La Quête : journal de la rue, 1 avril 1998, Avril - Mai
numéro 11 Avril - Mai 1998 journal de la rue : ¦ .contribution volontaire mm wmmm.WM SOMMAIRE arrières, professions et/ou vocations pages 8,9 & 10 Quand la délinquance n’a pas d’âge, pages 16 & 17 La justice, c’est rentable?page 5 Lueur d’espoir pages 18 & 19 L’analphabétisme pages 28 & 29 Les Pyromanes pages 24 & 25 Remerciements Nous remercions le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, le Secrétariat au développement des régions, le député de Louis-Hébert, Monsieur Paul Bégin, la Fondation Mgr Moreau, le Club Rotary de Québec, le député de Charlesbourg et ministre Monsieur Jean Rochon.Ces personnes et organismes, par leur soutien financier, ont contribué à la production de ce numéro.Éditeur: L'Archipel d'Entraide.Coordonnateur: Christian Massé.Collaborateur-trice-s: Bernard St-Onge, Antoine Faucher, Bruno Anger, Pierre Maheux, Jacques Bisson, Louise Gagné, Alcide Labrecque, Danielle Marcoux, Monique Lapointe, François Tremblay, Martin Potvin, Louise Lou, C Marie Cholette, Jonathan Christopher Lainey, Yépo, Yvan Robinson, Jean Pierre Chénard, Jean A.Gagné Sheila York, Lysette Robitaille, Yolaine Chénard.Promotion et Distribution: Christian Massé, Yolaine Chénard.Illustration couverture & page 11 : Francis Desharnais.Infographie et montage: Christian Massé.Imprimeur: IMPRIMERIE Québécor inc.La Quête est distribué sur la rue en échange d'une contribution volontaire de 2 $, dont 1 $ revient directement au camelot.Tirage : 6 000 exemplaires La Quête, 729 côte d'Abraham, Québec (Québec), GIR IA2 Téléphone : (418) 649-2388 Télécopieur : (418) 649-7770 Dépôt légal 45762 1 Bibliothèque Nationale du Québec Les propos tenus dans les pages de La Quête n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs.Distri/bution Asser/mentée Cf) au journal de la rue.£ o WD £ f£ Depuis le début d’avril le journal La Quête a un nouveau coordonnateur.Cela fait suite à la fusion des postes de coordination et d’infographie.L’ancien coordonnateur, Pierre Maheux, avait comme mandat de restructurer le journal de façon à améliorer la stabilité des parutions et le suivi auprès des camelots.Pierre a apporté au journal cette stabilité et une approche bien personnelle basée sur le respect et la conciliation.Tous les camelots et tous les collaborateur-trice-s que j’ai rencontrés depuis mon arrivée au sein de l’équipe n’ont eu que des bons mots pour son travail.C’est donc un journal en pleine santé qui m’accueille comme coordonnateur-infographiste.J’aimerais remercier Pierre pour son soutien et son travail qui ont redonné au journal de la rue, son élan vers un avenir qui, je le souhaite, apportera autant le support financier pour nos vaillants camelots que la découverte pour vous nos lecteur-trice-s du vécu des gens qui côtoient le quotidien de la rue.Christian Massé Coordonnateur fÆvUWX:.'< \ j ^ afe .Party du journal La Quête Vendredi le 13 février dernier, les camelots, les collabora-teur-trice-s et le coordonnateur du journal de la rue se sont réunis dans les locaux de l'Archipel d'Entraide pour un souper où les gens ont pu mieux se connaître.Un tirage fut même organisé et deux personnes ont gagné des billets pour le spectacle Elvis Story, une gracieuseté du théâtre Capitol.S'accompagnant à la guitare, Roger Frédette ( camelot ) a su agrémenter la soirée par sa musique et ses chansons.Autant les auteur-e-s des articles que les camelots furent satisfaits de cet échange entre les divers inter-venant-e-s du journal. VIII LA IVSTICE 8ième Arcane Cette vivante stabilité immanente impartialité ordonne la sentence mort ou reconnaissance?Ignorance ou connaissance?Noirceur ou splendeur?Honneur ou déshonneur?Misère ou richesse?Esclave ou libre?Mensonge ou vérité?Les rythmes de la vie en son déploiement et ses incessants changements.Lui devons-nous un respect troublant au-delà du balancement.Vinart Mintop L'intégrité immuable de la grande déesse son glaive entre les mains et la balance suspendue.J’ai appris entre les branches que Pierre Maheux quittait le journal.Je tiens personnellement à le remercier pour la confiance qu'il a su me donner.Je lui souhaite bonne chance et je sais que comme au journal, il saura réussir dans ses futurs projets.Bruno Anger Camelot La bonne justice?Mon nom est Jacques, camelot pour La Quête depuis le début du journal.Ça me fait plaisir d’écrire sur la justice, car si tu as beaucoup d'argent, tu te laves les mains.Nous les pauvres de la rue, si nous ne serions plus là à travailler pour des pinottes, il y auraient bien des problèmes de conscience.Si tu te laisses faire et bien tu es cuit comme un rat.Si tu as du fric, pas de problème, si tu es comme moi, ils vont rire de toi.C'est ça la justice du pauvre, si tu as des sous, pas de problème pour payer les avocats.Moi, j'ai bien compris la justice de la jungle.Je préfère être dans la me, car ça n'a pas de prix pour moi, je préfère la vrai liberté mes chers lecteurs de ce journal.Merci! Jacques, camelot de La Quête.Journal La Quête 9 Avril 1998 À qui de droit, \ %.La jüitice entable?Saviez-vous que l'on juge habituellement une société par son système judiciaire et carcéral.Il appert que, selon les droits de l'homme, nous sommes venus au monde égaux les uns aux autres.Ce discours prend souvent la forme d'un certain misérabilisme, puisqu'enfin les repris de justice sont sujets à la discrimination la plus radicale qui soit contrairement à ce que l'on oserait prétendre ou comprendre.Je croirais quand même, sous toute considération, que l'homme devrait être BON en lui-même et aussi que ce ne soit pas par choix, ni mauvaise volonté qu'un individu prenne un chemin aussi misérable, qu'on oserait à peine l'imaginer.Malaises de société! Qu'en est-il de la réalité des gens qui subissent une longue incarcération?Ces gens sont considérés comme irrécupérables et, de façon quasi folklorique, sont drastiquement poussés à la récidive, ou encore, pour survivre, à être entretenus dans le monde de la criminalité.Il est facile de comprendre qu'il en soit ainsi.J'en ai vu avoir été accusés de crime contre la société, sans en être vraiment coupables ou directement responsables.De plus trouverons-nous normal de voir les prisons tellement occupées qu'il y ait des refus d'emprison- nement ou de mise en liberté conditionnelle.Souvent, il ne s'agit même pas de criminels en tant que tel.Ces gens souffrent de désordres psychiques qui les empêchent de progresser en société de façon normale.Et, ils ne seront jamais considérés sous un aspect humanitaire, de cette façon.La magistrature elle-même a des réactions aberrantes.J'en ai eu quelques témoignages.Bien sûr, je croirai toujours qu'il faille administrer la justice (grosse business payante!) car le crime est maintenant à votre porte.Un juge est aussi responsable que l'inculpé lui-même, dans le sens ou normalement l'un et l'autre devraient être concernés par le problème de la réhabilitation.Il ne faudrait surtout pas entretenir le criminel dans le réseau du crime organisé, souvent érigé fatalement en système et vu comme la solution au problème lui-même.Un juge ne devrait pas voir uniquement au bien-être, mais à la survie de ces gens plus que démunis.Ce qui n'est pas évident de prime approche.Voyons donc à un certain équilibre devant ce problème qui ne demande qu'à être remis en question.Le récidiviste est puni, mais non-traité devant son malaise de vivre en société.Il y a des pervers et des psychopathes qui courent plein nos rues sans qu'on en devine le moindrement leurs réalités véritables.Antoine Laucher æsi 'f *S» v Journal La Quête 9 Avril 1998 Les lièvres du verglas Des lièvres ayant parcouru les bois tout l'été furent dépourvus durant le verglas.Ils ne pouvaient plus manger car la nourriture trop glacée n'était plus là.Ce fut le carême pour un mois jusqu'à la pluie de février.Ils pouvaient sans danger courir les bois car leurs traces étaient durcies et effacées.Le printemps arriva avec le dégel.Ces rongeurs rapides avaient des ailes pour parcourir tous les grands espaces et éviter ainsi de se retrouver dans une impasse.Les érables saignaient dans les chaudières.C'était le printemps où tous et chacun se trouvaient pris dans les ornières mais du sirop d'érable respiraient le parfum.