La Quête : journal de la rue, 1 septembre 2002, Septembre
Journal de rue Numéro 38 septembre 2002 W À mTa * 1 $ sur le prix de vente va directement au camelot.* S.V.P.n’achetez qu'aux camelots portant une carte d’identification 2 $ Contribution volontaire septembre 2002 journal de rue MOT DE LA Septembre marque la rentrée scolaire.Un journal de rue est toujours préoccupé par ce qui se passe dans la rue.Le thème de ce numéro ne tient qua un concours de circonstances : « Nous irons à l'école.de la rue ».L'idée n'est pas si mauvaise car on apprend beaucoup dans la rue.Comme le souligne Use Rioux, on apprend à se débrouiller et à se défendre.D'autres apprentissages ne sont pas aussi bénéfiques car dans la rue on y trouve également drogue et prostitution.Le thème rappelait un volume récent de Madeleine Greffard s'intitulant Portes ouvertes à l'École de la rue.On y traitait de l'expérience que mènent ensemble la Maison Dauphine et la Commission scolaire de la Capitale auprès de jeunes marginalisés.On en parlera dans ce numéro.Cette initiative est d'autant plus heureuse qu'on s'entend pour dire qu'être itinérant quand on est jeune, c'est transitoire.Donc on évite ou atténue le retard scolaire.L’actualité maintenant.Ce qui domine la vie politique, c'est le départ de Jean Chrétien.Même en vacances, on le poursuit.On le hurle, on le crie, on le dit, on le chuchote, on le murmure : « Qu'il s'en aille ! ».Pendant ce temps, le principal intéressé compte les appuis qui lui restent.Puisqu'on ne peut mieux faire, on devrait peut-être suivre le conseil éclairé d'un sage : « Qu'on le fête ! » Et les discours de circonstance pourraient souligner ses succès en même temps qu'on lui ferait savoir à quel point son départ nous attriste.Joe Clark, lui, a annoncé son départ.Un peu triste comme événement.Lorsqu'il a été au pouvoir - quelques mois, il est vrai - il a démontré une certaine ouverture et il nous a reposé de la perpétuelle provocation menée par les Trudeau-Chrétien à l'endroit des Québécois.Cest un homme ouvert et un homme de compromis.Il a l'expérience RÉDACTION de la politique et il l'a démontré lors de la dernière campagne électorale où il s’est nettement démarqué des autres chefs de parti.Dans l'actualité encore, on a récemment vu l'acquittement du policier Stante dans l'affaire du décès de Jean-Pierre Lizotte, un itinérant de Montréal.Un spécialiste américain est venu dire à la barre que l’arrestation « a été faite dans les règles de l’art ».Les règles de l'art prévoient-elles qu'au moment de l'arrestation, on puisse rendre quelqu’un infirme pour le restant de ses jours ?Il reste encore à voir le procès du portier Deschâtelets.Mais qu'on trouve ou non un coupable, il ne faut plus que ce genre d’attaque barbare se produise.Que des mesures soient prises ! On en parle dans nos pages.Une autre nouvelle dans Le Soleil du 4 août a retenu notre attention : « Les squatters font le point ».On parle bien sûr du squat du 920 de La Chevrotière.Nous y avons consacré un article dans un précédent numéro.Le squat durant déjà depuis deux mois et demi, il est à craindre que les jeunes s'épuisent et doivent abandonner leur cause.En décembre et en janvier il ne fera pas bon vivre dans une résidence non chauffée.On les aura à l’usure ?Et maintenant des nouvelles de La Quête : la clôture du dernier colloque de la NASNA nous met dans une sorte de compte à rebours.Le prochain colloque est à Québec et se tient sous les auspices de notre journal.Par ailleurs, nous sommes assez fiers d'avoir pu recevoir encore deux mentions d'honneur octroyées par des juges tout à fait indépendants de la NASNA.Cela invite à continuer dans la même direction.Petite nouvelle attendue depuis longtemps : le journal L'Espoir de Sherbrooke a paru pour la première fois.Félicitations et longue vie à L'Espoir.NOTRE ÉDITEUR : L’Archipel d’Entraide COORDONNATEUR : Bernard Hélie RÉDACTION : Marcel Lachance COLLABORATEUR-TRICE-S : Bernard St-Onge, John R.Gallup, Lysiane Janssens, Nancy McKinnon, Jacques Bouliane, Gérald Tremblay, Antoine Faucher, Jean-François Verreault, Laurent Vallé, André Côté, Lise Rioux, Alain Dubé, Jean-Réal Quintin.EQUIPE PUBLICITÉ : Bernard Hélie BANDE DESSINÉE : Denis Belleau,Tommy Létourneau MOTS CROISÉS : Nicole Hannequart PAGE COUVERTURE : Sonia Hethrington GRAPHISME : Roberto Waska.Waska Graphik, waska7@microtec.net IMPRIMEUR : IMPRIMERIE Québécor inc.La Quête est distribuée sur la rue en échange d’une contribution volontaire de 2 $, dont 1 $ revient directement au camelot.Tirage: 3 000 exemplaires La Quête 729, côte d'Abraham, 2" étage Québec (Québec) GIR 1A2 Téléphone: (418) 649-2388 Télécopieur: (418) 649-7770 www.archipelentraide.com laquete@archipelentraide.com Dépôt légal 457621 Bibliothèque nationale du Québec Les propos tenus dans les pages de La Quête n’engagent que la responsabilité de leurs auteur-e-s.La Quête est membre de la NASNA L’Association nord-américaine des journaux de rue.amvaÈrts Distri/butlon Asser/mentée aSda Canada iÛ.y?( J mnl Stratégie \ Youth emploi f Employment jeunesse Strategy SOMMAIRE Entrevues, témoignages, réflexions : La Quête est un journal de rue.Elle donne la parole aux pauvres et aux démunis, à tous ceux qui ne trouvent pas ailleurs une place pour faire entendre leur voix.La Quête veut aussi être de tous les débats sociaux, en particulier ceux qui concernent les plus démunis.5 Lettre ouverte à un camelot 6-7 Les Fraternités et la Société 10-11 L'école de la rue 11 Eurêka 12 Une profession honorable 16 L'individualisme ne mène à rien 22 Le non-eugénisme 23 Une télévision à sensations 24-25 Et si c'était vrai.26-27 Les Êtres et les Ayants droit 27 Lettre ouverte Rubriques : 4 Éditorial 12 MiniB.D.17 Art et Culture : Le coffret aux trésors 20-21 Coupures de presse 28 Communiqué 30-31 B.D.33 Mots croisés 34 Annonces classées • Meilleur vendeur pour le numéro 37 Alain Oubé.Vous trouverez Alain au coin du café La Tribune, Carré D'Youville.Félicitations Alain ! Reportages : 8 NASNA2002 15 Quand il est mort le poète 18-19 L'École de la Rue de la Maison Dauphine 25 La Quête à l'honneur ! Poésie : 13 L'eau rend 13 Classe neige 29 Vitality street Créations littéraires : 9 Le vagabond de l'intermonde 14 Par un jour de première septembre 2002 La iiêfe journal de rue ÉDITORIAL Ces dépanneurs qui veulent votre « bien » ! par Bernard Hélie Première mise en situation : « Bonjour, je travaille à .mon salaire annuel est de 25,000$ par an, j'aimerais ouvrir un compte chez vous pour me dépanner ».- « Désolé, nous ne faisons pas de crédit et nous n'acceptons pas les chèques, du comptant seulement! » Deuxième mise en situation : « Bonjour, je suis sur l'aide sociale et j'aimerais faire marquer une grosse bière et des cigarettes » - « Pas de problème, j'ai besoin du montant de ton chèque de B.S., du coût de ton loyer et je vais t'arranger ça ».Situation inimaginable ?Pas réellement.Cette situation, vous la retrouvez chez tout bon dépanneur profiteur, ces gens qui vous reçoivent avec le sourire et la main tendue pour prendre votre chèque et ainsi hypothéquer votre vie pour les mois à venir.Le calcul est facile et ils ont vite appris.Ces gens avec une dépendance sont des proies faciles.Ils ont un besoin à combler par tous les moyens et ces dépanneurs actifs du début de mois y voient largement.On calcule le prix du loyer et on répartit la balance du chèque sur les quatre semaines restantes.On peut ainsi aller mettre la main sur le chèque du mois prochain et « accrocher » son nouveau client.Font-ils réellement preuve de générosité ?Certainement pas.La bière, qui normalement se détaillerait 4 $ comptant, passe au crédit à 5 $ ; le paquet de cigarettes à 7 $ devient soudainement 10 $.Si par chance vous n'avez pas dépensé tout votre chèque du prochain mois chez votre dépanneur favori, alors il est très facile d'ajouter quelques items dont vous n'avez jamais vu la couleur.Qui sait, peut-être l'avez-vous quand même acheté, on dira que vous êtes si souvent saoul que vous ne vous en rappelez probablement pas.On aime votre clientèle et lorsqu'on sent qu'on est pour vous perdre et que vous avez la ferme intention de vous en sortir, pas de problèmes, on va vous aider et on va augmenter votre marge de crédit.