressentiment ! Ob ! de quel dépit, de quelle extravagance est donc susceptible !e cœur le plus aimant, dès .qu'il se croit blessé 1” Chacun n gardoit avec attendrissement ces deux êtres d'un autre siècle, s’avouant réciproquement leurs premiers, torts, et se donnant une nouvelle preuve de l’attachement le plus inviolable.Saint-Lambert ne négligea rien pour embellir celte soirée, qu’il regardoit comme l’une des plus charmantes de sa vie, et que prolongèrent tort avant dans la nuit, toutes les personnes di.siin-guées qui s’v tronvoient réunies, il ne cessoil de.raconter cette brouiJIerie d’un instant avec la comtesse.Tous les deux furent, m * • 9 jusqu'à leur dernier jour, un modèle parfait de constance: vaine:, eut de nombreuses années vinrent courber leurs têtes ; ils ne.perd in nt ni cette vivacité d’esprit, ni celte expression de sentiment qui ne s'éleinl jamais quand on aime : leurs furies ne cou-muent point ia vieillesse ; et tous les habitans de la belle vallée NOVEMBRE 1318.27S e.Montmorency conserveront long*temps encore le souvenir des vieux amis.J.N.BOUILT.V.sis sis \ls 0è\ /»% .(4„ M O N 'J1 II E A «it a observer le développement graduel de ses facultés, enlfèjfty^a soil ici tilde éclairée sut présager df - !or a pmteo)ilJ?l?fleurs et de fruits celle tout ce (|ue pTfrtéroil dfc (leurs et de iniits celle plante royale.Parvenu , comme elle cormnençoit sa vingtième année, et c’est vraisemblablement cette époque qu’elle avoit attendue, pour déployer la magnificence extérieure convenable à son rang.Introduite ce jour-là même dans les appnrîe-mens de la Reine, où l'on rcmnrquoil une affluence de monde plus qu’ordinaire, la richesse éblouissante de sa parure, en harmonie avec l’assurance de sa démarche et la dignité de son O maintien, fixa d’abord l’attention générale.Un diadème étin-cellant, surmonté de la plume favorite du Prince, ceignoit ce front auguste, siège des grandes pensées et des projets les plus généreux.Scs traits à la fois gracieux et nobles, la vive expression de sa physionomie, un charme particulier attachés à sa personne, tout en elle; rnppeloit la célèbre Elizabeth dans !a plénitude de sa jeunesse et de sa beauté ; colle même Elizabeth que la Princesse citoit souvent comme devant cire le modèle d’un» Reine d’Angleterre, et avec laquelle elle avoit a-surcment la plus grande conformité de caractère et de grand, m.L impression profonde que fit la Princesse sur tous ies assis, tan s, dans cette circonstance solemnelle, proclamoit rusez que son mérite personnel, plus que sa naissance, lui assuroit dès lors un empire absolu sur tous les cœurs.Le P rince Léopold de Cobourg étoil venu visiter l'Angleterre en 1814,après avoir servi honorablement, sous les Princes alliés, LU BE lLLE C A X A D f E XX E.O 7 o contre la France.Sa famille jouissoit d'une haute distinction parmi les Princes tie Saxe.!1 avoii pour aveu! ce laineux Prince de Cobourg, oui commanda les forces de l’Autriche contre celles de In Porte, pendant le règne de Joseph, et qui.depuis, soutint quelque tems, dans les Pays-Pas, la fortune do l’Autriche, chan-cellanlc devant les gigantesques entreprises de la France.Les manières engageantes du Prince et son noble comportement furent remarqués par la jeune Princesse : il obtint la faveur de briguer son alliance, et le mariage fut célébré le ?.Mai 1010.— Ainsi, dans cette union, l'élévation du rang ne fut point un obstacle à la liberté du choix, et celle qui étoit appelée à faire le bonheur d'une grande nation, put aussi stipuler le sien propre.La Cour lit pleuvoir ses laveurs sur l'heureux mortel dont le mérite avoit obtenu le cœur d une Princesse en qui la famille Loyale plaçoit toutes scs espérances.On lui donna la jarretière et un régiment de cavalerie.!! obtint le grade de général, et l'ancien O O % 0 Duché de Kendal, recréé pour lui, lui lut offert.La nation ne se montra pas moins généreuse ; elle pourvut avec munificence au bien être de Pii lustre couple, et eile fil l’acquisition rie Claremont pour sa résidence.Cette hvménée s'nnnonroit sous les plus heureux auspices.— Le Prince, homme aimable et délicat, aimoit éperdument son é-pouse, et la Princesse rcdouhloit charpie jour d'affection pour celui que son cœur avoit choisi.Les plus douces jouissances d’une vie active et privée crnbellissoient tous leurs instans.Prcs-*qne toujours ensemble, ils se plaisaient à visiter les hameaux voisins, à descendre dans les chaumières, à interroger les paysans sur le succès de leurs travaux, à assi-ter les nécessiteux, à encourager l’industrie, à distribuer par-tout des paroles d’encouragement et de consolation.Ils s'éloignoicnl rarement de leur O V- résidence, n’allant jamais à Londres que dans les occasions où leur présence y éloit requise.Une sage distribution de teins président aux occupations utiles comme aux récréations innocentes.Le Prince étudioit l'Anglois sous la direction de la Princesse, et celle-ci consuitoit son époux sur le choix de quelques perspectives des environs, dont elle vouloit enrichir sa collection de desseins.Les soirées étoient plus particulièrement consacrées à la musique.Ainsi s'écoutaient délicieusement, dans I exercice des vertus bienfaisantes, et dans la culture des sciences et des NOVEMBRE 1313.2 79 beaux arts, le» heures fortunée?de l'illustre couple, lorsque le jour destiné à combler la joie du peuple Anglois se convertit tout-à-coup en un jour rie deuil et de “consternât ion.Nous n’a- X vous point la force de retracer les détails douloureux de cette funeste catastrophe ; hélas î ils pèsent encore sur tous les emurs,— et aucune langue humaine n'est assez puissante pour proclamer dignement et nos pertes et nos regrets.H.M.MON U M EN T N A T10 N AL, A la mémoire de Son Altesse Royale feue la Princesse CHARLOTTE ni: GALLES et SAXE-COBOURG, pour l’érection duquel on propose une Souscription générale, sous les auspices de Son Altesse Royale la Duchesse d’VoiiK.—A l'elfet de rendre l’olïrandc aussi générale que le sentiment du regret est sincère, on ne recevra nulle souscription excédant Une Guinée de la part d’aucune personne ; tandis que la moindre somme scia acceptée comme vu tribut de respect.A une A «semblée dns Citoyens
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