À Pâques, les lièvres comme les lapins n'aimaient pas devenir le menu du jour.Ils aimaient sentir la boucane du matin qui fumait le jambon avant d'aller au four.Ces deux cousins étaient pleins de vie comme tous les êtres humains l’étaient le printemps car une forte fièvre d’amour les avait ravis et leur permettait de se reproduire en tout temps.Les lièvres des saisons autres que l’hiver prenaient diverses couleurs chaque année comme des fleurs qui embaumaient l'univers prenaient les tons les plus variés.Alcide Labrecque y: ::.j Journal La Quête 9 Avril 1998 Olympique 2010 Pourquoi ne pas y réfléchir davantage?Dans l'intérêt public, et de plus en plus, avec courage de ses opinions, dans une démocratie hésitante.À cause du silence des responsables de la santé, des recherches médicales et du patrimoine, sociétés et individus.À cause aussi des craintes de gaspillage, annoncé, amorcé et prévu, de fonds d'Etats et de capitaux privés, pour un projet apparemment futile de transformation impossible de nos collines et montagnes en Alpes ou Rocheuses.Riches, celles-ci comparées à nos pauvretés naturelles et de peuple.Mirage pour 2010, aussi illusoire que pour 2002?Avec comme seul résultat à craindre, c'est la rumeur, l'enrichissement, aux dépens de l'État surtout, des acquéreurs étrangers de nos Laurentides.Au détriment, appréhendé, dans les médias, du sauvetage de nos biens culturels, sociaux, religieux, architecturaux, patrimoniaux, historiques, éducationnels et muséaux, seuls capables pour plus de 15 jours, en permanence et chaque saison, de susciter l'intérêt grandissant, à prévoir des légions de touristes internationaux.Courtisés, plus avantageusement ailleurs, sur tous les continents pour les prochaines 10 années.Et pour Québec, pour 2008?Des miettes sans doute.La Russie, par exemple, encore communiste, place ses capitaux à la restauration de ses églises et de ses magnifiques musées.Même chose partout dans le monde.Sauf au Québec.Les nôtres, par comparaison, compétitifs?Cette nouvelle escalade de dollars par millions, suscitée par des intérêts privés et municipaux, électoraux peut-être, ne faudrait-il pas l'arrêter tout de suite?On se le demande sur la rue.Pour qui se préoccupe de la santé, de la pauvreté individuelle, familiale et collective, et du patrimoine sans cesse attaqué ou ruiné.Pauvreté qui survit, dans la crainte, pour encore une autre génération démunie, d'escalades des impôts chargés des déficits, comme ceux de 1976 dénoncés depuis.On parle beaucoup, dans la rue, des craintes inexprimées de malades, par centaines de milliers, de se voir frustrés dans leur attente de découvertes scientifiques porteuses de guérison.On s'explique mal cette bifurcation soudaine de l'orientation de leur champion de recherche universitaire depuis 1970, chef de 181 chercheurs et 1000 employés, subventionnés pour 36,9 millions $, sur des promesses, publiées, de continuité sans accroc.Autrement plus importantes que la promotion du ski pour 15 jours pendant 12 ans, fut-il international, très probablement aussi dans ses insuccès.Au risque d'un hasard désastreux, visible et risible alors dans le monde entier, de pluie, de verglas ou de bourrasque du nord-est, inconnus dans les Alpes et les Rocheuses, aux neiges éternelles.Voilà donc pourquoi tout cela, entre autres, est d'intérêt public, pour longtemps.Enfin, revenons à la modestie, la modération, la moralité, la réalité et la raison.Jean A.Gagné Québec Journal La Quête 9 Avril 1998 Carrières & Professions et/ou Vocations.Par Bernard St-Onge Le fou du onzième étage Le fou du onzième étage cognait à toutes les portes, entrait de force s'il le fallait, dans toutes les chambres.Des chambres pourtant toutes semblables, toutes construites de la même façon, comme les alvéoles d'une ruche.Mais pour le fou, chaque chambre était différente à cause de l'abeille qui y bourdonnait.Le fou du onzième étage fouillait partout.Dans toutes les armoires, sur et sous les lits, jusque dans le frigidaire.Il parlait fort, de n'importe quoi.Il terrassait le chambreur d'un seul regard.Il faisait peur.Peur à voir.Il était considéré comme dangereux comme l'indiquait sa fiche au secrétariat de l'immeuble.Sa fiche était toute seule dans un grand tiroir.Celui des objets perdus.Journal La Quête 9 Avril 1998 L'Explorateur :v: -** , Il descend du dernier bus, au dernier arrêt.Après cinq minutes de marche, la dernière route se rétrécit pour devenir un sentier à peine tracé.L'explorateur doit faire de grands moulinets de jambes pour se frayer un chemin à travers les hautes herbes.Des bras, des coudes, des mains, il repousse les branches et les arbustes.Parfois il tranche les lianes d'un coup de machette.Parfois il escalade une grosse souche.Parfois il sautille de pierre en pierre pour traverser un marais.Parfois il se relève la tête pour voir d'où vient la chaleur étouffante.La végétation dense cache le soleil.Il sue, il pisse la chaleur.Sa chemise détrempée lui colle à la peau.Un nuage de moustique le suit, le suce, en harmonie avec les sangsues qui s'infiltrent au travers de ses bas de laine.Mais il avance, farouche.Il sait qu’il ne peut plus revenir en arrière.En arrière, tant de gens croient en lui.Tant de gens s'attendent à ce qu'il réussisse.Il doit réussir.Il a tout vendu pour payer les frais.Il n'a plus rien derrière lui.Il a tout devant.Il marche.Il respire par la bouche, les dents serrées pour ne rien avaler.Il respire par la bouche pour sentir le moins possible la puanteur fétide de la jungle.Tout y est pourriture et moisissure.Après six heures de marche forcée, il atteint la rivière.Quelques alligators le reluquent.Sans perdre de temps, il longe la rive vers le couchant jusqu'à un rocher surplombant l'eau vive.Sous le rocher, le canot est là.Il remonte la rivière.À la tombée de la nuit, il atteint une chute.Après avoir attaché son canot, il se réfugie derrière la cascade.Il y passe la nuit.Le lendemain, il escalade la falaise par le côté.Puis au pied du grand arbre mort, il emprunte le sentier de pierre.Après trois heures de marche, il n'y a plus de mouches, ni de sangsues et le sentier est plus praticable.Les arbres sont à hauteur d'enfant.Il décide de s'asseoir un peu.Il respire l'air cristallin, se roule une cigarette et fume.Il médite.Il revoit dans sa mémoire tous ses amis qu'il aime.Il se rappelle qu'ils lui ont souhaité bonne chance à la grande fête qu'ils ont faite en son honneur.Et c'est pour eux, pour leur amour, qu'il doit continuer.Après avoir mangé, il pose sa tête sur son sac et s'endort.Il rêve.Il rêve d'un monde meilleur pour tous où chacun aurait à manger à sa faim.Quand il s'éveille, il effraie un oiseau qui s'était posé sur son pied.L'oiseau s’envole.L'explorateur se relève et se remet à monter.A vingt heures à sa montre, il fait toujours clair.Il atteint son but enfin.Il atteint le sommet que le soleil ne quitte jamais.Heureux, il jette son sac et emprunte l'escalier qui s'enfonce dans le seul nuage blanc.Journal La Quête 9 Avril 1998 Le peintre Le peintre réfléchit devant sa toile blanche.«Jaune est le soleil dans tous les dessins d'enfants.Dans les dessins d'adultes, parfois le soleil est rouge, mais c'est parce qu'il est gêné d'aller se coucher tout nu».Le peintre décide de commencer par un soleil jaune.Il tend la main, vers sa table de travail pour saisir le bocal de peinture jaune sans jamais quitter sa toile des yeux.Il a l'habitude.Mais ses doigts s'ébattent dans le vide.Il tourne la tête vers sa table et constate.Le bocal de jaune a disparu et tous les autres bocaux sont renversés, sauf le bleu.Le peintre s'interroge devant sa table.«Jaune s'est levé un matin et est parti en riant.Le jaune parti, l'azur comme un enfant, a fait la guerre à l'arc-en-ciel.Il a vaincu, mais il reste seul.Il doit être bien orgueilleux à moins qu'il ne soit amoureux.De toute façon je ne peux rien faire sans le jaune, le vert, le rouge, le.» Sur ce, il décida d'aller chercher d'autres bocaux.Quand il revint, tous les bocaux avaient repris leur place et bizarrement, aucune trace de gâchis gris ne subsistait.Même le jaune était là.Ce mystère le tracassa si fortement qu'il préféra aller dormir dessus.Le lendemain, le peintre réfléchit devant sa toile blanche."Bleu est le ciel." Journal La Quête 9 Avril 1998 Le poète Le poète travaille jour et nuit lorsqu'il parcourt les sentiers d'automne.Il se saoule si fort à Noël qu'il ne s'éveille qu'au printemps.L'hiver pour lui, c'est comme un carême.Après avoir hiberné, il déjeune, puis il écrit.