« Encourager la dépendance, c'est notre spécialité.» Le métier de dépanneur n'est pas facile, avec la venue des magasins à grande surface et les chaînes d'alimentation à gros budget, la compétition est féroce et il faut tout faire pour survivre.Doit-on le faire au détriment des plus démunis ?Il semble que pour certains, la facilité soit de mise.Pourquoi se compliquer la vie lorsqu'on peut arriver à ses fins par des moyens beaucoup plus simples et efficaces.Le temps du petit magasin du coin de la rue, qui aidait la famille dans le besoin en lui donnant des vivres gratuitement et en accordant du crédit pour les temps un peu plus creux, est révolu.Les pauvres, on ne les aide plus, on en profite.L'attrait du gain est beaucoup plus fort que l'élan de générosité.Plus le temps passe, plus l'homme dit civilisé régresse à l'état animal.La loi de la jungle prime sur le sentiment et le civisme.Les dépanneurs du coin ne sont pas les seuls profiteurs des dépendances.Prenons le problème à l'échelle nationale et pensons un peu à nos sociétés d'État qui baignent dans les milliards acquis par le jeu et l'alcool.Il est donc facile d'imaginer que les petits prennent exemple sur les grands.Peut-on rêver à un monde meilleur où le plus fort aide le plus faible ?Un monde où les plus riches donnent généreusement aux moins nantis par pure compassion, sans arrière- pensée, sans espérer un retour, un gain en capital politique ou autre ?Plus sirjiple encore, peut-on espérer voir les dépanneurs faire ce qu'ils annoncent : dépanner ?Espérer se promener sur la rue sans voir aux deux portes des prêteurs sur gage encourager les méfaits ?Le monde n'est pas parfait et nous ne pourrons le changer du jour au lendemain.Chacun doit y mettre du sien et espérer pour le mieux. septembre 2002 journal de rue Lettre ouverte à un camelot Voilà un couple qui, au moins à ses débuts, sera très envié, parce que les partenaires brilleront, rayonneront, mèneront grand train et vivront passionnément.Mais ce sera aussi souvent le choc de deux orgueils et d'une certaine façon, de deux égoïsmes.Chacun se considère comme le plus remarquable, le plus apte à commander et chacun a en priorité, le besoin d'être admiré.Jacques et Hélène seront même parfois amenés à se jalouser.S'ensuivront des rivalités et des luttes continuelles.Tous deux ayant la même susceptibilité et la même intransigeance, on ne voit pas qui le premier enterrera la hache de guerre! Il est certain que de telles personnalités ne pourront jamais former un couple de tout repos et d'ailleurs les partenaires ne le souhaiteront pas.En fait, même s'ils se heurtent assez souvent, ils s'admirent, se respectent et ne peuvent se passer l'un de l'autre! Si Jacques et Hélène acceptent de faire preuve d'un peu plus d'humilité et d'un peu moins d'égocentrisme, ils pourront mettre leur dynamisme, leur énergie et leurs talents au service de leurs projets communs et construire ensemble le vrai bonheur.Côté sexe, en principe, ça devrait marcher comme sur des roulettes.Et ça marche, au début du moins, compte tenu de la nature fougueuse des partenaires.Mais ils sont si semblables qu'ils auront vite l'impression de jouer avec leur double, ou avec leur frère ou sœur.Ils risquent alors de s'ennuyer.De plus, l'un comme l'autre aime être admiré mais déteste admirer, ce qui peut donner lieu à des conflits larvés ou ouverts.Toutefois, leurs relations sexuelles ont de meilleures chances d’être épanouissantes si elles sont suffisamment espacées.^ : - CANADIENNE 1 049 3ième Avenue Québec, Ümetlou, f 529,3829 tpnjro -i JeL/wH JL ' - ?4! nlMi»* ASi •XUZ septembre 2002 journal de rue Les Fraternités et la Société Sommes-nous mieux ou pires ?par Gérald Tremblay Si je dois remettre à Caesar ce qui appartient à Caesar, alors il ne reste plus grand chose à remettre à Dieu.Qu'en pensez-vous ?Dans de nombreuses institutions pour toxicomanes, le personnel enseigne à sa clientèle différentes manières pour se sortir des cercles vicieux liés à la consommation, à l'itinérance, au jeu et aux autres dépendances.Mais les sociétés du monde ne sont-elles pas elles-mêmes des cercles vicieux d'ampleur phénoménale ?Un genre de continuum dans lequel nous nous retrouvons tous piégés à l'intérieur du filet des structures de leurs systèmes ?Pourquoi croyez-vous que tant de gens se tournent vers de nouvelles religions ?Personnellement, je ne crois pas que l'automobile, le bateau à moteur, l'avion à réaction, la motocyclette et tous ces autres engins au pétrole ou peu importe, soient des inventions du bon Dieu car elles participent toutes à nous détruire à court ou à long terme.Tout comme les appareils électroniques qui nous sont devenus si précieux à cause de leur utilité dans la vie de tous les jours (utilité toujours axée vers la facilité).Ne serait-ce que leurs écrans cathodiques et l'usage excessif que nous en faisons, sans parler de la création des mentalités déviantes, issues du mauvais usage de ces appareils.L'Homme cherche à développer son perfectionnisme au point de penser, romanesque, devenir lui-même une entité parfaite en soi.Mais la perfection n'est pas de ce monde, n'est-ce pas ?En développant ses technologies à l'excès, vivant lui-même dans l'abus de toute chose, il cherche de façon pitoyable à imiter ce qui ne peut s'imiter.Il est convaincu d'être ce qu'il n'est pas, ce qu'il n'a d'ailleurs jamais été ! Je crois plutôt que toutes ces choses sont là pour nous aveugler davantage, d'invention en invention.Quand je regarde tous ces gens assis au volant de leur arme en forme de jouet, je peux y saisir le sens profond de la maturité dite psychosociale.Très peu réussissent à trouver un équilibre sain dans tout ce Cirque.La majorité font drôlement penser à des enfants qui ne trouvent leurs intérêts que dans l'utilisation de ces jouets grandeur nature, que d'autres leur ont fourni.« Des enfants devenus des grands, mais toujours tout petits, toujours que des enfants qui se sont conformés aux lois des leurs tout en prenant malin plaisir dans tout ce qui est immoral et piégeant.» De plus, cette sacro-sainte société, qu'est la nôtre, ose dicter ses lois, ses principes et ses philosophies, de même que ses croyances ésotériques à ces nouvelles religions qui, nombreuses, prennent forme, dont plusieurs dans l'asocialité, afin d’échapper au béant filet des structures d'un système qui cherche à les condamner.Qui sommes-nous, citoyen, peuple de l'image, nous qui, comme des hypocrites, clamons haut et fort la pudeur et le respect des bonnes mœurs afin de porter jugement sur des actes, dits répréhensibles, qui, la plupart du temps, seraient commis envers des enfants et femmes appartenant à ces nouvelles religions ?Quand nous nous portons juges des membres de ces religions, évitons donc d'exagérer l'ampleur des drames qui sévissent en ces clans d'autres croyances, lesquels, plus souvent qu'autrement, sont maximisés en drames d'état.Nous préférons descendre le bon Dieu à coups d'AK-47 plutôt que de chercher à comprendre de façon rationnelle, équitable et détachée, l'origine de l'acte reproché, afin d'en punir le seul coupable.Malheureusement, bien souvent notre justice sociale cherche de manière insensée des boucs émissaires via ces clans religieux, de façon à s'immuniser contre les exhortations publiques face aux sentences ordonnées, pour ainsi se disculper de tout mauvais jugement, se positionnant au-dessus de toutes les religions (c'est-à-dire de leur Bible) et se dissociant et discréditant du même coup, tout ce qui porte le nom de Dieu.Et tout cela, à cause d'une poignée de faux prophètes qui, de par le monde, sont pourtant le parfait reflet d'une typique image d'actualité, de ce monde de Faux.Ne devrions-nous pas plutôt commencer par nous juger nous-mêmes, juger notre propre religion qu'est la société quand nos statistiques nous révèlent qu'une fille sur quatre et qu'un garçon sur huit seront abusés ou agressés-sexuellement avant l'âge de treize ans, que 70 % des adolescents consomment de l'alcool, 40 % des narcotiques, dont 15 % des drogues dures, parmi lesquels 5% pratiquent la prostitution librement ?Alors que des enfants sont placés par la D.P.J.dans des familles bien souvent pires que celle d'origine, Quand 60% de ces jeunes devenus adultes, fréquenteront à court ou à long terme les milieux judiciaires et carcéraux ?(Les milieux carcéraux pour l'homme, la famille dysfonctionnelle et monoparentale pour la femme, ou encore septembre 2002 journal de rue la prostitution.) Tandis que la minorité des autres, éduqués ou élevés dans des familles dites équilibrées, les suivront à 15% (dû à l'influence sociale).Pour ma part, je ne vois pas grand chose de moral ou même de décent quand je regarde notre nid social, en ce qui concerne la permissivité de nos dirigeants face à l'adultère, les clubs d'échangisme, de sadomasochisme, tous les accessoires érotiques et pornographiques, ainsi que les cinémas, agences et clubs de danseurs-danseuses, et j'en passe, passe et passe.De plus, je ne vois pas où est l'équité tant vantée de notre justice sociale, quand d'aussi imbéciles sentences sont ordonnées à l'intérieur des procès, en ce qui concerne l’infanticide, les crimes passionnels, le viol, l’inceste, la pédophilie, les abus sexuels et j'en passe encore.Du fait que les accusés, que je considère comme ayant commis sacrilège envers Dieu, héritent de ce que j'ai nommé : « Clémente Sentence du Pervers Triangle », la couronne, le marteau et le requin.