Ça le repose d'écrire, il se vide la cervelle mais surtout, il se vide les entrailles.Après vient l'été.Un été où il n'y a plus de neige à pelleter, où il n'y a plus de voitures embourbées à pousser.Il n'y a que le soleil qui chauffe.Qui chauffe si fort que la peau du poète change de couleur.Il se fait une nouvelle carapace.Il est si lent en été.Mais vient l'automne et la pluie qui le revigore.Il marche hardiment dans la mer de feuilles mortes que les arbres échappent partout.Et c'est dans ce fouillis de pages mortes que le poète cherche quel auteur il copiera au printemps, en prenant bien soin d'ajouter un ou deux mots, dont sa signature.' Itinérants Des itinérants nous sommes; nous portons tous des noms d'emprunt comme vêtements donnés dans les salles paroissiales Nous savons par coeur les inscriptions des rues de la ville la place de chaque banc les tracés familiers que les pas aveugles réempruntent en se laissant tirer au bout de la laisse par le chien voyant de l'Habitude Les espoirs se ramassent dans les poubelles : un vieux parapluie sans couleur à la jambe de baleine cassée un gant esseulé qui ne réchauffera qu'une main à la fois La trombose blanche de l'Hiver a paralysé le pays d'un côté et sa langue en entier une seule partie du coeur allumée l'autre restera dans l'ombre : il faut ménager ne chauffer qu'une seule pièce ne chauffer qu'une partie du coeur en soufflant sur les tisons ne chauffer qu'une partie du corps et ne pas se servir du reste Habituerai-je seulement mes yeux?ou mes mains?peut-être mes pieds?Si je veux encore parcourir ma ville douces artères gonflées des enseignes de mon sang ce qu'il me reste d'avenir C Marie Cholette, 1995 Journal La Quête 9 Avril 1998 centre de parrainage chaque de Quebec inc.Une mission difficile à accomplir sans l'aide de bénévoles Le Centre de parrainage civique de Québec est un organisme de réinsertion sociale de la région de Québec.Le centre existe depuis 17 ans et a pour principale mission de favoriser l'établissement d'une relation d'entraide et d'amitié entre deux personnes : un parrain ou une marraine et une personne filleule.Ces derniers sont des gens de la communauté qui demandent qu'on les accompagne pour mieux s'intégrer dans la société.Comment se vit une relation de jumelage?Habituellement, il s'agit de sorties (restaurant, cinéma, musée, etc.) d'appels téléphoniques, de visites ou d'autres formes d'entraide.À l'occasion, le parrain ou la marraine pourra être appelé à soutenir son ou sa filleul-e en défendant ses intérêts comme s'il s'agissait des siens.Il existe autant de façons de vivre le jumelage qu'il y a de personnes.Ce sont les intervenantes du centre, affectées à l'aide à l'évaluation, qui établissent les contacts afin que les personnes se rencontrent.D’abord jumelés à partir de leurs centres d'intérêts respectifs, le bénévole et la personne filleule décident ensemble des activités à faire.Au début, on qualifie la relation de type entraide et, par la suite, cette entraide se transforme souvent en amitié.Il n'est pas rare de voir des relations de jumelage durer pendant plusieurs années.À l'aide du jumelage, la personne filleule peut acquérir plus d'autonomie, être davantage engagée socialement, demeurer dans son milieu ce qui, en bout de ligne, favorise l'amélioration de sa qualité de vie.La personne filleule éprouve des difficultés de participation sociale imputables à des limitations physiques ou intellectuelles ou à des problèmes de santé mentale.Elle vit souvent des problèmes de solitude.Souvent bénéficiaire de services professionnels, cette personne est plutôt isolée socialement et a le goût de prendre une part plus active en société, de vivre des relations différentes avec des gens qui n'ont pas d'autre but que d'améliorer la qualité de vie de leurs pairs.Depuis quelques années, le Centre de parrainage civique de Québec éprouve beaucoup de difficultés à recruter de nouveaux bénévoles.Les demandes affluent au centre et il est difficile de poursuivre la mission sans l'aide de bénévoles.À ce jour, plus de 50 personnes sont en attente d'un jumelage.Journal La Quête 9 Avril 1998 Vous êtes une personne autonome, mûre, portée vers les autres.Vous avez le goût de vous engager bénévolement dans la communauté, le Centre de parrainage civique de Québec recherche des personnes comme vous.Une relation de parrainage demande un engagement personnel qui apporte beaucoup en retour.Les rencontres de quelques heures par semaine s'actualisent sous diverses formes en accord avec les besoins et intérêts des personnes concernées.Renseignements: Monsieur Yvan Robinson Centre de parrainage civique de Québec Téléphone : (418) 527-8097 Jumelage Cinq ans d'heureux jumelage Il fut bien bon de célébrer Nous avons fait une sortie spéciale Que nous garderons en souvenir Avec le temps nous vibrons à notre amitié Nous l'apprécions de plus en plus Souhaitant que ça dure longtemps Durer c'est important pour nous Et ça se fait en bonne réciprocité Jour après jour, nous nous découvrons Une bonne communication est née Mille petits bonheurs nous vivons Et notre lien s'intensifie Le temps est un bien précieux Avec l'avance en âge nous l'apprécions plus Gaieté et sérénité nous accompagnent Et l'avenir nous appartient Berthe et Louise (1997) Membres du Centre de Parrainage Civique Journal La Quête 9 Avril 1998 L'histoire d'un rêve.Tout le monde rêve, mais combien de fois faut-il faire le même rêve pour qu’il se réalise?Pour Gilles, filleul au Centre de parrainage civique de Québec, la concrétisation de son rêve se fait depuis bientôt 5 ans.Gilles est une personne non-voyante et atteinte de surdité.Il a débuté des études en musique dès son très jeune âge.Déjà il apprenait, à l’aide de partitions en braille, à lire la musique.Par la suite, des études plus avancées lui ont permis de développer davantage l’art de comprendre et de jouer du piano.À la suite de plusieurs difficultés personnelles et compte tenu de sa capacité à accepter sa situation, Gilles a dû mettre son rêve de côté pour une longue période.Ayant comme objectif la participation maximale des personnes, aider les filleuls à se prendre en charge, à discuter, échanger et profiter de moments tout en étant entourés de façon à se sentir moins seul, le Centre de parrainage civique de Québec, par le biais de ses intervenantes, concrétisait la relation de jumelage en présentant Gilles à André, son parrain actuel.Comment s’est bâti le rêve de Gilles?Tout d’abord, en se remettant à l’étude de partitions.Il s’est par la suite acheté un piano et remis aux répétitions régulières.Il donne maintenant des concerts dans des résidences pour personnes âgées et ce, gratuitement.Pour lui, inapte au travail, c’est la façon de rendre à la société ce qu’il en reçoit.Gilles est un Photo : André, le parrain de Gilles, l'accompagne régulièrement lors de récitals donnés dans des résidences pour personnes âgées.X 0/ bon exemple de ce que peut donner l'encouragement soutenu d'un parrain civique et de l'engagement d’un filleul qui met les efforts nécessaires pour concrétiser ses rêves.Cela procure une satisfaction de part et d'autre et crée en plus des retombées sur le plan social à l'intérieur de la communauté.Grâce à l'entraide et à l'engagement des personnes, une relation de jumelage se transforme souvent en relation d'amitié.Les filleuls du Centre de parrainage civique de Québec n'ont pas tous les mêmes rêves, mais ils souhaitent tous avoir un parrain ou une marraine qui les aident à se réaliser.Journal La Quête 9 Avril 1998 111111 ; Ag : M wÆ Carrefour de relance de l'économie et de l'emploi de Québec Pourquoi un article sur le C.R.