Étant conscient de tout cela, si la Voix du gouvernement est la même que celle du peuple qu'il représente, je me demande parfois si je suis le seul qui veuille d'une religion socialement propre (sans corruption)! Et si toutes ces choses sont aujourd'hui devenues conformes aux lois sociales, c'est que son peuple en a décidé ainsi ! Eh bien le peuple, il est à chier ! Ces sacro-saints citoyens peuvent bien faire l'autruche quand ils se voient pointés du doigt ! Ce sont toutes ces petites merdes qui finissent par en faire un tas d'ampleur phénoménale ! Ce n'est pas en jugeant mieux ou pire que nous nous débarrasserons des poids de notre conscience.Bien souvent nous critiquons nos propres défauts chez les autres, ayant une fâcheuse tendance à dénigrer et discriminer ceux qui pourraient nous en apprendre beaucoup sur notre propre nature.Et si tant de gens débordent d'autant d'intérêt pour ce qui est immoral ou illicite, alors gardons-nous donc de porter nos frustrations sur ces gens d'autres croyances qui, pour la majorité, essaient tant bien que mal de mener une œuvre belle, moins corrompue que la nôtre.Et si tout ça est dû à la volonté de sur-per-former dans un système qui se veut de plus en plus contrôlant et discriminant, il serait grand temps d'être moins pressé d'exister.De plus, n'oubliez pas que dans presque toutes ces nouvelles religions, les enfants ont au moins leurs deux parents, eux ! « Pourquoi les gens ont-ils de plus en plus peur de la mort ?Parce qu 'ils ont de plus en plus peur de ce qu'ils deviennent.» à 1 jjjy^Bfg 261, Saint-Vallier Ouest ÊÈm'^tÊPwife Québec (Québec) 1 JnQHÉ !.ÆÊmÊ G1K 1K4 w WÊÈiWÈÈêÊf * Tél.: (418) 523-4343 mvwre Fax: (418) 523-7986 .un tremplin vers une meilleure vie.Notre mission Engagement social -Nourriture et gîte -Responsabiliser -Dîner 12h00 hommes, -Orienter couples -Collaborer -Souper 17h30 femmes seules, familles Yves Boissinot, pharmacien septembre 2002 journal de rue NAS NA 2002 Par Marcel Lachance À l'université de Boston s'est tenu du 18 au 21 juillet 2002, le septième colloque annuel de la North American Street Newspapers Association (NASNA).La Quête, on le sait, en fait partie, comme d'ailleurs les trois autres journaux de rue du Québec.On doit féliciter les organisateurs de ce colloque, les membres de Spare Change News.Tout baignait dans l'huile et ça s'est déroulé à un train d'enfer.Il y eu une vingtaine d'ateliers différents dont les gens sont sortis satisfaits.Des titres ?- Recruter et travailler avec des bénévoles - Recruter des camelots - Croissance et développement des organismes sans but lucratif - Techniques de vente - La levée de fonds - La criminalisation de l'itinérance aux États-Unis et au Canada - La mise en marché -Etc.Il faut parler des discours d'ouverture.Le maire de Boston, M.Torn Menino, est venu parler des projets d'investissement de sa ville dans les logements sociaux en vue de réduire l'itinérance.La conférencière qui a suivi, Julia Tripp (ex-itinérante de surcroît), a quelque peu brouillé les cartes : on ne devient pas itinérant, dit-elle, du jour au lendemain.C'est un long processus qui vous amène à vous détacher d'un mode de vie pour en adopter un autre.Quand on est devenu un vrai itinérant, on ne pense même plus aux services de santé, on ne pense plus aux services auxquels on a régulièrement accès (commerces, banques, écoles, etc.).On vit dans une sorte de monde que les gens ordinaires jugeraient « au-delà du réel ».Inutile de penser changer un itinérant en sédentaire en lui donnant un logement.Cela ne marche pas.Pour en revenir, il faut enclencher le processus inverse.On peut prendre dix ans pour se raccrocher à notre mode de vie collectif.Le mot qui a été évoqué à plusieurs reprises dans ce discours, comme dans d'autres, c'est : espoir.Pourquoi des gens s'en sortent?Parce que quelqu'un, un jour, leur a donné l'espoir.Dans