É.E.Q.dans le journal La Quête?Le Créeq, comme son nom l'indique, s'occupe de relance économique et de création d'emploi dans les quartiers centraux.Après quelques années une évaluation du travail de cet organisme péri-public fut faite par un professeur de l'Université Laval.Cette évaluation énonce que si le Créeq n'existait pas il faudrait l'inventer tant son travail est formidable.Jusque là tout va très bien.Là où ça commence à moins bien aller, c'est quand nous apprenons que les allégations du Créeq n'ont pas été vérifiées par l'évaluateur.Là où ça devient franchement rigolo, c'est quand nous apprenons que l'arrivée de l'ÉNAP dans Saint-Roch, c'est grâce au Créeq.Beaucoup de naïfs pensaient que c'était grâce aux pressions de la Ville et des députés.Ces gens, bien entendu, sont dans l'erreur.Mais là où ça devient moins rigolo, c'est quand nous apprenons que les projets d'économie sociale ont été mis sur pied grâce à la contribution du Créeq.L'économie sociale, rappelons le, a été développée suite à la marche des femmes du pain et des roses à l'été 1995.Des comités régionaux avaient alors été mis sur pied et ces comités avaient travaillé à l'établissement de grilles et de critères pour les projets d'économie sociale.Il est à souligner la très forte implication des groupes de femmes dans cette opération.Parmi les projets qui ont été acceptés par le comité régional de l'économie sociale, il y a eu celui du journal La Quête.Pour ce qui est de ce projet d'économie sociale, il est faux d'affirmer que le Créeq y a contribué d'une manière ou d'une autre.La coordination du journal a communiqué à deux reprises avec le Créeq pour des programmes de subvention.À propos du programme d'aide aux communautés en dépérissement, la réponse du Créeq a été qu'un seul projet de journal serait accepté et que nous devions présenter un projet commun avec les autres journaux communautaires (Droit de parole, l'Infobourg).Quant à l'économie de société, l'information véhiculée par le Créeq était qu'il ne s'agissait que des programmes paie et que ce n'était pas intéressant.Bel encouragement! En s'appropriant faussement le volet économie sociale, le Créeq a fait une erreur grave en terme éthique.Il se doit de s'excuser auprès des organismes s'il veut conserver encore un semblant de respectabilité.Pierre Maheux Journal La Quête 9 Avril 1998 Quand la délinquance n’a pas d’âge.Par Sheila York La délinquance fait partie intégrante de tous les milieux sociaux même si la forme qu'elle emprunte est différente selon ces milieux.Par conséquent, l'image du criminel est multiple: "elle n'est plus celle d'un être, nécessairement affligé d'antécédents exceptionnels, taré ou appartenant aux classes défavorisées de la société."^ ^insi, les individus les plus divers peuvent être délinquants, même les plus de 50 ans.Il est reconnu en psychologie criminelle, que certains individus seront des cri- S minels sur le tard.Même si la majorité des individus arrivent à traverser la vieillesse dans un état psychologique acceptable, pour certains, l'avancement en âge les rend confus.La criminalité est alors la résultante d'un problème personnel.C'est pourquoi la retraite, la solitude, le veuvage, constitueront des chocs et en réaction à ceux-ci, l'individu passera à l'acte, habituellement des petits vols à l'étalage.Par contre, d'autres commettront des crimes plus sophistiqués: "les accusations de fausses déclarations à l'endroit de l'aide sociale, de la Régie des rentes ou de l'assurance-chômage comptent leur lot d'accusés-es les plus âgés, de même que les «crimes de cols blancs», ces fraudes à l'égard de l'employeur ou du fisc.On les surnomme les délinquants sur le tard car il est rare de rencontrer des gens en âge avancé commencer une vie criminelle.Ceux qui étaient déjà délinquants continueront leurs actions criminelles mais en arrière scène: "Plutôt que de commettre un hold-up et risquer la crise cardiaque, les aînés-es se feront les conseillers en coulisse de jeunes délin- quants-es plus fringants, ou alors, ils tireront les ficelles du grand jeu du trafic de drogues."0 La réaction du système judiciaire Le phénomène criminel est un aspect du phénomène social et le comportement criminel apparaît alors comme la manifestation du conflit d'un individu avec les normes du groupe.Les normes variant avec le temps, les individus doivent s'adapter à ces nouvelles règles comportementales."Les plus de 50 ans se retrouvent en majorité devant le juge pour des affaires de conduite en état d'ébriété [.] la criminalisation de ce comportement est récente et les personnes vieillissant n'ont pas tous adopté de nouvelles habitudes pour se plier aux règles."4 Le juge, lorsqu'il a à décider de la sentence, doit se baser sur le principe fondamental selon lequel la peine est proportionnelle à la gravité de l'infraction et au degré de responsabilité du délinquant.Aussi, le juge doit considérer tous les facteurs atténuants ou aggravants liés à la situation du délinquant H Journal La Quête 1 9 Avril 1998 (antécédents), ou à la perpétration de l'infraction.Mais l'on s'aperçoit que "dans la pratique, vu la faible dangerosité des prévenus-es âgés surtout pour ceux dont l'âge est très avancé et que le risque de récidive est pratiquement nul.En conséquence, face à ceux-ci on privilégie les solutions de rechange à l’incarcération tels les travaux communautaires, les dons à des organismes de charité ainsi que les amendes.La prison et la réhabilitation "En 1996, 1 600 personnes de plus de 50 ans ont été condamnées à une peine d'emprisonnement de moins de deux ans au Québec (92% d'hommes), sur un total de 27 000 personnes envoyées derrière les barreaux cette année là.”6 Ces aînés ont de la difficulté à vivre l’incarcération étant donné que les détenus forment une mini société ayant ses propres valeurs, ses normes, ses règles de conduite et sa hiérarchie qui les exclut: "en prison, la loi du milieu n'impose pas un respect systématique des aînés-es.La respectabilité d'un-e détenu-e auprès de ses congénères dépend davantage de son ancienneté en prison que de son âge.^ De plus, la vie derrière les barreaux n'est guère facile pour eux puisque l'espace restreint, la rigidité des règlements amènent des frustrations et des inhibitions de tous genres qui conduisent à un climat de stress et de tension constante.Pis encore, les aînés sont relégués aux oubliettes dans ce genre d'établissement: "les prisons sont faites pour les jeunes cri-minels-les qu'on veut réformer.Elle ne réserve pas d'aile spéciale pour les détenus plus âgés.On n'y trouve pas d'activités particulières pour eux ou de services d'aide spécifique.Mais aussi, comme le souligne Mélanie Couture "plusieurs ne reçoivent pas de visiteurs-ses: les amis-es disparaissent et les proches ont honte de cette tache dans le patrimoine familial.Au sein de la communauté, il semble faire consensus que l'intervention judiciaire doit favoriser la réadaptation des délinquants afin de les réinsérer dans la société.Puisque le criminel aux cheveux blancs n'a qu'un faible taux de récidive, le retour à la vie de société doit être envisagé d'une manière nettement différente de celle employée avec les plus jeunes détenus.On leur fera davantage valoir "les avantages de resserrer les liens avec le conjoint et ses enfants, plutôt que de [leur] faire envisager un emploi ou des études à 60 ans."H* Puisque la société est vieillissante, il est à prévoir, et le constat à ce jour va en ce sens, que ce type de criminel sera plus présent dans notre société.Il faut se rappeler que c'est souvent l'absence de but et de projet lors du vieillissement qui occasionnera des difficultés."Or, la capacité de se donner des buts, de les planifier et de les réaliser est un important facteur de santé mentale quel que soit l'âge de la personne."11 Afin de mieux les aider à vivre leur vieillesse, la mise en place de ressources adéquates et efficaces répondant à leur problématique serait des plus profitable.1 : PICCA, Georges, La criminologie.Paris, Presses universitaires de France, 1983, p.4 2 à 10: COUTURE, Mélanie, «Criminels-les aux cheveux blancs, erreur de vieillesse», dans Recto-Verso, no 268, septembre-octobre, 1997, p.22 à 25 11: Revue québécoise de psychologie.vol.17, no 2,1996, p.43 Journal La Quête 9 Avril 1998 Lueur d'espoir J'avais à peine dix-huit ans quand pour la première fois j'ai eu ma première évasion.Dans ma tête de jeune adulte c'était pour moi la liberté.La liberté de gérer ma vie moi-même.J avais vécu toute ma vie jusqu'à présent dans un monde qui ne me suffisait plus.J ai été élevée dans un beau parc, oh oui, un parc très connu.Le Parc Forillon.Un petit coin de paradis dont on se lasse à la fin lorsque l'on est jeune.Ce beau parc n'avait pour moi plus assez d a-musements pour me distraire.J'avais envie d'action, de nouveau monde et surtout d'un monde très différent.C'est alors que je m'organise pour quitter cette belle campagne pour la ville (Québec).Et c'est là que je découvre ce que j'appelais à l'époque un vrai paradis.J'avais plein d'amis à ma porte tout d'un coup.Voilà ça m'arrivait.J'étais entourée de tous bords tous côtés.J'avais l'amour que j'avais toujours cherché.Je suis tellement accaparée par mes amis que j'ai à peine le temps de travailler.Et ça ne me déplaît pas du tout.Par contre la cocaïne est une drogue qui est assez dispendieuse et ça ne prend pas beaucoup de temps pour que mon travail ne suffise plus à ma consommation.J'accumule les retards dans tous les comptes que j'ai à payer.Cette situation a été longue et pénible.Mais encore pas assez pour me faire arrêter, au contraire j'augmente les situations pour consommer et je me débrouille.De temps en temps j'appelle mon père et je lui demande de m'aider à payer mes dettes.Faut dire que j’étais devenue pas mal manipulatrice.Je lui raconte des histoires pour qu'il m'aide.Je n'en suis pas fière du tout, mais c’est là ma seule porte de sortie.Par contre je me sens très mal à l’aise vis-à-vis ma famille alors je leur en dit le moins possible pour qu’ils ne se doutent pas que je suis maintenant tombée et bien accrochée à cette maudite drogue.Moi qui pensait diriger ma vie.En cours de route, je rencontre un homme.Il a vingt-cinq ans.Il me plaît et moi aussi je lui plais.Nous étions déjà bons amis et l’amour se développa entre nous.Ça n'a pas pris beaucoup de temps pour que l'on habite ensemble.AY'S Journal La Quête 9 Avril 1998 Nous travaillons chacun de notre côté.Nous avons plein de points en commun mais surtout celui de faire de la coke.Pas beaucoup de temps non plus pour que la ligne ne nous suffise plus.Nous faisons maintenant ce que l'on appelle la freebase.Pendant plusieurs années nous survivons.Je suis très mal dans ma peau, je me trouve beaucoup moins belle, je suis cernée et fatiguée surtout.Heureusement nous sommes tous les deux.L amour y a survécu et ça nous a sauvés.Un bon matin, après dix ans de cette vie un déclic se fait pendant que je suis en train de travailler.Je suis épuisée et je n'ai plus les idées bien claires.Je me dis dans ma tête que ça me prend un break.Un break pour comprendre ce qui nous arrive à moi et à mon amour.On travaille dans le vide car tout notre argent sort à mesure qu on la gagne pour se geler.Je pense alors à suivre une thérapie.L'heure du dîner arrive alors je pars pour la maison et je dis à mon chum qu’il faut faire quelque chose, qu'il faut se faire soigner car nous sommes malades.Il me répond d'un coup qu'il avait passé toute la matinée à téléphoner dans des centres pour traiter la toxicomanie.Inséparables comme on l'est nous voulions aller dans la même maison.Ce qui ne s'était jamais fait avant.Une seule maison nous a acceptés et a bien voulu nous faire confiance.Je crois bien que c'était là une des meilleures décisions pour nous aider vraiment.Et nous avons passé le test ainsi que la thérapie.C’est assez incroyable tout ce que la sobriété m'a apportée depuis.Nous le savions que nous étions récupérables.Nous avions de belles valeurs.Et vous savez cette maladie, elle est difficile à vivre.On finit par laisser ses amis et à s isoler.Personne ne veut d'une vie comme ça.Par chance que 1 on était tous les deux.La thérapie a marché et nous commençons notre 3e année de sobriété pour avoir tous les jours le fruit de nos efforts.Nous avons une vie très simple et très bonne à vivre.Nous avons une belle petite fille de 9 mois en pleine santé et qui aime la vie.Nous sommes heureux et très fiers de nous.La honte est disparue, nous sommes maintenant libres, et nous essayons de voir tout ça d'un bon oeil.À 31 ans je suis heureuse.Je n'ai pas de regrets, j’avais peut-être besoin de souffrir pour apprécier aujourd'hui les petites douceurs de la vie.J'étais la seule responsable de mon malheur et je suis maintenant aussi responsable de mon bonheur.J'ai cru que je pouvais réussir et j’ai eu raison.L'important c'est d'y croire ou de croire en quelqu'un, quelque chose, mais d'y croire.On mérite de se donner une chance de guérir.Merci.Anonyme Journal La Quête 9 Avril J 998 L’hymne au printemps Quel merveilleux changement de saison Au son musical qui nous enchante Les oiseaux chantant leur mélodie harmonieuse Doux roucoulement de l'eau fluide dans les misse-Éveil de la terre Éclosion de la nature Dans le champ du matin Ciel embrumé, paraît une éclaircie Le soleil surgit resplendissant D'une auréole d'or et de lumière C'est le suprême éclat d'un astre qui éblou Arbres au réveil Bourgeons scintillants sur leurs branches Érables laissant couler leur nectar si délicieux Pommiers en fleurs blanches odorantes Le printemps nous donne des ailes! Prenez-les et envolez-vous, sourire aux lèvres! Ouvre-les bien tes yeux sur le jour et la nature! Lysette Robitaille ¦ Le générique des Amériques N'a qu'un sens Lorsqu'on n'y compte que le nombre de briques N'illustre pas le profil de la polyvalence Bien qu'il soit riche en polémiques Toutes choses n'y sont pas pesées avec la même la balance Comme un chien et sa cour En orbite Grognant, courant du bout de sa chaîne toujours plus vite Il n'y reste pour l'humain, l'être libre, que le pourtour Défense d'entrer! Le bordel est à pleine capacité! Toujours cette bête pour guetter Ah oui, le diable, c’est bien nous qui l'avons inventé Journal La Quête 9 Avril 1998 Québec Une ville propre?Québec, comme nous le savons est une ville propre, ville touristique et bientôt paraît-il, ville olympique.Jusqu'où cette ville veut-elle être propre?Est-ce que la propreté amènerait des exclusions?mi A m Mm® Deux événements nous permettent de le penser.Le premier est la déclaration de la police de Québec sur les squeegies (laveurs de vitres).La police a décidé qu ils étaient une nuisance, que les policiers allaient leur donner plein de contraventions (qu'ils n'auront jamais les moyens de payer).Ils lancent un appel aux automobilistes pour qu ils ne donnent aucun argent aux squeegies tout en admettant qu'ils n'ont reçu aucune plainte à leur sujet.Alors pourquoi cette « offensive », parce qu'ils sont jeunes, parce qu'ils ont un habillement non-standard, à cause de leurs coiffures?Nul ne le sait.Cette priorité de la police peut soulever beaucoup de questions étant donné la conjoncture actuelle.Je me contenterai de citer un ami qui venait de se faire cambrioler; ils devraient s'occuper de ceux qui défoncent les vitres plutôt que de ceux qui les lavent.Nos élus municipaux veulent relancer le mail Saint-Roch en faisant des travaux d embellissement, quoi de plus louable.Mais l'administration municipale a un volet « social » dans son plan de relance.Il faudrait que les traineux, les ex-psychiatrisés, les pauvres, etc.aillent ailleurs ou dans des organismes communautaires dont le Café Gilles Règle.Il est évident qu'un porte-parole de la ville, M.Claude Larose, manifeste une profonde méconnaissance de la situation des organismes communautaires qui sont actuellement complètement débordés.Il serait bon de rappeler que le mail est une rue publique où on a le droit de se tenir, de circuler et de parler.De plus il est important de souligner que les personnes pauvres n'ont pas couru après cette pauvreté.Les coupures dans le bonheur social, l'assurance-chômage et les fermetures d'entreprises ont un impact.Les déclarations de M.Larose nous questionnent sur une ville dont le maire appuyait il y a peu de temps un projet de loi anti-pauvreté.Cohérence quand tu nous tiens.Pierre Maheux Journal La Quête 9 Avril 1998 Le temps d est de l'argent (sonnant) Troisième partie ¦H i '¦CaR* ./ C'est à vélo que je me suis rendu voir mon maître ce matin.