chacun des colloques, il y a des « Business meetings ».Cela correspond grossièrement à nos assemblées générales.Les participants aux colloques en sont friands.Ils se réunissent une seule fois par année dans le même lieu physique et ils ont bien l'intention d'en profiter.Ils veulent parler et écouter les autres représentants des quelque 50 journaux de rue nord-américains.Il y a eu, comme tous les ans, élection aux 11 postes du conseil d'administration.Bernard Hélie (La Quête) a été réélu.L'autre Canadien est Paul Drohan (Street Talk) de Calgary.Il y a eu cette année, une remise de prix reconnaissance (awards).Elle s'est déroulée dans une ambiance enjouée.Ce fut fort apprécié.La Quête a encore mérité deux mentions d'honneur.Le mode d'élection a été changé.Dorénavant, les membres du CA sont élus pour deux ans.Pour la première année, c'est le sort qui a désigné les cinq membres élus pour deux ans et les six élus pour un an.Bernard Hélie (La Quête) se retrouve avec un mandat de deux ans.Cela pourrait faire de lui à la fin, le plus vieux membre du conseil.Le président du conseil d'administration est maintenant Timothy Harris (Real Change) Bernard Hélie a conservé son poste de vice-président.Rajoutons en terminant que les participants à ce colloque ont eu droit à un Duck Tour (pour un Canadien, ça rappelle le camion qui a coulé à Ottawa) et qu'ils ont été invités le lendemain soir à fêter le dixième anniversaire de Spare Change News.Sachant que l'an prochain, c'est La Quête qui organise le colloque, il y aura tout un défi à relever au plan organisationnel.Fran, l'organisatrice en chef à Boston, nous souhaite bonne chance tout en ajoutant que nous devons faire mieux. septembre 2002 journal de rue LE VAGABOHD DE L'inTERmOflDE par Jean-François Verreault Le sarcophage ne contenait plus que des poussières hormis une couronne de platine ornée d'émeraudes et de saphirs.Rafner l'aventurier la saisit délicatement pour pouvoir l'observer à la lumière de sa lampe.L'artéfact était intact.L'objet en lui-même devait valoir une fortune mais les ruines d'Astabarlios lui avaient révélé plusieurs secrets concernant la tiare de Felni-Palnéor.Celui qui possédait les formules adéquates pouvait user de pouvoirs phénoménaux dont celui de voyager entre les mondes et les dimensions.Rafner se coiffa de la tiare et récita le très ancien mantra d'Agor Padavim.Ensuite son corps et son esprit voyagèrent entre les mondes et les différents états de la réalité, percevant la mathématique subtile du cercle révélé de la conscience darmatique.Sa conscience réalisait toute la puissance non révélée de l'intermonde, charge négative d'antimatière complexe, structure psychédélique menant aux confins des limites toujours repoussées d'un élan vagabond et pacificateur, éradiquant d'un chaos lumineux l'ordre gelé de l'immanence éthérée du vide existentiel.Bientôt il pénétra la blancheur impalpable d'une forêt de cristal dont émanait la folie d'une perfection reflétant la présence d'un équilibre immuable, le reflet de ce que l'on pourrait appeler la musique du silence.Rafner se posa comme une plume dans la vérité dévoilée d'une puissance élevant son esprit à la plénitude qu'il recherchait depuis l'éternité, tel un embryon dans l'œuf de la matrice d'une renaissance le portant vers l'élévation initiatique d'un au-delà purifié jusqu'aux limites de l'entendement.La tiare se mit à irradier d’une luminescence kaléidoscopique puis le ramena à la vitesse de la pensée au centre de la crypte secrète où il tomba dans un profond sommeil, magnifié tel un enfant dans les bras de { sa mère aimante.Desjardins Caisse populaire Desjardins de Québec Siège social 550, rue Saint-Jean Québec (Québec) CIR 1P6 (418) 522-6806 Télécopieur : (418) 522-2365 MICHEL YACOUB Conseiller en sécurité financière • Assurance Collective 740 1 .ebourgneuf.bur.110 • Assurance Salaire Québec, Que.G1H6Z5 • Assurance Vie Bur.(418)621-9232 • R.E.E.R Collectif Rés.