Ça m'a fait une belle randonnée.Sur la route, j'ai croisé un type enveloppé.Il avait un long paletot : une cravate au cou, des creux aux joues.Un bonhomme au visage plié et creusé en toutes directions.Comme si coulaient sur son visage ses impressions.Des constructions dépourvues de sens, l'essence de sa réflexion.Potentiellement, les problèmes affluants se jetaient dans les rigoles de son expression.Il m'a appelé des yeux, puis de la main.Me disant que je ne le connaissais pas, que visiblement un lien avec moi il n'avait pas.Je me dis en rigolant intérieurement que j'avais affaire à un messager de l'au-delà.J'ai freiné mon vélo, enlevé mes écouteurs, éteint ma radio.Je m'apprêtais à recevoir une vision d'ailleurs.Avancé vers moi, il s'est accosté à ma bicyclette.Elle nous servait de comptoir.Comme un lutrin pour le parloir.L'homme s'est ensuite informé de mes préoccupations.T'es étudiant?Oui, je m'en vais à l'école.C'est bien, tu fais bien.Tu travailles pas?Un peu, oui.Vas-tu voter aux élections municipales?Je vote auprès de ces gens avec mon argent.Quand je dépense une piastre, je m'assure que ça profite à mes idéaux.Je suis pas très convaincu du cirque politique.Ça ne me rejoint pas vraiment.T'as ben raison! Écoute, j'vais être franc avec toi, ça fait deux jours que j'ai pas mangé.pis.Tu veux de la bouffe?Journal La Quête 9 Avril 1998 Ouais, ou t'aurais pas deux ou trois piastres pour que je mange?J’ai pas une cenne, mon vieux.Mais je peux partager un bout de mon lunch avec toi.(J'enlève mon sac à dos.) Garde tes provisions, le jeune, laisse faire, c'est correct.Non non tiens, prends au moins une pomme.J'en ai deux.Merci, merci ben.Le type s'en va.Je le rappelle.Il revient vers moi.Je pose ma bicyclette par terre pour avoir avec lui un contact direct.Je sens qu'il craint que je lui reprenne la pomme qui brille dans sa main.Un bijou dans son écrin.Rouge vermeille.Jamais un simple fruit ne m'avait donné une impression pareille.Inspiré par la spontanéité, je fis une creuse déclaration, sans commune mesure avec la chaleur de ma vision.Dis-toi qu'aujourd'hui, t'as pas été tout seul mon ami, on a croisé nos vies.Donne-moi la main, prends ça (je lui tape vigoureusement l'épaule).Ça vaut ben deux ou trois piastres.Le pauvre gars est ému, il sourit.Confus.Il crie en s'en allant : «C'est ben vrai que ça vaut cher! [.] Mon gars, t'es pas un hypocrite.» J'enfourche ma bicyclette, reprends le vent et réajuste mes lunettes.Mes yeux sont du coup mouillés.Un raz-de-marée viscéral me secoue, me fait vibrer des pieds à la base du cou, me libère, fait glisser entre mes paupières tout ce que je garde et regarde et qui me fait mal.Par la suite, j'ai appris que c'est souvent ce que ça donne lorsqu'une pomme permet à l'authenticité d'être partagée entre deux hommes.yépo ; ; .IfRfiSI Dis-toi qu'aujourd'hui t'as pas été tout seul mon ami, on a croisé nos vies.» Journal La Quête 9 Avril 1998 Les pyromanes Il s'agit d'un petit texte métaphorique très bref, mais combien révélateur.Par contre, il traite d'une réalité complexe d'une façon imagée, et peut-être trop abstraite.Quoiqu'il en soit, ça importe peu.C'est tout simplement quelque chose à quoi j'ai déjà pensé plusieurs fois, et un jour, j'eus cette image.J'ai par la suite voulu « transcrire » cette image sur papier, mais j'attendais d'être prêt et d'y avoir pensé plus longtemps.Ici, disons que je l'aurai composée vite, et donc qu'elle sera ultérieurement, à retravailler, à peaufiner.Disons aussi que dans les lignes qui vont suivre, je ne bâtirai que l'idée principale, que le squelette.Et plus tard, je pourrai éventuellement y ajouter plus de chair.Il ne faut donc pas s'attarder à la faiblesse littéraire de ce court texte, mais plutôt tenter de porter notre attention sur ce qu'il veut dénoncer.En gros, il traite d'une question que j'ai à coeur concernant l'agir dénaturé et irrespectueux de l'homme moderne, envers la Mère nature qui l'a pourtant engendrée.Ils sont deux.Deux hommes, de race blanche, assis dans un voluptueux fauteuil, devant un feu chaleureux qui ne cesse de brûler.La salle dans laquelle ils se trouvent est extrêmement luxueuse.On y retrouve beaucoup de boiseries très raffinées qui recouvrent la plupart des cadres de fenêtres ou de portes.Tous les meubles de la salle sont aussi très bien travaillés et semblent provenir d'une époque lointaine.En fait, il y a bien longtemps de cela, ils héritèrent tous deux de tous ces biens merveilleux de leur mère qui, depuis, les a laissés libres d'agir et de penser.Mais nos deux hommes, bien que très gâtés par leur mère, demeurent toujours dans cette riche salle, ils ne la quittent jamais de peur que leur feu ne s'éteigne, et ne font rien d'autre, donc, qu'alimenter ce feu qui, selon eux, ne doit jamais s'éteindre .En fait, nos deux hommes sont pyromanes.Mais non pas de simples pyromanes cherchant par tous les moyens possibles à allumer un incendie criminel, comme on en entend parler généralement.En fait, ils sont les pires pyromanes que l'humanité n'ait jamais connu.Pour survivre, ils doivent alimenter le feu, et faire cela seulement.À nos yeux, bien sûr, ça peut paraître aberrant, mais n'essayez pas de leur expliquer, car vous aurez tort.Pour eux, c'est tout à fait normal et naturel, c'est le but ultime de tout être humain, c'est le dessein, et le « pourquoi » de l'humanité elle-même.Mais, pauvres pyromanes, voilà qu'un jour, et ça devait bien arriver un jour, ils manquèrent de combustible! Le feu l'avait tout consommé! Les pyromanes l'avaient employé et dépensé sans réserve, car ils croyaient que leur mère, si généreuse, si attentive, leur aurait fourni éternellement de quoi alimenter ce feu.Jamais l'idée ne leur vint à l'esprit qu'un jour, nécessairement, ils allaient manquer de ressources.« Tant pis, se dirent-ils, il faut conti- Journal La Quête 9 Avril 1998 niier, il faut trouver autre chose qui servira à nourrir ce feu si dévoreur que nous avons autrefois allumé! » Regardant autour d'eux ils ne virent que ce que leur mère leur avait légué.Sans se poser aucune question, ils commencèrent donc par brûler quelques meubles, car l'important pour eux ce n'était pas de préserver leur héritage, mais bien de satisfaire leur besoin insatiable.Quand tous les meubles furent consumés, ils n'eurent d'autres choix que de s'attaquer aux élégantes boiseries qui ornaient leur environnement, et il fallait faire vite, car le feu montrait de plus en plus souvent des signes de faiblesse.L'histoire et la vie de nos pyromanes furent bien courtes comme vous allez le voir.Comme nous l'avons dit précédemment, ils doivent alimenter le feu pour survivre, du moins selon leur conception.Ainsi, si le feu vient qu'à s'éteindre, ils n'auront plus de raison de vivre, et devront mûrir à leur tour.Mais heureusement pour eux, un des deux pyromanes eut une idée.Il s'est tout simplement dit que s'il ne pourrait vivre sans feu, il pourrait au moins mourir pour le feu.De cette façon, il ne verrait jamais le feu s'éteindre et aurait, de plus, contribué une dernière fois à son alimentation.Et c'est ainsi qu'u-nanimement, ils prirent la décision de s'enfiler tour à tour dans le foyer, pour ainsi être consumé par leur propre désir cupide, égoïste et destructeur.En fait, ce qu'il faut voir dans ce court texte, c'est que l'homme « moderne » et « civilisé » a des objectifs qui vont à l'encontre de sa nature.La planète montre déjà des signes de faiblesse, elle est fatiguée de soutenir et d'endurer cette menace humaine.L'homme surproduit et surconsomme (i.e.le FEU et son alimentation effrénée).La surexploitation qu'il fait des ressources naturelles (l'héritage de leur mère) (la Terre, en fait) nuit à son environnement (les meubles, etc.), et cet agir, s'il ne change pas, le mènera directement à sa perte (leur suicide).Si le « progrès » doit engendrer la destruction, s'il faut se détruire pour pouvoir bâtir et produire des biens, des capitaux, et s'il faut gaspiller pour progresser, c'est nécessairement parce que le monde est à l'envers, et qu'il a perdu ses valeurs les plus fondamentales.L'humain semble avoir oublié qu'il est lui-même le fruit de la nature et non (et jamais) son conquérant.La Bible a trompé l'humanité si elle enseigna à l'homme de contrôler, de maîtriser et de soumettre la nature et les autres formes de vie.Je terminerai par cette phrase de Georges E.Sioui, Huron de nation, qui à mon avis résume bien l'essence de ma pensée et plus précisément de ce texte, car il croit, lui aussi, en la circularité de la vie: « L'humain n'a le choix qu'entre deux attitudes possibles: reconnaître la dignité et l'interdépendance de toutes les formes de vie ou les dé-truire toutes, à l'exception d'une certaine classe de son espèce, elle-même trop spirituellement appauvrie et affaiblie pour survivre.» (Sioui, G.E., Les Wendats, une civilisation méconnue, Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1994.p.343.) Jonathan Christopher Lainey Journal La Quête 9 Avril 1998 Vestige L'exploitation de Sapiens par d'autres Sapiens Une attitude qui semble persister sans raison pour la collectivité Peut-être un vestige de notre agressivité Poncez mes canines ou qu'on me pince! Artefact Souvenir de technocrate Organe sans utilité pour bâtir un univers Digne du terme humanité État que nous vivons Gênant et odieux Dès qu'on y pose les yeux Pourtant, même conscients Certains se disent heureux On y trouve encore des justifications L'exploitation nécessaire pour que le monde tourne en rond Semble-t-il que la rotation soit une réalité de fond N'y a-t-il pas les ressources pour que tous puissent vivre un peu Peut-être le désir doit-il encore devenir plus ardent Du sommet Calcul, recul Embuscades et tentacules Plus j'ai d'emprise Moins il y a de chance que l'instant me grise Patience Lente ascension vers la conscience Je voudrais tant que ma vie ne soit qu'un cycle entraînant Plein d'effervescence Cesser de voir cet édifice qu'est l'évidence Ne plus croire ceux qui jamais ne dansent Pour qui tout est prétexte à l'artifice annihilant Ô force qui m'anime lorsque je pousse les frontières de mon être Lorsque j'excite la nature pour qu'elle me pénètre Encorde-toi avec moi vers cet univers où l'expérience du sommet ne s'arrête jamais Observer les courbes de la terre Être sans peur son propre paratonnerre Jouir de l'ultime rondeur Nourricière de l'artère de mon coeur Prends-moi sous ton aile de nuages Fais de moi un sage yépo 1997 Journal La Quête Wfm 9 Avril 1998 Thème: La Justice Horizontalement 1- Irlandaise - La construction le connaît.2- Son papa est petit - Magistrat d'une localité.3- Assiste le juge dans sa décision - Certains le sont par l'âge.4- Patients, malades - Début du nom de plusieurs rues.5- Ils n'étaient pas toujours justes - Symbole d'un métal radioactif - Préposition.6- Règle double - Nous ne sommes pas censés les ignorer - Abréviation majestueuse.7- Elle est parfois bleue - Péron l'a bien connue.8- Ses unités sont les bérets verts - Principe de conduite.9- Ils étaient royaux - Préparation faite avec de la farine.10- Se présentera - Ont cours en Roumanie.Conception: M.Jean-Pierre Chénard Solution en page 35.Verticalement 1- Souvent trop fréquente.2- La police ( argot ) - Élevé dans les étangs.3- Ouvrit - On aime être jugé par lui.4- Conforme à la loi - Pas à moi.5- Ils sont parfois directs.6- Titre abrégé - Colère.7- On les plaide - Réglé de.à.8- Plaisirs - Les orfèvres l'invoquent.9- Périodes historiques - Facilite la solution d'une enquête.10- On lui fera passer une épreuve pour le juger -Symbole d'un gaz inerte.Journal La Quête 9 Avril 1998 Atout-Lire L’Analphabétisme, une réalité insoupçonnée.Après Terre-Neuve, le Québec est la province canadienne où l'on retrouve le plus de personnes analphabètes.En fait, c'est le cas de plus de 1 300 000 personnes selon le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ).Nous n'imaginons souvent pas comment la difficulté de lire, d'écrire ou de calculer peut limiter les possibilités d'une personne de s'épanouir et de vivre « librement » dans une société.Pensez seulement vous retrouver du jour au lendemain dans la société chinoise ou japonaise et vous comprendrez sans aucun doute la réalité quotidienne de milliers de personnes analphabètes aux prises avec la difficulté de s'orienter dans les rues, de commander un plat au restaurant, de magasiner un produit, de payer une facture, de lire un journal, un mode d'emploi ou une étiquette de médicament.Ces petites choses de la vie courante peuvent nous sembler banales mais pour une bonne partie de ces personnes elles sont souvent des sources majeures de stress et d'anxiété.Notre société est à ce point orientée sur la culture de l'écrit qu'on ne mesure parfois plus l'ampleur des situations complexes et humiliantes auxquelles les personnes analphabètes sont confrontées.Plutôt que d'avoir à dévoiler leur incapacité, elles préféreront développer des stratégies de camouflage ou inventer de bonnes raisons pour se défiler.On ne peut non plus oublier que l'analphabétisme est à la fois cause et conséquence de la pauvreté.Les personnes vivant des difficultés en lecture et en écriture doivent souvent se contenter d'emplois instables et mal rémunérés, quand elles ne sont pas exclues du marché du travail.Les exigences accrues des employeurs combinées aux changements technologiques les ont carrément disqualifiées.ATOUT-LIRE, un milieu de vie, une approche C'est dans le but d'offrir des moyens concrets à ces personnes de mieux se débrouiller qu'Atout-Lire a vu le jour dans les quartiers centraux de Québec au début des années 1980.Ayant d'abord pris naissance au sein du Comité des citoyens et citoyennes de St-Sauveur Journal La Quête 9 Avril 1998 pour venir en aide à certains membres en difficulté, on a vite compris que ce phénomène était largement répandu au sein de la population de la basse-ville.Une intervention s'avérait donc essentielle pour agir sur ce problème.Après avoir réalisé de nombreuses activités de sensibilisation et de financement, Atout-Lire s'incorpore en 1982 et prend son envol pour se consacrer entièrement aux besoins des personnes vivant des problèmes d'analphabétisme.Plus tard il intégrera un volet de francisation pour permettre aux personnes immigrantes de mieux s'intégrer à la société québécoise.Propriétaire depuis 1993 de l'ancien bureau de poste situé sur la rue Saint-Vallier Ouest, près du Centre Durocher, Atout-Lire est fier d'avoir créé un lieu d'appartenance où des personnes vivant la même réalité peuvent se côtoyer en toute confiance et évoluer à leur propre rythme sans crainte d'être jugées ou rejetées.Lire ne se limite pas simplement à décoder l'alphabet, c'est un moyen d'arriver à une fin, d'atteindre des objectifs personnels et de se reconnaître soi-même.Dans le cadre de son travail d'alphabétisation, Atout-Lire privilégie une approche non-scolarisante, centrée sur les besoins et les intérêts des personnes et respectueuse du rythme propre à chaque participant-e.Le milieu de vie que nous offrons est adapté pour favoriser le développement et la mise en valeur des habiletés et des compétences des personnes tout en suscitant une plus grande prise en charge de leurs conditions d'existence.Les participant-e-s sont invité-e-s à participer à la vie associative et démocratique de l'organisme.Ces lieux d'apprentissage sont des moyens de développer leur sentiment d'appartenance, participer à la vie communautaire et s'intégrer davantage à la société.Atout-Lire offre un service de francisation aux personnes immigrantes ainsi que des ateliers d'alphabétisation se répartissant en quatre niveaux de français et en niveau de calcul.Les ateliers accueillent de dix à douze participant-e-s, pour un maximum de quinze heures par semaine.Notre organisme n'est pas qu'un lieu d'apprentissage, c'est aussi un milieu de vie.Le contact chaleureux entre animatrices et participant-e-s est propice à la création de liens de confiance.Les apprentissages se font à travers des thèmes liés au vécu, aux besoins et aux intérêts des participant-e-s.C'est ce qui fait probablement la richesse de notre approche.Pourquoi ne pas encourager une personne de votre entourage à nous contacter?Il nous fera plaisir de l'accueillir en toute confiance et confidentialité! Monique Lapointe Atout-Lire 524-9353 Journal La Quête 9 Avril 1998 Le courrier du coeur.Par votre toute dévouée Herraa Phrodite Sao Paolo 45/27/990 Chère Herma, j'ai rencontré un beau mec et je m'en porte fort aise.Il est doux, il est joli que ça se peut pas.Je suis pâmée, à nouveau.Il fait l'amour comme un dieu en me regardant droit dans les yeux.