(418) S29-4226 • R.E.E.R.Fax: (418)621-9592 septembre 2002 journal de rue L’école de la rue par Lise Rioux Il me faut dire que je parlerai de l'école.Je n'aimais pas aller à l'école, je détestais ça, ça me tombait sur les nerfs : les bonnes sœurs et puis à peu près tout le reste.Le dessin, les arts ménagers, le chant, le piano, jouer dans les cheveux de ma copine en avant de moi pour la coiffer, ça, j'aimais car j'avais plein de talent dans ça.Cours privés : anglais, Super ! français, pas pire ! mathématique, ZÉRO.L'école de la rue, bah!, j'apprenais très vite à me défendre des espèces de petits et grands morveux-euses qui m'attaquaient physiquement et psychiquement.Moi j'étais petite, pas grande, pas grosse, vive comme l'éclair et sur une défensive à effrayer.Mine de rien, j'arrêtais chez un cultivateur faire de l'équitation (chemin faisant) et je revenais chez moi avec une bonne senteur chevaline.L'école des animaux?Il y en avait plein : cochons, dindes, volailles, animaux à cornes, chevaux, chats, chiens, etc.J'ai commencé mes expériences dans le vrai monde des animaux chez ce cultivateur Gare au taureau qui protégeait les vaches, prêt à nous foncer dedans I C'est qu'il était vache et puis sauve qui peut! Je n'avais pas de talent pour ce qui était d'essayer de traire une vache, rien ne sortait de son pis ! Une vraie vache à ce moment-là peut vous faire le coup de pied sur la gueule dans une fraction de seconde ou le coup de sa queue à vous aveugler.Le cheval tout noir Canadien qui me coinçait contre le mur chaque fois que j'allais lui dire : « Salut noiraud, tu me laisses passer cette fois ?» Bof, j'en avais pour une demi-heure à me tortiller et détortiller, quitte à passer entre ses pattes de derrière tout en passant sous son ventre.Il était aussi vache que la vache et le bœuf.Je faisais de ces peurs au propriétaire qui arrivait parfois au moment de mon désarroi.Sti, c'est lourd cte machin de cheval-là !.Je riais, mais lui, pas.« Tu touches pas à celui-là ».Ben oui puis après, je m'en sortais toujours après tout car deux tenaces, c'est dur d'arrêter ça.Je n'avais aucune peur des animaux.On se scrutait de l'œil, l'humain et la bête, moi j'allais bien avec les bêtes.Je dois avoir un peu de l'animal dedans, une sorte de communication entre elles et moi.C'était le parfait bonheur.Quand on a la jeunesse des pieds à la tête, l'école du bonheur vient à nous.Il s'agit d'y tenir la relation.entendons-nous ! Pensionnaire j'ai été, j'aimais ça, arts ménagers, chorale, cours privés de piano juste à l'école d'à côté.L'opéra m’attirait surtout pour imiter celle qui ne m'aimait pas, hein Jeannine ?.Ce qu'elle avait du talent ! Ben moi aussi ! Mes petites sauvettes sur la rue Saint-Jean avec mon frère qui me rendait visite.Je m'achetais des peanuts.C'était le retour qui me faisait peur car il y avait un vieux vicieux, le zizi à l'air, qui me poursuivait à un moment donné, mais je n'ai jamais su d'où il sortait.Je devais avoir quatre jambes, je suis certaine que j'aurais été bonne pour les jeux olympiques.Je l'ai rapporté aux bonnes sœurs celui-là.Je ne sais pas si en prison il pouvait faire pareil.Bon ben pis tant pis, j'en avais marre du couvent à un moment donné.Les bonnes sœurs m'aimaient et elles ne voulaient pas que je parte.C'était la fin de l'année, il y avait plein de promesses de leur part pour l'année suivante, mais je n'y suis pas retournée.Dommage pour moi, c'était prometteur, j'aurais pu faire une carrière dans la musique, le piano et le chant.Et le monde de la rue ! « Bonjour comment ça va ?» Je n'étais pas sociable, je ne répondais à peu près pas, c'était mieux ainsi.Les filles qui faisaient de la prostitution, ça, je ne le prenais pas, ça me faisait pleurer de les voir donner leur corps à qui en voulait bien pour si peu de sous.Fallait être obligée.Drogues pour pouvoir survivre à l'épuisement de soumission à toutes sortes de gens.Mon Dieu que ça m'impressionnait ! La traite des blanches, c'était puissant et on ne pouvait à peu près pas s'en sortir sans le payer cher, très cher car j'ai connu une prostituée, la sœur de l'une de mes copines.À son récit, je pleurais.J'aurais voulu sauver le monde entier.Dans le monde de la rue, on en voit de toutes les sortes.Les mendiants aussi m'impressionnaient, je leur donnais un pauvre dix sous et ne voulais pas savoir ce qu'ils en faisaient.En même temps, il y en a qui me faisaient peur (style ivrogne).Mon Dieu, pourquoi ne sommes nous pas tous à égalité ?Il n'y aurait rien de tout ça ! Avec tous du talent, pas de misère dans le monde que Dieu a créé.Je suis à la vieille école ?Vous trouvez ?Depuis que le monde est monde, moi je n’ai rien changé dans sa façon de fonctionner et là, je me retiens.Un enfant qui pleure, sa mère a laissé sa main, il est figé sur place et il a peur.Le clown qui fait ses arabesques pour quelques sous.Les artistes qui travaillent sur la rue beau temps, mauvais temps pour revenir septembre 2002 journal de rue le plus souvent sans avoir fait un sou.Ils ne mangent pas toujours non plus.C'est pas facile, tu en vois de toutes les sortes.Têtes heureuses et malheureuses.Salut le temps, j'ai fini ma journée, ben moi je couche dehors à la pluie et au beau temps.