Ça se peut pas que je me dis, après tant d'années d'iceberg.Je l'aime et je voudrais le garder avec moi pour toujours.mais il est Californien.Le malheur est qu'il s'en retourne chez lui dans deux semaines.Devrais-je le suivre?Mes meilleures salutations, Thérésa Miguelita Tabasco Québec 46/27/99 Chère Thérésa, j'ai lu votre lettre avec un très grand intérêt.Sachez qu'un homme restera toujours un homme.Un homme est par nature volage.Il aime butiner de fleur en fleur tel un bourdon.Il sème à tout vent, puis s'en retourne vers de nouvelles aventures.Prenez mon mari, nous ne sommes parfaitement heureux que depuis que j'ai réussi à économiser assez d'argent pour acheter un Winnbago qui m'a permis de le suivre partout pour lui faire prendre ses gouttes d'antihistaminique le matin, lorsque tout le monde est levé et que ça grouille et varnousse dans la ville où nous nous arrêtons momentanément.Bref si vous aimez vraiment votre homme, il faut le suivre par-delà les soleils, par-delà les chemins, contre vents et marées.Parce qu'il est le seul qui sait vraiment quelle pointure vous chaussez et ce, à n'importe quel moment de la journée, à n'importe quel jour du mois et ce, dans toutes les circonstances de la vie.Sincèrement vôtre, Herma Phrodite St-Lin 43/27/990 Chère Herma, j'ai de la misère à vous écrire tellement je suis bouleversée.J'ai beaucoup d'estime pour vous et j'espère que vous trouverez un peu de temps pour me répondre au travers de votre agenda qui doit être absolument surchargé tellement vous êtes bonne et gentille et généreuse de votre personne.Ceci étant dit, voici la raison pour laquelle je vous écris.Imaginez-vous donc que j'ai un nouveau chum pis que ça me vire à l'envers comme toutes les fois.Je veux dire, comme toutes les autres fois où je commençais une nouvelle relation intime.Mais là, si je vous écris, c'est parce que ma cousine se marie, vous savez, celle qui fréquentait un grand blond de Néerlandais.Grande joie pour eux, mais pas pour moi, lourd tracas.Je suis invitée à la noce et toute la famille veut que j'invite mon nouveau chum dont ils ont ouï-dire.J'ai peur, j'ai très peur de la réaction de mes oncles lorsqu'ils verront ses tatouages.Ils vont le provoquer pour une partie de bras de fer, c'est certain.Mais lui qui n'a jamais perdu, saura-t-il en perdre une au moins pour sauvegarder l'honneur de la famille?Et puis, quand la grosse Ida va vouloir l'amener danser, sera-t-il capable de résister à l'envie de l'envoyer valser dans le décor, elle et son rire gras?Et puis, et puis, mille questions tournoient dans ma tête, mille possibilités, mille catastrophes, oh!, vous qui êtes si sage, ma bonne Herma, Journal La Quête 9 Avril 1998 conseillez-moi, de grâce! En attendant de vos nouvelles, Poutine Éplorée Québec 44/27/990 Chère Poutine, j'ai lu votre lettre avec un vif intérêt.Ne vous en faites pas, cela arrive à tout le monde de tomber en amour et cela va de soi, ça arrive à tout le monde d'avoir à présenter son nouvel amour à sa famille même si la vôtre, votre famille, me semble un peu vorace par les temps qui courent.Essayez de prendre cela du bon côté.Si vous avez choisi cet amour, c'est parce qu'il devait être quand même quelqu'un de bien.Il est sûrement capable de bien nager en société et si, en plus, il vous aime, l'affaire est ketchup.Pensez plutôt à votre toilette.Cela seul mérite de s'y arrêter.Porterez-vous du rouge, du bleu ou les deux à la fois?Un peu de blanc peut-être.tricolore.est-ce que votre famille en général et en particulier est partisane des Avalanches ou du Canadien ?Voici les seules véritables questions qu'il vaut la peine de se poser dans la conjoncture actuelle.Et puis, l'aimez-vous ?Iriez-vous jusqu'au bout du monde avec lui?Ou seulement, ou au moins, jusqu'au bout de la nuit! Je vous encourage et pense à vous chaque fois que je mange l'une de vos cousines chez Rachel.Sincèrement vôtre, Henna Phrodite HAMBURGERS ET FRITES SAINT-JEAN 529-770; Chez Victor CHEZ VICTOR ARMÉE DU SALUT Hôtellerie pour hommes (Hébergement à court, moyen et long terme) 692-3956 L'ANCRAGE Réhabilitation, toxicomanie et alcoolisme 692-2708 SERVICE D'ACCOMPAGNEMENT Service d'accompagnement à la Cour et visites en prison 692-1368 Journal La Quête 9 Avril 1998 Pe c h programme d'encadrement clinique et d'hébergement PECH est un organisme communautaire offrant du support et de l'aide Si tu veux de l’aide, téléphone aux adultes qui ont des problèmes de santé mentale et qui ont, ou ont eu des démêlés avec la justice (détention, probation.Cour du Québec, Cour municipale, libérations conditionnelles, etc.) La Maison Revivre est heureuse de collaborer avec le journal La Quête et lui souhaite longue vie.UN NÔÛyjSAU VIRAGE ouverture aux femmes et aux familles MAISONÏlfflviVRE 261, rue St-Vallier Ouest, Québec (Québec) G1K 1K4 Téléphone : 523-4343 Q^BLOC QUÉBÉCOIS La Quête est un véhicule précieux pour la liberté d’expression.Encouragements et félicitations à tous ses artisans et bénévoles.320, St-Joseph Est, bureau 200, Québec (Québec) G1K 8G5 Tél.: 523-6666 Téléc.: 523-6672 Christiane Gagnon Députée de Québec Nous tenons à remercier Les productions Repro-grafic pour leur collaboration à l’impression des photocopies couleurs laser.649-2388 opérée Journal La Quête 9 Avril 1998 jj| dessins, opinions, f' \^ commentaires, etc.Écrivez-nous sans tarder ou venez nous voir! 729, côte d’Abraham, Québec GIR 1A2 JE DONNEy JE CHANGE ¦ CENTRAIDE Journal La Queîe 9 Avril 1998 ijiü La Feuille Enchantée librairie du mieux-être , ,, , „ „ , , Livres * Musique * Encens • lorols • Pendules 770, St Jean, Québec 1418) 522 1234 / ?8 Corignan, Vkloclcivillc (819) 758 5150 Charlotte & Solange Courtemanche 850 me St-Jean Québec, Qc.G1R 1R3 522-4889 fax.: 522-4614 Choisissez parmi les meilleurs Clickr ï t i que % 2786, chemin Sainte-Foy, Sainte-Foy (418) 654-0506 www.mlogic.com/cIick indicatif seulement.Click! informatique est une division de Micro Logic Ltée.Apple est une marque déposée d'Apple Computer Inc.Compaq est une marque déposée de Computer Corporation.Le seul concessionnaire et centre de services autorisés dans la région pour les marques Apple et Compaq.'ÿlndré Gaulin député de Taschereau à (flssemblée nationale r -ÿùttç - ¦ Ù dq ' -fWÇ’ ASSEMBLÉE IWIONALE 320, rue Saint-Joseph Est, # 207 Québec (Québec) G1K8G5 Tél.: 649-9093 Téléc.: 649-9600 Hôtel du Parlement, RC.36 Québec (Québec) G1A1A4 Tél.: 644-0981 Téléc.: 646-6684 Hommage à l’Archipel d’Entraide, un grand lieu de solidarité, de soutien et de réconfort.Appuyons son action et participons à son énergie.Journal La Quête 9 Avril 1998 Adresse: Nom:____ Adresse Ville: n^r mmTTr^x- ||» ft*T/ • .narr.*-; ft^***» ÿ*" pf>-r- mmm ¦m?T3>z c- .r.•:•'•' '' Combien pensez-vous qu’il y a d’itinérant-e-s à Québec?Pensez-y bien et faites-nous parvenir votre réponse par la poste.Vous seriez peut-être surpris.La personne dont la réponse se rapprochera le plus du chiffre réel se méritera un abonnement du Journal de la rue La Quête.Province: Code postal: Téléphone:_ Réponse: Faites parvenir votre réponse au Journal La Quête 729, côte d’Abraham Québec, Qc GIR 1A2 Réponse du i mot 2 croisé 3 Abonnement 6 numéros 20 $ Abonnement de soutien 25 $ page 27 Province Code postal Téléphone:, La Quête n’est pas disponible dans votre secteur?ABONNEZ-VOUS AU 649-2388 ou par la poste! t’éàm Journal de la rue 4 729, côte d’Abraham, Québec, Québec GIR 1A2 / Tél.: (418) 649-2388 Fax.: (418 ) 649-7770 E-mail.: etvoila@quebectel.com J Fondation Gilles Règle Jrw Cette fondation permet à l'infirmier Gilles Kègle et son équipe de continuer leur admirable travail auprès des malades et des plus démunis.Toute personne intéressée à donner à cette fondation peut faire parvenir son don au nom de la fondation.Fondation Gilles Kègle 729, côte d'Abraham Québec ( Québec ) GIR 1A2
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