« L'hiver, c'est pire que ça », dit une personne de la rue.Est-ce que c'est de l'école tout ça?Oui, moi je trouve, ça me fait apprécier le peu que j'ai mais à côté de ça, j'ai beaucoup plus.Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics.Un tour de calèche avec ça ?.Pauvre cheval, son sac de crottins au derrière lui chauffe l'arrière-train à journée longue pour le pauvre con qui ne veut pas marcher à pied pour visiter Québec.Chevaux abusés par le sti de con, son propriétaire.Je m'en fous de le dire : le monde est viré à l'envers.L'école de la rue, tu l'aimes ou tu ne l'aimes pas.Je préfère l'école de ma campagne, son paysage et ses animaux.Et puis merde!, ça sent le sti de purin de porc parfois.Il y aura toujours des cons pour nous emmerder où que vous soyez.Faut en prendre et en laisser.Salut la rue et son école universelle ! Je préfère ma campagne.EURÊKA Par Jacques Bouliane Non pas la fin du monde mais la fin d'un monde car : La Bible prédit la venue d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre, renouvelés par le Saint-Esprit.Christ va venir régner comme Roi suprême et mettre un terme aux guerres, à la maladie, aux désastres et à tout ce qui est mauvais.Seras-tu de ce monde renouvelé ?Si tu le veux, tu dois accepter Jésus comme celui qui va te donner accès à ce paradis.C'est par lui que tu dois passer car il est le chemin, la vérité et la vie.Ce que tu as à faire, fais-le vite car Dieu attend que tu te décides à le laisser entrer dans ta vie.Du livre La Vision de David Wilkerson. septembre 2002 journal de rue Une profession honorable par Bernard Bégin Ce sont des professionnelles irremplaçables, car elles sont les petits rouages qui font tourner la grosse machine qu'est notre système de santé.Très souvent ayant eu affaire à leur jugement, nous les portons aux nues mais elles gardent leurs pieds bien ancrés au sol pour sauver nos vies.Toujours compatissantes à nos gros et petits problèmes de santé, elles sont indispensables de par leur travail quotidien doublé de leur empathie naturelle.Je parle ici des infirmières que toutes et tous ont eu l'occasion de croiser un jour ou l'autre dans leur vie.Remarquons leur professionnalisme et leur dévouement; la minutie de leurs gestes, que cela soit pour poser une sonde ou pour donner des médicaments ou un encouragement.Pour être infirmière au Québec, il faut aimer réellement ce « métier » et avoir la vocation! Plus sérieusement, il faut compléter trois ans de cégep en soins infirmiers pour acquérir une solide formation qui permet de débuter comme infirmière.Bien sûr vous pouvez rajouter deux ans d'université à vos études, ce qui vous permet de l'enseigner.En y repensant, être infirmière est vraiment une vocation, il faut aimer être en contact avec ceux qui ont besoin de soins.Longue vie aux infirmières et à tous ceux qui les secondent ! P.S.Le féminin l'emporte sur le masculin dans ce texte, c'est voulu ! ON SE lifceRE Par IA Co/VAMiSSMCf Je Sois Tommy Létourneau septembre 2002 journal de rue '> , t L'eau rend Depuis tout petit Pas le droit de faire Pipi au lit Et un peu plus grand Pas le droit d'être chiant Moi je dis : « Pars de là Les cheveux dans le vent L'âme sur la vague Et suis ».Classe neige % BERNARD MORIN co.mi» i ahli; ainon r-oare Ri9e!y^ mûtos, to- **£*2*1 fi LA L° (VOUtS.ut se ffc/ï*¦ T'écoeufi* ôfi Riev F Ai AC- ! j‘PtU PPPnrPS pce>!9 tes couine Tût}a/»«* m gravp'chouJ.se SAif PAC POURQUOI 7£ ev ta /ut aue DeLATPun ûru fêlait Pas Mieux.-'As Peur-esae une ^eicteuite / fais pet/»Tfi/« oe Dfv* -Tfto;s SOinTI Of, 6 AZofi ON SA‘T \ TA/M AÎ r «H NON?CfV'Ul'Ç PPÉN Bonne pA&Lf 4 F rr oa/6 POittOri1.fflflce 'Jÿ&yuu S&JJ-JZ4U&?.Tf MO/ JëTÂïsTÂï 1S A(Vi CLDPPi'Ç* VA ftif/V.1 ON 00
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